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Titre :
L'action nationale
Éditeur :
  • Montréal :Ligue d'action nationale,1933-
Contenu spécifique :
Décembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Action canadienne-française, ,
  • Tradition et progrès,
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L'action nationale, 1933-12, Collections de BAnQ.

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[" A nos lecteurs La plupart de nos abonnements deviennent échus avec ce numéro.Nous comptons bien que tous seront renouvelés sans retard.C\u2019est l\u2019usage, au Canada comme ailleurs, de considérer comme désirant se réabonner tous ceux qui, à ïéchéance, ne donnent pas un avis contraire.Et les numéros de la nouvelle année leur sont régulièrement adressés.Nous suivrons cet usage.Mais on voit facilement à quelle extrémité il peut nous conduire, s\u2019il y a négligence de la part de nos abonnés.L\u2019Action nationale n\u2019est pas une entreprise commerciale.Elle veut servir la nationalité canadienne-française ardemment, généreusement, efficacement.Telle est son unique raison d\u2019être.Cette tâche, elle la croit nécessaire à l\u2019heure actuelle.Et ses membres s\u2019efforcent de l\u2019accomplir avec un dévouement inlassable.Mais une revue ne s\u2019imprime pas gratuitement.Notre seule source de revenu, ce sont nos abonnements.Qu\u2019ils diminuent ou retardent, et nous ne pouvons plus tenir. 218 l\u2019action nationale Or toutes les revues souffrent du même mal.Les abonnés négligent de payer à temps leurs réabonnements.Ce n\u2019est pas une dette comme les autres, celle-la! Tel honnête citoyen, qui ne voudrait pas laisser passer un mois sans acquitter son compte d\u2019épicerie, laissera traîner sans scrupule un an, deux ans, trois ans, son réabonnement.Plaie mortelle des revues que soulignait Pie XI lorsque, bénissant les directeurs et les abonnés d\u2019un périodique catholique, il ajoutait en souriant: \u201cles abonnés en règle, car les autres ne comptent pas pour l\u2019oeuvre\u2019\u2019.Que tous nos abonnés comptent \u2014 car nous avons besoin de chacun d\u2019eux \u2014 en adressant aussitôt leurs deux dollars à la Palestre Nationale, 840, rue Cherrier est (en écrivant bien lisiblement leur nom et leur adresse).Et que ceux-là qui le peuvent comptent double, en nous offrant comme étrennes un nouvel abonnement qu\u2019ils auront sollicité ou même payé pour un ami.En retour, la revue leur promet pour 1934 des pages intéressantes, instructives, vivantes.L\u2019ACTION NATIONALE Le revue L\u2019Action nationale L\u2019Action nationale remplit-elle une mission utile, répond-elle à un besoin précis?Surtout, vient-elle à son heure ?D\u2019aucuns sans doute se sont posé la question, quand ils ont vu se constituer la ligue qui l\u2019édite, et la revue elle-même paraître sous son format sans prétention.Peut-être même se le demandent-ils encore, à l\u2019expiration de notre première année d\u2019existence ?Autant, en vérité, s\u2019interroger sur l\u2019utilité, en pays démocratique et à une époque comme la nôtre \u2014 époque troublée et inquiète s\u2019il en fut jamais dans l\u2019histoire du monde \u2014 d\u2019une presse indépendante, libre des asservissements qu\u2019accep tent si volontiers tant de grands journaux, satisfaits de prostituer leur mission pour encaisser de l\u2019argent.Sur l\u2019utilité, voire la nécessité d\u2019une presse libre dans n\u2019importe quel pays et dans le nôtre en particulier, il n\u2019y a rien à écrire qui n\u2019ait été cent fois proclamé.Nous le demandons simplement : puisque, d\u2019une part, le rôle du journal, son influence sur l\u2019orientation des esprits, en dernière analyse, sur l\u2019orientation de la vie collective, ne cesse de grandir, de gagner en étendue et en profondeur; et puisque, d\u2019autre part, les grands journaux, y compris hélas ceux-là mêmes qui clament avec le 220 l\u2019action nationale plus d\u2019emphase leur dévouement à la société, ne sont pour la plupart que de dociles instruments aux mains des coteries politiques et des clans financiers, n\u2019importe-t-il pas souverainement que l\u2019opinion honnête, libre, vraiment désintéressée ait aussi ses organes où s\u2019exprimer ?Le postulat fondamental de la démocratie c\u2019est l\u2019éducation populaire, c\u2019est-à-dire, en dernière analyse, l\u2019action sur les esprits d\u2019une élite consciente de ses responsabilités et désireuse d\u2019orienter la masse dans le sens des intérêts les plus élevés.Là où une telle élite n\u2019existe pas ou, ce qui revient au même, là où elle abdique ou est entravée dans ses mouvements, faute des organes nécessaires pour atteindre la multitude, la démocratie ne tarde pas à dégénérer en une servitude plus oppressive que les pires despotismes, et d\u2019autant plus inique qu\u2019elle ne laisse pas de se présenter sous le déguisement de la liberté.N\u2019est-ce pas ce qui se remarque à l\u2019heure actuelle dans la plupart des pays du monde ?Et la crise économique qui secoue si durement l\u2019humanité, enfante tant de misère et d\u2019angoisse, est-elle autre chose que la manifestation extérieure d\u2019un mal plus profond: une crise de la société qui persiste à esquisser des gestes et à observer des attitudes qui ne cadrent plus avec la réalité; pis que cela, une crise de l\u2019homme amoindri dans la partie la plus haute de son être et livré aux impulsions désordonnées de ses instincts égoïs- l\u2019action nationale 221 tes ?On redoute la dictature politique par souvenir des absolutismes d\u2019antan; et pour empêcher le retour d\u2019abus dont une certaine histoire ne cesse d\u2019affirmer qu\u2019ils furent criants, on subit une dictature plus tyrannique qui ne le furent jamais les despotismes d\u2019autrefois: la dictature des puissances d\u2019argent qui, grâce à la faiblesse, ou à la complaisance des élites et des pouvoirs publics, usurpent le commandement, la haute direction de la vie sociale.Et cela se passe ainsi, pourquoi ?sinon parce que, dans un monde qui s\u2019est fait de la liberté une idole, la presse ce puissant instrument d\u2019éveil, de redressement et d\u2019éducation des masses populaires, ce gardien des véritables libertés démocratiques \u2014 a cessé d\u2019honorer sa mission pour se mettre au service de quiconque manie des billets de banque ?Pour les mêmes fins cupides toujours, répudiant la règle du journalisme honnête, elle a voulu refléter l\u2019opinion au lieu de Y eclairer ; et elle s est mise, sous prétexte d\u2019information, à lui servir en pâture quotidienne les raclures des pires bas-fonds de la société.Dès lors, comment voudrait-on qu\u2019un régime dont le seul point d appui ne peut etre qu\u2019une opinion virile, laquelle suppose, dans la multitude, des lumières et un désintéressement rarement spontanés, comment voudrait-on que, privée de son garde-fou, la démocratie n ait pas 222 l\u2019action nationale chu dans le bourbier où elle s\u2019efforce vainement de i^se dépêtrer?Non, certes, que nous ayons dans le principe même du régime une foi sans réserve.Ayant un peu vécu, nous savons ce qu\u2019il en est de la prétendue bonté native de l\u2019homme et de sa naturelle propension au bien et au beau.Mais le régime étant ce qu\u2019il est, nous persistons à croire que, en attendant mieux, il est du devoir de chacun de ne rien négliger pour en tirer le parti le plus acceptable possible, pour l\u2019empêcher, en tout cas, de causer plus de mal qu\u2019il n\u2019en devrait normalement causer.Et c\u2019est une des raisons pour lesquelles Y Action nationale s\u2019est organisée: fournir une tribune libre à ceux qui chez nous pensent librement; mettre à la disposition de tous ceux-là qu\u2019on trouve aux postes de commandement un organe qui leur permette d\u2019atteindre la multitude sur laquelle leur influence de chefs doit s\u2019exercer; être une unité de plus dans la phalange, hélas! bien peu nombreuse des journaux de chez nous qui respectent leur mission et qui, à un esclavage doré et avilissant, préfèrent les rudes satisfactions de l\u2019indépendance, même la plus besogneuse.Quand elle n\u2019aurait que cette raison à invoquer, Y Action nationale mériterait déjà qu\u2019on l\u2019appuie.Mais elle en a d\u2019autres et de plus précises.Organe l\u2019action nationale 223 de pensée et d\u2019action au service des traditions et des institutions religieuses et nationales de l\u2019élément français en Amérique, se proclame-t-elle elle-même.Et c\u2019est un immense programme, qui dépasse sans doute de beaucoup ses moyens pécuniaires, mais non certes son désir d\u2019être utile, ni surtout les besoins du moment.Si jamais notre petite collectivité catholique et française, si cruellement ballotée tout au long de son histoire et si tristement dispersée aux quatre coins de l\u2019Amérique, a vécu des heures tragiques, périlleuses, c\u2019est bien celles que, en dépit de la béate quiétude de tant de ceux-là même qui devraient le plus s\u2019en émouvoir, elle traverse par le temps qui court.Inutile de refaire ici le tableau des dangers qui nous menacent dans l\u2019ordre moral aussi bien que dans l\u2019ordre politique et dans l\u2019ordre social et économique: dangers qui tiennent d\u2019une part à notre situation de peuple minoritaire, d\u2019autre part, et surtout, à l\u2019anarchie des consciences et au désarroi des idées en tout ce qui touche aux questions fondamentales de notre survivance.Dangers par conséquent antérieurs à la crise actuelle, mais que celle-ci souligne en les accentuant, et qui subsisteront après la tourmente, puisque, encore une fois, ils tiennent plus à nous-mêmes qu\u2019à notre entourage.Que les optimistes malgré tout jettent un coup d\u2019œil autour d\u2019eux; qu\u2019ils prêtent l\u2019oreille aux propos qui se tiennent un peu partout, souvent sur des problèmes de la 224 l\u2019action nationale plus haute importance pour notre avenir national; et qu\u2019ils nous disent si vraiment c\u2019est faire œuvre inopportune que d\u2019entreprendre à l\u2019heure actuelle de redresser, d\u2019éclairer, d\u2019orienter les esprits.L'Action nationale se propose donc en premier lieu de travailler de toutes ses forces à la préservation et au triomphe dans nos milieux de la foi catholique; à la défense, sur tous les terrains et dans une entière soumission aux directives des autorités, de la vérité religieuse si intimement liée chez nous à la vérité nationale.Sans être exclusivement une œuvre de presse catholique, elle entend néanmoins faire sa part dans ce domaine, convaincue qu\u2019elle ne saurait mieux travailler à la préservation de notre intégrité nationale qu\u2019en tâchant d\u2019abord de sauvegarder notre intégrité catholique.Elle a d\u2019ailleurs une idée assez haute de son rôle, une intelligence assez nette et un souc assez profond du véritable bien des individus et de la collectivité pour placer le progrès, l\u2019épanouisse ment de la vie religieuse de ses compatriotes au sommet de ses préoccupations, comme pensée ordonnatrice de son œuvre.Et ici encore nous le demandons à ceux que leurs fonctions mettent en contact habituel avec la foule : une œuvre de presse dont l\u2019action s\u2019inspire de la doctrine catholique est-elle inopportune chez nous ?La foi a-t-elle conservé sa vigueur d\u2019autrefois dans notre pauvre société battue par tant de vents con- l\u2019action nationale 225 traires et si profondément travaillée par les influences matérialisantes et avilissantes qui s amorcent des quatre coins de notre continent ?Et si les foules continuent à se