Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Droit d'auteur non évalué

Consulter cette déclaration

Titre :
L'autorité
Libéral et anticlérical, ce journal critique la société canadienne-française et son conformisme. Dans ses dernières années, L'Autorité compte plusieurs collaborateurs prestigieux qui lui assurent une grande qualité de contenu rédactionnel. [...]

Fondé par Tancrède Marsil, ce journal paraît pour la première fois le 28 décembre 1913. La couverture politique de l'hebdomadaire du dimanche varie au gré des changements de direction. À ses débuts, le journal se dit non partisan mais, libéral par conviction, il vise à servir de guide pour le maintien de la bonne doctrine libérale, celle de 1893, et de son vrai chef, Wilfrid Laurier.

En 1913 et 1914, Tancrède Marsil s'intéresse particulièrement à la politique municipale. Son successeur de 1914 à 1932, Gaston Maillet, un dentiste fortuné qui a fort probablement participé à la création du journal, est plutôt animé par la passion de la politique provinciale et fédérale. Gilbert LaRue, directeur de 1932 à 1936, remet à l'avant-plan la politique locale et exprime son désir de faire de L'Autorité « le » journal de Montréal. Le journal prend le titre L'Autorité nouvelle de juin 1925 à novembre1931. La direction du journal est assurée par J.-A. Fortin de 1943 à 1953.

En 1953, Gérard Gingras prend les rênes du journal, qui compte de prestigieux collaborateurs tels Alfred DesRochers, Roger Duhamel, Guy Frégault, Germaine Guèvremont et René Lévesque. À l'époque, Gingras répond à ses détracteurs qui soutiennent que L'Autorité est à la solde du Parti libéral et affirme que si le journal approuve le programme libéral, il est toujours demeuré indépendant. Il confirme ainsi les propos de Marsil dans le texte sur la raison d'être de l'hebdomadaire paru dans le premier numéro en 1913 : « Indépendant des partis politiques, L'Autorité entend promouvoir et défendre les intérêts des nôtres d'abord, encore, partout et toujours ». Pendant les années Gingras, le journal renforce sa dimension satirique avec les caricatures de Berthio (Roland Berthiaume) et de Normand Hudon.

L'Autorité change sporadiquement de forme au cours de sa durée de vie pour passer de quatre à six puis à huit pages, alors que l'actualité politique se trouve généralement présentée en première page. Selon les changements de direction, la section des sports est couverte de façon inégale et passe d'une à trois pages pour disparaître pendant un certain temps. Pour sa part, l'actualité culturelle y est traitée avec régularité. La Grande Guerre y est également couverte en profondeur. Le quart de l'hebdomadaire est alors consacré à la publicité.

Le tirage de L'Autorité est de 8000 exemplaires en 1914 et atteint 12 750 en 1920 pour se maintenir autour de 15 000 exemplaires tout au long de la décennie. Il descend à 500 exemplaires en 1940. La publication est suspendue de septembre à décembre 1936 et de mars à juin 1939 pour une réorganisation. Les raisons qui mènent à la fin de la publication demeurent inconnues. Le dernier numéro paraît le 2 avril 1955.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1973, vol. 5, p. 90-92.

LÉVESQUE, Michel, Histoire du Parti libéral du Québec : la nébuleuse politique, 1867-1960,

Québec, Septentrion, 2013.

ROY, Fernande, « Le journal L'Autorité dans le cadre de la presse libérale montréalaise », dans Lamonde, Yvan, Combats libéraux au tournant du XXe siècle, Saint-Laurent, Fides, 1995, p. 231-246.

Éditeur :
  • Montréal,1913-1955
Contenu spécifique :
samedi 20 juin 1953
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Haut-parleur,
  • Successeur :
  • Autorité nouvelle
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichier (1)

Références

L'autorité, 1953-06-20, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
[" 38e ANNEE \u2014 No 48 BEAUCEVILLE, 20 JUIN 1953 Directeur: GERARD GINGRAS Secrétaire de la rédaction : MICHEL ROY- 10 cents mon âge, on ne devient pas politicien du jour au lendemain.On m'appelle le \u201cdéputé des ouvriers\u201d parce que je suis vraiment le seul représentant à l\u2019Assemblée législative qui soit issu de la classe ouvrière, uis plusieurs années, je travaille aux usines Angus (Pacifique Canadien) et je n'ai pas quitté mon emploi de contre-maitre pour aller m'installer au Chéteau Frontenac en Permanence.Quand je rentre de Québec, mon poste m\u2019attend a Yusine, On est venu me demander de briguer les suffrages dans Maisonneuve.J'ai beaucoup hésité.Mais, une fois engagé dans la Le 1 4 à Impressions de député | \u201cQuand je rentre de Québec, mon poste m'attend a l\u2019usine.\u201d PAR ALCIDE MONTPETIT (député de Maisonneuve) lutte, je peux confier que j\u2019étais convaincu de ma victoire.Parce que je sentais très nettement que les travailleurs m\u2019âp- puyaient de toutes leurs forces, Ils appuyaient un autre travail- deur, un des leurs, Je ne connaissais pas Québec.Et, quand j'y suis arrivé avec mon jeune ami Yvon Dupuis, c\u2019était pour moi comme un itinéraire historique.Mes premières heures de marche dans les rues de la vieille capitale m\u2019ont laissé une impression inoubliable.Je sentais battre le coeur du Canada français dans chaque rmionu- ment, au tournant de chaque Tue, sous les arches au pied des côtes, Et quelle population sympathique! Quel climat de fraternité! Oserais-je l'avouer: la façade du Parlement m\u2019impressionna, J'y entrai avec le souci bien arrêté de promouvoir les intérêts de ceux qui venaient de m\u2019accorder leur confiance, Peut-être note- ra-t-on que je ne me suis levé que 4 fois en chambre pour porter la parole.Mais j'estime que les services que je peux rendre ne se mesurent pas au nombre de discours.Chaque fois que j'ai parlé, c\u2019était pour exposer très clairement un point de vue non moins clair.Je n'ai pas beaucoup de goût pour la rhétorique et la confusion oratoire.Les questions que je poserai feront toujours, au préalable, l\u2019objet d\u2019une étude approfondie.On ne s'improvise pas député.C\u2019est une \u201cprofession\u201d dont l\u2019exercice nécessite beaucoup de pré- Paration.M.Marler, notre chef, nous l\u2019a fait comprendre par l'exemple.En quittant Québec, il nous a exhortés à préparer la prochaine session, par tous les moyens, Je m'y emploie fébrilement.Cette année, je dois reconnaître qu\u2019on m\u2019a traité en gentleman.Je ne crois pas que mon comportement en chambre ait suscité une grande hostilité, J'ai parlé sur le ton de la modération et de la raison, le seul qui me paraisse adéquat, Ce fut une grande expérience d'avoir à me familiariser rapidement avec la procédure parlementaire; et un exercice de mémoire assez intéressant que de connaître (et reconnaître) les noms des députés et les comtés qu\u2019ils représentent.Pour tout dire, j'ai hâte de retourner à Québec à l\u2019automne.Lettre ouverte à Jean-Pierre Houlé - Peron et \u2019Argentine 4 a D par André Dangenais Mon cher Houle, J'habitais à la Maison des provinces de France, boulevard Jourdan, à la Cité Universitaire de Paris, au début de la dernière guerre, Etant donné la situation générale, on avait réuni des étudiants de 28 nationalités différentes, en cette même Maison.Parmi eux, se trouvait un Japonais.Un soir, cherchant à me renseigner sur le conflit sino-ja ponais, je demandai à l\u2019homme du\u2018 Japon de bien vouloir me préciser les raisons pour lesquelles son pays avait envahi la Chine.A la question posée, mon interlocuteur me regarda avec une candeur visible et me répondit à peu près ceci: \u201cJe ne com- Prends pas bien, monsieur, ce que vous voulez dire.Car ce n\u2019est pas le Japon qui fait la guerre à la Chine, mais bien le contraire.\u201d Dans le texte qui a soulevé vos sentiments, mon cher Houle, je mettais en cause l\u2019impérialisme étatsunien, d\u2019une part, d'une manière générale, et d'autre part, en vertu de diverses circonstances qui ont entouré le voyage du président Peron au Chili, ainsi que son retour.N'importe quel résident d'Amérique latine sait que l'attitude de Washington, amicale ou hostile, a des pouvoirs singuliers sur le maintien ou la chute des gouvernements latino-américains, Après avoir \u201c\u2018flirté\u201d avec le gouvernement dictatorial de Vargas, au Brésil, durant la dernière guerre, (et il y avait des chemises d'une certaine couleur en ce pays, en ce temps-là,) Washington manifesta une froideur nouvelle, et l\u2019ambassadeur étatsu- nien à Rio de Janiero fit de même, Quelques semaines plus tard, Gétulio Vargas tombait.C'est un homme puissant et il a pu revenir à la surface.Mais si l'interventionnisme étatsunien \\ Nos compatriotes demandent : Quand -aurons-nous une école protestante française ici ?PRES avoir pris connaissance d\u2019un article sur les protestants canadiens de langue française, publié dans L\u2019AUTORITE il y a trois semalnes, le pasteur Poulain, de foi protestante, commente ici un aspect du problème : l\u2019enseignement du français dans les écoles anglo- protestantes de Montréal, enseignement qui sera désormais assumé par six jeunes professeurs français, venus spécialement d'Europe.\u2014 (N.D.L.R.) 3 ES journaux nous ont appris que la Commission scolaire Protestante de Montréal avait fait appel a six jeunes professeurs protestants fran- cais pour enseigner dans les High Schools l\u2019année prochaine.Le but est d'enseigner le français usuel afin que ceux qui termi- ment leurs études et se préparent à entrer à l\u2019Université soient à même de parler le français et deviennent ainsi bilingues.La Commission scolaire Protestante est convaincue de l'utilité dans un pays bilingue, de \u2018connaître l'anglais et le français et de pouvoir parler les deux langues cor- rec:ement.Nous ne saurions trop féliciter les initiateurs de ce projet et nous avons l'espoir que la Commission scolaire Protestante s\u2019est engagée dans une voie qui la conduira un jour à ouvrir à Montréal une école protestante française.Il y aura encore beaucoup de préjugés à vaincre, mais il faudra un jour se rendre à la réalité, Puisque les écoles protestantes ici sont en réalité des écoles publiques pour tous les non-catholiques, (on y accepte en effet des juifs, des orthodoxes, des membres de sectes non protestantes et même des athées à qui l\u2019on donne la cassification de Déplorable Constitution de la France par EDOUARD DALADIER a déjà été ajournée jusqu\u2019à la fin du mois, dans l\u2019attente d\u2019un armistice en Corée ou, peut-être, de la formation d\u2019un gouvernement français.Le sera-t-elle de nouveau après l'échec de la tentative, peut-être prématurée, de M.Mendès-Fran- ce, et qui s'explique davantage par les maladresses de son second discours, que par une opposition véritable à l\u2019essentiel de ses.propositions et encore par l\u2019échec -de M.Bidault?Il est probable qu\u2019on ne tardera pas à revenir aux solutions classiques de toutes les crises ministérielles depuis la Libération, jusqu\u2019au jour où sera enfin adoptée une nouvelle loi électorale majoritaire, autrement utile et nécessaire qu\u2019une révision superficielle de da déplorable Constitution de la France.Le nouveau président du Conseil français arri- Véra donc à temps pour défendre les intérêts vitaux de son Pays qui dépendent de l'organisation d\u2019une paix véritable entre les deux mondes hostiles de l'Est et de l'Ouest.Aussi bien, les quatre nations n\u2019ont pas attendu la fin des crises intérieures françaises pour prendre position.En Angleterre, par son discours retentissant du 21 mai, sir Winston Churchill a affirmé sa volonté de rechercher avec ténacité, même s\u2019il était seul, l'organisation de la coexistence pacifique du monde communiste et du monde libéral.Il a renouvelé avec -for- I: Conférence des Bermudes ce son affirmation qu'une Conférence des trois Alliés Occidentaux avec Moscou d\u2019abord, plus tard avec la Chine, était la meilleure méthode d\u2019y parvenir.La Chambre des Communes lui a donné son approbation unanime, Au lendemain des fêtes du couronnement, les premiers ministres des Dominions se sont rangés à ses côtés.Il s\u2019est informé à Moscou.Aux Bermudes, il représentera cent millions d\u2019hommes, animés de la même pensée, de la même espérance.On comprend l'inquiétude du Chancelier enauer dont le destin politiqüle est lié au sort de l\u2019armée dite européenne.Mais le réarmement de l'Allemagne de Bonn est un obstacle insurmontable a tout accord avec la Russie, Elle ne saurait admettre la résurrection d'une Wehrmacht qui n'aurd#it fait que changer d'uniforme et retrouverait bientôt, avec ses chefs nazis, son ancien esprit.Le problème du réarmement de l'Allemagne et celui de ses frontières orientales sont au centre du débat.Résolument hostile à la Conférence' à Quatre, le Chancelier Adenauer multiplie donc ses efforts pour la rendre impossible, bien qu'il soit assuré qu\u2019elle aurait pour conséquence ie rétablissement de l'unité allemande jusqu'aux frontières de l'O- der-Neisse, et l'intégration de -cette Allemagne à l'organisation politique et économique de l'Europe.La politique du subtil Chancelier de Bonn ne saurait admettre ce retour, sinon aux\u2018 textes périmés, du moins, dans une certaine mesure, à l'esprit de Potsdam.Il met tout en oeuvre pour le prévenir, depuis l'envoi aux Etats-Unis de son Directeur politique aux Affaires Etrangères, jusqu\u2019à son message personnel à M, Eisenhower et à une action inlassable afin d\u2019obtenir de Washington, soit un réarmement préalable de l\u2019Allemagne de l'Ouest, soit sa représentation à la Conférence des Bermudes, Il ne s\u2019agit nullement, contrairement à ce que certains prétendent en France, d\u2019un renversement des alliances.Aucun homme raisonnable ne saurait songer à une aussi folle aventure.La seule question est de savoir si l'espérance des peuples dans l'organisation d'une paix durable, et qui peut être féconde sur le plan économique comme dans d'ordre politique, doit être sacrifiée, sans même que l\u2019on tente de la réaliser, au réarmement de l'Allemagne occidentale.Et poser cette question c\u2019est la résoudre.Ce réarmement rend impossible tout accord avec la Russie, bien qu'elle ait autant besoin de la paix que l'Occident.Il rend inévitable l'accélération de la course aux armements, déjà ruineuse pour le monde.En Europe, il accroît fatalement l'effort militaire de la Pologne, de la Tchoslovaquie justement inquié- tes, sans parler des autres pays situés au-delà du rideau de fer.Il faut au contraire que ce rideau tombe, Cette orientation de la politique internationale s'oppose certes aux dangereuses chimères du \u201crefoulement\u201d, mais dans lequel de ses articies le Pacte Atlantique les avait-il donc inscrites ?En Allemagne même, il semble bien que, malgré la ratification des accords de Bonn et de Paris, les discours et l'action de Churchill, succédant aux appels répétés du gouvernement de Moscou à la négociation, ont reçu en divers cercles politiques, comme en bien des milieux de l\u2019industrie, un accueil favorable, On y revient peu à peu à une notion - exacte des réalités On comprend enfin que les Russes ne peuvent songer évacuer leurs troupes de l'Autriche et de l'Allemagne orientale, tandis que les Alliés poursuivraient le réarmement de l'Allemagne de Bonn.Il n\u2019est nullement impossible que bientôt le Chancelier Adenauer et.son parti demeurent les seuls à espérer, avec leurs partenaires de France et d'Italie, que la Copférence des Bermudes pose à la réunion de la Conférence à Quatre des conditions inacceptables pour la Russie, Etait-il d\u2019ailleurs indispensable de s\u2019en aller d'\u2019abord aux Bermudes ?neutres) il faudra tenir compte des besoins de plus en plus grands, aussi bien chez les Canadiens français que chez un grand nombre d'immigrants qui tiennent à la langue française, de tous ceux qui ont horreur du caporalisme en éducation et qui, tout en reconnaissant à la religion sa place dans la vie, .demandent pour leurs enfants un véritable enseignement.La venue de ces jeunes professeurs a fait poser la question: Pourquoi des Francais?Et \u201cLa Presse\u201d fait répondre 3 M.Sommerville ou plutôt, je suppose, répond elle-même: \u201cparce qu\u2019il n'est pratiquement pas de protestants canadiens-français\u201d.Et le tour est joué ! C\u2019est ainsi que continue de se manifester \u201cla lente et sourde persécution \u201cdont parlait Michel Roy dans un article de \u201cL\u2019Autorité\u201d du 30 mai 1953 intitulé: \u201cProtestants et Canadiens francais\u201d, Dans les milieux catholiques on ne veut pas reconnaître l'existence du Protestantisme canadien-français et on le persécute sourdement et l\u2019on fait la conspiration du silence Quelle est donc la vérité?Pourquoi va-t-on chercher des professeurs en France ?La vérité, la voici: Si l'on est obligé d'appeler des professeurs protestants de France (on va tout de même bien être obligé de reconnaître qu\u2019il y a des protestants français) ce n\u2019est pas parce qu\u2019il n'y a pas de protestants cana- diens-français (nous pourrions donner les noms des Canadiens français professeurs de français dans les écoles protestantes) mais c\u2019est bien parce que l\u2019on n\u2019a jamais voulu permettre aux protestants canadiens-francais de.recevoir, dans cette province de Québec en majorité française, une instruction dans leur propre langue.La vérité est que les protestants canadiens-français sont obligés d\u2019aller dans les écoles anglaises et c\u2019est pourquoi très rares sont ceux qui peuvent enseigner le français, Nous demandons donc, après nous être réjouis de l'initiative de la Commission scolaire\u2019 Protestante : QUAND PERMETTRA-T-ON ENFIN, DANS CETTE CITE DE MONTREAL EN MAJORITE FRANÇAISE, A TOUS LES NON-CATHOLIQUES DE LANGUE FRANÇAISE (nous ne pensons pas seulement aux protestants) DE POUVOIR DONNER A LEURS ENFANTS UNE INSTRUCTION DE BASE EN FRANÇAIS ?.A.POULAIN s\u2019est ainsi manifesté à l'égard du Brésil, qui a des intérêts complémentaires de ceux des Etats- Unis, que sera-ce de ses manifestations dans le reste des Amériques?\u2014 Mon cher Houle, pourquoi faites-vous le Japonais en cette affaire ?\u2014 Je parle de l'impérialisme étatsunien, que tout le monde connait.Et vous me répondez en parlant d\u2019un supposé impérialisme argentin.Ayant vécu cinq ans en Argentine, par suite d'une chance à laquelle vous avez contribué, je m'estime heureux de pouvoir dire, \u2018en le sachant, que la République de Rio de la Plata a résolu ses problèmes de frontière, un certain nombre de fois, en acceptant un arbitrage international qui s\u2019avéra parfois à son détriment.La doctrine de l'arbitrage est essentiellement ar- gentiné.Elle a précisément joué pour sceller l'amitié historique de Buenos-Aires ct de Santiago .du Chili.Ces deux pays ont des intéréts visibles a s'unir.Washington a des intérêts aussi visibles à les désunir.Quand, il y a quelques années, Gonzalez Védéla, alors président chilien, envoya une mission d\u2019entente économique en Argentine, laquelle mission se rendit même en Uruguay, Washington menaça de ne point accorder au Chili telle somme de dollars assez sonnante, sur laquelle le gouvernement de Santiago comptait.Ce n'était sans doute pas de l'impérialisme.Et il y a cette bonne histoire d'un président état- sunien, bien connu, qui s'enquit par téléphone des développements de la révolution panamé- enne, \u2014 car Panama se séparait alors de la Colombie, pour \u201cjouir\u201d de son indépendance, \u2014 avant qu\u2019elle eût éclaté.I était en vacance de quelques heures.Je parle, mon cher Houle, de I'impérialisme étatsunien.Pourquoi faites-vous Je Japonais, à l'égard d\u2019une patrie qui n'est point la vôtre?Tel est le fond du tableau en Amérique latine.Mais venons- en à quelques détails sur la situation intérieure argentine, un peu avant les événements dont les agences de presse ont donné leur interprétation.\u2014 Au retour du Chili du président Peron, donc, l'opposition argentine acquit une agressivité nouvelle, lui inspirant une lutte dont le caractère démocratique n\u2019est pas évident.J'oubliais que la Révolution française est née dans le sang.Au défi sanglant, les partisans péronistes répondirent en brûlant des immeubles.Lisons ici, \u2014 cela a quelque intérêt, \u2014 les commentaires parus dans \u201cLe Travailleur\u201d de Worcester, édition du 28 mai, sous la signature d\u2019André.Pujol, correspondant de ce journal à Buenos-Aires: ; \u201cC\u2019est un fait que l'on n\u2019a güè- re relevé: depuis le 17 octobre 1945, date de la libération par le peuple du colonel Peron, les morts et les blessés, sans exception, appartiennent aux partisans du régime, Cette fois-ci non plus, le sang n'a pas été vengé par le sang.\u201cQuelles sont les origines immédiates de l'affaire?(Car les origines lointaines, nous les connaissons: c\u2019est la haine que voue à celui qui les a vaincus à deux reprises aux élections ce curieux assemblage de la haute bourgeoisie conservatrice et du parti communiste qui constituait TUnion' Démocratique.) C'est très simple.Faute d'avoir une prise quelconque sur l'opinion publique, faute de pouvoir susciter un pronunciamiento militaire efficace, l'opposition a employé, il y a quelques semaines, une nouvelle tactique, à la vérité fort simple.Du jour au lendemain, le bétail cessa d'arriver aux abattoirs de Buenos-Aires et une population de près de 5 millions d'habitants se trouva sans viande.Aux abattoirs de Liniers, par exemple, les têtes de gros bétail livrées par les estancieros passèrent brusquement de 6,000 à 1,500.Résultat, malgré le contrôle de prix, le filet de boeuf se vendit au marché noir 20 piastres le kilo au lieu de 4.Et les autres produits alimentaires sur lesquels il fallait bien se rabattre virent monter leurs prix de 50 pour cent.\u201cLe peuple de la capitale, qui avait subi sans trop murmurer les années de vaches maigres provoquées par la sécheresse, commença à la trouver mauval- se.Et les bruits de se répan- (suite à la page 5) expats qe I } rr op ; £2 5 Si tu t'imagines, Filtette, fillette Que ça va durer toujours La saison des amours Ce que tu te gourres Sj tu crois, petite, Si tu crois.mh.mh.Que tor teint de rose Ta taille de guêpe Tes mignons biceps Tes ongles d'émail Ta cuisse de nymphe Et ton pied léger Si tu crois Que ça va durer toujours.Les beaux jours s\u2019en vont Les beaux jours de fête Si tu timagines\u2026 Soleils et planètes Tournent tous en rond Mais toi, ma petite, Tu marches tout droit Vers ce que tu ne vols pas Le trait sournois s'approche La ride véloce : La pesante graisse Le menton triplé Le muscle avachi Allons, cueille, cueille Les roses de la vie Et que leurs pétales Soient la mer étale De tous les bonheurs Si tu ne le fais pas.Ce que tu te gourres.Raymond QUENEAU L'AUTORITE, 20 JUIN 1953 S l'arrière-boutique, deux De avaient étendu le bijoutier inanimé et s\u2019em- Pployaient à le faire revenir à lui.\u201cDevant le magasin, sur le large trottoir de l\u2019avenue Kléber, la foule s'amassait.Deux hommes entrèrent, qui serrèrent la main du commissaire : c\u2019'étaient les inspecteurs Taglion et Cursot, de la Police parisienne.\u2014Le bijoutier a été assommé, expliqua le commissaire.Je crois qu'il s\u2019en tirera sans trop de mal.I semble que l'agresseur ait réussi son coup et emporté une bonne pincée de bijoux.M.Jean Lamard, que voici, est rédacteur au ministère des Finances.11 a presque assisté au crime, ainsi que mademoiselle.Il a pu m\u2019avertir instantanément.Voudriez-vous, monsieur, exposer exactement ce que vous avez vu et ce que yous avez fait ?\u2014J'avais rendez-vous avec ma fiancée, dit Jean 'Lamard, a six heures, devant le Trocadéro, pour venir acheter nos alliances.J'en avais remarqué dans la vitrine de ce magasin.Comme nous nous étions arrêtés pour les regarder, on a retiré, de l\u2019intérieur, ce plateau qui est sur le comptoir.Il y avait dessus une vingtaine de bagues magnifiques qui entouraient un diamant dont le prix n\u2019était pas marqué ; une grosse et belle pierre, à ce qu\u2019il m'a semblé, car je ne m\u2019y connais pas en diamants.\u201cNous sommes restés devant la vitrine une ou deux minutes encore.Comme je mettais la main sur la poignée, la porte s\u2019ouvrit, un homme à moustaches noires sortit plutôt vivement et referma, bien qu\u2019il fût visible que nous étions sur le point d'entrer.Il traversa rapidement le trottoir et se dirigea vers une automobile bleue.