Le soleil, 16 mai 2013, Supplément
[" PHOTO LE SOLEIL, STEVE DESCHÊNES leSoleil jeudi 16 mai 2013 zone musée de la civilisation LES DOSSIERS SPÉCIAUX DU SOLEIL IKES INpwj MUSÉE DELA CIVILISATION il\u2014 Sa construction a été autorisée dans un secteur de Québec qui, à l\u2019époque, n\u2019attirait pas les foules et peu les investisseurs.Son ouverture a contribué à transformer tout un quartier, n\u2019a pas cessé d\u2019attirer l\u2019attention de nos concitoyens, des touristes, et même de spécialistes de par le monde.Voilà le Musée de la civilisation qui nous surprend depuis 25 ans.L\u2019établissement s\u2019est taillé une place dans la vie culturelle de Québec et du Québec, exerçant son influence au-delà de nos frontières.Son ouverture sur le monde, ses expositions variées et parfois audacieuses, ses multiples activités pour tous les publics et sa manière de faire ont changé un quartier et l\u2019image habituelle d\u2019un musée.16 PAGES DISPONIBLESURWWW.LESOLEIL.COM A NOUS I '\ti\t\t1 LT ( \t\t \ti\t! ' leSoleil jeudi 16 mai 2013 ' ¦ s lips \t ^tPIËls\t ,it& îfaggaK\t1 't ¦V \t ' - :MtP ; ' m ,\u2022.¦.\u2022S ,w r < ; ygj£: .- *, Yrkf:- I ; son T As- : wm fSgkÆëe&Tu avait très hâte de voir la réaction du public qui a été rapidement un vrai coup de cœur.Les gens ont adoré le concept.» UN LONG PARCOURS Avant d\u2019en arriver à ce samedi matin qui a concrétisé l\u2019emplacement du MCQ, M.Vaugeois et d\u2019autres acteurs importants avaient dû batailler fort pour défendre leur projet qui heureusement recevait l\u2019appui du premier ministre du Québec en poste, René Lévesque (1976 à 1985).«À l\u2019époque, quand on est arrivés avec le projet du MCQ, il y avait beaucoup de tension entre M.Pelletier [maire de 1977 à 1989] et les promoteurs du Petit-Champlain et entre la Ville et le ministère des Affaires culturelles», se souvient M.Vaugeois.M.Pelletier, un homme surtout reconnu pour ses valeurs libérales, partageait rarement les mêmes points de vue que le Parti québécois.«Ce n\u2019était pas sa gang», comme le dit si bien l\u2019ancien ministre.Mais quand est venue la question du MCQ, les deux hommes politiques, qui étaient aussi de bons amis malgré leur vision différente, ont travaillé de pair afin d\u2019éviter que le MCQ se retrouve à l\u2019extérieur du cœur de Québec.«Lorsque le projet de musée se concrétisait de plus en plus, j\u2019ai dit à lean : \u201cFaut prendre l\u2019initiative, sinon ils vont nous mettre ça n\u2019importe où.\u201d Mais nous étions coincés avec la place Royale qui était un peu figée et le Petit-Champlain qui se développait difficilement, car les fonctionnaires n\u2019aimaient pas ça.Ça ne répondait pas à leurs normes.» Malgré l\u2019état du quartier, les hommes politiques ont décidé d\u2019aller de l\u2019avant avec le projet.Un pari osé, qui s\u2019est avéré payant pour la ville de Québec et pour ses citoyens.«On n\u2019avait pas réalisé l\u2019impact que ça aurait, mais on savait que cela allait redémarrer le quartier.Aujourd\u2019hui, c\u2019est extraordinaire de voir la complémentarité de l\u2019endroit, c\u2019est presque inespéré.La place Royale, coincée entre le Petit-Champlain et le Musée de la civilisation, est vivante et très fréquentée.Le Petit-Champlain est un grand succès et le Musée aussi», souligne fièrement M.Vaugeois, aujourd\u2019hui copropriétaire des éditions du Septentrion.Une claque du fédéral Au départ, le plan original pour la construction du Musée de la civilisation (MCQ) comprenaittrois phases.La première phase consistait à reprendre contact avec les anciens quais, lever «l\u2019hypothèque archéologique».La deuxième phase, elle, était de construire un musée comme on le connaît actuellement, avec quelques larges fenêtres pour permettre un contact visuel avec le fleuve.La dernière phase, qui n\u2019aura probablement jamais lieu, consistait à construire de l\u2019autre côté de la rue Dalhousie une annexe avec un escalier qui mènerait au fleuve, afin d\u2019avoir un contact physique avec ce dernier.«Ç\u2019a été de la magouille politique gênante, c\u2019étaittoutàfaitillégal», estime Denis Vaugeois au sujet de l\u2019intervention du gouvernementfédéral lors de la construction du Musée.Le gouvernement fédéral, bien au courant d\u2019une troisième phase, avait décidé à l\u2019époque de céder le terrain en face du MCQ.«Il nous avait dit que le garage construit était temporaire.Mais ç\u2019a pas été temporaire, il a eu des condos de luxe au-dessus par la suite», se souvient l\u2019ancien ministre des Affaires culturelles, avec encore un peu de frustration.Il n\u2019a cependant pas été le seul à ressentir une certaine frustration ou plutôt à avoir des regrets.Dans les dernières confidences de Jean Pelletier, publiées par Gilbert Lavoie en 2009, il rappelle les pressions faites sur lui pour autoriser la construction de ces condos.«Finalement, j\u2019ai autorisé l\u2019émission de permis, maisje le regrette encore», avait souligné l\u2019ancien maire de Québec.JEAN-MICHEL GENOIS GAGNON (COLLABORATION SPÉCIALE) Y4 ZONE MUSÉE DE LA CIVILISATION jeudi 16 mai 2013 leSoleil 5 h&2sâsi§: \u2022^V .- -, ¦RCIATOÜS VS VISITEURS mmm Vv ' J Jrf't mm .v.