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Titre :
Revue dominicaine
Éditeur :
  • St-Hyacinthe :Couvent de Notre-Dame du Rosaire,1915-1961
Contenu spécifique :
Septembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Rosaire
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Revue dominicaine, 1959-09, Collections de BAnQ.

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[" ST-HYACINTHE, P.Q.SEPTEMBRE 1959 SOMMAIRE MARIE-CLAIRE BLAIS : « La mort d\u2019un Seigneur » Sœur MARIE-CÉLESTE : La spiritualité de Chantal de Clergerie THÉRÈSE BELLEAU : Les droits de l\u2019homme PAUL FONTAINE : Approximations sur l\u2019analphabétisme.THOMAS-M.LEBLANC : Qu\u2019attendons-nous pour agir ?JEAN-CLAUDE DUSSAULT : Un sâdhou chrétien en Inde LE SENS DES FAITS Quarante-Heures \u2014 Hommage au nouveau Gouverneur Général du Canada _ La rentrée des écoles \u2014 La Comédie Française aux Festivals Festival 1958 de Radio-Canada \u2014 L\u2019Eglise et le Théâtre \u2014 Christianisme et Liberté \u2014 Le problème africain vu par un humaniste \u2014 De Confucius au Christ \u2014 Chronique des disques.L\u2019ESPRIT DES LIVRES DIRECTION : MAISON MONTMORENCY COURVILLE (QUÉBEC-5), P.Q.ADMINISTRATION : 5375.AV.N.-D.DE GRÂCE MONTRÉAL-28 .P.Q. QUI LE VOIT.LE VEUT ! 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révèlent un grand poète.bœur Marie-Céleste : « La spiritualité de Chantal de Clergerie Cette\tfille spirituelle de l\u2019abbé Chevance est l\u2019héroïne\tdu fameux roman\tde\tBernanos : La\tJoie.\tOn y trouve\tcette foi inébranlable sous des aspects chancelants\tqui\tanime Le Dialogue des Carmélites.Thérèse Belleau : Les droits de l homme Depuis l\u2019adoption de la « Déclaration universelle des droits de l\u2019homme », 10 décembre 1948, di x années se sont écoulées mais on est encore loin de l\u2019idéal proposé et de sa prise de conscience.Paul Fontaine : Approximations sur l analphabétisme.Avec beaucoup d\u2019humour et de finesse, un ancien juge de la citoyenneté canadienne se moque des savants et se demande si le gros bon sens sans la culture ne serait pas la sagesse même ?Thomas-M.Leblanc : Qu attendons-nous pour agir ?Pour revenir à la source authentique et vitale de notre christianisme, selon les directives romaines, qu\u2019attendons-nous ?Jean-Claude Dussault : Un sâdhou chrétien en Inde Une expérience apostolique pleine de promesses mais dont on ne peut mesurer encore toute l\u2019efficacité.Le »eni de» faits Marie-Josefa : « Quarante-Heures ».G.-H.Lévesqlte, O.P.: « Hommage au nouveau Gouverneur Général du Canada ».A.-M.Monette, O.P.: « La rentrée des écoles ».Gilles M.arsolais : « La Comédie Française aux Festivals ».Guy Robert : « Festival 1958 de Radio-Canada ».P.S.R.: « L\u2019Eglise et le Théâtre ».A.Lamarche, O.P.: « Christianisme et Liberté ».P.S.R.: « Le problème africain vu par un humaniste ».P.S.R.: « De Confucius au Christ ».D.Vérieul : « Chronique des disques ».L\u2019esprit des livres Robert Rumilly : « Histoire de la Province de Québec ».S.S.Pif.XII : «La presse et les lectures».Paul-Marie de la Croix : «L\u2019Evangile de Jean et son témoignage spirituel ».J.-P.Charlier, O.P.: « Le signe de Cana ».Louis Becqué : « Les trois mariages ».P.-E.Théorêt : « M.Lussier, un homme, un prêtre».Dom Plus Parsch : « La grâce à la lumière de l\u2019année liturgique ».Dom Schmitt: « Marie-Madeleine ».Léopold Bertsche : «Epouse du Christ».Michel Gasnier : « Ma confirmation ».G.Hunermann : « Le vainqueur du Grapin ».G.Rotureau : « Amour de Dieu et amour du monde », Jean Simard : «Les sentiers de la nuit».F.Hertel : « O Canada, mon pays, mes amours ».Gaston Gibeault : « Au cours des jours ».Delhaye et Boulangé : « Espérance et vie chrétienne ». REVUE DOMINICAINE Directeur : R.P.ANTONIN LAMARCHE, O.P.Maison Montmorency, Courville (Québec-5), P.Q.Vol.LXV\tTome II\tSeptembre 1959 « La mort d'un Seigneur » A Monsieur J.A.Courteau Et c\u2019était un homme nu et seul qui marchait, loin, vers les cités de neige, Oui, ce n était qu un homme qui marchait, Un grand jeune homme blond encore enfant, doux, riant sa blancheur, Un enfant.Il courait dans les montagnes d émeraudes, flambantes de glace, Parmi les pics surgis comme des sabres sous le soleil de six heures, Et l\u2019homme riait, étreignant du pied les fleurs d hiver au teint de jeune fille morte.Soudain le soleil se retira dans son antre.Et vint la nuit, une griffe à chaque étoile.L homme encore enfant trembla.Les tours de neige veillaient sur les madones fauves, Sur les montagnes éclatantes, sans cri, Et protégeaient leurs ventres d ombres.«¦ Le Seigneur des vingt ans » entendit les loups gémir de faim dans les hautes forêts, Mais il rit et marcha plus nu, plus jeune, beau d angoisse.Il rit, rit tant que les montagnes se déchiraient son rire de l une à l autre.Le Seigneur des vingt ans écouta pleurer les loups : 65 Revue Dominicaine « Donne-nous un peu de ta chair à manger.juste un peu !.» II voyait la lune tendre sa gueule maigre, se dilater comme un masque de foire infernale.Il rit.Il rit.C était un enfant.Soudain il eut peur, il désira son front entre les mains d une femme.La.lune roula hypocritement sur les arbres, comme une tête de noyé sur les vagues.Et f enfant à moitié homme tendit les bras.Mille longs y eux verts le liaient au mirage.Il frémit à la nuque, à peine un soupir.« ] ai vingt ans.J ai vingt ans.» Le peuple des loups se lança sur les flancs de l homme.Foutes ces bêtes hurlaient de famine, Et F enfant leur donnait ses lèvres chastes et son front.Puis les loups s enfuirent.dans la lumière et le sang.Le Seigneur des vingt ans, le squelette allongé, souriait encore de ses dents.Il dormait, un homme ou un enfant ?Un enfant !.Mais sa poitrine ouverte saignait de belles larmes d homme.Québec, juillet 1959 Marie-Claire Blais 66 La spiritualité de Chantal de Clergferie comparée à celle de Constance Chantal de Clergerie, fille spirituelle de 1 abbé Cbevance, « le confesseur de bonnes », est I héroïne du roman La Joie, écrit en 1929 et faisant suite à L Imposture où Bernanos avait décrit le monde dans lequel ce prêtre se mouvait.Ces deux livres forment d ailleurs dans toute 1 œuvre de Bernanos le diptyque du péché et de la grâce.Constance, la petite moniale caractérisée surtout par sa simplicité, figure au premier plan dans Le Dialogue des Carmélites, la seule pièce de théâtre qu il ait écrite.Ces deux personnages, nous semble-t-il, reflètent 1 idéal le plus pur de la sainteté dans la pensée et 1 œuvre de notre auteur.Placées dans des circonstances bien différentes, Chantal de Clergerie et Constance pratiquent les vertus les plus sublimes du christianisme : I humilité, la simplicité, la charité et la soumission totale à la volonté de Dieu.La présence divine est la source unique de leur joie.En dépit de 1 atmosphère lugubre de sa maison paternelle, Chantal ne désire que servir Dieu.« Peu importe le reste », dit-elle \\ Chaque acte de sa vie s inspire de son assurance qu elle n est qu\u2019une petite chose vaine et légère faite pour servir un seul moment, puis qu on jette sans regret.De même, Constance bien qu elle soit entourée de consœurs carmélites qui ont le même but qu elle, celui de servir Dieu, est plus heureuse que les autres dans son service.« Dois-je être blâmée parce que le service du bon Dieu m\u2019amuse ?» demande-t-elle 1 2.Ce que les autres appellent hasard c\u2019est pour elle la logique de Dieu.Elle trouve risible que les méchants de ce monde ne puissent rien d autre contre les servantes de Dieu que de les contraindre à se déguiser « comme au Carnaval ».Par la pratique des vertus sublimes Chantal, de même que Constance, rayonne la joie.L humilité est le centre de la joie de Chantal, « le 1.\tImposture, p.265.2.\tDialogue des Carmélites, p.50. Revue Dominicaine noyau de I astre en flammes ».C est par la certitude de son impuissance, par cette part kumiliée de son âme plongeant dans un gouffre de suavité, qu elle se sent unie au Maître.Ce sens est en elle comme le signe ineffable de la présence de Dieu dans son cœur qui la réconforte et console.« Elle n était jamais assez Kumiliée, elle ne désirait que le mépris, elle aurait vécu dans la poussière », nous affirme Fernande, la cuisinière °.Semblable à Cbantal au milieu du monde, Constance se croit parmi les plus faibles au sein de sa communauté.Selon elle, elle ne mérite que d être fouettée par les autres surtout pour avoir parlé si légèrement de la mort de la Révérende Mère.« Vous m enviez î » s exclame-t- elle à Blanche.« Voilà la chose la plus extraordinaire que j aie jamais entendue ! » 3 4.Plus tard, elle demande à Blanche de lui aider à réparer sa faute pour avoir si étourdiment parlé.Cette vertu fondamentale de I humilité s épanouit dans la charité fraternelle.Chantal trouve sa joie dans le bonheur des autres.Facile à contenter, elle a le sens et même I instinct du sacrifice, de 1 abnégation.Elle ne méprise personne, ni elle-même, car le mépris est le poison de la tristesse.« La tristesse bue, c\u2019est lui qui reste au fond, une boue noire, amère » 5 6 7.Elle a pitié de tout, sourit à tout, même aux feuilles des arbres, même aux mouches.