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L'autorité
Libéral et anticlérical, ce journal critique la société canadienne-française et son conformisme. Dans ses dernières années, L'Autorité compte plusieurs collaborateurs prestigieux qui lui assurent une grande qualité de contenu rédactionnel. [...]

Fondé par Tancrède Marsil, ce journal paraît pour la première fois le 28 décembre 1913. La couverture politique de l'hebdomadaire du dimanche varie au gré des changements de direction. À ses débuts, le journal se dit non partisan mais, libéral par conviction, il vise à servir de guide pour le maintien de la bonne doctrine libérale, celle de 1893, et de son vrai chef, Wilfrid Laurier.

En 1913 et 1914, Tancrède Marsil s'intéresse particulièrement à la politique municipale. Son successeur de 1914 à 1932, Gaston Maillet, un dentiste fortuné qui a fort probablement participé à la création du journal, est plutôt animé par la passion de la politique provinciale et fédérale. Gilbert LaRue, directeur de 1932 à 1936, remet à l'avant-plan la politique locale et exprime son désir de faire de L'Autorité « le » journal de Montréal. Le journal prend le titre L'Autorité nouvelle de juin 1925 à novembre1931. La direction du journal est assurée par J.-A. Fortin de 1943 à 1953.

En 1953, Gérard Gingras prend les rênes du journal, qui compte de prestigieux collaborateurs tels Alfred DesRochers, Roger Duhamel, Guy Frégault, Germaine Guèvremont et René Lévesque. À l'époque, Gingras répond à ses détracteurs qui soutiennent que L'Autorité est à la solde du Parti libéral et affirme que si le journal approuve le programme libéral, il est toujours demeuré indépendant. Il confirme ainsi les propos de Marsil dans le texte sur la raison d'être de l'hebdomadaire paru dans le premier numéro en 1913 : « Indépendant des partis politiques, L'Autorité entend promouvoir et défendre les intérêts des nôtres d'abord, encore, partout et toujours ». Pendant les années Gingras, le journal renforce sa dimension satirique avec les caricatures de Berthio (Roland Berthiaume) et de Normand Hudon.

L'Autorité change sporadiquement de forme au cours de sa durée de vie pour passer de quatre à six puis à huit pages, alors que l'actualité politique se trouve généralement présentée en première page. Selon les changements de direction, la section des sports est couverte de façon inégale et passe d'une à trois pages pour disparaître pendant un certain temps. Pour sa part, l'actualité culturelle y est traitée avec régularité. La Grande Guerre y est également couverte en profondeur. Le quart de l'hebdomadaire est alors consacré à la publicité.

Le tirage de L'Autorité est de 8000 exemplaires en 1914 et atteint 12 750 en 1920 pour se maintenir autour de 15 000 exemplaires tout au long de la décennie. Il descend à 500 exemplaires en 1940. La publication est suspendue de septembre à décembre 1936 et de mars à juin 1939 pour une réorganisation. Les raisons qui mènent à la fin de la publication demeurent inconnues. Le dernier numéro paraît le 2 avril 1955.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1973, vol. 5, p. 90-92.

LÉVESQUE, Michel, Histoire du Parti libéral du Québec : la nébuleuse politique, 1867-1960,

Québec, Septentrion, 2013.

ROY, Fernande, « Le journal L'Autorité dans le cadre de la presse libérale montréalaise », dans Lamonde, Yvan, Combats libéraux au tournant du XXe siècle, Saint-Laurent, Fides, 1995, p. 231-246.

Éditeur :
  • Montréal,1913-1955
Contenu spécifique :
samedi 23 mai 1953
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Haut-parleur,
  • Successeur :
  • Autorité nouvelle
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L'autorité, 1953-05-23, Collections de BAnQ.

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[" 1 as 35e ANNEE \u2014 No 44 , BEAUCEVILLE, 23 MAI 1953 Directeur : GERARD GINGRAS | Secrétaire de la rédaction : MICHEL ROY Trois années de CAPTIVITE EN COREE \"EST à Berlin que, pour la première fois on m\u2019a posé cette question pour moi surprenante : \u201cPourquoi quitté Séoul ?\u201d Cela m'a été demandé certes par des non-journalistes, Des con- fréres auraient compris que ma seule raison de quitter Séoul aurait pu étre qu'il ne s\u2019y passait rien.Or, il s\u2019y passait quelque chose: c'était l'invasion des Nord-Coréens.Il ne restait quand même que moi, de toute l'équipe internationale des envoyés spéciaux à Soul, quand est tombée la capitale de la Corée.J'étais là en mission.Je faisais à Séoul mon métier de journaliste.Je l\u2019ai fait aussi longtemps que j'ai pu transmettre les informations qu\u2019il était de mon devoir de recueillir, J'avais quitté Tokio le 17 juin 1950, à 5 heures du matin.C'était au lendemain des élections ef-le bruit courait qu'une révolution de palais n\u2019était pas extlue à Séoul.M ne s'agissait pas encore de guerre.' Le dimanche, 25 juin,\u2019 j'avais pensé aller à la campagne et y rédiger un papier, en toute tranquillité, sur les conditions de vie en Corée du Sud.Ce furent les manchettes des journaux qui m\u2019apprirent que les Nord-Coréens avaient passé la ligne de démarcation et attaquaient partout.\u2018 e suis allé aux nouvelles, Partout, à Séoul, régnait la confusion la plus grande.Le Quartier général sud-coréen, pas plus que les services américains, ne faisait exception.Je n\u2019oublierai pas ce dimanche- là.Dans l'après-midi, les gendarmes ont fait irruption dans tous les cinémas pour ordonner aux permissionnaires ,de regagner leurs unités entre Séoul et n'avez-vous pas \u2018côte est.le parallèle.J\u2019envoyais aussitôt mon collaborateur coréen, Cho, vers le front, ne pouvant quitter moi-même la capitale où la situation demeurait incertaine.On apprenait bientôt que dès 7 heures du matin, les Nord.Coréens avaient débordé au sud du parallèle et que des débarquements étaient en cours sur la Mais s\u2019agissait-il vraiment d\u2019une invasion ou simplement d'une série de raids?Dé part et d\u2019autre, on en avait connu beaucoup.L'Ambassade d'Amérique, dès le lendemain, était formelle : c\u2019était bien une offensive du nord contre le sud, et la situation était reconnue grave.Du côté américain, toutefois, pour ne pas affaiblir le moral des Sud- Coréens, on voulut laisser entendre qu\u2019une contre-attaque était imminente et qu\u2019elle ne pouvait manquer d'être victorieuse.Le Général Roberts, chef de la mission militaire américaine, n\u2019avait- il pas affirmé peu de temps au- - paravant que les forces de Syngman Rhee avaient un moral excellent ?L\u2019envoyé spécial du Chicago Tribune me dit, ce soir-la: \u201cChanteloup, tout est fichu.On n'arrétera pas les Nord-Coréens.Ils agissent selon un plan stratégique mirement étudié, ils disposent d'une artillerie puissante et à très longue portée, les Sud- Coréens sont en pleine déroute.Les conseillers mililtaires américains ne songent plus qu\u2019à n\u2019être pas faits prisonniers.La situation est nettement défavorable.\u201d Mon confrère, harassé, revenait du front.Un \u201cno man\u2019s land\u201d dans le temps Ainsi s\u2019amorça cette étrange débâcle.Le mardi au matin, les Les jours de notre mort nr = 0 ace EE ES ES Ha : AEE, LIB altar i RT E ° : é 0; Américains étaient partis.J'attendais à Séoul l'arrivée des nordistes.Il restait dans la ville un matériel invraisemblable : des voitures, des jeeps, des stocks de toute espèce.Comme l\u2019Ambassadeur américain partait, je lui demandai s\u2019il restait en Corée.Il me répondit diplomatiquement : \u201cI am going to the hills\", (Je vais dans les montagnes).Cette formule signifiait : je vais me reposer, je pars en villégiature, je vais là où il fait plus frais En fait, M.Muccio se repliait.C\u2019était peut-être pour sa santé, mais ce n\u2019était pas un voyage d'agrément.Ces confrèressétrangers étaient pérais un message de mon bureau de Tokio.Ce n\u2019était que le Quartier Général américain au Japon qui me demandait désespérément des informations sur une situation militaire dont il n'avait plus connaissance.Les nordistes étaient dans la ville, Je demandai qu'on transmit\u2019 quelques nouvelles à mon Agence, puis je raccrochai.Ce fut mon dernier contact avec le monde occidental.\u201c Le mercredi matin, à l'aube, les premiers tanks rouges défilaient aux acclamations de la population apeurée.J\u2019avais toujours ma jecp.Je circulais en- Récit exclusif de Maurice CHANTELOUP partis.Ce n\u2019était pas la joie dans le coeur que je restais le dernier.Ma femme, seule à Tokio, attendait un bébé.J'aurais pu partir avec les autres, mais, étre le seul envoyé spécial a Séoul à ce moment-là, cela pesait aussi son poids.Je suis allé au parc automobile et j'ai demandé au Coréen de garde, laissé par les Américains, s\u2019il pouvait me procurer une voiture.Il me dit que je n\u2019avais qu\u2019 à me servir.\u201cCe ne fut pas dans l'espace que je circulais mais dans le temps, dans une sorte de \u201cno man\u2019s land\u201d qui se situait entre le passé et l'avenir sans pouvoir s'appeler le présent.Il n\u2019y avait plus que des civils On avait enlevé les grandes banderoles invitant la population à lutter.Tous les slogans susceptibles de déplaire aux nouveaux maîtres avaient disparu.Les.boutiques étaient déjà fermées.Les mendiants seuls cherchaient encore wun gain Les Américains étaient partis.Les Coréens riches étaient partis.Il ne restait plus que ceux trop pauvres pour partir.C'est une capitale de miséreux qu\u2019envahirent les nordistes.Les voitures étaient aux plus.offrant et les derniers trains ne transportaient pas de civils.Dans la guerre, les militaires ont le privilège de l'offensive.Ils ont aussi celui de la retraite.Par la porte de l\u2019est, des milliers de réfugiés affluaient déjà, leur petit ballot sur l\u2019épaule, fuyant la marée .communiste.Ce problème, essentiellement professionnel, se posa alors pour moi: Pourrai-je continuer à transmettre ?Des deux bureaux du télégraphe, un seul acceptait encore, et sans garantie, les messages.À l'hôtel où je retournai à la tombée de la nuit, toutes les chambres étaient vides.Le directeur, \u2018un Suisse, M .Matti, errait tristement dans les salles du rez-de-chaussée et me dit: \u201cJe reste pour passer les clefs et mes comptes au nouveau responsable, s'il en vient un,\u201d M.Matti, ar- rété le surlendemain, devait mourir en captivité quelques mois plus tard : il fut à sa façon une victime du devoir.Je ne savais plus comment me nourrir Il n\u2019y avait plus d\u2019eau dans ma chambre ni d\u2019électricité.4 .Pour m'éclairer, je n'avais qu'une petite bougie.Les nordistes étaient aux portes de la ville et la bombardaient, et je pus craindre de me trouver enfoui sous fes décombres.Les dernières heures de liberté -.Et, pourtant, à 9 heures du soir, on m\u2019appelait au téléphone.J\u2019es- core librement.Je pris quelques photos.A 9 heures du matin, trôis gamins en civil portant des brassards et accompagnés d\u2019un étrange individu en kaki au teint basané et aux cheveux hirsutes, armé d\u2019une mitraillette, se pré- \u2018sentaient au Consulat de France où je me trouvais, et se faisaient forts de réquisitionner nos voitures.Malgré les objections que le Consul, M.Perruche, et moi- même leur fimes, aûcune autorité responsable n'étant représentée, il fallut en passer par là.Devant nos remontrances, l\u2019homme en kaki qui était apparemment un tankiste de l'occupation, nous appuya le canon de son arme sur la poitrine en nous accusant d'ê- tre les valets du Président Syng- .man Rhee et les ennemis du peuple coréen.Je ne quittais plus le Consulat.Séoul était occupé, il nous fallait chaque jour subir les visites répétées de militaires et de civils qui, tout en observant une certaine correction de manières, faisaient l'inventaire du Consulat en vue d'un pillage ultérieur.Le 7 juillet, un lieutenant des forces de sécurité nord-coréennes, jeune et replet, qui s'appelait Kim comme 70% de la population coréenne, mais que nous avions surnommé \u201cKim le puant\u201d parce qu\u2019il sentait plus mauvais que les autres Kim, venait invitèr M.Perruche et M.Jean Meadmore, le vice-consul, à le suivre en ville pour des formalités qui devraient être accomplies en quelques instants.Ils ne devaient revenir que le lendemain matin, harassés, après avoir été interrogés toute la nuit.Le Puant, après avoir consenti à pâr- tager notre repas, repartit avec eux.Le lendemain, ce fut mon tour.On m'avait assuré, moi aussi, qu'il s'agissait \u2018d\u2019une simple formalité.Elle a duré près de trois ans.Les Nord-Coréens s\u2019installent Dès le 29 juin 1950, une foule de policiers et d\u2019activistes nord- coréens, venus de Pyong Yang, étaient arrivés à Séoul.Un Conseil municipal avait été formé.La répression, c'est-à-dire l'arbitraire policier, commença aussitôt.Chaque quartier de la capitale était placé sous le contrôle de communistes originaires de Séoul, emprisonnés par les sudites, et qui venaient d\u2019être libérés, \"Ces informations, et d'autres, ce - n\u2019est pas sans peine que j'ai pu les obtenir.Pendant les dix jours que je passais au Consulat de France, loin d\u2019un hôtel déjà réquisitionné, et sans possibilité de circuler, ce fut,\u2018 à part mon nn.Parmi les quatorze internés civils français rapatriés de Corée, se trouvaient M.Perruche, chargé d\u2019affaires à Séoul, et Maurice Chanteloup, correspondant de l'agence France-Presse dans la capitale coréenne.À son arrivée, il fut accueilli par des amis et journalistes.collaborateur coréen Cho, le personnel du Consulat et singulièrement un pittoresque veilleur de nuit catholique nommé Kon Tiki lui aussi, comme son homonyme naviguant au gré d\u2019une mer inconnue, qui me décrivit avec force détails la façon dont le nouveau régime s'installait.Du jardin, tous les jours, nous voyions passer sur la route d\u2019interminables défilés de Coréens endimanchés qui s\u2019en allaient, encadrés de responsables que l'on reconnaissait à leur brassard, écouter des discours enflammés célébrant leur \u201clibération\u201d.Ils ne paraissaient pas absolument enthousiastes.C'était en somme une répétition, je devais l'apprendre par la suite, de ce qui s'était passé en Chine après la défaite des nationalistes.Et partout le schéma semblait être le même : mobilisation des forces ouvrières, à une fin qui relevait curieusement bien moins de la production que de la propagande.On réunissait sur les places le petit peuple de Séoul, et dans les écoles qui n'avaient plus d'écoliers, pour leur apprendre les hymnes nord-coréens.On les leur faisait chanter pendant des heures, et ces chants étaient plus désespérés que victorieux.Tout alla bien au début : la peur qui empêchait la population de vaquer à ses occupations normales faisait étrangement figure d'enthousiasme : personne n\u2019osait rester absent.- Presque immédiatement, il y eut la mobilisation générale; elle n\u2019était pas avouée, elle ne se faisait pas par voie d'affiche.On conviait la jeunesse des écoles à la projection de films de propagande, puis on demandait à chacun s\u2019il était disposé à défendre I'idéal \u201cdémocratique\u201d On ne pouvait répondre que oui.Ce oui était décisif.Quiconque l\u2019avait prononcé se trouvait d'office enrôlé dans les rangs de l'armée populaire, Les réfractaires en puissance se trouvaient arrêtés à la sortie du cinéma par des policiers qui veillaient à ce que personne ne changeât d'opinion.C\u2019est ainsi que tous les jeunes hommes à partir de 14 ans se virent affublés de l'uniforme nordiste, de grosse toile de coton vert olive avec l'étoile rouge au képi.Mis au pas aussitôt, et même au pas de l\u2019oie, on les voyait défiler le soir dans les rues de Séoul.Ils chantaient à tue-tête mais avec quelque hésitation, des chants qu\u2019ils venaient d'apprendre, Pendant ce temps, les services de la Sûreté, dirigés par un gros général à l'air bonasse qui avait été autrefois coolie à Won San, travaillaient jour et nuit et préparaient la déportation\u2019 vers le Nord de milliers de fonctionnaires, d\u2019industriels, de gros commerçants et de politiciens sud- coréens.qui n'avaient pas pu, pour une raison ou pour une autre, quitter la ville avant l\u2019arrivée de leurs \u201clibérateurs\u201d.Beaucoup, qui avaient cru pouvoir s'entendre avec les communistes, devaient finir leur vie peu après dans les camps de \u201crééducation\u201d (Kihwaso) sur la frontière mand- chourienne.Des informations me parvenaient encore.J\u2019appris ainsi que, chaque matin, une centaine de policiers sud-aoréens comparaissaient devant la Sûreté.Ils avaient été les seuls, l\u2019armée s\u2019étant repliée sans combattre, à faire le coup de feu devant et dans Séoul.Il n\u2019y avait pour \u2018eux point de quartier et tous étaient passés sommairement par les armes.> Les Comités populaires formés dans la capitale organisaient des battues et des fouilles, Ils encourageaient et\u2019 recueillaient les dénonciations et traquaient ceux que l\u2019on soupçonnait d'avoir accumulé chez eux des stocks de riz ou d\u2019autres victuailles.Très vite, la situation alimentaire devint critique.Le gouvernement de -Syngman Rhee avait ordonné d'emporter tout le riz vers le sud : une bonne partie de ce riz devait couler au fond de la rivière Han quand, dans leur précipitation, les Sud-Coréens firent \u2018sauter le pont dans la matinée du 28 juin.A Séoul, le prix des denrées montait vertigineusement.Une grande partie de la population, ne pouvant plus se ravitailler en vivres, partait dès le matin vers la campagne, cn quête de légumes et de céréales.Au consulat, l'ordinaire était devenu des plus simple : des pâtes et du poisson.Dieu merci, il y avait la cave! Très vite, les \u201cComités populaires\u201d, ces champignons de l\u2019administration communiste, mettaient en scéne un grand nombre de procès.Ici, comme en Chine, c'était le public qui formait le jury, \u2018et les prévenus, les \u201créactionnaires\u201d, étaient dans la plupart des cas abandonnés a la foule et massacrés sur-le- champ.Celle-ci exécutait par terreur plus.que par conviction un jugement qu'elle avait rendu moins par conviction que par terreur.On nous avait assurés que nous ne restions détenus que dans notre propre intérêt et afin d\u2019être mis \u2018A l\u2019abri des bombardements, logés et nourris aux frais du gouvernement populaire.Nous savions pourtant que déjà les étrangers, qu'ils fussent \u201cennemis\u201d, neutres ou apatrides, étaient déportés vers le nord.Leurs biens étaient pillés.Il nous fut tout de suite évident que les policiers avaient ordre de nous traiter comme des criminels de droit commun, et que l'on voulait à la fois nous \u201cpunir\u201d et nous garder comme otages.Nous étions des espions et notre châtiment devait avoir valeur d'exemple.Si les premières troupes d'occupation avaient été des tankistes, ivres de leur victoire et particulièrement féroces, les fantassins qui suivirent se montrèrent beaucoup plus humains et ne tardèrent pas à fraterniser avec la population.La police et certains (suite à la page 8) ( I y avalt une fois une petite fille, Une petite fille Depuis qu'elle se souvenait, elle avait été seule.Jamais une mère ne lui avait fait sentir qu'en un sourire on guérissait les larmes.Une petite fille triste de ce que jamais un sourire ne lui avait fait entrevoir le paradis des chaudes tendresses.|! y a des enfants malheureux.| y en a beaucoup.Çane se compte pas.Mais il arrive presque toujours qu\u2019à un moment de - l'enfance, une main qui se pose simplement sur la tête révèle toutes les possibilités de bonheurs futurs.Et cette petite fille n'avait Tien connu de semblable.Rien de tel qu'un chaûd regard à un moment.d\u2019alarme.Et elle s'était glissée dans sa solitude comme en un refuge\u2019 où étaler sa tristesse.Il y avait bien les printemps qui passaient.Les neiges fondantes, les cailloux qu'on découvre, l'air affolant des mois suaves.Il y avait bien le soleil ardent, l\u2019eau qui donne l'oubli, le chant des oiseaux et les arbres en bourgeons.Oui, tout cela apportait quelque chose.Une petite fille ne passe pas parmi les fleurs sans cueillir une tige.Mais pourquoi tout cela?Et pourquoi tant de promesses, si jamais on peut sentir sur sa main la caresse qui délivre?On reste seule avec les fleurs.Et les parfums exaltent sans donner de secours.Et pourquoi\u2019 une petite fille doit-elle demeurer perdue toujours, le regard pur, penché sur l\u2019eau.Il y avait une fois une petite fille trop seule et trop lourde.Une petite fille qui, très tôt, trop tôt, avait goûté le sel de la solitude, toute l'amère solitude, et toute l'amertume d'être seule.Une enfant, qui sentait qu'elle allait mourir.Parce qu'on ne peut vivre ainsi, toujours, sans jamais de regard où enfermer ses yeux.Sans jamais de repos.Elle grandit en attendant.Elle grandit en regardant les grandes personnes qui ne sauraient jamais qu'à dix ans elle avait appris tout ce qu\u2019un homme peut savoir: la limite de sa solitude, ls ne sauraient jamais, car ils n'avaient pas su reconnaître leur solitude à eux, et n\u2019avalent jamais fait le geste qui délivre un enfant.Puis un jour elle vit un garçon.Jamais encore elle n\u2019en avait vu.Il y avait bien ses frères et les amis de ses frères, et ses voisins.Mais c'étaient des êtres comme elle, qu\u2019on regarde ou qu'on ne regarde pas.Tandis que ce garçon, il fallait qu\u2019elle le regarde.Et c'était une grande douleur et une forte joie.Il lui semblait qu\u2019il était l\u2019image de sa solitude, et qu'il serait enfin possible, pour cela, de s\u2019en délivrer.Mais le garçon ne voyait pas la petite fille.ll était tout occupé de problèmes sérieux, comme s\u2019en posent les garçons qui deviennent des hommes.La solitude d'une petite fille n\u2019a rien à voir là-dedans.C'est pourquoi elle ne pleura point, et elle comprit, une fois de plus, qu'elle était prête à mourir.Mais elle grandit en attendant.Bien des années et des événements passèrent.Elle devint une femme.Les hommes la voyaient maintenant, C'est-à-dire qu'ils se voyaient en elle.C'est-à-dire qu'ils la désiraient afin de combler ce qui restait de leur solitude à eux.Mais elle n'allait pas s'ouvrir impudemment devant eux qui n'avaient rien pour la couvrir.Puis uh autre jour,\u2018très tard, elle vit un autre visage, et il sembla que ce visage la voyait.Elle entendit le rire d'un gargon.Comme un rire de cascades qui s'écroulent en mineur: Elle .aima ce garçon.