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Titre :
L'action nationale
Éditeur :
  • Montréal :Ligue d'action nationale,1933-
Contenu spécifique :
Septembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Action canadienne-française, ,
  • Tradition et progrès,
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L'action nationale, 1966-09, Collections de BAnQ.

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[" L'ACTION NATIONALE Volume LVI, Numéro 1\tSeptembre 1966\t75 cents SOMMAIRE L editorial sur les élections VIE NATIONALE Un Québec fort, Montréal ville française de langue anglaise La langue anglaise en danger ! ?VIE CULTURELLE SEPT POÈMES DE JEAN-CLAUDE GERMAIN et des articles d'André Major, Jean Tétreau, Jean Fréchette, Maximilien Laroche, et Bonfield Marcoux Les chroniques des cercles d'études sur les états généraux, la coopération et l'économie POUR VOS ACHATS CONSULTEZ NOTRE RÉPERTOIRE D'ANNONCEURS CLASSIFIÉS L\u2019ACTION NATIONALE REVUE MENSUELLE (sauf en juillet et août) Directeur : FRANÇOIS-ALBERT ANGERS Comité de rédaction : DOMINIQUE BEAUDIN \u2014 PATRICK ALLEN \u2014 JEAN MARCEL \u2014 JEAN GENEST, secrétoire.Rédaction et administration: C.P.189, Station N, Montréal ou 235 (est), rue Dorchester, ch.504.Tél.de 2V% à bVi .866-8034 Abonnement: $7.00 par année.Au coût réel : $10.00 Les articles de la revue sont répertoriés dons le CANADIAN PERIODICAL INDEX, publication de l'Ass.Can.des Bibliothèques, et dans la revue CULTURE.LA LIGUE D'ACTION NATIONALE PRÉSIDENT : M.François-Albert Angers 1er VICE-PRÉSIDENT: M.René Chaloult 2e VICE-PRÉSIDENT ET ADMINISTRATEUR : M.Dominique Beaudin SECRÉTAIRE : M.Théophile Bertrand TRÉSORIER : M.Rodolphe Laplante DIRECTEURS : MM.le Chan.Lionel Groulx, J.P.Archambault, S.J., C.-E.Couture, Richard Arès, S.J., Paul-Emile Gingras, Albert Rioux, Alphonse Lapointe, Jean-Marc Léger, Gaétan Legault Mario Dumesnil, Luc Mercier, Jean Genest, Patrick Allen, Jean Mercier, Claude Trottler, Michel Brochu, Yvon Groulx, Rosaire Morin, Jean Marcel.Où trouver L\u2019Action Nationale ?À MONTRÉAL: Fides, 245 est, rue Dorchester Librairie Déom, 1247, rue St-Denis Librairie Hachette, 554 est, rue Sta-Catharin* Librairie Leméoe, 371 ouest, rue Laurier Librairie Renoud-Broy, 5219, eh.Côte-d.s-Nelges À QUÉBEC :\tLibrairie Gorneau, 47, rue Buade Librairie de l'Action Sociale Catholique, place Jean-Talon À HULL :\tLibrairie Libre, 209, rue Principale A OTTAWA :\tLibroirie Dussault, 366, rue Dolhousle À TORONTO :\tLibrairie L'Alouette, 39 ouest, rue Gerrard Le Ministère des Postes à Ottawa a autorisé l'affranchissement en numéraire et l'envoi comme objet de deuxième classe de la présente publication. I Nous accusons réception des ouvrages suivants : Robert d'Estrie \u2014 Six de la-roche-jaseuse \u2014 (Nouvelle édition) \u2014 Les Editions de l'Atelier, 3744, rue Jean-Brillant, Montréal 26, 159 pages, 1965.Robert Millet \u2014 Le dictionnaire de la loi \u2014 (Termes légaux à la portée de tous) \u2014 Les Editions de l'Homme, 1 130 est, rue Lagauchetière, Montréal, 172 pages, 1965.\t$2.00 Léoni Colangelo \u2014 Trajectoire (poèmes) \u2014 Editions La Québécoise, 169 est, rue Beaubien, Montréal, 42 pages, 1965.Raymond Grenier \u2014 Regards sur l'Expo 67, vol.1, 1914-1965 \u2014 Les Editions de l'Homme, 418 ouest, rue Notre-Dame, Montréal, 133 paqes 1965.\t$1.50 Marie-Claire Blais \u2014 Une saison dans la vie d'Emmanuel \u2014 Collection: Les Romanciers du Jour \u2014 Les Editions du Jour, 3411, rue St-Denis, Montréal, 128 pages, 1965.\t$2.00 Paul-Marie Lapointe \u2014 Pour les âmes (poèmes) \u2014 Les Editions de l'Hexagone, 1247, rue Saint-Denis, Montréal, 71 pages, 1965.Gemma Tremblay \u2014 Cuivres et violons marins (poèmes) \u2014 Les Editions de l'Hexagone, 1247 rue Saint-Denis, Montréal, 58 pages, 1965.Michel van Schendel \u2014 Variations sur la pierre (poèmes) \u2014 Les Editions de l'Hexagone, 1247 rue Saint-Denis, Montréal, 46 pages, 1965.Emile Gervais, s.j.\u2014 Les six fondateurs de l'Eglise du Canada \u2014 Les Editions Bellarmin, 8100 rue St-Laurent, Montréal, 122 pages, 1965. II MESSAGE DANS TOUS LES SENS Le Conseil d'Expansion Economique veut bien être la voix de nos institutions financières, industrielles et commerciales pour orienter vers elles notre population, mais étant placé à un véritable carrefour, il doit être également la voix de la nation auprès des institutions.De la même manière que nous prêchons la solidarité des Canadiens français envers leurs maisons d'affaires, nous devons réclamer que les maisons d'affaires prennent les intérêts de la population.La doctrine du C E E.est de plus en plus présente au Canada français.Nous y sentons la vérité dans toute sa plénitude mais nous n'avons pas encore réussi à convaincre tout le monde de ces exactitudes.Conseil d'Expansion Economique Inc.8585, 8e avenue.Cité St-Michel 729-5296 L\u2019ACTION NATIONALE Volume LVI Numéro 1\tMONTRÉAL\tSeptembre 1966 Editorial La \"surprise\" des élections de 1966 A l issue des élections de I960, le soussigné écrivait ceci: « Le directeur de l Action nationale surprendrait sans doute beaucoup de ses lecteurs s il ne disait carrément que le résultat des élections provinciales lui a paru tout d abord de ceux qui doivent légitimement inquiéter les vrais nationalistes.Il lui aurait semblé (et ce dubitatif devra être qualifié ultérieurement) que mieux eût valu une situation inverse à celle qui s est produite: le retour au pouvoir de l Union nationale tout juste capable de gouverner, et ainsi forcée par une opposition puissante de se renouveler et de se purifier » (septembre I960).La « surprise » des gens qui ne voulaient pas voir tout le mécontentement engendré dans le Québec par six ans de gouvernement libéral, pourtant actif jusqu\u2019à en éblouir même les plus coriaces, \u2014 et les motifs profonds de ce mécontentement, vient aujourd\u2019hui ratifier ce jugement.Car cela est notoire, tant l'opposition a été faible pendant tout ce régime sur les sujets qui ont véritablement entraîné la chute du gouvernement, la politique libérale a été battue par elle-même, pour ce qu elle représentait de devie dans sa bonne volonté de reforme même : et l Union nationale s est trouvée réélue comme étant le seul parti vraiment organisé sur lequel la population 2 ACTION NATIONALE moyenne pouvait compter pour un changement au sujet duquel la politique de l Union nationale se révélait singulièrement faible et hésitante, éblouie elle-même par les tours de magie des Lesage, des Lévesque et surtout des Gérin-Lajoie.La véritable cause de la défaite des libéraux, les journalistes, tous trop partisans en général de certaines réformes radicales qui répugnent à notre population et à ses traditions, se sont bien gardés de vouloir I admettre.Ils ont plutôt joué à l'autruche pour essayer de rallier l Union nationale à l idée de continuer la politique libérale qui leur plaît à eux, la menaçant de défaite si elle ne s aligne pas.Curieuse réaction que celle-là et qui montre jusqu\u2019où aveuglent les théories ou les idéologies toutes faites.et comment un peuple peut finalement être gouverné contre lui-même pendant des générations.Au premier abord, l'Union nationale a paru se laisser séduire \u2014 sa faiblesse l\u2019y disposait, et les nouveaux élus de se fendre de déclarations que le gouvernement est changé, mais que la politique ne changera pas, sauf dans un certain style! Etrange aveuglement de ceux qui tiennent leurs idées pour la réalité! Allons-nous devoir reprendre la chansori de La Mascotte: « C est pas la peine assurément, c\u2019est pas la peine.de changer de gouvernement?» Espérons qu en l Union nationale, on s\u2019ouvrira les yeux et qu\u2019on écoutera un peu plus ce que dit et pense le peuple.et non seulement certains intellectuels qui sont en marge du peuple, bien en marge; et que I on courtise.comme si c était une indignité que de n être pas reconnus par eux.qui de toute façon ne voteront jamais pour l\u2019Union nationale même s ils savent flatter ceux qui veulent bien, comme le corbeau du renard, écouter leur chanson.Ce serait donc les rodomontades de M.Lesage, et le manque de consultation populaire, et surtout d éducation (d'endoctrinement, cela est plus vrai, mais il aurait LA \"SURPRISE\" DES ÉLECTIONS DE 1966 3 fallu alors y mettre quel temps pour quel succès?), qui auraient causé la défaite du parti.Pourtant, je ne sache pas que ni M.Taschereau, ni M.Duplessis ne se gênaient pour afficher une certaine pétulance politique, ni pour faire leur politique sans se soucier tellement de consultation, d éducation populaire.Et ils ont su tous les deux durer.plus que ne durent les roses/ En fait, quant aux rodomontades, ce sont surtout elles qui ont fait la supériorité de M.Lesage sur M.Barrette en 1960.M.Barrette victime d avoir voulu jouer la carte du « grand monsieur » bien plus que de tout autre chose.Quant aux consultations et à l éducation populaire, je suis tout à fait en faveur; mais le réalisme politique m oblige à concéder que ce n est pas cela qui fait perdre des élections quand une population est contente de son gouvernement.Quand le peuple réclame tant de consultation, c'est que justement les hommes qui le gouvernent lui imposent, du haut de la « grandeur » arrogante de leurs vues, bonnes ou mauvaises en soi peu importe ici, des politiques qui vont à l encontre de ses instincts les plus profonds.Les temps sont changés, prétend-on! C\u2019est à voir, et il pourrait bien en être ainsi comme des théories de ces politicologues qui, une semaine avant que M.Diefenbaker ne reprenne le pouvoir, démontraient «scientifiquement» que les conservateurs ne pouvaient plus jamais revenir au pouvoir au Canada, parce que le seul substitut conforme à la mentalité populaire de notre temps ne pouvait être que le N.P .D.! Après cela tirons donc un peu l'échelle sous le fatras des hypothèses de travail; et regardons la réalité bien en face.La réalité bien en face, M.Lesage, à qui il faut concéder qu il est un excellent politicien, à la façon des Taschereau et des Duplessis (il ne lui manque qu un peu de sens de l humour pour savoir éviter la tension coléreuse qui conduit fatalement à la perte du sens politique et aux gaffes), M.Lesage I a regardée quand il a confié à je ne 4 ACTION NATIONALE sais trop qui que c était la politique de l éducation qui avait fait battre son gouvernement.Telle me paraît bien la vérité, car c est là surtout qu étaient toutes les zones de mécontentement croissant, dans les commissions scolaires, chez les maîtres laïques, comme dans les institutions privées religieuses ou laïques, et chez une multitude de parents.Toutes les conversations sincères en témoignaient hautement, en dépit des courbettes de trop d organismes officiels qui craignaient avant tout de perdre la galette en osant contredire le gouvernement.Il est clair que M.Lesage eût été beaucoup plus sage et plus inspiré de s en tenir à sa promesse que, jamais, sous son régime on ne verrait le ministère de l Education; et la boutade d Albert Lévesque a pris tout son sel, que vu son intérêt pour l\u2019éducation le meilleur intérêt du Québec eût été de nom mer Paul Gérin-Lajoie surintendant d un département de l\u2019Instruction publique réformé en Conseil de l Education.Débarrassé des réflexes politiques, moins à la mer ci de certains technocrates fonctionnaires à vues trop préjugées, ayant à rendre compte à des esprits indépendants, il y serait encore par la plus grande objectivité, la plus grande circonspection qu il aurait mis dans ses gestes; et le parti libéral serait encore au pouvoir.La population du Québec vient donc de confirmer qu elle s\u2019est trompée en 1960.Car ne nous y trompons pas nous-mêmes en cherchant des explications à midi et quatorze heures: un corps électoral ne change pas un gouvernement qui a effectivement tant fait s il n éprouve pas un mécontentement profond, après expérience, de l'esprit même de ces réformes, dont il voit maintenant les conséquences.Mais ceux dont c\u2019est le métier de penser et qui sont dans l\u2019esprit des traditions populaires savaient cela dès 1960.L\u2019Action nationale, pour sa part, la dit dès le résultat connu de l\u2019élection de I960; \u2014 et n a cessé de le dire depuis.Disons, toujours dans le même esprit de réalisme politique, que, plus habiles, les libé- LA \"SURPRISE\" DES ÉLECTIONS DE 1966 5 raux les plus radicaux auraient pu mieux faire avaler la pilule qu ils voulaient faire prendre au Québec, par une action plus modérée, engendrant des effets à plus long terme, donc plus imperceptibles à court terme.Mais s ils étaient si pressés, c est qu ils n avaient pas confiance de pouvoir passer par des procédés plus longs, à cause de la force de ce qu\u2019ils appellent la « réaction », c\u2019est-à-dire en définitive puisqu\u2019elle est forte: de la véritable pensée profonde de la nation.Qu on revoit ce qui s est passé autour de la création du ministère de I Education, et ce qui s est dit et écrit en certains milieux pour justifier une législation à passer à toute vapeur.et la preuve de ce que nous avançons ici se trouvera faite.Ce fut là le moment le plus critique, où la tactique fut le plus grossièrement mise en évidence par le jeu des circonstances: mais tout le reste fut conduit depuis à peu près dans la même veine.Il était donc temps que ce gouvernement changeât.Il était grand temps pour l\u2019éducation; et il était plus que temps aussi sur l autonomie, sujet autour duquel il avait réussi à jeter plus de poudre aux yeux, mais où venaient de s amorcer les capitulations majeures.Nous n\u2019avons pas manqué de le signaler à l attitude inadmissible et quasi grotesque, vu ses déclarations et promesses anté rieures, qu avait prise M.Lesage sur l assurance-maladie à Ottawa.Et ce qui s est passé depuis à Ottawa n a fait que révéler dans quel grave danger nous nous trouvions: capituler aux exigences fédérales, dont M.Pearson a déjà dit qu elles ont atteint I ultime limite des « concessions », ou ne recevoir aucune compensation.Encore une fois, sous le gouvernement Lesage comme au temps de M.Godbout, ce sont les autres provinces qui nous sauveront par leur révolte; sans quoi M.Johnson se fût trouvé à hériter d une situation aussi compromise qu\u2019au temps de M.Duplessis.IL FAUDRA ICI REPRENDRE L\u2019EFFORT DE DEMYSTIFICATION QU A POURSUl- 6 ACTION NATIONALE VI L\u2019ACTION NATIONALE POUR BIEN FAIRE VOIR LES LIMITES EXTREMEMENT ETROITES DE CE QUE LE PARTI LIBERAL A REUSSI POUR FAIRE AVANCER LA CAUSE DE L\u2019AUTONOMIE DANS SES SIX ANS DE POUVOIR.CAR SEULES DES APPARENCES ONT ETE SAUVEES; ET RIEN DE SUBSTANTIEL N\u2019 A ETE GAGNE.BIEN AU CONTRAIRE.La conquête du droit de percevoir soi-même les deniers aux fins de les dépenser selon des standards prescrits par une loi fédérale ne fait pas du Québec un Etat autonome mais une plus grande municipalité selon les vues des Pères de la Confédération les plus centralisateurs.Dans ce domaine particulier, où l Union nationale a une tradition et pris des positions assez fermes, on peut espérer un redressement important de la pensée politique autonomiste au gouvernement, mais la situation sera dure car l échec de la politique de collaboration avec Ottawa de Lesage a singulièrement aggravé les difficultés d'une politique autonomiste plus résistante.C\u2019est dans le reste, où il faut bien le dire, l'Union nationale n\u2019a pas de traditions politiques bien établies au delà d\u2019une grande habileté à manier les événements pour rester au pouvoir, que la situation devient plus dif ficile.CAR IL FAUT UN REDRESSEMENT SERIEUX ET NON PAS UNE CONTINUATION DE LA POLITIQUE PRATIQUEE PAR LE PARTI LIBERAL.Un redressement sérieux, non pas dans le sens d'un arrêt et d une stagnation, mais d une politique pro gressive cependant dirigée selon les normes d une véritable politique.Je synthétiserais la situation selon une formule un peu brève, en partie d\u2019apparence paradoxale, qu il fau dra expliquer, mais qui permet de bien saisir la situation: puisque nous sommes entrés dans l ère des réformes LA \"SURPRISE\" DES ÉLECTIONS DE 1966 7 nécessaires, il importera à l\u2019Union nationale de substituer à une politique de réforme sans idées ou sans idéal bien déterminés une véritable politique conçue à partir d un certain nombre d idées ou de principes appropriés à la réalisation d un certain ordre de progrès à la fois conforme avec les traditions les plus profondes de la nation et rectificatrice des traditions ou Habitudes plus superficielles qui sont en désaccord avec la logique de ces traditions profondes.J en vois plusieurs sursauter: est-ce que les libéraux n ont pas fait preuve dune prolifération d idées?Ne nous ont-ils pas donné le gouvernement chez nous qui a le plus réalisé en termes d initiatives nouvelles, etc.etc.?Oui! et voilà bien le drame de la confusion, de la confusion entre les produits de l imagination et la véritable idée, entre être inventif et avoir vraiment des idées.Oui! les libéraux ont ramassé à gauche et à droite, toutes sortes d idées au sens rague du terme.L idée la plus claire du régime en tant qu idée véritable ou directrice, ce fut en quelque sorte que tout changement est bon parce que ça change; que toute suggestion de changement est en quelque sorte valable, et qu il ne reste ensuite qu à vérifier, avec l aide des technocrates, si la chose est faisable, combien elle coûtera, etc.Il y avait bien sûr la petite tendance vers la gauche qui avait valeur d idée, mais elle n était pas la politique du gouvernement: seulement le résultat d un effet de puissance de certains ministres plus forts que d autres, ou de certains fonctionnaires plus habiles que d autres à mousser leurs idées, car certa'ms fonctionnaires avaient des idées et des plans qu ils poussaient en sous-main sans claironner leur idéologie.Et les gens de gauche dans le parti se satisfaisaient de cette situation parce qu'ils savaient bien par l'expérience du parti NPD dont ils étaient des sympathisants plus ou moins secrets, que la population ne veut pas d une telle politique de gauche.Pas encore! 8 ACTION NATIONALE Mais justement, cela c est ne pas avoir d idée dans sa politique.C est, comme disait René Lévesque, « se fouter des principes ».Il y a des choses à faire; faisons quelque chose, selon ce qui paraît avoir du bon sens (mais en fonction de quoi ?c\u2019est ce qu on ne se demon de pas assez, vu que toute action comporte son principe avoué ou non, d où heurts et contradictions dans le développement de l ensem ble).Au fond, ce n est là qu une forme d opportunisme politique.Duplessis le pratiquait en formulant la règle de pouvoir qu il est inutile de rien changer tant que le peuple lui-même dans sa majorité ne fait pas sentir for tement qu il faut lui accorder ce changement pour rester au pouvoir: pourquoi le gâter ?Lesage, Lévesque et Gé-rin-Lajoie appliquaient la formule inverse, dans la conviction que le peuple voulait des changements, n importe lesquels du moment que ça changeait pour le mieux dans le sens technocratique; et ils se sont trouvés à cause de cela plus à la merci que Duplessis des idéologues qui réussissent à faire croire, le croyant parfois eux-mêmes, que les désirs du peuple correspondent à leur conception personnelle de ce qui est meilleur.Au fond, c\u2019est là la cause fondamentale de l\u2019échec du gouvernement Lesage.Le peuple ne pensait pas comme les technocrates ou les idéologues qui ont vendu leurs idées au gouvernement, non intégrées dans une politique conçue, livrées en or dre dispersé et comme sans plan, pas plus d ailleurs pratique qu\u2019idéologique.La première tâche de l\u2019Union nationale, si elle veut correspondre aux véritables désirs populaires, c est de donner un esprit à sa politique; et que cet esprit conjugue tradition et progrès, en inspirant les modalités selon lesquelles se développera la politique concrète du gou vernement.C\u2019est ainsi que se résout le dilemme de sa voir si ce sont les technocrates qui gouvernent réellement, ou les représentants du peuple.UN GOUVERNE LA \"SURPRISE\" DES ÉLECTIONS DE 1966 9 MENT QUI N'A PAS DE PRINCIPES, COMME CE FUT LE CAS DU GOUVERNEMENT LESAGE, EST FORCEMENT A LA MERCI DES TECHNOCRATES PARCE QU EN DEFINITIVE TOUT EMANE D EUX SANS QUE LE GOUVERNEMENT AIT AUCUN CRITERE QUE LEURS CONSEILS POUR SE DETERMINER.Or par définition, et de par leur métier comme de par leur situation, les technocrates sont des spécialistes qui, sauf exception (et en un sens on n a pas à les en blâmer), ne voient que chacun leur domaine, et ne le voient que sous l'angle proprement scientifique ou technique; presque jamais, sous l angle vraiment politique, qui ne se limite pas à la rentabilité électorale sauf en petite politique, qui touche à l humain dans son entier, donc y compris la dimension d une philosophie ou d un humanisme, variables avec le type de civilisation du peuple gouverné.C\u2019EST AUX CHEFS D'ETAT A AVOIR UNE POLITIQUE-, ET C\u2019EST A CELTE CONDITION SEULEMENT QUE COMMUNICATION VALABLE ET EFFICACE PEUT S\u2019ETABLIR ENTRE LE PEUPLE, TOUTES LES INSTITUTIONS QUI LE REPRESENTENT ET LES TECHNOCRATES QUI SONT CENSES ETRE A SON SERVICE POUR LE BIEN COMMUN DANS LES ADMINISTRATIONS PUBLIQUES.Alors les gouvernants indiquent aux technocrates la politique qu\u2019ils veulent réaliser; et le rôle de ceux-ci est de leur fournir les moyens techniques de la mettre concrètement en œuvre, selon des modalités capables de correspondre à l'esprit de la politique.Un peu comme Henry Ford refusait d admettre l objection d un technicien qui lui parlait de l impossibilité de mettre en œuvre une de ses idées: « Vous n êtes pas à mon service pour me dire que c\u2019est impossible, mais pour me trouver le moyen pratique de mettre mon idée en œuvre ».Système qui a ses limites 10 action nationale sans doute, mais qui comporte sa grande part de vérité.Devant une idée, une véritable idée à mettre en œuvre, ce n\u2019est pas tant l impossibilité qui est la norme que le coût, les conséquences, etc., par rapport à ce que Ion cherche.ENCORE FAUT IL SAVOIR CE QUE L\u2019ON CHERCHE AUTREMENT QU\u2019EN TERME DE GENERALITE OU DE BANALITE, PAR REACTION SENTIMENTALE OU