« Je suis un peu vive, un peu moqueuse, j ai un peu d esprit, j amuse », dit-elle à son père, « cela fait illusion » .Elle ne veut que le petit mérite de lui obéir sans discussion, de ne songer qu à lui, qu à la sécurité de sa vie.Elle pardonne tout à tous, même le russe Fiodor, le chauffeur qu elle sait être un menteur.« Notre-Seigneur ne se lasse pas de vous pardonner », dit-elle à M.L.Pérousse, psychiatre et ami de son père, « vous êtes tout ruisselant du sang de la Croix » .Constance ne méprise jamais personne et se rapproche de Chantal.Elle aurait volontiers donné sa vie même pour sauver celle de la Révérende 3.\tLa Joie, p.315.4.\tDialogue des Carmélites, p.51.5.\tLa Joie, p.230.6.\tId\u201e p.85.7.\tLa Joie, p.229.68 La spiritualité de Chantal de Clergerie Mère.« On ne meurt pas chacun pour soi, mais les uns pour les autres, ou même les uns à la place des autres », dit-elle s.Constance trouve du bonheur dans les petites choses de la vie.Dans le jardin du couvent avec Blanche, en achevant une croix de fleurs pour la tombe de la Prieure Croissy qui vient de mourir, elle fait un bouquet pour la nouvelle Prieure.Elle se réjouit de ce que la poignée du gros fer à repasser dont Sœur Jeanne-de-Ia-Divine-Enfance se servait parfois en soufflant sur ses doigts soit réparée et bien regarnie.Grâce à leur simplicité, Chantal et Constance sont unies à Dieu.Elles ont la témérité des cœurs purs.Chantal écoute battre son cœur et ce n\u2019est ni de terreur, ni de vaine curiosité, car chaque heure de sa vie est pleine et parfaite.Son âme s\u2019est ouverte sans effort à la lumière de Dieu, comme un homme prend toute sa part d\u2019air respirable lorsqu il respire à fond.« 11 faudrait n\u2019être qu\u2019un cristal, une eau pure », dit-elle 9.Elle ne pense qu à Dieu, elle n est simple et gaie que pour lui.Constance plaint de tout son cœur les gens qui ont le malheur de ne pas croire en Dieu.Mais il lui semble encore plus triste de croire en un Dieu mécanicien, géomètre et physicien.L image qu elle s est faite de Dieu est celle d un Père en qui elle place toute sa confiance et qui est parfaitement capable d exaucer tous ses désirs, « pour faire plaisir à un pauvre petit ver de terre comme moi », dit-elle 10.Ces deux personnages faits sur le patron de la « petite Thérèse » accueillent les épreuves sans nulle crainte.Chantal ne peut imaginer que Dieu lui manque jamais.Aux moments les plus effrayants de sa solitude après la mort de son vieil ami 1 abbé Chevance, elle s applique de tout son cœur à ne pas quitter d un pas le chemin familier jusqu à ce qu elle trouve un autre guide comparable à celui qu elle a perdu.En mourant, le vieux prêtre avait emporté avec lui une part précieuse d elle-même, mais non pas la divine espérance, ni la sécurité innocente de son âme pure.Chaque déception de sa vie 1 avait laissée plus forte dans sa paix 8.\tDialogue des Carmélites, p.79.9.\tLa Joie, p.119.10.\tDialogue des Carmélites, p.78.69 Revue Dominicaine fragile.C est cîe cette fragilité même qu\u2019elle tire sa force.Sœur Constance, elle, se prépare à accepter sans crainte toute épreuve, même le martyre.Dans tous leurs revers c est la prière qui les soutient.Jamais l\u2019oraison de Chantal n est si douce, son union à Dieu si étroite qu\u2019après les luttes où s exercent toutes les puissances de son être.Elle lève vers le Christ pendu au mur un regard avide et sans pouvoir détourner les yeux, elle glisse sur les genoux, les lèvres serrées, les yeux clos, « comme on tombe, comme on meurt ».La prière n est pour elle qu un déliement ineffable où elle est tirée hors d elle-même et transportée par la grâce comme dans une extase.Comme Chantal, Constance ne vit que pour Dieu et ne veut mourir que pour Lui.La vie lui a toujours paru si amusante qu elle se dit que la mort devait l\u2019être aussi.Au fond, pour elle, la vie et la mort sont la même chose.« On ne tombe qu\u2019en Dieu », dit-elle A Elle avait compris que Dieu lui ferait la grâce de ne pas la laisser vieillir.« A quoi bon lui offrir une vie à laquelle on ne tient plus », pense-t-elle 12.Elle n\u2019avait jamais craint la mort.Le moment venu, elle ne dira même pas une prière, car son bon ange la dira pour elle.Chantal veut mourir non pas même comme un enfant parce que « les saints seuls sont des enfants », dit-elle.Elle veut mourir comme « une petite bête innocente qui prend sa dernière gorgée d air frais, d eau fraîche et marche vers sa pauvre fin, sur les talons de son maître » 13.Le maître tenant la corde, il n y a qu\u2019à suivre.La soumission totale de nos deux personnages à la divine volonté est parfaite.Chantal est contente que Dieu ait pris la peine de la dépouiller de tout avec tant de soin.« Je ne possède plus rien », dit-elle avec une joie naïve et pourtant grave 14.« Qui peut s\u2019émouvoir d être pauvre entre les mains d\u2019un Seigneur plus riche que tous les rois ?» demande-t-elle 15.Sa résignation si humble et si mystérieuse s\u2019abîme 11.Dialogue des Carmélites, p.164.\u2019 12.Id., p.52.13.\tLa Joie, p.273.14.\tId., p.248.15.\tId., p.35.70 La spiritualité de Chantal de Clergerie dans la compassion de Dieu, car sa destinée n importe à personne d autre que Lui.En conclusion, disons que la présence divine est la source unique de la joie de ces deux âmes pures.Aucune épreuve ne met en péril leur fiumble allégresse.Cette joie splendide jaillit de la certitude qu elles sont nées pour faire les travaux les plus ordinaires et que leur sécurité dépend de la toute-puissance de Dieu.La joie de Dieu leur suffit.Au lieu de la garder pour elles-mêmes, d en épuiser les consolations, elles la rayonnent autour d elles à mesure qu elles la reçoivent.Ainsi donc, 1 étude de la spiritualité de ces deux personnages nous aide à mieux percevoir comment les âmes simples peuvent servir Dieu en tous lieux et en toutes circonstances.Sœur Marie-Céleste, S.C.Seton Hill College Pennsylvania, U.S.A.71 Les droits de 1 homme Quelques vues anthropologiques 1 L assemblée générale des Nations Unies proclamait et adoptait le 10\tdécembre 1948, la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme.Lors de la célébration par les nations membres des Nations Unies en décembre dernier du 10e anniversaire de cette Déclaration, Mme F.D.Roosevelt s adressait à l\u2019assemblée à peu près dans ces termes : « La Déclaration Universelle des Droits de 1 Homme est un idéal auquel tous les peuples de 1 L-nivers doivent aspirer.Depuis 10 ans, nous avons fait quelques progrès vers la réalisation de ce projet.Il y a encore un travail énorme à faire.1 ous nous conservons 1 espoir que le but de cette Déclaration soit atteint.Certes, notre génération ne verra pas le résultat complet des efforts actuels, mais, peut-être que le dernier quart de notre siècle sera témoin de 1 application universelle de la présente Déclaration des Droits de 1 Homme ».L espoir des Nations Unies dont Mme Roosevelt se faisait le speaker est justifiable.Mais, en effet, combien de chemin 11\ty a encore à faire avant de voir tous les peuples de 1 univers accepter chacun des 50 articles de la Déclaration dans un entendement commun et universel de toutes ses clauses puisqu en effet, 1 univers renferme des cultures disparates, puisque les sociétés, à 1 intérieur de ces cultures sont composées d éléments culturaux différents, systèmes économiques, structures sociales, art, religion, traditions, chacune de ces cultures a son idée propre des valeurs soit morales, soit économiques, à son idée propre de la liberté, du devoir.Voyons comment se sont développés au cours de I Histoire de 1 Homme les concepts fondamentaux qui se rattachent à la Déclaration des Droits de 1 Homme : la liberté, les valeurs, deux concepts étroitement liés et dépendant I un de 1 autre.Les valeurs et le sens de la liberté ne peuvent exister chez un individu sans qu il soit membre d une société 1.Communication présentée le 26 janvier, au séminar de la faculté des sciences sociales. Les droits de l'homme rattachée à une culture quelconque.A ses débuts, la culture s est développée avec la formation de deux groupes sociaux : la famille et le clan.Même au cours des temps préhistoriques ces deux groupes sociaux existaient déjà.Ce sont les clans, les groupes de Néanderthal qui sont responsables du développement culturel de la fin du paléolithique inférieur (fin du 1er stage de l\u2019âge ancien de la pierre).Au paléolithique supérieur, l'Homo Sapiens n\u2019a certes pas créé des institutions sociales élaborées, mais c est lui qui a permis à la culture de se développer.C est lui qui permit à l\u2019Humanité de progresser, de former d autres groupes, voire même d\u2019autres institutions, différentes dans leur fonction, dans leurs activités, dans leur organisation sociale.Chez les représentants contemporains de ces hommes paléolithiques, nous observons de telles institutions : la famille, le clan, le groupe local, les agriculteurs, les chasseurs, les pêcheurs, les artisans, la magie, le totem, le culte de I ancêtre.La