L'autorité, 14 août 1915, samedi 14 août 1915
[" 99° *% Vel 11- Ne 86 Achetez l'Autorité avant de partir pour la campagne le samodi 79 Administration et rédaction : 162 St-Denis Tel.Est 893 GASTON MAILLET, directeur Honoré Gervais On vient de fermer la tombe d'Ionoré Gervaisgrand Canadien.Toute sa vie, Gervais a été un modèle de vertus, un bücheron, un bourreau de travail.: J'ai déjà entendu dire par un de nos plus éminents jurisconsultes, L 1, Maréchal: \u201cGervais! C'est de l'étoffe de Sir George Etfenne Cartier!\u201d L'ancien député de St-Jacques ne faisait aucune ostentation de ses talents; il en avait an pourtant bien important, celui de journaliste.Je me rappelle qu'un jour, à propos d'un article qu\u2019il avait dicté et fait paraître dans un de nos quotidiens, avoir entendu Langlois, hochant la tête: \u201cGervais?Cest le plus grand journaliste du Canada.\u201d Aussi était-il l'ami de tout.ce qui touchait aux journaux; si un rédacteur, un reporter était l\u2019objet d\u2019une fête quelconque, c'était Gervais qui prononçuit le discours de circonstance.Il était de tous les comités, de toutes les démonstrations.Il était un organisateur hors ligne, mais pour les autres, Aussi ne meurt-il pas riche; il était Lrop généreux, trop large pour ces temps d'opportunisme à outrance, Contrairement à certains de ses confrères politiciens, il était dépourvu d'égoïame; pendant que ceux-ci se guvaient, s'enrichissaient, lui s'appauvrissait, Gervais était un honune de conseil aux moyens prodigieux.C'était surtout quand un client ou un ami avait la corde au cou qu\u2019il excellait.11 possédait une science extraordinaire, c'était un véritable encyclopédiste.Doué d'une mémoire prodigieuse, il connaissait la généalogie de ls plupart de nos familles canudienness fait curieux, quand on lui parlait d'un homme un peu conuu de Montréal où d\u2019ailleurs: \u201cAh oui! disuit-il, J-lite Un Tel, Solomon Un Autre, Joseph ldouard Celui-ci, R J.L.Celui-là.° On aurait dit qu\u2019il connaissait le nou de baptême de tout le monde, 11 était le banquier des étudiants: les quémuundeurs faisaient la queue à son bureau; c'est dire qu'on ne revenait jamais les mains Vides, : \"1 wali Si Dieu avait dirigé Gervais vers la prétrise ses talents, ses aptitudes l\u2019auraient porté bien vite à l'épiscoput ; il était bâti pour faire un archevêque.et un grand, Il était du bois dont on fait des cardinaux.dl était un ami de la France, preuve, su Croix de lu Légion d\u2019Honuneur.Préfontaine et Gervais, sauf Laurier, ont été les deux honunes les plus populaires du district de Montréal chez les Libéraux de leur époque.Hélas! il wy en a plus de ces hommes duns notre parti ! \u2019 Lu mort de Gervais est une grosse perte pour notre magistrature, pourtant si féconde en hoiuames savants et vertueux.Dévoué au superlatif aux choses de l'éducution, l'Ecole Polytechnique, la Fuculté de Droit, l\u2019Université Laval entre autres, perdeng un grand ami.Gervais mort! C'est une perte nationale! Patriote comme le bon sénateur L, U.David, il révait pour sa patrie des choses extraordinuives.Al n'était pas un amateur, mais un grand conuaisseur duus le vrai et dans le beau, 11 faudruit les trente-deux colonnes de ce journal pour écrire, même un simple apergu de ce qu'était cet bonune étonnant.Puissent les jnnombrables sympathies, les bouquets spirituels, les tributs floraux veuus de partout alléger le poids de l'inconumensurable douleur qui accable su fatuille éplorée.C'est celle d'uu Gaston MAILLET.