Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Droit d'auteur non évalué

Consulter cette déclaration

Titre :
L'autorité
Libéral et anticlérical, ce journal critique la société canadienne-française et son conformisme. Dans ses dernières années, L'Autorité compte plusieurs collaborateurs prestigieux qui lui assurent une grande qualité de contenu rédactionnel. [...]

Fondé par Tancrède Marsil, ce journal paraît pour la première fois le 28 décembre 1913. La couverture politique de l'hebdomadaire du dimanche varie au gré des changements de direction. À ses débuts, le journal se dit non partisan mais, libéral par conviction, il vise à servir de guide pour le maintien de la bonne doctrine libérale, celle de 1893, et de son vrai chef, Wilfrid Laurier.

En 1913 et 1914, Tancrède Marsil s'intéresse particulièrement à la politique municipale. Son successeur de 1914 à 1932, Gaston Maillet, un dentiste fortuné qui a fort probablement participé à la création du journal, est plutôt animé par la passion de la politique provinciale et fédérale. Gilbert LaRue, directeur de 1932 à 1936, remet à l'avant-plan la politique locale et exprime son désir de faire de L'Autorité « le » journal de Montréal. Le journal prend le titre L'Autorité nouvelle de juin 1925 à novembre1931. La direction du journal est assurée par J.-A. Fortin de 1943 à 1953.

En 1953, Gérard Gingras prend les rênes du journal, qui compte de prestigieux collaborateurs tels Alfred DesRochers, Roger Duhamel, Guy Frégault, Germaine Guèvremont et René Lévesque. À l'époque, Gingras répond à ses détracteurs qui soutiennent que L'Autorité est à la solde du Parti libéral et affirme que si le journal approuve le programme libéral, il est toujours demeuré indépendant. Il confirme ainsi les propos de Marsil dans le texte sur la raison d'être de l'hebdomadaire paru dans le premier numéro en 1913 : « Indépendant des partis politiques, L'Autorité entend promouvoir et défendre les intérêts des nôtres d'abord, encore, partout et toujours ». Pendant les années Gingras, le journal renforce sa dimension satirique avec les caricatures de Berthio (Roland Berthiaume) et de Normand Hudon.

L'Autorité change sporadiquement de forme au cours de sa durée de vie pour passer de quatre à six puis à huit pages, alors que l'actualité politique se trouve généralement présentée en première page. Selon les changements de direction, la section des sports est couverte de façon inégale et passe d'une à trois pages pour disparaître pendant un certain temps. Pour sa part, l'actualité culturelle y est traitée avec régularité. La Grande Guerre y est également couverte en profondeur. Le quart de l'hebdomadaire est alors consacré à la publicité.

Le tirage de L'Autorité est de 8000 exemplaires en 1914 et atteint 12 750 en 1920 pour se maintenir autour de 15 000 exemplaires tout au long de la décennie. Il descend à 500 exemplaires en 1940. La publication est suspendue de septembre à décembre 1936 et de mars à juin 1939 pour une réorganisation. Les raisons qui mènent à la fin de la publication demeurent inconnues. Le dernier numéro paraît le 2 avril 1955.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1973, vol. 5, p. 90-92.

LÉVESQUE, Michel, Histoire du Parti libéral du Québec : la nébuleuse politique, 1867-1960,

Québec, Septentrion, 2013.

ROY, Fernande, « Le journal L'Autorité dans le cadre de la presse libérale montréalaise », dans Lamonde, Yvan, Combats libéraux au tournant du XXe siècle, Saint-Laurent, Fides, 1995, p. 231-246.

Éditeur :
  • Montréal,1913-1955
Contenu spécifique :
samedi 25 avril 1953
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Haut-parleur,
  • Successeur :
  • Autorité nouvelle
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichier (1)

Références

L'autorité, 1953-04-25, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
[" UNE CHANSON: \"Comme un pefit , coquelicof mon ame.\" NE chanson qu\u2019on en- U tend dans le silence, comme un vent chaud, monte dans la nuit.Une chanson qui ouvre le coeur a l\u2019abandon, aux rêves et aux désirs.On l\u2019appelle une chanson légère \u2014 une chansonnette \u2014 un air de rien.Mais si vous la pénétrez comme une fleur qu\u2019on respire, pour en exprimer le parfum, si vous en saisissez tout le contour et les images, si vous descendez et remontez avec elle la valse des émotions, si vous Pentendez comme on pourrait toucher la voix qui la projette, si vous la sentez comme une caresse, si vous Paimez comme d\u2019amour, si vous étes en méme temps son complice et son amante, vous découvrirez la portée et le poids que la chanson propose.- \u201cComme un petit coquelicot mon âme\u201d.Nous étions au café.Le spectacle allait souvrir.J\u2019étais comme une figure qu\u2019un sculpteur aurait dessinée, les mains dans les cheveux recouvrant son visage.Je n\u2019avais d\u2019yeux que pour le bourdonnement de mon être.lourd de lassitude et d\u2019attente.La fumée de la cigarette embuait mes pensées.J\u2019avais peur de la nuit.Peur que la voix que nous allions entendre ne puisse rejoindre Pélan de vie qui hésitait en moi.Puis je fus tout a coup emportée, sans que j\u2019émette un signe, à mon insu, par la puissance d\u2019un son violent et facile comme le milieu du jour.Une voix plus touchante de n\u2019être rien ; sans artifice.Un mouvement de l\u2019âme et du corps seulement, comme l\u2019éclat d\u2019un rire.\u201cComme un petit coquelicot mon âme\u201d .Je me sentis rafraîchie comme les matins, d\u2019été ou je dors dans la verdure.C\u2019était cela la vie.Ce pouvoir de rejoindre ce qu\u2019il y a en soi de plus vibrant et de plus jeune.Lapossibilité tout à coup de poser la main sur un objet de rêve.'Et j'imaginai qu\u2019un jour viendrait \u2014 dans une époque lointaine \u2014 où les hommes auraient le coeur gai à vivre.Une époque où ils se feraient prendre au piège d\u2019une vie sans artifice et sans douleur.Une époque où le plaisir de vivre engendrerait des chansons comme un miracle attendu.La chanson finissait.Nous quittions le café, et brusquement j\u2019éprouvai un vide profond comme laisse une absence.Non, l\u2019époque du bonheur facile serait longue à venir.Il fallait recommencer à le chercher à travers la solitude d\u2019une vision éteinte.Il fallait recréer le bonheur, à Pinstant même, inventer sa propre chanson afin de repeupler son coeur.Puis une autre chanson ensuite, douloureusement, et ainsi sans jamais cesser.Nous étions fatigués.Le bonheur semblait lent et pénible.La mélodie en nous résonnait si secrète qu\u2019on Pentendait à peine.Je me rappelai la résonance de la voix que nous venioris d\u2019entendre.Je m\u2019accordai à elle ~\u2014 \u201cun petit coquelicot, mon âme \u2014 un tout petit coquelicot\u201d.= La nuit naissait à peine.Suzanne BARBEAU .-~ .' sa BIE 38e ANNEE \u2014 No 40 00 Ben BEAUCEVILLE, 25 AVRIL 1953 Directeur : GERARD GINGRAS Secrétaire de la rédaction : MICHEL ROY ~ de « ES vieux murs de l'histo- L rique Forum ont à peine cessé de trembler après la dramatique conqüête de la Coupe Stanley que déjà a l'autre extrémité de da métropole la main-d'oeuvre du Stadium voit aux derniers préparatifs pour l'ouverture locale de la saison de baseball le 29 avril prochain, Depuis quelques années, le cycle des sports ne connaît pratiquement pas de saison morte.En effet le prolongement exagéré des séries éliminatoires déroute les fervents de Montréal qui.ne savent plus où donner de la tête.Les divers clubs de tennis se préparent à réouvrir leurs courts, et certains mordus du golf ont été surpris à quitter le bureau furtivement au cours de la dernière semaine pour aller jouer une.ronde au Municipal.Les Golden Gloves ont tenu la manchette des pages sportives de pu is quelque temps et ont été couroñinés d\u2019un PLA éclatant succès.Le \u2018\u2018sport\u2019\u2019 dramatisé de la lutte et*la boxe ne connaissent évidemment pas de répit tandis que diverses manifestations athlétiques de moin- .dre envergure sollicitent l'appui des sportifs de Montréal, Si vous interrogez un nombre choisi d'experts chez les amateurs de sport, vous serez peut-être surpris d'apprendre que le baseball est leur passe- temps favori, même si le hockey est censé être notre sport Adtional.Et l'auteur de ces lignes, loin de se considérer cependant comme un expert, est de ce nombre.Il est évident que le hockey tient toujours une place prépondérante dans l'estime des Canadiens et nous lui accordons la préférence pour ce que nous pourrions appeler l'émotion palpitante ou l'art de vous tenir en haleine en vous faisant battre le coeur presque à chaque instant.Une partie de baseball, d\u2019autre-part- vous fournit toute une gartme de points de vue à soupeser et à étudier.Vous surveillez constamment le gérant du club, le, lanceur ou le frappeur.Vous cherchez à deviner la stratégie qui s'impose dans chaque cas particulier et Dieu sait si les discussions interminables se poursuivent longtemps dans la \u2018nuit après une joute contestée.Mais l'on pourrait précisément engager un débat interminable si l'on cherchait à établir lequel du hockey ou du baseball est le jeu le plus intéres- - sant.Qu'il suffise de dire qu'il n\u2019est pas nécessaire de connaître le hockey pour apprécier une bonne joute.Par contre, si vous ne possédez pas votre baseball, un duel de lanceurs et une jou- tede 1 à O qui durera quelques douze manches vous ennuieront totalement et vous for- a.WALLY ALSTON, Au cours dune joute, la physionomie et les gestes par Jory Jrudel ceront à quitter les lieux avant de tomber dans un sommeil profond.Et pourtant vous .verrez tout autour de vous les connaisseurs rivés à leurs sièges, qui goûtent chaque instant de ce spectacle athlétique.Montréal de par son \u2018affiliation avec les Dodgers de Brooklyn de la Ligue Nationale a toujours été choyé en fait de baseball.Depujs 1945 alors que les Dodgers ont pris la direction du club local, les équipes de joueurs qui ont piétiné le terrain du Stadium ont toujours groupé de grandes vedettes qui n'ont pas tardé à graduer dans les ligues majeures.Le Montréalais sportif a démontré son bel esprit en acceptant cette métarmorphose annuelle du club.En effet, tant que la ville n\u2019obtiendra pas une franchise dans les ligues \u2018 Y BALL! majeures, elle devra se résigner a se voir dépourvue chaque année de ses meilleurs joueurs.Les recrues continueront de venir subir leur entrainement final ici avant de passer sous la grand 'tente, D'autre part, certains fervents de baseball, qui ont l\u2019occasion assez fréquemment d'aller voir les grands clubs à l'oeuvre, vous diront qu\u2019ils apprécient cette ferme expérimentale qu\u2019est en sorte le club de baseball Montréal.Il se considèrent privilégiés d'avoir sous -les yeux chaque année de futurs grands joueurs en période de formation et ils continuent à suivre leurs progrès après leur départ.Ils vous parleront de Duke Snider, de Roy Campanella, de Jackie Robinson, et des autres grands noms des (suite à la page 4) x M.Hector Racine, président des Royaux, cause avec le gérant Wally Alston.gérantedes Royauxde Wally Alston, gérant des Royaux, .expriment ou le succés, dans un moment difficile, se lisent sur son visage.fidèlement : l\u2019état du jeu.-\u2014 ° œ a THEATRE x\" er, La Cuisine des Anges C'est le temps du\u201cbonheur au Théâtre du Nouveau Monde \u2019EST le temps du bonheur au Théâtre du Nouveau Monde.On y fait la Cuisine des Anges, cuisine délicieuse, légère, si légère qu\u2019elle ne pèse pas plus sur l'âôme que le souvenir d'une heure ensoleillée.Mais c\u2019est quelque chose qu\u2019une heure de soleil dans cette saison manquée qu\u2019on appelle le printemps et qui ne ré- © ussit que des imitations d'assez mauvais goût de l'hiver ou de l'été.La compagnie est heureuse comme elle ne l'a rarement été et le public ne s'est jamais mieux senti de la fête.On se détend entre ciel et terre, à la limite du songe et de la réalité, en pleine transparence.S'il arrive parfois que le jeu manque d'imprévu et que le charme menace de se rompre, aussitôt quelques touches rapides d'humour noire nous épargnent un moment de désagréable lucidité.Albert Husson est un conteur charmant qui n\u2019oublie jamais les règles du jeu de théâtre.Son dialogue est toujours naturel et il court d\u2019un personnage à l'autre un peu comme le dessin de Dufy qui ne s\u2019arrête jamais pour définir un objet du tableau.Personne ici n'a de bien profonds secrets : n'importe quel personnage peut répondre à n'importe quel autre et l\u2019histoire ne s'en portera pas beaucoup plus mal.Des personnages aussi légèrement dessinés laissent à leurs interprètes toute liberté, et s'ils sont doués, ils n'auront aucune peine à briller, et même leurs manies, si agacantes quand il s\u2019agit de caractères bien définis, deviennent , charmantes.Non, ici, les costumes ne gênent personne dans les entournures.Mais encore fallait-il savoir profiter de cette liberté.Disons tout de suite que le Théâtre du Nouveau Monde nous offre un spectacle à peu près sans défaut et il faut insister sur les qualités de la mise en scène de Jean Gascon qui a su parfaitement épouser ce * mouvements si capricieux des dialogues et régler le jeu avec minutie, mais sans l'alourdir.Le trio des trois bagnards, qui domine la piéce, est une admirable composition, aussi fine qu'\u2019amusante, dont on gardera longtemps le souvenir.C'est ce personnage en trois personnes qui nous fait passer du niveau du vaudeville à celui de la véritable comédie.Le trio restera parfaitement uni jusqu\u2019à la fin, mais, progressivement, la personnalité de chacun se dessinera, non pas avec netteté, mais suffisamment pour 4 Je suis un homme libre\u201d par François Hertel ( lire en page 4 ) L\u2019erreur \u2018 que le dialogue s'engage à l'intérieur de ce petit groupe comme entre tous les autres personnages.Il y a Jules, condamné au bagne pour la vie à la suite d\u2019un assassinat, qui est revenu de tout.Alfred, qui connaît le même sort pour les mêmes raisons, n\u2019en est pas encore revenu et il tient à la vie de toute la force de sa jeunesse.Joseph, un simple escroc qui n\u2019a écopé que de vingt ans de bagne, a toujours pris la vie comme un jeu sans gravité et il est évident qu'il n'en reviendra jamais, d'autant plus qu'il conserve l'espoir de reprendre le large.Georges Groulx, dont on connaît la fantaisie débordante, in- \u2019 carnait Joseph, mais s'il n'a pas: ménagé ses effets, à aucun moment a-t-il rompu l'unité du trio.C'est un éloge pour un comédien d\u2019une telle verve, mais c'est aussi à l'honneur de ses excellents camarades qui étaient de taille à soutenir la comparaison.Roger Garceau, que l\u2019on a parfois vu dans des rôles désespérants, a pu nous rappeler dans le rôle d\u2019AIl- fred qu'il possédait un très beau talent, et Jean Gascon, plus froid, n'a pas été moins fidèle à son personnage, celui de Jules, le philosophe désabusé.C'est à Jean Gascon, metteur en scène, que l'on doit ce parfait trio, composé pourtant de comédiens qui n\u2019ont de commun que le talent.Même pour les autres personnages, on se demande s'il aurait pu faire un choix plus heureux.Monique Miller a été excellente dans le rôle d'Isabelle, jeune fille qui nous vient sans aucun doute du théâtre de Girau- \u2018doux.Mentionnons encore Guy Hoffman, en vieil enfant inapte au malheur, Antoinette Giroux, particulièrement juste dans ses dialogues avec Jules, Jean-Louis Roux, dans le rôle moins important de Paul.Rolland D\u2019Amour et Rose Rey-Duzil complétaient cette excellente distribution.Félici- \u2018 tons encore Michel Ambrogi pour ses costumes et son décor qui convenaient si parfaitement à 1'esprit de la pièce.C\u2019est un divertissement de belle qualité que nous offre le Théâtre du Nouveau Monde et il connaîtra sans doute un grand succès.Nous sommes dans une boutique de Cayenne où trois bagnards décident de venir en aide à un ancien marchand du Havre qui a échoué dans cette colonie pour n'avoir jamais su jouer d'autre carte que celle de la bonne foi.Ce marchand a une femme, qui lui pardonne son inaptitude aux affaires, et une fille qui a laissé un amoureux au Havre, le neveu même du terrible cousin Trochard qui est aussi propriétaire de la boutique de Cayenne.Ici, comme dans les mélodrames, les méchants sont puissants et les bons misérables.Les bagnards décident de changer cela et, grâce à un complaisant petit serpent surnommé Adolphe, ils élimineront les méchants et Isabelle pourra enfin aller à la rencontre du bonheur, mais c\u2019est sur un cri de douleur que la pièce s'achève.Pourtant, grâce à un mensonge des.bagnards, Isabelle continuera de croire à l'amour et au bonheur, ce qui doit suffire à nous les mériter, car au moment où la jeune fille pourrait désespérer, un beau jeune homme entre dans sa vie.On le voit, c'est un conte de fée.pour grands enfants qui ne peuvent renoncer au bonheur, même sous les pires menaces de malheur.Dans la Cuisine des Anges, le bonheur est à peine plus qu\u2019une illusion, une petite heure de lumière dans une journée monotone, un chaleureux souvenir dans une vie de bagnard, mais n\u2019est-ce pas assez pour nous faire accourir au Gésù ?On y verra, en tous cas, des comédiens qui prennent.un vif plaisir-à ce jeu à demi-rée), un plaisir vraiment communicatif.- Robert ELIE \u201cde le \u201c.Le mariage de Joséphine-Charlotte Une robe de princesse.doyenne de la couture bruxelloise, Madame Vermeersch, qu\u2019a été exécutée la robe de mariée que la princesse portait, le 9 avril, à Luxembourg.Ouvrières belges et dentellières \u2018des Flandres ont collaboré depuis des mois à la confection de cette be que la princesse avait voulue \u201cnationale\u201d.Le haut de la robe, en faille à manches longues, comporte un petit corsage de lorganza ouvert en pointe sous le visage, avec de fins revers dressés en forme de pétales de lis.Une ample jupe de lorganza taillée en forme faite de quatre épaisseurs de tissu, déploie ses multiples godets sur une première jupe de tulle, elle-même soutenue par une sous-jupe de faille.La traîne est constituée par une sorte de seconde jupe mon- [a dans Jl\u2019atelier de la tée sur une étroite ceinture qui s'agrafe à l'avant; très ouverte devant, mais longue à l\u2019arrière, elle s'arrondit en s'écartant dès les côtés.Elle mesure depuis la taille 3 mètres 50 et est large de 3 mètres.Au moment où elle se pose au sol, la traîne est constituée d\u2019un fond de faille recouvert de trois volants de gros tulle, puis d\u2019une nouvelle épaisseur de faille, et de trois nouvelles épaisseurs de lorganza.Enfin, recouvrant le tout, une merveilleuse dentelle de Bruxelles, de couleur ivoire, se détache en relief sur le blanc de neige de lorganza qui l'encadrait tout autour d\u2019un bord uni de trente cen- timétres.Cette dentelle, ment & la main, par soixante dentelliéres choisies parmi les plus habiles, est composée de six grands médaillons au point à l'ai- faite entiére- L'usage des tissus ES beaux unis très connus L de la haute couture (satin \u201cducal\u201d, \u201cradzimir\u201d) s'enrichissent de patrons nouveaux orientés vers la souplesse.Nous avons admiré pour sa texture curieuse : un crêpe jersey de soie, d'un beau tombant et un crêpe cachemire mat et plein.Le taffetas s\u2019est encore aminci pour devenir tout à fait \u201cchiffon\u201d et moins cassant lorsqu\u2019on veut le draper comme un jersey.La \u201cmarquisette\u201d de soie, sorte d'étamine ferme et apprêtée, joint à sa transparence de très jolies couleurs un peu- changeantes.Faisant la transition entre les unis et les imprimés ou les brochés, voici des tissus composés de fibrane et de soie, parfois tramés d\u2019un léger pourcentage de soie, qui jouent ce qu\u2019on pourrait appeler les \u201cfaux-unis\u201d.Ce sont, en général, des toiles, des fil-à-fil qui mélangent des fils de deux ou trois tons (où \u2018figure presque toujours un noir).Sur ce fond peuvent se détacher comme pour la toile \u201ccapucine\u201d, des petits boutonnés multicolores.Les brochés sont illustrés par des dispositions de petits pavés plus.clairs sur fond grisaille, par groupes de deux ou de quatre.Tel est ie \u201cpoint-de-croix\u201d, tissu pour tailleurs habillés, Des imprimés sur soie naturelle adoptent comme base le taffetas.Pour la plage, des toiles de fi- brane a grands dessins futuristes AR petits soubresauts, une P musique ahurie l\u2019avait graduellement tiré de son sommeil.Ce rythme, qu'il percevait maintenant distinctement, semblait sortir du fond de son rêve, comme s\u2019il en eut été la trame.Mais au fait, quel était-il ce rêve?Ne s'\u2019était-il pas évanoui avant d'avoir osé s'emparer de son esprit fatigué?Et depuis quand dormait-il ?Il se retourna sur le dos.Une veilleuse colorait d'un vert pâle le plafond uni, trop nu, froid.Son regard glissa sur les murs monotones et s\u2019accrocha aux grands motifs indéfinis de la draperie.La fenêtre ouverte permettait à la chaleur de pénétrer dans la chambre sur un air de be-bop Qui se faisait de plus en plus puissant.Une mélodie perdue sur un rythme échevelé, égarée dans l'embouchure des trompettes.Son oreille se tendit.La tête lui faisait mal comme si la matière grise gonflée à l'excès eût voulu crever le crâne.Avec peine, il se courba les reins, étira le bras, hésita.Eclairée, la chambre lui plut.La tête cessa de le faire souffrir.TI se leva.Le reflet de son grand corps nu le surprit, dans la glace.Qui était.cet homme ?