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Titre :
L'ami du peuple, de l'ordre et des lois
L'Ami du peuple, de l'ordre et des lois est un journal bihebdomadaire fondé à Montréal en 1832. Il est conservateur et loyal à l'autorité britannique, ce qui l'oppose à l'opinion politique des Patriotes. [...]
L'Ami du peuple, de l'ordre et des lois est un journal bihebdomadaire fondé à Montréal en 1832 par John Jones et le superintendant de police Pierre-Édouard Leclère. Il est conservateur et loyal à l'autorité britannique, ce qui l'oppose à l'opinion politique des Patriotes. En 1833, Alfred Rambau prend la relève de Michel Bibaud comme rédacteur du journal. Il conservera ce poste jusqu'à la fin de la publication, en 1840.

L'Ami du peuple, de l'ordre et des lois est secrètement commandité par Joseph-Vincent Quiblier, supérieur du Séminaire de Saint-Sulpice; durant cette période, les sulpiciens, seigneurs de Montréal, de Deux-Montagnes et de Saint-Sulpice, négocient en Angleterre leur droit de propriété au Canada.

Sur un ton modéré, Alfred Rambau défend l'autorité de la religion catholique et l'appartenance du Bas-Canada à l'Amérique du Nord britannique et affronte les indépendantistes et les républicains.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1973, vol. I, p. 73-74.

Éditeur :
  • Montréal,1832-1840?
Contenu spécifique :
mercredi 29 avril 1835
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
deux fois par semaine
Notice détaillée :
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Références

L'ami du peuple, de l'ordre et des lois, 1835-04-29, Collections de BAnQ.

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[" meer Vo LIL MONTREAL, MERCREDI, 29 AVRIL, 1885.we es N° SL MÉLANGES.LA CONVERSATION.Tout ce qui se dit et tout co qu'on ne dit pus, toui co qu\u2019on sait ot tout ce qu\u2019on ignore, les bruits, les rumeurs, les craintes et les espérances du monde, un peu de calomnie, beaucoup do médisance, un certain fond do justice, ln flatterie pour ceux qui vous écoutent, nulle pitié pour les ab- sons, voilà comment, à In rigueur, se peut défimr cette chose indéfinissable qu\u2019on appelle le conversation.Quand est-clle née, ot quand les hommes ont-ils été assez humains pour se tévnir et so parler les uns les autres sans flel, sans aigteur, ct, qui plus est, sans avoir rien i se dire?Ce sont là de grandes questions que je ne me ferai pas à moi-même, de peur de no pouvoir pas les résoudre.T'au- Jours est-il cependant que la conversation proprement dite, c'est-h-diro l\u2019élégance, l'esprit, la politesse, les grâces du langage, ce qu\u2019on appelait l'atticisme à Athènes et ce qu'on appelle politesso à Paris, tout cela est né sous le beau ciel de In Grèce, parmi ce peuple aisif ct bavard, qui s\u2019amusait À se gouverner lui-même, dans les écoles, les théâtres et les académies, au pied de la tribune de Démosthènes,sur les places publiques entourées de portiques.Là se promenait l\u2019Athénion vêtu de son manteau ; là chacun parlait de ses affuires, ou qui mieux est, des affaires de son voisin ; IN chacun passait ça vie au soleil en été, où à l'ombre on hiver, demandant do temps h antro : quoi de nouveau?LA tout était matière à conversation,une tragédie d\u2019Euripide,une comédie d'Aristophane, un chapitre de Téaphraste, uno saillio de Diogdne, une Joûte de Intteurs, un bon mot d'Aristippe, une folie d'Alcibiade.Onallait au tribu- anal voir los juges et surtout les entendre ; on allait au Pyréo voir les vaisseaux qui entraient dans le port ; on accompagnait l'athlète jusque chez lui ; on plaisantait beaucoup les voisins de Lncédén:one, qui