Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Droit d'auteur non évalué

Consulter cette déclaration

Titre :
L'autorité
Libéral et anticlérical, ce journal critique la société canadienne-française et son conformisme. Dans ses dernières années, L'Autorité compte plusieurs collaborateurs prestigieux qui lui assurent une grande qualité de contenu rédactionnel. [...]

Fondé par Tancrède Marsil, ce journal paraît pour la première fois le 28 décembre 1913. La couverture politique de l'hebdomadaire du dimanche varie au gré des changements de direction. À ses débuts, le journal se dit non partisan mais, libéral par conviction, il vise à servir de guide pour le maintien de la bonne doctrine libérale, celle de 1893, et de son vrai chef, Wilfrid Laurier.

En 1913 et 1914, Tancrède Marsil s'intéresse particulièrement à la politique municipale. Son successeur de 1914 à 1932, Gaston Maillet, un dentiste fortuné qui a fort probablement participé à la création du journal, est plutôt animé par la passion de la politique provinciale et fédérale. Gilbert LaRue, directeur de 1932 à 1936, remet à l'avant-plan la politique locale et exprime son désir de faire de L'Autorité « le » journal de Montréal. Le journal prend le titre L'Autorité nouvelle de juin 1925 à novembre1931. La direction du journal est assurée par J.-A. Fortin de 1943 à 1953.

En 1953, Gérard Gingras prend les rênes du journal, qui compte de prestigieux collaborateurs tels Alfred DesRochers, Roger Duhamel, Guy Frégault, Germaine Guèvremont et René Lévesque. À l'époque, Gingras répond à ses détracteurs qui soutiennent que L'Autorité est à la solde du Parti libéral et affirme que si le journal approuve le programme libéral, il est toujours demeuré indépendant. Il confirme ainsi les propos de Marsil dans le texte sur la raison d'être de l'hebdomadaire paru dans le premier numéro en 1913 : « Indépendant des partis politiques, L'Autorité entend promouvoir et défendre les intérêts des nôtres d'abord, encore, partout et toujours ». Pendant les années Gingras, le journal renforce sa dimension satirique avec les caricatures de Berthio (Roland Berthiaume) et de Normand Hudon.

L'Autorité change sporadiquement de forme au cours de sa durée de vie pour passer de quatre à six puis à huit pages, alors que l'actualité politique se trouve généralement présentée en première page. Selon les changements de direction, la section des sports est couverte de façon inégale et passe d'une à trois pages pour disparaître pendant un certain temps. Pour sa part, l'actualité culturelle y est traitée avec régularité. La Grande Guerre y est également couverte en profondeur. Le quart de l'hebdomadaire est alors consacré à la publicité.

Le tirage de L'Autorité est de 8000 exemplaires en 1914 et atteint 12 750 en 1920 pour se maintenir autour de 15 000 exemplaires tout au long de la décennie. Il descend à 500 exemplaires en 1940. La publication est suspendue de septembre à décembre 1936 et de mars à juin 1939 pour une réorganisation. Les raisons qui mènent à la fin de la publication demeurent inconnues. Le dernier numéro paraît le 2 avril 1955.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1973, vol. 5, p. 90-92.

LÉVESQUE, Michel, Histoire du Parti libéral du Québec : la nébuleuse politique, 1867-1960,

Québec, Septentrion, 2013.

ROY, Fernande, « Le journal L'Autorité dans le cadre de la presse libérale montréalaise », dans Lamonde, Yvan, Combats libéraux au tournant du XXe siècle, Saint-Laurent, Fides, 1995, p. 231-246.

Éditeur :
  • Montréal,1913-1955
Contenu spécifique :
samedi 18 avril 1953
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Haut-parleur,
  • Successeur :
  • Autorité nouvelle
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichier (1)

Références

L'autorité, 1953-04-18, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
[" sait 1 38e ANNEE \u2014 No 39 wi ait BEAUCEVILLE, 18 AVRIL 1953 Directeur : GERARD GINGRAS Secrétaire de la rédaction : MICHEL ROY ghee ®* 10 cents Un réve La rue fourmillait d\u2019un mouvement gai.Je ne voyais personne.Le soleil pénétrait de temps en temps mes membres pour les abandonner ensuite au frisson de Phamidité.Je marchais lentement, avec un sentiment recueilli comme lorsqu\u2019on enregistre en soi les palpitations du monde extérieur.Je étais pas seule.Quelqu\u2019un m\u2019accompagnait comme un point d\u2019appui vers une réa- Uité fabuleuse.Nous marchions lentement, dénudés de fatigue, calmes et troublés, troublés et calmés par la fraîcheur du jour.Je me rappelle à peine le chemin parcouru.J'avais le sentiment d\u2019être prisonnière d\u2019un désir qui montait en moi.Comme cette journée qui marissait doucement d\u2019imprévisibles échanges.Je sais que nous traversions des ruelles à Paspect intime où des enfants jouaient leurs rêves désinvoltes ou discrets.Je me souviens du visage brillant d\u2019un bambin .noir aux yeux de billes.De Podeur tentante de fraîches légumes.D'une cathédrale vieillie aux parois luisantes comme un tissu usé.Je me souviens de la résonance de nos pas sur la poussière de Pasphalte comme un accord intime dévoilé dans Pair.Des dédales inquiétants .sur la voie ferrée.D\u2019un étroit et long passage entre deux trains où tu me conduisais sans détourner la tête.+ Et nous arrivions devant le fleuve.Des paquebots sommeillaient dans le port.L'air s'était refroidi.Le soleil avait disparu.Je rêve souvent d\u2019émois qui me ramènent Pimpétuosité de Padolescence.La brûlure des sensations neuves ef fatales.Ce jour-là me rappelait la vie comme je l\u2019aime : selon le rêve qui palpite en moi.Comme la lumière d\u2019un regard éblout.Ou une nuit brillante sur la grève.Comme la nudité entre mes mains.Comme un départ vers l\u2019impossible.Et j'eus envie de partir tout à coup.Comme si le jour se déchirait en moi.Loin de la vie possible.Des joies compensatrices.Des amours diminuées.J\u2019eus envie de partir vers d\u2019éternelles extases, vers des bonheurs incertains.J\u2019eus envie de mourir, Nous étions seuls, tous les deux, et je n\u2019osais te regarder de peur que tu ne comprennes quelle aventure j'imaginais d'entreprendre.Un paquebot emportant deux enfants sur une mer nouvelle.Une mer d\u2019aucun temps ni d\u2019aucune histoire.D\u2019aucun souvenir, d\u2019aucun marin, d\u2019aucune tempête.Une mer créée par nos désirs \u2014 toi et moi \u2014 une mer en \u201c\u2014 folie.Tu m\u2019offris une cigarette.Ma main tremblait sur la tienne.A nos pieds Peau noire s'allongeait infiniment.(suite à la page 4) Suzanne BARBEAU TENNIS ATOMIQUE Ne en sommes à l'époque du tennis atomique.Le jeu a perdu presque toute finesse; seules la force et la violence comptent! Un service foudroyant, une ruée vers le filet, un smash irrésistible, \u2018 puis l\u2019on reçommence.Voilà, à peu près, comment l\u2019on peut décrire le récent match disputé à Montréal entre Jack Kramer et Frank Sedgman.Pendant près de deux heures, le robuste et rapide Australien Sedgman ainsi que le grand Kramer, les cheveux taillés à la \u201cfusilier marin\u2019, se livrent un duel de \u201c\u2018supermen\u2019\u2019.Kramer n'a l'avantage que parce qu\u2019il a bénéficié du premier service.Il mène à 2-1, mais Sedgman porte le compte à 2-2; c'est ensuite 3-2, 3-3 et ainsi de suite jusqu'à 15-15, alors que Kramer donne des signes de fatigue de plus en plus évidents.Kramer sert, commet une double faute; le service suivant \u2018est bon, mais Sedgman riposte par un revers croisé impossible à atteindre : 0-30.Dans un supième éffort, Kramer décoche un \u2018\u2018American twist\u2019\u2019, monte au filet et tue la balle : 15-30.Deux \u2018passing shots\u2019 de suite et Sedgman domine pour la première fois.Le compte est maintenant de 16-15 en sa faveur.À son tour de servir.La balle imprévisible voyage tantôt à droite, tantôt à gauche.Kramer n'a plus de réplique et Sedgman l'emporte par 17-15, après être sorti vainqueur du premier set par 6-4.: Extraordinaire et ennuyant Que pense de tout cela le spectateur moyen, l'un des _proprement 5.400 officiellement présents au Forum ?Il trouve la rencontre à la fois extraordinaire et ennuyante.Il ne s'agit pas à parler de tennis.mais d\u2019un nouveau sport d\u2019une brutalité inouïe.Etait-ce en 1930 ou en 1932 que le grand Bill Tilden et René Lacoste se livraient à St-Cloud (France) un mémorable \u2018match de trois par Jean Tessier ~ 4 heures et demie marqué d'\u2019interminables échanges de la ligne de fond et couronné par la victoire du Français après cinq sets épuisants, par un dimanche torride du mois d'août ?Que tout cela est loin ! Dans le baseball, il n\u2019y a plus de Ty Cobb, capable de distribuer comme à volonté les coups simples et les doubles dans tous les coins du losange.Les joueurs d'aujourd'hui ne visent qu\u2019à frapper.des.coups, de.circuit.King-Kong est devenu le roi du baseball.Au hockey, l'adresse n'a à peu près aucune importance; ce qui prévaut, c'est le poids et la rudesse, Tel que joué aujourd'hui, le hockey n'a plus de place pour des joueurs du type d'Aurèle Joliat ou de Pit Lépine.Les choses en sont rendues au point où il n\u2019y a guère que l'amateur, devant son poste de télévision, qui sache qui vient de compter.Le jeu de hockey a dégénéré en mêlée générale et ceux qui s\u2019y distinguent sont exclusivement les costauds, les gaillards de cent soixante-quinze livres et plus.Dans le domaine de la boxe, c'est la même chose que l'on dé- plare.Il s'agit de knockouter son rival le plus tôt possible.quel que soit le prix payé par chaque spectateur.Segura vs McGregor Pour revenir au tennis, soulignons que la rencontre Pancho Segura - Ken McGregor a fourni du jeu extrémement plus intéressant et plus varié que celui que présenta le duo Sedg- man-Kramer.Tout le répertoire des coups y passa.Même s\u2019il s'agissait de professionnels, même si de chaque côté du filet on tentait le tout pour gagner, on ne se prenait pas trop au sérieux, on conservait un certain amateurisme et da foule s\u2019amusait tout autant que Segura quand celui-ci criait : \u201cAh! Pancho\u2019, afin de s'encourager.Entre les rencontres, dans les couloirs du Forum, les spectateurs se posaient la Sempiternelle question : \u2018\u201cQuel est donc l'avenir du tennis canadien?\" Il est clair que nous n'avons personne, présentement du moins, pour prendre la succession des Wright, Laframboise, Cracker, Rainville, Macken et Rochon.Le tennis est en pleine crise chez nous.Pourquoi?On impute d'ordinaire nos lacunes uniquement au climat.Commençons donc pas constater que nous n'offrons guère à la jeunesse suffisiamment de courts de tennis.Avec une population moins nombreuse, la ville de Toronto compte deux fois, plus de courts que la métro- - pole du Canada, et cependant la Ville- Reine a beaucoup, est de \u2018beaucoup devancée par Melbourne, notamment.Pas d'argent pour le tennis Nos gouvernants ont su trouver dans le passé beaucoup d'argent pour construire des stades de baseball, qui n'occupent tout de même que dix-huit joueurs à la fois, des arénas dans lesquels n'évoluent simultanément que douze joueurs de hockey, mais on n'a pas réussi à trouver de capitaux pour aménager les courts de tennis requis par notre jeunesse, Il est vrai qu\u2019il faut aussi, pour perfectionner les jeunes méritants, une rémunération adéquate que l'on ne saurait obtenir qu'en organisant des tournois disputés dans des stades assez vastes pour attirer des foules considérables.Témoins Wimbleton, capitale mondiale du tennis, le stade Roland-Garros, Forest Hills aux Etats-Unis.Nous sommes quelques-uns à avoir confiance en Robert Bédard, la jeune étoile de Sherbrooke, et en Mariette Laframboise, notre Helen Wills mont- réalaise, mais l'on ne manquera pas de se souvenir que, dans le cas de Bédard tout au moins, cette confiance s'appuie surtout sur le fait qu'il a miraculeusement obtenu une bourse d'étude qui lui permet de perfectionner son jeu en Californie méridiona- de.La \u201cmenace\u201d de paix Le réarmement indispensable économiquement Les événements diplomatiques internationaux survenus depuis la mori de Staline ont developpé dans le monde l\u2019idée que la consolidation de la paix n\u2019était peut-être pas impossible.Les faits sur lesquels s'appuie un tel sentiment ont été rapportés quotidiennement et il est inutile de les rappeler à nouveau.Le rétablissement de la paix en Corée est apparu en.particulier possible, avec toutes les conséquences que la chose pourrait entraîner dans la suite.Tandis que les peuples et même la presse de toules nuances exprimaient l'idée que cette tendance nouvelle ne devait certes pas être accueillie sans prudence mais qu\u2019elle était satisfaisante en soi, il se produisait ceci que la Bourse des valeurs, aux Etats- Unis d\u2019abord, et dans les pays européens ensuite, \u201créagissait\u201d d\u2019une façon nettement défavorable et que les marchés de matières premières faisaient de même dans l\u2019ensemble.Tout s\u2019est passé comme si, d\u2019un côté financier, on avait extériorisé la crainte que le réarmement soit devenu indispensable pour que les pays \u201coccidentaux\u201d puissent conserver ou retrouver leur prospérité économique.L'économie de ces pays risquent donc de se trouver surprise par une perspective de paix comme elle a été précédemment surprise par ce qui lui est apparu comme un risque de guerre ?Telle est la question que l\u2019on est aujourd'hui en droit de se poser.Il est manifeste que, pour les Etats-Unis tout au moins, l'entrée dans la \u201cguerre froide\u201d avec la part de guerre réelle que représentait l'affaire de Corée, a puissamment reproduit les conditions de la prospérité économique, et que c'est à elle que sont dus les notations statistiques assez favorables que donne depuis plusieurs mois l'économie américaine, Mais il n'est pas moins apparent cependant, que, pour les pays d'Europe, il n'en a pas été de même et que la décadence des productions \u201c\u2018civiles\u201d au profit d'une reprise des fabrications militaires, d'ailleurs partielle et problématique, y a beaucoup entravé le redremement économique à peine amorcé.De ce simple aspect des choses on pourrait donc dire que si les hommes d'affaires américains s'inquiètent quand ils voient sla paix redevenir \u201cpossible\u201d, la réaction des hommes d'affaires européens devrait être de toute manière différente.La \u201cmauvaise humeur financière mondiale\u201d devant toute perspective de retour à la paix réelle ne pourrait alors s'expliquer que par l\u2019emprise mondiale qu\u2019exerce la finance américaine.On ne pense pas et personne n\u2019insinue que Ia mutation de la politique soviétique puisse être tellement nette que l\u2019effert des pays \u201coccidentaux\u201d pour leur armement puisse être interrompu.Cependant les dépenses militaires de ces pays, et particullère- ment des Etats-Unis, pourront peut-être diminuer quelque peu.Il y aurait donc une certaine nouvelle \u201creconversion\u201d à réaliser dans certaines industries qui ont orienté leur activité vers les fabrications d\u2019armements avec une réelle décision.Serait-ce done une \u201ccatastrophe\u201d ?Le croire ce serait penser que l\u2019économie libérale et concurrentielle a réellement Vécu et n'est plus capable de faire face à son rôle réel : répondre ; aux besoins de la population.Car on peut discuter éternellement le fait de savoir si véco- nomie du profit est réellement la meilleure; mais si elle démontrait son inaptitude dans une circonstance aussi importante, il - n\u2019y aurait certainement plus de dicussion possible.Certes, toute mutation.dans l\u2019activité économique, et netam- ment une \u201creconversion\u201d telle que celle qui pourrait être \u2018en cause- n\u2019irait pas sans difficultés, à la fois sur le plan de la prospérité des entreprises et sur le plan social, un certain chômage momentané n\u2019étant pas invraisemblabie.Ce serait d'autant mieux le cas que les besoins qui, après 1945, étaiént\u2019 immenses et immédiats en matière de production civile, ne sont plus du même ordre aujourd'hui, en Amérique tout au moins, et bien loin de là.Mais il reste d'immenses besoins dans le monde, et même d'abord dans les pays équipés d'Europe, et les preblèmes financiers que pose leur couverture ne peuvent être inselubles sauf encore carence de la doctrine appliquée.Aujourd\u2019hui, quoi qu\u2019il en soit, la plupart des cours commerciaux sont inférieurs dans le monde à ceux qui existaient avant la guerre de Corée.Ce ne peut plus être dans la cherté que s\u2019'assurent les profits, sauf ces précaires profits de la pure spéculation qui n\u2019ont rien à voir avec les vraies sécurités évo- nomiques.Ce ne peut être que par l'initiative toujours en alerte et capable de n'importe quelle mutation que les organismes de l\u2019activité mondiale, et spécialement, européenne, pourront garder ou retrouver leur prospérité.Si la \u201cpaix menace\u201d réellement, comme le dit peut-être humoristiquement un journal améticain, le moment va venir où les conceptions économiques des systèmes opposés vont s'affronter sur le plan des échanges et de la concurrence, C'est alors que notre système devra faire ses.preuves et s\u2019il y manquait il n\u2019y aurait pas de système militaire aul j powi-.rait assurer Sa survivance.; Jean PyPIER 2° 's PAGE DEUX \\ L\u2019AUTORITE, 18 AVRIL 1953 JERTES nous ne manquons pas d'impôts.On se plaît à représenter le fisc comme un monstre odieux, soit de pieuvre dont les nombreux tentacules saisissent l\u2019'honnête homme dans une étreinte funeste.Le fisc est l'ennemi public.Dans cette lutte entre l'Etat et le citoyen, les forces sont par trop inégales ; en conséquence, tous les moyens sont de bonne guerre.Le contribuable n'est-il pas en position de légitime défense ?Nous allons étudier brièvement le droit pour l'Etat de percevoir des impôts et le devoir du citoyen de s\u2019en acquitter honnêtement.Sujet de brûlante actualité.Nature de l\u2019obligation fiscale et morale objective Il est indiscutable que l'Etat a le droit d'imposer ses ressortissants ; un tel pouvoir correspond à sa fonction d'administrateur de la chose publique.Si l\u2019Etat veut assurer le bien commun, comme il le doit, il lui faut les ressources nécessaires.° D'autre part, tout homme a des devoirs envers la société : devoirs moraux de s'intéresser à la chose publique, de participer honnêtement à l'élection des hommes d\u2019Etat, de payer l'impôt._ L'obligation fiscale relève de la justice sociale : elle cest un devoir du citoyen envers l'Etat ; devoir de fournir à celui-ci les moyens nécessaires à J'exécution de ses fonctions.Dans la satisfaction de ce devoir, tous les citoyens sont solidaires : car, si l\u2019un ne paye pas ses impôts, il augmente injustement le fardeau fiscal de son voisin: ou bien celui-ci sera privé des services qu'il serait en droit de recevoir de l'Etat, ou bien l'Etat élèvera les taux d\u2019impôt afin de maintenir les mêmes services.Ce devoir civique est absolu.Il n\u2019appartient pas au citoyen d'apprécier la nature et la quotité de son obligation envers l\u2019Etat ; il serait bien incapable de le faire impartialement et en pleine connaissance de cause.La mauvaise administration, la dépense des deniers publics pour une cause injuste ou immorale (telle une guerre d'agression) ne sont pas là des raisons qui justifient le citoyen de frauder l'impôt.Les griefs politiques doivent être redressés politiquement, selon l'ordre établi.C\u2019est par son bulletin de vote, et non par son rapport d'impôt, que le citoyen d\u2019un Etat démocratique peut et doit surveiller l'administration de la chose publique.Permettre à l'individu de se soustraire au paiement de l'impôt, pour quelque cause que ce soit, ce serait détruire l'ordre politique essentiel au bien commun, car ce serait livrer la chose pu-\u2019 .blique à l'arbitraire égoiste du contribuable.Une exception, toutefois, est admissible : si un impôt est affecté Particulièrement à un but injuste ou immoral, tel impôt n\u2019oblige pas en conscience.Ainsi, une taxe qui serait prélevée dans le, seul but de pourvoir aux besoins de l\u2019enseignement public neutre ou protestant n'obligerait pas en conscience les catholiques qui posséderaient leur propre école; il en serait de même d\u2019une taxe spéciale de guerre tenue généralement -pour injuste.Mais il est essentiel que la taxe soit spécialement désignée pour un tel but, et que l\u2019on sache d'une façon certaine que le produit de cet impôt sera affecté à la réalisation de cette fin et à nulle autre.En pratique, les impôts versés au fond consolidé du revenu national n\u2019ont pas le caractère requis de spécification, et le contribuable ne peut s\u2019en dispenser sous prétexte qu\u2019entre autres fins ils servent à des fins immorales ou injustes.Nous croyons donc que l'obligation fiscale ne relève pas uniquement du droit, mais également de la morale : elle se fonde sur la justice sociale.Celui qui fraude l'impôt est moralement en faute.D'aucuns, cependant, sont d'une autre opinion.Morale subjective En notre catholique université, on enseigne au cours de déontologie juridique que l'impôt civil n'oblige pas en conscience, Seul l'impôt ecclésiastique aurait cette vertu! Curieuse morale et curieuse justice qui respectent la dime ct méprisent l\u2019impôt sur le revenu.\u2018\u201cDevons-nous payer, ou ne pas payer ?\u2014 Alors Jésus leur dit : Rendez à César ce qui est à César, ct à Dieu ce qui est à Dieu.