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Titre :
L'action nationale
Éditeur :
  • Montréal :Ligue d'action nationale,1933-
Contenu spécifique :
Octobre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Action canadienne-française, ,
  • Tradition et progrès,
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L'action nationale, 1972-10, Collections de BAnQ.

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[" L\u2019ACTION NATIONALE Volume LXII, Numéro 2\tOctobre 1972\t$1.00 RELATIONS FÉDÉRALE-PROVINCIALE Éditorial ORGANISME QUÉBÉCOIS DE FINANCEMENT André Gouslisty MAINTENANT LE CHILI ! Jean Genest PRIORITÉS EN ÉCONOMIE Rosaire Morin L\u2019ACADIE ! L\u2019ACADIE ! Sén.Pascal Poirier POUR VOS ACHATS CONSULTEZ NOTRE RÉPERTOIRE D'ANNONCEURS CLASSIFIÉS TABLE DES MATIÈRES Page* ÉDITORIAL : Les relations fédérale-provlnciale (Jean Genest) 87 André GOUSLISTYY : Un organisme québécois de financement 103 Jean GENEST: Maintenant le Chilli .117 Émile SOUCY : Que faire maintenant?.143 Edmond GISCARD D'ESTAING : Ambiguités du socialisme en France .146 Rosaire MORIN : Priorités pour une saine économie\t150 Lucien LUSIGNAN : Canada et monarchie\t154 Sén.Pascal POIRIER: L\u2019Acadie! L'Acadie II\t159 Dép6t légal \u2014 1er semestre 1972 Bibliothèque nationale du Québec François-Albert Angers POUR ORIENTER NOS LIBERTÉS Volume de 280 pages.Il assemble les meilleurs articles de M.Angers, écrits entre 1939 et 1969.Pour la première fois le public a à sa disposition les grandes lignes de la pensée de M.Angers.Livre essentiel pour connaître les orientations et les appuis rationnels de ce maître du nationalisme québécois.($5.) Courrier de la deuxième classe Enregistrement no 1162 U ACTION NATIONALE 1182, boul.Saint-Laurent, Montréal (Tél.: 866-8034).Volume LXII, Numéro 2\tOctobre 1972\t$1.00 ÉDITORIAL Les relations fédéra le-provincia le Remise en question du fédéralisme Le problème politique numéro un du Québec reste celui des relations entre Ottawa et le Québec.Toute la Confédération est aux prises avec ce problème chronique qui lui colle aux flancs comme une tumeur maligne jamais amputée.Toute la conception politique du fédéralisme est viciée tant que les Canadiens n\u2019auront pas réglé cette question : que faire avec les Canadiens-Français ?Comment les intégrer dans le Canada ?Or les Canadians, aidés en cela par des Canadiens-Français brumeux ou trop intéressés, n\u2019arrivent pas à comprendre ce qu\u2019est le véritable fédéralisme ni la juste part d\u2019autonomie qu\u2019il convient de laisser à chacune des parties.Ils ne manquent pas une occasion d\u2019empiéter, de s\u2019attribuer tous les pouvoirs mal définis, sans jamais rien négocier, sans jamais inviter à la participation.Les deux nations Fondamentalement les Anglo-Canadiens n\u2019ont jamais accepte de reconnaître que le Canada est un pays à deux 88 L'ACTION NATIONALE nations qui pourraient collaborer.Ils refusent d\u2019élargir leurs concepts.Ils refusent cette réalité.Et ce sont toutes les relations entre Ottawa et Québec qui en sont viciées.Constamment.Le danger que ça casse, devient de plus en plus évident.Ils n\u2019avaient qu\u2019à reconnaître l\u2019existence de deux nations.Les conséquences d\u2019autonomie et d\u2019autodétermination, à l\u2019intérieur d\u2019un cadre de plus en plus souple de fédéralisme, auraient été plus facilement admises.Le Canada aurait pu être viable.L\u2019entêtement des uns et l\u2019aveuglement obstiné des autres rend le dénouement quasi inévitable (Voir L\u2019Action nationale, mai 1965, p.862 : Québec ou Ottawa, par J.G.).Et pourquoi ne lisent-ils pas /\u2019Oxford Dictionary qui définit la nation : « A distinct race or people, characterised by common descent, language or history ».Les esclaves ne peuvent pas constituer une nation mais seuls ceux qui sont unis par la langue et animés par une conscience commune.Il s\u2019agit alors d\u2019un groupe qui cherche son expression originale par le moyen de l\u2019organisation des activités communes jusqu\u2019au sommet de l\u2019état souverain.André Hauriou, dans la fameuse Encyclopédie française (tome X), donne cette définition de la nation : « On entend par nation un groupement humain dans lequel les individus se sentent unis les uns aux autres par des liens à la fois matériels et spirituels, et se conçoivent comme différents des individus qui composent les autres groupements nationaux » (p.49).Le marxisme n'a pas tué la nation C\u2019est en vue de la prolétarisation du monde que Marx niait la nation où il voyait une superstructure « appelée à se résorber dans la praxis sociale sur la base économique du marché mondial et à disparaître ».Mais toute l\u2019histoire lui a donné tort, de 1850 à nos jours où le messianisme russe et le panslavisme se sont simplement liés au communisme de Lénine.La deuxième grande guerre a été gagnée, en Russie, par le nationalisme des masses bien plus que par leur indéfectible loyauté au régime de Staline. RELATIONS FÉDÉRALE-PROVINCIALE 89 C'est en vue de favoriser l\u2019impérialisme anglais que Lord Acton, en 1862, (auteur toujours cité par M.Trudeau) s'élevait contre la Nation.Mais le propre de l\u2019impérialisme ce fut de ne pas respecter les libertés, les diversités et un juste épanouissement des institutions convenant à un peuple différent.Les impérialismes étouffent.C'est pourquoi toujours et partout, les « noirs d'Amérique », où qu\u2019ils soient, s\u2019élèveront toujours contre des pouvoirs si centralisateurs qu'ils deviennent une menace perpétuelle pour la croissance d\u2019un peuple.L'économique n'est pas prioritaire Beaucoup d'Anglo-Canadiens, et M.Pierre Elliott-Trudeau avec eux, ont soutenu que le problème le plus important au Canada ce n\u2019était pas le problème des relations entre le gouvernement fédéral et le gouvernement du Québec mais celui d\u2019une plus juste répartition des revenus nationaux et celui de la relance économique, sous l\u2019égide du gouvernement central.C\u2019est fausser la question.