L'Action catholique : organe de l'Action sociale catholique, 7 mai 1944, dimanche 7 mai 1944
[" k'AO\u2019lO* CATHOLIQt* nnaissance ou qui n » n ont pas entendu parler depuis, nous avons résumé, à leur intention, une brochure que publiait, peu après cette catastrophe, sous le titre \"Les naufragés de Saint-Alban\", le Rév.Père Frédéric de Ghyvclde, O.F.M., alors commissaire do Terre-Sainte.Dans un rapport qu'il fit.après avoir passé plusieurs jours sur les lieux n»é-mes du désastre, pour ttudier cet étonnant et terrible phénomène.Mgr J.-C.-K.Laflamme, profes car à l'université Laval, fit une deser'pt.on détaillée de ce vaste ébo dement de terrain.De ce rapport, nous extrayons ce qui suit.\"Pour mieux comprendre comment s\u2019est produite la catastrophe de St-Al-b-.n.il est nécessaire de cor.naitre d'abord la structure générale de la contrée affectée, telle qu'elle était avant le désastre.\"A l\u2019ouest de la ligne qui sépare Per-thuis d\u2019Alton.ce trouvait une vaste terrasse sablonneuse, du côté du sud de laquelle coulait la rivière.Là.cette ri-v:è.e décrivait un arc de cerrle dont la convexité était tournée vers le nord-ouest.La hauteur de la falaise de la rive droite était d\u2019environ 200 pieds, et cette falaise était *ou\u2018e de sable.\u201cA l\u2019est de la ligne citée plus haut, un ravin profond traversait comulète-nrent le terrain, depuis la rivière Ste-Àune jusque près de la montagne.On rencontrait ensuite une surface plus basse et plus argileuse, dans laquelle la rivière avait creusé de nombreux mé-r ndres.Cette partie était complètement boisée.La moitié de l owest, au contraire.était défrichée, sau' le pendant de la falaise encore cou» erte d\u2019arbres.'\u2022Toute cette surface »'st maintenant occupée pra une dépres.doo limitée au sud par l\u2019ancienne falaise de In rivière et au nord par .re ligne courbe laissant à droit la rivière Ste-Anne vis-à-vis la terre de M.Darveau.sir une longueur d\u2019environ tremte arpents.En ce point, cette ligne se courbe vers le nord-est, en suivant une direction qui fait avec la falaise sud un angle très aigu, et elle se prolonge ainsi jusque près des \"Cascades\u201d, où elle rejoint la rivière et disparait.Cette ligne limite l\u2019éboulis au nord-ouest.I^a limite sud-est est l'an-(ier.ne falaise de la rivière qui n\u2019a pas (té affectée.Sa surface bouleversée peut avoir quatre milles de long et ; r < quarantaine d\u2019arpents de large à l'endroit le plus é\u2019ertdu.\"Près de la limite sud-ouest de l\u2019é-b uds la surface effondrée est à 120 p'.cds Plus bas que le niveau supérieur do 's terrasse dont elle faisait partie autrefois.Plus loin la profondeur atteint 170 pieds pour se relever ensuite insensiblement jusoj\u2019à l'extrémité nord-est.D\u2019ailleurs, toute cette surface s\u2019enfonce encore Vntement k mesure oue ia rivière creuse son lit plus profondément et que le drainage se fait mieux.Le sol prend avec le temps une ass ette plus solide.\"A l\u2019ouest, la surface éboulée est sur-tr.it sabloneuse.Au centre, c\u2019est une argile bleue, très compacte, dont le niveau s'élève graduellement jusqu\u2019à atteindre la surface di: s»>l.A l\u2019est, on ne rencontre plus que des monticules d*' sable et d\u2019argile, avec des touffes ù'arbres encore vivants pour la plupart, j< t< s pêle-mêle snr le sol.\"La structure géologique de cette contrée est très simple.I^e.s deux sec-t \u2018»ns suivantes la dennen4 en deux endroits différents, avant et après l\u2019ébou-lis \"La première nasse par le moulin Gorrie et court vc-j le nord-ouest; la seconde nasse par la terre de M.Jos.Audy et court sensiblement vers l'ouest.\"Comme on le voit par la première section la rivière, au moulin Gorrio, pcssait dans une gorge de granit très étroite avant de se lancer, par un bond de 105 pieds, du haut de la falaise granitique dans le bassin inférieur.Au bas de cette chute était placé le moulin Gorrie.Ce moulin est maintenant recouvert par près de 100 pieds d\u2019argile.\u201cSur la rive granitique nord de cette passe s\u2019appuyait une bande étroite d\u2019al-luvion.lorge à la buse d\u2019enviror deux arpents et s\u2019élevant à plus de 100 pieds.C était ce que les gens appelaient le \"Dos-de-cheva!\" Ceftc langue de terre rejoignait bientôt la terrasse sableuse sur laquelle étaient placées les propriétés emportées.Flic était bornée à l'est par un ravin très profond allant jusqu\u2019à la montagne.\u201cAu sud.la rivière avait pour rivage Immédiat une surface granitique, large d'environ 200 pieds, qui allait s\u2019enfouir sous la falaise de \u2019a rive sud.Lu hauteur de cette falaise eu cet endroit est d'environ 200 pieds.\u201cA l\u2019est d** ce barrage naturel, la rivière coulait en eaux morts, décrivant dans la plaine plus basse et richement boisée de vastes méandres, jusqu\u2019à la premiere chute.La mémo chose se répétait au-dessus de cette dernière.