L'autorité, 2 mai 1953, samedi 2 mai 1953
[" - Le drame de Vill LL sg\" 38e ANNEE \u2014 No 41 - Directeur: GERARD GINGRAS Secrétaire de la rédaction: MICHEL ROY J l \u2018E soleil s\u2019acharnait contre la vitre et je recevais sur mes joues sa chaleur pénétrante.Assise par terre, à Pindienne, j\u2019éceutais nerveusement une symphonie tout en roulant entre mes doigts d\u2019interminables mégots.A mesure que l\u2019heure avançait, je me sentais envahie d\u2019un désarroi croissant qui me rongeaiït finement comme une lime.H me fallait réagir sans délai contre cette idée inquiétude, comparable au mouvement d\u2019un mécanisme détraqué.Et pour cela, je songeui à la veille: il avait regardé mes yeux en s\u2019élonnant de leur douceur à lu lumière vot- lée de la chambre.El avait pris ma tête entre ses mains comme si rien au monde d\u2019aussi précieux n\u2019existait à ce moment-la.Mais les charmes de l\u2019ombre s\u2019étaient rompus.C\u2019était le jour maintenant, et ses vérités différentes, ses beautés imprévues, ses formes insoupconnées.Je le voyais en compagnie de cette autre femme qu\u2019il avait rejointe.Et c\u2019est à travers la clarté du soleil et l\u2019edeur du midi qu\u2019il la reconnaitrait.Elle ne représenterait plus pour lui la femme qu\u2019il connaissait et qu\u2019il fré- lait sans trouble.Elle serait celle gue Ia qualité partieu- lière du jour dévoilait sous ses aspects nouveaux.Celle qui le rendrait ému par les nouvelles facettes qu\u2019elle ferait mirolter sans qu\u2019il les ait prévues.I regarderait ses yeux, comme pour la première fois, confendant leur lueur et la clarté de l\u2019air, les comparant à de brûlants charbens, sans se rappeler du velouté des miens.Fi découvrirait ses mains généreuses et blanches, comme les fleurs d\u2019un parterre, oubliant combien plus fine est la pression des miennes.EI Pécouterait surtout.Il entendrait longuement la musique aiguë de su voix, toujours changeante avec des sauts inattendus et des inflexions d\u2019enfant.Il répondrait à cette voir, le mêlant à la sienne, jouant avec elle un due qu\u2019il rendrait harmonieux, croyant que l\u2019harmonie vient d\u2019elle.Et pendant ce temps, j\u2019attendrais.Jattendrais qu\u2019il ait fini de jouer avec le feu du jour.Que la vision de cette femme s\u2019éteigne doucement en lui comme um feu de paille.Que la clarté qui dessine les formes commê des flammes, pélisse peu à peu.J\u2019attendrais que le soir baisse et révèle les cernes autour des yeux brûlants, des rides sur la ren- deur des jones.J\u2019attendrais que l\u2019accent de la voix perce comme une injure dans la douceur du soir.: \u2018 Soudain, je détestai le jour : ses illusions perlides, ses cruelles beautés.J\u2019eus envie d\u2019un moment sans aucune promesse, où l\u2019on ne soufire pas.: Une sonnerie me révellla de ce cauchemar.Alle ?C'était lui.C'était sa voix, semblable au son qui annonce WPéchange de nes amours.Et j'étais là, prête à l\u2019entendre, déjà me revétant pour lui des harmonies de l\u2019embre qu\u2019il \u2018espérait sentir.' Suzanne BARBEAU e dur, 66 WE vivais avec ma famille J de six enfants dans ün soubassement, à Saint- Henri.Un bon jour, un copain m\u2019apprend que je peux m'acheter un lot pour $25, payable $5 par mois: Ce que vous avez devant vous, monsieur, c\u2019est le résultat de mon placement et de mon travail.\u201d : L'heureux propriétaire, tout fier de \u201csa maison\u201d, une simple bicoque à mon avis, m\u2019informe qu\u2019il l'a construite, de ses propres mains, les jours de congé, avec des bouts de planches, des morceaux de tôle, des pierres, le tout acheté d\u2019un démolisseur ou ramassé ici et là.BEAUCEVILLE, 2 MAI 1953 » que 7,000 autres propriétaires du \u201cnouveau Granby de la rive sud\u201d, cité de 26,000 âmes, qui a connu, depuis 10 \u2018ans, un phénomène de croissance unique au Canada.Un monstre de laideur ?Ce reportage vise précisément à chercher les causes de cet essor prodigieux, à dessiner la structure physique et le visage\u2018 humain de la benjamine de nos villes que certains comparent à un monstre de laideur, à mettre à nu quelques-uns de ses problèmes sociaux, à marquer les principales étapes de son évolution i par Paul GARNEAU Devant le scepticisme que j\u2019affecte (vieux truc de reporter), mon interlocuteur, un gardien d'usine, parle d\u2019abjondance et me fournit quelques-unes des raisons qui expliquent l\u2019expansion extraordinaire de la Cité de Jacques-Cartier, communément appelée Ville Jacques-Cartier : \u2014Vous ne me croyez pas.Allez voir mon voisin! Lui aussi s'est bâti lui-même, comme moi et comme des milliers d\u2019autres.Oui, on était tanné de Montréal, tanné de vivre dans des fonds de cour, sans jamais pouvoir espérer améliorer notre sort.Ici, On a eu la chance de notre vie.C'est peut-être pas ce qu'il y a de mieux, nos maisons, c\u2019est pas fini, c\u2019est pas peinturé, mais cest tout de même mieux que Ce qu\u2019on avait avant parce qu\u2019avant, on n'avait rien.Icitte, au moins, on est ben, on a de l'air en masse, du soleil, de l\u2019espacé et on est chez nous: ON EST CHEZ NOUS! c'est ce que répétent sans doute quel- paroissiale et religieuse, économique et industrielle et enfin, a évaluer ses chances d\u2019avenir.Mais revenons à mon bonhomme : .\u2014$25, votre lot ?.\u2014Oui, monsieur, et il s\u2019en est vendu autant comme autant à ce prix au\u2019 début.Aujourd'hui, les mêmes lots valent $350., Quand je suis arrivé ici, une bonne partie du territoire de Ville Jac- ques-Cartier appartenait à la succession Mansault.Un nommé Guy-F.Dubuc est devenu mil- > lionnaire à vendre \u2018des terrains.Il a aussi construit de nombreuses maisons qu\u2019il vendait ou reprenait quand les gens ne pou- Vaient pas payer.Il a fait de bonnes affaires, celui-la.C'est pas pour rien qu'il a deux Cadillac ! : Pendant qu'il devise, j'examine sa propriété, une sorte de boîte carrée, recouverte de papier goudronné.Ici et là, des rapiéçages : la porte d'entrée, deux carreaux brisés rafis- e Ja SEP tolés au moyen d'un carton; des fenêtres menacées d'écart êle- ment; un escalier peu rassurant.La bicoque, qui n\u2019est plus d\u2019équerre, porte les signes avant- coureurs du taudis.Dans la cour arrière, des canards s'ébattent dans de larges flaques d\u2019eau.L'intérieur du logis est plus invitant.J'y vois un confort appréciable: cuisine assez proprette, linoléums, frigidaire, machine à laver, appareil de radio, chesterfield, deux lits doubles par chambre à coucher, etc.\u2014Vous avez de jolis meubles ! \u2014Ah ! pour ça, c\u2019est pas compliqué, on achète à crédit, on paye ça tranquillement, à la semaine.Quartiers trop exigus A juger de la dimension des pièces, j'ai l\u2019impression très nette que cette famille de 8, vit dans des quartiers trop exigus.La mère et les enfants attirent mon attention vers tel meuble, tel horrible bibelot, si bien que je me crois en présence de nouveaux riches, tout contents d\u2019étaler leur bien et très heureux, semble-t-il, de leur sort.C'est ce qui compte, me dis-je, en quittant ce foyer très modeste, ce bonheur relatif que je découvre derrière des murs lézardés.Cette visite chez un prepriétai- re moyen de\u2019sJacques-Cartier et la description sommaire que je fais de son logis peuvent donner une idée assez juste du genre d'habitation (veleur moyenne de $600 à $1,000) qui ont poussé, comme des chempignons vénéneux, sur cette superficie de 14 milles cerrés.D\u2019autres informations recueillies à des sources sûres et les illustrations accompagnant ce texte en disent davantage: la photo n\u2019est pas menteuse, c'est là son moindre défaut.Je parcours les rues trois heures durant, dans l'espoir de trouver au moins une série de maisons dont l'architecture réponde aux règles élémentaires du bon goût.Après avoir vu défiler devant mes yeux des centaines de maisons à demi ou mal construites, des centaines de bâtiments en \u201cvraie\u201d fausse brique, d\u2019autres du genre abri, refuge, baraquement, \u2018'masure, cabane, je suis finalement récompensé en découvrant quelques maisonnettes très bien équilibrées, solides et attrayantes, sur le Chemin Chambly.Mais, en général, sur 20 bâtiments d\u2019une rue, peut-être s\u2019en trouve-t-il trois ou quatre à l\u2019allure convenable.Des moyens de fortune Ce qui fait que la ville, dans son ensemble, est loin d\u2019avoir une apparence agréable.Personnellement, j'avoue n'avoir jamais vu ailleurs une telle agglomération de difformités structurales ou de .monstruosités architectures, Peut-étre n'ai-je pas assez voyagé! Enfin, tout me paraît avoir été fabriqué à la hâte, sans plan, sans goût, avec des moyens de fortune._Ainsi, je me demande si je reve quand j'aperçois une sorte de maison refaite à même ce qui me semble avoir été naguère un silo ou un phare.Ici, un proprio a placé une annonce à la devanture de sa demeure : MATELAS TRES PROPRE A VENDRE; un autre met des outils en vente; là une boucherie AS chevaline; un petit Harlem.Me voici bientôt en face de vastes espaces déserts; paysage monotone à cause de l'absence de verdure; les arbres sont raves; je souhaiterais les voir plus abondants pour cacher un peu les déficiences des bâtiments.Les rues sont boueuses ce jour- là; un garagiste m\u2019avoue devoir munir son camion-remorque de chaînes pour aller dépanner les clients.Une femme âgée, poussant une bicyclette, ramasse des bouts de bois le long de la route.Devant ce spectacle ' désolant, vous vous posez la question : \u201cComment, dans un monde civi- disé, a pu naître cette ville ?\u201d Et quand vous découvrez que ce nouveau-né rachitique, pour ne pas dire ce monstre a été enfanté par nulle autre que la métropole du Canada, il vous vient à l\u2019idée de fonder des écoles de sociologie et d\u2019urbanisme à l\u2019usage exclusif des politiciens et des administrateurs de la chose publique.Un produit de la guerre La Cité de Jacques-Cartier est plus - loin, .un produit de la dernière guerre.Par suite du manque de logis à Montréal, une partie de la .Population, qui vivait dans des maisons insalubres, des\u2018 taudis -ou des hangars, a émigré lentement sur la rive sud par le pont Jacques-Cartier.Comme le seul territoire de Jacques-Cartier of- trait l\u2019aubaine exceptionnelle de terrains à $25, les pauvres gens s\u2019y sont rués, Et plus la crise du logement devenait critique \u201c dans la métropole, plus les déménagements s\u2019effectuaient vers ce paradis terrestre: Ville Jac- ques-Cartier.I1 y a a4 peine 6 ans, Montréal comptait 3,817 taudis, 846 magasins, hangars et garages servant à l'habitation, 7,925 logis surpeuplés et 12,140 logis occupés par deux familles ou plus (Enquête du Comité diocésain d'Action Catholique).Il n\u2019y a pas à se surprendre que ge flot d'une population étouffée et agglutinéec se soit déversé soudainement sur ces vastes espaces déserts, remplis de soleil, et de bon air.Les villes en bordure du fleuve, St-Lambert, Montréal-Sud et Longueuil, ayant déjà à peu près rempli leurs \u2018cadres et ne permettant pas, par des lois rigides, la construction à très bon compte ou encore n'offrant pas de terrains a $25, les nouveaux arrivants ont envahi Jacques- Cartier et l'ont peuplée en un temps record : 1942: 5,134 ames 1947: 8,000 ames 1950: 22,000 âmes 1953: 26,000 âmes C'est là toute l'histoire de Ja naissance de cette ville qui s\u2019est vantée, à un certain moment, de posséder le plus grand nombre (90 pour cent) de propriétaires de toute l\u2019Amérique du Nord.Du point de vue de la statistique, c'était vrai; quant au point de vue de l'esthétique; de l'hygiène, de l'urbanisme, il faut voir où les chiffres peuvent nous mener! A qui jeter la pierre?En fait, Montréal a vu dispa- Taître lentement un surplus de population génante.Par son inertie et par l\u2019absence d'un programme adéquat de construction de logements ouvriers, la Métro- \u2018pole a vu se régler partiellement Cee 0 = + mg À eme ge , \u2026 + + * .a on son probléme de surpeuplement par le départ de milliers de gens embarrassants et surtout encombrants.Cela ressemble un peu à l\u2019histoire de la Ville de Westmount qui, pendant les années de dépression, se débarrassait de ses pauvres en payant leur déménagement ailleurs, Comme tant d\u2019autres villès, Montréal s\u2019est protégée contre la pauvreté et le surpeuplement, en laissant à d'autres la tâche cnéreuse de régler temporairement le grave problème des lo- .gis.C'est en somme le même mal qui se déplace depuis 30 ans: Laprairie fait adopter un bill pour retrancher de ses limites Ja paroisse pauvre de Notre-Dame du Sacré-Coeur; St-Lambert, Longueuil et la plupart des municipalités ont des règlements trop stricts pour permettre aux gens à faibles revenus d'aller s'y installer.Reste Ville Jacques-Cartier, devenue rapidement Cité, par l'indulgence de °l\u2019administration municipale.Prise par surprise et intéressée tout de même à\u2019 recevoir les nouveaux.arrivants, les divers conseils municipaux de Jacques-Cartier ont fermé les yeux sur le genre de construction qui se faisait, avec le résultat que l'on sait.Envisagé du côté humanitaire et social, le problème du logement a été sans doute mieux réglé par les conseillers municipaux de Jac- ques-Cartier que par ceux de n\u2019importe quelle autre ville, à commencer par Montréal.Ils ont donné asile à des milliers de gens qui ne demandaient qu\u2019une chose: vivre une vie e et normale.Mais ont-ils réussi à leur donner cela ?.Population ouvrière L'enquête révèle que près de 85 pour cent de la population de Jacques-Cartier travaille à Montréal même, par comp«raison a 50 pour cent pour Montréal-Sud.Au moins 6 compagnies de trans- pert font la navette entre les deux points.Le coût moyen du transport est d\u2019environ 45 cents, aller-retour, ce qui, si notre information est juste, semble assez élevé pour un trajet aussi court.Le salaire moyen de l\u2019ouvrier de Jacques-Cartier varie entre $40 et $60 par semaine; le loyer moyen est de $30 à $35 par mois.On compte environ 60 pour cent des propriétaires.L'augmentation de la population se fait au rythme de 3,000 à 4,000 âmes par année.L'élite se compose des ouvriers spécialisés.La population est ouvrière dans une moyenne de 90 pour cent.\u2014En général, de jeunes ménages, des gens très débrouillards, beaucoup d\u2019aventuriers, m\u2019indique quelqu'un connaissant à fond leurs problèmes, Nombre de familles ayant eu de sérieuses difficultés.Beaucoup de ménages vivant en concubinage, plusieurs ayant eu des démêlés avec la police qui se sont imaginé qu'en venant s'établir ici, ils éviteraient les commérages, Allez-y voir! Mais la majorité, du-très bon monde, des honnêtes gens.La famille moyenne compte 4.5 enfants.Très peu de e professionnels: 4 ou cing ecins résidants, 1 ou 2 avocats, aucun dentiste résidant, aucun notaire que je sache, des travailleurs sociaux non résidants, des pharmaciens, les membres du clergé et des communautés, .'\u2014Trop faible proportion de professionnels pour I re social d\u2019une ville de 28,000 âmes, me fait-on remarquer.Jacques- Cartier pourrait s'accommoder d'une classe dirigeante beaucoup plus représentative.Qu'atten- dez-vous, messieurs les avocats sans cause ?Fierté loeale D autres informateurs nous soulignent que la nouvelle génération de Jacques-Cartier possède une fierté locale, fierté de ceux qui, perdus jusqu'ici dans la masse, ont découvert leur personnalité par l'achat d'un terrain et la construction d\u2019une maisonnette.\u2014Mais ils sont dépensiers, Beaucoup vivent au-dessus de leurs moyens.Vous seriez surpris de compter le nombre d'appareils de télévision.Ici, on.se hausse d'un ¢ran social par la: chat d'une TV.prétend mé- me qu'il se fait un commerce (suite & la page 4) ~ _ 7 PAGE DEUX L'AUTORITE, 2 MAI 1953 L\u2019envol du coton NE des caractéristiques les : plus marquantes des col- *lections de printemps et d'été présentées par la haute couture et la haute mode parisiennes, est la généralisation \u2014 fort intéressante \u2014 de l\u2019emploi des tissus de coton par tous les meilleurs créateurs.Laissons parler les chiffres dans toute leur éloquence sans phrases: 21 couturiers ont exécuté plus de 260 modèles de vêtements divers, et 5 modistes plus de 50 chapeaux, les uns et les autres en coton : piqué, popeline, percale, chintz, voile, mousseline, organdi, etc.Il est vrai que la haute technique des grands tisseurs français leur a permis de donner aux tissus de coton un aspect attrayant en même temps que l'application de divers traitements, a contribué à en améliorer considérablement la tenue, à leur conférer un apprêt permanent, à les imprégner de couleurs \u201cgrand teint\u201d, donc indélébiles aux lavages répétés, et même à les rendre à peu près infroissables.Les fabricants ont en outre déployé, avec le même succès final, dans le domaine de l'impression sur coton, des efforts identiques à ceux qui leur ont assuré sur le marché mondial la suprématie en matière d'impression sur soieries.On peut donc dire que le coton mérite aujourd'hui d\u2019être classé parmi les tissus raffinés, puisqu'il est traité avec un luxe qui le rend digne de sa promotion dans la haute couture.Et c\u2019est pourquoi, certains fabricants n\u2019ont pas hésité à faire des présentations spéciales de la partie de leurs collections composée de tissus de coton.Staron, en particulier, a démontré une fois de plus qu\u2019il n\u2019y a pas pour lui de matière noble et de matière vulgaire, en Préservez vos lainages C\u2019est le temps de mettre les lainages à l'abri des mites ! Mais auparavant, il faut les laver, les nettoyer à sec, les faire aérer et les brosser.On ne doit jamais entreposer les lainages souillés.Dans la boîte qui doit les recevoir, éparpillez généreusement des cristaux ou des boules à mites, C'est aussi une méthode préventive de vaporiser les vé- tements à entreposer de liquide DDT contre les mites.traitant la cotonnade comme les plus riches soieries.Et c'est aussi pourquoi, de la tenue de plage 1a plus simple a la toilette du soir qui ne serait pas déplacée lors d'un gala, et même à la robe de mariée, toutes les catégories de vêtements féminins peuvent être et sont réalisées en coton avec autant d\u2019art et de chic que.s\u2019il s'agissait de matières somptueuses : petites robes du matin et grandes robes d'après-midi ou de cocktail, cos- tumes-tailleur et redingotes, paletots simples, -boléros et manteaux, doublures amovibles ou non, garnitures détachables et d'entretien facile, légers chapeaux de tons clairs pour les beaux jours, chemisiers et accessoires de toutes sortes \u2014 écharpes, gants, housses de sacs, ete.Et nous n\u2019évoquerons ici que pour mémoire les beaux trousseaux de linge de maison dans lesquels le coton tient une grande place, et que viennent compléter les jeux de blouses et de tabliers ainsi que les sous-vêtements de jour \u2018et de nuit, souvent faits en tissu de coton.Ce prodigieux essor \u2014 cet \u201cenvol\u201d qui coïncide avec le renouveau de l\u2019année \u2014 qu'a pris soudain le coton, a été récemment célébré, en même temps qu\u2019étaient inaugurés ses nouveaux locaux de la rue de Rivoli, par la Commission Internationale Provisoire d'Etudes pour le Coton (CIPECO), organisation de propagande collective et internationale dont les activités se partagent entre deux branches distinctes mais très proches : la \u201cCIPECO-FRANCE\"\u201d, qui, en liaison étroite avec le Syndicat Général de l'Industrie Cotonnière Française et avec le concours des producteurs de matière première, s\u2019est fixé pour mission de promouvoir en France et dans l\u2019Union française la vente des articles produits par l\u2019industrie cotonnière; la \u201cCommission de liaison européenne\u201d qui a pour objet l\u2019échange d'information concernant la propagande entre les différents pays européens.La Grande-Bretagne, la Belgique, l'Allemagne, l'Italie, la Suède y ont déjà adhéré; les Pays-Bas et la Suisse virtuellement, en attendant que d\u2019autres viennent, à leur tour, s\u2019y intégrer.Voici le prestigieux carrosse à bord duquel montera Sa Majesté la reine Elizabeth II lorsque viendra le grand jour du Couronnement, le 2?juin prochain.On vient d\u2019en achever la réfection.tinuelle de Garden party.Une jeune fille, belle, ondulait avec grâce sur le gazon.Les parents, restés jeunes, assistaient à la joie de leurs enfants qui s\u2019éveillaient à la vie dans du soleil.Il y avait un grand garçon de dix-huit ans qui était peintre; un autre, plus jeune, s'intéressait à l'histoire naturelle.Son aquarium l\u2019occupait entre les heures obligatoires de lumière et d\u2019eau.Ici, tout convergeait vers la rivière et vers le soleil.C'était une vie sans ombre et remplie \u2018de rayons dans les cheveux, pleine de goutelettes de rosée et du ruissellement des vagues sur les cailloux.