Le Journal des Trois-Rivières, 12 janvier 1880, lundi 12 janvier 1880
[" \u201c leur jetaient en riant les spectatrices de Quinzième Année.Tho:s-Rivières, Lundi 12 Janvier 1880.CATHOLIQUE, POLITIQUE, ET LITTERAIRE, REDIGE PAR UN } Comité de Collaborateurs\u2014x Feuilleton du \u201cJOURNAL.\u201d JEAN LIVOIRIER.| RAOUL DE NAVERY VIII IPHIGÉNIE AUX GRANDES INDES.Achille, le bouillant, l'invineible Achille, coiffé d'un casque en cuir bouilli, enveloppé dans une armure de papier, ceint d'un baudrier qui soutiont une sorte de sabre d'abordago, les bras nus, les jambes à derai- cuchèes par des bottines qui proviennent de 1a toiette d'un officier du bord, avec deux grosses moustaches noires sur le visage, et deux pistolets passés à sa cinture, g'avance avec dos airs de capitan matamore, On dirait un écumeur de mer, Il ébranle sous ses pieds le plancher du théâtre, il coupe les hémnistiches par des interruptions auxquelles n\u2019a point songé Racine.Les \u201c mille sabords ! nom d'un trewblement ! tonnerre à la voile! narsoning d'enfer !\u201d ronflent an milieu des tides, de manidre à faire croire que cette comédie est ia vie de bord des mutelots da Volligear, 11 faut le voir avançaut son poing fermé sous le nez d'Agamemnon, tandis qu\u2019il lui dit de rendre grâce au nœud qui relient se colère, li crie, il maudit, il éclate, il termpête, alors, Mais s'il s'adresse à la tristo fille qu'attend le couteau de Caichas, il flite sa voix, les sous, la fait câline ut chantauts.Si par hasard l'Achille de la troupe est meridional, c'est bien pis ! houchez-vous les oreilles par respect pour Racine.Le matelot provençal est dans la tragédie ce qu'il est à Ja ma.nœuvre.Quant à Iphigénie, vêtue de blanc, los yeux baissés, elle laisse pendre ses deux ras le long de son corps, et copie enfin autant que possible les jeunes filles qui sont grondées par leurs mères.Eh bien! de ces bizarres éléments, il faut le dire à la louange des braves matelots de l'Ontianu et de lu Syrène, il sortit des scènes qui n'étaient pas plus ridicules que la moitié des représentations de tragêdis qui se donnent dans les petites villes de province, et par des acteurs de prolession.es éclairs de vérité, de force et de drame jaillissuient de ces Âmes incultes et étrangères à toutes lesrèglus de l'art, de ces cœurs que tant de fois avaivat fait battre des sentiments généreux.L'instinct taisait des miracles en laveor de ces braves gens si uaïls, si dévoués, si simples; il ne les fait pus chez les artistes des troupes nomades parce quo le vice a bien vite atrophié et corrompu ce qu'il y avait de bon en eux, Le filre de Guignolé joua pendant les entr'actes.Les acteurs fureat applaudis a outrance, rappelés, criblès de bouquets que cette tragèdie qui, sûrement, les avaient plus amusées que n'importe quel vaudeville.Modestes dans leur triomphe, Jacques, Noël, Risque-Tout, Corentin et lvan cherchèrent une petite place d'où ils pussent voir À leur tour les mervoiiles que devuit montrer aux l>uropéens le riche nabab de l'Iude.Nous ne décrirous point la danse gracieuse des Bayadères, aucune de nos aimées françaises ue rivalise avec cette grû- ce qui semble foire partie d'elles-mêmes comme leur buaulé, et quo ne saurait on.seignor le Conservatoire, Après le spectacle vint le souper, repas oriental que l\u2019on eût dit servi par les Gopis elles-mêmes ; on se promuna longtemps sous les grands arbres aux doux parlums, et quand les derniers sous de l'orchestre s'étergnirent, comme les étoiles pâiissalent aussi pour faire place au soleil radieux, on se sôépara heureux du plaisir passé, se prometiant de revenir, de juter l'ahcre au même mouillage et de garder au fond de l'âme cette pensée qui fait trouver l'absence moius longue et moins triste la vivillesse, Marguery et Odile prolongérent les adieux ; les capitaines surrèrent mille fois les mains du bon nabab, et quelques jours après on recomumençait lu course.lradère quitta les ludes pour Java où il échangea son chargement ; deux fois encore il alla des comptoirs hollandais aux comptoirs des compagnies augluises, avant de reprendre lu route qui devait le rame- Mer dans sa patrie.Pendant ces nombreuses courses, M.Leclerc, dont lo navire était assuré, prit le commandement d'un brick qu'il acheta aux Indes, Pour réparer sus pertes, il fit quelques courses, et souvent dans lus mêmes parages que l'Outiano, Le Vaisseau neuf avait ête nommé la Syrène comme l'ancien, La seule chose qui restût du brick incendié, fut la statuette do Corontin si mer- voilleusement sauvée.Leclure revendit avec uu gain considérable les marchandises acholées ; il dat déliuitivement quitter Pras dère à Datavin où ils reldchaient de conserve.Un lut triste, ce jour-là ! Louis Kérouan s\u2019étuit pris d'amitié pour le fils du corsaire ; de loin, on lit encore dus saluts et des si- guaux, puis la Syrène entra dans la pleine mer, et déploya toutes ses voiles pour accourir vers lo France.ik UN HOMME A LA MER.Trois semaines s'étaient écoulées depuis le départ de la Syrène ; on commençait à g'entretenir des jours du retour; l'un nommait sa mère, l\u2019autre sa jeune sœur, tous parloient du pays qu'on allait revoir, des amis qu\u2019on féterait, du plaisir avec Joquel on ferait sauter les écus amassés pendant la traversée.Le quart du matin était commencé depuis deux heures, les passagers se hasardaient sur le pont, quand Noël Roulis se faisait un haillerd de ses desx larges mains, cria : \u2014 Range dedans qui a fini! Des matalots s'occupaient en ce moment àprendre un dernier ris.Le navire dunsait sur les vagues, le tempe s'annonçait mal, et les marinsoccupés sur la vergue pouvaient se recommander à leur saint patron.