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Titre :
L'action nationale
Éditeur :
  • Montréal :Ligue d'action nationale,1933-
Contenu spécifique :
Janvier
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Action canadienne-française, ,
  • Tradition et progrès,
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L'action nationale, 2000-01, Collections de BAnQ.

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[" P\" ¦ J' wS.Volume XC, numéro 1, janvier 2000 DOSSIE R Le revenu de citoyenneté, un projet pour le Québec ji j, Par Michel Bernard et Michel Chartrand IL^YMnaDm N AT I O NALE Directeur Directrice adjointe Communications Secrétaire administrative Comité de rédaction François Aquin, avocat Jean-Yves Duthel, administrateur Lucia Ferretti, professeure d 'histoire, UQTR Henri Joli-Cœur, administrateur Robert Laplante Lise Lebrun, animatrice communautaire Yvon Martineau, avocat Denis Monière, politicologue.Université de Montréal Jacques-Yvan Morin, constitutionnaliste, Université de Montréal Pierre Noreau, Université de Montréal Michel Rioux Comité de lecture Claude Bariteau, anthropologue.Université Laval Jean-Jacques Chagnon Lucia Ferretti, professeure d\u2019histoire, UQTR Alain Laramée, professeur, TÉLUQ Chrystiane Pelchat, enseignante Marc-Urbain Proulx, économiste, UQÀC Pierre-Paul Proulx, économiste.Université de Montréal Paul-Émile Roy, écrivain Jean-Claude Tardif, conseiller syndical Prix André-Laurendeau.Membres du jury Jules Bélanger, historien Lucia Ferretti Daniel Thomas, professeur, UQAT Prix Richard-Arès.Membres du jury Roland Arpin, directeur, Musée de la civilisation du Québec Gérard Bouchard, directeur de l'IREP, professeur UQAC Simon Langlois, sociologue, Université Laval Comptes rendus Paul-Émile Roy Couverture La foule illuminée de Raymond Mason (photo de Claire Caron) 425, bout, de Maisonneuve Ouest, bureau 1002, Montréal (Québec) H3A 3G5 Téléphone: 514-845-8533 - Télécopieur: 514-845-8529 Courriel : revue@action-nationale.qc.ca - Site : http://www.action-nationale.qc.ca Envoi de Poste - Publications - Enregistrement N° 09113 Robert Laplante Laurence Lambert Michel Rioux Claire Caron TABLE DES MATIÈRES Volume XC, numéro 1, janvier 2000 Éditorial Les mains sales, LES MAINS LIÉES Robert Laplante DOSSIER Le REVENU DE CITOYENNETÉ, UN PROJET POUR LE QUÉBEC Michel Bernard, 'wÆsM&smzk^-.Débats Pluralisme et NATIONALISME AU QUÉBEC Yvon Savoie Le sens de l'expression « QUESTION CLAIRE » dans le Renvoi relatif à LA SÉCESSION DU QUÉBEC Andrée Lajoie Démographie et ÉCONOMIE DANS LE MONDE RURAL Clermont Dugas 13 23 L'indicateur de langue d'usage public\tdj Jean Marcel Chronique francophone Le Mali Michel Têtu, Geneviève Duquet Le Bulletin du lundi\t135 Lectures\t147 Comptes rendus de lecture\t151 Courrier des lecteurs\t159 L\u2019Action nationale Orientation et Comités\t152 Index des annonceurs\t Index des annonceurs 119\tAllard, Pierre, C.A.134 Année francophone internationale 53 Bijouterie emblématique Lamond & fils 150 Caisse d\u2019économie des travailleurs de Québec 144\tCap-aux-diamants 158 CSN 43\tDevoir, Le 120\tFondAction C3 Fonds Optimum C4 Fonds de Solidarité 146 Forces 44\tHydro-Québec 156\tInternautes 145\tLaboratoire Dr Renaud 12 Loto-Québec l6l Magazine Gaspésie 145 Maxima Capital 119 Mouvement national des Québécoises et Québécois 53\tPoitras, Larue & Rondeau inc.145 Sansregret, Taillefer et Associés 145 Services financiers Option 54\tSociété des Alcools du Québec 119 Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal 119 Société Saint-Jean-Baptiste du Centre du Québec 157\tSociété nationale d\u2019assurance 53 Syndicat des employés de magasins et de bureaux de la SAQ 53 Tassé & Associés Limitée 53 Translatex Communications + 157 Veilleux, Marc, Imprimeur Inc.2 \u2022 L'ACTION NATIONALE Éditorial LES MAINS SALES, LES MAINS LIÉES Robert Laplante Date fétiche, passage mythique, l'an 2000 prendra une tournure particulière pour les Québécois.La magie inaugurale des grands commencements est difficile à évoquer.Applaudis à Toronto, félicités à Calgary et objets de toutes les flatteries qui font roucouler d\u2019aise les hommes de main, les artisans de la manœuvre d\u2019Ottawa ont fini l\u2019année en jetant bas les masques.Les Dion et Chrétien ne sont pas seuls.Martin, Robillard, Cauchon, Pettigrew, Coderre et tous les autres députés fédéraux qui appuient cet assaut ont les mains sales.La tutelle qu\u2019ils cherchent à imposer les révèle comme jamais.Une constitution imposée, notre peuple nié, encarcané dans une Charte conçue pour venir atténuer le statut du français et un instrument de désaveu de l\u2019Assemblée nationale, il n\u2019en faut pas davantage pour décrire l\u2019abjection de leur reniement.Il ne faut pas s\u2019y méprendre : il ne s'agit pas d'un « abus » d\u2019Ottawa, un abus voudrait dire un usage excessif d\u2019une façon de faire admissible.Ce qui est ici en cause, c\u2019est l\u2019usage de la loi du plus fort pour mettre à sa place un peuple tout entier.Le projet de loi d\u2019Ottawa n\u2019est pas abusif : il est inique.Ses artisans procèdent avec l\u2019arrogance des occupants.Ceux qui les soutiennent servent une cause et un but : éradiquer tout ce qui rend possible l\u2019existence et l\u2019expression d\u2019un peuple que l'ordre constitutionnel et la société canadienne refusent obstinément de reconnaître.Le Canada du one L\u2019ACTION NATIONALE \u2022 3 nation trouve dans le projet Dion-Chrétien son achèvement.La minorisation définitive du Québec y est consacrée, le rôle toléré pour ses représentants y est circonscrit d\u2019une manière extraordinairement caricaturale par tous ces francophones de service qui s\u2019agitent sur les banquettes des Communes sous le regard amusé et condescendant de l\u2019élite torontoise.Les libéraux de Jean Charest ont les mains liées.Le Parti libéral du Québec, prisonnier de son noyau d'inconditionnels du lien canadien, n\u2019a pas de projet pour le Québec : l\u2019appétit de pouvoir et la volonté de servir lui tiennent lieu de programme constitutionnel.Les députés libéraux finassent donc.Ils ne feront que chercher à louvoyer entre la loyauté citoyenne et le clientélisme partisan.Les déclarations de Jean Charest dès les premiers débats à l\u2019Assemblée nationale ne laissent aucun doute sur la profondeur de l\u2019attachement au Québec du Parti libéral provincial.Les intérêts supérieurs de la nation qu'il sert ne sont pas ceux du peuple du Québec .il adhère au Canada de la Constitution de 1982.C\u2019est une adhésion tacite qui, de tactique sournoise en déclaration ambiguë, cherche à produire le fait accompli, le consentement à un ordre Canadian qu\u2019il s\u2019agira d\u2019officialiser le moment venu, c\u2019est-à-dire lorsque les libéraux reprendront la gouverne de la province de Québec.Les finasseries juridiques de l\u2019aile parlementaire ne visent rien d\u2019autre : de libellés piégés en propositions vicieuses, construites sur le consentement implicite, il est toujours question de prendre le parti du Canada d\u2019abord tout en ayant l'air de défendre l\u2019Assemblée nationale du Québec.Si jamais les libéraux québécois finissent par soutenir le projet de loi devant l\u2019Assemblée nationale, ce ne sera que par calcul clientéliste - à moins que le gouvernement lui-même ait choisi de réduire sa riposte aux déclamations velléitaires.Ils s\u2019y résigneront peut-être, mais sans adhésion authentique.11 ne peut en être autrement : la politique des libéraux est celle de l\u2019accommodement.Ils peuvent toujours prétendre être Québécois et Canadiens.Mais ils sont d\u2019un Canada qui subordonne et d\u2019un Québec négociable.Le siècle s\u2019achève sur un dilemme qu\u2019il n\u2019est plus possible de fuir en prétextant le pragmatisme.Quand on s\u2019accommode d\u2019un carcan c\u2019est qu\u2019on est domestiqué.La servitude ne peut rien inaugurer.Seule la liberté est fondatrice.?4 \u2022 L'ACTION NATIONALE Débats Pluralisme et nationalisme au Québec Yvon Savoie1 Dans Qu'est-ce qu'une nation2, Ernest Renan faisait valoir, dès la fin du XIXiômc siècle, une conception fondamentale qui marquera significativement l\u2019analyse du nationalisme.Un siècle plus tard, nous en sommes toujours, plus souvent qu\u2019autrement, à opposer les conceptions civique et culturelle de la nation.Tel est le cas, il me semble, au Québec.Plus près de nous, le récent colloque Penser la nation québécoise3, tout comme la série d\u2019articles qui y est rattachée4, m\u2019a permis de prendre conscience qu\u2019actuelle-ment, au Québec, il est de bon ton de se dissocier, autant que faire se peut, d\u2019une certaine représentation de 1\tL'auteur est candidat à la maîtrise en science politique à l\u2019Université du Québec à Montréal.2\tRenan, E., -Qu\u2019est-ce qu'une nation?-, in Œuvres complètes, Calmann-Lévy, Paris, 1947-1961, vol.I, pp.887-906.3\tCe colloque eu lieu le 8 octobre dernier à l'université Mc Gill.4\tOn peut retrouver ces articles sur le site Internet du Devoir, à l\u2019adresse suivante : http ://www.ledevoir.com/ago/agora.html.L'ACTION NATIONALE \u2022 5 la nation québécoise.La nation culturelle, telle que promue par Fernand Dumont'1, n\u2019est plus au goût du jour, tant il est vrai que tout appel à la culture est perçu comme un relent de traditionalisme, comme une fermeture à l'altérité.Pour le dire en un mot, une telle conception du phénomène national soulève la crainte de l\u2019ethnicisme.Ainsi, nous assistons, au Québec, à la mise au rancart du néo-nationalisme hérité de la Révolution tranquille.Ce nationalisme, pourtant politique et territorial5 6, venant en réaction à bon nombre des éléments qui donnaient au nationalisme des Canadiens français son caractère particulier, ne passe plus pour être le propre de l\u2019ensemble de la population québécoise, mais pour être celui des Québécois francophones \u2022\u2022 de souche ¦>.Loin d\u2019être marginal, un tel glissement soulève questionnement et étonnement.Questionnement, car ce soupçon d\u2019ethnicisme apparaît à la faveur d\u2019une nouvelle interrogation portant sur le caractère démocratique ou non du nationalisme ; étonnement , car ce soupçon d\u2019ethnicisme, qui pèse sur la nation québécoise n\u2019est plus le propre de ses détracteurs7, mais provient également des penseurs nationalistes eux-mêmes, ceux-ci prenant bien soin de se distancer de toute conception culturelle de la nation.Voilà qui est nouveau, depuis quand une conception culturelle de la nation québécoise soulève-t-elle des réactions de ce genre?Depuis quand le nationalisme québécois doit-il se défendre d\u2019accusations d\u2019antidémocratisme ?Comme le laissait entendre Serge Cantin8: \u201cDepuis un certain 5\tDumont, F., Raisons communes, Boréal compact, Montréal, 1997, 6\tÀ ce sujet, j\u2019ai publié, dans les pages de cette revue, l\u2019article suivant : ¦ Transformation du nationalisme au Québec-, in L'Action nationale, avril 1998.7\tParmi ceux-ci on peut compter les Richler, Khourri, Derriennic.8\tAllocution prononcée lors du colloque Penser la nation québécoise, on trouve la référence à un enregistrement de cette conférence sur le site Internet du quotidien Le Devoir.6 \u2022 L\u2019ACTION NATIONALE temps déjà.».Ainsi, ce que nous pouvons observer relève, comme nous le fait remarquer le sociologue Jacques Beauchemin, du fait que:-la critique antinationaliste est parvenue à atteindre la mauvaise conscience qui sommeille en chaque nationaliste épris de démocratie »9.Toutefois, loin de ne résulter que de la mauvaise conscience des nationalistes, il semble plutôt que ce à quoi nous assistons relève d\u2019une dynamique qui se rapproche d'un changement de paradigme dans l\u2019étude de la question nationale.J\u2019entends par là que les penseurs de la question nationale québécoise n\u2019analysent plus le nationalisme en termes de rapports de force avec le Canada, mais qu\u2019ils analysent celui-ci à la lueur des tendances lourdes qui marquent la fin de notre millénaire.Ces tendances lourdes que sont le passage au néolibéralisme, le redéploiement du capitalisme à l\u2019échelle mondiale, la montée de l\u2019individualisme, le pluralisme des sociétés modernes et le retour en force d\u2019une certaine philosophie des droits de la personne sont autant de facteurs - parmi d\u2019autres - qui transcendent l\u2019espace canadien tout en ayant une certaine prise sur lui.Mais parmi eux, il s\u2019en trouve un qui s\u2019impose, comme devant se retrouver au centre de la réflexion sur la nation, soit le pluralisme.La prise en compte du pluralisme, réalité en acte de la société québécoise, marque ainsi un changement de cap dans l\u2019analyse de la question nationale car: «[.] il importe en effet d\u2019observer qu\u2019en dépit des forces centrifuges qui la travaillent, l\u2019histoire nationale canadienne était parvenue jusqu\u2019à tout récemment à produire la représentation d\u2019un acteur historique maître de son 9 rieauchemin, J., -Une fascination qui mine le projet souverainiste-, in Le Devoir, 9 juin 1999.L'ACTION NATIONALE \u2022 7 destin, aussi tortueux fût-il »1().Ainsi, il devient impossible de penser les luttes pour la reconnaissance qui marquent l\u2019histoire canadienne comme étant le propre des deux peuples fondateurs et il devient impérieux de prendre en compte les transformations historiques et démographiques qui frappent toutes les sociétés ouvertes à l\u2019altérité, dont le Québec.Il en découle que penser la nation québécoise équivaut désormais à penser la nation civique québécoise, c\u2019est ce que nous observons, à quelques nuances près, sous la plume des Michel Seymour, Claude Bariteau, Gérard Bouchard et compagnie.Bien que les conceptions de la nation que prônent ces auteurs soient intéressantes et qu\u2019elles prennent en compte le pluralisme de la société québécoise, il me semble que ces modèles négligent un aspect pourtant essentiel à la compréhension du nationalisme québécois, soit l\u2019importance du fait culturel ou identitaire dans toute l\u2019histoire de la nation québécoise.Cela est encore vrai aujourd\u2019hui car sans nier que le projet nationaliste puisse aisément être qualifié de nationalisme civique, il n\u2019en demeure pas moins que le détacher de toute appartenance culturelle ou identitaire le rend sans objet.Pourquoi le nationalisme si ce n\u2019est la survie d\u2019une culture, d\u2019une langue, d\u2019une manière de vivre au confluent des cultures européenne et américaine?Plus encore, pourquoi un projet national pour le Québec, alors que le Canada présente déjà le théâtre d\u2019un nationalisme civique?Ainsi, pour comprendre le Québec il ne faut pas opposer les conceptions civique et culturelle de la nation, mais prendre conscience que ces deux conceptions du nationalisme ne s\u2019excluent pas nécessairement et que, partout, le nationalisme est 10 Beauchemin, J., -La question nationale québécoise: les nouveaux paramètres de l'analyse-, in Recherches sociographiques ,vol.XXXIX, 2 et 3, printemps 1998, p.251.8 \u2022 L'ACTION NATIONALE généralement à la fois civique et culturel.Il devient ainsi plus facile de comprendre le nationalisme comme étant un moyen d\u2019affirmation de la présence au monde du peuple québécois, un outil permettant son existence dans le regard de l\u2019Autre.Comprenons-nous bien, il n\u2019est nullement question ici de faire la promotion d\u2019un nationalisme - substantiate », ni d\u2019affirmer que le nationalisme québécois doit s\u2019articuler sans équivoque autour de différents aspects identitaires.Je veux seulement montrer la pertinence de ces éléments, je veux montrer l\u2019illogisme de penser la nation québécoise en la détachant de ce qui, jusqu\u2019à maintenant, en a constitué le liant.Il faut bien avouer que le nationalisme québécois est porté par un groupe particulier que l\u2019histoire a formé.Ce groupe, qui se refuse maintenant à se représenter comme canadien-français, adoptant l\u2019identité de Québécois, demeure le principal groupe favorable à la question nationale.Bien que ce soit un état de fait, il demeure que ce groupe, aussi particulier soit-il, fait la promotion d\u2019un projet de société ouvert à l\u2019altérité.Voilà pourquoi il relève du sens commun d\u2019affirmer