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Titre :
L'action nationale
Éditeur :
  • Montréal :Ligue d'action nationale,1933-
Contenu spécifique :
Mars
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Action canadienne-française, ,
  • Tradition et progrès,
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L'action nationale, 1972-03, Collections de BAnQ.

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[" L'ACTION NATION A TF! Volume LXI, Numéro 7\tMar* 1972\t75 cent* RAPPORT INÉDIT LA VIE ÉTUDIANTE POUR V08 ACHATS CONSULTEZ NOTRE RÉPERTOIRE D'ANNONCEURS CLASSIFIÉS TABLE DES MATIÈRES Pages ÉDITORIAL (Jean Genest) : Quelques nouvelles\t517 RAPPORT À LA CECM : La vie étudiante\t621 PARENTS DE MONTRÉAL : La vie étudiante\t673 Albert RIOUX : Ma mission au Liban\t681 Jules-Bernard GINGRAS : La pornographie IV et V\t689 Correspondance CHAZAL-ANGERS : La colonisation du Québec 503 DépOt légal \u2014 1er semestre 1972 Bibliothèque nationale du Québec François-Albert Angers POUR ORIENTER NOS LIBERTÉS Volume de 280 pages.Il assemble les meilleurs articles de M.Angers, écrits entre 1939 et 1969.Pour la première fois le public a à sa disposition les grandes lignes de la pensée de M.Angers.Livre essentiel pour connaître les orientations et les appuis rationnels de ce maître du nationalisme québécois.($5.) Courrier de la deuxième classe Enregistrement no 1162 L\u2019ACTION NATIONALE 1182, boul.Saint-Laurent Montréal (Tél.: 866-8034).Volume LXI, Numéro 7\tMars 1972\t75 cents ÉDITORIAL Quelques nouvelles Avec ce numéro de mars 1972, nous avons épuisé toute la matière recueillie pour cette partie intitulée : VIE CULTURELLE.Elle disparait.M.François Angers, lorsqu\u2019il était directeur de la revue, inaugura cette section dans le but d\u2019intéresser un plus grand public à la revue.Il donna la plus grande autonomie aux directeurs de cette partie : M.Jean Marcel, M.André Major, Madame Julia Richer.Ils publièrent des oeuvres remarquables comme LES MÉMOIRES D'UN JEUNE CANOQUE, des analyses de grands littérateurs français, des articles de Jean Tétreau et en décembre 1971, comme cadeau de Noël, à tous nos lecteurs, cette magnifique traduction du conte de Gogol : LE MANTEAU.Les voyages d'études, la maladie et le besoin d\u2019espace pour les autres aspects de la vie nationale nous obligent à suspendre, jusqu\u2019à l\u2019amélioration de nos finances qui seules peuvent nous permettre un plus grand nombre de pages, cette VIE CULTURELLE.Nous le regrettons mais nous en sommes tous un peu coupables car si tous les lecteurs trouvaient plus d\u2019abonnés, nous pourrions pousser la diversification de la revue au point d'embrasser tous les secteurs de la vie nationale, même 518 L'ACTION NATIONALE la littérature.C'est avec regret que nous devons omettre quelques-uns de ces secteurs, pour des raisons sérieuses, que nous espérons transitoires.Il nous est arrivé dans la VIE NATIONALE d\u2019apporter à nos lecteurs, des primeurs importantes, documents ou mémoires obtenus grâce à des rumeurs qui nous parvenaient ou à des contacts plus ou moins fortuits.Ces documents enrichissent la revue.Or, parmi ces documents, peu nous paraissent plus importants que celui que nous vous présentons en ce numéro de mars 1972.Il ne s\u2019agit pas d\u2019une « fuite ministérielle » comme celles qui affligent le gouvernement fédéral mais d\u2019un «scoop», d\u2019une primeur due au flair, à la chance et à des amitiés.La Commission scolaire des écoles catholiques de Montréal a voulu une enquête de fond sur la vie étudiante.C\u2019est ce rapport, fruit de recherches qui ont duré plus d\u2019une année, que nous offrons à nos lecteurs.Lisez-le avec attention.Sous sa pondération et ses analyses vous verrez qu'il s\u2019agit d\u2019un premier redressement substantiel du Rapport Parent.M.Guy Rocher a mis cinq ans avant de confesser les cinq grandes naïvetés du Rapport Parent.Nous savions, nous, que cette « bible du monde scolaire » ne nous conduirait jamais à la Terre Promise mais à des misères profondes : l\u2019absence d\u2019humanisme, l\u2019anarchie, l\u2019absentéisme et l\u2019ennui généralisé.Ce rapport à la Commission des écoles catholiques de Montréal ne discute pas, ne lance pas une polémique mais il donne des priorités : il nous faut des structures et des conventions collectives qui soient en fonction des besoins des élèves plutôt qu\u2019en fonction des organigrammes des bureaucrates.Des clercs se sont complu à opposer la mission et les structures.Ils méprisent à qui mieux mieux les structures au profit de la mission.Or nous n'avons ja- QUELQUES NOUVELLES 519 mais été autant dominés par la struturite que de 1965 à nos jours.Des législateurs à l'esprit réaliste savent que le meilleur moyen de canaliser les idées et les peuples c\u2019est encore de leur donner des structures.Les naïfs s'obstinent dans des distinctions qui sont plus ou moins des êtres de raison ou des conceptions stratosphériques.A cause d\u2019eux nous avons perdu du temps.Nos écoliers sont devenus des cobayes.Et déjà il nous faut envisager des réformes.Les principales difficultés de nos apôtres, tout pleins des feux de leur mission, proviennent précisément des structures énormes et du système anti-humain que le ministère de l\u2019Education leur impose par la neutralité des structures, le gigantisme des écoles et la bouillabaisse du recrutement de ceux qui pourraient très bien être bouddhistes ou marxistes mais auxquels il serait malséant, semble-t-il, de demander s\u2019ils sont chrétiens quand ils enseignent à des baptisés.Il faut donc des réformes.Ce rapport indique le bon chemin.Le domaine de l\u2019éducation n'est pas un domaine en dehors des questions nationales, il en est plutôt le coeur pour tous les esprits qui ne sont pas excessivement politisés ou spécialisés.Il ne faut pas que notre nationalisme soit à oeillères ou à tendance unique.Tous ces éléments forment une synthèse et c\u2019est le sens de la synthèse qu\u2019il faut sauver si nous voulons que les valeurs spirituelles gardent leur place dans les politiques.L'Action nationale a donc accordé une place importante à I éducation de 1965 à nos jours, non pas par démesure mais bien parce que les luttes autour de ce sujet se sont imposées aux rédacteurs.Mais déjà, nous nous tournons vers d\u2019autres horizons : les questions sociales deviennent prioritaires comme les syndicats la démocratie industrielle.C\u2019est la vie même de la nation que nous étudions et tâchons même de précéder par des vues et des plans prospectifs. 520 L'ACTION NATIONALE Dans le même sens, notre numéro d\u2019AVRIL a été confié à M.Jacques-Yvan Morin qui a su assembler une équipe brillante autour de ce thème : les relations fédé-rales-provinciales à Victoria.Le numéro spécial portera donc sur un sujet d\u2019une extrême importance : où en sommes-nous rendus, en 1972, dans nos relations avec le gouvernement fédéral ?Est-ce qu\u2019il y a progrès ou recul 7 Quelles orientations s\u2019imposent aux Canadiens-Français devant cette situation qui sera décrite ?Sujet d\u2019extrême importance : il nous faudra répandre ce numéro autour de nous.Autre nouvelle : après enquête, une des revues les plus en demande dans les bibliothèques universitaires, est l'Action nationale.Un bibliothécaire s est donc attaché à la tâche énorme de constituer un index qui couvrirait la revue depuis son départ, 1933 à 1972.Si les finances nous le permettent (et toute aide pour cet énorme projet serait bienvenue), nous publierions cet index général dans nos numéros de mai et juin 1972.Il s\u2019agit de plus de 12,000 fiches.Nous n\u2019oublions pas l\u2019aspect économique.M.Rosaire Morin nous préparera deux numéros spéciaux, a-t-il promis, sur ce sujet extrêmement important.Comme directeur général du Conseil d\u2019expansion économique il est mieux équipé que quiconque pour nous preparer des études compétentes et audacieuses.Votre revue est donc en pleine forme ! Faites-la connaître.Trouvez-nous de nouveaux abonnés.Nous espérons que 1972 sera particulièrement féconde.Pour le moment, lisez, plume à la main ce rapport sur la vie étudiante et dites-moi s'il ne valait pas la peine de le publier.On trouvera en appendice l\u2019opinion de parents et d\u2019étudiants sur ce même rapport.JEAN GENEST VIE ÉTUDIANTE DANS LES ÉCOLES DE LA COMMISSION DES ÉCOLES CATHOLIQUES DE MONTRÉAL 1.01 MANDAT À sa session régulière du 1er octobre 1970, la Commission a demandé qu'un comité soit formé pour étudier la vie étudiante dans ses écoles.En effet, la résolution VI « prie la Direction générale d\u2019étudier la dimension de la vie étudiante dans les écoles de la Commission avec les personnes impliquées dans la vie étudiante (coordonnateurs, animateurs, responsables de cycle) eu égard au prolongement de l\u2019enseignement de l\u2019éducation physique, de l\u2019athlétisme, du sport scolaire et des autres activités parascolaires, afin de déterminer le contenu de cette vie étudiante et d\u2019élaborer les structures nécessaires, au niveau de l\u2019école, de la région et de la Commission ».1 Composition du comité-responsable de ce rapport sur la vie étudiante : M.Guy Bourdeau, directeur du Bureau de l\u2019orientation ; M.l\u2019abbé Pierre Janlio, aumônier, école secondaire Evàngéline ¦ M Steve Pavelko, responsable des étudiants, école secondaire J.-F.Kennedy ; Mlle Diane Perrault, professeur, école secondaire Henri-Bourassa-M.Viateur Ravary (président du comité), directeur du Service des études ; M.Emile Robichaud, directeur, école secondaire Saint-Donat \u2022 M.Robert Tirman, directeur, école secondaire Georges-Vanier\u2019-M.Denis Trudeau, coordonnateur de l\u2019éducation physique. 522\tL'ACTION NATIONALE 1.02 FRÉQUENCE DES RÉUNIONS Le Comité a tenu douze (12) réunions d\u2019une demi-journée chacune ; mais en plus, chaque membre s'est fait un devoir de consulter toutes les personnes susceptibles d\u2019apporter leur aide.Parce qu'il voulait refléter le plus fidèlement possible le milieu scolaire actuel, le comité a fait appel à l\u2019expérience de certains éducateurs.C\u2019est ainsi que les personnes suivantes furent mises à contribution.Mlle Lise Bazinet, directrice de l\u2019école sec.Louise-Trichet MM.Raymond Bourassa, directeur de l\u2019école sec.Tail-lon Michel Dubé, directeur adjoint de l\u2019école sec.Esther-Blondin André Langevin, directeur adjoint de l\u2019école sec.St-Henri Kevin Quinn, responsable des étudiants de l\u2019école J.-F.-Kennedy Réjean Vallée, directeur adjoint de l\u2019école sec.R.