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Titre :
L'action nationale
Éditeur :
  • Montréal :Ligue d'action nationale,1933-
Contenu spécifique :
Octobre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Action canadienne-française, ,
  • Tradition et progrès,
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L'action nationale, 1947-10, Collections de BAnQ.

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[" L\u2019ACTION NATIONALE Dominique BEAUDIN Une revue, des brochures et des livres.81 ANDRÉ LAURENDEAU .LE QUATRIÈME ÉTAT DANS LA NATION.Jean BLANCHET\tL\u2019exode rural à l\u2019état de crise 9 Marguerite-M.MICHAUD L\u2019Acadie dans la littérature.112 Joseph LEFRANÇOIS\tToute la justice de notre côté.126 Les éditions de L\u2019ACTION NATIONALE 147 VOL.XXX, No 2 MONTRÉAL OCTOBRE 1947 luiillllllllllllllllllillllllllllüllllillll' L\u2019ACTION NATIONALE REVUE MENSUELLE # Directeur: Dominique BEAUDIN # L'Action nationale, publiée par la Ligue d'Action Nationale, est un organe de pensée et d'action au service des traditions et des institutions religieuses et nationales de l'élément français en Amérique.Elle paraît tous les mois, sauf en juillet et en août.Les directeurs de la Ligue sont: MM.Anatole Vanier, président; Dominique Beaudin, secrétaire; Jean Drapeau, trésorier; A.le chanoine Lionel Groulx; R.P.J.-P.Archambault, S.J.; Mgr Olivier Maurault, P.S.S.; Arthur Laurendeau, André Laurendeau, François-Albert Angers, Gérard Filion, Abbé Albert Tessier, Léopold Richer, Albert Rioux, L.-Athanase Fréchette, Guy Frégault, Jacques Perrault, Rodolphe Laplante, Clovis-Emile Couture, Paul-Emile Alin.DIRECTION ET ADMINISTRATION 3878, rue Saint-Hubert, Montréal (24), P.Q.Téléphone : MArquette 2837 L'abonnement est de $3.00 par année Abonnement de soutien : $5.00 L\u2019Action \" \u201cDéfend le fait français en Amérique.\" \u201cDonne des directives.\u201d \u201cConstitue un instrument de ralliement.\u201d \u201cS\u2019oppose aux esprits chimériques et politiciens.\u201cFournit une documentation de choix.\u201d \u201cPrésente la meilleure doctrine politique.\u201d \u201cS'affirme une revue combative.\u201d Travaille à construire un monde nouveau., \" \u201cApporte un programme d\u2019ordre.\u201d \"Rend service à nos minorités.\u201d \u201cSe dresse contre la dictature de la peur.** ABONNEZ VOS AMIS $3.par année.\u2014 Prière de faire remise par mandat-poste ou chèque au pair.Abonnement de soutien : $5.BULLETIN D'ABONNEMENT L\u2019ACTION NATIONALE 3878, rue St-Hubert, Montréal J inclus la somme de $.en paiement de mon abonnement à l'Action Nationale, pour une période de.année.à commencer au mois de.194 Nom.Adresse.i ^ .LANGAGE DE CHIFFRES .Primes 1939 $ 49,726 1940 $ 90,805 1941 S 146,805 1942 $ 207,832 1943 $ 314,236 1944 $ 406,329 1945 $ 539,893 1946 $ 725,235 LA LAURENIIENNE Compagnie d'Assurance sur la Vie Siège social : LEVIS, Que.II La Banque Canadienne Nationale est la banque du public aussi bien que la banque des hommes d'affaires.Le gérant de succursale se tient à votre entière disposition, qu'il s'agisse de dépôts, d'emprunts personnels, de remises, de recouvrements ou de toute question d'ordre financier au sujet de laquelle vous désireriez le consulter.Actif, environ $350,000,000 525 bureaux au Canada 60 succursales à Montréal Pour votre santé Mangez tous les jours 2 ou 3 carrés LEVURE LALLEMAND Les médecins recommandent la levure fraîche.La levure fraîche Lallemand est très riche en vitamines B, G et D.Sa haute qualité et sa pureté sont assurées par les années d'expérience de la maison Lallemand.En vente chez les épiciers et les pharmaciens.Fraîche ni TOUJOURS \u2022\tles plus nouveaux tissus \u2022\tles plus récents modèles CHEZ LES TAILLEURS JOLY 269 est, rue Sainte-Catherine, ^ Montréal.\tBEIair 3126 d IV 37 ANS de service consciencieux René DUPONT \u2014 président J.-H.DESCHÊNES \u2014 vice-président Jacques DUPONT \u2014 secrétaire-trésorier OUI/ ^ MEUBLEZ VOTRE MAISON CHEZ 4030 EST.STI-CATHERINE \u2022 AM 2 COIN JIANNf O ARC - PRIS RlVD RII IX Téléphone: AMherst 2111 V Lorsqu\u2019il s\u2019agit des produits de l\u2019érable \u2014 Exigez toujours la meilleure qualité \u2014 La marque \u201cCitadelle\u201d est la meilleure.10 0 % PURE Sirop d\u2019érable \u2019\u2019Citadelle\" 0 Sucre d'érable granule \"Citadelle\" 0 Sucre d'érable \"Citadelle\" 0 Beurre d'érable \"Citadelle\".Ces produits sont en vente chez tous les bons épiciers.Les Producteurs de Sucre d\u2019Érable du Québec, BUREAU CHEF: 5, Avenue Bégin, Lévis, Québec.POUR VOS FOURRURES si vous cherchez Qualité, Elégance n'hésitez pas, voyez BLEAU & ROUSSEAU J.-T.BLEAU ANT.ROUSSEAU J.-A.MASSON 3852, St-Denis\t5004, Sherbrooke O.HA.8433\tDE.4482 \u2022 Fltzroy 4681\t\u2022 LAMARRE FRERES 3723, Notre-Dame ouest,\tMontréal Vous trouverez chez nous, et à bon compte, tout ce qu'il faut pour meubler votre résidence.Maison établie depuis 40 ans.VI Une œuvre de marque \u201cLE CITOYEN CANADIEN-FRANÇAIS\" par ESDRAS MINVILLE directeur des Hautes Etudes Commerciales de Montréal, ancien président de la Ligue D\u2019Action Nationale.© Deux volumes, le premier de 277 pages, le deuxième de 341 pages.\u2014 © « .si nous voulons parvenir à la plénitude de la vie nationale, il va nous falloir, comme tous les peuples vivants, nous dépasser nous-mêmes, de génération en génération, d'année en année, de jour en jour; fortifier sans cesse nos positions intérieures, enrichir nos sources de vie, car l'épanouissement procède du dedans non du dehors ».Citation de VAUTEUR Une œuvre gui prend rang parmi < ces livres que Von consulte souvent pour y puiser, selon le mot Disrœli, des motifs d'espoir en dts vies trop courtes pour être petites ».Pierre Camu Les deux volumes (Le Citoyen canadien-français) sont en vente au prix total de $3.50, frais de poste compris, au service de librairie de L\u2019ACTION NATIONALE 3878, rue St-Hubert,\tMontréal, (24), P.Q.VII DUPUIS Maison essentiellement canadienne-française depuis sa fondation en 1868 Montréal Magasin à rayons : 865 est, rue Ste-Catherine, Comptoir Postal : 780, rue Brewster, Succursale magasin pour hommes : Hôtel Windsor.VIII L\u2019ACTIO N NATIONALE Mot d\u2019ordre Une revue, des brochures et des livres.A l\u2019étudiant de son époque, Montaigne a donné un conseil dont on loue toujours la justesse.«Je voudrais qu\u2019on fut soigneux de luy choisir un conducteur qui eust plustost la teste bien faicte que bien pleine ».Ces paroles s\u2019adressaient à des étudiants, mais elles valent pour tous.Les études ne s\u2019arrêtent pas à l\u2019obtention du parchemin; elles continuent la vie durant.A plus forte raison, la bonne lecture s\u2019impose à ceux qui n\u2019ont passé aux écoles qu\u2019un temps relativement court.L\u2019éducation des adultes, mise à la mode et réglementée en notre temps, n\u2019a-t-elle pas déjà accompli des merveilles ?Ilfautdonc lire, maisil importe de former son jugement et d\u2019être sûr de sa conscience avant de s\u2019en remettre candidement aux discours de l\u2019étranger.On risque fort autrement d\u2019avoir la tête bien pleine plutôt que « bien faicte ».Dans un monde moins « un » qu\u2019on ne dit mais où circulent davantage, et avec une rapidité vertigineuse, tous les courants d\u2019idées, il est plus nécessaire que jamais de maintenir bien en vue des principes directeurs pour ne pas déraisonner à l\u2019audition de la première nouveauté.L\u2019univers n\u2019a pas été découvert pendant la dernière 82 L ACTION NATIONALE guerre.Le peuple canadien-français, pour sa part, n'a pas brisé avec son passé et sa volonté de survivre se prolonge dans les luttes présentes comme son espoir en l\u2019avenir.S\u2019il est des notions qui doivent être bien rangées au Canada français dans une « teste bien faide », ce sont celles qui se rapportent à la vie nationale.Ailleurs, en temps normal, on n\u2019a qu\u2019à être de son pays pour servir sa patrie.Le Canadien français, lui, doit résister à l\u2019influence déformante de la majorité qui l\u2019entoure ou le compénètre.La fidélité au passé, à la vraie foi, à la langue française doit être pour lui un devoir conscient et le « commandement inexprimé des ancêtres » ne suffit plus.S\u2019inspirant de l\u2019histoire, une doctrine nationale doit imprégner les esprits et diriger les gestes.Il faut qu\u2019une pensée patriotique bien définie veille en tous ceux qui ont la sincère intention de se solidariser avec leurs frères.Il est indispensable que soient contredits les propos assimilateurs ou défaitistes, volontairement ou sottement proférés, qu\u2019ils viennent du dehors ou du dedans.C\u2019est pourquoi un groupe comme La Ligue d\u2019Action Nationale a voulu donner aux Canadiens français une revue de combat, des brochures qui signalent les dangers et stigmatisent les lâchages, des livres qui précisent nettement et sans étroitesse les devoirs nationaux.On en trouvera une liste assez complète en ce numéro de la revue et le mot d\u2019ordre du mois, c\u2019est de répandre ces publications.Le résultat d\u2019une telle diffusion, c\u2019est qu\u2019en ce qui concerne les questions nationales, toujours plus grand soit le nombre des Canadiens français qui aient « la'teste bien faide ».Dominique Beaudin Le quatrième état dans la nation Je voudrais que chaque lecteur considère ces pages non comme un article, mais comme une lettre à son adresse personnelle.C'est en effet un appel, qui réclame une réponse.Ceux qui liront ces notes et qui, à un titre quelconque, possèdent une expérience du monde ouvrier \u2014 soit qu'ils gagnent leur vie de leurs mains, qu'ils soient nés d\u2019une famille ouvrière, qu'ils aient vécu professionnellement dans ce milieu comme organisateurs ou comme aumôniers, soit enfin qu\u2019à titre d\u2019intellectuels ils aient médité sur le problème \u2014 tous sont conviés à répondre.Nous ouvrons une enquête.La revue publiera d\u2019ailleurs avec joie les opinions les plus significatives.De toutes elle se servira pour édifier une idée d\u2019ensemble, pour formuler une politique.Rurale dans sa quasi-totalité il y a un siècle, la population canadienne-française du Québec était devenue en 1941 urbaine dans une proportion de 63% \u2014 et le mouvement s\u2019est encore accéléré durant 84 l\u2019action nationale la dernière guerre.Nous venons de vivre, nous continuons de vivre une révolution démographique à peu près intégrale.De ce fait on déduit parfois des conséquences extrêmes.On considère la campagne comme une survivance du passé, à jamais condamnée chez nous, et qu\u2019il serait facile de mépriser.C\u2019est une erreur et une sottise.Le milieu rural garde toujours sa valeur sociale, économique, humaine: le déséquilibre où nous sommes plongés peut signifier pour notre communauté le pire appauvrissement.D\u2019autant plus le processus d\u2019urbanisation est avancé et menace nos derniers retranchements, d\u2019autant plus s\u2019impose aux Canadiens framais une intense politique de stabilisation et d\u2019établissement agricoles.Sans cet effort de redressement, nous sommes vita-lement menacés dans nos racines.Et cependant la situation demeure.Au dernier recensement, Québec apparaissait comme la province la plus urbanisée du Canada.Comme catégorie sociale, l\u2019ouvrier et non plus le cultivateur représente la majorité.Notre civilisation, de plus en plus, sera marquée, orientée, sauvée ou perdue par lui.Dans l\u2019ordre économique, son influence demeure médiocre.Pourtant, elle exerce sur les salaires une pression de plus en plus forte et par là pèse de tout son poids sur les conditions générales des affaires.Sur les prix, son action reste secondaire bien qu\u2019il représente la majorité des consommateurs; mais que par le coopératisme ou d\u2019autres formules il LE QUATRIÈME ÉTAT DANS LA NATION 85 organise son énorme pouvoir d\u2019achat, et il domine plusieurs secteurs du marché! La perspective reste lointaine assurément, car sa préoccupation n\u2019est guère éveillée de ce côté; mais elle apparaît comme une sérieuse probabilité.Son influence sociale a extrordinairement grandi depuis trente ans.Sans occuper le rang qui leur revient, les syndicats montrent un dynamisme conquérant, effraient les esprits conservateurs, mobilisent de puissantes réactions, mais progressent sans relâche car ils sont une jeune force turbulente, un élan nouveau, une entrée tumultueuse dans un monde qui les refusait et où il se taillent collectivement une large place \u2014 comme jadis le tiers-état courait à la conquête d\u2019un rôle que son importance méritait et que le pouvoir politique refusait de reconnaître.La puissance politique du prolétariat est déjà telle, qu\u2019il a obligé l\u2019État à fabriquer en hâte une législation spéciale: lois ouvrières, lois dites de sécurité sociale.Et ses réclamations s\u2019accumulent, un peu au hasard.Sans doute les pouvoirs économiques restreignent et retardent, autant qu\u2019ils peuvent, la portée de ces conquêtes; dans une large mesure la ploutocratie garde le pas sur la démocratie, divisant, achetant, faussant le jeu normal du nombre, tirant dans la coulisse ses ficelles.Et puis, s\u2019ils représentent la majorité absolue, les ouvriers ne sont pas la majorité électorale; les grandes villes, par exemple, élisent deux ou trois fois moins de députés que ne postule leur population.Si les divisions électorales correspondaient à la réalité, le prolétariat deviendrait irrésistible; il ferait plier la politique à sa volonté. 80 l\u2019action nationale Un peu plus de conscience politique et de cohésion et ses chefs, ses délégués régneraient à Québec.1 Faut-il s\u2019en plaindre?Dans la mesure où leur nombre, leur organisation et leur maturité le permettent, pourvu qu\u2019ils n\u2019oublient pas les droits des minorités sociales et qu\u2019ils n\u2019annexent pas à leur bénéfice la notion de bien commun (comme une certaine bourgeoisie avait longtemps réussi à faire pour elle), \u2014 alors les ouvriers, qui sont la majorité au sein d\u2019une démocratie, ont un droit rigoureux à exercer leur influence.Que les plus nombreux de mes concitoyens, longtemps abandonnés au seuil de la société, montrent qu\u2019ils sont capables politiquement de tenir les leviers de commande, de participer, socialement et économiquement, à la direction, de cela, sur le plan humain, je ne saurais que me réjouir.Mais ce qui inspire des craintes légitimes, ce sont les conditions de cette accession, et les idées qu\u2019avec lui le prolétariat canadien-français fera triompher.Quand un prince entrait dans sa vieillesse, les courtisans observaient son fils pour savoir quelle sorte de roi ils auraient bientôt.Ainsi commençons-nous de nous consulter sur les tendances de la classe qui est destinée à participer de plus en plus au pouvoir.On ne les dégage qu\u2019en simplifiant à l\u2019extrême.La vraie pensée n\u2019est pas une affaire de catégories sociales.Toutes les idées se retrouvent dans tous les milieux, mais conditionnées, ressenties par un tempérament particulier, transformées par des circonstances uniques. LE QUATRIÈME ÉTAT DANS LA NATION 87 Il serait futile de s\u2019interroger sur toutes les questions à la fois.Restreignons notre enquête à un seul point: le problème national.De toutes nos classes sociales, l\u2019ouvrière est la plus nombreuse.En même temps elle constitue, avec celle des grands hommes d\u2019affaires, le groupe d'hommes le moins frappé par le fait national, par conséquent le moins préparé à accepter des sacrifices au nom du national.En m\u2019exprimant ainsi, je généralise beaucoup et je m\u2019aventure un peu.Il y a des milieux ouvriers où la remarque ne s\u2019applique guère: petits centres industriels restés en meilleur contact avec leur arrière-pays rural, communautés urbaines où la question canadienne-française s\u2019est posée avec acuité et qui ont mieux préservé leurs réflexes, admirables noyaux de résistance à l\u2019intérieur de la métropole.Dans l\u2019ensemble, à condition de savoir la nuancer, l\u2019affirmation demeure exacte.Quand on prêche le devoir national aux ouvriers des grandes villes, sauf dans les moments de fièvre collective où parle la passion politique, on soulève rarement l\u2019hostilité, mais c\u2019est plus grave: on rencontre l\u2019indifférence, quand ce n\u2019est pas l\u2019incompréhension.Les clichés patriotiques obtiennent encore un respect ennuyé, mais ils n\u2019ont aucune prise sur la vie.L\u2019ouvrier paraît avoir beaucoup, moins que le cultivateur et l\u2019homme des classes moyennes, le sens d\u2019une tradition, d\u2019une culture, de l\u2019enracinement.Par exemple, l\u2019idée très simple d\u2019être « maître chez soi » est loin d\u2019éveiller en lui les résonances qu\u2019elle suscite à la campagne.Si « l\u2019autonomie » entre en 88 L ACTION NATIONALE conflit avec tel petit avantage immédiat et matériel, les éléments qu\u2019on croyait les plus vigilants font bon marché de la souveraineté provinciale: on l\u2019a vu lors de l\u2019adoption d\u2019une loi fédérale d\u2019assurance-chômage.1 Chose étrange ou trop humaine, les intellectuels qui épousent sa cause embrassent du même coup sa philosophie implicite; comme si une solidarité avec les misères d\u2019une classe obligeait à adopter ce que les idées nées de la misère ont de nécessairement borné et d\u2019élémentaire.Je ne prétends pas que le sentiment national soit inexistant chez l\u2019ouvrier.Mais plus que chez ses compatriotes d\u2019autres milieux, il demeure en surface, se perd en manifestations extérieures (v.g.enthousiasme pour une vedette canadienne-française, dans le sport ou la politique), bref il est sans force et sans continuité.Pourquoi ?Cette indifférence tient-elle à des motifs particuliers?La question n\u2019a rien de gratuit.De la réponse que nous trouverons, de la politique que nous en tirerons, dépend largement notre avenir de nation.Je ne prétends apporter aujourd\u2019hui ni l\u2019une ni l\u2019autre \u2014 parce qu\u2019il y faut bien plus que des expériences réduites ou des impressions personnelles.Cependant, pour amorcer le débat, je consigne les premières réflexions qui se présentent à l\u2019esprit.1.Signalons qu\u2019un iedressement s\u2019est opéré aux Syndicats nationaux. LE QUATRIÈME ÉTAT DANS LA NATION 89 1.