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L'autorité
Libéral et anticlérical, ce journal critique la société canadienne-française et son conformisme. Dans ses dernières années, L'Autorité compte plusieurs collaborateurs prestigieux qui lui assurent une grande qualité de contenu rédactionnel. [...]

Fondé par Tancrède Marsil, ce journal paraît pour la première fois le 28 décembre 1913. La couverture politique de l'hebdomadaire du dimanche varie au gré des changements de direction. À ses débuts, le journal se dit non partisan mais, libéral par conviction, il vise à servir de guide pour le maintien de la bonne doctrine libérale, celle de 1893, et de son vrai chef, Wilfrid Laurier.

En 1913 et 1914, Tancrède Marsil s'intéresse particulièrement à la politique municipale. Son successeur de 1914 à 1932, Gaston Maillet, un dentiste fortuné qui a fort probablement participé à la création du journal, est plutôt animé par la passion de la politique provinciale et fédérale. Gilbert LaRue, directeur de 1932 à 1936, remet à l'avant-plan la politique locale et exprime son désir de faire de L'Autorité « le » journal de Montréal. Le journal prend le titre L'Autorité nouvelle de juin 1925 à novembre1931. La direction du journal est assurée par J.-A. Fortin de 1943 à 1953.

En 1953, Gérard Gingras prend les rênes du journal, qui compte de prestigieux collaborateurs tels Alfred DesRochers, Roger Duhamel, Guy Frégault, Germaine Guèvremont et René Lévesque. À l'époque, Gingras répond à ses détracteurs qui soutiennent que L'Autorité est à la solde du Parti libéral et affirme que si le journal approuve le programme libéral, il est toujours demeuré indépendant. Il confirme ainsi les propos de Marsil dans le texte sur la raison d'être de l'hebdomadaire paru dans le premier numéro en 1913 : « Indépendant des partis politiques, L'Autorité entend promouvoir et défendre les intérêts des nôtres d'abord, encore, partout et toujours ». Pendant les années Gingras, le journal renforce sa dimension satirique avec les caricatures de Berthio (Roland Berthiaume) et de Normand Hudon.

L'Autorité change sporadiquement de forme au cours de sa durée de vie pour passer de quatre à six puis à huit pages, alors que l'actualité politique se trouve généralement présentée en première page. Selon les changements de direction, la section des sports est couverte de façon inégale et passe d'une à trois pages pour disparaître pendant un certain temps. Pour sa part, l'actualité culturelle y est traitée avec régularité. La Grande Guerre y est également couverte en profondeur. Le quart de l'hebdomadaire est alors consacré à la publicité.

Le tirage de L'Autorité est de 8000 exemplaires en 1914 et atteint 12 750 en 1920 pour se maintenir autour de 15 000 exemplaires tout au long de la décennie. Il descend à 500 exemplaires en 1940. La publication est suspendue de septembre à décembre 1936 et de mars à juin 1939 pour une réorganisation. Les raisons qui mènent à la fin de la publication demeurent inconnues. Le dernier numéro paraît le 2 avril 1955.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1973, vol. 5, p. 90-92.

LÉVESQUE, Michel, Histoire du Parti libéral du Québec : la nébuleuse politique, 1867-1960,

Québec, Septentrion, 2013.

ROY, Fernande, « Le journal L'Autorité dans le cadre de la presse libérale montréalaise », dans Lamonde, Yvan, Combats libéraux au tournant du XXe siècle, Saint-Laurent, Fides, 1995, p. 231-246.

Éditeur :
  • Montréal,1913-1955
Contenu spécifique :
samedi 3 octobre 1953
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Haut-parleur,
  • Successeur :
  • Autorité nouvelle
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L'autorité, 1953-10-03, Collections de BAnQ.

