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Titre :
L'action nationale
Éditeur :
  • Montréal :Ligue d'action nationale,1933-
Contenu spécifique :
Février
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Action canadienne-française, ,
  • Tradition et progrès,
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L'action nationale, 1982-02, Collections de BAnQ.

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[" I \\ /^Action NATIONALE Volume LXXI, numéro 6, février 1982 Les hommes politiques rêvent à la constitution et les jeunes pensent à leur avenir J.XS Ml.H T-Sotiq- [TfAT?1-! OtlUOATi O.IOX \u2018Ot{gt| .; ^ La Ligue cTAction Nationale Président: François-Albert Angers Président du conseil: Rosaire Morin Vice-présidents: Patrick Allen Ruth Paradis Secrétaire: Gérard Turcotte Trésorier: Charles Poirier Directeurs: Richard Arès André Auclair Raymond Barbeau René Blanchard Jacques Boulay Guy Bouthillier Michel Brochu Louise Collin-Brochu Pierre Dupuis Jean Genest Yvon Groulx Léo Jacques Jean-Marc Kirouac Anna Lagacé-Normand Jean-Marc Léger Delmas Lévesque Denis Monière Nvcol Pageau-Govette Jean-Marcel Paquette Andre Provost Albert Rioux Jean-Paul Rioux Pierre Trépanier Claude Trottier Action Nationale revue d'information nationale qui lutte pour l'indépendance du Québec Fondation Esdras Minville société recueillant des fonds destinés à des activités nationales Clubs de la République association de jeunes réunis pour préparer l\u2019indépendance du Québec Editions françaises société de publication de dossiers destinés à un cercle de lecteurs abonnés Enquête nationale recherche par des spécialistes sur l\u2019avenir constitutionnel du Québec Assises nationales convocation des forces vives du Québec pour réaliser la cohésion nécessaire 82, rue Sherbrooke ouest Montréal H2X 1X3 (5141-337-7244 //Âdion NATIONALE Volume LXXI, numéro 6, février 1982 TABLE DES MATIÈRES René BLANCHARD Une situation enfin claire\t603 André\tUne identité à définir:\t609 D\u2019ALLEMAGNE\tles documents officiels Le Livre Blanc du ministre Camille Laurin (1978) Pierre-André\tÉconomie et lois linguistiques (\t615 JULIEN\tau Québec\t- André JOYAL\tVers un meilleur partage\t621 des responsabilités entre l\u2019état et les individus Delmas LÉVESQUE\tQuelques conditions du\t631 développement coopératif Roger DUHAMEL\tDe Paris à Varsovie,\t639 sans oublier Ottawa Guy\tLa genèse de l\u2019article 23\t651 BOUTHILLIER\tde la constitution de Trudeau Louis O\u2019NEILL\tDemain l\u2019indépendance\t663 si nous le voulons Pierre-André\tDe Cartier à Trudeau, le\t677 JULIEN\tCanada a toujours trouvé chez les Canadiens-Français quelques valets Patrick ALLEN\tAu fil de l\u2019actualité\t682 ACTION NATIONALE revue d\u2019information nationale qui lutte pour l\u2019indépendance du Québec Directeur: Rosaire Morin Collaborateurs: Patrick Allen\tJean-Baptiste\tGiroux François-Albert Angers\tAndre Joyal Richard Arès\tPierre-André Julien Viateur Beaupré René Blanchard Odina Boutet Guy Bouthillier André d\u2019Allemagne Roger Duhamel Jean Genest\tDelmas Lévesque Jeannine McNeil Jean-Marcel Paquette Pierre Patenaude Jean-D.Robillard Jean-Pierre Wallot Pierre Yergeau\t Abonnement:\t1 an\t2 ans \t(10 numéros) (20 numéros)\t Québec, Canada Autres pays Abonnement de soutien\t$25.00 30.00 35.00\t$45.00 50.00 Les articles de la revue sont répertoriés et indexés dans l\u2019Index des périodiques canadiens, publication de l\u2019Association canadienne des bibliothèques, dans Périodex publié par la Centrale des Bibliothèques et dans Radar, répertoire analytique d'articles de revues du Québec, publié par la Bibliothèque nationale du Québec.Prière de joindre à toute correspondance relative au service de la revue le numéro-code figurant sur la dernière adresse d\u2019envoi.ISSN-0001-7469 ISBN-2-89070 Dépôt légal: Bibliothèque nationale, 2lème semestre 1981 82, rue Sherbrooke ouest Montréal H2X 1X3 337.7244 Courrier de la deuxième classe Enregistrement numéro 1162 EDITORIAL Une situation enfin claire par RENÉ BLANCHARD Pour les Francophones du Canada, la situation constitutionnelle sera-t-elle enfin devenue assez claire pour provoquer une décisive prise de conscience socio-politique?Dissiminés à travers le Canada, ces Français d\u2019Amérique, qui ont encore la fierté de leur origine et de leur culture, comprendront-ils que c\u2019est uniquement en donnant au Québec un statut politique national et souverain qu\u2019ils peuvent définitivement consacrer leur existence comme peuple?C est sur ce phénomène de conscience populaire qu\u2019il faut maintenant compter.Tous les palabres de nos politiciens, toutes les thèses de nos universitaires, tous les rapports des commissions