Revue dominicaine, 1 octobre 1956, Octobre
[" /r-3& /T REVTJE DOWNLINE ' inœ L A BIBLE DE JÉRUSALEM Un volume de 1688 pages, plus 8 pages de cartes, format 6| x 8| sur papier bible, relié, La nouvelle traduction française de la Bible dite Bible de Jérusalem est le fruit d\u2019un travail collectif, entrepris en 1946, sous la direction de l\u2019Ecole Biblique de Jérusalem, et poursuivi sans interruption jusqu en 1955.Grand format : reliure toile.$ 7.00 reliure vinyle.10,00 reliure chagrin.20.00 reliure de luxe\tmaroquin .\t28.00 Format de poche : reliure polyvinyle.6.75 reliure chagrin.9.00 En vente a la Montreal Donnez-lui noire superbe petite Banque à domicile que vous pouvez vous procurer à votre succursale, moyennant un dépôt remboursable de $1.00.Faites graver son nom en lettres dorées sur la couverture.Premier pas vers un compte d'épargne.Un moyen agréable d\u2019économiser 352 SUCCURSALES ET AGENCES DANS LEST DU CANADA ST-HYACINTHE P.Q.La perfection technique et artistique des orgues CASAVANT vient de ce que chaque instrument est conçu et réalisé spécialement pour le temple auquel il est destiné.Les orgues CASAVANT sont le produit d\u2019une expérience centenaire enrichie des plus récents perfectionnements de la technique, d\u2019où leur valeur incomparable.^\tFabricants d'ameublement d'église FRÈRES, LIMITÉE CANADA FACTEURS D'ORGUES Viennent de paraître : CONTRIBUTIONS À L\u2019ÉTUDE DES SCIENCES DE L\u2019HO^fVIE édité par le Centre de Recherches en Relations Humaines SOMMAIRE La psychologie des relations inter-ethniques à Montréal .L'analyse du contenu d'une discussion de groupe .Analyse du processus d'interaction .Une technique d'observation des procédures d'une discussion de groupe A Technique tor Observing the Procedure of a Discussion Group .Mythes et réalités dans l'étude du Canada français .Remarques sur les valeurs et les attitudes des adolescents d'une communauté agricole du Québec .Tensions Between English-Speaking and French-Speaking Canadians Problems of Acculturation and Livelihood in a Northern Indian Band The Use of Pareto's Residue-Derivation Classification as a Method of Content Analysis .Le problème de la délinquance au Canada .Les mineurs particulièrement difficiles dits « inéducables » .Facteurs sociaux et santé mentale .Bernard Mailhiot, 0.P.Monique Loriie-Lussier ei John Sigal Denise Téireauli ei Maurice Gauthier Antonin Boisvert Justin Ciale Philip Garrigue Marcel Rioux, June Stewart and Julian Blackburn June Helm MacNeish Wallace Lambert Noël Mailloux, 0.P.Claudio Busnelii Bernard Hébert CAHIER No 3 \u2014 $4.00 l\u2019exemplaire QUELQUES MATERIAUX DE SOCIOLOGIE RELIGIEUSE CANADIENNE par Louis Edmond et Colette L.-Hamelin Voici au Canada français le premier volume exclusivement consacré à la Sociologie religieuse.Il est le premier d\u2019une collection SOCIOLOGIE ET PASTORALE que les Editions du Lévrier ont entrepris de publier et qu\u2019elles sont heureuses de présenter au public canadien.Même si notre population prétend mettre ses préoccupations religieuses au premier plan, nous sommes malheureusement en retard dans l\u2019étude de nos problèmes de foi, de pratique religieuse, de pastorale et d\u2019apostolat.De plus, l\u2019évolution religieuse actuelle de notre société, envahie par un matérialisme attrayant, rend plus pressantes et nécessaires des études d\u2019ensemble sérieuses.Avec un élan et une méthode remarquables, M.et Mme Hamelin se sont engagés dans cette voie.Cet ouvrage sera fort utile aux sociologues, aux théologiens, à tous ceux qui se préoccupent de vie chrétienne et d\u2019apostolat.PRIX $1.50 En vente à LA LIBRAIRIE DOMINICAINE 4170, boulevard Décarie \u2014 Montréal-28, P.Q. 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amis, et qui com- 157 Revue Dominicaine porte d ailleurs, à tous les niveaux, un nombre assez considérable de chrétiens.Mais là n\u2019est pas la question I II ne s agit pas non plus de discuter à perte de vue sur les droits respectifs de IEtat et de la famille, à l\u2019endroit de l\u2019enfant : tel quel, c\u2019est le type de faux problème ; il est bien clair, en effet, que si la famille n\u2019a pas tous les droits sur l\u2019enfant, l\u2019Etat non plus ; il est incontestable que les parents ont le droit de faire assurer à leurs enfants un enseignement-éducation d une certaine « tonalité », mais les familles sont dans IEtat, elles constituent l\u2019Etat ; là n\u2019est donc pas le problème, car cela devrait être résolu par le pluralisme, même à l\u2019intérieur de l\u2019enseignement public.I enfant distendu entre les parents et I Etat : voilà où nous en sommes arrivés à force de mauvaise foi et d aveuglement.L\u2019essentiel, à mon avis, et qu\u2019on ne voit pas assez, c est que le point de départ même de l\u2019argumentation des « laïcs », leur principe considéré comme évident, est faux : « l\u2019Etat, nous dit-on, dispense un enseignement ».Mais voilà précisément qui ne va pas de soi I Pourquoi I Etat et non pas IUniversité, la véritable Université, libre de tout y compris de l\u2019Etat ?Qui ne voit pas les dangers qu\u2019il y a à inféoder plus ou moins les mainteneurs de l\u2019esprit et de la culture aux politiques, pis aux politiciens ?II y a à la fois trop et trop peu de faits : tout ce que nous avons vu est vrai : nous ne sommes plus à la laïcité d il y a cinquante ans, c est vrai.L enseignement officiel compte de très nombreux professeurs catholiques, c\u2019est vrai ; I esprit du corps enseignant est très large et très sympathique en général, c est encore vrai.II y a même des faits de collaboration : le Collège Stanislas, par exemple et I Ecole Alsacienne, maisons d\u2019enseignement libre fournies par I Etat de professeurs agrégés.La section religieuse de I Ecole Pratique des Hautes Etudes, autrefois fondée par Renan avec le budget de I ancienne faculté de Théologie, est maintenant presque entièrement entre les mains de vrais chrétiens.158 La situation de l\u2019enseignement libre en France Nous ne demandons rien a I enseignement d Etat comme tel : il est catholique, protestant, juif, marxiste, rationaliste.il est ce que sont quarante millions de français.Nous demandons \u2022\u2014> du moins il faudrait à mon sens demander >\u2014> que IEtat républicain abandonne les tristes privilèges de IUniversité Napoléonienne ; que tous les enseignements, dirigés par qui que ce soit et pourvu qu ils aient de la valeur, soient égaux ; que I Etat, par ses préfets ou autres personnages, laisse 1 Université tranquille, que 1 Université soit, comme autrefois et encore en certains pays 1 ensemble autonome des établissements d enseignement se reconnaissant mutuellement capables, décidant ensemble les règlements et les programmes communs, s entendant sur les particularités et les équivalences, délivrant les diplômes, organisant sa police.Il semble que, sans poser le problème de I enseignement libre en ces termes très généraux, on ne peut arriver de part et d autre à rien de sérieux.* * * II m apparaît donc que d un simple point de vue civique, il faille être beaucoup plus intransigeant qu on ne I est habituellement, en faveur de I Enseignement Libre, puisque finalement nous aboutissons à la conclusion qu\u2019il ne devrait pas y avoir d\u2019enseignement d\u2019« Etat », pas d enseignement « officiel » comme tels.Par contre, et là notre paradoxe se poursuit, mais il me paraît fondé en vérité >\u2014> par contre du point de vue chrétien et ecclésial, je serais souvent tenté de donner raison aux adversaires de 1 Enseignement Libre actuel ; quand je dis : du point de vue chrétien.cela signifie, je me permets de le préciser, en considérant la question comme chrétien et, en quelque sorte, de I intérieur de l\u2019Eglise de France.II faut tout d\u2019abord, bien sûr, que l\u2019Enseignement Libre confessionnel (puisque c est le plus visé et que c est de lui qu il s agit ici) ne mérite jamais de reproche, de fanatisme, d aggressivité, de sectarisme, d infériorité professionnelle ou d exclusivisme ; il faut d ailleurs noter en ce qui 159 Revue Dominicaine concerne le sectarisme clérical, qu\u2019il est une réaction de défense créée par l\u2019anticléricalisme ; les catholiques français sont, ainsi, souvent amenés à voter pour le candidat « qui défend l\u2019enseignement libre », ce qui embrouille parfois notre situation politique et n\u2019est pas toujours souhaitable eu égard à la conjoncture politique générale, Et les torts en ce cas doivent être partagés entre eux et nous, car c\u2019est finalement l\u2019anticléricalisme qui déclenche ces mécanismes de défense.Mais le danger que l\u2019Enseignement Libre confessionnel doit, me semble-t-il, craindre et fuir plus que tout autre, c\u2019est celui du Ghetto ; en effet, tout se passe souvent comme si les Eglises s\u2019étant résignées à constater que le monde est perdu, cherchaient à s\u2019organiser en réduits de résistance, à se replier sur elles-mêmes, à suffire par elles -mêmes à tous leurs besoins, entre autres à celui de l\u2019enseignement à tous les