\u201d (St-Marc, chap.XII, 13- 17) Mais voyons un peu les raisons invoquées en faveur du caractère amoral de l'obligation fiscale ; posons d'ailleurs la question dans les termes mêmes de ce professeur(1) : les lois fiscales sont-elles des lois morales ou des lois purement pénales ?Une réponse directe semble dificile : l\u2019obligation fiscale, en vertu de la justice sociale naturelle, ne serait-elle pas morale ?Notre professeur ne répond pas ; il se demande plutôt \u201ccomment peut-on savoir si les lois fiscales sont des lois morales Justice et droit fiscal l'impôt oblige-t-il en conscience ! ou pénales ?\u201d Mais ici le moraliste se dérobe ; il n\u2019appréciera pas la nature et la gravité de l'obligation fiscale ; il interrogera plutôt le législateur; le pauvre homme, qui ne cherchait qu\u2019à obliger légalement ses subordonnés à payer un impôt, devra bien malgré lui, leur faire une petite leçon de morale ! et, s\u2019il ne dit pas expressément que sa loi oblige en conscience, \u201cquand rien ne viendra préciser le sens de la loi\u201d, le contribuable pourra, sans manquer à son devoir moral de citoyen, frauder le fisc et ne payer que \u201cle minimum supposé suffisant\u201d, car \u201con doit restreindre les choses odieuses\u201d et l\u2019impôt laïque est une de ces choses.\u201cEn cas de doute, ce qui jouera le rôle de critère à Ja délimitation \u2014 du moins approximative \u2014 de la nature et de l'étendue de la Loi, ce sera l\u2019estimation des gens de bien, conjugués à l\u2019opinion des moralistes, alors que ces derniers devront néanmoins tenir compte de la coutume ainsi que de la mentalité des - sujets de la Loi.On doit consulter la coutume prévalant auprès de la majorité considérée saine\u201d.Si la pratique d\u2019esquiver le fisc prévaut chez l\u2019élite et est admise par quelques légistes de marque, elle constitue une \u201cpreuve respectable que le législateur n\u2019a pas \u2018eu l'intention d\u2019imposèr une obligation morale de conscience directe\u201d.Observons tout de suite que ce n\u2019est pas le rôle du législateur d\u2019obliger moralement ; il est donc normal qu\u2019il se contente d\u2019obliger légalement.Observons également combien étrange est cette morale qui n'ose pas établir un jugement dé valeur fondé sur la nature des choses, mais se conforme plutôt à l\u2019opinion populaire, aux sentiments d\u2019une élite, à la médiocrité considérée saine ! La morale n\u2019estelle pas une discipline normative ?Notre professeur nous donne un exemple pour illustrer sa thèse : \u201cSi, d\u2019après une enquête (judiciaire)., le sujet e&t reconnu n'avoir pas déclaré, sur sa feuille d'impôt, tout ce que réclamait le fise, \u2014 dans l'hypothèse où presque tous les gens réputés honnêtes considéreraient la Loi comme simplement pénale, et ce, à défaut de ciarté quant à la nature de l'obligation de la loi, \u2014 le délinquant, alors \u2014 mais après jugement seulement \u2014 serait tenu en conscience de solder la somme due en tant que fixée par l'autorité Il sera bientôt l'heure de produire sa déclaration d\u2019impôt.Cauchemar pour les uns ; facilité pour les autres.Un jeune avocat, M.Marc Brière, pose ici un problème de grande actualité : la morale tolère-t- elle que l\u2019on trompe le fisc ?L'auteur, qui ne partage pas cette opinion très répandue dans le Québec, révèle qu\u2019un professeur de déontologie, à la Faculté de Droit de l\u2019Université de Montréal, enseigne que l\u2019impôt civil n\u2019oblige pas en conscience, Avant de se présenter chez son curé pour obtenir le traditionnel \u201creçu de charité\u201d, il n'est pas inutile de méditer les sérieuses réflexions que nous propose M.Brière.compétente.\u201d \u2014 Seule la décision judiciaire emporte obligation morale ; en soi, l'impôt n\u2019oblige pas en conscience ; les lois fiscales \u201cn\u2019exigent qu'une obéissance passive.\u201d Marc BRIERE D'ailleurs, pourquoi s\u2019en faire ?L'Etat n'est-il pas le plus \u2018fort ?Et la morale ne l\u2019intéresse pas ; seule importe pour lui la politique effective du résultat financier ; et il ne manque jamais son but.Le Législateur devinera \u201cles finesses exquises de ses subordon- nés.Il peut faire des additions de surtaxe calculées en vue des soustractions probables opérées par les prestidigitateurs de métier (avocats et comptables).Il est capable de relever le plateau de la balance bien au dessus des pertes prévues et prévisibles\u201d.etc., etc.Puisque le législateur a prévu la fraude, libre à nous de frauder le fisc !.\u201d déjà le Législateur, qui avait tout prévu dans son intuition merveilleuse, s'était assuré la somme requise pour équilibrer son budget.Et ainsi, nous serions justifiés de nous en tenir au minimum d'obligation morale, et de nous borner à l'attitude de l\u2019obéissance passive\u201d.(L'auteur reconnaît ici un minimum d\u2019obliga-\u2019 tion morale ; mais qui fixera ce minimum ?) \u2019 Enfin, on nous exhorte de n\u2019étre pas imbécile.Soyez aussi fin que les autres ! si tous les maris trompent leur femme, et que je demeure bêtement fidèle, je suis inévitablement cocu.\u201cDans nos populations si indépendantes, si mélées au point de vue tehnique, moral aussi bien que religieux \u2014 tant au Canada qu\u2019aux Etats-Unis \u2014 ceux qui se soumettraient constamment à de très nombreuses \u2018obligations de -conscience\u2026 ne constitueraient qu\u2019une minorité ; et cette minorité se trouverait de ce fait, pour la défense de leurs intérêts privés, dans une position d\u2019infériorité.En outre, ce serait manquer d\u2019équité à l'égard de ces consciencieux ;.ce serait une injustice sociale à leur égard.\u201d \u2014 Nous y voila donc! une injustice sociale, donc immorale ; mais c\u2019est là ce qui caractérise la fraude fiscale! C\u2019est la raison même qui nous incite à déclarer morale l\u2019obligation fiscale ! Il nous reste à choisir entre deux solutions : \u2014supprimer cette injustice so- iale en généralisant la fraude, tout au moins en l\u2019admettant ; \u2014Condamner la fraude et relever le sens moral des citoyens afin que tous s'\u2019acquittent honnêtement de leurs obligations fiscales.Notre professeur préconise la première solution ; pour ma part, je veux être utopiste et défendre la dernière, même si je dois me résigner à me débattre dans un état d\u2019infériorité ; je sais bien que la vertu n'enrichit pas son homme, je sais bien que c\u2019est en fraug dant le fisc qu\u2019on peut offrir à sa femme un manteau de vison ; mon choix demeure le même.Et l'auteur de conclure: \u201cEn fzisant un faisceau des opinions des nombreux théologiens mentionnés, il s\u2019ensuit qu\u2019il est probable que l\u2019on peut, sans faute directe contre la justice et même sans véritable mensonge \u2014 mais ce qui est loin d\u2019être recommandable \u2014 réduire les déclarations pour l'établissement des feuilles d'impôt, et attendre que le fisc fasse la preuve qu\u2019elles sont insuffisantes.Le fait de l\u2019exagération presqu\u2019évidente de certaines taxes, joint à la coutume répandue chez la majorité de la population, peuvent en effet excuser de\u201ctouie faute grave\u201d.Ces derniers mots semblent une admission qu\u2019il peut y avoir faute, au moins légère, à frauder le fisc.Mais il reste que, dans l\u2019ensemble, notre professeur estime que l\u2019obligation fiscale n\u2019est pas un devoir de justice ; le paiement de l'impôt est sans doute un acte louable de charité, mais en conscience nul n'y est tenu ! Fraude fiscale Sauf l'exception mentionnée, malgré l'opinion contraire de certains moralistes, nous «royons que l'impôt oblige en conscience, que celui qui fraude le fisc est en faute légalement et moralement.Il importe maintenant de définir la fraude fiscale qui engage la responsabilité morale de son auteur.11 est significatif de noter que Larousse applique surtout le mot \u201cfraude\u201d au domaine qui nous occupe.La fraude est \u201cune tromperie, un acte de mauvaise foi dont l\u2019objet est de causer préjudice à autrui\u201d, et, plus précisément, la fraude fiscale est toute \u2018\u201ctromperie qui a pour but de soustraire au fisc tout ou pare de ses droits.\u201d C'est l\u2019action iritentionnel- le d\u2019esquiver illicitement ses obligations fiscales.Disons tout de suite que ne constitue pas une fraude,eet par conséquent n\u2019entraîne pas la responsabilité morale, le fait d\u2019employer tous les moyens licites (permis par la loi) pour réduire sa contribution fiscale.Toute mesure fiscale doit étre interprétée en faveur du contribuable; s\u2019il existe un doute sur l\u2019effet d\u2019une disposition de la loi, le citoyen pourra l\u2019interpréter dans le sens qui lui est le plus.favorable, Aussi longtemps que le fisc n\u2019aura pas obtenu une décision judiciaire contre celui-là, il ne sera pas tenu en conscience de rencontrer les exigences douteuses du fisc.Mais constitue certainement une fraude toute fausse déclaration délibérément inscrite dans la feuille d\u2019impôt sur le revenu.Parmi les fausses déclarations coutumières, la plus odieuse est sans doute celle qui se camoufle sous le voile honorable de la charité ou de la piété ; la collaboration facile de certains curés dans cette immense entreprise frauduleuse ne les laisse pas sans reproche, bien qu\u2019ils n\u2019en soient pas directement responsables ; mais, puis- qu\u2019ils ont charge d\u2019âmes, ne de- vraient-ils pas s'attarder, une fois l\u2019an, à relever le sens moral de leurs paroissiens dans l\u2019accomplissement de leurs devoirs civiques ?(2) Il serait oiseux de décrire ici toutes les fraudes fiscales.Tentons plutôt d\u2019en apprécier Ia gravité morale (en ceci je serai très bref, car je connais mal la casuistique).J'incline à croire que frauder l'impôt indirect ne constitue, en général, qu\u2019une faute légère.La plupart du temps, le montant en est modique, et ces impôts sont trop artificiels et vexatoires pour entraîner une grave responsabilité morale.Tels sont les impôts de douane, qui entravent la liberté naturelle de circulation des biens; tel est l'impôt exorbitant sur les cigarettes canadiennes; si je m'y soustrais en fumant des \u201cImport\u201d américaines, suis-je en faute ?\u2014 Par la surabondance de taxes, et son manque de tact, l'Etat s\u2019aitire de telles déceptions ; il pousse ses ressortissants à ces fraudes mineures en les tentant injustement.Mais en matière d\u2019impôt direct, l'enjeu est tout autre ; et l'Etat joue franc jeu: cette franchise exige en retour la plus stricte honnêteté des contribuables ; et la fraude m'apparaît une faute grave.Politique fiscale Ceci m\u2019amène, en guise de conclusion, à dire un mot de la politique fiscale.C'est un devoir pour l'Etat de ne pas indûment induire les contribuables en tentation; s'il faisait disparaître, autant que faire se peut, cette myriade de taxes vexatoires, ses ressortissants prendraient moins facilement l'habitude de frauder le fisc.D'autre part, que l'impôt sur le revenu soit juste et simple ! Que l\u2019Etat diminue les offres d\u2019exemptions frivoles (qui constituent autant d\u2019occasions de péché), et qu\u2019il augmente les exemptions de base: à mon sens, tout revenu individuel inférieur a $1,500 \u2014 peut-étre méme a $2,000 \u2014 ne devrait pas être taxé, et tout revenu familial inférieur à $3,000 ne devrait pas être soumis à'l\u2019impôt.Il est évident, en effet, que ces chiffres correspondent au minimum vital.Quant au reste, que les taux d'impôt soient justement proportionnels aux besoins de l'Etat, et que les citoyens s\u2019acquittent scrupuleusement de leurs obligations .fiscales (ils en ont le devoir moral) : c\u2019est la grâce que je nous souhaite.! NOTES : (1) Tout le long de cet exposé, je citerui abondamment des notes de çours que- ce fesscur distribua à ses élèves de fa faculté de droit.II ne fait d'ailleurs qu\u2019exposer la thèse de certains moralistes, en particulier celle du Rév.Père Dufort.(\u201cTaxe eur le revenu, obligatoire ou non ?'\u201d), qui est, dit-il, \u201cIn plus au point\u201d.Sur l\u2019immoralisme des Canadiens fran.cais en politique, Fire l'excellent article de Pierre Elliot Trudcau, publié dans Cité Libre, (vol.2, no.3, déc.1952), dont j'extrais le passage suivant : Dans nos relations avec l'Etat, nous sommes passablement immoraux; nous corrompons les fonctionnaires, nous usons de chantage avec les députés, nous pressurons les tribunaux, nous fraudons le fisc .En matière notre immoralisme devient (2) électorale, scabreux\u201d.RES AF cis si 3 ad Rh NER Rv Ti aS ® Madame Vijaya Lakshmi Pandit est, sans contredit, l\u2019une des femmes qui s\u2019emploient le plus énergiquement à protéger la paix dans ce monde.Seule femme qui t dirigé une délégation aux Nations Unies et à qui l\u2019on confie le poste d\u2019ambassadeur des Indes à Moscou, elle a rencon tré lors de sa visite au Canada, le mois dernier, M.et Madame Saint-Laurent.En prévision du ler mai NE aimable tradition veut que le brin de muguet, offert le ler mai, soit un gage de bonheur.Mais la fleur est, hélas ! éphémère et ne tarde pas à se faner.Heureusement, son arôme délicat, retenu et fixé par les grands parfumeurs français, constitue un excellent produit de remplacement, durable et toujours agréable à recevoir.Il existait déjà toute une gamme de parfums à base de muguet, dont le- \u201cMuguet\u201d de Coty est peut-être le plus connu.Un nou- veau-venu va certainement y prendre une place d'honneur : c\u2019est le \u201cPremier Mai\u201d d'Houbigant, parfum fleuri ét printanier, dont la présentation* élégante, dans un flacon de sac ovale et c \u2019 t MN aussi plat qu\u2019une montre de gousset, lui-même enrobé d'une housse de soie verte comme les jeunes pousses de muguet, est digne de la grande signature qu'il porte! Et puisque nous en sommes au chapitre des flacons de sac, signalons que \u201cMiss Dior\u201d, elle aussi, se présente sous cet aspect, dans un.tube de cristal à fermeture hermétique, protégé par une gaine de daim gris, Il en est de mé- me du \u201cCrêpe de Chine\u201d de Millot, mais le tube de cristal est ici revêtu d'une gaine en métal doré assortie au tube à rouge de la même maison, et son bouchon hermétique s\u2019orne d'un joli gland de soie de couleur vive.OILA que réapparaît dans V toute sa nouveauté le paletot.trois quarts qui fit fu- teur il y a quelque dix ou douze ans ! Subitement, on a retrouvé son charme, très jeune et très parisien, d\u2019ailleurs.Depuis que les robes ont un peu allongé ; il se peut qu\u2019un de vos manteaux ait dû être relégué parce qu\u2019il semblait impossible de l\u2019allonger d\u2019une façon invisible.Voici l\u2019occasion de l'exhumer de la garde-robe et de lui donner une seconde jeunesse.L'important est de le porter sur une jupe étroite.Les paletots tombant à moitié aux 34 et aux 7/8 des robes ne sont jolis que si, au-dessous du niveau où ils s\u2019arrêtent, la ligne est fuselée.La silhouette est donc toute changée par ces nouvelles longueurs.Le paletot court et ample, lui, a vu sa faveur décroître dans les collections de haute couture : le plus souvent, pour demeurer, il doit sé faire plus étroit ou plus raide et se porter tout à fait assorti à la robe ou au tailleur qu\u2019il accompagne.Le paletot 3% et 7/8, au contraire, sera plus élégant s\u2019il est très différent de la robe ou du tailleur.Les tissus velus et légers, les gros tweeds à effets de \u201cvannerie\u201d, les ratines de tons vifs feront merveille pour ces vêtements reposant sur une jupe noire ou grisaille.Imaginons un manteau 7/8 en arraché léger de Coloris jaune moutarde ou \u201cananas\u201d.Il sera presque droit ; des manches % seront munies d\u2019un haut revers et montées assez bas ou kimono.Le col aura disparu laissant une en- côlure plate et ronde soulignée par une découpe de même forme simulant une patte avec deux boutons.Poches obliques à passepoil.Sur une petite robe noire ou gris \u201canthracite\u201d, voici maintenant une veste écaille, rouge, ou par Simone PASCAL s \u201cvert pomme\u201d, à petit col en velours noir.Le bord des devants s'écarte depuis l\u2019unique boutonné assez haut sur la poitrine.Les manches plates sont montées à la maniére® classique.Poches a rabats, longue pince montante.Sur une robe en tissu de fantaisie, une de ces robes en petit tweed fin, en pied-de-poule ou en lainage écossais à petites dispositions, un paletot 34 sera très chic.Celui-ci est soit en shetland, soit en homespun écaille sur \u2018une robe grise, ou bois de ruse sur du gris foncé ; soit encore en tweed à gros dessin sur tweed plus fin.Sa forme est assez aisée sans être ample ; des manches kimono ou demi-raglan (raglan devant, kimono dans le dos); le col châle assez large simule une pèlerine dans le dos, mais laisse devant une échancrure accrue par le boutonnage sur une patte médiane piquée.Des poches profondes sont appliquées sur les côtés.Il sera très raffiné de doubler ces manteaux courts en tissu du ton de la robe qu\u2019ils doivent accompagner ; ou d\u2019une soierie imprimée si robe et paletot sont unis ; ou encore d\u2019un ton très vif contrastant\u2026 si l\u2019un et l\u2019autre sont de couleurs assorties.Lorsque l\u2019un de ces paletots n\u2019est pas l\u2019utilisation pratique d\u2019un vêtement existant, on peut composer un effet reversible très pra- .tique : par exemple tweed d\u2019un côté, toile foncée de l\u2019autre ; tissu uni et tissu imprimé ; lainage et sojerie permettant au même man- .teau de servir pour les allées et venues de la journée, comme pour les sorties élégantes du soir.LA JAQUETTE DROITE SEMBLE avoir la préférence de Dame Mode, ce printemps.Mais je la recommande de préférence aux grandes femmes élancées; pour les 55\u201d et les- moins grandes, il est préférable de porter le costume ajusté qui ,amincit.Mais il n'est pas® question de mettre de côté le costume de l\u2019an dernier, vous pouvez fort bien le rajeunir et le plus simplement du monde: en harmonisant la doublure à une blouse de crêpe imprimé, Essayez, vous serez enchantée du résultat et vêtue selon les décrets des grands couturiers ! © Voici l'incroyable \u201cceiffure-éléphant\u201d que l'artiste capillaire créations \u201cPhyris\u201d vient de faire admettre parmi d\u2019autres élaborées.Il n\u2019est pas dit que les moins.anadiennes ne l\u2019adopteront pas ! Gilet ou chemisier E style \u201cdeux-piéces\u201d des tailleurs pourrait, à première vue, paraître défavorable à la blouse.Les jaquettes de coupe féminisée, mais fermant assez haut, à manches trois-quarts, et dépourvues de col peuvent, sans doute, être portées sans blouse.Mais leur échancrure profonde laissant le cou trop nu pour la ville et pour les journées encore fraîches du printemps, le souci de ne pas salir trop vite les doublures, incitent nombre de femmes à faire choix d'un corsage dans l'esprit même de la mode nouvelle.Pour être tout-à-fait dans la note, il faut opter pour le gilet ou pour le chemisier, Le gilet est inspiré du vêtement masculin: boutonnage devant, pointes s\u2019allongeant sur la jupe.Les manches sont très courtes, généralement kimono.L'échancrure étroite et profonde forme un cran et dessine un revers tailleur rabattu en dedans.Le gilet est en piqué de coton uni (blanc, jaune, écaille) où imprimé de petites fleurs en semis (oeillets ma- gnardise, boutons de rose, etc.) Le chemisier est en toile ou en Ppopeline de coton, voire en linon.Ses manches resserrées au poignet sont montées-à pattes d\u2019épaules.Le col plat couvre la base du cou et reste ouvert devant.Un large plastron rectangulaire à plis plats cousus, une bande de boutonnage donnent de l'intérêt au haut du buste. - on journal 6 MARS.\u2014 Nous nous moquons volontiers des ridicules de notre anglomanie ; n\u2019est-il pas émouvant de découvrir, le long de Ia route, un \u201cFrance Inn\u201d et surtout un \u201cYamachiche Inn\u201d, qui vous a un petit air onontagué ou tso- nontouan.Riëh de plus déplaisant que des sottises ainsi affichées, de pareils manques de goût.Nous pouvons frapper notre coulpe, nous ne sommes pas les seules victimes.Depuis que la civilisation du coca-cola a substitué en France Marylin Monroe à la Déesse Raison, nous pouvons à notre tour nous voiler la face.Que penser, par exemple, du \u201cPascal\u2019s Bar\u201d ?Je suppose qu\u2019il est situé près du pont de Neuilly.II serait bien étonné, le vieux Corneille amoureux de Marquise du Parc, si elle lai avait enfin accordé un rendez-vous clandestin au \u201cJeanne d\u2019Arc\u2019s Grill Room\u201d.Et il existe, cet estaminet de malheur! Les Français nous offrent de très mauvais exemples et nous sommes si prompts a limitation.7 mars.\u2014 A cette période de l'année, beaucoup de propriétai- Tes de voitures sont très nerveux, S'il ne s'agissait que d\u2019acquitter le montant de leur permis ! Ils jouent de leur influence pour obtenir un tout petit numéro.Comme c\u2019est vulgaire \u2014 vulgum pecus \u2014 d'afficher six chiffres - à l\u2019arrière de son automobile ! Un seul chiffre, c\u2019est beaucoup demander et il n\u2019y en a après tout que neuf; deux chiffres, cela vous classe un personnage, mais le nombre est encore limité; enfin, pourvu qu\u2019il n\u2019y ait que trois chiffres, en bas de 1,000, quelle aubaine ! Quiconque vous voit rouler sait immédiatement que vous êtes un personnage de distinction.Si vous n\u2019avez pas ume décoration à votre boutonnière, qu\u2019au moins votre voiture en ait une.C\u2019est contraire au vieux principe thomiste que l\u2019accessoire suit le principal.C\u2019est incroyable ce que les gens distingués peuvent être nombreux ! Rien d\u2019étonnant chez les descendants de ceux qui ont participé aux querelles de préséance sous le régime français.8 MARS.