-des-Prairies Lucien Major, sous-directeur de la région III Raymond Voyer, psychologue Claude Cataford, conseiller d\u2019orientation Mlle Marguerite Pépin, travailleuse sociale Mme Yolande Thibodeau-Sullivan, infirmière-animatrice l\u2019équipe des aumôniers de la région 5.MM.Gérard Saintonge, directeur du Bureau du perfectionnement de l\u2019enseignement.Ralph Plourde, coordonnateur de l\u2019enseignement de la géographie Yvan Dufour, coordonnateur de l\u2019enseignement de la biologie Antonin Dupont, coordonnateur de l\u2019enseignement de l\u2019histoire Pierre Tougas, coordonnateur de l\u2019enseignement de la physique l\u2019équipe des animateurs en éducation physique LA VIE ÉTUDIANTE 523 1.03 DÉFINITION DE LA « VIE ÉTUDIANTE » La vie étudiante dans une école se traduit généralement par le « climat qui y règne ».Essayer de faire un inventaire exhaustif de l\u2019état de la vie étudiante dans les écoles secondaires de la C.E.C.M.nous est apparu un travail qui serait très utile pour cerner davantage tout le problème que notre comité devait traiter mais nos moyens et méthodes ne nous ont pas permis une telle étude.Les avis que nous avons pu recueillir nous ont cependant ouvert certaines pistes qui nous indiquent qu\u2019il est plus facile de créer un climat dans une école secondaire d\u2019environ mille (1,000) élèves, où le personnel enseignant est stable et considère l\u2019école comme une maison d\u2019éducation et non de haut-savoir.Par contre, les grosses écoles secondaires de type polyvalent sont des entités nouvelles dans notre milieu et présentent actuellement un véritable défi à relever si l\u2019on veut réussir à créer dans ces « villages scolaires » une vie étudiante.La direction de ces écoles, le personnel enseignant et le personnel de soutien, doivent d\u2019abord eux-mêmes apprendre à préciser leurs fonctions de travail à l\u2019intérieur de nouvelles structures administratives et fonctionnelles ; ce qui auparavant « allait de soi » pour la majorité d\u2019entre eux, a besoin aujourd\u2019hui d\u2019être bien défini pour savoir « qui fait quoi » dans cette nouvelle école.Il faut d\u2019autre part que les étudiants apprennent à se situer dans ce nouveau milieu de vie, à connaître et à reconnaître tout le personnel de direction, à différencier le personnel enseignant du personnel étudiant, à se familiariser avec des confrères d\u2019un groupe, d\u2019un cycle, à se mettre au courant du code de règlements de I école, à s\u2019habituer au régime scolaire des options où les qrouoes se font et se défont à chaque période, etc.De I extérieur, l\u2019image de l\u2019école polyvalente nous apparaît comme un milieu où il sera très difficile de faire une oeuvre d\u2019éducation à cause des difficultés énormes à établir entre l\u2019élève et le maître un contact humain vé- 524 L'ACTION NATIONALE ritable.On dit qu\u2019une telle école n'est pas de \"dimension humaine\u201d et on se demande si elle peut même produire un élève instruit.Il reste cependant que selon toutes les prévisions actuelles nous aurons à vivre avec de telles écoles pendant plusieurs années et qu\u2019il faut dès aujourd\u2019hui imaginer et mettre en place des moyens pour permettre à l\u2019école polyvalente d\u2019exercer son rôle d\u2019instruire, d\u2019éduquer et de socialiser les élèves qui la fréquentent.Le problème est très complexe et il n\u2019est pas facile de définir en soi la vie étudiante dans le milieu scolaire ; on ne dissèque pas la vie comme on dissèque un cadavre, car la vie n\u2019est pas morcellement mais un tout, la vie n\u2019est pas inaction mais action ; la vie est la manifestation d\u2019un animus ; la vie est ce qui bouge, ce qui agit, ce qui évolue dans le temps et l\u2019espace.Si, pour des fins d\u2019étude, on tente d\u2019envisager certains aspects, certaines manifestations de la vie, on ne doit pas perdre de vue que c\u2019est l\u2019ensemble de ces aspects qui finalement font la vie étudiante.Cette vie sera donc étudiée suivant certaines manifestations : a)\tà l'intérieur de l\u2019horaire et des cours b)\tà l\u2019intérieur de la journée scolaire c)\tà l\u2019intérieur des activités parascolaires d)\tà l\u2019intérieur d\u2019un contexte montréalais en 1970-71 car la vie étudiante englobe toutes les activités de l etu-diant tant à l\u2019école qu\u2019en dehors de l\u2019école, tant scolaires que parascolaires et ce, tout au long de ses études.En d\u2019autres termes « la vie étudiante est l\u2019expression de l\u2019ensemble de tous les instants de vie que vit un étudiant en tant que membre d\u2019une communauté scolaire ». LA VIE ÉTUDIANTE 525 2.00\tPROBLÉMATIQUE Tout au long de ce rapport on devinera les causes qui ont amené la C.E.C.M.à demander qu\u2019un comité soit formé pour étudier la vie étudiante dans ses écoles.Mais de façon plus précise, plus immédiate, certains facteurs ont provoqué une désaffection de l\u2019étudiant pour son école, désaffection provoquée par un nouveau contexte social, par les conditions de travail des enseignants, par les polyvalentes et par la standardisation des mécanismes d\u2019opération des nouvelles écoles secondaires.Alors que l\u2019école devrait être un milieu de vie, d\u2019épanouissement et d'enrichissement, on constate que le désintéressement, l\u2019insouciance et l\u2019anonymat sont l\u2019apanage de nos écoles.2.01\tÉVOLUTION SOCIALE Nous avons assisté au cours de la deuxième décennie à l\u2019éclatement de la structure sociale.Ce phénomène ne fut pas l\u2019apanage du Canada et du Québec mais fut un phénomène mondial.Les structures ancestrales qui assuraient la stabilité de la société et influençaient le citoyen, se sont très rapidement désagrégées.L\u2019Eglise a perdu de son influence, la cellule familiale s\u2019est détériorée et l\u2019école n\u2019a pas résisté davantage que l\u2019Église et la famille à cette « révolution » sociale.Malgré cela, on peut dire qu\u2019il y a chez les jeunes une recherche des valeurs spirituelles et humaines, recherche qui n\u2019est pas toujours soutenue par le milieu ni par les structures scolaires.La société contemporaine tend à imposer une nouvelle échelle qui ne respecte pas la place des valeurs spirituelles.Elle est dominée par un hédonisme qui se manifeste de multiples façons.Que l\u2019on pense, par exemple, à la perte du sens du devoir et à la baisse du sens professionnel, à l\u2019individualisme croissant, au culte de l\u2019argent, à l\u2019invasion érotique toujours plus audacieuse, etc . 526 L'ACTION NATIONALE Quand les jeunes cherchent le sens profond de leur vie, l\u2019école leur parle de réussite purement professionnelle.Dans révolution sociale actuelle qui tourne le dos à vingt siècles de civilisation chrétienne et néglige la dimension spirituelle de l\u2019homme, les jeunes, désemparés, se tournent vers une pseudo-mystique, celle de la drogue et des religions orientales ; ou bien, ils redécouvrent, à leur insu, des valeurs évangéliques comme celles de la communion fraternelle, de la simplicité de vie, etc .Cette évolution rapide du milieu nous force à repenser l\u2019école d\u2019aujourd\u2019hui et celle de demain.2.02\tCONVENTION COLLECTIVE Le milieu social a évolué et les conditions de travail ne sont plus ce qu\u2019elles étaient.Tout le monde a parlé de la réforme scolaire centrée sur l\u2019enfant alors qu\u2019il est le grand absent des préoccupations administratives et syndicales.Cette absence s\u2019est fait surtout remarquer dans la négociation des conventions collectives où toutes les clauses relatives aux conditions de travail sont de nature à diminuer les services auxquels l\u2019enfant a droit parce qu'elles ne poursuivent pas de fins éducatives mais sont devenues des fins en elles-mêmes.Les résultats étaient prévisibles et ne se sont pas fait attendre.Nous sommes persuadés que c\u2019est là une des principales causes de la détérioration de la vie étudiante dans nos écoles.2.03\tPOLYVALENCE L\u2019école secondaire dite polyvalente représente une nouvelle réalité à laquelle nous ne sommes pas encore habitués.Autrefois, l\u2019école avec sa clientèle restreinte, ses professeurs, sa salle de jeux, sa cour de récréation représentait un milieu de vie où direction et professeurs LA VIE ÉTUDIANTE 527 se faisaient un point d\u2019honneur d\u2019être présents auprès des adolescents, de les connaître et de les aider.Mais pour offrir la polyvalence, il a fallu, nous dit-on, réunir de deux à trois mille étudiants dans des édifices scolaires construits en fonction d\u2019une utilisation maximale selon un coût déterminé au pied carré.Dans ces immenses écoles, il est difficile de retrouver un endroit où les étudiants peuvent se rassembler pour jouer ou simplement s\u2019asseoir et bavarder.La direction ne connaît pas les enfants et les professeurs ne sont là que pour dispenser des cours, comment alors ne pas parler de détérioration de la vie étudiante ?2.04 STANDARDISATION L école polyvalente .les options graduées .l\u2019informatique .les horaires programmés.la cueillette des notes.etc., autant d'améliorations qui conduisent aussi paradoxal que cela puisse paraître, à une certaine standardisation.Les directions, même en respectant les programmes officiels, n'ont plus le loisir d\u2019organiser leur école comme bon leur semble.Elles doivent se conformer à un échéancier rigoureux qui les oblige à faire en même temps, au même moment, ce que toutes les autres font.Tout est « mécanographié », « informatisé », « standardisé », et l\u2019organisation pédagogique d'une école située au nord de Montréal est exactement la même que celle de l\u2019école sise au sud, parce que le même ordinateur traite les mêmes données de la même façon.Cette standardisation enlève à l\u2019école la flexibilité que l\u2019on connaissait et, par ricochet, rend difficile l\u2019organisation des activités de la vie étudiante.L'ÉCOLE SECONDAIRE 3.01 LES BESOINS DE L'ADOLESCENT L adolescent doit toujours demeurer au centre des préoccupations de l\u2019école secondaire.C\u2019est 528 L\u2019ACTION NATIONALE pour lui qu\u2019il faut la bâtir et non pour cultiver les idées à la mode du jour ou pour satisfaire de multiples exigences d\u2019ordre matériel, administratif ou syndical.3.011 L'IDENTIFICATION Les jeunes éprouvent le besoin de rencontrer et, même, d\u2019affronter des adultes vrais, conscients, lucides.Il leur faut, pour cela, vivre avec les adultes et non pas seulement les côtoyer dans l\u2019anonymat.Le système des options, en désintégrant les groupes qui constituaient auparavant les entités de base de l\u2019école et en leur substituant des groupes-matières qui se font et se défont au gré des cours, a rendu impossible l\u2019attachement des étudiants à leurs titulaires et à leurs professeurs.Ces derniers sont beaucoup plus perçus comme des transmetteurs de connaissances que comme des éducateurs.Faute de retrouver à l\u2019école un groupe auquel il puisse facilement s'identifier, l\u2019adolescent en vient rapidement à se sentir étranger dans son propre milieu et à développer à l\u2019égard de ce milieu une agressivité plus ou moins patente.De plus, la spécialisation des écoles par cycles impose aux étudiants de multiples changements de milieux de vie ce qui n\u2019est pas pour améliorer la situation.3.012 LA SOCIALISATION Les jeunes ne supporteront pas longtemps la médiocrité d\u2019un grand nombre de cours qu\u2019ils sont actuellement obligés de subir.Il est urgent de revaloriser l\u2019enseignement et de travailler à l\u2019insertion de la réussite professionnelle dans l\u2019objectif plus large de la réussite de la vie.Les enseignants hésitent à assumer la fonction plus exigeante d\u2019animateurs et d\u2019éducateurs.Il est plus facile de distribuer des connaissances que d\u2019assumer l\u2019éducation humaine et chrétienne de l\u2019adolescent.Cette éducation se parfait dans les activités para- LA VIE ÉTUDIANTE 529 scolaires qui offrent aux jeunes