Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Domaine public au Canada

Consulter cette déclaration

Titre :
Le Journal des Trois-Rivières
Journal trifluvien d'allégeance conservatrice publié de 1865 à 1893. [...]

Le Journal des Trois-Rivières est lancé le 19 mai 1865 par Honoré-R. Dufresne, notaire et marchand-libraire de Trois-Rivières. En 1866, il s'associe à Arthur Dufresne et à Ephrem-R. Dufresne, qui est étudiant en droit. Après la mort d'Arthur, un autre parent, Nestor-R. Dufresne, se joint à l'équipe en 1870. The Trifluvian Trader, journal commercial, est publié par les Dufresne dès 1870 pour la communauté anglophone.

P.-N. Martel, avocat, achète peu après les deux journaux avec Magloire McLeod. Devenu seul propriétaire, il les revend en 1872 à Gédéon Desilets, un proche de Monseigneur Laflèche, qui s'adjoint deux membres de sa famille avec qui il travaille jusqu'en 1880. Cette année-là, il demeure seul à l'administration et à la rédaction du journal. Il quitte Le Journal des Trois-Rivières en 1891 pour occuper un poste de fonctionnaire, mettant ainsi fin à une carrière de journaliste longue de 19 ans.

L'équipe de collaborateurs du Journal des Trois-Rivières accueille plusieurs plumes fidèles à l'Église, dont H.-G. Mailhot et quelques ecclésiastiques. Le journal accorde son appui aux conservateurs et à la Politique nationale de 1879, et combat le mouvement national québécois de Mercier dans les années 1880.

Dès 1866, Le Journal des Trois-Rivières avait pour devise « In necessariis, unitas; in dubiis, libertas; in omnibus charitas », que l'on peut traduire par « dans le nécessaire l'unité, dans le doute la liberté, en toutes choses la charité ».

VALLÉE, Henri, Les journaux trifluviens de 1817 à 1933, Trois-Rivières, Les éditions du « Bien public », 1933, p. 28-35.

Éditeur :
  • Trois-Rivières,1865-1891 ; 1892-1893
Contenu spécifique :
jeudi 15 janvier 1880
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
deux fois par semaine
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichier (1)

Références

Le Journal des Trois-Rivières, 1880-01-15, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
[" = Quinzième Année.CATHOLIQUE POLITIQUE, ET LITTERAIRE, REDIGE PAR UN Comité de Collaborateurs.| IN NECESSAR{IS, UNTTAS ; IN DUBLIS, LIBERTAS ; IN OMNIBUS, CHARITAS, Li mere Feuilleton du \u201cJOURNAL.\u201d JEAN LIVOIRIER.| TAR RAOUL DE NAVERY X LE SAUVETAGE, \u2014Parto, matelot, \u2014On'est de braves gans, on ne ferait tort de rien à son prochain ; mais là-haut nous lilerons une drôle d\u2019encâblare, Je voudrais me contessur.\u2014lit pas de prêtre ! pus de prêtre ! répéta Nuël, \u2018 \u2014Ju me souviens, \u2018reprit le malade, d'avoir entendu raconter qu\u2019an grand homme de mon pays, Guesclin, blessé dans une bataille, près dé mourrir, comme moi, et comue moi privé des moyens d'acensur ses péchés à son prètre, av it mis en face de lui son épée dont la poignée faisait la croix, et que pour s'humulier, il s'était confessé à sou valnit \u2026 Nuël, eu face de nous est tnu sainte Viergu de cire \u2026.tu la suspendras à la chapelle des imarins de Notre- Dame-de-Bon-Secours, à Dieppe.Tu vas entendre le récit de mes fautes.je sais bien que Lu ne pourras point m'absoudre, mais le bon Dieu juge l'intention, et cela mo sulfit.Quand ta ssrus a terre avant d'adressr une seals parole A un chré- tion, avant même de passer le seuil du père Branoir, tn partiras pour Quimper, et tu iras trouver le recteur\u2026 tu lui diras: * M.le cure, Corentin Trogof que vons uvez baptisé est mort sans qu\u2019un prêtre l\u2019assiste; 11 m\u2019a chargé de vous transmettre sa confession \u2026 \u201d Tu t'agenomlleras, et tu lui répâteras cu que je vais ta dire.Puisse le bon Dieu te taire ensuite la grâce de te contesser à ton tour à mon bon rectsur ! Noël voulut s'opposer à la volonté du malade.