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Titre :
Revue dominicaine
Éditeur :
  • St-Hyacinthe :Couvent de Notre-Dame du Rosaire,1915-1961
Contenu spécifique :
Mars
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Rosaire
  • Successeur :
  • Maintenant
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Revue dominicaine, 1961-03, Collections de BAnQ.

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[" \\ BIBLIOTHÈQUE GÉNÉRALE |\tMaison mère )\tLachine R-3S2.MARS 1961 ST-HYACINTHE, P.Q.SOMMAIRE DENIS BOUCHARD : Souvenir RÉGINALD DUMAS : Les vocations sacerdotales à l\u2019enchère (2e partie) BERNARD MAILHIOT : Paternité et maternité GUY ROBERT : La Marquise Duparc et le classicisme Dr G.PINSONNEAULT : Progrès et problèmes de la médecine moderne LE SENS DES FAITS Le Cardinal Léger et les Origines de l\u2019homme \u2014 Le sens de la vie sacerdotale \u2014 La fête de saint Thomas d\u2019Aquin \u2014 Le Centenaire de la mort de Lacordaire \u2014 La dualité canadienne \u2014 Une journée d\u2019étude de l\u2019ACELF à la Maison Montmorency \u2014 Une liturgie en langue française \u2014 Le Septième Sceau \u2014 Chronique des disques.L\u2019ESPRIT DES LIVRES DIRECTION : M A I SX> N MONTMORENCY COURVILLE ( QUÉBEC-5 ) , P.O, ADMINISTRATION : 5375, AV.N.-D.DE GRÂCE MONTREAL-âB.P.Q. ftOŸAi ROADS Victoria» &c.\u2018,Qâûÿ£>X»^vN*XvX*XvXvXv>;\\vv mm \u2022:ÿ$î:; WÏ&& «ssii \u2022:; &$&&$$ :«WJ»: X;>X->: COLLEGE MILITAIRE ROYAt * DE SAINT-JEAN IgN&SAINT.JÊAN, P.O, ROŸM ROADS VICTORIA» RC.mi « n ff .\u2022>\u2022>:#: w«ss 1838883» ;ft:fe3:3:3fe*É ?>*i \u2022gs*™ A^VV- â&mzMi* ¦:[ :SS8jW*2SSftWei Al Jraditkms Des traditions fortes et vénérables constituent le fondement de la solide formation de chef qui se reflète aujourd\u2019hui dans la devise des trois Collèges des services armés du Canada: Vérité \u2014 Devoir \u2014 Vaillance.Au prestige du passé s\u2019ajoute l\u2019enseignement conduisant au diplôme universitaire que ces collèges dispensent aux élèves-officiers des forces armées du Canada.Des diplômés d\u2019école secondaire, triés sur le volet, s\u2019y préparent à d\u2019intéressantes professions comme officiers de la Marine, de l\u2019Armée ou de l\u2019Aviation, ainsi qu\u2019aux responsabilités que leur imposera leur brevet d\u2019officier.fiOUA éc&ife&V Grâce au Programme d\u2019instruction pour la formation d\u2019officiers des forces régulières (ROTP), le ministère de la Défense nationale offrira l\u2019occasion à un nombre limité de diplômés d\u2019école secondaire réunissant les qualités requises, d\u2019obtenir un grade universitaire, soit dans les Collèges des services armés du Canada, soit dans des universités canadiennes désignées.Directeur du ROTP\tTS-61-3HSAF-REV.Quartier général de la Défense nationale, OTTAWA (Ontario).Veuillez m\u2019envoyer tous les renseignements sur le programme d\u2019instruction pour la formation d\u2019officiers des forces régulières (ROTP) Vous pouvez obtenir, sans aucun engagement de votre part, toutes les précisions nécessaires en vous adressant au Centre de recrutement des forces armées le plus rapproché de votre résidence, ou en postant le coupon ci-contre.La clôture des inscriptions pour les candidats au cours de l\u2019automne de 1961 est fixée au 1er juillet 1961, Nom .Adresse .Ville .Province.Age .Instruction.Prféférence\tMarine ?\tArmée Q\tAviation ? Temps et argent s Epargnez les deux * a EpOA/jKe/i C4t UUlplfÛACt Cl Iol root 2 mum a cuMirt Banque de Montréal Mïeni-iènc 'Banque au @OMO\u2014- II s agit d observer et de protéger quelque chose qui naît dans le cœur de l\u2019enfant, non d\u2019imposer à sa crédulité ce qu on aimerait y trouver.* Toutes les citations en italiques de cet article sont extraites de la Lettre pastorale du 8 septembre 1960 : Nos responsabilités chrétiennes en face du recrutement sacerdotal, document numéro 319.66 Les vocations sacerdotales à l\u2019enchère Soyons donc honnêtes.On ne se trompe guère quand on recherche exclusivement la vérité et non des avantages pratiques, comme le notait Sa Sainteté Jean XXIII dans son dernier discours de Noël.Reconnaissons avec Son Eminence le Cardinal qu un grand nombre de vocations sacerdotales s\u2019étiolent faute d\u2019un climat sain : L esprit de sacrifice tend de plus en plus à disparaître, même au sein des meilleures familles.Le confort moderne diminue, chez nos enfants, le sens de l effort.Beaucoup de jeune gens se voient fermer les portes du sanctuaire parce que, aux jours difficiles de l adolescence, ils ont contracté des habitudes dont ils ne peuvent se défaire pour assumer les graves obligations du célibat ecclésiastique.Mais cela dit et compris, ne remplissons pas les vides creusés dans les rangs du clergé par ceux qui ont eu peur de s\u2019engager, en y substituant des gens dont la valeur humaine est indiscutable, mais que le Seigneur semble avoir prévu pour d autres tâches.Acceptons d avance que, à moins dune dure récession, il n y aura pas de mouvement spontané de la jeunesse vers I état sacerdotal ou religieux.Le bon vieux Toynbee a échafaudé son système d histoire des civilisations sur I idée que les valeurs spirituelles ne prennent aisément leur essor qu au moment où elles sont mises au défi par l\u2019écroulement des biens matériels.Je crois bien que tout le monde est d accord Ià-dessus.Puisque le rythme de vie actuel va contre les valeurs religieuses, entraînons les jeunes (tous les jeunes et non pas seulement ceux que nous pensons pouvoir attirer au sacerdoce) à la réaction contre leur propre confort bourgeois, au nom des valeurs spirituelles (humaines autant que divines) qui se cherchent une voie dans leur cœur.Un style de vie Le problème des vocations, actuellement, est avant tout un problème de persévérance à travers les obstacles que pose la vie moderne.Cela ne veut pas dire qu on doive mettre en garde contre ces obstacles 67 Revue Dominicaine pour augmenter le taux des vocations ; cela signifie qu\u2019on doit affronter de telles embûches pour faire des chrétiens adultes.Le reste viendra bien par surcroît.Soyons honnêtes avec les jeunes ; autrement ils auront raison de perdre confiance en nous.Le scoutisme est un des mouvements qui fournit \u2014> que Dieu nous prend en grâce dans ses sacrements.C\u2019est pour en favoriser l\u2019éclosion que I Eglise exige l\u2019enseignement catholique dès le niveau primaire.II n y a pas d\u2019autre voie d\u2019accès que celle-là vers le sacerdoce. Les vocations sacerdotales à l\u2019enchère Les éducateurs de carrière remarquent que nos adolescents n ont aucun attrait pour prier.C est même devenu pour eux une contrainte dont ils cherchent à se libérer en quittant l'école.Ce qui importe avant tout c\u2019est de faire comprendre [à l enfant] le sens de la prière et le rôle qu elle doit jouer dans la vie.On a plus de chance alors de lui faire aimer la prière, ce qui est absolument nécessaire si l on est en présence d un futur prêtre.Notez bien les derniers mots du Card inal : « Si l on est en présence de », non « si l\u2019on veut en faire » un futur prêtre.Honnêteté ici encore.Les initiatives pour promouvoir la vie spirituelle des jeunes de façon authentique, en s\u2019inspirant des lignes de force de la prière chrétienne (Bible, liturgie, oraison), se font aujourd\u2019hui de plus en plus nombreuses.Je pense moins ici aux activités de caractère occasionnel, comme un pèlerinage à Saint-Benoît ou une retraite de cinq jours en silence (qui créent une profonde impression mais conservent un caractère épisodique) qu\u2019aux organismes à action plus soutenue où, à travers une générosité collective, plusieurs jeunes s\u2019initient à la prière.Je n\u2019en cite aucun, mais j\u2019ai devant les yeux 1 exemple de multiples mouvements de ce type, qui ont éveillé le désir du sacerdoce avec d autant plus d\u2019efficacité qu\u2019ils visaient moins à assurer un simple recrutement.Les jeunes, en grand nombre, soupirent après I homme qui leur apprendra la véritable prière, tant ils se sentent blasés et fragiles clans leur solitude de créature ambitieuse.J ai pu I observer quand j ai entrepris, l\u2019an dernier, des rencontres sur le thème : « A la recherche du Dieu vivant ».Mais ils réclament des éducateurs honnêtes.Je me souviens de la révolte de certains jeunes quand ils se firent déconseiller par un prêtre de participer à nos rencontres, pour le motif avoué qu il ne voulait pas risquer qu un autre « vole » des vocations si soigneusement entretenues et nourries pour sa communauté.Le non-appelé n\u2019est pas un résidu Devant des préjugés aussi désolants, qui révèlent trop clairement la manière habituelle d\u2019agir de ces hommes, comment s\u2019étonner que la 69 Revue Dominicaine crise des vocations soit si aiguë I Ceux qui veulent apprendre à prier et qui ne visent pas au sacerdoce ne sont-ils donc que îa gangue qu\u2019on sépare du métal au moment du raffinage ?II me semble, au contraire, que nous devons accorder une attention particulière à ceux-là.Car ce sont eux qui, demain, prendront la relève de prêtres désormais trop peu nombreux, dans les domaines para-sacerdotaux où ceux-ci devront céder la place (quand I urgence se fera encore plus dramatique) en vue d assignations plus proprement cléricales.Cela me conduit à un autr e domaine où le prêtre doit se montrer honnête en rapport avec le problème des vocations sacerdotales : celui de l\u2019élargissement des carrières laïques.Socialement, le sacerdoce a perdu de son attrait en face des possibilités multiples de réussite humaine des nouvelles carrières.II ne sert donc à rien de tenter une comparaison entre les deux orientations, en partant du thème : « une vie pleinement réussie ».Car la médecine, le génie ou les sciences sociales fournissent aujourd hui au jeune d aussi bonnes occasions de mettre en œuvre, pour une grande cause, toutes ses possibilités d homme et de chrétien.Chez la jeune fille le contraste est encore plus frappant.Avec l\u2019avènement de la femme sur le plan social, une jeune fille peut réaliser un idéal de caractère éducatif ou médical sans avoir à s affilier à une communauté religieuse.Raison de plus donc, pour présenter aux jeunes les vraies raisons d une orientation sacerdotale ou religieuse et le seul facteur déterminant : le choix personnel, fait par Dieu et reconnu par 1 Eglise au jour de la profession ou de 1 ordination.La vocation est un don de Dieu, qui se réserve le droit de choisir Lui-même ceux qu\u2019il destine au service des autels.Mystère inconcevable de l\u2019appel divin à la dignité du sacerdoce ! Seul celui qui a été marqué par le signe de l\u2019Esprit peut aspirer à gravir les degrés du sanctuaire.A ce propos m\u2019est-il permis de signaler la tendance actuelle pour redonner aux petits séminaires leur signification primitive d\u2019instituts diocésains pour la préparation du futur clergé.On peut être d accord ou différer d\u2019opinion avec les promoteurs de cette réorganisation.A l\u2019appui 70 Les vocations sacerdotales à l\u2019enchère des thèses contraires on peut invoquer des arguments soutenables.Un point toutefois est clair : en tout état de cause il faudra être honnête et conséquent.Dans la mesure, en effet, où cette tendance s accentuera, il deviendra important d\u2019aviser les parents que l\u2019institution où ils envoient leur enfant ne fournit pas uniquement une formation chrétienne générale, mais cherche à communiquer dès I\u2019adol escence des habitudes utiles à un futur clerc.Ainsi, certaines limitations de caractère disciplinaire n auront pas Failure vétuste qu on leur reprocherait dans un autre contexte, mais feront partie d\u2019un ensemble qui dispose le jeune homme aux qualités dont il aura besoin quand il sera plus tard prêtre.De même les conseillers spirituels préviendront le garçon d inteipréter leurs directives en fonction du but propre de I institution.Mais si les petits séminaires devenaient des instituts spécialisés, qu\u2019adviendrait-il des garçons que les parents y envoyaient jusqu\u2019ici dans le simple dessein de leur assurer des études secondaires ?L\u2019honnêteté obligerait à choisir I une des deux orientations suivantes : soit diviser l\u2019institution en deux sections sur le plan disciplinaire (comme c\u2019est le cas, par exemple, au Collège St-AIexandre de Limbour), soit, plus radicalement, orienter exclusivement la maison vers son objectif propre.Resterait, dans ce dernier cas, à pourvoir à l\u2019éducation de ceux qui ne pensent pas explicitement au sacerdoce ; dans plusieurs villes de moyenne importance aucun collège classique n est prévu à leur intention.Voilà du coup reposé le problème de notre système éducatif.Mais ne nous aventurons pas I Témoins pour ou contre ?Où l\u2019honnêteté des éducateurs peut-elle encore jouer, en présence de vocations embryonnaires ?Je m arrête ici à deux points : l informa-tion et le témoignage.L\u2019information portera sur la nature du sacerdoce ou de la vie religieuse, sur les fonctions du prêtre ou du religieux, sur les besoins de I Eglise, sur I attente des fidèles et des incroyants.Qu elle prenne la 71 Revue Dominicaine forme d une causerie, d un film ou d une brochure, elle aura toujours la dignité qui convient au sujet traité.II n est jamais permis de faire du cirque pour attirer I attention sur un domaine qui mérite tant de respect, même si les enfants aiment mieux aller au cirque qu aux vêpres.Elle évitera la mièvrerie et I artificiel dans le texte comme dans I image, ainsi que les appels à I émotivité d une publicité tapageuse.Au fait, il ne s agit pas de publicité ou de propagande, mais d information ; car nous ne vendons pas une marchandise, nous renseignons objectivement quelqu\u2019un qui veut savoir si tel bien lui convient.Le témoignage est un outil plus puissant, car il fait agir les ressorts inconscients du mimétisme et de l\u2019identification.Il peut se mêler aux organes d information, mais il atteint sa plénitude dans la personnalité de chaque clerc ou religieux que l\u2019adolescent rencontre.Quel témoignage donnons-nous aux jeunes ?Avant de leur parler de façon honnête, leur présentons-nous d\u2019abord le visage d\u2019hommes honnêtes avec Dieu et eux-mêmes ?Dirai-je d abord que ce n est pas toujours sur les points que nous aurions prévus que nous sommes le plus jugés.Ainsi I on répète que le costume des religieuses joue en leur défaveur.Jusqu à un certain point, admettons-le, mais pas de façon aussi critique qu\u2019on le dit en certains milieux (pas autant, du moins, que ne le pense le sexe fort).Les jeunes filles ont un goût inné des parures et elles seraient désolées de voir une religieuse dans un uniforme trop discret.Rarement la barrière de I habit, seule, suffit à éloigner des sœurs.Ce qui les indispose plus encore contre la vie religieuse féminine, c est d abord I attachement disproportionné à des coutumes qui ont totalement perdu leur valeur de signe.Ne recouvrant aucune réalité correspondante, ces traditions donnent aux jeunes I impression qu\u2019on veut dissimuler son indigence spirituelle sous un attirail artificiel.Une jeune fille que je connais, et qui n a pas de préjugés contre la vie religieuse, ne pouvait admettre qu on oblige une novice à toujours tenir les mains à la ceinture quand elle circule dans les corridors.Une 72 Les vocations sacerdotales à l\u2019enchère autre devenait affolée à la pensée des démarches diplomatiques et du protocole compliqué par où devait passer une postulante avant son accueil au monastère.Pourtant, cela est encore tolérable.Ce que les meilleures elles-mêmes ne peuvent accepter, c\u2019est un manque de charité entre religieuses, qui contredit la définition même de I état de perfection auquel elles ont voué leur vie.Combien de collégiennes ont 1 occasion d entendre à travers une cloison certaines médisances entre sœurs, ou de recevoir les confidences de I une sur le compte d une autre.De même, contre les prêtres, il faut savoir déceler les témoignages qui font véritablement obstacle à la vocation des jeunes, parce qu ils révèlent une dissociation entre 1 engagement et la vie.L argument des adolescents qui crient le plus fort porte invariablement sur le confort et I embourgeoisement du prêtre.Sans le minimiser, reconnaissons que c est loin d être le plus sérieux.De fait, 1 on cite souvent à ce propos, sans chercher à les contrôler, toutes les plaintes qu on a pu entendre.Car elles peuvent fournir un prétexte facile pour se désolidariser soi-même de la vocation sacerdotale, qu on a peur d envisager parce qu on est trop attaché à son propre bien-être.Phénomène de projection que les psychologues connaissent bien.ïl semble moins lâche de tourner le dos à un grand idéal, quand on voit ses aînés I abîmer et le contrefaire.Là où il faut porter une plus grande attention, c est quand on accuse le prêtre de démissionner sur le plan de la valeur humaine et sociale qu on attend de 1 élite et à laquelle la jeunesse actuelle est particulièrement sensible.On reproche souvent au clergé, et pas toujours inconsidérément, de manquer de curiosité dans le domaine de sa compétence (renouveau liturgique), de limiter son univers mental à des préjugés démodés (l\u2019anti-féminisme), où à un moralisme étroit (le péril des shorts).On I accuse encore d\u2019être inassimilabîe par une société démocratique, régissant un presbytère de façon discrétionnaire, usant des privilèges de respect qu\u2019on Revue Dominicaine lui accorde pour outrepasser les prescriptions de la loi civile commune (impôts, circulation automobile, douanes ).De telles attitudes minent la confiance des adolescents.Un témoignage que les jeunes observent avec une particulière attention est celui de leurs amis ou confrères, qui ont pris avant eux le ckemin du cloître ou du séminaire.On voit par là combien ils tiennent à être objectifs et à ne pas juger la vie sacerdotale sur des agissements qui pourraient bien n\u2019exprimer que le comportement d\u2019une génération différente.Ils veulent savoir comment réagit un garçon de leur âge, qui vivait il y a peu de temps dans des conditions semblables aux leurs, en face de la condition cléricale.Ils s attendent sans doute à découvrir cbez lui un certain pli ecclésiastique.Mais ils ont parfois la surprise d apercevoir un bomme qui a soudain jeté par-dessus bord toutes ses idées, ses façons de parler, ses centres d intérêt d kier.