L'Action catholique : organe de l'Action sociale catholique, 21 mai 1944, dimanche 21 mai 1944
[" flON IciUitioil 3, Hl>ul.CATHOLIQUK >rgane de ale Catholique.cl administration : rhiirest, Quebec.16 PAGES \\ ()|.N J11- \u2018\u201c',n\u2018\u2018i w 21 Vol.N l11- \u201c\u201c,n\u2018\u2018i w 21 \u201cIiutaurare omnia in Christo** Dimumhc, 21 utui 1!M1 * * osaiinen fVllle.Albert,3 i i 1 m ^«o«t do lit L>\tV ** ' \\ & &.r**- fi _^r V *T#J .'ndNUL- .\u2022\t> iA \"oidS : ac.V ' -% SBn-' lii Mtk *\u2019ï .\u2022 $fc^Vv / % >,-çr; *s4* 7* ::y?' I ¦ \u2022w'-.c i»' ./ (ooS3 LE \u201cTABLEAU DE LA Quelques mots dfintroduction Monsieur l'abbe Henri-Ratimcnd Caspram, (tans la relation de ses légendes, n\u2019arad qu\u2019un but: \"Soustraire nos belles légendes à un oubli dont elles sont ph a que Jamais menacées, de perpétuer a.nsi les souvenirs conserves dans la méiuoire de uns l ieux narrateurs, et de vulgariser la connaissance de certains episodes peu cov* nik> de l'histoire de notre pays.\" Tous ceux qui sc sont intéresses quelque peu à notre histoire connaissent sens doute la legende du \u2019\u2018Tableau de la Ririére-Ouelle\", pour l'avoir maintes fois en.tenu ii raconter ou l'avoir lue dims 1«\u2019S ouvrages de notre fecorul historien du sièctC den er, monsieur l'abbé Casgram.Cependant, je crois opportun de la reproduire une fois de plus, nu moins pour 1er, pins jeunes, et de vous mettre sous les yeux une copie de ce tableau.Puisque la tcih a déjà vieilli et (tue, pour la co,iscrver.on a jugé nécessaire, jadis, d'en réduire 1rs dimensions, puisque la photographie, après plus d'un essai, ne donne pas un résultat satisfaisant, j'ai cru bon de la faire reproduire au fusain et de tous eit un ex-voto déposé là, il y a b en des années, par un étranger arraché miraculeusement à la mort.C\u2019est un vu ux tableau.bien poudreux, sans grande valeur artistique, mais qui rapp< lie une touchante histoire.\"Je l\u2019ai apprise, bien jeune encore sur les genoux de ma mère, «.t elh ist restée gravée dans ma mémoire aussi fraîche que si je venais de l'entendre.Ecoutons ensemble ce qu'» lie nous racontait : \"Vers le milieu du siècle dernier \u2014 d< «ne vers 1750 \u2014 un missionnaire, accompagné de quelques sauvages, remontait la rive sud du fleuve Saint-Laurent, à une trentaine de lieues au-dessous de Québec.1^* missionna re edait un de ces intrépides pionniers Je la foi e t de la civilisation, dont les u-blitncs figures se détachent sur la n^,t des temps, entourées d\u2019une auréole Je glo re et d'immortalité.\u201cCelui que nous suivons en ce moment ts't un de ct-s illustres enfants de la Ceimpagnie de Jésus, dont la vie tout entière fut consacrée à la conversion des sauvages du Canada.\"A quelques pa$ devant lui s\u2019avance le chef de la petite troupe.C'est un vieux guerrier indien, converti depuis longtemps au christianisme par le saint missionnaire et devenu dès lors le compagnon fidèle de toutes ses courses a-ventureuses.\u201cLes voyageurs s'avançaient lentement en raquettes sur une neige épaisse- et mouvante.Il faisait une de ces superbes nuits de décembre que l\u2019année qui finit semble semer sur ses pas pour saluer l'année qui va naitre et dont la merveilleuse splendeur est inconnue aux peuples du midi.\u201cL\u2019atmosphère sèche et froide n\u2019est agitée par aucun souffle.On n'entend que les ronflements sourds e-t monotones du fleuve géant, endormi sous une couche de glaçons épars et flottant sous se-s eaux noires, semblables à la peau tachetée d'un immense léopard.Une vaoeur blanche et légère s\u2019en élève, comme le souffle qui jaillit des narines du monstre marin.