\t\u2014 La plus essentielle, nous dit-on, tient à l\u2019insécurité fondamentale du prolétariat.Quand vos problèmes se ramènent trois cent soixante-cinq jours par année au gagne-pain, les questions de culture vous paraissent moins urgentes.L\u2019ouvrier qui cherche un logement, qui réclame un rajustement de salaire où le nécessaire est plus en cause que le superflu, s\u2019inquiète peu de savoir si l\u2019un et l\u2019autre lui viendront par l\u2019entremise d\u2019une législation fédérale ou provinciale.2.\t\u2014 Faut-il mettre en cause Vécole?Le peuple ouvrier la fréquente à ses degrés élémentaires.Notre école serait-elle moins engagée, à ce stade-là?3.\t\u2014 S\u2019agirait-il plutôt de l\u2019environnement culturel ?Les vies d\u2019adultes, et même celles des enfants, en subissent la lente et sûre imprégnation.On en connaît les agents accoutumés: grande presse d\u2019information, cinéma, radio, magazine, jusqu\u2019à l\u2019affiche.Combien s\u2019inspirent de notre esprit?Neutres la plupart du temps, ils passent parfois à l\u2019offensive.Même lorsqu\u2019ils n\u2019ont pas de mauvaise volonté, ils ne peuvent s\u2019empêcher d\u2019être: comme ils sont massifs, l\u2019influence étrangère qu\u2019ils véhiculent ou qu\u2019ils expriment se substitue à l\u2019inspiration qui devrait nous être personnelle.Or, aucune classe sociale n\u2019est soumise à l\u2019ambiance au point où l\u2019est le prolétariat urbain.Son milieu préserve le cultivateur; une formation et une indépendance relatives soutiennent les classes moyennes et l\u2019intellectuel.Seul l'ouvrier plonge sans presque de préservatifs dans l\u2019atmosphère dénationalisante des grandes villes. 90 l\u2019action nationale 4.\t\u2014 L\u2019organisation professionnelle du prolétariat, avec l\u2019importante exception d\u2019un seul syndicat, est aussi américaine que la plupart des grands capitaux.Elle ne l\u2019est pas seulement de fait, puisque nos deux plus grandes fédérations du travail sont filiales d\u2019organisme états-uniens (au même titre que plusieurs trusts: quand le C.I.O.lutte chez nous contre Swift, c\u2019est une succursale qui se bat contre une succursale).Elle l\u2019est encore dans son esprit: le C.I.O.et l\u2019A.F.L.commencent par nier en principe qu\u2019il puisse être tenu compte du facteur national.Us éduquent leurs membres en conséquence.Depuis qu\u2019ils sont implantés chez nous, ils exercent ou tentent d\u2019exercer dans le sens fédéral l\u2019influence énorme qu\u2019ils ont acquise, et le prestige dont les ont couronnés leurs luttes, impressionnantes sur le plan du travail.Us font de l\u2019internationalisme une nécessité ou un commandement, et leur internationalisme en réalité n\u2019est que de l\u2019américanisme.Au slogan capitaliste, pas de patriotisme en affaires, ils répliquent en évacuant le patriotisme de la vie syndicale.Dans la mesure ou leur propagande a porté,et cette mesure est grande, ils ont affaibli l\u2019instinct national.5.\t\u2014 Le marxisme a son excuse toute prête; pour lui la nation est une création bourgeoise, et le sentiment national un attrappe-nigaud bon pour duper l\u2019ouvrier et obtenir des concessions utiles au « capital ».Argument simpliste qui a toutes les chances de porter, dans un milieu dont le capitalisme a singulièrement abusé, et qui a des raisons trop précises de se méfier des « idées nobles ». LE QUATRIÈME ÉTAT DANS LA NATION 91 6.\t\u2014 La vitalité amoindrie d\u2019institutions comme la famille, se traduit par un affaissement dans la mystique de ces institutions.On en comprend moins l\u2019importance quand on habite un foyer de la misère.Or elles demeurent les cadres de notre vie nationale; quand eiles se détériorent, la vie elle-même est atteinte.7.\t\u2014 Le facteur économique.L\u2019ouvrier qui a l\u2019esprit positif et gagne son pain dans une entreprise à direction étrangère, connaît nos faiblesses.Il a pris à l\u2019usine la « mesure de notre taille ».Sa confiance dans l\u2019avenir de notre nationalité n\u2019est pas ragaillardie.Par ailleurs il reproche aux patrons canadiens-français d\u2019être les derniers à reconnaître ses droits; en généralisant (à tort), il verrait volontiers chez eux des exploiteurs moins puissants mais plus mesquins.Des motifs comme ceux-là, on pourrait en énumérer pendant des pages et des pages.Il faudrait les réexaminer l\u2019un après l\u2019autre, déterminer leur vérité et leur importance, puis dégager de l\u2019enquête des conclusions pratiques.e Ces pages avaient un seul but: montrer qu\u2019un problème angoissant se pose, inviter le lecteur à l\u2019explorer.La préoccupation qui nous anime n\u2019a rien d\u2019académique.Il n\u2019est pas indifférent aux Canadiens français que le peuple ouvrier ait pris chez lui la majorité, et que ce peuple, malgré sa générosité native, soit en même temps le moins spécifiquement préoccupé de l\u2019aspect national de toutes les questions. 92 l\u2019action nationale Nous vivons des vertus longtemps cultivées, nous avançons grâce à la vitesse acquise; l\u2019héritage se dissipe rapidement s\u2019il n\u2019est pas renouvelé.Il y a entre l\u2019ensemble du prolétariat et la nation un divorce qui peut s\u2019aggraver chaque jour.Mesurer l\u2019ampleur de la mésentente, chercher ses causes, proposer des remèdes s\u2019il en existe: c\u2019est à quoi nous convions nos lecteurs.André Laurendeau.JÇe nu mélo de novembte Le numéro d\u2019octobre parviendra avec un retard exagéré à nos abonnés.Nous nous en excusons auprès d\u2019eux.Dès maintenant les mesures sont prises pour assurer une livrai-son plus rapide.Le numéro de novembre suivra donc celui d\u2019octobre en moins d\u2019un mois.Nous n\u2019avons pas voulu nous autoriser de circonstances fâcheuses pour publier moins que les dix numéros convenus de l\u2019année.En novembre, paraîtront quelques réponses de personnages en vue À l\u2019enquête amorcée par l\u2019article d André Laurendeau.Les chroniques auxquelles le lecteur est habitué retrouveront aussi leur place dans la revue.Il a fallu ce mois-ci accorder une quinzaine de pages aux Editions de l Action Nationale, ce qui, tout en servant des fins utiles, nous a contraints à reporter à plus tard quelques sujets d\u2019actualité.Le travail des directeurs de La Ligue d\u2019Action Nationale est gratuit et nous ne mentionnons ce fait que pour établir un droit de convenance à l\u2019indulgence de nos fidèles abonnés.LA DIRECTION. L\u2019exoile rural à l\u2019état de crise ¦Rn 1871, quatre-vingt pour cent de la population du Québec vivait à la campagne et tirait sa subsistance à même le sol.Aujourd\u2019hui, les proportions sont renversées.Les cultivateurs ne représentent plus au sein de la province que le cinquième de la population totale.Il est évident qu\u2019il y a eu chez nous depuis trois quarts de siècle un vaste déplacement de population, que des villes ont grandi, que des gros villages ont surgi par une sorte de capillarité démographique, en absorbant à un rythme tantôt lent et tantôt accéléré non seulement le surplus, le trop-p'ein, mais aussi les forces vives de notre peuple agricole.Et cet exode se continue.A chaque période décennale les statistiques officielles nous apprennent que le gouffre entre les régions rurales et urbaines se creuse et s\u2019élargit.Situation désespérée?Pas encore.Situation inquiétante?Assurément, si on persiste à envisager la saignée des campagnes comme un mal nécessaire dans un siècle de progrès scientifique, de mécanisation intense et si on ne cherche pas, par tous les moyens, à trouver une solution pratique à ce grave problème de portée nationale.Loin de nous l\u2019idée de bouder le développement industriel du Québec.Au contraire nous voyons d\u2019un bon œil s\u2019établir ici et là des entreprises diverses susceptibles d\u2019augmenter l\u2019actif de notre province, de 94 l\u2019action nationale mettre à profit nos ressources naturelles et d\u2019absorber une forte partie de notre main-d\u2019œuvre urbaine.Mais, notons-le bien, cette industrialisation ne doit pas s\u2019effectuer au détriment de notre agriculture.La vie économique et sociale, la santé de la nation l\u2019avenir de notre groupe ethnique exigent plus que jamais qu\u2019on mette un frein à la désertion du sol et qu\u2019on maintienne dans la province un heureux équilibre entre l\u2019agriculture et l\u2019industrie.Car, en puisant inconsidérément à même nos sources rurales, nous constaterons un jour, et ce sera trop tard, que nous sommes en face non seulement d\u2019une rareté de produits mais encore d\u2019un manque d\u2019hommes.En effet, n\u2019est-ce pas surtout à l\u2019agriculture que notre peuple doit son expansion et sa survivance?Les évêques du Québec dans leur lettre collective sur le problème agricole ont confirmé ce fait historique et social dans les termes suivants: « L\u2019histoire explique d\u2019une façon éclatante les services que la classe paysanne est appelée à rendre au pays.Sans les quelques milliers d\u2019habitants, pauvres, peu instruits, mais fidèles à leur foi et à leur langue, courageux travailleurs qui en 17G0, groupés autour de leurs clochers, restèrent attachés au sol, le Canada français serait vraisemblablement disparu aujourd\u2019hui de la carte du monde et le catholicisme aurait perdu une de ses forteresses en Amérique.)) Ce témoignage clair et précis devrait guider sans cesse ceux qui, par devoir ou par apostolat, travaillent à fortifier nos positions et à améliorer le sort de notre peuple.N\u2019oublions jamais que notre agriculture a une fécondité indispensable à la vie nationale et que la saignée constante des cam- l\u2019exode rural 95 pagnes ne saurait aboutir tôt ou tard qu\u2019au suicide de la race.A notre avis le plus important problème de l\u2019heure pour les gouvernants, les sociologues, les éducateurs et tous ceux qui, de façon générale, s\u2019intéressent à l\u2019avenir économique, professionnel, social et moral de la population canadienne-française du Québec, c\u2019est d\u2019assurer la stabilité de nos familles rurales et de maintenir nos activités agricoles en harmonie avec notre expansion industrielle.Vaste programme, déjà commencé sans doute, mais qu\u2019il s\u2019agit d\u2019intensifier et de coordonner pour arriver rapidement et plus sûrement au but.Et le premier pas à faire, c\u2019est de mettre tout en œuvre pour enrayer la désertion du sol.Quelques causes de l\u2019exode rural Il faudrait tout un livre pour analyser dans leurs moindres détails les nombreux facteurs qui ont favorisé, depuis cinquante ans, l\u2019émigration des masses paysannes vers les centres urbains.Dans ce bref article, nous nous contenterons d\u2019en signaler les principaux ou du moins ceux qui nous paraissent les plus évidents parce qu\u2019ils sont plus près de nous.Le dépeuplement de nos campagnes peut s\u2019expliquer par les quatre causes suivantes: 1.\t\u2014 L\u2019orientation qu\u2019a prise l\u2019agriculture qué- bécoise depuis une trentaine d\u2019années.2.\t\u2014 Les déplacements et déséquilibres occa- sionnés par deux guerres. 96 L ACTION NATIONALE 3.\t\u2014 L\u2019américanisation de plus en plus mani- feste de notre mentalité rurale.4.\t\u2014 Le manque de confort dont souffre parfois la population agricole.Encore une fois, nous pourrions continuer l\u2019énumération des facteurs de déracinement rural, mais nous aimons à nous en tenir à ceux que nous venons de mentionner, afin de faire mieux ressortir que dans les conditions générales de notre vie en société tout contribue à attirer le paysan vers la ville et à l\u2019y retenir et surtout que la crise de la désertion du sol en est une de désaffection qui prend son origine non pas tant dans les perturbations économiques et passagères de la structure sociale que dans le cœur et l\u2019âme même de la classe paysanne.L\u2019orientation de l\u2019agriculture Depuis la première grande guerre, tout particulièrement, l\u2019agriculture québécoise a subi de profondes transformations et dans son économie et dans ses méthodes culturales.Il n\u2019y a pas très longtemps nos fermes étaient maintenues et cultivées par la famille et pour la famille; seuls les petits surplus de la production agricole étaient écoulés sur le marché local.Aujourd\u2019hui le portrait n\u2019est plus le même.Une sorte de spéculation s\u2019est emparée de notre économie agricole et à révolutionné les fermes.Appuyé désormais sur le machinisme, le cultivateur, pratiquant une agriculture de plus en plus spécialisée, produit l\u2019exode bubal 97 surtout pour les marchés métropolitains et extérieurs.La polyculture familiale se dirige de plus en plus vers la monoculture industrialisée.Le cultivateur a résisté tout d\u2019abord ; il fut méfiant, prudent et le demeure.Mais poussé et comme entraîné dans le courant du régime capitaliste appliqué à l\u2019agriculture, il s\u2019est efforcé de tirer profit de sa nouvelle situation.Nous sommes d\u2019avis cependant qu\u2019il n\u2019a rien gagné à l\u2019échange et qu\u2019il y a même perdu quelque chose: a)\tun peu de liberté et de stabilité agricoles.b)\tbeaucoup de cohésion dans la main-d\u2019œuvre rurale.C\u2019est notre vieille économie terrienne basée sur l\u2019agriculture familiale qui a fait durer notre richesse québécoise en la faisant se transmettre de père en fils depuis des générations.L\u2019industrialisation et la spécialisation à l\u2019infini de notre agriculture rendent la survivance traditionnelle de nos fermes plus précaire.On sait dans quelle situation se trouvent les fermiers du centre et de l\u2019ouest des États-Unis où seulement le quart environ des exploitants sont propriétaires de leurs fermes.Il y a trois ans alors que j\u2019avais le plaisir de faire visiter une partie de la région rimouskoise à Mgr Ligutti, un apôtre social et rural qui dirige dans l\u2019Illinois un mouvement d\u2019organisation professionnelle des fermiers américains et qui dans la revue « Land and Home », prêche le retour à la terre et aux vertus familiales et rurales, le distingué prélat était heureux de savoir que la grande majorité de nos cultivateurs étaient maîtres de leurs propri- l\u2019action nationale étés et il me brossa un portrait du désastre social et moral que favorise outre-frontière la grande entreprise agricole opérée strictement sur des bases commerciales.Nous ne sommes peut-être pas rendus à ce tournant de la route, mais une rationalisation trop poussée de notre agriculture nous y conduira un jour.Aucune nation ne peut vivre aujourd\u2019hui en économie fermée.C\u2019est vrai.Toutefois, il faut éviter les extrêmes et se souvenir qu\u2019en cas de besoin c\u2019est une grande sécurité pour un pays de pouvoir se suffire à soi-même.Nous ne sommes pas pour une agriculture en vase clos.Mais nous sommes pour le maintien d\u2019une agriculture familiale capable d\u2019approvisionner notre marché intérieur d\u2019une production variée et complète, et de conserver cette liberté, cette stabilité que menacent de nous enlever les grandes exploitations agricoles commerciales et souvent anonymes.La rationalisation de l\u2019économie agricole a porté un dur coup à la main-d\u2019œuvre rurale.Et les machines, loin de retenir les jeunes, leur ont donné un motif de plus pour déserter le sol.Souvent les dépenses encourues pour améliorer une ferme en l\u2019amenant au pas avec le progrès, empêchaient le père d\u2019établir ailleurs sur des terres un ou deux de ses garçons.La main-d\u2019œuvre familiale perdait un peu de son utilité et de sa valeur devant la mécanisation intense de l\u2019agriculture et normalement les bras cherchaient à exercer leurs activités ailleurs que sur la ferme.Il est difficile d\u2019évaluer le nombre exact ou approximatif de départs occasionnés par la mue lente et profonde de notre agriculture, mais un fait demeure: c\u2019est que la monoculture industrialisée et la polyculture commercialisée ont favorisé l\u2019exode rural. l\u2019exodb bubal 99 L\u2019état de guerre Bien que passagers, les conflits mondiaux ont néanmoins une grande influence sur l\u2019abandon du sol.Pendant la guerre plusieurs jeunes cultivateurs ont fait généreusement le sacrifice de leur vie.Ils furent fauchés en pleine lutte sur les champs de bataille.Beaucoup sont revenus.Mais pas à la terre! Au cours de leur stage dans l\u2019armée, ils ont perdu peu à peu contact avec l\u2019agriculture et ont connu les mirages d\u2019une autre existence, celle de la ville.Grisées par cette vie nouvelle à la fois trépidante et superficielle, où les plaisirs ont presque toujours un goût de cendres, où le fourmillement des masses et le travail à la chaîne étouffent la personnalité et la liberté de l\u2019individu, les recrues de la campagne ne veulent plus reprendre les mancherons.Exode favorisé par la guerre et tout son cortège de bouleversements.Du côté féminin, le même phénomène s\u2019est produit.Nombre de jeunes filles qui ont eu un emploi dans une industrie de guerre s\u2019attachent avec plus de persévérance et de conviction à l\u2019atmosphère urbaine et réussissent assez souvent à entraîner à leur suite un ami ou des amies.Quoi qu\u2019on dise et quoi qu\u2019on pense, les déplacements, le déséquilibre général qu\u2019engendre la guerre, même s\u2019ils ne sont que de courte durée, ont une répercussion néfaste sur la stabilité de nos familles agricoles et contribuent dans une large mesure au déracinement de notre population rurale.C\u2019est sans doute un des facteurs le plus difficile à contrôler.Et le seul moyen d\u2019empêcher les guerres de nuire à la désertion des campagnes serait 100 l\u2019action nationale de ne plus avoir de guerres.La prochaine sera-t-elle la