la possibilité de se construire en faisant l\u2019apprentissage de la liberté et de la responsabilité.L\u2019apprentissage de la vie en société doit se faire par une participation à la vie de l\u2019école.L\u2019élève, en y prenant des responsabilités à sa mesure, apprend à organiser, à l\u2019échelle de l\u2019école, la vie de la communauté et prend ainsi conscience de la complexité des relations humaines et de l'organisation de la société.L\u2019éducateur doit assumer pleinement son rôle d\u2019expert-animateur en profitant de son contact avec les étudiants pour favoriser cet apprentissage.Sans la présence d\u2019éducateurs lucides et compétents, les conseils étudiants et les activités étudiantes en général ne peuvent porter les fruits attendus.Il faut beaucoup de doigté à ces « éducateurs-conseil » ; il serait même bon de laisser aux étudiants le soin de les choisir parmi les éducateurs disponibles.Mais un fait demeure : la présence d\u2019éducateurs est essentielle au fonctionnement des activités étudiantes.3.013 L'ÉDUCATION Le régime des options a rendu plus impératif que jamais le rôle d\u2019éducation de l\u2019école.Dans toute cette effervescence, qui donnera aux élèves le sens de l\u2019étude, la joie de connaître ?Qui leur enseignera le fair-play ?D\u2019ailleurs, la fragmentation et la compartimentation actuelles de l\u2019école rendent presque impossibles le travail d\u2019équipe et la recherche vraiment sérieuse.Les matières n\u2019étant que des outils et non des fins, il faudrait se demander pourquoi l\u2019on se donne actuellement tant de peine-pour éparpiller les élèves alors qu\u2019il faudrait leur apprendre à approfondir quelques matières.Le désormais célèbre « apprendre à apprendre » et la hantise du plus grand éventail possible d\u2019options cohabitent fort difficilement. 530 L'ACTION NATIONALE Dans une étude de base qui doit servir à la préparation d\u2019un rapport du Conseil des sciences du Canada, M.Frank Kelly, conseiller scientifique auprès dudit Conseil, affirme qu\u2019à l\u2019avenir, « on insistera plutôt sur l\u2019éducation comme une formation en soi, sur ses possibilités d\u2019aider à résoudre les problèmes.» (La Presse, 5 avril 1971).Face à la masse de connaissances que véhicule ce qu\u2019il est convenu d\u2019appeler l\u2019école parallèle, l\u2019école «officielle» doit repenser sa vocation en termes d\u2019éducation plutôt que d\u2019instruction.3.014 L'INSTRUCTION L\u2019éducation se venge durement de ce qu'on fait sans elle : le niveau déplorable du français, écrit et parlé, de nos étudiants en est la preuve éloquente.Il faudra donc repenser la notion d'instruction et, surtout, se garder de compartimenter de façon artificielle la vie de l\u2019école.Certaines sorties sont essentielles à la formation des étudiants : visites de musées, d\u2019industries, visites des Parlements, du Château Ramezay, du Planétarium et le reste.De même certaines activités constituent un prolongement naturel des cours proprement dits : nous songeons au Club 4-H, au Club des Jeunes littéraires, aux Jeunes Scientifiques.Il faudra donc, nous semble-t-il, rendre toutes ces initiatives possibles sans que toute l'organisation de l\u2019école en soit perturbée, ce qui est actuellement le cas à cause de la polarisation des groupes-matières qui se font et se défont au gré des cours.Nous désirons souligner, à cette rubrique « instruction » qu\u2019une portion de la clientèle étudiante nous semble actuellement mal servie : il s'agit des élèves sur-doués dont on ne fait actuellement aucun cas.Ces étudiants auraient le droit de recevoir, eux aussi, l\u2019attention due à l\u2019enfance exceptionnelle, même s\u2019ils se situent à la partie supérieure de l\u2019échelle. LA VIE ÉTUDIANTE 531 RECOMMANDATIONS 1° Que les étudiants soient regroupés en cellules de base (semblables aux anciennes classes) sous la responsabilité d\u2019un titulaire qui ait tout le temps voulu pour animer son groupe et le rendre pédagogiquement efficace par l\u2019emploi des méthodes actives d\u2019enseignement.2U Que le rôle du professeur soit repensé.Il faudrait redéfinir le rôle des éducateurs pour en faire des experts-animateurs et prévoir des stages pratiques à cet effet.3 Que la fragmentation actuelle du savoir soit corrigée de façon à intégrer dans des tâches communes l'apport des différentes matières (étude du milieu, etc .) 4° Que l\u2019on prévoie une collaboration étroite entre les directions des écoles qui reçoivent les étudiants et celles qui les préparent à passer d\u2019un niveau à un autre.5° Que l\u2019on apporte une attention spéciale à l\u2019éducation des élèves surdoués.3.02 LA PRISE EN CHARGE DE L'ÉCOLE Tous ceux qui participent à la vie de l\u2019école en ont la responsabilité : ils forment une grande famille qui prend en charge l\u2019école.Il importe de donner à tous les agents de l\u2019éducation qui y oeuvrent : étudiants, éducateurs et équipe de direction les moyens de faire oeuvre commune et fructueuse.La direction et les services dans une école doivent donc être conçus non seulement en fonction des besoins des élèves mais en fonction des besoins et de l\u2019épanouissement de toute la population scolaire : élèves, professeurs, administrateurs.Les objectifs qui orientent le travail de la Communauté scolaire devront être concrets et lucides, inspirés par les besoins des adolescents plutôt que par des opé- 532 L'ACTION NATIONALE rations abstraites (« options graduées », « progrès continu ») qui peuvent séduire de prime abord mais qui ne collent pas toujours à la réalité du milieu.Il faudrait encourager la réalisation de projets qui intéressent toute la communauté scolaire : festival étudiant, camp de fin de semaine, etc .REDÉFINITION DU RÔLE DES ÉDUCATEURS Dans un article publié dans la revue Éducation et Société, en mai 1970, le docteur Denis Lazure écrivait : « Il est bien possible que l'entrée plutôt massive dans le réseau scolaire, depuis quelques années, des spécialistes des sciences du comportement, ait provoqué une certaine démission du pédagogue vis-à-vis sa responsabilité spécifique de FORMER l\u2019étudiant et non simplement de l\u2019INFORMER (.) L\u2019enseignant doit revenir à une authentique « prise en charge » de l\u2019écolier.» Il importe donc au plus haut point que la tâche de l\u2019enseignant soit clairement définie dans la convention collective de façon à inclure : 1° les cours proprement dits et la récupération pédagogique ; 2° les cours complémentaires (théâtres, films et le reste) qui sont intégrés dans le processus scolaire ; 3° les activités étudiantes qui auront lieu à l\u2019intérieur de l\u2019horaire régulier ; 4° les activités parascolaires (tournois sportifs, visites éducatives, représentations théâtrales, etc .) qui auront lieu hors de l\u2019horaire régulier, soit le soir ou la fin de semaine.LES PROGRAMMES ACADÉMIQUES Les programmes académiques actuels sont souvent beaucoup trop chargés et les clientèles mal identifiées.Il y aurait lieu de regrouper les matières en « profils » de façon que les étudiants se retrouvent avec des confrères qui partagent les mêmes intérêts. LA VIE ÉTUDIANTE 533 Ainsi les cours de français pourraient tenir compte des goûts d\u2019étudiants qui se destinent à une carrière scientifique, les cours de géographie s\u2019orienter vers l'aspect économique pour les étudiants de « sciences administratives » et ainsi de suite.Il faudrait de plus que le Ministère de l\u2019Éducation, par sa Direction générale de l\u2019Enseignement élémentaire et secondaire, prépare des programmes bien adaptés aux élèves qui doivent prendre les matières des voies allégées.Ainsi, dans chaque discipline, la démarche de l\u2019étudiant s\u2019adapterait au groupe et à ses besoins bien spécifiques.LE REGROUPEMENT Les options graduées ont bâti l\u2019école autour des matières et, en ce faisant, l\u2019ont fragmentée.Un regroupement des étudiants par secteurs d\u2019études corrigerait cette situation.De plus, l\u2019on pourrait constituer, à l\u2019intérieur de ces secteurs, des groupes homogènes selon la valeur des étudiants dans les principales matières de leur concentration.Cette organisation de l\u2019école aurait, de plus, l\u2019avantage d'aider à socialiser les étudiants en les intégrant dans les groupes de base, favorisant ainsi sa socialisation.RECOMMANDATIONS 1° Que l\u2019Organisation scolaire propose des formules plus souples et efficaces de regroupement d\u2019étudiants.2° Qu\u2019il soit clairement indiqué que toutes les activités scolaires et parascolaires font partie intégrante de la tâche du professeur.3n Que les services collaborent plus intimement entre eux pour le plus grand bien des étudiants.3.03 L'ORGANISATION DE L'ÉCOLE 3.031 LA HIÉRARCHIE DES VALEURS La primauté du bien de l\u2019élève sur l\u2019efficacité administrative exige que la direction de l\u2019école 534 L'ACTION NATIONALE ait le temps et la disponibilité d'esprit voulus pour vivre pleinement dans son école et en orienter les destinées.La mécanisation du processus scolaire, au lieu de libérer les responsables d\u2019une école les a, au contraire, enrégimentés dans une procédure qui les soustrait tout au long de l\u2019année à la réalité quotidienne.Il faudrait donc faire cesser la «pression de vente» qui valorise des expériences au point d\u2019en faire des credos et encourager, plutôt, le progrès lucide et authentique.Au moment où quantité d\u2019étudiants se demandent ce qu\u2019ils font à l\u2019école, il importe que les responsables de maisons d\u2019éducation soient à l\u2019écoute et prennent, au moment opportun, les décisions qui s\u2019imposent.Le secteur public est actuellement monolithique : l\u2019expérimentation de différents types d\u2019organisation scolaire ne pourrait que rendre service à la population étudiante.Pour ce faire, il faudra assurer à la direction de l'école le moyen de créer et de préserver l\u2019homogénéité de son école en changeant le droit « individuel » en un droit « collectif » qui tienne compte de la nécessité du travail d\u2019équipe et de ses implications dans le recrutement du personnel.3.032 L'ORGANISATION DE BASE Nous avons déjà insisté sur l\u2019importance d\u2019organiser l\u2019école à partir des « groupes d\u2019étudiants » plutôt que des « groupes-matières ».Cette remarque vaut pour toutes les écoles, a fortiori pour les plus grandes dont il faudrait décentraliser l\u2019organisation en créant des unités réduites confiées aux équipes d\u2019éducateurs dont nous avons recommandé la formation.Ces « communautés de base » redonneraient aux étudiants le sens d\u2019une appartenance essentielle à leur développement psycho-social et permettraient l\u2019existence d\u2019une saine émulation de groupe, positive et formatrice. LA VIE ÉTUDIANTE 535 RECOMMANDATIONS 1° Que l'on donne à la direction de l\u2019école le temps et les moyens de répondre aux véritables besoins de ses étudiants plutôt que de l\u2019astreindre à des impératifs administratifs aliénants.2° Que les « communautés de base » deviennent les outils premiers de la formation psycho-sociale des étudiants et forment l\u2019infra-structure même de l\u2019école.3.04 LE SPORT SCOLAIRE DERNIÈRE DÉCENNIE L\u2019évolution de