\u2014Je mourrais daus le désespoir.dit Corentin.Roulis s'agenouilla près du cadre où gisait le moribond et entendit l\u2019aveu nail de ses fnutos.Quand cette confession [ut finio, Noël se leva.\u2014Tn as juré d'aller à Quimper ?= Je l'ai juré.\u2014-Avaut d'adrèsser la parole à n'mporte quel chrétien ?\u2014Je te le promets encore.\u2014Morci, mateiot ! maintonant, va dormir.Allons, obéis encore, sois tranguille, Ce n\u2019est pus pour cette nuit ! .Noël pressa la main du blessé et \u2018quitta \u201c \\a chambre ; mais bien sûr que le sommeil n'approchorait point do ses paupières, il monta sur le pont.La nier devenait de plus on plus mauvaise.Oa elt: dit que la Syrète était mourante, comme lu brave marin qui, bientôt, devnit rendre sou âme à Dieu, Louis Kérouan, appuyé contre le grand mât, s\u2019abandounait à cette superbe et el- frayante poésie des éléments qui se déchaî- nont sur l\u2019ordre d'un Dien dont un geste les brise contre lo gram de sable do la rive, Il se croyait encore dans la vielle tour de Kérouan, bloquée olle aussi par des vagues mogissantes.L'harmonie de la mer était la première qui l'oût bercé, et ceux qui l'ont entendus de bonheur no savent quel sou- Venir elle laisse dans notre âme, quelle Passion dévorante elle nous met au cœur.Puis, dans lu tour de Kérouan, il erut voir lu vieille Marthe hlaut du beau lin blane ; et, assise dans un fautenil gothique au pied de l'héroïque panoplie que lor- Matent les armes de ses nïeux, il vit Yvonhe d'Auray, les yeux lixés eur un missel , aux fines enluminures, héritage de fumille, le seul qu\u2019elle eÂt conservé, Les longues réveries des heures de quart évoquaient souvent Image do sa jeune cousine ; la rencontre de Marguery \u2018de Meillaud, qui avait été l'ami de Viutrice de Breteuil, cuntribuait à la rendre plus douce et plus chère.Ou fautôme aerien voltigeait, avoc la gr.ca et ln lé >ératé d'un rêve, à la ctne des va- guesqui menagaient le vaisseau.Cette teinpe- te Ces triste souvenirs s\u2019allaiont avec tout ce qui ontourait Kérouan.ll aporçat Noël ul s'avança vers lui, \u2014Tout n\u2019est pus désespéré, dit-il, \u2014Non, pour là-haut.mon oflicier ; mars pour ici\u2026\u2026 il est paré, mon pauvre Uoreutin.\u2014 Vous pourrez du moins vous dire que Votis aurez tout lait pour le sauver ! -\u2014Tenez, dit Noël avec une Gnergis dé- sespéréo, il faut qu'on uit la foi pour ne pas 80 jeter à la mer, quand on voit son matelot sur le point de mourrir.Mais c'est défendu ! on dit quo le suicide est d'un lâche.ju vivres, D'ailleurs, j'ai un père adoplit, et j'ai promus à son matelot du me charger de su mdie.euswmite ma sour sera malheurenso ! et je duvrai les consoler tous ! Aussi, jo ne meurs pas, :4.Kérouan.Lo matuiot rogarda la mar d'un wil sombre, puis, ayant salué silenvieusement lo second, il duscondit l'escalier à petit bruit chambre de Uorantin, prêt à voler à son secours au premier apprel.\u2014\u2014 XI LA DERNIERE ANORE.Guilgnolé, après avoir cherché maître Noël dunsson hamacet sur le pont, devins la vérité ot descendit à la cabine de Corentin.Ronlis, appayé sur le coude, avait l'o- reillo tendue, «t cherchant à distinguer quelque chose dans lintérienr en glissant son œil ingaiet entro les feutes de la boiserie, N'en pouvant plu d'inquiétude, il leva le loquet avec des précautions inoutes, s'approcha du cadre à pas assourdis, et con- lembla le sommeil calmo de son matelot.An pied du cadre in madone de cire tendait son enfant divin au blessé.Noël sortit avec les inêmmes précautions, et le mousse lui glissa dans l'oreille : ! \u2014Maître Roulis, le capitaine vous demande.