PUREMENT SENSIBLE DEVANT DES PROBLEMES.Elaborer une politique, c est justement chercher, au delà des réactions sensibles qui manifestent la présence d un problème, les règles générales à respecter pour que les mesures remédiatrices concrètes soient conformes au bien commun d\u2019une population, c\u2019est-à-dire soient en accord avec les exigences les plus profondes de l humain.C\u2019est à cette tâche énorme, et en une période cruciale de son histoire, que le peuple du Québec vient de convier l\u2019Union nationale en rejetant dans l opposition un gouvernement qui n en revient pas d avoir été battu après « avoir tant fait ».Il a beaucoup fait, mais il a mal fait, voilà la réponse du peuple.Aussi est-il singulier de voir l\u2019Union nationale, qui n'a pas l air d en revenir elle-même, proclamer: « Ne vous inquiétez pas, nous continuons! » En fait, rien ne peut davantage inquiéter le peuple, puisqu il a manifeste qu il ne voulait pas que ça continue.Bien sûr, il y a des complexités dans ce verdict: la carte électorale (qui a cependant fort avantagé les libéraux, car selon les anciennes divisions la victoire de l\u2019Union nationale eût été éclatante), le verdict différent de Montréal de celui du reste de la province (quoique le vote le plus populaire ait été favorable à l Union nationale dans Montréal), la majorité du vote global favorable aux libéraux et la part du vote anglophone dans cette majorité.Tout cela indique que la population du Quebec est devenue plus difficile à gouverner; que le sens LA \"SURPRISE\" DES ÉLECTIONS DE 1966 11 véritable de ses volontés est plus difficile à connaître.Mais le verdict reste là implacable; et il indique une voie que le nouveau gouvernement aurait tort de sous-estimer.Sa chance de survivre, c est d être un gouvernement fort.Non pas dans le sens dictatorial, mais dans le sens justement de bien savoir ce qu'il veut faire, pourquoi il veut le faire et comment il y arrivera pour que la réalité corresponde avec ce qu'il avance.Car le gouvernement ne passera pas à travers les difficultés de l\u2019heure si sa politique n est pas cohérente, et s\u2019il ne sait pas la justifier avec assurance et vigueur contre les oppositions qui se dessineront, de façon que l ensemble de la population puisse voir clairement quelle a lieu d\u2019être satisfaite de la politique poursuivie et pourquoi.L Union nationale a retrouvé son heure plus vite qu elle ne s y attendait par suite des fautes de son adversaire.On ne peut pas dire que son régime d opposition l a révélée prête à affronter le redoutable défi auquel elle se trouve affrontée.Et cela ne simplifie pas sa tâche de gouvernement, car faute d avoir eu des positions assez nettes sur les grands problèmes de l'heure (hors le problème de l autonomie qui ne paraît pas avoir beaucoup compté dans la détermination du verdict, sauf pour la frange marginale quand même importante qui est allée vers les partis séparatistes), le gouvernement ne paraît pas savoir trop bien pour quelles fins positives il a été élu.Disons pour terminer, que la partie la plus sensationnelle de l élection est sans contredit le résultat rela tivement satisfaisant qu ont obtenu les éléments séparatistes.Il y avait un grave danger à cette expérience électorale: celle de démystifier, aux yeux des anglo-saxons, l importance du séparatisme dans Québec.En pareille matière, le mystère a toujours sa valeur, car tant que les dénombrements ne sont pas faits, la tendance est toujours d accorder plus d importance, chez les adversaires 12 ACTION NATIONALE à des mouvements comme ceux-là qu ils n en ont vraiment.Ce qui facilite pendant un temps le progrès des idées nouvelles¦ En valeur absolue, il est bien évident que les deux partis séparatistes ensemble ont été bien loin de tenir les promesses ou les menaces qu ils faisaient miroiter quant au nombre de Canadiens français qui veulent vraiment l'indépendance.Les commentateurs anglo-saxons se sont empressés de le relever pour affecter de nier l im portance du phénomène indépendantiste dans Québec.Ils auront, à mon sens, rendu là un bien mauvais service au Canada; et il faut espérer que dans les cercles privés, les observateurs anglo-saxons sérieux n auront pas été aussi superficiels.Effectivement, que près de 10% des électeurs du Québec aient opté pour la séparation dans une élection constitue un fait sans précédent et d une haute importance.Il est bien certain qu il y a dix ans, la même tentative n aurait pas rapporté 1 % des votes à de tels mouvements.Et si 10% sont allés de ce côté dans une élection où tant d\u2019autres facteurs décident d'un vote, on ne risque pas de se tromper en disant qu\u2019au moins le double, soit 20% de la population, est prête à envisager sérieusement cette solution; alors qu\u2019il y a 20 ans, ceux qui pouvaient considérer une telle idée comme sérieuse se réduisaient à une poignée.En définitive, les indépendantistes ont risqué gros en se lançant aussi vite dans l action électorale, puisqu'un pourcentage à peine moindre de vote les eût à peu près discrédités ; ils ont risqué gros, mais ils ont tout juste, mais quand même tenu leur pari: démontrer que la pensée indépendantiste est un élément important dans la conjoncture politique actuelle du Québec.Le directeur. E£J r=5j MN JtïfsS SSÜ H1 sum «fil ilgifl WiMM mm lin Québec fort et le conflit des nationalismes au Canada Richard Arès, S.J.Allocution au banquet de la Fédération des Sociétés St-Jean-Baptiste, au Château Frontenac, Québec, le 12 juin 1966.Le thème général du congrès était: \"Un Québec fort face aux exigences de 1967.\" La campagne électorale qui vient de se terminer a fait une abondante consommation de slogans publicitaires, tels que \u201cUn Québec fort\u201d, \u201cUn Québec en marche\u201d, \u201cQuébec d\u2019abord\u201d, \u201cLe Québec aux Québécois\u201d.Dans tous les partis, en somme, on a mis l\u2019accent sur le Québec et sur un Québec qui soit fort, en marche, qui ait priorité et appartienne aux Québécois.C\u2019est là un phénomène dont votre Fédération porte, en bonne partie, la responsabilité, puisqu\u2019il y a déjà quatre ou cinq ans qu\u2019elle ne cesse de proclamer à chacun de ses congrès la nécessité de bâtir un Québec fort.Vous avez voulu, à ce congrès-ci, reprendre ce même thème et le confronter aux exigences du monde de 1967.J\u2019avoue que cette expression \u201cmonde de 1967\u201d m\u2019a quelque peu intrigué, du moins à première vue.Pourquoi 1967 et non pas 1966 ?Dans un an, notre monde aura-t-il donc des exigences tellement différentes de celles qu\u2019il a aujourd\u2019hui et le Québec devra-t-il être tellement plus fort qu\u2019il l\u2019est maintenant ?Il m\u2019est arrivé ensuite de penser que vous aviez voulu prendre les devants et affirmer la nécessité toute particulière pour le Québec d\u2019être fort pour af- 16 ACTION NATIONALE fronter dans la dignité les événements qui marqueront, l\u2019an prochain, le centenaire de la Confédération canadienne.Si tel est le sens que vous avez voulu donner au choix de votre thème, je ne puis que vous donner raison.Ici même, il y a déjà quatre ans, j\u2019avais l\u2019occasion de développer la triple option vitale à laquelle nous, Canadiens français, nous avions à faire face: être forts ou périr, être forts au Québec ou nulle part, être forts maintenant ou jamais.Après avoir relu ma causerie de 1962, je n\u2019y vois rien à changer: au seuil de 1967, il est encore vrai, encore plus vrai qu\u2019en 1962, que nous devons être forts ou nous résigner à périr, que nous ne le pouvons qu\u2019au Québec, nulle part ailleurs, et que nous devons l\u2019être maintenant ou risquer de ne jamais le devenir.Je n\u2019ai pas l\u2019intention de reprendre encore une fois ce même thème, d\u2019autant plus que vous devez 1 avoir étudié à fond depuis deux jours; je voudrais plutôt considérer ce monde de 1967 auquel nous aurons à faire face et en dégager les lignes essentielles sur le plan national et politique dans le but de vous faire saisir que là aussi, là surtout, un Québec fort apparaît comme une pressante nécessité.A moins que je ne m\u2019abuse, le monde de 1967 sera encore celui de la Confédération canadienne et dans cette Confédération il y aura encore en présence deux groupes ethniques principaux, deux sociétés organisées, disons le mot: deux nations.Que ce soit là le fait primordial, constitutif et essentiel du problème canadien, la Commission royale sur le Bilinguisme et le Biculturalisme 1 a reconnu ouvertement dans son Rapport préliminaire.Cent trente ans auparavant, une autre commission royale menée par un seul homme avait abouti à la même conclusion.Après avoir enquêté, en effet, sur les causes des troubles de 1837, lord Durham résumait toute la situation en une phrase devenue classique à force d\u2019être citée: \u201cJe m\u2019attendais, disait-il, à trouver un conflit entre un gouvernement et un peuple ; j ai trouve doux nations on guerre au sein d\u2019un même Etat.\u201d UN QUÉBEC FORT ET LE CONFLIT DES.17 Deux nations, donc deux volontés de vivre distinctement, deux volontés de se maintenir culturellement, deux volontés de s\u2019affirmer politiquement, encore une fois disons le mot: deux nationalismes.Leur action, leur évolution, leur influence réciproque, voilà qui forme la trame même de notre histoire; voilà aussi ce qu\u2019il faut connaître pour bien comprendre comment en 1967 se pose notre question nationale.Permettez que je vous décrive durant quelques instants ces deux nationalismes, les objectifs que l\u2019un et l\u2019autre poursuivent et le principal instrument utilisé par chacun pour les atteindre.De cette description découlera, je l\u2019espère, une vision très nette de la nécessité d\u2019un Québec fort face au monde de 1967.I \u2014 Le nationalisme anglo-canadien Longtemps englobé dans l\u2019impérialisme britannique au point de ne pas trop s\u2019en distinguer, le nationalisme anglo-canadien a fini par naître, par s\u2019affirmer et par se donner des objectifs propres et des instruments d\u2019action.Ses objectifs Ses objectifs me paraissent se résumer en trois mots : conquête, containment et défense.Je m\u2019explique.Fondamentalement, depuis 1760, le nationalisme anglo-canadien poursuit toujours la conquête du Canada, car, en dépit de la victoire des armes, cette conquête n\u2019a jamais été complétée sur le plan de la langue et de la culture.Malgré tous les efforts faits pour les assimiler, les Canadiens de 1760 sont toujours là; bien plus, de 60,000 qu\u2019ils étaient alors, ils sont devenus aujourd\u2019hui près de six millions, c\u2019est-à-dire qu\u2019ils se sont multipliés par cent depuis deux siècles.Pour le nationalisme anglo-canadien, c\u2019est là une indication que la conquête qu\u2019il poursuit, même si elle est déjà fort avancée dans la plupart des provinces et au gouvernement central, est encore loin d\u2019être totale et définitive, surtout à cause de la province de Québec.Celle-ci demeure le plus grand obstacle qui 18 ACTION NATIONALE se dresse sur la route conquérante du nationalisme anglo-canadien.Un enquêteur perspicace comme lord Durham l\u2019avait bien vu dès 1839 et il avait lui-même, dans son Rapport, indiqué au nationalisme anglo-canadien l\u2019objectif essentiel à atteindre et le moyen efficace d\u2019y parvenir.Il faut, avait-il écrit, fixer pour toujours le caractère national de la province : \u201cCe caractère à lui imprimer, c\u2019est celui de l\u2019Empire britannique, c\u2019est celui de la nationalité puissante qui à une époque éloignée dominera dans toute l\u2019Amérique du Nord.Le gouvernement britannique doit, dès maintenant, se proposer avant tout d\u2019établir dans le Bas-Canada une population anglaise, avec ses lois et sa langue, et de n\u2019y remettre le soin des intérêts publics qu\u2019à une législature décidément anglaise.\u201d Cet objectif que lui avait fixé lord Durham en 1839, le nationalisme anglo-canadien n\u2019a pu le réaliser en ce qui concerne le Québec, mais partout ailleurs, dans toutes les autres provinces, il n\u2019a que trop bien réussi à l\u2019atteindre, c\u2019est-à-dire à leur imprimer son caractère national, à établir ses lois et sa langue et à confier le soin des intérêts publics à une législature décidément anglaise.Ne pouvant en faire autant au Québec, il s\u2019est efforcé d\u2019y contenir le plus possible les Canadiens français.D\u2019où son deuxième objectif historique et maintenant séculaire, que je désigne d\u2019un mot emprunté au vocabulaire politique américain, d\u2019un mot qui condense toute une politique à l\u2019égard des Russes comme des Chinois: le containment ou le refoulement.Les Canadiens français pourraient vivre au Québec, mais pas au dehors, du moins pas comme tels, pas comme nation.Pour s\u2019ébattre et se parler entre eux, ils auraient, dans le grand tout canadien, leur réserve québécoise, mais dès qu\u2019ils voudraient en sortir, tout comme nos Indiens de la leur, ils auraient à se conformer aux moeurs et coutumes des seuls véritables citoyens canadiens, et donc à perdre leurs droits et privilèges, et surtout à parler la seule langue canadienne admise, c\u2019est-à-dire l\u2019anglais.Depuis un siècle, depuis la Confédération, la politique du UN QUÉBEC FORT ET LE CONFLIT DES.\t19 containment ou du refoulement n\u2019a cessé de jouer à plein et même aujourd\u2019hui le nationalisme anglo-canadien ne semble pas du tout prêt à l\u2019abandonner.En ces dernières années, cependant, il a commencé à sentir une double menace peser sur lui, ce qui l\u2019a déterminé à se fixer un troisième objectif : la défense de son oeuvre, le Canada.C\u2019est que le Canada, tel que l\u2019a fait et tel que le conçoit encore le nationalisme anglo-canadien, apparaît aujourd\u2019hui doublement menacé: d\u2019une part, par le Québec dont les exigences autonomistes sans cesse renouvelées et croissantes risquent d\u2019affaiblir considérablement l\u2019instrument par excellence de réalisation des ambitions anglo-canadiennes, c\u2019est-à-dire le gouvernement central d\u2019Ottawa; d\u2019autre part, par les Etats-Unis dont l\u2019emprise s\u2019étend de plus en plus sur le pays et le transforme en une de leurs colonies économiques et militaires.En ce double domaine, le nationalisme anglo-canadien est désormais sur la défensive: contre l\u2019impérialisme américain et le nationalisme canadien-français, il lui faut défendre son oeuvre, le Canada, tel qu\u2019il s\u2019est constitué à partir de la Confédération de 1867.Son principal instrument politique: Ottawa Pour atteindre ses objectifs et réaliser ses ambitions, le nationalisme anglo-canadien a pu utiliser non seulement neuf gouvernements provinciaux, mais encore le gouvernement central d\u2019Ottawa.Ce gouvernement, il l\u2019a toujours voulu le plus anglais et le plus fort possible; il l\u2019a voulu ainsi dès les premiers jours de la Confédération et pendant tout le long règne de John A.Macdonald, il l\u2019a voulu ainsi durant les deux guerres mondiales, il l\u2019a voulu ainsi par la bouche de la Commission Rowell-Sirois et dans les arrangements fiscaux survenus après 1945.Pour lui, c\u2019est le gouvernement national.Ce gouvernement qui, en bonne philosophie comme en saine politique, aurait dû être à la fois au-dessus et au service de tous les groupes ethniques, de toutes les races et de toutes les nationalités, au service aussi bien de la communauté française que de 20 ACTION NATIONALE la communauté anglaise, le nationalisme anglo-canadien a trop souvent réussi à en faire sa chose, l\u2019instrument favori de réalisation de sa triple politique de conquête, de containment et de défense à l\u2019égard des Canadiens français en général et du Québec en particulier.Est-il étonnant qu\u2019après cela tant de Canadiens français hésitent à se reconnaître dans le gouvernement central d\u2019Ottawa ?II \u2014 Le nationalisme canadien-français C\u2019est que, chez eux aussi et par réaction vitale, le nationalisme est né, a grandi, possède ses objectifs et ses instruments d\u2019action.Ses objectifs Les objectifs qu\u2019il poursuit, soit simultanément, soit les uns à la suite des autres au cours de l\u2019histoire, peuvent se ramener à trois principaux: la survivance, la coexistence et l\u2019indépendance.En d\u2019autres termes, le nationalisme canadien-français jaillit d\u2019une triple volonté qu\u2019il exprime et manifeste: d\u2019une volonté de survivance, d\u2019une volonté d\u2019égalité et d\u2019une volonté de liberté.L\u2019objectif premier, fondamental et permanent du nationalisme canadien-français, que ce soit au Québec ou dans les autres provinces canadiennes, a toujours été et demeure encore la survivance au Canada de la langue, de la culture et d\u2019une communauté françaises.Partout et toujours, au cours de notre histoire, depuis deux siècles, cet objectif se retrouve.Lord Durham l\u2019a bien vu quand, en 1839, il disait des Canadiens français : \u201cLeur nationalité est après tout un héritage; et ils ne doivent pas être trop sévèrement punis, parce qu\u2019ils ont rêvé de maintenir sur les bords lointains du Saint-Laurent et de transmettre à leur postérité la langue, les usages et les institutions de cette grande nation qui, pendant deux siècles, donna le ton de la pensée au continent américain.\u201d Oui, survivre avec sa langue, ses usages et ses institutions, tel a été, depuis deux cents ans en cette terre canadienne, le premier et grand objectif poursuivi par UN QUÉBEC FORT ET LE CONFLIT DES.\t21 le nationalisme canadien-français, objectif qu\u2019il ne pouvait pas ne pas se donner face au dynamisme conquérant du nationalisme anglo-canadien.Un professeur de l\u2019Université de Toronto, M.Ramsay Cook, a déclaré, au début de juin, à Sherbrooke, au congrès de la Société historique du Canada, qu\u2019\u201cil semble que chaque génération de Canadiens français recommence, intellectuellement, la bataille des plaines d\u2019Abraham\u201d, et que la conquête de 1760 est l\u2019une des dominantes de la pensée canadienne-française.S\u2019il en est ainsi, l\u2019explication en est très simple : c\u2019est le nationalisme anglo-canadien qui, par sa présence et son action, ne permet pas aux Canadiens français d\u2019oublier la conquête, précisément parce qu\u2019il n\u2019a cessé de la poursuivre sur le plan linguistique et culturel depuis 1760.Mais si cet objectif de la survivance a longtemps suffi à combler les exigences du nationalisme canadien-français et s\u2019il les comble encore dans la plupart des provinces canadiennes, il est devenu aujourd\u2019hui nettement insuffisant, du moins pour les Canadiens français du Québec.Ceux-ci vont plus loin et ajoutent à leur nationalisme une volonté d\u2019égalité et revendiquent la coexistence.Je veux dire par là qu\u2019ils réclament, non seulement la possibilité de vivre au Canada et d\u2019y conserver leur langue et leur culture, comme les Indiens et les Esquimaux peuvent l\u2019avoir, mais encore l\u2019égalité des droits et des chances pour leur communauté nationale par tout le Canada.La coexistence, cela veut dire qu\u2019après tant de belles paroles sur l\u2019égalité des deux peuples fondateurs de ce pays, l\u2019on commence enfin à réaliser cette égalité.La coexistence, cela veut dire des actes faisant suite aux belles déclarations que tous nos premiers ministres fédéraux nous ont servies depuis la Confédération : celles de John A.Macdonald : \u201cLes délégués de toutes les provinces ont consenti à ce que l\u2019usage de la langue française formât l\u2019un des principes sur lesquels serait basée la confédération.; nous avons maintenant une constitution en vertu de laquelle tous les sujets britanniques sont sur un pied de parfaite égalité, ayant des droitsl égaux en 22 ACTION NATIONALE matière de langage, de religion, de propriété et relativement à la personne.\u201d Celles de John Diefenbaker, prononcées le 4 février 1963: \u201cLa reconnaissance des deux cultures et des langues anglaise et française constitue le fondement même de la Confédération.\u201d Celles de notre premier ministre actuel, Lester B.Pearson, prononcées le 23 avril 1963 : \u201cNotre nation est centrée sur l'aSsocia-tion des Canadiens anglais et des Canadiens français et c\u2019est sur cette base que repose le régime fédératif.\u201d Celles enfin que l\u2019on retrouve jusque dans le mandat instituant la Commission Laurendeau-Dunton et chargeant celle-ci de \u201crecommander les mesures à prendre pour que la Confédération se développe d\u2019après le principe de l\u2019égalité entre les deux peuples qui l\u2019ont fondée\u201d.La coexistence que recherche et réclame le nationalisme canadien-français, la coexistence dont il a fait son deuxième objectif, demande précisément que l\u2019on cesse de nous leurrer de belles promesses et que l\u2019on se mette au plus tôt à instituer cet equal 'partnership, cette association dans l\u2019égalité dont on nous entretient depuis si longtemps.Henri Bourassa, lui, y a cru à la possibilité de cette coexistence, il s\u2019en est même fait plusieurs fois le champion, lui qui définissait en ces termes le sens profond à donner à la Confédération : \u201cLa libre et volontaire association de deux peuples, jouissant de droits égaux en toutes matières.