dernière?Déviation de la mentalité rurale Si l\u2019agriculture québécoise fut entraînée par les puissances du régime économique â s\u2019adapter à des conditions nouvelles imposées à la société tout entière, une transformation morale s\u2019est produite à peu près en même temps dans l\u2019âme paysanne.Le développement des voies de communication a eu sans doute pour effet d\u2019agrandir notre domaine cultivable et de faciliter l\u2019échange des produits agricoles, mais aussi il a favorisé les contacts plus fréquents de l\u2019agriculture avec une vie qui n\u2019était pas la sienne.L\u2019industrie du tourisme a peut-être apporté plusieurs milliers de dollars à certaines régions rurales de la province; elle y a laissé tout de même une sorte de conception bourgeoise de l\u2019existence qui ne se concilie pas avec celle de la plupart de nos campagnes.La presse, le cinéma, la radio, les revues de toutes sortes ont contribué eux aussi à la déviation de la mentalité rurale.La vague de matérialisme et de pharisaïsme qui a gagné notre siècle s\u2019est répandue, en vertu de la vitesse acquise, jusque dans les coins les plus reculés de nos régions de colonisation.Les jeunes connaissent la meilleure crème de beauté sur le marché, et peuvent discuter avec plusieurs citadins sur les coiffures les plus à la mode, la garniture des chapeaux, leur acteur préféré, et les exploits d\u2019un boxeur poids mi-lourd.Ils connaissent par leur petit nom tous les joueurs de baseball et de hockey. l\u2019exode rural 101 A la campagne, comme ailleurs, il existe un renversement dans la hiérarchie des valeurs.Cela se traduit par la recherche de plus en plus poussée des jouissances sensibles et par un fléchissement de la foi.Les traditions chrétiennes qui ont fait la force de notre pays s\u2019y émoussent lentement.En plusieurs endroits, on ne fait plus la prière en famille le soir, on néglige les grâces aux repas, on n\u2019assiste plus aux Vêpres, on a perdu la piété des ancêtres.En un mot, les biens matériels prennent le pas sur les valeurs spirituelles et enlèvent par conséquent à la jeune génération surtout la véritable mentalité rurale, cette mentalité qui rive les familles au sol par besoin, par devoir social et par vocation.Et n\u2019ayant plus le cœur à la besogne de la ferme, on émigre vers les centres plus bruyants où l\u2019on pense gagner plus facilement sa vie au milieu de distractions nombreuses et diverses.L\u2019américanisation de la mentalité rurale a une influence secrète mais considérable sur la désertion du sol.Le manque de confort Lorsque nous avons traité de l\u2019exode des campagnes en regard de la transformation de la mentalité rurale, nous ne croyons pas avoir tout dit en insistant sur la fascination qu\u2019exercent sur les jeunes gens et les jeunes filles les folies du siècle.Il y a un autre côté à la médaille, le côté économique et social, nous voulons parler de la fascination d\u2019une chambre de bain, du robinet d\u2019eau, de la trayeuse mécanique, de la lessiveuse électrique, etc.Et ces commodités doivent entrer en ligne de compte. 102 l\u2019action nationale Nous ne sommes plus à une époque où nous devons exiger trop d\u2019héroïsme de la part de la classe agricole.Celle-ci a droit de bénéficier, au même titre que les autres citoyens du pays, des vastes ressources naturelles que la Providence a mises à notre disposition et de jouir d\u2019un peu de confort que lui procurent la science et les inventions modernes.L\u2019amélioration des conditions de vie du cultivateur, dans la mesure des possibilités humaines, est un moyen de prévenir l\u2019exode rural.Il ne s\u2019agit pas de doter nos campagnes du superflu mais du nécessaire.Si beaucoup s\u2019évadent, ce n\u2019est pas tant par un coup de tête ou un coup de cœur.Il y a un autre motif d\u2019ordre économique.C\u2019est parce qu\u2019on trouve le travail agricole excédant, aggravé par un manque de main-d\u2019œuvre et par les manques de commodités indispensables aujourd\u2019hui sur les fermes de la province.Dans ce cas quelques-uns sont forcés de partir.Leur santé, leur situation, leur besogne lourde et peu rémunératrice ne leur permettent plus de tenir.Voilà brossés à coups de pinceaux rapides certains facteurs qui ont une répercussion plus ou moins prononcée sur l'exode des campagnes.Ils exercent leur influence concurremment et posent un problème complexe où la morale coudoie l\u2019économique et où l\u2019économique empiète sur le social.Dans cet enchevêtrement de causes variées, nous allons essayer tout de même de dégager quelques leçons pratiques et de déterminer quels seraient les remèdes les plus efficaces pour empêcher une émigration de notre peuple agricole, pour stabiliser nos familles rurales et pour maintenir cet équilibre si indispensable chez nous entre l\u2019agriculture et l\u2019industrie. l\u2019exodb rural 103 Remèdes Les deux premiers problèmes que nous avons étudiés ensemble ne peuvent pas se résoudre comme tels.L\u2019orientation nouvelle de notre agriculture et les pertubations qu\u2019occasionnent les guerres ne sauraient être réprimées complètement.Nous devons les envisager, le premier, comme une évolution plus ou moins fatale de l\u2019économie et le deuxième comme un dérangement mondial passager.Mais, par contre, nous avons l\u2019obligation d\u2019en tirer le meilleur parti possible en prévoyant et en atténuant leurs effets dévastateurs au sein de notre population rurale.Au point où nous en sommes rendus, nous ne croyons pas qu\u2019il serait possible et opportun de revenir à la vieille forme de notre économie terrienne.En se tenant en marge du régime et de cet état d\u2019interdépendance qui existe entre les nations du monde, l\u2019agriculture du Québec serait comme perdue et désorientée.D\u2019un autre côté, si elle oublie ses origines elle sera vouée à l\u2019anéantissement.Pour être de son temps elle peut prendre une figure commercialisée, mais pour survivre elle doit s\u2019appuyer sans cesse sur la propriété privée et sur la famille.Assis sur son tracteur, le paysan doit se cramponner davantage à ses traditions terriennes, à ces vertus rurales qui furent la force de notre peuple.C\u2019est du reste la façon la moins périlleuse de suivre le progrès et le moyen le plus efficace de parer à la désertion des campagnes. 104 1,\u2019ACTION NATIONALE Les problèmes épineux provoqués par les guerres et par le matérialisme du siècle sur la mentalité paysanne trouveront surtout leur solution dans une philosophie toute chrétienne de la vie rurale.Il importe que l\u2019homme des champs connaisse son véritable bonheur, toute la dignité de sa profession et les avantages qu\u2019il a à demeurer fidèle à la terre.Pour faire contrepoids à une doctrine basée sur les jouissances sensibles qui faussent le sens de la vie, il est urgent d\u2019apporter à nos campagnes une conception plus chrétienne de l\u2019existence, une conception inspirée de l\u2019Évangile et qui, seule, est en mesure de rétablir dans notre monde agricole la hiérarchie des valeurs.C\u2019est tout un programme de réforme des mœurs à entreprendre.« Réformer les mœurs, c est combattre et exterminer si possible, les goûts de lucre qui font de l\u2019argent le mobile de tant d\u2019actes humains, la puissance dominatrice du monde à laquelle d\u2019innombrables individus se font un devoir de sacrifier.C\u2019est faire monter plus haut les aspirations de l\u2019homme, en l\u2019empêchant de borner ses horizons aux félicités de la terre.C\u2019est lui révéler le secret de sa destinée.C\u2019est ne pas lui laisser perdre de vue la fin pour laquelle il est ici-bas, le salut de son âme; le but qu\u2019il doit atteindre, le ciel, terme suprême de ses efforts.C\u2019est lui faire constater qu\u2019il n\u2019est pas un isolé sur terre, qu\u2019il ne doit donc pas s occuper seulement de soi, mais qu\u2019il est un être social et qu\u2019il a des devoirs de justice, de charité et de fraternité à remplir envers les autres hommes.C\u2019est lui faire prendre conscience de sa dignité, lui faire connaître le don de Dieu, habitant en nous par sa grâce.C\u2019est lui inspirer le respect de son âme et de son corps, de l\u2019exode rural 105 l\u2019âme et du corps de son prochain.C\u2019est faire naître dans son cœur de nobles amours qui le poussent au dévouement.C\u2019est le rendre passionné de justice et de charité! » Nous avons tenu à citer tout au long cet extrait du discours que prononçait Son Excellence Mgr Dubourg à la Semaine Sociale d\u2019Angers en 1935, parce qu\u2019il résume bien la doctrine de rechristianisation si nécessaire à la société moderne pour mettre un frein aux passions de l\u2019homme, et le diriger vers la lumière.Nous aimons à signaler que dans notre province la Jeunesse Agricole Catholique et l\u2019Union Catholique des Cultivateurs n\u2019ont pas ménagé leurs efforts pour faire comprendre aux jeunes et aux moins jeunes la noblesse, la beauté et les devoirs de la vie des champs et à leur montrer que si les inconvénients ou les sacrifices de l\u2019existence rurale sont de l\u2019ordre visible, ses avantages ou son bonheur sont surtout des réalités spirituelles.Problème moral, avons-nous dit que celui de la désertion du sol.C\u2019est vrai, mais ce n\u2019est pas toute la vérité.Il y a aussi l\u2019aspect économique et social.Le cultivateur sur la ferme jouit de la sécurité.Propriétaire de son bien-fonds, il en tire sa subsistance et celle de sa famille.Il ne craint pas les mauvais jours et rares sont les crises cycliques qui réussissent à le déraciner.Cependant il ne bénéficie pas toujours de la plupart des commodités suscept\u2019bles d\u2019améliorer les conditions d\u2019existence à la campagne.Et il déserte, attiré par le confort des villes.L\u2019électrification rurale, entreprise sur une vaste échelle, demeure un excellent moyen de remédier à cet état de choses.Et c\u2019est ce qu\u2019il nous reste à voir. 106 l\u2019action nationale L\u2019électricité est plus indispensable à la campagne qu\u2019à la ville.Elle s\u2019adapte parfaitement à tous les besoins de l\u2019agriculture; elle seule peut porter la lumière, la chaleur, le froid et la force motrice à la grande majorité des 150,000 fermes de la Province.La ferme est une entreprise familiale dont le succès est dû en grande partie à la femme.L\u2019électricité est la servante à cent bras qui rend le travail de la fermière plus facile et plus rémunérateur.Les services que l\u2019énergie électrique est appelée à rendre dans le domaine de l\u2019industrie laitière, de l\u2019aviculture, la culture maraîchère, la conservation des produits sont innombrables.Elle fait surgir dans nos villages une foule de petites industries et de petits ateliers qui fourniront un débouché à la main-d œuvre rurale et aux récoltes de la ferme.Un cultivateur disait récemment: « Je veux avoir l\u2019électricité pour rajeunir l\u2019atmosphère de ma maison, rendre ma ferme plus attrayante, garder mes fils et mes filles sur la terre.» Il exprimait la portée sociale de l\u2019électrification des campagnes.De plus la construction des lignes rurales utilisera les bras que les industries ne pourront pas employer dans la période d\u2019après-guerre.Contrairement aux autres grands travaux publics, c\u2019est une entreprise qui se paie par elle-même.Pour bien d\u2019autres raisons, l\u2019électrification rurale s\u2019impose pour accroître le rendement de nos fermes, abaisser le coût de revient de nos produits agricoles, pour procurer à la famille rurale plus de beauté, de loisirs, de bonheur, des biens qu\u2019il est impossible de compter en piastres et en sous mais qu\u2019il faut évaluer d\u2019après une comptabilité sociale. l\u2019exode rural 107 La classe agricole de toutes les régions de la province attend le service électrique depuis de nombreuses années.Maintes résolutions turent adoptées à l\u2019occasion des congrès régionaux ou généraux de l\u2019U.C.C.pour hâter l\u2019électrification des campagnes.Des délégations de cultivateurs ont fait plusieurs démarches auprès des compagnies d\u2019utilités publiques pour leur demander de prolonger leurs lignes rurales dans telle ou telle paroisse.Très souvent pour ne pas dire toujours, ces demandes n\u2019aboutissaient à aucune conclusion pratique.Pour améliorer le sort de la classe agricole au double point de vue économique et social, la Législature de la Province de Québec a adopté le 3 avril 1945, une loi ayant pour but de favoriser l\u2019électrification rurale par l\u2019entremise de coopératives d\u2019électricité.Formule heureuse parce qu\u2019elle stimule l\u2019initiative privée et le sens des responsabilités sociales chez les membres, formule opportune, parce que, dans les circonstances actuelles, elle tient le juste milieu entre le monopole de l\u2019État et le monopole des individus, formule efficace, parce qu\u2019elle donne à la classe agricole accès au service de l\u2019électricité et cela à des taux abordables.En 1940, seulement 20% des fermes du Québec étaient électrifiées.Quatre ans plus tard cette proportion n\u2019avait augmenté que de 3.8%.Mais depuis l\u2019établissement de l\u2019Office de l\u2019électrification rurale, la situation est sensiblement modifiée.A la fin de décembre 1946, le tiers de notre population rurale bénéficiait désormais du service électrique.Et quand l\u2019année 1947 sera terminée, si les programmes d\u2019élec- 108 1/ACTION NATIONALE tarification sont entrepris et exécutés tels que prévus, au délà de 40% de nos cultivateurs jouiront des nombreux avantages de l\u2019électricité.Ces quelques chiffres démontrent que depuis trois ans, il s\u2019est fait chez nous autant d\u2019électrification rurale que durant les quarante premières années du siècle actuel.A ce rythme, nos campagnes seront couvertes ou complètement sillonnées de réseaux électriques d\u2019ici une période de neuf ans et le Québec figurera dans ce domaine aux premiers rangs lors du prochain recensement décennal de 1951.A quoi doit-on attribuer ce réveil sans précédent peut-être dans toute notre histoire économique?Une très large part du mérite revient sans aucun doute aux coopératives d\u2019électricité encouragées, soutenues et guidées par l\u2019Office de l\u2019électrification rurale.Dépendant des quinze coopératives en opération dans la province depuis deux ans seulement, on trouve des nouvelles lignes rurales dont une longueur approximative de 300 milles est terminée à date et dont près de 600 milles sont en voie de construction.Ce réseau coopératif dessert ou desservira dans un avenir rapproché environ cinq mille clients ruraux.Et le mouvement se continue.D\u2019autres coopératives d\u2019électricité se mettent en branle.Cellules vivantes et énergiques, elles croissent dans l\u2019effort commun, parfois se fusionnent pour augmenter leurs forces et plongent toujours leurs racines dans le sol fertile de l\u2019entraide québécoise.Elles sont appelées, nous n\u2019en doutons pas, à rendre d\u2019immenses services à la population des campagnes.L\u2019organisation des coopératives d\u2019électricité en vertu de la Loi de l\u2019électrification rurale a eu aussi un 1, EXODE RURAL 109 effet indirect qu\u2019il était plus ou moins difficile de prévoir au début.Elle a pour ainsi dire secoué la torpeur et l\u2019indifférence des compagnies d\u2019utilités publiques.Ces dernières, en effet, qui hier ne voyaient aucun intérêt à se lancer dans un programme d\u2019électrification intense des régions rurales du Québec ont soudainement changé leur fusil d\u2019épaule et aujourd\u2019hui, elles demandent de nombreux permis pour construire ou étendre leurs lignes à la campagne, en des endroits souvent où, il y a quelques années, les cultivateurs les eussent-ils payées pour obtenir le service qu\u2019elles n\u2019y seraient point venues y planter un seul poteau.Cette réaction des entreprises privées est-elle motivée par la crainte de l\u2019envahissement des coopératives?Nous ne saurions le dire.Aura-t-elle pour résultat de stimuler le zèle des compagnies au point d\u2019établir, entre le régime coopératif et le régime du capitalisme en matière d\u2019électrification rurale, une concurrence saine et souhaitable ?Nous osons l\u2019espérer.Quoi qu\u2019il en soit, depuis trois ans, au délà de 20,000 cultivateurs situés sur des rangs plus ou moins denses de nos régions rurales ont obtenu le service de l\u2019électricité de la part des compagnies privées et, la grande majorité, aux mêmes taux que les villages ou les centres urbains qui les entourent.Pour le moment le but de la loi est atteint: c\u2019est d\u2019apporter le service de l\u2019électricité le plus rapidement possible et aux meilleures conditions possibles, à la plus grande quantité possible de fermes québécoises. 110 l\u2019action nationale Conclusion Nous avons la conviction qu\u2019en s intensifiant le programme d\u2019électrification rurale bien dirigé et bien orienté aura pour conséquence immédiate d\u2019améliorer les conditions de vie à la campagne et de résoudre plusieurs problèmes d\u2019ordre social et économique qui incitent parfois nos agriculteurs jeunes ou vieux à abandonner la terre pour rechercher les commodités des villes.Quand le cultivateur jouit déjà de cette sécurité que la ville ne peut donner et que l\u2019électricité vient lui apporter ensuite le peu de confort qui lui manque, il a doublement raison de vouloir demeurer fidèle à la terre.Ou, si l\u2019on aime mieux, il aura deux fois moins de motifs de la quitter.Les réformes économiques et sociales, si heureuses que soient leurs répercussions sur le bien-être des foyers ruraux, ne peuvent cependant régler à elles seules toute la question de l\u2019exode des campagnes.Ce serait vraiment trop facile.Les raisons de s\u2019évader de la ferme sont souvent d\u2019ordre moral.Et dans ce cas il importe d agir sur les consciences, de rétablir dans l\u2019âme paysanne l\u2019échelle des valeurs, d\u2019y enraciner davantage le respect des traditions, d\u2019apprendre aux jeunes la fidélité et l\u2019amour qu\u2019ils doivent en justice sociale à leur profession, d\u2019allumer dans leurs cœurs cette mystique terrienne qui leur fait préférer leur vie durant le bonheur durable aux plaisirs éphémères et qui, au milieu des labours et des récoltes, dans les joies et les peines, sous le soleil et la pluie, les fait coopérer à l\u2019œuvre même de Dieu. l\u2019exode rural 111 Si cette philosophie se répand dans nos campagnes, de la petite école du rang jusqu\u2019aux équipes d\u2019étude de l\u2019U.C.C.en passant par les écoles d\u2019agriculture et si elle est soutenue par une constante amélioration des conditions de vie chez notre classe agricole, nous sommes convaincus qu\u2019elle aboutira aux résultats suivants: 1.