\u201cIl y avait donc à l\u2019est du \"Dos-dc-cheval\" une vaste plaine relativement basse, dont l'unique débouché vers le sud-ouest était la passe de la maison Gorrie.C\u2019est par ce goulet que toute l\u2019eau de la rivière devait nécessairement passer.\"Il est probable qu\u2019un premier ébou-lis, relativement restreint, s\u2019est produit au-dessus de la passe Gorrie, et que Us débris de toute sorte, d'arbres, argiles, sable, etc., sont venus bloquer cette gorge.\"On y voit encore, en effet, un fouillis énorme de gros troncs d'arbres, com- me une forête en miniature, qui est entassée dans l'ancien chenal it qui le bouche complètement.\"On arrive encore à la même conclusion en discutant une observation faite vers 7 heures 30 du soir, par un habitant de Ste-Christine, dont la maison est à une demi-lieue de la rivière, justement en face du moulin Gorrie.\u201cIl a vu, pendant une vingtaine de minutes, comme de jets puissants de vapeur s\u2019élançant au-dessus des arbres, près de la chute Gorrie.L\u2019apparence de ces jets était absolument celle de la vapeur qui s\u2019échappe du tuyau d\u2019une locomotive en mouvement.Ces bouffées blanchis se sont ensuite déplacées, en suivant le cours de la rivière, ave-c une très grande vitesse.Au bout d'un quart d\u2019heure, elles avaient complètement disparu.\"Evidemment, c'était i\u2019éboulis qui commençait.Les masses très lourdes d\u2019argile, en tombant dans l'eau, lo fai- Wilfrid r'i'néè*\t**\tl,.r\tM.i fïT: mïii.J } mm 1 lyjlMÈk * il Wji L'Actfeai CêHtttiqw \u2014 \u2014 2 \u2014 (290) Vol.VIII, No 19 douteuse du crépuscult?, ôn prendre cet amas de goutt» lott« ^ des jets de vapeur.\t,*\u2022u, \u201cDéjà, à ce moment, le chenal p,, .tait bloqué et l\u2019eau, attaquant If veaux plus élevés, provoquait descL, Is dont les matériaux contribuaient i bloquer rie plus en plus corrplètenun l ancien chenal.\tin\u2018 accumules en arrière, à une hmiu'^Z dépassé 100 puds au-dessus d, h - \u2022 ¦ re actuelle, se répandant à flots pr/R dans le vaste bassin où circulait al.,,' s nviere, au nord-est du \"Dos- ie-chevai\" \"Sous l\u2019influence de cette énorn* pression hydrostatique, celte arèu \\l \u2019\u2019Dos-de-chcval\u2019\u2019) s\u2019est brisée dans a partie la plus faible, ù environ u, ls d* la chute, et l\u2019imm» » d\u2019eau s\u2019est précipitée par la brèche a-vec une violence inouïe.Lo torrent s* trouvait alors à raser la base dei terrasses sableuses placées sur la ve droite de la rivière.Il rn j balayé les extrémités, et la nu \tEMPLACEMENT.\u2014 Une terre de tro , arpents : elle appartenait, avec r :.;on c.i.pomiances, a M.Joseph Au- dy, la famille naufragée.\\f EMPLACEMENT.\u2014 Une terre de d,.;\t, \u2022 - et demi: elle appartenait, 3 n on ¦ t dépendances, à M.Prosper Darveau, la famille naufragée.>\tEMPLAt EMENT.\u2014 Une terre de de :\ti t demi : elle appartenait, 3\t\u2022m: r.et dépendances, à M.Ua- vid Gauthiir, une des quatre victimes, veuf, père de plusieurs enfants (mais toi1- placés) et qui restait seul sur sa terre.6r EMPLACEMENT.\u2014 Une terre de le .a poils t demi : elle appartenait» hiy maison et dépendances, à M.Sa-niuel Gair.hier, frère du précédent, disparu dans l'éboulis.avec sa femme, Florence Groleau.et son fils, Joseph Gauthier.>\tEMPLACEMENT.\u2014 Une terre de de,x .rpents et demi : elle appartenait, ivec une grange, â M.Onésime Gro- le.'iu.8r EMPLACEMENT.\u2014 Une terre de de \\ arpents et demi : elle appartenait, une maison et un grange, mais sans a' m v.à M.Onésime Tessier, qui restait chez sa soeur, veuve.\u2018Toutes ces terres, comme nous venons de le voir, étaient de deux arpents et demi, excepté celle de M.Audy, qui étaient de 3 arpents, ce qui donne, dans la paroisse seule de St-Alban, une longueur de plus de vingt arpents, sur une profondeur, du haut de l'éboulis, au nord, jusqu\u2019à la rive sud de la rivière, roulent à toute vapeur.Ce bruit, pon-scnt-ils, a duré de cinq a six minutes.M.Darveau crut d'abord que c\u2019était le bruit de la chute.En sortant de rétable, pour rentrer a la maison, M.et Mme Darveau et M.Tessier rencontrèrent les enfants de M.Darveau (sauf les deux plus petites» qui, eux aussi, avaient entendu le bruit.Anna, en allant à la rencontre de ses parents, tomba dans une crevasse : la terre venait de s\u2019entr\u2019ouvrir.Elle y descendit jusqu\u2019aux épaules; c\u2019était effrayant, d\u2019autant plus qu\u2019il faisait déjà noir.Cependant, elle ne perdit point son sang-froid.Sa soeur Célina alla heurter contre un billot; ses deux frères, Alfred et Georges, tombèrent aussi de tout leur long, à terre.Dans le même temps, Mme Darveau fut prise dans une crevasse, par la jambe gauche, jusqu\u2019au genou; elle put se dégager, niais sa chaussure resta au fond de la crevasse.M.Darveau entra dans la maison, avec son fils Damase, pour aller chercher les deux petites, qui pleuraient.A l'intérieur, tout était déjà bouleversé; le poêle, les chaises, les armoires, tout était déjà à terre.Durant ce temps, les autres se tenaient tous à la porte, dehors.Le bruit, semblable à celui des chars marchant à toute vitesse, avait cessé complètement: on n\u2019entendait plus que le craquement de la maison, et le bruit des vitres qui volaient en éclats.Tous décidèrent alors de s\u2019éloigner de la maison.La nuit était obscure et leur fanal, incapable de les éclairer au loin, .c-.'iV'T*\t-*S vii 'S\u2019J \u2022 Maison et granges de M.Prosper DARVEAU, après U catastrophe de St-Alban, dans la nuit du 27 au 28 avril 1894.de quarante-cinq à cinquante arpents.