\u2018Et petit à petit, elle abandonna un léger poids de solitude, échelon par échelon, à mesure que le garçon riait et lui apprenait à rire.Elle abandonna le goût de mourir.Mais 6n ne cesse pas en vain de porter sa pesanteur.con qui porta la sienne.Un petit instant très court.qu\u2019elle apprit ce que c'était de Vivre, d'aimer, main.Puis il l\u2019abandonna.C'est alors que la petite fille d'hier pour elle de mourir enfin.C\u2019est le gar- Juste assez pour et d'ajmer sans lende- sentit que l'heure était venue \u201cSusanrie BARBEAU. PAGE DEUX L'AUTORITE, 23 MAI 1953 0\u20ac Apothéose A remise à Mme Colette de L la plaque de grand officier de la Légion d'Honneur a constitué pour l\u2019illustre écrivain une véritable apothéose.L'événement a eu lieu à Paris au Cercle Inter-allié, au cours d\u2019un déjeuner qui réunissait les deux académies dont l'illustre romancière est la présidente : l'Académie Goncourt et l\u2019Académie du STII AO SR SS LT 2 Voici Marilyn Monroe qui aurait été vue, en pleine rue, ainsi vêtue.Ce fut un agréable spectacle pour la plupart des témoins.Le manteau de chevreau chinois jouira d'une grande popularité l\u2019année prochaine.Les montréa- lais ont pu l\u2019admirer récemment à l\u2019exposition des fourrures, de Colette Disque.L'Académie française elle-même était officieusement représentée puisque l\u2019Amiral Lacaze, Me Maurice Garçon et M.- Pierre Gaxotte figuraient parmi les invités.Il n\u2019avait pas fallu peu de courage à Mme Colette pour assister à cette manifestation donnée en son honneur : .\u201cJe suis très timide\u201d, m'\u2019avait- elle confié elle-même au moment où je l\u2019aidais à monter en voiture devant sa maison du Palais Royal qu'elle ne quitte presque plus.Plus encore que la timidité, c\u2019est la souffrance qu\u2019il lui fallait vaincre, cette souffrance presque continue que lui imposent des rhumatismes qui ont paralysé ses jambes.Elle n'avait pas pour autant renoncé à la coquetterie et c\u2019est dans une robe-manteau noire, sobre mais très seyante, qu\u2019égayait une écharpe blanche à pois, les pieds nus dans ses sandales devenues légendaires, qu\u2019elle fit son entrée dans le grand salon ou l'attendaient une cinquantaine d\u2019académiciens.Dans le fond, une autre reine semblait Yaccueillir, célèbre elle aussi dans le domaine des Lettres: Athalie, centre d\u2019une immense tapisserie, seul ornement de la pièce.Au dessert, M.André Marie, ministre de l'Education Nationale, après un discours où il rendit hommage à cette oeuvre qui a fait \u201cd\u2019une femme de notre temps un écrivain de tous les temps\u201d, a épinglé lui-même sur la poitrine de Mme Colette, dont il était le parrain, la croix en platine enrichie de pierres précieuses, insigne d\u2019une dignité qu\u2019elle est la seule femme aujourd\u2019hui à avoir le droit de porter.Dialogue franco-allemand U cours d\u2019une récente rencontre organisée à la Sorbonne, quelques personnélités féminines de France et d'Allemagne ont étudié le rôle social de la femme dans ces deux pays.Mme Emmanuel Mounier, assistée de Mesdames Prélot, Roux et Carrel, y a exposé la situation el le point de vue francais; Mme A.Glaser, chef du Service d'information pour les questions féminines du gouvernement fédéral, et Mme Lucie Beyer, ont parlé de la situation sociale en Allemagne de l'Ouest.Ephémérides 1657 \u2014 22 mai.Marguerite Bourgeois commence la construction de la chapelle Notre- Dome de Monsecours, Maisonneuve, gouverneur de Montréal, et Lambert Closse travaillent à cette construction comme simples ouvriers.1815 \u2014 27 mai.Mort à Québec du grand parlementaire J.- Antoine Panet, patriote éclairé et l\u2019un des chefs de la résistance française après la conquête du Canada par les Anglais.l'action des femmes el l'unité de l'Europe AI été reçue par le prési- J dent de la République Fédérale Allemande, M.Théodor Heuss, et il a bien voulu parler librement avec moi, Nous étions dix jeunes femmes journalistes, venues de dix pays différents, la France, I'Angleterre, l'Italie, l'Espagne, la Hollande, la Suède, la Norvège, le Danemark, la Finlande et la Suisse, pour assister au Premier Congrès International de journalistes du sexe féminin, organisé par le Ministère de l'Informatin de la République Fédérale.Ce Congrès a réuni au milieu de janvier, à Bad Hombourg, près de Francfort, cinquante jurnalistes étrangères et une soixantaine de journalistes étrangères allemandes, et cette visite au Président Heuss devait marquer la clôture des travaux.Comme il est d'usage en pareil cas, la visite était, sinon minutée, du moins \u2018préparée avec le plus grand soin.Attendues à la Présidence à midi très précis, nous avons été introduites d'abord dans une salle rectangulaire, sim-, plement meublée, mais avec beaucoup de goût.Par les grandes portes vitrées, nous pouvions apercevoir le Rhin et une partie du petit parc qui entoure la résidence présidentielle, bâtiment de style bizarre, construit par un grand industriel russe au début du siècle, qui n'a que deux étages.et dont les appartements sont de proportions agréables.Le chef du protocole nous groupa en demi-cercle, recommanda \u2018de ne pas écrire pendant l\u2019audience et surtout de ne pas poser au Président de questions politiques délicates, M.Heuss devant, en tant que Président de la République, demeurer au-dessus des partis et agir ou parler avec le maximum de diplomatie.M.Heuss, l'Allemand No 1, entra en souriant, s'inclina sans rien de la légendaire rigidité germanique, et, après quelques paroles de bienvenue, laissa le Président du plus important groupe féminin allemand nous présenter une à une avec mention de nos noms et de nos pays respectifs.M.Heuss est lui-même un ancien journaliste, et grâce sans doute à cette complicité tacite qui permet entre gens de métier l'établissement d\u2019un contact immédiat, il déclara qu\u2019il ne croit pas à l\u2019efficacité des écoles de journalisme, mais uniquement à l'enseignement qui s\u2019acquiert par des années de pratique, à la condition d'aimer passionnément son métier.Avant de nous introduire dans un salon voisin, il évoqua quelques souvenirs de circonstance ! C\u2019est lui qui, très jeune journaliste, dut, en 1908, initier Mme Wolf, la première journaliste allemande, aux secrets de sa profession.Et bientôt nous étions confortablement installés dans de profonds fauteuils de satin, dans un salon meublé de quelques pièces anciennes et décoré de tableaux de maî- par Paulette KRAUSS tres allemands du siècle dernier, devant des verres de porto et des cigarettes.On nous pria de poser si possible nos questions en allemand, mais trois interprètes étaient là pour nous traduire au fur et à mesure nos questions et les réponses du Président, pour les personnes présentes ne comprenant pas l'allemand.Favorisée par le hasard, je me suis trouvé assise à côté du Président: Ainsi ai-je pu observer l'extraordinaire jeu de ses yeux et noter que, bien que pesant toujours ses mots, il se trahissait constamment par l\u2019expression de son regard.Ses yeux sont légèrement fendus, de couleur chant geante, assez malicieux par instants, pour ekprimer bientôt une profonde compassion humaine.Souvent en nette contradiction avec les paroles dictées par- une diplomatie prudente, ces yeux sont de ceux qui ne savent pas mentir.Une journaliste suisse, malgré l\u2019interdiction de poser des questions politiques, demanda l'opinion du Président au sujet du Gallup américain sur la renaissance du nazisme : M.Heuss répondit qu\u2019il ne suffit nullement de consulter des centaines, voire des milliers de personnes, prises au hasard, sur leurs idées pour connaître l\u2019opinion d'un peuple, et que le procédé du Gallup ne peut être qu\u2019un non sens (le mot allemand \u201cBlech\u201d qu'il a employé est intraduisible).Vint mon tour.Un sourire m\u2019encourage.Je ne voulais pas poser une question à l'homme d\u2019Etat, au chef d\u2019une nation, hier encore ennemie de la France, mais à l\u2019'homme tout court, qui a toujours tenu compte de \u2018l'opinion des femmes.\u201cCroyez-vous, Monsieur le Président, que les femmes allemandes et les femmes françaises peuvent accélérer la réalisation d\u2019une Europe unie, et comment envisa- £ez-vous qu\u2019elles doivent se comporter les unes envers les autres?\u201d Un autre sourire et un rapide coup d'oeil dans ma direction furent sa réaction immédiate.Puis, sans avoir besoin de réfléchir, il répondit : \u201cMais oui, les femmes peuvent beaucoup ; mais encore faut- il qu\u2019elles se connaissent mieux.La Française moyenne ne voyage pas encore beaucoup ou seulement en voyage Organisé, ce qui ne permet aucun contact avec la population.Pour s'aimer, il faut savoir accepter les défauts et apprécier les qualités, mais comment y arriver par-delà les frontières ?\u201cPour que nos deux peuples, hommes et femmes, puissent se rapprocher, il faut que les Français (la chose est valable pour les Anglais aussi) voient avec plaisir les Allemands travailler avec application et que les Allemands se montrent un peu plus patients avec leurs voisins ! Bien sûr, les élites, les savants, les artistes ont déjà franchi ce pas, mais les masses en sont encore loin.Mais quand, demain peut- être, l\u2019Europe unie sera enfin une unité économique, le reste viendra naturellement peu à peu\u201d.Avec l\u2019aide d\u2019un interprète, la journaliste espagnole a sollicité un message du Président allemand à ses lecteurs.Le Président s\u2019en tira, avec beaucoup d\u2019esprit d'\u2019ailleurs : \u201cEn qualité de chef de l'Etat, je ne suis pas autorisé à adresser de message ; mais je peux vous dire que j'adore \u201cDon Quichotte\u201d et Cervantès, et que la femme de l\u2019ambassadeur d'Espa- Ene n\u2019est pas seulement une femme ravissante mais aussi une ex- Miss Canada est au premier rang de ceux qui représenteront notre pays aux fêtes du Couronnement de la reine Elizabeth 11, le uin prochain.Marilyn Reddick, d\u2019Agincourt, Ontario, a choisi une magnifique robe blanche en dentelle sur nylon dont la jupe est plissée à l\u2019arrière.II a fallu 20 verges carrées de ma pour confectionner cette robe.tériel cellente maîtresse de maison, Le poisson au riz que j'ai mangé chez elle à Noël était si délicieux que j'en ai demandé la recette\u201d.La Suédoise aurait voulu savoir s\u2019il était vrai que la jeunesse allemande ne croit à rien et vit sans idéal.M.Heuss expliqua les difficultés de cette jeunesse, à qui on a bourré le crâne pendant tant d\u2019années et qui a assisté à l'effondrement total de son pays.Mais cela commence à aller mieux et c\u2019est justement parmi les jeunes que l\u2019on rencontre les plus ardents partisans de l\u2019Europe unie, D\u2019ailleurs les échanges de jeunes entre pays différents contribuent à la création d\u2019un esprit nouveau chez les enfants.Et puis une heure avait passé.Il fallut se\u2018 lever, prendre congé, partir.Je ne sais pas si ce fut un geste symbolique ou encore un hasard, mais M.Heuss m\u2019a tendu la main, à moi seule, et en prononçant mon nom qu\u2019il avait retenu, il m\u2019a souhaité bonne chance.ENTRE BOHEMES Deux bohèmes qui, n\u2019ont pas dîné, rentrent dans un -taudis, mourant de faim et de froid.\u2014Sapristi, dit l\u2019un, j'ai la chair de poule.L'autre piteusement : \u2014Si encore on pouvait en faire du bouillon.Et la margarine \u2018 Nous ne prétendons pas étudier ici les dessous de la question mais ce qui entre dans la margarine.Ce n'est pas cela qui nous dira pourquoi ce produit, qui a droit de cité ailleurs, -se voit refuser l'entrée du Québec, Un indésirable, sans aucun doute, mais sous quel chef d'accusation ?Il ne contient que des ingrédients propres à la consommation: de la graisse végétale ou animale, du sel, du lait entier ou écrémé, des vitamines, une matière colorante.On chercherait en vain dans ses parties constituantes la raison de l\u2019anathème qui le frappe.Napoléon III s\u2019est même fourvoyé jusqu\u2019à accorder à l'inventeur un prix spécial pour avoir mis sur le marché \u201cune matière grasse aussi appétissante, aussi stable et nutritive que le beurre.\u201d Le chimiste français Hippolyte Mege-Mouriez, qui inventa le produit vers 1870, lui donna le nom de margarine, du grec | nargarites\u201d qui veut dire per- e.~~ PERSEVERANCE \u2014Mademoiselle, pensez-vous qu\u2019une-femmes puisse être amou- | reuse d'un homme à \u2018première vue ?| \u2014Certes- non.\u2014Bien.\u2018Dans ce cas, je vous ferai une nouvelle visite, demain.NE rumeur, vraie ou fausse, | | court la Haute-Autriche et la province du Salzbourg depuis la fin de la guerre: la veille de son arrestation par Jes troupes alliées Goering aurait fait cacher un trésor inestimable dans un des nombreux lacs de cette région montagneuse, dans Tespoir de venir le reprendre un jour.Mais dans- quel lac?Au fond de celui de Zell ou dans l\u2019Attersee ?Les avis sont parta- £és.Dans les deux cas, il existe des témoins de bonne foi, qui ont vu l'immersion des caisses.Et dans les deux lacs, aujourd'hui, des scaphandriers et plongeurs viennent de se mettre à l\u2019oeuvre peur retrouver ces richesses perdues.Peut-être y a-t-il effectivement deux trésors immergés.En tout cas, la certitude est partout exprimée qu'avant la fin de l'été, l'or de Goering aura été retrouvé.Des enisses pleines de diamants .- Zell-am-See est une petite\u201dcité estivale, à quelques kilomètres de Salzbourg et de Berchtesgaden, sur la ligne de l'Orient-Express.Au loin, sur les pentes de la montagne, se profile le château que Goering habita et prés duquel il fut arrêté, à l\u2019Armistice, \u201cDans les derniers jours de la guerre \u2014 racontent les habitants de Zell \u2014 des compagnies de SS sont venues a plusieurs reprises sur les rives du lac pour y décharger de grosses caisses en fer Qui furent jetées dans le lac.\u201d - Des hommes.et des femmes, cachés derrière leurs volets fer- .més, ont assisté à l'opération.Les 8S sont revenus deux ou trois fois de suite, de jour et de nuit.L'inestimable trésor Ils rentraient ensuite directement au château de Goering.A l'endroit où ces caisses furent immergées, le lac atteint une profondeur de 108 mètres.Dans les jours suivants, d\u2019autres unités de l\u2019Armée allemande en déroute jetèrent, un peu plus loin dans le lac, de grandes quantités de matériel de guerre, des appareils d'optique aussi bien que des machines à écrire, des mitrailleuses, voire des bouteilles de vin, .de liqueur et de kirsch.Des bouteilles vides sont revenues à la surface de l\u2019eau.\u201cDans les caisses de Goering, affirment les habitants de Zell, il y a de l'or et des diamants \u2019.Ce sont les SS qui- l'ont dit après la guerre !.\u201d Alléckés par l'aubaine, deux hommes de Zell, les frères\u2018Egger, forgerons de leur métier, décidèrent de tenter l\u2019aventure.Ils firent les plans, construisirent et mirent, au point un scaphandre, dont les {cchniciens disent qu\u2019il constitue un progrès remarquable sur ceux employés généralement.Plus exactement, il s\u2019agit d\u2019une sorte de batiscarpe rectangulaire, dont les plaques d\u2019acier ont.six millimètres d'épaisseur, On s'assied à l\u2019intérieur de l'appareil muni, à la hauteur du visage, d'une plaque de verre épaisse et .\u2018Des scaphandriers cherchent dans les lacs autrichiens grillagée.Une lampe, développant un faisceau lumineüx, permet de voir dans les profondeurs.Il a fallu près de trois ans pour construire cet appareil.Les frères Egger ont amarré deux pontons à quelques mètres de la rive, au point précis où le trésor de Goering a été jeté dans l'eau.Ils viennent d\u2019expérimenter leur scaphandre.Son premier occupant fut un mannequin et un chargement de pierres qui descendirent jusqu\u2019au fond, soit à 108 mètres, pour remonter en une minute et demie, par le moyen d\u2019un treuil.Ce fut l\u2019aide des frères Egger, M.Hans Scharrer, qui-se soumit aux tentatives suivantes.Il plongea d\u2019abord à 40 mètres, puis à 60 mètres.Une dernière expérience l\u2019a descendu à près de 80 mètres.M.Scharrer n'a rien vu au fond du lac.Il espère descendre à plus de cent -mètres quand le temps se sera amélioré et que les eaux seront plus calmes, On raconte que ce serait un \u2018ingénieur des usines de Kaprun Qui aurait avancé aux \u2018 frères Egger les 20,000 shillings que cette opération a coûté jusqu'ici.Vers un \u2018 incernational 7 \u201d Mais cette partie de l'Autriche, on le sait, est occupée par les v Américains.Des officiers se sont présentés aux frères Egger pour leur déclarer : \u201cSi le trésor de Goering existe et que vous le trouviez, il sera mis sous séquestre comme appartenant aux armées alliées.\u201d \u201cC\u2019est ce qu\u2019on verra !\u201d ont répondu les frères Egger.\u201cLa loi.promet et réserve la moitié du trésor à celui qui l'a trouvé.Ce sera un beau procès devant le tribunal international de La Haye I\u201d Appelés devant le c ommande- ment régional de l'Armée améri-\u201d.caine, les fréres Egger ont déclaré qu\u2019ils ne cherchaient pas le trésor de Goering, mais qu'ils travaillaient.pour le compte d\u2019un ingénieur des usines motrices de Kaprun dont l\u2019auto, il y a quelques semaines, tomba dans le lac.D'autre part, le bourgmestre de Zell raconte que c\u2019est pour attirer les touristes dans sa cité pendant l'été que l\u2019on a imaginé de construire cette attraction inattendue.Mais les Américains se méfient.Ils font surveiller les travaux de l'ancien château de Goé- - ring, par des sentinelles -munies de fortes jumelles !\u2026 Le tréser de l\u2019Attersee L'histoire du second trésor de ; J .de Goering Goering est plus dramatique.Celui-ci serait contenu dans un avion qui s\u2019abattit en flammes au milieu de l\u2019Attersee, le plus grand lac du Salzkammergut, sur la ligne de Salzbourg à Linz, à proximité de la frontière allemande.Toute une population a assisté à l'événement, dont le récit est complet et authentifié.C'est le capitaine de la marine fluviale autrichienne, Karl Kaltenberger, qui le rapporte.0 \u201cC'était dans la matinée du 17 avril 1945, dit-il.Les troupes allemandes de Haute - Autriche étaient cernées par les Alliés.J'étais sur le lac, commandant mon bateau, ayant à bord une soixantaine de passagers.\u2019 Soudain, nous vimes paraître au- dessus des montagnes, venant d'Allemagne, un grand \u201cJunker 88\u2019, qui fut tout de suite pris sous le feu des chasseurs amé- ricgins.Criblé de balles, le \u201cJunker\u201d cherchait a atterrir.Ses moteurs flambaient.Il tomba dans le lac, à moins de 300 mètres de mon bateau et à environ 800 mètres du rivage.Je fis donner un coup de barre pour me porter au secours des occupants de l\u2019avion.Sur le fuselage, deux officiers essayaient de se débarrasser de leurs vêtements.Je pus les recueillir à bord de mon bateau.Un troisième, qui paraissait blessé, sortit de la carlingue et se jeta à l\u2019eau.Au: moment où nous allions le hisser à bord, le \u201cJun- \u2018Ker\u201d explosa et s\u2019enfonça dans les flots, provoquant un énorme tourbillon.Mon bateau était en danger.L'homme fut pris dans le tourbillon et coula à pic.\u201d Sur le pont du bateau, les deux \u2018 officiers - rescapés racontèrent \u2014 et soixante personnes ont entendu ces propos \u2014 que leur avion était le dernier courrier de l'armée allemande, transportant les ultimes ordres pour l\u2019armée d'Italie en déroute, ainsi que des caisses remplies d\u2019or.À ce point du récit, les témoignages divergent.-Les uns prétendent qu'un des \u2018officiers aurait déclaré que cet or appartenait à Goering.D'autres disent qu\u2019il ne fut pas question de Goering, mais de \u201cGrands du Troisième Reich\u201d.Après avoir été débarqués sur le rivage, les deux hommes disparurent et nul ne les a jamais plus revus.: L'aviea sera renflené Depuis ce jour-là, toutes les populations des villages autour de l'Attersee sont fascinées par le trésor englouti.Le propriétaire d\u2019une boîte de nuit de Graz, M.Waldemar Kandel, a mis sa femme ala téte de son commerce et, muni de gros capitaux, il est venu s'installer sur les bords de l\u2019Attersee.Il à fait construire\u2019 une cloche sous-marine, qui va lui permettre d'explorer cet été les fonds du lac.En attendant, un jeune plongeur, Heinz Polke, champion de nage sous-marine, s\u2019est déjà livré à de nombreuses investigations, Mais l'emplacement où l'avion a coulé n\u2019est pas aisé à repérer de façon exacte et, en: certains endroits, le lac atteint 180 mètres de profondeur.Peu importe, la cloche- et les Pontons sont prêts et M.Kandel estime que le renflouement de l'avion pourra avoir lieu vers la fin de l\u2019été prochain.En attendant, il a déjà réalisé d\u2019importants bénéfices.Un trust de journaux américains a mis à sa dis-' position des sommes\u2019 importantes, à la seule condition que le cour- Trier transporté par le \u201cJunker\u201d lui soit cédé en toute propriété.Quant au gouvernement autrichien, il a donné l\u2019autorisation_ de procéder aux recherches, sous réserve que la moitié du trésor lui reviendra! - Une chose est surprenante dans cette affaire : c'est l\u2019optimisme de M.Kandel et la facilité avec laquelle il engloutit des sommes importantes dans cette entreprise, On raconte que ce serait les deux officiers du \u201cJunker\u201d abattu qui, par l\u2019entremise de Kandel, financeraient les travaux.I y aurait donc de telles masses d'or dans l\u2019avion englouti ?- Charles REBER L'AUTORITE, 23 MAI 1953 \u2019 , - MON JOURNAL 24 AVRIL.\u2014 Lors de sa révélation franche et nette aux Féôliés- Bergère, il y a quelque vingt-cing ans, Joséphine Baker, brune fille des îles, ne paralssait pas particulièrement hantée par les préocou- pations raciales.Elle s\u2019occupait de son minimum et préférait les palaces A la case de Vongle Tom.Avec les années, l'idéologie a percé sa pointe dans sa jolie tête.Certaines déconvenues l'ont poussée à la réflexion.1! y a des endroits dans le monde où on lui a fait grise mine a cause de Ia pigmentation deo sa peau, précisement au moment où la prudence lui avait enseigné d'en laisser voir le moins possible.Comme c\u2019est injuste! Joséphine a pris dès lore une conscience aiguë du racisme.Mais la parole est peu et le geste est puissant! Aussi bien le colibri æézayant qui n\u2019avait que deux amours, son pays et Paris, atl résolu d'élargir le cercle de ses conquêtes.Joséphine se monte une famille, comme d'autres se montent une bibliothèque : elle adopte cinq enfants de deux ans choisis parmi des nationalités très différentes: un Scandinave, un Sud-africain, un Japonais, un Indien et un lsraélien.Cette marmaille cosmopolite respirera l'air pur de France, daris une propriété de la Dordogne que le mari de la vedette, le chef de jazz-band Jo Bouillon, est en train de faire aménager à cette fin.\u201cJe m'attacherai a ce que le plus grand respect des opinions et des croyances d'autrui soit observé\u201d, déclare la généreuse Joséphine.Je n'éprouve aucune inquiétude pour les opinions de ces moutards de deux ans, qu'elle doit se rendre quérir sur place, selon le vieux principe qu'on n'est jamais mieux servi que par soi-même.Un brave petit coeur, cette Joséphine a la peau chocolatée! 25 AVRIL.\u2014 A la lecture de la .dernière pièce de Jacques Deval, je me fais cette réflexion qu\u2019il est bien difficile, pour un écrivain chevronné, de ne pas céder aux facilités du métier.ue recours au procédé est tout particulièrement sensible chez.les fabricants de pièces; ils ne:conservent pas longtemps cette pureté exigeante sans laquelle une oeuvre n'est pas authentique.C\u2019est peut- être qu\u2019une aventure dramatique est avant tout une entreprise collective et qu'il faut ne rien négliger pour éviter une déconfiture fi- .nancière.Trop d'intérêts sont en Jeu.L'écrivain se voit (souverit) réduit à sen tenir à des recettes éprouvées et usées, afin de ne pas étonner et éloigner un public tou- joure capricieux.L'attitude est-elle aussi pratique qu\u2019elle le semble de prime abord?Je me permets d\u2019entretenir quelques doutes sur son efficacité.26 AVRIL.