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Titre :
L'action nationale
Éditeur :
  • Montréal :Ligue d'action nationale,1933-
Contenu spécifique :
Juin
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Action canadienne-française, ,
  • Tradition et progrès,
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L'action nationale, 1933-06, Collections de BAnQ.

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[" Vacances Vacances! Le mot retentit, joyeux, aux oreilles des élèves et des maîtres.Il leur annonce la détente prochaine, le repos que réclame tout travail intellectuel prolongé.Pour presque tous d\u2019ailleurs \u2014 quels que soient notre âge et nos occupations \u2014 les mois d\u2019été apportent quelque répit: labeur moins intense, séjour à la campagne, excursion dans les montagnes ou à la mer.C\u2019est souvent la période la plus favorable à la propagande d\u2019idées chères, aux campagnes qu\u2019on n\u2019a pu faire dans cette vie trépidante à laquelle les circonstances nous soumettent de plus en plus.Aussi l\u2019Action nationale ne craint pas de s\u2019adresser à tous ses abonnés, à tous ses lecteurs, à tous ses amis, et de leur dire: nous comptons sur vous durant ces mois d\u2019été.Rien ne vaut les programmes nets, les directives claires.Nous allons donc sérier les initiatives auxquelles nous vous invitons.1 °) Faire connaître notre oeuvre, en particulier la revue.Nous ne vivons que depuis six mois.Combien nous ignorent! Que de régions où nous sommes totalement inconnus.Ecoliers, maîtres, hommes d\u2019affaires ou de profession, 322 l\u2019action nationale parlez durant vos vacances de Y Action nationale, faites-la lire dans les milieux qui lui étaient jusqu\u2019ici fermés.2°) Solliciter des abonnements.Nous approchons de deux mille.C\u2019est notre objectif cette année.Un effort de nos amis, en ces mois d\u2019été, nous le fera atteindre.Et s\u2019il le dépasse, tant mieux.Autant de gagné pour l\u2019an prochain où il nous faudra tous \u201chaler\u201d ensemble et vigoureusement, car c\u2019est le double \u2014 quatre mille \u2014 vers quoi nous tendrons alors de toutes nos forces! 3°) Propager nos idées.On connaît maintenant ce que nous pensons sur la langue française et les moyens de la faire respecter, sur l\u2019agriculture, la colonisation, Y éducation, sur le problème social, sur la conservation de notre intégrité française et catholique.Que chacun se fasse le propagandiste de ces idées.Et puisque la \u201crefrancisation\u201d est à l\u2019ordre du jour, il convient d\u2019y collaborer de son mieux, suivant les circonstances et les ressources dont on dispose.Tel est, rapidement esquissé, le programme que nous soumettons à tous les amis de notre oeuvre.Nous serons heureux de savoir d\u2019eux, en septembre, comment ils l\u2019auront rempli.L\u2019ACTION NATIONALE Problèmes de l'heure Capitalisme étranger et vie nationale Un économiste européen, \u2014 un cousin de France, disons, \u2014 parcourt la province de Québec.Il dispose de peu de temps; mais, de sa course rapide à travers le pays laurentien, il veut garder une vision d\u2019ensemble; il va de Hull à Gaspé, de Chicoutimi à Saint-Jean.Il traverse nos grandes villes, nos centres de quelque importance, plusieurs de nos villages.Il admire le grand fleuve, ses affluents nombreux, leurs chutes puissantes, nos vastes forêts, nos champs fertiles.Et voici, en un bref résumé, la conversation qu\u2019il tient avec son guide: \u2014Qui cultive ces champs ?\u2014Les descendants des pionniers français.\u2014Quels sont ces colons ?\u2014Les mêmes.\u2014Qui exploite ces forêts ?\u2014Des financiers américains.\u2014Et ces bûcherons, qui sont-ils ?\u2014Des Canadiens français.\u2014A qui appartiennent ces forces hydrauliques ?\u2014A des Anglo-Canadiens.\u2014Ces gigantesques usines ?\u2014Aux mêmes.\u2014Et ces mines ? 324 l\u2019action nationale \u2014A des compagnies anglaises ou américaines.\u2014Quels sont ces ouvriers?\u2014Des Canadiens français.\u2014De ces magasins, qui sont les propriétaires?\u2014Des Juifs.-\u2014Et les clients ?\u2014Des Canadiens français.-\u2014Mais vous m\u2019avez dit que les vôtres dominent au gouvernement de la province.?\u2014C\u2019est exact.Voyageur attentif, l\u2019économiste note ces renseignements.On connaît déjà sa conclusion: \u201cAprès des luttes nombreuses, cette race française a acquis, dans un coin du Canada, la liberté de se gouverner; elle n\u2019en reste pas moins économiquement asservie à des intérêts étrangers.Voilà qui est grave pour son avenir.Et voilà pourtant ce dont ses chefs ne paraissent pas se soucier\u201d.Quiconque a fait son \u201ctour de Laurentie\u201d reconnaîtra la justesse de cette facile observation; il se rappellera que la physionomie même du Québec la proclame.Là où nos découvreurs ont dressé l\u2019écusson aux fleurs de lys, là où l\u2019Indien a baigné de sang français un sol ignorant des cultures, s\u2019élève une usine que possède ou l\u2019Américain ou l\u2019Anglo-Canadien.Les rivières qui ont porté nos missionnaires sont harnachées au profit de capitalistes étrangers à notre race; la forêt où tant de Louis Hébert ont travaillé leur appartient de même.Sur LE CAPITALISME ÉTRANGER 325 le terrain économique, on ne reconnaît plus les descendants des pionniers.\u201cAux anciennes luttes politiques, toujours actuelles,\u201d écrivait M.Edouard Montpetit en 1921, \u201cs\u2019ajoute la menace d\u2019une domination aux aspects pacifiques, tentée par des intérêts puissants, lourde de conséquences\u201d.C\u2019est un euphémisme d\u2019affirmer que cette menace persiste.Car, depuis douze ans, il ne semble pas que nos positions se soient affermies ni que nos forces de résistance se soient accrues.Le capitalisme étranger, maître incontesté des grandes entreprises, encercle la province et la ligote.S\u2019il ne convient pas de s\u2019alarmer outre mesure, il faut du moins se rendre compte de la situation, constater franchement que notre avenir économique est singulièrement compromis et que cet état de choses entraîne de fâcheuses conséquences pour notre vie nationale.Personne ne songe à nier que nos agriculteurs possèdent le sol de cette province, que plusieurs des nôtres vivent du petit commerce, que certains même tiennent rang dans l\u2019industrie.Mais nous constituons la grande majorité de la population et, sur le terrain économique, nous sommes tributaires de la minorité.Aussi n\u2019est-ce pas sans raison que M.Esdras Minville écrivait ces lignes dans une brochure récente: \u201cLa page serait infiniment triste qui relaterait les étapes successives de ce que nous avons déjà appelé \u201cla seconde grande défaite de 326 l\u2019action nationale notre histoire\u201d et qui n\u2019est autre que l\u2019effacement graduel de notre individualité économique, assez robuste et rassurante à la fin du dernier siècle, aujourd\u2019hui réduite à l\u2019état de fantôme, sous les assauts répétés des grandes entreprises d\u2019origine étrangère\u201d.Le régime seigneurial, partout déchu, a fait place, dans les sociétés modernes, à une féodalité économique.La province de Québec, pour sa part, est divisée en fiefs multiples dont les propriétaires, ducs, comtes et barons, appartiennent le plus souvent à d\u2019autres nationalités que la nôtre.Leur influence s\u2019exerce puissamment sur le gouvernement et les conseils municipaux; ils commandent directement à des serfs que, par convention, on appelle des ouvriers et qui, ceux-là, sont des nôtres.Comment veut-on qu\u2019un peuple garde l\u2019idéal de hautes destinées et que sa vie nationale ne soit pas atteinte quand le joug économique qu\u2019il porte \u2014 ce joug fût-il doré! \u2014 lui rappelle chaque jour sa servitude ?La politique industrielle du dernier quart de siècle, en ce qu\u2019elle avait de sincère, pouvait tendre à développer les ressources naturelles de notre province.En érigeant des usines, en créant des marchés, elle pouvait contribuer à maintenir l\u2019agriculteur sur le sol, à fournir ici même du travail à qui l\u2019abandonnait.Admettons qu\u2019elle ait partiellement atteint cet objectif; que, par elle, des richesses se soient accrues; que de jeunes cultivateurs se soient LE CAPITALISME ETRANGER 327 dirigés vers nos villes au lieu de traverser la frontière.Mais elle était bien de ce monde, donc imparfaite, et nous lui devons des déceptions.Elle a fait la part belle, oh! combien belle, au capitaliste étranger.Soucieux avant tout de ses intérêts, celui-ci a contribué à la dépopulation de nos campagnes et à l\u2019accroissement du prolétariat; il a recueilli l\u2019épargne populaire et ne l\u2019a pas toujours rendue; devant le chômage, il ne peut se laver les mains et décliner sa responsabilité; il a \u201caequo ani-mo\u201d départi dans ses entreprises les meilleures places à des anglophones et, dans sa condescendance, a accepté la main-d\u2019œuvre canadienne-française.Faut-il s\u2019étonner que les nôtres, voyant chefs tous ceux qui n\u2019étaient pas de leur langue, se soient sentis comme de nouveau vaincus et qu\u2019exagérant les nécessités véritables, des prophètes proclament l\u2019implacable nécessité de la langue anglaise ?* * * Y avait-il moyen de conjurer ces funestes conséquences ?Il y a vingt-cinq ans, M.Emile Miller traçait ces lignes dans \u201cTerres et Peuple du Canada\u201d, un volume qui n\u2019a pas été assez lu chez nous: \u201cL\u2019action des gouvernants sera de créer, à côté d\u2019une puissance économique, une indépendante vie agricole, ce plus efficace des remèdes au morbide surpeuplement des villes, à la plaie toujours saignante 328 l\u2019action nationale de l\u2019expatriement\u201d.Le géographe patriote indiquait ce qui devait être fait.Aujourd\u2019hui un économiste nous dit ce qui n\u2019a pas été fait: \u201cNon contents\u201d, affirme M.Minville, \u201cd\u2019accroître rationnellement ce que nous avions, en tenant compte de nos aptitudes au sens large du mot, nous avons voulu brûler les étapes, chercher le mieux-être économique dans l\u2019industrialisation, sans opposer à l\u2019influence centralisatrice et monopoiisatrice de celle-ci le contre-poids d\u2019une politique assidue et active de restauration rurale.L\u2019équilibre s\u2019est rompu; il fallait s\u2019y attendre\u201d.Le développement rapide de l\u2019industrie exigeait de la main-d\u2019œuvre.On a bien voulu reconnaître à celle du Canada français des qualités de conscience et de travail.Celle des villes ne suffisait pas; invitation fut faite à celle des campagnes, qui accepta.Nous connaissons le cas d\u2019une paroisse, située à vingt milles de Montréal, dont la population touchait presque 2,000 en 1880 et qui aujourd\u2019hui contient à peine 800 personnes.Il n\u2019y eut ni démembrement ni désastre.Les fils du sol se sont versés dans les rangs du prolétariat.D\u2019autre part, les maîtres des forêts ont parfois retardé la colonisation; il y eut, dans certaines parties de la province, comme une reprise des anciens \u201cCantons de l\u2019Est\u201d.Au congrès tenu en février 1932 par les sociétés de colonisation, une résolution suffisamment explicite sur ce point demande que les terres cultivables détenues LE CAPITALISME ÉTRANGER 329 par les grandes compagnies forestières soient ouvertes à la colonisation.Et voilà comment, avec l\u2019apport du capitalisme étranger, nous avons, au détriment des campagnes, surpeuplé les villes; nous avons fourni à l\u2019industriel une excellente main-d\u2019œuvre, mais, pour l\u2019affaiblissement de notre race, nous avons amoindri la classe qui lui procure ses sujets les plus sains et ses meilleures énergies.La crise venue, et avec elle, le chômage, une politique longtemps réclamée commence enfin de s\u2019appliquer: la restauration rurale.C\u2019est ainsi: on finit par où l\u2019on devait commencer; et il faut des lois imminentes d\u2019économie pour y pousser.Et pourtant, n\u2019est-ce pas à juste titre que devrait rester permanent, comme on l\u2019a demandé, l\u2019effort du retour à la terre ?