\u2018Une angoisse aussi forte que le mal de tête qui venait tout juste : la panique.Ces traits jeunes, ces \u2018yeux \u2018mélanco- tiques, ca corps mince et long, il lui semblait ne les jamais avoir et pointillés très colorés.Pour la ville, une toile de fibrane chinée de noir et d\u2019un ton pastel, avec une fantaisie filetée formant ensemble avec l\u2018uni.Pour les robes du soir, notons un organdi blanc rayé de nuances de sorbets soulignées par un brin de chenille blanche.eo» el de Hurel Influence rustique évoquant la texture des tissus indigénes tissés à la main avec des fils non raffinés et qui ont gardé leurs imperfections.Les mêmes caractéristiques s'appliquent à la laine et à la soie; la soie se mélangeant souvent a la laine et la laine choisie de préférence dans sa qualité la plus brillante et la plus nerveuse, le Mohair.Les plus typiques de ces tissus sont, pour le manteau: le \u201cgadoura\u201d lâche et duveteux, aux coloris grèges, blonds et rouges des terres africaines.Pour le tailleur et la robe: 1'\u201cIfni\u201d, un organdi de soie et mohair, à la fois épais et léger, ce qui paraît une vraie gageure mais exprime la réalité, Le tailleur de soie qui se portera beaucoup cet été (et particulièrement s\u2019il se mue en deux pièces) a influé sur la tenue de beaucoup de tissus : le \u201cgrand sable\u201d est une toile faite de soie et de bourre de soie; le \u201cpiccoli\u201d, de bourre de coton sur trame de rhodia.guille, entourés de motifs plus petits exécutés aux fuseaux.Le relief des fleurs est accentué grâce à un léger rembourrage d\u2019ouate.Parachevant l\u2019ouvrage, un immense voile de tulle descend devant jusqu\u2019à la taille et derrière jusqu'à l\u2019extrémité de la traîne.Il est bordé d'une fine dentelle aux fuseaux, dont chaque petit fleur \u2014 il y en a dès centaines \u2014 n\u2019a pas exigé moins de douze à quatorze heures de travail.La princesse portait, en outre, des gants en dentelle de Bruxelles assortis à la traîne de sa robe, terminés par un petit volant en forme entourant le poignet, et entièrement exécutés au point à l\u2019aiguille.' Pour soutenir le voile, un diadème en platine dessiné et monté par un joaillier belge, est composé de 850 diamants provenant au Congo.La pièce centrale peut se porter en broche et le diamant central de huit carats vingt-cinq, qui est amovible, peut se fixer sur une monture de bague.Ce diadème s'attachait au moyen de quatre fines tresses de quelques cheveux, Quant au trousséau de la princesse, il est également en majeure partie confectionné en Belgique.Miss Siam LES gagnantes des tournois de beauté s'orienteñt, en général, vers des carrières où leur plastique, leur.élégance, leur grâce sont de sûrs gages de succès, Les unes voient s'ouvrir devant elles les portes des studios; d'autres accèdent à la scène.Quelques-unes font de beaux mariages.Celles qui ont, en outre, des aptitudes commerciales ouvrent parfois des maisons de mode.\u201cMiss Siam\u201d 1953, elle, veut entrer en religion, non par chagrin d'amour mais par piété filiale.Prachid Tongurai (Ombrelle dorée trés chére, en thailandais) avait un père qui Jl\u2019adorait et qu\u2019elle chérissait Ce père vient de mourir, des suites d\u2019un accident de car, et la belle Siamoise inconsolable ne sait pas d'autre apaisement à sa \u2018douleur que la prière el la retraite dans un monastère.et Plus de 200,000 hommes femmes sont régulièrement employés dans des industries forestières en Suède.L'homme qui monde noir, il découpa les lignes de son visage avec ses doigts nerveux, Cet homme qu'il palpait, cette image dans le miroir, il ne les reconnaissait pas ! 11 se pencha à la fenêtre pour voir où il était.La musique avait cessé.Il entendait maintenant rire des gosiers d'adolescents, dans Yaigu et dans le grave.L'amour! Oui, il savait ce qu\u2019était l\u2019amour, il le savait comme on sait Paris sans l'avoir vu.Plusieurs étages plus bas, il regarda la rue grouillante d'hommes minuscules.Un parc étirait ses arbres aussi haut que plusieurs toits voisins.Il faisait nuit.Tout semblait vivre intensément.Pas lui.Il voulut enjamber la fenêtre et rejoindre ce mouvement, faire reprendre la musique qui s'était tue, rire avec les, jeunes danseurs.Une ombre le retint, une ombre noire, la.mort.Il se souvenait de la mort comme ;un adulte revoit .quelques scènes de son enfance.Elle lui fit peur.Il revêtit un léger complet tropical qui l\u2019attendait, pêle-mêle, sur une.chaise.Il en fouilla les Eoussets avec toute l\u2019anxiété d'un homme s qui cherche sa délivrance.11 n'y trouva que quelques billets de banque et un porte-feuille Nouvelle sans carte d'identité.Il revint devant son image correctement vêtue, osa sourire, croyant encore au.rêve, espérant le réveil.Sur la porte de la chambre, il lut une pancarte détaillant les règlements de l'hôtellerie : Hôtel Laurentien, Montréal.Montréal.Rien ne lui venait à l'esprit que cette vague cité européenne que l\u2019on voulait visiter.Hardiment il referma la porte de sa chambre, traversa le long corridor, sonna l'ascenseur.Le garçon lui sourit, referma la porte et lui tourna le dos, * Pendant quelques secondes ses pieds semblèrent s'enfoncer dans la ouate.Il\\eut un haut-le-coeur, la porte s'ouvrit, il reçut- un autre beau sourire, traversa le spacieux hall d'entrée.Sa montre indiquait trois heures.Lentement, il respira la grande ville, les mains aux poches, le nez dans les vitrines ou pointé vers les étoiles.Tout nouveau-né qu\u2019il semblait être, il les voulait ces étoiles.Il en vit une à sa portée, rouge et verte, scintillant au bout d\u2019une perche de métal : Café de l'Etoile.Il poussa la porte.Ce n\u2019était pas encore le ciel.\u2018Quand on le conduisit à une L'AUTORITE, 25 AVRIL 1953 aériennes qui ont rapproché les continents ont peut- être contribué au changement qui s\u2019est opéré sous nos yeux, mais le temps n'est pas si loin où, dans les petites îles perdues du Pacifique, les bruits de la civilisation n\u2019arrivaient de loin en loin que par le truchement d\u2019un petit\u2019 bateau cabotant le long des côtes.Tandis que les hommes du bord I= OLUTION des relations , aidaient à décharger les produits destinés aux colons, les femmes de ces derniers rendaient visite au capitaine (généralement un vieux dur-à-cuire, qui avait essuyé bien des cyclones en haute mer1).I y avait toujours, dans un coin de la cambuse, des objets particulièrement tentants pour ces isolées : des kimonos et de la lingerie de soie brodée provenant du Japon; quelques articles de maroquinerie fabriqués en Australie; des conserves rares (asperges ou fraises mis en boîte en Amérique); mais il y avait surtout de l'eau de toilette et des parfums qui, eux, venaient de Paris ! \u201cL\u2019Heure bleue\u201d de Guerlain, \u201cL\u2019Aimant\u201d de Coty! Quelle évocation soudaine du Grand Paris tumultueux, élégant, inimitable! Quel mirage venait un instant peupler le silence des co- coteraies par la seule grâce d\u2019un parfum ! : Un flacon de Parfum de Paris, n'est-ce pas aussi le cadeau de choix que rapportent à leurs amies les innombrables touristes étrangères qui, durant l\u2019été, envahissent la capitale désertée par ses habitants ?Le parfum de Paris est une des richesses de la France: l'invention des parfumeurs est aussi précieuse à l\u2019économie nationale que les doigts légers des modistes et les ciseaux des couturiers.Le parfum de Paris, c'est à Grasse qu\u2019il trouve ses essences, si la ciptale est là \u2018qui lui enseigne l'art de les combiner pour obtenir des senteurs toujours plus rares et plus nouvelles.À la base des parfums, nous trouvons les fleurs d\u2019abord, toutes les fleurs de France qui éclosent sous le chaud soleil de Provence.Et puis, toutes les plantes aromatiques (la mousse de chêne, le pin, le thym, le romarin, etc.), les plantes exotiques aussi; et, enfin, Grasse, alternent les champs de jasmin, d'oeillets, de roses, de violettes, les plantations d\u2019orangers et d'oliviers.Les horticulteurs fournissent annuellement aux quinze grandes distilleries de parfums des millions de kilos de fleurs, dont les quelques chiffres suivants donneront une petite idée de I'importance de leur production : 1,500,000 kgs de fleurs d\u2019oranger, 500,000 kgs de roses, 750,000 kgs de jasmins, 30,000 kgs d'oeillets, autant de mimosas et par Simone PASCAL les parfums synthétiques, \u2018 eux aussi, extraits du règne végétal.Grasse, vieille petite ville bâtie en cirque à flanc de côteau, toute en escaliers et en ruelles bordées de hautes maisons, doit sa fortune aux Médicis.C\u2019est sur leur impulsion que fut établie la première fabrique; mais, à l\u2019époque, il s\u2019agissait moins de parfumeries que de tanneries et de tissages, à cause de la qualité des eaux provenant de nombreuses sources.La mode des gants parfumés, qui donna naissance à l'industrie des gantiers parfumeurs, orienta doucement l\u2019industrie de Grasse vers les parfums.Mais, ce ne fut qu'au début du XIXe siècle que les grandes maisons de parfums donnèrent à la ville le renom dont elle jouit encore aujourd'hui et son aspect si particulier de petite ville industrielle et parfumée dans sa partie basse, de station climatique à l\u2019abri des vents dans sa partie haute.Dans la campagne, autour de Métamorphose gret, ce cher tailleur de l\u2019an dernier, qui est vraiment aujourd\u2019hui.trop défraîchi! et comme vos regrets grandissent de devoir l\u2019abandonner, quand vous songez au prix élevé des tissus ! Cete décision n\u2019est-elle pas trop hâtive, madame, pour vous, qui savez coudre et qui disposez d\u2019un peu de temps?Avez-vous regardé l'envers de l\u2019étoffe ?Il y a gros à parier que les couleurs y sont plus fraîches et que le grain du tissu, même différent de celui de l'endroit, le rend encore très possible à porter.Alors, un peu de patience! Décousez le \u2018tailleur et remettez-le bien à plat pour le retourner en le transformant en robe à la mode (croquis No IV).: Votre jupe plissée ou portefeuille pourra former devant deux gros plis ronds seulement.Vos manches seront usées, le bord de la jaquette aussi et le col passé même à l'envers en raison du grand nombre de nettoyages qu'il a subis.Supprimez-le donc.Décolletez en rond sur une guimpe de piqué blanc.Rapportez, une bande qui formera x [es vous le quittez à rev sous-patte ou une vraie sous- patte si la largeur du devant le permet.Supprimez la basque dans le dos; laissez-la devant et fixez les deux côtés dans les coutures.Dans le morceau qui reste du dos, découpez de nouvelles pattes de poches prolongées en incrustations sur le côté (en coin de mouchoir).Coupez les manches au niveau du coude.Posez, enfin, un revers de piqué au bas des manches, et avec un petit chapeau tout frais des gants neufs, vous serez en tenue de printemps \u2014 et très chic, je vous l\u2019assure.l\u2019\u2018\u2019Oscar\u201d de la beauté LE \u201cBeauty Fashion Award\u201d, autrement dit l'\u201cOscar\u201d des produits de beauté, qui consacre non seulement la qualité des produits d'une marque, mais aussi leur présentation et la continuité dans l\u2019effort de cette marque pour satisfaire sa clientèle, vient d'être décerné à New York, pour la septième fois consécutive, à la marque \u201cCharles of the Ritz\u201d.\u201c celui des parfums, de géraniums et des milliers de kilos encore de jonquilles, de tubéreuses, de genêts, 200,000 kgs de lavande, 500,000 kgs de mousse de chêne.\" En 1945,.le chiffre d\u2019affaires de l'ensemble des parfumeurs de Grasse s'est élevé à un milliard et demi de francs.+ + + Les essences importées à Grasse pour y être traitées, lés produits synthétiques, procurent à l'industrie une certaine garantie d'activité durant toute l'année; mais, c\u2019est à partir du mois de février, et en particulier en mai et juin, que les usines travaillent à plein, avec des équipes de jour et de nuit.Les procédés de distillation sont assez inattendus pour le profane.Car, c\u2019est avec de la graisse de porc et de boeuf qu\u2019on fait infuser les fleurs à une température voisine de celle de la fusion des corps gras.Cette opération s'appelle l\u2019enfleurage à chaud.L\u2019enfleurage à froid employé pour fixer le parfum des fleurs très fragiles (jasmin et tubéreuse) consiste à étendre la même graisse sur des châssis en verre; on y pose les fleurs qu\u2019on renouvelle chaque jour.La .graisse absorbe leur arôme qui en est ensuite enlevé par des lavages répétés à l'alcool.Une autre méthode d'extraction consiste à mettre les fleurs dans un dissolvant (éther de pétrole ou benzine) lequel épuise les fragrances de la fleur; cire et parfum sont séparés ensuite l\u2019un de l\u2019autre par des lavages à l\u2019alcool.Le résultat est un parfum \u201cconcret\u201d de grosse valeur sous un faible volume.Un kilo d\u2019absolu de jasmin vaut environ 400,000 francs, \u201cet il faut environ 100 kgs de fleurs pour obtenir 1 kg d'essence.Les essences recueillies sont - conservées à l'état pur ou subissent déja un commencement de mélange qui répond à une classification préétablie.C'est sous cette forme qu\u2019elles sont livrées aux parfumeurs à qui elles serviront de matière première, et chaque parfumeur les conjugue alors selon sa propre personnalité.+ + +6 Dans aucun domaine, on ne note autant de diversité que dans et les der- ne se souvenait pas inédite de Wilfrid Lemoyne petite table, près d\u2019un palmier de toile, il se sentit heureux de ce qui lui arriva, \u2018Etranger à son propre corps, même à son esprit, ignorant tout d\u2019une ville qui sem- - blait pourtant lui être familière, il se grisa peu à peu de son état qui tantôt l'avait inquiété.Quelques bouteilles de bière le raffermirent dans son sentiment de sécurité.I se jouerait la comédie cette nuit.Demain, cette fuite de mémoire s\u2019évanouirait.Sinon, il s\u2019informerait au commis d'hôtel.Demain, il saurait.Un homme ne peut surgir du néant dans une chambre d'hôtel à un tel'âge.Et quel age ?/Vingt-cinq, ans peut- être, ou même trente.Mais qu'importe.Il s'aperçut grisé par sa demi-conscience, au fond d'un monde imprécis où tout sortait de l'immédiat et y retournerait stre- ment dans quelques heures.Et il se sentit grand, supérieur,\u2019 dépassant de beaucoup ceux qui l'entouraient.Pourtant, que sa- vait-il ?Il lui sembla lire en tous ces regards qui le croisaient au hasard de leurs pensées.Là, en face de lui, de longs cheveux blonds, des yeux bouillants.La \u201c demoiselle fait un signe.Il va la rejoindrê.Elle est saoule : , \u2014\u201cTu t'ennuies mon vieux pa Il se contente de la regarder.\u2014\u201cT\u2019es pas bavard.\u201d Elle lui tend son verre.Il lui verse deux doigts de bière.\u2014\u201cNon, t'es pas bavard.mais t'es beau, Dis-moi ton nom.\u201d \u2014\u201cQu'en ferais-tu,?\" e \u2014\u201cJe le répéterais toute la nuit, mon coco.Puis demain, tu m'embrasserais avant de me quitter.Pourquoi souris-tu comme ça?\u201d \u2014\u201cTu voudrais que je te quitte ?\u201d \u2014\u201cNon, jamais.Tu resteras toujours avec moi, mon chou, mon -petit lapin d\u2019amour.\u201d La fille s\u2019était graduellement affaisée sur la table.Elle dormait.Un phono nasilla un refrain à la mode : I wanna Be Loved.Etre aimé, c\u2019est beaucoup plus que cela.Il failait aussi aimer.Il avait dû aimer, déjà.Aimer sa mère, son père, peut-être sa femme ?Non, il n'avait pas de femme, il le sentait.Aimer, aimer qui ?Dieu ?; La tête lui tournait.L'air frais le ranima sous les arbres.Le voici dans une allée du parc, face à l'immense hôtel.Un jeune homme s'approche.Les regards se rencontrent.Sa voix est douce, son allure très jeune.> \u2014\u201cJe m'appelle Marc.\u201d Silence\u2014\u201cVous permettez que je vous parle 2\u201d Et Marc\u201d\u201céclate en sanglots.On s\u2019assied sur un banc, face à un monument qui fait peur .dans la nuit.\u2014\u201cMa mère vient de mourir.Je ne pouvais dormir, alors j'ai pensé.excusez-moi, je ne vous importunerai .pas plus longtemps.\u201d Marc se leva et disparut dans l'ombre, ) L\u2019autre demeura coi.Singuliére rencontre.Un fille de joie qui s'offre, un jeune homme annon- _ ce la'mort de sa mère et s\u2019enfuit.Pourquoi \u201cfille de joie\u201d ?Est-elle plus heureuse que Marc, ce soir ?Joie du corps, déchirements de l'âme.Quelques minutes puis, Marc au bras de la blonde.Il s'agit d'oublier.Lui aimerait se souvenir.Les yeux mi-clos, il imagine un esprit tout-puissant qui se penche sur la ville, sur toutes les villes.Il pleure, cet esprit.H pleure sur les hommes.Impossible.Impossible qu\u2019il se soit trompé ! Il\u2018 ne peut faire erreur.Il n\u2019est pas, cet esprit.Il n\u2019est pas là, contemplant comme je le ferais le chaos qu'il a sorti du néant.Les parfums de Paris \u2019 11 marcha sous les arbres.Il se sentait seul, atrocement seul, niers \u201cinventés\u201d apportent leur tribut à la renommée des parfumeurs français.Voici le \u201cTweed\u201d de Lenthéric, jeune et frais, duquel se dégage ce rien de chypre et de mousse qui évoque les sous-bois et s'allie à merveille à l'aspect \u201csport\u201d du tissu dont il porte le nom.A l'inverse) le \u201cTrésor\u201d de Lancôme est un parfum chaud, tenace, profond, épicé, enchanteur, qui fait songer aux belles nuits d'Orient.\u201cL'esprit du Faubourg Saint- Honoré\", du fourreur Jungman est, naturellement, un parfum doux destiné aux fourrures.Sa premiére bouffée sent le jasmin, mais un rien de muse l'apparente 3 Yodeur un peu animale que dégage le pelage d\u2019un jeune chat.\u201cAtuana\u201d de Guerlain, poivré, aux senteurs exotiques, ambré, s'exalte particulièrement dans les fourrures qui en atténuent la violence, \u201cCoup de chapeau\u201d de Gilbert Orcel, très fin, très doux et féminin, suave et distingué, sent légèrement la rose, l'iris et le santal.Fraiche, 1a nouvelle eau de toilette de Yardley, \u201cL\u2019eau de lotus\u201d, est la réplique pour la femme de la délicate eau de Lavande qui a déja si bien conquis tous les hommes raffinés et que les Francais ont adoptée comme un parfum de chez eux.\u201cMoscou Rouge\u201d sent bon.ELON de récentes statistiques, la production des parfums cosmétiques et produi*- assimilés a plus que décuplé.pendant les dernières années.De nouveaux produits sont mis au point chaque jour par des spécialistes; crèmes vitaminées, brillantines variées et cosmétiques sont mis en vente et favorablement accueillis par le public, aussi bien pour leur qualité que pour leur flaconnage et leur présentation \u2018souvent très artistique.En ce qui concerne les parfums en vogue, ceux qui sont les plus appréciés portent les noms évocateurs de \u201cKremlin\u201d et de \u201cMoscou Rouge\u201d, et n'ont qu'un grand rival au nom de fleur, le \u201cMagnolia\u201d Petits consells PARTOUT, L'INSOUCIANCE SEMBLE REGNER \u2014 en maître \u2014 et parmi les écoliers, plus encore.Avez-vous remarqué qu\u2019ils semblent préférer porter leurs livres d'école sous le bras plutôt que dans le fameux sac d'école ?sans se soucier de la pluie ou du mauvais temps qui ruinent complètement livres et cahiers.Pour obvier à cette mauvaise habitude, de donner aux enfants un de ces sacs en pliofilm et s\u2019il arrive de pleuvoir, les livres pourront être aisément et rapidement glissés dans ce sac qui les protègera en cours de route.sans dieu, perdu.