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Titre :
L'action nationale
Éditeur :
  • Montréal :Ligue d'action nationale,1933-
Contenu spécifique :
Novembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Action canadienne-française, ,
  • Tradition et progrès,
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L'action nationale, 2006-11, Collections de BAnQ.

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[" *1 V * ¦ :*» \u2022 I i * Éditorial La tristesse du ministre Couillard -Robert La pi ante 9 Articles Les aspects de la culture et du pouvoir symbolique -André Caulin Le Québec court-il tranquillement à sa perte ?Et que pense vraiment le prince-qu'on-sort ?I -Marc Brière La portée de la loi ioi se limiterait-elle au domaine {mblic par peur de '« assimilation » ?-Michel Paillé Le réveil des identités, le salut par la diversité -Jean-Marc Léger Atlantica : un État-région émerge aux portes du Québec -Jacques Beaumier La question nationale québécoise et le principe de la diversité culturelle -Danic Parenteau Nouveaux regards sur Cuba et la révolution castriste -Jean-Louis Bourque CHOI-FM : quelques leçons -Jean-Louis Charpentier f lf!' I 19 i _ ' o i \" i \u201d1 FA A k ' A.- 'ey c 23 5% 6» ¦ \\ V1 a A v>>' » ' 6?V » '\u2022- ! C?65m : \u2019 38 I 1 1 à 40 Z 5 1 E* £ - -V te F; r-,v\tt & T -r.' V.,\t.- 46 m 33 r* 9 L- j #S - 53 64 Dossier Crise forestière Recadrer les problèmes pour agir avec cohérence -Robert Laplante Lire les essais 90 106 Livres reçus 135 Volume XCVI numéro 9 NOVEMBRE 2006 Index des annonceurs 139 àÊmmÊË as m -?sr je 333 H» » BE s V.a b Jr 06S ^5* 11 m r- F-Wi SE ; '¦'\u2022vsS»i RS sa yeSB m g, 2 ; i mm m fl i -L«| @ga It}! 4: JE-S næ 53 SI \u2022Vi 0 a# SB : ' C « am *-y * \u2018 r ^ f t.I j., si \" v- -tv at m m I *r SS&JB: 4 & SKI $5 - m W.- '-i-'-r -i E A3 an a»/ ?* A m v mt !# y: a mm .< xgSh M ?- «05.' fflRB 0# I SB me » m S ,7r ' sBk ÏL&Sti; V 33; m m 72 S*k TO sn # % / » \u2022W- IHIl* .v: \u2022y I ¦ b\tU| rW.e *J « V> \u2022 ,- f g i'F'M \u2022*»-\tf.V'Hî - ai a.\u2022 -1 mm 'K reaSlS ::rv !ü '\u2022 $ -> y m&m SK -%, m » a# m mmam n Pour contacter l\u2019artiste : 5i4'523'2227 brodeurjeanl @videotron.ca 8z, rue Sherbrooke Ouest Montréal (Québec) HzX 1X3 Téléphone : 514-845-8533 Numéro sans frais : 1-866-845-8533 revue@action-nationale.qc.ca www.action-nationale.qc.ca Directeur : Robert Laplante Directeur adjoint : Sylvain Deschênes Comité de rédaction : Sylvain Deschênes ; Lucia Ferretti, professeure d\u2019histoire ; Richard Gervais, philosophe ; Lise Lebrun, animatrice communautaire ; Sylvie Ménard, Centre d'histoire des régulations sociales ; Pierre Noreau, Centre de recherche en Droit public, Université de Montréal ; Michel Rioux ; Pierre Serré, chercheur.Comité de lecture : Claude Bariteau, anthropologue, Université Laval ; Jean-Jacques Chagnon ; Lucia Ferretti ; Alain Laramée, professeur, TÉLUQ; Chrystiane Pelchat, enseignante; Marc-Urbain Proulx, économiste, UQÀC ; Pierre-Paul Proulx, économiste, Université de Montréal ; Paul-Émile Roy, écrivain.Membres du jury du prix André-Laurendeau : Jean-Louis Bourque ; Hélène Pedneault ; Daniel Thomas, professeur, UQAT.Membres du jury du prix Richard-Arès : Lucia Ferretti (UQTR) ; Simon Langlois (Université Laval) ; Michel Seymour (Univsersité de Montréal).Comptes rendus : Paul-Émile Roy ; Mathieu Bock-Côté, I i ÜjaB AT < Cette gravure sur linoléum, qui fait preuve d\u2019un usage saisissant des formes et des couleurs (remarquez le rouge qui a été imprimé soit sur du blanc, soit sur d\u2019autres couleurs afin de créer de nouvelles nuances), est un réel calembour visuel.Cette oeuvre est proprement carnavalesque dans la mesure où l\u2019image présente la transformation d\u2019une relation qui fait rire et qui libère.Le carnavalesque bouleverse tout ce que nous considérons pour acquis dans notre monde.Pour voir d'autres estampes de cet artiste, consultez la collection de Bibliothèque et Archives nationales du Québec.Jean Brodeur est né en 1939.Il a étudié à l\u2019École des beaux-arts de Montréal.Durant deux ans, il a travaillé dans l\u2019atelier d\u2019Albert Dumouchel (1916-1971).(source du commentaire : Centre d'études québécoises de l'Université de Leicester, Royaume-Uni) V 2 ÉDITORIAL Robert Laplante LA TRISTESSE DU MINISTRE COUILLARD La remise en cause du gigantesque gaspillage que constitue le projet de dédoublement des méga-centres hospitaliers universitaires déclenche des réactions qui ne font pas honneur à notre lucidité collective et à notre capacité de regarder froidement les choix à faire pour un usage optimal des nos ressources.Une telle décision aberrante mérite pourtant des explications claires.Personne n\u2019a encore fait la démonstration que le bien commun serait mieux servi par la dispersion des ressources plutôt que par la création d\u2019une seule institution à vocation nationale.On a plutôt l\u2019impression, au contraire, que les autorités gouvernementales, les responsables universitaires et les porte-parole du corps médical font tout pour éviter les éclaircissements, pour ne pas expliciter les critères et les motifs qui les inspirent.\u2022.- Une approche inclusive Nous avons donc eu droit, en réaction au lancement du rapport de la coalition unseulchu.org, à l'habituelle démagogie qui caractérise depuis le début l'attitude des promoteurs de cette dépense indécente.Comme il fallait malheureusement s'y attendre, la réaction la plus déplorable est venue du ministre lui-même.Au lieu de répondre sur le fond des choses et de s'en tenir aux données et résultats objectifs de * h 3 cette étude, le ministre Couillard a tenté de faire dévier le débat en nous faisant le coup de la réaction émotive.Cela l\u2019a rendu « triste » qu\u2019on lui pose des questions précises et il a préféré esquiver en tentant de salir le messager.Le ministre tristounet s\u2019est pourtant approché, bien malgré lui, de la vérité.En déplorant qu\u2019il s\u2019en trouve parmi nous pour maintenir « des frontières entre nos deux communautés » (Cyberpresse, 13 octobre), Philippe Couillard ne pouvait pas mieux dire.C\u2019est précisément ce que fait son projet.Nous proposons au contraire d\u2019abolir ces frontières et de concevoir un projet de centre hospitalier qui reposera sur la collaboration et la cohabitation dans une même institution des deux facultés de médecine.Nous ne voulons pas du développement séparé.Nous pensons que l\u2019avenir est à la concertation et à la coopération.Pourquoi n\u2019est-ce pas possible de faire travailler ensemble dans une même institution nationale les facultés de médecine de McGill et de l\u2019Université de Montréal ?C\u2019est une question simple pour laquelle nous aimerions une réponse franche.Il y aurait quelque chose de profondément indécent et d\u2019irresponsable socialement à dépenser près de quatre milliards de fonds publics pour créer des chasses gardées et maintenir des barrières linguistiques.Ceux qui, comme le docteur Porter qui pilote le MUHC, ne veulent pas « affaiblir le système de santé québécois » ont le fardeau de la preuve.C\u2019est à eux de nous démontrer l\u2019impossibilité de faire travailler ensemble deux institutions qui sont financées par les mêmes contribuables.La création d\u2019un seul centre hospitalier universitaire, on le sait bien, nécessiterait que soit posé clairement le statut de la minorité linguistique et de ses institutions dans notre système national.Au lieu de s\u2019attrister, le ministre serait mieux 4 d\u2019arrêter de fuir et de dire des faussetés.Personne dans la coalition n'a jamais remis en cause l\u2019existence de la faculté de médecine de l\u2019Université McGill.Questionner son financement en regard de sa contribution au contingent de médecins pratiquant au Québec ce n\u2019est pas en menacer l\u2019existence, c\u2019est tout simplement se préoccuper de la saine gestion des fonds publics.L\u2019équilibre linguistique est un critère de gestion Et à cet égard, il y a quelque chose de profondément irresponsable à ne pas examiner la répartition des fonds publics selon les critères d\u2019une politique qui doit servir le fait fondamental que le Québec est une société française.Respecter la minorité anglophone est une chose.La privilégier en jouant de critères inéquitables en est une autre.Le ministre peut-il nous donner les critères objectifs qui justifient la répartition 50-50 d\u2019une enveloppe budgétaire dans un Montréal métropolitain où les anglophones forment 12,1 % de la population ?L\u2019Université de Montréal, qui forme quatre fois plus de médecins pratiquant au Québec, est systématiquement discriminée par ce mode de financement.Il est désolant que ses responsables acceptent ainsi de jouer les underdogs dans un projet qui devrait les mobiliser pour propulser la médecine francophone dans le prochain siècle.Leur silence cautionne la minorisation du fait français à Montréal, en plus de souscrire à la marginalisation de leur propre institution.La coalition unseulchu.org ne veut pas jouer à ce jeu de dupe.On ne nous culpabilisera pas en nous faisant le coup de l'ouverture sur le monde que nous donnerait une Université McGill qui attire des candidats de partout dans le monde.Si elle le fait c\u2019est d\u2019abord parce que les fonds 5 I c f! \u2022 #> publics le lui permettent.On ne voit pas pourquoi les fonds publics alloués à une institution unique n\u2019auraient pas le même effet.À ce jeu comptable, il faut vraiment se demander à quel endroit le Québec français en aurait le plus pour son argent.Et cela sans se demander si le Québec a vraiment les moyens de subventionner tant de places pour étrangers.La primauté de la recherche sur le béton Le projet des deux méga-hôpitaux est lamentable pour une autre raison, tout aussi fondamentale : nous allons faire primer le béton sur la recherche.Ce dédoublement va absorber des ressources faramineuses pour les bâtisses et pour financer les bureaucraties, détournant d\u2019autant des sommes qui pourraient être consacrées à la recherche.En choisissant de ne pas toucher aux privilèges de McGill, nous commettons une faute contre l\u2019intelligence.On comprend bien que les firmes d\u2019ingénierie et les vendeurs de béton exaltent la formidable poussée de croissance économique que donneront ces projets à la métropole.Mais c\u2019est un leurre.Le développement économique, lui, dépendra de l\u2019accroissement de la capacité de recherche et cela devrait passer par une augmentation des ressources disponibles pour les chercheurs.C\u2019est là que les fonds publics doivent aller en priorité.Philippe Couillard ne devrait pas être triste mais honteux.Il brade l\u2019avenir pour couler des privilèges dans le béton.Q £- r & V' 82 immédiat du référendum perdant sur la souveraineté du Québec.C'est donc un parcours, sur le plan politique, jalonné par les défaites de tout genre que connaîtront ceux qui sont aujourd'hui fidèles à Radio-X, parcours qui, on le comprend, les aura rendus certainement plus sceptiques que d'autres quant à la possibilité autant d\u2019un fédéralisme renouvelé qu\u2019à celle de la pleine et entière souveraineté.Sans doute faut-il voir là, en sus de bien d'autres facteurs, une explication à leur profond pragmatisme teinté de résignation amère.De même qu'il ne fallait pas être surpris de voir les gens de la génération X être réceptifs à un discours économique, dans ses grandes lignes, de droite, débité par Jeff Pillion, de même il ne faudrait pas s'étonner outre mesure que le parti auquel les auditeurs de CHOI adhèrent dans la plus grande proportion soit le parti de Mario Dumont, l'ADQ, dont la station de radio d'ailleurs fait l'intense promotion.C'est peu dire qu'elle joua un rôle important dans la victoire du candidat Sylvain Légaré lors de l'élection partielle de printemps 2004 dans