que toute personne vivant sur le territoire du Québec est québécoise; notons que cela s\u2019applique même à ceux qui ne se représentent pas à eux-mêmes comme Québécois, le lieu de leur identité étant ailleurs.Est-il besoin de rappeler que ce raisonnement s\u2019applique aussi aux membres de tout groupe minoritaire qui se trouve sur le territoire du Québec?Est-il besoin de rappeler que plusieurs Québécois issus de l\u2019immigration se considèrent légitimement Québécois, que bon nombre de ceux-ci adhèrent au nationalisme québécois?Cette adhésion volontaire à la représentation identitaire québécoise s\u2019est faite sans que les Québécois francophones dits «de souche - ne renoncent à ce qu\u2019ils sont, sans qu\u2019ils n\u2019adoptent, pour reprendre l\u2019expression L'ACTION NATIONALE \u2022 9 de Serge Cantin, «le regard des autres sur eux-mêmes»11.Ainsi, existe-t-il un «nous les Québécois», mais celui-ci n\u2019a rien du «nous» qu\u2019évoquait Jacques Parizeau au lendemain de la défaite référendaire de 1995.Cela dit, la question du pluralisme de la société québécoise demeure entière, mais elle n\u2019apparaît plus comme un problème.Nulle part, il n\u2019y a adéquation entre les notions de société et de nation, il en va de même au Québec.Ce fait demeurera, il s\u2019accentuera, mais il n\u2019est pas le principal obstacle à l\u2019établissement au Québec d\u2019un État indépendant, celui-ci, il me semble, se trouve plutôt du côté de l\u2019ambivalence des Québécois.Pour attirer les autres à eux, pour les amener à partager leur projet national, les nationalistes québécois ne doivent pas nier ce qu\u2019ils sont culturellement.Cependant, il me semble que c\u2019est à cet exercice que certains intellectuels se livrent présentement.Il est primordial d\u2019établir, au Québec, un vivre ensemble qui va au delà des différences, ce vivre ensemble se trouvant peut-être dans le concept de nation entendue au sens civique, mais ce qui rend légitime l\u2019affirmation au monde de la nation québécoise ne se trouve pas de ce côté, l\u2019affirmer c\u2019est se mentir à soi-même, c\u2019est vider de sens la question du Québec ; on ne brise pas une démocratie libérale pour en établir une semblable, le désir de rupture est motivé par autre chose.Ce que cherche à perpétuer la nation québécoise relève du particularisme, mais elle ne cherche pas à le faire au détriment de l\u2019idéal universel démocratique.Elle cherche à faire en sorte que son caractère particulier aie droit de cité, qu\u2019il ne soit pas récusé au nom d\u2019un universel, mais qu\u2019il s\u2019adresse aux autres particularismes en tant 11 Allocution prononcée lors du colloque Penser la nation québécoise ; on trouve la référence à un enregistrement de cette conférence sur le site Internet du quotidien Le Devoir.10 \u2022 L\u2019ACTION NATIONALE qu\u2019égal, dans un cadre universel.Il n\u2019en va pas autrement au Québec, ce qui me fait dire que le nationalisme québécois n\u2019a pas à être culturel ou civique (particulier ou universel), mais qu\u2019il peut bien être l\u2019expression de ces deux dimensions.Il doit cependant se garder d\u2019exclure certains citoyens du Québec, ce qui peut sembler le cas actuellement.Ainsi, le «nous les Québécois» pourra-t-il être invitant pour tous, au-delà du clivage traditionnel entre Québécois «de souche» et les autres, voilà un clivage qui perdure depuis suffisamment longtemps et qui ne saurait constituer la base de l\u2019établissement d\u2019une nation ouverte aux différences.S\u2019il appert que l\u2019unique solution à ce problème était un nationalisme purement civique, il y a fort à parier que ce qui risque de surgir c\u2019est la question suivante : La nation québécoise, pour quoi faire?L'ACTION NATIONALE «Il UN ATOUT POURKCONOMIE QU QUÉBEC loto-québec 12 \u2022 L'ACTION NATIONALE Le sens de l\u2019expression «question claire» dans le Renvoi relatif à la sécession du Québec Andrée Lajoie1 Pour résumer ma pensée d\u2019entrée de jeu, je dirai que la Cour suprême n\u2019a pas défini -ou, plus précisément, qu\u2019elle a expressément refusé de définir - ce qu\u2019est une «question claire» (1), et cela pour d\u2019excellentes raisons, pas toutes explicitées, et qui impliquent néanmoins des conséquences importantes (II).I- Le silence de la Cour sur le sens qu\u2019il faut donner à cette expression Une relecture attentive de l\u2019avis consultatif de la Cour suprême dans l\u2019affaire du Renvoi relatif à la sécession du Québec mène à conclure que non seulement la Cour n\u2019a-t-elle pas défini ce qu\u2019est une question claire, ni à quelles conditions une question serait claire, mais qu\u2019elle a expressément refusé de le faire.1.Professeure, Centre de recherche en droit public, Faculté de droit, Université de Montréal.' Les chiffres entre parenthèses représentent le numéro de paragraphe de l\u2019avis consultatif de la Cour suprême.L\u2019ACTION NATIONALE *13 Au meilleur de ma connaissance, la Cour n\u2019utilise l\u2019expression \u201cquestion claire» qu\u2019à quatre reprises: aux paragraphes 93, 100, 148 et 153, dont les deux derniers reprennent les premiers en résumé aux fins de conclusion.Dans le même sens elle réfère quatre fois à \u201cexpression claire» (87, 88, 92, 151) ou «non ambiguë» (trois fois: 87, 100 et 104) et, dans un sens voisin mais différent, à - un résultat référendaire clair» (151).Essentiellement, son raisonnement pose la « question claire» comme une condition de légitimité de la démarche référendaire (87, 88, 150), légitimité qui enclenche à son tour l\u2019obligation de négocier, dès lors imposée aux autres provinces et au gouvernement fédéral (88, 15D- Mais cette obligation de négocier, la Cour la fonde au départ sur le fait que la sécession constitue à son avis une modification constitutionnelle (84, 87, 88, 92, 104): il s\u2019agit en effet pour elle d\u2019un cas particulier - et sans doute extrême - à ranger dans la catégorie des modifications constitutionnelles, dont «chaque participant de la Confédération [a] le droit de prendre l\u2019initiative», un droit qui «impose aux autres participants l\u2019obligation réciproque d\u2019engager des discussions constitutionnelles pour tenir compte de l\u2019expression démocratique d\u2019un désir de changement dans d\u2019autres provinces et d\u2019y répondre» (69).L\u2019obligation de négocier n\u2019est donc pas réservée au cas d\u2019un référendum sur une éventuelle sécession, mais s\u2019applique plus largement à toute initiative (pas nécessairement référendaire, pourvu qu\u2019elle soit exprimée démocratiquement) de modification constitutionnelle émanant d\u2019un «participant de la confédération », pourvu également que le processus employé permette d\u2019« assurer à toutes les parties le respect et la conciliation des droits garantis par la Constitution » (76).Bref, un référendum sur la sécession est un cas particulier de déclenchement d\u2019un processus de modification constitutionnelle, soumis aux conditions que le principe démocratique impose à de telles modifications (88).14 \u2022 L'ACTION NATIONALE C\u2019est dans ce contexte que la Cour, appliquant ce principe à ce cas particulier, énonce ensuite la «question claire» comme condition de légitimité d\u2019un processus particulier de modification constitutionnelle que constitue un référendum sur la sécession (84, 87), processus particulier qui enclenchera, comme d\u2019autres initiatives de modification constitutionnelle pareillement soumises à une condition d\u2019expression démocratique (76), l\u2019obligation de négocier de la part des autres participants à la Confédération (87, 88).Dans aucun des paragraphes précités où la Cour réfère à la «question claire» ou à «l\u2019expression claire» ou «non ambiguë» de la volonté des Québécois, les juges n\u2019ont-ils défini ou explicité le sens qu\u2019ils entendaient donner à ces expressions, ni quelle(s) condition(s) éventuelle(s) la question devrait remplir pour respecter cette exigence de clarté qu\u2019elle impose comme critère de légitimité suffisante pour enclencher le processus de négociations impliqué par toute modification constitutionnelle.Certes il doit s\u2019agir d\u2019une «expression démocratique» (69, 87), mais cette référence ne permet pas d\u2019apporter beaucoup de précisions, notamment compte tenu que la Cour elle-même a déjà donné au moins trois définitions à «démocratie» depuis 19842.Plus encore, elle énonce expressément que «la Cour n\u2019a aucun rôle de surveillance à jouer sur les aspects politiques des négociations constitutionnelles.[et que].l'incitation initiale à la négociation, [.] en réponse à une question claire, n\u2019est assujettie qu\u2019à une évaluation d\u2019ordre politique.[.] Seuls les acteurs politiques auraient l\u2019information et l\u2019expertise pour juger du moment où ces ambiguïtés seraient résolues dans un sens ou dans l\u2019autre».Cette affirmation, d\u2019abord apparue dans le corps de l\u2019exposé (100), est reprise en conclusion ( 153)- 2.A.LAJOIE, R.ROBIN, S.GRAMMOND, H.QUILLINAN, L.ROLLAND, S.PERRAULT ET A.CHITRIT, - Les représentations de 'société libre et démocratique\u2019 à la Cour Dickson, la rhétorique dans le discours judiciaire canadien-, (1994) 32 Osgoode Hall Law Journal, pp.295-391.L'ACTION NATIONALE \u2022 15 À défaut donc de trouver dans l\u2019avis consultatif le sens à donner à «question claire», on peut, je crois, en exclure au moins deux, à partir du fondement même de l\u2019exigence de clarté imposée par la Cour.Le premier sens à exclure serait celui qui exigerait qu\u2019une question claire porte uniquement sur la sécession et la mentionne expressément.Une telle contrainte est en effet exclue par le fondement même de la condition de clarté imposée par la Cour, savoir les exigences intrinsèques à toute modification constitutionnelle (76) : à partir de ce fondement, je ne vois pas comment prétendre qu\u2019une question claire ne pourrait porter que sur la sécession, à l\u2019exclusion de toute autre modification constitutionnelle moins extrême, sans par le fait même poser que ces dernières sont, par définition, «non claires», et conséquemment illégitimes.On ne peut pas soupçonner la Cour d\u2019avoir voulu inscrire une telle contradiction interne dans son concept de «question claire».Le second sens à exclure serait celui selon lequel la clarté implique un seul sens univoque pour tous, et cette seconde exclusion découle également des exigences intrinsèques à toute modification constitutionnelle que la Cour situe au fondement de l\u2019obligation de clarté dans le cas précis d\u2019un référendum portant sur la sécession.En effet, d\u2019autres modifications constitutionnelles antérieures sur lesquelles la Cour a souvent eu à se pencher n\u2019ont jamais fait l\u2019objet de commentaires de sa part quant à leur manque de clarté, bien que leur libellé ait été loin de l\u2019univocité.Il suffit de songer à la Loi constitutionnelle de 1982, qui introduisait dans la Constitution canadienne non seulement la Charte des droits et libertés, mais d\u2019autres modifications, et où l\u2019on trouve des expressions comme «société libre et démocratique» et «droits ancestraux», pour ne citer que celles-là, si peu univoques et tellement polysémiques que la 16 \u2022 L\u2019ACTION NATIONALE Cour n\u2019a cessé d\u2019en donner des interprétations successivement différentes, quand elles ne sont pas incompatibles3.Dans ces circonstances, qui prétendra qu\u2019en 1982 tous les Canadiens, autochtones et non-autochtones, y compris tous les membres du Parlement, donnaient le même sens à l\u2019expression \u201cdroits ancestraux et issus de traités» (sans parler du concept de traité lui-même.)?Ou qu'à la même occasion, l\u2019expression «société libre et démocratique» référait au même contenu pour les Canadiens de toutes tendances politiques et les députés de tous les partis?Pourtant personne, ni surtout le premier ministre Chrétien, dont on croit se souvenir qu\u2019il a joué un certain rôle dans ce processus, n\u2019a attaqué la légitimité de cette modification constitutionnelle au motif de manque de clarté du texte qui allait modifier, avec la profondeur que l\u2019on sait, la Constitution canadienne.Or, soutenir que, pour être clair - et par conséquent légitime et valide en regard du principe de démocratie qui sous-tend notre Constitution (6l et suiv.) - un texte doive être univoque, reviendrait à dire que, entres autres, les modifications constitutionnelles de 1982 sont invalides : une conclusion à laquelle, encore une fois, on ne peut soupçonner la Cour d\u2019avoir voulu en arriver.II- Les motifs de ce silence et leurs implications On aura déjà compris que la Cour avait d\u2019excellents motifs de ne pas définir l\u2019expression «question claire».Elle en a explicité certains et laissé transparaître ceux auxquels je viens de référer, mais il y en a d\u2019autres, bien plus fondamentaux, qui peuvent être invoqués au soutien de sa position.Les raisons que la Cour met expressément de l\u2019avant pour refuser de préciser ce qu\u2019elle entend par une «question claire» ont trait à l\u2019auto-limitation qu\u2019elle pratique dans la production du droit, et à la frontière de la justiciabilité quelle trace entre des questions qui relèvent de son rôle et celles qu\u2019elle range au contraire dans les «aspects politiques des 3.Ici.Voir également l\u2019ensemble de la jurisprudence sur les droits autochtones.L\u2019ACTION NATIONALE \u2022 17 négociations constitutionnelles» (100), en les déférant à des \u2022\u2022acteurs politiques» non identifiés autrement que par le fait qu\u2019ils disposeraient de 'd\u2019information et [de] l\u2019expertise pour juger du moment où ces ambiguïtés seraient résolues dans un sens ou dans l\u2019autre» (100), «suivant les circonstances dans lesquelles un futur référendum pourrait être tenu» (153).Malgré l\u2019ambiguïté - sinon l\u2019absence - de critères aptes à départager «les aspects pertinents de la Constitution» des «aspects politiques des négociations constitutionnelles» (100), la Cour est parfaitement justifiée à mon avis d\u2019utiliser sa discrétion en matière d\u2019accueil des pourvois pour écarter ceux auxquels elle ne peut apporter aucun éclairage valable.Car non seulement ne peut-elle pas donner une définition de «question claire» parce que, selon elle, cette tâche ne relève pas, en droit, de sa compétence, mais parce qu\u2019il s\u2019agit, en fait, d\u2019un exercice concrètement impossible.En effet, le sens des mots et des énoncés n\u2019est pas donné objectivement, une fois pour toutes, il est construit selon le contexte où ils sont employés4.Plus précisément, le processus qui consiste à leur donner sens ne se produit pas unilatéralement dans un vacuum social, mais au sein d\u2019une communauté à laquelle s\u2019adresse son auteur: l\u2019utilisation du langage implique le dialogue.Il en résulte que ce n\u2019est pas l\u2019auteur seul qui détermine le sens de son discours, mais également ceux et celles auxquels le message est adressé.Ce n\u2019est pas dire que le lecteur d\u2019un texte, son \u2022\u2022 adressataire », ait toute latitude pour lui attribuer n\u2019importe quel sens.Mais c\u2019est à cet adressataire de le déterminer, à l\u2019intérieur de la marge de manœuvre qui est la sienne, dans le contexte qui est le sien.Car les bornes imposées à l\u2019interprétation d\u2019un texte ne découlent pas seulement de son énoncé, ni encore moins de l\u2019intention de son auteur, mais de sa compatibilité avec le 4.E.VON GLASERSFELD, \u2022 Introduction à un constructivisme radical \u2022 dans L invention de la réalité - Comment savons-nous ce que nous croyons savoir ?