\u2014J'y vais, répondit-il, Une mêmw inquiétade dévorait ces doux hommes.M.Leclerc non plus n'avait pas dormi.\u2014Eh bien ! Noël, comment va-t-il ce pauvre Corentin ?.\u2014Lu nuit a été calme, capitaine, il est tranquille : mais cu calme-là, Voyez vous, c'est comme gui dirait la bonace, quand le navire se trouve pris dans un courant, suns vent et sans mer, comme cela nons arriva du vôté des Baloares.C'est fini, voyez- vous, Corentin est ane corvertte démâtée : le courant l'entraîne à la côte, et puis, ar- vivé aux brisants, c'est la fin ! \u2014Ah ! l\u2019impaissance ! dit le capitaine en frappant sur la table.~ \u2014Ouni, c'est dur M.Leclerc ! voir mourir un brave homme qui faisait di bien la manœuvre, le inodèle cles marins, Un ami fini ; et ne pouvoir s'ouvrir les bras pour lui donner un peu de sang qu\u2019il perd par sa tête brisée ! \u2014J'ai beau chercher, dit M.Leclerc en feuilletant son livre ; rien dans ce*volume ! et j'ai passé toute ls nuit.à le feuilleter, Au matin, on effet, la figure du capitaine portait l\u2019empreinte d\u2019une douloureuse fatigue.Ses sourcils contractés, les rides verticales qui partugaient son front, l\u2019abaissement des coins de sa bouche, la rougeur ardente de ses joues, tout prouvait que le capitaine, véritable père de ses matelots, souffrait cruellement de la pérte de Corentin.Tout en répondant aux questions de M, Leclerc, Noël observuit sa physionomie ; si quelque chose avait pu doubler la vénération que le marin portait au capitaine de la Syrène, ç'aurait êté bien certainement sa pitié sympathique pour le blessé.Le lemps ne s'uméliorait pas, la men- brure du bâtiment successivement poussé et relevé par la lame, gémissait.Le vent ui sifait dans la inâture semblait pren- re nue voix humnine, Ces sous aigu:s, plaintils, so martatent au bruit tamultueux de la mer qui frvissait les flaucs du navire.Un autre bruit plus cifrayant encore dominait parfois coux-la : c'étaient les harlements plaintils de Fubio, le lévrier de Lonis Kéronan.Dans les idées superstitieuses du peuple, ces harlements prolon z6s et fanôbres sont un signu de mort, comme les houhou- luments de l'oiseau de nuit.Le capitaine n'était pas superstitioux mais il craignit que les hurlements de l\u2019a- ino no troublussent Corentin qui, d\u2019ailleurs, né en Bretagne, n'avait point rejeté, mal gré les annevs, ses naïves croyances populaires.Il pensail avec les gans de son pays que rencoutrer la char de l'Azcou est mauvais signe, qu'an cierge placé sur du liége ul voguent sur l\u2019eau fuit retrouver le corps des noyés.Enfin, M.Lrclere s'impatienta des cris de Fabio, \u2014Cette vilainu bête réveillera Corentin, dit-il.\u2014Fanut-il In faire taire ?\u2014Oui, si tu le peux.\u2014 Avec cols, les malades ont l\u2019oreille tor- riblement fine, capitaine.\u2014C'est ce que ju pense, mais que faire ?elle appartient au second qui l'aime beaucoup.\u2014Vonlez-vous que je la porte sar Iavant ?Je l'attacherai dans los filets du grand foc, ek de l'endroit où est couché Mon matelot on no pourra pas l'entendre.\u2014Fuis, Noël.Le marin sortit et redescendit aussitôt, \u2014O'est fait, nous serons plus tranquilles, Si seulement in mer s\u2019apaisait un pou! Il me seinbln que ln mort est moins rude par un bean temps.\u2014La tempête, il sait ce que c'est, pour- lant, lo brave Corentin, depuis quinze au-! nées qu\u2019il navigue avec moi! Dus matelols de quiuze ans, sont devenus les enfants du bord, et ju vous aime tous, vous lo savez bien ! \u2014Personte ne peut dire lo contraire, capitaine; fout être justo! Pas de préférence où vous commandez : la goutte pour chacun si vous tes content, sinon Une correction, par ci, par là, ot rien n'en va plus presque et su couchu ou travers de ln porte de la Guirnolé se glissa dons lo carré, \u2014Corenlin s'éveille, dit-il, il vous demande.