\t\u2014 Sinon de réprimer complètement du moins de diminuer dans une large mesure l\u2019émigration de nos habitants vers les villages et les centres urbains.2.\t-\u2014 De rétablir l\u2019harmonie ou l\u2019équilibre qui, pour le bien commun, doit exister entre notre agriculture désormais commercialisée et nos industries sans cesse grandissantes.3.\t\u2014 De contribuer beaucoup à la stabilité de nos familles rurales dont la fécondité, la prudence et le traditionalisme sont si nécessaires à notre avenir national.Et, en guise de conclusion, n\u2019oublions jamais que la terre québécoise gardera ses familles, si les familles rurales de la province peuvent et veulent garder leurs terres! Jean Blanchet, agronome. L\u2019Acadie dans Sa littérature XTous arrivons à la deuxième partie de notre travail, à la littérature écrite par des Acadiens.* Un jour, verrons-nous peut-être dans nos collèges classiques des Provinces-Maritimes un cours d\u2019histoire et de littérature acadiennes.Alors, l\u2019occasion sera favorable d\u2019étudier les luttes que nos chefs laïques et religieux ont dû soutenir pour sauvegarder le caractère ethnique de l\u2019Acadien.Nos écrivains du début « de la renaissance » auront leur grand mérite reconnu et leur influence sera peut-être plus grande qu\u2019on ne l\u2019imagine aujourd\u2019hui.Nous passerons assez brièvement certains auteurs contemporains en insistant sur deux de la « première heure » qui furent probablement les plus grands maîtres de littérature que l\u2019Acadie ait produits jusqu\u2019à date.Le 1er avril 1909, M.J.-E.Prince, Docteur en Droit, lut un travail à l\u2019Université Laval de Québec; il étudiait la vie et l\u2019œuvre de M.Edouard Richard, auteur d\u2019Acadie.Cette conférence est reproduite à l\u2019Appendice I du premier volume de l\u2019édition qu\u2019en a faite Henri d\u2019Arles, d\u2019où nous tirons quelques détails.Edouard Richard appartenait à un groupe acadien exilé qui était venu de Boston s\u2019établir à Saint-Gré- *Voir la première partie de cette étude dans I\u2019Action Nationale d\u2019avril 1947. l\u2019ACADIE DANS LA LITTÉRATURE 113 goire de Nicolet vers 1765.Ayant terminé ses études classiques, il continua des études universitaires en France puis devint avocat; il fut plus tard l\u2019associé légal de sir Wilfrid Laurier.De santé frêle, il s\u2019en alla à Winnipeg et il y occupa ses loisirs de fonctionnaire à étudier l\u2019histoire de ses ancêtres.En 1895, un ami, le P.Drummond, jésuite, publia une traduction anglaise de son manuscrit en deux volumes: Acadia, missing Links of a Lost Chapter in American History.En 1897, il succéda à Joseph Marmette aux Archives Nationales et alla à Paris; il profita de son séjour pour enrichir son manuscrit d\u2019Acadie, mais il mourut avant de publier son travail.Ce manuscrit fut considéré comme perdu jusqu\u2019en 1913, lorsqu\u2019il fut retrouvé par un cousin de l\u2019auteur, Auguste Richard; un autre cousin, Henri d\u2019Arles (l\u2019abbé Henri Beaudé), homme de lettres distingué, accepta la tâche de publier cette œuvre qui insistait surtout sur le Grand Dérangement plutôt que sur l\u2019Acadie nouvelle.Le tome premier d\u2019Acadie parut en 1916, le deuxième en 1921 et le troisième un peu plus tard.Henri d\u2019Arles publia le texte à peu près intégral mais en l\u2019accompagnant de volumineuses notes où rayonnait un esprit plus français et plus patriote peut-être que celui de l\u2019auteur.Cet Auguste Richard contribua largement à établir une chaire d\u2019histoire de l\u2019Acadie à l\u2019Université de Montréal.Le R.P.Ph.-F.Bourgeois, c.s.c., professeur au Collège Saint-Joseph, fut un des premiers prêtres acadiens nés dans la paroisse de Memramcook; son ordination date de 1879.En 1902, fut écrite au Collège Notre-Dame de la Côte-des-Neiges, l\u2019Histoire élémentaire du Canada; l\u2019auteur s\u2019efforce de raconter les prin- 114 l\u2019action nationale cipaux événements de l\u2019histoire du Canada sous une forme nouvelle, propre à attirer l\u2019attention des jeunes élèves.En vrai professeur, il essaya d\u2019aborder les sujets avec toute l\u2019impartialité possible.Il publia une édition bilingue qui fut acceptée pour les écoles du Nouveau-Brunswick, texte qui fut réimprimé et mis au point en 1944 par M.J.T.Lejeune, assistant-surintendant de l\u2019instruction publique de la province.Vie de l\u2019abbé François-Xavier LaFrance, suivie d\u2019une courte notice biographique de l\u2019abbé François-Xavier Cormier, premier prêtre né dans la paroisse de Mem-ramcook (Montréal, 1925), tel est le titre du dernier livre du Père Bourgeois.Nous savons que plusieurs prêtres canadiens étaient venus faire du ministère en Acadie alors qu\u2019il n\u2019y avait pas de clergé national.Dès les débuts de la colonie, il y eut des missionnaires tant canadiens que français et des prêtres venus directement de France; lorsque Mgr de Saint-Vallier, Mgr Hubert, Mgr Denaut, Mgr Plessis firent leur tournée pastorale en Acadie, ils se rendirent bien compte de la pénurie de prêtres et ils tâchèrent de suppléer à cette lacune.(Voir R.P.Bourgeois, c.s.c.Les Anciens Missionnaires de l\u2019Acadie et Panégyrique de l\u2019abbé Sigogne ou encore Mgr Plessis, Journal de deux voyages apostoliques, 1811 et 1812, dans le Foyer Canadien (Québec, 1865) volume III, 73-280.) Parmi ces prêtres canadiens se trouvait l\u2019abbé François-Xavier Lafrance né à Charlesbourg, Québec, en 1814; il fit du ministère à Saint-Jean, N.-B., puis fut nommé curé de Tracadie.Ici, il s\u2019occupa de l\u2019école, de l\u2019instruction et tout particulièrement des lépreux atteints de la maladie qui ravageait cette partie du l\u2019acadie dans la littérature 115 pays.(Un excellent livre fut écrit à ce sujet: Le Lazaret de Tracadie et la Communauté des Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph, (Montréal, 1938), dont l\u2019auteur est le R.P.Dom Félix-M.Lajat.) Curé de Memramcook de 1852-55, le « Père » Lafrance prend la résolution de faire instruire le peuple qui a faim et soif d\u2019éducation ; il fonda le Séminaire Saint-Thomas qui ouvrit ses portes en 1854 mais qui dut fermer ses classes en 1862 par suite de certaines difficultés pécuniaires et autres.Son œuvre commencée ne devait pas périr; l\u2019abbé Lafrance demande à S.E.Mgr Sweeney qu\u2019une communauté religieuse vienne continuer son œuvre et les Pères de Sainte-Croix, sous la direction du R.P.Camille Lefebvre, arrivèrent en 1864.« Fonder un collège catholique français dans une province protestante et anglaise, c\u2019est une des plus grandes gloires qui puissent s\u2019acquérir sous le soleil.» Cette gloire-là, M.Lafrance se l\u2019est acquise en 1854.Il était grand sans le savoir.Puisque nous avons à plusieurs reprises fait allusion aux Acadiens de l\u2019Ue du Prince-Édouard, il serait bon de faire connaître l\u2019apôtre de la Renaissance acadienne sur l\u2019île, le professeur J.-Henri Blanchard, du collège Prince-de-Galles de Charlottetown.Il publia deux ouvrages de valeur: Histoire des Acadiens de Vile du Prince-Édouard, (Moncton, 1927) et Rustico, une Paroisse acadienne de V Ile-du-Prince-Édouard.Son plus grand mérite est d\u2019avoir maintenu sur Vile une population purement acadienne malgré des influences contraires. 116 l\u2019action nationale Nous arrivons à la République.Pour tout lecteur non averti, il semblerait peut-être étrange d\u2019entendre l\u2019allusion à une « république )> sous le régime britannique des Provinces-Maritimes.La revue MacLean\u2019s (16 décembre, 1946, page 14) écrit: « Any Canadian schoolboy will tell you what makes up the Dominion of Canada, nine provinces, the Yukon and the North-West Territories.But if the schoolboy happens to come from New Brunswick, he\u2019ll probably add a 12th component: the outspoken and independent republic of Madawaska.Nobody knows exactly on what their independence is based, but it\u2019s there all right.» L\u2019abbé Thomas Albert fait allusion à ce trait d\u2019indépendance dans Histoire du Madawaska, (Québec, 1910); il décrit le type madawaskayen, il donne la description géographique (topographique de la République), des premières seigneuries, de la vie des colons.Saint-Basile fut la paroisse-mère et à son couvent, dirigé par les Religieuses de Saint-Joseph, furent instruits les pionniers du Madawaska.« Ce couvent, il a été le premier phare allumé sur la montagne.Il a été le feu matinal qui a réchauffé le berceau d\u2019une colonie, l\u2019Hôtel-Dieu a été le seul refuge pour les malades de tout un pays pendant plus d\u2019un quart de siècle.Mère Maillet y veillait.» Le Madawaska avait songé à un collège dès 1864, mais il fallut attendre à 1946 pour l\u2019ouverture du collège Saint-Louis à Edmundston, dirigé par les RR.PB.Eudistes.Le problème de l\u2019éducation chez les Français du Nouveau-Brunswick est épineux; nous tâcherons de l\u2019aborder avec toute la discrétion possible.Autant les Franco-Ontariens ont lutté contre le règlement 17, l\u2019acadie dans la littérature 117 autant les Acadiens luttent contre la loi scolaire de 1871.Qui s\u2019intéresse tout particulièrement à ce sujet ne pourrait mieux trouver que VEnseignement du français en Acadie 1604-1926, thèse de doctorat soutenue par le R.P.Orner LeGresley, c.j.m.à l\u2019Université de Paris en 1925.L\u2019auteur y fait le tableau des écoles avant 1871 ; depuis cette date, c\u2019est une lutte incessante pour obtenir des écoles plus aptes à former l\u2019Acadien selon son caractère ethnique.L\u2019Association Acadienne d\u2019Éducation du Nouveau-Brunswick a pris naissance officiellement au congrès national acadien de Memramcook à l\u2019été de 1937, et le premier congrès de l\u2019Association même eut lieu à l\u2019Université Sacré-Cœur de Bathurst les 30 et 31 août 1938.Les différentes décisions et remarques furent publiées dans le Rapport des séances du Premier Congrès-Association acadienne d\u2019éducation, Bathurst, N.-B.Trois autres congrès eurent lieu; d\u2019abord, celui de l\u2019Université Saint-Joseph en 1940, celui d\u2019Edmundston en 1943 et de nouveau celui de Bathurst en 1946.Son Excellence, Mgr Marie-Antoine Roy, nouvel évêque d\u2019Edmundston, clôtura le dernier congrès par un discours qui eut des retentissements dans toute l\u2019Amérique française; on le trouve textuellement dans Vie Française (Québec, vol.2, novembre 1946, 68-76).Pour remédier à la situation des écoles acadiennes, les cours d\u2019été de l\u2019Université Saint-Joseph furent inaugurés en juillet 1938, sous l\u2019habile direction du Frère Léopold, c.s.c., un des plus grands bienfaiteurs de l\u2019Acadie moderne.Ces cours continuent leur progrès tous les ans, sans interruption.En 1945, le frère Léopold, lui-même dévoué continuateur de l\u2019œuvre 118 l\u2019action NATIONAL!] du R.P.Lefebvre, publiait Les Cours d\u2019été de l\u2019Université Saint-Joseph (Memramcook), Histoire de leurs sept ans, 1938-1944.Il suit de près les mouvements éducateurs de la Province et outre son livre sur les cours d\u2019été, il a publié Ce Secrétariat permanent d\u2019éducation, (Action Sociale Populaire, no 353, 1943), The New Brunswick French Schools Globality Problem, (1944) et École Acadienne et bilinguisme, (1944).Encore dans le domaine pédagogique, il nous fait plaisir de souligner le mémoire présenté à l\u2019Institut Pédagogique de Montréal, en vue de l\u2019obtention du baccalauréat en Pédagogie par Sœur Rose-Marie, f.m.a.Marie dans l\u2019éducation nationale en Acadie, (Montréal, 1944).L\u2019auteur fait entrer ou étudie le culte de Marie, sacré aux Acadiens, dans l\u2019enseignement de l\u2019histoire des événements, des institutions, des chefs, dans l\u2019enseignement de la géographie, de la langue, dans la création d\u2019une atmosphère nationale.Elle dédie son livre « à la mémoire toujours vénérée du serviteur fidèle et de l\u2019apôtre ardent de Marie, feu Mgr.L.-J.-A.Melanson.» L\u2019auteur est fille de la Congrégation que Mgr Melanson fonda à Camp-bellton en 1923 « pour l\u2019éducation chrétienne de la jeunesse en Acadie.» Cette communauté acadienne continue son œuvre d\u2019enseignement avec zèle dans tout le Nouveau-Brunswick, de même que fait une autre communauté acadienne, également fondée en 1923, les Religieuses Notre-Dame du Sacré-Cœur de Saint-Joseph de Memramcook.Mgr.L.-J.-A.Melanson fut ordonné prêtre à Chatham en 1905 et la première partie de son ministère s\u2019identifie avec la région Campbellton-Dalhousie ; en 1907, il est nommé curé de Balmoral et dès lors il l\u2019acadie dans la littérature 119 s\u2019intéressera à la colonisation comme l\u2019avait fait Mgr Richard; il publiera à cet effet Retour à la terre, (Montréal, 1916) et Pour la terre.La famille de Son Excellence Mgr Melanson avait demeuré à New Richmond en Gaspésie et là, le jeune étudiant du séminaire de Rimouski entendit parler de l\u2019œuvre de l\u2019abbé Bourg, premier prêtre acadien, fils de déporté, qui est devenu par la suite grand-vicaire de L\u2019Acadie.En 1921, lorsqu\u2019il était curé de Campbellton, M.l\u2019abbé Melanson publia un livre qui fit connaître la vie et l\u2019œuvre de ce digne missionnaire qui se dépensa 22 ans au service de ses frères dispersés -vaux quatre coins des Provinces Maritimes; ce livre était intitulé: Vie de l\u2019abbé Bourg, premier prêtre acadien, (Rimouski, 1921).Dimanche le 16 avril 1945, eut lieu, au Monument Lefebvre de l\u2019Université Saint-Joseph, une fête inoubliable qui marque une étape dans la vie progressive de l\u2019Acadie française; les membres de la section française de la Société Royale du Canada nous faisaient l\u2019insigne honneur de recevoir dans leur grande famille intellectuelle un des nôtres, le sénateur Antoine Léger.L\u2019Acadie entière fut honorée de la présence de quelques-unes des plus hautes lumières de la culture française au Canada, entre autres Mgr Olivier Mau-rault, P.D., recteur de l\u2019Université de Montréal, M.Séraphin Marion, vice-président de la section française de la Société, M.Léopold Houlé, publiciste français à Radio-Canada, M.Marius Barbeau folkloriste renommé du musée fédéral d\u2019Ottawa, et autres.M.l\u2019abbé Arthur Maheux, archiviste à l\u2019Université Laval, « parrain » du nouveau membre de la Société fit l\u2019éloge de l\u2019œuvre patriotique du sénateur et, en 120 l\u2019action nationale parlant de Elle et Lui, (Moncton, 1940), il disait: « Ce travail ne peut que contribuer à donner un regain de patriotisme; l\u2019histoire, le roman et le drame remplissent ces pages.» En novembre 1946, parut un autre roman de même inspiration patriotique Une Fleur d\u2019Acadie.Dans une note critique signée F.D.(est-ce Mgr François Daigle?), parue dans L\u2019Évan-géline, le 14 novembre 1946, on nous dit: « Un des mérites de ce livre, c\u2019est de raconter des événements qui se sont passés dans notre voisinage et qui se rapportent à nos ancêtres.» La scène se déroule autour de Chipoudie, Memramcook, Ruisseau-des-Renards (Fox Creek).\t, Tout récemment, lorsque les Archives de folklore furent publiées aux éditions Fides, l\u2019on songea au folklore acadien et l\u2019on proclamait comme le premier folkloriste probable, le Révérend Père A.-T.Bourque, c.s.c., qui avait publié en 1911, à Moncton: Chez les Anciens Acadiens, causeries du grand-père Antoine.Depuis lors, dans des lectures variées, nous avons trouvé un excellent chapitre folklorique dans Le Père Lefebvre et l\u2019Acadie, (Montréal, 1898, ch.XI, 153-169), de Pascal Poirier, plus tard, le Père Ph.B.Bourgeois, dans Vie de l\u2019Abbé Lafrance, nous donne un bon aperçu du sujet dans le chapitre VII, (82-101), Mœurs et coutumes acadiennes au milieu du 19e siècle.Monsieur Marius Barbeau s\u2019intéresse beaucoup à M.Jean-Thomas LeBlanc, assistant-rédacteur à Y Evangeline, collectionneur de vieilles chansons; celui-ci devait publier un Romancero acadien mais sa mort prématurée, le 11 juillet 1943, nous priva de cette œuvre folklorique.Il y a un excellent recueil par les Pères Anselme et Daniel, tous deux Acadiens l\u2019acadie dans la littérature 121 de Chéticamp sur les « Chansons d\u2019Acadie » pièces qui seront exécutées par le Choeur d\u2019Acadie dans leur prochain récital.L\u2019abbé D.-F.Léger, curé et fondateur de paroisse, aimait beaucoup l\u2019histoire et la littérature acadiennes; un curieux intéressé n\u2019aurait qu\u2019à parcourir les numéros du Moniteur Acadien, de l\u2019Acadien, de l\u2019Évangéline, de l\u2019Ordre Social, et il trouverait de nombreux articles signés D.