* * * De ce qui précède, il faut conclure déjà qu\u2019une industrialisation trop hâtive a contribué chez nous au chômage.Que sont devenues les villes-champignons dont on admirait la croissance ?Nées d\u2019une usine, elles meurent avec elle.Aux luttes de chacals, a succédé l\u2019union des loups autour de la proie; aux conflits entre compagnies rivales, a succédé l\u2019amalgame.On a vu les compagnies de papier former le bloc de la \u201cCanada Paper 8s Power\u201d.Les trusts gigantesques de ce genre ont beaucoup d\u2019intérêts mais point d\u2019âme.Ils ont fermé des usines 330 l\u2019action nationale sans se soucier du groupement urbain qui en vivait.Ainsi arriva-t-il à Port-Alfred.La \u201cPort-Alfred Pulp 8s Paper\u201d, compagnie prospère au temps de son indépendance, fut associée à la \u201cCanada Power\u201d.Sans le moindre scrupule, dix ouvriers qui gagnaient $800 par année furent congédiés pour conserver à un directeur ou à un gérant de service de grasses prébendes superflues.Plusieurs capitalistes du Québec, croyons-nous, tireraient profit de la lecture des encycliques pontificales et ils feraient bien de s\u2019attarder sur ce passage: \u201cAucun de ceux qui dirigent la vie économique des peuples, aucun talent d\u2019organisation ne pourra jamais dénouer pacifiquement les difficultés sociales, si d\u2019abord, sur le terrain économique lui-même, ne triomphe la loi morale appuyée sur Dieu et la conscience\u201d.(Pie XI\u2014\u201cCaritate Christi\u201d.) Les événements ont certainement leur part de responsabilité dans la crise; mais que les hommes portent aussi la leur.Et, par exemple, la crise a contribué à ruiner l\u2019épargne populaire; dans cette tâche, qui ne sait qu\u2019elle fut aidée par des précurseurs ?La surcapitalisation et le mouillage des stocks ne sont point, que nous sachions, l\u2019œuvre de la dépression.Pour du papier de luxe, les épargnants ont échangé de bons écus sonnants.Le papier leur reste.Pour illustrer ce cas, qu\u2019il suffise de citer les commentaires de M.Georges Pelletier (Le Devoir, 11 juin 1931) sur la déconfiture de la LE CAPITALISME ÉTRANGER 331 \u201cCanada Paper & Power\u201d: \u201cNi les journaux financiers ni la presse de grande information n\u2019ont fort commenté le désastre de la \u201cCanada Paper 8e Power Corporation\u201d.Sobriété merveilleuse.Pourtant une cinquantaine de millions de l\u2019épargne, canadienne pour la plus grande partie, s\u2019en vont dans cette lamentable aventure.des centaines d\u2019employés des compagnies fusionnées dans le bloc orgueilleux de la \u201cCanada Paper 8e Power Corporation\u201d perdent le fruit de leurs économies depuis dix, vingt, trente ans, pour avoir eu confiance dans des entreprises qu\u2019ils ont vues grandir, à la réussite desquelles ils ont travaillé.\u201d Il est naturel que, maîtres chez nous, les capitalistes étrangers aient accordé leurs préférences à des compatriotes.Cela n\u2019a pas manqué.Il se peut que, jusqu\u2019à des temps récents, les nôtres n\u2019aient eu ni les connaissances techniques, ni l\u2019éducation économique qu\u2019on fût en droit d\u2019exiger.Ceux qui se sont donné la peine de les acquérir se sont heurtés à un ostracisme, non de volonté, mais de fait.S\u2019il est arrivé que quelques-uns ont réussi, c\u2019est qu\u2019ils ont démontré une compétence non seulement égale, mais supérieure à celle de leurs rivaux d\u2019une autre langue.Mais faut-il tant blâmer ceux que nous avons constitués maîtres chez nous, de se comporter comme nos maîtres et de nous traiter comme des serfs ?Nous en sommes là. 332 L ACTION NATIONALE \u201cJe ne me résous pas encore\u201d, disait M.Eug.L\u2019Heureux au cours d\u2019une conférence à Ottawa, \u201cà croire que les héritiers du génie français au Canada puissent se contenter d\u2019un rôle se rapprochant le moindrement de celui que jouent ailleurs les nègres.\u201d Ce sentiment de fierté nous est commun à tous.Nous avons besoin \u2014 on n\u2019en saurait dire assez l\u2019urgence \u2014 qu\u2019une pensée nationale, précise, pénètre la nation tout entière, depuis ses chefs jusqu\u2019au dernier de ses membres, et qu\u2019elle l\u2019anime dans toutes ses activités.Ce besoin est d\u2019autant plus urgent que l\u2019asservissement des nôtres à l\u2019usine a accru notre mentalité de vaincus.\u201cSachons le reconnaître\u201d, écrivait, il y a déjà quelques années, M.Olivar Asselin, \u201cdans toutes les sphères de l\u2019activité économique, nous n\u2019avons cessé de penser en vaincus.Cette disposition d\u2019esprit a tenu pour une part à notre déplorable éducation politique: la fierté n\u2019est pas une plante, et que l\u2019on cultive dans le champ que l\u2019on veut: c\u2019est une atmosphère; si elle fait défaut dans le domaine politique, elle manquera également dans l\u2019économique\u201d.Avons-nous changé depuis ?Peut-être, mais pas pour le mieux.Nombreux sont les partisans du laisser-aller; déjà rares ceux qui pensent \u201cqu\u2019il faudrait faire quelque chose\u201d; isolés ceux qui agissent! Rien ne sert à un chef politique de chanter les refrains nationaux s\u2019il doit, le lendemain, voter LE CAPITALISME ÉTRANGER 333 une loi spéciale pour accorder au détriment du public des privilèges spéciaux et extraordinaires à une grosse compagnie ou pour consacrer une spoliation.Rien ne sert au peuple de l\u2019applaudir, s\u2019il ne sait ensuite discerner entre qui le trahit ou le soutient.Rien ne sert d\u2019approuver hautement le principe de l\u2019achat chez les nôtres si l\u2019on doit, douze heures plus tard, aller s\u2019approvisionner chez un marchand juif.Posons des principes, c\u2019est bien; appliquons-les, c\u2019est mieux.Si l\u2019homme n\u2019est pas un produit du milieu, il est admis qu\u2019il en subit l\u2019influence.Notre milieu a développé chez notre peuple une mentalité de vaincus et peut-être les théoriciens sont-ils nés qui diront bientôt ce que certains pensent tout bas: \u201cAbandonnons les luttes inutiles, rejetons notre entêtement stérile; tôt ou tard, c\u2019en sera fait de la civilisation française sur ce continent; apprenons résolument l\u2019anglais et construisons un Canada uni et fort\u201d.Qu\u2019ils parlent vite, ceux-là! Leur impudence nous tirera peut-être de l\u2019apathie que ne peuvent secouer les appels les plus vibrants des chefs de la nation.Un éducateur a tenté cette expérience : il a demandé aux enfants de nos écoles ce qu\u2019il importait d\u2019apprendre en tout premier lieu.En chœur, des voix ont crié: l\u2019anglais! Cette réponse spontanée décèle sans doute un affreux état d\u2019esprit, mais que nous devons, pour une part, à notre asservissement économique.Puisque d\u2019autres sont maîtres chez nous, 334 l\u2019action nationale que leur langue s\u2019étale aux quatre coins de la province, pourquoi l\u2019étude de l\u2019anglais n\u2019apparaîtrait-elle point comme l\u2019étude la plus importante ?Aussi n\u2019est-ce pas sans besoin que l\u2019on parle de refrancisation, et non seulement d\u2019une refrancisation apparente, mais totale.Nous n\u2019en finirions plus de mesurer les responsabilités de nos chefs.\u201cNos pères\u201d, disaient les Juifs, \u201cont mangé des fruits verts et nous en avons les dents agacées\u201d.Les générations qui viennent portent, avec la gloire des hauts faits de ceux qui les ont précédées, le poids de leurs fautes.Que répondra la génération qui conduit aujourd\u2019hui le pays, lorsque la génération montante lui dira: \u201cVous nous demandez de conserver intact le patrimoine intellectuel et moral de la civilisation française; mais qu\u2019avez-vous fait des ressources qui nous permettaient d\u2019entreprendre cette tâche ?Vous nous fixez un but; pourquoi nous avoir ravi les moyens de l\u2019atteindre ?\u201d Et pourtant, il ne faut pas désespérer de l\u2019avenir.Le désespoir serait pire que le laisser-aller.Rendons-nous franchement compte de notre situation mais pour mieux assumer les devoirs de l\u2019heure.Nous possédons le sol; gardons et amplifions notre empire.Nous possédons un capital important; sachons l\u2019accroître et l\u2019utiliser nationalement.Délaissons l\u2019individualisme forcené qui aboutit, lui aussi, aux luttes fratricides.Redressons notre LE CAPITALISME ÉTRANGER 335 mentalité affaiblie et sachons bien que notre peuple n\u2019est pas ici un passant, mais que la Laurentie lui constitue une patrie où il doit vivre en plénitude et donc être maître dans tous les domaines, sans exclure l\u2019économique.Le choix s\u2019impose pour nous entre la servitude définitive et la conquête et nous croyons que tout Canadien français devrait faire sienne cette fière déclaration de M.l\u2019abbé Lionel Groulx: \u201cJe ne suis pas de ceux qui fixent à leur province et à leur nationalité d\u2019autre avenir qu\u2019une sujétion définitive et perpétuelle au capital étranger, parce que je ne crois pas que l\u2019esclavage ou le colonialisme économique soit l\u2019état normal d\u2019un peuple civilisé.Dans l\u2019alternative que nous proposait l\u2019autre soir Esdras Minville: Serviteurs ou Maîtres?je n\u2019hésite pas, je choisis résolument: Maîtres!\u201d Dominique BEAUDIN PENDANT LES VACANCES Nous tenons à avertir nos abonnés et nos lecteurs que la revue ne sera pas publiée pendant les mois de vacances, c\u2019est-à-dire en juillet et en août.La prochaine livraison, qui paraîtra en septembre, sera cependant plus volumineuse que les précédentes.Cette décision a été prise par la direction, vu la difficulté d\u2019atteindre la plupart des abonnés, durant les mois d\u2019été, et aussi dans le but de donner un peu de répit aux collaborateurs. Portrait S.E.Mgr Joseph Bonhomme, O.M.I.Monseigneur Bonhomme! On n\u2019est pas encore habitué à l\u2019alliance du titre au nom.Cela n\u2019empêche que, dans la réalité des choses, les deux s\u2019associent parfaitement bien.Le R.Père Bonhomme était de taille, au physique comme au moral, à accepter un jour les ornements, les honneurs et les lourdes responsabilités des hauts dignitaires de l\u2019Eglise.Son élévation au vicariat apostolique du Basutoland est arrivée sans doute comme un coup de foudre, et lui-même fut le premier le plus surpris.Mais, quand on y pense, on se rend bien compte que VEsprit-Saint souffle où il veut et l\u2019on se rappelle que son souffle est infaillible.Monseigneur Bonhomme est d\u2019une stature passablement au-dessus de la moyenne et qui ne manque pas d\u2019en imposer.Sa distinction de tenue et de manières est évidente, encore qu\u2019elle soit dénuée de toute recherche ou d\u2019affectation.Un peu d\u2019embonpoint pris en ces dernières années nous indique qu\u2019il a franchi le cap de la quarantaine; incident S.E.MGR BONHOMME.O.M.I.337 physiologique qui ne le laisse pas moins dans toute la plénitude de la santé, de la vigueur corporelle et de la robustesse.Son regard franc et droit dénote la sincérité et la conviction.A sa démarche se révèlent parfois les préoccupations que lui cause la grande tâche sacerdotale ou apostolique du mal à combattre et du bien à faire triompher.Un front largement découvert porte le rayonnement d\u2019une intelligence active et vive.C\u2019est à peine si sa chevelure, encore complète, se met à grisonner.Aucune raideur ni rien de hautain dans sa personne.Il est accueillant pour tous et il sait facilement mettre à l\u2019aise.Sous ses dehors sérieux et parfois soucieux, il possède un bon fonds d\u2019enjouement qui agrémente fort les relations.L\u2019affabilité est loin de lui être étrangère.Convaincu, il est un persuasif.Quand il croit avoir raison, il ne lâche pas aisément prise, mais est-ce bien un défaut, si cela peut paraître un inconvénient aux yeux de celui qui ne veut pas non plus démordre?Avec cela, très sensible.La vue du mal l\u2019indigne tout comme celle du bien Venthousiasme.Votre moindre peine trouve chez lui une profonde compassion.La pauvreté, la misère, où et de quelque genre qu\u2019elles soient, émeuvent spontanément son coeur et le ren- 338 l\u2019action nationale dent prêt à agir pour leur apporter le soulagement possible.Cette sensibilité explique bien, comme aussi son humilité et son insouciance complète de la recherche des charges et des honneurs, la réaction que lui fit subir son élévation à la hiérarchie épiscopale.Celle-ci était bien l\u2019événement de sa vie auquel il s\u2019attendait le moins.Il en fut d\u2019abord, sur le coup, comme terrifié et anéanti.Le Christ n\u2019a-t-il pas agonisé jusqu\u2019au sang à la veille du suprême sacrifice exigé et consenti pour le rachat des humains?N'a-t-on pas vu de grands saints pleurer et vouloir jusqu\u2019à l\u2019extrême limite permise échapper à la dignité et à la tâche de l\u2019épiscopat?Mais ces premiers mouvements imputables au soubresaut de la nature prise à Vimproviste et à l\u2019humilité effrayée, n\u2019ont pas empêché le nouvel élu de plier totalement son âme à la volonté du Vicaire de Jésus-Christ.