l\u2019enseignement de l\u2019éducation physique au cours des dernières années, a mis en évidence l\u2019importance grandissante du sport comme excellent moyen d\u2019éducation.A la C.E.C.M., les enseignants en éducation physique, conscients de leur part de responsabilité dans l\u2019orientation sportive de leurs élèves, n\u2019ont pas hésité à se servir de cet outil pédagogique comme instrument de perfectionnement humain.Malgré l\u2019absence d\u2019une politique définie statuant sur les activités parascolaires, un intérêt s\u2019était créé à la Commission et des professeurs consacraient bénévolement plusieurs heures au développement du sport dans leur école.Ils s\u2019efforçaient d\u2019intégrer les activités physiques, l\u2019apprentissage des facultés motrices et le feu collectif au coeur d'une pédagogie renouvelée qui tend au plein épanouissement intellectuel, psychique et physique de l\u2019enfant.Pédagogie qui crée des rapports nouveaux entre l\u2019enfant et l\u2019adulte.3.041 SITUATION ACTUELLE Hélas, il faut reconnaître que toute cette éducation n\u2019a pu se continuer car ni les exemples donnés par les réussites de l\u2019étranger, ni la surcharge des horaires, ni les avertissements des médecins, ni les découvertes de la psychologie moderne, ni les principes 536 L'ACTION NATIONALE de l\u2019école active n\u2019ont pu empêcher qu\u2019on applique aveuglément une convention collective qui paralyse par le fait même les efforts consentis par des gens soucieux de mettre en place des structures permettant de faire oeuvre éducative.Depuis, la situation du sport à l'école s\u2019est continuellement détériorée.Actuellement, même si l\u2019on tentait d\u2019organiser le sport scolaire et parascolaire au niveau de l\u2019école, de la région ou de la C.E.C.M., on essuierait un refus de participation.Les étudiants sont donc laissés à eux-mêmes et se désintéressent de plus en plus de la pratique des sports et quittent l\u2019école le plus rapidement possible.3.042 LE SPORT, PARTIE INTÉGRANTE DE L'ÉDUCATION Le sport contribue au développement physique harmonieux de l\u2019enfant, il le prépare physiologiquement à l\u2019effort, il aide à son équilibre physique et psychique, il participe à la formation de sa volonté et de son caractère et il favorise son adaptabilité sociale.Le sport scolaire est une réalité bien vivante.Il s'appuie sur le système scolaire, il est lié à son évolution et devient même un élément dynamique de transformation des notions mêmes d\u2019école et de programme.L\u2019utilisation du sport en tant que moyen de formation permet à l\u2019école de mieux s\u2019insérer dans la société québécoise.Son intégration au programme d\u2019éducation physique assure une continuité et une efficacité indispensables à une action éducative.Il ne s'agit pas d\u2019enseigner, il s\u2019agit de permettre à l'enfant de vivre diverses expériences de lui offrir des occasions de se réaliser, de s'épanouir.L\u2019organisation du sport scolaire est une partie Intégrante du programme d\u2019éducation physique dont les objectifs clairement identifiés permettent une action co- LA VIE ÉTUDIANTE 537 hérente et continue.Le sport possède sa raison d\u2019être à l\u2019école ; il est et doit être oeuvre d\u2019éducation.3.043 LE SPORT À L'ÉCOLE Le sport scolaire est l\u2019ensemble des activités sportives, de type individuel et collectif, d\u2019intérieur et de plein air, organisées pour les étudiants et pour lesquelles le système scolaire accepte des responsabilités précises d\u2019orientation, de coordination, d\u2019organisation et de financement (1) 2.Le sport à l\u2019école, c\u2019est d\u2019abord et surtout la vie dans l\u2019école.Il faut changer l\u2019école parce que la vie a changé, mais il faut aussi changer l\u2019école pour changer la vie, c\u2019est-à-dire, aujourd'hui, pour la sauver (2>.L\u2019école doit être l\u2019élément majeur de l\u2019organisation du sport scolaire.Elle doit être le lieu d\u2019animation* des activités intra-murales et inter-scolaires.Au niveau de l'école, nous favorisons le fonctionnement suivant : formation d\u2019un comité sportif sous la direction d\u2019un responsable en éducation physique et répartition des tâches entre le personnel enseignant par discipline sportive.Un comité d'étudiants devra assumer certaines responsabilités au niveau de l\u2019organisation.La formation d\u2019une association sportive des écoles secondaires, où un membre de la direction siégerait au conseil d\u2019administration, est souhaitable.Enfin, le sport scolaire devra être planifié par le responsable de l\u2019éducation physique à la C.E.C.M.qui prévoira une utilisation maximale des ressources financières, des installations et du matériel, ainsi que du personnel dont il disposera.À cette fin, il faudrait que toutes nos écoles polyvalentes deviennent des centres communautaires où bibliothèque, piscine, gymnase, palestre, voire certains 1\u2014\tBenoit, Raymond \u2014 conférence pré-congrès du sport au Québec, 1968.2\u2014\tGauthier, Henri \u2014 directeur délégué aux enseignements élémentaires et secondaires de France \u2014 Education physique et sport. 538 L'ACTION NATIONALE locaux de classe ou certains ateliers, soient à la disposition de la population le soir, durant la fin de semaine et durant les vacances d\u2019été.3.044 DU MI-TEMPS PÉDAGOGIQUE À L'HORAIRE AMÉNAGÉ L\u2019adaptation aux conditions de la vie moderne exige une judicieuse utilisation des loisirs, indispensable à l\u2019épanouissement de la personnalité.C\u2019est à l\u2019école que l\u2019enfant contractera l\u2019habitude de l\u2019exercice physique.C\u2019est là qu\u2019il prendra le goût des sports et des activités culturelles qui occuperont plus tard une partie de ses moments de loisir.Les expériences du mi-temps pédagogique et sportif ont réussi partout où elles ont pu être poursuivies suffisamment longtemps ; elles ont donné des résultats supérieurs à ceux des classes à temps complet.Cependant, depuis quelques années ce « mi-temps pédagogique et sportif » a dû souvent céder la place à une formule moins ambitieuse : le tiers-temps sportif.Si à la C.E.C.M., il est prématuré de parler du mi-temps sportif ou de tiers-temps sportif, est-il impossible de retrouver à l\u2019intéiieur de l\u2019horaire un arrangement qui favoriserait les activités scolaires et surtout parascolaires ?RECOMMANDATIONS 1° Que l\u2019école soit l\u2019élément majeur de l\u2019organisation du sport scolaire et qu\u2019elle devienne un centre communautaire ouvert à la population en dehors des heures et des jours de classe.2° Que les activités parascolaires fassent partie de la responsabilité des professeurs au même titre que leur charge d\u2019enseignement.3° Que l\u2019aménagement des horaires favorise le plus possible la pratique des sports, des loisirs éducatifs et d\u2019occupations socio-culturelles. LA VIE ÉTUDIANTE 539 INSERTION DANS LE MILIEU 4.01 COMMENT SE PRÉSENTE À NOUS LE MILIEU FAMILIAL On ne peut se pencher sur la vie étudiante sans toucher à son milieu familial.Ce milieu familial se présente à nous en ce moment comme un partenaire qui ne connaît pas les règles du jeu et qu'il nous faut informer, éduquer parallèlement aux enfants.La transformation rapide de l'école nouvelle plonge les parents dans un complet désarroi.Le système scolaire public n\u2019est plus le défenseur des valeurs ancestrales indiscutables.Autrefois, tous les élèves passaient dans un même moule ; aujourd\u2019hui, on adopte un moule à chacun.Autrefois, on enseignait une doctrine reconnue, indiscutée et indiscutable ; aujourd\u2019hui, on éveille l\u2019esprit, on cherche à développer l'initiative personnelle, la créativité, la recherche et le jugement critique.Autrefois, les sexes étaient soigneusement séparés ; aujourd\u2019hui les classes mixtes se font de plus en plus nombreuses.Le maître ne parle plus ex-cathedra, il est forcé de pratiquer le dialogue.Aujourd'hui, avoir un enfant aux études, c'est suivre son évolution et se prononcer avec lui sur le choix de ses cours, de la langue d\u2019enseignement et même, malgré son baptême, sur l\u2019option religieuse.Les parents, désarçonnés, se tournent vers l\u2019école qui ne veut et ne peut rien entreprendre qu'avec eux.Devant cette école si différente de la leur qui fait appel à leur participation, bon nombre de parents sont dépassés et, par conséquent, indifférents à la chose scolaire.Ne sachant et ne voulant pas entreprendre de 540 L\u2019ACTION NATIONALE dialogue avec leur enfant, ils élargissent le fossé qui les sépare déjà de l\u2019école.Il leur devient difficile de dialoguer franchement avec les autorités de l\u2019école par peur du jugement qui pourrait être porté sur eux et aussi par peur des représailles sur leur enfant.Ce manque de cohésion entre la famille et l\u2019école permet à l\u2019enfant de se soustraire à l\u2019influence de l\u2019une et de l\u2019autre.Ajoutons à tout cela le manque de confiance dans une possible influence auprès des autorités publiques.On ne croit plus que l\u2019on peut toujours, comme citoyen, exercer des pressions utiles et on laisse à d autres le soin d\u2019agir sur ce qui se dit, s\u2019écrit et se voit.À ce portrait, joignons les anomalies du milieu familial.Tout d\u2019abord, le parent unique.L\u2019Institut Vanier de la famille nous signale dans son bulletin trimestriel d\u2019avril 1971 : « En 1966, il y avait au Canada 371,885 familles à parent unique (8.2% du total) comptant 577,207 enfants de moins de 25 ans.Les 4/s de ces foyers avaient une femme à leur tête.» En plus de ces foyers à parent unique il faut ajouter les foyers à parents handicapés (maladie, chômage, alcoolisme), à parents « hors course » (dominateurs, radicaux, faibles, aveugles, couveurs).Le travail des deux conjoints pose aussi, pour un bon nombre, un problème d\u2019adaptation qui rejaillit directement sur l\u2019enfant.Ces anomalies du milieu familial perturbent gravement le milieu scolaire.En effet, les enfants qui en souffrent témoignent d\u2019un comportement difficile.Nous remarquons en particulier les attitudes suivantes que chacun d\u2019eux développe en totalité ou en partie : \u2014 l\u2019agressivité incontrôlable se reporte sur le professeur représentant l'autorité ; LA VIE ÉTUDIANTE 541 \u2014\tle manque d\u2019intérêt aux études entraîne des résultats faibles et, partant, le découragement ; \u2014\tl\u2019absentéisme est de plus en plus marqué ; \u2014\tla fuite ou le rejet du milieu familial décourage les parents et empêche une influence formatrice de la part de l\u2019école ; \u2014\tle besoin de se retrouver en groupe pour se sentir fort, épaulé.