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[" \u201c29 ANNEE \u2014 No.11 Directeur: CERARD CINGRAS haut-parleur) 10 ST-HYACINTHE, 3 OCTOBRE 1953 Secrétaire de la rédaction: JEAN VINCENT cents Certaing ont connu Claudel avant \u201c conversion derrière une colonne d'église, d'autres ont trempé dans l'intimaité de Gide à la petite école, quelques\u2018rares ont rencontré Robert.Choquetts: du temps qu'il était boxeurS.Moi (et je me mets dans ma peau de vieillard) j'aurai parlé avec \u2018André\u2019 Langevin a la taverne Crescentriter Grignon?) Puis, le dernier évangile: \u201cCela vaut pour le théâtre: le public canadien est craintif et c\u2019est ce qui donne à la critique sa puissance\u201d.Un psychologue averti discernerait dans cette phrase la hantise d'un homme qui fait monter une de ses pièces à l'automne.À propos des 64 dollars par mois s\u201cntime\"\" ne ge vende pas ol?jamais, d'autres peuvent roti ir fa \u2018mine chance que moi?) je & foe \u2018gi les quelques paroles Sate \u201cBeading André Langevin o cag.PA iation eut un \u201cdépart véséutaut\" Langevin me dit: \u201cIl n°y a \u2018de \u201cHutéhature - qu \u2018adulte et être dds\u201d veuf.dire qu\u2019on \u201cbaise\u201d.ur continua: \u201cLe grand obstacle \u2018liérature adulte est l\u2019uni- finit de pégsée imposée par la religion\u201d: do Jui rétorquai a brile- pourpcint;: \u2018 fois, mon vieux, vous \u2018cites Le Cardinal\u201d.il me jura que ys.J'avais : -bien le goût.de 'y lui dives \u201cVous jurez comme un | prélat,: mais le mot lui aurait certainement déplu.: ° Obligé | par moi à résumer ses théotléé.sur là roman, il s'engagea ainsi \u201cJ'abecrbie longuement et j'é- ris très: rapidement.Je suis incapa- be d'écrire au \u201cjour le jour.Julien Greed, autre ps le fait, mais ça se voit.de prende mes personnages de l'extérieur.Un persounage, d\u2019ailleurs)\u201d Yeaprime autant dans ees geste} quis\u201d dasis ses paroles.\u201d d'avis besoin.de.plus concret.\u201cPéries-moi.plutôt de ce que vous détestes® , hai dis-je.Il m'avoua ceci: ta tritique au Canada a une im- pertaies.bien\u201d plus considérable que on: Comme s\u2019il y avait nied à discuter sur la voûte prime de terre qui aurait ws \u2018dangle, saison\u201d.- c'est moi , aurait wm \u201cTemp souvent, continua André Labiavia où, jétant du sel dans ma {dre té \u2018éritique essaie de briller ete won | has.dé comprendre\u201d.| Et: y vated \u201cie missa est:\u201d \u201cLes ues 20.la littérature qu'ils A tre tious, qu'est-ce rates au ciel pour mé- Le a + 2 -maires.A \u201cdeux journalistes sont en train \u2014 YU qu\u2019il paye pour la construction de son église paroissiale: \u2018C\u2019est comme si on obligeait un catholique qui demeure à Istanboul à payer pour la Mosquée de son quartier\u201d.André Langevin et moi nous sommes quittés sur une vision poussiéreuse de la vie future.Enjambant les verres de bière, symbole éphémère de la compréhension mondiale, j'ai serré la main de notre Dédé national.Ce fut pour moi un moment inoubliable et je ne puis qu\u2019humblement espérer qu\u2019André Langevin l\u2019immortalise dans son prochain roman.BEAUBIEN Monsieur Cointreau .\u2026.Au Congrès international des l\u2018hôtel Mont-Royal, d'interviouer M.Berrurier, maire de Mesnil près Paris et secrétaire de l\u2019Association des Maires de France.Ce dernier interrompt soudain une tirade enflammée sur l'autonomie municipale (oui, il paraît que c'est à la mode aussi, là-bas .) \u2014Messieurs, vous prendriez bien quelque chose?Oui?.Alors, téléphonez donc pour moi.Dans cette maison, vous comprenez, avec mon accent.\"Un des journalistes commande derechef, dans son plus bel anglais, trois drinks: un whisky, un cognac et un cointreau.Dix minutes après, le garçon s'amène avec un plateau et.deux verres: cognac et whisky.\u2014Et le cointreau, alors?