\u2014 A l\u2019occasion d\u2019un buffet froid (excellent et abondant) au collège de Saint-Lau- rent, j'ai l\u2019avantage de visiter les travaux en cours.Il faut le voir pour le croire.La décoration est d'un goût exceptionnel; des couleurs vives, soigneusement harmonisées, des tentures bien seyantes.Je parcours quelques chambres, un salon de réception, une salle à manger dominée par un admirable Christ en fer forgé, le réfectoire des philosophes, la très vaste cuisine dotée de tout ce qu\u2019il y a de plus moderne.L'extérieur du col- lége conserve son allure vétuste; on aurait bien tort d\u2019y changer quelque chose.Mais, à l\u2019in- - térieur, on ne boude pas les.exigences du progrès associé aux soucis de la beauté et de l\u2019élégance.9 MARS.\u2014 Reçu une lettre du colonel Roger Maillet, m\u2019annonçant la mise sur pied d\u2019un musée historique à l'Ile Perrot.Lui-même pourra contribuer à sa richesse par plusieurs pièces qu\u2019il entasse dans son étonnante gentilhommière.II est conservateur intérimaire de ce musée, qui ne devrait pas mener une trop rude concurrence au musée de cire.Roger Maillet devient- il partisan de notre maitre, le passé ?Il ne s\u2019agit pas ici d\u2019idées, mais d'objets; ' ce qui suscite .moins de controverse.par Roger DUHAMEL 10 MARS.\u2014 Un enfant de sept ans et demi possède déjà tout un monde d'images et de souvenirs visuels; on lui apprend subitement qu\u2019il ne Ÿerra plus le soleil, qu'il est devenu aveugle.Peu à peu, il rebâtit l\u2019univers avec les moyens qui restent à sa disposition, surtout avec ceux qu\u2019il découvre dans le royaume de sa cécité.Ce mot même ne lui agréerait pas, puisque, devenu homme, il ne se sent pas à l\u2019écart.Les couleurs conservent pour lui une signification, plus précise et plus souple, différente en tout cas de, celle que leur accordent les voyants.\u201cJ'étais entré dans la cité heureuse, dans le monde intérieur\u201d.Le savoir ne lui demeurait pas un livre fermé.Au coeur de son univers intime, il prolonge les données de l'histoire.\u201cJ\u2019apprenais ainsi, en rêvant, le goût de la justice et celui du courage, la passion d\u2019agir.Y\u2019écartais toutes les peurs.Je vivais dans l'impatience de vivre\u201d.J'ai rarement lu des pages plus nobles, plus belles; elles sont de Jacques Lusseyran (La Table ronde, no 62).Elles procurent une paix, d\u2019une exquise douceur.11 MARS.\u2014 Je dois déjeuner avec un ami; il y a déjà quelque temps que nous n\u2019avons conversé à loisir: Au bout de quelques minutes, nous sommes bien huit autour de la table.Ce sera donc partie remise.Dès qu\u2019on dépasse un certain nombre, il ne s\u2019agit plus que de faire des blagues, d'enchaîner des mots, de rire pour tout et pour des riens.Les idées se sauvent, comme des oiseaux effarouchés .12 MARS.\u2014 Je reconduis en voiture l\u2019une de nos romanciéres.Elle est intelligente et ne l\u2019affiche pas insolemment.Elle est même assez sage pour ne pas ac- CUMATISEE, To bière Dow est protégée contre tous les écarts: de température pendant so fabrication .elle retient ainsi tout le goût fin et toute lo saveur des ingrédients de qualité supérieure qui fa composent, pour vous donner le meilleur de lo bière dans la meilleure des bières, - 'CLIMATISEE cabler les pauvres bougres qui font la recension des livres, entre dix autres besogmes plus pressantes.Elle a une remarque, qui dénote autant de lucidité que de modéstie.Comme ce doit étre difficile) après avoir lu des ouvrages français de grande valeur, d\u2019avoir à juger ce qui n\u2019est parfois \u2014 pas toujours \u2014 que maladroits balbutiements ! Bien sûr, c\u2019est pourquoi il faut sans cesse varier l\u2019étalon.On ne nous en sait pas gré, au reste.13 MARS.\u2014 Parler de Verlaine, de Claudel et de Péguy devant un auditoire recueilli et fervent: il faut aller à Saint- Hyacinthe, dans ce collège de jeunes filles où chaque printemps me ramène pour quelques cours, Les élèves ne sont pas encore à l\u2019âge des auditeurs blasés; la beauté les émeut et les vers trouvent en elles un écho sonore.Avec les années, cette frai- cheur s\u2019atténuera, c\u2019est la loi.Peut-être, toutefois, restera-t-il le souvenir de quelques fécondes émotions artistiques.14 MARS.\u2014 Je hèle un taxi Pour descendre à un poste de radio.Dès que j'ai indiqué ma destination, le conducteur sourit d\u2019aise.Il a hâte de pouvoir faire étalage de son sens de l\u2019observation.II ne perd pas une si belle occasion.Dans l\u2019échange obligatoire des considérations sur la température, il glisse sournoisement, avec un air entendu : \u201cOui, monsieur Légaré\u201d, \u201cNon, monsieur Légaré\u201d.Je demeure un peu abasourdi.Tout s\u2019éclaire quand il ajoute: \u201cOn aime toujours ça entendre les programmes 'd\u2019Ovila Légaré\u201d.Cette fois, aucun doute n\u2019est possible.Pourquoi détromper le brave homme, je subirais peut-être les contrecoups de sa déception.Il sera si heureux, en rentrant cette nuit, de dire à sa femme : \u201cTu'sais pas, à soir, j'ai voyagé Ovila Légaré\u201d.Pourvu que le comédien ne m\u2019en veuille pas de n\u2019avoir pas remis les choses au point.A la réflexion, je m'inquiète un peu de son embonpoint.15 MARS.\u2014 Un conventum doit se réunir tous les dix ans.Nous sommes quelques-uns, à préparer cette manifestation de mai prochain.Un Jésuite, d\u2019une gaieté simple, qui doit être un camarade charmant pour ses rhétoriciens; un médecin très compétent, et qui ne se prend pas au sérieux et s\u2019intéresse à autre chose qu\u2019à sa spécialité : un avocat d\u2019une gravité calme, d\u2019une efficacité éprouvée; un musicien, compositeur de grand talent; un chef mutualiste, demeuré intéressé à tous nos pru- blèmes nationaux.Je les regarde discuter, plus que je ne les écoute.Et je revois les adolescents qu\u2019ils ont été; ils étaient déjà ce qu\u2019ils devaient devenir.L'homme est déjà inscrit dans l'enfant.II faut parfois quelque temps pour le découvrir, pour qu\u2019il se découvre lui-même.Roger DUHAMEL de l\u2019Académie canadienne- française.solution au* problème \u2026.À circulation provoque à Paris, comme dans toutes les grandes villes, des difficultés chaque jour croissantes.De nombreuses mesures sont à l\u2019étude dont la plupart, par avance, soulèvent les protestations ou des automobilistes, ou des piétons, ou des deux, et qui, bien entendu, ne sauraient aboutir à l\u2019élargissement des rues de Paris, ni à la création de vastes espaces libres pour le garage des voitures.Alors, le Préfet de Police s'est avisé qu\u2019il conviendrait d'imposer, aux taxis parisiens, une couleur uniforme, et à leurs chauffeurs, le port d\u2019un cache-poussière.Ces.mesures énergiques seraient-elles de nature à contribuer au désembouteillage ?Cela n\u2019apparaît pas à première vue ; mais ce qui apparaît bien, c'est que les chauffeurs de taxi s'insurgent d'avance.Ils entendent conserver leur polychromie et la liberté de leur costume, qui est conformément aux règlements antérieurs, \u201cpropre et décent\u201d.Les \u201cusagers\u201d, eux, souhaitent.trouver des ta- .xis quand ils en ont besoin : leurs ambitions ne vont pas au delà.Et ils espèrent que le spectre du cache-poussière ne va pas provoquer une grève dont ils feraient, a pied, tous les frais.La circulation totale des quelque 100 quotidiens canadiens est d'environ 3,000,000 de lecteurs.Les hivers sont très froids à l\u2019intérieur des terres a Terreneuve mais sont plus modérés le long de la côte.pee one - PT pas été à l'hôtel des Monts, à Mont-Rolland, le 17 juin 1950.Il en aurait eu pour son \u201car- gin\u201d, viande à chien.Mais la vie passe, et l\u2019avare est rendu à son dernier sommeil, sur ses écus d\u2019or, dans le joli petit cimetière, amont la côte.Ce jour-là une.vingtaine _ de gais lurons, comme savent l'être les gars des pays d\u2019en haut, issus I) =e: que Séraphin n\u2019ait de Normands, trinquaient fort et s'amusaient à chanter des airs à répondre du bon terroir, se racontaient des propos plus légers que le jupon de Jeanneton après sa cueillette de joncs.Tous se \u201crelançaient\u201d comme on dit chez-nous, et c\u2019est à qui aurait trouvé l\u2019histoire la plus grivoise.Mais de tous les noceurs, celui que nous n\u2019identifierons pas plus au long que son prénom de René, tenait le plancher, après avoir tenu la table, et se vantait de ses exploits amoureux.On sait que \u201cgros parleur, petit faiseur\u201d.L'axiome n'empêcha pas René de parler de toutes les filles de son rang qu'il avait \u201ctassées\u201d en tassant le foin dans sa grange, avec cette bonne senteur de terre lavée, quand la récolte séche, brin par brin, pour devenir une mer d\u2019or, dans les vallées, et sur les côteaux.Arrive un brave fermier des environs, monsieur Edouard.Sa légitime, Paméla, est encore la plus belle femme du canton, en dépit de dix naissances.Elle est \u201cfaite\u201d au tour et donne des distractions aux hommes, pendant le prône et aussi à la sortie de la messe, En voyant Edouard, René y va toutes voiles dehors.Il dit connaître Paméla mieux que son ma- Douce France ramon Cette vieille ETTE VIEILLE CARCASSE, [= vieux promotoire de la vieille Europe, ne craint pas d'étaler aux yeux du monde ses vérités toutes nues.C'est probablement cette immense franchise qui provoque tant de commentaires agréables et désagréables à l'égard de son inimitable visage.Ces jours derniers, nous avons été grassement renseignés sur ses agissements et son comportement religieux et moral.La Radiodiffusion francaise nous a \u2018envoyé à travers les ondes, par l\u2019entremise de Radio-Canada, le bilan du catholicisme tel qu'il se présente à la fin de 1952.Beaucoup se sont sentis forts de ce bilan : le slogan de la France athée reste vrai parce que 20 millions 160 mille Français, sur un total de 33 millions 600 mille Catholiques, ont ouvertement déclaré qu\u2019ils ne pratiquaient pas.Le Français a pour habitude de jouer franc-jeu.Cette attitude a toujours été la marque de ce grand peuple épris d'honneur et de liberté.Dans les questionnaires qui lui ont été soumis, il a répondu sans contrainte et le coeur sur la main.Mais laissons parler les chiffres et regardons-les, ces chiffres, Ils sont surprenants ! Un Montréalais en Espagne ON ami Jos.revient d\u2019Es- M il y a, comme ça, des Montréalais qui ont de la chance, Jos.a visité la péninsule, ibérique de Saint-Jacques de Compostelle à Malaga ; naturellement, tout le monde lui demande : \u2014Comment ça va en Espagne ?Le voyageur prend un petit air entendu et déclare en hochant la tête : \u2014Plutôt mal; les Espagnols sont complètement dégoûtés.\u2014ÂAh ! fait-on, et de quoi ?Et Jos.vous glisse : \u2014C'est à cause de l\"\u201cafeitado\u2019.Il y a généralement un silence et l\u2019interlocuteur se demande rapidement : \u2014Voyons, qu'est-ce que c\u2019est l\u2019afeitado: un nouveau parti politique, un narcotique, une variété d\u2019ouragan ou de microbe, le surnom d\u2019un généralissime, une marque de liqueur douce, un impôt ?Mais qu'est-ce que,ça peut \u201c être que cet afeitado ?Alors Jos.qui attend la question, explique avec sa fausse modestie de pédant rentré : \u2014Dans une corrida, un taureau \u201cafeitado\u201d, c\u2019est un taureau mutilé ; l\u2019afeitado, c\u2019est un truquage.Cela consiste à préparer une bête pour l'envoyer à la fiesta avec des cornes épointées, \u2014Mon doux, fait-on malgré soi.\u2014J'ai, poursuit Jos.assisté à une séance d'\u2019afeitado ; c'est as- \u2018 sez répugnant ; le taureau est maintenu solidement dans une espèce de cage tandis qu'un spécialiste scie la pointe des cornes ; ensuite, il introduit à l\u2019intérieur des cornes une cheville qu'on enfonce à coups de maillet ; puis, les petites pointes sont remises en place, recollées, maquillées, patinées, Ce n\u2019est pas facile à reconnaître un taureau afeitado.Jos.poursuit sur le ton du connaisseur : .\u2014Pour affaiblir encore plus la bête, on la laisse sans manger ai boire, trois jours avant la corrida; vous pensez bien que, dans l\u2019arène, le taureau n\u2019est plus qu\u2019une bête craintive ; il porte des cornes sensibles aux chocs et fonce désespérément sans blesser ses adversaires qui peuvent se livrer devant lui à mille pitrêries dont se délecte le public.Ainsi, faute de l'incertitude du sort de l'homme et de la brutalité aveugle de la bête, les corridas ne sont plus que des manifestations spectaculaires suffisantes pour la foule qui ne se contente que de l'illusion.Ah! mon pauvre ami, finis les vrais -combats, finies les alternatives loyales où la mort sans cesse promettait de changer de camp.Aux grands manieurs de capes de jadis, succèdent des vedettes £âtées par l\u2019ignorante complicité du public, soutenues par des impresarios uniquement soucieux \u201cde faire des pesetas\u201d et de conserver vivants le plus longtemps carcasse .La population de la France métropolitaine est de 42 millions d'habitants.Sur ce chiffre il y a 809, de baptisés catholiques, soit 33 millions 600 mille.La population restante se décompose ainsi: sans religion : 4 millions 800 mille.Israélites: 2 millions 500 mille.Protestants : 800 mille.Musulmans: 300 mille.Ainsi, 33 millions 600 mille catholiques ! Sur ce chiffre éloquent, 100 mille 800, infime fraction, sont devenus athées depuis le baptême, tous les autres ont affirmé leur foi en Dieu.Mais 13 millions 440 mille seulement ont déclaré aller à la messe assez régulièrement.Les 20 millions et quelques autres, ont tout bonnement clamé qu'ils n\u2019admettaient pas l'importance de la pratique religieuse.11 faut souligner, par contre, le fait sublime que parmi les pratiquants, 2 millions 16 mille ont solennellement déclaré être prêts à aller au martyre pour leur foi.En conclusion, a dit le commentateur de la Radiodiffusion française, la\u2018 France est très croyante, mais un tiers des Catholiques, pratiquants ou non, adresse des reproches au clergé sans pour cela lui témoigner de l'hostilité.Une autre question liée à la tradition religieuse a été soulevée par Monsieur Claude-Henri Grignon au poste C.K.A.C.: celle du divorce en France.Pourquoi soulever de tels problèmes ?Pourquoi aller plonger des regards dans l'intimité d\u2019un pays qui a tant souffert pour le monde entier et qui est encore à l'avant-garde de Ja civilisation et de la culture chrétienne ?C'est en France qu\u2019est né le christianisme, c\u2019est elle qui depuis 2,000 ans a versé un sang toujours aussi chaud pour la sauvegarde des grandes traditions.Pourquoi donc aller lui reprocher le ridicule chiffre de 45,000 divorces en 1952?Nous venons de voir qu'il y a en France une population de 8 millions 400 mille habitants de religion autre que la catholique.Monsieur Clau- de-Henri Grignon aurait dû spécifier si les divorces contre lesquels il s\u2019est élevé, rentraient dans ce cadre.\u201cO France, chère à toute âme éprise du genre humain\u201d, s\u2019est écrié Rudyard Kipling.Qu'en pen- sez-vous, Monsieur Claude-Henri Grignon ?} Jean LAZARE possible les héros de l\u2019arène, gonflés par la publicité.Voilà, mon cher, pourquoi les Espagnols sont dégoûtés.\u2014C\u2019est scandaleux, ai-je fait comme les autres ; encore une illusion qui s\u2019en va ; alors Jos, es- tu content d\u2019être au pays ?\u2014Mor cher, je sujs ravi ; dis- donc, es-tu libre ce soir ?J'ai deux places pour le Forum, il y a de la lutte ; comme j'ai hâte de voir du bon sport, du vrai ! , IMPERTINAX - oe .- em ri.Combien de fois n\u2019est-il pas allé aux fraises avec elle.Et les plus belles n\u2019étaient pas celles du pré.Cayest.René, qui était loin d\u2019être sobre, était le bout-en-train et I'animateur \"des divertissements et, en relatant ses \u2018aventures amou- rédûses, il prononça contre la ché- re ct brave femme d'Edouard des paroles injurieuses, mensongères, et de nature à porter atteinte à son honneur et à sa réputation.Edouard a réclamé en justice, par l'entremise de son avocat, Me Marc Boucher, de Saint-Jérôme, en Terrebonne.Le procès a fait se remplir le palais de justice du parc Labelle, sous la présidence de l\u2019hon.juge Hector Perrier, de la Cour supérieure, ancien dépu- par Adolphe _ NANTEL té, et ministre du \u201cplus beau\u201d comté de la province.Ce tribunal vient de \u2018rendre jugement et condamne le défendeur à payer des dommages exemplaires de $50, avec dépens, à Edouard.Ce jugement est une tranche de vie, et nous donnons maintenant la parole à l\u2019un de nos plus distingués juristes : Ses paroles étaient indiscutablement diffamatoires; heureusement pour le défendeur, tous les témoins, reconnaissant la parfaite honorabilité de la demanderesse, ont tenu ces propos pour des farces plates ct grossières, Le mari de la demanderesse, lui-même, n\u2019y a guère attaché d'importance ; sans doute a-t-il immédiatement quitté la réunion, mais il venait à peine de monter dans son automobile pour retourner chez lui à Ste-Adèle lorsque le défendeur sortit de l'hôtel et lui a demandé de le reconduire chez lui.Arrivé à Ste-Adèle, le défendeur s\u2019est fait descendre à Le couple idéal : René et Paméla un hôtel et a invité le demandeur\u2018 à entrer avec lui pour lui offrir une consommation, mais le demandeur a refusé cette invitation, En cours de route En cours de route, sur des questions que lui posait le demandeur, le défendeur lui aurait.alofs' im- - médiatément déclaré qu'il regrettait ses paroles et qu\u2019il ne connaissait rien de repréhensible contre la demanderesse, et dans son plaidoyer il réitère ses regrets et ses excuses, La Cour accepte le principe posé dans la cause de Delley vs Labrecque (20 B.R.p .79) : \u201cDans une action pour injures verbales, il ne faut pas considérer seulement les propos injurieux, mais aussi le motif et aussi l'intention de celui qui les a prononcées, les personnes auxquelles elles ont été tenues et l\u2019occasion qui leur a donné lieu.L'intention de nuire ou la malice est un élément essentiel de l\u2019injure et de la diffamation.Bien que les paroles du défendeur n\u2019aient pas été prononcées avec malice, il n\u2019en reste pas moins qu\u2019elles étaient de nature dommageable.La demanderesse a droit à un jugement déclarant injustes et mal fondées les attaques dirigées contre elle, et elle a droit à une indemnité pour la peine et les ennuis que ces attaques lui ont causés.58 B.R.Savignac vs Voivin, p.232 : En condamnant le défendeur à payer à la demanderesse un montant de $50 à titre de dommages, - et en plus les frais de l'action telle qu\u2019intentée, le défendeur sera suffisamment puni pour la légèreté de sa conduite et de ses propos.\u2018 Par ces motifs : rejette le plaidoyer du défendeur: maintient l\u2019action des demandeurs ; condamne le défendeur à payer aux demandeurs la somme de $50 à titre de dommages ct, en plus, les frais de l\u2019action telle qu\u2019intentée, avec intérêts à compter de ce jour.Mes colères par Yves Jhériault verses raisons.Il y a la patience, la charité chrétienne et l\u2019in- | vers vais n\u2019a qu'un sens, celui de tolérer.On tolère pour di- térêt personnel.Cette dernière raison prend de multiples formes, En politique, l'intérêt personnel peut avoir deux identifications, encore que ces deux identifications soient parfois réunies.Un politicien, par opposition au politique, agit pour obtenir ou conserver des votes ; ou pour obtenir ou augmenter un capital-argent.Ceci dit, réjouissons-nous, mais sans joie.La Cité de Montréal, notre mère à tous, exploitera elle-même, dit-on, ses restaurants de parcs.Mieux vaut tard que jamais, mieux vaut 1953 que bien auparavant.N\u2019empêche que le mystère serait intéressant à percer.Voyons voir ; pendant des années, les restaurants de nos parcs exigeaient des prix exorbitants pour les denrées servies.Dans les parcs municipaux, dont plusieurs avaient été créés spécifiquement pour l'agrément des classes besogneuses de la population, l'on réclamait un prix parfois triplé pour un simple cornet de crème glacée.Ça devenait scandaleux.Une organisation commerciale ordinaire pouvait se contenter, malgré des frais d'opération beaucoup plus considérables, d'un tiers de ce prix, et en vivait très bien.Mais les locataires de la Cité, avec une cffronterie fantastique, exploitaient le petit peuple et lui riait au nez s\u2019il protestait.Car voilà un autre point.Sûr de mon immunité \u2014 en politique on a de ces certitudes \u2014 le patron de restaurant se moquait ouvertement des gens qui osaient élever la voix contre les abus.Et ce n\u2019est pas tout.Ces restaurants jouissaient d'un achalandage que peu d'établissements du genre dans toute la ville pouvaient espérer, Il eût donc été logique de vendre moins cher qu'ailleurs.Autre anomalie, et nom la moindre.Dans ces restaurants, les clients étaient presque toujours servis grossièrement, par des commis vêtus malproprement.L'établissement même était souvent malpropre.Je me souviens de certains dimanches, au parc Lafontaine ou au Chalet de la montagne, où le parquet des bâtisses était abominablement souillé, Est-ce que la Cité ne possède pas un Bureau d'hygiène dont l\u2019une des fonctions est de surveiller la propreté des endroits où l\u2019on mange ?On objectera à ma colère que c'est fini, que les locataires sont démis de leurs privilèges, que maintenant la Cité exploitera ses propres établissements, etc.La bonne vieille méthode à la canadienne : \u201cC\u2019est fini, n\u2019en parlons plus !