~Tenez ferme, ajouta Noël\u2014 Et d'ailleurs, ajouta celui qui dans la: hune donnait l'exemple aux travailleurs, rappelez-vous gne pour exécuter propre maut et suns danger la chose de prendre des ris par une brise qui se carabite honnêtement, il faut que le matelot garde une main pour lui, s'ilabondonne l'autre au service ! Quand on est adroit et qu'on a navigué d'an pôle à l\u2019autre, voici la manière de s\u2019en servir ; les pieds sur le marchepied, et d\u2019une ! le ventre et l'estomac contre la vergue, et de deux ayez soin de garder lu vergeo entre le corps et un des coudes une des mams avee les deñis au travail, l'autre à les aider, ou, ma foi, à retenir son homme suivant qu'il fait beau ou mauvais temps, Les matelots imitèrent avec célérité le brave pratique ; inais, comme l'avait dit ce | dernier, il ventait une brise carabinée ; les tarins revenaient avec peine, la mer tourmentait !o brick, On eûl dit qu\u2019une grande meuta de loups blancs poursuivait une fine cavale dans les steppes L'eau mmoutonnait, s'élevait, battait les flancs da navire, envoyait de larges éclabor.ssures sur le pont et l\u2019inclinait parfois sur les ondes comme s\u2019il devait rester couché.Corentin, qui avait gagné l'extrémité de la verguo pour prendre l'empointure du ris achevail sa besogne.Cette tÂche eùt 6t8 impossible pour des wmorins sans expérience.Il fallait un homme consciencieux, adroit, intelligent, et surtout aimant de passion son métier difficile.Noël, qui suivait depuis un moment avec inquiétude le mouvement dangereux de ln vergue, cria : \u2014Dépêche-toi, Corentin, on va hisser ! \u2014Ahio! Abie ! répondit Corentin ; paré, maître ! Il s'agissait maintenant de quitter l\u2019ex- trêmité de la vergue pour revenir à la hune, Corentin ss mit en devoir de glisser, mais la vergue, au lien de se maintenir à peu près en croix comme elle avait fait pendant lu manœuvre, se dressa subitement d\u2019un côté, comme le fléau d\u2019une balance quand le poids de l'an des bassins enlève l\u2019autre subitement, Ou avait mal attaché la balancine au cabillot qui devait la retenir on bas.Personne ne pouvait s'attendre à cet accident.Corentin, surpris à l'improviste, tourna sous la vergue, se retint d'une main au marchepied, mais ne put s'y reprendre avec une jambe.A cet instant les matelots s'aperçurent du danger que courait leur camarade, Noël était pâle et cria d\u2019une voix étran glée : \u2014Courage ! courage ! rattrapo de l'autre main ! .\u2014N\u2019aie pas peur ! eriait un autre tout tremblant a la vue du danger de son.camarade ; fais un vœu, tiens bon une minute, tu es sauvé.Cette minute parut un siècle au malheureux que la force de son poiguet maintenait seule entre le ciel et I'abime.M.Kérouan venait de monter sur le pont, Sa bolle et expressive figure changes sou dain d'expression, la sueur mouilla son front, mais il ne perdit point son sangfroid ; l'ollicier de bord triomphait des sentiments de l\u2019homme.\u2014Pesez sur la balancine, vous autres ! dit-il aux matelots effarés qui tenaient les yeux lixés sur leur camaradé, filez de ba.bord.Il ne peat pas remonter, le malhuu- reux ! ce serait plus facile de descendre.On exécuta ce qu'ordonnait l'officier, et Corentin, qui se sentait défaillir, ramassa un reste d'énergie pour serrer le cordage.\u2014Hâtez-vous! hâtez-vous! dit-il d\u2019un accent désespéré.mes poignets n'en peuvent plus.le cœur me manque.Ô mon Dieu ! mon Dien! Noël, lui, les yeux brûlants, regardait son ami, son malelot, à qui il lui était impossible de porter la moindre assistance ; une [oule cousternée couvrait le pont: la vie d'un hone était on danger.La vergue montait lentoment, lonte- ment.Le roulis 6tait (ort, tantôt Corentin mon- tail vers le ciel, tantôt il se rapprochait de la mer; chacune des alternatives qu'il an- bissait était également t-rrivte; 1f devait tumber a la mer et y périr, ou tomber la té- te tracassée sur le pont de la Syréne, Co qui s'ogita dans la tête du malheuroux, les {pensées rapides comme Ia foudre qui se succédèrent dans son esprit, nul no peut les décrire: la mort 8tuit là qui semblait détacher ses doigts crispés du fragile appui auquel il se retenait\u2026 l'éternité ouvrait ses béants abimes.La mer folle, menaçante, terrible comme une hyène affamée, semblait s\u2019allonger le long du mat pour l'attirer par l\u2019irrésistible, fascination de l'abîme.Le sang aveuglait Corentin, des mouvements convulsifs agilaient son corps, comme colui du malhenreux sur l'épaule de qui le bourreau vient de poser ses pieds lourds.un bruit de cloche, de canon et d'orage bourdonnait dans ses oreilles.C'était horrible ! c'était à rendre fou ! Dans son arnitié clairvoyante, Noël devina les forreurs qui faisazent hérisser les cheveux de l'infortuné marin ; il fit un geste, plaga sous la verguo tons les hommes qui w'Claient pas occupés à lu manœuvre de la balancine, et, les bras en l'air, prêts à suivre la d:rection du la chute du malheureux, ceux-ci attendiront avec angoisse que celui-ci, brisé de fatigne, lAchÂt prise pour tomber.Roulis ent en un instant dépouillé ses vêtements, et, à cheval sur le bastingage, il se trouva à peu près au-dessous de son ami, Kérouan aussi attentif, aussi prévoyaut, quand 1l s'agissait de la vie d'un de ses houmunes, qu\u2019ane mère aurait pu l'être pour son enfant, avait fait préparer silencieusement tout ce qui est nécessaire pour opérer un sauvelage.La bouée flottait déjà à l'arrière du bû- timent, Une des cages À poule de la dunette, ardée par Guignolé, n'attendait qu\u2019un mot pour santer par-dessus le bastingage ; enfin, an cauol venait d'être démarré.Mais si grande que fût