\"Au nord, se dessinent les cri*tes bit urs des Laurentides.depuis le cap T- urmente jusqu'à l'embouchure du Saguenay.Au sud.s'allongent les dernières racines des Alléganys.couvertes de pins, d'épinettes, de sapins et de grandes érablières.\"Presque tout le littoral était aussi ombragé de forêts; car, à l\u2019époque reculée que nous décrivons, on ne voyait sur ces rives ni ces vastes défrichements couverts d'abondantes moissons, ni ce's jolies maisons blanchies à la ciiaux et groupées en village-s le long du fleuve d'une manière si coquette, qu'on dirait des bandes de cignes endormis sur la berge.\u201cUne mer de forêts s'étendait sur tous et s rivages.Quelques petits groupe-s do maisons s'élevaient çà et là; mais voilà tout.\u201cNos voyageurs s\u2019avançaient donc en silence, au milieu du bois, lorsque tout à coup de chef de la petite troupe s'arrêta et fit, en même temps, signe de la main à ses compagnons d'en faire autant.\u2014\u201cTu te trompes, camarade, lui dit le missionnaire; ce bruit que tu viens d\u2019entendre, c'est celui d'un arbre qui se fend à la gelée.\u201d \u201cL'Indien se tourna lentement vers lui; un sourire imperceptible passa sur sa figure.\u2014 \u201cMon frère, d;t-ii à voix basse, si tu me voyais prendre ta parole sainte (ton bréviaire) et vouloir y lire, tu te moquerais de moi: moi.je neveux point me moquer de toi, car tu es une Pobe-Noire; mais je te dirai que tu ne co mais pas les voix des bois, et que ce bruit que tu viens d\u2019entendre est bien celui d'une voix humaine.Suivez-moi de- loin, pendant que je vais ailer voir ce qui se passe là-bas.\u201d \u201cI^s voyageurs marchèrent quelque temps sans rien apercevoir.Le Père commençait à croire qu'il ne s'eta t pas trompé, lorsqu'arrivé à une clairière, il vit l'Indien s\u2019arrêter tout à coup.Quil fut on étonnement lorsqu\u2019on suivant la dirt lion des regards du Sauvage, il aperçut, à l\u2019autre extrémité de la clairière, une lumière extraordinaire se détachant sur l'obscurité des arbres.\u201cAu milieu de ce globe lumineux, soulevé au-dessus du sol, une sorte de fantôme aux formes vagues et indécises.Avant que le missionnaire eût pu rien distinguer, l'apparition s\u2019évanouit.Alors un autre spectacle, que l\u2019éclat do cette étrange vision l'avait empêché d'apercevoir, s\u2019offrait à sa vue.\u201cUn jeune homme, vêtu d\u2019un uniforme militaire, était agenouillé au pied d'un arbre.Les mains jointes et les regards tournés vers le ciel, il semblait absorbé par la contemplation d'un objet mystérieux et invisible.\u201cDeux cadavres, qu'à leurs vêtements on reconnaissait facilement pour des militaires, gisaient à ses côtés, sur la neige*.L un d\u2019eux, vieillard à cheveux blancs, était adossé au tronc d\u2019un arbre et tenait e-ncorc entre ses mains un livre* prêt à lui échapper.Sa tête appuyée sur son épaule droite, et toute sa figure avait cette teinte ; .ise.cendrée de la mort, qui annonce que déjà le cercueil le réclame.\"Un cercle bleuâtre entourait ses yeux à demi fermés, et une dernière larme-s\u2018était figée sur sa joue livide.Mais, malgré ces ravages de la mort, cette fi- -r.\u2022x.+vs- \u2022 L\u2019abbé Henri-Raymond t\u2019AS-(>K XIV.historien, auteur d > -trange et sanguinaire.