L'Action catholique : organe de l'Action sociale catholique, 5 janvier 1941, dimanche 5 janvier 1941
[" VCTION CATHOLIQUE Organe de L\u2019Action Sociale Catholique.Klctl*rUon et administration : I i.Boul.C\u2019hareet, Québec.?ON \u201cInsiaurare omnia in Christo*' PAGES EN COULEUR Dimanche, 5 janvier 1911 1941 1941 OIM.\tLUN.\tMAN.\t«EN.\tJEU.\tVEN.\t\u2022AM.\t\t\t\t2\t3\t4 \t\t7\t8\t9\t10\t11 \t13\t14\t15\t16\t17\t18 \t20\t21\t22\t23\t24\t25 \t27\t28\t29\t30\t31\t IM\tTT\"\t\t\t¦\t\t 1941\t\t\tVRH\t\t1941\t o««.\tLUN.\tMAN.\tMEN.\tJEU.\tVEN.\t\u2022AM.\t\t1\t2\t3\t4\tnr \t7\t8\t9\t10\t\t12 \t\t15\t16\t17\t18\t19 \t21\t22\t23\t24\t25\t26 \t28\t29\t30\t\t\t 1941 JU 1941 OHE.\tLUN.\tMAN.\tMEN.\tJEU.\tVEN.\tSAM.\t\t\t2\t3\t4\t5 5\t7\t8\t9\t10\t11\t12 13\t14\t15\t16\t17\t18\t19 -30\t21\t22\t23\t24\t25\t26 2 7\t28\t29\t30\t31\t\t 1941 1941 OIM.\tLUN.\tMAN.\tMEN.\tJEU.\tVEN.\tSAM.\t\t\t1\t2\t3\t4 \u2022J\t6\t7\t8\t9\t10\t11 I Z\t13\t14\t15\t16\t17\t18 1 9\t20\t21\t22\t23\t24\t25 2 8\t27\t28\t29\t30\t31\t 1941 1941 OIM.\tLUN\tMAN.\tMSN.\tJEU.\tVEN.\tSAM.\t3\t4\t5\t6\t7\t1 8 \t10\t11\t12\t13\t14\t15 \t17\t18\t19\t20\t21\t22 \t24\t25\t\t27\t28\t 1941 1941 1941 1941 OIM.\tLUN.\tMAN.\tMSN.\tJEU.\tVEN.\tSAM.\t\t\t\t\t1\t2 \t4\t5\t6\t7\t8\t9 10\t11\t12\t13\t14\t15\t16 17\t18\t19\t20\t21\t22\t23 14 y-'\t25\t26\t27\t28\t29\t30 1941 NOVCA1 1941 OIM.\tLUN.\tMAN.\tMEN.\tJEU.\tVIN.\tSAM.\t3\t4\t5\t6\t7\t8 \t10\t\t12\t13\t14\t15 \t17\t18\t19\t20\t21\t22 \t24\t25\t26\t27\t28\t29 1941 OIM.\tLUN.\tMAN.\tMIN.\tJEU.\tVEN.\tSAM.\t3\t4\t5\t6\t7\t1 8 \t10\t11\t12\t13\t14\t15 \t17\t18\t19\t20\t21\t22 \t/ai\t25\t26\t27\t28\t29 OIM.\tLUN.\tMAN.\tMEN.\tJEU.\tVEN.\tSAM.\t\t\t\tfl\t2\t3 \t5\t6\t7\t8\t9\t10 \t12\t13\t14\t15\t16\t17 \t19\t20\t21\t\t23\t \t26\t27\t28\t29\t30\t31 1941 1941 OIM.\t2\t3\t4\t5\t6\t7 \t\t10\t1 1\t12\t13\t14 \t16\t17\t18\t19\t20\t21 \t23\t\t25\t26\t27\t28 \t30\t\t\t\t\t 1941 1941 OIM.\tLUN.\tMAN.\tMEN.\tJEU.\tVEN.\tSAM \t\t2\t3\t4\t5\t6 \t8\t9\t10\t11\t12\t13 \t15\t16\t17\t18\t19\t20 JL i\t22\t23\t24\t25\t26\t27 \t29\t30\t\t\t\t 1941 1941 LUN.MAN.MEN.JEU.VIN.«AM 1\t2\t3\t4\t5 \t9\t10\t11\t12 15\t16\t17\t18\t19 22\t23\t24\t\t26 29\t30\t31\t\t 03 ¦PI t L \u2014 I* lU\u2014« \" U \\ NA. TW I plaintes, les récriminations n\u2019entraînent que dégoût et stérilité.Au contraire, la joie, la sérénité, la paix suscitent la vigueur et la fécondité.Voulez-vous apprendre à être heureux, voulez-vous surtout enseigner à vos enfants à le devenir,«à le demeurer toujours ?Procurez-vous sans tarder le magnifique ouvrage de Jeanne L\u2019Ar-chevéque-Duguay illustré de quarante photos de Tavi (1).Kaites-en voti* livre de chevet, confiez-le à vos enfants, qu\u2019ils en épèlent chaque syllabe, qu\u2019ils en scandent chaque strophe, qu'ils en chantent chaque page, qu'ils u .il faut apprendre à tenter l'aiguille .w On n\u2019est pas heureux sans le vouloir.Le bonheur, en effet, c\u2019est une éducation, c'est un enseignement orienté dans un sens déterminé, une connaissance des belles et bonnes choses de la vie, la.joie dans la simplicité, le travail dans l'application, la peine dans la sérénité.Est-ce bien aujourd\u2019hui le temps d\u2019apprendre à être heureux ?N\u2019est-ce pas plutôt l'heure de gémir, de s\u2019apitoyer, de trembler ?Est-ce bien à nous d apprendre à être heureux, nous qui depuis des siècles n\u2019avons vu notre horizon se chagriner que par instants et de façon si légère ?Oui, c\u2019est le temps ! Oiu, c\u2019est à nous! Car bonh*?ur ne signifie pas indolence, ni richesse, ni excès, et s\u2019il a semblé que noue ayons eu plus que notre part de bien-être, il n\u2019est pas vrai que nous ayons su le goûter.Qu\u2019on cesse de se plaindre, et l\u2019on aura déjà commencé à être heureux, me disait un philosophe qui a les yeux ouverts et qui tient ses pieds sur le sol.Qu.\u2019on veuille le bonheur et il s\u2019as-soiera à notre table.Il faut donc une éducation du bonheur.Il faut que l\u2019on en fasse l\u2019apprentissage.Qu\u2019on apprenne à goûter la joie des choses simples, à la portée de la main, qu\u2019on sache se contenter d\u2019une conscience en paix et d\u2019un travail appliqué.Le succès n\u2019engendre pas souvent le bonheur.C\u2019est plutôt ce dernier qui conduit au succès ou plutôt qui l\u2019entretient comme en son élément préféré.Les gémissements, les longues \u20141 'érf'x' s V .sa petite tête se penchera sur son chien .\u201d ph contemplent chaque image f Voilà le livre \"qu\u2019il faut mettre entre toutes les mains \u201d, non pas parce qu'il va ennuyer tout le monde, mats au contraire parce qu\u2019il intéressera, enchantera.illuminera toute la maisonnée à tous les instants du jour.C omme nous sommes heureux î\u201d* disent la femme et les enfants sur la couverture de ce livre.La mère a tou te la figure réjouie parce qu\u2019elle tient sur ses genoux le plus jeune de la famille et que, près d\u2019elle, deux autres de ses petits regardent la vie avec le sourire du bonheur.L'ouvrage a?feuillette comme la vie d un homme heureux.L\u2019enfant au berceau sur qui veille la main maternelle, \"main vénérable qui travaille le jour et veille la nuit\" (.) \"main aussi vénérable du papa qui s\u2019use à gagner le pain.\" Petit enfant, te voilà près de la table dans ta chaise haute et ta mère te donne la becquée, \"que de sottises méritèrent ses reproches.Ta langue, plus d une fois, lécha l\u2019assiette, comme Je petit chien.\"\t.\u2014 Comme nous sommes heureux ! volume de 132 pages.Photo de TA VT.Textes de Jeanne L\u2019Archevê-que-Duguay (Editions du Bien Public, Trois-Rivières) Prix : $0.75.En vente à la Librairie de l\u2019Action Catholique. c I tits frci tffliUTi' | par lc ternite mtiits temps Pinstim des fill' Mais tppreni guider puis lo vaissei forme pel res, prendr ti qui y ¦' prcmiè , .mt, le cercle de famille se I nouveau venu aura des pert des petites soeurs qui ¦auchcment sur lui et sup-.,'nSi à l\u2019insuffisance causée ; menage de la mère.La fra-V endra s\u2019ajouter aux senti-t aux et paternels en la coquetterie et aternel naîtront au meme même coeur Elle travai te se i son Ci lumps vient où l\u2019enfant doit , travailler, où la mère doit u.tits doigts inhabiles.De-¦ lumps, la fillette essuie la i ,vc le linge de sa poupee, \u201e s bouquets de fleurs cham-aujourd\u2019hui il faut ap-' tour l\u2019aiguille.Son premier \u2022'era à broder un tablier \u2022 H, sa tante.Puis elle fera ses , s »rmes dans le tricot.négligera pas, cependant, ses r-, Le soir, sa petite te-\u2022ra tout près de la feuille de ,t j 0ù elle trace les lignes de ùevoiis La lecture occupera quel-irs; on s\u2019habituera te avec les beaux .ur de l\u2019huinam- é.mais les de-impose.Ses aura tppta ref elle les re-ivec une onction deur, en ce blanc m \u2019in ' la première communion, sera p! r- \u2022\t.(jue le soleil.\u201d Son être lr la présence du Christ.La grand s.i uetite-fille à ses \u2022 ra que sa prier*.* te 8UX ees jeunes ailes.En avançant dans la vie, elle ap-pr mira que le travail est une oraison.\"I travr .l chante un hymne pieux, qu:ind l ame laissant au corps le s°i^ de 1 effort, s*, tient tournée vers le ciel.\" Ei *> i.;(prendra que \u201cprendre la vie vail en riant, voilà com-ment m brave homme trouve le bon-ii les épreuves même elle ¦ leurcusc, les acceptant com-»!\té< s de Dieu, pour la ren- dre meilleure.\u201d $ H A» J* n i , \u2022 sa prière monte plus vite sur ces jeunes ailes .Et quand la vie aura donné tout son rendement, après avoir suivi des conseils de bonheur, après n'avoir rien négligé pour être heureux, chacun pourra se dire : \u201cSi je pars, cette année, mes enfants ne seront pas en peine pour vivre.Je n\u2019ai rien à regretter, si je pars.» Mes enfants s'aiment.Ils aiment Dieu et toutes leurs journées sont déposées devant Lui, matin et soir, pour qu\u2019il les bénisse et en tienne compte.Mes comptes ?.Ils sont en règle avec le Maître.C\u2019est raisonnable que le Père m\u2019appelle dans sa maison.J\u2019y suis attendu par plusieurs de ma famille.Je connus de durs sacrifices et je les acceptai sans mesquiner; il me semble que le Père doit être satisfait de mon bilan.Je me sens bien en paix\u201d.Ainsi s\u2019achève une vie sereine entièrement traversée par le bonheur, bonheur voulu et raisonné, entièrement basé su rla paix de la conscience, la satisfaction des choses passées et la foi en l\u2019avenir.Cette oeuvre est unique au pays.La photographie n\u2019y joue pas un rôle secondaire, elle suggère, en quelque sorte, le texte, l\u2019anime, l'éclaire.On connaît TAVI, c\u2019est le poète de la photographie.Il fait voir à son appareil des choses que nos yeux n\u2019ont jamais vues et qu\u2019ils ne verraient jamais sans lui.Chaque photo de TAVI comporte un fait d\u2019une étonnante puissance dramatique.Avec cet artiste, la photographie devient le plus humain des arts; elle perd de sa froideur olympienne pour se pencher tendrement vers le coeur humain.Voulez-vous apprendre le bonheur ?regardez à loisir, contemplez longtemps et revenez souvent aux photos de TAVI.Vous apprendrez à voir la vie du bon angle.Mais ne négligez pas le texte de Mme L\u2019Archevêquc-Duguay.On connaît son talent inimitable, la profondeur de sa pensée, la rectitude de son jugement, et son style personnel.Il faut relire souvent chacune des strophes d« cette longue série de poèmes en prose Je ne connais rien d\u2019aussi serein, d\u2019aussi pur, d\u2019ausi net, d'aussi fervent dam notre littérature.Lisons et faisons lire ces pages, regardons et montrons cei images à tout venant.CVst de l\u2019apostolat.On a parlé de préparer l\u2019après-guerre ?J\u2019en suis ! Préparons donc l\u2019après-guerre ! Auprenons à être heureux ! Organisons autour de nous l\u2019apprentissage du bonheur.Que ce soit notre voeu du Nouvel-An ! Hervé BIUON pr*\ty\tm IftjÊÊBff\tI*****:*** MMMMM* VT '*** -vV# m Éf .