\u201cJe remarquai tout de suite, en entrant, que le plateau aux diamants était vide.Je pressentis l'anormal, surtout en n'\u2019apercevant pas le commerçant.Immédiatement, j'ai appelé.On ne m'a pas répondu.\u2018Alors, je me suis précipité dehors.\u201cLe temps écoulé, entre le moment où l'homme m'avait croisé et celui où je sortis dut être très bref, car j'aperçus l\u2019auto bleue, un Citroën Familiale, qui n'\u2019avait guère parcouru qu\u2019une cinquantaine de mètres, \u201cElle se dirigeait vers la place du Trocadéro.Je ne pensais qu\u2019au numéro et je lus : 9.998 RB 9.\u201d L\u2019inspecteur Cursot = laissa échapper un sifflement, tandis que son collègue disait : \u2014Sauf erreur ?\u2014Sauf erreur, répliqua un peu séchement Jean Lamard.Avant votre arrivée, monsieur le commissaire témoignait du méme doute.Or, j'ai une vue excellente.Quant à ma mémoire des chiffres, mes collègues du Ministère pourraient vous dire qu\u2019il suffit de me donner une fois un numéro de téléphone pour que je m\u2019en souvienne pendant des années.\u2014Je n\u2019ai pas voulu mettre votre affirmation en doute, dit l'inspecteur Taglion.Vous avez donné l\u2019alarme aussitôt ?\u2014L'auto n'était certainement pas encore place du Trocadéro lorsque je suis entré ici.Je voulais alors simplement dire à ma fiancée de m'\u2019attendre et courir a la recherche d'un agent.J'ai aperçu, derrière le comptoir, le téléphone.Il y avait le numéro des pompiers et celui du commissariat\u2026 Je vous ai téléphoné et j'ai attendu.\u2014J\u2019ai immédiatement alerté po- lite-secours, dit le commissaire.S'il n\u2019a pas trop de chance, le malfaiteur ne sortira pas de Paris.Le bijoutier était revenu à lui.11 apparut dans l'encadrement de la porte de communication, soutenu par les deux agents.Il porta av\u201c.itôt son regard vers la vi- trine-comptoir, et, apercevant le plateau dépouillé des bagues, il gémit : \u2014Mon gros diamant.11 s'affala sur une chaise que lui tendit un agent.\u2014Ne désespérez pas de retrouver rapidement vos bijoux, dit le commissaire.Grâce à monsieur, votre agresseur n\u2019ira probablement pas loin.Vous sentez-vous la force de nous dire ce qui s\u2019est passé ?\u2014Oui, répondit le commerçant.Il porta la main à sa tête, tâta les cheveux collés par un faible épanchement de sang, fit une grimace et demanda un verre d\u2019eau.\u2014Six heures venaient de sonner, reprit-il.Un homme grand, avec des moustaches noires, trés bien habillé, entra et me demanda à voir des épingles de cravates avec perles.Les épingles étaient dans la vitrine, derrière le comptoir.Je me suis retourné pour les prendre.Je crois avoir reçu un coup très violent à la tête.Je Me sais rien d'autre.On vous a retrouvé dans Yau.\u2018tre pièce, dit le commissaire.Voùs - \u201cêtes-vous.traîné jusque-là?_ \u2014Non.C\u2019est peut-être l\u2019homme qui m'a porté là-bas pour que l\u2019on ne me voie pas du dehors.\u2014Vous n'aviez personne avec vous ?\u2014J'ai un employé.A cing heures, il a reçu un coup de téléphone.Sa femme venait d\u2019être renversée par une auto, à Montreuil, devant sa maison.Il m\u2019a demandé de le laisser partir.\u2014On peut parier, dit l\u2019inspecteur Taglion, qu\u2019il n\u2019y a eu aucun accident.\u2014Oh ! c\u2019est un honnête homme, protesta le commerçant.Il est chez moi depuis plus de dix ans.\u2014Il ne s\u2019agit pas de lui, expliqua l'inspecteur, mais de celui qui l\u2019a éloigné d'ici au moment voulu.La sonnerie du téléphone résonna.Le bijoutier fit un geste vers l'appareil, puis laissa retomber son bras.Le commissaire prit le récepteur.\u2014Allo?demanda-t-il.Oui.Oui.C'est moi.On le tient donc?Ahl.On a alerté Sèvres et Versailles ?.Parfait | C\u2019était moins parfait qu'il voulait bien le dire.puisqu'en raccrochant, il avait perdu son sourire.\u2014Vous aviez raison, dit-il à Jean Lamard, c\u2019était bien une Citroën bleue, à bande orange.\u2014Oui, à bande orange, approuva le rédacteur aux Finances.\u2014Ce serait maigre comme précision, dit l\u2019inspecteur, parce que, avec ce qui sort des Usines Citroën, les Familiales bleues à bande orange doivent se compter par centaines.~-Le numéro aussi est exact, reprit le commissaire.Avenue de Versailles, un agent venait d'être alerté, lorsqu\u2019il aperçut, venant vers lui et se dirigeant vers la Porte de Saint-Cloud, une Citroën bleue, dont le numéro lui parut être le bon.Il se porta au milieu de la chaussée, sortit son revolver et ordonna d'arrêter.Le bandit accéléra.L'agent n'eut que le temps de faire un saut de côté pour éviter d'être renversé.Pendant que la voiture passait à toute allure, il glissa et tomba.Cependant, étant à terre, il tira trois balles et il croit bien que lune a touché la carrosserie.Mais l'auto a pu sortir de Paris.+ 6 0 Elle avait même disparu, entre Sèvres et Versailles.Elle s'était volatiséee À Sèvres, la police n'avait été alertée qu\u2019après son passage.Du moins, l'auto avait- elle été repérée.Un agent de la circulation, qui l\u2019avait immobilisée à un croisement, se la rappelait très bien.A vrai dire, il avait l'impression que cette voiture à bande orange était passée plutôt avant qu'après six heures.Mais il n\u2019était pas affirmatif.Il donna le signalement du conducteur: un homme à moustaches noires, qui portait une casquette claire, M.Jean Lamard a vu l'agresseur coiffé d\u2019un feutre gris à la sortie du magasin du bijoutier, mais l'homme avait pu, quand il était au volant, troquer son chapeau contre une casquette, Cependant, l'examen des numéros matricules révélait que la 9.989 RB 9 appartenait a un commerçant du Sentier.D'autre part, affirmait-on à l\u2019Usine, aucune voiture de ce modèle ne portait en série de bande orange.Il s\u2019agissait de la commande spéciale d'un garagiste, qui avait demandé la bande orange sur une Familiale bleue destinée à une exposition.Quand les inspecteurs de la Police judiciaire se présentèrent rue du Sentier les Magasins de M.J, Patelle, commissaire en soieries, étaient fermés.La concierge leur confia que la maison Patelle, autrefois prospère, devait l'être un peu moins depuis trois ans, Fait important, elle confirma le signalement de la voiture, Elle donna l'adresse du domicile particulier de M.Patelle, avenue Junot.11 était neuf heures lorsque les policiers sonnèrent à sa porte.Une domestique qui ne leur laissa pas franchir le seuil déclara que Monsieur n\u2019était pas encore rentré.Le commerçant arrivait- il souvent aussi tard ?Pour ainsi dire jamais, car c'était un homme.ponctuel.Les deux inspecteurs redescendirent et encadrèrent la porte de l'immeuble.À\u2019 neuf heures et demie, un taxi s'arrêta, la portié- re s\u2019ouvrit et un homme d\u2019une quarantaine d'années, de belle stature, un peu ventripolent et aux fortes moustaches noires, descendit.Il tendait une pièce de vingt francs au chauffeur, lorsque l'inspecteur Cursot s'approcha et lui demanda : \u2014Monsieur Jacques Patelle ?Nous sommes inspecteurs.de la Police judiciaire.\u2014Je suis Jacques Patelle, répondit l\u2019homme, surpris.; \u2014Vous possédez toujours votre auto 9.989 RB 9 ?\u2014Oui.\u2014Voudriez-vous nous accompagner au quai des Orfévres ?La trajectoire \u2014Pourquoi donc?demanda M.Patelle, agressif.Comme plusieurs personnes s'arrétaient auprés du groupe, il se jeta brusquement dans la voiture, où les inspecteurs le suivirent, après avoir donné au chauffeur l\u2019ordre de gagner la Police judiciaire.Avant même que l\u2019auto ne fût repartie, le négociant déclara : \u2014J'ai seulement voulu éviter une manière de scandale à la porte de l'immeuble que j'habite.Pouvez-vous me dire maintenant ce que l'on me veut ?L'inspecteur Cursot allait lui poser une question brutale, mais son collègue, qui préférait laisser l'homme s\u2019enferrer, le devança.\u2014Votre auto, dit-il, a renversé - un agent aujourd\u2019hui et vous avez pris la fuite.\u2014J'ai renversé un agent ! \u2014Avenue de Versailles.N'êtes- vous point passé par là, aujour- d'hui ?\u2014Oui.\u2014Un peu avant 6h 30 ?\u2014Non.Il n\u2019était certainement pas six heures.\u2014Vous êtes arrivé avenue Junot en taxi.Qu'avez-vous fait de de votre auto ?\u2014J'ai eu une panne.laissée chez un client.\u2014Quel est ce client ?; M.Patelle broncha et tenta une échappatoire.\u2014Qu\u2019est-ce que cela a a voir avec cette histoire d\u2019agent renversé! Je conduis très prudemment, Si j'avais renversé quel- qu\u2019un, je me serais arrêté, à moins que je ne me fusse pas rendu compte de l'accident.Si, vraiment, j'en ai provoqué un, je paierai les dommages.D'ailleurs, pourquoi me serais-je enfui, puisque je suis assuré et bien assuré ?\u2014Ah ! vous êtes assuré ?Vous aviez donc une bonne raison pour ne pas vous arrêter ?\u2014Que voulez-vous insinuer ?s\u2019écria M.Patelle qui perdait patience.C\u2019est à la Police judiciaire qu'il allait apprendre ce qu\u2019on voulait insinuer, qu'on affirmait même qu'il était l\u2019auteur de l'agression contre le bijoutier de l'avenue Kléber et du vol de quelque douze cent mille francs de diamants.\u2014C'est ridicule, dit-il d\u2019abord, Puis, il expliqua que son honorabilité était solidement établie dans le monde des affaires, qu\u2019il avait façade au soleil.Pour la façade, on examinerait la chose au grand jour; on expertiserait sa situation financière et on verrait bien s'il n\u2019y avait pas quelque trou, qui expliquerait une ter.!- tive désespérée.On lui posa deux questions précises : où était son auto ?qui était ce client mystérieux dont il ne voulait pas révéler le nom ?Au lieu de répondre, il fut pris d'une crise de rage.\u2014Je vous dis que c'est ridicule, hurla-t-il.Puisqu\u2019il y a eu un témoin, mettez-moi en face de lui.A moins d'une monstrueuse coincidence, il ne peut se tromper.Les policiers se relayérent au- prés du négociant harassé et le jour parut.Pendant que l\u2019homme se débattait, les journaux sortaient des presses, avec le récit du drame de l\u2019avenue Kléber sur trois colonnes.En dernière heure, on disait que la police était sur une piste intéressante, sans précision._ A neuf heures, coup de théâtre au Quai des Orfévres.Un homme demanda a faire une communication urgente aux policiers qui s\u2019occupaient de l'affaire de l'avenue Kléber.Il fut reçu par l\u2019inspecteur Cursot, prendre trois heures de sommeil.L'homme avait de trente-cinq à quarante ans, les yeux bleus, le Visage rasé de près, et'il tenait à la main un numéro d\u2019un journal d'informations.Il déclara se nommer Trélardin et être marchands de biens.\u2014Tout à l'heure, dit-il, j'ai appris par ce journal ce qui s\u2019est passé hier soir avenue Kléber.La chose ne m'aurait pas intéressé plus qu\u2019un fait divers ordinaire, si je ne m'étais pas rappelé un incident qui peut intéresser les enquêteurs.A moins que vous n\u2019ayez pris le propriétaire de la voiture et qu\u2019il n\u2019ait fait des aveux ?\u2014Non, répondit l\u2019inspecteur.\u2014Peut-être aussi cela n\u2019a-t-il aucun rapport avec votre affaire, Je Jai .bien que la coincidence soit troublante.Hier soir, vers sept heures, je rentrais de Versailles a Saint-Cloud, en faisant le crochet par Vaucresson pour éviter les bois de Fausses-Reposes, que je n\u2019aime pas la nuit.\u201cA un kilomètre de Vaucresson, je rencontrai une auto ran- qui venait de \u201d gée, sans ses feux réglementaires, sur le bas-côté de la route.Comme elle risquait de causer un accident, je l\u2019éclairai d\u2019un coup de phare.A vrai dire, je l\u2019ai bien remarquée uniquement parce que c'était une Familiale bleue, du même modèle que la mienne.Je n\u2019insistai d\u2019ailleurs pas.Sans le journal de ce matin, je ne me serais jamais rappelé le numéro exact.J'avais seulement le souvenir d\u2019un chiffre très élevé dans la série des RB.Maintenant, je crois pouvoir vous dire que c\u2019est bien le 9.989 RB 9 que j'ai aperçu vers 7h 30.\u201d ;Ç Dès les premiers mots, l\u2019inspecteur avait compris l'intérêt de cette déposition spontanée._ Pourriez-vous m'accompagner à l'endroit exact ?demanda-t-il.\u2014Certes oui, répondit Pierre Trélardin.J'ai ma voiture en bas.Si vous voulez accepter que je vous conduise moi-même là-bas ?Cursot prit juste le temps d'aller avertir de son absence son collègue Taglion et il rejoignit Pierre Trélardin, qui, déjà installé au volant de sa voiture, enfilait ses gants de pécari.\u2014Vous avez de la chance, dit le policier en refermant la portière, de ne pas avoir de bande orange à votre voiture.Vous auriez eu des embêtements au moins pendant trois jours.Les deux hommes rirent.Le marchand de biens était un excellent pilote.Il gagna dans le minimum de temps la porte de Saint-Cloud, puis Sèvres, et avant d'arriver à Versailles, tourna à droite en direction de Vaucresson.Tout à la conduite, il n\u2019ouvrit la bouche que pour demander : ROMAN POLICIER COMPLET de Stéphane Corbière \u2014J'aimerais autant que mon nom ne fût pas donné à la presse.Ce serait une mauvaise publicité pour mes affaires.A un kilomètre avant Vaucresson, il ralentit et désigna, derrière un mur et une grille, un bâtiment à un étage, assez cossu, .\u2014La voiture était a vingt metres de la porte de la grille.Comme la maison est isolée, peut-étre le conducteur était-il entré là ?L'inspecteur n\u2019avait pas besoin de suggestions.Cette maison, il la cennaissait: elle était sous la surveillance de la police.Là, depuis quinze ans, habitait un certain Berlman, qui était notoirement un des plus gros bookmakers de Paris et qu\u2019on n\u2019avait jamais pu prendre en flagrant délit.Si la piste était bonne, la découverte était énorme.Berlman était-il aussi un receleur ?Son coup fait, Patelle était-il venu lui vendre les diamants de l'avenue Kléber ?L'insptcteur ne trahit pas son émoi, mais la seule pensée de soulever un tel lièvre le transportait.A peine Pierre Trélardin eut-il arrêté sa voiture en disant : \u201cL\u2019auto était ici\u201d, que l'inspecteur sautait sur la route.Sur le bas-côté droit, il releva la trace d\u2019une voiture qui avait stationné.Cette première constatation confirmait les déclarations du témoin.Le policier gagna la grille et sonna.Un chien aboya.Un jardinier vint ouvrir, un vieil homme à moitié sourd, qui finit par comprendre qu\u2019il avait devant lui quelqu\u2019un de la police.\u2014M.Berlman, dit-il, est parti ce matin.Il allait en Angleterre pour huit jours.Cursot écarta brusquement le bonhomme et courut au garage, dont la porte était ouverte.Une voiture, à bande orange, occupait une des deux places disponibles et, à l\u2019arrière, apparaissait, formidable, le matricule 9.989 RB 9.Sans se préoccuper du jardinier qui l'avait suivi en boitillant, l\u2019inspecteur examina la voiture.Tout de suite, il poussa une exclamation d\u2019allégresse en découvrant dans le bas et à gauche du panneau arrière, un trou rond, accusateur: c'était le passage de la balle de l\u2019agent qui, le ventre sur le pavé de l'avenue de Versailles, avait tiré sur la voiture du fuyard.Un examen rapide permit à l'inspecteur de vérifier que le trou était récent; le bord de la tôle, luisant, ne montrait pas la moindre trace de rouille.Il suivit ensuite aisément le trajet de la balle qui, à travers les dossiers de la banquette arrière et d\u2019un siège avant, était allée endommager la gaine d\u2019un câble de l'installation électrique, provoquant un court- circuit qui n\u2019avait pas tardé à décharger la batterie.suffi à expliquer matériellement l\u2019immobilisation de la voiture, même si le trou dans le panneau arrière n\u2019avait pas imposé cette précaution.Cursot restait pourtant songeur devant\u2019 les traces du passage de la balie.Il les examina longue- - ment.Enfin, il regagna la route, salué par le jardinier.Il retrouva son conducteur bénévole, toujours installé au volant et fumant des cigarettes.\u2014Vous nous aurez rendu un fameux service, lui dit-il.L'auto est là, avec un trou dans la carrosserie, et le propriétaire de la maison est parti ce matin pour Londres, vraisemblablement avec les bijoux.\u2014J'ai fait mon devoir, répondit Pierre Trélardin en -démarrant.Je vous ramène à la Police judiciaire ?Silencieux, un pli au front, le policier se demandait comment la balle, après avoir traversé le dossier du conducteur, était allée toucher le tableau de bord, devant Patelle, sans le blesser.Avant d'atteindre la route de Versailles, Pierre Trélardin arrêta, se pencha à la portière et annonça : \u2014Un pneu a plat! \u2014Je vais vous donner un coup de main, proposa le policier.Tandis que Trélardin soulevait la roue arrière gauche sur le cric, le policier allait prendre la roue de secours logée dans l\u2019aile avant.Il dévissa les boulons d'arrêt, tira la roue et la fit basculer.Comme il s\u2019attardait à cette opération : \u2014Vous l'avez?demanda le marchand de biens, accroupi devant la fusée.«Oui, oui, répondit le policier.Laissez donc, je vais la placer.Je connais la manoeuvre.\u2014I1 n'y aura pas de temps de perdu, dit Trélardin en emboitant la roue malade dans l'aile.Je vais rattraper ces quelques minutes.\u2014Si vous le permettez, demanda le policier, je vais m'allonger derrière.J'ai dormi trois heures cette nuit et j'aurais beaucoup à faire aujourd\u2019hui.Un peu de sommeil me fera du bien.\u2014Rien de plus facile, répondit Trélardin empressé.Vous êtes, en effet, un peu plus pâle que tout à l'heure.Il prit soin d\u2019éteindre sur le siège et sur le dossier une couverture épaisse, pour empêcher les chaussures d\u2019abîmer le drap.A la Police judiciaire, Cursot pria le marchand de biens de monter pour coucher par écrit ses déclarations.Il l\u2019installa avec du papier dans son propre bureau, lui laissa ses cigarettes et s\u2019excusa de s\u2019absenter quelques minutes; il allait voir où en était l\u2019interrogatoire de Patelle.Il retrouva le commerçant tou- yours aux prises avec les policiers et niant encore.\u2014Alors, lui demanda-t-il d'une voix cordiale, vous criez encore votre innocence ?Je viens de voir votre auto garée chez ce bon M.Berlman.Un associé, hein ?d\u2019abord comme bookmaker, puis pour liquider les bijoux de l\u2019avenue Kléber.Il est parti ce matin pour Londres.C'est là qu \u2018il va les vendre.\u2014Ce n\u2019est pas vrai ! C'est faux! cria Patelle Qu'on me confronte avec ce Jean Lamard, qui a vu le voleur.\u2014(Ça viendra, monsieur Patelle, répondit en souriant Cursot, qui sortit en faisant signe à Taglion de le suivre.Quand il s'arrêta, au bout du couloir, il ne riait plus.\u2014Patelle n\u2019est pour rien dans l\u2019affaire de l\u2019avenue Kléber, dit-il.La prise est tout de même bonne et les charges contre lui sont assez accablantes pour lui faire avouer par réaction sa complicité avec Berlman dans quelque affaire louche.Cela aurait - \u201cJ'ai découvert bien par hasard qu'il n'avait pas fait le coup des diamants.Ce Trélardin a bien failli m'avoir à l'esbroufe.Nous avons eu une crevaison providentielle, sans laquelle je n\u2019aurais jamais pensé à lui.Quand j'ai fait basculer la roue, j'ai eu un coup au coeur en apercevant à la partie inférieure du pneu deux taches orangées grosses comme des lentilles.Je les ai tâtées.Sous la pellicule sèche, la peinture était encore souple au doigt.Les taches ne devaient pas être là depuis plus de deux jours.\u201cTu comprends ?.\u2026.J'avais sur le coeur la trajectoire bizarre du projectile dans la voiture de Patelle.\u2014Tu crois que Trélardin a peint des bandes orange provisoires sur sa voiture et qu'il les a fait dis- paraitre dans la nuit, avec ses faux NUMEros.\u2014Exactement cela.Il ne pouvait savoir que quand il avait peint la bande sur le capot, deux.gouttes étaient tombées sur le pneu.\u2014Pourquoi est-il venu se jeter dans la gueule du loup?On ne serait pas allé le chercher ! \u2014Ce n'est pas sûr.Il a dû être inquiet en n\u2019apprenant pas ce matin que l\u2019on eût retrouvé la voiture de Patelle, Il ne se doutait pas qu\u2019il l'avait lui-même immobilisée avec son coup de revolver, Il devait bien compter que notre négociant en soieries serait arrêté à son retour de Vaucresson, aux portes de Paris.Faute de quoi, la déclaration de l'agent de Sèvres pourrait devenir dangereuse.Si d\u2019autres témoignages étaient venus confirmer le passage d\u2019une voiture à bande orange avant six heures, on risquait de chercher ailleurs.\u2018Sais-tu où il habite ?À Saint- Cloud, une villa avec garage individuel.Ainsi s\u2019explique la disparition totale de la voiture et le fait qu\u2019il n\u2019est pas tombé dans les barrages en grande banlieue.\u201cAprès la panne, je suis allé m'étendre sur ie siège arrière, non pas pour dormir comme je le prétendais, mais pour soulever avec précaution une couverture \u2018qui m'avait l\u2019air de n\u2019avoir rien d\u2019autre à faire là que de dissimuler des dégâts dans l\u2019étoffe d\u2019un coussin.\u201cJ'ai trouvé un trou, presque rien, que Trélardin n\u2019avait pas eu le temps de faire stopper.\u201cMais il me faut autre chose: il doit y avoir dans le panneau arriére un trou, derriére la malle.S'il n'y a pas de trou, mes hypothéses sont par terre.\u201cPendant que je vais amuser le Trélardin, descends le vérifier.\u2014Mais la balle aurait traversé la malle, objecte Taglion.\u2014Non, parce que Patelle ne \u201cmet jamais sa malle à Paris.Il ne s'en sert qu\u2019en voyage.Trélardin avait enlevé la sienne hier pour compléter la confusion.De .même, il s\u2019est collé sous le nez des moustaches noires.Lorsque tu auras constaté la présence du trou, préviens-moi, mais avec - \u2018prudence.Une indiscrétion serait irréparable et Trélardin, qui est tout de même un malin, aurait vite fait de filer entre nos doigts.\u2014Les présomptions seraient assez.sérieuses pour qu\u2019on l\u2019arrête ?\u2014Oui, mais les diamants ?I faut tout de même les retrouver.Quand Trélardin sortira d'ici, il ne faudra plus le perdre de vue.Cinq jours-plus tard, les douaniers arrétaient a la frontière belge, près de Quiévrain, une 10 CV qui venait de Paris par Valenciennes et ses dirigeait vers Mons.Le propriétaire de la voiture, Pierre Trélardin, qui allait traiter une grosse affaire de terrains à Bruxelles, accepta en souriant une fouille sérieuse de ses bagages et de sa voiture, Il crut comprendre que le zèle des douaniers était excité par l'annonce d'une importante contrebande de stupéfiants.Deux gendarmes arrivèrent par hasard et restèrent là à regarder les douaniers.Les vêtements, les bagages ne donnèrent rien.Le voyageur, indifférent jusque-là, s\u2019émut quand le brigadier des douanes parla de démonter les pnéus.Dans un pneu arrière, à l\u2019intérieur de la chambre a air, on découvrit les vingt bagues et le diamant de l'avenue Kléber.Le travail avait été bien fait: les bijoux enrobés dans une masse de dissolution adhéraient au caoutchouc.\u2014Le truc était ingénieux, monsieur Trélardin, dit l'inspecteur Cursot qui apparaissait avec deux autres gendarmes.Mais il fallait tout prévoir.\u201cVous avez été si habile en empruntant le numéro d'un monsieur dont les moyens d'existence n\u2019étaient pas entièrement irréprochables et en choisissant comme trajet de fuite l'itinéraire qu\u2019il prend lui-même presque à la même heure! Le coup du filet orange mérite aussi qu\u2018on l\u2019admire.; \u201cMais s'il vous arrive a nouveau de tirer une balle dans la carrosserie de M.Patelle, parce qu\u2019on en a envoyé une dans la vôtre, soignez votre tir: n'envoyez pas une balle dont la trajectoire aurait traversé le corps du conducteur s'il avait été au volant.