-F.Léger, ptre., sur toutes les questions d\u2019actualité; il était « rapporteur », pour ainsi dire, des événements d\u2019importance qui se déroulaient en Acadie.Il s\u2019intéressait à la musique et à l\u2019art, et l\u2019on dit qu\u2019il fut un des premiers patrons du virtuose violoniste, Arthur LeBlanc, au début de sa carrière.Nous avons fait allusion, à plusieurs reprises, à la presse acadienne.En 1868, naît le Moniteur Acadien (Shédiac), en 1885 le Courrier des Provinces-Maritimes (Bathurst), en 1887 l\u2019Évangëline (Digby), en 1893 l\u2019impartial (Tignish), en 1906 la Justice (Newcastle), en 1915 l\u2019Acadien (Moncton), en 1915 le Madawaska (Edmundston), en 1937 Le Petit Courrier (Pubnico, N.E.).Il ne reste que trois hebdomadaires: L\u2019Évangéline, le Madawaska et le Petit Courrier.Il y a deux revues: Le Fermier Acadien et les Annales de Notre-Dame-de-VAssomption.La revue pédagogique, La Petite Feuille, a paru en février 1946; elle est l\u2019organe de l\u2019association des Instituteurs acadiens du comté de Gloucester.Le Trait d\u2019Union fut fondé par l\u2019association des étudiants acadiens avec bureau d\u2019administration et de rédaction à l\u2019Université Laval; dès sa publication, au courant de 1945-46, le journal eut pour rédacteur l\u2019actif et 122 l/ACTION NATIONALE dévoué jeune Acadien, M.Adélard Savoie, qui avait déjà rédigé la revue universitaire de l\u2019Université Saint-Joseph, Liaisons.L\u2019Université Sacré-Cœur de Bathurst a sa revue, l\u2019Écho du Sacré-Cœur, et pendant deux années, les élèves de langue française de l\u2019École Normale de Frédéricton faisaient paraître leurs notes sous la rubrique: Notes du Cercle Sainte-Anne.Dans le j ournalisme, l\u2019Acadie ne saurait compter un meilleur ami et un plus sincère interprète que M.Orner Héroux du Devoir.Il serait difficile d\u2019ajouter au prestige et à la renommée du Révérend Frère Antoine Bernard, c.s.v., bien connu non seulement à Montréal et à Québec mais dans tous les centres acadiens, franco-ontariens et franco-américains.Pour tout étudiant acadien, ses livres La Gaspésie au soleil, (Paris, 1926), Histoire de la survivance acadienne, (Montréal, 1935), le Drame Acadien, VAcadie Vivante, (Montréal, 1945) sont indispensables; de plus, il collabore généreusement à divers journaux et revues tant au Québec qu\u2019en Acadie; depuis l\u2019automne de 1946, il est de plus secrétaire de la rédaction de Vie Française.Nous ne saurions compléter une esquisse littéraire de ce genre sans référer aux cousins du sud les Loui-sianais.Nous eûmes l\u2019avantage de les visiter en octobre 1946 et nous eûmes occasion de les connaître, de les apprécier, de les aimer (Le Devoir, 16 novembre 1946).Il y a toute une littérature au sujet des Acadiens de la Louisiane, descendants directs des exilés de 1755.Il faudrait faire mention des livres d\u2019Alcée Fortier, de J.K.Ditchy, de Charles Gayarré et autres mais pour les Acadiens, en particulier, il se présente un livre d\u2019un intérêt spécial: The True Story of the Aca- l\u2019acadie dans la littérature 123 dians, publié en 1937 et dont l\u2019auteur est M.Dudley LeBlanc, président de l\u2019Association des Acadiens louisianais.Les deux écrivains les mieux connus peut-être dans la période de l\u2019Acadie renaissante sont le généalogiste, Placide Gaudet et le sénateur, Pascal Poirier.M.Placide Gaudet a l\u2019insigne honneur d\u2019avoir été un des premiers élèves qui s\u2019inscrivaient aux cours de l\u2019Université Saint-Joseph dès son ouverture en 1864.Il fut en tout temps, un ardent défenseur de la cause acadienne et soutint de nombreuses polémiques pour sa défense; il publia de nombreux articles dans la plupart des journaux de l\u2019époque.Ces pièces rares et pour la plupart inédites contiennent une source précieuse de renseignements pour ceux qui étudient l\u2019histoire de l\u2019Acadie.En 1922, il publia Le Grand Dérangement, sur qui retombe la responsabilité de l\u2019expulsion des Acadiens.v II est reconnu comme le grand généalogiste de l\u2019Acadie; il s\u2019est occupé de l\u2019histoire et de la généalogie des paroisses et familles acadiennes des comtés de Kent, Westmorland, Northumberland Gloucester et Madawaska au Nouveau-Brunswick, de Digby et Yarmouth à la Nouvelle-Écosse et celles de Pile du Prince-Edouard.M.Gaudet joua un rôle actif dans les différents congrès nationaux des Acadiens à titre de président de la commission d\u2019histoire acadienne; cette charge, il l\u2019a remplie consciencieusement à la Pointe-de-l\u2019Église, N.-E.en 1921 et à Moncton en août 1927.Jusqu\u2019à sa mort, M.Gaudet continua à publier dans les journaux et revues; il se proposait de publier une histoire de la vieille paroisse de Memramcook ainsi 124 l\u2019action nationale que plusieurs monographies des paroisses environnantes mais ce travail resta inachevé.Le P.René Baudry, c.s.c., de l\u2019Université Saint-Joseph possède quantité de manuscrits de feu Placide Gaudet; il a élaboré un beau travail qu\u2019il fera probablement publier un de ces jours.Pascal Poirier naquit à Shédiac, N.-B.le 15 février 1852.Son père était un cultivateur à l\u2019aise de sorte que le jeune Pascal, comme Placide Gaudet, put fréquenter le Collège St-Joseph dès ses débuts; par son talent et sa mémoire, il devint un des meilleurs élèves du Père Lefebvre; plus tard, il écrira un de ses meilleurs livres sur Le Père Lefebvre et l\u2019Acadie.En 1872, sur la recommandation de son supérieur, il fut nommé maître de poste à la Chambre des Communes d\u2019Ottawa charge qu\u2019il remplit jusqu\u2019à son élévation au Sénat le 9 mars 1885, à titre de représentant des Acadiens du Nouveau-Brunswick.Il étudia le droit mais c\u2019est surtout vers la langue et la littérature françaises qu\u2019il tourna son attention.Son premier volume Origine des Acadiens parut en 1874; c\u2019était la compilation de diverses études parues dans la Revue Canadienne et subséquemment dans la Revue Franco-Américaine.Pascal Poirier, grand linguiste, s\u2019intéressa au parler acadien et ses notes sur le Glossaire Acadien parurent dans VÊvan-géline de Moncton pendant plusieurs années.Lorsque fut fondée la Société historique et littéraire acadienne l\u2019on se proposa comme un premier travail de faire publier le Glossaire, projet qui ne fut pas exécuté.Il portait son intérêt à l\u2019étude des langues étrangères et publia Des vocables algonquins, entrés dans la langue, Ottawa, 1917.Membre de la Société Royale, il écrivit l\u2019acadie dans la littérature 125 de nombreux articles pour les Mémoires, généralement patriotiques.Pascal Poirier fut un grand écrivain mais surtout un grand patriote.Le miracle acadien est dans la survivance numérique de son peuple mais il l\u2019est aussi dans la survivance ethnique; l\u2019Acadien, nourri de culture anglophone dès sa première année scolaire, est entouré d\u2019une population qui a la haute main sur l\u2019éducation et qui ne vise qu\u2019à l\u2019assimilation de la race française au Nouveau-Brunswick.Dans de telles circonstances, l\u2019élève acadien se voit obligé de passer tous ses examens d\u2019état en langue anglaise et de se cultiver l\u2019esprit à base d\u2019une mentalité qui est tout autre que la sienne.Sa formation française en souffre beaucoup; de grâce, ne lui en voulez pas trop si son langage n\u2019est pas toujours purement classique, si sa tournure de phrase n\u2019est pas toujours latine.Malgré tout, l\u2019Acadien veut être français, veut être catholique, veut être fidèle aux traditions de la vieille patrie; en dépit des luttes constantes et des contrariétés innombrables, il veut maintenir son idéal franco-catholique.Que Notre-Dame de l\u2019Assomption veille sur tous nos écrivains canadiens-français.et sur l\u2019Acadie intellectuelle renaissante.Marguerite- M.Michaud Histoire contemporaine Toute la justice de notre côté Le moral des belligérants n\u2019est pas chose indifférente.Aussi pendant la guerre récente, la propagande des Nations unies a-t-elle redit à satiété que tous les torts étaient imputables à VAllemagne.Nous avons aussi appris au Canada que l\u2019entière justice était de notre côté.Tel n\u2019est pas absolument sur notre « juste guerre » l\u2019avis de noire collaborateur Joseph Lefrançois.Ce qu\u2019il en écrit forme un chapitre déjà assez mal connu de l\u2019histoire contemporaine.Tous y puiseront d\u2019utiles renseignements même s\u2019il n\u2019y a pas unanimité sur les jugements portés.L\u2019Action Nationale fournit à un collaborateur estimé et érudit l\u2019occasion d\u2019exposer librement son point de vue sans prendre nécessairement sous sa responsabilité toutes les opinions qu\u2019il soutient.Le directeur de la revue Des cinq conditions requises par les théologiens pour légitimer une guerre, quatre, avons-nous dit déjà dans un précédent article, (l) ont fait défaut complètement dans le cas de la guerre de l'Angleterre, de « notre )) guerre contre l\u2019Allemagne, (1) \u2014 L\u2019Action Nationale, mai 1940. TOUTE LA JUSTICE DE NOTRE COTÉ 127 guerre qui a duré près de six années entières et qui ne semble pas près de se terminer par un traité de paix formel entre les divers belligérants.Ces quatre conditions, ce sont: l'autorité compétente, l'intention droite, le moindre mal, le dernier recours.Reste la seconde condition, qui est la cause juste.Celle-là, au moins, s'est-elle réalisée dans le cas qui nous occupe ici ?C'est ce qu'il y a lieu maintenant d\u2019examiner.Pour la propagande de guerre qui a tout inondé et tout renversé, rien de plus simple ni de plus évident.La cause de la guerre, oui, était éminemment juste, elle ne pouvait l'être davantage: si guerre il y a eu en 1939, ce n'est pas nous qui l'avons désirée ni voulue, c est parce qu\u2019elle nous a été imposée par une sauvage agression nazie contre la Pologne, nouveau cas d'agression caractérisée de la part du IIle Reich, qui, venant après tant d'autres, démontrait de façon péremptoire à l'univers civilisé qu\u2019en terrassant l\u2019un après l\u2019autre chacun des pays à abattre, Hitler entendait soumettre à son joug immonde tous les peuples de la terre.A moins que l\u2019on ne fût résigné d\u2019avance à voir régner partout sur la planète l\u2019odieuse croix gammée et tous les pays du monde gémir sous la botte d\u2019Hitler, n\u2019était-il pas grand temps, pour les États encore libres, de se coaliser et d'affronter courageusement le combat contre la Bête avant qu'il ne fût trop tard, et cela même en collusion avec la Russie soviétique \u2014 pourquoi pas ?\u2014 quelles que pussent être les conditions ou les conséquences d\u2019une pareille alliance ?Puisqu\u2019il s'agissait de rester libres ou de tomber dans le plus noir des esclavages, mieux que cela, d\u2019être ou de ne pas être, avait-on le droit d\u2019hésiter ?N'est-ce pas 128 l\u2019action nationale que c'est simple ?Et voilà comment, en deux ou trois tours de gueule ainsi qu'on dirait en bon canayen, l\u2019on arrive à justifier, comme les choses les plus naturelles du monde, et la guerre elle-même, et l\u2019alliance bolchévique, et tout le reste.Ces coups de force nazis qui, avant la querelle avec la Pologne au sujet de Dantzig, auraient démontré de façon si manifeste la volonté de l\u2019Allemagne national-socialiste de vouloir s\u2019annexer successivement tous les pays du monde, quels sont-ils ?La liste, par ordre chronologique complète, s\u2019en établit comme suit : 15 mars 1935 \u2014 Rétablissement du service militaire obligatoire.7 mars 1936\u2014Remilitarisation de la Rhénanie.14 novembre 1936 \u2014 Abolition du contrôle international des fleuves allemands.13 mars 1938 \u2014 Rattachement de l\u2019Autriche à l\u2019Allemagne.30 novembre 1938 \u2014 Rattachement à l\u2019Allemagne des régions allemandes de Tchéco-Slovaquie (question des Sudètes).14-15 mars 1939\u2014Indépendance de la Slovaquie et protectorat allemand sur les pays tchèques.22 mars 1939 \u2014 Rattachement de Memel à l'Allemagne.Ce qui veut dire que les coups de force d\u2019avant septembre 1939 se divisent en deux catégories bien marquées: ceux visant à redonner à l\u2019Allemagne son ent:ère liberté et indépendance à l\u2019intérieur de son propre territoire, tel qu\u2019on avait bien voulu la lu: laisser à Versailles en 1919, et ce sont les trois premiers; puis, ceux visant à réparer ou à corriger les TOUTE LA JUSTICE DE NOTEE COTÉ 129 amputations territoriales qu\u2019on lui avait fait subir aux quatre points cardinaux au bénéfice de chacun de ses vo:sins, créant par là à ses dépens cinq ou six Alsace-Lorraine qui nécessairement feraient parler d\u2019elles un jour.Contentons-nous, pour l'instant, de parler des premiers, dont le cas prête déjà à un assez long examen.Le rétablissement DU SERVICE MILITAIRE OBLIGATOIRE Par le traité qu\u2019elles lui imposaient à Versailles en 1919, la France et l\u2019Angleterre prétendaient réduire les forces militaires de l\u2019Allemagne, pour tout l\u2019avenir, à un niveau absolument infime.C\u2019est l\u2019État-major français qui fut chargé de déterminer, jusque dans le plus menu détail, ce que seraient désormais la force et la composition de l\u2019armée allemande.Pour justifier un attentat de pareille envergure contre la liberté, le droit même à la vie, d'un grand peuple, attentat certes sans précédent dans toute l\u2019histoire de l\u2019humanité, on arguait que ce n\u2019était là que « le premier pas vers un désarmement général de toutes les nations )), désarmement qui ne tarderait pas à suivre.Pendant plus de sept années, des commissions de contrôle franco-anglaises, entretenues aux frais de l\u2019Allemagne, furent chargées d'aller s\u2019assurer sur place de l\u2019exécution minutieuse de toutes les clauses de désarmement du traité.Commissions qui ne quittèrent enfin le sol allemand, le 31 janvier 1927, qu\u2019après avoir entièrement rempli, à leur propre 130 l\u2019action nationale satisfaction, la « mission )) plutôt particulière, qui leur état confiée.Aussi, le maréchal Foch, qui avait tenu à présider personnellement au « travail » des dites commissions, pouvait-il s'écrier triomphant, le 13 février suivant, devant la Commission des Affaires Étrangères de la Chambre: « Le 31 janvier 1927, je puis déclarer que l'Allemagne était matériellement désarmée.)) A la suite de cette déclaration de leur commandant en-chef, la France et l\u2019Angleterre vont-elles, enfin, désarmer ?Plus de cinq années vont se passer encore avant que ne s'ouvre la Conférence du Désarmement, et lorsque l'Allemagne, qui met tous ses espoirs dans cette Conférence, va venir y réclamer le désarmement des autres Puissances à son propre niveau, seule solution qui l'intéresse alors et pour cause -\u2014 il n\u2019y a pas de nazis au pouvoir à ce moment, ils n'y viendront que plus tard, en raison, précisément, de cet aveuglement volontai re et persistant des Puissances ! -\u2014 on lui fera savoir que d'un tel désarmement il ne peut être question pour personne, que le désarmement général qui pourrait être respectueusement suggéré aux différentes Puissances n\u2019aura rien de commun, même de très loin, avec les clauses de désarmement des traités de Versailles, de St-Germain, de Trianon, de Neuilly ou de Sèvres, ce qui ne peut porter préjudice, pour autant, à aucune des « obligations )) découlant, pour l'Allemagne et ses alliés, de ces divers traités ! Cette inqualifiable attitude de la part de la France et de ses alliés ne cessera jamais, même en face du retrait définitif de l'Allemagne, le 14 octobre 1933, et de la Conférence du Désarmement et de la Société des Nations, même en face des propositions TOUTE LA JUSTICE DE NORTE COTÉ 131 réitérées de l'Allemagne, au cours des deux années qui vont suivre, en faveur d'une limitation des armements des divers pays au plus bas niveau possible, mais sur la base de l'égalité de droits, même en face des avertissements non équivoques, enfin, du représentant de l\u2019Allemagne à Genève, le comte Nadolny, et de son ministre des Affaires Étrangères, le baron von Neurath.C'est seulement quand tout cela aura été délibérément ignoré ou méprisé que l\u2019Allemagne commencera à ignorer à son tour les volontés de ceux qui s'acharnent à rester encore, toujours, ses irréductibles ennemis, et reprendra enfin, à partir du printemps de 1934, sa liberté d\u2019action militaire.Tel est tout le secret du rétablissement par l'Allemagne un an plus tard, soit le 16 mars 1935, du service militaire obligatoire, aboli chez elle depuis 1919, mais qui n'avait jamais disparu, à aucun moment, ni en France ni chez aucun de ses alliés du continent européen.Au nom de quel principe traiter pareille mesure, chez un pays resté tout de même un État indépendant, de «coup de force», de «défi», de « menace » ?En quoi a-t-elle porté atteinte à un droit réel appartenant à quelque Puissance étrangère ?Serait-ce que l\u2019Angleterre et la France prétendaient exercer toujours, en continuant de se tenir, comme de juste, « sur la base et dans le cadre » des traités de 1919-1920, selon l\u2019éternelle thèse française, un véritable protectorat sur l\u2019Allemagne et sur ses allies de guerre ?Se bornera-t-on à constater, au contraire, que le rétablissement de la conscription en Allemagne représente tout de même, en fait, la mort définitive de tous les espoirs de désarmement universel qu'avait fait 132 l\u2019action nationale naître la Conférence ouverte à cet effet à Genève en février 1932 ?Si oui, à qui la faute ?Est-ce aux Puissances (Allemagne, Autriche, Hongrie, Bulgarie) qui réclamaient le désarmement général au plus bas niveau possible, sur une base d'égalité et de réciprocité, ou à celles (France, Angleterre, Pologne, Tchéco-Slovaquie, Roumanie, Yougoslavie) qui, rejetant tout idée d'égalité et de réciprocité, n'entendaient accepter pour elles-mêmes, tout au plus, qu un désarmement extrêmement relatif, tout en prétendant continuer d\u2019astreindre encore, toujours, leurs ennemis de la Grande Guerre aux clauses, on ne peut plus radicales, des traités de 1919-1920 ?La remilitarisation de la Rhénanie C'est également la question de Végalité armée qui a amené, le 7 mars 1936, le second «coup de force» de 1 Allemagne de Plitler, la « remilitarisation » de la Rhénanie.De quoi s\u2019agissait-il au juste?Au lendemain de la guerre de 1870, les Français s\u2019étaient plaints, avec l\u2019amertume que l\u2019on sait, du fait que les Allemands osaient fortifier puissamment l\u2019AIsace-Lorraine, qu\u2019ils transformaient ainsi en glacis militaire entre l\u2019Allemagne