\u2022 \u2022 t 4 e> mêmes, moins Madame Pigeon.GRINSEC (Môme jeu.Il rit en soupesant scs sous, puis sc frotte *111 te 5^ irait seneux.connu des hommes sérieux s\u2019adonnaient à la peinture., A l\u2019eau ?GRINSEC Oui, Madame, à l\u2019eau ! MADAME PIGEON Vour croyez ?GRINSEC M.NEBLANC Je voudrais une poupée d ma fille 1 JACQUES (lui présentant une petite pou Comme celle-ci ?LA PETITE FILLE J\u2019en veux une grosse ! GRINSEC (Il s'approche et bouscule M leine et Jacques.) (Le pli xnablement possible, il offu services.) Vous désirez une grosse pée ?LA PETITE FILLE J\u2019en veux une grosse, g.bon 1 M.NEBLANC Oui, et je ne regarde pas a GRINSEC (ravi.) Vous avez bien raison, il ru git pas de prix, mais de fa e beau cadeau à cette m pour ses étrennes.(Il car£- ' \u2019 \"N \u201cla foule Se presse autour de l\u2019auto qui va con dulre les haut personnages à travers U ville.\u201d \u201cVoici les orgueilleux personnages.Le, peuple est Impressionné par l'apparence martiale de ses \u2018protecteurs\u201d.'1 \u201cL'auto démarre tiès vite, mais pas assez tôt pour qu'un des hommes du Tigre Bleu n'ait eu le temps de fixer notre marque IA où elle sera vue par tous.'' b ^ j ** ÜvV ¦ ¦ \"I.es officiers montent dans l'auto.mais un pétard géant sort des rangs de la foule et roule sous l'auto.Il-»c Pendant ce temps, Terry, fatigué d'attendre, s\u2019approche d une des fenêtres de la maison du Dr Ping.Vf «'«r 5 jaiiri«r 1^41 L'Acté C«tfcol»^y« \u2014 Québec Vol.V, No 1 \u2014 5 \u2014 bl LES CAUSERIES RADIOPHONIQUES DE LA SAINT-JEAN-BAPTISTE NATIONALES Continuant ta .«£rie de* rfwi «n-ie* radiophonique* de la Société Saint-.Tean-Baptlste de Qtk'bec, M.Jules Falar-deau, instituteur, membre du conseil diocésain de notre société nationale, a parlé, samedi, le 28 décembre, au poste CH RC, dr?\"notre désir de rester Français\u201d.Ce désir, qui est la mystique française de notre nation, constitue une autre \"force\u201d essentielle à la vie d\u2019une nation comme La nf*tre.canadienne et française.Canadiens-Français, novi* le somme* et voulons le rester.Depuis bientôt quatre siècles nous luttons pour assurer notre position en cette terre d'Amérique, et nous sommes décidés plus que jamais à continuer cette noble mission.Pour y arriver, il nous faut une force inéluctable, une mystique.Une MYSTIQUE est une Idée motrice, qui nous suit dans tout* notre vie qui informe tous nos actes, à toute heure du jour, quoi que nous fassions.Nous avons constamment les yeux fixé?sur cette idée, nous sommes fascinés par elle, et nous y accordons toutes nos convictions et nos sentiments.C'est une règle de vie qui marque de son empreinte chacune de nos actions, de nos pensées, de nos intentions.Pour un Canadien-Français, elle consiste à vivre selon la pensée et l\u2019esprit français.Nous serons partout et toujours Français: dans la vie privée comme dans la vie publique, à l'atelier comme au foyer, à l\u2019école et à l\u2019église, au club aussi bien qu'à l\u2019univ.\u2019r ité.Dins toutes l«»s snh\u2019-rps, avec le* différentes classes sociales que nous voisinons, avec les diverses races que nous rencontrons sur notre chemin: toujours nous sommes et restons Français, mettant de côté cette fausse gêne qui semble plutôt une trahison.Français, nous le serons dans la famille, si nous cherchons sans ce .se à constrver et à développer les traditions qui ont fait la joie e; l\u2019org ie.! de nos ancêtres.Pamii ces traditions, U y en a que nous laissons au temps le soin de faire disparaître, comme cette prétendue intempérance de nos arrière-grands-pères.Mais il y a d'autres traditions qui font comme partie intégrante de notre vie, et ce serait arracher par lambeaux notre vie nationale que de tenter de les enlever à notre culte.Ces traditions religieuses et française-, dont parlait récemment Mgr C.IJoy, \"traditions sans lesquelles nous ne serions plus nous-mêmes\u201d, nous les voyons sc perpétuer, trop rarement hé as! de nos jours.Ces traditions sont peu à p?u remplacée* par des façons de vie, des coutumes étrangères, cos-m jpa'n.paiemus.: méricoines.Il en est ainsi de la prière en famille, du }\t.limité, des Grâces, de l'Angelus, etc.Combien plus belles, dit M.Falar-deau, étaient les soirées franches et chrétiennes de nos anciennes familles canadiennes-françaises, comparées aux veillées mirlemes, dans lesquelles Dieu n\u2019a pas et ne peut pas avoir de place.Combien plus sanctifiés et plus sanctifiants, plus reposants et plus agréables, les dimanchos d\u2019autrefois, dont on bannissait tout ce qui n'était pas digne du saint jour du Seigneur.Regrettons aussi le bel esprit français et religieux que nous sommes en train de perdre é jamais, dans la course à l'américanisme.Faisons revivre, pendant qu'il est encore temps, la belle vie de fnmi'le ca-nadienne-française, ramenons au foyer les membres dispersés ici et là; replaçons au salon le crucifix que l\u2019on a détrôné de la place d'honneur; faisons disparaître les choses disgracieuses que l\u2019on rencontre an* ces lieux de réunion», et là sous k* regard de Dieu, reprenons les conversations animées qui caractérisaient les veillées de no* arrière-grands-pères.I*a charité et la justice n\u2019étnient pas violées dans ces entretiens, mais, ou contraire, l'esprit y trouvait un objet de saine récréation.Enfin, redonnons à La nuit son rôle de repos et n»x repos leur sens véritable.N\u2019allons pas multiplier inutilement les repas, ni consacrer les nuits aux divertissements.C\u2019est là rétablir La vraie vie fronçai- Jules FALARDEAU INSTITUTEUR Bt* de nos ancêtres et redonner à notre existence un sens chrétien que nous avons perdu.?* Il y aurait beaucoup à dire sur renseignement Au français, sur le bilinguisme, bien et mal entendu, sur l\u2019unilinguisme, et autres problèmes épineux de l\u2019heure, mais M.Falardeau se contenu de tracer une ligne de conduite.Le français, dit-il, n\u2019est pas l\u2019affaire de quelques années, de quelques cents pages, de manuels, d\u2019opinions et de controverses.L\u2019enseignement du français ejt de toutes les heures cl de tous les Ages.On n\u2019a jamais fini d\u2019apprendre le français, on a toujours à approfondir une langue aussi riche et aussi savoureuse.A tout instant, nous avons à rédiger ou à parler en français; quelque matière que l\u2019on traite, quelque genre de rédaction ou de langage que l\u2019on ait à produire, c\u2019est toujours en fronçais et en excellent qu\u2019il faut le faire.Je ne connais pas de circonstance où il soit permis de traiter injuste: \"ent notre langue française.\u201cUn peuple qui ne parle plus sa langue, disait Mgr C.Roy, est un peuple qui ne vit plus tie sa vie propre\u201d.Cesser de parler no»xe langue, c\u2019est donc renoncer à notre vie.et nous cessons de parler notre langue française quand nous n\u2019avons plus le souci de la parler correctement.Le bilinguisme nous rendra service que si nous possédons bien notre langue maternelle.Autrement, une langue A,.r\u2014\".'ro remnlace-ra, un jour ou l\u2019autre, la langue de nos aïeux, et avec la disparition de notre langue, c\u2019est celle de notre survivance, à brève échéance.Visons donc à un enseignement français avant tout.Des transformations heureuses se sont opérées dans ce sens, mais le travail n\u2019est pas fini.Souhaitons donc qu\u2019il se continue et dans le même rythme.Faisons avant tout de nos élèves dos Canadiens-Français catholiques, et le reste viendra par surcroît.Nous aurons des compétem-os et dos spécialistes, quand nous aurons fabriqué des cerveaux bien f ançais et franchement canadiens Une forte ''-du-cation nationale, et commencée dès les premières années, s\u2019impose.sfc * Le visage français de notre profession est probablement le plus en danger de disparaître.L\u2019américanisme est en voie de nous paganiser, de nous faire oublier l\u2019esprit d\u2019affaire et de relation sociale de nos ancêtres.Un autre mal.non moins redoutable, est la manie de l\u2019anglais quand son usage est superflu.Nous semblons fiers de trahir notre langue aux yeux de l\u2019étranger.Et pourtant, qu\u2019est-ce que désirent le plus ces gens qui nous visitant: du français.Ils sont précisément venus voir une bonne vieille cité françai-«*\\ un pays français où sont conservées le« coutumes et la langue des siècles illustres de France.Us désirent se faire une idée de la France européenne.moins ses déformations.Ils cherchent ce qu\u2019ils ne peuvent voir cher, eux: autrement.Ils resteraient à la maison ou visiteraient d\u2019autres endroits nouveaux pour eux.Tous les étrangers sont d\u2019accord pour nous supplier de rester nous-mêmes: c\u2019est ainsi ouMls nous veulent.M.Jean-reret.directeur du français à l\u2019Université de Toronto, disait nue ne* étudiants viennent Ici voir et admirer notre culture.notre vie nationale, notre mPieu québécois si Intéressant pour les Ontariens.Qu\u2019ayons-nous besoin de toutes ces théories Insensées, visant à une angli-fication prématurée et Inutile dans notre province de Québec.Que de magasins, que de restaurants, d\u2019ateliers, de banques et de bureaux, pour ne pas préciser davantage, où nous avons déjà peine à nous foire comprendre en français.Le plus souvent nous nous adressons à des gens qui comprennent fort bien notre langue, qui la parlent correctement, quand ce ne sont pas des Canadiens-Français indignes de ce nom.Au contraire, quelle joie quand nous avons su tenir le coup et forcer !e prétendu Anglais à céder devant notre ténacité.Dans le commerce surtout, retenons bien ce principe: la vente se fait entre deux contractants, et des doux, l\u2019acheteur joue lo plus beau rôle.Partant de ce principe, nous nous sentirons forts dans la lutte que nous poursuivons chez nous pour conserver