À quoi pense- rait-il demain, quand il se retrouverait avec les idées de l'homme qu\u2019il avait été, dans l'univers de cet autre qu\u2019il voulait maintenant retrouver ?Il pressa le pas.Dans les reflets multicolores des réclames commerciales, il courait toujours.En face de l\u2019hôtel Windsor un chauffeur de taxi qui l'avait évité de justesse lui cria : \u2014\u201cTu seras surpris quand tu arriveras dans l'autre monde, té- te de lard!\u201d A bout de souffle, il donna son numéro de chambre au gargon d'ascenseur.Un messager le suit dans le couloir et s'arrête en même temps que lui, devant la porte de sa chambre.\u2014*\u201cVous occupez le 1666 ?\u201d \u2014\u201cOui.Pourquoi ?\u201d \u2014\"Un colis pour vous.Bonsoir.\u201d Et disparut le jeune homme, \u2018laissant l'autre ébahi.Il s\u2019em- | presse de vérifier l'adresse.Aucun nom.Seulement : \u201cChambre 1666, Hôtel Laurentien.\u201d Il est devenu très nerveux.Ses doigts trmblent quand il arrache le papier d\u2019emballage.La chambre est remplie d'une chaleur humide, des rires et des cris des jeunes gens qui dansent, des rythmes primitifs d\u2019un orchestre qui ne se fatigue pas.Voici la boîte de carton.Il n\u2019ose l'ouvrir.Une éternité.La boîte semble chargée d\u2019explosifs.La ficelle se rompt.Un papier mince se déchire.Il sent que l\u2019autre va se manifester.Il veut savoir, Il ne respire plus.| Une longue étoffe noire qu\u2019il déplie.Une soutane de prêtre.nous vous conseillons ' Mon journal 16 MARS.\u2014 On fêtera cette année le quatrième centenaire de Rabelais.C\u2019est un \u201con\u201d bien aho- nyme.En Franée, fl y aura des promenades littéraires ; revues et journaux préparent des numéros spéciaux ; les académies et groupements de gens de lettres prendront l'initiative d\u2019une commémoration efficielle.Le truculent Tourangeau mérite bien cela.Je Teprends ce soir Gargantua, que je n\u2019ai pas ouvert depuis au moins cing ans, et m\u2019émervellle une fois de plus a constater comme il a peu viellli.Cette gaieté de Rabelais traverse les siècles et recueille les échos de dizaines et de dizaines de générations.C\u2019est un signe de permanence et de grandeur.Rabelais est à l\u2019origine de l\u2019une des belles familles de la prose française ; rien ne s'oppose à ce que mous goiitions la langue chantournée de Giraudoux, celle, altière, de Montherlant, ou celle, grave et appliquée, de Gide, mais le flot torrentueux du moine-médecin nous arrive, chargé des alluvions de toute la robustesse française.Il faudrait bien ne pas laisser complètement dans l'ombre cet anniversaire, d\u2019autant moins que Rabelais a parlé des voyages de notre Jacques Cartier.Fera-t-on quelque chose ?Le précédent Balzac n\u2019est guère encourageant.Il ne devrait pas suffire à interdire toute initiative.17 MARS.\u2014 J\u2019achève le roman de Jean-Charles Harvey.Comme je souhaiterais ne pas avoir à rédiger quelques lignes de recension ! Il pourrait interpréter mon silence comme une attitude dédaigneuse de mépris, ce qui est bien loin de ma pensée ; l\u2019homme me plaît bien et je sais trop l\u2019effort déployé par l'écrivain en des temps difficiles pour feindre d\u2019ignorer sa présence.Lui décerner des éloges serait un mensonge indigne de lui et de moi.J'ai été honnêtement déçu.Il y a bien longtemps que je n\u2019ai lu un roman de Harvey ; peut-être ai-je un peu oublié sa manière et l\u2019ai- je un peu porté dans mon souvenir au-dessus de lui-même ?II y a aussi ce fait que, depuis ses débuts, il y a eu Panneton, Roy, Guèvrement, Charbonneau, Giroux, Elie, Langevin, quelques autres aussi, notamment Thérèse Tardif que j'aurais grand tort d'oublier, et que nous sommes devenus par conséquent plus difficiles.Dommage ; Harvey s\u2019est appliqué à un effort loyal et j'aurais sincèrement partagé sa joie d\u2019une réussite.18 MARS.\u2014 J'éprouve un certain sentiment de gêne à prononcer une causerie devant les membres du Club Kiwanis-Saint-Lau- rent, J'ai été leur invité à plusieurs reprises ; seule me rassure leur simplicité cordiale.Je suis d'autant moins à mon aise que d'ai choisi de traiter d\u2019un sujet passablement aride : la question sociale envisagée sous l\u2019angle des différends industriels.Pourquoi m'être arrêté à ce thème de réflexions plutôt qu'à un autre ?On pourrait bien dire que ce n\u2019est pas ma partie.C\u2019est un argument qui ne pése pas lourd i mes yeux ; à ce compte-là, seuls les architectes auraient le privilège de se prononcer sur les monuments.Je respecte beaucoup les spécialistes, leur rôle est nécessaire ; je pense aussi que la question sociale touche, par définition, tous les hommes, et que chacun d\u2019eux a le droit d\u2019avoir ses opinions, et de les exprimer en toute franchise.bar .Roger DUHAMEL 19 MARS.\u2014 Brève visite à mon bureau de Gérard Morisset.Je le connais depuis déjà pas mal d\u2019années et il n\u2019a guère changé.Toujours rapide, l\u2019oeil gouailleur, le parler précis souvent interrom- Pu par un rire en cascades, tout l\u2019intéresse et le captive.II abat une besogne considérable, sans effort apparent, dans la joie de l\u2019oeuvre bien faite.Il a beaucoup accompli pour nos arts et nos artistes.Il a aussi un talent d\u2019écrivain que les circonstances ne lui ont pas fourni l\u2019occasion de mettre pleinement en valeur.Je conserve un bon souvenir de sa nouvelle \u201cNovembre 1775\u201d.J'ai peut- être tort d\u2019écrire \u201cun bon souvenir\u201d, puisqu\u2019à la réflexion, je me demande si je ne me trompe pas de titre.C\u2019est le contenu qui importe.20 MARS.\u2014 A la radio comme dans les journaux, on cede a une véritable psychose d\u2019optimisme.Les derniers gestes de Malenkov poussent beaucoup de gens a s'imaginer que nous allons vivre dans une nouvelle Arcadie.C'est bien mal connaitre le passé du personnage ; c\u2019est aussi méconnaître la pensée de Marx, de Lénine, de Staline, dont il est I'héritier direct.Des modifications tactiques n\u2019entraînent pas forcément un changement de stratégie.Evidemment, c\u2019est le printemps et les coeurs versent facilement à la sentimentalité.Pas plus qu\u2019une hirondelle, une colombe, même pas celle de Picasso, ne fait le printemps.Elle n\u2019est qu\u2019un signe, souvent trompeur, et si fragile.21 MARS.\u2014 Chez des amis, Jassiste 2 une séance de télévision ; j'ai peu l'habitude de cette nouvelle merveille de notre ère.Une joute de hockey m'intéresse vivement.Je suis un fervent de ce sport et j'admire beaucoup le jeu des caméras suivant à la seconde près les mouvements de la .K.-S5F , UN PRODUIT DE LA BRASSERIE DOW LIMITEE rondelle.Rien d'essentiel ne nous échappe ; c\u2019est de l\u2019excellent travail et qui laisse bien augurer de l'avenir: Je n\u2019en saurais dire autant d'un programme (transmission par kinéscope) auquel je participe.Mes compagnons habituels ne me paraissent pas à leur avantage ; quant a mol, je fais un acte intérieur d\u2019humilité.22 MARS.\u2014 II fait beau.Qu\u2019ajouter davantage ?Pour un ciel radieux après quelques jours assombris, nous sommes prêts à publier tous nos soucis.Ce besoin de lumière correspond-il à un obscur atavisme venu du fond des âges?Ah! nous demeurons bien les fils, dans nos espaces nordiques, de la civilisation méditerranéenne! Ou du moins nous nous limaginons et Peffet n\u2019est pas tellement diffé- rent.Ce regain de vie stimule le goût des voyages, du déplacement.A la maison, G.et ET.dressent des plans pour leur prochain séjour aux Etats-Unis, Avec eux, nous choisissons des pièces de théâtre.C\u2019est déjà agréable d\u2019en parler.23 MARS.\u2014 Le conseil de la Société des Ecrivains se réunit à midi\u2019 au Cercle.Après avoir expédié la besogne courante, je saisis l\u2019occasion pour mentionner mon projet d\u2019une modeste commémoration Rabelais.On semble agréer la proposition.Nous devrons en discuter à nouveau au cours d\u2019une prochaine séance.Il devrait être possible d\u2019élaborer une soirée Rabelais pour l\u2019automne.Je me rends, quelques instants seulement, à l\u2019Ecole du Meuble, pour répondre à une invitation de Jean-Marie Gauvreau.Quelques artisans y exposent leurs oeuvres, d\u2019un fini, d\u2019un goût et d\u2019une qualité remarquables.Gauvreau recueille un peu plys chaque jour le fruit de son labeur, de sa propagande obstinée.24 MARS.\u2014 Mort de la reine douairière Marie.Un camarade raconte à ce sujet une anecdote amusante.Prévoyant l\u2019_événement un poste radiophonique d\u2019Australie avait fait enregistrer un disque de circonstance.Dès que la neuvelle est confirmée, l\u2019opérateur interrompt le programme en cours et se précipite sur le disque, qui commence à tourner.Catastrophe: on apprend aux auditeurs, d\u2019une voix pleine de componction, le décès du Right Honourable Winston Spencer Churchill! Erreur (de disque) n\u2019est pas compte.C\u2019est à voir.25 MARS.\u2014 J'écoute un ami me déclarant : Je reçois beaucoup de textes, mais il en est peu qu\u2019il ne faut pas récrire.Des idées originales, parfois, c\u2019est entendu, mais des maladresses, des fautes grossières d'écriture.Je ne puis que lui donner raison.Quiconque publie un journal, une revue, -un périodique, subit la même expérience.Il y a beaucoup d\u2019appelés, mais peu d'élus.Mes colères Yves THÉRIAULT MALHONNETEMENT, on déduira de mes articles précédents que je suis francophobe.Qu\u2019entre autres choses, pécheur invétéré, je méprise la culture française, Et pourtant non.Je ne souhaiterais rien de meilleur qu\u2019un séjdur en térre française.Il y a des sources là-bas où puiser.Il y a dès grandeurs desquelles s\u2019inspirer.Le malheur, c\u2019est que beaucoup de jeunes Canadiens (même et surtout parmi les boursiers) vont là-bas, êt reviennent plus français que les Parisiens.Et ce qu\u2019ils ont appris durant leur séjour, ils ne le mettent pas au service du Canada, comme on devrait s\u2019y attendre, surtout de boursiers dont le voyage fut payé à même les deniers publics.Non seulement ils ne le mettent pas au service de la culture canadienne, ce nouveau bagage, mais encore ils se font ici les champions d\u2019une francophilie effrénée, oubliant que charité bien ordonnée .Entendons pérorer ces petits-maîtres, crachant sur le Canada et l\u2019oeuvre canadienne et ne jurant que par des oeuvres dont, souvent, ils ne connaissent même pas le \u2018 Prémier mot.Il y a la mode des dessous de nylon pour les dames qui aiment friser l\u2019indécence, il y a aussi la mode de la francophilie .On obsérve les modes que l\u2019on péut.- L'AUTORITE, 25 AVRIL 1953 ede 4, a PSE.\u2026 \u2026 - .PAGE TROIS .L'histoi re d'un fer a friser - ans, de Rigaud, est une fille forte en muscles, mais trés bien répartie, ayant poussée saine et forte dans la belle campagne du Québec.\u2018 Elle pèse To livres, avec tresses brunes et des prunelles vertes, Le tout ne manque pas de charmes.Mais ces appas n\u2019ont pas empêché Gaby de subir son procès aux Sessions de la Paix, pour avoir gravement blessé monsieur Alphonse, un voisin, en le frappant au visage avec son fer à friser, Le procès'a eu une saveur de terroir et Alphonse a relaté au tribunal : \u2014Le quatorze février dernier j'arrive chez nous à neuf heures du soir.J'étais à peine entré que j'entends un coup de pieds dans ma porte.Ma digne femme me crie d'aller ouvrir.J\u2019ouvre d\u2019aguet et me voilà face à face avec Gabrielle, Je lui demande: \u201cEst-ce que cela te prend souvent ?\u201d Elle me répond furieuse : \u201cPapa est- il ici ?.Tu ne sais pas qu'il s'amuse avec ta femme ?\u201d Moi je lui dis: \u201cDes cancans je n\u2019en veux pas et va te coucher.\u201d C\u2019est alors que sans me répondre elle m'assomme avec son fer à friser qu\u2019elle tenait dans sa main droite.Le ministère public produit un compte de cinq dollars pour réparer les \u201cfrisons\u201d sur le facies d\u2019Alphonse, compte envoyé par le médecin du village, puis le juge rappelle le plaignant et lui demande : \u2014Etiez-vous soir-là ?\u2014Je vous demande pardon, Son Honneur.Pas quand elle est venue.(Alnhonse!) F5 ee = X, belle de 21 en boisson, ce La défense L'avocat de Gabrielle appelle une amie\u2018 de l\u2019inculpée, Juliette, de Montréal, qui affirme : par Adolphe NANTEL \u2014Monsieur Alphonse s\u2019est pris en deux fois pour frapper Gaby.Elle s'est reculée vite et il est tombé sur un arbre pour se blesser au front.\u2014Comment est-il tombé ?\u2014Parce qu\u2019il s\u2019est retourné trop raide, Vous auriez tombé, vous aussi, Son Honneur.\u2014Vous avez pu constater l'ivresse d'Alphonse ?La place des poètes est dans la politique ECEMMENT, on rappelait R dans ces pages, le langage politique du ministre français des Affaires étrangères, l\u2019élégiaque Georges Bidault qui sait, du vil plomb des conjonctures politiques, tirer de belles phrases d\u2019or.À son arsenal de distiques célèbres (\u2018les huiles remontent sur le toit\u201d ou \u201cles frontières sont les cicatrices de l\u2019histoire\u201d) M.Bidault en a ajouté de nouvelles, lors de son récent voyage sur notre continent.Le ministre évoquait le besoin qu'ont les Alliés de\u2019 se tenir sur leurs gardes, tandis que le Russe change de masque et nous offre son sourire exquis, et M.Bidault, que Winston Churchill appelle \u201cle cher petit homme\u201d, a exprimé ainsi sa pensée : \u201cOn n\u2019insulte pas l'orage quand on garde son parapluie ouvert pendant l'éclaircie.\u201d Joli, n'est-ce pas! Et voilà soudain que le symbolisme, au service de la politique militante, gagne du terrain.Ces jours derniers, à l'ONU, le digne délégué du Royaume-Uni, Sir Gladwyn Jebb en personne, lors de la discussion sur la guerre bactérienne, se met à 'déclamer en pleine Commission politique : \u201cLe vent rafraîchissant qui souffle actuellement de l'Est, et qui permettra peut-être un armistice en Corée, balaiera la campa- Ene des microbes et les nuages de propagande qui, plus que tout autre miasme émpoisonnent l'at-e mosphère internationale\u201d.On reconnaît là, outre une grande virtuosité dans l\u2019usage de l\u2019aliusion, la passion qu'ont toujours eue les Britanniques pour les choses de la météorologie.Dans cette même séance de l'ONU) le représentant français, marchant hardiment sur.les traces de son Ministre, lança à son tour cette phrase qui étonna les traducteurs enfermés dans les cabines \u2018de verre: \u201cIl ne faut pas, par des, paroles violentes, effaroucher les hirondelles, annonciatrices de paix, qui semblent se réunir dans le ciel\u201d.Voild qui réconforte une catégorie d'intellectuels peu favorisés en notre temps ; nous avons nommé les poètes, et particulière- meñt nos poètes canadiens, ces pauvres diables que leur art ne nourrit pas, et qui s\u2019en vont, amers, suçant les mamelles d\u2019une muse qui dispense volontiers l'inspiration, mais rarement la prospérité.> Mes amis, réjouissez-vous, votre heure va venir, voyez : les politiciens, les gouvernants, mobilisent le Parnasse ; ils ont besoin d\u2019épigrammes et dé fondeaux, de virelais et de villanelles, ils veulent utiliser l'octosyllabe et l\u2019alexandrin.\u2026.Bientôt, les poètes deviendront conseillers techniques des ministres, tant à Québec qu\u2019à Ottawa, aux Nations Unies qu'à Paris.| Poètes, réjouissez-vous, un jour viendra où, grâce à vous, le premier ministre lancera en pleine assemblée des phrases comme celles-ci : \u201cLes flots d\u2019or que je ferai cascader dans la vallée, empêcheront la palme de fleurir de l'autre côté des monts\u201d.Ce sera plus délicieux, il est vrai, mais pas moins rassurant.Louis MARTIN-TARD L'art dans e la vie.style nouveau dont on par- E L le depuis quelques .années avec passion, dédain ou enthousiasme, n'a pas attendu le mois d'avril 1954 pour faire son apparition à Paris, bien que cette date, qui est celle fixée pour l\u2019exposition de l'habitation, ait été arrêtée par tous ceux qui s\u2019intéressent aux arts appliqués ou aux arts tout court.Pour se faire une idée du style nouveau, il faut simplement dller visiter l'immeuble de la Cegedur, au coin de l\u2019avenue Marceau et de la rue Euler.Récemment construit dans le plus beau quartier résidentiel de Paris, ce building couvre une surface totale de 6,- \u201c860 mètres carrés : il est évidemment doté de tous les perfectionnements les plus nouveaux.Son aspect extérieur indiscutablement moderne n\u2019est nullement déplacé au milieu des hôtels particuliers anciens qui l\u2019encadrent, mais son aménagement intérieur comme sa construction répondent au rythme accéléré de notre temps.Pour l\u2019édifier, les architectes ont utilisé les matériaux les plus nouveaux; pour l\u2019aménager, les décorateurs, sans s'éloigner trop des traditions fondamentales de l'installation d'un immeuble commercial en France, ont employé judicieusement tous les éléments dus au progrès et à la science d'une époque où la technique joue le premier rôle, Certains principes de construction y ont été mis à l'épreuve, .par exemple les parquets flottants et l'isolation phonique.Afin de permettre tous changements ultérieurs dans les cloisonnements, plafonds et 50] ont été faits d'une seule pièce.\u2018 Ci = \\/ + \u2014Oui, mais c'était l'ivresse du whiskey.Je l'ai méme senti, (pas livresse Juliette) et je l\u2019avais vu sortir de la taverne avant.\u2014AÂAvez-vous entendu Gabrielle crier à la victime : \u201cSi tu es un homme, tu vas descendre de ton perron ?\u2014Elle n'a jamais dit ces mots.Belle=maman .\u2014J'ai vu ma belle-fille frapper a la porte, pas avec son pied mais avec sa main.Elle a remis une lettre & monsicur Alphonse, lettre que sa femme lui avait en- - voyée pour le Saint-Valentin du 14 février et contenant les plus sales injures.Alphonse était ivre et, en sortant il a crié à Gabrielle : \u201cJ'en ai assez et je vais te régler ça\u2026 Il y a longtemps que je désire te battre et le moment est venu.Ma belle-fille se sauve, il part après, trébuche et tombe sur une petite souche.Jamais Gaby traîne son fer à friser avec elle.Au tour de Gaby L'inculpée se défend et expo- \u201cse: \u2014Au bureau de poste je reçus deux Valentins de la femme d'AI- phonse.Elle me disait les pires insultes qu\u2019une personne ne doit jamais dire et moi je lui répondis par lettre, mot pour mot.Le juge lit la lettre de la femme d'Alphonse, puis celle de Gabrielle et lui demande : \u2014Vous dites ceci dans votre lettre: \u201cFais attention j'ai mon fer à friser et tu vas y goûter\u201d.Pourquoi cette déclaration ?\u2014J\u2019étais furieuse parce que mon père est toujours rendu chez cette femme.Mais je n'avais pas de fer à friser.Elle m'a bien dit dans sa lettre qu\u2019elle avait une tête de cochon et qu\u2019elle garderait papa tant qu\u2019elle voudrait.En arrivant chez Alphonse, je lui ai simplement dit : \u201cViens sur le trottoir.Je te parlerai en femme et tu me répondras en homme.\u201d \u2014Etait-il ivre?s'enquiert le juge.\u2014Oui.Il avait bu du \u201cgin\u201d.Je déteste tellement cette boisson que je la sens à* deux milles.(Quel nez, quel nez, mais soit dit sans allusion.politique).Le juge demande encore: \u2014Vous dites ceci à madame Alphonse : \u201cTu ne sais pas écrire, (une autre pardi!).Mange moins de chocolat et plus de viande, et ne sort pas sur ta galerie sans robe de chambre ?\u201d \u2014C'était pour répondre à ses insultes, Votre Honneur.Et \u201cVotre\u201d Honneur ajourne son jugement, ayant un autre problème de \u201cbon voisinage\u201d à régler.A travers nos restaurants Au Café d\u2019Anjou OUR commencer ma tour- P née a travers les restaurants de notre bonne ville de Montréal, j'ai choisi un petit coin où l\u2019on mange comme* chez soi.Je sais que, d'ordinaire, les femmes qui vont au restaurant aiment à commander des plats exotiques et compliqués qu'elles ne songeraient pas à faire chez elles, ce qui est de la bonne logique, toute féminine qu'elle soit.Mais, comme je suis une de ces flemardes qui trouvent qu\u2019acheter, éplucher, mettre à cuire, sentir cuire et manger, c\u2019est vraiment trop compliqué, j'ai fini par dénicher le restaurant de mes rêves où je peux déguster de la cuisine simple, sans les inconvénients vaisselle et le reste.Il n\u2018y a pas longtemps, mon petit restaurant français s'appelait encore (ô logique française) \u201cFrench Restaurant\u201d.I arbore maintenant une enseigne neuve : \u201cAu Café d'Anjou\u201d, et sert aux clients qui deviennent vite des habitués, deux menus, l\u2019un à $0.75 et l'autre à $1.00, avec potage, plat de viande, légumes ou salade et dessert; le tout délicieux, et pas cher, vous en conviendrez.Les spécialités de la maison : le cog au vin, les tripes à la mode de Caen, la choucroute et autres plats à des prix fort abordables.