l'anxiété de l'équipage, pouvait-elle être comparée a celle qui dévorait le cœur de Noël ?Corentin était son ami, son frère, son wmatelot ! expression gublime dans la bouche du marin et qui renferme pour lui tous les dévotunents et toutes les affections.Ponr son matelot on donne son vin, son tabac, sa bourse et sa vie! Entre matelots la personnalité s\u2019efface, Les frères Siamois n'étaient pas plus unis que no le sont deux vrais matelots.Noël et Corentin embarqués comme mousses au même âge, naviguaient ensemble depuis treize ans ; l'an était certes la moitié de l'existence de l\u2019autre ! La camaraderie de la mer ne ressemble en rien aux prétendues amitiés du monde, qui ne vont pas plus luin qu'une main pressée et un cigare échangé, Comue il souffrait, le pau- vra Noël ! Pale, trausi de froid, l'œil attaché à tous les mouvements de ce corps que le vent balançait, suspendu à un appui quo chaque seconde rendait moins solide, il était là sous le coup de la plus terrible douleur qui pat encore le trapper, lui, l'enfant abandonné qui déjà avait tant souffert.Noël plenrait.\u2026.Il pleurait, il grelottait, il suait à grosses gouttes et ses dents claquaient, de grosses larmes roulaient sur ses joues brunies.Kérouan le regardait : \u2014Le brave cœur! se disait il.Eh bien ! j'envie Corentin d'être aimé de la sorte; s'il meurt, il sera bieu pleuré, et cela console.Si une tristesse profonde se glissa dans le cœur de l'officier, le sentiment personnel ne fut pas ussez fort pour l'arracher à la préoceupation dans laquelle le jutait le pê- ril da breton.Corentin, épuisé, allait là- cher prise, et cependant Louis hésitait à lui donner le seul conseil bon à suivre dans ce moinent : so laisser choir ! Ce fut Noël qui ent ce fraternel et triste courage, Le roulis était fort, souvent le brick plongeait à la bande sur tribord; c'est de cet instant qu\u2019il fallait profiter, \u2014Suis le roulis ! cria Noël, laisse-toi aller largue les mains.je suis là ! Corentin hésitaite Il entendit le bruit des poulies au moyen desquelles on descenduit uno embarcation, et se décida.En ce moment [a Syrène roulant beaucoup, la vergue du grid hunier, dans un des arcs que décrivait la mâture, se rapprocha considérablement des vagues.Corentin porta instinctivement la main à la placo où sa mère avail cousu sa médaille bénie.\u2014Largue ! largue ! cria Noël.Corentin fut lancé dans l\u2019ubîme.Il avait pris an peu tard cette résolution oxtrême ; le bâtiment se releva plus vite qu'il ne l\u2019avait préva, et le malhenreux allait so briser les jaunbes en touchant le bastiugage, quand Noël qui l'attendait lo poussa vigoureusement, L'eau fit jaillir les éclaboussures, Corentin était tombé.Un homme disparut instantanément à la place qu'avait creusée le corps de son ami, Kérouan cria : \u2014Barre dessous ! Le brick obéit et retomba sur bâbord, Avant quatre minutes, la Syrène était on panne.; Au moment on Hvet s'elançait dans lu «= pour sauver Corentin, ou mourir avec lui, le canot avait djüitté le bord, Mais qu'il marchait lentement, le canot sauveur ! la mer était si * grosse, ls vont sonfflait avec tant de farie ! IN NEGESSARIIS, UNITAS ; IN DUBLIS, LIBERTAS ; IN OMNIBUS, CHARITAS; | | Le briek lui même dérivait beaucoup et t'éloignait de l\u2019endroit où se débattaiont enlacés les courageux inatelots, X LE SAUVETAGE, Les têtes s'inclinaient avidement vors le gouffre ; on était d'autant plus inquiet du salut de Corentin, que celui-ci ne savait pas nager.Le capitaine avait rejoint le second.\u2014Mes amis, dit-il aux matelots, l'homme qui est en péril de mort est un brave marin, un bon chrétien, un excellent camarade.Ue que vous pouvez faire comme matelots est accompli; son ami s'est jeté dans l'abî me pour tenter de le sauver; prions, nous ! la priêre seule nous est laissée, Le capitaine se découvrit, et ses loups de mor laissèrent passer sur leurs lèvres les plus douces appellations qu> l'on donne à Marie, avec leurs invocations les plus ar(entes Quant à Guignolé, descendant avec la rapidité d'en écureuil, il avait té chercher au chevet da hamac de Corentin, lu statuette de cire qui jusque-là le protégeait de tout mal, Il l'élova naïvement audessus des llots, afin gue le premier regurd de Corentin fût pour la sainte image.Une lume porta tout naturellement lo matelot breton près de la bouée de sauvetage ; en quelques brasses, il pouvait l\u2019atteindre, mais tie savait pas nager ! Peutêtre, quand il l'aurait su, n'eût il pu parve- uir à s\u2019y attacher ; mais la conscience de ça faiblesse, et cette difficulté nouvelle l\u2019em- péchèreut de prendre une bonne direction.Ses bras raidis par la futigue no pouvaient le soutenir ; il faisait des efforts désespérés pour ne point couler à fond, et laisser au canot le temps d'urriver à son secours.Les vagues le portaient, le conduisaient, le roulaient dans lour froid linceul, Lu mort planait audessus de lui.La uuit commençait à tomber.Dans quelques instants le sauvetage deviendrait presque impossible.- Et le souffle inanquait à Corentin, les crampes le gagnaient, c'était la fin, bien la fin, cette fois Dahs la demi-ohscurité, le canot se distinguait difficilement.Louis Kérouan, monté dans les grands haubans pour assister de ses couseils les matelots qui se dé- vouuent, cria à celui qui conduisait lo canot : -Pierre, an coup d'aviron ! devant toi! vous êtes tous prés ! Pour Noë:, il nagenit, cherchant Corentin, l'appelant, luttant contre les montagnes d'eau qui passaient sur Jui et menaçaient de l\u2019engloutir.- Où es-tu, matelot?parle.réponds, que je sache où aller tu rejoindre.Mais Corentin n'avait plus la force de parler, la terreur et la fatigue étranglaient sa voix.