\u2014d'y cours dit Noël.\u2014lI dit aussi, capitaine, qu'il faudrait bien vous dire adieu.\u2014Je te suis, Noël, répondit M.Leclerc.\u2014Quand je pense qu\u2019il faudra que je le vois glisser sur la planche du coq !.murmura Noül en se dirigeant vers ln cabine du malade, En reconnaissant son ami et le capitaine, Corontin fit un effort pour se soulever sor son cadre.\u2014Merci, capitaine, dit-il en cherchant la | main de son chel, l'heure d'appareiller est venne\u2026Ôek ju voulais vous remercier du | m'avoir bien traité à bord de lu Syrève.\u2026 .Je ne sais pas quel côté j'accosterai, mais je vais faire lv grand voynie.\u2026.\u2014Voyons, Corentin, éloigne cette idée : le voyage quo tu feras, c'estune bonne course à mon bord ; tu guériras, mon garçon, ct ce n'est point notre dermère campagne.\u2014Bah ! vous vons souvenez de la défunte Syréne ; battue par Ii lame, brûlée en dedans, elle a péri.\u2014Mais ton dévoûment nous a sanvés.\u2026 \u2014Ce n\u2019est pas rapport à cela que je vous rappelie lu Syrène, capituine ; fi donc ! Au moment où il semblait que tout était fini, je tno disais encore : Corentin, nous nous tirerons de là ! J'avais fait un vœu pour oblenir un miracle.ce vœu, tu l'accompliras, Noël ; entre matelots on se rend cos services pour l'amour du bon Dieu.Te rappolles-tu mes recommandations d'hier ?\u2014Oui, matelot.D'abord, ta vieille mère.\u2014La veuve Corentin [Trogof, à Quimper.\u2014Je me souviens, ami, je l'ai promis de la ramener à Dieppe\u2014 Ensuite 2.\u2014dJe suspendrai cette statueite de cire à la chapelle que les marins Dioppois ont fait bâtir en l'honneur de Notre-Dame de Bon- Secours.\u2014Après ?dernanda encore Corentin.\u2014Je déposerai entre les mains du rec.| Noël comprirent trop bien, Tout retomha daus le silence.11 n\u2019était pas mort, pourtant, et se dres- \u2018sant sur un de ses coudes : \u2014Quand le navire est en danger, dit-il on jette l'ancre de miséricorde ! C'est sans doute a cause de coln que les jolies figures de l'espérance s'en servent pour s'appuyer.Moi aussi, je vais jvter l'ancre ! et l\u2019ancre du salut, j'espère Ÿ Guignolé, ne pleure pas, mon enfant, et deviens un bon matelot, digne de Grand.Louis que j'ai connu dans le temps\u2026 Je coule dans la mer sans fond, capitaine.Sa figure prit une leinte livide, une douloureuse contraction passa sur ses traits, il roula su lèle ensanglantée sur son chevet.\u2014 Noël ! Noël ! dit-il en se débattant contre les étreintos de la mort \u2026 La mêre Trogol'.le curé da Quimper\u2026le vœu\u2026la statuette.\u2014Meurs en paix, matelot ! Tou à conp -Corentin se redressa, ses yeux s'agrandirent, il eulla sa voix comme 8'il c«mmandait ane manœuvre.\u2014Mouille ! cria-t-il.\u2014Le bon Dieu l\u2019appelle dit Ronulis.Corentin serra fortement dans ses mains les wains unies du capitaine et de son ami, il répéta une dernière fois le nom de la Vierge, et expira.Il était dix heures.Lin ce moment un hurlement de Fabio plus long, plus prolongé, plus effrayant que les autres, causa aux témoins du sinistre dénoûment de ce drame un frissonnement involontaire.\u2014Noël dit M.Leclerc d'ane voix douce termes les yeux de votre matolot, Le pauure garçon sortit alors de sa torpeur, et ses doigts abaissèrent les paupières glacées sur les prunelles sans regard du jeune Breton.Le copitaine rentra dans sa chambre, Noël resta près du cadre.L'annonce de la mort de Corentin, bien qu\u2019elle fût prévenue, ne laissa pas que d'impressionner tristement l'équipage, Il était vimé de tous: si gai, si brave, si excellent marin! Qu'il savail d'histoires, de chansons, de rondes! presque autant que Noël son matelot, teur de Quimper.Nogl acheva tout bas 4 30:33 ami la cotuicion Mat oetuicel I'avait- chargé.