\u201cFiat\u201d, disait le divin Sauveur, après avoir par trois fois prié son Père, avec une angoisse de plus en plus intense, de lui épargner le calice.\u201cFiat\u201d a dit de même Monseigneur Bonhomme, dans les premières anxiétés éprouvées devant la décision irrévocable du Chef Suprême de l\u2019Eglise.Et dans quelque temps il sera évêque de S.E.MGR BONHOMME, O.M.I.339 fait et s\u2019en ira prendre le haut poste qui lui est assigné dans le vaste champ des missions lointaines.Il sera le premier membre du clergé canadien, croyons-nous \u2014 on nous pardonnera cette ignorance si nous allions faire erreur \u2014 à être directement transplanté de son pays dans ces missions, comme vicaire apostolique, sans les avoir préalablement connues.Il sera le premier prêtre choisi dans Hull pour être fait évêque et ce sera la première fois aussi que l\u2019auguste cérémonie d\u2019un sacre se déroulera dans cette ville.1 Tout ce qu\u2019il a acquis dans la vie, à Hull et ailleurs, lui servira admirablement là-bas.Il n\u2019est pas une forme d\u2019apostolat, si l\u2019on peut dire, ¦\u2014 apostolat religieux, national, social, \u2014 qu\u2019il n\u2019ait pratiqué.Rien de ce qui concerne l\u2019Eglise, la patrie, la société, la presse, les associations professionnelles et autres, la famille, ne lui est resté inconnu.Il a été apôtre par la parole, par la plume et par l\u2019action, comme subalterne et comme chef.Il a rempli successivement les charges de vicaire, de supérieur et de curé dans sa Congrégation.Il quitte la cure de Notre-Dame de 1 Mgr Bonhomme sera sacré à Notre-Dame de Hull le 28 juin, par S.E.le cardinal Villeneuve, O.M.I. 340 l\u2019action nationale Hull, la plus populeuse paroisse du diocèse d\u2019Ottawa, qui se classe aussi parmi les plus considérables et les mieux organisées de la province de Québec, pour être créé vicaire apostolique.Il quitte en même temps le poste de commissaire de toutes les écoles de la ville.On l\u2019a connu plusieurs années comme aumônier des Syndicats catholiques et nationaux de la ville de Hull.Il y a fondé et longtemps dirigé un cercle de VAssociation Catholique des Voyageurs de Commerce du Canada.Il fut aussi aumônier du cercle hullois de l\u2019A.C.J.C.et des Syndicats féminins de Hull.Il s\u2019est intéressé de près au mouvement de la Ligue Catholique Féminine pour la modestie chrétienne et l\u2019a encouragée par la publication d\u2019une brochure sur cet important sujet.Curé à Mont-Joli, il termine l\u2019église, construit une vaste école et fonde un bulletin paroissial dont il est le rédacteur.Revenu à Hull, il restaure complètement le temple de Notre-Dame et collabore assidûment à la \u201cVie paroissiale\u2019\u2019, bulletin hebdomadaire auquel il donne le format d\u2019un petit journal, afin d\u2019en faciliter le maintien et la propagande Il écrit aussi l\u2019histoire de la paroisse pour en commémorer de façon permanente, après une célébration nécessairement passagère, le soix- S.E.MGR BONHOMME.O.M.I.341 antième anniversaire de fondation.A la Semaine sociale de Chicoutimi il avait donné un cours remarquable, et remarqué, sur la Cité et les Oeuvres, cours subséquemment mis en brochure.On ne saurait dire tout ce qu\u2019il a fait pour assurer la durée et la diffusion du \"Droit\u201d d\u2019Ottawa.Comme curé dans ses prônes et sermons, comme aumônier de nombreuses oeuvres dans ses exhortations et ses directives, on le retrouve toujours préoccupé de ces grandes questions: la religion, le patriotisme, le bien social, Véducation de l\u2019enfance, la restauration de l\u2019esprit familial.Le nouveau vicaire apostolique n\u2019est pas précisément un contemplatif, mais bien plutôt un actif.Ce qui n\u2019est pas un obstacle chez lui à l\u2019esprit de méditation et à une piété profondément recueillie.On peut dire qu\u2019il est un moine dans son couvent, un entreprenant, un agissant au dehors.Les circonstances diverses ou adverses dans lesquelles il se trouve ne le laissent pas dépourvu.Il a le don de Vinitiative et le sens de ïorganisation.Ce n\u2019est pas de lui que l\u2019on pourrait écrire qu\u2019il n\u2019est pas débrouillard.Avec cela qu\u2019en tout il compte d\u2019abord sur Dieu et sa sainte Mère, patronne de sa Congrégation. 342 l\u2019action nationale Réellement, n\u2019avait-il pas tout ce qu\u2019il fallait pour prendre sur ses épaules ïhonorable faix du vicariat apostolique du Basutoland, territoire de missions oblates qui n\u2019est pas neuf sans doute, mais où il doit tout de même rester beaucoup à entreprendre, à organiser, à bâtir, à faire oeuvre de solidification et de développement?Il ajoutera, nous en avons la conviction, un nom et des pages illustres à la grande armée et aux hauts faits de nos missionnaires à Vétranger.La grâce aidant ses talents et ses qualités, il saura vite s\u2019adapter aux exigences de sa nouvelle et laborieuse tâche.A Monseigneur Bonhomme nos félicitations pour l\u2019hommage qui lui est fait, nos regrets bien humains de nous séparer de lui, nos meilleurs voeux de succès avec Vassurance de notre souvenir fidèle et de nos meilleures prières.\u201cAd multos et faustissimos annos!\u2019\u2019 * * * Le monde fédéral Canadiens français et services fédéraux Au cours de la session de 1927, M.Hocken, ancien député de Toronto au Parlement fédéral, ex-rédacteur de l\u2019\u201cOrange Sentinel\u201d, affirma que les Canadiens français recevaient plus que leur part dans la répartition des fonctions administratives.Afin de donner plus de poids à une déclaration aussi gratuite que fantastique, il soutint que le relevé, par nationalités, des fonctionnaires des divers ministères, prouverait que les Canadiens français étaient l\u2019objet d\u2019un traitement de faveur.Ce relevé, M.Hocken le demanda, mais le gouvernement préféra ne pas le lui donner.Nous nous doutions bien un peu que le défi lancé par M.Hocken était imprudent.De multiples faits particuliers et quelques enquêtes partielles nous avaient déjà convaincu qu\u2019ici et là dans l\u2019administration fédérale les Canadiens français étaient frappés d\u2019ostracisme.Mais quelle était leur situation générale dans l\u2019ensemble des services et que valait exactement l\u2019affirmation de M.Hocken?Le moment était venu de s\u2019en rendre compte.Aussi nous nous référâmes au rapport de l\u2019Auditeur-Gé-néral, publication annuelle où l\u2019on trouve les noms de la plupart des fonctionnaires fédéraux, et le chiffre des traitements qui leur sont attribués. 344 l\u2019action nationale La lecture de ce rapport nous révéla qu\u2019au 31 mars 1926 il y avait 6,326 Canadiens français sur un total de 33,086 fonctionnaires, et que ces compatriotes recevaient $9,582,673 d\u2019une feuille de paye s\u2019élevant à $51,039,051.Nous avions donc 10.12% du personnel et 18.77% des traitements.Comme notre proportion numérique était, à cette époque, de 27.91%, nous étions loin d\u2019avoir la part qui nous revenait.M.Hocken avait légèrement exagéré.Six ans ont passé depuis.Il convient de faire un nouvel examen de notre situation dans les services fédéraux, pour satisfaire une curiosité légitime et pour confondre ceux qui, comme M.Hocken en 1927, nous soupçonnent encore d\u2019accaparer les postes du fonctionnarisme.D\u2019après le plus récent rapport de l\u2019Auditeur-Général, celui de l\u2019exercice 1931-32, nous comptons 8142 fonctionnaires sur 40,638 et nous retirons, en traitements, la somme de $12,559,432 sur un total de $66,976,313, ce qui donne une proportion de 20.03% pour le personnel et de 18.75% pour les traitements.Il est évident que ce n\u2019est pas suffisant puisque, d\u2019après le recensement de 1931, nous formons 28.22% de la population du pays.Pour avoir toute notre part \u2014 nous n\u2019avons jamais demandé davantage \u2014 il nous faudrait de plus, approximativement, 3,300 fonctionnaires et $6,500, 000 en traitements.Et ces chiffres ne représentent pas le maximum de ce que nous perdons, puisque CANADIENS FRANÇAIS ET SERVICES FÉDÉRAUX 345 le rapport de l\u2019Auditeur-Général ne donne pas de détails sur le personnel du Conseil national des recherches scientifiques, omet les noms des membres de l\u2019armée permanente et de la Gendarmerie à cheval, ainsi que ceux des milliers d\u2019hommes de métier ou de manœuvres employés aux ministères ou départements de l\u2019Agriculture, des Chemins de fer et canaux, de l\u2019Imprimerie nationale, de la Marine, des Pêcheries et des Travaux publics.Les fonctionnaires canadiens-français sont assez nombreux dans certains départements, ceux des Archives, de l\u2019Imprimerie nationale et de la Législation, où il est absolument impossible de faire abstraction de la langue française et où, par conséquent, la présence d\u2019un personnel bilingue est indispensable.Mais cet avantage est vite réduit à néant par l\u2019insuffisance de notre personnel dans d\u2019autres services beaucoup plus considérables, tels que l\u2019Agriculture, les Chemins de fer, le Commerce, la Défense nationale, les Finances, l\u2019Immigration et la Colonisation, l\u2019Intérieur, les Pensions et l\u2019Hygiène, les Postes, le Revenu National, les Travaux publics.On remarquera aussi la disproportion qui existe entre notre part du personnel et notre part des traitements:1a première est de 20.03%, la seconde de 18.75%.Une seule explication s\u2019impose: les fonctionnaires canadiens-français, dans l\u2019ensemble, sont moins bien rémunérés que les autres.Nous avons relevé 2,958 positions comportant un traitement 346 l\u2019action nationale de $3,000 et au-dessus; seulement 436 d\u2019entre elles appartiennent à des Canadiens français.Dans la province de Québec même, plusieurs Anglo-Canadiens remplissent des fonctions responsables qui devraient l\u2019être par des Canadiens français, du moins si l\u2019on admet que le principe d\u2019attribuer les fonctions les plus importantes à des représentants de la majorité, toujours respecté dans les provinces anglaises, doive aussi s\u2019appliquer au Québec.A Montréal, le percepteur des douanes est M.A.Laing; l\u2019inspecteur des douanes, M.D.Murray ; l\u2019inspecteur-adjoint, M.W.T.Conway ; les enquêteurs sur les réclamations de drawback, MM.R.R.Ault, J.Dunlop, W.T.Reid; l\u2019inspecteur de l\u2019impôt sur le