d enquête ont échoué.Inutile désormais de tenter de faire comprendre à des partenaires entêtés les aspirations du peuple francophone et sa volonté de jouir en ce pays des mêmes avantages linguistiques, économiques, sociaux et politiques.Serait-ce enfin grâce à cet événement survenu à Ottawa, en cette nuit significative de novembre 1981 qui a vu les 9 premiers ministres anglophones se barricader à l\u2019insu du Québec, pour conclure le pacte consacrant leurs similitudes et leurs semblables volontés quant à la nature du Canada, que les 1 rançais du Québec, les Acadiens et les minorités françaises 604 L'ACTION NATIONALE sortiront de leur inertie, se questionneront et se doteront enfin d\u2019une conscience collective aussi unitaire que celle qui anime les Anglophones?Les leçons de l\u2019histoire Feront-ils ensemble à nouveau, les yeux enfin ouverts, le cheminement de leur histoire?À partir de la déportation des Acadiens en 1755, de la Conquête, des événements de 1837, de la pendaison de Riel, des événements de Québec en 1917, du plébiscite de 1942, de la crise d\u2019octobre de 1970, comprendront-ils enfin quelle volonté sous-tend tous ces événements, aussi révélateurs les uns que les autres?Le balancier de l\u2019histoire de la francophonie en terre d\u2019Amérique oscille entre ces points: dispersion, répression, soumission, écrasement.C\u2019est le lot de tous les peuples colonisés.Mais il faut comprendre que la colonisation est résolue, que d\u2019autres destins sont possibles, que les peuples ont aujourd\u2019hui les mêmes droits, que l\u2019économie du monde est maintenant basée sur la liberté des nations et sur leur union libre.Les Français du Québec sont peut-être mieux éclairés que leurs frères culturels par leur histoire politique.Leurs déceptions ont commencées à se démarquer avec Honoré-Mercier.Elles se sont crystallisées dans l\u2019Action libérale nationale de Duplessis-Gouin en 1936.Puis ce fut le Bloc Populaire d\u2019André Laurendeau.À partir de 1960, se succèdent rapidement le R.I.N., le R.N., le M.S.A.Et le parti Québécois, alors que l\u2019aile révolutionnaire aurait enfanté un F.L.Q.dont on cherche plus que jamais, depuis les enquêtes Keables et Mc-Donald, les véritables responsables.Avec l\u2019aboutissement de l\u2019aventure péquiste sur l\u2019impasse constitutionnelle actuelle, la situation des Francophones apparaît dans toute sa péremptoire clarté.Le dilemme est maintenant évident.C\u2019est celui, fondamental, du choix entre être ou ne pas être une nation.RÉSUMONS ce qui est devenu évident dans la nuit du 5 novembre dernier: UNE SITUATION ENFIN CLAIRE 605 Le Canada n\u2019est pas un pays fédéral, encore moins confédéral, c\u2019est un état esseyitiellement unitaire, anglais d\u2019esprit et de coeur.Tout ce qui a été consenti auparavant au Québec était transitoire et marqué au coin du temporaire et d\u2019une tolérance sûre d\u2019elle-même.La théorie des deux nations est une invention de théoriciens et de politiciens québécois propre à les revaloriser parmi les leurs, mais que n\u2019a jamais partagée ni assumée aucun politicien anglophone sérieux.Le fédéralisme, celui que nous avons vécu, de bon ou de mauvais gré, a rendu supportable aux Canadiens-Français leur assimilation, leur médiocrité politique, sociale et surtout économique.Au Canada, une seule nation?Avant les événements de ces derniers mois, comment pouvait-on s\u2019en prendre à un système qu\u2019on nous avait imposé et sur lequel nous nous méprenions grandement.Aujourd\u2019hui, nous sommes enfin face à une réalité qui peut enfin rompre notre somnolence, éveiller notre conscience nationale, en nous forçant à constater que cet événement nouveau n\u2019est en fait que la conséquence normale d\u2019un cheminement orchestré dans des lieux fermés aux Francophones qu\u2019on laissait dormir dans leur suite, tout en décidant de leur sort.Il n\u2019y a là rien de neuf, mais, cette fois, la menace devient extravagante au point qu\u2019elle permet de voir clair.Sous le masque fédéraliste, derrière ce but aimable d\u2019unité canadienne, se cache la volonté sourde et tenace des Anglophones, depuis la conquête, de former au Canada une seule nation, de langue et de culture anglaises, ayant une seule bannière et un seul hymne, consacrant définitivement le principe fondamental de la souveraineté de la majorité.A partir de ces postulats, les voies de l\u2019assimilation du groupe francophone sont évidentes: leur imposer partout les normes fédérales qui sont celles du groupe anglophone, normes administratives, financières, politiques, économiques, sociales et culturelles.Depuis longtemps d ailleurs M.Trudeau a commencé à disqualifier les valeurs