Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Revue dominicaine
Éditeur :
  • St-Hyacinthe :Couvent de Notre-Dame du Rosaire,1915-1961
Contenu spécifique :
Avril
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Rosaire
  • Successeur :
  • Maintenant
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichier (1)

Références

Revue dominicaine, 1960-04, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
[" PER AVRIL 1960\tST-HYACINTHE, P.Q.SOMMAIRE SALVATOR CATTA : Après un an.BENOÎT LACROIX : Le T.R.P.E.-A.Langlais et la vie religieuse LUCE LAURAND : Dieu a choisi ce qui n\u2019est pas O VIL A MÉLANÇON : L\u2019épouse doit-elle obéissance à son mari ?GILLES MARSOLAIS : Eclairages sur le problème du Théâtre E.-C.-N.LANCTOT : Les femmes dans la vie de Chopin MARIE-CÉLESTE : Un abbé « sous le soleil de Satan » LE SENS DES FAITS Le Pasteur et son fils \u2014 Tout Montréal au tombeau du Christ \u2014 La peine de mort \u2014 Le Séducteur \u2014 Sources de vie et Histoire sainte \u2014 Naissance de la géographie et Raoul Blanchard \u2014 Regards sur la Russie \u2014 Chronique des disques.L\u2019ESPRIT DES LIVRES ADMINISTRATION : 5375.AV.N.-D.DE GRÂCE MONTRÉAL- 28.P.Q.DIRECTION MONTMORENCY MAISON COURVILLE (QUÉBEC-5) P.Q O TIV COLLEGE MILITAIRE ROYAL DE SAINT-JEAN gN§/SAINT-JEAN, P.O.n « il if ?! *< t* *x 0< vx \" \"n * COLLEGE MILITAIRE ROYAL DE SAINT-JEAN gN»SAINT-JEAN, P.O.ROYAL ROADS VICTORIA, B.C.n « 15 if ?! *< t* *x «< *x \" \"n * * * - i $ m m mm HIM »«**« ' ; ,ONT, ÜH ' -J' : !vw!v ^ i£y' \u2022\u2022 J J , s % ; : ¦il I p \u2022 .\u2022 Vf< De l Eglise et du cœur hôte majestueux, Immuable Seigneur, qu 11 veille ou qu II repose ; Quand il eut abordé la rive des démons, Délivré leur esclave et noyé leur cohorte, Ameuté Gergésa, ville de déraison Aboyant après Lui que la barque remporte ; Et dans Capharnaüm, sous l\u2019œil pharisien, Levé le grabataire et rétabli son âme, Tiré Matthieu du fisc, entraîné vers ses biens La joueuse endormie et la plaignante femme ; Revue Dominicaine Lorsqu\u2019il eut rassemblé ses Douze, leur traçant Des voies inusitées vers les brebis perdues, Las de la Galilée ingrate, maudissant Bethsaïde et Corozaïn, l heure venue De célébrer la Pâque après un an de peine et de soleil, Jésus monta vers ses demeures.(Le cycle du Sénevé) Salvator Catta Bienvenue à la LIBRAIRIE DOMINICAINE (face à l\u2019Université de Montréal, à l\u2019est de l\u2019Hôpital Sainte-Justine) 2715.CHEMIN CÔTE-SAINTE-CATHERINE \u2014 MONTRÉAL-26 \u2014 TÉL.RE.9-2395 Pour lâchât de vos volumes, vous pouvez écrire, téléphoner, ou mieux, venir sur place.La Librairie Dominicaine, déjà ouverte au public, est I une des plus vastes, des plus modernes et des plus attrayantes de Montréal.130 Le Père E.-A.Langlais et la vie religieuse1 « A 87 ans, on écrit ses mémoires ?» Au début du XlIIe siècle un jeune prêtre arrivé de Caleruega à Toulouse s\u2019émeut des misères spirituelles de son milieu, réunit quelques confrères, les invite à prier, leur parle longuement de pauvreté, les envoie prêcher : nous sommes à l\u2019origine des Frères Prêcheurs.Dès 1230, l\u2019Ordre est en plein essor.Trente ans après : saint Albert le Grand et saint Thomas d\u2019Aquin.Pour comprendre I essentiel de cet Ordre dont on a dit, plus ou moins charitablement selon les cas, qu il a toujours été dangereusement lié à son temps, il convient de revenir à ses commencements.Saint Dominique débute à un moment de crise.L Europe est gravement menacée par l\u2019hérésie.Les Albigeois, sortes de Témoins de Jéhovah intelligence en plus, fonds américains en moins ne savent que profiter du pire pour multiplier les ambiguïtés.Comme toujours le peuple écoute, suit, regarde à gauche, tourne à droite.Qui parle plus fort a raison.Les plus sincères vont aux extrêmes.Même à I Université de Paris qui en principe groupe une certaine élite, il y a remous et grèves.L\u2019entrée d Aristote, le vrai Aristote grec et païen, émeut les esprits et pour plusieurs étudier Aristote, c est aussi grave que suivre les Albigeois.Dominique observe, prie, étudie.Vers 1210 la décision est prise.Ses prêtres iront là où fomente I hérésie : dans les villes, les capitales si possible.Adieux les belles traditions féodales, la sanctification solitaire entre deux allées de palmiers, les rentes, les bénéfices, les biens fonds, les chevaux blancs à freins d or I Le nouveau « moine » abandonne volontairement la paix des claires vallées pour aller se heurter aux imprévus de 1 aumône et vivre audacieusement au cœur de 1 infidélité.« lis » sont bientôt partout.Ils voyagent beaucoup et vite.Si vite, que le chroniqueur Matthieu Paris scandalisé par tant de nouveautés se de- 1.Père Emile-Alphonse Langlais, O.P., Lt?Père Maître des novices et des frères étudiants dans l'ordre des Frères Prêcheurs.Paris, Desclée De Brouwer, 1959.370 pages.131 Revue Dominicaine mande pieusement si la clôture monastique ne se déplacera pas désormais aussi facilement que les vagues de la Manche.II faut lire ces textes, surtout les premiers textes, écouter les réactions, les premières réactions d\u2019un Guillaume Saint-Amour, de Rutebeuf et même les finesses parfois gênantes de l\u2019aimable Fra Salimbene \u2014 ils sont tous du XlIIe siècle pour apprendre que les Frères Prêcheurs ont été très tôt soumis à la critique.« Ils ne savent pas ce qu ils font ».Pardon I Ils savent ce qu\u2019ils veulent.Pourquoi sont-ils combattus ?Parce qu ils ont voulu incarner I Eglise du Christ dans tous les milieux, parce qu ils n ont pas hésité à aller s asseoir avec les pécheurs et les publicains pour leur apporter un peu de pain évangélique.Ce genre d apostolat-frontière leur va bien.Plusieurs y jouent leur vie.Dominique faillit être assassiné.II y eut des martyrs.Qu est-ce qui les rend si audacieux ?La vérité qu\u2019ils doivent étudier « jour et nuit », la conviction que Dieu les aide, la certitude que le don de soi est encore la façon la plus concrète de pratiquer la charité chrétienne.Surtout, I erreur ne leur fait pas peur.Saint Dominique passe des nuits à discuter.Qu\u2019est-ce que Dieu ?Le bonheur infini est-il une illusion ?Le Christ a-t-il vraiment une nature humaine ?Les sacrements sont-ils simplement des signes ?Qu est-ce que la rencontre avec la mort ?II y en a des centaines et des centaines de questions qu on retrouve dans les Sommes théologiques de I époque.Le fondateur des Dominicains meurt à 51 ans « brûlé » par le travail et les voyages, après avoir justement préféré I apostolat plus difficile des villes hostiles aux satisfactions plus accaparantes de I apostolat en milieux fidèles.Pourquoi tout ce zèle ?La première réponse écrite date de 1220.Réunis en session plénière, Dominique et sa première équipe ont défini Fidéal de leur communauté : « Tout notre effort doit tendre par principe et de toutes nos forces, à nous rendre capables d être utiles à I âme de notre prochain » 2.Et alors ?Tout ce que la première tradition aposto- 2.Cf.H.-M.V ICAIRE, O.P-, Saint Dominique de Caleruega d\u2019après les documents.Paris, Ed.du Cerf, 1955, p.139.152 Le Père E.-A.Langlais et la vie religieuse Iique a créé, tout ce que I expérience des Pères du désert a accumulé de sagesse contemplative, tout ce que la Règle de saint Benoît apporte d\u2019équilibre à la vie en commun, le meilleur de la ferveur cistercienne, le dernier coutumier des Prémontrés, est repensé, assimilé, réadapté au service de cette fin unique : les autres, les âmes.Le Frère Prêcheur est invité à la pauvreté à la façon des fraternités apostoliques primitives, à la prédication à la manière doctrinale de saint Augustin, au silence et au désert selon 1 esprit de Cassien, à 1 étude avec I ardeur d\u2019un Hugues de Saint-Victor.Et s il le faut, il aura à ses heures qu\u2019on souhaite toujours les plus brèves possibles, la fougue et I imprudence d un Templier.Somme et synthèse des traditions apostoliques, monastiques et canoniales, regroupées, réconciliées autour de la fin unique qui justifie et absorbe les moyens les plus divers, la vie du Frère Prêcheur promet d être beaucoup trop substantielle pour être comprise d\u2019un seul coup et trop variée pour être vécue totalement de la même façon.II faudra l\u2019étudier et la pratiquer longtemps avant de saisir sa profonde richesse.N exagérons pas.Les lignes essentielles sont évidentes.Une seule fin, le salut des âmes.Une seule fonction : la prédication.Piliers de la structure, pierres d angles 3 : les vœux, I Office choral, les observances et I étude.L équilibre de I ensemble tient à I action réciproque de ces quatre moyens qui convergeront simultanément vers la même fin.C\u2019est au supérieur élu responsable du bien commun qu incombe la tâche quotidienne de voir à ce que tout arrive selon les normes.Surtout, qu aucun individu ne vienne avec ses bonnes intentions renverser la vapeur, soumettre le bien commun à son bien particulier ; qu aucune initiative privée ne vienne annuler la fin commune.750 ans ont passé.L Ordre des Prêcheurs est aussi vivant et aussi uni qu à ses premières heures.Si précis soient-ils, les textes, la Règle, les Constitutions et les coutumes laissent au religieux encore assez d incertitudes, assez d initiatives, assez d ombre comme dirait Mauriac, pour rendre à I obéissance les mérites d un acte personnel et permettre à la 3.E.-A.Langlais, p.3L Revue Dominicaine communauté de s\u2019adapter aux conditions de chaque génération.Une institution comme ia nôtre doit autant à la vie qu'à la tradition et ne risque jamais de s\u2019enliser dans l\u2019inertie.Oh ï ce n est pas que tout y soit facile.Au contraire.Chaque religieux est Lien obligé à repenser constamment son idéal.Le choix du noviciat se précise à mesure et les solutions toutes faites n\u2019existent pas, puisque la vraie vie a toujours été au-delà des formules.Apôtre, prédicateur comme Pierre et Paul, le Frère Prêcheur qui va à travers villes et \\ illages, en son pays ou ailleurs, voit très vite les besoins urgents de la chrétienté.Ce siècle, son siècle, est un siècle dur.Siècle de défis : l\u2019homme révolté crie liberté.Mais au son de sa voix se devine I insécurité : l\u2019homme d\u2019aujourd\u2019hui a peur de Dieu.II le fuit.Comme Adam après la faute, il se cache « parmi les arbres du jardin ».Exemple de ces défis, Sartre écrit : « L accident qui a tué Camus, je I appelle scandale, parce qu\u2019il fait paraître au cœur du monde humain I absurdité de nos exigences les plus profondes ».Le Frère Prêcheur qui a lu cet aveu peut-il rester indifférent ?Mais comment répondre à l\u2019athée sans le heurter une fois de plus ?Voilà où commence les difficultés de la vie apostolique « en milieux albigeois ».Comment identifier les exigences les plus profondes et prêcher en même temps le salut qui transcende la révolte ?Comment parler de rédemption à celui qui ne veut plus être sauvé ?Eh oui ï que le Frère Prêcheur prenne parfois trop à cœur certains de ces problèmes contemporains et qu ils augmentent ainsi ses difficultés de vivre, qu\u2019il s\u2019excite parfois pour des riens, qu il se laisse accaparer par l\u2019actualité, c\u2019est toujours possible.Mais comment aimerait-il vraiment son prochain et lui prêcherait-il que Dieu est Amour s\u2019il n\u2019essayait pas lui-même d\u2019entrer au moins provisoirement dans le monde de l\u2019autre ?Bien sûr, il y aura toujours la solution passive de barrière-garde, qui consiste à les laisser se débrouiller avec leurs misères et leurs révoltes.Mais « rien n est plus froid qu un chrétien qui ne sauve pas ses frères ».Saint Jean Chrysostome qui a dit cela, poursuit en pensant aux déchirements de I apostolat : « Le martyre n\u2019est pas plus glorieux que la force Le Père E.-A.Langlais et la vie religieuse qui ne refuse aucune souffrance pour procurer le salut d un grand nombre ».Précisons que la difficulté d être un Prêcheur authentique ne tient pas tellement à I ambiguïté des formules qu à h équilibre pratique d une vie d\u2019union à Dieu avec la perspective toujours présente à I esprit de servir les autres.Qu\u2019y a-t-il de plus éloigné en fait, et à tant de points de vue, que la cellule du moine et la chaire d une église en pleine épaisseur urbaine ?de plus contradictoire en un sens que la loi du silence et une vocation à la Parole ?qu un vœu de pauvreté et le devoir de donner ?de plus délicat que la chasteté religieuse et la présence constante à I amour du prochain ?que la clôture monastique et I information nécessaire au contact des âmes ?Aussi, on ne naît pas dominicain.On le devient, et longtemps, et même toujours.L Eglise le sait.Elle ne court pas de risques non plus et demande à ses religieux de faire la promesse non pas d être parfaits, mais de toujours tendre à la perfection.Comme c est réaliste, de part et d autre ! L Eglise institue en plus des écoles où s enseigne I art du devenir religieux : ce sont les noviciats, les studendats, les écoles de pastorales et de prédication.Chaque école représente une étape.Chaque étape suppose un ensemble d efforts et de purifications, actifs plutôt que passifs, que nos amis du monde ne soupçonnent guère pour la bonne raison que les religieux sensés parlent rarement de leurs exploits ascétiques.Qui connaît par exemple celui qui est à la fois le Maître et le Père du noviciat ?Qui sait comment se forment concrètement les futurs dominicains ?Comment apprend-on à un jeune homme qui vous arrive du monde tout fier de son courage et de sa générosité, à acquérir des habitudes monastiques, à pratiquer la vie régulière, les lois de la vie spirituelle et le goût des choses de Dieu ?Comment s acquiert le sens des responsabilités dans un Ordre où les libertés individuelles sont si jalousement affirmées ?Comment maintient-on le lien entre le passé, la tradition, et le présent et ses nouveautés ?Les livres qui répondent à ces Revue Dominicaine questions difficiles ne s écrivent pas tous les jours pour la bonne raison qu il faut beaucoup de temps et une grande expérience de la vie des âmes pour les préparer.II On devine déjà les mérites, l\u2019importance et en un sens l\u2019actualité d un livre qui porterait sur Le Père Maître des novices dans l\u2019Ordre des Frères Prêcheurs.Surtout, si ce livre est écrit par le très révérend Père E.-A.Langlais.« II en est peu qui pourraient traiter ces matières avec autant d autorité que le P.Langlais.Le Père possède une très longue expérience de la vie religieuse dominicaine ; il a rempli les diverses charges sur lesquelles repose la direction d une Province religieuse ; il a pris part à plusieurs Chapitres généraux ; il a été Maître des novices et des profès et il est, à présent, Directeur de I Ecole centrale que 1 Ordre dominicain a établie à Rome, à Sainte-Sabine, pour la préparation des religieux appelés à exercer la charge de Pères Maîtres des novices et des profès dans les diverses Provinces de I Ordre » 4.Le Père Langlais écrit pour les Pères Maîtres, mais il pense aux novices.D ailleurs, nous connaissons assez bien l\u2019auteur et son amour de la vie religieuse pour ne pas soupçonner une espérance, à peine voilée 5, qu il se trouvera de temps à autres des jeunes « frères » assez indiscrets pour venir lire par-dessus l\u2019épaule de leur Père Maître et mesurer ainsi les responsabilités qu il impose à ceux qui ont le devoir redoutable mais combien enrichissant de les former à la vie religieuse.La fonction du Père Maître, I auteur la prend telle qu elle a été définie par saint Dominique, dès 1220, dans un texte si savoureux qu il serait dommage d en priver notre lecteur.Citons le texte en entier parce qu il explique mieux que tout le reste la perspective dans laquelle se situe le Père Langlais : « Le prieur confie les novices pour leur éducation à un maître attentif, qui les instruit dans la vie régulière et les stimule à l\u2019église ; 4.\tD\u2019après une lettre du P.Suarez, 30 mai 1954, p.9.5.\tPage 15. Le Père E.-A.Langeais et la vie religieuse il s\u2019efforce de tout son pouvoir à les corriger par la parole ou par le geste partout où ils se montrent négligents ; enfin, autant qu\u2019il peut, leur procure le nécessaire.Il peut leur infliger une pénitence ou les proclamer dans leur chapitre propre au sujet de leurs négligences publiques, lorsqu\u2019ils en demandent pardon devant lui.« Il enseigne l\u2019humilité du cœur et du corps et s\u2019efforce d\u2019éduquer sur ce point les novices, selon cette parole : Discite a me quia mitis sum et humilis corde.Il leur apprend à se confesser fréquemment avec sincérité et discernement ; à vivre sans propriété, à abandonner leur volonté propre, à pratiquer en toutes choses une obéissance volontaire à l\u2019égard de la volonté de leur supérieur ; il leur apprend comment se conduire en toute sorte de lieu et en toute affaire, comment tenir la place où on les aura mis, comment faire l\u2019inclination à qui leur donne ou leur enlève quelque chose, à qui leur parle bien ou mal ; quelle attitude réservée ils doivent garder dans les chambres, sachant baisser les yeux ; quelle prière dire et comment la faire silencieusement pour que le bruit ne gêne pas les autres.A demander pardon en quelque lieu qu\u2019ils reçoivent une réprimande du supérieur, à ne point se permettre de discuter avec qui que ce soit ; enfin à obéir en toutes choses à leur maître ; à faire attention de bien suivre le compagnon qui marche à leur côté dans la procession sous le cloître ; à ne point parler dans les lieux et dans les moments défendus ; à dire Iîenedictus Deus quand on leur donne quelque vêtement en faisant l\u2019inclination profonde ; à ne juger profondément personne, mais s\u2019ils voient faire quelque chose qui leur paraisse mal, qu\u2019ils se demandent si cela ne serait pas bon, ou fait du moins dans une intention bonne ; car le jugement de l\u2019homme se laisse souvent égarer.Il leur montre comment faire la venia au chapitre, ou partout où ils recevraient une réprimande, à recevoir fréquemment la discipline ; à ne parler d'un absent que pour en dire du bien ; à boire à deux mains et assis.Avec quel soin ménager les livres et les vêtements et les autres biens du monastère.Quelle application ils doivent avoir à l\u2019étude, en sorte que de jour et de nuit, à la maison et en voyage, ils soient toujours occupés à lire ou à méditer quelque chose, s\u2019efforçant de retenir par cœur tout ce qui leur est possible.Quelle ferveur ils devront avoir dans la prédication quand le temps en sera venu » 6.En somme, le Père Maître enseigne à ses novices I art de pratiquer la charité, les bonnes manières qui font les prédicateurs consciencieux et bien éduqués.II n est pas question au noviciat de légiférer sur les graves problèmes de I apostolat moderne, ni de discuter la dernière théorie du dernier révolutionnaire.Le Père Maître voit plutôt à expliquer le passé ; il cherche à faire comprendre, en pratique et en théorie, la substance même de la législation acquise.6.Vicaire, pp.147-9.137 Revue Dominicaine Le Père Langlais écrit son livre à la manière du professeur qui expose : quatre parties, 36 chapitres, plus de 100 articles.Le style est objectif, serein et paternel.Jamais une Loutade pour faire oublier que les principes n ont pas d âge.Jamais une complaisance, mais une vision statique de la vie religieuse, qui s appuie sur I expérience et la législation de I Ordre.Bien sûr, l\u2019auteur aurait pu procéder autrement : à 87 ans on écrit ses mémoires ?C eût été facile puisque l\u2019auteur a vécu les origines canadiennes des Frères Prêcheurs.II a été en outre supérieur et supérieur assez longtemps, tant à Rome qu\u2019au Canada, pour que ses mémoires puissent être aussi ceux de ses religieux.Mais non I il adopte le ton et la manière didactique afin de rendre davantage service.Son livre se situe donc dans la tradition des conférences spirituelles récemment ressuscitées par Dom Marmion.Un grand amour de la vie religieuse, une foi sans détours et un grand respect de la hiérarchie font du livre du T.R.P.E.