renouveler chaque dimanche dans nos églises, faut-il pour autant oublier cette autre foule, qui grandit celle-là: la foule des indifférents, la foule des aigris, la foule des esprits faussés par une propagande poursuivie à ciel ouvert parce que déjà assez bien accueillie pour ne plus redouter le grand jour; la foule surtout des routiniers qui traînent leurs pas aux offices religieux comme à une corvée et pour qui la pratique religieuse n\u2019est plus qu\u2019une vieille habitude, la foi ayant perdu pour eux la valeur d une règle de vie ?A-t-on assez dénoncé le scandale des vies publiques en désaccord sur ce point avec la vie privée ?Une foi religieuse qui n\u2019imprègne plus assez profondément les esprits et les foules pour ordonner leurs activités, saura-t-elle résister aux assauts qu\u2019une propagande, avivée et soutenue par le malheur des temps, s\u2019apprête à lui livrer, lui livre déjà de toute part ?Et dans de telles conditions, est-ce trop d\u2019une presse catholique aussi peu nombreuse que la nôtre pour résister à cette propagande et en prévenir les effets ?L'Action nationale se propose encore d\u2019édifier et de propager une doctrine d\u2019action nationale.Oui, nous disons bien; une doctrine, quoi qu en doivent penser les contempteurs de notre prétendu 226 l\u2019action nationale nationalisme \u201coutrancier\u201d.Et même la raison pour laquelle la revue s\u2019est donné le caractère qu on lui connaît plutôt qu\u2019un caractère plus populaire, c est que, de l\u2019avis de quelques-uns de nos hommes les mieux au fait de notre situation, le principal besoin de notre peuple, c\u2019est un besoin de doctrine, et que cette doctrine, il faut la dispenser d abord à l\u2019élite, c\u2019est-à-dire à ceux qui doivent exercer une action sur la masse.Nos gens ne pensent pas nationalement; ils ignorent tout de leurs devoirs envers la collectivité nationale, ne soupçonnent même pas la nécessité pour chacun d\u2019ordonner sa vie au progrès de cette collectivité.Notre peuple a peut-être plus que tout autre ce patriotisme instinctif qui exulte en certaines circonstances mais s\u2019affale et disparaît 1 instant d\u2019après.Et c\u2019est ce qui explique que notre vie nationale, au lieu de se développer selon une courbe régulière, ne s\u2019exprime qu\u2019en une suite désordonnée d\u2019hésitations, de sursauts, d\u2019abandons et de reprises.Mais pourquoi donc notre patriotisme ne parvient-il pas à dépasser les régions imprécises de l\u2019instinct, à pénétrer l\u2019intelligence, à s\u2019élever à la hauteur d\u2019une conviction et d\u2019une règle de vie ?Parce que rien de sérieux n\u2019a été entrepris pour lui constituer ce que nous appellerions une base doctrinale, mais qu\u2019au contraire, on a tout fait pour désorganiser, désaxer les intelligences à ce point l\u2019action nationale 227 de vue.Que de directives contradictoires et souvent puériles, Que de mots d\u2019ordre absurdes ceux-là même qui étaient chargés de le diriger n\u2019ont cessé de jeter à notre pauvre peuple, depuis le \u201ccanadianisme tout court\u201d jusqu\u2019au \u201cbilinguisme intégral\u201d, en passant par \u201cl\u2019unité nationale\u201d, le \u201cfédéralisme\u201d, la \u201clargeur d\u2019esprit\u201d, les \u201cconcessions réciproques et honorables\u201d, etc.Quoi d étonnant alors si, réduit à ne recevoir plus de son élite qu\u2019un pareil salmigondis de doctrines informes et contradictoires, notre peuple ne fasse pas preuve d\u2019un patriotisme bien éclairé, bien vivant ?L\u2019Action nationale voudrait d\u2019abord remettre un peu d\u2019ordre dans notre formulaire patriotique, dans l\u2019espoir d\u2019en introduire du même coup dans les pensées et dans les esprits.Elle voudrait apprendre à chacun de nos compatriotes ce que comporte d\u2019avantages réels mais aussi de responsabilités contraignantes sa qualité de Canadien français et de catholique.Et l\u2019on devine tout de suite à quelle infinie diversité de sujets elle devra toucher, la multiplicité des problèmes sur lesquels elle devra se pencher, la complexité des questions auxquelles elle devra chercher une réponse.Dans la vie d\u2019un peuple, tout est mouvement, mais tout se tient et se compénètre.Surtout en ces temps de désarroi, d\u2019affolement général, formuler des directives qui soient en accord avec la vérité morale, avec la vérité historique; qui soient des directives 228 l\u2019action nationale de vie et de progrès et non d\u2019erreur et de mort: la tâche on le comprend ne manque ni d\u2019ampleur ni d\u2019audace.Mais c\u2019est une tâche nécessaire, une tâche urgente.Nous avons bien la volonté de ne pas nous y dérober.Notre revue fera donc, de l\u2019éducation nationale, l\u2019objet de sa prochaine enquête.Et celle-ci commencera avec la livraison de janvier 1934.Qu\u2019on nous permette simplement d\u2019indiquer en terminant les grandes lignes de cette enquête.Et d\u2019abord une telle étude est-elle opportune ?La situation de notre peuple est-elle si rassurante qu\u2019il puisse se dispenser d\u2019un patriotisme éveillé, éclairé, agressif?Un tel patriotisme existe-t-il chez nous ?Notre peuple a-t-il une fierté suffisante, une idée nette de la haute valeur de sa culture et de sa foi ?L\u2019éducation qu\u2019il reçoit, dans la famille et à l\u2019école, vise-t-elle à développer au maximum son innéité française?Autant de questions auxquelles les faits apportent une réponse, hélas! bien décevante.Mais sur quels postulats fondamentaux, sur quelles doctrines doit s\u2019appuyer l\u2019éducation nationale ?Quel est le fondement moral du devoir national ?Quel est l\u2019objet de ce devoir pour les Canadiens français ?Quel droit y correspond et sur quel fondement repose ce droit?N\u2019est-il pas opportun de définir ces notions essentielles, de remettre de l\u2019ordre dans la hiérarchie complexe l\u2019action nationale 229 et si bouleversée de nos devoirs et de nos droits ?D\u2019autre part, à quelle déchéance, à quelle humiliante servitude nous a ravalés l\u2019anglomanie ?Quelles sont les conséquences économiques, sociales, nationales de notre indifférentisme national et de notre béate admiration pour l\u2019esprit, la culture, la langue anglo-saxonnes?Kt, si un redressement s\u2019impose, comment 1 opérer?Par l\u2019enseignement.Mais quelle devra être la part des programmes et quelle sera la part des maîtres dans l\u2019enseignement primaire, dans l\u2019enseignement secondaire, dans l\u2019enseignement universitaire, dans les écoles normales, dans l\u2019enseignement populaire et dans l\u2019enseignement féminin ?Quelle dose de doctrine faudra-t-il servir à chaque catégorie d\u2019élèves ?Sur quel point particulier faudra-t-il insister et à quelle méthode faudra-t-il recourir selon le cas ?Nous ne faisons encore une fois qu\u2019indiquer les très grandes lignes d\u2019une enquête qui devrait éveiller dans nos milieux, surtout dans le monde de l\u2019enseignement, le plus vif intérêt.Il y a trop longtemps en vérité que nous laissons les intelligences s\u2019égarer à la poursuite des plus folles idéolog es.Il nous faut remettre de l\u2019ordre dans les esprits, si nous voulons qu\u2019il y en ait quelque jour dans les faits.Esdras MINVILLE Aux sources de l\u2019histoire A travers les vieux journaux du British Museum1 Il y a quelques années, il m\u2019arriva, au sujet de 1 origine et des causes politiques de Y Acte de Québec, de soutenir une certaine opinion.Il s\u2019agissait, en l\u2019espèce, de l\u2019influence de la Révolution américaine sur la genèse de notre constitution de 1774.Cette influence, je la prétendais très considérable et ce, non pour le vain plaisir de combattre une thèse adverse, mais parce qu\u2019il m\u2019apparaissait que 1 histoire objective ne souffrait guère une autre opinion.Au printemps de 1921, me trouvant à Londres pour y poursuivre, au British Museum, quelques recherches d histoire, l\u2019idée me vint de compulser les vieux journaux anglais de 1774, en vue d\u2019y découvrir la température de l\u2019esprit public en Angleterre, à l\u2019heure où le parlement discutait la charte canadienne.Je voulus savoir, en particulier, quels échos de l\u2019imminente révolution américaine arrivaient déjà dans la métropole, et en second lieu, si l\u2019opinion anglaise rattachait de quelque façon cette menace à l\u2019Acte de Québec.Je 1 Texte lu par l\u2019abbé Groulx au Congrès de l\u2019Association canadienne-française pour l\u2019avancement des sciences, tenu à Montréal, du 2 au 4 nov.1933. A TRAVERS LES VIEUX JOURNAUX 231 recueillis une quarantaine d\u2019extraits de journaux.Mais comme l\u2019ACFAS nous a recommandé la brièveté, je j\u2019ai pas l\u2019intention de produire tous ces textes ici; qu\u2019il me suffise d\u2019en offrir une dizaine, que je transcris sans commentaires.Pour entendre comme il convient la signification de ces articles de journaux, on voudra bien se rappeler que Y Acte de Québec fut d\u2019abord présenté à la Chambre des lords, le 2 mai 1774; que la seconde lecture en fut faite aux Communes le 26 mai; qu\u2019il y fut voté le 13 juin et qu\u2019il reçut la sanction royale le 22 juin 1774.Quelques-uns de ces extraits de journaux sont antérieurs au débat parlementaire; les autres le suivent immédiatement.I.Au sujet des rumeurs de rébellion: The St.James Chronicle, (1er et 3 fév.1774).\u201cToute l\u2019Amérique est en feu au sujet de l\u2019exportation du thé.Les gens de New-York, aussi bien que ceux de Boston et de Philadelphie, sont, à ce qu\u2019il semble, déterminés à ne point laisser débarquer de thé.Ils ont publié à grand tirage un journal qui a nom Alarm, qui commence en ces termes: \u201cChers Compatriotes,\u201d et qui les exhorte à ouvrir les yeux en leur qualité de Fils de liberté, à rejeter tout lien avec le Tyran, leur mère-patrie.Ils ont, à cette occasion, levé une compagnie d\u2019artillerie, et chaque jour, ils font l\u2019exercice à la cible\u201d.Même journal (3 et 5 fév.1774). 232 l\u2019action nationale \u201cPar un navire qui vient d\u2019arriver nous apprenons que les gens de Boston, de Philadelphie et de New-York étaient dans un état de rébellion ouverte, lorsque ce navire fit voile de Boston.\u201d II.Relation de cause à effet entre la rébellion et l\u2019Acte de Québec.Le Public Advertiser (11 juin 1774).\u2018\u2018On me dit que la politique de ce projet de loi est de mettre les Canadiens de bonne humeur, afin qu\u2019ils puissent constituer un frein contre les Nord-Américains, de la même manière qu\u2019ils le furent déjà, lorsqu\u2019ils étaient sous la domination de la France.\u201d The Morning Chronicle and London Advertiser (20 juin 1774).Je résume l\u2019article: Ce bill, dit le journaliste, me rappelle l\u2019histoire d\u2019un vieux maître d\u2019école tory, ennemi acharné des whigs et qui, n\u2019ayant que des élèves de parents whigs et jacobites, prenait plaisir à fomenter entre eux des querelles, les faisait se battre bande contre bande, et ainsi esquinta ses élèves pour le plaisir de satisfaire ses rancunes.St.James Chronicle (23 et 25 juin 1774).\u201cPourquoi établir la religion catholique au Canada ?demande un Monsieur de la Horse Guard à un courtier renommé.\u201cParce que, répond celui-ci, le Canada commande, par sa position, tout le A TRAVERS LES VIEUX JOURNAUX 233 continent américain\u201d \u2014 \u201cMais je ne vois pas encore l\u2019à-propos d\u2019établir la religion catholique en cette province,\u201d reprend l\u2019autre \u2014 \u201cPoh?Poh! mon bon ami, dit le courtier, quoique excellent soldat, vous êtes un assez piètre politique.Que pensez-vous d\u2019une armée permanente de catholiques établie sur cette favorable position stratégique ?