} ~-Allons, t1 mémoire est en ordre comme an livre de loch.il ne te restera plus qu\u2019a accomplir un pérerinage à Notre-Dame de Recouvrance, pieds nus, un cierge en main.Comme cela matelot, je serais lesté pour le paradis ! .\u2014Mon Dieu ! mon Dieu ! Noël, \u2014Allons, capitaine, vous le consolurez, n'est-ce pas ?\u2026 Jo meurs tranquille.derrière moi ni femme ni enfants ne pleureront ma inori.\u2026 Adieu capitaine ! \u2014Voulez-vous dormir, mon ami ?\u2014Oui, capitaine, je vais être de quart, bientôt.un long quart de l'éternité ! Si ce n\u2019était pas abuser, capitaine, je vous de- manderois du me lire les dernières prières.M.Loctere prit de la main de Noël un livre de messezusé ot flotri, dont les feuillets avaient bien des lois été toarnés par les mains goudronnées du matelot, Noël s'agenouilla.Corentin fit le signe de la croix, Guignolé, caché dans une angle de la cabine, se souvenait de la inort de son frère Grand-Louis et sanglotait.\u2014Soigneur, Dieu de miséricorde, Dieu de bonté, vous à qui les larmes du pêcheur pénilent sont si agréables, quo vous lui pardonnez toutes ses fautes, quelques grandes qu'esles suieat; vous qui oubliez même que ce pêcheur vousa offense et qui ne cousidérez que son repentir, jetez les yeux sur votre serviteur ; il avoue ses fautes, il vous demande pardon de tout son cœur, exaucez-le.Corentin se frappa trois fois la poitrine, \u2014C'est ma fuute c'est mu faute ! murmu- ra-t-il, La voix du capitaine reprit plus émue : \u2014Délivrez son Ame, comme vous avez delivré LEuoch et Etie de la mort, qui est commune i fons lés honimes.: \u2014Ainsi soit-il, répondirent Noël, Guignolé et Corentin.\u2014Délivrez-la.comme vous avez délivré Job de ses souffrances.\u2014 Ainsi soit-il, répétérent des voix tremblantes.\u2014Délivrez-la, comme vous avez délivré Daniel de la fosse aux lions.Des pleurs seuls répondirent à ce verset.Corentin fit au mouvement.\u2014Veux-tu boire ?demanda Noël.\u2014Oui, dit le breton ; et il ajouta avec un sourire : on lave le pont avant lo combat, Il ramena son drap sur sa figure ; M.Leclerc continua à lire les prières de l\u2019agonie.murmura C'était un noble et touchant spectacle que celui de cette mort chrétisnne.Si le prêtre était absent, In foi du moins couvrait de ses ailes l'homme qui allait mourir.L'honneur d'une longue vio et les cheveux blanes sont presque un sacerdoce, ot M.Leclerc priait pour Tagonisant Les pleurs de Gnignolé coulaient entre ses doigts, Noël pressait convulsivemont la main de son ami, à \u2014Comuent te sens-tu ?lui domaada-te il, le conteur en titre de la Syrêne Les hom.mes-doil'égnipäge-ee disaient cela entre eux, et savaient un gré infini au capitaine de s'être montré si attentif près du blessé, objet de leurs rogrets, Noël - ensevelit Coretin dans la toile d\u2019un hamac ; il enleva la médaille d'argent cousue à la doublure de £a veste et l'attacha à son cou, afin qu\u2019un pieux souvenir l\u2019accompaguät dans la mort.Un instant après, deux matelots vinrent chercher le corps et le portèrent sur le gaillard d'avant.Ou le piuça sur une planche préparée à cet eflet, Le son de la cloche appela tout le monde sur le pont.Lu Syrène fat mise en panne.Un religieux silence régnait dans les groupes des marins ; lorsque chacun ent pris sa pla :e auprès des restes glacés de Corentin, on vit M, Leclerc s'avancer la tê- te nue, un livre de prières à la main.\u2014Svignenr, disait le capitaine en répétant au nom de Corentin les paroles du Roi Prophète, j'ai mis mon espérance en vous, Je ne serai pas confondu à jamais ; hâtez-vous de ie secourir, 6 mon Dieu ! je mels mon espérance entre Vos mains.Vous m'avez racheté, Seigneur Dien de vérité ; jetez des regards favorables sur votre serviteur et sauvez-moi par votre miséricorde.