Évidemment que le plein emploi intéresse le plus grand nombre de Canadiens mais même la plus grande prospérité ne réglera pas le problème de la répartition des impôts entre le fédéral et le provincial ni ne limitera le droit absolu que s'arroge le gouvernement fédéral de dépenser comme il le veut, quand il le veut, là où il le veut.La vassalisation est conséquence d'un fédéralisme faussé Même avec la plus grande prospérité, l\u2019étude scientifique entreprise par trois économistes, MM.André Ray-nauld, Gérald Marion et Richard Béland, pour le compte de la Commission royale d\u2019enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme, étude explosive dont une synthèse fut publiée, grâce à une « fuite », dans le journal La Presse, montre en pleine clarté que les revenus des Canadiens-Français sont de 35% inférieurs à ceux des Canadiens-Anglais au Québec.Pourquoi cette infériorité ?Parce que les Anglo-Canadiens possèdent les postes de commande, 90 L\u2019ACTION NATIONALE imposent leur langue comme instrument de communication et font les investissements nécessaires pour maintenir leur suprématie.« Dans l\u2019échelle des occupations, les Canadiens-Français se trouvent au plus bas niveau, immédiatement avant les Italiens, que ce soit au Québec ou dans l\u2019ensemble du pays .À instruction égale, un administrateur canadien-français gagne la moitié moins que son frère d\u2019origine britannique ».Ainsi il n\u2019est pas rentable de s\u2019assimiler au groupe francophone.Par ailleurs l\u2019immigration britannique est quatorze fois plus forte que l\u2019immigration française.C'est devant ces faits qui montrent que toutes les chances, dès le point de départ, sont contre le Canadien-Français, au Québec, que ceux-ci s\u2019insurgent : les conditions qui leur sont faites sont iniques et aucun fédéralisme au monde ne pourra subsister qui n\u2019accordera pas à l\u2019État la capacité de les corriger.Or la centralisation s'accentue au profit de qui ?Loin de corriger cette situation invraisemblable, le gouvernement fédéral continue sa centralisation qui se fait dans la ligne des intérêts anglo-canadiens.Il s ensuit que la situation des Canadiens-Français, loin de s\u2019améliorer, ne cesse de se détériorer, que l\u2019avenir met en question la survie même du groupe Canadien-Français.Il faut trouver au Québec un État qui ne sera plus le serviteur d\u2019une classe privilégiée, le gardien des châteaux-forts d\u2019une minorité, l\u2019exploité d\u2019une caste aux tendances hégémoniques mais le serviteur du BIEN COMMUN.Ennemi du bien commun Quand nous parlons du bien commun, nous comprenons par là « l\u2019ensemble des conditions de vie sociale qui permettent aux hommes, aux familles et aux groupements de s\u2019accomplir plus complètement et plus facilement ».C\u2019est parce que nous recherchons le bien commun des Canadiens-Français que « tous conjuguent quotidiennement leurs forces en vue d\u2019une réalisation toujours plus parfaite de ce même bien commun et c\u2019est pourquoi les RELATIONS FÉDÉRALE-PROVINCIALE 91 peuples forment une communauté politique selon des types institutionnels variés » (Gaudium et Spes, 74 # 1).Le fédéralisme, tel que nous le vivons au Canada, paraît, à un nombre de plus en plus grand de Canadiens-Français, ne plus remplir ces conditions du bien commun.Ils n\u2019y retrouvent plus les garanties de la dignité humaine, faite d\u2019un juste équilibre entre les éléments de sécurité et les éléments de liberté.Il leur semble, au contraire, que les conditions qui leur sont faites, les conduisent inévitablement à un étouffement systématique.Ils ne trouvent plus les possibilités normales de se développer, sinon comme une communauté minable et, disons-le, comme les nouveaux « nègres d\u2019Amérique ».L\u2019indignité de la situation les fait se redresser.Le fédéralisme, tel qu\u2019il est vécu, n'offre qu\u2019une conception fixiste du bien commun et par là, il n\u2019est que la consécration d\u2019un ordre établi, au profit des priorités anglo-saxonnes.Vue dynamique du bien commun Pour les Canadiens-Français, nous entrons dans une époque nouvelle, celle de concevoir une vue dynamique du bien commun, c\u2019est-à-dire celle d\u2019un bien qui se cherche, s\u2019invente, s\u2019adapte et qui, dans un monde très complexe, cherche à donner sa place dans la souveraineté et dans l\u2019association, à la nation canadienne-française logée dans ce pays qui s\u2019appelle le Québec.Pour eux le Québec ne peut plus assurer la maîtrise de son destin.Il se voit circonscrit par le gouvernement fédéral dans un réseau d\u2019initiatives et de décisions si envahissantes qu\u2019il se voit dans l\u2019impossibilité d\u2019établir un budget qui se tienne ou un plan de longue haleine qui lui permettrait une prospective rationnelle.Dans la situation qui nous est faite, la politique du Québec n\u2019est qu\u2019une politique électoralis-te, c\u2019est-à-dire une politique qui marche au petit pas, de quatre ans en quatre ans, médiocre dans ses conceptions, insuffisante