revenu, M.P.F.McCaffrey; le surintendant de district des Postes, M.J.Taylor.L\u2019inspecteur des fruits pour le district de Québec est M.R.E.Robinson ; les inspecteurs de conserves de fruits, MM.H.Macey, H.Misiner, E.B.Van de Water; les inspecteurs seniors des fruits et légumes, MM.C.Jackson et H.Marshall;le surintendant de l\u2019inspection des viandes, M.J.A.Mc-Leish jl\u2019inspecteur du service sanitaire et vétérinaire, division des maladies contagieuses, M.H.E.Moore ; le surintendant du district postal de Québec, M.S.T.Green.A moins que nous ne soyons trompé par la con-sonnance des noms, voilà autant de postes qui CANADIENS FRANÇAIS ET SERVICES FÉDÉRAUX 347 devraient être occupés par des gens de langue française.Cette anomalie ne se trouve nulle part ailleurs, pas même au Nouveau-Brunswick, où les Acadiens forment pourtant plus du'tiers de la population.Telle était la situation au 31 mars 1932.Depuis, pour raisons d\u2019économie, plusieurs fonctionnaires, jugés inutiles au fonctionnement de l\u2019État, ont été rendus à l\u2019industrie privée et parmi eux quelques traducteurs.Quoi qu\u2019il en soit, il importe de tenir compte de notre insuffisance numérique dans les services fédéraux, de constater le tort qu\u2019elle nous fait, d\u2019en rechercher les causes et d\u2019y remédier.Tout Canadien, abstraction faite de sa langue maternelle, a le droit, s\u2019il répond aux conditions exigées, d\u2019accéder aux fonctions administratives.Les unes supposent la connaissance du français, les autres celles de l\u2019anglais, d\u2019autres celle de ces deux langues.Les fonctionnaires de l\u2019administration centrale à Ottawa et des régions où la population est mixte, devraient être en majorité bilingues.Où la population est homogène, rien ne s\u2019oppose à ce que les fonctionnaires soient unilingues.Bref, sous quelque aspect que l\u2019on considère la constitution du personnel administratif, et étant donné le caractère officiel du bilinguisme, il devrait être facile de répartir plus équitablement les fonctions publiques.Charles GAUTIER Souvenirs Armand LaVergne On me demande des souvenirs \u2014 des souvenirs, c\u2019est-à-dire des impressions inscrites sur la mémoire.Après de longues années, le trait peut être déformé légèrement; car la mémoire est un terrain mouvant ou, plutôt, vivant.Il me semble donc que ce serait leurrer le lecteur que de référer à des textes; ce serait lui donner pour des réminiscences ce qui serait en réalité une étude.Il est donc plus honnête de ne pas faire de recherches \u2014 plus commode aussi pour le pauvre journaliste pressé par dix besognes à la fois, même s\u2019il n\u2019en accomplit que la moitié ou le quart.LaVergne! C\u2019est l\u2019étincelle qui a créé chez les jeunes l\u2019enthousiasme politique, chez les jeunes qui ont eu vingt ans aux environs de 1908.Il y avait Bourassa avant lui; mais Bourassa était plus grand, plus lointain, presque surhumain.LaVergne, c\u2019étaient les grâces et les sourires du ARMAND LAVERGNE 349 printemps; le mariage de la politique avec un moins de vingt-cinq ans, avec le Prince Charmant.Il entre plus de sentiment que de raison dans les impulsions de cet âge et c\u2019est sans doute sa chevelure à boucles d\u2019or, sa moustache à peine estompée, son nœud lavallière, sa taille élancée, toute sa personnalité, romantique comme son genre d\u2019éloquence, qui assurèrent à LaVergne une popularité foudroyante chez ses cadets.Les collégiens, qui étudiaient en belles-lettres ou en rhétorique l\u2019histoire de France, voyaient en lui l\u2019incarnation de l\u2019idée qu\u2019ils se faisaient du paladin.Il n\u2019y avait pas jusqu\u2019à la désinence du nom, rimant sur le nom d\u2019un héros, sur le nom de ce La Tour d\u2019Auvergne, qui prisait très haut l\u2019honneur et très bas les honneurs, qui ne complétât l\u2019illusion.LaVergne avait à nos yeux, avec le premier grenadier de France, une parenté plus sérieuse que cette désinence puisqu\u2019il tournait résolument le dos à la voie largement ouverte vers le succès pour s\u2019engager, derrière Bourassa, dans l\u2019âpre sentier de l\u2019indépendance.Rien ne plaît comme l\u2019indépendance à la jeunesse collégienne, retenue dans les anneaux d\u2019airain de la discipline.Chose étrange, ce n\u2019est que lorsque qu\u2019elle a conquis sa liberté qu\u2019elle se jette, avec une inconséquence trop générale, sous le joug des servitudes politiques.Des harangues de LaVergne, claironnant sous 350 l\u2019action nationale les redoutes des antiques organisations de partis, il ne nous parvenait, dans les pensionnats soigneusement murés, que des échos affaiblis.Le véhicule, c\u2019était surtout Le Nationaliste, feuille qui ne jouissait pas de l\u2019immunité; mais, heureusement, certains professeurs trichaient la consigne et les autres, quand ils avaient confisqué dans un coin de la cour un numéro du journal prohibé, avaient soin de le lire eux-mêmes et de nous servir dans leurs conversations ce que leur mémoire en avait retenu.Belles-lettres \u2014 rhétorique, 1905 et 1096, voilà mes plus lointains souvenirs de LaVergne.Pour le voir en chair et en os, pour l\u2019entendre, il fallut attendre la fin de mai 1908.C\u2019était au Monument National que l\u2019assemblée avait lieu.La foule affluait de tous les côtés et grouillait sur le trottoir avant l\u2019heure d\u2019ouverture; et, cependant, en ce temps-là, il n\u2019y avait pas de haut-parleurs pour porter la voix au dehors de la salle.Cette manifestation, lancée par l\u2019A.C.J.C., alors dans toute sa jeunesse, devait appuyer l\u2019action du jeune tribun qui avait présenté à Ottawa la loi LaVergne, mais sans succès.Deux événements se conjuguaient pour donner à la réunion un attrait inouï: la présence du jeune député de Montmagny qui venait de braver un fanatisme dont on n\u2019a plus ARMAND LAVERGNE 351 d\u2019idée aujourd\u2019hui pour essayer d\u2019imposer cette loi, et la rentrée en scène de M.Henri Bourassa.Celui-ci avait couru, quelques mois plus tôt, l\u2019équipée de Bellechasse; il était tombé dans le guet-apens du parti ministériel de Québec, après avoir abandonné une étincelante carrière à la Chambre des Communes.Depuis, il s\u2019était réfugié dans le silence, et les feuilles ministérielles célébraient chaque matin sa mort.Les tympans des auditeurs de l\u2019assemblée du Monument National vibrent encore et vibreront toujours du cri qui ouvrit la harangue du vaincu de Bellechasse: \u201cPuissance de la jeunesse, qui fait sortir les morts du tombeau!\u201d LaVergne parla après Bourassa.Je le vois encore, heureux, ainsi qu\u2019il le sera toujours dans la bataille \u201cfraîche et joyeuse\u201d; tour à tour romanesque et lancé dans de longues tirades à facettes, tour à tour incisif, piquant un mot cruel telle une banderille dans le flanc d\u2019un bonze politique.Ce qui attirait chez lui, c\u2019était ce nimbe d\u2019or de la jeunesse, nimbe matériel que lui faisait sa chevelure blonde; c\u2019était aussi une élégance souveraine qui s\u2019étendait même aux détails vestimentaires.Il n\u2019était pas exempt d\u2019une certaine recherche, dans l\u2019habit comme dans le style, qui eût déplu sans cette haute mine qu\u2019il était seul à posséder à ce degré parmi les hommes politiques de sa génération.L\u2019assemblée tourna au triomphe \u2014 un triomphe 352 l\u2019action nationale plus tard consacré par la victoire parlementaire, par le passage de la loi LaVergne à Québec.Cette soirée marquait aussi la collaboration intime, pour une nouvelle lutte, de Bourassa et de LaVergne \u2014 de la puissance et de la grâce, de la masse d\u2019armes et de la fine épée.Je ne revis point souvent LaVergne en 1908.Dès le lendemain de cette assemblée, il se lança à la suite de Bourassa dans l\u2019arène provinciale et conquit Montmagny.En 1911, quand il conduisit avec un brillant succès, malgré sa jeunesse, la lutte dans le district de Québec où Bourass a ne faisait que de rapides apparitions, LaVergne > de son côté, ne venait que rarement dans la région montréalaise.Mais il était à la grande assemblée de Saint-Hyacinthe.Dans ces manifestations évoquées à traits rapides, LaVergne n\u2019occupait pas la place centrale qu\u2019il devait tenir pendant la session de 1916 à Québec, la première que je rapportai en qualité de courriériste parlementaire du Devoir.D\u2019indépendante qu\u2019elle avait été durant la période brillante de 1908 à 1912, l\u2019opposition était entrée dans l\u2019orbite du gouvernement conservateur d\u2019Ottawa et elle évitait, sauf rares exceptions, de faire nulle peine, même légère, à M.Borden et ARMAND LAVERGNE 353 à ses collègues, bien qu\u2019ils eussent voté la loi des écoles du Keewatin, la loi de la marine de guerre, qu\u2019ils menassent la danse des folles dépenses de guerre et qu\u2019ils s\u2019apprêtassent à décréter la conscription.Plus réduite moralement que numériquement, cette petite phalange sentait peser sur elle l\u2019ombre des ex-nationalistes d\u2019Ottawa qui, sauf Lamarche, Barrette, Guilbault et quelques autres, avaient forfait à toutes leurs promesses.Excédé, M.Bou-rassa avait quitté la politique dès 1912 pour une retraite qu\u2019il croyait peut-être définitive; mais qui ne dura que deux ans.En 1914, il reparaissait sur la scène pour tâcher d\u2019enrayer les excès participa-tionnistes.M.Mathias Tellier, le chef respecté de la gauche, s\u2019effaçait petit à petit et venait de céder le commandement à M.Cousineau; l\u2019inlassable bretteur de Terrebonne, Jean Prévost, agonisait; M.Arthur Sauvé, ne pensant pas si proche l\u2019heure du destin, montrait au second rang une figure rubiconde et souvent plissée de malice roublarde; M.D\u2019Auteuil, désabusé, courbait de plus en plus sa haute taille et aspirait à s\u2019en aller; M.Sylvestre ne quittait guère le mutisme que pour décocher une flèche empoisonnée à quelques ministériels trop bouffis ou trop plats.Gens de droite et gens de gauche feignaient d\u2019ignorer les conséquences de la guerre qui rongeaient pourtant la vie de tout le pays.Le mot 354 l\u2019action nationale d\u2019ordre, c\u2019était, sur ce chapitre, l\u2019union sacrée qui prévalut jusqu\u2019à la conscription.La guerre avait d\u2019ailleurs, puissant dérivatif à l\u2019affaire Bergevin-Bérard, servi les ministériels; et pendant qu\u2019on faisait du loyalisme à haute dose, M.Gouin léchait ses blessures et préparait en tapinois une élection générale brusquée.Jamais le contraste n\u2019avait été plus marqué entre les attitudes de couloir et les attitudes officielles.En Chambre on agitait de temps à autre le drapeau, quitte, une fois dehors, à pester contre la folle équipée qui menait le pays à la ruine.