\u201d a Gate PHOTOGRAPHIQUE Le jour de la collation des grades est un événement qu\u2019il faut consigner dans les archives de la famille.Assurez-vous donc que votre équipement photographique est prêt pour l\u2019occasion.Ne Risquez pas une Déception OUS rencontrons tous des \u2018\u201c\u2018aubaines photographiques\u201d qui ne se présentent pas souvent.Les unes sont des étapes plus importantes que les autres.Mais toutes justifient la photographie.Comme cette circonstance n\u2019est pas susceptible de se répéter la semaine prochaine ou même au cours des mois ou des années qui vont suivre, il faut réussir l'instantané.La première chose à faire, c'est de s\u2019assurer que l\u2019appareil est en bon état et que vous connaissez les détails de son fonctionnement.Evidemment, il est probable qu\u2019il fonctionnera et que vous saurez vous en servir.Cependant, je n'oublie pas l\u2019expérience encourue l'an dernier par une jeune fille de ma connaissance.Depuis une couple d'années, elle avait pris des transparences colorées avec assez de succès.Mais, elle s'Embarqua pour l\u2019Europe, un voyage qu\u2019elle rêvait depuis des années; elle s'acheta un nouvel appareil.Elle fit environ 200 photos.Elles étaient toutes gâchées.Elle n\u2019avait pas bien compris le mécanisme de l\u2019obturateur de sa- nouvelle camera.J'ai toujours conseillé à mes amis de faire l'essai d\u2019un nouvel appareil avant de l'emporter en voyage ou d'y recourir pour des occasions importantes.A propos d'expériences de ce genre, laissez-moi vous raconter celle d\u2019un ami qui faisait le tour- de la Gaspésie.Il rencontra un homme bien occupé à photographier son fils contre le rocher Percé en arrière-plan.Ce monsieur utilisait même un trépied.Comme il terminait la dernière photo, le petit bonhomme s'écria : \u201cPapa, tu äs laissé quelque chose devant la camera.\u201d Ce n\u2019était rien d\u2019autre qu\u2019un protecteur à lentille .empêchant la lumière d'atteindre la pellicule.Les anecdotes semblables ne sont pas rares.Morale: on y gagne à \u2018être soigneux surtout si l'occasion ne doit\u2018pas se répéter.463F \u2014 Jacques Lumière Il est opportun, * il, de reconnaître l'échec de L'enseignement des humanités au Canada français André Patry (Directeur des relations eulturelles de l\u2019Université Laval) étonner du manque de réalisme dont font souvent preuve ceux qui, dans | la province Québec, se porten a défense des humanités gréco-lati- nes au moment où l\u2019enseignement de ces dernières est soumis à l'examen des collèges et univer- gités, On se contente, pour justifier le maintien dans sa forme actuelle de cet enseignement, d'illustrer les mérites insurpassables de la culture antique; on ne se soucie pas un instant de vérifier si, en pratique, les élèves de nos collèges apprennent à découvrir, au cours de leurs six de grammaire et de lettres, les avantages réels que comporte l'étude de la pensée gréco-latine, Telle attitude parait peu sérieuse: elle semble plutôt procéder de la crainte instinctive du changement que de la conviction de donner vraiment, au moyen des humanités 0; latines, cette mation de 'espri on s'applique 0 clamer les bienfaits inestimables.Il est certain que la mise en question de l\u2019enseignement des langues grecque et latine offre présentement de véritables dangers: des espri op pragmatiques y voient déjà l\u2019occasion, 1 ps souhaitée, de faire aître de nos programmes -\u201c universitaires telles matières dont leur manque de finesse et de culture les rend incapables da- percev a valeur ou, simplement, l'utilité.Mais il est sûrement périlleux, pour défendre l'enseignement des humanités, d'avoir recours à des arguments qui, par leur nature, finissent par confondre ceux-là mêmes dont ils devaient d\u2019abord appuyer le raisonnement et faire accepter le point de vue.Il suffit de considérer notre élite et surtout les étudiants de nos universités pour se rendre compte que la province de Quén'est pas précisément un foyer d\u2019humanisme.Il est vrai que, sous le rapport de la vie intellectuelle, nous ne faisons pas si mauvaise figure vis-à-vis nos compatriotes de langue anglaise et que nous sommes même plus près qu'eux de l'esprit eu- Fo; au sens où l\u2019entendait Paul Valéry; mais de là à devoir nous réjouir des résultats obtenus, en cette terre par l'enseignement classique, il y a loi même le-t- plus en plus certain de cet ensei- EE de @enement, Les 1 es grecque et latine font g ement figure, dans nos collèges, de langues mertes, et mortes depuis toujours.Elles sont devenues de purs exercices de mémoire, au t que l\u2019élève est tout étonné lire dans les manuels de littérature que Pindare fut un maître de la poésie lyrique et que les vers de Virgile faisaient l\u2019enchantement des Romains.Pour l\u2019étudiant, les charmes de Théocrite et de Catulle sont inexistants, et la pensée de Platon ou de Senèque est aussi morte que la langue qui l\u2019a exprimée.Et gare à l'élève dissipé ou paresseux : il devra traduire, comme pensum, cin- Quante vers de l'Enélde ou deux pages des Mémorables ! .Chez le , nul souci, en latin, de la prononciation cor- .recte et de l'accent tonique; nulle préoccupation d'enseigner aux à iants en quoi consiste cette influence du latin sur la formation du vocabulaire français, dont il est pourtant si souvent question, même dans les cours, Il - est évident qu\u2019il n\u2019est pas facile de démontrer que le mot tabula, accentué sur l\u2019ultième, a donné naissance au mot table, pas plus qu\u2019il n\u2019est possible de communiquer aux élèves la beauté exquise de tel poème virgi- lien, récité comme une page de Louis Fréchette, D'autre part, le professeur néglige presque toujours de placer un écrivain dans son cadre historique; ainsi, il imposera à ses \u2019 élèves la traduction de telle satire d\u2019Horace sans se donner la peine de la situer dans l\u2019ensemble de l'oeuvre et de montrer ses rapports avec la vie de l\u2019auteur ou celle de l\u2019époque où elle fut écrite.Il est essentiel de bien indiquer que la littérature antique a été, à un moment, aussi vivante que les littératures contemporaines, sans quoi on ne fera jamais saisir aux étudiants le caractère si profondément humain qui l\u2019enveloppe.En somme, la grande faiblesse de notre enseignement classique s'explique principalement par le manque de lien, dans l\u2019exposé du professeur, entre les divers moments de la pensée antique et surtout l'ignorance dans laquelle se trouve linstituteur de l'évolution des langues et cultures de l'Antiquité et de leur transformation graduelle en chacune des langues et cultures de l'Europe latine.Ce que nous devons à la Grèce et à Rome, berceaux de notre civilisation, n'apparaît avec évidence qu'à fort peu de gens.Pourquoi, dans les collèges, dissocier l\u2019enseignement de l\u2019histoire de celui de la littérature et des arts?Pourquoi ne pas démontrer que le latin n'est pas une langue morte, mais qu'il vit toujours dans chacune des langues romanes qui en sont issues et que c'est le même latin qui à poursuivi jusqu\u2019à nos jours son.évolution en modifiant sa morphologie et sa syntaxe conformément à des lois qui n\u2019ont rien de mystérieux ?Pourquoi également ne pas parler de l'admirable 1 ormation suble, à avers les siècles, par le grec, qui est resté, comme idiome littéraire, très proche de la langue de Plutarque et surtout de celle SEA: Les | Hénumérateur t dans Houtremont.A 59S 90GS EN a des Evangélistes et des Pires, considérés à juste titre comme les premiers écrivains grecs modernes?Si les élèves pouvaient se rendre compte de cette magnifique adaptation de l\u2019esprit humain aux différentes circonstances qui viennent modifier ses opérations, ne verraient-ils pas mieux cette longue filiation qui s'est établie, à travers les âges, entre l'Antiquité et le XXe siècle?La culture n\u2019est pas autre chose que l'acquisition, dans un certain ordre, de connaissances générales, susceptibles d\u2019enrichir l\u2019intelligence, de mûrir le jugement et de rendre l'homme plus conscient de sa propre nature et de celle des êtres qui l\u2019environnent, Toutes ces exigences ne se peuvent rencontrer en un seul Jour chez tous les professeurs de nos collèges, Il est heureux de constater qu'un nombre sans cesse plus considérable de précepteurs fréquentent les universités avant d'entreprendre leur enseignement; il est même souhaitable que personne ne soit admis à enseigner dans un collège sans avoir au moins une licence universitaire, Mais il y a un autre remède, à la portée de tous, qui est capable d\u2019améliorer la valeur de l'enseignement classique: la curiosité de l\u2019esprit.Si certains professeurs de collège sortaient de leur i e et de leur médiocrité et s'intéressaient, davan, tage eur enseignemen es sûr que l'attitude d\u2019un bon nombre d'élèves changerait; si certains professeurs de Collège SYSOP % @ L n'y a pas que des bons mo- Pour voter, comme vous le sa- À 3 ments dans la vie.On peut mé- vez, 1! faut des électeurs.En Pol- @ $, me dire que les bons moments déuic aussi on tente bien de les % % sont de plus en plus rares.Mais il supprimer, mais on n\u2019en est pas À § ne faut rien exagérer ; on en trou- encore là.Donc, il faut des élec- $ à ve-encore pas mal.Tenoz, moi par teurs, mais pas n'importe lesquels.% & exemple, pas plus tard que la se- Parce que si on prenait n\u2019importe à Ÿ maine dernière, ce plaisir que qui, où irlons-nous, n'est-ce pas?9 % j'ai eu, vous ne pouvez vous ima- Alors il y à un bon moyen.Ces Z à giner.électeurs, on les choisira \u201cavant\u201d \u20ac A Fiourez-vous que l'autre jour le vote.Comme ça, on sera plus § X j'ouvre un journal de Poldève.sûr du résultat.Mais comment & © Moi, le Poldève, c\u2019est mon péché trier les électeurs, me direz-vous ?8 % mignon.J'aime ce pays lointain Oh ! la chose est facile.* À ai différent du nôtre.Eudem- It a suffi à M.Duplicity, du 2 $ ment, c'est pas aussi bien que chez Profit National, d'inventer et de \u20ac nous, dans le Québec, mais ça faire voter par ses hommes (il % change les idées, n'est-ce pas ?en a plusicurs) le fameux Bill 34.§ Donc, j'ouvre mon journal et qu'est-ce que je voisf Un grand papier sur les prochaines élections dans une satraple poldéve.La satrapie Houtremont qu\u2019elle s'appelle.Une satrapie, c\u2019est comme un canton ou un comté.Quant à Houtremont, c\u2019est un nom poldé- ve.Il n'est pas dans le Larousse, même aux pages roses.Awassi, ne vous fatiguez pas à chercher.Mot, les élections j'aime ça.On arrive, on réfléchit.Je ne suis pas trop doué pour ia réflexion ; alors, forcément, ça me plaît, C\u2019est humain, pas vrai # On inscrit son candidat sur le bulletin.On se cache un peu.On & voté.Enfin, c\u2019est comme ça que ça se passait jusqu'à présent en Poldévie.Seulement voilà, maintenant c\u2019est plus du tout la même chose.C'est 1à qu'on voit le progrès.En Poldévie, comme partout, il y à des partis.Et puis l\u2019un deux est au pouvoir.Tout ça c'est normal.Il n\u2019y a rien à dire.Seulcment voilà que le parti au pouvoir, ct qui voudrait bien y rester, a des tdées.Et je peux même dire des fameuses.Moi, elles m'ont vraiment bouleversé.Mais jupez vous-mémes.Ce parti, appelons-le, si vous voulez, le Profit National \u2014 ce parti a un chef.Un type fort.Ce type a trouvé la combine.\u201cOn doit gagner coûte que coûte\u201d, a-t-il déclaré.Là-dessus, tout le monde dans son parti était d\u2019accord.Il ne faut jamais hésiter.Et le voilà qui sort de sa manche son petit atout, lc \u201cBill 84\u201d Que ça s'appelle en Poldève.Je ne sais pas comment traduire, % mais je vais vous l'expliquer en deux mots.BOSS SH NN S66 SO SHS S0S 5656656600666 650S056606% 5665S 6S 566545666666 66S 1366695659559 5956964656606699646569595500506650666G6SS, Dorénavant, les Histes seront établies par un \u201cHénumérateur\u201d unique.Nommé par le parti au & pouvoir, bien entendu.Et il suf- ® fira qu\u2019il ouvre Poeil, et le bon.3 Avouez que c'est simple.Ainsi, plus de risques, plus de tourments, plus d'angoisses.Tout est X assuré, pesé, envejoppé, livré.Méme les gens honnêtes peuvent être % ingénieux.$ On en connaît au moins deux Q qui doivent faire une tête.Les % Staline, les Hitler, ils ont peut- à être été très forta ; mais à côté de M.Duplicity, ce sont quand même de petits enfante.Pour la démocratie, {1 peut leur donner de l'avance.Il ne risque rien.D'ailleurs, it! paraît que ce n\u2019est pas fini du tout.Il paraît qu\u2019il a d'autres idées encorc plus brillantes.L'\u201chénumérateur\u201d unique, § c\u2019est bien, très dien.Mais le \u201cvo- % tant unique\u201d, c'est encore mieux ! Et ce scrait M.Duplicity lui-mé- me, bien aûr.Nommé par lui comme de juste.Vous pensez ai ça ac- ra bien.Un vrai paradis à la mode germanique.Le Wahlhala électoral quoi.Un tout pctit Bill \u2014 le 24 Bis \u2014 et le tour est joué.M.Duplicity voterait pour tout le monde.Tout soul, cn sa faveur, bien entendu.Comme ça, il serait tout à fait tranquille, Et ça lui laissera du temps pour vaquer aux occupations plus importantes que les élections.Ça dispense tout le monde d\u2019aller voter.Un déplacement de moins pour le peuple.Oui, il scrait plus libre pour vendre du fer à nos voisins ct bâtir des ponts.Tiens, à propos, il paraît qu\u2019on va bientôt voter à Outremont, en pleinc Province de Québec ! Impertinax 66SSHSSSSSS 5G S0504006000600C4G005060000000006 LZAUTORITE, 209UIN 1953 avaient le goût de Ja lecture et l'amour du travail intellectuel, il est certain que les étudiants \u2019en rendraient compte et se montreraient, à leur.tour, plus intéressés à leur cours, heureusement, : trop de- teurs, une fois leur classe terminée, considèrent que leur.jour- .mée intellectuelle est finie et préfèrent se livrer à des conversations ou des jeux puérils plutôt que d'ouvrir une revue ou un livre et de de se cultiver.lesseur qui manque ou de vie,-il est difficile à lève de s'intéresser à ses études; il recher plutôt les occupations exigeant peu d'effort pour l'esprit.La défense de l'enseignement classique est éminemment louable; elle aurait meilleur écho, cependant, si tous ceux qui l\u2019entreprennent actuellement symbolisaient, par leur sagesse et leur cultûre, l\u2019incomparable valeur des études gréco-romaines.Indiscrétions de Québécus PAS Si BETES ! A Québec, le défilé du couronnement a attiré sur son parcours des dizaines de milliers de badauds.Si nos renseignements sont exacts, il semble bien que beaucoup aient été fort désappointés, pour certaines raisons bien simples; 1a regrettable pénurie de fanfares, de même que leur int ive discrétion (la plupart semblaient vouloir passer \u201cen catimini\u201d, ce qui est, on le conçoit, une faute majeure pour un orphéon militaire); la file assommante de véhicules militaires: 240, au total.Enfin, un incident amusant se produisit après le salut aux dignitaires sur la place du Palais Montcalm : à la faveur de cette coupure dans la parade, le détachement des anciens combattants s\u2019égaya.\u2026.dans les tavernes des alentours.Pas si bêtes, ces vétérans ! $950.00 de MOUCHES A FEU À grand renfort de publicité, on avait annoncé pour le soir un grand feu d'artifice sur des Plaines d'Abraham.Par un temps plus que frisquet, la foule sy pressait donc, remplie d'espoir.Hélas! elle devait en être quitte pour sa peine et.sa \u201cbibitte\u201d aux doigts de pieds.Il eut beaucoup de \u201cboums\u201d mais très peu d'effets de lumière vraiment intéressants pour l'oeil.A quelques pas des Plaines, l'imposante demeure de notre nationaliste No 1, l'ex-député René Chaloult était plongée dans l'obscurité la plus noire, de la cave au grenier.En manière de protestation contre le couronnement, sans doute.Le lendemain, au Conseil de ville, violente sortie de 1'échevin Urbain Caumartin, qui regrettait les $950 consacrés par la ville au feu d\u2019artifice.\u201cOn eût mieux fait d\u2019employer des mouches à feu\u201d, dit-il sans rire.ANTI-SYNODISME ES lecteurs de \u201cL\u2019Autorité\u201d \" savent que le vertueux pamphlétaire de \u201cL\u2019Action Catholique\u201d a mené récemment une victorieuse campagne contre la danse dans les boites de nuit de Québec.Ce qu'ils ignorent a coup sûr, c\u2019est que pendant ce temps se tenait à l\u2019archevêché de Québec un synode diocésain où les évêques présents décidèrent de tempérer quelque peu certains décrets ecclésiastiques sur la danse.Malheureusement, ces nouvelles directives ne furent pas publiées en raison des circonstances, surtout afin qu\u2019on ne les confonde pas avec une désapprobation officielle de la \u201cligne\u201d récemment adoptée par le pontife laïque qui trône dans la \u201cboîte\u201d .ultra-serupuleuse du boulevard Charest.Inouï, n'est- ce pas?Québécus 1673- VOLLIET we A QUEBEC) ET MAR: LE MISSISSI PI ae UN FURAGAN MEV 1937- CRIP POLL DES TROIS-RIVÈRES SENS DESSUS LANCE | 1647- PREMIER ont marquéles années POUR LE MONTRÉAL HEVAL JOUTE SANS COUP SUR pés QUÉ écoulées - LE JERSEY CITY QUEBEC Calendrier présenté par Moison's pour rappeler aux Canadiens d'aujourd'hui les événements sérieux Ou joyeux Qui ve 0%.Ra CS tas - Ss er Tam \"Je refournerai à l'Hôtel de Ville si je puis être utile par Pierre DesMarais (ex-leader du Conseil Un jour, las de donner des coups d\u2019épée dans l\u2019eau, j'ai M°\" IEUR Pierre DesMarais, ex-leades du Conpell municipal, n'a pas conservé un tris bon souvenir de som séjour l'hôtel de.ville.Ce fut néan moins un séjour ponctué d'inter ventions énergigues, de revendications raisonnables, de discours dynamiques, Soucieux d'honorer le mandat que l'électorat lui avait confié, M.DesMarais a élevé la voix à maintes reprises pour fustiger, déuoncer, réclamer et proclamer.Mais, une espèce de désillusion l\u2019attendait au tournant.Il a préféré se retirer.Il meus donne aujeur- d\u2019hui ses impressions sur la ces- dition actuelle de administration municipale.(N.D.L.R.) titre de président d'une maison d'affaires, je puis dire qu\u2019un geste posé donne généralement les résultats escomptés.C\u2019est d\u2019ailleurs normal qu\u2019il en soit ainsi.Dans toute entreprise, il faut un patron et des employés.Ça me paraît logique, Quand je suis arrivé à l'hôtel de ville, il m\u2019a semblé que cette logique, apparemment indestructible, ne signifiait plus rien.Un geste posé, quel qu\u2019il fit, n'a- fboutissait pas aux conséquences prévues.J'ai persisté.Rien n\u2019a changé.choisi le silence: je me suis retiré, Ma présence à l'hôtel de ville n'était plus d'aucune utilité, Je ne pouvais pas y rester et n'y\u2018 rien faire.Je regrette d'avoir à souligner que la population de Montréal est terriblement amorphe quant à la chose publique qui la concerne personnellement et directement.Cela, non seulement s'explique, mais se justifie.La population a été trompée, trahie et endormie.Elle sent qu\u2019on ne s'intéresse pas vraiment à elle.Elle a bien raison, Mais elle n\u2019exerce pas son droit de vote puisque, aux dernières élections, 27 pour cent seulement de l'électorat s\u2019est prévalu de ses droits, A noter que des personnes décédées et des personnes fictives se sont aussi prévalues d\u2019un droit qu'on a cru bon de leur accorder, le jour de la votation.Si l\u2019on considère l\u2019ensemble du problème rnunicipal, on déplore deux lacunes qui, à mon avis, conditionnent les autres : 1\u2014I n\u2019existe pas de relations directes entre l'élu et l'électeur.Un abîme sépare les contribuables et leur administration, °2\u2014Il faudrait que l\u2019administration municipale s'étendit a tou- Flash ! Lecompte devient spirituel L arrive parfois à notre confrère André Lecomte, de L'Oeil en coulisse, d'être spirituel.Surteut lorsqu'il fréquente ees bons amis d'Alle Police, Jean Paré Morin, André Robert et Normand Hudon.Ce sont là deux admirables feuilles qui remplissent \u2014 à leur manière, bien entendu \u2014 une mission que l\u201cAutorité\u201d n\u2019est pas toujours en mesure d'accomplir.Aussi, croyons- nous nécessaire de reproduire fidèlement une petite pièce que ces messieurs ont montée en s'inapi- rant d\u2019une confrontation dont les Pinsons ont bien voulu m'honorer à la suite d\u2019une critique publiée ici même, confrontation à laquelle prenaient part quelques-uns seulement des personnages que l'on retrouve dans l\u2019article que voici: (M.R.) Les Français s'élèvent contre l\u2019\u201cAutorité\u201d VANT de devenir \u201cbeer joint\u201d, le Saint-Germain- des-Prés aura été la scène d'un autre bon \u201cspectacle\u201d, mais le public ne l\u2019a pas vu, Ca s'est passé un soir de la semaine dernière dans la loge des artistes, une pièce grande comme ma main où avaient pris place une dizaine d\u2019artistes de tous \u2018genres et de toutes valeurs.Sur un mur maculé de tétes fantastiques dues au crayon sadique de Hudon, Berval, Pellerin et Cie se détachaient d\u2019autres caricatures, vivantes celles-là, qui gesticulaient, criaient, fumaient, maudissaient, trépignaient, se surchauffaient, s'égosillaient, en un mot qui s\u2019engueulaient.Motif de la discussion : un article paru dans l\u2019\u201cAutorité\u201d sur le St-Germain-des-Prés, dans le- \u2018quel les \u201cPinsons\u201d se faisaient casser du sucre sur le dos, Voici, \u201cà la manière de\u201d, une idée de la discussion que cet article a suscitée : .Premier Pinson, le moustachu: Non, monsieur! C'est méchant, méchant.Deuxième Pinson, le châtain : En tous cas, c\u2019est pas gentil, gen- il.Michel Roy, l\u2019auteur : - (avec douceur).Un journaliste a bien le droit, il me semble, de faire son travail honnêtement, comme il pense.Dominique, mezzo-soprano qui est aussi pickpocket: C'est vraiment irés méchant!.Michèle François, qui chantait avant son voyage à Paris: Mais que faites-vous de la liberté de la presse, messieurs ?(Entre le journaliste André Roche, publiciste de Ginette Letondal, qui entend \u2018liberté de la presse\u201d \u201cet sort aussitôt en clignotant des yeux).Premier Pinson, le moustachu : on a jamais écrit de choses semblables sur Félix Leclerc, à Pa- ris.Une voix, méchante : Oui, mais lui a beaucoup de talent.Premier Pinson, le moustachu : (écumant) Ça n\u2019a aucun rapport! ie Jarreau, dit \u201cla couette\u201d: Messieurs, messieurs, ne nous égarons pas l.Simone Dussaucy, Francaise toute gentille et toujours .pleine de bonne volonté : Monsieur le journaliste, peut-être y aurait-il eu moyen de trouver au moins un bon mot dans votre \u201cpapier\u201d?Michel Roy, l\u2019auteur : (extré- mement doux) Ah ! merde alors! S'il n'y \u2018a plus moyen de dire ce que l'on pense, aussi bien ne pas tenir un journal d'idées et aller travailler pour les \u201ccanards\u201d à gros tirage.(Entre le journaliste André Roche, publiciste de Ginette Letondal, qui entend \u201ccanard à gros tirage\u201d et, se sentant visé, sort aussitôt en clignotant toujours des yeux).remier P le moustachu : (fulminant et plus rouge que jamais) Comment donner notre spectacle maintenant aprés avoir Ju cet article!!! : ue, mezzo-soprano qui est aussi pic ket : c'est vraiment trés méchant.bla bla bla.trés méchant., bla bla bla.trés méchant ! Deuxième Pinson, le châtain : (tout de même sympathique) Tout ceci est vraiment dommage.Jean-Claude Deret, qui a décidé de se marier parce qu'il a du poil sous le nez: Kout'don ! On m\u2019en a déjà aussi cassé du sucre sur le dos et j'ai pas gueu- 1é pour tout gal.Michel Roy, l'auteur: (d'une voix angélique) De toute façon, messieurs, je mexcuse si je vous ai fait de la peine.Premier Pinson, le moustachu : (fulminant, écumant et de plus en plus rouge) Il est bien temps maintenant !.Dominique, mezzo-soprano qui est aussi pickpocket: Même si cet article avait été écrit à Pa- Tis on dirait que c\u2019est \u201cvache\u201d ?