spirituelles, éthiques et sociales du 606 L\u2019ACTION NATIONALE Québec et à ridiculiser ses hommes politiques.Un groupe de parvenus sans grande envergure tentent encore de nous faire croire que, sur la scène fédérale, on retrouve les véritables acteurs de la politique du pays.Cette mise en scène mijotée dès 1964 et amorcée en 1968 a mis du temps à se réaliser.Elle est aujourd\u2019hui complétée.M.Trudeau donne maintenant libre cours à son impatience, à sa férocité politique.Le fédéralisme se dénature; il devient hystérique; il se fait doctrine et machine.La fin du tunnel approche Mais ce moment privilégié nous force de notre côté à découvrir l\u2019antithèse de ce scandale qui étonne même les parlementaires de Londres, c\u2019est-à-dire, notre propre vérité historique.C\u2019est à partir de la réévaluation de notre histoire comme peuple, de notre génie propre, de nos travaux, de nos drames, de nos misères, de la signification de nos vies, que nous pouvons enfin trouver le courage de mettre fin à notre aliénation et ainsi trouver la solution à notre problème existentiel.Il faut nous remettre en face des réalités politiques qui expliquent nos difficultés, nos craintes, nos peurs, nos migrations, notre sort peu enviable en Amérique du Nord, comparativement aux Américains ou aux Anglo-Saxons.Comment se fait-il que nous en soyons réduit aujourd\u2019hui à la dimension géographique et politique d\u2019une seule province du Canada, égale à 9 autres, qui ne sont en fait que les volets secondaires d\u2019une administration centrale où se règle, par voie majoritaire, toute les grandes affaires d\u2019un état national et où nous n\u2019avons plus même un droit de véto?En nous haussant aux réalités politiques contemporaines, nous constatons que nous ne défendons plus aujourd\u2019hui une langue, une culture française et une foi catholique, mais que nous participons à une lutte de portée universelle, qui vise à conserver l\u2019humanisme, en sauvegardant l\u2019être propre, la culture et la vie de chaque peuple.Nous défendons, en nous UNE SITUATION ENFIN CLAIRE 607 opposant à notre propre désintégration politique, le progrès humain, le régime universel, l\u2019amélioration des rapports entre les hommes.C\u2019est cette communication que nos hommes politiques et nos intellectuels doivent trouver moyens de transmettre à la collectivité, afin de déclencher cette communion d\u2019énergies nécessaires pour réagir à l\u2019oppression, à l\u2019injustice, à l\u2019inégalité, comme un organisme sain réagit aux virus et aux microbes qui portent atteinte à son essentielle constitution. 608 L\u2019ACTION NATIONALE Hydro-Québec assure l'avenir énergétique des Québécois 609 Interrogation sur le Québec Une identité à définir: les documents officiels Le Livre Blanc du ministre Camille Laurin (1978) par ANDRÉ D\u2019ALLEMAGNE Contrairement aux mesures linguistiques qui l\u2019ont précédée, la Charte de la Langue française de 1977 doit être considérée comme un élément, un jalon, dans un vaste projet de politique culturelle.Dès 1978, en effet, le ministre d\u2019État au Développement culturel, Camille Laurin, rend public un document officiel intitulé «La politique québécoise du développement culturel.» L\u2019ouvrage est d\u2019un grand intérêt, à la fois par son ampleur et par son contenu.Il représente notamment un effort sans précédent (du moins de la part des milieux politiques) d analyse et de définition de la collectivité québécoise, qui fait 1 objet de tout le premier volume, le second étant consacré à des mesures précises.Le ministre commence par définir historiquement le peuple québécois, soulignant sa lutte pour préserver son identité: «Les nations modernes sont de plus en plus nombreuses à repenser leur projet culturel et à se donner une politique globale cie la culture.Le Québec est lui aussi engagé dans ce processus. 610 L\u2019ACTION NATIONALE «Cette politique ne peut puiser qu\u2019à des sources anciennes et nouvelles.Elle reflète la réalité d\u2019un peuple enraciné ici depuis des siècles et qui a défendu avec acharnement son identité.»1 L\u2019enracinement et la continuité, ce sont là deux thèmes qui reviennent sans cesse dans le Livre Blanc.Ce seront aussi les principaux leitmotive du Parti Québécois durant le débat préréférendaire de 1980.Mais au delà d\u2019une simple continuité historique, cette collectivité québécoise, ce peuple, possède-t-elle une culture qui lui soit propre, façonne son identité et serve d\u2019appui à une conscience nationale?Le ministre n élude pas la question: «A-t-on le droit de parler d\u2019une culture québécoise?Si oui, comment en discerner les traits distinctifs?Le fait de se sentii obligé de poser ces