\u2014Quel cointreau, messieurs?La misère d\u2019un boom-town Noranda et Timmins luttent LE CERCLE VICIEUX pour la survivance syndicale Les syndicats d\u2019Amérique ont atteint depuis quinze ans une puissance telle qu\u2019au sein même de la classe ouvrière, certains éléments ont tendunce, non seulement à considérer comme éphémère la menace de l'exploitation, mais encore à minimiser l\u2019importance des clauses de sécurité.A cause de la guerre et de l'exceptionnelle tension qui lui a fait suite, à cause égulement de fac- Leurs inhérents à l\u2019économie nord- américaine, les réveils n\u2019ont pas été trop brutaux.Tous les travailleurs, cependunt, n'ont pas bénéficié de la méme \u201cindulgence\u201d et, dans les textiles par exemple, c\u2019est sans hésitation que Jon a sacrifié les salaires pour parer au dumping étranger.La crise vient de s'abattre sur les mines d'or de l'Ontario où l'on assiste encore une fois à cette lutte pour la survivance entre des budgets mal équilibrés et des sa- - laires qui ne correspondent plus au coût de Ja vie.Malgré des subventions gouvernementales et une série de plan de productivité, les entreprises de la région de Porcupine ne sont point parvenues à vaincre le handicap d'un tarif international trop faible pour leurs besoins.Toutes, bien sûr, ne se trouvent pas dans la même situation mais il n\u2019en demeure pas moins que la ville de Timmins se dirf£e à grands pas vers le marasme économique, ainsi que l\u2019a annoncé \u2014 avec une satisfaction contenue \u2014 la même presse qui s\u2019est plue à consacrer ses édito- riacx aux méfaits de quelques Létes brûlées.Timmins était un boom-town où des milliers de mineurs sont venus s'installer dans l'espoir d'y gagner des saluires qui suivraient les cours de la bourse.Dans les petites annonces, on lisail des propositions lapageuses .et puis, tout de même, piocher dans l'or, ea doit rapporter plus que de se salir dans le charbon.Aujourd\u2019hui, c\u2019est d\u2019exode; des centaines de fu- milles abandonnent Timmins à la recherche d'un nouveau boum de l'or ou des betteraves.Les grandes sociétés financières qui réeu- péraient les salaires tous les vendredis soirs ont bouclé les crédits ét le petit épicier, en route, Mi aussi, vers la faillite, annonce aux ménagères que le paiement comptant est redevenu son système.Comment souhaiter meilleur climat pour l'offensive anti-syndica- le déclenchée dès les premiers jours du litige par les patrons les plus forts, orchestrés par les entreprises Broulan-Reef ct marquée d'injonctions dont le bien- fondé reste à démantrer.Mais, il s'agit là de Timmins, c'est à dire d'une localité dont les ouvriers, victimes de la vertu initiative, ont misé sur lu formule \u201cGo West Young Man\u201d, en dépit de l'insécurité et, si l\u2019on peut dire, de l'irresponsabilité économique de leur industrie.S'il est aussi grave, le problème n\u2019en est pas moins différent à Noranda où les bilans demeurent sur la courbe ascendante et où, de l'aveu candide de la société Noranda-Mines, il s'agit d'une question de principe.Principe, en l'occurence, qui consiste à refuser la clause de check-off \u2018dirait-on, à chasser obligatoire (cotisation syndicale retenue à la source par les comptables du patron).Les mines et les hauts-fourneaux de Noranda se classent parmi les premiers producteurs de cuivre du monde ct, va sans dire, en Léte de la production canadienne avec des bénéfices nets de plus de cinq millions de dollars par an.Lattitude intransigeante, en partie des mines d'or ontariennes, n'a donc pas sa raison d'être à Noranda, & moins qu\u2019il ne s'agisse d\u2019une \u201csolidarité patronale\u201d astucieusement mise -au point et destinée, les syndicats des mines du nord.Si l'on en croit leurs porte- paroles, les mille sepl cents grévistes de Noranda sont décidés à Crise à l'Université: \u201cLES ÉTUDIANTS VONT-ILS* ++ justifiée » tenir plusieurs miois et, surtout, À obtenir In retenue syndicale qui s'avère de plus en plus nécessaire au fur et à mesure que In société s'y oppose.Contrairement à Timmins, le moral paraît excellent et les nu- vriers se préparent