avaient ln prétention do no dire aucune parole inutile, de porter des manteaux grossiers, de ne pns se faire !n barbe, el de trouver le brouet noir le plus exquis de tous les mets.Ainsi, à Athènes, la con- vorsation se fnisait à l'air libre ; on parlait tout haut, comme à la tribuno ; on avait tous les langages, lo même jour, et pour ainsi dire à ln fois : colère, épigrammes, admiration, honneur ou blâme ; la spirituelle mobilité du peuplo athénien se montrait À propos des moindres choses ; le grand homme couronne la veillo était derné la lendemain ; pourquoi donc le peuplo athénien pussait-il ai facilement de l\u2019amour à Ia haine ot de la haine à l'amour ?C\u2019est que lo peuple athénien était un peuple bavard, qui recevait facilemeut toutes les impressions ot qui leur obéissnit plus facilement encore.Il s\u2019enivrait lui-même de 563 propres discours, à peu près comme un homme d'esprit trouve moyen de s\u2019enivrer en ne buvant quo de l\u2019eau.Peuplo frivolo et charmant, qui oubliait si adwira- blement tous les services qu'on lui avait rendus et tous les malheureux qu\u2019il avait faits ! À n\u2019en pas douter, la conrersation pro- prament dito prend son origine en ln ville d'Athènes.La plupart des grands ouvrn- ges do cette littérature ne sont, à diro vrai, que des conversations de génie.Qu'est- ce, je vous prio, que I'Jlliade, sinon In conversation du poète avec In Muse qui lui raconte In colère d'Achille?qu\u2019est-co que a tragédie do Sophoclo ou d\u2019E£uripide, sinon la conversation de tous les héros d'Homèro évoqués sur lo théâtre ?et la comé- dio d'Aristophane, sinon la conversation de tous ces frivoles citoyens d'Athènes qui viennent so montrer au grand jour, tels Qu'ils sont en effet, coléreux, vaniteux, mentours, curieux, faquins, flaneurs, pares.soux avec délices, bavards, surtout buvards comme des pies?Et les dinlogues de Platon, qu'est-ce autre chose, je vous prie, sinon la conversation philosophique de ses disciples avec Vesprit de Socrate 1 La rèçe est uno conversation universelle.Los philosphes disputent untro eux.Les shéteurs se partagont l\u2019attontion : l\u2019un excelle à la demando, l\u2019autre triomphe dans ln réponso, ct si bien que souvent ilont'raison tous les deux.De même les orn- teurs ; ils 60 disputent la chairo politique, ile se partagent l'attention, ils purlent avec Jeur auditoire, et l\u2019un d'eux, pour s\u2019uccou- Sumer à tous los dialogues, à tous les temps, :harangue les flots do In mer, Et dans los repas, quels longs discours, quel poétique murmure! l\u2019uis, si vous quitlez la place publique, les gymnases, les théâtres, tous lus lieux vulgaires de la conversation de tout le mondo, et même Ju hallo nux légumes, où les marchandes d'herbes clles- mêmes reconnaissent \u2018Théophraste pour un Élranger ; si vous ontrez dans ces toutes petites maisons sombres au dehors, mais éclairées nu dedans, alors vous pénétrez tout-à-fait dans le secret de ln véritable couversution athénienne.Ce n'est plus seulement la conversation d\u2019un citoyen, c\u2019est l'élégante causerie d'un homme avec une femme ; alors lu voix, le geste, l'accent, la parole, le regard, so modifient de mille nuances ; fout porte alors à écouter en silence, c\u2019est l\u2019ériclès qui écoute Aspasio, c\u2019est le charmant idiôme d'Ionie qui tambo cadencé de ses lèvres do rose ! Ne disons pas do mal des mœurs grecques et des courtizannes d\u2019Atliènes ; les véritables Athèniens n\u2019allaient chez uno bolle cour.fisanne quo pour parler avec elle.Une belle esclave de Lesbos vennit-elle à Athènes, on 50 demandait, non pas: Est-cile beflo ?mais : Parle-t-elle bien?On la voulnit avec de l'esprit d'abord ; la beauté et les graces élnient par-dessus le marche Lun Grèco s\u2019en va, Athènes tombe,rovien, nont les guorres qui jettent les hommes \u20ac les pouples dana le silenco et ln terreur t une nouvelle puissance so forme, non plus par le langage et par les bonux-arts, comme la puissance athénienne, mais par lo fer et les armes.Tomo a tout d\u2019abard parlé plus rudemont que a\u2019avait jamais fait Athènes.Les disputes des patriciens et du peuple, voild une terrible conversation, qui a mis la république à deux doigts do sn perte.IV n'a fallu rien moins qu\u2019une fable athénienne habilement employée par le consul Menenius pour ramener le peuple qui s'était réfugié sur lo mont Aventin ! La véritable conversation romaine no commence qu'à Cicéron : il est le premier cnuseur de lu république.11 est tout-a.fait l\u2019homme de lettres: riche, honornble, considéré, puissunt, heureux do son beau style et do°son admirable langage, ses lettres sont déjà une histoiro aussi vraie de son temps quo los lettres de Mudamo de Sévigné elle-même.Après Cicéron vient Auguste.Alors se forme In belle société romaine ; la république s\u2019en va laisser place au gouvernement d\u2019un seul.Alors arrivent à la suite tant d'hommes d'osprit, causeurs de génie, dont lo nom est honorablement inscrit dans les épitres d'Horace, à peu près touto ln con.versalion de ce temps-là Auguste, Mécènes, Quintitius, Varus, Virgille, les Pisons Properce, Ovide, qui a trop parlé, les élèves de Cicéron, les échappes de l'ancienne Athènes,los Romains sceptiques, lez répu- blicuins renégats, ces accomodnns philosophiques, qui rajeunissaient et retrempniont dans le vin de Falerne Ju doctrine d\u2019Epicuro ; et avec Auguste Livie, et avec Tibulle Lesbie, et cinthe avec Catulle, et Nééra avec Hornce, ct toutes ensemble uvec Mécène, voilà sans nul doute uno société bien faite et toute faite pour une conversation do plaisirs ou d\u2019affaires, de helles-lettres ou d'amour.Ces derniers romains, qui romplaçaient par l'esprit la liberté, se hâtant de jouir do la dernière paix de l\u2019empire.ls so réfugient dang leurs bolles demeures, sur los borde de la mer.Alors vous ealendez retentir les noms do Soremo ou de Tibur, et les noms de toutes cos villas abritées par lo mont Soracte chargé do neige ; la société romaine se résume nvant de mourir : elle se fait athénieune avant de devenir barbare ; après avoir combattu pendant des siècles, elle causo pendant un règne.Horace, le maitre ct lo chef de tout co monde poétique, définit ainsi le bonhour : Quels vœux, dit-il, une rnère peut-ello adrosser au ciel pour son fils chéri, sion celui-ci ; avoir do nobles ponsées, et, pour rendro ces noblos penséos, do Lelles paroles ( fari qua sensiat)?Il est vrni que le poète njoute : avec de l'argent dans sn bourse (non deficiente crumena).Sans dunte le sago Horace regardait l'argent comme la commodilé dela conversation.Mais co n\u2019est pas uno histoire que nous voulons faire.Il va sans dire que la cau- serio de l\u2019ho:nme n pris toutes les nuances do ses passions ; suivre l\u2019histoire de la conversation humaine, ce serait faire l'histoire universelle.La conversation, ce n\u2019est pas toute parole qui sort de la bouche de l'homme, c\u2019est In parole perfectionnée érudite, délicate ; c'est le lingoge de l'hom- me en société bien fuite, élégante, polie ; lu conversation.c\u2019cst le superflu de In parole humuine.c\u2019est toute parole qui n\u2019est pas proférée par la colère, par l'ambition; par la vanité, par les passions mauvaises ; ce n\u2019est pus