\u201cLe reste de l\u2019éboulis s\u2019étend ensuite dans la paroisse de Portneuf.et affecte un terrain presque entièrement couvert en foret et sans habitations.\u201cOn peut estimer à plus de quinze cents arpents carés la masse de terre éboulée, et déplacée à une profondeur presque incroyable de cent soixante-dix pieds !\u201c Cet éboulis.comme le remarquait Mgr Laflamme dans le rapport cité, est un des phénomènes géologiques les plus terribles qui sc soient produits dans notre province.Les naufragés de Saint'Alban H\u2019 \u2019 brochure publiée, sous ce titre, ^\t;\t- i après la terrible catas- j) i: .( Rov.Père Frédéric do Ghyveldo, o.f.m., commissaire d* Ter-r^'s 1 :i'.m is extrayons les notes sui- \u2022s 1 e< f 'Pilles des \u201cnaufra- ge.1 'MILLE D MU-EAU.\u2014 M.Pros-^\t>'o^ u, igé de 54 ans .est un rcs- p'\tètiv.ûcur de Saint-Alban et ^ huit i nfants.Mme Adèle Naud, toi' .épouse, a 50 ans.Voici le , n lag,?de leurs huit enfants : r, \\v 8 Dnrveau.22 ans; Mlle Cé-v ' \u2018!oVt>iu1, \u201c° :ins' M- Narcisse Dar-an Vf ' aY}S\u2019 Dam:»se Darveau, 11 n \u2018fied Darveau* 10 a»sî M.i-s Darveau, 8 ans; Mlle Marie-An-\"fteau, 5 ans, et Mlle Koso-Anua Darveau, 3 ans.\u2014Notons ici que l'un des fils de M.Darveau, Georges, qui avait huit ans lors de la catastrophe, embrassa l\u2019état * ecclésiastique; H fut rare de St-Gérard et il est mort en 1936.Ije vendredi soir, 27 avril, par un temps sombre mais très calme, M.Darveau se rendait, entre les 7 et 8 heures, a ^ ses étables, avec M.Job Tessier, du voisinage, pou^ soigner une des bêtes qui était malade.Dans l\u2019intervalle il appela sa femme pour aller l\u2019aider.Celle-ci était alors près du lit de la petite Rosc-Anne, pour l\u2019endormir, disant son chapelet.A peine entrée dans l'étable, Mme Darveau entendit le bruit; bruit semblable, au témoignage de tous les naufragés, à celui des chars qui d\u2019abord se mettent en marche et qui ensuite laissait à peine entrevoir le sol qu\u2019ils foulaient sous leur apieds.Ce sol était fendillé, mais la terre était entièrement sèche.Un arpent plus loin.M.Tessier tomba dans un bas-fond, tout rempli d\u2019eau.On parvint à le retirer de là.En quittant la maison, ils avaient a-perçu une lumière qui devait se trouver dans la direction de la maison de M.Joseph Audy; ils se dirigèrent vers cette lumière.Ils rejoingnirent aussitôt M.Audy et sa famille.LA FAMILLE AUDY.\u2014 La famille Audy.écrivait le Père Frédéric, se compose du père, M.Joseph Audy.homme pieux, atteint d\u2019une infirmité ponible qui le rend incapable de gagner sa vie, et que le présent désastre a réduit à la mendicité; de la mère, personne d\u2019une constitution faible, et qui.au moment du sinistre, souffrait encore beaucoup des atteintes de la grippe; et enfin de leur petit Joseph, de six mois.M.Audy a fait au Père Frédéric le récit de la soirée lugubre du 27 avril.Nous en extrayons les passages suivants : \u201cVers les huit heures, je faisais la prière du soir avec ma femme devant l\u2019imago de la Sainte-Famille.Jusque-là pas de bruit.Le temps était couvert, mais calme.J\u2019étais à genoux, appuyé contre la table, près d\u2019un châssis, et ma femme était en arrière de moi.encore faible de la grippe, et pour cette raiswi à genoux assise un peu sur ses talons.A la fin du chapelet, on a entendu comme un bruit de rivière.Ce bruit a aug- menté rapidement.Alors ma femme s\u2019est écriée : \u201cO mon Dieu, qu\u2019est-ce?\u2019* Je lui dis ; \u201cC'est la rivière, je pense, qui inonde\u2019\u2019.Comme le bruit augmentait et se rapprochait terriblement, je dis : \u201cIl ne faut pas se décour.igc:-; je lien se que ce n'est seulement qu'un gros tremblement de terre\u201d.Et nia femme d't : \u2018\u2018Mon Dieu! Joseph!.c\u2019est la foi du monde\".Je lui dis \u201cIl ne faut pas se décourager, ma pauvre femme; mais disons notre acte de contrition et \"estons a la Sainte-Famille : Jé-sus, M irit\\ Joseph, éclairez-nous, secourez-nou.sauvez-nou*!\u201d Ma femme reprit: \u201cMon Dieu! Joseph! nous allons |>érir!\u201d \u201cIl ne faut pas se décourager, lui répéta s-je une troisième fois; mais je crois que c\u2019est fini! J\u2019ai entendu dire souvent, quand j\u2019étais jeune, qu'à la fin du monde les montagnes se transporteront, et en voilà une qui s\u2019élève devant nous.