\u201d Mais, au contraire, parlons-en ! Voici des gens qui ont pu exploiter le public depuis des années, sous l'oeil tolérant d'administrateurs qui ne perdaient sûrement rien à tolérer l'état de chose décrit ici.Les coupables \u2014 car on ne blanchira pas les responsables par le seul fait d\u2019une chute dans l'oubli \u2014 les coupables n'auront donc récolté pour toute punition que l'enrichissement aux dépens du peuple.Drôle de morale, drôle de gens, drôle de pays.Des chiffres, compilés au hasard, nous prouvent qu\u2019on en tirait des revenus astronomiques.Il faudrait maintenant voir de quelle façon l\u2019on a réparti ces revenus entre les frais d'opération, les profits, et l\u2019esprit de charité chrétienne à encourager chez les gens de l'Hôtel de Ville, Chose certaine, si.j'avais érigé un restaurant\u2019 sur un terrain de la Cité, si j'y avais vendu les eaux gazeuses et la crème glacée deux ou trois fois le prix, l\u2019on m'aurait traité de pelé'et de galeux.Pas pour avoir vendu trop cher, mais bien plutôt pas découvert un bon système de comptabilité.pour n\u2019avoir Moi, j'en suis pour la ligne droite, je l'ai déjà dit.Et dans la ligne droite, le QED.de ma jeunesse est une excellente formule de résolutions de toutes les colles.Attendons maintenant 1'été.Les enfants des quartiers pauvres qui iront \u2018au Parc Lafontaine pourront peut-être, enfin, déguster une crème glacée au même prix qu'au restaurant du coin.À moins qu'une autre invention de comptable ne soit en frais de se parfaire à.l'Hôtel de Ville.Nous verrons bien.Co Espérons, en tout cas, que le Service d'hygiène aura, la permission, cette fois, de faire nettoyer ces endroits civiques.Iyien.a si peu d\u2019endroits civiques (térme figuré) qui acceptentle nettoÿ Co y age. PAGE QUATRE L'AUTORITE, 18 AVRIL 1953 L\u2019AUTORITÉ bre 524, Edifice Canode Coment, Beauceville par I\u2019\u2019Eclaireur\u201d.Autorisé nistére des Postes, Ottawa.Le plus vieil hebdomadaire de lo ue (Francaise de Montréal.Bureaux à Chemcomme envoi postal de deuxiéme classe.Mi- Directeur : Gérerd Secrétaire de la rédaction : Michel Roy.: Pe Lencester 8592.Imprimé à Gingres.Abonnement annuel : $ encaissable.ou pair à Montréal.4.00 payable d'avance par mandot-poste ou par chèque Nos \u201céditoriaux\u201d à Toronto U pouvez vous la casser.nos grands quotidiens.\u2018 Bon, très bon, excellent, a-t-on dit à première vue de ce côté-ci de la frontière.Il y a au moins quelques Ontariens qui s'avisent que nous sommes au pays pour y rester.Ils veulent nous connaître davantage.Tant mieux, tant mieux.! Voire.Depuis quand, en effet, les éditoriaux de ce qu'on a convenu d'appeler nos grands quotidiens reflètent-ils l'opinion de leurs lecteurs ?Depuis quand cette prose délibérément désossée, depuis quand ces idées et ces opinions, que la froide prudence a polies jusqu'aux extrêmes limites de la plus lisse modération, correspon- dent-elles aux idées et aux opinions du Canadiens français ?Et depuis quand, lecteur mon frère, fais-tu ta pâture quotidienne des éditoriaux de nos grands journaux ?Il y a i cela plus d\u2019une raison.Lorsqu'il N confrère de Toronto ne sait pas dans quelle navrante galère il vient de s'embarquer en compagnie de ses quelque 200,- 000 lecteurs.On leur promet une joyeuse ou bouleversante croisière, suivant leurs tempéraments.Comme l'initiative du confrère, certes, d'un bon naturel et remplie de bonnes intentions, peut dégénérer en un grave malentendu entre les provinces de Québec et d'Ontario, nous n'avons pas voulu être en reste d'aménités et c'est le plus sérieusement du monde que nous disons à ces messieurs : \u2018\u2019Attention, chums, vous \u2018\u201d\u2019 Voyez plutôt, Dorénavant, histoire de renseigner ses lecteurs sur ce que pense la population du Québec, le Toronto Telegram traduira et publiera, une fois la semaine, des éditoriaux parus dans pianissimo.a ne sont pas idoines et plats a faire pleurer, vagulants et entortillés à faire enrager, chacun sait bien, chez nous, que ces éditoriaux suivent la courbe des intérêts des propriétaires de nos grands journaux.On comprend fort bien que ces derniers ont incontestablement le droit de faire ce qu'ils entendent de leurs journaux.On leur reproche seulement ici de le faire d'une façon si extraordinairement ennuyante que le lecteur fuit comme la peste la prose laiteuse, sans chaleur et sans vie, qui coule dans leurs pages éditoriales.Croire que cette littérature à fort tirage et à faible octane intellectuel reflète d'opinion des Canadiens français, c\u2019est nous prêter messieurs du Toronto Telegram, une vacuité et une médiocrité guère flatteuses.Ce n\u2019est pas toujours notez-le bien, la faute à nos éditorialistes, Outre qu'ils se cuident à peu près tous épatants, et certains le sont, les partitions de leur falote musique sont choisies d'avance pour eux, et le temps leur est non moins mesuré : piano et On ne vous félicite pas moins de votre beau geste, en souhaitant qu\u2019une note de la rédaction informe vos lecteurs que ce qu'ils vont lire n\u2019est pas nécessairement une opinion partagée par 4,000,000 de Canadiens français et que toute coïncidence à cet effet n\u2019est que le résultat du plus invraisemblable des hasards.Ainsi, tout le monde sera prévenu et nous respirerons à l'aise, sûrs qu'aucun malentendu ne pourra surgir du fait que l'on aurait pu prêter à nos journaux la voix de tout un peuple.Et on vous souhaite là-dessus, confrères, bien du plaisir.Fernand LACROIX La margarine et la science TITRE de chimiste, et fai- A sant soigneusement abstraction dû point de vue politique (il faut être très prudent), M.Léon Lortie faisait observer récemment devant les membres du Club des Hautes Etudes Commerciales, que la lutte livrée à la margarine dans cette province est peut-être perdue d'avance.Il vaudrait mieux, a-t-il dit, que les producteurs de beurre apprennent à fabriquer de la margarine de bonne qualité, car celui-là ne pourra concurrencer celle-ci encore très longternps.M.Lortie, qui avait intitulé sa conférence \u201cLa science conditionne l\u2019économie\u201d, ment voulu dire qu'il est absurde d'entraver les progrès de la science sous prétexte qu'il faut préserver l'économie.Ainsi, pour La boi Monsieur le directeur I'Autorité, Montréal.Ce n'est pas sans un certain étonnement que je viens de lire dans le \u201cHaut-Parleur\u201d, sous la signature du pseudonyme \u201cPolès\u201d, un article qui propose de \u201cmodifier le contenu\u201d de I'Autorité.Je lis votre journal depuis plus d\u2019un mois, et j'estime que sa formule est excellente.Il n\u2019est pas nécessaire, comme le prétend le \u201cHaut- Parleur\u201d, d'être un \u201cintellectuel\u201d pour comprendre les articles, à la fois variés et bien faits.\u201cA-t-on voulu publier un journal pour une\u2019 minorité, une poignée de cultivés et d'intellectuels?\u201d demande \u201cPolès\u201d.Je crois qu'à cette question, il faut répondre que votre journal répond aux exigences d'un très grand nombre de lecteurs, dans toutes les classes de la société.Ailleurs, \u201cPolès\u201d écrit : \u201cPrésentement, le journal n'est pas écrit pour mon voisin le camionneur ni pour mon autre voisin le scieur de bois.Et pourtant, tous ces ouvriers s'intéressent a la politique.Ils sont du nombre immense qui ont voté pour Lapalme aux élections de juillet 1952\u201d.Je ne Pense pas que votre but immédiat soit de faire un journal pour les scieurs de bois et les camionneurs.Libre au \u201cHaut-Parleur\u201d d'en faire un pour les \u201cporteurs d'eau\u201d si le coeur lui en dit ! À titre de libéral, je ne vois pas non plus la nécessité de faire un journal qui doive rejoindre les 450,000 personnes qui ont voté pour M.Lapalme en juillet dernier.Il faut noter, en outre, que le \u201cHaut-Parleur\u201d songe à vous imiter de plus en plus.On vous - Teproche ceci ets cela, mais on a simple- .encourager les cultivateurs, on grève le budget des citadins.Le conférencier, avant tout un homme de sciences, a suggéré égalemerit des moyens peu coûteux de fabriquer la margarine : \u201cL'huile de marsouin peut être hydrogénée pour faire de Ja graisse de margarine.Les colorants qu\u2019on emploie dans la margarine actuellement sont les mêmes que pour le beurre.\u201d Il importe, évidemment, de se conformer aux progrès de Ja science, comme ce fut le cas dans d'innombrables domaines industriels.Sans doute, la découverte de l'électricité n\u2019a-t-elle pas été très réconfortante pour les fabricants de chandelles et de lampes à pétrole.Mais, on n'allait tout de même pas renoncer à cette découverte pour épargner emploie les mêmes procédés.Ainsi, ce journal imite votre mise en page.Enfin, je constate, chaque semaine, avec un plaisir accru, que l'Autorité est animé d\u2019un \u201cesprit progressif et réellement libéral\u201d.Nolin Duquette rue Collège St-Henri, P.Q.Monsieur le directeur de I'\u201cAutorité du peuple\u201d, Montréal.Cher monsieur, Vous publiez I'hebdomadaire de beaucoup le plus intéressant de la province de Québec; on s'en aperçoit non seulement à la lecture et à l\u2019apparence typographique mais aussi aux attaques indirectes que vous lancent courageusement certains confrères et à leurs imitations.Mais tout n\u2019est pas d\u2019égale qualité dans vos articles et par exemple on peut se \u2018demander pourquoi vous accordez l'hospitalité à des écrivains comme Yves Thériault qui, sous prétexte de nous faire part de ses \u201ccolères\u201d, dénigre des rivaux qui le dépassent de cent coudées par le talent et qui, semble-t-il, quoi qu\u2019il en dise, prend la même attitude que M.Léopold Richer.Celui-ci nous recommande de ne lire que son journal si nous voulons être de bons et de vrais catholiques et M.Thériault, s\u2019il le pouvait, nous empêcherait probablement de voir des pièces de théâtre et du cinéma français et nous ferait mettre de côté les romans étrangers pour que nous ne nous nourissions intellectuellement que des livres canadiens, quelle que soit leur qualité.Même si j'interprète mal la pensée de Mla faillite aux usines de bougies ! Il faudra bien que les cultivateurs reconnaissent les faits : la margarine ne disparaîtra pas et, dès que sa fabrication sera légalisée, les ménagères justifiées d'en acheter.Si l\u2019on parvenait à découvrir un substitut du blé, possédant les mêmes propriétés, le gouvernement ne serait pas tenu de faire vivre les fermiers de l'Ouest.Jusqu\u2019à preuve du contraire, on doit conclure que Québec entrave le progrès de la science.Il refuse d'aider le contribuable qui paierait moins cher pour obtenir la margarine.Il favorise quelques cultivateurs dans une province industrielle pour nuire délibérément aux milliers de citadins.Souhaitons, avec Monsieur Lortie, que la science finisse par l'emporter.te aux lettres Thériault, ses colères ne nous intéressent pas plus que les indigestions, les constipations et les diarrhées de grands écrivains qui croient nécessaire de publier leur \u201cJournal\u201d.Tout le monde est en faveur d'encourager la production artistique et littéraire des Canadiens français, mais pour le moment nous avons encore besoin d\u2019autres nourritures intellectuelles.Et pas rien que pour le moment.À Londres on joue du théâtre français, on ne se contente pas de Shakespeare ; à Paris on joue du théâtre anglais même s\u2019il y a Racine et Molière pour ne parler que des Anciens.M.Thériault serait-il un génie supérieur à ces trois dramaturges que nous voudrions encore varier nos plaisirs.Bien à vous, A Julien Racicot, rue Mentana, Montréal.Un rêve (suite à la page 4) L'eau qui glace les corpe des suicidés.Un vertige.Un saut par delà la vie.Et la mort rejoint peut-être le rêve de l\u2019aventure et de Pamour.Un saut par delà la vie comme un profond déclin dans la mer nouvelle.Un clocher carillonna six coups.Ce fut comme un soupir dans le vent qui s\u2019allège.Tu me pris par la main.Le soleil ne dessinait plus d\u2019ombres alentour.J'eus envie de dormir.Suzanne BARBEAU seront \u2019 Lettre d\u2019Ottawa OTTAWA \u2014 Sait-on que le Sénat du Canada compte 102 sièges, dont 72 occupés par des libéraux, 8 par des conservateurs et 22 sans titulaire ?.Il en est ainsi parce que les sénateurs sont nommés, depuis la Confédération, par le parti au pouvoir et que les Canadiens, presque sans interruption depuis la première guerre mondiale, préfèrent les libéraux aux conservateurs.Et aux socialistes, qui n'ont jamais obtenu le pouvoir.On n\u2019a pas souvenir qu'un seul gouvernement ait jamais nommé un adversaire politique au Sénat.On a pensé, on pense encore que le premier ministre actuel, M.Saint-Laurent, en serait capable ; mais cela reste à voir.S'il osait un pareil coup d\u2019audace \u2014 et de bon sens \u2014 il consternerait nombre de libéraux, sans aucun doute ; à coup plus sûr encore, il augmenterait le prestige du Sénat et il monterait beaucoup dans l'estime de ses citoyens, de tous les partis, qui ont horreur du fanatisme.11 n'y a qu'un seul premier ministre vivant, M.Arthur Meighen.Il fut sénateur et c\u2019est bien sa faute s\u2019il ne l\u2019est plus puisqu'il a voulu démisionner durant la guerre pour tenter une dernière aventure politique.Cela n'empêche pas que la présence de M.Meighen a la Chambre haute est désirable comme lest (moins, cependant) celle de M.John Bracken.Il faut honnêtement reconnai- tre qu\u2019à la lumière d\u2019une certaine expérience, il n\u2019est pas encourageant de nommer des adversaires politiques ou des \u201cindépendants\u201d à une chambre non-élective.Au Conseil législatif de la province de Québec (le seul qui subsiste au Canada), M.Adélard Godbout a appelé pendant la guerre M.Wilfrid Bovey, un universitaire.Ce gentleman conçoit ainsi l\u2019indépendance : il vote presque toujours en faveur des lois du gouvernement \u2014 quel qu'il soit \u2014 ou il s\u2019ahstient\u2026 Si M.Saint-Laurent nomme un Sénat des \u201cadversaires\u201d ou des \u201cindépendants\u201d de la trempe de M.Bovey (et comment pourrait-il savoir à l\u2019avance comment ils se conduiront ?), la Chambre haute n\u2019en sera guère réformée.A notre avis, la réforme du Sénat, si elle est constitutionnellement possible, ne doit pas tellement porter sur la manière de choisir les membres de cet auguste corps plus ou moins législatif que sur les devoirs et pouvoirs des sénateurs et sur la durée de leur mandat.Théoriquement, il est utile que les lois soient étudiées, discutées et votées par des hommes d\u2019expérience, dégagés des pressions électoristes, mais a l'heure présente et pour toutes sortes de raisons le Sénat du Canada et le Conseil législatif de la province de Québec semblent, a une foule de citoyens dénués de préjugés, parfaitement inutiles.Toutes les suggestions pour la réforme du Sénat ont du bon, comme on dit, mais quand on nous chante que les sénateurs devraient étre partiellement choisis par les gouvernements des provinces nous nous demandons à quoi pourrait bien servir la présence à Ottawa d'un Hormidas Delisle, d'un Johnny Bourque, d'un Patrice Tardif.Nous est avis que la C.C.F., le Crédit Social et méme le soi- disant Union nationale devraient étre représentés au Sénat si nous voulons rendre nos institutions parlementaires plus démocratiques, plus \u201creprésentatives\u201d ; mais tant qu'ils ne seront pas premiers ministres du Canada, M.Coldwell, M, Low et M.Duplessis n\u2019ont pas d\u2019affaire à intervenir dans la composition du Sénat.L'idéal, ce serait (peut-être) que les sénateurs fussent élus par le peuple mais pour plus longtemps que les députés, \u2014 disons pour huit ans ou pour dix ans.De cette façon, tous les partis seraient représentés à la Chambre haute si les citoyens le voulaient vraiment et il ne serait pas nécessaire de fixer une limite d'âge car on n\u2019imagine pas que les valétudinaires et les quasi-cente- naires risgueraient leur vie dans une campagne électorale prolongée.; Un homme génial, Dans la chronique d\u2019un confrère de Windsor, nous lisons que M.Claude Nolin, ancien et futur candidat de M.Drew dans la circonscription de Montréal-Outre- mont, aurait fait cette promesse géniale : \u201cEt quand nous formerons le prochain gouvernement, nous promettons de passer une loi qui éliminera le communisme\u201d (enact legislation which will stamp out Communism).S'il est possible de vaincre le communisme par une loi, ce M.Nolin serait bien bon de faire part de sa recette aux dirigeants des pays de \u2019 \u2018 Soir de danse a Québec .Adenauer aux USA et le revirement soviétique que russe, qui est devenu LB apparent ces derniers jours à la suite des échanges de lettres entre le général Mark Clark et les généraux commandant les Nord-Coréens et les volontaires chinois, est pris très au sérieux à Washington.Dans la capitale américaine, nous avons pu constater que des personnalités autorisées n\u2019excluent pas l\u2019hypothèse d\u2019après laquelle la Russie soviétique serait disposée non seulement à négocier l'armistice mais, dans une deuxième phase, à négocier la paix.\u2019 C\u2019est que la guerre de Corée, déclenchée par l\u2019Union Soviétique et le gouvernement de Pékin en juin 1950, se révèle, à leur point de vue, de plus en plus déficitai- I retournement de la politi- \u2018re, Certes, sur les champs de ba- / taille de Corée, la Chine communiste et la Russie infligent à la puissance américaine une dure épreuve.Néanmoins, si l\u2019on tient compte du réarmement occidental, ce sont les états communistes qui apparaissent en perte.Au printemps 1950, il ne restait plus grand chose des forces armées américaines de la deuxième guerre mondiale.La démobilisation hâtive de 1945 avait dispersé hommes et matériels.Et les pays associés aux Etats-Unis, Angleterre et France entre autres, laissaient à l\u2019abandon la défense nationale.La guerre de Corée a mis en branle un réarmement de grand style.Les États-Unis n\u2019auraient sans doute point poussé le développement de leurs armes atomiques et de leur aviation stratégique avec la même vigueur si les événements d\u2019Extrême- Orient n\u2019avaient .propagé, parmi leur peuple, le sentiment d\u2019un danger immédiat.Le Kremlin peut-il croire aujourd\u2019hui que les préparatifs militaires du monde occidental seront arrêtés s\u2019il met un terme à la bataille coréenne ?Le Kremlin calcule en tout cas que le rythme du réarmement occidental\u2019 sera affaibli, que le \u201cclimat psychologique\u201d régnant dans les capitales de l'Ouest sera troublé.C\u2019est pour lui une raison suffisante d'entrer en négociation.De la part de l\u2019Union Soviétique, autant qu\u2019on peut le discerner, il ne s\u2019agit point là d'une décision récente, postérieure à la mort de Staline.Dès le mois de décembre, à Washington, plusieurs ambassadeurs avaient l\u2019occasion de reconnaître que le ton de la diplomatie soviétique se modifiait.Ainsi par exemple, l\u2019ambassadeur russe Zaroubine rendant visite à son collègue fran- cais, Henri Bonnet, et en butte aux avertissements de celui-ci, finit par dire qu\u2019une paix de compromis était possible.Certes, dans l'Europe occidentale, particulièrement à MM.Mayer, de France ; de Gasperi, d'Italie ; Adenauer, d'Allemagne.On souhaiterait voir M.Nolin à Ottawa, vraiment ; il serait le premier à songer à une loi contre le péché, \u2014 contre tous les péchés ! M.Drew a de brillants lieutenants, surtout dans la \u2018 province de Québec ! Michel DUFRESNE l\u2019occasion, on ne pouvait parler de déclaration spontanée puisque Henri Bonnet avait entrepris Zaroubine, lui expliquant que la tension internationale ne cesserait d'augmenter aussi longtemps qu\u2019on se battrait en Corée, lui représentant qu\u2019il ne fallait espérer un \u201cstand still\u201d ou stabilisation tant que le sang coulerait.Mais quelques jours plus tard, M.Zaroubine répétait à l\u2019ambassadeur de Suède la phrase sur la possibilité d\u2019un compromis et, cette fois, il s\u2019était exprimé spontanément.L\u2019importance de ces paroles fut soulignée dans la correspondance de plusieurs diplomates accrédités à Washington.Bien entendu, nous sommes encore loin du but: la conclusion de l\u2019armistice, pour ne point parler de règlement de paix.La question de rapatriement des prisonniers de guerre est d'autant plus difficile à résoudre que la loi internationale existante est susceptible de donner lieu a des interprétations assez divergentes.Mais, quand tout est dit, il reste que la négociation de Pan Mun Jom va probablement étre renouée.La direction du mouvement plutôt que la célébrité du mouvement est l\u2019élément majeur.Pour laisser paraître des intentions conciliantes, les hommes du Kremlin ont délibérément choisi < par Pertinax .le moment où le chancelier Conrad Adenauer est attendu à Washington, où les ministres français, retour de Washington, vont tenter un suprême effort pour gagner l'Assemblée Nationale française à la ratification du traité d\u2019armée européenne, signé le 27 mai 1952.La diplomatie russe mettra tout en oeuvre, on peut en être assuré, pour prévenir le réarmement de l'Allemagne et celui du Japon.Ce qui se passe maintenant n\u2019est qu\u2019un commencement.Le chancelier Adenauer, qui vient de quitter l\u2019Amérique, ne peut être qu\u2019assez inquiet.Les hauts-commissaires français, britanniques, américains à Bonn, tous les diplomates accrédités auprès de l'Allemagne fédérale ont constamment marqué, depuis des mois et des années, que le chancelier Adenauer craint par-dessus tout le rapprochement du monde occidental et dela Russie.C'est que la restauration de l\u2019indépendance allemande, de la puissance allemande est, dans ses plans, fondée sur l\u2019antagonisme du bloc de l'Ouest et du bloc communiste.Le Chancelier l\u2019a dit à plusieurs reprises, tout au moins en 1951 (depuis lors, il s\u2019est fait une règle de prudence d'éviter de telles expressions).La politique de Bonn doit s'appliquer à obtenir \u201cl'intégration\u201d de l'Allemagne fédérale dans la communauté atlantique, c\u2019est-à-dire, en fait sinon en droit, la conclusion d\u2019une alliance.C\u2019est ce dessein permanent du gouvernement de Bonn que le retournement de la Russie rend, maintenant, d\u2019un accomplissement plus aléatoire.Au cours des derniers mois M.Adenauer s\u2019est targué d\u2019avoir obtenu des Etats-Unis la promesse que non seulement des livraisons de matériel de guerre seraient faites à l'Allemagne fédérale mais qu\u2019elle serait en outre autorisée à mettre en train des fabrications militaires.