\u201cIl faisait une nuit noire et froid* La voûte basse et inégalé formée par ics branches entrelacées des arbres\t*- nétrables aux rayons de la lum < t qu'f-clairait, par intervalles, la lueur -\u2022 -teusc du bûcher, semblait un va \u2019\t\u2022 ' sombre caveau où les troncs antiqu a moitié rongés ot ensevelis sous ! ge et les lianes, jonchaient la terre me des cadavres de géants épars là : où les bouleaux, couverts d* rr écorce blanche, balancés par 1*\tr!c de la brise, avaient l\u2019air de pâkc f: r-tômos errant au milieu de c(*s de -r.où le sourd murmure du torn-nt .n-tain.se brisant en sanglot et U sement plaintif et lugubre de la à travers les branches dépouillé.r -taient de funèbres gémissements.\u201cUn homme un peu superstiti*-i.x \u2022 cru entendre les plaintes des ân.t !.guerrier* indiens ensevelis aupr*< d-nous.Malgré moi, un frisson d\u2019homur courait dans mes veines.Cependant, parmi ces décombres, où chaqut ami» chaque rocher, en un mot tous 1* s objets mêlés, confondus dans l'ombi paraissaient autant de spectre anini»- e-piant tous ses mouvements, l'audace ,ix sauvage semblait aussi tranquille qi;< s'il eût été dans sa cabane.Il éta \u2019 !a.immobile et silencieux, fixant t-'ur .1 tou rsur le brasier et sur son tonu iv k son regard farouche.\u2014\u201cCamarade, lui dis-jc, pens» -tu que nous ayons encore à craindre > bandes iroquoises, dent nous avor »it-couvert les traces h;»r?\u2014\u201cMon frère a-t-d déjà oub! e e i-nous en avons rencontré encore * tin ?\u2014\u201cMais ils n\u2019étaient que deux.\u2014\u201cOui.mais un Irnquç>is a bien fait un signal pour aveitir scs camai s.\t_ 1, \u2014\u201cCeux-là ne marchaient pas -\"J* ntier de la guerre; i! étaient occupe poursuivre un orignal.\u2014\u201cOui.mais la neige est épaisse » ; auraient bien pu avoir la c.ianct ' \u2022 tuer sans trop de fatigue et \u201ei1; de mon rêve, me dis-je en -i ne.et j\u2019essa> ai de me rendor-! gtemps ie demeurai, les veux a i» ' fermés, dans cet état d.' som- \u2022\t¦ i \u2022 qui participe de la veille à la fois t du sommeil.\u20ac>t où les facultés t\ts ne laissent juger dos obji ts qu'à demi.f niant l'ombre se balançait et it toujours davantage au-di-s-nuvage enseveli dans un pro-¦1 n» il.Un moment, le bûcher jo-1 1 rlarté plus vive et je vis alors tmetement la figure d\u2019un in-c ;u éclairait ur\\c lueur fauve.Il tc-:\u2022 ses dents un long couteau.oit ses yeux dilatés sur son en-approcha encore davantage an s\u2019il était bien endormi.Ai un sourire d\u2019ivresse inferna-i' 1 if t a scs lèvres, et saisissant son li: \" il le brandit un instant en lt 9\t:\tiu coc*ur de sa\tvictime.Un \u2022\t\u2022ull\u2019t de la lame.Au même mo-r ,J'! 1 1 terrible retentit et les deux allèrent rouler dans la nci-l\u2019acier, en réveillant no -'.\t'\tu*\u2019.avait trahi\tson\tennemi.'\ta\ttfreux cauchemar se\tterminait pa: une horrible réalité.précipitamment mon fusil; \"sai tirer dans la crainte de h\" 'fi lotie sauvage.Une lutte à mort jr \u20191 1 ! ^¦\u2022Keo entre les deux indiens.l' iigie de sang, jaillissait de ' \" l' ' r,s autour d\u2019eux et les enve-1 un nuage.L?fer d\u2019une hache \u2022\t-t un son mat retentit, suivi d\u2019un \u2022\tui \u2022 , rt d\u2019os.La victoire était dé- ^ 1 t 1.bruit sourd et guttural s\u2019é-r\th' la poitrine du vaincu : c\u2019é- îan le\traie d\u2019agonie.^\tfit d\u2019une main une chevelure 1\tI*' vainqueur.le sourire aux '*\u2022'\t.r redressait fièrement lors- qu.