Éditions du Seuil, 1988.18 \u2022 L'ACTION NATIONALE sens «commun» que lui attribue sa communauté interprétative de référence5.C\u2019est particulièrement le cas pour les textes juridiques, qui ont généralement l\u2019effet de contraindre les justiciables ou du moins de modifier de façon importante leur situation antérieure6 : la communauté interprétative des justiciables ne permettra pas que l\u2019interprétation choisie soit incompatible avec ses valeurs et ses intérêts majeurs.Mais cela vaut pour tout autre texte7, et notamment ceux que leur portée politique place au premier rang des enjeux sociaux.Dit autrement, énoncé dans le contexte d\u2019une question référendaire, ce principe devient encore plus évident : le sens d\u2019une question posée - et conséquemment son degré de clarté - relève de ceux et celles à qui cette question est posée : ici les Québécois.Au moment où elle est posée, et dès lors qu\u2019elle s\u2019adresse aux Québécois, c\u2019est à eux de décider s\u2019ils estiment la comprendre et pouvoir y répondre, et personne d\u2019autre n\u2019est habilité à décider cela pour eux.Il n\u2019y a de définition de clarté que celle qui leur convient, et le sens que d\u2019autres, à qui la question ne s\u2019adresse pas, pourraient éventuellement y donner, n\u2019est pas pertinent.En termes concrets, c\u2019est aux acteurs politiques québécois de formuler la question à l\u2019intention des Québécois, qui devront décider pour eux-mêmes si elle est claire.Devant une question ainsi posée, les acteurs politiques canadiens fédéraux issus du Québec seraient habilités, à titre individuel de Québécois, à apprécier pour eux-mêmes sa clarté et ils ont, à ce titre, entière liberté de s\u2019exprimer à ce sujet et de tenter d\u2019influencer leurs concitoyens du Québec ou 5.\tS.FISH, Respecter le sens commun, Paris L.G.D.J., Coll.«Pensée juridique moderne», 1995.6.\tP.RICOEUR, « Le problème de la liberté de l'interprète en herméneutique générale et en herméneutique juridique» dans P.AMSELECK (dir ).Interprétation et droit, Bruxelles/Aix-Marseille, Editions Emile Brulyant/Presses Universitaires d'Aix-Marseille, 1995, pp.177-200; A.LAJOIE, Jugements de valeurs: le discours judiciaire et le droit, Paris, Les Presses Universitaires de France, collection «Les Voies du Droit», 1997.7.\tH.G.GADAMER, Vérité et méthodes, Paris, Ed.du Seuil, 1976.L'ACTION NATIONALE \u2022 19 d\u2019adopter un autre point de vue au cours de ce dialogue.Si, au terme de l\u2019exercice, leur interprétation de cette clarté, ou du sens de la question, coïncide avec le - sens commun» que lui attribue au même moment la communauté interprétative de ce forum auquel s\u2019adresse légitimement cette question, aucun problème ne surgira.Dans le cas contraire, les résultats de nos recherches8 mènent à conclure que ce ne serait pas leur interprétation de la question ou leur appréciation de sa clarté, intrinsèquement subjective comme celle de tous les autres Québécois, qui serait retenue, mais celle qui dominerait dans la collectivité.Dès lors, à l\u2019étape subséquente où, le référendum terminé, ils seraient amenés, en tant cette fois qu'acteurspolitiques canadiens fédéraux faisant partie des * autres participants de la Confédération -, à apprécier si l\u2019exigence de clarté nécessaire à l\u2019enclenchement de l\u2019obligation de négocier a été respectée, c\u2019est à l\u2019appréciation antérieure qu\u2019en auront faite les adressataires québécois de la question qu\u2019ils devront se référer.Et ils devront le faire exactement de la même manière que tout autre intervenant canadien qui ne serait pas Québécois : leur avis personnel sur la clarté de la question n\u2019est plus pertinent à ce stade des débats.En agissant autrement, en refusant de respecter la position collective des Québécois sur la clarté de la question, les acteurs politiques du ROC s\u2019exposeraient au jugement de la communauté internationale sur leur volonté de négocier de bonne foi, comme la Cour elle-même l\u2019indique (152, 154).On aura compris que le sens des mots est construit, en contexte social, selon un processus qui implique à la fois l'auteur du texte, son «adressataire» et la communauté interprétative pertinente.Dans ces circonstances, peu importe 8.A.LAJOIE, Jugements de valeurs, précité note 5; -Les valeurs des minorités sociales dans le discours constitutionnel de la Cour suprême du Canada-, à paraître dans les Actes du colloque du Congrès de l'Association italienne des Études canadiennes, Bologne, septembre 1999.20 \u2022 L\u2019ACTION NATIONALE d\u2019où elle surgit, toute tentative, forcément réductrice, d\u2019imposer un sens univoque, est à la fois illusoire et vouée à l\u2019échec.Quelques exemples viennent spontanément à l\u2019esprit.Ainsi la présence éventuelle, dans la question, des termes «sécession», «indépendance» ou «pays» sont-ils apparus à certains fédéralistes comme une garantie de clarté.Pourtant, la «sécession» exclut-elle en elle-même la conclusion ultérieure de traités?Comment prétendre cela sans refuser d\u2019avance des négociations que l\u2019avis consultatif de la Cour impose par ailleurs?Depuis quand un Parlement peut-il lier ses successeurs et empêcher la mise en place éventuelle de nouvelles architectures constitutionnelles?Par ailleurs, à quoi réfère «l\u2019indépendance»?Pour Stéphane Dion, alors professeur au département de science politique de l\u2019Université de Montréal, il était, en 1994, synonyme de «souveraineté», «sécession», et «séparation»9.Le mot peut-il décrire la relation actuelle du Canada à l\u2019égard des États-Unis, en général, et au sein de l\u2019ALÉNA, en particulier?Sinon, s\u2019appliquerait-il à un Québec qui se joindrait à l\u2019ALÉNA après une sécession du Canada?Enfin, qu\u2019est-ce qu\u2019un «pays»: lieu de naissance, région, territoire?Larousse donne les trois sens, et Vignault ajoute l\u2019hiver.La France et l\u2019Allemagne ne sont-elles plus des « pays » reconnus comme tels par les États membres de la communauté internationale, maintenant qu\u2019elles sont intégrées à l\u2019Union européenne?En résumé : la Cour s\u2019est bien gardée de définir ce qu'est une question claire, et son silence à cet égard nous empêche de cerner le contenu qu\u2019elle y attacherait.Mais le raisonnement sur lequel elle fonde l\u2019obligation de clarté - savoir les exigences de validité démocratique applicables à toute modification constitutionnelle parmi lesquelles elle range un référendum sur la sécession - nous permet d\u2019exclure de ce contenu éventuel certains éléments.Ainsi ne peuvent 9.La Presse, Opinions, le vendredi 16 décembre 1994, p.15-3.L'ACTION NATIONALE «21 être incluses dans les exigences de clarté ni l\u2019obligation de ne faire porter la question que sur la sécession (comme si toute autre modification constitutionnelle était ambiguë en elle-même), ni celle de lui assurer un seul sens univoque pour tous (comme si toutes les modifications antérieures, et notamment celles de 1982, n\u2019étaient susceptibles que d\u2019une seule interprétation).En fait, la Cour, qui a expressément refusé de clarifier son concept de clarté, a bien saisi qu\u2019une telle exigence était illusoire, puisque la production du sens des mots est un processus social auquel participent, autant que leur auteur, ceux à qui ils s\u2019adressent et la communauté interprétative à laquelle ils appartiennent tous.Dans ces circonstances, il n\u2019y a aucun terme magique qui serait compris par tous de la même manière, et c\u2019est aux Québécois, auxquels s\u2019adresse la question, de décider de sa clarté.Si les acteurs politiques fédéraux ou autres participants à la Confédération refusaient de prendre acte de l\u2019appréciation collective des Québécois quant à la clarté de la question, ils s\u2019exposeraient au jugement de la communauté internationale quant à leur bonne foi à l\u2019égard des négociations imposées par la Cour.Comme le souligne Francis Hammon10, pour qu\u2019une question mène à un appui dénué de toute ambiguïté, il faudrait que les citoyens soient parfaitement informés des conséquences d\u2019une éventuelle accession à l\u2019indépendance, lesquelles constituent par ailleurs l\u2019enjeu d\u2019une négociation encore à venir : une contradiction interne que la quadrature du cercle elle-même ne résoudrait pas.La Cour a eu raison d\u2019éviter ce piège : il n\u2019existe pas, objectivement, de question univoquement claire.Il faudra s\u2019y faire, et respecter le sens commun collectif de ceux et celles auxquels la question s\u2019adressera, quand elle leur sera adressée.?10.Dans - Le potentiel démocratique des référendums*, 1999 (7) Canada Watch 42.22 \u2022 L'ACTION NATIONALE Démographie et économie dans le monde rural québécois Clermont Dugas* Introduction V A l\u2019instar de la plupart des pays de la planète, l\u2019espace aménagé du Québec évolue selon des dynamiques à la fois complémentaires et contrastées.Il y a concentration et densification du tissu de peuplement dans les principales zones urbaines et déstructuration et dépeuplement en milieu rural et tout particulièrement là où les densités humaines sont les plus faibles.Les migrations contribuent largement à ces changements.Tout se passe comme si les divers niveaux de densité étaient porteurs de dynamiques et de modalités spécifiques de changement.Ces densités ne sont pas que des caractéristiques des paysages, elles sont aussi des résultantes de la nature et de l\u2019intensité des activités en plus d\u2019avoir des conséquences sur l\u2019organisation des services et les potentiels de développement.\u2018Module de géographie.Université du Québec à Rimouski.L\u2019ACTION NATIONALE \u2022 23 À la suite des transformations qui ont profondément marqué l\u2019ensemble de la vie socio-économique québécoise depuis une quarantaine d\u2019années, l\u2019espace rural se présente comme un milieu de vie de plus en plus diversifié par la nature de ses paysages, la forme de ses aménagements, la distribution et l'évolution de son peuplement, ses modes de mise en valeur, ses relations de voisinage, etc.L\u2019objectif principal de cet article1 est de mettre en évidence cette diversité et ses modalités d\u2019évolution en faisant particulièrement référence aux formes de distribution spatiale et en tenant particulièrement compte de la démographie, des occupations et des niveaux de revenus.Bien que chacun ait sa propre idée de ce qui est rural ou urbain, il est difficile d\u2019établir une définition de la rurali-té qui soit entièrement satisfaisante pour tous les utilisateurs.Chaque pays a sa propre définition et les écarts sont souvent considérables d\u2019une définition à l\u2019autre.La présente analyse s\u2019appuie sur deux définitions du rural.L\u2019une est la définition normative de Statistique Canada qui définit comme rural ce qui n\u2019est pas urbain et urbain toute entité d\u2019au moins 1 000 habitants avec une densité d\u2019au moins 400 habitants par kilomètre carré.Cette définition aide à observer l\u2019évolution de longue duré.La deuxième définition peut être caractérisée d\u2019opérationnelle et identifie comme rurales toutes les subdivisions de recensement2 de 2 500 habitants3 et moins.Ces deux définitions permettent d\u2019appréhender la majeure partie de l\u2019espace rural mais ne sont pas suffisamment précises pour en faire un découpage rigoureux.L\u2019essentiel de l\u2019étude 1.\tCet article s\u2019inspire en partie d\u2019une recherche subventionnée par la Chaire Desjardins en développement des petites collectivités de l\u2019Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue.2.\tLes subdivisions de recensement correspondent au Québec aux municipalités, aux Territoires non organisés et aux localités autochtones.3.\tCe chiffre de 2 500 qui résulte d\u2019un choix arbitraire de l\u2019auteur correspond à un seuil de transition aux plans occupationnels et de l\u2019infrastructure de services.La proportion des travailleurs du tertiaire devient sensiblement plus importante dans les localités de plus de 2500 habitants que dans les municipalités de niveau inférieur.24 \u2022 L\u2019ACTION NATIONALE repose sur les données du recensement de 1996 de Statistique Canada.La démographie Selon Statistique Canada le monde rural québécois comptait 1 541 170 personnes en 1996, ce qui représente 21,6% de la population provinciale.C\u2019est une augmentation de 32% par rapport aux effectifs de 1971.Il y aurait donc eu un accroissement important de la population rurale en dépit des importants problèmes de dépeuplement qu\u2019on ne cesse d\u2019évoquer depuis une quarantaine d\u2019années.Ces chiffres globaux traduisent en fait une évolution fortement différenciée au plan spatial qui se traduit par de la décroissance dans des centaines de localités et de la croissance ailleurs particulièrement à la proche périphérie des villes.Une bonne part de la croissance peut en fait être associée au phénomène de périurbanisation et relève davantage de la dynamique urbaine que de facteurs intrinsèquement ruraux.Bien que s\u2019inscrivant dans une tendance à la hausse l\u2019évolution démographique de longue période révèle des changements rapides et souvent importants dans les taux de variation d\u2019un recensement à l\u2019autre.Il y eut par exemple augmentation de 13,9% entre 1976 et 1981, diminution de 0,07% entre 1981 et 1986, augmentation de 7% les cinq années suivantes et finalement une légère diminution de 0,23% entre 1991 et 1996.Ces brusques revirements montrent comment il est hasardeux de prédire les changements à venir et surtout le rôle majeur occupé par les événements conjoncturels dans l\u2019évolution globale.Les problèmes méthodologiques de définition sont aussi en cause dans cette évolution en dents de scies.Par exemple, une légère modification de la densité locale et des effectifs d\u2019une municipalité peut faire passer l\u2019ensemble de sa population de la catégorie rurale à urbaine ou inversement.L\u2019ACTION NATIONALE \u2022 25 Considérée sous l\u2019angle des localités de 2 500 habitants et moins, l\u2019évolution démographique s\u2019avère plus régulière, mais avec quand même de légères fluctuations d\u2019une période quinquennale à l\u2019autre.En regroupant les localités en fonction de leur taille démographique et de leur localisation géographique, les facteurs structurels d\u2019évolution deviennent alors plus évidents.Ce sont ces facteurs qui sont responsables des différenciations évolutives entre localités, MRC et régions administratives et des grandes distorsions en cours dans l\u2019ensemble du tissu de peuplement.Ils inscrivent les tendances lourdes que viennent infléchir constamment les facteurs conjoncturels liés aux individus et à leur famille et à l\u2019évolution des économies locales, régionales, nationales et même internationales.La décroissance démographique occasionnée par l\u2019exode rural est une constante observable depuis au moins deux siècles.À partir du début du vingtième siècle il y a toujours eu au moins 400 localités en décroissance à chaque recensement.Le maximum a été atteint durant la décade 61-71 avec 695 municipalités.En 1996, ce sont 457 localités qui sont concernées.Jusqu\u2019aux années 60 l\u2019exode et la décroissance étaient compensées dans les diverses régions par une forte natalité et de la croissance dans des localités voisines qui se transformaient graduellement en centres de services et en villes et également par l\u2019ouverture de nouvelles entités de peuplement.