À la fin de février, l'entourage de M.Blank, chargé, à Bonn, des Affaires militaires, n\u2019a point caché que du matériel lourd serait transféré à la République fédérale et que de larges contrats de \u201coff shore purchases\u201d Jlui seraient accordés.D'après cet entourage, telle était #la portée des entretiens qui venaient d\u2019avoir lieu à Bonn avec l'ambassadeur Draper, directeur de l'administration de Sécurité Mutuelle.Le 26 mars\u2019 dernier, à Washington, dans la première réunion tenue avec les ministres français, il fut proposé, du côté américain, de permettre à l\u2019Allemagne fédérale de commencer les fabrications militaires sans même attendre la ratification du traité créant l\u2019armée européenne.Il faut noter que l\u2019article 107 de ce traité interdisant à l'Allemagne de fabriquer certaines armes essentielles a été atténué sinon revisé en pratique, dans les négociations de Bonn entre les hauts-commissaires et le Chancelier.À Washington, M.Georges Bidault empêcha la suggestion américaine de déboucher.L'évolution soviétique agit dorénavant dans le même sens.Le chancelier Adenauer arrive ici, auréolé d\u2019une renommée incomparable de grand Européen.Les Français, quand ils parlent de l\u2019unification européenne, laissent, à tout mettre au mieux, percer leurs réserves et leur inquiétude.Le Chancelier, lui, célèbre l\u2019Europe unie avec enthousiasme et sans retenue car \u201cl\u2019Europe à six\u201d ne peut être que d\u2019hégémonie allemande.Mais voilà que le revirement de la politique russe intervient, à l'heure critique, pour contrecarrer son programme.Qui peut espérer faire accepter des Français et même des Anglais le réarmement de 1'Allemagne, l\u2019entrée de l\u2019Allemagne dans le NATO, du moment que la politique soviétique prend figure conciliante ?Evidemment, les Américains ne se laisseront pas arrêter mais ils sentiront, malgré - tout, que, derrière la politique américaine, Français et Anglais traînent le pas plus encore qu\u2019auparavant.Certes, le communiqué qui sera publié à Washington, à l'issue de la visite du Chancelier, exaltera l'idéal européen, et le Chancelier ne manquera pas de se faire confirmer les assurances reçues précédemment quant au rétablissement de la puissance militaire de son pays.Mais, plus que jamais, le parlement français résistera au mouvement.Surtout si le ralentissement des hostilités en Corée s'accompagnait d'un ralentissement de la guerre d'Indochine, d\u2019une mise en veilleuse d\u2019'Ho-Chi- Minh et du Vietminh par les soins de Pékin et de Moscou.Du coup, le tableau international n\u2019est plus le même. LA VIE SPORTIVE L'AUTORITE, 18 AVRIL 1953 PAGE CINQ ol L\u2019étrange destin de Rizzuto bientôt une autre saison de baseball commencera.On ne parlera plus de hockey.Les sportifs discuteront de baseball.Ceux de Montréal suivront de près les activités des Royaux de Montréal.Mais, comme la majorité des autres fervents du sport national des Américains, ils suivront religieusement les activités dans les grandes ligues.Si la prochaine lutte dans la Ligue Nationale suscite beaucoup d'intérêt, celle dans la Ligue Américaine en soulève davantage encore.La raison: les Yankees de New-York.On se demande si les Yankees de New- York s'assureront le championnat dans le circuit Win Harridge pour une 5e année: consécutive.Evidemment, les joueurs de Casey Stengel seront de nouveau favoris pour représenter la Ligue .Américaine dans la prochaine sé.pendant, que le petit arrét-court Phil Rizzuto ne faillisse pas a la tâche.Rizzuto est un athlète de Petite stature.Mais c'est fardeau très lourd qui repose sur ses épaules.La tenue de Phil Rizzuto dans le camp des Yankees est d'une importance capitale pour les champions.Il ne mesure que 56\u201d et pèse à peine 155 livres.Si Rizzuto peut connaître une autre bonne saison l'été prochain, les chances des Bombardiers du Bronx de conquérir à nouveau tous les honneurs dans le baseball majeur sont excellentes, Dans le cas contraire, le règne des Yankees pourrait fort bien pren- Jetons un bref coup d'oeil sur la vie de Rizzuto.Il a connu le jour le 25 septembre 1918 à New- York et, c\u2019est en 1937 qu\u2019il a commencé sa carrière dans le baseball avec le club Bassetts de la Ligue Bi-State.Rizzuto joue donc au baseball depuis 16 ans.En 1941, le petit Rizzuto quitta les Blues de Kansas City de la Ligue Association Américaine pour graduer avec la puissante équipe de New-York.Non seulement Rizzuto s'est-il avéré un excellent joueur avec \u2018les Yankees, mais il a toujours fait preuve d'une endurance remarquable sur le losange.Jusqu'a la fin de la saison derniére, Rizzuto avait pris part a 1,288 parties dans l'uniforme des champions du monde.Au cours de ses quatre dernières années, il a évolué dans 153, 155, 144 et 152 joutes respectivement.Il n\u2019est pasÿ un géant.Loin de là.Mais, admettons que son courage au jeu dépasse de mille coudées celui de plusieurs colosses.L'été dernier, cependant, Rizzuto, victime d'ulcéres, a faibli vers la fin des activités.Epuisé des multiples efforts fournis durant la saison régulière et souffrant d\u2019ulcères d\u2019estomac, le valeureux athlète italien des Yank a dû prendre le chemin de l\u2019hôpital, immédiatement après la fin de la série mondiale contre les Yankees de New-York.Com-' me le dit si bien Casey Stengel, il est impossible d'évaluer les services rendus par Rizzuto depuis qu'il porte fièrement les couleurs des Yankees de New- York.Les bons joueurs à l\u2019arrêt-court ont été nombreux dans les majeures depuis le jour où Rizzuto a fait le saut avec les Yankees de New-York, mais ce dernier les a tous supplantés.Celui qui l\u2019a approché le plus a, sans aucun doute, été Pee Wee Reese, des Dodgers de Brooklyn.Toutefois, les Chico Carrasquel, des White Sox de Chicago, Alvin Dark, des Giants de New-York et Granny Hamner, des Phillies de Philadelphie, ont tous prouvé déja qu'ils appartenaient aux majeures, mais aucun de ce trio n\u2019a pu rivaliser avec Rizzuto.Un joueur très habile Rizzuto n\u2019est pas seulement un dangereux frappeur, mais défensivement il n\u2019a pas son égal.Il est aussi habile à attraper la balle à sa gauche qu\u2019à sa droite, Il couvre un vaste territoire.Et, dès qu\u2019il s'empare de la \u201cpilule blanche\u201d, il s\u2019en débarrasse avec une Tapidité remarquable.En ce qui concerne son coup de bâton, il n\u2019est pas le dernier venu au marbre.Rizzuto a conservé une moyenne à vie de .280 depuis ses débuts dans les grandes ligues.Pour un joueur d\u2019arrêt-court, c\u2019est un pourcentage très enviable.Casey Stengel est le premier à admettre que Phil Rizzuto sauve les Yankees d'une vingtaine de défaites par saison.Au marbre, il n'est pas un défonceur de clôture, mais il sait loger la balle en lieu sûr au moment propice, Il est un \u2018spécialiste dans l\u2019art de s'assurer des buts sur balles.Casey Stengel ne cesse de faire'les éloges de Rizzuto.\u201cRarement il commet une bévue au jeu, de dire le pilote des Yankees, et son bel esprit de combativité en fait un joueur d\u2019une valeur inestimable.J'ai beaucoup d'estime pour ce petit athlète.J'ai besoin de ses services en 1953.Tout homme peut étre remplacé sur cette terre.Rizzuto n'est pas une exception à la règle ; mais croyez-moi, il sera difficile de lui trouver un remplaçant adéquat dès qu\u2019il prendra sa retraite.Lorsque nous avons perdu Joe DiMaggio, j'ai déclaré aux rédacteurs sportifs que le jeune Mickey Mantle lui sera un digne successeur.Je n\u2019ai pas parlé dans le vide.La perte immédiate de Rizzuto causerait un vide considérable dans le champ intérieur, mais je suis d\u2019avis que mes Yankees gagneront le championnat en 1953\u201d Stengel veut toutefois aligner à l\u2019arrêt-court Phil Rizzuto avant tout autre joueur.Répétons-le, Rizzuto n\u2019est pas un gros bail- lard, mais n\u2019importe quel gérant des grandes ligues aimerait aligner sur son club neuf joueurs de la taille de Rizzuto.Un tel club serait très difficile à vaincre.Bert SOULIERE te comive to CHEF del da - Au Sowice du Canada.Pour mieux se protéger contre le danger constant du communisme, le Canada élargit les cadres de son Armée.Il renforce sa puissance défensive afin d\u2019être prêt à résister à toute agression.En augmentant son Armée, en la modernisant, le Canada ouvre la voie à d\u2019excellentes i carrières pour nos jeunes gens.I] leur offre vraiment des carrières de chefs, de meneurs d'hommes.Il leur offre aussi l'occasion de se spécialiser à fond dans diverses sphères techniques.Or, les spécialistes de l\u2019Armée \u2014 qui constituent une partie appréciable des cffectifs \u2014 sont bien payés, sans compter qu\u2019ils participent aux nombreux autres avantages de la vie militaire.Prenons par exemple le cas du sous-officier qui figure dans l\u2019illustration ci-contre.Encore jeune, il est sergent-instructeur de l\u2019Infanterie.Son revenu se compare avantageusement à celui de tout civil qui exerce un métier analogue au - .sien dans le domaine technique.Mais ce militaire reçoit de plus, et gratuitement, la nourriture, le logement, le vêtement, les soins médicaux et dentaires.Et il bénéficie d\u2019un mois de congé payé chaque année.Enfin, ce sous-officier pourra prendre sa tetraite avec nne généreuse pension à un âge où il pourra encore occuper un emploi technique bien rémunéré dans le civil.L'Armée canadienne offre donc à tout jeune Canadien qui a les aptitudes requises l\u2019occasion de bien servir son pays tout en se taillant une carrière de chef, et en se faisant un bel avenir.Ecoutez Tambour baîteat\u201d les mercredis et vendredis soir 7h.30 & 7h.45 \u2014 réseau de Radio-Canada.| Lo peinture par François.Gourgogne de voir une série de toiles aussi lumineuses, aussi claires et ouvertes au jour que celles de Françoise Pagnuelo, qui expose actuellement dans le Salon d'Argent de l'Hôtel Ritz-Carlton.Son art est simple, sans prétention, même gauche parfois.C'est peut-être en bonne partie parce qu'elle ne recherche pas d'effets trop faciles que Mlle Pagnuelo réussit avec des sujets tout à fait banals, des sujets traîtés à l'excès par nos peintres populaires, à faire des compositions dont l\u2019intérêt et la valeur picturale sont indéniables.Les toiles que l'on aime le moins sont celles où l'artiste a voulu représenter des paysages d'automne, aux \u2018couleurs vives, avec des rouges et des jaunes.Alors elle produit des toiles d'une allure de carte postale.Ajoutons à cela son traîtement malhabile des arbres, où les feuilles semblent accrochées comme des décorations.Par contre, quand elle se sert des blancs, ainsi que de grandes taches plates de couleurs, la jeune artiste réussit des compositions qui ont beaucoup de consistance.Elle fait même songer à Utrillo.Regardons par exemple une toile comme \u201cLes deux soeurs\u201d, ou mieux \u201cRue de la Malbaie\u201d, qui montre de grandes surfaces de couleurs piles, solidement architecturées.Dans \u201cPort de Portland\u201d, une belle tache verte en plein centre du tableau équilibre une surface rouge et concentre le regard.\u201cHameau\u201d est un panaroma d\u2019hiver qui montre trois plans soulignés par des objets disposés rythmiquement.Dans une \u201cMarine\u201d, Francoise Pagnuelo montre une technique vigoureuse, avec d'intéressants effets de texture.Une autre toile, \u201cDernière neige\u201d, est traîtée comme un lavis de sépia.I est réconfortant pour l\u2019oeil Au Musée des Beaux-Arts Le Musée des Beaux-Arts a récemment acquis trois tableaux anciens de grande valeur, que l\u2019on peut actuellement voir dans la galerie de la peinture française.Le plus ancien de ces tableaux est une \u201cVierge intercédant en faveur de l'humanité\u201d, du peintre Florentin Bartolommeo di Giovanni.Ce tableau, exécuté vers la fin du XVe siècle, est d'une facture encore nettement médiévale.Les plans sont disposés en escalier, et le peintre a introduit derrière les principaux personnages un paysage dont on ne peut qu\u2019admirer le luxe du détail.Signalons aussi la superbe texture des rochers à la droite de la Vierge, ainsi que les effets de couleur dans les draperies des personnages.Ces draperies ne sont pas d\u2019une couleur plate, comme c\u2019est souvent le cas ; celle de la Vierge, notamment, foisonne de minuscules reflets de couleurs diverses, ce qui fait songer à la technique impressionniste, car tout cela se fusionne à distance en un vert très riche.Le second tableau est célèbre ; il s'agit de la \u201cVénus et Enée\u201d, de Nicolas Poussin.La Vénus, telle une belle statue de marbre, attire d'abord le regard, qui passe ensuite au fauve Enée, à côté de qui s'étend un autre personnage mythologique.Le caractère rythmique de cette composition est très fort.Regardons, à l'extrême gauche, ce petit enfant joufflu, puis à droite en haut, quelques gracieuses colombes.Et dans le sens de l\u2019autre diagonale, on a un couple, dont les têtes sont visibles à travers un bosquet, et en bas à gauche, un autre enfant, dont le visage et les membres potelés sortent d'une lourde cuirasse.Soulignons aussi le parfait équilibre des masses sombres et des \u2018reflets bleutés des chairs de Venus.Le troisième tableau montre des \u201cCampagnards et des soldats parmi des ruines classiques\u201d.Tableau qui présente un intérêt pour l'histoire de la peinture, comme témoignage d'une époque.Mais ces masses sombres, agrémentées de personnages qui semblent figés en place \u2018pour toujours, n\u2019attire guère.Les \u2018ruines classiques\u201d sont d'un caractère qui inspire lourdement l\u2019ennui.Bal masqué ENDREDI, 24 avril: jour de la fantaisie à Montréal! Fantaisie à laquelle quiconque participera s\u2019il prononce le mot de passe: \u201cEimotobol\u201d.et verse la somme de deux dollars.\u201cIl s\u2019agit d\u2019un bal masqué, placé sous le signe de l'Équinoxe du printemps, organisé par un groupe de jeunes artistes, à la fois audacieux et imaginatifs.Mais, tout artistes qu\u2019ils sont, ils entendent bien accueillir le grand public, du moins ceux que les \u2018bals masqués, la fantaisie et l\u2019audace intéressent.Il suffit de se présenter \u2014 méconnaissables \u2014 à la Salle des Charpentiers, 3560, boulevard St-Laurent.L'orchestre de jazz et quelques inistrumentistes, dont le traditionnel accordéoniste, se chargeront de produire les bruits nécessaires pour soutenir le dynamisme.On précise, toutefois, que \u201ctous les goûts\u201d, puisqu'ils sont dans la nature, seront \u2018\u201cabondamment\u201d satisfaits.D'autant plus qu'un buffet (méme les artistes mangent) sera accessible a tous ces gens masqués.Les dispositions prises jusqu'à présent garantissent largement le succès de l\u2019entreprise dont on peut, certes, dire qu\u2019elle sera inédite ici.La décoration, confiée à Jean-Paul Mousseau, Marcel Barbeau, Gilles Proulx, Gilbert Guilbault, sera compatible à la bizarrerie des costumes (qui sont obligatoires), quelles que soient les variations de couleurs et de formes.Pour obtenir des billets ou des renseignements, on compose AM 3572 ou PL 7622.Le TNM en Amérique du Sud I l'on en croit des rumeurs persistantes, le Théâtre du Nouveau Monde songe à nous quitter pour explorer d\u2019autres pays.Il ne s\u2019agit toutefois pas d\u2019un départ définitif, mais d\u2019une grande tournée théâtrale en Amérique du Sud au cours de l\u2019été 1954.Ceux qui se chargent de propager la rumeur précisent que les étrangers ne doutent pas du caractère professionnel de la jeune troupe, ni de ses capacités, ni même de son avenir.De sorte que Jean Gascon et son équipe iraient s\u2019exécuter sur les planches d\u2019Argentine, du Brésil, du Mexique, où encore ?.Une fois le voyage accompli, le TNM regagnerait la métropole avec, derrière lui, la réputation acquise au sud, réputation assurée d\u2019avance.C\u2019est alors peut-étre que les citadins réclameront, plus énergiquement encore, cette salle de théâtre à laquelle on ne se lasse pas de rêver.A moins que des dispositions extraordinaires ne soient prises très prochainement pour recueillir les fonds nécessaires à la construction.Car, enfin, les \u201crêveurs\u201d se recrutent dans toutes les classes de la société.Les amateurs de théâtre aussi.1 Anniversaire > de Rabelais UEL que doive étre le programme encore inconnu des cérémonies qui seront organisées sur le plan national à l\u2019occasion du quatre centième anniversaire de la naissance de Rabelais, la Touraine se prépare activement à ce grand événement.Plusieurs congrès internationaux importants se tiendront à Tours, dans le courant de l\u2019été.Le premier en date, celui des \u2018Médecins amis du vin\u201d, qui aura lieu les 3, 4 et 5 juin, permettra à ses participants de faire un pèlerinage à la Devinière, avec visite aux champs de bataille de la guerre picrocholine, après avoir vu Angers, Chinon et Tours.Le dernier en date amènera & Tours, les 6, 7 et 8 septembre, plus de 250 \u201cseizièmis- tes\u201d, spécialistes de .Rabelais, membres de l'Association Guillaume Budé, généralement épars dans le monde mais spécialement réunis à cette occasion, réservé à ce Congrès la primeur de leurs plus récents travaux sur \u201cGargantua\u201d et \u201cPantagruel\u201d.Dans l'intervalle, probablement a la fin de juillet, les \u201cCompagnons de Rabelais\u201d, association intiernationale fondée par un généreux Mécène, M.Girard Van Hale, à qui l\u2019on doit l'achat, la restauration et le don de la Devinière transformée en musée Rabelais, tiendront leurs assises à Tours.Leur programme, plus léger que celui des Sociétés Savantes dont nous venons de parler, comporte un spectacle de danses organisé dans les jardins de la Préfecture de Tours, avec la création d\u2019un opéra-ballet inédit, inspiré par l\u2019oeuvre de Rabelais.GRAINS DE SAGESSE : Ayez soin des sous et les piastres auront soin d\u2019elles-mêmes ! Tél Résidence: VE-6672 \u2014 Bureau: | BE-8646 CLAUDE MAILHIOT Docteur en Psychologie DE l'Université de Montréal AVIS DE REQUETE EN DIVORCE AVIS «st pur les présente donné que MAUREEN DEMERS, opératrice, des cite ct district de Montréal, Province de Québee, s'adressera au Parlement du Ounadu, à sa prochulne scsslon ou A ja session suivante, afin d'obtenir un bill de divorce d'avec son époux JAOK KEZBER, des cité et district de Montréal, Province de Québec, pour cause d'adultère et d'abandon.Daté à Montéal, Province de Québec, ce 24ième jour de mars 1953.HANTEL & MERCIER, Procureurs de la requérante, 333 Craig est, suite 217, Montréal.(4-11-18-25 varit 1963) AVIS DE REQUETE EN DIVORCE AVIS ent douné pur les présentes que JOSEPH ANTHONY ALBERT BRITT, vendeur, de Ya ville et du district de Montréal, dans la province de Québec, s'udressera au Parlement du Canada, au cours de la pre.gente ou prochaine session, pour obtenir un Bill de Divorce d'avec son épouse, IAZEL ESTIIER SHAW DRITT, pour cause d'adultère.Fuit à Montréal, dans la province de Québec, le vingt-septième jour de mars, A.D\u2026.mil neuf cent cinquante-trols (1963).\u201cJOHN M.SCHLESINGER, Procureur du requérant, App.201, Edifice Hemsley, St-Jacqueés-Ouest, _ Montreal, Québec.18-256 avril - 2-0 mai 1063.Les personnes maigres engraissent de 5, 10,15 liv.Quelle transformation.les os ne paralssent Plus; | les chairs s'affermissent, le visage s'arrondit; plus de cou émacié: dinparu cet air de squelette ambu- Jant, Des 1nilliers de jeunes flies, hommes ot femmes qui ne pouvaient engralaser soit fiers aujourd\u2019bul de leur belle apparence.ile attribuent ce résultat à Ontrex qui revivifie et renforcit.Contient ingrédients, stimulante, fortifiants fer, vitamine Byclum pour enrichir le sang rer l'appétit et la digention et mieux faire © la nourriture: fait gagner du poids.pes de trop on- + gralmer.Cosses quand pedal ttrapé les 8, 10, 15 ou 20 livren nécessaires à «4 atteindre Ja normale.Coûte peu.Nouveau formas d'essai 2 60c.eulement .Emayes jea fameux comprimés-toniques Ostrex ide.Toutes pharmacies.pour recouvrer vigueur et poi - LES MELANGES A GATEAUX ROBIN HOOD VOUS ÉPARGNENT DU TEMPS ET DE; L'ARGENT » Ser wis .qui ont - PAGE SIX a .