[ine une atmosphére con- Je n'ai jamais rencontré ailleurs une telle atmosphère.C\u2019était dans une petite localité sise sur la rivière des Prairies, Là, plus qu'ailleurs, j'ai connu la joie de vivre.Il y avait vraiment du bonheur dans l'air.Nous nous occupions à des jeux d\u2019une merveilleuse nouveauté et d'une surprenante puérilité, Le girau- disme fut inventé sur ce carré de terrain qui entourait la propriété de mes amis.Le giraudisme consiste en un très spécial lancer du disque.Le disque est, en \u201c Poccurrence, un couvercle de boîte de fer blanc.Lorsqu'on lance le couvercle d'une certaine manière, le rebord vers le bas, le disque trace dans le ciel des arabesques magnifiques.Certaines flexions du bras donnent lieu à des effets de rotation, à des phénomènes de translation uniques.On devient très habile à \u201cgirau- diser\u201d.Le disque lancé très haut - et très loin revient tomber à vos pieds pour peu que vous soyez adroit.La belle fille jouait, elle aussi au giraudisme et, avec elle et tout le monde, les petits enfants.Ces derniers étaient mignons et insouciants.Toute la maisonnée, d\u2019ailleurs, se laissait vivre paresseusement mais attentivement, en ce juillet splendide.Le père était un fort bon giraudiste.Moi aussi.Moi, j'étais l'hôte.Un hôte de qualité spéciale.Je n\u2019avais pas un i .p ami précis dans.cet \u201cmalgré notre puérilité consciente maison.Tous étaient mes amis.Il y avait une \u2018qualité d'atmosphère à la fois familiale et amicale Qui me plaisait beaucoup.Si j'ai horreur des mesquineries de la vie de famille, j'aime beaucoup, au contraire, les familles saines, celles où le cordon ombilical est cassé.Je suis le parasite attitré d\u2019un certain nombre de familles, très différentes les unes des autres, mais dans lesquelles je me sens également en sûreté.Le poète, le \u2018vieux.«poète que je suis (à noter que c\u2019est la pre- ; as EN mai prochain, les Français vont voter pour renouveler les conseils municipaux de toutes les communes de France.Disposant des droits de vote et d'éligibilité depuis la Libération, des Françaises occupent, avec succès, les postes délicats de maire ou de maire- adjoint dans des villes d\u2019importances diverses.Partout, leurs qualités d\u2019ordre et de méthode, leur esprit d\u2019initiative, ont trouvé à s\u2019exercer, en particulier dans le domaine social, et elles ne comptent pas moins de partisans parmi les électeurs que parmi les électrices.Ce sont les réalisations dont la responsabilité revient indiscutablement aux édiles féminins que Madeleine Hivert décrit dans une série d'articles dont on trouvera ici le premier, consacré à Mme Jacqueline Thomé-Patenôtre, sénateur- maire de Rambouillet, tigieux de Rambouillet, on évoque aussitôt les fastes du château présidentiel, les charmes d'une petite ville cossue où la fête du muguet se pare de couleurs de légende, Or, la première chose que nous dit Mme Thomé-Pdte- nôtre, maire de la commune, c\u2019est que sur 7,500 habitants, 1,500 prennent chaque matin le train pour venir travailler à Paris.Depuis six ans que Mme Thomé- Patenôtre siège.à l'Hôtel de Ville, elle a dû résoudre des problèmes sociaux urgents comme dans tou- Q l\u2019on prononce le nom pres- \u2018tes les villes ouvrières où les jeunes ménages ne trouvent pas de logement, où les hôpitaux doivent être aménagés, et agrandis, où il faut pourvoir \u2018à l\u2019assistance médicale, \u2018à la protection des mères et des enfants, à l'hygiène de la cité.Reconnaissons qu\u2019elle y a très bien réussi.Est-il, pour un homme politi- Que chargé de responsabilités, un Meilleur éloge que celui qu\u2019on m'a fait de cette femme à l\u2019esprit clair, à la décision rapide, à l'énergie tenace ?\u201cA force d\u2019insister, elle finit toujours par obtenir ce qu'elle veut\u201d.Avec ses grands yeux bleus dont le regard adoucit ce que le ton a de catégorique, avec sa vivacité, sa chaleur, son don d\u2019entrainement, on sent en elle la joie d\u2019agir et la fierté de réaliser.Secouer la poussière des dossiers administratifs, arracher une réponse à des services qui dorment, accélérer le travail qui s\u2019ébauche, il y faut beaucoup de volonté et la passion d'accomplir une oeuvre qui mérite qu'on s\u2019y donne entièrement.Car rien ne se crée sans la propulsion irrésistible qui vient du coeur, La commune manquait d'eau potable.Aujourd'hui, un château d\u2019eau plus haut qu\u2019un beffroi La Souvenirs mière fois que je m'octroie: ce titre qu\u2019on trouvera usurpé) n\u2019est pleinement heureux au Canada que dans certaines villas, à cer- .tains moments de la vie de ses amis qui les habitent.Le \u2018temps que nous n\u2019employions pas à causer art ou- philosophie était donc réservé aux graves occupations du.sport et du jeu.Nous étions, en effet, te, très graves et très ardents.Pour moi, ces heures furent délicieuses.Quoi que je fus presque aussi âgé que les parents, j'avais le même plaisir qu\u2019eux avec leurs enfants.Nous étions tous des enfants qui cherchaient, sans le laisser voir, à approfondir un bonheur ineffable.Un soir, \u2018nous \u201c\u2018agonisûmes\u201d de concert, cinq à la fois.Nous \u201cagonisions\u201d beaucoup à la Source.Agoniser, c\u2019est pratiquer un autre jeu inventé par nous.Cela consiste à tombér à la renverse e dresse sa masse imposante au- dessus de la cité.Il contient 500 mètres cubes, Les familles nombreuses se lamentaient.Nous avons visité l\u2019ancien hôpital aménagé pour recevoir des nichés de dix à douze enfants.-Les logis sont vastes, ensoleillés.Une mère de 38 ans qui faisait sa lessive dans la cour, m'a montré ses onze rejetons Madeleine HIVERT pleins de santé.La mère est rieuse, les enfants s\u2019ébrouent au soleil Une femme est passée par là.Cette femme a aussi songé aux vieux qui disposent d'un foyer agréable où ils se distrayent, où ils sont au chaud l'hiver, où ils trouvent saine pitance et bon accueil.Allons voir les maisons nouvellement construites.C\u2019est un plaisir d\u2019admirer dans ce groupe des Yvelines, une construction solide qui ne s\u2019avilira pas en quelques années, De la belle pierre de l'Oise martelée, d\u2019une blancheur que le soleil patinera noblement, de la robustesse, de l'équilibre, des lignes fortes et un ensemble mesuré, en somme üne oeuvre digne des bons maçons que furent les Français jusqu\u2019au début de ce siècle.: Nul ne Se plaint du prix des loyers qui ne dépassent pas ceux des logements de mémes dimensions dans de vieilles bâtisses de Paris.Mais à 66 francs par radiateur, le coût du chauffage alarme les locataires.Il y a là un\u2019 problème géniétal\u201d à résoudre.La Ville a pris l\u2019initiative de \u2014_ ce groupe d'habitations, achetant le terrain, en assurant la viabilité et elle poursuit sa tâche car on entreprend la construction d\u2019un second groupe à loyers plus réduits.Mme Thomé-Patenôtre est fière de l\u2019école maternelle spacieu- .se et claire qui ouvrira pour la rentrée d'octobre.Mais il nous semble que sa grande réussite réside dans l\u2019aménagement d\u2019un hôpital d\u2019une classe exceptionnelle.Cet hôpital, né en 1933 sous la tutelle des deux Patenôtres, mari et femme, construit avec des souscriptions particulières, produit une rare impression par l'harmonie et l'intelligence qui s\u2019en dégagent.Ce vaste ensemble de pavillons, dont la pierre meulière ocrée s'accorde joliment avec la fraîcheur mauve des prunus, semble obéir aux lois mêmes qui président à l\u2019éclosion et à la préservation de la vie.J'ai vu là l'équipement d\u2019un hôpital d'ur- Eence, prêt de jour et de nuit à procéder aux opérations les plus difficiles.Si nous voulons savoir comment on réduit la douleur et les risques d\u2019un accouchement, nul besoin d\u2019aller chercher des leçons en Belgique ou en Suisse, la maternité de Rambouillet em- .ploie les méthodes d\u2019anesthésie et de délivrance encore inconnues dans la plupart des cliniques.Au printemps, l\u2019étang Neuf entouré par des dentelles de verdure est d\u2019une pureté délicieuse.Une baignade pittoresque invite les énfants aû jeu de la natation.Si les petits Français ont peur de l\u2019eau, c\u2019est sans doute parce que cet exercice ne leur est pas présenté comme une jeu.La gaîté est un bien qu\u2019une édile doit savoir cultiver, et nous savons, par lexemple de Rambouillet comment une femme a su mêler le rire aux choses utiles.Rôle public des femmes niers résultats de l'enquête ouverte par la Commission du Travail de l'ONU.1k vient de publier les der- sur le rôle joué par les femmes dans - les administrations publiques des divers pays.Ce sont la Yougoslavie et la République Fédérale d'Allemagne, suivies de près par l'Etat d'Israël qui comptent le plus grand nombre de femmes fonctionnaires.Les Etats-Unis ont deux ambassadrices et une femme ministre plénipotentiaire, et onze femmes sont membres du Congrès.Les pays d'Amérique du Sud ont ouvert largement les portes de la Haute-Administra- tion aux femmes qui ont obtenu des postes importants dans la carrière diplomatique.L'Angleterre, patrie des suffragettes, a, comme les autres Etats du Commonwealth, admis la femme au Source Parlement \u2014 Chambre des Communes et Chambre des Lords \u2014 et même parmi ses ministres.Au Japon, les femmes sont les égales des hommes: elles peuvent devenir magistrats et fonctionnaires.Les femmes juges et les femmes maires sont assez fréquentes dans tous les pays; mais elles n'accédent aux fonctions de juge à la Cour Suprême que dans trois pays.Enfin, en France, 250 femmes sont maires, 30 femmes appartiennent au Parlement et 90 femmes sont juges.Ces quelques chiffres témoignent d\u2019une manière éloquente de l'égalité des sexes dans la vie d'aujourd'hui.Signalons, cependant, que les femmes ne votent pas encore en Suisse, ni en Belgique, de vacances au Canada ou a pleine face, sans raison.Le but de I'\u201cagonie\u201d, c'est de se débarrasser de la fausse solennité, de se libérer de la contrainte; c\u2019est aussi uné manière de s\u2019af- par François HERTEL a firmer, de se moquer.C\u2019est surtout une chose gratuite, sans prétention et sans respect humain.C'est agoniser, en un mot.Qui n\u2019a pas agonisé au moins une fois ne saura jamais ce que c\u2019est que de se désintoxiquer de son personnage par la pirouette salvatrice.Nous avions fondé le club des agonisants.Il y.avait, d'ailleurs, une philosophie là-dessous.Nous l'appelions le moriturisme.Elle était une contrepartie fantaisiste de l\u2019existentialisme.Nous considérions que la mort personnelle est encore plus certaine que l'existence personnelle.Agoniser, c\u2019était simuler la mort, apprendre à ne pas prendre la mort \u2018au tragique, puisqu\u2019elle est aussi fatale que la vie.Ce qu\u2019il y a de tragique dans bien des philosophies, c\u2019est qu\u2019on n\u2019admet pas de finir.Nous consentions à finir un jour.le plus tard possible; mais nous croyions qu\u2019il faut fi- -nir avec le sourire.La mort simulée, un bon simulacre riant de la mort nous paraissait quelque chose de fort sain.Si nous \u2018avions fondé le club des agonisants, c\u2019est que nous voulions beaucoup apprendre aux autres a4 braver la mort et ses angoisses, Nous nous faisions d\u2019ailleurs du bien à nous-mêmes, en nous maintenant dans un état d\u2019euphorie vis-à-vis de l\u2019agonie, angoisse de ceux qui ne comprennent pas que la mort est une fin non tragique.Nous agonisions de mille ma- droite à pli creux ou Un four dans les \u201cboutiques\u201d OUR répondre aux exigences économiques d'une clientèle sensiblement appauvrie et dont les goûts se sont simplifiés, la plupart des grands couturiers ont ouvert en annexes à leurs maisons de couture sur mesure, des \u201cboutiques\u201d où sont vendus des vêtements \u201cprêts-à- porter\u201d en même temps que tous les colifichets imaginables, les .bijoux de fantaisie et les parfums.Cet exemple a été bientôt suivi par quelques grandes modistes qui n\u2019ont pas craint de commencer à vendre à leur clientèle d'autres \u2018articles que leurs chapeaux habituels, et généralement meilleur marché qu'eux.Supposons maintenant qu\u2019à la veille des vacances, sollicitée par le beau temps, une jeune femme au budget limité veuille renouveler partiellement sa garde-robe en acquérant au dernier moment quelques éléments vraiment \u201cup to date\u201d, qu\u2019elle va porter au cours d'un petit voyage dans le Midi: un manteau de demi- saison, un costume-tailleur, une robe, une blouse et un sweater, un petit chapeau amusant.Tout cela, et beaucoup d\u2019autres jolis accessoires l\u2019attendent dans ces \u201cboutiques\u201d aux mille tentations.Tout y est nouveau, original, de bon goût, conçu dans le même esprit que la \u201cgrande collection\u201d, et \u2014 chose qu\u2019apprécieront les élégantes pressées ! \u2014 tout y est prêt à emporter et à porter.Un manteau?Voici, chez Henry-à-la-Pensée, un manteau confortable en lainage rouge, aux manches montées assez bas, et dont toutes les coutures sont marquées par deux piqûres; de grandes poches plaquées sont bordées de même.Un costume-tailleur ?Entre tous ceux qui sont proposés, on a l'embarras du choix.Un tailleur à paletot vague de longueur deux-tiers a été fait en tweed beige boutonné de marron par Jean Barthet qui l\u2019accompagne d\u2019un petit feutre beige garni de gros-graini marron; le paletot s'ouvre devant sur un effet de faux gilet droit; les manches trois-quarts comportent des revers en velours marron.Le tailleur en ottoman de laine marine de Jane Blanchot (Trouvailles de Paris) comprend également un paletot deux-tiers, mais celui-ci est plus court devant que derrière et est resserré sur les \u201chanches par une bande qui dessine un mouvement arrondi, et un empiècement lui aussi arrondi retient l'ampleur qui étoffe le buste, comme le veut la mode nouvelle, Par contre, le costume que propose Pierre Balmain est de coupe tout à fait classique: jupe \u201cpanta- jupe\u201d, jaquette cintrée à la tail- -le par un jeu de pinces, manches montées à leur place naturelle.Ce costume est en grain de poudre gris; il est passepoilé de coton pékiné noir et blanc aux poches et à sa fermeture un peu décalée; son col est doublé de coton pékiné, et une grosse rose- chou, façonnée dans le même tissu rayé, est piquée en haut du revers gauche.Une robe ?Si c\u2019est d\u2019une \u201cpetite robe\u201d qu\u2019a besoin notre amie, voici, chez J.-S.Talbot, une robe- redingote en alpaga gris, de ligne princesse très simple, et très classique avec son col et ses revers tailleur, ses manches trois- quarts, et ses poches sur les han- nières.C'était très drôle et très reposant.Parfois, nous demeurions tout simplement étendus après l'agonie et nous respirions les fleurettes qui perçaient à travers le gazon.Ce qu\u2019il y a de plus bizarre, c\u2019est l'atmosphère de métaphysique qui venait combler les trous de toutes ces fantaisies Nous n\u2019avons jamais été si sérieux.La belle fille, le petit gars de six ans, qui découvrait un monde à la fois gracieux et sain, la petite fille de dix ans qui souriait comme du miel, l\u2019adolescent, le grand garçon, les parents et moi, tous, nous étions consentants à nous sentir un peu fous, mais si conscients au fond.Notre spécialité, c'était la gaieté acceptée, pas précisément voulué.Nous _ vivions vraiment une époque de santé.Jamais plus nous n\u2019aurons nos .ames d\u2019alors; parce que, peut-étre, nous ne serons plus jamais tous réunis avec notre jeunesse bien en mains.C\u2019est notre jeunesse que nous protégions contre la sclérose; c'est d'elle que nous tirions notre ins-, piration.Nous nous sentions tous des égaux devant le dieu de la jeunesse.Le jardin était simple.Un Bonnard, au premier \u2018aspect, avec tout juste le nombre de fleurs et d'arbres \u2018qu\u2019il fallait.Plus loin, ches.Elle est ici accompagnée d'une petite cloche décalée en feutre rouge.Si, au contraire, la robe cherchée est une toilette habillée, \u2018voila, chez Pierre Clarence, une robe en doupion de soie blanc imprimé de grands motifs floraux stylisés noirs et jaunes; une haute ceinture noire comporte, un peu décalée vers la gauche, une large fente horizontale par laquelle passe un grand pan de tissu retombant librement sur la jupe étroite.Une blouse pour accompagner le tailleur ?Vite, chez Jane Blanchot, prenons le chemisier classique en piqué côtelé blanc à cravate nouée.Un sweater, pour les jours encore frais ?Vite, vite, chez.Claude Saint-Cyr, arrêtons-nous à ce beau sweater \u201cKorrigan-Lesur\u201d en jersey de laine blanche.à \u2018 rayures grises dégradées.Un chapeau original et pas fragile?Encore plus vite, choisissons chez Jane Blanchot cette amusante coiffe souple que l\u2019on drape soi-même sur la tête, et qui est faite dans un vulgaire - torchon à poussière en flanelle de coton rouge, jaune ou verte.On le voit, le choix qu'offrent les \u201cboutiques\u201d est des plus varié, et chacune est d'avance assurée d'y trouver rapidement le vêtement ou l'accessoire qu\u2019elle convoite, sans redouter de déséquilibrer irrémédiablement son budget.- Rackel GAYMAN La prochaine fois que vous servirez du poulet à la king, du jambon en crème, ou la viande au cari, donnez à ces mets un air de fête en les servant au centre d'un anneau de.riz.Voici un ensemble qui sera très en vogue, cet été.Le corsage ajusté et le boléro avec manches conviendront à la majorité des femmes, les Dufy commengaient et les Van Gogh : la campagne multicolore.C'est un conte sans dénouement que celui-ci.Ce conte de fée, je l'ai vécu avec joie.Rien de tragique n\u2019en reste accroché a lame.Nul drame intérieur n\u2019est venu l\u2019assombrir.Quand ceux qui ont partagé avec moi ces heures délicieuses me liront, ils respireront plus librement, ils retrouveront l'atmosphère.Toutefois, sans les mots \u201cgiraudisme\u201d et \u201cagonie\u201d, ils ne se reconnaitraient peut-étre pas.Nos jours de joie souriante n\u2019ont point de ces aré: tes dures qui les fixent.