\u2014Oh ! du navire, le voyez-vous ?\u2014Ouvi, là-bas, à droite.\u2014 Quelle distance ?\u2014Cinq on six brasses.Noël nagea vers l'endroit indiqué.Corentin, presque évanoui, n'avait plus la possibilité de faire mème un geste de détresse.Tl commençait à disparaître, quand Roulis se glissa habilement sous lui, le sonleva ut le ramena à fleur d'eau en le portant sur ses épaules.Des cris de joie partirent de la Syrène.Coreutin s'attachait à son sauveur avec la persistante ténacité des noyés ; Noël avait beau diro: \u201cNe serre pas tant, vieux \u2026 \u201d le pauvre Corentin, qui n'avait plus que l'iustinct de la conversation, compromettait les jours de son sauveur, \u2014Pas si fort, matolots\u2026 bon, à présent \u2026 Oh ! du canot ! \u2014Oh ! répondit Pierre qui le conduisait.\u2014Dépêchez-vous, au secours ! L'officier de quart comprit l'urgence de la manœuvre : \u2014En avant partout ! lofez, cria-t-il En vain les matelots qui montaient le canot se perdirent en inutiles efforts la violence du vent et des lames no leur per- init pas d'avancer.Corentin commençait à revenir à lui ; il voyait le cunot sauveur, il apercevait la sta- tustte de cire que Guiguolé lui montrait comme un signe de saiut.Lu \u2014Nage ! mon bon Noël, nage ! disait-il à son aml.Ronlis ne prenait pas un instant de repos, mais ses forces fuiblissaient; tour à | tour il holait la Syréne, il appelait pierre, il priait.Le corps inerte de Corentiu l\u2019écrasait.\u2014Matelot, demande-t-il an Breton, ap- prochons-nous ?; \u2014Oui, un pou, nage, nage forme ! \u2014J'essaie encore.\u2014Je suis bien lourd, n'est-ce pas ?\u2014Dame, répondit Noël, tu os do bonne taille; co serait nn jou sl la mer était cal- mo, vudls les passades de la coquine m'éreintent, et je suis tout avouglé ! Eulin le canot, qui avait disparu entre deux montagnes d'eau satéo, se balangait à la croto d'une vague.! \u2014Întes-vous là ?demandn Pierre.Le soleil était couché, de gros unages noirs couyraient complôtement lo ciel, ~ i ED1TRURS-PROPRIÉTAIRES GCEDEON DESILEEN & Freres \u2014Eles-vous là ?répéla Pierre aveu angoisse.\u2014Oui, répondit Noël, \u2014Bon ! je vous vois maintonant\u2026arrivez.y 8les-vons 1.| Corentin empoigna l'aviron qu\u2019on lui tendait, mais ses forces le trahirent, il retomba, so heurta lu tête contre la quille du canot.Mais Noël était là.Il plonge, le ramène, saisit à son tour le plat-bord de la barque et d\u2019une voix égarée : \u2014Je n'ui plus de force, maintenez-lo.Pierro attira duns le canot Corentin 6va- noui, \u2014Sont-ils sauvés ?demanda-t-on de la Syréne, \u2014 Tous les deux ! \u2014Lieu soit loué ! dit le capitaine.\u2014Je dois un cierge de deux livres à No- tre-Dame de la Recouvrance, dit Guignolé, mais je le regrette pas.Quand les deux matelots furent remontés à bord, on s\u2019aperçnt de la blessure qui entronvrait le crâne du malheureux Oorentin.Un groupe de mateluts, lu capitaine et Kérouan l'entourèrent pour empêcher que Noël, déjà readu de fatigue, connût inmé- dintement cette triste nouvelle.Le premier appareil posé sur la blessure, Noël, un peu remis par un vorre de rhum, dumanda a Guignolé : \u2014Où est Corentin ?\u2014Dans la chambre du second, répondit le mousse, vu que.\u2014Aprês ?dit Noël.\u2014Après\u2026 après ! eh bien ! il a bu assez d'eau salée pour avoir besoin de dor- wir dans un bon cadre, voilà ! \u2014Voilà qui n\u2019est pas cluir ! dit Noël en descendant les escaliers, Il trouva le capitaine dans le carré, \u2014Pardon, excuse, capitaine, dit-il ; j'ai tiré Corentin de là vague, mais depuis je ne l'ai pas revu, et\u2026 \u2014M.Kérouan le veille, mon brave: vous avez fait votre devoir, allez cherchor votre hamac et tâchez de dormir, vous en avez bien besoin.\u2014 Et dort-il, mon matelot ?\u2014JI s'assoupit, vous le réveilleriez\u2026 \u2014Mon capitaine, dit Noël avec la digni- t6 d'un grand cœur, je ne sais quoi me dit que cela va mal pour Corentin.il est mon matelot, c\u2019est sacré duns la marine.On l\u2019a descendu dans la cabine de M.Kérouan pour empêcher que je le voie.\u2014Vous vous tourmente, Noël.\u2014Me donnez-vous votre parole d\u2019honneur qu\u2019il n'est rien arirvé à Corentin ?Le capitaine garda le silence.\u2014Il est moru! il est mort ! cria Noël, je n\u2019aurai retiré qu'an cadavre.\u2014Non, ami, nous le sauverons.\u2014Tl est malade ?\u2014Blessé.\u2014Dangereusement ?\u2014Nons espérons le contraire \u2014Maintenant, capitaine, vous n\u2019avez plus peur de m'elfrayer on me contant cette nouvelle; laissez-moi aller près de lui, je le guérirai, s'il y u moyen de le guérir.et s'il devait périr, eh bien! j'aurai entendu ses dernières paroles.Le vonlez- vous, mon capitaine ?Noël Roulis avait des larmes dans la voix, Il joiguait les mains eu suppliant M.Leclerc.Celui-ci, quoique à regret, laissa entrer Noël dans la chambre de M.Kérouan.Pour lui il se mit à feuilleter le livre de médecine qu'il avait à sa disposition.Das que le blessé aperçut Noël, il se sou leva sur son lit : \u2014Te voilà, dit-al ; je n'aurais pas voulu appareiller l'autre voyage avant de l'avoir serré la main, camarade.\u2014Tu ne mourras pas ! dit Noël.\u2014Pour cela, dit le malade avec un souri- ro aussi doux que celui d'un enfant, le bon Dieu le sait! Toi, matelot, tu as agi en brave, mais c'est tout simple, jen cusse fait autant, et de matelot à matelot, c'est une règle convenue, \u2014Tais-loi ! tais-toi ! dit Noël, \u2014Crois-tu que je m'effraie de mourir, frère ?oh ! non, va.si, pour toi, car tu vas bien me regretter, et jamais peut-être tu ne choisiras un autre matelot.~Jumais ! étoulla Noël dans un sanglot.