-A.Langlais un texte à mettre entre les mains de tout religieux et de toute religieuse, quel que soit son âge ou sa fonction.Quels sont les principes de l\u2019auteur ?Cela revient à nous demander comment se forment les novices et les Pères Maîtres.La première démarche consiste à bien connaître les origines de sa communauté.Le jeune novice est invité à tourner son esprit vers les premiers textes qui font mieux connaître la pensée de son fondateur.Il lira et relira la biographie de Jourdain de Saxe, étudiera les témoignages de Toulouse et de Bologne, s inspirera des premiers textes législatifs.Sans cette connaissance à la base, le novice risque d oublier I essentiel et de redevenir un jour ou 1 autre un simple clerc, chanoine, bénédictin ou prémontré.Le danger qu\u2019il court est d autant plus grand que saint Dominique a emprunté plus largement de chacun d\u2019eux.Un second principe : l\u2019Ordre des Frères Prêcheurs est un tout vivant, « comme l'Egl ise dont il fait partie, un corps vivant, un organe du Corps Mystique ; il participe à sa vie sous I influx du Christ invisible pour la sanctification et I apostolat de ses membres.La Règle et les Constitutions ne doivent pas s\u2019entendre de prescriptions purement canoniques ou 138 Le Père E.-A.Langeais et la vie religieuse extérieures, destinées à réprimer et à endiguer les activités individuelles des membres, celles de couvents, des provinces et de 1 Ordre.Elles sont aussi des lois biologiques et organiques.» 7.A la bonne heure ! Les institutions dominicaines ont fait des saints et des saintes aussi longtemps qu elles ont été vivantes.II n\u2019est donc pas question de se limiter à des lois.L\u2019idée est plutôt de rejoindre l esprit par la pratique raisonnée de la loi.Sur un fonds de stabilité toute bénédictine, le futur prédicateur d\u2019église ou d université apprend à incarner sa vie dans des pratiques simplifiées, mais très importantes, du don de soi aux autres dans I immédiat.D ailleurs c\u2019est prouvé : les novices qui ne donnent rien au noviciat, risquent de devenir un jour ou I autre des prédicateurs qui n enseignent rien.C\u2019est par là que se mesure I importance majeure des noviciats dans la vie des communautés religieuses.Une autre idée chère au Père et qui vise I objet de son livre : le Maître des novices est avant tout un éducateur, dont le but est de former un homme religieux.Sa fonction consiste à corriger, stimuler, modérer ou avertir, à temps et à contretemps ; il répète, résume, ne cesse jamais son action.C\u2019est qu\u2019il faut beaucoup de temps et beaucoup de précautions pour que le grain de sénevé devienne un arbre.II faut des jours, des saisons, des années.De la part du Père Maître, toutes les modalités de l\u2019amour chrétien sont de mise : il est tantôt le père, la mère, le frère, le compagnon 8.Tout dépend des jours.et des novices.II y a plus difficile, qui est l\u2019équilibre des consciences déjà blessées par la vie.L\u2019épreuve entre toutes ! Le Père Langlais en est si convaincu qu\u2019il consacre des pages entières à la vertu de prudence.Comment en arriver à l\u2019équilibre ?En agissant d\u2019abord raisonnablement.Et comment agit-on raisonnablement ?En donnant à chacune de ses facultés et puissances l\u2019attention qui leur est due, dans T ordre prévu par une nature qui doit compter autant sur la grâce que sur ses tendances.C est au Père Maître de veiller et surveiller : que tel fasse du sport, que I autre obtienne une meilleure maîtrise de sa volonté ; que celui-ci étudie davantage, etc.7.\tLanglais, p.23.8.\tId., pp.88 et suiv.139 Rf.vue Dominicaine Le novice acceptera d\u2019être ainsi « éduqué » sur tous les fronts à la fois ; il sauve 1 équilibre intérieur en pratiquant la charité, « en apprenant à aimer, et en aimant toujours plus » 9.Sans nier ni affirmer la valeur des autopsies de la psychanalyse, le Père met sa toute première confiance dans 1 homme appelé par Dieu à la vie religieuse.La grâce ne détruit pas la nature, Lien entendu, mais elle peut la transformer.La foi, 1 espérance et la charité sont des éléments positifs de réhabilitation.Si saint François de Sales revenait, il en aurait long à dire lui aussi sur ces thèmes importants de la formation des convictions, de I éducation du cœur, de la formation sociale et apostolique.Le Père Maître voit, évidemment, à pratiquer ce qu il enseigne.Il étudie les Constitutions, s inspire de la vie des saints, aime I Eglise, médite 1 enseignement officiel des Papes hors duquel il n est pas de sécurité doctrinale possible.Enfin, certains pourront se demander si le Père Maître dont s entretient le Père Langlais existera jamais.Il lui faut tant de perfections à ce Père qu on peut croire qu il s agit ici d une figure idéale telle que tout novice bien convaincu peut en rêver aux jours de perfection platonicienne.Pourtant non I II n est que de lire ce livre pour se rendre compte que Fauteur est parfaitement réaliste.Tout ce soin à indiquer jusque dans les détails ce que le Père Maître doit acquérir, toutes ces précautions contre les difficultés de la fonction, indique que le Père Langlais est parfaitement au courant que les hommes seront encore longtemps, même s ils enseignent I Evangile, des êtres faillibles et limités.Les no-vices qui liront son livre seront rassurés, en constatant avec quelle amitié 1 auteur leur souhaite un Père Maître qui travaille avec eux, et par eux le plus souvent, à vivre ardemment 1 idéal entrevu au Postulat.* * * Le Père E.-A.Langlais aura 88 ans le 8 mai prochain.C\u2019est dire qu il a eu le temps de mûrir sa pensée.Elle est mûre aussi.L expérience 9.Id., pp.110 et suiv.140 Le Père E.-A.Langlais et la vie religieuse éclate à chaque chapitre.Aussi tous les religieux, tous les Lrères Prêcheurs en particulier et surtout les Pères Maîtres ont une bonne dette de reconnaissance envers le vénérable vieillard de la rue Girouard qui leur offre si paternellement la synthèse d une expérience unique en son genre, et avec cela I exemple d un optimisme sans équivoque.Planter à cet âge ! Quel acte de foi I Celui qui I a posé mérite une fois de plus notre vive admiration.Benoît-M.Lacroix, O.P.141 Dieu a choisi ce qui n est pas Sainte Germaine A peu de distance de 1 oulouse devenue la quatrième ville de France de Pibrac, et tenait boutique à Toulouse de chausses de toile et d habits divers.II s était marié trois fois et Germaine naquit de son dernier mariage, alors qu il touchait à la vieillesse.II mourut peu après, sa femme ne lui survécut guère et l\u2019enfant fut confiée à son demi-frère Hugues, âgé d environ quarante ans et qui vivait, avec sa femme et trois enfants, sur le bien patrimonial à Pibrac.Germaine était laide, chétive, la main droite percluse, et elle souffrait de tumeurs scrofuleuses d\u2019aspect répugnant.La femme d\u2019Hugues, Armande de Rajols, la prit en haine.Cette Armande est la « marâtre » de la tradition erronée qui a laissé croire que Germaine était maltraitée par une belle-mère.L orpheline fut reléguée dans les dépendances de la maison familiale.Une servante dévouée s\u2019occupa d\u2019elle durant sa petite enfance, puis Germaine fut chargée vers sept ou huit ans sans doute de garder les brebis.Elle n eut guère d autre occupation jusqu à sa mort, sauf lorsque pressaient les travaux de la terre et que l\u2019aide de tous était requise.En 142 Dieu a choisi ce qui n\u2019est pas surveillant le troupeau, elle filait du chanvre ou de la laine.Elle dormait dans un coin de I étable c\u2019était l\u2019usage alors pour les bergers.Certains ont cru même qu elle n\u2019était qu\u2019une servante, une petite fille de ferme, sans parenté réelle avec les Cousin.Le fait qu elle fut ensevelie dans le tombeau familial permet cependant de croire qu elle était bien la fille de maître Laurent et la sœur d\u2019Hugues une sœur dont il ne se soucia guère.Elle était née en 1579 environ sept ans après le massacre de la Saint-Barthélemy.La guerre civile, aggravée par les interventions étrangères, désolait toutes les provinces françaises.C\u2019était, écrit Daniel-Rops, « une terreur quasi générale, une souffrance intermittente, mais affreuse.».Durant la courte vie de Germaine eurent lieu I assassinat du duc de Guise, celui du roi Henri III, la guerre avec I Espagne, l\u2019avènement du roi de Navarre, devenu Henri IV, au trône de France.Cette succession d événements représente pour les populations d\u2019innombrables massacres, incendies et pillages.« La France, dit le même historien, sortait de la terrible épreuve ravagée, exsangue, les terres en friche, les paysans affamés, prêts à la révolte, le commerce ruiné » \\ C\u2019est alors que I invocation des Litanies des Saints, que I on répète aux Rogations, prend toute sa valeur : « A peste, fame et bello, libera nos, Domine J » Car la peste et la famine régnent périodiquement avec la guerre.Epoque singulière qui, par bien des points, semble annoncer la nôtre : le vieux monde voit éclater ses limites, un nouveau monde a surgi des horizons marins que 1 on croyait fermés \u2014> et ce n\u2019est pas, vu les moyens du temps, une moindre victoire d\u2019aller jusqu\u2019au bout de la mer ténébreuse que d\u2019atteindre aujourd hui la lune.Ce nouveau monde touché un siècle plus tôt, on n a pas fini de le découvrir ; on soupçonne, au- delà, encore de I inconnu.Et cependant, les sciences, en tâtonnant, progressent, la beauté païenne revit, I homme s\u2019enivre d\u2019orgueil et cède à la tentation toujours renouvelée : « Vous serez comme des dieux.» 1.Daniel-Rops, L'Eglise de la Renaissance et de la Réforme, tome II, pp.206 et 227 (Fayard, Paris, 1955).143 Revue Dominicaine C est le triomphe des arts, du luxe, de la richesse, auprès de la cruauté débordante et de la misère sans remède ; et si le monde s\u2019élargit, 1 Eglise voit sa robe déchirée.Mais des peuples nouveaux sont évangélisés, des ordres religieux se fondent, et les saints abondent.Des mystiques, des cardinaux, de grands seigneurs et des savants : Thérèse d'Avila, Jean de la Croix, Rose de Lima, Charles Borromée, Robert Bellarmin, Louis de Gonzague, François de Borgia, Pierre Canisius.Impossible de les nommer tous.Pourquoi s attacher à la petite Germaine, si humble, si dépourvue, qui n a jamais su lire ?On ne nous a pas conservé une seule de ses paroles.Elle ne savait rien de son temps que ceci : certains rejetaient I autorité de I Eglise, niaient la présence réelle de Notre-Seigneur dans I hostie, refusaient la messe et les sacrements, le culte de la Vierge et des saints.Sans doute I avait-elle appris par le curé de son village, Maître Guillaume Carrié, homme de piété profonde et de savoir ; et aussi, peut-être, par les religieux mendiants qui passaient, lorsque les routes étaient libres de bandes armées et de brigands.Germaine faisait ce qu elle pouvait.Elle priait, en gardant ses moutons à la lisière de cette forêt de Bouconne que Ronsard avait chantée en la peuplant de formes païennes : Je te salue, et toi Bouconne sainte.Et toi, père Sylvain, et vous, belles naïades, Vous, satyres cornus et autres déités, Qui l horreur des forêts saintement habitez.Une autre sainteté, Dieu merci, germait à I orée du grand bois, alors masse énorme de chênes au feuillage d un vert noir.II en reste encore quelques festons à I horizon de Pibrac.La métairie se trouvait sur un plateau on I a rebâtie au XVIIÏe siècle, mais vraisemblablement sans modifier le plan traditionnel, et le réduit de Germaine devait bien être à la place qu\u2019on nous montre ; on voit encore, servant de piédestal 144 Dieu a choisi ce qui n\u2019est pas à une croix, le gros rouleau de pierre qui, du temps de la sainte, servait à fouler, à « dépiquer » seigle et froment.Ce plateau avec ses champs et ses bois, les prairies du vallon où serpente le Courbet, ruisseau que les pluies peuvent changer en torrent, la butte où Pibrac dresse son clocher-mur de briques roses, laissant voir les cloches dans leurs alvéoles, ce fut là tout I horizon de la bergère.Germaine savait fort bien ses prières quotidiennes.Rien d exceptionnel à cela.En 1596, le Cardinal Archevêque de Florence, légat du Pape et futur Léon XI, remarquera que les petits enfants de France connaissent parfaitement le Pater, 1 Ave, le Credo.Si Germaine passait son dimanche presque entier à l\u2019église, ce n était pas non plus la marque d une piété extraordinaire : de pieuses personnes, dans les campagnes surtout, se plaisaient à entendre deux messes, vêpres et sermon.Enfin, si elle aimait à visiter le Saint Sacrement, c\u2019était aussi le courant de 1 époque : le culte de 1 Eucharistie, en réaction contre la Réforme protestante, devient plus fervent, la communion plus fréquente, les fidèles témoignent d une plus grande vénération pour la messe qui devient quotidienne.Malgré les troubles, on a réussi à sauver en bien des endroits les reliques, les croix de procession, les ornements du culte, les images de Marie et des saints.Beaucoup de sanctuaires, cependant, ont été détruits, qu on rebâtira au siècle suivant.Que disait-on de Germaine, lorsqu\u2019on rassembla les souvenirs de ceux qui 1 avaient connue ?Des choses très simples, très ordinaires.Elle récitait avec ferveur son chapelet dont elle ne se séparait jamais ; quand sonnait F Angélus, elle se prosternait à terre avec grand respect : elle aimait à redire souvent le Magnificat, le Salve Regina ; elle se plaisait à fleurir les croix des carrefours et les statues de la Vierge.Parmi ces croix, il en était une dite « de saint Dominique ».Le souvenir du fondateur de 1 Ordre des Prêcheurs restait très vivant dans la région, et I on montrait même, au temps de Germaine, un chêne sous lequel le saint se serait arrêté.C est aux Frères missionnaires des campagnes, institut dominicain, que Pibrac est actuellement confié. Revue Dominicaine Aussi souvent qu elle le pouvait, Germaine allait à la messe dans la semaine, se confessait, recevait la sainte Hostie ; elle se privait de nourriture pour les pauvres, groupait autour d elle d autres petits bergers, des enfants du village.A ceux-ci, la silencieuse parlait, leur répétant les vérités de la religion et la vie de Notre-Seigneur.Des actions très simples, mais un immense amour.Un amour qui consumait tout, ne permettait aucun retour sur soi, aucune plainte, aucun regret, aucune demande.Si, pourtant : Germaine sollicitait la conversion des hérétiques, mais elle croyait toujours ne pas offrir assez.Elle donnait ses privations, sa fatigue, sa tristesse de n\u2019être pas aimée, ses malaises.Ce n était pas assez, pensa-t-elle un jour.Elle ôta de son réduit le grabat qu on lui avait donné et jeta sur le sol un tas de sarments.Ils meurtrissaient cruellement son corps malade : Jésus dormait-il sur la croix ?Elle voulut fuir, même, la tiédeur relative de l\u2019étable, et dormit parfois au bout d\u2019un couloir où la pluie et la neige entraient librement.Le cœur a besoin de consolations, pourtant.Notre-Seigneur I a rappelé à l\u2019orgueil des stoïques.II a accepté les larmes, la peur, la sueur de sang.II consola Germaine, merveilleusement, quand l\u2019épreuve excédait les forces d\u2019une pauvre petite fille.Elle laissait ses brebis sous la garde de la quenouille plantée en terre.La quenouille, rayonnant comme le soleil, tenait en respect les loups de Bouconne.Germaine passait le torrent débordé pour aller communier, et les eaux lui cédaient passage, sans qu elle parût s\u2019en apercevoir, mais des paysans qui se moquaient de « la bigote » assistaient au prodige.Enfin, un jour de neige, elle partait, une provision de pain dur dans son tablier.Le pain épargné sur sa nourriture quotidienne, le pain qu\u2019elle avait le droit de donner.mais Armande, sa belle -sœur, ne permettait aucune aumône de crainte d\u2019être volée.La femme avare et méchante poursuivait Germaine, brandissait un gourdin, ordonnait d\u2019écarter les pans du tablier /\u2014» mais le pain s\u2019était changé en fleurs.146 Dieu a choisi ce qui n est pas Le maître Henri Carlier a sculpté une figure de Germaine, souffrante, d une laideur tant mêlée d âme qu on oserait la dire angélique, et le pain des pauvres rayonne comme une seule et somptueuse rose.Ce dernier miracle émerveilla Pibrac, fit appeler Germaine « fa sainte », et Armande confondue se crut forcée de la traiter mieux.C était trop tard.Germaine avait atteint la limite des souffrances qu\u2019elle pouvait endurer, et elle mourut sans bruit, une nuit de juin, sans déranger personne.Elle avait vingt-deux ans.Une fois morte, on 1 oublia durant plus de quarante ans.On rouvrit alors le caveau pour y ensevelir une parente des Cousin et 1 on découvrit Germaine intacte, portant encore la guirlande d épis et d œillets sauvages dont on l\u2019avait parée.On interrogea les témoins de sa vie, on enregistra leurs dépositions.Bien du temps passa cependant avant que la cause fût régulièrement introduite, et le pape GrégoireXVl, en 1845, n accepta pas sans réticences de 1 examiner.Mais, quand il eut pris connaissance des documents, il déclara : C\u2019est bien la sainte qu il nous faut I Car il jugeait nécessaire de proposer Germaine, sa patience et son humilité, à un siècle d\u2019orgueil, en plein essor du « progrès », en pleine ivresse des découvertes, au matérialisme grandissant.Le Cardinal Saliège, archevêque de Toulouse, a aimé à méditer sur Germaine, et à lui parler : « Sainte Germaine avait trouvé le moyen de dominer les événements, les saisons, les intempéries, la pluie, le beau temps.Elle n était pas savante.Elle était chrétienne, profondément chrétienne.Elle faisait tourner les événements à sa sanctification, à la gloire divine.Les cieux et la terre chantent toujours la gloire de Dieu.Et le Magnificat jaillissait du cœur et des lèvres de Germaine.« Elle était réfléchie.Elle était silencieuse.Le silence, plus que la parole, est un moyen de communication avec Dieu et avec les hommes.Le silence unit.La parole divise.Le silence dit tout.La parole oublie.» .2.Jean Guitton, Le Cardinal Saliège, p.289 (Grasset, Paris, 1957).147 Revue Dominicaine « .Vous avez été bonne, pieuse.Vous avez ignoré la médisance et le mensonge.Vous avez donné aux pauvres, le pain, à la Vierge Marie des fleurs des champs, à Jésus tout votre cœur.Vous avez peu parlé, mais beaucoup aimé.» J.Germaine apprit, sûrement, la conversion du roi, son abjuration à Saint-Denis pour laquelle sonnèrent toutes les cloches du royaume ; elle connut la pacification de la France par 1 Edit de Nantes, trois ans avant sa mort.Mais 1 Eglise n\u2019avait pas vu revenir à elle toutes les brebis perdues.Combien de fois dut-elle implorer le ciel, la bergère, pour qu il n y eût qu un seul troupeau et un seul pasteur ?En priant pour le prochain Concile œcuménique, ne serait-il pas à propos d apprendre de Germaine le secret de sa ferveur ?J aime à rapprocher cette petite fille de mon pays de Katéri Tékak-whita, qui n est pas béatifiée encore.Elle aussi est demeurée dans son milieu, se livrant à des occupations tout ordinaires avec un grand amour de la croix ; s\u2019infligeant des mortifications cruelles parce que ses frères païens torturaient les missionnaires ; fidèle au rosaire, qu elle récitait dans la neige, la nuit.Elle est morte également très jeune, presque au même âge que Germaine.Nous pourrions demander à Katéri de protéger la fraternité de toutes les races humaines, de tous les peuples qui ne devraient former qu un seul troupeau.II serait bon que notre siècle écoutât les leçons d humilité de Katéri et de Germaine, en se rappelant les paroles de saint Paul : « Dieu a choisi dans le monde ce qu il y a de faible, pour confondre les forts ; Dieu a choisi dans le monde ce qu il y a de vil, ce qui est méprisé, ce qui n est pas, pour réduire à rien ce qui est.» (I Cor., II, 27-28).Luce Laurand Halsou, pays basque.3.Cardinal Salière, Libre prière à sainte Germaine, dans le Manuel du Pèlerin, p.64 ( Pibrac).148 doit-elle obéissance à son mari ?L épouse La nécessité pour I épouse d être soumise à son mari est affirmée dans I Ecriture sainte ; on ne saurait donc la mettre en doute.Cependant ce problème est plus complexe qu on ne le pense généralement, et sa solution comporte plusieurs nuances et distinctions.II sera donc utile, en marge de la spiritualité conjugale qui se propage de plus en plus, de préciser « le sens exact de cette soumission de la femme prescrite par les livres saints et à propos de laquelle tant de contresens ont été commis » \\ Cette question remonte aux premiers jours de I humanité, et elle est exposée dès le début de la Genèse.En effet, s adressant à Eve, Dieu annonce les conséquences pour la femme de la chute originelle, en ces termes : « Je multiplierai la souffrance de tes grossesses : tu enfanteras des fils dans la douleur ; ton désir se portera vers ton mari et lui te dominera » \".Ainsi, selon les commentaires des exégètes, « de compagne, d aide qu elle était, la femme, après la chute, sera subordonnée à I homme qui sera son maître, sans doute dans la vie domestique et sociale, mais d abord dans la vie sexuelle.