pour corriger les maux essentiels et où les décisions importantes dans le social, l\u2019économique, l'éducation nous échappent parce que le gouvernement 92 L'ACTION NATIONALE central nous dénie les sources d\u2019impôts qui nous donneraient un véritable pouvoir de décision.Nous ne pouvons planifier, nous ne pouvons rien corriger en profondeur, car l\u2019argent et la décision nécessaires ne relèvent pas entièrement de nous.L\u2019état de dépendance, constamment affirmée en mille détours par le gouvernement central, ne permet pas à l\u2019État du Québec de voir réellement au bien commun.La situation des Canadiens-Français ne cesse de se compliquer et de se défaire.Absurdité de notre situation Le bien commun demande donc que les Canadiens-Français forment une nation forte.Et qu\u2019est-ce qu\u2019une nation forte ?C\u2019est celle qui s\u2019avère capable de prendre les décisions importantes pour le présent et pour l\u2019avenir.Tant qu\u2019une large part du développement québécois nécessitera les permissions et l\u2019argent du gouvernement central, tout le problème de notre croissance est remis en question.Situation absurde : il nous faut demander à une majorité anglo-canadienne la permission et les moyens nécessaires à notre développement comme nation ! Les chaînes casseront Parce que la Confédération est devenue une camisole de force pour tout un groupe humain qui demande plus de liberté collective et une autodétermination valable dans de plus nombreux secteurs de gouvernement, toute notre conception du fédéralisme canadien, tout l\u2019avenir de la nation canadienne-française au Québec et toute la constitution confédérative sont remis en question.C\u2019est un point nouveau \u2014 au moins par le nombre de ceux qui voient le problème \u2014 et une fois là, il est là pour toujours.C\u2019est cela le plus embêtant avec les remises en question : il n\u2019y a plus moyen de les faire disparaître.Le gouvernement de M.Trudeau disparaîtra et le problème ira en s\u2019aggravant toujours.On ne joue pas RELATIONS FÉDÉRALE-PROVINCIALE 93 avec la liberté de tout un peuple.Tôt ou tard les chaînes cassent.Maîtrise des décisions essentielles Le point central des relations entre le gouvernement d'Ottawa et celui du Québec reste toujours celui-ci : où réside pour les Québécois l\u2019autorité qui prend les décisions nécessaires quant à leur sort, quant à leur avenir ?Si c\u2019est le gouvernement fédéral, alors nous ne sommes pas maitres de nous-mêmes mais dépendants des décisions prises par une majorité anglo-canadienne, préoccupée certes du mieux-être économique des citoyens canadiens mais invinciblement portée à restreindre /\u2019autonomie des Québécois.Ils voient dans toute décentralisation poussée plus loin un danger extrême pour l\u2019unité du Canada telle qu\u2019ils la conçoivent à leur manière majoritaire.Et les Québécois qu\u2019ils laissent à certains postes de commande à Ottawa, ils ont vu à ce qu\u2019ils exécutent fidèlement LEURS volontés et LEURS conceptions d\u2019un Canada uni.C\u2019est pourquoi le mot de M.Pierre-Elliott-Trudeau reste si illuminateur : « This Government is dedicated to combatting separatism ».Dans son zèle servile, il croit qu\u2019il faut alors refuser toute autonomie plus large et même davantage qu\u2019il faut que le gouvernement fédéral s\u2019immisce en de nouveaux champs d\u2019action pour être bien sûr que le Québec sera mis au pas ! S'autodéterminer Mais si c\u2019est le Québec qui prend les décisions en ce qui regarde l\u2019aménagement de notre territoire et de notre population au point de vue social, économique, municipal, juridique, politique et même religieux (voir le Rapport Dumont et les relations entre les Évêques du Québec et la Conférence canadienne des Évêques), nous pourrions nous administrer conformément à notre caractère différent, nous développer conformément aux exigences de notre histoire et suivant des principes de 94 L'ACTION NATIONALE justice sociale qui laissent indifférents la plus grande partie des capitalistes anglo-canadiens.Nous ne pourrons jamais être une nation forte si nous ne sommes pas capables de nous diriger, de planifier l\u2019avenir immédiat.Les choix et les décisions doivent venir de nous.Tout l\u2019enjeu est là : qui prendra les décisions pour les Québécois ?Ottawa, depuis cent ans, nous met dans une situation de dépendance et même de colonie.M.Castonguay a bien montré que Québec ne peut même plus préparer son budget de Tannée quand des décisions purement électorales de la part du gouvernement central à propos des allocations familiales viennent tout chambarder, sans préavis, sans consultation.Il faut que Québec puisse se gouverner.Affaire de fierté, d ambition et d\u2019unité morale chez les Canadiens-Français du Québec.La charte de Victoria Des événements prennent parfois la vedette et semblent cristalliser toutes les facettes d\u2019un problème et toutes les philosophies en présence.Depuis 7945, les rela' tions fédérale-provinciale n'ont pas manqué d\u2019épisodes : le Rapport Rowell-Sirois, le Rapport Lévesque, le Rapport de la Commission sur le bilinguisme et le biculturalisme, le Rapport Tremblay en 1956, et toute une série de rencontres où s'affrontaient les deux thèses jusqu\u2019à épuisement.Durant les entractes, le gouvernement fédéral jouait ses cartes et conduisait le Canada à une centralisation telle que nous pouvions nous demander si, en 1972, le Canada est bien un fédéralisme ou un gouvernement d\u2019union législative.L\u2019événement