\u20141l y a des cœurs comme cola ! dit Corentin.L'auvre Nuël, je l\u2019avaie deviné plus que tu ne crois, et je suis sur le pont de Dieppe.\u2014Ne dis pas son nom ! je l'en prie, dit Noël : je fais ce que je puis pour oublier.\u2014Pourquoi ?demanda Corentin ; va, mon ami, mon frére, si Dieu te retire ton matelot, c'est qu'il compte mettre ane autre affection dans ta vie, tandis que ma vielle mère, ah ! celle-là n'en aura plus jamais ! \u2014Ta mêre, Corentin, la mère de mon matelot est la mienne ?\u2014Tu le promets?* \u2014Sur notre amitié ! \u2014Je mourrai sans crainte, alors ! Depuis que nous sommes ensomble, n'ai-je pas dû mourir cent fois ?Hivr, aujourd'hui, où demain, n'est-ce pas la même chose ?Jamuis l'iléo de lever mon lol ne m'a ef frayê.\u2026.le bon Dieu retire l'huile du la latape, il faudra qu'elle s'éloigne.Ne pleure pas, Noël, je crois que le paradis est pour les bounôtes gens ! \u2026 Pourtant, j'espérais =p \u2014 rn BRE om ada coals.NG Ame 0 \u2014 LE JOURNAL DEs Tro1s-RivieRes, 12 Janvier 1880, mourirentre ma mêre et le recteur de Quimper.Ici, pas an prêtre.tu me diras les dernières prières, Noël, et tu raconteras à ma mère mes derniers moments.Msintenant, j'ai encore un service à réclamer de ton amitié.LES TROIS-RIVIERES.LUNDI 12 JANVIER 1880, \u2014 Chemin de Fer des Piles.Le gouvernement local doit prendre sons pen possession du Chemin de fer du Nord et des Piles, Depuis longtemps ln chose est à désirer puisque le gouvernemont a le plus grand intérêt à retirer lui-même les revenus de cetle grande entreprise, à raison des intô réts qu'il pais sur les capitaux qu'il a empruntés pour la mener à bonne fin.Si nous sommes bien informé, c'est l'intention du gouvernement d\u2019exploiter lui.même ce chemin et de nommer des directeurs auxquels il en confiera la gestion.Il trouvera facilement des hommés compétents pour exploiter la ligne principale de Québec à Montréal ; munis il est certain qu'il n\u2019en saurait trouver en dehors de notre ville pour l'embranchemeut des Piles.L'Hon, MeGreevy le constructeur du chemin n'y a pas réussi et des étrangers rénssiraient encore moins, Le trafic qui peut se faire sur ce chemin est complètement différent de celui qui se fait aillearsen autant que d'ici à longtemps il ne consistera que dans le transport d\u2019une grande variété de bois de commerce et des approvisionnements de chantier.Il n\u2019y a naturellement qu\u2019un homme familier avec les opérations de ce genre de commerce qui soit en état d'estimer les - prix du fret convenablement et eu égard à la hausse ou à la boisse des prix du marché, au coût de la main-d'œuvre, de la coupe du bois et des frais à encourir pour rendre le bois à la gare du chemin, Cela demande une grande connaissance de la topographie des lieux etdes personnes aptes à se fivrer aux différentes opérations de ce commerce, afin d'encourager ces personnes convenablement pour qu\u2019elles soient en état d'entretenir le trafic sur le chemin.Depuis l'automne nombre de commer- cants ont fail des plaintes sérienses contre l'administration du chemin des Piles parce que celle-ci a refusé ou a été dans l'impossibilité de les accommoder pour les fins de leur trafic.Plusieurs contrats de bois pour des montants de dix à douze mille piastres ont été-offerts à des commerçants des Trois- Rivières et ceux-ci ont refusé de les accepter, parce qu'ils n\u2019ont pas pu avoir l'assu rance qu'ils pourraient tra isporter leur bois en ternps opportun sur le chemin des iles, En ce moment il n'y aque quelaues commerçants de Québec,àmisde M.McGreevy, et M.McGreevy qui ont fait des entreprises de buis de commerce sur le parcours du chemin et cela à déjà donné la preuve que le tralic pourra être aussi lucratit que sur la voie principale, - Lorsque le commerce sera libre, on pent affirmer sans crainte que le chemin des Piles donnera autant de bénéfice, en proportion à sa longueur que le chemin du Nord, Le cout de ce chemin lorsqu'il sera terminé, car à l'heure qu\u2019il est on peut dire qu'il n\u2019est québauché, ne dépassera pas cing cent mille piastres et s\u2019il est confié à une personne compétente, il devra prodoi- re annuellement Une fomme nette pour les premières annéos de vingt-cinq à trente mille piastres.Nous avons au reste autre raison péremptoire de demander que In gestion en soit confiée à une personne de la ville des Trois-Rivières, c'est parce que la ville à souscrit pour environ un cinquième de la valeur de ce chemin.L'intérêt qu'elle a dans celte entreprise lui donne assurément drbit d'avoir un des siens pour ls gérer de préférence à un étranger.Aussi espérons-nous que le gouvernement de l'Hon.Chapleau no refusera pas de nous accorder celte justice, Banquet à l\u2019Hon.J.A.Chapleau, On lit dans la Minerve : Le grand banquet donné hier soir à l\u2019Hon.M.Chapleau, au Windsor, par le Junior Conservalive Club, auquel est venu s'unir une foule d'amis de M.Chapleau, comptera longtemps parmi les démonstrations de ce genre les mieux réussies.Réunion brillante d'horames distingués dans le parti conservateur, réunion de nos plus remarquables hommes d'état, assemblée enthousiaste, et comme cadre au tableau, la magnilique salle à diner du Windsor, nous avons eu tout cela.L'Hon, M.Chapleau, qui était l'objet de la fête, duit en avoir été flatté, Nous pensions, avec les trois cent cinquante convives présents, que c'était un honneur bien mérité.Notre jeune premier ministre qui a bataillé pour le parti depuis 1859, sur tous les points du pays et qui, depuis 1867, date de son entrée en parlement, a consacré les trois quarts de son temps à la politique, avait droit à une manifvsiation publique