\u2014 Je viendrai comme un voleur.La phrase se confirme tous les jours, elle nous atteint davantage quand nous sommes devant la tombe d\u2019un homme pour qui l\u2019on à ressenti beaucoup d\u2019admiration et qui nous a témoigné de la bienveillance.Le R.P.Alfred Bernier, 8j, doyen de la Faculté de Mus!- que, a été foudroyé.Nous avions bavardé quelques jours plus tôt; s\u2019il avouait une certaine lassitude, il ne ralentiesait en rien son rythme de vie.Il alliait une simplicité .de bonne compagnie à un raffinement de grand civilieé.(! aurait pu répéter, après Valéry Larbaud : Beauté, mon beau eouci.I! avait une répulsion naturelle pour toutes les formes de la laideur.Pour - lui, l\u2019art était une forme conquérante de I'apostolat.|| meurt trop tot, n'ayant eu \u2018le temps de terminer la vaste besogne qu'il avait mise en chantier et qui lui tenait si étroitement à coeur.Nous conserverons sa mémoire.27 AVRIL.\u2014 Nous sommes quelques journalistes à assister à {a pro- Jection d\u2019un film en primeur.Nous en avions beaucoup entendu parler.La séance est agréable, bien sûr: plusieurs interprètes, parmi les par Roger DUHAMEL plus grands, de l'écran français.C\u2019est l\u2019argument qui est indigent.Ce n\u2019est pas la première fois qu\u2019il en est ainsi.On éprouve le sentiment que trop souvent de bons comédiens sont trahis par leur rôle.Il faut reconnaître que les bons ré- les ne sont pas légion.Et il faut bien tourner.i 28 AVRIL.\u2014 Ce sera désormais sir Winston! Faut-il s\u2019en réjouir?Après tout, pourquoi pas?Tant qu\u2019il y aura des hommes sur la ter re, ils auront besoin de décorations.Les médailles et les bouts de ruban attirent sur eux l'attention respectueuse des foules.Un peuple démocratique se distingue particulièrement par son affection badaude pour les insignes extérieures des castes aristocratiques.Ce n\u2019est pas le seul paradoxe de la psychologie humaine.Il est cependant heureux que le choix de ta reine se soit porté sur un homme qui honore le titre qu\u2019il portera désormais.A bien y penser, Churchill n'avait pas besoin de cette distinction.Il a fait sa trouée dans l'histoire par lui- même.29 AVRIL.\u2014 Parce qu'il a réclamé une télévision autonome, le professeur Lower est durement pris à partie.Le problème qu\u2019il soulève mérite mieux qu'une réprimande superficielle.Ce qui importe, c\u2019est de savoir si nous pouvons sans danger nous inféoder à tout ce qui est américain.À plusieurs égards, nous sommes dans le même camp que les Etats-Unis et j'estime puéril de nous en plaindre.En revanche, Il faut tout mettre en oeuvre pour conserver notre originalité nationale.Les modes d\u2019information moderne peuvent contribuer à effacer graduellement nos caractéristiques propres.Notre voisinage géographique nous empêche de soutenir qu\u2019il soit possible \u2014 et même souhaitable \u2014 d'interdire toute Infiltration.Il est néanmoins indispensable que nous fassions notre possible pour accuser notre personnalité.30 AVRIL.\u2014 Je termine un article en faveur des Amis de l'Art, à l\u2019occasion de leur souscription annuelle.C\u2019est une oeuvre bien sympathique.ll n\u2019est pas nécessaire d'être très Agé pour comprendre le progrès considérable que cette initiative a apporté à la jeune génération qui trouve ainsi bénéfice à se familiariser avec toutes les formes d'expression artistique, au moment de la formation, au moment où les impressions se gravent plus forte- mont dans les esprits et dans les coeurs.C\u2019est le grand mérite de Mme Hector Perrier d'avoir vu juste et de n\u2019avoir pas boudé la besogne.Dans les débuts, d\u2019aucuns ont pu penser qu'il ne s'agissait que d'une certaine agitation mondaine.Après tout, la femme d\u2019un ministre a tout avantage à se placer en évidence! Eh bien, non, il y a déjà longtemps que le \u2018ministre a abandonné la politique et qu'il compte parmi nos meilleurs juges, et son épouse poursuit avec la méme éner gie ce qui est devenu l'oeuvre de sa vie.Les Amis de I'Art apportent une précieuse contribution à la vie intellectuelle de notre jeunesse.Mme Perrier et ses collaborateurs ont travaillé en terre fertile.Le sans-atout de Miss Jane (LLIAM SEALE, beau gaillard de six pieds, un as d'aviateur, rencontre Geodfroy Steele, un mathurin qui semble perdu sur le terrain des vaches.Steele invite donc Seale à sa chambre d'hôtel, en lui glissant dans l'oreille que UN PRODUIT DE LA BRASSERIE DOW LIMITÉE K-S7¢ deux bien jolies filles les y attendent.Loin de son hélice, Seale ne sait pas toujours se défendre et accepte l'invitation du matelot, qui avait dit vrai.Dans un déshabillé qui n\u2019avait rien du progressif, sous la .Jampe rose\u2019 d'un amour de bou- -~ doir, veillent -Annie et Jane, la première, rousse pimentée, la seconde, blonde comme Cérès, au milieu de ses blés miiris.\u2018 Les deux couples se mettent à jouer au bridge.C'est un jeu fort prisé chez ces dames, où la meilleure main \u2014 ne soyons pas indiscret \u2014 gagne toujours.Jane fait un sans-atout.Annie conduit une suite de coeur à faire pâlir le meilleur bridgeur.Et ainsi pendant une heure, jusqu'au.\u2018grand slam\u201d.Soudain la lumière manque.Est-ce le gérant de l'hôtel qui décide de pratiquer l'obscura- tion, par crainte de bombes atomiques?Est-ce Jane qui a coupé le courant -pour reposer ses jolis yeux, après tant de brasses et re- brasses?Il ne faut tout de même pas que la Dame de Pique se prenne pour le Valet de Trèfle.- ou le Roi de Coeur! Impossible de continuer le jeu de cartes dans l'obscurité.Les couples attendent.Seale l'aviateur sent la caresse d'une main qui frôle son pantalon.Expert en vol plané il s'étire davantage, laisse faire, assuré qu\u2019il y a là des doigts de petite femme avisée.Il faut attendre.Pas de soupirs, pas le moindre petit cri de surprise ou d'émotion.Enfin la lumière revient.Annie replace ses frisettes, tandis que Jane relève un bas de ny- Jon outrageusement descendu à sa cheville, un de ces bas qui se L\u2019or et la guerre en Corée.I \"OUEST en l'occurrence c\u2019est la Corée, puisque depuis Galilée, on, est toujours I'Oriental de quelqu'un.En Corée, et grâce au Général Mark Clark (nous avons failli écrire le généreux Mark Clark) la guerre va prendre une nouvelle allure.\u2018Le général, saisi d\u2019une idée géniale, a offert la somme de dix mille dollars au premier pilote Nord-Coréen qui, avec son \u2018\u201cMig-15\u201d\u2019 viendra se poser sur un aérodrome allié.Les autres aviateurs communistes qui* suivraient, avec leur appareil, toucheraient 50,000 piastres, ce qui est tout de même une somme.\u2018En achetant \u2018ainsi tous les avions ennemis, si \u2018les aviateurs veulent bien y mettre du leur, les Américains gagneront facilement en Corée la bataille de l'air.Notez qu'un chasseur \u201cF-86 SABRE\u201d coûte 230,000 dollars, à l\u2019état neuf; on voit l'économie réalisée.En généralisant le système, on pourrait également offrir cent dollars à chaque fantassin nord-coréen qui accepterait de franchir les lignes alliées pour venir se mettre au vert dans les camps de repos de l'Ile de Kojé.Pour la modique somme de cent millions de dollars, on s'offrirait ainsi toute l'armée communiste.Notez toujours _qu\u2019une semaine de combat en, Corée coûte 104 millions de dollars aux Nations Unies.Les experts de Washington pourraient même calculer qu\u2019en donnant cinq mille piastres par tête de fantassin coréen, on, ne dépasserait pas l\u2019ensemble des sommes dépensées annuellement en Corée, soit cinq milliards de dollars.Sans compter que cette façon élégante de mettre fin à la guerre, plairait beaucoup aux soldats alliés; on remplacerait leurs fusils par des stylos à bille et leurs cartouchières par des carnets de chèque : ils deviendraient les caissiers de l\u2019Oncle Sam, toujours prêts à Verser son or, pour faire rê- gner la paix dans le monde.Lauis-Martin TARD ravalent toujours à la noirceur.Mais où donc est Steele le marin?Plus de Steele! L'aviateur, qui conserve le souvenir de ces doigts chauds dans ses poches de pantalon s'éveille enfin à la triste réalité.Il se fouille pour découvrir que les $110 qu'il recevait tantôt de son paie-maître, il ne les a plus.N'ayant pas même de quoi payer un taxi aux subtilisantes joueuses de bridge, le pôvre les -accompagne à la cage de l'ascenseur, les salue et dégringole dans l'escalier pour aller alerter poli- ce-secours.Après plusieurs Visites avec des agents Seale retrouve son matelot dans une boîte de nuit notoire du boulevard Saint-Lau- rent, en train d\u2019invitér cette fois un fantassin à le suivre à sa chambre d'hôtel pour une partie de bridge.Mais les limiers pincent presto le bridgeur pince- sans-rire, Traduit devant le juge Char- les-Edouard Guérin, Steele a admis sa culpabilité.Le tribunal, après avoir obtenu la promesse qu'il remboursera sa victime dès sa sortie des cellules, lui impose comme peine les quelques heures passées en prison, non sans lui conseiller de retourner à son bateau, et ne plus monter de bateaux aux gars de l'armée avec une rousse Jane et une_ blonde Annie.Adoiphe NANTEL , / New-York.\u2014 Le Président Eisenhower prendra-t-il position ?Le gouvernement Eisenhower, I'\u201cAdministration\u201d républicaine comme on dit ici, est en place de- _ puis plus de trois mois, et nul ne se hasarde à prédire ce que seront son programme et son action, comment la besogne gouvernementale se partagera entre la Mai- son-Blanche et le Congrès.\u2019 Du temps des présidents Roosevelt et Truman, lé Congrès n\u2019a jamais empiété sur les prérogatives de l'Exécutif, alors que ces prérogatives s\u2019'enflaient démesurément à l'occasion de la réforme sociale appelée \u201cNew Deal\u201d et de la deuxième guerre mondiale.On peut même dire que, dans les vingt dernières années, l'autorité du Congrès est apparue le plus souvent en retrait sur ce qu\u2019elle fut normalement dans le passé.Sous le nouveau régime, le Congrès va-t-il prendre sa revanche, essayer tout au moins de ramener les deux branches du gouvernement des Etats-Unis à l'équilibre ancien ?Ou bien le Congrès républicain n\u2019aura-t-il ni la force, ni l'inspiration nécessaire à un redressement ?Tout dépend, d\u2019une part, de ce que sera l'influence personnelle du Président Eisenhower, de sa force de caractère, de la netteté de ses idées sur le plan politique et, d'autre part, des mouvements collectifs qui se manifesteront dans les faibles majorités républicaines du Sénat et de la Chambre des Représentants, une voix et huit voix respectivement.Or, tandis que le Président Eisenhower n\u2019a encore pris, jusqu'ici, ni grande décision, ni initiative manquante, il existe, au Sénat principalement, un groupe actif, entreprenant, entraîné au langage et aux procédés de la grande démagogie, qui se fait fort de balayer le pays et d\u2019assigner à Ja Maison Blanche des mots d\u2019ordre et conseils à sa convenance.Nous pensons à Joseph McCarthy, sénateur du Wisconsin, et à sept ou huit de ses collègues dont MM.Jenner, Bridges, Hickenlooper, Capehart, Dworshak.Leur programme tient un peu de mots.Le - communisme, article d'exportation soviétique, s\u2019est introduit aux Etats-Unis.Il convient de recourir à des méthodes sommaires et brutales.D'abord, pour le chasser des départements ministériels, des services publics ou il s'est faufilé ; ensuite, pour I'extirper du sol américain, Méthodes sommaires et brutales, qu\u2019est-a-dire ?Or, c\u2019est assez simple ! Incriminer les gens, les expulser des cadres administratifs sur des soupçons agrémentés de prétextes les plus divers, qualifier de trahison les erreurs de jugement qu'ils ont pu commettre dans l'exercice de leurs fonctions, En bref, pour en finir rapidement avec l'ennemi intérieur, ne pas regarder de trop près au choix des moyens, dussent les innocents pâtir aussi bien que les coupables.Mais sur quoi est fondée l\u2019accusation que le communisme, pour ne citer qu\u2019un cas particulier, a pénétré le Département d\u2019Etat ?Cette accusation a été lancée bruyamment par le sénateur Joseph McCarthy en février - 1950.Il a dit et répété qu\u2019il avait dans son dossier la liste des fonctionnaires communistes, mais, cette liste, il ne l'a jamais montrée à quiconque.Et il n\u2019a jamais prononcé de nom.Quant au nombre des agents crypto-communistes, il a-varié dans ses chiffres.Il a dit successivement : ces agents sont au nombre de 205, de 57, de 80.À noter\u2018 que, trois ans auparavant, le cas des fonctionnaires du Département d'Etat avait été étudié, vérifié par une commission sur l\u2019ordre du général George Marshall, alors Secrétaire d'Etat.Dix d\u2019entre eux seulement, et de rang inférieur, avaient été renvoyés.L'affaire la plus notable fut celle d\u2019Alger Hiss, Hiss fut reconnu coupable d\u2019avoir remis des documents officiels à Whittaker Chambers, qui les passait aux Soviétiques.Mais Hiss était condamné depuis plus d\u2019un mois, quand McCarthy commença à-se camper en accusateur public.Inutile d'ajouter que McCarthy et les siens ne s\u2019en prennent pas seulement aux diplomates.D'autres catégories de fonctionnaires sont passées sous leur férule ou y passeront, Et les journalistes ne seront pas oubliés, annonce-t-on.Le mouvement lancé par le sénateur McCarthy n\u2019aurait pas atteint son ampleur d\u2019aujourd'hui, si les circonstances ne l'avaient pas favorisé.Nous entendons par \"JA: les ordres exécutifs du président Truman (le premier est du 21 mars 1947) confirmés et corri- -gés par d\u2019autres ordres exécutifs, le plus récent, datant d\u2019une semaine à peine, est signé : Eisenhower, Les fonctionnaires sont soumis à une enquête poussée dans tous les replis de leur passé et qui, même terminée, se prolonge ou reprend dans des vérifications occasionnelles.À l'origine, seuls le loyalisme, le dévouement au bien public des fonctionnaires étaient sujets à l'investigation.Maintenant, leur moralité, leur compétence, leur aptitude professionnelle peuvent être mises en cause, ce qui signifie que l'arbitraire gouvernemental est susceptible de jouer.Et depuis septembre 1951, un \u201cdoute raisonnable\u201d peut suffire à faire condamner un fonctionnaire.Le genre d\u2019enquête dont nous venons de parler se déroule dans le cadre de chaque département \u201cministériel et sous la responsabilité du ministre, qui en est le chef.Mais, à côté de ces enquêtes menées à l'intérieur des services, il faut compter avec les commis- sions- parlementaires en train depuis quinze ans et qui opèrent du dehors.En premier lieu, la commission de la Chambre des Représentants dite des \u201cactivités non-américai- nes\u201d.Elle fut instaurée en 1945- 46, pour une année seulement.En 1946, elle est devenue permanente.Elle peut s'attaquer aux sujets les plus divers.En deuxième lieu, la commission de vérification et de contrôle des services publics dont le sénateur McCarthy réussit à se faire élire président en 1946.Coup de maître qui suffit à montrer l'étendue de son pouvoir et de ses possibilités.Enfin il faut citer la sous-commission de la sécurité intérieure, dépendant de la commission judiciaire du Sénat.En tant que président de la commission de vérification et de contrôle, le sénateur McCarthy est à même de mêler ses propres enquêtes à celles de la commission.Il est, du reste, appuyé par son ami, le sénateur Jenner, président de la commission des règlements.Ainsi ne lui a-t-il pas été difficile de dépécher en Europe deux jeunes hommes, chargés de le renseigner sur le personnel de la \u201cVoix de l'Amérique\u201d.Nous sommes donc en présence d\u2019un réseau compliqué d'enquêtes incessantes entretenues, les unes par le pouvoir exécutif, les autres par le pouvoir législatif.Ainsi règnent une atmosphère de suspicion, un climat politique assez malsain.Un tel état de choses est caractérisé par deux traits qu\u2019il importe de relever entre d'autres.I] faut craindre que des sursauts émotionnels, sentimentaux, irra- Eisenhower face à McCarthy tionnels ne menacent de prévaloir, à certaines heures, dans la vie publique américaine et d\u2019entraver le | jeu normal des institutions.Il faut craindre aussi que des fonctionnaires, ne sachant quel sort leur est réservé, n\u2019'osent plus assumer les responsabilités qu\u2019exige parfois l\u2019exercice de la fonction publique.Que l\u2019on pense seulement, au cas de Charles Bohlen, nommé ambassadeur à Moscou et auquel les questions les plus incongrues furent posées lorsqu'il comparut devant la Commission des Affaires Etrangères du Sénat ; au cas de Charles Thayer, son beau-frère, pourvu d\u2019un poste en Allemagne, dans la zone américaine d'oc- \u2019 cupation, et qui vient d'être forcé de démissionner.Que l'on pense encore au cas de Carter Vincent, spécialiste des affaires chinoises, qui, il y a quelques années, recommanda à tort ou à raison aux Nationalistes chinois de rechercher un compromis avec les communistes.Carter Vincent vient d\u2019être mis à la retraite avec pension.De nombreux écrivains ne cessent de le faire observer.Le \u201cMc- Carthysme\u201d travaille contre l'intérêt américain et même contre la Erande cause du monde libre.Quel paradoxe ! Le McCarthys- me procède de la crainte et de la haine du communisme.Mais, tandis qu'il risque de troubler, dans son fonctionnement, la démocratie américaine, tandis qu\u2019il provoque, dans le public, des mouvements de masse irréfléchis, il peut finir par faire le jeu du communisme.Le général Eisenhower saura- t-il arrêter les entreprises de Mc- Carthy et de ses partisans ?Avec l\u2019aide des éléments les plus sages, saura-t-il discipliner l'ensemble du parti ?Le sénateur Taft le se- condera-t-il dans la conjoncture ?Une occasion se présente peut- être : une sous-commission sénatoriale a tiré au clair les conditions dans lesquelles M.McCarthy fut élu sénateur, et elle a critiqué l'usage qu'il fit de ses fonds électoraux.Mais le rapport de la sous-commission n\u2019a pas eu de suite.Jusqu'ici le président Eisenhower a grandement ménagé le clan extrémiste.Et, contre ce clan, le Secrétaire d'Etat Dulles n\u2019a pas défendu ses fonctionnaires avec autant de résolution que son prédécesseur, M.Acheson.Quoi qu'il en soit, le président sera tenu, tôt ou tard, de prendre position.Ce sera l'acte majeur de l'année, Beaucoup attendent impatiemment cet acte pour apprécier la stature politique de l'ancien généralissime.PERTINAX C'est agréable de voyager par train avec toute sa famille.Et ça coûte si peu cher: les enfants âgés de 8 ans ou ayant moins de12 ans voyagent à moitié prix, ceux de moins de 5 ans et accompagnés voyagent gratuitement, Dans ce train, vous pouvez vous allonger dans un moelleux fauteuil à dossier inclinable.Et vous êtes toujours sûr d'arriver à destination à l'heure convenue, frais et dispos.Vous pouvez lire, contempler le paysage, marcher, faire mille et une choses, De délicieux repas sont servis dans les wagons-restaurants ou des menus illustrés et aux vives couleurs sont présentés aux enfants, à qui sont servis des mets appropriés.Vos bagages, jusqu'à concurrence de 150 livres, sont transportés .Bratuitement jusqu'au terme de votre voyage.Si vous le désirez, une voiture \u201cauto-conduite\u201d sera mise à votre disposition dès votre arrivée däns une ville importante, Bureau des billets à Montréal, 384 ouest, rue StJocques \u2014 Tél.MA.4731 Pour renseignements au sujet des tariis ét des heures des trains: MA.3651 CANADIEN NATIONAL LE RÉSEAU QUI DESSERT LES DIX PROVINCES ~ L\u2019AUTORITE, 23 MAI 1953 - L\u2019AUTORITÉ bre 524, Edifice Canada Cement, M nistère des Postes, Ottawoencaissable au pair & Montréal.lus vieil hebdomadaire de langue frangaise de Montréal, Bureaux & Chem- 24 \u2018Edifice Cons ontréal (2e) ; tél.: Loncoster Beauceville par 1\u2018\u2019\u2019Eclaireur\u2019\u2019.Autorisé comme envoi postal de deuxième classe.Mi- Directeur : Gérard Gingres.Secrétaire de la rédaction : Michel Roy.Abonnement annuel : $4.00 payable d\u2018avance par mandat-poste ou par chèque \u2019 8592.Imprimé à e + L'élection d'Outremont fait des états totalitaires.Les dictateurs ont besoin d'orienter les mouvements d'opinion pour conserver le pouvoir; ils ne peuvent risquer de Jaisser l'opinion populaire se former d'elle-même à la lumière des événe- ments; il leur faut envelopper les faits d\u2019une atmosphère favorable qui va jusqu\u2019à la falsification.C'est certain que l'organisation de l'Union Nationale est depuis longtemps en pleine activité dans le comté d'Outremont: l'énumération des électeurs est sans doute complétée clandestinement depuis quelques semaines; la cabale bat son plein; on fait tirer des appareils de télévision; des agents électoraux frappent à tous les domiciles.M.Duplessis qui a les moyens de soudoyer les journalistes, a organisé une publicité monstre autour du travail de ses organisateurs.Des canards sont lancés à l'effet que l'on est en train de former une équipe des mieux constituée, qui enlèvera la victoire d\u2019un coup de main, Cette propagande a également son aspect négatif.II faut créer l'impression que l'adversaire est complètement désemparé devant l'appareil invincible du gouvernement.On répand de fausses nouvelles : désaccords au sein du parti libéral au sujet du choix du candidat ou de l'organisateur.» Inertie totale des rouges qui commencent déjà à s'avouer vaincus.C'est là un petit jeu qui, bien qu'il soit bien connu, crée encore son effet.Il en reste 1 A propagande bien organisée est surtout le toujours quelque chose.Il contribue à mystifier les naïfs, même chez les libéraux et les indépendants.Depuis quelques jours, \u2018Le Devoir\u2019 pourtant ouvertement opposé au gouvernement de l'Union Nationale, fait, probablement inconsciemment, le jeu de M.Duplessis, en répétant a la suite de ses lieutenants, les ragots les plus inimaginables.A deux ou trois reprises, sans aller aux sources compétentes, \u2018Le Devoir\u201d a parlé de Ja désorganisation des forces libérales dans le comté d'Outremont, de l'opposition de certains libéraux à M, Lapalme, de désunion, etc, etc.L'organisation électorale dans les milieux libéraux suit son cours normal dans Outremont.On ne peut tout de même pas exiger que soient dévoilées au grand public les adresses des comités, au risque d'amener un raid de la police du- plessiste.Les libéraux ignorent encore les limites des circonscriptions électorales dans le comté.M.Duplessis gardera ce secret jusqu\u2019à la dernière minute.Cet aspect du nouveau bill 34 gênera, sans doute, le travail pour quelque temps, mais dans tout ce qui dépend de leur activité propre, les organisateurs libéraux ne sont pas en retard.Ils travaillent en parfaite union pour assurer la victoire à M.Lapalme, \u201cLe Devoir\u2019, en voulant sauvegarder son