degrés ; dans cette perspective, I Enseignement Libre confessionnel surtout clérical est destiné à perpétuer la foi plus qu\u2019à l\u2019étendre et la témoigner.Sans parler des échecs parfois retentissants et souvent marécageux de cette conception de l\u2019Ecole Libre, il est bon d\u2019en démontrer le mécanisme secret.Je crois qu\u2019il y a là un phénomène de permanence indue d une mentalité médiévale d\u2019une part, et d\u2019une mentalité de XIXe siècle d autre part.Permanence médiévale, car au Moyen Age, le clerc était à la fois homme d Eglise et homme d Université ou de culture ; l\u2019Eglise avait assumé les fonctions de la recherche et de l enseignement en un temps où il n était personne d\u2019autre pour cela : œuvre de charité, en somme, à I égard de I humanité et de la vérité totale.Sans que nous ayons besoin de parler d\u2019une évolution qui s\u2019est faite assez rapidement même dans le courant dudit Moyen Age, bornons-nous à constater qu\u2019il n en est plus rien maintenant ; l\u2019enseignement est devenu le fait d\u2019une corporation formellement distincte de I Eglise ; celles-ci auraient donc tort de conserver, même dans leur inconscient, quelque chose d\u2019un état contingent historique passé.Permanence du XIXe siècle aussi, parce que c\u2019est à ce moment que les Eglises ont eu peur d avoir définitivement perdu le monde et ont La situation de l\u2019enseignement libre en France envisagé plus ou moins inconsciemment là encore une vie complètement indépendante et fermée que j appelle vie de gketto ; et cela aussi poussait les Eglises à assurer un enseignement complet.Mais il n en est plus rien maintenant : « les curés » sont sortis des sacristies où on cherchait à les confiner.Les catholiques sont sortis des « œuvres » où ils moisissaient ; les croyants ont redécouvert la dimension missionnaire de leur témoignage ; ils ne craignent plus guère le monde, mais avec la confiance en Dieu, ils savent pour la plupart, ce qu\u2019on en peut tirer, ce qu il en faut chasser ; cette attitude a déjà porté des fruits : le monde est plus réceptif, beaucoup moins anti-religieux qu avant.Et de ce point de vue encore, nous aboutissons à la conclusion que I Enseignement Libre confessionnel clérical n est pas nécessairement toujours utile à I Eglise.Voilà qui paraîtra troublant ou sacrilège à certains, mais quoi î il faut regarder les choses en face : nos prêtres, ici, ont autre chose à faire que d être des instituteurs ou des professeurs de grec ou de physique ; la moisson est abondante et les ouvriers sont peu nombreux ; il ne faut donc pas les gaspiller à des tâches non proprement ecclésiales que l\u2019Egl ise a autrefois remplies par nécessité et par charité ; il y a maintenant r\u2014 nous ne sommes plus au XIXe siècle -\u2014 dans 1 enseignement libre comme dans 1 enseignement dit « officiel » des laïcs, catholiques ou non, qui sont tout indiqués pour des tâches professorales maintenant laïques.Je disais donc qu il faut promouvoir d une façon générale, tout Enseignement Libre, assuré par des laïcs, même s il est non-confessionnel car ce qui importe, nous l avons vu, pour faire avancer la question sur le plan civique, c\u2019est d\u2019abattre le bastion de la soi-disant « université » hérité de lEmpire.Ceci dit, on pourrait peut-être ajouter que l\u2019Eglise dans la mesure où elle voudrait conserver quelque chose de sa fonction « cléricale » enseignante, aurait avantage, pour toutes les raisons déjà vues, à se cantonner dans I enseignement d avant-garde, comme elle a déjà fait d ailleurs ; ainsi, en montrant la voie, elle resterait la grande initiatrice qui, après avoir appris ses lettres à 1 humanité, apprit aussi à lire aux sourds-muets-aveugles.161 Revue Dominicaine Mais I essentiel, ne 1 oublions pas, est de détruire le fantôme du cléricalisme de 1 enseignement libre et d enlever ainsi à ses adversaires toutes leurs mauvaises raisons.* * * Ces quelques réflexions ne sont pas très pratiques.J aurais voulu indiquer comment on pourrait rénover 1 esprit et les principes ; tout le reste ne sera jamais me semble-t-il, que de la petite cuisine ! Je n ai pas à proposer des modalités d application, mais je crois que, si cbacun de notre côté nous réfléchissons profondément à ces impératifs : Pas de Na-poléonisme ! Pas de Ghetto ! nous trouverions vite ensemble les normes d un enseignement véritablement libre et fraternellement uni.Jean-Marie Paupert t62 La politique du Vatican Le motif premier et I objectif ultime de la politique du Vatican est le salut des âmes.C est dans ces termes que le saint Pape Pie X aurait répondu à un diplomate qui lui demandait des précisions sur le sens des activités de I Eglise dans le monde actuel.Cette affirmation si simple et si véridiquement juste comporte cependant un certain nombre de développements qui l\u2019expliquent dans Tordre humain aussi bien que dans la perspective divine, que IEglise doit nécessairement lier dans l\u2019accomplissement de sa mission.L homme ne peut travailler à son salut que dans le monde et par le monde ; tant en raison de sa nature propre que de la vie de grâce par la charité totale, que lui offre le Christ par les moyens de son Eglise.Intégré dans une chaîne d institutions qui se compénètrent (famille, société, groupements divers, état) et qui se compénètrent dans la vie religieuse du christianisme qui les féconde, il doit nécessairement remplir toutes ses obligations envers lui-même et son prochain, à travers ces institutions qui encadrent et conditionnent ses activités normales.Les directives morales de I Eglise sur sa vie familiale et sociale sont ainsi complétées par des directives morales concernant les nations, dont les relations influencent inéluctablement I organisation et l activité des collectivités soumises à une autorité nationale.Or c est dans ce domaine spécial que le Vatican doit établir et réaliser sa politique, pour permettre à tout homme de s épanouir librement dans sa vie naturelle et surnaturelle, et par conséquent pour travailler à son salut qui est sa fin der- mere.L œuvre politique du Vatican est d autant plus nécessaire, que les cadres de la vie internationale sont affectés par le péché, qui déforme souvent les intentions et les actes de ceux qui sont responsables des décisions nationales, et qui influence adversement la volonté collective des peuples.Les simples normes de la raison ne sont pas toujours vues et comprises par tous.Par ailleurs, les exigences de la vie surnaturelle dépassent le niveau formel de la juridiction de l\u2019état.II appartient donc 165 Revue Dominicaine à un pouvoir surnaturel agissant dans le monde, comme c est le cas de I Eglise, de rappeler et d interpréter la loi divine et ses conséquences humaines aux nations qui ont pourtant soif de la paix.L influence désastreuse du péché dans le monde international se manifeste fondamentalement par les divisions tragiques qui déchirent certaines nations et par les oppositions inquiétantes qui se manifestent entre des états ou des groupes d états.Outre la rivalité dangereuse et inévitable qui sépare le Bloc Occidental et le Bloc Communiste, il y a encore les révoltes sanglantes qui accablent certains pays, et la montée confuse mais exigeante des peuples afro-asiatiques dont les principes pragmatiques et égoïstes jurent avec ceux de la tradition chrétienne.Sans avoir à faire ici la critique du communisme, nous pouvons constater que cette doctrine perverse sait prendre toutes les formes utiles à son œuvre destructrice par la corruption des esprits et des nations.Les pays et les gouvernements qui pressentent ce danger s efforcent de lui résister en employant des moyens de fortune, sans un plan commun solidement établi, sans ordre et souvent avec des préoccupations égoïstes qui perdent de vue le vrai bien commun.D où les résultats partiels et insuffisants qu ils obtiennent au titre de la guerre froide.Aussi 1 Eglise Catholique reste-t-elle le seul organisme défensif et constructif dont dépend non seulement la civilisation chrétienne, mais encore le bonheur et la paix des peuples.Comme chef unique et infaillible de l Eglise, le Souverain Pontife a le devoir de continuer la mission du Christ, d enseigner la vérité, de proclamer les principes de la vie sociale et internationale, de combattre l\u2019erreur, d\u2019intercéder pour corriger les abus et restaurer la justice à tous les plans, et enfin d intervenir avec la prudence qui convient auprès des autorités pour corriger des abus et restaurer la justice à tous les plans.La première étape de la politique de 1 Eglise est d enseigner les vérités de la foi et les règles de la morale, sous le signe de la charité.Comment les peuples viendraient-ils à la foi et à une conception chrétienne de la morale si personne ne les leur enseigne ?Aussi le Souve- 164 La politique du Vatican rain Pontife s efforce-t-il par ses déclarations et par ses décisions administratives et diplomatiques de continuer 1 exécution du plan d ensemble de la Cité de Dieu qui seul peut maintenir la société