\u2014_\u2014_\u2014_\u2014_\u2014_\u2014_\u2014_\u2014_\u2014_\u2014_\u2014 L\u2019immigration belge 1 au La \u201cPatrie\u201d à publié samedi dernier une lettre d\u2019un correspondant parisien qu'avait évidemment ému la campague faite par \u201cL'Autorité\u201d pour engager le gouvernement à preudre des mesures en vue de diriger vers la province de Québxe un courant d'immigration de lu Belgique.Ce corvrespundant, qui n'a pus le courage de fuire connuître sou nom, est clairement hostile à notre projet.11 cherche par toutes sortes de mauvaises raisons à justifier l'indifférence et l'inertie de sir Lomer Gouin et proclame \u201cex cathedra\u201d qu\u2019il n\u2019y à pour le monsent pas lieu de faire de propagande pour amener les immigrants belges dans notre province, Dès le premier paragraphe de sa lettre, ce correspondant anonyme montre que c\u2019est à \u201cL'Autorité\u201d qu'il en veut: \u2019 \u201cPourquoi ne travaillez-vous pas à créer un mouvement d'émigration belge vers la province de Québec?C'est la question que posent quelquetois des journaux de Québec et de Montréal au gouvernement et à la Chambre de Commerce, sans se rendre compte de la propagande discrete qui s'accomplit ici et sans se pénétrer des difficultés de toutes sertes qui résultent de la tragique situation actuelle.On invoque, paraît-il, pour dresser ce point d'interrogation, le fait que quelques deuzaines de familles belges auraient émigré dans Villinols, dans la Caroline ou méme dans la presqu'ile de Niagara.\u2019 C'est assurément une aswz bonne raison à invoquer.Pourquoi, en effet, les familles belges qui émigrent se disperse- vaient-elles aux Etats-Unis ou dans les provinces anglaises du Dominion, lorsqu'elles trouveraient tant d'avantage à se grouper daus la province de Québec, uu milieu d\u2019une population parlant leur langue et partageant leurs croyances religieuxes ?Pour ce qui est de la propagande discrète qui s'accomplit à l'heure actuelle, nous connaissons assez M.Roy, commissaire du Canads & Paris, et M.Godfroy Langlois, agent officiel de la province de Québec à Bruxelles et que la guerre force à résider temporairement en France, pour savoir que ln question de l'immigration belge ne saurait leur être indifférence et qu'ils s'emploient autant qu\u2019il est possible au succès de cefée cause.Mais M.Roy n'a pas seulement à s'occuper de cette questions nous doutous même qu\u2019il puisse y cousnerer beaucoup de temps.Et, quant à M.Langlois, il ne peut, à lui seul, entreprendre et conduire à bonne fin toute la campagne de propagande et le travail d'organisation dont la nécessité s'impose précisément à cause de la guerre.\u2018\u2019D\u2019abord, écrit le correspondant parisien, personne au Canada me peut songer à admettre que les autorités françaises ou belges laisse- valent organiser, dans les heures où nous sommes, des migrations nem- breuses vers l'étranger.Au contraire, par des mesures administratives, on a paralysé d'avance toute tentative d'exede en masse.Et qui parle d'émigration en masse?Avons-nous jamais suggéré de transplanter le peuple belge dans la province de Québec?Nous avons demandé et nous demandons encore au gouvernement de prendre ses dispositions afin de diriger vers notre province un certain nombre de familles qui émigreront inévitablement pendant la guerre, æt pour attirer surtout le courant d'émigration beaucoup plus important qui a'éloignera après la cessation des hostilités des régions dévastées par la guerre.Ce mouvement que nous demandons au gouvernement de prévoir, le correspondant parisien de la \u201cPatrie\u201d l\u2019envisnge lui-même comme ame éventualité certaine, car il écrit: Voilà le champ où, c'est notre conviction, doivent dès maintenant s'exercer nos efforts.Si nous nous croisons les bras jusqu'à ce que ls paix soit conclue, des masses d'émigrants prendront bien le chemin de | .JOURNAL HEBDOMADAIRE UTC \u201c Redde Caesari quae sunt Caesaris Un principe inviolable Le terme d'office du parlement Il ne saurait étre prolongé au-delà de la limite fixée par la constitution.Le terme d'office du parlement fédéral doit expirer presque exactement dans un an, et plusieurs journaux soulèvent déjà la question de savoir s'il sera opportun de le prolonger, sous prétexte de ne pas faire