\u201cEt à la conscription\u201d, ajoutait M.Bourassa, dans son journal ou sur les tribunes, mais personne ne voulait ajouter foi, sauf LaVergne, à ce prophète de malheur.Le député de Montmagny était seul à penser tout haut en Chambre et au dehors; et quelle ivresse pour ce gavroche élégant que de crier à pleins poumons ce que d\u2019autres murmuraient peureusement.Au milieu de ces gens contorsionnés et contraints, il éclatait de franchise et il avait cette consolante certitude de se savoir en accord avec tout un peuple dont il était devenu le porte-parole officiel.Tout lui fournissait occasion pour accrocher ses protestations: une motion, un octroi à une œuvre de guerre, un bill privé, comme on dit dans le jargon parlementaire, le bill de Montréal, par exemple. ARMAND LAVERGNE\t3 55 Quelles séances! Quelle verve! Quelle fougue endiablée! Que de fois j\u2019ai pâli jusqu\u2019à huit heures du matin, sur des comptes rendus si pleins de matière comparés à ceux que je devais faire, une fois LaVergne parti du parlement.Le député nationaliste se faisait apporter par les pages les collections reliées des journaux de 1911.Elles s\u2019entassaient devant lui, larges et noires comme de funèbres dalles.Une à une il les feuilletait et il citait à la barre de la Chambre les Flag-IVavers qui étaient les autonomistes d\u2019hier.Il sortait de ses cartons les lettres et les télégrammes qui l\u2019appelaient au secours dans la fameuse campagne contre la marine de guerre.Puis ayant terminé le rôle de justicier, il se lançait dans une pathétique péroraison où, fidèle à sa manière, il insérait à l\u2019occasion des saillies follement drôles, comme ce \u201cmordu par un chien ou mordu par une chienne\u201d qui lui servit à établir le parallèle entre le Boche d\u2019outre-Rhin et le Boche ontarien, entre le persécuteur du français en Alsace et le persécuteur du français à Green Valley, Ont.Les oppositionnistes prenaient des mines scandalisées, tel ce bon M.Gault, qui outrait les grimaces loyalistes.M.Gouin feignait de s\u2019intéresser vivement à ses ongles et, fidèle jusqu\u2019à deux heures du matin, la galerie trépignait d\u2019enthousiasme.\u201cMais pourquoi gardez-vous ce silence, s\u2019écriait 356 L ACTION NATIONALE LaVergne, vous qui m\u2019approuvez dans les couloirs ?Que dis-je ?Vous qui allez là bien plus loin que je ne vais ici ?D\u2019où cette peur ?Pourquoi redoutez-vous le titre d'Arch-Traitor dont je me pare parce qu\u2019il marque à la fois l\u2019amour et la haine que moi et eux nous portons aux miens ?Ils veulent me couvrir d\u2019opprobre, les imbéciles! Ils me couvrent de gloire.\u201d * * * Mais il faut finir.LaVergne a quitté Québec.Il a souffert, il a vieilli, il a appris l\u2019indulgence et il l\u2019a apprise facilement; car jamais la haine n\u2019est entrée dans son cœur, trop haut pour un sentiment bas.Revenu au parlement fédéral, il collabore parfois aujourd\u2019hui, mais sans avoir rien changé des idées qui ont été l\u2019honneur de sa vie, avec les continuateurs de ceux qu\u2019il a si vivement combattus.La poitrine serrée, je l\u2019ai revu il y a près d\u2019un mois au Monument National.La maladie, une maladie qui fut une agonie et qui reste un martyre, l\u2019a atteint aux sources de la vie.En regardant les béquilles qui soutiennent sa démarche hésitante, je songeais à cette scène de 1917, au parlement d\u2019Ottawa: Guilbault, député de Joliette, paralytique, à demi mort, s\u2019était fait transporter à la Chambre pour voter contre la loi honnie.Il ne pouvait quitter son fauteuil roulant et tout le ARMAND LAVERGNE 357 temps que dura, dans cette nuit écrasante de juillet, la longue procédure de la votation, il agita une béquille de sa main décharnée afin que le greffier n\u2019oubliât pas d\u2019enregistrer son vote.C\u2019est le propre de LaVergne, où qu\u2019on le voie, d\u2019évoquer toujours des gestes héroïques.Un instant après, je l\u2019entendais dire dans son allocution que son plus cher désir serait de mourir de cette mort que Guilbault a sûrement cherchée sans la trouver.Louis DUPIRE LE DOCTEUR PHILIPPE HAMEL L\u2019Action nationale vient de s\u2019enrichir d\u2019un nouveau directeur.A nos amis Eugène L\u2019Heureux, journaliste, et René Chaloult, avocat, s\u2019adjoint un troisième représentant de la ville de Québec, le docteur Philippe Hamel.Président du Collège des Chirurgiens dentistes, homme d\u2019une belle culture, d\u2019un grand sens social et d\u2019une rare probité, patriote aussi convaincu qu\u2019éclairé, le docteur Hamel est une précieuse acquisition pour notre oeuvre.Tous connaissent sa campagne énergique contre le trust de l\u2019électricité.Il l\u2019a conduite avec un noble désintéressement, au-dessus des partis politiques, dans l\u2019unique but de diminuer les charges dont souffrent actuellement tant de citoyens, de faire \u201cchanger, suivant la consigne de Pie XI, des états de choses qui exaspèrent les esprits de3 masses et préparent ainsi la voie au bouleversement et à la ruine de la société\u201d.L\u2019Action nationale s\u2019honore et se réjouit de l\u2019entrée dans ses rangs d\u2019une telle personnalité. Les Jeune-Canada à Carillon Les traits héroïques de Dollard se voyaient moins distinctement depuis que l\u2019insouciance, l\u2019apathie et quelquefois la peur lui tissaient un brouillard d\u2019indifférence.Mais quand les insulteurs du héros montrèrent leur museau velu de grignoteurs imbéciles, nous eûmes l\u2019impression qu\u2019une réaction populaire était imminente.Elle est venue des Jeune-Canada.Il faut les en féliciter chaudement.Ils ont bien fait les choses.Ils sont entrés à fond dans le mouvement, renouant la tradition du pèlerinage à Carillon.C\u2019est la manière la plus efficace: respirer l\u2019air même des lieux vénérés, s\u2019emplir les yeux du paysage ou durent se poser les derniers regards de ces braves; mettre du sang et de la chair dans un concept qui s\u2019étiolerait sans cette concrétisation.On ne sent vraiment bien les héros, et d\u2019une certaine façon, vivante et obsédante, qu\u2019à l\u2019endroit où ils dorment, leurs ossements confondus et reviviscents dans la nature qui nous pénètre par tous les sens.Les Jeune-Canada ont prononcé les paroles qu\u2019il fallait.Dans cette ambiance peuplée d\u2019ombres douloureuses et fortes, dans cette atmosphère enivrante ou l\u2019âme se gorge de grandeur morale, ils ont mis en déroute la déclamation, le cliché et le LES JEUNE-CANADA A CARILLON 359 poncif, toutes les formes de tartuferie patriotique.Le propre d\u2019un holocauste comme celui du Long-Sault, c\u2019est de multiplier et d\u2019intensifier la vie.\u201cLe désespoir est une absurdité, semblaient redire ces jeunes gens de vingt ans, reprenant la leçon de 1660.Il suffit d\u2019une seule génération pour redresser les volontés et les esprits.Nous qui sommes d\u2019une génération sacrifiée, nous en avons pris courageusement notre parti.\u201d Et se tournant vers les politiciens, les éternels ennemis de notre race, ils leur ont demandé des comptes et leur ont dit ce qu\u2019il fallait penser de leur oeuvre de dévastation dans le domaine intellectuel, dans le domaine de l\u2019agriculture, dans celui du mouvement ouvrier.M.Pierre Dansereau fit une synthèse des buts de la jeune société.M.Dollard Dansereau établit les conditions d\u2019une forte culture de l\u2019esprit et ce qu\u2019un nationalisme sain commande d\u2019entreprendre de ce côté.M.Paul Simard démontre que notre survivance ne peut être assurée que par l\u2019organisation de la classe agricole et qu\u2019elle doit être soustraite aux influences politiques.Puis M.Bernard Hogue stigmatise l\u2019esprit de parti et demande aux ouvriers de secouer ce joug déshonorant qui les tient en esclavage.Enfin l\u2019abbé Groulx, dans un ramassé puissant, fait le décompte de notre héritage ancestral et en analyse les richesses.Puisque les monuments qui couvrent l\u2019Amérique du Nord, élevés à la mémoire 360 l\u2019action nationale des hommes du notre sang, témoignent de la grandeur de leur rêve, serions-nous dégénérés au point de n\u2019en plus garder une seule parcelle vivante.Mort à l\u2019apathie, à l\u2019insouciance, au bavardage, à toutes les formes de notre stérile individualisme.Et tout ceci se passait le 24 mai dernier, sur les bords enchanteurs de l\u2019Outaouais, devant une foule ardente, sous un ciel rayonnant, dans une lumière d\u2019apothéose où les drapeaux comme les paroles claquaient à la brise et allaient réveiller en nous l\u2019écho de ces voix innombrables, de ces morts glorieux dont le courage chronique, se reprenant à vivre en nos faibles esprits, nous inondait pour un moment de la plus haute et de la plus sereine certitude et ne nous parlait plus que d\u2019espérance.Arthur LAURENDEAU.LANGUE UNIVERSELLE On aura appris, non sans satisfaction, que la langue française sera la seule employée à la prochaine conférence de l\u2019Union postale.Cette conférence sera tenue l\u2019an prochain au Caire, en Egypte.Les pays faisant partie de l\u2019Union sont au nombre de 84.Le français reprend ici des droits qu\u2019il avait acquis avec les siècles.Son caractère d\u2019universalité, qu\u2019on avait essayé de nier il y a quelques années, apparaît de nouveau en pleine lumière.H.B. Pour qu\u2019on vive.Politiciens et Juifs On nous demande ce que nous pensons d\u2019une manifestation des Jeune-Canada qui a quelque peu fait parler d\u2019elle.Bien que l\u2019événement date déjà, nous n\u2019avons nulle objection à nous expliquer franchement, s\u2019il n\u2019est jamais trop tard pour aider l\u2019opinion saine à se former.Les Jeune-Canada ont protesté contre ce qui leur a paru de la courtisannerie électorale.Ont-ils eu tort ?Il serait intéressant de soulever quelques masques, de voir ce qui s\u2019est agité en réalité, au fond des esprits, chaque fois qu\u2019en ce pays, des politiciens, bleus ou rouges, ont élevé la voix contre des persécutions juives.Que de bonnes âmes et voire quelques nobles esprits aient cédé à de la pitié de bonne compagnie pour des persécutions de l\u2019autre bout du monde et plus ou moins authentiques, possible.Mais les autres?Mais le grand nombre?On nous permettra d\u2019entretenir quelques doutes.Déchirons toute hypocrisie.Nos politiciens auront beau, la main sur le cœur, protester de leur sincérité, rappeler aussi, s\u2019ils y tiennent, qu\u2019ils ont remué le petit doigt et voire l\u2019index en faveur des persécutés du Mexique, il y a une vérité que l\u2019homme du coin de la rue sait au Canada et qu\u2019une histoire proche de nous nous jette inexorablement au visage: et c\u2019est que faire marcher nos grands hommes de la politique en faveur des 362 l\u2019action nationale juifs persécutés, fût-ce à 4,000 milles du Canada, est une chose, et que faire se remuer les mêmes hommes en faveur de minorités catholiques et même de minorités de leur sang strangulées à leur porte, est une autre chose.Ceux qui, dans le passé, ont dû organiser les luttes en faveur de nos minorités catholiques et françaises sont particulièrement édifiés sur ce point.Pourquoi en est-il ainsi ?.Que nous parle-t-on de noble pitié, de noble humanitarisme, lorsque, pour ne pas employer un mot plus désobligeant, nous n\u2019avons affaire qu\u2019à la générosité la plus fausse ?Chacun sait pareillement que le moindre attentat à quelque droit d\u2019une minorité anglaise ou protestante n\u2019eût jamais été chose possible en ce pays.Mais si l\u2019on nous permet de supposer l\u2019impossible pour un moment, quelle eût été, en pareille occurrence, la conduite des Canadiens français ?Impuissants à se mettre d\u2019accord quand il s\u2019agissait des pires dénis de justice infligés à leurs coreligionnaires et à leurs propres compatriotes, n\u2019est-il pas vrai qu\u2019ils eussent retrouvé, pour l\u2019occasion et pour venger le droit opprimé, la plus touchante unanimité ?Pourquoi toujours cette différence d\u2019attitude ?Générosité ou autre chose ?C\u2019est contre ce déplorable état d\u2019esprit, contre ce tempérament de chevaliers à faux nez, plus prompts à défendre les frontières du voisin que leurs propres frontières, que les Jeune-Canada ont voulu protester.Ils POUR qu\u2019on vive 363 ont bien fait.C\u2019est faire œuvre de salubrité publique que de dénoncer ces caricatures de la pitié, ces déformations du sens catholique et national.La caste intolérable Les Jeune-Canada ont dénoncé un autre abus, et qui est plus grave.Ces jeunes gens ne croient point tolérable l\u2019élévation au rang de caste privilégiée, d\u2019une minorité ethnique que rien ne recommande spécialement à cette extraordinaire dignité.Or telle est bien la condition que l\u2019on est en train de faire au Canada, et dans la Province de Québec plus que partout ailleurs, au groupe juif.On lui a