[ .] Une telle domination n implique pas toutefois que la femme sera à la discrétion de I homme pour en abuser à son gré » 1 2 3 4.La hiérarchie de 1 amour, qui doit exister entre le mari et son épouse, devenait donc bien différente de ce qu elle était dans 1 état de justice originelle, où elle se réalisait sans heurt : « Rien ne serait plus simple, dans la pureté d un ordre voulu par Dieu, que cette insertion d une autorité et d une obéissance dans un amour qui les animerait.les harmoniserait, et les transfigurerait de sa ferveur, \u2014 I ordre de I amour ! Mais le péché a passé là ; tout est désormais désaxé, difficile, douloureux : tout doit être racheté dans le Christ, pour retrouver sa force et sa splendeur » b 1.\tStanislas de Lestapis, J.S., Les sexes et Véquilibre familial et social, dans Morale sexuelle et difficultés contemporaines, Paris, Editions Familiales de France, 1953, p.426.2.\tGen., 3, 16.3.\tA.Clamer, La Genèse traduite et commentée, dans La Sainte Bible (Coll.Pirot et Clamer), Paris, Letouzay et Ané, 1953, t.I.d.142.4.\tJean Mouroux, Sens chrétien de Vhomme, Paris, Aubier, 1950, p.199.Voir aussi saint Thomas, Somme théol., lia lice, q.164, a.2.149 Revue Dominicaine Après îa chute originelle, dans l\u2019Ancien Testament, la femme est entièrement subordonnée à l\u2019homme ; ainsi, chez les Hébreux, la condition de la femme était celle de la dépendance entière à l\u2019endroit de son mari.Il appartenait au christianisme, tout en marquant la supériorité hiérarchique de l\u2019homme, d\u2019assurer à la femme l\u2019émancipation dans 1 ordre » 5.La nature déchue a été réparée par la Rédemption du Christ, mais les blessures du péché originel n\u2019ont pas été totalement guéries, elles ne sont qu\u2019en voie de cicatrisation.Celles-ci se projettent dans l\u2019amour conjugal lui-même, dont le point névralgique se rencontre dans la soumission de 1 épouse et dans 1 autorité du mari.Le mari et I épouse ont tous deux leurs devoirs et leurs droits réciproques, de même que leurs possibilités d en abuser.C\u2019est pourquoi saint Paul a voulu indiquer à l\u2019un et à l\u2019autre 1 atmosphère dans laquelle doivent s\u2019établir leurs relations : « Femmes, soyez soumises à vos maris comme au Seigneur, car le mari est le chef de la femme, comme le Christ est le chef de l\u2019Eglise, son corps, dont il est également le Sauveur.Comme l\u2019Eglise est soumise au Christ, les femmes doivent I être en toutes choses à leurs maris.« Vous, hommes, aimez vos femmes comme le Christ a aimé I Eglise et a donné sa vie pour elle, afin de la purifier et de la sanctifier par le bain d\u2019eau et la parole qui l\u2019accompagne, et de se préparer à lui-même une Eglise glorieuse, sans tache, ni ride, ni rien de semblable, mais qui soit sainte et immaculée.Ainsi les maris doivent-ils aimer leurs femmes, comme étant leurs propres corps ; en aimant sa femme, c est soi-même que I on aime.Nul n a jamais pris en haine sa propre chair ; au contraire, on la nourrit et on I entoure de soins, comme aussi le Christ fait pour î Eglise ; car nous sommes les membres de son corps.A cause de cela, 1 homme quittera son père et sa mère et il s attachera à sa femme et ils ne seront tous deux qu\u2019une seule chair.Grand est ce mystère, je veux dire par rapport au Christ et à l\u2019Eglise.Ainsi donc que chacun de vous aime son épouse comme soi-même et que la femme révère son mari » 6.5.\tClamer, Loc.cii., p.142.6.\tEph., 5, 22-33.150 L ÉPOUSE DOIT-ELLE OBEISSANCE À SON MARI ?Ailleurs, l\u2019Apôtre reprenait encore la même pensée : « Je veux que vous sackiez que le ckef de tout komme, c est le Ckrist ; le ckef de la femme, c est I komme » 7 8.Le terme chef que saint Paul utilise pour 1 komme en regard de la femme, doit être entendu « dans son acception morale de principe d autorité et de direction.Cela implique à la fois la communauté de vie et I inégalité dans cette communauté » .Il ressort de ces textes que la kiérarckie naturelle des sexes n est pas détruite, mais elle est sanctionnée par la grâce de 1 économie rédemptrice.Cette kiérarckie vaut évidemment, non pour I ordre individuel comme nous le verrons plus loin, mais pour l\u2019ordre social et extérieur, c\u2019est-à-dire au sein de la communauté familiale : « Dans la petite société, il [saint Paul] n\u2019entend pas supprimer 1 ordre naturel qui est voulu de Dieu ; il le confirme au contraire en déclarant que tel est aussi 1 ordre sanctionné par le Ckrist » 9.Dans le Nouveau Testament comme dans I Ancien, « I autorité du ckef de famille vient de Dieu, de même que c est de Dieu qu Adam a reçu la dignité et l\u2019autorité de premier ckef du genre kumain et tous les dons qu\u2019il a transmis à sa postérité » 10.Egalité de l\u2019homme et de la femme quant à la vocation spirituelle, inégalité quant aux charges et aux fonctions Pour 1 komme et pour la femme dans I Eglise, il y a une même vocation spirituelle, mais il n en est pas ainsi des ckarges et des fonctions qui sont propres à l\u2019un ou à l\u2019autre.Parmi les sacrements, les uns sont individuels et les autres sont sociaux.Ces derniers sont le sacerdoce et le mariage, mais le sacerdoce kiérarckique, qui diffère du sacerdoce des fidèles, est réservé à 1 komme.Ainsi, 1 komme et la femme participent 7.\t/ Cor., 11, 3.\t, .8.\tC.Spicq, O.P., Epitres aux Corinthiens traduites et commentées, dans la Sainte üible (Coll.Pirot et Clamer), t.11, p.244.\t, 9.\tR.P.Médebielle, Epître aux Ephésiens, dans La Sainte Bible (Coll.Pirot et Clamer).t 12\t66 10P S.S.Pie XII, Allocution aux nouveaux époux, 10 sept.1941, dans Le problème féminin (Coll.Les Enseignements Pontificaux).Présentation et tables par les Moines de Solesmes, Tournai, Desclée & Cie, 1953, p.44.151 Revue Dominicaine à la même grâce du Christ et aux dons du Saint-Esprit, mais la femme ne participe pas à tous les ministères du Saint-Esprit.Saint Paul s\u2019adressant aux chrétiens de Corinthe, écrivait : « Comme dans toutes les Eglises des saints, que les femmes se taisent dans les assemblées ; car il ne leur est pas permis de prendre la parole ; mais qu elles soient soumises, comme le dit la Loi elle-même.Que si elles veulent s instruire sur quelque point, qu elles interrogent à la maison leur propre mari ; car il est honteux pour une femme de prendre la parole dans une assemblée » X De plus, par rapport au mariage institué pour le développement de la société ecclésiastique, « il est facile de voir que si I homme et la femme s y engagent pareillement et réciproquement, les paroles du rituel, les bénédictions du prêtre sont très différentes selon qu elles concernent le fiancé ou la fiancée » X Dans son encyclique sur le mariage chrétien, S.S.Pie XI résumait admirablement cette doctrine en ces termes : « Quant à cette égalité des droits qui est si exagérée et que I on met si fort en avant, il faut la reconnaître en ces choses qui sont propres à la personne et à la dignité humaines, en celles qui découlent du pacte nuptial et qui sont impliquées par la vie conjugale ; en ces choses-là, chacun des époux jouit assurément des mêmes droits et il est tenu à la même obligation ; clans les autres choses, une certaine inégalité et une certaine mesure sont nécessaires, celles qu\u2019exigent le bien et les obligations de la société domestique et 1 unité et la stabilité de 1 ordre » 13.Egalité quant à la vocation spirituelle Avant même de considérer le plan religieux, il faut admettre, pour l\u2019homme et pour la femme, que « du point de vue métaphysique, à juger de leur qualité de personne humaine, il n y a ni chef ni collaboratrice » X Mais davantage sur le plan de la vie chrétienne, il y a égalité absolue 11.\tI Cor., 14, 34-35.12.\tA.-M.Henry, O.P., Le mystère de la femme et U obéissance religieuse, dans L'obéissance et la religieuse d\u2019aujourd'hui, Paris, Editions du Cerf, 1951, p.117.13.\tActes de S.S.Pie XI, Paris, Bonne Presse, t.6, p.288.14.\tDr René Biot, La personnalité féminine et le mariage, dans Intelligence et conduite de Vamour, 7e édition, Desclée De Brouwer, 1945, p.77.152 L ÉPOUSE DOIT-ELLE OBEISSANCE À SON MARI ?établie entre tous les fideles par la grâce baptismale.Il y a donc un domaine où I bomme « n est plus le chef mais seulement I ami, le compagnon, c est celui de la vie personnelle et profonde » l0.Saint Paul affirme cette vérité comme un point essentiel de la doctrine chrétienne : « Tous, en effet, vous êtes fils de Dieu par la foi au Cbrist Jésus.Car vous tous qui avez reçu le baptême du Cbrist, vous vous êtes revêtus du Cbrist.II n y a plus ni Juif ni gentil ; il n y a plus ni esclave ni bomme libre ; il n y a plus d homme et de femme : vous n êtes tous qu un dans le Cbrist Jésus » 1 .Cette unité s entend évidemment non pas d\u2019un seul tout, mais d\u2019une seule et même personne, celle du corps mystique du Cbrist auquel le Baptême intègre tous les fidèles.S.S.Pie XII développait la même pensée, dans une allocution adressée à des nouveaux époux : « Dans la sainteté, par le moyen de la grâce, les époux sont également et immédiatement unis au Cbrist.Ceux-là, en effet, écrivait saint Paul, qui ont été baptisés dans le Cbrist et se sont revêtus de lui sont tous fils de Dieu, et il n y a pas de différence entre I\u2019bomme et la femme, parce que tous sont un seul dans le Cbrist Jésus » 17.L organisme spirituel comporte les sept dons du Saint-Esprit, qui sont « des habitudes qui [ .] disposent l'homme à obéir avec promptitude aux inspirations du Saint-Esprit » 1S.Ainsi, saint Pierre, dans son premier discours après la Pentecôte, rappelle la prophétie de Joël selon laquelle, aux temps messianiques, tous les hommes, sans distinction de sexe, ni d\u2019âge, ni de condition, pourront être favorisés des dons du Saint-Esprit : « Et il arrivera dans les derniers jours, dit le Seigneur, que je répandrai de mon esprit sur toute chair, et alors prophétiseront vos fils et vos filles, et vos jeunes gens verront des visions, et vos vieillards auront des songes ; et certes sur mes serviteurs et sur mes servantes, en ces jours- 15.\tEsther de Retz, La prudence familiale, dans Prudence chrétienne, Paris, Editions du Cerf, 1948, p.157.16.\tG al., 3, 26-28.17.\tLe problème féminin (Coll.Enseignements Pontificaux), p.44.18.\tla lice, q.68, a.3. Revue Dominicaine là, je répandrai de mon esprit, et ils prophétiseront » 19.C est à tous sans distinction, juifs ou païens, esclaves ou personnes libres, hommes ou femmes, qu est annoncée la bonne nouvelle du salut par l\u2019Evangile, et à tous est proposée comme fin ultime la vie éternelle : « II n\u2019y a qu une vocation évangélique, et partant une seule vocation à la perfection.L appel s adresse à tous indistinctement.Dieu ne fait pas acception de personne.Hommes ou femmes nous sommes appelés à être, selon I admirable formule de saint Pierre, participants de la nature divine.Nous sommes conviés à I adoption des enfants de Dieu, par 1 Esprit-Saint dans le Christ Jésus.A la Résurrection, répond Notre-Seigneur aux Sad-ducéens, les hommes n ont point de femme, ni les femmes de mari, ils sont comme les anges dans le ciel » 2°.Ce qui est vrai dans I ordre de la fin, 1 est aussi dans celui des moyens.En effet, selon saint Paul, tous sont « appelés à une même espérance », et il y a « un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême » 21.La vie divine, qui est reçue au baptême et qui constitue les prémices de la gloire éternelle, est la même pour tous ; de même en est-il de I organisme des vertus et des dons, des sacrements dits individuels (c est-à-dire, en plus du baptême, la confirmation, l Eucharistie, la pénitence, I extrême-onction) , des préceptes et des conseils évangéliques : « Nous avons tous reçu la même vie au baptême.Tout ce qui est nécessaire à la croissance et à F épanouissement de cette même vie : les sacrements, 1 organisme intérieur des vertus, nous concerne tous, hommes ou femmes, indistinctement.La vie divine de nos âmes n\u2019est pas affectée essentiellement par la différence des sexes » 22.L\u2019homme et la femme participent également aussi au sacerdoce universel des fidèles, qui découle du caractère du baptême et de celui de la confirmation : « Tous, hommes ou femmes, du moment que nous sommes baptisés, nous sommes prêtres dans le Christ Jésus et, par lui, nous partici- 19.\tAct., 2.17-18.Voir aussi Joël, 3, 1-2.20.\tHenry, Le mystère de la femme et l\u2019obéissance religieuse, dans L\u2019obéissance et la Religieuse d\u2019aujourd\u2019hui, p.114.21.\tEph., 4, 4-5.22.\tHenry, Loc.cit., p.115.1 54 L\u2019épouse doit-elle obéissance à son mari ?pons au sacerdoce du Christ.Car nous n avons qu un seul sacerdoce, celui du Christ.C est hien notre unique grand-prêtre qui intercède sans cesse pour nous auprès du Père.A cet égard, le christianisme a hien véritablement émancipé la femme » C Ainsi, sur le plan de la personnalité purement humaine, et sur le plan de la vie chrétienne individuelle, il y a égalité absolue entre 1 homme et la femme : « Comme personnes, Ihomme et la femme sont égaux.Ils ont même vocation ; ils sont spirituels et libres ; ils sont de Dieu 1 un et l\u2019autre.[ .] Et parce que I homme et la femme sont tous deux membres du Christ, temples du Saint-Esprit, consacrés à la gloire de Dieu jusque dans leur corps, il n\u2019y a pas d inégalité sur ce point.[ .] Deux personnes également hautes, également maîtresses d\u2019elles-mêmes, également appelées, et s\u2019abandonnant l\u2019une à l\u2019autre dans la plénitude de leurs droits et de leur liberté, telle est la première affirmation chrétienne » A L égalité de l\u2019homme et de la femme, quant à leur vocation spirituelle, est l\u2019une des caractéristiques du message évangélique.Sans doute, la promotion de la femme dans le christianisme n est pas facile à circonscrire surtout dans ses détails ; il n\u2019est pas non plus facile de faire la part de l\u2019évolution sociale, économique et politique dans nos pays.Cette difficulté est d\u2019autant plus grande qu\u2019il s\u2019agit pour la femme « non pas tant d\u2019une libération sociale que d\u2019une libération spirituelle et intérieure.[ .] Quoi qu\u2019il en soit, le christianisme professe I égalité absolue de l\u2019homme et de la femme dans leur vocation spirituelle et divine » A Ovila Mélançon, C.S.C.23.\tIbid., p.116.24.\tMouroux, Sens chrétien de l\u2019homme, p.198.25.\tHenry, Loc.cit., p.114.155 \\ Eclairages sur le problème du théâtre Il existe à Montréal un problème du théâtre (une « crise » I a rendu plus pressant) qui dure depuis toujours, qui durera toujours aussi, le théâtre étant par essence un métier problématique, mais qu il faut cependant s efforcer d éclairer, surtout quand ce problème menace I existence même de notre vie théâtrale dans ce qu elle a de plus valable.Chacun sait qu il n y a pas de solution absolue, que personne ne trouvera la réponse définitive.Le problème est en perpétuel devenir ; les solutions forcément partielles devront s y ajuster.* * * Ce qui frappe d abord, c est que les troupes les plus menacées sont les troupes les plus régulières et les plus productrices, celles qui, en définitive, permettent de parler de « vie théâtrale » à Montréal.Il arrive souvent par ailleurs qu une troupe, formée à I occasion d une pièce, obtienne un grand succès et donne I impression qu il n y a pas de problème, puisque quelque part il y a une réussite marquante.Dangereuse illusion.C est donc au niveau des troupes permanentes que le problème devient crucial.Et c est là qu il faut tenter de le résoudre.Disons tout de suite que les comédiens qui forment ces troupes sont avant tout des passionnés de théâtre qui sacrifient souvent de gros cachets de radio et de télévision pour faire œuvre artistique, pour se retremper par le contact direct avec le public et retrouver des personnages qui sortent du quotidien.Leur désintéressement et leur goût méritent beaucoup de considération.Mais ces comédiens se trouvent souvent acculés devant ce dilemme : I art sans argent ou I argent sans art.Et ils vivent de compromis.Et ils font deux vies dans une pour joindre les deux bouts.Leur travail de pionniers n en est que plus méritoire.Mais il serait souhaitable qu on 156 Eclairages sur le problème du théâtre dépasse ce stade.Si la France actuellement souffre de surorganisation théâtrale, nous souffrons de sousorganisation.Dans une ville comme Montréal il est temps que nous assurions une certaine stabilité au théâtre pour qu éventuellement une « crise » ne puisse pas mettre en cause 1 existence même du théâtre chez nous.* * * N\u2019en déplaise aux esthètes et aux puristes le problème est d abord financier.Jouvet l\u2019a bien dit : au théâtre il faut réussir.Et cette réussite se compte d\u2019abord en argent.C\u2019est une des servitudes du métier ; il faut Iassumer.Elle risque cependant d\u2019orienter les comédiens vers une conception opportuniste de leur métier ne visant que le succès financier, sans préoccupations artistiques ou culturelles.Jouvet avait aussi le sens des œuvres valables, ne 1 oublions pas.Le véritable comédien n est pas mercantile.Mais comme tout homme il vit d abord de pain.L avènement de la télévision fut 1 âge d or des comédiens.Mais il semble que la mine s épuise et que la ruée vers 1 or en laisse plusieurs sur leur appétit ; d autant plus que la mine est capricieuse et que bien des appétits sont mieux faits pour digérer Shakespeare que du savon.Aujourd hui nous commençons à prendre un certain recul par rapport à la télévision et constater que plusieurs comédiens, parmi les plus sérieux, accepteraient de vivre plus humblement, s ils trouvaient quelque part la satisfaction professionnelle dont la télévision les prive souvent.Et c est au sein des troupes qu ils peuvent la trouver.Cela rend doublement important la sauvegarde et I équilibre des compagnies : ce sont elles qui font le théâtre.Par sa force publicitaire, par ses cachets élevés, par sa capacité d imposer des vedettes, la télévision a d abord joué pour le théâtre.Mais tout en aidant les comédiens, à la longue elle peut nuire aux troupes en empêchant leur homogénéité et en obligeant pratiquement les directeurs à refaire la troupe à chaque distribution.Les troupes se trouvent de ce 157 Revue Dominicaine fait incapables de penser à I avance, de se préparer une action continue ; elles peuvent rarement mener plus d\u2019un spectacle à la fois.Et il n\u2019est pas question de pratiquer le système de I alternance qui demeure pourtant le grand facteur de vitalité d\u2019une compagnie.Sur le plan de la compréhension théâtrale la télévision ne rend de véritables services que par la présentation de certains téléthéâtres qui ouvrent des horizons aux spectateurs et leur donnent ensuite le goût de retrouver les pièces sur scène, dans toute leur dimension.Mais les téléthéâtres sont assez rares et les autres émissions dramatiques valent souvent plus par leurs qualités anecdotiques et documentaires que par leurs qualités artistiques.Cela limite singulièrement les véritables relations entre théâtre et télévision.