\u2014 \u201cDites-vous pareille chose ?réplique le soldat.Je commence à vous comprendre; ce serait, à n\u2019en pas douter, une admirable verge pour enfants désobéissants\u201d.The Public Advertiser, (25 juin 1774).Un correspondant qui signe Probus en réponse à A Member qui avait pris la défense des partisans du bill de Québec, riposte en posant trois questions, dont la première est celle-ci: \u201cEst-ce que l\u2019un des principaux motifs qui ont poussé à restituer aux Canadiens leurs anciennes lois ne serait pas, non seulement d\u2019accroître et de fortifier leur allégeance, mais aussi de se servir d\u2019eux comme d\u2019un frein contre l\u2019insolence de leurs voisins et de tenir ainsi à discrétion, par l\u2019opposition des institutions juridiques et législatives, le reste de ce vaste continent d\u2019Amérique?\u201d The Gazettier and New Daily Advertiser, (29 juin 1774).Un correspondant qui signe Philanthroposécrit: \u201cComme j\u2019espère que nous sommes maintenant 234 l\u2019action nationale d esprit plus calme que le jour du Quebec Bill, mettons de côté tout préjugé et scrutons cette dernière loi impartialement.Mes amis, cette loi ne fut pas rédigée pour rappeler ici le \u201cPretender\u201d, ni pour faire croire aux catholiques qu\u2019ils sont traites par nous selon les principes d\u2019une générosité sans pareille; notre ministère n\u2019a pas songé, non plus, à se débarrasser du Canada; ce sont là des idées qu il est bien inutile d\u2019entretenir.La vérité, c\u2019est que les ministres veulent cajoler Louis XVI (par amour ou par crainte, je vous le laisse à décider) et, par ce moyen, posséder en Amérique, entièrement à leur dévotion, un sûr refuge pour leurs soldats, afin de surveiller les agissements des colo-nistes protestants et de les écorcher s\u2019ils hésitent à plier le cou sous le joug britannique.Lecteur, prends la carte du Canada, et vois quelle position avantageuse offre Québec pour une telle fin.Et alors suis-moi en mon raisonnement\u201d.Je dis que le Canada est appelé à devenir une citadelle du cabinet, destinée à tenir dans la terreur les libres Américains protestants, tout comme la citadelle de Kell, lorsque Louis XIV eut achevé la conquête de 1 Alsace, fut érigée pour loger les catholiques de Strasbourg et leur permettre d\u2019écraser leurs compatriotes, si ceux-ci tentaient de recouvrer leur ancienne liberté.Québec et tout le Canada seront un sûr refuge pour tout coloniste catholique, et tiendront le rôle d\u2019un frein perpétuel contre les A TRAVERS LES VIEUX JOURNAUX 235 protestants.Rien de tout cela n eut pu s accomplir, si le protestantisme fût resté là-bas prédominant.\u201d The London Evening Post (28 juin 1774).\u2018\u2018Le ministère a pensé qu\u2019il était de bonne politique d\u2019implanter de force les principes serviles du papisme et de l\u2019arbitraire sur un immense espace des possessions anglaises en Amérique, en guise de frein pour réprimer le libre esprit et les agitations constitutionnelles de toutes nos autres colonies en cette contrée.Mais cette politique est de même espèce que s\u2019il eût avisé Sa Majesté d\u2019introduire, au milieu de la nation anglaise, une armée de mercenaires étrangers, pour la tyranniser et la réduire à l\u2019état d\u2019esclavage.\u201d Pour se bien expliquer le ton et la teneur de ces articles de journaux, il faut encore se souvenir qu\u2019une autre énigme se dressait dans l\u2019esprit du public.L\u2019Acte de 1774 avait extraordinairement soulevé en Angleterre la passion religieuse.Pendant les mois qui suivent le vote de l\u2019Acte de Québec, le St.James Chronicle en particulier ne cesse de vomir les pires fureurs.Il est tout plein de lettres et de correspondances enflammées contre le Quebec Bill, \u201cétablissements officiels du papisme dans l\u2019empire\u201d.Dans le Morning Chronicle and London Advertiser (7 juin 1774), un correspondant va jusqu\u2019à menacer le roi d\u2019un soulèvement 236 l\u2019action nationale comme celui qui fut dirigé contre Jean Sans Terre si Sa Majesté persiste à violer la constitution en refusant son veto à des bills comme ceux de Québec et de Boston.On accuse même le roi d\u2019avoir fait à la constitution des brèches qui ont coûté la tête à Charles 1er.Le St.James Chronicle du 11 et du 14 juin fait observer, pour sa part, que, non seulement Y Acte de Quebec porte un coup droit aux lois antipapistes du royaume, mais rend impossibles désormais les intransigeances de l\u2019anglicanisme contre les sectes dissidentes.Le journal note, en effet, que les évêques de l\u2019Église d\u2019Angleterre ont voté une loi pour établir légalement le papisme au Canada, alors qu\u2019au cours des deux sessions précédentes ils avaient constamment repoussé toute mesure de tolérance légale en faveur des dissidents du royaume.Ainsi le public se demandait, intrigué, quels motifs si puissants, si extraordinaires, avaient fait braver la terrible explosion des colères populaires.Et il doutait fort que le seul amour spéculatif du droit des gens y eût suffi.Lionel GROULX, ptre Les sciences Les sciences naturelles dans la province de Québec Les ressources fondamentales de la province de Québec: celles qui proviennent des bois, de l\u2019agriculture, de l\u2019élevage, des mines, sont justiciables du groupe des sciences connues sous le nom de \u201csciences naturelles\u201d: botanique, zoologie, géologie, tant à l\u2019état de sciences pures qu\u2019à celui de sciences appliquées.La mise en valeur du sol, la recherche des moyens utilisables pour établir et faire vivre une population sans cesse croissante, dépend en premier lieu de la connaissance que nous aurons de la structure intime du pays, de la nature de son sous-sol, des possibilités offertes par les auxiliaires vivants de l\u2019homme: les animaux et les végétaux.I \u2014 LES BESOINS DU PAYS Examinons tout d\u2019abord les.catégories de techniciens indispensables pour l\u2019exécution de ce programme d\u2019étude et de mise en valeur.1° On parle fréquemment de l\u2019\u201cindustrie\u201d du bois, et en effet il s\u2019agit bien là de \u201ctransformer une matière brute inutilisable en objets directement utilisables par l\u2019homme\u201d, selon l\u2019excellente défini- 238 L ACTION NATIONALE tion de M.Blanchard.Mais l\u2019industrie du bois n\u2019est nullement comparable à l\u2019industrie du fer ou à celle du charbon par exemple.Ici la matière première se reconstitue ou peut se reconstituer avec l\u2019aide d\u2019un être vivant: l\u2019arbre.Dans ce cas, il convient donc de doubler l\u2019industrie proprement dite d\u2019une \u201cculture\u201d; et la \u201csylviculture\u201d est le complément indispensable de toutes les industries forestières: exploitation du bois d\u2019œuvre, de pulpe, de chauffage, de la résine, du sucre, des fruits de la forêt.Les forêts, bien loin d\u2019être une richesse sans limite, s\u2019épuisent, s\u2019appauvrissent si des règles ne président pas à leur exploitation et si la régénération des essences utiles n\u2019est pas assurée d\u2019une façon prévoyante.2 ° Aussi fragiles sont les ressources animales liées à la forêt et aux eaux: la pêche, la chasse des animaux à fourrure peuvent être une ressource capitale pour le pays si l\u2019on apporte une attention vigilante au repeuplement des étangs et des bois.3° Est-il nécessaire de parler des agronomes, du développement constant des services chargés de lutter contre les maladies et les insectes destructeurs de récoltes, des services vétérinaires, des services de sélection des espèces animales et végétales ?4° Faut-il ajouter que, dans un pays où la colonisation progresse constamment aux dépens de la LES SCIENCES NATURELLES 239 nature inculte, il est toujours plus nécessaire de développer l\u2019étude des sols: la pédologie, la géographie physique, la météorologie, les stations d\u2019essais agricoles, pour rechercher les meilleures conditions d\u2019établissement des nouveaux centres en création et les moyens les plus efficaces d\u2019orienter leur activité.Les géologues eux aussi ont à jouer à cet égard un rôle toujours plus grand, non seulement dans leur recherche de nouveaux gisements miniers, mais encore pour résoudre les problèmes d\u2019adduction d\u2019eau, de drainage, déterminer l\u2019influence qu\u2019exercent les conditions du sous-sol sur le sol superficiel.5° Au premier rang des biologistes il faut, bien entendu, citer les membres du corps médical.La Médecine, c\u2019est-à-dire la partie des Sciences naturelles qui concerne le corps humain, ses infirmités et ses disgrâces, requiert, en dehors même de son objet principal, des connaissances de plus en plus étendues de biologie générale : étude des parasites de toute espèce, des ennemis infiniment petits : bactéries protozoaires, qui attaquent la vie humaine; étude des réactions générales des corps organisés en présence des agents physiques et chimiques.6° En plus de l\u2019agriculture sous toutes ses formes et des sciences médicales, l\u2019industrie proprement dite est justiciable en partie des applications des sciences naturelles: sans parler de l\u2019industrie minière qui, naturellement, relève de la science du 240 L ACTION NATIONALE géologue, certaines industries telles que celle de la bière, du cidre, des fromages, de la laiterie, des produits pharmaceutiques, nécessitent la collaboration de bactériologistes, de biologistes toujours plus au courant des découvertes récentes.7° Enfin il devient possible de dire que, dans la période présente, aucun homme cultivé ne peut se permettre certaines ignorances dans le domaine des sciences de la nature sans s\u2019exposer à faillir à une partie de sa tâche.La vie du territoire canadien a été désaxée, écartée de son équilibre millénaire par le développement rapide de la colonisation.Le nouvel état d\u2019équilibre n\u2019est pas encore trouvé.Pour y parvenir, chose indispensable à l\u2019avenir du pays et même à la prospérité dans les temps prochains, il faut que tous travaillent d\u2019abord à comprendre et à faire comprendre la nature canadienne.Tous, quelle que soit leur occupation principale: membres du clergé, médecins, avocats fonctionnaires, commerçants, ont une œuvre admirable à accomplir en travaillant chacun dans sa sphère, à répandre l\u2019amour et le respect de la nature, de la vie immense de la terre, des forêts et des eaux.Un simple détail dans l\u2019aménagement d\u2019un jardin de campagne, d\u2019un coin de bois, quelques idées semées au hasard dans l\u2019esprit des enfants peuvent être des éléments d\u2019une valeur inestimable pour opérer l\u2019accord profond de l\u2019homme avec sa terre, pour réaliser l\u2019harmonie qui est la LES SCIENCES NATURELLES 241 source de toute beauté.Cette harmonie de l\u2019homme et de son domaine demande généralement des milliers d\u2019années avant de s\u2019établir; elle est l\u2019apanage des très vieux pays, des très vieilles civilisations.Mais au prix d\u2019efforts soutenus, de l\u2019utilisation des expériences faites au dehors, il est possible de hâter son avènement complet sur la terre canadienne.C\u2019est la tâche des éducateurs, des chefs du peuple dans tous les domaines, ainsi que le montre le rôle admirable joué par les prêtres des campagnes et des villes en France et au Canada, dans les études de botanique, d\u2019entomologie, d\u2019archéologie.Le groupe canadien-français se doit de garder sa place dans cette conquête permanente des forces naturelles de son domaine.Un