d'élection pendant la guerre.Une élection nécessite naturellement une campagne électorale, et l\u2019on se demande si une campagne électorale ne détournera pas nos gouvernants des absorbants devoirs qui leur sont imposés par suite de la participation du Canada à la défense de l\u2019Empire.Pour nous, la question ne souffre pas de discussion: il faudra de toute nécessité qu'avant le mois de septembre, 19:26, nos parlementaires reviennent devant le peuple demander un nouveau mandat.Et nous estimons que ni l\u2019un, ni l'autre de nos partis politiques ne devrait oser se ranger d'un autre avis ni toucher à ce principe inviolable.L'objection qu\u2019une campagne électorale entraverait pendant un temps les opérations de la défense nationale ne tient pas debout.Nous en trouvons la preuve évidente dans le fait que, tout récemment, plusieurs ministres fédéraux, malgré l'absence de leurs collègues en Europe, ne se sont pas génés pour s'éloigner de la Capitale afin d'aller prendre une part active dans la lutte électorale du Manitoba, ce que rien ne les obligeait à faire, et ce qui, tout le monde l\u2019admettra, n\u2019a nullement compromis le salut du Canada ni de l\u2019Empire.Les deux partis devraient donc être d\u2019accord à vouloir une élection, tout comme s\u2019il n\u2019y avait pas de guerre, ou comme si la paix était rétablie.Les conservateurs ne sauraient songer à détenir les rènes du pouvoir sans un mandat du peuple, et leur mandat expirera rigoureusement au mois de septembre, 1916.En principe, le parlement impérial peut amender la constitution et prolonger le terme d'office du parlement, mais le gouvernement impérial ne peut donner au parlement ni au ministre une autorité équivalente à celle qui découle du scrutin populaire.Advenant une pareille prolongation, le ministre n'en gouvernerait pas moins sans mandat, ce qui répugne d'autant plus que le gouvernement implique, dans les graves circonstances présentes, une responsabilité exceptionnellement lourde.Et le revirement d'opinion qui vient d'être constaté dans la province du usurpation.constitutionnel un prétexte, le temps.sauvegarde de cette coutume.panique qui l'a males.néfices.recrutement.peler jusqu\u2019à la Il y aurait Manitoba donnerait d'autre part à ane arbitraire prolongation d'office 'apparence d\u2019une véritable Les tibéraulx, de leur côté, se doivent de combattre de toutes leurs forces sur le terrain la proposition de différer, pour jugement du peuple.Aux pouvoirs du parlement, la constitution ne reconnait qu'une limitation stricte: celle du L'expiration du mandat de ses mandataires, voila le, dernier rempart, la suprême la souveraineté populaire.Le principe en duit!être inviolable.Au surplus, la coutume, à défaut de la loi, a limité a quatre ans au lieu de cinq la durée des parlements, et nous ne voyons dans la situation présente rien qui oblige à déroger avec A bien des: points de vue, il nous semble qu\u2019il y aurait avantage à faire une élection générale dès cette année.Le pays est remis de la en quelque sorte paralysé pendant la première période de la guerre, et, en dehors des opérations militaires, nous voyons se rétablir dans notre économie les conditions nor- Par suite, il ne serait pas mauvais que nos gouvernants vinssent s'entretenir avec le peuple des affaires du peuple.est profondément modifiée, notamment par l\u2019apparition des industries de la guerre, dont nous pouvons citer de considérables et légitimes bé- Ml serait intéressant d'entendre nos parlementaires nous exposer quelles mesures il convient de prendre afin que les industries de la guerre compensent la perturbation que la guerre a causée dans nos autres industries.Mais le principal avantage d\u2019une campagne électorale immédiate, à notre point de vue, c\u2019est que la campagne électorale serait en même temps une admirable et fructueuse campagne de Notre existence Parce que