\u201d Est-ce naïveté que d\u2019y croire encore ?Beaucoup répondent maintenant par l\u2019affirmative.Lisez à ce sujet les constatations faites par la Commission Laurendeau-Dunton dans son Rapport préliminaire, et vous verrez qu\u2019il n\u2019y a pas matière à beaucoup d\u2019optimisme, du moins immédiatement.Quoi qu\u2019il en soit, aujourd\u2019hui plus que jamais, au nationalisme anglo-canadien du containment ou du refoulement, s\u2019oppose directement cette forme du nationalisme canadien-français revendiquant un equal partnership, une association dans l\u2019égalité qui s\u2019établisse dans les faits et non pas seulement dans les discours de bonne entente.Le nationalisme canadien-français enfin, depuis quelques années surtout, manifeste au Québec une UN QUEBEC FORT ET LE CONFLIT DES.23 troisième volonté et s\u2019est donné un troisième objectif: pour sa communauté nationale, il ne veut plus seulement la survivance et l\u2019égalité, il veut la liberté; même la coexistence ne lui suffit plus, il réclame l\u2019indépendance.J\u2019ai dit: depuis quelques années surtout, mais cette volonté n\u2019est pas tout à fait nouvelle.Lord Durham la signale déjà dans son Rapport de 1839.Certains Canadiens français, dit-il, veulent se séparer de l\u2019Empire britannique ; selon lui, ils pourraient alors \u201cconserver quelques années un simulacre de faible indépendance, qui les exposerait plus que jamais à l\u2019intrusion de la population environnante\u201d.De même, après l\u2019écrasement de la rébellion de 1837, Etienne Parent écrivait dans son journal: \u201cIl y en avait et nous étions de ce nombre, qui pensaient qu\u2019avec l\u2019appui et la faveur de l\u2019Angleterre, les Canadiens français pouvaient se flatter de conserver et d\u2019étendre leur nationalité, de manière à pouvoir par la suite former une nation indépendante.\u201d Ce rêve d\u2019Etienne Parent, vieux de plus d\u2019un siècle, une génération l\u2019a repris à son compte ; qu\u2019on soit d\u2019accord ou non, le fait est là, la chose existe et le phénomène vient de s\u2019affirmer avec éclat dans l\u2019arène politique.Aussi, en ce qui nous concerne présentement, n\u2019est-il que juste de reconnaître la vitalité du mouvement nationaliste qui s\u2019est donné pour objectif l\u2019indépendance du Québec, de reconnaître qu\u2019un pareil mouvement a grandement contribué à mettre sur la défensive le nationalisme anglo-canadien.Son principal instrument politique: Québec De même que ce dernier a voulu faire d\u2019Ottawa l\u2019instrument par excellence de réalisation de ses ambitions, le nationalisme canadien-français s\u2019efforce de plus en plus de s\u2019appuyer sur le Québec, comme l\u2019attestent éloquemment les slogans publicitaires de la dernière campagne électorale.Sans doute, si l\u2019on considère le Canada français dans son ensemble et si l\u2019on s\u2019en tient au premier et essentiel objectif que poursuit le nationalisme canadien- 24 ACTION NATIONALE français : celui de la survivance, on doit reconnaître qu\u2019il existe une notable différence d\u2019attitude entre les Canadiens français du Québec et ceux des autres provinces.Ces derniers n\u2019ont généralement à attendre de leur propre gouvernement provincial que peu d\u2019intérêt, que de l\u2019indifférence, quand ce n\u2019est pas de l\u2019hostilité ; ils ne peuvent, d\u2019autre part, par suite de la barrière de l\u2019autonomie provinciale, trop compter sur l\u2019appui du gouvernement québécois.Aussi se tournent-ils volontiers vers Ottawa comme vers leur grand protecteur dans leur lutte pour la survivance, le seul objectif qui soit encore à leur portée.Au Québec, par contre, où le nationalisme a dépassé le stade de la survivance et s\u2019est engagé résolument sur la voie de la coexistence dans l\u2019égalité, avec en pointe le mouvement pour l\u2019indépendance, l\u2019accent est mis sur la province comme sur la première et principale patrie et sur l\u2019Etat comme sur le premier et principal instrument de réalisation des objectifs du nationalisme.En d\u2019autres termes, à la question : Québec ou Ottawa ?, de même que le nationalisme anglo-canadien répond avec assurance: Ottawa, le nationalisme franco-québécois répond de plus en plus et avec non moins d\u2019assurance : Québec.Certains prétendent qu\u2019il a tort de répondre ainsi, tort de concentrer ses efforts sur Québec, au lieu d\u2019imiter le nationalisme anglo-canadien et de partir, lui aussi, à la conquête d\u2019Ottawa et des autres gouvernements provinciaux.Pareil reproche pourrait avoir quelque fondement sur le plan théorique ou dans le domaine des idées pures, mais un siècle de régime fédératif démontre à l\u2019évidence que la conquête anglaise d\u2019Ottawa n\u2019a pu s\u2019opérer que grâce à la faiblesse chronique du Québec et que seul un Québec fort, vivant et dynamique, a quelque chance d\u2019équilibrer et de contrecarrer cette emprise du nationalisme anglo-canadien sur Ottawa.En d\u2019autres termes \u2014 et c\u2019est pour moi une évidence \u2014, dans les circonstances actuelles, le salut de la nation canadienne-française, tout comme son épanouissement dans la dignité et dans la liberté, passe d\u2019abord et surtout par Québec. UN QUÉBEC FORT ET LE CONFLIT DES.25 Voilà pourquoi, face à ce monde de 1967 où nous allons entrer bientôt et où nous aurons à définir notre attitude à l\u2019égard de la Confédération canadienne, voilà pourquoi il importe tant que le Québec soit fort.Un Québec faible ne peut que compromettre irrémédiablement le destin des trois objectifs poursuivis par le nationalisme canadien-français, même celui de la survivance, alors que pareil destin n\u2019a de chances d\u2019être assuré que par un Québec fort.Et ce Québec qui devra être fort pour que la nation canadienne française ait un avenir, c\u2019est vous, c\u2019est moi, c\u2019est chacun des Québécois, c\u2019est votre Société, votre Fédération, c\u2019est l\u2019ensemble des citoyens et des institutions de la province, c\u2019est tout particulièrement le système d\u2019éducation qui se bâtit actuellement et qui doit former des hommes, des hommes libres et responsables, de première valeur et de haute compétence, certes, mais qui soient aussi d\u2019authentiques représentants de leur langue, de leur culture et de leur nationalité.J\u2019ajoute enfin que ce Québec, c\u2019est aussi et surtout l\u2019Etat.Inutile de nous faire illusion : nous n\u2019affronterons pas victorieusement les exigences du monde de 1967 avec un Etat faible.Aussi l\u2019Etat québécois doit-il continuer à s\u2019organiser pour être en mesure d\u2019accomplir le plus efficacement possible \u2014 non pas toutes les tâches de la vie économique et sociale ainsi que du domaine de l\u2019éducation \u2014 mais bien ces tâches qui lui appartiennent en propre et qu\u2019il est le seul à pouvoir remplir, comme celles d\u2019ordonner, d\u2019organiser et de diriger la vie de la nation, comme celles de sauvegarder et de promouvoir le bien de la communauté québécoise prise dans son ensemble.Bref, pour nous, Canadiens français, un Québec fort, ce n\u2019est pas un luxe que nous sommes plus ou moins libres de nous offrir: c\u2019est une nécessité que nous impose actuellement le conflit séculaire des nationalismes au Canada, c\u2019est le seul instrument capable d\u2019équilibrer la poussée du nationalisme anglo-canadien, en même temps que la condition absolument requise pour que le nationalisme canadien-français puisse espérer atteindre ses propres objectifs, Montréal la plus grande ville française de langue anglaise Rosaire Morin LA TOPONYMIE DES RUES Le touriste qui parcourt les rues de Montréal se persuade bien vite du caractère anglais de la ville.L\u2019illusion d\u2019une ville française disparaît à jamais de son souvenir.1.Montréal, colonie britannique Nous avons l\u2019impression de visiter une grande ville coloniale.Les noms des rues \u2014 Britannia, Diamond Court, Dominion Square, Dominion Street, Duke, Kent, King, Prince, Queen et Remembrance \u2014 symbolisent notre esprit colonial, notre attachement à la noblesse anglaise et notre dépendance de l\u2019Empire.La vie du Canada français ne s\u2019épanouit pas dans une atmosphère de colonie britannique.Ces noms de rues qui rappellent l\u2019heptarchie anglo-saxonne doivent disparaître. MONTRÉAL, LA PLUS GRANDE VILLE FRANÇAISE.27 Résidences royales Ils nous introduisent dans ces résidences royales que nous honorons: Balmoral, Claremont, Kensington, et Windsor.La culture française ne rayonne pas en pays anglais.Ces noms de rues qui remémorent les palais royaux d\u2019Angleterre doivent disparaître.Ils imprègnent notre population d\u2019un esprit de tolérance et de soumission à Prince George, King Edward, Kingston, Prince of Wales, Queen Mary et Victoria.Ils vont jusqu\u2019à remettre en mémoire ces premiers ministres anglais: Addington, Beaconsfield, Gladstone, North, Peel et Churchill.L\u2019histoire du Canada français présente une opposition continue à la volonté de ces grands de l\u2019Empire.Ces noms de rues qui illustrent des souverains britanniques et des premiers ministres anglais doivent disparaître.Villes d\u2019Angleterre Ils nous font vivre sur les bords de la Tamise.En souvenir de villes anglaises, nous avons désigné 22 rues : Amesbury, Beaminster, Bradford, Brighton, Bruton, Campden, Canterbury, Chelsea, Chester avenue, Chester ruelle, Clifton, Granby, Liverpool, Mulberry, Oxford, Reading, Rozel, Ryde, Somerset, Sussex, Westbury et York.La brume des Iles Britanniques ne représente pas le climat de clarté et de lucidité propre à notre épanouissement.Ces noms de rues qui désignent des villes d\u2019Angleterre doivent disparaître.Nobles d\u2019Angleterre Ils nous conduisent à honorer des Anglais qui n\u2019ont jamais foulé le sol montréalais: Beresford, Byron, Canning.Cavendish, Charles Dickens, Chatham, Clarendon, 28 ACTION NATIONALE Cumberland, Darlington, Disraeli, Drake, French, Gage, Grey, Haig, Harley, Kimberley, Kindersley, Mansfield, Malborough, Milton, Nelson, Newman, Palmerston, Patricia, Pitt, Portland, Stanley, Thackeray, Townsend, Wellington et Wolfe.Ces poètes, écrivains, hommes d\u2019Etat et militaires anglais n\u2019ont jamais vécu au Canada.Townsend et Wolfe ont contribué à la conquête.La conservation des traditions ne nous oblige pas à la démission nationale.Ces noms de rues qui évoquent les souvenirs de vieilles familles britanniques doivent disparaître.Gouverneurs généraux Ils ont abouti à la consécration solennelle de 25 gouverneurs généraux anglais: Amherst, Argyle, Aylmer, Bagot, Bessborough, Buchan, Cathcart, Colborne, Connaught, Craig, De Teck, Dorchester, Dufferin, Durham, Elgin, Gosford, Landsdowne, Lennox, Lome, Metcalfe, Minto, Murray, Prince Arthur, Richmond et Sherbrooke.Le mépris et l\u2019hostilité de la majorité de ces gouverneurs anglo-saxons à l\u2019endroit des Canadiens français sont reconnus par les historiens.Ces noms de rues qui font revenir à la mémoire les incidents du \u201cvieux Brûlot\u201d et d\u2019un \u201cpeuple sans histoire\u201d doivent disparaître.L\u2019Écosse et l\u2019Irlande Ils étendent leur rayonnement jusqu\u2019à nous imposer des noms rappelant des symboles écossais: Clanranald et Dornal, des familles écossaises: Glencairn, Robert Burns et Somerled, et des villes d\u2019Ecosse: Bannackburn, Glencoe, Yona, Paisley et Stirling.Notre condescendance nous convie à adopter des noms d\u2019Irlande: Coleraine, Dublin, Rushbrooke, Emmett, Hibernia, Shannon, Saint Patrick et O\u2019Connell, MONTRÉAL, LA PLUS GRANDE VILLE FRANÇAISE.29 Ces noms de rues qui illustrent jusqu\u2019aux libérateurs de l\u2019Irlande et de l\u2019Ecosse doivent disparaître.Notre libération nationale ne s\u2019accomplira pas dans la fiction.La deuxième grande guerre Elle ne se réalisera pas au souvenir de la deuxième grande guerre.Les noms des rues Carpiquet, Courtrai, Dieppe, Dunkirk, Falaise, Sebastopol et Septembre ne peuvent faire oublier aux Canadiens français leur \u201cnon\u201d retentissant et unanimé du plébiscite face à la vontonté conscription-niste du Canada anglais.Lorsque la ville française Dunkerque devient Dunkirk, à Montréal, seconde ville française mondiale, il est urgent de se réveiller.Ces noms de rues qui rappellent des pertes humaines consenties à l\u2019impérialisme britannique doivent disparaître.2.Montréal, réplique de Chicago Mais nos rues ne se contentent pas de noms étrangère à notre histoire canadienne et à la vie montréalaise.Des centaines de noms ont été choisis qui expriment le mauvais goût ou un oubli intolérable du français dans la métropole française d\u2019Amérique.Arbres et fruits Nous citons ces noms d\u2019arbres ou de fruits: Acorn, Ash, Butternut, Cedar, Cedar Crescent, Cypress, Maple, Maplewood, Oak, Palm, Pine et Walnut.Ces noms de rues à l\u2019anglaise qui puisent leur origine de la nature doivent disparaître.Description Ils n\u2019ont pas plus de raison d\u2019existence que ces cinquante-sept autres noms descriptifs: Blueridge Crescent, 30 ACTION NATIONALE Bonavista, Bridge, Bridle Path, Burnside, Circle Place, Circle Road, City Councillors, Commissioners, Concord, Coolbrook, Dock, Edgehill, Forest Hill, Glenwood, Golf, Grand Trunk, Grovehill Place, Highland, Hill Park Circle, Hill Park Street, Hillsdale, Mayor, Mile End, Mill, Mountain, Mountain Place, Mountain Sights, Mount Royal, Northcrest, Northmount, Nortview Court, Oldfield, Old Orchard, Overdale, Park, Park Row East, Park Row West, Parkside Place, Pea, Riverside, Rockledge Court, Rustic Place, Shamrock, Springland, Square Ste Elizabeth, Summerhill, The Boulevard, Towers, Underhill, University, West Hill, White, Willowdale et Woodland.Ces noms de rues qui ne traduisent pas tous le génie de Shakespeare doivent en majorité disparaître.Canada anglais Ils ne s\u2019intégrent pas dans une atmosphère française.Ils ne se justifient pas plus que ces symboles ou villes ou rivières du Canada anglais que nous avons utilisés pour la dénomination de certaines rues: Coronation, Coronet, Fairmount, Holy Cross, Mira, Ottawa, Royal-mount, Seaforth, Union, Winnipeg et Woodstock.Ces noms d\u2019autres provinces doivent disparaître.Illustres Américains Ils ont facilité l\u2019invasion américaine des noms: Fulton, Harvard, Lincoln, Montgomery, President Kennedy, Pullman, Randall, Ray Murphy, Saranac et Sax.Les wagons-lits yankees ne favorisent pas le réveil de la nation.Ces noms qui illustrent l\u2019éclatante prospérité américaine doivent en majorité disparaître.Propriétaires d\u2019un lot Trop de nos rues tirent leur nom d\u2019un locataire de la rue, du propriétaire d\u2019un lot ou de l\u2019auteur du plan de lotissement. MONTRÉAL, LA PLUS GRANDE VILLE FRANÇAISE.31 Les noms suivants sont de cette source: Andersen, Atwater, Aylwin, Bagg, Bail, Barclay, Beauclerk, Beaver Hall Hill, Beaver Hall Square, Bennett, Benny Crescent, Benny avenue, Birman, Boyce, Brewster, Busby, Clark, Darling, Davis, Dunn, Elsdale, Evans Court, Evans Street.Evans ruelle, Greenshields, Hamilton, Hogan, Holt, Holton, Hope, Hutchinson, Isaac, Lyall, Marcelin-Wilson, Me Gregor, Meese, Millen, Miller, Molson, Morgan, Mount, Mullins, Park Stanley, Parkville, Paxton, Phillips Square, Phillips Place, Preston, Redpath Court, Red path Crescent, Redpath Place, Redpath Row, Redpath, Ridgewood, Seaver, Seymour, Shearer, Sheppard, Snowdon, Spiers, Struan, Swail, William, William David et Wiseman.Ces 65 noms qui représentent la suprématie anglaise sur nos terres doivent disparaître.Sans histoire Ils anglicisent sans motif le visage de Montréal.Les noms de rues des Canadiens anglais sans notoriété demeurent aussi sans signification.Nous énumérons: Bellingham, Bishop, Bloomfield, Brock, Burke, Carmichael, Caty, Cochrane, Coffee, De-foy, Dickson, Doherty, Ekers, Fendall, Fulford, Gallery, Godfrey, Knox, Lindsay, Logan, Macdonald, MacMahon, McDougall, McKenna, Monkland, O\u2019Bryan, Ostell Crescent, Ostell Place, Parc-Campbell, Resther, Selkirk, Taylor, Tolhurst et Trenholme.Ces 34 noms de rues d\u2019hommes sans histoire doivent disparaître.Les noms des épouses: Drummond, Aird, Davidson, Earnscliffe et McVey ne figurent pas au portrait de la toponymie comme des roses et des oeillets.Ces noms de rues doivent disparaître.Hommes publics anglo-saxons Des artistes, des financiers et des hommes politiques canadiens-anglais ont immortalisé leur nom par une identification à une rue de la ville. 32 ACTION NATIONALE Nous comptons quarante-deux noms de cette catégorie: Angus, Arnoldi, Atherten, Badgley, Baldwin, Blake, Borden avenue, Borden Place, Cassidy, Clinton, Cu-nard, D\u2019Arcy McGee, Draper, Duncan, Elmhurst, Fielding, Galt, Galt Crescent, Gilmore, Hingston, James Mor-rice, Leney, Mackenzie, McGill, McGill College, McShane, McTavish, Mesplet, Monk, Rutherford, Sewell, Simpson, Stanley Weir, Starnes, Sullivan, Swail, Tupper, Van Horne, Workman, Wurtele et Young.Un grand ménage doit être effectué parmi ces noms.Trop de sectaires fanatiques y apparaissent.Nous y apercevons des pratiquants de l\u2019ostracisme vis-à-vis les Canadiens français.Certains de ces hommes publics furent plus politiciens qu\u2019administrateurs.Cette phalange d\u2019étrangers ne parlant presque pas la langue française contribue à l\u2019atmosphère anglaise de Montréal.Ces noms de rues empruntés à des personnalités qui ont presque tous travaillé contre le Canada français doivent en majorité disparaître.U énumération américaine Nos énumérations à l\u2019américaine, de la première à la quarante-cinquième avenue, doivent disparaître.Ce système n\u2019a pas une grande valeur historique.Rosemont n\u2019est pas un quartier sans histoire et sans passé.Ces numéros doivent être remplacés par des noms français illustres.C\u2019est une question de fierté.Notre toponymie doit être aussi intelligente et aussi respectueuse de l\u2019histoire que celle des grandes capitales européennes qui n\u2019utilisent pas le système américain de l\u2019énumération des rues.Ces noms de rues à l\u2019américaine doivent disparaître.Sans origine et sans intérêt Enfin, il convient de faire disparaître ces 138 noms de rues sans histoire ou sans origine: Alexandra Street, MONTRÉAL, LA PLUS GRANDE VILLE FRANÇAISE.33 Alexandra avenue, Ann, Appleton, Bates, Bedford, Bel-field Place, Belgrave, Belmore, Brandon, Brennam, Bul-mer, Burnett, Butter, Calumet Place, Canora, Carlton, Clifford, Columbia, Conway, Court, Crescent, Crowley, Deacon, Dominion Square, Douglas, Dowd, Dublin Place, Durnford Place, Eadie, Egan, Eleanor, Ellendale, Everett, Fletcher, Forfar, Francis, Garland Place, Grant, Green, Greene, Groll, Grosvenor, Hadley, Hall, Hampton, Harmony, Hawarden, Hays, Hudson, Hughes, Hunter, Imperial avenue, Imperial rue, Irwin, Island, Kenmore Place, Kindora, Kirkfield, Lamont, Lavers, Leslie Gault, Lighthall, Linden, Linton, Lockhart, Lonergan, Lome Crescent, Lucy Place, Mackay, Madison, Manufacturera, Marlowe, Maud, Mayfair, Maynard, McDuff, McLynn, McWillie, Melrose, Menai, Meridian, Merritt, Montclair, Mountain Place, Neville, Northcliffe, Norwood, O\u2019Brien, Ogilvy, Ontario Place, Patterson, Pierce, Plantagenet Street, Plantagenet Place, Plymouth Grove, Powell, Regent, Richardson, Richmond square, Ropery, Rosedale, Roselyn, Royal avenue, Sackville, Saint Agnès, Saint Edward, Saint Ignatius, Saint Kevin, Smith, Somerville, Steyning, Stuart, Swiss, Tansley, Tara Hall, Theatre, Trafalgar avenue, Trafalgar road, Trafalgar Heights, Trafalgar Place, Trans-Island, Trenton, Victoria avenue, Victoria square, Walbrae Place, Walker, Walkley, Wa-verley, Wellsteed, Western, Westmore, Wilderton avenue, Wilderton Crescent, Wilson, Wood et Woodbury.Ces noms n\u2019ont aucune signification.Ils ne rappellent aucun fait d\u2019histoire.Pour la majorité de ces noms, on n\u2019a pas encore retracé l\u2019origine.Ils incarnent en notre milieu la suprématie britannique.Ces noms de rues dont l\u2019on recherche encore les sources doivent disparaître.3.Montréal, ville bilingue unilingue A ce problème des noms étrangers de rues dont nous avons souligné l\u2019aspect anglicisateur, il convient de gref- 34 ACTION NATIONALE fer cette brutale réalité de la traduction des noms français.Traduction absurde Ce n\u2019est pas l\u2019Hôtel de Ville qui octroie le3 changements de noms pour les rues.The Bell Telephone Company of Canada a décidé de traduire des noms français en anglais.The Bell Telephone ne traduit pas de noms anglais en français.Elle anglicise.C\u2019est le procédé de l\u2019assimilation progressive.A Montréal, les noms de nies ne sont pas bilingues.Les noms sont français ou anglais, à l\u2019exception de trois ou quatre rues et des avenues déjà numérotées de Rosemont.The Bell Telephone Company Or la Bell Telephone Company of Canada désigne \u201cSt.Peter\u2019\u2019 la rue Saint-Pierre ainsi dénommée depuis le 12 mars 1672.Saint-Alexandre devient \u201cSt.Alexander\u201d.Paul-Alexandre d\u2019Ailleboust de Cuisy doit bondir dans sa tombe devant notre inertie.Saint-Laurent est traduit en \u201cSt.Lawrence\u201d, malgré une tradition qui remonte à 1720.\u201cSt.James\u201d remplace Saint-Jacques dédié à Jean-Jacques Olier de Verneuil.\u201cSt.Luke\u201d est utilisé à la place de Saint-Luc.\u201cInspector\u201d est substitué à rue de l\u2019Inspecteur dont le nom remonte au 30 août 1817.Le célèbre physicien Pierre Curie devient \u201cPeter Curry\u201d.\u201cCity Hall\u2019 remplace l\u2019avenue de l\u2019Hôtel de Ville ainsi connue depuis le 8 mars 1895.L\u2019avenue de l\u2019Eglise est nommée \u201cChurch\u201d par The Bell Telephone.L\u2019avenue Coloniale est transformée en \u201cColonial\u201d, la rue Marquette en \u201cMarquet\u201d, Sainte-Catherine est en \u201cSt.Catherine\u201d, Saint-Marc en \u201cSt.Mark\u201d et rue Mont-Royal en \u201cMount Royal\u201d.Ces treize traductions abusives ont été relevées dans les douze premières pages de l\u2019annuaire du téléphone de Montréal \u2014 août 1965.Une revision des 1542 pages de cet annuaire démontrerait un état lamentable de notre toponymie. MONTRÉAL, LA PLUS GRANDE VILLE FRANÇAISE.35 Combien possédons-nous de rues qui n\u2019ont plus d\u2019existence légale ?Quelle est l\u2019autorité qui fait modifier les noms de rue3 ?John Lovell & Son John Lovell possède-t-il une juridiction sur les noms des rues?Voici quelques noms traduits par Lovell: St.Catherine, Acadia, Christopher Columbus, Cathedral, Church, Colonial, St.Catherine Road, St.Luke Road, Mount Royal, Rosemount, St.Alexander, St.Croix, St.Cyril, St.Edward, St.James, St.John, St.Lawrence, St.Luke, St.Mark, St.Matthew, St.Peter, St.Sacrament, etc.Personne ne bouge.Personne n\u2019exprime son mécontentement.Son Honneur le maire ne proteste pas.Le président de la Sun Life n\u2019intervient pas.Le ministre des Affaires culturelles ne voit pas.Nos gouvernements Le gouvernement fédéral lui-même laisse traduire, dans des inscriptions qui le concernent, les rues Saint-Laurent et Saint-Jacques par \u201cSt.Lawrence\u201d et \u201cSt.James\u201d.Le C.P.R.s\u2019inscrit sur \u201cSt.James street\u201d et le C.N.possède des bureaux sur \u201cSt.James\u201d, \u201cSt.Sacrament\u201d et \u201cSt.Lawrence\u201d.Même l\u2019Etat du Québec possède des inscriptions, dans l\u2019annuaire du téléphone, avec des traductions illégales et intolérables : \u2018Correspondance Courses Music Sight-Reading School Publications Div.Printing Service Quebec Liquor Board 407 St.Lawrence 407 St.Lawrence 407 St.Lawrence 407 St.Lawrence 922 St.Lawrence 3627 St.Lawrence 8360 St.Lawrence 8440 St.Lawrence\u201d et Trans-Canada Highway 36 ACTION NATIONALE Les grandes compagnies Cet exemple déplorable est naturellement imité par toutes les grandes corporations anglo-saxonnes.The Bank of Montreal possède des succursales sur \u201cSt.Ja-mes\u201d, \u201cSt.Lawrence\u2019\u2019 et \u201cMount Royal street\u201d.The Bank of Nova Scotia est établie sur \u201cSt.Lawrence\u201d et \u201cMount Royal\u201d et la Toronto-Dominion Bank fréquente \u201cSt.James\u201d et \u201cSt.Lawrence\u201d.The Montreal City and District Savings Bank indique des succursales sur \u201cSt.James\u201d, \u201cMount Royal\u201d et \u201cSt.Lawrence\u201d.Le service des postes livre quotidiennement le courrier à des adresses portant des noms de rues qui n\u2019existent pas à Montréal.