questions illustre déjà, on ne peut mieux, la précarité des bases d\u2019un développement culturel qui nous soit propre.»2 Retenons cette double interrogation.Il s\u2019agit d abord de l\u2019existence même d\u2019une culture nationale, ensuite de ses formes et de son contenu.Laurin n\u2019hésite pas à répondre affirmativement à la première question, ce qui lui est facilité d ailleurs pai la définition qu\u2019il donne de la culture: «La culture toute entière est un milieu de vie.Elle ne se réduit pas à des objets de musée ou à des oeuvres de création solitaire.Si le patrimoine rassemble des signes qui rappellent un héritage d\u2019humanité, si les oeuvres des artistes ou des intellectuels expriment la plus haute conscience de l\u2019homme, l\u2019ensemble de l\u2019existence est produit de culture.Celle-ci appartient à tous les citoyens.Par leur vie, ils la renouvellent ou s\u2019y enlisent.Au fil du quotidien, dans leur travail et leurs loisirs, dans les échanges qu\u2019ils entretiennent entre eux, ils élaborent des façons de concevoir leur existence, de l\u2019interpréter, de lui donner un avenir.» Ce sont les Québécois qui font et feront leur culture.»3 Évidemment, dans la mesure où l\u2019on voit dans la culture le produit plus ou moins voulu de la vie quotidienne,, toute collectivité a inévitablement une culture, mais il ne s\u2019ensuit UNE IDENTITÉ À DÉFINIR: LES DOCUMENTS.611 pas pour autant que ce soit «la sienne», c\u2019est-à-dire qu\u2019elle soit son oeuvre et lui soit particulière.Par ailleurs, Laurin tient compte aussi de l\u2019activité intellectuelle, des arts et des lettres, domaine dans lequel il constate un élan impressionnant depuis le début des années 60: \u2022Depuis des décennies, le Québec français a fourni des signes concrets d un effort, à bien des égards remarquables, pour îetiouver ses sources profondes et affronter l\u2019avenir avec des moyens nouveaux.Par une floraison d\u2019ouvrages de toutes soi tes, il a su montrer la fécondité de son terreau.Poésie, chanson, théâtre, roman, musique, peinture, travaux de la pensée ont montré hors de tout doute que cette culture n\u2019est pas stérile.»4 Poui le ministre il existe donc incontestablement une eultuie québécoise qui se trouve en période de pleine vitalité.Mais lorsqu il s\u2019agit de répondre à la seconde question, de définir cette culture autrement qu\u2019en termes abstraits et généraux, de repérer ce qu\u2019elle aurait d\u2019original, ce qui la caractériserait, le Livre Blanc n\u2019apporte guère que des réponses ambiguës, vagues et, pour tout dire, insatisfaisantes.La première difficulté se pose lorsqu\u2019on veut préciser ce qu il y a de québécois dans la culture québécoise, c\u2019est-à-dire ce qui n\u2019est pas le simple produit ou reflet d\u2019influences extérieures.L auteur du Livre Blanc, d\u2019ailleurs, ne cherche pas à escamoter ce problème: «Pour le visiteur qui arrive aujourd\u2019hui au Québec, il n\u2019est pas facile de detecter, du moins au premier regard, un ensemble culturel spécifique et vraiment original.La réalité culturelle québécoise a même quelque chose d\u2019insaisissable qui paraît defier les exigences habituelles de cohérence et d\u2019organicité L observateur est même tenté de penser que les Québécois ont peu invente, si bien que leur originalité culturelle consisterait davantage en un vaste amalgame d\u2019emprunts qu\u2019en un ensemble de créations typiquement québécoises.«Bien sûr, à examiner les choses de plus près, on relèvera des productions originales: certaines recettes culinaires, certaines maisons rurales ou urbaines, certains coins de villages ou de villes, certains regroupements sociaux, certaines institutions economiques, certaines symboliques poétiques, certaines réalisations techniques, témoignent d\u2019une présence originale.Mais 612 L\u2019ACTION NATION AT r tout se passe comme si ces réalisations diverses s\u2019étaient comme glissées à travers un cadre socio-culturel dont les règles du jeu ont souvent été pensées et développées ailleurs.Tout porte à croire que, pour une grande part de leur vie collective, les Québécois continuent de puiser à des sources qui coulent généreusement d\u2019ailleurs: ils mangent, s\u2019habillent, habitent, fredonnent, content, travaillent et prient souvent selon des modes qu\u2019ils n\u2019ont pas inventés, mais dans lesquels ils puisent sans complexe, en les adaptant ou même en se les appropriant.» Somme toute, l\u2019inventaire reste bien maigre! C\u2019est donc ailleurs qu\u2019il faut aller chercher l\u2019originalité québécoise: dans une sorte de «mentalité», pour employer le terme même de Laurin, mais une mentalité qui se trouve largement divorcée