(Entre le journaliste André Roche, publiciste de Ginette Letondal qui entend le mot \u201cvache\u201d et, se sentant visé, sort aussitôt en clignotant toujours des yeux).Normand Hudon, peintre qui fait des \u201cChrist\u201d en forme d\u2019arbre: (essayant de ramener les choses en exposant clairement un point de vue très sensé) Vous semblez oublier, messieurs les Français, qu\u2019en 1793 (!), un certain marquis bla bla bla.et traite des blanches.et bla bla bla.et propriétaires de clubs.et bla bla bla.et bonnes raisons.et bla bla bla.et Suzy Delair.et bla bla bla.et guillotine.et bla bla bla.et systé- me métroque.et bla bla bla.et Joliot Curie.et bla bla bla.et le nez de Camillien.bla bla bla.et Francois Rozet.et bla bla bla.La Poune., et bla bla bla.et traite des blanches.et bla bla bla.et propriétaires de clubs.et bla bla bla.et Marjane.et bla bla bla.et artistes francais de moins en moins populaires au pays.Vous voyez ce que je veux dire, n'est-ce pas?Et nous avons quitté la piéce grande comme ma main ou- une dizaine d'artistes de tous genres et de toutes valeurs gesticulaient, criaient, fumaient, maudissaient, trépignaient, se surchauffaient, s\u2019égosillaient, en un mot qui s\u2019en- \u20acueulaient, .En passant dans le couloir, nous avons vu, assis sur une caisse de Molson\u2019s, le journaliste André Roche, publiciste de Ginette Letondal, qui clignotait toujours des yeux et semblait très malheureux.Nous l'avons Tassuré en lui disant que ce n\u2019était pas lui qui\u2019 était en cause, cette fois\u2026 Il a paru étonné et satisfait, : En sautant dans un taxi, nous avons pensé que si le St-Ger- main-des-Prés avait toujours présenté des \u201cspectacles\u201d de ce genre il ne serait peut-étre pas sur le int de devenir un \u201cbeer joint\u201d.: (170eil en Coulisse) - tes les municipalités qui cons tityent la Métropole, > Dès que l\u2019on examine d'assez près la situation actuelle, on s'empresse de regarder ailleurs.D'aucuns suggèrent d'adopter le système de New York; d'autres songent à Londres ou à Parig; certains sont séduits par les méthodes appliquées à Chjcagt.Pourquoi ne regarde-t-on pas chez nous, dans notre propre pays, à Toronto, par exemple, où le mode d\u2019administration est à peu près le même que le nôtre.Voild une ville qui a su opérer la réaction nécessaire et sortir de l'impasse.Les progrès ont été considérables depuis quelques années, Au sein de l'administration municipale de Montréal, on a toujours cherché à savoir où se situe l'autorité, Ce n'est pas le mode d'administration qui fait défaut \u2014 bien qu'il ait été amen- | dé par Québec sans que l'électorat ne soit consulté \u2014 ce sont les hommes qui le font fonctionner.Je reviens au principe de base que j'énonçais: il faut assurer des relations entre la ville et la population.Exemple : La Commission de Transport est administrée par des hommes qui ne sont pas responsables envers la population.Et pourtant, la Commission de Transport appartient à cette population! Le scandale que l'on vient de révéler suffit à faire comprendre le problème que je veux poser.Et je m'étonne à nouveau que ies réactions de la population, en apprenant ce qui se passe à la Commission de Transport, soient pratiquement inexistantes.Je note aussi que la demande de \u201cdélai\u201d de la Commission, en vue de retarder la remise de son rapport à l'automne n\u2019ait pas été soumise au Conseil municipal, mais seulement au Comité Exécutif, Je note enfin que l\u2019ordre du jour du Conseil municipal est toujours arrêté par le Comité Exécutif.Il n\u2019est donc pas étonnant que le Conseil ne soit pas saisi des principaux problèmes.Ce même Conseil \u201capprouve\u201d le budget, mais ne dispose pas des renseignements indispensables à la discussion.Comment peut-on examiner une question sans en connaître les données essentielles ?Comment faire pour sortir de l'impasse ?Quinze ou vingt conseillers peuvent fort bien obliger le Comité Exécutif à agir autrement.A force de protester, ils finiraient par obtenir des résultats, Actuellement, le Comité Exécutif fait exactement ce qu\u2019il veut, comme il veut, parce que le Conseil reste impuissant.Les \u2018Conseillers n\u2019osent pas.Personme n'ose dire ce qu\u2019il sait et ce qu'il pense, Les uns s\u2019excusent en disant que leurs attributions ne leur accordent pas ce droit; les autres prétendent qu\u2019ils ne sont pas assez nombreux pour exercer une influence réelle, A la première objection, je réponds que la Charte municipale ne précise pas quelles sont exactement les fonctions des conseillers, ni même celles du leader du Conseil.Il appartient donc aux conseillers d\u2019intervenir le plus souvent possible et d'agir le plus possible, puisque leurs attributions ne sont pas déterminées.A la seconde objection, je réponds que 15 ou 20 conseillers suffisent à modifier toute la politique municipale.Sur 99, il doit bien s\u2019en trouver quelques-uns! Mais il semble qu\u2019à l'heure actuelle, ils ne sont pas encore assez nombreux, Quelques-uns \u2014 trois ou quatre \u2014 s'efforcent de réagir; c\u2019est encore trop peu.Mais il y a au sein du Conseil des éléments qui, dirigés convenablement, pourraient faire beaucoup.Je rappelle aussi que l\u2019administration municipale est entièrement soumise au gouvernement provincial, qu\u2019elle s'occupe de choses qui ne la concernent pas (les hôpitaux, le Jardin Botanique, etc.), qu\u2019elles dépensent des sommes d'argent là où Québec devrait les dépenser.Je réponds oui.Je retournerai à Thôtel de ville, je me présente- Tai même à la mairie, si les circonstances s\u2019y prêtent et si je puis étre utile.Le seul courage devant l'amour est la fuite.\u2014 (Napoléon), Celui qui peut dire combien il.ai- - me n\u2019a qu\u2019une petite ardeur.\u2014 (Pétrarque). | La boite 5 aux lettres L\u2019AUTORITÉ Le plus vieil hebdomadaire de langue française de Montréal.Bureaux à Chembre 524, Edifice Canado Cement, Montrel (20); 16).: Loncoster 8592.Imprimé à Beauceville par I\"\u2019Eclaireur\u201d.Autorisé comme envoi postal de deuxiéme classe.Ministére des Postes, Ottawa.Directeur : Gérard Gingroas.Secrétaire de la rode : Michef Roy.Abonnement annuel: $4.00 payable d'avance par mandot-poste ou par chèque encaissable au pair & Montréal, Sous le signe de la corruption Bernard Couvrette COUVRETTE a commencé sa campagne électorale à la radio, comme un épicier qui vante l'exactitude de sa balance, tout en gardant son doigt sur le pla- Il connaît bien la mentalité du comté : sans jamais élever la voix, toujours avec le ton de la plus parfaite courtoisie, il a assuré à ses électeurs et aussi à ses adversaires politiques, qu\u2019il voulait faire une lutte propre et honnête.M.Couvrette a même insisté sur l'importance pour chacun de se rendre au bureau de votation : il veut être l'élu de la grande majorité, immigrants qui ne connaissent pas encore nos moeurs politiques doivent être édifiés.teau.Les faits, les faits vérifiés \u2018au cours d'une enquête sur l'énumération ne produisent malheureusement pas les mêmes résonances, tes prétentions de M.Couvrette à l'honnêteté se trouvent infirmées dès le départ de la campagne, par les manoeuvres frauduleuses de ses agents électoraux.Une vérification des listes électorales préparées pour l'élection du 9 juillet dévoile que 4,315 personnes qui figuraient sur la liste de 1952 sont disparues mystérieusement.même sortilège incompréhensible, 4,051 noms ont été ajoutés sur les listes, La chose était prévue.Mais quand M.Couvrette insiste pour que la population se rende nombreuse aux bureaux de votation, alors que nous savons que toutes les précautions sont prises pour léser les citoyens d'Outremont dans leur droit de vote; M.Couvrette vient nous parler de lutte propre et honnête, comme si toutes ces machinations frauduleuses se passaient à son insu, nous croyons alors\u2018 que M.Couvrette a de l'honnê- Ce n\u2019est pas pour rien que l'on a enlevé au parti de l'Opposition le droit de nommer ses propres énumérateurs, pour faciliter la vérification des listes électorales.M.Duplessis peut bien prétendre que le bill 34 constitue une amélioration apportée à la loi électorale.Nous connaissons son cynisme.dience.du parti.Les Les hau- Chez M, Duplessis, ça peut être du cynisme: Mais chez M.Couvrette, c\u2019est de la stricte obé- M.Couvrette est tout simplement entré sagement dans les rangs.souple pour se plier à toutes les disciplines II a I'échine assez C\u2019est tout de même assez curieux, cette situation d\u2019un homme qui _s'indigne 3 la seule pensée qu'on puisse le supposer capable de supposition de personne le jour du scrutin, et qui accepte sans hésitation de bénéficier des manoeuvres louches des organisateurs politiques.petits trafiqueurs de votes, la sale besogne; à M.Couvrette, les beaux discours.jugaison de ces deux éléments; les petites manigances malhonnêtes de ceux qui attendent des faveurs du candidat et, part, toute la gamme des beaux sentiments d'honnêteté déclamée par nos orateurs politiques; c'est cet ensemble disparate qui vaudrait Aux Et c\u2019est la con- d'une part, d'autre à Outremont un député digne de les représenter à Québec.Par le écorchée, On a répété que la corruption électorale était un vice nécessaire de la démocratie, et je n'ai pas la naïveté de croire à la possibilité d'organiser des élections sans que la morale en sorte un peu Mais, de là à ce que la corruption devienne la norme généralement admise, au point les thèmes quand sens.teté, une notion qui lui appartient en propre.que le droit de vote d\u2019un citoyen s\u2019en trouve tout à fait annihilé, il y a une marge.M.Cou- Vrette est peut-être un de ces réalistes, qui savént accepter une situation et se rendre devant les faits.M.Couvrette a peut-être raison de jouer le rôle d'une marionnette \u2018d\u2019une puissante organisation, de faire le sacrifice de sa libre initiative, s\u2019il croit que c'est le seul moyen de se faire porter au pouvoir, : : Au moins, M.Couvrette, choisissez mieux de vos discours.quotidienne, les mots de propreté et d\u2019honnêteté trouvent sans doute tout naturellement leur Mais dans vos discours politiques, par pudeur, demandez donc à vos secrétaires de vous trouver toute une série de synonymes.Dans votre vie Gérard GINGRAS Autour et alentour Consultation nationale LA campagne électorale en vue de la consultation nationale du 10 août vient tout juste de s'ouvrir, MM.Coldwell, Drew et Saint-Laurent viendront, tour a tour, exposer les problémes qu'ils jugent essentiels dans les conditions actuelles.Bien que M.Drew ait déclaré, non sans emportement, que le \u201c10 août est la pire date de l\u2019année\u201d, il semble au contraire que cette période soit la plus favorable et la plus juste pour tous les intéressés.Les listes électorales seront dressées avant que les citadins ne quittent les centres urbains pour prendre leurs vacances.Il est permis de croire que la plupart des Canadiens auront déjà pris leurs vacances quand viendra le jour de la votation.En outre, les déplacements s\u2019effectuent plus facilement durant l'été.: On peut se demander quels seront les problémes essentiels sur lesquels entendent insister les conservateurs et les socialistes.Ces derniers revendiquent constamment un élargissement du programme social, \u2018tandis que les tories croient nécessaire d\u2019amputer les dépenses du gouvernement sans toutefois réclamer une réduction des programmes essentiels : la défense, la santé.Les taxes sont trop élevées, disent les uns.Elles sont équitables, affirment les autres.Il est entendu qu\u2019il faut payer pour ce que l'on obtient.Les taxes constituent le phénomène inéluctable que les Canadiens devront se résoudre à intégrer dans leurs habitudes de \u2018contribuables.La prospérité ne va pas sans certaines obligations.Ainsi, le programme de la santé dont l\u2019expansion inspire confiance à tous les partis doit reposer sur une taxation solide.Les crédits consacrés à la défense demeurent absolument nécessaires tant que la situation internationale ne se sera pas améliorée davantage.Bref; nous entrons en Période électorale avec le sentiment bien net que tout marche bien.Le slogan \u201cil faut un changement\u201d ne correspond à aucune réalité tangible, si ce n'est une vague tendance à l\u2019abus des dépenses au ministère de la Défense, encore que ces abus ne représentent que des sommes insignifiantes.Il est souhaitable, enfin, que la majorité ministérielle soit réduite si l'on veut maintenir aux Communes les avantages qu'offre précisément la dualité inhérente au parlementarisme.Le travailleur et l\u2019habitation LE Conseil central des syndicats nationaux de Montréal, soucieux d'assurer aux travailleurs le bien-être matériel qui leur est souvent inaccessible, a décidé récemment de constituer une coopérative.d'habitation grâce à laquelle plus d\u2019une centaine de maisons seront construites sans que leurs propriétaires n\u2019aient à débourser des mises de fonds trop considérables, Car c\u2019est la coopérative qui avancera cette mise de fonds.Les dirigeants de la Confédération des travailleurs catholiques du Canada se montrent assez optimistes quant au succès de l\u2019entreprise.Les dirigeants du mouvement observent que l\u2019organisation d'une coopérative de ce genre est beaucoup plus difficile à Montréal qu\u2019à Québec, en raison des facteurs économiques.Dans la vieille capitale, le projet vient d'être mis à exécution et connaît déjà une expansion fort encourageante.La première maison ne compte pas moins de sept pièces, réparties sur deux étages.Les murs blancs sont entièrement recouverts d'amiante.Des maisons pourront ainsi être fournies aux membres de la C.T.C.C.a raison de 37 dollars par mois pendant 20 ans, les frais de construction s\u2019établissant à environ $6,000 par année.Il faut dire que les travaux sont exécutés gratuitement, à temps perdu, par des ouvriers de Ja C.T.C.C.Dans la région'de Québec, dix autres maisons seront bientôt mises en chantier, À Montréal, la coopérative sera lancée officiellement le 30 juin, après qu'un comité de trois membres aura mené le projet à bien.Tout indique que cette heureuse initiative économique sera couronnée de succès.Et les travailleurs pourront enfin obtenir leurs maisons à des prix raisonnables.\u201cPénurie d\u2019eau\u201d LA conflagration qui s\u2019est abattue sur St-Nérée de Bellechasse, en fin de semaine dernière, remet en question la nécessité .des aqueducs dans les localités du Québec.Car, .une fois de plus, c'est \u201cle manque d\u2019eau\u201d qui empêcha les villageois de conjurer la menace assez tôt.En sorte qu\u2019une quarantaine de maisons, un couvent et deux garages ont été la proie des flammes.Tandis que l\u2019on s\u2019employait fébrilement - à protéger l\u2019église \u2014 qui a été épargnée \u2014 il a fallu faire appel aux volontaires des villages voisins.Pendant ce temps, l\u2019incendie exerçait ses ravages.On note que ce désastre est le cinquième depuis celui de Rimouski, en 1950.Cinq désastres majeurs en trois ans dans la seule province de Québec qui, chaque fois, entraînent des pertes matérielles très élevées, parfois même des pertes de vie, sans compter les difficultés auxquelles les sinistrés doivent ensuite faire face.L'eau est devenue une rareté.Seule la construction d\u2019agueducs adéquats pourrait mettre un terme a, cette vague de conflagrations.EN QUELQUES LIGNES Charles James Fox, l'homme d'Etat anglais mort en 1806, fut élu au Parlement alors qu\u2019il allait avoir 21 ans.- Il y a cinquante ans, 62 pour cent des Canadiens vivaient dans les campagnes.Aujourd'hui cette proportion a été réduite à.40 pour cent.Ville Jacques Cartier - Monsieur, Son Exc.Mgr Coderre, de Saint- Jean, m\u2019a passé le numéro du 2 mai dernier de l'Autorité à cause de votre article sur Ville Jacques - Cartier.\u2018Votre dernière phrase était : \u201cDes pères songent à établir un patronage\u201d.Eh bien ! moi, je suis un père, qui songe presque jour et nuit à Ville Jac- ques-Cartier, à sa jeunesse et- à tous les problèmes de cette ville.Je vous félicite de votre article et ce n\u2019est pas simplement par politesse, C\u2019est ma conviction que vous avez bien compris la situation, les causes de cette situation, les possibilités, les nécessités, etc.Chargé par Mgr l\u2019Evêque d\u2019établir une oeuvre pour la jeunesse et pour les non-pratiquants, je suis nommé vicaire au centre de la Ville (et de la pauvreté) c\u2019est- a-dire dans la paroisse Notre- Dame-de-Grâce pour préparer cette oeuvre.Apr s avoir vu environ trois cents familles, je crois avoir une opinion sur cette ville, J'ai un projet, un programme : commencer par une oeuvre de patronage pour la jeunesse.Par les enfants, on aura une entrée plus facile chez les non-prati- quants.Pour les grands garcons, on aura besoin d\u2019une école d\u2019arts et métiers, et pour les filles, une école ménagère.La bâtisse de patronage pour les enfants pourrait servir comme jardin d\u2019enfants dans la journée.Ce sont, en quelques mots, mes projets.La réalisation?Pas d'argent, pas de terrain ! À Ville Jacques- Cartier, il n\u2019y a pas de fortunes.Le capital devra venir de Montréal ou de n\u2019importe où.Mais qui est-ce qui s\u2019intéressera à une oeuvre en dehors de sa ville ?Pourtant, il y a quelques raisons pour s'intéresser des problèmes de cette ville.Vous l'avez constaté vous-même.Pour moi, c\u2019est ici un terrain .fructueux pour les communistes.Les problèmes de religion, d\u2019éducation, d'hygiène, les problèmes sociaux, culturels me tourmentent sans cesse et je ne peux rien faire.Pensez-vous qu\u2019on pourrait faire quelque chose par moyen journalistique ?\u2019 .Père Jacques Van Hock, prêtre du Sacré-Coeur .* Enseignement du droit Messieurs, Je viens de lire votre article sur la Faculté de droit.Je partage entiérement vos vues, ce qui n'est pas le climat favorable a une longue discussion.Passez-moi, pourtant, la prétention de vous féliciter de la générosité de vos idées et de la largeur de vos vues.Je ne connais pas la Faculté de droit, mais il est bien visible que vous n'y limitez pas vos remarques.J\u2019admire votre courage autant que j'approuve vos idées, et je suppose que vous avez sagement mesuré votre risque.Cette remarque ne doit pas blesser votre orgueil : elle me vient de l'expérience d\u2019un long commerce avec \u201cl\u2019Autorité\u201d de notre Province.Je suis heureux d'avoir eu l\u2019occasion de lire ce journal que je ne connaissais pas.11 fait honneur aux lettres françaises de notre continent et de l\u2019autre., A.C.FLEISCHMANN, Saint-Jean, P.Q.* Marcel Lafaille Monsieur, Vous avez pris une merveilleuse initiative en invitant M.Marcel Lafaille, conseiller municipal, a donner son opinion dans votre journal.Tout le monde à Montréal sait qu\u2019il existe quatre-vingt- dix-neuf conseillers municipaux.Mais bien peu savent quel est exactement leur rôle, Sont-ils là simplement pour figurer comme des numéros de porte, ou ont-ils certains pouvoirs ?S'il est vrai que la bureaucratie est en train de les paralyser et de les empêcher d'agir, autant vaut abolir ce Conseil municipal, si l\u2019on ne peut se résoudre à assouplir cette bureaucratie.Pourquoi ne pas demander à d'autres conseillers municipaux leur opinion sur cette force que les fonctionnaires opposeraient aux conseillers élus?Pourquoi même ne pas avoir dans votre journal une rubrique régulière où les conseillers municipaux pourraient parler sans contrainte aucune ?Pourquoi ne pas inviter les bleus aussi bien que les rouges ?Tous ceux qui s'intéressent \u2018 à.la chose municipale ne pourraient rester indifférents à cette rubrique.Henri POULAIN, Montréal * a Nos billets Monsieur, Voulez-vous demander à Mlle Suzanne Barbeau, qui signe des billets dans votre journal, de trouver des sujets plus légers.On dirait qu\u2019elle pense continuellement au suicide.Je ne puis croire à la sincérité de cette poésie morbide, Tout cela sent le fabriqué et l'artificiel.C'est de la littérature au sens péjoratif du mot; de la littérature qui n\u2019est aucunement apparentée avec la vie.Je parie, d'ailleurs, Handicap au départ Revue de la presse La presse de langue anglaise Après le couronnement LES trompettes et les grandes orgues se sont tues, les feux d\u2019artifice sont éteints, les immenses et superbes grenadiers ont de nouveau confié aux mites leurs shakos.Toutes les cérémonies qui se sont déroulées, au jour du couronnement, dans chacune des villes du Canada, démontrent, écrit le Globe and Mail, la loyauté et l'attachement des Canadiens à la Couronne britannique; elles démontrent aussi, continue le même journal, que les Canadiens savent manifester avec entrain et dignité.Mais pourquoi, et ça c\u2019est un bon point pour le Globe, les Canadiens ne manifesteraient - ils pas autant de ferveur pour célébrer le ler juillet ?.Dans leur enthousiasme quasi sacré, des milliers de Canadiens ont exprimé le voeu que la Reine habite chaque année, pendant quelques semaines, l\u2019un de \u201cses\u201d royaumes.À notre avis, le Ottawa Citizen a versé la douche froide nécessaire en écrivant : \u201cLa loyauté du Canada est attachée à la Couronne en tant que symbole de l\u2019unité nationale.Cette loyauté s\u2019attache également à toute personne qui porte la Couronne, mais la présence physique de cette personne n\u2019est pas requise ici, car la fidélité du Canada est essentiellement à une institution.\u201d Duplessis et les - élections fédérales LE Toronto Daily Star s\u2019intéresse de savoir si, au cours.des prochaines élections fédérales, M.Duplessis interviendra personnellement ou s\u2019il se tiendra dans les coulisses ?Et 1'éditorialiste de répondre qu\u2019il est à peu près certain que M.Duplessis n\u2019interviendra pas \u201cpersonnellement en personne\u201d, bien que ce soit le secret de polichinelle que sa \u201cmachine électorale\u201d travaillera à plein pour les conservateurs.Ça, nous le savons déjà, mais nous sommes tout à fait en accord avec le Toronto Daily Star lorsqu\u2019il écrit: \u201cL\u2019influence de Duplessis, si prépondérante dans des élections provinciales, ne compte guère dans les affaires fédérales.\u201d 5 Le Commonwealth et la conférence des Bermudes LE Telegram (Toronto) ne partage pas du tout l\u2019enthousiasme suscité, en certains milieux, par l'accord unanime des premiers ministres du Commonwealth aux intentions de Sir Winston d\u2019avoir des conversations directes avec la Russie.Le Telegram rappelle que le Président Eisenhower ne favorise pas, pour le moment du moins, ce genre d'entretiens* et l\u2019accord unanime des premiers ministres aura pour effet, selon le journal, d\u2019obliger Churchill, lorsqu\u2019il se rendra aux Bermudes, de faire pression sur les Américains pour qu\u2019ils adoptent une politique qu\u2019ils estiment dangereuse ou pour le moins prématurée.Faut-il envisager l'échec de la conférence des Bermudes et songer déjà au mot de Talleyrand: \u201cC'est plus qu\u2019un crime, c\u2019est une bêtise.\u201d Pour ou contre ?LA télévision régie par un organisme responsable au Parle-, ment du Canada ?Le Vancouver Sun se place à la tête des journaux qui font une campagne violente et pas toujours très honnête pour que le gouvernement accorde à l\u2019entreprise privée la plus large liberté dans les domaines de la radiodiffusion et de la télévision.Merci bien.Au cours des trois dernières années, nous avons pu assister à un nombre suffisant de programmes américains -télévisés pour \u2018n\u2019en pas vouloir de semblables chez nous.Et nous connaissons assez l'insignifiance, la pauvreté et le mauvais goût des émissions de la radio privée pour souhaiter que la télévision échappe aux marchands de savons et de soutiens-gorge.Et le mot de la fin JL appartient au Telegraph- Journal (St.John, N.B.).Commentant avec humour l'ascension du Mont Everest par les Britanniques, l\u2019éditorialiste demande que l\u2019on ne se réjouisse pas trop vite.Avant de prétendre que c\u2019est là une victoire des démocraties pourries, il serait bon de savoir ce que Moscou en pense, car- comment douter qu\u2019un bon mos- covite, armé seulement d'un mar: teau et d'une faucille, n\u2019ait atteint le sommet du Mont Everest, il y -a longtemps, longtemps ?- J oP.