\u2019 Je revois une derniére fois les lieux : la maison a pignon, assez quelconque, mais élancée; l\u2019arbre qui la'dépasse; c\u2019est un érable ou un chêne; le jardin, le minuscule bassin pour les poissons, la grève, la rivière qui chante à quelques mètres.Que serait la poésie des lieux sans celle des êtres qui les animent ?- Maintenant, \u2018cette villa que j'appelle la Source n\u2019est plus la même, Quelques-uns des enfants sont partis; d'autres suivront.Tout le monde vieillit.Une nouvelle génération puisera bientôt à la Source.Quant à nous, nous reposerons gaiement dans.la mort.- MON J OURNA c\u2019est déjà quelque chose.Quelques minutes plus tard, je fais un bout de reconduite avec l\u2019un de nos jeunes et bons écrivains.F.S.fait preuve de jugement en remarquant la tâche ingrate de nos Critiques; ils souffrent sans cesse du décalage inévitable entre les oeuvres étrangères, plus fortes, mieux nourries, et les oeuvres locales, le plus souvent encore maladroites et indigentes.Il faut donc.tenter une accommodation constante des critères, pour rapprocher autant que faire se peut la vérité et la justice, \u2014 la vérité envers les lecteurs, la justice à l\u2019endroit des écrivains, 27 MARS \u2014 Une conférence du comte de la Noe, 3 I'Alliance française, met au jour tout un climat spirituel français que d'aucuns ne soupconnent pas ou se refusent à imaginer.Le catholique de Paris n\u2019est pas.le catholique de Montréal; à cet égard, Léopold Richer a bien raison de parler de différences.Mais je ne vois pas en quoi le second serait forcément supérieur au premier, par la lucidité de sa pensée ou la générosité de son action; j'incline même à penser que c\u2019est souvent le contraire qui se produit.On a dû là-bas procéder à des options capitales qui nous ont été épargnées, mais il semble bien que la foi s\u2019enrichisse de ces combats, Ce comte de la Noe parait un fort brave homme, artisan d\u2019un catholicisme militant, sans cependant verser dans certaines exagérations où se complaisent un groupe de catholiques s\u2019émerveillant toujours des conquêtes de l'adversaire et Presque prêts à lui offrir des armes.28 MARS \u2014 Les revues françaises se multiplient; chaque maison d\u2019éditions veut avoir la\u2019 sienne, comme instrument de propagande.\u201cLa Parisienne\u201d se présente sous les signes de la jeunesse et de l\u2019irrévérence.Son animateur est Jacques Laurent, écrivain protéiforme qui tient un peu du phénomène, publiant tour à tour les séries populaires de Caroline, de solides bouquins d'histoire, des pastiches étourdissants qui sont de l\u2019excellente critique.Cette revue fait un Prenons un exemple devenu au- jourd\u2019hui anodin: je n'éprouve aucune sympathie intellectuelle Pour les écrivains qui ont assumé la défense de Dreyfus, mais comment ne pas leur donner raison, puisque Dreyfus était innocent ?trop de facilité, trop de libéralise?Les mots importent moins que les faits et les réalités.31 MARS \u2014 II y a déjà quelques années que je ne me suis procuré la \u201cVie intellectuelle\u201d; faute de temps, sans doute, car j'en conservais un excellent souvenir.Je lis aujourd\u2019hui d\u2019af- par Roger DUHAMEL à peu près exclusivement sous son aspect scientifique, qui doit exister aussi.Cette vision rétrécie n\u2019est pas très dangereuse en Amérique, où nous avons, somme toute, peu de choses à conserver.Quelques demeures censément historiques \u2014 la maison où Montcalm auraït dormi, la resserre où Marguerite Bourgeoys a commencé de dispenser son enseignement, \u2014 c\u2019est à peu près tout.Aussi bien nous ré- Jouissons-nous quand nous parcourons une rue trop étroite où de chaque côté s'accumulent matériaux et plâtres, parce que mous savons que de ce sentier naîtra une vaste artère.Il n\u2019en Va pas toujours ainsi dans un pays de vieille civilisation et l\u2019on comprend que Georges Duhamel lance un cri d\u2019alarme contre \u201cla contagion de la démesure\u201d, Il écrit avec tristesse: \u201cHatons-nous de contempler ce Spectacle si riche de noblesse et d'enseignement : nous n'en jouirons bientôt plus et notre plaisir est dès maintenant fort compromis, Les spécialistes de I chitecture massive sont a la besogne, déjà.Les spéculateurs hument le vent et se lechent les badigoinces.\u201d\u201d Retenons ces succulentes \u201cbadigoinces\u201d pour enrichir notre vocabulaire.30 MARS \u2014 Un confrère me reproche fort courtoisement ce que j'ai écrit en marge d\u2019un livre d'histoire, émettant une hy- pothése nouvelle \u2014 même pas, d\u2019autres l\u2019avaient fait avant lui \u2014 sur un très grand personnage.Il parle d\u2019un \u201clivre scandaleux\u201d.S'agit-il du scandale des faibles?Et lui-même, l\u2019a-t-il lu, ce \u201clivre scandaleux\u201d?Jai trop confiance en l\u2019honnêteté de son jugement pour penser qu\u2019il ferait passer, avant une vérité bien établie \u2014 je parle en général et non pas.du cas précis qui fait l\u2019objet de son intervention, \u2014 l\u2019utilisation idéologique ou politique qu\u2019on peut tirer d\u2019une légende ou d\u2019une demi-vérité.CUMATISÉE, ta bière Dow est protégée contre tous les écarts de température pendant sa fabrication \u2026 .elle retient ainsi tout le goût fin | et foute la saveur des ingrédients de Qualité supérieure qui la composent, pour vous donner le meltieur de la bière dons la meiltèure des bières.\u2018CLMATISÉE\u2018 ' - \u201cme ses germes de survie, filée son dernier numéro; j'y retrouve les qualités d'ordre, de mesure, d\u2019équilibre, de courage, de catholicisme rayonnant ' qui m'\u2019avaient autrefois attiré.HI y a là un bel effort de compréhension généreuse, Les événe- ments y sont envisagés sous une perspective particulière, franchement et hautement affirmée; îls ne sont jamais déformés, ler AVRIL \u2014 Un membre de la Commission Tremblay me fournit certaines indications sur la méthode qu\u2019entendent suivre ces enquéteurs.Ils ont devant eux une vaste bésogne, dont on souhaite qu\u2019ils s\u2019acquitteront efficacement; le problème est d'importance, Ce qui compte surtout, c\u2019est que tous les groupements organisés, toutes les associations fassent tenir un mémoire, Le rapport se fondera sur les textes qui auront été soumis, Il faut donc que toutes les Opinions se fassent jour afin que les conclusions expriment le sentiment de la majorité de notre province.Toute abstention serait coupable.2 AVRIL \u2014 Chaque année, la Semaine Sainte provoque une recrudescence de la piété musicale dans nos postes radiophoniques.L'intention est louable, même si les résultats ne sont Pas toujours entièrement satisfaisants.Eh! quoi, n\u2019est-il pas recommandable d\u2019éviter l\u2019encombrement ?de susciter des phénomènes bizarres, souvent hors de toute raison semble-t-il, du moins selon ies normes existant en pays anciens dont la tradition défend ou exige ces normes.Ces phénomènes cependant ne se retrouvent que rarement en questions industrielles ou économiques, Mais presque toujours les retrouve-t-on dans les domaines plus subtils et sûrement inaccessibles de l'éducation, de l'essor culturel et de la création artistique.Le danger peut résider dans l'apathie devant les paradoxes ou les erreurs de jugement.Rarement menacera-t-il en vertu des phénomènes eux-mêmes.Car l\u2019infirme trouvera presque toujours un moyen terme où son affliction sera contournée ou utilisée.Que le Canada choisisse d'éprouver une certaine indifférence populaire envers l\u2019Art canadien, ou la culture canadienne n\u2019est pas là le pire ou le plus important des phénomènes.Nous sommes remarquablement évolués, pour un peuple sans tradition et ne comportant après tout que quatorze millions de citoyens répartis\u201d sur la moitié presque d'un continent.Ne soyons pas pressimistes Le chemin parcouru est garant d\u2019un avenir à peu près illimité, Nous n'y serons peut-être pas, dans cet avenir, mais ce serait égoïste que de chercher seulement un résultat immédiat à nos efforts et choisir d'abandonner\u2019 la partie s'ils ne se produisent pas aussi vite qu\u2019on le soutfaiterait.Ou notre oeuvre possède en elle-mê- ou alors il ne vaut pas la peine que l\u2019on y consacre du temps.IL n\u2019est pas du tout bizarre que nous mettions un certain temps à créer des traditions culturelles, Et la vie de l\u2019esprit, au Canada, ne possède peut-être pas encore toute la richesse française, ou suédoise, ou britannique, pour ne mentionner que celles-là, mais elle y arrivera, parce que nous assistons à une évolution lente mais certaine.(Un éditeur\u201c de Toronto, dont la maison est internationale, m'\u2019avouait ces jours derniers\u2019 que le plus grand obstacle à la diffusion d\u2019un livre.restait, pour sa I: appartient aux pays neufs Ce serait là montrer Une musique reli-.\u2018d'utiliser celle-ci.gicuse bien choisie, des oeuvres fertes, austères, dépouillées, bien accordées à la grandeur des évé- Berlin; J'y ai ri de bo\u201d (Au fait, est-ce une ambassade ou une légation ?II importe assez peu).Les conversations téléphoniques entre le président et son ambassadrice au sujet des récitals de chant de Margaret constituent un gag bien divertissant.Les Américains excellent dans ces films où ils se ridiculisent volontiers, 4 AVRIL \u2014 C'est le Samedi- Saint et les traditions s\u2019en vont.Je n'âi pu découvrir les roses de papier piqués dans les jambonneaux à l\u2019étalage ou ornant l\u2019attelage des chevaux.Il est vrai que les chevaux se font rares aussi.Si .une rose d'automne est plus qu\u2019une autre exquise, les fleurs artificielles du printemps pascal nous deviennent également chères puisqu'elles n\u2019habitent plus que nos souvenirs enfantins.Roger DUHAMEL, de l\u2019Académie canadienne-française et ls ee IRE A LR Cr ee see spn ear deh um nb nt i.0 g CUR AN WMI ER LA Ac nès, l'impétueuse OMBREUSES sont les jo- N lies femmes avec montre qui se montrent, sans pour cela se faire monter, au sens mécanique, bien entendu.Et puis à montre donnée on ne regarde pas la fille Nouvel axiome ultra-moderne pour illustrer l'aventure de ce pauvre Hugh Miller, qui tourne des outils dans une usine de campagne, et qui décidait de venir tourner autre chose à Montréal.Notre gars des hauts entre dans un @rill du boulevard St- Laurent et demande une bouteille de bière.Une jolie Iroquoise de Caughnawaga, Agnès, et qui compte de nombreuses chevelures de blancs à son crédit, vient s'asseoir à la \"table de Miller.Mais Agnés a un protecteur, Daniel, aux épaules de lutteur, qui prend place à ses côtés.Ce tête-à-tête à trois s\u2019est terminé en Correctionnelle, au cours du procès de la capiteuse Agnès, accusée de vol de la montre de Miller, évaluée à $52.Le tribunal perplexe a décidé de délibérer, sans chercher de midi à quatorze heures.\u2018Après la version de Miller qui accuse Agnès du vol, la défense fait entendre Daniel.Il déclare: \u2014Je suis ingénieur.\u2014Pas dans les montres ?\u2014Non, dans les brasseries.\u2014Vous connaissez Miss Agnès?\u2014Si je la connais! C\u2019est mon amante depuis huit ans.Le soir du présumé vol j'entre au grill avec elle et c\u2019est Miller qui nous \u201c Michelle Tisseyre et Guy Mauffette dans \u201cEntre nous, mesdames\u201d à Radio-Canada.invite à prendre place à sa table.Je prends de la bière, ma compagne suit mon exemple.Miller lui, sort un 40 onces de Scotch de sa serviette.J'ase y goûter tandis qu'Agnès.toujours impétueuse, y Va avec trop d\u2019entrain et vous en enfile quatre verres en moins de temps qu\u2019il ne faut pour dire ciseaux.A dix heures voilà Miller qui commence à faire l'amour à ma compagne, à ma tlarbe, parbleu ! Il lui serre les doigts, la tasse, lui tâte un genou.Moi furieux, je lui dis de cesser ce manège -et je commande à Agnès de me suivre à une autre table.\u2014Arrivez à la montre ! ordonne le juge.\u2014Miller y est arrivé avant moi, Son Honneur, et c\u2019est pour- quci j'ai décidé de changer de table, avant qu\u2019il ne brise les aiguilles.Cette fameuse montre est entrée dans le portrait à onze heures.Miller la sort de son gousset et la donne à Agnès en lui murmurant, les yeux chavirés: \u201cTiens, prends-la, elle est à toi, mais il faudra que tu viennes en chambre avec moi.\u201d Il n'avait plus d'argent et lui offre sa montre.Cela m\u2019insulte et c'est \u2018pourquoi nous avons changé de table.Aprés garde la montre.J'ordonne alors deux John Collins et ma compagne s'en va à la chambre de toilette, tenant toujours la- montre dans sa main.: \u2014Âvez-vous conseillé à votre \u201camie\u201d de remettre la montre à Miller?s'enquiert le tribunal.\u2014Non, j'étais trop insulté et je me dis en moi-méme que Miller avait eu ce qu\u2019il cherchait.Au diable la montre! Il voulait m'enlever mon Agnès, Agnès témoigne L'inculpée, statue de bronze, n\u2019a pas froid aux yeux.Elle dépose en souriant : \u2014J'ai gardé sa montre dans ma main, convaincue qu\u2019elle ne valait, rien.Je voulais la lui remettre plus tard cet je n'ai jamais brisé le bracelet de cuir qui la tenait à son poignet velu.C'est lui qui l'a sortie de son gousset.À la toilette, je me lave les mains et je laisse la montre sur le lavabo.A ma sortie la montre tombe sur le parquet et le détective Romuald Dubuc m'\u2019appréhende, Puissance de l\u2019écrivain maison du moins, la distance entre Halifax et Vancouver.Parce qu'il est de ce fait difficile de surveiller de près la vente en librairie, il en résulte un état amorphe qui doit être combattu \u2014 et.très difficilement \u2014 de jour en jour.De tels abs- tacles, avouons-le, ne se présentent pas en Suisse, par exemple, ou en Belgique.Et un éditeur pourra conserver un contrôle à peu près parfait sur la vente d\u2019un livre au détail.) Non, la bizarrerie des phénomènes appartient surtout à l'état d\u2019esprit de certains groupes intellectuels devant ces mêmes phénomènes, ou leurs réactions diverses à la mesure des événe- ments qui peuvent être déroutants, mais qui devraient toujours être associés aux normes d'un pays neuf.Y songe-t-on assez souvent, à cet état impu- bére de notre culture et de notre élite intellectuelle ?Prenons en exemple l'attitude de nos écrivains, en groupe ou comme individus.Extérieurement, à la diversité de leurs moyens, de leurs ambitions, de leurs réalisations, nos écrivains souffrent d\u2019un mal commun qui persiste malgré les années, malgré l\u2019évolution plus qu'\u2019évidente de nos lettres, malgré l'importance de plus en plus grande qui est attachée à la production littéraire du pays, de langue anglaise comme de langue fran- Çaise (car je prétends les deux inséparables et nécessaires ici).Avec une désarmante naïveté, nos écrivains refusent d'être une force.Ou, en qualifiant mieux même s\u2019ils acceptent la théorie de leur puissance, ils refusent Or, en tous les pays anciens, le principal groupe moteurs d\u2019un pays fut à peu près toujours celui des écrivains et en second lieu celui des philosophes et des éducateurs.Que notre ère de puits d'huile et de tracteurs géants conçoive mal la simple plume comme facteur de puissance et d'autorité, cela est parfaitement normal.Mais que, vaincus d'avance, nos écrivains refusent de prendre la place qui leur revient et qui constitue leur .héritage comme leur labeur, voilà qui est non seulement faux mais aussi péril- Jeux.Dix écrivains de talent, n\u2019ayant pas peur des mots et sachant évoquer des concepts formels, peuvent, en peu de temps, modifier la structure interne \u201cd'un par Yves THERIAULT pays.L'histoire du monde prouve que l\u2019évolution de la France, de la Grande-Bretagne, et même \u2014 à un degré différent \u2014 celle de l'Espagne et de l'Italie, dépendent non seulement d'hommes politiques, mais aussi et surtout d'écrivains dont la pensée a moulé et moule encore une grande partie de l'opinion publique.Or, nos écrivains ne prétendent pas à cette puissance; ils refusent de la reconnaître.Et c'est grand dommage.Ils ont tort de préférer l\u2019obscurité relative.Ils ont tort surtout d\u2019être bourrés de complexes.La tragédie serait moins inquiétante s\u2019ils ressentaient leur pusillanimité en petit comité ou dans le silence de leur cabinet de travail.Qu'ils la ressentent une fois groupés, voilà le mal.Car leur puissance individuelle pourrait encore ne constituer qu\u2019un objet de dérision pour nos gouvernants; elle s'affirmerait sûrement si, groupés, ils imposaient des vues et établissaient des pressiqns.\u2018 : La Commission Massey a posé un premier geste.Elle a offert aux écrivains des moyens d'atteindre à la force méthodique.Non que de telles offres aient été faites selon des mots ou en toutes lettres, puisque ce n\u2019était pas le rôle de la Commission de dicter des actes.Mais l'attention inquiète qu\u2019elle a -portée aux problèmes personnels et financiers des écrivains et des éditeurs, Une attention grave, pleine de compréhension, affirme l'existence d\u2019une puissance chez l'écrivain qui ne peut plus être niée, même si on la méprise en certains milieux.Romanciers, historiens, sociologues et philosophes possèdent \u2014 ce mot possèdent devient d\u2019une terrible éloquence \u2014 leur propra puissance.Ils n'existent pas en fonction d\u2019une ère, ils forgent cette ère.Pouvoirs de propagation, de diffusion, de fustigation; pouvoirs d\u2019eulogie, imagerie verbale de la force d'un siècle et partant sa perpétuation; puissance politique ou économique ne remplacera jamais la pensée dans tout le rayonnement, la pureté, la majesté qu\u2019elle sait atteindre.La destinée humaine est une série d'actes d'évasion, tous mg- delés sur des images répétées à l'infini Le chercheur peut établir le rythme de ces normes restéas inchangées depuis l'Eden.(Avec le plus grand sérieux du monde, je rapprocherais les grandes voies romaines qui atteignaient les Gaules aux routes politiques de Duplessis.Et le vin de gloire de Socrate se retrouve à des crus divers non seulement chez les grands, mais chez l'homme choisi hors de toute renommée ou de toute oeuvre immortelle.Les rapprochements peuvent être en forme de sophismes pour qui recherche des raisons définies.Mais je songe aux cycles d'actions similaires sans égard aux causes diverses ou aux conséquences).La pensée humaine a donc des limites.Et c'est l'écrivain qui va peut-être dépasser ces limites, ou se rapprocher tellement, qu'il pourra, en atteignant les frontières, éclairer les actions humaines de toute son ère à lui.Un Santayana devient ainsi infi- ment plus puissant qu\u2019un Malenkov.\u2019 Dans un pays neuf, le problème se simplifie.Souvent l'écrivain n'est qu\u2019une consience à la portée des dirigeants ou des met- teurs-en-scène qui les font agir.\u2014Vous portez aujourd\u2019hui la même robe?demande l'avocat du ministère public, Me Jean- Paul Cardinal.\u2018 ~\u2014Oui.\u2014N'\u2019aviez-vous pas caché la montre dans votre corsage ?\u2014Jamais de la vie! D'ailleurs elle n'aurait pu passer par 13, La jolie fille ouvre son manteau, prend à deux mains le fin tissu de sa blouse et l\u2019étire, l\u2019étire.C'est tout juste si on peut y passer une lame de coupe-papier.\u2014Faut-il reprendre vous-même l'expertise?demande mé- \u2018chamment la défense à la Couronne.\u2014Non.sort\", Point de mon \u2018\u201cres- Je demeure dans le do- \" maine du ministère public, et je n'ai rien à voir dans le \u201cprivé\u201d de mademoiselle.Miller revient L'accusateur est rappelé et explique : \u2014Je vous jure ne lui avoir jamais donné ma montre.