de la réalité environnante: «Cette «mentalité» se présente à la manière d\u2019une atmosphère qu\u2019on respire.Il semble cependant que cette mentalité n\u2019a pas vraiment réussi à s\u2019inscrire dans un paysage culturel aux traits correspondants.Un peu comme une âme en exil qui compose avec les objets et les institutions qu\u2019elle n\u2019a pas produits.Largement marginal et étranger dans son propre logis, le Québécois de tradition française s\u2019est accommodé de multiples emprunts culturels, un peu comme on bricole à même les matériaux disponibles.» Bref, les Québécois vivent dans un monde façonné par d\u2019autres.Le thème n\u2019est pas nouveau: il est fondamental pour tous ceux qui voient dans la situation québécoise un cas caractérisé de colonialisme.Mais Laurin ne pose pas la question en ces termes et défend un pluralisme culturel qui, paradoxalement, n\u2019est pas tellement différent du «multiculturalisme» prôné par les fédéralistes d Ottawa.«Il n\u2019est pas de culture sans minorités», affirme péremptoirement l\u2019auteur du Livre Blanc7 qui place la diversité culturelle sur le même pied que les diversités religieuse, sociale ou régionale.Il s\u2019agit là pour lui d une donnée universelle: «comme tous les pays du monde, le Québec est le lieu d\u2019une confrontation des cultures»8.Laurin ne se contente pas de cette «constatation» (qui nous semble éminemment contestable) mais il affirme même que cette diversité est souhaitable et par nature enrichissante: UNE IDENTITÉ À DÉFINIR: LES DOCUMENTS.613 «D\u2019abord société française, le Québec doit aussi trouver chez les minorités une source de vitalité.De nos jours, le modèle du '¦melting pot», illustré par la société américaine, est heureusement de plus en plus contesté.L\u2019assimilation à la vapeur de tous les nouveaux arrivants n\u2019est pas un objectif souhaitable.Une société qui aide ses groupes minoritaires à conserver leur héritage culturel est plus riche et mieux équilibrée.Cela pourrait et devrait être le cas du Québec.»9 Le Québec doit donc s\u2019abreuver à diverses cultures.La politique québécoise de développement culturel doit être «soucieuse de diversité» et surtout pas «assimilatrice».Bien plus, elle doit aller jusqu\u2019à cultiver la diversité en aidant les minorités allogènes à conserver leur identité: «Tous les citoyens sont des Québécois à part entière.Tous ont droit à ce que l\u2019Etat mette à leur disposition les équipements collectifs et les instruments culturels qu\u2019exige leur plein développement.»10 On s\u2019étonne de trouver un tel raisonnement dans un ouvrage qui souligne par ailleurs le caractère global de la culture et fait reposer sur l\u2019identité culturelle l\u2019existence de la collectivité nationale.Si tous les «citoyens» (au sens de lésidents) du Québec sont «Québécois» au même titre, indifféremment de leurs langues et de leurs traditions (nous ne disons pas origines) culturelles, il se pose alors une fois de plus la question: qu\u2019est-ce qu\u2019un Québécois?Et cette fois nous ne voyons guère de réponse autre que juridique! L auteur du Livre Blanc semble avoir plus ou moins perçu le problème, puisqu\u2019à défaut d'assimilation il propose l\u2019intégration des minorités allogènes: «Il n\u2019en faut certes pas conclure que la coexistence de sociétés pai allèles et étanches constitue un idéal.Bien au contraire, le bien commun et l\u2019intérêt même des minorités exigent que ces divei s gi oupes s intègrent à un ensemble québécois essentiellement francophone.Autant le gouvernement veut respecter les minorités et contribuer à leur développement, autant il est soucieux de favoriser par tous les moyens leurs rapports avec la culture de la majorité française.Entre 1 assimilation lente ou brutale et la conservation d\u2019originalités encloses dans les murailles des ségrégations, il est 614 L\u2019ACTION NATIONALE une autre voie praticable: celle des échanges au sein d\u2019une culture québécoise.»1 11 L\u2019État québécois doit donc, selon le Livre Blanc, par une politique «soucieuse de diversité comme de cohérence», entreprendre «l\u2019insertion» et «1 intégration» des minorités allogènes et en même temps favoriser chez celles-ci non seulement le perpétuement mais même «le développement» de leurs traits culturels particuliers.Pour employer une expression aussi pertinente que peu originale, nous dirons qu une telle entreprise nous semble proche parente de la quadrature du cercle! 1 LAURIN, Camille: La politique québécoise de développement culture 1978, vol.I.2.\tIbid.3.\tIbid.4.\tIbid.5.\tIbid.6.\tIbid.7.\tIbid.8.\tIbid.9.\tIbid.10.\tIbid.11.\tIbid. 