^'\tvint l\u2019atteindre en pleine \u2019 et notre sauvage \u2014 car e*é-tombait raide mort la face \"iflier.Diriger le canon de et envoyer une balle dans la i mi le coup était parti et où \u2022 ncorc une ombre se glisser \u2022v arbres, fut pour moi l\u2019af-,aire d un instant.\"l i!°n poussant un cri de mort.' s°o corps décrivant un arc J \\ ,ur lui-même.T>e drame était '.\u2019 ' sauvage était vengé, mais '\"ns plus de guide.Je me rap-\u201c :i1 > notre conversation de la veil-le voit, set appréheusiuns \u2019er» sauvages dont nous aviotxs .'os traces le matin, n\u2019étaient Dimanche, 21 mai 1944 malheureusement que trop fondées.\u201cAbandonnés, sans guide et .san.> experience.au milieu d\u2019interminables lo-l'Ots, nous nous trouvâmes dans une jM-rplexité extrême.Nous hésitâm s longtemps pour savoir si nous ne d -vions jias retourner sur nos pas.Le danger de tomber entre les mains d< .-Iroquois, qui infestaient alors cette partie du pays, nous décida a continuer notre route.Le seul moyen que nous eussions pour nous guider, c'était une polite boussole dont mon père avait eu le soin de se munir avant notre départ.\"Quelques jours plus tard, nous m.u-chions au milieu d\u2019une tempête de neige.La poudrerie nous aveuglait; nou ne pouvions voir a deux pas devant nous.De tous côtés, nous entendions les arbres craquer et tomber avec fracas.Un de ces arbres faillit nous écraser sous ses débris.\u201cMon père, atteint pir une branche, fut enseveli sous la neige, et nous eûmes toutes les peines du monde à l'on retirer.Quand il se fut relevé, la chaire qui retenait sa boussole autour de son cou était brisée, et la boussole éta t disparue.Malgré de vaines recherches, nous ne pûmes jamais la retrouver.\u201cDans sa chute, mon i>èrc avait reçu une grave blessure à la tête.Pendant que j'essayais de panser la plaie, d'ou le sang jaillissait avec abondance, je m pus retenir mes larmes en voyant ce vieillard, a cheveux blancs, supporter la souffrance avec tant do fermeté, et montrer tant de calme au milieu des angloisses qui le dévoraient et qu\u2019il nu cachait soigneusement sous les dehor;, de la confiance.\u2014\u201cMon fils, me dit-il en voyant m».pleurs, souviens-toi que tu es soldai.Si la mort vient à nous, elle nous trouvera sur le chemin de l\u2019honneur.Il est beau de mourir martyr du devoir.D'ailleurs.rien n\u2019arrive que par la volonté de Dieu; soumettons-nous donc d\u2019avance.avec courage et resignation à ce qu\u2019il lui plaira de nous envoyer.\u2019\u2019 \u201cNous marchâmes encore doux jours, par un froid intense; mais alors mon père fut incapable d'avane r davantage.Le froid avait envenimé sa plaie, et la fièvre, qui l'avait saisi, devint d'une violence extrême.Pour comble de malheur.notre i>otitc* provision d'amadou était devenue humide, et il nous fut impossible de nous procurer du feu.Alors tout espoir m'abandonna.\"Depuis plusieurs jours, n\u2019ayant pu tuer aucun gibier, nous n'avions pris presque aucune nourriture.Malgré tous nos avertissements, le soldat qui nous accompagnait, exténué de fatigue, et livré au découragement, cécku au sommeil.et quand.au bout de quelques heures, j\u2019allai le secouer pour le réveiller, il était déjà mort de froid.\u201cA genoux auprès de mon père expirant, je demeurai abimé dans un desespoir inexprimable.Plusieurs fois il me conjura de l\u2019abandonner pour échapper à la mort.Quand il sentit su dernn -re heure approcher : \u2014 n \u2022 '1 dit-il.en me présentant le livre de l'Imitation de Jésus-Christ qu'il te .