grand effort a été fait.Il doit se développer sans cesse.En quelques mots nous décrirons ce qui existe actuellement et nous examinerons ce que l\u2019on peut envisager pour l\u2019avenir.II \u2014 LA FORMATION DES NATURALISTES La courte revue qui va suivre, sera limitée à quelques exemples qui me sont mieux connus, et qui peuvent être considérés comme typiques du rapide essor que prennent actuellement les études des Sciences naturelles dans la province.Beaucoup d\u2019organisations pleines de mérite seront omises, nullement par méconnaissance de leurs qualités, 242 l\u2019action nationale mais parce qu\u2019une étude plus complète nous entraînerait loin du cadre restreint de cet article.On m\u2019excusera donc de commencer mon étude par le sujet qui m\u2019est le plus familier: l\u2019Université de Montréal.1° Enseignement supérieur.C\u2019est peut être sous le rapport des sciences naturelles que les trois Universités de la province: Laval, McGill et Montréal, collaborent le plus étroitement et entretiennent les rapports les plus suivis entre leurs laboratoires.Rien ne saurait être plus fécond et plus utile que cette amicale collaboration.D\u2019ailleurs, les efforts accomplis de part et d\u2019autre sont tels qu\u2019elle se fait sur un pied de parfaite estime réciproque et d\u2019égalité, nul n\u2019ayant à se sentir humilié auprès de son voisin.L\u2019Université de Montréal est connue dans les milieux botaniques du monde entier par l\u2019œuvre du Frère Marie Victorin et de ses élèves.Nous désirons insister sur le côté plus spécialement éducatif des œuvres liant leur activité à celle de l\u2019Institut botanique: la Société d\u2019Histoire Naturelle, les Cercles des jeunes naturalistes, la création du Jardin botanique.L\u2019ensemble de la Société et des C.J.N.dont le R.F.Adrien, C.S.C.est l\u2019âme, représente une admirable synthèse alliant l\u2019éducation et la recherche, établissant un contact vivant entre les jeunes enfants qui ouvrent des yeux émerveillés sur les mystères de la nature et les naturalistes LES SCIENCES NATURELLES 243 déjà âgés et avertis, qui sont pour eux des guides et des initiateurs.Trois cent vingt-cinq cercles de jeunes naturalistes répartis dans tout le Canada et même hors de ses frontières attestent le rayonnement et la puissance de cette nouvelle organisation, l\u2019une des plus heureuses que l\u2019on puisse imaginer pour réunir les trois ordres d enseignement dans l\u2019accomplissement de leur commune tâche.La tâche d\u2019enseignement qui incombe au Département de Biologie apparaît sous un double aspect: il est chargé de la formation biologique, d\u2019une part des futurs étudiants en médecine; d\u2019autre part, conjointement avec l\u2019Institut Botanique, du cadre professoral de 1 enseignement secondaire et primaire supérieur.En vue de remplir d\u2019une façon plus parfaite cette seconde tâche, le Département a organisé un enseignement pédagogique comprenant des leçons d exercice suivies de critiques et de causeries sur la pratique de l\u2019art d\u2019enseigner.Ces exercices sont suivis par plusieurs jeunes professeurs, membres de Congrégations et laïcs.Enfin, pour développer dans tous les milieux la culture scientifique, des conférences publiques de biologie ont été organisées, avec le concours de tous les Départements de la Faculté des Sciences.On ne saurait trop insister sur le rôle que de telles conférences sont appelées à jouer pour maintenir le contact entre l\u2019Université et tous ceux qui ont 244 l\u2019action nationale reçu son enseignement: professeurs, médecins en exercice, et pour lui permettre de développer sans cesse son rôle d\u2019éducation.En plus des deux laboratoires consacrés entièrement aux sciences biologiques, d\u2019autres départements de l\u2019Université apportent un puissant concours a la diffusion des études de sciences naturelles: en chimie biologique, sous l'impulsion des Drs G.Baril et J.Labarre; en histologie et embryologie, sous celle des Drs P.Masson, Van Campenhout, Simard; en bactériologie, sous celle du DrFrappier; en minéralogie avec M.Mailhot.Conformément aux récentes instructions pontificales, le Doyen de la Faculté de Philosophie, le R.P.Forest, O.P., a introduit dans le programme de ses cours une part importante d\u2019étude des sciences de la nature.Rien ne saurait mieux montrer la nécessité du rôle que ces sciences sont appelées à jouer dans la formation générale de l\u2019esprit humain.Les progrès récents que nous venons de citer montrent à quel point l\u2019Université de Montréal est vivante et se développe en dépit de la crise financière qu\u2019elle traverse.Magnifiquement révélés par le présent Congrès de l\u2019A.C.F.A.S., ils font la plus grand honneur au personnel de l\u2019Université qui assume bénévolement, en plus de son service normal, le surcroît de travail résultant de ces nouvelles activités.Il faudrait un livre pour énumérer simplement LES SCIENCES NATURELLES 245 les développements qu\u2019offre l\u2019enseignement des sciences naturelles dans les divers Instituts d\u2019enseignement supérieur des sciences appliquées, affiliés à l\u2019Université de Montréal; la géographie à l\u2019Ecole des Hautes Etudes Commerciales grâce aux efforts de MM.Laureys, Blanchard, B.Brouil-lette, Vézina; toutes les branches de la biologie à l\u2019Institut agricole d\u2019Oka, bien connu parmi les bactériologistes américains, grâce aux travaux du Dr Rosell et de ses collègues; la minéralogie à l\u2019École Polytechnique.Je laisse également à des voix plus autorisées que la mienne le soin de décrire toute l\u2019œuvre accomplie en ce sens par l\u2019Université Laval et les établissements qui en dépendent.Qu\u2019il me soit permis seulement d\u2019y mentionner trois éléments qui peuvent avoir une importance considérable pour l\u2019avenir des sciences naturelles dans la province de Québec: 1° la formation d\u2019un centre d\u2019études de paléontologie et de géologie sous la direction de M.l\u2019abbé Laverdière et de M.K.Faessler; 2° la fondation par le gouvernement provincial, grâce aux efforts de l\u2019honorable ministre H.Laferté et de M.le sous-ministre L.-A.Richard, du Jardin zoologique de Québec, confié aux soins éclairés du Dr Brassard; et 3° la création récente de Y Institut de biologie marine pourvu de sa station de Trois-Pistoles et de son navire d\u2019étude le \u201cLaval\u201d.Réalisée grâce aux efforts de M.l\u2019abbé Vachon, des 246 l\u2019action nationale docteurs Risi et Déry et de leurs collègues de l\u2019Université Laval, la Station biologique du Saint-Laurent devient un vivant trait-d\u2019union entre les deux Universités et voit chaque été la collaboration amicale des professeurs et des étudiants de Québec et de Montréal.Les relations ne sont pas moins cordiales entre les laboratoires de sciences naturelles de l\u2019Université de Montréal et de l\u2019Université McGill.Et déjà nous voyons s\u2019esquisser une spécialisation et une collaboration féconde entre les trois grandes Universités: selon leur spécialité, les chercheurs peuvent se diriger, pour les études de botanique systématique, vers l\u2019Institut du Frère Marie Victorin; pour certains travaux de cytologie et de physiologie végétale, vers les laboratoires des professeurs Lloyd, Huskins et Tates; pour les recherches de paléontologie vers le laboratoire de l\u2019abbé Laverdière; pour celles de biologie marine vers la Station de Trois-Pistoles; sans pour cela rompre les liens qui les rattachent à leurs Facultés d\u2019origine.2° Enseignement secondaire.Ne pouvant traiter en quelques pages un sujet aussi vaste que l\u2019enseignement secondaire des sciences naturelles ou énumérer d\u2019une façon complète tout ce qui a été accompli dans ce domaine au cours des dernières années, je me bornerai à citer quelques réalisations récentes, et ce que j\u2019ai pu constater personnellement. LES SCIENCES NATURELLES 247 Pour répondre au développement de plus en plus considérable des connaissances scientifiques et au besoin de leur accorder un rôle plus important dans l\u2019instruction à tous les degrés, la plupart des Collèges et établissements d\u2019enseignement secondaire ont agrandi ou créé des laboratoires et font aux sciences une place de plus en plus grande dans leurs programmes.Citons parmi eux: l\u2019externat classique de Saint-Sulpice, le Séminaire de Montréal, les Collèges de Saint-Laurent, du Mont-Saint-Louis, Jean-de-Brébeuf, Loyola, les Séminaires de Joliette, de Saint-Hyacinthe, l\u2019Institut Pédagogique des Soeurs de la Congrégation Notre-Dame, l\u2019École Normale des Sœurs de la Présentation à Saint-Hyacinthe et beaucoup d\u2019autres.Déjà se dessinent les grandes lignes d\u2019un programme commun.La botanique, la zoologie, la géologie, la géographie doivent être enseignées d\u2019un point de vue principalement canadien, au moyen de programmes et de manuels appropriés, comme l\u2019ont fait remarquer si justement au congrès MM.G.Préfontaine et B.Brouillette.Au contraire, pour l\u2019enseignement de l\u2019hygiène, de l\u2019anatomie et de la physiologie humaine, le procédé le meilleur et le plus simple est d\u2019avoir recours aux plans d\u2019études français et aux excellents manuels qui leur correspondent et conservent leurs qualités en tous pays.De jeunes professeurs, membres des Congrégations pour la plupart, suivent en nombre croissant 248 L ACTION NATIONALE les cours de la Faculté.Pourvus d\u2019une Licence, d\u2019une maîtrise ès sciences, parfois d\u2019un doctorat, ils reviennent à leurs collèges prendre la charge de l\u2019enseignement scientifique.On doit concevoir d\u2019une façon très active le rôle que doit jouer l\u2019Université à leur égard, rôle de collaboration et d\u2019entr\u2019-aide.Rappelons que presque toutes les créations récentes: les Cercles des jeunes naturalistes, les conférences publiques de biologie, l\u2019enseignement pédagogique des sciences naturelles, ont été faites pour aider ces jeunes maîtres, avec leur concours, et doivent devenir, pour l\u2019accomplissement de leur tâche, des instruments précieux.3° Enseignement primaire.Comme pour l\u2019enseignement secondaire, il ne peut être question de fournir ici qu\u2019une esquisse sommaire et incomplète.Félicitons-nous de constater dans ce domaine les admirables résultats obtenus par la Commission des écoles catholiques de Montréal, sous l\u2019impulsion de M.Victor Doré.Dans ses programmes, l\u2019enseignement des sciences naturelles est appelé à prendre une place croissante : hygiène fondée sur la connaissance de la structure et du fonctionnement du corps humain; botanique, zoologie, géologie, géographie dirigées, comme dans l\u2019enseignement secondaire, vers une compréhension plus particulière du territoire canadien.Les Écoles normales, les Écoles primaires supé- LES SCIENCES NATURELLES 249 rieures, les Scolasticats méritent à cet égard une attention spéciale, car leur ensemble constitue la clé de voûte de tout le système éducatif primaire.La pédagogie des sciences naturelles, si particulière, si différente de celle des autres enseignements scientifiques et littéraires par son nécessaire et constant contact avec le concret, avec le vivant, a sa place marquée dans tous les organismes pédagogiques existants: les hautes classes des Écoles Normales, l\u2019Institut pédagogique Saint-Georges, les Cours de Pédagogie de l\u2019Université.En résumé les sciences naturelles sont appelées à jouer un rôle de premier plan dans la formation intellectuelle de l\u2019élite du pays, de toutes les élites.En dehors de leur tâche de culture générale, elles fournissent, et devront fournir en quantités sans cesse croissantes les techniciens indispensables au développement des ressources du sol.En rapport avec ces besoins, dans les trois ordres d\u2019enseignement: primaire, secondaire, supérieur, se dessinent les éléments d\u2019un système éducatif complet de sciences naturelles.Il nous appartient à tous, à tous ceux qui, de près ou de loin, jouent un rôle dans l\u2019éducation de la jeunesse canadienne, de renforcer, de relier, de grouper ces éléments en pleine progression pour en faire un système cohérent toujours plus efficace et plus vivant.Henri PRAT, D.Sc., professeur â l\u2019Université de Montréal L\u2019 architecture L\u2019oeuvre architecturale de Dom Paul Bellot, O.S.B.Au nombre des conférenciers de l\u2019Institut Scientifique, pour cette année 1933-34, il faut compter le fameux moine bénédictin de France: Dom Paul Bellot, O.S.B., diplômé par le gouvernement de son pays.Cet architecte religieux est un rénovateur de l\u2019architecture de valeur suivant la tradition des moines constructeurs du moyen âge.Par le seul mérite d\u2019une architecture personnelle, Dom Bellot s\u2019est acquis, à travers le monde, un prestige digne de la beauté de ses talents.Les revues d\u2019art européennes et américaines ont tour à tour offert à ce brillant artiste leur part d\u2019hommages et de félicitations.La Société Centrale des Architectes Français de Paris vient de lui faire l\u2019honneur d\u2019une médaille pour \u201cses remarquables travaux d\u2019architecture privée\u201d.C\u2019est un des membres du groupement artistique L\u2019ARCHE, dont l\u2019idéal est la restauration de l\u2019art religieux dans une société chrétienne.