° H.Destin du Commonwealth réussira-t-il à réaliser le dessein depuis longtemps formé: la mise en place d\u2019un organisme permanent \u2014 simple secrétariat, au début \u2014 assurant entre les diverses nations qui, à un degré quelconque, relèvent de la Couronne, une coordination des.efforts, une coopération autre qu'improvisée?Une personnalité britannique disait devant nous, en décembre : il est étrange que les divers gouvernements du Commonwealth n\u2019arrivent pas à créer des institutions communes comparables tout au moins à celles de I'Organisation européenne de coopération économique, organisation qui fonctionne entre des peuples que ne réunissent point des liens comparables aux liens existant de notre côté.Certes, la présence dans la conférence du Commonwealth du Pandit Nehru, premier ministre de la République démocratique et indépendante de l'Inde, ne facilite point un tel pas en avant vers la consolidation du Commonwealth.Mais l'empirisme, la souplesse d\u2019adaptation du gouvernement de Londres autorisent celui-ci à se targuer de n'être intimidé par aucun obstacle théorique.Après tout, le Commonwealth peut être pris comme communauté politique par les uns et comme simple alliance par les autres.Ainsi devraient pouvoir se présenter des formules de compromis.Longtemps, les parlementaires de Westminster, les dignitaires du parti conservateur, ont cru que le couronnement marquerait la fin de l\u2019activité politique de Churchill; que, peu après, il passerait la main soit à M.Anthony Eden, secrétaire d'Etat au Foreign Office, soit à M.R.Butler, chancelier de l'Echiquier.IL: gouvernement de Londres que l'auteur de ces billets est jeune et sans aucune expérience.Elle parle trop de sensualité pour y avoir réellement goûté souvent elle-même.Son texte respire plus le désir que la satisfaction.Une lectrice de Montréal C'est ce que répétaient plusieurs de nos interlocuteurs en décembre dernier quand nous séjournâmes à Londres, Aujourd'hui, sir Winston Churchill a la volonté de rester au pouvoir sans assigner d'échéance fixe à sa retraite, Et cette volonté s\u2019est déjà manifestée assez nettement.Il y a peu de mois, la reine Elizabeth conférait à l'homme d'\u2019Etat la dignité de baronet.Si celui-ci avait envisagé d'abandonner la politique active, c\u2019est une pairie, ce n\u2019est pas une \u201cba- ronetey\u201d, qui lui eût été octroyée, Mais sir Winston Churchill n'a pas voulu entrer à la Chambre des Lords parce que, à l\u2019époque actuelle, contrairement à ce qui était de mise à la fin du siècle dernier et contrairement d\u2019ailleurs à la règle toujours existante, il ne peut plus y avoir, en pratique, de premier ministre ne siégeant pas à la Chambre des Communes.Au fond, sir Winston Churchill n\u2019a jamais pensé à s\u2019en aller du ministère sans y être contraint par un reflux électoral du Labour Party, Il \u2018disait à l'un de nos amis, l'automne dernier, à propos de boîtes de pastilles \u201crajeunissantes\u201d que des admirateurs américains lui envoyaiefit: \u201cJe les remercie tous mais je ne touche Pas à leurs cadeaux.Ce ne se- Trait pas un bon procédé a 1'égard d\u2019Anthony\u201d.Bien entendu, c\u2019est Anthony Eden qui était désigné.L'ironie de sir Winston, c\u2019est clair, disait le contraire de ce qu\u2019elle prétendait dire.Il travaille avec acharnement.Sa santé résistera-t-elle au surmenage?C\u2019est probable, disent ses familiers, Il a réformé son régime de vie.Autrefois, dès le Téveil, il se gratifiait d\u2019un abondant déjeuner avec poulet et vin blanc.Il n\u2019en est plus là, Le cognac a disparu de son ordinaire, remplacé par du whisky pris à petites doses, Quelle politique représente-t- il?Nous le saurons mieux aprè Yentrevue des Bermudes, mais voici ce qui peut être noté sans plus attendre, Pour lui, l\u2019Extrê- me-Orient, vu sous l\u2019angle du danger communiste, et le Moyen- Orient passent avant l\u2019Europe dans l\u2019ordre des préoccupations.C\u2019est pour cette raison qu\u2019il attache tant d\u2019importance au problème de Suez.Afin d'assurer la paix entre la Russie soviétique et l\u2019Allemagne fédérale, il a suggéré un nouveau recours à la formule du traité de Locarno de 1925, C\u2019est une idée légère, superficielle, et qui ne fera pas son chemin.Churchill oublie par trop la faillite complète du traité de Locarno au printemps de 1936, lorsque l\u2019Allemagne de Weimar viola ses engagements, Les puissances garantes, l'Angleterre, l'Italie, ainsi que le Conseil de la Société des Nations, garant lui aussi, se dérobèrent aux responsabilités, aux devoirs que le traité de 1925 leur imposait.Pour le reste, M.Winston Churchill lança, il y a sept ans, dans son discours de Zurich, l\u2019idée de l'unification européenne, l'Angleterre restant en dehors, il va de soi.Quand il composa ce discours dont on peut mesurer aujourd'hui les conséquences, sir Winston Chur- -Chill était-il dominé par un certain ressentiment à l\u2019égard de la France, reliquat des terribles souvenirs de 1940 ?Etait-ce po lui une manière de liquider l\u2019Entente cordiale une fois pour toutes?\u201cC\u2019est possible\u201d, nous disait récemment un diplomate britannique, Nous espérons qu\u2019à ce sujet, la pensée de sir Winston Churchill n\u2019est pas annonciatrice de l\u2019avenir, PERTINAX ONCLE ET NEVEU * \u2014Alors mon oncle, toujours vaillant et à l'ouvrage ?\u2014Oui, mon neveu, et tu sais, j'ai le coffre-fort.\u2014C\u2018est bien ce que je pensais. \\on | 24 MAL, \u2014 || existe beaucoup de faits dans notre histoire qui méri- - teraient d'être commémorés.L'usage a voulu que ce soit le geste hé- roique de Dollard et de ses compa- gnhons qui soit marqué d'une manière .epéciale.!! est très juste qu\u2019il en eoit ainsi.Au moment où Ja colonie naissante est menacée dans ses oeuvres Vives, quelques Jeunes gens hardis décident de se porter aux avant-postes et de ris quer le tout pour le tout.lis de- valent périr, mais leur sacrifice n'aura pas été vain.impressionné par leur courage viril, l\u2019ennemi Jugera enge de ne pas s\u2019aventurer plus avant.On a souvent discuté de l'événement et une certaine école s\u2019est employée à diminuer l\u2019importance de l'intervention de Dollard.C\u2019est une mauvaise querelle.Ce que la génération actuelle retient, c\u2019est l'affirmation de courage, c\u2019est la leçon de dévouement à la patrie.Les circonstances ont bien changé depuis cette époque lointaine.I! n\u2019en reste pas moins vrai que les vertus de ces rudes gaillarde trouvent encore leur emploi dans le vingtième siècle.Nous devons aglr de façon à ce qu\u2019ils n\u2019aient pas honte de nous.25 MAI.\u2014 L'accueil franco-cana- dien organise ce soir une réunion particulièrement intéressante.Un Belge nous parle de la Belgique, un Suisse, de la Suisse, un Français, -\u2026 AVIS DE REQUETE | EN DIVORCE AVIS cest donné par les présentes que MARGUERITE FRANCES WIGQINS, de la ville et du district de Montréal, dans la province de Québec, \u2018ménagtre, s'adressera au Parlement du Canada au cours de la présente ou prochaine scsssion pour obtenir: le divorce d'avec son époux OARL PATRICK MacKAY, pour cause d'adultère.Fait \u2018à Montréal, dans Ji province de Québec, le' douzième jour de mai, A.D.mil neuf ceut cinquante-trois (1953).GAMEROFF and FENSTER Procureur de la requérante, Suite 1003, 10 ouest, rue St-Jacques, Montréal 1, Qué.80 mat - 6-13-20 juin 1953.Tous les jours À quitte MONTRÉAL et dessert OTTAWA - MINAKI WINNIPEG - SASKATOON EDMONTON - JASPER H est composé de wogon-lits ordinaires et de wogons-lits-tou- ristes, de chambrettes duplex, de compartiments, d'un wagon salon-buffet, d'un wogon-restau- rant et de voitures ordinaires, _ Éd = em Pi Son) CANADIEN NATIONAL Pour comprendre et remédier à L\u2019obsession Le serupule Les peurs La timidité L\u2019angoisse © © e e ® Lisez immédiatement \"La Névrose\u201d par André LaRivière psychanalyste consultant ex- stagiaire des hôpitaux de Paris (1946-1951), de la Société des Psychanalystes .de Grande-Bretagne.264 pages .$2.50 EDITIONS - PSYCHOLOGIQUES ' ENRG.3426 Avenue Marcil N.D.G., Montréal.Tél.: HU 8-48312 te de l'Union française.Trois textes brefs, mais très vivants et bourrés d'informations.À la suite de chaque allocution, un beau documentaire.Il arrive souvent que ces sortes de séances \u2018éducatives\u2019 suintent le plus détestable amateurisme; il n'en est rien ici.Pour compléter le programme, on avait pensé à un texte sur la province de Québec et nul n'était mieux qualifié que notre ancien confrère Georges Léveillé.A la dernière minute, il a dû s\u2019exouser et l'ami Jean-Marc Léger s'est rabattu sur mol.Quand arrive mon tour, fl est déjà près de - Roger DUHAMEL minuit et je ne tiens pus à retenir les gens à des heures indues.Je m\u2019empresse donc d'expliquer qu\u2019il est grand temps d'\u2019ajourner.Les auditeurs l\u2019ont échappé belle! 26 MAI.\u2014 J'écoute une fois encore une émission particulièrement intéressante de Radio-Canada : Ce qu'ils disent quand vous n'êtes pas là.C\u2019est un forum, dirigé avec une souple autorité par Gérard Pelletier, et d\u2019une formule heureuse.On aborde un problème d'éducation quelconque.Des jeunes gens, garçons et filles d'à peine vingt ans, expriment \u2018leur point de vue en toute franchise.Après un quart d'heure de conversation avec l'animateur, c\u2019est au tour des parents d\u2019émettre leur opinion sur la discussion qu\u2019ils viennent d'entendre.Dans les dernières minutes, l'entretien devient général.C'est toujours vivant, rarement indifférent.Les Jeunes ne sont paralysés par aucune fausse honte et ils n'hésitent pas à prendre parfois des positions hardiès.J'ai toutefois une réserve à inscrire.Ces jeunes gens appartiennent pour la plupart à un excellent milieu, ils poursuivent des études secondaires ou universitaires.Ils Barlent un français approximatif, leur diction est lâche, leur vocabulaire extrêmement restreint, ils commencent une phrase qu\u2019ils ne savent ensuite -comment poursüivre.S'il s'agissait de personnes mal éduquées, toute remarque de cette nature serait superflue ; mais ils sont au contraire les produits de notre enseignement et ils raisonnent très sa'nement.Que ne solgnent-ils pas leur langage ! 27 mai.\u2014 A l\u2019Académie, c'est la réception de l'historien Marcel \u2018Trudel, de l\u2019Université Laval.La réunion a lieu dans l\u2019amphithéâtre de l'Ecole des Hautes Etudes, en présence d\u2019un certain nombre d'invités où l'on reconnaît plusieurs personnalités bien montréalaises.Le docteur Philippe Panneton préside la séance avec son tact habituel ; i est suivi par M.Victor Barbeau, qui pronounce un éloge délicat et pertinent de l'oeuvre de Mme Germaine Guèvremont, à qui l'Académie remet officiellement sa médaille.C\u2019est au tour du professeur Guy Firégault de prendre la parole pour recevoir le nouvel élu.11 le fait avec cette maîtrise tranchante qui est dans sa manière, d'une phrase ferme et toujours élégante, même si elle se refuse la fantaisie.M.Trudel a cru bon, pour marquer sa prise de possession, de prononcer un long discours.C\u2019est \u2018une pièce qui ne manque pas d'in- térét, mais elle gagnerait davantage à être lue.La chaleur de la salle ne favorise guère l'audition d'une ournal thèse aussi élaborée et qui se situe * dans le prolongement de ce qu\u2019on à parfois appelé la pensée groulxis+ te.Bref, une soirée académique, c\u2019est le contraire qui eût été étonnant.28.mai.\u2014 On publie ces temps-ci des notes et matériaux divers de Victor Hugo, notes et matériaux abandonnés dans ses cartons et qu'il n'a pas lui-même utilisés.Les considérations * politiques ne pouvaient échapper à l'ampleur de son génie universel, même si ce n\u2019est pas dans ost ordre qu'il ait accompli ou qu\u2019il ne soit accompli davantage.A lire ces brèves notations inspirées par l'événement du Jour ou du mois, on finit par constater que le reproche d'intelligence souvent adressé à Hugo était aosuré- ment éxagéré.Cette accusation traditionnelle et sans doute excesz- sive a dû être la rançon de sa gloire éclatante.Ce n\u2019était pas un imbécile, celui qui Jetait d\u2019un trait sur une feuille volante cette phrase qu'il n\u2019a jamais utilisée par la suite : \u201cSavoir au juste la quantité d'avenir qu\u2019on peut introduire dans le présent, c\u2019est là tout le secret d'un grand gouvernement\u201d.Une réflexion aussi profonde et aussi juste va beaucoup plus loin que certaines théories en vogue colportées par des commis-voyageurs en idées originales, empressés à déballer une marchandise qu\u2019ils connaissent mal et qui n\u2019est souvent que pacotille au vent.29 mai.\u2014 Chaque année, au moment de la proclamation des grades universitaires, il est d'usage d\u2019honorer certains aînés qui ont accompli une carrière remarquable et utile dans la discipline de leur choix.L'Université de Montréal n\u2019a pas échappé à cette coutume louable.11 n'y a pas eu exagération : trois nouveaux docteurs seulement.Il y à un monsieur Mackenzie, un brave homme qui s'intéresse, paraît-il, à faire sauter atomiquement la planète ; il y a un monsieur Grégoire qui travaille à nous conserver la santé.Comme \u2018quoi il faut de tout pour faire un monde.Mais il y a aussi Mgr Tessier.Le visiteur en chef des instituts familiaux de la province est un animateur infatiga- \u2018ble.\u2018Ce Trifluvien à la tête lucide et à l'oeil moqueur ne s'est jamais perdu dans les fumées des théories; il préfère agir en pleine pâte humaine, utilisant au mieux les éléments à sa disposition.Scrutant notre passé, il a su dégager certaines lignes de force se prolongeant jusqu'à nos jours.Chez lui, aucun dilettantisme prétentieux et stérile, mais le goût de servir.Son admirable aposiolat a été depuis longtemps récompensé par la saine \u2018influence qu\u2019il exerce dans les différents milieux qui bénéficient de sa rayonnante activité.30 mai.\u2014 Rédiger son testament, curieuse impression.L\u2019atmosphère de la conversation ressemble à celle des gares océaniques.Ce sont les préparatifs pour le grand départ, pour la traversée définitive.Ce n\u2019est pas, bien sûr, un certificat de décès, mais on éprouve quelque mal à n\u2019y point penser.Voilà comment je souhaiterais que les choses se passent quand je n\u2019y serai plus ! Il y à quelque chose d'assez apaisant dans ce détachement ; comme un repos anticipé et aussi une certaine distance pour apprécier les êtres et les choses.Nous connaissons tous l'anniversaire de notre naissance ; nous avons célébré autant de fois l\u2019anniversaire de notre mort, mais cette date nous demeure inconnue.Peron et l\u2019Argentine (suite de la page 1) dre, colportés par des bouches intéressées: Peron est incapable de faire respecter ses propres lois, Peron protége le marché noir, etc.C'est exactement ce que voulait l'opposition.\u201cLe président réagit.En une semaine, près de mille commerçants surpris en flagrant délit de spéculation, virent fermer définitivement leurs magasins et prirent, pour deux mois, le chemin de la prison.En une semaine, les prix baissèrent de 25 pour cent! Et Peron avertit les éleveurs que s'ils persistaient à affamer la capitale, il n\u2019hésiterait pas à envoyer chercher les boeufs par la troupe, et leurs propriétaires par la même occasion.La viande reparut com- Mme par enchantement dans les boucheries.\u201cPour contrecarrer définitivement la manoeuvre, le président et la Confédération Générale du Travail convoquèrent leurs partisans, selon la coutume du régime, à une grande manifestation populaire sur la Place de Mai.C\u2019est au cours de cette réunion à laquelle assistaient plusieurs centaines de milliers de \u201cpéronistes\u201d qu\u2019eut.lieu l\u2019attentat, geste de répit qui n\u2019avait même pas l\u2019excuse, si excuse il pouvait y avoir, de l'efficacité.\u201cLe miracle, c'est que Buenos- Aires n\u2019ait pas été mise à feu et à sang par les colonnes de prolétaires exacerbés qui prirent d\u2019assaut les sièges centraux des partis d'opposition et le Jockey- Club, lieu de rendez-vous préféré de l'aristocratie de la vache\u201d.Et s'il est une leçon à tirer des événements du 15 avril, c'est bien que la patience populaire a des limites et que ces curieux démocrates qui emploient la famine et la bombe contre les élus de la majorité seraient sages de ne pas exciter plus longtemps le \u201ctoro\u201d.L\u2019AUTORITE, 20-JUIN-1953 M.Pujol, qui vit 4 Bue- nos-Aires, ajoute: \u201cL\u2019Argentine n\u2019est pas une \u201crépublique de bananes\u201d où l\u2019on puisse faire Ja loi à coups de bombes.\u201d \u2014 Ici, mon cher Houle, je.dois vous avouer mon .étonnement.J'avoue d'abord vous avoir lu avec plaisir.Cela me rappelait des discutions du temps passé au Collège Ste- Marie.Mais vous manifestez un goût dangereux pour les bombes et quand vous écrivez: \u201cC'est un fait que les adversaires du justicialisme ont lancé des bombes contre le grand-prêtre de cette nouvelle religion politique.Mais Dieu, que les révolutionnaires sont donc maladroits.\u201d.j'hésite à comprendre.Enfin, Houle, vous en voulez vraiment à la troisième position?\u2014 Mais où sont les neiges d'antan?\u2014 Auriez-vous aussi du goût pour la mort lente, disons par empoisonnement ou dans une chambre à gaz?\u2014 Quand on revient de l'étranger, on éprouve, au contact avec cette nation, la nôtre, qui peut se dire héritière de Nouvelle-France, Ja sensation d'un corps mort, à tout le moins paralysé.Vous avez dû lire quelquefois, \u2014 car vous avez des lettres, et vous lisez, \u2014 que l\u2019individualisme moderne a conduit au collectivisme, Le li- bératisme a engendré le marxisme, Le capitalisme concret et historique, avec ses abus, a produit un nouvel esclavage.Ce capitalisme concret et ce libéralisme ont particuliairement atteint les forces vives de la nation, la nôtre.Ils ont corrompu, ici comme partout, les rouages de la vie politique.Le socialisme se présente maintenant et le ferment marxiste lève.- Vous en voulez surtout au fascisme! \u2014 S'il en est qui font de l'anti-communisme à la journée, il en est d'autres qui font de l\u2019anti-faskigme.Cela dispense de réfléchir.Mais il importe de le dire, et c\u2019est l\u2019histoire moderne que l\u2019on résume en le disant: Qui refuse l'autorité recevra la tyrannie en récompense.La liberté, bien excellent, est conditionnée à l'autorité et à la vérité.Au delà des régimes individualistes et collectivistes, au delà et non point entre, il y a place pour des Etats relevant d\u2019une troisième conception, situés en une troisième position, de synthèse et de vie.La vie est dans la synthèse.La viè de cette nation, la nôtre, m'intéresse, Pour se réveiller de sa trop longue léthargie, pour se mouvoir d\u2019une façon autonome, pour vivre, il faut qu\u2019elle se \u201cdéchaîne\u201d de l\u2019individualisme, sans s'enchainer dans le collectivisme.La doctrine organique de l'Eglise peut inspirer un renouvellement.Les formes politiques nouvelles à trouver doivent être vraiment nôtres.Mais lheure de Yisolationnisme est passée, Et nous ne trouverons d\u2019amis sur la route nouvelle, ni du côté des satellites étatsu- niens, ni du côté des satellites russes, Il est, par bonheur, d'autres pays où s'élabore, avec les difficultés et les imperfections humaines, une Cité Nou- - velle, Mon cher Houle, n\u2019adoptez pas le parti de la mort lente.La mort par empoisonnement peut apparaître relativement douce.Elle ne l'est pas toujours.Ne prenez point vos délices dans une chambre à gaz, même si elle est vaste.Car on y meurt vraiment sans grâce.André DAGENAIS , «53 UN PRODUIT DE LA BRASSERIE DOW LIMITÉE AU SERVICE DU CANADA?Le monde reste divisé en deux camps, celui des démocraties et celui du totalitarisme communiste, Le degré de tension peut varier, selon le moment, mais l\u2019antagonisme demeure, toujours menaçant.Devant nous se dresse constamment un adversaire puissamment armé.Pour détourner cet adversaire de tout projet d'agression, un seul-moyen est bon: renforcer nos effectifs de défense.Parmi les armes modernes, le char de combat joue un rôle de premier plan.Successeur à la fois de l\u2019ancienne cavalerie et de l'artillerie, il allie la mobilité de l\u2019un à la puissance de tir de l\u2019autre.Le corps blindé offre à tout jeune homme qui a de l'ambition des spécialités vraiment intéressantes, Il recherche surtout des militaires dont il fera des chefs.Le jeune homme qui s'engage dans l'armée canadienne, l\u2019une des plus modernes au monde, AB3.CO8F remplit son service dans les meilleures conditions, avec les armes les plus récentes., La carrière que le jeune homme choisit, dans le corps blindé, est non seulement intéressante mais avantageuse à tous points de vue, Non seulement reçoit-il une solde comparable à ce qu\u2019il Bagnerait dans la vie civile mais encore il obtient gratuitement le logement, le couvert, le vêtement, les soins médicaux et dentaires.De plus, le militaire canadien a droit à un mois de congé par an, plus une pension au bout de vingt ans seulement de service: A tout jeune homme qui possède les aptitudes requises, l\u2019armée canadienne offre l'occasion de se tailler un bel avenir, dans une arme qui lui permettra, s\u2019il a de l'ambition, de faire une carrière de chef au service du Canada.Le corps blindé cherche des chefs.Soyez-en un! ENROLEZ-VOUS DES AUJOURD'HUI DANS VOTRE'ARMEE ues) CLAN IY J'ai rencontré.Jean Hougron Grand Prix du roman de l\u2019Académie Française 1953 Paris, Jean Hougron n'est A qu\u2019un passant dont les minutes sont comptées.Mais pour I'A FP, au bureau de Saieon de laquelle il s\u2019honore d\u2019avoir naguère appartenu, il a bien voulu prolonger de 24 heures son séjour.Il a fait mieux : c'est a mon bureau de la Place \u2018de la Bourse qu\u2019il m\u2019a rendu visite, heureux de se retrouver dans l'atmosphère de.travail intense et de chaude camaraderie qui règne dans les salles de rédaction et qui fut un temps celle où il vécut.Prétexte aussi à une évocation des pénibles conditions de travail à Saïgon, et des mérites des collègues qui \u201ctiennent\u201d sans défaillance depuis plusieurs années.Jean Hougron est un homme heureux: il affirme que c'est parce qu\u2019il a pu toujours faire ce qu\u2019il voulait \u2014 études, professions diverses, voyages, travaux d'écrivain, mariage, etc.quelquefois sans avoir longtemps à l'avance médité les changements d'orientation qu'il a donnés à sa vie, Avait-il une.vocation d'écrivain à succès?II n'y croyait pas lorsqu'il a commencé, en Indochine, à noter au jour le jour les observations qui ne pouvaient échapper à son regard aigu et perspicace de reporter- né.Tout de même, quand il eut accumulé un considérable stock de ces notes quotidiennes, il eut un jour l'idée d\u2019en \u201ctirer quelque chose\u201d, Serait-ce une étude géographique el sociologique, un ouvrage politique sur les relations franco-vietnamiennes ou un travail littéraire?Il n\u2019en savait rien, mais entreprit le dépouillement et la rédaction de \u201cquelque chose\u201d qui devint un gros roman de plus de 600 pages, \u201cTu récolteras la tempête.\u201d Laissons ici la parole à son éditeur: \u201cUn jour, dit-il, nous avons reçu de Dreux, un énorme manuscrit, mal tapé, presque illisible, accompagné d\u2019une lettre signée d'un nom inconnu.L'écriture en était presqu\u2019enfantine, Le tout, d'aspect peu engageant, fut classé en attente, sans être lu.Quelques semaines plus tard, une nouvelle lettre de même appa- Tence, du même signataire, rejoignit la précédente au dossier.Encore quelques semaines plus tard, une troisième lettre rappelait l\u2019envoi du manuscrit et demandait une réponse \u201cà transmettre à son fils en Indochine\u201d.Alors, on reçut un coup: c'était si neuf, si direct, si incisif que, sans attendre davantage, on partit en voiture pour Dreux, chez las vieille maman de Jean Hou-, gron, la veuve de l'employé de la S.N.C.F., lui dire que Je livre de son fils serait édité, et obtenir son adresse indochinoise en vue de quelques aménagements du manuscrit.Ainsi parut, en 1951, le premier roman d'un jeune inconnu, tome premier de la série intitulée \u201cLa nuit indochinoise\u201d qui en comportera cinq et dont quatre sont déjà publiés, * Les trois premiers, \u2018\u2019Tu récolteras la tempête\u201d, \u201cRage blanche\u201d et \u201cSoleil au ventre\u201d, ont largement dépassé une vente de cent mille exemplaires: le quatrième, \u201cMort en fraude\u201d, qui vient de paraître, a valu à son auteur le Grand Prix du Roman de l'Académie Française, e Heureux jusqu'ici dans sa car- riére d'écrivain, aprés avoir été professeur, commerçant, planteur, journaliste, Jean Hougron, à 30 ans, entend bien ne pas y renoncer.Mais il lui faut trouver de nouveaux sujets de roman qu'il affirme ne pas savoir découvrir en France.Dès qu'il aura terminé \u201cLes Asiates\u201d, cinquième \u2018et dernier volume de \u201cLa nuit indochinoise\u201d, il repartira vers un autre continent, l\u2019Afrique, cette fois: Dakar, Brazzaville, le coeur de l'Afrique Noire, le Kénya (qu'il connaît déjà un peu), Zanzibar, Le Cap peut-être.En travaillant dans les conditiohs les plus normales du colon, ainsi qu'il le fit en Indochine (cette fois, il projette l'organisation d'une entreprise de transport poids lourds : \u201cJe suis très bon conducteur de camion sur les routes de la brousse\u201d, déclare-t-il), il amassera, selon les mêmes principes d'observation personnelle et de notations quotidiennes, une nouvelle \u2018documentation dont il es- naissance.tion.