Vanier : elle en fut pratiquement la cause, en acceptant de diffuser en boucle les seules publicités de l'ADQ, en prenant ouvertement parti, par l'influente personne de Jeff Pillion, pour elle et en devenant l\u2019enjeu principal de la campagne ; il était question alors de fermer ou non CHOI.L\u2019ADQ reflète bien l'état d\u2019esprit des X, du moins d\u2019un grand nombre d'entre eux.L'ADQ n'a pas de position bien enivrante.Il ne s'agit, par la voie autonomiste, ni de se séparer du Canada, ni d'attendre aucune reconnaissance supplémentaire de ce dernier, mais simplement d\u2019épargner un timbre en envoyant nos deux rapports d\u2019impôt au même gouvernement, à Québec, comme le disait lui-même Mario Dumont.Au reste, il ne faut pas exagérer le succès chez les X de l'ADQ.Plutôt qu'aucun programme politique, fût-il t \u2019 83 1 minimal, c\u2019est en général l\u2019indifférence et le nihilisme qui prévalent chez eux.;c Jeff Pillion et CHOI-FM, leur succès, s\u2019expliquent mieux lorsqu\u2019on prend en considération la génération dont ils émanent.Beaucoup de leurs tares en effet ne leur appartiennent pas en propre mais semblent être le lot de la majorité des 1840 ans.En fait, voir Pillion et CHOI à travers le prisme de la génération X contribue à les faire apparaître sous un jour moins négatif et à nous faire constater que leur travail n\u2019est peut-être pas si condamnable qu\u2019il ne paraîtrait au premier abord, quand il est pris en lui-même.Pillion, qui a grandi dans un climat de nihilisme où tout s\u2019en allait à vau-l\u2019eau, ne s\u2019efforce-t-il pas après tout, avec les humbles moyens qui sont les siens, de proposer quelque chose comme une éthique aux gens de sa génération, de leur proposer malgré tout un peu d\u2019espoir ?Nous partageons l\u2019opinion de Jean Renaud : « Jeff Pillion est moins nihiliste qu\u2019André Arthur.» Dans la promotion de la self-reliance qu\u2019il fait sans relâche, l\u2019animateur s'efforce, ou s\u2019efforçait jusqu\u2019à il y a quelque temps, d\u2019instiller un peu de consistance et de rigueur à l\u2019individualisme mou et sans relief des gens de sa génération.i V I Comment d\u2019ailleurs aurait-il pu fonder son éthique sur autre chose que l\u2019individu seul, délié de toutez attaches, lui qui a vécu sa jeunesse alors que tout foutait le camp, au milieu des années 1980, quand les parents eux-mêmes, souvent, n\u2019étaient plus là pour enseigner leurs enfants et quand l'U.R.S.S.s\u2019effondrait ?On remarquera aussi l\u2019importance que Pillion accordait, du temps qu\u2019il était en onde, à l\u2019école, qui tranche aussi avec le décrochage massif des jeunes d\u2019aujourd\u2019hui.Et puis, dans le discours plus large de droite dans lequel il s\u2019inscrit, aux côtés de l\u2019ADQ, Pillion n\u2019est-il pas avec ceux qui tentent, après des décennies d\u2019avachissement 84 moral, de recoller les pots cassés ?Il insiste sur la responsabilité.Il prend le parti de la classe moyenne, des familles honnêtes, vaches à lait du ministère du Revenu, contre les profiteurs hypocritement solidaires de tout genre.Fêlure entre Montréal et le reste du Québec, remise en cause du legs de la Révolution tranquille, émergence dans l'agora de la génération X : nous avons suggéré dans cet article que ces trois tendances étaient à l'œuvre derrière le phénomène CHOI et avaient contribué à lui donner son ampleur inégalée.Heureusement, le climax du phénomène semble avoir été atteint l\u2019an dernier, moment depuis lequel la station a perdu du capital de sympathie dans la population et de son influence, à la suite, entre autres, de la poursuite pour diffamation lancée et gagnée par Sophie Chiasson.Si CHOI continue de diffuser et de s'approprier le gros des auditeurs à Québec, Pillion n\u2019y travaille plus et, se sachant surveillés, les animateurs de la station de radio ont dû tempérer leurs propos.Il n\u2019est d\u2019ailleurs pas certain que la station n\u2019ait pas finalement à fermer : la cour aura à se prononcer là-dessus dans les prochains mois.Il faut se réjouir de ce que CHOI, en dernière analyse, n\u2019aura pas fait davantage de dégâts : il est clair qu\u2019en d\u2019autres circonstances les tendances à l\u2019œuvre dans celui-ci auraient pu se déployer d\u2019une manière bien plus dommageable : nous avons vu à quel excès se portaient chez Pillion, notamment, la critique de l\u2019impérialisme culturel montréalais et la critique de l\u2019héritage de la Révolution tranquille.Cela dit, comme nous l\u2019avons déjà mentionné en introduction, ce n\u2019est pas parce que Radio-X a foiré que les tendances lourdes qui l\u2019ont portée cessent d\u2019être.Reléguées dans l\u2019ombre, elles réapparaîtront tôt ou tard dans d\u2019autres mouvements.Une partie du discours de CHOI-FM, celle à por- 85 tée économique, a déjà resurgi dans le Manifeste pour un Québec lucide, publié il y a un an, sous une forme à notre sens beaucoup plus acceptable.Il n\u2019en tient qu\u2019aux amis du Québec de prêter l\u2019oreille à de telles manifestations et de leur réserver un accueil un tant soit peu compréhensif, attentif, de manière à ce que les tendances lourdes qui les suscitent puissent s\u2019exprimer et n\u2019emportent pas, comme c\u2019était le danger avec CHOÏ, le bébé avec l\u2019eau du bain.Si nous voulons préserver l\u2019essentiel, à notre avis la spécificité culturelle du Québec, l\u2019œuvre d\u2019affranchissement des Québécois de la Révolution tranquille, il nous faudra leur faire une place.Autrement, il n\u2019est pas à exclure que CHOI aura été un signe avant-coureur, la répétition générale d\u2019une funeste seconde révolution québécoise, qui se posera contre la Révolution tranquille, la niera intégralement et violemment, et fera régresser le Québec à un stade antérieur, si ce n\u2019est qu\u2019elle l\u2019anéantira.On sait des précédents dans l\u2019histoire où, faute d\u2019avoir prêté l\u2019oreille à temps aux changements sociaux ou économiques, des sociétés ou des mouvements entiers ont dû périr.r : I * b 1\tC\u2019est nous qui soulignons.2\tEncore que, si l\u2019on compare Montréal aux autres villes du Canada et des États-Unis, on se rende compte que Montréal, au regard d\u2019à peu près tous les indicateurs, est en queue de peloton.3\tLes statistiques à ce propos sont éloquentes.Le vieillissement apparaît beaucoup plus rapide que prévu.4\tFrédérick Têtu, « La Génération CHOl-FM », Argument, Volume y, numéro î, automne 2004 - hiver 2005 5\tCf.là-dessus Victor-Lévy Beaulieu, « Victor-Lévy Beaulieu s'inquiète ».6\tMême dans le secteur public, les jeunes qu\u2019on embauche sont bien souvent moins protégés que leurs aînés.7\tDans Le Ciel de Québec, Jacques Ferron souligne l\u2019anglomanie des Québécois de Québec.Il remarque que la ville a la nostalgie de la garnison qui l\u2019a occupée.Frank Anacharsis Scot, qui désire « s\u2019enquébécquoiser », ne le peut, car à son contact, les habitants s\u2019anglicisent spontanément. *) k 86 8\tLe parallèle qu\u2019il fait avec la Norvège est fallacieux, car outre qu\u2019il est loin d\u2019être évident que tous les Norvégiens parlent anglais avec un accent absolument parfait », Gauthier fait fi de la situation ultra-minoritaire du français dans une Amérique du Nord toute anglophone.9\tDans L'Amour du pauvre, Jean Larose a montré combien fut importante l\u2019apparition de ce réseau au Canada français, qui marqua à ses yeux amorce des « Lumières » québécoises.« 7 rWMît ^ # # # ASSEMBLEE NATIONALE Jean-Claude St-André Député de L\u2019Assomption Hôtel du Parlement Bureau 2.16 Québec (Québec) G1A 1 A4 Téléphone: (418) 528-5974 Télécopieur: (418)646-6640 QUÉBEC Oasis du Vieux Palais 259, rue St-Étienne Casier postal 3404 L\u2019Assomption (Québec) J5W 4M9 Téléphone: (450) 589-5579 Télécopieur: (450) 589-0208 Courriel : jstandre@assnat.qc.ca I : Sansregret, Taillefer & Associés inc.Cabinet en assurance collective de personnes f f « : info @ sta-conseil .com www.sta-conseil.com Téléphone : (450) 471-2662 (514)355-7869 (800) 782-5799 m 178, rue Sainte-Marie Terrebonne (Québec) J6W 3E1 Télécopieur : (450) 471-0026 (514) 355-7923 Allard & Cie CA inc.Comptable agréé Pierre Allard, c.a.8175, boul.St-Laurent, 3e étage, Montréal (Québec) H2P 2M1 Téléphone : (514) 385-6601 \u2022 Fax : (514) 385-6177 Courriel : allardp@qc.aira.com K* : ¦ 'H 2 UN JOU ?ABONNEZ-VOUS *\u2022 ->\u2022 o V Âtu'l*^-*** à\\ * V< « » : 1 3 V.A :* A: : f m P.# * * is fra MD .' %.- w>: \u2022._ U V * f ?On n\u2019est jamais trop curieux ? ¦ » \u2022 f.\u2022 » e DOSSIER CRISE FORESTIÈRE RECADRER LES PROBLÈMES POUR AGIR AVEC COHÉRENCE Dossier Crise forestière Recadrer les problèmes pour agir avec cohérence -Robert Laplante 90 Lire les essais 106 Livres reçus 135 / Index des annonceurs 139 ¦ w Hbl 90 DOSSIER Robert Laplante CRISE FORESTIÈRE RECADRER LES PROBLÈMES POUR AGIR AVEC COHÉRENCE'\" Rien ne va plus dans la forêt.Le secteur le plus névralgique des économies régionales et l'un des plus importants pour la prospérité québécoise est entré dans une tourmente majeure.La remise en question qui s'imposait depuis un bon moment déjà est désormais devenue incontournable.Ceux-là qui s\u2019imaginaient que le rapport de la commission Coulombe allait mettre fin aux inquiétudes doivent aujourd'hui déchanter.Ce travail pose certes des repères, mais il n\u2019a pas permis de s'attaquer à certaines questions fondamentales.Elles ressurgissent aujourd\u2019hui.Et la réforme qui s'impose devra se faire si l\u2019on souhaite que les restructurations en cours servent au mieux l\u2019intérêt collectif et l\u2019avenir de la forêt.On comprend que cela soit difficile à prendre dans un secteur industriel qui a toujours eu la réputation d\u2019être conservateur, mais la réalité est brutale : nous sommes condamnés à une révision en profondeur.Cela ne veut pas dire que plus rien ne compte, cela ne signifie pas que tout a été mal fait et encore moins qu\u2019il n\u2019y a plus rien à faire.Mais cela signifie néanmoins que tout est à revoir.Il faut regarder les choses en face, il y a des décisions I ! ( Version légèrement modifiée et adaptée d\u2019une conférence prononcée au 85e congrès de l\u2019Ordre des ingénieurs forestiers du Québec à Orford, le 29 septembre 2006.* ( Ill 91 majeures à prendre.La tempête parfaite, pour reprendre Lexpression qui est devenue très populaire dans le milieu pour décrire le caractère global des difficultés présentes, la tem pète parfaite, donc, n\u2019exigera pas de nous la perfection.Mais elle nous condamne à être beaucoup plus sévères et critiques à l\u2019égard des imperfections et des limites de nos façons de faire et de nous organiser.Les marges d\u2019erreur sont plus étroites que jamais.Nous nous devons d\u2019être intransigeants pour nous-mêmes si nous voulons réunir les meilleures des conditions de succès.\u2022 \u2022 ' 1 Il y a entre la population québécoise et sa forêt des liens très forts.Et ces liens ne sont pas qu\u2019économiques.Ils sont tout autant affectifs et symboliques.Et c\u2019est la puissance de liens qui explique l\u2019ampleur des réactions que nous observons depuis quelques années.Le débat, quoi qu\u2019en disent certains ténors de l\u2019industrie, ne peut être cantonné à des enjeux sectoriels ou strictement industriels.L\u2019avenir de la forêt, l\u2019avenir des possibilités économiques qu\u2019elle offre ne sont pas seulement l\u2019affaires de ceux-là qui se consacrent à l\u2019exploitation forestière.La forêt québécoise est un patrimoine fabuleux qui sert aussi bien à nourrir des aspirations économiques qu\u2019à fournir des repères identitaires.C\u2019est parce qu\u2019elle nous appartient à tous, que tous ont droit de s\u2019exprimer et le devoir de se soucier de la façon dont on la traite.Cela s\u2019appelle la responsabilité fiduciaire.