indépendance des partis politiques, pour contre- : balancer son attitude antiduplessiste en éditorial, colporte de fauses nouvelles qui servent celui qu'il veut détruire.Gérard GINGRAS Les catholiques et l'impôt ANS \u2018Le Devoir\u2019 du 11 mai dernier, en premier-Montréal, M.Pierre Vigeant, porte-parole du mouvement nationaliste, accusait le bureau régional de l'impôt sur le revenu, qui couvre Ottawa, Hull et toute la ° région-frontière, d'avoir \u2018entrepris une campagne contre les contribuables catholiques et ca- nadiens-français qui invoquent les dons faits x aux oeuvres religieuses et attestés par un cer- - tificat de curé pour obtenir une exemption d'impôt\u201d.Quelques jours après M.Georges Langlois défendait à peu prèsla même thèse dans \u201cLa Presse\u201d, quoique avec plus de précautions et de discrétion.Il semble certain que ce bureau régional de l'impôt conduise actuellement une enquête sur l'émission des reçus de charité; il paraît aussi évident que cette enquête s'intéresse non seulement davantage mais peut-être exclusivement aux catholiques de langue française.Ce fait étant admis, sommes-nous justifiés de croire et d'écrire qu'il s'agit d\u2019une campagne contre les contribuables catholiques.Il y a une nuance très importante entre \u2018\u2018enquête\u2019\u2019 et \u2018campagne\u2019: la première peut être très facilement justifiable même exercée exclusivement chez les catholiques, alors que la seconde serait nettement de la persécution raciale.Si nous voulons être honnêtes avec nous- mêmes, nous admettrons facilement que des abus extraordinaires ont été commis dans ces invocations de dons aux oeuvres religieuses, et de la part des contribuables et de la part des curés qui émettent les reçus, Les cas sont très nombreux de catholiques qui ont obtenu des \u2018reçus de charité\u201d pour des montants bien supérieurs à ceux versés en réalité.Le fait, à plusieurs reprises, avait soulevé l\u2019indignation des protestants qui s\u2019en croyaient lésés avec raison.L'indiscrétion d'un directeur d'un bureau régional d'impôt m'a d'ailleurs appris que dans certaines paroisses catholiques, le montant de reçus de charité émis dépassait les recettes totales de la paroisse, chose tout à fait invraisemblable, si l\u2019on pense que beaucoup de catholiques ne réclament pas de requs pour les dons qu'ils versent effectivement.Pourquoi alors se surprendre que le bureau régional d'impôt à Ottawa institue unc enquête pour faire cesser ces abus.La seule raison qui puisse être invoquée, c\u2019est que l'enquête soit effectuée à Ottawa plutôt qu\u2019à Montréal.Si des fonctionnaires de langue française en étaient chargés, si surtout l'initiative en était prise à Montréal, la chose ferait beaucoup moins de bruit.C'est beaucoup plus l'élément canadien- français que l'élément catholique qui est en cause et les protestataires se sentent beaucoup plus touchés dans leur nationalité que dans leur religion.Ce ne sera pas la première fois que le nationalisme joue son \u2018jeu -sous le couvert de la religion.Les théologiens prétendent que l'impôt sur le revenu n\u2019oblige pas en conscience et, pour ma part, je suis loin de vouloir les contredire.Que les catholiques essaient d'échapper à la loi en se procurant des reçus pour des montants exagérés, libre à eux.C\u2019est peut-être de bonne guerre, quoique si leur portefeuille s'en porte bien, leur religion ne peut que souffrir d'une telle pra- \u2018tique.Mais s'ils se font prendre au jeu, qu\u2019ils admettant simplement le fait, sans croire à la persécution.' G.G.\"Le ja .OS lecteurs peuvent lire aujourd\u2019hui dans N la rubrique de la une protestation contre la publication du nouvel hebdomadaire bien connu, \u2018\u2019Allo Policé\u201d, C'est la première lettre que nous recevons à ce sujet, mais c\u2019est loin d'être la première fois que nous entendons critiquer cette feuille.Depuis son expansion un peu extraordinaire, elle alimente au contraire beaucoup de conversations.Nous ne voulons pas, cependant, usurper le rôle du gardien officiel de la morale québecoise et nous nous excusons auprès de M.Léopold Richer de toucher un sujet qui lui appartient en propre, Dans un pays où la censure est en train \u201c de prendre le pas sur la liberté,-ce n\u2019est pas sans une certaiñe gêne que nous nous décidons à signaler aux autorités compétentes l'exploitation dégoûtante que cette petite feuille fait du jau- - - Aismé:depuis:sa:fondation:.Aucunsjourmal\"au oo.- E- \u2018Boîte aux lettres\u2019 unisme d\u2019 \u201cAl lo Police\u201d Canada n'a, à notre connaissance, servi autant de cadavres à ses lecteurs.Il ne serait d'ailleurs peut-être pas nécessaire d'user de moyens draconiens pour forcer les éditeurs de \u2018\u2019Allo Police\u201d à user de plus de discrétion et de pudeur.Il suffirait d'instituer une petite enquête sur les sources qui alimentent le journal en photographies morbides.Les éloges abondants qui y sont faits des polices municipale et provinciale peuvent y être pour beaucoup.Personne ne nous fera croire qu'on \u2018puisse se procurer ces photographies de cadavres éventrés sans la complicité de la police et certains fonctionnaires municipaux et provin- ciaux-sont certainement à l'origine de cet étalage.Qu'on abandonne \u2018Allo Police\u201d à ses propres moyens, qu'on cesse simplement de lui faciliter Ja tâche et l'on verra vite sa popularité décroi- tre.-Nous y reviendrons.\u2018 : Nos éditoriaux a Toronto S un récent numéro de \u201cL\u2019Autorité\u201d, M.Fernand Lacroix exposait sous ce titre une thése et des idées qui me paraissent fort discutables.LL.M.Lacroix ridiculise une initiative d\u2019un grand journal de Toronto, La direction de ce quotidien \u2014 le \u201cTelegram\u201d, si je ne me trompe \u2014 décidait ces derniers temps de reproduire périodiquement des \u201carticles de fond\u201d de la presse québecoise de langue française, dans le but de renseigner les Torontois sur les tendances de l\u2019opinion publique dans le Québec, \"M.Lacroix affirme que c'est là faire preuve de naïveté, de candeur même, car les éditoriaux de nos journaux ne sont pas les échos fidèles de l'opinion publique, ni même de opinion des journalistes .chargés de les rédiger.\u2026 Au premier abord, voilà une théorie attrayante.Mais plus on lexamine, plus elle se ré- véle superficielle, parce qu\u2019elle ne tient pas suffisamment compte de toute la réalité.Et d\u2019abord, pourquoi M.Lacroix s'en prend-il au \u201c\u2018Telegram\u201d en particulier ?Si récente soit-elle, l'initiative de ce quotidien canadien-anglais n\u2019a rien d'original.Depuis plusieurs années déjà, d'autres grands quotidiens de langue anglaise reproduisent en page de rédaction des opinions extraites de la presse canadienne-française.Jusqu'ici, personne ne s\u2019est avisé de traiter leurs dirigeants de naifs ou de candides.Peut-on, en toute honnéteté, attribuer ces épithétes aux éditeurs, directeurs .et rédacteurs du \u201cMontreal Daily Star\u201d, de \u2018a \u201cMontreal Gazette\u201d et de 1I'\u201cOttawa Citizen\u201d.Mest avis que s\u2019ils avaient constaté un beau jour que ces articles n\u2019étaient que des trompe- l'oeil, ils eussent vite cessé de les reproduire.Jusqu'ici, rien de tel n\u2019est arrivé.Après cette \u201cpreuve par l\u2019absurde\u201d, serrons d'un peu plus près l'argument à l\u2019emporte-pièce de M.Lacroix: les éditoriaux de nos journaux ne sont que de pâles reflets de notre opinion ° publique.Je suis convaincu au contraire que les éditoriaux de nos journaux reflètent assez exactement les diverses \u201c\u2018facettes\u201d de cette Opinion, A mon humble avis, on se leurre quand on englobe dans une seule catégorie toute lopinion publique du Québec.Nous n'avons pas \u201cune\u201d opinion publique, mais \u201cdes\u201d opinions publiques, suivant les régions, les professions, les niveaux .de vie et d\u2019éducation, etc.Je me crois en mesure d'affirmer que l\u2019opinion publique \u201cglobale\u201d du Québec est une sorte de mosaïque de ces diverses opinions qui ont chacune leur porte-parole, en l'occurrence, les journaux.Je concède qu\u2019un anglophone peut être induit en erreur quand il confond l'opinion particulière d\u2019un journal avec l'opinion totale de la province.Mais, de notre côté, ne commettons-nous pas un peu la même faute quand nous fulminons, par exemple, contre une opinion particuliére- ment idiote et \u201cjingo\u201d du \u201cGlobe and Mail\u201d ?Peut-on nier que \u201cLe Droit\u201d et surtout \u201cL'Action Catholique\u201d ne représentent un certain secteur de l'opinion publique dans la province de Québec?Tout en rageant contre certains \u201cpre- miers-Québec\u201d de l\u2019ineffable L.- Philippe Roy, ne faut-il pas convenir qu\u2019ils expriment les réactions de multiples petits rentiers dévôts et que dans bien des villages et \u201cconcessions\u201d du bas de Québec, leur auteur est considéré un peu comme un oracle?Alors?.: Avec \u201cMontréal-Matin\u201d, \u201cLe Canada\u201d est le seul organe politique que nous possédions encore dans la province de Québec.L\u2019auteur de \u201cNos éditoriaux a Toronto\u201d osera-t-il nier que ces deux quotidiens cherchent à formuler et à répandre d'opinion de la majorité de léurs lecteurs, wet donc \u2018une certaine conception politique (bleue ou rouge) des événements tels qu\u2019ils se présentent dans la province et le pays?Sans mettre en cause la sincérité des rédacteurs, on peut constater qu'ils expriment deux courants d'idées nettement contraires.: A mon avis, dans ce domaine, l'exemple du \u201cDevoir\u201d est le plus probant de tous.Après avoir été, pendant de longues années, le porte-voix de l'opinion nationaliste dans ce qu'elle a de plus intransigeant (j'allais dire.de plus \u2018étroit), \u2018Le Devoir\u201d évolue lentement \u2014 trop lentement à notre avis, mais trop rapidement pour d'autres - Vers une certaine largeur de vues, particulièrement dans le domaine économique et social.Cette évolution salutaire, .elle est en tout premier lieu l\u2019oeuvre de son directeur et de ses rédacteurs actuels.Malgré des embarras financiers chroniques, \u201cLe Devoir\u201d continue de vivre.C\u2019est donc que les idées dont il se fait le champion conviennent à un certain secteur de l'opinion publique du Québec, secteur restreint en nombre, il est Vrai, mais malgré tout assez important et_influent._ Là où je suis tout prêt à tomber d'accord avec M.Lacroix, c\u2019est au sujet des \u201cgrands journaux d'information\u201d qu'il n\u2019est pas besoin de nommer.Je conviendrai avec lui que la plupart de leurs rédacteurs expriment rarement une \u201cidée\u201d qui ait un écho ou une correspondance OsRentio LES AVANTAGES DU BILL 34 \u2018Paix et intérêts américains\u201d muniste, si l'on en croyait une presse de forcenés, Churchill, la semaine dernière, réclamait une conférence entre les dirigeants des Etats-Unis, du Royaume-Uni et de l'URSS, dans l'espoir qu\u2019elle pourrait assurer au monde quelques années de paix.Et le lendemain, M.Clement Attlee, chef de l\u2019Opposition travailliste, approuvait sir Winston en ajoutant qu\u2019aux Etats-Unis, certains hommes et certains groupes puissants visiblement désirent la guerre, Il disait aussi qu\u2019il est difficile de savoir si c\u2019est bien le président ou le sénateur McCarthy 'qui mène le pays voisin du Canada et il notait que les discours et déclarations de M.John Foster Dulles, secrétaire d\u2019Etat, parfois contredisaient les propos qu\u2019en public tient M.Eisenhower.6 mite i devenu com- Il nous paraîtrait aussi injuste que dangereux qu\u2019une \u201cconférence de paix\u201d ne réunit que des Russes et des Anglo-Améri- cains; avec cette réserve, on ne peut qu\u2019applaudir à la suggestion du vieux premier ministre, homme d'expérience, s\u2019il en est, et que seuls des malades dangereux comme McCarthy, Maurice Duplessis et les minus habens de l\u201cAction catholique\u201d de Québec oseraient accuser de philocom- munisme, Quant a4 M.Atilee, on ne peut que lui donner raison quand il affirme que des intéréts américains sont opposés à un règlement international.M.Stevenson qui, de l'Inde lointaine a endossé la proposition de M.Churchill, prétend que M.Attlee est dans l'erreur.C'est que lintel- ligent candidat démocrate reste un Américain, obligé de tenir compte de certaines susceptibilités de ses compatriotes et des élections de 1954 et de 1956.Il est malheureusement trop évident que nombre de personnalités américaines veulent la guerre (du moins, elles en donnent nettement l\u2019impression).Non pas, on l'espère et on veut le croire, par soif de sang mais par une sorte de désespoir et de crainte panique; à cause des mêmes sentiments qui animent ailleurs, notamment en U.R.S.S., les bellicistes.Si M.Attlee avait tort de prétendre que certains.éléments américains sont peu enclins à voir se terminer la guerre de Corée, pourquoi tant de parlementaires républicains (et des démocrates) auraient-ils réagi devant son discours avec la puérilité que l'on sait, un peu à la manière de Shylock, en parlant du coût du plan Marshall qui n\u2019est aucunement en cause ?Pourquoi ont-ils cité des chiffres sur les pertes américaines en Corée?S'il faut à tout prix établir des comparaisons, jeu odieux et stupide, on verra que ce ne sont pas les Américains qui ont versé le plus de sang pour la liberté des hommes; ni durant la première -guerre mondiale, ni de 1939 à 1945, ni depuis.Il n\u2019y a, guerre longtemps, dans un discours au demeurant fort sensé, M.Eisenhower posait à l'U.R.S.S.plusieurs conditions préalables à une conversation entre \u201cGrands\u201d; sur quoi la \u201cPravda\u201d fit observer que ces conditions seraient précisément des sujets de négociation.Cette réponse est-elle si déraisonnable à la lumière des dépenses militai- .res des nations occidentales, de l\u2019exultation des seigneusr de Formose depuis quelque mois, de la doctrine Dulles sur la \u201clibération\u201d des satellites, que M .Eisenhower n\u2019a pas encore désavouée ?Les Russes ont signifié au monde \u2018qu\u2019ils sont disposés à entreprendre des discussions sérieuses, à parler d'affaires (dans la traduction anglaise : \u201cto entertain serious and businesslike discussions\u201d).Admettons qu'il faille rester sur nos gardes; serions- nous a ce point démunis que nous aurions peur même d\u2019entamer des pourparlers ?Au fond, les \u201cisolationnistes\u201d américains à la McCarthy ont peut-être raison : les Etats-Unis sont entourés de traîtres, il y en a des millions dans leur pays méme, si par traitre il faut entendre avec McCarthy quiconque souhaite des discussions entre l'Occident et I'U.R.S.S.Pour notre part, nous sommes fiers de croire fermement que la majorité des Canadiens méritent d\u2019être qualifiés de traitres par Mc- Carthy puisqu'ils veulent la paix mondiale et croient que nous ne la paierions pas trop cher en faisant encore une fois, s'il le faut, les premiers pas.Quon parle d\u2019\u201cappeasement\u201d, si l\u2019on veut, et de \u201cnouveau Munich\u201d; on ne sache pas qu\u2019un seul des signataires du Pacte de l'Atlantique s\u2019apprête à désarmer parce que M, Churchill voudrait, dans l'intérêt de\u2019 l'humanité, causer avec les maî- ,tres du Kremlin et le président des Etats-Unis.De la Nouvelle-Delhi M.Ste- : venson a déclaré: \u201cWe should always keep the door open for wide consultations and negotiations with a view to peaceful resolution\u201d of the conflicts that divide and torment the world\u201d.C\u2019est par cette parole de bon sens que nous voulons terminer en nous disant qu\u2019il n\u2019y a pas à désespérer puisqu\u2019elle a été prononcée par un Américain éminent.La boîte aux lettres Moniseur, Il est décevant pour la ménagère de constater que le prix des vivres ne diminue pas.En toutes saisons, tout est hors de prix.Tous les prétextes sont bons pour maintenir cette situation.Et le plus triste, c\u2019est que les autorités ne semblent pas faire grand\u2019chose pour nous aider à sortir de cette ornière.Il y a les loyers exorbitants et bien d\u2019autres choses encore.Dans l\u2019alimentation, ne pourrait-on pas commencer par autoriser la fabrication et la vente de la margarine, moins chère que le beurre dont le prix est élevé, à cause, dit-on, d\u2019une production insuffisante.En étudiant la question, ne pourrait-on accorder aux cultivateurs des octrois pour la production d'huiles végétales, comme on le fait pour les produits laitiers?Assurément, ici comme dans les autres provinces, tout le monde se trouverait bien que soit permise la vente de la margarine.Ce serait une industrie profitable à créer chez nous tout en aidant au soulagement du budget familial.i La province de Québec, par dans l'opinion publique.Mais \"encore la, si on voulait pousser le paradoxe jusqu'à la limite, ne pourrait-on pas dire qu\u2019ils reflètent une certaine opinion publique, celle qui ne pense pas, et donc, ne peut pas s'exprimer ?Somme toute, les éditoriaux de nos journaux suivent les méandres de l\u2019opinion publique du .Québec, en expriment les nuances et en reflètent les \u201cfacet- es.\u201d Hubert LEBLANC ailleurs si progressive, ferait-elle de l\u2019isolationisme et se laisserait- elle damer le pion par le reste du\u2019 pays et les Etats-Unis: qui sd- vent, eux, tirer avantage de la fabrication et de la vente de la -margarine ?Avec remerciements.Eugène LABELLE, 4234, rue St-Denis Monsieur, On vend depuis quelques mois à Montréal et peut-être dans toute la province, un hebdomadaire intitulé \u201cAllo Police\u201d, où paraissent des photographies abominables et tout à fait dégoûtantes de cadavres éventrés, scènes de meurtres, etc, etc, Les articles sont sur le même ton.Ne croyez-vous pas qu\u2019il soit dangereux de laisser entre les mains des enfants cette feuille à caractère morbide.Je suis étonné que personne n\u2019ait encore protesté contre cette publication.Les comiques, même Jlorsqu\u2019il s\u2019agit de récits où le revolver joue le plus grand rôle, me semblent beaucoup moins nocifs que te journal.Le pied est que les enfants en paraissent trés friands et - en parlent beaucoup avec enthousiasme, .Le bureau provincial de censu- rera-t-il droit de regard sur ce genre d\u2019imprimés ou sont-ce nos sénateurs fédéraux qui n\u2019ont pas encore pris connaissance de cette vulgarité, pour qu\u2019on leur laisse ainsi le champ libre ?Permettez-moi, monsieur le Rédacteur, de protester au nom -de milliers de pères de familles.E! , Yvan DUBOIS Monsieur, Permettez-moi de vous suggérer de publier une- étude, même si elle est courte et succinte, sur le Crédit social.Il semble que les créditistes soient très nombreux dans la province, peut- être au delà de cent cinquante mille.Or, il est très difficile de connaître exactement cette doctrine économique.Les créditistes qui en parlent, et Dieu sait s\u2019ils sont prolifiques, sont incapables d\u2019exposer leur théorie avec clarté et ils reculent dès que nous leur posons des questions, Est-ce parce que la doctrine est séduisante, qu\u2019elle trouve tellement d\u2019adeptes.Ou est-ce M.Even et M.* Grégoire qui exploitent une partie si importante de la population - en leur racontant des histoires à dormir debout ?- Le pire est que mémeé si leurs idées paraissent appartenir davantage au réve .qu'a la réalité, je n\u2019ai rencontré encore personne qui puisse les réfuter avec aplomb.Personne ne semble connaître notre système monétaire et notre mode de finance.Je crois que vos lecteurs trouveraient grand intérêt à voir la chose exposée par.un spécialiste.Je sais que beaucoup trouvent ridicules cette question du Crédit Social, mais ceux-là mêmes trouveraient peut-être avantage à se renseigner, ne fit-ce que pour étre en mesure de réfuter les idées créditistes chose qu\u2019ils sont incapables de faire aujour- - d'hui.Henri LAVENTURE L'AUTORITE, 23 MAI 1953 PAGE CINQ | La Science et la vie - (Ce que racontent les étoiles ES fantastiques découvertes faites au cours de ces dernières années dans le domaine de l'astronomie ont ouvert des perspectives absolument insoupçonnées et ont complètement renouvelé les données que l\u2019on possédait jusqu\u2019ici sur les espaces interstellaires, La mise en service à l\u2019observatoire de Mount Palomar, en Californie, mise en service qui ne remonte guère à plus de quatre ans, du télescope géant dont le réflecteur ne mesure pas moins, de cinq mètres, avait dé- ja rendu possible l'exploration de l'univers cosmique dans des proportions inconnues auparavant.Le télescope de Mount Palomar a une réceptivité -à la lumière qui correspond à celle d\u2019un million d\u2019yeux, Il permet de voir la lumière d\u2019une bougie éloignée de dix mille kilomètres et de la photographier à une distance de trente à quarante mille kilomètres; il nous met ainsi en mesure d\u2019explorer un espace cinquante millions de fois plus grand que celui accessible a un oeil humain.Déja le télescope de Mount Wilson, qui ne mesure que deux mètres et demi, avait réussi à nous faire pénétrer dans des régions située au delà de notre système stellaire.On avait découvert de la sorte d\u2019incommensurables espaces qui semblaient vides mais dans lesquels on décelait cependant quelques faibles nébulosités qui ont été identifiées comme étant d'autres immenses systèmes stellaires dont la clarté est cent millions de fois plus forte que celle du soleil.Mais leur éloignement est si grand que la lumière, dont la vitesse est de trois cent mille kilomètres à la seconde, met cing cent millions d\u2019années et davantage à nous en parvenir; .L'analyse spectrale des étoiles, de leurs atômes avec leurs électrons, leurs protons et leurs neutrons et leurs réactions nucléaires, \u2018 l'étude de l\u2019origine et de l\u2019évolution des éléments chimiques qui composent Junivers sont entrées ainsi dans le domaine des possibilités et un champ immense, jusqu'ici impénétrable, de la physique nucléaire,\u2019 s'est ouvert aux investigations.AVIS DE REQUETE EN DIVORCE AVIS cst par les présentes donné que Dame 'LEONA KUPRASZ, ménagére, de la Cité de Montréal, District de Montréal, fera application au Parlement du Canada pendant la prochaine session, ou la suivante, pour un Bill de Divorce contre son mari, LEO VE- REMOHUK, journalier, de la Cité et District de Montréal, dans la Province de Québes, pour cause d\u2019aduitère et déscrtion.Montréal, le 11 avril 1968.| LOUIS FREEDMAN, Q.C., Advocate, vocate, 20 St.James Street East, Suite 3, Montréal, Attorney for Applicant, 2-9-16-23 mai 1958.' ~.AVIS DE REQUETE EN DIVORCE AVIS est par les présentes donné que MILDRED ELIZABETII SEARS, résidant à Vancouver, Canada, s'adressera au l\u2019arle- ment du Canada au cours de la prochaine session pour obtenir un divorce de son époux .GEORGE FLEWELLING LEIGHTON, résidant et domicilié à Montréal, Québec, pour adultère ct désertion.\u2019 Daté à Montréal, ce 11é jour de mai 1958 PAUL MASSE, Procureur de la requérante, 152 sst, rue Notre-Dame, Montréal, Québec.