- Le patron est toujours de bonne humeur, les serveuses ont le sourire et l'accent savoureux, et, comme dans tout restaurant qui se respecte, les recettes demeurent des secrets qu\u2019on ne révèle pas aux clients.J'ai eu beau faire les sourires les plus enjôleurs de mon répertoire, le chef n\u2019a jamais, voulu me donner la re- cétte de sà salade.Tout ce que j'ai pu obtenir comme renseignements, après maintes et maintes palabres (et cela pourrait se Mon tour du monde RAYMOND Cartier, le jéurna- liste dont les reportages sont connus de tous lès lecteurs de la revue \u201cMatch\u201d raconte un voyage qui commence à Berlin et s'achève en Corée, Il s'est déroulé au cours de l\u2019année 1952 qu\u2019on peut regarder comme \u2018une année de pause après de grands événements : invasion de la Corée, conquête de la Chine par, le communisme, blocus - de Berlin et partage de l'Indechanter sur l\u2019air de \u201cSavez-vous planter les choux ?) c\u2019est que la salade : \u201con la tourne avec les doigts!\u201d A part cela, motus.Tous les quinze jours, il y a le fameux repas aux chandelles.Pour cette occasion, on installe toutes les tables à la queue-leu- leu, et les convives (une quarantaine environ) y prennent place et font connaissance en dégustant un repas soigné (2 dollars par tête de- pipe !').Au dessert, un chanteur se fait entendre (c'était Noël Guyves, l\u2019autre soir) et toute la tablée reprend en choeur les refrains.Mais, je m'aperçois que je ne vous ai pas encore donné l\u2019adresse du Café d\u2019Anjou.Au moment de le faire, j'ai un peu ce sentiment mélé que toute femme .qui donne l'adresse de sa couturière ne peut s'empécher d'éprouver : la satisfaction d'avoir trouvé la \u201cperle\u201d et la peur de la perdre.Mais, je suis bonne fille et n'ai pas de secrets : Le Café d'Anjou est \u201csis\u201d (\u201cpour parler comme du monde !\u201d) rue Victoria, entre Burnside et Sherbrooke.C'est là que vous pourrez manger le fameux bifteck-pommes-frites de la maison, et j'espère qu'après y avoir goûté, vous ne vous étonnerez \u2018plus que cela soit devenu le plat national des Français.Monique BOSCO Tél.Résidence: VE-6672 = Bureau: BE-8646 CLAUDE MAILHIOT Docteur en Psychologie DE l'Université de Moutiéal PAGE QUATRE L\u2019AUTORITÉ Le plus vieil hebdomadaire de langue française de Montréal.Bureaux à Chambre 524, Edifice Canodo Cement, Montréal (2e) ; tél.: Loncaster 8592.Imprimé à Beauceville par |\u2019\u2019Eclaireur\u201d.Autorisé comme envoi postal de deuxième classe.Ministère des Postes, Ottawa.Directeur : Gérard Gingres.Secrétaire de la rédaction : Michel Roy.L'AUTORITE, 25 AVRIL 1953 : Lettre de Paris \u201cJe suis un homme libre\u201d par Francois Hertel Abonnement annuel : encaissable au pair à Montréal.$4.00 payable d'avance par mandat-poste ou par chèque Conséquences d'un refus d'annoncer une augmentation annuelle de cinquante \u2018dollars dans les frais de scolarité.Cette hausse est rendue nécessaire par la nouvelle échelle de salaires des professeurs et répétiteurs qui entraîne des frais supplémentaires annuels de près de $235,000.Dans son communiqué le bureau de direction de l'université souligne qu'on a dû en venir à cette mesure regrettable, du fait que la décision de M.Duplessis de refuser les octrois fédéraux, prive cette institution d\u2019un revenu anuuel \u2018de $165,000.Les directeurs précisent même que, n'eût été ce veto de la part du premier ministre, les augmentations de salaires aux professeurs auraient été plus consi- L\u2019 direction de l'Université McGill vient dérables.Voilà un autre résultat concret de la politique à courte vue de M, Duplessis.Dans l'esprit de chacun, ce refus des octrois fédéraux, devait correspondre à une aide financière provinciale à la cause de l'éducation.Mais M.Duplessis s'intéresse davantage à la voirie qu'aux universités ; le budget des pères de familles s\u2019en trouvera grevé de cinquante autres dollars et les professeurs devront attendre pour obtenir l'augmentation qu'ils souhaitaient.4 Le.communiqué de l'Université McGill est tout à fait clair.On n'hésite pas à relier l'effet à la cause et à \u2018cultés financières au refus des octrois d'Ottawa.À l'Université de Montréal, évidemment, il convient de prendre plus de précautions.On s'en tient aux suggestions respectueuses et on annonce tout simplement aux professeurs de ne pas trop compter sur la contribution de 1'Université à leur fonds de pension.Les frais de scolarité n'ont pas encore été augmentés ; du moins on ne l'a pas encore annoncé.Ce sont les professeurs qui paieront de leurs deniers.Souhaitons qu'il ne leur prenne pas envie d'aller travailler däns les mines d'amiante où ils seraient mieux rémunérés, Mais le premier ministre ne semble pas être.ému outre mesure par cette crainte.Depuis qu'il a annoncé que les universités seraient pri- vécs de l'aide fédérale, il n'a pas bougé.La conférence de Me Faribeau et ses timides revendications n\u2019ont encore obtenu aucun résultat.On demeurera dans l'attente et-dans l'anxiété jusqu'à ce qu'il plaise au premier ministre de sortir de sa léthargie et d'annoncer à la population de quelle manière il entend régler la question financière des universités.attribuer ouvertement ces diffi- L'esprit de la Constitution UR tous les tons on nous a G dit \u2014 avec raison \u2014 que les Canadiens français devaient se considérer chez eux d\u2019un océan à l'autre; voici que les statistiques appuient cette proposition.Selon le dernier recensement on compte un cinquième des Canadiens français, soit environ un million, hors de la province de Québec ; ils forment 40 p.100 de la population du Nouveau-Brunswick et ils sont plus de 500,000 en Ontario.Leur influence politique, proportionnée à leur nombré, pèse dans quelques circonstances électorales de la Prairie et de la Côte du Pacifique.C'est en tenant compte de cette réalité que ie gouvernement fédéral a décidé, ce qui semble conforme à l'esprit (non à la lettre) de la Constitution, de n\u2019émettre Plus que des chèques bilingues dès que ce sera possible au lieu de chèques libellés en français pour la province de Québec et en anglais pour le reste du Canada.Et c'est pour nous l\u2019occasion de rendre hommage à M.Saint-Lau- rent, à ses collègues dont M.Howe, et surtout à certains groupements qui revendiquent sans cesse les droits réels ou imaginaires du français, Avec ces groupements nous sommes parfois en désaccord, surtout quand ils confondent le patriotisme et l\u2019esprit revendicateur, le nationalisme et l'exploitation politique d\u2019un déplorable complexe d'infériorité et de préjugés surannés, et quand ils veulent jeter I'anathéme sur des gens qui respectent infiniment plus qu\u2019eux la culture française, Ces groupements avec leurs défauts seront nécessaires tant qu'il restera des imbéciles pour nous inviter à \u201cspeak white\u201d en temps de guerre, tant que des parlementaires ne comprendront pas que nous sommes fondés à nous prétendre, à la moindre provocation, les plus authentiques Canadiens (après les Indiens) par droit d'ancienneté.On a pu s\u2019étonner de voir M.Howe mentionné dans le contexte de cet article.On le sera encore plus d'apprendre (si on l'i- Enore) que cet excellent administrateur, ce grand homme d'\u2019affaires qui ne parle malheureusement pas notre langue, devient le meilleur allié des Canadiens français dès qu\u2019il trouve le temps de se faire expliquer les raisons profondes de nos légitimes revendications.et des autres.Sa derniére intervention dans ce domaine eut pour résultat de consacrer le mot composé \u201cAir-Canada\u201d comme l'équivalent officiel et logique de \u201cT.C.A.\u201d.Quand on est au fait de ses lourdes responsabilités et de son peu de goût pour les jeux de la politique, on ne peut qu\u2019admirer que M.Howe accepte de s\u2019intéresser à de telles questions.D'autant plus que c'est en ver- Chaplin et les HARLIE Chaplin ne rentrera pas aux Etats-Unis.Du moins, pas de sitôt.A ce pays où il a vécu de longues années de gloire il vient de dire un sec et amer au revoir ; peut- être même adieu.Voici les faits.Né en Angleterre et arrivé à Hollywood au début du siècle (et du cinéma), - Chaplin a passé quarante ans chez les Américains.Mais jamais il ne s'est fait naturaliser, et au- jourd\u2019hui encore il est citoyen britannique.Chaque fois qu'il voyage, il lui faut donc au retour le \u201cpermis d'entrée\u201d de l'étranger.Ce fut longtemps simple formalité.Mais avec la guerre froide et la croissance de l'inquiétude américaine, c\u2019est devenu un tamis auprès duquel le trou d\u2019aiguille de l'Evangile est une porte à deux battants.L'automne dernier, au lende- .main de son départ pour l\u2019Europe, les autorités ont donc averti Chaplin que, cette fois, il ne.pourrait se servir du \u201cpermis d'entrée\u201d qu'après avoir démontré clairement son admissibilité \u2014 like any other alien.Il s'agissait pour lui de prouver que, en dépit de certains procès retentissants de 1944, il n\u2019a pas les moeurs 2g deg eo Te Mg malgré son impitoyable Monsieur Verdoux dont certains ont confondu le cri social avec un discours politique, il n\u2019est pas un fellow-traveller.À cette dernière accusation, le grand homme de cinéma s\u2019est contenté de répondre jusqu'ici : \u201cJe ne suis qu\u2019un fauteur de paix\u201d.Vrai ou faux ?Chaplin juge indigne de lui toute comparution devant une commission d'enquête.On lui demandait, pour la première fois de sa carrière, de frapper humblement et chapeau bas à une porte.Il refuse.II n\u2019est pas refusé, c\u2019est lui qui refuse.(\u201cLe ministère de la justice, dit la dépêche de Washington, annonce que le comédien, âgé de 68 ans, a remis volontairement et sans explication son permis d'entrée aux représentants du State Department, à Berne, Suisse\u2026\u201d) Il n\u2019est pas condamné, même pas accusé officiellement de quoi que ce soit.Le fils centre le père \u2018Sur ce, lisons une récente \u201ccolonne\u201d de Mme Hedda Hopper, chroniqueuse du cinéma qui fonctionne, entre autres journaux, au Daily News de New-York tu de l'esprit, précisons-le de nouveau, et non de la lettre de la Constitution, que le français gagne chaque jour du terrain, que le billinguisme progresse au Canada, L'\u201cActe de Amérique britannique du Nord\u201d de 1867, en effet, ne décrète nullement que le Canada est ou deviendra un pays bilingue.Tout'au plus dit-il que l\u2019on peut employer le fran- ¢ais ou l'anglais dans les débats du Parlement, du Sénat et des deux \u201cchambres\u201d de la Législature de Québec et que l\u2019on emploiera ces deux langues dans les documents officiels de ces assemblées délibérantes (in the respective records and journals of those Houses).On ne saurait donc prétendre que les chéques du gouvernement fédéral sont des documents officiels du Parlement ou du Sénat ; ils sont des documents de l\u2019administration.Air-Canada et Radio- Canada sont des créatures, des émanations, deseagences ou des délégués de I'Etat.Si 'on n\u2019avait pas d\u2019abord fait admettre par des esprits libéraux (il s'en trouve dans tous les partis) que la Constitution dût être interprétée selon l'esprit des Pères de la Confédération plus que selon la lettre, et si la majorité des Canadiens anglais ne voulaient pas la paix, beaucoup de nos revendications seraient singulièrement dénuées de poids ! Michel DUFRESNE (deux millions quotidiens).: \u201cIl y a quelques semaines, écrit Mrs Hopper, j'ai dit que Charlie Chaplin Jr, ne devait pas' être blâmé pour les actes de son père et qu'on devrait cesser de bloquer sa carrière à Hollywood.En autant que j'ai pu m\u2019en assurer, Charlie Jr., est un gars bien pensant (a right-thinking kid) qui travaille ferme à se faire un nom a lui.\" Voici donc un fils à qui l\u2019on fait des histoires à cause d'un père qui n\u2019est pas un prévenu ni encore moins un condamné.Et ce fils a \u2018pour avocat une potinière professionnelle qui, du haut de ses deux millions d'exemplaires l\u2019engage à penser droit \u2014 c'est- à-dire a s'éloigner le plus possible de ce pére galeux.Ce qu\u2019on reproche le plus aux régimes policiers, ce par quoi ils sont essentiellement inhumains, c'est justement ce que pratique ici avec candeur la brave Mrs Hopper : la \u201cculpabilité par association\u201d et l'innocence par dissociation, en allant même jusqu'à d'exemplaires dissocier la mère de son enfant et faire dénoncer le père par le fils.Pour combattre la tuberculose, est-il nécessaire de l'attraper ?René LEVESQUE taient à moi avec un caractère sacral: LA CROIX et L'AU- TORITE.LA CROIX, c'était d'un anti-sémitisme grotesque et périmé ; mais LA CROIX se présentait à la française a la manière des Journaux francais.L'AUTORITE, c'était l'organe de l\u2019anti-cléricalis- me.Etre anti-clérical au Canada, c\u2019est aussi curieux que d'être an- tinègre au Cameroun.Toutefois, L\u2019AUTORITE se présentait à la manière française.C'était un journal discutable, mais qui avait de la tenue et une opinion.L'AUTORITE actuelle est devenue un de nos meilleurs hebdomadaires politico- littéraires et je suis très heureux d'y collaborer dorénavant.Que dire quand on débute dans un journal 7 Rien.Mieux vaut ne rien dire au moins la première fois.Quelles sont mes opinions ?On verra bien par la suite.Le premier texte ne doit valoir que par le style.ll ne faut pas trop tôt dévoile son jeu.Si j'entre aujour- d'hui à L'AUTORITE, c'est avec un grand sérieux.Je crois que la tradition de ce journal, qui fut tou- Jours vraiment libéral, au sens fort, veut que ses rédacteurs et collaborateurs n\u2019aient en vue qu\u2019un objectif : la liberté.Je ne suis pas un libertaire; mais je suis un homme libre.La liberté est mon seul bien, ma seule richesse.Je la souhaite de toute mon âme à tous mes concitoyens, \u2018 à tous mes compatriotes.C\u2019est pour lutter en sa faveur que j'entre à L'AUTORITE., Nous manquons en effet de liberté.Pas de liberté extérieure, mais de liberté de pensée.Nous avons peur de penser.Nous avons peur de nous tromper.Nous ne sommes pas des chercheurs.On dirait qu\u2019on a tout trouvé d'avance pour nous.\u201cLe savant est un douteur\u201d; je crains bien que nous ne soyons tout l'opposition du savant, UAND j'étais Jeune, deux jour- 0} naux canadiens se présen- \u2018régionales.lci à Paris, où j'ai choisi de vivre dorénavant, tout en demeurant en contact intime avec les miens d'outre-mer, je me suis offert définitivement le luxe d'être libre.Non pas d\u2019une liberté maisaine, qui appelle la licence; mais d\u2019une liberté calme et réfléchie qui entraîne la ré flexion et la prolonge.Découvrir la vérité totale est un mythe.Il n'y a pas de vérité totale.Chercher à expliquer le monde et les événements d'une manière plausible, voilà qui est bien ! Voilà comment on cherche la vérité.mais il faut renoncer à ses préjugés.Le préjugé de race, le préjugé de condition ou de classe sociale sont de mauvais départs pour une enquête saine.Il faut partir des faits sans doute; mais il faut essayer de s\u2019élever qu-dessus d'eux.Ii faut essayer de comprendre que les hypothèses dans lesquelles on a été élevé ne valent peut-être pas plus que les hypothèses contraires dans lesquelles d'autres ont mari, II ne s'agit de renoncer à nulle de ses croyances ou de ses convictions, mais de renoncer à un orgueil collectif qui confère l\u2019infaillibilité à un statieme séculaire.En somme il faut savoir pourquoi on est sûr de quelque chose ou censé d'être sûr ll faut toujours et en tout chercher.La découverte du Christ elle- même n\u2019est valable que si on découvre le Christ authentique, dans l'Ecriture, par delà la mythologie populaire et en dehors des hérésies Le christianisme sera plus fort s\u2019il est repensé par cha- que- chrétien.Il ne s\u2019agit pas de libre examen.Il s'agit d\u2019une étude plus Ou moins longue, mais libre.Dans tous les domaines il en est ainsi.Nous résignerons-nous un jour à penser fortement notre foi, nos convictions, notre destin.Je veux donc être, de Paris, le clairon qui sonnera aux oreilles montréalaises l\u2019air de la liberté.La boîte aux lettres | En marge de l'\u2019\u2019Oeil en Coulisse\u201d Monsieur René Lévesque, A L\u2019Autorité, Montréal.Cher monsieur Lévesque, La lecture de votre article dans l\u2019Autorité m'a atterré(1).Il se passe.ceci d\u2019inoui que, ne lisant jamais l\u201c\u201cOeil en Coulisse\u201d, je n\u2019aurais jamais su l'existence de cet article infâme sur le drapeau rouge si je n'avais lu votre journal, et pourtant c\u2019est moi qui ai signé l\u2019article sur Charlie Chaplin\u2026 Je l\u2019ai écrit sur la foi et l\u2019enthousiasme de mes 23 ans ; je Tai relu dans l\u2019\u201cOeil en Coulisse\u201d pour le vérifier et le commenter, et je n\u2019ai appris qu\u2019en vous lisant (et deux semaines après !) que, quelques pages plus loin, paraissait cette prose dégoûtante.Je suis sidéré.Cher monsieur Lévesque, veuillez me croire, je n\u2019ai rien à voir avec la rédaction de 1'\u201cOeil en Coulisse\u201d.Je place un article de temps en temps, sur le sujet qui me plaît \u2014 jamais sur commande \u2014 et pour lequel je ne reçois pas un sou.J'ai le goût de la critique, et j'écris parce que j'aime ça, parce que c'est un besoin, et non pour gagner de l\u2019argent.Mais je n'ai aucun appui et l\u2019\u201cOeil en Coulisse\u201d a été \u2014 fortuitement d'ailleurs \u2014 mon premier essai, mon premier espoir vers un travail intellectuel que j'aime, J'ai peut-être été naïf de croire qu\u2019un journal comme 1'\u201cOeil en Coulisse\u201d pouvait être un premier pas.C\u2019est pourquoi, cher monsieur, je suis tourmenté, c\u2019est pourquoi je puis difficilement mettre de l\u2019ordre dans mes idées.C'est aussi pourquoi j'ose vous demander la faveur d\u2019une entrevue.Ne füût-ce que quelques minutes, j'aimerais vous voir, discuter avec l\u2019intellectuel, faire un peu de lumière en moi.Ce n\u2019est pas d\u2019un coup de pouce que j'ai le plus besoin, mais d\u2019un contact humain, et j'ose vous le demander humblement.Veuillez me croire, Jean Bouthillette 1630 Hôtel de Ville Montréal.(1) \u201cL\u2019Autorité\u201d du 11 avril : Les Juifs et L'\u201cOeil en Coulisse\u201d.ete\u2026 : PLAY BALL! (suite de la page 1) deux ligues majeures et vous diront avec une pointe de nostalgic ; \u2018\u2019Je me rappelle l'avoir vu à l'oeuvre un beau dimanche après-midi au Stadium, Il avait réussi un coup de circuit par-dessus la clôture du champ gauche et à le voir évoluer, je savais qu\u2019il be taillerait une brillante carrière dans des majeures'\u2019, 1007 La qualité du club de cette année ne le cédera en rien à celle des années passées, Il semble à première vue que le personnel des lanceurs sera sa grande force.I1 est peut-être un peu tôt pour prédire un autre championnat mais on peut être assuré que le pilote Wally Alston, surnommé le gentilhomme de l'Ohio, saura encore mener la barque à bôn port.Le Stadium de la rue Delorimier célébrera son jubilé d'argent.C'est en effet le 5 mai 1928 que Son Honneur le Maire de Montréal, M.Camillien Houde (eh! oui, encore lui) lançait la première balle pour inaugurer la première joute de baseball disputée à cet endroit.Une foule de 17,757 de ses électeurs, avait pris place dans les estrades pour voir le lanceur Bob Shawkey battre le club Reading par 7 à 4.II répétera le même geste mercredi le 29 avril prochain et partout dans.la province les autres ligues de calibre inférieur depuis la Provinciale jusqu\u2019à celle du coin de la rue, entreprendront leur cédule régulière pour la terminer à l\u2019automne alors de la grande classique de la série mondiale aux Etats-Unis clôturera un ange chapitre dans les annales glb- rieuses du baseball.Jerry TRUDEL \u201cConduis-tol bien au Couronnement !