culture tribale primitive comprend un nombre d institutions en grande partie indépendantes, bien que coopérativement reliées qui, conjointement déterminent un tout culturel intégral, qui entre elles s occupent de la production de denrées et de la reproduction des premières industries et des rites et éthiques primitifs.C\u2019est avec un système démocratique que s\u2019implanta le concept de la liberté, voire même du devoir.Ces sociétés primitives sont essentiellement démocratiques, chaque groupe ayant un gouvernement local, une décentralisation de I autorité et de F éducation et une détermination spontanée des groupes, des institutions et jusqu à un certain point des individus.Cette description s applique à la démocratie non seulement en ce qui concerne I organisation politique, économique et éducationnelle, mais dans un sens comme système culturel constituant une communauté composée de groupes qui sont en collaboration étroite.Chaque groupe est une institution, qui lui-même est construit sur des principes démocratiques et à l intérieur desquels les initiatives, les intentions et les obligations sont également distribuées.La démocratie de tout le groupe repose sur les relations entre individus à l intérieur de chaque institution.Nous faisons, ici, une parenthèse.La 73 Revue Dominicaine démocratie donne, premièrement, liberté de formulations d intentions, liberté de former des opinions, soit liberté de I éducation, soit liberté de conscience, liberté de la parole.D\u2019autre part, la démocratie donne liberté d action.La démocratie donne en outre, liberté de loisirs, par une distribution équitable du travail ou des récompenses, des droits ou pouvoir, liberté à la ricbesse, aux privilèges.Donc la démocratie peut être définie comme étant un système culturel élaboré afin de donner le maximum d occasion à l individu et au groupe de déterminer ses intentions, de les organiser et de les exécuter.Les cultures les plus primitives que connaissent les anthropologues, sont conformes à ces aspects de la démocratie.Toutefois, pour des raisons que nous indiquerons, ces cultures primitives ne sont pas démocratiques au sens propre de ce mot.Examinons I humanité primitive de ce point de vue.II est évident que la structure culturelle de I humanité à ses premiers stages de développement était fondée sur des principes semblables à ceux que nous entendons être d une démocratie culturelle.Le fait que les formes principales de gouvernement aient une ressemblance superficielle à notre système représentatif est de peu d importance.La centralisation de tout pouvoir n a presque jamais lieu sans ces conditions de vie, puisque le pouvoir politique est distributif et les institutions autonomes.De telles démocraties primitives correspondent en général à ce que nous appelons aujourd hui des nations au sens culturel du mot, c\u2019est-à-dire des groupes dont I identité est définie par une même langue, les mêmes institutions économiques, les mêmes coutumes, les mêmes lois, c est-à-dire par la même culture.La liberté de ces démocraties primitives peut être étudiée en rapport avec leur culture comme un changement intégral de I adaptation humaine, un accroissement de I efficacité du contrôle des impulsions humaines et des facteurs du milieu dans l\u2019expansion des vues, des exécutions et la poursuite du bien-être, c est-à-dire dans le sens le plus général du standard de vie.Cet essor plus vaste donne ainsi aux espèces une liberté 74 Les droits de l\u2019homme nouvelle.Aussi dans ce contexte, 1 on doit considérer le problème de ! accroissement des besoins par rapport aux moyens de les satisfaire et à la relation, demande-offre.En réalité, une culture primitive présente des alternatives limitées.Les besoins, matériels ou spirituels, la satisfaction des ambitions et la diversité des loyautés sont tous restreints.Toutefois, dans ce même cbamp, les institutions sont plus ou moins adaptées.Un bomme primitif pour atteindre une liberté économique s occuperait peut-être plus de la pêcbe que de la chasse : il peut être aussi un spécialiste artisanal tel qu un bon tailleur de pierre (spécialiste paléolithique ou aborigène australien contemporain), fabricant d arcs, de flèches ou de harpons, spécialiste en magie ou en sorcellerie.Quant à sa liberté d association, il a souvent la possibilité de changer son domicile, il a le choix d en fonder un autre ayant atteint pleine maturité.L existence des groupes apparentés, des clans, lui permettent de se rattacher plus à un groupe qu\u2019à un autre.La tendance de chaque organisation, le progrès de chaque nouvelle industrie, donnent une nouvelle importance économique, sociale et technologique au groupe.La caractéristique la plus remarquable des communautés primitives est l élément politique qui apparaît sous forme d un pouvoir central.I.élément politique c est-à-dire toute influence administrative, toute décision, toute autorité sont distribuées dans les différentes institutions.La liberté relève de l\u2019autorité à I intérieur des institutions et telle qu exercée entre elles.Cette autorité institutionnelle est importante puisque les besoins du groupe et de l individu sont accordés par ces institutions dans lesquelles 1 autorité est distribuée.Le chef des différentes familles en est investi, ainsi que le chef d un groupe local, le chef de clan, ou 1 organisateur d\u2019une équipe productive ou d une cérémonie religieuse.L autonomie institutionnelle est un des facteurs le plus évident dans 1 organisation primitive.Les institutions sont les véritables porteuses de la culture.Aussi la plupart des activités éducationnelles sont distribuées parmi les diverses institutions.Pour le jeune primitif, son foyer, sa famille seront sa première école.C est là qu il apprend sa langue, son savoir-faire, les rudiments 75 Revue Dominicaine de la tradition, les agissements et F éthique tribale, ainsi que les fondements de la loi de parenté, de la tribu.Lorsqu il passe par les cérémonies d initiation, ou bien là où ces cérémonies n existent pas, lorsqu\u2019il se joint à ses contemporains dans les jeux, il acquiert plusieurs attitudes nouvelles indépendantes des relations sociales, quant aux lois de coopération et de soumission à de nouvelles autorités ; il apprend son devoir, sa participation à la vie du clan, son apprentissage pour obtenir un rang quelconque dans son clan, développe en lui un autre aspect de sa personnalité.La maturité et le mariage : pour ces deux stages de leur vie, garçons et filles reçoivent un enseignement et un entraînement spécial et une éducation spéciale à leurs devoirs nouveaux, à leurs nouvelles responsabilités et à leurs nouveaux privilèges.Tous ces enseignements leur donnent de nouveaux éléments à leur culture tribale.A chaque stage, I individu acquiert un nouveau status, il doit se soumettre à une nouvelle autorité et prendre un nouveau rôle dans la société.L on voit donc que si nous concevons la démocratie dans un sens culturel, comme s appliquant aux différents types de soumission, de devoir, soit au règlement, soit à 1 autorité, soit à la richesse ou aux idées, il y a dans les cultures primitives de nombreux éléments démocratiques.Le principe de l\u2019autorité apparaît très tôt dans l histoire de 1 humanité.Graduellement une autorité centrale émerge au sein de la tribu tel que le conseil des anciens qui rempliront la fonction de modérateurs.Avec le développement, au cours des périodes proto-historiques d institutions politiques centrales, avec les premières guerres véritablement politiques, le problème de la liberté politique, économique et légale prend une forme plus réelle.Au fur et à mesure que l\u2019humanité progresse la discipline entre en force avec I expansion des institutions militaires.Le concept du devoir se rattache de plus en plus à celui de liberté puisque celle-ci dépendra de celui-là.Au cours des périodes constructives, la loi, les coutumes, 1 éthique apportent des mesures qui limitent et mitigent les tyrannies personnelles.Toutefois, aussitôt que la violence organisée sera utilisée pour subjuguer 76 Les droits de l homme d autres tribus ou d autres nations, pour asservir les individus, pour les exploiter économiquement, alors la liberté est mise en jeu ou devient non-existante.La liberté est assez évidente au cours des périodes proto-bistoriques.Nous avons décrit la démocratie culturelle comme étant un ensemble de plusieurs institutions indépendantes, mais, à la fois reliées entre elles.Les cultures démocratiques proto-bistoriques jouissent toutefois d une liberté limitée puisque les liens culturels, les actions et les accomplissements, les richesses, le pouvoir, 1 initiative et le savoir sont aussi limités.Mais 1 individu dans ces sociétés est libre puisqu il peut faire son choix de désirs, d actions.Ceci lui est rendu possible par le plus grand nombre d institutions auxquelles il peut se joindre ou faire partie.L\u2019exploitation n existe pas encore et I individu n est pas privé des fruits de ses labeurs et peut faire ce qu il désire avec ce qu il a acquis.Que ce soit dans