(28-30 maj \u2014 6-13 juin 1953) Les personnes maigres engraissent de 5, 10,15 liv.Recouvrez entrain, énesgle, vigueur Quelle transformation: Les os ne paraissent plus, les chaire s'affermissent, le visage s'arrondit; plus de cou émacié: disparu cet air de squelette ambu- tant.Des milliers de jeuves filles, hommes et femmes qui ne pouvaient engraisser sont flers aujourd'hui de leur belle apparence.Ils attribuent ce résultat à Ostrex qui revivifie et renforcit.Contient ingrédients, stimulants, fortifiants, fer, vitamine Bi.eal- elum pour enrichir le sang, améliorer l'appétit et is digestion et mieux faite profiter de In pourriture: fait gagner du poids.Ne cralgnes pas de trop en- gralsser.Censes quand vous sures rattrapé les §, 10.18 ou 20ivres nécessaires pour atteindre la no Coûte peu.Nouveau format d'essai seulement Emssayes les fameux comprimés-toniques Ostrex pour recouvrer vigueur et poids.Toutes pharmacies.Mais des découvertes encore beaucoup plus étonnantes ont été faites depuis lors.Toute une science nouvelle est née en l\u2019espace de ces quelques derniers lustres: la radio-astronomie.En 1932, on avait constaté qu\u2019une antenne réceptrice de radio recevait des ondes d'origine inexpliquée.Un ingénieur ra- dio-électricien, M.Karl Jansky, Par de patientes recherches et grâce à un système d'antennes tournantes, parvint à démontrer que ces ondes venaient des étoiles.Peu après, un physicien, M.Grote Reber, révéla que ces ondes provenaient surtout de la voie lactée, amas de milliards \u2018de soleils en comparaison desquels le nôtre ne forme qu\u2019une modeste unité, et que le principal émetteur, le plus intense, se trouvait être la constellation du pr Marcel CHAMINADE Sagittaire.Un jour de février 1942, des perturbations étranges se produisirent dans Je fonctionnement des radars de la côte anglaise: des ondes insolites troublaient la réception des émissions intercontinentales de radio, Pour des raisons d'ordre militaire on garda alors l\u2019observation secrète.Mais des laboratoires entreprirent des recherches pour découvrir l\u2019origine de ce phénomène mystérieux et en 1948, un jeune physicien britannique, M.Martin Ryle, arriva à définir avec exactitude la position dans le ciel de deux grands centres émetteurs.\u201cAvec l'aide du grand télescope de Mount Palomar on est arrivé maintenant à dresser des cartes radio-électriques d\u2019une grande précision qui indiguent le tracé des lignes de niveau malquant rintensité des ondes émises.Aujourd\u2019hui on a construit ou on est en train de construire en Grande-Bretagne, en France, en Hollande, en Amérique, en Australie, et en Afrique du Sud, des radio-télescopes oll les savants écoutent jour et nuit les ondes d'origine stellaire amplifiées par un haut-parleur et transmises à .un enregistreur.Celui que l'on édifie près de Manchester a 75 mètres de diamètre et dépasse en hauteur le premier étage de la Tour Eiffel.D'immenses antennes s'étendant sur \u2018des terrains de plusieurs centaines de rnètres ont été installées, Nous connaissons désormais la \u2018 voix du Soleil, celle de Jupiter, celle de Saturne, celle de toutes les grandes planètes.La musique des sphères n\u2019est plus une figure de rhétorique.Elle est devenue une réalité.Les étoiles parlent et elles racontent des événements fantastiques, hallucinants, des cataclysmes spectaculaires qui se sont passés il y a des millions et des centaines de millions d'années, l'histoire de groupes cosmiques, de deux uni- Vêrs entiers composés chacun de dizaines de milliards de soleils qui sont entrés en collision à la vitesse extraordinaire de 16,500 kilomètres par seconde.Ce sont les gaz interstellaires de ces nuages de soleils qui se rencontrent et ce sont les ondes de radio qui sortent de ces masses énormes de gaz par un mécanisme encore inéxpliqué que nous entendons.Ce qu\u2019il y a de plus inimaginable c\u2019est qu'un cliché a pu être pris de cette catastrophe par les radio-astronomes plusieurs millions d'années après qu'elle se soit produite.: On entend ainsi des étoiles que l'on n\u2019est pas encore parvenu à voir.Au premier Congrès de radio-astronomie qui s\u2019est ré cemment tenu à Sydney sous la direction d\u2019un savant français, M.Marius Laffineur, directeur du laboratoire de radio-astrono- mie à l'Institut d\u2019Astrophysique de Paris et président de la Fédération Internationale de radioastronomie, on a annoncé que l'on avait repéré deux nouvelles radio-étoiles.L'une, la plus voisine de nous, aurait éclaté il y a déjà des millénaires\u2018et des millénaires et ses ondes n\u2019ont voyagé que quelques milliers d'années avant de nous parvenir.Quant à l\u2019autre, ses ondes auraient déjà voyagé quelques millions d'années avant d'être captées sur la Terre.La nébuleuse d'Andromède, qui comprend quelque vingt milliards de soleils et qui des quatre radio-sources identifiées est plus récemment étudiée, forme l'univers le plus proche du nôtre.vaux elle ne se trouve qu'à un million et demi d\u2019années-lumière.La technique de la radio-astro- nomie, la dernière née des sciences et qui n\u2019en est qu\u2019à ses débuts, nous dévoile ainsi sans cesse quelque nouveau mystère de notre univers.A en juger d\u2019après les découvertes déjà réalisées, de quelles connaissance stupéfiantes ne nous enrichira-t-elle pas d'ici quelques années ?= 7 .Voici un modèle de maison d'un étage et demi possédant une division intérieure des pièces, vraiment originale.L'architecte Edwin Raines, de Winnipeg, à voulu suivre la tendance moderne de situer le salon à l'arrière de la maison sans toutefois sacrifier l'apparence extérieure de la facade, ce qui constitue souvent une objection aux plans de maisons ayant ce genre de disposition intérieure.- Le cuisine à l'avant de la maison est tès bien éclairée et possède amplement d'espace pour être utilisée régulièrement pour les repas.L'entrée de service communique directement avec l'escalier du sous-sol.Le revêtement extérieur utilise une combinaison de stuc et de bois au rez-de- chaussée et de bois contre-plaqué dans les pignons, donnant ainsi un - effet intéressent et différent à le maison.La superficie de plancher est de .1,121 pieds carrés.Cette maison contient 17,530 pieds cubes.Les dimensions extérieures sont de 28 pieds per 26 pieds.Il est possible d'obtenir les épures de cette maison, modèle numéro 308, à un prix minimum, de tout bureau de le Société Centrale d'Hypothiques et de Logement, , ; LA MAISON D'AUJOURD'HUI wh CHAMBRE \"-9°x°8\"-0° se opi] CHAMBRE HANS Led ~ D'après les derniers tra- Voici une sculpture d\u2019Anne Kahane, de Montréal, qui a remporté un prix au premier concours international de sculpture, sous les auspices de l\u2019Institut des Arts Contemporains, S\u2019inspirant d\u2019un theme \u201cLe prisonnier politique inconnu\u201d, plus de 3,500 sculpteurs ont soumis des oeuvres.Exposition à l\u2019Ecole des Métiers A! fin de chaque année scolaire, l\u2019Ecole des Métiers Commerciaux, comme toutes celles qui relèvent du Ministère du Bien-Etre social\u2018 et de la Jeumesse, tient une exposition de travaux d\u2019élèves.Cette année, l'ouverture officielle aura lieu de dimanche, 7 juin, a trois heures de l'après-midr, et les kiosques resteront ouverts au -public -jusqu\u2019au mercredi suivant inclusivement.Le public pourra visiter les différents ateliers de l'Ecole pour y admirer les réalisations des élèves.L\u2019admission sera gratuite: On sait le rôle important que l'Ecole des Métiers Commerciaux joue dans la formation des jeunes sous l\u2019égide du Ministère du Bien-Etre social et de la Jeunesse.Les pédagogues considèrent qu'il ne s'agit pas seulement d'une école, mais d'une véritable université ouvrière.Les jeunes y acquièrent une spécialité reconnue dans divers domaines de l'activité industrielle et artisanale, On y donne des cours portant sur l\u2019art culinaire, la boulangerie, la patisserie, la coiffure pour dames et messieurs, la fourrure, l'horlogerie, le vêtement féminin et masculin, De plus, un nouveau cours a été ajouté il y a quelques mois pour la formation d\u2019opératrices destinées à l\u2019industrie de la robe.; L'Ecole des Métiers Commerciaux présente également \u2018des cours du soir dont le but est de donner aux travailleurs et aux apprentis de toutes catégories et à tous ceux qui occupent un emploi quelconque dans l\u2019une ou l'autrè-des spécialités enseignées, les notions théoriques et pratiques pouvant les aider dans l'exercice de leur métier.L'Ecole des Métiers Commerciaux est située dans l\u2019ancien immeuble de l\u2019université à 1265, rue St-Denis, Montréalvres des \u201cautomatistes\u201d, un grand tableau ou des organismes très simples semblent émerger d'un chaos visqueux.C\u2019est là l\u2019une des oeuvres que Fernand Leduc a rapportées de Paris, où il a séjourné durant six années.En outre depuis samedi dernier, et jusqu\u2019à mardi prochain, il expose chez lui au 354 est, blvd St-Joseph, toute une série de tableaux et d'aquarelles, les plus récentes des.oeuvres qu\u2019il a peintes à Paris et lors de séjours dans la campagne française.Les aquarelles, au nombre d\u2019une dizaine, sont toutes imbues d\u2019éclats de lumière, de coups de vent et d'une certaine dureté pierreuse, comme on pourrait s\u2019y attendre dans les oeuvres d\u2019un peintre sensible qui travaille en plein air, même s\u2019il ne \u201cfigure\u201d pas les paysages et les objets.C'est un peu comme si Van Gogh avait cessé un jour de dessiner des arbres, des champs et des rivières comme supports pour ses expressions lumineuses.Chez Leduc, il est: vrai, il ne s'agit pas que de lumière.La peinture est pour lui un moyen d'expression plastique, et comme ses grandes toiles le montrent bien il parvient à rendre l\u2019impression d'une plénitude vivante.Il expose une vingtaine de toiles, peintes l\u2019an dernier; la plupart laissent voir, au sein de mouvements verticaux et horizontaux, de nombreux objets dont chacun possède son propre plan spatial.Tout cela coexiste sans qu\u2019il y ait de conflits évidents On peut sans doute voir l\u2019expression d\u2019une aspiration chez l'artiste qui peignait dans une Europe pleine d'appréhensions, Leduc lui-mé- me est prét a voir dans sa peinture non pas un symbolisme, - Les Beaux-Ar mais une résonnance des conditions dominantes dans son milieu.I affirme volontiers que la peinture ne doit pas être qu'une aventure intellectuelle, mais bien un travail où tout, dans le peintre, puisse trouver voix, Il faut remarquer les audaces de couleurs dont témoignent plusieurs de ses toiles, où se développent également des rythmes puissants.Les jaunes, les bleus et les verts attirent parfois le regard dans des rondes vertigineuses.Marcie} Babinsky La sémaine dernière, dans un troisième de la rue Sherbrooke, on pouvait visiter une petite exposition d'un genre à part.Maciej Babinsky, un jeune artiste d'origine polonaise, exposait des aquarelles, des dessins et des caux-fortes, Les dessins surtout étaient remarquables.D\u2019un caractère mordant, satirique, dans une veine rabelaisienne, ses dessins sont comme autant de regards jetés sur une société où la bestialité ne sait même plus se voiler.Les motifs érotiques et sexuels réapparaissent dans chaque dessin \u2014 parfois, il faut admettre, d\u2019une façon quelque peu trop simpliste, Nombre de ses dessins ont «cette facture souple qui caractérise les dessins et les esquisses des peintres.Les eaux-fortes de Babinsky sont d\u2019un travail très soigné, mais les sujets semblent parfois surchargés.D'autre part, cela nous entraîne dans d'étranges méandres d'images, vaguement apparentés aux oeuvres des premiers surréalistes.\u2019 Parfois aussi perce un reflet de cette influence byzantine que Yon trouve chez tous les artistes qui nous arrivent d\u2019Europe orientale.Dans les aquarelles de Babins- Fernand Ledue et Babinsky la Place des artistes, on A peut voir, parmi les oeu- ky, la principale couleur est le noir, et il nous donne surtout des visions de heurts .et de rythmes éphémères nageant dans des brouillards jaunes.À peine, parfois, une suggestion de mouvement musculaire, mais assez pour fournir la clef de ces images fulgurantes.Aux Beaux-Arts Au Musée des Beaux-Arts, on peut visiter, en attendant l\u2019exposition Toulouse-Lautree qui commencera le 31 mai, une exposition intitulée \u201cVictory at Sea\u201d.oeuvres n'ont qu'une valeur documentaire, mais les tableaux et les esquisses de Jack Nichols et Thomas Forster valent bien une visite, Nichols, bien connu pour ses dessins et ses lithographies, montre trois grandes toiles qui sont des expressions sans époque de la souffrance humaine, et des hommes réduits à l\u2019hébétude.C\u2019est l\u2019éternel absurde qu\u2019il décrit.Quant a Forster, c'est surtout un esthète, qui trouve des sujets de grande valeur plastique dans les débris et les instruments de la guerre.Son intérêt pour les ruines et les objets ravagés est pour le moins curieux.Collections britanniques Pour qui croirait s'amuser à visiter une grande exposition de chromos, signalons que la galerie Rosenthal, rue Victoria, montre actuellement quelque 500 tableaux provenant de collections britanniques.Sur le nombre, il n\u2019y en a que deux, par Doily John, qui valent un regard.La couleur franchement gaie de ces paysages méditerra- méens étonne dans un tel amoncellement.François BOURGOGNE Autour de Georges Braque Un grand peintre exprime sa pensée esthétique de façon généralement ambigüe, ou fragmentaire.Il est exceptionnel, on le sait, que le créateur soit aussi un théoricien.Son oeuvre artistique contient le meilleur de lui- même, mais ne révèle point le mystère de sa création.Et les boutades, les interviews, les brides de conservations plus ou moins déformées par ses familiers évoquent plus qu\u2019elles n\u2019éclairent la genèse de l'oeuvre d'art, ou le lien de l\u2019expression plastique et de l'univers intellectuel de son auteur.Il n\u2019est pas d'oeuvre plus dense et plus discrète à la fois que celle de Georges Braque.Et cette discrétion intellectuelle et morale le rattache directement à la tradition classique française.Aussi les Cahiers (1) qu\u2019il vient de publier n'\u2019ont-ils rien de commun avec un journal d\u2019esprit romantique comme celui de Delacroix, C'est ainsi que le grand peintre romantique racontait longuement comment son art l\u2019avait peu à peu détourné du monde, et absorbé tout entier.Chez Braque, cette petite phrase seulement, émouvante par son extrême sobriété : \u201cAvec l'âge, l'art et Ja vie ne font qu'un.\u201d Les Cahiers de Braque ont la brié- veté, l'apparente impersonnalité et souvent l'élégance d'un recueil de maximes.Mais, confrontés aux oeuvres du .peintre, ils s'animent, et les éclairent.e \u2018 Science et S'inspirant du sifflet à lutra- sons utilisé pour l\u2019appel silencieux des chiens (on sait que l\u2019ouïe de cet animal est sensible aux ultra-sons) un chercheur a mis au point un avertisseur audible seulement par les conducteurs à l\u2019intérieur de leurs véhicules, Un dispositif permet de - plus de savoir si l\u2019appel provient de l\u2019avant ou de l'arrière.On doit déjà à M.Louis Pautrat, l\u2019auteur de cette invention, un volant articulé avec lequel, lors d\u2019un accident, le conducteur ne risque plus de se défoncer la cage thoracique.Sa dernière réalisation permettrait de réduire considérablement ce fléau des- grandes villes : le bruit.L'application du klakson-radar Pose cependant des problèmes dif- - ficiles à résoudre.Il faudrait en effet, pour qu\u2019il soit efficace, que technique tous les véhicules en fussent équipés.6 + + L'Académie des Sciences du Brésil a entendu une communication relative à un nouvel antibiotique, appelé \u201cBiflorine\u201d, découvert par des professeurs de l\u2019Université de Pernambouc.La Biflorina est obtenue à partir d\u2019un végétal, la \u201cCapraria\u201d qui pousse au Brésil.Le nouvel antibiotique n'est pas toxique et, au cours d'expériences, il s'est révélé efficace contre le bacille de la tuberculose.Il a également été utilisé avec succès contre les germes de la pneumonie et du typhus.La Biflorina n\u2019a encore été expérimentée que sur des rats.Des éssais sur des êtres humains auront lieu prochainement.Pierre LAMBERT L'esthétique cubiste parut longtemps l'effet d\u2019une sorte d'explosion révolutionnaire.On a reconnu aujourd'hui, avec plus de justesse, l'austérité et la rigueur intellectuelles de ce mouvement qui renonça au lyrisme éclatant des Fauves pour retrouver la densité et la structure de l'objet.Les plus fortes maximes de Braque insistent sur cette exigence de discipline intérieure : \u201cJ'aime la règle qui corrige l'émotion.J\u2019aime l\u2019émotion qui corrige la règle\u201d, Cette pensée, depuis longtemps célébre \u2014 on en attribuait la première formule à Braque, la seconde à Juan Gris \u2014 ne résu- me-t-elle pas l'attitude intellectuelle de l'artiste ou de l\u2019écrivain classique, qui refuse de s\u2019abandonner au formalisme des règles, ou au désordre de l'imagination.Ni conquérant, ni révolutionnaire, Braque progresse en devenant plus conscient des limites de son expression.\u2018Les moyens limités, observe-t-il, engendrent les formules nouvelles, invitent à la création, font le style\u201d.Et plus loin : \u201cLe progrès en art ne consiste pas à étendre ses limites, mais à les mieux connaître\u201d.Formules admirables, quand on songe à toute l\u2019expérience .créatrice qu\u2019elles recouvrent.Braque, modestement, reconnaît qu\u2019il n\u2019est pas un peintre révolutionnaire; il se refuse à \u201c\u2018l\u2019exaltation\u201d, mais il ressent \u201cla ferveur\u201d de son art.De là cette oeuvre à la fois dense et discrète.Jean Paulhan a raison d'insister sur ces deux caractéres dans le petit essai qu\u2019il vient de consacrer à Braque (2).Une toile de Braque ne s'impose pas à nous comme un mirage mais comme un objet.Chose réalisée à partir des débris de la réalité, transformation des objets qui ont perdu leur destination usuelle, l\u2019oeuvre peinte devient un véritable objet, aussi dense et opaque qu\u2019un chose naturelle.Et la métamorphose que la peinture fait subir à son sujet \u2014 guitare cassée, billard replié.\u2014 est d\u2019autant plus frappante que ce thème apparaît plus .commun.Les surréalistes en retiendront la leçon; c\u2019est avec des objets familiers qu\u2019ils créeront la hantise ou Je mystère.Lointains et familiers, presque trop ressemblants, le homard et le ci- - tron de Braque s'imposent à la mémoire.\u201cPourtant, ajoute Paulhan, ils gardaient- je ne sais quoi d'opaque \u2014 comme une phrase absurde.D'obscur, mais de complet \u2014 comme un proverbe\u201d.Il semble que la chose même ait été retrouvée par le peintre, et nous soit révélée dans sa plénitude substantielle.Car le patron authentique ne cherche pas à communiquer ou à exprimer sa vision du monde \u2014 sans doute, le fait-il aussi, mais inconsciemment.Ce qu'il veut, c'est \u201cque ce monde sous ses mains s'éveille et devienne révélateur\u201d.Braque y parvient.De là, l'intensité sourde de cette peinture sans Jumière et sans perspectives.De là aussi, la profonde sérénité de cette oeuvre, \u201c à la fois attentive et quiète\u201d, comme l\u2019observe si justement Paulhan.Il existe une Beauté moderne, que les grands peintres d\u2019aujour- d\u2019hui incarnent, sans être toujours capables de l\u2019analyser, une beauté dont nous sentons l'originalité, et \u201cprès de laquelle, ajoute Paulhan, pâlit la Beauté des Primitifs et celle des Classiques\u201d.Le début du XXème siècle, dit-il encqre, était une époque de géants, Nous le sentons plus clairement aujourd\u2019hui, lorsque nous interrogeons anxieusement l'oeuvre des jeunes peintres, en: redoutant de ne plus trouver chez eux la sève créatrice des Cézanne, Mâtisse, Picasso, Dufy ou Braque.Mais dans cette pléiade de créateurs, comment Georges Braque peut-il paraître un \u201cpatron\u201d ?Peut-être, parce qu'à l\u2019accent de l\u2019art moderne il associe la sérénité et la mesure qui caractérisent le plus haut classique français.Car l\u2019expression de nos contemporains est souvent brutale et, si l\u2019on peut dire, indiscrète : les peintres modernes ont fait une découverte, mais ils la proclament.Les cons- \u2018tructions géométriques de Lhote, l'harmonie des formes de Juan Gris, la force plastique de Léger sont trop des ostensiblement calculées, ressemblent à des théo- rémes plus qu\u2019à, des suggestions.Braque a compris que divulguer le mystère, c\u2019est lui retirer sa vertu.Sa peinture reste secrète, son armature intellectuelle ou plastique reste \u2018invisible.\u201cBraque le patron ?\u201d Peut-être, mais à coup sûr, le plus.classique des grands peintres modernes fran- Çais.\u2019 .Jean-Louls BRUCH\" Gate PE sg de ors Paris, 1962.4, RL (2) Jean Paulhan, Braque le.patron.Librairie Gallimard, 1052.\u2018 Fe \u2018 Environ la moitié des * (9665) L'AUTORITE, 23 MAI 1953 Jean Cocteau \"Le Journal d'un Inconnu\u201d la forme de littérature la plus simple, et celle qui tenterait bien des débutants.Mais elle n\u2019est permise qu'aux pontifes, à ceux qui ont fait leurs preuves (les bonnes comme les mauvaises), à ceux qui ont acquis un nom et se trouvent avoir le droit d'écrire au jour le jour les pensées les plus diverses sur les sujets les plus extravagants.Jean Cocteau qui nous a offert plus de dix ouvrages de poésie, des critiques fort nmobreuses, quelque quatorze pièces de théa- I \u201cJournal\u201d est, sans doute, tre, des films, des ballets.mon- - sieur Cocteau, donc, peut se permettre, aprés Valéry et Gide, d\u2019avoir, lui aussi, son \u201cJOURNAL D'UN INCONNU\".(1) Il nous annonce lui-même cette suite de chapitres comme une \u201cdiscipline d'esprit en vacances \u201cet le mot discipline nous choque trés vite, car les titres successifs sont tellement disparates, mais aussi un peu rébarbatifs, et c\u2019est là peut-étre la justification du mot : \u201cDe l'invisibilité.De la peine de mort.Des permanentes.(il est bien question de ces tortures à air chaud ou froid que nous infligeons périodiquement à nos chevelures), Dérive.:.Des distances.etc.Et puis, il est possible, en effet, qu'il y ait eu discipline de la part du poète à cause d'une sorte d\u2019obéissance à des règles de pensée, et du besoin d\u2019étaler nettement au grand jour ce qui aurait pu fort bien rester dans les tréfonds de ses circonvolutions cérébrales.Et c\u2019eût été dommage! Non que \u201cJournal d'un Inconnu\u201d soit une grande oeuvre.C\u2019est même, par instant, une simple avalanche de mots (pas simples, eux) \u201cL\u2019autobom- bardement dont notre système tire son énergie comme tous les autres, pour la distribution constante et discontinue des quanta, lui échappe, puisque, je le répète, l'atome que.