majeur fut celui de Victoria, le 14 juin 1971.La revue L\u2019Action nationale (avril-mai 1972), en une dizaine d\u2019articles de grands spécialistes, est allé au cœur du problème.Combien de personnes, chez nous, croient au fédéralisme comme philosophie politique, comme promesse de meilleures relations mondiales ?Les professeurs, les théoriciens et ceux auxquels l\u2019idée profite, RELATIONS FÉDÉRA LE-PROVINCIALE 95 croient au fédéralisme.Mais le fédéralisme, tel qu\u2019il est vécu au Canada, dans son fonctionnement existentiel, est-ce encore du fédéralisme ?Les illusions sont-elles encore possibles ?Avec un budget annuel de huit milliards, le gouvernement fédéral garde la possibilité de s\u2019immiscer partout.Rien dans la constitution \u2014 interprétée d\u2019une façon arbitraire par les grands fonctionnaires et d\u2019une façon intéressée par la Cour Suprême du Canada \u2014 ne vient limiter son césarisme omnipotent.Le fédéralisme alors perd l\u2019aspect d\u2019une démocratie.Ottawa ne devient-elle pas, pour un nombre grandissant de Canadiens-Français, la capitale d\u2019une astucieuse monarchie anglo-saxonne ?La confusion des étapes C\u2019est ici que la conversation devient difficile avec les grands penseurs de l\u2019Europe.Comme la plupart de leurs pays ont passé par des phases de nationalisme aigu, ils ont vu l\u2019élan patriotique du peuple se métamorphoser en orgueil national ou racial.De là à accabler l\u2019idée d\u2019Êtat-Nation comme étant la plus arriérée et la plus dangereuse.Nous retrouvons souvent leurs accusations et leurs arguments chez un Gilles Boyer du journal LE SOLEIL, un Jean Pellerin du journal LA PRESSE, de Gilles Lalande de l\u2019Université de Montréal.Il y a chez eux simplement confusion des étapes.Combien de Canadiens-Français adhéreraient encore à la philosophie du fédéralisme, comme théorie, qui ne peuvent plus l\u2019accepter en voyant ce que le fédéralisme est devenu dans les faits et comme obstacle à toute autodétermination du Québec.A partir de là leurs essais de prouver que le fédéralisme tel que vécu au Canada est merveilleux et que les Canadiens-Français sont menés par des hommes qui veulent leur bien, tient de la thèse désespérée et des jugements si pré-jugés ou si partisans que ces avocats se dévalorisent aux yeux de toute la nation canadienne-fran-çaise.Ils ne défendent pas le bien commun de la nation canadienne-française mais quelque conception mythique 96 L\u2019ACTION NATIONALE ou purement idéaliste montrant bien qu\u2019ils ont perdu contact avec l\u2019histoire, leur temps et leur peuple.Ils sont de la pitoune à la dérive.Les visées du gouvernement central En effet le gouvernement fédéral a dévoilé sa thèse et sa conception du fédéralisme dans son projet de Charte de Victoria.C'est là qu\u2019on voit le genre de fédéralisme qu\u2019il voudrait imposer au Québec.Par exemple tous les membres de la Cour Suprême seraient nommés par lui, ce qui signifie que toute future discussion sur les interprétations divergentes de la Constitution entre le gouvernement fédéral et le Québec, ne permettra pas au Québec d\u2019avoir quelque chance d\u2019obtenir raison.Le jeu est faussé dès le départ.Dès que nous proposerions une interprétation différente, le gouvernement fédéral n'aurait qu\u2019à dire : « Voyons ce qu\u2019en décidera la Cour Suprême ! » Ces juges nommés par le gouvernement fédéral pour leurs idées et leurs services en faveur de l\u2019idéal fédéral du gouvernement d\u2019Ottawa, ne pourront qu\u2019appuyer les interprétations favorisant la majorité anglo-saxonne et son idée centralisatrice.Le fédéral nomme de même tous les juges des cours fédérales pour « assurer l\u2019exécution des lois fédérales », se soumettant ainsi tout l\u2019ordre judiciaire en ce qui regarde les transports routiers, ferroviaires ou aériens, le commerce, les douanes, la forme militaire, la police fédérale et cent autres domaines où le pouvoir judiciaire est constamment grugé et limité.Nous ne pouvons plus entrer dans ces domaines.La mainmise sur le social Le gouvernement fédéral veut rester le facteur dominant dans l\u2019administration des prestations sociales, des pensions aux vieillards et aux invalides, des allocations familiales, les allocations aux jeunes et pour la formation de la main-d\u2019oeuvre, des subsides pour la recherche RELATIONS FÉDÉRALE-PROVINCIALE 97 scientifique, etc.Bref il n\u2019y a pas un domaine où le gouvernement fédéral ne s\u2019immisce.Avec la charte de Victoria, c\u2019est tout le social qui nous échappe, en pratique.Cela nous permet de comprendre les colères de M.Cas-tonguay, ministre québécois du Bien-Être social et les difficultés du gouvernement québécois qui ne peut légiférer car ses plans peuvent être défaits n\u2019importe quand par des lois directes ou indirectes du gouvernement fédéral.Sous prétexte de mieux répartir les richesses et de diminuer les inégalités sociales, le gouvernement se donne le droit de donner des subventions aux régions qui en ont le plus besoin, d\u2019aider les municipalités ou les industries qui demandent son concours.Comment prendre les décisions convenables et planifier l'avenir, pour le gouvernement du Québec ?Le danger reste de spécialiser les provinces, d\u2019augmenter leur interdépendance, de favoriser tel type d\u2019industrie ou de développement plutôt que tel autre, ici plutôt que là.Rappelez-vous le système ferroviaire et comment les politiques fédérales favorisèrent l\u2019Ontario au détriment du Québec ?N'assistons-nous