\t_____ ^\t^ : - ' 1\tLa construction du Musée de la civilisation (MCQ) en 1985.Il aura fallu trois ans et un peu plus de 39 millions $.2\tLe MCQ fête ses trois ans.Plus de 2,3 millions de personnes avaient déjà visité le MCQ.3\tRoland Arpin (à droite), le premier directeur du MCQ, en compagnie de Mme Léonne Bouchard, la millionième visiteuse en 1990.CE QU\u2019ILS ONT DIT.«Une collection qui ne se développe pas est une collection qui meurt» \u2014 Michel Côté, directeur général du MCQ «La naissance du Musée, c\u2019est l\u2019expression tangible de la volonté des Québécois de ne pas perdre la trace de leur passé, de retrouver leurs racines, de conserver d\u2019importants acquis et de s\u2019y appuyer dans leurs actions de développement» \u2014 Robert Bourassa (photo), premier ministre du Québec de 1970 à 1976 et de 1985 à 1994 «Le Musée de la civilisation se veut un lieu de culture que les gens prennent plaisir à fréquenter parce qu\u2019ils se sentent chez eux! [.] C\u2019est une histoire d\u2019amour que nous désirons établir avec la population.Un beau défi !» \u2014 Roland Arpin, le premier directeur du MCQ (Rapporté dans LeSoleil, 20 octobre 1988) «Comme on se définit comme un musée de société, c\u2019est certain et très important pour nous d\u2019être très près des gens.Il faut échanger avec eux.On va à leur rencontre et on les écoute afin de faire des choses non pas pour eux, mais avec eux» \u2014 Hélène Pagé, directrice de la médiation culturelle et éducative au Musée de la civilisation «Le musée maintenant est à l\u2019échelle d\u2019une planète qui communique beaucoup.Les portes sont plus nombreuses.mais la compétition aussi.Il faut se créer une personnalité forte pour pouvoir émerger du lot.Il faut se trouver une signature unique et demeurer une référence» \u2014 Hélène Bernier, directrice des expositions et des affaires internationales PROPOS RECUEILLIS PAR JEAN-MICHEL GENOIS GAGNON ET JOSIANNE DESLOGES leSoleil jeudi 16 mai 2013 ZONE MUSEE DE LA CIVILISATION Y5 «Un projet audacieux!» C\u2019est dans un quartier défavorisé et en pleine réhabilitation que le Musée de la civilisation (MCQ) a choisi de faire sa niche.Près du Petit-Champlain et aux côtés de place Royale, deux endroits ravagés par le temps et plus ou moins populaires à l\u2019époque auprès des citoyens.Rares étaient les restaurants et les hôtels.Il fallait trouver une façon pour donner un second souffle à l\u2019endroit.Comment faire pour ramener les Québécois au coeur même de la ville?«C\u2019était un projet très audacieux avec un architecte génial [Moshe Safdie]», se remémore Jean-Paul L\u2019Allier (photo), maire de Québec de 1989 à 2005.«Les gens se demandaient commenton pouvait faire atterrirun bâtiment de cette dimension-là dans le Vieux-Québec sans tout défigurer.Et lorsqu\u2019on l\u2019a vu terminé, cela a été un grand moment de fierté.» PRENDRE CONTACT AVEC LA VILLE PourM.L\u2019Allier, qui travaillait en 1988 dans un bureau privé situé en face de l\u2019édifice, le MCQ agrandement contribué au développement du quartier, mais a avant tout permis à des milliers de Québécois et touristes de prendre connaissance de la ville et d\u2019entrer en contact avec son histoire.«Un musée, ce n\u2019est pas Walt Disney.Il ne faut pas tout mesurer en fonction du nombre de restaurants et de repas servis.ce n\u2019est pas ça.C\u2019est un moteur d\u2019éducation, de culture et d\u2019éveil à la curiosité.Un musée, ça amène du monde et ça permet de partager la ville.» Aujourd\u2019hui, le MCQ fête ses 25 ans, mais fête avant tout «la rencontre d\u2019un homme culturel de génie, Roland Arpin [premier directeur du Musée], avec le besoin d\u2019avoir au Québec un musée qui nous rappelle à la fois notre histoire et la façon qu\u2019on l\u2019a vécue», conclut M.L\u2019Allier, qui visite encore régulièrement le MCQ.JEAN-MICHELGENOISGAGNON (COLLABORATION SPÉCIALE) Le défi des relations internationales La première exposition internationale qu\u2019Henri Dorion, à l\u2019époque directeur de la recherche, de la conservation et des relations internationales, a présentée au Musée de la civilisation fut Toundra Taïga.- photo le soleil, Patrice laroche JEAN-MICHEL GENOIS GAGNON Collaboration spéciale Limités dans leurs moyens de communication à travers le monde \u2014 comparativement à aujourd\u2019hui avec Internet \u2014, les dirigeants du Musée de la civilisation (MCQ) avaient besoin d\u2019une personne en 1988 qui possédait un carnet d\u2019adresses s\u2019étalant d\u2019un océan à l\u2019autre.Comment dénicher la perle rare qui serait en mesure d\u2019apporter avec lui au MCQ plusieurs relations internationales qui permettraient d\u2019enrichir les expositions?Après quelques discussions et quelques poignées de mains, c\u2019est Henri Dorion qui fut l\u2019homme de confiance du directeur du MCQ de l\u2019époque, Roland Arpin.Fils d\u2019un père québécois et d\u2019une mère russe, M.Dorion possédait beaucoup d\u2019expérience à l\u2019international.Il étaitl\u2019homme idéal pour la situation du musée qui avait besoin dès son ouverture de pouvoir prendre contact avec le reste du monde.M.Dorion avait travaillé comme délégué général du Québec à Mexico (1980-1982) et comme directeur général puis sous-ministre adjoint au ministère des Relations internationales (1982-1985).Celui qui venait d\u2019être nommé directeur de la recherche, de la conservation et des relations internationales avait bien l\u2019intention, pour la première exposition internationale du MCQ, de se servir de ses contacts en Russie pour faire connaître aux Québécois une partie de ses origines familiales.