\" Dans l\u2019intervalle, j\u2019avais ouvert la porte; car nous nous étions levés par la l>eur, et je vis pencher la maison en arrière et la terre s\u2019élever devant u une hauteur qui semblait être de 2ü a 30 pieds, en forme de colline.Le bruit de la rivière augmentait en arrière et arrivait à la maison.La maison s\u2019ébranlait terriblement, se tortillait, se tordait en tous sens: nous sortâmes clans la vase et l'eau qui nous venait rn;-iam- bc.r Il serait intéressant de rappeler l\u2019ordre de la marche des 14 naufragés, durant cette nuit ténébreuse, mais l'espace à notre disposition nous force d\u2019omettre cette partie du récit de la catastrophe de Saint-Alban.Disons seulement que l\u2019eau qui montait les força a changer trois fois de \u201ccampement\".C\u2019est vers la fin de la nuit que les naufragés firent voeu d\u2019aller en pèlerinage a Ste-Anno de Beaupré, s'ils sortaient definitivement du péril qui les menaçait.A partir de ce moment, les eaux tumultueuses qui les menaçaient des deux côtés de leur ilôt presque éboulé, baissèrent tranquillement, au point qu\u2019anrès une heure environ ils purent quitter ce tertre pour en choisir un autre plus élevé, en attendant du secours.Le lendemain matin, samedi 28 avril, vers 6 heures, M.Joseph Audet, un des habitants du rang où s'était produit l'é-boulis.et deuxième voisin du lieu du sinistre, se préparait, avec son jeune fils, à aller prendre de l\u2019eau, chez M.Audv.qui avait un puits à la disoc sin »n du public.Le père ayant attelé son cheval.le donna à garder à son fils pendant que lui-même alla prendre quelque choses dans la maison.Dans r'-t intervalle.le jeune homme regarde du côté de la maison de M.Audy et il aperçoit, au lieu de la maison, un nr^^ 'ul abime.et au retour de son père, il le lui fait remarquer.Son père n\u2019en croit pas ses yeux: il court vers le lieu du sinistre.voit l\u2019immense éboulis, cherche du regard dans l\u2019abîme, pour voir s\u2019il n'y découvrira pas quelque victime, échappyée à la mort, et n\u2019nvant aperçu personne, il prend sa voiture et se rend en toute hâte à l\u2019église, distante de nlus de quatre milles, en avertir le curé de la paroisse, M.Casault, qui.sa messe terminée, se dirigea, plein d\u2019anxiété, vers le lieu du sinistre.Entre temps, les naufragés avaient été aperçus par d\u2019autres voisins.Le sauvetage commença vers 7 heures du matin.Une famille disharue On a vu que le désastre de Saint-.M-ban ont causé quatre pertes de vie.Les victimes furent M.Samuel Onuth\" r..-tv yj rtij* \u2022 On érigera bien- liUNtliMUo .» du SaiM'« N'otro-Oame au ( ap-dr-d e I \u2022 l n e. la Sainte Ilible, car elle été introduite en Italie au temps le l'empereur Claudius, en l'an 50 le notre ère.C\u2019est le plus loin que on puisse retracer son origine.3.\t\u2014 Toute comparaison cloche,! lit un proverbe, et on peut le dire urtout des comparaisons empruntes aux cho e?de ce monde pour tre appliquées aux mystères de :)ieu.Le mystère de la Sainte Trinité, en particulier, a donné ion à de nombreuses comparai-i « ns qui, à vrai dire, compliquent es chos s plutôt qu\u2019elles ne les \u2022xpliquent.Quoi qu\u2019il en soit, cette compilai-on a du vrai, puisque les trois -ouverains sont trois personnes Hstinctes.et que, par ailleurs, ils xi-rcent un pouvoir unique.Mais ¦ le cloche en ceci que la rolatk n les personnes entre elles n'est pas uffisamm.nt indiquée \u2022 les trois ouverain> sont trois associés ; les rois personnes divines sont plus *t mieux que cela : la seconde \u2022ersonne est le Fils de la première, t la troisième est l'Amour étemel t subsistant de la nremiere et de la d< uxième.t31e cloche encore en ceci : c'est que les truis souverains se distinguent entre eux par quelque chose d'absolu, tandis que les trois personnes divines ne se distinguent entre elles que par des relations.Il en résulte qu\u2019il y a entre elles unité non seulement de pouvoir, mais de nature.Somme toute, il vaut mieux ne pas recourir à cette similitude.4.\t\u2014Un grand chef iroquois, qui devait plus tard être baptisé par Mgr de Laval, prêchait la pa.x parmi ses congénères.11 s'agit de Garukonthié.A la suite de la venue à Montréal de plusieurs indiens qui désiraient conclure la paix avec les Français, le Père Le Moyne s'était rendu dans leurs villages pour tenter de les instruire.Il s\u2019aperçut, cependant, que cette tribu n\u2019éta.t pas encore prête à l'évangélisation.Mais il eut la joie de connaître Gurakonthié et comprit tout de suite cette belle âme.Et c\u2019est sur ce chef qu\u2019il compta pour toucher bientôt le coeur de ces malheureux enfants.5.\t\u2014On a toujours appris que la poste avait été créée lors de l\u2019invasion américaine.Cependant, une ordonnance de Vaudreuil et de Bégon, en date du 27 janviei 1721 donnait bel et b en le droit à un personnage important de cette époque d\u2019établir ce service.En effet, par cette ordonnance, le sieur Lanouiller de Boisclair, bien connu pour avoir créé en 1734 la grande route nationale Québec-Montréal, obtenait le privilège exclusif pendant vingt ans d'établir \u2019\u2019dans ces trois villes (Québec.Trois-Rivières et Montréal), des bureaux de postes, comme aussi des ménageries et autres VtaïqiMt éi médochm \u2014Messieurs.