615 s Economie et lois linguistiques au Québec par PIERRE-ANDRÉ JULIEN avec la collaboration de CÉLINE LAMY La problème de la langue française au Québec, des démêlés du gouverneur Murray à l\u2019Acte du Québec ou à Lord Duiham jusqu à nos jours, a toujours constitué pour les «Canayens», plus tard devenus Québécois, un élément majeur de îevendications et de luttes face à un environnement anglo-saxon extrêmement populeux et puissant.Il faut dire que la langue ne se résume pas à un problème de communication; elle porte une culture et exprime un ensemble de valeurs qui la force au fil des générations.C\u2019est ainsi qu\u2019on peut parler d\u2019un individu parfaitement bilingue ou multilingue, mais il est aberrant de penser que celui-ci sera aussi bi- ou multiculturel.Si on peut «utiliser» deux ou plusieurs langues, on ne peut en «contrôler» qu\u2019une qui, la plupart du temps, sera la langue première de notre jeunesse; à moins de développer une personnalité bâtarde incapable de se rattacher à quelques racines culturelles et ainsi à une logique qui pei mette d échanger facilement avec ses compatriotes! Cette lutte se situe donc au coeur de la personnalité propre des Québécois et de leurs différences fondamentales avec leurs voisins.La victoire ne réglera pas tous les problèmes, mais elle permettra de mieux influencer les autres domaines économiques et politiques dans ce grand tout nord-américain; la défaite mènera rapidement le Québec au îang de la Louisiane que parfois nous chante tristement nos poètes et dont le folklore mêlé aux influences noires ne sert le 616 L\u2019ACTION NATIONALE plus souvent qu\u2019à agrémenter quelques touristes en mal de quelque exotisme facile.C\u2019est pourquoi, de la loi 63 qui voulait contenter tout le monde en voulant aussi donner un caractère officiel à la langue anglaise, à la loi 22 qui laissait de multiples échappatoires et à la loi 101 qui était beaucoup plus stricte, le Québec s\u2019est donné une véritable politique de langue qui tienne compte non seulement de la mer anglosaxone qui l\u2019entoure et de la minorité anglophone ou néoquébécoise en son sein, mais de la situation politique canadienne et économique nord-américaine.Cette liaison langue et économie n\u2019est pas nouvelle.Ainsi si on s\u2019arrête au partage de la richesse économique, plusieurs études ont montré que le salarié masculin francophone au Québec non seulement gagnait trente-six pour cent de moins que son confrère d\u2019origine britannique1, mais que les différences occupationnelles, de localisation ou de niveau de scolarité ne pouvait expliquer que 45,7% de cette disparité, le reste provenant vraisemblablement d\u2019effet discriminatoire2.Cette situation tend cependant à changer, à cause de l\u2019augmentation du niveau de scolarité chez les Québécois francophones, mais aussi à cause de l\u2019émigration d\u2019anglophones hors du Québec depuis surtout les dix dernières années et surtout à cause de la montée des Francophones dans les hautes sphères de l\u2019administration des entreprises privées ou para-publiques, raisons dues partiellement à la montée du nationalisme économique québécois que les lois linguistiques ont pu favoriser.Plusieurs ont essayé de mesurer l\u2019impact ou les avantages ou les inconvénients de ces lois linguistiques.Cette mesure est difficile parce qu\u2019il n\u2019est pas possible d\u2019isoler complètement les différentes causes intervenant sur le développement structurel économique.Néanmoins il est permis de s\u2019arrêter à certains aspects pouvant vraisemblablement constituer des avantages ou des inconvénients liés à ces lois.Les avantages économiques des lois linguistiques Nous pouvons regrouper les différents avantages des lois favorisant l\u2019usage de la langue française dans l\u2019économie ÉCONOMIE ET LOIS LINGUISTIQUES AU QUÉBEC 617 québécoise sous trois rubriques, soit l\u2019augmentation de l\u2019usage de la langue française par les travailleurs, l\u2019élargissement des postes disponibles pour les travailleurs francophones et enfin l\u2019augmentation du dynamisme de l\u2019économie francophone.En effet la Commission Gendron a constaté qu\u2019une partie des travailleurs francophones devaient travailler en anglais au Québec, ou du moins devaient porter tout le poids du bilinguisme demandé par les échanges économiques nord-américaine.Ainsi 13% en moyenne (ou 21% à Montréal) des travailleurs francophones devaient oeuvrer partiellement ou totalement en anglais au début des années 19703.De plus, à ce moment très peu d\u2019anglophones utilisaient de façon relativement importante le français au travail, obligeant ainsi les Francophones à s\u2019adapter à cette situation4.Il est évident que les changements politiques qui ont