\u2022litre ses mains, lis-moi quelques passages.'* \u201cJe pris le livre et.l'ouvrant au hasard.je lus a travers mes sanglots : près de Dieu, afin qu\u2019uprès que vous serez sorti de cette vie, ils vous reçoivent dans les tabernacles éternels.Comportez-vous sur la terre comme un voyageur et un étranger gui n\u2019a point d\u2019intérêt aux affaires du monde.Conservez votre coeur libre et élevcz.-U» vers Dieu, parce que vous n\u2019avez, point ici-bas de demeure stable.C\u2019\u2019( st au ciel qu\u2019il faut tous les jours adresser vos prières, vos gémissements et vos humes; afin qu\u2019après cette vie.votre esprit puisse passer heureusement au Se;-gneur.\u201d \u201cJe remis le livre entre ses mains.Un sourire d'immortel espoir passa sur se» lèvres; car ces lignes résumaient toute sa vie.Après un moment de silence, il me dit : \u201cMon fils, quand je ne serai plus, tu prendras la petite croix d\u2019or que Vol je porte a mon cou.et que j'ai reçue de ta mère le jour de ta naissance.\u2019\u2019 \u201cIl y eut quelques moments de Silence.Un nuage d'inexprimable douleur passa sur son front, et prenant mes doux mains dans les si» unes, il ajouta : \"Tu pauvre mère !.oh ! si tu la revois, dis-lui que je meurs en pensant à elle et u mon Dieu.\u201d \u201cPuis faisant un effort suprême, comme pour éloigner une pensée trop douloureuse devant laquelle il craignait de voir faiblir son courage, il contiilia: \u201cCelte petite croix d\u2019or, porte-la toujours en souvenir de ton père; elle t'apprendra à être touojurs fidèle a ta patrie et à ton Dieu.Approche-toi, mon fils, que je te bénisse, car je me sens inouï ir.\" \u201cF.t, de sa main défaillante, il fit sur mon front le signe d«' la crox\u201d, \u201cA ces paroles, le jeune homme se tut.Tandis que des larmes abondantes coulaient le long de ses joues, il pressait contre ses lèvres la petite croix d'or qui pendant sur sa poitrine.Tous ceux qui l'entouraient, par respect pour une si noble douleur, gardaient le sih uce.\u201cOn eût même pu voir plus d'une main essuyer furtivement quelques larmes.La douleur est si touchante sur un front do vingt ans ! Il y a tant de sourire sur la figure à cet âge qu\u2019on ne peut y voir ces fleurs délicates se faner avant le temps sans éprouver un serrement de coeur.La missionnaire rompit le premier le silence : \u201cMon fils, dit-il en s'adressant au jeune homme, vos larmes sont légitimes.car l\u2019être chéri que vous pleurez.était digne de vos regrets.Mais ne pleurez, pas comme ceux cjui n\u2019ont point d\u2019espérance.Celui que vous avez, perdu jouit maintenant là-haut de la récompense promise à une vio vouée au sacrifice et au devoir.\u201d \u2014 \u201cAh ! mon père, interrompit le jeune homme, si, du moins, vous eussiez été près de lui pour le consoler a ce dernier moment !.\u201d \u201cAprès une pause, il continua : \u201cJe pressai mon père une dernière fois entre mes bras; sur son front pâle et glacé je déposai un dernier baiser.J» crus qu'en ce moment il allait mourir.Il se tenait immobile, les yeux tournés vers le ciel, lorsque tout à coup, comme é-clairé par une inspiration d\u2019en-haut, il me dit : \u201cJe désire que tu fasse, voeu de donner un tableau a la prochaine » -glise que tu rencontreras, si tu parviens à t\u2019échapper.