À compter des années 60 les municipalités en décroissance se concentrent davantage dans certaines régions, ce qui entraîne épisodiquement de la décroissance régionale dans les régions périphériques.Il semble bien que l\u2019évolution démographique à long terme soit influencée par au moins 4 grandes causes structurelles qui agissent en interrelation.Tout d\u2019abord la taille démographique par les effets qu\u2019elle exerce sur l\u2019économie ainsi que sur les services et les perspectives d\u2019avenir joue un rôle important.La décroissance a ainsi tendance à être plus forte dans les plus petites localités.Mais cela se manifeste 26 \u2022 L'ACTION NATIONALE en regard d\u2019un deuxième facteur structurel qui est la distance par rapport aux villes, centres de services et aussi dans plusieurs cas par rapport aux routes principales.La conjugaison de ces deux variables permet souvent de départager les localités de nombreuses MRC en deux groupes distincts.Il y a d\u2019une part, une petite zone plus ou moins régulière de localités en croissance à proximité des villes et d\u2019autre part, des regroupements de municipalités en décroissance à la périphérie ou le long d\u2019axes routiers secondaires.L\u2019impact de ces deux premiers facteurs est fonction de deux autres tout aussi importants qui sont le dynamisme de l\u2019économie régionale et la nature et l\u2019intensité des ressources exploitées.Les localités fortement axées sur l\u2019agriculture de la plaine du Saint-Laurent sont relativement plus stables que celles dépendantes de l\u2019agroforesterie et de la foresterie sur les terres vallonnées des Appalaches et du Bouclier laurentien.De façon similaire, les municipalités appartenant aux régions les plus dynamiques ont plus tendance à afficher stabilité ou croissance que celles à problèmes économiques sérieux.Heureusement, la décroissance ne concerne pas toujours les mêmes municipalités.Mais, pour un certain nombre, elle est un mal de longue période.Ainsi en regard des municipalités figurant dans le recensement de 1971, il y en a 177 qui ont connu des diminutions continues d\u2019effectifs jusqu\u2019à 1996.Elles ont perdu un peu plus de 44 000 personnes en 25 ans, ce qui correspond à un taux de décroissance de 26,2%.Pour certaines, les changements furent si importants qu\u2019ils ont sérieusement affecté l\u2019infrastructure de services, rendu la reconversion économique difficile et modifié la qualité de vie des individus.Soixante MRC se partagent ces localités en décroissance qui ont en commun une localisation loin des villes et particulièrement à l\u2019extérieur de la meilleure zone agricole de la vallée du Saint-Laurent.C\u2019est le segment du monde rural où le danger de marginalisation est le plus présent.Comme l\u2019indique la carte 1, le secteur des hautes terres appalachiennes entre les vallées de la Beauce et de la Matapédia est le plus touché.Beaucoup des locali- L'ACTION NATIONALE \u2022 27 tés en cause forment des ensembles contigus dont les plus vastes occupent de grandes parties des MRC Beauce-Sartigan, Les Etchemins et Les Basques.Cet effet de contiguïté met en évidence la présence de sérieux problèmes régionaux.Durant ce même quart de siècle, il y eut augmentation continue de population dans 269 municipalités qui ont réalisé ensemble des gains de 356000 personnes.Situées surtout dans la périphérie immédiate des principales villes ou jouant le rôle de centres de services, elles ont largement profité du dynamisme urbain.Dans de nombreux endroits, la structure de peuplement a été remaniée en profondeur avec une extension et une densification de l\u2019espace habité.Les profils occupationnels ont aussi été fortement modifiés au bénéfice surtout de la fonction tertiaire.Dans 77 de ces municipalités, les changements produits les ont fait passer de la catégorie rurale à urbaine.Tout comme pour les entités en décroissance, elles ont tendance à former des ensembles de plusieurs localités voisines.Mais à l\u2019encontre de ces dernières, elles occupent en majeure partie des régions différentes.Toutes les MRC de la rive nord gaspésienne et un continuum qui va de Les Etchemins à Kamouraska en sont complètement dépourvues.En contrepartie, elles se localisent de façon prédominante dans la grande plaine du Saint-Laurent à l\u2019ouest de la Beauce et dans la zone de villégiature des basses Laurentides.Les activités économiques La mise en valeur des ressources naturelles occupe toujours une place majeure dans l\u2019économie rurale même si elle ne fournit plus que 14% des emplois4.La transformation et la construction accaparent 25% de la main-d\u2019œuvre active soit un pourcentage sensiblement équivalent à celui de la 4.Toutes les statistiques d'emplois de ce texte réfèrent aux municipalités de 2 500 habitants et moins.Il y a un certain nombre de travailleurs du primaire dans les localités de taille démographique supérieure.28 \u2022 L'ACTION NATIONALE moyenne québécoise.Pour sa part, le secteur tertiaire fournit du travail à 57% des travailleurs ce qui est nettement inférieur à la situation des villes.Une forte proportion des emplois du secondaire et tertiaire diffèrent de ceux des catégories équivalentes du monde urbain.Ils sont moins spécialisés, moins bien rémunérés et souvent de nature saisonnière ou à temps partiel.C\u2019est particulièrement le cas de ceux liés à la transformation des ressources dans les secteurs du bois et du poisson et de bon nombre de postes de travail dans le domaine touristique.Les structures occupationnelles sont très diversifiées localement, contribuant fortement à l\u2019hétérogénéité du monde rural.La proportion d\u2019emplois dans le primaire varie de 0 à 32% selon les localités.Quelque 200 municipalités sont même pratiquement dépourvues de ce type d\u2019emplois.C\u2019est dans les quelque 700 localités où ils occupent 10% et plus de la main-d\u2019œuvre qu\u2019ils apportent de façon plus significative une dimension rurale à l\u2019économie.Non seulement, ils laissent des marques bien visibles dans les paysages et les aménagements, mais ils influent aussi sur la vie sociale et communautaire.Ce sont en général les plus petites localités qui ont les plus fortes proportions d\u2019emplois dans le primaire.Mais ces forts taux d\u2019activité ne signifient pas nécessairement une mise en valeur intensive de la ressource, mais plutôt bien souvent, de la précarité économique et une structure de services anémique.Une bonne partie des activités sont saisonnières, peu productives et mal rémunérées.Le chômage saisonnier est une composante majeure de la vie économique.II y a de très forts pourcentages d\u2019emplois dans le primaire parce que les secteurs secondaire et ou tertiaire sont presque inexistants.D\u2019autre part, la population est réduite à la suite d\u2019un processus de dépeuplement résultant en bonne partie de problèmes sévères et chroniques.L'ACTION NATIONALE \u2022 29 Avec ses 46000 travailleurs, l\u2019agriculture demeure de loin le plus important créateur d\u2019emplois dans la mise en valeur des ressources naturelles.Mais son rôle s\u2019est considérablement atténué par rapport à ce qu\u2019il était antérieurement en milieu rural.Le nombre de producteurs varie d\u2019ailleurs beaucoup selon les localités et les régions.Un peu plus du tiers se concentre dans dix MRC alors qu\u2019il n\u2019y en a que 3800 dans 30 autres.Les régions Montérégie, Chaudière-Appalaches et Mauricie-Bois-Francs demeurent les plus agricoles de la province.En contrepartie, la production est plutôt réduite en Gaspésie-Iles-de-la-Madeleine, sur la Côte-Nord, au Saguenay-Lac-Saint-Jean et en Abitibi.Au plan local le nombre de producteurs varie entre 445 à Saint-Patrice-de-Sherrington et 0 dans 222 municipalités.La forêt est le deuxième plus grand créateur d\u2019emplois du secteur primaire tout en se situant à cet égard loin derrière l\u2019agriculture.Elle occupe environ 13 500 personnes distribuées elles aussi de façon bien inégale dans l\u2019espace.Une dizaine de MRC rassemblent près de 40% des emplois.Au moins 50% des localités rurales ne comptent aucun travailleur forestier.Les emplois en forêt génèrent d\u2019importantes activités aux plans du camionnage, de la transformation et de la commercialisation.Mais, bon nombre de ces dernières et souvent les plus lucratives se localisent en ville.Les mines et carrières créent 5700 emplois répartis dans 240 localités.Dans beaucoup d\u2019entre elles, particulièrement là où on exploite les carrières et tourbières, leur nombre est trop restreint pour avoir une influence marquée sur la vie socio-communautaire.Par contre, ils exercent un rôle beaucoup plus significatif dans six zones minières localisées en territoire nordique, en Abitibi, sur la Côte-Nord, en Estrie, en Gaspésie et aux Iles-de-la-Madeleine.Dans la plupart de ces endroits, l\u2019extraction du minerai insuffle la vie économique de larges secteurs environnants appartenant aussi bien au milieu urbain qu\u2019au monde rural.30 \u2022 L'ACTION NATIONALE La pêche qui a été pendant longtemps le facteur principal de peuplement sur de longues zones littorales, n\u2019a plus l\u2019importance d\u2019autrefois.Elle fournit avec le piégeage environ 2 000 emplois répartis dans une centaine de municipalités situées surtout en Gaspésie, sur la Côte-Nord et aux lles-de-la-Madeleine.Seulement 18 localités affectent encore plus de 10% de leur main-d\u2019œuvre à ces activités.Les MRC Pabok, Ues-de-la-Madeleine et Minganie-Côte-Nord sont les seules petites régions où la pêche se présente comme une composante majeure de l\u2019économie tout en laissant une place marquante dans les paysages.Il y a au total presque deux fois plus d\u2019emplois dans la transformation et la construction (122 888) que dans l'exploitation des ressources naturelles.Mais, comme pour tout ce qui est des activités du primaire, ces emplois se distribuent de façon bien inégale dans l\u2019espace, contribuant énormément à la diversité rurale.Beaucoup sont liés directement à la mise en valeur des ressources, mais de nombreux autres s\u2019en dissocient, appartenant aux secteurs de la mécanique, du vêtement, de la métallurgie, de l\u2019électronique etc.Une bonne part de ces emplois occupés par les ruraux se localisent en milieu urbain.Presque toutes les municipalités rurales abritent des travailleurs du secondaire.Dans 425 cas situés surtout dans les grandes régions centrales, ils forment plus de 25% des structures occupationnelles.Les régions Montérégie, Chaudière-Appalaches et Estrie concentrent le plus grand nombre de localités rurales à forts volumes d\u2019emplois industriels.Tout comme en milieu urbain, le secteur des services est devenu avec ses 273430 postes de travail, le principal fournisseur d\u2019activités en territoire rural.Toutes les municipalités ont des détenteurs d\u2019emplois dans le tertiaire où ils forment localement de 12 à 100% de la main-d\u2019œuvre.Beaucoup de ces emplois appartiennent aux infrastructures de services locales, mais un grand nombre aussi sont tenus par des travailleurs urbains qui résident en milieu rural.C\u2019est en L\u2019ACTION NATIONALE \u2022 31 périphérie des villes et dans les principaux centres de services que se situent les plus spécialisés et les mieux rémunérés.Comme pour la plupart des éléments de la structure économique, il existe une relation entre le volume et la nature des emplois et la localisation géographique et la taille démographique des localités.Les revenus La grande diversité des structures d\u2019emplois locales se reflète directement dans la répartition spatiale des niveaux de revenus.Ces derniers sont fonction non seulement de l\u2019intensité de l\u2019activité économique, mais du type d\u2019emplois, et de la situation géographique des localités à l\u2019intérieur du tissu de peuplement.Les revenus demeurent toujours plus faibles en milieu rural qu\u2019en zone urbaine et ils ont tendance à diminuer en fonction de la décroissance de la taille démographique des localités et de leur éloignement par rapport aux villes.La distance par rapport aux villes et centres de services et la position en regard des principaux axes de communications exercent un rôle assez déterminant.Plus de la moitié des résidents ruraux travaillent maintenant en dehors de leur localité de séjour dont une très forte partie en milieu urbain.L\u2019effet de taille s\u2019exerce pour sa part, en bonne partie à travers l\u2019infrastructure de services.De nombreux détenteurs de hauts revenus appartiennent au tertiaire supérieur, lequel est largement fonction des volumes de population.Ce type de tertiaire est plutôt rare dans les espaces à population fortement dispersée.Le revenu moyen de la famille de recensement de toutes les localités rurales s\u2019établit en 1996 à 40 209$ soit 81% du revenu du Québec et 73% du revenu canadien.À peu près 90% des localités rurales ont un revenu inférieur à la moyenne québécoise.L\u2019écart par rapport au revenu québécois est sensiblement le même depuis 1981.Ce revenu passe de 37 156$ pour les municipalités de 250 à 500 habitants à 44 515$ pour celles de 2 001 à 2 500 personnes.32 \u2022 L\u2019ACTION NATIONALE Tout en étant évocatrice d\u2019une certaine réalité, cette stratification cache des différences considérables selon les endroits, qui sont dépendantes du dynamisme de l\u2019économie régionale, de la nature du milieu biophysique et des ressources exploitées.La fourchette des revenus locaux s\u2019étend entre 121012$ à Senneville sur l\u2019Ile-de-Montréal et 19033$ à Sainte-Jeanne-d'Arc dans la Matapédia.Tableau 1 RÉPARTITION DES MUNICIPALITÉS DE 2 500 HABITANTS ET MOINS EN FONCTION DE LEUR NIVEAU DE REVENU FAMILIAL.EN 1996 Catégories de revenus\tNombre de municipalités 19 000 $ à 30 000 $\t71 30001 $ à 35000$\t166 35 001 $ à 40000$\t273 40 001 $ à 49 261$\t410 49 262$ et plus\t97 Source: Statistique Canada, recensement de 1996 Bien que les grandes régions du Québec à caractère rural figurent généralement parmi les plus pauvres, la pauvreté rurale ne se limite pas à ces seuls endroits.Elle est présente à des degrés divers dans toutes les régions.Les 100 localités les plus pauvres et dont le revenu familial est inférieur à 31000$ se répartissent dans 46 MRC différentes ponctuant ainsi une large part de la trame du peuplement rural québécois.Elles appartiennent pour la plupart aux terres vallonnées des Appalaches et des Laurentides.La Gaspésie et le Bas-Saint-Laurent rassemblent un peu plus du tiers de ces localités, ce qui n\u2019est pas sans lien avec la nature de l\u2019économie régionale.Mais vu à l\u2019échelle des MRC, il y a aussi d\u2019autres secteurs du Québec qui sont lourdement touchés.Avec 5 municipalités pauvres, la MRC Antoine-Labelle dans les Laurentides est la plus affectée.Cinq autres MRC ont chacune 4 localités pauvres.Il s\u2019agit d\u2019Avignon, La Matapédia, L'ACTION NATIONALE \u2022 33 Les Basques, Bécancour et Arthabaska.Ce sont pour l\u2019essentiel, des milieux agroforestiers dont certains ont subi d\u2019importantes pertes de population durant les dernières décennies.Ces endroits ont aussi en commun une localisation relativement loin des villes, le long des routes secondaires et dans plusieurs cas à la marge du peuplement.Les infrastructures de services sont généralement limitées se réduisant même dans plusieurs cas au dépanneur et au petit centre communautaire.Les 97 municipalités qui dépassent la moyenne de revenu québécoise sont réparties dans l\u2019ensemble de la province et appartiennent à toutes les catégories de strates démographiques.Si beaucoup se localisent dans les régions les plus riches, un certain nombre se situent quand même dans les MRC les plus pauvres, témoignant de l\u2019énorme diversité qui prévaut en milieu rural.Les emplois responsables de ces revenus élevés sont notamment les plus spécialisés du secteur tertiaire localisés en milieu urbain, ceux des grandes entreprises industrielles comme les papeteries, des zones d\u2019extraction et de transformation du minerai et des secteurs fortement spécialisés dans la villégiature et la récréation.La plupart de ces localités riches font partie des proches périphéries urbaines.C\u2019est autour des plus grandes villes qu\u2019elles sont les plus nombreuses, mais il y en a aussi à proximité de villes petites et moyennes comme Chandler, Mont-Joli, Rivière-du-Loup, Rimouski, Rouyn-Noranda etc.On dénombre également quelques communautés à revenus élevés en territoires nordiques et un petit nombre à vocations particulières, comme Cap-aux-Meules, aux Iles-de-la-Madeleine et Saint-Pascal dans Kamouraska qui exercent une importante fonction services, Mont-Tremblant, Orford et Morin Heights qui sont fortement liées au récréo-tourisme et à la villégiature, Valcourt et Kingsey-Falls qui ont d\u2019importantes activités manufacturières et Matagami, Dubuisson et Val-Senneville dont l\u2019économie repose fortement sur l\u2019activité minière.34 \u2022 L'ACTION NATIONALE Les municipalités rurales de banlieues les plus fortunées doivent une bonne part de leur prospérité à la présence de travailleurs du tertiaire supérieur ou encore de propriétaires d\u2019entreprises qui œuvrent dans la ville voisine.De bonnes facilités de communication et surtout un cadre de vie de grande qualité constituent les principaux facteurs de localisation.Pour ce qui est du secteur de la transformation, ce sont habituellement les travailleurs des grosses entreprises comme les papeteries qui contribuent le plus à augmenter