dans un ordre de paix et 1 empêcher de s effrondrer dans le chaos.Au fond ; le Souverain Pontife rappelle les exigences de la loi naturelle fécondée par la Révélation, en les adaptant constamment aux cadres changeants du progrès matériel et social.Son autorité extraordinaire jointe aux grâces spéciales de son haut magistère, influence les consciences et encourage les bonnes volontés dans le sens des intentions divines.Dans un sens large, la loi éternelle ordonne les choses de manière à ce que chacun trouve son bonheur en poursuivant le bien commun à tous les paliers de valeur.Les modalités de cette loi éternelle dans les multiples domaines de I activité humaine sont alors précisées par le Souverain Pontife dans toutes les occasions majeures qui s offrent à lui.Avec la même aisance et une autorité qui étonne les spécialistes, il donne ses directives aux prédicateurs cle carême, aux instituteurs, aux chefs d action catholique, aux médecins, aux astronomes, aux avocats, en somme à toutes les professions qui s adressent à lui et qui viennent lui porter leurs hommages.Dans chaque cas, il s agit de préciser les modalités de la vérité pour redresser le désordre actuel, qui est le prolongement du désordre engendré par le péché et réparé par les souffrances du Verbe Incarné.La seconde étape de la politique de I Eglise est de parfaire constamment son administration qui lui fournit ses bases d action et le personnel qui doit exécuter les décisions pontificales.Grâce à ses évêques, le Souverain Pontife peut faire parvenir et respecter ses directives jusqu au moindre de ses fidèles ; et de plus, il est tenu par eux au courant des problèmes locaux et des besoins de chaque diocèse.C est pourquoi, I érection et le développement cl un diocèse ont une importance religieuse et sociale considérable.En même temps ; le Souverain Pontife étend constamment les missions, qui sont les troupes de choc de 1 Eglise dans sa lutte contre le mal 165 Revue Dominicaine et contre les dangers multiples qui entourent la vie chrétienne.Les milîe problèmes de chaque mission se compliquent de plus en plus par les modifications des milieux où elles opèrent : les changements sociaux ; économiques et politiques des pays de mission exigent une vigilance et une adaptation continuelles.Aussi les différents ordres religieux qui se spécialisent dans le travail missionnaire, doivent être sans cesse en alerte pour s\u2019adapter aux circonstances et profiter des moindres occasions pour fructifier leur travail apostolique.La base romaine de l\u2019action vaticane, donne un caractère permanent et traditionnel aux décisions du Souverain Pontife.Ce lien intime entre Rome et la Papauté favorise cette action au lieu de lui nuire.Car si le Pape a toujours une attitude paternelle à l\u2019égard de la Ville Eternelle, s\u2019il participe toujours aux joies et aux peines des Romains, si même il porte fièrement et saintement le surnom de De/ ensor divitatis, il reste néammoins le Père commun de tous les fidèles, lourde responsabilité qu il endosse avec foi et avec joie, en dépit des sacrifices multiples qu il comporte constamment.Dans cet ordre d\u2019idées, l\u2019attitude du Pape pendant la guerre en regard de Rome a été louée par tous.Sa présence à Saint-Laurent après le bombardement de cette basilique, î organisa-tion de soupes populaires, ses charités sans nombre, ses interventions pour sauver des persécutés, tout cela montre la sollicitude du Pape pour sa Ville.Aussi, le Vatican a-t-il pu réussir une centralisation extraordinaire et effective de I administration ecclésiastique, au point d\u2019avoir un expert américain (protestant) qui eut récemment la permission d\u2019étudier de près 1 administration vaticane pour en faire l\u2019évaluation selon les règles strictes des grandes compagnies.Le caractère absolu du Saint-Siège, fort des promesses du Christ, n est pas sans avoir joué un rôle considérable dans la composition et I influence des documents pontificaux, et aussi de donner aux successeurs de Saint-Pierre cette autorité remarquable qui en impose même à ceux qui ne relèvent pas strictement de leur juridiction.166 La politique du Vatican En même temps, la supranationalité de I Eglise, qui se voit appuyée par la souveraineté pleine de la Cité du Vatican, neutralise favorablement le caractère inévitablement italien du centre d opérations de I Eglise catholique.Le Souverain Pontife lui-même aurait eu I occasion d affirmer qu\u2019il est citoyen de la Cité du Vatican, laquelle a une assiette géographique indépendante depuis 1928 quand furent signés les accords de Latran.Cette supranationalité a d ailleurs pris un caractère vraiment universel, depuis que le Saint-Siège a nommé des évêques asiatiques dans le Sacré Collège des Cardinaux.A ce sujet, les mesures prises pour encourager et développer le clergé indigène sont significatives.Le Souverain Pontife voit juste en regard du réveil politique asiatique et africain, en pensant que le clergé indigène doit remplir un rôle indispensable et irremplaçable dans I œuvre apostolique de I Eglise.Nous pensons qu il arrivera bientôt un moment où I on ne parlera plus du clergé « indigène » et qu on ne fera plus ainsi de distinction raciale au sujet des prêtres et religieux.La christianisation de I Asie et de I Afrique ne saurait plus être 1 œuvre exclusive des missionnaires blancs, quel que soit leur héroïsme.Et I on ne saurait douter que les dangers du réveil politique de I\u2019Afro-Asie ne puissent être conjurés ou même éliminés par F intégration éventuelle de ses peuples dans les vastes cadres du catholicisme vraiment universel.La troisième etape de la politique vaticane, et celle qui est peut-être suivie le plus attentivement par I opinion internationale, est la diplomatie du Saint-Siège à l\u2019égard des nations.Ici le Vatican doit remplir une double obligation : celle de protéger I action apostolique de l\u2019Eglise dans les divers pays avec les moyens matériels dont elle dispose ; et celle de coopérer effectivement à 1 instauration de la justice et de la paix en intervenant auprès des gouvernements pour corriger des situations qui leur feraient obstacle.Une phalange de diplomates formés au Collège des Nobles à Rome constituent les cadres de cette action interna-tionale et apostolique.En ce moment, 42 missions diplomatiques sont accréditées auprès du Saint-Siège, soit six de plus qu au moment de 167 Revue Dominicaine { élection de S.S.Pie Xli.Il y en aurait eu Lien davantage si le Rideau de Fer et le Rideau de BamLou n avaient pas forcé plusieurs états autrefois présents auprès du Trône Pontifical, de rompre leurs relations diplomatiques avec le Vatican.Sans avoir à commenter la situation, notons en passant que le Canada, pays chrétien par excellence, partage avec les Etats-Unis et la Russie Soviétique et la Chine Rouge, le triste honneur d être volontairement absent du Saint-Siège.Il est vrai qu une grande partie pratique de la diplomatie vaticane peut être réalisée par les ordinaires des différents diocèses dans un sens matériel mais non formel.Il n\u2019en reste pas moins que l\u2019efficacité d\u2019une intervention diplomatique vaticane exige dans la plupart des cas « internationaux » I existence de relations diplomatiques régulières entre le Vatican et les divers pays, et cela indépendamment du succès éventuel de ces inters entions.Notons ici qu il n est pas toujours nécessaire que le Saint-Siège se prononce ouvertement et publiquement sur tous les événements politiques internationaux.Tel n est pas son devoir ; et la prudence exige au contraire que ses interventions soient discrètes pour être efficaces.N ayant pas une juridiction de fait sur les gouvernements, il ne saurait leur imposer ses vues ou exiger qu\u2019ils se soumettent à une sentence.Dans des cas de litige ou de procédure entre des états, le Vatican se borne à observer les événements sans même offrir ses bons offices pour régler des situations, à moins qu on ne le lui demande, ce qui est plutôt rare.Mais quand la paix mondiale est ouvertement compromise, son devoir est de proclamer des principes d apaisement et même d\u2019intervenir directement auprès des puissants du jour pour leur rappeler les exigences du bien commun.L intervention est également nécessaire quand il s agit dans un pays de difficultés entre I Eglise et I Etat ; car il est du devoir du Saint-Siège, comme nous I avons déjà dit, de protéger les intérêts spirituels et matériels de ses fidèles et de leurs pasteurs.Les cas sont trop nombreux, voire même quotidiens, pour qu il soit nécessaire ici de donner des exemples.Le fait est que le rythme des événements internationaux et les erreurs 168 La politique du Vatican inévitables des hommes au pouvoir, obligent le Vatican à exercer une vigilance de tous les moments dans ce domaine.De même qu il y a une morale naturelle et un droit naturel par rapport aux individus et aux sociétés humaines, de même aussi il y a une morale naturelle et un droit naturel entre les nations.Il appartient au Vatican d en rappeler