de l'estime dont il Jouit dans son parti, nous pourrions dire dans sa province, éar notre province ost essentiellement conservatrice.Le banquet d'hier soir avait encore uno autre signification ; c'était la jeunesse faisant hommage à un des siens, arrivé à une des plus hautes et des plus difficiles positions, à un âge où, dans les autres pays, les horames publics commencent settlement a faire leur mirgue, M, Ohapleau n\u2019a pas ou- core quarante aus et il est le premier Jui » nistre de notre province, mettant déjà son nom à la suite de ceux des Lafontaine, des Morin, des Cartier, des Chauvenau et des Ouimet, dans la galerie de nos hommes d'état contemporains.Cetie haute position, M.Chapleau l'a conquise de haute lutte.Il n'a paseu de faveurs, ses débuts ont été difficiles.Sans fortune, saus protection, il a lutté corps à corps avec les dificnités et les à vaineues par la seule force de son talent extruordi- naire et par son énergie indomptable.Sans que cela paraisse, M, Chapleau est un de nos hommes publics Jes plus laborieux.Dupuis 1867, celui qui écrit ses lignes, l'a vu presque jour par jour, pendant lus ses sions, Les comités n'ont pas eu de mom- bres plus assidus et ceux qui y ont passé, savent qu\u2019elle besogne ardue est celle de suivre les comités à Québec, Quant à ses travaux dans lu Chambre, s'est-il produit uno discussion depuis 1867 sans qu'il y ait pris uno part active ?C'est un de nos légistes les plus forts et un parlementarian de premier ordre.De 1867 à 1873, il a en pour vuisin de pupitre à Québec, M.Cauchou, «el nous n'avons pas besoin de dire qu\u2019il a puisé à pleines mains pendant cus cing ang, dans le quart de siècle d'oxpé- rience parlementaire de ce vétéran de nos luites politique.La jeunesse fêtait donc hier soir, un des siens, arrivé à un posts élevé par sa seule énergie, son travaiLet son talent et en le citant, pour ainsi dire, eu exemple à ceux qui, au lien de travailler et de lutter, critiquent les institutions existantes, et se plaignent de l'ingratitude de leur pays, Le diner, préparé par les soins de M.Victor, n\u2019a jamais été égalé à Montréal, ot cette fois-ci, comme toujours, notre habile gastronoce a su faire valoir son artet exciter l\u2019admiration des convives.Pendant tout le temps que dura le banquet, les corps de musique de la Cité fit entendre une série de morceaux bien choisis et bien exécutés, À 9 heures et demie l\u2019entrée des dames fut annoncée par uue joyeuse musique ot ssluée par des applaudissements prolon- és.5 Lo diner était présidé par M.O.P, Davidson, le Président du Junior Conservative Club.À sa droite était l\u2019hôte de la soirée, l'Hon.M.Chapleau, Sir Chs.Tupper, les Hons.MM.L.O.Loranger, Baby, Flynn, P.Mitchell, John Hamilton, \u2018sénateur, Oharch, Abbott, MM.les députés T.Whito, Gault, Wurtele, Lecavalier, MM.Andrew Robertson, président de la Commission da Havre, Bulmer, A.M.Delisle, O'Brien, Sills, Curran.À la gauche du président, Sir Alex.Campbell, les Hons.MM, Langevin, C.B., Lynch, O'Conner, Paquet, T.Ryan, sénateur, MM.les députés M.P.Ryan, Coursul, Mousseau, À.!.acoste, bâtonnier, J.L.Beaudry, O.L.Ouimet, Houde, Taillon, Desaulniers, Robillard, MM, L, P.MoDo- nald, Duncan McDonald, Des lettres furent lues de Sir John A.MacDonald, À.P.Caron, M.MacIntosh, exprimant leur regret du ne pouvoir assister au diner de M.Chaplean.DISCOURS.Après les santes d'usage à la Reine, à la famille royale, au Guuverneur-Général, au Lieut-Gourerneur, M.Davidson, le président porte une santé à l\u2019armée et à lu marine, à laquelle répondent M.le Col.Stevenson et M.Aldaric Quimet, M.P., qui samedi prochain, sera colonel du 65ème Bataillon, et le colonel Whitehead Tous s'acquittent parfaitement de leur tâche, M.Davidson se iève de nouveau et pro pose la\u2018santé de l'hôte de la soirée, l'hon, M.Chaplenu, le premier ministre de la province de Québec.Dans un petit discours, chel-d'œuvre de délicatesse et de bon goût il fait l'éloge du premier ministre qui, dit-il nous avons connu hier encore, jeanne étudiant, et, que nous retrouvons aujourd'hui premier ministre dans sa province.ll fuit ressortir toutes les qualités de M.Chaplean comme homie public et comme citoyen, qualités qui lui font des amis de tous ceux ui le conuaissent dans la vie privée et es admirateurs de eon talent de tous ceux qui le voient à l'œuvre dans la vie publi- ue.9 M.Chapleau se lève et pendant cinq minutes.\u2019\u2019assistance l\u2019applaudit à outrance ; eufin le silence se rétablitet M.Chapleau prononce un magnifique discours, que l'assemblée si variée, au point de vue de la nationalité et des croyances, qu\u2019il a sous les yeux, accueillit par des applaudisse- monts frénétiques.ll jette un.coup d'œil sur l'histoire passée du Canada depuis les derniers temps de la colonie françoise et étudiant chaque époque en fait voir le caractère particulier.II met en relief les idées qui ont dominé à chaque époque pour en tiror des leçons utiles nu présent.En se servant de ses leçons du passé, il fuit voir à quelles conditions les différentes nationalités qui forment la population de notre province vivent en paix et en harmonie.C'est en s'inspirant des idées de Lafontaine et Baldwin qu'ils peuvent espérer ce qui est pour nous l'idéal politique.Arrivant pius près de nous, M.Chapleau nous montre Cartier, continuateur de l'œuvre de Lafontaine et Baldwin, travail- laut avec Sir John à la grande œuvre de la Confédération, Parlant de ce dernier de nos changements politiques, M.Chapleau rend hommage aux services pubrics de l'Hon M.Langevin, de Sir Alexander Campbell, Sir Charles Tupper, du regretté D'Arcy MzGee et de l'Hon.M.Mitchell.Il