Une menace, ce n\u2019est pas une demande, co n\u2019est pas une pierro ; lu con- versution est une espèco do murmure ca- priciouy, savant, nimable, caressant, moqueur, poétique, toujours flatteur, memo dans le sarcusme ; c\u2019est une politesse réciproque quo se font les hommes les una aux autres § c'est une langue & part duns la lanzno universelle qui emploie benu- coup plus de voyelles que de consonnes ; c\u2019est une langue que tous croient suvoir, entendro ct parler, que bien peu savent entendre et quo bion moins encore suvent parlor.Mais je m\u2019arrête ici dans mes définitions, par la raison que plus clles seraient complètes et moins je serais compris, C'est surtout en France que In conversation est un titre de gloire nationale ; c\u2019ost presque une gloire littérnire.L'institution des snlons n\u2019est pas si vicille qu\u2019on pourra bien le croire.Elle dutto à peine de Fhôtel Rambouillet, ce grand arsenal de eauserie, où M.du Balzac régnait en maître, où l'abbé Bussuet, à 16 ans, qui devint plus tard Prigle de Meaux, prononça à minuit son premier sermon.L'h0el Rambouillet, renversé par Malière, rondif cependant ce grand service à la Fiance, qu\u2019il lui donna lo goût des réunibna où l'on sc rencontre soit lu nuit, soit Jo:jour,! réunion d'hommes-ol do fommos, qui, saris lo vouloir, rendirent à ln langue: plus dé services quo Pucadémio elle-même.Alors commenco à Paris co grand travail du Lenu jnngage, nuxquel chacun prend part de tou- ea los forces de son esprit.Racine, Paseal, Molière, La Fontaine, Fénelon, Bossuot, que font-ils autre chose si non épurer, agrandir, embellir, simplifier la langue ?C\u2019est alore véritablement que toute convorration commence.Madame de Sévigné, Bussy Rubutin, madame de Scarron, qui rempluçuit par une histoire le rôti qui manquait, cette belle Ninon de Lenclos, qui pratégen Molière et qui dovi- na Voltaire, le prince de Condé, voilà déjà In conversation qui so manifeste, qui s\u2019arrange.On s\u2019éconte parler, on répète les mots ingénieux de chacun ; le roi lui-même a ses mots à lui, qui ne sont pns les moins vantés ; tnnis tout cela, co n\u2019est pas encore une conversation populaire, ce sont des cotteries où plutôt ce sont de petites cours of règne en souveraine telle femme d\u2019esprit, où commande en despote tel homme d'esprit ; co ne fut véritablement que sous lo roi Louis XV, ou plutôt sous Voltaire, que la conversation en France devint tout- à-lnit ur:0 conversation générale, c\u2019est-à- dire véritablement la conversation, Alora s\u2019ouvrirent à toutes les célébrités du dix-huitième siècle,les salons de Mme.Geoflrin, ot là, chacun vint apporter autour de cette femme d\u2019un sourire si fier, d'un tact si exquis, d\u2019un regard si intelligent, tout ce qu\u2019il avait de verve, d'imagination, de style, d\u2019unduce, et surtout de paradoxes.La conversation, qui, sous Louis XIV, n'avait été, À vrai dire, qu'une causerie intimo ontro quelques hommes et quelques) femmes d'élite, devint, sous Louis XV, une véritable controverse, dans laquelle chacun fui appelé, celui-ci parco qu\u2019il était un grand poète, cet autre comme grand philosophe, et tous enfin, tont au moins parco qu'ils savaient se lnire et écouter.Alors l'opinion publique commença à se société françaiso B'émancipe par la con- versntion.