cet héritage essentiel à notre existence: !a langue française gardienne de notre foi et de notre survivance.Et M.Falardeau ajoute: souhaitons que ne vienne jamais, dans notre belle province, ce temps où il nous faudra communiquer avec nos frères, par signes, un peu comme en 1534.En terminant, M.Falardeau demande à ses auditeurs de fain?vivre ou revivre chez nous une mystique françui-C\u2019est toute l\u2019histoire qui nous le commande, si nous voulons continuer de faire briller sur ce contincmt le flambeau do la loi et de la vérité par la n-gue et la culture fron\"\tC\u2019est le nombre toujours croissant des Canadiens-Français qui nous encourage a le faire, c\u2019est la jeunesse montante, pleine de force et de courage, de foi et de piété, qui nous défend de rompre avec un passé glorieux.Travaillons à conserver cet esprit français, dans la famille d\u2019abord, en conservant pures et intactes les traditions ancestrales.Travail à faine à l\u2019école, par un enseignement de plus en plur amélioré de Sa Majesté la Langue française.Que le verbe glorieux de ChampHan, de Montcalm, de Lafontaine passe et demeure sur nos lèvres, sans que jamais la trahison ou la persécution ne vienne l\u2019en déloger honteusement.Formons une génération bien française et bien catholique.Travai\u2019 enfin dans toutes nos relations sociales.Travail de fierté et de conviction.Redressons l\u2019échine trop souvent courbée et nous commencerons à attirer le respect que l\u2019on est à la veille de nous refuser.Nous sommes Canadiens-Français, nous avons un esprit catholique et une formation française.qu\u2019avons-nous besoin de plus pour faire de nous la plus belle espèce d\u2019hommes sur la terre.Redisons souvent: O Canada, mon pays, mes amours, à toi ma fidélité, à toi ma préférence, à toi mes plus no-bV?efforts, à toi ma vie toute entière.Je promets de toujours parler ta langue française, je promets de rester attaché aux nobles traditions de nos pères, Je veux rester Français et Catholique toujours.O'»**:»\t_| \u20ac\u2022 «¦\u20ac>\u20ac\u2022 h1 aviation reprend les traditions maritimes /T\\UI n' (1\t) vieil \u201cBai U1 n\u2019a entendu parler de cette vieille tradition maritime du Japtême de l\u2019Equateur\u201d qui donne lieu à une si pittoresque cérémonie quand le navire passe la \"ligne\u201d ?Les pilotes d\u2019avions de transport qui franchissent l'Equateur ont décidé de donner eux aussi une \"initiation\u201d à leurs passagers.Mais comme la place dans un avion manque évidemment pour accomplir le rituel du bateau (bains forcés, bals déguisés, etc.) le pilote au moment de passer la latitude O* fait faire à son appareil toute une série d\u2019acrobaties comme si il avait un obstacle à surmonter.Les passagers ont droit ensuite à un diplôme portant leur nom, la date et l\u2019heure de leur passage et prouvant qu\u2019ils sont licenciés de \u2018T\u2019Ecole de Neptune\u201d, -6 \u2014 Vol.V, No ï L'Action Catholique \u2014 Québec Histoire de l\u2019Eglise.ÏKO.\u2014 I.A FETR DE L » TRI -Sl'I-Rl ME.L'FXL-C1 riON l»r ROBESPIERRE I.f tang ai pclli- lr sang! I.r tyran.en #0.1, éprouvait dm inquiitudm pour son autorité rt i-rt-tr rraintr s'csaspfralt pour ¦ rrtainrs paroli» .u errtainm altitudr» dr ( hauinrilr, llrlirrt.('amiHr Dmmnullns ou dr Danton; il Ira fit d«n< dri*pi> trr, rt rr fut Juatrmrnt rr drrnlrr raploit qui fit déborder la mmurr.Rnbmnirrrr.rn «r rendant au C hamp-dr-Mara pour jr célébrer la fete dr I Ure-Kuprérre nou vrllrmrul instituée 4 aa drmao-1 Tallien dr flnrdrauu.I.r lendemain.Rohraplrne demanda la punition dr ara invultror*.mai» la Convention garda le aliéner, pour bientôt aprr# prononcer la condamnation dr Robespierre et .a frère, dr Coulhon, St-Ju»l.Ilrnriot, Duma* rt autres Jacobins, qui furent guillotinés le '-\u2019x Juillet 17!»l.Peu de temps après, Carrier, Fouquier*'! I.ville et plusieurs scélérats furent aussi rvéeutrs.\u201cnieu souvent châtie les crimes par d'autres «n* mes\u201d, comme l\u2019avait dit Bossuet.Production de le maison \t''S jeunei gêna *\t'.\u2018.t a \\ -cinq un.en ^ cl ' \u2022 d, néea à fournir ! nr.-evalrM.en coi \u201c\u2022'\u2022'\u2018tari j.,»r ie!l\tjeun( phiques; mais nous conseillons aux esprits sérieux de méditer un instant sur la nature de la gloire, telle que les j>e\u2019»-seurs de l\u2019antiquité eux-mêmes l\u2019ont définie, au nom de la simple raison, et les saints Docteurs au nom de la foi.Saint Thomas nous rappelle, dans un nème passage, que la gloire, d\u2019après Cicéron, consiste dans \"le bruit que fait un nom souvent répété avec éloge, fre-Queits de aliquo faina eum lande,\" et jue, d\u2019après saint Ambroise, on a d\u2019autant plus de gloire qu\u2019on est plus \u201cconnu clairement avec éloge, elara cum laude notitia.\" Ne résulte-t-il pas de cette notion précise de la gloire que faire retentir par la parole, ou faire briller )ar l\u2019écriture, clairement et avec honneur, le nom d\u2019un saint, c\u2019est par là mêrm lui irer m tek) te gloire T Et, pai \"Conséquent, refuser de prononcer ou de tracer ainsi, quand les circonstances le permettent, le nom de ce saint, c\u2019est, au contraire, lui refuser cet hommage.La base de ce raisonnement n\u2019est-elle pas encore fortifiée par le penchant naturel des hommes qui les porte presque unanimement à chercher une vaine gloire dans la proclamation ou dans l\u2019écriture de leur nom faite avec éloge, même dans la plus modeste assemblée, ou sur le plus humble monument, jusque dans le plus piètre journal ?La spirituelle marquise de Sévigné n'est-elle pas elle-même bien amusante lorsqu\u2019elle raconte, avec des transports de joie, à sa fille, la comtesse de Grignan, que.devant toute la cour, le grand roi l'a nommée ?II.\u2014 Mais, remarquons-le bien, ce ridicule sentiment d\u2019amour-propre, déviation d\u2019une inclination qui est juste et vraie dans sa racine, n\u2019est réellement satisfait que si le nom est prononcé avec l\u2019éloge et clairement : une indication vague ne satisfait point comme le nom lui-même, articulé ou tracé en toutes lettres, eu du moins exprimé par une abréviation suffisante cour qu\u2019il soit aisément intelligible pour tout le monde.(Si Von écrit à ses intimes ou à ses correspondants les plus habituels, on rappellera peut-être facilement à leur mémoire son rom de trois ou de quatre syllabes, comme Alexandre, Barthélemy, Marguerite, etc., en mettant la première sjtllab?.Aux autres, on ajoute la dernière en vedette * Aldre, Barmy, Marte.Mais les noms si longs sont rares).Or.c\u2019est avec rette clarté que le saint patron de notre baptême a le droit d\u2019être réellement nommé dans notre signature.Encore une fois, telle est la tradition universelle de nos chrétiens ancêtres.Aucun prétexte, de respect humain ou ae paresse, ne saurait prévaloir contre ce fait, ni contre les nombreux motifs de droit sur lesquels il repose.Sans vouloir condamner personne, on pourrait donc encore moins justifier, soit par l\u2019histoire, soit par la logique, ceux qui, dans nos temps nouveaux, consentent, tout au plus, à se donner la peine de poser timidement, avant leur nom famille, une initiale, comme la donnée insuffisante d\u2019un problème agaçant et qui par conséquent, sera toujours regardé par autrui comme un hiéroglyphe négligeable.Qui dont irait se fatiguer 'esprit ou la mémoire pour chercher à découvrir ou à se rappeler le glorieux patron d\u2019un protégé qui semble lui-même faire fi de l\u2019honneur d\u2019en porter le nom ?Un aparté, une parole à voix basse, une cachotterie sont contraires, bien souvent, aux convenances et à la politesse.Abstraction faite de telles intentions, qui certainement n\u2019ex.stent dans la pensée d\u2019aucun auteur de signature incomplète, le fait matériel du nom de baptême esquissé et comme marmotté ou murmuré par une simple initiale, n\u2019a-t-il pas cependant en lui-même quelque ressemblance à une question qu\u2019on poserait au nez de plusieurs personnes présentes, mais dont les intimes seuls auraient la clé?Cette énigme indéchiffrable, placée à tout bout de champ, de nos jours, au lieu du prénom simple et net de nos aïeux, est-elle bien conforme à la clarté, à la franchise, qui est peut-être le plus glorieux apanage, de la langue des fils des Francs ?Dans une lecture à haute voix, le meilleur moyen d\u2019éviter le ridicule s'attache à la proclamation d\u2019une Manche, 5 janvier 1941 L'Action Catholique \u2014 Québec TRAINS SILENCIEUX LES trains se sont grandement perfectionnés au cours de ces dernières années.Les wagons tout acier remplacent peu à peu les archaïques boites de cigares incommodes et dangereuses.Dangereuses ?Kh oui ! Pour s\u2019en convaincre, il sulfit de contempler les debris qui jonchent la voie après un accident.Les wagons en fer ne s\u2019en tirent pas sans dommage : un peu déformés, cabossés, mais ils demeurent d\u2019une seule pièce, et les voyageurs en sont quittes, lu plupart du temps, avec quelques plaies et quelques bosses.Mais, hélas! les wagons de bois.sont réduits en miettes.Seuls b* chà^.s et les roues subsistent.Il ne faut pas s'étonner du sort qu\u2019on subi ses malheureux occupants.Indépendamment de la sécurité, les Compagnies de chemins de fer font de louables efforts pour améliorer le confort des voyageurs.Avec juste raison, ils se sont attaqués au bruit.Verrons-nous bientôt la disparition du \u201ctiquetl-plomb .tiqueti-plomb\" caractéristique ?Des mille grincements, craquements, gémissements, crisst men ta qui accompagnent obligatoirement tout voyage en chemin do fer ?Les ingénieurs essaient de nouveaux systèmes de rails, dont les différents tronçons, soudés les uns aux autres, éliminent ce bruit cadencé.On aplanit la surface du rail, les freins métalliques sont remplacés par des garnitures en ferrodo, comme celles des autos.Verrons-nous bientôt les trains silencieux ?On trouvera les réponse* en page 8 1.