\u2019 # ?a \u2022, ! -i i: % Il y a des inquiétudes réelles et il ne sert à rien de tenter de les nier.Je dirais, par ailleurs, que rien ne sert de souffler sur le feu et d'en rajouter sur les menaces.Il faut plutôt aller à la source des anxiétés.Ce n'est pas qu'une affaire d'information.C'est d\u2019abord et avant tout une question de confiance, une confiance qui ne se rétablira que lorsque deviendra claire la pensée sur la nature de notre modèle forestier, sur vit V 92 son potentiel de renouvellement et sur les assurances que nous retiendrons, collectivement, que ce modèle servira la prospérité de tous et le bien commun.Au risque peut-être d'en heurter plusieurs, je ne partage pas du tout r inquiétude que d\u2019aucuns voudraient nous voir manifester.Je ne nie pas les énormes difficultés du présent, je ne cherche pas non plus à en minimiser les impacts et les conséquences.Mais je refuse d\u2019y voir des raisons de céder au fatalisme.Nous avons à nous retrousser les manches, il y a de l\u2019ouvrage à faire, une foresterie à inventer.On peut réaliser de la bonne besogne.Mais pour bien voir les issues, il faut d\u2019abord apprendre à recadrer nos problèmes.vrr.?4 i La situation actuelle peut nous fournir une occasion exceptionnelle de revoir les liens entre l\u2019exploitation de la forêt, le développement local et l\u2019accroissement de la prospérité générale.Il faut une mobilisation large : les ingénieurs forestiers, les chercheurs scientifiques des diverses disciplines qui s\u2019intéressent à la forêt, l\u2019Ordre des ingénieurs forestiers peuvent faire une contribution majeure à l\u2019émergence d\u2019une foresterie nouvelle en s\u2019activant pour recomposer et réunir les forces agissantes indispensables à l\u2019invention des voies de sortie de la crise.Cela pourra se faire à condition de s\u2019affranchir de l\u2019idée qu\u2019il existe un modèle unique d\u2019organisation industrielle et de gestion de la filière forestière.Il faut se rafraîchir les idées.Et trouver à donner une plus grande cohésion à l\u2019action économique.I ( 1 Il faut trouver les moyens de refaire les ponts entre les solutions techniques et les besoins collectifs.Ils sont trop nombreux les groupes sociaux, les municipalités et les villages pour qui il n\u2019est plus du tout évident qu\u2019on puisse concilier ( i i : \u2022 f - I t s ; < ¦ DOSSIER \u2022 e # 93 les besoins du secteur industriel avec les aspirations des communautés.Beaucoup d\u2019observateurs et d\u2019intervenants voudraient bien nous convaincre que les solutions à la crise actuelle sont en quelque sorte tracées d\u2019avance.Rationalisations, fermetures d\u2019usines, pertes d\u2019emplois, les pronostics ne manquent pas pour nous dire que les communautés vont souffrir, que les régions vont prendre de durs coups mais que tout cela, en bout de course, ce sera pour le mieux.À condition, bien sûr, que le gouvernement prenne le relais pour temporiser et payer les dégâts.À condition que l\u2019industrie puisse se contenter de se désoler de la situation sans pour autant revoir fondamentalement ses apports à notre économie.Le discours de crise s\u2019intensifie en même temps qu\u2019on nous lance des solutions avec l\u2019assurance des possesseurs de vérité.Réduire les coûts de la fibre, fermer des usines, bref passer aux remèdes simples.Et faire comme si les problèmes n\u2019étaient pas complexes.Ce discours n\u2019est pas nouveau.Et il est loin d'être évident qu\u2019il soit vraiment utile dans les circonstances.Pour faire avancer les choses nous n\u2019avons pas besoin d\u2019une surenchère de discours apocalyptiques.Nous n\u2019avons pas besoin de courtiers en anxiété collective.Nous avons besoin de projets mobilisateurs, des projets inspirés d\u2019une vision nouvelle et audacieuse.Des projets qui misent sur la confiance en nos moyens et qui valorisent le potentiel au lieu de s\u2019incliner devant les difficultés.Le catastrophisme n\u2019est pas une condition d\u2019innovation.Il sert peut-être même uniquement à nous empêcher de revenir sur nos pas pour comprendre qui nous arrive. ut 94 \\J) m Il faut se souvenir qu\u2019au début des années 1980, les diagnostics portés sur la situation du secteur et de l\u2019industrie étaient, à bien des égards, les mêmes que ceux qu\u2019on entend aujourd\u2019hui.Le ministère des Ressources naturelles avait produit sur le sujet des documents étoffés.On nous parlait des problèmes de productivité de l\u2019industrie, de l\u2019érosion de sa position concurrentielle, des prix élevés du bois et des problèmes d\u2019approvisionnement.Bien sûr, il n'était pas question du dollar trop fort et des droits compensatoires.Mais, on parlait bien d\u2019une crise qu\u2019on nous disait structurelle, à laquelle il fallait des réponses structurelles, pour assurer à l\u2019industrie la stabilité dont elle avait besoin pour investir et se développer.On nous parlait aussi de la nécessité de développer la deuxième et troisième transformation pour aller chercher le maximum de la rente forestière.C\u2019est alors que le gouvernement du Québec a déployé le plan Bérubé, du nom du ministre de l\u2019époque, pour aider à la modernisation des usines et que s\u2019est enclenchée une démarche qui aboutira, quelques années plus tard, au régime actuel.Celui qu\u2019on nous dit encore une fois en crise.: Il y a 25 ans, donc, des centaines de millions en fonds publics ont été consacrés à une modernisation qui, à l\u2019évidence, n\u2019a pas permis à l\u2019industrie de rester compétitive et de conserver ses positions dans le marché.Il faut aussi se rappeler que l\u2019adoption du Régime forestier et le déploiement des Contrats d\u2019approvisionnement et d\u2019aménagement forestier (CAAF) devaient fournir un cadre d\u2019affaires stable et propice au renforcement de la structure industrielle.Cette même structure qu\u2019on nous dit aujourd\u2019hui fragile et menacée.( 1 i; f l e e 1 P La sociologie économique nous enseigne que lorsque des problèmes de ce type reviennent de manière récurrente, d ; re ?' M i ' \\ (il .( ; \u2022 ; i11 t t < I: DOSSIER I ¦ » \u2022 \u2022 I ft4 95 cela a fort peu à voir avec la compétence ou la bonne volonté des acteurs.Ce n\u2019est pas une affaire de bonne foi mais bien un vice du modèle, un problème de dysfonction qui fait que les mêmes causes engendrent forcément les mêmes effets.Les problèmes que nous connaissons tiennent donc bien davantage aux déficiences de notre modèle qu\u2019aux seules conditions de marché.C\u2019est en ce sens là qu\u2019ils sont structurels.Notre structure, en effet, est trop homogène et trop rigide, elle étouffe l\u2019innovation.Elle supporte difficilement la diversité des acteurs et des situations.Or, la diversité est une condition de l\u2019innovation.Il faut certes plusieurs types de produits, plusieurs types de transformations.Mais il faut surtout plusieurs types d\u2019entreprises et une structure industrielle qui fasse place à la concurrence de plusieurs types d\u2019organisations, à la multiplication des filières, des approches et stratégies d\u2019affaires.x Pour un nouveau pacte forestier, il faut penser le cadre de gestion de manière à rendre possible et viable cette diversité.Nous avons besoin de ce pacte et pas seulement de mesures d'appoint pour passer au travers de la crise.Le pire piège serait de céder à la tentation de répondre à la crise par des solutions qui accéléreraient les tendances qui nous y ont conduits.Des solutions qui nous donneraient une intégration verticale encore plus poussée, des usines plus grosses, plus spécialisées et moins polyvalentes, encore moins capables de s\u2019ajuster à une demande plus complexe et une concurrence plus globale.Et c\u2019est sans parler des effets qu\u2019aurait une concentration de la propriété plus grande et qui aurait, entre autres, pour conséquence d\u2019éloigner encore davantage les centres de décision des régions forestières.encore .« DOSSIER 96 m Conserver les méthodes actuelles, mais les appliquer à plus forte dose, risquerait de placer toute l\u2019économie forestière à la merci des choix d'affaires d\u2019un nombre toujours plus restreint d\u2019acteurs, ce qui leur accorderait alors une influence disproportionnée.Et cela rendrait encore plus rigide notre structure industrielle déjà trop fragilisée par un temps de réaction trop lent et un manque de souplesse qui compromettent déjà sa capacité d\u2019adaptation.Cela ne serait pas souhaitable de réduire les points de vue et les intérêts alors que les enjeux concernent des régions entières.Il est possible d\u2019éviter cela.Mais cela renvoie à un pré-requis fondamental : l\u2019accès à la ressource devrait être géré de manière à soutenir un objectif de plus grande diversité.Il faut de la souplesse, certes, mais de la souplesse pour les communautés au moins autant que pour l\u2019industrie.L\u2019avenir forestier du Québec ne se définira dans l\u2019harmonie que si notre modèle peut, de manière convaincante, établir clairement que les communautés peuvent avoir la possibilité réelle de vivre de la forêt.Elles sont trop nombreuses actuellement à réaliser qu\u2019elles dépendent davantage des compagnies que de la forêt, à se faire dire que l\u2019avenir forestier est prioritairement dicté par les besoins des compagnies existantes et les appétits des actionnaires lointains.\\ t I ( 1 : ! ( Vivre de la forêt et non pas dépendre d\u2019un seul employeur.C\u2019était là la plus importante revendication de mouvement coopératif forestier à sa naissance.Les coopérateurs souhaitaient que la forêt soit gérée en lien direct avec le territoire et ceux qui y vivent.Ils souhaitaient que les communautés puissent compter sur un bassin de ressources qui donnerait à chaque milieu les moyens de se développer selon ses aspirations, ses capacités et selon des formules lui convenant.Les coopérateurs souhaitaient la cohabitation de plusieurs types de propriété et il leur semblait que la collaboration l c £ 1) L a Q ai .; r .fi 1 ' I# ?>, hr f i VI « ; - \u2022« 'r 4 1 ' < n r 15 : S#!.V DOSSIER r: 1 Vi T 97 iM entre les divers usagers offrait les meilleures garanties d'une captation optimale de la rente forestière et de diversification de l'économie.