* * * Les troupes sont pauvres.La télévision, bien que les budgets soient limités, consacre de fortes sommes à la préparation de téléthéâtres qui emploient les comédiens des troupes constituées.II serait souhaitable, et sans doute possible, que des relations s\u2019établissent directement entre les troupes et les responsables de la programmation et que I on engage pour un spectacle une troupe entière en donnant au fonds de la troupe une certaine part des cachets.Une telle formule favoriserait la cohésion des troupes, leur assurerait des fonds substantiels, leur permettrait de préparer à l\u2019avance et d annoncer I ensemble d une saison et d éviter la concurrence nuisible et le double emploi.Elle permettrait aussi un travail créateur dans le sens d une compréhension plus profonde de deux moyens d\u2019expression qui ont chacun leur valeur propre.II s agirait en somme de faire au niveau des troupes ce que les comédiens font sur le plan individuel.Les résultats pourraient être surprenants, car à ce moment la troupe étant engagée dans un spectacle y voit beaucoup plus qu\u2019un gagne-pain ; elle y voit une occasion de se manifester dans ce qu elle a de meilleur.La formule est évidemment valable pour la radio ; les coproductions sont aussi possibles sur ce plan. Eclairages sur le problème du théâtre En plus d assurer une certaine stabilité et une certaine sécurité aux troupes, ce système d\u2019échange garantirait aux comédiens un niveau de travail plus élevé, dispenserait les plus sérieux et ies plus exigeants d entre eux de la servitude commerciale et redonnerait au métier sa véritable dimension.Si l\u2019Etat est trop pauvre (ï) pour aider financièrement les troupes, il pourrait, par la formule de coproduction réaliser indirectement ce qu il ne peut encore faire directement.Mais il est évident qu\u2019il devra s\u2019occuper, dans un avenir très rapproché, de fournir aux troupes les instruments de travail indispensables qui, dans l\u2019ordre social actuel, dépassent les possibilités des individus.Nous en sommes présentement au stade des octrois discrétionnaires.Il faut absolument songer aux octrois statutaires.Il ne s agit pas de reproduire la Comédie Française ou quelque autre théâtre d Etat, mais de trouver ce qui nous convient le mieux, dans notre contexte propre.Ici encore il faut affirmer la primauté des troupes sur les bâtiments, des comédiens sur les structures.Tout effort visant à I affermissement des troupes permanentes vaudra plus que les constructions les plus modernes qui risquent de décevoir quand il faudra les habiter.Evidemment 1 un n\u2019exclut pas l\u2019autre : c\u2019est une question d\u2019ordre des valeurs.Comment pourrait s\u2019exercer cette aide de 1 Etat ?Les octrois statutaires sont un moyen, mais non le seul.On peut aussi supprimer certaines taxes très onéreuses.Autrefois les seigneurs logeaient les troubadours gratuitement ; I Etat qui aujourd hui s est substitué à eux doit être aussi attentif au besoin des arts.Ces suppressions de taxes auraient I avantage d\u2019être en relation directe avec I ampleur de I entreprise et de permettre immédiatement des réductions du prix des places qui, il faut bien le dire, est beaucoup trop élevé.Le coût d une soirée de théâtre en fait souvent un plaisir de riche.Et ce sont d\u2019abord les comédiens qui en souffrent, car, dans une société de plus en plus spécialisée, ils sont les derniers (les premiers, c est la même chose) à parler un langage accessible à tous.Et ils veulent être entendus par tous.159 Revue Dominicaine Il faut aussi compter sur le support de I entreprise privée.Mais pour cela on doit être en mesure d offrir de sérieuses garanties.Les industriels et les hommes d\u2019affaires ont le sens de l\u2019effectivité.Ils sont souvent prêts à des largesses pourvu qu\u2019ils voient des résultats probants.Souvent on leur promet trop ou trop peu : ou bien ils sont déçus des réalisations, ou bien ils ne sont pas intéressés à des aventures sans lendemain, à des entreprises d amateurs (au mauvais sens du terme).Et ils ont parfaitement raison.En dehors des auteurs dramatiques que rien n oblige à être metteurs en scène ou comédiens, le travail d\u2019une troupe se juge sur les spectacles montés.Et tout le reste n\u2019est que littérature.Ou bâtiments.* * * Puisque I on parle d amateurisme, il faut se demander s il existe chez nous un théâtre professionnel.Et la question n\u2019est pas sans importance, si nous voulons savoir où nous en sommes.Certes nous avons quantité de comédiens professionnels qui souvent présentent des spectacles de très haute qualité, comparables aux meilleurs spectacles de Paris.Mais si I on définit la profession comme I activité qui fournit à I homme son pain quotidien, il faut avouer qu\u2019il n\u2019existe pas encore chez nous de véritable théâtre professionnel.Et I on s\u2019en excuse trop facilement en chargeant le théâtre professionnel de tous les péchés d\u2019Israël : embourgeoisement, style stéréotypé, académisme, etc.On oublie trop que Barrault, Vilar et Fabbri font du théâtre professionnel et qu ils sont tout le contraire de ronds-de-cuir.Il faudra donc, sous peine de stagnation, tendre à une formule de théâtre professionnel tenant compte de notre situation sociale et aussi de celle des comédiens.Et ce sont eux qui en définitive auront à orienter, et au besoin à forcer cetter évolution.Seule leur détermination pourra provoquer un mouvement convergeant de I Etat, des financiers et du public, orienté vers l\u2019établissement d\u2019un théâtre qui soit autre chose qu une série d aventures entre un roman-fleuve et un commercial.160 Eclairages sur le problème du théâtre Le théâtre, malgré certains revers inévitables, est implanté à Montréal.Et de là il peut s implanter en province, si on facilite les tournées et si on encourage les troupes de décentralisation.Had autant plus d importance chez nous que le cinéma dramatique ne nous a guère réussi jusqu à présent ; et il serait utopique de penser qu il puisse bientôt devenir une expression valable de notre culture.* * * II n y a rien de mal en soi à annoncer le savon ou les cigarettes, mais ce n est pas l\u2019emploi normal du comédien et à la longue ce substitut finit par jouer contre le théâtre.Car le théâtre est avant tout une illusion et cette illusion suppose que le comédien n est pas celui que I on rencontre à tous les jours dans les attitudes les plus banales.La fonction du comédien est de se dépersonnaliser pour assumer successivement toutes les individualités des personnages.Cette dépersonnalisation est gravement compromise quand le comédien est à chaque jour dans toutes les demeures, sous forme de propagandiste ou de commentateur.Cet abus de familiarité reçoit I appui de tous les journaux de coulisses, plus soucieux de leur tirage que des valeurs artistiques.Ainsi, comme le notait récemment Jean Cocteau : « A force de nous introduire derrière le décor, à force de nous mettre en contact avec les fantômes en chair et en os, ces fantômes cessent d effrayer et de surprendre ».La magie disparaît, le charme est rompu.Et qu est-ce que le théâtre sans charme ni magie ?Gilles Marsolais 161 Les femmes dans la vie de Chopin Les femmes ont joué et tenu un rôle considérable dans la vie de Cbopin, qui fut assez mal servi en amour, en amitié.Nous savons que ce souffreteux lucide fut toujours très attaché à sa mère et à ses trois sœurs, Ludwilca Marianna (1808-1855), Justyna îzabela ( 1811-1881), Emilia (1812-1827).Ludwilca, I aînée de la famille, n hésita même pas à quitter Varsovie pour venir à Paris soigner et veiller son frère lors de sa dernière maladie.Et durant sa courte existence, trente-neuf ans, Chopin ne manqua jamais I occasion d adresser des lettres touchantes à sa mère et à sa chère Ludwilca, la seule, I unique confidente de toute sa vie.Les péripéties de sa liaison avec George Sand, qui dura huit ans, sont bien connues de ceux qui ont lu 1 Histoire de ma Vie de la romancière, pour ne pas être obligé de rappeler ici des épisodes déjà familiers à plusieurs lecteurs.Un fait certain, c\u2019est qu\u2019à partir de sa rupture avec Aurore Dudevant (en 1846), la vie du corps et celle de I esprit ont fini en Chopin.Mais, à 1 article de la mort, I amant déçu pensait encore à cette femme, chez qui on ne saura jamais bien distinguer les limites où se touchaient en elle 1 amour, le mépris, l\u2019égoïsme et la haine.Et c\u2019est Fran-chomme qui entendit murmurer le moribond : « Elle m\u2019avait dit pourtant que je ne mourrais que dans ses bras ».Chopin aima d\u2019autres femmes et c\u2019est le portrait de celles-là que nous essayerons d esquisser.Nous sommes au seuil de Tannée de 1829 ; Chopin n\u2019a donc que dix-neuf ans.Un soir qu il assiste à une représentation à I Opéra de Varsovie, il remarque dans un petit rôle une jeune fille au timbre clair, aux cheveux blonds, aux yeux bleus, à la bouche attrayante.Elle se nomme Konstancja Gladhowsha et elle suit des cours de chant au Conservatoire.L impression que produit sur lui cette cantatrice en herbe est vive, mais toute pure et enfantine.Obtenir le ruban qui noue sa chevelure, mourir en le tenant caché sur sa poitrine, suffirait à ses désirs.Et si léger est ce sentiment qu\u2019il n\u2019en fait d abord confidence à personne.162 Les femmes dans la vie de Chopin Au mois d octobre, il écrit à son ami Tytus Wojciechowski : « Par malheur peut-être, je possède mon idéal, auquel je me suis voué depuis plus de six mois, silencieusement, et sans qu\u2019on le sache, le Larghetto de mon Concerto (en Fa mineur, opus 21) lui appartient, et ce matin même, elle m inspirait la petite Valse (en Ré bémol majeur, opus 70, no 5) que je te fais tenir.Personne n\u2019est au courant, que toi ».Dans ce malheur, dans cet idéal, il s agit tout naturellement de Konstancja Gladkowska.Quelques jours plus tard, Konstancja débute pour de bon à l\u2019Opéra dans le premier rôle qu elle avait à tenir dans 1 Agnès de Ferdinando Paer (1771-1859).Inutile de dire que Frédéric admire le jeu de la chanteuse, sa beauté, I étendue de sa voix.II inscrit dans son journal : « Elle phrase et nuance délicieusement.Sa voix, dans les mesures initiales, tremblait légèrement, mais elle se remit bientôt de son trouble.On I\u2019 a couverte d applaudissements ».II fait enfin sa connaissance, I ac-compagne au piano, se sent mourir de tristesse et d incertitude, car Konstancja lui témoigne peu d intérêt.Toujours au cours du même automne Chopin accepte une invitation du prince Antoni Henryk Radziwill (1775-1833), gouverneur de Poznan, de venir passer une semaine à sa résidence d été.Là, le jeune musicien n oublie pas sa chère Konstancja bien que la princesse Wanda, une des filles de son hôte, le ravisse.En effet, cette jeune personne est une créature charmante, aimable, musicale et tendre.Mais Chopin se reconnaît le pouvoir d être charmé en toute pureté par deux femmes en même temps.Rentré à Varsovie, il décide d y donner son premier grand concert public.Cette séance musicale a lieu le 17 mars 1850.Konstancja qui avait d abord, semblait-il, négligé ce blême amoureux, assiste à cet événement qui éveille I attention générale.Mais I effet produit sur I auditoire n est pas tel qu il I a prévu et espéré.Les connaisseurs seuls ont compris et apprécié I originalité des œuvres du jeune compositeur.Toutefois la bien-aimée, assise au premier rang, lui sourit et il se sent amplement récompensé.165 Revue Dominicaine es ien Les mois passent sans lui apporter de véritables joies.Son amour pour Konstancja le soutient et le travaille.II se donne tout à sa musique.Mais I arrivée d Henriette Sontag, la cantatrice allemande célèbre, qui vient donner une série de six concerts dans la capitale polonaise, le jette dans I enthousiasme.Par I entremise du prince Radziwill, Frédéric est admis dans I entourage intime de cette femme fascinante au-delà de toute expression.Le 18 septembre, il adresse une autre lettre à son ami Tytus : « T lettres reposent sur mon cœur, à côté du ruban de Konstancja, car, bi qu ils ne se connaissent pas, ces objets inanimés sentent pourtant qu\u2019ils viennent de mains amies.Un jour, en sortant de I église, mes yeux ont surpris le regard de Konstancja.Alors je m\u2019élançai dans la rue et il me fallut un quart d heure pour revenir à moi.Je suis parfois si fou c\u2019en est effrayant I Mais dès samedi en huit je partirai quoi qu il arrive.Je mettrai ma musique dans ma valise, son ruban dans mon âme, mon âme sous mon bras, et en avant, dans la diligence » I Le 1 1 octobre, Cbopin donne un dernier concert à Varsovie, auquel Mlle Gladkowsk a prête son concours.Revêtue de ravissantes dentelles blanches et couronnée de roses, la jeune cantatrice chante le motif de la cavatine de La Donna del lago (La Dame du Lac), de Rossini, «o quante lagrime per te versai ».Ce fut un Frédéric Chopin comblé de bonheur qui revint sur la scène remplacer Konstancja, qui venait de chanter d une façon admirable.Enfin, le 1er novembre 1830, Chopin part pour Vienne.Mais cette oublieuse capitale ne se souvient déjà plus de I artiste qu elle avait tant applaudi au mois d août 1829.II note dans son petit carnet de poche : « M\u2019aimait-elle ou jouait-elle son rôle ?Combien c est difficile à deviner I Oui ou non ?Oui, non, oui, non ?.Oui, c est sûr.Mais qu il en soit selon sa volonté ».Toutefois les deux années écoulées depuis son premier feu pour Konstancja Gladkowska ont déjà fourni des œuvres admirables : la Valse en Ré bémol majeur, opus 70, no 3 ; les esquisses de ses Etudes, le 164 Les femmes dans la vie de Chopin Nocturne en Si bémol mineur, opus 9, no 1 ; le Concerto en Mi mineur, opus 11 ; le Concerto en Fa mineur, opus 21.Pourtant Frédéric ne devait jamais plus revoir Konstancja.Deux ans après le départ de Chopin, elle épousa Jozef Grabowsld, gentilhomme campagnard et gros propriétaire terrien.En apprenant le mariage de 1 infidèle, Chopin écrit à sa sœur Izabela : « Je m étonne avec toi qu\u2019on puisse être aussi insensible.On sait qu un château était une plus grande attraction.Oh I du sentiment il n y en avait que dans son chant I » Mais le sort ne fut pas indulgent à Konstancja.Les beaux yeux bleus que le poète musicien avait aimés se fermèrent à la lumière.L amante infidèle devint aveugle.Et quand elle se mettait encore au piano pour chanter d\u2019un air mélancolique la belle romance, « Combien de larmes, j ai versées pour toi î » de ses yeux, restés limpides malgré leur cécité, tombaient alors des pleurs.Après son arrivée à Paris, en 1851, Chopin trouva compensation à ses petits déboires professionnels dans son inclination pour une beauté célèbre : la comtesse Delphine Potocha.Et lorsque cette enchanteresse venait visiter son ami Chopin, la règle était qu elle apportât une rose ou des orchidées que I artiste mettait tremper dans un vase et qu il contemplait sans fin, comme un Japonais s enivre cl une estampe unique.Chopin immortalisa cette belle dame en lui dédiant la fameuse Valse en Ré bémol majeur, opus 64, no l.Delph ine avait vingt-cinq ans, un port majestueux, un visage mince, d une délicate beauté, le front haut et soucieux des vraies voluptueuses.Adam Micldewicz (1798-1855), le plus grand poète polonais, disait quelle était « la plus grande des pécheresses » et Zygmunt Krasinsld, un des plus délicats poètes de la Pologne I interpellait dans un de ses poèmes : « O toi, reste, car tu es la vraie beauté ».Et le peintre Eugène Delacroix consignait dans son Journal au sujet de cette femme, dont toute I allure évoquait une déesse élancée et puissante : « Je n ai guère rencontré quelque chose de plus complet ».Frédéric se laissa donc flotter dans le rayonnement sensuel de ce bel animal d amour.La voix somptueuse de 165 Revue Dominicaine Delphine 1 enchantait.II I accompagnait au piano, s évertuait à la rendre capable de pensées sérieuses, d autant que, a son avis, elle perdait sa vie en de vains plaisirs ; mais I âme était prisonnière dans cette chair impériale.Elle montrait de la persévérance en une seule chose, c\u2019était son goût invincible du changement et du divertissement.Delphine garda toujours a Chopin une affection tendre et sincère, et il est même sûr que, toute sa vie, elle l\u2019aima d\u2019amour.Les seules lignes d elle à 1 artiste qui se soient retrouvées en fournissent un témoignage direct.« Je ne t ennuierai pas par une longue lettre, mais je ne veux pas rester plus longtemps sans nouvelles de ta santé et de tes projets d\u2019avenir.Je suis triste de te sentir abandonné et solitaire.Ici mon temps se passe de façon ennuyeuse et je souhaite de n avoir pas plus de désagréments encore.Mais j en ai assez.Toutes les personnes à qui j\u2019ai fait du bien m ont payée d\u2019ingratitude.Au total, la vie n\u2019est qu\u2019une immense dissonance.Dieu te bénisse, cher Chopin.Au revoir ».Les jours froids de l\u2019automne 1849 arrivaient et, plus que jamais, la mort s acharnait sur Chopin, comme un démon qui s agrippe, et il voulut revoir sa très chère amie.Quand Chopin, agonisant, sut que sa belle Delphine, qui arrivait de Nice, d où une dépêche I avait rappelée, se trouvait dans son salon, il dit : « C est donc pour cela que Dieu tardait tant à m\u2019appeler à lui, il a encore voulu me laisser le plaisir de la voir ».A peine se fût-elle approchée de son lit, que le mourant exprima le désir d\u2019entendre chanter la voix qu\u2019il avait aimée.Etouffant ses sanglots, la comtesse chanta des airs qu\u2019ils avaient appris ensemble, lors du premier séjour de Chopin à Paris.Et en écoutant ces extraits de la mélodie éternelle, le visage du grand compositeur montrait que ce monde nouveau n était que bonheur, tendresse et musique.C est à Paris que Chopin fit la connaissance de la princesse Marcelline Czartorysha, qui fut une de ses élèves et, pour le dire en passant, une amie fidèle et dévouée.Le rôle qu elle tint et qu elle joua dans la vie 166 Les femmes dans la vie de Chopin du musicien polonais fut plutôt épisodique, mais rien n empêche que Chopin avait une affection toute particulière pour cette chère élève.En 1847, Chopin tombe gravement malade.Mais ce n\u2019est plus George Sand qui le soigne ; c\u2019est son amie Marcelline.Un bulletin de santé est envoyé par celle-ci à Nohant.