\u2014Seigneur, faites-lui miséricorde, répondit Guignolé, avec la douce voix d\u2019un en- faut de chœur.\u2014N'entrez point, Scigueur, en jugement avec vutro serviteur, continua le capitaine.\u2014Parce que nul homme vivaut ne sera trouvé innocent devant vous.\u2014Ne livrez pas aux bêtes cruelles les âmes de ceux qui vous louent ; \u2014Ët n'oubliez pas pour toujours les âmes de vos pauvres.Le capitaine s'arrêta, traça sur le cadavre le signe béni, et détournant lu tête : \u2014Jetez\u2026 dit-il.- Le cadavre glissa sur la planche et tomba lourdement à l'eau dont il fit jaillir une trompe de pluie sur l'arrière de la Syréne.Les matelots se siguèrent.Le poids de la grappe de raisin que l\u2019on avait attachée au corps de Corentin l'entraîna rapidement au fond.Noël cherchait encore si, à travers la profondeur des caux courroucées, il ne dis tinguerait plus le cadavre de son matelot, Il vit Gaignolé pleurant à côté de lui.\u2014Ta as bon cœur, dit-il, le bon Dieu te le rendra.\u2014Ah! dit l\u2019enfant en relevant la {ête, pourvu qu'un jour Je trouve un matelot, un vrai matelot comme vous l'avez été pour Corentin, je ne demanderais rien de lus! P Le vent avait changé de direction, mais il n'avait point diminué de force, Les marins furent enlevés à leurs impressions douloureuses par la nécessité de courir aux mauœuvres.Le brick avait reçu taut do coups de lames, de ceux que les gens de bord appellent des paquets de mer, qu'il fallut s'uccuper à épuiser l'eau qui menagait d\u2019envahir compidtement la ca- e.wal, Un sourire eutr'ouvrit les lèvres pôles true tr Éd À la tin le vont tomba.| du mourant ; il fit un signe quo Leclerc et EDITEURS-PROPRIETAIRES GEDEON LESILETS & Freres Les nuages s'entr'ouvrirent, comme un grand voile noir qui se déchire, ct laissd- rent voir le ciel profond et bleu, La wer, calnée, garda pourtant pendant lu journée suivante quelques hautes larmes ; mais Je lendemain les perroquets furent de nouveau en croix, toutes les voiles dehors semblnient nspirer à la terre, lo brick incliné légèrement semblait doué comme les matelots de cet amour de In patrie, qui maintenant leur romplisssit lo cœur d'espérance, Mais la joie fut bannio du bord quitté par Corentin ; le denil de Nuël plongea ses awis dans ou deuil égal.Au moment de débarquer à Dieppe, quand la Syrève fut bien ancrée dans le port, Noël Roulis saisit la statnette de cire de son matelot, salun respectueusement le capitaine, embrassa le mousse pour qui, depuis la mort de Corentin, il sétait pris d'une vive amitié, et mit pied sur ie (port de la ville do Duquesne et d'Ango ! XII, TESTAMENT DE CORENTIN, Gracieuse élait assise à son comptoir, les yeux fixés sur un volume dans lequel elle puisait la consolation ; lu père Brunoir, assis au dehors.sur un banc, se chauffait au soleil quand ces mots : \u2014La Syrène entre dans le port ! Répétés par plusieurs poletais arrachèrent le vieillard et la jeune fille à leur pen- séus intimes, La perruche Béril, comme douée d'un cœur qui se souvenait, battit des ailes au nom de la Syréne ot cria trois fois : \u2014Noël ! Noël! Noël ! Puis quittant les bâtons de son perchoir, elle voleta autour de Gracieuse, se posa sur son épaule, becqueta ses lèvres, la caressa toute joyeuse ; et, s'enluyait à tire-d\u2019ailes, partit dans la direction du port.