à passer un hiver difficile dans des chalets forestiers.La société, on le sait, propose unc augmentation minime et fera sans aucun doute une tentative de \u201cconciliation\u201d aux environs de Noël, forte des deux ou lrois cents dollars que représenteront alors les arrérages d'augmentation.Le Congrès canadien du Travail vient, pour sa part, d'adopter un plan de campagne remurquable.Pour la première fois, semble-t-il, dans l\u2019histoire du syndicalisme canadien, Un programme d'éducation permanente sera présenté aux Erévistes qui pourront ainsi mieux comprendre les positions à la fois anti-syndicales et anti-démocrati- ques de leurs employeurs, Car, même sil s'accompagne d'une concentration chaque jour an: peu plus \u2018conséquente du capital et des entreprises, le\u2019 capitalisme = occidental n'implique pas forcément un rejet du fait syndical.1 éducation reste donc en toutes circpns- tunces lu préoccupation majeure des leaders syndiculistes, et peut- être permettra aux\u2019 ouvriers de Norunda de traverser la crise et aux mineurs de Timmins de surmonter la détresse d'une situation qu'îls n'avaient pas choisie.= UE DÉSERTER LEUR ASSOCIATION .Qui Vient enfin d'élire son président \u201cL\u2019AGEUM est-elle en train de crouler?\u201d C\u2019est en ces termes que s\u2019exprimait lundi soi* un des membres de l\u2019exécutif de l'Association générale des Etudiants de l\u2019Université de Montréal.Dans une atmosphère de cynisme ct de réelle angoisse, les délégués ont essayé une troisième fois cette année de se donner un président.La première fois, en avril dernier, aucun candidat ne s\u2019est présenté pour le poste.La seconde fois, il n\u2019y en avait qu\u2019un, Georges Lahaise, qui, de retour d\u2019un voyage aux Indes où il a représenté ses confrères au congrès de l'Entraide universitaire mondiale, vient justement de démissionner.Cette démission, vraiment inattendue, a causé une sorte de stupeur.Certains étudiants ont voulu l\u2019expliquer par d'autres raisons que celles qu\u2019avaient invoquées Lahaise lui-même, et y voir le signe d\u2019une lassitude ou d'un dégoût qui s'empareraient, sclon eux, de ceux qui auraient quelque expérience des rouages de l'AGEUM.Cette démission du président Lahaise n\u2019aurait probablement pas produit un effet aussi singulier si, comme pour l'accompagner, plusieurs responsables de l\u2019'AGEUM n\u2019avaient démissionné en même temps.Une seule de ces démissions toutefois eût pu justifier ce sentiment, répandu chez les étudiants, de la précarité de leur Association: celle de l'administrateur Fernand Delhaes.Pendant 13 ans, Delhaes a réussi à maintenir l\u2019'AGEUM dans un état d\u2019équilibre, parfois même de prospérité économique, vraiment miraculeux.M incarnait la \u2018permanence de l'Association étudiante du Mont-Royal.Les présidents se succédaient, Delhaes demeurait comme une assise inébranlable et rassurante.Seul a connaitre le budget, seul, surtout, à pouvoir le maintenir, Delhaes a permis à l'AGEUM de vivre élégamment aux yeux de ses électeurs.Le départ de Delhaes est une perte pour l\u2019'AGEUM, pas irremplaçable, mais grave, pour le moment, parce qu\u2019elle MAIS NE LE RÉPÉTEZ PAS On ne m'a demandé que deux consommations.Tenez, voici la feuille .Et en effet, la feuille ne porte que cognac et whisky.Grognements de l'employé.Il repart en se grattant le crâne et en regardant le papier.Puis, tout à coup, revient: \u2014Ah! voila, j'ai trouvé! C'est marqué en hautl Au haut de la feuille, accompagnant le numéro de la chambre, on lit ceci: \u201cCharge to Mister Cointreau.\u201d Montréal, 2ème -ville française, etc.You bet! Fable de Lafontaine Au même Congrès.Même hôtel.Même jour.Dans le grand hall du 9ème étage, au milieu d'un capharnaum canado-améri- cain, surgit un personnage massif et rubicond, le cigare au doigt, aui fait très Man-of-distinction dans son \u2018\u201cdouble-breast\u201d du meilleur faiseur.