\u201cSt.James\u201d, comme exemple, n\u2019est pas une rue de Montréal.Le C.N.et le C.P.R.changent à leur gré les noms de plusieurs rues.Les grandes corporations font des traductions inacceptables.L\u2019inertie coupable Personne n\u2019intervient.La Ville ne bouge pas.Elle tolère.Le précédent s\u2019établit.D\u2019année en année, les noms français deviennent anglais.On se moque de la population française.La ville, l\u2019autorité en cette matière, ne fait pas respecter les noms français actuels.Elle n\u2019interdit pas les traductions fautives.Elle ne proteste pas avec véhémence auprès des services fédéraux.Elle ne prend aucune procédure contre The Bell Telephone Company of Canada.Elle préfère poursuivre le citoyen pour un stationnement prohibé.Faudra-t-il que des citoyens entreprennent des procédures légales pour faire respecter les noms français?Nous en sommes rendus à cette situation ultime.Quels sont nos recours juridiques ?Pouvons-nous faire valoir les noms légaux des rues ?Des avocats nous répondent qu\u2019aucune \u201coffense\u201d n\u2019est prévue et qu\u2019aucune \u201csanction\u201d ne peut être imposée.La loi ne permet même pas le respect du français.Si le législateur n\u2019interviçnt pas, si les traductions ne MONTRÉAL, LA PLUS GRANDE VILLE FRANÇAISE.37 sont pas interdites, à quels recours réduisez-vous ceux qui entendent se faire respecter comme entité nationale?4.Montréal, ville au bégaiement généralisé Une autre anomalie profonde sème la confusion dans la toponymie des rues.11 est ridicule d\u2019utiliser deux ou trois noms pour identifier une même rue.11 n\u2019est même pas admissible de donner deux vocables à une rue coupée par un parc ou une usine.Une compilation fragmentaire Nous avons compilé quelques bizarreries de cette nature.Nous citons ces exemples en espérant qu\u2019une étude générale sera amorcée et qu\u2019une solution d\u2019ensemble sera appliquée.L\u2019énumération de ce3 rues à plusieurs noms figure au chapitre des stupidités de l\u2019urbanisme municipal : \u2014 Panet, Calixa Lavallée et De Lanaudière, \u2014 Plessis et Garnier, \u2014 Maisonneuve et Fabre, \u2014 Champlain, Emile Duployé et Marquette, \u2014 Dorion et Chabot, \u2014 Sheppard, Franchère et Louis-Hébert, \u2014 Dufresne et Chapleau, \u2014 Fafard, Beauchamp, Létourneux et 25e avenue, \u2014 Aylmer, Lafond, 13e avenue, \u2014 Davidson, lie avenue et Montée St-Michel, \u2014 St-Sulpice et St-Urbain, \u2014 Bon-Secours et St-Denis, \u2014 St-Martin et St-Mathieu, \u2014 Boulevard l\u2019Assomption et 45e avenue, \u2014 Visitation et Chambord, \u2014 Beaudry, Brébeuf et Denormanville, \u2014 Montcalm et De Laroche, \u2014 Amherst, Parc Lafontaine et Christophe-Colomb, 38 ACTION NATIONALE \u2014 St-Timothée, Montana et Boyer, \u2014 Labelle, Providence et Chateaubriand, \u2014 Ste-Elisabeth, Laval et Alma, \u2014 Hôtel de Ville et De Gaspé, \u2014 De Bullion et Casgrain, \u2014 Rachel et Parc Lafontaine.L\u2019unification d\u2019un seul vocable pour une rue libère de beaux noms français pour l\u2019usage de Park, Bleury et St-Pierre, Ontario et Bumside, St-Jacques et Upper Lachine, Craig et Saint-Antoine, Colborne, Windsor et Peel, Shannon, Cathédrale, Metcalfe et McTavish, Desrivières et Stanley, McCord et Mountain, etc.Avantages L\u2019avantage premier demeure l\u2019élimination de quelques centaines de noms de nies et la facilité accrue de se reconnaître dans la géographie de la ville.5.Montréal et l\u2019opération ruelle Ce dossier de la toponymie de nos rues dénote la faiblesse de réaction française de l\u2019administration municipale.Parce que l\u2019on a procédé à l\u2019émission de 131 noms au cours de3 six dernières années, des Commissaires municipaux croient avoir redressé toute la situation.Un excellent départ En nous basant sur le bulletin d\u2019information no 4, du service d\u2019urbanisme de la ville de Montréal, de juin 1966, nous constatons que 82 de ces noms ont été accordés à de nouvelle rues.Les vocables choisis sont d\u2019un bon goût et l\u2019inspiration de la sélection est devenue française, reliée à notre histoire et ouverte sur le monde des artistes. MONTRÉAL, LA PLUS GRANDE VILLE FRANÇAISE.39 L\u2019étape de la refrancisation Quarante-neuf (49) noms de rues ont été modifiés.Sous l\u2019aspect de la refrancisation, les changements se résument ainsi : ancienne appellation Clara ruelle Butternut Reeves Kent Durham Reed Dick Dickson nouveaux noms Angus Louis Decopas Béchard Falardeau Garnier Laurentien Mongeau Pontoise Le style des changements Les changements sont d\u2019une faible dimension.Que la rue Nelligan soit aujourd\u2019hui la rue Emile-Nelligan, que la Place Etienne-Brûlé soit devenue l\u2019avenue Etienne-Brûlé, que les ruelles Fafard, Demers, Foisy, Bourget et Provost, aient obtenu la promotion de rues, nous n\u2019y avons pas d\u2019objection.Ce ne sont pas là toutefois les transformations radicales qui s\u2019imposent.Le remplacement du nom Azilda par celui de son mari Pierre-Té-treault ne contribue pas tellement à la transformation du visage anglais de Montréal.Les 33 autres modifications s\u2019inspirent de ce style.La montée et le chemin de la Ri-vière-des-Prairies sont devenus le boulevard de la Riviè-re-des-Prairies et la nie Bernard est maintenant dénommée rue Pierre Bernard.Une illusion d\u2019optique La traduction abusive des noms français est dirigée avec plus d\u2019ardeur et de dynamisme que notre opération \u201cruelle\u201d.Que l\u2019on cesse de nous endormir en affirmant à tous les vents que la proportion des noms français dépasse maintenant les 60%.Les grandes artères de Montréal 40 ACTION NATIONALE sont surtout étrangères.Les noms français sont traduits sans opposition.Les noms étrangers sont classés parmi les noms français.Nous n'avons pas réclamé leur disparition, mais qu\u2019on ne les ajoute pas à notre nombre avant d\u2019établir des pourcentages.Une importante opération Les rues Alma, Henri Miro, Anvers, Hingston, Aragon, Isabella, Belges, Leman, Bellingham, Liège, Bona-vista, Bruxelles, Louvain, Oabrini, Malines, Dante, Del Vecchio, Florence, Marconi, Rivoli, Vulcain, Mozart et une centaines d\u2019autres noms illustrent des villes ou des personnalités qui appartiennent au monde et que l\u2019on ne peut compter ni comme noms français, ni comme noms anglais.6.Conclusions Si nous voulons que Montréal incarne les caractéristiques de la métropole française en Amérique, nous as-ceptons la tâche de redresser la situation de la toponymie des rues à Montréal.A ceux qui croient que le Canada français est engagé dans une ère nouvelle d\u2019émancipation nationale, nous rappelons l\u2019urgence d\u2019une action immédiate et véritable pour donner à Montréal un visage français.Que chaque militant de la vie française s\u2019applique à refranciser son propre milieu ! Dans presque tous les quartiers, nous lisons, à travers les rues, l\u2019histoire des autres provinces ou des autres pays.La nation eanadien-ne-française, pour vivre, doit posséder une atmosphère et un climat de culture française.Sommes-nous capables, en n\u2019oubliant pas les priorités majeures de l\u2019époque, de doter notre métropole d\u2019une toponymie à la française? Lettre à mon évêque - Il Bien cher Monseigneur.Vous êtes revenu de Rome depuis janvier 1966.Mais cela ne vous servait à rien de parler, tant que le triomphe du Canadien, au hockey, n\u2019a pas été certain.Maintenant on est prêt à vous écouter.Il est arrivé que le peuple a parlé plus fort que jamais.C\u2019est pendant que je rentrais mes vaches à l\u2019étable, que j\u2019ai appris le résultat des élections du 5 juin ! Ça parle au diable ! Le Frère Untel, qui était pas mal partisan, a dû en rester estomaqué ! Et je pensais: \u201cLe Rapport Parent c\u2019est-y peu de chose dans le monde !\u201d Depuis ce jour-là Arthur Tremblay est, comme on dit, sur la clôture ! Partira ?partira pas ?Je fermai les portes de ma grange comme la fin d\u2019un chapitre d\u2019histoire.Et j\u2019allai regarder les photos de M.Jean Lesage, lorsqu\u2019il apprit sa défaite.C\u2019était pas de sa faute.Il méritait mieux que cela.Il n\u2019a qu\u2019à s\u2019en prendre au toupet de Gérin^Lajoie et à la dictature effrontée du roi Arthur.Messieurs, que je me disais, on ne touche pas aux enfants d\u2019une province entière, sans qu\u2019il en cuise à quelqu\u2019un ! On veut tous de l\u2019instruction 42 ACTION NATIONALE mais pas à la façon des granges régionales du roi Arthur.Tout en attelant ma jument je pensais au bec serré du Frère Untel.Il déblatérait contre l\u2019autoritarisme du Département de l\u2019Instruction publique et s\u2019est fait le champion de l\u2019autoritarisme du ministère de l\u2019Education.Qu\u2019est-ce qu\u2019il pense d\u2019avoir été utilisé et vidé ?Ses formules sont du terroir mais sa cause est devenue miteuse.En pire état c\u2019est la Fédération des collèges classiques.La révolution tranquille l\u2019a pas mal ébréchée.Divisions par en dedans.Décadence dans les idées.La Fédération ne sait plus où elle s\u2019en va: elle est pleine de bois mort.Où sont encore les vrais collèges classiques ?Les Supérieurs de collèges, menacés de mort, n\u2019ont eu ni énergie, ni idée des valeurs à défendre.Filandreux, les Cent-Onctueux ont baisé la main qui les giflait.La prudence, l\u2019oecuménisme, voilà leur mot d\u2019ordre avant le baiser de la mort.Y aura-t-il chez eux un dernier carré, comme à Waterloo ?Ou une complète reddition à brève échéance ?C\u2019est à qui ferait la déclaration la plus fracassante pour ne plus être un collège classique et, en échange de gros sous, devenir un vrai caphamaüm polyvalent.C\u2019est le club des Prudents ! Ce n\u2019est pas du clergé à son plus reluisant ! Je répandais de l\u2019engrais et le tracteur faisait un de ces tintamarres ! Je me demandais ce que devenait la belliqueuse tribu des Neutres ? LETTRE À MON ÉVÊQUE \u2014 Il 43 Le silence de leurs 1500 membres, leur Commission scolaire mort-née et les blasphèmes de leur président, poseur, cultivé en civisme ! Les plus beaux paysages ont parfois leurs mouches à marde.Puis après, leurs sachems et leurs squaws criardes n\u2019ont plus rien à dire.Ils ont dû voter en bloc contre M.Jean Lesage ?Ils avaient pourtant réussi à placer Paul Lacoste, comme espion de Gérin-Lajoie, au poste absolument inutile de vice-recteur-adjoint à l\u2019Université de Montréal.A quoi sert ce poste-pour-rond-de-cuir ?Je parle, parle et c\u2019est vous, Monseigneur que le peuple aimerait bien Entendre parler.Parce que plus vous vous taisez, Plus fort parlent les abbés de cour, Les abbés de salon, les abbés sans-culotte, et cette sous-section des abbés d\u2019université.Ils sont infatigables.Toujours en faveur du progrès.De leurs idées.Ils veulent passer pour plus laies que les laïcs.Ils transforment l\u2019Université en vrai poulailler.Ils brandissent le paradoxe comme un tomahawk.Ils dansent sur la frange des idées interstellaires.Comparé à leur opinion, le Concile n\u2019est pas pesant.Pendant que j\u2019émonde mes trois pommiers, je remonte à un souvenir incongru.Que pouviez-vous penser de Gérard Pelletier, comme collaborateur au Devoir ?Lui, si nationaliste ! Bourassa, avec son rire féroce, attrait dit: \u201cJeune homme ! Quel pommier a jamais donné un tel citron ?\u201d 44 ACTION NATIONALE Heureusement il a été remplacé par Vincent Prince, un bon Saint-Bernard trop fidèle à un principe.Pendant ce temps-là Mgr Parent reçoit des titres et des parchemins à la tonne.On se demande pourquoi.Aurait-il accumulé des mérites cachés ?Des actes de courage ?Il a tellement bien copié, et signé son copiage, du système américain ! Lui et son Rapport méritent maintenant d\u2019aller aux archives.Excepté l\u2019élan, bien entendu, qu\u2019ils ont donné au pays pour les choses de Véducation.Tout ça, Monseigneur, pour vous dire que les signes sont bons.Vous pouvez parler.Vous n\u2019avez plus rien à craindre.Le pays est plus solide que vous pensiez.Nous ne nous laisserons pas faire par les Super-Zélotes, ni par le Super-Système, ni par les Super-Régionales.La province expérimentait dans le monstrueux, comme la mise à bas de gros veaux à mille pattes ! Vous n\u2019avez qu\u2019à parler le gros bon sens, dans le sens du vrai progrès, et vous serez entendu.Sinon ne dira-t-on pas de vous ce que Henri IV disait de ses troupes: \u201cJe suis leur chef.Ne faut-il pas que je les suive ?\u201d PIERRE BRUEGHEL ts CHRONIQUES XaL ançj.ue La langue anglaise en danger! Nous voulons en ces pages protester avec indignation contre la persécution de3 Anglais dans le Québec, l\u2019ostracisme de la langue anglaise en particulier.Lecteurs de l\u2019Action nationale, vous étiez probablement d\u2019avis que c\u2019est la langue française qui était menacée à Montréal, que la majorité subissait l\u2019ostracisme de la langue française ou sa méconnaissance ; vous vous trompiez, ce sont nos compatriotes qui se rendent coupables de persécution contre nos amis de langue anglaise.Ne viennent-ils pas en effet de commettre une indélicatesse, \u201cpire qu\u2019un crime, une faute\u201d.The Monitor de Notre-Dame de Grâce, en éditorial du 10 mars 1966, proteste dans un article \u201cBilingualism means French only\u201d.L\u2019hebdomadaire commercial de Notre-Dame de Grâce en a contre le fait que les panneaux de la ligne trans-Canada sont unilingues, ainsi que ceux des cantons de l\u2019Est.(Ils l\u2019étaient jusqu\u2019ici).Le scandale est encore plus grand, continue l'éditorialiste, puisque en des endroits sis sur le parcours du boulevard Décarie, ces panneaux sont en français ; et le journaliste protecteur des droits de la minorité anglaise 46 ACTION NATIONALE ajoute qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un district où la majorité de la population est de langue anglaise.Réprimant à peine sa colère, l\u2019hebdomadaire ajoute que les journaux de langue anglaise de notre ville n\u2019ont pas jugé bon de défendre les droits de la minorité anglaise, de la minorité à qui leurs journaux sont vendus.Le journal ajoute que, chaque fois que l\u2019honorable René Lévesque a énoncé des propos discutables à l\u2019adresse des Anglo-Canadiens, ces journaux (de langue anglaise) sont demeurés silencieux.Il y a de longues années, ajoute en substance le journal de Notre-Dame de Grâce, les Canadiens français se sont battus pour la conservation de leur langue.Il ajoute avec une profonde émotion \u201cMaintenant, c\u2019est nous qui nous battons pour la conservation de notre langue en cette province, avec très peu pour nous aider dans notre cause\u201d.Manoeuvrant son bistouri le journaliste ajoute que les journaux de langue française n\u2019ont jamais perdu une occasion de souligner les brimades dont le français a été l\u2019objet.Il rappelle que récemment six individus portant des noms français furent sans préméditation photographiés en face d\u2019un panneau rédigé exclusivement en anglais.Comme il était prévisible, ajoute le journal, cette photographie fut envoyée à une publication de Valley-field publiée en français.Cette publication ne l\u2019a pas utilisée mais l\u2019a envoyée à La Presse où elle fut publiée.Le sous-titre de cette photo en expliquait le sens : \u201cTous les photographiés étaient de langue française et l\u2019arrière fond était en anglais\u201d.On ajoute encore que l\u2019organisation libérale provinciale a envoyé récemment des communiqués de presse de ses quartiers généraux de la Côte Sainte-Catherine en français seulement, même s\u2019il s\u2019agissait de districts prétendument de langue anglaise.L\u2019auteur ajoute que, depuis quelques années, le poste de radio CKVL a publié le commentaire du défilé de la Saint-Patrice en anglais.Cette année, ajoute l\u2019hebdomadaire, la parade fut commentée en français seulement.Il ajoute: \u201cQuel ridicule !\u201d LA LANGUE ANGLAISE EN DANGER 47 Le dernier paragraphe est tout un poème.\u201cNous avons supporté sans cesse le bilinguisme et nous continuerons de le faire, mais nous avons dépassé le bilinguisme maintenant, la tendance e3t à l\u2019unilinguisme et cela ne continuera pas\u201d.N\u2019avais-je pas raison, amis lecteurs, de déclarer que la minorité anglaise de Montréal était en danger?On aurait bien pu, certes, pour éviter les susceptibilités de nos amis de langue anglaise dresser des panneaux bilingues.Le premier ministre Jean Lesage a commenté cette situation il y a quelque temps avec beaucoup d\u2019à-propos.La province est dite française, les fêtes de la Confédération s\u2019en viennent ainsi que la tenue de l\u2019exposition universelle, alors il importe de donner à notre province un visage aussi français que possible.Comment le Monitor de Notre-Dame de Grâce expliquera-t-il au soussigné que, lors des dernières élections fédérales, en procédant à l\u2019énumération dans mon quartier de Notre-Dame de Grâce, le représentant et la représentante étaient tous deux de langue anglaise; que je n\u2019ai jamais pu, malgré ma demande ferme et polie, obtenir une inscription correcte en français quant à mon nom et quant à mon occupation, et j\u2019ai dû aller voter mon occupation étant désignée en langue anglaise.Que dire de telle partie de mon quartier de Notre-Dame de Grâce où on m\u2019envoyait, il y a quelque temps, tout une correspondance en anglais exclusivement.Le Néo-Canadien, ou le citoyen de langue anglaise de l\u2019extrême-est de Montréal ou du nord de Montréal, ne manque pas de réclamer de l\u2019anglais en toute occasion et c\u2019est son droit; mais si vous vous présentez à un bureau de scrutin dans l\u2019extrême-ouest de Montréal, il vous faut être bilingue.Oh! je ne dis pas qu\u2019il n\u2019y a pas, autour de la table, l\u2019un ou l\u2019autre des officiers d\u2019élection qui peuvent parler français, mais c\u2019est tout un acte d\u2019héroïsme que de réclamer ce droit.Nos amis de langue anglaise de Notre-Dame de Grâce savent fort bien que la langue anglaise n\u2019est pas en danger à Montréal.Qui nous donnera du 48 ACTION NATIONALE français, si ce n\u2019est pas la province de Québec dans son affichage extérieur?Des sous-traitants de la ville de Montréal circulent dans le quartier Notre-Dame de Grâce avec camions, remorques et autres véhicules affichés en anglais seulement et nous n\u2019avons pas vu que le Monitor ait protesté.La minorité de langue française dans l\u2019ouest de la ville va de 20 à 40% selon les secteurs et, comme à l\u2019accoutumée, les dirigeants du Monitor trouvent que c\u2019est un district anglais.La langue française doit devenir une langue de seconde zone dans cette partie de Montréal qui est encore dans le Québec.Le soussigné n\u2019a rien de l\u2019outrancier.J\u2019ai eu l'heur de vivre à Ottawa, Toronto et Edmonton en contact continu avec les gens de langue anglaise.Je sais fort bien que l\u2019on n\u2019a jamais accordé au français hors Québec la dixième partie de la considération que nou3 donnons, nous au Québec, à no3 amis de langue anglaise.Nous les avons traités avec largeur de vue et équité, voire avec favoritisme.A qui le Monitor peut-il faire croire le contraire?Que certains panneaux soient exclusivement en français, c\u2019est normal; que quelques-uns soient bilingues, c\u2019est peut-être souhaitable, mais, il y a quelques heures à peine, nous avons vu des panneaux-réclames d\u2019entrepreneurs travaillant pour la route Trans-Canada et pour des travaux connexes, dont les panneaux étaient exclusivement en anglais.Il faudrait tout de même être sérieux.Il y a quelques jours on nous rappelait la réaction des résidants de l\u2019Ontario et du Nouveau-Brunswick quant au projet théorique de donner droit de cité au français en ces deux provinces.Au Nouveau-Brunswick où la population est de langue française dans la proportion de 40 %, il arrive que le juge soit de langue française, que les avocats des deux parties soient de langue française, que l\u2019accusé et les deux témoins soient de langue française, mais tout doit se faire en anglais parce que le sténographe est unilingue et que les parties en cause ne peuvent se faire entendre LA LANGUE ANGLAISE EN DANGER 49 de lui en utilisant la languie française.Voilà un beau sujet d\u2019article pour le Monitor.Cette ambiance exclusivement anglaise dans un pays que l\u2019on dit bilingue nous amène graduellement en ces provinces à l\u2019assimilation des nôtres et après cela on ne manquera pas de dire que nos gens parlent une mauvaise langue, qu\u2019ils ne tiennent pas au français.Ils sont asphyxiés et après cela on parle de leur épanouissement.Combien de fois n\u2019avons-nous pas entendu des citoyens de langue anglaise de Westmount, de Notre-Dame de Grâce et d\u2019ailleurs nous déclarer qu\u2019ils n\u2019avaient jamais eu besoin de parler français à Montréal?Une grande dame de langue anglaise qui demeure tout près de chez moi et âgée de quatre-vingt-quinze ans m\u2019a déclaré que c\u2019était une honte de n\u2019avoir jamais appris à dire deux mots de français dans le quartier qu\u2019elle habite.