« Encore ce chagrin-là à ajouter à tout le reste, riposte George le 7 mai.Est-il vraiment sérieusement malade ?Ecrivez-moi, je compte sur vous pour me dire la vérité et pour le soigner ».Au début d octobre 1848, Chopin est obligé de rentrer à Londres, après avoir visité I Ecosse, pour se mettre tout de suite au lit.II souffre d\u2019essoufflement, de maux de tête, de rhume, de bronchite, enfin tous les symptômes habituels.Comme toujours, la princesse Czartorysha qui le suit, le soigne et s institue sa garde-malade.Revenu à Paris dès le commencement de 1 année 1849, Chopin voit partout la mort car il est très faible et très souffrant.Sa bonne et tendre amie lui fait visite et sa présence le remet un peu.II peut même sortir et se promener en voiture.Mais son état empire rapidement.Cependant 1 idée de sa fin ne semblait pas l affecter beaucoup.Dans les premiers jours d octobre il n\u2019eut plus assez de force pour se tenir assis.La princesse Marcelline Czartorysha reprit son service de garde-malade auprès du mourant, passant à la place Vendôme la majeure partie de ses journées.Le 17 au soir, il fit ses adieux à ses amis.Appelant la princesse Marcelline et Mlle Gavaud, une autre de ses élèves, il leur dit : « Vous ferez de la musique ensemble, vous penserez à moi, et je vous écouterai ».La princesse Marcelline Czartorysha vécut encore quarante-cinq ans après la mort de son cher professeur.Elle ne manqua jamais I occasion, avec son talent de pianiste transcendante, de faire connaître les œuvres de son maître génial.Dans l\u2019été de 1835, Chopin est invité chez ses amis Wodzinshi, cette famille de grands propriétaires terriens, établie à Dresde pour quelque temps.Frédéric avait eu pour camarades, dans le petit pension- 167 Revue Dominicaine nat de son père, à Varsovie, les trois frères Wodzinski, Feliks, Antoni Kazimierz, et il connaissait depuis l\u2019enfance leur jeune sœur Maria.Maria YVodzinska n avait que seize ans.Jolie, vive, gracieuse, avec de grands yeux noirs et une bouche charnue dont le sourire était d\u2019une volupté ineffable.Ce qui ne nuisait pas, elle adorait la musique, surtout le piano, car Maria avait été autrefois I une des petites élèves de Chopin.II la revoit, Il est fasciné.II I aime.Maria et Frédéric sont emplis d une mélancolie heureuse.Le jeune musicien regarde la bien-aimée comme si, pour toujours, il voulait remplir ses yeux de sa beauté.Un mois entier s\u2019égrena vite dans ces nouveautés passionnantes.Puis il fallut penser au départ.Mais alors sa peine se transforme en bonheur, un chant se met à sourdre dans son esprit et son cœur, car il a maintenant la certitude que Maria lui est promise.Rentré à Paris, Chopin se remet au travail avec ardeur.Son esprit, son cœur débordent de musique, et il compose avec fièvre.II écrit.II reçoit des lettres de Maria.Et voici ce que lui racontait la jeune fille dans I une de ses rares missives où elle montre son cœur à nu.« Quoique vous n aimiez ni à recevoir ni à écrire des lettres, je veux pourtant vous donner des nouvelles de Dresde.Je vais donc encore vous ennuyer, mais plus avec mon peu.Samedi, lorsque vous nous quittâtes, chacun de nous se promenait triste, les yeux remplis de larmes, dans ce salon où, quelques minutes avant, nous vous comptions encore parmi nous.Mon père rentra bientôt et fut désolé de n avoir pas pu vous faire ses adieux.Ma mère en pleurs nous rappelait à chaque instant quelque trait « de son quatrième fils Frédéric » (comme elle le dit).Feliks avait une mine tout abattue ; Kazimierz voulait faire des plaisanteries comme à son ordinaire, mais ce jour-là elles ne lui réussissaient pas, car il faisait le paillasse moitié pleurant.Mon père se moquait de nous et il riait lui-même uniquement pour ne pas pleurer.A onze heures vint le maître de chant ; la leçon alla fort mal, nous ne pouvions pas chanter.Vous étiez le sujet de toutes les conversations.Feliks me demandait toujours la Valse (dernière chose que nous avions reçue et entendue de vous).Nous 168 Les femmes dans la vie de Chopin trouvions du plaisir : eux à I écouter, moi à la jouer, car elle nous rappelait le frère qui venait de nous quitter.Personne n a dîné : on regardait toujours votre place habituelle à table, puis aussi le petit coin de Fritz.La petite chaise est toujours à sa place, et probablement il en sera ainsi aussi longtemps que nous occuperons cet appartement.Le soir, on nous conduisit chez ma tante pour nous éviter la tristesse de cette première soirée, à laquelle vous n auriez pas assisté.Mon père vint nous prendre, disant qu il lui serait impossible, ainsi qu à nous, de rester dans cette maison ce jour-là.Nous éprouvâmes un grand bien à quitter un lieu qui renouvelait trop nos peines.La lettre de la petite Maria sera reléguée clans un coin après qu on en aura lu quelques lignes.« Adieu (tout simple ).Un ami d enfance ne demande pas de phrases.Maman vous embrasse tendrement.Mon père et mon frère vous embrassent sincèrement (non, c est trop peu), le plus.Je ne sais déjà moi-même comment dire ».L année 1856 s ouvre sous le signe de Maria.Il compose la fameuse Ballade en sol mineur, opus 25, qui est le monument de son amour.11 travaille, économise, et prépare son revoir avec Maria.II entreprend enfin au mois de juillet un voyage à Marienbad, la petite ville d eaux autrichienne où I attend sa bien-aimée.En revoyant Maria I impression est si vive, qu il ferme les yeux comme sous le choc d une douleur.Ma is le visage tumultueux de Maria le remet d aplomb et lui rend sa confiance.Inutile de dire que les deux amoureux passèrent ensemble des jours de joie et de bonheur.Le 7 septembre, avant-veille du départ de Chopin pour Paris, Maria consentit à devenir sa femme.La mère de la jeune fille fut mise dans la confidence.Elle ne s opposait pas au mariage, priant néanmoins Frédéric de ne rien rendre public avant quelque temps.II partit donc, emportant cette promesse et son désespoir.Pourtant les YVodzinshi écrivirent, madame Wod zinski surtout.Cependant les malheurs arrivent toujours.Le courrier se faisait plus lent.Frédéric ne recevait plus de lettres de Maria à date fixe.Puis, ce qui 169 Revue Dominicaine était jadis des lettres de la bien-aimee ne devint plus que post-scriptum aux lettres de ses frères.Chopin sut alors que Maria lui échappait.La nuit était descendue entière, parce qu il comprenait que Maria ne F aimait plus.II reçut une dernière lettre de Maria.« Je ne puis vous écrire que quelques mots, en vous remerciant pour le joli cahier que vous m\u2019avez envoyé.Je ne tâcherai pas de vous dire combien j\u2019ai éprouvé de joie en le recevant, ce serait en vain.Recevez, je vous prie, I assurance de tous mes sentiments de reconnaissance que je vous dois.Croyez à l\u2019attachement que vous a voué pour la vie toute notre famille, et particulièrement votre plus mauvaise élève et amie d\u2019enfance.Adieu, maman vous embrasse bien tendrement.Teresa à chaque instant parle de son Chopena.Adieu, gardez notre souvenir ».Chopin accepta en silence la rupture de ses fiançailles.Ses amis de Paris, en le voyant, se jetaient des regards anxieux : non seulement le pauvre Chopin était malade, mais encore paraissait-il comme un être détaché de ce monde, sans plus d\u2019intérêts.Chopin écrivit sur les billets de Maria ces deux mots polonais : « moia biéda », mon malheur.On retrouva après sa mort ce pauvre paquet, noué d\u2019une ferveur tendre.En 1841, Maria Wodzinska épousa le comte Jozef Sharbek, mais cette union lui parut bientôt un joug pesant.Après sept années de mésentente, elle put obtenir de Rome une annulation de son mariage malheureux.Elle se remaria avec Wladyslaw Orpiszewski, et, au bout de huit ans, elle était veuve.Maria mourut en 1896, et elle n oublia jamais Chopin.Konstancja Gladkowska devint aveugle, et Maria Wodzinska ne fut jamais heureuse en mariage.N est-ce pas étrange que ces deux fiancées de Chopin connurent un destin si tragique ?Parmi les amis qu\u2019il se fit à Paris, il y avait Jane Stirling, une dame écossaise qu il aimait beaucoup.Cette riche héritière était son élève depuis quatre ans et l\u2019une de ses plus amicales admiratrices.Aussi quand Chopin arriva à Londres le 20 avril 1848, Mlle Stirling et sa sœur Mme Erskine avaient pensé à tout, et déjà 1 on parlait dans le monde et les 170 Les femmes dans la vie de Chopin journaux du séjour de Ckopin.II est donc reçu avec bienveillance chez plusieurs personnalités de la haute société londonienne.Le 9 août, il quitte Londres pour I Ecosse, où il se rend chez ses amies Stirling et leur beau-frère, lord Torphichen, un vieillard de soixante-dix ans, qui habite Calder House, à douze milles d Edimbourg.Là, Chopin connaît le calme et le repos.II ne peut rien désirer qu il ne le reçoit immédiatement ; on lui apporte même chaque jour les journaux parisiens.II va sans dire qu au manoir de Calder House, la vie est agréable : matinées paisibles, promenades en voiture I après-midi, et le soir, musique.Jane Stirling était une noble femme plus âgée que Frédéric mais encore fort belle.Ary Scheffer (l 795-1858), le peintre français I a peinte plusieurs fois, parce qu elle représentait à ses yeux le type de la beauté idéale.Frédéric aimait entendre la voix musicale de Jane, il aimait la légèreté de ses gestes, toute la physionomie expressive de cette femme suffisait à lui faire oublier ses soucis d\u2019argent, sa mauvaise santé.II aimait cette Ecossaise pleine de sincérité.On prétend qu elle eut le désir d épouser Chopin.A ceux qui lui en parlaient « autant la marier avec la mort, car je suis plus proche du cercueil que du lit nuptial », disait-il.Mais le pauvre cygne s ennuie.II pense toujours à George Sand.II dédie pourtant à son hôtesse deux nocturnes d un sentiment de profonde tristesse, le Nocturne en Fa mineur, opus 55, no 1, et le Nocturne en Mi bémol majeur, opus 55, no 2.II part enfin au début de I année 1849 pour retourner à Paris.Mais les finances de Chopin sont à zéro parce qu il ne peut plus donner une seule leçon.Quelques mois plus tard, Jane Stirling donne encore une preuve de son désintéressement en faisant tenir à Chopin vingt-cinq mille francs.Et ce cadeau de Jane mit fin aux embarras financiers de Chopin, mais la mort avait déjà commencé son œuvre.Il s\u2019éteignit paisiblement le 17 octobre 1850, à 2 heures du matin.Teofil Kwiatkowski vint faire plusieurs dessins du visage du mort, et il dit à Jane Stirling, parce qu il comprenait combien celle-ci avait aimé Frédéric : « II était pur comme une larme ».\tEdouard-C.-N.Lanctôt 171 « Sous le soleil de Satan » L APOSTOLAT DE LABBÉ DoNISSAN î\\ous nous proposons, dans cet essai, de montrer ce que fut F apostolat de I abbé Donissan, curé de Lumbres, le personnage principal de Sous le soleil de Satan.Ce roman, le premier de Bernanos écrit en 1 926, choqua le monde en lui rappelant avec un réalisme brutal le travail du démon qui s empare des âmes et ne désire que leur ruine.Par une grâce spéciale, le saint de Lumbres voit le désastre causé par l\u2019ennemi de Dieu et se consacre à soulager les âmes misérables.Lui-même, devenu la proie de Satan, est privé de la paix qu il donne à son troupeau humain.Luttant contre ^atan, jusqu à sa mort, le saint de Lumbres ne souhaite autre chose que la paix éternelle.Dans la prière, I abbé Donissan reçoit le don de comprendre ce que c est que la souffrance humaine.Toujours seul au pied de la Croix, il n a d autre ami que Dieu.II prie Notre-Seigneur de lui ouvrir les yeux pour qu il puisse bien voir sa Croix.Sa prière est exaucée et le drame du Calvaire se réalise pour lui.« Quel spectacle, dit-il, que celui de l\u2019innocence à I agonie î La chair divine n\u2019est pas seulement déchirée, elle est lorcée, profanée, par un sacrilège absolu » \\ Fermant les yeux, il finit par s endormir dans la pensée des incompréhensibles dons de Dieu, et de I étrangeté de ses voies.Hé quoi ! dit-il, quel prêtre n a jamais pleuré d\u2019impuissance devant le mystère de la souffrance humaine, d\u2019un Dieu outragé dans l\u2019homme, son refuge ?» 1 2.Plus d une fois pendant ses quarante années de travail, apparemment stériles, il passe la nuit tout entière à genoux sur le pavé, dans la chapelle des Saints-Anges.II y va chaque jour, après souper, dans un petit coin qu il faut connaître pour y discerner sa présence.La nuit tom- 1.\tSous le soleil de Satan, p.283.2.\tId., p.287.172 « Sous LE SOLEIL DE SATAN » bante, il se promène en récitant son chapelet.A jeun, souvent depuis clés journées, se contentant toujours d une nourriture peu substantielle, sans exercice physique, séjournant dans un presbytère vermoulu, exerçant son ministère dans une église humide, un confessionnal sans lumière et sans air, pratiquant une hygiène du treizième siècle, I abbé Donissan mène une vie de sacrifice total.Autour de son confessionnal une foule impitoyable se presse jour et nuit.A ses pieds, c est toujours un troupeau humain qui vient lui jeter son écume.Assis sur sa chaise dans sa petite sacristie, I abbé Donissan essaie de soulager les misérables.La tête un peu penchée sur I épaule droite, la main toujours pressée sur son cœur, il écoute et répond.Ses fils à genoux n entendent que la voix souveraine, suppliante et inflexible dans sa douceur même, qui crève les cœurs les plus durs.Aujourd hui, comme hier, comme au premier jour de sa vie sacerdotale, il voit les pauvres visages bouleversés, les regards qui veulent et ne veulent pas, les lèvres vaincues qui se relâchent, et la bouche amère qui dit non.II entend les plaintes confuses, les bégaiements pleins de honte, les cris de douleur.Ayant vécu mille vies, toutes pareilles, il ne s étonne plus.II contemple avec pitié tant de personnages tragiques ou comiques.II sait tant de choses qui ne s écrivent pas, qui se disent à peine.I ant que bat son pauvre vieux cœur, le troupeau trotte sur ses talons, le poursuit, le presse, ne lui laisse aucun repos.A travers le monde, I abbé Donissan est la force et la joie de ce pauvre troupeau.II ne I abandonne jamais, mais rêve de le porter jusqu au lieu de la pénitence et veut vivre encore et mériter pour lui.Jusqu à la mort, le saint de Lumbres lève la main, pardonne et absout.Par un prodige miraculeux ce bonhomme, aux souliers crottés, toujours seul dans les chemins, bénissant les foules et pardonnant les péchés, n a pas seulement pouvoir sur I âme mais aussi sur le corps.II est sûr qu un mot de lui ressuscite même les morts.« La foi qui transporte des montagnes peut bien ressusciter un mort », dit-il 3.S enfermant dans la chambre avec le cadavre du petit enfant de Madame Havret, il le tient 3.Sous le soleil de Satan, p.334.175 Revue Dominicaine entre ses Lias, l'élève comme une hostie.Regardant le crucifix, il n\u2019implore pas un miracle, mais I exige.A l\u2019occasion du miracle, la mère du petit garçon ressuscité devient démente.Elle est guérie miraculeusement quelques mois après au cours d\u2019un pèlerinage à l\u2019église de Lumbres.C est ainsi que Donissan donne à pleines mains cette paix dont il est vide.Le Lien que « I humble thaumaturge » fait aux autres au lieu de lui donner la paix, le laisse lui-même désemparé.II hait le péché et la vie même.Le péché vole tout, jamais par force mais par ruse.II s\u2019insinue dans I âme comme I air qui n a ni forme, ni couleur, ni saveur, mais qui les ie\\êt toutes.Le péché use I âme par le dedans, la dévore vive et la laisse comme un sépulcre vide, puis s\u2019envole en riant.Comme s\u2019il serrait Satan à la gorge, le curé de Lumbres s emporte contre le mal et la mort.Tantôt pâle de rage, tantôt ruisselant de larmes, il désespère même du salut des âmes quand il revit avec elles leur inutile martyre.Sur les v isaSes infortunés devenus la proie du démon, son regard visionnaire voit se dessiner ligne par ligne l\u2019agonie de Notre-Seigneur sur la Croix.Sans cesse, sur ses Iè\\res, le nom de Satan prend un accent extraordinaire qui perce le cœur.« Le prince de ce monde se dérobe comme il ment, dit-il à Sabiroux son confrère, il prend tous les visages même le nôtre ».II est dans le regard qui le brave et dans la bouche qui nie, dans l\u2019angoisse mystique, dans I assurance et la sérénité du sot.Ne prenant même pas la peine de nous écarter, Satan fait de nous des instruments.En l\u2019entendant parler, Sabiroux explique : « Pour la première fois il me parut que j\u2019entrevoyais le but véritable de ma vie et la majesté du sacerdoce » 4.La dérision de Satan, son rire, son incompréhensible joie pèsent de tout leur poids sur le cœur du saint de Lumbres.Doutant même de son propre salut, le dispensateur de la paix ne trouve en lui-même que désordre, « un sabbat plein de grimaces et de cris.« Je ne suis qu un malheureux », dit-il.Depuis des années je ne sais 4.Sous le soleil de Satan, p.291.174 « Sous LE SOLEIL DE SaTAN » plus ce que c est qu une heure de paix » °.A de rares moments il se décharge de sa peine et pleure.Dans un langage d enfant, il invoque la pitié divine.II se croit un homme vil dont la Providence s est servi, une âme avide, un misérable aveugle, un réprouvé.«Je suis perdu, reprit-il.J étais fou, un dangereux fou » \\ Dans toute sa vie, songe-\ta peut- être pas fait un seul acte d amour divin, même imparfait.II n est plus sensible qu\u2019à I énorme mystification du vice, à son grossier et puéril mensonge.Déjà trop loin sur la route désespérante, I abbé Donissan n espère plus retourner en arrière, retrouver la paix, revivre.Le souvenir de son grand effort, la dignité de sa vie, son extraordinaire solitude, sa fidélité un peu naïve, I humiliation au-dehors et au-dedans, tout lui semble inutile.Une inexplicable pitié lui crève dans le cœur et il sent Satan le tirer encore plus bas, le tenir sous ses pieds.Poursuivi sans repos par I ennemi des âmes et dépouillé même de I\tespérance du salut, le saint de Lumbres est tenté par le désespoir.Accablé du sentiment de son impuissance, il ressent moins de pitié que de dégoût.L effrayante monotonie du péché ne lui laisse rien à dire.II\tne peut plus qu\u2019absoudre et pleurer.« Depuis quand Satan a-t-il pris le visage et la voix du Seigneur ?» '.« Dieu veut-il que le serviteur qui l a suivi trouve à sa place le roi risible des mouches, la bête sept fois couronnée ?» 5 6 7 8 Le tenace bourreau qui s amuse des hommes comme d\u2019une proie 1 entoure de ses prestiges, I appelle, I égare, ordonne ou caresse, se retire ou rend I espérance, prend toutes les voix, ange ou démon, innombrable, efficace, puissant comme un Dieu.Plein de ruse, il roule sa victime dans cette lassitude désespérée comme dans un suaire.L abbé Donissan ne rêve que d échapper aux hommes, au monde et à l\u2019universel péché.Le bruit fait autour de lui, l\u2019amitié de tant de pécheurs, autant de signes et d\u2019épreuves dont il n\u2019entend ni le sens ni le but et qui le tourmentent.La paix qu il cherche, il ne peut la trouver que dans le silence.5.\tSous le soleil de Satan, p.280.6.\tId., p.309.7.\tSous le soleil de Satan, p.362.8.\tId., p.303.175 EE Revue Dominicaine L infatigable ami des âmes ne souhaite plus que le repos.II n\u2019ose plus regarder I église, ni les maisons de son petit troupeau.Le projet qu il a tant de fois formé d aller se cacher pour mourir dans une retraite au bout du monde, Chartreuse ou Trappe, revient se présenter à son esprit.Cette fois, ce n est pas le cloître qu il désire, mais quelque chose de plus seciet que la solitude.II n a plus de force que pour appeler la mort.« Mourir, dit-il à voix basse, mourir » 9.II épelle le mot, pour s\u2019en pénétrer, pour le digérer dans son cœur.Regardant vers le ciel, il est tout vibrant dune exaltation sans joie.La grâce divine met un voile devant ses yeux tout à I heure pleins du mystère divin.D\u2019une main qui défaille, le saint de Lumbres caresse la mort et reçoit le repos effroyable qu\u2019il désire.Ainsi ce génie de la consolation ne fut jamais consolé.Dans son corps enfin terrassé, il n a goûté que le repos et la paix achetés par le jeûne et les verges.Au prix de sa propre souffrance et de celle des misérables qu il soulageait, I abbé Donissan a appris le sens de l\u2019agonie du Christ et mérité la joie du paradis.Marie-Céleste, S.C.Seton Hill College, Pennsylvania 9.Sous le Soleil de Satan, p.257.176 sens Le Pasteur et son fils Inspiré du Pasteur d'Hermas, sim.3.Un pasteur et son fils longeaient Un bois que, par un effet concerté, La brunante et I biver figeaient Dans une lugubre uniformité.« Voilà bien, dit le père, une image du monde I » r\u2014 « Quoi, dit le fils, ces troncs dont le gel fend le cœur ! « Est-ce là, de ta part, sagesse si profonde ?«Et n\u2019as-tu donc vu rien ici-bas de meilleur ?.