* 4 àtàt L'histoire est connue : après plus de vingt-cinq ans de tiraillements pour abolir les concessions forestières et pour revendiquer des approvisionnements pour les paroisses, le modèle des CAAF est apparu comme un compromis acceptable.L'accès à la ressource a été défini selon une logique mixte qui combinait les besoins du secteur avec la réalité économique des communautés.On pensait alors que le maintien des emplois dans la collectivité, garanti par le rattachement de l'approvisionnement à l'usine, allait produire un effet économique bénéfique et structurant, en plus d'apporter une certaine sécurité quant aux perspectives d'avenir.De nombreux rapports et études nous le confirment, les communautés forestières ont payé cher ce compromis.Leurs coopératives ont vu rétrécir leur rôle et leurs marges d'initiative.Plusieurs collectivités ont perdu des équipements de production, en plus, souvent de voir fondre leur offre locale d'emplois.Cela a grandement contribué, dans plusieurs cas, à un déclin démographique qui les fragilise encore aujourd'hui.Les perturbations qu'on nous annonce risquent de jeter dans le désarroi et l'impuissance définitive de nombreuses collectivités, sinon des régions entières.Avant d'y voir une fatalité il faudrait plutôt y reconnaître un constat : celui que notre modèle a atteint ses limites.Les CAAF, loin de soutenir la diversification, ont plutôt servi à la contenir.C'est une formule qui, par définition, sert à créer une rareté économique de la forêt, ce qui n'a rien à voir avec la disponibilité réelle de la ressource.Les CAAF ont DOSSIER 98 limité rentrée de nouveaux acteurs, réduit la possibilité de faire naître de nouveaux projets de transformation et, surtout, ils ont servi, littéralement, de carburant pour accélérer l'intégration et la concentration de la propriété.Le résultat net, c'est que le compromis d'origine n'est désormais plus viable, du moins il ne l'est plus dans un trop grand nombre de communautés.Et cela est suffisant, me semble-t-il, pour qu'on examine sérieusement la possibilité de le changer pour une façon de faire qui fasse moins de dégâts.IJ V V La délocalisation des CAAF ne paraît pas une solution structurante.Bien au contraire.Elle peut sans aucun doute conforter des choix d'affaires et produire quelques avantages le long de la chaîne des opérations.C\u2019est une solution qui ne ferait pas que des perdants.Mais les avantages ne compenseraient pas pour l\u2019ensemble des pertes.Car cette délocalisation aura surtout pour conséquence de déstructurer les économies locales et de condamner des populations entières à se bercer sur les perrons en regardant passer la forêt vers des usines lointaines.On ne voit pas très bien comment les économies régionales peuvent se renforcer d\u2019une logique qui laisserait partir ailleurs leur principale ressource. & ES T: yy A â La Société Saint-jean-Baptiste % cfu Centre-du-Québec 44g rue Notre-Dame, Drummondville (819) 478-2519 ou 1 800 943-2519 Organisme d\u2019entraide et de fierté québécoise ! Plus de 31000 membres au Centre-du-Québec 58 1 Rassemblement Rays Souverain Unum Quebec Patria Nostra Est Québec, notre seule patrie le pour un C P.306, succursale C, Montréal (Québec) H2L 4K3 Tél.: (450) 491-5437 Courriel : roy b ©videotron, ca - Site internet www.rpsquebec qc.ca Z - 4 V ni i i \u2022 \u2022 .Vf* V ?r .« '\u2022 >.Lire Lire les essais Sans complaisance -Denise Bombardier L\u2019Affaire silicose -Suzanne Clavette (dir.) Repenser l\u2019action politique de gauche - Essai sur l\u2019éthique, la politique et l\u2019histoire -Pierre Mouterde Carnets d\u2019Amérique -Christian Rioux The conditions of diversity on Multinational Democracies -Alain G.Gagnon, Monserrat Guiberneau, François Rocher et autres io6 no ns 120 125 Livres reçus 135 I Index des annonceurs 139 \\ « I % 106 YV\\ LIRE LES ESSAIS DENISE BOMBARDIER Sans complaisance, VLB éditeur, 2005 C\u2019est une question d\u2019humeur.Denise Bombardier l\u2019a conservatrice.La société contemporaine, elle le dit, et l\u2019écrit, « vit dans un univers de décadence », dont elle recense les manifestations, qu\u2019elle expose spécialement au journal Le Devoir, quotidien où elle tient une chronique hebdomadaire depuis quelques années.Déjà en 2004, elle proposait un recueil de ses meilleurs textes, avec Propos d'une moraliste.Nous avons désormais la suite, Sans complaisance, dont le titre complète le premier : la moraliste poursuit son inspection des petits travers de la société contemporaine, symptomatiques, selon elle, d\u2019une décomposition en profondeur de la civilisation occidentale, le Québec disposant malheureusement d\u2019une bonne avance dans ce domaine.Inspection réussie.De semaine en semaine : les questions abordées sont nombreuses, le thème est toujours le même : les sociétés occidentales ne seraient-elles pas en train de payer le prix du mai 68 perpétuel qu'elles célèbrent depuis près de 40 ans ?« Il y a quelque chose de pourri au royau me de la culture de ?affranchissement », écrit Denise Bombardier, qui ne manque pas de perspicacité, ni de courage, pour critiquer certains poncifs culturels comme l'anti- loy Si : « WW ti * '\u2022 I papisme libertaire de ceux qui n'en finissent pas toutefois de célébrer le pluralisme religieux et l'apport indispensable des religions orientales à la culture québécoise.Comme le dit Bombardier, « on rit du pape, des curés, des cathos, mais les imams et les islamistes échappent aux rieurs.[.] Conclusion : la tolérance a aussi ses orientations et ses préférences [.] » , ce dont ne doutent pas ceux qui assistent dans la même semaine à la reconnaissance du kirpan dans les écoles de Montréal et à l'interdiction de la pnere au conseil de ville de Laval.ti/Lt 4 fill \u2022 \\ La question du multiculturalisme n'est pas absente de recueil, ce qui n'est pas sans intérêt dans une société de plus en plus interpellée par les revendications des minorités radicales qui plaident de l\u2019intérieur pour une sécession culturelle avec les démocraties occidentales.Bombardier dénonce ainsi « ce multiculturalisme qui risque désormais de nous désintégrer collectivement » (p.69) qui pratique « l'éloge de toutes les marginalités, déviances et outrances » (p.64) en annonçant lucidement que « le jour n\u2019est pas loin où l'on ne pourra prononcer le \u201cnous\u201d collectif indissociable du passé en \u201cterre de nos aïeux\u201d sans se faire taxer d'intolérants, passéistes, voire cryptofascistes ».Pour le redire avec elle, « notre capacité à nous autoflageller et à nous excuser a atteint ses limites depuis longtemps ».Hélas, ici, Bombardier se trompe.Ces limites, comme toutes les autres, nous avons décidé depuis un bon moment de les repousser toujours un peu plus loin.Comme quoi rien n'arrête une société qui se délite et qui trouve toujours le moyen de ruiner encore plus ses décombres.! 1 ) » 3 * 3 « On ne peut pas faire perdurer T éclatement de nos institutions, de notre mémoire collective, nous déraciner de nos croyances passées, de nos idéaux, sans y perdre le souffle de 9 V # I# l io8 vie », écrit Bombardier.Mais une société ne peut non plus durer sans une certaine décence ; c'est d\u2019ailleurs un thème dominant de ce deuxième recueil.Nous le savons, et Bombardier nous le rappelle, le Québec ne manque pas de professeurs de vulgarités bien branchés sur les médias qui déconstruisent systématiquement d\u2019ordre à la société.D\u2019une certaine manière, c\u2019est la défense du bon sens qui constitue aujourd\u2019hui le premier objet d\u2019un conservatisme culturel à la québécoise.Car comme le rappelle Bombardier, « il faut dire que de nos jours, il est plus inoffensif d'avouer qu\u2019on va au bordel plutôt qu\u2019à l\u2019église ».C\u2019est le civisme qui est en panne quand le progressisme libertaire s\u2019inscrit dans un discours social majoritaire où le petit bandit qui multiplie les graffitis sur des immeubles qui ne lui appartiennent pas passe pour un artiste de génie et le policier qui l\u2019arrête pour un représentant borné d\u2019un système fermé sur lui-même.Pour le dire encore une fois comme Bombardier, « les incivilités au quotidien, qu\u2019elles soient le fait de simples citoyens ou de marginaux itinérants, sont inacceptables.Quand on ne peut plus traverser un square, un parc ou une rue sans craindre pour sa sécurité et en subissant les injures verbales de punks ou d\u2019itinérants qui doivent comprendre que le mal de l\u2019âme ne peut servir d\u2019excuse à l\u2019agression des autres, la vie en société est détériorée ».Ce qui fait changement de ces commentateurs qui n\u2019en finiraient plus de se désoler d\u2019une urbanité sans graffiti et d\u2019une radio sans tapage - semble-t-il qu\u2019une société moderne raterait quelque chose dans son émancipation si la vulgarité n\u2019était pas reconnue comme une marque originale de l\u2019épanouissement humain.« Gageons que les gens qui s\u2019excusent lorsqu\u2019ils bousculent involontairement, qui disent bonjour en entrant dans une boutique, merci quand on leur rend service, et qui sourient aux uns et aux autres, ces gens sont moins susceptibles de détériorer l\u2019ameuble- < t qui donne un peu log ment urbain et d\u2019agresser verbalement leurs contemporains ».On n\u2019aura pas grand peine à prouver que ce discours incarne en fait la seule vraie dissidence sociale contemporaine.En fait, c\u2019est une critique radicale que propose Bombardier, lorsqu\u2019elle propose de sortir des paramètres du fondamentalisme cosmopolite, du nomadisme obligatoire, du jeunisme adolescent, dont on trouve les manifestations un peu partout - et cela, pour le pire.On le remarquera, c\u2019est une vraie révolution qui se passe sous nos yeux, comme le soutient Bombardier, qui en voit la manifestation la plus emblématique dans la téléréalité, mise en spectaculaire de notre décadence morale et du retournement de certains symboles fondamentaux de notre civilisation contre leur signification première, comme on le remarque avec l\u2019émission Loftstory, où le confessionnal sacralise le pur voyeurisme en invitant les participants à confier leurs états d\u2019âme les plus intimes à une caméra ouverte au public.Il faut du courage pour dire aux docteurs du politiquement correct qu\u2019ils sont les vrais fous d\u2019un Québec qu\u2019ils pensent guérir de son traditionalisme culturel.Bombardier, malgré tout ce qu\u2019on peut lui reprocher, n\u2019en manque pas, comme lorsqu\u2019elle s\u2019oppose à la criminalisation du langage et de la pensée sur les questions sociales les plus sensibles.Celui qui s\u2019oppose au mariage gay n\u2019est pas nécessairement un homophobe, rappelle Denise Bombardier, celui qui plaide pour l\u2019enseignement d'une histoire vraiment nationale n\u2019est pas raciste, et celui qui demande au petit musulman dans une école publique de Montréal de chanter Minuit Chrétien n\u2019est pas islamophobe.La perversion du langage public à travers la médicalisation criminalisante des oppositions no politiques est toujours le premier signe d\u2019un effritement possible de la démocratie.Mais si le vieil Occident se meure, il est bien possible que derniers avocats agonisent aussi.Car, et nous lui reprocherons seulement ceci, Denise Bombardier peine à surnager, elle se laisse entraîner avec ceux qui veulent mourir pour éviter de combattre, parce qu\u2019il est encore plus confortable de se savoir le dernier témoin d\u2019un monde qui s\u2019engouffre que le premier arrivé d\u2019une armée pas encore mobilisée mais décidée à reprendre le terrain perdu, quitte pour cela à se faire quelques ennemis chez les parvenus de la culture officielle.N\u2019est-elle pas trop souvent prompte à se désolidariser d\u2019un conservatisme qui fait le pari de traduire en actions et politiques les idées dont elles se réclament ?Le conservatisme qu\u2019elle pratique sans s\u2019en réclamer exige pourtant plus qu\u2019un long soupir devant la société qui se met en place.Denise Bombardier est une amie de la culture et du bon sens.Elle garde le fort.Mais il s\u2019agit maintenant d\u2019en sortir pour refouler la culture soixante-huitarde qui saccage tout.Espérons qu\u2019elle sera de la charge.Mathieu Bock-Coté I SUZANNE CLAVETTE (DIR.) L\u2019Affaire silicose, Presses de l\u2019Université Laval, 2006 437 pages 1 C\u2019est un ouvrage passionnant, un ouvrage nécessaire pour bien comprendre comment le Québec s\u2019est dressé dans sa modernité, comment le monde ouvrier a produit sa réponse à la prolétarisation et pour mieux prendre la mesure des résistances qu\u2019il a dû vaincre.L'Affaire silicose rassemble les If L m I 9 .mi < I - i!