- anglais de toat pays.LA NOUVELLE REVUE CANADIENNE Fondée depuis deux ans, LA NOUVELLE REVUE CANADIENNE est une revue d'intérdt géhéral qui paraît six fois par année en livraison de 80 pages et publie des textes de bons écrivains canadiens et étrangers.Elle n'est l'organe ni d'un parti, ni d'une école, mi d\u2019un cénacle, et 6!le laisse à ses collaborateurs l'entière responsabilité de leurs textes.Elle à été saluée dès ses débuts comme ane revue importante, indispensable à qui veut suivre le mouvement des ddées et les tendances vivantes de la littérature et des arts du Canada.La revue est en vente au numéro dans les librairies au prix de 50 cents l'exemplaire.L'abonnement est de $3 par année.Les abonnements de soutien de $5 et en plus sont reçus avec recon- LA NOUVELLE REVUE CANADIENNE offre en exclusivité une réédition, augmentée et mise à jour, de tous los ouvrages linguistiques de PIERRE DAVIAULT.Cet ouvrage entièrement nouveau est une refonte fort enrichie de trois ouvrages épuisés depuis longtemps : L'expression juste en traduction, Questions de langage ot Notes de Traduc- À l'usage des (Canadiens, il complète les dictionnaires et ouvrages linguistiques publiés à l'étranger, car il a pour objet d'étudier avant tout les problèmes de langue propres au Canada.Il sera en outre d'une grande utilité aux traducteurs frangais- .Directeur : Pierre Daviault Secrétaire général : Lorenzo Masson ~ | CASE POSTALE 614 OTTAWA (CANADA) NOM BULLETIN D'ABONNEMENT La Nouvelle Revue Canadienne Veuilles m'insorire pour un abonnement régulicr.\u2026.\u2026.\u2026\u2026.\u2026\u2026\u2026\u2026.de soutien.et trouver avec la présente mon chèque au montant de $3\u2014 $5\u2014 $10\u2014 (Dbiffer les mentions inutiles.) vevrsnencenuu0 versed ADRESSE .essss sente ¥ .- .co.stores nesnn0uc0 00000000 ce 00000100 2e0euce nec cenauou0 Comité de rédaction : René Garneau Guy Sylvestre Jean-Pierre\u2019 Houle Roger Duhamel on lut le manuscrit, et.père aussi \u201ctirer, un jour, quelque chose\u201d.Mais bien qu\u2019il affirme préparer cette longue étude africaine sans plus d'idées précongues qu\u2019il n\u2019en avait en partant pour l\u2019Asie, il avoue pourtant que sa préoccupation dominante est celle des relations entre Européens et indigènes.Son expérience asiatique, dans les villes et dans les villages lui a montré le déclin du prestige des Blanes, Il croit en avoir décelé certaines raisons qui, s\u2019il ne les dénonce pas expressément dans ses romans, y sont cependant suffisamment évoquées en demi-teinte pour que le lecteur comprenne : selon Jean Hougron, contrairement à l\u2019opinion générale, la mission de l\u2019Européen n\u2019est pas terminée lorsque l\u2019indigène a appris à lire et a été vacciné; elle doit se poursuivre longtemps, jusqu\u2019à ce que soit peu à peu rétréci, sinon comblé, le fossé qui sépare la logique cartésienne de l'Européen de cette autre logique faite d\u2019enchaînements traditionnels souvent millénaires, qui est celle de l\u2019Asiatique.Si le Blahc ne reprend pas la plus haute conscience de sa mission en Asie, s\u2019il continue à considérer la colonie comme un pays à exploiter où l'on peut, en quelques années seulement, gagner facilement une fortune, sans avoir à remplir aucune obligation envers l\u2019Asiatique, sans tenter de rapprochement \u2014 alors, l'Europe perdra définitivement l\u2019Asie, la France verra l'Indochine se détacher de la métropole.La cruelle actualité de la guerre d'Indochine fait que les pro- blémes évoqués par Jean Hougron sont communs a tous les Français.Il ne nous appartient pas de dire ici s\u2019il a tort ou raison, Ce qui est caractéristique \u2014 et c\u2019est ce qui fait le prix de son oeuvre, en dehors des qualités d'écriture qui rendent le son authentique de la vie et de l\u2019expérience personnelle \u2014 c\u2019est que des problèmes moraux et sociaux de cette importance se soient imposés avec tant de force, dès ses débuts, à un romancier exceptionnellement doué sans doute, à qui ils ont inspiré une oeuvre littéraire ayant en même temps une indéniable valeur de document, Pour peu que ses observations africaines viennent rejoindre ses conclusions asiatiques, on peut prédire à Jean Hougron qu\u2019elles provoqueront au moins autant de commentaires que sa \u201cNuit indochinoise.\u201d Rachel GAYMAN L'AUTORITE, 20 JUIN 1953 e Selon Rex Desmarchals Le vrai drame de nos romanciers ment sympathique.I se laisse aborder et cause sans entraves.Les années ont conféré à Ce.visage une indéfinissable pureté que l\u2019on ne parvient pas à saisir.Car, au milieu de telle discussion, les traits s'accusent, le regard devient inquiet, les gestes hésitent.Cette conversation que nous eûmes, dans le bureau d'une école, laisse une impression de douceur, Rex Desmarchais conserve fièrement un défaut: il ne peut pas être mé- chant.On l\u2019a dit à maintes reprises : Desmarchais est le pionnier du roman psychologique d\u2019expres- [re = est remarquable- sion française au Canada.Mais, - de lui, le grand public connaît surtout ses critiques dans lesquelles il s'est toujours efforcé de \u201crendre justice\u201d au créateur.Mais ce ne sera jamais suffisant car \u2014 et c\u2019est lui qui parle \u2014 \u201cdeux pages de critique ne pourront jamais valoir 300 pages de création\u201d.Cette opinion, qui représente beaucoup plus un sentiment qu\u2019une idée, recrute ses meilleurs tenants parmi les écrivains, Mieux que d\u2019autres, ils connaissent les faiblesses de.la critique, Avec une certaine amertume, M.Jean-Charles Harvey le rappelait dans Le Petit Journal du 7 juin.Pourtant, Rex Desmarchais ne se nourrit pas d'illusions.\u201cC\u2019est une bien modeste situation que celle de notre roman dans l\u2019ensemble de la vie canadienne- française.Et la vie intellectuelle toute entière du Canada français n\u2019est pas un phénomène à troubler les constellations\u201d.Voilà ce qu\u2019il soutenait récemment à la tribune des Arts et des Lettres de Radio-Canada.Si l'on interroge Desmarchais sur la condition actuelle de notre littérature, en particulier sur le cas de ses confrères qui se nomment Charbonneau, Elie, Langevin, Grignon, Choquette, Jovette Bernier, Germaine Guevremont \u2014 il répondra ceci que M.Alfred DesRochers avait déjà laissé entendre ici.même: |.\u2014Nous voulons tous faire de la littérature, concevoir des essais, écrire des romans, réfléchir et lire.Seulement voilà: la vie quotidienne nous accapare beaucoup trop.Nous avons tous des occupations très précises.Pour l\u2019un, c\u2019est la radio; pour l\u2019autre, c\u2019est la télévision; pour moi, c\u2019est le fonctionnarisme, Bref, la nécessité du gagne-pain l'emporte finalement sur le reste.On travaille, certes, mais non pas comme on voudrait.Les conditions sont rarement favorables.Et si l\u2019on insiste en objectant que la radio et la télévision \u2014 loin de paralyser la création littéraire \u2014 paraissent, bien au contraire, la stimuler ou, du moins, la rendre plus accessible aux masses, Desmarchais lancera cette phrase : =\u2014On dira ce que l\u2019on voudra sur les bienfaits de la radio et de la télévision, mais je crois et je continuerai de croire que l'écrivain est celui qui écrit des livres, La radio constitue un heureux moyen de communication, mais ne remplace pas le livre.\u2014Quel est donc le drame de l'écrivain, du romancier ?, \u2014Le vrai drame de notre romancier, ce n\u2019est pas de découvrir une longue nouvelle (i! dispose d'une langue qui a fait ses preuves et qui offre des ressources inépuisables à qui la maîtrise), son vrai drame, c'est d\u2019être dans la condition de publier des romans qui lui rapportent, à tout coup, une perte d'argent.Ce qui n'empêche pas Rex Desmarchais de vouloir publier un autre roman Jude Rivier qu'il a terminé en 1944 et auquel il n\u2019a cessé de travailler depuis, le récrivant 3 et 4 fois.Il se propose, cet été encore, avant de le livrer à l'éditeur, d\u2019en reviser toute la rédaction.\u2014Quel est donc ce Jude Rivier ?\u2014Je m'étais d\u2019abord proposé d'appeler ce roman Les Visages verts, mais ce titre me paraît .un peu vieux jeu, un peu romantique.Je crois que Jude Rivier est plus sobre.Il s\u2019agit d'un homme, Rivier, et d'une passion, l'envie.On a déjà dit que l\u2019envie était un défaut spécifiquement canadien-français.Je n'y crois pas, Néanmoins, l\u2019action du roman se situe à Montréal.\u2014Avez-vous d'autres livres en préparation ?\u2014Je songe à publier, beaucoup plus tard, des souvenirs qui com- - poseront un tableau assez réaliste, Enfin, j'ai un autre roman sur le métier: il sera à la fois psychologique et policier.\u2014En quoi consiste, à votre avis, ce que l\u2019on appelle avec emphase la mission de l\u2019écrivain ?\u2014Je considère que l'écrivain peut toucher tous les genres littéraires: essais, romans, criti- Jean Hougron:\"Mort en fraude\u201d ANS ce cycle intitulé \u201cLa nuit indochinoise\u201d dont le plus récent volume, \u201cMort en fraude\u201d (1), vient de lui valoir une des plus hautes récompenses littéraires existant en France, Jean Hougron nous avait habitués à des personnages burinés, à des situations haletantes, \u201cMort en fraude\u201d ne nous déçoit pas: ce roman est mené avec une vivacité pleine de maîtrise, et nous jette en plein drame dès ses premières pages.On a rap- -proché le jeune romancier Jean Hougron de Georges Simenon, et, en effet, il a avec lui des traits communs qui (sans exclure le moins du monde sa très personnelle originalité) se manifestent particulièrement, nous sem- ble-t-il, dans son oeuvre la plus récente.Comme Simenon, il ne commente pas, n\u2019explique pas ses caractères, qui se dessinent d'eux- mêmes; comme Simenon, il laisse l'actiôn se dérouler, entraîner le lecteur; comme Simenon, enfin, il a le don particulier de créer une inoubliable atmosphère.Celle de \u201cMort en fraude\u201d, celle des trois romans qui l\u2019on précédé, c\u2019est celle de l\u2019Indochine contemporaine, Un jeune Français, Horcier, s\u2019embarque pour cette Indochine où il a trouvé un emploi, \u2018Mais à la veille du départ sa soeür l\u2019entraîne \u2018dans une aventure dont il mesuteyà, peine les ris- r .ques et les conséquences: il s\u2019agit de trafic de devises.Ces devises, qu\u2019il s\u2019est chargé de remettre à son arrivée à des trafiquants, disparaissent en cours de route.Et dès ses premiers pas en Asie la bande qui l\u2019attendait se jette à ses trousses pour Tabattre, le jugeant coupable de cette disparition.Adieu l\u2019emploi: Horcier fuit sur cetie terre inconnue, s\u2019échoue chez une petite Eurasienne, Anh; elle a pitié de lui et l\u2019emmène dans sa famille, une pauvre famille paysanne au coeur de la Brousse, en un misérable village ravagé par la guerre._ Dans ce milieu désolé, Horcier se sent rapidement pénétré par la commune misère des hommes.Il trouve un but à sa vie si étrangement brisée: il entreprend de sauver ce village, de tirer de leur détresse ces hommes, ces femmes, ces enfants \u2014 survivants provisoires des massacres des \u201cViets\u201d \u2014 et, au milieu des périls, surmontant les difficultés en apparence insurmontables, il y parvient, en sauvant la province tout entiére dont dépend ce village, L'accomplissement surhumain de cette oeuvre le ramène à Saï- \u2018gon.Il a le temps d'y apprendre'son succès.Mais les trafiquants n\u2019ont pas oublié, et, au coin d'une rue, une rafale - de mitraillette\u2026 \u201cIl mourut presque immédiatement, sans avoir prononcé une seule parole.\u201d On pourrait penser que ce roman, ainsi séchement résumé, est un roman \u201cd\u2019aventures\u201d, avec héros traditionnellement grandiloquent, belle héroïne parée du double prestige de l\u2019Europe et de l'Asie, amours héroïques aussi.Il n\u2019en est rien.Si l'aventure violente et tragique en est la toile de fond, c\u2019est avant tout un roman psychologique, et d\u2019une psychologie qui se construit sous nos yeux à petites touches discrètes, Horcier ne déclame pas, il agit.Si Anh, qui est une dure et sombre fille, ce qui se conçoit, est peu à peu conquise par son protégé, devenu protecteur, si lui-même éprouve quelque tendresse pour cette jeune femme qui partage \u2018avec lui l\u2019aventure, c\u2019est à peine suggéré.Une sorte de retenue plane d\u2019un bout a l'autre sur cette oeuvre dont le cadre ne répond pas davantage a l'exotisme conventionnel: la boue des riziéres, la vase des marais, les brumes humides imprégnent des paysages où rôdent des animaux étranges, des paysans apeurés, les mortelles patrouilles des \u201cViets\".Un trés beau roman, baigné de fraternité humaine en dépit des brutes qui hantent ses pages.Huguette GODIN (1) Domat, éditeur, Paris.Vésuve de ques, Pour ma part, j'ai toujours aimé écrire sur les ouvrages que j'aime, Je n\u2019ai jamais écrit pour le plaisir de démolir.Je serais heureux si tel article pouvait seulement donner le goût de le- lire On me reproche parfois de me cantonner dans les choses françaises, de négliger surtout la littérature étrangère (américaine, scandinave, russe).J'avoue que je n'ai pas lu beaucoup de littérature américaine.De Dostoiewski, je connais surtout Souvenirs de la Maison des Morts.Je viens de lire Elle n\u2019a dansé qu'un seul été, roman suédois duquel on a tiré, paraît-il, un admirable film.Chez les auteurs français contemporains, j'admire Jacques de Lacretelle, Montherlant, Mauriac, Georges Duhamel, Gide et Valéry, Sartre et Camus.Oui, les romans et les pièces de Sartre m'ont beaucoup impressionné, I est bon que les écrivains canadiens-frangais fréquentent ces auteurs afin de se départir de cette habitude assez déplorable qui consiste à exagérer les sentiments et les idées, faute dé précisions dans les mots et le style.\u2014On entend souvent d\u2019améres reproches à l'endroit des critiques et des écrivains: vous êtes trop français, vous cherchez trop à imiter les Français, vous ne lisez que les auteurs français.Que pensez-vous de cela que lon appelle souvent le \u201ccolonialisme littéraire ?\u201d \u2014Nous écrivons et pensons en français.Il est normal que nous cherchions nos modèles en France.On ne peut tout de même pas échapper au génie français.Les grands maîtres sont encore en France.Personne ici ne les a encore- remplacés, même si l\u2019on a toujours a la bouche ce mot de \u201cdécadence\u201d en parlant de la littérature francaise.\u2014Nous avons, au Canada, un nombre respectable de bons peintres et de bons sculpteurs, capables d'exposer partout et de nous représenter avec umn certain honneur.Où sont donc les écrivains qui pourraient en faire autant ?\u2014La culture n'est pas essen- .tielle au peintre et au sculpteur pour réaliser de grandes choses, Mais, pour l'écrivain, qui manie le langage, le problème se pose tout autrement.Le langage tient trop à l\u2019esprit pour qu'on puisse produire une oeuvre littéraire tout en étant inculte.L'essentiel, c'est que l\u2019état présent n'interdise pas tout espoir.- Et, somme toute, il permet de ne pas désespérer.Michel ROY Tristan Corbière \"Voir Naples ef.\" E poète des \u201cAmours Jaunes\u201d avait un nom prédestiné: La corbière, c\u2019est le liseré des côtes hantées par la contrebande et la quête des épaves.Et Tristan, c'est toute l'histoire d\u2019une âme de flibustier dans un corps maladif, histoire d'un pauvre amour, histoire d\u2019un rire faux.Le jeune homme déguin- gandé qui passait ses jours dans un canot, qui foulait avec amertume les pavés jadis résonnants des bottes corsaires, le poète de la mer bretonne et des parfums de lavande, a détesté cette Italie tant chantée, tant glorifiée.Il se sent mal à l\u2019aise sous son ciel trop lumineux, et ses yeux habitués aux grisailles de Roscoff, souffrent à crier, des coloris violents, Il ne voit que l\u2019emphase de ce peuple latin, que la pauvreté de ces vieilles villes.Partout où il passe, à Naples, à Rome, à Capri, il laisse une terrible réputation.Il dréquente les auberges pour en barbouiller les murs d\u2019affreux portraits, dans les rues, il fait concurrence à l\u2019industrie nationale, et tend la main en chantant des airs bretons, la viole en sautoir, Excédés, les Napolitains expédient Plus loin cet étranger qui vient disputer leur gagne-pain, et Tristan échoue à Rome en plein Carnaval.Déjà, il avait cinglé la baie du toute sa morgue cruelle.Je venais pour chanter leur îl- lustre guenille Et leur chantage a fait de moi- même un haillon Effeuillant mes faux-cols l\u2019un d\u2019eux m'offre sa fille Effeuillant le faux-col de mon illusion ! Le voici dans la ville sainte, la ville des traditions, ce qu\u2019il excécre le plus au monde, II avait scandalisé les Bretons en refusant l'hospitalité bourgeoise familiale, en couchant chez les misérables pêcheurs, en prenant ses repas au petit bistro, mais il prépare aux Italiens la plus grosse farce de sa vie.Par esprit de révolte, il veut un plaisir grossier sur une terre de brillante histoire et de dévotion.Et puisque l'heure est aux déguisements, lui qui n'a cessé de se travestir, a choisi, ce soir- là, la moquerie la plus susceptible d\u2019effaroucher: un horrible visage peint, deux grands yeux ouverts levés au ciel, dessinés au-dessus des sourcils; sur la tê- te, la mitre épiscopale.Le tout relevé d'un habit ridicule et pour clore cette image diabolique: à la main, un ruban rose traînant un petit cochon tout aussi rose.L'effet dépasse les espérances du poète qui se voit hué par la foule poursuivi à coups de pierre et n\u2019a plus qu'à s'enfuir pour ne pas succomber.Il retourne vers la mer grise, les vieilles pierres du pays de son enfance aux bruyéres chéries.Il reste laid, faible, incompris et plus que jamais se vautre dans la moquerie, les visions de perpétuelle laideur.Puis il connaît Marcelle.Il la suit dans sa chambre exiguë rue Montmartre.Alors commence une vie de bohéme noctambule a laquelle il ne résistera pas longtemps malgré cette fille prévoyante, attendrie, pleine de soin et d'amour mais dont l'anxiété ne cesse de grandir devant cette santé qui périclite de jour en jour.; Elle essaie en vain de l\u2019arracher à cette vie qui le ruine, il lui répond: Oh! la belle mort! Ecoutezmoi ça: Je me suis tué pour tuer le temps.Je te lègue tout: comme fin de compte Je laisse après moi: vingt ans, dont 20 francs.Il faut le transporter dans une clinique.Il trouve encore la force d'écrire à sa mère: \u201cMa mère, je ne vais pas mieux, je \u201cvous en demande pardon.Je suis maintenant à Dubois, du bois dont on fait des cercueils.\u201d Cette mère qui n\u2019a jamais compris à ce fils de génie le fait ramener dans la maison paternelle à Morlaix.Dans ces dernières heures de souffrance, il reste le même dédaigneux de toute sentimentalité et plus que jamais, c\u2019est l'homme au rire jaune.Il écrit à l\u2019un de ses bons amis de Roscoff: \u201cVenez vite:.je veux vous revoir.\u201d Ce dernier se précipite à Morlaix auprès du moribon.Corbiére lui tend la main, son Tegard s\u2019ilumine, puis brusquement: \u201cJe vous ai vu, c\u2019est tout ce que je voulais.Fichez-moi le camp, demain je n\u2019y serai plus.\u201d Il s\u2019éteint le lendemain, ignoré, incompris et l\u2019état civil Morlaix porte cette simple mention.\u201cest décédé -dans la demeure de ses père et mére, le nommé Edouard Joachim Corbiére, sans profession\u201d, Marcelle BAZZANA \u201c tion des opérations.L\u2018AUTORITE, 20 JUIN 1953 \u201cThe L est toujours pénible de vieillir.Surtout au cinéma, Rien n'est plus émouvant qu'une étoile qui pâlit, qui s\u2019accroche obstinément à son personnage, s'agrippe à sa jeunesse envolée, refuse de vieillir, c\u2019est- à-dire d'entrer au \u201cgarage\u201d, le garage du destin.Bette Davis est assurément une très grande actrice, Elle comprend.Elle est subtile.Elle est vraie.Elle domine la caméra, maîtrise magistralement les situations qu\u2019elle sait rendre désolantes, occupe l'écran, le traverse et nous atteint, Ce n\u2019est pas que The Star soit un grand film.Il est tout juste assez bon pour permettre d\u2019admirer Bette Davis qui incarne l'actrice Margaret Elliot à son déclin, s\u2019abreuvant à la névrose de sa gloire, avec la même assurance que 20 ans plus tôt, en y mettant autant d'énergie à survivre qu\u2019elle en avait mis à conquérir les publics anonymes.Mais l\u2019idée n'est pas nouvelle.D'autres réalisateurs ont su l\u2019exploiter, et mieux.C'est une tragédie que l\u2019on sort du tiroir, a tous les deux ans.Malgré les faiblesses éviden- Star\u201d tes du dialogue, Bette Davis en sort victorieuse.Car plus que les mots, il y a les intonations de voix qui nous renversent toujours, C\u2019est une affaire - de ton, de physionomie, de regards, de démarches.Au moment précis où elle quémandait des rôles de jeunes premières, voilà qu\u2019on lui offre, au bord de l\u2019ablme, celui de l\u2019actrice qui vieillit, celui de sa propre vie, dans toute sa misère et sa grandeur.Il n\u2019en fallait pas davantage pour qu\u2019elle comprit, pour qu\u2019elle rentrât chez elle, ou plutôt chez le jeune homme qui l'hébergea après sa faillite financière, Elle ne jouera pas le rôle de sa vie.Ce serait trop.Quand à cet homme qui prétend tout lui devoir parce que jadis Margaret Elliot lui fit obtenir le rôle qu'il convoitait, il est terriblement tendu avec son air de détente, Sterling Hayden s\u2019en tire assez bien.On lui passe un certain nombre de maladresses en songeant qu\u2019il joue auprès de Mme Davis, et le voilà qui devient sympathique.Sympathique parce que la femme qu\u2019il aime ne Jaime pas.(Au Palace).INTERIM A semaine de cette fin de juin s'annonce d\u2019une variété toute particulière aussi bien dans les programmes réalisés en studio que dans les prises de vues extérieures.En plus des programmes originaux hebdomadaires, C.B.F.T.nous propose deux ballets prometteurs.Le premier, mardi le 23, de 7 heures 45 et 8 heures, produit par Jean-Yves Bigras qui a pour titre \u201cVISION\u201d, chorégraphie de Yone XKvietys, interprétée par cette danseuse, Alexander Mcdougall et Beroute Nagys.Le second baliet, sera présenté samedi 27 juin de 9 heures à 9 heures 30 par Jean Boisvert sur une musique de Prokovieff.La Montréalaise bien connue Ludmilla Chiriaeff en assure la chorégraphie et la troupe exécutante de l'Ottawa Ballet se déplacera pour cette occasion.En extérieurs, c\u2019est Jean-Paul Ladouceur qui aura la direc- Tout d\u2019abord avec le traditionnel défilé de la Saint-Jean Baptiste, le mercredi 24 juin de 3 heures à 5 heures.L'équipe technique de C.B.F.T.au grand complet sera sur les lieux avec son unité mobile et trois caméras.Ceci permettra aux téléspectateurs de suivre le défilé en entier con- \u2018fortablement assis dans un fau- teil, évitant ainsi les désagréments des bousculades.Dimanche 27 de 4 heures à 5 heures, aura lieu la finale provinciale de la fameuse course des \u201cboîtes à savon\u201d rue Desjardins, près du parc botanique de Montréal.Rappelons que cette course miniature est réservée aux enfants qui doivent faire preuve de leur habileté dans la conduite des véhicules de leur fabrication sans moteur.La descente de la rue Desjardins suffisant, amplement à les propulser.A nouveau, l'équipe de C.B.T.T.au grand complet sera sur les lieux et Jean-Paul Ladouceur réalisera I'émission en direct.Pour en revenir aux studios, le vendredi 26 de 9 heures trente à 11 heures, aura lieu la première mondiale en télévision de \u201cONDINE\u201d de Jean Giraudoux.Cette émission a été retardée de 8 semaines pour plusieurs raisons techniques et une chronique spéciale au sujet de cette pièce a été publiée dans l\u2019Autorité du 30 mai.Je vous rappellerai brièvement que le salon de couture de Radio-Canada télévision a confectionné 18 costumes, dont des robes absolument surprenantes «d'après des croquisede Laure Cabana.Les décors, au nombre de 4 seront également de grands styles et monsieur Pelletier, chef décorateur en a confié la réalisation à Robert Prévost.Georges Groulx, et Albert Huard respectivement réalisa- Télévision teur et directeur technique de l'émission ont mis au point une suite de prises de vues qui ne \u2018manqueront pas de faire sensation.Voici la distribution compléte de la pièce.Hans: Jean Gascon.Le roi des Ondins: Henri Norbert.Le chevalier Bertram: Roger Garceau.Le pêcheur: Guy Hoffman.Ondine: Simone Laflamme: La reine: Gisèle Schmidt.Princesse Bertha: Ginette Letondal.La femme du pêcheur: Antoinette Giroux.Deux ondines: Francoise Gratton et Paule Bayard.La servante: Solange Robert.Le juge: Edouard Wooley, Le garde: Blouin.Texte de présentation : Jean Lazare.Adaptation pour la télévision:Marcelle Bazzana.Une production de Georges Groulx.Jean LAZARE A l\u2019écran ORSQU'IL pense au ciné- L \u2018ma d'avant-guerre, l\u2019amateur évoque des titres, voit défiler des images et lorsqu\u2019il arrive à l\u2019année 1935 ne peut manquer d'évoquer \u201cMayerling\u201d!.