une société démocratique proto-bistorique ou contemporaine, 1 individu doit jouir d une liberté personnelle seulement jusqu\u2019à un certain point c\u2019est-à-dire qu il peut s allier à 1 institution de son choix, si cette institution lui permet de développer toute sa personnalité.Nous avons brièvement décrit comment la liberté est née et comment elle s est développée.Mais nous avons dit au début que la culture, le progrès culturel dérivait de la liberté et de celle-ci le sens du devoir.En effet, la liberté est essentielle à la survivance de la culture à ses premiers stages.Les activités techniques, intellectuelles et sociales sont les éléments primordiaux faisant corps avec les membres du groupe.La culture vit dans leur mémoire par leurs actions, dans leur forme d organisation.Lorsque les groupes porteurs de la culture sont en petit nombre, comme ils le sont au stage proto-historique du développement, la plus grande nécessité chez eux est de maintenir une survivance culturelle.II y a toujours un danger d oublier une technique, un code de lois, une connaissance utile, soit naturelle, soit surnaturelle.Nous ne disons pas ici qu'un tel groupe primitif se rend compte de ceci et pratique la liberté afin de se soumettre à la loi de la survivance du plus fort et qu\u2019une culture corn- Revue Dominicaine tenant des éléments faisant ïe moindre défaut doit disparaître très tôt dans I histoire de I Humanité.Imaginons une communauté primitive où la fabrication du feu, la technique de la taille de la pierre, de la cueillette de la chasse, de la pêche soient devenues un monopole.Une telle culture se serait vite éteinte.La première fois qu un élément culturel serait tombé aux mains d\u2019un individu ou d un groupe incompétent, cet élément culturel aurait disparu avec lui.La continuité culturelle serait assurée, la sauvegarde des valeurs culturelles demande que la liberté soit obtenue à un niveau primitif.Ainsi le déterminisme de la continuité culturelle, c est-à-dire la sauvegarde des valeurs culturelles demande que la liberté c est-à-dire la pleine et équitable distribution d\u2019opportunité, d éducation, de connaissance, de pratique, soit obtenue.Nous avons examiné le développement en terme d un accroissement d institutions cristallisées et tout au cours de ! analyse institutionnelle des débuts et du développement de la culture, nous avons fait ressortir le problème de la liberté et de la soumission : le libre essor de la liberté, sa mobilité et son contrôle ; la soumission au règlement.Au fur et à mesure que les institutions croissent, se multiplient et se développent, il y a constamment la soumission à la loi, la loi ou le règlement de la technique ; la loi ou le règlement de I organisation ; la loi ou le règlement de la propriété et une restriction dans plusieurs fonctions physiologiques.Cette soumission à la loi est investie dans les institutions qui sont le siège de l\u2019autorité et du contrôle.Un accroissement de la liberté repose dans le développement graduel des différentiations institutionnelles.En même temps, la diversité croissante dans I organisation institutionnelle ajoute de nouvelles avenues d\u2019activités spécialisées, de variété d expression occupationnelle, du choix d\u2019allégeance des obligations, des devoirs et des privilèges.La liberté donc, est un attribut positif de la culture, tant que F institution qui a le pouvoir ne subjuguera pas un groupe plus qu un autre, enrayant ainsi la liberté individuelle.Car, un individu développe sa personnalité par sa culture propre d où naît chez lui un respect pour Les droits de l homme les différences culturelles.Il ne peut y avoir un plein épanouissement de la personnalité individuelle si 1 institution à laquelle il désire s identifier est classée par une autorité institutionnelle comme inférieure à une autre institution ou groupe professionnel.En métapfiore, la liberté dans son essence est 1 approbation des chaînes qui nous vont et pour lesquelles on est fait, et du barnais avec lequel l\u2019on tire vers un but choisi et évalué par soi, et non imposé.La liberté ne peut jamais être l\u2019absence de restrictions, d obligations de la loi et du devoir.La liberté de l\u2019existence individuelle est la sélection de restrictions différentielles spécifiques.La liberté, toutefois, est véiitabL.Elle est la disposition qui moule 1 existence de 1 individu dans le choix de sa compagne ou de son compagnon de vie, de sa carrière, de son passe-temps, de sa foi et de son art.La liberté est 1 organisation des opportunités, la disposition de l\u2019initiative dans le changement créatif.Autre concept important que nous examinerons ici celui des valeurs.Les valeurs sont relatives à la culture dont elles dérivent.Des idées, des concepts du bien et du mal, du vrai et du faux, se retrouvent dans toutes les sociétés, dans toutes les cultures, mais elles ont une signification différente chez différents peuples.Toutefois, les recherches anthropologiques récentes indiquent que les critères des valeurs semblent suivre un développement parallèle au développement philosophique d une culture.Nous entendons par valeur une expression générale pour une classe hétérogène de facteurs normatifs et non un concept unique, ou plus simplement encore en limitant le terme à une sous-classe de valeurs homogènes c\u2019est-à-dire des buts, des standards de vie, des intérêts.Les valeurs positives et négatives sont pour nous : 1 ) les éléments dans une définition efficace d\u2019une situation, d une action qui désigne des modes désirables ou non désirables de vie, des fins et des moyens d action c\u2019est-à-dire des orientations normales liées entre elles de plusieurs façons à des procédés connus et efficaces ; 2) la valeur peut être implicite ou explicite c\u2019est-à-dire la valeur donnée directement dans des jugements ou déduite par des comportements soit non énoncés ou énoncés com- Revue Dominicaine portements qui sont soit approuvés ou désapprouvés, blâmés ou loués, récompensés ou punis, supportes ou supprimés ; 3) des valeurs persistantes et qui manifestent une direction quelconque c est-à-dire lorsqu il y a une continuité et une situation constante ; 4) les valeurs inter-reliées comme éléments dans les systèmes culturels ou cliez les individus c est-à-dire considérées comme des parties différentes mais interdépendantes d un tout.Aucun individu ne porte en lui tout le contenu de sa culture.De plus, même dans une culture relativement homogène il y a des différences individuelles d attitudes, de comportements réglés par les jugements de valeurs acceptés par les différents individus.Ceci n est aucunement en contradiction avec les concepts de liberté que nous avons exposés, au contraire, 1 individu a pleine liberté de choisir 1 institution à laquelle il se ralliera et tout en accomplissant son devoir envers l\u2019autorité de cette institution, I individu peut recueillir tous les éléments ou quelques-uns seulement du tout culturel dans lequel il vit.fl y a souvent une divergence entre les valeurs auxquelles on croit et celles qui sont exprimées ; entre celles qui sont affirmées et celles auxquelles consciemment ou inconsciemment 1 on croit.Des changements des croyances et des valeurs apparaissent tout au cours de I histoire et des réajustements temporaires se font pour répondre à des pressions circonstancielles à court terme.Nous croyons qu aucune application des Droits de 1 Homme peut être adéquate sans prendre en considération toute Iampïeur du concept de liberté, du devoir et de valeur tel qu exposé ici, ni sans prendre en considération d autre part, la capacité humaine.L homme biologiquement parlant appartient à une même espèce : 1 Homo Sapiens.N importe comment les individus diffèrent entre eux dans leurs aptitudes, leur habileté, leurs intérêts.Tout individu normal peut apprendre n importe quelle partie d une culture quelconque autre que la sienne, si, bien entendu, 1 opportunité lui en est offerte.Que les cultures diffèrent entre elles dans leur degré de complexité, dans la richesse de leur contenu, ceci est dû aux forces, aux faits historiques et 80 Les droits de l\u2019homme non aux faits biologiques.Ce qui est considéré comme étant le droit de I homme par les individus d une culture, d un pays, peut être considéré comme anti-social par les membres d\u2019une autre société, ou encore par les mêmes peuples à différents stages historiques de leur pays.Le problème auquel nous faisons face pour 1 application et I adoption universelle des Droits de l\u2019Homme tel qu\u2019énoncé dans la Déclaration des Nations Unies est énorme.Ce n\u2019est que lorsque le concept de liberté aura la même signification pour tous les membres des cultures de l\u2019univers ; ce n\u2019est que lorsque toutes les institutions de I univers auront atteint une commune entente sur les jugements de valeurs énoncés dans chacun des trente articles de la Déclaration Universelle des Droits de l\u2019Homme ; ce n est qu\u2019alors que 1 on pourra affirmer que cette déclaration est acceptée par tous les pays signataires.Thérèse