* vfus rmmom St botre à la aanté .\u2022 Tous les convives.\u2014 Ah.non » P»* de plaisanteries déolaoées I.A propos dé TIMBRES FRANCE La nouvelle série de timbres français du groupe des POKTRAITS comprend les timbres suivants : (K) centimes plus ttt) centimes, vert, Michel de Montaigne ; 1.20 franc plus 1.50 franc, gris, François Clouet ; 1 franc 50, plus 3 francs, bleu foncé, Ambroise Pare : 2 francs 40, plus 4 francs, vermillon, Pierre Terrail Bayard ; 4 francs, plus 6 francs, bun, Maximilien de Béthune Sully ; 5 fanes, plus 10 francs, vert, Henri IV.MOTS pour voitures publiques, ainsi qu\u2019ils le sont en France.\u201d On invoquait pour prendre cette décision \"que les lettres missives qui sont envoyées de Québec aux Trois-Rivières, et des Trois - Riv.ères à Montréal et celles qui viennent à Québec des dites villes, ne le sont que par des canots soit par oeca- , sion ou par exprès, ce qui est sujet à des dépenses consider, blés et h des retardements très préju- ! diciables au bien et au commerce de la colonie.\u201d 6.\u2014A la suite des nombreuses réclamations des marchands et , hauts fonctionnaires au sujet de la prétendue ignorance des Cana- j dlens, lord Dorchester chargea, en 1787, un comité du conseil exécutif de s'enquérir des faits.Ce comité se composait du juge en chef: Willia mSmith, de MM.Dunn.Ma-bane, Chaussegros de Léry, Caldwell, Grant.Saint-Ours, Baby et i Lecompte-Dupré.Hictofoe è* guerr* En 1*19.un régiment canadien, au front, reçut une provisii»n de boeuf conservé oui fut trouvé mauvais.î>es hommes le refusèrent.déclarant qu\u2019il n\u2019était oas comestible, et om\u2019une pareille nourriture ne leur convenait oas.\u2014 Une pareille nourriture, dit le capitaine auquel ils adressaient leurs réclamations, vous êtes bien difficiles: de plus haut placés que vous s\u2019en sont contenté.Il y a deux ans, pendant la retraite, le commandant en chef kri-même en a mangé.\u2014 Il y a deux ans.s\u2019écria un des soldats ca ne m\u2019étonne pas.Mais à ce moment-là elle était encore fraîche.On n\u2019aurait pas dû la garder si longtemps !.Comment H a fait \u2014 Papa.sVcrie le petit Jcannot, je viens de tuer cinq mouches.Et il y en avait trois qui étaient des mâles et deux qui étaient des dames.\u2014 Pas possible ! Et comment as-tu fait pour les reconnaître si bien ?\u2014 Oh ! c\u2019est pas difficile.R y en avait trois qui tournaient «autour de la bouteille de cognac, et les deux autres étaient sur le miroir.Alors ?Le clochard.\u2014 Acheter-moi du muguet, mon bon monsieur, ça porte bonheur.Le Monsieur.\u2014 Alors, mon pauvre ami.si c\u2019est vrai, vous feriez mieux de le garder pour vous.Vous avez Pair d\u2019en avoir plus besoin que mol.Htctofae vraie ! \u2014 Mol.dit Marins, je nr mar,.crue jamais mon coup.Wine u nuit, quand je chasse La n*-* bête, ci Je vois deux v v \u201elrj brillent.Je place ma b;,'le v* tentent entre les doux \u2018\u2018Et pourtant, une fois, u- , le fois, j\u2019ai tiré à câté.m.V(MlJ allez comprendre po irq r t., rcz-vm»s qu\u2019une nuit.je brusquement, à cinquante deux yeux briller.Ce < ^ lion évidemment.Je vise .u tire.juste entre les di.jx\u2019.et je m\u2019avance nour \u2019-ani ij bête.Rien ! Eh bien ! vou t* croirez si vous voulez, j.,i y avait deux lions; et ils rv (Tlt flairé avant que le les an.Alors, .«nichant ce qui les .rvr ils avaient cligné chac.it ,i Uij pour me tromper ! Pour comploter la somme A Chicago, un p pT-ls en flagrant délit de v On * conduit devant un iu\to ,\t|« condamne sur-le-champ\tc\t!:- lars d\u2019amende.! Alors l\u2019agent qui l\u2019avait r-êté Informe k?juge : \u2014 Il ne pourra pas n viens de le fouiller, il nV 30 dollars sur lui.I \u2014Relâchez-îe dans la ?-mais ne le quittez pas.- i k luge.Sitôt qu\u2019il aura\ti \u2018 la somme, ramenez-le moi Pas d\u2019autres ! \u2014 Vous n\u2019avez pas hc b i entrer dans le salon avec\te-H 1 comme cela ?j \u2014Que VOUlez-VOUfl\tf n e« ai pas d\u2019autre».PARLEZ CLAIREMENT Tristan Bernard, au cours d\u2019un vova-.ge.dut s\u2019adresser au chef de gare d u-: ne petite station.Il Kii demanda dos renseignements qui dépassaient, sans doute son entendement ou sa compétence, ce oui fait qu\u2019il ne répondit que oar des mots vagues et vides de sens.Tristan Bernard Insista pour obtenir des précisions.Alors, furieux et se sentant ridicule, le fonctionnaire se fâcha tout à coup et dit : \u2014Me prenez-vous donc pour un imbécile ?\u2014Oh ! non.répondit Tristan Bernard poliment.Mais je pe'.x me tr< ;r.-per Deux promenades Un vieux monsieur vient de prendre le bapt».me de l\u2019air en avion.Une fols à terre, il se re la main du pilote.\u2014 Je vous ' remercie beaucoup pour les deux excrllentes promenades en l\u2019air.\u2014 Mais vous n'en avez fait qu\u2019une .