les principes et de les défendre au besoin par des protestations, voire même par des sanctions.Aussi en est-il de I intégrité territoriale et de la liberté politique d un état ; du respect des traités et des ajustements de tous ordres à faire pour les modifier ; de la liberté religieuse et en particulier dans I exécution du culte et dans 1 exercice du magistère de IEglise ; dans le respect des modalités de la justice internationale dans des cas concrets ; et de questions similaires.Ici encore, comme dans des cas de conscience individuels, le but dernier et le motif premier de b action du Vatican est de favoriser le salut des âmes.Car des actes internationaux lient en conscience ceux qui ont la responsabilité de les poser, et peuvent affecter profondément la vie pratique et les consciences individuelles.On voit ainsi que la diplomatie du Saint-Siège dépasse considérablement les objectifs purement temporels de la diplomatie des états comme tels.Pour réaliser justement ses trois étapes (enseignement, administration et diplomatie) de sa politique, le Vatican dispose de moyens puissants et dévoués.II a d abord ses cadres ecclésiastiques disposés à travers le monde en diocèses et en vicariats, avec leur clergé séculier et régulier.Il a ensuite le zèle héroïque des ordres religieux, comme ceux des Jésuites, des Dominicains, des Franciscains, des Sulpiciens, des Oblats de Marie-Immaculée, des Assomptionnistes ou des Rédemptoristes auquels il faut ajouter tous les instituts de frères enseignants et les nombreuses congrégations féminines.Les annales de toutes ces institutions constituent de véritables épopées de souffrances et de gloire au service du Christ.L Action Catholique comme telle, que Pie XI considérait comme la prunelle de ses yeux, est I instrument laïque le plus puissant dont le Vatican dispose ; car elle peut s exercer partout et dans tous les domaines.169 Revue Dominicaine Le caractère nécessairement monolithique de IEglise impose à l\u2019Action Catholique ces quatre principes : union à la Hiérarchie, union à Dieu par la prière, union entre les membres, et enfin union entre ce mouvement et les autres associations à caractère religieux.Ainsi en est-il de la Jeunesse Ouvrière Catho Iique (1926), de Pax Ro mana (1921) groupant des universitaires et des étudiants catholiques, de l\u2019Union Internationale des Ligues Féminines Catholiques, de l\u2019Union Catholique Internationale du Service Social, et de la Confédération Internationale des Syndicats Chrétiens.A ces organismes, il faudrait encore ajouter sur un autre plan la libre coopération des partis politiques d\u2019inspiration catholique qui existent dans plusieurs pays comme l\u2019Italie, la Belgique, la Hollande, l\u2019Allemagne, l\u2019Autriche et certains pays de l\u2019Amérique Latine.Les programmes pratiques de ces partis peuvent changer d\u2019un pays à un autre ; mais leur esprit chrétien est commun et leur fidélité spirituelle à leur hiérarchie locale en fait des collaborateurs importants à l\u2019œuvre apostolique vaticane.A I heure actuelle, la lutte contre le communisme sous tous ses aspects est le mot d ordre permanent de la politique vaticane, qui a engagé toutes ses ressources dans ce combat.C est que le communisme basé sur I athéisme nie les fondements mêmes de la vie naturelle et de la vie spirituelle.Cette lutte est d autant plus âpre que le communisme n\u2019est plus une théorie uniquement, mais bien une règle de vie et d\u2019action disposant de moyens d action très puissants et de directives exclusives émanant de Moscou qui utilise toutes les ressources d\u2019un puissant état moderne.Si le Saint-Siège n a point les instruments matériels de la puissance physique pour s opposer violemment à la propagation du communisme, du moins a-t-il pour lui la force spirituelle, que nie le communisme, et les promesses du Christ pour la permanence et la victoire ultime de Son Eglise.Mais qu on y prenne garde.Ces promesses de Notre Seigneur et I existence d une Eglise fortement organisée comportent certaines conditions pour réaliser la grande œuvre apostolique de la christianisation du 170 La politique du Vatican monde.Chaque catholique a le strict devoir d y participer activement selon sa condition et ses moyens : car il ne s agit point ici de la survivance et de la victoire d une organisation, mais bien de la collectivité des personnes qui constituent en fait I Eglise.Cette participation de ch aque catholique à la vie du Corps Mystique est réclamée avec énergie par I autorité religieuse.La lutte contre le communisme ainsi que la christianisation du monde seront rendues bien plus faciles si chaque catholique fait activement sa part, en dépassant la stricte pratique de sa religion pour atteindre la pratique effective de la charité surnaturelle dans tous les domaines.Chaque catholique conscient de son état et de la mission de 1 Eglise dont il fait activement partie, doit se demander humblement quelle est sa place dans le plan de Dieu et se faire un programme de vie en conséquence.Car en somme, le monde où nous vivons est un univers théologique et non point un univers matériel.Et si chaque croyant est convaincu que son salut dépend de ses œuvres en union avec 1 Eglise, il doit réaliser nécessairement que ses activités devront s intégrer dans cette puissante action collective dans la charité.En rappelant cette vérité aux hommes de bonne volonté et en agissant pour eux avec tous les moyens dont il dispose, le Saint-Siège réalise effectivement une politique qui vise exclusivement et en dernière analyse au salut des âmes dans la paix terrestre et céleste.Thomas Greenwood Professeur à l\u2019Université de Montréal Histoire et prophétie A Florence, le 22 juin, s ouvrait à 1 enseigne austère de la prophétie, le 5e Congrès International de la Paix et de la Civilisation Chrétienne.Sous les plafonds dorés et merveilleusement peints de la Salle du Cin-quecento au Palazzo Vecchio, qui est devenu 1 hôtel de ville de Florence, les délégués de 60 nations d\u2019Europe, d Asie, d\u2019Afrique et d\u2019Amérique ont pris place dans un grand éblouissement de projecteurs de télévision et de lampes-flash des photoreporters.Depuis 5 ans, le maire de Florence, le Prof.Georges La Pira, instigateur et âme de ces rencontres, rassemble ainsi les représentants officiels de la grande famille des nations et depuis 5 ans, elles répondent en nombre toujours plus grand à son appel : 52 nations étaient présentes en 1952, 58 I année dernière et 60 cette année.Leur nombre croissant témoigne cle 1 importance prise par ces rencontres qui ne sont ni culturelles, ni exclusivement religieuses malgré 1 élévation des thèmes qu \u2019elles proposent, mais véritablement politiques.Ces nations si différentes entre elles de race, de culture, de religion et souvent d intérêts opposés, s y trouvent unies par le lien commun de la croyance en Dieu et de la conviction que la solution des problèmes mondiaux actuels et de la construction de la paix ne dépendent pas uniquement de facteurs économiques ou diplomatiques \u2014 comme le voudraient les artisans d un monde exclusivement matérialiste mais aussi de 1 acceptation de la Loi divine par tous les hommes.C est ainsi qu à Florence, la voie de la paix passe par la prophétie.Une crise de Dieu Dans son discours d ouverture, le Maire La Pira a raconté comment lui était venu I inspiration de ces Congrès de la Paix et de la Civilisation chrétienne qu il considère non seulement comme sa mission personnelle mais aussi comme celle de sa ville : « Quand la Providence nous a appelé au gouvernement de cette ville prestigieuse, de cette ville à la structure 172 Histoire et prophétie théoritique exquisement théologale (.) en contemplant alors Florence, la Florence essentielle avec sa cathédrale et ses basiliques, ses monastères et son Palais de la Seigneurie, sa poésie, son art et ses boutiques d artisan » tout ce qui fait de Florence un sommet de la civilisation occidentale et de la civilisation chrétienne \u2014 « c\u2019est d une façon presque plastique que nous avons pu voir que la crise de notre temps avait des dimensions toutes autres que économiques et politiques seulement ».Et La Pira définit cette crise de notre temps comme « une crise de Dieu, c\u2019est-à-dire de b exclusion de toute valeur transcendante de 1 échelle des valeurs de I homme : de la naissance d une civilisation horizontale, intrinsèquement matérialiste, temporelle et athée ».Cette crise immense qui met en jeu la structure même du monde et dont l\u2019aboutissement façonnera le futur de l\u2019humanité oblige dès aujourd\u2019hui les peuples à faire le point, à repenser les questions fondamentales et la question la plus urgente qu\u2019ils doivent se poser est celle-ci ?Les civilisations fondées sur Dieu et qui tirent de Lui leurs aspects et leur fin, sont-elles en voie de disparaître et leur temps est-il passé ?En proposant le thème Histoire et Prophétie, le Prof.La Pira a voulu que cette rencontre florentine fut une réponse à cette question angoissante de notre temps.