(De nombreuses statistiques ont déjà été publiées au sujet de la situation familiale des délinquants) ; \u2014\tla préparation psychologique pour essayer de pallier toutes leurs frustrations par l\u2019usage de la drogue.Nous avons dit plus haut que le comportement des jeunes, issus d\u2019une famille qui présente des anomalies, perturbe gravement le milieu scolaire par les répercussions qu\u2019il a sur les autres élèves et sur les professeurs : retard dans les programmes dû aux accrochages, au manque de motivation, à l\u2019absentéisme, à l\u2019indiscipline, au refus du travail en équipe, etc .La tâche du professeur en est considérablement augmentée car tout le temps consacré à ces élèves l\u2019est aux dépens des autres.Le climat que leur comportement crée dans certains groupes, met le professeur dans l\u2019impossibilité de promouvoir la pédagogie active.Quant à la direction, son travail d\u2019animation de la vie étudiante est fortement paralysé à cause du temps qu\u2019il lui faut consacrer à de nombreux « cas ».Le recours à la famille étant très souvent inutile, il faut s\u2019ingénier à demander l\u2019aide des services sociaux, des policiers-éducateurs, etc .De plus, il est matériellement impossible de communiquer à tous les professeurs concernés les nuances de comportement qu\u2019il faudrait avoir dans certains cas, ce qui rend les accrochages nombreux et parfois profonds.Il faut noter aussi que dans les périodes de contestations estudiantines les élèves de famille à parent unique sont en général très actifs. 542 L'ACTION NATIONALE RECOMMANDATION Que l\u2019école polyvalente soit le centre socio-culturel du milieu.Voir à y installer, conjointement avec les ressources du Ministère des Affaires sociales, les services d\u2019une clinique psycho-pédagogique médico-sociale à la disposition des enfants, adolescents et adultes du milieu.Cette clinique se composerait d\u2019un personnel de pédagogues, de psychologues, de médecins, de travailleurs sociaux, de conseillers en orientation et autres professionnels s\u2019intéressant à l\u2019éducation, au bien-être et à la santé de la population.4.02 LA COMMUNICATION ÉCOLE-FAMILLE Actuellement elle se fait par : \u2014\tdes réunions générales d\u2019information ; \u2014\tdes rencontres individuelles avec des professeurs ou la direction ; \u2014\tle bulletin des élèves.4.021 LES RÉUNIONS GÉNÉRALES Il nous faut constater que les réunions de parents ne réunissent en moyenne que 10% des parents et que les convocations ne parviennent à la maison que dans 30% des cas.Toutefois, quand il s\u2019agit d\u2019une réunion d\u2019information pour l\u2019entrée au secondaire (après la 6e année, entrée en sec.1), l\u2019inquiétude aidant, l\u2019assistance est beaucoup plus nombreuse.Durant les réunions, la communication passe difficilement, les échanges sont généralement stériles.Pourquoi ?Parce que les parents, soit qu\u2019ils se sentent intimidés, soit qu\u2019ils n\u2019aient pas l\u2019habitude de s\u2019exprimer en public, ne participent vraiment pas aux échanges.Ajoutons que les directions, à cause de leur jargon administratif, ont souvent de la difficulté à se mettre au niveau des parents qui sont des profanes. LA VIE ÉTUDIANTE 543 4.022\tLES RENCONTRES INDIVIDUELLES Les rencontres individuelles entre parents et professeurs se font encore.Pourtant, leur déroulement est considérablement ralenti par : la gêne de certains à venir affronter un professeur ; \u2014\tla peur de déranger et de demander des explications qui pourraient indisposer le professeur vis-à-vis de l\u2019élève ; \u2014\tle manque d\u2019organisation matérielle (parloir, lignes téléphoniques) ; l\u2019état d\u2019esprit du professeur, pris dans des discussions souvent mesquines de conditions de travail, qui ne le disposent pas à donner de son temps en dehors des cours, même s\u2019il sent l\u2019utilité de ces rencontres.Quant aux cas graves d'indiscipline, ils sont du ressort de la direction qui se charge de convoquer les parents.4.023\tLE BULLETIN DES ÉLÈVES C\u2019est le moyen de communication par excellence.Mais, parce qu\u2019il est de lecture difficile, parce qu il est remis à l\u2019élève, parce que très souvent il ne parvient pas à la maison, parce qu\u2019on n\u2019exige pas qu\u2019il soit signé des parents et retourné à l\u2019école, il a perdu de son efficacité.Il devrait être l\u2019occasion d'un dialogue franc et honnête entre parents et enfants mais malheureusement ce n\u2019est pas le cas.RECOMMANDATIONS 1 Que le bulletin devienne efficace en le simplifiant, en réduisant le temps qui s\u2019écoule entre la cueillette des notes et la sortie du bulletin et finalement, en envoyant le bulletin de l\u2019élève par la poste. 544 L'ACTION NATIONALE 2° Que l\u2019on favorise les rencontres individuelles parents-professeur en dotant l\u2019école de locaux appropriés à cet effet.3° Que l\u2019on réévalue objectivement les média d\u2019information actuellement en usage à la C.E.C.M.et voir s\u2019il n\u2019y a pas possibilité de les enrichir ou de découvrir de nouvelles formules d\u2019information aux parents.4.03 LE COMITÉ CONSULTATIF Il est habituellement formé de membres élus ou nommés par les parents réunis en assemblée générale.Mais comme une école secondaire regroupe les parents de 6 à 8 paroisses et que ces gens-là ne se connaissent pas, il est difficile de former un comité consultatif valable.Chaque école a son système d\u2019élection et aucune n\u2019en est parfaitement satisfaite.Une fois la répartition et la représentation arrêtées, il faut que les parents se désignent leurs représentants.Or, ils ne se connaissent pas et cette désignation se fait au « petit-bonheur ».De plus, le rôle du comité consultatif étant fort imprécis, les parents qui pourraient y militer sont peu attirés par cette imprécision.À notre époque de propagande et de publicité à outrance, il est difficile de valoriser le comité consultatif aux yeux des parents et d\u2019y attirer les leaders dynamiques.Les professeurs, à cause du peu d\u2019expérience des membres du comité consultatif dans le domaine scolaire, croient très peu à son efficacité.De plus, les réunions du comité se font le soir et demandent encore une disponibilité très à la baisse à l\u2019heure actuelle.Pour la direction, c\u2019est un souci constant de trouver les moyens d\u2019animer ce comité ; cela lui demande énormément de travail et de doigté et quelle que soit LA VIE ÉTUDIANTE 545 la valeur du président, le principal se doit d\u2019exercer un leadership discret et efficace.RECOMMANDATION Que l\u2019on donne au comité consultatif des pouvoirs plus précis.4.04\tLA CONSULTATION PROFESSEURS, ÉTUDIANTS, PARENTS Le manque de vie communautaire fait des personnes en présence des opposants plutôt que les artisans d\u2019une tâche commune.De la non-identification des étudiants à leur école découle leur absence de prise en charge de leur milieu.Le même facteur joue chez les éducateurs.Pour être valable et utile, la consultation doit correspondre à une certaine prise en charge du milieu et, par conséquent, à une responsabilité correspondante.La participation des parents à la vie de l\u2019école devra s\u2019inspirer du même principe.Milieu de formation, l\u2019école devrait voir à familiariser les étudiants avec le fonctionnement des institutions démocratiques en leur fournissant des éducateurs conseils qui leur apprendront à faire fonctionner leur conseil selon des normes d\u2019efficacité et dans le respect de règles de fin démocratique.RECOMMANDATION Que les éducateurs se donnent des structures de travail d\u2019équipe souples mais efficaces et aident les étudiants à s\u2019en donner eux-mêmes.La consultation n\u2019aura de sens qu\u2019à cette seule condition.4.05\tL'ABSENTÉISME L\u2019absentéisme est un problème majeur dans nos écoles secondaires.Les options graduées qui laissent en partie la liberté de choix aux élèves, ont été implantées sur les anciennes structures de vie étu- 546 L'ACTION NATIONALE diante ce qui a provoqué un débalancement majeur qui se traduit en particulier par un taux d\u2019absence en hausse très nette.En général, ce taux se situe entre 8 et 12% avec une pointe très marquée le vendredi après-midi.4.051\tQUELLES EN SONT LES CAUSES?1)\tle manque d\u2019autorité de certains parents ; 2)\tla non-application des sanctions prévues par la loi contre les parents insouciants en ne les privant pas des allocations familiales ; 3)\tle manque d\u2019adaptation des programmes aux élèves peu doués ou peu motivés ; 4)\tle manque de barème minimum de présence pour avoir droit à se présenter aux examens ; 5)\tle démantèlement systématique des groupes à chaque cours qui rend le contrôle onéreux et difficile ; 6Ï la possibilité pour l\u2019élève de travailler quelques jours par semaine sans sanction ; 7)\tla relative facilité des examens et la normalisation des notes qui suppriment tout effort ; 8)\tla quasi-certitude d\u2019une promotion en fin d\u2019année ; 9)\tla distribution des jours de congé.4.052\tQUELLES EN SONT LES CONSÉQUENCES?POUR L'ÉLÈVE ABSENT L\u2019absence répétée à des cours provoque des retards dans les programmes et conduit à l\u2019échec.La place marginale qui est celle des absents chroniques provoque de nombreux cas de discipline.Le manque de sanctions apprend à l\u2019élève à jouer avec l\u2019assiduité et lui fait prendre une très mauvaise habitude qui souvent le conduit à l\u2019abandon de ses études.POUR LES ÉLÈVES PRÉSENTS En plus du mauvais exemple que cela donne surtout aux élèves peu motivés au départ, ces absents provoquent un retard dans les programmes, puisqu\u2019il faut quand même essayer de les récupérer.La discipline de la classe s\u2019en ressent et les présents paient. LA VIE ÉTUDIANTE 547 POUR LES PROFESSEURS Ces absents provoquent une surcharge à la tâche du professeur, l\u2019empêchent de faire une classe dynamique au point de compromettre parfois le renouveau pédagogique.Il en est de même du secrétariat qui passe journellement des heures à aligner toujours les mêmes noms, tandis que la direction des élèves laisse de côté l\u2019animation étudiante pour consacrer la majeure partie de son temps à la poursuite des égarés.Il faut donc conclure que quelques dizaines d\u2019élèves dans chaque école perturbent gravement la vie de l\u2019école, affectant leurs condisciples, les professeurs et la direction.RECOMMANDATIONS 1° Que l\u2019on repense localement le contrôle des présences.2° Que la direction de l'école ait les moyens et les ressources professionnelles requises pour résoudre les problèmes d\u2019élèves peu tolérables au milieu scolaire et qui ont plus de 16 ans.3° Que l\u2019on exige 90% de présences aux cours pour avoir droit de se présenter aux examens du ministère.4° Que l\u2019officier de fréquentation scolaire travaille en étroite collaboration avec la direction de l\u2019école dans l\u2019application de la loi de la fréquentation scolaire.INFLUENCE DES RELATIONS DE TRAVAIL SUR LA VIE ÉTUDIANTE 5.01 ÉTAT DE LA QUESTION Les étudiants des écoles secondaires en général, mais surtout ceux qui fréquentent les écoles polyvalentes, sentent de plus en plus la déshumanisation du système dans lequel ils évoluent. 