\" \"Je le promis.Quelques instant après, des mots vagues et sans suite s'échapper» nt de ses lèvres, et ce fut tout.J 1-gnme combien de temps je demeurai là, anéanti, abimé dans une douleur sans nom, a genoux auprès du cadavre de celui qui avait été mon père.IMongée dans une sorte de léthargie, mon âme était (h-venue insensible à tout.La mort, la sol tude de la forêt ne l\u2019effrayaient plus; hélasî la solitude était autrement effrayante au fond de mon coeur ou na-guèr» tout était encore en fleur.\u201cRêves, illusions, j\u2019avais vu ces fleurs de la vie tomber feuille à feuille, balayées par l\u2019orage.Gloire, bonheur, .1-venir, ces anges du coeur, qui naguère chantaient encore au fond de mon âme leurs mystérieux concerts, s\u2019étaient envolés, voilant de leurs ailes leurs visages éplorée.Tout avait disparu : tout.il no restait plus que le vide, l\u2019horrible néant.\u201cSeulement, au milieu de ma nuit, une faillie étoile veillait encore.Un soupir sur mes lèvres, une dernière prière, pâle lampe du sanctuaire intérieur qui n\u2019était pas encore éteinte, jetait.j\u2019invoquais, avec toute l\u2019ardeur du désespoir, la Vierge, consolatrice des affligés; et voilà que tout à coup.\u201cMais je renonce à dire ce qui se passa alors en moi.La parole humaine est impuissante à dévoiler les mystères dç Dieu.Que dirai-je donc aux enfants de la nuit, et que peuvent-ils comprendre?Et des hauteurs du jour éternel ne suis-je lias aussi retombé avec eux au sein de la nuit dans la région du temps et des ombres ?.\u201cEt voilà que tout à coup, au milieu de mes ténèbres, tout mon être tressaillit.frappé comme d\u2019une commotion é-lectrique; et il se fit au fond de moi.comme un vent impétueux et l\u2019esprit.était jiorté sur les eaux de la tribulation.Lire la suite eu puce ?VIII, No 21 (323)\t\u2014 3 \u2014 L'Action Catholique \u2014 Québec \u2022 I/C \u201cTableau de U Rlvière-Ouclle,^ dont U est question dans la Iriçend- racontée par l\u2019abbé Henri-Raymond ('asgrain.\u201cFaites-vous maintenant des amis au- Le \u201cBrayage du Lin\u201d N\u2019ullcz pas dire n-s l>«-nr habi-t\toourvéet I d ns le s»-ul r.utg île l'Linbarras, p.is pa.^ tard qu\u2019aux d< 'nietes vaeancoa, on .1 liât le levage de deux g: anges, chez les Landry et chez les Raymond.K; je sais bien qu'a la maison de cliez nuU on braye eiKic i ie lin, sur le bord d l\u2019automne, ce qui permet au rouet de grand\u2019inére, de ronronner s«>u\\ent, les soirs de poudrerie, et au vieux metier de ne p^s loger trop longtemps du s le fond du hangar.Ce soir, des br.bes de souvenirs n*e trottent presque malgré moi par la cervelle.Je vois comme si cVu.it d\u2019hier, une bonne vieille courvée, quelque peu embrumée par les ans, mais qui est toute champêtre et toute canadienne, puis vous l\u2019acertamer.Je ne peux résister à l\u2019envie de vous la raconter.C\u2019est le brayage du lin.à la maison de nmn pire.Un mat.n d\u2019automne qu\u2019il avait ge-laudé plus que d\u2019ordinaire, la paternité sonna plus tôt le réveil: \"Voyons, les enfanta, h ».tre lin.\u201d Las enfants, qui n\u2019en étaient \u2022.s, lurent grêyês dans le temps de le lire, et chacun reçut sa petite besogne: ra toi qd\t'tnvita- oire\u201d.Soit dit en passant, chez nous, barre du our.11 s'agissait de rien moins qu'à \u2022ourir son monde pour a courvée.\u2014 \u2022\u20191 avertiras les brayeux du rang et tu piqueras à la Haute-Ville, par le rac-jourci chez Pitre; car il n\"us faut le 7ioloneux du cotidon, et J
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