Bel le au Département de sociologie-anthropologie Faculté des sciences sociales Université de Montréal 81 Approximations sur 1 analphabétisme.Jean des Entommeures : « Par Dieu ! les plus grands clercs ne sont pas les plus fins ».Rabelais Un humaniste se dit.Flânant, I autre jour, en pays périgourdin, perdu en un entrelacs d idées, nous rencontrâmes, à un carrefour, Montaigne.Comme le moine cle 1 Imitation, las de lire, il venait vérifier, auprès des petites gens, la sagesse cueillie des Anciens ou percevoir une facette nouvelle de l âme humaine, si déconcertante en ses surprises.Le jour tombait, en pureté lumineuse, dans les hautes futaies, embrasant les fenêtres de la librairie de notre compagnon.Comme nous lui disions notre surprise de le trouver là : « Les livres sont plaisants, nous dit-il, mais si, de leur fréquentation, nous en perdons la santé et la gaieté, nos meilleures pièces, quittons-les ».La salle bruissait de confidences.Les verres s entrechoquaient.Humant le vin du sien, Montaigne ajouta : « Il se tire une merveilleuse clarté, pour le jugement humain, de la compagnie des hommes.» Enviant presque I abandon serein de nos compagnons d\u2019occasion, il murmura, comme pour lui seul : « Nous sommes tout contraints et amoncelés en nous-mêmes.Nous avons la vue raccourcie à la longueur de notre nez ».La compagnie A une table voisine, des copains racontaient ce qui se passait dans leurs petits jardins : fleurs et épines, fines herbes et ivraie.Avec une certaine satisfaction, ils disaient où en était rendu le modeste sillon qu ils étaient appelés à tracer en la terre du pays.Leurs rires d enfants, sonores et clairs, rejoignaient ceux des novices du monastère voisin qui, sous un arbre, se récréaient, après les chants au Seigneur, dans le chœur du cloître.Nous retrouvions la cité de Dieu et celle de 1 homme.Histoire anonyme, la plus belle.Nous entendions les arpèges d une rivière qui 82 Approximations sur l\u2019analphabétisme.chutait de rochers en rochers et les chants éperdus des oiseaux qui regagnaient leur nid pour la nuit.Cervelles nature Emu de l\u2019euphorie de 1 heure, Montaigne désignant d un geste la compagnie, dit : « Ceux-là, vont, tout uniment, comme des enfants, après la nature.Leur parler, tel le chant de ces chardonnerets, fous d harmonie, est plus beau, parce que sans art ».Et riant : « Je ne puis décidément laisser mes livres, car c est là une observation que j ai notée, ce matin même, de Properce.Mais, si vous les voulez, prêtons 1 oreille à leurs propos.Ils sont simples et c est là une condition à rendre témoignage : les « gens fines » glosent.Puis ils sont, intellectuellement sains.Nous, comme si nous avions l attouchement infect, nous corrompons, par notre maniement, les choses qui, d elles-mêmes, sont belles et bonnes.Et puis, voyons si ce qu ils disent de leurs foyers, ne nous apporterait pas une nouvelle clarté.Après tout, il n\u2019y a guère plus de tourments au gouvernement d une famille que d un état tout entier ».Synchronisation Etions-nous, vraiment, en Périgord ?L espace, le temps, n ont plus maintenant, la même perspective.On avance ou recule 1 un à volonté ; on franchit 1 autre à la vitesse du son.Inopinément, Montaigne nous avait rejoints et le Périgord ce coin de la vallée du Saint-Laurent qui est latin.Par 1 esprit, la sensibilité.les mots, nous étions, à quelques nuances près, pays.Quant aux dits de nos compères, ils étaient de toutes les époques, de tous les pays, comme ceux de Montaigne même.L histoire de I homme semble, fondamentalement la même, comme on peut le constater des livres qui racontent ses mouvances.C est I histoire de 1 espérance.Parce qu ils 1 avaient au cœur, cet espoir, nos amis préparaient, dans la joie, 1 étape heureuse du lendemain, ou moins terne.Remercions-Ies de cette « clarté ». Revue Dominicaine Mots et notes Leur façon de dire avait aussi son cfiarme.Et sa clarté.Des mots du cru précisaient les choses qui n ont pas de nom en France.« Que le gascon supplée au français, si nécessaire », approuvait Montaigne.Des tournures de phrases, perdues outre-Atlantique, rappelaient, transposées, Brantôme ou Rabelais.Des airs d autrefois orchestrés par des mains pas toujours habiles.Mais des airs qui émouvaient par leurs évocations.Montaigne était ravi : « Le parler que j aime, nous dit-il, c est un parler simple et naïf, tel sur le papier qu\u2019à la bouche ».Par certains archaïsmes délicieux, des bas du fleuve, s annonçaient.Leur parler avait I étoffe du pays.La fidélité de ces simples à l authenticité aurait pu donner des remords aux lettrés.Leurs écrits ressemblent à des serres de plantes rares.Ils déforment la langue que le peuple a créée, comme c est le cas dans toutes les civilisations.Leur docte Jgnorance était une sauvegarde.Ne connaissant que leur langue, ils obligeaient les autres à la parler.Ils entendaient conduire le dialogue suivant une ordonnance linguistique qui leur était familière.L\u2019on notait parfois des silences prolongés.Ne sachant pas lire, défiants de ce qu\u2019ils appelaient des « grands mots », ils mûrissaient ce qu\u2019ils voulaient énoncer ou répondre.Cela n\u2019est pas tellement fréquent chez les «gens fines ».Des halles à l\u2019Académie Pourtant, des notes dissonantes nous auraient fait rire en une foire ou à un cirque mais nous crispaient pour 1 heure.D où venaient, chez celui-ci, ces intonations nasillardes d\u2019Auvergnats, plus prononcées quand il prenait quelqu un à partie ?Pourquoi chez cet autre, ces articulations, pénibles, lâches, ânonnantes ?Que ne lui a-t-on pas enlevé amygdales et adénoïdes quand il était petit ! 84 Approximations sur l\u2019analphabétisme.Nous allions nous rengorger de suffisance quand le souvenir nous vint de déficiences similaires chez des confrères du cours classique et, il faut le dire, chez toutes les gens « fines » quand elles ne se surveillent pas.Chanterons-nous, comme à 1 accoutumée, un péan de douleur, sur ce nouveau malheur qui, avec tant d autres, accable notre ethnie, d après certains ?Ah I que non pas.Comme nos amis de 1 heure, nous avons un complexe d\u2019égalité : N entend-on pas ou ne devrait-on pas entendre, chez tous les peuples, les mêmes doléances ?Il se fit un certain brouhaha dans la pièce quand de nouveaux venus vinrent se joindre à la bruyante tablée.Tandis que le garçon s affairait auprès d eux, Montaigne, comme s il répondait à nos réflexions, nous confia : « Quant à moi, je m efforce de connaître ma langue, et.ensuite.celle des voisins où j\u2019ai, le plus ordinairement concours ».L\u2019essentiel, Montaigne le soulignait à propos, c est de « connaître » sa langue, son génie, son harmonie, ses nuances.Le désir grandit alors en nous que I on dise du parler du Québec, à 1 instar de celui de la Touraine, qu i! est le plus pur qui soit.Et cela en restant lui-même.Les esprits chagrins, qui sont en nombre au pays, vont sûrement dauber sur notre « infantilisme » I Pourtant, l\u2019éloignement de la source rend plus précieux le souvenir de 1 eau qui en jaillit.Ecoutons, plutôt, Montaigne qui exprime ce qu une partie de la compagnie sent : « La plus grande chose, au monde, c est de savoir être à soi ».C est aussi vrai du groupe que de 1 individu.Les Bretons bretonnants sont les plus personnels des Français, derrière la frontière de leur belle langue.Que notre français soit différent, par les mots, par 1 accent, pourvu qu il soit beau, nous serons compris en France, comme nous le sommes ici.Un glossaire, hier, a relevé les mots de nos amis et a choisi les meilleurs.Aujourd hui.plus au point, nous les retrouvons dans un dictionnaire.Nous pouvons supprimer beaucoup de guillemets.C est spirituellement jaillissant comme Fart artisanal.11 faut aller aux halles pour apprendre le français, a-t-on dit.C\u2019est le français de toutes les provinces de France qui est nôtre. Revue Dominicaine Les lois et l amitié Après nous avoir servi cette « clarté », la compagnie avait-elle deviné nos pensées ?Ce n\u2019est pas impossible, car les cœurs simples ont, parfois, des intuitions que ne peuvent percevoir les cœurs compliqués.Une voix dit, soudain, comme la chose la plus naturelle du monde : « Moi, si je ne puis parler ma langue, j aime autant mourir ».Cela avait une résonance deux fois séculaire.Cela explique qu une défaite militaire fut suivie d une victoire civile.Sur nos rives comme sur bien d autres rives.La langue est une frontière que I on ne peut abattre.C est, psychologiquement, impossible.Pour la sauver, on gagne le maquis, si nécessaire.Certes il y a les immigrés de 1 intérieur -\u2014- ils protestaient .\u2014- mais, ceux-là, pour de F argent, collaborent, dans le mauvais sens, dans le sens odieux du mot.Ils ont, en retour l\u2019argent et le mépris de ceux qui le leur donnent et de ceux qui se refusent à les suivre.Laissons-Ies derrière leurs comptoirs d\u2019autant plus que Montaigne semble vouloir reprendre le dialogue.« Je crois savoir, qu\u2019ici, notre langue et 1 autre ont, de par votre constitution cours ?» En effet ! car, comme vous 1 avez écrit, je crois, nos législateurs du temps, avaient plus de soin de 1 amitié que de la justice.