les revenus locaux.Les activités du secteur primaire exercent des effets différents sur les niveaux de revenus tant par leur nature que par l\u2019importance de la place qu\u2019elles occupent en termes de pourcentages et d\u2019effectifs totaux à l\u2019intérieur des structures occupationnelles.Ce sont en général les localités à fortes proportions de travailleurs du secteur minier qui enregistrent les plus hauts revenus suivis en deuxième lieu de celles avec les employés des pêches et de l\u2019agriculture alors que les localités avec un pourcentage élevé de main-d\u2019œuvre forestière se situent au bas de l\u2019échelle salariale.Comme ces diverses activités se distribuent de façon inégale dans l\u2019espace rural, la carte des revenus locaux et dans une certaine mesure régionaux obéit aux mêmes configurations.Ainsi les zones minières, tout particulièrement celles de l\u2019Abitibi et de la Côte-Nord forment des îlots de peuplement avec revenus supérieurs à la moyenne provinciale alors que de vastes zones agro-forestières des plates-formes appalachiennes et laurentiennes affichent les revenus les plus bas.Dans ces dernier cas, la faiblesse du potentiel agricole a conduit à un abandon généralisé de l\u2019agriculture.Quelques grosses fermes issues d\u2019un fort mouvement de restructuration y voisi-! nent de petites entreprises agricoles marginales.Comme l\u2019indique le tableau 2 concernant les localités à forte concentration de travailleurs dans le primaire, il y a non seulement une relation entre le niveau de revenus et la nature des occupations mais également entre la proportion L'ACTION NATIONALE \u2022 35 de la structure occupationnelle vouée à une activité particulière et les niveaux de revenus.En outre, le revenu moyen évolue de façon différente dans les localités minières par rapport à celles qui sont plus dépendantes de l\u2019agriculture, de la forêt ou de la pêche.Alors qu\u2019il a tendance à augmenter en fonction de l\u2019augmentation du pourcentage de travailleurs dans les localités minières, il change en sens contraire dans les autres cas.Les diverses proportions de travailleurs dans chaque secteur occupationnel ne reflètent pas que des occupations mais aussi différents degrés de dynamisme économique.La signification socio-économique des pourcentages de travailleurs se mesure aussi en regard du volume des effectifs humains de chaque localité.Tableau 2 REVENUS MOYENS LOCAUX EN 1996 EN FONCTION DU POURCENTAGE D'EMPLOIS DANS LES SOUS-GROUPES DU SECTEUR PRIMAIRE % des travailleurs locaux\tCatégories d'emplois\t\t\t \tForêt\tPêche\tAgriculture\tMines 1 à 4\t40 580\t40385\t\t39852 5 à 9\t37 378\t40081\t40 308\t42 336 10 à 14\t35 507\t37414\t40 235\t42801 15 à 19\t34 386\t38 387\t38899\t45455 Source: statistique Canada, Recensement de 1996 Beaucoup de municipalités à fortes proportions de travailleurs forestiers figurent parmi les plus marginales au niveau économique et le sont aussi bien souvent aux plans géographique et social en raison d\u2019une localisation à la périphérie de l\u2019œkoumène et d\u2019une sérieuse déficience dans les services de base.Compte tenu du mode d\u2019exploitation forestière qui prévaut maintenant, un pourcentage élevé de travailleurs forestiers a tendance à signifier une main-d\u2019œuvre active plutôt réduite et une structure d\u2019emplois peu diversifiée et souvent déficitaire dans le secteur tertiaire.La 36 \u2022 L'ACTION NATIONALE saisonnalité des emplois a aussi une incidence sur les revenus.Par ailleurs l\u2019éloignement des villes ne favorisant pas les migrations pendulaires, les localités concernées bénéficient très peu de la présence de hauts salariés du monde urbain.Donc, aussi paradoxal que ce soit, une bonne partie des travailleurs qui sont à la base d\u2019une des principales sources d\u2019exportation et de richesse du Québec, habitent dans les milieux les plus pauvres.Les données du tableau 2 semblent aussi indiquer qu\u2019il y a en quelque sorte un seuil optimum de proportion de travailleurs œuvrant dans les diverses catégories d\u2019emplois dans les localités à forte dominance forestière, agricole ou halieutique.Au-delà de ce seuil le revenu local moyen tend à baisser.En fait, ce n\u2019est pas tellement le nombre d'emplois qui est en cause ici que leur place au sein de la structure occupationnelle.Une trop forte proportion est davantage signe d\u2019une économie anémiée que de dynamisme en raison soit de la faiblesse des effectifs locaux ou encore du sous-développement relatif des secteurs de la transformation et des services.Dans l\u2019un et l\u2019autre cas le niveau de rendement ou de productivité des emplois du primaire est en cause.Cela peut aussi bien être inhérent à la qualité et quantité des ressources exploités qu\u2019à la durée de la période d\u2019exploitation des ressources.Les écarts de revenus qui différencient le monde rural du milieu urbain se manifestent également dans leur composition.La proportion de revenus d\u2019emplois est plus faible en milieu rural s\u2019établissant à 67% comparativement à 74% pour l\u2019ensemble de la province.Le manque à gagner est compensé par les revenus de transferts qui atteignent une moyenne de 25% comparativement à 16% pour le Québec.En raison de ses effets sur la structure, la nature et la disponibilité d\u2019emplois, la taille démographique des localités influe sur ces pourcentages de revenus.Les revenus d\u2019emplois passent de 62% dans les localités de 500 habitants et moins à 73% dans celles de 2 001 à 2 500 personnes.Les revenus L\u2019ACTION NATIONALE \u2022 37 de transferts évoluent en sens inverse allant de 20% à 29%.Bien qu\u2019évoquant déjà une certaine diversité, ces chiffres ne traduisent qu\u2019en partie l\u2019énorme variabilité qui caractérise l\u2019économie rurale.Les revenus de transferts oscillent en fait entre 8 à 65% selon les cas.Ils sont supérieurs à 30% dans 269 municipalités comprenant 200000 personnes et à 40% dans 70 d\u2019entre-elles qui abritent un total de 47 000 individus.La population globale de ces localités a légèrement augmenté entre 1991 et 1996 ce qui tend à laisser croire que les bas revenus constituent à eux seuls un facteur insuffisant pour provoquer la dévitalisation.Ils créent des situations souvent difficiles, mais leur rôle en terme de démographie doit être considéré par rapport à un contexte beaucoup plus large comprenant notamment les situations de remplacement à l\u2019extérieur des localités concernées.Ces revenus de transferts sont un des meilleurs indicateurs du contexte économique difficile vécu dans des centaines de municipalités.Ils évoquent non seulement de bas niveaux de revenus mais aussi des problèmes chroniques d\u2019emplois.Dans la plupart des cas, la situation actuelle prévaut depuis vingt à trente ans et les perspectives d\u2019avenir ne sont pas très brillantes.Un ensemble de facteurs concourt à marginaliser ces localités dans l\u2019espace économique.Aux considérations liées directement à la structure économique s\u2019ajoutent des faits de localisation et un environnement social qui ne favorise pas la rétention de la population la plus instruite et l\u2019arrivée de nouveaux résidents.Niveau de vie et cadre de vie Il y a évidemment une corrélation entre le niveau de revenus des individus et leur niveau de vie.Mais cette dernière est loin d\u2019être parfaitement linéaire.Elle est conditionnée par bien des variables dont notamment l\u2019habitat, la culture locale, les traces et habitudes du passé, les relations familiales, la vie communautaire, l\u2019environnement physique, etc.38 \u2022 L\u2019ACTION NATIONALE Le monde rural offre à ses résidents des cadres d\u2019existence d une grande diversité allant des ilôts d\u2019opulence à proximité de tous les services disponibles aux enclaves de pauvreté et aux petits isolats dépourvus d\u2019importants services de base.Mais, en général, le niveau de vie peut être qualifié de moyen avec des carences plus ou moins grandes selon les endroits.La pauvreté rurale n\u2019est pas toujours aussi visible dans les paysages que la pauvreté urbaine.Les zones occupées par des habitations délabrées sont relativement restreintes et sont souvent dispersées dans un vaste cadre naturel ou implantées à proximité ou à l\u2019intérieur d\u2019espaces construits bien aménagés.Les unités de logement les plus misérables sont en quelque sorte marginalisées par un habitat généralement de bonne qualité et reflétant même souvent une certaine aisance matérielle.Le tout donne à certains endroits une impression de degré d\u2019un bien-être non conforme à la nature de l\u2019économie.Il y a de nombreuses habitations modernes, confortables et de belles apparences, et ce même dans les localités les plus pauvres.Certaines appartiennent aux résidents qui ont la chance de bénéficier d\u2019un bon revenu de travail ou encore aux retraités qui n\u2019ont plus qu à entretenir et souvent avec l\u2019aide de programmes gouvernementaux des logements appropriés de longue date.De nombreux logements de qualité ont aussi été acquis à prix d\u2019aubaine par des travailleurs à faible revenu, suite au départ de leur propriétaire initial.Il ne faut pas oublier que la valeur marchande des habitations est souvent inférieure à leur coût de construction dans de nombreuses localités en perte de population.Beaucoup de petites communautés à bas revenus disposent aussi d\u2019une bonne infrastructure de services municipaux.Sauf exceptions, ces derniers n\u2019évoluent pas exactement au rythme de la décroissance démographique C\u2019est plutôt la situation inverse qui prévaut avec une tendance à l\u2019amélioration des services, le tout impliquant une augmentation des L\u2019ACTION NATIONALE \u2022 39 taxes municipales.Il faut aussi tenir compte du fait que le cadre physique aménagé n\u2019évolue pas nécessairement au même rythme que l\u2019activité économique, surtout dans les situations de déclin.Il peut donc, selon les endroits, y avoir un certain décalage entre l\u2019état des aménagements humains, les niveaux de revenus et la décroissance démographique.Si le niveau de revenu ne détermine pas directement la qualité du cadre de vie, il y a toutefois des relations étroites entre la nature des services commerciaux, les niveaux de revenus et les volumes des effectifs humains.Ainsi les services spécialisés constituent presque partout une carence majeure, et ce d\u2019autant plus que les tendances à la concentration et à la centralisation s\u2019accentuent.Mais, en outre, les services de base comme l\u2019école primaire, la station service et le marché d\u2019alimentation font aussi de plus en plus défaut à biens des endroits.De petits commerces implantés depuis des décennies ferment avec l\u2019arrivée à la retraite de leur propriétaire en raison du nouveau contexte économique et social.Bien que cette question des services soit vécue et perçue différemment selon les endroits et les conditions socio-économiques de chacun, elle demeure l\u2019un des principaux éléments de différenciation du rural de l\u2019urbain, une importante cause d\u2019émigration et un facteur potentiel de marginalisation de nombreuses petites communautés.Conclusion Tous les grands changements qui ont affecté l\u2019économie des pays développés durant les trente dernières années ont contribué à la modification socio-économique du monde rural.Ce dernier s\u2019est fortement diversifié et est devenu un espace caractérisé à la fois par des milieux de vie très dynamiques fortement intégrés à la vie et à l\u2019économie urbaine et par des centaines de petites communautés marginalisées aux plans économique et social et en voie de marginalisation constante.40 \u2022 L'ACTION NATIONALE Si cette marginalité signifie à bien des endroits dépeuplement et déstructuration, elle n\u2019est pas nécessairement synonyme partout de dévitalisation.L\u2019enracinement de nombreux habitants du monde rural dans leur localité, leur implication sociale et leur dynamisme empêchent la plupart des localités à problèmes de s\u2019inscrire de façon irrémédiable dans une spirale de dévitalisation.L\u2019érosion démographique, les difficultés d\u2019obtention d\u2019emplois permanents et bien rémunérés et la fermeture de services comme l\u2019école et l\u2019épicerie ont inévitablement des incidences sur le dynamisme du milieu et l\u2019organisation physique du territoire, mais semblent être des facteurs insuffisants pour bloquer toutes initiatives individuelles et collectives d\u2019aménagement et de développement.La rénovation et à l\u2019occasion la construction domiciliaire, l\u2019amélioration des services collectifs et dans certains cas l\u2019implantation de nouveaux services communautaires ou commerciaux constituent d\u2019éloquents témoignages d\u2019une volonté de prise en main, ou du moins le souci de demeurer sur place et de maintenir et améliorer le cadre et la qualité de vie.Mais les changements qui s\u2019opèrent s\u2019effectuent à un rythme beaucoup plus lent que dans l\u2019ensemble de la société et les acquis sont loin de compenser toutes les pertes si bien que la marginalisation se poursuit à bien des endroits.L\u2019enracinement, l\u2019attachement à la famille et aux amis, le contexte environnemental, la possibilité de disposer de meilleures conditions de logement qu\u2019en ville et aussi bien souvent l\u2019absence d\u2019alternatives de remplacement font que des localités qui ont souvent perdu de 50 à 90% de leurs effectifs voient leur population se stabiliser avec deux ou trois cents personnes.Il arrive même que certaines de ces localités connaissent de courtes périodes de faible croissance démographique en raison de l\u2019arrivée de nouvelles familles qui veulent profiter de l\u2019opportunité d\u2019acquérir terre et maison à bon prix ou du retour d\u2019anciens résidents qui ont perdu leur emploi et ou leurs illusions à l\u2019extérieur.Il semble donc que l\u2019ensemble des localités rurales actuelles sont là pour durer.Mais si certaines le font en maintenant le L'ACTION NATIONALE \u2022 4l niveau de vie ou même en bénéficiant d\u2019une meilleure qualité de vie d\u2019autres sont vouées à l\u2019accentuation des problèmes et à une dégradation relative de la qualité de vie.Malgré des difficultés économiques évidentes, le monde rural québécois dans son ensemble est loin de constituer un milieu de vie délabré.La marginalisation de nombreuses petites communautés dans le contexte socio-économique québécois n\u2019implique pas nécessairement leur irrémédiable déstructuration.Mais là comme ailleurs, si tous sont en quelque sorte solidaires d\u2019une situation socio-économique plus ou moins difficile, certains en sont beaucoup plus éprouvés que d\u2019autres et leur place est souvent plus visible dans les statistiques officielles que dans les paysages habités.Bibliographie Courville, Serge, dir., Atlas historique du Québec, population et territoire, Sainte-Foy, Les Presses de l\u2019Université Laval, 1996, 182 pages.Dugas, Clermont, Le monde rural québécois et ses centres de services, dynamisme, marginalité, marginalisation, Rouyn-Noranda, Chaire Desjardins en développement des petites collectivités, Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue, en collaboration avec Solidarité rurale du Québec et le ministère des Régions du Québec, 1999, 96 pages.Dugas, Clermont, L 'espace rural canadien, Sillery, Presses de l\u2019Université du Québec, 1996, 217 pages, Statistique Canada, Recensements de 1951 à 1996, Ottawa.42 \u2022 L\u2019ACTION NATIONALE _________LE DEVOIR____________ Un journal engagé pour des gens exigeants (\tLe Devoir 3jjSrr~m est un journal ISf': ¦: :5-\ti* j^SSp^ moderne, conçu pour ses ygk lecteurs qui sont des gens w actifs, présents dans leurs milieux.' C\u2019est un journal intelligent crédible influent.Un journal d\u2019information qui traite de toutes les grandes ques- j tiens, qu\u2019elles soient locales ou Jm internationales, politiques ou , é ' ues, culturelles ouflH sociales.Un journal de réfé- nS >.rence incontournable par sa rigueur et sa profondeur.\t'5e§sSB| ¦ u plus Beau quotidien monde \u201d>lie Socic/i/ oj Sen s Dapcrs Desd/n» à ! ecusn,\u201e de son t/uinzième concours annuel à décerne 14 prix an Devoir.L\u2019ACTION NATIONALE \u2022 43 5865 Nous avons I ' é n *e r çffi e ^¦¦Ff\tJH pour allumer */!.