\u201d Si j'avais voulu lui faire gagner son sel, pas celui de la sagesse, je l'aurais payé en beaux écus sonnants.Le détective Dubluc, rappelé à son tour, déclare : \u2014Je connais bien Agnès.Elle passe ses nuits ici et là, dans les boîtes du boulevard St-Laurent, Il y a deux semaines elle était coffrée pour ivresse et le juge municipal la condamna à la nuit passée en cellule.La défense demande : \u2014N'est-il pas vrai que le chef d'orchestre a annoncé a 1'audience qu'il y avait une récompense de cinq dollars pour celui ou celle qui rapporterait la montre de Miller ?\u2014C'\u2019est exact.Puis l'avocat de la pimpante Agnès présente son plaidoyer.La preuve a révélé, et de façon peu prude, que la montre ne pouvait vraiment passer dans l\u2019encolure d'Agnès; encore moins continuer un glacial trajet parmi de soyeux linons et tomber bêtement sur le parquet de Ja salle de danse.Le plaignant a bel et bien donné sa montre à l\u2019inculpée, esFérant que celle-ci lui ferait voir le Midi à pareille heure.\u2014En délibéré ! décide le tribunal, Adolphe NANTEL Une conscience ou un juge, ce Qui se ressemble, sinon dans les procédés du moins dans les effets tangibles.De Richelieu à un cardinal \u201cà la Hollywood\u201d, il n\u2019y a pas grande différence.L'un comme Yautre, devant lui-même ou à travers £es successeurs, trouvera un Voltaire aux aguets.Il y aura nuance de gradation, il y aura même certaines modifications basiques, mais le grand\u201d principe d'une force opposée à l'autre pour le plus grand équilibre humain reste, lui, immuable comme les cycles de l'Histoire.Au Canada, les écrivains représentent un jugement porté sur les temps ct sur les moeurs.Jugement parfois subtil, parfois brutal, parfois railleur, parfois à peine perceptible.Mais c'est de l'ensemble d\u2019une oeuvre littéraire que se dégagent les forces, Et c'est en étant chacun une sorte de rouage dans une mécanique complètement irréductible que les écrivains acquièrent leur puissance.De Lemelin à Marcel Clément et de Guévremont a Bruchési, il y a un monstre grandiose, qui ne connaît malheureusement pas encore sa force et partant ne l'exploite pas.A Toronto ou à Montréal, à Vancouver ou même à Québec, pourquoi nos écrivains ne sont- ils pas unis en un même effort chacun selon ses talents, ses moyens, et des valeurs, pour que lentement la puissance émerge?Qu'il faille, dès l\u2019instant d'un mouvement concerté, imprégner chaque écrivain d\u2019un esprit d'avenir et d\u2019une conception canadienne de la création littéraire, cela est évident, mais ne serait- ce pas là aussi le premier résultat d\u2019une prise de conscience ?A quand donc le premier départ?Les groupements d'écrivains ne sont pas rares.Il leur faudrait seulement être vivants.Il leur faudrait se transformer en groupements d'action.Et alors naîtraient probablement les Premières poussées vraiment efficaces de notre force.Alliée à celle du journalisme de combat, cette force pourrait dépasser la puissance industrielle, canadienne et, un jour, rayonner par tout le monde.Il n\u2019y a plus d\u2019utopie quand il y a:de l\u2019acharnement. L\u2019AUTORITE, 2 MAI 1953 L\u2019AUTORITE Le plus vieil hebdomadaire de langue française de Montréal.Buresux @ Chembre 524, Edifice Canede Cement, M I (20) ; tél.Lencester 8592.Imprimé à Beauceville par !\u2019\u2019Eclaireur\u2019\u2019.Autorisé comme envoi postal de deuxième classe.Ministère des Postes, Ottawa.Directeur : Gérard Gingres.Secrétaire de la rédaction : Michel Roy.Abonnement annuel : encaissable au pair à Montréal.$4.00 payable d'avance par mandat-poste ou par chèque L'aufonomie et ses contradictions ves et les plus.épineux sont souvent ceux dont on parle le moins.On n'ose y toucher, de peur de mettre le feu aux poudres.Ainsi, depuis plusieurs mois, à Québec, un silence de mort règne entre la colline parlementaire et l\u2019Université.Ce ne sont pas les sujets de conversation qui manquent, au contraire; c\u2019est plutôt, de part et d\u2019autre, le penchant à amorcer un dialogue pénible pour l\u2019une et l\u2019autre partie.Comme les autres institutions du genre au pays, l'Université Laval est loin de faire ses frais.Selon des informateurs bien au fait de la situation, l\u2019écart entre ses recettes et ses dépenses se- Trait d\u2019environ $600,000.par année.depuis quatre ans.L'an dernier, Yoctroi fédéral permit aux autorités universitaires de parer au plus pressé, et méme de relever le niveau général des salaires des professeurs de carriére, dont certains \u201ctiraient la langue\u201d depuis longtemps.Malheureusement, cette année, tout semble retombé dans le statu quo ante.Jusqu\u2019à nouvel-ordre, les universités québecoises et leurs professeurs auront été les premières victimes immolées sur l'autel de l\u2019autonomie provinciale.Le malheur, c\u2019est que la plupart ne se sentent pas la vocation du martyre et fulminent inté- \u2018Trieurement contre ceux qui n\u2019ont d'attentions que pour les entrepreneurs en voirie.Cette année, dans un grand geste d'\u201cautonomie pratique\u201d, M.Duplessis a refusé carrément les subventions fédérales aux universités de la province.\u201cC'est une grave ingérence du fédéral dans le domaine de l'éducation\u201d, a-t-il dit dans la langue châtiée qu\u2019on lui connaît.On croyait que le gouvernement provincial comble- Tait par une subvention équivalente l'immense vide qu'il venait de créer, Mais non, c\u2019eût été trop beau, et surtout peu conforme à la logique du régime instauré chez nous depuis 1944.Après avoir étalé, avec une modestie exemplaire, les dons, subsides, octrois, etc, que son gouvernement avait accordés aux trois branches de l\u2019enseignement depuis huit ans, M.Duplessis déclara à la dernière session qu'il ne pouvait faire plus pour l\u2019ensei- nement universitaire.Et pourtant, quelques jours auparavant, les députés avaient pu prendre connaissance \u2018du budget combiné L: problèmes les plus grade la voirie et des travaux publics pour l'exercice 1951-1952 qui fut, comme on le sait, une année d'élections : une bagatelle- de $80 millions! Comment le gouvernement pouvait-il, aprés cela, donner $2 millions aux universités ?Evidemment, on ne peut satisfaire à la fois les professeurs d'université et les entrepreneurs en construction! Un gouvernement qui se respecte et surtout qui veut être réélu, doit tenir compte de la hiérarchie élémentaire des valeurs ! ; Les universités, ça coûte cher et ça ne rapporte pas beaucoup au point de vue électoral.C'est aussi bien embêtant au point de vue \u201cdoctrinal\u201d, parfois.Pour vivre et prospérer dans la paix, certaines Facultés ne.devraient pas s'intéresser à certains sujets qui touchent de trop près à la politique, le communisme, par exemple.On connait la \u201cphilosophie\u201d de l'Union Nationale en ce qui a trait à la répression du communisme : elle se résume en trois mots très simples: loi du cadenas! Ceux qui osent affirmer publiquement que la justice sociale pourrait être un remède positif et efficace ne sont que des traîtres, des \u201cgauchistes\u201d, des suppôts dé Moscou.Et haro sur le beaudet ! Pour eux, les octrois et les faveurs officiels sont à ja- nrais taris.Dans de tels cas, les représailles s\u2019exercent non seulement contre les Facultés en cause, mais contre toute l\u2019Université prise en bloc.Ainsi, il y a un peu moins d\u2019un an, une délégation officieuse de l\u2019Université se rendait auprès de M.Duplessis pour solliciter un octroi en vue d'aider à la construction du pavillon de la Faculté de Médecine, dans la nouvelle Cité universitaire.L'octroi était de taille, puisqu'il s\u2019établissait aux environs de $5 mil- - lions.L'entrevue fut peu cordiale et de courte durée, parce que les délégués s\u2019aperçurent vite qu'ils avaient frappé à la mauvaise porte.Notre magnanime premier ministre était tout prêt à fournir la somme convenue, à condition que l'Université décrète sur-le-champ le renvoi pur et simple d'un doyen de Faculté assez encombrant pour le gouvernement ! Rien que ça! \u2019 Il serait faux de dire que le gouvernement actuel n\u2019a jamais rien fait pour les universités du Québec.En période électorale surtout, M.Duplessis se vante de leur avoir \u201cdonné\u201d plus de $30 millions depuis 1944.C\u2019est possible.D'autre part, ceux qui ont regu cet argent par bribes et souvent longtemps aprés échéance, savent à quoi s\u2019en tenir sur l'intérêt officiel à la cause sacrée de l\u2019éducation, et sur le désintéressement des donateurs.Né faut-il pas s'entendre auparavant sur l\u2019identité des entrepreneurs, des sous-entrepreneurs et des architectes ?Ne faut-il pas aussi, après, formuler force remerciements publics, au risque de se faire traiter d\u2019ingrats ?Dans ces conditions, on comprend que nos universités lancent des regards d'envie du côté d'Ottawa, où les octrois pour l'éducation ne sont pas grevés de telles servitudes, Que fera M.Duplessis pour régler le grave problème financier de nos universités ?Bien malin\u2019 qui pourrait le dire.Mais point n'est besoin d'être grand clerc pour constater que jusqu'ici son attitude dans ce domaine a été tout à fait illogique et contradictoire pour quiconque ne s\u2019embarrasse pas de considérations électorales et d\u2019une conception utopique de l\u2019autonomie.Depuis la fin de la guerre, il a laissé les universités du Québec accepter les octrois fédéraux au profit des anciens combattants.Pour 1949 et 1950 seulement, ces octrois se sont élevés à $27 millions.Dans le domaine de l\u2019enseignement technique, le gouvernement fédéral a déboursé dans notre province, depuis 1945, en subventions pour la construction d'écoles, le joli montant de $33 millions, Cet argent a servi en tout premier lieu au gouvernement provincial et aux progrès de l'éducation dans notre province, puisqu\u2019il a aidé au programme d\u2019expansion de l'enseignement technique dans la province.Pourtant, lors de la dernière campagne électorale et encore à la dernière session, M.Duplessis s\u2019en est attribué tout le mérite, sans mentionner une seule fois l'assistance fédérale.Mais pourquoi accepter d\u2019une main ce que l'on refuse de l'autre, pendant que l\u2019on refuse aux autres ce qu\u2019on accepte soi-même quand ça fait notre affaire?O mystère insondable de notre politique, qui se résout en dernier ressort, dans un grand principe, l'autonomie, si utile à la veille des élections, malgré toutes les contradictions auxquelles on l\u2019a mise pendant les quatre années précédentes ! Hubert LEBLANC Notre immigration plus que les journaux canadiens d'expression française qui font ou croient faire l\u2019opinion s'avisent que nous sommes tous, au Canada, des immigrants ou des descendants d'immigrants.Quand nous parlons d'expan- sionisme soviétique, d\u2019impérialisme anglais ou américain, nous oublions un peu facilement que nos ancêtres furent des usurpateurs par rapport aux Indiens.La cession du Canada à l'Angleterre fut en quelque sorte une manifestation de la justice imma- \u201c nente comme, si l'on veut, le \u201cBoston Tea Party\u201d de 1773.Le début de notre histoire est une raison, entre d'autres, de nous interdire la xénophobie, Et c\u2019est bien ce sentiment déraison- -nable et irraisonné qui portait tant de Canadiens français à s\u2019opposer à toute immigration.Ce sentiment, et la crainite quelque - peu puérile d'être \u201cnoyés\u201d dans un flot de Britanniques.Comme si nous n\u2019étions pas assez puissants, électoralement, pour obtenir que immigration soit de provenance diverse, francaise, belge, suisse, italienne, scandinave, etc., autant que britannique.L'homme ne vit pas que de pain, c'est entendu.Mais nous vivons dans un monde voué a la production.Or, nous qui som- - mes prospéres, demandons-nous \u2018où la production nationale en se- .rait sans les 2,059,911 citoyens que le dernier censement désigne comme immigrants.Non seulement le progrés économique du pays serait interrompu, notre - niveau de vie serait singuliére- ment \u2018plus bas qu\u2019il ne l\u2019est.[a depuis cinq ans tout au Le Canada manque déjà de main-d'oeuvre.Il n'y a pas quinze jours, un député socialiste se plaignait indirectement de la prospérité du pays en déplorant quil fût presque impossible de trouver des journaliers et des domestiques.Dans tout le pays \u2014 y compris en chasse gardée duplessiste \u2014 il y a pénurie de travailleurs spécialisés.Et, d'ici cinq ou six ans, à moins d\u2019une forte immigration, cette pénurie s\u2019aggravera si l\u2019on en croit des statistiques américaines valables pour le Canada.C'est que la crise économique des années '30 a réduit le taux de la natalité au Canada comme aux Etats-Unis; avec ce résultat que vers 1958 les gens qui atteindront l'âge de Eagner leur vie, de \u201cproduire\u201d, seront deux fois moins nombreux que ceux qui parviendront à l'âge de la retraite.Plus heureux que les Etats- Unis, le Canada peut encore accueillir des centaines de milliers, pour ne pas dire des millions, d'immigrants.Rien ne s\u2019oppose, du côté canadien du moins, à ce qu'ils soient dans une bonne proportion de langue française, Le gouvernement Saint-Laurent n\u2019a- t-il pas décrété, il y a déjà cinq ou six ans, que les Français pouvaient s'établir au Canada exactement aux mémes conditions que les Britanniques?Mais, tandis que l'Ontario et la Saskatchewan, et peut-être d'autres provinces, se livrent à un intense recrutement aux îles britanniques, le gouvernement de Québec flatte des préjugés désuets en s'abstenant de toute propagande en Europe et de toute aide aux immigrants.L'argument le plus stupide que l\u2019on ait entendu (ou lu) contre \u2018a immigration, c'est la crise du logement.Comme si, parmi les nouveaux venus, on ne pouvait compter des macons, des briquetiers, des charpentiers-menuisiers, des plâtriers, etc, etc.! Tout nouveau citoyen est à la fois un producteur et un consommateur.Et chaque immigrant est susceptible de partager avec nous le fardeau des impôts, c\u2019est-à-dire de l\u2019alléger.Mais, allez donc faire comprendre ça aux Patrice .Tardif et aux Johnny Bourque dont s'entoure I'apprenti-dicta- teur de Québec! * Michel DUFRESNE BAISSE DES PRIX DE PENSION DANS LES HOTELS FRANÇAIS SELON le baréme publié par _ l\u2019Union nationale des Hôteliers français\u201d, il apparaît que les prix de pension pour Ja saison 1953 dans les hôtels classés 4, 3 et 2 étoiles sont en diminution de 10 pour cent par rapport à l\u2019année dernière.Il faut souligner cet effort méritoire.Rappelons que les hôtels français sont classés par décision gouvernementale en\" \u2018catégories : de luxe, 4 étoiles, 3 étoiles, 2 étoiles, 1 étoile.La liberté des Prix est accordée à la catégorie de luxe, où ne figurent d\u2019ailleurs que quelques palaces, mais des prix maxima pour les chambres sont imposés à tous les autres hôtels classés.Quant aux prix de pension, il ne peuvent être imposés de la même façon car les \u2018prestatibns fournies restent susceptibles de grandes variations selon la \u2018qualité de la cuisine, - nos quotidiens.ment établi sur une base multi- Lettre d'Offawa OTTAWA.\u2014 Le temps est bien passé où le Canada n\u2019avait que deux ou trois clients.Notre commerce extérieur est trés diversifié, comme aiment à écrire Il est définitive- latérale et l\u2019on peut prévoir que nos échanges se feront de plus en plus dans tous les sens.Quand M.Howe entreprend une tournée fatigante de l\u2019Amérique latine pour y être suivi de près par les hommes auxquels M.Eisenhower a le plus confiance, \u2014 son propre frère Milton, notamment, \u2014 c'est que la lutte pour la conquéte des marchés de ces pays est ardente.Et quelles que soient les méthodes publicitaires de nos voisins, nous avons une bonne avance sur eux, car nulle part le Canada n\u2019est détestés au contraire, partout on éprouve pour lui des sentiments d\u2019une telle cordialité qu\u2019ils en sont parfois un peu gênants pour ceux d'entre nous qui visitent l'étranger.Le total de nos exportations, qui excédait l\u2019an dernier une valeur de $4,000,000,000, marquait une augmentation de 10 p.c.sur l'année précédente.Et notre commerce d\u2019exportation avec les Etats-Unis, qui semblaient il y a quelques années notre unique débouché, s\u2019est à peine maintenu.Malgré toutes ses restrictions aux importations, \u2014 restrictions rendues nécessaires par la pénurie de dollars, \u2014 la Grande-Bre- tagne restait notre deuxième meilleur client.On a donc tout lieu de croire qu\u2019elle achèterait infiniment plus de nous si elle le pouvait.- Parmi nos clients européens, l'Allemagne occupe maintenant le deuxième rang; elle ne parvient pas à supplanter la Belgique.Le Japon dépend en grande partie, pour le moment du moins, de notre production, puisqu'il nous achetait l\u2019an dernier pour $100 millions de marchandises.Précisément, le besoin qu'ont l'Allemagne et le Japon de notre blé et de nos matières premières pose un problème délicat.Pour acheter de nous, et nous payer, ils voudraient nous exporter des produits ouvrés.Mais qu\u2019en fe- rions-nous, nous qui nous industrialisons de jour en jour et dont le marché de consommation est extrêmement limité ?Notre niveau de vie est élevé et nous consommons beaucoup de produits importés \u2014 pour une valeur annuelle de $280,000,000.Mais notre marché de consommation se limite à 14,000,000 de personnes, et aussi longtémps que n\u2019augmentera pas sensiblement la population du pays, il nous sera impossible d\u2019équilibrer notre commerce.Aucune considération sentimentale ne peut prévaloir contre cette réalité.Les faits économiques ne tiennent aucun compte des sentiments de certains pseudo-nationalistes.Le drame de Ville.