\t\u2014Quel est, su sujet de la politesse des Canadiens-Français, le témoignage des historiens ?2.\t\u2014Combien de mots d'\"origlne étrangère\" sont-ils entrés dans le français depuis le XIle siècle .i.\u2014Comment pi*r*onnifie-t-oii la NECESSITE ?4.\t\u2014Quelle différence H y a entre digeste et digestible ?5.\t\u2014Quelle est l\u2019origine du mot redingote ?g._Que savei-vuus de la mys- térieuse Antllle ?initiale incomprise, c\u2019est de la passer sous silence; car à quoi bon signaler par un rébus ce pauvre patron do baptême que son client a voilé, pour ne pas dire masque?Le signataire mystérieux aurait donc fait aussi bien, sinon mieux, de ne pas poser, avant son nom de famille, la lettre algébrique où l\u2019on ne trouve qu'un problème insoluble et ennuyeux.Il ne faut pas écrire ni parler pour ne rien dire, encore moins pour embarrasser les interlocuteurs.Il ne faut point du tout, répétons-le, mettre en cause les bonnes intentions de tant de pieux fidèles qui.malgré les protestations de Pie IX et de tant d\u2019autres pontifes, (Note de l\u2019O.A.: nous en parlerons dans un prochain article) ne gratifient encore leur suint patron de baptême, dans leur signature, que d\u2019une lettre initiale toute mystérieuse.Presque toujours.c\u2019est purement habitude machinale, ou simple distraction.La plupart n'y ont jamais pensé et ne se doutent point du tout qu'ils subissent, en cela, une des modes, un des entraînements dus principalement à lu Révolution.Mais, au contraire, ceux qui fixé, du moins une fois sérieusement, sur ce sujet leur attention, n\u2019ont guère manqué d\u2019en faire l\u2019objet d'une résolution décisive.(A suivre) Article extrait du livre \u201cLes noms de Baptême\u201d, du R P.Alfred Deschamps, g.j,, Bonne Presse, Paris, 1300.Vol.V, No 1 \u2014 7 \u2014 » l.o savez-vous.?Réponses aux questions posées en page 7 1.\u2014Tous les historiens proclament que les anciens Canadiens, d'excellente race française, manifestent tout bonnement en leur maintien l'élégance d< leur noblesse native, et que, par la fréquentation des officiers supérieurs de l'armée, et plus encore des familles seigneuriales, les petites gens eax-memes s\u2019initient aux tn lies manières.Charlevoix note que \u201cles manières douces et polies sont communes à tous les Canadiens, et la rusticité, soit dans le langage, soit dans les façons, n\u2019est pas même Connue dans les campagnes les plus reculées\".Hocquart compare nos habitants aux paysans de France et reconnaît que les Canadiens \u201cn\u2019ont pas l\u2019air grossier et rustique des paysans français\u201d.1 K a ! m loue la politesse exquise de nos pères en plusieurs endroit1» de son ouvrage.Ils sont, dit-il extrêmement polis, saluant, en ôtant leurs chapeaux, quiconque les rencontre sur la rue.F.t J.-C.Taché a dit î \u201cNous avions de la féodalité ee qu\u2019elle a de bon, et c\u2019est probablement à cette institution que nous devons les moeurs chevaleresques et l\u2019exquise poli-te-'-e de notre population.\u201d 2.- Depuis le Xlle siècle, au moins mille mots d\u2019\u201corigine étrangère\" ont pénétré dans le français.C'e sont des mots arabes, ita-lii *ns, espagnols, anglais, allemands.Voici quelques exemples : café (chawe) vient de l\u2019arabe, ainsi que châle (schal) balcon (balcone).et bouffon (buffone) viennent de l\u2019italien; l\u2019espagnol a fourni camarade (camarade.) guitare (guittra); wagon, bill, budget viennent de l\u2019anglais tandis l\u2019allemand a fourni bivouac (bei-wache), blocus (bloekhars), etc.j té\u2019\u2019 sous la figure d\u2019une femme assise au milieu d\u2019un temple et ayant des mains de bronze, qui tiennent un marteau et des clous de diamant.4.\u2014 Dik'e&le n\u2019a rien à voir avec la digestion.Ce mot désigne le recueil des décisions dos jurisconsulte, compose sur l\u2019ordre de l\u2019empereur Justinien, qui lui donna; force de loi.Ci »! entre digestible et digestif qu\u2019interviennent des! nuances importantes.Le premier' adjectif désigne ce qui peut être) digéré, ce qui se digère facilement: I ruuit.s d'anciennes constructions.Des contre-torpilleurs américains, j envoyés sur les lieux, constatèrent la réalité de cette résurrection ! qu\u2019on ne pouvait attribuer qu\u2019a i quelque tremblement de terre sous-marin ayant bouleversé le fond de la mer.L\u2019architecture des maçonneries subsistantes et l\u2019a-; g en cernent d*s rues firent suppo-! ser que cette ville mystérieuse florissait dans la période précolombienne.IX\u20185 savants enquêtèrent.D'aucuns y vin nt même une réplique de l\u2019Atlantide, le conti-1 nent troublant disparu sans laisser de traces.Et voilà que huit années se sont écoulées et que le souvenir même de l\u2019ile émergée semble effacé de la mémoire ingrate des hommes.Petites notes U à h\tuitres\tsont\tdige.-t\tibles.\tU*\tSC* cond\test un\tterme d\u2019anatomie pour\t\t\t\t dé.-ig\t;ner ce\tqui\tsert a\tla digesli\t\ton l on d\tira le\tturl\the dig»\t»stif.\tEt\tl'on park\t\u2022ra enc\tore\td\u2019une\tpou\tdre\tdi- gv sti\tve, comme\t\tétant\tapte\tà fi\taci- liter\tla digsiac\t\u2022e au courroux.\t\t8 Hot légendaire\t\td'As- «y rie; \u2014\tUs n\u2019ont pus de ptix.\t\t\t7.Ville d\u2019A1\tIgérlc\t| \u2014\t8.An.igramriu\til im cordage;\t\tEnlèvera.\u2014 W Accord\t\t parfait.-\tSo\tdit\tde certain bien\tvaut*.K» Lh-but de randonnée; \u2014 tVmiet i de* affirmation* |m u compromettantes; \u2014 EUtc perdit beaucoup au change ,\u2014 11 Oeuvre d une critique Implacj* 1 ble.des problèmes proposes le 29 décembre 1910 LES DEUX BOUGIES Après une heure, le rapport sera 4 à 3.Après deux heures, 3 à 2, après trois heures 2 à 1 et, après trois heures et demi, le rapport sera de 112 à soit 3 à l.#\tNOUVEL AN La pendule marquait minuit, fi minutes, 56 secondes.TRIANGLE CETTE EURE T R I T E E QUELLE EST LA BONNE DEFINITION ?Un ras Irai, c\u2019est un instrument iioiu%ontau-;m km 1.Celle du Frauçai* mo>en est d?vous dis.(Il fait sonner l\u2019argent dans sa boite.) Et vous, qui êtes-vous ?JACQUES Je suis Jacques! MADELEINE Je suis Made'eine! GRINSEC Ah! ah! ah! Il n'y a ni Jacques ni Madeleine.Vous n\u2019exisU-z qu'en rai.son de l'a:gent que représentent vos services.Je vous ai dans cetto boite.(Il agite la boite.) En sous dans cette boite Ah! ah! ah! JACQUES (regardant la boite) Tout de même ! MADELEINE GRINSEC (I! hésite et finalement prend une salière dans sa poche.) Tenez, pour Noël, vous mettrez un p?u de sel sur votre pain.MADELEINE ET JACQUES Merci beaucoup, M.Grinsec ! GRINSEC (à part.) C\u2018e>t étrange.Qu\u2019est-ce que j\u2019ai, je m amollis ?Leur donner du sel.c\u2019est trop bon: je me sens déjà moins libre; pourvu que je ne rêve lias! (Aux enfants.) Bonsoir ! Je ferme la boutique.Et n\u2019oubliez pas de laver le plancher ?MADELEINE et JACQUES Non, M.Grinsec.Bonsoir, M.Grinsec ! (Grinsec sort, emportant sa boite à argent.On l\u2019entend fermer la porte à clef.) SCENE VI Madeleine, Jacques.partir ?MADELEINE Je ne crois pas.JACQUES Alors, on va avoir un beau Noël ! MADELEINE Avec de la peinture ?JACQUES Et du papier.MADELEINE Et du papier ?JACQUES Ecoute, depuis que je vends des jouets, j\u2019ai remarque beaucoup de choses .MADELEINE Raconte ?JACQUES Les téLs des poupées souvent c'est en papier mâché.MADELEINE Alors, on va mâcher du papier ?JACQUES Oui.MADELEINE On n'en a pas de papier.Et M.Grinsec sera fâché si.JACQUES (poursuivant son idée.) Le cadeau du monsieur était enveloppé; si le cadeau est à (Assis sur le comptoir, ils mangent leur pain à belles dents et nous, le papier l\u2019est aussi ! MADELEINE Tu crois ?ils le saupoudrent de sel.) MADELEINE, (désignant la salière) C\u2019est du sel ?JACQUES Oui.MADELEINE C'est bon, ça change le goût du pain sec.JACQUES Mais, il parait que le beurre, JACQUES (même jeu.) Cent grains de rire, cent grait j de bruit.MADELEINE Laissons-les reposer, et, demain, ils seront tout à fait nés ! (Us déposent leurs fantoches sur le comptoir.) JACQUES (il baille.) Allons nous coucher.MADELEINE Où ! JACQUES Par terre, il le faut bien ! (MADELEINE (soupirant.) C\u2019est dur ! JACQUES En regardant d'une certaine façon, ça parait en plumes .MADELEINE (tirant une vieille couverte.) Tiens, j\u2019ai trouvé ça ! JACQUES Est-ce en satin ?MADELEINE Peut-être .(Us s'étendent par terre et s\u2019enveloppent dans la couverte.U fait noir et les enfants dorment.) Fin du premier tablean.(A suivre) Il y a bien quelque chose qui c\u2019est encore meilleur ! sec.e^t plus nous ne ?\u2022 sous, et que vous ne pouvez pas mettre duns votre boite, M.Grinsec .Qu est-ce que c\u2019est ?MADELEINE (hésitante.) Jo ne sais pas au juste, M.C est-à-dire que oui, M.Gnn- Grinsec.GRINSEC Tut! Tut! Rien de ce qui entre dans cette boutique ne m'échappe.Tout! tout dans ma boite et vous comme las autres, imbéciles! MADELEINE Ah! M.Grinsec ! GRINSEC J\u2019ai réfléchi.Vous coucherez ici, ce soir.MADELEINE ET JACQUES Merci, M.Grinsec.GRINSEC C\u2019est plus prudent de ne pas laisser le magasin seul; c'est Noël, et personne ne se couche ce soir.JACQUES (étonné.) Personne ne se couche, M.GRINSEC (Il s\u2019empare du paquet, le défait et reconnaît la boite de couleurs qu\u2019il avait vendue à madame Pigeon).Ah! ah! ah! Tiens, je reconnais oette boite de couleurs! (Il replace la boite sur le comptoir.) N'y touchez pas! Et p'iez le papier et roulez la ficelle! JACQUES Mais, M.Grinsec! GRINSEC (Il se lève et donne une taloche à Jacques.) Il n\u2019y a pas de mais.