\u2014Le bon Dieu a certuitement donné an cœur à Béril, ditle vieux Bruuoir en la voyant se perdre dans l'éloignement ; mais ilen seru pasdit qu'un oiseau aimora mieux mon Noël que son père adoptif.Allons, fille, laisse la boutique, ferme ton livre, nous allons nous aussi, assister au dé- | barquement de la Syrère, Gracieuse sa leva, et présenta à son père un bras sur lequel le vieillard s'appuya tout en tremblant.; Ces barques accustaient le brick, des mots affectuenx s\u2019échangenient entre les marins, une guité fraivhe remplaçait à celte heure la tristesse des dernières semaines de traversée.Les poletais, les pêcheurs, les taverniers et les hôtesses se reconnaiesaient, se serraient les mains à les briser.ui Vois Noël ?demanda Brunoir à sa ille.\u2014Oui, père, ie l'aperçois dans lu foale ; il - semble bien malheureux ! \u2014 Li, là, Bérit ! faisait le matelot en fat- taut la perruche qui lui caressait la joue de son aile et lui témoignait aus joie folle da le revoir; puisilse disait que Béri! aux pluies d'émeraude était plus reconttaissan- te et plus tendre que bien des gens qu'il avait aimés.Noël tâcha de renvoyer l'oiseau ; il ne pouvait songer à embrasser personne avant d'avoir accompli sa mission, et la statuette de cire qu'il tenait à la main la lui eût rappelée, s'il eût été capable d'oublier lo testa ment de Corentin, Quand it posa le pied sur le port, il âper- - gat d'un regard avec la double vue du * cœur Brunoiret Gracieuse qui attendaient.Eu un bond il fut auprès du vieillard, le serrant dans ses bras, lui étreignit les mains, faisant passer dans ses yeux toute la joie qu'il lui était interdit de peindre par evs paroles.Il remarqua la pâleur douloureuse de la jeune fille, emprisonna ses doigts dans une de ses larges mains, puis, saus mot dire, il s'achemina vers Saint-Jacques.Brunoir connaissait trop No3l et les coutumes maritimes pour s'étonner du silence de son enfant d'adoption.Tous deux le suivirent à l'église, et tandis que le matelot déposait lu statuette sur l'autel de la Vier ge, Gracieuse, agenouillée, remercisit Dieu de lui avoir ramené son frère, ot demandait à Dieu la grâce d'oublier.Deux années s'étaient écoulées depuis le jour où, un matin, elle avait adressé à Jean, sous le porche du cette même église, un adieu qui, sans doute, serait sans appel.Noël pria pour l'âme de son matelot, aida Brunoir à eu lever, et, dans un silence eloquent, levant la inain en face de l'autel sur lequel le Christ étendait ses bras, il fit un serment de fevenir qui sembla rendre le courage au vieillard.| Dix jours après, Noël Roulis faisait son entrée à Quimper, ll'n'avait point voalu prendre le chemin du fer aux ailes d'acier, à l\u2019haleino de Damme ; il loi eût semblé qu'en agissaut de la sorte il s'acquittait d'un devoir commo d'une afluire ; quelque désir qu'il eùt de rentrer à Dieppe, 1| tenait eu- core davantage à l'exécution.fidèls d'une promesse donnée.À continuer} armen LE JOURNAL DES Tro1s-RivIERESs, 16 Janvier 1880.\u2014 LES TROIS-RIVIERES.JEUDI 15 JANVIER 1880.Nous commençons aujourd'hui la publication du discours prononcé par l'Hon Chaplenu au Banquet qui lui a été donné par le Junior Conservative Club.Nous le férons suivre du di:cours prononcé par l'Hon.L.O.Loranger l'rocareur-Général.Il nous fait plaisir de constater que ces deux disco.rs entrautres sont à la hauteur de la réputation de ceux qui les ont prononcés.Il arrive assez rarement À nos compatriotes d'être fêtés par nos concitoyens d'ori- giue anglaise et l'on comprend facilement quels accueils présentent de pareils démonstrations, 1! y a danger pour une na- tionalite comme pour l'autre de manquer d'éjrurd, de courtoisie où même de simple justice, Chacune doit réclamer le sien sans mollesse, mais se garder d'empiéter sur les droits d'autrui.Des coucessions seraient une marque de faiblesse de même que des rélentions exagérées seraient inexcusa- les ; mais on conçoit que dans des réunions de ce genre le terrain des concussions est plus glissant.Tel était donc le danger a éviter pour les oratours dens cette circonstance et comme