\u2018Quel dommage, pense- t-il, que le couple Darrieux- Boyer ne se soit pas produit depuis à l\u2019écran\u201d.\u201cQu'à cela ne tienne\u201d répond le réalisateur Max Ophuls \u2014 qui a entendu notre spectateur imaginaire exprimer ce regret.\u201cFT n\u2019est jamais trop tard pour bien faire\u201d.Et c\u2019est ainsi qu\u2019après seize années passées hors de France, Charles Boyer a retrouvé Danielle Darrieux aux studios de Boulogne où ils tournent \u201cMadame de.\u201d * A première mondiale de L \u201cTo Night We Sing\u201d vient d\u2019avoir lieu à Londres.A cette occasion, l\u2019organisation Rank avait installé dans le cinéma Odeon de Leicester Square, un nouvel écran beaucoup plus grand que d'habitude et légèrement.incurvé.Cette expérience a prouvé que le public réagissait bien davantage.L'écran, qui convient aux films en relief, sera dans un avenir assez rapproché, installé dans la plupart des salles Odeon et Gaumont.* EVANT \u201cles experts culturels du Conseil de l'Europe, ont été projetés récemment à Strasbourg deux films réalisés selon la formule iconographique par MM.Philippe Brunet et Robert Capdeville.Le premier évoque l'histoire de l\u2019Atlantique, le second, sous le titre \u201cOccident, humaine aventure\u201d est encore inachevé, mais retracera l\u2019histoire commune des nations européennes.Paul Les Beaux-Arts Deux aspects de Toulouse - Lautrec Toulouse-Lautrec et l\u2019art japonais NE grande et intéressante exposition \u2014 inaugurée au Musée des Beaux-Arts il y a quelques jours par M.Jean Mouton, conseiller culturel à l'ambassade de France \u2014 met sous nos yeux Jes lithographies de Henri de Toulouse-Lautrec, peintre francais de la fin du XIXe siécle, A cette occasion, ceux qui professent quelque autorité en ma- tire d'art vont rononçer une pe rase magique: \u201cToulou- se-Lautree fat pagiques par l\u2019art Japonais.J'ai pensé qu\u2019il y aurait quel- tes plates, quo ue le rayon li- ographique capab e- mi-tons onctueux, affectionna le trait, qui est le moyen par excellence de la gravure.On trouve aussi une grande parenté \u2014 celle-ci peut être accidentelle \u2014 entre les affiches qu'il dessina, et où il lui fallait sairement inclure des titres ou des textes, et ces gravures japonaises qui arborent ds Jégene en plein corps \u2018image.L'idée é&tant chez eux, comme dans Toulouse-Lautrec, de tenir compte de cette écriture en composant et ce, autant gue des personnages, du décor, etc.Dans une certaine lithographie de Toulouse-Lautrec, on Toulouse-Lautrec, tel qu\u2019il apparait sous les traits de José Ferrer dans Moulin-Rouge.que intérêt à s'étendre sur ce sujet, et je transcris ici des notes prises au cours de mes recherches, car la phrase à laquelle j'ai fait allusion n\u2019a pas beaucoup de sens en soi, D'ailleurs, tout ce qui touche l'influence d\u2019un créateur sur un autre a besoin d\u2019être analysé et précisé.Tout d'abord, il faut voir que la chose n\u2019est pas impossible.Ie climat artistique du temps lui était favorable.Parmi le ibric-à-brac et l\u2019exotisme littéraire des frères Goncourt, l\u2019estampe japonaise occupait une bonne place.Ils contribuèrent à répandre le goût de l'art oriental autour d\u2019eux.Entre autres, les peintres français Manet, Debas, Berthe Morisot, et l'Américain Whistler, clamêrent après eux leur gout pour l\u2019art du Japon.Ce dernier ne pouvait que plaire a ceux qui réagissent contre le prosaisme et le manque d'imagination des tenants de l\u2019école naturaliste en peinture et en littérature.Les Japonais offraient un exemple de stylisation intelligente, un emploi de couleurs sobres et gaies, un système de perspective arbitraire mais dispensateur d'inédit et de points de vue originaux, un sens d\u2019observation capable de synthétiser, le goût de l\u2019asymétrie et les effets d\u2019une discipline extraordinaire imposée sans doute par les exigences de la technique de la gravure.,Or, presque toutes ces caractéristiques se retrouvent dans Toulouse-Lautrec.Le moyen même qu\u2019il employa si fréquemment et avec une telle facilité \u2014 la lithographie, il le plia à sa manière qui penche vers cet art issu de l\u2019autre côté du globe.Il multiplia les tein- .che, peut compter les lignes et pourtant, celle-ci s'intitule La troupe de Mile lantine et compte quatre danseuses.Comment ne pas songer à la concision traditionnelle des Japonais, d'Outamaro par exemple ?De même que dans les oeuvres d'Hiroshige intitulées Pluie blan- Vues de Jiyoto, Canard sauvage, on remarque l'emploi de vues plongeantes ou montantes, avec la prépondérance des lignes obliques qui en résulte, dans La grande loge, La loge au mascaron doré, etc.Des compositions presque identiques s'observent dans Miss Loie Fuller, de Toulouse-Lau- trec, et Le coq blanc, de Koriusai, exécuté vers 1770.Dans les deux, le sujet fait tache au centre de la scéne représentée.L'équilibre des masses y paraît instable, Une même façon de résumer une pose en quelques masses essentielles caractérise certaines études de Toulouse-Lautrec et celles de Masayoshi intitulées Portraits d\u2019humains, Enfin, et la similitude est frappante ici, ce n\u2019est pas par accident que le monde du musie- hall, du café et du théâtre ont tellement hanté les pierres où dessinait Toulouse-Lautrec, et que tant d'acteurs et de danseurs aient été représentés par Sharakou, Kyonaga et, surtout, Shunsho qui me paraît être l\u2019ancêtre direct de Toulouse-Lautrec, tant les rapports y sont nombreux et la ressemblance évidente.L'éclat des costumes de théâtre, la variété et la richesse des éclairages, et la vie spéciale qui y règne constituent des raisons suffisantes pour attirer tout artiste et plus particulièrement, celui qui possède un pareil don d'observation et une si grande habileté manuelle.N'y eûtil qu'un ou deux points de rapprochement, ce serait de la nterie que d'établir une filiation entre notre artiste et les Japonais.Mais quand le parallèle se déroule avec suite tout le long d\u2019une oeuvre, comme c'est ici le cas, on.ne peut nier qu'il y ait influence \u2014 cette fois p .À remarquer que je ne prétends point contenir tout Tou- louse-Lautrec dans ces lignes.Je ne fais qu'explorer l'une des avenues qui passent par son oeuvre, entre plusieurs autres, Toulouse-Lautrec et la caricature NTENDONS-NOUS, Toulou- se-Lautrec.n\u2019a été un caricaturiste, si l'on veut ne voir en celui-ci qu\u2019un faiseur de dessins amusants ou simplement moqueurs.Mais l\u2019art de la caricature a eu des représentants peu banals dans la personne de Forain, Daumier, Doré et Callot, et a pris avec eux un essor prodigieux, devenant un genre au même titre que le portrait ou le paysage.Ceux qui ont fait du dessin un instrument de réforme sociale ou un document sur leur époque séloignaient peut-étre de la motion d'art pur, mais rendaient singulièrement à la peinture son importance et lui donnaient un sens dont trop d\u2019oeuvres sont incroyablement vides.Leur action sur leur temps a été plus grande qu\u2019on ne croit.Le ridicule a réussi à corriger des torts que ne pouvaient atteindre ni la bonté, ni la persuasion.Î D'ailleurs, ne faut-il voir en Toulouse-Lautrec un continuateur, un représentant de cette longue tradition établie par des Français, je veux dire excessivement logiques et follement avides de perfection?.Ce que nous appelons caricature, n'est-ce pas l'effet d'un esprit perspicace et d'un bon sens d'observation?Rien ne conduit plus sûrement à la mort de l\u2019esprit que l'indifférence à l\u2019égard de la bêtise.La France a toujours été sensible aux piqtires que lui ont infligées ces abeilles de la peinture: Jacques Callot, quand il représentait Les res et les malheurs de la guerre; Gustave Doré, à l'imagination féroce et prodigieuse; Honoré Daumier, dont la satire puissante flagella les cours de justice; Jean-Louis Forin, qui présenta un miroir sans pitié à une société pervertie, Il y en eut beaucoup d'autres, trop longs a citer.Ils continuent tous cette tâche extraordinaire qu\u2019un Rabelais, qu\u2019un Voltaire, qu'un Flaubert, ont poursuivie dans le domaine des lettres et qui, déjà, trouvaient de si éloquents interprètes à la période de l\u2019art roman \u2014 lorsque le tympan de chaque facade d'église grouillait presque de moqueries et de sarcasmes, et à celle des cathédrales gothiques \u2014 ou les anges sculptés ont des sourires sardoniques, à côté de saints cocasses et de gargouilles sataniques.\u2018 De ce point de vue, et en tenant compte du fait qu'une infirmité rendait Toulouse-Lautrec plus sensible qu\u2019un autre à la laideur ou à l'injustice, on peut dire qu'il fut l\u2019observateur amusé mais impitoyable d\u2019un monde pourri de conventions, affamé de confort et de luxe, hypocrite et superficiel, Véritable Méphistophélès, son oeil et sa main enregistraient avec exactitude la fausse élégance, la fausse vertu, et le faux esprit, comme s\u2019il eut rêvé d\u2019un autre temps où ses dessins serviraient \u2014 au cours de quelque Jugement Dernier \u2014 de preuve irréfutable!.Ceci est visible \u2018ans Un monsieur et une dame, La Goulue devant le tribunal, Polaire, Oscar Wilde et Domain Coolus, dans ces images rapportées des loges de théâtre, des maisons plus ou moins closes et des bars de Paris.Paul GLADU » sé OULIN-ROUGE\", réali- M sé par John Muston et consacré à Toulouse- Lautrec, est un triomphe de la couleur que ne renierait pas son héros, Production américaine, réalisée en partie à Paris, \u201cMoulin- Rouge\u201d vient d\u2019être présenté à Montréal, au Loew's.Les quinze premiéres minutes du film sont sensationnelles, l'écran semble Jittéralement éclater sous la violence des couleurs, de la musique et du mouvement.Le tableau représente le Moulin- Rouge de 1890, un de ces soirs les plus fous, L'air est bleui de Cancan, dans un rythme endiablé, font s'épanouir des corolles de jupons blancs, toute l'atmosphère de ce haut-lieu de la noce fin-de-siècle est rendue de façon extrêmement vivante.Mais une des idées principales du metteur en scène a été de mettre en évidence le contraste entre ce monde assez sauvage où le peintre trouve son inspirationf et le monde serein où l\u2019aristocrate est né.Cela ne va pas toujours sans quelques longueurs, mais certaines séquences, comme celle de la mort de Lautrec, dans fumée, les danseuses de Frenchle grand château de ses pères, sont très émouvantes.La grande difficiulté était de trouver un comédien pour interpréter le rôle de cet infirme aux jambes de nain, José Ferrer, qui dut dernièrement s'afflubler d\u2019un faux nez pour tourner Cyrano de Bergerac, joue ici les jambes attachées derrière lui, et se déplace sur des jambes artificielles, Mais acteur et metteur en scène ont eu le tact de ne pas forcer le côté pénible et d'éviter toute charge.Ce souci, fort louable, a même été jusqu\u2019à édulcorer, un peu arbitrairement, la vie de cet homme de génie qui essayait d\u2019oublier sa disgrâce dans LJ .* oJ UJ + & 0 .C (J UOC) OOOO) Q XXX OX OOO) o\" (J bd * UJ LJ LJ OOOO) C A J CJ OOOO) 5S XX 1) OOOO CO) LJ + 0 AESOSEIASE * FC Q OJ a aaa os 1 VE +.++.O so DC) SOS CSC CIC IC IC VOIES 254 05 0e 0 0 Se 5505¢ e* 24 Se J +0 0 0 00 0 00000 +0 000 00 00004 .0 Q 2X WO PTY LJ ++ + +0.* 000006000000 CJ 0°.QO) OC DOC L820 LJ 5 CX DOC * OC) DC) DOC vo À °° [3 Re & BX DC) AN DOC .DOC À DOC) 0) SC 24 2 EN LC CC) & LJ J CAC COCA OOO) * * 0 .e * LIC) OOS ++.» 00000000 OO0C00C0C QU CO + +0 0 00000000 ® hes London s Festival Ballet E ler Mai Musical de Mont- IL réal aura consisté en un concert de l'Orchestre de Boston sous la direction de Pierre Monteux, quatre représentations du Metropolitan Opera de New York et trois spectacles du London\u2019s Festival Ballet Ces derniers spectacles présentèrent à l\u2019Amérique une troupe anglaise formée en 1950 par le célèbre danseur Anton Dolin.Le London's Festival Ballet a fait, en trois ans, moins de bruit.que les deux compagnies du Sadler's Wells, Nous ne savions pas exactement à quoi nous attendre lorsqu'on apprit sa venue, La troupe a suscité à Montréal le plus vif intérêt.Les trois spectacles qu'elle présenta au Forum, avant une brève tournée canadienne qu'elle interrom- put pour rentrer en Angleterre prendre part aux manifestations du couronnement, furent d\u2019une haute tenue artistique.Anton Dolin, désormais, peut être fier de la troupe qu\u2019il a ainsi organisée en si peu de temps et dont il demeure le premier danseur.Le corps de ballet fonctionne magnifiquement, avec une précision exemplaire, On compte parmi les premiers danseurs et ballerines de véritables artistes : Mlle Nathalia Krassavska, Mlle Sonia Arova, M.John Gilpin, M.Oleg Briansky, M.Vassilie Trunoff, Le répertoire est fort orthodoxe.Point d\u2019audaces, point d\u2019innovations, Cela est dommage.Une jeune troupe ne pourrait-elle se permettre d\u2019être jeune et bien de son temps ?On retrouve les classiques de la danse russe: \u201cLac des Cygnes\u201d, \u201cGiselle\u201d, \u201cLes Sylphides\u201d; quelques oeuvres terriblement démodées dont il faudra un jour se débarrasser : \u201cSchéhérazade\u201d, \u201cLe Spectre de la Rose\u201d; des classiques du bal- iet moderne: \u201cPetroushka\u201d, \u201cLe Beau Danube\u201d de Massine; deux créations récentes: \u201cConcerto Grosso en ballet\u201d de Lichine et \u201cSymphony for fun\u201d de Charnley.\u201cGiselle\u201d fut admirablement dansée par Mlle Krassovska et M.Dolin.Ce dernier est fameux dans le rôle d'Albrecht.Au deuxième acte, surtout, il l\u2019intensifie d'une grande expression dramatique.Dolin demeure, avant tout, un danseur romantique, Ce rôle lui sied donc à ravir.Les \u201cSylphides\u201d de la jeune troupe anglaise furent médiocres: peu de coordination, point\u2019 de continuité dans les divers morceaux.Dolin devait danser le réle de Petrouchka dans le ballet de Stravinsky et Fokine.Il fut retenu au lit par la maladie, Malheureusement pour lui, certes, mais heureusement pour Keith Backett qui le remplaça à merveille et se tira avec un rare bonheur d'un rôle écrasant.Ce ballet ne scrait-il pas le chef-d'oeuvre de la danse russe ?Jamais chorégraphie et musique ne furent'a un tel point unis par une méme pensée géniale et une méme richesse d'invention.Parmi les oeuvres qui retinrent particulièrement l\u2019attention, mentionnons le \u201cPas de Quatre\u201d de Dolin.L\u2019argument en est exquis: Dolin imagine un récital groupant quatre danseuses célèbres du passé qui furent aussi des rivales: Marie Taglioni, Lucille Grahn, Carlotta Grisi, Fanny Cerrito, Chacune exécute son petit numéro, puis se les tavernes et les maisons closes, La couleur ne mérite que des louanges.C'est certainement la plus réussie qu\u2019on ait vue jusqu'ici au cinéma, Et il y a des trouvailles techniques comme la présentation de dessins du peirrtre dont les personnages semblent animés.Le héros est entouré, comme il se doit, d\u2019une nuée de femmes pleines de sex-appeal.Citons, en particulier, la ravissante Colette Marchand, la spirituelle Suzanne Flon et Zsa Zsa Gabor à qui est échu le rôle écrasant de la célèbre chanteuse Jane Avrilretire en saluant profondément sa suivante.Tout cela, dansé d'une manière hautement ironique.Ce qui frappe, surtout, dans ce ballet, est l\u2019incessante grâce des mouvements, la délicieuse élégance des postures, Pas une attitude dans cette oeuvre qui soit grotesque.Et Dieu sait si, dans le ballet russe, certains tours ou sauts peuvent l'être! Miles Krassovska, Arova, B.Wright (aux si admirables proportions) et N.Rossana furent les ravissantes interprètes de cette merveille.Le grand pas classique de \u201cDon Quixote\u201d, confié à Mlle Avora et à M.Briansky, fut également dansé avec un certain\u2019 cynisme aimable qui, tout en assouplissant sa chorégraphie rigide, la dépouille de sa grandeur souveraine.C'est évidemment la nouvelle maniére de voir de notre monde du ballet si loin de celui de Diaghilev.Le \u201cConcerto Grosso\u201d de Lichine, sur la magnifique musique de Vivaldi (Concerto Grosso en ré mineur) n\u2019est pas une moindre réussite que le \u201cPetrouchka\u201d de Stravinsky-Fokine, quoique dans une veine différente.Depuis quelques années, on fait beaucoup de ces ballets abstraits que les danseurs exécutent en costumes de travail.\u201cInterplay\u201d en était un, \u201cSymphonic Variations\u201d un autre.La danse, lorsque située dans de simples rideaux, sans décors, s'allie plus étroitement à la musique.L'oeil n'est pas distrait par l'intrigue à suivre, des accessoires à étudier.I observe la chorégraphie en entendant mieux la musique, Heureuse formule qui permette l'emploi d'oeuvres musicales sérieuses, Paul ROUSSEL Théâtre pour enfants 66 OUS étions cinq, Monsieur: c'était toute la troupe et toute la famille!\u201d A l'instar du mime Debureau, racontant à un journaliste (par la voix de Guitry) l\u2019histoire de ses débuts, c'est ainsi que Guy Messier me relatait la genèse du théâtre pour enfants dont il est le directeur.En effet, ils sont cinq dans ce Grenier magique, même s'ils ne mangent pas plus que quatre et se démènent comme dix.Il y a d'abord le pirate Maboul (André Loiseau), une espèce de grand escogriffe loufoque, qui bondit héroïquement de sa boîte À surprises à la moindre provocation.Son antagoniste et souffre- douleurs est le clown Fafouin (Guy Messier).Pour le délice des petites filles, il y a Fanfreluche, une poupée grandeur nature, dont les griices raides sont merveilleusement mimées par Kim Yaroshevskaya, une authentique ballerine, par surcroît authentiquement russe, Vient ensuite un élément statique (j'allais dire stic-tac) de bon aloi: c'est la vieille .horloge grand\u2019pére, percluse, enrouée et sourde comme trois pots, prénommée Gudule, Il y a enfin la mère Michel (Hélène Plaisance), accorte, ragote et besogneuse.Dans une excellente pantomime, sur la musique de l\u2019Apprenti Sorcier, elle finit par perdre son balai et toute contenance, Yenoncant a faire le ménage dans un grenier peuplé d'objets par trop remuants et indociles, Et je cite en dernier lieu (car ils sont six en vérité) le régisseur (Pierre Pelletier), qui s'agite obscurément dans la coulisse, fabricant tour à tour, et pas toujours à contretemps, le tonnerre, les roulements de grosses Caisses et la pluie ou le beau temps.Sans vouloir jouer sur les mots, le directeur et les interprètes s'accordent à dire que leur spectacle est encore dans sa première enfance, \u2018Mais c\u2019est évidemment une question budgétaire plutôt que de mise-en- scène, Car il s\u2019agit d\u2019abord d\u2019établir le Grenier sur une base permanente, en multipliant les représentations, jusqu'ici limitées aux samedis et dimanches, en la salle des Compagnons.A.P. - PAGE-HUIT L'AUTORITE, 20 JUIN -1953 - Le périple de Jacques Hébert Ce que \u201cLe Devoir\u201d - M\u20190se pas publier la suite des articles de M.Jacques Hébert sur les problèmes algériens et marocains, M.Boucif a adressé celte lettre.au \u201cDevoir\u201d.Ce journal n\u2019a pas osé la publier, La voici donc.(N.D.L.R.) © Oujda, le 23 avril 1953 M, le Directeur du journal \u201cLe Devoir\u201d, 434 est, rue Notre-Dame, Montréal, - Canada.M.le Directeur, J'ai lu avec une stupéfaction attristée tous les articles de presse publiés par M.Hébert, dans votre journal, articles pleins de hargne et d'attendrissement hypocrite a I'égard de la France et de son oeuvre dans ce pays.Nous n\u2019aurions pas le front de prétendre que tout va pour le mieux dans la meilleure des Afriques françaises cf nous avons, nous, Français d'Afrique, musulmans, chrétiens, israélites et athées, assez bien digéré Voltaire et les encyclopédistes pour exercer, lorsqu'il le convient, notre esprit critique.Nous admettons même de bon coeur les critiques parfois sévères qui nous viennent de France et d'ailleurs parce qu\u2019elles sont généralement ctives.Nous n\u2019avons pas la prétention d'avoir fait des miracles: nous laissons ce soin a Dieu, Mais nous avons l\u2019assurance d\u2019avoir fait notre devoir et, dans un monde en quête de perfection, d'avoir accompli le maximum de ce que nous commandait notre conscience, de ce que nous permettaient nos moyens, Le reportage de M.Hébert n\u2019est même pas une critique : il exprime le mécontentement irraisonné d\u2019un homme qui sert une coterie et qui se soucie peu de voir corriger les excès qu'il signale.M.Hébert prétend trop être un ami de la France pour l'être vraiment, M.HEBERT croit qu\u2019il y a plusieurs Frances, de petits Français et de grands Français, Nous, qui sommes des Français moyens, et qui nous en flattons, nous ne nous livrons pas à ces sortes de sélections de tailles et de races, L'Afrique Française n'est pas une perfection, c\u2019est un fait.Mais elle tend vers une perfection française faite de tolérance, de compréhension mutuelle et, di- sons-le, d'amour, Il a fallu plu- Ce .sieurs siècles.pour aller d'Homère à Pythagore et de Pythagore à Aristote et à la splendeur hellénique.Les machines vont plus vite, mais le temps et l\u2019esprit ont conservé le même rythme, Il faudra peut-être encore de nombreuses années avant que les généreuses conceptions des créateurs français \u2014 et je pense au Père de Foucauld \u2014 aient pu pleinement se réaliser.La Communauté française d\u2019Afrique, la part la plus riche de notre Union Française, est en train de naître au milieu d'une hostilité froidement calculée par les adversaires mêmes du Génie Francais, De jeunes écrivains kabyles, comme MOULOUD MAMRI, MOHAMED DIB, concourent avec leurs confréres métropolitains pour les plus hautes distinctions littéraires.Le Maroc et la Tunisie ont déja leurs talents artistiques, musicaux, Des médecins de Fès et de Tunis, qui ont recueilli la bonne parole des maîtres de Paris, apportent dans leur pays le goût de la recherche, de la science française, son application et son honnêteté.Même ceux qui, attirés par des propagandes sournoises, sont, en apparence, des adversaires politiques, admettent que, si le Génie français devait être arraché à leurs terres d'origine, ils quitteraient leurs terres pour suivre le Génie, Ce ne sont pas là de vaines phrases d'apologétique.Chacune des idées qu\u2019elles veulent exprimer correspond à des faits précis que M.HEBERT aurait pu toucher du doigt s\u2019il avait voulu faire l\u2019effort d'entrer en contact avec de vrais Algériens, de vrais Marocains, de vrais Tunisiens et de vrais Français autochtones de notre Afrique Occidentale et Equatoriale.Mais il fallait, pour ce faire, cette \u201cparcelle d'amour\u201d qui est la caractéristique de l'âme française et qu\u2019il ne semble posséder à aucun degré.Si M.HEBERT reproche aux Autorités françaises une certaine méfiance à son égard, en Afrique, il est prouvé, aujourd'hui, que celle-ci était justifiée.La fermeté que nous devons parfois manifester n\u2019a d'autre but que de sauvegarder une oeuvre qui sera, demain, le patrimoine de toute une humanité qui ne conçoit pas de progrès sans nous, Nous, Nord-Africains de naissance, de toutes religions et de toutes confessions, nous sommes Français de coeur et d'esprit et nous\u2019 n\u2019admettons pas qu'un étranger se mêle de parler \u2018en notre nom et de mettre dans notre bouche des idées et des sentiments que nous n'avons pas.Si M.HEBERT s'était donné, comme je le dis plus haut, la peine de nous voir et de nous connaître, il aurait rapporté un son de cloche différent, Le sien sonne creux, Un pays comme l'Afrique du Nord ne se bâtit pas en un jour.Nous sommes d'accord, Mais ce qui est déjà fait est immense et ce qui reste à faire est également immense, et ce n'est pas dans une at- mosphére de suspicion haineuse que nous pourrons le réaliser, Votre Canada, que nous admirons, est le résultat d\u2019une création continue imprégnée de civilisation française.En Afrique du Nord, la place de la France est très grande aussi.Elle s\u2019y maintient et ne fera que grandir grâce au courage, à la volonté, à l\u2019esprit d'initiative et au sacrifice de ses enfants, ces enfants avec lesquels les nôtres ont usé leurs fonds de culotte sur les mêmes bancs d'école, puis mêlé leur sang sur les champs de bataille de la Liberté, d'Italie, de France et d'Allemagne.Les insanités de M.HEBERT sont aussi vexantes que stériles.M.HEBERT n'a pas d'oreilles pour entendre les «déclarations répétées de gens qualifiés qui proclament, même du haut des minarets de leur foi, leur reconnaissance et leur attachement à la France, toujours prêts à renouveler le sacrifice de leurs ancêtres.Partial et sectaire, M, HEBERT nous a montré son âme perverse et nous désirerions ne plus entendre parler de lui.Nous sommes, cependant, trop attachés à ce Canada fraternel pour ne pas souhaiter que son opinion soit éclairée d\u2019une façon objective et complète.Les Canadiens, dont nous avons connu, au cours des dernières guerres, l'âme généreuse, seront les bienvenus parmi nous, Nous nous efforcerons, à ce moment-là, de leur faire Connaître le véritable visage de la France, l'oeuvre grandiose qu\u2019elle a faite dans ce pays, avec Quelle deveine! le sympathique duc d\u2019Edimbourg vient de se voir refuser le droit de voler.On ne sait Jamais : un accident arrive si vite.Désormais il faudra demander l\u2019autorisation à la reine avant de monter dans un \u201cjet\u201d.