(Il ferme sa boite à argent avec la clef.) Ah! ah! ah! Je suis sorcier! Je suis sorcier! C»?monsieur qui vient de Grinsec sortir, ce n\u2019est pas un monsieur JACQUES Qu\u2019est-ce que c\u2019est donc, M.Grinsec ?GRINSEC (les yeux brillants) C\u2019est cinq piastres et dix sous! Ah! ah! ah! Et V?cinq piastres et dix sous n'est pas sorti comme vous pensez, (désignant son coffre.) Il est ici! GRINSEC Si: moi! Moi, je ne m'embaTe pas.Moi, je me couche.Je dors et je ne rêve jamais.JACQUES Ah! GRINSEC (sortant du pain de sa poche.) Voilà votiv?souper ! MADELEINE ET JACQUES Merci, M.Grinsec.MADELEINE Tu penses ?JACQUES On le dit.MADELEINE (Elle descend du comptoir) Allons, il faut laver le plancher 1 JACQUES (rêveur.) Ah ! oui ! (Madeleine prend un seau et un linge placés dans un coin.) JACQUES (la regardant travailler) Est-ce bien sale ?MADELEINE (lavant.) JACQUES Madeleine ' MADELEINE Oui.JACQUES J\u2019ai une idée ! MADELEINE Quoi ?JACQUES On va se faire un Noël ! MADELEINE (Elle s\u2019arrête de laver.) JACQUES D\u2019abord, on a bien mangé ! MADELEINE (avec conviction) Oui, c\u2019était bon.JACQUES Maintenant, on va se faire des cadeaux .MADELEINE Avec quoi ?JACQUES Avec la peinture que le monsieur nous a donnée.JACQUES (Il déplie le papier.) M iis oui ! C'est un peu long à mâcher; si on prenait de l\u2019eau ?MADELEINE (emportant son seau.) Voilà ! (Iis mouillent le papier et le pétrissent de façon à faire une sorte de pâte, puis des boules à la forme assez vague.) MADELEINE Nous allons faire une princesse Violette ! JACQUES Moi, je veux avoir un révolutionnaire ! MADELEINE Qu\u2019est-ce que c\u2019est qu'un révolu tionnaüe ?JACQUES BONS MOTS LE VOYAGEUR PRATIQUE Le docteur X.(respectons son incognito), de Baltimore, est réveillé au milieu de la nuit par le carillon de sa sonnerie et une série de formidables coups de poing appliqués sur la porte de sa maison.Au dehors, un orage épouvantable semble avoir déchaîné toutes les forces de la nature.Le C\u2019est un homme qui n\u2019endure\touvJe sa fenV*tr?,et ^r- pas d\u2019étre maltraité et qui fait CO un een\u2018 eman mn du bruit dans la maison.(Il peint avec la peinture et un pinceau.) Ix* yeux sont noirs, il a de la barbe et des gros sourcils .MADELEINE (prenant la peinture.) Les yeux sont bleus, elle a le teint rose et les cheveux blonds.(Apercevant le linge à plancher.) Ah ! tiens, ce torchon, quand on le regarde d\u2019une certaine manière, a presque l\u2019air d\u2019une robe de soie .JACQUES Donne m\u2019en un morceau pour mon révolutionnaire çoit un gentleman qui réclame ses services pour un cas urgent et à une lieue de la ville.\u2014Combien?fait l\u2019homme.\u2014Trois dollars, réplique l\u2019autre.\u2014Ca va.Notre esculape descend, atelle lui-même son cheval et, accompagné de son nocturne client, se rend à l\u2019endroit indiqué.Arrivé à destination, le client descend, donne trois dollars au docteur et lui dit: \u2014Inutile de descendre, docteur.Vous pouvez retourner.Je vous Uf entoüPe a* pris parce £Jue ^ous *es cochers sa boule avec un peu de guenille ) Sue J'*», rencontrés me deman-C\u2019est vrai, quand on le regarde 5f\u2018.ent4six dollars pour me recon-de côté, on dirait que c'est un gi- U,re ^usqu ,C1-let de laine et une casquette.IL \\ TOUT PRIS MADELEINE Maintenant, on va faire leur\tjuge.\u2014 Avez-vous encore âme et leur cervelle.(Elle prend quelque chose à ajouter, sinon le la salière et sème les grains sur jugement va être rendu ?la tète de sa princesse.) Cent L\u2019accusé.\u2014 Plus un sou, mon-grains de beauté, cent-dix grains sieur le juge; mon avocat a pris de douceur.\ttout ce que j\u2019avais ! L'HISTOIRE DES PAPES Sx V>OMUI CLEMENT VIII U592 -=-11605 Hippolyft Ældobrandim était florenlîn.Auditeur cle to Cote .grand Pénitencier, S^nt français de Sales il devint Cardinal.Pieux et lûbori-\ttravailla,dans leméme eux, il lut un juriste de renom.Il ob- fempS ^ |a COfWtrsiûn serva dei jeûnes rigoureux etprafi-qua de grandes mortifications ,ef il consacra de Jonques heures à J la meditation./ 5omr ftobeit BcJlar* mm vécut sous ce ponTificat.O O de ia Suisse.Clement se fit remorquer par 4 Son grand amove {.des powru et de* entants.Il encoura cnranre.urncooraY^».gea Sami Joseph Cûlasanz a fonvL.L fiêr\tflfrrc ^ I' J der les Clercs réguliers dts Ccoles pits.'m! îlous devons à ce Pipe la belle ( dévotion aux Ouaranfe-Heures.| Ami de la potsie, il invita d Rome plusieurs grands poètes, notamment le Tasse.Il canonisa un grand Dominicain.St-Hgarintbe.avec lacccssioh de Jacques 12-\u2022en 1603.les 'lois anti-' catholujoesl devin-\u2019 i rent très sévères en Angleterre.HenrTîV de France u cop vertitauca-* thohcisme., Clément Vm eut pour succès* seur Ucardi* oal Uleditis (Léon XI), gei ne régna que 15joui s, m ' 1605.10\u2014Vol.V, No 1 L'Action Catholique \u2014 Québec Dimanche, 5 janvier 1941 / Hàli '^X ptït Vtaiv ^V»C(C»AfWî^Ei^i»Hk ',v ortage pour tuer .les voyageurs attendus.Un Sauvage découvrit leur re-\u2022 et donna l\u2019alarme.Il n\u2019y ¦ qu'un moyen d\u2019échapper : rapides secrètement.Le \u2022 extrême.Il fallait : nt que quelqu\u2019un restât .\u2022mer le change à l\u2019ennemi., :\u2022< fut ce brave.Il alla, m jeune Indien, attaquer les f ur les attirer en arrière et les empêcher de voir fugitifs.Son stratagè-\u2022 11.Tout le monde fut s il périt avec son jeune Ir ; lois tentèrent de le sai-eu vain.Il leur échappa, ut t ber.épuisé de fatigue f.» v .! l\u2019endroit même d\u2019où \u2022\t\u2022 parti quelques jours aupa- N .nt plus d'espoir, sentant es derniers instants, il arra-i;lie d'écorce blanche au ! .le protégeait, et avec voig il écrivit sa chan-n do mort.trouvée peu de temps côté de lui.^ : t li remonte l\u2019Outa-\u2022 du Grand-Calu-de s\u2019arrêter au it mrher de la haute montagne, t : :.:ge des sept chu-'\t' q o se trome la tombe Traduction française de PAMPHILE LE MAY LA PALME sidérer comme votre maison la demeure de Pierre et la mienne.Au Chien d\u2019Or comme à Helmont, le frère de Pierre sera toujours et cent fois le bienvenu ! On hâta les préparatifs du départ et chacun se retira pour prendre quelque repos, se réjouissent dans lu pensée de retourner à Tilly.Il n'y avait pas jusqu\u2019au vénérable Félix Beaudoin qui ne se sentait tout joyeux comme un écolier, le matin d\u2019un jour de grand congé.Puis, il faut bien l\u2019avouer, que de choses n'avait-il pas à raconter, que de sentiments n\u2019avnit-il pas n exprimer ù l\u2019oreille de Françoise Sans-Chagrin ! Il en était de même des censitaires et des serviteurs.Quel plaisir d\u2019aller dire aux amis de là-bus les aventures dont ils avaient été les héros, dans la capitale ou les avait appelés la corvée du roi, pour bâtir les murailles de Québec.XXVI Via l'bon vent ! Via l'ioli vent ! Via l'bon vent ! Ma mie m'appelle î Via l'bon vent ! Via l'joli vent ! Via l'bon vent ! Ma mie m\u2019attend ! avait été touché de la romance En la chantant it couler des larmes, \u2018mande des hôtes de sa ¦e.au milieu d\u2019un calme io .loureux, elle commen- ie la haute montagne, nir cette campagne ! '¦ entendez mes soupirs! t je vais bientôt mourir ! ies pleurs dans tous les aurait cru que le der-de Cadieux expirait rcs émues quand elle > dire à ma maîtresse, ts, qu\u2019un adieu je leur [laisse ! mon amour et ma foi, faut renoncer à moi ! autres amis de la fade Villiers, Claude 1 i mois, de la Corne de ôtaient aussi venus fai-\"ux à Mme de Tilly, \u2022rnc provoqua les rires H usions aux Iroquois.II \u2022v le secret.\u2019 ore, Le Gardeur, dit-il, i \u2019enverrez leurs cheve-nd vous les aurez scalpés l'iis m\u2019enverront la vôtre, uvs passèrent vite.La beffroi des Kécollcts son-' fois dans la nuit tran-«nt que la solitude se fit a*son de Mme de Tilly.l' irdcur se sentait meilleur >i t.Le bourgeois lui dit en \u2022 ! rant le main : ige ! mon enfant, coura-¦ venez-vous du proverbe : Bien garde est bien gar- u! vénérable ami î s\u2019écria '\t' 'our, dans une affectueuse Comment ne vous regar-*je pas comme mon père, 0\tPierre est pour moi plus ï'ic mon frère ?1\t' je serai pour vous un pè-\u2019et ueux si vous me le permet- L,rirdciur.reprit le bourgeois \u2022 jusqu aux larmes.A votre '\t> faites-moi le plaisir de con- Dimanche, 5 janvier Î941 E gai refrain faisait retentir les rivages, et des voyageurs plongeaient en cadence dans les vagues bleues, leurs rames |d\u2019où tombait une pluie de gouttelettes fines que le soleil transformait en diamants.C\u2019étaient la famille de Mme de Tilly, Pierre Philibert et les censitaires qui retournaient au vieux manoir.Le fleuve coulait majestueusement et comme drapé dans un manteau de lumière, entre ses bords escarpés que les champs verdoyants et les bols feuillus couronnaient.Rien, dans le Nouveau-Monde, n'égalait la beauté de ces rivages avec leurs files de maisonnettes blanches et leurs villages coquettement assis autour de l\u2019église.La marée montante avait parcouru deux cents lieues déjà, et elle refoulait encore le grand fleuve.Le vent soufflait de l'est et nombre de bateaux ouvraient, comme des ailes, leurs voiles de toile éclatante pour remonter la rivière.Los uns étaient chargés do munitions de guerre pour le Richelieu, par où ils se rendraient aux postes militaires du lac Champlain; les autres portaient à Montréal des marchandises destinées aux postes de commerce de l\u2019Ottawa, des Grands Lacs et même de la Belle-Rivière et de l'Illinois, où l\u2019on venait de fonder de nouveaux établissements.Des flottes de canots prenaient ces cargaisons à Montréal pour les rendre à leur destination.Les voyageurs dépassèrent dpns leur course les bateaux à voiles.Ils les saluèrent gaiement.Ce fut entre les divers équipages, un échange bruyant et joyeux de cris, de souhaits, de plaisanteries : \u2014Bon voyage, bonne chance ! pas trop d\u2019embarras ! des portages courts ! beaucoup de bon temps 1 Plusieurs crièrent : \u2014Les peaux des ours et des buffles que vous allez tuer sont-elles déjà vendues ?D'autres : \u2014Ne laissez pas vos chevelures en gage aux belles Iroquoises I Les