\u2014Tiens, v'là Charlie, fait quel- qu'un à mi-voix.Sauvons-nous! Avant que la fuite ne puisse s\u2018accomplir, l'ex-maire de banlieue fonce sur le groupe de contribuables montréalais et, très fort, se met à prononcer un petit discours électoral: \u2014Une ville qui a un budget comme Morial, des millions pis des millions, pis qui \u2018paye pas ses employés .\u2019 (C'est le discours au'il aurait voulu, mais n'a pas pu prononcer la veille, à l'assemblée syndicale du Marché St-Jacques).Il s'aperçoit bientôt qu\u2019on l\u2018écoute avec un certain malaise.Avec un aplomb admirable, il s'arrête et, en s'éloignant, lance : la stentor au-dessus de la fou- e: \u2014Baptê .! Où s'auë la cham- ,bre à J.-O.Asselin que j'aille prendre un coup?.Moralité-refrain (sur un air connu): \u201cIL nous arriv® de Saint-Michel Sans mêm\u2019 faire semblant d'changer d'poil.Mais c'est toujours l\u2018'même âne.etc.\u201d La ponctuation de \u201cTime\u201d A propos du méme Langevin, le magazine \u201cTime\u201d écrit de son côté: \u201cLe romancier n'aura sans doute pas de peine à trouver un emploi pour ces mille dollars.\u201d (voir ci-dessus!) Phrase que \u201cTime\u201d explique en ces termes, sans tiret, sans virgule, sans pause et sans vergogne: \u2018Langevin est en effet père de trois enfants et scriptéur à \" Radio-Canada!\u201d Et toc.Une société (d'Etat).avertie en vaut deux.coincide avec une véritable désertion morale d'un bon nombre de délégués et d'étudiants.D'aprés un membre de l'exécutif, I'AGEUM traversera cette année une crise d'adaptation.Sa formule, sa composition et ses moyens d\u2019action ne sont plus en accord avec les besoins des étudiants.\u201cIl y a, d\u2019après ce délégué, un abîme qui se creuse entre les étudiants et l\u2019A- GEUM, ct, de plus en plus, le public étudiant tend à se désintéresser de son Association\u2019.Les délégués envisagent, comme inévitable solution à ce mal, un remaniement de constitution et, probablement, le recours au suffrage universel, Cela s'avère d\u2019autant plus impérieux qu\u2019à partir de I'an prochain FAGEUM siégera dans les locaux du Centre social et qu\u2019elle prendra, de ce fait, une importance et une autonomie plus grandes.Cette atmosphère nant de l\u2019histoire\u201d régnait, lundi soir, aux élections du président pour l'année, déjà \u201ctour- La presse équilibriste * Le baseball majeur viendra-t- il & Montréal?Il'suffirait, paraît- il, que la ville achète le Stade des Royaux pour la somme modique de $2,350,000.Ce à quoi le Herald, notre petite feuille sportive, applaudit des deux mains; ce à quoi, en revanche, le Star, notre grosse feuille d'information, s'oppose farouchement.Or, les deux journaux sont financièrement de la même famille .Es \u2014Le plus petit pour les majeures, s'écrie d'un ton gdmira- tif un reporter bien connu, et le plus gros pour les mineures .Simple question d'équilibrel Lucie Fère I \u2018de leur Association\u2019 ét de ra commencée depuis deux semaines.Les débats se sont déroulés dans les corridors, comme d'habitude, mais, cette fois, le sérieux y manquait.Cela pouvait rappeler, à celui qui les eût connus, les lendemains de chutes de ministère à l\u2019Assemblée nationale française.Les délégués ne.pouvaient s'empécher de sourire à cette troisième tentative pour avoir un\u2019 président; Il y avait bien quelques étudiants qui prenaient la chose au sérieux, mais, la plupart jouaient les &coeurés ou les cyniques.\u201cL'AGEUM, quelle farce!\u201d -C'était le, thème de .plusieurs.propa i \u201cde coulisses.iN Deux candidats \u2018étülént : sûr la piste de course: Jacques Blouin, de Polytechnique,:-et Omer Poulin, de Pharmacie.Le premier tour.de scrutin, d\u2019 après l'ex-président Lahaise, l'ex-administrateur.Delhaes et le toujours-aumônier Grégoire, était à peu, pre 8 nil, On recommenca donc.un deuxiéme tour qui, cette fois, dorina une majorité suffisante à Omer Poulin.Le noù- veau président fit un- Jbgez discours d\u2019occasion,' \u2018char d'espérance et de vues d'avenir.II se réclama' du président démissionnaire\u2019 comme maître et guide.