pas de même à un déplacement graduel d\u2019influence entre Toronto et Montréal au point de vue transport aérien ?Pourquoi le Québec a-t-il si peu d\u2019industries du fer alors qu\u2019il a tant de minerai et que l\u2019Ontario possède une telle concentration des hauts fourneaux ?La Charte de Victoria, non seulement ne permet pas de corriger ces abus mais les augmente en attribuant au fédéral tous les pouvoirs économiques (ne révisant pas les répartitions fiscales) et juridiques (en nommant tous les juges et préparant seul toute la législation en ces matières qu\u2019il s\u2019attribue).Un cas classique est le suivant : dans le monde entier on construit maintenant des navires marchands d\u2019une capacité entre 200,000 et 500,000 tonnes.Le Québec a un port merveilleux tout prêt à les recevoir : Sept-lles.Le gouvernement fédéral préfère donner la priorité à Halifax.Les exemples pourraient être multipliés. 98 L'ACTION NATIONALE En ce qui regarde la Constitution elle-même, le gouvernement fédéral, selon la Charte de Victoria, s'attribue tous les pouvoirs de la modifier pourvu qu\u2019une majorité des Assemblées législatives provinciales lui en donne le droit.Ainsi à dix provinces anglaises contre le Québec, le gouvernement fédéral pourrait passer outre à tous les droits chèrement acquis par le Québec et modifier la Constitution en tout ce que la majorité anglo-saxonne désirerait, même en ce qui regarde les pouvoirs fiscaux, l'éducation, la voirie, les ressources naturelles.Le gouvernement fédéral n\u2019a-t-il pas fait des tentatives de « nationaliser » l\u2019électricité, en enlevant au Québec la régie de cette ressource naturelle ?L\u2019opinion publique a fait reculer le gouvernement fédéral mais la charte de Victoria lui permettrait de passer outre.Nous savons ce qu'est le centralisme.Mais le fédéralisme ?Il suffit d\u2019énumérer ces points principaux de la charte de Victoria, de les éclairer par quelques exemples, pour comprendre quels sont les pouvoirs recherchés par Ottawa et quel genre de fédéralisme il conçoit.D\u2019où la question suprême : sommes-nous encore dans du fédéralisme ou du centralisme ?Les hommes qui ont proposé la Charte de Victoria représentent-ils les intérêts, la philosophie et les buts de la puissance anglo-canadienne ou ont-ils écouté la voix des Canadiens-Français du Québec ?Ont-ils reconnu le Québec comme une nation ou simplement comme une unité administrative entre dix autres ?LA QUANTITÉ des administrations provinciales devient plus importante que la CONCEPTION des nations partenaires.Ce n\u2019est donc pas par hasard ni par manque d\u2019esprit de suite que tant d\u2019Anglo-Canadiens, suivis en cela par M.Trudeau, et que le gouvernement fédéral nient aux Canadiens-Français le droit et le fait d\u2019être une nation à l\u2019égal de la nation anglo-canadienne.Ils nous refusent le droit d\u2019être partenaires.A partir de là, les seuls compromis valables, pour eux, ce sont des compromis électo- RELATIONS FÉDÉRALE-PROVINCIALE 99 raux : il suffit s'acheter nos votes périodiquement par quelques faveurs clairsemées et judicieusement dosées.Là, précisément, commence la brisure, la séparation.Ils la rendent eux-mêmes de plus en plus inévitable.Là où il faudrait des gens vraiment intelligents, ils nous donnent des têtes carrées.Cette volonté de nous nier comme nation, ces refus de nous assurer une plus grande autonomie politique, sont la cause la plus importante des malaises que traversent les Canadiens-Français du Québec.Le traumatisme de notre jeunesse Nos jeunes, devant les multiples inquiétudes qui les assaillent sur la viabilité et les possibilités de trouver une expression française à leurs problèmes, comme nation, connaissent un traumatisme très profond, un stress émotionnel et idéologique très réel.Ils apprennent trop jeunes, et trop instruits, que leur avenir est inévitablement plafonné comme groupe, que leur promotion est conditionnée par de multiples facteurs indépendants de leur compétence et qu\u2019ils sont les symboles vivants d\u2019une situation qui ne cesse d\u2019empirer.Comme l\u2019avenir leur échappe, et beaucoup plus tragiquement, les manettes de commande échappent à toute leur nation.Ils se sentent condamnés avant même d\u2019avoir commencé à lutter.La seule façon d\u2019échapper aux superstructures que l\u2019histoire a bâties au profit des Anglo-Canadiens, c\u2019est de reprendre la place qui leur est due.Pour cela ne faut-il pas d\u2019abord être indépendant ?Déjà Ottawa \"sent\" l'étranger Ottawa reste pour eux un gouvernement étranger.Ils ne veulent plus être les marionnettes, les manipulés par des intérêts étrangers.Ces malaises trouvent des débouchés dans la contestation, la violence, le mécontentement à haute dose, la recherche désespérée d\u2019une échappatoire, même si elle se présentait sous la forme du socialisme marxiste ou d\u2019une folle anarchie.Même l\u2019Église, en ses hauts dignitaires, leur paraît s\u2019être trop laissée 100 L'ACTION NATIONALE asservir aux intérêts de l\u2019Establishment anglo-saxon, comme quand le cardinal Villeneuve encourageait la conscription sous le prétexte d\u2019aller « sauver la civilisation menacée ».Si l\u2019Église envisageait de défendre la Confédération et son ordre (ou plutôt son désordre) politique, cela ne ferait qu'accentuer la crise de déchristianisation chez les jeunes.Les relations entre la foi et la politique ont donc leur importance au Québec actuel : Ottawa peut y devenir l\u2019étranger, mais jamais