« ' Vi f Mil m pièces de ce qui aura été le véritable détonateur d\u2019une bombe sociale qui fera craquer l\u2019ordre de la soumission et dont l\u2019onde de choc emportera le régime duplessiste.C\u2019est un livre qu\u2019il faut lire pour mieux comprendre ce qui s\u2019est joué dans les affrontements qui ont précédé la Révolution tranquille et qui se sont noués dans des enjeux et des rapports de forces qui vont définir les paramètres de la lutte pour la modernisation du Québec et la matrice des interprétations du destin de la nation.U ouvrage revient sur le premier grand scandale de sécurité industrielle à secouer un Québec en voie d\u2019industrialisation rapide et de prolétarisation massive.Il s\u2019agit d\u2019un recueil de textes qui jettent un éclairage fascinant sur la genèse des transformations qui conduiront à la Révolution tranquille.Le rôle de l\u2019Église et des catholiques sociaux, la portée de la critique nationaliste du libéralisme économique et de la mission de l\u2019élite politique au grand capital, le rôle d\u2019une revue comme Relations dans la vie de l\u2019Église et dans le vie intellectuelle, tout cela se laisse appréhender dans préhension renouvelée de ce qui a déclenché l\u2019élan qui donné au Québec moderne ses meilleurs impulsions en même temps que ses plus cruelles ambivalences.sou- une com- a Dans un petit village des Laurentides, Saint-Rémi d\u2019Amherst, l\u2019exploitation d\u2019une mine de silice est conduite dans des conditions abominables.Les mineurs se tuent à l\u2019ouvrage en respirant des poussières qui leur pétrifient littéralement les poumons.Ils sont traités comme des bêtes de somme par un groupe financier (Timmins) qui jouera une rôle clé dans une compagnie en voie de se tailler un véritable empire dans le monde minier et qu\u2019on connaîtra sous le nom de Noranda Mines.En quelques années à peine d\u2019exploitation la mine aura semé la mort et la dévastation.Une à 112 quarantaine de cas de silicose ont envoyé au cimetière du village des hommes dans la force de l\u2019âge et laissé dans une misère sordide leurs veuves et leurs jeunes familles.La poussière létale recouvre tout, à commencer par la complaisance des autorités provinciales qui laissent faire dans une abjecte complicité.Le capital règne en maître, le marché peut tout détruire de la vie de ce village, de ceux qui l\u2019habitent et de quiconque cherche sa pitance dans les alentours.n \u2022 14 C\u2019est un auteur franco-américain, Berton LeDoux, qui fera connaître le scandale dans le pages de la revue Relations.La publication de « La silicose » dans la livraison de mars 1948 de la revue va provoquer une véritable commotion.La jeune revue, lancée par les Jésuites et animée par un groupe de jeunes pères soucieux de traduire en engagements concrets les préceptes de la doctrine sociale de l\u2019Église, exerce, depuis ses débuts en 1941, une influence sans cesse grandissante dans le vie intellectuelle québécoise.La publication de dossier, appuyé par l\u2019éditorial du père Jean-D'Auteuil Richard, va susciter, chez les abonnés et dans le grand public un vent de sympathie et de revendication qui va bientôt déclencher une crise dans la Compagnie de Jésus et ébranler la quiétude des autorités cléricales et politiques.Les journaux, Le Devoir en particulier, prennent le relais de la revue et le dossier commence à devenir sérieusement embarrassant pour Maurice Duplessis qui s\u2019apprête à aller en élection et qui depuis un moment déjà laisse miroiter un fabuleux développement grâce à l'exploitation des gisements de fer de la Côte Nord, une exploitation qui sera confié à ce même groupe financier qui saccage la vie de Saint -Rémi d\u2019Amherst.Le dossier prend vite des proportions énormes.V.l\u2019avocat de la com- Bien relayées par le pouvoir politique pagnie est le gendre de Louis-Stephen Saint-Laurent « les * ; lc 113 interventions du groupe financier seront rapides et brutales.Le directeur de la revue sera démis, banni du diocèse, affecté hors-Québec et Relations publiera une rétractation, les autorités de la Compagnie s\u2019écrasant devant la menace de poursuites et le chantage concernant l\u2019appui aux bonnes oeuvres de l'Église de Montréal.L\u2019archevêque de Montréal, Monseigneur Joseph Charbonneau, jouera un rôle déterminant dont l\u2019ouvrage ne parvient pas à préciser tous les contours, mais qui laisse bien voir comment se jouera, à peine une année plus tard, le même scénario qui, cette fois, emportera non plus seulement un simple jésuite mais le chef de l'Église de Montréal lui-même.La grève de l\u2019amiante éclatera sur les mêmes motifs que ceux qui avaient été mis en évidence dans le dossier de la silicose et de « l\u2019abattoir de Saint-Rémi ».U ouvrage nous donne à lire les textes qui ont tout provoqué, les témoignages à chaud des acteurs ainsi qu\u2019une remarquable analyse inédite réalisée près de quarante ans après les événements parle Père Jacques Cousineau, membre du comité de rédaction et très proche collaborateur du directeur démis.Ce texte complète et éclairée le mémoire produit par le père Richard lui-même peu de temps après les événements.Ces documents forment un ensemble d\u2019une richesse exceptionnelle.Ils nous permettent de saisir de l\u2019intérieur non seulement le contexte industriel mais encore et surtout, les tractations et le modus operand! d\u2019une élite déstabilisée par une logique qui finira par l\u2019emporter.Ce livre offre à la compréhension du Québec un matériau d\u2019une valeur inestimable.L\u2019Histoire y retrouve une densité que les interprétations qui font commencer le monde moderne à la Révolution tranquille avaient odieusement aplatie et carrica-turée U 114 Suzanne Clavette poursuit ici de façon admirable le travail qu'elle a lancé avec la publication de sa thèse de doctorat Les dessous d'Asbestos.Elle avait dans ce livre déconstruit le mythe de la grève de l'amiante tel que l\u2019avait, entre autres, consacré le recueil de textes paru sous la direction de P.-E.Trudeau.Elle y a livré une interprétation fine et rigoureuse non seulement du conflit lui-même, mais encore et surtout de la nature des dynamiques sociales et politiques qui le portaient.Il en ressortait clairement que l'alliance des nationalistes et de l'aile progressiste de l'Église (clergé et laïcs engagés réunis) avait joué un rôle déterminant dans l\u2019émergence d\u2019un projet de modernisation du Québec qui a donné ses bases et ses raisons profondes compris ses contradictions - à la Révolution tranquille.LAjfaire silicose donne des assises solides à cet ouvrage et à l'analyse qu\u2019il met en œuvre.On y trouve des matériaux essentiels dont l'analyse est loin d'être conduite à son terme dans les quelques textes qui présentent davantage qu\u2019ils n\u2019exploitent le matériau rassemblé.Il faut donc traiter cet ouvrage à son juste mérite, c\u2019est un outil, un instrument de référence indispensable pour réfléchir correctement sur la période et ce qu'elle a inauguré.Il fallait réunir ces matériaux, remettre en jeu ces textes pour stimuler le travail de réflexion qui s'impose à un Québec qui peine à assumer sa continuité historique et à bien saisir la portée de ses héritages.\u2022fi y Robert Laplante ! ( I S L 115 PIERRE MOUTERDE Repenser l\u2019action politique de gauche - Essai sur l\u2019éthique, la politique et l\u2019histoire, préface de François Houtart Écosociété, 196 p.y La pensée marxiste, se recyclant au gré des époques, ne disparaîtra probablement pas de sitôt en Occident.Le Québec ne fait pas exception puisqu\u2019il est devenu, depuis quelques années, le terreau fertile d\u2019une nouvelle gauche divorcée de la social-démocratie québécoise traditionnelle, reniée pour avoir adopté un pragmatisme politique impardonnable.L\u2019œuvre de Pierre Moutarde, professeur de philosophie au Collège de Limoilou, se veut un petit cadre stratégique et philosophique pour cette nouvelle frange de militants désirant combattre le « néolibéralisme » et les injustices attribuables à la démocratie libérale.L\u2019auteur souhaite ainsi leur proposer une charpente intellectuelle afin de rénover leur discours et fourbir leurs armes dans le but de mieux combattre le « pouvoir institué dominant ».Cet ouvrage, véritable tentative de réhabilitation de l\u2019idéologie marxiste, nous offre une introspection dans l\u2019univers intellectuel de cette nouvelle gauche altermondialiste et plurielle.Mouterde amorce l\u2019écrit en récapitulant le parcours des forces de la gauche à travers les événements politiques marquants du 20e siècle.Il retrace la montée de la social-démo-cratie dans les années suivant la Deuxième Guerre mondiale et s\u2019indigne de son démantèlement graduel à partir des années 80.La disparition des régimes dits « antisysté miques », agissant comme remparts face au capitalisme débridé, lui semble regrettable, générant chez l\u2019auteur une nostalgie envers l\u2019ancienne social-démocratie et même le bloc communiste.Les mouvements sociaux-démocrates se seraient graduellement effondrés afin d\u2019assimiler, à leur - À n6 tour, la logique néolibérale.Bref, la gauche authentique n\u2019existerait plus sous une forme organisée, ce qui laisserait la voie libre à un empire capitaliste prédateur régnant ainsi par défaut.Les forces de résistance d\u2019aujourd\u2019hui sont donc égarées et divisées sous de multiples fronts : mouvements alter-mondialistes, écologistes, féministes et autres œuvrant tous sans synergie commune.Leur réunification deviendrait alors nécessaire afin de repenser le changement social et diffuser une nouvelle hégémonie idéologique.y Cette synthèse de la dynamique politique mondiale laisse perplexe.En effet, l\u2019interpréta tion marxiste des événements demeure omniprésente sous la forme de l\u2019habituel cocktail de lutte des classes et d\u2019exploitation du prolétariat, que fauteur redéfinit afin d\u2019inclure toutes les « victimes de phénomènes d\u2019exclusion systématique ».Chaque percée du socialisme y est décrite comme le fait d\u2019arme d\u2019un mouvement populaire alors que tout recul s\u2019explique par l\u2019influence de forces occultes et malveillantes du néolibéralisme.Évidemment, on n\u2019y retrouve aucune mention de l\u2019origine démocratique des réformes libérales menées en Occident depuis les années 80.C\u2019est bien connu, l\u2019opposition au socialisme ne peut jamais provenir de la volonté populaire, du moins selon les prophéties marxistes.L\u2019auteur poursuit l\u2019œuvre en regrettant l\u2019absence d\u2019une pensée collective qui permettrait d\u2019exploiter la politique à son potentiel maximal.L\u2019approche individualiste enclaverait, selon lui, « tout pouvoir de transformation sur le monde ».L\u2019homme doit, semble-t-il, se projeter dans une démarche collective afin d\u2019étancher une certaine soif de sens.Mouterde résume cette nouvelle quête aux allures fortement spirituelles de la manière suivante : i il?Unir dans un même combat, lutte pour le bien-être et pour le redéploiement de nos facultés de sujets, au travers de la recherche de sens.Mais sur la base d\u2019un projet émancipateur collectif, qui en retrouvant sa filiation avec les vaincus et les classes exploitées du passé, propose à chacun de participer, à sa manière, à cette tâche grandiose [.] qu\u2019appellent les temps présents : reconstituer des solidarités vivantes pour transformer le monde, et modifier de fond en comble sa réalité économique, sociale et culturelle.En d\u2019autres mots, l\u2019implication politique doit maintenant surpasser le simple engagement moral et civique afin de se muter en une quête de sens pour l\u2019esprit humain.L\u2019homme totalement absorbé dans une existence politique ouvrirait alors d\u2019innombrables horizons pour ses semblables et la société.M outer de expose donc sans détour le catéchisme qui semble régir la nouvelle génération de militants d\u2019une gauche s\u2019affairant à politiser les moindres recoins de la vie privée.L\u2019auteur poursuit avec un bref essai sur l\u2019histoire.Il suggère à ses confrères de délaisser la lecture hégélienne de l\u2019histoire qui, selon lui, fut trop souvent une source de complaisance et d\u2019excès de confiance chez les militants.La gauche devrait plutôt revisiter le passé occidental avec une perspective contemporaine, « pour découvrir ce dont l\u2019histoire n\u2019a pas accouché ».Il faudrait dorénavant glorifier l\u2019histoire des vaincus, rappeler les « noirs côtés de toute civilisation ».L\u2019histoire sera désormais source de honte, servant à culpabiliser tout régime à renverser.Ce passé révisé servira à galvaniser ceux que l\u2019auteur nomme les « sans-parts », amalgame des exclus des institutions démocratiques.Pour Mouterde, les régimes actuels ne servent qu\u2019une minorité : « Il y a plutôt un pouvoir \u201cinstitué\u201d, dominant et hégémonique, qui tout en revêtant les oripeaux de la démocratie, impose un ordre particulier, celui d\u2019une minorité monopolisant les richesses sociales ».Il faudrait donc reconstituer un « nou- nS veau nous », une nouvelle démocratie participative, véritable et réellement inclusive.La charge, rappelant le classique refrain communiste, se termine avec un plaidoyer en faveur de l'égalisation des conditions matérielles pour tous et un appel à la naissance d'un nouveau citoyen engagé et éclairé.Moutarde invite donc la gauche à rompre avec la démocratie libérale en menant une guerre sur deux fronts : les institutions et la culture populaire.Dans le premier cas, il s'agit de s'emparer des organismes étatiques tels que les cours de justice, les médias de l'État et d'autres organisations parallèles.La seconde offensive consiste à diffuser une nouvelle hégémonie culturelle dans la société entière, tel que suggéré par Gramsci.