« Décidément, dit en riant Montaigne, je retrouve les livres, ici, et je voulais les fuir ! Je citais, cette fois encore un Ancien, et non un des moindres : Aristote I » II faut reconnaître qu Aristote allait un peu loin.Il est bien difficile, nous le constatons par les commandements de Dieu \u2014 vous ne pourrez pas me reprocher, à moi, de ne pas penser théologiquement ! -\u2014 d obliger les hommes à s aimer.Dans I ordre spirituel, la grâce supplée au refus, il est vrai, mais, dans la cité de I homme, si tendres que soient les lois, il y a tendance innée à les oublier.Nous, de la Vallée, nous nous efforçons tous, et parfois au détriment de notre personnalité, quoi qu\u2019en pensent ceux qui sont derrière les comptoirs, à connaître I idiome de voisins que la vie, en son cours souvent impétueux, a portés sur nos rives, mais eux, le nôtre, prou.Comme ils citent volontiers vos propos \u20141 il faudra, un jour, dire pourquoi \u2014 86 Approximations sur l\u2019analphabétisme.puissent-ils retenir ce que vous faites, vous-même, en Périgord, et parler notre langue, décemment, sans être minuté.Il faudrait peut-être repenser nos rapports, les rendre plus sereins.Montaigne eut une pose, puis faisant la moue : « M est avis qu aux confédérations qui ne tiennent que par un bout, on n a qu à pourvoir aux imperfections qui, particulièrement, intéressent ce bout-là.» La compagnie, pensant au sillon imparfait du jour et à celui qui s\u2019imposerait demain aurait, certes, acquiescé.Pilules de haut savoir Mais que se passe-t-il ?Silence complet.Envolée la gaieté des réminiscences de ce qui se passait dans leurs petits jardins.Comme tout le monde, parce qu ils avaient voulu regarder au-delà, ils s étaient tus, perplexes.Les grands mots font d\u2019ordinaire rentrer les petits en eux-mêmes, s\u2019ils sont, pour les gens de haut savoir, comme une parure.Et nous ne pensons pas seulement à Diafoirus.Son verre vidé d une dernière lampée, le menton enfoui en ses larges paumes, notre interlocuteur de tout à I heure, regardant, longuement, ses compagnons dans les yeux, soupira, toute lucidité : « Je ne sais pas tout.mais il y a une chose que je voudrais bien savoir ».Il prononçait « savoier » comme Montaigne et « toute » comme nos gens.Nous allions interroger Montaigne sur cette tendance à féminiser les mots, quand en souriant : « Voilà une question qui aurait intéressé Socrate, dit-il.Comme un avocat à la recherche du juste au prétoire, mais avec plus d objectivité, le Philosophe aurait cherché, avec lui, la réponse à la chose qu il veut bien savoir.11 aimait à questionner ses élèves.On le sait par ses disciples et non par ses livres, car il n en a pas laissé.Alors notre ami, rendant, avec un haut le cœur, la masse de pilules de haut savoir ingurgitées de force, eut poussé, avec des mots du pays, un eurêka modeste.La vérité, incorporée à lui, serait devenue lumineuse.11 aurait remercié Socrate de lui avoir fait voir ce qu il y a de bon et de Revue Dominicaine net, dans le fond du pot.Une fois de plus, le Philosophe aurait sereiné une âme.La vanité nous poussa à rappeler que l\u2019oracle de Delphes avait déclaré Socrate le plus sage des hommes parce qu il connaissait les limites de la science.Il professait la docte ignorance que notre « pays » vivait.Mais nous n étions pas sur 1 Acropole.Chacun s affaira à la recherche de la réponse à la chose que leur ami voulait hien savoir.L\u2019un d eux, sachant lire, I avait trouvée dans les manchettes de journaux.Il servit, avec une hauteur condescendante, et par a plus b r\u2014 c\u2019est le cas de le dire r\u2014 à notre ami 1 aliment dont il se contentait.Un autre, plus cultivé, fit intervenir des congrès d experts, des déclarations de spécialistes, des piles et des piles, de livres, de revues, de documents.Tous apportaient leur réponse, mais jamais la réponse.Notre ami n en pouvait mais.I! ne disait mot, tournant la tête de droite à gauche.De temps à autre, il fermait les yeux pour écarter ce qui, de toute évidence, n avait pas d allure ou il acquiesçait lorsque la démonstration était de choses qu il savait déjà.Il aurait pu redire, avec tous les curieux du monde, et avec Montaigne >\u2014 il en est un ! ,\u2014< « On me dit ce que je sais, ce que je ne sais pas, on ne me le dit pas.» Les latineurs de collège Tandis que 1 on s essoufflait à la poursuite de la chose que I inquiet voulait savoir, nous demandâmes à Montaigne s il ne trouvait pas que cet inquiet, un analphabète, voyait plus clair.« Alphabète ?Je ne saisis pas ».Puis, après une pause : « Ah I oui, je vois.Pas de lettres.Alpha privatif.Un illettré quoi I Pourquoi ce néologisme ?» Pour la première fois, Montaigne nous paraissait courroucé.« Cela sent son Iatineur de collège.Il semble que pour I usage qu on en fait, on achète trop cher le grec et le latin ».Et plus calme : « Je n aime pas les tissures où les liaisons paraissent.Tout ainsi qu un beau corps, il ne faut pas que les os et les veines puissent être comptés.En langage, la recherche des 88 Approximations sur l\u2019analphabétisme.phrases nouvelles et des mots peu connus, vient d une ambition scolastique et puérile.L important, c est de connaître les choses, et les mots ne doivent pas, indûment, faire obstacle ».Une observation qui a, peut-être, inspiré le Molière du Bourgeois gentilhomme.Mieux encore, une observation qui s inspire du génie de notre langue.En effet, un beau style est celui qui puise dans les choses, qui est parfois, comme elles, sans logique.Les malheurs de « sophie » Voyez, Montaigne, ce que nous servent, trop souvent, comme des commis derrière leurs comptoirs, les maîtres du haut savoir.La philosophie, suivant sa définition étymologique, c est 1 amour de sophie, la sagesse.Or les livres qui en traitent sont remplis de mots techniques que seul un lexique élaboré peut rendre intelligible.On nous sert une sagesse hermétique, une sorte de yoga ; une sagesse pour initiés.L\u2019on déguste Platon au texte.Lisez-le en société, tout le monde vous comprendra.Tentez L expérience avec tel et tel auteur moderne ! Montaigne approuva, avec un sourire un peu moqueur : «Je vous avoue que je ne me suis pas rongé les ongles à 1 étude d Aristote.La sagesse (votre sophie) suit une belle voie, mais les ergostismes en ont saisi les avenues ».Et pourtant il faut continuer : le divin Platon est toujours là.Dieu sourit peut-être de nos efforts mais il comprend : «Ce ne serait vraiment pas la peine d atteindre 1 âge de 80 ans, disait Goethe, si toute la sagesse des hommes n\u2019était que folie aux yeux de Dieu ».Une bonne drogue.mais A la table voisine, la question que l\u2019inquiet voulait savoir mijotait toujours au fond du verre que I on venait d apporter.L inquiet n était plus seul à la regarder.Tous écartaient maintenant les solutions offertes.Sans le savoir, chacun répétait intérieurement, le mot de Dante : « Aussi bien que savoir, douter à son mérite ».89 Revue Dominicaine Une fois de plus, la compagnie nous poussait à ajuster notre jugement pour qu il puisse scruter, en gros plan, comme I on dit au théâtre, ce qui, dans la paix trompeuse du cabinet de travail, paraissait clair.Le jour tombait peu à peu, en beauté.Tout en regardant les jeux de lumière dans un ciel des premiers temps du monde, tant il était beau, Montaigne, cette fois, comme s il voulait résumer son expérience de cette heure, monologuait.« C est une bonne drogue que la science, dit-il.en commençant.Mais nulle drogue n est assez forte pour se préserver, sans altération, selon le vase qui la reçoit.Le maître doit donner son enseignement selon la portée de 1 âme qu il a en mains ».Je préfère le riche terreau de 1 inquiet, même s il n est pas cultivé, à la glèbe ingrate de quelques-uns de ceux-là, même si elle a été I objet de multiples semis.II n est pas surprenant qu\u2019à recevoir tant de cervelles étrangères, la leur se soit rapetissée pour faire place aux autres.Les maîtres auraient dû remarquer qu ils avaient la vue claire mais qu elle n était pas droite.L\u2019on supporte, hélas ! plus malaisément une intelligence qu une robe de travers».Bonnet de docteur.bonnet d âne.parfois.On dirait que I école tend à former des cerveaux électroniques.Notre ami avait beau tourner le bouton, il ne recevait que de 1 à peu près.Son drame, c est qu il ne voulait pas s en contenter comme ses amis, du moins au début.Numarantur cloctores On le pressait d acquiescer, aveuglément, à 1 opinion commune.Comme Montaigne, il refusait de suivre ceux qui vont devant, comme le font les grues ou les moutons.C était une attitude condamnée.Si des enquêtes, des recherches, des statistiques, des sondages, des analyses, révèlent que la vérité est telle, erre qui la refuse.Mais si, demain, la vérité est autre ?Ce serait errer encore que de ne pas l accepter.Ce qui importe c est le nombre, non la qualité.Non punderuntur doctores.QO Approximations sur l\u2019analphabétisme.Savoir et jugement Pendant que la compagnie additionnait tout ce qui se dit sur la chose que I on voulait savoir, nous confiions à Montaigne notre étonnement de ce que la culture ait cessé d être un épanouissement de tout I être pour, au contraire, le resserrer douloureusement.Prudent, il avoua d abord : « D ordinaire, mes conceptions et mon jugement, ne marchent qu à tâtons, chancelant et chopant, vers la chose que je veux savoir ».Puis, plus serein : «Le savoir, c est certain, est moins prisable que le jugement : celui-ci peut se passer de 1 autre, mais non 1 autre de celui-ci.C est ce qu oublient trop, les esprits cultivés : il en est à qui les lettres ont donné un coup de marteau sur la tête.II aurait mieux valu à ceux-là de n avoir point appris, d être restés.comment dites-vous ?Ah I oui.analphabètes ».