«Je connaissais le pays et ses canaux de communication.Ce sont les raisons pourquoi j\u2019ai proposé la Russie.Et c\u2019est là que nous avons faitl\u2019expo-sition Toundra Taïga», se remémore le nouveau professeur retraité de l\u2019Université Laval.Toundra Taïga était une exposition qui mettait en comparaison les Inuits du Québec et les peuples nordiques de Sibérie.Toundra Taïga a été présentée par la suite à Moscou et à Saint-Pétersbourg.«De fil en aiguille, on a élargi par la suite.Durant mes cinq années en poste, j\u2019ai dirigé une quinzaine d\u2019expositions : Turquie, Colombie, Roumanie, Tunisie.» se rappelle M.Dorion, ajoutant qu\u2019à l\u2019époque la principale difficulté rencontrée ri était pas la communication avec les partenaires, mais plutôt l\u2019accès à l\u2019information qui était souvent contrôlé.FORTE CONCURRENCE Aujourd\u2019hui, le principal défi des relations internationales est du point de vue de la concurrence.Selon Hélène Bernier, directrice des expositions et des affaires internationales, être un musée en 2013 est beaucoup plus complexe qu\u2019en 1988.«Le musée maintenant est à l\u2019échelle d\u2019une planète qui communique beaucoup.Les portes sont plus nombreuses.mais la compétition aussi.Il faut se créer une personnalité forte pour pouvoir émerger du lot.Il faut se trouver une signature unique et demeurer une référence.Il faut réussir à donner le goût de faire affaire avec nous au lieu d\u2019un autre musée.» 3200845 \u201c\u2022\u2014,j::| ABif- LAURIER QUEBEC TIENT À FÉLICITER LE MUSÉE DE LA CIVILISATION POUR SON 25e ANNIVERSAIRE! - ' Y6 ZONE MUSÉE DE LA CIVILISATION jeudi 16 mai 2013 leSoleil smai V \" .* m * Hélène Bernier, directrice des expositions et des affaires internationales au Musée de la civilisation - photo le soleil, erick labbé Plus de 15 M de visiteurs en 25 ans 250 employés travaillent au MCQ 39 M$ investis pour la construction du MCQ 11 000 activités de médiation culturelle au Musée en 25 ans 460 expositions présentées en 25 ans Faire recette à l\u2019étranger LAURIE RICHARD lrichard@lesoleil.com Le Musée de la civilisation de Québec (MCQ) n\u2019a pas de formule toute prête pour attirer les collaborateurs étrangers.C\u2019est ce qui fait d\u2019ailleurs sa renommée à l\u2019international, souligne Hélène Bernier, directrice des expositions et des affaires internationales de rétablissement.«Notre recette est de ne pas avoir de recette! Ils savent que l\u2019on va inventer la formule à chaque fois.» Les missions locale et internationale du Musée sont intimement liées : on veut faire connaître Québec dans le monde et apporter le monde à Québec, explique la directrice.Pour ce faire, il y a autant de formules d\u2019association que de projets.On prend contact dans les colloques, on s\u2019intéresse aux tendances sur la scène muséologique internationale, on part aussi en mission d\u2019exploration, un peu à l\u2019aventure.Toutes les tactiques sont bonnes pour créer des alliances qui permettront de présenter des expos à l\u2019étranger ou de dénicher de nouveaux projets intéressants pour la capitale.Le MCQ affirme d\u2019abord sa présence sur la scène internationale par l\u2019exportation de ses créations.Fascinantes momies d\u2019Égypte (2009-2010) a notamment été à l\u2019affiche dans quatre villes du Japon.Or des Amériques (2008-2009) a été présentée à Paris.L\u2019Allemagne, les États-Unis, la Belgique et la France ont accueilli Gratia Dei.Les chemins du Moyen-Âge (2003-2004).Et Ingénieuse Afrique a eu droit à une tournée dans quatre pays du continent concernés.L\u2019exposition Ludovica, histoires de Québec, présentée en 2001 à Bordeaux et dirigée par le dramaturge Michel Marc Bouchard, a eu droit à un article favorable dans le quotidien Le Monde.L\u2019auteur Philippe Dagen parle d\u2019une exposition sur l\u2019histoire de Québec efficace, qui pourrait profiter aux conservateurs européens.«Ils pourraient même s\u2019en inspirer», écrivait-il.La plus récente Rome.De ses origines à la capitale d\u2019Italie a aussi bénéficié d\u2019une pleine page dans le Corriere della Sera, le quotidien au plus grand tirage en Italie, à l\u2019été 2011.«Être reconnu ailleurs pour une exposition que l\u2019on a produite a nécessairement un impact local.On n\u2019est pas prophète en son pays, ici non plus.Quand une expo fait du bruit à l\u2019étranger, les Québécois s\u2019y intéressent aussi beaucoup plus», ajoute Mme Bernier.La participation d\u2019artistes à certaines expositions, comme Robert Lepage, avec Métissages, est aussi une carte de visite pour le MCQ à l\u2019étranger.«Ça évoque tout de suite un traitement, une façon de faire connue, une qualité de création; oui, on surfe sur la renommée de quelqu\u2019un!» «Après ça, quand on retourne sur ces territoires pour emprunter des grandes collections, on nous connaît déjà.Il y a un courant de sympathie.On est plus enclin à nous faire confiance», dit Mme Bernier.ALLEMAGNE Il y a un peu plus d\u2019un an, une équipe du MCQ s\u2019est rendue en Allemagne, territoire bouillonnant de créativité, mais où le Musée a peu de contacts, raconte Mme Bernier.Parfois, ils y vont de leurs propositions, d\u2019autres fois, ils reviennent de la «pêche» avec des prises encore plus intéressantes qu\u2019ils ne l\u2019avaient imaginé.En rencontrant des directeurs de musées allemands, ils ont été agréablement surpris : on leur a carrément proposé une expo sur les dieux grecs et romains, présentée il y a quelques années au Musée de Per-game de Berlin.Le retour des dieux sera à l\u2019affiche au MCQ en 2014.