« Ce n est plus lui.Qu\u2019est-ce qu ils lui ont fait ?», s écrie-t-on parfois devant des attitudes empesées ou des jugements étroits, visiblement appris au noviciat ou au séminaire.L\u2019honnêteté s\u2019oppose à ce que, pour devenir homme de Dieu, on doive se défaire de tous les traits de caractère que la nature et la grâce ont imprimés dans un être avant I âge de vingt ans.De façon plus décisive encore, le jeune se sent atteint au cœur de son idéal par le pessimisme sacerdotal.Qu un prêtre soit trop paternaliste, ou trop ancien dans ses idées, ou trop fortuné, ou trop vif de caractère, on lui pardonnera n importe quoi s il rayonne la joie, s\u2019il semble keureux dans son métier de prêtre.La grande question devant ces prêtres plaignards qui font porter sur les autres (et comme par une sorte de sadisme, sur les jeunes en particulier) le poids de leurs frustrations : « Pourquoi donc s est-il fait prêtre ?Aurait-il été plus ou moins forcé d accéder aux Ordres ?.\u2014¦ De grâce, laissez une école ou un camp de jeunes sans aumônier, plutôt que d y envoyer un prêtre neurasthénique I 74 Les vocations sacerdotales à l\u2019enchère Quand I éducateur a su résister à la panique et renoncer à 1 enchère devant la crise du recrutement sacerdotal ou religieux, quand il a manifesté une honnêteté sans détour vis-à-vis la vocation, avec le respect de personnes que Dieu a voulues autonomes et libres, quand il a ainsi posé les hases de jugements et de démarches signées par la prudence, à ce moment-là il peut dire qu\u2019il a fait sa part pour la relève.Ayant accompli ce que Dieu attendait de lui, il demandera au Seigneur de féconder son action.« Paul a planté, Apollos a arrosé ; mais c est Dieu qui fait pousser les semences ».Avec les enfants, les malades et les communautés religieuses du diocèse de Montréal qui, au cours de la présente campagne en faveur des vocations, se mettent à genoux pour implorer le Seigneur, il osera violenter la divine Providence pour qu\u2019Elle daigne jeter les yeux sur nos pressants besoins et nous donner de nombreux et saints prêtres.Notre action serait évidemment vaine si nous n avions F appui divin ; mais ne comptons pas sur le support du ciel si nous n\u2019avons d abord été honnêtes.Car, si Dieu est intéressé à ce que le sacerdoce de Son Fils se perpétue dans 1 Eglise pour que Son Nom soit connu, Il veut bien se réserver le choix de Ses délégués et ne pas se les faire imposer par des hommes au zèle mal éclairé.Pourtant, mystère de Son engagement vis-à-vis 1 humanité, Il acceptera même ceux qu II avait d abord prévus pour d autres fonctions.Ceux-ci ne seront jamais tout à fait heureux dans le sacerdoce, mais les fidèl es en recevront quand même lumière et vie.Quant à ceux qui auront généreusement prêté l\u2019oreille à la Parole divine les invitant au dépassement et qui auront trouvé leur voie vers le grand séminaire ou le cloître, grâce à l\u2019influence de conseillers honnêtes et consciencieux, ils auront toutes les chances de devenir les prêtres adultes dont a besoin la présente humanité.Réginald-Marie Dumas, O.P.75 Paternité et maternité Leurs exigences psychologiques Parmi les histoires nombreuses qui circulent sur le compte des psychologues, ) en retiens une en guise d introduction.II s agit d une rencontre sur le train d un physicien, d un philosophe, d un théologien et d un psychologue.La conversation s étant engagée entre eux, chacun des quatre interlocuteurs ne tarda pas à profiter de I occasion pour démontrer 1 excellence et la supériorité de sa science.Le physicien fut le premier à s affirmer : « Seule la physique atteint le concret et le réel : elle seule en fin de compte est utile à F homme, en lui révélant les secrets et les mystères de la matière, car c\u2019est sur cette terre que 1 homme doit vivre 1 » Le philosophe aussitôt de répliquer : « La physique n atteint que les apparences des choses, la philosophie en rejoint 1 essence.La physique saisit les phénomènes dans leur devenir, seule la philosophie les explique à la lumière de 1 être ».Le théologien crut bon alors d intervenir et de faire valoir le point de vue de sa science sacrée : « II est vrai, je le concède, que la philosophie est supérieure à la physique et à toutes les sciences de la nature.Non seulement elle nous donne 1 intelligence de 1 être même des choses, mais elle seule réussit à éclairer le monde créé à la lumière de I\u2019Incréé.Mais la philosophie ne fait appel qu\u2019à la raison.Le Dieu qu elle nous présente, nous savons à peine qu 11 existe, nous ignorons tout de ce qu\u2019il est.Seule la théologie, à la lumière de la foi et du donné révélé peut nous apprendre à connaître Dieu.Le mystère de sa nature intime, la théologie seule peut se permettre de le sonder, de l\u2019explorer, de le dévoiler quelque peu à nos esprits créés I » Le psychologue qui jusqu\u2019ici s\u2019était tu et avait écouté, en observateur amusé, les propos de ses collègues, du ton le plus impassible consentit enfin à parler : « Pauvres vous, ne savez-vous pas que les constructions de vos esprits, vos si prétentieuses théories, vos systèmes de pensée ne sont que des projections de vos états émotifs, plus ou moins infantiles, sinon plus 76 Paternité et maternité ou moins morbides.La psychologie, et elle seule, peut s objectiver à l\u2019égard du réel ; elle seule est capable de parfaite lucidité à l\u2019égard de son o bjet.Eli e se situe bien au-dessus de toutes les sciences et de toutes les sagesses, puisqu elle seule peut décider de leur validité a chacune, opérer un décalage très net entre ce que contiennent cl objectif (toujours très peu) les explications des sciences et la part insoupçonnée du subjectif qui s\u2019y glisse.Elle seule est à même de dégager les besoins inconscients qu essaient de satisfaire par leur activité intellectuelle autant les savants, les philosophes que les théologiens, lis essaient tous d échapper à leurs anxiétés et à leurs angoisses en échafaudant leurs théories et en construisant leurs systèmes.La psychologie domine la hiérarchie du savoir, elle occupe seule le sommet de cette pyramide, parce qu elle seule a accès aux profondeurs de I âme ! » La psychologie ne manque pas, il faut en convenir, ni de prétentions, ni de suffisance ! Cette histoire, tout en étant une caricature quelque peu chargée, illustre avec justesse les deux travers typiques de plusieurs psychologues.Certains en effet semblent atteints de délire d interprétation.Ils veulent tout interpréter, comportements, attitudes, pensées et émotions chez autrui en termes cliniques, lis sont constamment à I affût du moindre symptôme ! D\u2019autres psychologues, quand ce ne sont pas les mêmes, souffrent d\u2019un complexe de viol.Ils semblent n avoir aucune conscience des limites, de l\u2019impuissance ainsi que du caractère fruste de leurs instruments de sondage.Doués de plus d esprit de géométrie que d\u2019esprit de finesse, ils entreprennent de tout explorer jusqu à vouloir percer le secret des cœurs, ne sachant pas respecter les limites de I inviolable et s\u2019incliner devant le mystère des prédestinations individuelles.De ces deux travers, nous essaierons de nous garder, tout au cours de cet article.Le point de vue du psychologue à I égard cl un problème aussi complexe est loin d\u2019être exhaustif.Seules certaines dimensions, les aspects spécifiquement psychiques de ce problème, relèvent de sa compétence.Encore le psychologue n a-t-il que des données provisoires à offrir.La psychologie, si on la compare aux autres sciences de I homme, 77 Revue Dominicaine est une toute jeune science.Peut-être est-ce pour cette raison que sa langue est hermétique et si souvent pédante.En réponse aux énigmes soumises à son diagnostic, la psychologie ne fait et ne peut que balbutier des hypothèses ! Génitalité et Psychosexualité Freud, on doit le reconnaître, nous a révélé le monde de I incons-cient, un monde insoupçonné avant lui.De lui nous avons appris que tout être humain est doté à sa naissance d un potentiel vital, constitué de pulsions, d instincts ou de tendances.Depuis Freud, les psychologues sont d accord, à quelques exceptions près, pour reconnaître en nous deux pulsions de base, la sexualité et l\u2019agressivité.Ils affirment en plus, et pour notre débat il importe de le retenir, que ces deux pulsions sont, à I état inné, ordonnées I une à l\u2019autre : J agressivité est au service de la sexualité.Ainsi le sadisme est considéré comme un désordre, une déviation de I agressivité.Chez le sadique, en effet, la sexualité s\u2019est asservie à assouvir les besoins morbides d une agressivité débridée.Mais Freud nous a appris en plus que la sexualité chez l\u2019homme transcende la génitalité.Physiologiquement, le garçon pubère et la fille nubile ont acquis la capacité organique de reproduction.Mais psychologiquement leur sexualité, à ce point de maturation, peut parfois s\u2019exprimer, à cause soit de fixations, de régressions ou de déviations, selon des modes très infantiles ou même pathologiques.Le pubère peut même être resté ou devenu affectivement un auto-érotique ou un homosexuel i.e.ne ressentir émotivement aucun attrait normal pour I autre sexe.L évolution de la sexualité infantile est de fait étroitement liée au développement de son émotivité.Cela tient au fait que chez I être humain ses capacités d\u2019aimer sont multiples.La sexualité humaine est plus que la résultante de sécrétions glandulaires, plus que l\u2019expression de poussées libidineuses : elle sert en nous des passions et surtout tend à satisfaire un appétit, le plus exigeant qui soit, notre appétit de bonheur et d absolu.La sexualité humaine est une psychosexualité, elle participe de ce fait Paternité et maternité au mystère de l ame, qui ne peut s éveiller à 1 amour sans mettre en cause sa destinée éternelle.Notre sexualité est adulte et évoluée lorsque notre affectivité a dépassé les modes possessifs d aimer et est devenue capable d aimer de façon oblative i.e.à partir du moment où, en amour, nous sommes devenus capables de don, d abandon et de pardon.Cela présuppose que depuis leur puberté l\u2019adolescente et l\u2019adolescent ont appris à accepter leur sexualité, non plus comme une capacité de jouir de soi ou d autrui, mais comme une capacité de se dépasser, de créer, d engendrer d autres êtres.C est en ce sens que les psychologues de toute école conviennent présentement qu\u2019il n\u2019y a pas de salut humain, pas de chance de bonheur pour le couple humain, en dehors de la paternité et de la maternité.Complexité des sexes Les rapports sexuels entre deux êtres sont faux, sinon morbides, chaque fois qu ils sont basés sur le mépris ou la peur de I autre sexe.Lorsque aimer consiste à dominer 1 autre ou à dépendre de lui, le couple est sur une pente glissante qui le mènera soit au sadisme pour qui aimer consiste à tyranniser et à humilier 1 autre ou au masochisme pour qui aimer consiste à souffrir, à être à la merci de qui on aime.Les rapports sexuels ne deviennent authentiques que le jour où un homme et une femme, liés d amour, ont appris à se respecter et à s accepter avec leurs différences essentielles.Très peu y parviennent, semble-t-il, tellement les mythes et les préjugés sur la psychologie des sexes sont tenaces et chargés d émotivité.Ce que nous savons présentement sur le premier et le deuxième sexe nous permet d affirmer qu hommes et femmes ne sont ni égaux, ni supérieurs, ni inférieurs 1 un à 1 autre, mais psychiquement différents tant dans leurs modes de percevoir, de penser et d aimer.Ils ne sont pas appelés à s affronter ni à se subordonner 1 un à I autre, mais à se compléter dans le respect 1 un de l\u2019autre, dans le don l\u2019un à l\u2019autre.En deb ors d une complémentarité vraie, où chacun s accepte comme incomplet et l\u2019autre comme son complément, les rapports sexuels se dé- 79 Revue Dominicaine gracient et dégénèrent tôt on tard en bataille ou en naufrage des sexes, où chaque conjoint n est plus préoccupé que d affirmer ses droits, que d exercer des représailles ou de se dérober au jeu de I adversaire.D\u2019où îa psychologie de trop de couples humains, qui en viennent à percevoir leurs relations conjugales comme relevant de I art militaire, soumises à la stratégie et à la tactique.Les ultimatums alternent avec les trêves, la guerre froide des nerfs succède aux traités de paix, débouchant périodiquement en de combats ouverts, toujours plus néfastes à leur amour I Conditionnements psychologiques Ces données acquises sur la psychologie des relations sexuelles nous offrent quelques éléments de solution, nous permettent de dégager les implications psychologiques du problème des limitations des naissances.Pour le théologien, le problème se formule habituellement en ces termes : Dieu demande-t-il aux couples mariés d avoir le plus d enfants possibles?Le psychologue pour sa part n a compétence seulement que pour éclairer les deux aspects suivants de ce problème : 1 ) Quel niveau de maturité émotive est-il requis, quels conditionnements psychologiques sont-ils présupposés à des relations conjugales fécondes ?2) Par ailleurs quelles sont les répercussions psychologiques résultant de relations conjugales stériles ?Le psychologue ne retient à ce sujet que 1 examen des cas où le contrôle et la limitation des naissances obéissent à des mobiles inconscients ou à des motifs conscients, laissant au physiologue le soin d évaluer les cas organiques d impuissance et de stérilité.Voici comment, présentement, la majorité des psychologues articulent les conditionnements psychologiques, propres à assurer un caractère adulte à la fécondité des relations conjugales : 0 La fécondité des relations conjugales exige l\u2019exjjression d\u2019un amour et non la rançon d abord qu elle soit du plaisir.L enfant 80 Paternité et maternité procréé par des époux adultes, qui vivent un amour authentique, doit être désiré librement, avec amour, et non survenir inopinément ou être rejeté émotivement comme la conséquence imprévue et indésirable des faux calculs de leur égoïsme.2)\tPour être le fruit de 1 amour, I enfant doit être conçu par des parents dont lamour est assez évolué pour aspirer à se dépasser, à se prolonger, à se survivre dans 1 enfant.3)\tL amour humain n atteint ce stade de la paternité et de la maternité, librement désirées, que lorsque deux êtres s aiment assez en profondeur pour se vouer un amour exclusif, irrévocable.Mais ils n arrivent à se donner I un à I autre définitivement, à s abandonner pour toujours I un à l\u2019autre que lorsqu\u2019ils ont acquis une parfaite maîtrise d eux-mêmes et de leur cœur.Seuls ceux qui se possèdent bien en mains sont suffisamment libres pour se donner l un à 1 autre pour la vie.4)\tCe désir de l\u2019enfant doit être spontané, non impulsif, encore moins passif.II doit émerger spontanément d aspirations conscientes et libres.Il doit sans doute répondre à un état organique de fécondité mais surtout à des disponibilités psychologiques qui lucidement tendent à s actualiser.Si dans certains cas des expertises médicales s imposent pour décider des dispositions physiques des conjoints, il serait souhaitable qu on ait recours à des diagnostics psychologiques chaque fois que I un ou I autre conjoint n\u2019arrive pas à clarifier 1 ambivalence de son désir de I enfant.3) Car il importe que cet enfant soit désiré conjointement par I un et I autre des époux.II faut que leur vouloir soit accordé en profondeur.La paternité et la maternité ne sauraient être envisagées que comme un rapport de complémentarité.Trop souvent I enfant naît parce que l\u2019un des conjoints l a imposé à l\u2019autre : l\u2019époux, dans la plupart des cas, s arrogeant en raison de la pré- 81 Revue Dominicaine tendue supériorité de son sexe des droits de veto ou se réservant la décision finale en tout ce qui toucke sa progéniture.Encore moins cette décision doit-elle être imposée du dekors par la famille, anxieuse de prolonger un nom ou par la collectivité, obsédée de se survivre par une soi-disant revancke des berceaux I Répercussions psychologiques Que faut-il d abord entendre par relations conjugales stériles ?Les relations conjugales peuvent être stériles de façon périodique en vue de limiter les naissances ou de façon chronique par refus permanent de I enfant.Dans les deux cas les époux exercent un contrôle des naissances, lis peuvent pour obtenir ce contrôle avoir recours à des procédés exogènes, comme les contraceptifs, et ainsi dits parce qu ils interfèrent de l\u2019extérieur en plein circuit neuro-pkysiologique pour entraver celui-ci.Ils peuvent aussi, s inspirant des travaux récents du Dr Paul Ckauckard, dont les résultats sont publiés en volume sous le titre : « Maîtrise sexuelle », exercer ce contrôle par des procédés appelés endogènes ou « techniques du corps » qui loin d\u2019interférer avec des processus neuro-pkysiologiques