* * * Paul Bellot naquit à Paris en 1876.Fils d\u2019architecte, il reçut une excellente formation, étudia à l\u2019École des Beaux-Arts où il obtint son diplômé d\u2019architecte.Le jeune étudiant voyagea aussi en Italie et en Espagne, \u201cpays de la couleur et de DOM BELLOT 251 lumière\u201d.Il y fit de jolies aquarelles, qui furent couronnées au Salon de 1901.Il n\u2019est donc pas étonnant que chez cet artiste ait toujours percé le souci constant de la décoration polychrome.Né de famille modeste et pieuse, le jeune homme aimait la méditation et l\u2019étude.Ses premiers succès déjà lui annonçaient un avenir brillant, mais il y renonça.Fidèle à l\u2019appel divin en son âme, il se fit religieux bénédictin.L\u2019abbaye de Solesmes, où il entra, était alors exilée en Angleterre par les lois françaises.Paul Bellot alla rejoindre les moines bénédictins logés dans un vieux château très délabré dans l\u2019île de Wright (Angleterre).Les autres monastères français du même ordre s\u2019étaient réfugiés en Belgique et en Hollande.Tous les religieux étaient logés provisoirement; il fallait construire.C\u2019est là que le Père Abbé réclama les services de son moine architecte pour élever les constructions nécessaires.* * * Dom Bellot commença donc par construire à l\u2019étranger.Il prépara les plans pour deux vastes monastères: l\u2019un dans l\u2019île de Wright (Angleterre), terminé en 1912 par la construction d\u2019une magnifique église monastique; l\u2019autre à Oosterhout (Hollande); l\u2019église provisoire fut achevée en 1920 par l\u2019addition d\u2019un sanctuaire d\u2019une conception toute nouvelle. 252 l\u2019action nationale Les difficultés rencontrées de tous côtés furent légion.Dom Bellot dut apprendre la langue des pays où il travaillait, les mesures et les termes techniques sur lesquels les dictionnaires ne renseignent guère.Il manquait aussi de livres d\u2019architecture.Il a donc fallu qu\u2019il prît en lui la sève de la composition en adaptant les principes aux matériaux, aux exigences et aux programmes locaux.A Noordhoek (Hollande), sur la demande d\u2019un curé \u2014 lequel engagea sa responsabilité auprès de son évêque \u2014 Dom Bellot bâtit sa première église paroissiale, construction modeste mais ravissante à l\u2019intérieur.Véritable petite \u201coasis\u201d pour les catholiques de cette partie de la Hollande, où le paysage est austère et triste.Pour la première fois, Dom Bellot utilisait la brique formant des dessins aux couleurs variées comme parement intérieur.En Hollande, la brique est d\u2019un usage courant, mais ici l\u2019artiste traite ce matériau avec des méthodes nouvelles, originales.Le succès a été grand.La valeur de son œuvre a tout de suite attiré un groupe d\u2019architectes en congrès et un grand nombre d\u2019amateurs d\u2019art.Puis vint une série d\u2019œuvres originales et puissantes qui surprennent par leur variété et témoignent d\u2019une imagination très riche, nourrie aux sources de la tradition bien comprise.Un séminaire à Bavel.A Eindhoven, une église paroissiale, un presbytère, un collège avec gymnase et chapelle. DOM BELLOT 253 Cette dernière est un vrai bijou d\u2019architecture.D\u2019autres églises à Leerdam, Heerle, Nimègre.A Bloemendaal, les talents de l\u2019artiste excellent dans la décoration d\u2019une chapelle de cimetière.A Bruxelles (Belgique), Dom Bellot vient de terminer le vaste et joli couvent des Visitandines.Dom Bellot, rapatrié au moment de la grande guerre, poursuit son apostolat artistique par toute la France.Déjà s\u2019élève l\u2019église de Comines (Nord) construite en béton armé et en brique de couleur.A Hardecourt (Somme), le moine architecte construit une église complète en brique avec la somme d\u2019argent disponible pour la construction d\u2019un sanctuaire neuf à l\u2019ancienne église.Autres églises à Troyes (Aube) et à Audincourt (Doubs).Aussi un couvent à Montpellier et à Wisques (Pas de Calais) un nouveau monastère, œuvre exquise miroitant les talents et le goût fin de l\u2019artiste.Près de Paris, à la demande de S.E.le Cardinal Verdier, Dom Bellot construit l\u2019église de Suresnes.* * * Sauf quelques créations récentes en béton armé, toutes les constructions de Dom Bellot ont été réalisées en brique non enduite, à l\u2019intérieur comme à l\u2019extérieur.Il accepte les matériaux du pays où il construit, mais le grand constructeur en fait les serviteurs de ses principes et en tire un parti fort ingénieux. 254 l\u2019action nationale Au début il employait la pierre à côté de la brique; mais il y renonça bientôt pour tirer uniquement de la brique la forme de ses baies, de ses arcs et de ses chapiteaux.Avec une exraordinaire assurance, il utilise toutes les nuances de la brique; les jaunes, les roses, les gris et les noirs s\u2019harmonisent et forment une gamme parfaite.C\u2019est ce qui a valu à l\u2019artiste la gracieuse appellation de \u201cpoète de la brique\u201d.Tous ses bâtiments d\u2019architecture ont été exécutés avec les ressources les plus minimes que l\u2019on puisse imaginer.Le matériau est modeste et pas cher : la brique et le béton pour la charpente et les murs, la tuile de ciment pour les parquets.Donc, deux grands principes sont à la base de l\u2019œuvre architecturale de Dom Be Ilot: Rationalisme et Economie.Car l\u2019art véritable, imitant à sa manière le Créateur, a horreur du gaspillage qui est profusion désordonnée.Libéralité n\u2019est pas prodigalité.L\u2019architecte vraiment capable saura, avec des moyens très simples, faire régner en toute son œuvre la beauté, d\u2019ailleurs telle qu\u2019elle nous apparaît partout dans la nature.Par ses travaux importants dans plusieurs pays d\u2019Europe, Dom Bellot a vite acquis une solide expérience; il est devenu un habile constructeur.Il a trouvé le vrai type d\u2019église de campagne (tel que rêvé chez nous).église à la fois liturgique, belle et peu coûteuse. DOM BELLOT 255 Dom Bellot a aussi les qualités d\u2019un artiste.Dans toutes ses œuvres il cherche l\u2019harmonie, la beauté abstraite.On comprendra pourquoi ses églises sont remarquables.Ne cherchant pas l\u2019occasion d\u2019exposer tel ou tel matériau, il se préoccupe d\u2019éveiller le sentiment esthétique pour élever l\u2019âme à la hauteur des beautés surnaturelles.Il s\u2019efforce de créer une atmosphère paisible.transition entre les bruits du monde et la Jérusalem Céleste.Pour cela, l\u2019artiste a recours à un moyen ingénieux: une disposition particulière de l\u2019éclairage.La lumière, comme filtrée par des claustres, baigne doucement l\u2019intérieur.* * * C\u2019est parce qu\u2019il est religieux que ses dons d\u2019artiste ont permis à Dom Bellot de créer un style neuf avec les matériaux de tout le monde.A l\u2019exemple de toutes les grandes âmes, il s\u2019est retiré du monde pour mieux réfléchir et agir ensuite sur lui.Le Père prépare chaque journée de travail à l\u2019ombre du cloître, dans la méditation et la prière.En chantant les versets de l\u2019Ecriture Sainte, il apprend a connaître son Dieu, la Vérité et la Beauté Souveraines.Cette vie est ordonnée, Le moine architecte, vivant de sa foi, a de l\u2019ordre en lui; cet ordre rayonne dans ses œuvres.Edgar COURCHESNE, architecte Le congrès de l\u2019ACFAS Le sens d\u2019un événement Le récent congrès de l'Associat/on canadienne-française pour Vavancement des sciences fut un événement unique dans les annales du Canada français.Fondée il y a une douzaine d\u2019années, cette association, similaire à celles qui existent aux États-Unis et en Angleterre notamment, groupe les diverses sociétés scientifiques de notre province.C\u2019est une vaste équipe qui recrute ses travailleurs dans le personnel de nos deux universités françaises.Le but de cette simple note n\u2019est pas de résumer les travaux présentés au congrès, mais de dégager la signification nationale de cet événement.Que chercheurs et savants se soient réunis en séances d\u2019études et qu\u2019ils projettent d\u2019avoir leurs assises annuelles, voilà un témoignage nouveau.Ce congrès scientifique a mis en lumière le rôle primordial de l\u2019université dont on se fait souvent une représentation incomplète.On la considère comme une institution qui ne pourvoit qu\u2019au recrutement des professions libérales.Mais une université est plus que cela; elle constitue un centre de recherches et de haute éducation.Voilà le propre de l\u2019enseignement supérieur qui, sans viser à la préparation d\u2019une carrière spécifique, provoque des recherches LE SENS D\u2019UN ÉVÉNEMENT 257 approfondies en théologie, en philosophie, en sociologie, en lettres et en sciences.Tel est depuis le moyen âge le concept que l\u2019on se fait du rôle d\u2019une université.Les témoignages abondent sur la valeur insurpassée de quelques-unes des facultés de nos universités françaises.L\u2019heure était venue de montrer la qualité de notre haut enseignement scientifique.Pour plus d\u2019un citoyen, le congrès de l\u2019ACFAS fut une révélation.Elle signifie les progrès accomplis depuis dix ans, progrès qui résident non dans un perfectionnement accidentel mais dans une véritable promotion à la culture scientifique.Cette manifestation coïncide avec la récente directive pontificale dans Deus scien-tiarum dominus.Pour une université catholique il ne s\u2019agit plus d\u2019enregistrer de la science toute faite; il s\u2019agit d\u2019en faire par une espèce de redécouverte personnelle et par une heureuse application aux conditions de notre milieu.Ce milieu, les Canadiens français n\u2019ont plus le droit de laisser à d\u2019autres le soin de nous en révéler l\u2019opulente complexité.Il convient aussi de se réjouir de l\u2019étroite collaboration que le congrès scientifique de 1933 a provoquée entre nos deux universités catholiques.Individus et institutions ignorent trop l\u2019utilité de l\u2019élan en