taillé, dans Montréal, des fiefs électoraux de tout repos: véritables chasses-gardées où les fils d\u2019Israël peuvent user et abuser à loisir du droit de suffrage, voter, s\u2019il leur plaît, à cent-dix pour cent, sans le moindre risque d\u2019être inquiétés, sans même s\u2019exposer, nous assure-t-on, à la gênante prestation du serment, rigueur ou frein réservé aux seuls \u201ctélégraphes\u201d des autres races.Pour la minorité juive encore, nous avons forgé dans le Québec une loi spéciale du repos dominical; nous lui permettons d\u2019assujettir l\u2019employé catholique et canadien-français au travail les sept jours de la semaine; sous prétexte de dédommager le juif d\u2019un sabbat qui en réalité ne le gêne point, nous l\u2019autorisons à tenir boutique 364 l\u2019action nationale ouverte le dimanche et à faire, du même coup, au commerce canadien-français, la concurrence la plus déloyale.Pour la minorité juive toujours, nous sommes venus à deux doigts de saboter toute l\u2019économie de notre régime scolaire; à cette minorité dénuée de tout droit constitutionnel, il s\u2019en est fallu d\u2019un cheveu que nous accordions, dans l\u2019administration et la direction de ses écoles, une autorité et une autonomie que la majorité catholique se refuse à soi-même.Et l\u2019on s\u2019étonne après cela que l\u2019antisémitisme ait de plus en plus tendance à exploser en notre province.Qui donc ici est le responsable ?La dictature juive Puis, à quoi tend cette accumulation de privilèges absolument injustifiables, sinon à favoriser, dans la province de Québec, et tout d\u2019abord dans Montréal, l\u2019établissement d\u2019une véritable dictature commerciale juive, dictature que l\u2019internationalisme d\u2019Israël rend de création singulièrement facile et redoutable?\u201cLe monde sans âme\u2019\u2019 où nous vivons est payé pour savoir que toute dictature de caractère économique constitue un danger et un mal social.Que les juifs ne soient pas seuls à constituer de ces sortes de dictatures ne change rien à l\u2019affaire.Nous ne voyons point qu\u2019en un pays comme le nôtre, une dictature économique juive soit de nature, plus que toute POUR qu\u2019on vive 365 autre, à servir le bien commun, non plus que les intérêts de notre collectivité catholique et française.Les juifs ne sont pas seuls assurément à cultiver en serre-chaude la graine du communisme.Ils ont en tout cas la réputation, auprès d\u2019esprits graves,\u2014et c\u2019est assez pour que nous ayons le droit de nous méfier\u2014d\u2019en cultiver plus que les autres.Un homme qui n\u2019a pas coutume de parler à la légère, le chroniqueur politique de la Revue des deux-Mondes, M.René Pinon, après avoir blâmé sévèrement, l\u2019autre jour, (No du 15 avril 1933) l\u2019antisémitisme hitlérien, n\u2019hésitait pourtant pas écrire: Les incidents d\u2019Allemagne comportent aussi une leçon d\u2019un autre ordre, c\u2019est que \u201cIsraël chez les nations aurait intérêt à se montrer plus discret dans son ardeur à embrasser les idées révolutionnaires et à s\u2019en faire le propagateur.\u201d A l\u2019assemblée des Jeune-Canada l\u2019on a cité aussi ce témoignage d\u2019un éminent évêque catholique d\u2019Autriche qui, il y a quelques mois à peine, dénonçait l\u2019internationalisme juif comme un des plus dangereux agents de dissolution morale et sociale à travers le monde.Mais, alors, se faire les artisans de la puissance juive, quand les juifs sont déjà assez actifs et assez habiles à bâtir eux-mêmes leur fortune, n\u2019est-ce pas de la plus folle, de la dernière insanité?Et voilà, pour conclure, qui n\u2019autorise assurément aucune forme d\u2019antisémitisme, mais qui justifie une jeunesse claivoyante 366 l\u2019action nationale et fière d\u2019exhorter nos dirigeants à plus de dignité et de prudence, et peut-être aussi à moins de naïveté.L\u2019éducation nationale On nous dit qu\u2019en certains quartiers le mot ennuie déjà considérablement.Qu\u2019y aurait-il donc à changer, à réformer ?Ne sommes-nous pas un peuple de surpatriotes, à citer en exemple au monde entier?Et se peut-il que notre éducation ait toujours à faire mieux?.Il est vrai que quatre- vingt-dix pour cent des Canadiens français sont parfaitement indifférents à leur fête nationale: originalité qu\u2019il leur plaît de s\u2019accorder entre tous les peuples, même demi-civilisés; il est vrai que la même proportion, et peut-être plus considérable, grandit dans l\u2019ignorance ou l\u2019inconscience absolue des périls de la nationalité: de cette condition exceptionnelle d\u2019un petit peuple pour qui la survivance est une sublime gageure; il est également vrai que nous n\u2019avons pas l\u2019ombre de la solidarité économique, solidarité que tout peuple, tout groupe ethnique autour de nous, pratique d\u2019instinct; et il est vrai que, par ce beau et naïf désintéressement, nous avons forgé contre nous des dictatures financières qui nous écrasent; il est encore vrai que nous ne parvenons même pas, comme tout peuple de la moindre consistance, à marquer notre terre de notre empreinte originale, et qu\u2019il faut en l\u2019an POUR qu\u2019on vive 367 1933 refranciser un territoire habité depuis trois cents ans par un peuple français; il est encore vrai que les quatre cinquièmes de nos bacheliers sont impuissants à justifier la condition juridique et politique de leur nationalité, à justifier même leur prétention de rester français.Oui, tout cela est vrai, douloureusement vrai.Et il y a de bonnes gens qui croient que notre enseignement, notre éducation, ou familiale ou scolaire, n\u2019ont rien à changer, qu\u2019il n\u2019y a rien à faire de mieux! Heureuses gens! Jacques BRASSIER UN HOMME À PLAINDRE La Presse, qui se vante sans cesse d\u2019être le journal le plus répandu du Canada, n\u2019est pas toujours le mieux informé.Son correspondant québécois, qui se dissimule sous le pseudonyme de Sainte-Foy, consacrait l\u2019autre jour une chronique aux historiens du Canada.Il se réjouissait entre autres choses de voir \u201cnotre histoire variée, encore que jeune.et nos historiens nombreux.\u201d Il donnait ensuite les raisons de son bonheur, énumérant les oeuvres anciennes et récentes des historiens du pays, de Jacques Cartier à M.Chapais, en passant par Champlain, le Frère Sagard, Dollier de Casson, Garneau, Ferland, etc.Il n\u2019en oubliait qu\u2019un: l\u2019abbé Groulx.Serait-ce que ce bon Sainte-Foy n\u2019a jamais entendu parler de l\u2019abbé Groulx, l\u2019un des plus solides historiens de l\u2019heure présente ?Sainte-Foy est bien à plaindre.E.M. Quelques livres Vous partez pour vos vacances.Vous n\u2019abandonnerez pas toute lecture.C\u2019est même pour plusieurs la seule époque où il leur soit donné de lire tranquillement quelques auteurs de choix.Notre revue, dont les directeurs ont besoin, eux aussi, d\u2019un peu de repos, se fera alors silencieuse.Vous le regrettez ?Vous auriez aimé à rester en contact avec ses collaborateurs, à vous nourrir plus intimement de leur pensée?Qu\u2019à cela ne tienne! L\u2019équipe de Y Action nationale, contrairement à la mode du jour, n\u2019a pas chômé ces derniers mois.Outre le travail professionnel auquel chacun de ses membres est astreint, outre leur collaboration à la revue, plusieurs ont encore réussi à publier d\u2019intéressants ouvrages.La chronique littéraire, que nous comptons inaugurer dans un prochain numéro, analysera cds œuvres en toute impartialité.Nous voulons simplement aujourd\u2019hui les signaler à nos amis, les recommander à ceux qui pensent comme nous sur les problèmes essentiels et seront heureux de retrouver dans ces pages des idées qui leur sont chères, des jugements qui éclaireront et fortifieront leur mentalité.Et d\u2019abord \u2014 à tout seigneur tout honneur \u2014 QUELQUES LIVRES 369 les deux maîtres livres de l\u2019abbé Groulx, si différents d\u2019allure et de matière, si semblables cependant pour la flamme patriotique qui les anime et leur belle tenue littéraire, l\u2019un de l\u2019historien, l\u2019autre du romancier: L\u2019Enseignement du français au Canada Au Cap Blomidon Apportez-les tous les deux en vacances.Vous passerez de l\u2019un à l\u2019autre sans fatigue, comme si vous changiez d\u2019auteur.Apportez aussi le dernier né de notre secrétaire: Témoignages par Hermas Bastien Un bon juge, le R.P.M.-A.Lamarche, O.P., écrit dans la Revue dominicaine : \u201cM.Bastien est un consciencieux travailleur menant de front plusieurs tâches, un curieux des choses de l\u2019esprit qui s\u2019adonne à des études variées où la philosophie voisine avec la poésie.Il apporte à ses recherches et contributions un esprit calme et méthodique, et c\u2019est pour cela sans doute qu\u2019il paraît s\u2019en tirer à peu de frais.Pourtant, lorsqu\u2019il s\u2019agit de retracer la carrière d\u2019un Père Longpré ou les nombreuses activités d\u2019un Frère Marie-Victorin, il y a autre chose à faire que d\u2019échafauder sur un détail l\u2019ensemble d\u2019un jugement critique.Ce qui caractérise le dernier ouvrage de M.Bastien: 370 l\u2019action nationale \u201cTémoignages\u201d, c\u2019est cette sûreté d\u2019information qui lui permet de rendre justice égale à un théologien, à un sociologue ou aux \u201cpoètes de l\u2019hiver\u201d.L\u2019ouvrage, sans être austère, est sérieux.Mettez à côté un roman, le benjamin de notre directeur: Dolorès par Harry Bernard L\u2019attribution du prix d\u2019Action intellectuelle que le livre a mérité dispense de tout éloge.Bernard, d\u2019ailleurs n\u2019en est pas à ses débuts.Qui, parmi nos lecteurs, n\u2019a goûte 1 un ou 1 autre de ses romans.Celui-là les intéressera tout autant, sinon davantage.Et pour clore cette liste, inscrivons: Marché de dupes?par Léopold Richer.Ce jeune journaliste du Droit est peut-être moins connu du grand public.Il est cependant de bonne race.Et ses débuts dans le royaume des livres sont des plus prometteurs.Il nous donne ses impressions sur la conférence impériale d\u2019Ottawa, à laquelle il a assisté.Observateur perspicace et sage.Voilà de beaux et bons livres.Ils s\u2019adressent a tous les âges, à tous les goûts.Heureux ceux qui s\u2019en délecteront durant les mois ensoleillés des vacances.L\u2019ACTION NATIONALE La Vie courante La crise économique se prolonge au delà de toute prévision.Et d'importantes firmes industrielles, de grosses maisons de commerce, dont la stabilité ne faisait aucun doute hier, s\u2019écroulent une à une.Aux heures critiques les membres d\u2019une même famille se serrent étroitement, s'épaulent les uns les autres afin de mieux supporter l\u2019orage qui passe.Fabricants et marchands de notre race ont le droit de compter sur leurs compatriotes en cette période difficile.L\u2019Action nationale étudie actuellement un plan de campagne dont bénéficieraient l\u2019industrie et le commerce canadiens-français.En temps de crise L\u2019dchot Chez\tLa question cependant n\u2019est pas aussi les nôtres\tsimple qu\u2019on pourrait le croire.Achetez chez les nôtres: le mot d\u2019ordre est excellent.Personne n\u2019y contredira en théorie.En pratique, c\u2019est autre chose.Car pour acheter chez les nôtres, il faut d\u2019abord y trouver les articles dont nous avons besoin, ensuite qu\u2019ils soient de bonne qualité, et enfin que leur prix ne dépasse pas sensiblement celui des maisons étrangères.J\u2019omets pour le moment le service de ces établissements, leur facilité d'accès, etc., etc.Or, avouons-le, ces trois conditions essentielles font souvent défaut.Et si la clientèle canadienne-française déserte les marchands de sa nationalité, ceux-ci en sont, pour une bonne part, responsables.Un examen de conscience s\u2019impose sur ce point.Et nous sommes prêts à aider ceux qui voudraient le faire. 