donnés, utilisent de manière inventive ces mêmes processus.Ces techniques endogènes se basent essentiellement sur I analyse des ressources fournies par I organisme et sur leur maîtrise grâce au potentiel cérébral dont seul I bomme dispose.Toute stérilité provisoire, librement consentie de part et d autre, pour des motivations adultes i.e.qui s appuient sur des facteurs de réalité objectivement perçus comme déterminants, si obtenue par des procédés endogènes, semble ne compromettre en rien I évolution du couple ni son dépassement.A condition qu elle ne s accompagne pas d un refus plus ou moins inconscient ni d un rejet plus ou moins implicite de l\u2019enfant chez l\u2019un ou l\u2019autre conjoint, moins encore cbez les deux.Cette stérilité provisoire peut même assurer des fécondités plus vraies, plus authentiques, dans la mesure où les intervalles plus ou moins espacés entre les naissances accordent aux parents une disponibilité psychique 82 Paternité et maternité plus grande à I égard de I enfant dernier-né.Pour les 20 ou 25 premiers mois, I indigence affective et organique du petit enfant est si totale, qu\u2019il a besoin de bénéficier exclusivement de la sollicitude amoureuse de son père autant que de sa mère.Par ailleurs des relations conjugales volontairement stériles, pratiquées de façon chronique, même à I aide de procédés endogènes, encore plus à I aide de techniques exogènes, aboutissent tôt ou tard, d\u2019après les témoignages des psychologues cliniciens et des psychopathologues de diverses tendances, à une aliénation de l\u2019amour et de la sexualité.Les relations sexuelles dans pareils cas sont chaque fois moins l\u2019expression d un amour i.e.de moins en moins le don et l\u2019abandon du meilleur de soi-même à I être aimé.Fatalement ces relations conjugales ont tendance à n être qu une quête égoïste, plus ou moins déguisée, du plaisir charnel.L amour oblatif qu il avait pu être au début du couple devient, en se repliant sur lui-même, de plus en plus possessif et tyrannisant dans ses exigences.Le refus de l\u2019enfant dégénère en peur de l\u2019enfant, s\u2019accompagnant très souvent chez l\u2019homme d\u2019impuissance et chez la femme de frigidité.Un amour stérile, à l\u2019état chronique, finit toujours, d\u2019après ces mêmes témoignages, par s\u2019enfermer à l\u2019intérieur d\u2019un cycle de plus en plus infernal alternant entre des phases d\u2019érotisme, marquées d\u2019obsession sexuelle et caractérisées par une recherche compulsive de satisfactions charnelles toujours plus narcistiques, et des phases d\u2019angélisme, marquées d\u2019horreur de la sexualité et caractérisées par la poursuite de relations amoureuses toujours plus cérébrales.Un amour, qui se complaît en soi et se refuse au dépassement, à fa sublimation de son élan vital, risque de devenir à brève échéance un amour rentré, un amour refoulé.Pareil couple, par refus de la paternité ou de la maternité, sombre dans un culte de plus en plus obsessif de la sexualité.Fatalement ses relations amoureuses se dégradent en autoérotisme à deux et se vident peu à peu de ses aspirations spécifiquement amoureuses.C\u2019est la sexualité dissociée de l\u2019amour et convoitée pour elle-même.L\u2019érotisme se détériore finalement en érotomanie, où l\u2019âme de ce couple a tôt fait de renier son aspiration la plus haute à l\u2019actualisation de soi.85 Revue Dominicaine La femme salut de l\u2019homme Dans « Le boulier de Satin », Claudel fait dire au Père Jésuite, frère de Don Rodrigue : « II y a des Rommes qui ne se sauvent qu à travers une femme ».C est le cas de tous les Rommes mariés I La poésie rejoint ici les sciences de I Romme.La complémentarité des sexes s avère être la donnée la plus concluante, acquise depuis quinze ans par I an-tRropoIogie culturelle.Le matriarcat qui repose sur des mytRes favorisant la domination de la femme sur I Romme semRIe aussi peu fonctionnel au plan des cultures que le patriarcat, fondé sur les m ytR es qui veulent assurer IRégémonie du premier sexe sur le deuxième.Les données de nature, tant biologiques que psycRoIogiques, contredisent ces données de culture faites de surencRères de I un ou I autre sexe.Les différences essentielles des sexes tant au plan des comportements que des motivations, grâce aux travaux de nombreux cRercReurs contemporains, se révèlent et se précisent comme étant appelées à se compléter dans une même communion amoureuse.Mais quelles seraient ces différences psycRo-sexuelles ?La femme semble, au plan sexuel, plus soucieuse de continuité, possède davantage le sens de la durée et est plus désireuse de prolongement.Elle semble capable d\u2019un don plus définitif d elle-même ; elle paraît plus généreuse de sa personne, plus apte à s\u2019engager totalement dans une relation amoureuse.L Romme, toujours à ce plan, est plus absorbé par l\u2019instant, plus conscient des réalités ambiantes et de leurs déterminismes, plus tourné vers le plaisir et ses possibilités de détente, d\u2019évasion.Se prolonger, se dépasser dans l\u2019amour est pour I Romme un désir lointain, quand la perte de soi dans le plaisir est à sa portée.Aussi est-ce le plus souvent la femme qui assure 1 évolution du couple vers ses stades les plus adultes.C\u2019est presque toujours elle qui est capable des amours les plus passionnées, des liens les plus durables et qui spontanément aspire le plus profondément à la fécondité de sa vie conjugale.C\u2019est cRez elle que la stérilité décIencRe les ébranlements psychiques les plus graves.Aussi la femme a-t-elle pour tâche de sensibiliser l\u2019Romme aux joies anticipées de la procréation.Les femmes vraies, celles 84 Paternité et maternité qui s acceptent comme femmes et ne sentent jamais le besoin de se faire pardonner par fes hommes d être femmes, le savent d instinct, II y a mieux pour elles que de singer les hommes, c est de les créer et après les avoir enfantés à la vie de la chair de les enfanter à la vie de I esprit.Le salut de l\u2019homme est dans la femme, elle seule peut le distraire du présent et l amener à engager à fond I avenir.Si I homme dispose souvent d\u2019un art consommé du possible et par nature est mieux syntonisé aux facteurs de réalité, la femme semble plus attentive aux appels de la conscience et aux invites de l\u2019idéal.Elle possède mieux que l\u2019homme l\u2019art de l\u2019impossible ! La vocation de la femme c\u2019est d\u2019introduire le sens de l\u2019éternité dans la vie de l\u2019homme, trop enclin par nature à se laisser absorber par l\u2019éphémère et scléroser par ses instincts de mort.La femme doit apprendre à l\u2019homme à se survivre dans ses filles et ses fils qu ensemble avec Dieu, dans l\u2019amour, ils peuvent créer.Le couple humain n\u2019a pas de voie plus adulte d\u2019échapper au mirage de la mort.Pour le couple, dont l\u2019amour est plus fort que la mort, sa seule promesse de durée est qu\u2019« Erôs » soit vaincu par « Agapê » I Bernard Mailhiot, O.P.Institut de Psychologie, Université de Montréal 85 La Marquise Duparc et le classicisme Molière, Corneille et Racine se retrouvent autour d\u2019une comédienne On a tendance à passer quelques rapides coups de plumeau sur les vêtements poussiéreux des personnages du passé, question de leur rafraîchir les souvenirs et de nous éclairer la vision.On s\u2019étonne parfois d\u2019y découvrir des couleurs si vives, des gestes encore hésitants.Peu à peu le personnage de cire du musée Grévin s\u2019anime, consent à revivre pour nous quelques heures palpitantes de sa vie enlisée dans les sables littéraires.Quand 1 histoire ne joue pas au fossoyeur, elle infuse des parfums trompeurs dont les embaumeurs n\u2019ont pas seuls les secrets.Déshabitués à I incarnation, les membres raides de ces personnages dignifiés dans leurs attitudes officielles de momies ont des airs de marionnettes, et la voix qu\u2019ils empruntent au vent passant à travers leurs mâchoires rigides trouve des tournures énigmatiques pour traduire des confidences retenues depuis des siècles.Ainsi vers 1658, en plein dix-septième siècle français, à 1 aube de 1 Ecole de 1660, nous trouvons les trois grands dramaturges, Molière, Corneille, Racine, rôdant comme de jeunes mousquetaires fringants autour des froufrous gracieux d\u2019une comédienne splendide : la marquise Thérèse de Gorle, épouse de René Berthelot sieur Duparc dit « Gros-René », acteur avec sa femme dans la troupe de Molière.La marquise se laissait nommer Mademoiselle Duparc : c est la coutume chez les comédiennes mariées de demeurer jeunes filles plus longtemps, et de se marier souvent, question de métier.Mademoiselle Duparc devait avoir vers 1658 de vingt-cinq à trente ans, vous savez, cet âge où I on a vingt ans pour une dizaine d\u2019années.Et elle faisait un bien vilain métier.Courageuse avec ça, la petite, et pleine de talents et de séductions.Les Messieurs de Port-Royal, comme de noirs et sombres justiciers, prononçaient les plus sévères anathèmes contre le théâtre et traitaient volontiers « d empoisonneurs d âmes » ces 86 La marquise Duparc et le classicisme poètes dramatiques qui livraient en pâture au public toujours avide de sensations les plus violentes qu\u2019une âme humaine déjà damnée pouvait laisser s\u2019installer chez elle.Cette condamnation des ascètes jansénistes frappe sans doute cruellement leur ancien protégé, le jeune Racine, qui réplique vertement.Mais telle est I opinion publique : un comédien, ipso facto excommunié, doit adjurer son métier pour être enterré en cimetière chrétien.C est sur intervention de Louis XÏV et subrepticement que Molière pourra avoir des funérailles nocturnes discrètes.On pense et dit qu un comédien est une personne immorale, un aventurier sans scrupules et sans lois, dont la vie privée et la vie professionnelle, toutes deux aussi pourries, constituent un double scandale, d où le « gros péché » à assister au théâtre.Si une jeune fille au temps de « La Dame aux camélias » avait déclaré à sa mère qu elle voulait faire le métier de Marguertie Gauthier, la situation aurait été celle d une jeune comédienne au dix-septième siècle : celle justement de Mlle Duparc, marquise-comédienne que nous retrouverons quelques lignes plus loin.Molière ouvre la clause Molière est un garçon ambigu, paradoxal : il n y a pas deux âmes en lui, il y en a autant qu il y a de pièces, de personnages, de scènes dans son théâtre.Molière pourtant n est pas une girouette, il ne fait même pas un bon monument public.II rouspète chaque fois qu on veut I\tétiqueter : dramaturge, classique, directeur de troupe, comédien.Un drôle de bohème.Son père tient à la fois du cyclope et de la grand-mère ; lui-même étudie comme ça se trouve, attentivement endormi sur ses cartables ou étourdiment emporté dans une discussion judiciaire.Puis, c est le coup de foudre : il en mourra, mais ça prendra trente ans : de vingt ans à sa mort, Molière vit pour le théâtre et le fait vivre, de sorte qu on ne sait plus trop où est Molière et où est le théâtre ?II\tfonde en 1645 avec les Béjart une troupe par-devant notaire, qui fera des pieds et des poings, de la province et du village, de la misère et des écus, pour gagner sa vie et sa survie : la troupe, pas le notaire ï 87 Revue Dominicaine Molière apprend son métier d homme, au contact des comédiens italiens qui avaient une conception très vive et très spontanée de la comédie ; au contact des gens sérieux qui considéraient le monde du spectacle comme une antichambre aux enfers grouillante de tous les vices et de tous les crimes : au contact du gros public qu il n\u2019est pas facile de berner et d abuser ; au contact de ses compagnons de masques versatiles pour qui il se laisse parfois emprisonner pour dette.Molière, loin d être un misérable hère loqueteux, aime son métier à la folie et campe le type du magicien médiéval clans ses costumes brillants : il croit en sa mission de plaire, de divertir, de redresser peut-être : cas-tigat ridendo mores ?A son retour à Paris en 1658, Molière possède une expérience de seize ans comme dramaturge, comédien, directeur : il sait à quoi s\u2019en tenir côté théâtre et côté nature humaine.II connaît les ressorts, les grimaces et les secrets de tous les masques, pour les avoir portés ou fait porter : aussi est-il ensemble optimiste et pessimiste, objectif et subjectif, observateur malin et théoricien pondéré, comique et tragique.C\u2019est là peut-être le génie même de Molière : ancrer le vice et la vertu, faire se côtoyer la douleur et le rire, dans les mêmes situations, chez les mêmes personnages : il n y a plus de rôles découpés dans les nuages, il n\u2019y a que gestes enracinés profondément dans tout homme.Sa scène n est plus I artifice, I illusion, la fiction : la tromperie règne dans la salle qui rigole, pleure, se fâche, sympathise, s offusque, s\u2019émeut, rigole de nouveau.selon les fantaisies et cabrioles, les émotions et douleurs du maître Poquelin, le public hésite à croire qu il n\u2019y a entre sa vie privée réelle et la vie vraie qu on lui présente sur scène, que cette salle agitée où 1 artifice a fait son domaine.A son retour à Paris, Molière ramène aussi une comédienne habile, géniale peut-être, qu il avait engagée à Lyon cinq ans plus tôt : des dons vifs agrémentés de charmes séduisants : Mlle Duparc prodigue les premiers et réserve les seconds, malgré les pressants assauts de Molière.88 La marquise Duparc et le classicisme Ce qu il en fait des drôleries pour faire éclater dans la boucfie fine un rire en cascades ! Elle rit, de bon cœur, et Molière en est quitte pour sa peine : regarder sans toucher ! Corneille esquisse quelques pas A cinquante-deux ans, en 1658, deux ans après sa traduction mystique et chaleureuse de « L Imitation de Jésus-Christ », et tout en préparant son retour sur la scène avec Œdipe, le digne Corneille se brûle aux feux sombres des grands yeux noirs de Mademoiselle Duparc : il essaie d apprivoiser cette jeune personne et, perdant la tête, lui fait des avances : la passion I emporte sur la volonté pour un moment î Mais la marquise ne perd pas son sang-froid et demeure comédienne-intrigante sans céder.Le fier Corneille se souvient de Iorgueil humilié de don Diègue et du débat déchirant de Rodrigue : sous I affront du refus, il se redresse, reprend la maîtrise de ses gestes.Enfin la volonté rétablit sa tyrannie sur les passions.Mais la voix trahira des accents douloureux, des vibrations palpitantes, sous des mots qui se voudraient cinglants et ne réussissent qu à s arrêter au bord des sanglots : « Marquise, si mon visage a quelques traits un peu vieux souvenez-vous qu à mon âge vous ne vaudrez guère mieux.Le temps aux plus belles choses se plaît à faire un affront : il saura faner vos roses comme il a ridé mon front ».Et la blessure persiste dans les années, au- delà même de la mort de celle qui I a refusé.On en retrouve un écho encore meurtri douze ans plus tard : 89 Revue Dominicaine « J aimais quand j étais jeune et ne déplaisait guère : Quelques fois de soi-même on cherchait à me plaire, Je pouvais aspirer au cœur le mieux placé : Mais hél as 1 j étais jeune et ce temps est passé ».