chanson* à la rame du Ca- nada ont un caractère tout particulier, et sont d'un effet charmant.F.lles sont agréables à entendre surtout quand de robustes canotiers les redisent en lançant leurs légers canots d'écorce sur les eaux tranquilles ou bouillonnantes, tantôt fendant comme des canards sauvages la nappe paisible, tantôt sautant comme dos cerfs agiles les rapides bondissants et les cascades écornantes; toujours acceptant, avec une égale magnanimité et comme ils \\ icnnent, la tempête ou le calme, la fortune et l'adversité.Ces chansons sont toutes d'anciennes ballades d\u2019origine normande ou poitevine.Les pensées en sont pures et les expressions chastes.On n'aurait pas voulu alors donner à la colonie pour ses chants populaires des paroles licencieuses, car on savait qu'elle avait été fondée pour la plus grande gloire de Dieu et l'honneur de son saint nom.C\u2019était en toutes lettres dans la commission de Jacques Cartier.La chanson à la rame se compose ordinairement de stances assez courtes.Le dernier vers d'un couplet devient le premier du couplet suivant et cela forme un enchaine-inent original et plaisant.Après chaque couplet un refrain vif.gai, entraînant, qui part comme une fusée !.Toutes les voix chantent alors, ti^is les bras s\u2019agitent, tous les avirons plongent dans les flots, et le canot bondit comme un poisson volant sur la surface frémissante du lac ou de la rivière ! Maître Jean Marche avait choisi sa place à l'avant du canot.11 était faraud comme un jour de dimanche, droit et fier comme *e roi d'Yvetôt.Son violon qu\u2019il appuyait avec coquetterie à son double menton, vibrait harmonieusement sous les caresses de l\u2019archet de crin, comme il avait vibré pour adoucir la fatigue de plus d\u2019un aviron sur les rivières et les lacs, depuis le fleuve Saint-Laurent jusqu\u2019aux montagnes Rocheuses.Amélie, assise à l'arrière du canot, laissait se main blanche jouer dans le courant limpide.Elle se sentait heureuse, car toutes ses affections étaient là avec elle, dans la gracieuse embarcation.Elle parlait peu et sc plaisait à entendre le chant des rudes canotiers.Elle pouvait aussi s\u2019abandonner plus facilement à scs douces pensées quand la conversation cessait, et que tout le monde chantait ou prêtait l\u2019oreille aux refrains cadencés.Quelquefois.elle saisissait à la dérobée un regard de Pierre dirigé vers elle avec la rapidité de J\u2019éclair.regard dont elle conservait le souvenir dans les secrets replis de son coeur.Quelquefois encore, c\u2019était un de ces mots que seul l'amour sait dire, un tendre souri»-#» plus précieux que tous les trésors de l\u2019Inde et qui contiennent tout un monde de lumière.de vie, d'immortalité.Après quelques minutes de repos, et quelques bonnes gorgées à même une gourde un peu suspecte \u2014 qu'il disait contenir du lait, par respect sans doute pour Mme de Tilly, \u2014 Jean La Marche s\u2019apprête à chanter.Les canotiers qui ramaient en cadence, obéissant à la musique comme le soldat qui marche au son du clairon, levèrent leurs avirons et attendirent le signal de les replonger ensemble dans les eaux sonores.Maître La Marche commença cette vieille ballade du fils du roi, qui prend son grand fusil d'argent, vise le canard noir et tue le blanc.Sa voix résonnait comme une cloche nouvellement baptisée.Plusieurs canots voguaient non loin.Ceux qui les montaient sc mirent aussi à répéter avec les rameurs de Mme de Tilly, le gai refrain : En roulant ma boule roulant, En roulant ma boule.Et Jean La Marche disait, en faisant vibrer son violon avec une énergie à lui rompre les cordes, les couplets de la populaire chanson.Après qu\u2019il eût fait longtemps retentir l'air de ces couplets mesurés, et de son violon qui ne se fatiguait pas plus que sa poitrine, tous les voyageurs qui avaient redit les refrains avec une ardeur non moins admirable, lui crièrent des \"encore\u201d comme à l\u2019artiste qu'on veut récompenser ou flatter.Des voix enthousiastes répondaient de la rive, et l\u2019allégresse se répandait partout.Toute la nature chan- tait.Les ondes, le ciel, les champ», les bois, les rivages, tout s\u2019unissait dans un cantique de joie.El les voix devenaient plus vives et plus éclatantes à mesure que les bords de Tilly approchaient, car là, pour les bons censitaires comme pour leur noble châtelaine, c\u2019était le foyer de,la famille, et le foyer, c\u2019est le paradis de la terre.1^ Gardeur fut entraîné par la gaieté goiiérale.II oublia son ressentiment.son désappointement et les séductions bleues, sous le ciel bleu, près de ceux qui l'aimaient, comment auruit-U pu ne pas sourire, ne pas oublier, ne pas espérer ?Son coeur s\u2019ouvrait à la joie, au grand bonheur d\u2019Amélie et de Pierre qui observaient avec un immense intérêt ce réveil de son àme endolorie.Après quelques heures de cette délicieuse course, les canots vinrent s'échouer sur la grève, au pied de la falaise de Tilly.Tout vis-à-vis, au somment de la côte, comme la borne immuable que devaient respecter les eaux et la terre, ou comme l\u2019arche qui pouvait sauver les Ames et les corps, s'élevait l\u2019église de Saint-Antoine de Tilly.Un Joli village de blanches maisonnettes l\u2019entourait.Sur la grève sablonneuse, les femmes, les vieillards et les enfants, accourus pour souhaiter la bienvenue à leurs gens, se livraient aux transports de la surprise et du bonheur.Ils n'attendaient pas sitôt les travailleurs de la corvée du roi.La nouvelle de l\u2019arrivée des Iroquois vers les sources de la Chaudière les avaient effrayés.Ils supposaient en même temps que le gouverneur craignait une attaque contre Québec, par mer, comme celle de Phips dont plusieurs se souvenaient encore.\u2014Bah ! ne craignez rien, mes bons amis, fit le vieux pilote Louis, en regardant fièrement toute le monde de son oeil unique, ne craignez rien ! Je la connais cette campagne de William Phips : mon père me l\u2019a souvent racontée.\"C\u2019était à l'automne de 1690.Trente-quatre grands vaisseaux bostonnais vinrent débarquer sur les battures de Beauport toute une armée de ventre-bleus.Mais notre vaillant gouverneur Frontenac descendit en toute hâte des hauteurs boisées de la ville, avec ses braves soldats auxquels s\u2019étaient joints des habitants et des Sauvages, les repoussa pêle-mêle à bord de leurs bâtiments et enleva le pavillon rouge de l\u2019amiral Phips.\u201cL\u2019instant de le dire ! Si vous ne me croyez pas, \u2014 personne ne m\u2019a jamais fait cette injure, \u2014 si vous ne me croyez pas, allez dans l'église de Notre-Dame-des-Victoires, à la basse-ville, vous le verrez; il flotte encore au dessus du maître autel ! ,\u2018Bénie soit Notre-Dame qui nous a sauvés de nos ennemis, et qui nous sauvera encore si nous le méritons ! \u201cA la Pointe-Lévis où s'est réfugiée alors la flotte en déroute, l\u2019arbre sec existe toujours.Vous savez la prophétie ?Tant que cet arbre sera debout.Québec ne tombera point aux mains des Anglais.\u201d Les personnes qui se tenaient sur la rive se mirent à l\u2019eau jusqu\u2019aux genoux pour aller au-devant des voyageurs.Les canots furent traînés sur le sable au milieu des rires et des propos éveillés.\u2014 Bienvenue à Mme de Tilly ! bienvenue à Mlle Amélie ! bienvenue à Ix?Gardeur ! bienvenue à Pierre Philibert! Bienvenue ! bienvenue ! crièrent cent voix.Le Gardeur aida Amélie à sortir du canot.Il vit que sa main tremblait, et qu\u2019elle devenait pâle en regardant fixement à quelques pas dans le fleuve.C\u2019était à l\u2019endroit où Philibert l\u2019avait sauvé de la mort ! Toute cette scène pénible d\u2019autrefois passa, comme dans un mirage, devant les yeux de la jeune fille.Elle vit son frère se débattre vainement au milieu des flots, puis tout à coup disparaître .Elle vit encore Philibert se précipiter, au risque de sa vie, à la rescousse de son compagnon .Elle sentit toutes les angoisses d'alors, et aussi toutes les délices du serment qu\u2019elle prononça dans son âme, en embrassant le sauveur de son frère aimé.\u2014Le Gardeur! dit-elle, c\u2019était là; t'en souviens-tu ?\u2014Oui, soeur l Je m\u2019en souviens.J\u2019y pensai*.Je doi* une étemelle reconnaissance à Pierre.Néanmoins, il aurait mieux fait de me laisser au fond de la rivière; je n\u2019al plus de plaisir à revoir Tilly, maintenant .\u2014Pourquoi donc, mon frère ?Ne sommes-nous pas les menu ?Ne sommes-nous pas tous ici ?Il y a aussi de la félicité pour toi à Tilly ?\u201411 y en avait autrefois, Amélie, reprit-il avec tristesse, mais il n'y en aura plus jamais .C'est fini ! \u2014Viens ! Le Gardeur, ne gâtons pas la Joie du retour.Vols ! le pavillon flotte au sommet de la tourelle et le vieux Martin va tirer lu coulevrine pour nous saluer.Un éclair, un jet de fumée et un coup de tonnerre firent soudain bondir les gens qui couvraient le rivage.\u2014C\u2019est bien pensé, de la part du vieux Martin et des femmes du manoir, cela ! observa Félix Beaudoin.Il avait servi dans sa jeunesse, Beaudoin ! et il connaissait le salut militaire.\u2014Les femmes de Tilly valent mieux que les hommes de la Be.m-ce, comme dit le proverbe, observa-t-il encore.\u2014Oui, et mieux que les hommes de Tilly aussi, mon vieux, ajouta Josephte Le Tardeur, d\u2019un ton brusque et tranchant.Josephte était une grosse courte au nez retroussé, un virago, dont l\u2019oeil noir perçait comme une tarière.Elle portait un chapeau de paille à larges bords et surmonté de boucles aussi difficiles a débrouiller que son caractère, un jupon de tiretaine court qui sc souciait peu de cacher sa jambe forte.De ses manches retrousscées sortaient deux énormes bras rouges qui auraient fait le bonheur d'une laitière suisse.Ixi remarque qu'elle venait de faire s'adressait à José Ix* Tardeur, son mari, un bon diable d\u2019homme, mais un peu fainéant, qu\u2019elle n\u2019avait cessé de taquiner depuis le jour de son mariage.