-Or, il y cutun instant où co pouplo français, lui aussi, dovint tout-à-coup ct tout- h-fnit un peuple athénien.La Parisien so porta uvec fureur au Palais-Royal : là, il faisait ses proclamations; 1a il votnit lu mort ou la paix : [h, il demandait comme PAthénien de Demosthene: Qu'y a-bil de sourean?Voila done la convorsation doscenduo du salon duns la rue, jusqu'a ce qu\u2019enfin l\u2019emporour Napoléon, cethom- me qui mis l\u2019ordre partout dans lo monde, dans les plua petites choses comme dans les plus grandes, ait fait violemment ro- monter lu conversation do la ue duns lo salon, d\u2019où ello n\u2019est plus sortie.Muis do- puis lorsda converantion n perdu beaucoup de sou importance ; elle n'est plus qu'une puissanco très secondaire, compuréo à cetto ardento ot torriblo conversation do chaque jour qu'un appelle lo journal, Ainsi, privée par le journal do son primitif attrait, À savoir les nouvelles politiques, les nouveautés littéraires, la critique du théâtre, les évènemens les plus vulgaires do la vie, un accident même de currefour, In conversation n pris en Fratico Uno voio nouvelle, qui doit bientôt la conduiro à un but plus honorable.Comme, on effet, ln conversation no peut pas lulter avec lo journal, qui sait tout, avant Je salon lo inieyx informé, qui raconte tout co qu\u2019il saily \u2018el cela lout haut, blame ou qui lous tont hit tout\u2019 le monde, la conversation s'est Féjétdé\u2018surlous les élômons*qué ne: glige le journal.Elle est devenuo plus grave, plus posée, plus savante.Dllo s'est inquiétée do tous los progrès, do toates les découvertes qui échappent au journal.Ello a trouvé une formule gui n'apparticnt qu\u2019à elle pour juger, pour approuver, pour blamer, pour applaudir, | La conversation, moins rigid et moins futile, à cherché un aliment de chaque jour dans l'histoiro et dans la science.Chaque branche des connaissances humaines est entrée dans son domaine ; ello n\u2019a plus donné exclusion à nucune science, toute science lui est bonne, pourvu qu\u2019elle serve d'aliment à une causerie d'une heure, Jures Janin.UNE SOIREE AU CIIATEAU D'ECOUEN.Eloigné de ln cour par un ordre de François ler, Montmorency avait élové lo château d'Ecouen commo pour amuser sn disgrâce.Le vieux connétable était lvin de prévoir, quelle serait, trois cents uns plus tard, In destination do cochhteau.1] avait voulu quo tout y rappelât l'ancienneté de sa rnce et los exploits do secs vieux.Statues et bas-reliefs dignes du temps où vivait Jean Goujon décoraient les fagndes, les salles et les galeries.En icelles so voynit au milieu de trophées d'armes, l\u2019écu à la croix de gueule, cuntonnée do seize niglettos d'azur, en mémoire des étendurda enlevés par Mathieu do Montmorency à Bovines ; et lo cri de guerre: Dieu soil en aide au premier baron chrétien, se lisnit purtout sur les murailles, Ces sculptures, ces écussuns.Ces diviser, ornaient encore Ecouen, quand Napoléon voulut consacror celte maison à l'éducation dus filles do la Légion-d'Honneur.Les voûtes, sous les quelles les hommes d'armes prolongoaient nutrefois lo bruit de leurs pas, ne retentirent plus que de la gaîté foilo de trois cents jeunes filles ; tmuis ces jonnes filles nvaient nussi pour pères des guerriers célèbres, et s0 trouvaient ainsi comme À leur placo dans former dans les salons de belle compagnie et de spirituel langage ; alors il y eut en Franco uno opposition contre le pouvoir d\u2019un genre tout nouveau, non pos In brutale opposition de la rue, sur Inquelle on lance les gardes françaises, non pas l\u2019opposition du prmphlet, qu\u2019en fait brûler par In main du bourrent, mais uno opposition insaisissable, l'opposition du salon : contre l'antique demeure den Montmorency, Mme Campan n'avait pra reçu sans erainto de l\u2019empcreur lui-même la surin- tondance, j'ai presque dit le commande.mont do cello maison.L'ordre le plus parfait on reglait tous los oxercices.Après le soupor des