l\u2019Église.Le Québec sauve le Canada Québec reste une cuve où les idées bouillent, les plus saines comme les plus folles.Cette fermentation des colères est due d\u2019abord aux gens qui ont pris sur eux-mêmes de ne pas entendre le Québec, de ne rien concéder au Québec.Leur victoire serait dangereuse pour tout le Canada, car dans leur volonté de mettre le Québec au pas de toutes les autres provinces et d'écraser toute velléité d'autodétermination, ils développent un type de fédéralisme qui n\u2019est plus de fédéralisme.Chaque province devient plus ou moins un réseau administratif, comme des colonies.C\u2019est encore le Québec qui sauve le peu de fédéralisme qui nous reste.Mais nous ne pouvons plus proposer notre fédéralisme comme exemple juridique au monde.Car nous allons vers un type caricatural.Le danger demeure qu\u2019avec l\u2019étouffement systématique de toute autodétermination, tel que le gouvernement fédéral le propose dans la charte de Victoria, le Québec ne devienne une sorte de Nouvelle-Orléans ou une coopérative esquimaude dont les œuvres d\u2019artisanat et les chansons formeront le tout d\u2019une bonne publicité touristique.CONCLUSION : LE VOULOIR-VIVRE COLLECTIF Être nous-mêmes C\u2019est dans la difficulté que nous voyons avec le plus de netteté l\u2019originalité de notre situation.Le pluralisme RELATIONS FÉDÉRALE-PROVINCIALE 101 idéologique et la progression de l\u2019instruction nous ont délivrés de la folle partisanerie d\u2019hier, celle qui nous a si longtemps enchaînés aux médiocres législateurs aux petits intérêts.Le cul-de-sac où nous entraîne la Confédération nous oblige à un redressement, à faire face aux difficultés pour en sortir et, tout-à-coup, miracle des situations, nous nous retrouvons nous-mêmes avec une idée plus claire de ce qu\u2019est être soi-même ! La lutte entreprise pour poser le français comme langue officielle du Québec n\u2019est qu\u2019un premier pas vers la route qui conduit à une planification rationnelle d\u2019ensemble pour bâtir une nation forte où les biens communs sont connus et respectés, au lieu d\u2019être marchandés ou jaugés d\u2019après leur valeur électorale.Vouloir être nous-mêmes La conscience plus aiguë de notre vouloir-vivre, le dessein mieux perçu de notre personnalité et de notre avenir, voilà le fondement de l\u2019autodétermination du peuple québécois.Les dirigeants ne pourront arrêter le courant de l\u2019histoire.Eux passeront.Mais nous ne connaissons pas de peuple chez lequel le désir de la liberté et de l\u2019indépendance soit mort.Cette semence ne cesse de grandir ou c\u2019est le peuple lui-même qui disparaît.Aucune nation ne peut accepter la réduction à une existence folklorique.L\u2019unanimité des députés à l\u2019Assemblée nationale pour dire NON au Pacte de Victoria, le 23 juin 1971, voilà un moment historique ! Bâtir rationnellement Ce NON reste insuffisant.Il faudrait construire dans l\u2019unanimité.Il nous faut aspirer à une multitude de souverainetés dans les domaines indispensables.Il nous faut négocier dans les autres domaines en vue d\u2019une véritable association selon un haut esprit fédéraliste, comme celui qu'on veut trouver dans le Marché commun européen ou en vue d\u2019une association qui reste à inventer.Sinon, ne vaudrait-il pas mieux courir les risques d\u2019une 102 L\u2019ACTION NATIONALE indépendance où tout relèvement se ferait dans la dignité ?Si tant de peuples en Afrique en sont capables, pourquoi pas nous ?Cette créativité, c\u2019est elle qui nous fera une nation forte.Sinon d\u2019autres nous conduiront là où nous ne vouions pas aller, soit vers une aventure folle, soit vers un joug plein de désespoir.Tâche des jeunes Qui opérera ce redressement ?Qui assumera les conséquences de cette prise de conscience politique ?Je n\u2019en vois pas d\u2019autres que les jeunes et ceux qui leur ressemblent.Volontiers ils radicalisent les données.Parfois dangereusement.Mais comment leur en vouloir ?Notre génération adulte n\u2019a-t-elle pas reçu tous les avertissements nécessaires ?Nous n'avons pas osé écouter l\u2019abbé Groulx lorsqu\u2019il nous parlait.Les enjeux, à cause de notre manque de courage ou par manque de leadership, n\u2019ont fait que durcir.Le temps des échéances est arrivé.Les jeunes auront les choix décisifs.Connaîtront-ils nos tergiversations, nos velléités ?Mais vraiment, notre jeunesse n'a pas le choix.Ou notre nation devient un centre de décisions capitales.Ou elle capitule.Cette bataille constitutionnelle se complique d\u2019une bataille spirituelle car à quoi servirait de devenir un centre d\u2019autodétermination si c'était au profit du seul parti socialiste-marxiste ?Entre la prison de la Confédération actuelle et la prison marxiste, nous préférons la prison de la Confédération.Sans doute.Mais il reste d\u2019autres voies.Il serait vraiment regrettable que les citoyens et les chrétiens de chez nous puissent tomber sous la coupe des mini-groupes d\u2019activistes.C\u2019est pourquoi nous ne pouvons pas nous désintéresser du monde politique et constitutionnel.La jeunesse aura le choix et la réponse.Puissions-nous leur avoir préparé la tâche ! Jean Genest. La mise sur pied d'un organisme québécois efficace de financement par André GOUSLISTY Professeur à la Faculté d\u2019administration (Université de Sherbrooke) SUGGESTIONS POUR L'AMELIORATION DU SYSTEME FINANCIER QUÉBÉCOIS (2) Dans notre précédent article, nous mettions de l\u2019avant sept suggestions en vue d\u2019améliorer le système québécois de mobilisation de l\u2019épargne et de financement du développement : 1-CRÉATION D\u2019UN SERVICE D\u2019ÉTUDES MONÉTAIRES.2 - UTILISATION DE LA BANQUE DU CANADA COMME SOURCE DE FINANCEMENT.3-\tCRÉATION D\u2019UNE BANQUE DE DÉVELOPPEMENT.4-\tREGROUPEMENT ET FUSION DES ENTREPRISES FINANCIÈRES CANADIENNES FRANÇAISES.5-\tFAIRE JOUER À UNE INSTITUTION FINANCIÈRE QUÉBÉCOISE LE RÔLE DE LA BANQUE CENTRALE DANS LES ÉMISSIONS DU GOUVERNEMENT FÉDÉRAL.6-\tORGANISATION D\u2019UN CRÉDIT À L\u2019EXPORTATION ET D\u2019UN CRÉDIT À LA PRODUCTIVITÉ.7-\tÉTUDE DU RÔLE DE LA BANQUE DANS LE DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE DU JAPON.Après avoir traité de la première recommandation au précédent article, nous aborderons dans le présent article, les recommandations 2 à 5. 