« Mon fils, dit l'homme, en y mettant tous tes efforts, « Saurais-tu discerner parmi ces arbres Les vivants de ceux qui sont morts ?» « Non, certes, à présent qu\u2019ils sont durs comme marbres, « Mais au printemps.» »\u2014' « Alors, mon fils, écoute et comprends : « Ainsi le printemps de Dieu seul fera connaître Ceux qui sont parmi nous les vrais vivants De ceux qui n ont que I apparence d être ».Hyacinthe-M.Robillard, O.P.Tout Montréal au tombeau du Christ In resurrectione tua, Christe, cœli et terra lœtentur.La Grande Mission nous a, sans doute, humiliés, purifiés.La Semaine Sainte nous a rassemblés au pied de la Croix, puis autour du tombeau vide.Nous voilà prêts.Dans le grand silence de I homme recueilli et songeur à la fin de ce carême où le Notre Père qui êtes aux deux fut le thème de notre méditation, surgit brusquement le triomphe pascal, la figure du Christ, comme une échappée de lumière au milieu de notre nuit.La résurrection du Christ, aujourd hui comme hier, séduit et trouble jusqu aux incrédules.Avec Marie-Madeleine, la dernière au pied de la Croix, la première au tombeau vide, tout Montréal ne cherche-t-il pas et ne se retourne-t-il pas pour redire ce simple mot : Maître.Et Jésus I avait interpelée par ce seul mot : Marie.Dans ce mot Jésus avait mis tout I accent de son cœur.Madeleine en est illuminée et saisie.Voici que se jetant aux pieds du 177 Revue Dominicaine Maître, elle les embrasse, elle entre en extase.Noli me tangere, regarde mais ne me touche pas lui avait dit le Ressuscité.Revenue à elle, elle court partout, annonce à tous : / ai vu le Seigneur.La joie est à son comble, elle se communique, elle rayonne.J\u2019imagine que tout Montréal sanctifié par la Grande Mission, partage aujourd'hui cette grande joie.Après la Chute qui a engendré la Douleur, la joie jaillit de la Résurrection pleine et entière, toujours féconde.Un matin de Pâques ressemble toujours à I extase.Les cieux et la terre se regardent, se réjouissent, n\u2019osent se toucher.L\u2019immense espérance est si près de nous : si nous sommes morts avec Lui nous ressusciterons avec Lui ! La grosse pierre qui tenait nos espoirs captifs, cède, roule, les portes du Ciel s\u2019ouvrent.Un tressaillement d\u2019allégresse déferle sur le monde, un refrain profond, évocateur de la première apparition, sourd lentement, discrètement, toujours nouveau, refrain que l\u2019âme montréalaise doit redire avec une ferveur accrue : Ressuscité J Vraiment il est ressuscité l Femme, redites-nous encore cette nouvelle.Depuis que le soleil luit sur l humanité, La terre n\u2019en a pas entendu d\u2019aussi belle.La Direction La peine de mort Est-il permis de tuer les pécheurs, les criminels, les délinquants, les coupables, se demande Thomas d\u2019Aquin (lia, îlœ, q.63, a.2).Après avoir établi qu il est permis de tuer les animaux parce qu\u2019ils sont ordonnés par la nature à I usage de 1 homme, comme ce qui est moins parfait est ordonné au parfait, Thomas d\u2019Aquin en appelle au principe de la subordination de la partie au tout.Voilà pourquoi s\u2019il se révèle nécessaire à la santé du corps humain de couper un membre parce qu\u2019il est infecté et corrupteur, une telle amputation devient salutaire et louable.Or tout individu joue dans la société le rôle de partie dans le tout.Si donc quelque individ u devient un péril grave pour la société, il est louable et salutaire de le mettre à mort au nom du bien commun, selon le mot de 1 apôtre : un peu de ferment ne pourrait-il pas corrompre toute la masse ?Ce texte qui commande tout le débat sur la peine capitale se fonde sur une comparaison : si on peut par exemple couper la main, la tuer, pour sauver le corps humain, on peut également tuer un malfaiteur pour protéger la santé du corps social.178 Le sens des faits Argumentation assez simpliste au premier abord mais qui devient riche en réflexions philosophiques pour qui veut y réfléchir.Le principe de la primauté du bien commun qui commande toute vie sociale et toute législation trouve ici une application tragique.L\u2019important est d\u2019éviter la tragédie.C\u2019est précisément ce que fait le médecin ou chirurgien avant de prendre la décision finale.On le voit recourir à tous les plus récents progrès de la science, consulter ses collègues, isoler le membre contagieux ou le mettre dans le plâtre, ce qui veut dire en prison, et ce n est qu\u2019après avoir épuisé toutes les virtualités de sa science et de I observation, y compris les secours du Ciel, qu\u2019il se résigne à regret à l\u2019amputation.Vis-à-vis I homicide, les mêmes précautions s imposent.Mais que fait-on cependant pour sauver le coupable, l\u2019amener à reconnaître sa faute, le réhabiliter ?Pour sauver un membre du corps humain, on épuise toutes les ressources de la science, mais pour sauver un membre du corps social, il faut reconnaître que tous les moyens éducationnels, psychologiques et moraux sont loin d\u2019être utilisés.II y a bien le procès où le pour et le contre se battent rageusement.Mais est-ce toujours la justice qui va triompher ?En fait c\u2019est l\u2019avocat le plus brillant qui va l\u2019emporter et I histoire nous apprend que des avocats très habiles n\u2019ont jamais perdu une cause.On répète assez couramment que si un tel avait été défendu par un tel, il n\u2019aurait pas été pendu.Hypothèses difficiles à justifier mais également difficiles à rejeter.II serait intéressant de connaître tous les ressorts secrets qui entrent en jeu au moment d un crime.Nos progrès dans ce domaine psychologique sont encore très loin des progrès médicaux.Même les spécialistes de la psychologie des profondeurs soupçonnent bien plus de choses qu\u2019ils n en découvrent.Reste vrai cependant le principe énoncé au début, reste vrai également qu avant de retrancher un homme de la société des vivants, il faut pour le sauver recourir à tous les moyens, comme on fait pour un membre du corps humain.II n y a pas de doctrine catholique spécifique sur la peine de mort et c est par un principe de philosophie que IEgîise la justifie.« L\u2019aspect juridique et positif conserve son caractère propre et distinct du caractère moral et religieux» disait le Saint-Père, le 26 mai 1957.«Aux yeux d un catholique la peine de mort restera toujours une solution misérable dans la mesure où elle est suppression du coupable, non réparation de la faute » (Cf, Inf.cat.inter., no 80, p.26).179 Revue Dominicaine I ant que I Eglise et la société ne seront pas parvenues à améliorer les mœurs au point que I homicide disparaisse, il y aura toujours un sérieux examen à faire sur la réhabilitation possible du coupable avant de I exterminer.Pour reprendre la comparaison du début : si on apportait à réhabiliter un criminel, donc un homme doué d un corps et d\u2019une âme, autant de zèle qu à guérir un membre infecté du corps humain, le nombre des pendus diminuerait sûrement et la société ne s\u2019en porterait pas plus mal, surtout la conscience des peuples.Antonin Lamarche, O.P.Le Séducteur Le Théâtre-Club vient de mettre à I affiche Le Séducteur du dramaturge italien contemporain Diégo Fabri.Le sujet n est pas neuf, et pourtant, comme tous les grands thèmes, il reste éternel : Don Juan n\u2019a pas encore vu tarir la verve de ses descen-dants.Mais I auteur a entrepris ici de prendre le problème à rebours.Le séducteur est devenu victime ; il est la proie de ses conquêtes.Lt jusqu au dénouement, il s acharne à nous montrer la vie impossible où 1 ont réduit ses aventures sentimentales.Et par là, ce personnage semble rejoindre un peu monsieur tout-Ie-monde.En effet, qu est le séducteur, sinon un homme incapable de se satisfaire de ce qu il possède ; un homme qui désire tour à tour une femme-enfant, une femme de maison et une femme-vamp.; un homme qui.comme monsieur tout-Ie-monde, est insatisfait de son sort et souhaite souvent sans s en rendre compte, abolir la monogamie.Comme le Ldouard-PhiJIippe-Gabriel de Diégo Fabri, son cœur a trois étages, et une seule femme saurait difficilement remplir tous les emplois.Jusqu ici rien de nouveau.Mais l\u2019originalité de la pièce réside dans la tentative du héros de concilier toutes ses aspirations sentimentales en créant ce précédent extraordinaire de la vie de ménage à quatre.Non pas à la façon simpliste et animale du harem, mais lucidement, raisonnablement.Cette seule tentative et son caractère loufoque nous donnent tout de suite le ton de la comédie qui ne dépasse jamais le badinage, aussi brillant et fin soit-il.Le séducteur a beau venir nous expliquer longuement dans ses monologues les impressions qu\u2019il éprouve, il a beau supplier le spectateur de le prendre au sérieux, personne n\u2019est dupe.Toutes ce s réclamations ne sont que fantaisies et variations sur le thème de 1 amour, du mariage et du libertinage.180 Le sens des faits Fantaisie qui a cependant le mérite de n\u2019être pas banale, et d\u2019amuser franchement.Mais il serait bien vain de Ianalyser.L imbroglio où est conduite I intrigue ne manque certes pas de piquant : ces « mes chéries v claironné du fond de la salle par le mari-amant qui vient à la rencontre du trio de femmes réuni par ses soins a quelque chose de Don Quichotte.Mais la tentative du séducteur, comme il se doit ne réussit pas et n apporte cette constatation qui n était un secret pour personne : la femme a droit à la jalousie.Evidemment, le séducteur ne s arrête pas après son échec plus ridicule qu émouvant puisqu il repart aussitôt vers d autres cieux, vers d autres femmes ! Jean-Claude Deret campe un séducteur parfait.11 est entouré par la personnalité séduisante de Gisèle Schmidt (la femme légitime), par celle, ébouriffante et aguichante de Nina Diaconesco (la maîtresse), et par celle, beaucoup plus faible et hésitante de Céline Léger (la jouvencelle).Au total, une comédie divertissante jouée dans un décor à volte-face des plus ingénieux.Le 1 héâtre-CIub semble se cantonner de plus en plus dans la comédie, ce qui contribue sans aucun doute à former à Montréal un public de théâtre plus complet et équilibré.Micheline Dumont Sources de vie et Histoire sainte Méritent Je beau nom de sources de vie tous les grands chapitres de la littérature qui nous parlent de Dieu, notamment tous les chapitres de 1 Histoire sainte.Pour être heureux d un bel accord avec la vie et avec les autres, il faut nourrir une certaine foi.On peut sûrement avoir la foi dans la bonne volonté de 1 univers dans son ensemble, dans la bonne volonté des lignes directrices de I histoire, tant générale qu individuelle.Une certaine vue des valeurs universelles qui enveloppent la création cl amour aide les hommes à circuler avec aisance.La grande ligne qui tient d abord 1 histoire est 1 effort vers la perfection.Dieu connu, la montée vers Lui.I oute I Histoire sainte, à travers les empires qui se font ou se détruisent, place cet effort vers Dieu en caractères prédominants dans la grande marche de la vie.Notre avancement n est pas différent.L échelle de Jacob qui rejoint le ciel existe, à plus forte raison, dans le Nouveau 1 estament.Prenez votre Rosaire.Tenez-le du bout des doigts.11 a des degrés qui montent vers la 1 rinité.Echelle de Jacob du Nouveau Testament.Les mystères montent jusqu au Couronnement de Marie.En chaque mystère les Ave le font jusqu à la Trinité, ce point majeur où I on dit Gloire soit au Père.181 Revue Dominicaine Et la lutte avec I ange aussi continue d exister.II sera possible d\u2019en dire un mot parlant du saint homme Job.Ce rapport à Dieu de toutes choses ne fait jamais défaut dans un monde qui garde sa ligne de perfection.La liberté où Dieu l\u2019a placée, I autonomie, est la louange de Dieu dans I homme.Elle est encore la louange de Dieu dans I art.Ne pas en prétexter contre Lui.Faire quelque chose de beau n est pas nouveau.Entre le Tigre et I\tEuphrate il y a plus de 5000 ans (Sumer remonte à 5500 ans avant Jésus-Christ) on fabriquait des gobelets d\u2019or que Daniel-Rops reconnaît d une stupéfiante beauté.Messieurs les artistes nous ne sommes pas des perfections absolues parce que nous pouvons œuvrer un objet limité qui soit beau mais nous nous en approchons par I appartenance de tout notre être aussi au plus grand nombre possible de valeurs humaines.Ce qui manque ici à l\u2019avancement de l\u2019humanité c\u2019est que l\u2019artiste soit de plus en plus homme, aidé par un bien commun qui s\u2019est enrichi.Car (horresco referens) au temps des gobelets d\u2019or on pratiquait des sacrifices humains, et cela pour honorer les dieux.Même à travers cela, et en le connaissant mal, on affirmait cependant l\u2019importance de Dieu.Ce dont I homme a le plus besoin, 1 homme de cette planète où qu il soit, c est la présence de Dieu.Et ce qui rend intéressantes les belles histoires saintes, c\u2019est d\u2019abord que la lumière divine y éclaire la vie de ses héros et donne un sens à toutes les nuits de ses patriarches.La nature y est sacrée.Le sommet des montagnes y sert de temple ; « les chênes verts, les térébinthes et les sources » y composent des tableaux où I âme prend son silence pour adorer I\u2019Eternel.C\u2019est là que Moïse, tel que nous le voyons à travers Michel-Ange, « le front troué par deux faisceaux de lumière surnaturelle », c\u2019est là que Moïse a poussé sa grandeur.II révèle le nom de Dieu : Celui qui est.II\tn est pas seulement le bon Dieu où notre dépendance est reconnue.II est.Et cette prérogative donne à notre contemplation toutes ses dimensions infinies et toute son entière liberté.Comme c\u2019est beau d exister pardessus tout et nous devons imiter la beauté de Dieu.Cela nous libère des faux dieux.Le panthéon égyptien avait des allures de ménagerie et plus, on y divinisait le faucon, l\u2019oie, le crocodile, le taureau, I hippopotame, le vautour et l\u2019aspic.Aspirons plus haut vers I Etre de Dieu.Ce désir en nous doit avoir la force de supporter toutes nos épreuves.Rappeler souvent aux âmes aspirantes l\u2019histoire du saint homme Job.S emparant de I esprit de sa femme les puissances du mal soufflent ainsi : A quoi ça te sert d avoir foi en Dieu, imbécile I Maudis Dieu en face et 182 Le sens des faits meurs.Je crois que toute âme humaine entre les langes du berceau et { ensevelissement est amenée à cette pointe brûlante de la dérision où la patience des justes fait fleurir ses plus belles roses.Ou encore ainsi que du saule et du peuplier abattus les surgeons font une armée, c\u2019est de cette manière que les forces du juste éprouvées et même apparemment renversées, repoussent et fleurissent en un nombre plus grand d œuvres fécondes.Quand se suppriment l\u2019agitation, la recherche de I effet, I\u2019exhi bitio-nisme sous toutes ses formes, alors se concentre la force authentique.Dans l\u2019homme de l\u2019avenir toute la splendeur sera d\u2019abord intérieure et cachée, assez forte pour illuminer, oindre de douceur les aspérités de la vie.Les plus nobles choses qu\u2019on a dites de Salomon sont infiniment justes à propos du vrai Roi de gloire.A propos de ses enfants.Toutes ces données sont illustrées par 1 Histoire sainte.La vie de chaque âme est une histoire sainte avec les trois caractères reconnus dans une telle histoire : elle est indestructible, progressive, inachevée.Les correspondances aux principaux faits de I Histoire sainte montrent bien que les desseins providentiels de Dieu sur le monde forment la trame victorieuse des événements.11 en est ainsi dans 1 histoire individuelle de chaque âme dès que nous prêtons à Dieu le moindre concours, les initiatives de notre humaine dignité.Par l\u2019homme reconstruit, tout joyeux dans son cœur comme Ulysse, entre tous les êtres du monde la concorde est scellée.Et c\u2019est là rejoindre le souhait de tous les hommes : le règne de la paix.Arcade-M.Monette, O.P.Naissance de la géographie et Raoul Blanchard Après une incursion aux sources de notre Histoire qui nous présentait François de Laval, voici, à même le sol et le pays, une excursion toute neuve entreprise par les Presses Universitaires Laval \\ Quarante collaborateurs répartis en cinq groupes composent ici un livre d\u2019hommage à Raoul Blanchard et s\u2019efforcent de ramasser la pensée géographique sur notre pays.La géographie forme un type de la connaissance scientifique.J\u2019allais dire combien passionnant pour tous, mais la pensée de tant d\u2019élèves à qui on l\u2019enseigne plus ou moins mal m a paralysé le bras.Qu\u2019en pensez-vous ?1.a) Abbé Emile Bégin.François de Laval.Volume présenté dans la Revue Dominicaine, novembre 1959, p.253, par J.-M.Parent, O.P.b) Mélanges géographiques canadiens offerts à Raoul Blanchard (sigle MCRB), Les Presses Universitaires Laval, Québec, 1959.27 cm.4% pages, sur papier glacé. Revue Dominicaine Le Maître Blanchard a créé autour du mot géographie un halo d intense lumière.Nos synthèses scientifiques valant nos analyses, il a promu d abord la méthode de géographie régionale, ce qui fait l\u2019unité de son œuvre européenne et de son œuvre canadienne.Trente-cinq travaux sur le Canada lui ont bien mérité qu\u2019un de nos lacs et une de nos montagnes portent son nom.C\u2019est fait, et c\u2019est pour lui une reconnaissance plus belle que tous les doctorats d honneur.C est lui continuer la bonne volonté qu il nous a reconnue : «Je me suis pris d affection pour ces paysages, si différents qu ils soient des Alpes, et qui s\u2019imposent par émouvante répétition de quelques traits fort simples mais grandioses par cette simplicité même ! Enfin je me sentais soutenu et comme porté par une sorte d\u2019universelle bonne volonté» (p.15).Pour allei à I essentiel il faut rappeler que la loi de passage du particulier au général n est pas la meme en science et en philosophie.Elle n a pas la même vigueur.En philosophie, l\u2019induction est certaine et à son terme le principe est vu comme vrai.En sciences l\u2019induction est dialectique et conduit à une théorie imaginaire ou posée par I esprit.D où la flamme jamais éteinte qu\u2019a pu allumer en un esprit si conscient les joies de la géographie comparative permettant une reprise constante de la marche qui va du particulier au général et réciproquement.Au profit du degré de vraisemblance des conclusions générales.Un dernier mot : merci à Raoul Blanchard d\u2019ajouter à ses trente-cinq travaux sur le Canada la levée et la force conjointe que représentent les textes de ces quarante collaborateurs.Arcade-M.Monette, O.P.Regards sur la Russie La Russie commence à peine à émerger du secret où elle s\u2019est enfermée depuis nombre d\u2019années.Longtemps perplexes au sujet de cette république monopolisée par ses gouvernants, nous sommes plus que jamais avides de connaître la vérité ou tout au moins de nous en faire 1 idée la plus juste possible.La fusée lancée sur la lune a brusquement révélé son évolution scientifique avancée en matière de physique mais ne rend nullement compte, n est-ce pas, de la vie quotidienne en URSS, sur laquelle la propagande continue à ne laisser filtrer que des aperçus soigneusement tamisés et dégagés de leur contexte.Trop d impondérables jouent et trop de choses bougent derrière les communiqués officiellement autorisés, pour qu à la seule lecture des journaux nous puissions déchiffrer les rébus que posent tant de nouvelles ou d\u2019affirmations souvent démenties 184 Le sens des faits par celles du lendemain.Le grand public, dont je fais partie, se demande donc toujours : dans quelle mesure le régime soviétique a-t-il subjugué en Russie les esprits et les cœurs ?Qu en est-il exactement d une soumission de commande ?Quelle secousse la volte-face du maître suprême actuel à I égard des demi-dieux communistes, Lénine et Staline, a-t-elle infligée à la génération qu une stalinisation intense avait fanatisée ?Existe-t-il un malaise de la conscience religieuse russe ?Trouve-t-on dans beaucoup d isbas des icônes qui prouveraient la survivance de cette conscience et un culte secret aux protecteurs célestes ?Peut-on