(Pulch érie, 1672) C est probablement là le seul coup de foudre dans toute la vie rangée et maîtrisée de Corneille.Non pas que son âme soit sans relief ni agitation : des passions violentes et grandioses s y heurtent comme des rapières croisées dans la rage d un combat tumultueux.Mais I empire de la volonté règne, aussi bien dans les bousculades de la vie intime que dans les âpres combats de la scène.Sous des apparences de noblesse et de despotisme rationnel, la vie et le théâtre de Corneille grondent de passions terribles, animées dans un lyrisme ardent et sublime, nourries par un orgueil exalté, par un destin qui ne sait pas ne pas être héroïque.La marquise-comédienne, par son refus du cœur du lion vieillissant, sert la gloire cornélienne et lui offre un stimulant, cruel sans doute, mais efficace.Sous cet affront, il sut retrouver parfois, dans les œuvres pénibles et inégales de sa dernière période, des accents et des éclats qui rappellent heureusement, avec quelque nostalgie, Le Cid, Horace, Cinna.Et Racine mène le hal Racine séjourne à Port-Royal lors des Provinciales de Pascal : une secousse dont on ne se remet pas facilement.Tout en résistant au jansénisme intégral, le jeune homme est imprégné du sentiment de la faiblesse humaine, misérable, qui succombe sous les rafales violentes des passions, sans le secours capricieux de la grâce.Cette influence pénible offre une heureuse contrepartie : on 1 initie aux beautés des littératures biblique, hellénique, romaine.Seulement, le sensuel Racine est plus réceptif à battrait instinctif du paganisme antique qu à la mystique ascétique des Messieurs de Port-Royal.90 La marquise Duparc et le classicisme A vingt ans, solidement formé et non moins solidement décidé à connaître le monde, le garçon, narines palpitantes et lèvres minces, hume les vents de la belle société et des coulisses de théâtre : sa formation humaniste peut toujours servir à trousser quelques strophes galantes, quelques odes prometteuses, quelques scènes même.Les parents de Port-Royal I envoient alors se retremper aux sources moins frivoles de la théologie thomiste à Uzès : il y apprend les passions fougueuses de la jeunesse, et renvoie aux calendes grecques ses prochains contacts avec la trop sinistre abbaye.Libéré du masque d hypocrisie que lui imposait le jansénisme, il reprend à Paris sa carrière de courtisan et d arriviste : élégant, séduisant, fringant, frondant, vingt-cinq ans ! Molière accepte de jouer sa Thé-baïde, puis son Alexandre (1665), tout en constatant la forte inspiration cornélienne du nouveau dramaturge.Le succès glorieux monte à la tête de Racine : pour corser la situation et hâter sa consécration, il n est plus satisfait du jeu de Molière au Palais-Royal, et deux semaines après sa création Alexandre est monté à 1 Hôtel de Bourgogne par la troupe rivale : Racine n a pas hésité à troquer une amitié (intéressée peut-être) avec Molière pour une ouverture du côté des pensions royales.Cette première trahison ne lui suffit pas : le rôle d Axiane dans Alexandre est superbement interprété au Palais-Royal par Mlle Duparc.Racine décide de I enlever à Molière pour la passer à Floridor, son émule.En instances auprès de la troublante marquise, le jeune dramaturge, qui ne connaît pas encore très bien les insondables gouffres de la passion, mais qui est fin prêt à les explorer avidement, devient amoureux-fou, se cramponne, et finalement la convainc, entre autres occasions, à quitter Molière.Racine fait en somme d\u2019une pierre deux coups : il enlève une excellente comédienne à un double rival (sur le plan théâtre et sur le plan sentiment : car Molière surveille de près la Duparc), et se fait un double crédit, auprès de la Cour, et auprès de la marquise.Mlle Duparc, fille intelligente, saisit les avantages de prestige et de budget de la troupe royale officielle, et les promesses d\u2019avenir dans 91 Revue Dominicaine le cœur d un jeune dramaturge génial.La jolie brunette cède à la passion délirante de Racine, en devient la maîtresse : une fois de plus le tendre garçon supplante le vieillissant Corneille et dame le pion à un Molière stupéfait de ces dures manœuvres.Dans 1 ardeur du combat, le jeune arriviste soufflette d une main Corneille qu\u2019il pille de I autre, attaque sauvagement ses maîtres de Port-Royal qui 1 ont fait ce qu il est : une passion violente et exacerbée, capable de tendresses les plus farouches et de cruautés les plus raffinées, dans une humanité lyrique et spontanée.Andromaque (1667) est écrite pour la marquise Duparc, et Racine forge ses vers sur sa respiration, structure ses scènes sur 1 ampleur de ses gestes, scrute les abîmes psychologiques dans ses grands yeux noirs.Les mains gracieuses et ductiles de la comédienne ébouriffent la perruque du dramaturge et peut-être guident les doigts encore hésitants dans le souvenir de I art expérimenté de Molière.Comme on vérifie facilement chez Racine les incidences et influences du bon sens vif de Molière, de la noble grandeur de Corneille, de la vérité raisonnée de son ami Boileau, on peut aussi deviner le rôle de Mlle Duparc dans cette sensibilité subtile, féminine, attentive aux moindres nuances, dégageant des émotions insoupçonnées jusque-là, qui condensent dans ce vers magique de Britannicus : « J\u2019entendrai des regards que vous croirez muets ».Andromaque connaît un double triomphe : pour 1 amant et pour la maîtresse, qui en tirent tous deux des bénéfices précis.La belle aventure est hélas de courte durée : en décembre 1668, Mlle Duparc meurt, dans une vraisemblable tentative d avortement, et dans une non moins vraisemblable grossesse due aux chaleureux offices de Racine.Le jeune dramaturge (29 ans) durement frappé dans la perte de sa meilleure interprète et de sa première maîtresse, connaît maintenant le labyrinthe des passions complexes, et la facile comédienne Marie Desmares, dite Mlle Champmeslé, continuera avec autant de doigté et plus d\u2019expérience l\u2019éducation sentimentale et tortueuse entreprise par la Duparc.Car la Champmeslé, moins réticente que sa précédente, tient lit ouvert aux 92 La marquise Duparc et le classicisme hommes d esprit comme La Fontaine, Charles cle Sévigné, et joyeuse compagnie aux libertins : pendant que le mari, cocu heureux, trinque avec les amis de sa femme le champagne qu il paie généreusement.Racine, petit égoïste accapare pour lui seul la lugubre créature, et cyniquement répète I épisode Duparc-Anclromaque avec Champmeslé-Phè-dre.Mais la comédienne est décidément plutôt polvanclre, car un Monsieur « Le Tonnerre est venu et 1 a dé-Racinée » celte drôlesse en qui Racine croyait pourtant.Cruelle déception.De cette orageuse liaison je vois deux conséquences : cl abord la Champmeslé, excellente tragédienne, tient avec brio les rôles de Bérénice, Athalie, Monime, Iphigénie, Phèdre, qu elle inspire en partie ; puis Racine, quoique déjà initié, apprend des frissons, des émotions, des troubles, des souffrances, des inquiétudes, qui lui ouvrent des perspectives hallucinantes sur les crises psychologiques humaines.Le dramaturge comprend la complexité de I individu, son dosage de vices et de vertus, sa formule de tendresse et de cruauté.Sans doute qu il faut « plaire et toucher » (Préface de Bérénice) mais il faut aussi savoir souvent qu\u2019« au milieu de I amour la férocité » sévit (Préface de Bajazet), dans une fatalité cruelle qui conduit à de sanglantes hécatombes ; Racine, le plus tendre des grands cruels de I art.Paradoxalement, Phèdre (1677) réconcilie Racine et Port-Royal.Le public stupéfait assiste à une situation racinienne insolite : une passion coupable fait naître le regret, le remords même, et la conscience repen tante condamne ses crimes.Ce renversement de vapeur dans la dimension psychologique et la valeur dramatique est confirmé explicitement dans la préface : punir sévèrement les faiblesses, glorifier la vertu, « réconcilier la tragédie avec quantité de personnes, célèbres par leur piété et par leur doctrine » sévères et exigeantes.Une liaison dramatique de trois ans (1665-1668) avec Mlle Dup arc, une liaison scabreuse de sept ans (1669-1676) avec la Champmeslé, ont réussi à ramener à l\u2019ombre du jansénisme un dramaturge de trente- 95 Revue Dominicaine huit ans dégoûté et aigri, en proie à une torture morale qui fourmille de toutes les complexités psychologiques créées par ce trop subtil analyste.Les cabales de la chute de Phèdre ne suffisent pas à expliquer la « conversion » de Racine.II a en douze ans fait le tour des passions humaines, et I heure de I ordre a sonné.Détourné du cloître, if se marie, devient avec Boileau historiographe de Louis XIV, courtisan-poète ; Esther et Athalie sont là pour rappeler que Racine, toujours opportuniste, a eu la prudence de se retirer au bon moment pour sa gloire : devant la chute de Phèdre sans doute, mais surtout devant I offre d\u2019une charge royale glorieuse.II n est pas épuisé comme Corneille, et il n\u2019a pas la vocation de mourir au théâtre, comme Molière.Après douze ans de silence (1677-1689) il sait encore donner deux chefs-d\u2019œuvre.Le sage Racine mène vers 1 680 une vie rangée, paisible, chrétienne et édifiante, quand la Voisin, avorteuse professionnelle qui avait raté la manœuvre avec Mlle Duparc, est arrêtée : elle tente de compromettre Racine pour s en tirer à bon compte, et le nouveau converti passe bien près de connaître les humides cachots de la Bastille : heureusement est-il confortable historiographe du roi I Car sa négligence criminelle, en laissant courir à sa maîtresse le risque d\u2019un avortement fort loucbe, ne laisse pas de doute.La querelle du théâtre Nous sommes ici au seuil de la tapageuse querelle du théâtre de 1694, où Bossuet déclare qu un comédien, pour plaire, flatte la concupiscence et les mauvais instincts ; que le dramaturge utilise les passions les plus tortueuses pour agiter les âmes des étourdis qui risquent leur salut éternel dans les antres si vulgaires de si grossiers divertissements.Avouons avec le célèbre orateur (qui avait eu son heure mondaine) et avec les lugubres Messieurs de Port-Royal qu on a souvent donné avec une profusion accablante les arguments nécessaires à leurs vitupérations.Comédiennes, comédiens et dramaturges jouent un jeu dangereux : le contact quotidien, aussi artificiel qu il semble, des passions théâtrales, 94 La marquise Duparc et le classicisme tisse une promiscuité où la corruption s infiltre facilement.Et la vieille histoire de la faiblesse humaine.Le dramaturge doit traiter sans complaisance cette matière brute et palpitante que sont les passions de I homme.Le comédien doit les incarner scrupuleusement et fougueusement sans tomber dans leurs traquenards.Et le spectateur doit s abstenir de cette occasion de danger moral, ou posséder un équilibre suffisant pour ne pas être troublé trop fortement par ce rôle de phénomène qu est le théâtre.Cette fascination du masque qui, de Sophocle à Claudel en passant par Corneille, Racine, Molière, et Mlle Duparc.touche en I homme une zone particulière, celle des destins possibles.Guy Robert Gaspé, décembre 1960 95 Progrès et problèmes de la médecine moderne Les temps ont Lien changé depuis Molière, mais la Médecine et les médecins restent en Lutte au même reproche, enrobé tour à tour des mêmes syllogismes et des mêmes sarcasmes : les prescriptions d Esculape sont, aujourd hui comme autrefois, trop souvent marquées au cachet du caprice et de I arbitraire.On aurait mauvaise grâce à mettre en doute le Lien-fondé d une critique aussi puissamment épaulée.II est clair que le chapeau nous sied et nous sommes résignés à le coiffer.Mais cet aveu nous vaudra sans doute la faveur de quelques commentaires.Premièrement, notre profession est loin d être la seule à souffrir du genre d infirmité dont on 1 accable.Cette remarque ne constitue pas en soi une excuse, mais elle rétablit I infirmité en question dans un cadre plus vrai que celui qu on semble vouloir lui prêter.Deuxièmement, le médecin a plus de raisons que d autres de faillir à l\u2019obligation de justifier chacun de ses gestes.Dans bien des cas, nous sommes confondus par la nature et la complexité de nos problèmes, et c est alors, que notre philosophie a tendance à courir un peu trop vite s abriter derrière de bonnes intentions d une logique parfois misérable.La dose d expérience, de détermination et de sagesse qu il faut à un médecin pour apprendre et se résoudre à ne rien faire, n\u2019a sa mesure que dans le penchant inné, féroce et irrésistible du populaire à en faire quelque dose.1 roisièmement, la profession médicale, exception faite de quelques rares phénomènes, demeure parfaitement consciente de ses faiblesses.Quatrièmement, en dépit de ces mêmes faiblesses, la Médecine rend à la société de nombreux et prodigieux services.Mais ici, vous allez m interrompre par une redoutable question.A quel prix ?allez-vous demander.Je pourrais vous répliquer du tac au tac que les services en cause n ont pas de prix, et que votre intervention est hors de propos.Mais ce serait là une réponse de jésuite, probablement mal acceptée dans la dialectique dominicaine ! Les services en question ont leur prix, et nous allons voir que ce prix est élevé.96 Progrès et problèmes de la médecine moderne Chacun connaît le parti que le Diagnostic et la I hérapeutique ont su tirer des progrès de la Physique et de la Chimie.II ne viendra à personne l\u2019idée de contester que la découverte des rayons X, de même que celle des sulfamidés et des antibiotiques ont sauvé la vie à un nombre incalculable d individus.Personne ne niera non plus que la mortalité infantile a diminué et que la vie moyenne a allongé.Et ce n est là qu un coup d œil rapide sur la scène.On pourrait montrer que toutes les branches de la Médecine, sans aucune exception, ont enregistré des réussites renversantes.II est certain qu on meurt plus vieux et que nombre de maladies guérissent plus vite et plus souvent aujourd hui qu autrefois.Après un pareil bilan, il semblerait que tout ce qui reste à faire soit de s\u2019extasier et de souhaiter que ça continue.Mais ce serait là une erreur.II y a en effet un autre item important dans la vie des individus, c\u2019est celui de se bien porter.Les gens âgés, voyant approcher la mort, seraient souvent prêts à accepter le risque de se porter tel quel, moyennant l\u2019assurance de vivre un peu plus longtemps, mais les êtres jeunes, en bonne santé, ne veulent rien entendre à ce compromis : pour eux l\u2019important n\u2019est pas tant de vivre longtemps que de se bien porter.Qui a raison ?Vérité en deçà des Pyrénées, erreur, au-delà I Les vieillards et les malades à qui on réussit à prolonger la vie, de même que les enfants qu on arrache à la mort, n en deviennent pas toujours pour cela ce qu\u2019on peut appeler des gens bien portants.Leur présence dans la société ne vient souvent que grossir un groupe de handicapés déjà existants et a, comme conséquence générale, que statistiquement parlant, « on » se porte moins bien aujourd hui qu autrefois.La Médecine a abaissé la mortalité mais elle a accru la morbi dité.Cette constatation suscite immédiatement deux problèmes que nous allons examiner.Premièrement, les gains réalisés sous le rapport de la mortalité compensent-ils les pertes dans le domaine de la morbidité ?Economiquement et socialement, on est tenté de répondre non.II suffit d étudier le budget de la santé à différents échelons pour s en convaincre.Un 97 Revue Dominicaine des plus lourds fardeaux des peuples actuels (après celui de décimer leurs voisins), est de soigner leurs bobos.Du train où vont les cboses, on est porté à penser à une époque où les gens valides ne resteront plus assez nombreux pour pourvoir au soin des invalides I Deuxièmement, peut-on espérer trouver des moyens de réduire la morbidité comme on est parvenu à abaisser la mortalité ?II est permis d\u2019en douter.La morbidité s alimente, de nos jours, à de nouvelles sources qui tendent à lui assurer une croissance géométrique.Muller \\ titulaire du prix Nobel pour ses travaux sur les mutations, a longuement traité de ce problème.Nous résumons à grands traits les principales de ses données.Les mutations acquises, du type récessif pour la plupart, ne sont pas inoffensives, même pour I hétérozygote.Elles comportent toujours un certain pourcentage de dominance ou de Iétbalité qui varie de quelques unités à une fraction de un pour cent.Elles s éliminent graduellement du génome des descendants par la sélection naturelle, ou autrement dit, par le fait que les individus qui en sont porteurs ont des difficultés particulières à s\u2019adapter et finissent tôt ou tard par rencontrer des conditions qui les mettent clans l\u2019impossibilité de se reproduire \".La durée moyenne d\u2019extinction est évaluée à 40 générations.Chaque individu est donc porteur de deux lots de mutations : un, formé d anciennes, qui lui sont léguées par ses ascendants, et un, formé de nouvelles, que l\u2019individu subit lui-même, au cours de sa propre vie, et qu il transmet à son tour.Il suffit de réfléchir un peu sur ce processus pour comprendre que, dans la succession des générations, il arrive un moment où le taux de production des mutations nouvelles équilibre le taux d\u2019extinction des mutations anciennes.Cet équilibre de fréquence des mutations correspond, d\u2019après Muller.à huit gènes mutants par individu.1.\tH.J.Mulles, Our load, of mutations.American Journal of Human Genetics, vol.2, no 2, pages 111-176.Juin 1950.2.\t«La mort génétique» ou le rejet des mutations défavorables peut survenir de bien des façons : mort de l\u2019embryon, mort à la naissance, mort de l\u2019individu avant qu il ait atteint l\u2019âge de se reproduire, stérilité, incapacité de donner naissance à un nombre normal de descendants.(Beadle, Ionizing radiation and the Citizen.Scientific American, sept.1959).98 Progrès et problèmes de la médecine moderne Toute cause tendant à rompre I équilibre de fréquence des mutations, soit en diminuant le taux d extinction, soit en augmentant le taux de production, contribuerait à accroître la morbidité.Comme la période d amortissement des oscillations de cet équilibre se chiffre à bien au- delà de 1 000 ans, les changements, tout réels et inéluctables qu ils soient, s\u2019enregistrent imperceptiblement.Plusieurs facteurs surgis des progrès de la Médecine sont de nature à diminuer le taux d extinction des mutations.On peut mentionner le décès à un âge plus avancé, la diminution de la mortalité infantile et le maintien en vie d un certain nombre de malades qui n auraient pas survécu avec la thérapeutique d autrefois.Ces faits ont comme résultats, le premier, que la procréation se fait à une période plus tardive, donc à un moment plus près de celui où les parents ont acquis toute leur part de mutations, le deuxième, que nombre d individus, qui seraient morts autrefois avant d\u2019avoir atteint 1 âge de procréer, sont maintenant mis en état de transmettre leurs tares à des descendants, le troisième enfin, que plusieurs malades atteints d affections héréditaires, laissent une progéniture plus nombreuse.Nous avons là, dans son expression la plus typique, un exemple du relâchement de la sélection naturelle.Nous passons maintenant aux facteurs susceptibles d augmenter le taux de production des mutations.La Médecine moderne nous en apporte deux : un dont on parle beaucoup parce qu on s en méfie, et un autre dont on parle moins, parce qu on n a pas encore appris à s en méfier.Vous avez deviné que le premier a trait à 1 utilisation de I énergie atomique et des radiations ionisantes.Jusqu en 1 928, on ignorait I existence d agents mutagènes autres que la température.A cette époque, on acquit la certitude que les rayons X, les rayons de radium, et en général toutes les radiations assez énergiques pour ioniser un atome au sein d une molécule de matière vivante, peuvent modifier la constitution des gènes.Les mutations engendrées sont du type des mutations dites spontanées.A la suite d une longue série de tests et d observations pratiquées chez de petits animaux à vie courte, on est parvenu à mesurer le pouvoir 99 Revue Dominicaine mutagène des radiations et à déterminer, par exemple, la dose susceptible de doubler le stock de mutations d un individu.En extrapolant de l animal à l homme, des généticiens compétents et autorisés sont arrivés à figurer ce que pourrait être cette dose dans le cas de 1 homme.On r évalue à 50 ou 40 roentgens , mesurés dans les glandes sexuelles.En raison de la diffusion des rayons X dans 1 objet exposé, les glandes sexuelles sont toujours plus ou moins touchées, même quand 1 irradiation est faite sur des régions anatomiques distantes de ces dernières.II va de soi aussi que le danger des radiations augmente avec la puissance des sources de rayonnement, le pouvoir de pénétration des rayons, I étendue des surfaces exposées, la durée de I exposition et plusieurs autres facteurs de moindre importance.Une notion essentielle, sur laquelle tout le monde est à peu près d accord, est qu un grand nombre de radiolésions du génome sont irréversibles : en d autres termes, les mutations s\u2019additionnent avec les doses reçues tout au long de la vie.Toute idée de « dose permissible » ne peut donc reposer que sur des compromis.Muller 3 4 estime que le fait de doubler la production des mutations naturelles dans une population de 100 millions, doit se traduire, à la première génération, par 500 000 cas de stérilité ou de mort prématurée, sans parler des détriments de moindre importance, dont la proportion doit être encore plus élevée.Et si on poursuit le calcul jusqu\u2019à l\u2019extinction complète de l\u2019excédent des mutations, on arrive, pour les morts génétiques, à un chiffre de l\u2019ordre de 20 millions.1 out ceci, uniquement parce que l\u2019équilibre de fréquence des mutations pour la population en cause, est passé, durant une seule génération, de 8 gènes mutants par individu à 8.2, soit une variation de 2.5%.3.