le peuple aurait l\u2019occasion d'être mieux renseigné sur la signification de la guerre, ainsi que sur ses devoirs patriotiques, unte campagne électorale d\u2019un mois ferait accourir sous les drapeaux autant de recrues que le gouvernement aura probablement lieu d'en ap- fin de la guerre.en vérité beaucoup à gagner à faire immédiatement des élections.FLAMBEAU.M \u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 Y eat - il assassinat commis vers la fin de I'enquéte Cannon?Le maire Martin laisse échapper des paroles qui devraient attirer l'attention du procureur général sur la mort d\u2019un président de compagnie.Est-il vrai que le président d\u2019une grandc eompagne d'utilité publique est mort, en 1909, dans des circonstances aussi tragiques que mystérieuses?Disons le mot, cet homme en vue aurait été assassiné.Voilà pourquoi l\u2019enquête Cannon se serait brusquement terminée.Et de cet avancé nous avons pour garant le maire Martin.Après avoir appris qu'il était à la fois menacé d'un bref de \u201cmandamus\u201d, s'il refusait de signer le contrat d\u2019asphalte accordé par le Bureau des Commissaires à la compagnie Warner & Quinlan, d'un bref d'injonction s'il entreprenait de le signer, et d'en bref de \u2018quo war- ranto\u201d pour avoir procuré des ordres à la compagnie \u201cAztec\u201d sans soumission, le maire entra dans une violente colère: \u2014J'ai passé par beaucoup de si- (uations difficiles, déclara-t-il, et je m'en suis tiré.Je suis capable aux témoins.On lui demanda de produire une liste de noms, liste qui aurait certes été très dangereuse pour beaucoup de gens haut placés à l'hôtel de ville et ailleurs.Il mentionna quelques noms.Il en promit d'autres.Trois jours après il était mort, après être devenu sourd et aveugle, enfin tous les symptômes de l'empoisonnement.On n'a pas tenu d'enquête sur cette disparition subite.Eh bien! moi je crois qu'il y a eu assas- simati.Voilà certes un côté de l'enquête Cannon absolument inconnu du public.Les événements qui se sont récemment déroulés à l'hôtel de ville pâlissent devant de telles horreurs, Le maire Martin auraît-il découvert quelques nouveaux faits lui permettant de jeter un peu de lumière sur ce mystère?Sa visite à sir Lomer Gouin doit-elle s\u2019y ratta- de faire face à ces procédures, et si je partel.\u2026.lci, la physionomie, l'attitude du démontraient que s'il ouvrait la bouche, on en saurait long.\u2014Pour quelques voyages de sable, on m'a fait un train du diable dans l\u2019enquête Cannon, continua-t- il; mais quand est venu le tour des gros bonnets, l'enquête prit fin du jour au lendemain.C'est ici que le maire est appelé à parler du président en question d'une grande compagnie d'\u2019électricités: \u2014Cet homme parut dans la boîte cher! Sir Lomer est depuis plus de dix ans procurew général de Ia province de Québec, en même temps que premier ministre, et il est responsable de la façon dont se terminent les enquêtes, de même que de l'administration de la justice.La réserve du maire immédiatement après son retour de Québec et son explosion de l'autre jour ouvrent le champ a toutes les suppositions.Bien que le maire ait déclaré qu'il s'en allait demander des conseils au premier ministre, personne ne l\u2019a cru.Pourquoi irait-il solliciter les avis de sir Lomer, quand ey l'Amérique, mais ce sera pour aller aux Etats-Unis ou dang les petites republiques de l'Amérique centrale ou de l'Amérique méridionale.Ce n\u2019est pas que ces pays leur offriront un meilleur asile, mais ils sont mieux connus en Europe; où que, plus avisés et plus remuants que le gouvernement de notre province, leurs gouvernements auront pris des dispositions pour les attirer.Au ton général de la lettre publiée par In \u201cPatrie\u201d, nour croirions que le correspondant anonyme a peur que la compagne faite par \u201cL'Autorité\u201d, nuise à l\u2019hon.M.Roy on à