parle en termes très élogieux de M.Masson qui n consolidé l'œuvre de M.Cartier, ol de \u2019Hon.M.Baby qui s'est appli- ue us Mss à faire triompucr 1748 uotre rovineo les grands principes conserva- y: teurs et monarchiques.M.Chapleau parle ensuita do la position de la Province de Québre, de ses immenses ressources agricoles et minières, eb informe l'assistance que l'année prochaine, il ÿ aura à la Beauce, duns la région des | Qu'à fait le gouvernement MacKenzie mines d'or au moins 6000 colons, Il aborde ensuito la question du chemin de fer, et prétend qu'il n'a jamais dit que la politique du gouvernement était de le vendre au gouvernement fédéral ; la Province devra le conserver le plus longtomps possible, jusqu'à ce que ln Gouvernement Fédéral reconnaissant les services qu'il est appelé à rendre au chemin du Pacifique, indemnise la Province de ses sacrifices.M.Chapleau fermine son discours qui a duré une heure ot demi au milieu des ap-' plaudissements renouvelés de l\u2019assembléu, M.Chapleau a parlé anglais, et nos amis des autres origines ont été surpris de la facilité avec laquelle il parte leur langue.Le discours de M.Chapluau a été le discours d\u2019un homme d'état.La route qu\u2019il avait a parcourir était semée d'écuefle, il a su lus éviter tous, : M.Ourran propose ensuite lu santé du cabinet fédéral et invite Sir Alex, Campbell à y répondre.Le Maître Général des postes se lève et remercie en quelques mots l'assemblée de la belle démons: ration qu'elle sait en l\u2019honneur de L'Honorable M.Ohapleau.li profite de cette circonstance pour faire un éloge bref mais parfait de notre premier ministre.L'Hon.M.Lanvegin prend evsuite lu parole et témoigne de tout le regret qu'il ressent de l'absence de Sir Jhon A.MeDonald qui aurait été plus en état quo lui de répondre à une santé semblable à celle qui a été proposée.Changeant ensni- te de sujet il félicits les citoyens d'avoir traité à leur juste valeur, les perfides insinuations do certaines personnes qui voulaient introduire les préjugés de réligion dans les luttes électorales, * Non \u201d a-t-il dit \u201c nous ne réussirons jamais i faire du Canada un pays riche et prospère tant que nous ne mettrons pus de Côlé toutes ces questions épineuses, de sectes et de races, D'ailleurs nous avons tout lien de croire que la bonne entente qui rè- ne ontre les différentes nationalités qui forment la population dw Canada iront de jour en jour en se consolidant d'avanta- o, 8 Il termine en exprimant l'espoir de voir bientôt disparaître toutes ces luttes sourdes et mesquines dont notre pays est quelque fois le théâtre, et voir chacun s'allier pour travailler à l'avancement du Canada qui offre des ressources innombrables ne demandant qu\u2019à être exploitées Sir Charles Tupper succède à l'Honoraquart d'heure environ il fait une- peinture saisissante de la différence énorme qui existe entre lo gouvernement McDonald et celui auquel il a succédé.| En 1878 lorsque Sir Jhon crut de sou devoir de metlre sa démission entre les mains du gouverneur général il laissa le trésor en une condition des plus prospère.Il contenait $14,000,000 accumulées pendant vingt années d'administration prudente durant les quatre années qu\u2019il a tenn les rênes du pouvoir ?Inutile de le dire ; tout le monde connait le résultat de son administration ruinense.Un déficit de $8,000.000 avait remplacé le sur-plus laissé en caissef; le commerce du sucre, du thé et d\u2019autres produits avait été détourné du pays; le commerce du charbon avait élé rainé au point que tout le combustible que nous achelions venant des Etats-Unis, Mais le peuple a ouvert les yeux et a reconnu son erreur, Le 17 septembre 1878 une majorité écrasante anéantissait le cabinet Mac Kenzi pour le remplacer par celni de Sir ohn, Darent les trois premiers mois d\u2019administration du nouveau cabinet, les libéraux firent toutes les démarches possibles pour persuader au peuple que le psys allait être rainé par le nouveau tarif.l\u2019eudant les trois mois qui suivirent, nos adversaires essayà- vent de démontrer que la prospérité qui rensissait et qu\u2019ils ne pouvaient cacher, n'était aucunement dû à la politique nationale.Il est inutile.d'ailleurs, de s'arrêter à discuter cetle question, tuus la connais sent assez, pour savoir ce que valent ces avancés de l'opposition.Après avoir parlé encore quelques minutes sur ce sujet, Sir Charles termine en félicitant le Junior Couservative Cinb de son succès passé, et en lui recommandunt la persévérance qui ferait de ses membres, les dignes successeurs d'hommes tels que Sir John MacDonald et Sir George Cartier et 'Hon, Premier de la proviuce de Québec.M.R.White propose la santé du gouvernement de Québec.L'Hon.M.Loranger dit qu'il est heureux ; de voir proposer la santé du gouvernement De la santé c'est co qu'il faut à un nouveau gouvernement.Né dans une saison rigou- rense, il s\u2019est trouvé sans combustible.Son prédécesseur avait tout brûlé, Il avait seulement laissô des notes à payer.Il en à laissé assez pour chauffer lo parlement pendant deux ans si l'on voulait les brûler.Le gouvernement est né fort.Vous connaissez la vitalité de son chel: à vous Messieurs de lui donner la force.La province de Québec a retrouvé son autonomie et elle jouit depuis l\u2019avénement du nouveau gonvernement du régime de la souversineté populaire.Élle se trouve à justifier les paroles du fondateur de la Confédération, l\u2019homme que la province regrette tant, qui disait que la Confédéralion devrait assurer à chaque province la souveraineté populaire dans toute sa légitime étendue.M.Loranger fait une peinture du présent ct du passé de notre province et prouve que c'est elle, si on tient compte du son poitit de départ, qui a fait le plus de pro- de devais tronte ans; c'est elle qui a ble M.Langevin et dans un discours d\u2019un |- uv !