372 l\u2019action nationale Prenons un cas, en passant.Il faut, avons-nous dit, trouver chez les nôtres les objets dont nous avons besoin.C\u2019est évidemment la première condition.Elle est essentielle.Un ami avec lequel je causais de cette campagne \u2014 il vient d\u2019ouvrir un magasin de meubles \u2014 me dit: \u201cPour moi, le cas est réglé.Impossible d\u2019acheter chez un compatriote les marchandises que je vends.J\u2019ai la liste des fabricants de meubles au pays.Il n\u2019y en a aucun de notre nationalité\u201d.La raison paraissait péremptoire.Elle ne l\u2019était qu\u2019appa-remment.Car si cette liste ne portait que des noms étrangers, quelques-uns étaient tout simplement de fausses façades derrière lesquelles s\u2019abritaient, disons le mot: se cachaient, des Canadiens français peu fiers.Fausses façades Son nom Et c\u2019est la première réforme que nous deman-véritable d°ns aux industriels, aux hommes d\u2019affaires, aux marchands: \u201cPrésentez-vous sous votre vrai jour, sous votre nom véritable ou, si vous adoptez une raison sociale, sous une enseigne française.La fierté nationale le demande.Vos meilleurs intérêts aussi.Cette manie de camoufler ainsi sa nationalité est nuisible à tout notre groupe ethnique.Elle a contribué, plus qu\u2019aucune autre cause, à nous édifier une réputation d\u2019infériorité commerciale et industrielle imméritée.Les succès des nôtres en affaires ont été trop souvent attribués aux Anglais parce qu\u2019ils étaient conquis sous leurs noms.Honteuse démission Et comment dire aux acheteurs canadiens-français de vous encourager en vertu du patriotisme si vous en faites vous-même litière dans vos relations avec le public ?Votre propre attitude se dresse contre nos conseils.\u201d Au fait, cette trahison dans nos noms, nos inscriptions, nos annonces, cette démission honteuse est une de nos grandes LA VIE COURANTE 373 faiblesses.Le dernier numéro de la \u201cGazette Officielle de Québec\u201d publie la liste des compagnies auxquelles des lettres-patentes viennent d\u2019être accordées.Il y en a quatorze.Deux seulement sont françaises de nom.Je parierais qu\u2019en réalité une dizaine le sont.Qui me fera croire, par exemple, que la Laliberté Auto Body Repairs Ltd.est une compagnie anglaise ?Et que dire de la Fournier Steamship Co.dont les journaux annoncent la formation récente ?Incongruités C\u2019est de ce mal d\u2019ailleurs, et pour le combattre, qu\u2019est née la campagne actuelle de refrancisation.Il suffit de se promener quelque peu sur nos grandes routes pour en saisir toute l\u2019opportunité.Un rapide voyage en auto de Montréal aux Trois-Rivières m\u2019en a fait voir l\u2019autre jour de toutes les couleurs.Je me rappelle le sursaut que j\u2019éprouvai jadis en découvrant cette perle sur les bords du lac Saint-Louis: Lachine Inn! Imaginez alors mes impressions devant cette enseigne, longue de plusieurs pieds, qui vous accroche à quelques milles des Trois-Rivières: Yamachiche Inn! Et ce n\u2019est là qu\u2019un exemple.Nous étions quatre voyageurs.Noter toutes ces incongruités, ces Inn, ces Beach, ces Rest, ces Loé Cabin, nous devint vite impossible.Les faire disparaître représente vraiment une tâche énorme.Conseils Ct Raison de plus pour qu\u2019on s\u2019y mette avec Suggestions £nerë'e et méthode.Mais il faudra d\u2019abord convaincre nos gens de leur erreur.Car, aucun doute ne me semble possible, c\u2019est pour attirer les touristes, les touristes américains que cultivateurs, restaurateurs, petits marchands affublent leurs établissements de tous ces noms anglais.Et si on leur propose une réforme qui leur parait contraire à leurs intérêts matériels, ce sera peine perdue.Les convaincre donc que cette réclame, loin d\u2019attirer les étrangers, peut les repousser, voilà ce qui importe en premier lieu.Leur suggérer ensuite soit des noms, soit des signes qui, 374 l\u2019action nationale tout en ne trahissant pas leur nationalité indiqueront cependant aux touristes \u2014 dont la langue souvent n\u2019est pas le français \u2014 qu\u2019ils trouveront dans ces établissements ce qu\u2019ils cherchent.Lê Conseil\tProblème assez ardu.\tLe Conseil du du Tourisme\tTourisme établi par le ministre de la Voirie devrait être en état de le résoudre.Nous attendons de lui les suggestions et les conseils opportuns.L\u2019aiguillon nécessaire aussi, l\u2019élan! Qu\u2019il entreprenne une campagne d\u2019éducation, qu\u2019il fasse des concours, qu\u2019il donne des primes, qu\u2019il décerne des palmes.Son initiative et ses ressources devraient appuyer le mouvement déjà commencé et lui permettre d\u2019atteindre son but.Ces remarques paraissent peut-être un peu éloignées de l\u2019achat de chez nous.Elles s\u2019y rattachent étroitement.Nous ne voulions d\u2019ailleurs qu'amorcer cette importante question, en signaler un des principaux éléments.Nous aurons l\u2019occasion d\u2019y revenir.Pierre HOMIER LES NÔTRES À L\u2019HONNEUR Signalons, à la dernière minute, l\u2019honneur qui échoit à l\u2019un de nos directeurs, M.Eugène L\u2019Heureux, rédacteur à l\u2019Action catholique, (Québec).M.L\u2019Heureux vient en effet de recevoir du Saint-Père la médaille Pro Ecclesia et Pontifice.En remettant la médaille à notre collègue, S.E.le cardinal Villeneuve a dit entre autres choses: \u201cLe journalisme est une arène difficile et pourtant féconde pour les combats de Dieu.Il arrive parfois que les soldats y soient un peu nerveux et qu\u2019on leur reproche de manquer d\u2019élégance dans la manière de tenir leurs armes.Us n\u2019en sont pas moins des défenseurs de l\u2019ordre, recevant souvent des coups et accomplissant des gestes valeureux que ne doivent pas faire oublier leurs impétuosités occasionnelles.\u201cIl m\u2019est singulièrement agréable de présenter à M.Eugène L\u2019Heureux qui, soit naguère à Chicoutimi, soit ici, à Québec, par son labeur dans les œuvres et par sa plume dans le journalisme, a mérité la médaille Pro Ecclesia et Pontifice\u201d. Vie de l\u2019Action nationale Aux Trois-Rivières Une fructueuse réunion des directeurs de l\u2019Action nationale, et de quelques-uns de leurs amis, eut lieu aux Trois-Rivières, le 6 mai.On y a étudié entre autres choses un projet d\u2019enquête pour l\u2019année 1934.Enquête qui portera, nous pouvons bien le dire, sur l\u2019éducation nationale et ses divers aspects.Un article de la revue sera consacré chaque mois à cette question de l\u2019éducation nationale, qui intéresse tout le monde, et particulièrement ceux des nôtres qui s\u2019occupent d\u2019enseignement.Les délégués aux Trois-Rivières traitèrent aussi des problèmes que suscitent chez nous la politique économique, l\u2019achat chez les nôtres, la propagande de la revue.Tout le monde aura compris que la réunion avait été organisée par cet homme actif qu\u2019est l\u2019abbé Albert Tessier, préfet des études au Séminaire Saint-Joseph et l\u2019un des directeurs de notre oeuvre.Ceux qui s\u2019y trouvaient On aura idée de ce qu\u2019est VAction nationale et de l\u2019influence qu\u2019elle peut exercer, si l\u2019on examine la liste de ceux qui se réunirent dans la ville trifluvienne.On remarquait là, sous la présidence de M.Esdras Minville, professeur à l'École des Hautes Études de Montréal: MM.les abbés Lionel Groulx, l\u2019historien bien connu; Albert Tessier et Emile Cloutier, des Trois-Rivières; le R.P.J.-Papin Archambault, S.J., l\u2019homme de toutes les oeuvres; le R.P.Lebel, S.J., aumônier de l\u2019Union Catholique des Cultivateurs de la province; MM.Olivier Maurault, P.S.S., supérieur du Collège Grasset, Montréal; Orner Héroux, rédacteur en chef du Devoir', Albert Rioux, président de l\u2019Union Catholique des Cultivateurs; Eugène 376 l\u2019action nationale L\u2019Heureux, rédacteur à VAction catholique; le Dr Philippe Hamel et Me René Chaloult, avocat, de Québec; Me Paul Gouin, avocat, le notaire Wilfrid Guérin, M.A.Cartier, de Montréal; et, pour respecter jusqu\u2019au bout la vérité histori-rique, le signataire de la présente chronique.Le travail à l\u2019extérieur L\u2019activité extérieure de nos directeurs se continue.Elle est même telle qu\u2019il est difficile de suivre chacun dans le détail de ses initiatives.Rappelons cette fois deux conférences de l\u2019abbé Albert Tessier, l\u2019une au Séminaire de Ni-colet sur Le bon langage, l\u2019autre à Louiseville sur L\u2019Italie fasciste', un article au Devoir du Père Archambault, sur le Précepte dominical', de nouveaux articles agricoles de M.Albert Rioux, également dans le Devoir.Dans une autre sphère, notons que l\u2019abbé Groulx faisait partie du jury qui accorda le titre de docteur ès lettres de l\u2019Université de Montréal à M.Séraphin Marion, d\u2019Ottawa, pour sa thèse sur la Querelle des romantiques et des classiques au Canada français, au XIXe siècle.A Québec, le 10 mai, le Père Archambault a encore apporté ses hommages et ceux de VAction nationale à Mgr L.-A.Pâquet, à l\u2019occasion du cinquantenaire de prêtrise de ce dernier.L'abbé Groulx a adressé la parole à la radio, à l\u2019émission des Jeune-Canada, le 14, et il a aussi parlé le 24, à Carillon, à l\u2019occasion de la fête de Dollard des Ormeaux.De son côté, l\u2019abbé Albert Tessier compte parmi les principaux organisateurs de la Semaine d'Education qui s\u2019est déroulée aux Trois-Rivières, durant les premiers jours de juin.Fierté d\u2019une Juive Une autre initiative, due celle-là à M.Anatole Vanier, a été prise dans le domaine de la radio.En date du 17 mai, M. VIE DE L\u2019ACTION NATIONALE 377 Vanier a adressé au directeur du poste CHLP, Montréal, la lettre dont nous donnons ci-dessous la teneur, et qui se passe de commentaires: Montréal, le 17 mai 1933.Monsieur le Directeur Poste CHLP \u201cLA PATRIE\u201d Montréal.Monsieur, Mlle Rabinovitch a chanté avant-hier soir en yiddish à votre poste.Et le Canadien français qui l\u2019annonçait n\u2019a parlé, lui, qu\u2019er, anglais.J\u2019admirais, je vous l\u2019avoue, la fierté de la Juive, mais malgré moi je méprisais l\u2019avilissement de mon compatriote.C\u2019est bien beau de réclamer du français des services publics, mais de grâce, mettons-en donc d\u2019abord dans notre propre maison.Pourquoi votre poste refuse-t-il au français la place d\u2019honneur que lui doit un journal canadien-français ?Car ce n\u2019est pas la première fois que je prends la liberté de vous écrire à ce propos.Votre attention a déjà été attirée sur ce fait regrettable.De grâce, Monsieur, ayez donc assez de fierté française à votre poste 1 0 pour annoncer le plus souvent en français seulement, et 2° pour vous servir d\u2019abord du français quand vous faites des annonces ou représentations dans les deux langues I Le bon renom de notre nationalité le demande impérieusement.Votre sincèrement dévoué, (Signé) Anatole VANIER 378 l\u2019action Nationale Nos hommes publics et l\u2019anglais On se rappelle que l\u2019abbé Groulx, à une récente soirée de refrancisation, a invité nos chefs politiques et autres à nous épargner leurs homélies coutumières sur la nécessite d apprendre l\u2019anglais.La question, a-t-il dit, n\u2019est pas de savoir s\u2019il est opportun pour les nôtres d\u2019apprendre le plus possible la langue seconde, mais de savoir s\u2019il est si urgent d y pousser un peuple qui s\u2019y complaît déjà trop ?Si 1 invitation n a pas plu à tout le monde, elle a provoqué de salutaires réactions.On en trouve un exemple dans la lettre qu\u2019un jeune, travaillant dans un milieu anglais, a adressée à l\u2019abbé Groulx, et où l\u2019on trouve ce passage significatif: \u201cVous avez eu une parole qui m\u2019a fait singulièrement plaisir, tellement que j ai cru qu\u2019il n\u2019était pas inutile de vous en féliciter et de vous en remercier, au nom de ceux qui ont à cœur le bien de notre race.Vous avez adjuré nos hommes publics de cesser de se faire, auprès de la jeunesse, les propagandistes aveugles de la langue anglaise.Monsieur l\u2019abbé, il y a bien longtemps que je souhaitais entendre une dénonciation aussi énergique de la vilenie dont tant des nôtres se rendent ainsi coupables en se donnant l\u2019air de vouloir nous rendre service.Venant d\u2019un autre que vous, ces paroles n\u2019auraient sans doute pas eu d\u2019autre effet que d\u2019attirer sur celui qui les eût prononcées la vindicte publique.Votre autorité force au silence ceux qui seraient tentés de protester.A de pauvres gueux comme moi, qui se battent pourtant avec la dernière énergie, dans de petits comités, pour faire admettre le principe que vous avez eu le courage de préconiser, elle offre la perspective de s\u2019appuyer à l\u2019avenir sur des paroles que tout le monde respecte.