\" .qui nous fait regretter, et combien, le naïf langage de nos pères et grands-pères, et celui de quelques-uns de nos frères, car il en est encore qui s'expriment clairement.C'est aussi, a d'autres instants, ME Vient de paraître EN EN VENTE PARTOUT 35, de Ia Couronne PAUL LEGENDRE: FETE AU VILLAGE INSTITUT LITTERAIRE DU PRIX : 81.50 QUEBEC Québec, P.Q.légérement ridicule et grandement inutile.Témoin, l\u2019histoire de cette petite fille qui avait dessiné au crayon rouge une épouvantable chose, honte de toute sa famille pendant quatre jours, et qui, enfin questionnée, répondit bien gentiment qu\u2019il s\u2019agissait des ciseaux de sa nounou ! ! ! Témoins encore ces lignes \u201cD'une conduite\u201d en six pages qui n\u2019apportent aucune vraie originalité, ni surtout aucune profondeur.Mais il y a tout le reste, il y a la foule de renseignements qu'apporte généralement cette formule littéraire Renseignements sur l'auteur, documentation sur toute son époque.Jean Cocteau nous initie à la conception de ses différentes oeuvres, nous révèle ses goûts, et tente d\u2019expliquer son esprit.Nous apprenons ainsi qu\u2019il n\u2019est encore qu\u2019un enfant, qu\u2019il n\u2019a jamais eu de secrétaire, que la nature extérieure ne l'intéresse pas, mais que, par contre, le secret des taches d\u2019une fleur ou d\u2019un animal l\u2019attire curieusement.Nous découvrons ses démélés avec André Gide, Maurice Sachs, Claude Mauriac, et tout cela, qu'il s'agisse de jalousie mesquine ou de jugements très sérieux, est fort intéressant.\u201cJournal d\u2019un Inconnu\u201d ressemble à toute l\u2019oeuvre de Cocteau, souci de cérébralité, énigmes inutiles, dispersion du talent, mais talent incontestable, fait d'une désinvolture ailée, d\u2019une poésie de carnaval, de modernisme et de liberté.Marcelle BAZZANA (1) Grasset, éditeur, Paris.A bouteille de biére est bien posée sur la table, Les ci- Garettes se succèdent au rythme .des mots d'esprit.Le verbe abondant s'amplifie -à mesure qu\u2019au dehors s'efface la lumière d\u2019un jour de printemps.Le rire roule dans la gorge, déborde dans la barbe grisonnante, provoque un ricanement étouffé chez la fille qui prête oreille dans la cuisine, Le regard, soutenu par des yeux incandescents, s'abat sur vous avec intensité.Riche et net, le verbe découpe à la hâte les idées et les convic- .tions qui, une à une, remontent d'un \u2018lointain passé, bousculant les choses du temps, contournant les pâles reflets de l\u2019amertume, pour atteindre enfin le présent, comme \u2018transportées par des gestes fabuleux.Etonnante vitalité d'une présence humaine, forte, vraie, irrésistible.Nous sommes dans le salon du poète Alfred DesRochers.Avec l\u2019assurance de ceux qui ont vécu, DesRochers va nous Parler de poésie.Ecoutons-le plutôt : \u2014La jeune poésie ?Je la regarde avec la même attitude que les contemporains de Galilée regardaient ses théories.La notion même de la poésie a évolué.La poésie que nous avons \u2018apprise était intemporelle, universelle, située hors de l\u2019espace.En sorte qu\u2019un beau vers de Virgile, de Shakespeare ou de Racine pouvait devenir un beau vers français, ou anglais, ou latin, dans l\u2019une ou l\u2019autre des langues.Aujourd'hui, chaque poète veut créer à partir d\u2019une expérience personnelle.Il recrée la poésie à partir de lui-même.On ne se préoccupe plus de rendre limage accessible, On prend toutes les libertés.Si bien que le poète qui me plaira devient celui qui me touche et m'émeut.\u2019 Tel autre grand poète me laisse indifférent parce que son expérience ne m'atteint pas.Ainsi, j'admire Alain Grandbois qui est assurément un grand poète, mais sa poésie ne correspond pas à ce qu\u2019il y a en moi, Je préfère, sous ce rapport, l\u2019oeuvre de Sylvain Garneau.J'établirais le même parallèle entre Claudel et Appollinaire.Je veux dire que ce dernier me touche et Jue Claudel, quand il devient poéte, ne m'atteint pas.\u2014A titre de poète, que pen- sez-vous de cette évolution?A quelle transformation majeure Alfred Desrochers : Le diamant brut ou serti ?peut-elle aboutir?Et quels en sont les effets sur nous?\u2014Nous avons fait comme les autres.En littérature, les grands courants n'ont pas de frontières.Aussi, avons-nous comme les Français et les Américains, évolué vers une formule qui accorde la primauté aux images pures et aux impressions brutes.Je songe à Rimbaud qui, ayant noté ses impressions, s\u2019est arrêté là.Je veux dire qu'il] ne s\u2019agissait pas, pour lui, de reprendre un vers, de l\u2019assouplir ou de ie polir davantage.La valeur des images et des impressions l'emportait.Il serait heureux que l'on puisse retrouver les notes de Nelligan pour les publier dans leur forme de \u201cbrouillon\u201d.Ainsi on pourrait, là encore, admirer = les images à l'état brut.\u2014Et que faut-il penser des tendances actuelles ?.\u2014II s\u2019agit de savoir si le diamant brut vaut mieux que le diamant serti.C'est toujours a l'acheteur qu'il appartient de faire son choix.Mais je pense qu\u2019il faudra revenir a une forme de poésie qui respectera les droits fondamentaux de la ver- _ sification, py \u2014On affirme volontiers que la ersification ne rime a rien et qu'elle tend à restreindre le champ d'expression du poète ! -\u2014Loin de restreindre la liberté du poète, elle favorise son travail.La poésie est un art, mais on ne peut en abolir la technique.Il est facile de dire qu'un vers de douze pieds est \u201c\u2018pompier\u201d sous prétexte qu'il est \u201cconventionnel\u201d.Mais je sais des vers de 2 à 3 pieds \u2014 inachevés \u2014 qui sont aussi \u201cpompiers\u201d.Nos écrivains On délaisse un peu la poésie pour aborder un problème particulièrement concret, celui de l'écrivain canadien en fonction de son milieu.Sur cette question, ers n'est pas court d'idées.Et il connaît bien les faits : - \u2014Le grand problème de l\u2019écrivain, c\u2019est d\u2019avoir un auditoire.C'est le peuple qui produit les écrivains.L'artiste est l'expression vivante d'un groupe.Or ce groupe ne peut s'exprimer en rien.Il faut donner un auditoire.Or, qu'arrive-t-il ici?\u2014Oui, qu\u2019arrive-t-il ici ?\u2014Il arrive que les moyens de communication de l'écrivain au public sont inexistants, grands journaux, plutôt que d'encourager les écrivains en pu- pliant leurs romans ou leurs contes, préfèrent débourser 10 ou 15 dollars pour obtenir des textes en France.Les gens ont droit d'attendre une pâture canadienne.Ou voulez-vous la trouver?I importe donc de mettre le public en contact avec le créateur.Jusqu'ici, seule la Tadio a aidé le créateur, mais une fois passée l'émission, il n\u2019en reste rien.Je songe à Robert Choquette dont les plus beaux textes se perdent ainsi \u2014Le premier problème serait donc l'incidence de l'économie sur la création littéraire ?\u2014Oui.Ici, ou bien on fait de l'argent, ou bien on fait de la littérature.Pas les deux, sauf rares exceptions.Le problème n'a pas changé depuis Octave Crémazie qui avait bien compris tout cela, en 1864, dans son exil, après la faillite de sa librairie.\u2018Aujourd\u2019hui, je gagne 5, fois plus à traduire des dépêches qu\u2019en étant écrivain.Mais le journalisme quotidien m'enlève tout désir d'écrire.On perd sa \u2018vie à la gagner.\u2014Mais la poésie reste votre principal \u201cmétier\u201d dans la vie.\u2014Oh, vous savez, je préfère maintenant fendre du bois dans ma cour, ou faire la cuisine, +Et \u201cFred\u201d DesRochers me prend par le bras, m\u2019entraine dans sa cour où tous les jours, il va \u201cfendre son bois\u201d.Michel ROY la parole, il m'avait dit un jour quelque chose qui me paraissait juste: \u201cUn grand écrivain, proféra-t-il, ne se conçoit pas sans humour.\u201d A I'époque, j'avais cru que cet aphorisme visait son rival d\u2019influence dans les milieux bien pensants, M.Mauriac, et j'avais trouvé l\u2019idée d'autant plus heureuse qu\u2019un jour je fus un peu moi- même un écrivain humoristique.On a tous sa petite vanité d\u2019auteur.Or, au moment où je me demande quels sont les deux plus importants écrivains français parmi ceux qui sont encore en pleine production, j'en découvre un qui manque d'humour.Montherlant, cn effet, n'est pas gai.Il est vrai que son sens satirique aigu fait figure d'une sorte d\u2019humour noir, Serait-ce que M.Duhamel, qui fut autrefois un humoriste qui se connaissait, avant de devenir un humoriste qui s'ignore, faillit devenir pour moi un maître aberrant?Non pas.J'ai simplement vieilli et le rire ne me semble plus ni si; gai, ni si difficile à produire que l'admiration.: J'admire donc beaucoup les deux écrivains dont j'entreprends d'écrire l'éloge funèbre, avant qu\u2019ils soient.entrés dans de funéraire.Ce sera un éloge, en effet, plutôt qu\u2019une critique.Je ne relirai pas un seul de leurs livres au cours de cette apologie.Je ne veux livrer au lecteur que mon impression d'ensemble.* Avant de connaître le Confort Intellectuel, je croyais encore qu\u2019un grand écrivain peut être Un assez médiocre essayiste et un penseur comme tout le monde.Je considérais à cette époque Marcel Aymé comme un conteur gé sans plus.Je ne m'étais mêmé jamais demandé quelles pouvaient: être ses idées littéraires.Dans cet ouvrage, j'ai décou- Vert le secret du style, à la fois limpide et plein, qui caractérise Marcel Aymé, c'est l'horreur du \u201cflou mou\u201d si répandu dans les lettres françaises actuelles On s'exprime dans une langue approximative, qui semble littéraire parce qu'elle n'est pas intelli- \u2018gible du premier coup.Comme tout bon lecteur est un modeste, il se laisse fasciner au début par ces approximations qu\u2019il prend.au premier abord pour de gigan: ues implications.A la longue, il s'aperçoit que l'esprit n\u2019y trouve pas son compte.Marcel Aymé aura beaucoup fait, par son exemple plus encore que par l'essai que je viens U temps où M.Georges Du- A hamel daignait m'adresser de mentionner, pour remettre à.la mode le culte de la clarté francaise que tant de sous-Bau- delaire et de Mallarmé à la manque ont un moment mis en veilleuse a Jrofit d'un charabia ais le Comfort _ intellectuel n\u2019est qu\u2019une incidence dans l'oeu- Henry de Montherlant et Marcel Aymé Essai de parallèle vre de l\u2019auteur de la Jument verte et de Cléramibard.Ce qui importe en cffet, chez cet écrivain, c'est l'oeuvre de conteur ct celle, récente, du dramaturge.Pourquoi a-t-on toujours parlé, et parlera-t-on longtemps encore, du conteur plutôt que du romancier quand il s\u2019agit de Marcel Aymé?I a pourtant écrit des romans.La Table aux Crevés est un roman, et fort âpre.Le Vaurien (un de ses premiers ouvrages, si je ne m\u2019abuse) est aussi un roman et des plus amusants.Plusieurs autres oeuvres de Marcel Aymé ont à la fois la forme et la longueur du roman, Pourtant, il demeure un conteur, tout comme Montherlant demeure un essayiste et un moraliste, même quand il écrit Le Songe ou les Bestiaires.Evidemment, on pourrait discuter longuement sur cette \u201ccatégorie\u201d du roman.Où commence l'essai?Où finit le conte?Dans la littérature contemporaine le genre roman a beaucoup évolué.On est bien loin de La Princesse de Cléves, Il me semble que si on classe Marcel Aymé parmi les conteurs plutét que parmi les romanciers, c'est qu'il posséde une légéreté de touche (qui n\u2019exclut en rien la profondeur) particulière au grand conteur.C'est aussi qu\u2019il s'amuse plus à raconter, au sens strict, qu\u2019à imaginer des péripéties savantes.Enfin, c'est surtout qu'il n'a été longtemps connu que par Le Nain et ses autres recueils de contes.Cette lapalissade est l'explication la plus valable peut-être.La plupart des critiques qui président aux classements sont gens assez simplistes qui recourent volontiers aux explications faciles.Donc Marcel Aymé est un conteur.Quelques-uns de ses contes, longs ou courts, sont de purs chefs-d\u2019oœeuvre.Je songe, par exemple, à cet extraordinaire, simple et ingénieux ouvrage, Le Boeuf cl n On ne peut créer plus d'intérêt avec moins de moyens.Pour ce qui est de Le Vaurien, ouvrage à peu près inconnu, ce doit être celui qui plait le plus à l\u2019auteur.Moins bien écrit que les oeuvres de la maturité, il pétille constamment de finesse, de malice et d'humour, Qu'on se représente cette situation ahurissante où deux jeunes provinciaux échoués ensemble sur le pavé de Paris, à - la suite d\u2019une mésentente avec leurs pères respectifs, s\u2019aperçoivent qu'ils ont dans la personne de leurs nouveaux patrons ni plus ni moins que changé de pères, au grand contentement de tout le monde.Cette histoire à la fois loufoque, triste .par endroits, irrés sistiblement gaie à d\u2019autres mo: \u201cde complet, de définitif.ments, se termine par une acrobatie psychologique à la Pirandello: Je mystère de la quatrième fleurette.Folie, simulation, hallucination.On ne sait pas au juste.Au cours de cet ouvrage, que je n'ai pas relu depuis au moins quinze ans, on rencontre des personnages aussi étonnants que ce garçon de café: le vaurien en personne, qui s'écrie un jour: \u201cJe me suis élevé à la qualité de vaurien par mes propres moyens.\u201d La Jument Verte est une autre des.créations fantaisistes les plus valables de Marcel Aymé.Tout repose sans doute sur une fiction impossible au départ, mais tout s'harmonise et concourt créer une atmosphère à la, fois hallucinante et férocement gaie.* Mais venons-en au dramaturge, dans cette dissertation où nous voguons la bride sur le cou, un peu au hasard des souvenirs.Lucienne et le Boucher m'avait beaucoup amusé.Valentine Tessier campait une Lucienne absolument irrésistible, d\u2019une drôlerie et d\u2019un aplomb peu communs, Toutefois, il manquait à cette pièce je ne sais quoi C'était une bonne pièce, une oeuvre de mérite, ce n\u2019était pas encore le chef-d'oeuvre attendu.¢ est -venu.Exprimer le plaisir que j'ai éprouvé a cette représentation m'est impossible.Tout ce dont je me souviens, c\u2019est qu\u2019à certains endroits, je trépignais de joie sur mon siége.Cette satire du faux mysticisme, parallèle à celle de Ja fausse prudence est un tour de force continuel.C\u2019est pétillant de finesse, de bons mots, de réflexions tour a tour tendres, virulentes, profondes.Marcel Aymé renvoie dos a dos des foules de fantoches, fré- Tres ennemis mais frères tout de même.Toutes les formes de bêtise sont stigmatisées avec une verve à la fois cruelle et perspicace, * \u2018 Il ne faut peut-être pas, du moins pas encore, placer le dramaturge à la hauteur du conteur.Il reste acquis que les deux nt un niveau élevé dans les lettres contemporaines.Mais il est temps de conclure cette vue à vol d'oiseau de l'oeuvre de Marcel Aymé.En résu- n par François Hertel mé, c\u2019est l\u2019oeuvre d'un analyste implacable de la bêtise, c\u2019est aussi l\u2019œuvre d'un tendre.Le sourire de la divine poésie éclaire plus d'une page de l'oeuvre de cet écrivain qui peut paraître au premier aspect \u2018ou léger ou cruel.Marçel Aymé est un juge, il est aussi un enchanteur.Telle page des Contes du chat perché est d\u2019une fraîcheur insurp dans les lettres actuelles.Ses affabulations les plus bizarres et les plus inattendues, outre qu\u2019elles ne sont jamais banales, témoignent d\u2019une puissance créatrice de premier ordre.S'il n\u2019a pas employé à des oeuvres longues ces moyens imaginaires, c\u2019est sans doute que son registre est moins étendu que celui d'un Jules Romains ou d\u2019un Proust, c\u2019est aussi que son souffle est plus court.\u2019 Ne serait-ce Pas surtout qu\u2019il sait davantage sacrifier, qu'il a plus que d'autres le sens du choix, le séns de Yessentiel ?A certains moments, il rappelle la sobriété du grand La'fontaine.Il y a beaucoup moins de morceaux de bravoure chez Marcel Aymé que chez beaucoup de ses rivaux actuels; mais tout chez lui, est de même étoffe et de bonne étoffe.* Que- dire de Montherlant, le triste, après avoir parlé de Marcel Aymé, le gai?Pourtant tous les deux sont tristes.Les humoristes sont eux aussi des moralistes pour lesquels le monde n'est pas beau puisqu'ils le châtient par le ridicule.La tristesse de Marcel Aymé n\u2019est pas moins profonde que celle de Montherlant.Tous deux sont trop intelligents pour assister de sang-froid au spectacle de la bêtise qui triomphe plus que jamais'à notre époque.\u2018Je suis venu: à Montherlant par le culte du sport.Mes premiers contacts avec lui remontent à La relève du matin, Le à l\u2019ombre des épées, Les onze devant la porte dorée.J'ai toujours cherché dans le sport une élévation de la pensée et du coeur centrée sur une joie de l\u2019effort sain, sur une exaltation physique qui s\u2019accompagnait d\u2019un oubli total du réel immédiat.\u2019 -Quand je suis dans le stade, je redeviens un enfant de quinze ans, un enfant ébloui qui jongle avec son corps, qui s'affirme dans une euphorie sans calculs.C'est parce que j'aime le rire que je suis venu à Marcel Aymé, ~N \u2018sportive c'est parce que j'aime la saine joie sportive et aussi la critique et l'auto-critique implacables, que je suis venu à Montherlant.C\u2019est pourquoi je dirai tout de- suite que la partie de l\u2019œuvre du maître qui me plaît le moins est la série dite des Jeunes filles.Dans ces quatre ouvrages, il y a, à mon sens du moins, non pas un pessimisme excessif, mais une sorte de romantisme pessimiste qui me paraît un peu lourd.L'atmosphère devient quasiment irrespirable.Montherlant se montre trop atrabiliaire pour mon goût.Mais revenons aux chers premiers ouvrages de Montherlant.Que de joie j'ai puisée dans Les Olympiques ! Cette glorification de l\u2019activité sportive, cette prise de conscience de rigueur et de vigueur, de facilité et de violence maîtrisée, tout ce qui constitue l\u2019atmosphère du stade, est admirablement évoqué par cet ex-amateur d'athlétisme.La tauromachie des Bestiaires me, plaît déjà moins.Ce que j'aime dans le sport, décrit à cette époque par Montherlant et que je me suis efforcé de vivre, c'est la conquête de soi et du monde par.l'effort physique absolument gratuit, se résolvant en esthétique.Il est une sensibilité sportive que Montherlant a décrite en maitre dans ces ouvrages.Le seul écrivain qui avait su traiter avant lui ce sujet difficile fut Pindare; et encore les odes pindariques se perdaient-elles souvent dans des considérations ex- tra-sportives.C'est la plus pure quintescence de la sensibilité ue Montherlant nous a livrée dans ses premiers ouvrages.CU A cette époque, surtout après La Relève du matin, on a voulu faire de lui Un écrivain catholique.Sa sensibilité d'alors était en effet assez rapprochée d'un catholicisme plus littéraire que réel.Beaucoup d'écrivains, avant et après lui, ont traité des thé- mes catholiques ou para-catholi- ques, sans être pour autant d\u2019au- entiques catholiques, ni même des croyants, * Service inutile, dans l'oeuvre de Montherlant, marque le méme temps d'arrêt et d'auto-critique que le Comfort intellectuel dans celle de Marcel Aymé.Cet ouvrage \u2014 que je n'ai jamais relu \u2014 m'avait beaucoup impressionné à l'époque.Non: seulement, il indiquait les grandes lignes de l'éthique future de Montheriant, il jetait aussi des lueurs sur so esthétique.: L'écriture joue en effet un beaucoup plus grand rôle chez Montherlant que chez Marcel é.Le premier est un fort grand styliste, tandis que l\u2019autre est un écrivain tout simple.Je m'\u2019exprime mal: Montherlant est un plus grand plasticien, un plus habile ciseleur de la phrase, que son rival.Son verbe est plus rond, plus plein, plus dense.Il dit plus à la fois.est plus concis, sinon plus précis À une certaine époque, on eût été porté à découvrir chez lui un culte de l\u2019art pour l'art.La recherche verbale est chez lui plus visible que chez Marcel Aymé, qui fut toujours bonhomme.J'en arrive au théâtre.deux grands écrivains sont, en effet, venus relativement-sur le tard au théâtre et il semble que l'un et l\u2019autre doivent y trouver un accomplissement.Rares sont les conteurs et les essayistes qui ont abordé le théâtre vers la quarantaine et y ont réussi.C\u2019est pourtant le cas de Montherlant, tout autant que celui de Marcel Aymé.Ils n'ont pas été joués que je sache avant da quarantaine, et ils ont réussi à se classer.Deux pièces de Montherlant m\u2019ont particulièrement plu, Le Maître de Santiago et Malatesta.J'ai vu la première il y a dé- ja deux ans; la seconde, il y a quelques semaines.Mes impressions du Maitre de Santiago sont un peu émoussées.Ce décantage ne me laisse que l'essentiel: Une haute et moire figure d'homme se dresse sur un fond de médiocrité.Montherlant est le pamphlétaire de la grandeur incomprise.A \u2018la fin, l'exaltation de la grandeur exaspérée sombre dans un mysticisme caricatural.L'impression d\u2019ensemble de cette apre tragédie, un peu trop allondante en discours, demeu- .re forte, saine.Une pointe de cynisme est tempérée par l\u2019affirmation de la primauté de la vraie grandeur.Seule la fausseté est fustigée.Dans le même theme revient; mais Malatesta n\u2019est plus une pièce composée à la mode ancienne.La structure est personnelle, Il n\u2019y a même plus d'unité d'action à proprement dire.C'est la vie d\u2019un homme tourmenté qui s\u2019écoule.Le caractère du héros contrasté envahit toute la pièce.Drame d\u2019un caractère exacerbé, drame\u2019 d'une vie: voila une nouvelle formule de la tragédie.Ce n'est plus une crise dans la vie du personnage, c\u2019est toute sa vie qui est en question dans une pièce, Dans le théâtre de Mon- Il.Mes - * petits therlant, un seul personnage retient l'attention: le héros.Tous les comparses finissent par disparaître de la mémoire.Dans ces deux pièces en particulier, le héros est singulièrement moderne, malgré l\u2019atmosphère du passé qui l\u2019entoure.Cependant, l'oeuvre demeure sur le plan universel.Elle est incomparablement moins engagée dans le temps qu\u2019une pièce de M.Jean-Paul Sartre.On reproche à Montherlant de se mettre lui-même sur la ne, d\u2019incarner trop ses héros.Même Si cela était, je ne vois pas pourquoi on en fait un reproche.Dès qu'on innove, on tire tout de soi-même.Quand on possède un caractère trempé comme celui de Montherlant, on ne peut manquer de tremper tout ce qu'on touche.Je me résume: le théâtre de Montherlant est personnel, il est fort, il est magnifiquement écrit, d\u2019une écriture âpre, oratoire, faite pour être parlée, Il choque, mais il porte.Quant à son immoralisme, j'avoue ne pas le sentir Une moralité par contraste se - dégage des scènes les plus violentes, des mots les plus implacables.On trouve Montherlant sévère pour l'humanité.Pour ma part, je ne le'découvre que lucide, Presque tous les hommes que j'ai connus sont des salauds.Il s\u2019est trouvé que Montherlant n\u2019était pas un salaud, il a voulu jouer le jeu de la vie proprement, dignement et, ajoutons-le, avec un certain panache, Il a le sens de la grandeur.Les médiocres \u2014 ils sont légion \u2014 ne pardonnent jamais cette attitude.Qu'on soit tout ce qu'on voudra, mais qu'on ne soit pas grand, telle est la loi de la jungle humaine ! * Me voici rendu au terme de ce\u2019 parallèle entre mes deux chers grands écrivains.Je les aime surtout parce qu'ils ne vieillissent pds, parce qu\u2019ils continuent de chercher, parce qu'ils ne se sont pas fossilisés dans les redites ou dans les honneurs.Pour moi, plus jeune qu\u2019eux, inconnu et devenu fier de l'être, je me réjouis de leur ascension inespérée.Il faut croire que les valeurs sûres finissent quand même par percer si le temps ne joue pas trop contre elles, Une mort prématurée -et une sénilité précoce, ces deux écueils évités, Montherlant et Marcel Aymé défraieront encore longtemps la chronique et, ce qui est Plus rare, mériteront qu'on s'oc~ cupe deux.Tous_deux sont des pessimistes convaincus, tous deux ont raison, La jungle humaine n'est ni ble, ni gaie.L'un co les moeurs avec le fouet, l\u2019autre avec le sourire.Tous deux sont des moralistes et il ne faut pas s'étonner si la prostituée et le condottière leur paraissent plus propres que les- \u20ac bourgeois et les grands diplomates.ce ,Ç : ; L'AUTORITE, 23 MAI 1953 | 0 Co PAGE SEPT D DOUUOOUOOUGON DOUOOOOUOOOU OUI ICE CC NN D DIS ES IE DC DDC DDC DDC DCI D2 DCS OOOO - ©02020909.9,0,9,9.0.0.0.0.0 0.09 90.06.0000.0000600600606 0.060606.00.0.0.0.0.00 00006000 0000000000006 000606066060.0.0.0 6.0 428 2000 OOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOCOOOOOC \u201c $.0.0.0.0.0.0.0.00.06.0.00000.060.0.0.00000000.0.0006606 066.0.0.0.6.