À cette fin, il faudra, comme l\u2019affirme l'auteur : « mettre en place des embryons de contre-pouvoirs » afin d\u2019abattre le pouvoir dominant.Finalement, il faudrait revaloriser l'action sociopolitique, puisque selon lui : « Elle seule peut définir un projet qui puisse rassembler le peuple d'en bas d\u2019aujourd'hui, ce peuple si épars et désorienté de gauche ».U auteur n\u2019élabore évidemment pas sur ceux qu\u2019il nomme les sans-parts.Il n\u2019explique pas non plus comment ceux-ci sont exclus du processus démocratique actuel.Il est vrai que la démocratie libérale exclut bel et bien certaines personnes.Effectivement, celle-ci possède une fâcheuse tendance à réserver le pouvoir aux partis jugés raisonnables par les électeurs, au grand dam d\u2019une frange radicale de la gauche, qui ne reconnaît l\u2019existence d'une véritable démocratie que lorsque son agenda parvient à l\u2019ordre du jour.Les institutions démocratiques québécoises ne sont pas exemptées de accusations.En effet, la légitimité de nos élus se voit de plus en plus contestée par une myriade de groupes communautaires et d\u2019activistes convaincus d\u2019être les réels représentants f 119 des aspirations populaires.Le pouvoir, semble-t-il, devrait maintenant être partagé avec la rue sous la forme d'une démocratie participative.Sans aucun doute, une telle initiative équivaudrait à dissoudre les dernières emprises politiques de l'immense majorité des électeurs n'ayant pas choisi d'investir leur vie entière dans l'activisme politique.C'est pourquoi il ne faut certainement pas ignorer cette gauche radica-lisée, qui, malgré ses airs farfelus, s\u2019efforce de détruire les derniers relais de la volonté populaire et nationale.» Bien que l\u2019oeuvre demeure généralement très abstraite, l\u2019auteur a cru bon d\u2019inclure un chapitre légèrement plus pragmatique sur sa vision de la réalité québécoise.Selon Mouterde, le Québec serait désorienté et incapable de proposer un projet alternatif afin de lutter contre le néolibéralisme.Le Parti québécois, ancien espoir de la gauche, aurait abandonné son plein potentiel en refusant de fusionner sa quête nationale avec un projet social stimulant.Au sujet de cette formation politique qu\u2019il juge désormais méconnaissable, il affirme : « Difficile de ne pas le reconnaître : la vague néolibérale a transformé le PQ de part en part, laissant aux militants de gauche du parti une place infiniment marginale dans son devenir appréhendé ».Un jugement assez étonnant lorsque l\u2019on constate que ce parti s\u2019est récemment déplacé vers la gauche du spectre politique par souci de s\u2019accorder aux plus récentes prescriptions bien-pensantes.Mais l\u2019auteur semble bien difficile à satisfaire, puisque même Françoise David manquerait « d\u2019audace et de perspective ».t .1 tïi ?h L\u2019œuvre intéressera tout lecteur soucieux de la mutation contemporaine de la gauche social-démocrate québécoise, aujourd\u2019hui plus empressée à déléguer et partager le pouvoir qu\u2019à l\u2019exercer en fonction de l\u2019intérêt national de la 120 majorité.C\u2019est pourquoi il ne faut surtout pas ignorer courant intellectuel émergent qui s'efforce de ronger la légitimité de nos institutions politiques au nom d\u2019une « démocratisation de la démocratie ».Décidément, cette gauche radicale est une blague qui doit être prise au sérieux.À lire entre deux cocktails Molotov ! Alexandre Lamoureux CHRISTIAN RIOUX Carnets d\u2019Amérique, Boréal, 2005, 204 pages L\u2019antiaméricanisme québécois inquiète de plus en plus la partie la plus éclairée de notre classe intellectuelle.Depuis quelques années, de nombreux essais ont abordé la question.D\u2019abord celui de l\u2019éditorialiste Mario Roy, puis celui du chroniqueur Richard Hétu.L\u2019excellente revue Argument a récemment consacré un dossier à la question.Le journaliste Christian Rioux s\u2019inquiète lui-aussi, et espère délivrer dans ce petit essai « quelques uns de [ses] meilleurs amis de leurs démons antiaméricains ».Rassemblant une série de chroniques parues dans le quotidien Le Devoir et quelques autres textes, le livre donne un portrait iconoclaste de la société américaine, loin des platitudes normalement relayées par le commentaire médiatique.Plus qu\u2019un survol de la société américaine, Rioux nous la fait visiter dans ses contrastes et son originalité, en passant de l\u2019Amérique rouge à l\u2019Amérique bleu, de l\u2019Amérique traditionnelle à l\u2019Amérique des grands centres. 121 C\u2019est désormais un lieu commun de la sociologie américaine : les États-Unis seraient radicalement divisés, entre deux idées de l\u2019Amérique profondément inconciliables.C\u2019était la thèse défendue il y a quelques années par l\u2019historienne Gertrude Himmelfard dans One nation, two cultures, où elle donnait sa profondeur historique à la thèse de la cultural war, au centre de la politologie conservatrice américaine.Mais Christian Rioux n\u2019est pas de cet avis.S\u2019il y a guerre culturelle, selon lui, c\u2019est moins entre l\u2019Amérique traditionnelle et la progressiste, mais entre deux élites radicalisées et emportées dans une querelle idéologique.L\u2019écartèlement idéologique du pays serait causé non par une rupture de la cohésion nationale, mais par la polarisation de partis politiques désormais prisonniers de leur aile la plus militante.C\u2019est une observation étrange, à la fois contre-intuitive, dirat-on, mais aussi contredite par la sociologie américaine menée depuis un quart de siècle.D\u2019ailleurs, Rioux lui-même, dans certains textes, constate la réalité de cette division idéologique de l\u2019Amérique, qui sépare même les familles, les amis.« Chaque groupe vit dans sa bulle.Rencontrer un républicain, désormais, c\u2019est aller dans un autre pays ».Une division réelle entre cette Amérique qui hérite de la Révolution culturelle des années 6o et 70, et une autre, qui ne consent pas au déclin de la civilisation occidentale traditionnelle.D\u2019ailleurs, comme le remarque Rioux, « si la personnalité de Bush rebute tant, c\u2019est qu\u2019il est un conservateur qui a traversé les années i960 et 1970 sans communier aux grands mouvements de l\u2019époque.Il ne s\u2019est pas opposé à la guerre du Vietnam et fait toujours partie de ceux qui soutiennent que, sans le retrait américain, il n\u2019y aurait probablement pas eu deux millions de morts au Cambodge ».Autrement dit, Bush incarnerait l\u2019Amérique non repentante, celle évitant l\u2019inondation de l\u2019espace public avec ce que Pascal Bruckner appelait « les sanglots de l'homme blanc ».Il va sans dire que cette Amérique occidentale, confiante et sûre d'elle-même, a quelque chose de monstrueux pour ceux qui souscrivent au premier dogme du progressisme contemporain : l\u2019Occident est coupable.Cette division est désormais centrale à la société américaine, qui se questionne dorénavant, même dans certains milieux progressistes, sur les ratés de la modernisation sociale opérée par le basculement contre-culturel des années 70.« La société américaine n\u2019est plus à l\u2019époque de la conquête des droits civiques, comme le pense parfois la gauche du Parti démocrate.Elle serait plutôt à l\u2019heure de comprendre les effets profonds des nouveaux droits apparus depuis trente ans » C\u2019est pour avoir bien compris cette réalité que le Parti républicain s\u2019est imposé depuis les années 1980 comme l\u2019expression politique d\u2019une majorité culturelle bien organisée, s\u2019étant donnée le moyen de restaurer les valeurs fondamentales du pays et les institutions qui les incarnent.Pour le dire comme Christian Rioux « l\u2019électorat américain n\u2019attend plus simplement de l\u2019État qu\u2019il défende les droits des minorités, mais aussi qu\u2019il représente certaines valeurs morales fondamentales, en politique étrangère comme en politique intérieure ».Il n\u2019en demeure pas moins que cette exception américaine suscite une détestation surtout canalisée contre la politique étrangère des États-Unis.La question revient tout au long de l\u2019ouvrage : quelle est la vraie nature de l\u2019antiaméricanisme ?Pourquoi ceux qui dénoncent avec intransigeance le pouvoir américain n\u2019ont-ils pas la même dureté pour de vrais régimes dictatoriaux ?Ils sont combien à confondre la renaissance culturelle des Églises protestantes avec le fondamentalisme musulman ?À comparer sans hésiter la 123 démocratie américaine à la vieille Union soviétique ?À dire d'un président élu qu\u2019il n\u2019est finalement qu\u2019une réplique texane de Ben Laden ?Rioux en fait la remarque.« On aime bien dépeindre les Américains comme des fous de Dieu.Il est devenu courant, même dans les journaux les plus sérieux, de comparer le président des États-Unis à un ayatollah ou à un chef saoudien.Je ne prise guère la rhétorique de George W.Bush sur le bien et le mal, mais je cherche encore ce que le président d\u2019une des plus grandes démocraties du monde \u2014 fût-il bom again - peut bien avoir de commun avec les potentats des pays où on lapide les femmes ».D\u2019ailleurs, comme le remarque Rioux, celui qui dirait aujourd\u2019hui d\u2019un autre peuple ce qu\u2019on dit des Américains aujourd\u2019hui serait immédiatement accusé de racisme.Mais il y a certaines haines qui restent impunies.Celle des États-Unis en est une.IA < Plusieurs ont qualifié la guerre en Irak de pure barbarie.Combien parmi ceux-là ont pris la peine de dénoncer le génocide des Kurdes, la tyrannie de Saddam Hussein, la dictature castriste ?Combien ont pris la peine d\u2019aller manifester publiquement leur hostilité à ces régimes ?Ceux-là trouvaient généralement, aux moments forts de la guerre froide, qu\u2019il fallait partager également les torts entre les deux camps, pour trouver une solution de remplacement esquivant tout à la fois la démocratie libérale et le communisme soviétique.Brillants stratèges de la troisième voie, multipliant les tentatives pour toujours se retrouver, finalement, à consentir aux horreurs du communisme pour dénoncer avec intransigeance les tares de l\u2019Occident démocratique.Il faut équilibrer les reproches, n\u2019est-ce pas ?Rioux y revient souvent : où étaient-ils, les humanitaires, pour dénoncer les crimes du potentat de Bagdad ? 