(suite de la page 1) d'appareils de TV en contreban- e.La croissance trop rapide de cette ville a engendré et continue de causer maints désordres sociaux.Si Jacques-Cartier ne ressemble en rien à un Boom Town (pas de tavernes, un seul hôtel, pas de prostitution organisée, pas de jeu reconnu ouvertement comme tel), il n\u2019en demeure pas moins qu\u2019elle traverse présentement une période difficile, celle de l\u2019adaptation.Aussi le Service Social est venu à son heure mettre un peu d'ordre dans la maison.Le Service Social La création d\u2019un organisme social indépendant de Montréal ne date que de l'été 1952.C\u2019est S.E.Mgr Coderre, coadjuteur de St-Jean, qui en a été la cheville ouvrière.Dès les débuts, les Soeurs du Bon-Conseil ont transféré au nouveau Service social une centaine de cas.Le Le gouvernement provincial aide financiérement le Service, mais le budget est loin \u2018d'être adéquat.Le Service compte seulement 8 personnes, quand il pourrait utiliser une quinzaine de travailleurs sociaux.La Cité de Jacques-Cartier verse de $3,000 a $4,000 par an au Service, ce qui est tres raisonnable pour son budget.Un moyen d'assurer la finance du Service serait la fondation d\u2019une Fédération des Oeuvres de toute la rive sud, dont le budget.annuel serait de $150,- 000 à $200,000.Mais certaines municipalités qui n\u2019ont presque pas d'indigents, ne voient pas beaucoup la nécessité de sots- crire a un fond collectif.Comme on sait, la Cité de Jacques-Cartier vient de lancer sa propre campagne de la \u201cFédération des Oeuvres de charité des paroisses\u201d.L'objectif a été fixé à $25,000.Il serait heureux que cette campagne réussisse pleinement, vu la multiplicité .LE 7SE ANNIVERSAIRE DU PHONOGRAPHE 4 .E comm VNISME Srrme Conférence de presse du premier ministre Images en volapük que le cinéma a trouvé sa langue universelle.Ou plutôt, il se l\u2019est fait imposer.Le diktat est venu d'Hollywood, dont la pellicule déferle en raz- de-marée sur tous les continents.L\u2019ampleur du marché domestique (sur lequel tout cinéma national doit s'appuyer d\u2019abord) et le pas irrésistible des légions militaires et économiques de 1'Oncle Sam rendaient d'ailleurs inéluctable cette hégémonie cinématographique.Comme on a pu, naguère, amèrement, parler du \u201cPrix Fémina de notre blé\u201d, il faudrait décerner aussi à Hollywood le Grand Prix annuel du GI et du dollar.Rien là que de très normal: sans Jules César, Cicéron n\u2019eût été qu\u2019un petit Bourassa de province\u2026 Or, le proverbe dit bien que plus on embrasse moins on étreint; et Hollywood, appelé par la force des choses à embrasser une clientèle mondiale, emprisonne naturellement de moins en moins de chair et de sang dans ses étreintes, Bien sûr, il y a toujours les exceptions.Mais ces beaux films, ces oeuvres vraies et fortes que les cinéastes américains arrivent quand même, on ne sait trop par quel miracle, à façonner sur des chaînes de production de plus en plus rigides, ont inévitablement un petit air d\u2019amende honorable; on a l\u2019impression qu\u2019ils sont un peu gênés d'être là, et c\u2019est comme en s\u2019excusant qu\u2019ils se présentent : \u201cSimple freak, mais ne craignez rien \u2014 on fera moins bien la prochaine fois!\u201d Pour plaire a tout le monde et à son père, en effet, il n\u2019est qu'une formule tout a fait sure: ne rien dire.Pour que toutes les monnaies du monde se donnent rendez-vous en Californie, il n\u2019est qu\u2019une chose qu\u2019il faille éviter comme la peste: par le moindre mot ou le plus simple geste, dans son plus mesquin préjugé ou même dans sa pure ignorance crasse, risquer de froisser quelque client que ce soit.Par son contenu, le film idéal répondra donc à la classique description de l'eau \u2014 incolore, inodore et sans saveur.Mais en revanche, le contenant I y a quelques années \u2018déjà ne saurait être trop soigné.Sou- - veraine aux Etats-Unis, la mystique de l'empaquetage achève en ce moment la conquête du genre humain.Et \u2018de notre vivant nous verrons sans doute des facultés de packaging à l'université!\u2026 Sur un produit aussi uniforme que possible, il faut donc l\u2019enveloppe la plus impeccable, la plus attrayante, la plus sexy.Et voila, mis au point par Hollywood dès la formation des grandes entreprises de production, testé soigneusement dans l\u2019entre-deux-guerres et d'usage de plus en plus quotidien ces dernières années, le volapük du cinéma, Deux éléments essentiels: l'insignifiance profonde et TI'habileté technique; l'éclat matériel et le know-how pour faire passer le vide fondamental et le say-nothing.Au fait, rien d'autre que cette- aurea medio- critas dont parlaient déjà les Romains, ces Yankees de l\u2019Antiquité.®¢ + + Et voici, maintenant Made In Heaven : le volapuk en Angleterre, Un petit film de parfaite série hollywoodienne; petit chemin multicolore dont les moindres détours nous sont familiers; der- riére les fagades a la Potemkine du melon, du parapluie et des greens bien arrosés, la pellicule apatride du cinéma commercial.Singerie, jalousie ou simple mesure de légitime défense \u2014 peu importe la cause immédiate, le fait est là, indiscutäble : surtout depuis \u201945, tous les studios du monde s'hollywoodisent a une allure vertigineuse.Même en France et en Italie, où l\u2019on sait pertinemment (M.Clavelle est venu tout exprès de Paris nous le rappeler la semaine dernière) que le salut ne.peut venir que du film de qualité, on engloutira une énorme fraction des trop rares capitaux dans le feuilleton à la soap-opera ou le colossal à la Cecil B.De Mille, Dans l'étoffe extravagante d\u2019une seule Fabiola, combien de Don Camillos n\u2019aurait-on pu ensoutaner! Mais soyons justes: quand on voit les foules de Rome et de Paris, dédaignant parfois les meilleures productions nationales, s'écraser devant Rita Hayworth, comment ne pas tomber un peu dans les Salomés ?\u2026 En Grande-Bretagne, l'unifor- par René LEVESQUE mité a eu moins de mal qu'ailleurs a s'infiltrer.Un magnat tout trouvé, vrai tsar hollywoodien du cru, M.J.Arthur Rank, y régnait déja depuis des années, tenant bien en mains ce nerf du pouvoir cinématogra- \"phique: les salles, c\u2019est-à-dire la distribution.A la fin de la guerre, M.Rank s\u2019est dressé devant Hollywood et, sourd à tous les conseils de prudence, a voulu le combattre par ses propres armes: banalité et poudre-aux- yeux, technicolor et grisaille interne.Après une brève poussée de succès factice, l'holly- woodisme Rank est aujourd\u2019hui en pleine régression, et le grand homme a même dû \u2014 comme disent les économistes \u2014 effectuer dans ses affaires un cruel retranchement.Mais il -n\u2019en continue pas moins, avec une modestie chèrement apprise, à pratiquer de son mieux la langue universelle.Made In Heaven, c\u2019est la comédie gentille et sans consistance, toute peuplée de types que l'on \u2018reconnaît dès l\u2019abord comme si on les avait inventés \u2014 un genre qui se passe de sous- titres et de doublage à force de transparence, et dont Hollywood est et restera sans doute le maître incontesté.Une famille bourgeoise, à peu près sereine sinon heureuse, au milieu de laquelle cet ami de toujours du cinéaste de série, le deus ex machina, précipite ce brandon de discorde aussi vieux que le mélo: une jolie fille intrigante, la fausse ingénue, Et tandis que s\u2019abattent comme des quilles ces victimes terriblement prévisibles, le fils écervelé et le père qui porte beau, On ne peut que songer avec nostalgie à l'argent gaspillé.Car le sujet n\u2019est pas mauvais; il est en plein dans ces cordes du cinéma britannique, dont \u2018 les films d\u2019Alec Guinness nous ont démontré toute la vigueur: Ila satire.souriante.À quelques reprises, sur le dos de quelques bonnes vieilles traditions, à propos de l'austérité du régime, on la voit méme se profiler au bord de l'écran, sortir timidement ses griffes Mais halte-la! il ne s'agit plus de parler anglais, mais bien le langage royal de monsieur-plus-bas-commun-déno- minateur.: 2° Et Mode In Heaven sera de l\u2019impeccable volapük.Autrement dit, un film \u2014 s\u2019il s'agit de faire son article \u2014 qui vous force à écrire non pas sur mais autour.O inutile aveu ! des problèmes à régler.En voici quelques-uns : Délinquance juvénile Même si la fréquentation des écoles est relativement bonne \u2014 Jacques-Cartier possède d\u2019excellentes écoles \u2014 il importe d\u2019organiser le plus tôt possible les loisirs des enfants et de combattre ainsi la délinquance juvénile.L'immoralité et la promiscuité sont les causes principales de la délinquance: attentat à la pudeur, célibataire pris en compagnie d\u2019une fillette de 6 ans, vieillard qui contamine trois enfants de la même famille, etc.On nous affirme de bonne source que les symptômes évidents d'une délinquance généralisés à Jacques-Cartier ne donnent * présentement qu'une faible idée de l\u2019acuité du mal et qu'un dépistage systématique pourrait faire dresser les cheveux sur la tête, Service social est incapable de régler tous les cas, faute de personnel.On va au plus pressé ! De même, la police ne peut rejoindre qu\u2019une faible partie des coupables, car souvent les parents n'aident pas les autorités, soit par leur ignorance, .soit pour protéger leur réputation ou cacher leurs propres vices.Dans 80% des cas, les problémes des enfants sont une conséquence directe de la conduite des parents ou des concubins.De la nécessité de combattre d\u2019abord le mal.à sa propre source.C\u2019est souvent la famille qui fournit le fondement de èe qu'Airchborn appelle l\u2019état de la délinquance latente, Beaucoup d\u2019enfants courent les rues, pendant que ies parents travaillent à Montréal.Au temps où Jacques- Cartier était peu éclairé le soir, les attentats à la pudeur étaient très fréquents.Il existe une criminalité connue, mais la criminalité latente ou inconnue in- -quiète les sociologues.Toute proportion gardée, Montréal surpasse présentement Jacques-Cartier dans ce domaine, Quant à l'avenir ?.Cour du bien-étre social , On suggère donc, dans les milieux du clergé, l\u2019établissement d'une- Cour de bien-être social de la rive sud, ce qui, légalement, ne sera possible que lorsque Jacques-Cartier aura 50,000 âmes, Il faudra créer un \u2018mou- veau district judiciaire.En attendant, on fait du mieux qu\u2018on peut.On voit encore la nécessité de la fondation d\u2019une clinique de l'enfance, avec médecins et Psychologues, rattachée au Service social.Des tentatives ont \u201cété faites jusqu'ici en vue de l'établissement des terrains de jeux, mais il importerait d\u2019abord de dresser un plan directeur, car les initiatives prises au \"hasard ne donnent que des piètres rats.-Des eres songent à ir un patronage.Paul ARNEAU La vie sportive L'optimisme de Stanky grande majorité des gérants d\u2019un club de baseball, avant le début d\u2019une nouvelle saison, sont plus ou moins pessimistes.Mais il y a toujours des exceptions à la règle.Eddie Stanky, pilote des \u201cCardinals\u201d de St- Louis, est une de ces rares exceptions.Comme tout autre gérant, Eddy Stanky a été bombardé de questions durant la période d\u2019entrainement des Cardinals.Et, - naturellement, la question qui revenait le plus souvent sur le tapis était la suivante : \u201cQuelles sont les chances des \u201cCardinals\u201d de St-Louis dans la prochaine .course au championnat dans la Ligue Nationale ?\u201d \u201cExcellentes\u201d, de répliquer sans hésitation le jeune instructeur des Cardinals.Et, d\u2019ajouter: \u201cPourquoi serais- je pessimiste ?Je ne possède pas un club aussi bien équilibré que celui des Dodgers de Brooklyn, mais en ce qui concerne mon personnel de lanceurs, j'en possède un de première catégorie\u201d.On connaît la grande importance des services que rendront les artilleurs dans un club de baseball, Leur rendement représente plus de 50% des succès, .\u201cSi mes lanceurs gagnent avec assez de régularité et si mes gros canong au baton font aussi bien que l'an dernier, (il voulait parler des Stan Musial, Enos Slaughter et Red Schoendienst) les Cardinals seront de sérieux aspirants pour succéder aux Dodgers de Chuck Dressen comme champions dans le circuit Warren Giles\u201d.[es un fait reconnu que la Trio prometteur Si on analyse le personnel de lanceurs des \u201cCardinals\u201d, on n\u2019est aucunement surpris de voir pour quelle raison Eddy Stanky regarde l'avenir en rose.Les \u201cCardinals\u201d alignent en effet trois jeunes artilleurs trés prometteurs qui devraient remporter de nom- Résidence: VE-6672 Tél.Bureau: BE-8646 CLAUDE MAILHIOT Docteur en Psychologie DE l'Université de Montréal $ De 2 {] = Ë ¥ x 7 I $ ?â / ass-sesr par.Bort Souliére breux triomphes cette saison.Il s'agit de Stu Miller, Wilmer (Vinegar Bend) Mizell et Harvey Haddix.Ajoutons à ce brio les noms de Joe Presko et Eddy Yuhas, ainsi que ceux des vétérans Gerry Staley, Cliff Chambers \"et Al Brazle, et l'on doit admettre que les \u201cCardinals\u201d comptent un groupe de lanceurs susceptibles de causer plusieurs ennuis a I'adversaire au cours de la prochaine campagne.Il est évident que l'optimisme de Stanky s'inspire du rendement qu'il attend de ces lanceurs.Si les Mizel, Miller et Haddix, faillissent à la tâche, les \u201cCardinals\u201d ne feront pas fureur, même si les Musial, Schoendienst et Slaughter défoncaient les clétu- res à volonté.Mais ces trois jeu- .nes lanceurs ont impressionné leur pilote à l\u2019entraînement.Or, ils devraient continuer à l'impressionner durant la saison régulière.De ce trio, Mizell est, selon Stanky, le lanceur qui devrait connaître le plus bel avenir dans les majeures, si la fortune lui sourit un peu.Mizell a fait ses débuts sous la grande tente l'été dernier.Il a montré beaucoup d\u2019étoffe à son pilote.Malheureusement, il manquait d'expérience et quelques-unes de ces défaites doivent être attribuées à de lamentables bévues au- monticule.Mizell n\u2019a pas perdu sa saison en 1952.Il en a appris beaucoup.Il a su développer une \u201cslider\u201d, Il a corrigé certains petits défauts qui affectaient son rendement.Bref, il s\u2019est amélioré pour devenir un gagnant de 15 parties en 1953, C'est l'opinion de Stanky qui considére cet artilleur gaucher comme un second Curt Simmons, un lanceur qui, grâce à sa balle excessivement rapide, saura se faire respecter des frappeurs adversaires.Passons maintenant à Stu Miller.C\u2019est un droitier qui possède tous les facteurs, sauf l'expérience, pour envisager la prochaine course au championnat avec optimisme.Miller est non seulement un artilleur de classe, mais il couvre son territoire sur la défensive avec une habileté remarquable.Stanky a fixé à 15 victoires également l'objectif de Miller .l\u2019été prochain.Harvey Haddix est un autre jeune athlé- te.C'est un gaucher, dont la stature physique ressemble quelque peu a celle du petit Bobby Shantz, des Athletics de Philadelphie.Ecoutez \u2018Tambour battant\u201d les mercredis ef vendredis soir, de 7h.30 à 7h45 \u2014 réseau de Radio-Canada.\u2019 Haddix est cependant plus grand et plus gros que Shantz, puisqu'il mesure 5°10\u201d et fait osciller l'aiguille de la balance à 155 livres.Contrairement a Miller et Mizell, Harvey Haddix ne possède pas une balle rapide, mais il contrôle tellement bien sa courbe et sa \u2018slider\u2019 qu\u2019il peut lancer la balle à l\u2019endroit où il le désire pour faire mordre la poussière à l\u2019ennemi, Il n\u2019y à aucun doute que Gerry Staley, un excellent lanceur droitier, remportera sa part de triomphes pour les \u201cCardinals\u201d, tandis que Brazle et Eddy Yuhas sauront remplir habilement leurs fonctions en relève.Reste à savoir maintenant si Joe Presko, un autre espoir du club St-Louis, est complètement rétabli de son mal de bras.S\u2019il est vrai qu\u2019il ne res- .sent plus de malaises à son bras, il rendra de précieux services aux \u201cCardinals\u201d.Advenant le contraire, Stanky-devra fouiller dans ses filières pour y trouver, dans le système de clubs-fermes des \u201cCardinals\u201d, un lanceur capable de faire mieux que Presko.Stanky n\u2019est pas sans savoir que les Bums alignent d'excellents lanceurs en Joe Black, Carl Erskine, Preacher Roe, Russ Meyer et Billy Loes ; que les Giants ont Sal Maglie, Jim Hearn, Larry Jensen, Dave Koslo et Hoyt Wilhelm et que les Phillies de Steve O'Neil ont de l'excellent matériel pour gagner avec les Robin Roberts, Curt Simmons, Jim Konstanty et Steve Ridnik, mais les \u201cCardinals\u201d gnt de jeunes artilleurs d\u2019avenir qui devraient surprendre considérablement.Stanky risque le tout pour le tout avec ses jeunes lanceurs.Tous les amateurs de baseball connaissent assez bien Stanky pour savoir qu'il ne lâchera pas prise tant que la course ne sera pas terminée.Il est courageux comme pas un.Il a confiance en trois jeunes adeptes du monticule qui ont fait belle figure à leurs débuts dans la Ligue Nationale l\u2019été dernier et qui se sont améliorés davantage à l'entraînement.Cette confiance de Stanky combinée avec le travail démontré par Miller, Mizell et Haddix a l'en- traînèment font du gérant des Cardinals de St-Louis, un gérant optimiste en vue de la saison déjà en cours.Les banques à charte canadiennes manipulent plus d\u2019un million de chèques par jour.CHEF ous L'AUTORITE, 2 MAI 1953 La peinture ILIU LE PUR Tliu est un peintre d'origine roumaine qui a choisi de vivre parmi nous, Ses oeuvres étonnent par leur hardiesse et leur sobriété.: Le spectateur découvre de grandes toiles sans titre ni signature où rien d'ordinaire n\u2019est re- préfenté.Il est en face d'une peinture abstraite qui s'exprime au moyen de surfaces de couleur aux formes variées.Cette dernière phrase, dont je m'excuse, et qui évoque La Palice, ne résume pas moins une bonne partie de l\u2019art contemporain.A la suite de Kandinsky, Klee, Bauer, Gris, Moholy, Nagy, et de beaucoup d\u2019autres, Iliu ne se fait pas illusion sur la nature de son art.Il spécule sur\u2018 les pouvoirs réels de la peinture.Ces hommes n\u2019essaient point de reproduire ce qui existe déjà : La nature, dont la réalité se dérobe à l\u2019oeil nu, insaisissable à cause de sa complexité et de son mouvement, jnimitable parce que d\u2019une subtilité infinie en comparaison avec nos pinceaux pitoyables et nos toiles grossières.Les jeux de la perspective et l'illusion de la profondeur ne les attirent guère, non plus; \u2014 le tableau demeurant pour eux un plan où leurs conceptions s'inscrivent.D'autre part, aucun de ces peintres n\u2019est intéressé à décrire nos sentiments ou nos idées, ou à raconter les vicissitudes de l\u2019existence humaine.De ces points de vue, le portrait tel que le conçoivent les Forbes et les Torrence-Newton serait le type même de la mauvaise peinture.Il faut dire que le réalisme à la Courbet en est un de convention, et qu\u2019il se tient à la surface des choses.Le peintre du genre Iliu considère la fonction du tableau, sa destination, ses moyens et ses limites.Il s\u2019en tient aux pouvoirs certains dont cet art de l'oeil.Familier avec le langage des couleurs et des surfaces, il crée des accords entre les vivants et les milieux où ils vivent.Ses compositions accentuent la circonstance, donnant des contours précis et une couleur appropriée au moment, et ajoutent un cachet de grandeur aux épisodes quotidiens de la vie.Cet art qui évite les effets faciles, cette attitude objective, cette \u2018discrétion se rattachent sans peine à la tradition classique.Une savante organisation, \u2018basée sur des principes géométriques très rigoureux, présidait à la disposition des personnages mythologiques à l\u2019intérieur dû fronton du Parthénon.Un même souci du nombre et de la mesure hantait Paolo Ucello, peintre italien du XVe siècle, qu'estime Iliu.La liste serait longue et facile à dresser, de ceux que passionnèrent le symétrique, le régulier, l\u2019enry- thmique.Les chercheurs de la Règle d'Or manifestait un tel sentiment, qui devait s'épanouir avec Cézanne, Seurat, Picasso, etc.Aujourd\u2019hui, que nous le voulions ou non, et grâce aux efforts d'un grand nombre d'\u2019esprits admirables, un art du présent se dessine de plus en plus, malgré les conflits de divers ordres qui divisent la terre et, que ce soit en architecture avec Le Corbusier, Wright, Gropius ou Lusting, ou en d'autres domaines, avec Charles Eames, Béothy, Richard Lippold, Calder, Norman MacLaren, etc, un style fait de sobriété, d\u2019audace et de sincérité plonge ses racines de plus en plus profondément dans notre société et développe sa ramure de plus en plus haut dans notre ciel ! Mais à ce tableau (puisque nous parlons de peinture) il y a \u2018une couple d\u2019ombres.Ces créations ont souvent quelque chose de froid et d\u2019impersonnel.La sensibilité fuit ces formes rigides et unies.L'âme déserte ces membres de béton et ces pans de verre, Cet art risque d\u2019être inhumain.D'autre part, l'individu avec toute sa richesse affective s\u2019efface terriblement derrière ces peintures aux tons plats, aux lignes orthogonales, aux figures inconnues et bizarres.Le fossé se creuse sans cesse entre l\u2019artiste et le public.Les oeuvres extrêmement séduisantes de Léonard de Vinci ou les machines grandiloquentes de Véronèse gardaient du moins un contact étroit avec le peuple en Jui tenant un langage où il subsistait quelque convention.La situation est d\u2019autant plus difficile, en notre Canada, que la tradition en art n\u2019y existe quasiment pas.On demande à Jean- Baptiste qu\u2019il passe, sans sourciller, des oeuvres timides et naturalistes aux graphiques déroutants et toujours renouvelés des artistes du compas et de l\u2019équerre ! Certains peintres, au risque d'exciter le doute sur leur sincérité, cuitivent deux genres \u2014 l\u2019un orthodoxe, l\u2019autre inusité \u2014 et en usent selon la circonstance, , À travers nos restaurants \u201cChez Son Père\u201d re \u2018est déjà si bien connue qu'on ose à peine en faire valoir tous les mérites auprès du vaste public qui la fré- uente quotidiennement.Sans oute la métropole est-elle dotée d'une vingtaine d'excellents restaurants où la cuisine, française ou \u2018canadienne, italienne ou hon- oise, ne laisse pas de séduire es étrangers.Mais le gourmet, ou du moins celui qui accorde aux plaisirs de la table la place qu'ils n\u2019occupent pas toujours dans notre milieu, exige encore davantage.Il voudrait que le temps passé au restaurant fût agréable, que l'heure du déjeuner et celle, plus douce encore, de l\u2019apéro et du di ner, fussent des étapes chaleureuses au cours de sa journée de travail, Il s\u2019agit en somme d'un petit bonheur, fugitif et fragile, que l\u2019on associe à la nécessité du manger et qui lui confère une dimension nouvelle.C\u2019est ainsi que l\u2019on met un peu d'art dans sa vie et que le goût de vivre reprend tous ses droits.Car l\u2019estomac conditionne jusqu'à nos petites affaires métaphysiques.Nulle obséquiosité ne vient gêner celui qui s\u2019attable dans l\u2019établissement.Nulle excessive courtoisie ne précède la présentation du menu où dansent les coeurs de céleri, les cuisses de grenouilles, les soupes à l'oignon et les steaks sautés.