|! s\u2019est donc résigné à endosser définitivement l\u2019uniforme de la Marine.Surprise Un seigneur, très emprunteur et très connu pour ne jamais rendre, alla voir un jour le célèbre banquier Samuel Bernard.Après les premières civilités, il lui dit : \u2014Je vais vous étonner, monsieur, je m'appelle le marquis X.Je ne vous connais pas, et je viens vous emprunter cinq cents louis.\u2014Je vais vous étonner davantage, répondit le banquier, je vous connais et je vais.vous les prêter.: notre accord absolu et formel, avec notre aide fraternelle, Je désirerais, M.le Directeur, que cette lettre soit publiée dans votre journal et portée a la connaissance de tous ceux qui s\u2019intéressent à l'Afrique française, indissolublement unie à la Métropole, Veuillez agréer, M.le Directeur, les assurances de ma considération très distinguée.Hadj BOUCIF, Président de l\u2019Amicale des Français Musulmans d\u2019Algérie au Maroc, délégué au 3e Collège Marocain.A Oujda, Maroc L'opinion d'un lecteur Le Droit et la liberté [L'ARTICLE de MM.Pierre Perrault et Marc Brière sur la Faculté de Droit de l\u2019Université de Montréal a provoqué certaines réactions dans divers milieux.M.Pierre Godin commente ici un particulier de la question :.l'étude du Droit au regard de la liberté.(N.D.L.R.) OUS ne discuterons pas ici l\u2019article paru récemment ici même au sujet de la Faculté de Droit de l\u2019Université de Montréal.Il nous semble \u2018que cet article exprime.des problèmes infernes \"que .seuls les intéressés pourront tenter de résoudre, Il nous semble de plus qu\u2019il y aurait plus à dire sur l\u2019étude du droit, ses buts, et ses rapports avec ce qu'on appelle \u201chumanisme\u201d.Nous voulons parler évidemment d\u2019un humanisme vivant et actuel.Ce qui suit n\u2019est qu\u2019une esquisse.L'étude du droit a deux buts bien distincts: d'abord, celui de nous préparer à la pratique d\u2019une profession, et ensuite, de nous mettre en contact avec l'un des secteurs les plus efficaces de la pensée humaine.Avant qu'il y eût des techniciens, il y avait des juristes, dont l\u2019oeuvre, parfois néfaste, parfois bienfaisante, a reflété tour a tour dans I'histoire humaine les périodes d'épanouissement et les périodes de terrorisme, A notre époque, dans des pays totalitaires comme la Russie et ses satellites, le.droit est soumis a des tyrans qui le modifient a leur gré, qui torturent, massacrent, emprisonnent au nom de l'ordre public, Le droit criminel, illimité en principe quand il s\u2019agit de crimes politiques, crée des culpabilités partout où l\u2019on désire en voir.Le droit civil restreint la liberté et les initiatives individuelles et minoritaires.° C\u2019est pourquoi l\u2019enseignement du droit est toujours, dans une nation, l'objet d\u2019une grande attention de la part des autorités.Une faculté de droit ne produit Das que des avocats: elle produit aussi des administrateurs, des magistrats, des hommes d\u2019état et des politiciens.Des hommes de loi au service de corporations, de syndicats ouvriers, de divers groupements à l\u2019intérieur de la nation, feront tour à tour du droit un instrument au service d\u2019une idée, d\u2019un parti politique, d\u2019une orientation économique, d\u2019une minorité ou d'une majorité, Nous savons que derrière le \u201crideau de fer\u201d, il ne doit y avoir qu\u2019une seule conception du droit: celle des chefs.La faculté de droit n\u2019est plus alors qu\u2019une agence d'\u2019endoctrination et d\u2019abrutissement.Les codes et les statuts ne sont alors que des lits\u2019 de clous sur lesquels on crucifie l'étudiant, à coups d\u2019auteurs qui expriment la \u201cligne\u201d du par- Dans ces conditions, l'étudiant n\u2019aspiré pas à l'humanisme, I sait que ni le diplôme, ni même le droit de cité ne lui seront octroyés s\u2019il met en doute la dictature intellectuelle de l'Etat.Il ferait mieux d\u2019être apprenti- manoeuvre, ou d'opter immédiatement pour la prison politique.Dans les pays communistes où le crime politique, les dénonciations \u2018\u201c\u2018d\u2019espions\u201d, \u201cd'agents ennemis\u201d, etc, sont fort à la mode, il n'est méme pas prudent de songer à réfléchir par soi-même, Ce n\u2019est donc pas sous un régime totalitaire que le droit peut avoir les moindres rapports avec l\u2019humanisme.Un enseignement humaniste suppose d'abord qu'on ne falsifie pas l\u2019histoire de nos lois.Il suppose également que l'étudiant ne soit pas contraint d\u2019interpréter le droit à la lurnière d\u2019une philosophie unique, foncièrement limitée, quelle qu\u2019elle soit, Il importe peu que cette philosophie soit le marxisme ou toute autre doctrine, Une idéologie est toujours odieuse quand elle paralyse les esprits dans une université, Les lois d\u2019une époque et d'une nation, comme ses systèmes philosophiques, expriment autant d'intérêts égoïstes et d'injustices que de vérités.Sauf la Loi de Moïse, aucune loi n\u2019est une révélation.C\u2019est une simple tentative humaine de répondre aux besoins d\u2019une société ou \u201cd\u2019une clique régnante.L'humanisme nous enseigne que seul l'idéal de la justice est immuable, et que les moyens techniques employés pour réaliser cet idéal ne sont que des instruments passagers, sujets à des modifications et à des réinterprétations incessantes, L\u2019humanisme nous apprend méme que les lois peuvent toujours étre contournées quand elles sont imparfaites ou qu\u2019on ne veille pas à les appliquer.Ce n\u2019est pas là une leçon de cynisme : l\u2019histoire du Droit décrit un grand nombre de fraudes publiques et privées qui devinrent impossibles à la suite d'une législation adéquate, Il serait à souhaiter que la corruption électorale et la coopération de certains organismes d'Etat avec la gre soit rendues aussi que la corruption politique qui a tellement facilité, en Amérique, l\u2019espionnage communiste et las fraude fiscale, L'humanisme ne joue pas un rôle uniquement théorique, Il permet d'ajuster à la pratique, aux faits concrets à y des régles et des traditions rigides ou imprévoyantes.Une aps proche dogmatique a l'étude du droit souffre tout aussi bien d'un manque d'efficacité que d'un manque d'idéal Une approche littérale à l'étude du droit néglige le caractère irrégulier et illogique de la vie courante, dont la pratique du droit ne saurait se passer.Les contrats, les fau- les crimes et les réglementations sont le plus souvent, en pratique, une affaire de nuances, A tous ces problèmes posés par d'étude du droit, il n\u2019y a qu\u2019une seule réponse : la liberté.Nos lois sont basées sur ia liberté civile et constitutionnelle, sur la liberté contractuelle, sur la liberté du juge de rendre ses décisions selon sa conscience légale, sur l'innocence de tout accusé ou de tout défendeur \u2018tant qu\u2019un jugement sans appel n\u2019a pas été rendu contre lui.L'étude du droit doit être basée sur la liberté d'avoir accès à tous les renseignements et à toutes les doctrines.L'étudiant, naturellement conformiste, a besoin que ses maîtres lui apprennent à voir dans le conformisme une forme de l'ignorance, de l\u2019avilissement et de l\u2019inefficacité, L'étudiant doit avoir la liberté de philosopher sur le droit comme il l'entend, avec assez de fierté intellectuelle pour viser au maximum de lucidité.Seul ce climat de liberté peut rendre possible une étude du droit qui soit plus, et mieux, que l\u2019ingurgitation d\u2019un galimatias mal compris, La mémoire suffit lorsqu'il s'agit d'apprendre par coeur un alphabet ou une table de multiplication.Lorsqu'il s'agit des principes et des règles qui régissent toute une société, c\u2019est à l'intelligence qu\u2019il faut faire appel, Si l\u2019on vit derrière un rideau de fer, on n'a qu\u2019à aller ailleurs \u2014 si l\u2019on peut.Pierre GODIN nus en Corée avaient été faits prisonniers en juillet \u2026 1950 au moment de la re- traile vers Pusan.Je devais les perdre de vue au printemps de l'année 1951 quand notre grou de civils fut séparé d'eux, plupart venaient du Japon : c\u2019étaient des \u201cbleus\u201d, de très jeunes hommes qui s'étaient engages non pour combattre mais parce que les bureaux de recrutement américains ressemblent avant tout à des agences de tourisme, Ces très jeunes hommes \u2014 la plupart n\u2019avaient pas vingt ans \u2014 avaient mené au Japon une vie confortable et même luxueuse jusqu'au moment où était venu l\u2019ordre de partir pour la Corée comme \u201cforces de police\u201d.Pris dans la première offensive nordiste, ils furent très vile encerclés par les groupes de blindés qui fonçaient vers le Sud et, dans la plupart des cas, simplement cueillis.Ils demeuraient tout éberlués de ce que l'opération de police annoncé fût devenue une véritable guerre, que l\u2019ennemi fût si près, et qu'il avançât; rien de tout ccla n\u2019avait figuré au prospectus, « Ceux avec qui je fis cette marche de la mort\u201d que j'ai narrée, étaient au départ sept cents.Certains moururent sur la route, le plus grand nombre au camp de Ha Giang Ni pendant le premier hiver de notre captivité.Ce fut pendant la marche que Je pris pour la première fois con- tac avec eux.Ils n'acceptaient pas de bon coeur, comme )eussent fait des groupes aguerris, les fortunes de la guerre.Ils me disaient d'un ton amer: \u201cNous étions sacrifiés, nous ne pouvions pas endiguer l'avance communiste, Nous n'étions ni assez bien équipés ni assez nombreux\u201d, Beaucoup de leurs camarades furent exécutés sommairement après s'être rendus, D'autres avaient été abattus entre le front et Séoul, car si cette marche était pour nous la première, ils en avaient, eux, connuS une autre et tout aussi atroce, Après quelques semaines, les premières de leur captivité, durant lesquelles les pri- Sonniers avaient été laissés à l'arbitraire des troupes communistes, le commandement donna | Américains que j'ai con- l\u2019ordre de les traiter plus humainement afin d\u2019encourager les désertions parmi les Américains.Les- survivants de cette première randonnée de la mort que je \u2018n'ai personnellement pas connue, furent internés dans une grande école de Séoul.Quand se furent reposés et qu'on les eut nourris, on les photographia, apparemment en bonne santé.Ils ne dédaignaient pas de sourire devant l'objectif, Ils étaient encore en assez bon état à leur départ: de Pyong Yang, où ils avaientreu: pour.prison\u201clUniVersité de Kim#IT\u201cSungx Trois années de captivité en Corée (V) Seuls ont survéeu ceux qui voulaient vivre Ils me dirent n\u2019avoir guère souffert que du manque d\u2019eau pendant toute la durée de leur internement.Ils ne s\u2019étaient pas lavés de tout I'été.Mais on les avait mieux nourris que nous les civils, on leur avait donné quelques fruits, du poisson, du pain et même un peu de viande.Les biessés toutefois n'avaient pas reçu les soins nécessaires, Vers la mi-décembre, je reçus l\u2019ordre de servir d\u2019interprète aux autorités du camp de Ha Giang Ni, où nous passâmes tous ensemble le premier hiver de la captivité.C'était une lourde responsabilité mais je ne pouvais pas m'y dérober: \u201cSi vous commettez des erreurs, vous vous trouverez en très grande difficulté\u201d, me dit le commandant du camp d\u2019un ton à la fois sardonique et menaçant; nous possédons le moyen de vous contrôler\u201d, Je pus, pour la première fois, et pendant plusieurs semaines, vivre en contact quotidien avec les Américains.Nous n\u2019avions pu échanger que quelques mots au cours des haltes durant nos pérégrinations d\u2019un camp à l\u2019autre.Chacune des fermes-prisons du camp était strictement gardée par des sentinelles, et j'étais le seul qui circulât librement dans cet étrange village enrobé de neige et de silence où la vie se limitait, dehors, à la corvée d\u2019eau et d'enterrement.; A l\u2019école, où une centaine de soldats végétaient transis et affamés autour de poêles qui ne donnaient que de la fumée, le Spectacle était lugubre, Séparés de leurs officiers et de leurs sous-officiers, les prisonniers avaient élu des responsables qui devaient veiller à I'observation de la discipline du camp.C'étaient de pauvres bougres tout aussi malheureux que leurs camarades et à qui leur responsabilité ne conférait aucun privilege, .\u2014Chanteloup, me disait l'un d\u2019entre eux, c'est infernal : nous autres, ricains, n'ovons jamais aimé la discipline militaire, et maintenant que nous sommes prisonniers, la plupart d\u2019entre nous ne veulent plus entendre parler d'ordres ou de règlements, Ils veulent qu\u2019on les laisse crever en paix.Il faut les menacer pour qu\u2019ils p'ient leur paillasse, pour qu\u2019ils balaient leur coin, pour qu'ils aillent jusqu'aux cabinets lorsqu'ils sont malades.Ils refusent tout, par principe.Ils ne veulent pas comprendre ou plutôt, ils ne sont déja plus en état de comprendre qu'un peu de soleil leur ferait du bien et qu'un peu d\u2019hygiéne est nécessaire.Ce ne sont plus des hommes mais des loques qui ont cessé d\u2019espérer et qui n'attendent que la mort.C'était vrai, l'air empuanti des salles de classes, la fumée âcre vous prenaient à la gorge.On distinguait à peine les hommes affalés le long des murs, le regard vague ou éteint.Certains dénudaient leur buste squcletti- que pour s'épouiller, d\u2019auires se battaient pour une place auprès du feu, d'autres encore étaient recroquevillés sur le plancher, aux trois-quarts morts déjà.C'était le règne du Tigre, règne de la terreur, le dénuement complet.On ne trouvait pas même de sacs de paille ou de vieux journaux pour boucher les trous dans les murs et dans les portes.Pas assez de bois pour entretenir le feu la nuit à l\u2019école ou pour garder au chaud les mourants entassés dans les deux \u201chôpitaux\u201d du village.Ils me demandaient une date, rien qu\u2019une date, pour y accrocher leurs espoirs.J\u2019essayais en vain de les convaincre qu\u2019il fallait se ressaisir, qu'il n'y avait pas de raison que des jeunes gens de leur age ne reprissent pas le dessus, mais ils secouaient la tête, découragés: \u201cSi cela doit durer plusieurs semaines, plusieurs mois encore, à quoi bon ?\u201d ré- pondaient-ils, De nombreuses rumeurs circulaient dans le camp, bien entendu, On se les passait à l\u2019occasion de la corvée de ravitaillement MacArthur avait promis que tout le monde pourrait rentrer chez soi à Noël.Truman avait assuré que la guerre finirait bientôt.Les Chinois avaient dit la même chose aux prisonniers blessés qu\u2019ils avaient renvoyés au début de septembre.Mais les dates passaient, le Thanksgiving Day, la Noël, le Premier de l\u2019An, La paix ne venait pas, l'hiver par contre s\u2019installait, plus impitoyable que jamais, avec son cortège de pieds gelés, de diarrhées, de pneumonies.Il fauchait à grands coups dans les rangs des prisonniers qui s'abandonnaient.Je fus un jour appelé dans une salle de classé par \u201cl'infir- mier-médecin\u201d, Il me demanda de traduire ce qu\u2019avait à lui dire un grand Américain qui geignait couché sur le flanc.\u201cHier soir, me dit le malade, je n\u2019ai pas eu le temps d'aller jusqu\u2019à la toilette, et le garde s'est jeté sur moi dans le couloir pour me faire manger mes excréments.Il m\u2019a enfoncé une côte à coups de pieds, Je veux aller à l'hô- par Maurice CHANTELOUP pital\u201d.-Le lendemain, quand l'infirmier revint, l\u2019autre ne voulait plus aller à l'hôpital et je dus m'\u2019interposer pour le protéger .contre :la fureur des gardes.Ses camarades lui avaient dit que l'hôpital n\u2019était que l\u2019antichambre de la fosse commune, qu\u2019aucun malade n\u2019en était jamais sorti vivant.Effrayé, il balbutiait: \u201cLaissez-moi ici, ça va beaucoup mieux, je crois que je guérirai tout seul.\u201d Il mourut quelques jours plus Partout régnait le désordre.Tous les prisonniers qui u- vaient encore marcher er- chaient la \u201cplanque\u201d pour échapper à l'atmosphère de désespoir et à ia puanteur de l\u2019école-pri- son.Les plus chanceux allaient aux cuisines, d\u2019autres à la buanderie, Les moins débrouillards se faisaient racoler pour les corvées de bois, de ravitaillement, - d\u2019enterrement et d\u2019endoctrinement.© La faim poussait au vol.Les coupables étaient condamnés à rester à genoux dehors et se faisaient rouer de coups par leurs gardes.Mais ils recommençaient.Ils prenaient du tabac, du: mais cru, dans les ma- £asins de l'intendant.Parfois, ils dérobaient les vêtements de leurs propres camarades, Le seul docteur américain fait prisonnier au début de la guerre, un grand myope à la voix douce et au visage un peu sévère, qui se consacra au prix d'humiliations constantes et de difficultés très grandes, à soigner ses camarades prisonniers, me dit un jour: \u201cChez les officiers ça va aussi mal que chez les hommes, Nous sommes des loups'les uns pour les autres.Il n'y a plus de sentiment de camaraderie, plus d'amitié On ne pense qu\u2019à soi, on est prêt à tout faire pour manger plus et avoir moins froid.\u201d Pendant la marche, deux soldats prisonniers subtilisèrent sur le bord de la route le casse- croute d\u2019un cantonnier.Ils furent découverts et faillirent être abattus sur, le, champ.Le Tigre qui commençait à se sentir légèrement inquiet parce qu\u2019il avait perdu trop de monde, annula l\u2019ordre d'exécution, et leur ordonna de se punir l\u2019un l'autre à coups de poings et de pieds.Comme ils obéissaient trop mollement, il les fit s\u2019agenouiller et les obligea à se cogner la tête plus de vingt fois l\u2019un l\u2019autre.J'eus l\u2019occasion d'assister, au début de, décembre, à l'interrogatoire d\u2019un \u201cMarine\u201d qui venait d\u2019être capturé près de Wonsan, ll appartenait à un type très différent de celui des bébés expédiés du Japon en Corée au début de la guerre.Ni ses blessures, ni la perspective d\u2019un long internement ne lui avaient fait perdre sa bonne humeur ni sa confiance dans l\u2019avenir, \u2014Pourquoi, lui demandais-je, vos compatriotes perdent-ils si vite pied et se laissent-ils mourir ?Il me répondit : \u2014Ce sont des gosses de 18 et 19 ans qui n\u2019avaient jamais reçu le baptême du feu et n\u2019étaient .pas préparés à souffrir.Pendant la guerre, ils ont pu s\u2019amuser.Leurs parents leur donnaient beaucoup d'argent et n'avaient pas le temps de les surveiller.Après, ils se sont engagés pour voir le monde dans des conditions Sonfortables.L'Allemagne, le Japon, c'étaient des villégiatures, Ils avaient leur voiture, leur petite maison et leur fraülein ou leur mousmé.Moi, \u2018comme beaucoup de ceux qui ont maintenant une trentaine d\u2019années, j'ai connu la misé- re.Mon moral ne cédera pas.Les sous-officiers faisaient les mêmes commentaires : \u2014Au Japon, ils ont eu la vie trop belle.Nous ne savions pas comment les utiliser au front.Lorsqu\u2019on leur donnait l\u2019ordre de se préparer à partir, en patrouille par exemple, ils vous Tépondaient avec le sourire: \u201cRien ne presse.Laisse-nous digérer en paix\u201d.Ils trouvaient les armes trop lourdes et se demandaient ce qu\u2019ils étaient allés faire 1a, Les gardes coréens, des paysans endurcis et rudes, n'avaient aucune pitié pour ces prisonniers, Obligés tout comme eux de se nourrir de millet et de choux gelés, d\u2019aller faire la corvée d'eau les mains nues, par un froid de -40 degrés, ils ricanaient à les voir désemparés et pitoyables.On leur avait d\u2019ailleurs enseigné qu'un prisonnier est un lâche qui n\u2019a survéeu que parce qu'il n\u2019a pas su combattre jusqu\u2019au bout.Et ce n\u2019est que beaucoup plus tard qu\u2019ils reçurent de nouvelles consignes et qu'ils affectèrent une certaine camaraderie, Vers la mi-décembre, les autorités supérieures eurent vent des conditions de vie au camp de Ha Giang Ni et mirent un frein a la fureur du Tigre.Mais que faire, Il était impossible d\u2019obtenir plus de bois.Une procession de traîneaux, qui en amenaient tous les jours, devait parcourir plus de 25 kilomètres pour atteindre les premières forêts, Il ne restait plus de légumes, mêmes gelés.Le Tigre avait remarqué que ses prisonniers mou- Taient surtout entre 11 heures du soir et 3 heures du matin.Il décréta que l'huile de la cui- sme devrait désormais brûler dans les quinquets la nuit.Peutêtre la lumière vacillante des misérables petites lampes décou- ragerait-elle la camarde?Il ordonna aussi de ne s'épouiller que dehors, de' faire de l'exercice, de désinfecter les chambres.La situation ne s\u2019améliora point.On manquait de drogues.Les malades, des squelettes que nous voyions couverts d\u2019excréments, sortir nus dans la neige, peut- être parce qu\u2019ils avaient hâte d'en finir plus vite, abandonnaient leur riz pour un peu de tabac.Seuls les costauds, et ceux qui voulaient vivre ont survécu.Un nouveau commandant nous arriva à la fin de l'année, Il parlait peu, ne sortait qu'avec un masque sur la bouche pour ne pas respirer l'air pollué de ses prisons mais s\u2019avéra infiniment plus humain \u2018que son prédécesseur.Il débarrassa le camp de la clique de tueurs, de brutes et de fous qui nous gardaient depuis la marche, Mais il ne put enrayer le mal irréparable.causé par les premiers mois de l'hiver.Le Tigre fut-il puni?Je ne saurais le dire On m'assura qu\u2019il avait été dégradé.re Coyos, l\u2019un de nos co-internés vit, parmi les forçats à la prison de Mampo, un de nos anciens commandants, Nos geôliers n'avaient plus peur.Ils retrouvaient un peu d'humanité en même temps que leur aplomb.Nous auraient-ils liquidés si les Alliés avaient forcé leurs\u2019 derniers retranche ments?C\u2019est fort probable.Bien des fois, le long de la route de montagne qui nous emmenait de Mampo à Chungkang, nous avons pensé qu\u2019on nous mê- nerait un jour dans un coin écarté et qu'on nous abattrait a la mitrailleuse.A la fin de janvier 1951, je.demandai à mes gardes: \u201cEstce la paix maintenant que les Alliés se retirent derrière le parallèle ?* On me répondit : \u201cIl n\u2019est pas question de traité ni de parallèle.Les Alliés s\u2019enfuient comme des rats mouillés et ils seront trop heureux s'ils réussissent à réembarquer et à quitter la Corée.\u201d Nous pouvions désormais allumer le feu trois fois par jour au lieu qu\u2019avant il était interdit.de faire de la fumée le jour, et nous étions condamnés à un \u201crepas froid\u201d à midi.Nous nous installions petit à petit dans la captivité.plus dur pour tous c'était l'absence de nouvelles.Et l'on nous avait tout pris.Il ne nous restait pas une photo, pas un papier, pas une alliance au doigt.Au printemps, évacué et les prisonniers répartis dans des fermes du vi age d\u2019Anderi, & quelques dizaines de kilomètres au Sud-Ouest de Chungkang.Le cauchemar était fini, mais la vie restait dure.Ce le camp fut n\u2019est que le 11 octobre 1951 que, les autorités chinoises ,prirent en charge les prisonniers militaires A Pyok Tong, ils allaient désormais être vêtus, nourris et soignés à peu près décemment.Les civils devaient attendre un an encore avant d'avoir la même chance, .P égaliser, - "]
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.