« Dieu n est pas mort » et les civilisations fondées sur Lui ne sont pas devenues périmées.60 délégués représentant toutes les grandes civilisations métaphysiques et religieuses se sont assemblés pour témoigner que les peuples de la terre n\u2019ont pas rejeté Dieu et ne le rejetteront pas.Puisqu\u2019il est admis que la crise de notre temps est une crise de Dieu ce témoignage donne sa valeur au Congrès de la Paix et de la Civilisation chrétienne et l\u2019insère dans le contexte de la réalité internationale.A la lumière de cette conviction les peuples peuvent travailler aux grandes œuvres de la paix mondiale.« La construction de la paix exige en premier lieu LA PAIX DES PEUPLES AVEC DIEU » Le Prof.La Pira a toujours cru en la paix et il a résumé sa doctrine de paix en une seule phrase : « La construction de la paix exige en pre- 173 Revue Dominicaine mier lieu la paix des peuples avec Dieu », qui pourrait servir d exergue non seulement à tout son discours mais aussi à son œuvre de pacificateur.II a rappelé entre autres quel obstacle incommensurable constitue pour la paix I\u2019atbéisme fondamental de certains Etats.Mais il ne désespère pas de I établissement définitif de celle-ci sur la terre.« II ne faut pas oublier », a-t-il souligné, « que des prophètes de malbeur avaient prédit le déclin définitif du christianisme et de ce fait un déclin des structures essentielles de la civilisation chrétienne et il est maintenant acquis que ce « christianisme contre lequel on avait rassemblé toutes les forces rationalistes, matérialistes et politiques (.) refleurit tout-à-coup par miracle sur toute la surface de la terre » et pas seulement le christianisme : « Partout le retour à Dieu devient chaque jour plus intime et plus vaste et non seulement comme un fait personnel et privé mais comme un fait public et collectif ».« Quelle tâche immense pour nous et nos enfants, a conclu le Prof.La Pira.« II s agit de construire pour I action vivifiante de la grâce, une civilisation nouvelle qui aura ses racines en Dieu ».La voix de l\u2019esprit L après-guerre a vu fleurir en quantité des Organisations Mondiales de santé ou de culture, des commissions spécialisées pour I étude de la solution des problèmes économiques ou humanitaires, etc., toutes travaillant en vue de la paix.Mais « l\u2019homme ne vit pas que de pain » et il appartenait au Prof.La Pira de faire entendre au sein d\u2019un monde tech-nifié et matérialiste la Voie de l\u2019Esprit qui est aussi celle de I Espérance.Histoire et prophétie Le thème particulier de ce Congrès de la Paix et de la Civilisation chrétienne de 1956 était «Histoire et Prophétie».Ce thème était déjà présent dans toute l\u2019inspiration du discours du Maire La Pira dont nous avons donné un aperçu plus haut.Mais c est le Père Daniéfou, S.J., le célèbre prédicateur français, devenu un pillier moral des Congrès de Fïo- 174 Histoire et prophétie rence qui a exposé dans un discours très dense et très fouillé, le contenu tfiéologique, historique et politique de ce thème redoutable et difficile entre tous.Le Père Daniélou n a pas considéré la prophétie comme terme dans son sens le plus courant de prédiction de 1 avenir mais bien dans son sens exact et biblique de prédiction divinement inspirée des voies futures et dans un sens très élargi de Volonté divine qui poursuit à travers 1 histoire son dessein providentiel.11 a défini le prophète dans le monde moderne et a précisé de quelle manière les hommes pourraient et devraient agir selon les normes de la prophétie.Il a considéré l\u2019histoire plutôt dans le sens d\u2019avenir à construire en regard du passé.« La prophétie, a-t-il déclaré, est la révélation de la véritable signification de l\u2019histoire qui est l\u2019expression du dessein divin.Le Prophète en ce sens ignore l\u2019avenir car il n\u2019est pas inscrit à l\u2019avance mais il dit à l homme au nom de Dieu comment il doit faire l\u2019avenir ».« Le prophète devient ainsi celui qui réfère sans cesse I histoire de son temps aux lois fondamentales qui régissent le dessein historique.Et la Prophétie est l\u2019intelligence de ces lois.Elle les dégage de la contemplation même de l\u2019histoire dans un dessein divin ».Dieu ne fait pas l histoire sans l homme ET L HOMME NE FAIT PAS L HISTOIRE SANS DlEU Pour le Prophète, l\u2019histoire, l\u2019avenir ne peut être 1 œuvre de 1 homme seul comme le voudraient les doctrines athées qui font de 1 homme un démiurge seul maître de son destin.Il s y oppose parce qu il « sait que la loi qui s impose à I homme ne peut être 1 œuvre de I homme, que seul peut s\u2019imposer à l\u2019humanité une loi qui ait sa source au-delà de 1 homme, en sorte que l\u2019homme qui est libre à l\u2019égard de tout homme puisse s\u2019y soumettre sans se détruire ».« L\u2019histoire n\u2019est pas une fatalité auquelle on s\u2019abandonne », elle est bien 1 œuvre de 1 homme mais il doit la faire selon les normes de la prophétie.Un mot exprime cette dualité dans I histoire celle qui fut faite 175 Revue Dominicaine et celle qui le sera * de Faction humaine et de 1 influence divine, et c est I Alliance, qui est la contribution la plus originale de la pensée hébraïque à Ihistoire de I humanité.L Alliance qui signifie que « Dieu ne fait pas l\u2019histoire sans I homme et 1 homme ne fait pas 1 histoire sans Dieu ».Le drame de notre temps Le Père Daniélou a souligné ensuite les enseignements que I on peut tirer de ce thème et de quelle manière ils s appliquent à la vie moderne.« Le drame de notre temps, a-t-il déclaré, est celui de la liberté.Notre monde oscille entre 1 anarchie et la tyrannie.Et il ne peut accepter 1 une ou l\u2019autre.Mais entre les deux, il y a la Prophétie qui s inscrit dans un dessein qui n\u2019est pas le poids d\u2019une collectivité mais la promotion de la communauté des personnes et dont la Loi est celle de Dieu ».Faux-prophétismes séculiers et religieux La Prophétie par son essence même est le contraire des mythes c est-à-dire dans le monde moderne, des idéologies et implique donc la nécessité de les combattre.Celles-ci caractérisent l\u2019époque que nous venons de vivre et dont nous sortons peut-être enfin : impérialisme, socialisme, internationalisme, etc.Ces idéologies contiennent des éléments valables et salutaires mais à la condition d être considérés comme des réalités humaines relatives et faillibles dont il s\u2019agit de trouver l\u2019équilibre et non comme des vérités suprêmes et absolues.« Nous sommes ici » a dit le Père Daniélou, « pour dénoncer les mythes qui sont 1 expression d orgueil collectif et facteurs de guerre ».Outre ces faux-prophétismes séculiers, il y a aussi les faux- prophétismes religieux qui subordonnent la religion à la politique et en font un moyen d\u2019oppression.« Nous ne croyons pas aux guerres saintes et le rôle de la religion est d être médiatrice de paix».« Cela donne le ton de notre rencontre.Nous ne sommes pas ici les prophètes de religions politiques opposées car nous ne pourrions alors que nous excommunier mutuellement.Nous n avons à faire ni le procès 176 Histoire et prophétie de I Orient ni celui de l\u2019Occident (.) Nous sommes ici pour chercher loyalement les voies de notre destin et nous réussirons dans la mesure ou nous déposerons nos préventions et nos ressentiments ».Construire la cité des hommes Ce n\u2019est pas suffisant de dénoncer les idéologies, il faut aussi construire la Cité des Hommes et « à ce niveau il est possible aux peuples, malgré les divergences de leurs credos de travailler ensemble.La route que les hommes de toutes races et de toutes croyances peuvent parcourir ensemble est assez longue pour qu il vaille la peine de chercher ces lois auxquelles leur action doit se soumettre et qui sont finalement ce que la Prophétie enseigne sur l\u2019histoire et ce qu elle nous dicte à nous qui devons faire Fhistoire ».« Quelles sont-elles ?Les commandements de Dieu, adressés à tous les hommes, même ceux qui ne lui donnent pas son Nom, car elles restent inscrites par le doigt divin sur les tables du cœur ».La créativité La première est celle de la créativité.Quelque chose se construit au milieu de nous dans l\u2019histoire.Et ce quelque chose que Dieu construit, il nous demande de construire avec Lui.Ceci signifie d\u2019abord une vue positive de la création et de la mise en valeur de la création par le travail de l\u2019homme.Mais la création matérielle n\u2019est que le substrat d\u2019autre chose.Le monde réel est celui des personnes humaines.A leur niveau la création devient amour : c est-à-dire disposition bienveillante à 1 égard de tout homme pour 1 aider à s accomplir ».