\u201cJ\u2019ai fait en sorte que mes enfants, dans une grande ville comme Montréal, apprennent à parler le français\u201d, m\u2019a-t-elle dit.Tout récemment, à la télévision, j\u2019entendais des chefs du parti conservateur anglais, du parti travailliste anglais, du parti libéral anglais qui parlaient un français plus qu\u2019élégant, suivant en cela l\u2019exemple donné par la reine Elizabeth elle-même.Notre thèse est toujours la suivante: que nos amis de langue anglaise parlent ou ne parlent pas français ; c\u2019est leur affaire.Us jugeront, en évoluant dans la vie, si la connaissance d\u2019une seconde langue peut leur être utile, sinon en Canada, dans le Québec, mais même dans leurs contacts avec les autres pays civilisés de l\u2019univers.Mais ils doivent convenir qu\u2019ils ont été libres, eux minorité dans la province de Québec, de vivre en anglais et qu\u2019ils n\u2019ont mis aucune bonne grâce, courtoisie ou justice à entrer en contact avec la majorité.Le Monitor s'indigne que le gouvernement provincial n\u2019ait pas affiché dans les deux langues dans un quartier dit anglais, mais nous de langue française à qui on impose la langue de travail de la minorité en notre province?Le Monitor soulignera-t-il cette anomalie à ses lecteurs? 50 ACTION NATIONALE Ces questions de race, ces questions de langue sont fastidieuses, nous le savons plus que quiconque, pour avoir souvent dû réclamer justice au nom du français et pour avoir entendu cette réponse cavalière et péremptoire: \u201cAfter all, this is a British country !\u201d On refuse en pratique du français en Colombie canadienne et dans les trois provinces du centre.11 y a beaucoup de progrès en Ontario, mais supputons tout le malaise qu\u2019il y a au Nouveau-Brunswick actuellement parce que la population acadienne bouge et veut cesser d\u2019être traitée en paria dans la province défrichée, colonisée par ses ancêtres.Combien de fois faudrait-il dire à des gens comme ceux qui dirigent le Monitor que nous n\u2019imposons rien.Et ce n\u2019est pas parce que quelques panneaux sont unilingues dans Notre-Dame de Grâce ou le long de la route Trans-Canada qu\u2019il faut crier à la persécution des gens de langue anglaise.Ces gens-là savent bien que toute l\u2019atmosphère est anglaise.Ils savent bien qu\u2019ils ont eu grand nombre des postes de radio dans la province de Québec sans que nous ayons discuté.Ils savent bien que nos postes même dits français diffusent souvent en anglais.Ces gens-là devraient savoir qu\u2019à Québec un poste privé de télévision pendant de longs mois fut bilingue au sein d\u2019une population de langue française.Il fallait ne pas mécontenter 8 ou 9% de la population de langue anglaise de la ville de Québec et des environs et les nôtres n\u2019ont pas protesté.Ils savaient que c\u2019était une situation temporaire.Ils ont attendu patiemment et leur poste était un poste privé à capitaux provenant d\u2019en dehors du Québec.Nous n\u2019aimons pas la ségrégation.Nous condamnons la persécution ou l\u2019ostracisme des juifs ou des noirs.Nous voulons que les citoyens de deux groupes linguistiques différents vivent en harmonie et dans la paix.Si pour être jugés compréhensifs il faut donner à notre province tout un visage anglais, la génération nouvelle ne l\u2019acceptera pas.Nous condamnons les outrances d\u2019une certaine jeunesse.Nous voulons que les revendications se fassent dans l\u2019ordre et dans le respect de toutes les autorités, nous comprenons fort bien cependant la lassitude LA LANGUE ANGLAISE EN DANGER 51 et l\u2019impatience du groupe majoritaire de la province qui en retour de ses largesses, a connu la morgue, l\u2019insolence, l\u2019ostracisme de la minorité.Nous n\u2019avons pas accédé à certains postes de commande, non pas toujours parce que nous étions incompétents mais parce que nous n\u2019étions jugés qu\u2019en raison de notre maîtrise de la langue anglaise seulement, et cela les dirigeants du Monitor le savent ou devraient le savoir.Nombre d\u2019anglophones intelligents en conviennent maintenant.Nous ne voulons pas imposer le bilinguisme jusqu\u2019au sein d\u2019un petit hameau ou de la Colombie Canadienne ou du Yukon, mais nous voulons qu\u2019on fasse en sorte que les Canadiens français, où qu\u2019ils soient en ce Canada qu\u2019on dit leur, puissent recevoir une éducation vraiment bilingue, de l\u2019école primaire jusqu\u2019à l\u2019enseignement supérieur.Nous voudrions aussi qu\u2019il y ait des écoles normales bilingues afin que les enseignants, c\u2019est le cas de l\u2019écrire, puissent enseigner la langue maternelle avec compétence et érudition.Nous ne chicanons pas le Monitor sur le point particulier abordé.On pourrait peut-être ajouter une inscription en langue seconde sur ces panneaux en certains coins de la province, mais nous ne voyons pas pourquoi la province le ferait plus que l\u2019Ontario, le Nouveau-Brunswick ou l\u2019Ouest ne le font.En effet, les ministères des travaux publics de ces différentes provinces ou les ministères fédéraux qui ont des travaux en différentes provinces canadiennes se soucient-ils d\u2019afficher du français le long des routes?Nous devons excepter une certaine publicité sur des panneaux-réclames dans des comtés français de l\u2019Ontario aux portes du Québec où le bureau du tourisme invite les gens du Québec à visiter l\u2019Ontario; d\u2019ailleurs la même concession existe à Plattsburg et dans certains Etats de la Nouvelle-Angleterre mais ce sont des miettes.Vous voyez, lecteurs, que j\u2019avais bien raison d\u2019écrire que la langue anglaise est menacée dans la province.Eux 52 ACTION NATIONALE qui annexent tous les Néo-Canadiens, eux qui déclarent de langue anglaise tous les résidants de Montréal et de la province qui ne sont pas de langue française mais ne sonl pas plus de langue anglaise, eux qui les inscrivent dans leurs écoles, qui les assimilent et qui font ensuite que tous ces Néo-Canadiens deviennent à toutes fins pratiques des gens de langue anglaise, comme dit le Monitor, voyez, comme les Anglo-Canadiens ont raison de craindre et de se plaindre ! Aucune province, absolument aucune province, et nous les connaissons toutes, n\u2019a accordé à la minorité française les privilèges, les droits, les concessions que la province de Québec a accordés aux ressortissants de langue anglaise.C\u2019est notre honneur d\u2019avoir eu cette largeur d\u2019esprit.Que ces gens-là ne nous répondent pas que nous n\u2019avions pas le choix, que si nous n\u2019avions pas accordé ces privilèges, le respect de ces droits, ils les auraient pris.Ce serait trop facile et injurieux.Tous nos chefs politiques, quels qu\u2019ils soient, ont voulu que le groupe de langue anglaise et le groupe des protestants soient traités avec justice, compréhension.Personne de langue anglaise n\u2019a perdu sa langue dans la province de Québec et nombreux sont les nôtres qui ont perdu leur langue même en certaines parties du Québec, et nombreux ceux qui n\u2019ayant pu bénéficier d\u2019écoles aux portes du Québec, en Ontario, au Nouveau-Brunswick et dans l\u2019Ouest se sont assimilés.Le Monitor de Notre-Dame de Grâce vient d\u2019écrire un article indigne.Partant d\u2019un cas d\u2019espèce, on en fait un grief qui n\u2019a aucune consistance.Nous sommes fatigués, nous, de nous faire dire, dans des comtés comme Notre-Dame de Grâce ou dans la partie Ouest de Montréal, que nous n\u2019avons pas le droit d\u2019exister, que la langue anglaise est la langue de tous.On sait le peu d\u2019affichage en français qu\u2019il y a dans les quartiers de l\u2019Ouest de la ville de Montréal.On sait qu\u2019il a fallu se battre et qu\u2019il faut se battre pour quelques mots de français dans les services publics, dans certaines compagnies, dans certains magasins.Nous avons LA LANGUE ANGLAISE EN DANGER 53 l'air coupables et criminels chaque fois que nous revendiquons, nous prenons chaque fois allure de fanatiques ou d\u2019intransigeants.Que le Monitor de Notre-Dame de Grâce réclame un affichage bilingue sur la route Trans-Canada, nous le comprendrions, bien que ce soit le droit de la province d\u2019établir une langue prioritaire sur son territoire, mais ce rédacteur sait fort bien que les siens ont eu jusqu\u2019ici la part du lion, qu\u2019ils ont été bien dotés pour des terrains de jeux, des salles communautaires ; ils ont eu de beaux quartiers ; les nôtres grandissaient dans les quartiers enfumés, dans des maisons vétustes.Il a fallu des années et des années pour rénover certains quartiers où habitent les nôtres en majorité et Dieu sait s\u2019il y a encore du travail pour loger les nôtres convenablement.Non, nos amis de langue anglaise de la province de Québec devraient s\u2019unir à nous, comme nous le déclarions à un Ontarien il y a quelques mois, afin de travailler à constituer une province forte et un pays uni en face de l\u2019influence américaine qui nous inonde de toutes parts.Il y a loin des jours où Lord Dufferin déclarait que les Canadiens français étaient le meilleur rempart contre la pénétration américaine.Au lieu de nous aider à nous épanouir, on nous mesquine continuellement quelques vocables français.Il faut, pour la minorité de Montréal et de partout dans la province, afficher dans les deux langues et quand se produit un fait d\u2019unilinguisme comme celui qu\u2019a rapporté le Monitor, on feint d\u2019ignorer ce que nous subissons chaque jour de vexations et de brimades.Le Monitor a écrit un article de \u201chaute littérature\" tentant de soulever le groupe de langue anglaise de Notre-Dame de Grâce et des environs et celui des Néo-Canadiens qu\u2019il tente d\u2019embrigader avec lui.Le peuple canadien-français s\u2019éveille ; nous voudrions que son éveil soit continu et ferme, sans provocation, dans le respect du droit des autres, dans le respect de la personnalité des autres mais il serait temps que l\u2019on sache.même à Montréal, que le français a sa place, mais 54 ACTION NATIONALE jamais, jamais nous n\u2019avons brimé nos amis de langue anglaise.Nous n\u2019imposons même pas aux Néo-Canadiens de nous appuyer dans notre lutte pour la survivance, mais que l\u2019on songe qu\u2019en les embrigadant avec le groupe de langue anglaise dans l\u2019ignorance complète du fait français, on n\u2019a aucunement travaillé à parer le danger que signalait Lord Dufferin.C\u2019est le rouleau compresseur que l\u2019on dirige contre nous.Nous affirmons sans ostentation et sans bravade que nous n\u2019endurerons pas cela indéfiniment.Que l\u2019on ne voie pas dans nos propos d\u2019appel à la sédition, à l\u2019émeute, ou à la bombe.Les revendications linguistiques, nationales, ou constitutionnelles doivent s\u2019énoncer dans la dignité, dans la fermeté.En somme, nous devons nous parler comme des gens adultes et civilisés ; ainsi nous ferons tous ensemble une province plus grande et plus forte où il fera bon vivre.Rodolphe LAPLANTE BOURGAULT ET LE RAPPORT PARENT M.Pierre Bouraoult, président du R I N., aime lo logique qui va jusqu'au bout du chemin.Parce qu'il considère que nous sommes trop colonisés par Ottawa, il récfome l'indépendance du Québec.Parce que les finances anglo-oméricaines s'emparent de nos richesses naturelles, il voudroit les mettre a la raison.Bref, partout il veut etre un eveilleur.il veut un peuple libre et digne.\t.\t.\t.\t, Excepté en éducation.Il o fait une proclamation à fond de troln en faveur du Rapport Parent.Les journaux à tendonce libérale I ont aoplaudi mais cette déclaration lui a probablement coûté quelque cent mille votes.A cause de la contradiction trop flagrante.En effet le Rapport Parent représente un copiage éhonté des structures américaines d'enseignement, l'emprunt irrationnel d'une monstruoste comme l'école régionale polyvalente.Financièrement et constitutionnellement M.Bourgault veut le Québec libre de toute tutelle anglo-conad enne ou américaine mois, en ce qui regarde la culture, il accepte lo colonisation de notre peuple por l'éducation.Comprenne qui pourra.A moins de se dissocier, il continuera à perdre des votes. roftoô généalogiques Traditions familiales Dans une revue comme l\u2019Action nationale, il me paraîtrait tout à fait superflu et même inutile d\u2019insister sur l\u2019importance des traditions familiales, car je prends pour acquis qu\u2019une telle importance est depuis longtemps reconnue et admise de la plupart des lecteurs et abonnés.Je voudrais plutôt souligner et mettre en valeur l\u2019oeuvre d\u2019un pionnier, pionnier qui fut un géant, si l\u2019on tient compte de l\u2019ampleur des recherches qu\u2019il s\u2019est imposées pour mener à bien son immense travail de généalogiste, qui fut publié il y a dix ans, soit en 1955.Le R.P.Paul-Eugène Trudel vit le jour à Saint-Augustin, près de Québec, le 29 décembre 1887.Il étudia au Séminaire de Québec, fut ordonné prêtre à la Basilique de cette dernière ville, le 24 août 1914, par le cardinal Bégin.Entré chez les Franciscains, à Montréal, le 30 novembre 1914, il occupa de nombreux postes dans cette communauté : professeur au collège Séraphique des Trois-Rivières, missionnaire en Terre sainte, commissaire du tiers ordre, définiteur provincial, vice-postulateur de la cause du Père Frédéric, etc., etc.Quand il mourut à Québec, le 4 mars 1962, à l\u2019âge de 74 ans, il comptait 47 ans et demi de sacerdoce et 46 ans de vie religieuse.Ce qui est surprenant et admirable, dans la vie du R.P.Paul-Eugène Trudel, O.F.M., c\u2019est d\u2019avoir pu trouver le temps, en plus de ses nombreuses fonctions, de compiler la volumineuse généalogie de la famille Trudel en Amérique, généalogie qui compte près de 1,100 pages.Issu lui-même d\u2019une famille de treize enfants, il était fortement attaché a tout ce qui touche de près ou de loin 56 ACTION NATIONALE à l\u2019histoire de la famille Trudel.On ne me tiendra pas rigueur si, à titre de collaborateur du R.P.Paul-Eugène, surtout durant mes séjours aux Etats-Unis, je livre aux lecteurs de l\u2019Action nationale quelques données et renseignements que je puise, pour la plupart, dans cette généalogie.Jean Trudel, l\u2019ancêtre de tous les Trudel-Trudelle-Trudells d\u2019Amérique, venait de Parfondeval, petit village situé près de Mortagne, dans le Perche, village que j\u2019ai eu le grand avantage de visiter lors d\u2019un séjour en France, en 1955, de même que plusieurs autres membres de la famille Trudel qui se font toujours un point d\u2019honneur d\u2019aller voir les lieux où ont vécu nos ancêtres.Jean Trudel épousa le 13 novembre 1655, Marguerite Thomas, dont le père et la mère, Jean Thomas et Marguerite Fré-dry vivaient encore, à ce moment-là, à Stavelot, près de Liège, en Belgique; le contrat de mariage existe toujours et l\u2019inscription de ce mariage au registre de Notre-Dame de Québec, à la date du 14 novembre 1655, est due à la plume du R.P.Jérôme Lallemant.jésuite.Les époux eux-mêmes ont déclaré \u2018ne scavoir ni escrire ny signer\".Si les statistiques ne vous ennuient pas trop, essayez de me suivre dans les chiffres suivants, Jean Trudel et Marguerite Thomas: 11 enfants, dont l\u2019une, Jeanne Trudel, mariée à 11 ans, mit au monde dix enfants.Elle fut baptisée par le R.P.Poucet, jésuite.Les six fils de Jean Trudel et de Marguerite Thomas, soit: Pierre, Nicolas, Antoine, Philippe, Jean et Joseph, eurent respectivement : 18, 10, 4, 13, 14 et 3 enfants.Je sais autant que Pascal que le \u201cmoi est haïssable\u201d, mais, pour les besoins de la cause, je vous fais part de ma propre ascendance : 1ère génération: Jean Trudel et Marguerite Thomas; 2e) leur fils Jean et Louise Mathieu; 3e) leur fils Gabriel et Angélique Grégoire; 4e) leur fils Jean-François Trudel et Suzanne Lefebvre; 5e) leur fils Pierre-Olivier et Marguerite Toutant de Beauregard; 6e) leur fils François-Xavier et Zoé Paquin; 7e) leur fils Joseph-Alfred et Exilda Trudel; 8e) leur fils Jean-Baptiste et Auxilia TRADITIONS FAMILIALES 57 Bacon; 9e) leur fils Jean-Paul, et Rita Baker; 10e) leurs fils Michel et Luc.Au moment de sa publication, la Généalogie abordait la 12e génération, et le R.P.Paul-Eugène estimait à 16,486 descendants la progéniture de Jean Trudel et de Marguerite Thomas, chiffre qui atteindrait probablement les 20,000 si tous les Trudel-Trudelle-Trudells avaient pu être retracés en terre d\u2019Amérique.Au début du XXe siècle, la famille Trudel adopta un blason familial et une devise \u201cADSUM\u201d (présent, j\u2019y suis), et un petit journal familial, dirigé par le R.P.Paul-Eugène lui-même, parut durant quelques années, surtout dans le but de préparer les fêtes du troisième centenaire de la famille.A cette occasion, il y eut un magnifique pageant historique au Palais Montcalm de Québec.Conclusions Comme on l\u2019a déjà souligné, l\u2019histoire de la famille Trudel c\u2019est l\u2019épitomé de l\u2019histoire du Canada.Notre famille a fourni à l\u2019Eglise de nombreux prêtres, religieux et religieuses de toutes communautés.J\u2019en ai compté 855, dont S.Excellence Mgr Guillaume Trudel, des Pères Blancs, ancien évêque de Tabora, Afrique.Elle a fourni plus de 100 professionnels, médecins, avocats, notaires, pharmaciens, et le nom du sénateur F.-X.Anselme Trudel eut son heure de notoriété à la fin du siècle dernier.Le 19 décembre 1945, à la Société historique de Montréal, M.l\u2019avocat André Nadeau donnait une conférence sur le Sénateur Trudel.Le Devoir du lendemain, à la page 12, résume la conférence ainsi: \u201cUn gentilhomme chrétien : le sénateur Trudel.En plus d\u2019avoir été chrétien, il tut un avocat célèbre, un homme politique intègre, un journaliste combatif.\u201d Et \u201cLa Vie Nicolétaine\u201d de janvier-mars 1946 (séminaire de Nicolet) publie une petite monographie du sénateur Trudel avec certains détails particuliers à sa vie de collège.Comme beaucoup de familles du Québec, les années de misère de la \u201cgrande sai- 58 action nationale gnée\u201d ont forcé plusieurs familles Trudel à émigrer aux Etats-Unis, où l\u2019on écrit Trudell.Et j\u2019emprunte ces mots à l\u2019historien Marcel Trudel, auteur de la préface de la Généalogie.ancêtres et descendants, nous sommes séparés par le grand fleuve du temps ; d\u2019une rive à l\u2019autre, la vision est nulle; l\u2019écho est mort et nous ne pouvons pas nous parler ; nous restons ainsi sur la rive, impuissants à nous rejoindre avant l\u2019au-delà.Mais heureusement, il nous reste CE LIVRE\u201d.Jean-Paul Trudel LA PERLE DES PERLES M.Jean Pellerln, dans CITE LIBRE, juin 1966, a joué ou prophète.Il a craché en l'air et ça lui a retombé sur le nez.Ecoutez ces procos: \"Le 5 juin: une élection de tout repos.Les oracles de notre politique n'ont nas rrond mérite à prédire une victo re liberale aux élections provinciales qui auront lieu au Quebec le 5 juin prochain .A moins d'une vague de fond absolument imprévisible, I équipé libôrole remportera la victoire por défaut .Le gouvernement Lesoge n a rien à craindre de l'opposition\".Que faut-il Denser de ces paroles démenties por les faits ?Une première conclusion à tirer: plusieurs de nos intellectuels sont enfermés dons une tour d'ivoire et ignorent tout de la marche de la province.Ils font des n'ans, ils schématisent.de*ruis»nt.r»ois nr» r^o'ité olu?*'»u*s d'entre eux ont la fièvre.Ils sont seuls dans leur chambre avec leurs fantômes.Une deuxième conclusion est qu'un socialisant comme Jean Pellerin n'a nos le courage de ses convictions: il devrait voter socialiste mais il se met à la remorque du parti libéral.C'est son droit.Mais qu il arrête de foire des gorges chaudes sur les bourgeois: à vouloir siidentifier au pouvoir comme il l'o fait, il n'o revoie que des attributs de bourqeois à la recherche de sa sécurité.La troisième consequence c est la disparition nrocholne de Cité Libre.Cette revue a joué son role, elle se meurt de n'avoir rien compris au Quebec.Quelle plus belle \"iort que! de disparaître avec une telle perle: les volumes d histoire aimeront la citer! M.Pellerin serait-il un fossoyeur ?Oui, mois au sourire jaune ! Directeur intérimaire de ia section culturelle ANDRÉ MAJOR Toute personne désireuse de soumettre des textes pour publication dans la section culturelle est priée de communiquer avec le directeur.Adresse: L'ACTION NATIONALE Section culturelle, C.P.189, Stotion N, Montréal. sept poèmes par jean-claude germain 62 ACTION NATIONALE je connus connais connaîtrai trois Dames Vune s\u2019appelle solitude l\u2019autre s\u2019appelle paix et la troisième la troisième je l\u2019appelle félicité Si l\u2019on connaît l\u2019tine des trois on les connaît toutes car une elles sont toutes trois et moi heureux homme j\u2019en connais une et c\u2019est toi fille de Troie Le poète aux champs amène son aimée Les herbes au vent appréhendent la rosée La terre remue empreinte de la chevauchée Le poète aux champs amène son aimée un envol de flamants SEPT POÈMES 63 mes yeux sont dans ta roue ni Lorsque sur ton front de neige s\u2019amoncellent les joies Montagne est ton oeil Lorsqu\u2019en ta veinure noueux mon souffle s\u2019emmêle Chêne est ton oeil Lorsqu\u2019en ta chevelure en flots l\u2019oiseau de ma main se noie Rivière est ton oeil Lorsqu\u2019en ton ciel en feu l\u2019épervier sur mon coeur fond Abîme est ton oeil Si mon coeur en ton coeur se perd ton oeil à mon oeil s\u2019abouche Ta roue est mon rosier ardent 64 ACTION NATIONALE IV Ta caresse est mille oiseaux tes doigts sont rouges-gorges un merle est ta main l\u2019oiseau de paradis picore mes yeux j\u2019ai mille oiseaux qui dans mes veines volent mon coeur est un colloque de sons mon souffle est la coideur du ciel Azur Azur Azur V Sur ton visage de pleurs et de ris constellé j\u2019ai vu belle enneigée J\u2019ai vu comme un champ de chrysanthèmes tous gelés SEPT POEMES 65 VI j\u2019entrai dans un champ à perte de vue j\u2019entrai dans un champ de fleurs rouges plus j\u2019avançais plus les arbres grandissaient les arbres étaient rouges mon aimée le soleil noir VII Quand ton corps se frotte à la brunante et jette lumière comme mouche-à-feu agile comme un écureuil dans la futaie tu passes à la fine épouvante ivre je te vois quand tous les sapins sont rouges de vin Le pays de Menaud par André Major Le vent était doux, le ciel pur.Et, soudain, entre les montagnes et le fleuve, il se passait quelque chose : l\u2019esprit de Menaud bleuissait l\u2019espace.Alors j\u2019ai compris que la révolte de Menaud était celle d\u2019une race, d\u2019une terre tourmentée par la vague, d\u2019une immense floraison d\u2019arbres et de montagnes.A nouveau il m\u2019a semblé entendre l\u2019avertissement: \u201cDes étrangers sont venus ! Des étrangers sont venus !