\u2014Les paroles de Josephte m\u2019atteignent mais ne me font aucun mal, dit José à son voisin.Je suis une bonne cible; elle peut tirer ! \u2014Je suis bien content, ajouta-t-il, que les femmes de Tilly soient meilleurs soldats que nous, les hommes, et qu\u2019elles aiment à r.c auganclÿ snou iqaa j jnoi op .ioi-hu bien des tracasseries et de l'ouvrage- \u2014Que dites vous, José?demanda Félix, qui n\u2019avait guère compris.\u2014Je dis, maître Félix, que sans notre mère Eve la malédiction ne serait pas tombée sur la tête de l\u2019homme; qu\u2019il n\u2019aurait point travaillé malgré lui, comme cela arrive souvent, et surtout qu\u2019il n\u2019.m-rait point péché.Ah ! le curé l\u2019a bien dit! Nous aurions pu pas < r les jours à nous chauffer au soleil, mollement étendus sur l'herbe épaisse .Maintenant, si vous voulez vous sauver corps et âme, travaillez, priez et ne vous \u2022musez point! .Maître Félix, j'espère que vous ne m\u2019oublierez pas si je vais au manoir ?\u2014Je ne t'oublierai pas, José, répondit Félix, sèchement.Mais si le travail est le fruit de la malédiction que notre mère Eve n attirée sur le monde en mangeant de la pomme, elle ne pèse guère sur toi cette malédiction.Voyons ! fais avancei les voitures, et range-toi, que madame passe .José s\u2019empressa d\u2019obéir.Mme de Tilly passa au bras de Pierre Philibert.Il ôta son bonnet et la salua profondément.Elle monta dans son carrossp.Deux chevaux canadiens aux pieds mordants et sûrs comme ceux des boucs et forts comme ceux îles éléphants, tirèrent la pesante voiture, au grand trot, sur le chemin qui serpentait tour à tour a travers les champs dorés et les bois touffus.Après une demi-heure de course, ils s'arrêtaient à la porte du manoir.C\u2019était une grande bâtisse en pierre, de forme irrégulière avec des fenêtres profondément enfoncées dans les murs et garnies de caches grossièrement sculptés.A chaque coin s\u2019élevait une tourelle percée de meurtrières, et crénelée Lire la suite en age 12 L'Action Catholique \u2014 Québec Vol.V, No I\u2014 Il \u2014 de manière ;i faire un feu d'enfilade de tous les côtés sur lus ennemis qui se présenteraient.Dans l'entrée se trouvait une tablette de pierre où le ciseau avait sculpté les armoiries de la famille de Tilly, avec la date de la construction et une invocation au saint patron de la maison.Ce manoir avait été construit par Charles Le Gardenr de Tilly, gentilhomme normand, dont l'ancêtre.le sieur de Tilly, avait été avec le d.ic Guillaume à Hastings.Charles I^e Gardeur vint au Canada avec quelques-uns de ses vassaux.en lf>36.\t11 avait obtenu du r«>i une concession de terre sur les bords du fleuve Saint-Laurent, \u201cqu'il posséderait en fief et seigneurie.disait la charte royale, et avec y droit de haute, moyenne et basse justice, et aussi droit de chasse.de pêche et de traite avec les Indiens, sujet à foi et hommage, etc.\u201d 11 était entouré de pins éternellement verts, de ces grands chênes et de ces cornes élevés qui se drapent dans un feuillage nouveau chaque printemps, et, chaque automne.se dépouillent de leur éclatant manteau.l'n ruisseau murmurait tout auprès.en précipitant ses ondes d'argent.Tantôt il étincelait au soleil, et tantôt il se cachait sous les épais rameaux comme une jeune vierge honteuse d\u2019être admirée.Un pont rustique en reliait les bords fleuris.Il sortait, ce petit ruisseau capricieux, d'un lac charmant et tout étroit, étendu comme une nappe de cristal au milieu de la forêt à quelques lieues du fleuve.C\u2019était un endroit tie promenade aimé des habitants du manoir.Pierre Philibert éprouva une joie bien douce à l'aspect tie cette antique demeure.Ces portes, ces fenêtres, ces pignons, toutes ces choses qu\u2019il voyait après un si long temps, c\u2019était comme de vieux amis qu'il retrouvait.Toutes les servantes amuient mis leurs plus beaux atours, leurs robes les plus neuves, leurs rubans le< plus éclatants, pour recevoir Mme de Tilly et Mlle Amélie.\u2019'Iles firent aussi le plus sympathique accueil à M.Le Gardeur \u2014 c\u2019est ainsi qu\u2019elles l\u2019appelaient toujours \u2014 et au jeune officier qui l'accompagnait.Elles eurent vite reconnu l'écolier d'autrefois, qui avait si généreusement sauvé la vie à leur jeune maître, et elles se dirent.comme cela entre elles, qu\u2019il venait sans doute à Tilly pour .pour .Elles n'achetaiient jamais.Le sourire significatif qui répondait a la confidence, affirmait que c\u2019était compris.Et puis, il était devenu un si bel homme, cet élève du sémi-nabe.avec son uniforme brillant et sa vaillante épée! Et elle, Mlle Amélie, n'avait jamais détesté entendre prononcer son nom, bien au contraire ! Les femmes ont vite fait de déduire les conséquences des prénus.i*< .-n fait d\u2019amour, et elles ne se trompent pas toujours, tant s'en faut.Derrière la maison, au-dessus de l\u2019étable et du poulailler, caché aux regards par un épais rideau de feuillage, s'élevait le pigeonnier avec ses doux et amoureux habitants.Ils étaient peu nombreux, mais d'un riche plumage et d'une beauté remarquable.Il ne fallait pas laisser la roucoulante famille s'agrandir trop, à cause des champs de blé qu\u2019elle aurait mis à sac.Devant le n é joir, au milieu des arbres.chargés de verdure et palpitants de vie, s\u2019élevait un pin d\u2019une grande longueur, nu et droit comme une flèche d\u2019église.Il n\u2019avait plus d\u2019écorce, plus de rameaux, excepté au faîte, un bouquet.Un pavillon et des bouts de rubans flottaient au-dessous de cet énorme bouquet voit que le couronnait, et la poudre du canon en avait marqué de taches noires l\u2019aubier encore tout éclatant de blancheur.C\u2019était un mai que les habitants avaient planté, pour rendre hoin-jnage à la dame de Tilly.Planter le mai, cela se fafsait en Nouvelle-France, à chaque retour de la belle saison, le premier jour d mois des roses, quand ou vou- \u2014 12 \u2014Vol.V, Ho i »uite de la pige 11 ) lait payer un tribut d\u2019homm.ige à UH supérieur.Le mai, planlé*devant la maison que l\u2019on voulait honorer, devait rester debout jusqu\u2019au retour de la floraison nouvelle.Plus tard, et tout dernièrement encore, les capitaines de la milice sédentaire étaient, dans nos paroisses paisibles, l\u2019objet d\u2019une semblable marque de déférence de la part de leurs soldats.En retour, les soldats étaient conviés à une bonne table, mangeaient, buvaient et s\u2019amusaient bien.Ils tiraient autour du mai, en feu de peloton, les seuls slon de ses yeux au moment où elle tournait la tête vers lui pour l'écouter; c\u2019était bien le sourire suave de ses lèvres ! Le regard de la vierge de douze ans l\u2019avait suivi partout.Sa bouche rieuse lui avait murmuré bien des paroles de consolation dans ses ennuis ! Il s\u2019arrêta tout ému devant ce portrait d\u2019une enfant qui était devenue la maîtresse de ses destinées.Amélie était entrée dans le boudoir un instant après lui.Tout à ses souvenirs, il n'avait pas entendu le bruit de ses pas.Elle ne voulut pwint le déranger d\u2019abord; cette attention qu\u2019il portait à l'enfant, la flattait.Mais elle ne voulait toujours pas avoir l'air d\u2019épier, et il fallait faire connaître sa présence.\u2014L i reconnaissez-vous ?deman-da-t-elle enfin, en faisant un pas vers le portrait.Philibert se tourna vivement.tion qui terminera la fête.Que dis-tu de mon programme.I,e Gardeur ?Qu\u2019en dites-vous, Pierre Philibert ?Pierre admira l\u2019intelligence et le tact d\u2019Amélie.C\u2019était pour distraire Le Gardeur qu\u2019elle proposait cette promenade sous les bois et sur les eaux.Elle voulait ô tout prix le délivrer de la sombre mélancolie qui l\u2019obsédait.Assurément, les amusements de la journée auraient pour elle un charme nouveau, à cause de Pierre qui les partagerait, mais il n\u2019y avait pas de mal à cela.\u2014Ton programme est superbe, Amélie, répondit Gardeur, mais laisse-moi de côté.J\u2019aime ô rester tranquille.Je n\u2019irai pas au lac.C\u2019est en vain que je cherche à reconnaître Tilly; tout me parait changé.Il me semble que je vois tout à travers un nuage.Rien de serein com- coups de fusius que le vill.ge éton- Amélie lui apparut alors, à travers me autrefois; pas même toi, Amé> lie.11 y a de la tristesse dans ton sourire; je le vois bien.Et c\u2019est ma faute, sans doute.\u2014Allons, mon frère, tes yeux sont meilleurs que cela, tu les calomnies.Tilly est brillant et gai comme jadis.Quant à mon sourire, s\u2019il est triste, c\u2019est que je deviens mélancolique comme toi, pour des riens.Mais écoute-moi, et tu,verras.dans trois jours je serai la plus joyeuse enfan tde la Nouvelle-France.né entendit d\u2019un bout de l'année à l'autre.Maintenant cette fête caractéristique s\u2019en va avec d\u2019autres encore pour ne plus revenir sans doute.Elle aussi ne sera bientôt plus qu'un souvenir.Lu Saint-Jean-Baptiste qui arrive avec les fleurs et les parfums des champs, avec des feuillages chargés d'harmonie et les flots de lumière du beau mois de Juin, la Saint-Jean-Baptiste qui est la fête de tous les Canadiens françaits, emporte et fait disparaître dans son orbe étincelant, toutes ces autres réjouissances moins vives et moins douces qui n\u2019ont pas pour fin sublime l'amour de la religion et de la patrie ! Félix Beaudoin, ouvrant les bras comme pour chasser une volée d'oiseaux.repoussa les servantes dans la maison.