-_ehemins de fer, c'est construit le plus ue \u2026 \u201cMinna | elle qui a le système d'instruction pule plus juste, c'est elle qui à l\u2019ensemble des lois les plus parfuites.11 est [âcheux que du tant d'esprits inquicta ferment ls yeux surces progrès.M.Loranger parle\u201d on- suite de l'almimistration de la justice et dit un mot d'ane réorganisation judiciaire qui permettrait aux juges de la campagna de siéger dans les villes.Il exprime l'opinion que les contestations d'élections devraient ètre soustraites aux juges, M Loranger appelle l\u2019aitention des ministres [édéranx sur ln question du Côteau et demande qu'elle soit réglée au point de vue des intérêts de toute la province.(Applaudissements.) L'Hon.M Baby, appelé aussi à répondre, parle en termes éloquents de In dé monstration.ll dit quo les Canadiens et les Anglais devraient toujours conserver l'union qui règne à présent entre enx, Il ne parlera pas de politique, car toutes les questions ont été Spuisées.Qu'il me soit permis, dit-i, de faire une suggestion-aux membres du Junior Conservative Olub et aux membres du Olub Cartier.Ils devraient, ce semble, s'entendre pour faire ériger un monument à ce grand homme dunt nous déplorons encore ln perte : à Sir G.E.Carlier.(Applaudiesements) Un pays s'honore on honorant la mémoire de ses grands hommes, Quel homme roritè plus quo Cartier, qui nous a lniss6 à tous, tant de leçons do politique, d\u2019être honoré.(Applaudissements.) M.Baby termine son discours en faisant de grands éloges et de M.Chupleau et de la démonstration.Les santés suivantes sont linaloment proposés : Le \u2018 Parlement du Cunada\u2014Nolre Législature Provinciale, Les Clubs Carlier.Lu Presse.El les Dames.Nous aurions désird donner un résnmé de chacun des discours qui ont été pronon- noncée en réponse à ces santés, mais l'heure avancé nous force bien malgré nous à ne mentionner que les noms sans entrer dans les détails, Les Honorables MM.Flynn, Lyneh, Paquet et Trudel (sénateur) répondirent à la santé de notre Légisiature Pronciale, MM.Thos.White, M.P.M.P.Ryan, M.P.Hamilton, Nantel, Quinn, McDonald et quelques autres répondirent aux autres santés.\u2014\u2014\u2014 etl Er rre\u2014eeeeee Noces d'Or de Mgr, C, F.Caseau.La première de la série de fètes par lesquelles la cité et le diocèse de Québec veulent célébrer les \u201c noces d'or \u201d-de Mgr.Cazeal, a cu lien au convent du Bon Pasteur, samedi, le 8 janvier, qui est le propre jour anniversaire de l\u2019ordination de ce bien-aimé prélat.Une grande messe a été chantée dans l'élégante chapelle du convent, qui avait êté décorée pour la circonstance avec beaucoup de goût.Mgr.Oazeau officiait, ayant pour diacre et sou-diacre MM, Labrecque et Mathieu, du Séminaire.- Mgr.l\u2019Archevêque était au chœur, ayant à sus côtés: M, Déziel, enré de Lévis, qui est un des plus anciens amis de Mgr.Cazeau, il est lui-même dans sa cinquantième année de prêtrise, et M.Marcoux, curé de Champlain ; M, Collet, secrétaine du diocèse étant cérémoniaire et M.l'abbé Fraser touchait l\u2019orgue.Un nombreux clergé (plus de 70 prêtres) était venu tant de la ville que des campagnes environnantes, assister à cette touchante cérémonie.Nous avons remarqué entre autres, M, le G.V.Hamel, supérieur da séminaire de Québec et recteur de l'Université et plusieurs autres membres de cette maison ; le Rev.Père Saché, supérieur des Jésuites, le Rév, Pêre Grenier, 0.M.1, le Rév.Père Henning, supérieur, et plusieurs autres Pères Rédemptoristes ; M.Auclair, curé de N.-D., M.Bolduc, de l\u2019Archevêché, M.l\u2019abbé Lagacé, principal de l\u2019École Normale, M.Lemoine, chapelain des Ursulines, M.Bruneau, chapelain des Eœurs de la Charité, M.Braulieu, chapelain de l\u2019Hôtel-Dieu, IL.Iemelin, chapelain de l\u2019Hôpitai-Général, M, Audet, chapelain du couvent de Sillery, M.Marquis, chapelain de l'Hôpital du Sacré-Cœur, M.Beaudry, curé de Charlesbourg, M.Richardson.M.Sasseville, curé du Ste, Foye, M.Plamondon, de l'église St Jeon, M.Godbout, de N.D.de in Garde.M.Marquis, le Rév.Frère Supériear de la Doctrine Chrétienne.Dans la nef, nous avons remarqué, outre | les membres de la faraille de Mgr Cazeau, | M.Muir, chevalier de St.Grégoire, aucien I reffier de l\u2019Assemblée Législative l\u2019un des \u2018 fondateurs de l'Institution ; Cyrille Tessier.Ecr, N.P., M.le Dr.Roy, M.le D.Vallée et plusieurs autres amis de Mgr, Cazeau et de la communauté.La chapelle était décorée avec la plus grande élégance.La messe de DeMonti en bémol a été chantée (par les Religieuses elles-mêmes avec le plus grand effet, elle a êté suivie par un 7e Denm solennel.Après la cérémonie religieuse, et après un diner offert au nombreux clerge, une intéressante séance littéraire et musicale a eu lian dans un autre salle: quill nous suffise de dire que tout: musique, récitations et adresses, a été un succès complét.La partie la plus touchante de cette séance a peut-être été celle où de jeunes fie les irlandaises portant la couleur de leur emblême national, sont venues rappeler en termes émus la sollicitude de Mgr Cazeau envers les orphelins de l'émigration 1rlandaise, lors de l'épidémie de 1847.Parmi les nombreux présents offerts à Mgr Cuzeau nous devons signaler un portrait en pied-\u2014grandeur naturelle\u2014peint à l'huile par une des religieuses, qui a rendu avec un rare bonhenr les traits de leur vénérable chapelain.I va sans dire que Mgr.Cazenu a ré- \"
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