124 Cette lucidité dans la critique de T antiaméricanisme distingue pour le mieux le livre de Rioux de la production québécoise habituelle sur les États-Unis.Mais plus encore, c\u2019est une perspective authentiquement québécoise sur l\u2019Amérique, et plus généralement, sur les affaires mondiales.Elle nous sort, de fait, des facilités habituelles d\u2019un messianisme progressiste et compensatoire où le rapport du Québec aux autres sociétés se pose spontanément dans le langage de l\u2019utopie, comme c\u2019était encore le cas récemment avec l\u2019évangélisme écologiste de ceux qu\u2019on appelle les trois mousquetaires de la députation péquiste.Dans le cadre de la lutte au terrorisme, Rioux nous invite à équilibrer les visions française et américaine qui dominent actuellement les sociétés occidentales, le Québec pouvant d\u2019ailleurs s\u2019inscrire dans le monde en travaillant à réconcilier la vieille Europe et l\u2019Amérique autour d\u2019un atlantisme aussi nécessaire qu\u2019original.On peut difficilement penser la civilisation occidentale sans s\u2019ouvrir à la réalité de sa première puissance.Tout comme on ne peut penser les intérêts fondamentaux du Québec sans considérer toute la réalité de son voisinage américain.Pour ces deux questions, et avec une élégance intellectuelle qu\u2019il faut lui reconnaître, Christian Rioux rénove certains paramètres de la pensée québécoise.L\u2019ingratitude de la gauche occidentale par rapport aux États-Unis fait peine à voir.Comme l\u2019a bellement chanté Sardou, « si les Ricains n\u2019étaient pas là, on serait tous en Germanie.À parler de je ne sais quoi.À saluer je ne sais qui ».Il est bien qu\u2019un journaliste de grand talent vienne nous le rappeler.Mathieu Bock-Côté 125 ALAIN G.GAGNON, MONSERRAT GUIBERNEAU, FRANÇOIS ROCHER ET AUTRES The conditions of diversity on Multinational Democraciesf The Institute for Research on Public Policyf Montréal, 2003 S L\u2019Etat nation n\u2019a pas toujours existé et peut donc disparaître à son tour mais, pour l\u2019heure, il est prématuré de proclamer son total effacement, comme en rêvent certains chantres du post-national.À l\u2019instar de ces fils de bonnes familles, nés rentiers et qui méprisent l\u2019argent jusqu\u2019à l\u2019ennui, il est de bon ton, pour les vieilles nations d\u2019Europe de ringardiser la nation, convaincues qu\u2019elles sont au fond d\u2019elles-mêmes d\u2019être immortelles.La nation elle-même appartiendrait à un autre âge, heureusement révolu.Cependant, les petites nations qui ont su résister au double laminage du nation-huilding et du state-building aspirent à plus d\u2019autonomie, voire à la souveraineté que les grandes nations affectent de mépriser à l'heure de la construction européenne.Là-bas, les souverainistes passent souvent pour s\u2019accrocher à une ère dépassée, à contre-courant du sens de l\u2019Histoire qui désormais, assure-t-on, passe par une économie de plus en plus mondialisée qui ignore les nations.Cependant, il se peut que sous cette ouverture se dissimule un refus de l\u2019emploi de la force, une lassitude politique que l\u2019on peut questionner.En revanche, l\u2019Union européenne crée une conjoncture favorable à l\u2019affirmation des petites nations qui jusque là devaient subir la loi des États-nations dans lesquelles elles se trouvaient incorporées.Les États peuvent maintenant reconnaître à l\u2019intérieur d\u2019elles-mêmes des régions, des ethnies, des nations sans voir nécessairement en elles autant de menaces à leur intégrité.C\u2019est ainsi qu\u2019en Europe on ne compte pas moins d\u2019une quinzaine de mouvements subnationaux actifs.Cette ouverture contraste 126 avec la crispation canadienne engagée dans une construction nationale d\u2019autant plus intransigeante et accélérée qu\u2019elle s\u2019est convertie tardivement à l\u2019idée nationale.Faut-il rappeler qu\u2019un grand nombre de Canadiens demeurèrent British subjects living in Canada bien au-delà du citizenship act de 1947.Aujourd\u2019hui encore, le nationalisme civique pancanadien n\u2019a pas complètement évacué l\u2019empreinte britannique plus ancienne.Depuis quelques années le thème de la multinationals est à la mode, du moins dans le monde académique.Que l\u2019État ait précédé la nation ou l\u2019inverse, on ne trouve guère de pays où État et nation coïncident.Il en résulte une diversité culturelle irréductible qui échappe au modèle idéal, même dans les nations réputées les plus civiques : groupes ethniques, minorités nationales, nations de types différents, etc.Si cette diversité est reconnue franchement, les conflits potentiels peuvent être surmontés.En revanche, si le refus de reconnaître l\u2019autre dans son altérité s\u2019incruste, on peut s\u2019attendre à un conflit durable, surtout s\u2019il s\u2019agit de nations, car celles-ci sont beaucoup plus résistantes que les groupes ethniques.Au fait, la plupart des grands esprits du XIXe siècle ont sous-estimé la prégnance et la résistance de la nation.Dès l\u2019introduction, les codirecteurs de cette riche collection d\u2019études multidisciplinaires consacrées aux nations sans États ou partiellement en possession d\u2019un État cernent avec netteté la problématique d\u2019ensemble : « la plupart des États-nations occidentaux comprennent plus d\u2019une nation à l\u2019intérieur de leur territoire.Toutefois, très peu d\u2019entre eux se définissent comme multinationaux.De même, les États-nations occidentaux sont des démocraties libérales, mais presque tous ne reconnaissent l\u2019existence que d\u2019un seul demos à l\u2019intérieur de leur territoire.Par conséquent, de 127 petites nations ou des parties de nations à l\u2019intérieur de leurs frontières, bien qu\u2019elles représentent des minorités, sont toujours dépendantes de la volonté démocratique du fait qu\u2019elles ne sont pas reconnues comme un demos distinct » (p.i).Du même souffle sont rejetés des allégations fort répandues mais non fondées voulant que le renforcement du nationalisme des nations sans État compromet la stabilité de T État-nation et révèle une mentalité anachronique ou rétrograde.Ainsi, selon ce discours, bien que le progrès des Lumières voue ces fixations archaïques à leur disparition prochaine, il serait tout de même opportun de donner un coup de pouce au mouvement inéluctable de f Histoire.Or, plus souvent qu\u2019autrement, ces condamnations péremptoires cachent mal un nationalisme d\u2019État qui n\u2019ose pas dire son nom et contesté dans sa prétention à incarner la volonté générale.Comme si le nationalisme de la nation majoritaire, en possession d'État, était par définition civique, ouvert, tolérant, inclusif et le nationalisme de la nation majoritaire était ethnique, tribal, xénophobe, fermé, essentialiste, subversif, etc.Comme si la particularité de la majorité n\u2019avait rien de particulier et incarnait sans médiation l\u2019Universel.Qu\u2019il s\u2019agisse de la Catalogne, de l\u2019Écosse ou du Québec qui font l\u2019objet de leurs analyses, les auteurs de ce recueil d'articles s\u2019accordent pour dénoncer d\u2019entrée de jeu cet amalgame frauduleux.Dans chacun de ces cas, nous nous trouvons en présence de deux nationalismes, qui, pour être en compétition, n\u2019en sont pas moins l\u2019un et l\u2019autre civiques, bien qu'ils soient portés par des nations à la fois ethniques, culturelles et civiques.La nation exclusivement civique est une utopie.Valable en tant qu\u2019idée régulatrice, elle ne peut être réalisée que de manière approchée ou tendancielle.U à 128 Habitées par une conscience nationale, une mémoire nationale et un projet national, les nations, grandes ou petites, aspirent naturellement à se gouverner elles-mêmes.Certes, dans les faits, l\u2019autonomie complète n\u2019est pas toujours possible mais c\u2019est par rapport à ce désir ultime que les autres options sont jugées.Les nations minoritaires peuvent s\u2019accommoder de leur situation à la condition d\u2019être statutairement reconnues comme égales aux autres nations qui composent la communauté politique.Or, comme le remarque Montserrat Guiberneau à la suite de Berlin et de Taylor, cette exigence de reconnaissance est fondamentale ; elle ne peut être compensée par des faveurs économiques ou autres.Or, l\u2019État englobant répugne à satisfaire cette demande.Aujourd\u2019hui cependant, l\u2019État doit bien admettre que la tendance centralisatrice qui l\u2019anime se trouve de plus en plus érodée par en haut (la globalisation) et par en bas (le « nouveau régionalisme », l\u2019affirmation des mouvements nationaux subétatiques).Selon elle, certains États pourront faire sécession mais plus vraisemblablement la plupart pourront atteindre une plus large autonomie à l\u2019intérieur des institutions politiques existantes.IM Bien que la Catalogne donne plus qu'elle ne reçoit de Madrid, que sur le plan économique son dynamisme fasse de l\u2019ombre au reste de l\u2019Espagne (avec 14 % de la population elle réalise plus de 20 % du PIB espagnol et génère 40 % des exportations), que sur le plan politique les compétences de la Generalitat soient encore loin d\u2019atteindre celles d\u2019une province canadienne, le parti indépendantiste (ERC) oscille autour de 8,5 % du vote depuis 1980.L\u2019absence de menaces guerrières, le bilinguisme, fort répandu, peuvent nous aider à comprendre cette faiblesse relative du parti.Mais la reconnaissance étatique des « nations historiques » - Catalogne, pays basque, Galicie- n\u2019est sans doute pas en l\u2019occurrence un L 129 détail négligeable.En effet, l'article 2 de la constitution de 1978 « reconnaît et garanti le droit à l\u2019autonomie des nationalités et des régions » bien que l'Espagne ne soit pas à proprement parlé une fédération.Le Royaume-Uni est composé de quatre nations.Depuis une vingtaine d'années cette réalité est maintenant bien intégrée dans son auto-représentation.Elle est devenue une évidence.Apprécions au passage l'ironie de l\u2019Histoire.Ces nations plongent leurs racines dans un passé lointain ; elles pourraient fort bien survivre à l\u2019Union de 1707 (que les Écossais ont toujours désigné comme un traité) et qui apparaît rétrospectivement comme une création artificielle pour combattre la France et son État centralisateur.Cette endurance des petites nations donne à penser, selon David McCrone, « que les finesses constitutionnelles (constitutional niceties) pèsent moins que les processus historico-sociologiques » (p.136).Les années Thatcher furent des années fortes pour le Scotish National Party.Depuis les années 1980, l\u2019idée d\u2019indépendance, notamment « l\u2019indépendance à l\u2019intérieur de l\u2019Europe », n\u2019a cessé de progresser.De 1979 à 2001, elle a triplé, atteignant 37 % en 1997.Il reste que la situation est complexe : l\u2019alignement de l\u2019identité nationale, de la préférence constitutionnelle et de l\u2019allégeance partisane est plutôt lâche.En revanche, les Québécois se retrouvent en terrain familier lorsqu\u2019ils apprennent que la majorité anglaise (85 %) ne se considère pas comme une nation, leur english-ness se confondant avec leur britishness : ethnicité et citoyenneté fusionnent.Le parlement écossais n\u2019a pratiquement aucun pouvoir de taxation mais la nation écossaise est reconnue comme telle et agit en conséquence.De ce point de vue la dynamique canadienne depuis P.E.Trudeau se situe aux antipodes de celle de la Grande- 130 Bretagne de Tony Blair.Le Québec considéré comme « une nation au sein d\u2019une nation », selon les mots de L.B.Pearson a été radicalement nié, voire démonisé.Le Québec « société distincte » à titre de simple clause interprétative c\u2019était déjà trop.La déclaration de Calgary ose une allusion au Québec, une « société unique » mais en ajoutant aussitôt « province égale aux autres ».Le caractère radical et systématique de cette politique de non-reconnaissance de cette «politics of containment» (Alain G.Gagnon), de Rocher) distingue la politique canadienne de nation-building.Politique d\u2019autant plus agressive qu\u2019elle a beaucoup tardé et qu\u2019elle feint d\u2019ignorer l\u2019échec des politiques similaires ailleurs.