commun.Nos intérêts les plus chers au point de vue culture, qu\u2019il s\u2019agisse de sciences naturelles, de sciences morales ou de sciences 258 l\u2019action nationale philosophiques, requièrent qu\u2019au service du Canada français nos universités catholiques marchent au pas d\u2019ensemble.A cette condition seulement, on parviendra à établir la valeur culturelle d\u2019une civilisation française et catholique.Dans un milieu où pour tant d\u2019esprits l\u2019argument concluant est le fait, le congrès de VAssociation canadienne-française pour ïavancement des sciences en a posé un, avec une vigueur magnifique.Témoignage en faveur de la culture scientifique, voilà le premier mérite des activités de l\u2019ACFAS.Elles ont déjà une signification nationale, attendu que le génie d\u2019une race doit se manifester dans le domaine où le réclament les exigences de l\u2019époque, sans oublier pourtant les sphères particulières qui donneraient à nos universités une originalité propre: le droit romain, la philosophie thomiste et la sociologie catholique.Mais de telles disciplines postulent de nos jours un caractère technique.L\u2019on soupçonne, par exemple, ce que la critique des textes et la paléographie procurent d\u2019éclaircissement à l\u2019étude de la philosophie médiévale.Il importe de se rappeler ce mot de Lucien Romier: \u201cTout ce que la nation consacre à la science lui sera rendu au centuple.Toute économie qu\u2019elle fait sur les frais de la science, toute atteinte qu\u2019elle laisse porter au prestige de la science se traduiront pour elle par des pertes et quelquefois de lourdes défaites\u201d. LE SENS D\u2019UN ÉVÉNEMENT 259 Le bien \u201cait de l\u2019intensification de la culture scien-t fique s\u2019étend déjà à la méthodologie de l\u2019enseignement des sciences.En cet ordre d\u2019idées, l\u2019exposition des Cercles des Jeunes Naturalistes, affiliés à la Société des Sciences naturelles de l\u2019ACFAS, fut également une révélation.Les pédagogues y ont vu la substitution de la méthode directe à la méthode livresque, dont le plus grand vice est de faire croire à la vertu exclusive du manuel.De là à ne jamais faire soupçonner qu\u2019il y a mieux que le manuel, en sciences, en philosophie, en littérature, il n\u2019y a qu\u2019un pas.Ce culte de la notion, c\u2019est \u201cle dogmatisme badaud des théories\u201d, selon l\u2019expression de Léon Daudet, dans Les Primaires.Le manuel est un guide, non une borne.C\u2019est une indication pour l\u2019esprit et qui l\u2019invite à étudier le concret et le réel.Les sciences naturelles chez nous ont d\u2019abord pour objet l\u2019étude de notre milieu.Qu\u2019une méthodologie plus réaliste y achemine, voilà un progrès véritable.Supposons une pédagogie mieux avertie du vrai rôle de la mémoire, qui prolonge l\u2019estimative et non l\u2019imagination.De fait même, elle sera réaliste.Partant, elle appliquera les notions générales au milieu physique, s\u2019il s\u2019agit des sciences naturelles.La botanique ne sera plus ainsi l\u2019étiquetage d\u2019un paysage inconnu, qu\u2019à l\u2019aide du livre l\u2019imagination pourra peut-être reconstituer, mais d\u2019un paysage exploré, aisément appréciable par l\u2019esti- 260 l\u2019action nationale mative.Dans les sciences abstraites, lettres et philosophie, telle pédagogie réaliste tiendrait compte du milieu culturel.Le savoir s\u2019insérant dans une tradition serait vivifié par les preuves d\u2019une fécondité successive dans le temps.L\u2019intelligence ne voguerait plus à la dérive, mais vers le but primordial, enrichie des apports de son milieu physique et de son milieu idéal.La richesse d\u2019être est la mesure de l\u2019originalité.Un axiome veut que l\u2019on produise en tant que l\u2019on est, et que l\u2019on est un être distinct.Le jour où notre pédagogie sera réaliste, la formation d\u2019un Canadien français deviendra son objet premier.Il suffira alors qu\u2019un homme du métier traduise en formules didactiques les données d\u2019une doctrine d\u2019éducation nationale.Nous nous complaisons trop dans l\u2019abstrait.Entre l\u2019idée et l\u2019acte, entre la doctrine et l\u2019application, il y a une telle interdépendance que nos progrès \u2014 et donc nos revanches \u2014 seraient plus prochains et plus visibles s\u2019il y avait chez nous plus de réalisateurs hardis.Hermas BASTIEN Pour qu\u2019on vive.Chez les jeunes Décidément, il se passe quelque chose chez les jeunes.Un ouvrier d\u2019une petite ville industrielle nous écrit pour nous dire le lamentable état d\u2019esprit, du point de vue national, de la classe ouvrière autour de lui.La ville qu\u2019il habite portait jadis un beau et glorieux nom de vieille origine française.A ce nom est venu s\u2019accoler, hélas, comme il est arrivé si souvent en notre somnolente province, un de ces \u201cFalls\u201d où s\u2019affiche l\u2019inconscience ou la conquérante effronterie des capitalistes étrangers.Ame ardente, le petit ouvrier de X.Falls trouve intolérable la déchéance spirituelle et nationale des siens, l\u2019absence totale chez eux de toute fierté, de la moindre préoccupation patriotique.Aussitôt paru, l\u2019an dernier, le manifeste des Jeune-Canada, il a fait le tour de sa ville pour recruter des adhésions.Mais il voudrait faire davantage.Il voudrait parler, nous dit-il, à la classe ouvrière et agricole, voir s\u2019il est encore possible \u201cde lui secouer le cœur\u201d.Et il nous demande, le pauvre, de lui faire un discours qui l\u2019aiderait à mener sa propagande.Nous lui avons simplement répondu: \u201cNous nous garderions bien de vous broder ce discours, trop assurés de déparer votre pensée et votre langage à vous qui sentez si profondément et 262 l\u2019action nationale douloureusement le laisser-aller, l\u2019indifférentisme national de nos pauvres gens.Vous n\u2019avez qu\u2019à chercher dans votre esprit et dans votre cœur de jeune homme pour y trouver ce qu\u2019il faut dire et bien plus éloquemment que nous ne pourrions le faire.Que n\u2019esquissez-vous, par exemple, devant vos gens le grand rêve conçu par les ancêtres au temps du régime français, les vastes entreprises tentées par eux pour réaliser ce rêve; être les maîtres de l\u2019Amérique du Nord, explorer et garder pendant près de 100 ans, avec une poignée d\u2019hommes, les deux tiers du continent.Dites-leur encore ce qu\u2019ils ont fait, ces mêmes ancêtres, après la catastrophe de 1760, pour rester français; les services rendus à tout leur pays dans la longue bataille pour la conquête des libertés britanniques et pour l\u2019émancipation canadienne-française et canadienne; le résultat de ces luttes aujourd\u2019hui concrétisé dans l\u2019égalité absolue des deux races devant la constitution et dans l\u2019indépendance du Canada.Puis, en regard de ce tableau, décrivez le triste état d\u2019esprit des Canadiens français d\u2019aujourd\u2019hui, n\u2019ayant plus même l\u2019ambition d\u2019être maîtres en leur petite province, résignés au contraire à servir perpétuellement l\u2019étranger; parlant mal leur français, et le défendant encore plus mal, dans un pays où la langue française est pourtant langue nationale au même titre que l\u2019anglais; et acceptant ce traite- POUR qu\u2019on vive 263 ment de race de seconde classe, même en une province qu\u2019ils ont faite, ou ils sont la majorité, et ou, en définitive, ce sont eux, ce sont leurs bras, leur travail, qui fait la richesse d\u2019une poignée de capitalistes anglo-canadiens ou américains.Oui, mon cher monsieur! dites tout cela; et il nous semble que si vous entreprenez de dire ces simples choses comme vous nous paraissez capable de le faire, vos pauvres gens vont vous entendre, se réveiller un peu; et dans six mois, il n\u2019y aura plus de X.Falls, mais un beau nom de chez nous glorieusement débarrassé du masque anglais.\u201cLe Travailleur\u201d On nous demande quelquefois à quel journal s\u2019abonner pour se tenir au courant de la vie franco-américaine.Nous n\u2019hésitons pas à recommander, entre quelques autres, le Travailleur de Worcester, Mass., dont M.Wilfrid Beaubien est le directeur.On peut ne pas partager toutes les opinions du Travailleur sur l\u2019opportunité de quelques-unes de ses polémiques.Il n\u2019en reste pas moins que ce journal reflète une vie profonde.Il ne lui suffit pas d\u2019être une feuille d\u2019information et d\u2019annonces.Il entend bien se montrer par-dessus tout un journal d\u2019idées et de direction.Les plus graves des problèmes qui préoccupent aujourd\u2019hui, et parfois presque à l\u2019angoisse, nos frères d\u2019outre- 264 L ACTION NATIONALE frontière trouvent, dans le journal de Worcester, mieux qu\u2019un écho: une tribune éloquente où l\u2019on ne craint point de les aborder avec franchise et courage.Le Travailleur plaira peut-être davantage par ce qu\u2019il incarne la volonté de vivre des Franco Américains.On ne trouvera chez lui ni lassitude de la lutte, ni fleuretage avec l\u2019américanisation illégitime.Sa position est nette et son ardeur intègre.Secouer tous les engourdissements, toutes les apathies, fouetter les énergies encore vivantes, replacer, devant les yeux d\u2019un jeune peuple d\u2019origine catholique et française, l\u2019idéal d\u2019une grande culture à préserver pour le meilleur profit de la patrie américaine, tel est le programme du Travailleur.Comment ne pas admirer cet élan qui s\u2019accorde si bien avec les idées que nous préconisons ici sur le rôle presque souverain de la volonté en histoire et qui fait que les peuples sont en définitive, après Dieu, les artisans de leur destin ?Bien des problèmes se résoudront d\u2019eux-mêmes pour les Français d\u2019Amérique, le jour où ils auront réappris le culte de la volonté.Ces pauvres cultivateurs Ne seraient-ils pas en train de perdre la réputation d\u2019intelligence qu\u2019on leur a faite?On nous a montré cette classe d\u2019hommes des champs comme plus intelligente, de façon générale, que la classe ouvrière : classe de patrons s\u2019opposant à classe d\u2019emplo- POUR qu\u2019on vive 265 yés.Cependant qu\u2019arrive-t-il ?Les ouvriers n\u2019ont pas attendu d\u2019être mangés tout ronds par les employeurs sans vergogne pour s\u2019organiser en syndicats professionnels et se mettre en état de résistance.Pendant ce temps-là, nos pauvres agriculteurs sont à la merci de tous les exploiteurs; le cartel du lait est en train de ruiner leur industrie laitière; la crise achève de les broyer en dressant contre eux les rongeurs de tout poil.Autour d\u2019eux tous les métiers, toutes les professions se sont organisés pour la défense de leurs intérêts professionnels.Les ruraux ne continuent pas moins de s\u2019entêter, de se pétrifier en leur individualisme effréné.Leur \u201cUnion catholique des cultivateurs\u201d n\u2019avance qu\u2019à pas de tortue.Cette classe \u201cintelligente\u201d paraît trouver estimable et tolérable le rôle de l\u2019agneau mille fois tondu et toujours à tondre.Et ce qui agrave son cas, c\u2019est que cette absence d\u2019organisation professionnelle, il faut l\u2019imputer, sans doute, à un individualisme traditionnel et apparemment incorrigible, fruit d\u2019un indéniable orgueil de l\u2019esprit, fruit lui-même peut-être d\u2019une condition d\u2019indépendance trop complète jusqu\u2019ici; et il faut encore imputer ce malheur à l\u2019esprit normand de nos ruraux, assez habitués à ruser pour se méfier de la ruse et pour la soupçonner où elle se trouve et même où elle n\u2019est pas.Mais trop souvent, il faut bien le dire, leur méfiance à l\u2019égard