élèves,on voyait errer encoro quelques lumières à travors los fe- nôtres des longs corridors; à neuf heures tout lo châteuu rentrait dans uno obscurité celle opposition, le pouvoir était impuissant, il fallait la subir, il fullait lui faire des avances, il fullait la flatter ; on ne pouvait pas lui faire peur.Vous comprenez tout de suito quelle importanco arrive tout-à- coup À ces salons d'encyclopédistes fron- dourn ot railleurs.Lu belle partie du dix- huitième siècle sc pnase ainsi, À causer, à parler, à conter ; c\u2019est un bruit, c'est um mouvement incroyable ; c\u2019est une mêlée non interrompue de plaisanterios et d\u2019nttn- ques do tout genre.On cito encore au- jourd'hui les noms do ces révolutionnaires de salon, qui ont si merveilleusement préparé lu révolution de 89.Car ou fait la profonde, mais on veilluit plus tard chez la surintendante.Dans son cabinet, que précédait un salon de musique, oll recavait alors quelques dames dignitaires quelques élèves, objets d'une purticulière affection.Parmi lés dames, c\u2019élait Mmo de Mongelas, qui avait vu Ja cour do Louis VX, Mrao d'Hautpoul, déjd connue par son esprits par Sin ouvrnge, et Mmo Angeley, dont les plus nobles éducations ont attesté epuis le rare mérite.Pholude, jeune recque dont l'existence semblait envélop- Ge d'un peu de mystére, Fanny Kassnar, ue la surintendante nppelnit sa fille chérie, qet los deux demoiselle Macdonald, dont \u2014_ l'una fut depuis la comtesso Perrogaux, chesse do Mussn, voilà quelles étaiont alors leg jounos personnes.Jo sornis ingrat si j'oubliais deux autres dames dont Mae Campnn conunissait In discrétion, mais dont ello no connnissait pus je erois l\u2019emperturbable mémoire.Enfoncéo dans un grand fautouil, vêtue d'une éternelle robe bleue, souvont fanéo, la tête couverte d'un bonnet do dontolles qui n'élait pas toujours très droit, ot roulant 1350z souvont sn tubntidro d\u2019or entre ses doigts, ello causnit, écrivait ou dictuit : lisnit quelquoluis et lisait À ravir, ou co qu\u2019on aimait encore micux, rncontait h propos de In moindro chose, des fuits, dos anecdotes do la cour do Louis XV et do Louis XVI ol s\u20196lnit passdo sn jeunesse, Un soir quolle Ecrivait, uno des jounes orsonnes, c'était Pholoée, si l\u2019on m'a bien instruit, imitait en riant la marche do M.Yargès, médecin do In maison, lo bruit de sa jumbo do bois sur lo pluncher et le ton dont il morigdnait les petites rebelles qui s\u2019insurgeniont contro ses ordonuunces.La vérité de l\u2019imitation et In galté des jeunes personnes tirèrent un momont lu surinten- danto de sa révoric.Mes enfnns, leur dit-elle, après un léger sourire, respectez lo noble caructère du docteur, je t'en connais point do plus honorable.Jcoutoz-moi.Lo ducteur, il y asept ou huit ans de cola, nimait une jeune personne qui hésitait à lui donner.sa moin: \u2014 Désespéré, ilparts it court s'enfermer dang uno place qu\u2019assiégnient les Autrichiens.Leur fau dirigé à dessein contro l'hôpital en éloignuit les socours.Médecins, infirmier tout avait fui.Lui seuly pénéirn, luiseul persistait à prodiguer des soins nux blessés, quand un boulet vint lui fracasser lo genou, ll fallut l\u2019emporter et lui couper la cuisse.Le bruit de cotto belle action se répandit bientôt; et jugez de sa joie quand sur son lit de doulour, il reçut de la femme qu\u2019il aimait uno lettre avec ces seuls mots : « Je vous épouse.» Après de parcile traits, continua Mme.Cnmpan, l\u2019on n bien la droit d'être un peu sévère ; et puis c'est un privilège des médecins duo dire la vérité, même au rois.Le médecin de Lonis XI le ménageait peu ; et moi-même, tenez, j'ai connu dans ma jounesso un vieux docteur qui fit un jour une réponse fort vive À l'héritior d\u2019un trône, au Dauphin, fils do Louis XV.Comme son père, le Dauphin aimait à dire en fuce des mots piquans ; mais il laissait aussi, commo son père, În liberté do ln réplique ; vous pensez bion qu'on n\u2019en abusnit pus.