\u2014Mon Dieu ! comme tout doit être en désordre ! pensa-t-il.I! s\u2019imaginait qu\u2019en son absence le monde ne marchait plus.I/Cs domestiques auraient bien voulu regarder encore, mais il fallait obéir au sévère majordome sous peine d'exclusicjo perpétuelle.Mme de Tilly, qui connaissait parfaitement le faible du vieillard, s'amusa dans le jardin avec les fleurs et les plantes, pour lui donner le temps de sc mettre en règle, comme il disait.Il entra à la suite des servantes, se revêtit promptement de sa livrée, prit son bâton blanc, signe d\u2019autorité, et vint la recevoir à la porte, absolument comme si rien n\u2019avait interrompu son service.Mme de Tilly et ses hôtes le suivirent en souriant.L\u2019intérieur du manoir ressemblait aux intérieurs des anciens châteaux de France.Au centre, il y avait une grande salle qui servait de cours de justice quand le seigneur de Tilly avait à juger quelque délit, ce qui n\u2019arrivait pas souvent, grâce à la moralité des gens.Dans cette salle se tenait encore la cour plénière, quand il fallait régler les corvees.ouvrir des chemins, construire des ponts.Dans cette salle aussi axaient lieu les grandes reunions des censitaires à la fête de Saint-Michel fie Thury, le patron.De là.on passait dans une suite de chambres de diverses grandeurs, toutes meublées et ornées selon le goût de l\u2019époque et la richesse dos seigneurs de Tilly.Un grand escalier de chêne, ats.^cz large pour laisser passer de front une section de grenadiers, conduisait aux pièces supérieures; chambres à coucher et boudoirs avec leurs vieilles fenêtres à barreaux d\u2019où le regard s\u2019échappait pour embrasser un délicieux fouillis de nappes d\u2019eau, de tapis de gazon, d'arbustes, de végétaux, d'arbres et de fleurs.Philibert reconnaissait bien ces pièces, ces escaliers, ces passages où tant de fois il avait joué avec le Gardeur et Amélie.Il croyait entendre encore l'écho lointain de leurs cris joyeux .Rien n\u2019avait changé.Les meubles, les tentures, les tableaux, gardaient leur sévère beauté.I^s portraits le regardaient encore et leurs yeux semblaient pleins de joie.Le reconnaissaient-ils après sa longue absence ?Il entra dans une chambre bien familière, jadis : le boudoir de Mme de Tilly.Au mur du fond, pendait encore un petit tableau.Il le voile de ses vingt ans, jeune et naïve comme le portrait.Ce fut une vision charmante et vraie.\u2014Comme il vous ressemble.Amélie ! je ne croyais pas l\u2019avoir point si fidèle, s\u2019écria-t-il, dans un transport à demi contenu.\u2014Je suppose, repartit Amélie d\u2019un air narquois, que vous avez trouvé le secret de faire un portrait qui me ressemblera toujours, dans les sept âges de la vie.Si c\u2019était une peinture de mon âme, En roulant, ma boule roulant je ne dirais pas non, continua-t-elle, mais j\u2019ai grandi .Voyez ! \u2014Moi.je le trouve fidèle et beau, ce portrait .Et pourtant, j'étais un peintre fort maladroit.J\u2019aurais voulu .\u2014Trop beau, sans doute, interrompit Amélie toujours en plaisantant.Il devrait sortir de son cadre pour venir vous remercier de la peine infinie que vous vous êtes donnée.-\u2014Qu'il ne se dérange point ; j\u2019ai trouvé ma récompense dans l\u2019idéal de la beauté que j\u2019ai réussi à faire sortir de cette toile .\u2014La jeune fille de douze ans aurait dû vous remercier, Pierre, comme je voudrais et n'ose le faire .\u2014C\u2019est moi qui suis votre obligé, Amélie ! Grâce à vous, à votre souvenir, j\u2019ai accompli des choses étonnantes.Amélie sentit un reflet pourpre courir sur ses joues.Le Gardeur entra.Elle lui prit le bras : \u2014N'est-ce pas Ix?Gardeur, fit-elle, qu\u2019il sera difficile à Pierre de devenir notre obligé, après tout ce qu\u2019il a fait pour nous ?.\u2014Difficile ?impossible, ma chère, impossible ! \u2014Cependant, reprit-elle, si, pour commencer à nous acquitter envers le reconnut avec un sensible plai- lui, nous l\u2019emmenions passer une sir, avec orgueil même.Il l'avait journée sur le lac.Nous ferons peint dans un jour d\u2019enthousiasme, une partie de canotage.Les mes-et toute son âme aimante avait sieurs allumeront le feu, les dames passé dans son habile pinceau.infuseront le thé.Il y.aura chant C\u2019était le portrait d'Amélie.et musique, .'.anse aussi, peut-être.C\u2019était bien l\u2019angélique exprès- La lune se chargera de l\u2019illumina- XXVII Hiers charmants.Riants dannetm Mme de Tilly et sa nièce se retirèrent dans leurs chambres pour faire leur toilette, puis elles descendirent au salon où venaient d\u2019entrer messire Lalande, le curé de la paroisse \u2014 un aimable vieux prêtre, \u2014 plusieurs dailies du voisnage, et deux ou trois officiers en retraite, qui trouvaient plus avantageux de vivre à la campagne qu\u2019à la ville.Félix Beaudoin parcourait en vainqueur, pendant ce temps-là, sa vaste cuisine et faisait trembler les marmitons.Il s'agissait de mettre une table digne de ses hôtes et digne de lui-même.Sur le balcon.Pierre et I^e Gardeur.causaient intimement en regardant le ciel limpide; les fleurs du parterre faisaient monter jusqu\u2019à eux leurs senteurs embaumées.Amélie sortit du salon après quelques instants sous prétexte d'aller chercher Ix; Gardeur.Elle ne voulait pas qu'il demeurât seul avec ses pensées noires.Elle parut sur le balcon, Savait-elle que Philibert s'y trouvait ?Peut-être.Il est probable que non, cependant, car elle eut un adorable mouvement de surprise.L\u2019air frais ei pur de la campagne, le contentement intérieur, l\u2019espoir d** rendre le calme à son frère, donnaient à sa figure une douce an! mation.Elle était admirablement belle et simplement mise.Pou.-toute parure elle portait une cro, c d\u2019or.Philibert lui avait donné cett* croix, à l'anniversaire de sa naissance, autrefois, pendant une vacance qu\u2019il passait à Tilly.Il la r< connut.Comme il la regardait av* persistance, heureux sans doute la voir si fidèlement gardée, Amé.lie lui dit : \u2014C\u2019est en l\u2019honneur de votre vl.site.Pierre, que je porte nujour d\u2019hui ce souvenir.Je suis fidèle la vieille amitié, n\u2019est-ee pas ?.Mais vous retrouverez ici d\u2019autr amis qui ne vous ont pas oublié m ; plus.\u2014Si l\u2019amitié est une richesse.Amélie, je suis plus riche que (.\u2019ré.sus .mais une amitié sincère et pure vaut un prix infini.\u2014 Et cette amitié que vous jugez inestimable, Pierre vous .La cloche de la tourelle l\u2019interrompit tout à coup.Elle sonnait le dîner.Elle sonnait vivement, gaiement, comme pour témoigner son allégresse.Amélie continua en riant : \u2014Vous pouvez remercier la vieille cloche.Pierre, si vous perdez un joli compliment.Mais, comme dédommagement je vous choisis pour mon cavalier: conduisoz-moi à la table.Elle s\u2019attacha ingénument à sou bras, et tous deux disparurent dail ies longs corridors, en gazouillant comme les oiseaux qui se retrouvent.après un long hiver, sur le rameau fleuri où ils avaient ensemble chanté.Le diner fut magnifique et Félix Beaudoin se reposa satisfait de son oeuvre.Le bon curé joignit les mains et récita les grâces avec une onction toute nouvelle.Peu après, le repus terminé, tout le inonde se rendit au salon.Madame de Tilly prit place sur un sofa, à côté de Philibert, tandis que le curé avec deux vieilles douairières en turbans et un ancien officier de la marine coloniale, s\u2019ins-talièrent à une table à cartes.Us aimaient le whist et le piquet avec passion, une passion assez, inoffensive après tout, et que l\u2019o cultive en vieillissant surtout dan.^ les petites villes où 'es amusement sont plutôt rares.Us étaient deux contre deux, et, riant, disputant, bataillant pour un enjeu de rien, ils jouaient depu-un quart de siècle, et auraient vou -lu jouer ainsi, sans changer d-partenaires, jusqu\u2019au jugement dernier.Pierre Philibert se rappela le avoir vus, dès ses premières visites au manoir, assis à la même table.et jouant les mêmes jeux av* le même entrain.Il en fit l\u2019obser vation à Mme de Tilly qui lui dit en badinant ; \u2014Mes vieux amis sont tellement habitués à vivre avec les rois de carton du royaume de Cocagne, qu\u2019ils ne trouvent plus de plaisii que dans les amusements des roi même des rois fous.Amélie s\u2019était assise auprès de L** Gardeur, et, dans sa fratemelli affection, elle déployait pour 1' distraire toutes les ressources d» son âme et de son intelligence.Il aimait sa tristesse et voulait se plonger dans l\u2019abime de douleurs qui semblait l\u2019appeler.Elle-même, elle éprouvait une vague inquiétude, une mystérieuse crainte, mai' son sourire et sa parole envelop paient comme d\u2019un voile nupti.o les larmes de son coeur.Pierre l'écoutait ravi.Il aurait voulu se jeter à ses pieds pour la bénir et la remercier.Ah ! c\u2019était bien là cette divine créature qu\u2019il avait tant de fois évoquée dans se rêves d\u2019espérance ! De temps en temps Le Garden souriait.La bénigne influence calmait son trouble et faisait glisser un rayon de lumière dans les ténè bres de son esprit.Amélie s\u2019aperçut que Pierre Philibert la regardait; elle compr.t qu'il l\u2019admirait et elle en éprouva de la confusion.(A SUIVREi L'Action Cfriioliquo \u2014 Quoboc Oimgnchg, 5 janrior 1941 I 0 ^Rpmcn histopic/ue du Temps du poi QpThup \u201e r Veut qu\u2019ù leurs coeurs Su gran-[deur te dévoile.Depuis longtemps les Sages de (ces jimrs Fixaient les deux et consnltQieut [l\u2019Oracle Qui renfermait l\u2019histoire du mi- [rucle De Bethléem et de ses alentours! .Quand une nuit comble enfin (leur attente Vifs et joyeux plus rien ne les [retient : Soudain leur coeur pur l\u2019an-( ffi < ;¦ tê tst éi n int.Quand disparaît leur étoile bril- [lante.\u2022 Mais le Dieu bon qui leur ar- [ardeur.Va sans tarder cesser l\u2019épreuve [amère Ft rallumer l\u2019éclatante lumière Qui les conduit auprès du Christ »'\t[Sauveur ! f \u2022 * » Courbez vos fronts dans ce pau-(tvre, réduit Car II est là le Créateur et Maître Le Tout-Puissant qui n\u2019a pas [craint de nnitre Pauvre inconnu, sans éclat et [sans bruit.Fidèles rois venez près de la Crè- [che
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