«Des fois, on tombe en bas de notre chaise!» Il y a quelques années, le Musée a emprunté des objets à la Cité interdite \u2014 le palais au sein de la Cité impériale de Pékin \u2014 pour l\u2019exposition Dragons.Entre science et fiction.«On n\u2019a pas fait de spécial, pas traité les pièces de façon différente.» Mais la façon de faire du MCQ avait eu des échos jusqu\u2019en Chine.Début avril, une équipe de la Cité interdite est venue au MCQ pour observer la manière dont on traite les pièces, les systèmes de sécurité, l\u2019entreposage des collections.«La confiance repose sur une accumulation de détails», remarque Mme Bernier.Il faut toujours être à l\u2019affût et garder en tête la mission du Musée, pour projeter l\u2019image voulue.L\u2019attitude du gardien de sécurité comme le maniement des pièces de collection peut avoir un impact.«On ne sait jamais qui sort du Musée!» Muséologie nouveau genre Il y a une vingtaine d\u2019années, plusieurs institutions venaient s\u2019inspirer du Musée de la civilisation de Québec (MCQ), rappelle Hélène Bernier, directrice des expositions et des affaires internationales de l\u2019établissement.Il y avait alors peu de musées de sociétés dans le mon-deetleMCQfaisaitjaseren Europe! Le professeur allemand Martin Roth, aujourd\u2019hui directeur du Victoria and Albert Museum de Londres, a visité le MCQ pour la première fois à la fin des années 80, dans ses recherches à l\u2019École des hautes études en sciences sociales de Paris.«Tout le monde était excité à propos d\u2019un nouveau genre de muséologie provenant, de manière imprévue, du Québec.Une vraie surprise pour les Parisiens : l\u2019avenir provenant d\u2019outremer!» a raconté le Dr Roth au Soleil.Sa première impression?Il s\u2019agissait du seul musée capable de conjuguer «le pragmatisme nord-américain avec le style de vie européen et les défis politiques des Premières Nations».Plusieurs visites s\u2019en sont suivies.«Le Musée de la civilisation était un faiseur de tendances à ce moment.» Le professeur s\u2019enthousiasmait à l\u2019idée de travailler avec ce nouveau groupe d\u2019experts canadiens à l\u2019approche multiculturelle.M.Roth soutient que les acteurs du Musée d\u2019aujourd\u2019hui, tels que le directeurgé-néral Michel Côté et Hélène Bernier, sont bien connus à l\u2019étranger dans le milieu.Pour le 25e anniversaire du MCQ, M.Roth y va même d\u2019une proposition.«L\u2019ordre mondial a complètement changé.La guerre froide est terminée, le mur [de Berlin] a disparu, la Chine est un pays différent, et la Russie, en quelque sorte aussi.Il serait intéressantde voir une exposition sur les grands changements des 25 dernières années!» LAURIE RICHARD leSoleil jeudi 16 mai 2013 ZONE MUSÉE DE LA CIVILISATION Y7 ~3k., tmsê ¦*&=?= fessai |Mtrr » \u2014< '\tY.':.Si- ¦' ' - Fpi \"v; iSSMll «Habituellement, le gouvernement italien ne permet pas que les œuvres sortent plus de six mois du pays.Mais le MCQ a réussi à obtenir une dérogation pour la durée de l\u2019expo, soit neuf mois» \u2014 Daniela Renosto, déléguée du Québec à Rome Pièces de l\u2019exposition Rome - photos le soleil, erick labbé et pascal ratthé Un «projet fou», de Rome à Québec LAURIE RICHARD lrichard@lesoleil.com Les délégations du Québec à l\u2019étranger agissent comme ambassadeurs pour le Musée de la civilisation (MCQ).L\u2019appui de Daniela Renosto, déléguée du Québec à Rome, a largement facilité la réalisation de l\u2019ambitieuse Rome.De ses origines à la capitale d'Italie.Et il s\u2019agissait du coup pour leur bureau d\u2019une excellente occasion de faire rayonner le savoir-faire québécois.Mme Renosto s\u2019est imposée comme agente de liaison entre le MCQ et les institutions romaines pour la création de l\u2019expo présentée en 2011 -2012.La délégation a notamment permis la connexion entre le musée de Québec et le commissaire italien Giovanni Gentili.Ce dernier est venu à Québec en 2009 pour voir la façon de travailler du MCQ.«À son retour, il était très emballé par ce qu\u2019il a vu et il y est allé d\u2019une idée qui au départ peut sembler folle : présenter 2600 ans d\u2019histoire de la ville de Rome.Ça ne s\u2019était jamais fait même en Italie! C\u2019était un projet tellement fou que c\u2019en était emballant», raconte Mme Renosto, jointe à Rome.Les musées italiens sont très riches en collections et en œuvres d\u2019art, mais le milieu est aussi fasciné par les institutions québécoises reconnues pour leur expertise en montage d\u2019exposition et en conservation.Le MCQ bénéficiait d\u2019un «préjugé favorable au départ», explique Mme Renosto.Il a même eu droit à une petite faveur! «Habituellement, le gouvernement italien ne permet pas que les œuvres sortent plus de six mois du pays.Mais le MCQ a réussi à obtenir une dérogation pour la durée de l\u2019expo, soit neuf mois.» «TRAIT D\u2019UNION» La délégation à Rome a aussi servi de «trait d\u2019union» entre le MCQ et la trentaine d\u2019institutions prêteuses.Traductions, correspondance, suivis.on s\u2019est assuré que toutes les demandes arrivaient à bon port.