eu lieu au Québec depuis 1970 ont amené les entreprises à changer ces habitudes linguistiques, changements qui ont été accélérés par les lois linguistiques et en particulier par la loi 101 qui a obligé les moyennes et grandes entreprises à instituer des comités de francisation facilitant cette évolution.Ce changement a eu un effet aussi sur l\u2019offre d\u2019emploi, en particulier au niveau des postes de cadres ou de direction, pour les Francophones.Ainsi dans une étude portant sur 19 branches d\u2019activités et sur 1549 cadres, Morido Inagaki a montré qu\u2019à la fin des années 60 la proportion des Francophones variait de 57% dans des postes de cadres inférieurs à 37% dans ceux supérieurs5.Même en 1976, les postes de haute direction des entreprises au Québec ne comptaient que 9% de Francophones6.La poussée nationaliste a eu un effet certain sur cette situation, permettant ainsi à la proportion des cadres francophones de passer de 68% en 1971 à 75% en 19787, diminuant ainsi le déficit vis-à-vis la proportion de la main-d\u2019oeuvre francophone (83,5% en 1978).Ceci explique pourquoi la demande par les entreprises anglophones pour les finissants de nos CEGEP ou universités francophones croit actuellement8; et ceci amène la création graduelle de milieux francophones dans ces entreprises qui améliore l\u2019image longtemps négative9 de l\u2019entreprise privée auprès de ces étudiants. 618 L\u2019ACTION NATIONALE Cet effet n\u2019a pas eu lieu uniquement au niveau des cadres.Par exemple, il est évident que la loi 101 a permis de conserver plusieurs postes d\u2019enseignement pour les professeurs francophones en diminuant ou en arrêtant la saignée d\u2019élèves francophones et surtout allophones vers les écoles anglaises.De même cette poussée québécoise francophone favorise ce mouvement dans le domaine de la publicité non traduite ou adapté au marché québécois, démarré il y a quelques années.Mais ce qui est le plus intéressant, c\u2019est que cette arrivée de plus en plus de Francophones dans les hautes sphères des entreprises anglophones va faire boule de neige et va élargir le réseau d\u2019informations économiques francophones créé depuis vingt ans et qui commence à se manifester partout, de la Beauce à l\u2019Abitibi10.D\u2019une part, comme une partie des offres d\u2019emplois se font par cooptation, l\u2019arrivée de ces cadres francophones qui connaissent leurs confrères ou la valeur des différentes institutions d\u2019enseignement du Québec va faciliter l\u2019emploi d\u2019autres francophones.D\u2019autre part les relations économiques entre ces grandes entreprises et les P.M.E.québécoises seront accélérées et celles-ci pourront soutenir le dynamisme provenant de liaisons de plus en plus suivies entre les différents Francophones travaillant dans les institutions financières, chez les fabricants de machineries, en recherche, ou dans un réseau de distribution, etc.Ces phénomènes ne sont pas pris en compte dans les études simplistes d\u2019Albert Breton11, ami intime de Pierre Elliott-Trudeau, qui ne peut voir dans tout nationalisme qu\u2019une tentative des élites nationales de remplacer à leurs seuls profits les maîtres extérieurs.Le respect de l\u2019ouvrier francophone, l\u2019élargissement des possibilités de promotion, le renforcement du dynamisme économique par un meilleur réseau d\u2019informations économiques, ne sont pas nuis pour les Québécois et ne peuvent se résumer à une simple lutte de pouvoirs; ils peuvent même annuler certains inconvénients d\u2019une telle politique.Les inconvénients Ces inconvénients portent d\u2019abord sur le coût direct demandé pour mettre en place cette politique linguistique au ECONOMIE ET LOIS LINGUISTIQUES AU QUÉBEC 619 niveau du Québec ou dans les entreprises.On évalue ceux-ci à environ 0,20% du P.N.B.12 ou à 0,5% du chiffre d\u2019affaire des entreprises13.Il existe aussi un coût indirect pour l\u2019économie québécoise qui consiste en perte possible d\u2019emplois avec le déménagement de certaines entreprises ou de certains services de ceux-ci vers d autres provinces, pour ne pas être forcées de les franciser, ou avec le refus de certaines entreprises d\u2019investir au Québec.Les pertes porteraient sur environ 6 300 emplois d\u2019après Miller14.Il demeure que ces chiffres sont difficiles à prouver à cause de multiples raisons qui incitent actuellement plusieurs entreprises dans toute l\u2019Amérique du Nord à investir dans l\u2019Ouest (pour le Canada) ou le Sud-Ouest (pour les États-Unis); de plus ces pertes pourraient graduellement s\u2019atténuer à mesure que les firmes seront plus rationnelles dans leurs raisons d\u2019investir et verront les avantages, par exemple