¢ ©020%0%0%%6%0%2.90200,0,0.0,0.0.0.0.0.0.¢ 9.0.0.0.0.0.0.0.0.0.0.000 0.0060.¢ 942.0,0,0,9,0.0.0.0.0.0.0.0000 0000 0060600000000 060060060600 .0.0.2.0.0.0.0.¢.0.0.0 0000000000! 000000000 00000 000600.¢ ©0900000.0,0.0.0.0.0.0.0.0.0.¢.0.0.00.¢00.0600.00.060,060600 000060600 ' DOOOOOOOO0 La) DC Ht a Di Ma HOOOOOOO0C0 L2OOOOOOOO J [) () [) d DOOOOOOOOO.0000 00000 «à DEEN pb a 0 00000000 0.L QOOOOOOOOO] +0,00 000000 4 ° Te .26000 | LOCOCOOOOOCOCEEDE BE] [RY L Pv20,9,0,0 0 00 0 00 0.0.0 vats DE) [ 2a >OOOOOOOOC0 LC 2 OCOOOCOCOCOCEEDEEE J + 0.LJ D » 0,0,0,0,00 0000 DOOOOUO OO | 0 woe gy J | ED OOOOOO0O0C0 BIC VC AT TRS COSCO STII 5 05000000505 0008 0C.26 2X CCC I I SO ME OO OOo L62C 2 COCOOOONOOOOOOOOOOOOOOCTIIIOOOOOOOOOOOOOODC 82820 2X 2 IOOOOOOOIOOOOOOOOTE HYOOOOOOOOOOOOOOO0 0.0.0.0.0.0.0.0.0.0.0.000000000000 000000000000 06000600.¢ 8282828 26 2 OOOO OOOOOOOOOOOOOOOOOOROOOOOOOCG .A820 CCC OOOOOOOOOOOOOOOOOOOIOOOOOOOBOOOOOO0 \u2014 $8020 VDO .SC DC D D D D D D DL D D D SO SC SA SCO SC SSSR S OS SOS CSSS LM MA 000000007070 07707 N [2 2X 2 2 CH MX) .La charrue avant les boeufs : Ala recherche du relief E cinéma - traverse actuellement une période révolutionnaire qui pourrait bien modifier profondément l\u2019aspect familier des salles de projection, Après le fameux Cinérama, importé d\u2019Amérique, voici une invention française beaucoup plus importante encore.si elle tient ses promesses.Il s\u2019agit du relief, mais d'un relief particulièrement séduisant, puis- qu\u2019il n\u2019oblige nullement les spec- Outre sa vision \u201cpanoramique\u201d, le Cinérama procure au spectateur une impression très vive \u2014 bien que fallacieuse \u2014 de relief, ou plutôt de profondeur.Or, un inventeur français vient \u2018d'annoncer à la presse, sous le atronage éclairé de M.Edouard elin, la découverte d\u2019un procédé plus suggestif encore, puis- qui > ne nécessite aucune modi- .fication de l\u2019écran, tout en dispensant les spectateurs de Ja Mise en garde contre le succès pays jeune comme le nôtre au point de vue artistique et culturel, qu'on a tendance à vouloir prendre les bouchées doubles ?J\u2019entends qu\u2019une fierté na- turëlle et le désir pressant de produire au diapason des autres nations nous poussent à l'exagé- N =; pas vrai, dans un présente saison, une jeune pianiste se fit entendre en un premier récital officiel auquel fut conviée la presse montréalaise.Les qualités de la musicienne étaient réelles, mais elle joua avec une telle force acharnée, une telle confusion, un tel désordre, qu\u2019il fut naturellement impossible de ration qui fait perdre de vue de lui rendre publiquement homma- tateurs à porter d\u2019incommodes sujétion de porter des lunettes, justes proportions.Ainsi, une ge comme on l\u2019eût voulu.Aussiprévoir \u201cde coûteuses Lranstormas BE et See fous les in- - pièce de théâtre remporterait-elle tôt, les lettres m'\u2019arrivent.Il en tions de la cabine ou de l'écran.Quand vous sortez d\u2019une séance de cinéma, faites cette expérience bien simple.Dans un endroit peu éclairé, fixez votre regard sur le sol; vous apercevrez un minuscule rectangle noir, de la dimension d\u2019une carte postale.Ce rectangle, qui ne tardera pas à s\u2019effacer, correspond & la région de vos rétines fati- venteurs tournaient jusqu'ici dans le cercle vicieux de la double image : LL \u2014Voir le relief, disait déjà Léonard de Vinci, peintre et physicien, c\u2019est voir, d'un me objet, deux images différentes avec les deux yeux.Nous connaissons, tous le stéréoscope, qui est une application de ce principe à la photo- chez nous un certain succes qu\u2019aussitôt on lâche le nom de Molière, et celui de Debussy pour une oeuvre musicale s\u2019écoutant avec plaisir.Loin de moi la pensée de vouloir dénier à nos auteurs, nos compositeurs, nos pcin- tres, leurs vrais mérites.Beaucoup d'oeuvres, sorties de notre vint de toutes parts, je n'hésiterais pas à dire qu\u2019il en arriva tous les jours pendant deux semaines, toutes affirmant le génie décisif de l'artiste en question.Ces lettres, qu\u2019elles soient parties d\u2019amis ou de parents ou encore d\u2019admirateurs, ne sont pas justifiables.Le profane le moins exer- & 1 templati hi 7 1 utilisé est - peuple, sont dignes d\u2019admiration, cé à la critique elt lui-méme fongée de l'écran, mpration pro- BR ses deux objectifs.ayant LA RADI 0 .mais je voudrais ici (hélas ! faut- repéré les lacunes et nié le génie.Une lucarne de la dimension sensiblement le même écarte- rar d\u2019une carte postale placée à 1 m.50, tel est donc l'\u201cangle solide\u201d dans lequel nous apercevons le spectacle au cinéma! I faut avouer que nous sommes là fort loin des conditions naturelles, ou la réalité nous baigne de toutes parts et où nous sommes conduits à tourner sans cesse nos regards en différentes directions, participant aux mouvements qui nous entourent.Cette anomalie n'avait pas échappé à un de nos grands metteurs en scène, qui fut également un audacieux pionnier de l\u2019optique: Abel Gance.Pour \u201cétaler\u201d la vision du spectateur dans le sens horizontal, il eut l'idée du fameux \u201ctriple écran\u201d, ment que les yeux humains.Il fournit par suite deux images légèrement différentes, que l\u2019on regardera au moyen de deux oculaires.Le relief apparaît, mais il est très défectueux.Personnages et objets semblent découpés dans la tôle, sans rien de ces volumes \u201cen ronde-bosse\u201d qui donnent leur réalité aux objets perçus directement.Cette anomalie s\u2019explique aisément.Quand nous regardons un objet réel, la tête d\u2019une statue, par exemple, nos yeux convergent; disons moins noblement qu\u2019ils \u201clouchent\u201d ! .Rien de semblable avec le stéréoscope, où la vision des deux yeux est rigou- Marcel Dubé écrit une autre pièce USSITOT rentré de Victoria, où ZONE a remporté le 1er prix du Festival Dramatique, Marcel Dubé veut se remettre au travail pour écrire une autre piê- ce \u2018\u201cd'accent canadien\u201d.Mais avant d'en dire davantage sur cette nouvelle entreprise, il est bon de révéler dans quelle conditions LA JEUNE SCENE a effectué son voyage à l'autre bout \u2018Baptiste et Marianne\u201d intéressantes se font rares et il faut tourner le cadran Plusieurs fois avant d'en trouver une Vraiment séduisante qui puisse capter l'attention de l'auditeur le plus souvent distrait.Car, on écoute la radio aujour- d'hui, il faut l\u2019admettre, tout en faisant mille et une petites besognes.Les émissions musicales L* émissions radiophoniques gaieté toute féminine aux réparties de ses partenaires, Meilleure interpréte de la chansonnette que Monique Leyrac qui la précédait dans le rôle dé Marianne \u2014 sa voix est d\u2019autant plus sympathique l'estime qu\u2019on lui porte lui a valu cette année le prix Orange, de la part des journalistes, décerné à l\u2019artiste dont la personnalité et l'amabilité se il encore que ce soit brièvement), tenter de mettre le public en garde contre un nationalisme de mauvais aloi qui nuit grandement au succès de nos jeunes artistes.Depuis dix ans, la situation musicale à Montréal a fort évolué.Viennent désormais dans la métropole tous les grands artistes internationaux.Ces visites, comme dans un peuple l\u2019apport d\u2019un sang nouveau, provoquent un mouvement de travail salutaire qui suscite d\u2019assez heureux résultats.Mais la xénophobie indéniable d'une partie importante de notre Plat au ciel qu\u2019on pût faire comprendre aux auteurs de ces messages quel mauvais service ils rendent aux musiciéns dont ils prennent si violemment la défense! Les couvrant de louanges non encore méritées, ils entravent leurs études.Ces artistes sont jeunes, avides de succès, assez faibles pour tendre volontiers une oreille charmée aux belles paroles qu\u2019on leur adresse.À la fin, ils ne font rien de bon et se demandent pourquoi.Non, cette attitude n'est pas celle qu\u2019il faut adopter.Le véritable artiste reste toujours modes- dites populaires, n'échappent pas font valoir plus particulièrement, Public lui inspire une attitude N oint qu'il doive sans 24e : .> J \u2019: d ays.Le déplacement aura » 4 4 ; | ,; A te.on 1 qui Jui Journi tan finale) Aran reusement parallèle ; Toute Ti coûts 03.500, ce est une jolie som- à cette règle, mais pourtant, un Lorenzo Campagna, .annonceur, Qu on n\u2019hésiterait pas à qualifier cesse, par modestie, admettre d'Italie, dans son film \u201cNapo- contre une suite de plans \u2018éche- | me que le jeune dramaturge n\u2019é-{ Certain génie bienveillant a dû comédien et même chanteur, (il de criminelle.Il me vient à la forcément toute critique qu'on in- léon\u201d, z .lonnés, comme des décors de ait évidemment pas en mesure intervenir dans la réalisation du est d'ailleurs excellent musicien) mémoire une foule de noms de vente à son sujet, mais il doit Le triple écran procure.une théâtre.d'avancer.Quelques généreuses | Programme \u201cBaptiste et Marian- agit, dans la mesure du possible, jeunes chanteurs qui, lors de vision étendue mais \u201cplate\u201d, ana- Jogue à la vue que Yon a d'une terrasse, Une salle des Champs- Elysées, à Paris, utilisa des projections .auxiliaires contre les murs latéraux, pour un film sur La Royal Air Force.Les spectateurs avaient ainsi l'impression Pratiquement, le système des deux images n\u2019a jamais pu être appliqué commercialement au cinéma.Fort heureusement, il existe d\u2019autres systèmes de relief que.celui de la double image.Un surprenant \u201cpseudo-relief\u201d personnes ont souscrit *$1,500.Quant à la différence, Dubé a sacrifié les $2,000 en cachets que Radio-Canada doit lui verser pour la présentation de ZONE à la télévision.Les garanties étant ne\u201d qui passe sur nos ondes le jeudi soir.La formule est simple, cependant: des chansonnettes bien choisies, un texte imagé et fantaisiste qui les unit, et des inter- comme médiateur entre musique, textes, artistes et auditeurs.Un bonhomme vraiment remarquable.Quant a la musique, le choix des chansons est excellent.Chanleurs premiers récitals, ont soulevé dans le public un enthousiasme excessif qui leur fut néfaste.Ce qui arrive?L'élève ainsi monté en épingle perd de vue la saine perspective de sa croissance aller à son art avec humilité, ne point croire au succès avant d'avoir maîtrisé la technique, avant de parfaitement comprendre la musique.Lorsqu'il est ambitieux (rien de mauvais à l'être, au contraire), il trime à la tâche.prètes de première valeur aux- sonnettes pleines de vie de Tre- et, se croyant arrivé (il ne de- C'est grâce au seul travail qu'on de se déplacer dans l'espace en peut être obtenu \u2014 dans des suffisantes, la banque a naturel- quels s\u2019aj : \u2019 i .d\u2019étu- & Te , 1S | É peut \u20ac - dé joute un orchestre bien net, Montand, Dudans d\u2019une part, mande pas mieux), cesse u tteint à 1 fection.Lorsqu'on apercevant sur le côté leurs com- conditions d'économie imbatta- | t consenti à les lui prêter., * .at ; 3 attein a per .a pagnons de vol.oT bles \u2014 en contemplant l'écran PA Victoria, ce sont \u2018peu vôtre balancé (pas trop d\u2019accordéon- plus les accents mélancoliques de dier sérieusement.Grands dieux ! vec le Cinérama, ce principe est poussé \u2018à l\u2019extrême, l'écran, de vastes proportions, revêtant la forme paradoxale.d\u2019une véritable caverne, qui s\u2019ouvre béante devant le spectateur !.La projection, très ample, s'effectue \u2018avec trois dans un miroir! Les techniciens ne sont pas tout à fait d'accord sur l'explication du phénomène; il semble qu'il y ait double réflexion, sur la surface extérieure du verre et sur le tain du miroir; d\u2019où un certain \u201cflou dé- les paroles de M.Pierre Lefebvre, juge du Festival, qui auront été les plus réconfortantes pour le jeune auteur.Le 2e acte, dans lequel se situe l\u2019interrogatoire, musette, s.v.p.); et vous obtenez une demi-heure qui passe de la façon la plus agréable.Cette formule de \u201cBaptiste et Marianne\u201d pourrait fort bien servir de modèle à toutes ces émissions Piaf ou Delair Nos chansonniers canadiens, Raymond Levesque, D'Amours et autres se font aussi entendre et il ne se passe pas une semaine sans qu\u2019une ou deux de leurs compositions soient que d\u2019artistes accomplis poussent sans cesse la recherche de la perfection et demeurent toute leur vie l'éternel élève.J'ai reçu, à la suite de critiques sévères de récitals de dé- croit l'avoir touchée, enfin, il faut, comme le grand Casals, remettre une fois de plus son art sur le métier et recommencer.Pensez à Schubert, oui, à Schubert, qui s\u2019adonna de nouveau à l\u2019étude du i ve contrepoint peu avant sa mort.cameras, solution doublé\u201d, donnant de la profon- | lul paraissait être beaucoup plus { café-musical-concert, etc, qui se au programme, initiative très buts, des lettres d'insultes, des L'auteur du Quintette à cordes coûteuse, qui sera sans .doute deur a l'image.\u201d On obtient de symbolique que réaliste.C'est} caractérisent par un manque de heureuse.L'orchestre que diri- missives incroyables, virulentes, en do majeur ! Quelle admirable rempla par une projection beaux effets du même genre en | cela précisément que Dubé vou- unique, élargie optiquement un dispositif français, le célèbre \u201chypergonar\u201d d\u2019Henry Chrétiensuspendant une très légère mousseline devant l\u2019écran.Pierre DEVAUX Télévision -PAUL \u2018FUGERE nous promet un programme de choix dimanche, 24 mai, de 7h 30 à 8 heures, au cours de son émission hebdomadaire \u201cPays et Merveilles\u201d.M.André Malavoye, directeur des Services officiels du tourisme français pour le Canada, fera une intéressante conférence sur la province de l\u2019Anjou.Comme à l'ordinaire, André Laurendeau posera ses questions.Monsieur Malavoye nous exposera les liens historiques qui re lient l'Anjou au Canada et notamment en matière de peuplement.Des Angevins ont été parmi les premiers colons \u2018français à venir s\u2019installer sur les rives du Saint-Laurent.En.1700, il y avait 4,894 Francais en Canada, et quoique il est coutume de dire que _ les Bretons représentaient la majorité de ces habitants, les chif- pour les petits ?Oui, mais aussi pour les grands! Voila une chose fort éducative que d\u2019apprendre, même à l'âge de raison, comment on fabrique le verre, comment on le travaille et toute la gamme de ses applications dans notre vie de chaque jour.La semaine prochaine, a la méme émission, nous verrons une petite fille filer de la laine au fuseau devant les caméras, comme le faisaient nos grand'meéres ! \u2019 Jacques Hébert est attendu prochainement à Montréal et bien attendu.Sauf imprévu, il doit être la vedette de \u201cCONFERENCE DE PRESSE\u201d du jeudi, 28 mai, de 8h 30 à 9 heures.Il sera, évidemment, question de l\u2019Afrique.Pas de théâtre -en studio, en remplacement, un kinoscope de New York nous fera voir (espé- lait que l'on comprit.L\u2019auditoire, bien que constitué en majorité d'éléments de langue anglaise, aura fait preuve d\u2019une grande sensibilité, réagissant très intelligemment, captivé par I'action quand les paroles ne parve- nailent pas à l'atteindre.Puisque c'est d'abord le théâtre qui le retient, Dubé suspend le roman qu'il avait mis sur le métier \u2014 JOURNAL D'UN JEUNE HOMME DE PROVINCE \u2014 pour s'engager dans la réalisa- il veut mettre en scène une jeune fille seule, unique personnage dans un décor unique, qui, sous les dehors de la douceur naïve, cherche à tout conquérir, à tout posséder.Elle sera la petite orpheline canadienne, à la fois candide et méchante, qui n\u2019hésitera pas à commettre des monstruosités pour achever sa possession.Pièce d'atmosphère que l\u2019auteur de ZONE s'efforcera de \u201csortir de sa tête\u201d où elle a déjà pris forme.tion d'un autre projet.Cette fois, }- cohésion et des textes insipides.Contraste frappant avec l'humour et la spontanéité qui se dégagent de l\u2019ensemble du programme que dirige l'équipe Maufette-Rolland.D'abord, puisque le succès de l'émission dépend dans une large mesure des interprètes, il convient de mentionner que Jacques Normand se retrouve ici avec toute la verve et l'humour que nous lui connaissons et sa figure sympathique (elle ne le fut pas toujours) a vite reconquis sa popularité à l\u2019endroit du public.Il suit même fidèlement les textes, avec de légères variations, il est Vrai, mais qui oserait s'en choquer connaissant le \u201cad-lib\u201d proverbial de la vedette du St-Ger- main-des-Prés.Notre Marianne est parfaitement incarnée par la jolie Estelle Caron qui sait apporter cette ge Henry Matthews présente des arrangements ofiginaux et variés et sait s\u2019adapter à toutes les ambiances, d\u2019un langoureux \u201cFeuilles Mortes\u201d au Dixieland le plus endiablé.La clarinette mélodieuse du leader Matthews se glisse discrètement de l'arriére - plan pour saisir souvent la mélodie.Les textes, fantaisistes et pleins d'humour, tournent surtout autour d\u2019une actualité tout en formant corps avec le choix des chansonnettes.Ils sont dus à Cloutier, Rolland ou Levesque, ça dépend de l'émission, et révèlent le côté badin et pittoresque d\u2019une foule d'événements.Baptiste et Marianne demeure une émission que l\u2019on peut classer parmi les meilleures sur nos ondes.Il suffit de dire que l\u2019émission est signé Guy Maufette.Laurier HEBERT grossières, que je conserve précieusement.Il y en a qui mériteraient d\u2019être publiées un jour : on pourrait y distinguer toutes les formes de la rancoeur ! Vous dirais-je qu\u2019on m\u2019a envoyé, il y a quelques années, des lettres anonymes en vers parfaitement scandés et richement rimés, m'accusant d'être un Juif et de vouloir la tête des Canadiens ?Cela, parce qu\u2019il m'avait été impossible d'admirer le jeu enfantin, incorrect, d\u2019un violoniste mont- réalais de quatorze ans.Le violoniste en question avait eu le malheur de se faire entendre peu de temps après le récital d'un extraordinaire jeune Juif améri- \u2018cain de quatorze ans, lui aussi, et qui porte le nom désormais fameux de Michael Rabin.D'où la sortie vitupérative et antisémite.\u2018 Plus récemment encore, cette Le Père Martin, ambassadeur de notre musique en France Paris l'ambassadeur d'une des humilité, quelle leçon de modestie précieuse à ne jamais oublier ! Schubert n\u2019est pas le seul à s'être replié sur lui-même devant les éloges trop vives.N'\u2019est- ce pas parce qu'on veut vraiment les voir réussir qu\u2019on se laisse aller à tonseiller la modération aux jeunes artistes?Après les boeufs, la charrue, pour de riches labours.Paul ROUSSEL Palais de Chaillot, à Paris, par plus de 500 exécutants, sous la direction du Maître Albert Wolff, président de l'Association des Concerts Pasdeloup.Cette vaste fresque sonore fut écrite d'après une paraphrase lyrique des versets de psaumes et de prophéties se rapportant à la fin des temps.Dans un souci d'équité, ajoutons à ce travail de création, les enregistrements sur disques d'oeuvres musicales exécutées par la chorale Saint-Eustache, sous la direction de leur fondateur et dont un \u201cLa Messe\u201d du Père Martel a valu aux exécutants et au R.P.Martin un grand prix du disque.Il n\u2019est donc pas étrange que ERITABLE ambassadeur de \u2018 ut 2e .il, il prépare entre temps un ganiste de la nouvelle église Ste- l\u2019Alliance française l\u2019ait inscrit au fres officiels nous apprennent ) \u201cCc V la musique française, le R., des val, .\\ Le .y \u20ac § qu\u2019en tête venaient les Normands, ROS o vendreds 5 20.de > A A P.Emile Martin, oratorien, formes de notre culture spécifi- diplôme d'études supérieures sur Odile édifiée par Pierre l'Ermite nombre de ses conférenciers, ce puis les Parisiens avec l\u2019Ile-de- France : 621 colons; au troisième rang, la Bretagne: 175 colons, 11h30.Cet opéra de Richard Strauss a été filmé par les soins de la N.B.C.avec le fastueux dé- \u201c directeur des manifestations artistiques en l\u2019église Saint-Eustache, à Paris, s'en retourne dans la ca- quement canadienne et qu'ignorent nos milieux officiels quand il s'agit de nous, à l'étranger.saint Augustin et la musique, et rédige une thèse de doctorat sur la musique grecque ancienne.et en 1948 il est nommé membre de la Société de musicologie et conseiller technique de la Fédéqui lui a permis de.visiter notre pays et de prendre\" contact avec la population canadienne fran- i j i i i it le conduire, par ration internationale des \u201cPueri ise de I'Ouest.De ce contact il et tout de suite après, l\u2019Anjou : ; : ; - itale francaise avec, chose rare Il nous paraît donc intéressant Cette thèse devait , e caise de QI 139 colons.C'est donc un problé- plolement ctabituel : 60 musi- de précieux enseignements sur nos de Connaître davantage celui qui, la suite, à des études plus appro- Cantores\u201d.garde, nous a-t-il avoué, \u201cun me typiquément historique qui ur finir 1 .oeuvres musicales.\u201cPlusieurs oeu- désormais, apportera à ses com- fondies sur la poésie grecque et | Les Montréalais ont eu le rare Souvenir ému\u201d.Le Père Martin nous sera d'abord présenté, his , Pour finir la semaine, deux res canadiennes mériteraient et Patriotes les précieux renseigne- l'amener à présenter, cette année, toire de l\u2019Anjou, des Plantagenets à la Renaissance et la guerre de Vendée.Une projection du film \u201cDouceur Angevine\u201d accompagnera les commentaires, et des disques du folklore angevin contribueront à créer l'ambiance de cette contrée qui vient de lancer un appel aux Canadiens, les invitant de tout coeur à venir les visiter au cours des prochains mois.Un chaleureux accueil leur sera partout réservé.Mercredi, 27, de 5 h.à 5h 30, J.