« Celle-ci est notre Loi.Elle a pour norme le bien des hommes.C est là ce qui commande I utilisation des techniques, c est à cela qu est subordonné 1 organisation des cités.Leur mesure est leur aptitude à servir l\u2019homme : « Les prophètes de notre temps sont ceux qui ont protesté contre l écrasement de l homme par le poids des lois économiques et des appareils techniques qui ont refusé ces fatalités.Ils sont bien les conti- 177 Revue Dominicaine nuateurs des prophètes de I Ancien Testament et de leurs protestations contre l\u2019injustice.Et même quand ils ne le savent pas, c\u2019est bien la Loi de Dieu qu ils rappellent ! Nous sommes fidèles aux Lois de la Prophétie quand nous luttons contre la misère ou que nous cherchons à élever le niveau des hommes par l\u2019éducation, nous le sommes aussi quand nous luttons contre la guerre.Universalisme L autre norme de I action prophétique est 1 universalisme.La perspective prophétique envisage toujours lensemble de la famille humaine créée par un même Dieu et descendant d\u2019un même Adam.Hors de la mouvance de Dieu les égoïsmes se dressent les uns contre les autres mais à travers ces divisions, 1 unité de la famille humaine persiste.« Nous sommes fidèles à la Loi d universalisme quand nous n érigeons pas les intérêts particuliers en absolu, quand nous avons le souci de I humanité entière.L événement même nous pousse aujourd hui à I universalisme et « penser aux autres est simplement raisonnable quand on ne peut se passer deux».Nous sommes fidèles à ses normes quand nous travaillons à la compréhension réciproque des peuples, quand nous faisons des échanges culturels et quand nous pensons les problèmes économiques à I éch elle de la répartition internationale des richesses.« Et je pense que ce Congrès est F expression de cet esprit prophétique quand il implique chez nous cette décision de construire I avenir du monde selon ces normes ».* * * Tour à tour, les représentants de tous les pays sont montés à la tribune faire entendre la voix de leur patrie respective et le Président Gronchi lui-même est venu clore ce Congrès de la Paix et de la Civilisation Chrétienne par un discours de politique internationale qui a été très remarqué dans les milieux diplomatiques.178 Histoire et prophétie Pour la première fois, le thème de Tannée prochaine a été proclamé à 1 avance.II sera « Unité dans la diversité ».En I honneur de ce Congrès, le Palazzo Vecchio était illuminé de torches jusqu au sommet de sa tour, et celle-ci dans la lumière dansante des flammes semblait être devenue un immense flambeau de paix et de civilisation allumé dans le ciel florentin.Madeleine Vaili.ancourt 179 Le sens des faits En marge de la Dénonciation Dion-O\u2019Neill Nous n\u2019avons pas été les derniers à nous attrister de la décadence des mœurs électorales que vient de signaler le Manifeste Dion-O\u2019Neill.D aucuns se sont réjouis de pouvoir accuser la droite pour absoudre la gauche, alors qu\u2019à droite et à gauche, d\u2019un côté comme de l\u2019autre, avec toutes les nuances du plus et du moins, il y a chez notre peuple une insouciance ou légèreté morale d autant plus grave qu elle se représente îe vote électoral comme un jeu, une gageure sur champs de course.Perversion ou perte du sens moral, absence d\u2019honneur ou de fierté humaine, on enchaîne la liberté, d où émanent pourtant toutes nos responsabilités, à 1 intérêt immédiat au détriment des fins dernières et de la dignité humaine.Quand un peuple en est rendu à vendre ses droits pour « un plat de lentilles », il renonce à son intelligence et à sa dignité, il se forge une situation d\u2019esclave.Même si l\u2019on soutient qu\u2019il y a exagération dans cette dénonciation, que la très grande majorité des électeurs a encore le sens des responsabilités, qu\u2019on soit dans l\u2019impossibilité de dresser une statistique sérieuse divisant les hommes en bons et mauvais électeurs, il y a pire que les faits : une mentalité, un état d esprit général qui, parce qu il ne réagit pas ou ne proteste pas publiquement, tolère ce « mal qui répand la terreur », même si tous n en sont pas atteints et n\u2019en meurent pas.D ailleurs dans 1 histoire de toutes les institutions humaines, disons de toutes les institutions composées d hommes, donc de pécheurs : gouvernants et gouvernés, on trouve des hausses et des baisses que « la faim, 1 occasion, I herbe tendre et je pense.» peuvent expliquer mais jamais excuser.* * * Fragilité des Institutions.\u2022\u2014> Au livre V de la République, Platon que personne n accusera de partialité pour le bleu ou le rouge de notre Province, écrit : « Tant que les philosophes ne seront pas rois, ou que ceux qu on appelle aujourd hui rois ne seront pas vraiment ou sérieusement philosophes, tant que la puissance politique et la philosophie ne seront pas unies, il n\u2019est point de remèdes aux maux qui désolent les cités, ni même, selon moi, à ceux du genre humain ».Ce mariage de la sagesse philosophique avec la sagesse politique, s\u2019il a pu exister à quelque période d histoire, est plus compromis que jamais aujourd\u2019hui, vu que les vrais politiques comme les vrais philosophes, sont de plus en plus 180 Le sens des faits rares, surtout dans le même homme.L intérêt prime la vérité et la justice, i individu agit pour lui-même, sans se soucier de la répercussion de ses actes sur le Lien commun.Dans les Lois, le même auteur reconnaît « que les Etats ne succombent pas tant à la force extérieure qu aux vices internes, et que le principal de ces vices est la domination exclusive d un seul principe, I exagération soit de I autorité, soit de liberté » (Cf.Les penseurs de la Grèce, II, p.668).Dans notre pays, le vice interne qui ravage notre démocratie se trouve dans un double abus : celui de I autorité, celui de la liberté.« Dans chaque Etat, celui qui gouverne n est-il pas le plus fort ?Chacun d eux ne fait-il pas des lois à son avantage : le peuple des lois populaires, le monarque des lois monarchiques ; et ainsi des autres.Et quand ces lois sont faites, ne déclarent-ils pas que la justice, pour les gouvernés, consiste dans I observation de ses lois ?» S.Thomas, In Ethicorum, I.V, Lect.2 : Semper enim in legibus ferenclis attenditur id quod est utile ei quod est principale in civitate ».Et les lois sont toujours faites selon I intérêt des gouvernants.Quel pessimisme ! Et Bossuet (Politique tirée de l Ecriture Sainte, I.II, XII prop.), en désespoir de cause, écrit : « II n\u2019y a aucune forme de gouvernement, ni aucun établissement humain qui n ait ses inconvénients ; de sorte qu il faut demeurer dans I état auquel un long temps a accoutumé le peuple ».De ces textes historiques comme de I observation actuelle apparaît la fragilité de nos Institutions gouvernementales.L\u2019Histoire nous apprend qu il n y a jamais, de façon durable, de bon gouvernement et que les meilleurs se corrompent au bout d un certain temps.Sir Wilfrid L aurier n a-t-il pas écrit : « qu après quinze ans de pouvoir un gouvernement est pourri ».La raison en est que ces gouvernants finissent par tout diriger trop en fonction d eux ou de leur parti, non plus pour le bien public.A moins qu un saint n accède au pouvoir ï Dans ce cas, pour un certain temps, on a un bon gouvernement.Trop souvent, hélas ! avec de bons principes et d excellentes intentions, les gouvernants sont pris dans un engrenage pernicieux, pour ne pas dire dans la corruption de leur milieu ministériel ou populaire, et ils n arrivent pas à réaliser in concreto ce qu\u2019ils avaient promis, projeté, rêvé.II résulte des leçons de I Histoire que le meilleur système politiaue peut conduire à tout : ordre ou désordre, selon le degré de moralité des gouvernants ou des gouvernés.Est-ce à dire au il faille désespérer de notre régime démocratiaue ?Non, mais à condition de se tenir sur ses gardes continuellement, d éviter les ornières, et si on y tombe, d\u2019en sortir au plus tôt.181 Revue Dominicaine Devoir de surveillance.\u2014 Le Manifeste pour la restauration de nos mœurs électorales, écrit : « Nous récoltons ici ce que nous avons semé.Notre prédication morale, nos campagnes de moralité ont insisté sur la luxure, l\u2019intempérance, le blasphème.Dans ces catégories, évidemment, il n y a pas place pour I injustice, le mensonge, la concussion et I incivisme ».Notre peuple sait-il suffisamment qu\u2019en régime démocratique, le droit de vote est la faculté légale et onéreuse de désigner les chefs du peuple, c est-à-dire ceux qui devront prendre une part plus ou moins grande au gouvernement du pays ?Sait-il que tout le rouage administratif repose en définitive sur son vote populaire ?Agriculture, commerce, industrie, enseignement, justice, tout est contrôlé par les hommes que le peuple a choisi.Sait-il qu on a le gouvernement qu\u2019on mérite, la justice qu on mérite par les juges qu on s est donné, I éducation qu\u2019on mérite par les éducateurs qu on s est donné.Les candidats peuvent être honnêtes ou malhonnêtes, droits ou rusés : c est le vote du savant comme de I ignorant, f\u2014i dans 1 urne les deux ont la même valeur fréquentée par les touristes.Elle était vide, en effet, auand nous y pénétrâmes naguère.Vide, pas tout à fait.Dans la chapelle de la Vierge, un homme était agenouillé disant son chapelet.La tête ronde, les épaules carrées, larges, tout disait de lui une vigueur qui résiste aux années.Le regard tendu vers I image de Marie, 184 Le sens des faits il demeura insensible aux grincements de la porte, au bruit de nos pas sur le dallage, au grincement des bancs sous nos genoux.Visiblement, il n\u2019était plus de ce monde.C\u2019est 1 auteur des Cinq Grondes Odes.Devant cette ferveur d enfant, André Gide aurait eu peut-être un sourire de mépris, un mouvement de colère ; ou au contraire un soupir de regret.Plus simplement, nous ne pouvions que respecter ce silence, et nous sommes partis sans oser attendre celui que nous avions jadis rencontré à Québec, à New-York et, plus récemment, en son château de Brangues même ».Et en novembre 1955, (p.214), dans un chapitre intitulé «Autour du cercueil de Claudel » il nous décrit les lieux du grand disparu, les personnages qui ont assiégé Brangues pour le suprême adieu du poète.