À la gamme infinie des apéros qui stimulent Tappétit, s'ajoute une atmosphère de cordialité qui autorise la détente, dans une salle simplement aménagée, à l'abri des assauts du modernisme dont on connaît bien les effets nickelés.Lis \u201cChez Son Pè- On se re- ménageant une transition, prévoyant le jour-où tous se seront adaptés au nouveau mode d'expression.D\u2019autres se tiennent à cheval sur la clôture qui sépare l\u2019académisme de l'école moderne, n\u2019osant point brûler leurs vaisseaux.: Parmi les premiers se \u2018trouve Louis Muhlstock, parmi les seconds Jack Nichols.Les réflexions que m\u2019inspirent les oeuvres d\u2019Iliu montrent bien \u2014 en dépit de peu de place que prend cette manière parmi nous \u2014 que de telles tentatives touchent en nous à des fibres hypersensibles.Nous ne saurions rester indifférents devant cette révolution où commencent de tremper nos mains.Le vocabulaire d\u2019Iliu est limité, mais il est manié habilement.Sa sience des couleurs (où la psychologie entre en jeu) est certaine.Ses principes me paraissent élaborés.Voici un peintre qui sait ou 11 va.Je ne dis point que j'aime (mot insignifiant Jlorsqu\u2019il s\u2019agit de comprendre) mais que j'admire les oeuvres qu'il expose à la galerie Agnès Lefort.Paul GLADU Conado\u2026.En face du danger communiste qui menace Je monde, l\u2019Armée canadienne se modernise et agrandit ses cadres.Le sergent Jacques Beaudin, 27 ons, à gagné lo Médaille Militaire pour bro- voure en Corée, ce qui lui vaudra d'assister au Couronnement de lo Reine, en juin prochain.À son retour, il épousero Mlle Rita Bertrand, de Montréal.Né sur la Côte Nord, à Clorke City, il à foit trois onnées d'études classiques au Nouveau-Brunswick.Il a treize frères et soeurs, et l'un de ses frères, Claude, servit cing ons outremer au cours la dernière guerre.Le sergent-instructeur Jacques Beaudin o trouvé dans l'Armée une vroie carrière de chef.PRE SERA Aussi a-t-elle besoin d'un nombre toujours plus élevé de jeunes gens éveillés qui sont disposés à servir fidèlement leur pays comme meneurs d'hommes et experts techniciens.' L'Armée forme des chefs, et elle les paie bien.Exemple: le sergent Jacques Beaudin, dont la photo apparaît ci-contre.Il est instructeur des Transmissions, \u2018 au 2e bataillon du Royal 22e Régiment, à Valcartier.Son revenu se compare avantageusement, âge pour âge, à celui de tout autre citoyen qui, avec le même degré d'instruction et les mêmes aptitudes techniques, exerce un métier dans le civil.Mais ce militaire reçoit en outre\u2014es gratuitement\u2014la nourriture, le logement, le vêtement, les soins médicaux et dentaires.Et il bénéficie d'un mois de congé payé par année, Enfin, ce sous-officier pourra prendre sa\u2019retraite avec une généreuse pension | à un âge où il pourra encore occuper un emploi technique bien rémunéré.dans le civil.Pour une carrière de chef bien rémunérée au service de votre pays, enrôlez-vous dans l\u2019armée moderne du Canada, ENROLEZ-VOUS DES AUJOURD'HUI DANS LIT ¥Y VOTRE'ARMEE trouve \u201cChez Son Père\u201d comme dans une vieille auberge hospitalière, pareille à celles qu'on admire envieusement sur d\u2019anciennes gravures Joyeuses et accueillantes.Mais il faut savoir que M.François Bouyeux, le prop - re, n'est pas sim lement le mat- tre d'hôtel glacial ou l'homme d'affaires poli qui vous jette un sourire à la sortie.Depuis 1909, sa carrière de grand chef évoque celle d\u2019un artiste dont la vie et les tournées sont hérissées de succès et de difficultés.Paris, Nice, Stockholm, Toronto, Montréal ont goûté les mets qu\u2019il a conçus.Le roi Georges et la reine Elizabeth mère ont apprécié la haute tenue de son menu en 1939 alors qu\u2019il était chef cuisinier a l'Hôtel Windsor.Une fois eurs repas terminés, a e Chiang Kai-shek et le général de Gaulle cherchaient à savoir quel pouvait bien être le génie culinaire qui avait présidé à leurs personnages, ont lgué son étonnante perspicacité de chef français grâce à laquelle ils avaient pu retrouver les mets de leurs pays respectifs.Pourtant, il y avait une explication.: M.Bouyeux est Français.Aujourd'hui, sécondé par le flegmatique et sympathique Geores, le gérant de l'établissement (situé rue Craig, angle St-Lau- rent), M.Bouyeux, dirige un personnel de 20 employés dont deux chefs cuisiniers.On trouvera \u201cChez Son Père\u201d les plats qui conviennent à tous les caprices, arrosés des vins qu'on désire.Quelques spécialités retiennent l'attention : outre la soupe à l'oignon (l\u2019une des meilleures en ville), le homard est apprêté magnifiquement, sous toutes ses formes.Les steaks, surtout quand ils sont \u201cchasseurs , c'est-à-dire accompagnés d'une sauce épicée aux champignons et herbes, possèdent une saveur sanguine qui appelle les bourgognes rouges au choix des connaisseurs.Les pâtisseries françaises couronnent le repas qui n'est pas coûteux.\u201cChez Son Père\" est ouvert tard dans la nuit.M.R.Le Cerde du Livre recevra jusqu'au 15 mai les manusaits LES auteurs qui désirent concourir cette année au Prix du Cercle du Livre de France, doivent faire parvenir leur manuscrit au bureau du Cercle, 462 Est rue Ste-Catherine, Montréal, avant le 15 mai.Aucun.manuscrit parvenant au Cercle après cette date ne pourra être accepté pour cette année.Douze manuscrits ont déjà été reçus au Cercle du Livre de France, et plus de 65 personnes ont demandé des renseignements sur le Prix.C\u2019est là un chiffre tout à fait extraordinaire et qui laisse présager un nombre record de concurrents.Rappelons que le Prix du Cercle, qui est de $1,000, sera attribué pour la 5e fois au début de septembre, par un jury de neuf membres qui, cette année, comprendra huit personnalités canadiennes, du monde des lettres, ainsi qu\u2019un écrivain français habitant aux Etats-Unis.AVIS DE REQUETE EN DIVORCE AVIS est par les présentes donné que Dame LEONA KUPRASZ, ménagère, de In Oité de Montrénl, District de Montréal, fera application au Parlement du Canada pendant la prochaine ression, ou Ja suivante, pour un Bal de Divorce contre son mari, Li VE- REMOHUK, journalier, de la Cité et Dis trict de Montréal, dans la Province de Québes, pour cauec d'adultère et désertion.Montréal, le 11 avril 1963.Louis (JREEOMAN, Q.C., voca: 20 St.James Street East, Suite 3, Montréal, : Attorney for Applicant.2-0-10-23 mal 1968.: AVIS DE REQUETE ~ AVIS est donné par les présentes que JOSEPH ANTIIONY ALBERT BRITT, vendeur, de la ville et du district de Montréal, dans la province de Québec, a'adressera au Parlement du Canada, au cours de la pré sente ou prochaine ecssion, pour obtenir Un Bill de Divorce d\u2019avec son épouse, HAZEL : ESTHER SHAW BRITT, pour cause d'adul- re.Quétes, le vingteeptième four de maths AD u e vingtseptitme jour de mars, A.Dmil neuf cent cinquante-trois (1968).\u2019 JOHN M.SCHLESINGER, Procureur du requérant, App.ao.Edifice Homsler, Montreal, Québec.\u2018 18-25 avri)- 2-0 mai 1963.AVIS DE REQUETE EN DIVORCE AVIS est donné r les présentes que LAURA SOLOW SOHWARTZ, de la ville et du district de Montréal, dans la province de Québec, m re, o'adresscra au Parlement du Canada au cours de la présente ou rochaine ecssion pour obtenir le divorce Sravee son époux HARRY SCHWARTZ, pour cause d'adultére, Fait à Montréal, dans la province de Québec, le quinzième jour d'avril, A.D.mil neuf cent cinquante-trois (1963).JOHN M.SCHLESINGER, Procureur de la requérante, 3 201, Edifice Hemsley, Montréal, Québec.25 avril \u2014 2-9-16 mai 1953 Vingt-cinquième heure ou dernières chances elle sonné pour l'homme ou lui reste-t-il quelques chances de salut?Dans le premier cas, il n\u2019y a plus qu'à attendre au milieu des travaux, des jours et des jeux, tous également inutiles, que l'hystérie américaine ou russe libère la super-bombe qui nous anéantira en un instant Dans le second cas, il faut sans plus tarder dénombrer ces chances et les évaluer, C'est à cette tüche que s\u2019est attaché le grand philosophe et sociologue britannique, Bertrand Russell, dans son récent ouvrage: Les dernières chances de l\u2019homme (1).Malgré ce titre à résonance pessimiste, c'est \u201cune échappée sur l'espoir\u201d que L\u2019 vingt-cinquième heure a-t- veut nous offrir Russell, Il y parvient.jusqu'd un certain point.Je dirai tout de suite, et tout respect gardé pour le savant qu\u2019est Russell, qu'à certains moments de ma lecture je n\u2019ai pu m'empêcher de sourire.Il n'y a vraiment que les pasteurs presbytériens cet les mathématiciens pour afficher une telle candeur d'âme et nous proposer une petite opération du bonheur à la fin de laquelle nous n'avons plus qu'à ajouter le fameux \u201cc qfd\u201d.C\u2019est peut-être ça l'humour.Mais ne nous méprenons pas et n'allons pas dire que ce livre n'est que la réflexion des réveries d'un solitaire végétarien et buveur d'eau.Il y a sans doute en M.Russell un mage en marche vers une étoile brillante mais il y a aussi, ne l'oublions pas, un philosophe rompu aux rigoureuses disciplines de la logique et des sciences exactes.Il y a surtout en Russell un homme qui, sa vie durant, a lutté pour la défense des droits de l'individu contre toutes les entreprises pour l\u2019avilir, Et c'est ce qui me rend sympathique son dernier ouvrage même si je ne peux en accepter toutes les données ct si je dois rejeter quelques-unes de ses conclusions.Russell établit d'abord un diagnostic: \u201cle mal du siècle\u201d, c'est la peur.Peur de l'homme en face de la nature, peur de l'homme dans ses relations avec des autres hommes, peur de l'homme aux prises avec lui- même, D'où trois ordres de conflits, conflits qu\u2019il nous faut résoudre au plus tôt.C\u2019est dans la diligence et l'application que nous mettrons à les résoudre que se trouvent nos dernières chances, La peur est mauvaise conseillère; elle enveloppe tout, bê- tes, hommes et choses, dans une vapeur de souffre qui tord, déforme les dimensions réelles et par Jean-Pierre HOULE fleur donne des proportions qu'\u2019elles n'ont pas.La peur conduit à la violence: on frappe, on brise, on détruit, on tue dans un vain effort pour effacer l'objet, la cause, l\u2019image de sa peur.L'effort premier doit tendre à supprimer cette peur.Certes l'homme a de sérieuses raisons de craindre: la bombe atomique n\u2019est pas un joujou que l\u2019on peut retourner en tous sens; la possibilité d\u2019une mise à feu et à sang de la terre n'est pas une vue de l'esprit: le déchirement intérieur de l'homme n\u2019est pas un sujet pour concours de jeux floraux.Mais la crainte n'efface ni n\u2019éloigne le danger, elle ne fait que nous rendre impuissants ou nous précipite vers les solutions désespérées.Il est donc nécessaire que l'homme du vingtième siècle, parvenu à un degré de civilisation technique incroyable et qui normalement devrait \u2018le libérer de certaines servitudes et l'inoculer à jamais contre certains tabous, réaffirme sa maîtrise sur la nature tout en ayant l\u2019humilité de croire qu\u2019au moindre re- Aragon, poète - torise à croire qu\u2019il | OUIS ARAGON est probablement né sain d'esprit.c'est qu\u2019il est né poète; la devient un débile mental.dommage, pour deux raisons tout au moins.Tout au- Et c'est u n La premiére, deuxième, c'est que son comportement confirmera \u2018bien des gens dans la déplorable opinion que les poètes sont nécessairement fous, tôt ou tard.\u2019 On n\u2019apprendra a aucun lecteur de I'*Autorité\u201d qu'Aragon, ayant perdu la direction d'un quotidien de Paris, est devenu directeur d'un hebdomadaire fondé par Jacques Decour et Jean Paulhan, puis fondé uniquement par Decour quand l\u2019équipe des \u201cLettres françaises\u201d se rendit compte que Paulhan n\u2019était ment pas communiste.Vous n\u2019y comprenez rien ?Voiciécidé- .Les \u201cLettres françaises\u201d (qu'on dit) affichèrent pendant quelques années les noms de leurs fondateurs sous leur titre de première page; tout à coup, on découvrit que Paulhan n\u2019était plus l\u2019un d'eux.Comme on découvrirait, si l'Amérique devenait communiste, que ce continent ne saurait avoir été découvert (quatre verbes de suite !) par un serviteur de l'Espagne (car M.\u2014 pardon, le général \u2014 Franco est un Espagnol, ct anticommuniste).Or, aux \u201cLettres françaises\u201d, un certain Picasso (que l'on dit d\u2019originé espagnole, lui aussi) a donné un portrait du défunt Joseph Staline que l'ambassadeur de l'U.R.S.S, à Paris et quelques chefs communistes français n'ont pas aimé.Et le zélé M.Aragon d'ajouter dans \u201cson\u201d journal, à leurs protestations, une conies- sion ou, si l'on préfère, une auto-critique.Mais on n'est jamais sûr de rien dans les dictatures ni dans les partis itaires.M.Aräfon' voudrait bien rester ce u'il s\u2019est consacré lui- même, personnellement, en écrivant que Valéry et quelques autres poète (reaux) de même envergure ne méritaient pas Alors, il a célébré en vers d\u2019être lus.(!) le retour de Maurice Thorez en France, au cas où les médecins russes qui le soignaient depuis deux ans ne seraient pas eux aussi des assassins, Car, dans ce cas, Maurice Thorez restera chef du parti communiste français.Et voici un échantillon du poème d'Aragon : \u2019 \u201cJamais nous ne ferons la guerre à cette aurore Nous saurons museler l\u2019atome et le canon Il revient Les vélos sur Poe sr ev hr a ee ee ees le chemin des villes Se parient rapprochant leur nickel ébloui Tu l'entends batelier II revient Quoi Comment II Revient Je te le dis docker HF revient oui I revient Le wattman arrête la motrice amarade tu dis qu\u2019Il revient tu dis bien Et l\u2019employé du gaz interroge Maurice Reviendrait Mais comprends on te dit qu\u2019il revient\u201d «+0 + + + + 0 + + 0 + = On \u2018ne peut tout citer.II vention internationale, et peu dernier vers : \u201cIl revient D revient Si Maurice Thorez n\u2019est pas a les droits d'auteur, une con- espace.Voici, tout méme le = II vient II va venir\".content, après cela ! Et finis Racine et Valéry, Villon et Fargue, Apollinaire et - St-John Perse.\u201cEt Déroülède.Wellie CHEVALIER - excellemment cette oeuvre qui est loin d\u2019avoir lachement elle peut se tourner contre lui.Il est donc nécessaire que citoyens et législateurs cessent de penser en termes de prestige national, qu'ils lavent leurs tripes et leur cerveau de ce poison du nationalisme pour se mettre une bonne fois dans la tête et dans le coeur l'idée et le sentiment que l'humanité est une et que seule est acceptable la diversité des cultures.Il est donc nécessaire que l\u2019homme emploie ses techniques de production à une plus équitable répartition des biens car au fond de l'Afrique et de l\u2019Asie on sait maintenant que la pauvreté et la misère ne sont pas des lois mais qu\u2019elles sont inutiles et injustifiées, Il est donc nécessaire enfin que l'homme réapprenne le respect de lui-même en n\u2019utilisant plus le langage pour trahir sa pensée.Ce n'est pas là un résumé de l'ouvrage de Russell, qui Grandmont \u201cLe Carrosse d\u2019or\u201d Renoir fourna son fout dernier film en lfalie Jean Renoir, la pièce humoristique de Prosper Mérimée, \u201cLe Carrosse du Saint Sacrement\u201d est devenu un film en icolor : \u201cLe Carrosse d'Or\u201d, Cette production a été tournée en Italie et c\u2019est pourquoi sans doute les spectateurs italiens viennent d\u2019avoir la primeur de la dernière oeuvre du cinéaste français.î Le rideau se lève sur un pa lais de style colonial du e siècle.Toute la Cour est en effervescence pour l\u2019arrivée du \u201cCarrosse d'Or\u201d commandé par le Vice-Roi et celle, imprévue, d\u2019un groupe de comédiens.Dans ce petit royaume extrêmement conformiste, la venue des acteurs crée une curieuse atmosphère de méfiance et de désapprobation.Seul le petit peuple goûte d\u2019avance la joie de cette diversion.Les acteurs, logés dans une auberge pauvre et désolée, montent leur spectacle \u2014 un spectacle ingénu \u2014 sur une scène improvisée.C'est une troupe de la \u201cComedia Dell\u2019Arte\u201d avec Arlequin, Pulcinella, Capitaine Fracasse et Tartaglia, Colombine- est l'amoureuse, l\u2019amoureux est Pantalon.L'un des spectateurs est le célèbre toréador Ramon, co- ueluche de tout le royaume.nthousiasmé par l'actrice Camilla qui joue Colombine, il fait triompifer la troupe qui sans lui n'aurait eu aucun succès, Le Vice-Roi, entendant faire l'éloge des comédiens, \u2018les invite à donner un spectacle au Palais.A son tour, il se laisse fasciner par Camilla, Tout cela n\u2019arrange guère les affaires de Félipe, un soupirant docile qui suit Camilla de pays en pays dans le vain espoir \u2018de l\u2019épouser un jour bien bourgeoisement.\u2018 .Camilla devient la favorite du Souverain qui fait don à la belle du carrosse d'or, symbole de son pouvoir.Mais le scandale éclate et le trône du Vice-Roi tremble sur ses bases, Pour apaiser les esprits, Camilla offre à l\u2019Evêque le carrosse doré pour qu\u2019il serve au transport du Saint-Sacrement.Le Prélat, séduit pay ce geste, cite Camilla comme un exemple de générosité et de charité humaine, et tout rentre dans l\u2019or- re.L'actrice délaisse ses trois soupirants au- profit d\u2019un autre amour, le plus vrai de tous: le théâtre.