« Bouillac, dit un jour M.le « Duuphin au vieux doctour, In Gazelle de « Leyde annonce la mort d\u2019un médecin « célèbre, et dit qu\u2019on lui n trouvé lo cœur « ossifié: vous nvez tous des\u2018 cœurs do « pierre, vous nutren médecins.\u2014Monsei- « gneur, répondit Bonillne, on nous recom- « mando le secret quand nous ouvrons les « grands.» Le mot cest dur.Le Dauphin ne répliqua point, et même rien n\u2019annonça par ln suite qu\u2019il on eût conservé du ressentiment, ce qui est remarquable, car il était dévot, nu plutôt il feignnit de l\u2019être.Sa dévotion Btail, je crois, plus do politique que do conviction.Il avait en sccret des attache.mens qui s\u2019accordaient mul avec ses principes.La Dauphine, princesse de Snxe, qui vécut trop retirée pour qu\u2019on connût bion son caractère, n'avait pas eu toujours à ao louer de son imnri.C'est là co, quila rendit excusable dans une circonstance dont je puis vous parler entre nous.Vous mo saurez gré do vous dire cetto particularité fort sccrète, poursuivit la surintendante, car elle renferme une utile leçon.Ian princesse un pou délaissée, un peu contrariée de l'être, fit par désœuvrament, plus quo por raison de santé un petit vo- yago aux eaux do Forges.Un jeune officier aux gardes, qui s\u2019y trouvait, eut laté- raérité de lui rendre des soins : elle eût l'imprudenre _ d'y prendre plaisir et de recevoir une lettre, une seule lettre en secret.Mais Liontôt rappelée au sentiment de nes devoirs, elle rougit de sa faiblesse, et rompit un engagement qui pou- vaitentraînersa perte, Malheureusement c'était de aon aveu, qu\u2019une de ses femmes, Mile.de Varanchamp, lui avait remis ce billet fatal.princesse fut réduite à lui demander ur secret profond.Elle maria Mile.de Varanchamp à M.de Chalv, fer- mier-général, In dots ef lui fit de riches présens.Mme.de Chalu usa sans mé: dont l'autre est aujourd'hui Mme ln du- 2 op PES nagoment dos droits que cette aventure lui avait dontiés sur sa maîtresse : elle brigua : pour M.do Chulu toutes los places qui pouvaient l\u2019enrichir ; il devint, parle crédit « do sn femme, un dos plus upulens finau- ciers du siècle.1 Elle arrivait à Versailles, pénétrait dans le cubinet do Mmo.la Dauphine, et ln regardant d\u2019un air À lui rappeler ce qu\u2019elle #ovait et ce qu\u2019elle pouvait révéler, elle lui adressnit sa domando, puis olle ajoutait.« J'oso croire quo j'ai dos droits nux-bontés du Mme.la Dauphine :» ot la puuvre-prine + cesse, pâle, tremblanto, éperduo traversait\u2026 tous les appartemens de Vorsailles et courait demander au Roi les grâces qui do- vaient achoter le silonco do Mme.do Chalu.Elle expin pendant plusieurs an- néos ainsi celto imprudence d'un moment, La faute était légère, mais c'était: une : fauto : on-doit tâchor de n\u2019en point com- moettro.Coa 7 Mos pelitos amies, njouta Mmo.Came: pan, allez donc fairo un pou de musique.: Si l\u2019abbé Boyer vencit (c'était l\u2019aumônier : de In maison), vous m'avertiriez.Ces: aimables jeunes personnes coururent au« piano qui biontôt s\u2019uccordn doucement!» avec leurs voix.La surintendunte se penchant alors vers les dames qui resiaient, dit à voix baese: « lly avait deux fautest - In promière, la plus grave, de recevoir des - lettres, Car il yen eut plusieurs, et- le ste! condo de moltre un