\u2014 OUI re L'AUTORITE, 18 AVRIL 1953 Albert Béguin parmi nous 2 : \u2018 Le retour à l'unité de soi et de Conférences, Albert Béguin doit arriver à Montréal d'ici quelques jours.Il prononcera, le 19 avril, une conférence intitulée : \u201cLe Temps des Prophètes\u201d.Depuis l'automne dernier, on parle beaucoup au Canada français de la revue \u201cEsprit\u201d et la venue de son directeur ne manque pas de susciter une somme d'intérêt qui oscille entre les deux pôles extrêmes de l'admiration globale au rejet systématique.Il serait dommage, cependant, que certaines polémiques nous empêchent de tirer de cette rencontre un profit salutaire et nous fassent trop facilement oublier que derrière l'engagement d'un homme, il existe toujours une vérité capitale qui met en question tout le probléme de la destinée.Depuis que le monde est monde, l'histoire ne cesse de nous fournir le panorama de toutes les tentatives entreprises pour répondre a un besoin d'absolu perpétucllement remis cn question.Notre époque n\u2019est pas différente des autres et ce serait la desservir que d'ignorer le sens des grands engagements dont elle semble être le témoin particulièrement favorisé.Albert Béguin a puisé aux sources de l\u2019humanisme grec, du romantisme allemand et des mai- tres français, une connaissance approfondie du dualisme fondamental qui tente de projeter l\u2019homme hors du réel pour en faire la proie de la matière ou de l'esprit désincarné.La vic, saisie dans les profondeurs obscu- [av de la \u2018Société d'Etude res de l'art, lui a paru aussi vraic.qu\u2019en ses aspects quotidiens, et son expérience de professeur de lettres, puis de critique littéraire, se situe sur le plan d\u2019une expérience vitale.Albert Béguin croit à la parenté des consciences, c\u2019est en cherchant les affini- tès des grandes familles spirituelles qu'il replace l\u2019homme au center de son problème qui est, à ses yeux, un problème d'unité.Le langage esthétique est lié à l'aventure humaine et les moments de toute une vie s\u2019ordonnent par rapport à leur signification commune.Toutes les évasions, celles du réve germanique brumeux et angoissé, comme celles plus transparentes du symbolisme frangais, sont autant de tentatives d'effacer les cloisonnements qui empéchent les rapports har- monicux de la créature et du monde.En transfigurant le réel, Je poète espère le ressaisir dans son originalité, il suit son appel intérieur qui est d'opérer une brèche vers l\u2019absolu.Paru en 1937, réédité depuis à trois reprises, \u201cL\u2019Ame romantique et le Rêve\u201d est sa première démarche vers une prise de conscience définitive.L'intuition poétique le conduit à trouver une formule qui redonne le sens primitif de l'harmonie.Si le rêve et le symbole sont des réponses à un besoin authentique, ils ne seront une solution qu\u2019en autant qu\u2019ils seront incarnés dans une vie vêcue sur une terre charnelle, Le retour à l'unité de soi ne peut s'opérer qu\u2019en assumant ses appels contradictoires : ni ange, ni bête, mais les deux à la fois, dans le respéch conjoint du terrestre et du iituel.Quand Béguin écrit CliMes Péguy qu'il a \u201corganisé sa/ vie\u2019 autour du fait de I'Incarnation\u201d, il donne sa réponse a toute l'angoisse humaine.Au lieu de se détourner de la nature, il tente de l\u2019assumer et il donne un sens à la \u201cpetite soeur espérance\u201d qui protège du \u201c\u2018vieillissement\u201d, qui restitue la pureté initiale, qui revient à la source où l'instinct n\u2019a rien faussé.Les A MC KUYPER ( J BLENOEDS images de la terre beauceronne, ancrée dans le charnel, traduisent les images intérieures et leur accord redonne a la création son unité perdue.Partie de la parenté des consciences, la démarche de Béguin arrive à la communion des Saints et Péguy lui enseigne que l'Amour englobe tous les amours.Axé sur le temporel et sur l'éternel, il s'appelle charité, il écarte la solitude, il remplit l'absence et il est force agissante au profit de la collectivité.L'intelligence qui n\u2019est pas amour risque de ne rien comprendre et tout amour qui n\u2019est pas incarné et actif est un amour stérile.De l'unité de soi dépend l\u2019unité du monde et tout être unifié est un être présent qui témoigne.Albert Béguin entre dans l\u2019action en 1942, A la demande d'un groupe d'étudiants désireux de participer au combat spirituel de notre temps, il fonde les Cahiers du Rhône.Au moment de l\u2019occupation allemande, la nécessité angoissante poussait les jeunes Francais ct les jeunes Suisses à se poser des questions capitales et l\u2019une des premières débattues fut : \u201cControverse sur le génie de la France\u201d.Inspiré par une même idée générale, chaque cahier prit tour à tour un caracté- re individuel ou collectif, suivant qu\u2019il était signé d\u2019un seul auteur ou de plusieurs.\u201cPour être présents au monde, nous avons décidé \u2014 dit le fondateur, dans le premier cahier \u2014 d'accueillir tous ceux qui, procédant d\u2018un point de vue différent du nôtre, nous paraissent être des témoins et des alliés naturels\u201d.Les Cahiers tiennent leur nom du fleuve qui unit dans son cours les deux pays limitropes; Béguin trouve dans ce rappel une signification symbolique : \u201cle symbole du Rhône, créateur d\u2019unité et pére de notre histoire, qui lie les terres pour en faire un méme pays ou régnent les mémes cultures.C'est le Rhone de Ramuz qui a su montrer par son oeuvre et son patient exemple qu\u2019il n\u2019est d'autre approche de l'Esprit, pour nous autres, charnels, qu\u2019à travers ses incarnations.Les nations séparées, mais participantes d'une origine et d'une fin qui les unissent en dépit de tous, sont reliées visiblement par les fleuves et les races qui ouvrent leurs frontiéres.\u201d Quand, a la mort de Mounier, Albert Béguin prit la direction d'\u201cEsprit\u201d, il avait déjà manifestement établi ses positions et son engagement vis-à-vis la personne humaine, s\u2019était incarné dans un combat pour le triomphe du drame intérieur, drame qui désunit l'individu et bouleverse l'unité du monde.Mystère de l\u2019Etre, mystère des Etres, dans toutes les consciences se trouve le problème de l\u2019homme tout entier et dans sa solution, l'espérance en son salut.Marie RAYMOND présidente de la Soc.d'Etude et de Conférences Donatien Frémont : \u201cL'écrivain ne surgit pas de nulle part\u201d sagesse invincible.Une sympathie communicative.Un sens de la mesure auquel les années ont conféré le prestige de l\u2019expérience\u2026 M.Donatien Frémont, membre de la Société Royale, est sans doute l'un des témoins les plus sérieux de notre époque, l'un de ceux qu\u2019il faut ranger parmi les artisans de notre culture nationale.Dans son petit bureau du \u201cCanada\u201d, en retrait de la trépidante salle de rédaction, il accueillait parfois quelques amis privilégiés On abordait, avec lui les problèmes de l'heure.Chaque fois, il savait apporter le point de vue de l'homme mûr qui connaît la vie et le monde.Aujourd'hui, M.Frémont a quitté le journalisme.L'autre jour, quand nous avons causé avec lui, l'intellectuel qu'il est n\u2019avait pas perdu l\u2019admirable vitalité, ni la simplicité qui rendent sa personnalité si attachante.Dans son cabinet de travail, M.Frémont écrit.Voici qu\u2019un livre \u2014 \u201cLes secrétaires de Riel\u201d [ NE très grande sérénité.Une \u2014 vient de paraître.Un autre est en préparation.La personnalité qui nous occupe représente assez justement ce qu\u2019on appelle couramment le \u201cfait français\u201d de l\u2019Ouest canadien.Tous les ouvrages qu\u2019il a signés portent sur l'Ouest fran- cais et son histoire.C'est une histoire a laquelle on n\u2019attache plus l'intérêt d\u2019autrefois.Et pourtant, ces compatriotes continuent de vivre et de perpétuer avec force les traditions d'une culture vivante.Il nous a paru propice d'interroger M.Frémont a cé sujet.\u2014Vous croyez donc que la présence de Canadiens français dans l'ouest doit retenir notre attention.\u2014Ici, dans le Québec, on ne connaît pas l\u2019Ouest français.Autrefois, cependant, les journaux n\u2019ignoraient pas cette région.La Le 25e congrès des problèmes particuliers dans les domaines les plus divers.Le moindre n\u2019est pus celui de la littérature, fort différent à maints égards de ce qu'il fut en des temps moins tourmentés.\u201cEngagée\u201d est, bien entendu, lc premier terme qui se présente à l'esprit, mais, si l\u2019on réfléchit un instant, l'engagement \u2014 littéraire ou autre \u2014 est probablement un des phénomènes les plus anciens qui soient.Plus nouveaux, plus inédits sans doute sont les problèmes créés par les migrations massives qui ont précédé ct suivi la dernière guerre mondiale, Non que les migrations, invasions ct grands mouvements de peuples soient choses nouvelles! Mais leurs conséquen- [sh époque connaît ses -ces, du point de vue littéraire, étaient infiniment moins importantes aux âges où l'imprimerie n'existait même pas à l'état de projet.Ce sont ces problèmes- là que vont discuter les quelque cinq cents délégués des Pen Clubs, originaires d'une trentai- me de nations, lors d\u2019un congrès qui promet d'être le plus important de cette organisation depuis la fin de la guerre, et qui se tiendra à Dublin, du 8 au 13 juin prochain.Bien qu\u2019une réunion du Comité exécutif à la fin de mars, à Londres, doive préciser davantage ce que seront les matières à l\u2019ordre du jour, on sait d'ores et déjà que le thème suivant, proposé par le Pen Club yiddish de New York, a reçu l'appui de l'organisation des \u201cEcrivains en Exil\u201d, fondée il y a un an et demi et que préside à Londres Mme Maria Kuncewicz, et aussi celui du Pen Club irlandais : \u201cLa littérature des pays dont le langage restreint les possibilités d'appréciation et d'expression\u201d.Un tel programme présente, en effet, un intérét égal, malgré la grande différence des points de vue, pour les intellectuels et artistes juifs de grandes métropoles comme New York, Londres, Paris ou Vienne, restés fidèles au vieux dialecte yiddish, pour leurs coreligionnaires d'Israël ayant fièrement ressuscité la langue de leurs ancêtres, l\u2019hébreu; pour leurs confrères irlandais s'efforcant depuis plusieurs décades de parvenir au même résultat avec le gaéilque, mais avec moins de succès; enfin \u2014 et peut-être surtout \u2014 pour les Polonais, Tchèques, Slo- Vaques, Serbes, Croates, Baltes, Hongrois, etc\u2026 réduits par l'exil vivre en communautés trop peu nombreuses pour fournir un champ de diffusion suffisant à ceux de leurs écrivains, poètes ou prosateurs, que continue d'inspirer le génie national.© Outre une participation qu\u2019on peut donc prévoir nombreuse des représentants de ces minorités \u2014 facilitée par le voisinage de l'Angleterre où est le siège central de leur organisation \u2014 le comité a adressé des invitations aux personnalités les plus diverses par le genre littéraire comme par les convictions politiques ou religieuses.j'allais écrire leurs allégeances, mais les quelques noms qui suivent semblent indiquer au contraire qu'on a évité les personnalités réellement \u201cengagées\u201d et que, si des hommes et des femmes aussi divers ont quelque chose en commun, c'est le libéralisme et l'indépendance sinon de leurs convictions profondes, du moins de leurs moyens d'expression : Arthur Koestler, François Mauriac, Ignazio Silone, Andre Chamson, Jean Schlumberger, Graham Greene, Gabriela Mistral.Toutes les réponses ne sont d\u2019ailleurs pas positives.C'est- ainsi que François Mauriac a \u2018exprimé son regret de ne pouvoir se rendre à Dublin à cette occasion \u2014 regret qui n'atteint certes pas celui causé parmi l\u2019\u201cintelligentsia\u201d d\u2019une des villes les plus catholiques du monde, où le grand écrivain catholique français excite une curiosité non exempte d'un vague parfum de fagot ! \u2014 qu\u2019a encore accrue la consécration internationale qui vient de lui échoir avec le Prix Nobel, et qui s'est manifestée en tout cas par une énorme affluence de public aux conférences organisées par 1'Université protestante-libre \u201cTrinity College\u201d et par le centre culturel français pour marquer ce dernier événement.Graham Greene, Jean Schlumberger ne pourront venir non plus.On ignore encore la décision d'Ignazio Silone et celle de la poétesse chilienne, mais Koestler, Maurois et Ch on viendront \u2014 parmi tant d\u2019autres.La prochaine réunion de l'exécutif apportera sans doute de plus amples renseignements sur Ce point \u2014 ainsi que sur l\u2019autre grande question à l\u2019ordre du jour: l'élection d'un président international qui dera au grand phil e italien Benedetto Croce, mort l\u2019an dernier.Tout ce que l\u2019on sait actuellement est que l'écrivain et dramaturge américain Thornton Wilder, dont la candidature avait été la première \u2014 et la seule \u2014 mentionnée lors de la venue à Dublin du secrétaire général international, M.David Carver, le 24 janvier dernier, n'est plus maintenant sur les rangs.Outre leurs travaux proprement dits, les congressistes auront le choix entre maintes distractions et activités, \u201cpara-lit- téraires\u201d et autres: excursions dans les collines de Wicklow, re- Pen Clubs présentation spéciale 4 1'\u2018Abbey Theatre\u201d de chefs-d\u2019'ceuvre du théâtre irlandais comme \u201cThe Playboy of the Western world\u201d de Synge, et \u201cThe Dreaming of the bones\u201d du poète W.B.Yeats, réceptions par les autorités irlandaises civiles ou religieuses et par diverses missions diplomatiques, voire même défilés de mannequins qui présenteront aux épouses des délégués \u2014 et aux déléguées du sexe aimabie \u2014 les créations des couturiers irlandais inspirées de certains détails du costume féminin traditionnel et utilisant les plus jolis matériaux \u201cindigènes\u201d, notamment.les tweeds du Donegal.Tout un programme qui, une fois arrêté, sera imprimé en anglais et en francais \u2014 les deux langues officielles du congrés \u2014 et en gaélique, langue du pays invitant, qu'emploieront en outre plusieurs des délégués irlandais.Sa bonne exécution incombera en grande partie a M.Donal Giltinan, , 'actuel président du Pen Club irlandais, auteur dramatique dont la renommée a dé- jd commencé à franchir les frontières nationales avec son \u201cPoisson d'or au soleil\u201d qui pourrait aussi s\u2019appeler \u201cL'Inutile retour\u201d: celui d'un homme originaire comme lui-méme de Cork, cette Marseille irlandaise, revenant dans sa ville bien- aimée aprés avoir couru le monde et ne retrouvant plus que le néant ou \u2014 pire encore \u2014 une réalité sordide dans les lieux où les êtres qui apparaissaient sous un jour si merveil- .leux dans ses rêves d\u2019exilé, cependant que le poisson d'or, abstraction divine et marine, continue de briller au sommet de la cathédrale de la fière cité du sud.Une autre de ses pièces : \u201cBring back a story\u201d doit paraître en librairie d'ici peu.À son origine est un reportage qu'il fut appelé par hasard à faire en Tchécoslovaquie lors de la première arrestation de Mgr Beran; écrite en collaboration avec un jeune diplomate américain en poste à Dublin, elle traite des innombrables difficultés et scrupules de conscience qui marqu t les entretiens de l'auteur avec des habitants de.Prague, soumis de force au nouveau régime, et rapporte ses tentatives d'utilisation des dits -entretiens, aprés son retour en Irlande, sans risquer de compromettre la sécurité de ses interlocuteurs.Pour le- moment, toutefois, M.Donal Giltinan consacre surtout les loisirs que lui laissent son métier d'élection et aussi ses fonctions plus matérielles d\u2019officier des douanes centrales de Dublin, au réglage des innombrables détails dont la somme présentera aux délégués du mon- presse reproduisait les propos des Canadiens français qui vivent au loin.\u201cLa Minerve\u201d ne manquait pas de s\u2019intéresser à leurs affaires, puis \u201cLe Monde\u201d et ensuite \u201cLa Presse\u201d.A la disparition de ces journaux, la formule journalistique ayant été transformée chez nous, le fait français de l'Ouest a brusquement cessé de nous intéresser.\u2014Mais, comment expliquer ce changement subit ?\u2014La distance qui nous sépare de ces foyers français; la culture insuffisante de nos gens, et l\u2019incuriosité de la presse constituent à mes yeux les trois facteurs principaux qui \u2018expliquent le changement d\u2019attitude.Autrefois, les voyages Est-Ouest s'accomplissaient régulièrement en vertu d\u2019un programme d'échange qui favorisait la collaboration et la familiarisation des milieux respectifs.Cela n\u2019existe plus au- jourd\u2019hui.\u2014Comment envisagez-vous l'avenir de l'Ouest canadien au point de vue français ?\u2014Sans doute, aura-t-il toujours des défections, lesquelles\u2018 sont normales d'ailleurs.On ne peut guère éviter les déchets\u2026 Mais, je signale qu\u2019au Manitoba, la partie est gagnée; dans la Saskatchewan, où les éléments cana- diens-français sont plus dispersés, elle n\u2019est pas désespérée, loin de là.En Alberta, si le sud est perdu, le nord tient bon.Songez au rôle salutaire que joue le clergé dans le seul diocèse de St- Boniface.Voilà qui est très encourageant.\u2014Mais, en quoi consiste le danger?Quelle est la menace à surveiller?S'agit-il de l\u2019hostilité à notre égard des éléments anglais ?\u2014Non.Le danger ne vient pas des autres, mais de nous-mêmes.Il est faux de prétendre que les Canadiens anglais veulent notre perte.C'est là un prétexte pour justifier notre faiblesse.Je crois, au contraire, que le danger consiste en une assimilation progressive des Canadiens français à la cause du milielu.Je veux dire qu\u2019ils renoncent à leur langue et à leur culture, parce qu\u2019il est toujours plus facile de se fondre complètement dans le milieu.\u2014Il y a sûrement un moyen de résister à cet aveulissement ?- \u2014Les moyens de résistance \u2014 non pas au milieu qui n\u2019est pas nécessairement antipathique mais à sa propre faiblesse se traduisent d'abord par les journaux.On connaît assez peu, ici, \u201cLa Liberté, le Patriote\u201d, une feuille admirablement bien faite; et \u201cLa Survivance\u201d qui assure un rayonnement aux Canadiens francais de I'Ouest.La radio constitue un deuxième moyen.On compte déjà quatre postes, à St-Boniface, à Saskatoon, à Gravelbourg et à Edmonton, tous de entier, d'ici quelques semai- mes, un tableau de l'hospitalité irlandaise digne des traditions de ce fier et charmant pays.Robert BATTEFORT partiellement affiliés à Radio- Canada.Il faut dire que les Anglais, à Winnipeg, sont très sympathiques au poste français qui diffuse d'excellents cours de francais.Voilà un exemple de collaboration entre deux groupes ethniques.Ea \u2014N'y a-t-il pas aussi des manifestations artistiques ?\u2014Oui.Le Cercle Molière représente une force française très vivante à St-Boniface.Cette troupe de Théâtre, dirigée par Mme Pauline Boutal, présente des spectacles de grande qualité.Notre littérature A M.Frémont, il nous a semblé opportun de poser certaines questions relatives à la production littéraire du Canada français.Voici sa pensée à ce propos.\u2014Je note qu'aucun livre n\u2019est publié ici sans que les journaux en parlent.Tandis qu\u2019en France, plusieurs romans et ouvrages sont complètement ignorés par la presse.Ce n'est donc pas la publicité qui manque A notre littérature.Il faudrait aller au fond * du problème, au delà de la critique, pour examiner les facteurs véritables de notre pauvreté littéraire.C'est à l'école primaire que l\u2019on commence à recruter des lecteurs.Mais, on constate qu\u2019au sortir de l\u2019école, l'enfant se désintéresse des livres.Les étudiants universitaires ne sont pas non plus de grands lecteurs.Il est donc nécessaire d\u2019assurer le\u2019 relèvement du niveau de notre enseignement, à tous les degrés.Le coeur du problème est là.\u2014Et qu\u2019avez-vous à dire au sujet de l'écrivain lui-même ?\u2014J'\u2019estime qu\u2019une intime communion doit s\u2019établir entre le lecteur et l\u2019auteur.L\u2019écrivain ne surgit pas de nulle part.Il ne peut guère travailler longtemps en dépit de son milieu.On doit le stimuler; ce milieu, où il vit et travaille, doit susciter en lui l'enthousiasme et l'inspiration indispensables à la création.L\u2019écrivain est en quelque sorte le produit de son milieu.Je déplore le manque de formation de l'écrivain et du public auquel il s'adresse, manque de formation principalement imputable à la carence de l\u2019enseignement.Ce ne sont sans doute pas là des idées toutes neuves, mais il faut les répéter puisque les conditions qui les font naître ne changent pas.Il serait difficile, en effet, de ne pas donner raison à M.Frémont, bien qu\u2019il faille reconnai- tre sinon une évolution très marquée, du moins les signes incontestables d\u2019une amélioration réconfortante.Michel ROY Un temple dans ma ville LA TURBEH AUX OREILLES D'ANE (C'était un temple dans ma ville) Les tramways rampaient sur leurs fils d'acier Comme des chenilles crevées remplies de pétrole incandescent Et l'odeur des ouvriers sales se répandait dans la rue Pour embuer les affiches criardes Qui allumaient \u201cEt éteignaient Et rallumaient Leurs mensonges rouges Leurs réves puérils La contrefagon de la ville Et les grands édifices frémissaient Quand une enfilade échevelée de wagons Rongeait le temps sous terre Et les voitures mécaniquement Stoppaient démarraient accéléraient Tuaient et empoisonnaient Au seul signal rouge ou vert Quelqu'un avait.même volé la lune , Sur la ville Pour en faire de la pluie Les ouvriers sales puant l'humidité | 2 Enfermés dans les bêtes au sexe d'acier en érection sur leurs dos Regardaient les yeux mi-clos Les promeneurs de la rue Se diriger vers la turbeh bâtarde aux oreilles d'âne Un étrange temple en boîte d\u2019allumettes \u2018Avec\u2019 deux portes qui dépassaient le toit (Pour mener d\u2019ici-bas à l'Eden disait-on) Tout le monde y venait un jour ou l\u2019autre Les promeneurs noirs de la rue Et les ouvriers sales des tramways Et les prêtres-noirs et les prêtres-gras Et les enfants-prêtres pour le sacrifice confus De leurs lèvres fleuries Chacun ouvrait une oreille d'âne / Regardait le ciel bas Et entrait dans la turbeh crasseuse Accroupie entre un gratte-ciel Et une riche maison close C'était sur la musique essoufflée des caisses-enregistreuses Et les glapissements de la chair assoiffée , .