M.Langlois.Ce correspondant est peut-être un monsieur que l'un où l'autre de nos représentants en Europe, ou tous les deux, ont quelquefois invité à diner, et qui veut leur témoi- gwer de In reconnaissance en les défendant.En ce can, il se met bien inutilement en frais.Rien dans l'organisation que nous demandons au gouvernement de Québec d'entreprendre ne saurait porter ombrage à M.Boy, ni à M.Langlois, Au contraire ln position officielle de l'un et de l'autre revétirait-elle un plus grand prestige nt nos efforts étaient couronnés de succès, et si, à In suite de la vaste propagande commencé dès maintenant et continuée avec persistance, des milliers de familles lælges venaient après la guerre se fixer dans la Province de Québec: OBSERVATOR HW sait pertinemment que le plus grand désir de notre Huerta canadien cst de le bouter dehors?A moins que le maire n'ait été entretenir le procureur général d'une histoire de moeurs qui fait sensation dans les couloirs de l'hôtel de ville.De toutes façons, pour en revenir à ln tragique disparition à ba- quelle le maire Martin faisait en plein hotel de ville, devant 20 personnes, une si sensationnelle allusion, espérons que le procureur général de la province s'efforcera de tirer cela au clair.Quels étaient les gens ayant intérêt à réduire à néant wne liste compromettante et un témoin plus que gênant?La conscience publique demande que sir Lomer agisse, et non qu'il esquisse une moue formidable, baille et se rendorme, selon son habitude de dictateur blasé, dans les circons- lances critiques! .REGULUS.LES MAGISTRATS LANCTOT ET LAFONTAINE L'\u2018\u201cAutorité\u201d salue avec plaisir la promotion accordée aux juges Hunmer Lanctôt et Ulric lafontaine.C'est un avancement mérité accordé à deux magistrats iniègres et éclairés.Feu HONORE GERVAIS \"2 > EAE a : L\u2019Autorité | est vendue dans tous los 86 pita de la ville.see Abonnoments .Etrangers 00.50 par, année.Consda: 0840 par année.Montréal, 14 aout 1915 - > Samoëi, 14 août 1918 Nos amus AUVENTS T«NTRS, DRAPEAUE, VAUDEVILLE | SENSATIONNEL DE NEW-YORK.GALA : Mercredi et Vendredé.CONCERT : Tous les soirs.ILLUMINATION, Ete.Parc King Edward mecrossos; (Ouvert lo dimanche.) Le parc des familes.La plus belle place pour piqueniques.portez votre panier et soyez chez vous.SUPERBE VOYAGE EN BATEAU Bon restaurant.Ferrasse illuminée, Superbe salle de danse.Fanfare sur la terasse.Pes bateaux partent du pied de la rue l\u2019ie IX à toute sles heures.Le bat à 9 hrs A.Mcama LE PARC EST OUVERT LE SOIR Le dernier bateau par de Vile 4 10 heures P.M.\u201825 cts Passage, y compris l'admision au Pare 25 cts.YENEZ A BONNE HEURE \u2014 EVITEZ LA FOULE.King Edward Jockey Club (Ile Gros Bois) MEETING D'ETE, DU 7 AU 14 AOÛT Sept Courses, tous les jours.Beau ou mauvais temps.Départ des bateaux du pied de Ia rue Pie IX à 5.00, 1.30 et 1.48 hes pam.ADMISSION, soc.Taris et DAB de tous genres.TENTES à LOUER THOS.SONNE, Sr.107 vue des Commissaires Guest Sell Telephone + - Maia 11681 Ap- Les grandes heures C'est si loin i.) Regardez sur lu curte de l\u2019inmense et inconcevable Afrique, a4 l'Ouest, au creux du golfe de Guinée, ce morceau de terre où il n y a presque rien d'écrit, qui ne paraît pus beaucoup plus grand qu'un de nos dépurtements et qui, entouré d\u2019un trait orange, borne au Nord le Congu: c'est le Canicroun, où plusieurs colonnes, française, frunco-su- laine et franco-belge, opérent « la fois contre les forces allemundes.De temps en temps, à d'ussez longs dutervalles, quelques lignes nous apportent en peu de mots le recit \u2014 aon, pus même le weci, \u2014 la brève nouvelle d'une sensible avance, d'un engugesment heureux, avec de faibles pertes.Quand 1 ne pusse pas inujærçu, noyé dans le flot des con munications curopecnnes, Ce bulletin furtif, tout en faisant pluisir, nous laisse calmes eb lussurés, 41 arrive difficilement qu'il nous bouleverse.C'est si