- \u2019avenir.t\tJm\t'\"^ ilrJl^fl.'.P-411P jjr\tA mj\t/ \\f i.L'Année francophone internationale édition 2000 présente le panorama de l\u2019espace francophone le plus complet à l\u2019heure actuelle dans toute la francophonie.Cet ouvrage de plus de 400 pages se divise en trois parties : Éditorial ; Pays et régions ; Idées et événements.Pour chacun des pays traités dans la seconde partie le lecteur pourra prendre connaissance des faits marquants de l\u2019année dans les domaines suivants : politique, économie, société, culture, sports et une bibliographie, souvent commentée, des plus importantes parutions en français dans chacun de ces pays.La troisième partie traite quant à elle des grands courants de pensée ayant animé la Francophonie ainsi que des principales 4 organisations internationales qui y œuvrent.Grâce à l'implication de plus de 200 collaborateurs, la plupart d\u2019entre eux étant d\u2019éminents universitaires bénéficiant d\u2019une reconnaissance internationale, L \u2019Année francophone internationale est un ouvrage de référence incontournable tant pour le spécialiste que pour ceux, de plus en plus nombreux, qui souhaitent une analyse sérieuse et une synthèse complète de l\u2019actualité récente L\u2019Année francophone internationale est disponible dans toute bonne librairie ou en retournant le bon de commande ci-dessous.L Année francophone internationale Bon de commande Veuillez m\u2019expédier ________ exemplaire(s) de L\u2019Année francophone internationale édition 2000 au prix de 19,95$ chacun plus 5,00$ de frais de port unitaire, et taxes si il y a lieu.Nom: ______________________________________________________________ Adresse : ___________________________________________________:- Ville : ________________________________Code postal : _____________ Pays :_____________________________________________________________ L Année francophone internationale.Faculté des lettres, Université Laval Sainte-Foy (Québec) G1K 7P4 CANADA Tél.: (418) 656-5772; Fax: (418) 656-7017; Courriel: AFI@fl.ulaval.ca Site internet : http://www.francophone.net/AFI S.V.P.établir votre chèque à l\u2019ordre de L Année francophone internationale.134 \u2022 L\u2019ACTION NATIONALE Le Bulletin du lundi « On ne s\u2019entend plus venir au monde - Michel Garneau Couper à blanc, saigner à blanc La Gaspésie n\u2019a jamais vécu de la forêt.Depuis toujours elle dépend des compagnies forestières.Les événements de Chandler viennent illustrer de manière pathétique la dépossession de notre patrimoine collectif.Une compagnie \u2014 qui a déjà profité abondamment des largesses de l\u2019État - vient de décider du sort d\u2019une population entière.Elle a l\u2019habitude de travailler à blanc, cette compagnie : elle coupe à blanc, elle saigne à blanc.En forêt comme en économie, elle rase l\u2019avenir.La reproduction des « Bulletins du lundi » est ici présentée pour le bénéfice des abonnés qui ne les reçoivent pas par courrier électronique.Pour vous abonner et ainsi recevoir notre bulletin dans votre courriel, visitez notre site Internet: http://www.action-nationale.qc.ca L'ACTION NATIONALE \u2022 135 Le droit de posséder, c\u2019est celui de détruire.L\u2019Abitibi-Consol possède l\u2019avenir des Gaspésiens.Le gouvernement du Québec, encore une fois, vient de se faire mépriser par ceux-là mêmes qu\u2019il cherche pourtant toujours à se concilier.Les ententes signées?Les déclarations officielles, les responsabilités sociales de l\u2019entreprise ?Que dalle ! La compagnie possède l\u2019avenir et elle ne vendra pas le potentiel de l\u2019usine.Elle ne veut pas de concurrent.La solution qui lui sera acceptable va rester prisonnière de cette logique : si les Gaspésiens veulent un avenir, il faudra qu\u2019ils se le taillent en-dehors de celui sur lequel l\u2019Abitibi-Consol règne avec une arrogance toute féodale.Le gouvernement du Québec se trouve piégé par la logique même de notre mode de gestion des forêts.Notre patrimoine vert est entièrement au service du capital.Et, dans ce cas-ci, le grand capital a décidé de fixer le nombre de joueurs dans les pâtes et papiers au Québec.Abitibi-Consol cherche à exercer un veto sur le Régime forestier québécois.Au ministre de prendre acte.Et au gouvernement de trouver des solutions de rechange.La situation est humiliante.Elle était malheureusement prévisible.Au lieu de tirer sur le messager, le ministre de l\u2019Énergie aurait eu intérêt à prendre l\u2019initiative et à susciter le débat qu\u2019a relancé le film de Richard Desjardins, L'eireur boréale.Si tout va si bien dans l\u2019exploitation de la forêt au Québec, il devrait reconnaître que l\u2019Abitibi-Consol se conduit correctement.À l\u2019évidence, l\u2019esquive n\u2019est pas une bonne solution.La crise gaspésienne fournit une occasion exceptionnelle de revoir la gestion de la forêt québécoise.Il faut espérer que le gouvernement aura le courage de le faire.Il faut éviter que le bricolage l\u2019emporte, encore une fois, et qu\u2019une autre compagnie prenne le relais en s\u2019appropriant, avec de grasses subventions, l\u2019avenir de la région.Tout règlement devrait nécessairement comporter un verrou, une formule qui conférerait aux travailleurs et à leur syndicat un véritable contrôle financier, une part des actions leur don- 136 \u2022 L\u2019ACTION NATIONALE nant voix au chapitre.Plus encore, il faut que la solution retenue leur donne une prise véritable sur le contrat d\u2019approvisionnement, le fameux CAAF (Contrat d\u2019approvisionnement et d\u2019aménagement forestier).Le ministre Landry a consenti un fonds spécial de diversification économique.C\u2019est une initiative louable.Mais avant de penser à développer des secteurs totalement nouveaux -chose très difficile à court terme - il faudrait revoir les règles dans un domaine où le potentiel de diversification est loin d\u2019avoir été exploré sérieusement.Les Gaspésiens doivent d\u2019abord avoir le contrôle sur l\u2019avenir de ce qui existe.Robert Laplante Bulletin du 8 novembre 1999 Un compromis, sans plus Le ministre Bernard Landry et la Bourse de Montréal en sont venus à une entente.L\u2019institution torontoise qu\u2019est la Bourse de Montréal a donc consenti à un certain compromis.C\u2019est mieux que rien mais ce n\u2019est rien d\u2019autre qu\u2019un compromis.Le milieu des affaires acquiesce du bout des lèvres.Bien sûr, on peut toujours plaider que le Québec sauve les meubles.On peut même souscrire à l\u2019optimisme de commande sur l\u2019avenir radieux des produits dérivés, un avenir si radieux lorsqu\u2019il est défini par Toronto.Mais un compromis est un compromis.Encore une fois, le Québec doit composer plutôt qu\u2019orienter.Telle est la logique du minoritaire.Tel est le prix de la minorisation.Il faut le dire franchement, le gouvernement du Québec ne pouvait faire à lui seul cette bataille.Or, depuis le début de cette opération, le milieu financier québécois a manqué de vigilance.Et il a manqué de vigilance parce que sa capacité d\u2019initiative souffre d\u2019un grave déficit : l\u2019érosion des L\u2019ACTION NATIONALE «137 masses critiques et de la diversification institutionnelle indispensables à la créativité et au questionnement stratégique.L\u2019attitude insouciante, pour ne pas dire irréfléchie, dont font preuve trop de Québécois et la quasi-totalité des institutions publiques québécoises sont responsables de cette situation.Nous avons confié à Toronto l\u2019essentiel de la gestion de nos caisses de retraite.Des milliers et des milliers d\u2019emplois sont créés là-bas grâce à l'argent québécois.Les gestionnaires qui pourraient donner à Montréal une masse critique intéressante doivent leur carrière torontoise à l'ineptie québécoise.La conduite du Mouvement Desjardins dans l\u2019affaire Canagex a montré jusqu\u2019à quelle absurdité cela pouvait conduire.Si, par ailleurs, on tient compte également de tous les emplois et de l\u2019expertise que les placements effectués par ces caisses gérées de Toronto créent dans les entreprises et les institutions où elles investissent, force est de constater que les milieux financiers montréalais sont les instruments de leur propre turpitude.Gérées ici, investissant ici, les caisses de retraite québécoises pourraient changer la donne.Par ce compromis, Bernard Landry évite le pire.Par une action vigoureuse sur la gestion des caisses de retraite des travailleurs du Québec et par des normes de placement touchant les REER, il pourrait préparer une relance audacieuse.Une relance qui donnerait au milieu financier les moyens d\u2019un courage qui, à l\u2019évidence, n\u2019a pas été au rendez-vous chez les leaders économiques.Le ministre de l\u2019Economie et des Finances a pris acte.Mais il doit trouver les moyens de reprendre l\u2019initiative.Il peut susciter la création d\u2019une Bourse électronique d\u2019avant-garde.L\u2019érosion des masses critiques le condamne à agir avec des moyens qu\u2019il aimerait sans doute mieux voir prendre spontanément par un milieu plus conscient et mieux outillé pour faire valoir ses intérêts.Cette action de l\u2019État pour pallier les carences de notre structure économique reste encore 138 \u2022 L'ACTION NATIONALE au cœur de l\u2019argumentation pour l\u2019émancipation économique du Québec.Sans cette action, la classe d\u2019affaire québécoise assistera, impuissante, à la succursalisation de l\u2019économie québécoise.Robert Laplante Bulletin du 15 novembre 1999 Secteur financier : alerte rouge La marginalisation du secteur financier québécois a franchi un seuil spectaculaire avec le dénouement du dossier de la Bourse de Montréal.La voix de Toronto s\u2019est imposée.Les plus complaisants se consolent en jouant les devins et en prédisant la disparition de la Bourse de Toronto dans cinq ou dix ans.C\u2019est déjà renoncer aux profits qu\u2019elle générera d\u2019ici là.Plus encore, c\u2019est prêcher le retour à la torpeur et l\u2019insouciance en continuant de se laisser porter par les événements.Le milieu financier, qui a déjà manqué de vigilance en cette affaire, n\u2019a pas trouvé un seul porte-parole pour définir un horizon, pour appeler à l\u2019initiative.Leadership zéro.Tout au plus avons-nous entendu quelques gourous deviser sur les tendances lourdes et brandir les prix de consolation en rappelant que sur la terre brûlée finissent toujours par pousser les plus belles fleurs.La politique du pire, bien enrobée dans la mollesse démissionnaire.C\u2019est d\u2019autant plus grave que le pire n\u2019est pas encore arrivé.Il est pourtant programmé.Paul Martin est en train de voir à sa mise en œuvre.Jacques Dumont et Jean Faubert en font une démonstration accablante dans le dossier de L\u2019Action nationale qui paraît cette semaine.(Secteur financier : une réforme à la canadienne) Ottawa prépare une offensive qui laissera le Québec exsangue.Toutes les insti- L'ACTION NATIONALE «139 tutions financières québécoises sont menacées.Le Canada financier de Paul Martin et de Bay Street est unitaire.Dumont et Faubert, analysant le rapport du groupe de travail McKay, mis sur pied à l'initiative d\u2019Ottawa, décrivent les divers volets d\u2019une offensive tous azimuts qui aura pour effet de disloquer le déjà fragile système financier québécois.Uniformisation des règles, modifications unilatérales du cadre institutionnel, réorganisation des fonctions de contrôle et de surveillance, tout y passe.Et évidemment, les propositions sont faites sans égard au partage des compétences : tout cela ne serait qu\u2019une affaire financière qui n\u2019aurait rien à voir avec la politique.Les manœuvres sont enrobées dans une rhétorique sournoise.Ainsi, par exemple, les arguments entourant les modifications proposées en matière de propriété des banques cachent-ils, derrière une apparente ouverture au marché, une manœuvre dévastatrice : en jouant habilement sur les paramètres financiers des règles suggérées, Ottawa trouve le moyen de protéger les grandes banques canadiennes et de livrer en pâture les deux seules banques québécoises (Banque Laurentienne et Banque Nationale).Ce qui est canadien doit rester canadien, ce qui est québécois est négociable.En matière de règlementation, Ottawa veut tout régir, Desjardins comme le reste.Foin de la Commissions des valeurs mobilières du Québec! Foin de la loi 188 et du Bureau des services financiers ! Ignorées, marginalisées les institutions québécoises.Ottawa rules! Le système financier joue un rôle névralgique dans l\u2019économie.Si le Québec perd le contrôle sur ses institutions financières, c\u2019est tout son dynamisme entrepreneurial qui tombera sous la tutelle d\u2019Ottawa et de l\u2019élite torontoise.Le Québec pourra dire adieu à la maîtrise de son développement.L\u2019effort de redressement économique sera réduit à néant par une minorisation systémique à peu près irréversible.L\u2019attitude qui a prévalu dans le dossier de la Bourse de Montréal laisse entrevoir des jours sombres.Leadership attendu.Québec doit prendre l\u2019initiative, bouger avant 140 \u2022 L'ACTION NATIONALE qu\u2019Ottawa ne sévisse.Les leaders du monde financier québécois doivent sortir de leur mutisme et intervenir sur la place publique.Ils doivent le faire avant qu\u2019une espèce de méga S-31 ne leur saute au visage.Avant qu\u2019on les enferme dans une bourgade.Robert Laplante Bulletin du 22 novembre 1999 La logique d\u2019occupation Les coups de gueule de Jean Chrétien, la morgue de Stéphane Dion, le spectacle désolant de la lâcheté des francos de service, tout est en place pour donner le style de la nouvelle offensive fédérale.Ottawa vient d\u2019avancer un autre pion.L\u2019indépendance du Québec ne pourra se faire sans le consentement aux règles de la démocratie revue et corrigée à la canadienne.La peur de l\u2019insécurité économique ne fonctionne plus aussi bien qu\u2019avant, il faut désormais passer à la guerre psychologique ouverte pour brandir d autres spectres.Les commentateurs ont jusqu\u2019à présent situé cet épisode dans un cadre d\u2019analyse beaucoup trop étroit.En effet, ce ne sont que les considérations tactiques qui ont été évoquées.Les uns trouvent qu\u2019Ottawa offre une échappatoire à un gouvernement Bouchard velléitaire et tenté, encore une fois, de transformer en querelle intestine sur l\u2019option sa peur viscérale de mener un affrontement qui l\u2019obligerait à cesser de s\u2019évaluer à l\u2019aune des critères de la saine gestion provinciale.Les autres estiment que Jean Chrétien est davantage soucieux de se refaire une image auprès de l\u2019élite torontoise qui lui tient rancune pour la grande peur de 1995.Plusieurs zigonnent autour de réflexions sur le caractère prématuré du déclenchement d\u2019une opération que la conjoncture ne justifie pas, un certain nombre finaudent sur les marges de manœuvre de Jean Charest etc.L'ACTION NATIONALE \u2022 141 Dans l\u2019ensemble, les interprétations de la manoeuvre sont restées à la surface des choses.Elles ont ainsi contribué au succès des attentes outaouaises.Les commentaires ont négligé le cadre stratégique dans lequel se situe l\u2019opération que vient de lancer Jean Chrétien.L\u2019Etat canadien n\u2019a plus rien d\u2019essentiel à gagner à se concilier les Québécois.La gouverne pouvant être assurée avec des majorités qui se composent sans le Québec, la dynamique unitaire qui travaille cet état depuis son origine peut désormais se déployer à grande vitesse.Aucun compromis ne lui fait plus nécessité.Bourses du millénaire, Fondation canadienne de l\u2019innovation, caisse de l\u2019assurance-emploi, Union sociale, tout est permis, tous les moyens sont bons pour contourner l\u2019Assemblée nationale et piétiner le partage des compétences qui ne tient désormais que pour faire de l\u2019animation dans les colloques.Ces moyens s\u2019inscrivent dans un cadre stratégique qui n\u2019obéit qu\u2019à une seule logique : celle des forces d\u2019occupation.Ottawa ne reculera devant aucun moyen pour imposer sa présence, renforcer son emprise sur la province récalcitrante.Pour imposer le pays unitaire que son élite appelle de tous ses vœux, le gouvernement canadien ne se contente