«La bureaucratie italienne ne donne pas sa place», note la déléguée.Des responsables de ces institutions ont accompagné les œuvres à Québec.«C\u2019est quand même important comme capital de crédibilité.Ça a permis aux institutions italiennes de prendre connaissance de la qualité et de l\u2019importance de nos propres institutions.» Un autre projet italien serait d\u2019ailleurs dans les cartons.3193444 ARDAIA ARCHITECTURE ARCHITECTES MANDATÉS NORMES SISMIQUES Installation d\u2019une structure d\u2019acier dissimulée ISOLATION THERMIQUE Augmentée et continue par l\u2019extérieur PAREMENT DE PIERRE Récupération de 65 % des pierres de parement ££ Cette intervention majeure est une RÉUSSITE grâce à une APPROCHE INNOVATRICE et à un NOUVEAU DESIGN TECHNIQUE d\u2019installation de la maçonnerie.n POUR LA MISE AUX NORMES DE L\u2019ENVELOPPE MURALE AFIN DE CONSERVER ET DE PRÉSERVER L\u2019OEUVRE ARCHITECTURALE DU MUSÉE POUR SES 25 ANS Y8 ZONE MUSÉE DE LA CIVILISATION jeudi 16 mai 2013 leSoleil Pierrette Lafond est la responsable du centre de documentation et de la bibliothèque ancienne au Musée de la civilisation.- photo le soleil, erick labbé v y k ST'S DOCUMENTATION La gardienne du chaos JOSIANNE DESLOGES Collaboration spéciale Arrivée au Musée il y a 23 ans, Pierrette Lafond est la responsable du centre de documentation et de la bibliothèque ancienne.Son métier : chercher et trouver les écrits nécessaires pour permettre aux expositions de naître.À une époque où la circulation et la prolifération de l\u2019information explosent sur le Web, Mme Lafond se doit de continuer de faire des recherches extrêmement précises, autant dans des ouvrages chargés d\u2019histoire et d\u2019humanité que sur son écran.«Ici, les besoins sont très précis et il faut toujours valider nos sources.Et parfois, ça va tellement vite, qu\u2019il n\u2019y a pas ce garde-fou.Je dis à la blague que je suis la gardienne du chaos», indique Mme Lafond, bien installée dans son bureau dont la fenêtre donne sur la rue de la Barricade.En plus des collections d\u2019ouvrages qui appartiennent aux Musées de la civilisation, elle a accès à une quarantaine de bibliothèques spécialisées.Elle entretient toutefois un rapport privilégié avec la bibliothèque des livres rares et anciens, au Séminaire de Québec, la mère de toutes les bibliothèques au Québec, qui contient 350 ans d\u2019histoire d\u2019information pédagogique et intellectuelle et fait partie du Registre Mémoire du monde de l\u2019UNESCO.Sa maîtrise en ethnologie portait d\u2019ailleurs sur des livres mis à l\u2019index qui en font partie.TOUJOURS DU NOUVEAU Lorsqu\u2019elle arrive au bureau, le matin, elle ne sait jamais ce qui l\u2019attend.«On travaille souvent sur huit ou dix expositions à la fois, et autant de projets de médiation, en plus des appels de l\u2019extérieur», constate-1-elle.En plus, elle s\u2019efforce de suivre Eactualité des musées du monde et d\u2019alimenter la réflexion des équipes du MCQ.«J\u2019ai l\u2019avantage d\u2019avoir mes usagers près de moi et de savoir sur quoi ils travaillent.» Lorsque le téléphone sonne, elle se concentre instantanément sur la recherche.Ses logiciels spécialisés et même le géant Google lui obéissent au doigt et à l\u2019œil.Les livres sont plus capricieux, mais sont parfois des objets uniques.«Je peux envoyer des documents en instantané à nos collaborateurs internationaux et avoir accès à des ouvrages qui ont 700 ans d\u2019histoire.Le meilleur des deux mondes», souligne-t-elle.Design : espaces d\u2019expériences Marie Beaudoin, nouvelle directrice du service de la muséographie, et Élizabeth Moisan, designer d\u2019exposition - photo le soleil, erick labbé ¦Ljg**amm S*.' «.i m É'-A 'H' a&f.à J: «Ici, le design d\u2019exposition se conçoit à quatre têtes, avec le chargé de projet qui est le chef d\u2019orchestre, le conservateur qui s\u2019occupe des objets, l\u2019équipe de chercheurs qui donne la validation scientifique, et nous, lorsque le design est fait à l\u2019interne» \u2014 Élizabeth Moisan, designer d\u2019exposition JOSIANNE DESLOGES Collaboration spéciale IJ Marie Beaudoin, nouvelle directrice du service de la muséographie, et Élizabeth Moisan, designer d\u2019exposition, ont créé les aspects spatiaux, sonores et visuels de grandes expositions du MCQ.Notamment Samouraï, Dieu(x) modes d\u2019emploi et Territoires pour la première; Rome, Fascinantes momies d\u2019Égypte et Riff pour la seconde.«Ici, le design d\u2019exposition se conçoit à quatre têtes, avec le chargé de projet qui est le chef d\u2019orchestre, le conservateur qui s\u2019occupe des objets, l\u2019équipe de chercheurs qui donne la validation scientifique, et nous, lorsque le design est fait à l\u2019interne», explique Mme Moisan, qui a une formation en architecture.Selon le type d\u2019exposition, thématique ou d\u2019objets, la manière de créer l\u2019espace change.Une expo thématique, comme Riff ou Territoires, engendre plus de stress, puisqu\u2019au départ, c\u2019est la page blanche.Lorsqu\u2019il y a des objets, il faut les faire parler, ce qui nécessite parfois de sortir les prêteurs ou les conservateurs de leur zone de confort.