on le verra qar leurs discours les Hons.Chnapleauet Lora +ger entr'autres ont su y échapper habisement, : Lis étaient les hommes en lumière dans cette démonstration, puisque lo banquet était donné en l'honneur du chef du cabinet de la Province de Québec et ce nest pas trop dite que leurs compatrioles avaient les yeux tournés vers eux et étaient impatieuts d'entendre leurs paroles.L\u2019Hon.Chapleau a traité la question politique et montré ciairement sur quels ter- raius les deux nationalités peuvent se rencontrer sans se heurter.Jetant un coup d'œil sur: l'histoire, il a rappel la fonda: tion de la colonie et les luttes que le peuple canadien à soutenues pour couser- ver su loi, tout en réclamant ses justes droits politiques.Il a évoqué les noms des Lafontaine, Baliwin et Uartier pour démontrer que le but de la politique cov.servutrice avait toujours été le même : assurer au \u2018peuple cauadien la liberté de sa foi, ne pus Violenter lus croyances de nos frères les anglais et accorder à chacun par le fonctionnement de la constitution bri- -tannique leur égale part d'influence.L'Hon.Loranxer à son tour a démontré que lu paix et l'entente entre les deux na- tionalites seraient le résultat de la conservation +e i'antonomie de chacnne.La dit que telle avait «té la politique de l'Angleterre, puisque celle-ci avait jugé né- cessatre dv faire an traité solennel pour donner aux canadiens-français toutes les garapties qu'ils pouvaient désirer.Il rappela que la pensée d+s fondateurs du la coulédération avait été la même, qu'elle avait toujours été partagée par tous les hommes politiques tmarquants dupais la conquête et qu'elle était encore aujour- d'hui ceile de tont le parti conservateur.Pariant de nos institutions ut de notre droit privé, il fit voir l'importance qu\u2019il y a pour nous de les conserver intacts et il rendit hommage à nos chefsde ies avoir respectés, Il comhuttit l'idée du mouvement an- negiotiniste qui s'est produite en différents temps, constatant que cetto idée était irréaljsable puisque notre population ne se confondait pas à ta population américaine et qu'on ln retrouvait partout aux Etats- Unis par groupe el fermument attachée à ces traditions Ii termina en jetant un rapide coup d'œil sur les réformes dont notre système judi- Claire est susceptible et il invila les hommes publics à les étadier, Nous ne cacherons pas que dans le discours de l'Hon.Chapleau, l\u2019épithète de libéral conservateur aurait du disparaître, par ce qu\u2019elle jure trop avec l'idée funda- mentale du discours ; mais en somme nous avons raison d'être fier de la manière dont les membres du cabinet local ont figuré au banquet du Junior Conservative Club\u2014\u2014\u2014\u2014i>-ee- mer Discours de L'Hon.M.Chapieau, Monsieur le Président et Messieurs les meme bres du Jumur Conservalive Club.| En me levant pour répondre à la santé! qu aiété proposée par notre digne prési- ont, je me sens tout à la fois fier, confus, et surpris.Je suis fier, M.le Président, de cette grande démonstration qu'on me fail ; je suis fier de cette réception grandiose, non seulement parce qu\u2019elle est adressée à moi seul, mais surtont au parti _libéral-con- servateur de la province de Quebec dont je suis un des humbles membres.(Applaudissements.) Je suis fier d'appartenir au grand- parli conservateur nu quel j'ai dévoué toute mon énergie et tous mes effuits, depuis le< vinat années qui viennent de sé couler.(Applandissements).Je suis fier de voir les témoignages de sympathie que mes collègnes et moi avons reçus d'ane extrémité de la province à l\u2019autre, et j'attribue le saccès du parti à vous, messivurs, à l'»- nergie et aux efforts que vous avez déployés.Le
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.