loin!.Les esprits positifs l'absorbent en une minute, pressés de courir ailleurs, eL ceux qui ne craignent puis d'accorder vs part à l'imagination trouvent li le sujet d\u2019une réverie.Les nous étranges dessinent des ousis, plantent des décors.Quel puete dans son fuutewil ne se représente aussitôt d'une façon claire et certaine les petites troupes d'hommes solides, bien entraines, munis du confortable ingénieux et perfectionné des explorateurs?De part et d'autre, dans les deux camps, où m'est pus très nombreux, on se tiraille donc dessus a travers les fourrés saus se causer grand dommage.Ce n'est pas comme en France, au front.Suns doute il doit bien y avoir quelques Pudes Moments.Inais exceptionnels et ruchetés par tant de juiesi.pur des sensations puissantes, des spectacles prodigieux, des emotions d'une ivresse et d'une beauté qui ne saurait se dire.las de tranchées.C'est In vie \u2014 et la mort aussi \u2014 mais au grand air, sous le ciel tropical, en pleine et splendide nature, parmi les orchidées et les ciseaux raves.Jes coups de fusil 1évent pur milliers des escadrilles de pu- pillons.et ke suir, après lu marche où le combat; les\u201d pionniers de cotte guerre à ln Stamey, reunis en rond autour de grands feux, dévorent des agnenux rôtis, au pied d'arbres plus gros que des tours et hauts comme des clochers.On s'endort aux cris espuces des perru- quets at au ricsnement des singes, pendant que coule à distance, aux vives de lu nuit, quelque traînante et triste chanson de pirogue, na sillée par des indigènes.Faut-il dire, pour ceux qui seraient encling ii ne pas trouver excessive cette agréable peinture, combien elle est aux antipodes de lu vérité?La guerre an Cunreroun, Malgré là magnificence désolée des dieux qui en sont le théâtre, ne le cèue en rien, pour les épreuves, lu fatigue et lu durée, à celle d'ici, de chez nous, à lu guerre continentale que nous avons sous les yeux et qui, pur un effet naturel, nous touche duvantage.Elle se poursuit lü-bas dans des conditions et à travers des difficultés inouies, \u2018Tout d'abord notre armée du centre africain est formée de coloniaux parmi lesquels \u2014 il importe qu'on le sache \u2014 un grand nombre, officiers et soldats, sont dignes d'un tout spécial et respectueux intérêt de ce fuit que l'ouverture des hostilités les a surpris au moment où ils s'upprétaient à s'emburquer pour rentrer en France et y jouir d'un repos supéricurement gagné.Or, retenus par lu déclaration de ln guerre, sis ont dû renoncer en même temps à la joie qu\u2019ils se prometiwient de revoir les leurs, quittés déjà depuis un, deux, trois uns.et aux soins attentifs qu'exigeait leur santé délabrée.lis n'ont pus eu, comme leurs frènes d'armes mobilisés sous notre ciel, les derniers jours pussés au foyer, les dernières heures d'épanchement ou de silence, le dernier repus en famille, les baisers muets, les mains preusées, les \u201c yeux expressifs et profonds des mères, ces yeux fixés sur l'enfant, dlivins objectifs ardents à la \u201cprendre\u201d pour en garder une indélébile image, une épreuve éternelle.| On ne les à pus accompagnés par les rues, jusqu'aux gares, en les acclamunt et en leur jetant des roses.Non, ce tendre et puissant vintique du Départ leur à nmnqué.Et cependant, ainsi privés de tant de gâteries précieuses et de robustes douceurs, ils se sont mis en route du même pas fier et sûr que s'ils foulaient, pour y prendre avaut la bataille une force plus ramussée, le sol de lu terre nausle.Mais quoi?vous les connaissez, les coloniaux?A quelque dis- tanse qu\u2019ils soient, ils rayonnent.lls sont entrés vivants dans la légende équipe et rien ne peut plus de leur part accroître, ni diminuer, notre admiration.lls sont capables de tout, et ils le peuvent, une fois \u2018de plus, à la splendide facon dont inlassablement, depuis dix noir, ils luttent eux aussi au Cameroun, pour que