\u201d Et pourtant, autour de nous tout éclatait d\u2019une beauté grandiose.Tout, c\u2019est-à-dire l\u2019air, le ciel, le vagabondage des mouettes, la verdure, la hauteur des montagnes, la tendresse du vent.Je marchais sur les traces de Menaud, son cri se nouait dans ma gorge, je prenais possession de son pays abandonné, contrariant la terrible observation de Menaud Savard: \u201cOr, c\u2019est lui, le jeune homme, qui déserte, qui s\u2019en va; et ce qui s\u2019en va avec lui, c\u2019est la force, c\u2019est la joie, c\u2019est l\u2019espoir, c\u2019est le recommencement du matin, le travail conjoint à je ne sais quoi qui ressemble au jeu, c\u2019est la marche harmonieuse des choses avec un balancement de la tête et des bras, le rapport renouvelé entre la matière et l\u2019esprit, et encore, ce sont les belles illusions, les élans gratuits, c\u2019est le risque, le combat et une certaine victoire contre la mort\u201d. LE PAYS DE MENAUD 67 Nous avons traversé un pays d\u2019où la jeunesse s\u2019est absentée.Ils sont partis vers les villes, fascinés par le lointain éclat des usines ; et nous, tentés par l\u2019esprit du sang, nous avons pris la route d\u2019un beau désert.J\u2019aurais voulu m\u2019arrêter ici, entre l\u2019eau et le ciel, dans cette baie dite Baie Saint-Paul, car je sens que si ce pays nous domine, c\u2019est pour nous grandir.Les Eboulements; et toujours plus, la sève du pays monte dans nos veines.Saint-Joseph-de-la-Rive, là où Menaud Savard recueille en lui les secrets de sa race pour nous en livrer le murmure le plus pur.Il habite une maison blanche perdue dans le feuillage.Dans son jardin croissent pommiers et poiriers.De sa fenêtre on voit des mouettes s\u2019abattre sur la rive où sèchent, quand la marée fuit, des algues et des branches blanches comme des os.La lumière du fleuve est si vive sous le soleil que Menaud porte, abaissée sur les yeux, une casquette de toile qu\u2019il retire pour nous recevoir.Nous ne faisons que passer.Et lui, pour qui l\u2019hospitalité est une vertu capitale, il voudrait nous parler plus longuement, nous révéler les routes secrètes de son pays.Nous le quitterons, les bras chargés de truites fraîches et de rouleaux de ce papier qu\u2019on fabrique ici.Nous entendons encore ses paroles d\u2019espoir.Nos pères ont traversé ce continent.Ils ont vécu ce que le chanoine Groulx appelle notre grande aventure.Mais leurs faits et gestes sombrent dans l\u2019oubli ; et nos fils ne sauront jamais ce que fut notre passé, si quelques-uns, patients découvreurs, n\u2019en dévoilent pas l\u2019austère beauté.Menaud voudrait que l\u2019on réhabilite le meilleur de nos traditions, que l\u2019on demeure fidèle à nos vertus fondamentales, qui sont la soumission au mystère et l\u2019esprit de liberté.Il a horreur des destructeurs, ceux-là qui noircissent tout pour le plaisir d\u2019étouffer la lumière quand elle vacille.D\u2019épais carnets contiennent ses pensées gonflées 68 ACTION NATIONALE cl aurore et de fraîcheur.C\u2019est encore une fois à la jeunesse qu\u2019il ouvre les sentiers d\u2019une forêt lumineuse.Sa voie n\u2019esit pas étroite: c\u2019est celle d\u2019un vaste avenir.Seuls les petits esprits l\u2019évitent.Les truites grillent dans la poêle tandis que la marée, par vagues successives, s\u2019éloigne de notre feu.Prudentes mouettes qui attendent qu\u2019on leur jette les miettes.Partout, où que se pose le regard, triomphe la splendeur des choses.Et l\u2019odeur des truites grillées ! Nous prendrons tout à l\u2019heure la route marine, nous traverserons le fleuve, l\u2019oeil troublé par l\u2019autre rive, celle-là qui a le prestige de l\u2019inconnu.Nous reviendrons quand l\u2019haleine du pôle aura tout paralysé, quand la neige aura épaissi et blanchi le pays ; nous reviendrons hanter le rude et bel hiver, et recueillir aussi le noble cri de Menaud, le cri d\u2019alarme qui repousse encore la menace du silence.La route nous appelle.Nous irons plus loin, nous arrachant à ce refuge creusé entre l\u2019eau, plaît désert qui dépasse le regard, et la terre boisée qui se gonfle et monte vers le ciel, se confondant avec l\u2019horizon.Mais plus loin, plus loin, l\u2019esprit de Menaud trouble le silence des choses. Sur laf du pouvoir par Jean Tétreau Les révolutions politiques ne sont que l\u2019accélération d\u2019un mécanisme naturel rodé par l\u2019histoire.Le fonctionnement du mécanisme dépend du mouvement des idées.Susceptibles de brusques retours, les révolutions politiques sont rarement définitives.Les révolutions sociales, qui changent la lettre et l\u2019esprit des lois, ont pour moteur la tradition, principe des transformations radicales.Tout n\u2019est pas dans la tradition, c\u2019est entendu ; elle contient cependant des éléments positifs et des éléments négatifs dont le choc, vu les circonstances, produit tantôt une crise de régime comme en France, en 1789, tantôt un bouleversement mondial comme celui qui a commencé en Russie, en 1917, et qui continue en Chine et ailleurs.Une révolution politique peut clore une période plus ou moins longue de troubles sociaux, il est rare qu\u2019elle puisse en inaugurer une.Excepté la tentative avortée des Gracques, dont l\u2019aventure fut un météore dans la nuit des hommes, il ne s\u2019est pas encore trouvé un cas où une révolution sociale ait été remise en question après avoir apporté au peuple qui en était l\u2019objet la lumière qu\u2019il réclamait pour marcher.Une révolution politique n\u2019a souvent besoin que de prétextes pour se faire ; la révolution sociale a des rai- 7761 ^ 70 ACTION NATIONALE sons, qui sont bonnes.L\u2019une est aléatoire.L\u2019autre est nécessaire.Mais dans les deux cas l\u2019Etat est menacé, et c\u2019est bien fait pour lui, car il ne comprend rien.Il peut tout sur ce qu\u2019il voit, sur ce qu\u2019il touche.Il est sans pouvoir contre le possible.Une pensée suffit à le miner, et il dépérit vite.Encore faut-il qu\u2019on s\u2019en avise.Si des gens d\u2019esprit voulaient bien s\u2019en mêler, les révolutions ne manqueraient pas d\u2019intérêt.On croit, peut-être à tort, qu\u2019ils les feraient gaiement puisque tout est dans la manière.Consultez-les là-dessus.Ils estimeront sans doute qu\u2019ils ont mieux à faire que de travailler contre la sûreté de l\u2019Etat.Il est si fragile qu\u2019il tombera bien de lui-même! D\u2019ailleurs, la vie est courte, on ne la perd qu\u2019une fois, c\u2019est mal employer son temps que d\u2019ourdir des complots contre ses frères.Enfin s\u2019il fallait étrangler, égorger, pendre, fusiller, massacrer tous ceux qui ne partagent pas nos opinions politiques, nous nous condamnerions du même coup, pensent-ils, à vivre seuls.Les choses sérieuses sont décidément fort embêtantes.Mais le raisonnement est méprisable aux yeux des hommes graves qui détestent l\u2019égoïsme, et qui ont décidé de remplacer l\u2019injustice par l\u2019équité.Les hommes graves ont raison de mépriser les arguments sentimentaux.A la vérité, le reproche le plus sévère que nous puissions faire aux révolutions, c\u2019est de nous faire payer les plaisirs que nous avons goûtés avant elles: incapables de nous les rendre, elles les interdisent.La fraternité est ce que les révolutions nous apportent de plus beau.Elles sont parfois ridicules par leur côté grand opéra: tout le monde chante.Politiques ou sociales, les révolutions sont un désordre, mais ce désordre n\u2019est-il pas dans l\u2019ordre des choses ?J\u2019ai le soupçon que les révolutions tranquilles sont une figure de style oratoire. Ce vieux malaise obsédant.par Jean Fréchette De même que tout créateur se voit loti d\u2019un certain nombre de problèmes, ou même souvent d\u2019une seule toute petite question qu\u2019il a pour charge de passer sa vie à cerner, sinon à résoudre, le simple lecteur a lui aussi son ou ses problèmes qu\u2019il tente d\u2019élucider par les oeuvres littéraires.Il en est un qui m\u2019a toujours particulièrement préoccupé, une tracasserie d\u2019enfant solitaire, une hantise dont on porte le poids, à cause de laquelle on se croit la triste et unique victime d\u2019une fatalité inconnue.Ce malheur d\u2019enfant et d\u2019adolescent était de sentir la différence qui existait entre ce que je ressentais et les descriptions ou expressions que mon entourage donnait de ses sentiments, sensations ou impressions.Tout semblait si clair pour les autres, alors que chez moi existaient d\u2019étranges mouvements psychologiques dont jamais personne ne faisait mention.Le langage était comme un vêtement dont on m\u2019avait revêtu 1 et dans lequel je me sentais étrangement mal à l\u2019aise, un tissu qui me recouvrait mais ne collait pas à ma peau.Je ne fus pas long à croire à ma différence, puisque tous, autour de moi, avaient l\u2019air de (1) Voir à ce sujet les théories d\u2019ethnologues comme von Humboldt, Benjamin Lee Whort et Edward Sapir, qui ont tenté de démontrer, à l\u2019aide d\u2019études sur le langage de peuples primitifs, que le langage modèle la pensée et la perception de la réalité. 72 ACTION NATIONALE s\u2019en accommoder parfaitement.Pour les autres, tout paraissait si simple, si bien classé, avec un nom pour chaque chose: il y avait, par exemple, l\u2019amour, ou l\u2019envie, ou la jalousie, ou la perversion.Au début, je me dis que j\u2019étais trop jeune pour comprendre le sens profond de ces choses; l\u2019adolescence passa, mais le doute subsistait toujours.Les mots, j\u2019arrivais à les employer, mais avec un curieux malaise.Ce malaise, je le retrouvai lorsque je commençai à m\u2019intéresser à la littérature.Là aussi, dans les romans, les personnages s\u2019accommodaient d\u2019un vêtement \u201cprêt à porter\u201d.La vie en était arrivée à se figer dans les rets du langage; il n\u2019y avait rien d\u2019autre que ce qui était dit, si l\u2019on en jugeait par ces romans.(Bien sûr, je connaissais Freud et ne me faisais plus beaucoup de bile au sujet de mes bizarreries, mais transposant en quelque sorte mon trouble infantile dans la littérature, je continuais de m\u2019étonner que la littérature, qui a pour mission de cerner toujours de plus près le réel, se contente d\u2019une psychologie de convention.) Heureusement, je lus Proust et Dostoievsky, qui me firent entrevoir un espoir de retrouver la clef de mes hantises.Mais la vraie découverte fut celle de Nathalie Sarraute.Enfin un écrivain tâchait de rendre compte d\u2019une matière psychologique jusqu\u2019alors inconnue, et cette matière, elle tentait de la saisir en mouvement.\u201cCe sont de très petits mouvements, disait-elle, de petits tourbillons, qui se produisent sous la surface.Ce sont des drames microscopiques.ces mouvements ne se montrent jamais directement, ils sont toujours internes, cachés, on ne peut que les deviner à travers la surface, à partir de nos conversations ou de nosi actions, des actions tout à fait banales.Et ce qui m\u2019intéressait c\u2019était de montrer ce qui se cache sous ces mots et ces actions tout à fait banals\u201d 2.(2) Cité dans Nathalie Sarraute, par Mimica Cranaki et Yvon Belleval, La Bibliothèque idéale, Ed.Gallimard, 1965. CE VIEUX MALAISE OBSEDANT 73 Ainsi, une vieille angoisse trouvait son expression; j\u2019étais ravi.J\u2019ai cru longtemps que Nathalie Sarraute et moi étions les uniques dépositaires de ces grandes vérités quand, l\u2019autre jour, j\u2019eus la surprise de lire cette page étonnante, datée de 1929, dans le Journal d\u2019André Gide.Il écrit ces lignes à la suite d\u2019une discussion qui s\u2019éleva lors d\u2019une réunion qui groupait Berl, Malraux, Schiffrin et Robert de Saint-Jean et Gide lui-même, et où l\u2019on s\u2019accordait à dire que la littérature contemporaine \u201cdonne une image peu exacte de l\u2019état des esprits d\u2019aujourd\u2019hui\u201d : \u201cJe crois que les sentiments authentiques sont extrêmement rares et que l\u2019immense majorité des êtres humains se contentent de sentiments de convention, qu\u2019ils s\u2019imaginent réellement éprouver, mais qu\u2019ils adoptent sans songer un instant à mettre en doute leur authenticité.L\u2019on croit éprouver de l\u2019amour, du désir, du dégoût, de la jalousie et l\u2019on vit à l\u2019instar d\u2019un modèle courant de l\u2019humanité qui nous est proposé depuis notre enfance.Sensations et pensées forment de petits paquets d\u2019associations plus ou moins arbitraires auxquelles les noms que nous leur donnons finissent par prêter une apparence de réalité.L\u2019admirable maxime de LaRochefoucauld : \u2018Il y a des gens qui n\u2019auraient jamais été amoureux s\u2019ils n\u2019avaient jamais entendu parler de l\u2019amour\u2019, est applicable à beaucoup d\u2019autres sentiments, à tous peut-être\u201d.3 La lucidité de Gide, que l\u2019on considère souvent aujourd\u2019hui à tort comme un auteur démodé, a de quoi nous éberluer un peu.Ne croirait-on pas entendre les paroles mêmes de Nathalie Sarraute.de quoi faire réfléchir l\u2019auteur de L\u2019ère du soupçon.Si je voulais être malin, je pourrais dire que le nouveau roman n\u2019a rien de nouveau et montrer avec adresse que toutes ces théories se trouvaient déjà chez le vieux Gide.Il y aurait moyen de ressortir Les faux-monnayeurs (3) André Gide, Journal, 1889-1939, Pléiade, Ed.Gallimard, 1951, (p.1913).Bibliothèque de la 74 ACTION NATIONALE \u2014 n\u2019est-ce pas une remise en question du roman ?\u2014 enfin, d\u2019échafauder toute une petite théorie, de masquer les parties boiteuses.mais je laisse ça aux spécialistes.Contentons-nous de nous étonner que Gide, dès 1929, avec sa merveilleuse pénétration, ait senti où résidait le problème essentiel du roman, de nous étonner que l\u2019on n\u2019ait jamais songé à relever cette étrange similitude entre l\u2019auteur de Tropismes et Gide, de nous surprendre aussi que Gide n\u2019ait pas davantage orienté ses écrits dans ce sens.Mais il y a toujours loin, en art, de la théorie à l\u2019oeuvre.Et il faut avouer que les romans de Sarraute eux-mêmes ne nous satisfont point complètement.Il y faudrait le génie de Proust débarrassé de l\u2019analyse statique.Alors seulement, peut-être, je serais délivré de ce vieux malaise obsédant. antillais par MAXIMILIEN LAROCHE Il est deux choses, selon moi, auxquelles l\u2019Haïtien voue au plus intime de son coeur un culte sourcilleux et jaloux: d\u2019abord la fierté de descendre des nègres qui ont fait 1804 et ensuite l\u2019orgueil de parler la langue française aussi bien que les Français.C\u2019est, je crois, un paradoxe que les Haïtiens soient également fiers de s\u2019être libérés de la tutelle française et d\u2019être demeurés fidèles à la culture et à la langue de leurs anciens maîtres.Cet amour, je devrais plutôt dire ce culte, qu\u2019ils rendent à la langue et à la culture françaises va si loin qu\u2019il serait assez difficile, à mon avis, de convaincre bon nombre d\u2019entre eux que l\u2019anglais, l\u2019espagnol, l\u2019italien, le russe ou le japonais sont des véhicules de cultures aussi admirables que la française.Pour l\u2019Haïtien moyen, le parler français plane bien haut, inaccessible, solitaire et majestueux.Au-dessous de lui, s\u2019étagent pêle-mêle toutes les autres langues bourgeoises, roturières, prolétaires et inférieures! Celui qui réussit à dompter cette langue des dieux, est un être à part, digne de la vénération universelle.Pour se convaincre de l\u2019estime de la langue française, qu\u2019on se rappelle l\u2019aventure des \u201cquatre Haïtiens à Paris\u201d dont Fernand Hibbert fait le récit dans son roman Séna: Quatre Haïtiens: Porus, Philippe Auguste, Mentor Labbé et Sirius Neptune, déambulaient dans un 846742 76 ACTION NATIONALE quartier de Paris.Apercevant un de leurs compatriotes, Séna, ils se mirent à l\u2019appeler à grand renfort de cris, sans se soucier du tapage qu\u2019ils causaient et croyant disposer de la même \u201cliberté de parole\u201d qu\u2019ils avaient en Haïti.Interviennent aussitôt deux agents qui les menacent de les amener au poste.Mais pendant que les policiers leur faisaient des remontrances, l\u2019un de nos compères, Philippe Auguste, voyant passer un autre compatriote dans une voiture découverte, se remit à vociférer dans sa direction: \u201cLacorne! Lacorne! ban\u2019m l\u2019haussière!\u201d.Immédiatement les agents l\u2019empoignèrent.Il protesta avec véhémence et dans une envolée oratoire du style le plus ampoulé il ne manqua pas de flétrir l\u2019attitude des policiers.Cette altercation avait provoqué un attroupement et la foule commençait déjà à manifester son indignation devant l'injustice dont était victime le vieux nègre.Les gardiens de la paix comprenant que tout cela pouvait finalement dégénérer en bagarre, relâchèrent notre bonhomme.Alors Philippe Auguste en profita pour placer un second discours dans lequel il remerçia le \u201cpeuple français\u201d des marques de sympathies et d\u2019intérêt qu\u2019il venait de lui témoigner, parla de \u201cflambeau de la liberté et de la civilisation\u201d, fit allusion aux \u201cdroits de l\u2019homme solennellement proclamés par l\u2019immortelle révolution française, émancipatrice du genre humain\u201d ! et termina en évoquant les mânes de Mirabeau, de Danton, de Brissot, de Grégoire, de Lamartine, de Michelet, de Schoelcher et de Victor Hugo.\u201cCes propos emphatiques, nous dit Hibbert, lancés avec feu et conviction émurent la foule.On applaudit avec ardeur\u201d.Alors, devant ces ovations, au fond de lui-même, notre homme se mit à penser avec délices : \u201cTonné ! nous sommes terribles-oui, nous autres Haïtiens.voilà que nous déchaînons peut-être une révolution en plein Paris à présent!\u201d Aux débuts de l\u2019émigration haïtienne aux Etats-Unis, on pouvait entendre de la bouche de nombre de ceux qui revenaient du pays de l\u2019Oncle Sam des récits merveilleux de l\u2019effet magique qu\u2019avait opéré le seul fait qu\u2019ils soient des nègres d\u2019expression française.A les entendre, le simple fait que l\u2019Haïtien parlait français et qu\u2019il se distinguait ainsi de ses congénères américains, antillais ou britanniques, opérait sur les yankees un effet instanta- BILINGUISME ANTILLAIS 77 né: ségrégation, discrimination, brimades et autres mesures vexatoires, tout était aboli comme par enchantement à cette seule révélation.Selon eux, nous pouvions presque nous prévaloir d\u2019un nouveau droit de \u201cCivis ro-manus\u201d qui ouvrait toutes les portes, aplanissait toutes les difficultés et rangeait devant nous l\u2019univers non francophone en une rangée d\u2019adorateurs émus.En somme, par un phénomène assez curieux, la langue des anciens bourreaux de Dessalines, de Christophe que ces héros mêmes et il n\u2019est pas exagéré de penser et de Toussaint Louverture est aussi chère aux Haïtiens qu\u2019ils seraient prêts à se battre pour elle.A preuve les violentes querelles, polémiques, prises de positions auxquelles la question du français n\u2019a cessé jusqu\u2019à présent de donner lieu.Que l\u2019on se souvienne des querelles et des colères que suscitèrent la méthode Laubach et l\u2019orthographe anglo-saxonne qu\u2019elle préconisait pour le créole, ou encore les révoltes que provoquèrent certaines façons de procéder des Américains en matière d\u2019éducation pendant la période où ils occupèrent le pays.L\u2019on y voyait des tentatives de nous angliciser.Je me souviens, pour ma part, d\u2019avoir ressenti comme une insulte le fait de m\u2019être fait demander ingénument et sans méchanceté, je crois, si je pensais en français ou si je traduisais ma pensée dans cette langue au fur et à mesure que je parlais.Je crois bien que si j\u2019avais vécu à une époque où l\u2019on prenait plus facilement la mouche, ma seule réponse aurait été l\u2019envoi de mes témoins à cet insulteur involontaire.On ne peut s\u2019empêcher ici de faire le rapprochement avec l\u2019attitude des Canadiens français vis-à-vis du français.Cécile Cloutier ne nous dit-elle pas que pour ceux-ci : \u201cla langue fut et demeure une forme de beauté pour laquelle l\u2019on combat et l\u2019on se sacrifie\u201d (1).J\u2019ai tout lieu de croire que la réaction personnelle dont je faisais état tantôt aurait bien pu être celle de n\u2019importe lequel de mes compatriotes si j\u2019en juge par les (1) Cécile Cloutier, L'Esthétique de la langue canadienne-française, Revue d\u2019Esthétique, juillet-décembre 1965, p.287-299. 