\tLe roentgen est une unité de dose utilisée en radiologie.Il est basé sur ce fait que le nombre d\u2019ions produits dans un même volume d\u2019air est proportionnel à la quantité de radiations absorbée.On recueille les ions sur des électrodes dont on mesure ensuite la charge électrique.4.\tH.J.Muller, Radiation and human mutation.Scientific American, vol.193, pages 58-68, novembre 1955.100 Progrès et problèmes de la médecine moderne La question qui se pose maintenant est celle-ci : quelle part revient à la Radiologie médicale dans l\u2019augmentation du stock de mutations des populations actuelles ?Des statistiques établissent qu aux Etats-Unis, I individu reçoit en moyenne, au cours de sa vie, pour des fins médicales, une dose de trois roentgens aux gonades.Si nous répétons qu\u2019il suffit de 30 roentgens pour doubler la production des mutations et que I effet mutagène croit linéairement avec la dose, il est facile de nous représenter, à l aide des résultats numériques de Muller, quelle peut être Faction de ces trois roentgens sur 130 millions d Américains.Ce n est malheureusement pas tout.La Médecine actuelle est exposée à d autres méfaits dans le domaine de 1 augmentation de notre stock de mutations.Seulement ici, nous n\u2019avons plus de données numériques à apporter.Le problème est trop nouveau et trop complexe pour que quelqu un ait osé risquer des approximations.Tout le monde est d accord cependant à admettre la réalité du danger.C est seulement en 1947 qu\u2019on a découvert l\u2019existence de drogues capables d altérer la constitution des gènes.La part du hasard semble avoir été plus considérable dans cette découverte que dans beaucoup d autres.Charlotte Auerbach, une généticienne de 1 Université d Edimbourg, qui en a été Fauteur, a avoué candidement qu elle avait été aussi surprise d apprendre qu elle manipulait des mutagènes depuis sept ans, que Monsieur Jourdain avait été stupéfait d être informé qu il faisait de la prose depuis son enfance °.Espérons pour le bien de I humanité, et pour 1 honneur de la profession médicale, que les praticiens de I an 2 000, ne passeront pas par 1 état d ame de Monsieur Jourdain et de Mademoiselle Auerbach, en découvrant qu ils prescrivent depuis cent ans des poisons cellulaires.A une époque où les seuls composés du carbone atteignent le million, où les produits pharmaceutiques sont plus nombreux que tous les mots réunis de la langue que 1 on parle, où on réalise des hommes synthétiques dont 1 efficacité fait pâlir les substances originales, où les 5.\tCette quantité est dix fois supérieure à celle qui résulte des retombées radioactives dues aux essais nucléaires.6.\tC.Auerbach, Mutagenic effects of Allkylating agents.Annals of the New York Academy of Sciences, vol.68, pages 731-749, 1958. Revue Dominicaine antibiotiques passent tellement vite qu on n\u2019a pas toujours le temps d\u2019en fixer la formule, où on manipule des toxiques qui sont mortels au dix millionnième de microgramme par Idlo de poids, où on découvre tous les jours de nouvelles façons d intervenir dans les processus métaboliques et enzymatiques, on est vraiment en droit de se demander si quelques-uns des deux cents milliers de molécules d acide désoxyribonucléique, que nous transmettons à nos descendants, n auront pas un peu souffert de toutes ces nouveautés.Les généticiens et les biochimistes sont visiblement inquiets de la sérénité avec laquelle la Médecine évolue dans sa pharmacopée actuelle.II est relativement facile en effet de dresser le bilan pharmacodynamique d une substance chimique, mais il en va tout autrement s il s agit d en déterminer les propriétés mutagènes.Ceci ne peut se faire que par des méthodes génétiques, fastidieusement longues et délicates, et dont les résultats, par surcroît, ne sont pas nécessairement valables pour une espèce animale autre que celle en cours d expérience.Rien ne prouve par exemple que les antibiotiques, qui sont mutagènes à I échelle des levures ' le soient à I échelle humaine.On pourrait en dire autant de la caféine qui est mutagène pour le colibacille 7 8.Quand on parle de mutagènes dans les milieux médicaux, on pense tout de suite aux alcoylants, un groupe de substances chimiques, dont les plus connues sont les chloréthylamines, vulgairement appelées moutardes azotées ou gaz moutarde.Ces médicaments jouissent actuellement d une vogue considérable 9 dans le traitement de certaines maladies cancéreuses.Ils s\u2019administrent en injections intraveineuses ou en comprimés, absorbables par la bouche.Ils sont mutagènes au même titre que les radiations ionisantes : c est pourquoi on les considère comme les chefs de file d\u2019une classe de produits qu\u2019on appelle « radio-mimétiques 10.Leur action globale et générale est en effet assez semblable 7.\tGlen L.Jenkins et al., The Chemestry of Organic Medicinal Products.Wiley 1957.page 483.8.\tH.J.Muller, Radiation and human mutation.Scientific American.Novembre 1955.9.\tEn très grande partie, imméritée.10.\tPeter Alexander, Radiation-Imitating Chemicals.Scientific American, vol.202, pages 99-107, janvier 1960.102 Progrès et problèmes de la médecine moderne à celle des rayons X.La dose d un milligramme par kilo de poids met la souris à peu près dans le même état qu une irradiation sur tout le corps de 500 à 400 roentgens 11.Chose curieuse, les législateurs qui entourent I utilisation médicale des radioisotopes de formalités mesquines et souvent ridicules, ont la conscience absolument tranquille en ce qui concerne la conservation et la distribution des mutagènes chimiques.Alors que la prescription des radio-isotopes injectables ou ingérables relève du domaine de la « surspécialité », les chloréthylamines sont à la portée de n importe quel praticien et le pharmacien du coin en a sur ses tablettes de quoi changer quelques gènes à tous les gens du quartier.On note la même indifférence dans le corps médical.Nous connaissons plus d un médecin que les dangers de la radiothérapie mettent en transes, mais que la crainte des mutagènes chimiques n\u2019a jamais effleurés.Si tous les produits à propriétés mutagènes se résumaient au groupe des alcoylants, le problème serait bien simple.Cela voudrait dire au moins deux choses excellentes à savoir : 1 ) que 1 effet mutagène est la conséquence de réactions chimiques bien définies et 2) qu en dehors des substances capables de donner naissance à ces réactions, nous n aurions pas de soucis à nous faire et conséquemment pas de surveillance à exercer.Mais la vérité est toute autre.On trouve des mutagènes parmi des composés où I alcoylation ne peut absolument pas entrer en ligne de compte, comme les peroxydes, les phénols, les acridines et les purines.Ceci laisse donc à penser que 1 atteinte de la molécule d acide désoxyribonucléique, qui porte les gènes, peut résulter de mécanismes chimiques fort différents.Il est bien possible aussi qu on ait affaire, non pas à une altération de la molécule déjà constituée, mais à une viciation de I une ou l\u2019autre des étapes qui en assurent la synthèse.En changeant un atome ou un groupe d atomes à certains matériaux dont 1 organisme se sert pour fa- ll.Homburger and Fishman, The Physiopathology of Cancer.Page 478.Hœber, 1953.105 Revue Dominicaine briquer son acide désoxyribonucléique, on arrive en effet à provoquer des mutations de gènes.Un autre fait qui illustre assez péremptoirement F extrême complexité et I infinie variété du mode de production des mutations est F écart énorme de sensibilité aux radiations ionisantes qu\u2019on rencontre entre les représentants des différents échelons du règne animal.Mais ce sont là des détails où nous ne nous attarderons pas davantage parce qu\u2019ils débordent un peu le cadre que nous nous étions fixé.La Médecine Moderne n a pas mis au monde que de bons enfants.Sur le nombre, il y en a qui paraissent voués à lui causer bien des soucis.Comme un malheur arrive rarement seul, il se trouve que ce problème tout nouveau des mutations, déjà angoissant par lui-même, est amalgamé avec un autre problème, très ancien celui-là, vieux de millénaires, dont la profession ne parle qu\u2019en rougissant, et qui, vous 1 avez deviné, s\u2019appelle le cancer.(Un nom miteux, moyenâgeux, mythologique, sentant I ignorance et le charlatanisme, et qu il a fallu conserver pour des motifs inavouables).On a constaté en effet avec stupéfaction, que beaucoup d\u2019agents mutagènes sont en même temps des agents cancérigènes.Ceci s\u2019entend pour des agents physiques, comme les radiations ionisantes, et pour des agents chimiques, comme les alcoylants.Et même aussi pour des mutagènes chimiques qui n ont rien de commuun avec les alcoylants, comme les uréthanes et les peroxydes.C\u2019est à y perdre la tête.Et de fait, nous avons perdu la tête en nous laissant aller un moment à penser que la cellule cancéreuse pouvait être une vulgaire cellule somatique mutante.C\u2019eût été vraiment trop simple ï Et compter sans les virus, ces molécules d\u2019acide nucléique qui se promènent à moitié nues, emportées par un vent on ne sait d\u2019où, cherchant un chromosome à qui conter leur romance I Car nous connaissons aujourd\u2019hui d\u2019authentiques cancers du règne animal, provoqués par de non moins authentiques virus.II paraît de plus en plus probable que le problème de I\u2019 action biologique des radiations ionisantes, celui des cancers et celui des 104 Progrès et problèmes de la médecine moderne virus sont des problèmes connexes, marqués tous les trois au signe de la Génétique 12.Nous nous excusons de cette échappée dans le ciel de la recherche, îl nous faut revenir sur la terre pour trouver une réponse pratique à Fétat de choses d\u2019un monde en train d augmenter ses mutations sur un rythme inquiétant, et d une Médecine fortement en position d être incriminée dans 1 aventure.Muller énumère à cet effet plusieurs mesures qu\u2019on peut résumer d un mot : une plus grande circonspection dans l\u2019utilisation des radiations ionisantes et des mutagènes chimiques.L auteur ne va pas jusqu à nous supprimer le thé et le café, mais il y a pensé et il en parle ! En généticien imbu et respectueux de sa science, il fonde aussi beaucoup d\u2019espoir sur une vulgarisation et une meilleure compréhension des données de la Génétique.Nous ne pouvons résister à la tentation de citer son texte.* But, and here is the crux of the matter those who were relatively heavily loaded with genetic defects would consister it their obligation, even if these defects had been largely counteracted, to refrain from transmitting their genes, except when they also possessed genes of such unusual value that the gain for the descendants was likely to outweigh the loss \u201d.Le problème est trop sérieux, et Fauteur trop digne de respect, pour qu on ait le droit de sourire.Mais on a celui de demeurer sceptique.Pour nous, ce dont nous aurions le plus besoin dans I occurrence, c\u2019est de quoi satisfaire un envie folle de savoir si Muller a pu se tromper.Mais on comprend facilement que les données propres à motiver un pareil jugement ne sont pas I affaire de n importe qui.Un professeur de Génétique de I Université du Michigan, W.J.Schull 13, dans un mémoire récent, écrit spécialement pour un important symposium sur le sujet, répond à une question qui est très exactement celle que nous voulions poser.Toutefois, avant de vous la soumettre, nous croyons opportun d éclairer davantage Fétat du problème.Ainsi que nous l\u2019avons 12.\tVoir à ce sujet l\u2019importante compilation de travaux sur la question, publiée par les presses de 1\u2019Université du Texas : Radiation biology and Cancer.Austin, 1959.13.\tW.J.Schull, Radiation and Human Genetics in Radiation Biology and Cancer.University of Texas Press.Austin, 1959, pages 423-439.105 Revue Dominicaine signalé et souligné plus Kaut, toute I argumentation de Muller est fondée sur une extrapolation de 1 animal à 1 homme.Nous ne disposons pour le moment d aucune observation fiable qui nous permette de juger adéquatement de 1 effet mutagène des radiations dans les populations humaines.Le rapport de Macht et Lawrence (1955) sur un groupe de radiologistes américains, celui de Neel et Schull sur les survivants de Hiroshima et de Nagasaki, celui de Turpin sur une série de malades irradiés, et celui de Kaplan, sur des femmes ayant subi la castration roentgénienne, sont tous trop incomplets pour en tirer les conclusions qu on en attend.Le problème se rétrécit donc pour converger sur le fameux point qui nous intéresse : 'To what extent, then, can we draw upon extrapolations from data on infra-human forms ?\u201d C est la question de Schull.« On ne peut pas dit-il, des observations ayant trait au seul comportement de 1 homme devant les radiations, conclure d une façon certaine que nous sommes en présence d un réel danger ».L\u2019auteur ajoute qu il y a des divergences d idées parmi les généticiens concernant les chiffres qu il convient d attribuer au taux de mutations naturelles, au taux de mutations induites, et au taux d extinction, mais que tous sont unanimes à affirmer que les radiations sont mutagènes chez Fhomme « comme » (as) chez les autres organismes.Le problème est de savoir si ce « comme » veut dire « dans la mesure ».Dans quelle mesure peut-on extrapoler ?To what extent ?C était là la vraie question.Ni Schull, ni personne ne peut y répondre.Pour le faire il faudrait d abord connaître les différences susceptibles d exister entre les systèmes géniques de l\u2019espèce humaine et ceux des autres espèces et savoir ensuite en quoi ces différences peuvent influencer les mécanismes de formation et d extinction des mutations.Ce sont là des domaines où peu de gens, même très cultivés, sont en état d avoir une opinion personnelle.Car il ne faudrait surtout pas se laisser aller à tabler sur ce que 1 extrapolation de I animal à I homme pourrait avoir en soi ou en général, d illogique, d arbitraire ou d\u2019odieux.Ces considérations ne mènent à rien touchant ce qu on veut savoir.Elles sont carrément en dehors du sujet.En somme, il s\u2019agit 106 Progrès et problèmes de la médecine moderne d un pur problème de Génétique.La Palice, et avec lui tous les gens sensés, nous diront qu en matière de Génétique, le mieux est de s en remettre aux généticiens.On ne sait pas, et on ne saura probablement pas avant bien longtemps, si Muller s est trompé dans I ampleur qu il donne à ses conclusions, mais on sait dès maintenant que l auteur n a pas pu se tromper quant au sens qu il leur a fixé.C est là d après Scbull I opinion de tous les généticiens.Ainsi, la Médecine moderne, avec ses cinquante ans de progrès s est créé des problèmes pour une dizaine de siècles à venir.C\u2019est la répétition de 1 histoire bien connue des réussites humaines.La chose pourrait être déprimante s\u2019il ne s\u2019en dégageait pas une grande et belle leçon de modestie : une qualité qui contribue dans une très large mesure à rendre les médecins plus compréhensifs, et partant plus aimables.Germain Pinsonneault 107 Le sens des faits Le Cardinal Léger et les Origines de l\u2019homme Nous savions depuis longtemps que notre Cardinal était un personnage très cultivé, en plus d être un orateur distingué, mais nous ne savions pas jusqu à quel point il était également un expert pouvant s\u2019adresser aux savants avec toute la fermeté et la compétence d un Pie XII exposant avec précision et méthode les derniers progrès de la recherche scientifique.C est pourtant ce qui vient de se produire à I occasion du 60e anniversaire de la Société Médicale de Montréal.Son Eminence y a prononcé là des paroles savantes et de brûlante actualité sur I origine du monde, surtout de l'homme.Ce sujet a toujours intéressé l'humanité, de l\u2019enfance à la