\u201d Harry BERNARD Partie documentaire L\u2019ordre social Nous publions ci-après la mise en garde récente, (12-5-33), contre le communisme, le socialisme et le collectivisme, de V autorité ecclésiastique de la province : Son Eminence le Cardinal ainsi que les Archevêques et Evêques de la Province civile de Québec, réunis en assemblée ordinaire pour les intérêts de l\u2019Action catholique dans l\u2019ensemble de leurs diocèses, ont cru devoir se prononcer sur les points suivants: 1 ° Conformément à la doctrine de l\u2019Eglise et selon les directions particulières du Saint-Siège à l\u2019heure présente, ils condamnent et réprouvent le communisme soviétique tant à cause de ses menées irréligieuses que pour son esprit révolutionnaire au point de vue social.2° Ils condamnent également toutes les formes du socialisme et du collectivisme, c\u2019est-à-dire tels systèmes qui, mésestimant le rôle de la liberté et de l\u2019initiative privée dans l\u2019organisation économico-sociale, veulent faire dépendre exclusivement de l\u2019Etat le bien-être et la richesse des individus et transfèrent à celui-ci pour cette fin, d\u2019une façon plus ou moins totale, la propriété ou la gérance des capitaux de production.3° Ils exhortent leurs fidèles à ne point confondre les abus du capitalisme avec le capitalisme lui-même, c\u2019est-à-dire le régime social dans lequel les hommes contribuent généralement à l\u2019activité économique, les uns par les capitaux, les autres par le travail.Tel régime n\u2019est ni mauvais ni illégitime en soi, il est au contraire le plus conforme aux inclinations humaines et le plus propre au bien-être et au progrès économique des peuples. 380 L ACTION NATIONALE 4° Conséquemment ils mettent en garde leurs ouailles contre les exposés tendancieux et les théories séduisantes qui, négligeant les considérations d\u2019ordre moral, prêchent plus ou moins ouvertement le recours à la force en vue du redressement des conditions actuelles et tendent au bouleversement de notre ordre politico-social, au mépris des droits propres aux provinces dans l\u2019Etat fédéral.5 0 Ils regrettent néanmoins les abus du capitalisme, à savoir la dictature économique qui aboutit à une injuste répartition des richesses et à la misère imméritée des classes populaires.6° Mais pour le redressement de ces abus, ils veulent rappeler à tous la nécessité de la pratique générale de la justice et de la charité chrétienne, favorisée par une sage législation sociale.L'internationalisme juif Nous croyons utile de présenter à nos lecteurs cet extrait d\u2019une Lettre pastorale de l\u2019évêque de Linz, en Autriche, Mgr Gfoellner.Elle a été publiée le 23 janvier dernier.La Documentation catholique la reproduit en entier dans sa livraison du 11 mars.Mépriser le peuple juif du seul chef de sa descendance, le haïr, le persécuter est inhumain et antichrétien; ces \u201cpro-groms\u201d, l\u2019Eglise les a toujours condamnés, et elle a protégé le peuple juif contre les haines injustes.Tout récemment encore, dans un décret romain de 1928, il est dit expressément: \u201cL\u2019Eglise catholique, en effet, a toujours eu coutume de prier pour le peuple juif, qui fut le dépositaire des promesses divines jusqu\u2019à Jésus-Christ, malgré l\u2019aveuglement continuel de ce peuple, bien à cause même de cet aveu- l\u2019internationalisme juif 381 glement.Avec quelle charité le Siège apostolique n\u2019a-t-il pas protégé le même peuple contre des vexations injustes! Parce qu il réprouve toutes les haines et animosités entre les peuples, il condamne au plus haut point la haine contre le peuple autrefois choisi par Dieu, cette haine qu'aujourd\u2019hui l\u2019on a coutume de désigner communément par le mot \u201cd\u2019antisémitisme\u201d.D\u2019une manière générale, cependant, l\u2019esprit juif international est autre chose que la nationalité juive et la religion juive.Il est incontestable que nombre de Juifs, étrangers à toute préoccupation religieuse, exercent une influence souverainement pernicieuse dans tous les domaines de la civilisation moderne.La vie économique, le commerce, les affaires, la concurrence, le barreau, la médecine, la vie sociale, la po-tique sont bien souvent pénétrés, minés ou bouleversés par des principes matérialistes et libéraux surtout professés dans les milieux juifs.La presse et les réclames, le théâtre ou le cinéma font souvent preuve de tendances frivoles ou indécentes qui empoisonnent l\u2019ârne des populations chrétiennes jusqu\u2019en ses plus intimes profondeurs, et c\u2019est encore le monde juif qui est le principal inspirateur et le plus zélé colporteur de ces manifestations.De concert avec la franc-maçonnerie, le judaïsme dégénéré fut également et surtout le propagateur du mammonisme \u2014¦ cet egoïsme capitaliste en même temps que le fondateur et l\u2019apôtre du socialisme ou du communisme, l\u2019avant-coureur et le fourrier du bolchévisme.Combattre et briser cette pernicieuse influence du judaïsme est pour tout chrétien sincère non seulement un droit légitime, mais un impérieux devoir de conscience.Il serait donc à souhaiter que, du côté arien et chrétien, les dangers et les maux créés par l\u2019esprit juif fussent encore mieux connus, encore plus opiniâtrement combattus et que cet esprit n\u2019y fût pas imité ou soutenu, publiquement ou furtivement.Autrefois, notamment dans les villes italiennes, on assignait à la population juive un quartier spécial, le \u201cGhetto\u201d, 382 l\u2019action nationale afin d\u2019entraver autant que possible l\u2019esprit et 1 influence du judaïsme; notre époque, à vrai dire, n\u2019a point l\u2019habitude de proscrire les Juifs hors d\u2019un pays; elle ferait pourtant bien, par sa législation et sa manière de gouverner, d opposer une puissante digue à toute cette fange intellectuelle, à ce flot d\u2019immondices qui, venant surtout du judaïsme, menace de submerger le monde.\u2014Nous ne méconnaissons pas cependant que, parmi les Juifs, il y ait de nobles caractères.LA QUESTION DU LAIT Les \u201chabitants\u201d respirent l\u2019air frais, jouissent du chant des oiseaux, contemplent de délicieux paysages.mais les distributeurs de lait empochent des profits scandaleux Ainsi, M.Hogg est président d\u2019une entreprise familiale^ Il retire un salaire annuel de $14,000, et sa belle-sœur de même , son fils et son neveu reçoivent chacun $4,500 par annee.Il a débuté, il y a 50 ans, avec un capital de$150 qui.grâceà l\u2019accumulation des profits, se monte aujourd hui à $2,000,00u.La \u201cCity Dairy\u201d de Toronto, incorporée en 1900 avec un capital de $950,000, valait $2,300,000 en 1921, était payée C7 413 000 en 1930, par la compagnie Borden.Depuis 1922, elle a enregistré un profit annuel de $200,000 à $300,000.Elle portait de $4,000 en 1914 à $60,000 en 1929 le salaire de son président; elle lui donna, en 1917, un boni de $140,000; elle assura sa vie pour une somme de $350,000 qu elle toucha à sa mort.\t.\t.\t, .__.Ces deux exemples prouvent que les gouvernants doivent mettre un frein à la cupidité des distributeurs d un produit aussi indispensable que le lait.Les producteurs et les consommateurs n\u2019ont pas les moyens de payer tribut a ces nou-veaux barons.A.R. 1ère année Tome I (1er semestre) Table des matières JANVIER L\u2019Action nationale \u2014 Harry Bernard.Le problème de la terre \u2014\u2022 Mgr Geo.Courchesne.Histoire naturelle et littérature \u2014 Harry Bernard.Une tâche entre quelques autres \u2014 L\u2019abbé Lionel Groulx.La Xle Semaine sociale du Canada \u2014 Wilfrid Guérin.Le cinéma et les enfants \u2014 J.-P.Archambault, s.j.La vie courante \u2014 Pierre Homier.Vie de l\u2019Action nationale \u2014 Etienne Robin.FÉVRIER Pour la monnaie bilingue \u2014\u2022 L'Action nationale.La dictature économique dans la province de Québec \u2014 Eugène L\u2019Heureux.S.E.Mgr Arthur Melanson \u2014 *** .Vingt-cinq années de journalisme catholique \u2014 L\u2019abbé Philippe Perrier.Poèmes \u2014 Clément Marchand.Aspect national de la musique \u2014 Eugène Lapierre.Regards autour de nous \u2014- Jacques Brassier.La vie courante \u2014¦ Pierre Homier.Manifeste des Jeunes: Partie documentaire \u2014 Discours de M.E.Min ville.MARS A chacun son dû \u2014\u2022 L\u2019Action nationale.La coopération agricole \u2014 Albert Rioux.Samuel Genest\u2014\u2022 ***.Regard d\u2019ensemble sur deux encycliques \u2014 Mgr L.-A.P aquet Jeunesse et formation nationale \u2014 Etienne Robin.Quel sera l\u2019avenir?\u2014\u2022 Augustin Martin.Vingt-cinq années de journalisme catholique (Ile partie) Abbé Philippe Perrier.La vie courante \u2014 Pierre Homier.Vie de l\u2019Action nationale \u20141 Etienne Robin.3 6 18 29 44 51 59 63 65 66 79 85 95 98 110 113 117 129 131 146 150 159 162 174 186 190 384 L ACTION NATIONALE AVRIL Le régime capitaliste \u2014 L\u2019Action nationale.193 Refrancisation de la province \u2014 Paul Gouin.195 Arrière-plans d\u2019histoire américaine \u2014 O.Maurault, p.s.s.206 Presse de langue française et services de traduction \u2014\u2019 Léopold Richer.213 Regard d'ensemble sur deux encycliques (Ile partie) \u2014 Mgr L.-A.Paquet.217 Les Franco-Ontariens perdront le comté de Russell \u2014 Léopold Richer.233 Le respect du dimanche \u2014 J.-P.Archambault, s.j.'\t236 Pour qu\u2019on vive \u2014- Jacques Brassier.238 Si l\u2019on voyait clair \u2014\u2022£.M.248 La vie courante \u2014 Pierre Homier.250 Vie de l\u2019Action nationale \u2014 Harry Bernard.253 MAI La Saint-Jean-Bapliste\u2014L\u2019Action nationale.257 Retour à la terre \u2014 Alexandre Dugré, s.j.259 Jeune-Canada \u2014 Pierre Dansereau.267 Mgr Louis-Adolphe Pâquet \u2014 Mgr Wilfrid Lebon.\t275 Poèmes \u2014 Harry Bernard.282 Le peintre Rodolphe Duguay \u2014¦ Abbé Albert Tessier.\t284 Bilinguisme intégral \u2014 Arthur Laurendeau.290 L\u2019abbé Lionel Groulx \u2014- Aegidius Fauteux.29S Une enquHe sur l'habitat rural \u2014 Benoît Brouillette.\t302 Programme de restauration sociale \u2014 L\u2019Action nationale 306 Pour qu\u2019on vive \u2014 Jacques Brassier.308 La vie courante \u2014 Pierre Homier.312 Vie de l\u2019Action nationale \u2014 Harry Bernard.316 JUIN Vacances \u2014 L\u2019Action nationale.321 Capitalisme étranger et vie nationale \u2014 Dominique Be audin 323 S.E.MgrJos.Bonhomme, O.M.J.\u2014 ***.33G Canadiens français et services fédéraux \u2014 Charles Gautier 343 Armand LaVergne \u2014¦ Louis Dupire.348 Les Jeune-Canada à Carillon \u2014 Arthur Laurendeau.\t358 Pour qu\u2019on vive \u2014 Jacques Brassier.361 Quelques livres \u2014 L\u2019Action nationale.368 La vie courante \u2014 Pierre Homier.371 Vie de l\u2019Action nationale \u2014 Harry Bernard.375 L\u2019ordre social\u2014L\u2019internationalisme juif, Partie documentaire 379 "]
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