au niveau de la satisfaction du personnel, de travailler en français au Québec15.Conclusion Bref, au point de vue économique, il semble bien que les avantages des politiques linguistiques de nos derniers gouvernements dépassent largement les inconvénients, sans tenir compte des aspects politiques et culturels.Il demeure encore une fois qu\u2019il est difficile de bien discerner l\u2019effet de ces politiques à côté des autres effets dus à l\u2019affirmation des Francophones dans ces domaines.Le nouveau dynamisme de l\u2019économie québécoise provient de beaucoup de choses, dont les lois 22 et surtout 101.Ces lois ont participé à ce que Gérard Bergeron a appelé la «véritable révolution tranquille» des années 1976 à aujourd\u2019hui.Et il ne faut pas nier l\u2019importance des aspects culturels sur l\u2019économie.Ainsi Raymond Vernon a montré que le dynamisme de l\u2019économie mexicaine depuis plusieurs décennies est dû en partie aux politiques des gouvernements mexicains obligeant les compagnies américaines à engager des Mexicains à la haute direction; ces cadres ont ainsi été formés pour gérer de grandes firmes et ont pu graduellement lancer 620 L\u2019ACTION NATIONALE leurs propres firmes plus sensibles au développement de leurs pays16.Au Québec, on n\u2019a pu instaurer une telle politique directe à cause des limites du gouvernement du Québec dans le système canadien; mais indirectement il est fort possible que les lois linguistiques entraînent un résultat semblable.1.\tLysiane Gagnon; «Les conclusions du Rapport B & B.: de Durham à Laurendeau \u2014 Dunton.Variations sur les thèmes de la dualité canadienne», dans Économie québécoise, ouvrage collectif, Montréal, Presses de l\u2019Université du Québec, 1969, tableau 2, p.238.2.\tA.Raynauld et G.Marion; «Une analyse économique de la disparité inter-ethnique des revenus», Revue économique, vol.XIII, no 1 (1972), p.1-19.3.\tSerge Carlos; «L\u2019utilisation du français dans le monde du travail au Québec», Étude E3 réalisée pour la Commission Gendron, Québec, La documentation québécoise, 1973.4.\tPierre E.Laporte; «L\u2019usage des langues dans la vie économique au Québec: situation et actuelle possibilité de changement.» Synthèse no 57, réalisée pour la Commission Gendron, Québec, La documentation québécoise, 1974.5.\tMorido Inagaki et alii; «La présence des francophones et l\u2019emploi du français au niveau des cadres du secteur privé au Québec en 1971».Étude E6, Commission Gendron, Québec, La documentation québécoise, 1973.6.\tMaurice Sauvé; «Les Canadiens français et la direction des entreprises au Québec», communication présentée au Colloque sur la présence francophone dans l\u2019administration des entreprises canadiennes, H.E.C., Montréal, 11 mai 1976.7.\tPaul Bernard; «L\u2019évolution de la situation socio-économique des francophones et des non-francophones au Québec, 1971-1978».Collection Langue et sociétés, lère partie, Office de la langue française, Montréal, 1979.8.\tMichel Nadeau; «Les finissants aux H.E.C.ont un emploi», Le Devoir, 11 juillet 1978, p.11.9.\tY van Allaire et Jean-Marie Toulouse; «Évaluation pédagogique de l\u2019enseignement coopératif: le programme M.B.A.», ronéotypée, Université de Sherbrooke, 1975.10.\tJean-Luc Migué; «Le nationalisme québécois, le développement économique et la théorie économique de l\u2019information»; dans E.Cloutier et D.Latouche, Le système politique québécois, Montréal, Hurtubise \u2014 H.M.H., 1979, p.427-451.11.\tAlbert Breton; Le bilinguisme, une approche économique, Montréal, C.D.Howe Institute, 1978.12.\tRoger Miller et Alain Lapointe; L'entreprise et la règlementation, document de travail préparé pour le 29e Congrès de la Chambre de Commerce du Québec, juin 1979, p.73-88.13.\tÉtude effectuée par la firme Econosuet pour l\u2019Office de la langue française, cité dans «La francisation, ça rapporte», Revue Commerce, no 10, octobre 1980, p.124.14.\tR.Miller et A.Lapointe; op.cit., p.791-888.15.\tMichel Boucher; «La loi 101.Une approche économique», ENAP, Colloque sur la Langue et l\u2019économie, Montréal, mars 1978.16.\tRaymond Vernon; «Le dilemne du Mexique.Les rôles respectifs du secteur public et du secteur privé dans le développement, Paris, Editions Économie et humanisme, 1966. 621 Vers un meilleur partage des responsabilités entre l\u2019état et les individus par ANDRÉ JOYAL, Professeur d\u2019économie à l\u2019Université du Québec à Trois-Rivières En octobre dernier, Le Devoir a présenté des extraits de l\u2019allocution prononcée par le professeur Léon Dion devant les délégués du Parti québécois de Montréal \u2014 Ville-Marie.Dans la partie intitulée
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