- Omer Poulin est\u2019 done.le nouvel espoir de l\u2019AGEUM, Cet hommie prend\u2018la présidence d'une Association\u2019 fortement ébranlée -et moralement divisée.Il aura: à \u201csurmonter la crise d\u2019un AGEUM qui ne peut plus re contrer ses obligations.2 Président de l'AGEUM veut dire être à.la: téte d'un conseil blasé et de .3,000\" étudiants qui se moquent pas mal.de tout cela.Son role est de rattraper des électeurs qui: désintéressent de-plus\u2019 en \u201clus sis nimer un conseil-qui Wa plus \u201cla foi qui.transporté \u201cles montagnes\u201d.-< v.; Son rôle : (les.étuais sis avertis.\u2018 souhaitent qu'il: Yen tende ainsi) -est:de regro uper une ital sibel Piolo \u201cà une \u201cvéritable crise de déser- Ly el RON at, .10\" PAGE: DEUX: - .M.extitalt done autrefpis et Dieu 1 sait où, un homme, tourmen- fé, une Gorte \u2018de chercheur, peut- être \u2018un peu fou, et Dieu sait.ce qu'il.cherchait.\u2018De Yor, disait-on.C'était peut-être, un\u2018 alchimiste.D vivait dâng éon laboratoire, entouré de seb cornues, de ses creu- \u2018sets, de'ses fourneaux, de ses grimoires et'de'ses cahiers chargés de\u201cténébreux calculs, et de tout le saint frusquin nécessaire à son incessant dabeur.Il était naturel- Jefrient très pauvre, n'ayant pas de\u2019 fortune; mais là n\u2019était point la raison.pour laquelle depuis des années, il se livrait avec tant de passion, à ses recherches: ce se- rait- une (soitise que de le croire.Bref, fl était très pauvre, et voilà tout.Il n'était plus très jeune.H n°était pas \u2018encore très Vieux.Il vi- vit seu) dans quelque vieille.masure à l'écart.de.la ville, loin du château du\u201d prince.NatureHement, A-cause de son originalité, 1) était assez mal vu.On le soupçonnait.Tl'était suspect: LD n\u2019était pas comme - tout; Je monde.Peut-être même ' était-il un peu sorcier, ce qui eat une très mauvaise chose.Et du reste, de quoi mais de quai donc vivait-1?I n'était au ser- ne.Les plaisirs coûtent cher, et la guerre vent.ruineuse.Tout récemment _héla, .Je jeune prince avait épl isé ses trésors tant pour les plaisirs que pour la guerre.Il fallait à présent remplir à nou- Veau ses coffres, de manière à pourvoir à de nouveaux plaisirs et à de nouvelles guerres et, comme H avait l'habitude d\u2019être obéi et servi aingl que doit l'être un prince, 1l venait \u2018ici donner ses ordres.\u2014 J'at, entendu parler de toi, dit-ià à notre-poète.On dit que tu cherches de l'or.Parbleu, il m'en faut justement, et.tu vas m'en trouver.Je te donne huit.jours pour remplir mes coffres.Je pense que cela.suffira.Nous règle- rons nos comptes ensuite, et, si tu as tenu ta parole, je te feral mon ministre.Sinon tu seras pendu.Ayant dit, le prince s\u2019en alla, laissant notre poète infiniment perplexe.Etre pendu ne lui plai- ; sait guère, devenir le ministre du vice de ose Fran ont de maître, prince, il n'avait jamais cru que quelle \u20ac na : «cela ft fait pour Jui.Mais que Quoi qu'il en soit, fi viyait.a uapg venait-on le déranger dans ses même.LI travaillait d ses éhimè- travaux?Justement la veille une res, tout en se nourrissant d'her- nouvelle idée lui était venue.I! bes, d'un peu d'huile, parfois d'un \u2014 uvait fait de nouveaux calculs et croûton de pans, Faut-il ajouter découvert dans ses grimoires que depuis fort longtemps.il ne quelque formule bien enfoule; , il portait plus.que des haïllons?:A entreyoyait de nouvelles combi- peine le \u2018savait-fl lui méme.Et \u2018naigons et l'espoir que cette fois, gu'avait-ll besoin de le savoir après Lant d'années de labeur, il Pour passer comme |! le faisait allait enfin réussir, lui était venu ses \u2018Jours et ses nuits autour de plus vif ct plus fort que jamais.ses alambics.SI quelque voisin L'exigence du prince ne le tou- char table voulait s'approcher de chait guére, ni sa menace, mals wil le décourageait paisible- cela risquâit d'altérer da tranqui- ent, ne voulant se lier avec per- lité de son esprit