proprement dite et la France diminuée.En 1919, c\u2019est autre chose! Non seulement la France reprend à son compte ce glacis militaire qu\u2019elle maudissait tant naguère, en conservant et entretenant avec soin les forteresses qui le composent, Thionville, Metz, Strasbourg, Molsheim et Neu- TOUTE LA JUSTICE DE NOTRE COTÉ 133 Breisach, qu\u2019elle voit à adapter à leur nouveau rôle, qui sera de servir non plus à l\u2019Allemagne mais contre elle, et auxquelles elle ajoutera bientôt ce ruban d'acier appelé à défier toute attaque et qui a nom la ligne Maginot; mais encore, et surtout, elle voit à créer, en face de ce système qu'elle juge inexpugnable, un vide militaire absolu, sur une partie énorme du territoire allemand qui s\u2019appelle la Zone démilitarisée du Rhin.En conséquence, il est décrété que dans tout le territoire qui s\u2019étend depuis sa nouvelle frontière occidentale jusqu\u2019à une ligne parallèle au Rhin, mais sise à 50 kilomètres (31 milles) à l'Est du fleuve, il sera interdit à l\u2019Allemagne d\u2019entretenir désormais ni forteresses, ni casernes, ni aérodromes, tous les établissements de cette nature devant être détruits et ne pouvant jamais être rétablis, sous quelque forme que ce soit ! Dans la zone prohibée, l\u2019Allemagne ne pourra non plus maintenir ni envoyer jamais de forces armées, la présence d\u2019un seul soldat allemand en uniforme, même en cas d\u2019accident ou de trouble, suffisant à constituer, affirme gravement le traité, « un acte hostile contre toutes les nations et une menace à la paix du monde.)) La région ainsi démilitarisée laisse sans défense contre une invasion ennemie un vaste territoire à population très dense, qui ne compte pas moins de 55,512 kilomètres carrés (plus de 21,000 milles carrés de superficie) et de 14,000,000 d\u2019habitants (près du quart de toute la population allemande à ce moment), soit des parties plus ou moins considérables de la Prusse, de la Bavière, de la Hesse, de l'Oldenbourg, au Wurtemberg et presque tout le Bade. 134 l\u2019action nationale Est-ce tout ?Non, car un autre territoire également démilitarisé est constitué sur la côte allemande, où il est absolument interdit à l\u2019Allemagne de construire ou d'entretenir aucune forteresse.D\u2019où nécessité, là encore, de démanteler tous les ouvrages fortifiés déjà existants, dont les grandes forteresses de Héligoland et de Kiel ! Ce territoire, qui s'étend du 9° au 16° de longitude Est, et du 54° au 50° 2T de latitude Nord, comprend la moitié ouest de la côte de Poméranie, la presque totalité de celle du Macklembourg et le Schleswig-Holstein presque tout entier, en particulier le canal et le port de Kiel.C\u2019est qu'il s'agit d\u2019assurer la « liberté )) \u2014 pour les autres, cela va sans dire ! \u2014 de la route allant de la mer du Nord à la Baltique ! Comme si tout cela ne suffisait pas encore, sur toute sa côte, dans un rayon de 50 kilomètres (31 milles) de profondeur allant de Memel à la frontière hollandaise, il est formellement interdit à l\u2019Allemagne de construire de nouvelles forteresses.Il en va de même pour de larges zones avoisinant les frontières avec l\u2019Autriche, la Tchéco-Slovaquie, la Pologne et la Lituanie, zones comprenant une vaste étendue de l\u2019Allemagne du Sud et la presque totalité de la Prusse-Orientale, coupée complètement, déjà, du reste de l'Allemagne, et si bien entourée, par ailleurs, de territoires polonais et lithuaniens.Devant toutes ces dispositions, qui affectaient, dans leur ensemble, près de la moitié du territoire allemand, qui, en face de l'invulnérabilité relative de la France, l'exposaient elle-même à toutes les invasions, que devait faire l'Allemagne, qu'aurait fait, à la place, toute nation décidée à défendre son hon- TOUTE LA JUSTICE DE NOTRE COTÉ 135 neur et sa vie contre toute menace étrangère ?Ce que la France elle-même fit au sujet de la destruction des fortifications du port de Dunkerque, que lui avait imposée l'article 9 du traité d'Utrecht, en 1713, seul cas un tant soit peu comparable à la zone démilitarisée de 1919 qu\u2019elle ait jamais dû subir aux mains d'une Puissance étrangère, sa bonne amie et alliée d\u2019aujour'dhui, la noble Albion, qui a réussi à la conduire tout gentiment au degré de misère et d\u2019impuissance qu\u2019elle connaît aujourd\u2019hui: s\u2019affranchir au plus tôt de clauses aussi intolérables, asusi honteuses.Étant donné l\u2019étendue de la servitude imposée à l\u2019Allemagne, ce qui est étonnant, ce qui est extraordinaire, ce n\u2019est pas que cette odieuse servitude ait fini par finir, c\u2019est qu\u2019elle ait pu durer 17 ans! La France et l\u2019Angleterre nous diront-elles jamais durant combien de temps elles auraient enduré elles-mêmes pareille hypothèque sur leur dignité, leur sécurité, leur souveraineté ?N\u2019empêche qu\u2019au moment où l\u2019Allemagne, envahissant par là son propre territoire, osa réoccuper la zone interdite, elles crièrent au scandale, au mépris de la foi jurée, au défi, à la menace de guerre ! On va nous dire que cette question, comme tant d\u2019autres, aurait pu et dû se régler par des négociations pacifiques plutôt que par un geste unilatéral.Sans doute; mais, pour qu\u2019une négociation quelconque pût être entreprise avec quelque chance de succès, il eût fallu que la France admît l\u2019éventualité, la possibilité, d\u2019une modification du statut de la dite zone démilitarisée.Or, sur ce point moins encore qui sur tout autre, elle n\u2019entendait pas qu'il fut même question de la possibilité d\u2019une révision du traité. 136 l\u2019action nationale Durant les longues années où l'on aurait pu et dû négocier, quelle a été son attitude ?Elle n'a cessé de répéter que la réoccupation de la zone rencontrait son veto absolu et qu\u2019elle n'hésiterait pas à recourir à la force pour l'empêcher, comptant bien, pour défendre ainsi sa « sécurité» jusqu'en territoire allemand, sur l'appui entier de la Belgique, de l'Angleterre et de l'Italie.Comme on demandait à son Ministre des Affaires étrangères, Flandin, en janvier 1936, s'il serait au moins disposé à faire quelque concession à l\u2019Allemagne en retour du maintien de la zone, qu'à ce moment on sentait déjà fort menacée, il ne sut que répondre qu'il n'entendait pas « payer l'Allemagne pour obtenir d\u2019elle le respect de ses obligations ! » Voilà quelles étaient les perspectives, magnifiques à la vérité, de suppression à brève échéance de la dite zone au moyen de négociations à l'amiable avec la France, toujours si bien disposée aux « concessions » et aux « abandons » en faveur de l\u2019Allemagne ! Si, dans ces conditions, la réoccupation de la zone, par le « coup de force » du 7 mars 1936, a pris les allures d\u2019un véritable défi à l'égard de la France, à qui la faute ?L'abolition du régime des fleuves INTERNATIONALISÉS Le 14 novembre suivant, c\u2019était au tour du régime international des fleuves allemands de disparaître à son tour.Nouveau « coup de force » ?Nouvel attentat à la « paix du monde » ?Pour nous en TOUTE LA.JUSTICE DE NOTRE COTÉ 137 rendre compte, voyons un peu en quoi consistait le régime en question.Que diraient les grandes démocraties d\u2019hier et d'aujourd'hui, France, Angleterre, États-Unis, si, sous prétexte qu'il faut faciliter les communications internationales, on prétendait leur enlever la souveraineté sur leurs grandes voies d\u2019eau intérieures, pour les déclarer propriété commune de toutes les nations, et en confier l'administration à des nuées de commissaires étrangers sans l'autorisation desquels il leur serait interdit d\u2019y prendre la moindre initiative particulière ?Que diraient-elles si on parlait d'installer chez elles des Allemands, des Russes, des Roumains, des Portugais ou des Turcs qui auraient toute autorité pour administrer la Tamise, la Seine, le Potomac ou le Mississipi ?Nul doute qu\u2019elles protesteraient avec la dernière indignation contre tant d'audace et qu elles verraient là une atteinte absolument intolérable à leurs droits souverains, atteinte comparable en tous points aux capitulations turques et aux traités inégaux de la Chine, servitudes que seuls peuvent connaître, et encore, des États demi-civilisés ou totalement incapables de résister aux empiètements de 1 étranger.Or, c\u2019est exactement le régime que ces Puissances imposaient à l\u2019Allemagne, par le traité de 1919, pour tous ses grands fleuves: le Danube, le Rhin, l\u2019Elbe, l\u2019Oder et le Niémen, qui, tous, sont soustraits sans phrase à la souveraineté allemande et internationalisés, c\u2019est-à-dire qu'ils deviennent la propriété collective de toutes les nations! De même en est-il des futurs canaux Rhin-Meuse et Rhin-Danube ! Sur ces voies de navigation internationales, les 138 l\u2019action nationale ressortissants et les marchandises de toutes les Puissances devaient être traités sur le pied d'une parfaite égalité, nul ne pouvant être frappé de taxes ou impôts qui ne frapperaient pas au même titre les ressortissants ou les marchandises de l\u2019Allemagne elle-même ! A ce beau régime de l'égalité de tous et de chacun, il n\u2019y a qu'une exception: c\u2019est pour les navires allemands, qui ne pourront prendre de voyageurs ou de marchandises dans les ports d\u2019une Puissance Alliée ou Associée sans obtenir au préalable une autorisation spéciale de celle-ci !.Par contre, l'Allemagne s'engage à entretenir et à améliorer, selon que pourront le décider les diverses Commissions qui les régissent le cours de ces voies navigables sis sur son territoire ! Ce régime s'applique au même titre au canal de Kiel, qui est déclaré ouvert à tous les navires de guerre et de commerce de toutes les nations '! Les biens et navires de toutes les Puissances Alliées et Associées sont assimilés en tous points à ceux de l'Allemagne elle-même, laquelle s'engage d\u2019avance à renoncer à tout profit sur l\u2019exploitation du canal, les taxes à imposer, qui devront être les mêmes pour tous, ne devant avoir d'autre raison d\u2019être que de couvrir les frais d\u2019administration, d'entretien et d\u2019amélora-tion du canal ! En cas de violation de l'une quelconque de ces dispositions, la Société des Nations (c\u2019est-à-dire les principales Puissances liguées contre l\u2019Allemagne au cours de la Grande Guerre, soit la France, l\u2019Angleterre et leurs alliés) aura toute autorité d\u2019intervenir immédiatement en vue de rétablir l'état de chose créé par le traité ! L\u2019administration des fleuves déclarés interna- TOUTE LA JUSTICE DE NOTRE COTÉ 139 tionaux est confiée à différentes Commissions où figurent quantité de pays qui, n'étant pas riverains, ne devraient avoir absolument rien à voir à leur gestion et où l\u2019Allemagne, bien que beaucoup la partie la plus intéressée (parfois même la seule intéressée), ne dispose le plus souvent que d une minorité infime des voix.Par un raffinement de délicatesse qui est tout-à-fait caractéristique, les Puissances ignorent le nom même de l'Allemagne à cet effet, pour ne songer qu'aux États allemands riverains ! C\u2019est affirmer que le Gouvernement de Berlin n'a, au moins directement, aucun titre pour intervenir dans le régime des fleuves allemands internationalisés, ce droit ne pouvant être reconnu qu\u2019aux États particuliers dont se compose â-ce moment l'Allemagne.Ce principe des « États riverains», l\u2019on n'a cru devoir l\u2019appliquer, comme de juste, qu\u2019à l\u2019Allemagne seule, à l\u2019exclusion de tout autre pays.C\u2019est ainsi que pour la Commission du Rhin, il est question de représentants, non pour l\u2019Alsace-Lorraine, qui est certes le seul « État français riverain », mais bien pour la France.Pourquoi ?Sans doute parce qu\u2019il ne pouvait être question de faire à la République une et indivisible l\u2019injure grossière dont on gratifie si prestement l\u2019Allemagne, mais aussi parce que l\u2019Alsace, pour mieux apprécier la « patrie » si longtemps recherchée et enfin « retrouvée », a dû renoncer pour jamais à la constitution particulière dont l\u2019avait dotée le régime allemand ! Quant aux autres pays, la doctrine des « États riverains » n\u2019a pas empêché la France, l\u2019Angleterre, la Belgique, l\u2019Italie, la Pologne, la Suède et le Da- 140 1/ACTION NATIONALE nemark de se voir attribuer des sièges dans des Commissions où elles ont à intervenir à peu près comme le Siam, le Japon, la Perse ou l'Afghanistan dans le cours du Hoang-Ho ou du Yang-Tsé-Kiang, le Pérou ou la Bolivie dans celui de lOrénoque ou du Mississipi, le Canada ou les États-Unis dans celui du Rio de la Plata, 1 Argentine ou le Chili dans celui du St-Laurent, ou, encore, d'être représentés dans des proportions inverses à l\u2019étendue de leurs rives ou à leur part du trafic total sur ces fleuves.C est ainsi que la France est représentée dans les Commissions de l'Elbe et de l'Oder, situées à des centaines de kilomètres de ses frontières, et qu'elle dispose en permanence de 5 représentants, dont le Président, dans la Commission du Rhin, bien qu'elle ne soit intéressée au parcours navigable du fleuve que pour 11% et au trafic que pour 3 à 4%.Et ce n'est là qu'un exemple, le cas de l\u2019Angleterre, de l'Italie, de la Belgique, de la Suède et du Danemark étant beaucoup plus extraordinaire encore.Voici comment se composent les trois principales Commissions : Commission du Rhin Etats allemands ri- verains.\t4 France.î Angleterre.\t2 Italie.2 Belgique.2 Suisse.2 Hollande.\t2 Commission de l'Elbe États allemands ri- verains.\t4 France.1 Angleterre.\t1 Italie.1 Belgique.1 Tchéco-Slova-quie.2 Commission de l'Oder États allemands ri- verains.\t3 France.I Angleterre.\t1 Tchéco-Slova- quie.1 Danemark.\t1 Suède.1 Pologne.1 Total.19 10 9 TOUTE LA JUSTICE DE NOTRE COTÉ 141 Comme on le voit, les États non riverains ont droit à 6 membres dans la Commission du Rhin, à 4 dans celle de l\u2019Elbe, à 5, soit plus de la moitié, dans celle de l'Oder ! Les Commissions du Danube et du Niémen, fleuves également soumis au régime de l\u2019internationalisation, sont composées à l'avenant: celle du Niémen de un représentant de chacun des États riverains et de trois représentants d'autres États, à désigner par la Société des Nations ; et celle du Danube de deux représentants des États allemands riverains et de un représentant pour chacun des autres États riverains ainsi que pour chacun des États non riverains, représentés à l'avenir dans la Commission Européenne du Danube.C\u2019est dire que la France, l'Angleterre et l\u2019Italie, qui n\u2019ont absolument rien à voir ni au Niémen ni au Danube, ne s\u2019y voient pas moins réserver des places de choix.A titre provisoire, d'ailleurs, ces pays constitueront à peu près à eux seuls la Commission Européenne du Danube, Commission fondée par les Puissances en 1856 et dont sont exclus d'autorité tous les États riverains, à l'exception de la seule Roumanie ! C\u2019est le cas, tout particulièrement, de l'Allemagne et de 1 Autriche, qui ont tant contribué à l'établir jadis, et aussi, comme il convient, pour la Hongrie et la Bulgarie, ce qui n'empêche nullement ces quatre États de prendre à leur charge toutes les pertes subies par la Commission au cours de la guerre ! A ces dispositions d'ordre général s\u2019en ajoutent de toutes particulières en ce qui a trait au Rhin, fleuve sur lequel s\u2019affiche, avec une désinvolture invraisemblable, la domination française.C\u2019est ainsi que la France peut à son gré, sur tout le cours du Rhin 142 L\u2019ACTION NATIONALE faisant la frontière, prélever l\u2019eau du fleuve pour l\u2019alimentat.