\u201d L\u2019éblouissante grosse dame.dans le grand art.Bien entendu, on y trouve ceci et cela, et cela encore, qui se discerne aisément ; que l\u2019on additionne, cependant, et l\u2019on constate aussitôt que cette somme des parties ne fournit pas le total.Il ÿ a quelque chose en plus, re- elle à toute mesure, que que chose d\u2019impalpable et de fluide comme ces rayons sans lesquels \u2014 proclamait, je crois, Chantecler \u2014 \u201cles choses ne seraient pas ce qu\u2019elles sont\u201d.Pour en parler, on fera donc appel au plus approximatif et au moins satisfaisant des langages.Et ce seront : la résonance d'un style, la magie d'un tableau, I'emprise d\u2019une symphonie.Autrement dit, je ne sais quoi.Le sourire de la Joconde.A\\propos d\u2019un acteur, c\u2019est une expression de même farine, également bien abstraite et passe-partout, qu\u2019on emploiera : la présence.Ainsi s\u2019extasie-t-on en ce moment devant la présence formidable de Shirley Booth dans Come Back, Little Shebapar René Lévesque I: y a toujours du mystère Qu'est-ce à dire ?On nous exhibe une grosse dame franchement quinquagénaire, les traits empâtés, la taille aussi informe qu\u2019un sac de pommes de terre.Elle est \u2014 oh! le plu savamment du monde \u2014 Pline maquillée.Elle marche comme un ours.La voix est éraillée.C'est le type réussi du personnage secondaire, que l\u2019on n\u2019aperçoit en général (en scène ou sur l\u2019écran comme dans la vie) que pour l\u2019oublier ; la femme du mari, la mère de l'enfant \u2014 l'être \u201cfonctionnel\u201d.Or, dans cette défroque anonyme, voici Shirley Booth.Et les rôles sont renversés: c'est en fonction d\u2019elle que tous les autres existent.C\u2019est autour de cet étrange soleil \u2018que le reste de la distri- ution devra graviter.Elle s\u2019avance, et son dandinement a tout l'effet et le charme d'une danse; elle parle, et son timbre rauque se plie sans peine aux plus subtiles nuances, au moindre quart de ton ; elle sourit, d\u2019un admirable sourire qui ramène sur ce visage d'automne l\u2019éclat d\u2019un matin de printemps, et l\u2019on perd jusqu\u2019au souvenir de la.petite glamour- girl qui bombe si joliment la poitrine à ses côtés.Pas de cabotinage, aucun truc apparent.Rien qui évoque si peu que ce soit le jeu facile et tout extérieur de l'acteur qui tire la couverte.Il n\u2019y a ici qu'un don naturel, soigneusement développé sans doute mais quand même inexplicable ; comme une radioactivité humaine et consciente, imperceptible et absolument souveraine.D'aucuns en sont munis et ne savent pourquoi \u2014 et les autres s'épuiseront en vain a vouloir l\u2019acquérir.Présence : mystère.oc + o ;.Come Back, Little Sheba (ce nom, soit dit en passant, est celui d\u2019un petit chien perdu dont l'importance n\u2019apparaitrait qu\u2019a un psychiatre ou un te simbolis- te.) bâtit les quelques incidents de son intrigue sur les méfaits de la boisson.Soutenu par ses confrères des Alcooliques-Anonym es, un ivrogne se corrige, tient le coup pendant un an, retombe et puis enfin \u2014 touchons du bois! \u2014 se relève pour de bon.L'ivrogne, c\u2019est Burt Lancaster: on a beau lui blanchir les tem ce gaillard taillé en All- an football est fait pour la pâmaison \u2018de férocité des bobby-soxers, non pour l'inquiétude des médecins.Il joue de son mieux la loque humaine, mais c\u2019est tout au plus la lenteur du poison qu\u2019il parvient à souligner! D'ailleurs le rôle de l'ivrogne s'estompe rapidement devant celui de sa femme, C'est en elle, par ses yeux et dans ses gestes a elle que nous verrons les effets du vice, les flambés d'espoir, les écroulements, l\u2019horreur.Il ne s\u2019agit pas du tout d'un gauchissement ; au contraire, l'unité du film n\u2019en est que plus solide, puisque c'est à cause de la femme (épousée jadis \u2018\u201c\u2018par nécessité\u201d) que l'homme a dû renoncer à sa carrière et s\u2019est mis à boire.C'est donc elle le premier personnage de l'auteur et le seul qui compte.Et, en Shirley Booth, elle s'étale avec une merveilleuse et troublante impudeur : la femme avachie par l'épreuve, qui se laisse aller, qui déraille même un peu ; la femme-victime, s\u2019agrippant au malheur qui est tout son partage; la femme vieillie, qui fait atrocement la coquette ; la femme-ten- dresse qui se résigne au départ de amour.Autant de facettes dont Shirley Booth, en quelques bré.ves images, a la fois b tes et \u2018ciselées, nous fait sentir toute la complexité.Quelques longueurs et redites dans le dialogue.En revanche, une qualité par laquelle Hollywood ne brille pas souvent et que nous devons sûrement à la pièce (le \u201chit\u201d de Broadway dont le film est issu) : une constante hon- néteté des paroles, du costume et du décor.De la médiocrité parfaite des lits à barreaux jusqu'à l\u2019indigence habilement rythmée des moindres répliques, on se résigne pour une fois à nous camper, tels qu'en eux-mêmes, de vrais et simples pauvres gens.3ème (et 4ème) dimension La 3ième, c\u2019est la pronfondeur, le relief, qu\u2019on nous présente à d renfort de trompettes (pu- licitaires) et de tam-tam africain dans Bwana Devil La 4ème, comme nous l'apprit naguère le docteur Einstein, c\u2019est le temps \u2014 celui qu\u2019on y perd.tem our moi, c\u2019est en oe du mps perdu qu'un cinéma pénible, où le \u201cgadget\u201d tient lieu d\u2019originalité, qui nous offre pompeusement ce qui, pour l'heure, n'est ue l\u2019équivalent du fusil à eau et es poupées Shirley-Temple.On entre.L'écran est tout barbouillé de formes confuses.Tant bien que mal on chausse les \u201clunettes magiques\u201d que le placier distribue d'un air important.L'heure est grave, l\u2019événement est historique.Les formes confuses s'identifient, se séparent, lune devant, l'autre derrière.Aïe ! voici une sagaie qui va me déchirer ! Un féroce guerrier noir me vise indiscutablement ; j'ai envie de me sauver.Pendant dix minutes, c\u2019est amusant.Après, c'est un peu long.C\u2019est la salle, toute peuplée de curieux myopes à lunettes identiques, Qui devient amusante.Enfanté par Arch Oboler, l\u2019un des plus intarissables fabricants de sketchs des Etats-Unis, Bwana Devil est évidemment du pur scénario de série : c\u2019est le duel usé de l'homme blanc avec la jungle.Hemingway en a tiré des nouvelles féroces.Chez Oboler, il n\u2019y a \u2014 heureusement encore qu\u2019ils sont là \u2014 que dans un couple de lions mangeurs d'hommes, seuls personna non stéréotypés de tout le film.Les lions, de vrais noirs dans les vrais décors du Congo et du Kenya: c\u2019est mieux que rien.Ap dix minu c'eût été mieux encore une ension en moins. Un tableau du grand siècle, par son peintre le plus vigoureux.Cette belle oeuvre de Nicolas Poussin a été achetée récemment par le Musée des Beaux-Arts de Montréal.Représentant Venus Hu consacre Enée en vue de tâches sublimes, le tableau est bien connu partout dans mon e La vie sportive Jim Piersall, un amuseur tragique ment un nom que vous avez entendu prononcer.C\u2019est un athlète que vous avez déjà vu a Ydeuvre au cours d\u2019un voyage à Boston.Est-il un joueur de hockey ?Non.Est-ce un joueur de football?Non.Serait-il, par hasard, un joueur de baseball ?Exact.Est-il un grand joueur de baseball?Non.A-t-il l\u2019étoffe nécessaire pour devenir un grand joueur de baseball?Oui.Mais plusieurs amateurs de baseball se demanderont pourquoi cet article porte sur Jim Piersall alors qu\u2019il y a tant de meilleurs joueurs actuellement.C'est vrai.Les joueurs de baseball, meilleurs que Piersall, sont nombreux.Rares, cependant, sont ceux qui ont fait parler d\u2019eux, non en considération de leurs capacités au jeu, mais par leurs gestes et leurs manières.L'histoire du jeune Jim Piersall est celle d\u2019un adepte du losange qui, en l\u2019espace de quelques mois, l\u2019été dernier, est deve- = Les personnes maigres engraissent de 5,10, 13 liv.Recouvrez entrain, énergie, vigueur Quelle transformation: Les 0s ne paraissent plus, les chairs s'affermissent, le visage s\u2019arrondit; plus de cou émaclé: disparu cet alr de squelette ambulant.Des millers de jeunes filles, hommes et femmes qu ne pouvalent engraisser sont fiers aujourd\u2019hul le leur belle apparence.Ils attribuent ce résultat à Ostrex qui revivifie et renforcit.Contient ingrédients, stimulants, fortifants, fer, vitamine By, Calclum pour enrichir le sang.améliorer l'appétit et la digestion et mieux faire profiter de la nourriture fait gagner du poids.Ne craignes pas de trop engraisser.Cessez quand vous aures rattrapé les 5, 10, 15 ou 20 livres nécessaires pour atteindre la normale.Coûte peu.Nouveau format d'essai seulement 600.Essayes les fameux comprimée-toniques Ostrex pour recouvrer vigueur et poids.Toutes pharmacie.J- PIERSALL est probable- AVIS DE REQUETE EN DIVORCE AVIS est donné par les présentes que JOSEPH ANTHONY ALBERT BRITT, vendeur, de la ville et du district de Montréal, dans la province de Québec, s'adressera au Parlement du a, au cours de la présente ou prochaine session, pour obtenir Un Bill de Divorce d'avec son épouse, HAZEL ESTHER SHAW BRITT, pour cause d'adultère.ati à Mont bière jo LA province ge ébec, le v -scptitme jour de mars, A.D, mil neuf cent cinquante-trois (1968).JOHN M.SCHLESINGER, Procureur du requérant Ape.201, Edifice Hemsley, $t-Jacques.t, Montreal, Québec 18-36 avril - 2-9 mai 1958.¢ AVIS DE REQUETE EN DIVORCE AVIS est donné par les présentes que LAURA SOLOW SCHWARTZ, de la ville et du district de Montréal, dans la province de Québec, mé re, a'adressera au Parlement du Canada au cours de\u2018la présente ou ine session pour obtenir le divorce Davee son époux HARRY SCHWARTZ, pour cause d'adultire, Fait à Montréal, dans la province de Québec, le quinzième jour d'avril, A.D.mil neuf cent cinquante-trois (1958).JOHN M.SCHLESINGER, .Procureur de Ia requérante, « Los: 201, Edifice Hemsley, t, Montréal, Québec.25 avril \u2014 2-0-16 mai 1958 ' AVIS DE REQUETE EN DIVORCE AVIS est à sa ou a sens suivante, afin d'obtenir un bill de divorce d'avec son JAOK KEZBER, cité et à de Montréal, Province de bec, pour cause d'adultère et d'\u2019aban- Daté à Montéal, Province de bec, 2éième jour de mare 1953.Québec, ce HANTEL & MERCIER, \u2018 SI Craie out, Suite RIVE Montréal.' (6-11-18-35 varil 1058) par Bert Soulière nu, pour ainsi dire, la risée de ses coéquipiers au jeu, de ses patrons, de son gérant et de tous ceux qui l\u2019ont vu évoluer.Piersall est passé de la comédie à la tragédie.Et, si ce voltigeur, âgé de 23 ans seulement, est complètement guéri comme on le prétend, il fera parler de lui dans l\u2019uniforme des Red Sox de Boston, de la Ligue Américaine, au cours de 1953, non comme étant un type comique ou malade, mais comme étant un bon joueur de baseball.L\u2019an dernier, durant son bref séjour avec les Red Sox de Boston, Piersall offrait l\u2019aspect d\u2019être un jeune homme déséquilibré, Au jeu, il ne cessait d'attirer l\u2019attention des spectateurs en jouant le rôle d'un bouffon.Si ses farces étaient drôles aux yeux du public, elles ne I'étaient aucunement aux yeux de ses coéquipiers qui jouaient pour gagner une partie de baseball, et encore moins a ceux de ses patrons qui lui accordaient un salaire pour jouer au baseball et non pour faire rire l'assistance.On découvrit finalement que Piersall, natif de Waterbury, Connecticut, était un athlète malade.Il souffrait d\u2019une ° sérieuse dépression nerveuse.On réussit à le convaincre qu\u2019il lui fallait, coûte que coûte, rendre visite à un médecin.Il fallut le convaincre davantage qu\u2019il \u2018était dans le meilleur de son intérêt \u2014 notamment, au point de vue physique \u2014 de prendre le chemin de l'hôpital.Jim Piersall n'était pas un fou, ni un maniaque.Il était tout simplement malade.Et, sa maladie pouvait être guérie en tant qu\u2019il consentait à suivre les traitements imposés par ses médecins.Piersall consentit à tout cela.D'ailleurs, c\u2019était pour son bien et non celui des autres.Après un bref séjour \u2018dans un hôpital, Piersall montra des signes d'amélioration.et, à la demande de ses médecins, il s\u2019achemina vers la Floride pour prendre un repos qui s\u2019imposaît.Graduellement, Piersall s\u2019est rétabli.Aujourd\u2018hui, il est en parfaite condition physique.C'est un tout autre type que les Red Sox de Boston ont vu à l\u2019oeuvre durant la période d\u2019entraînement.Sérieux ou calme, Jim Piersall s'est entraîné rigoureusement.Il a impressionné son gérant, Lou Boudreau, assez bien pour que ce dernier prédise qu\u2019il sera une vedette dans la Ligue Américaine cet été.7 : La coopération Jim Piersall est maintenant guéri.C\u2019est un naturel au jeu comme joueur évidemment, et non comme bouffon.Mais ses chances de connaître une fructueuse saison en 1953 et de revenir dans les bonnes grâces de ceux qui ne l'estimaient pas trop en 1952, sont bonnes en tant qu'il reçoive la coopération de tous.Piersall devra recevoir \u2018entière coopération de ses coéquipiers, de ses adversaires au jeu, de son pilote, Lou Boudreau, de ses patrons, des arbitres qui pouvaient à peine digérer sa présence sur le losange et des spectateurs.S'il \u2018 obtient cette coopération, coopération qui lui est indispensable pour effectuer un retour dans l'uniforme des Bostonnais, il saura rendre de précieux services au club.C'est, du moins, l'opinion de son gérant, Lou Boudreau.Qu'il fasse disparaître ce complexe d'infériorité qui a considérablement affecté son jeu l\u2019été dernier et Piersall remontera rapidement la pente.Boudreau lui a fait comprendre à l\u2019entraînement qu'il ne comptait que des amis et qu\u2019il était estimé.Il l\u2019a convaincu que tout le monde oubliera ses scènes au jeu.Boudreau ne pouvait comprendre Jim Piersall, l\u2019été dernier.Aujourd'hui, il le comprend.Il en est de même pour Joe Cronin, le gérant général des Red Sox de Boston.Piersall était un type malade.Il ne l\u2019est plus maintenant.A l'entraînement, \u2018Piersall a reçu l'assurance de ses coéquipiers et de Lou Boudreau qui lui ont promis entière coopération.C\u2019est beaucoup pour le jeune athlète.Jusqu\u2019à quel point peut-on considérer la valeur de Piersall comme joueur?A cette question, Boudreau ne demeure pas sans réponse.\u201cJim Piersall, dit-il, est un naturel au jeu.Il possède un physique imposant.Il est très rapide et, par conséquent, couvre beaucoup de territoire dans le champ extérieur.Au bâton, il possède une précision remarquable et peut frapper la balle à plusieurs pieds du marbre.J'ai tellement d\u2019admiration pour ce voltigeur que je base plusieurs espérances sur son rendement en 1953 pour conduire mes Red Sox en première division.Piersall n\u2019est plus un cas étrange.C\u2019est un joueur de baseball et un excellent joueur.\u201d Un second DiMaggio En 1952, Jim Piersall a beaucoup fait parler de iui, mais ses folies au jeu lui ont valu, néanmoins, une publicité fantastique.Cette saison, Piersall continuera a faire parler de lui, mais cette fois, ce sera en bien.Il ne sera plus ridiculisé.Son rendement au jeu en fera peut-étre une idole des amateurs de baseball à Boston.Boudreau considère Piersall comme un second Dominic Di- Maggio.Une telle comparaison est tout à l\u2019avantage du jeune Jim Piersall.A lui de prouver maintenant que Boudreau avait raison.\u2019 LE SAVIEZ-VOUS ?Dune manière ou d'une autre '\u2014 avec les allocations familiales et les pensions de toutes sortes \u2014 deux Canadiens sur neuf reçoivent de l'argent du gouvernement.fédérale Les chemins de fer du début en Grande-Bretagne _utilisèrent des rails de fonte jusqu'au temps où l\u2019on commença à, produire des rails d'acier, il y a environ 80 ans.En mars 1952, l'industrie textile canadienne, tant primaire que secondaire, employait quelque 163,000 hommes et femmes.L'AUTORITE, 25 AVRIL 1953 Après celui du printemps Le salon des Indépendants EVENU inaccessible à plusieurs peintres, le Salon du Printemps ne peut guère suffire aux artistes de la métropole, particulièrement aux jeunes qu'un étroit conformisme pictural ne saurait satisfaire.La politique négative du Musée des Beaux- Arts aura au moins donné naissance à une initiative nouvelle, susceptible de rajeunir, sinon de susciter l'enthousiasme indispensable à toute création artistique.Cette fois, les protestations ne seront pas stériles : Montréal sera doté d\u2019un SALON DES INDE- PENDANTS où exposeront non seulement les peintres, mais aussi, s'ils le désirent, les poètes.Des locaux, passablement vastes et favorisés par la lumière du jour, ont déjà été retenus- à 82, ouest, rue Ste-Catherine.C\u2019est à bonne enseigne que l\u2019exposition sera tenue puisqu'elle aura pour nom \u201cPlace des artistes\u201d.Voici les dispositions qui ont été arrêtées par le comité organisateur : les oeuvres plastiques (peintures, sculptures, dessins, aquarelles, etc.) seront exposées dans une salle commune, très vaste.Dans une pièce voisine, on trouvera des poèces et des chansons que leurs auteurs seront libres de présenter à leur guise.Chacun disposera d'une cimaise qu\u2019il pourra pourvoir comme il I'entend.Si, faute d'espace, on devait limiter le nombre des Inscriptions, on procédera suivant l\u2019ordre chronologique des demandes.ll importe de souligner le caractère hautement démocratique de l\u2019entreprise qui ne se veut pas sectaire ou \u201cengagée\u201d.Précisément parce qu'elle est d'abord au service de l'art, cette exposition est ouverte à tous.Les demandes d'admission devront être faites, avant le 25 avril.On s'adresse à la Librairie Tranquille (BE-6571) et l'on s'inscrit auprès de Marcelle Fer ron en téléphonant à CR-7866.Mile Ferron est secrétaire de la \u201cPlace des artistes\u201d.Dès à présent, on formule le voeu que \u201cPlace des artistes\u201d soit en mesure de conserver en permanence les locaux retenus, de sorte qu\u2019il deviendra possible d'organiser des expositions régulières, voire d'aménager des ateliers.S'il faut justifier l\u2019entreprise encore davantage, les organisateurs rappellent seulement qu\u2019elle vise avant tout à restituer aux artistes le droit qu\u2019ils ont de se manifester dans la cité.Cloutierde nu sculptural, aux plans nette- .L'Expo de Rome A \u201cPremière exposition des artistes étrangers à Rome\u201d s\u2019est ouverte avec la participation de cinquante-deux artistes appartenant à\u2019 quinze nations : Argentine, Autriche, Belgique, France, Allemagne, Angleterre, Iran, Irlande, Israël, Yougoslavie, Mexique, Pologne, Espagne, Etats-Unis et Venezuela.C'est le début d\u2019une série de manifestations destinées, par l'Office Italien du Tourisme, à resserrer les liens culturels entre les pays étrangers, qui prendront le nom de \u201cRencontres avec I'Italie\u201d.Les ambassadeurs de France, de Grande-Bretagne, des Etats- Unis, d'Espagne et d'Irlande à Rome, ainsi que'de nombreuses personnalités, ont assisté à la cérémonie d'ouverture.Le prix de 100,000 lires offert par le comité organisateur au meilleur exposant a été attribué au peintre espagnol Joaquin Vaquero Turcios, pour.son tableau intitulé \u201cRoma\u201d.De la suite dans les idées.A Montréal, coin Ontario et Letourneux, le propriétaire d\u2019un poste de taxi qui a de la suite dans les idées, a fixé la pancarte suivante à un poteau indicateur : Baptêmes Mariages + F unérailles Nowhere EUX expositions fort intéressantes prennent fin cette semaine.Elles comprennent des oeuvres de caractére trés divers, mais c\u2019est là un autre témoignage de la vitalité sans cesse grandissante de la peinture canadienne.Chez Agnès Lefort, on peut voir quelques tableaux abstraits du peintre roumain Josif Iliu, arrivé au Canada il y a trois ans, et au Musée des Beaux- Arts, à la Galerie XII, sont exposées les oeuvres des membres de la Graphic Art Society of Canada.Cette dernière exposition comprend une cinquantaine de dessins et de gravures d'artistes canadiens, dont plusieurs sont mieux connus comme peintres, tels Louis Muhlstock, Goodridge Roberts, Moe Reinblatt, Albert De Roberts, un dessin ment tranchés.Moe Reinblatt a soumis d'intéressantes études de vieillards, quelques-unes des Tares compositions exposées concernant la \u2018chose humaine\u201d qui n'aient pas un caractère torturé.La vitalité y semble restreinte, au point que l\u2019on se sent proche de l'ennui, mais cela fournit une détente à côté de la souffrance et de la brutalité que nous montrent Frederick Hagan, avec son \u201cEn- \u201cLes Beaux-Arts fant blessé\u201d, Murray Laufer avec sa \u201cFille devant un mur\u201d, Sing Lim avec sa figure assise, un hu- manoide, ou Sidney Goldsmith, avec son \u201cElévation\u201d.Quelques artistes ont présenté des dessins non-figuratifs.De Kazuo Nakamura, \u201cSwampland\u201d, un lavis a l'encre aux formes végétales déliées.Tom Hodgson montre une figure abstraite, \u201cSpace Time