«La guerre, cette maladie humaine.» La chose que le paysan de la Vallée voulait savoir, c est celle que tous les paysans du monde veulent savoir.C est celle que le Paysan du Danube soulignait aux sénateurs de Rome : « Quel droit vous a rendus maîtres de l univers ?Pourquoi venir troubler une innocente vie ?Nous cultivions en paix d heureux champs.» Cet analphabète parla si bien nous dit La Fontaine que : « Le sénat demanda ce qu avait dit cet homme, pour servir de modèle aux parleurs à venir ».Quelqu un s exclama, dans la compagnie : il n y aura pas de guerre.Les grands ont décidé qu il n y aurait plus d empires, de colonies, de tutelles, de protectorats, de ségrégation.Ainsi en avait décidé le « Monde libre », cette Sainte-Alliance du XIXe siècle, cette Chrétienté du Moyen Age.91 Revue Dominicaine Comment ?Avait-on suivi les conseils Je l'analphabète Ju Danube ?Le paysan Je la Vallée était sceptique.Comme on lisait La Fontaine en soirée, ces vers lui revinrent en mémoire : « On ne sut pas longtemps à Rome Cette éloquence entretenir ».Et pourtant sa Jéception Jes gens instruits était encore plus granJe.On lui avait Jit en effet qu une arme nouvelle pouvait à Jes milles et Jes milles Je Jistance, anéantir, littéralement, tout un continent ; que Jes Jeux côtés on la posséJait.Comment se fait-il que l on songeât alors à I utiliser ?La science de la bonté Que vous en semble, Montaigne ?MoJeste, il se récusa : « Etant battu J ambition, J\u2019avarice, Je témérité.et ayant au-JeJans tels autres ennemis Je la vie, irais-je songer au branle Ju monJe ?» Nous pourrions tous, bêlas ! tenir semblable langage.Si les chefs sont ainsi, sans I\u2019aJmettre, si ceux qui les choisissent ne sont pas Jiffé-rents, tout en l\u2019aJmettant, il n\u2019est pas surprenant que le « branle Ju monJe » soit affolé.Montaigne, prenant congé, et saluant la compagnie qui, elle aussi, laissait l\u2019estaminet, Jit avec bonhomie : « il nous resterait à apprenJre la seule science que nous n\u2019ayons pas à crainJre : la science Je la bonté ».Nous avions rejoint le mystère Jes Béatitudes.11 fut révélé, non aux sages Je ce monJe, mais à ces petits Jont nous avions écouté les propos.aux analphabètes.Ce sont ceux-là surtout qui ont faim et soif Je justice.En cette nuit Je juin, June IimpiJité palestinienne, la terre était Jevenue, un instant, tout amour.ReconJuisant Montaigne jusqu à la rivière qui reflétait la première étoile, celle, peut-être, qui attira les sages J Orient, vers la Bonté, nous le remerciâmes Je nous avoir fait entrevoir « la chose que nous voulions savoir », et ce, à sa manière, par Jes voies doux fleurantes.Paul Fontaine Qu attendons-nous pour agir?Le mécanisme défensif demeure toujours en alerte, au Canada français.Qu\u2019un maladroit touche à notre langue ou, pis encore, à notre foi : des protestations virulentes inondent journaux et représentants du peuple pour demander justice.C\u2019est un réflexe qui nous honore, du reste surtout quand le geste s\u2019accompagne de charité envers les égarés puisqu il manifeste un attachement vivace à notre héritage catholique et français.La vie est un mouvement Mais une volonté de vivre peut-elle se limiter à des mesures préventives contre des assaillants toujours possibles ?L hygiène extérieure et Féloignement des microbes ne suffisent pas à donner la santé ni même à conserver la vie.Car la vie ne se conserve pas ; elle se renouvelle constamment.On peut conserver un corps, une momie ; on ne conserve pas un mouvement.Un mouvement naît et meurt à chaque instant.Il continue le précédent et lui ressemble d autant plus qu il émane davantage de la même source.Or la vie est un mouvement, remarquent les philosophes.Et comme tout mouvement il dépend d abord du principe, de la source qui Ialimente.La vie d un individu comme celle d un peuple, en effet r\u2014< qu elle soit religieuse, morale ou simplement physique \u2014 porte la vigueur de la source qui la fait jaillir.L extérieur peut modifier son élan, certes, comme les conditions atmosphériques peuvent retarder, même détourner de son objectif, un engin propulsé vers une planète.Le travail des ingénieurs, toutefois, porte d abord sur le propulseur, qu il s efforce de rendre plus puissant, et sur le projectile, pour le faire moins perméable au milieu ambiant.Jésus- Christ en est la Source Ainsi en est-il de la vie chrétienne.Préparée longuement dans le cœur de Jésus-Christ, elle en jaillit tellement puissante, il y a deux mille ans, qu elle pénétra dans un monde enténébré, rempli d ordures (cf.93 Revue Dominicaine S.Paul aux Romains, I, 21-25), assainit I atmosphère, qu\u2019une pollution diabolique rendait irrespirable, dissipa les ténèbres par F éclat de sa Doctrine, redonna aux bommes I essor qu ils avaient perdu et souleva toute I bumanité dans un courant d\u2019authentique Charité.Ni les persécutions, ni les séductions des plaisirs païens n enrayèrent sa marche victorieuse chez ceux que I Esprit du Christ habitait et vivifiait.C est donc par un travail de « ressourcement » que la vie chrétienne triomphera maintenant comme autrefois.Le monde actuel reprend son visage d avant Jésus-Christ, c est vrai.L orgueil et la sensualité rivent de nouveau les hommes à la terre.Les doctrines matérialistes, véhiculées par une diffusion qui échappe au contrôle de tous les peuples, pénètrent malgré nous dans tous les milieux.L égoïsme brise de plus en plus I élan collectif de la chrétienté.Mais I Eglise demeure obligatoirement optimiste, car « jamais l\u2019enfer ne prévaudra contre elle » : Dieu l\u2019a promis.Jésus-Christ est toujours le même ; c\u2019est en Lui qu\u2019il faut puiser sans cesse, car « l\u2019eau que je donnerai deviendra source d eau jaillissant en vie éternelle », nous a-t-il dit.A quelle source nous alimentons-nous ?Or puisons-nous vraiment à la Source, chez nous ?La vie chrétienne de notre peuple jaillit-elle d une insertion profonde et consciente dans le Christ ?Les foules impressionnantes qui viennent à la Messe, chaque dimanche, militent sans aucun doute en faveur d une réponse affirmative.Car pourquoi viendraient-ils rencontrer Notre-Seigneur, ces catholiques de tous âges et de toutes conditions, sinon pour communier à sa vie d Homme-Dieu, de Prêtre et de Sauveur du monde ?Observons pourtant les faits concrets ; nous dégagerons ensuite les conclusions avec plus d objectivité.Nos catholiques vont encore à la Messe Entrons dans une église, un dimanche.Une foule silencieuse la remplit, particulièrement: aux messes les plus tardives.Ce témoignage 94 Qu ATTENDONS-NOUS POUR AGIR ?de la quantité n est pas à dédaigner, il annonce même une vitalité religieuse peu commune, de nos jours.Mais poursuivons notre étude, pour démasquer peut-être davantage I illogisme de certains esprits chagrins, trop enclins, semblent-ils, à transporter cbez nous les catégories religieuses des chrétientés européennes.Des enquêtes sérieuses, menées par des curés et par des sociologues de cbez nous, révèlent que 25%, parfois même 35% des catholiques, dans certaines paroisses de nos grandes villes, se dispensent régulièrement de la messe dominicale.Un questionnaire, présenté aux jeunes ouvriers de 19 à 23 ans, pendant la grande mission de 1959, dans Ville Jacques-Cartier, dévoila que 29% de ces jeunes catholiques ne vont presque jamais à la messe ; 7% d entre eux affirmèrent que la messe leur paraît une sorte de show bien ennuyant ; 52% dirent qu ils y vont seulement parce qu elle est une obligation sous peine de péché mortel.Et si nous présentions le même questionnaire à I assemblée que nous observons présentement, dans une église de ville, combien de ces « fidèles » devraient répondre eux aussi : « Nous sommes venus seulement nous acquitter d une obligation, pour ne pas charger notre conscience d un péché que 1 Eglise déclare mortel » ?Mais un fait demeure irrécusable : la très grande majorité vient encore à la messe.Remercions-en le Seigneur 1 Que vaut l usage du missel ?Une portion notable des fidèles -^environ un dixième -\u2014 accompagne même le prêtre en lisant silencieusement son missel ou un « Prie avec l'Egl ise ».Cela vaut mieux, sans doute, qu attendre impatiemment le mot libérateur It missa est, comme font certains retardataires adossés à la porte de sortie.Mais est-ce bien à une lecture indivi duelle que Notre-Seigneur a voulu nous convoquer, lorsqu il a institué ce Repas Sacré, le soir du Jeudi-Saint ?Les Apôtres avaient-ils le nez plongé dans un livre, pendant que Jésus leur ouvrait son cœur, tandis qu\u2019il les exhortait à s aimer entre eux comme lui-même les aimait, ou encore à T instant où 95 Revue Dominicaine il changeait le pain et le vin en son corps et en son sang ?Quels invités, lors d un repas même profane, commettraient l\u2019impudence de lire individuellement le texte imprimé d un discours, au moment où leur hôte le prononcerait devant eux ?Et nous croyons avoir fait I essentiel pour laire communier nos chrétiens à 1 action sacerdotale du Christ, lorsque nous leur avons mis simplement un missel entre les mains ! Jugement de son éminence le cardinal Lercaro Voyons ce qu en pense un célèbre cardinal, qui est loin d être un rêveur et qui s est fait remarquer depuis longtemps par ses conquêtes et par ses réalisations dans un milieu dominé par les communistes.