104 L\u2019ACTION NATIONALE 2\u2014UTILISATION DE LA BANQUE DU CANADA COMME SOURCE DE FINANCEMENT.La Banque du Canada est autorisée par ses statuts à détenir non seulement des titres du gouvernement canadien mais encore des titres des gouvernements provinciaux.Selon l\u2019article 18 de la loi sur la Banque du Canada, « La Banque peut : « a).« b).« c) acheter et vendre des valeurs ou titres émis ou ga-« rantis par le Canada ou une province quelconque.« d) acheter et vendre des valeurs ou titres à court terme « émis par le Royaume-Uni, ayant une échéance d\u2019au plus « 6 mois à compter de la date d\u2019acquisition par la Banque.« e) acheter et vendre des bons du Trésor ou autres obli-« gâtions des États-Unis d\u2019Amérique.« f) .« g)- « h).« i) consentir des prêts ou avances, pour des périodes « d\u2019au plus 6 mois, au gouvernement du Canada ou au « gouvernement de quelque province sur la mise en gage « ou le nantissement de valeurs mobilières facilement né-« gociables, émises ou garanties par le Canada ou une « province.« j) consentir des prêts au gouvernement du Canada ou « au gouvernement de toute province, mais ces prêts, non « encore remboursés à une même époque ne doivent pas (1)\tPaul Samuelson, Prix Nobel d'économie et Milton Friedman, chef de l\u2019École de Chicago, semblent se rallier de plus en plus à cette solution.Voir l\u2019article de Georges Deschodt « L\u2019inflation et le chômage demeurent un problème à long terme aux U.S.A.» Le Devoir, Montréal, 5 juin 1971.(2)\tNous avons préconisé le contrôle des prix dès 1969.Voir pour cela André Gouslisty, « L\u2019inflation mal incurable des pays de libre entreprise » Le Devoir, Montréal, 18, 19, et 21 Juillet 1969 et « L\u2019inflation problème de structure et non de conjoncture » Revue Commerce, Montréal, Janvier 1970. ORGANISME QUÉBÉCOIS DE FINANCEMENT 105 « dépasser, dans le cas du gouvernement du Canada, un « tiers des recettes estimatives de ce gouvernement pour « son année financière et ne doivent pas dépasser, dans « le cas d\u2019un gouvernement provincial, un quart des re-« cettes estimatives de ce gouvernement pour son année « financière ; en outre, ces prêts doivent être remboursés « avant la fin du premier trimestre qui suit l\u2019expiration de « l'année financière de ce gouvernement.« k) aux fins de ses opérations sur le marché libre (open « market) acheter de toute personne ou vendre à toute «< personne, sur le marché libre, à l\u2019intérieur ou hors du « Canada, des valeurs mobilières, transfert par câblo-« gramme des catégories et échéances définies aux ali-« néas b), c), d), e), f) et g) et sous réserve des restric-« tions, s\u2019il en est, contenues dans les dits alinéas, avec « ou sans l\u2019endossement d\u2019une banque à charte « I) .« m).« n) .« o) .« p).» Malgré cet article la Banque du Canada n\u2019a jamais cherché à détenir dans son portefeuille des titres des gouvernements provinciaux bien qu\u2019il y ait eu là un moyen de régionaliser la politique monétaire.Celle-ci mérite en effet d\u2019être nuancée dans un pays aussi vaste et aussi peu homogène que le Canada.La Commission royale d'enquête sur le système bancaire et financier dans son rapport déposé en 1964, n\u2019est pas favorable à l\u2019intervention de la Banque du Canada dans le financement du développement des provinces.Dans ce rapport elle déclare : « La Banque du Canada agit comme agent du ministre des « Finances pour toutes les transactions des portefeuilles « de titres du gouvernement et pour celles du Fonds de « change.Elle a aussi le pouvoir d\u2019agir comme agent fi-« nancier de tout gouvernement provincial, et il lui est loi-« sible d\u2019acquérir des valeurs provinciales, mais ces pou-« voirs n'ont pas été utilisés.En pratique, la Banque trou- 106 L\u2019ACTION NATIONALE « verait extrêmement difficile d\u2019agir pour les gouverne-« ments provinciaux et de négocier dans leurs valeurs à « cause des problèmes quasi insolubles de traitement « équitable des divers gouvernements qui ne manque-« raient pas de se soulever.