548 L'ACTION NATIONALE Cette déshumanisation se traduit dans les faits par l\u2019absence de contacts réels entre les étudiants et les professeurs et entre les étudiants eux-mêmes.L\u2019étudiant ne s\u2019ouvre pratiquement plus à autres choses qu\u2019à ses goûts « premiers » et à d\u2019autres personnes que celles de son groupe d\u2019amis (si toutefois il en a un).Pour lui, l\u2019école devient une « boîte à cours » où tout n\u2019est organisé qu\u2019en fonction d\u2019une « industrie du savoir ».Si l'on établit au départ que ceux qui ont opté pour la profession d\u2019enseignants devraient percevoir les besoins des adolescents et qu\u2019ils devraient être désireux de combler ces besoins, on en arrive à la conclusion que quelque chose empêche la réalisation concrète de cet objectif.Pour répondre adéquatement aux besoins des étudiants, les parties doivent reconnaître que la convention collective prévoit des obligations minimales et qu\u2019en s\u2019en tenant à la lettre de la convention collective, elles ne répondent pas aux vrais besoins des étudiants.Du côté de l\u2019enseignant, la bonne volonté ne suffit pas.Une convention de travail adéquate devrait donc favoriser, en plus de relations stables et harmonieuses, d\u2019abord et avant tout, une relation humaine, saine et dynamique entre le professeur et l\u2019étudiant.À noter que la majorité des élèves ont pris conscience qu\u2019ils sont les premiers touchés par cette convention.5.02 LA RÉALITÉ a) RAPPORT MAÎTRE-ÉLÈVE Le rapport maître-élève tel qu\u2019appliqué présentement, surtout à cause de l\u2019apport du secteur professionnel, est certainement de nature à défavoriser une relation individualisée du professeur à l\u2019étudiant.Par exemple, le professeur qui a trop de périodes par semaine, qui doit consacrer ses moments libres à des corrections et à sa préparation, n\u2019est plus en mesure psychologiquement et physiquement de rencontrer ses LA VIE ÉTUDIANTE 549 élèves après ses cours.De la même façon, des classes aux effectifs trop nombreux empêchent le professeur dévoué de répondre aux besoins extra-académiques de ses élèves.b) DISPONIBILITÉ \u2014 HEURES DE TRAVAIL En précisant de façon rigide le nombre d\u2019heures qu\u2019un enseignant doit passer à l\u2019école, la convention collective ne favorise pas les activités à la vie étudiante, à la fois durant et après les heures de la journée scolaire normale.Cette exigence va à l\u2019encontre de la volonté de participation de l\u2019enseignant, particulièrement lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019activités parascolaires, car la plupart ne trouvent rien d\u2019attirant dans un métier où l\u2019on doit poinçonner.On doit donc trouver, au problème de la disponibilité des enseignants, une solution plus souple, à la table des négociations et dans son application immédiate.Si l\u2019on considère que l\u2019enseignant devrait pouvoir répondre aux besoins décelés chez ses étudiants, si l\u2019on considère également que l\u2019enseignant doit travailler dans un climat de confiance et de sérénité, il est à se demander si la clause de la présence obligatoire à l\u2019école n\u2019a pas été appliquée à la lettre, sans discernement, provoquant ainsi une irritation grandissante, une diminution du dynamisme, de l\u2019effort, de la disponibilité.Nous empruntons ici un extrait des observations de Ly-siane Gagnon parues dans la Presse de décembre 1970 : « On fait comme les élèves, dit l\u2019un des professeurs, on donne nos cours et on s\u2019en va .» Concrètement, si nous voulons que la vie étudiante s\u2019épanouisse dans nos écoles, l'enseignant qui consacre des heures de son temps à des activités parascolaires pourrait avoir la responsabilité de se prévaloir d\u2019une certaine compensation hors de sa charge régulière d\u2019enseignement.Car ne nous leurrons pas, la vie étudiante est directement liée au degré d\u2019intérêt que portent les 550 L'ACTION NATIONALE professeurs à leurs élèves en dehors de leur horaire tout autant qu\u2019à l\u2019intérieur de l\u2019horaire régulier.« Il y a très peu de contacts en dehors des cours entre les enseignants et les élèves exception faite des activités culturelles et sportives où encore des groupes de pastorale ou alors enseignants et élèves ont la possibilité de se parler, de se connaître ».« Où un élève trouvera-t-il le temps de consulter un professeur sur un point précis, de solliciter des explications supplémentaires ?» (L.Gagnon).Cependant, nous croyons fermement que le problème fondamental qui nous confronte n'est pas la convention collective elle-même puisque la convention, comme tout contrat, n\u2019est qu\u2019une énumération d\u2019obligations à respecter.On pourrait rédiger une convention qui serait parfaite aux points de vue technique et financier, sans pour autant que sa réussite soit assurée.Le vrai défi réside dans l\u2019application des termes et des nuances par des administrateurs lucides et des enseignants compétents et dévoués.Si l\u2019esprit présidait à l\u2019application de la convention, nous pourrions ranimer la vie étudiante de nos écoles.c) COURS ET ACTIVITÉS Si le professeur donne l\u2019impression qu\u2019il fuit l\u2019école à 4 heures, il va sans dire que c\u2019est la même chose pour l\u2019élève.Il semble de plus en plus évident que sept (7) cours par jour constituent une surcharge extraordinaire à l\u2019intelligence, à la psychologie, à la santé d\u2019un étudiant qui prend son rôle à coeur.Il y aurait lieu d\u2019intégrer, à l\u2019intérieur de l'horaire, des activités étudiantes coordonnées par un responsable et organisées par des enseignants préparés en ce domaine.Tant que les activités resteront hors-cours, elles ne seront formatrices que pour un petit nombre d'étudiants et seront vouées à la disparition. LA VIE ÉTUDIANTE 551 L'idéal serait donc que les activités, dans quelque domaine que ce soit, s\u2019intégrent aux cadres académiques et complètent les matières scolaires traditionnelles.Des activités éducatives correspondant aux goûts des adolescents permettront de suppléer au problème de déshumanisation.La participation aux activités étant plus restreinte permet de constituer de petits groupes dans lesquels I élève se sent individualisé et valorisé.Cependant, n\u2019oublions pas que l\u2019intégration des activités dans I horaire des adolescents ne résoudra pas tous les problèmes parce que le problème des relations humaines est plus profond que celui des horaires.RECOMMANDATIONS 1\tQue la participation de l\u2019enfant soit présente dans la convention collective.2\tQue la clause de la présence obligatoire à l\u2019école soit appliquée dans une optique favorable à l\u2019épanouissement de la vie étudiante tout autant qu\u2019à celui des professeurs qui s\u2019y consacrent.3° Que des activités dirigées soient intégrées à l\u2019intérieur de l\u2019horaire de l\u2019étudiant et organisées par des enseignants préparés à cet effet plutôt que par des spécialistes de l\u2019extérieur.5.03 CONSULTATION ET ANIMATION DU CORPS PROFESSORAL Il y aurait lieu de réexaminer la possibilité d\u2019impliquer davantage l\u2019enseignant dans l\u2019action à accomplir au niveau de son école.Par exemple : 1.\tPar une participation réelle à l\u2019élaboration de politiques pédagogiques, disciplinaires ou autres 2.\tPar des rencontres fonctionnelles d'enseignants, de direction, voire d\u2019étudiants, pour déceler les besoins concrets et immédiats des élèves, y apporter des solutions et, par voie de conséquence, organiser le milieu. L'ACTION NATIONALE 552 3.Par une image différente de la direction.C'est beaucoup demander mais il faut que la direction aussi resserre les liens avec ses élèves.Son rôle est sûrement à repenser, à redéfinir.Au lieu de se faire percevoir surtout comme des agents d administration, il faudrait que les directions d\u2019école jouent davantage un rôle d'animation au sein d\u2019une équipe de professeurs, que leur autonomie grandisse, que l\u2019esprit d\u2019initiative soit le bienvenu à l\u2019intérieur des cadres.5.031 REVALORISATION DU CORPS PROFESSORAL «.déjà désabusés par une convention collective qui leur fait porter indûment le poids d'une réforme scolaire que l\u2019État n'a pas les moyens d assumer jusqu\u2019au bout, déjà passablement désabusés par les attaques incessantes dont ils sont collectivement l\u2019objet, chaque fois que les choses vont mal au Québec .les enseignants pourraient finir par perdre toute motivation ».«Ce sont ceux qui pourront le plus facilement se recycler \u2014 donc les meilleurs \u2014 qui partiront ».(L.Gagnon).Dans la mesure où la C.E.C.M.et le Syndicat s emploieront à contrecarrer les effets psychologiques néfastes causés par les faits énoncés plus haut, ils feront renaître chez le professeur un nouveau souffle de vie, un dynamisme intérieur, une considération personnelle, dont il a besoin dans son travail.Humainement parlant, l\u2019enseignant qui se sent estimé, apprécié, projette cet état de bien-être sur ses confrères et sur ses élèves.Il faudrait donc que les professeurs, par une publicité bien orchestrée, revalorisent eux-mêmes leur profession aux yeux du public.RECOMMANDATION Que le corps professoral, appuyé par son employeur et son syndicat, revalorise la profession aux yeux de la population. LA VIE ÉTUDIANTE 553 5.04 CHOIX DES PROFESSEURS FORMATION DES MAÎTRES Afin de répondre aux besoins de nos écoles, surtout dans la nouvelle école polyvalente, nous devrons nous assurer que chacune de nos écoles est centrée sur l\u2019étudiant.Il est absolument indispensable que les administrateurs de nos écoles établissent certains objectifs concrets dans lesquels la vie étudiante constitue une priorité.Nous voulons dire que chaque école « doit » avoir une mission ou une philosophie centrée sur l\u2019étudiant.Cette philosophie est la responsabilité de l\u2019administrateur scolaire tout autant que celle de chaque éducateur.Si l\u2019on veut que le milieu étudiant soit un milieu de vie, il faut tout d'abord que le professeur soit convaincu du bien-fondé de cet objectif et qu\u2019il soit formé à cet effet.Le programme actuel de formation des maîtres centré surtout sur la spécialisation d'une matière à enseigner, néglige très souvent la préparation de l\u2019enseignant animateur et éducateur.Il suffit d'observer les nouveaux programmes, les nouvelles méthodes, pour comprendre que le maître n\u2019aura plus simplement un rôle de transmetteur de connaissances.Il importe qu\u2019il soit formé également de façon à être capable d\u2019assumer l\u2019animation d'un groupe, qu'il soit sensibilisé à la psychologie de l\u2019adolescent et même mis en situation afin d\u2019éprouver ses capacités.Nous avons parlé tantôt d\u2019animateurs, de coordonnateurs d\u2019activités, il est entendu que le programme de formation des maîtrtis doit préparer les professeurs à ce rôle.Il s'agira surtout d\u2019éviter que ces postes incombent à des professeurs dont la tâche d\u2019enseignement n\u2019est pas complète.En pratique, le directeur d\u2019école et son équipe administrative devraient avoir la possibilité de choisir cha- 554 L'ACTION NATIONALE que nouveau professeur afin de s'assurer que tous sont pleinement conscients de la situation et prêts à s\u2019engager totalement pour réaliser les buts et objectifs établis dans une école donnée.Il y a quelques années, ceci eût été utopique mais actuellement le nombre d\u2019enseignants sur le marché du travail justifie une telle orientation.RECOMMANDATIONS 1° Que le programme de formation des maîtres soit repensé beaucoup plus en fonction d\u2019étudiants à éduquer, à animer qu'à instruire.2° Que la direction soit consultée au point de se sentir responsable du choix des professeurs qui enseigneront dans son école et que les nouveaux professeurs se sentent solidaires de la direction