\u2014 Pardon.J\u2019en ai fait deux : ma première et ma dernière.Il y est ï Un vagabond de mauvaise mine sonne à la porte d\u2019une maison isolée.La dame vient ouvrir.\u2014 Est-ce que votre mari est k\\ madame ?\u2014 Oui.S\u2019il a fini de s\u2019exercer à tirer au revolver, il doit être en train de dre^er ses chiens policiers dans le jardin.\\{ i Découpez sol-neusement DIX pièces ci-contre, puis essayez, en les replaçant ensemble, de reconstituer un CARRE parfait.\u2022 Pouvez-vous le.faire ?\u2022 Découpez ce carré et fixez-le au mur à la hauteur de vos yeux.Eloignez-vous du mur.bandez-vous les yeux et dirigez-vous ensuite vers le mur, un crayon à la tnair et essayez de toucher la case du carré qui renferme le nombre le phi* élevé\u2014 Plusieurs personnes peuvent partieiper à ce jeu.\t\u2022 \u2022 la personne qui aura obtenu le plus grand total, après cinq essais, gagnera la partie.i r I\t4 *\u201c£ O 1\tO*' II\t) i 4 .j irf 39 16 16 \u2014 8 \u2014 (296) Vol.VIII, No 19 L'Action Catholique \u2014 Québec Dimanche, Jeux d\u2019esprit mot* ' rnorvrii m, ne comporte pas (\tmmes chlf- ^\t, r les mômes lettres.vei sont exclusive-,,\t- de cours d\u2019eau.tout, à v N T AI KM KN T 1.\u2014Division d'une diphtoivue en deux syllabes.\u2014 Dans le gi^'oi 2 Stances de huit vers.\u2014 Moitié d'un gâteau.\u2014 3.\u2014Petites tranches de nour- , riture.\u2014 4.\u2014Partie du cori» humain.\u2014\tRetire.\u2014 5.\u2014Préfixe négatif propre .moins une lettre.\u2014 Sonnerie triste.\u2014 6.\u2014Dieu marin.\u2014 Mouvements inconscients repi té*.\u2014 7 Une gourmande.\u2014 Il y en a pour froire \u2014 8.\u2014Versets chantes avant les psaumes.\u2014\t9.\u2014Propre à quelque ch\" 'w C«p< I'M*.World Rie! Distribute! by Kmc Feature* Syndicate Dinunche, 7 mai 1944 Vol.VIII, No 19 (297) \u2014 9 \u2014 L'Action Carttoliquo \u2014 Québec 'k CHRONIQUE des Jeunes NATURALISTES Directeur : Louis-Philippe AUDET, tl, Grande Allée, Quèbee No 445 \u2014 7 MAI 1944 rFkom.aA Cf\t(1) J-ontin 0 zoologiste, 0 guide forestier, % fondateur du Parc des Laurentides CONCOURS DE LA Société zoologique de Québec SERIE I.\u2014 No 10 Nos animaux ches eux 9!.Quelle est la nourriture habituelle du rat musqué ?92.\tQuel est le nom vulgaire du Gaufre gris ?93.\tIv;t-il vrai que le rat musqué construit des barrages comme le caHoi 94.\tPourquoi le gaufre est-il ainsi appelé ?9â.Quel est l\u2019habitat ordinaire du lièvre ?91) Quelle est le principal travail des gaufres ?97.\tEn quelle saison a lieu la première mue chez le lié', s 98.\tEn quelle partie du Canada trouve-t-on le bison ?99.\tLe lièvre est un bon nageur: vrai ou faux ?100.\tQuel homme politique célébré assura la survivance du bisson ?N.B.\u2014 Répétez la question \u2014 Ecrivez lisiblement \u2014 n\u2019oubliez pas votre Ho*!».Se \u2014 Affranchissez suffisamment vos lettres.Toutes les réponses devront être sées avant le 24 mai a Louis-Philippe AUDET.Concours de la Société Zoologique 88, Grande-Allée, QUEBEC.(Par Damas?POT VT N) Chaque fois qu\u2019on apprend une nouvelle tragédie de la forêt ou des malheureux sont morts de faim, on est naturellement porté à se poser cette question : Comment se fait-il que dans nos forêts québécoises, dont on dit qu\u2019elles étaient le paradis des chasseurs, on puisse mourir de faim.Comment se lait- I que des hommes ayant l\u2019expérience des randonnées dans la forêt, souvent pourvus d\u2019armes et tie minutions, peuvent errer pendant des semaines et des mois même, sans capturer un animal si petit soit-il, mammifère, oiseau ou poisson, qui puisse sauver leur vie ?Il est.en effet, difficile de se persuader que des jeunes gens, vigoureux et débrouillards ne puissent trouver moyen de vivre de la forêt pendant que1-ques semaines.On pense alors aux conséquences de l\u2019inexpérience.Lors d\u2019un de ces derniers drames de la forêt, j\u2019ai voulu savoir les raisons de ces tristes tragédies.Je suis allé t« ut de go chercher les lumières, sur ce sujet qui me taquinait l\u2019esprit, d\u2019un vieux guide qui comp'.ait alors au delà de 60 années d\u2019expériences comme chasseur, trappeur, explorateur, guide forestier, zoologiste par vocation.Il m\u2019a répondu: \u201cLorsque j\u2019étais jeune homme, je me rappelle qu\u2019une vingtaine de sauvages partirent de Betsiamits.a la fin de l\u2019été, pour aller, suivant leur habitude, chasser dans leurs \u2019'terrains de chasse\u201d.Ils n\u2019avaient apporté que fort peu de provisions.d\u2019abord parce que leurs ressources étaient très limitées et, ensuite, parce qu\u2019ils pensaient pouvoir vivre de la forêt.Or, le printemps suivant, un seul revint, il était maigre, hagard ; un vrai squelette.Les autres étaient morts ; morts de misère et de faim.Pourtant, on ne pouvait pas dire, me faisait remarquer le guide, que ces sauvages manquaient d\u2019expérience d ns les bois.\u201cAlors, lui dis-je, il y a dans 1.» forêt dans notre \u2019\u2019Paradis des chasseurs\u2019\u2019 de.circonstances où un chasseur ne peut réchapper sa vie menacée pai la faim.