vieillesse, et malgré vingt siècles de reckerckes passionnées, tant du côté de la science que de la foi, toutes les pages de la Bible n ont pas encore révélé leurs secrets.Chaque génération y a puisé une inspiration nous apportant des découvertes mais c est surtout les kommes de notre temps qui doivent I emporter.De fait, tout le monde aujourd hui, catholiques ou protestants, croyants ou incroyants s intéressent à I Ecrit sacré et notre temps ne restera-t-il pas marqué par un « retour à la Bible » ?Une remarquable production d écrits bibliques s est développée et a progressé sous la courageuse impulsion du magistère de I Eglise.La critique historique a raffermi ses positions, le renouveau biblique en a tiré parti.Même I Eglise invita ses exégètes à s aventurer prudemment sur des sentiers nouveaux où la science et la foi ont tout intérêt à se rencontrer sous la bienfaisante lumière de Humani Generis.Dans ce grand courant d écrits bibliques prend place aujourd hui, avec valeur de document, la magistrale conférence que vient de prononcer le Cardinal Léger : une vaste synthèse du monde dans I optique de la science et de la foi.Dans notre monde en progrès constant où commence I kumain ?Où se trouve le seuil de I humanité ?La science pourra-t-elle nous le dire avec précision un jour ?II apparaît qu\u2019une étude plus poussée des genres littéraires dans I Orient primitif apporterait au texte sacré de précieux éclaircissements.Ainsi en langage sumérien n a-t-on pas découvert que le mot côte est synonyme de vie et le texte sacré nous livre un nouveau secret : « La femme a été faite avec la vie même de I homme ; elle possède comme substance ce qu\u2019il y a de plus intime chez I homme : sa côte, sa vie ».Et que d\u2019autres énigmes peuvent être déchi ffrées.108 Le sens des faits La conception biblique du monde et la conception scientifique sont deux procédés qui diffèrent dès le point de départ.L homme de foi accepte le donné révélé avec ses mystères, 1 homme de science, au contraire, cherche à tout expliquer par des hypothèses que la science tend à justifier.C est pourquoi « aux hommes de science I Eglise dit observez les phénomènes, aux théologiens approfondissez le mystère et elle a la certitude que ces deux démarches de I esprit humain ne peuvent aboutir à des points divergents ».Vouloir résumer ce discours ne serait pas honnête.Nous invitons donc nos lecteurs et tous nos intellectuels de lire attentivement ce texte pour une meilleure compréhension de Dieu, du monde et cl eux-mêmes.La Revue Dominicaine se fait un devoir d offrir à Son Eminence, avec sa profonde admiration, ses sincères félicitations pour ce discours qui honore non seulement le Canada français mais encore I Eglise tout entière.A.Lamarche, O.P.Le sens de la vie sacerdotale 1 Voici un précieux petit livre.Le nom de I auteur et le sujet traité le recommandent d emblée à notre sympathique considération.Le sens de la vie sacerdotale I L étude livrée ici fait suite, dans la pensée de 1 auteur, à celles qu il a consacrées depuis une douzaine d années à 1 « initiation chrétienne » et au « sens de la vie monastique ».Plus que jamais, le prêtre contemporain « doit être parfaitement au clair sur l\u2019essentiel de sa vocation, sur les tâches qui en découlent et sur le sens qu elles doivent prendre à ses propres yeux ».C est ce que le livre tout entier s efforce de faire connaître.La prêtrise est d abord un ministère dans 1 Eglise, mais un ministère qui a ceci de particulier qu il est essentiellement et exclusivement un ministère « apostolique ».Le ministère des Evêques et de leurs coopérateurs, les prêtres, les constitue « apôtres des Apôtres », comme les Apôtres par excellence étaient « apôtres du Christ » et le Christ « Apôtre du Père ».La « mission » des ministres de 1 Evangile n est pas seulement analogue à la « mission » du Fils et de 1 Esprit : elle est en continuité directe avec elle et ne peut se comprendre que par elle.Cette « mission » fait du prêtre tout d\u2019abord le héraut de la Parole de Dieu, puis I instrument de 1 Esprit en ces actions sacrées qu il est le 1.Louis Bouyer.Desclée et Cie, Tournai, Belgique.19 cm.199 pages. Revue Dominicaine seul à pouvoir poser et qui seront créatrices de la nouvelle création de Dieu, enfin I homme de prière, Ihomme qui reçoit au fond de son cœur la Parole de vie, qui s\u2019v livre, qui répond à son don en s\u2019y abandonnant et qui, dans cette prière même, doit attirer les hommes à la Parole et les entraîner dans I expérience de I Esprit.Le prêtre est donc avant tout prédicateur, consécrateur, intercesseur.Mais il n\u2019est tout cela, en fin de compte, que pour être pasteur : pour manifester au monde l\u2019amour compatissant, I amour sauveur du « bon Pasteur des brebis » qui a quitté les demeures célestes pour « chercher et sauver ce qui s\u2019était perdu », pour retrouver la brebis égarée, pour la ramener à la maison paternelle, et jusqu au sein du Père ».C\u2019est dans ces grandes perspectives que I auteur se situe pour nous découvrir « le sens de la vie sacerdotale ».Le livre est savamment structuré : après un premier chapitre sur le «ministère apostolique », trois chapitres sur le prêtre comme prédicateur : la parole divine, le ministère de la Parole, saint Paul, modèle du prédicateur : trois autres sur le prêtre en tant que consécrateur : le sacerdoce du Christ, le ministère sacramentel, Marie, inspiratrice du prêtre ; enfin trois derniers chapitres sur le prêtre comme intercesseur : 1 intercession du Christ, le ministère de la prière, David, I homme de la prière, le tout se terminant par une brève méditation sur le Bon Pasteur.A remarquer jusqu à quel point I auteur rattache le sens de la vie sacerdotale à la mission du Christ Prêtre lui-même.Aussi le soin qu\u2019il met, afin d éviter I abstraction ou les dispersions, à nous faire regarder quelques-unes des grandes personnalités bibliques où la tâche qui est celle du prêtre trouve sa préfiguration ou son accomplissement : Saint Paul, Marie, David.Un beau livre, rempli de pages fortes et drues comme 1 auteur sait si bien en écrire et que je recommanderais volontiers non seulement aux prêtres, mais à tous les chrétiens soucieux de connaître la mission essentielle et irremplaçable du sacerdoce catholique.T.M.L.La fête de saint Thomas, inspiration et encouragement des chercheurs Sans le sérieux, la profondeur et la longue patience de la recherche fondamentale, les chances les plus hautes qui affleurent parfois dans les découvertes courantes ne seraient même pas perçues.Deux courts exemples en deux domaines différents, la Science et 1 Ecriture sainte : Einstein, résidant aux Etats-Unis, perçoit et confirme la rupture de l\u2019atome dans le récit d\u2019une manipulation faite en Europe par le Dr 110 Le sens des faits Elahn 1 2 ; Alhright, résidant aussi aux Etats-Unis perçoit, plusieurs mois après leur découverte I importance des manuscrits de la nier Morte (Qumrân), et révdc cette importance à tout le monde etudiant .Sans la présence de ces chercheurs de grand fond on risquait de manquer la portée des manuscrits découverts par Mohammed le Loup, ou le sens véritakle de 1 article puklié au dékut de 1959 par le Dr Hakn.L\u2019intensité de la reckercke intérieure retient sans doute les dynamismes sociaux.Mais c\u2019est pour la société et c est pour le Lien commun que la reckercke est poursuivie.On appelle saint 1 komas kœuf muet, mais lui sait qu\u2019il ne renonce pas à la parole salutaire.Ce que peut-être if ne sait pas, c\u2019est que ses mugissements seront capables de couvrir les siècles.Se garder des jugements définitifs basés sur l\u2019apparence, est œuvre de Sagesse.La nature nous invite à cette Sagesse.Encore un exemple.Le microscope électronique a révélé comment les diatomées (algues uni-cellulaires) sont ouvertes à travers leur fermeture.Et voici comment.De la petite boîte où elles s\u2019enferment, supposez le couvercle perforé de pores.Ckacun de ces pores à son tour est fait de fenêtres ouvertes, occupé qu il est par un crible minuscule que révèle le microscope électronique.Alors le protoplasme de cette cellule, unique pour chaque vivant, et qui sécrète sa carapace de silice, n est pas un protoplasme clos mais un protoplasme ouvert, respirant 1 influence des plus lointaines nébuleuses spirales.Les diatomées sont ouvertes à travers leur fermeture.De même analogiquement, un komme comme saint Thomas apparemment kœuf muet vocifère par toutes les cellules qui en font un être vivant.Ayons souvent le courage d\u2019écouter les battements du cœur secret de la solitude et du recueillement.Dans la solitude il est possible d être spirituellement ouvert à l\u2019influence des plages les plus lointaines de la Création, d\u2019en recueillir un rayon et de le transmettre à tous les hommes.Le langage de l\u2019astronomie est ici de mise car la plus petite âme que Dieu a faite est un ciel plus profond que tous les espaces sidéraux.La solitude permet d\u2019apercevoir les requêtes les plus lointaines du ciel de la perfection.Ne pas considérer comme absolument clos les êtres qui composent une apparence fermée, il se peut qu\u2019ils soient percés de mille pores, comme les diatomées.Que ce soit faire confiance de clore ici cette note et de laisser à ckacun le loisir de prolonger ces considérations.La Maison Montmorency, mars 1961\tArcade-M.Monette, O.P.1.\tDavid Dietz, Atomic Energy in the coming era.Dodd, Mead & Company, New-York, 1947, pp.132-133.\t.\t.1fW.2.\tPritchard, Lumière s sur la Bible.Maison de la Bonne Presse, Paris, lyoU, pp.Z3-ZO. Revue Dominicaine Le Centenaire de la mort du Père Lacordaire Le Père Lacordaire exhala son dernier soupir dans son cher collège de Sorèze (Tarn) le 21 novembre 1861.Le prestigieux orateur qui souleva toute la France et y rétablit l'Ordre des Frères Prêcheurs n\u2019a cessé de grandir si le grain ne meurt après sa mort.Son œuvre et ses écrits ont maintenu son souvenir.Plus d\u2019un lui a voué un cuite d\u2019admiration pour avoir puisé une bienfaisante inspiration dans ses enseignements.On comprend qu un bomme si puissant sur les destinées religieuses de son pays et qui mit tout son cœur et toute son intelligence au service de I Eglise et de la liberté bien comprise, ne puisse sombrer dans 1 oubli.Lundi, le 21 novembre 1960, les fêtes de ce Centenaire s ouvrirent à Sorèze.Parmi les nombreuses personnalités épiscopales, ecclésiastiques, civiles qui y prirent part, il importe de signaler la présence du T.R.P.Carré, successeur de Lacordaire à Notre-Dame.Dans une solide conférence, Pourquoi Lacordaire est-il venu et est-il mort à Sorèze ?Le Père Girard, de Sorèze même, montra dans cette retraite, après tant de succès oratoires, î aboutissement d une vie consacrée à la jeunesse pour lui assurer la liberté effective de l\u2019enseignement chrétien.Et le P.Carré, à son tour, rappela que le Père Lacordaire avait lutté toute sa vie pour la liberté de la foi et engagea ses auditeurs à imiter la fierté de sa foi, trait caractéristique de son œuvre et de sa personne.Le vœu unanime de tous les invités est que la Pentecôte prochaine marque un sommet à Sorèze de l\u2019année centenaire, en attendant son couronnement à Notre-Dame de Paris, le 19 novembre.A I occasion de ce Centenaire, le Ministère des Postes et Télécommunications a décidé l\u2019émission d\u2019un timbre spécial.D\u2019autres projets sont en cours : pose d une plaque commémorative dans les diverses cathédrales où Lacordaire prêcha une Station de Carême ou d\u2019Avent ; attribution de son nom à une rue de Paris ; transfert possible de son corps et inhumation à Notre-Dame.Journaux et revues ont déjà annoncé ce Centenaire.Les Editions du Cerf ont réédité sa Vie de Saint Dominique, présenté par le P.Chenu ; un choix de textes précédés d\u2019une étude du P.Carré : La rencontre avec Jésus-Christ, est en préparation.Rien ne sera donc négligé pour faire de ce Centenaire un succès.La Revue Dominicaine y apportera aussi sa modeste contribution.A.Lamarche, O.P.112 Le sens des faits La dualité canadienne Parmi les faits sociaux particuliers au Canada, en est-il qui soient plus fortement déterminants que celui de sa dualité ethnique et, partant, culturelle ?Le professeur Mason Wade, Directeur de I Institut d Etudes Canadiennes à I Université de Rochester, ne le croit pas puisque, choisis-sant entre maints sujets d intérêt également actuel, il vient de publier sous sa haute autorité une vingtaine d essais ayant pour titre : La dualité canadienne.Ils sont signés de Canadiens français et de Canadiens anglais spécialistes en sciences de I Homme et portent sur les divers aspects de cette situation de fait aux conséquences innombrables.Chez nous se pose le problème de la coexistence pacifique de deux éléments ethniques, très différents, qu une fatalité historique a mis en présence en terre canadienne.Ces mêmes éléments, géographiquement séparés en Europe, y ont réagi comme I on sait I un à 1 égard de 1 autre depuis près de deux millénaires.Or, ils sont ici géographiquement et politiquement rapprochés et appelés à concourir, chacun pour sa part, à l édification de notre avenir en tant que nation.Les différences essentielles de leurs mentalités respectives de groupements d origine latine ou anglo-saxonne, s affirment naturellement dans les domaines religieux, philosophique, juridique et artistique.Plus marquées, il y a deux cents ans, leurs divergences, sans disparaître sans doute, s amenuisent quelque peu cependant et, avec elles, le danger d attitudes farouches, de prises de position intransigeantes, de discussions âpres et d entre-chocs violents.il est aujourd hui possible au sociologue de faire la genèse de cette évolution, de voir comment, d\u2019une génération à I autre, s est modifiée F optique de chacun des deux groupes majoritaires ou minoritaires selon les provinces et dans quelle mesure ils sont maintenant disposés aux échanges réciproques sur tous les plans.C est à quoi se sont employés les observateurs scientifiques qui ont rédigé les quelque vingt études que renferme ce nouvel ouvrage dont 1 objectivité a été prudemment et habilement sauvegardée.Chaque sujet a été confié à deux collaborateurs qui ne pouvaient se consulter, chacun ignorant que I autre \u2014 de langue française ou anglaise selon le cas >\u2014> traitait simultanément du même problème mais dans une perspective forcément différente et parfois contraire.Il serait aussi chimérique de vouloir que s amalgament et se fusionnent totalement des éléments dont c\u2019est précisément la richesse d être singuliers, qu\u2019il serait insensé de désirer qu\u2019il y ait entre eux rupture.Que chez l\u2019un comme chez l\u2019autre constater moins de sectarisme, plus 115 Revue Dominicaine cle bienveillance et de largeur de vue, c est déjà énorme.Le professeur Jean-Charles Falardeau rappelle fort opportunément dans son avant-propos très au point qu un de nos historiens, M.Gustave Lanctôt, distingue trois étapes dans I histoire de la coexistence des groupes français et anglais au Canada : celle du rapprochement social et de la séparation politique ; celle de 1 influence mutuelle dans le domaine politique et, depuis 1914, celle de I interaction proprement dite, par le truchement des élites.Les relations entre compatriotes des deux cultures s assouplissent certes et cela en dépit de mentalités basées sur des idéologies assez éloignées les unes des autres au départ.C\u2019est à cette conclusion qu aboutissent, de façon nuancée, les collaborateurs à La dualité canadienne.Mais il appartenait à M.Mason Wade de dire le mot de la fin.il r a fait en trois pages admirables de mesure et d équilibre.« Canadiens français et Canadiens anglais, écrit-il, demeureront probablement toujours différents, même si un canadianisme de bon aîoi gagne en force au Canada ».En 1949, lors de son discours présidentiel à la Société Royale du Canada, 1 historien précédemment cité disait spirituellement qu il « souhaitait que le Canada cessât d\u2019être le pays de « deux solitudes » pour devenir le pays de « deux fortitudes ».Comment exprimer mieux que par cette formule heureuse, trouvée par un fin lettré, le sentiment que tout vrai Canadien éprouve et aussi la profonde richesse de la dualité canadienne.Georges-Henri Lévesque, O.P.Une journée d\u2019étude de l\u2019ACELF à îa Maison Montmorency Sous la présidence d honneur de M.Roland Vinette, secrétaire au Comité Catholique du Conseil de I Instruction Publique, sous la présidence effective de Mgr Maurice O Bready, vice-recteur de 1 Université de Sherb roohe, 1 ACELF a tenu à la Maison Montmorency, le 1 1 février, une importante journée d étude.Y fut débattu un sujet de brûlante actualité : Patriotisme canadien-français en regard de la politique culturelle fédérale et québécoise.Me André Miville-Déchêne, C.R., Edmonton, Alberta, a déclaré, avec preuves à l appui, que les groupes canadiens-français de I Ouest tendent de plus en plus à s\u2019angliciser parce que dispersés parmi la population anglophone qui se les assimile graduellement.L influence du 114 Le sens des faits Québec y paraît assez douteuse : nos revendications autonomistes, nos statistiques en éducation, nos mœurs politiques, etc., compromettraient notre réputation.Me Adélard Savoie, C.R., Moncton, N.