et de l\u2019équipe des professeurs dans la poursuite des objectifs spécifiques de l'école.CONCLUSION Ce devrait être chez tous une conviction profonde que la formation d\u2019un étudiant doit beaucoup plus être orientée vers l\u2019acquisition d\u2019habitudes de vie que vers l\u2019acquisition de connaissances.Comme il n\u2019existe pas de formule unique qui résoudrait tous les problèmes de la vie étudiante dans nos écoles, il faut laisser aux éducateurs la possibilité de tenter des expériences coordonnées et planifiées au niveau de chaque école et de chaque région.LES SERVICES AUX ÉTUDIANTS 6.01 DÉFINITION Quand nous parlons de « Services aux étudiants » à la C.E.C.M., nous pensons habituellement aux services offerts par les Bureaux de Psychologie, du Service et de l\u2019Orientation.Le type de services offerts par chacun de ces bureaux fut longtemps le « service personnel à l\u2019élève ».C\u2019est encore, croyons-nous, une opinion très répandue dans nos écoles que le personnel LA VIE ÉTUDIANTE 555 de ces bureaux est composé de spécialistes à qui on réfère les cas d\u2019élèves problèmes.Par contre, le personnel de ces bureaux, en travaillant au sein des écoles, a compris le besoin de varier ses modes d\u2019intervention dans le milieu, de façon à rejoindre le plus grand nombre d\u2019élèves.De plus en plus, on travaille auprès de la direction des écoles et du personnel enseignant pour que la psychologie, le service social, l\u2019orientation, la psycho-éducation et l\u2019orthophonie deviennent une préoccupation de tout le personnel et que ce dernier soit capable lui-même de rendre des services appropriés à plusieurs élèves sans qu\u2019il y ait toujours nécessité d\u2019une référence à un spécialiste.Lorsque nous nous reportons au plan d\u2019une école secondaire et que nous cherchons à découvrir ce qui peut être considéré comme « services aux étudiants », nous constatons que seule l\u2019orientation est présente et intégrée à l\u2019école.La psychologie et le service social sont quasi inexistants.Par contre, nous découvrons que les étudiants reçoivent d\u2019autres services.Il y a des infirmières qui s\u2019occupent de la santé des élèves, des aumôniers qui offrent des services de pastorale, des enseignants qui organisent encore quelques activités de loisirs et de sports.Il y a augmentation, d'année en année, du personnel en orientation, en pastorale, en santé et par conséquent des services offerts en ces domaines tandis que, par ailleurs, il y a diminution à un rythme effarant des activités sociales, culturelles, sportives, etc .qui animaient le milieu scolaire et contribuaient pour une large part à l\u2019éducation et à la socialisation des élèves.L\u2019élève de nos écoles n\u2019a peut-être jamais reçu autant d\u2019attention individuelle de la part de spécialistes en orientation, en santé, en pastorale ; par contre, ceux qui pouvaient avoir sur lui une influence quotidienne, ses professeurs, sont devenus des spécialistes de l\u2019enseignement avec qui il ne peut même plus échanger au sujet de ses matières scolaires. 556 L'ACTION NATIONALE Si cette situation devait persister il y aura de plus en plus de demandes pour augmenter les services personnels aux élèves au sein des écoles de façon à rejoindre un des besoins fondamentaux de l\u2019adolescent de trouver un adulte, extérieur à sa famille, prêt à l\u2019écouter, à l\u2019entendre et à le conseiller dans ses problèmes personnels, sociaux, « vocationnels », etc .ce qui s'est toujours fait au sein des écoles secondaires.De plus, en raison de la complexité de la vie d\u2019aujourd\u2019hui, de la multiplication et de la diversité des problèmes de la jeunesse, il faudra prévoir, à court terme, que la psychologie et le service social devront intensifier leur implantation dans les écoles secondaires.Cependant, nous ne croyons pas répondre adéquatement aux besoins de l\u2019élève en procédant de cette façon, car ce dernier voudra toujours, durant ses cours et ses autres activités à l\u2019école, se retrouver devant un professeur-éducateur avec qui il pourra échanger.Les membres des services personnels aux étudiants ne sont pas dans l\u2019école pour agir à titre de substituts ou de remplaçants des professeurs.Ils sont là pour aider à résoudre les problèmes complexes des élèves en travaillant en étroite collaboration avec le personnel enseignant.Par contre, si l\u2019école ne répond plus aux goûts, intérêts et personnalité de l\u2019étudiant, elle deviendra un milieu austère pour la jeunesse d\u2019aujourd\u2019hui, cela malgré tous les louables efforts que l\u2019on fait pour améliorer, adapter et diversifier l\u2019enseignement.Un des problèmes majeurs de l'implantation des services aux étudiants dans nos écoles nous paraît être celui de gagner à cette cause le personnel enseignant.On ne peut espérer créer une vie étudiante dans les écoles en imposant uniquement une nouvelle structure administrative et fonctionnelle de services dans l\u2019école.Il faut, à tout prix, par diverses mesures, redonner confiance au corps enseignant et lui permettre à nouveau d'exercer ses fonctions d'éducateur.Il s\u2019agit, bien sûr, LA VIE ÉTUDIANTE 557 d'un mouvement qui ne peut être entrepris au seul niveau local de notre Commission mais qui doit être appuyé avec vigueur au niveau gouvernemental.Nous sommes d\u2019avis qu\u2019il faut, d\u2019autre part, de l\u2019intérieur, accentuer le rapprochement entre le personnel actuel des services aux étudiants et le personnel enseignant.Le service personnel à l\u2019élève restera toujours incomplet et souvent inefficace s\u2019il n\u2019est pas renforcé par l\u2019influence du professeur-éducateur.L\u2019instruction, l\u2019éducation et la socialisation des élèves est l\u2019oeuvre commune à tout le personnel de l\u2019école.Il serait utopique de vouloir créer une vie étudiante dans l\u2019école en voulant confier cette responsabilité exclusivement à un groupe de personnes.Nous concevons cependant que les membres des services personnels ont des actions précises à poser en regard de ces objectifs et nous chercherons maintenant à exprimer ce qui pourrait être fait en vue d\u2019améliorer la situation présente.6.02 L'ORIENTATION Le personnel de l\u2019orientation est présent à l\u2019école pour permettre à chaque élève de trouver les moyens d\u2019exploiter ses talents au maximum et pour être en mesure un jour de faire un choix de vie et de carrière profitable à lui-même et à la société.Même si l\u2019orientation des élèves est un concept que l\u2019on accepte de plus en plus comme nécessaire et obligatoire avec le système à options, on ne décèle rien encore qui nous porte à croire que c\u2019est devenu une préoccupation majeure de tout le personnel de l\u2019école.Pour assurer l\u2019implantation de l\u2019orientation dans l\u2019école, il faudra qu\u2019elle devienne de plus en plus un travail d\u2019équipe impliquant tout le monde dans l\u2019école et que chacun réalise que son action dans une école, à quelque niveau que ce soit, a des implications plus ou moins directes sur l\u2019orientation des élèves.D\u2019autre part, le personnel de l\u2019orientation a des fonctions précises 558 L'ACTION NATIONALE à remplir au plan de l\u2019évaluation, de l\u2019information et de la consultation et ces fonctions peuvent mobiliser tout son temps si on en comprend bien le rôle et l\u2019importance.L\u2019apport de l\u2019orientation à la vie étudiante de l\u2019école n\u2019est peut-être pas aussi évident que celui d\u2019activités qui regroupent les élèves et font appel à une large participation et, de ce fait, sont plus perceptibles.Mais sous l'angle du service personnel, l\u2019orientation contribue à l\u2019intégration de l\u2019élève à l\u2019école, donne un sens à sa vie scolaire et motive sa participation à toutes les activités.L\u2019orientation favorise ainsi l\u2019éclosion d\u2019un climat propice à l\u2019instruction et à l\u2019éducation.Si d\u2019autre part, l\u2019orientation étend davantage son influence auprès du personnel de direction, du personnel enseignant, des parents, de certains organismes extérieurs qui ont des liaisons avec l\u2019école, c\u2019est tout le milieu qui, en définitive, travaillera à l\u2019orientation des élèves.Plus il y aura d\u2019étudiants satisfaits, meilleur sera le climat dans une école.RECOMMANDATION Que dans les écoles, les conseillers d\u2019orientation ne s\u2019occupent uniquement que des tâches d\u2019orientation et non pas de celles de l'organisation scolaire.6.03 LA PSYCHOLOGIE La vie étudiante de nos écoles aurait un apport important à recevoir du Bureau de psychologie.Face aux symptômes qui nous ont été présentés comme décrivant le milieu scolaire actuel : désaffection massive de l\u2019école, contestation, anxiété, etc., il nous semble urgent d\u2019apporter une aide tant au personnel de direction et au personnel enseignant qu\u2019aux élèves eux-mêmes.Nous croyons que la C.E.C.M.devrait encourager le développement d\u2019un programme précis d\u2019implantation de la psychologie au niveau secondaire à partir des normes budgétaires autorisées par le Ministère.A LA VIE ÉTUDIANTE 559 notre avis, l\u2019emphase de ce programme devrait être mise du côté des services de consultation pour que le psychologue soit l\u2019animateur de rencontres et d\u2019échanges avec des groupes d\u2019étudiants, avec des groupes de professeurs et qu\u2019il soit aussi un participant actif à la vie de l\u2019école de façon à promouvoir des mesures d'hygiène mentale qui favoriseront l'apprentissage et l\u2019adaptation de l'élève et qui préviendront l\u2019apparition ou l\u2019aggravation de difficultés psychologiques.C\u2019est de cette façon, selon nous, que la psychologie peut apporter une contribution importante à la vie étudiante dans l\u2019école.RECOMMANDATION Que la C.E.C.M.accepte d\u2019implanter les services de psychologie au niveau secondaire et demande au Bureau de psychologie de préparer un programme à cet effet.6.04 LE SERVICE SOCIAL Ce que nous venons de dire pour la psychologie, s\u2019applique également au rôle que peut jouer le service social pour la vie étudiante dans une école secondaire.Il faut une politique de présence à l\u2019école pour saisir d\u2019abord les principaux problèmes à corriger et connaître les ressources positives d\u2019un milieu.Le service social, à la C.E.C.M., a développé au niveau des écoles élémentaires un type d\u2019intervention et d\u2019approche auprès des directions et des professeurs qui nous semble prometteur pour l\u2019ensemble des services personnels aux étudiants.Les « cas » sont trop nombreux pour espérer, un jour, être en mesure d'épuiser les listes d\u2019attente.Au niveau du secondaire, nous verrions que le service social soit appelé à participer à des programmes élaborés conjointement avec tout le personnel pédagogique et parapédagogique en rapport avec des problèmes collectifs ou généralisés tels que l\u2019absentéisme, l\u2019usage des drogues, la délinquance, etc.C\u2019est donc à partir tout d\u2019abord d\u2019une étude précise des 560 L'ACTION NATIONALE besoins d'une école qu\u2019un plan de travail pourrait s\u2019élaborer et gagner l\u2019adhésion de tout le