« De la place publique, on gagna en masse le vaste parc qui entoure le château de la famille Claudel.On s arrête au bas d une pente, dans un coin retiré, face à deux tombes de pierre, étalées sous le grand ciel bleu.L\u2019une, toute petite, est déjà close ; elle abrite ce petit Pierre Paris, mort à deux ans, à qui son grand-père venait rendre sa visite quotidienne.L autre, grande ouverte, est celle qu\u2019avait obtenu d occuper 1 auteur des « Cinq Grandes Odes », chef-d\u2019œuvre de notre lyrisme religieux.Un haut peuplier, lancé droit vers le ciel, veillera sur I aïeul et le petit enfant.Quel dialogue ne poursuivront-ils pas, 1 innocent et le vieillard riche d expériences trop nombreuses et diverses, mais aussi de repentirs, de réparations et de sagesse ».Pour avoir été professeur à I Université Laval, cet écrivain resta très attaché à notre pays.« Mon mari était comme moi très attaché au Canada et conservions de notre séjour à Québec le meilleur des souvenirs et beaucoup d amis », vient de m écrire I épouse en deuil.Nous 1 assurons de notre profonde sympathie et d une fervente prière de gratitude pour le grand disparu.Que Dieu lui donne la récompense que les hommes ne peuvent donner.Et sans doute, tous les lecteurs qui ont goûté ses écrits auront une pensée pieuse pour le repos de son âme.La Direction Le Centenaire de Bernard Shaw La république des lettres célèbre cette année le centenaire de I illustre dramaturge irlandais, alors qu il est mort il y a six ans à peine.C est que Bernard Sbaw est né en 1856 et que le ciel a daigné prolonger sa vie pendant près d un siècle.Agacés par les innovations, les bravades, les flèches et les paradoxes que Bernard Sbaw n épargne guère dans ses pièces et ses œuvres diverses, plusieurs critiques avaient prédit que sa Revue Dominicaine personne et son théâtre seront vite oubliés une fois qu il sera dans la tombe.Les faits prouvent le contraire : le théâtre et le cinéma, voire même la télévision continuent à présenter et à exploiter ce qu\u2019on pourrait considérer comme les chefs-d\u2019œuvre de cet écrivain prolifique, qui nous a laissé cinquante et une pièces de théâtre, presque autant de préfaces toujours provocantes, quelques romans écrits dans son jeune âge, un gros ouvrage sociologique et un grand nombre de critiques dramatiques et musicales.Nous nous bornerons dans cette chronique à monter en épingle les pensées maîtresses qui servent d armature à ses pièces, et qui peuvent aussi expliquer les raisons de cette résistance intellectuelle que certains éprouvent à les voir ou à les lire.Car en fait, Bernard Shaw est un didacte : il écrit ses pièces pour présenter ou pour chercher à prouver quelque chose de son cru.Il est donc plus intéressé à ce qu il veut faire dire à ses personnages, et à I effet de leurs commentaires, qu\u2019aux jeux de la psychologie normale et à I art structural qui sont les deux piliers du théâtre moderne.Nourri du transformisme de Lamarck, qui préconise une évolution restreinte, et pris d enthousiasme pour le socialisme actif qui s affirmait sur le plan politique en Angleterre à la fin du dernier siècle, Bernard Shaw croit dans la transformation progressive des individus et des sociétés, au prix d un iconoclasme qui choquait déjà ses contemporains victoriens.Le succès de ce progrès dépend du succès de notre révolte contre toutes les formes de I autorité : religion, gouvernement, institutions, comportement, manières même.Il ne s\u2019agit pas d\u2019abolir ce qui doit rester, mais de faire éclater les cadres pour mettre en marche cette évolution progressive.L élément actif et dynamique de cette transformation n\u2019est autre que la force de vie (life-force) qui remplace la causalité divine, et qui seule peut rendre compte du comportement des humains.Des aspects divers de cette force-de-vie s affirment dans les pièces philosophiques comme Man and Superman et Back to Methuselah surtout.Bernard Shaw va même jusqu à dire que la science pourrait prolonger la vie humaine, bien que le tableau qu il nous en donne dans Back to Methusaleh ne soit guère encourageant.Par contre, la solution plaisante offerte dans Pyg-malion est plus fraîche et vraisemblable.A son tour, la force-de-vie rend compte du désir de survivance matérielle qui est réalisée par le mariage.Ici, Bernard Shaw nous présente cette idée originale de la femme-chasseresse qui use de tous les moyens pour acquérir le père de ses enfants (Man and Superman, You Never Can Tell, Misalliance).Il veut que la femme n\u2019appartienne qu à 186 Le sens des faits elle-même (The Philanderer) et qu elle ne soit pas la propriété du mari.Mais cette émancipation de la femme, que Bernard Shaw préconisait depuis 1 époque épique des suffragettes, n est pas incompatible avec la fidélité conjugale (Candida) qu il défend avec ardeur pour des raisons pratiques et nullement spirituelles.Aussi Bernard !7>haw traite-t-il 1 amour comme un naturaliste, en lui enlevant cette auréole que les coutumes lui ont imposée en raison de sa source divine vue plus ou moins distinctement par les sociétés, mais aussi en lui posant des limites pour en éviter les abus.\t, S il dénonce avec raison I exploitation du pauvre ( Y\\ idowei s Houses) et du vice organisé (Mrs.Warren s Profession) par conbe il s'ingénie à diminuer le cbef (Man of Destiny, Cesar and Cleopatra) en les plaçant dans des situations ridicules et en les faisant parler à contretemps.Cette technique produit des effets dramatiques, mais en laissant un résidu d irrespect à l\u2019égard des personnes.Avec le chef, c est le héros qui est tourné en ridicule (Arms and the Man, Lîajor Barbara), en accord avec le pacifisme bien connu de Bernard Shaw, qui juge la guerre contraire à la saine opération de la force-de-vie et à la tendance naturelle de survivre.Plus malicieux nous apparaît son effort d abaisser aux normes naturelles le martyr et le saint (Androcles and the Lion, et surtout Saint Joan ).Bien que ces deux pièces provoquent une émotion dans certaines scènes, elles tentent d expliquer par des moyens naturels (psychologiques et politiques dans le cas de Saint Joan) ce qui serait proprement miraculeux.D\u2019ailleurs la Préface de Saint Joan est un vrai réquisitoire contre le miracle, en dépit du respect purement formel de Bernard Shaw pour les personnes et leurs croyances.L art de la présentation de Saint Joan couvre imparfaitement l anticléricalisme et I irréligion de son auteur.Ce qui fait I intérêt permanent des grandes pièces de Bernard Shaw, c est leur esprit, leurs paradoxes recouvrant quelque vérité, leur audace, leurs effets de théâtre, leur dialogue agressif et souvent inattendu, l art dramatique qui les soutient, la qualité de la langue imagée, charnue, batailleuse qui les présente, et enfin son effort de mettre en discussion certains problèmes fondamentaux de la vie et de la destinée humaines.