et par là de sonne.C'était là encore un point compromettre lu réussite.Pourtrès grave concernant la réputa- quoi huit jours et non pas neuf?tion \u2018d'un homme.Malheur au.s0- Quelle était cette folle que de lu litaire?.On.sait que depuis tou- marchander le temps quand 1! Jours.Je solitaire passe pour un s'agissait d\u2019un tel enjeu?Mais _méchant, .quelle était cette autre folie gue Ainsi | talent.Jes choses el de- de s'assombrir pour des raisons pile.fort \u2018longtemps, quand un aussi capricieuses, au leu que de atid Je prince entra chez, le se remeltre au travail ?A quoi chercheur.C'éfait un fort beau bon perdre son temps à gémir, se prince, - fort étincelant, un vrai dit-ll.Si je suis pendu, tout seru jeûne princé, ardent et hautain, dit.P ne peut rien arriver de plus.rable- \u2018pour de moment fort en pei- Pour l'instant il me faut ranimer ot \u201cavis D'APPLICATION POUR DIVORCE AVIS DE REQUETE POUR DIVORCE AVIS ost par les présentes donné avis \u2018est par les présentes donné que DAME GERMAINE ), ue LAWRENGEH -DRUXBRMAN, veli- couturière, de Westmount noe: eur, de la cité et district de Mont- Province de Québec, s'udressorn nu réal, province de Uébec, s'adresser au Parlement du \u2019 anadu, À le pro- chaîne session ou à une session subséquente, pour obtenir un BH! de Di d'avec son épouse, Dam CHARLOTTE HANDL Tr DRUX BR.Parlement du Canada, À sa présente ou A sa session suivante.afin d'obtenir - Un Bill de divorce d'avec son époux, JULES EDOUARD JOYAI, proprié- tire de taxi, de la ville de Drummondvillo, Distriet d'Aethahnaka, Pro- MAN, ménagère, de la cité de To- vi re ' - ronto, Movie: \u201contario, pour A ved de Québec, pour enuse d nda) d'adult re.MONTREAL.le 25 noût, 1953 OBS & JSACORS OTTAWA, -Ontarlo.JAC PROCUREURS de In REQUERANTE.16.septembre, te 2H, LIBFF+ QC.Edifice Radio Cité, Suite 360.=, Ù \u2018Prop Fi se a Feanérante, 265 peste rue * Crit, .à xi; , ab 1178 Olena, 0 ont- - ontrénl, Qué, oC D AVIS DE REQUETE POUR DIVORCE AVIS cost par les hénentes donné que: DAME FLORENCE EVELYN FROST, ménagère, de la ville de Chatenuguay Helghts.Boauhitrnois.Québec, s'adlresseru au Parjement du Canada, À sit présente où À sn session suivante, afin à obtenir un Bill de divorce d'avec son époux, CHARLES KENNETII GALE, surlntendant, de Ja vof de Châteauguay Hoighis, Benuur tois, \u201cAVIS DE REQUETE ne jroun.\u2018DIVORCE DONNE: par les \u201cprésen- Ÿ a Est Don BERNIER 1.'HEU y Ménagère, de in cité ot distriet \u2018de Afontréal: - dans.la._ province de Quéhte, s'adressera au Parlement du Canada, uu cuurs.-de la présente ou \u201cprochaine session pour ohtenir Je di- vorte de son marks RICHARD L'HEU- x pour case d'adiiltère, ONTREA VRAIT: A duné.lx.pro- à Québec, pour cause d'udul- Vince.aa Five le vingt-hultième - MONTREAL, le 21 noût, 1963.Jour Daal.\u2018AD, mil neuf cent cin AC RS & JACOÏS, , quante {rois [190 Sia iasinain, PROCUREURS do 1n RÉQUISRANTR.: Procurelr dè-la re juérante, ldifice Radio Cité, Suite aë0, - ADDa 20, Edifice Hemsley, 265 ouest, vue Craig, 00\" Bi: Jacques où ouest, Montréal.Qué.© Montréal; uvre AVIS DE REQUETE POUR DIVORCE Tau! ft 1a se 7 AVis D'APPLIGATION POUR.DIVORCE AVIS est par les Jrésonten donné is DAME NOR HARRIET \u201coy AVIS : est dr les présentes donné HAZLEHURST, ménagère, du ln ville que PHILLI EISS.COHEN, ména- de Ghâteauguny Ielshts, Benuharnois, gère, .de ln © et district de Mont- + Québec, s'adressera au Parlement du Canada, À sa présente où À si session suivante, afin d'obtenir un Bil de divorce d'avec son époux, CHARLES Seal province \u201cde Québec, s'adresser \u2018au.Parlethent du Canada à sa pro- chaire\u2019 Sebäloh ou À Une Session sub- \u2018séquente.pour :obtenir.un Lil! de di- LINTON CAMMELI, dessinateur, a.vorce d\u2019avec son époux, CLARENCE la ville de Châteauguay - eights, JACOB COHEN, vendeur, de In clté Beauharnols, Québee, pour cause d'a- de Toronto, province d'Ontarlo, pour dultère cause d\u2019aduit MONTUEAL, le 21 août a 1953, AWA, \u201cOntario, 18° septembre ACOBS & JAC one PROCURRURS de la HER ANTE {its AH, LARFF, ac.