-B., déclare que l aide morale, financière et culturelle que le Québec accorde aux Acadiens a contribué pour beaucoup à leur évolution française, surtout I aide des prêtres, des communautés religieuses et du gouvernement.II se dit heureux de la récente création d un Ministère des Affaires culturelles.Nos liens n\u2019en seront que plus solides.Le P.Arès, S.J., tout en réclamant 1 intervention urgente de I Etat provincial en faveur de la culture canadienne-française, ne s oppose pas à une politique culturelle fédérale qui prolongerait le patriotisme québécois.Le Québec, dit-il, doit se sentir solidaire et responsable de toute vie française à travers le pays.Ce discours est trop nuancé pour se prêter à un honnête résumé.II revenait au Supérieur de la Maison Montmorency, le Père G.-H.Lévesque, O.P., d\u2019examiner la politique culturelle fédérale du point de vue de notre Province.Après avoir clairement établi, à la suite de la Conférence canadienne des Evêques et du Mémoire de La survivance française, la distinction entre éducation scolaire à tous les degrés qui concerne exclusivement les Provinces et 1 éducation para-scolaire qui est le parachèvement que I individu veut donner à sa formation, le conférencier a soutenu que le Fédéral peut encourager cet individu ou telle collectivité et les aider à parfaire leur développement culturel, sans nuire en rien à 1 autonomie scolaire.C est la liberté générale de I adulte qui est ici en cause.Certains ont prétendu que la Commission Massey n était qu une machination destinée à permettre au Gouvernement fédéral de mettre la main sur nos universités.Fausseté absolue.Non seulement les Commissaires n\u2019ont reçu aucune instruction en ce sens, mais dès qu ils ont paru toucher à ce problème dans leurs séances publiques, le Premier ministre lui-même a manifesté au Père Lévesque ses craintes et sa répugnance.II aurait préféré que la Commission ne s engageât pas dans cette voie périlleuse.Si la Commission a fini par s occuper du problème financier des universités, dépassant ainsi son mandat, c\u2019est uniquement sous la pression constante de toutes les universités canadiennes, y compris les québécoises.Mgr Vandry, Recteur de Laval, n a-t-il pas déclaré alors : « Le temps est enfin venu pour le Fédéral de prendre en main la cause de nos universités ».Les universités exposaient leur lamentable situation 115 Revue Dominicaine et soutenaient que le Gouvernement fédéral leur devait de les aider, en reconnaissance des services rendus, v.g.en lui préparant ses fonctionnaires, les cadres de 1 armée, de I aviation, de la marine.II ne s agissait pas de lui reconnaître un droit d intervention dans les universités mais de lui faire accepter un devoir de reconnaissance.Un autre mythe qui s évanouit.Ce n est là qu une des calomnies accumulées autour du Rapport de la Commission Massey.A nombre d autres calomnies, 1 histoire répondra sans doute, un jour, par une étude forte, bien documentée, qui pourrait s intituler : « Deux modèles de conscience », parallèlement à ces « deux modèles d inconscience » où, naguère, ignorance et préjugés ont donné leur pleine mesure.A.L.Une liturgie de langue française II n y a pas si longtemps, I agence de nouvelles Reuters livrait à nos journaux le communiqué suivant : « Le pape Jean XXIII a déclaré qu il tentera de promouvoir I usage des langues vivantes dans la célébration de certains offices de moindre importance, lesquels offices sont ordinairement célébrés en latin.Le latin serait dorénavant réservé aux offices de grande pompe, a-t-il ajouté, dans une allocution qu il a prononcée au cours de sa visite à I église Santa Maria del Soccorso, dans la banlieue de Rome ».De rappeler simplement ce fait peut aider à dissiper certaines inquiétudes concernant le caractère prétendument audacieux de l\u2019article publié ici même, en novembre dernier, par I abbé F.X., sur I usage de la langue populaire dans la célébration de la messe.II est étrange que dans ce domaine, je veux dire pour tout ce qui a trait aux choses d Eglise, on tienne pour acquis chez nous qu un Canadien français n a qu une attitude à tenir : celle du silence.Que des Français, des Allemands, des Américains s\u2019expriment, passe encore, mais un catholique du Canada, voilà qui est d\u2019emblée téméraire et irrespectueux.C\u2019est pourtant l évangéliste saint Jean qui, au nom de la charité et de ses exigences, fait de I\u2019« assurance » I attribut propre des enfants de Dieu.Certes, il y a loin de I\u2019« assurance » à la fanfaronnade, et plus loin encore de ï\u2019« assurance » à I insolence proprement dite (et non pas seulement humoristique), mais enfin si 1 amour fraternel ne facilite pas l échange des idées, si la qualité de fils ne favorise pas I ouverture du cœur, mieux vaut renoncer au catholicisme tout court, puisqu il repré- 116 Le sens des faits sente pour ie monde précisément le passage de la crainte à la confiance.Je veux bien concéder que le ton de 1 article était un peu dur, la franchise brutale, mais en quoi l attitude était-elle irrespectueuse, et en quoi était-elle inopportune ?Comment un prêtre qui connaît son troupeau et qui sent à chaque instant quelle barrière la langue dresse entre lui et son peuple, dans tout effort tenté pour rendre à la liturgie se force de conviction et de renouvellement spirituel, peut-il traiter le problème avec la froideur olympienne d un chercheur de textes qui ne semble même pas se douter que 80% de nos populations paroissiales perdent le goût de la messe (et par là même tout attachement à 1 Eglise) pour cette raison en particulier qu il n y comprend rien et, partant, n en retire pas le bénéfice spirituel qu il devrait en retirer ?Faut-il attendre que les églises soient tout à fait vidées pour faire remarquer que la langue du culte peut être pour quelque chose dans cette désaffectation ?Et suffit-il de dire : « Cela va de soi et maintenant que le problème est posé ici ou là, il n\u2019y a plus qu à laisser faire ».Ce qui « va sans dire » ne va pas plus mal, d ordinaire, quand on le dit.Seulement, nous, Canadiens français, avons 1 habitude de ne rien dire quand le temps est au débat, quittes à rouspéter de toutes manières une fois que les décisions sont prises et que I irrémédiable s est produit.Je n ai pas 1 impression que 1 abbé F.X.ait voulu imposer sa manière de voir.II I a proposée.II a cru que la question était assez importante pour mériter le temps et l application nécessaires à la rédaction d un article.Que ceux qui ont le courage d écrire ou, plutôt, ceux qui ne I ont pas, comprennent qu\u2019une conviction qui va jusqu\u2019au témoignage a droit au respect.Maintenant, pour ce qui est du prophète de la langue, il est certain qu\u2019il est délicat.II a été traité par des maîtres et je me garderai de m y enfoncer trop.II ne faudrait pas imaginer que la paroisse sera renouvelée après deux mois de liturgie en langue française.Même si elle est dite en français, une messe doit 1 être religieusement et intelligemment.Lire une messe est aussi difficil e que de lire un texte quelconque, et il suffit de s\u2019y mettre pour voir que le don de la bonne lecture n est pas des plus répandus.Dans nos communautés, où I on fait de tels exercices, le pourcentage des bons lecteurs est très bas, et pourtant les correcteurs ne manquent pas, ni les directives, ni les leçons.De plus, même en langue française, la messe doit être expliquée par le sermon et des instructions appropriées.Sur ce point, les groupements qui prennent aujourd hui 1 habitude de se conformer au Directoire, et qui s initient à la lecture en français des Epîtres et Evangiles, ne sont pas pour autant conquis ou mordus 117 Revue Dominicaine du premier coup.Cette Bible, qu\u2019on leur propose aujourd bui, on leur a si bien laissé le temps de I oublier, qu elle est devenue pour eux la plus étrange et la plus étrangère des choses.On ne répare pas, en six mois, trois siècles de négligence.Ainsi en va-t-il pour la liturgie.Nous avons si bien endormi notre peuple qu il ne demande plus qu à dormir pendant nos offices.Il ne désire plus rien y comprendre, d autant plus qu\u2019il se doute assez que s\u2019il commence à y comprendre quoi que ce soit il lui faudra changer la qualité de son catholicisme.C\u2019est déjà bien assez de venir à la messe, s\u2019il faut que toute sa semaine en soit bouleversée, ce sera la fin du monde.A force de ne plus entendre prêcher, ou de n\u2019entendre que des rengaines si routinières qu on pouvait les écouter sans les entendre, à force de ne plus sentir le choc en soi de l\u2019action liturgique, on en est venu, chacun pour soi, à se constituer un catholicisme approprié à ses tendances et à la mesure de ses ignorances plus ou moins volontaires.Quoi de plus choquant que d apercevoir soudainement que le Christ a proposé un christianisme différent de celui que l\u2019on pratique, et que la messe occupe dans la vie d un chrétien plus d\u2019une demi-heure par semaine I Il faut donc s\u2019attendre non pas à un enthousiasme délirant de la part du peuple fidèle le jour où on lui donnera la messe en français (ou s\u2019il y a enthousiasme de passage, l\u2019enthousiasme tombera vite quand les consciences seront replacées face à la vérité nue et dure d un catholicisme authentique) ; ni croire qu\u2019on se rendra populaire à promouvoir la messe en français.On arrivera plutôt très vite par ce chemin au scandale et a l\u2019éternel dilemme : « Qui n\u2019est pas avec moi est contre moi, qui n amasse pas avec moi dissipe ».Certains fidèles ne mettront peut-être plus jamais les pieds à l\u2019Eglise à partir du moment où, comme d\u2019autres, ils commenceront à comprendre que la parole du Christ est « trop dure ».Faudra-t-il pour autant croire que fa réforme conduit à un échec ?Je crois plutôt que l\u2019échec en question serait le signe même que la réforme a été essentielle et profonde.Le Christ a d autres choses à offrir à ceux qui veulent le suivre que des pralines et des somnifères.II les met en face d un choix, choix libérateur, mais toujours déchirant.La liberté chrétienne n est pas une liberté du ventre : elle ne vient pas à qui s\u2019abandonne, mais à qui se crucifie pour la conquérir.Hyacinthe-Marie Robillard, O.P.118 Le sens des faits Le Septième Sceau (un film de Ingmar Bergman) Pourquoi, dans une chronique qui se voudrait uniquement consacrée au théâtre, nous faut-il aujourd hui parler cinéma ?La question vaut la peine qu\u2019on s\u2019y arrête car elle permet de poser un jugement assez morose sur la situation du théâtre à Montréal.II nous faut en effet constater qu\u2019il n\u2019y a actuellement à Montréal aucune troupe canadienne qui présente un spectacle intéressant.Nos directeurs semblent se confiner délibérément dans le théâtre de boulevard.Le phénomène en soi n\u2019aurait rien d\u2019attristant, si, à côté de cette production facile, on pouvait trouver quelques pièces plus étoffées, capables de satisfaire les spectateurs plus exigeants.Quand donc pourrons-nous aller applaudir les grands maîtres classiques et contemporains ailleurs que chez les amateurs et les étudiants du Conservatoire ?Les saisons passées marquaient certes un équilibre plus complet dans leur programmation, et le mot de saison morte ne semble pas trop fort pour qualifier la situation présente.Pour en revenir au cinéma, il faut féliciter la direction du Centre d art de I EIysée de nous présenter le premier Bergman qui soit jamais venu à Montréal.Le premier mais non pas le moindre puisque Le Septième Sceau est considéré par la critique internationale comme un des films les plus importants du célèbre réalisateur suédois.Comme on le dit trop facilement, Bergman est de ces réalisateurs qui deviennent classiques dès leurs premières œuvres.Cette réputation, il la doit surtout à son extraordinaire talent de directeur d acteurs de même qu à son apport précieux dans la formation de valeurs strictement cinématographiques, où photographie et intensité humaine se marient d une façon inoubliable.Le Septième Sceau témoigne fortement de ces qualités et cela, dans un contexte d\u2019une profondeur inusitée au cinéma.Bergman a eu ce mérite peu commun de présenter un problème métaphysique, 1 angoisse devant la mort, le destin de l\u2019homme, et de le présenter dans sa rigueur même, sans paroles inutiles, sans équations abstraites, sans fausses solutions.Un chevalier suédois revient de Croisade avec son écuyer au moment où la peste noire ravage les contrées européennes.La Mort étale partout sa présence incohérente, et le chevalier désabusé joue son destin avec la Mort sous le symbole d une partie d échecs.Bergman a beau jeu de mettre en relief tout au long du film les absurdités des pratiques religieuses qui tentent d\u2019apaiser les inquiétudes humaines.Le chevalier se confesse-t-il ?C est la Mort, qui sous les apparences du moine, lui apprend que sa démarche va lui permettre de mieux le déjouer 119 Revue Dominicaine dans la partie d échecs.Durant une fête agrémentée des jeux d une famille de comédiens, une macabre procession de flagellants s avance, conduite par des moines qui prêchent la malédiction sur les péchés des hommes.Ces scènes saisissantes, hideuses même dans leur trop flagrante inutilité, ne sauraient que dévaloriser la mystique chrétienne à nos yeux comme à ceux du chevalier.Mais les questions n en restent pas moins sans réponse.C est alors qu apparaît plus importante I autre physionomie du film, représentée par cette famille de bateleurs, incarnation vivante d une vie construite sur le présent.Mais ce repas paisible, pris en compagnie de ces gens simples, le chevalier sait que ce n est pas là son lot, et qu\u2019au détour du chemin, la Mort 1 attend pour la dernière échéance.Echec et mat.Le cortège final des personnages entraînés par la Mort se superpose à la vision calme et sereine du couple et de son enfant.A première analyse, on observe donc deux pôles dans Le Septième Sceau : d une part, 1 incohérence des solutions religieuses dans le problème de la destinée humaine ; d autre part, la fonction tonique d une certaine fidélité existentielle à la vie.Mais il y a plus.Entre la Mort et la Vie, il y a place pour tous les possibles humains, et ces possibles, on les retrouve nombreux dans le film de Bergman, fruits des réflexions individuelles de chaque spectateur.A elle seule, cette impossibi Iité à 1 indifférence confère au film une densité que I on pourrait qualifier d\u2019attachante.Quant aux valeurs strictement formelles de cette œuvre de Bergman, elles ajoutent en dimension esthétique, tout ce que le spectateur le plus sévère voudrait attendre d un film.C est dire que I expression de chef-d\u2019 œuvre semble faible pour désigner Le Septième Sceau, quand on pense que des films beaucoup moins importants se sont vu décerner ce titre.Micheline Dumont Chronique des disques Si j avais à vous présenter le disque du mois, je crois que je choisirais un disque de violon, intitulé « Henryk Szeryng in recital ».Ce jeune violoniste polonais, dont la réputation ne cesse de grandir, nous offre ici un récital des plus intéressants.Accompagné par le pianiste Charles Reiner, il interprète la Chaconne en soi mineur, de Vitali, Le Trille du Diable et les Variations sur un thème de Corelli, de Tartini, Mélodie, de Gluck, Y Allegretto dans le style de B accherini, de Kreisler, L\u2019Oiseau prophétique, opus 82, no 7, de Schumann, Danse de la Gitane, de Halffter-Heifetz et Scherzo \u2014 Tarentelle, opus 16, de Wieniawski.120 Le sens des faits Henryk Szeryng n est pas seulement un virtuose, disposant d une technique éblouissante, mais il est un très grand artiste.Et les connaisseurs sont unanimes à reconnaître en lui un des meilleurs violonistes de notre temps.Son présent disque est donc vivement recommandé (RCA Victor, LM 2421).Un autre disque, qu il me plaît de signaler à votre attention, est un disque de chant.II se présente sous le titre de «Wandering with the Obernkirchen Children s Choir ».Ces merveilleux petits chanteurs allemands n en sont pas à leur premier enregistrement : ils en ont environ 4 ou 5 à leur crédit.Mais, sauf pour une couple de pièces, il se font entendre ici dans un répertoire qui me paraît nouveau.Et, ceux qui ont déjà goûté leurs autres disques ne manqueront sûrement pas d apprécier celui-ci (Angel 35839).Dans la série « Great Recordings of the Century », voici un disque qui offre un intérêt plutôt documentaire.II s agit de la reproduction d enregistrements très anciens du fameux baryton italien, Mattia Battistini, dans un récital d opéra (Angel, COLH 116).L Orchestre Symphonique de Vienne, dirigé par Wolfgang Sawal-Iisch, joue brillamment la Symphonie no 4, dite « Italienne », de Mendelssohn, et les Variations sur un thème de Haydn, de Brahms (Epie, LC 5731).Le même chef et le même orchestre semblent moins heureux dans leur exécution de la Symphonie no 2, de Brahms (Epie, LC 3722).La Philharmonique de New-York, sous la direction du chef d\u2019 orchestre américain Leonard Bernstein, nous présente des extraits de deux œuvres du compositeur américain Aaron Copland : B illy the Kid et Rodeo (Col umbia, ML 5575).Trois œuvres de Ravel sont enregistrées sur le même disque par I Orchestre de Philadelphie, sous la direction d Eugene Ormandy : Boléro, Le Tombeau de Couperin et Alborada del Gracioso (Columbia, ML 5569.) Leon Fleisher, avec I Orchestre de Cleveland, sous la direction de George Szell, fournit une excellente interprétation du Concerto pour piano, en la mineur, de Schumann et du Concerto pour piano, en la mineur, de Grieg (Epic, LC 3689).Le Concerto pour piano no 2, en Si bémol majeur, de Brahms, est joué savamment par Rudolf Serkin, avec I Orchestre de Philadelphie, sous la direction d Eugene Ormandy (Columbia, ML 5491).121 Revue Dominicaine Casse-Noisettes, de Tchaikovsky, et Pierre et le Loup, de Prokofiev, sont exécutées par la Philharmonique de New-York, sous la direction de Leonard Bernstein.Celui-ci est le narrateur pour l\u2019œuvre de Prokofiev (Columbia, ML 5593).Voici un nouvel enregistrement du Concerto pour violon, en Ré majeur, de Tckaïkovsky.11 est interprété par le violoniste belge Arthur Grumieux, avec le Concertgebouw Orchestra d Amsterdam, sous la direction de son nouveau chef, Bernard Haitink (Epic, LC 3745).Sous le titre de « Operetta Memories », Mantovani et son orchestre nous offrent des extraits d œuvres de Lehar, d Oscar Straus, de Kalman et de Johann Strauss.Ceux qui aiment le style « mantovanien » se complairont sans doute dans ces arrangements de morceaux fort populaires (London, LL 3181 ).Dominique Vérieul 122 L esprit des livres Emile Castonguay \u2022\u2014> « Le journal d un bourgeois de Québec ».Ed.de l\u2019Action Catholique, Québec.25 cm.562 pages.Ce bourgeois a-t-il vraiment existé ?