de l\u2019association professionnelle, nos ruraux se la laissent inspirer par de méprisables poli- 266 l\u2019action nationale ticiens de village ou de rang, hostiles, comme à peu près tous les politiciens, à la formation des associations professionnelles, quittes lorsqu\u2019elles sont nées malgré eux, à courtiser ces associations, comme ils courtisent bassement toutes les puissances.Et voilà bien la mystérieuse énigme.Comment expliquer que la classe de nos cultivateurs, non dépourvue de bon sens et d\u2019esprit, certes, se laisse manœuvrer, duper par des aigrefins dont la seule recommandation est d\u2019être aussi niais que prétentieux; bavards à gages qui, pour le jugement et l\u2019instruction, ne vont pas d\u2019ordinaire à la cheville d\u2019un bon habitant ?Dieu sait, hélas, combien nos ouvriers des villes sont encore faciles à berner et comme ils prennent aisément feu devant la guenille rouge ou bleue.L\u2019expérience de ces derniers temps a néanmoins démontré qu\u2019on trouve encore plus d\u2019indépendance politique dans les faubourgs de nos villes que dans les milieux ruraux de la province de Québec.Quand donc nos bons habitants cesseront-ils de se faire rouler par l\u2019engeance des petits politiciens?Ne s\u2019aviseront-ils pas, un jour ou l\u2019autre, qu\u2019aller demander conseil à des gens intéressés à tromper, et que sacrifier en somme ses intérêts personnels et professionnels à d\u2019ignobles faiseurs, n\u2019est pas de nature à faire à qui que ce soit une grande réputation d\u2019esprit ?Jacques BRASSIER Bulletin bibliographique Sous le signe de l\u2019or 1 Il faut bien que je vous dise un mot du dernier ouvrage de M.Montpetit.Je suis en retard, j\u2019en conviens; mais j\u2019ai pour m\u2019excuser le caractère tout à fait didactique du livre et cent autres bonnes raisons dont je vous fais grâce.Qu\u2019est-ce donc que ce livre, Sous le signe de l\u2019or?C\u2019est un exposé rapide des conditions monétaires du monde et de notre pays en particulier.Dans ses premiers chapitres, l\u2019auteur nous fait remonter avec lui aux âges primitifs, au troc élémentaire, grossier encore, premier signe des échanges commerciaux.Il nous fait voir ensuite les évolutions du Troc: l\u2019achat-vente, la monnaie-produit, la monnaie métallique et la monnaie fiduciaire et le chèque moderne.Voilà bien des mots qui sentent la caisse! Mais l\u2019argent, depuis Vespasien, n\u2019a pas d\u2019odeur ! Pour notre édification, on étudie dans les chapitres du milieu les trois instruments monétaires essentiels aux échanges: le métal, le papier et le titre.De la monnaie métallique, M.Montpetit nous dit la naissance obscure, la vie éblouissante et la mort sans gloire; de la monnaie-papier sur laquelle nos philologues se sont querellés un brin 1 Edouard Montpetit \u2014 Sous le signe de l\u2019or, aux édi dons Albert Lévesque, Montréal 1933. 268 L ACTION NATIONALE cet automne, il nous explique les deux sources: l\u2019émission par le Dominion ou par les banques.Puis, dans les derniers chapitres, nous pénétrons avec le savant économiste dans la difficile question des changes.L\u2019équilibre économique est rompu: pour le rétablir, on a eu recours à divers procédés plus artificiels que profondément salutaires.L\u2019auteur démontre l\u2019inanité de ces procédés et prêche le retour à l\u2019or.Il prône la simplicité, l\u2019ordre, la proportion dans tous les domaines.Mais, ô M.Montpetit, qui va vous entendre dans le fracas des palabres, dans les fièvres de l\u2019agiotage ?\u201cQuos vult perdere, Jupiter dementat\u201d! M.Montpetit s\u2019oppose au bimétallisme et à l\u2019inflation.La question bimétallisme a d\u2019ailleurs été pour les économistes de tous pays une source intarrissable de querelles.Qu\u2019il nous suffise de signaler à ce sujet un article de M.J.Caillaux dans le Mois (de janvier 1933), en faveur du bimétallisme, et surtout cette idée intéressante ici que la crainte de l\u2019argent comme étalon vient précisément des thèmes d\u2019école.Au sujet de l\u2019inflation, il sera profitable d\u2019étudier, avec les idées de M.Montpetit, l\u2019expérience des États-Unis, nos voisins avisés, placés, avouons-le, dans une situation exceptionnelle.Il serait assez outrecuidant pour un ignorant des BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE 269 choses aurifères, argentifères et \u201cstrepitotifères\u201d, d\u2019aller juger ex cathedra les idées de M.Montpetit.Je consens plus volontiers à m\u2019arrêter sur certaines questions de détail, questions plus accessibles au commun des mortels, que l\u2019auteur en passant soulève.Nous pouvons lire à la page 60: \u201cNotre cinq cents est déplorable, d\u2019un dessin gauche, anguleux, sans grâce.Nulle imagination.Une feuille d\u2019érable sans souplesse, raidie, comme si elle était collée sur le métal; un chiffre énorme.Nous avons une monnaie de nickel, de matière première canadienne, mais elle est affreuse\u201d.Tout lecteur qui a du goût ne peut qu\u2019approuver ce jugement, comme celui d\u2019ailleurs qu\u2019on porte à la page 119, contre nos billets de banque.A la page 61, M.Montpetit rappelle la proposition qu\u2019il fit déjà de l\u2019émission d\u2019un demi-cent, et il ajoute avec une certaine mélancolie: \u201cDepuis, la vie chère a donné à tout cela une teinte de lointaine naïveté\u201d.En face du coût actuel de la vie, on peut bien se demander si cette création du demi-cent n\u2019aurait pas été utile.Elle aurait fait l\u2019affaire des enfants, au moins, leur permettant des achats puérils de dragées en quantité limitée, et des ménagères qui ouvrent la porte tous les dix minutes au mendiant multiplié! Enfin, à la page 82, l\u2019auteur flagelle, en quelques lignes, les adversaires de la monnaie bilingue: \u201cLes droits du français, qui ont gagné le timbre, s\u2019arrêtent à la monnaie souveraine. 270 l\u2019action nationale Cependant, on laisse au blason britannique: \u201cHonni soit qui mal y pense\u2019\u2019.La postérité saura honnir vigoureusement nos lâcheurs que des intérêts politiques individuels ont révélés assez mauvais soldats de la cause du français.* * * Dans un travail aussi sévère, M.Montpetit ne pouvait viser aux effets de pure littérature.Il a gardé le style clair et sec qui convient aux ouvrages de seule technique.Néanmoins, le lecteur attentif peut rencontrer ça et là, pour sa joie et son repos, quelques traits qui révèlent l\u2019humaniste.Un exemple entre quelques autres, à la page 36: \u201cDepuis la crise, l\u2019or est un \u201cpas prisonnier, mais.\u201d Le grand mérite du livre de M.Mont-petit sera d\u2019avoir mis à la portée de tout le monde un sujet aride, lot de quelques écoles spéciales seulement; d\u2019avoir synthétisé des connaissances que beaucoup possèdent sans doute, mais à l\u2019état fragmentaire.Et nous ne serons plus obligés \u2014 si des livres de ce genre se multiplient chez nous \u2014 d\u2019aller chercher chez les Anglais ou chez les Allemands des renseignements essentiels sur ceux de nos problèmes qui ont trait à l\u2019économie et à l\u2019industrie.René LAURENCE La Vie courante Soit, ine dit un marchand, après avoir lu ma chronique de novembre, battons notre coulpe et sur notre poitrine.Nous sommes coupables, il faut bien l\u2019avouer, de ne pas accorder à la langue française toute l\u2019attention à laquelle elle a droit.Le commerce est source, à l\u2019heure actuelle, de tant de soucis, de tracas, d\u2019inquiétudes, qu\u2019il fait oublier certains devoirs.Notre culpabilité n\u2019en existe pas moins, et je suis prêt, pour ma part, à m\u2019efforcer de faire mieux.Mais les fabricants dont vous rapportez les doléances, qui nous accusent de ne pas les encourager, sont-ils, eux, plus fidèles à leur devoir patriotique ?Combien se cachent sous une raison sociale anglaise \u2014 et mon interlocuteur me cite en passant, comme exemple, une grosse fabrique de conserves de Québec, \u2014 combien ont une comptabilité absolument anglaise: factures, reçus, etc.; combien ne donnent à la langue française qu\u2019une petite place sur leurs étiquettes et dans leurs annonces; combien traitent mal leurs clients français, alors qu\u2019ils sont pleins de prévenances pour leurs clients anglais.Marchands et fabricants Industrie anglicisée Ces faits, hélas! ne peuvent être niés.C\u2019est dans toutes les sphères que l\u2019usage de la langue française est injustement restreint.L\u2019industrie ne fait pas exception.Loin de là.Nous avons signalé, voici quelques mois, les nouvelles cigarettes de la maison Grothé, Duchesse, libellées en français.Ce fait nous a réjoui.Mais songe-t-on que cette maison canadienne-française qui compte un demi-siècle d\u2019existence n\u2019avait 272 l\u2019action nationale pas encore osé agir ainsi, avant l\u2019an dernier, pour ses autres produits.Et que de cas semblables, aussi navrants, nous pourrions citer.Prenons le commerce des eaux gazeuses.Il était autrefois entre les mains des nôtres.Les maisons Christin, Robillard, Goulet, à Montréal; Fortier, Fluet, Coulombe à Québec, dominaient le marché.Les Anglais, puis les Juifs les ont peu à peu détrônées.C\u2019est le règne du Coca-Cola.Il en est cependant qui résistent, qui font appel au sentiment national, à la solidarité économique.Parfait! Mais regardez leurs étiquettes.Est-il une seule de ces maisons où vous ne lisiez Ginger Ale ou Cream Soda alors que Gingembre et Crème feraient si bien ?Regardez les capsules.Elles ne portent habituellement que les noms de la maison et de la rue.Ce sont souvent deux noms français.Eh bien on trouvera moyen quand même d\u2019y mettre de l\u2019anglais.Et on écrira: de Lanaudière St! C\u2019est renversant, pour ne pas employer une expression plus énergique.Nouvelles Une expérience que je fais de temps en compagnies temPs: Je Viens de lire dans la Gazette officielle de Québec la dernière liste des compagnies qui ont obtenu une charte pour la province.La voici en entier: Adanac Holding, Limited \u2014 Anglo-Rouyn Syndicate, Limited\u2014Argyle Social Club, Inc., ¦\u2014 Association Canadienne-française des Aveugles, Incorporée \u2014 Club de Bridge de Québec, Incorporé \u2014 Quebec Bridge Club Incorporated\u2014Craig Florist and and Nursery, Limited\u2014C.Schwartz, Inc.\u2014 Electric Airways and Motors Corporation \u2014 Frontenac Store Limited \u2014 J.S.Vallée, Limited \u2014 La Compagnie d\u2019immeubles A.B., Limitée\u2014A.B.Realty Company, Limited\u2014Le Cercle Français Inc.,\u2014Les Buissonnets Inc., \u2014 London Hatter and Haberdasher, Limited \u2014 National Institute of Broadcasting, Inc.\u2014 Peerless LA VIE COURANTE 273 Milk Co.