interpréter comme une marque certaine de tolérance la réouverture de certaines églises ?Dans ce pays étatisé à outrance, quel pourcentage du prolétariat féminin accepte de plein gré que les enfants soient confiés, presque au berceau, aux fonctionnaires des garderies publiques ?En un mot, que réussit à faire de cent quarante millions d êtres humains I application de doctrines qui contredisent notre conception de la liberté et du bien commun ?Sans doute les voyageurs circulent-ils derrière le rideau de fer en plus grand nombre qu avant, mais il est douteux qu ils puissent rapporter autre chose que des impressions forcément superficielles.Pour savoir, il faut vivre là-bas.Mais rares sont les étrangers qui y sont autorisés.Le sphynx russe serait peut-être demeuré plus longtemps encore hermétique si un journaliste américain, Irvine R.Levine, correspondant de la NBC n avait audacieusement fait confidence de ses dix années passées en Russie à y exercer sa profession de glaneur de nouvelles.Ce qu il a observé journellement, il I a consigné dans un volume de trois cent quatre-vingt pages : Flashes sur rimss1.Cet ouvrage est bourré de faits probants sur la mentalité du peuple russe, sur ses réactions envers le régime de fer, sur ses refus déguisés, sur ses soubresauts ou sur sa résignation passive.Ce récit nous empoigne autant par I intelligence aiguë des situations que par son style humoristique et par ce qu il raconte sur un monde hors de notre approche.Ses révélations sur un pays qui, comme le dit lui-même 1 auteur, « s élance de I époque de la faux à celle du spoutnik » (p.11 ) sont du plus passionnant intérêt.Par voie de conséquence, nous avions certes imaginé que derrière sa façade de théâtre, le parti communiste a bien ses petites difficultés.Après avoir lu Levine, nous en sommes sûrs, comme nous sommes certains que les garanties qu\u2019offre la constitution soviétique, dont le libellé emprunte un langage des plus démocratiques, ne sont que fumées dans la pratique.L homme de la rue ne s y trompe point et son esprit 1.Editions Casterman, Tournai, Belgique, 1960.20 cm.384 pages.185 Revue Dominicaine critique, même s il I habille prudemment de gaieté un peu balourde, sait trouver le défaut de la cuirasse.Mille histoires cocasses, rapportées ici par I auteur, nous fixent sur une multitude de points précédemment obscurs.Flashes sur l\u2019URSS est un livre à lire, à relire et à méditer.P.Smith-Roy Chronique des disques En premier lieu, je voudrais signaler, pour les amateurs de musique vocale, un fort beau disque de la basse finlandaise.Kim Borg, accompagné au piano par Erik VVerba.II chante des œuvres d\u2019un genre plutôt sérieux, mais qui sont très prenantes, surtout de la façon parfaite dont elles sont interprétées.Ils s\u2019agit des Quatre Chansons Sérieuses, de Brahms, des Chansons du Harpiste, de Schubert, et des Mélodies de Michel-Ange, de Wolf (Deutsche Grammophon, DGM 12023).La claveciniste Sylvia Marlowe \u2014 dont les mérites ont déjà été mentionnés en cette Chronique des Disques exécute, avec un Orchestre de Chambre Baroque, le Concerto pour clavecin no l, en sol mineur, opus 4, no 1, de Hændel, ainsi que la Suite pour Clavecin no 7, en sol mineur et Air et Variations en Si bémol majeur, du même auteur.C est un enregistrement d\u2019une qualité supérieure (Decca, DL 10020).Les mélomanes sont assez partagés sur les diverses interprétations de la Symphonie Fantastique, de Berlioz.Quoi qu\u2019il en soit, celle que nous offre Sir Eugene Goossens avec l\u2019Orchestre Symphonique de Londres et qui dure 54 minutes, me paraît être l\u2019une des plus intéressantes actuellement sur le marché ( Everest, LPBR 6037).Le poème symphonique Manfred, en quatre tableaux, d\u2019après le poème dramatique de Byron, est une œuvre de Tchaikovsky qui peut nous plaire plus ou moins, selon nos goûts et nos tendances.Mais il reste que Sir Eugene Goossens, avec I Orchestre Symphonique de Londres, en fournit ici une excellente exécution (Everest, LPBR 6035).Il existe un très grand nombre d enregistrements sur disques du célèbre Concerto pour violon en Ré majeur, opus 61, de Beethoven.Or, en voici un qui se classe d emblée parmi les meilleurs.Le soliste est le violoniste Isaac Stem et I orchestre est la Philharmonie de New-York sous la direction de Leonard Bernstein.Je crois qu\u2019on ne saurait trop Iouanger I interprétation d Isaac Stern (Col umbia, ML 5415).Les concertos pour piano de Beethoven comptent aussi de très nombreux enregistrements.Cependant, il nous fait plaisir d\u2019entendre Gleen Gould jouer le Concerto pour piano no 3, en do mineur, du maître de 186 Le sens des faits Bonn.L Orchestre Symphonique Columbia est dirigé par Leonard Bernstein (Columbia, ML 5418).Le jeune pianiste Leon Fleisher s affirme de plus en plus comme I\tun des interprètes les plus qualifiés de I heure présente.Et I on a toujours hâte d entendre ses nouveaux enregistrements I II joue ici, sur un même disque, le Concerto pour piano no 4, en Sol majeur, de Beethoven, et le Concerto pour piano no 25, en Do majeur, K.505, de Mozart.L Orchestre de Cleveland est dirigé par George Szell (Epie, LC 5574).Le pianiste Alexandre Uninsky interprète, avec un art très sûr, le Concerto pour piano no 2, en fa mineur, de Chopin, ainsi que la Polonaise Fantaisie en La bémol majeur, opus 61 (laquelle, entre parenthèses, est une des dernières œuvres du maître et n entre pas dans la série habituelle des Polonaises).L Orchestre Philharmonique de La Haye est sous la direction de Willem van Otterloo (Epie, LC 5610).Voici, groupées sur un même disque, trois œuvres assez disparates.II\ts agit de Les Pins de Rome, de Respighi, de Une Nuit sur le Mont Chauve, de Moussorgsky, et du Capriccio Espagnol, de Rimsky-Korsakov.Elles sont jouées avec brio par I Orchestre Philharmonique de Berlin, sous la direction du jeune chef américain Lorin Maazel (Deutsche Gram-mophon, DGM 12026).Enfin, pour le temps de Pâques, voici, sous le titre de « Easter Music », des extraits du Messie, de Hændel, interprétés par la Philharmonie de New-York, sous la direction de Leonard Bernstein, avec Adele Adison, soprano, Russell Oberlin, alto, David Lloyd, ténor, William Warfield, baryton, et le Chœur Westminster dirigé par John Finley Williamson (Col umbia, ML 5546).Dominique Vérieul L esprit des livres Cbarl es Moeller .\u2014 « Littérature du XXe siècle et christianisme ».Vol.IV.L espérance en Dieu notre Père.Ed.Casterman, Tournai, Belgique.21 cm.518 pages.Ce volume nous présente sous l\u2019angle de l\u2019espérance chrétienne, Anne Frank, Miguel de Unamuno, Gabriel Marcel, Charles Du Bos, Fritz Hochwalder, Charles Péguy.L\u2019auteur en vrai philosophe, ce qui veut dire en bon critique littéraire, nous donne les lignes de faîte qui commandent l\u2019œuvre de six écrivains de notre temps.Cette manière d\u2019explorer notre littérature est unique et dépasse de beaucoup les procédés traditionnels.Dans l\u2019introduction, il est écrit : « Les hommes meurent et ils ne sont pas heureux.Sur cette pierre noire, ce livre est bâti.La servitude de la vision littéraire est d\u2019aborder par en bas, si l\u2019on peut dire, à partir de la souffrance des hommes et de leur nostalgie de bonheur, le monde de la Révélation qui est en haut.Mais Dieu nous cherche avant que nous le cherchions.Il vient à nous, où nous sommes.Le peuple d\u2019Israël en savait quelque chose.Ce peuple est aussi l\u2019Eglise.Et chacun de nous ».On ne saurait trop conseiller à tous nos écrivains, à tous ceux qui désirent comprendre les penseurs de notre temps et l\u2019orientation de leur vie dans la recherche de la vérité au milieu d\u2019un monde qu\u2019on se plaît à qualifier d\u2019absurde, on ne saurait trop conseiller ce volume d\u2019espérance.Sincères félicitations à l\u2019auteur pour avoir mené à si bonne fin cette œuvre imposante et bienfaisante.Elle mérite plus qu\u2019une modeste recension mais nous voulons y revenir un jour.\t.r Benoist-Méchin « Un Printemps arabe », en 2 volumes au Cercle du Livre de France, Montréal, 1959.500 pages.Ce grand ouvrage sur le Proche-Orient nous entraîne à la fois dans un voyage et dans un rêve : l\u2019Egypte, l\u2019Arabie Saoudite, le Liban, la Syrie, la Jordanie, l\u2019Irak, la Turquie dans leurs toilettes de milieu de siècle n\u2019en demeurent pas moins des pays de contrastes et des paysages insolites.Cette œuvre constitue un reportage à vif des gens et des choses qui nous sont difficilement intelligibles ; l\u2019essai d\u2019analyse politique et économique qui le chevauche nous fait entrevoir la complexité de cette phase importante de l\u2019histoire contemporaine qui se joue sur cette terre aussi vieille que l\u2019humanité.\tRobert Robert Aron « Histoire de la Libération de la France ».Un fort volume de 700 pages au Cercle du Livre de France, Montréal, 1959.Les mois tragiques de juin 1944 à mai 1945 nous sont révélés dans toutes leurs intrigues, leurs héroïsmes, leurs trahisons : mais ce qui frappe encore davantage dans cette étude particulièrement bien documentée, c\u2019est sans 188 L ESPRIT DES LIVRES doute la complexité d\u2019une réalité quotidienne dans une situation d occupation et de résistance : il ne s\u2019agit plus ici de légendes, d\u2019histoires « arrangées » : la tragédie est à chaque page : tragédies d\u2019individus et tragédies politiques, internationales.S\u2019il est vrai que les statistiques ne saignent pas, cette vaste enquête sur ce qu\u2019il est convenu d\u2019appeler simplement « la liberation de la France » nous fait pourtant participer à toute la passion Qui animait des hommes obscurs ou célèbres, des peuples opprimés ou libérateurs.Un document d\u2019humain, tissé de grandeur et de bassesse.Guy Robert Bruce Marshall \u2014 «Un compte à régler».Ed.Casterman, tournai.Belgique, 1959.20 cm.520 pages.Une impitoyable satire de notre monde médiocre et enlisé dans la médiocrité.Pour lecteurs avertis.La recherche par les experts-comptables d\u2019une fraude commise dans une banque, tel est le fil conducteur d\u2019une intrigue dont le côté « policier >> captive.Mais ce n\u2019est pas seulement à la banque qu\u2019il y a un « compte à régler » : c\u2019est partout où il y a un déficit d\u2019amour.Pourquoi ces humbles bafoués, ces êtres diminués, cet avilissement des réalités les plus sacrées, pourquoi la malice triomphante des repus, infiniment plus néfaste que les faiblesses de la chair ?Dieu seul pourrait le dire.Bruce Marshall aime scandaliser, c\u2019est à coups de paradoxe qu il traque toutes les formes de l\u2019illusion et de la bêtise, impitoyablement.Romancier né, il revêt de chair ses caricatures.Mais où courent-elles donc ?Leurs grimaces ont-elle un sens ?Le lecteur devinera que l\u2019ironie de Bruce Marshall est un masque et que ce masque porte la voix d\u2019un témoin passionné.Henri Loubrel ,\u2014¦ « Mauvais garçons de bonnes familles ».Aubier, Ed.Montaigne, Paris, France.Les problèmes que posent aujourd\u2019hui les adolescents (teenagers) soulèvent à certaines heures une anxiété visible chez certains parents.Le rythme de la vie moderne ne va pas toujours au rythme du développement de l\u2019adolescent, ce qui amène une certaine inadaptation qui varie selon le cas.Il arrive aussi parfois que des adolescents de bonne famille passent par toute une gamme de fantaisies et on arrive parfois devant des adolescents qui sont des « Mauvais garçons de bonnes familles ».Entreprendre la description d\u2019un pareil phénomène n\u2019est pas chose facile.C\u2019est pourtant ce que vient de réussir M.Henri Loubrel dont le volume Mauvais garçons de bonnes familles vient d\u2019être couronné par l\u2019Académie française.A travers tout le volume, on sent que l\u2019auteur a véritablement vécu avec les adolescents.Il connaît leurs goûts, leurs tendances, leurs forces, leurs faiblesses ; il a vraiment saisi l\u2019âme de l\u2019adolescent.189 Revue Dominicaine Lorsqu\u2019il traite de l\u2019enfant inadapté, l\u2019auteur analyse les causes de l\u2019inadaptation et par la suite propose des solutions très adéquates aux problèmes posés.Il ne laisse pas le lecteur dans le vague et l\u2019incertitude.Il parle en maître.Ce volume est très bien écrit dans un style net, clair.L\u2019auteur y apporte des idées neuves dans une présentation existentielle.Un volume indispensable à tous les parents qui ont des garçons de 10 à 19 ans.Ils apprendront ce qu\u2019est une « bonne famille ».Marc Lecavalier, ptre Service de Protection de la Jeunesse Stépliane Berghoff : « L Evangile dans la vie quotidienne ».Salvator, Mulhouse.19 cm.224 pages.Ce qui donne un intérêt particulier à ce livre, c\u2019est que les méditations qu\u2019il renferme sont basées sur des textes peu utilisés au cours de l\u2019année liturgique.Pour la plupart des auditeurs, ce sont des sujets neufs.D\u2019où l\u2019intérêt.J.-P.Schaller : « Direction des âmes et médecine moderne ».Salvator, Mulhouse.19 cm.160 pages.Le directeur d\u2019âme doit constater parfois que son pénitent est un malade avant d\u2019être un pécheur.Ce livre lui fournira les attitudes ou les éléments de solution pour les cas difficiles.Souvent même c\u2019est une croix voulue de Dieu mais qui demande l\u2019aide du prochain et de la grâce pour ne pas en être écrasé.Joseph Stierli : « Messagers du Christ ».Salvator, Mulhouse.19 cm.1 56 pages.Ces messagers qui avaient quelque chose à dire, quelque action à faire sont : Etienne le protomartyr, François l\u2019amant de la pauvreté, Catherine de Sienne, la grande diplomate.De nos jours Father Flanagan.Il importe de signaler le chapitre sur Catherine de Sienne où s\u2019affirme la conscience vivante d\u2019une époque en protestations et en exhortations.Revue mensuelle publiée à Saint-Hyacinthe, P.Q.ABONNEMENTS.- CANADA : $5.00 ; ÉTRANGER : $5.50 : LE NUMÉRO : $0.50 ; AVEC LE ROSAIRE : $1.00 EN PLUS ; ABONNEMENT DE SOUTIEN : S10.00 DIRECTION: MAISON MONTMORENCY, COURVILLE (QUÉBEC-5), P.Q.ADMINISTRATION: 53 75, AV.NOTRE-DAME DE GRÂCE, MONTRÉAL-28 « Autorisée comme envoi postal de la deuxième classe, Ministère des Postes, Ottawa » La revue n\u2019est pas responsable des écrits des collaborateurs étrangers à l\u2019Ordre de Saint-Dominique 190 YAM AS K A AUTOMOBILE INC.RENÉ SAINT-PIERRE president FORD \u2014 MONARCH \u2014 FALCON \u2014 ANGLIA CONSUL \u2014 ZEPHYR 3005, DESSAULLES SAINT-HYACINTHE, P.Q.THE SOUTHERN CANADA POWER CO.LTD.1605, Saint-Antoine SAINT-HYACINTHE, P.Q.HOMMAGE DE Manufacturiers d\u2019appareils de chauffage SAINT-HYACINTHE \u2014 MONTRÉAL QUÉBEC \u2014 TORONTO VOLCANO LIMITEE Tél.3-9565 LES PRODUITS LAITIERS MONT SAINT-HILAIRE LTÉE Marque de qualité Marque Mont Saint-Hilaire Beurre Mont Saint-Hilaire Fromage Cream-O-Lac - Fromage Cheddar Œufs strictement frais SAINT-HYACINTHE Le magasin de qualité Chaussures \u2014 Merceries \u2014 Bourses Habits sur mesure 1.D.DESROSIERS SAINT-HYACINTHE ANNIVERSAIRE Cette annonce vaut 25 billets de tirage d'une automobile Tél.bureau : PR.4-6455\tTél.résidence : PR.4-6540 J.A.LAFERTÉ LTÉE Bois et matériaux de construction 2520, DESSAULLES\tSAINT-HYACINTHE Tél.PR.4-8007-4-8968 MAURICE DESNOYERS ARCHITECTE URBANISTE 1705, GIR0UARD\tSAINT-HYACINTHE DON D\u2019UN AMI Tél.PR.4-8205 GRÉGOIRE GIRARD ARPENTEUR-GÉOMÈTRE INGÉNIEUR FORESTIER 760, DU SACRÉ-CŒUR\tSAINT-HYACINTHE PÂTISSERIE VIENS 1849, DES CASCADES SAINT-HYACINTHE IX Tel.PR.3-1888 J.E.CHOUINARD Vente et réparation de bicycles notre spécialité 1089, SAINT-ANTOINE\tSAINT-HYACINTHE\tC.A.CAYOUETTE LTÉE Portes et châssis \u2014 Finition intérieure C S CAYOUETTE STANDARD 390, Calixa-Lavallée \u2014 Tél.PR.3-9769 \u2014 Saint-Hyacinlhe 7315, Mountain Sights \u2014 Tél.RE.7-6514 \u2014 Montréal Tél.PB.4-6688 ADELSTAN BOUCHARD AVOCAT 1750, DES CASCADES\tSAINT-HYACINTHE, P.Q.\tTél.PR.4-6436\tB.R.VINCENT et J.J.LEDUC ACME AUTOSERVICE LTÉE BUICK - PONTIAC - G.M.C.Le meilleur service en ville 3000, DESSAULLES\tSAINT-HYACINTHE, P.Q.Tél.PR.4-5381 L.PHILIPPE LAFONTAINE Comptable public enregistré Bureau: 1677, GIROUARD\tSAINT-HYACINTHE\tROMA DESMARAIS, PROP.RESTAURANT CROISSANT D\u2019OR No 1 2045, Laframboise (Bourg Joli) \u2014 Tél.PR.4-6022 No 2 \u2014 405, St-François \u2014 Tél.PR.4-5809 SAINT-HYACINTHE, P.Q.Tél.PR.4-6833 R.SENÉCAL HORLOGER - BIJOUTIER 580, SAINT-DENIS\tSAINT-HYACINTHE\tENTRAIDE CANADO UNE PROTECTION - VIE DE $1000.00 POUR $3.00 570, Av.SAINT-DENIS\tSAINT-HYACINTHE VINCENT CHARTIER, B.A., B.PH., L.PH.PHARMACIEN-CHIMISTE 1790, DES CASCADES\t2665, SAINTE-ANNE Tél.PR.3-9795\tTél.PR.3-1331 SAINT-HYACINTHE, P.Q.\tTél.UN.1-0241\tTél.PR.4-5337 CONCORDE AUTOMOBILE LTÉE ÉMILE BEAUDRY, PRÉSIDENT Oldsmobile \u2014 Cadillac \u2014 Chevrolet 100, DE LA CONCORDE\tSAINT-HYACINTHE Tél.PR.4-8628\tEtabli en 1905 STUDIO B.-J.HÉBERT ENRG.PHOTOGRAPHE 491, Av.SAINTE-ANNE (coin Cascades) SAINT-HYACINTHE\tTél.PR.4-6565 LASSONDE CUTLERY OF CANADA LIMITED Manufacturiers de coutelleries de tout genre 1500, boni.LAFRAMBOISE\tSAINT-HYACINTHE, P.Q.HÔTEL NOUVEAU CANADA\tTél.PR.4-4767 1560, DES CASCADES\tSAINT-HYACINTHE, P.0.SALON ANNA Coiffures de tous genres \u2014 Teinture \u2014 Permanentes, etc.Mlle ANNETTE SAVOIE, PROP.\tTél.PR.4-7383\tBière et Porter MARCHÉ BOURDAGES Epicerie \u2014 Viandes \u2014 Fruits \u2014 Légumes JEAN-LOUIS TARTE, PROP.1261, BOURDAGES\tSAINT-HYACINTHE Tél.4-6448\tC.P.260 SYLVESTRE & FILS INC.NÉGOCIANTS EN GROS 7880, DES CASCADES\tSAINT-HYACINTHE, P.Q.\tJ.ALCIDE THÉBERGE & FILS ENRG.Entrepreneur \u2014 Briqueteur \u2014 Maçonnerie \u2014 Tireurs de joints A l\u2019heure \u2014 Au contrat \u2014 Estimations gratuites 965, BOURASSA\tTél.PR.4-6694 Résidence d\u2019été : PR.3-3304 Raymond Théberge, résidence : 955, Bourassa, tél.PR.3-9620 SAINT-HYACINTHE, P.Q.Tél.4-6396 ATLAS ELECTRIC REG\u2019D.G.PAQUETTE, PROP.Réparation : Outils et Moteurs électrigues 1390, 24e avenue de la Bruère SAINT-HYACINTHE, P.Q.\tTél.PR.4-6318 AU SALON FRANÇAIS ENRG.DENISE T0UCHETTE, PROP.Coiffures s'adaptant à votre personnalité 1811, DES CASCADES\tSAINT-HYACINTHE, P.Q.Tél.PH.3-9755\tTél.ON.1-4838 BLAINES PLASTICS CO.LTD.Plastics Moulders BRUNO LAINESSE, PRÉSIDENT 3126, DESSAULLES\tSAINT-HYACINTHE, P.Q.\tTél.PR.4-8733\t« Le rendez-vous des Elégantes » SALON VANITÉ Chapeaux faits à la main Hautes Modes \u2014 Créations inédites \u2014 Confection Altération \u2014 Spécialité : Chapeaux de mariées 554, 14e avenue MONDOR\tSAINT-HYACINTHE, P.Q.X La Société des Artisans assure votre vie, votre famille, votre salaire, votre maison, votre santé, votre associé, vos empoyés, vos vieux jours, vos enfants, leur instruction Bureau : 1865, Des Cascades \u2014 Tél.PR.4-5242 PAUL VINETTE 360, boul.Laflamme \u2014 Village La Providence \u2014 C.P.113 Tél.PR.4-8639 \u2014 Saint-Hyacinthe\t\t i LE COURRIER DE SAINT-HYACINTHE Fondé en 1853 Le doyen des journaux français du Canada Tel.PR.4-6161\tEntrepreneurs généraux GUILMAINE & FRÈRE INC.Constructions \u2014 Réparations Location de compresseur \u2014 Sablage de planchers 589, CONCORDE\tSAINT-HYACINTHE\tTél.PR.4-7434 MESSIER & FILS ÉPICIERS 959, DES CASCADES\tSAINT-HYACINTHE Tél.PR.4-8218\tR.Provençal et A.Archambault, Prop.Imprimerie et Lithographie LA PROVIDENCE ENRG.Les travaux de lithographie sont notre spécialité 273, SAINTE-ANNE (La Providence)\tSAINT-HYACINTHE\tHOMMAGES DE LA SUPÉRIEURE GÉNÉRALE des Sœurs de la Charité HÔTEL-DIEU\tSAINT-HYACINTHE Tél PR.4-8333\tFLEURISTE CÉSAIRE VERMEERSCH Bouquets de noces \u2014 Tributs floraux \u2014 Fleurs coupées Corbeilles et plantes de toutes sortes Serre: 3160, GIROUARD\tSAINT-HYACINTHE\tTél.PR.4-6429 LEVELCO ELECTRIC INC.DISTRIBUTEURS EN GROS Accessoires électriques et électroniques 1405, SAINT-ANTOINE\tSAINT-HYACINTHE Tél.PR.4-4144 - 4-4266 Importateurs Fruits & Légumes Saint-Hyacinthe Limitée 250, Sainte-Louise (La Providence) Saint-Hyacinthe, P.Q.