78 ACTION NATIONALE explications prudentes que dans la préface de son livre \u201cLa Langue Française en Haiti\u2019\u2019 Pradel Pompilus juge nécessaire d\u2019apporter sur l\u2019intention qui a présidé à la rédaction de son étude.Pour cette thèse de doctorat qui est un travail d\u2019érudit ne devrait à la rigueur passionner que quelques lettrés, grammairiens, philologues ou linguistes, et en aucun cas ne devrait lui attirer l\u2019ire de la foule.Cependant il sait sur quel terrain particulièrement explosif il s\u2019engage et quel déchaînement de colère il provoquerait s\u2019il s\u2019avisait le moindrement de suggérer (je ne dis même pas démontrer ou prouver) que les Haïtiens parlent mal le français.Et c\u2019est pourquoi il est assez significatif de le voir clore l\u2019introduction de son ouvrage en apportant de prudentissimes éclaircissements : \u201cIl nous paraît maintenant nécessaire de préciser pour nos compatriotes, si attachés à la langue française et si chatouilleux sur ce chapitre, que notre travail n\u2019est pas une critique de leur langue, mais une oeuvre d\u2019observation objective qui aidera peut-être nos professeurs de français à discerner des éléments sur lesquels leur enseignement devrait insister: notre point de vue n\u2019est pas celui d\u2019un censeur ; nous ne relevons pas des fautes, nous faisons au contraire la description objective des aspects réels du français parlé chez nous par la moyenne des locuteurs.Que des Haïtiens soient capables d\u2019écrire un français absolument correct et même élégant, les différentes anthologies de la littérature haïtienne ne le prouvent que trop.Mais l\u2019objet de cette étude est bien différent\u201d (2).Je crois qu\u2019on peut aller jusqu\u2019à dire qu\u2019en Haiti, se piquer de bien parler le français est un motif d\u2019orgueil national.Si l\u2019on veut trouver les raisons d\u2019un tel culte, il ne faudra pas l\u2019attribuer au seul souci du bien dire et du beau parler.Il faudra aussi considérer les incidences sociales.En Haïti, le français est seulement langue officielle.Mais comme elle est la langue de l\u2019élite intellectuelle et de la classe dirigeante, c\u2019est elle, la clef du succès, le sésame qui ouvrira les avenues de la fonction publique, qui (2) Pradel Pompilus, La Langue Française en Haïti, p.2. BILINGUISME ANTILLAIS 79 permettra de monter dans l\u2019échelle sociale, qui apportera considération, influence, prestige et, bien entendu, amélioration du niveau de vie.C\u2019est par le seul canal du français que l\u2019on pourra avancer en connaissance, briller aux yeux de ses supérieurs, surclasser ses pairs et s\u2019attirer gloire, honneur et pouvoir.L\u2019on comprendra encore mieux ceci, si l\u2019on songe que dans ce pays, les avocats (gens particulièrement dévoués à l\u2019art de la parole) ont été pratiquement jusqu\u2019à une époque récente les seuls techniciens et que la politique (avec la bénédiction des militaires) était leur chasse gardée.Et c\u2019est ainsi que le parler français est devenu une sorte de baguette magique capable d\u2019opérer des prodiges et, entre autres, celui de permettre le passage d\u2019une classe sociale à une autre.Car s\u2019il existe une classe moyenne, ce n\u2019est point tant un critère économique qui doit la caractériser que la promotion intellectuelle de l\u2019instruction qui aura permis à ses membres de se tirer du prolétariat ou du sous-prolétariat et, par la possession du pouvoir politique, leur permet d\u2019effectuer leur enrôlement dans la classe possédante minoritaire.De là vient ce culte à l\u2019égard du français, cette fascination qu\u2019il exerce même sur cette partie de la population qui ne le parle pas.De là aussi, vient de la part de ceux qui le parlent, cette susceptibilité, ce soin jaloux.les professeurs et les critiques haïtiens veillent avec un soin jaloux à la correction, à la pureté et même à l\u2019élégance du français.L\u2019homme de la masse admire ceux qui le parlent et aspire, lui-même, à le parler, car la connaissance de cette langue est l\u2019un des facteurs essentiels du progrès social : les échelons supérieurs de l\u2019administration ne sont pas accessibles à ceux qui l\u2019ignorent\u201d (3).La malice populaire n\u2019a pas manqué d\u2019ironiser sur cette idolâtrie.Elle s\u2019est donné libre cours dans de nombreux dictons, chansons, aphorismes ou proverbes comme par exemple celui-ci : \u201cBel francé pas dit l\u2019esprit\u201d (Bien parler ne rend pas génial).(3) Pradel Pompilus, La Langue Française en Haïti, p.19. 80 ACTION NATIONALE 11 est, entre autres, une chanson fort populaire qui ne se contente pas de jeter le ridicule sur les partisans fanatiques du français mais y ajoute, mine de rien, un brin de mépris car on y perçoit un léger défi.Zote parler latin, Zote parler francé, Moin m\u2019parler créole, Moin m\u2019connain ça qui bon (4).¦ \u2022 ¦ (4) Traduction: Vous autres, vous parlez français Moi je parle créole, Et j\u2019ai meilleur goût que vous. Boris Vian \u201cBoris Vian est un humoriste désespéré\u201d M.NADEAU par Bondfield Marcoux Boris Vian, humoriste désespéré?Sûrement.Boris Vian, trompinettiste ?Encore.Boris Vian, inventeur de la roue élastique?Boris Vian, moraliste?Boris Vian tout court ?C\u2019est toujours Boris Vian.Un auteur aussi multiple que ses humeurs et tout aussi insaisissable.Maurice Nadeau a raison et toutes les attitudes, toutes les interprétations me paraissent acceptables car, l\u2019oeuvre de Boris Vian permet tout.B y a chez Boris Vian, une angoisse véritable qui nous trouble, plus nous pénétrons l\u2019oeuvre.Il y a aussi un \u201chumour désespéré\u2019\u2019 qui me rappelle ces soirées, où, fatigués, épuisés, n\u2019importe quelle blague nous ferait rire.Certains problèmes deviennent tellement violents, tellement cruels et insupportables que le seul réflexe qui nous soit encore disponible ; c\u2019est le rire.Ni un rire gras, ni un rire fin, mais un rire fatigué.O combien fatigué ! Malraux, Camus, Sartre et d\u2019autres encore, ont pu regarder leur condition, et en parler sérieusement.Boris Vian, non moins grave, ressent avec acuité le poids insupportable de sa condition, et il en rit.Il en rit car la lutte serait vaine.Il refuse de combattre l\u2019irrémédiable.La tragédie que nous vivons est trop grande pour la regarder avec aplomb, avec circonspection.Au fond, son 82 ACTION NATIONALE humour s\u2019il nous apparaît très vite désespéré, et s\u2019il nous tire les larmes, c\u2019est qu\u2019il est franc, qu\u2019il est démentiel et qu\u2019il n\u2019est guère plus amusant.Boris Vian \u201cle tendre\u201d, comme je me plais à l\u2019appeler, a voulu faire comme si de rien n\u2019était.Non pas en se jetant de la poudre aux yeux ; en oubliant les guerres, la mort, la faim.Mais en mettant l\u2019Amour au rang des contes de fées.L\u2019amour devenu tout aussi irréel que l\u2019évanescente Carabosse, devient aussi un sujet qui admet toutes les modalités, toutes les fantaisies et les fantasmes.L\u2019amour peut être n\u2019importe quoi, motiver n\u2019importe quoi.Et par cela même, je dirais de Boris Vian qu\u2019il n\u2019a rien de \u201cdésespéré\u201d ou plutôt s\u2019il nous a communiqué tout le désespoir ressenti au seul malaise de vivre, il a bien su valoriser d\u2019autre part, la belle importance de l\u2019évasion.Il a vécu l\u2019absurde comme seul on peut vivre l\u2019absurde ; en l\u2019éludant toujours.Non par lâcheté mais bien parce qu\u2019il sait la tâche insupportable.Vian est mort jeune et sa vie nous apparaît pourtant aussi chargée qu\u2019un fil électrique, (sic) ! Trompinettiste, coureur, écrivain, alcoolique, comédien et scénariste, sans oublier le noble titre d\u2019ingénieur, il a crevé aussi étrangement qu'il a vécu, seul dans un banc de théâtre.Il n\u2019a même pas eu le temps de s\u2019étendre sur son \u201cconfortable-lit-de-mort\u201d.Si je me laissais aller à la rhétorique, je le comparerais à ces papillons qui voltigent frénétiquement autour d\u2019une ampoule électrique jusqu\u2019à ce qu\u2019ils en meurent.Mais comme je n\u2019aime pas me laisser aller à la rhétorique, je ne le comparerai pas à ces papillons qui voltigent autour d\u2019une ampoule électrique jusqu\u2019à ce qu\u2019ils en meurent.Ouf ! Boris Vian, mort pour avoir trop vécu, écrit \u201cL\u2019écume des jours!\u201d Un livre tendre, attachant, angoissé mais pas comme les autres livres tendres et attachants.Une angoisse sentie, omniprésente mais jamais impudente, toujours subtile et d\u2019autant plus vive.Et s\u2019il s\u2019agit de \u201cdésespoir\u201d, c\u2019est de désespoir vécu bien loin du désespoir \u201cdisséqué\u201d qui tourne souvent à faux d\u2019un Oamus, d\u2019un BORIS VIAN 83 Malraux et même d\u2019un Sartre.C\u2019est un humour tragique qui nous fait réaliser l\u2019importance de vivre, qu\u2019il n\u2019y a vraiment plus une minute à perdre.\u201cL\u2019écume des jours\u201d est pour moi, une aventure personnelle.Un roman chaud, jaunâtre.Je m\u2019y suis senti triste mais combien heureux de vivre! Vivre pour apprécier l\u2019air frais, les arbres, une chevelure, un geste, la fraîcheur d\u2019un bras ! Les personnages qui évoluent sur une \u201ctapisserie de mots\u201d sont vous et moi.Des êtres qui redécouvrent le goût de dire, de parler, d\u2019inventer des mots colorés, nouveaux, tout en voluptés.Le langage de Boris Vian est un dessin d\u2019enfant, avec la même fraîcheur, la même cruauté et les mêmes personnages, irréels comme rares le sont les personnages, sans aucun souci de précision psychologique, de vraisemblance romanesque et pourtant, combien près de nous ! Humour désespéré ; oui bien sûr.Mais aussi une féerie verbale, baroque, ou mieux, rococo, ciselée et délicate.L\u2019oeuvre de Boris Vian, je l\u2019avoue, est une oeuvre qui me touche, m\u2019émeut.Une oeuvre que j\u2019aime.Et je crois qu\u2019il serait heureux de me l\u2019entendre dire. VATICAN II ET UN AUTRE DOMINICAIN Un\toutre Dominicain, aumônier\td'école, juge la\tDéclaration\tde Vatican II sur l'éducation chrétienne: \"Ce texte tient trop peu compte des évolutions en cours.Il est en retard.Après un début prometteur, il ne comporte à peu près pas d'éléments de progrès.\"Quoi qu'il en soit, ajoute-t-il, du document conciliaire et de son application au Québec, qui\trelève d'abord et avant tout\tde la Conférence épiscopale,\ton n'est pos moins chrétien parce que l'on pense que dans un Concile tout n'est pas de la même venue En dépit de la déception causée par ce schéma, nous ne voudrions pas céder au découragement.\" (La Presse, 18 juin 1966, p.6.De\tsorte qu'au jugement de CE\tdominicain, tous\tles Evêques\tdu Québec qui ont voté avec plus de 2000 autres cette Déclaration sur le Concile,\tsont en retard.S'ils avaient\taccepté le point\tde vue de\tCE Dominicain, qu'ils n'ont pas voté, ils seraient en progrès, O modestie ! Pourquoi les 2000 Evêques ne changent-ils pas d'avis ?Mgr Gar-rone, ancien archevêque de Toulouse promu à la tête d'une Congrégation romaine, n'y va pas de main morte pour dire quelques vérités: \"Un texte conciliaire n'est pas une opinion de plus dans une matière controversée, il est le fruit d'une réflexion de l'Eglise, menée à la lumière de l'Esprit de Dieu dans le cadre exceptionnel des évêques rassemblés de toute la terre.Il y a donc, du point de vue de la foi et même du point de vue du simple bon sens, beaucoup de légèreté et un peu de suffisance, à juger ce décret de haut.Si l'Eglise ne consent pas à abandonner l'idée de l'école chrétienne, c'est finalement parce qu'elle a de l'éducation religieuse due à l'enfant un certain sens\" (D.C., 1 mai 1966).Le décret conciliaire ne dit évidemment pas tout.Il donne la ligne de continuité dans la pensée de l'Eglise.Pourquoi paraître ignorer que l'Assemblée épiscopale du Québec a donné son avis le 29 août 1963, que les cardinaux Roy et Léger sont revenus plusieurs fois, et devant des publics importants, sur le type d'école qu'il fallait pour le Québec ?On refuse les autorités et on revendique la liberté de tracer de nouveaux chemins apostoliques.Mais CE dominicain se rattache à d'autres autorités, celle d'ESPRIT 1952 qui a explicité ces thèses et de la gauche française.Il n'a donc rien inventé.Il lui restera en propre de semer la division par attachement à son opinion propre. Sous la direction et avec le concours des directeurs de la Ligue d'Action nationale, la revue consacre ici quelques pages, dont la préparation sera confiée chaque mois à diverses personnes ou à des équipes de personnes.Leur objet est de fournir des thèmes suivis d'études aux sections de nos associations nationales, sociales et civiques, aux cercles d'études de collège, etc., sur des problèmes majeurs d'action.Les orientations générales de ces rubriques correspondront, en général, à celles de la revue.Mais une grande latitude d'expression sera laissée à ceux qui assumeront la tâche de préparer ces textes, de sorte qu'on ne devra pas s'étonner d'y trouver à l'occasion des opinions différentes de celles qu'ont pu exprimer le directeur ou d'autres collaborateurs réguliers de la revue.D'ailleurs l'objet de ces textes sera généralement d'être soumis à étude et discussion.Nous le disions dans l'introduction de cette section en septembre 1965, ce genre est difficile et nous sommes conscients de tenter une expérience que nous raffinerons au fur et à mesure de son déroulement.C'EST POURQUOI NOUS SOLLICITIONS LE CONCOURS DE TOUS POUR NOUS INDIQUER CE QU'ILS VOUDRAIENT APPRENDRE OU TROUVER, SUR LES SUJETS CONCERNES, POUR QUE LA SECTION ATTEIGNE SON OBJECTIF ET LEUR SOIT VRAIMENT UTILE.Adresse: L'ACTION NATIONALE, Section des cercles d'études, C.P.189, Station N, Montréal. *Uie de A (Le r de A cl (Ltu.dc ¦\tI B \u2022 « Vie des Cercles d'Etudes » entre déjà dans sa deuxième année d\u2019expérience.L'analyse des 36 études élaborées démontre de l\u2019unité, de la cohérence et de la continuité.Nous avons tenu « le coup », mieux même que nous l'espérions.Pour bien saisir le sens de cette section de la revue, il nous paraît opportun de résumer les idées maîtresses de l\u2019année passée.I \u2014 L\u2019ANNÉE VÉCUE Le domaine politique Pendant neuf mois, nous avons approfondi l\u2019idée même des états généraux.Le déroulement de l'histoire nous a enseigné l\u2019évolution de cette institution.Celui qui a réfléchi sur les études présentées comprend la marche de nos états généraux, qui doivent exprimer la volonté d\u2019un peuple qui, jamais, n\u2019a été consulté sur son avenir constitutionnel Voici les principales idées exposées: septembre : octobre: novembre: décembre: janvier: février: mars: avril: mai: Comment modifier la constitution ?1965: une période historique.Les objectifs et les structures de nos états généraux.L\u2019origine des états généraux en France.Les états généraux de Charles V à la Révolution.Les états généraux sous la Révolution.Expériences constitutionnelles de la France après la Révolution.Ce que sont les états généraux.Les leçons de l\u2019expérience française avec les états généraux.669963 88 ACTION NATIONALE Le domaine fiscal Des idées claires et précises ont été exprimées sur le problème de la fiscalité.Des objectifs ont été formulés.Les ententes temporaires que le Québec conclut doivent préparer les ententes permanentes vers lesquelles les divers gouvernements du Canada s\u2019orientent sans le vouloir et dans un mouvement irréversible.Les sujets traités étaient: septembre : octobre: novembre : décembre: janvier: février: mars: avril: mai: Devant la multiplicité des solutions proposées.Les origines constitutionnelles du problème fiscal.Les origines politiques du problème fiscal.Les origines financières du problème fiscal.Le problème fiscal à l'heure actuelle.Le fédéralisme et la formation technique.Les solutions fiscales prioritaires.L\u2019impôt sur les compagnies.Les impôts directs.Le domaine social Les plans « conjoints » et le problème de l\u2019enfance malheureuse ont été approfondis.Les dimensions différentes de ces deux problèmes ont créé une diversité pour intéresser des milieux différents.La répartition des études est ainsi distribuée: septembre: octobre: novembre : décembre: janvier: février: mars: avril: mai: Les priorités sociales.La nature des plans conjoints.L\u2019importance des plans conjoints.L'état actuel des plans conjoints.Nos attitudes devant les plans conjoints.L\u2019enfance malheureuse \u2014 le problème et ses causes.L\u2019enfance exceptionnelle.La loi de l\u2019Assistance publique et l\u2019enfance malheureuse.La loi de la protection de la jeunesse et la loi de l\u2019adoption. INTRODUCTION 89 Le domaine économique Deux priorités ont retenu notre attention: la Caisse de Dépôt et de Placement et le développement régional.L\u2019importance d\u2019une canalisation des capitaux pour un meilleur rendement et la nécessité d une décentralisation économique pour un meilleur équilibre présentent apparemment une opposition de fait qui n\u2019existe pas.Voici les idées maîtresses énoncées: septembre: octobre: novembre : décembre: janvier: février: mars: avril: mai: Les priorités économiques.Les ressources investissables et la Caisse de Dépôt et Placement.Quelques statistiques.La structure de la Caisse de Dépôt et Placement.Le fonctionnement de la Caisse de Dépôt et Placement L urgence des sociétés de développement régionaL Le sens et la portée de la Société régionale de développement.Contraintes du développement régional.Pour une meilleure intégration régionale.Conclusions La diversité de ces études a permis de rejoindre des centaines de cercles d\u2019études et d'intéresser des milliers de membres de diverses associations.Les nombreuses lettres et invitations que nous avons reçues témoignent de l\u2019utilité de la formule d\u2019une section destinée à des groupes aux fins d\u2019études et d'action collectives.Les suggestions multiples qui nous ont été transmises nous permettent de modifier et d\u2019adapter les orientations de l\u2019année nouvelle aux exigences exprimées par la majorité des voix entendues.Dans cette optique, nous entendons recevoir l\u2019année durant vos critiques, vos commentaires et même vos félicitations.Cette section est dédiée aux cercles d\u2019études de nos collèges et de nos associations.Déjà de nombreuses sections de la SSJB se sont engagées dans l\u2019étude continue de nos vingt pages.Quelques syndicats 90 ACTION NATIONALE ouvriers se sont familiarisés avec l\u2019action nationale.Des dizaines de cercles de jeunes approfondissent des idées maîtresses.Nous espérons que l\u2019année qui débute verra cette section se populariser davantage.La cohésion dans les priorités de 1 époque ne sera jamais assez répandue.II \u2014 LA NOUVELLE ANNÉE Notre section sera moins « intellectuelle ».Nous n entendons pas par là diminuer la qualité des chroniques.Au contraire, nous voulons dire plutôt que nos études seront moins abstraites.Les priorités de l\u2019an dernier étaient majeures.Elles s\u2019élevaient toutefois à des objectifs nationaux de portée primordiale mais parfois inaces-sible à l\u2019homme de la rue.Cette préoccupation d\u2019adaptation nous a conduit à des priorités essentielles mais plus tangibles à chacun.Ces nouveaux objectifs égalent en importance ceux de l\u2019an dernier.Ils ne repoussent pas non plus cette nécessité continue de la diffusion d opinions en matières constitutionnelles, fiscales, sociales ou économiques.Ces recherches seront reproduites dans la section « Vie Nationale » de la revue.Notre orientation tend alors à l'action.L'étude avant et pour l\u2019action devient une caractéristique de l\u2019année.Nous ne croyons pas à l\u2019improvisation ni au programme bâti à la peu près.Nous croyons néfaste et stérile l'action dispersée et conduite au petit bonheur.National Une chronique mensuelle définira nos positions en marge de l\u2019actualité.Un thème sera ainsi développé chaque mois.Cette actualisation permet d\u2019intéresser un plus grand public.Elle vulgarise des conceptions.Elle sensibilise le peuple à nos problèmes nationaux.Car la sélection des sujets traités s\u2019effectue dans la vision de la nation canadienne-française et de son plein épanouissement.Nous osons croire que cette heureuse initiative sera appuyée et que les réclamations formulées seront entendues.Le caractère concret des INTRODUCTION 91 revendications suscitera non seulement de la discussion mais aussi de l'action.Il n\u2019est pas bon de conserver sous le boisseau des idées majeures qui doivent rayonner aux quatre vents du Québec.Politique Sous ce titre, en collaboration avec les états généraux, nous exposerons des objectifs de cette colossale initiative et nous nous intéresserons à ses diverses activités.Notre point de vue ne s\u2019arrête pas à celui du journaliste qui informe.Il précède même les événements.II vous convie à une participation aux diverses initiatives des états généraux.Il vous propose une action personnelle.Il commente le déroulement de ce scénario, les difficultés à surmonter et les perspectives à entrevoir.La réalisation des états généraux constitue un défi à relever.Nous nous devons de collaborer.Vous vous devez de coopérer.Ainsi cette chronique s\u2019engage dans une opération active, pour un appui total à l\u2019aventure du siècle.Les états généraux représentent la voix du peuple.Représentatifs de tous les milieux de la nation, ils veulent exprimer la volonté populaire sur les changements constitutionnels à effectuer.Jamais notre peuple n\u2019a été consulté sur son devenir politique.Les transformations qui s annoncent doivent répondre aux exigences et aux aspirations du peuple.Les états généraux incarnent cette voix du peuple.La réussite de cette assemblée nationale est un gage d\u2019avenir.C\u2019est le chemin précurseur a 1 assemblée constituante ! C est un mode démocratique de rechercher un dénominateur commun ! Économie La recherche de la priorité économique de l\u2019année n\u2019a pas été facile.Les themes sont abondants; planification, orientation, nationalisation des ressources naturelles, complexe sidérurgique, complexe 92 ACTION NATIONALE pétrochimique, office de recherches et de développement, valorisation de l\u2019agriculture, renforcement de la S.G.F., développement régional, investissements étrangers, etc.Parmi tous ces objectifs à réaliser dans l\u2019immédiat, nous avons préféré accorder notre attention à une campagne continue pour conquérir l\u2019épargne du Québec.L'édification d une économie cana-dienne-française nécessite la maîtrise de l\u2019épargne populaire.Nous ne contrôlons pas plus de 18% des économies pratiquées par les Québécois.Une telle infériorité financière maintient notre nation dans un état de servitude, de dépendance et d\u2019esclavage.A longs termes, nous croyons que tous les autres efforts d\u2019émancipation nationale seront annihilés, si les Canadiens français n obtiennent pas la maîtrise des institutions financières du Québec.Ce champ d\u2019action est immense.Si les associations veulent s\u2019engager dans une œuvre véritable de relèvement économique, dans 10 ans, nous pouvons nous emparer du Québec.Dans la conduite de cette bataille à gagner, nous collaborerons étroitement avec le Conseil d\u2019expansion économique.Tous les efforts humains doivent être mobilisés et canalisés pour la ressaisie de nos épargnes, le fruit de notre travaiL Mais n\u2019allons pas croire que cette bataille est réservée au C.E.E.ou à l'Action nationale.La conquête de notre économie, c\u2019est l\u2019affaire de chaque compatriote.En inscrivant cette priorité pour l\u2019année nouvelle, nous accomplissons un geste qui doit être réalisé par chaque association et par chaque citoyen.Le redressement est à ce prix.Coopération Depuis quelques années, les nationalistes s\u2019intéressent de moins en moins au secteur de la coopération.Le mouvement Desjardins qui émane de l\u2019appui continu de nos sociétés nationales entre dans l\u2019ère des grandes entreprises.Il s\u2019éloigne quelque peu du peuple.De trop nombreux secteurs de la coopération n ont pu s épanouir pleinement.L'analyse des causes nous convie à certaines transformations de structures et de mentalité, INTRODUCTION 93 II nous semble urgent de mettre sur pied certains instruments pour coordonner l'action des coopérations, susciter une législation favorable à cette action et pour relancer la coopération dans les domaines de la consommation, de la production, de la distribution et de la vie agricole.Cette dernière priorité choisie pour l'année est exaltante dans ses perspectives.Le potentiel illimité de la coopération constitue la meilleure assurance de conserver à notre peuple ce qu\u2019il aura gagné à la sueur de son front.Conclusions Consignes nationales, états généraux, maîtrise économique et expansion de la coopération, voilà les quatre priorités développées dans cette section ! Nous allons nous efforcer d\u2019éviter l'émiettement et 1 eparpillement.Osez vous-mêmes nous apporter votre collaboration ! Jusqu\u2019au bout ! Tous, ensemble, collaborons ! Unissons-nous pour servir ! O\u2019ai P P * 1\t\u2014 Définition Q.