«FAIRE VIVRE UNE EXPÉRIENCE AU VISITEUR» «Le but du design n\u2019est pas de se mettre en valeur, mais de mettre les objets en valeur et de faire vivre une expérience au visiteur», expliquent les deux designers, qui aiment être impliquées tôt dans l\u2019élaboration des expositions, pour créer un espace global plutôt qu\u2019un parcours sectionné.«C\u2019est vraiment une communication en trois dimensions dans un espace», précise Mme Beaudoin.«Parfois, la salle ne veut pas! C\u2019est difficile à expliquer, c\u2019est une question de sensation», ajoute sa collègue.Lorsqu\u2019une exposition voyage, le design peut se transformer complètement d\u2019un musée à l\u2019autre, et le MCQ a su se démarquer et se faire un nom au fil des ans.Et lorsqu\u2019une exposition permanente est remodelée, on en profite toujours pour lui donner un nouveau visage.Pour C\u2019est notre histoire, l\u2019exposition sur les Amérindiens qui sera inaugurée cet automne, Mme Moisan a déjà comme idée de créer une structure qui incitera les visiteurs à lever la tête, alors qu\u2019on essaie normalement de faire oublier les plafonds.Une fois la conception terminée, elles ont environ huit semaines pour construire l\u2019espace d\u2019exposition, peaufiner le décor et installer les objets et les textes.Rome a représenté un défi particulier, puisqu\u2019il fallait construire des supports sans connaître le poids de certains objets précieux, qui arrivaient seulement quelques jours avant l\u2019ouverture, et devaient être accompagnés en tout temps d\u2019un groupe de conservateurs italiens et de gardiens de sécurité. leSoleil jeudi 16 mai 2013 ZONE MUSÉE DE LA CIVILISATION Y9 630 000 visiteurs en moyenne par année au Musée de la civilisation 1 000 000 d\u2019internautes visitent le site Web du Musée chaque année 8 nouvelles expositions sont présentées en moyenne par année au MCQ L\u2019œuvre La débâcle d\u2019Astri Reusch - photo le soleil, steve deschênes ¦ &Üli mm §Sggf| Kl ïémM St * i gjga mm La débâcle printanière L\u2019œuvre La débâcle, qui a été coulée à certains endroits à même les fondations du bâtiment, est toujours présente et intacte au MCQ, même 25 ans plus tard.Elle représente la débâcle printanière de glaces, mais aussi «la force de la nature ainsi que les bouleversements sociaux que le Québec connut», ajoute Mme Reusch, qui collabore toujours avec le MCQ.«L\u2019inspiration pour cette œuvre vient directement d\u2019une série que j\u2019étais en train d\u2019explorer à l\u2019époque : Ombres des ancêtres oubliés (photo en dessous).Cette série \u2014 que je continue à développer dans mes sculptures de verre \u2014 concerne le concept de l\u2019évocation et la concrétisation de la mémoire dans les objets physiques : pierre, glace, restes archéologiques [.] L\u2019apparence de ces formes de pierre coulées en verre JEAN-MICHELGENOIS GAGNON Collaboration spéciale 1982.Sachant que sa préouverture aurait lieu en 1987, le Musée de lacivilisation(MCQ)décidad\u2019orga-niser une compétition à l\u2019échelle du Québec pour concevoir et réaliser une sculpture dans le hall d\u2019entrée ayant comme thème le fleuve Saint-Laurent.La question artistique concernait la façon de parvenir à créer une œuvre pour exprimer une matière essentiellement horizontale, c\u2019est-à-dire l\u2019eau du fleuve en mouvement.«Après avoir étudié les différents aspects du fleuve pendant toute l\u2019année, j\u2019ai décidé que c\u2019est lorsque l\u2019eau se transforme en glace qu\u2019elle représente le plus d\u2019opportunités pour créer des masses sculpturales», a souligné la gagnante du concours de l\u2019époque, Astri Reusch.«C\u2019est pendant la période de la débâcle des glaces au printemps que le grand plan horizontal du fleuve devient une scène dramatique où les banquises de glace surgissent du fleuve pour en faire un immense paysage de formes en trois dimensions».«L\u2019inspiration pour cette œuvre vient directement d\u2019une série que j\u2019étais en train d\u2019explorer à l\u2019époque : Ombres des ancêtres oubliés» \u2014 Astri Reusch tombait bien pour ma conception d\u2019une œuvre sculpturale basée sur l\u2019entassement des glaces du Saint-Laurent et le thème du fleuve choisi par le Musée.» Un aspect de l\u2019œuvre est «la baie des esprits», où se trouve actuellement un ancien bateau.Il a été créé afin d\u2019accueillir les esprits des personnes aujourd\u2019hui disparues qui seraient venues à cet endroit par le passé.LES VISAGES DE L\u2019INFORMATION à RADIO-CANADA LE POUVOIR DE PARTAGER A LA RADIO PREMIÈRE HEURE En semaine dès 5 h 30 QUÉBEC 12-30 En semaine à 12 h30 RADIO-CANADA CET APRÈS-MIDI En semaine dès 15h A LA TELEVISION TÉLÉJOURNAL 7 jours 18 h SUR LE WEB ET MOBILE Radio-Canada.ca/quebec RADIO TELEVISION INTERNET Y10 ZONE MUSÉE DE LA CIVILISATION jeudi 16 mai 2013 leSoleil Quelques expositions mémorables du MCQ Toundra, Taïga (1988-1989) Souffrir pour être belle (1988-1989) Je vous entends chanter (1995-1996) Les hommes de fer d\u2019Autriche impériale (1995) Femmes, corps et âme (1996-1997) Téléromans (1996-1998) Xi\u2019an, capitale éternelle (2001-2002) Diamants (2001-2002) Gratia Dei.Les chemins du Moyen-Âge (2003-2004) Astérix et les Romains (2003-2005) Au Pérou avec Tintin (2006-début 2008) L\u2019aventure cinéma (v.o.québécoise, 2006-2008) Or des Amériques (2008-2009) Fascinantes momies d\u2019Égypte (2009-2010) Rome.De ses origines à la capitale d\u2019Italie (2011-2012) Samouraï.Chefs-d\u2019œuvre de la collection Ann et Gabriel Barbier-Mueller (2012-2013) JOSIANNE DESLOGES wmm \\ V'K-: àmè/J-m\tWM\tA te F jrjÊF/\t/ m\tJ \t Dany Brown, directeur par intérim au service des collections, des archives historiques et de la bibliothèque - photo le soleil, erick labbé COLLECTIONS Marqueurs de société JOSIANNE DESLOGES Collaboration spéciale Classés, identifiés, tempérés, les 225 0 00 objets de la collection des Musées de lacivilisation (MCQ) attendent patiemment dans le Centre national de conservation et d\u2019étude des collections (appelé plus communément la réserve) d\u2019être étudiés ou mis en valeur dans une exposition.Une toute petite équipe est à l\u2019œuvre dans ce lieu hautement sécurisé du parc industriel Saint-Malo.Les immenses pièces remplies de rayons sont sombres et silencieuses.Y déambuler tient presque du pèlerinage, d\u2019autant plus que les visiteurs y sont rarement autorisés.Nous sommes guidés par Dany Brown, directeur par intérim au service des collections, des archives historiques et de la bibliothèque.Il sait exactement quels tiroirs ouvrir pour nous faire faire une visite efficace et complète.À chaque objet son lot, sa fiche, son bâtiment, sa voûte, sa section.Le tout est classé par matériau.Une chambre froide, à laquelle on accède par un sas, contient les artefacts de fourrure, de cuir, de cire, dont plus des deux tiers de la collection autochtone.La voûte des métaux est plus sèche, et contient l\u2019argenterie, les bijoux, etc.La voûte des spécimens naturalisés et en bocaux a un système d\u2019aération autonome, qui évite les risques de contamination.Dans la salle des textiles, qui contient plus de 14 000 pièces, c\u2019est la lumière qui risque de détériorer les artefacts.Tout (robes de couturiers, costumes, bannières de campagne électorale, etc.) est donc dans des housses, des tiroirs ou des boîtes.Les plus vastes pièces contiennent les objets en bois et les objets en matériaux composites.Statuaire religieux, instruments de musique, appareils photographiques, machines à écrire, jouets, art populaire, décorations de Noël, «de très anciennes de l\u2019époque victorienne jusqu\u2019aux plus typiques des années 60», spécifie M.Brown, de la vaisselle, dont tous les morceaux du service de vaisselle à l\u2019effigie de Duplessis, s\u2019y trouvent entre autres.Il y a aussi une salle qui contient un millier de peintures.Des sculptures d\u2019art inuit, une collection impressionnante d\u2019enseignes en bois, des meubles miniatures utilisés par les représentants de commerce, un nombre incroyable de chaises et de fauteuils occupent les rayons.«Parfois, elles sont endommagées, mais ça ne veut pas dire qu\u2019on ne doit pas les conserver.Si elles sont exposées un jour, elles bénéficieront d\u2019une restauration», indique M.Brown.Le plus gros du corpus témoigne de l\u2019évolution de la société québécoise, mais parmi les collections étrangères, on retrouve une partie du legs du Séminaire de Québec, les collections chinoises de l\u2019ancien Musée des Jésuites, la collection du Dr Aldo Lo Curto sur l\u2019Amazonie.SOUCI D\u2019ACTUALISATION «Une collection qui ne se développe pas est une collection qui meurt», croit Michel Côté, à la tête du MCQ, qui a d\u2019abord la mission d\u2019acquérir des objets qui ont été des marqueurs de l\u2019évolution de la société.Environ 80 % des dons offerts au MCQ sont refusés, l\u2019inventaire étant régi par des critères d\u2019acquisition très précis.«Notre collection jusqu\u2019à maintenant était pluridisciplinaire, mais ne rendait pas compte des mouvements plus contemporains», note toutefois M.Côté, bien décidé à ce que des créations de designers actuels et des meubles d\u2019aujourd\u2019hui viennent compléter les pièces datant de l\u2019École du meuble et les collections de costumes de la Nouvelle-France.Récemment, l\u2019institution a mis la main sur les archives et la collection d\u2019art populaire de Pierre Gauvreau, qui seront mis en valeur dans une exposition l\u2019automne prochain, ainsi que sur la collection d\u2019objets du designer Michel Dallaire et sur les archives, les décors et les marionnettes du Théâtre de Sable, qui étaient au classement lors de notre visite de la réserve.La «nouvelle réserve», construite en 2003, contient deux bâtiments, mais devrait être agrandie au cours des prochaines années.«Parfois, elles sont endommagées, mais ça ne veut pas dire qu\u2019on ne doit pas les conserver.Si elles sont exposées un jour, elles bénéficieront d\u2019une restauration» \u2014 Dany Brown, directeur par intérim au service des collections, des archives historiques et de la bibliothèque au MCQ «Notre collection jusqu\u2019à maintenant était pluridisciplinaire, mais ne rendait pas compte des mouvements plus contemporains» \u2014 Michel Côté, directeur général du MCQ leSoleil jeudi 16 mai 2013 ZONE MUSEE DE LA CIVILISATION Y11 Atelier : les doigts de fée O ^ Au sous-sol du Musée de la civilisation (MCQ), une équipe de techniciens chevronnés s\u2019activent ets\u2019appliquentàemballer, déballer, préparer et à trouver des solutions ingénieuses pour que les expositions se concrétisent.«On ouvre les caisses à l\u2019arrivée, on les fait même parfois nous-mêmes lorsqu\u2019elles repartent», indique Jeanne Méthé (photo), technicienne en muséographie.