Acceleration\u201d.par Francois BOURGOGNE Quelques oeuvres de caractére exotique, telle \u201cSamogitra\u201d, de Telesforas Valius, ou la \u201cFigure assise\u201d, de Sing Lim.Avec le premier, on est en plein byzantinisme, où une image du réel est adaptée à des figures stylisées.Le monotype de Sing Lim, avec son coloris rose, vert et bleu, a l\u2019allure d'une peinture orientale, Plusieurs autres artistes mériteraient une note, mais comme l\u2019espace est limité, contentons- nous de remarquer les dessins pleins d'humanité de Ghitta Caiserman.PAGE CINQ Le peintre Josif Iliu est un artiste vrai, qui fait de patientes recherches pour parvenir à présenter des compositions de formes pures dont tout caractère suggestif soit absent.Gagnant du Prix de Rome en 1942, il a depuis lors évolué d\u2019étonnante façon; il y a quelques brèves années, il produisait des paysages et des portraits tout au plus caractérisés par une grande sobriété de couleur et par une certaine immobilité, Maintenant, le voilà rendu à considérer que peut-être même la couleur doit être sacrifiée dans l'intérêt d\u2019un agencement autonome des formes.Aussi, ces compositions ont-elles, d'une part, un coloris de plus en plus réduit, et un caractére rythmique de plus en plus intense.Iliu vise ainsi a découvrir une peinture décorative susceptible de peupler, sans en appeler au \u201cmonde\u201d, les plans et les volumes encore inhabités de nos demeures et de nos édifices publics.Iliu atteindra-t-il son but ou aboutira-t-il à l'impasse, comme bien d'autres peintres abstraits qui, à force de diminuer le contenu de leur champ de vision, en sont restés avec une peinture qui ne se différenciait plus de la matière.André Patry Un jeune homme extraordinaire par Eloi.de Grandmont rement sérieux, qui donne la poignée de main la plus énergique de Radio-Canada cet qui parle tous les jours le français, l\u2019anglais, l'espagnol, l'italien, le portugais et le roumain, est un Québécois.Il a fait ses études au Séminaire de Québec, à l'Université Laval (Droit et Sciences Sociales).Il a bien commis quelques infidélités a la Vieille \u2018Capitale, comme d\u2019aller étudier les Lettres à l'Université de Rio de Janeiro, mais dans l\u2019ensemble André Patry est un vrai Québécois, latin cent pour cent, et mé- me ancien collaborateur de L\u2019Action Catholique ! \u201cDepuis le premier novembre 1952, André Patry est, au Service International de Radio-Canada, directeur de la section \u201cAmérique Latine\u201d, où il a remplacé M.Hugues Morrison.C'est un homme actif, qui croit que seul le travail donne des droits.Son activité a commencé il y a une dizaine d'années.Il a été successive- I jeune homme extraordinai- ment vice-président du Cercle Cervantés (relations culturelles avec l\u2019Amérique Latine) en 1942, correspondant au Canada du journal \u201cLe Soir\u201d de Port-au-Prince, correspondant de journaux brésiliens dès 1944, directeur du Service d'information inter-américain en 45, interprète la même année à la Conférence internationale des Vivres et de l\u2019Agriculture, puis il a fait un stage au journal \u201cLe Soleil\u201d.1947 : premier voyage à Cuba.Part l\u2019année suivante pour le Brésil, invité du Gouvernement brésilien, et a ainsi l\u2019occasion de donner de nombreuses conférences.On le voit au poste de secrétaire des relations extérieures de l\u2019Université Laval, mais en 1950 il part pour l\u2019Europe.Il se rend à Nice, invité du Centre International des Etudes françaises, et pique même une pointe en Tunisie.En 1952, retour à Cuba en mission culturelle, etc.Quais ! Une carrière de ce genre ne prédispose pas beaucoup son homme à devenir fonctionnaire ! André Patry reste le voyageur né.Les emplois sédentaires ne sont pas son affaire.Son projet le plus secret doit être de courir le monde au service de la diplomatie canadienne.Pour l'instant, il étudie le suédois.Comme pour les autres langues étrangères qu'il a apprises, c\u2019est tout seul qu\u2019il travaille.L'étude comparée des langues romanes est son grand dada et, pour se distraire, il aime bien traduire quelques pages de Virgile ou de Tacite.Il faut ajouter qu'André Patry est célibataire ! Comme on ne peut pas toujours être aussi grave, notre homme adore danser, et il est même un spécialiste de la samba, du mambo et du tango.I] aime également le jazz de Duke Ellington.S'il est prêt à faire des folies pour les blondes aux yeux bruns, fl.ne reste jamais insensible aux charmes des femmes brunes, de type latin.C\u2019est, en plus, un fervent de la natation et un collectionneur des disques de Bach et Debussy.Ses lectures sont variées au possible.D'abord, Pascal et Valéry.Puis Anatole France, Albert Camus, Pierre Loti (l\u2019exotisme), Montherlant et Malraux.Côté poésie : Racine, Baudelaire, Rimbaud, Mallarmé, Gérard de Nerval, Eluard, Reverdy, Saint John Perse, Supervielle, Aragon.Un homme attiré par l'extérieur serait excusable d\u2019avoir peu fréquenté la littérature canadienne.ançailles qui ont duré trois mois avec une Suisse allemande.\u2014Avez-vous une opinion sur le rayonnement culturel du Canada à l\u2019étranger ?\u2014Voici deux faits.En mai 48, en arrivant à Rio de Janeiro, j'achète un journal, je l\u2019ouvre et je trouve un article d'une demi-pa- ge consacré à un livre canadien, \u201cLa jeune fille constellée\u201d.Je notai que le livre, édité en France, était en vente au Brésil avant de l'être au Canada ! En 1950, je donnais à Nice une conférence sur la vie intellectuelle au Canada.Auditoire très cosmopolite.Par YC SE ; YS : Tel n'est pas le cas d\u2019André Patry qui admire les vers de Nelligan, Saint-Denis-Garneau, Anne Hébert, Alain Grandbois et (que ma modestie en prenne un coup) Eloi de Grandmont.Parmi nos romanciers, il est enthousiaste d'André Langevin, de Savard, de Giroux, des deux premiers Lemelin, de Hugh McLennan et de Stephen Leacock.De tous ces écrivains canadiens, il a dit beaucoup de bien au cours de conférences faites à travers le monde.Il va au théâtre, a applaudi à \u201cL\u2019Avare\u201d et au \u201cTartuffe\u201d, ainsi qu'à \u201cZone\u201d de Marcel Dubé qu'il vient de faire traduire en espagnol.\u2014Avez-vous commis une grande folie dans votre vie ?\u2014 \u2014Une folie.À Zurich, des files nombreuses questions\u2018 qu'on me posa à la fin de la conférence, je me rendis compte qu\u2019on connaissait notre littérature.Presque aussi bien que nous-mêmes ! \u2014Des projets ?\u2014Je prépare un ouvrage de critique sur la poésie.Je travaille, au point de vue politique, la question du Moyen-Orient.x \u2014Est-ce-que-le:ÿoxage est pour vous une forme d\u2019évasion ?* \u2014Pas une forme d'évasion, une forme de vérification.Ce n\u2019est pas du rêve, mais de l\u2019expérience.\u2014Le plus beau jour de votre vie ?.: \u2014L'arrivée & Cannes, la découverte de la Méditerranée.On ne peut vraiment pas lui en vouloir ! L'exposition de la \u201cRoyal Society of Portrait Painters\u201d A Londres, l'Exposition de la \u201cRoyal Society of Portrait Painters\u201d est le comble de la fadeur.Avec quelle désolante exactitude la reine-mére n\u2019est-elle pas représentée! Quant au portrait d'Elizabeth II par Douglas Chandor, il est aussi plat et sans vie que les nouvelles pièces dé .monnaie à son effigie.Le reste de l'Exposition est à l'avenant.Un appareil photographique est un bon serviteur, mais yn mauvais maitre, art at\u201d Ky un peintre.\u2018 - PGES Anna de Noailles Les choses de l'amour mourait à Paris, celle qui a exalté avec une richesse enflammée la nature et la femme, la beauté de la vie physique, l'ardeur et le caprice des sentiments: Anna de Noailles, la Muse de l'amour.Petite fille issue d\u2019un Roumain et d'une Crétoise, elle est devenue francaise de coeur avant de l'être par son mariage.Et ses yeux, incroyablement vastes, ont chéri à la folie les rives du lac Léman avec la féerie des villes illuminées à la nuit, puis l\u2019Ile de France, \u201cO verdure française, 6 noblesse du monde\u201d dont celle a chanté les pavés du Roi, les forêts, tout un monde de tradition, de finesse, ct d'émotions cristallisées.Mais le sang de cette passionnée des paysages et de l'esprit de France, bouillonne d\u2019une autre ferveur.Il y a en elle tous les mystères de l\u2019Orient, tout l'héroïsme de ses aïeux, princes de la Valachie, toute une hérédité qu'elle ne peut oublier.C'est l'origine du drame, un drame profond, qui trouve son épanouissement tragique devant l'amour.A force d'aimer les étés somptueux, les soirs enivrants, les leurs capiteuses, les jardins royaux, Anna de Noailles sent monter de cetle nature une chaleur aiguë qui devient une réelle souffrance.Les chers bon- .heurs de son enfance, les découvertes de sa jeunesse se teintent de tristesse, l\u2019éternelle tristesse des pays de l\u2019est, où l'on meurt les veines ouvertes dans la langueur et le délire.I y a vingt ans, le 30 avril, La nature n'accueille plus la Muse pour lui donner le repos et Ja joie, mais pour l'inquiéter, et la jeter vers tous les problèmes infinis de l'individualité, étroite, fragile et précieuse, \u201cTu n'auras plus jamais ton âme [reposée Tu chercheras en moi les cho- [ses de l'amour\u201d.Anna de Noailles a cherché et trouvé les choses de l'amour avec la méme ardeur qu'elle \u2018 Marcelle BAZZANA avait \u2018découvert les rivages, les arbres, tous les décors de la beauté.Elle a décrit l'amour féminin fait de pudeur, mais assez conventionnelle, de faiblesse, un peu sournoise, et de caprice, le mobile tout puissant.C'est d'une certaine audace en ce tout début du vingtième siècle, mais quelle saveur dans la sincérité, quelle chaleur dans l\u2019imagination, quelle recherche effrénée de toutes les aspirations.Les héroïnes ne sont point des mères, à peine des compagnes pour l'homme, ce sont des exploratrices intrépides qui veulent tout connaître et tout dominer, pour sombrer soudain en des mélancolies et des pâleurs, que seules les frêles créatures de d\u2019Annunzio et Maeterlinck peuvent égaler, Tant de profondéur vraie, vient de ce qu\u2019Anna de Noailles a vécu elle-même le grand amour, un grand amour vaineu par la mort.La mort qu\u2019elle avait défiée, elle si forte, et la mort qui frappe celui en qui elle avait placé toutes ses espérances.Elle avait trouvé les choses de l'amour, elle avait conquis l\u2019isolement à deux et l'harmonie des joies humaines, elle avait goûté le breuvage des belles tasses d\u2019or et connu les griseries des jours d'azur scintillant, elle avait respiré les douces torpeurs des soirs aux étranges parfums.Et Ja mort prit l'amant.La Muse alors jette les cris de la douleur et ceux de -la révolte, et les soupirs de l'abattement.\u201cMon coeur ardent n\u2019est plus\u201d Son âme orientale -prompte à tous les désespoirs s\u2019empare de -cette souffrance, .tandis que son âme façonnée à l'occidentale, la rejette plus violemment dans une lutte pour le triomphe de lindividualité.Anna de Noailles est une victime de ces deux mondes contradictoires, elle tourne le dos aux conseils de rési- nation de l\u2019Asie en même temps qu\u2019elle ne saisit pas toute la force de la raison française.« Et pourtant, ce déchirement intérieur, cette bataille d\u2019une vie ont produit les pages les plus violentes en émotions, les poèmes les plus fougueux en descriptions, où, dans une langue souvent trop chargée et complexe, on découvre d\u2019admira- \u2018bles cristaux couleur du jour et de purs joyaux couleur de l'â- \u201cDEUX COEURS SIMPLES\" Le roman dont on parle a Paris E nouveau roman de M.L Jacques de Lacretelle, \u201cDeux Coeurs Simples\u201d (1), n\u2019évoque pas Flaubert seulement par son titre, qu\u2019on rapprocha immanquablement d'\u201cUn Coeur Simple\u201d, mais aussi par \u2018sa finesse d'analyse et par la \u201csimplicité\u201d même des personnages principaux.Malgré trois morts violentes, une par assassinat, une par abus de drogue, une par suicide, et deux autres prématurées, ce petit livre semble étre tout en demi-teintes.On songe à \u2018un pastel, dont les réhauts de fusain ne feraient, que souligner la douceur.C'est qu\u2019en effet les teintes sombres ne font que souligner les nuances claires des deux héroïnes et lorsque l'auteur sera amené à les peindre en noir elles aussi, ce sera pour montrer comme cette couleur leur va mal.\u201cDeux Coeurs Simples\u201d, c'est l'histoire d\u2019une amitié de femmes, une amitié très pure, conçue à un âge où il est rare qu'un sentiment si profond pren- fle encore naissance, et qui pourtant se poursuivra, malgré une interruption de quelques années, où elle aura fait place à la haine, pendant près d\u2019un demi-siè- cle.Nous ; en 1900, à Paris, dans ce Quartier de Passy qui ressemblait alors, avec son atlondante végétation, à un coin de province, Romaine Franchard et Rose Bienaimé ont toutes deux un peu dépassé la trentaine lorsqu\u2019elles font connaissance, un matin de printemps, par hasard, en sortant de la boutique d\u2019un - fleuriste.Romaine est une méridionale fougueuse et volontaire, aux- idées avancées.Rose est id\u2019ori-, gine lérfaitie, c'est , une \u2018Petite bourgeoise réservée, \u2018conventionnelle et pieuse : tout semble séparer ces deux femmes, mais el- Tes ont cependant un point commun gu'elles ignirent elles-mié- mes ct de l'opposition.de leurs Caractères jaillira la flamme à laquelle \u2018elles viendrent réchauffer er leurs coeurs d\u2019épouses frus- an Pourtant ce ne \u2018sont pas de mauvais ménages que lë-mé- .\u201c nage Franchard et le ménage Bienaimé, mais Paul Franchard, qui se croit un artiste et qui n\u2019est qu\u2019un raté, n\u2019en traite pas moins sa femme avec une certaine condescendance et François Bienaimé, à la santé chancelante, n'a jamais été pour Rose l'amant qu\u2019elle attendait.Auprès de Rose, Romaine Franchard trouvera à assouvir son besoin de domination, en Romaine, Rose Bienaimé verra l'image de ca que parfois elle aurait voulu être si son éducation et Sa timidité ne l\u2019en avaient empêchée.Rien de trouble cependant dans le sentiment qui les lie, rien ici qui rappelle \u201cLa Bonifas\u201d que Lacretelle \u2018écrivit au lendemain de l'autre guerre.Et lorsque les deux femmes marieront leurs enfants, Gilbert Franchard et Christine Bienaimé, et que, leur laissant une des maisons, elles habiteront l\u2019autre toutes les deux, Rose pourra s'écrier: \u201cNous aussi, chérie, nous nous mettons en ménage\u201d, ce ne sera là que exclamation joyeuse d'un \u201cCoeur Simple\u201d.Entre temps, l\u2019une et l\u2019autre ont perdu leur mari: François Bienaimé est mort, rongé par la tuberculose, Paul Franchard s'est tué d'un coup de revolver à la suite d'affaires véreuses dans lesquelless l'avait entraîné \u2018une maîtresse américaine.Leur tendresse mutuelle s\u2019en est retrouvée resserrée, chacune ne partageant son coeur qu'entre son amie et son enfant.Cependant, malgré la naissance d'une fille, Agathe, l'harmonie ne rè- @ne pas dans le jeune ménage : pour Romaine Franchard, \u2018son fils est un poète admirable, digne héritier des goûts artistiques de son père, pour Rose, sa fille ne peut ' être qu\u2019une seconde elle- même, peut-êtie un peu plus évoluée, mais tout aussi sage.En rédlité Gilbert est un intoxiqué, et qui finira par \u201cclaquer\u201d d'une trop forte dose d\u2019héroïne, et Christine, une fille à la sensualité déréglée, qui va d'expérience en expérience, poursuit ses amants à travers le monde et trouve la «mort au Méxique, assassinée dans des conditions mystérieuses.Où « © ANNE HEBERT dont le dernier .ouvrage \u201cLE TOMBEAU DES ROIS\u201d vient de paraître.pourrait chanter, comme dans \u201cLa Fille de Madame Angot\u201d: \u201cC\u2019est une pas grand\u2019chose avec un rien du tout\u201d.Mais chaque mère a pris, avec passion le parti de son enfant et, loin de reconnaître ses torts, le défend avec acharnement.L'amitié en- les deux femmes s\u2019est refroi- = , comme au jeu des \u201cquatre coins\u201d, Romaine est retournée auprés de son fils, Christine auprès de sa mère et brutalement l'amitié ancienne s\u2019est transformée en haine, une haine que fortifie la rivalité des deux grands-mèrese auprès de la petite Agathe, une haine d\u2019une violence telle que chacune a du mal à se reconnaître soi-même.La mort, même d'Agâthe ne suffira pas à reconcilier les deux vieilles ennemies.Seul le temps y parviendra.Un jour, Rose n\u2019en peut plus d'ignorer ce qu'est devenu Romaine, que des difficultés d'argent ont obligée à déménager à l\u2019autre bout de Paris.Elle lui envoie un souvenir d\u2019Agathe.Romaine vient la remercier; ce sont maintenant deux dames à cheveux gris qui ont connu \u2018de grands malheurs et qui n'ont plus personne au monde Leur haine s'est éteinte, leurs souvenirs ressuscitent, Romaine revient prendre sa place auprès de Rose et les deux amies vécurent très vieillés et très heureuses; car,, pour leur bonheur, elles n'avaient plus aucun enfant.Là pénétration, dent Jacques de \u2018Lacretelle a fait preuve dans tous ses vomans et singulidre- 4/AUTORITE, -25-AVRIL 1953 Pierre Dagenais s\u2019engage OICI l'homme qu'on.avait V perdu de vue depuis qu'une éblouissante aventure théâtrale le rejeta sur le rivage des radiophiles, L'homme que l'on revoit après de longues années de séparation, et qui n\u2019a pas changé : c'est la même silhouette, mobile et concentrée, secrètement prémunie contre le vieillissement, comme si la vie coulait tout autour, sans jamais l'atteindre vraiment.L'éternel adolescent, jusque dans Ja chevelure où l\u2019on s'étonne de découvrir quelques mèches grisonnantes, Avec ses contes de la Pluie et du Beau Temps, publiés au Cercle du Livre de France, Pierre Dagenais fait son entrée définitive en littérature.Il est fascinant de l'entendre faire le point lorsqu\u2019il considère ses expériences au théâtre dont il est incontestablement l\u2019un des meilleurs metteurs en scène au Canada français.\u201cLe Temps de Vivre\u201d, \u201cLiliom\u201d, \u201cLe Songe d\u2019une Nuit d'été\u201d, \u201cBrutus\u201d.des noms qui tournoient dans l'évocation d\u2019une époque héroïque, d'heureux souvenirs qui se bousculent, l\u2019amer rappel des échecs.Résolument engagé dans la littérature, Dagenais deviendra peut-être un grand romancier, mais il n\u2019en restera pas moins l\u2019homme de théâtre qui parlera de son art avec l'attention qu'il porte à sa propre vie.Aussi bien, cette ferveur ne restera pas inemployée, puis- qu\u2019il retourne au théâtre dès cet été.L'un des comités du Festival de Montréal vient en effet de lui confier la mise en scéne de \u201cKing Lear\u201d qu'il montera dans ie cadre du programme culturel de cet organisme.Le théâtre.c\u2019est aussi un univers de désillusions.Dagenais rappelle le succès formidable du \u201cSonge d\u2019une Nuit d\u2019été\u201d : 14,000 spectateurs en trois jours.Mais comment expliquer l'échec de résolument - dans la littérature \u201cRoméo et Juliette\u201d, ret dernier, au Chalet ?\u2018Plusieurs explications sont valables.Mais comment peut-on expliquer avec précisions ?Le public est une bête imprévisible ! \u2014Le Théâtre du.Nouveau Monde n'est-il pas, à vos yeux, l'aboutissement -de: tous ces efforts?Ne croyez-vous pas qu'on puisse enfin parler d\u2019une troupe professionnelle dans la métropole ?\u20141I1 n'y aura jamais de théâtre professionnel à Montréal ! les comédiens Je m'explique : pe, l'excellence du jeu, la stabi- \u2018 lité de l'entreprise, l\u2019attachement d'un public sans cesse - plus grand ?\u2014Dans ce cas, je reconnais pleinement au TNM sa valeur.J\u2019estime que fleurs spectacles atteignent le niveau de la grande qualité.is, ce n'est pas l'homme de théatre que nous voulions interroger.Pierre Dagenais appartient désormais à la confrérie des écrivains, Que pense-t-il de son nouveau \u201cmilieu\u201d, de l\u2019ambiance littéraire, de la \u201crépublique de nos lettres ?\u201d ne pourront jamais vivre de leurs cachets.C\u2019est là une condition qui m\u2019apparaît essentielle.De plus, j'ai bien hâte au jour où le TNM cessera de produire des spectacles qui sont calqués sur ceux de Paris.