\u201cLes autres mentent, tuent, détruisent pour des motifs mesquins, explique Don Antonio, chef de la troupe.Les artistes, au contraire, ne détruisent pas, ne tuent pas.Ils continuent cependant à mourir, à renaître, .à souffrir et à aimer tous les soirs, Les comédiens, les artistes, les jongleurs, les acrobates, \u2018 les , chanteurs, les mimes sont plus vrais que les vrais hommes\u201d.Le rideau tombe.; Toutes les images du film se concentrent sur une scène autour d\u2019Anna Magnani \u2014 \u201cLa Magnani\u201d, comme on l'appelle désormais \u2014 qui symbolise en.quelque E passant par la caméra de - monde.sorte toutes les comédiennes du rde.Jean Debucourt incarne l'évêque, Duncan Lamont, le Vi- ce-Rol et Riccardo Rioli, le toréador.Jean Renoir a accordé dans ce film une grande place à la musique, et la mise au point de la sonorisation n'a pas demandé moins de quatre mois.Le réalisateur a utilisé des oeuvres de Vivaldi (\u201cle Printemps\u201d, \u201cL\u2019Hiver\u201d, la Symphonie en ré mineur) et aussi des airs folkloriques, comme la \u201cTarentelle des Macaronis\u201d, que le maestro Marinuzzi a composée, d\u2019après des thèmes anciens, et que la Magnani chante avec son étonnante voix de contralto.A un confrère qui lui demandait pouquoi il avait tourné \u201cLe Carrosse\u201d en technicolor, Jean Renoir a répondu : \u2014 Mon film est une fantaisie, une composition.Le cinéma blanc et noir est imbattable dans le genre eau-forte, lorsque les blancs et noirs contrastent violemment.Pour illutrer mon allégorie que je voulais aimable, des aquarelles aux tons purs me semblaient appropriés\u201d.Pour Renoir a-t-il situé en Italie et non au Pérou l\u2019action de sa comédie filmée ?.\u2014 Parce que je réalisais mon film en Italie et qu\u2019il est impossible de tourner dans ce pays sans en subir l\u2019influence, Elle se manifeste dans tous les détails : la forme du verre que l\u2019accessoiriste aura posé sur une table, je ne sais quoi dans la proportion des portes et des fenêtres, - cette influence existe aussi en Amérique ou en France.On a essayé de tourner des films français à Hollywood, vous connaissez le résultat.La vérité est que quand on réussit, on crée son monde à soi.Le Paris de \u201cMonsieur Verdoux\u201d n\u2019est pas Paris, c\u2019est quelque chose de merveilleux, mais de différent.En Italie, cette influence Pierre LAMBERT tion miraculeuse ?Probablement.Car le théâtre connaît en cesmo- ment un regain de faveur populaire.Il suffit sans doute de laisser passer la première frénésie causée par l\u2019arrivée de la télévision et l'extraordinaire course aux places qui en résulte.C\u2019est au point où l\u2019on ne rencontre personne (gens de métier) qui ne soit dans la plus exquise adoration pour tout ce qui se fait à notre télévision.J'en suis personnellement ravi.Oui, le théâtre qui est le fruit d'un travail sérieux, le théâtre professionnel, le théâtre qui ne se moque pas du public va recevoir de plus en plus l\u2019appui des amateurs.Il suffit maintenant d\u2019organiser pratiquement le théâtre, de lui donner des murs et un toit.Transformer un cabaret en théâtre de comédie est peut-être le moyen le plus simple qui s\u2019offre à l'heure présente de faire avancer notre art dramatique.Car, avec un instrument qui n'aurait pas de charges trop lourdes, les auteurs canadiens auraient plus de chance d'être joués (ici, ma première pensée va naturellement à mon camarade Yves Thériault).Enfin, il y a, dit-on, quelques boîtes de trop à Montréal, sans parler des trous ; elles se partagent une clientèle qui.en ferait vivre quelques-unes convenablement.Comme elles se ressemblent comme des soeurs, le remède est dans une nouvelle formule de spectacle, peut-être dans celle que nous proposons._ Il n'y a rien qui dépare plus un livre que les: coins de page pliés, et ce n\u2019est point obligatoire, Il est facile de faire un signet propre et peu coûteux, en coupant le coin d\u2019une enveloppe e Vous la garderez aux premières pages du livre, et quand vous voudrez marquer la page, vous ajusterez ce coin d\u2019enveloppe au coin de la page du livre.savant français Charles Cros a défini les principes de l'enregistrement et de la reproduction des sons et que l\u2019Américain Edison a fait pour la première fois parler une machine.C'est en 1878 que cette machine a été soumise \u2014 sans succès d\u2019ailleurs \u2014 à l'appréciation et à l'approbation de la plus haute autorité scientifique de l\u2019époque : l\u2019Académie des Sciences de Paris, Avant Charles Cros, les travaux des physiciens avaient seulement abouti à l\u2019enregistrement graphique des vibrations sonores et personne ne s\u2019était inquiété de reconstituer ces vibrations à partir des trois tracés obtenus.Sans doute fallait-il la conjonction dans un même cerveau de l'imagination poétique et de la logique scientifique pour que naisse l\u2019idée de la réversibilité des phénomènes de l\u2019enregistrement et de la reproduction des sons.Cette idée, le dessinateur Forain atteste que Charles Cros lui en avait fait part dès 1874.Cependant, ce n\u2019est que trois ans plus tard qu\u2019il rédigea une description extrêmement précise de ce qu\u2019il appelait le \u201cpaléophone\u201d (la voix du passé) et qui n\u2019était autre chose que le phonographe tel que nous le connaissons au- jourd\u2019hui.Virtuellement, la machine parlante était née.Mais, entre décrire et construire, il y a plus qu'une différence de mots.Charles Cros était pauvre.Il avait été incapable de réunir les cinquante francs nécessaires au brevet de son invention.[= en 1877 que le poète et A fortiori fut-il dans l\u2019impossibi-\u2018 lité de fournir les deux ou trois mille francs \u2014 somme énorme pour l\u2019époque \u2014 que Bréguet lui demandait pour entreprendre une construction.On croit que, fäute de mieux, Charles Cros bricola un objet à base de vieilles boîtes de cigares et de bouts de ficelle, où aurait\u2019 été enregistré et reproduit un mot, un seul, qui a sa place dans l'histoire militaire \u2018plutôt que dans l'histoire phonographique.Mais le fait n\u2019est pas certain.Et, dans le doute, on a opté pour la pudeur.Officiellement, il est con- Télévision L'américanisme dans le canal! par Jean Lazare - duction américaine reproduite par kinéscope sur le canal de Montréal.La chose ne m\u2019a pas emballé, loin de Ja! ll y a toutes sortes de raisons a ce peu d\u2019enthousiasme : Tout d\u2019abord le kinéscope de ce théâtre du \u201cStudio One\u201d qui avait pour titre \u201cLa Fureur du Diable\u201d, était affreusement mauvais, L'image devenait parfois si sombre qu'elle ne laissait plus apparaître qu\u2019un grouillement de lignes incompréhensibles, des traits lumineux et éblouissants, bref un véritable cauchemar pour l'oeil.Quand l'image s'appliquait à devenir plus nette, elle n\u2019en était pas pour cela moins hideuse.Le mot n'est pas trop fort, mais voir le visage d\u2019une actrice (son nom m'\u2019échappe et je m\u2019en excuse) qui semblait fort jolie, défigurée à ce point, ne peut que provoquer la grimace.Voila pour la partie technique, sans parler d\u2019erreurs de prises de vues et de mauvais gros plans.L'interprétation était, elle aussi, quelconque et la mise en scène d'une lenteur exaspérante.L'histoire policière à la manière d\u2019épouvante du Grand-Gui- gnol aurait pu peut-être donner le grand frisson, mais elle n\u2019a réussi qu\u2019à me faire rire et mes amis avec.Voir un homme pendre des femmes dans un grenier après les avoir droguées et courtisées ne présente vraiment pas un grand intérêt, pas plus que le transport de ces mêmes femmes sur le dos de l'assassin à travers un long escalier et la savante préparation de la potence tandis que, suf le plancher, la victime pousse des râles préparatoires à la mort.L\u2019américain \u201cForeign Intrigue\u201d, également hebdomadaire, ne m'a pas mis non plus en appétit.On retrouye 1a toute la gamme clas- sigue des films de gangsters: femme à la vamp, révolvers pointés et yeux féroces, poursuites en automobile, pièce enfumée où quelques individus louches discutent le coup autour d\u2019une table et se concertent pour le prochain hold-up! Triomphe final d'une femme détective, ce qui rend l\u2019affaire plus sentimentale pour les amateurs de larmes de crocodile.\u201cCafé des Artistes\u201d, est un spectacle de variétés qui plaît.Sa formulé pourrait être plus dyna- J: vu récemment une pro- mique, car le genre demande beaucoup de pétulance.Les liaisons entre les différents numéros exhibés manquent de spirituel mordant.Il serait heureux que le dialogue de transition soit, ou plus accrocheur dans un sens vraiment spirituel, ou plus sentimental et poétique quand la vedette invitée s'y prête.Pourquoi ne pas développer des idées d\u2019évasion et de rêves par une ambiance adéquate ?Je sais que le champ des variétés est immense, sans doute ma conception d'un tel programme ne rejoint pas celle de Pierre Pétel et la mienne ferait peut-être fiasco.En tout cas, Pierre Pétel se donne beaucoup de mal.Il a le mérite de se renouveler et d'avoir accroché un public.Il possède la psychologie de ce public et ce public se divertit fort allègrement, je l\u2019ai maintes fois remarqué : Il a atteint le but essentiel, bravo ! Jean-Yves Bigras s\u2019est délibérément lancé dans le théâtre de boulevard.Place aux dialogues faciles, aux jeux de mots, aux gags! C'est un point de vue, il faut de temps a autre laisser la parole à ce genre qui a toujours fait recette sur toutes les scènes du monde, et dont le succès est assuré d\u2019avance.\u201cLes Zonderling\u201d qu'il nous propose pour le vendredi 8 mai à 9 heures 30 est une pièce loufoque de Robert Merle.Cet Algérois lauréat du prix Goncourt 1949 avec \u201cWeek- End à Zuydcoote\u201d est vraiment un auteur de mauvaise classe.Son Goncourt obtenu par le truchement de son éditeur Gallimard nous avait déjà prouvé sa médiocrité.Tout le monde sait que Gallimard a lancé ce livre pornographique pour la seule question financière.De telles références n\u2019établissent pas un auteur, elles le démolissent.\u201cLes Zonderling\u201d n'ont pas plus de valeur que le reste.Pourquoi donc aller chercher une telle pièce ?alors que le théâtre, même de moyen cru, regorge de choses charmantes, spirituelles, dans le vrai sens du mot, divertissantes au possible et éducatives à la fois.Nous retrouverons dans ce \u201cboulevard\u201d F.Rozet, H.Norbert, J.Sutto, M.Mercure, J.Duceppe.Découpage du texte Louis Pelland.Décors de Jacques Pell.Chronique des disques Le 75e anniversaire du phonographe venu que les timides mais victorieux balbutiements de la machine parlante naissante ne furent pas empruntés au répertoire des armées en déroute mais aux naïfs couplets de \u201cMary had a little lamb\u201d, Car c'est en chantant cette chanson que le phonographe a fait son entrée dans le monde.Cela se passait dans le laboratoire d\u2019Edison, à Menlo Park, US.A, un soir de l'automne 1877.Quelques mois auparavant, en s\u2019amusant à parler dans son chapeau haut de forme et en sentant vibrer celle de ses mains qui en tenait le fond, Edison avait fortuitement expérimenté le rôle des membranes vibratiles en tant qu\u2019éléments de transmission des ondes sonores.Un autre jour, un déréglement de son répétiteur télégraphique lui avait révélé que le frottement d'une aiguille sur les indentations d'un disque métallique \u2014 fût-il marqué des seuls signes de l'alphabet morse \u2014 produisait des sons.Le hasard propose et le génie inventif dispose.Ayant ruminé et rapproché ces deux constatations, Edison, le 12 août 1877, remit à son assistant John Kruesi le plan d'une étrange machine à cylindre et à manivelle, sans autre indication que cet ordre laconique : \u2014Kruesi, faites ceci, \u2019 L'assistant se mit au travail, se demandant à quoi la machine pourrait .bien servir\u2026 A cette \u201c époque, Edison était plongé dans des recherches sur l'électricité.Or, l'appareil qu'il lui avait commandé ne comportait ni fils, ni bobines, ni \u2018manettes, alors ?\u2014Alors, dit Edison quand la machine fut construite, elle va parler ! Kruesi et un autre employé de la maison, témoin de la scène, le bibliothécaire Billy Carman,, se regardèrent avec inquiétude : leur patron était devenu fou.Ils en étaient à ce point persuadés qu\u2019ils parièrent, l\u2019un d\u2019une poignée de cigares, l\u2019autre deux dollars, que l\u2019appareil ne parlerait pas.\u2014Très bien, mes garçons, dit Edison.Attendez.Il prit l\u2019engin et fixa sur son cylindre cannelé une feuille de papier d\u2019étain.Puis, il tourna la manivelle.Aussitôt il y eut un craquement et.\u2026 la feuille d\u2019étain .lui sauta à la figure.Mais il en eût fallu davantage pour décourager Edison.Il prit une autre feuille d\u2019étain, la fixa plus solidement que la première et se mit à déclamer devant le cornet acoustique de l'appareil Yillustre \u201cMary had a little lamb\u201d, L\u2019enregistrement terminé, il ramena le cylindre à son point de départ et, au cours d\u2019une seconde translation, par l'intermédiaire du même cornet, on entendit la machine miauler l\u2019histoire de Mary et du petit mouton.Edison avait gagné.Et Kruesi avait construit \u2014 sans le savoir \u2014 le première machine parlante ! Le procédé employé était des plus rudimentaires et ressortissait plutôt à la technique de l\u2019étain repoussé qu\u2019à la gravure.Mais enfin, l'appareil parlait, et c\u2019est avec une fierté bien légitime qu'Edjson pria.son concessionnaire en Europe, M.Puskas, de le présenter à l\u2019Académie des Sciences, à Paris, L'événement eut lieu le 11 mars 1878.Le phonographe fut bref mais courtois.\u201cM.Edison, dit-il, a l'honneur de saluer MM.les membres de l\u2019Académie des Sciences\u201d.Puis : \u201cM.le phonographe, parlez-vous français ?\u201d M.le phonographe parla effectivement français, d\u2019une voix sourde et fêlée.Comme l'assemblée se montrait sceptique, un de LJ & C2025282528252525052525 68 QOOOOOOOOOCOCCS CL) QO) © AR OOOO) XCM OCCU) 25¢5¢0505¢ +.0 0; xX +.J (J) * 09 000 * © + $.0.6.0000.0.00 006 LJ + + 2 LJ J + + 0) LJ LJ LJ © + LJ 084 + + OOOO) OER OOOO) 0.0 SOS CSC SC IC) CS 0%0%6%0%0%0% 6% 3505S C C CQ) CJ MCE 0 SO + +.LJ) + LJ O 58 \u2026 » [J LA ° Li » * ® 1) 0) CO CO 0 LJ) CL) + J 0 CL) + O 25050 205050505¢5¢ 20 0e % $.6.6.0.0.040.0.000¢ OSSI IC DC IC IC ICI DE Q 5 OÙ OS OO 000 Les arrangements musicaux - ont-ils recommandables ! par Paul Roussel UEL instrumentiste aurait de bonnes raisons d\u2019en vous loir à Mozart ?Le violoncelliste.Bach lui a légué six suites sans accompagnement.Beethoven cinq Sonates avec piano, Brahms deux Sonates avec piano.Mozart ne lui a rien laissé.Comment se fait-il que Mozart, qu'ont tenté toutes sortes de combinaisons instrumentales, H'\u2019ait pas composé lui aussi sa petite sonate pour violoncelle ?C'est peut-être parce qu\u2019il jugeait la sonorité du violoncelle impossible à marier à celle du piano.On ne parle pas assez de l'instrumentation de Mozart parce qu'elle est logique, naturelle et discrète.Certes, dans ses quatuors et ses quintettes à cordes, Mozart confie de belles phrases au noble violoncelle, ainsi cette phrase initiale du premier mouvement angoissant du Quintette en Ré majeur, K.593.Mais au récital, le violoncelliste qui joue du Mo-' zart seul avec un pianiste n'en joue pas d'original.Ce qui nous mène au problème des arrangements.Les duos et les quatuors de pianos n\u2019auraient-ils pas de bonnes raisons d\u2019en vouloir non seulement à Mozart mais à la plupart des compositeurs ?Ils auraient la vie courte \u2018s'ils devaient, pour subsister, jusqu\u2019à la saison prochaine, s\u2019en remettre au réêper- toire original pour ces combinaisons.Pour deux pianos, passe encore, Il y a une Sonate, un Concerto, une Fugue de Mozart, une Sonate (convertie plus tard en Quintette) et les \u201cVariations sur un.théme de Haydn\u201d de Brahms, des suites de Rachmaninoff, Milhaud, Poulenc, etc.Mais pour quatre pianos.A peine un Concerto de Bach et une transcription par Stravinsky lui-méme de son ballet \u201cPetrouska\u201d.C'est tout.On part donc du mauvais pied ses membres, qui, lui, ne l'était pas, M.du Moncel, proposa de répéter l'expérience personnellement et aux yeux de tous.Hélas ! le bien intentionné M.du Moncel était encore peu familiarisé avec le phonographe.I] enregistra trop loin du cornet acoustique et cette fois l\u2019appareil ne parla ni français ni aucune autre langue.\u2014C'est une mystification ! s\u2019écria un certain M.Bouillaud.Une vulgaire et indigne farce de ventriloque ! Et la très grande majorité de l'Académie se rangea à cet avis.Evidemment, cette première démonstration n\u2019était pas très fameuse.Mais l'attribuer à un ventriloque était nettement insensé ! Il n\u2019empêche que c\u2019est donc l\u2019opinion qui prévalut, et Edison, découragé, abandonna le phonographe.\u201cJe doute, devait-il écrire dans l\u2018\u2019Electrical World\u201d, qu\u2019il me soit jamais donné de voir un phonographe prêt à reproduire tous les discours d\u2019une manière intelligible.Aussi ai-je cru préférable, laissant aux générations futures le soin de perfectionner le phonographe, de m'occuper plutôt de la lumière électrique\u201d.En fait, il revint lui-même à l'enregistrement sonore quelque dix ans plus tard.Entre temps, deux autres chercheurs, Summer Tainter et Graham Bell, avaient eu l\u2019idée d'entourer le cylindre d'entraînement du phonographe d'un manchon de cire ; du coup, se trouvaient éliminées toutes les faiblesses propres au papier d'étain : le phonographe était viable.Il fit de nouveaux débuts à Paris, en 1889, à l\u2019occasion de I'Exposition, et, cette fois, ce fut le triomphe, tant auprès des visiteurs du stand Edison que des membres de l\u2019Académie des Beaux-Arts et de l'Académie des Sciences où il ne fut pas du tout question.de ventriloque.Quant à la suite, on la connaît.Et l'utilisation -de J'enregistrement sonore dans tous les domaines est devenue tellement banale que ce sont plutôt les ventriloques, désormais, qu\u2019on.serait tenté de soupçonner d'emprunter leur seconde voix a un disque! Jean TREVENOT dans le répertoire \u2018 pour quatre pianos.11 est vrai que le critique doit entrer dans une salle de concert les oreilles neuves et le coeur pur.Il fut malaisé de faire cela, le 12 avril dernier, au concert du First Piano Quartet, au Her Majesty\u2019s.Les pianistes qui composent cet ensemble inusité sont quatre virtuoses.Depuis quelques années, ils ont acquis une coordination extraordinaire, saisissante.Rien de plus \u201cexcitant\u201d, comme disent les Anglais, que l'audition simultanée de ces quatre pianos, mais aussi rien de moins sûr.\u2019 Car il faut tout arranger pour quatre pianos, cela va-de soi.Ces messieurs du First Piano Quartet perdent par l'arrangement le mérite de leur jeu.Des chorals de Bach se transposent relativement bien.