\u2014Veuillez n\u2019en pas douter, me répondit le vieux guide.Moi-même, je me rappelle être resté, pendant plusieurs semaines, avec quelques compagnons sans absolument rien à manger.A i\u2019ms-tar des sauvages, nous nous faisions des tisanes très épaisses avec d> s branchettes d\u2019épinette.Mais nous faibli ;ior\\' de jour en jour.Nous pûmes subsister toutefois jusqu'au jour où nous reçûmeô des vivres que nous attendions avec, vous (1) Extrait du livre de Damase Put-vin : \u2018jêjcs oublias\u2019\u2019 \u2014 Ce livre eit en venV à l\u2019Action Catholique._ 10 \u2014 (298) Vol.VIII, No devinez, quelle impatience.\u2014Vous ne pouviez pas chasser ; vous n\u2019aviez sans doute ni armes ni munitions ?\u2014Nous avions tout cela, mais .aucun gibier, ni petit ni gros, à vingt milles à la ronde.Nous étions alors sur la côte nord du St-Laurent.Dans cette partie du pays, il n'y a pamais eu d\u2019orignaux ni de chevreuils.Nos gros mammifères ne sont représentés que par le caribou et par l\u2019ours.L\u2019été, ce dernier n\u2019est guère facile à approcher et.au cours de l\u2019hiver, il est dissimulé dans les \u201cwaehes\u2019\u2019 qu\u2019il a choisies pour son hi-vernement.Quant au caribou, vous savez qu'il est migrateur de sa nature et pour lui.l\u2019ennemi numéro un.c\u2019est l\u2019homme qui ne l'approche donc pas très facilement.-\u2014Mais n'y a-t-il pas les lièvres, les perdrix qui ne manquent généralement pas ?\u2014Vous n\u2019ignorez pas qu\u2019à des intervalles presque fixts, le lièvre et la perdrix sont si rares qu\u2019on dirait qu\u2019ils ont disparu a jamais ; vous n\u2019ignorez pas l\u2019existence des cycles du gibier.On peut toujours apercevoir de temps en temps, un porc-épic, un écureuil quoi ! me demanderez-vous .Monsieur, il ne faut jamais tuer un porc-épic en forêt pour le simple plaisir de le tuer, si l\u2019on n\u2019a pas besoin de sa chair.Cet animal stupide et sans défense pourrait peut-être sauver un chasseur en train de mourir de faim, mais .il n'y a pas de porc-épic dans nos forêts québécoises.Il en va ainsi des écureuils au profond de nos massifs forestiers.\u2014 Mais alors, il y a le poisson des lacs qui parsèment la forêt, et des rivières qui la sillonnent.\u2014En été, avec des instruments de pêche même les plus primitifs, un homme peut se tirer d\u2019affaires.M; is c\u2019est durant l\u2019hiver surtout que chasseurs et trappeurs sont menacés par la faim, et quand lacs et rivières sont gelés à fond, et quand le poisson est au fond de l\u2019eau où le degré de température insuffisant enlève à r\u201cccaillé\u2019\u2019 le désir de venir à l\u2019appât \u2014 ayez donc alors les instru-incnts les plus perfectionnés, nu les plus primitifs, et quand bien même la faim vous tiraille les boyaux, rien n\u2019y fait.Monsieur, tous ccs drames de la* forêt ne s'expliquent pas autrement, les victimes auraient-elles l\u2019expérience de toute une longue expérience en forêt!.Ce vieux guide dont on peut, par ce qui précède, avoir idée des notion , justes en zoologie et de la vie forestière, é-tait Thomas Fortin, ou plutôt, comme on l\u2019appelait dans le large cercle de ses nombreux amis.\u201cThomas\u201d tout court.\u201cThomas\u201d est mort le 9 août 1941, à l age de 02 ans, et à peu près toute cette longue existence s\u2019est passée dans la forêt.Aussi la nature n\u2019était pas pour lui un livre méconnu.Il le déchiffrait, ce livre, il l\u2019épelait mot par mot, et sa lecture l\u2019intéressait au delà de toute expression.Au point de vue de l\u2019instruction, Thomas, peut-on dire, était l\u2019homme de ce seul livre : celui de la Nature, ou plutôt de la forêt qu\u2019il connaissait par coeur.On ne l\u2019a jamais cru né pour de très grandes choses, mais pour seulement le train ordinaire de la vie.une vie toutefois remplie à sa pleine capacité.De l\u2019instruction, juste ce qu\u2019il faut pour accomplir seul sa petite besogne.Et pourtant, sur la vie, il était plus instruit que la plupart de ceux qui sont sortis des grandes écoles, (.\"est que pendant plus de trois-quarts de siècle, il étudia d: ns ce gros bouquin de la nature ; ce livre dont les pages innombrables, merveilleuses et vivantes, s'étaient en particulier dans nos Laurentides.On l'appelait, ai-je dit, Thomas tout court malgré son âge vénérable.C\u2019était Thomas pour tous les gens de Charlevoix avec lesquels il avait toujours vécu comme pour tous ceux, riches ou pauvres.puissants et humbles, qu\u2019il avait à guider dans \u201cson\u201d parc : gros millionnaires américains et canadiens ; amateurs des truites rouges ou grises de nos Laurentides ; comme pour les ministres, voire les gouverneurs généraux qui voulaient oublier pour quelques jours les soucis de la politique ou de la diplomatie ; comme pour les professionnels, avides de quelques goulécs de l\u2019air tonifiant de nos montagnes.Pour tous, c'était Thomas.Et il fut \u201cThomas\u201d pendant