-P.Ladouceur nous propose pour les enfants son \u201cGRENIER AUX IMAGES\u201d.Grand-père Cail- \u2018loux qui s'applique chaque semaine à les instruire par l'image, va parler du verre.Emission - films de long métrage passeront le samedi, 30, en soirée, à partir de 8 heures.L'un .est anglais, le - second est français.On prépare dans la fièvre \u201cONDINE\u201d, de Jean Giraudoux, dans une adaptation spéciale (on le comprend lorsqu\u2019on sait que la pièce originale s\u2019est donnée .avec 43 acteurs) pour la télévision.C'est Georges Groulx qui prépare ce prestigieux spectacle dont Jouvet tint le réle principal à Paris.Ce sera la première mondiale de cette pièce en télévision; l'honneur en reviendra à C.B.F.T.et au dévouement de ceux qui n\u2019ont pas eu peur de\u2019 s'atteler & ce gigantesque travail.Jean LAZARE seraient susceptibles d'être jouées à Paris en première audition\u201d, nous confiait-il récemment.\u201cJe regrette profondément, ajoutait-il qu'on ne connaisse pas \u2018en France, la musique canadienne.Notre ignorance est cependant excusable, car.aucune propagande n'est faite à Paris, en faveur de vos oeuvres, de.vos artistes et chose plus inouïe encore, les chercheurs, les curieux; ne trouvent auprès de vos services culturels aucun renseignement pouvant les aider dans leur désir de connaître les oeuvres canadiennes pourtant existantes\u201d.Nul doute qu'après avoir été au Canada l\u2019ambassadeur de la musique française, le RP.Martin, sera, à son retour à -\u2014 ments qu'il a recueillis, de Québec a Vancouver, sur notre élite musicale et sur les oeuvres qu'elle a produites, Le R.P.Martin est né à Cendres, dans le Gard, le 7 mai 1914.Il fit ses premières études littéraires et musicales sous la direction d\u2019urr de ses oncles, ancien maître de chapelle à la cathédrale de Nimes.Son passage à la faculté des Lettres de l'Université de Montpellier est marqué par le souvenir qu'il y laissa comme organiste à l\u2019enclos Saint-François.Poursuivant ses études à Paris, on le re- - trouve étudiant en lettres à la Sorbonne et jeune théologien à l\u2019Institut catholique.Possédant une extraordinaire faculté de tra- \u2018 à la Sorbonne, une thèse pour le doctorat d\u2019Etat ès lettres où il étudie l\u2019évolution des rythmes dans la poésie grecque et s'efforce de substituer à la métrique abstraite des notions plus vivantes fondées sur la communauté de sentiment rythmique entre les Grecs et nous.Ordonné prêtre en 1939 il entre à l\u2019Oratoire-de France.Cinq ans plus tard, se tournaht de plus en plus vers la musique sacrée dont il veut faire un instrument d\u2019apostolat dans la ligne de la tradition oratorienne la plus authentique, il fonde la Société des Chanteurs de Saint-Eustache.En 1947 il joint à ses fonctions déjà absorbantes celle de maître de chapelle et or- bonheur d'entendre \u201cLa messe pour le sacre des rois de France\u201d, une des oeuvres les plus marquantes du R.P.Martin, certainement celle qui a fait couler le plus d\u2019encre, puisque plus de 175 articles illustrèrent la plus curieuse querelle musicale du siècle.Parmi ses nombreuses oeuvres pour piano et pour orgue, pour orchestre et chorales signalons une autre messe \u201cPro Pace\u201d et son hymne de Sérapion, inspiré des rythmes et des modes de la Grèce antique.Cette hymne fut exécutée solennellement à St-Pierre de Rome par 300 Pueri Cantores, sous la direction de Mgr Maillet.La plus récente oeuvre du R.P.Martin : \u201cPsaume pour l\u2019agonie d'un monde\u201d fut créée le 7 décembre dernier au nous quitte avec regret.Regret surtout de n'avoir pu pendant ce premier séjour acquérir des notions plus complètes sur notre musique et nos activités musicales.Il est.fort probable qu\u2019il nous revienne.Ce retour, s'il faut en croire certaines rumeurs que ne nie pas le Père Martin mais qu\u2019il considère comme prématurées, permettrait la réalisation d\u2019une série d'émissions de musique sacrée sur les ondes de Radio-Canada.Souhaitons que la chose se réalise et pour l'instant confions au R.P.Martin, comme nous l\u2019écrivons au début de cet article, la tâche de - nous faire mieux connaître en France.Paul COUCKE._ \u2014 \u201c PAGE HUIT L'AUTORITE, 23 MAI 1953 ma.- >.\"La terrible odyssée ES les premiers jours de décembre, je m'apprête à gagner Franklin.Vite, je prépare ma traîne à chiens, et, le lendemain, je suis équipé pour le voyage.On se met en route, plein d\u2019optimisme.J'ai pour compagnons deux hommes de la police et leur interprète.Nous espérons bien pouvoir arriver à Franklin la veille du Nouvel An.Depuis un mois et demi, à part quelques rares jours, le thermomètre s\u2019était maintenu en-dessous de 40 degrés sous zéro.Le jour de notre départ, il y avait 42 degrés; et les jours suivants, le froid ne fit que s'accentuer.Néanmoins, jusqu'au soir du second jour de voyage (29 décembre), tout alla relativement bien.sauf que le bout de mon nez a déjà son affaire réglée : il a été trop audacieux, la gelée l'a saisi.et tant pis, il fera peau neuve.Le troisième jour, notre train ralentit, et pour cause: plus de chemin !.Motif: nous sommes les premiers à passer là cet hiver.Force nous est de nous frayer un passage, raquettes aux pieds, à travers deux pieds et demi de neige ! Deux de mes compagnons et moi marchons, l\u2019un derrière l'autre, devant les chiens, afin de leur tasser la route.La tâche du premier de noys trois est particulièrement pénible, vous le devinez.Aussi, devons-nous prendre le poste alternativement.Le quatrième de la troupe est un novice, non encore rompu à la gymnastique de la raquette : nous lui laissons la charge de marcher derrière les traînes et de les surveiller.Et nous marchons toujours, stoiques, confiants.Au soir du 31 décembre; nous sommes très loin du but ! Il faut bien s'arrêter.et nous le faisons au milieu du Grand Muskeg, plaine dépourvue de toute végétation.De loin en loin seulement émergent de maigres épinettes toutes rabougries ct de pauvres saules pleureurs.Campons sur place.Tandis que deux de mes compagnons préparent le campement, je pars avec l'autre à la recherche de la bonne piste.Nous la retrouverons peut-être : quelques branches brisées, quelques rares entailles à la hache, mais brunies par le temps «et qu'on ne peut voir qu\u2019en sccouant le givre qui les recouvre, tels sont les seuls indices d\u2019une piste indienne.les seuls \u201cpoteaux indicateurs\u201d de nos vastes étendues.Longtemps nous.rôdâmes, à droite.a gauche.Enfin, nous trouvons.Tout heureux, nous regagnons le camp, qui fume là- bas, dans le lointain.Quel bon repas nous attend tout chaud ! Une bonne tasse de thé, un excellent bifteck.d\u2019orignal, des haricots! Menu princier, Pensez si on lui fait honneur! Aussi, rien n'en resta.Mais, c'est la veillée du Nouvel An.Les choses vont- Dans le Grand Nord (IN) elles se passer sans aucun éclat 7.On le dirait.Enroulés dans nos couvertures, nous rious tenons côte à côte.Le feu va s'éteindre, et le froid nous pénètre de plus en plus.Alors, je commence a fredonner le cantique si touchant : \u201cO bonne Mère du Missionnaire\u201d.Puis, prenant ma voix des grands jours, j'entonne résolument : \u201cIt's a long, long way to Tipperary.\" Cette fois, le branle est donné, c'est un ensemble magistral.Tous s\u2019en donnent à pleins poumons.S'il y avait des lièvres aux alentours, je parie qu\u2019ils se sont 'enfuis chez le pharmacien d'en face.Que de fois il faut rire pour ne pas sangloter! Vrai, ce soir du 31 décembre, nous sentions le be- Alfred GATHY, OM LA TRAVERSE DU DESERT DE NEIGE tes ses qualités de- bon chien, tiendra:t-il à la piste en \u2018dépit de l'obscurité et de la tempête ?.\u2014Peu importe, me disais-je, il connaît Franklin, et, par chemin battu ou autrement, il ne manquera pas de m'y conduire.Un quart d'heure se passe.Un doute me prend.\u2014Wèô! J'arréte mes coursiers et je file à l'arrière demander à Fred (l'interprète) s\u2019il croit mon chien dans la vraie direction.\u2014Je crois qu'il tire trop à droite, me répond-il.C'est ce que je pensais moi- même, d'ailleurs.Mais la suite nous apprendra que \u201cBas-blanc\u201d avait raison et que nous avions tort.\u2014Dia !.Bas-blanc !.soin de réagir, de nous égayer, de faire du bruit, beaucoup de bruit, pour comprimer nos sentiments et décharger néanmoins nos coeurs sans que rien en parût.Le lendemain, ler janvier, de grand matin, on s\u2019empresse de déguerpir, non sans s'étre souhaité mutuellement: \u201cHappy new year, Bonne Année!\u201d A sept heures du soir, il ne reste plus que quelques milles à franchir : presque une bagatelle ! Le but n'est donc plus éloigné.Demain, au petit jour, nous y serons.Et nous allions nous ar- réter pour camper quand, ô surprise, nous tombons sur un chemin fraîchement battu.\u201cHip, hip, hourra !\u201d Unanimement, nous décidons aussitôt de poursuivre sans désemparer jusqu\u2019à Franklin.Si tard que nous arrivions, nous retrouverons du moins un toit pour nous abriter.Oh! la belle et réconfortante perspective l.Marche I.Une fois sur la piste battue, nos chiens se sont mis à flairer, à droite, à gauche, comme pour bien s'assurer qu\u2019ils ne rêvaient pas.Du coup, ils en ont dressé la queue en panache, et sont repartis brillamment au pas accéléré.Hélas! à la sortie du bois, un sinistre malfaiteur nous attend.Le \u201cblizzard\u201d, vent meurtrier qui balaic la neige et emporte tout, est de nouveau dans toutes ses furies.Plus traces de chemin.Parti notre enthousiasme, brisé notre élan ! \u201cBas-blanc est en tête de la caravane.\u201cBas blanc\u201d est ce qu\u2019on peut appeler un chien intelligent, pour autant que l\u2019épithète puisse convenir à un chien.Pardon d\u2019avoir oublié, jusqu'ici, de vous présenter \u201cBas-blanc\u201d.C\u2019est un de mes fidèles coursiers, c\u2019est même mon meilleur, mon leader, mon chien de tête, belle bête noire aux pattes blanches, d\u2019où son nom.Mais \u201cBas-blanc\u201d, malgré tou- Bas-blanc obéit, mais en geignant.Bientôt, nous débouchons sur le lac.C'était prévu.Mais, de nouveau, Bas-blanc oblique à droite.\u2014Dia !\u2026 Bon serviteur, \u201cBas-blanc\u201d obéit encore, mais toujours en geignant.Et moi, de guerre lasse, je m'étends sur ma charge pour me protéger du blizzard qui, impitoyable, m\u2019englagonne les yeux et me géle la figure.A un moment, je m\u2018aperçois que \u201cBas-blanc\u201d ralentit, et, sans regarder, je lui crie : \u201cMarche, Bas-blanc !\u201d Mais-\u201cBas-blanc\u201d s'arrête et, au même instant, ma traîne, sous l\u2019assaut de la rafale, pirouette en tête-à-queue sur la glace vive.Je me lève rapidement, prêt à secouer mes braves bêtes pour les relancer dans le désert de neige.Stupeur! Que vois-je! \u201cBasblanc\u201d comme figé, tout au bord de la mare, c\u2019est-à-dire de l\u2019effroyable abime que sont les eaux mugissantes réfractaires à la gelée.ce sous un poids \u201ctrop loutd.Anxieux, haletants, ils ne pouvaient que m'\u2019attendre, Quand, enfin, je fus près d'eux : \u2014Père, vous avez bien failli !.\u2014Oui., boire un bon coup, ré- pondis-je.Ce n'est que le lendemain, quand ils me rappelérent ma boutade, que cette réponse humoristique nous amusa.: La nuit d\u2019agonie par 50 degrés sous zéro D'ailleurs, nous ne sommes pas encore au bout .de nos peines.Une question angoissante se pose, Vous la devinez.\u201cOù sommes- nous ?.\u201d Impossible de nous orienter.Faut-il continuer a marcher?Mais dans quelle direction ?Je propose à mes compagnons d\u2019aller - camper sur les bords du lac.Là, du moins, nous trouverons assez de neige pour nous creuser un abri.\u2014La terre ne doit pas être bien loin, leur dis-je.Attendezmoi ici, et criez de temps en temps.Je vais voir! Et je pars, en effet.Mais, à peine ai-je fait quelques pas que j'entends un appel pressant.\u2014\u201cFather, Father, Père, Père, venez !\u2026 Mes hommes s'étaient sans doute -concertés.Je reviens et je demande : \u2014Eh bien ! qu\u2019y a-t-il ?Non, je n\u2019oublierai jamais le ton plein d'angoisse que prit la voix du caporal pour me dire, avec une insistance toute fraternelle : \u2014Restez ici, Père.Restons ensemble.Docile, j'abandonnai mon projet.D'ailleurs, les éléments sont toujours démontés.Force nous est donc, en cette soirée du ler janvier, de camper sur la glace à ciel ouvert et d'attendre avec résignation que l'épouvantable poudrerie prenne fin.Vite, à l'oeuvre.Je dispose mes chiens en demi- come !.\u201d Devant le gouffre, chien gémit et pleure, tandis que de la mare, comme d'une immen- le pauvre se chaudière, s'échappent des tourbillons de vapeurs noirâtres qui montent d'abord puis glissent, vertigineux, emportés par le vent.Musique infernale!.Sifflement de la tempéte, mugissement des flots qui roulent en cascades, cris plaintifs de mes chiens.Sous mes pieds, sous mon attelage, la couche de glace, qui s\u2019est amincie progressivement à mesure qu\u2019on approchait du gouffre, est devenue un -effroyable danger.Le moindre mouvement vers l\u2019avant et cette glace se brise pour nous engloutir à tout jamais.Je me tiens là, cramponné à ma traîne, un instant interdit et comme muet d'épouvante.Que.faire?L'inspiration ne se fait pas attendre.Une courte et fervente invocation.Puis, de ma voix la plus douce: \u201cVenez ici, Basblanc I\u201d \"Et Bas-blanc, gentiment, presque joyeux, de faire demi-tour.Sans l'attendre et tandis qu'il s\u2019en vient vers moi, instinctivement, je fais demi-tour moi- même.A petits pas, retenant mon souffle, je fuis le gouffre béant.Et quand je me sens sur la glace solide, je respire enfin, mes nerfs se détendent quelque peu.Je suis sauvé ! yy Bien vite, je rejoins mes compagnons, arrétés a quelques pieds de mon attelage, hors du danger.Ils s'étaient rendu compte du péril que je courais, mais sans rien pouvoir tenter pour me secourir.S\u2019avancer vers moi, c'était risquer de faire céder la gla- lune autour de ma traine.Au centre, sur la glace, je déroule mes couvertures et, prestement, sur cette\u2019 couche sommaire, je m'étends pour me reposer.Toute l'opération n\u2019a pas duré deux minutes.D'un côté, le plus terrible, ma traîne me protège contre le fougueux blizzard: le gros de la tempête passera par-dessus ma tête.De l\u2019autre côté, mes .chiens qui ne tardent pas à venir se blottir contre moi, me fourniront une part bien précieuse de leurs calories.A la garde de Dieu! La consigne est de ne pas dormir.Qui donc se réveillerait ?Affreuse nuit! Nuit d'agonie !.Bt de quoi demain sera-t-il fait?De longs frissons qu'il est impossible d'arrêter, impossible de maîtriser, me courent par tous les membres, me secouent tout entier.Mes dents claguent désespérément.Instinctivement, je sors mes mains de mes mitaines, mes doigts sont engourdis et si fort, que je me mets à les mordre éperdument pour les réveiller.Deux heures du matin, trois heures et demie, quatre heures.Péniblement, les heures passent qui semblent des siècles.Parfois, je risque un oeil dehors.La poudrerie fait toujours rage.Enfin, vers dix heures du matin, 2 janvier, légère accalmie.\u201cJoie folle de la délivrance Cette fois, je ne me trompe pas !.La-bas, ce sont les nuages de vapeur vomis par la mare; de l\u2019autre côté, les bords du lac que nous avons franchi, hier soir.Un feu de joie.c'est-à-dire une bonne pipe.En la bourrant, je me rends parfaitement compte que mes doigts sont cuits ou gelés, l\u2019effet est à peu près pareil.Mais, peu m'importe! Je vis, c'est l\u2019essentiel.Je vis.Oh! le bonheur de vivre.De joie, j'ai hâte de me lever et de courir pour bien m\u2019en convaincre.\u2014Hello !.Freddy, Jimmy, Bil- 1y 1.7 \u2014What Pa \u2014Have a smoke ! Je les entends rire sous leurs couvertures.\u2014Père, vous savez où nous sommes?Allons-nous bientôt partir ?\u2014Oui, oui, ça va.Attendez quelques instants encore.Au signal que je donnerai, vous vous lèverez comme un seul homme pour déguerpir au plus vite, car il fait terriblement froid.Ne prenez pas la peine de ficeler vos traines, Franklin n'est pas bien loin.Quelques instants plus tard, le branle a été donné.Tableau des plus pittoresque.Quatre traînes qui glissent, rapides, sur le Grand Lac de l\u2019Ours, non loin du Cercle polaire.Quatre hommes nerveux, qui courent sans reprendre haleine comme des évadés de prison, s'agitent et gesticulent, comme des lunatiques, des fous en excursion, A onze heures et demie, nous étions à Franklin.Enfin 1.Quelle détente !.Quelle satisfaction! Voyons le thermomètre.Il mar- » que, tout bonnement, 58 degrés Fahrenheilt, Et maintenant, un petit bilan.Tout compte fait, j'ai le nez gelé sur toute sa surface (ce qui n\u2019est pas peu dire).Gelées aussi les joues, une oreille et la nuque.Gelés, enfin, dix doigts de mes deux mains.Dégâts plutôt superficiels, d\u2019ailleurs.Mes compagnons ne sont pas logés à meilleure enseigne.Bref, nous faisons tous belle figure.Dès mon arrivée à Franklin, les Indiens se mettent à me gâter.Sans attendre que j'en exprime le désir, ils se chargent avec émulation de tout travail auquel se refusent mes mains.Je n\u2019avais plus moi-même qu\u2019à patienter et laisser à-Dame Nature le temps de me refaire une peau.Trois années de captivité (suite de la page 1) civils avaient pillé sans scrupule : il n\u2019en fut pas de même pour l\u2019armée.J'ai vu abattre sur le trottoir un soldat nord-coréen porteur d'argent sud-coréen, infraction grave aux règlements militaires.Dès la tombée du jour, le couvre-feu paralysait la ville.Les sentinelles disposées tous les cent mètres le long des principales rues tiraient sans avertissement et sans sommation: Au bureau de la Sécurité où je me trouvai après mon arrestation, et où je passai plusieurs jours dont la plupart des heures furent consacrées à des interrogatoires, je vis défiler bon nom- bue de prisonniers civils coréens.Nous dormions sur la dure.On nous servait le matin et le soir une boule d'orge bouilli avec une pincée de sel noir.en Corée Au nombre des prisonniers, bientôt des déportés, se trouvaient sept personnalités sud- coréennes, comprenant cinq députés, un homme de main de Syngman Rhee et l\u2019avant-dernier ministre de l'Intérieur Kim.Ils vivent, à l\u2019heure actuelle, dans la mesure où l\u2019on peut supposer qu\u2019ils vivent encore, dans un camp de la frontière sud-Mand- chourienne.Ils avaient pourtant exprimé le désir, de bonne ou de mauvaise foi, de collaborer avec leurs nouveaux\u201d maîtres, mais ceux-ci refusèrent de leur faire confiance.Ils sont censés y être soumis à une rééducation politique.découvrir un monde nouveau, et se repentir de leurs erreurs passées.D'emblée, ils avaient été encadrés par de jeunes transfuges sud-coréens chargés de leur rappeler à chaque instant la nécessité de \u201créfléchir\u201d et:d'\u201cétudier\u201d.Je garde le souvenir particulièrement vif d'un vieux général dont le nom était Lee, tout ridé et desséché, qui faisgét partie de notre convoi quand je fus à mon tour déporté, et qui s\u2019était accroupi à mes côtés dans le wagon de marchandises qui nous emmenait vers Pyong Yang.Nous étions cinquante- cina, dont huit étrangers : quatre Français, un Anglo-Coréen, un Allemand et deux Japonais.Le général Lee, vieux patriote coréen militant, avait passé vingt- cinq ans dans les geôles japonaises.Il me disait : \u201cJ'ai l\u2019'habitude : je n\u2019ai goûté à la liberté que pendant quelques années, je reprends ma vieille routine.L'essentiel, c\u2019est de garder le sourire\u201d.Et il souriait, avec ses der- niéres dents.Maurice CHANTELOUP \u2018eau a la bouche Ayant «dépassé Lyon, il'y a quelques jours, j'avais abandonné la Route Bleue par laquelle s'écoulait, ininterrompu, le flot des voitures (et aussi des \u201cpoids lourds\u201d) qui fongaient vers le sud.J'ai un faible pour les petites villes de province que leur éloignement protège de cette marée roulante et \u2018tonitruante.Je, décidai de passer la nuit dans une de ces localités où le \u201cGuide Michelin\u201d désigne par un astérisque une \u201cbonne table\u201d.A l'hôtel, on nous accueillit à bras ouverts, comme si nous avions été attendus.J'aurais eu la faiblesse d\u2019attribuer cet accueil à ma bonne mine si je n\u2019avais remarqué que le volume à couver- turé rouge que je portais a la main attirait l'attention de l\u2019hô- esse.\u2014Je vois, dit-elle, que vous avez l'édition 1953 du \u201cGuide Michelin\u201d.Me permettez-vous d'y jeter un coup d'oeil.La derniére édition de ce guide venait de paraitre le jour méme, et I'unique libraire du lieu n\u2019en était pas encore approvisionné.A l'appel de sa femme, le \u201cchef\u201d, abandonnant ses fourneaux, accourut en chaussant ses lunettes.Je les vis feuilleter le volume d\u2019un doigt fébrile; mais, bientôt, un sourire éclaira leur visage.Il ne m\u2019était pas bien difficile de deviner la raison de leur satisfaction puisque moi- même, quelques instants plus tôt, j'avais choisi leur maison parce que le \u201cGuide Michelin\u201d la désignait à mon attention par une toile.Ce simple petit signe typographique représentait pour eux, dans les mois à venir, quelques fournées de clients attirés par la promesse d'un bon repas.e \u201cGuide Michelin\u201d a repéré ainsi 641 \u201cbonnes tables\u201d s toute la France, Les maisons qui méritent deux - étoiles ne dépassent pas le nombre de soixante-deux : \u201ctable ex- ~ > cellente, mérite un détour\u201d, précise le guide.A l'échelon supérieur, le \u201cMichelin\u201d a sélectionné onze maisons seulement, avec la mention : \u201cune des meilleures tables de France;.vaut le voyage\u201d, prend soin de préciser : \u201cPour de tels établissements, les prix n\u2019entrent pas en ligne de \u201ccompte.Annoncez votre arrivée chaque fois que possible.Le chef, ainsi prévenu, pourra se surpasser.\u201d Sur ces onzes restaurants de classe exceptionnelle, on_ en compte cinq A Paris: le Maxim's et le Grand Véfour (promus a cette dignité en 1953), la Tour et il.pérouse.Les six autres se répartissent ainsi : Hure, à Avallon (promu en 1953), Dumaine à Saulieu, Point à Vienne, Bise à Talloires, \u201cMère Bauduin\u201d à Antibes - et \u201cMère Brazier\u201d au col de la Luère.Un quotidien francais a pris l'initiative de demander une recette à chacun des chefs à trois étoiles.Elles se caractérisent toutes par leur simplicité.M.Point, qui.dirige le restaurant de la Pyramide à Vienne, a toujours refusé de livrer ses secrets.Un jour, cependant, il a confié à un journaliste suisse : \u2014Mes recettes ?dans tous \u2018les livres! Mais, de la recette aux lévres, il y a, si l'on peut dire, le tour de main.que les livres n'enseignent pas.Elles sont d'Argent, le Café de Paris et La- BURIDAN TTT TTT TTT TTT TTT TTT TT TA | Bulletin _d\u2019abonnement | LS , | L'AUTORITE, | Chambre 524, Edifice Canada Cement, | | Montréal (2e), | | | Messieurs, | I Veuillez nous faire le service de votre journal | | durant.un an (six mois).(Biffes la mention inutile).I Ciinclus chaque de.a cet effet.: | Abonnement d'un an $4.| | Abonnement de six mois $2.50.| | N.B.\u2014 Prière d'ajouter .15 cents si le chèque est tiré | | sur une banque en dehors de Montréal.| | | NOM _.oosvcossecesssresersacresscesasevansensncn men au0eR | | ACGVEBSE L.uoccscscsocsencensaneacsescsrcesaneencaenenenenn | SOULONCONONOVHHOSON0O000È0000000NO00V0N0VS200000000000 LTT "]
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