\tTél.PR.4-5376\tj LE CLAIRON MASKOUTAIN Journal hebdomadaire de langue française 435, MONDOR\tSAINT-HYACINTHE - - - - -\t1 PAVAGES MASKA INC.SAINT-DOMINIQUE COMTÉ RAGOT, P.Q.\tTél.PR.3-9606 MORIN & MORIN NOTAIRES 1705, GIROUARD\tSAINT-HYACINTHE TéL PR.4-5351 HÔTEL OTTAWA HOTEL JEAN et ROGER LEFEBVRE, PROP.1495.SAINT-ANTOINE\tSAINT-HYACINTHE, P.Q.\tLE CERCLE D\u2019ENTRAIDE Saint-Jean-Baptiste du diocèse de Saint-Hyacinthe Pour UN DOLLAR par an et UN DOLLAR par décès d\u2019un membre, vous obtenez une protection de MILLE DOLLARS à la mort.530, MONDOR\tTél.PR.3-9691\tSAINT-HYACINTHE Tél.PR.3-3936 HILAIRE LÉVESQUE Portes et châssis 390, BRODEUR (La Providence)\tSAINT-HYACINTHE\tTHEO PHENIX ENRG.SAINT-HYACINTHE Tél.PR.3-9877 - 4-6280 ALBANY TÉTRAULT INC.Meubles \u2014 Huile à chauffage 230, SAINT-MICHEL\tLA PROVIDENCE\tTél.PR.4-5844 BIENVENU AUTO WHITE \u2014 AUTOCAR 2850, DESSAULLES\tSAINT-HYACINTHE HOMMAGES DES SŒURS DE SAINT-JOSEPH DE SAINT-HYACINTHE\tTél.PR.4-8000 CANADIAN TIRE CORPORATION MAGASIN ASSOCIÉ 2940, DESSAULLES\tSAINT-HYACINTHE Tél.PR.3-9150 Club Canadien de Saint-Hyacinthe, Ltée 457, MONDQB\tSAINT-HYACINTHE Tél.PR.4-8360 ARCHAMBAULT & FILS, ENRG.Aulobus luxueux ei confortables pour voyages en groupe 765, SAINT-PIERRE (La Providence) SAINT-HYACINTHE Tél.PR.4-8282 R.GLADU ENRG.BOULANGER Tél.bureau : PR.4-4411\tTél.garage : PR.4-5106 La Cie de Transport Maskoutain Inc.CHOINIÈRE et SAINT-PIERRE, prop.Autobus confortables à louer pour voyages spéciaux 1555, SAINT-ANTOINE\tSAINT-HYACINTHE HOMMAGES DE LA COMPAGNIE D'ASSURANCE GÉNÉRALE DE COMMERCE LA COMPAGNIE D'ASSURANCE CAN.MERCANTILE LA COMPAGNIE D'ASSURANCE CANADIENNE NATIONALE 2450, GIROUARD \u2014 SAINT-HYACINTHE Tél.PR.4-5385 265, SAINT-CHARLES (La Providence) SAINT-HYACINTHE HOMMAGES DES RELIGIEUSES de la Présentation de Marie MAISON PROVINCIALE Rue GIROUARD\tSAINT-HYACINTHE, P.Q.Tél.PR.4-8259 GAUVREAU & FILS ENRG.210, ST-ANTOiNE (La Providence)ST-HYAC1NTHE LUCIEN GARIÉPY AJUSTEUR 650, SAINTE-ANNE\tSAINT-HYACINTHE HOMMAGES DE\tTél.PR.3-9751 La Caisse Populaire de Saint-Hyacinthe 1697, GIROUARD\tSAINT-HYACINTHE Tel.PR.3-9595 MARCEL AREL PHOTOGRAPHE 1535, SAINT-ANTOINE\tSAINT-HYACINTHE Tél.PR.4-7020\tVente et réparations G.MICHON Entreposage de fourrures et vêtements 1045, DES CASCADES\tSAINT-HYACINTHE, P.Q.Tél.4-8033 CANADIAN U.S.KNITTING CO.990, MOBISON\tSAINT-HYACINTHE Tél.4-6417 UBALD LALIME DIRECTEUR DE FUNÉRAILLES Expert embaumeur 900, 21e avenue, BOURDAGES\tSAINT-HYACINTHE Tél.PR.4-6419\tCOMPTABLES AGRÉÉS RIVARD, HUDON & CIE, C.A.Marcel Rivard, C.A., associé senior Jean-Guy Aubin, C.A., associé résident, Saint-Hyacinthe Henry Hudon, C.A., associé résident, Montréal 1140, HÔTEL-DE-VILLE\tSAINT-HYACINTHE LES ARCHITECTES Cc|Q_ \u2022 ^vAiCWAGO g- 265, de la Couronne, suite 260.Québec, LA.4-6973 490, Av.Sainte-Anne, Saint-Hyacinthe, PR.4-6133 J.A.& M.CÔTÉ LTD.EUGÈNE CÔTÉ, PRÉSIDENT Manufacturiers de chaussures SAINT-HYACINTHE Tél.PR.4-8715 LOUIS HÉROUX & FILS LTÉE SOUDURE ET OUVRAGE GÉNÉRAL Spécialité : balcons et escaliers en fer 50, MONDOR\tSAINT-HYACINTHE Les Entreprises Saint-Joseph Ltée G.LAB0NTÉ et R.J.LUSSIER Atelier mécanique \u2014 Machine Shop \u2014 Excavation Location machinerie 1000, ST-LOUIS, ST-J0SEPH\tST-HYACINTHE, P.Q.XII HOMMAGES DE\tTél.FR.4-1707 MARTEL EXPRESS ENRG.BRULE ET LAGACE, PROP.Déménagement local et longue distance Emballage \u2014 Entreposage 1000, CARTIER\tTROIS-RIVIÈRES\t\t\t\u2014 | HOMMAGES DU\tTél.FR.4-9633 SALON DE CHAUSSURES MADEMOISELLE 398, DES FORGES\tTROIS-RIVIÈRES HOMMAGES DE\tTél.FR.4-6226 ROUSSEAU & FRÈRE LTÉE LES ASSURANCES FUNÉRAIRES Angle ROYALE et DES VOLONTAIRES\tTROIS-RIVIÈRES\tHOMMAGES DE\tTél.FR.4-4661-62 FRANÇOIS ROUETTE INC.GROS ET DETAIL Quincaillerie \u2014 Ferronnerie \u2014- Plomberie \u2014 Peintures Matériaux de construction 1594, ROYALE\tTROIS-RIVIÈRES HOMMAGES DE\tTél.FR.5-3707 TROIS-RIVIÈRES READY-MIX GASTON BOURASSA LTÉE Bélon de cimenl « Ready-Mix » et excavation 1250, PÈRE MARQUETTE\tTROIS-RIVIÈRES\tHOMMAGES DE\tTél.FR.4-5922 A.Brouillard Tire Service Inc.Spécialité : pneus GOODYEAR Réchappage et vulcanisation 1561, NOTRE-DAME\tTROIS-RIVIÈRES HOMMAGES DE\tTél.FR.4-5838 A.R.BELLEMARE, M.D.1061, LAYIOLETTE\tTROIS-RIVIÈRES\tHOMMAGES DU\tTél.FR.5-4945 Dr J.P.BEAUDET 987, SA1NT-PROSPER\tTR0IS-RIVÈIRES HOMMAGES DE\tTél.FR.5-2412 BOURASSA & FRÈRES EMBOUTEILLEURS 2925, ROYALE\tTROIS-RIVIÈRES\tHOMMAGES DE\tTél.FR.5-1677 E.H.DESMARAIS Ajusteur d'assurances 364, DES FORGES\tTROIS-RIVIÈRES HOMMAGES DE\tTél.FR.5-6622 J.-LOUIS CARON ARCHITECTE 1277, boni.DES FORGES\tTROIS-RIVIÈRES\tHOMMAGES DE\tTél.FR.5-4853 Pepsi-Cola Breuvages Bégin Ltée J.A.BÉGIN, PROP.99.SAINTE-JULIE\tTROIS-RIVIÈRES HOMMAGES DE\tTél.FR.5-3650 CAP ISOLATION LTÉE Entrepreneurs en isolation 1229, SAINTE-JULIE\tTROIS-RIVIÈRES\tHOMMAGES DE\tTél.LA.2-1177 Keuffel & Esser Co.of Canada Ltée PAUL R0UILLARD et JEAN R0UILLARD Distributeurs 299, D'AIGUILLON\tQUÉBEC HOMMAGES DE\tTél.LA.4-2422 OUTILLAGE AGRICOLE ENRG.Location de machinerie 195, 3e AVENUE\tQUÉBEC\tHOMMAGES DE\tTél.LA.9-4280 BERNARD & FILS ENRG.GROS ET DETAIL Tapis \u2014 Prélarts \u2014 Tuiles \u2014- Draperies Nettoyage et réparation de tapis 466, DE LA CANARDIÈRE\tQUÉBEC HOMMAGES DE\tTél.LA.5-9670 J.-A.ASSELIN & FILS ENRG.Entrepreneurs : plomberie, chauffage, électricité Vente d'accessoires électriques 215, HERMINE\tQUÉBEC\tHOMMAGES DE LA\tTél.MO.1-3785 PHARMACIE BILODEAU LANGIS BILODEAU, B.A., B.PH., L.PH.406, MAILLOUX\tQUÉBEC HOMMAGES DE\tTél.MO.1-2041 SALON CLAUDE Mlle C.GAGNON, PROP.SALON DE BEAUTE DE HAUTES CREATIONS 2 coiffeuses expérimentées à votre service 210, DE LA RONDE\tQUÉBEC\tHOMMAGES DU\tTél.LA.2-1321 RESTAURANT MONACO ENRG.BIÈRE ET VIN Salle de réceptions pour mariages 911, SAINT-JEAN\tQUÉBEC XIII SAINT-HYACINTHE ACADÉMIE GIROUARD, 250, Mondor ALLARD, Georges, marchand de rebuis, 1080, Cenirale, Sl-Joseph, lél.PR.4-B242 RLOUIN & LARIVIÈRE ENRG., ferblaniiers -couvreurs, 2162, Bourdages, lél.soir : 4-5291, lél.jour : 4-8313, 230, Sl-Anloine, La Providence BRABANT, G., mercerie pour hommes, 460, Hôlel-Dieu, lél.PR.4-7131 BUANDIER, NETTOYEUR SAINT-HYACINTHE, 1659, 4e rue, Sl-Anloine, lél.PR.4-5361 CANADA RADIO SERVICE ENRG., Gabriel Rrodeur, prop., 383, 17e avenue, Sle-Anne, lél.PR.4-4545 COURCHESNE, Vidor, boucher, spécialité : bœuf de l'Ouest, Marché Centre, lél.PR.3-9666 COUVENT DU PRÉCIEUX-SANG.2520, Girouard DON D'UN AMI, contrai No 2452 FONTAINE ENRG., H.L.Bernard Sicotie, prop., draperies, rideaux, 1741, des Cascades, lél.PR.4-6996 GRENON, Adrien, boucher, Marché Centre, Etal, lél.PR.4-4622, Rés.lél.PR.4-6756 HÔTEL UNION, W.Dupont, prop., 1185, Laframboise, lél.PR.4-6222 IMPRIMERIE ROYALE ENRG., J.Pierre Quintal, prop., spécialité : boîtes pliantes, 2750, Morin, Tél.PR.4-6001 LAFLEUR, Raymond, boucher-épicier licencié, 2250, Sicolle, lél.PR.4-7070 LALIME, Gérard, Quincaillerie, # 345, Sl-Louis, Sl-Joseph, lél.PR.4-8388 LIVRAISON LÉGÈRE ENRG., Armand Desmarais, prop., spécialité : déménagement, 2725, Bourdages, lél.PR.4-7567 MANUFACTURE DE ROÎTES DE SAINT-HYACINTHE, Mandus Bienvenue, prop., 275, Sl-Anloine, La Providence, lél.PR.4-5005 MARTIN, Victor, musique, meubles, 446, Sl-Simon, Place du Marché, lél.PR.4-8578 MATTE, Simon, 1820, Sl-Pierre, La Providence MAURICE, Jules, fleuriste, 650, Hôlel-Dieu, lél.PR.4-8434 MESSIER, J.C., manufacturier de portes el châssis, 895, Desrochers, Sl-Joseph, lél.PR.4-4588 POTHIER, C.R., Philippe.avocat, 1653, Girouard, lél.PR.4-8101 RICHER & FILS ENRG., E.H., librairie el papeterie, lél.PR.4-8606 RITA SHOE COMPANY LTD., 385, Hôlel-Dieu, tél.PR.4-8044 SOCIÉTÉ COOPÉRATIVE AGRICOLE, 2550, Morin, lél.PR.4-6886 STATION LA MADELEINE, Robert LaMadeleine, prop., 2620, Bourdages, lél.PR.4-8771 SOUAID & CO.LTD., Jos., marchandise sèche en gros, 600, Sle-Anne, tél.PR.4-4282 STUDIO C.CHARPENTIER, 2340, Sylva-Clapin, lél.PR.4-8801 TOUSIGNANT, Eugène, avocat, 466, Sl-Simon, lél.PR.4-7303 'HONNEUM TROIS-RIVIÈRES ET CAP-DE-LA-MADELEINE Dr COUTURE, René, dentiste, 938, Sl-Maurice, lél.FR.4-8323 Me BIRON, H.Jules, avocat, 1368, Notre-Dame, lél.FR.4-1737 AUBIN & PÉLISSIER INC., réfrigération, 221, Sl-Anloine, lél.FR.6-3725 Dr CÔTE, André, (examen de la vue) optométriste, 1439, Notre-Dame, lél.FR.5-2944 BIJOUTERIE KITNER, diamantaires, 1374, Hart, lél.FR.4-5722 SALON JEANNE, coiffeuse, Jeanne Béliveau, prop., 1028, Si-François-Xavier, lél.FR.4-2822 SANTERRE & FILS ENRG., accessoires électriques, 833, Sle-Cécile, lél.FR.4-9575 CARIGNAN, ULD, LTÉE, épiciers, 1540, Badeaux, lél.FR.4-6201 LAMARRE, J.R.ENRG., bijouterie, M.Giguère, prop., 1384, Hari, lél.FR.5-2022 GRAVEL, Arthur, C.A., comptable agréé, 326, Radisson, lél.FR.4-1535 DURAND, J.Albert, marchand de fourrures, 1460, Notre-Dame, lél.FR.4-5364 L'ART CHEZ SOI, décoralion intérieure, 1392, Notre-Dame MENARD & MÉNARD, mercerie de qualilé, 1486, Notre-Dame, lél.FR.5-3838 MADELIOS LIMITÉE, 361, Des Forges, lél.FR.4-8411 LANTEIGNE, Gérard, rep.Travellers Insurance Co., 364, Des Forges, lél.FR.5-4863 LANGLOIS TELEVISION, appareils Westinghouse, 1107, Lavioleile, lél.FR.6-6301 MAURICE BERNIER INC., peinture el lapisserie, 150, Sl-Georges, lél.FR.5-1234 MARTIAL PRINCE, le plancher, c'est noire affaire, 446, Des Forges, lél.FR.6-3522 GRAVEL, J.P., lelireur \u2014 enseigne de tous genres, 912, Bonavenlure, lél.FR.5-5464 PHARMACIE DIONNE, prescriptions, 30, Toupin, lél.FR.5-1639 LEMIRE & FRÈRES LTÉE, boulangerie, 310, Thibeau, lél.FR.4-1144 AUDET, Jokn C., illustration, dessin commercial, 40 b, St-Denis, lél.FR.5-6016 QUÉBEC CAISSE POPULAIRE DE MONTMORENCY, J.Tremblay, gérant, 33, Ruel, lél.MO.1-3729 CÔTÉ, Arthur, épicier-boucher, 2417, Royale, Sl-Louis de Courville, lél.MO.3-4944 PHARMACIE BOULET, prescriptions, 4164, Sle-Anne, Sl-Grégoire, lél.MO.3-3062 BLOUIN, Henri, entrepreneur couvreur, 200, Maufils, lél.MO.3-0363 LAVOIE, Louis, notaire, 630, de la Reine, lél.LA.2-2388 ALFRED MARCON CONSTRUCTION ENRG., entrepreneur général, 544, Hermine, lél.LA.5-5721 XIV TABLEAU D HONNEUR HOMMAGES A LA REVUE DOMINICAINE D'UN AMI, conlrat 1093 BARBEAU, Ph., représenlanl LABATT, 28, Colonel Jones, Sle-Foy ELZEAR BERTRAND LTEE, menuiserie de qualité, 1075, 18e rue, tél.LA.4-2121 LE MOBILIER CANADIEN ENRG., ébénistes, 173 ouest, Crémazie, tél.LA.5-6084 QUEBEC ECOLE COMMERCIALE BLUTEAU, cours français- anglais, 475, La Canardière, tél.LA.4-3215 FRS.LECLERC LTÉE, manufacturiers de biscuits, 85 est, St-Vallier, tél.LA.9-2529 QUEBEC UPHOLSTERING REG'D., réparations de Chesterfield et matelas, 540, St-Dominique, tél.LA.3-3647 BÉDARD, JOS.ENRG., boulanger, 446, de la Reine, tél.LA.3-3185 CHICOUTIMI CLEMENT DUFOUR & FILS LTÉE.fourrures de choix, 367 est, Racine, tél.LI.3-3129, Chicoutimi ENCOURAGEZ NOS ANNONCEURS HOMMAGES DE Rae Construction Inc STERNSON STRUCTURAL SPECIALTIES LIONEL RAE, PRÉSIDENT 400, 24e RUE - COIN 4e AVENUE QUÉBEC Tél.LA.3-9569 CHARLES MICHAUD ENRG ÉLECTRICITÉ \u2014 ÉLECTRONIQUE INDUSTRIELLE \u2014 DOMESTIQUE Tél.MO.3-6888 HOMMAGES DE QUÉBEC ENTREPRENEURS Electricité \u2014 Plomberie \u2014 Chauffage \u2014 Ventilation Réfrigération \u2014 Air climatisé \u2014 Electronique Intercommunication Informations : R.BLEAU \u2014 Tél.LA.7-3491 1075, Vincent-Massey\tQuébec 8 INC 365 est, RACINE Tél.LI.3-4101 INGÉNIEURS CONSEILS Fondations \u2014 Béton armé \u2014¦ Charpente métallique Aqueduc et égout \u2014 Développement hydro-électrique Pont et route \u2014 Usines de filtration et d'épuration Expertise en mécanique et électricité Edifice Tremblay DELISLE & DAOUST HOMMAGES DE CHICOUTIMI BANQUE CANADIENNE NATIONALE APPRENEZ À CONNAÎTRE LES AVANTAGES DE L\u2019ÉPARGNE EN OUVRANT UN COMPTE 595 bureaux au Canada XV Tel bureau : LI.3-4441\tTél.résidence : Ll.3-4322 J.W.PICARD, LTÉE Epicier en gros 81 ouest, JACQUES-CARTIER\tCHICOUTIMI\tHOMMAGES DE\tTél.LA.2-0391 CAFÉ BUADE ENRG.EXCELLENTE CUISINE Bière et vin \u2014 Spécialité : Steak 31, BUADE\tQUÉBEC HOMMAGES DE Me EDMOND SAVARD AVOCAT 121 est, RACINE\tCHICOUTIMI\tHOMMAGES DE\tTél.LA.2-6900 La Cie de Marbre et de Tuile de Québec Limitée 80 sud, DORCHESTER\tQUÉBEC, P.Q.HOMMAGES DE\tTél.LI.3-4151 GILBERT & FRÈRES LIMITÉE Disiribuîeurs en gros el détail 401 est, RACINE\tCHICOUTIMI Fournitures et accessoires électriques\tTél.UN.2-2631 LOUIS DUGAL AVOCAT 2 rue de la Cour, C.P.218 RIVIÈRE-DU-LOUP, P.Q.HOMMAGES DE\tTél.LA.5-8191 JEAN-JACQUES BÉDARD AVOCAT 885 est, SAINT-JOSEPH\tQUÉREC\tHOMMAGES DE\tTél.LA.5-5992 J.M.O\u2019BRIEN Spécialités pour Bâtisses et Constructions Représentant de Truscon Steel Co.of Canada Ltd.Spécialistes en charpente de bâtisse 919, D'AIGUILLON\tQUÉBEC, P.Q.HOMMAGES DE\tTél.LA.2-1548 Canadian Fairbanks Morse Co.Ltd.Pompes \u2014 Balances \u2014 Fournaises \u2014 Réfrigérateurs QUÉBEC - MONTRÉAL - OTTAWA 255, boul.DES CAPUCINS\tQUÉREC\tHOMMAGES DE LA\tTél.LA.3-5022 -3-7438 CHARCUTERIE HYGIÉNIQUE ENRG.27 ouest, SAINT-FRANÇOIS\tQUÉBEC HOMMAGES DE CHICOUTIMI & ROBERVAL OIL LTD.BOULEVARD LAMARCHE\tCHICOUTIMI, P.Q.\t \tHOMMAGES DE\tTél.LA.2-1264 J.E.LAFLAMME LIMITÉE COURTIERS EN OBLIGATIONS 116, CÔTE DE LA MONTAGNE\tQUÉBEC HOMMAGES DE\tTél.LI.3-3900 ROGER CHARETTE INC.Fourrures \u2014 Gros et détail 76 ouest, RACINE\tCHICOUTIMI\t \tAVEC LES HOMMAGES DE JOHN MURDOCK 100, PLACE D'YOUVILLE QUÉBEC HOMMAGES DE LA PHARMACIE R.CLAVEAU PRESCRIPTIONS 170 ouest, BOSSÉ\tCHICOUTIMI\t \tHOMMAGES DE LA\tTél.MA.3-3852 MENUISERIE BARDY INC.Manufacturier de portes et châssis armoires de cuisine, ameublement de restaurant 40 est, 9e avenue, Charlesbourg (boulevard Henri-Bourassa) HOMMAGES DE\tTél.LA.5-5201 CROBEL LIMITÉE 790 est, boul.CHAREST\tQUÉBEC\t \tDON D\u2019UN AMI HOMMAGES DE\tTél.LA.4-5181 TERREAU & RACINE LTÉE DISTRIBUTEURS EN GROS 196, SAINT-PAUL\tQUÉBEC.P.Q.\t HOMMAGES DE\tTél.MO.3-9894 VILLENEUVE & FRÈRE ENRG.QUINCAILLERIE Peiniure CROWN DIAMOND 2300, ROYALE\tCOURVILLE\tHOMMAGES DU Dr HENRI TALBOT 117, RUEL\tMONTMORENCY HOMMAGES DE LA\tTél.LA.3-0225 Boulangerie Alph.Laflamme Ltée 365, 2e rue, LIMOILOU\tQUÉBEC\tHOMMAGES DE\tTél.VI.2-2881 ROSAIRE AUDET ENRG.WHITE & FRÈRES, PROP Sculpture sur bois 45, LESSARD\tLORETTEVILLE HOMMAGES DE\tTél.MO.3-3269 HENRI LECLERC PHOTOGRAPHE Caméra \u2014 Photo \u2014 Accessoires 61, 103e rue\tVILLE MONTMORENCY\tHOMMAGES DE\tTél.VI.2-2841 JOS.BÉDARD C0NTRACTEUR Location de machinerie \u2014 Gravier brut et concassé CHÂTEAU D'EAU\tLORETTEVILLE HOMMAGES DE\tTél.MO.3-9775 J.-A.AUCLAIR LTÉE ENTREPRENEURS GÉNÉRAUX 2135, DE L'ORPHELINAT\tG1FFARD\tHOMMAGES DE\tTél.VI.2-2924 ALBERT VINCENT Marchandises sèches 230, RACINE\tLORETTEVILLE HOMMAGES DE\tTél.MO.3-3335 ROBERT CRÉPIN MARCHAND 5g \u2014 10g \u2014 15g 2274, ROYALE\tCOURVILLE\tTél.LA.3-6837 - 3-8962 SAÜL GARNEAU AGENT D'ASSURANCES 466, DE LA COURONNE\tQUÉBEC Tél.MO.3-3190 Pour le confort de votre foyer consultez BÉLANGER & LACHANCE ENRG.Meubles et accessoires électriques 2213, boul.DES CHUTES\tCOURVILLE\ti Tél.LA.3-6792 - 5-9180 PIERRE BIENJONETTI, LL.L.AVOCAT - BARRISTER 23, SAINT-JEAN\tQUÉBEC HOMMAGES DU\tTél.MO.3-7811 PAIN SIMARD LTÉE PAIN - GÂTEAUX 33-37, boul.SAINTE-ANNE\tGIFFARD\tHOMMAGES DE\tTél.LA.4-2282 VOTRE PHOTOGRAPHE STUDIO AUDET 665, SAINT-JEAN\tQUÉBEC HOMMAGES DE LA\tTél.MO.1-3797 PHARMACIE VÉZINA Bernard Vézina, B.A., B.PH., L.PH., propriétaire Prescriptions \u2014 Films \u2014 Magazines 10, VACHON\tCOURVILLE\tHOMMAGES DE\tTél.LA.5-4851 LOUIS FECTEAU INC.ENTREPRENEURS GÉNÉRAUX 236 est, DES COMMISSAIRES\tQUÉBEC HOMMAGES DE LA\tTél.LA.2-1535 LIBRAIRIE GARNEAU LTÉE Livres \u2014 Disques \u2014 Ornements d'église Papeterie \u2014 Articles religieux 47, BUADE\tQUÉBEC\t34, SAINTE-ANNE\tHOMMAGES DE\tTél.LA.3-3819 YVON SIROIS, B.A., LL.L.AVOCAT ET PROCUREUR ÉDIFICE GUILLEMETTE 466, DE LA COURONNE\tQUÉBEC HOMMAGES DE\tTél.LA.3-5695 RENÉ BOIL Y, L.S.C., C.A.MAROTTE, P0ULI0T, B0ILY & CIE Comptables agréés 885 est, SAINT-JOSEPH\tQUÉBEC\tHOMMAGES DE\tTél.MA.3-1533 CHANTECLERC LTÉE 85, DES ÉPINETTES\tQUÉBEC XVII HOMMAGES DES\tTél.LA.2-7001 PÊCHEURS UNIS DE QUÉBEC C.E.SAVARD, GÉRANT 305, SAINT-ROCH\tQUÉBEC\tHOMMAGES DE\tTél.LA.2-7353 LES MAROQUINS INC.Articles de cuir de haute qualité 1151, SAINT-JEAN\tQUÉBEC HOMMAGES DE\tTel.LA.5-4996 THIBAUDEAU FRÈRES & CIE, Ltée Importateurs de nouveautés européennes et américaines 41-43, DALHOUSIE\tQUÉBEC\tGUY CAUFFOPÉ, CHEF ET PROP.\tTél.LA.4-0203 LE SAVOY ENRG.RESTAURANT FRANÇAIS Spécialité : Steak au poivre \u2014 Coq au vin 32, DE LA FABRIQUE\tQUÉBEC HOMMAGES DE\tTél.LA.5-4767 GRECO ENRG.Spécialistes en chauffage électrique air climatisé 297, DU PONT\tQUÉBEC\tTél.LA.2-5671 - LA.2-5672 \u2014 LA.2-5673 PRATTE & CÔTÉ INC.COURTIERS D'ASSURANCES Assurances de toutes sortes 105, CÔTE DE LA MONTAGNE\tQUÉBEC HOMMAGES DE\tTél.LA.4-0029 J.A.JEAN Poste de service « FINA » 130, DES CAPUCINS\tQUÉBEC\tHOMMAGES DU\tTél.MO.1-1341 Dr ANDRÉ HURTUBISE, D.D.S.CHIRURGIEN-DENTISTE 1673, DE LA CANARDIÈRE\tQUÉBEC HOMMAGES DE LA\tTél.LA.3-5871 FONDERIE LALIBERTÉ Enseignes sur métaux 742.FLEURIE\tQUÉBEC\tHOMMAGES DE\tTél.MO.3-7002 GÉRARD PELLETIER COMPTABLE AGRÉÉ 208, CHAMPFLEURY\tQUÉBEC HOMMAGES DE\tTéL LA.3-3401 ELECTRICAL REWINDING SHOP Réparation moteurs électriques Spécialiste en contrôle électronique 25 ouest.SAINT-JOSEPH\tQUÉBEC\tHOMMAGES DE\tTél.LA.2-5991 Caisse Populaire Saint-Dominique L.-PHILIPPE HUDON, GÉRANT 1165, BOUBLAMAQUE\tQUÉBEC HOMMAGES DU\tTél.LA.4-3488 Dr MAURICE ROYER Chirurgien orthopédiste 1070, DE LA TOUR\tQUÉBEC\tHOMMAGES DE\tTél.LA.3-4180 - LA.3-9983 LOUIS DUFOUR AVOCAT DUFOUR & DION 466, DE LA COURONNE\tQUÉBEC HOMMAGES DE\tTél.LA.4-1175 EUGÈNE CAOUETTE B.PH., C.L.LL, PH.Pharmacien \u2014 Chimiste 375, SAINT-JEAN\tQUÉBEC\tQUALITÉ ET SERVICE\tTél.LA.3-0254 RESTAURANT AUX DÉLICES Saumon de Gaspé \u2014 Homards frais \u2014 Crevettes Pétoncles et meilleurs steaks de bœuf 11, BUADE\tQUÉBEC AVEC LES HOMMAGES DU\tTél.MO.1-4750 LYCÉE MAIZERETS Ecole pour 1ère année \u2014 Enfants de 5 et 6 ans Service de taxi 168, MONTFILS\tQUÉBEC\tHOMMAGES DE\tTél.LA.2-1478 P.L.TURGEON ENRG.ÉPICIER LICENCIÉ 15, MARCHÉ FINLAY\tQUÉBEC HOMMAGES DE\tTél.LA.2-1218 GASTON ESNOUF, C.R.B.A., L.PH., LL.L.AVOCAT 111, CÔTE DE LA MONTAGNE\tQUÉBEC\tHOMMAGES DE LA\tTél.LA.4-1554 Clinique Chiropratique Charland CHS.E.CHARLAND, D.C.540, 1ère AVENUE\tQUÉBEC XVIII ENFIN ! Nous avons le grand plaisir de vous informer que la Librairie Dominicaine occupe enfin ses nouveaux locaux dans le Monastère Saint-Albert-le-Grand (en face de l\u2019Université de Montréal, à l\u2019est de l\u2019Hôpital Sainte-Justine), a 2715, chemin Côte-Sainte-Catherine, Montréal-26.BIENVENUE ! Nous n\u2019avons rien négligé pour rendre accueillante cette librairie, et c\u2019est dire que, venant sur place, car vous êtes les bienvenus, vous réaliserez que les locaux sont vastes, amplement éclairés, avec des comptoirs modernes qui étalent les volumes bien à la vue.À VOTRE SERVICE PLUS QUE JAMAIS ! Nous avons pris des mesures nécessaires pour assurer le client d\u2019un service sûr et prompt quant aux commandes par correspondance ou par téléphone.Et nous nous excusons de tout retard qu\u2019a pu occasionner le déménagement.SPÉCIALITÉS : Etant donné que notre service de librairie répond particulièrement aux besoins des prêtres, religieux, religieuses, séminaristes, professeurs, bibliothécaires, universitaires, étudiants, etc., la Librairie Dominicaine se spécialise surtout dans les secteurs : spiritualité, pastorale, théologie, philosophie, sociologie, psychologie, sciences, éducation, mariage.Mais par ailleurs, nous pouvons répondre à toutes les demandes.UNE VISITE S.V.P.Une visite vous convaincra que la Librairie Dominicaine est maintenant en mesure de vous satisfaire et de bien vous servir.TRÈS IMPORTANT : Retenir la nouvelle adresse : LIBRAIRIE DOMINICAINE (face à l\u2019Université de Montréal, à l\u2019est de l\u2019Hôpital Sainte-Justine) 2715.CHEMIN CÔTE-SAINTE-CATHERINE \u2014 MONTRÉAL-26 \u2014 Tél.RE.9-2395 LA DIRECTION ET LE PERSONNEL "]
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.