-on des canaux de navigation et d'irrigation déjà construits ou à construire, ou pour tout autre but, et faire exécuter sur la rive allemande tous les travaux nécessaires à l\u2019exercice de ce « droit ».De même la Belgique pourra prélever, elle aussi, 1 eau du fleuve pour l\u2019alimentation du futur canal Rhin-Meuse et de la voie navigable Rhin-Meuse.Pour le cas où la Belgique déciderait cette construction dans les 25 années qui vont suivre, l'Allemagne s'engage d\u2019avance à en construire, d'après les plans du Gouvernement belge, la portion située sur son territoire! Par contre, elle se voit interdire pour elle-même la construction de tout canal latéral ainsi que de toute dérivation sur la rive allemande vis-à-vis la frontière française ! En outre, la France reçoit un droit exclusif à toute l\u2019énergie produite par l\u2019aménagement du fleuve.A cet effet, elle aura seule le droit d\u2019exécuter dans la partie du fleuve servant de frontière avec l'Allemagne, et ce tant sur la rive allemande qur sur la rive française, tous les travaux d\u2019aménagement, de barrage ou autres, qu'elle pourra juger utiles ! En même temps, les usines productrices d\u2019énergie sises sur la rive allemande devront, pour les 10 années à venir, continuer de pourvoir les établissements d\u2019Alsace d'une quantité d\u2019électricité égale à celle qu\u2019elles leur fournissaient avant 1918 ! Voilà pour le Rhin.Pour ce qui a trait à l\u2019Elbe et à l'Oder, un traitement exceptionnel est accordé à la Tchéco-Slovaquie, qui disposera de zones franches dans les ports de Hambourg et de Stettin, où elle jouira de l\u2019immunité la plus complète.Ces zones lui TOUTE LA JUSTICE DE NOTRE COTÉ 143 sont cédées par un bail analogue à celui en vertu duquel la France et l'Angleterre détenaient, il y a si peu de temps encore, les deux ports chinois de Kouang-Echéou-Wan et de Wei-FIai-Wei et pour la même durée, 99 ans ! Elles seront déterminées et administrées par une Commission de trois membres: un Tchèque, un Allemand et un Anglais.Commission dont l'Allemagne s'engage d'avance à agréer et à exécuter toutes les décisions ! Ces clauses incroyables, qui, sauf celle relative à l'alimentation en énergie électrique des établissements d'Alsace et qui devait prendre fin à l'expiration des 10 années prévues, sont restées en vigueur jusqu'au « coup de force allemand )) du 14 novembre 1936, constituaient pour la souveraineté de l'Allemagne, est-il besoin de le dire, tout un ensemble de servitudes absolument intolérables qu'aucun État vraiment conscient de ses droits et de sa dignité ne saurait endurer longtemps.De toutes les « internationalisations )) prévues, une seule était vraiment justifiable, qui existait du reste bien avant la guerre: c\u2019est celle du Danube, qui est bien la voie d'eau la plus internationale de toute l'Europe, puisqu\u2019elle prend sa source en Allemagne et se jette dans la Mer Noire, intéressant ainsi à son parcours, outre l\u2019Allemagne elle-même, l\u2019Autriche, la Hongrie, la Yougoslavie, la Bulgarie et la Roumanie.Aussi bien, un régime spécial avait-il été prévu pour ce fleuve dès le Congrès de Paris qui suivit la guerre de Crimée (1856).Toutes les autres, même celle du Rhin, étaient absolument abusives, car l\u2019on aurait pu et dû laisser aux seuls États directement intéressés le soin de 144 l\u2019action nationale prendre les dispositions particulières qui pouvaient s'imposer, d'autant plus qu\u2019il s'agit de cas semblables en tous points, au moins pour l\u2019Elbe et l'Oder, à ceux du Rhône et du Pô, pour lesquels la France et l'Italie n'ont pas encore daigné, que l'on sache, donner suite aux réclamations réitérées de la Suisse, qui aurait si grand besoin de trouver aussi de ces deux côtés des débouchés sûrs vers la mer.Quant au canal de Kiel, situé tout entier en territoire allemand et construit avec des capitaux exclusivement allemands, son « internationalisation » est du même ordre que l'aurait été celle du canal de Corinthe, sis exclusivement en territoire grec et qui ne constitue nullement l'unique moyen d'aller d'une mer à l'autre, mais simplement, comme c\u2019est le cas pour Kiel, une voie quelque peu raccourcie entre l'une et l'autre.Telle est la situation, aussi grotesque qu\u2019anormale, à laquelle le « coup de force )) du 14 novembre 1936 est venue, enfin, mettre un terme.Après plus de 6 ans d\u2019un pareil régime, ce n\u2019était, certes, pas trop tôt.Loin d\u2019avoir constitué le « coup de force )) dont a osé parler une propagande éhontée, le geste que s'est permis ce jour-là l'Allemagne national-socialiste, n\u2019a fait que marquer, proclamons-le hardiment, le redressement nécessaire d\u2019une injustice et d\u2019un défi au plus élémentaire bon sens.En rétablissant sa souveraineté, tout prosaïquement, sur ses fleuves intérieurs, l'Allemagne, loin d\u2019« attenter à la paix du monde », posait un geste absolument légitime dont seule une intervention abusive de l'extérieur aurait pu représenter un danger pour la paix mondiale.Le régime abject auquel ce geste a mis fin était TOUTELA JUSTICE DE NOTRE COTÉ 145 un régime contre nature qu\u2019avait seul créé, que seul maintenait, le droit de la force: l'Allemagne l'a aboli, non en recourant à la violence, mais à la seule force du droit.Au fait, s\u2019est-il trouvé à ce moment, ou jusqu'à la nouvelle guerre, un seul être doué de raison pour réclamer le rétablissement du régime défunt, pour croire qu'il aurait été possible de le ressusciter et, surtout, de le maintenir ?Rien ne montre mieux combien il était artificiel, combien il état abusif et intolérable, combien, pour tout dire, il était insensé, absurde, indéfendable: paix à ses cendres ! Ce régime insensé, va-t-on profiter de la situation créée par la seconde Grande Guerre pour le rétablir ?Comme on l\u2019a si justement fait observer, le mouvement national-socialiste a été essentielle ment une révolte du peuple allemand, dans ce qu'il avait de plus noble et de plus profond, contre les crimes et les folies de Versailles.Actuellement, tout semble indiquer qu\u2019on se propose de recommencer, et sur une échelle autrement étendue, les mêmes folies et les mêmes crimes.Il est impossible d'imaginer un moyen plus sûr que celui-là, soit de ressusciter le nazisme, soit, ce qui paraît infiniment plus probable, pour jeter l\u2019Allemagne tout entière, pour peu qu\u2019elle veuille simplement survivre, dans l\u2019immonde bolchévisme.Rétablissement du service militaire obligatoire, remilitarisation de la Rhénanie, abolition du contrôle international des fleuves allemands, tels sont les trois premiers de ces coups de force de l'Allemagne 146 L ACTION NATIONALE nazie qui, pour le flot de propagande dont on nous a inondé, auraient justifié, auraient même rendu nécessaire une nouvelle guerre.On voit à quoi tout cela se réduit.Mais n\u2019y a-t-il pas aussi les aggressions extérieures, les annexions territoriales, qui ont à bon droit alarmé et soulevé l'Europe et le monde ?Oui, il y a aussi les annexions territoriales, qui, évidemment, étaient beaucoup plus délicates encore et sont par conséquent, beaucoup plus discutables, ne serait-ce qu'à ce seul titre ?Convient-il de voir là, pour autant, une cause qui, celle-là du moins, aurait suffi à justifier la guerre ?C'est ce que nous verrons dans une étude ultérieure, s\u2019il y a lieu.Joseph Lefrancois.\"Vous avez un dropeou.La Police de Montréal s'est donné un drapeau à la fin d'octobre.Evénement ordinaire, cérémonie solennelle.Son Excellence Monseigneur Chaumont, évêque auxiliaire de Montréal, procédant à la bénédiction, a prononcé des paroles très significatives : \"Je vous félicite : vous avez un drapeau et le Canada n'en a pas\".L'allusion est assez claire.Elle vaut un long discours.Elle redit, avec une douce discrétion, qu'un grand pays, si fier de son rôle international, devrait se munir en premier lieu des attributs nationaux.La phrase sereine du prélat exprime le désir de millions de Canadiens.Certes, on répliquera que le Canada s'oriente sans heurt, d'un mouvement imperceptible, vers la complète émancipation.Par exemple, le mot \"Dominion\" n'est plus.Cela supprime les difficultés de la traduction et ce n'est pas mince avantage.Mais, en fait d'indépendance, il faudra revenir en arrière un jour ou l'autre afin do reprendre les préliminaires oubliées.Et alors on donnera un drapeau au Canada, un drapeau que pourra vénérer tout Canadien en disant : \"Voici le symbole de ma patrie\".A quand cette bénédiction si longtemps attendue ?Chez nous, les policiers précèdent les gouvernants dans la voie du bon sens.D.B. Les Editions de L\u2019Action Nationale ii arrive fréquemment aux lecteurs de « L\u2019Action Nationale » de réclamer la liste de nos publications.C\u2019est pour répondre à ce désir que nous publions une brève analyse des livres et des brochures que nous pouvons leur fournir.D\u2019autres livres et d\u2019autres feuillets ont été édités par L\u2019Action Nationale, mais nous ne mentionnons ici que ceux que nous avons en librairie.Cette liste offre encore une assez heureuse variété.Les noms d\u2019auteurs sont une garantie d\u2019autorité: Bou-rassa, Groulx, Chaloult, Laudendeau, Angers.L'œuvre maîtresse en cette nomenclature est celle du Révérend Père Richard Arès, s.j.\u2014 Ses trois volumes forment un ensemble documentaire de très haute valeur et de caractère indispensable.Nous prions nos abonnés, notamment ceux qui appartiennent à des sociétés patriotiques, de nous aider à répandre la revue et ses publications.On remarquera que livres et volumes sont inscrits à des prix très abordables.« L\u2019Action Nationale » vise avant tout à répandre des idées justes et à faire mieux comprendre les devoirs que les Canadiens français ont envers eux-mêmes.o Notre question nationale Par Richard Arès, S.J.C\u2019est « le manuel de l\u2019homme d\u2019aetion », a écrit le chanoine Lionel Groulx.En effet, l\u2019homme d\u2019action veut des idées claires, des explications précises, des exemples concrets.Il n\u2019aime pas 148 l\u2019action nationale qu\u2019on so perde en vains discours.Or, le P.Arès va droit au but.Il ramasse en quelques volumes tout l\u2019essentiel de la doctrine nationale.Il n\u2019offre pas un « digest », mais une synthèse.Pour remplacer ces trois livres, il faudrait toute une bibliothèque.On les recommande au professeur, à l\u2019étudiant ou au collégien des classes avancées, au coopérateur et au syndique, à l\u2019homme d\u2019œuvre,\u2014- bief il tout Canadien français qui veut être conscient.On lira: Premier volume: 1.\u2014 LES FAITS Arès ne s\u2019appuie pas sur les nuages.Il part de la réalité.Des faits, il en a résumé dans ce bouquin une quantité invraisemblable: faits d\u2019histoire et de sociologie, statistiques imposantes et données économiques, etc.C\u2019est une véritable mine de documents qu\u2019on s\u2019évite d\u2019aller chercher dans Groulx ou Chapai3, dans Gérin, Montpetit, Minville ou Angers.L\u2019auteur a composé un petit livre allègre, de lecture facile, dont 6000 ex-emplaires ont déjà été enlevés.Un succès de librairie au Canada français.Deuxième volume: 2.\u2014 POSITIONS DE PRINCIPES Arès continue son enquête, cette fois dans le domaine des idées.Ce n\u2019est ni moins important ni moins stimulant pour l\u2019esprit.11 utilise toujours la même méthode d\u2019exposition: c\u2019est clair, direct, facile à suivre.Les doctrines sont nombreuses, les polémiques obscurcissent les questions, que choisir?L\u2019auteur nous conduit calmement à travers ce dédale.Le nationalisme est-il un péché?Qu\u2019est-ce qu\u2019une nation et qu\u2019est-ce que la patiie?L\u2019État se confond-il avec la nation?Autant de problèmes qui ne sont théoriques qu\u2019en apparence.On doit s\u2019en être fait une idée avant d\u2019agir, du moins si l\u2019on veut agir justement et efficacement. NOS ÉDITIONS 149 Troisième volume: 3.\u2014 POSITIONS PATRIOTIQUES ET NATIONALES Les principes dégagés dans le 2e tome, Arès les applique maintenant à notre situation.11 apporte des réponses lumineuses sur le devoir patriotique, le devoir national, les conflits entre exigences canadiennes et exigences canadiennes-françaises.L\u2019auteur n\u2019essaye pas de nous en conter: c\u2019est aussi éloigné du flon flon patriotard que de l\u2019absurde philosophie de certains intellectuels.Toutes les questions que les politiciens discutent en ce moment et qui sont l\u2019objet de réf rences passionnées, \u2014 depuis l\u2019unité nationale jusqu\u2019à notre appartenance au Commonwealth \u2014 sont illuminées par cette étude sobre, bien informée et sans prétentions.On ne se ralliera pas unanimement aux points de vue de l\u2019auteur, certaines de ses positions seront même violemment attaquées.Mais tous reconnaîtront sa bonne foi, sa logique, sa force d\u2019argumentation et sa limpidité.(Chaque volume, $1.00; par la poste, $1.10; Les trois volumes, par la poste; $3.25) \u2022 L\u2019immoralité de la conscription par le R.P.John J.Hugo Impossible de trouver attitude plus radicale que celle du P.Hugo.Pour lui, la conscription n\u2019est pas la balançoire politique qu\u2019elle fut chez nous trente ans, ni une erreur à combattre pour des motifs nationaux.Il la condamne sans appel en vertu du christianisme.D\u2019où viennent la guerre totale et sa fille la conscription?Quelle est son histoire?Mille années de christianisme l\u2019ont-elles ignorée?Comment prétend-on, la justifier?Quels droits humains viole-t-elle?Un catholique peut-il être objecteur de conscience?Aurait-il même, dans certaines circonstances, le devoir de l\u2019être ? 150 l'action nationale L homme qui se pose ces questions n'est pas un vague aventurier, mais un théologien réputé, bien au fait de la question, qui a le souci de l\u2019orthodoxie, et qui appuie constamment son témoignage sur I Écriture.Il cite ses devanciers, dont le plus important, Mgr George-Barry O\u2019Toole.Il s\u2019interroge à un moment où le monde frémit devant la menace d\u2019une nouvelle guerre, où les États-Unis songent à imposer à leur jeunesse la conscription du temps de paix, et où bien (les Canadiens proposent d\u2019imiter éventuellement nos voisins.Et l\u2019arme atomique communique à tout le débat une sorte d\u2019horreur tragique.On n\u2019est pas forcé de se rallier à la thèse du P.Hugo.Mais qui a le droit de l\u2019ignorer?(Le volume $0.40 sous franco; $4.00 la douzaine) Que seront nos enfants?Par Henri Bourassa Henri Bourassa est entré vivant dans la légende.Orateur hors pair, conférencier d\u2019un captivant intérêt, il a défendu la vérité avec une âpre puissance.« Que seront nos enfants ?» c\u2019est le titre d\u2019une conférence prononcée voilà quelques années et dont le texte a été sténographié.La même question se pose toujours avec autant d\u2019inquiétude.Il faut relire ce que disait Bourassa de la formation religieuse et nationale de la jeunesse canadienne-française.Nombre de questions sont incidemment traitées comme l\u2019impérialisme, la neutralité du Canada, la conscription, le communisme, la démocratie, etc.Une pensée profonde qui sait juger avec force et qui s\u2019exprime souvent par une mordante ironie.(L\u2019exemplaire, $0.20; $2.80 la douzaine; $15.00 le cent). NOS ÉDITIONS 151 Louis Riel et les événements de la Rivière-Rouge en 1869-70.Par M.le chanoine Lionel Groulx C\u2019est un document historique de très haute valeur.« Riel, dit l\u2019auteur, n\u2019est pas seulement un héros manitobain, c\u2019est un héros national ».Ce jugement n\u2019a rien de conformiste, mais il s\u2019appuie sur les faits historiques et sur les témoignages des contemporains canadiens-français et anglo-canadiens.La duplicité alternative des partis politiques ne prend pas, en cette brochure, d\u2019autre nom que celui qu\u2019elle mérite.Il fallait qu\u2019un homme « meure pour le parti ».Un document historique de haute valeur.On ne peut étudier cette période de l\u2019histoire canadienne sans consulter ce texte impartial.(Une brochure de 25 pages au prix de 5 sous l\u2019unité, $4.le cent, $35.00 le mille).Pourquoi nous sommes divisés Par M.le chanoine Lionel Groulx C\u2019est la retentissante réponse de M.le chanoine Lionel Groulx, à ceux qui, en quelque milieu que ce soit, sont toujours portés à mettre au compte des Canadiens français la responsabilité de la désunion au Canada.Contrairement à ce que dit le premier vers de la fable « Le Loup et l\u2019agneau », la raison du plus fort n\u2019est pas toujours la meilleure.« Nous l\u2019allons montrer tout à l\u2019heure ».Cette démonstration, elle est claire, incisive, définitive presque dans la retentissante brochure de M.le chanoine Groulx que L\u2019Action Nationale a déjà répandue de son mieux dans tout le Canada.Ce document marquant, en dépit de ses quarante pages, se vend à un prix de propagande.(La douzaine, 50 sous; $4.00 le cent; $35.00 le mille). 152 l\u2019action nationale Pour notre libération, par René Chaloult, député à l\u2019Assemblée législative M.René Chaloult, mêlé à la vie politique du Canada depuis de nombreuses années, dénonce avec une haute compétence les méfaits de « l\u2019esprit de parti ».11 sait comme la discipline électorale sait faire d\u2019un homme un pantin.En cette brochure ornée d\u2019un titre soulevant, il montre jusqu\u2019à quel point, au cours du dernier siècle, l\u2019esprit de parti a divisé les Canadiens français alors même que l\u2019union sacrée s\u2019imposait: querelle des écoles du Nouveau-Brunswick, affaire Louis Riel, écoles du Manitoba, guerre des Boors, etc.« Chacun, à sa manière, dit en conclusion M.Chaloult, peut collaborer à l\u2019œuvre de régénération politique ».Ce devoir s\u2019impose toujours.(L\u2019exemplaire, 15 sous; $1.50 la douzaine; $10.00 le cent).Votre dignité, jeunesse par Mgr Paul-Émile Léger, p.d.L\u2019auteur s\u2019exprime ainsi: «Jeunesse de chez nous.vous voulez partir à « la découverte de Dieu »! C\u2019est là votre Idéal.Ce sera également, votre dignité.Mais avant de partir, n\u2019oubliez pas ces trois choses: Dieu aime les ardents; Dieu ne reconnaît pas pour sien celui qui n\u2019a pas l\u2019Église pour Mère; Dieu vous appelle par l\u2019Église aux grandes tâches de l\u2019Apostolat.Jeunesse ardente! Jeunesse catholique! Jeunesse conquérante! Voilà les titres de votre DIGNITÉ.» Aussi longtemps que, se dégageant de l\u2019enfance, les adolescents s\u2019avanceront d\u2019un pas rapide vers la maturité, il devra se trouver des lecteurs pour la brochure stimulante de Mgr Léger.(L\u2019exemplaire, 15 sous; $1.50 la douzaine.) NOS ÉDITIONS 153 Jeunesse et haute politique, par le R.P.Émile Bouvier, s.j.De la haute politique, tous peuvent en faire.C\u2019est l\u2019expression la plus digne du civisme.Mais il faut savoir ce que c\u2019est.Le sujet est traité selon toutes les rigueurs d\u2019un cours parfaitement préparé.Les sous-titres ont leur attrait: « L\u2019appel à la vie politique; l\u2019homme d\u2019État habile; culture des vocations politiques; préparation aux carrières publiques; le sens civique; faussaires de la conscience populaire; les vertus politiques; patrie et État; etc, etc ».Autant de points sur lesquels il importe d\u2019avoir de claires notions, quelle que soit la carrière à laquelle on se destine.Cette brochure ne sera jamais trop lue, encore moins jamais trop appliquée.(La douzaine: 75 sous.) Pour que vive la No uvelle-France, par Anatole Vanier Ce titre évoque le passé en même temps qu\u2019il regarde vers l\u2019avenir.L\u2019auteur, précisément, croit que le passé est « notre maître », selon la formule devenue lapidaire.Il dénonce « l\u2019anglicisation par le bilinguisme ».Ce sous-titre a besoin d\u2019être expliqué et les distinctions nécessaires ne manquent pas.Dans la deuxième partie de cette brochurette, M.Anatole Vanier, qui est comme on sait président de La Ligue d\u2019Action Nationale, réclame qu\u2019on se forme « une claire idée de la patrie ».L\u2019auteur prêche ici par la parole, mais il en a le droit plus que d\u2019autres, ayant toute sa vie prêché d\u2019exemple.(La douzaine, 50 sous; le cent.$3.00.) 154 l\u2019action nationale La série ^Actualités\u201d Note générale: \u2014 En dépit du numéro, chacun de ces tracts est complet en soi.No 1.