« De cette manière on peut aller jusqu à s isoler du reste de la communauté, en s enfermant dans une attitude intérieurement individualiste, qui est très éloignée du sens de la Liturgie », écrit le cardinal Lercaro, dans son Directoire de la Messe.« En entrant dans une église où de nombreux fidèles écoutaient la messe avec leur missel », ajoute I éminent archevêque de Bologne, « j ai eu presque 1 impression d entrer dans un restaurant où ces personnes consommaient en même temps un repas qui était peut-être le même, mais 1 une ignorant I autre, chacune pour soi, sans se soucier ni des joies ni des peines des voisins.La maison du Seigneur n\u2019est pas un restaurant ; sa table est la table de famille ! » Messes à la télévision et messes à l église Devant cet isolement des membres, au sein d une même assemblée familiale, quel argument valable pouvons-nous donner à nos chrétiens quand ils nous demandent pourquoi 1 Eglise ne permet pas aux fidèles d assister à la messe du dimanche devant leur seul appareil de télévision ?Quelle supériorité sur la messe télévisée peuvent-ils découvrir dans une messe qu ils voient et entendent beaucoup moins, isolés dans une foule aussi passive qu ils le sont eux-mêmes, alors qu il leur serait beaucoup plus facile de communier individuellement aux paroles et aux gestes du Christ, à travers la personne du prêtre, s ils le regardaient sur 96 Qu ATTENDONS NOUS POUR AGIR ?leur écran de TA7.?Si nous leur parlons d une pénitence qu ils doivent s'imposer, ils verront bien la différence.Niais n invoquons pas le principe d\u2019une assemblée, d\u2019une communauté qui prie ensemble et qui participe activement à une action collective avec le Cbrist.Une communauté n est pas une agglomération d individus étrangers les uns aux autres.Quant au caractère pénitentiel de la demi-beure passée au milieu d une foule, sur un siège moins confortable que nos fauteuils domestiques, il n est certainement pas le but de la messe dominicale.Si 1 Eglise juge opportun de supprimer le jeûne et les pratiques pénitentielles, tous les dimanches du carême, pour conserver à la Pâque hebdomadaire son caractère de fête en l\u2019bonneur du Cbrist ressuscité, c\u2019est que le Jour du Seigneur (dominica die) et 1 Assemblée à laquelle Dieu nous invite ne sont pas d abord des exercices de pénitence I Entrons-nous en contact avec le Christ ?Continuons pourtant nos observations.Jésus-Christ, Verbe étemel incarné pour nous, est réellement présent au milieu de cette foule.Il a choisi de se soumettre au langage humain, par la parole du prêtre, puis aux symboles de la Liturgie eucharistique, pour se communiquer aux hommes.Voyons si le contact s établit entre le Christ et ses frères.Première prise de contact C est le quatorzième dimanche après la Pentecôte, aujourd hui.« Un autre, dans la série banale de ces dimanches sans relief », pensent peut-être plusieurs assistants.Et tandis qu un silence de mort enveloppe la nef de l église, le prêtre lit à voix basse le message d espérance que le Christ, aujourd hui, veut communiquer à son Eglise.« Qu il fait bon vivre dans votre demeure, Dieu tout-puissant I » murmure le célébrant, au nom de l assemblée muette, agenouillée derrière lui.Et poursuivant toujours seul, dans son for intérieur.le chant qui souleva pendant plusieurs siècles 1 enthousiasme des communautés chrétiennes :\t« Dieu, notre protecteur, jetez les yeux sur nous, regardez le visage de votre 97 Revue Dominicaine Christ ! Mieux vaut un jour auprès de vous que mille loin de vous », lit-il silencieusement, tandis que plusieurs, là-bas, cherchent un appui qui leur permettra de rester agenouillés, sans fatigue excessive, jusqu\u2019à îa lecture de IEvangile.Un premier dialogue s engage ensuite, quand le prêtre se tourne vers les fidèles, pour leur rappeler la promesse du Seigneur : « Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d eux ».Mais au Dominus vobiscum, prononcé d\u2019une voix à peine perceptible, seul l\u2019enfant de chœur a répondu I L oraison qui suit coule dans une formule brève tout le message du jour, dont le thème est la Providence, et c est au nom de toute I assemblée, dans I unité du même Esprit, qu elle monte vers Dieu, pour le supplier en ces termes : « Seigneur, dans votre bonté, gardez toujours votre Eglise ; sans vous, notre nature ne peut que défaillir ; que votre aide 1 écarte du mal et la conduise vers le Salut ».Or ! Amen de la foule, le « nous sommes d accord », le « bravo ï » que cette oraison devrait provoquer dans une assemblée consciente et vivante, c\u2019est encore le servant de messe qui le prononcera distraitement, s\u2019il a eu la chance d entendre le per omnia sœcula sœculorum du célébrant.Le sacrement du Verbe La « messe des catéchumènes », nommée plus justement, de nos jours, « Liturgie de la Parole », trahit donc sa fonction de sacrement du Verbe >\u2014> et tel est le cas présentement quand elle ne rend plus sensible aux hommes la Personne du Fils de Dieu, venu parler à ses frères pour les introduire davantage dans sa propre contemplation.« Soyez dociles à 1 Esprit et vous ne céderez pas à vos mauvais penchants.Vous savez bien à quoi nous entraîne la chair : mauvaise conduite.irréligion et superstition, rancunes, etc.Ce que donne I Esprit, au contraire, c\u2019est îa charité, la joie, la bonté, la confiance dans les autres, la maîtrise de soi.» poursuit toujours le prêtre, à voix basse.Et le vibrant message de F Apôtre reste enfermé dans un texte sans vie, offert seulement à la lecture du célébrant et de quelques habitués du missel.98 Qu ATTENDONS-NOUS POUR AGIR ?L\u2019enseignement que le Christ a voulu confier à son Apôtre, pour ouvrir l\u2019âme de son peuple au Mystère que lui-même leur révèle ensuite dans lEvangile, cette Parole que le Christ a demandé de proclamer hautement, pour qu elle pénètre dans tous les milieux : personne ne 1 a proclamée, personne ne I a entendue.La foule, sans doute, se lève ensuite avec respect, lorsque le prêtre se dirige vers le coin gauche de I autel car l\u2019éducation chrétienne leur a depuis longtemps appris que le célébrant, à ce moment, va proclamer I Evangile >\u2014> puis un profond silence accompagne encore la lecture individuelle du prêtre et de quelques fidèles, et tout le monde s\u2019asseoit pour écouter enfin le message que le curé veut leur transmettre ce matin.Le sermon Telle fut la « Liturgie de la Parole », telle fut la prise de contact entre le Seigneur et ses frères, pendant cette première partie de la Messe.Le prône qui suit débute heureusement par la lecture de 1 Evangile, en français coutume qui n\u2019existe pas dans toutes nos églises, malheureusement /\u2014 et 1 assemblée se lève encore bien volontiers pour entendre Notre-Seigneur lui rappeler la tendresse et la sollicitude de Dieu envers chacun de ses enfants.« Ne soyez pas inquiets pour votre vie », leur dit-il.« Si Dieu prend soin de vêtir I herbe des champs.que ne fera-t-il pas pour vous, hommes de peu de foi ?.Passe encore que des païens se mettent en peine de toutes ces choses, mais vous, pensez que votre Père du ciel est au courant de vos besoins ?Préoccupez-vous d abord de son règne et de la perfection qu\u2019il exige ; tout le reste vous sera donné par surcroît ».Point n\u2019est besoin d\u2019une savante alchimie pour découvrir la doctrine benfaisante que Jésus-Christ veut communiquer à son peuple, par 1 Evangile de ce dimanche î C est au prédicateur, maintenant, qu il appartient d expliciter et d illustrer l\u2019enseignement du Maître.Jésus lui emprunte sa bouche et toute sa personnalité pour révéler davantage aux hommes la Providence attentive de Dieu, leur Père, et pour affermir leur confiance et leur zèle dans F accomplissement des humbles tâches que Dieu leur assigne chaque jour.99 Revue Dominicaine Mais 1 assemblée n ira pas plus avant dans ce Mystère.Après avoir lu 1 émouvant discours du Seigneur, le prédicateur enchaîne une série d annonces disparates, récite quelques prières pour des malades et des défunts i\u2014 oubliant le rôle du Memento, à la Messe
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