\u2014 National Tailoring Co.Limited \u2014 Perco Realty Inc., \u2014 Pickpocket Proof Button Company, Limited\u2014Provincial Paving Co., Limited\u2014Provincial Tire Sales Corporation \u2014 R.Forget, Limitée \u2014\u2014 Sara-guay Investment Company, Limited \u2014 Star Realty Co., Limited \u2014 Stonehaven, Limited \u2014 Well-Knit Company Limited \u2014 Montreal Finance Corporation, Limited.Donc, sur vingt-sept compagnies, deux se présentent sous un nom bilingue, quatre sous un nom français et vingt-deux sous un nom anglais.Est-il exagéré de croire que la moitié au moins de ces vingt-deux appartiennent à des Canadiens français ?Plus on monte d\u2019ailleurs dans les hautes sphères du commerce, de l\u2019industrie et de la finance, plus on constate les ravages profonds de l\u2019anglicisation.VCTS Wl\tConclusion: Les industriels canadiens- amendement français ont raison de reprocher à leurs compatriotes marchands le peu d\u2019encouragement qu\u2019ils en reçoivent, et de leur côté les marchands n\u2019ont pas tort de déplorer le manque de sens patriotique d\u2019un grand nombre d\u2019industriels.Alors, si chacun s\u2019amendait! Mieux encore, si chacun s\u2019unissait pour s\u2019amender.Et, encore mieux, si un organisme se créait pour provoquer, déterminer, soutenir, stimuler cet amendement.Un piètre résultat On a beaucoup parlé, voici quelques mois, d\u2019achat chez nous, d\u2019encouragement à la petite industrie, de solidarité économique.Qu\u2019en est-il résulté ?A peu près rien.Pourquoi ?Serait-ce à cause d\u2019un manque de sincérité chez ceux qui parlaient?Nullement.Parce que ceux qui écoutaient n\u2019ont pas été convaincus?Pas davantage.Pour quelle raison alors?Pour un fait bien simple, de psychologie élémentaire.Ces énergies, à qui on demandait un effort, l\u2019abandon de 274 l\u2019action nationale vieilles habitudes, la rupture avec un passé commode, personne n\u2019est venu les capter, les orienter, les entretenir.Et alors, l\u2019excitation du moment évanouie, elle3 sont retombées dans leur vieux péché.Nécessité d'un Ce qui a manqué, encore un coup, secrétariat C\u2019est un organisme, un secrétariat bien vivant, sorte d\u2019agent de liaison entre les fabricants, les marchands et les acheteurs.Dans notre enquête auprès des communautés religieuses, que de fois on nous a dit: \u201cNous achetons cet article chez les Anglais, car on ne le trouve pas chez les nôtres.\u201d Or, en fait, on pouvait le trouver.Mais personne n\u2019était là pour in- diquer où.Le secrétariat établirait ces contacts qui manquent, donnerait tous les renseignements nécessaires, orienterait les acheteurs aux bons endroits, transmettrait aux marchands ou aux fabricants les plaintes des clients et leur indiquerait les réformes qui s\u2019imposent, susciterait des initiatives utiles: industries nouvelles, développement de tel commerce, transformation de tel autre, etc.etc.Collaboration nécessaire Cet organisme indispensable, qui le créera?L\u2019Action nationale est prête à faire sa part.Elle s\u2019adresse à ceux-là surtout qui en bénéficieront: aux industriels, aux négociants.Si cette oeuvre les intéresse, qu\u2019ils nous aident à l\u2019établir.Nous lui apporterons tout notre dévouement, toutes nos ressources.Pierre HOMIER. Vie de l'Action nationale Education nationale L\u2019enquête de la revue, sur VEducation nationale, commencera avec la livraison de janvier prochain.Des spécialistes y traiteront successivement de tout ce qui se rapporte, de près ou de loin, à la formation nationale, franchement canadienne et canadienne-française, de nos compatriotes.Le président de la Liéue d'A.N., M.Esdras Minville, expose ailleurs, dans le détail, le sujet de l\u2019enquête.Nous ne répéterons pas ici.Disons seulement que l\u2019idée de l\u2019enquête a soulevé, dans la plupart des milieux, une curiosité de bon aloi.Qu\u2019est-ce que l\u2019éducation nationale ?De quelle façon doit-elle se répandre ?Dans quels domaines doit-elle donner des résultats?Quels aspects de notre vie collective, comme peuple, est-elle appelée à révolutionner ?Autant de questions qui se posent et que nos collaborateurs étudieront à tour de rôle.Qu\u2019on ne manque pas de s\u2019assurer, en 1934, chacune des livraisons de Y Action nationale.L\u2019opinion du lecteur Il nous est agréable de connaître, à propos de l\u2019œuvre que nous poursuivons, l\u2019opinion du lecteur.Aussi les lettres de nos abonnés, nous disant ce qu\u2019ils pensent de la revue, en bien ou en mal, sont fort appréciées.Les bonnes paroles encouragent directeurs et collaborateurs.Les autres, moins aimables, signalent lacunes et faiblesses, et nous aident à y apporter remède.Nous ne prétendons pas nous soumettre sans discernement à toutes les critiques.Nous tenons compte, cependant, de celles qui nous paraissent justifiées.La collaboration 276 l\u2019action nationale est désirable entre le lecteur et nous.Mieux on se comprend mutuellement, mieux on s\u2019apprécie.Qu\u2019on ne se gêne pas de nous écrire.Si nous ne répondons pas toujours personnellement aux lettres, nous le faisons dans la revue.Rien n\u2019est perdu.Voix du Manitoba Un prêtre du Manitoba nous écrit, en nous adressant le prix de son abonnement: Votre revue est de plus en plus intéressante et il faut féliciter les directeurs de la LIGUE de l\u2019oeuvre si nécessaire qu'ils poursuivent: donner à notre race conscience d\u2019elle-même et de ses responsabilités.Je vous souhaite bien du courage, car votre dévouement prend parfois figure d\u2019héroïsme, au milieu de toutes les lâchetés qui nous entourent.Je vous souhaite aussi le plus grand succès, que nous laisse espérer le bon fonds de notre peuple.Donner conscience aux nôtres de leur existence, de leurs devoirs et responsabilités, de leurs raisons d\u2019espérer, dans un pays où, par leur apathie, leur négligence, ils ne sont pas ce qu\u2019ils devraient être, c\u2019est bien là le souci premier de ceux qui ont lancé Y Action nationale.Et ce souci est plus vif que jamais, devant les encouragements qui viennent de toutes parts.Du côté de Sherbrooke Un autre, de la région de Sherbrooke, n\u2019est pas moins encourageant: En plus, écrit-il, d\u2019être curé d\u2019une paroisse agricole, je suis aumônier diocésain de I\u2019U.C.C.Mes fonctionss m\u2019obligent donc à travailler au groupement des cultivateurs dans les rangs de leur union professionnelle; mais j\u2019ai, et cela depuis longtemps, la ferme conviction qu\u2019il ne sert à rien de tant travailler à organiser nos cul- VIE DE L\u2019ACTION NATIONALE 277 tivateurs et nos ouvriers, si nous n\u2019avons à leur donner en partage que des restes de biens et de libertés.Il faut à tout prix que, chez nous, l\u2019action nationale accompagne l\u2019action sociale; les articles admirables de votre revue ont prouvé jusqu\u2019ici que c\u2019est bien là l\u2019esprit qui anime vos directeurs et collaborateurs.Vous pouvez donc compter sur mon humble concours.Comme dans le passé, chaque fois qu\u2019il m\u2019arrivera d\u2019adresser la parole à des groupements de cultivateurs, je ne perdrai pas l\u2019occasion de prêcher votre doctrine, qui est mienne.Les idées que souligne ici notre correspondant sont justes.Il y a longtemps que, pour notre part, notre opinion est faite.Cela est tellement vrai qu\u2019en formant notre comité de direction, nous nous sommes empressés d\u2019inviter M.Albert Rioux, président général de l\u2019U.C.C., à en faire partie.Encore les Juifs En marge de l\u2019article de M.Anatole Vanier, sur \u201cLes Juifs au Canada\u2019\u2019, Le Saint-Laurent, de Rivière-du-Loup, disait récemment, (2-11-33), et non sans justesse: Dans l\u2019Action nationale (de septembre dernier) M.Anatole Vanier, étudiant le problème juif au Canada, insistait sur cette proportion énorme des Juifs adonnés aux professions libérales, industrielles et commerciales.Et il faisait prévoir nettement qu\u2019un jour ou l\u2019autre le Canada devrait suivre la politique de beaucoup de pays d\u2019Europe qui ont imposé à la race juive le \"numerus clausus\u201d, c\u2019est-à-dire un maximum d\u2019étudiants juifs à accepter dans les Universités et les écoles publiques.Sait-on, par exemple, qu\u2019à Bâle, en Suisse, les Juifs forment la moitié des étudiants de l\u2019Université?Il y a là quelque chose de véritablement excessif, à première vue.\u201cAmerica\u201d se demande en effet où ces étudiants 278 l\u2019action nationale pourront utiliser leurs diplômes?Du train où vont les choses, il est certain que beaucoup de Juifs vont être forcés de se \"déclasser\u201d, de laisser le bureau ou le comptoir pour les travaux manuels.Il semble bien d\u2019ailleurs que les Juifs commencent à se rendre compte de la situation.On rapporte que chaque jour, deux ou trois cents Israélites s\u2019adressent aux bureaux sionistes de Berlin pour obtenir d\u2019être envoyés en Palestine comme ouvriers agricoles.Voilà la bonne direction à suivre, et pour le pays, et pour le travail à accomplir.Ceux qui ne se reposent pas Nos directeurs travaillent toujours, et dans des milieux si divers, que le chroniqueur a peine à les suivre.Il a beau lire les journaux avec une loupe, il lui arrive de ne pouvoir les surprendre dans toutes leurs activités.Pour cette fois, rappelons que l\u2019abbé Lionel Groulx vient de commencer, à l\u2019Université de Montréal, une série de six conférences publiques sur cette partie de l\u2019histoire de notre pays qu\u2019on appelle le Régime français.M.Albert Rioux, président de YU.C.C., a dirigé le dernier congrès général de cette association ; il a aussi adressé la parole à une réunion de l\u2019A.C.V., de Montréal et présenté un travail sur Les devoirs de l\u2019agriculteur, à la journée rurale et catholique de Saint-Basile-le-Grand.A la même journée rurale, le notaire Wilfrid Guérin a donné une causerie sur Les Caisses populaires, et le Père J.-Papin Archambault, S.J., a souligné les Conclusions à tirer de la réunion.Au premier congrès général de l\u2019ACFAS, (Association Canadienne-française pour l\u2019Avancement des Sciences), M.Hermas Bas-tien a présenté, dans la section de philosophie, un travail sur le Néo-réalisme, et l\u2019abbé Lionel Groulx une étude d\u2019histoire: Dans les vieux papiers du British Museum.Nous en passons, et pour cause.Harry BERNARD 1ère année Tome II (2e semestre) Table des Matières SEPTEMBRE Pour nous grandir \u2014 L\u2019Action nationale.3 Les Juifs au Canada \u2014 Anatole Vanier.5 S.E.Mgr Emile Yelle, p.s.s.* * * .25 Le français aux Etats-Unis \u2014 Dr Paul Ddfault.32 L\u2019Association professionnelle \u2014 E.L.45 \u201cCanadien\u201d \u2014 Olivier Maurault, p.s.s.47 La Semaine sociale de Rimouski \u2014 Jacques Dumont.\t54 Calixa Lavallée \u2014 Ferrier Chartier.60 Bulletin bibliographique \u2014 René Laurence.72 La vie courante \u2014 Pierre Homier.78 Vie de l\u2019Action nationale \u2014 Harry Bernard.83 OCTOBRE Restauration sociale \u2014 L\u2019Action nationale.89 Socialisme canadien \u2014 Geo.-H.Lévesque, o.p.91 Hinks et Morin \u2014 Abbé Lionel Groulx.117 Le cinéma français \u2014 Camille Forest.123 Un musicien oublié \u2014 Arthur Letondal.126 Visage ou coeur anglais \u2014 Un lecteur.136 Bidletin bibliographique \u2014 René Laurence.140 La vie courante \u2014 Pierre Homier.147 Vie de l\u2019Action nationale -\u2014 Harry Bernard.150 NOVEMBRE L\u2019Université de Montréal \u2014 L\u2019Action nationale.153 Vers l\u2019ordre \u2014 Jean-Paul Verschelden.155 Maurice Duplessis \u2014 * * *.171 280 l\u2019action nationale De l\u2019influence des femmes \u2014 Fadette.175 Le curé Labelle \u2014 Albert Rioux.183 Pour qu\u2019on vive \u2014 Jacques Brassier.187 Bulletin bibliographique \u2014 René Laurence.194 La vie courante \u2014 Pierre Homier.199 Vie de l\u2019Action nationale \u2014 Harry Bernard.205 Programme de restauration sociale \u2014 Partie documentaire.210 DÉCEMBRE A nos lecteurs \u2014 L\u2019Action nationale.217 \u201cL\u2019Action nationale\u201d \u2014 Esdras Minville.219 A travers les vieux journaux du British Museum \u2014 Abbé Lionel Groulx.230 Les sciences naturelles dans la province de Québec \u2014 Henri Prat.237 L\u2019oeuvre architecturale de Dom Bellot \u2014 Edgar Courchesne 250 Le sens d\u2019un événement \u2014 Hermas Bastien.256 Pour qu\u2019on vive \u2014 Jacques Brassier.261 Bulletin bibliographique \u2014 René\tLaurence.267 La vie courante \u2014 Pierre Homier.271 Vie de l\u2019Action nationale \u2014 Harry Bernard.275 "]
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