[ Que dans cette ville chacun franchissait le portique du temple Pour offrir un cierge une fleur noire ou un désespoir Mais il fallait déscendre sous terre ' Longer les couloirs Et chercher Et attendre Et manger le cierge Et boire à la racine de la fleur Et espérer Et s'égarer dans des catacombes Et trouver son tombeau Et mourir Car personne ne sortait de la turbeh aux oreilles d'âne Willrid LEMOYNE (Extrait de \u201cLes pas sur Terre\u201d qui paraîtra prochainement) Monsieur ERE kabyle, (c'est presqu\u2019à dire turc), mère bretonne, ; né à Paris, le grand prix du disque de cette année, Mouloudji est peintre, chansonnier, écrivain et vedette de cinéma.: \u201cNous sommes tous des assa- sins\u201d : mains liées, tête penchée de paysan à la Pagnol, plus champêtre que travailleur.Chanteur : des yeux bruns chaleureux, entourés de la tête \u201ccou-de-vent\u201d, noire et frisée, \u201c Ecrivain entre deux chansons, chanteur entre deux romans, Mouloudji se sent tout perdu à travers cette cohue nouvëlle, Parti pour linterviewer, mais non ! je sers d'interprète.\u201cVous parlez couramment anglais\u201d Illusion d\u2019étranger ! \u201cCe soir, je chante en anglais une chanson que je retiens par oreille, parce que je n\u2019ai pas la moindre idée de la traduire, je n\u2019y comprends goutte.\u201d Une publicité originale nous avait d'abord fait un peu peur.On se demande toujours par quel subterfuge retenir ces fuyants fantaisistes.Mouloudji, loin de là, s\u2019efface.Il a presque l'air sage.\u201cJe suis vraiment mêlé\u201d, André Roche et Berval lui tiennent compagnie.Il ne pige pas encore.Répond oui à tout ce qu'on lui demande.Sa femme, derrière, raconte la biographie.Au naturel, Mouloudji est simple, il a une tête d\u2019enfant un peu triste et impuissante, on sent qu'il ne doit jamais blesser, Confession en douce, secret que nous avions promis de garder, sa femme l\u2019appelle \u201cle paresseux\u201d, du nom d\u2019un Petit animal africain toujours sommeillant.Il a l'air de la petite bête à moitié éveillée, à moitié surprise, terrée dans un regard doux et craintif.On s'interroge sur l\u2019origine de son nom.D'aucuns font courir le bruit qu\u2019il est arabe, d\u2019autres qu'il est inventé de toutes pièces.La question est tranchée de façon Télévision - propose vendredi, 24 avril, de 9h30 à 11 heures, \u201cCE SOIR A SAMARCANDE\u201d, une autre pièce de Jacques Deval qui tint l'affiche plus d\u2019un an à Paris, après des débuts à succès au théâtre de la Renaissance.Gaby Sylvia et Paul Bernard en étaient les vedettes.Cette pièce appartient au cycle dramatique du \u201cvisible\u201d; c'est déjà une qualité appréciable en face des séries de \u201cnavets\u201d qui inondent les scènes parisiennas et qui, de ce simple fait, obtiennent en dehors de la capitale française un succès immérité par leur aspect à faire recette près d\u2019un public non initié.Si Jacques Deval reste un auteur facile, il faut cependant lui reconnaître une certaine force d'imagination et un excellent vouloir de s'efforcer de trouver autre chose que le déjà vu et, notamment, les éternelles histoires de coucheries a deux ou trois, les maris trompés, les drames de familles embourgeoisées, pour ar- réter ici la liste insipide des banalités, Deval, lui, puise dans la fantaisie du roman d\u2019aventures et de l\u2019aventure tout court.Cela, sans doute, est un des facteurs qui fait de CE SOIR A SAMAR- CANDE une pièce presque type pour la télévision.Dans le genre, F.Quirion a bien choisi.L\u2019action se déroule dans les milieux caractéristiques du cirque; une belle dompteuse de tigres devient amoureuse d\u2019un jongleur; trompée, elle se rejette sur le fakir, voyant extra-lucide, qui lit dans une boule de verre.Mais, ce fakir est aussi un ancien mauvais garcon, un voleur recherché par la police; pris, il se donnera la mort et la belle dompteuse, déjà fort ébranlée par ses déceptions amoureuses et la mort de son ti-' gre, s'embarquera sur un paquebot voué au désastre (dixit le fakir un jour qu'il consultait sa boule pour \u2018une cliente passagère sur ce même paquebot).En somme, une fin d\u2019amoureuse choisissant délibérément: la mort pour l\u2019amour d\u2019un homme mort.Les dompteuses ont vraiment le sang chaud! Mais, au milieu de ce drame bien monté, il y a un personnage troublant, un personnage que nous connaissons tous et qui nous guette sournoisement, ce personnage, qui n\u2019est autre que madame la mort en personne, justifie le titre CE SOIR A SAMARCANDE.A vous, chers téléspectateurs, de vous divertir de cette habile et romanesque intrigue.Frank Varon, qui est vraiment prolifique, s\u2019est occupé de l\u2019arrangement du texte.Une adaptation ?\u2018Pas tout à fait.I ,y a des obsecurités dans le texte Foo D QUIRION nous Mouloud ji on ne peut plus officielle.Registre d'état civil: on dit méme monsieur Mouloudji pour parler du pére, Co Venu à la chansonnette depuis deux ans et demi, par hasard.Sa femme ?l\u2019a rencontrée par hasard.Mais le public, averti, va le voir.Ses parents ne sont jamais allés l'entendre au music-hall.Sa vo- cation, il a été le seul à l\u2019encourager, en ce qui concerne l'atmosphère familiale.\u201cQuand j'étais jeune, je voulais être pâtissier, alors mes parents étaient d'accord.De toute façon, j'ai quitté le foyer à 11 ans.Alors, vous pensez!\u201d Du pâtissier, il a les yeux qui rêvent de gâteaux immenses, mirifiques.Les yeux et les mains de Mou-, loudji sont remarquables.Ses yeux, comme plusieurs couches de chaleur d\u2019été, et ses mains, longues et sensibles, avec un mouvement de fuseau qui consacre leur délicatesse.Peu causeur mais bon ami.Laissons Mouloudji travailler pour notre plaisir ce soir.P.VILLENEUVE remanié, le langage aurait pu étre assoupli, clarifié, nettoyé parfois d\u2019un vocabulaire à tendance argotique qui, évidemment, va avec les hommes de cirque et les Parisiens, mais s\u2019avère peut-être un peu trop éloigné du français pur.Maurice Côté exécute les décors, Laure Cabana les costumes.Distribution : Paul Dupuis : le fakir.Thérèse Cadorette : la dompteuse.Marthe Mercure: la nièce du fakir.Gilles Pelletier : le jongleur.Denise Dubreuil: la femme-jongleur.Ginette Letondal: la mort.Gaston Dauriac : l'inspecteur de police.Henri Poitras : l\u2019impresario.Jean Duceppe : L'industrie! amoureux.Une production Fernand Quirion.Sur le plan films à long métrage, C.B.F.T.nous propose, cette semaine, CARREFOUR, le mardi 21 avril de 9 heures 30 à 11 heures, Distribution : Charles Vanel, Suzy Prim, Jules Berry, Tania Fédor, L'AIGLE A DEUX TETES de Jean Cocteau, le samedi 25 avril de 9 heures 30 a 11 heures.Cette pièce d\u2019imposture de Cocteau qui avait fait un fiasco total à Paris en soulevant une tempête de critiques assassines pour l\u2019auteur, a été par la suite reprise en film, évidemment puisque c'était un film de Cocteau (on est toujours bien servi par soi-même).Il a coulé beaucoup d\u2019eau sous les pont depuis le succès de La voix humaine en 1938, et de la mauvaise eau dont Cocteau s\u2019est empoisonné, L'AIGLE A DEUX TETES, une clownerie, une arle- \u2026 quinadercomme il ne devrait pas être permis d'en écrire à un écrivain qui veut passer à la posté- -rité des hautes sphères, retrouve a l'écran Jean Marais, Edwidge Feuillère, Jean Debucourt.Affreuses actions d\u2019un malheureux amour où le poison est roi à la façon des Borgia.EMISSIONS CULTURELLES de la semaine.Dimanche, 19 avril, de 10 heures 30 à 11 heures : HISTOIRE DE LA CIVILISATION, Vendredi 24, 8 heures à 8 heures 15: À TRAVERS MA PROVINCE.Samedi 25, 8 heures 30 à 8 heures 45: CRUISE TO EUROPE (Salzbourg, la capitale autrichienne des festivals de musique, son site merveilleux au milieu des Alpes, son château féodal, ses vieilles rues aux enseignes typiques et sa ville moderne, sans doute remise en état depuis mon passage dans cette cité en 1949, alors dévastée en partie par les bombardements alliés.) Le même jour de 9 heures à 9 heures 30 : PAYS ET MERVEILLES.-Note : Nous nous excusons des modifications de dernière heure qui peuvent être apportées à ces programmes, notamment en ma- - \u201d L'AUTORITE, 18 AVRIL 1953 NN SF 2A AW I A NY Le public est-il naïf ?OUS avons tous vu de ces N opéras ou de ces pièces montés hâtivement, où une vedette \u201cde réputation internationale\u201d venait s\u2019exhiber au milieu, d\u2019interprètes que l\u2019on avait recrutés au petit bonheur, L'avenir nous réserve, sans doute, d\u2019autres spectacles de ce genre.La recette est facile et celui qui veut attirer une grande foule à un spectacle qui n\u2019aura qu\u2019une représentation ne saurait trouver de meilleur appât qu\u2019un grand nom, La vedette se livrera à des exercices de virtuosité, car elle doit à tout prix retenir l'attention; les spectateurs seront déçus et les critiques feront des réserves, mais qu\u2019importe, puis- qu'on ne se reverra pas avant l'année prochaine ! Mais le public est souvent moins naïf qu\u2019on ne le voudrait et les spécialistes en fausse représentation risquent fort, au- jourd\u2018hui, de perdre leur réputation.Puisque la crainte est le commencement de la sagesse, peut-être hésiteront-ils à sacrifier la qualité à la quantité.Ce n\u2019est pas de vedettes dont nous ayons besoin.Au contraire, que l\u2019on nous préserve de ce monstre à réputation mondiale ou paroissiale, qui s\u2019imite lui- même avec tant de plaisir que toute représentation se transforme en danse devant le miroir : on allait voir Polyeucte ou le Chevalier Hans et l\u2019on se retrouve une fois de plus devant Narcisse.Non, la qualité d\u2019un spectacle dépendra de l'autorité du meneur de jeu, de l\u2019ordonnateur.J'aimerais, à ce propos, revenir sur l\u2019un des spectacles les plus satisfaisants de la saison.Je pense à Down in the Valley, l'opéra de Kurt Weill que le Théâtre de l'Opéra Minute présentait à Montréal, il y a quelques semaines.* L'oeuvre était simple, mais de très belle qualité, Dès la première scène, la complainte du prisonnier exposait un thème de tragédie qui devait être développé sans éclat, mais de manière AN NA § IY La question du jour émouvante.Les interprètes ne pouvaient se livrer ici à des exer- Cices de virtuosité, mais il fallait éviter qu\u2019une telle simplicité fût prise pour de la pauvreté.< Grâce à une mise en scène intelligente et respectueuse des intentions de l'auteur, le spectateur pouvait suivre sans efforts, dans un long retour sur le passé, le développement du thème tragique.Le décor ne comportait qu\u2019un élément important, une grille qu\u2019il suffisait d\u2019ouvrir pour transporter le spectateur d\u2019une prison à -la\u2019 maison de l'héroïne par Robert ELIE ou sur la place du village.Et sur la scène dégagée, les jeux variés de la lumière, le moindre geste, le plus léger déplacement des interprètes avaient été minutieusement réglés.Mais une telle mise en scène exige plusieurs mois de travail et, surtout, le sens du théâtre qui ne peut s\u2019acquérir qu\u2019auprès des maîtres.Allen Waine avait monté Down in the Valley au Lemonade Opera de New York avant de venir travailler avec les jeunes interprètes du Théâtre de l'Opéra Minute.Quel metteur en scène, cependant, pourrait se limiter à deux ou trois spectacles par année ?Mais celui qui recevrait le cachet que l\u2019on verse inutilement à une vedette, lui, au moins, même avec de jeunes comédiens, saurait dégager le sens profond de l'oeuvre, en manifester toute la beauté, atteindre au juste équilibre entre les éléments, établir l'harmonie entre les voix, trouver ce rythme qui est particulier à chaque oeuvre les battements de sa poésie \u2014 et l\u2019imposer ensuite au développement de l'action extérieure pour en faire l'image exacte de l'aventure intérieure.Une telle mise en scène ne recherche pas le symbole, mais elle élimine du décor, des costumes, du jeu tout ce qui MUSIQUE OY IN ; EN \\ MAUL VOY MINN) ANA n\u2019est pas absolument nécessaire à cette double action.Les indications de lieu et d'atmosphère sont précises, mais elles ne visent qu\u2019à soutenir la parole.Cette grille de Pown in the Valley plaçait le spectateur devant une vraie cellule de prisonnier et offrait à son imagination Plus qu\u2019un simulacre.Une mise en scène aussi dépouillée respectait la vérité dont l\u2019auteur avait eu l'intuition, cette vérité qu\u2019il faut toujours chercher, au théâtre plus encore que dans la vie, au delà des apparences.L'auteur ne serait pas seul à se réjouir de voir la vedette remplacée par un meneur de jeu de grande expérience.Sous une direction éclairée, les comédiens pourraient éprouver leur talent, aller jusqu\u2019à la limite de leur registre et trouver la voie où leurs dons naturels auraient chance de s\u2019épanouir, Que ne ferait pas un Barrault avec certains de nos jeunes comédiens! Je me souviens d'avoir rencontré Robert Speaight pendant qu'il faisait répéter Roméo et Juliette au Théâtre des Compagnons.Il avouait que ses jeunes camarades I'étonnaient chaque jour par de nouvelles trouvailles.Il suffirait d'un Barrault ! C'est beaucoup dire, mais souvenons- nous que nous aurions pu avoir Jouvet parmi nous au moment où l\u2019on faisait venir à grands frais un Pinza.Même en cette époque de drôle de paix, les occasions ne manquent pas, et quelle précieuse collaboration ne pourrions- nous pas obtenir avec ce fameux cachet de vedette ! Le Théâtre du Nouveau Monde a déjà manifesté l'intention de confier, la saison prochaine, la direction de l\u2019un de ses spectacles à Jean Desailly qui a pu apprendre son métier auprès de maîtres comme Barrault et Madeleine Renaud.\u2018Espérons que l'exemple que donnent nos jeunes compagnies fera réfléchir les directeurs de spectacles qui voudraient nous jouer encore le tour de la vedette.Pauvre Mozart, pauvre Daunais les bras de la Vénus de Milo.Oh ! ce doute intolérable: le troisième mouvement: de la Symphonie \u201cInachevée\u201d de Schubert.I1 y a des gens assez nerveux pour présumer que la Vénus tenait un miroir; qu\u2019achevée l'Inachevée eût remporté un \u201callegro vivace\u201d.Pensez aux manuscrits qui servirent à préserver du froid des pieds de rosiers, aux poèmes avec lesquels on enveloppa des fruits.C\u2019est à perdre l\u2019esprit ! Comme si la beauté dépendait étroitement de bras bien ronds et potelés, comme si elle dépendait d\u2019un finale bien enlevant ! Comme si un muet ne pouvait avoir un beau sourire, un sourd une belle voix, comme si les morts ne pouvaient vivre: oh! Mozart.Qu'on laisse donc les chef- d'oeuvres tranquilles ! Imparfaits, les chefs-d\u2019oeuvre nous donnent des leçons de perfection ; ils donneraient des leçons d\u2019humilité à un moine.Les fresques de Giotto que le temps et l\u2019air, méchants, lèchent avec une cruelle patience, les pipeaux maladroits de Bach que nous remplaçons par nos clarinettes en Si bémol, nos bassons à trois pièces de bois qui s\u2019ajustent et se démontent\u2026 Pitié pour nos chefs-d\u2019oeuvre.Rimsky- Korsakoff n\u2019a rien ajouté à \u201cBoris\u201d en le dotant d\u2019une orchestration diamentine.Et même Toscanini, le grand Toscanini, cette vivante légende, n\u2019a pas rendu plus poignante la cavatine du Quatuor opus 130 en la livrant à ses soixante violons, ses quarante alti, ses vingt violoncelles, ses huit contrebasses.Nos poumons d'acier soufflant dans la Toccate en (D cette angoisse \u2018mortelle : tière de films qui n\u2019arrivent pas à temps aux studios de C.B.F.T.Jean LAZARE Do majeur de Bach ne l\u2019ennoblissent pas davantage que les petites mains lasses qui.pressaient les souflets de l\u2019orgue baroque de la Thomaskirche à Leipzig.L'esprit vilain de la falsification, de la trahison bienveillante, aurait-il gagné notre bonne ville?La semaine dernière à McGill, avait lieu un étrange concert.Le programme et l\u2019exécution étaient en violent désaccord.Le programme annonçait le Quintette en Sol mineur de Mozart qu'un ensemble de treize musiciens joua.Plus incroyable encore ; le Quatuor pour hautbois, violon, alto et violoncelle du même pauvre Mozart fut converti en manière de petit concerto par le même ensemble, Passe encore si cette brillante idée avait été celle d\u2019un amateur non instruit des règles de la probité artistique, de la bienséance universelle.Elle vint du doyen même de la Faculté de Musique de McGill, M.Douglas Clarke.Nous préférons conserver à M.Clarke l\u2019admiration qu\u2019il a imposée dans le passé lorsqu'il dirigeait des concerts bien précieux puisqu'ils permettaient aux Montréalais de découvrir les symphonies de Brehms, maintes oeuvres jamais entendues ici, et croire à Yirrésistible désir de faire entendre à tout prix le Quintette en Sol mineur, ie Quatuor pour\u2019 hautbois et cordes.Mozart, d'ailleurs, en a connu bien d'autres.Au milieu du 19ème siècle, au Covent Garden de Londres, on remaniait son \u201cEnlèvement au Sérail\u201d rebaptisé \u201cLe Sérail\u201d tout court.On agrémentait la partition d\u2019airs nouveaux, d\u2019une ouverture entièrement nouvelle composée par un certain Mr.Bishop.L'insensé Mr.Bishop est mort, vive Mozart., Ct, Tu ne mourras jamais, Wolfgang Amadeus, et je me frappe la poitrine.L'inquiétude de Giraudoux m'\u2019étreint : je suis peut- être le petit-petit-petit-fils de cette dame française qui ne te laissa point te réchauffer les mains, un jour d'hiver, avant de t'imposer de jouer un \u201cmorceau\u201d pour elle et ses invités attablés devant une absorbante et gigantesque tapisserie ; je suis peut-être un descendant de celui qui te poussa du pied dans la fosse commune, un jour de neige, dans cette Vienne fabuleuse qui t'avait tant fêté.Non, Wolfgang Amadeus, tu ne jouas pas pour les murs, la table, les chcaises.Tu jouais pour nous ! Nous sommes là, nous qui t\u2019aimons, à t'aimer et à t\u2019entendre.De grandes oreilles nous poussent, une attention religieuse nous empoigne.Nous sommes là, tu ne chantes pas en vain, le sais-tu ?Un compositeur mécontent Il y a quelqués jours, Lionel Daunais me réclamait un service: rendre publique sa colère.La colère de Lionel Daunais ressemblait fort à un vif désappointement.Lorsqu\u2019il dit : \u201cje suis nettement mécontent et consterné\u201d il réfère à une trahison.On vient de trahir deux chansons de Lionel Daunais.L'aimable comédien, le chanteur \u2018de talent, \u2018le co-édi- teur des Variétés Lyriques avait, dans la bonne humeur, composé un groupe de quatre chansons ca: nadiennes, remplies d'expressions de chez nous mais non vulgaires, qui démontraient, dans \u201cAglaé\u201d par exemple, comment on se courtise dans la province de Québec.Or, tout récemment, a Paris, une chanteuse canadienne, qui se fait appeler Aglaé du nom de la chanson trahie, a enregistré sur un disque parisien deux chansons de Daunais appartenant a ce grou- PAGE SEPT A douceur sensuelle de ses grands yeux se fait plus tendre encore quand elle l'appelle \u201cMoulu\u201d.car c'est la femme de Mouloudji.Je ne saurais vous décrire ni les traits de son visage, ni les lignes de son corps.Je ne crois pas que les mots puissent dessiner l'image vraie des êtres et leur réalité charnelle.Elle est un peu comme ça : Une gamine amoureuse comme il s\u2019en trouve au printemps de Montmartre.Sitôt qu\u2019elle regarde, déjà elle aime, parce que tout ce qu'elle voit l\u2019émerveille \u2018(mais jamais rien autant que son homme de Moulu, avec sa tête de Kabyle, ses yeux timides d'enfant ture, son allure d\u2019adolescent qui réve la vie.) Et pendant que les journalistes s'attachent à Mouloudji (c'est conférence de Presse au Sans-Souci), qu\u2019ils l\u2019entourent de questions sérieuses comme on en pose aux vedettes, elle, plus loin, se penche au-dessus de la table près de laquelle nous sommes assis, et demande en aparté: \u201cJe peux vous poser une question diote ?\u201d,.et elle parle à voix basse pour ne pas être entendue des grandes personnes : \u201cLes visons, où est-ce qu\u2019ils vivent ?\u2014 Je les aime, les visons, je voudrais les voir.Des visons bleus, il y en a ?J'en voudrais un, je l\u2019emmenerais à Paris et je le baladerais avec moi.\u201d Et elle s'amuse gentiment à rêver son caprice enfantin.Elle dit encore vouloir connaître le pays tout entier et les gens qui l\u2019habitent.Sa curiosité toute naïve lui vient de Félix Leclerc qui lui a longuement conté le Canada.\u201cDe bons amis, les Leclerc.Lui, Moulu, l\u2019aime bien, Il a même demandé que Félix l\u2019accompagne, de préférence, dans sa tournée du grand prix du disque en France l'été prochain.C'est un gars propre, et jeune, un vrai bon copain.\u201d Elle évoque les amis du métier\u2026 Gérard Philippe, \u201cun gars d\u2019un art magnifique.qui a de beaux yeux\u201d, et Maria Casarès, \u201cune femme splendide, toute simple, qui ne fait pas vedette.\u201d Elle les connaît tous puisqu'elle a tourné dés filmis (\u201cune fois, dit- elle malicieusement, assez fort pour attirer l\u2019attention de Mou- Jlu-la-vedette-entourée-de-journalistes, une fois j'ai tourné un film où j'étais la vedette dans lequel Moulu n'avait qu'un petit rôle.\u201d Moulu a souri.Elle ajoute pour se faire pardonner : \u201cC'était au temps ou il ne s'était pas encore fait connaitre.