«On manipule les objets selon leurs normes spécifiques, et on trouve des moyens concrets pour qu\u2019ils soient bien présentés», ajoute celle qui a travaillé sur les plateaux de tournage et au théâtre.«On touche à toutes les expositions, conçues à l\u2019interne comme à l\u2019externe, et ça roule», explique Mme Méthé, qui a notamment fabriqué les têtes pour l\u2019exposition Chapeaux, plusieurs éléments de Film en aiguille, présenté au Musée de l\u2019Amérique francophone, et les armatures destinées à donner corps aux armures de Samouraï.«La manière traditionnelle de présenter les armures est de les exposer sur leur coffre de transport, mais ce qu\u2019on voulait, c\u2019est les voir debout», raconte-t-elle.Convaincue de l\u2019intérêt de cette présentation non traditionnelle, elle fabrique même une armure chez elle et la place surune structure ajustable qui avait été acquise pour l\u2019exposition Nomades.Les prêteurs sont séduits.Ces «bonshommes allumettes» ont beaucoup servi au fil des ans, puisqu\u2019on peut y mouler le corps désiré et y ajouter simplement des mains et une tête.Celles acquises à la fermeture du musée de cire de Québec en 2007 et de celui de Montréal en 1989 font d\u2019ailleurs partie de la collection du MCQ.JOSIANNE DESLOGES (COLLABORATION SPÉCIALE) MÉDIATION CULTURELLE ET ÉDUCATIVE Autres regards sur les expositions JOSIANNE DESLOGES Collaboration spéciale L\u2019offre d\u2019un musée, ce n\u2019est plus seulement des expositions.C\u2019est aussi des activités éducatives et des activités culturelles qui les complètent, les étoffent et les enrichissent.Pour l\u2019équipe d\u2019Hélène Pagé, directrice de la médiation culturelle et éducative, le public est un partenaire essentiel.Environ 500 activités par année sont organisées par le service.«On a des gens qui ont étudié en communication, en pédagogie, en musicologie, mais on est tous unis Poussé à réfléchir Le Musée de la civilisation est investi dans la société de plusieurs façons.La principale façon selon Hélène Pagé est en invitant les personnes à se questionner et à réfléchir sur les enjeux de la société.«Comme on se définit comme un musée de société, c\u2019est certain et très important pour nous d\u2019être très près des gens.Il faut échanger avec eux.On va à leur rencontre et on les écoute af in de faire d es ch o-ses non pas pour eux, mais avec eux», a souligné la directrice du Service de la médiation culturelle et éducative et des relations avec les musées québécois.En travaillant de pair avec les citoyens, le Musée parvient à sensibiliser les gens et à développer leur sens critique en les poussant à réfléchir.«Nous n\u2019avons pas toutes les réponses, mais nous vou-lonsdonnerauxgens la possibilité d\u2019ouvrir leurs horizons et d\u2019avoir envie de fouiller plus loin.» Lors d\u2019une exposition sur la question des droits de l\u2019homme, les visiteurs étaient invités à la fin de l\u2019exposition à choisir un organisme pour lequel ils poseraient un geste.«Ce qui a été impressionnant, c\u2019est de voir les gens réfléchir à leur choix.Etc\u2019estcelaqu\u2019on veu t crée r», a co n cl u I a d i rect ri ce.JEAN-MICHEL GENOIS GAGNON (COLLABORATION SPÉCIALE) Hélène Pagé, directrice de la médiation culturelle et éducative au Musée de la civilisation - photo le soleil, erick labbé par une même passion», constate-t-elle.«On ouvre aussi nos portes à des jeunes créateurs et de jeunes chercheurs, parce qu\u2019on a besoin d\u2019eux pour comprendre les enjeux de notre société.La meilleure exposition du monde n\u2019arrivera jamais à tout dire sur le sujet.Il faut proposer d\u2019autres lectures.» À la création du MCQ il y a 25 ans, Mme Pagé a quitté son poste de fonctionnaire au ministère des Affaires culturelles, séduite par les possibilités de créer et de mener à terme une multitude de projets et de collaborations.«On travaille beaucoup avec les artistes de Québec.Philippe Solde-villa a fait ses premières armes ici, comme plusieurs acteurs qui ont fait des capsules théâtrales l\u2019été.Arielle Warnke St-Pierre et Sonia Montminy ont élaboré des chorégraphies in situ dans les espaces d\u2019exposition.Maintenant, tous les musées s\u2019y mettent, mais il y a dix ans, on était pratiquement les seuls», explique Mme Pagé.SUJETS DE FIERTÉ Parmi ses sujets de fierté, elle évoque la conférence de Ginette Reno en marge de Pexposition Le langage de la musique, Les fêtes autour du conte, qui sont devenues le festival Haut-Parleur et la série Participe Présent, des débats en collaboration avec Le Soleil et l\u2019Université Laval.Le Musée sort aussi des murs avec des initiatives comme Drogues, Ado express, Démocratie en route et Le magasin général, qui s\u2019adresse aux personnes âgées en centre d\u2019hébergement et ravive souvenirs et mémoire par des images d\u2019objets de la collection du MCQ.^^^Félicitation^ourl^^ck^^^^^ Musée de la Civilisation et merci de son apport inestimable ! rtTc COGECO Metromedia Fière de participer au rayonnement de la culture québécoise 3194947 Construction Couture & Tanguay En tant que spécialiste en rénovation, Construction Couture &Tanguay est fier de partager avec le Musée de la civilisation de Québec.f)aAtrLcn*- dit La, enJttiU/tA.Bon 25e anniversaire! couturetanguay.ca 418 831-1019 £ua.
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