personnel.Le service social jouerait alors un rôle important auprès de toute la communauté scolaire pour présenter de nouveaux modèles de comportement et pour changer le climat dans une école, ce qui a des rapports directs avec la vie étudiante.RECOMMANDATION Que la C.E.C.M.intensifie ses démarches auprès du Ministère des Affaires sociales pour obtenir un personnel plus nombreux.6.05 LA SANTÉ Les services de santé, par la présence des infirmières, viennent de faire leur apparition dans les écoles secondaires.Nous savons que la C.E.C.M.a déjà été saisie par le Bureau médical de la nécessité d\u2019avoir un véritable programme de médecine scolaire.Au niveau secondaire, ce programme comprendrait un examen médical pré-vocationnel et des tests d\u2019efficience physique.Les mesures préventives et curatives que comporte le programme de médecine scolaire ne pourraient que contribuer à une meilleure adaptation de l\u2019élève à l\u2019école et permettraient à tout le personnel de le mieux comprendre et de le mieux aider.Avoir une bonne santé et en prendre soin, connaître ses capacités et limites, sont des attitudes positives et réalistes qui donnent de la vigueur à toute entreprise de scolarisation et d\u2019éducation.RECOMMANDATIONS 1° Que les démarches déjà entreprises avec le Ministère des Affaires sociales pour l\u2019implantation dans nos écoles d\u2019un programme de médecine scolaire soient accentuées.Que des expériences-pilotes soient au moins en place dans quelques écoles polyvalentes en septembre prochain. LA VIE ÉTUDIANTE\tgg-| 2° Qu\u2019un examen pré-vocationnel soit obligatoire au cours du 1er cycle du secondaire.3° Que des ententes précises se fassent entre le bureau médical de la C.E.C.M.et les responsables de l\u2019éducation physique pour l\u2019élaboration d\u2019un examen annuel et obligatoire pour tout élève du secondaire avant de le soumettre au programme d\u2019éducation physique.6.06 LA PASTORALE La présence d\u2019un aumônier dans les écoles secondaires n\u2019est pas chose nouvelle à la C.E.C.M.Il fut longtemps considéré comme un conseiller universel : la gent étudiante avait facilement accès à son bureau autant pour discuter de problèmes personnels que de problèmes religieux, les professeurs voyaient en lui un éducateur de la foi et la direction recourait à lui comme personne-ressource en tout ce qui concernait la vie chrétienne de l\u2019école.C'était au temps où tout le monde se considérait comme impliqué par le fait religieux et où il ne semblait nécessaire à personne d\u2019évangéliser tout un milieu dans un style missionnaire.Aujourd\u2019hui, comme hier, la pastorale scolaire cherche, par divers moyens, à rassembler la communauté scolaire chrétienne.L\u2019aumônier se veut une présence à tout ce qui se fait à l\u2019école pour que chacun, élève, personnel enseignant, personnel de direction, agisse en chrétien.A ce titre, il est, dans une école, un conseiller auprès de tous.Pour promouvoir la vie chrétienne à l\u2019école, la pastorale doit rejoindre autant les services pédagogiques que les services aux étudiants.La tâche principale de la pastorale est de créer un esprit chrétien à l\u2019intérieur de l\u2019école.Pour réaliser cet objectif, l\u2019aumônier dispose, entre autres, de méthodes d\u2019approche individuelle auprès des étudiants.Mais, aidé par la présence de l\u2019équipe de pastorale, il n\u2019utilise pas 562 L'ACTION NATIONALE moins les méthodes d\u2019animation de groupe qui se proposent de rejoindre toute la communauté scolaire.RECOMMANDATION Que les élèves, avec l\u2019accord des professeurs, puissent rencontrer l\u2019aumônier en tout temps à l\u2019intérieur de l\u2019horaire scolaire.6.07 LOISIRS ET SPORTS Il y a déjà eu à l\u2019horaire de nos écoles, une période réservée aux « activités dirigées ».Cette période est disparue pour faire place aux exigences d\u2019un programme académique de plus en plus lourd.On se demande actuellement comment réintroduire dans l\u2019horaire hebdomadaire de l\u2019étudiant une ou des périodes durant lesquelles il aurait la possibilité d\u2019exercer des activités sociales, culturelles et sportives destinées à parfaire son instruction, son éducation et sa socialisation.À notre avis, la condition première pour faire de cette nouvelle tentative un succès, c\u2019est que tout le personnel qui s\u2019occupe d\u2019éducation soit convaincu de sa nécessité.Si les administrateurs, les directions d\u2019école, les professeurs, les parents se disent, au départ, qu\u2019il s\u2019agit là d\u2019une perte de temps, et que l\u2019école n\u2019est pas faite pour cela, les activités de vie étudiante seront vouées à l\u2019échec comme le furent les « activités dirigées ».Le climat actuel de nos écoles est toutefois propice à ce renouveau.On dit partout que les élèves n ont plus le temps de respirer, qu\u2019ils ont une semaine de travail beaucoup plus longue que celle de plusieurs adultes, etc.Les activités de vie étudiante ne sauront être une panacée à tous les maux actuels de notre système d\u2019enseignement mais elles pourront, si on comprend bien leurs objectifs, s\u2019inscrire dans une nouvelle philosophie de l\u2019école, non plus considérée comme un endroit où LA VIE ÉTUDIANTE 563 l\u2019on va apprendre mais un lieu où l\u2019on se rend pour « apprendre à vivre ».L\u2019école a un urgent besoin d\u2019élargir le concept d\u2019aptitudes qui l\u2019a toujours guidée dans son évolution et ses transformations.Elle doit s\u2019occuper du développement de tout l\u2019être et non seulement de son intelligence.Ces principes devraient guider la Commission pour la promotion de responsables d\u2019un service de loisirs et sports dans les écoles secondaires.6.08 AUTRES SERVICES La psycho-éducation existe maintenant à la C.E.C.M.Limitée présentement au niveau élémentaire nous voyons son action aussi nécessaire et utile au niveau secondaire.On ne saurait sous-estimer l\u2019importance et le nombre d\u2019élèves sévèrement perturbés qui peuplent nos écoles.Toutes les mesures éducatives ordinaires utilisées à bon escient, par du personnel dévoué et compétent ne réussissent pas souvent à rendre un élève productif et sociable.Les directeurs des étudiants et les responsables d\u2019élèves s'épuisent à trouver « le moyen » qui déclenchera chez ces élèves un processus de changement.On souhaiterait souvent pour eux un autre milieu que l\u2019école, où on « en viendrait à bout ».La psycho-éducation intégrée à l\u2019école nous apporte une autre conception.Ses connaissances spécialisées des mesures rééducatives, utilisées par les personnes de l\u2019école et originant des diverses activités pédagogiques et parapédagogiques sont très souvent suffisantes pour remettre d\u2019aplomb un bon nombre d\u2019élèves.C\u2019est donc surtout auprès des professeurs et des responsables que le psycho-éducateur peut jouer un rôle efficace et rentable.Au même titre que les autres services aux étudiants, la psycho-éducation n\u2019entre pas à l\u2019école pour remplacer le personnel enseignant.Le psycho-éducateur est là, en grande partie, pour sensibiliser les enseignants aux moyens et aux habiletés qu\u2019ils possèdent déjà afin de venir en aide au plus grand nombre possible d\u2019élèves. 564 L\u2019ACTION NATIONALE RECOMMANDATION Que la psycho-éducation soit reconnue parmi les services aux étudiants et que des normes budgétaires soient obtenues du Ministère en vue de favoriser l\u2019expansion de ses services au niveau secondaire.CONCLUSION Les services aux étudiants dans nos écoles secondaires à la C.E.C.M.sont de plus en plus en demande.Bien que l\u2019orientation, la pastorale et les services de santé se retrouvent dans la majorité des écoles, il y a encore des demandes pour assurer une permanence de services dans les écoles du deuxième cycle secondaire.On n\u2019accepte plus que la psychologie et le service social demeurent absents du secondaire.On fait des efforts inouïs pour conserver bien timidement quelques activités culturelles, sociales et sportives en souhaitant que la situation puisse changer.L\u2019organisation fonctionnelle des services personnels est encore à ses débuts dans les écoles.Le personnel auxiliaire cherche encore à s\u2019intégrer et à se faire accepter comme membre de l\u2019équipe de l\u2019école.Le travail interdisciplinaire et multidisciplinaire n\u2019est encore qu\u2019un projet.Le rôle de ces services vis-à-vis la « vie étudiante » ne s\u2019est pas encore traduit suffisamment dans des programmes précis d\u2019action.Les politiques de développement et d\u2019expansion des Bureaux seraient sans doute à repenser, si la C.E.C.M.acceptait d\u2019accorder une priorité au développement de la vie étudiante dans les écoles secondaires.STRUCTURES ET FONCTIONNEMENT DE LA C.E.C.M.7.01 RAPPEL SUR LES PROPOSITIONS DU MINISTÈRE DE L'ÉDUCATION Nous croyons opportun de rappeler les structures administratives et fonctionnelles des services aux étudiants que propose actuellement le Ministère de l\u2019Education et que la plupart des commissions scolaires LA VIE ÉTUDIANTE 565 ont commencé à mettre en place suivant les normes budgétaires prévues.Au niveau de la commission, le directeur des Services aux étudiants relève directement du directeur général et fait partie de l\u2019équipe de gestion des administrateurs-cadres de la commission scolaire.La Commission peut nommer, selon l\u2019importance de ses besoins en matière de vie étudiante, un ou plusieurs adjoints (coordonnateurs) au Directeur.« Les Services aux étudiants doivent assumer, auprès des cadres de la commission scolaire et des écoles une responsabilité directe sur les secteurs d\u2019activités qui sont de leur compétence propre : orientation, psychologie, service social, service de santé, logement, placement, pastorale, loisirs et sports, associations étudiantes, etc.ils doivent également accepter une responsabilité indirecte dans l\u2019élaboration des politiques de la Commission scolaire qui influencent de près ou de loin le développement intégral et l\u2019adaptation harmonieuse de l\u2019élève dans les écoles en matière de programme, horaire, méthodologie, classement d\u2019élèves, etc .» Au niveau de l\u2019école, trois structures administratives peuvent se présenter : 1)\tUn ou des principaux adjoints sont exclusivement responsables de la vie étudiante (organisation par champ d\u2019activités).2)\tChaque principal adjoint est responsable de l\u2019enseignement de la vie étudiante pour un nombre limité d\u2019élèves (organisation divisionnaire).3)\tUn ou des principaux adjoints de la vie étudiante et un ou des principaux adjoints de division (organisation mixte).(1) Les structures fonctionnelles et administratives des Services aux étudiants en commission scolaire et dans l\u2019école polyvalente.Guide à l'intention des services aux étudiants des commissions scolaires \u2014 DIGES \u2014 Ministère de l\u2019Education \u2014 Document de travail page 6. 566 L'ACTION NATIONALE Dans une école où le principal n\u2019a pas d\u2019adjoint, il doit, appuyé par son conseil d\u2019école, assumer les fonctions relatives à la vie étudiante au même titre que celles de l\u2019enseignement.
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