plus d'un demi-siècle.C\u2019est que cet homme à l\u2019oeil bleu noyé de Breton était l\u2019homme de la forêt, expert en tout ce qui regarde la sylve.On eut dit que dans cet oeil bleu se reflétait la forêt nordique entière.insondable et trouble, son infini que toujours cherchent à fouiller les pauvres \u201cassis\u201d des.villes qui, dans leur gaucherie, demandent a s\u2019appuyer sur l\u2019expérience.le jugement, l'instinct me me de ceux que la nature a façonnés dans son frusque et solide moule.Nait-on ou devient-on homme des bois ?Y a-t-il pour certains hommes l'appel de la foivt ?Et si l\u2019on n la vocation de la forêt, oserais-jc dire, quand en reçoit-on la première inspiration?Elle peut naître d\u2019un rien ; d\u2019un propos en l'air lancé par un chassuer, d'un regard sur la carte, du vague souvenir d\u2019un ancien récit, d'une aventure, lue ou entendue, que sais-je ?Ou encore clic peut provenir de l'atavisme.Mais pour Thomas, il n'y avait rien en lui d\u2019atavique, du moins directement.\u201cMon père\u201d, nous disait-il, \u201cne savait pas par quel bout prendre un fusi: Cette vocation de la foret, clu Thomas, pourrait-on dire, est née sous le signe du caribou.Dans sa jeunesse, les grands chasseurs poursuivaient :¦ .;'toui le caribou qui abondait dans n forêts québécoises.Le jeune Thom a si irait comme un chien dans leurs raivi 'n Puis, d'année en année, il s\u2019enha prenait du galon.Il attrapa, o -j: dire, quelques groupements ch qu'il se mit à suivre égalemeir.ticulicr sur la rivière Porc-épic.tobre, raconte-t-il.je faisais un \u2022 plein ière \u201crun\u201d aux castors ; en fé\\ .i.allait à la martre et au vison.O tuait un caribou ou un orignal po.r* ger et faire des appâts\u201d.I^a vocasion naissait, s'affen\tut.Tout d\u2019abord, un faible tressnlle\tt puis, peu a peu, l\u2019idée grandit, , en.i corps ; les projets pour le fu\u2019u .cs-sinent.On entreprend, une preu ère, une deuxième excursion dans ! ;a province de Québec placent le toi.ri',c dans la difficulté de ne savoir ou aile' lancer sa ligne.S\u2019il y a de par le monde \u2022 Lire la suite en page 15 Dimanche, 7 mai 1944 19 L'Action Catholique \u2014 Québec les yeux sur ('êunope ^\t.1.rc-ifs #pi.l\u2019intrus lui dit d'un ton menaçant.\u2022 i français correct mais lourd : \u2014\tMa icn> **110, avez-vous refusé de danser avec moi .parce que je suis .Alkmand ?\u2014\tOh ! pas du tout, \u2014 proteste avec emp!< ¦ ' tent la spirituelle et maîicieu-k\tc'est tout simplement parce «juc j* suis Française.-\u2022- \u2022\tJr: i.Hartog.un des plus célèbres ro-v t auteurs dramatiques de Molli.:« \u2014 .é à Londres avec une bailie et six nouvelles et deux 1\" vc\ta tête.Il écrivit ces ouvrages cirant l\u2019occupation mais ne put en em-; ter < manuscrits avec lui# Alors, il les a appris par coeur.I> i\tie otage par la Gestapo perdant d\u2019un an, de Hartog a fi:ia-ù s\u2019évader, déguisé < n vieille îenr 1! parle ainsi du mo-al des la\u2019 c 'Trmée d\u2019occupation : \u201cLors-q .r 1.> mands sont sobres, ils disent va très bien Lorsqu'ils ils disent qullitler est fou et qu< .magne a perdu la guerre.\u201d In vino vérita.s.\u2022 H y a a Paris une corporation de la Pre?» Pour y être admis, il faut fournir beaucoup de papiers.On -leinvidc l'identité evacte du grand-P^re l'acte de baptême de la grand\u2019-nièrr Ma on ne réclame pas la casier judiciaire Et pour cause.S oi av it cette inutile curiosité : Jean Héroki F, juis, de la \"Radio-Paris, condamné\t\u2022 v roqucric; Jean Luchaire, directe.: i*s \"Nouveaux-Temps\", con-ditinné pour émission de chiques sans pmv sion.Chauchat, administrateur de 1 Oeu\\r«' condamné pour abus de con-i.pnce' dcan Mirecourt, dirçcteur de rir s-S r\", r«*scapé des travaux forces, être l'ornement de ce rmipement professionnel.e iJ- \u2022¦Tait, tout de même, dommage.\u2022 Lar,' .que de Zagreb, Mgr Stepi nant pas fermées officiellement, mais elles sont vides.On sait que 700 étudiants «le N'ic-vège ont été déportés.En Belgique, des grèves de protestation contre le service de travail obligatoire ont éclaté, au printemps de 1943, a Gand et à Liège.En France, les universités se sont partiellement vidées à partir du m-i-ment où l\u2019on a adopte le servi e de travail obligatoire.Quelques etudiant sont partis pour l\u2019Allemagne, mais In majorité d\u2019entre eux ont pris le \":.î i-quis\".lx's journaux ont publié les details du récent soulèvement à l'université de Clermont-Ferrand, où .'était repliée l\u2019université de Strasbourg.Enfin, en Grèce, même si les universités n\u2019ont pas ét»* supprimées, tout travail intellectuel est rendu impossible.Tel est le bilan tragique de l'occupai ion! I.a Gazette de I^urannr du 17 mars annonce que cinquante professeurs et etudiants de la faculté de théologie de l\u2019université de Strasbourg, emjirisim-nés à Clermont-Ferrand, ont été \t1 re t\t***\u2022 Donc notre Allemand entr»
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