tiers 'dans sa confiden-> ce.» .avail commencée.Ces dames contiñud-: rent à s\u2019entretenir, avec Mme.de Monge-': las, des princesses qui vivaient à la cour de < Louis XVI, de Mme.Elisabeth vi douce: dans su vio, si noble et ai touchante dans sn mort ; puis de Mmo.Clotilde mariée à un prince do Savoie et dont une de ces dames avait vu récemmont un portrait charmant à Turin.Les sœurs de Louis XVI, dit Mme.Campan, car elle n'avait rion perdu do la conversation, étaient trop _ jeunes pour offrir à Marie Antoinette \u2018ude\u201d société qui convint h son rang,h ses gobis, les tantes du roi, MEspanes, dont j'avais.été ln lectrice étaient trop égées.II est vrai que la cour comptait encore les prite, cesses qu'avaient épousées M.le come de Provence et M.le comte d'Artois.,Q* © vous dirui-je de la comtesse d'Artois 1 c'était une de ces personnes destinées à viaile, lirsans cesser d'être enfant.Quant à la comtesse de Provence qu'on appelait Ma.\u2019 DAME, elleavait de l'esprit et même de line.strucion ; mais; ello niminit à faire en secret de petite ropas où l\u2019on n\u2019épargnait ni les.meta délicate ni les vins fins.On avait peine à s'expliquer alora,ou plutôt on a\u2019expliquait trop et ses propos et son maintien.Un jour, je n\u2019en souviens, la reine trae.vaillait à quelquo ouvrage de femme, dans, son cnbinet : j'étais près d'elle et je lisais à haute voix.\u2014C'était à l\u2019époque où ;la.disgrâco du Struensée, ministre de Danemarck, et la captivité de Ia reine Matilde occupaiunt tous les cspiits.\u2018Tout-à-coup les portes du cabinet s\u2019ouvrentavcc fracas et madamo entre eu milieu dos acéès d'une gnité folleet bruyante.Elle prend los.pans de sa robe et se met à danser par la, chambre, en chantent, fe ne- sois-iquelle chanson populaire, peu faite pour l@palcis dos rois, et dont le refrain finit par ces: mots: Elle est morte, elle est mogto ; il.n'en faut plus parler.« Et de qui donc fêtez-vous si gäjment.«la mort ?dit la reine avec impatielce.-= « De la bello seine Matilde, reprit mâderne, « qui dans sa tour, après avoir {pris.un.« bouillon, est devenue la feue reine de « Danemark.Ab! ma sœur, dit là reine « avoc étmotion, vous dansez, vous chentes.\u2018 enapprenant la fin tragique d'une femme, « élevée comme nous dans un rang qui doit « nous rendre ses malheurs plus seneÿbles 1 « Eh?qui vous dit qu'elle n\u2019est puiné fa vic- « time de quelque odieuse intrigue ou de « quelques laches calomnies 1 me, z « dois lui rendre cette justice, reviut à e « tout à coup, fut touchée des parbles de « ld reine, I\u2019 » comme pour; lui des « mander pardon d'un si malke accès « de gaité.» , ; Lacon , alors Homnont entre les dames \u2018auprès de le ours lance, était devense, même avant le réve- IR TS SEE heer, nb, - Elle so tut ators etrepritia Vettre-qu'olle.intendante, un tour plus sérieux; elles 0e\u201c: demandèrent comment a Sees \u2018a.remplie de grâces, de bonté, de bienveil- \u20ac ; od À > u bal de l'Opéra, eûtété, de la part dln Tuine, uno imprudence.Le clergé ne lui \u201cpardonna pas d'avoir sboli l'usage suivi jusqu'alors par les reines deFrance d'onten- dre tous les matins lg mosse qu'on disait; it à In chspelle du palais, soit sur un autol portatif, dans l\u2019intérieur de leur apparte- \u2018mont.Enfin, au sein même de\u201d ln maison \"royale, des prétentions, .dos.espérances * déques, fuisaient naîtro des-rivalités dont \u2018le reine avait à souffrir.M.le comto d'Artois avait eu des enfans avant le roi; .quand depuis, la Raine donna un dauphin À la France, les officiers de Is maison du
de

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