À contre-courant de l\u2019ouverture relative mais réelle que l\u2019on observe en Europe, le Canada a choisi la fermeture et l\u2019intransigeance dans le refus.Le partage de valeurs communes et le caractère civique des deux nations n\u2019empêche aucunement l\u2019édification d\u2019un État-nation canadien et de l\u2019autre un nouvel État-nation québécois en sorte que, comme on l\u2019a vu en 1995, le Québec est apparu comme un candidat sérieux à l\u2019accession à sa pleine autonomie.Cependant, l\u2019intolérance canadienne sait y mettre les formes pour usurper jusqu\u2019aux apparences de la légitimité.En effet, le nouveau Canada est officiellement bilingue mais les droits linguistiques étant définis en termes individuels et non-territoriaux, ils consacrent en réalité les droits collectifs du groupe dominant.Sous le couvert d\u2019un multiculturalisme abstrait Ottawa s\u2019ouvre à l\u2019immigration pour mieux noyer la spécificité historique de la nation fondatrice.De plus, cette ouverture sélective, électoralement rentable, ne l\u2019empêche pas de favoriser bien davantage l\u2019intégration à la majorité que la promotion de la diversité.Véritable coup de force constitutionnel, selon les propres termes de son auteur, le Canada Act de fédéralisme of tutelage » (François 131 1982 a redéfini le pays selon le modèle américain des droits individuels et le dogme des dix provinces égales en tournant le dos à son histoire.Juriste écossais très au fait du dossier constitutionnel canadien, conscient des limites du droit pour résoudre un problème essentiellement politique, le Pr.S.Tierney soulève les questions les plus graves concernant la légitimité politique de la nouvelle constitution et de P État lui-même.Que vaut une constitution modifiée unilatéralement par le gouvernement dit national en même temps que fédéral et conçue pour subordonner et marginaliser le Québec sans avoir cru opportun de prendre acte de sa volonté clairement exprimée ?Si Ton s'émeut du déficit démocratique de l\u2019UE, que dire du cas canadien ?Une constitution est l\u2019expression de la volonté politique d\u2019un peuple.Doit-on préciser lequel ?Dans la même veine critique, F.Rocher et N.Verelli signent l\u2019article le plus documenté et le plus décapant qu\u2019il m\u2019ait été donné de lire sur la Secession reference et le Clarity Act.On a fait grand cas de l\u2019obligation constitutionnelle de négocier avec le Québec advenant un prochain référendum gagnant sur l\u2019indépendance.La lecture « enthousiaste » de J.Tully souligne le fait que le renvoi comprend la démocratie constitutionnelle comme un processus ouvert et évolutif (activity-oriented), non comme un état terminal absolutisé (end-state).Par conséquent, si P un des États-membres de la fédération amorce un processus de révision constitutionnelle le gouvernement du Canada doit répondre à cette initiative.Par conséquent si Pun des États-membres de la fédération amorce un processus de révision constitutionnelle le gouvernement du Canada doit répondre à cette initiative.En cas de refus de sa part, sa volonté s\u2019imposerait sans partage et nous serions dans une situation fermée de domination.On a à 132 fait également grand cas du fait que la Cour avait statué que la notion de « majorité claire » devait être entendue dans un sens qualitatif, laissant entendre que toute majorité qualifiée nierait l\u2019égalité des votants.Cependant, cette ouverture plus apparente que réelle, subordonne l\u2019obligation de négocier à l\u2019exigence d\u2019une question claire qu\u2019elle s\u2019est bien gardée de préciser sachant bien qu\u2019une telle requête est utopique.La clarté dans les questions politiques ne peut être que relative.Ce qui est clair pour l\u2019un ne l\u2019est pas pour l\u2019autre.Comme la vivacité des débats l\u2019a bien montré, la clarté de l\u2019Accord de Charlottetown en 1992 était problématique.Pourtant, le gouvernement fédéral n\u2019a pas hésité à aller de l\u2019avant.À l\u2019inverse, selon les critères retenus par la loi C-20, la question soumise au peuple québécois en 1995 était d\u2019une telle ambiguïté qu\u2019Ottawa n\u2019aurait pas été tenu de négocier en cas de victoire du Oui.Les 94,5 % de citoyens qui ont fait un choix à ce moment-là ne savaient pas vraiment à quoi ils ont répondu.Pour prendre la mesure de l\u2019exigence de clarté en l\u2019occurrence, F.Rocher nous ramène à des observations banales mais fondamentales : « les débats politiques sont essentiellement ambigus ; la signification des termes utilisés peuvent être interprétés différemment selon l\u2019auditoire, les lieux, le contexte et le moment.D\u2019autre part, l\u2019imposition de cette obligation de clarté, en elle-même imparable du fait que nul ne favorise la confusion ou l\u2019ambiguïté, procède d\u2019une vision manichéenne de la politique » (p.213).Par moments, la Cour elle-même semble en convenir.« Personne ne dispose du monopole de la vérité et notre système est fondé sur la conviction que sur le marché des idées les meilleures solutions aux problèmes publics finiront par s\u2019imposer » (#68).Devant l\u2019impossibilité de la tâche, la Cour I 133 considère finalement qu\u2019il revient aux acteurs politiques d\u2019évaluer eux-mêmes la clarté relative de la question.Ce qui nous replonge dans les querelles politiques dont on avait cru pouvoir faire l\u2019économie par le biais de l\u2019opinion de la cour fédérale.Le droit ne peut se substituer au politique.Au fait, quels sont ces acteurs politiques ?L\u2019exécutif fédéral ?La chambre des communes ?La totalité ou une partie des gouvernements provinciaux ?L\u2019ensemble des citoyens ?La négociation devrait se résoudre selon la formule d\u2019amendement : laquelle ?Comme on le voit, le Renvoi ménage de nombreuses portes de sortie où l\u2019affrontement politique reprend, si l\u2019on peut dire, tous ses droits.Ayant jugé la Cour suprême trop exigeante à son goût, S.Dion n\u2019a pas tardé à soustraire son gouvernement de l\u2019obligation de négocier qu'elle paraissait lui imposer.Avant toute campagne référendaire, il définit donc la question en des termes tellement restrictifs qu\u2019elle équivaut à court-cir cuiter le processus politique et par là-même insinue qu\u2019il est vain de voter oui à une autre question que la sienne, la seule qui soit claire.Au fond, sous son habillage légaliste, la manoeuvre n\u2019est rien d\u2019autre qu\u2019une pitoyable tactique d\u2019intimidation.Comme le note justement Henri Brun : « C-20 tente de faire croire que le gouvernement fédéral peut faire ce qu\u2019il veut en dépit de la volonté démocratiquement exprimée des Québécois » (p.226).Dans son article « Rethinking political recognition », M.Seymour revient sur des thèmes qui lui sont chers.À rebours du climat idéologique actuel, il plaide avec force pour une théorie libérale des droits collectifs : « le libéralisme politique n\u2019est pas ultimement fondé sur la valeur de l\u2019autonomie individuelle mais plutôt sur la valeur de tolérance » (p.63). 134 Cette collection d\u2019études d\u2019universitaires provenant de différents pays et d\u2019horizons disciplinaires variés s\u2019adresse à un lectorat restreint mais fournit sur le sujet une série d\u2019analyses souvent percutantes et du plus haut intérêt.Jean Roy Professeur honoraire, département de philosophie Université de Montréal I I 135 LIVRES REÇUS Pierre-Luc Bégin Michael Ignatieff, un danger pour le Québec ?, Édtions du Québécois, 2006,153 pages Jean Faucher Gilles Renaud, entretiens, Québec Amérique, 2006, 258 pages Jean Bricmont L'impérialisme humanitaire, LUX éditeur, collection Futur proche, 2006, 126 pages Roméo Bouchard Y a-t-il un avenir pour les régions ?Un projet d'occupation du territoire, Écosociété, 2006, 222 pages Arnaud Balvay L'épée et la plume.Amérindiens et soldats des troupes de la marine en Louisiane et dans les Pays d'en Haut, Presses de l\u2019Université Laval, collection intercultures, 2006, 345 pages Vincent Lemieux Le pouvoir et l'appartenance.Une approche structurale du politique, Presses de l'Université Laval, 2006, 192 pages Jacques Roy Les logiques sociales et la réussite scolaire des cégepiens, Les éditions de l\u2019IQRC, collection Regards sur., 2006, 116 pages 136 Patrick Bourgeois Le Canada, un État colonial, Éditions du Québécois, 2006, 238 pages Michel Lambert La cuisine familiale du Québec, vol 1; Les origines autochtones et européennes, Éditions GID, 2006, 284 pages Pietro Bogiloni Le Da Vinci code : le roman, l'histoire, les questions, Médiaspaul, 2006, 197 pages Roland Jacob Votre nom et son histoire.Les noms de famille au Québec, Éditions de l\u2019Homme, 2006, 425 pages Jocelyn Berthelot Une école pour le monde, une école pour tout le monde, VLB éditeur, 2006, 129 pages Michel Despland Romans victoriens et apprentissage du discernement moral, Presses de l\u2019Université Laval, 2006, 163 pages Caroline Guibet Lafaye Justice sociale et éthique individuelle, Presses de l'Université Laval, coll.Inter-Sophia, 2006, 441 pages Yvan Lamonde et Didier Poton (dir.) La capricieuse (2855J: poupe et proue.Les relations France-Québec (1760-1914), Presses de l\u2019Université Laval, 2006 379 pages Claude Vaillancourt Mainmise sur les services.Privatisation, déréglementation et autres stratagèmes, Écosociété, 2006, 195 pages 111 Vn j: j 137 Renéo Lukic (dir.) La politique étrangère de la Croatie de son indépendance à nos jours, 1991-2006, Presses de l\u2019Université Laval, 2006 316 pages Anne-Marie Gingras Médias et démocratie.Le grand malentendu (2e édition revue et augmentée), Presses de l\u2019Université du Québec, 2006, 287 pages Jose Ortega y Gassset Méditations sur la chasse, Septentrion, 2006,149 pages Christian Dufour Le défi français.Regards croisés sur la France et le Québec, Septentrion, 2006, 168 pages Gaston Deschênes Les Exilés de l'anse à Mouille-Cul, Septentrion, 2006, m pages Julie Hubert La peur au ventre, Septentrion, 2006, 190 pages Jean-Paul Desbiens Dernière escale, journal 2004-2005, Septentrion, 2006 281 pages Robert Lahaise Nouvelle-France, English colonies.L'impossible existence, 1606-1515, Septentrion, 2006, 295 pages Jean-Baptiste Trudeau Voyage sur le Haut-Missouri 1794-1796, Septentrion, 2006 245 pages 1 ï \u2022 » I , I } } I .U.13» Robert Larin Canadiens en Guyanne 1734-1805, Septentrion 387 pages Claude Corbo Monuments intellectuels québécois du XXe siècle.Grands livres d\u2019érudition, de science et de sagesse, Septentrion, 2006, 290 pages Edmond de Never s L\u2019Avenir du peuple canadien-français, Boréal, 2006, 383 pages Frederick Gagnon (dir.) Le congrès des États-Unis, Presses de l\u2019Université Laval, 2006 336 pages Charles Denis Robert Bourassa.La passion de la politique, Fides, 2006 401 pages Line Goyette La Gaspésie des artistes, Fides, 2006, 126 pages 2006 f ) ) 139 INDEX DES ANNONCEURS 8y Allard &Cie CA 104 Rassemblement pour un Pays souverain 6 Caisse d\u2019économie solidaire Desjardins 8y Sansregret, Taillefer et Associés 88 Devoir; Le 104 Société Saint-Jean- Baptiste de la Mauricie 87 Jean-Claude St-André, député de 1 Assomption 104 Société Saint-Jean- Baptiste du Centre du Québec 104 Mouvement national des Québécoises et Québécois ! k SiaÜe ATI EN HERITAGE V 0^6 éa-m-é-moi-r-e Cdc) êdcz e/WMs9lt'> « -* 'ï- 3# % * h f I Location d'outils 28 succursales \u2022 50 000 outils Québécoise depuis 1907 1.800.361 www.simplex.ca I A ft iiâiï&m volume XCVT numéro 9 NOVEMBRE 2006 envoi de publication P AP N° 09113 N° de la convention 0040012293 4 \u2022 k "]
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