pas de mettre la province à sa place : il vise à détruire les conditions qui rendent récurrente l\u2019expression de la différence revendicatrice.Il ne s\u2019agit pas seulement d\u2019uniformiser: il faut éradiquer.Il faut briser les ressorts des institutions porteuses en mettant en place des instruments de sabotage.Comme les fédéralistes québécois n\u2019ont désormais rien d\u2019autre à proposer qu\u2019un attachement inconditionnel au Canada, plus aucune perte ne sera jamais assez grande à leurs yeux pour justifier une remise en cause du lien canadien.Ils ont consenti à la minorisation définitive.Le débat sur la majorité et la clarté de l\u2019éventuelle question vise deux objectifs : par delà l\u2019ambition de verrouiller le processus démocratique, il agit d\u2019abord comme mesure de diversion qui déplace les regards pendant que Paul Martin 142 \u2022 L\u2019ACTION NATIONALE prépare une autre offensive budgétaire ; il sert ensuite à manipuler l\u2019opinion publique en semant la confusion dans les pratiques citoyennes par le brouillage de tous les paramètres, de manière à pouvoir éventuellement recueillir les dividendes dans des sondages qui avaliseront les hypothèses les plus utiles à la tutelle.Bref, il s\u2019agit de faire le plus de tapage possible pour éviter que le débat sur la souveraineté ne porte sur les questions essentielles tout en provoquant une lassitude et un dégoût susceptibles de rendre impossible la tenue d\u2019un véritable débat de fond.L\u2019écho médiatique sert bien la stratégie.Les motifs ultimes de l\u2019offensive fédérale tiennent à un raisonnement de conquête.Le rôle qu\u2019y jouent les Québécois de service n\u2019y est, hélas, que trop connu, une illustration pathétique de l\u2019indirect ride.Il ne faut pas s\u2019y méprendre, les Chrétien, Dion, Cauchon et consorts ne sont que des hommes utiles.L\u2019État canadien est à l\u2019œuvre.Et il y a bousculade au portillon pour tenir les rôles de soutien.La résolution piégée qu\u2019ont déposée les libéraux de Jean Charest à l\u2019Assemblée nationale en dit long sur ce que les candidats au titre de Great Canadian sont prêts à faire : même la défense de l\u2019Assemblée nationale du Québec peut, à leurs yeux, devenir un outil pour consentir au rapatriement unilatéral et reconnaître un ordre qui nous nie.Tout entiers dévoués à la chasse aux séparatistes, les députés libéraux québécois, à Québec comme à Ottawa, se font complices d\u2019une agression qui n\u2019a rien à voir avec le débat interne à la société québécoise : ils n\u2019agissent pas en fonction des enjeux de notre société.Ils servent des intérêts et un avenir qui ne laissent à notre peuple que la perspective d\u2019une marginalisation agonique, d\u2019un lent étiolement qui ne laissera de notre culture qu\u2019un folklore enfermé dans les présentoirs du multiculturalisme.Les politiciens fédéralistes québécois n\u2019ont plus de point de vue.Ils ne sont que des intermédiaires hypocrites dans une lutte à finir.Il n\u2019est plus possible de leur reconnaître la L\u2019ACTION NATIONALE \u2022 143 moindre bonne foi.Ils ne veulent pas d\u2019abord la reconnaissance de notre peuple, le maintien de ses institutions et le meilleur contrôle sur les leviers de son développement : ils servent le Canada.Ils se contenteront à jamais d\u2019un pouvoir provincial fantoche qui les fera néanmoins vibrer de la vanité du concierge paumé qui se sent grandi de la puissance de ses maîtres.Même leur arrogance est empruntée.Leur conduite devrait les couvrir de honte.Mais le Globe and Mail nourrit leur orgueil.L\u2019Histoire se chargera néanmoins d\u2019établir la mesure d\u2019une compromisssion qui accablera leurs enfants.Et les enfants de leurs enfants.Robert Laplante Bulletin du 29 novembre 1999 PASSEZ À L\u2019HISTOIRE ! Depuis 1985, Cap-aux-Diamants vous présente les multiples facettes de l\u2019histoire du Québec.Chaque parution explore une thématique captivante.Découvrez la grande ou la petite histoire d\u2019ici racontée par des auteurs choisis pour leur compétence.De plus, retrouvez une multitude de photographies et illustrations d\u2019époque.Alors.Passez à l'histoire\t JE M ABONNE\t(Taxes incluses) Pour 1 an ?(4 Nos 30$), pour 2 ans ?(8 Nos 55$) NOM\tIUU -pv Lap-aux-Uiamants \t ADRESSE\tPar téléphone : (418) 656-5040 Par télécopieur: (418) 656-7282 Par la poste : C.P.26, suce.Haute-Ville Québec QC G1R4M8 VILLE\tPROV.\t CODE POSTAL\t TEL.: (\t)\t (Vous recevrez le prochain No: Mars, juin, septembre ou décembre)\t 144 \u2022 L\u2019ACTION NATIONALE LABORATOIRE DR RENAUD SOCIÉTÉ QUÉBÉCOISE À L'AVANT-GARDE DE LA SCIENCE DERMOCOSMÉTIQUE 1040, AVENUE ROCKLAND, OUTREMONT H2V 3A1 MAXIM CAPITAL INC.COURTIER EN VALEURS MOBILIÈRES Sans frais: 1-800-363-6294 E-mail : maxcap@istar.ca Gilles Bertrand Président, Directeur-général MEMBRE DE LA BOURSE DE MONTRÉAL 321 de la Commune Ouest, Suite 100, Vieux Montréal (Québec) H2Y 2E1 Télécopieur : (514) 843-0418\tTéléphone : (514) 843-4000 Sansregret, Taillefer & Associés inc.Conseillers et administrateurs en avantages sociaux Michel Taillefer Président Téléphone : (514) 355-7869 - (800) 782-5799 Télécopieur: (514) 355-7923 mtaillefer@sta-conseil.com 5125, rue du Trianon, bureau 560, Montréal (QC) HIM 2S5 « Une bonne diversification est la meilleure sécurité pour vos REER » Les services financiers OPTION 990-REER (Montréal) 1-800-413-REER (ext.de Montréal) (450) 359-4725 (Saint-Jean) http://blizz.qc.ca/optionsf 439, boul.du Séminaire Nord, St-Jean-sur-Richelieu (Québec) J3B 5L4 Christian Haché Représentant en épargne collective inscrit auprès des Services en placements Peak inc.L'ACTION NATIONALE \u2022 145 FORCES Forces rend hommage à L'Action nationele.L\u2019Action nationale est une revue d\u2019idées.Depuis 1917, elle brasse des idées.Sans argent, elle accomplit une œuvre dont l\u2019importance n\u2019est pas mesurable.Revue de documentation économique et culturelle 500, rue Sherbrooke Ouest, bureau 1270 Montréal (Québec) H3A 3C6 146 \u2022 L\u2019ACTION NATIONALE Lectures Nous AVONS reçu : Éric Amyot Le Québec entre Pétain et De Gaulle, Vichy, la France libre et les Canadiens français, 1940-1945, Fides, 1999, 370 p.Roland Arpin La fonction politique des musées, Fides, 1999, 44 p.Chantal Bouchard On n\u2019emprunte qu\u2019aux riches, La valeur sociolinguistique et symbolique des emprunts, Fides, 1999, 40 p.Bruno Bouchard Trente ans d'imposture, Le Parti libéral du Québec et le débat constitutionnel, vlb éditeur, 1999, 166 p.vV\\ Gérard Bouchard, John A.Dickinson, Joseph Goy (sous la direction de,) La nation québécoise au futur et au passé, VLB, 1999, 160 p.L\u2019ACTION NATIONALE \u2022 147 M2.Pierre Bourgault La résistance, écrits polémiques, Tome 4, vlb éditeur, 1999, 448 p.Patrice Dallaire Regard sur TAcadie et ses rapports avec le Québec, Éditions d\u2019Acadie, 1999, 219 p.V2D, Jacques David 2000 ans d\u2019histoire, Les hommes qui ont fait l\u2019histoire, Les événements qui en ont marqué le sens, Les éditions de l\u2019étoile polaire, 1999, 316 p.Pierre Falardeau Les bœufs sont lents mais la terre est patiente, vlb Éditeur, 1999, 240 pages Louis V.M.Fontaine La mémoire du scoutisme, dictionnaire des hommes et des thèmes et des idées, Publications L.F., Duquesne Diffusion, France, 1999, 358 p.Gilles Gallichan Les Québécoises et le Barreau, L\u2019histoire d\u2019une difficile coriquête, 1914-1941, Septentrion, 1999, 249 p.Louis-Hippolyte Lafontaine fournalde voyage en Europe, 1837-1838, Les cahiers du Septentrion, 1999, 154 p.CD Yvan Lamonde et Claude Corbo Le rouge et le bleu, Une anthologie de la pensée politique au Québec de la conquête à la Révolution tranquille, P.U.M.1999, 586 p.Hypolite Lanctôt Souvenirs d\u2019un patriote exilé en Australie, Les cahiers du Septentrion, 1999, 220 p.ySi\\ Camille Laurin Une traversée du Québec, L\u2019Hexagone, 192 p.148 \u2022 L\u2019ACTION NATIONALE M?Jean Loiselle Daniel Johnson, Le Québec d'abord, vlb éditeur, 1999, 272 p.Jean-François Malherbe Compromis, dilemmes et paradoxes en éthique clinique, Fides, 216 p.Denis Monière Démocratie médiatique et représentation politique, Les Presses de l\u2019Université de Montréal, 1999, 138 p.Stéphane Paquin L\u2019invention d\u2019un mythe, Le pacte entre deux peuples fondateurs, vlb éditeur, 1999, 171 p.^7.André Payette Un journaliste se raconte, vlb éditeur, 1999, 267 p.Pierre Perrault Le mal du Nord, Éditions Vents d\u2019Ouest, 1999, 380 p.yT\\ Michel Seymour La nation en question, L\u2019Hexagone, 1999, 206 p.VV Revue d'histoire de l'Amérique française Médecine, Santé et sociétés, volume 53, n°l, été 1999, 167 p.Paul-Émile Roy Lectures québécoises et indépendance, Éditions du Méridien, 1999, 203 p.\\pT\\ Reed Scowen Le temps des adieux, Plaidoyer pour un Canada sans le Québec, vlb éditeur, 1999, 197 p.Ismène Toussaint Les chemins secrets de Gabrielle Roy, Témoins d'occasion, Stanké, 1999, 289 p.Rodrigue Tremblay Les grands enjeux politiques et économiques du Québec, Éditions Transcontinental, 1999, 339 p- L'ACTION NATIONALE \u2022 149 la passion des ÊTRES © Caisse d'économie des travailleuses et travailleurs (Québec) 155, boulevard Charest Est Québec (Québec) G1K3G6 (418) 647-1527 Télécopieur (418) 647-2051 1 800 626-5166 UNE FORCE AU TRAUAtC 150 L\u2019ACTION NATIONALE Comptes rendus de lecture DUBÉ Jean-Claude Le Chevalier de Montmagny, premier gouverneur de la Nouvelle-France, Fides, 1999, 430 pages.L\u2019historiographie québécoise aborde le troisième millénaire avec confiance car les travaux et les recherches des savants qui la portent sont de plus en plus nombreux et féconds.Le professeur Dubé, de l\u2019Université d\u2019Ottawa, avec ce Montmagny, vient apporter une autre pierre à la reconstruction scientifique de notre passé.Il s\u2019agit même d\u2019une pierre précieuse et innovatrice à plus d\u2019un égard.Le Chevalier, qui laissera son nom à l\u2019une des villes parmi les plus pittoresques du Québec, a vécu une vie peu banale que le confort moderne nous empêche même d\u2019imaginer ou de concevoir.Fils d\u2019une famille noble, il choisit la vie religieuse qui sera sienne jusqu\u2019à sa mort.Ce qui définit la vie religieuse ce sont les trois vœux de pauvreté, de chasteté et d\u2019obéissance que tous et toutes doivent prononcer et observer.Ce religieux n\u2019était toutefois pas prêtre, c\u2019était un Frère.Jusque-là rien de bien original.Sauf que ce religieux L'ACTION NATIONALE «151 sera en même temps Gouverneur de la Nouvelle-France.Les origines religieuses du Canada de Georges Goyau trouvent ici une de ses plus patentes illustrations.Non seulement, il était religieux, il était moine.Le premier moine de la Nouvelle-France.Il y avait bien eu les Récollets (ordre franciscain) et les Jésuites d\u2019Ignace de Loyola.Mais ils n'étaient pas des moines au sens canonique du terme.Montmagny était un moine-soldat de l\u2019Ordre de Malte.Ce religieux était un religieux-militaire.De nos jours, il y a dans l\u2019armée des prêtres qui ont le grade d\u2019officiers.Mais ils ne dirigent pas les militaires au combat.Ils assurent les services sacramentels aux membres des forces.L\u2019Ordre de Malte, comme les autres ordres de moines-soldats, comme les Templiers, a été fondé lors des Croisades visant à prendre possession de la Terre-Sainte et la libérer de la tutelle des Infidèles musulmans.Le professeur Dubé nous fait vivre les moments forts de la vie religieuse de Montmagny.Les portes du noviciat à l\u2019île de Malte nous sont ouvertes et permettent de revivre cet apprentissage de la vie religieuse à une époque et dans un contexte qui nous échappent trop souvent.Il était non seulement un moine-soldat, il a été même été un corsaire qui livra combat sur les mers afin de pourchasser l\u2019ennemi et de l\u2019empêcher de s\u2019installer davantage et de conforter ses positions.Ce livre magnifique, écrit avec une plume trempée dans les sources les plus autorisées, décrit aussi avec une rare vitalité, qui ne se démentit pas jusqu\u2019à la toute dernière ligne de cet imposant ouvrage, la réalité des débuts de la colonisation française de l\u2019Amérique.L\u2019Ordre de Malte a donc joué un rôle prépondérant dans ce nouveau pays.En ouvrant une nouvelle fenêtre sur cette époque héroïque, l\u2019auteur fait œuvre de pionnier.L\u2019imposante recherche sur laquelle l\u2019auteur appuie sa démarche est garante du sérieux de ce livre.On ne peut taire non plus la remarquable qualité de la langue de l\u2019auteur.Gilles Rhéaume 152 \u2022 L'ACTION NATIONALE Ismène Toussaint Les Chemins secrets de Gabrielle Roy, Témoins d\u2019occasion, Montréal, Stanké, 1999, 290 p.Ismène Toussaint est une Française qui considère le Manitoba comme son second pays.Elle y a vécu plusieurs années, cherchant à tout savoir de Gabrielle Roy sur laquelle elle a rédigé un mémoire et une thèse de doctorat : L\u2019homme et la nature dans l\u2019œuvre de Gabrielle Roy.Dans le présent ouvrage, très documenté, c\u2019est à l\u2019auteur qu elle s\u2019intéresse.Elle tente de cerner le mystère Gabrielle Roy en rapportant ce qu\u2019ont dit d\u2019elle parents et amis, ceux et celles qui l\u2019ont connue.Avec une patience illimitée, elle recueille les souvenirs, les impressions, les opinions de tous ces gens qui d\u2019une manière ou d\u2019une autre ont un jour fait partie de sa vie.Ismène Toussaint a parcouru le pays de l\u2019ouest où a vécu Gabrielle Roy.Elle est même partie en canot sur les traces des héros de La Montagne secrète (p.151).Elle n\u2019 a rien épargné pour tenter de mieux connaître les «chemins secrets» de Gabrielle Roy qui sont ceux du monde des sentiments, de l\u2019affection, de l\u2019amitié, de la complexité des relations humaines mais aussi des merveilles de la nature et de la situation de l\u2019homme dans le temps et dans le monde.Une telle démarche relève au point de départ de l\u2019enquête biographique, mais elle la déborde pour introduire le lecteur à l\u2019œuvre, car chez Gabrielle Roy, la réalité et la fiction sont inséparables, s\u2019interpénétrent.