\t- Que sont les états généraux ?R.\t\u2014 Etats généraux signifie assemblée des éléments représentatifs de la nation1.2\t\u2014 Invités Q.\t- Quels sont les invités à l'Assemblée préliminaire des E.G.?R.\t- Tous les groupements appartenant à la communauté franco- phone du Canada français sont conviés à déléguer des représentants aux E.G.3\t\u2014 Objectifs -\tQue désirent les E.G.?-\tIls veulent être le point de ralliement, le vaste forum des Canadiens français, le point de rencontre de toutes les forces vives d'une nation qui veut étudier en profondeur sa situation et définir une orientation nouvelle.4\t\u2014 Pourquoi Q.\t- Pourquoi convoquez-vous les E.G.?R.\t- Au Québec, la nation canadienne-française recherche les structures et les institutions qui lui permettront de façon certaine et permanente de réaliser son plein épanouissement.5\t\u2014 Formule périmée Q.- Pourquoi déclare-t-on le British North America Act une formule périmée et désormais inacceptable ?(1) Procurez-vous le manifeste \u201cUn peuple parle aux Etats généraux, Case Postale 148, Station \u201cN\u201d, Montreal, 279-5296.Les réponses sont reproduites de cette brochure.8064 ÉTATS GÉNÉRAUX 95 ~ La constitution canadienne prive l\u2019Etat québécois, Etat national des Canadiens français, de revenus et de pouvoirs essentiels au bon fonctionnement d'un gouvernement moderne.6\t\u2014 Divisions Q.\t\u2014 La nation canadienne-française est-elle divisée dans sa volonté du devenir politique ?R.\t- De nombreuses options s\u2019offrent au Québec: fédéralisme coopératif, statut particulier, Etats associés ou indépendance totale.7\t\u2014 Importance Q- - L option constitutionnelle est-elle importante ?IL ~ L 1 avenir de toute la nation, de tous les Canadiens français, qui est en cause.La question constitutionnelle a des répercussions dans toutes les spheres d action de notre société.8\t\u2014 Le Peuple Q- ~ Qui doit choisir l\u2019option constitutionnelle ?R.\u2014 C est le droit sacré de tout peuple de choisir comment et par qui il veut être gouverné.9\t\u2014 Et non l-e Parlement Q.\t- Ne serait-il pas plus sage d\u2019abandonner au Parlement le choix de l\u2019option constitutionnelle ?R.\t- Le gouvernement et même le Parlement ne sont pas habilités à prendre de décisions.Le gouvernement, en effet, a pour rôle d administrer le pays dans le cadre des institutions qui existent, alors que la question discutée porte sur la validité même de ces institutions.Quant au Parlement, il est constitué de partis qui, légitimement, défendent leurs intérêts et leurs doctrines.10\t\u2014 Représentation Q.- Quelles sont les normes de la représentation à l\u2019Assemblée préliminaire des E.G.? 96 ACTION NATIONALE R.\u2014 10 délégués élus dans chaque comté par 1 assemblée des associations canadiennes-françaises du comté, un délégué par fraction de 10,000 membres d\u2019un corps intermédiaire et des représentants des Canadiens français établis hors du Quebec 11\t\u2014 Date Q.\t- Quand cette réunion sera-t-elle tenue ?R.\t- A Montréal, les 25, 26 et 27 novembre 1966.12\t\u2014 Comités Q.\t- Quels sont les comités constitués pour préparer ces assises ?R.\t- Une commission constitutionnelle et politique, une commission des relations entre les Canadiens français, une commission de la communauté francophone mondiale, une commission technique et une commission administrative.13\t\u2014 Collaboration Q.\t- Puis-je aider ?R.\t- Oui, si vous le voulez.Dès ce jour, exprimez votre désir de participation aux E.G., Case postale 148, Station « N », Montréal.14\t\u2014 Tournées régionales Q.\t- Quels sont les objectifs des tournées régionales ?R.\t- Recueillir les idées exprimées par la population sur les problèmes culturels, constitutionnels et socio-économiques de la nation et préparer efficacement le terrain pour 1 assemblée préliminaire.15 \u2014 Dates Q.- Quelles sont les prochaines tournées régionales ?R.- 15-16-17 septembre 23-24-25 septembre 7- 8- 9 octobre 14-15-16 octobre 21-22-23 octobre 28-29-30 octobre Montréal Trois-Rivières Sherbrooke Saint-Jérôme Lac St-Jean Québec ÉTATS GÉNÉRAUX 97 16 \u2014 Comité de convocation Q.\t\u2014 Les structures provisoires des E.G.ont été formées par quelle autorité ?R.\t- Le 12 mars 1966, 25 corps intermédiaires ont affirmé la nécessité de réunir et de convoquer les E.G.Ils ont créé une Commission générale provisoire composée de François-Albert Angers, Richard Arès, Albert Boulet, Alban Couru, Fernand Daoust, Georges-Henri Fortin, Léo Gagné, Yvon Groulx, Jean Lamy, Me Georges-Emile Lapalme, Albert Leblanc, Jean-Marc Léger, Me Jacques-Yvan Morin, Rosaire Morin, Michel Pelletier, Mme Germaine Perron, Me Yves Prévost, Paul-Emile Robert, Me Gaston Rondeau, Robert Sauvé et Adélard Savoie.Cette gigantesque initiative des E.G.doit réussir.Votre collaboration peut seule permettre d'assumer ce défi Action: 1\t- Discutez en groupe des questions soumises.2\t\u2014 Dès ce jour, écrire aux E.G.et vous inscrire à un comité d'organisation.3\t- Dans votre milieu, suscitez une manifestation publique, avec un conférencier des E.G.4\t- Sensibilisez votre milieu à la nécessité des E.G. Notre première étude sur la coopération sera surtout descrip- tive.Dans le monde Les coopératives affiliées à l\u2019Alliance coopérative internationale groupent plus de 250 millions de sociétaires répartis en 551,000 groupements unis à travers 55 pays.Le chiffre d affaires annuel s\u2019élève à 40,209 millions de livres sterling.La distribution des coopératives est ainsi répartie: \tCoopératives\tSociétaires Consommation Assurances Crédit Agricoles Diverses Production ouvrière Habitation Pêcheurs\t45,985 64 310,718 104,002 57,830\t90.425.000 59.383.000 56.564.000 29.959.000 10.348.000 4.636.000 4.153.000 1.096.000 Cette puissance financière représente un au service de l\u2019homme.\t\tpotentiel inestimable Au Québec\t\t Au Québec, le mouvement de la coopération connaît une expansion considérable.Voici un tableau qui permet de constater l\u2019importance de la coopération dans la Province.\t\t \tCoopératives\tSociétaires Crédit Assurance-vie Assurance-incendie\t1,376 7 225\t1,885,256 97,419 coopération 99 _____________ Coopératives\tSociétaires Agricoles Consommation Habitation Pêcheurs Forêts Etudiants Les coopératives de crédit possèdent un actif global de 31,145,886,859.Les coopératives d\u2019assurance-vie accumulent $192,-814,754.Les coopératives agricoles possèdent $74,081,000., les coopératives de consommation $3,821,241.et les coopératives de pêcheurs $2,600,355.La réussite des coopératives au Québec se centralise autour de credit.Ce secteur a connu un développement colossal.Nous nous en réjouissons.L'assurance-vie a aussi récolté des fruits assez abondants.Le secteur de la consommation est à peine né au Québec A travers le monde, c\u2019est dans ce domaine que la coopération a connu ses plus grands succès.Dans 1 habitation, 7,700 maisons ont été construites Des échecs retentissants ont déprécié l\u2019idée.Nos coopératives agricoles ne transigent que $200,000,000.d\u2019affaires par année et nos pêcheurs ne dépassent pas le $5,000,000.548 75 22 25 80 20 93,545 21,000 8,000 3,283 3,000 Perspectives Dans 1 édification d\u2019une économie canadienne-française, quelle est la place de la coopération ?La coopération nuit-elle à notre entreprise privée ?Les riches secteurs de la coopération aident-ils suffisamment les secteurs moins favorisés ?Les structures de certaines entreprises coopératives répondent-elles aux exigences de l\u2019époque ? 100 ACTION NATIONALE La coopération entre les divers secteurs est-elle étroite et réciproque ?Dans une coopérative, développe-t-on assez 1 esprit, 1 esprit de la coopération et du coopérateur ?La coopérative applique-t-elle les principes de la solidarité économique envers les nôtres ?Voilà quelques questions à poser pour amorcer le dialogue! Au cours des prochains mois, de nos discussions, la lumière jaillira.LISEZ AVEC ATTENTION L'ARTICLE DU R.P.ARÈS dons ce numéro et faites-le lire conom te Pour une économie canadienne-française Faits (1) Les Canadiens français représentent 30.4% de la population canadienne.Ils ne contrôlent que 8.4% des six secteurs de l'économie que voici: \tACTIF\t1964 1965 \t\tNotre \tCanada français\tproportion au Canada Assurances sur la vie Assurances générales Banques Epargne et crédit Fiducies Fonds mutuels\t435,275.133 109,160,701 1,613,273,000 1,555.133.118 197,100,808 123,453,622\t6.3% 4.0% 6.22% 20.5% 6.8% 3.6% TOTAL\t4,033,399,382\t8.4% Cette brutale réalité doit réveiller les endormis.Au Québec ou nous sommes 80.6% de la population, nous maîtrisons à peine 18% de ces secteurs de l'économie.Entre nous 1 Est-il normal de voir un petit peuple confier 82% de ses épargnes à des institutions étrangères?miques\u201d d^Rosatr^Morin, aux8Eduton^de^\u2019A^tfo^na^Uonale0^ IlTropose'des soluUons \u2018concrètes\"6 SitUati°n éc0nomi^' 102 ACTION NATIONALE 2\t- Nos entreprises rivalisent-elles avec égalité dans les prix, les services et la qualité?3\t- Alors comment expliquer que nous déposions 82% de nos épargnes en des institutions étrangères ?4\t- Savez-vous que ces étrangers investissent à peine 10% de nos épargnes au Québec français ?5\t- Etes-vous satisfaits de notre rôle de chauffeurs de taxi des entreprises étrangères?6\t- Quelles solutions proposez-vous?COMITÉ DE PLAINTES Cose Postoie 189, Station \"N\", Montréal.Le redressement de notre économie exige de nos institutions l\u2019égalité dans les prix, les services et la qualité.Si vous êtes mécontents d\u2019une entreprise canadienne-française veuillez nous exposer confidentiellement vos griefs et les détailler.Notre «Comité de plaintes» intervient auprès de chaque entreprise concernée et il obtient souvent la correction des lacunes constatées.Nous n\u2019avons pas le droit de déserter l'un des nôtres, sans lui formuler concrètement les motifs de notre mecontentemen Nous sommes souvent plus exigeants entre nous quavec étrangers.COMITÉ DE DOLÉANCES Cose Postoie 189, Station \"N\u201d Montréal.La pratique de la solidarité économique doit aussi être appliquée par nos propres institutions. POUR UNE ÉCONOMIE CANADIENNE-FRANÇAISE 103 II est intolérable de constater que des compagnies canadiennes-françaises, des communautés, des commissions scolaires et des municipalités déposent à la Toronto-Dominion Bank, s\u2019assurent à la Metropolitan Life ou aux Lloyd\u2019s, achètent des fonds Dreyfus et encouragent le Montreal Trust.Vous êtes priés de nous communiquer toutes ces inconséquences connues avec le plus de détails possibles.La source de nos informations demeure confidentielle.Notre « Comité de doléances » intervient auprès de chacune de ces compagnies qui n\u2019appliquent pas cette loi de la solidarité économique dont elles bénéficient.Devant une manifestation de mauvaise volonté, nous dénoncerons dans nos colonnes ces exploiteurs du nationalisme.Comité dachat Dans chaque milieu, dans chaque association, ne serait-il pas opportun et profitable de constituer un « Comité d\u2019achat » composé de quelques vaillants qui visiteraient les principales entreprises de la ville?Une visite à la Sœur Econome peut la convaincre de ne pas grandir l\u2019éblouissante prospérité yankee au détriment de l\u2019économie canadienne-française.Un contact intelligent peut persuader la municipalité et la commission scolaire d\u2019encourager les nôtres.L\u2019épicier qui serait prié par son client de vendre plus de produits fabriqués par les nôtres serait certes sensible à cet appel.Dans tous les domaines, toujours et partout, des interventions fermes et modérées obtiendraient des résultats tangibles et palpables Nous serions intéressés à connaître vos démarches, vos échecs et vos réussites.Conclusions Notre redressement économique est à ce prix.Un effort concerté, continu et réel est indispensable pour nous permettre de remonter la côte. 104 ACTION NATIONALE Savez-vous que, depuis 1962, nous avons proportionnellement perdu du terrain dans l\u2019économie du Québec ?En 1963, nos compagnies et sociétés d'assurance sur la vie obtenaient 28.4% des nouvelles émissions du Québec.En 1964, notre proportion des nouvelles affaires diminue à 25.5%.Dans les assurances générales, nos entreprises canadiennes-françaises encaissent, en 1963, 20.5% des primes nettes souscrites.En 1964, elles diminuent à 19.5%.Au 31 décembre 1965, les dépôts personnels confiés à la B.C.N.et à la B.P.C.représentent 7.8% des dépôts personnels de toutes les banques canadiennes.Notre proportion de 1948 s\u2019élevait à 7.8%.La situation est à ce point crucial qu\u2019il est devenu indispensable de travailler inlassablement dans la maîtrise de notre économie.A cette conquête, nous vous convions ! Serez-vous présents dans l\u2019engagement qui débute ? Nos annonceurs participent à la vie de la revue.Nos lecteurs sont tous intéressés à leur succès.Ils les consultent d'abord.RÉPERTOIRE DES RUBRIQUES Ameublement de bureau\tLibrairie Architectes\tMachinerie Assurances générales\tMinoterie Assurance-Vie\tNotaires Automobiles\tOpticien Banques\tPapeterie Bijouterie\tPhotographie Caisses Populaires\tPlacement Chauffage\tPompes à eau Coffres-forts\tProduits alimentaires Collèges\tQuincaillerie Comptables Distilleries\t Imprimerie\t IV RÉPERTOIRE DES NOMS Banque Canadienne Nationale Banque provinciale du Canada Caisse Populaire d'Hochelaga Camus, Raymond Canadienne Mercantile Canadienne Nationale Chevrier, Normand Collège Valéry Convoyeurs et machineries Victory Distilleries Melchers Ltée Dubé, Oscar & Cie Inc.Durocher, Rodrigue & Cie Editions Bellarmin Etco Photo Color Ltée Faucher, Maurice Générale de Commerce Grégoire, J.R.Grenache Inc.Groupe Commerce Jetté, J.W.Justin, coffres-forts L'Economie La Familiale Lanthier, Roger La Sauvegarde La Solidarité La Stabilité Laiteries Leclerc Lauzier, papetier Lemieux, Paul-M.Lemieux, Robert Les Minoteries Phénix Les Placements collectifs Marchand, Sarto Mathieu, Doliord Meunier, John Paradis & Messier Pilon, librairie Pomponnette Inc.Robillard, Michel Rodrigue, Lionel Robert, Paul-Emile Roy, Edouard St-Maurice (La) Thérien Frères United Auto Parts V AMEUBLEMENT DE BUREAU 7410, 19e Avenue, Ville Saint-Michel, Montréal 38 MESSIER VENTE et LOCATION D'AMEUBLEMENT pour INSTITUTIONS \u2014 HÔPITAUX \u2014 BUREAUX SALLES \u2014MAISONS D'ENSEIGNEMENT, etc Renseignements sur demande Téléphone : 376-5520 ARCHITECTES\t LES ARCHITECTES LEMIEUX Ludger Lemieux (fondateur) LEMIEUX, orchitecte Diplôme à l'Ecole des Beaux-Arts de Paris B.A., M.R.A.I.C., A.A.P 6\t0 A A D.P.L.G.F., S.A.D.G.F.\t'\tBureou : 1869 ouest, bout.Dorchester, Montréal WE.7-1081 \tDomicile r 155, 17e Are, Lochlne\t637-1081 ASSURANCES GÉNÉRALES\tMAURICE-L.FAUCHER, V.A., C.C.S.Courtier d'assurances 1475, rue Saint-Clément Montréal 4 Tél.: 255-5298 ou 259-4638 HOMMAGE\tD\u2019GIM AMI VI LES COMPAGNIES D'ASSURANCE mm Dt COMMERCE COMPAGNIES ESSENTIELLEMENT CANADIENNES AU SERVICE DES CANADIENS ACTIF PRIMES SOUSCRITES 1955\t1965 $15,100,000.\t$43,400,000.$ 8,100,000.\t$28,200,000.GENRES D'ASSURANCES ACCIDENT AUTOMOBILE BIENS IMMOBILIERS BIENS MOBILIERS BRIS DE GLACE GARANTIE INCENDIE RESPONSABILITÉ TRANSPORT TERRESTRE VOL CHAUDIÈRE et MACHINERIE succursales 1 CALGARY - EDMONTON - HALIFAX - MONT-Iureaux de RÉAL - OTTAWA - QUÉBEC - TORONTO - VAN-service J COUVER - WINNIPEG CROUPE A e 207 \u2019 333 rUC Cr°i9' M°Domicile ^DU.7-5720 861-8297 Procurez-vous les disques Bourossa à l'Action nationale XIII Pour l'ochaf d'obligations consultez Oscar Dubé & Cie Inc.925, Chemin St-Louis, Québec, 527-2518 Albert Boulet 527-8222 RAYMOND CAMUS Inc.Courtier en valeurs mobilières 4 (est), rue Notre-Dame Montréal, Tel.: 868-1857 Nous finançons Succursale: 284, rue Radisson Trois-Rivières 378-2044 les industries vous êtes client de plusieurs grandes compagnies! pourquoi n'en être pas aussi propriétaire et en partager les bénéfices par LES FONDS COLLECTIFS Distribués et administrés par LES PLACEMENTS COLLECTIFS INC StUr|é?Amoa:çlUl KMo?tréT1\u2019 Québec- Rimouski, St-Hyacin St-Jérome, Sherbrooke, Trois-Rivières.\t\u2019 e, XIV POMPES À W Pour Achot ou Réparation de toutes les marques de POMPES ET FILTRES 40 ans dexpérience à votre service JOHN MEUNIER 12047, Lourentten Tél.: 334\u20147230 ALIMENTAIRES Crème glacée Beurres sucrés GRENACHE Roch Grenache, président 9500 bout.Parkway, Montréal \u2014 Tél.: 352-3630 V-H\tUne entreprise de chez-nous orientée vers les mets chinois V-H Quality Food Products Ltée Duvernay (Loyal)\t669-7789\t QUI EERIE\t\t J.-R.GRÉGOIRE Enrg.3605 est, rue Ontario Montréal 4 \u2014 524-1167\t\tLIONEL RODRIGUE Durocher, Rodrigue & Cie Ltée Édifice de la Société des Artisans VALEURS DE PLACEMENT UN INDEX DÉTAILLÉ PAR SUJETS DE TOUS LES ÉCRITS DE HENRI BOURASSA précédé d'une biographie complète préparé par Anne Bourassa Un outil de travail et de référence sans pareil $5.00 à L'Action Nationale, C.P.189, St-N, Montréal 1627 XV LES DISQUES BOURASSA \u2022\tQuatre disques long jeu 12\u201c dans une boîte de luxe.\u2022\tCommentaires de M.le Chan.Groulx.\u2022\tUn discours politique et une conférence-mémoire de Bourassa.\u2022\tUn album en héligravure 12\u201c x 12\", 10 photos, 6 manuscrits.$25.00 L'ACTION NATIONALE C.P.189 Station N Montréal De plus en plus les ménagères du Canada français demandent: \u201cEst-ce fait avec les farines PHÉNIX propres au Québec ?.Demandez-le à votre boulanger XV! Nous accusons réception des ouvrages suivants : Claude Jasmin \u2014 Pleure pas, Germaine \u2014 Editions Parti Pris, 3774, rue Saint-Denis, Montréal, 167 pages, 1965.\t$1.75 Martha Chyx \u2014 Savez-vous, à l'ouest ?\u2014 Centre de Psychologie et de Pédagogie, 260 ouest, rue Fail-lon, Montréal 10, 212 pages, 1965.\t$3.00 Yvette Naubert \u2014 La dormeuse éveille \u2014 Le Cercle du Livre de France (Collection Nouvelle-France) 3300, boulevard Rosemont, Montréal 36, 184 pages, 1965.Wilfrid Lemoine \u2014 Le funambule \u2014 Le Cercle du Livre de France, 3300, boulevard Rosemont, Montréal 36, 158 pages, 1965.Jean-Paul Desbiens, f.m.s.(Frère Untel) \u2014 Sous le soleil de la pitié \u2014 Les Editions du Jour, 34M, rue Saint-Denis, Montréal, 122 pages, 1965.$1.00 Albert Brie \u2014 Les propos du timide \u2014 Les Editions de l'homme, 418 ouest, rue Notre-Dame, Montreal, 94 pages, 1965.\t$1.00 Ernest Pallascio-Morin \u2014 L'heure intemporelle \u2014 Editions Garneau, 47, rue Buade, Québec, 103 pages, 1965.Gabrielle Roy \u2014 Bonheur d'occasion \u2014 nouvelle édition \u2014 Editions Beauchemin, 450, avenue Beaumont, Montréal 15, 345 pages, 1965.Eric Néal \u2014 Comment Prévoir le temps \u2014 La meteo à la portée de tous \u2014 Les Editions de l'Homme, 418 ouest, rue Notre-Dame, Montréal, 107 pages, 1965.$1.00 Robert d'Estrie \u2014 Alerte chez les Cerfs-Volants \u2014 Les Editions de l'Atelier, 3744, rue Jean-Brillant, Montréal 26, 206 pages, 1965. TABLE DES MATIÈRES ÉDITORIAL: La \"surprise\" des élections de 1966 .1 Richard ARÈS: Un Québec fort et le conflit des nationalismes au Canada .15 Rosaire MORIN: Montréal, la plus grande ville française de langue anglaise .26 Pierre BREUGHEL: Lettre à mon évêque \u2014 Il .41 Rodolphe LAPLANTE: La langue anglaise en danger\t45 Jean-Paul TRUDEL: Traditions familiales .55 Jean-Claude GERMAIN: Sept poèmes.61 André MAJOR: Le pays de Menaud .\t66 Jean TETREAU: Sur la fragilité du pouvoir politique .69 Jean FRÉCHETTE: Ce vieux malaise obsédant .71 Maximilien LAROCHE: Bilinguisme antillais .75 Bondfield MARCOUX: Boris Vian .81 XXX \u2014\tIntroduction .87 XXX \u2014\tÉtats généraux .94 XXX \u2014\tCoopération .98 XXX \u2014\tPour une économie canadienne-française.101 Si vous voulez des épargnes\tsans avarice des affaires\tsans affairisme de l'utilitarisme\tsans égoïsme devenez sociétaires de LA FAMILIALE Coopérative de Consommation 5271, rue St-Hubert 272-1119 It Col.Sarto MARCHAND, E.D., A.D.président de CONSEIL D'EXPANSION ÉCONOMIQUE INC.(1962-1966) LA FONDATION MELCHERS LTÉE LES DISTILLERIES MELCHERS LTÉE \"Nous sommes convaincus qu'au Québec le succès en affaire n'est pas conditionnel aux compromis et à l'anonymat: c'est vrai aujourd'hui et demain, ce sera encore plus évident.\" JJo de tomma^e LES DISTILLERIES LIMITEE Los soûles distilleries canadiennes-françaises au pays.Au service du Québec depuis 1898 0276 "]
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