\u2014ALERTE AUX CANADIENS FRANÇAIS, par André Laurendeau.M.le chanoine Groulx a écrit que les Canadiens français devraient avoir le patriotisme des populations qui habitent aux frontières.Chez les Américains, on répète volontiers qu\u2019une perpétuelle vigilance est le prix de la liberté.Il n\u2019est donc pas étonnant qu\u2019on rappelle souvent à l\u2019état d\u2019alerte un peuple obligé, depuis deux siècles, à lutter énergiquement pour sa survivance.C\u2019est rendre service que signaler les dangers même si beaucoup, parmi ceux qui entendent, n\u2019écoutent pas les prophéties de Cassandre.Alerte quant à l\u2019anglicisation! Alerte quant à l\u2019autonomie! Alerte quant à la centralisation! La nécessité de voir le danger et de monter la garde est donc toujours impérieuse, en 1947 comme dans le passé.(L\u2019exemplaire, 10 sous; $1.00 la douzaine.) \u2022 No 2.\u2014 LA QUERELLE DU BILINGUISME, examen de « trois documents capitaux », par L\u2019Action Nationale.Ces trois documents capitaux sont le texte d\u2019une pioposition présentée par la Commission scolaire de Montréal à son Conseil pédagogique, les conclusions auxquelles ce conseil en est venu.La brochure contient en plus le texte d\u2019une lettre de M.C.-E.Gravel, alors président de la Commission scolaire de Montréal, un état de la question et des commentaires par l\u2019Action Nationale.Puisque « la querelle du bilinguisme » durera longtemps, cet ensemble de documents est fort précieux.Il faut voir jusqu\u2019à quel point sont prêts à allei « nos hommes pratiques » pour juger de la valeur du service rendu par la publication de cette brochure.(L\u2019exemplaire, 10 sous; $1.00 la douzaine.) NOS ÉDITIONS 155 No 3.\u2014 L\u2019ART DE DÉPLACER LES QUESTIONS, par François-Albert Angers.En sous-titre, ce tract se définit aussi: « A propos de bilinguisme mercantile ».Le seul nom de l\u2019auteur est une garantie d\u2019autorité.Les arguments développés aboutissent à cette démonstration et à ce conseil de salut: « S\u2019il y a une question de l\u2019anglais, elle ne peut être que dans les méthodes d\u2019enseignement, non dans le nombre d\u2019heures qu\u2019on y consacre; et c\u2019est là un aspect qui regarde des pédagogues, qui peut être réglé par le Conseil de l\u2019Instruction publique et les commissions scolaires sans ameuter toute la population pour l\u2019engager dans la voie d\u2019un bilinguisme mercantile, dont le résultat ultime ne peut être que notre anglicisation, notre assimilation ».(L\u2019exemplaire, 10 sous; $1.00 la douzaine.) No 4.\u2014 ÉCONOMIQUE ET CULTURE.(Cette édition est épuisée).No 5.\u2014 DE L\u2019ÉDUCATION, par René Chaloult.Pour une fois, c\u2019est la réimpression d\u2019un discours prononcé à l\u2019Assemblée législative de Québec II peut arriver que les harangues parlementaires soient dépourvues de clichés, qu\u2019elles s\u2019éloignent des lieux-communs et qu\u2019elles proposent des réformes hardies.C\u2019est bien le cas de ce bel exposé de M.René Chaloult.I! secommande une bonne éducation physique, une éducation réaliste, une veritable éducation nationale.Une brochure d\u2019un caractèse positif où sont précisées quelques-unes des réformes qui s\u2019imposent en divers domaines.Tout n\u2019est pas dit quand on a ânonné: « Apprenez l\u2019anglais ».Presque tout reste à dire et cette brochure le prouve bien.(L\u2019exemplaire, 10 sous; la douzaine, $1.00.) 156 l\u2019action nationale No 6.\u2014 NOS ÉCOLES ENSEIGNENT-ELLES LA HAINE DE L\u2019ANGLAIS?pai André Laurendeau.Il n\u2019est pas facile de faire comprendre ce qu\u2019est le juste milieu.Il est plus difficile encore d\u2019apprendre aux gens à s\u2019y tenir.Parce qu\u2019ii y a discussion sur le bilinguisme, ceux qui cherchent un triomphe facile se hâteront de prêter à l\u2019adversaire des sentiments et des intentions qu\u2019il n\u2019a jamaio eus.C\u2019est pourquoi il a fallu démontrer, contre des accusateurs de ce genre, « que nos écoles n\u2019enseignent pas la haine de l\u2019anglais ».Bien au contraire.André Laurendeau fait une rapide repasse de nos manuels d\u2019histoire du Canada et souligne leur calme objectivité.Sur l\u2019ensemble de cette question, il sera piofitable à un grand nombre de posséder une étude aussi claire et aussi probante.(L\u2019exemplaire, 10 sous; $1.00 la douzaine.) No 7.\u2014 LES CONQUÉRANTS, par Gérard Filion.Cette édition est épuisée.\u2022 No 8.\u2014 POURQUOI NOUS N\u2019ACCEPTERONS JAMAIS LA CONSCRIPTION POUR SERVICE OUTRE-MER.No 9.\u2014 EST-CE AINSI QU\u2019ON FAIT LA GUERRE SAINTE?No 10.\u2014 LE TEMPS EST VENU POUR LES CANADIENS DE METTRE LE HOLÀ! par François-Albert Angers Ces trois documents de guerre n\u2019ont pas perdu leur intérêt avec la fin du conflit.L\u2019auteur étudie l\u2019aspect humain, moral et économique de notre paiticipation.Il invoque des principes qui n\u2019ont pas cessé d\u2019être actuels.Le no 9 en particulier a une véhémence et une énergie dont l\u2019accent paraît prophétique, à l\u2019heure où l\u2019on veut nous embrigader dann une nouvelle # croisade ».(Prix pour ces trois brochures réunies: $0.15; les trois brochures à la douzaine: $1.50.) NOS ÉDITIONS 157 No 11.\u2014 LE CULTE DE L\u2019IMCOMPÉTENCE par François-Albert Angers On parle beaucoup de la représentation canadienne-française dans le fonctionnarisme fédéral.Et l\u2019on veut souvent mettre a faute sur notre « incompétence #, donc sur l\u2019école qui nous aurait mal formés.\u2014 Angers prouve dans ces quelques pages que le système entier du Service civil est bâti contre nous.Ce n\u2019est donc pas l\u2019école canadienne-française qu\u2019ii faut d\u2019abord incriminer, mais le système, conçu de telle manière que nous ne pouvons pas facilement y entrer.Affiimation étonnante au premier abord, mais que l\u2019auteur établit par son étude objective et par ses exemples.On ignore l\u2019un des aspects les plus importants de cette lutte, et ce qui y est engagé, quand on n\u2019a pas lu cette actualité.(L\u2019exemplaire, 10 sous; $1.00 la douzaine.) No 12.\u2014 LE BILAN CANADIEN D\u2019UN CONFLIT par François-Albert Angers « Un conflit vient de se terminer.Un autre se prépare.Avant que l\u2019horizon ne se voit davantage noirci et qu\u2019ayant perdu la tête, nous ne soyons plus en mesure de dominer nos réflexes, il peut être bon de voir ce que nous a valu notre participation à la dernière aventure #.Ainsi débute Angers, avant de passer en revue nos pertes matérielles, sociales, nationales et morales.Saviez-vous, par exemple, que si la guerre de 1914 nous avait coûté $1,300,000,000, celle de 1939 nous a mangé plus de $18 milliards?L\u2019auteur détruit l\u2019un après l\u2019autre les sophismes de la propagande sur les « prospérités » de guerre, le travail des femmes, la criminalité juvénile, notre participation en hommes, etc., etc.Bref, c\u2019est une mine de renseignements sur un cataclysme dont il sera longtemps question dans nos annales.En conclusion, l\u2019Action nationale publie l\u2019important manifeste qu\u2019elle a consacré à la situation internationale.(L\u2019exemplaire, 10 sous; $1.00 la douzaine.) 158 l\u2019action nationale Brochures de propagande en langue anglaise WHY WE ARE DIVIDED, a leply from Canon Lionel Groulx Ce qui a été dit de la brochure française vaut ici.Inutile d\u2019y revenir.Le mémorable exposé de M.le chanoine Lionel Groulx a été traduit en anglais par M.Gordon-O.Rothney.Cette brochure tend à faire connaître les opinions et les positions canadiennes-françaises dans les milieux anglo-canadiens où elles sont considérées avec sympathie par une faible minorité, avec horreur par de petits groupes de fanatiques, où elles sont ignorées au sens absolu par le grand nombre.Les amis de « L\u2019ACTION NATIONALE » peuvent aider considérablement la cause canadienne-française en répandant cette brochure parmi ceux qui exercent une certaine influence dans les milieux anglo-canadiens.C\u2019est à cette fin que « L\u2019Action Nationale » a édité WHY WE ARE DIVIDED.Sur payement, nous pouvons adresser cette brochure à des groupes d\u2019Anglo-canadiens dont on fournira les listes.(5 sous l\u2019exemplaire; $4.00 le cent; $35.00 le mille.) \u2022 A FRENCH CANADIAN SPEAKS, par Roger Duhamel « Comment expliquer, dit le sous-titre, l\u2019attitude du Québec à l\u2019égard de la guerre, de l\u2019Empire et de la solidarité canadienne ?» La brochurette de Roger Duhamel, dont le texte a paru d\u2019abord dans l\u2019important « Maclean\u2019s Magazine », était à cette question multiple une alerte et brillante réponse.C\u2019est un lumineux plaidoyer en faveur de l\u2019union nationale bien comprise.L\u2019actualité de ce feuillet persiste.Qu\u2019on en juge: « National Union is not a myth, but it demands reciprocity.It will never exist as long as it is believed that the law of the strongest is always the best.» Une élégante brochurette à répandre chez nos amis anglo-canadiens et chez les autres.(50 sous la douzaine; $3.00 le cent.) NOS ÉDITIONS 159 CANADA, PATTERN FOR WORLD PEACE?par Gordon-O.Rothney Nos délégués à l\u2019ancienne Société des Nations ne manquaient jamais de louer la bonne entente existant au Canada.Ceux qui leur ont succédé aux assemblées des Nations dites Unies ont repris ce commode discours.Tel l\u2019hon.Ilsley, ministre de la Justice, qui citait tout récemment l\u2019harmonie raciale canadienne en modèle aux Arabes et aux Juifs de Palestine.Cette prétention résiste-t-elle à l\u2019examen?Ce n\u2019est pas l\u2019avis de tous.Un sincère ami des Canadiens français expose là-dessus de courageuses opinions.La brochurette qu\u2019on lui doit mérite toujours une large diffusion.(50 sous la douzaine; $3.00 le cent.) LEAVE QUEBEC ALONE, par Gordon-O.Rothney C\u2019est au Québec qu\u2019il revient de régler ses propres affaires.En réalité, trop s\u2019en mêlaient sans qualification spéciale surtout pendant la dernière guerre.Avec une calme audace, en un temps de passion, M.Gordon-O.Rothney a demandé à ses compatriotes d\u2019envisager les deux côtés de la médaille.Cette intégrité mérite de notre part une sincère gratitude.Une brochurette qui a déjà caractère historique et dont les leçons sont toujours valables.(50 sous la douzaine; $3.00 le cent.) Numéros spéciaux de la revue Plusieurs numéros de FACTION NATIONALE sont complets en eux-mêmes.Ce sont des éditions spéciales sur un sujet déterminé.A mentionner, en ce genre, un numéro spécial sur « le communisme » et un autre sous le titre « La conquête ». 160 l\u2019action nationale LE COMMUNISME (mai 1941) Ce qui est le mieux connu de cette doctrine et de ce système, c\u2019est le nom.Sur le reste, quelques-uns, du moins, ont encore à se renseigner.Le numéro de « L\u2019ACTION NATIONALE », dont il est ici question, a eu un fort tirage.Sur le communisme il constitue un véritable petit traité de format commode et de consultation facile.($0.25 l\u2019exemplaire; $2.50 la douzaine.) O LA CONQUÊTE (décembre 1946) Les étapes de la conquête de la Nouvelle-France et la situation qui fut ainsi faite sont exposées avec clarté dans le numéro spécial de L\u2019Action Nationale qui porte ce titre.Parmi les collaborateurs, principaux; Guy Frégault, Anatole Vanier, Gérard Filteau, Gordon-O.Rothney, Maurice Séguin.Tous ceux qui étudient l\u2019histoire canadienne peuvent difficilement négliger cette importante source de documentation.($0.25 sous l\u2019exemplaire; $2.50 la douzaine.) La collection de l\u2019Action Nationale Nous savons que de nombreux abonnés conservent avec soin tous les numéros parus de L\u2019Action Nationale.Là où il existe des bibliothèques, notre revue est également réliée et gardée précieusement.Nous pouvons en plusieurs cas compléter des collections si besoin en est.Les numéros manquants sont alors fournis au prix de 25 sous l\u2019exemplaire.Lorsqu\u2019il s\u2019agit des numéros d\u2019une année complète, le prix déterminé est celui du coût de l\u2019abonnement pour l\u2019année désignée.L\u2019Action Nationale remontant à 1933, il est évident que certains numéros sont devenus soit très rares soit introuvables.Lorsqu\u2019il s\u2019agit des années récentes, nos armoires sont mieux garnies.Toute demande à ce sujet sera accueillie avec attention et toute réponse fournie avec une entière bonne volonté. 300 ANS EN ARRIÈRE Ecrivez-nous les noms de votre père et de votre mère et nous vous donnerons le coût de votre arbre généalogique et du volume personnel (400 pages) contenant toute l'histoire de votre famille depuis 300 ans.sans aucune obligation de votre part.INSTITUT GÉNÉALOGIQUE DROUIN \u201cUne oeuvre nationale digne de votre encouragement\u201d 4184, rue Saint-Denis \u2014 Montréal Immense documentation méthodiquement accumulée, dont 61 millions d\u2019actes de baptême, mariage et sépulture, 33 ans de recherches patientes.Généalogie de tout Canadien français et Franco-Américain.IX COUVRETTE-SAURIOL Limitée EPICIERS EN GROS \u2022 50, rue de Bresolles HArbour 8151 O Président et gérant général : Bernard Couvrette x Les cafés et confitures de J.-A.Désy LIMITÉE SONT LES MEILLEURS \u2014 EXIGEZ-LES Lisez «LE DEVOIR\u201d LE JOURNAL DES GENS QUI PENSENT COMPAGNIE DE BISCUITS STUART Ltée BISCUITS \u2014 GÂTEAUX \u2014 TARTES \u2022 Alfred ALLARD, Marcel ALLARD, président et gérant gén.chef à la production 235, Laurier ouest .\t- Montréal Voyez l'annonce de \"LA SAUVEGARDE a 1 endos de cette revue et pour vous assurer appelez J.-H.LANCEVIN, C.C.S.Assureur Conseil Gérant Division Langevin Bureau î HA 7223\tR®»- * AT *810 XI LES AMIS DE LA REVUE AUBÉ, Philippe AVOCAT 132 est, Notre-Dame \u2022\tHA 5877 BEAUSOLEIL, E.BOUCHER- ÉPICIER 1251, Champlain \u2022\tCH 3712 CHAUSSÉ, Fernand AVOCAT 152 est, Notre-Dame \u2022\tHA 7235 CRÉMERIE BOURGET ÉPICERIES E, Babineau, prop.\u2022\t1382 est, rue Ontario CYR, Édouard MODELEUR 1427, Maisonneuve \u2022\tAM 8984 LATENDRESSE & FilsEnrg.FERRONNERIE 12057 est, N .-Dame ,Pte-aux-Tr.\u2022\tZone 5-038 LATULIPE, N.TULIPPE & PAYSANNE \u2022\tCRAVATES MASSE, Paul AVOCAT 152 eat, Notre-Dame \u2022\tBE 1971 MERCIER, Jean AVOCAT 152 eat, Notre-Dame \u2022\tLA 1633 NANTEL, Léo Distributeur de parties de radio 1662 eat, rue Ontario \u2022\tCH 3052 DAIGLE ÉPICERIE, Fruits & Légumes Ville St-Laurent \u2022\tBY 2900 ROY, J.-Orner BIJOUTIER 1658 est, Mont-Royal \u2022\tAM 2618 DESCHÊNES & Fils I.tée Matériaux de plomberie et chauf.1203 est, Notre-Dame \u2022\tFR 3176-7 SANSOUCY, Arthur BOUCHER-ÉPICIER 3995, Hochelaga CL 2839 DUPUIS, Laurier 5600.boulevard Monk \u2022\tWE 0355 TESSIER, Armand ENTREPRENEUR-PLATRIER 1482, boulevard Morgan \u2022\tCL 3432 FOURNIER, Albert Procureur de breveta d\u2019invention 934 est, Ste-Catherine \u2022\tHA 4548 HINTON, Gaston MERCERIE 3987 est, Ste-Catherine FR 4244 Jean Drapeau DRAPEAU ET MELANÇON AVOCATS ET PROCUREURS 4 eat, rue Notre-Dame, Montréal.Claude Melançoo MA *5615 XII LES AMIS DE LA REVUE AUG.BRUNETTE, Ltée PLOMBERIE-CHAUFFAGE 4154, rue Hôtel de Ville \u2022\tPL 1946 BRAZEAU, François CORDONNIER \u2022\t8705, Lajeune8se \u201cÀ LA MARMITE\u201d SALLE À MANGER 350 est, Craig \u2022\tMA 0730 DORAIS, Jean-Louis AVOCAT 57 ouest, rue St-Jacques m\tHA 1336 LUG BEAUREGARD Représ, de la Laurentienne 4052, rue Cartier \u2022 Bur.: PL 6700 Rés.: AM 7779 MORIN,Louis-Philippe,C.A.Comptable Agréé 81, rue St-Pierre, Québec.\u2022\tTél.2-6871 POULIN, J.-Aimé ARCHITECTE 63, Prospect, Sherbrooke, P.Q \u2022\tTEL.1391 ROBERT, Paul-Émile Représentant de la \u201cLaurentienne\u2019' 934, est Ste-Cat herine \u2022\tPL 6700 Salaison MAISONNEUVE BACON marque \u201cMORIN\u201d 1430, De Lasalle \u2022\tCL 4086-7 S AL V AIL, Albéric ÉPICIER-BOUCHER 3648, Adam \u2022\tAM 3031 GAUTHIER, Art.ÉPICIER-BOUCHER 3461 est, Ste-Catherine m\tAM 3015 SANSOUCY, Alb.ÉPICIER-BOUCHER 3946, Adam \u2022\tFA 3607 FRÉCHETTE, L.-A.NOTAIRE 159 ouest, Craig 0\tLA 9607 Docteur René LAPORTE MÉDECIN £\t915, Charrier \u201cLES VARIÉTÉS\u201d PAUL DEJORDY, prop.800 est.Mont-Roy al %\tCH 9815 MATHIEU, Lucien, Enreg.MARCHAND-TAILLEUR 2251, Frontenac \u2022\tFR 1803 VANIER, Anatole AVOCAT 57 ouest, St-Jacques O\tHA 2841 Nous prions les abonnés de L'Action Nationale de fournir leur appui à tous ceux qui soutiennent leur revue.L'Administration.XIII La CAISSE NATIONALE D'ECONOMIE vend une police â double protection que tout jeune homme doit connaître.S\u2019il veut cesser de travailler â 55-60 ou 65 ans, elle peut lui assurer une rente de $50.par mois, sa vie durant (ou une rente proportionnelle à un âge moins avancé)/ s\u2019il meurt avant l'âge choisi, elle peut garantir aux bénéficiaires un capital de $5,000 (toujours convertible en rente viagère).C est le plan idéal : il joint T épargne â la protection.De plus amples renseignements vous seront donnés sur demande.A titre gracieux.Rousseau 385, Mt-Royal ouest CR.5951 LA COMPAGNIE f.-\\.CPC LET Ingénieurs \u2014 Mécaniciens \u2014 Fondeurs Spécialités : Ascenseurs modernes de tous genres, soudures électriques et autogènes, etc.206, rue du Port Québec i COMPAGNIE MUTUELLE D\u2019IMMEUBLES Limitée La Caisse d'Epargne pour Prêts Mutuels \"Payé à ses membres $8*000,000.00\" Siège social: 1306 est, rue Ste-Catherine, Montréal.Lisez régulièrement // LA VERITE h La meilleure revue de jeunesse DIRECTION : LES JEUNES LAURENTIENS 152 est, rue Notre-Dame, Montréal.\tMArquette 5539 Tél.HA 0200-0209 PERRAULT et PERRAULT AVOCATS 511 Place d'Armes.\t-\tMontreal, Canada.ANTONIO PERRAULT, C.R.Rés.: 64, ave Nelson, Outremont.Tél.DO 6342 JACQUES PERRAULT, L.L.D.Rés.: 4390, boul.Pie IX, Tél.CL 3580 XV t\\U> *n\\r\\ * » UN BREUVAGE DES PLUS DÉLICIEUX ! N'importe où .N'importe quand .LE NECTAR _Mouââeux CHRISTIN est le breuvage idéal.C'est un produit de chez nous.PAR LES FABRICANTS DE LA Bière d'Epinette Christin ASSURANCE-VIE Fonctions Protection Êparéne Avantages Souplesse Liquidité Caract éristiques Sécurité Stabilité Compagnie d\u2019assurance-vie Ua â\u2019amtrgariip Siège social: Montréal IMPRIMCRIB ParULAIRl.LIMITAI, MONTRÉAL \u201c*0C10BKt 1947 "]
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