îsj n Les disques Beecham et Berlioz, deux noms inséparables.On peut s en rendre compte par linterprétation fulgurante des Ouvertures Carnaval Romain, Roi Lear, Le Corsaire, Les Francs Juges, Waverly par le vieux maître dirigeant l\u2019Orch.Philharmonique Royal.Recommandé (Col ML-5064).187 Revue Dominicaine Le nom de Beecham est aussi inséparable de celui de Delius.Lui seul connaît à fond cette musique impressionniste et sait dégager cette atmosphère subtile de Paris et Sea Drift.Bon enregistrement (Col ML 5079).E.Power Biggs continue sa tournée des orgues européennes, en jouant les 8 petits Préludes et Fugues de Bach sur 8 instruments différents.L\u2019enregistrement est parfait de tous les points de vue (Col ML-5078).La Symphonie Pastorale de Beethoven avec George Szell et l\u2019Orch.Philharmonique de New-York : les 5 derniers mouvements sont ici joués sans interruption pour donner une idée de I humeur changeante de J homme et de la nature.Cette partie de 1 œuvre atteint son maximum d\u2019expression sur disque (Col ML-5057).Le dernier enregistrement du Concerto no 2 de Rachmaninoff par Eugene Istomin compte parmi les meilleurs.Istomin sait rendre cette musique un peu macabre.L Orch.de Philadelphie 1 accompagne sous la direction d\u2019Ormandy.Pour compléter le disque, 2 Préludes de Rachmaninoff en version orchestrale (Col ML-5105).Continuant leur intégrale de Mozart, Bernard Paumgartnei et Torch, de Vienne nous présentent les Concertos no 6 et 14 avec la pianiste Hans Henkemans (Epie LC-5226) et la Symph onie Concertante pour violon et alto avec Nap de Klijn et Paul Godwin (Epic LC-3197).Pour compléter le dernier disque, 3 œuvres pour violon et orchestre : Adagio, Rondo concertant et Rondo.Ce sont deux disques fort honnêtes.La Sérénade pour cordes de 1 chaïkowsky est l une des meilleures œuvres dans ce genre et, malgré certaines faiblesses de composition, l\u2019un des sommets de la musique de Tchaïkowsky.Paul Van Kempen dirige I Orch.des Concerts Lamoureux.Au revers, Mozartiana composé par Tchaïk owsky en hommage à Mozart.Recommandé (Epic LC-3213).L Orch.Boyd Neel dirigé par Cedric Dumont exécute quelques Sérénades pour Cordes choisies parmi les mélodies les plus connues, comme Greensleeves, Méditation de Thaïs, Largo de LIaendel, Sérénade de Haydn, Andante Cantabile de Tchaïkowsky, etc.Un bon disque en son genre (Epic LC-3228).Le Quintette à Vents de Philadelphie interprète Kliene Kammer-musik de Hindemith, Trois Pièces Brèves d\u2019Ibert, Scherzo de Bozza, Divertimento de Haydn et le Sextuor de Beethoven.Chacun de ces artistes est un as sur son instrument et leur groupe est très homogène.Recommandé (Col ML-5093).G.F. esprit P.Dominique de Saint-Denis, capucin r\u2014 « L Eglise catholique au Canada.Précis historique et statistique.The Catholic Church in Canada.Historical and Statistical Summary ».6e édition.Les Editions Thau, Couvent des Capucins, La Réparation, Montréal 5, 1956.270 pages.Travail de bénédictin, diraient les gens du XIXe siècle.On s\u2019étonne d\u2019en apprendre autant en si peu de pages.Et il n y a pas que des chiffres.Des dates, des faits, de courtes notices historiques viennent compléter, expliquer et justifier les tableaux d\u2019ensemble et tous les chiffres qui les constituent.Un travail intelligent, quoi ! Intelligent et discret.Car en prouvant et en constatant à même les chiffres officiels de l\u2019Office National de la Statistique, que 44.7% de la population canadienne est catholique et 97% chrétienne, l\u2019auteur aurait pu épiloguer à souhait.Pourtant non.Il ne dit que ce qu\u2019il faut dire et laisser réfléchir son lecteur.On sent la fidélité à l\u2019esprit objectif du Père Alexis.La partie la plus originale de la présente édition est consacrée à Terre-Neuve dont 33.6% de la population est catholique.On y apprend au surplus que nos frères catholiques viennent d\u2019un peu partout et qu\u2019ils ne sont pas nécessairement tous irlandais.Si on se connaissait davantage ! C\u2019est le premier souhait que suggère l\u2019encyclopédie du Père Dominique.Le second : si on pouvait par des enquêtes sociologiques préciser un peu et connaître non plus le nombre des baptisés \u2014 l\u2019auteur nous l\u2019apprend \u2014 ni même celui des pratiquants, mais la qualité de notre catholicisme.Une enquête sur la connaissance religieuse pourrait nous introduire dans ce monde intérieur des âmes.En attendant, ni vous, ni moi, ni aucun éducateur, ni aucun bibliographe ou bibliothécaire, ne devrait hésiter à se procurer le livre du Père Dominique.Peut-être pourrait-on souhaiter à la prochaine edition un index qui rendrait la consultation de ces dossiers plus rapide et plus efficace.Mais avant toute remarque remercions le Père Dominique de Saint-Denis de nous avoir présenté un travail aussi parfait.Son livre est bilingue, absolument bilingue.En l\u2019occurrence le bilinguisme signifie une œcuménicité qui ajoute à la compétence de l\u2019auteur une preuve de générosité qui fait plaisir.H\tRT Robert Sylvain *-> « La vie et I œuvre de Henry de Courcy (1820-1861) premier historien de I Eglise catholique aux Etats-Unis ».Les Presses Universitaires Laval, Québec, 1955.547 pages.Voici un livre assez exceptionnel.Rien qu\u2019a consulter le livret des sources et la liste des ouvrages utilisés par l\u2019auteur, aux pages 326-336, on est déjà certain qu\u2019il s\u2019agit là d\u2019un travail serieux.L\u2019auteur a pris la peine 189 Revue Dominicaine de retracer tout le dossier « de Gourcy » ; il l\u2019a trouvé en Amérique et en Europe ; il a lu et vérifié des correspondances inédites, mis la main sur un journal intime, dépouillé laborieusement des archives de commerce, analysé des rapports de missions scientifiques et interrogé les descendants de M.de Gourcy.Mais, ce n\u2019est pas tout de récupérer les sources, il faut ensuite les lire, les critiquer, observer les lois du contexte, besogne délicate en ce qui regarde surtout l\u2019histoire des idées, pour finalement absorber dans un écrit vivant la substance de ses recherches en faisant oublier le travail préliminaire de l\u2019archiviste.C\u2019est ce qu\u2019a réussi Robert Sylvain, et fort bien.Sa conception de l\u2019histoire nous plaît.D\u2019abord parce qu\u2019elle nous permet de fixer notre attention non sur des questions de détail mais sur les vrais problèmes.Pourtant, l\u2019auteur peut être précis et analytique lorsqu\u2019il veut, mais toujours sans perdre de vue les ensembles.Par lui et avec lui nous apprenons l\u2019histoire de toute une époque en lisant celle d\u2019un homme.On se rend compte, une fois de plus, qu\u2019il est bien difficile de faire l\u2019histoire de l\u2019Amérique française sans recourir à celle de l\u2019Europe.C\u2019est peut-être à certains égards bien dommage, mais c\u2019est un fait.Qui est Henry de Gourcy ?Un agent commercial français, doublé d\u2019un publiciste, triplé d\u2019un historien.Personnage pittoresque.Vie pittoresque aussi.Monsieur passe d\u2019un continent à l\u2019autre, mais, si engagé soit-il dans la vie matérielle, il n\u2019oublie jamais d\u2019émigrer avec ses idées et surtout ! de les défendre là où et quand il faut, soit en Amérique, soit en France.D\u2019où lettres, pamphlets, histoire.Frère Robert voyage avec lui ; il sait raconter, dépasser l\u2019anecdote, élargir les horizons.Il écrit de l\u2019histoire et non de la simple chronique.Aussi, nous sommes prêts à lui retourner le beau compliment que Beauchesne adressait à Henry de Gourcy le 15 mars 1854 : « Je félicite la vérité historique d\u2019avoir dans le Nouveau-Monde un défenseur tel que vous ».Tout au plus, par exception, pourrions-nous observer que notre auteur cède parfois trop facilement aux sympathies et antipathies de son héros.Probablement que l\u2019histoire des idées lui donnerait raison.Mais nous nous plaçons ici du point de vue de la réaction du lecteur.Ainsi, ce pauvre M.Williams de la page 260, il nous semble qu\u2019il était déjà assez malheureux sans que Job survienne.Ce sont là des détails.C\u2019est tout le livre du Frère Robert qu\u2019il faut juger ; il s\u2019agit ici d\u2019un très beau livre d\u2019histoire, un livre écrit par un historien intelligent.Benoît Lacroix R.E.Brennan, O.P.« Initiation à la Psychologie ».Traduit par Charl es Bilodeau.Centre de Psychologie et de Pédagogie, Montréal, 1956.21 cm.566 pages.J\u2019aime la table des matières de cet ouvrage.Avant de parcourir les trois chapitres traditionnels : la vie sensitive, la vie végétative, la vie intellectuelle, l\u2019auteur nous donne son point de vue sur la psychologie, l\u2019organisme humain, la matière et l\u2019esprit.Puis, ayant fait le point sur les trois vies, le traité s\u2019élève vers les problèmes de la liberté, des habitudes, du 190 L'esprit des livres caractère, de la personnalité, de la nature de 1 âme.Le chapitre^ douzième et dernier reprend le problème du Phédon : l\u2019immortalité de l\u2019âme.Voici une spécialité qui met sa couronne en envisageant un des plus grands problèmes de la philosophie.Naturellement le chapitre douzième ne suffit pas à lui-même.L\u2019immortalité de l\u2019âme n\u2019y est pas prouvée.Mais le chapitre onzième reprend les arguments classiques sur l\u2019immatérialité et montre la différence devant un objet matériel entre l\u2019intelligence et une camera (p.319).J aurais certainement élaboré plus de développements que l\u2019auteur sur les opérations réflexes.Mais l\u2019exemple de la feuille de papier est là qu\u2019on doit plier en deux parties, alors que toute l\u2019âme se replie sur elle-même, qu elle se replie sur son repliement et ainsi de suite.Elle est immaterielle.En parcourant ce texte français je me suis senti parfois à 1 intérieur d\u2019une traduction.Mais le texte est beau, aéré, illustré de plusieurs dessins.Il rendra des services certains.En l\u2019acquérant, corriger tout de suite trois coquilles : p.346, ligne 17 : Mais aucune ; p.352, ligne 15 : ne dépend au lieu de de dépend ; p.362, ligne 14 : Albert le Grand.clamé (il manque un verbe).Gomment terminer sans donner la main à Mademoiselle Cécile Chabot pour ses dessins et son temple de la culture occidentale.Mgr Sheen pourrait s\u2019en inspirer pour son tableau télévise et pour promouvoir la dite culture au-delà des intempéries.Arcade-M.Mouette, O.P.Karl Jaspers
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