s'accomplissent les grands Destine.mt \u2026Ah! ce Camerouni Ces étendues misérables qui donnent le spleen, ces maréeages s'étendant à perte de vue, ce réseau compliqué de bras de mer et de canaux couverts de brume, de buées lourdes et d\u2019humidités flottantes, Ces nappes, ces étangs, ces limons, ces boues mouvantes tapissées de nénuphars et d'herbes aquatiques aux tiges enchevêtrées:.parcilles à des collets tendus; ou bien alors la brousse feutrée, mauvaise, la jungle résistanteet hargneuse.et enfin la forêt, sinistre, indescriptible, surnaturelle et redoutable, aux compactes épaisseurs, nu diabolique mystère.la forêt aussi vieille et opprimée de siècles que le monde et qui n'est plus qu\u2019un temple gigantesque, un royaume défendu où règne I'hallucination.Pour le traverser, cet empire de la fièvre et du vertige, il faut des semaines, des mois, quand ce n\u2019est pas la moitié d\u2019une année.Car partout, en plaine, en montagne, sous les stupéfiantes futaies, les distances sont énormes, au point de déconcerter l\u2019audacieux qui doit les couvrir.Absence totale de routes.C\u2019est tellement hora de toutes mesures connues, et si désert, si loin !.\u2026 Ni chemins de fer, ni voitures, ni automobiles, ni télégraphe.Les correspondances sont expédiées par piétons.Sauf quelques officiers montés, les autres Européens vont à pied, et les transports de toute nature se font par porteurs.Les bagages de chacun ont dû être réduits au minimum, délibérément, et uussi par la force imprévue des choses, car personne, au début, ne pensait que la guerre au Cameroun aurait une aussi longue durée.et, à l'heure actuelle, on se trouve i près de 700 kilomètres du point de départ! Si vous tenez compte den colis individuels, des vivres, des munitions, et de l'artillerie qui, ne rvant rouler, doit être portée aussi, vous imaginez l'effectif d\u2019in- digénes et le nombre de bras nécessaire ! Ce nombre n\u2019est rien à coûté de celui que réclame, de l'arrière à l\u2019avant, l'envoi du ravitaillement.Pour amener un seul mois de vivres à telle colonne volante, quarante milles journées de portage ne sont pas de trop, et il n\u2019est que justice, en disant cela, d'ajouter au prix de quels efforts intelligents et de quelles difficultés vaincues, s'accomplissent ces opérations extraordinaires.Les régions, peu à peu franchies, se composent d'ilots désartiques et de.bandes à peine peuplées.Les Allemands tandis qu'ils se retirent devant nous, évacuent et brûlent les factoreries où nous aurions eu la chance de trouver des vivres.Malgré tout, on va.en auppléant, grâce à des prodiges d'énergie, à ce manque absolu de voies de communication.Par suite de l'habitude que pratiquent les naturels de marcher en file indienne, tout sentier n'a que trente centimètres de large et, s\u2019il est ancien, il se creuse et s'encaisse pour devenir à ln longue une étroite rigole.Aborde-t-on la forêt?une troupe ne peut lentement sy tailler un passage que par la serpe et la hache, en sabrant les rotina, en creusant des tunnels au travers de l\u2019impénétrable broussaille.Cet acharné travail, qui épuise les plus vigeureux, s'accomplit au milieu d'innombrables et invisibles embâches.Tantôt, c'est l\u2019indigène qui se glisse pour abattre à bout portant son ennemi d'une bmlle tirée par le fusil du dernier modèle, ou bien c'ent la mitrailleuse cachée, qui, d'une touffe hospitalière, aux larges feuilles.crache brusquement la mort.Et, par surcroit, Ia nature est plus ennemie encore que l'ennemi lui-même.La chaleur tarride et le froid redoublent de méchanceté.Les mouches, les guêpes, les moustiques, les serpents, la fourmi rouge ou noire, tous les insectes aux suçoirs venimeux, aux pattes gluantes et empoisonnées, toutes len bêtes féroces, moyennes ou Petites, nériennes ou souterraines, celles dn sol, du sable ou de l'humus,
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.