«Si je devais, dit un témoin, porter un jugement d\u2019ensemble sur la personne et sur l\u2019œuvre de Gabrielle, je dirais qu\u2019elle a écrit notre histoire, mais aussi celle de notre temps, de nos mœurs et de notre parler, avec beaucoup de détails et de naturel» (p.118).D\u2019autres lui ont reproché d\u2019avoir romancé sa vie et celle des autres, de ne s\u2019être préoccupée que d\u2019elle-même.C\u2019est que Gabrielle Roy avait besoin de tous ces gens qu\u2019elle a connus, de ce pays qu\u2019elle a habité pour se retrouver elle- L ACTION NATIONALE «153 même, pour se réaliser en quelque chose qui n\u2019est ni ce pays, ni ces gens qu\u2019elle a connus, ni elle-même, mais une œuvre de création inédite, unique.Cet être complexe, extrêmement sensible, vulnérable, obstiné, était habité par une urgence, celle de dire ce qui dans une existence n\u2019est irréductible à aucune autre.C\u2019est pourquoi ce qui, dans la vie de Gabrielle Roy, malgré les nombreuses relations exceptionnelles qu\u2019elle avait nouées au Manitoba, au Québec et dans le monde, comptait le plus, c\u2019était l\u2019écriture et la solitude (p.171), c\u2019est-à-dire la réalisation de soi dans la création.C\u2019est à cette démarche que nous ramène Ismène Toussaint, et c\u2019est pourquoi son livre passionnera tous ceux qui sont intéressés à aller un peu plus loin dans l\u2019univers de Gabrielle Roy.Paul-Emile Roy ^ Reed SCOWEN Le temps des adieux, VLB, 1999, 194 pages Ces pages sont fort intéressantes et à plus d\u2019un égard.Elles révèlent le fond de la pensée et les méandres de la réflexion sociopolitique de cet ancien ministre libéral qui fut aussi dirigeant d\u2019Alliance Québec.Une des colonnes de la communauté anglophone voire une de ses colombes.L\u2019auteur fait preuve d\u2019une grande honnêteté.Cela est indéniable prima faciae.C\u2019est sans réserves apparentes et sans gêne aucune qu\u2019il déploie son raisonnement dont la validité s\u2019appuie sur une prémisse d\u2019ordre culturel.Son regard passe nécessairement par des lunettes qui sont le propre de sa formation et de sa carrière.En ce sens, on doit lui être reconnaissant de nous faire entrer dans un monde spécifique d\u2019où suintent aussi parfois certains préjugés aussi tenaces qu\u2019injustes mais dont il faut connaître l\u2019existence et la source.Il est pour le moins troublant qu\u2019une des élites de la communauté anglophone du Québec ne soit toujours pas en mesure de mieux comprendre la légitimité des aspirations québé- 154 \u2022 L\u2019ACTION NATIONALE coises.Ce qu\u2019il écrit sur la loi 101 devrait être lu dans les classes françaises du Québec.Toutefois Reed Scowen n\u2019est ni William Johnson ni Howard Galganov ou encore Mordecai Richler, Keith Henderson ou Diane Francis.Les dérives ne l\u2019emballent ni ne le stimulent.Mais, on sent comme une trame tout au long de ces 194 pages.Celle d\u2019un Québécois de langue et de culture anglaises porteur d\u2019une mentalité et d\u2019une attitude à l\u2019égard du Québec français qui rappelle l\u2019époque coloniale pas si lointaine encore.Le progrès, la modernité et le développement s\u2019écrivent en anglais tandis que la tradition, le culte du passé et le replis sur soi-même sont des caractéristiques bien francophones.Il faut, pour le bien du Canada, que le Québec devienne un pays souverain.Nous ne sommes pas très loin des fameux pleurnichards de Don Cherry méprisant Jean-Luc Brassard à Nagano lors de ces tristement célèbres Jeux olympiques où seul le Canada anglais avait droit de cité.Selon cet ancien proche de Robert Bourassa, le Canada serait bien mieux sans le Québec.Ce qui est peut-être vrai.C\u2019est du moins la grâce que nous leur souhaitons.Les valeurs canadiennes-anglaises sont d\u2019une autre culture que les valeurs québécoises comme l\u2019ont démontré encore les débats autour de la Loi sur les jeunes contrevenants et sur les ventes d\u2019armes à feu.De toutes les façons, le Canada peut bien agir à guise en autant que le Québec devienne un pays.Ce dont la lecture de ce livre ne peut que suggérer fortement tellement il est étouffant de se sentir ainsi radiographié, psychanalysé, sous tous les angles et sous toutes les coutures.En dix-neuf chapitres dont la somme n\u2019atteint pas deux cents pages.Le temps des adieux constitue une remarquable synthèse de la pensée anglo-québécoise.Enrichies de l\u2019impressionnante expérience de l\u2019auteur, les visées de l\u2019ouvrage sont légitimes.Reste à savoir quels échos suivront.Il est à souhaiter que lors du prochain référendum sur la souveraineté, Reed Scowen milite pour le OUI.Ce sera lë prix à L'ACTION NATIONALE *155 payer pour conserver sa crédibilité et son honneur qui sont aussi des valeurs canadiennes.La qualité de la langue de la traductrice Brigitte Chabert mérite d\u2019être ici saluée.Quant à VLB, il serait intéressant de nous faire connaître d\u2019autres textes anglo-québécois.Il faudrait qu\u2019ils soient lus de tous.La cause du Québec ne pourra qu\u2019en sortir gagnante.Gilles Rhéaume Avis aux Internautes ! Retrouvez L'Action nationale sur Internet ! http://www.action-nationale.qc.ca Vous y retrouvez : \u2022\tl'éditorial \u2022\tdes articles : social - culture - politique \u2022\tdes faits saillants sur l'épargne \u2022\tdes billets hebdomadaires \u2022\tdes textes majeurs parus dans la revue \u2022\tl'abonnement en ligne Venez naviguer et donnez-nous vos commentaires ou suggestions ! Notre courriel : revue@action-nationale.qc.ca 156 \u2022 L\u2019ACTION NATIONALE Marc Veilleux Imprimeur me.*Livres (200 à 10 000 exemplaires) *Manuels techniques *Listes de prix *Rapports internes *Catalogues *Listes de membres et répertoires *Rapports annuels et agendas *Dépliants *Brochures 1340, rue Gay-Lussac, section 4, Boucherville, Qc J4B 7G4 Tél.: (450) 449-5818 Fax : (450) 449-2140 \tSOCIÉTÉ\t Jhl ih\\\tNATIONALE D\u2019ASSURANCE\t UNE FILIALE D\u2019OPTIMUM GÉNÉRAL INC.\t\t 425, bout, de Maisonneuve Ouest Bureau 1500\tA\t Montréal (Québec) H3A 3G5 (514) 288-8711\t*0.\t L\u2019ACTION NATIONALE *157 L'âme de CE PAYS S\u2019il est venu le temps de se donner un pays, il importe de savoir ce que nous en ferons.L'Action nationale a accompagné le Québec tout au long de ce siècle.Elle apporte à nouveau une pièce majeure dans la patiente construction de notre projet collectif.La CSN salue cette initiative qui contribue à la qualité de nos débats.158 \u2022 L\u2019ACTION NATIONALE Courrier des lecteurs Effets anglicisants de l\u2019unilinguisme anglais Force nous est de constater qu\u2019il y a des endroits au Québec, comme sur l\u2019île de Montréal et dans l\u2019Outaouais, où l\u2019unilinguisme anglais est omniprésent.Plusieurs municipalités affichent en anglais seulement et refusent de se conformer à la loi en matière de signalisation routière et d\u2019affichage.Ainsi, les habitants francophones de ces endroits majoritairement anglophones doivent vivre dans un environnement public anglicisant alors qu\u2019ils sont majoritaires au Québec.L\u2019origine du problème provient principalement d\u2019un bilinguisme officiel canadien qui ouvre la porte à l\u2019unilinguisme anglais.Quelques villes au Québec bénéficiant d\u2019un statut bilingue persistent à n\u2019employer que l\u2019anglais sur leur territoire, prétextant que leur statut bilingue les autorise à l\u2019unilinguisme anglais puisque leur population est majoritairement anglophone.Pour ces municipalités, le bilinguisme n\u2019est pas vu comme l\u2019utilisation à part égale de l\u2019anglais et du français et encore moins avec prédominance du français, mais comme la possibilité de pouvoir choisir l\u2019anglais L'ACTION NATIONALE «159 comme langue publique dans une «province» française.Le bilinguisme anglais/français dans un Québec très majoritairement habité par des francophones, extrêmement minoritaires en Amérique du Nord, de plus en plus minoritaires au Canada et en voie de minorisation sur l\u2019île de Montréal est donc, à l\u2019usage, anglicisant pour les francophones, puis-qu\u2019avec le temps, l\u2019environnement social continental anglo-saxon assimile de plus en plus la culture française.Avec l\u2019habitude, s\u2019installe l\u2019idée que cette situation est normale, donc acceptable.(.) Les Québécois ne doivent pas être dupes, baisser leur garde et relâcher leur vigilance s\u2019ils veulent «être».Aussi, dans le contexte du peuple québécois, peuple qui souhaite maintenir et développer son identité, le bilinguisme institutionnel et l\u2019unilinguisme anglais sur le territoire du Québec ne sont-ils pas recommandables, et encore moins souhaitables.Hugo Saint-Hilaire, Aylmer La forêt 15 ans après.(.) Il y a maintenant près de 15 ans, je terminais un cours en sciences naturelles de niveau collégial et déjà à cette époque on dénonçait les coupes à blanc comme étant des moyens pour détruire la ressource plutôt que de l\u2019exploiter sainement à long terme.Les coupes en lisière ou en damiers étaient alors les moyens recommandés pour exploiter la ressource.Comment est-il possible que 15 ans plus tard, personne parmi les hauts fonctionnaires n\u2019ait donné l\u2019idée aux ministres qui passaient?L\u2019environnement et beaucoup d\u2019autres dossiers nécessitent une vision sur le long terme.Le premier ministre québécois actuel a assisté au sommet de la terre à Rio lorsqu\u2019il était ministre de l\u2019Environnement fédéral.Il semblait alors parfaitement conscient 160 \u2022 L\u2019ACTION NATIONALE de l\u2019importance du développement durable non seulement pour le Québec mais pour la planète entière.Sans doute n\u2019avons-nous qu'un pouvoir très limité sur ce qui se passe ailleurs dans le monde.Mais ici, nous devrions être en mesure de favoriser le développement durable, surtout dans un secteur comme celui de l\u2019industrie forestière.Line Pelletier MAGAZINE Un courant d'avenir en Gaspésie-îles-de-la-Madeleine Le seul magazine gaspésien ! Publié par le Musée de la Gaspésie en collaboration avec le CRCD de la Gaspésie-îles-de-la-Madeleine.Socio-économique, culture et arts, histoire et patrimoine.Pour ceux qui s\u2019intéressent à la Gaspésie d\u2019hier et d\u2019aujourd\u2019hui.80, boul.De Gaspé, C.P.680, Gaspé GOC 1R0 Téléphone: 418-368-1534-Télécopie: 418-368-1535 L'ACTION NATIONALE \u2022 161 La Ligue d'Action nationale Président honoraire\tMembres François-Albert Angers\tGuy Bouthillier Président\tClaude Duguay Danielle Gagné Robert Laplante\tJean Genest Vice-présidente Colette Lanthier\tAlain Laramée Delmas Lévesque Jacques Martin Secrétaire\tDenis Monière Jacques Brousseau\tJacques-Yvan Morin Pierre Noreau Trésorière\tGilles Rhéaume Isabelle Le Breton\tMembres honoraires Conseillers\tThérèse Baron Jean-Jacques Chagnon Jean-Marc Léger Paul-Émile Roy\tChristiane Bérubé Nicole Boudreau Jacques Boulay Hélène Chénier Secrétariat\tPierre Dupuis Lucia Ferretti Claire Caron Sylvie Chagnon Yves Fortin Laurence Lambert Alain Perron\tYvon Groulx Léo Jacques Roméo Paquette Hélène Pelletier-Baillargeon Membres émérites Relationniste\tRené Blanchard Monique Michaud\tJean-Charles Claveau Georges Meyers 162 \u2022 L\u2019ACTION NATIONALE Comité éditorial François Aquin Louis Balthazar Claude Bariteau\tAndrée Lajoie Pierre Lamonde Simon Langlois André Beauchamp Jules Bélanger Jean-Guy Bissonnette\tColette Lanthier Robert Laplante Alain Laramée Gérard Bouchard Henri Brun Claudette Carbonneau\tLéo-Paul Lauzon Lise Lebrun Jean-Marc Léger Paul-André Comeau Fernand Daoust Bernard Descôteaux\tPierre Marois Yves Martin Yvon Martineau Nicole de Sève Clermont Dugas Andrée Ferretti\tDenis Monière Jacques-Yvan Morin Pierre Noreau Lucia Ferretti Danielle Gagné Alain-G.Gagnon\tFerdinand Ouellet Michel Paillé Pierre Paquette Pierre Graveline Jean-Claude Guérard Roger Guy\tMicheline Paradis Hélène Pelletier-Baillargeon Guy Rocher André Joyal Pierre-André Julien Jacques Lacoursière\tBruno Roy Jean-Claude Tardif Rodrigue Tremblay Claude Lafleur Danielle Lafontaine Guy Laforest\tDaniel Turp Pierre Vadeboncœur Monique Vézina L'ACTION NATIONALE \u2022 163 $oyet not ne mécène ! Protégez l'avenir de L'Action nationale ! Le vrai mécénat regroupe des amis dispersés dans l\u2019espace, réunis par un même but et un même goût du pays.L\u2019entraide est la forme la plus démocratique de la volonté des citoyens d\u2019améliorer le tissu de leur vie et de leur avenir collectif.Le mécénat assurera le développement de L\u2019Action nationale et lui permettra de prendre des initiatives qui contribueront à bâtir ce pays maintenant à portée de main.Certains donateurs nous ont laissé des legs qui augmentent le capital de notre Fondation.Nous exprimons notre gratitude à ces généreux mécènes : Monsieur Patrick Allen Monsieur Gaston Beaudry Monsieur Henri-N.Guilbault Monsieur Émile Poissant Monsieur Flector Roy Monsieur Bernard Vinet.D\u2019autres amis de la revue adhèrent au CLUB DES 100 ASSOCIÉS en souscrivant 1000$ et plus Leurs noms apparaissent dans la page voisine.A tous, nous exprimons notre reconnaissance par une volonté indéfectible de produire une revue qui présente des analyses sur les enjeux du développement au pays du Québec.164 \u2022 L\u2019ACTION NATIONALE Club bet 106 AifocUi Fernand Allard Patrick Allen t François-Albert Angers Gaston-A.Archambaultt Jean-Paul Auclair Paul Banville Thérèse Baron Yvan Bédard Henri Blanc Antoinette Brassard Henri Brun Jean-Charles Claveau Roch Cloutier Robert Côté Louis-J.Coulombe Gérard Deguire Bob Dufour Yves Dubaime Nicole Forest Henri-F.Gautrin Claude Gbanimé Paul Grenier Michel Grimard Yvon Groulx Marcel Henry Lucie Lafortunet Anna Lagacé-Normandi Bernard Lamarre Denis Lazure Jacques-C.Martin Yvon Martineau Louis Morache Rosaire Morin t Arthur Prévost René Richard Jacques Rivest Ivan Roy Marcel Trottier Réal Trudel Cécile Vanier Claude-P.Vigeant Madeleine Voora L'ACTION NATIONALE \u2022 165 IL^sdnoDm rsl AT ION ALF Champ d'action La revue s\u2019intéresse à tous les aspects de la question nationale.Des orientations cohérentes sont proposées pour bâtir le Québec de demain.Liberté d'expression L\u2019Action nationale fait appel à un grand nombre de collaboratrices et de collaborateurs.Elle ouvre ses pages aux jeunes et aux experts.Respectueuse de la liberté d\u2019expression, elle admet les différences qui ne compromettent pas l\u2019avenir de la nation.Rédaction L\u2019article demandé peut comprendre de 10 à 20 pages.Le compte rendu d'un livre peut compter une ou deux pages.Un article soumis sans entente préalable peut varier de 5 à 8 pages.L\u2019envoi du manuscrit et de la disquette facilite nos travaux.Le texte vulgarisé est la forme d'écriture souhaitée.La Rédaction assume la responsabilité de tous les titres d\u2019articles.Index Les articles de la revue sont répertoriés et indexés dans « L\u2019index des périodiques canadiens» depuis 1948, dans « Périodex- depuis 1984, dans « Repères » publié par SDM Inc.et à la Bibliothèque nationale du Québec depuis 1985.Reproduction La traduction et la reproduction totale ou partielle des textes publiés dans L\u2019Action nationale sont autorisées à condition que la source soit mentionnée.Révision Marc Veilleux Mise en pages Jean-Marie Pesci, Méca Mag, Rawdon Impression Marc Veilleux Imprimeur Inc., Boucherville 166 \u2022 L'ACTION NATIONALE We& Si votre bibliothèque contient des numéros de L'Action nationale dont vous souhaitez vous séparer, souvenez-vous que nous acceptons tous les numéros qu'on nous offre.Particulièrement, les numéros des années : 1917, 1918, 1944, 1951 à 1961, 1968 Nous acceptons aussi L'âme des livres et l'Almanach de la langue française.L'ACTION NATIONALE \u2022 167 ABONNEMENT 10 20 numéros numéros Étudiant\t22 $\t40 $ Personne à faible revenu\t25 $\t45 $ Personne à revenu moyen\t42 $\t78 $ Personne à revenu élevé\t100 $\t175 $ Abonnement de soutien\t500 $\t France\t300 FF\t550 FF Autres pays\t70 $\t125 $ Un reçu pour impôt est émis pour toute somme supérieure à 42$.Numéro de permis : 0341362-22-08 Club des 100 Associés : 1000 $ ISSN-0001-7469 ISBN-2-89070 Dépôt légal : Bibliothèque nationale du Québec Périodicité : 10 numéros par an L\u2019Action nationale Les 80000 pages publiées par la revue depuis 82 ans constituent une contribution efficace au développement du Québec.Prix Richard-Arès Le prix Richard-Arès a pour objectif de promouvoir la culture nationale.Prix François-Albert Angers Le prix François-Albert-Angers vise à susciter un intérêt accru pour la coopération.Prix André-Laurendeau Le prix André-Laurendeau reconnaît les meilleurs articles publiés dans la revue au cours de l'année.Fondation Esdras-Minville Cette fondation recueille des fonds dont les revenus financent en partie les activités de la revue.Fondation Gaston-Beaudry Cette fondation facilite des travaux de recherche sur la question économique.L\u2019ACTION NATIONALE 425, boul.de Maisonneuve Ouest, bureau 1002 Montréal (Québec) H3A 3G5 Téléphone: 514-845-8533 Télécopieur: 514-845-8529 Courriel : revue@action-nationale.qc.ca Site : http://www.action-nationale.qc.ca 168 \u2022 L'ACTION NATIONALE Le partenaire Optimum de la retraite des Québécois, Aucuns frais d\u2019achat Aucuns frais de sortie JL FONDS %f\u201e OPTIMUM.Les Fonds Optimum sont gérés ici même et n\u2019ont rien A ENVIER AUX GRANDS NOMS DE L\u2019INDUSTRIE.FONDS\tRENDEMENTS ANNUALISÉS (%)*\t\t \t1 an\t3 ans\t5 ans Optimum Équilibré\t4,3\t6,8\t10,1 Optimum Obligations\t0,0\t5,1\t9,6 Optimum Actions\t11,9\t10,9\t12,4 Optimum International **\t12,4\t17,5\t14,3 Optimum Croissance et revenus\t7,6\t\t\t\t * Rendements annualisés moyens nets au 29 octobre 1999 La valeur liquidative par part et le rendement fluctuent.Le prospectus simplifié des FONDS OPTIMUM contient d'importantes informations et peut être obtenu de votre représentant ou de Optimum Placements inc.Lisez-le avec attention avant d\u2019investir.\" Maintenant admissible à 100 % au REER Sans frais : 1 888 OPTIMUM (678-4686) Internet : www fondsoptimum.com Le Fonds de solidarité nous a apporté bien plus que de l'argent à investir.Sa vision des affaires a contribué à enrichir notre propre façon de voir les choses.Aujourd'hui, il suffit de regarder les résultats: de nouveaux emplois, des profits, et le meilleur reste à venir.Allen Poiré Président, Métallurgie Castech inc.Envoi de publication Enregistrement numéro 09113 DE SOLIDARITÉ DES TRAVAILLEURS DU QUÉBEC (FTO) 1 800 361-5017 www.fondsftq.com Vous êtes en bonne compagnie "]
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