\u201d (Moulu l'aime.) Elle connalit les gens de théi.tre pour avoir joué avec de nom- \u2018breuses troupes.Son prochain rô- le sera dans une pièce que Moulu a écrite et qu\u2019il va créer dès son retour à Paris.Et madame Mouloudji a soudain l'air de s\u2019ennuyer des copains.Femme de vedette en tournée, la voilà précipitée loin du coin de Montmartre et de son nid, d'un continent à l\u2019autre, d'un hôtel à l'autre, d\u2019un spectacle au prochain, sans le temps de vivre, de \u201cflâner tous les deux\u201d, parmi d\u2019innombrables yeux froids qu\u2019elle salue un instant et ne reverra plus, parmi les sourires anonymes qu\u2019elle distribue à droite et à gauche pour aider son meilleur vrai copain ; et tout cela fait que Mouloudji chante aux inconnus que nous sommes pour redire à sa belle qu\u2019il l'aime autant sous tous les cieux.Luc COSSETTE La rentrée des Ballets de Paris justifié, il me faut chercher querelle à Roland Petit, simple petite querelle de terminologie d'ailleurs : son spectacle du Théâtre de l\u2019Empire n'est pas véritablement un spectacle de ballets.Certes, la danse y occupe une place d\u2019importance, mais selon un caractère qui s'éloigne à un tel point de la norme classique, mélangée à tant de pas acrobatiques, enrobés dans un rythme spectaculaire si incessant que nous pensions, malgré nous, à un spectacle de music-hall.Mais quel spectacle de music-hall ! Le plus merveilleux, le plus prestigieux, le plus artistique que l\u2019on puisse concevoir, Si j'étais Paul Verval ou Henri Varna, je couvrirais d'or Roland Petit pour qu\u2019il mon- VANT de manifester un en- A thousiasme parfaitement te la prochaine revue des Folies- Bergére ou du Casino de Paris.Sans doute, retrouvons-nous dans ces ballets l\u2019idée première de Roland Petit, retour d'Hollywood, celle de présenter une authentique revue dont il a offert un échantillon on ne peut plus convaincant.Tel quel, le spectacle de l\u2019Empire fera courir tout Paris, il le mérite.pe : \u201cAglaé\u201d et \u201cLe Chapeau perdu\u201d.J'ai écouté le disque.Lionel Daunais a raison d'être fâché.La chanteuse affecte un accent, un accent, comment dire.Cet accent qui nous représente mal a Paris (car il connaît le succès !) serait- il celui de nos paysans, celui de nos \u201chabitants\u201d ?Même pas.C'est ,un faux accent de fille d'usine.Le mot est de Lionel Daunais.Qu'il me permette de l\u2019endosser.\u201cSi c\u2019est ça qu'on fait avec mes chansons\u201d me confie le pauvre compositeur, \u201cJ'aime mieux qu\u2019on ne les chante pas\u201d.Mais on les chante.Anna Malenfant le chantait à ravir, l\u2019an dernier.Elles sont charmantes, ces chansons, et il y en a, il y en a\u2026 Saviez-vous que Lionel Daunais a écrit plus de deux cents chansons?Une soixantaine de chansons comiques dont les \u201cEpitaphes\u201d qui sauvèrent un jour un tiède récital de Jobin en faisant s\u2019esclaffer le public; ces \u201cFigu- \u201cres de Danse\" qui scandalisérent un critique ; ces \u201cFantaisies sur tous les tons\u201d ou Daunais, homme d'esprit, met en musique cette couleur bizarre: la carreauté ; tant d'autres encore.Et les quarante harmonisations ravissantes de folklore, les cent chansons sérieuses où le compositeur se montre un poète délicat que-!a beauté touche jusqu'aux larmes.~ De compositeur plus intègre, d'inventeur de mélodies plus sensitif qui a \u201cquelque chose à dire\u201d, nous n'avons peut-être pas.Si on se donne la peine de le chanter, qu'on se donne celle de le chanter honnêtement.Il y a autant de mal à trahir la pensée de Mozart qu\u2019à trahir celle de Daunais.Non, le beau en art a un seul visage.Seule la stature de celui qui l\u2019exprime varie.Paul ROUSSEL Nous inscrirons, en outre, à l'actif de Roland Petit, un souci qui lui fait grand honneurh celui d'avoir commandé quatre partitions originales à quatre jeunes compositeurs français, Claude Pascal, Petit, Henri Dutilleux, Maurice Thiriet.Rien que pour cela il aurait droit à la reconnais- : sance du monde musical.Côté décors et costumes, il s\u2019est adressé à trois parmi les meilleurs peintres de théâtre révélés au cours de ces dernières années : André Beaurepaire, Antoni Clavé, Carzou, lesquels ont marqué fortement de leur talent les trois ouvrages qu\u2019ils avaient charge d'illustrer.: Nous passerons rapidement sur le ballet japonais de Mme Louise de Vilmerin, \u201cLa Perle\u201d, d\u2019un intérêt très relatif, pour examiner le plat de résistance constitué par \u201cLe Loup\u201d, ballet dont l\u2019argument est de Jean Anouilh et de Georges Neveux, argument qui s'apparente à la tradition des contes de Perrault et qui rious propose le thème d\u2019une fiancée abandonnée se livrant, par dépit, aux caresses d\u2019un fauve et qui accepte de mourir avec lui, sous les coups de piques et de fourches de paysans et de bûcherons horrifiés de cette mésalliance.Là nous avons retrouvé, en Roland Petit, le chorégraphe des grandes créations précédentes, son originalité dans la composition des pas et des groupes et, aussi, dans son rôle de loup, son style si original.Il a été puissamment aidé par la partition de Dutilleux qui abilement, non sans personnalité, se modèle sur la chorégraphie, mais encore plus par Carzou qui a imaginé une forêt de rêve et des costumes hauts de couleurs qui sont un véritable enchantement.Avec \u201cCiné-Bijou\u201d (argument de Jean-Pierre Grédy, musique de Pierre Petit, costumes de René Bruau) et \u201cDeuil en vingt-quatre heures\u201d (argument de Roland Petit, musique de Maurice Thiriet) nous entrons délibérément dans le spectacle de variétés, dans le plus noble sens du terme.L\u2019un (\u201cCiné-Bijou\u201d) nous présente une charge de la vie américaine dont le thème est une ve- dette-vamp (Colette, Marchand) amoureuse d\u2019un ganster (Roland Petit).Nous assi s aux diverses péripéties de cours de cinq\u2018tabllaüx de Beaurepaire (oh! 1 ante évocation de New-York en noir et blanc, \u2014 oh ! I'amusante chambre de la star d\u2019un style\\rococo nouveau riche) qui se nouent et se dénouent sur un e qui ne nous laisse guère le temps de souffler.Va-t-on préférer à ce \u201cCiné- Bijou\u201d, \u201cDeuil en vingt-quatre heures\u201d, où Maurice Thiriet musicien, avec une verve encore supérieure a celle qu'il déployait dans \u201cL'Oeuf à la coque\u201d, s\u2019est amusé à pasticher le temps de \u201cLa Valse bleue\u201d et de \u201cLa Matchiche\u201d ?Toujours est-il que l\u2019époque 1900 a été évoquée, grâce aux multiples inventions cocasses du peintre Antoni Clavé qui, çet- te fois, se trouvait on ne peut mieux à son affaire, \u2018de façon fort originale.Cette série de sketches où, à nouveau, Colette Marchand s\u2019est montrée dans une forme éblouissante (technique solide, enjouements spirituels, sex-appeal , Amours au irrésistible) constituent une.réussite parfaite dans;un genre\u2018un tantinret «galvaudé:: \u2026 kL André BOLL [y \\ L\u2018AUTORITE, 18 AVRIL 1953- +.international et\u2019 l'exercice de son art impliquent le goût et la nécessité du voyage: vastes randonnées sur tous les continents, auditions devant tous les publics.L\u2019exécutant va porter au dela des mers le fruit de ses méditations, et le résultat de son travail techni- ue.4 A cet égard, Water Gieseking, l\u2019un des plus grands maîtres actuels du piano, est l'exemple de cette soumission à l'obligation des transports terrestres, maritimes, mais surtout aériens, et à l\u2019observance très stricte des horaires.Au lendemain de son récital Salle Pleyel, \u2014 qui fut étincelant comme toujours et ou ses auditeurs insatiables exigèrent un copieux supplément à son programme, \u2014 je trouve à l\u2019Hôtel Astor l'homme le plus calme et le plus dispos.Et je m'\u2019étonne qu'il puisse si fréquemment renouveler pareille performance.; \u2014On ne remarque jamais chez vous la moindre trace de fatigue, \u2014Il le faut, me répond-il, je joue sans arrét.Songez que l'an dernier, j'ai dû faire près de 100,000 kilometres en avion.J'ai touché tous les continents, 1'Europe, 1'Afrique, I'Asie, 1\u2019Austra- Jie et les deux Amériques.La tournée commença à Londres en février 1952.Avant, j'avais eu un accident d'auto en Suisse.Par suite du verglas la voiture capota, et le médecin avait ordonné d'interrompre quelque temps mes concerts.Mais bientôt je me trouvai à Sydney et j'ai donné 14 concerts, sept avec orches- itre et sept récitals dans les principales villes d'Australie.\u2014Et, de là, où êtes-vous allé ?\u2014-À Singapour.Les photographes firent une telle réclame qu\u2019il fallut, pour une date problématique, accepter bon gré mal gré, de donner deux concerts au lieu d'un seul prévu et pour lesquels les billets se vendirent en un instant.Puis, ce fut une brillante réception chez le gouverneur : j'ai donné ensuite des séances en Indonésie, sous la chaleur des tropiques.C'est un pays peu sir, mais très pittoresque.Je profitai de quelques loisirs, entre les concerts, pour aller à la chasse.aux papillons !\u2026 \u2019 \u2014Vous en êtes collectionneur?\u2014Et même passionné \u2014 n\u2019ou- Jblions pas que mon pire était entomologiste.Partout où je passe, c\u2019est ma préoccupation.J'ai déjà une collection de 1,700 échantillons de ces insectes rapportés de mon tour du monde; à Singapour, le Haut-Commissaire britannique m\u2019a promené ct guidé dans les terrains les plus propices à cette prospec- 0 tion.A Manille, je dus m'arrêter, c'était la greve des pétroles, et notre avion n\u2019avait plus de carburant.Mais la publicité ne perdait pas ses droits et mon passage était précédé d\u2019une réclame un peu tumultueuse, Puis ce fut Honolulu, d'une beauté extraordinaire, climat idéal, jardins fécriques, un pays qui est une sorte d'Eden, où la civilisation américaine a pénétré.Donc, goût très vif du confort.Un exemple : de l'hôtel, on descend directement sur la plage en ascenseur.\u2014Comment est accueillie la musique française dans ces pays?\u2014Avec beaucoup de curiosité et de joie.Surtout celle de De- I, emis d\u2019un virtuose ussy.\u201cJe me rappelle certaine contrée un peu perdue où mon passage fut annoncé par de grandes banderolles portant cette inscription: \u201cMusique de Busey\u201d\u2026 Accueil chaleureux aussi au Canada, à Vancouver, à Toronto, Montréal et Québec.En- Trépidante carrière d'un virtuose : : Walter Gieseking thousiasme des Canadiens pour la France, Accompagné de M.Puglia, mon impresario, j'ai entendu Charles Trenet, à Montréal, et les Frères Jacques.Gros succès, Le ténor Gigli y était aussi.\u201d Co .\u2014N'avez-vous jamais d'instants de détente, dans cette vie agitée ?\u2014Si, aller parfois entendre les autres! Puglia composait le programme des distractions.Une fois, il me signala un numéro de marionnettes du genre Piccolo, avec disques, \u2018où l\u2019on voyait la cocasse imitation d'un pianiste.Mais la séance se déroula sans qu\u2019on la vit.Demande d\u2019explication; et il fut répondu à Pugla: \u201cOn a préféré supprimer le numéro, quand on a vu M Gieseking dans la salle\u201d.\u201cA Montréal, je dus doubler mon récital.Et ce fut le départ pour les Etats-Unis, en plein été, et New York.\u201cAprès quelques brèves vacances Indianapolis, l'avion nous emportait à Rio.Et le proverbe dit vrai, en affirmant que le monde est petit: jai trouvé toute ma famille, par hasard, un \u2018après-midi à Rio; les uns venant d\u2019Australie et de New York, les autres de Montevideo.C'est ainsi que ma fille aînée, mariée avec un pianiste, et fixée depuis un an en Amérique du Sud, me présenta pour la première fois ma petite-fille.Tous, avec .quel étonnement, nous nous trouvions réunis !\u201d = Heureuses surprises du voyage \u2014Et c'est ainsi que, terminant le cycle de mes concerts, pour cette tournée, je parcourus jusqu\u2019à la fin d\u2019octobre le Brésil, le Chili et l\u2019Argentine.\u201cCe qui fait un total d'environ 97,000 kilomêtres à porter à mon compte, depuis le point de départ, et dans un délai de huit mois, J'en effectuai bien 16,000 au-dessus de l'Australie.C'est là \u2018que pour la première fois dans les annales de la musique, j'ai présenté les vingt-quatre Préludes de Claude Debussy.\u201d \u2014Quelle est la réaction du public, à l\u2019étranger ?\u2014On peut presque dire qu\u2019on connaît mieux Debussy sur les autres continents qu\u2019en Europe.En Amérique du Nord, par ex- lemple, il est devenu un compositeur familier, même à un public peu averti.Rien n\u2019est curieux comme d'entendre, parmi cette foule de travailleurs, de vendeurs et de commerçants, des voix s'élever pour parler avec admiration du \u201cClair de Lune\u201d, inscrit souvent à mes programmes (Clair de loune, comme ils disent !) \u2014Après cette longue tournée, vous aspiriez à un repos bien gagné ?\u2014Oui, je me disais: on va pouvoir rentrer chez soi! Mais c'était ignorer les complots secrets de mon ami Puglia, qui m'apprit, dès mon retour, mon prochain départ au Japon.Beau cadeau de nouvel an! Remarquez que d\u2019autres pourparlers sont engagés pour les Philippines, La Havane, le Canada, le Mexique et le Vénézuela.Sur ces déclarations, au fond très optimistes, je laisse Walter Gieseking à ses préparatifs de départ.Le gouvernement fran- gais, en lui décernant récemment la Légion d\u2019Honneur, a honoré le virtuose qui sert si vaillamment la musique française à l'étranger, parallèlement aux oeuvres classiques.Je l'en félicite Et je prends congé, en évoquant les Papillons de Schumann, me disant qu\u2019on ne saurait s'étonner que, l'artiste, collectionneur de ces êtres multicolores et légers, sache mieux que personne parer leur interprétation d'accents multiples et changeants.Maxime BELLIARD Serge Lifar stupétie le publie de Paris Quand le chorégraphe transpose l\u2019histoire du cinéma en ballet./ Le public parisien, toujours avide de nouveauté, avait l\u2019avantage, ces jours derniers, d\u2019assister à un tour de force de chorégraphie.On a monté le ballet \u201cCinéma\u201d dont la grande première eut lieu à l\u2019Opéra de Paris, après de longs mois de répétition.C\u2019est dans la célèbre \u201crotonde\u201d que Serge Lifar, auteur de la pièce, fit répéter ses danseurs avec la minutie que nécessitait cette entreprise nouvelle.\u201cCinéma\u201d retrace, en quelques tableaux, toute l\u2019histoire du cinéma de ses débuts à nos jours, et ressuscite à travers la danse, les vedettes du septième art qui ont laissé un nom parmi les plus grands artistes.; Autour de Serge Lifar, qui danse en s'inspirant de Charlot, Dayde, Viroubova et Lycette Darsonval personnifient les étoiles internationales, Si, d\u2019une façon générale, la réaction du public fut favorable à cet audacieux ballet, la critique formula quelques réserves.Reconnaissant le caractère inédit de la pièce, les commentateurs se sont montrés plus sceptiques quant à la conception de Lifar dont toutes les oeuvres chorégraphiques provoquent infailliblement l\u2019étonnement de la majorité.; On fut unanime, cependant, à louer les qualités musicales de \u201cCinéma\u201d, soulignant que le compositeur Louis Aubert s\u2019est plié aux légitimes exigences de la chorégraphie.\u201cLa partition (musicale) de ce ballet\u201d, écrivait Le Monde, \u201cest la plus importante de celles que l\u2019Opéra de Paris ait inscrite à son répertoire cette année\u201d.Ci-haut, on admire volontiers la ballerine devant laquelle, dans le scénario de la chorégraphie, se déroule l\u2019histoire du cinéma.A la fin, elle voit apparaître les principaux personnages : Viroubova (Greta Garbo); Lycette Darsonval (Marlène Dietrich); Lyane Dayde (Mary Pickford); Serge Lifar (Charlie Chaplin).En bas, à gauche, Lyane Dayde danse en Mary Pickford avec Lifar en Chaplin.En bas, au centre, deux attitudes de Lifar en Chaplin.En bas, à droite, Serge Lifar en Charlot, entouré de Viroubova et Darsonval qui jouent Garbo et Dietrich.Vive la vulgarité ! seau rare, une- excellente comédie , musicale.Chaque année à Hollywood, et en particulier aux grandes usines d\u2019assemblage de Métro-Goldwyn-Mayer, on fabrique des douzaines de \u201cmusicals\u201d.Les bulgets monstres, le technicolor obligatoire, les vedettes les plus populaires, la plus tapageuse réclame \u2014 commercia- [= Me Madam est cet oi- \u201clement, ce sont les films-clés, et pour eux on met toujours les petits plats dans les grands.Mais en général, les fruits de cette gestation colossale ne sont que de proverbiales, insignifiantes et interchangeables petites souris.Infrigues à dormir debout; chansons et danses éternellement sur les mêmes thèmes et, solution de désespoir, l\u2019exotisme laborieux qui vous fourre en pénitence dans quelque Paris cocasse ou quelque burlesque Scandinavie.(Avezvous vu Hans Christian Andersen ?) Et, c'est ainisi 99 fois sur 100.La centième ?Ce sera Showboat, Oklahoma, South Pacific; aujourd\u2019hui, c\u2019est Call Me Madam.Voilà justement ce que, tout à l'heure j'osais confier à un ami.\u2014Oui, a-t-il répliqué en faisant la moue, mais \u2018c\u2019est vulgaire ! .Cette chanteuse qui gueule et qu\u2019on fait tomber sur le derrière ! Oh! ces délicats connaisseurs, ces fines bouches (qui naguère, aristocratiquement, grimaçaient à chaque \u201cmaudit\u201d de Tit-Coq).Descendants de l\u2019antique imbécile qui, le premier, fit de \u201cvulgus\u201d un terme péjoratif! Ce vulgus qui est la grande masse confuse et volcanique d'où surgissent brusquement, comme des éruptions, lhorréur, la beauté; le génie.Et la preuve que c\u2019est bien de là que vient le génie, c\u2019est qu\u2019il y pend toujours motte de terre grasse, quelque paquet de boue: un peu de cet inestimable engrais, la vulgarité.Quitte à sembler pompeux, on ne résiste pas à la tentation d\u2019évoquer pêle-mêle une poignée de ces vulgaires individus qui s'appelaient Aristophane et Plaute, Villon et Rabelais, Shakespeare, Molière et même Racine, celui des Plaideurs.Et aussi leurs frères obscurs \u2014 car l\u2019oeuvre de génie n\u2019est que la forme suprême du folklore \u2014 tous ces anonymes à qui nous devons les contes et les vieux refrains qui font rougir les jeunes filles.Or, notre film est de cette veine, de cette veine ample et frémissante, la seule où circule le vrai sang chaud de la vie.Toute autre avenue, à plus ou moins brève échéance, n\u2019est que cul-de- sac, chapelle, snobisme, vanité des vanités.Dans la mémoire collective et l'inspiration populaire des Américains il reste de Washington l\u2019image d\u2019un petit garçon qui ne savait pas mentir; de Lincoln, quelques profits austèrement barbus et le discours de Gettysburg : et de Roosevelt, déjà, une chaise de paralytique et un vaste sourire accompagnant une formule magique, \u201cMy friends\u201d.Call Me Madam est peut-étre tout ce qu'il demeurera de ce modeste et agres- - sif, (et vulgaire) petit homme, qui fut bon père et ami trop fidèle : Harry Truman.S'il doit subsister un folklore trumanien, ce que décideront nos petits-enfants, en voici le recueil le meilleur.Harry Truman a une fille qui charite et qui est la prunelle de ses yeux \u2014 et le Gettysburg Address de ce président brave homme, c\u2019est la lettre où il promit un jour un coup de poing au critique musical.Harry Truman a aussi des amis qu'il a protégés envers et contre tous \u2014 et le symbole de cet aveugle et farouche atfache- ment, c\u2019est madame Pearl Mesta, imposante héritière des pétroles, légendaire donneuse de \u201cdinner- parties\u201d, véritable Récamier du siècle des \u201ccomics\u201d et qui était encore, jusqu\u2019à ce mois-ci, ambassadeur des USA au Luxembourg ! Et voilà tout le fond de Call Me Madam.Mais c'est un fond qui s'appuie solidement sur l\u2019humour et l'imagination du populo.Une Pear! Mesta rajeunie et amincie, mais par trop, devient Sallie Adams; le Luxembourg, métissé drôlement de Liechtenstein,,.sera le grand-duché de Liechtenbourg.Et sous la baguette d'Irving Berlin, le tout sera éminemment dansable, chantable et presque vraisemblable! Aimable, surtout : fort bien montés en épingle, voici tous ces gros défauts américains qui nous horripilent chaque fois qu\u2019ils s\u2019étalent inconsciemment dans les films sérieux ; mais ici (Money, Money, Money.The most American American.) la bonne humeur et la chanson les exorcisent, les ramènent à la taille de travers normaux, excusables.De même, ce grand-duché de pure fantaisie (et de classique opérette) est infiniment supérieur aux décors comiquement documentaires des faux Paris, faux Mexiques et autres vrais-faux foyers de la \u201cromance\u201d hollywoodienne.On lui a même conféré des danses populaires et toute une atmosphère qui feraient.l\u2019envie de plus d\u2019un grand-duché de la vie réelle ! Il y a même, ô prodige ! une double intrigue toute simple et sans cesse attachante, que l'on quitte à regret pour de sautillants numéros.Une distribution sans aucune faiblesse, que domine discrètement cette superbe comédie de Broadway, Ethel Merman \u2014 in- terpréte robuste et haute en couleur, que les Américains qualifient d\u2019un mot plein de séve et.de vulgarité, \u201cearthy\u201d.Fréles et: amusants repoussoirs, deux bons danseurs, Donald O'Connor et la séduisante Vera-Ellen, se révèlent d\u2019agréables acteurs.Quant à l'excellent comédien George Sanders, c\u2019est comme baryton de charme, lui, qu\u2019il fait ici des débuts qui promettent! Et à quelques endroits où tous ces gens pleins de talent et d'entrain se réunissent, ce sont de -vrais morceaux d\u2019anthologie auxquels nous assistons : voyez par exemple l\u2019irrésistible séquence de la présentation à la Cour.: Bref, une comédie musicale qui est un modèle du genre.Ou je me trompe fort \u2014 ce qui est parfaitement mon droit !.\u2026 René LEVESQUE "]
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.