(Comme le portefeuille de va-« leurs de la Banque n\u2019augmente pas beaucoup chaque « année, celle-ci ne pourrait de toute façon apporter « qu\u2019une contribution limitée en financement des provin-« ces) Nous ne voyons pas les mêmes difficultés politi-« ques à inclure les valeurs provinciales parmi celles qui « sont éligibles à l\u2019escompte à la Banque du Canada, mais « il y aurait pou d\u2019avantage à le faire ; comme question « pratique, cela réduirait de bien peu les coûts d\u2019emprunt « des gouvernements provinciaux » (1).Comme on le voit la régionalisation de la politique monétaire ne semble pas avoir été une préoccupation majeure de la commission Porter.De plus il n\u2019y a pas que le coût d'un emprunt qui est important mais encore et même beaucoup plus, sa disponibilité.Malgré les objections de la Banque du Canada et de la Commission Porter il existe un moyen de résoudre ces « problèmes quasi insolubles de traitement équitable des divers gouvernements ».Il consiste à utiliser le taux de chômage comme moyen d\u2019accès au crédit de la Banque Centrale et comme moyen de déterminer le volume du crédit susceptible d\u2019être accordé à une province.Rien n\u2019empêche en effet qu\u2019un accord intervienne entre le gouvernement fédéral et les provinces aux termes duquel : a)\tun taux de chômage provincial inférieur à 3% ne donnerait' aucun accès aux caisses de la Banque du Canada.b)\tchaque chômeur au-dessus du taux minimum de 3% donnerait à une province un droit de tirage de $1000 ou d\u2019un montant supérieur ou moindre.Une province qui aurait 200.000 chômeurs en plus du minimum acceptable (1) Voir, Rapport de la Commission royale d\u2019enquête sur le système bancaire et financier, Imprimeur de la Reine, Ottawa, 1964, pp.526 et 527. ORGANISME QUÉBÉCOIS DE FINANCEMENT 107 de 3% ou de 2% aurait ainsi le droit de tirer sur la Banque Centrale 200 millions.c) le remboursement se ferait une fois par an et parallèlement à la baisse du nombre de chômeurs.Il y a là comme on le voit un moyen de régionaliser la politique monétaire qui ne peut dans un pays aussi vaste que le Canada rester purement nationale et d\u2019éviter les problèmes de juste distribution des crédits entre les provinces.Ce système nous semble beaucoup plus simple et plus pratique que la caisse de stabilisation régionale de Monsieur André Raynauld, de l\u2019Université de Montréal.3\u2014CRÉATION D'UNE BANQUE DE DÉVELOPPEMENT.Il s\u2019agirait d\u2019un organisme public qui mettrait l\u2019accent sur la collecte de l\u2019épargne.a) Difficulté de s\u2019assurer le concours des agents financiers.On imagine souvent, que les entreprises sont un assemblage de choses c\u2019est-à-dire de corps sans âme.C\u2019est une erreur.Les entreprises aussi bien financières que non financières sont capables de sentiments.Elles peuvent avoir de la sympathie ou de l\u2019antipathie voire même une haine tenace pour des individus, des sociétés, des provinces, des pays, des races, des cultures, des langues, etc., et ce pour les raisons les plus variées.Il suffit pour s\u2019en convaincre de lire les déclarations de certains dirigeants d\u2019entreprises financières canadiennes faites après que l'idée de faire du français la langue de travail au Québec eut été émise.Monsieur Arnold Hart, président du Conseil d\u2019administration de la Banque de Montréal devait par exemple déclarer dans une allocution : « Il n\u2019en reste pas moins « qu\u2019il serait néfaste de vouloir les forcer (les entreprises) « à agir contre leur gré que ce soit par la loi ou par d\u2019au-« très moyens.La validité de cette affirmation ne se limi-« te, d\u2019ailleurs pas à la question de la langue de travail ; « elle s\u2019applique aussi à d\u2019autres domaines tels que celui 108 L\u2019ACTION NATIONALE « de l\u2019immigration.Le Québec a besoin de capitaux ; il a « besoin d\u2019un apport soutenu de techniques et de travail-« leurs compétents ; et s\u2019il est vrai que l\u2019argent n\u2019a pas de « langue maternelle, il n\u2019est pas moins certain que les in-« certitudes à propos du milieu linguistique pèsent lour-« dement sur les décisions concernant les mouvements « de capitaux.Je sais par expérience que de toutes les « questions que posent ceux qui songent à s\u2019installer ou « à s\u2019agrandir au Québec pour étendre leurs débouchés, « celle qui revient le plus souvent ne concerne pas les « bombes et les autres manifestations de la contestation « violente qui, hélas, sont aujourd\u2019hui fréquentes dans de « nombreuses régions du monde, mais bien la langue tant « à l\u2019intérieur de l\u2019entreprise et du point de vue recrute-« tement de ses effectifs, que dans les écoles que de-« vront fréquenter les enfants des employés venus d\u2019au-« très régions » (1).Mr F.William Nicks, président du Conseil et directeur administratif en chef de la Banque de Nouvelle Ecosse, devait par contre se montrer très favorable au fait français.« Une discussion des problèmes régionaux, écrit Mr « Nicks, ne saurait être complète sans une référence spé-« dale à la province de Québec.Les événements tragi-« ques d\u2019octobre dernier ont servi à attirer l\u2019attention sur « l\u2019enclenchement des problèmes économiques et so-« ciaux avec lesquels la province se trouve aux prises.« Bien que notre banque soit généralement considérée « comme une entreprise d\u2019expression anglaise, il n\u2019en « reste pas moins vrai que nous possédons plus de 70 « succursales dans la province de Québec, dont plus de la « moitié sont gérées par un personnel cadre d\u2019expression « française.Nous procédons à I installation de nouvelles « succursales et nous avons l\u2019intention d\u2019engager de plus « en plus de personnel canadien français et de procéder « à sa formation professionnelle.Au cours des deux der- (1) Voir l\u2019allocution prononcée par Mr Arnold Hart, de la Banque de Montréal, à l'occasion du 44ème banquet annuel des membres du Temple Emanuel, Westmount, le 25 janvier 1971. ORGANISME QUÉBÉCOIS DE FINANCEMENT 109 « niers mois, nous avons cherché des locaux supplémen-« taires à Montréal pour y installer nos ordinateurs et d\u2019ici
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