\u2014Mais, la qualité de la trou- \u2014Je déplore l\u2019absence de respect entre gens du même métier.Je constate que les uns raillent les autres, et réciproquement.D'autre part, il n\u2019existe pas\u2019 de compréhension entre auteurs et critiques.Il me semble qu\u2019ils se nuisent mutuellement.le\u201d courrier lifféraire\u201d de M.Emile OETE, romancier et criti- Pa M.Emile Henriot, membre de l'Académie Francaise, commande une oeuvre considérable et qui vaut par trois qualités : l'autorité, la franchise, et la clarté.Une collection nouvelle séra désormais consacrée au \u201cCourrier Littéraire\u201d de M.Emile Henriot.Dans ces séries successives, seront réunies les études que le courriériste et critique littéraire du journal Le Temps, Puis du journal Le Monde, a publiées depuis vingt-cinq ans avec une constance, une régularité remarquables.De semaine en semaine, et avec le même brio, on pourrait dire la même fraîcheur de lecture et d\u2019impression, le chroniqueur avait lui-méme choisi le titre de courrier que ne recuse pas le prestige acquis par le grand critique.Dans ce premier tome, \"M.Emile.Henriot a groupé et reclassé ses études par époques, dans l\u2019ordre chronologique, en.indiquant l\u2019année où chacune d'elles a paru et où il a cherché à établir le dernier état de la question à cette date.Le courrier marqué XIXème siècle est donc intitulé Les Romantiques (1) \u2014 entendons les grands écrivains romantisques \u2014 l\u2019auteur a fait d'ailleurs observer que s'il s'agit là d\u2019études écrites selon l'actualité littéraire à l\u2019occasion d\u2019une lecture ou d\u2019une relecture, d\u2019une soutenance de thèse, d\u2019un centenaire, d\u2019une réédition ou de la publication de pages inédites, leur réunion a paru pouvoir constituer, d\u2019un volume a \u2018d\u2019autre, une assez vaste vue d'en- ment dans \u201cSilbermann\u201d, se retrouve ici.Les personnages sont vus de l'intérieur, avec toute la note juste, et aucune description inutile ne vient interrompre le récit de l\u2019évolution de leurs sentiments, Le livre refermé, Romaine Franchard et Rose Bienaimé demeurent parmi nous, c\u2019est le signe\u201c que \u201cDeux Coeurs Simples\u201d est dans là t dition.du vrai roman psychôloël- que.at Claude BENEDICK (1) Gallimard, éd.Paris.définitive, semble sur la littérature d\u2019un précédent siècle, propre à intéresser le grand public.Sur chacun des sujets traités, l\u2019auteur s'est efforcé d\u2019établir, à la date indiquée, le dernier état de la question et, par là, ce nouveau volume de Courrier Littéraire, véritable imine de renseignements, est appelé à servir également la curiosité des amateurs et des lettres, à accompagner leurs lectures et à faciliter leurs recherches.La continuité de cette sorte d'enquête menée depuis trente ans parmi les idées et les livres, assurera certainement à ces essais le bénéfice d'une certaine fidélité et également d'une certaine constance spirituelle.La littérature étant aux yeux de M.Emile Henriot l'expression supérieure de la vie, au delà du thème littéraire et de l'art c\u2019est la vie, qu\u2019à travers les hommes et les oeuvres, il s\u2019est constamment préoccupé, en de retrouver et de saisir, Il y réussit fort bien et c\u2019est là le charme de cet ou- Vrage, par ailleurs si utile.On se trouve en présence d'une lecture d\u2019agrément, et, pour les chercheurs d\u2019un instrument de mise au point remarquable.Dans ce recueil consacré aux Romantiques, M.Emile Henriot suit en somme ce que l\u2019on peut appeler l'actualité rétrospective, en signalant.tous les ouvrages se rapportant à l'un des grands écrivains de l'époque.C\u2019est ainsi que défilent successivement Hugo, Vigny, Lamartine, Saint-Beuve, Musset, George Sand, Lemennais, Balzac, Mérimée, Michelet, Jules Sandeau, Guizot, Benjamin Constant, etc.Autant de prises de vues originales, effectuées sous les angles les plus différents, les plus imprévus et les plus aptes à renouveler l'éclairage de figures que l\u2019on croit en général archi- connues et sur lesquelles il y a toujours à dire et à faire apprendre.La sûreté de l\u2019information, l'objectivité des résumés préparent les réflexions critiques, les rapprochements ou 1 leçons d'un critique qui saît n\u2019être qu\u2019un témoin à l'occasion, où, qu\u2019un observateur,.avant, de prendre des usions \u2018valables, sur des plans.\u2018très généraux: Il y a là le meilleur exemple d'une critique à la fois minutieuse et large, effectuée avec bonne humeur et surtout avec une absolue bonne foi, sans idées préconçues.: Sans vaines discussions, il reconnaît l\u2019évolution imprimée à la figure de Victor Hugo, par les travaux d\u2019un Escholier, d\u2019un H.Guillemin et la révélation des propres papiers du poète.\u201cAdmirable en tous points\u201d, écrit-il, à propos de la publication de \u201cPierres\u201d, extraits des cahiers et notes de Victor Hugo.\u2014 C'est admirable en tous points, du Victor Hugo en plein jet, à l\u2019état brut, vers, proses, choses vues, vérités d\u2019avant l\u2019arrangement, dans leur crudité et leur.spontanéité naturelles de fait3- divers.Pas de vie intérieure, le père Hugo?Mais il en fumait dans sa forge! Et très intelligent nbservateur, avec cela qu\u2019on m\u2019attendait guère de ce maître des mots et de cet attrapeur d'images.Ce visionnaire savait regarder.Il n\u2019a pas fini de nous étonner\u201d.Etudie-t-il la vie de Lamartine, il remarque aussitôt que les biographes du poète des Confidences auront toujours beaucoup à faire pour raconter: au vrai Thistoire du grand poéte, grand arrangeur de sa légende.Et de serrer de près cette vie \u201cbelle, moble, contrastée\u201d, pour conclü- re que les arrangements que Lamartine a fait subir à sa vérité ne gênent pas \u2014 puisqu\u2019ils sont conformes à l'image qu'on aime à se faire de lui et, dans son lointain vaporeux, c\u2019est cette image qui est la plus belle.On conçoit bien, avec ces deux exemples, comment opère le critique \u2014 qui retient toujours le lecteur par-la rectitude de son jugement.Sur Vigny, les méê- mes et honnêtes mises au point.C\u2019est ainsi qu\u2019on apprend la nature exacte du célèbre incident académique entre Alfred de Vi- Eny et le comte Molé.De même, sur les relations de Vigny et les grands\u2019 écrivains de son temps, certaines petites légendes sont \u201cdégonflées\u201d, au profit d\u2019une vérité historique \u2014 sinon littéraire.Par contre, et utilement, sont marqués les torts récipro- \u201cques du.poète et de l\u2019amante Et voilà que Dagenais publie ses contes dont plusieurs ont été entendus sur les ondes de CK AC, tous les soirs de la semaine, \u2018au cours d'une excellente émission, Qu\u2019en pense l\u2019auteur ?,\u2014D'une façon très générale, je peux dire, sans fausse modestie, que je me penche sur la misère humaine et les problèmes de la société.Mais je ne les ai pas écrits en vue de les publier.C'était plutôt une discipline pour moi.Je voulais publier au moins un livre avant d\u2019achever mes romans en préparation depuis plu-, sieurs années, \u2014On peut savoir ce que seront ces deux romans?\u2014Il s'agit des problèmes du jeune homme de notre époque, non pas de l'adolescent, mais de ceux qui appartiennent à la gé- mération de 30 ans.Dans tous les \u2018pays, ils ne peuvent s'exprimer comme ils veulent.Toutes les jeunesses du monde sont bâillonnées.C'est un problème universel., \u2014Et quelle issue y voyez- vous ?\u2014Je crois que la solution viendra de 1'Orient.Mais je ne _ voudrais pas en dire trop long sur ce roman auquel je dois encore travailler.LS Si l'on interroge Dagenais sur ses préférences en littérature, on entendra les noms de Voltaire, des frères Tharaud, de St- Exupéry, de Camus et Sartre en tant que dramaturges.Il ne faut pas conclure, précise-t-il, que l'admirateur partage toutes les idées des auteurs qu\u2019il fréquente.Il admire aussi ceux de \u201cchez nous\u201d, Ce sont Claude- Henri Grignon, Gratien Gélinas, Roger Lemelin, et quelques autres.Il estime qu\u201d\u201cUn Homme et son Péché\u201d est notre meilleur roman.On lira avec beaucoup de plaisir\u2019 les contes de Pierre Dagenais, Michel ROY Henriot (Marie Dorval) au sein d\u2019un étonnant roman d'amour.Sur George Sand, sur Sainte-Beuve, autant d\u2019études critiques qui sont des révélations ! Maintenant, s\u2019il fallait chercher une leçon \u2018générale pour établir la portée de ce grand ouvrage, c\u2019est sans doute dans le chapitre du Romantisme que Jon pourrait le trouver.Dans ce chapitre, M.Emile Henriot évoque en effet un essai de M.Adrien de Meüus sur le Romantisme, un auteur \u201cqui pense en romantique sur le romantisme\u201d et qui, entraîné par ses- amours, ne traîte pas toutes les questions.Mais qui n\u2019omet cependant pas l'essentiel : le problème du classique et du romantique: \u2014 \u201cLe Romantisme est tout ce qui s\u2019oppose en nous a la raison\u201d.Toute l'histoire de Tesprit humain se réduit-elle bien à l'onposition de ces deux tendances entre l\u2019imaginatif et le rationnel ?Ce conflit, en chacun de nous, ne cesse jamais dans notre douloureux apport à concilier les besoins directs de la vie et l\u2019aspiration à une vérité supérieure qui la dépasse.L'art et là littérature sont les lieux de conciliation de ces deux puissances contraires Le fait permanent du Romantisme, dans la succession incertaine des Ecoles, prouve que la notion est ancienne et qu'elle est encore solide.La part idéologique et sentimentale du Romantisme continue d'agir sur nous.\u201d Si nous sommes retombés en plein romantisme, comme il n\u2019est pas possible de le nier, ce ñ\u2019ést point parce\u2019 que la littérature la plus moderñè ést une littérature d'images et de coups de surprise verbale (dont le gros public se moque), mais _parce que nous donnons le pas, en tout, contré la raison contraignante, au subjectif, à l'individuel et au sentiment, en un mot à l'esprit d'indépendance et de révolte qu\u2019il\u2019 s'agisse de nos opinions ou de nos actes.Que le romantisme est une attitude de l'esprit, c'est la vue majeure qui devrait commander de ños jours toute étude sur le romantisme, fait - psychologiqu , (9619) Plerre PESCAVES MO Aux Aux Editions Albin Mickel, Paris. L'AUTORITE, 25 AVRIL 1953 1 41 e A casino a fenu le coup UAND le rideau tomba sur le premier spectacle du Bellevue Casino, il y a quatre ans, la plupart des journalistes qui étaient là, et nombre d'habitués de cabaret, étaient prêts à parier que cette nouvelle boîte allait tomber au cours des prochains mois.Elle n\u2019allait pas tenir le coup.Les années ont prouvé le contraire.Aujourd\u2019hui le Bellevue Casino est l\u2019un des cabarets les plus populaires en Amérique.La personne en grande partie responsable de ce succès : Mme Natalie Kamarova.Qui est-elle ?Mme Kamarova est une ex- danseuse qui naquit en\u2018 Russie et qui, pendant plusieurs années, fut la partenaire de deux danseurs.Ses voyages la conduisirent à Paris où elle dansa aux Folies-Bergère.C'est à ce moment qu\u2019elle décida de devenir chorégraphe et de monter des Spectacles.Comme elle avait beaucoup d\u2019imagination, elle ne tarda pas à se mettre en évidence.À Paris, elle règla des spectacles de Chevalier et de Mistiaguett.Quand cette dernière vint à Montréal, il y a deux ans, Mme Kamarova et l\u2019éternelle artiste passèrent plusieurs heures à se raconter des souve- hirs.En 1937, Mme Natalie Kamarova enjamba l'Atlantique avec un spectacle intitulé \u201cFrench Casino\u201d.En 1940, Lou Walters, le propriétaire du Latin Quarter, à New-York, l\u2019invitait à monter les Spectacles de son établissement.Elle travaille pour lui depuis.Mme Natalie Kamarova est une femme très simple, mais très autoritaire, Devant ses décisions, les artistes et même les propriétaires de cabaret doivent se plier.Qu'est-ce qui Après tout, le fait son succès ?Bellevue Casino est le cabaret de Montréal le plus achalandé et à New-York, le Latin Quarter est le seul ca- \u201cLes femmes de Paris\u201d ICHEL SIMON est sans doute l'acteur qui tourne le plus actuellement.Il vient de terminer coup sur coup: \u201cLe Marchand de Venise\u201d, d'après Shakespeare, où il joue le rôle de Shylock, et, sous la direction de Jean Boyer et Ray Ventura, \u201cLes femmes de Paris\u201d, Après le célèbre usurier, il incarne ici un savant astronome habitué à vivré dans la lune, qui subitement découvre la Terre et les femmes de Paris.Les femmes de Paris, ce sont l'étudiante qui veut mourir pour un chagrin d\u2019amour, la bourgeoise qui n\u2019est jamais sortie, la jeune fille snob qui boit des cocktails, l'aventurière qui cache des stupéfiants dans son sac, l'étrangère excentrique, etc.Au.milieu de ce parterre féminin, l\u2019austère astronome oublie tout et se laisse entraîner dans une cascade d'aventures, prétexte à de nombreux gags.En Allemagne HErsert J.YALES, Président de la compagnie américaine \u201cRepublic Pictures\u201d, vient de passer quelques jours en Allemagne avec sa femme, la star Vera Ralston.I1 a visité les studios de Berlin-Tempelhof (secteur américain) et Berlin Spandau (secteur britannique) où il a l'intention de tourner les intérieurs de trois films.Les studios de Munich, où Yales était allé auparavant doivent \u201c également être utilisés, Les rôles principaux.de ces films seraient partagés entre acteurs allemands et américains.| Le président des Etats-Unis James A.Caufield, qui fut assassiné en 1881, avait été employé sur des barges de canaux dans .sa jeunesse.A SN) par Roland.(\u2018âté.baret qui fait.régulièrement ses frais.Mme Natalie Kamarova ne le sait pas ou plutôt elle le sait, mais ne veut pas parler.\u201cJe déteste parler de moi- même ou de me louanger\u201d.\u201cDemandez plutôt à mon mari, Kamarov ?Tout d'abord ce qui fait le succès de ses production, c\u2019est l'entente qui existe entre elle et son mari, un musicien-né.Ce dernier compose et fait les arrangements.Si elle a l'idée d\u2019un numéro en tête, elle consultera son mari.Ensemble, ils étudieront les possibilités de choisir et même d'écrire une musique qui conviendra, La musique joue un rôle important dans tous les numéros qu\u2019elle prépare.Cette -entente et association est donc à la base même de leur succès, Mme Kamarova qui a dansé et monté des spectacles dans toutes les parties du monde connaît les goûts du public.Le public aime le spectaculaire, le \u201ctape-l\u2019oeil\u201d et les grands déploiements.Mme Kamarova verra à satisfaire ses goûts.Ensuite, il faut qu'un \u201cspectacle marche\u201d, Elle évitera donc toutes les lenteurs possibles.Elle prendra les moyens les plus détour- A y N IY \u2018 san / nés pour arriver à ses fins, Je : me souviens que dans un spectacle l\u2019année dernière, avec les danseurs apaches Mazzone et Abbott, il fallait plusieurs minutes pour nettoyer la scène.Pendant que les manoeuvres ramassaient les débris, deux \u201cshow girls\u201d paradaient sur la scène avec deux jolis toutous blancs.L'attention des spectateurs étaient alors dirigée vers les toutous, pendant que les manoeuvres exécutaient leur tâche.Si le public est difficile, les artistes le sont aussi.Mme Kamarova doit travailler avec eux et souvent il lui faut user de beaucoup de diplomatie pour arriver à leur faire donner le meilleur d'eux-mêmes.Quelquéfois des artistes qui \u201cont du nom\u201d deviennent dans ses spectacles de simples numéros.Mme Kamarova sait naviguer et règler tous les problèmes.Justement un incident qui met en cause Joe Howard, actuellement en vedette dans ce cabaret, illustre bien le doigté de Mme Kamarova.\u2019 Joe Howard, qui touche plus de mille dollars par semaine, se plaignait du fait que le prix des chambres d'hôtel au Mont- Royal, depuis son premier engagement au Bellevue Casino, - avait augmenté, 11 était très malheureux et menaçait même de contremander son engagement.Mme Kamarova qui eut vent de d'affaire et qui voulait à tout prix que la vedette de son spectacle d\u2019anniversaire soit heureuse, lui dit que le Mont-Royal ne lui ferait pas payer davantage que lors de son -premier engagement.Elle alla trouver Harry Holmok, le propriétaire du Bellevue Casino, et lui dit tout simplement : \u201cVous payerez la différence\u201d.\u2019 : Harry Holmok se plia a la volonté de Mme Kamarova parce qu'il sait que sans elle le Bellevue Casino ne serait pas devenu ce qu\u2019il est aujourd\u2019hui.Les dix meilleurs films du monde oo \u201cSi vous deviez aller vivre dans une ile déserte, quels sont les livres que vous emporteriez 7\u201d Renouvelant la question, un lecteur d'une grande revue italienne a demandé : \u201cQuels sont les dix films produits depuis que le cinéma existe qui mérite- Talent d\u2019être sauvés si un cataclysme détruisait notre monde d'aujourd'hui ?\u201d La revue a fait une enquête auprès des critiques, des écrivains, des metteurs en scène et d\u2019autres artistes.Dans les réponses parvenues, compee- nant chacune dix titres de films, 0: connait le fameux test: seul \u201cLe Cuirassé Patemkine\u201c d\u2019Eisenstein a été cité par tous les correspondants, conquérant ainsi le titre de \u201cmeilleur film du monde\u201d, puis vienment \u201cLa Ruée vers l\u2019Or\u201d (cité en moyenne huit fois) ainsi que \u201cLa grande Illusion\u201d et \u201cOmbre rosse\u201d (Ombres rouges), \u201cLa Passion de Jeanne d'Arc\u201d, \u201cA nous la ll- berté\u201d, \u201cLe voleur de bicyclettes\u201d, \u201cBrève rencontre\u201d et un second Chaplin: \u201cLimelight\u201d, cités chacun en moyenne cing fois, L'enregistrement des véhicu- les-moteurs au Canada a atteint un nouveau record en 1952.\u2014 Télévision nous laisser\u2018 envahir par une foule de productions américaines et en général ces productions sont faibles et d'un intérêt bien relatif.Il s\u2019agit toujours d'orchestres, de danses, de chansons.C\u2019est le thème chéri des Américains, nous le savons, le thème cher aux décors surfaits et inlassablement les mêmes : Nuit étoilée, palmes artificielles, danseuses de fantaisie imaginaires évoluant dans un non moins imaginaire monde féerique à la manière hollywoodienne.Bref du déjà vu et revu et à revoir sur les navets hebdomadaires qui envahissent nos salles de \u2018ciné- na avec une déconcertante ténacité ! Que reste-t-il de tout cela cinq \u2018minutes après la projection?Rien! ou plus simplement une déformation de la réalité et du sens de la vie, toujours motif vivace d'un laisser- aller à la facilité naïve et à l'inculture qui est, nous le savons, le grand slogan du modernisme industrialisé, Nous avons entre les mains un merveilleux instrument d\u2019élévation et d\u2019éducation : la télévision.Cela aussi, nous le savons et nous nous en réjouissons.Mais qu\u2019adviendrait-il si motre joie allait se mûürir en des larmes amères?Voilà simplement les réactions qui se produisent en moi et après lin- cursion dans les programmes de C.BF.T.des \u201cLeslie Bell Singers\u201d, et du nouveau \u201cJane Froman Show\u201d.Cette Jane Froman a sans doute un'très beau décolleté, des robes somptueu- fes, et tortille bien sa bouche pour en faire sortir des sons charmeurs accompagnés en sourdine de soubresauts de guitare, mais nous la \u201cservir\u201d pendant des semaines consécutives, est une .réelle plaisanterie comme s\u2019en contentent, et laissons-leur cette qualité négative, nos gogos de voisins américains.N OUS avons tendance à Redevenons nous-mêmes et pensons aux choses sérieuses, Georges Groulx est à nouveau à l'ouvrage pour nous préparer \u201cLa Farce du Pendu Dépendu\u201d.C\u2019est une oeuvre d'Henri: Ghéon dont nous avons déjà pu admirer à C.B.F.T.le succulent et coloré \u201cNoël sur la Place\u201d.La pièce -que nous verrons vendredi premier mai à 9 heures 30 a été inspirée d\u2019une anecdote de \u201cLa Légende Dorée\u201d, vaste recueil de la vie des saints qu'écrivit vers 1260 Jacques de Voragine, hagiographe italien.Nous voyons donc que Ghéon n\u2019apporte dans l'intrigue elle-même .aucune imagination personnelle.Il le dit d'ailleurs dans sa préface : \u201cJ'ai saisi l\u2019occasion du thème en le modifiant à peine, j'ai écrit un miracle qui est en même temps une farce\u201d.La scène se passe entre l\u2019an mil et deux mille, la couleur locale espagnole étant le caractère à souligner, mais une couleur locale et des costumes \u2018qui restent cependant dans un domaine de fantaisie.Le titre de la pièce suffit à lui .seul à définir l'action.Un aubergiste crapuleux reçoit deux hôtes, père et fils, Il se dérobe à lui-même un \u2018vase d'argent pour accuser les hôtes du vol.Le magistrat condamne l\u2019un des deux ' coupables à être pendu.Le père veut mourir pour son fils et le fils pour son père, longue discussion, le fils l\u2019emporte et est pendu.Le père s\u2019en va en pélerinage au tombeau de Saint Jacques à Compostelle.Sur le chemin du retour, il s\u2019arrête au gibet où pend son fils et se lamente.Mais le fils se met à parler et annonce qu'il est bien vivant grâce au secours de Saint Jacques.Le fils est dépendu et l\u2019aubergiste crapuleux accroché à sa place.Il y a dans cette pièce de Ghéon toute la succulence du moyen âge, un style composé dans le cadre de l\u2019action.L\u2019auteur s'inspire du passé et lui reste fidèle, J.