« Qu\u2019il me suffise de dire, écrit l\u2019auteur, qu\u2019il aurait pu exister et qu\u2019on retrouve dans son journal, à toutes fins utiles, les opinions, les goûts, les habitudes de cette classe bourgeoise » du début de 1800.On trouve donc dans ce livre les jugements qu\u2019a portés ou qu\u2019aurait dû porter un contemporain des événements.Ce bourgeois interroge les écrits, les témoins des faits, la tradition orale, pose à toutes les personnes qu\u2019il rencontre sur sa route des questions pertinentes sur les grands et petits personnages de cette époque, sur leurs préoccupations commerciales, littéraires, artistiques, sur leur vie privée ou sociale, sur leurs loisirs.et réussit à recréer le climat d\u2019une époque trop négligée de nos historiens, même de Thomas Chapais.Ce bourgeois a écrit ce journal pour lui, ne le destinait qu\u2019à lui, puisqu\u2019il crut bon de le replacer dans sa cachette quand il sentit que sa fin approchait.Après sa mort, des indiscrets l\u2019ont trouvé et ont jugé bon de pousser l\u2019indiscrétion jusqu\u2019à la publication.Quel crime.utile cependant à tous ceux qui veulent connaître la vie intime et publique de nos pères : ces bourgeois de 1800-1825.A.L.Marcel RousSIN \u2014 « Le Canada et le système interaméricain », Ottawa, 1959.20 cm.275 pages.Au moment où le continent américain cherche à définir une politique commune qui s\u2019intégre dans une perspective mondiale, le travail du professeur Roussin remplit une fonction majeure.Replaçant le panaméricanisme dans le cadre des organisations régionales qui jouent un rôle de premier plan dans un monde où l\u2019on serait tenté d\u2019exagérer l\u2019importance de deux factions, l\u2019auteur nous présente une vue très nuancée de son histoire mais dans une perspective précise : faire voir la place du Canada dans cet ensemble.Son but, précise-t-il dans son introduction, est « de tracer les cadres où se déroule l\u2019action de notre pays ».C\u2019est dire tout son intérêt pour quiconque veut comprendre ce milieu où nous vivons.Ouvrage bien fait, appuyé sur de solides bases scientifiques, voilà un guide dont on ne peut se passer à l\u2019ère des Castro et des Bélancourt.125 Revue Dominicaine Marcel Trudel « L esclavage au Canada français ».Histoire et conditions de l\u2019esclavage.Les Presses Universitaires Laval, 1960.22 cm.432 pages.Cet imposant volume bourré de notes, de références, d\u2019une bibliographie de douze pages, de cinquante pages d\u2019appendices, de quarante pages d\u2019index, en plus de répondre à la critique la plus exigeante a cet avantage d\u2019être bien écrit, bien conduit et lisible pour le lecteur moyen.Notre premier esclave amené à Québec par Kirke en 1629, est un négrillon du Madagascar, vendu cinquante écus, puis donné en cadeau, devint ensuite, en compagnie d\u2019un petit sauvage, élève du jésuite Le Jeune qui n\u2019aurait pas sacrifié ses deux écoliers « pour le plus bel auditoire de France » (p.3).Nous voyons des sauvagesses vendues comme esclaves et placées chez les Dames de la Congrégation pour leur instruction (p.10).Il apparaît que nègres et sauvages acceptés comme esclaves étaient le plus souvent traités comme des enfants adoptifs et leur éducation se confondait avec celle des enfants légitimes.On trouve des esclaves dans toutes les classes sociales : gouverneurs, juges, agriculteurs, clergé et communautés religieuses.Aucune loi pour eux si ce n\u2019est le Code noir des Antilles auquel on se référait dans des cas particuliers.En général c\u2019est la loi de la charité qui prime.Au chapitre III, on trouve 4 000 esclaves : gens vendus ou achetés, en 125 ans.L\u2019expression pittoresque : « Les sauvages ont passé et ont laissé un bébé » viendrait de cette époque (p.331).Un grand livre qui fait pâlir « la noblesse de nos origines ».A.L.J.-C.Magnan ^ « Confidences ».Fides, Montréal, 1960.22 cm.207 pp.Dans ces Confidences l\u2019auteur retrace toute l\u2019histoire de l\u2019agriculture québécoise, de ses écoles, de son organisation.En 1912, il recevait son diplôme d\u2019Oka et devenait agronome officiel au Ministère de l\u2019Agriculture de Québec.Depuis 1937, il est directeur de l\u2019Enseignement agricole de la Province.Apôtre de la cause agricole, il y consacra tous ses talents et toute son énergie.Il eut à lutter vaillamment contre les préjugés, l\u2019apathie, l\u2019ignorance, le conformisme des agriculteurs et même des gouvernants.Beaucoup d\u2019humour, des anecdotes savoureuses, de touchants souvenirs de jeunesse et de vie publique, un style personnel et vivant dans une phrase bien française, font de C onfidences un livre passionnant et instructif qui se ferme sur l\u2019une les plus belles figures du monde agricole d\u2019aujourd\u2019hui : M.Jean-Baptiste Lemoine, président général de l\u2019U.G.C. L\u2019esprit des livres Abbé J.-M.Levasseur »\u2014 « Le lien théologique histoire ».Ed.du Bien Public, Trois-Rivières, 1960.25 cm.252 pages.Dans sa thèse en théologie rédigée sous le regard discret de professeurs réputés de l\u2019Angelicum, l\u2019auteur s\u2019est demandé «quelle était la nature du lieu théologique histoire ».Depuis Melchior Cano, mort en 1560, ce sujet avait été retouché mais non épuisé.Puis les progrès de l\u2019histoire depuis 50 ans comme science avec sa méthode propre, justifiait l\u2019auteur de repenser ce problème, de l\u2019étudier en tant que lieu théologique.Chaque science comme chaque peuple a son histoire.Une théologie sans histoire, après des siècles, est inconcevable.L\u2019histoire est donc partout où il y a des traces d\u2019importance pour la vie des peuples ou des institutions.Les écrits inspirés ont reçu au cours des siècles des commentaires plus poussés, l\u2019Eglise a bougé parce que vivante, et la théologie nous a montré des profondeurs ignorées ou méconnues.Lorsqu\u2019il s\u2019est agi de définir le dogme de l\u2019Assomption, on a fouillé l\u2019Ecriture, ensuite l\u2019histoire ecclésiastique, puis est venue l\u2019affirmation théologique officielle.En ce sens l\u2019histoire est un lieu théologique important mais secondaire dans l\u2019ordre idéologique.L\u2019auteur a divisé cet imposant volume en trois sections : 1) Les lieux théologiques ; 2) Le lieu théologique histoire ; 3) La participation de l\u2019histoire de l\u2019Eglise.La thèse est conduite avec beaucoup de logique, d\u2019objectivité, de méthode et d\u2019érudition.On a l\u2019impression que quatre siècles après sa mort (1560-1960) Melchior Cano revit au Canada dans un fils de son esprit qu\u2019il a manifestement inspiré.A.L.Me J.-A.Trudelle /\u2014- « Introduction à la psychologie ».Collection Philosophie et problèmes contemporains.Ed.Fides, Montréal, 1960.20 cm.317 pages.Cet écrivain, avocat de profession, diplômé en sciences sociales, politiques et économiques, se révèle dans ce livre autant médecin que psychologue.Son analyse du corps humain, de la naissance à la reproduction en passant par la nutrition, pourrait être signée par un médecin.Dans son étude des activités intellectuelles et morales, on croirait lire un philosophe.L\u2019auteur possède donc une bonne culture générale qui lui permet de saisir l\u2019être dans ses puissances physiques et intellectuelles.L\u2019avocat disparaît si ce n\u2019est pour plaider la cause du composé humain.Il nous décrit même une série d\u2019exercices physiques, genre yoga indien, pour disposer le corps à la vie de l\u2019intelligence (pp.150 et sq.).Œuvre de vulgarisation, à la portée du lecteur moyen, ce livre perce une brèche dans l\u2019homme, cet inconnu.Une abondante biographie permet de recourir aux sources qui alimentent cette Introduction à la psychologie.Ne pas oublier qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une introduction.Ni plus, ni moins.A.L. Revue Dominicaine Louis Bouyer » « Introduction à la vie spirituelle ».Desclée & Cie, Tournai, Belgique.22 cm.320 pages.Dans ce précis de théologie ascétique et mystique, l\u2019auteur nous introduit historiquement et dogmatiquement dans la vie spirituelle.Ne pas oublier qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une introduction.Il nous montre les routes qui conduisent l\u2019âme à l\u2019union à Dieu.Mais c\u2019est une magistrale introduction qui se ferme sur les sommets de l\u2019union mystique.A la base se trouvent la parole de Dieu, les prières, les sacrements, puis vient le dépouillement par l\u2019ascèse où apparaissent la spiritualité laïque, monastique et les différentes vocations sacerdotales et religieuses.La vie spirituelle se développe par la lutte de l\u2019esprit contre la chair, ses passions, ses mauvaises tendances, etc., pour aboutir normalement à la vie illuminative et mystique.Ce qui rend ce livre prenant c\u2019est sa clarté dans l\u2019exposé des idées et sa simplicité dans le style.Le lecteur moyen pourra facilement s\u2019y retrouver et l\u2019homme du monde y trouvera des pages bien conduites sur la spiritualité laïque (pp.165-187).Un grand courant de spiritualité authentiquement chrétienne auquel le lecteur ne pourra rester indifférent nous soulève.Le désir naît d\u2019une vie de plus en plus unie à Dieu.A.L.Louis Barjon /\u2014- « Mondes d écrivains, destinées Kumaines ».Editions Casterman, 471, rue Saint-François-Xavier, Montréal.21 cm.320 pages.« Ce qui frappe d\u2019abord dans le beau recueil d\u2019études critiques qui constituent ce volume, c\u2019est l\u2019exceptionnelle ouverture d\u2019esprit qui s\u2019y révèle.Le mot catholique, si souvent, hélas ! employé hors de son sens fort qui est universaliste, s\u2019applique ici en toute exactitude », écrit Gabriel Marcel dans la préface.« Autant de chapitres de ce livre, autant de prises de vues particulières, opposées parfois, selon le tempérament de l\u2019homme.» écrit l\u2019auteur dans l\u2019avant-propos.Chaque homme est un univers et les chapitres « d\u2019hommes » de ce livre le prouvent généreusement.Le monde du réalisme avec Zola, du régionalisme avec Mistral, de la tradition avec La Varende, du sage avec Duhamel, de l\u2019absurde avec Camus, de l\u2019expansion avec Teilhard de Chardin, etc.Et le petit monde des lettres nous est montré dans « Dix années de prix littéraires» (1950-1959).On y voit que nombre de médiocrités sont primées pour la honte des lettres françaises.Question de faire « choc ».Feu la justice, l\u2019honnêteté.L\u2019auteur, quoique catholique juge ses contemporains avec discrétion, conscient cependant d\u2019avoir un critère de plus pour mieux connaître tous ces écrivains qui abattent les frontières de leur monde intérieur.Plus d\u2019un s\u2019y reconnaîtra « parmi les taillis souvent difficilement pénétrables de la littérature contemporaine ».A.L.126 L ESPRIT DES LIVRES Charles Kerven j\u2014 « Fils de Corsaire ».18 cm.161 pages.Diélette « Claire au Tibet ».18 cm.154 pages.José-M.Bouchet >\u2014> « Les cadets de la Montagne Noire ».18 cm.166 p.Les Editions Desclée De Brouwer, 76 bis, rue des Saints-Pères, Paris-VII, dans leur belle collection Belle-Humeur nous donnent trois excellents romans d\u2019aventure qui seront sûrement appréciés.Une aventure sur mer dans Corsaire ; le drame d\u2019une solide amitié de deux adolescents dans la Montagne Noire ; un voyage au Tibet avec réception au palais d\u2019un prince.Trois titres qui promettent des heures exaltantes aux adolescents.A.L.Hervé Carrier, S.J.' « Le sociologue canadien Léon Gérin », Les Editions Bellarmin, 8100, boul.Saint-Laurent, Montréal, 1960.22 cm.152 pages.Une étude fouillée et intelligente de la vie, de l\u2019œuvre et des méthodes de recherche de Léon Gérin (1863-1951).Les sciences économiques et sociales se développant au Canada français à un rythme accéléré, en partie grâce aux « Cahiers de l\u2019Institut Social Populaire » dont cet ouvrage est le cinquième titre, on ne saurait trop en signaler l\u2019intérêt particulier à tous ceux qui veulent se documenter sur le sujet.Alliant une étude critique d\u2019une méthode particulière aux considérations générales d\u2019un spécialiste érudit, cette étude mérite une large diffusion.G.R.P.Touilleux -\u2014' « Introduction aux systèmes de Marx et Hegel », Desclée, Tournai, Belgique, 1960.21 cm.184 pages.L\u2019auteur, professeur aux Facultés Catholiques de Lyon, nous brosse de main de maître, et avec beaucoup de vigueur, une triple initiation, en trois étapes : de Hegel, Feuerbach et Marx, il nous fait une biographie compréhensive, un exposé du système de pensée générale, et une appréciation critique nuancée.Il ne s\u2019agit pourtant pas d\u2019une vulgarisation où les difficultés sont ignorées, ni d\u2019une schématisation d\u2019où toute substance est absente.Les grands problèmes des trois penseurs sont étudiés objectivement, dans leur propre terminologie.La conclusion sur les forces et les faiblesses du marxisme est l\u2019essai le plus court et le plus dense que je connaisse sur le sujet.Guy Robert 127 Revue Dominicaine '¦\u2022V, \"Si Claire Martin ,\u2014¦ « Doux-Amer », roman.Cercle du Livre de France, 1960.21 cm.192 pages.Ce deuxième roman de Glaire Martin ne dément pas la confiance que nous lui avions témoignée lors de la parution de « Avec ou sans amour »: un subtil contrepoint psychologique, des demi-pages gracieuses et mordantes dont l\u2019auteur a le secret, une écriture cursive et incisive.Et toujours ces réflexions qui donnent un petit frisson dans le dos.« La mémoire, comme le cœur, se laisse abuser, et souvent par celui-ci, comme de juste ».« Le calcul a large place dans le plus sincère des amours ».« Ces sortes de complaisances envers sa souffrance sont idiotes : on n\u2019arrive même pas à être plus heureux ».« Leurs amours suivant la courbe ordinaire des amours orageuses : disputes fougueuses, réconcilations de moins en moins fougueuses ».« Si.Voilà bien le mot le plus lourd.Il est, avec son aspect tournoyant et son sifflement, inquiétant comme un insecte de la jungle.Si.» Nous sommes en compagnie de La Bruyère, la Rochefoucauld, Voltaire parfois.On relit des nouvelles du premier livre de Glaire Martin pour son plaisir.Dans son roman « Doux-Amer », on relit des chapitres pour la même raison.Guy Robert Maurice Gagnon -\u2014 « Entre tes mains ».Cercle c!u Livre de France, 1960.Le dernier livre que j\u2019ai reçu de Maurice Gagnon s\u2019intitulait « Entre tes mains ».Sauf erreur, cet auteur donne plus d\u2019un livre par année, et il en est rendu à son sixième : le septième est peut-être déjà en composition chez le linotypiste, et le huitième en chantier ?Pour un écrivain de la trempe de Gagnon, c\u2019est là une technique justifiable et rationnelle : comme Maurois, Benoît ou Mauriac.Ecrire d\u2019abord, ne pas céder à la douce griserie de succès palpitants, passer le cap du troisième bouquin.Laisser applaudir ou braire, et œuvrer patiemment, longuement, régulièrement.Gagnon m\u2019avait déçu par ses « Chasseurs d\u2019ombres » ; je l\u2019ai dit, comme j\u2019avais dit tout le bien que je pensais de « L\u2019Echéance » ou de « Rideau de neige ».« Entre tes mains » n\u2019est pas du meilleur Gagnon, mais c\u2019est du bon Gagnon.Il y a dans la structure même du roman ce qu\u2019on pourrait appeler un dialogue des visions réciproques qui est techniquement habile et psychologiquement intéressant.L\u2019auteur n\u2019a peut-être pas inventé le procédé, mais il l\u2019emploie « selon l\u2019usage ».Et je dirais ici que la possibilité technique de Gagnon lui joue de mauvais tours, alors qu\u2019elle manque à tant d\u2019autres écrivains.Ges deux chirurgiennes que sont Simone et Yvette nous touchent à plusieurs reprises, et l\u2019on sent l\u2019esprit d\u2019équipe palpiter dans ces deux rangées d\u2019hommes et de femmes autour du billard où se joue la vie de l\u2019homme.Grandeurs et misères de l\u2019esprit d\u2019équipe, avec les sales petites lâchetés, avec les sales petites jalousies qui servent en somme de bouillon de culture aux gestes grands et nobles.128 Tel.FO.7-5318\tTel.résidence : HU.6-4278 OCTAVE CHABOT Massé & Gauthier Inc.\u2014 Realtors Immeubles \u2014 Administration \u2014 Assurance Construction \u2014 Evaluations 5504, Av.VERDUN\tMONTRÉAL-19, P.Q.\tTél.PO.6-2388\tOPEN UNTIL 8 P.M.RAY\u2019S CLUTCH & BRAKE REG\u2019D.R.TESSIER.PROP.Automotive parts & Supplies \u2014 Wholesale 5537-9, HADLEY\tMONTRÉAL, P.Q.Tel.PO.6-8521 LALONDE AUTOMOBILE LTÉE Mercury \u2014 Lincoln \u2014 Meteor \u2014 Camion Mercury Comet \u2014 Ford Anglais 3897, DANNANTYNE\tVERDUN, P.Q.\tTél.PO.8-0995 LINGERIE LAURENCE Vêtements pour dames et enfants 5915, LAURENDEAU\tMONTRÉAL, P.Q.Tél.jour : CR.4-5426\tTél.nuil : (A.FOREST) DU.7-2307 DOUCET & DOUCET, LIMITÉE Entrepreneurs \u2014 Plomberie et chauffage 1640, NORTH (coin Rockland)\t0UTREM0NT-8, P.Q.\tDON D\u2019UN AMI Contrat No 3770 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