À cause de ses multiples voix exigeant d'être entendues à la fois, la musique polyphonique s'accommode de quatre pianos, Elle s'accommoderait de six pianos si l\u2019idée d\u2019en réunir six venait à six pianistes en quête de sensations.Je ne vois aucune raison pour jouer à quatre pianos deux mouvements de la Sonate \u201cQuasi una fantasia\u201d opus 27 de Beethoven, dite la Sonate à la Lune.C'est insensé.Musique composée pour un seul pianiste, il deviendra nécessaire d'ajouter à la partition pour donner à faire à trente autres doigts.Les ornementations, gammes chromatiques dont le First Piano Quartet charge illicitement cette partition (Chopin subit le même sort) parlent mal en leur faveur artistique.Il y a trop d'artistes, aujourd'hui, pour qu'on se confonde d'admiration devant ceux qui se rendent coupables de tels écarts.Autre erreur impardonnable du First Piano Quartet: avoir attribué à Mozart un pseudo air varié sur \u201cAh! vous dirais-je maman\u201d où il était impossible de reconnaître les fameuses variations de Mozart pour piano seul.Les duos de pianistes ont la part la plus belle.Les célèbres Whittemore et Lowe, entendus au Loyola lundi le 20 avril, jouèrent des oeuvres originales pour deux pianos, telles ces \u201cVariations sur un théme de Hayden\u201d de Brahms (il paraît qu\u2019il s\u2019agit de Michel et non Josef comme on le crut si longtemps) mieux connues dans leur version orchestrale, une pièce intitulée \u201cLarmes\u201d d\u2019une suite de Rachmaninoff.Ils enlevérent d\u2019une manière transcendante le poème chorégraphique \u201cLa Valse\u201d de Ravel.Mais ne doit-on pas les blâmer, eux\u2019 aussi, d'induire en erreur le public des Communi- \u2018ty Concerts (public-victime qui veut \u2018bien tout croire ce qu\u2019on imprime dans le programme) en inscrivant dans ce même programme: \u201cLa Valse\u201d, poème chorégraphique pour deux pianos, alors que cette oeuvre est destinée à l\u2019orchestre ?Et quel orchestre ! Une vague constellée d'étoiles magiques, d\u2019astres lumineux ! Le répertoire à quatre et à deux pianos est pauvre.Il nécessite de vilains compromis contre lesquels il est bon, parfois, de s'insurger.Le Hondo en Ré majeur, opus 138, de Schubert, qui fut écrit pour piano à quatre mains, transposé à deux pianos ne permet \u2018plus aux exécutants de croiser à deux reprises leurs mains, justifiant par ce geste son sous-titre \u201cNotre amitié est invariable\u201d.Il apparaîtra à plusieurs que voilà une bête noire dénichée bien péniblement.J'aime justement voir là, plutôt qu\u2019une réserve püuérile, une preuve symbolique que l\u2019arrangement enlève aux oeuvres musicales un peu de leurs qualités premières, ou beaucoup, et falsiffé, d\u2019une manière ou d'une autre, la pensée du compositeur, Est-il vraiment un fâcheux celui qui ose croire que Mozart avait de bonnes raisons pour ne point composer sa petite sonate pour violoncelle et piano ?Est-il un fâcheux celui qui insiste pour donner à Mozart le bénifi- ce du doute ?Que Schubert eut pu écrire pour quatre pianos l\u2019eut- il voulu ?Il ne l\u2019a pas voulu, non, certes, il ne l\u2019a pas voulu. PAGE HUIT L'AUTORITE, 2 MAI 1953 RECIT D'UN VOYAGE Croisière dans les sables - De l\u2019intimité saharienne à la Kabylie marchande La nuit, lent voile bleu teinté de lait rose, s\u2019avance, sournoise, voluptueuse comme une hyène.Dans quelques instants, elle aura plongé l\u2019oasis au fond de sa poche noire.Il faudra attendre près d\u2019une heure pour voir le ciel s\u2019éclaircir à nouveau lentement, s\u2019iriser de velours indigo et dénombrer des millions d\u2019étoiles, perdues d\u2019abord dans l\u2019ordre d\u2019un brouillard chaud, puis dansant, plus précises, dans l\u2019incomparable nuit saharienne.ble morte.Je suis resté à mon hôtel confortablement installé dans un profond fauteuil.Je déguste un apéritif glacé, un air de jazz afflue par les grandes portes béantes des salons.Des Européennes largement décolletées vont, viennent, rient d'un rire qui me semble charmant.Des garçons, impeccables dans leur livrée im- tmaculée s'affairent, sont aux ordre de la clientèle : je me demande brusquement où je suis, dans le palace d'une grande ville ou perdu dans l'immensité du désert ?J'ai délaissé cette foule cosmopolite et toujours la même, autre chose m'\u2019attire, la nuit dans la troublante ambiance indigène.L'heure de la prière à Mahomet est passée depuis longtemps, le souper au couscous est achevé sous la tente ou dans le gourbi, les enfants s'en sont allés sur les nattes ou la terre encore brûlante pour dormir jusqu'à l\u2019aube quand, de nouveau, la voix solennelle du marabout exhortera à la prière.Corps et âmes sont libres, une nouvelle vie commence, par mée de la torpeur des mimosas, enrobée des senteurs de pâtisseries frites dans I'buile, une vie qui va devenir turbulente avec ses tam-tams, ses musiques lentes et monodiques, ses femmes, ses danses.J'hésite tout d'abord à m'engager seul vers le village maure où s'étale tout ce pittoresque.Un Européen rencontré me rassure : \u2018\u2019Un seul conseil, me fait- il, fourrez votre porte-feuille au fond de votre poche de pantalon et gardez la main dessus.Pour lc reste tout ira bien, ils seront ravis de vous voir parmi eux et de vous arracher quelques pièces.de monnaie.Et ne vous laissez pas séduire par les Ouleds ! C\u2019est l'hôpital garanti, achève-t-il en riant\u201d.Utiles conseils pour ma bourse, quant au reste, les yeux suffisent | Les Ouleds ! J'en ai beaucoup entendu parlé, je puis même dire que l\u2019on ne m'a parlé que de ces mystérieuses créatures, quand dans les villes de la côte, \u2018j'ai annoncé mon intention de partir vers le sud afri- Cain.J'avance vers la rue célèbre qui porte ce simple nom : Rue des Ouleds.Deux jeunes Arabes passent nerveusement près [5 l'heure où l\u2019oasis sem- de moi, je saisis un mot qui revient sans cesse dans le vocabulaire \u2018\u2019mra, mra\u2019' (des femmes, les femmes).Mais à cette heure de la nuit cela signifie autre chose : les filles.Et ces filles se sont ces Ouleds, curieusement maquillées, longuement enveloppées de robes multicolores qui brillent de mille feux sous la lumière électrique que les Français ont apportée jusque-là.Etrange contraste avec cette couleur locale, avec un spectacle veux, les Ouleds dansent.Elles dansent en se tordant d'une façon bizarre qui soulève leur chair sous le rythme syncopé.Leurs - cheveux sont dénoués, elles tournent sur elles-mêmes, hagardes, soutenues par une sorte de délire hystérique, Des jeunes filles voilées arrivent maintenant en centre de la rue.Dans des bons désordonnés, elles mêlent leur exaltation aux cris des autres femmes.Tendues de tous leurs muscles, elles semblent aspirer à un désir illusoire.Puis un groupe d'hommes, comme fasciné, entame un chant, longue complainte qui s\u2019en va mourir jusqu'aux limites des sables.Je n'attends pas la fin de la danse, je m'éclipse furtivement, car si je reste encore, je vais par Jean LAZARE plusieurs fois centenaire.Car il s'agit bien d'un spectacle.C'est en somme le music-hall en plein air.La rue est assez large, garnie de curieux balcons en bois.Les Ouleds sont assises devant les portes, pieds et bras sont ornés de bracelets d'argent, ou d'or massif : Toute leur fortune.Un Arabe s'est approché de moi, prudent, intrigué de me voir là, seul, mais j'ai senti en moi sa présence toute proche avant qu'il m'aborde : \u2014 Ti veux voir jolies danseuses, belles pour le plaisir, ardentes.Je ne réponds pas, ce diable, qui pourtant porte une barbe vénérable, ou veut-il en venir ?Je ne le sais pas trop.Devant mon mutisme, il recommence : \u2014 Pas pour t'amuser, pour voir seulement.Filles danser si toi généreux, toi jeter à terre argent, cigarettes, filles danseront sur les balcons.Comme pour m'inviter au geste, unc musique lente, mille fois répétée de la même façon s'échappe d\u2019une sorte de cornemuse en peau de chèvre dans laquelle souffle un homme assis sur le trottoir.Je jette un paquet de cigarettes, quelques pièces.C\u2019est aussitôt une ruée générale d'Arabes sortis de l'ombre.Je pense avoir été joué, je me retourne, le vieil homme est toujours à mes côtés, il sourit.- \u2014 Merci.Regarde, elles vont danser.Après, elles auront droit 3 une cigarette, le reste c'est pour leurs hommes.Je n\u2019insiste pas, la musique s'enfle, les Ouleds ont quitté la rue, je les vois maintenant sur les balcons.Un tam-tam s\u2019élève scandé des tambours ner- être harcelé par les entremetteurs.La palmaraie est à deux pas, je m'y enfonce, mille bruits me parviennent venant des gourbis.Des feux de bois, où grillent Jes quartiers de mouton, embrasent la nuit.Je marche toujours, cherchant désespérément un peu de fraîcheur, près de moi, l'oued minuscule se plaint doucement sur les pierres grises, je m'approche, trempe mes mains, l'eau semble froide et je me laisse insensiblement pénétrer de cette nuit incommensurable, de ce vertige oriental qui plus tard reviendra souvent en moi comme un paradis artificiel.Une cité de plus de deux mille ans J'ai quitté Biskra, j'ai quitté Touggourt, puis El Oued, ces oasis parfumés, je roule maintenant en pleines dunes dans un puissant autorial à moteurs diésel.C\u2019est un miracle de par- couriri ainsi en plein désert des milles et des milles de sable ! Je remonte vers le nord, vers Batna, vers les ports de la Méditerranée aux limites de la Tunisie.\u2019 J'ai prévu un arrêt à Timgad.Je ne puis réaliser qu'à quelque cent milles, derrière cette chaîne montagneuse de l'Aurès dont les sommets mauves barrent l'horizon, la tém- pérature soit aussi accablante et l'air insipide.Un ciel voilé, barbouillé de nuages interminables - et ténus, s'accomode à ravir avec les pierres grises et majestueuses de l'ancienne cité romaine.Je me sens dégagé d'une oppression maladive, mon corps reprend vie.Une pluie délicieuse m\u2019a surpris à Batna où j'ai passe Les collines de Bugeaud, à la frontière tunisienne: sé la nuit.J'ai eu l\u2019amusante surprise de M'endormir et de m'éveiller au milieu des cigognes.Chaque toit de maison supporte un nid où les oiseaux géants claquètent à longueur de journée.Le pays est encore aride, rocailleux, mais des buissons et des acacias d'Arabie annoncent l'approche des régions plus riantes.La vue de Timgad est impressionnante, plus réelle que celle de Pompéi, bourrée d'artifices et adaptée au commerce touristique.On peut ici errer à sa guise sur la route dallée où l'empreinte des chars romains est intacte, stationner sous l'arc de triompe merveilleusement debout avec l'inviolable pureté de ses détails, grimper au temple d'Apollon, palper la surface lisse de ses colonnes en marbre rose et s'asseoir sur les gradins du théâtre comme pour un spectacle immédiat.Je n'imaginais pas trouver sur plus d\u2019un mille carré les traces aussi vivantes d\u2019une civilisation deux fois millénaire.On attribue la conservation de Pompéi aux cendres du Vésuve, Timgad n\u2019a disparu à travers les siècles que sous une mince couche de terre sableuse et je crois que lorsque cette cité aura été entièrement\u2018 mise à nu, elle représentera un des plus beaux vestiges de la grandeur romaine.J'aurais aimé voir le aoleil mourir lentement derrière cette colline, mais les nuages s\u2019opacifient, déjà le siroco'accourt en courtes rafales, dans quelques minutes, il soulèvera des tourbillons de poussière où chaque chose deviendra irréelle.La femme, cette éternelle esclave .Dans Constantine, cette ville perchée sur un promotoire, et que les Français sont arrivés à prendre aux Turcs par surprise, j'ai déjeuné avec un riche caïd de la ville qui m'a fait le grand honneur de m'inviter.Que de surprises.Cet homme porte \u2018toujours le costume traditionnel, burnous, babouches aux pieds.Le premier soin de l'hôte a été de me faite visiter une partie de sa casbah.Il ne s'agit pourtant pas là d'un ?palais proprement dit, Mais c'est autre chose que le misérable et dénudé gourbi.Il y a des chaises ici, une table et je veux croire que les chambres sont garnies de lits.Ce riche Arabe a douze enfants, onze garçons qui sont au travail à la propre mantifacture de chaussures du père.Reste une fille et sa mère, une petite pièce à l'arrière de la cour sert de cuisine, je n'y pénètre pas, personne n'y pénètre hormis les membres de.la famille vivant sous le toit.C\u2019est I'antre des femmes, ces esclaves comme il y a des centaines d\u2019années.Je suis glors introduit dans une pièce très sombre que je devine badigeonnée à la chaux d'un ton de bleu.L'hôte retire ses balouches, s'incline profondément devant une sorte de sarcophage à la façon égyptienne.Je garde un silence respectueux, nous sortons et aussitôt \u2018Ben Maiza (c'est son nom) me donne des explications.\u2014 Vous (il parle impeccablement le Français et n'emploie pas le tutoiement à la façon du peuple), venez de voir le tombeau de notre ancêtre.Il repose là depuis quatre cent soixante ans.Je ne pénètre jamais dans cette maison qui fut la sienne sans lui rendre un hommage.Venez, nous allons passer à table.ees Je le suis.Il semble très disposé à me donner d'amples renseignements et, fort intelligent, il va au devant de mes désirs.\u2014 Voyez-vous, fait-il, nous allons manger seuls.J'ai fait préparer à votre intention un véritable menu arabe.Poulet au piment, louboums, côtes d\u2019agneau grillées à l'huile, carbons, petit lait de chèvre.Il se lève et s'éloigne.Il me faudra par politesse ingurgiter ce menu vomitif, petits ennuis du métier.© Ma surprise est grande, il revient lui-même les mains encombrées des mets.\u2014 Vous devez être étonné de me voir faire le service.D'habitude ce sont mes fils qui s'en chargent.Ici, la \u2018femme ne sert pas à table, elle n\u2019a pas le droit de quitter ses cuisines sans autorisation de ma part.Vous remarquerez aussi qu\u2019elle ne paraît pas à table.Laissez-moi je vous prie vous donner quelques détails de ces traditions dont nous sommes fiers.La femme arabe comme vous avez pu le remarquer ne sort que voilée et cela avec l'autorisation des hommes, deux ou trois fois par an seulement à l'occasion des fêtes religieuses à la mosquée.: Nos femmes ont pour devoir de faire le ménage, de se livrer à tous travaux utiles à l'intérieur, elles prennent cependant quelques loisirs dans leur chambre, peuvent y recevoir des amies, s'embellir, se parfumer, se préparer pour notre plaisir.Ainsi quand une jeune fille se marie, vers les douze ou treize ans, dès qu'elle est femme, elle ne connaît son mari que le soir des noces.Le mariage est fait entre pères et suivant la richesse de la fiancée dont la dot consiste en bijoux, terres, moutons, dromadaires ou autres.Ce langage suffit à me renseigner Mais ma surprise est à la fin du repas : l'hôte fait venir sa femme et sa fille qui me regardent avec des yeux extraordinaires, c\u2019est la première fois que la fille voit un homme étranger à la maison et à sa race.Elles ne sont pas voilées pour m'être présentées, ce qui est seulement justifié par mes qualités d'étranger au pays et de court passage dans la ville.En signe d'accueil la femme se lave devant moi les mains avec de l'essence de rose, en boit ensuite, en verse dans mon café, puis pour finir m'en asperge légèrement tout en marmottant une suite inintelligible de mots.\u2018 La fille a ce type profond et sensuel de la Mauresque et à son front dort la petite étoile tatouée.Kabylie, terre promise Les jours passent, le temps est aujourd'hui radieux.J'\u2019atteins Beni-Mansour, dernier rempart de l'aridité.Le train me conduit à travers une immense vallée qui s'engouffre .vers la mer.Au milieu, coule un fleuve noir, torrentueux où - les barques indigènes s\u2019aventurent avec précaution: La Soum- Les colonnes du Temple d\u2019Apollon à Timgad mam.C'est d'abord des pentes encore sèches, surmontées de rochers abrupts, puis lentement le paysage se colore, l'olivier apparaît.Lyolivier, c'est pour les peuplades de ces régions le signe de la fertilité, celui de la richesse donc celui de la\u2019 paix.Voici des pôtures Vertes, des blés, des troupeaux de boeufs, des arbres, du feuillage.Par endroit j'ai l'impression de parcourir la Normandie ou l'Ile d'Orléans.Est-ce parce que le contraste est brutal avec les désolations délaissées ?Non, la Kabylie est un centre riche de culture, d'artisanat, de mines de fer et de petites industries.Voici les vignobles sans fin, les alignements d'orangers et de citronniers, les figuiers.Tout le monde vibre, travaille dans cette immense vallée où des fortunes s\u2019érigent.Mis à bonne école par le colon français, le Kabyle, bien diffé- rent de l\u2019Arabe par sa langue et aussi son ardeur au travail, soit actuellement plus que jamais préparer un avenir qu'il entrevoit excellent.Les écoles françaises de ces régions regorgent d'élèves, le Kabyle est par- - tisan de l'évolution, il envoie ses filles à l'école ce qui représente depuis deux ans une véritable révolution dans les moeurs.La France semble y maintenir un prestige culturel et social que les agitateurs nationalistes n'arrivent pas à émousser.Le grand voyage IEN ne frappe plus limagi- nution de l\u2019enfant qu'un navire flottant sur l'immensité des mers, bourlinguant d\u2019cscale en escale, bravant les tempétes et lcs moussons.Rien ne fait plus rêver un écoller que l'existence du capitaine au long cours, pour qui la vic cst un éternel voyage jusqu'au jour où, rentré chez lui, il continue à situer les événements humains \u201cà dLâbord et à tribord\u201d.Pour ces écollers, Ia géographie était jusqu'ici une science aride, évoquant de longues listes de villes, des colonnes interminables de produits et de marchandises à apprendre par coëeur.\u2018Comme ce serait plus amusant \u2014 pensaient- ils \u2014 si au licu du professeur, Christophe Colomb, Cook ou Balboa venaient eux-mêmes faire en classe le récit de leurs mervell- leux voyages ! Aujourd'hui, leur wvocu est cxaucé.Grâce aux mai- tres, Ia classe de géographie cst devenue plus attrayante, et grâce aux Associations nour l\u2019Adoption des Navires, qui fonctionnent déjà dans cing pays d\u2019Europe, des milliers d'enfants sont en rapport constant avec les équipages de nombreux bateaux naviguant sur toutes les mers du monde.Ils les suivent en pensée (et sur la carte), les visitent et reçoivent leurs visites chaque fois que cela cst possible.Ainsi, la géographie, qui doit être avant tout une science humaine, peut puissamment contribuer à la compréhension internationale.Grâce aux récits de voyages contenus dans les lettres de \u201cleurs\u201d capitaines et marins, les écoliers apprennent bien des choses, car, selon un vieux proverbe hollandais, \u201cCetut.qui voyage beaucoup a beaucoup à raconter\u201d.(Document M.S.A.) Toyz Faites vo beau voyoge TRAIN \u2018 y ; \u2018 + Vous profitez davantage de l'argent que vous coûtent vos déplacements quand vous voyagez par nos wagons est uniforme, car ils sont climatisés.° train.La température de ous y serez très confortable, pouvant à votre gré vous allonger dans un fauteuil moelleux, admirer le paysage, marcher, etc.Dans certains wagons on peut même installer une table qui permet aux voyageurs de jouer aux cartes, d'écrire une lettre ou de compléter un rapport d\u2019affaires.Vos baga jusqu'à concurrence de 150 livres, sont transportés gratuitement jusqu'au terme de votre voyage.Les enfants âgés de $ ans ou ayant moins de 12 ans voyagent à moitié prix, Ceux de moins de 5 ans et accompagnés voyagent gratuitement.Si vous le désirez, une voiture \u2018auto- conduite\u201d sera mise à votre di une ville importante.sposition dès votre acrivée dans - Bureau des billets à Montréal, 384 ouest, rue St-Jacques\u2014Tél.MA.4731 Pour renseignements au sujet des tarifs ot des heures des trains: MA.3651 CANADIEN NATIONAL LE RESEAU QUI DESSERT LES DIX PROVINCES ."]
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