-L.Paris, Jacques Létourneau, Jean Gascon, V.Desy, G.Hoffmann et Antoinette Giroux assurent la distribution de ce spectacle dans des décors de M.Côté et des costumes de Laure Cabana.Production Georges Groulx, texte adapté par Martine Jasmin.CJ 5%) OOOO) OOOO) + 0) BOSON OCHS 2508 + Ce Q CO) QO) 0 O 0 SCC SL IC SC QU000 Se OO pO) O) CO) ° 3 RS » 0) L) 05 Q) RSS SA x 0 + LOSC GC SES OCOOOOOOOC Ç CCC) OOOO) () 2 0 2e C9 N 0 CO) OQ 5 2% CS XX 000% 0° toto 0°.O 55S 00.0.0 PE CJ OQ) ET.DOG oe es 0% 5 5058 0504 & % 0 0) + CO Q Q O SHS , 'Y XJ Re OCR] OQ) N55 0) 0) O) CO) 0 x) OOO 0D 225 OO 0X Oo OOOO OOOC 5S Ô x0 XXX XY @ IX 0208 OOS LJ * + 0) 1) CO) 1) LJ ° + eS .LJ CJ eX 0 (I) 0000000 CS SE OOO age: NN 005 0X VQOÙ 0300008305008 005 2e +.0) OOO) O & CQ) O) CL Q ©, 5 SOC 25050858 OO, 25e 555 OB 0% OOO OOO) SES OC.° 5050 OOO) OÙ OO OO XX 06 0S OOOO OS 35505 5900058 COCO @ @ + L L) ® ° La revue des concerts par Paul Roussel E ténor Jean-Paul Jeannotte vient de repartir pour la France.afin d'y poursuivre ses études.J'aime cette persévérance chez un artiste qui a remporté ici du succès et qui aurait pu, comme tant d\u2019autæes, vouloir désormais dormir sur un confortable lit de lauriers.Heureusement, Jeanmotte semble à l\u2019épreuve de la fatuité paresseuse.Un patient labeur L'artiste ne parvient au succès que par un patient labeur \u2014 à condition bien entendu d\u2019avoir du talent pour commencer.Jeannotte en a.Il l\u2019a démontré l\u2019an dernier à son retour d'Europe.11 l\u2019a prouvé une autre fois en janvier dernier, à l\u2019'ABM.Son:récital du ler avril, pour les Jeunesses Musicales, dans la salle de l'ABM, nous le découvrit en moins grande forme.Le danger le menace de perdre sa spontanéité tant l\u2019obsèdent des problèmes de technique vocale.Le jeune ténor possède une voix tenue, un régistre grave et un régistre aigu faibles, Préoccupé par le désir d'élargir sa voix, il insista davantage sur la projection vocale que sur l\u2019expression des sentiments que \u201cLes Amours du Poète\u201d de Schumann et \u201cLa Bonne Chanson\u201d de Fauré auraient dû évoquer en lui.Non point que Jcannotte ait perdu ce raffinement poétique que nous avions goûté en lui auparavant.Mais le Schumann manqua de conviction, le Fauré de style.Plus doué que la plupart de nos chanteurs en ce qui concerne le répertoire du lied français ou allemand, Jeannotte est reparti vers la France ou nous ne doutons pas qu'il apprivoise ses angoisses techniques et nous revienne transporté par l'émulation que ce pays, soulève en notre jeunesse artistique.Jeannotte a encore à apprendre, il faut l'aider à l\u2019apprendre.Michèle Morgan fournera dans un film de Sarire ICHELE MORGAN est attendue prochainement à Mexico où elle doit tourner, sous la direction d'Yves Allegret, un film réalisé d'après un scénario de Jean-Paul Sartre.\u201cLes Orgueilleux\u201d.Le .titre primitif était \u201cTyphus\u201d, mais les producteurs, tant français que mexi- Cains, l\u2019ont trouvé trop pénible.Plusieurs mois de négociations ont été nécessaires avant que ne soit signé l'accord, qui prévoit une double version : francaise et espagnole./ C\u2019est la première fois que la belle héroïne de \u201cLa Symphonie Pastorale\u201d, qui vient d'achever \u201cJeanne d'Arc\u201d, travaillera avec le metteur en scène de \u201cManèges\u201d ct de \u201cCasque d'Or\u201d.Un film sur Clémenceau galerie \\cinématographique des hommes illustres ne comportât pas jusqu'ici un film consacré à Georges Clemenceau, dont le destin extraordinaire constitue une sorte d\u2019épopée, que seul un scénariste de génie eût été capable d'imaginer.Cette lacune vient d'être comblée.Déjà, à plusieurs reprises, des cinéastes avaient manifesté l'intention de montrer \u201cLe Tigre\u201d à l\u2019écran, mais Michel Clemenceau, son fils s'était toujours opposé à ces projets.Il refusa notamment deux scéna- Tios américains qui auraient eu pour vedette Charles Boyer ou Paul Muni.Un cinéaste français, Gilbert Prouteau, est enfin parvenu à convaincre Michel Clemenceau, «Qui a supervisé lui-même le film consacré à son père.Il s\u2019agit, et fait, d\u2019une biogräphie réalisée à l'aide de documents empruntés aux cinémathèques du monde entier, \u2019 Les recherches de Prouteau et de son, assistant Le Bailly, leur (I pouvait s'étonner que la ont fait découvrir des bandes rares dont on ignorait l\u2019existence: Déroulède gesticulant devant son propre portrait, Guillaume II s\u2019aidant d\u2019un petit escabeau pour monter à cheval, la sortie de prison de Dreyfus à laquelle assistent Zola et Clemenceau, etc.Au total, les deux cinéastes ont visionné une centaine de kilometres de pellicule pour parvenir à réaliser leur film de 2.400 mètres.Ce travail dure plus de.deux ans et les réalisateurs y laissèrent toute leur fortune.Ils ne possédaient plus que trois cents francs et se disposaient à \u201ctout laisser tomber\u201d, lorsqu'ils rencontrèrent en Ray Ventura le mécène qui leur permit de terminer l'oeuvre ébau- .chée.Ainsi, nous pourrons voir, grêce à un adroit montage de photographies et de films, le polémiste Clemenceau dans sa prison, Clemenceau visitant les Etats-Unis et donnant des leçons d'équitation dans un collège de jeunes filles pour subsister.Clemenceau à la tête des révolutionnaires qui envahissent le Palais Bourbon, Clemenceau maire de Montmartre, président du Conseil, \u201cTigre\u201d rendant visite aux poilus dans les tranchées de 1917, \u201cPère la Victoire\u201d inaugurant sa propre statue dans un village et le film s'achève sur l\u2019enterrement de Clemenceau en terre vendéenne.L'unique acteur de \u2018\u201cLa vie Passionnée de Clemenceau\u201d est donc Clemenceau lui-même, mais nous n'entendrons pas sa voix dans le film, car l'exemplaire que Pon posséde de la voix du Tigre ne laisse entendre qu'un rugissement.Une seule fois, en effet, il accepta de se faire enregistrer et voici ce que cela donne à l'audition: \u201cQu\u2019est-ce que c\u2019est que ces deux idiots, etc.\u201d Clemenceau, voyant les opérateurs déballer leur matériel était entré dans une de ces colères dont il était coutumier, et s'était refusé à l\u2019expérience, ne laissant à la postérité que ses protestations subrepticement enregistrées.Pierre LAMBERT LES DISQUES par Gilles Potvin.Symphonie MENDELSSOHN : .Ecossaise, (London Symphony Orchestra sous la direction de Gcorg Soltt.Enregistrement LONDON LP.) Voici un superbe enregistrement de cette troisième symphonie de La mineur de® Mendelssohn.Certains reprochent à cette oeuvre d'être longue et sans inspiration, contrairement, par exem- le, à la quatrième, la célèbre \u201cItalienne\u201d.Mais, il faut reconnaître au compositeur un .métier sûr, une orchestration variée et d\u2019un intérêt constant et une finesse toute mozartienne.Mendelssohn écrivit cette oeuvre à la suite d'un voyage qu\u2019il fit en Ecosse en 1829.De ce séjour, il rapporta non seulement la symphonie en La mineur mais aussi l'ouverture connu sous le nom de La Grotte de Finggl.La Symphonie No 3 a conquis une place définitive au répertoire des orchestres et le présent enregistrement, de qualité excellente, sera sans doute bienvenu dans les discothèques particulières.SUZANNE DANCO (Récital d\u2019oeuvres des 17c ct 18c siècles avec Guido Agosti au plano ct Jeanne Demessieux à l'orgue, Enrcgistrement LONDON L.P.) Un autre des merveilleux disques de Suzanne Danco, sans contredit l\u2019une des plus exceptionnelles et versatiles chanteuses de notre époque.Après Debussy, Fauré, Schubert, Brahms, Strauss et Wolf, Madame Danco prête sa Voix expressive et ses facultés d'interprétation à des oeuvres de Schuetz, Bach, Caldara, Durante, Caccini, Scarlatti et Gluck.11 en résulte des interprétations magistrales et qu\u2019il est difficile de critiquer.L\u2019admirable Amarilli de Caecini, par exemple, reçoit une interprétation toute de sensibilité qui va droit au coeur.De même, l\u2019aria célèbre O del mio doice ardor de Gluck.Strictement & ne pas manquer.BEETHOVEN Sonates pour (Sonatcs Op.27 Nog 1 ct 2 et Op.49 Nos 1 ct 2 enregistrécs par Wilhelm Baokhaus.Enrcyistrement LONDON L.P.) Le grand pianiste Backhaus reprend ici quatre sonates de Beethoven dont une seule est bien familière aux mélomanes.Il s\u2019agit de la célèbre Op.27 na 2, ou \u201cClair de Lune\u201d qui est ici accompagnée de l'autre Sonata quasi una Fantasia, Op.27 No 1, en Mi bémol.Les deux petites sonates de l\u2019'Op.49 reçoivent un traitement Brillant, léger et où l\u2019absence de pédale peut être justifiée du fait de la grande simplicité de la musique.Les quatre sonates sont jouées de façon très correcte, presque sans romantisme.Ici et là, Backhaus introduit de curieuses variations de tempo qui feront sans doute le sujet de nombreuses discussions entre pianistes et professeurs.Mais l\u2019enregistrement est brillammrent réussi et tout amateur de piano doit s\u2019en porter acquéreur.MOZART : Deux ouvertures (\u201cL'Enlèvement au Bérail\u201d et \u201cL\u2019Impresario\u201d enregistrées sous la direction de Joseph Krips par le London Symphony Orchestra.Enregistroment LONDON LP.) Voilà du Mozart joué dans des tempi mod , sans hâte, mais avec une finesse et une ec- tion rarement atteintes.Dans la brillante turquerie qu\u2019est L'Enlévement, Mozart s'est plu a écrire des parties tambour militaire et la grosse caisse.Trop souvent, ces parties sont littéralement submergées par tout l'orchestre, mais ici, elle ressortent d\u2019un éclat particulier.Quant à l'ouverture de L - sario, pour moins connue qu'elle soit, n'en est pas moins du meilleur Mozart.Joseph Krips est a la hauteur de sa réputation comme chef d'orchestre mozartien et l'orchestre qu\u2019il dirige joue avec précision et clarté, La gravure est excellente et la reproduction de première qualité.ur le triangle, le: Le Mozart de Klemperer Otto Klemperer a dirigé, le 7, le.dernier concert symphonique de la saison, au Plateau.Le public l'a longuement applaudi, marquant ainsi son appréciation pour les multiples concerts de qualité qu'il nous a donnés cette saison.Pourtant, un malencontreux accident l'a empêché de partir tout à fait en beauté.Après une Ouverture \u201cIphigénie en Aulide\u201d de Gluck \u201clentement\u201d dramatique (par opposition à tant de chefs qui la cençoivent à toute vitesse), après une Magnifique Symphonie \u2018Haffner\u201d où il révèle pour la deuxième fois cette année sa belle compréhension mozartienne, des pages de Wagner reçurent un traitement inquiet.Le soprano américain Margaret Hharsaw, qui devait chanter la Mort d'Iseult et l\u2019'Immolation de Brunnhilde, étant retenu dans sa chambre d'hôtel par une laryngite (les gorges fameuses sont, elles aussi, sujettes à la maladie), il fallut importer en cinq sec une remplacante.Mlle Doris Dores accepta (de New- York) la tâche ingrate vers trois heures de l'après-midi.La \u201cHaffner\u201d était à moitié terminée Jorsqu'elle arrivait au Plateau.\u201cQui dirige ?\u201d demanda-t-elle à brûle-pourpoint.Dans la précipitation des événements, on avait oublié de Ili dire que c'était Klemperer.Sans répétitions, les extraits wagnériens difficiles ne furent pas trop mal chantés.Ils auraient pû l\u2019être mieux, Il appert que Klemperer fut ennuyé par le fâcheux incident, La musique écopa.Je ne sait s\u2019il eut peur que la chanteu- ' se ne vint à bout de l'épreuve ou s'il craignit un autre courant d\u2019air! Il pressa délibérément le tempo dans le Chañt de Mort.Comme 1\u2019aimable hé- roine, Mlle Doree aurait dû mou- Tir de chagrin dans les circonstances.Elle survécut.Il faut bien que le show goes on.Leduc à Pro Musica Il était juste que Roland Leduc, l'un de nos chefs les plus doués (et celui qui a le plus de bonheur abordé le répertoire des petites symphonies) fut invité par la Société Pro Musica à terminer sa saison distinguée de musique de chambre.À son concert du 12, Roland Leduc s'est entouré d'excellents musiciens montréalais et a dressé un programme ligne d\u2019une société de qualité.Particulièrement goûté, parmi les oeuvres inscrites à ce programme : le Concerto dit \u201cPrintemps\u201d extrait des \u201cSaisons\u201d d'Antonio Vavaldi.Trois violons, un alto, un violoncelle et une contrebasse interprétèrent ce chef-d'oeuvre précoce de musique à programme.L'oeuvre abonde en chants d'oiseaux, Elle suggère d'idylliques pastorales, et justifie à nos oreilles l\u2019admiration que Bach nourissait à l\u2019égard du compositeur italien.A \u2018l\u2019issue de cette agréable audition, on avait envie de connaître l'été, l'automne, voire même l'hiver du même Vivaldi, bien qué \u2018nous sortions à peine: du nôtre pour notre plus grand soulagement.Un concerto pour flûte de Quantz fut brillamment\u2018 enlevé par Mario Duschepg, L'exécution du flûtiste fit oublier la mièvrerie de l'oeuvre.Plus intéressant fut le Concerto pour piano de Nichelmann, un élève de Bach, joué avec esprit et simplicité par John Newmark.Se demande-t-on ' comment il se fait que des compositeurs fameux à leur époque n\u2019ont\u2019 point passé la rampe du temps?Il suffit, parfois, d'entendre leurs oeuvres pour résoudre ce mystère, pour comprendre comment Bach obscurcit Quantz, Mozart Boccherini, Chopin Field.Non pas que ces pages de Quantz et celles de Locke (contemporain de Purcell) qui furent jouées à ce concert soient mauvaises.Les grands maîtres nous ont habitués à la perfection.Vient un moment où l\u2019on ne peut guère s'accomoder de la médiocrité.La perfection est l'une de ces habitudes qui ne Sacquièrent pas impunément.= LL en Sr # L'AUTORITE; 25 AVRIL 1953 Monique Miller en Isabelle ne, capitale de la Guyane, du bagne.et du poivre.N= sommes à Cayenne, à la fin du siècle dernier.Cayen- Un de ces petits bazars où l'on vend de tout et que l'on appelle aux colonies : comptoirs.Ce comptoir-ci est tenu par une famille de très braves gens, des Ducotel.Le père Félix, la mère Amélie et leur fille la charmante Isabelle.S'ils ont échoué là c'est à force d'honnêteté, de délicatesse et, disons-le aussi, d'insouciance, .Encore ne vont-ils méme pas, sans doute, pouvoir demeurer dans ce dernier et pourtant modeste refuge, leur petit comptoir dont le propriétaire est leur propre cousin, Juste Trochad, .un homme d'affaires, lui.Inquiet de la gestion un peu fantaisiste du magasin, il débarque, le cousin Trochard, accompagné de son neveu, Paul, dont est amoureux Isabelle, Et les Ducotel vont être mis à la porte et Isabelle va avoir avec le jeune Paul une affreuse déception.Mais sur le toit du comptoir travaillent trois types, trois forçats.À la Guyane, en effet, on utilise les forçats un peu à tous les travaux.Et ces trois types, leur travail fini, descendent s'occuper un peu de ce qui se passe sous le toit.Ils sont assistés d'un quatrième petit mousquetaire dont vous ferez connaissance, chers spectateurs.de loin.Et l'intervention si particulière de ces quatre nouveaux amis arrange bien des choses, parfois d'une façon.définitive.Ainsi, sans se douter une minute de la réalité des choses, la famille Ducotel retrouvera-t-elle la prospérité et (quoiqu\u2019un peu plus tard) le bonheur.Mais pourquoi ce titre, La Cuisine des Anges ?L'anecdote que raconte le tableau de Murillo est la suivante : dans un couvent, les moines cuisiniers tombent malades; des anges viennent les remplacer.L'auteur espère que, la pièce terminée, les spectateurs trouveront son titre convenablement choisi.est présentement le grand succès de New-York et de Paris, a été jouée pour la première fois devant le public parisien au début de l'année 1952, \u201cPour une première série de représentations\u2019, disaient les affiches.Les critiques furent très enthousisates et le lendemain le nom d'Albert Husson était sur toutes les lèvres.Henri Bernstein, qui dirige le Théâtre des Ambassadeurs, l\u2019un des plus élégants de Paris, assietait à la générale.Mais laissons-lui la parole : .\u201cLA CUISINE DES ANGES a été pour moi, comme pour tous ceux qui en virent la répétition générale, une délicieuse surprise.Le jeune et parfaitement agréable Albert Husson est un auteur dramatique né: j'en ai été convaincu dès les premières scènes.\u201cJe savais que la pièce ne pourrait pas être jouée plus d\u2019un mois au Vieux-Colombier en raison d'engagements antérieurs, et le rideau tombé après de longues acclamations, j'ai proposé à André Certes (le producteur) de me rejoindre une demi-heure plus tard.!! vint et Je lui offris séance tenante d'accueillir tout le spectacle, le 12 ÿ6- vrier, aux Ambassadeurs.Par gentillesse, il m'a demandé si je ne préférais pas attendre trois ou quatre Jours pour connaître l'impression des salles du début.Mais le délai ms paraissait inutile et jamais accord théâtral n\u2019a été conclu plus rapidement.\u201d LA CUISINE DES ANGES est demeurée au moins six mois aux IL CUISINE DES ANGES, qui .des Célestins.- L'auteur ef sa pièce Ambassadeurs.Après quoi elle a reprise le chemin du Vieux-Colom- bier, où elle se Joue encore aujour- d'hui.Plus de 450 représentations n'ont pas épuisé son succès.© Cette comédie a remporté le Prix Tristan Bernard pour l\u2019année 1952.Albert Husson habite Lyon, où il est secrétaire général du théâtre Et voici quelques renseignements supplémentaires extraits d\u2019un article de Guy Verdot paru dans FRANC-TIREUR : \u201cBrillant sujet de cette école lyonnaise qui nous a déjà donné Marcel Achard et Michel Duran, M.Albert Husson semble devoir s'inscrire \u2018dans la glorieuse lignée de ses devanciers, \u201chommes du Nord\u201d, zélés à faire mentir la réputation de M.Brun, selon Pagnol.\u201cDe Michel Duran il possède l\u2019adresse, avec une plus grande originalité.De Marcel Achard il a ce je ne sais quoi qui fait que les clowns sont aussi des poètes.\u201cDe lui nous connaissions \u201cA LA FOLIE\u201d, un petit acte loufoque qui promettait; \u201cL'IMMORTEL ST.GERMAIN\", quatre actes pirandel- llens qui tenaient, et deux comédies : \u201cMONSIEUR PROVIDENCE\u201d et \u201cLA LIGNE DE CHANCE\", qui furent Jouées au Théâtre Gramont avec des fortunes diverses.Dans \u201cLA CUISINE DES ANGES\u201d, dont le VIEUX-COLOMBIER va faire ses choux gras, c\u2019est un auteur en pleine postession de ses moyens et\u2019 de son métier qui nous est définitivement révélé.\u201d Jean Gascon, directeur artistique du TNM, et metteur en scène de la \u201cCuisine des Anges\u201d Danserons-nous ! Ne danserons-nous pas?EPUIS une bonne quinzai- Il ne, le petit monde québecois .est en effervescence.Pour les étrangers non initiés, le tumulte qui s'éléve du Cap Diamant ressemble fort à une tempête dans un verre d\u2019eau.Toute autre est la réaction des Québecois de vieille souche, qui appréhendent par-dessus tout l'invasion de certaines coutumes étrangères, pour eux essentiellement barbares et immorales.La danse, cette invention diabolique importée d'Afrique et surtout d\u2019ou- tre-quarante-cinquième, s'instal- lera-t-elle à demeure dans nos rares boîtes de nuit, nos restaurants et nos cafés?Telle est la brûlante qu ion qui se pose au- jourd\u2019hui 4 Vgpinjon publique de la vieille capitale, troublant jusque dans ses fondements la quiétude morale de nombreux citoyens rangés, qui révèrent comme un don de Dieu leurs tranquilles dimanches et leurs paisibles soirées.La devise officielle de notre sage cité n'est-elle pas : \u201cDon de Dieu feray valoir\u201d ?TI serait intéressant de savoir comment la question s\u2019est posée et comment la discussion publique s'est amorcée sur ce sujet délicat entre tous.Pour ne pas nous perdre dans des détails, si piquants soient-ils, attachons- nous à résumer une assez longue histoire.; Jusqu'à ces dernières semaines, aucun règlement municipal ne régissait la danse dans les limites .de la ville : seule la coutume pré- Valait, une coutume faite à la ; fois de rigidité et de tolérance, et
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.