\u2018 Edifice Radio Cité, Suite 360, rocursur.de ln \u2018requérante.265 ouost, ruc Cini, : \u2018rue.Rideau, Montréal, Quépesée a.Ottawa.-Ont - AVIS DE REQUETE POUR DIVORCE AVIS est par les présentes donné que Dame CATHARINA ELIZABETH van de CASTERL FORTUNE, de Montréal, Québec, s'adressera au Parlement du Canada, a sit présente où à su session suivante, afin d'obteuir un Bin de divorce d'avec son époux -KENNETH _SEFTON FORTUNE, in! énleur, de Petit Bois, Vhrennes.Quépour cause A\u2019 adultère.MONTREAL le 18 août, 1953.wi re .: Avis DE \u2018REQUETE Lt OUR OI VORCE +A VIB ou.pat.lé» :présentes donné ueiGISBLA KUNZ COBEL, ouvrière, é* 1x dité \u2018de Montréal, district de Montreal) proyiiice \u2018 dé .Québac,: was Aresucra au Parlement du.Canada A résente ou prochaine session afin obtenir \\ n Bill de Divorce de son han R.CoBBL, marin, de In rene dor eins \u2018district do Mont- Province de \u2018Québec, pour cause \u2018d'duitère.4 MONTREAL, 1830 Juillet.196s, Sutte B10.oir Tole Sunt, ees Montréal, Quéhec #44 Brocureur de la requérante, PROCUREUR pour 1x REQUERANTE e.St-Jacques Ouest P.Q.Sulto: die.10.8 ontréal, AVIS D'APPLICATION POUR DIVORCE * AVIS ont par les: présentes donné que ARTHUR LEGER, notaire.de Montréal, Québec, .s'adressora au Parlement du Cannda à sa prochaine QU'À za Sesklon: immédintement sul- rvante, afin d'obtenir un bill de of.\u201cavis DE - REauntE (5 BRIVO rentes donne FL LOUIS.es GONZAGUE \u2018 RE Administrateur, de la cité Moniréal, province 35 Dhemonrs s'adressera au nement i Canada à à rochaiue ression | vorce'd'uVoc® son épouse, ANNETTR #4 \u2018obtenir pit de divorce d'a- ROBNRT LIEAGRIR, de Montréal, Qué- MEN HARVET AE, DE CAR- hyde tr cause, d'iutultère.ménagère, MONTRHAL, 15 santembre, 1964.ide\u2018 ka crécet, du «district.de -Montréa MERGLER & MERGLER vince o 48, abseil rl cause.Tar Procureurs - du Requérant.637 irue : Craig ouest, ber 58 2 Mon al ol Mh oft\u201d de, Qu Montréal, Québec, ses BAU.LEUR a sLISON \u2018x \u201cPEUR DU CROQUE-MITAINE : g , Menacer un enfant, pour.le forcer Le à Qu ep À obit, \u2018de le livrer au croque-mitaine au à pré Won oho l'agent de.police peut avoir des que : conséquences ésastreuses pour lui, fo Bust use ssa fi BS: dans l'avenir.Cela peut le rendre ner Monteé s'udros- veux et lui inspirer la peur d'objets al, hls Quéhec, .lement a annda, à sa © fr.v HA \"1.8 prochaine.ou A, sa inoffensifs ou de l'obscurité, ng .vante, pour obienls un.bi % La av MS © Cia poux, WARD rque, i EE 3 di intrict Tr do Quapde Toh ele \u2018hotinge ober Buape hme d'août; mil - Pa, ass Ton, condition anormale chez de jeunes enfants, On devrait ;lui apprendre à à raisonner toute \u2018erkirite qu il\u201d peut, ressentir afin de lui faire comprendre que les \u2018choses qu\u2019il -rédoute ne \u2018peuvent lui faire de mal.On \u2018devrait .représenter l'agent de police à l'enfant commé yun ami, .toujolrs prêt.a sider et non pas comme un épouvantail.© ~ le feu qui baisse sous mes alambics, et reprendre mes calculs là où hier je les al laissés.\u2018Il se remit au travail avec enthousiasme, et bientôt il ne songea plus au prince.I devint si profondément absorbé que, quelques instants plus tard, il n'entendit même pas s'ouvrir la porte de sa maison, et qu'il ne vit pas qu'il y avait là quelqu'un.C'était une jeune femme d\u2019une très grande beauté, qui entrant là comme chez elle s'était mise à nettoyer, à ranger, à préparer quelque nourriture pour le repas de midi, que sans elle notre chercheur eût sûrement oublié de prendre ce jour- Jà.Quand il l'aperçut, par hasard, il ne manifesta pas une bien grande surprise.On eût dit qu\u2019il J'attendait peut-être, ou en tous cas que sa présence dans sa maison était parfuitement naturelle.\u2014 Je sais tout, lui dit-elle.Et je suis venue pour étre votre servante.J! s'inclina en la remergiant, puis il mangea le repas qu'elle lui avait préparé et il retourna à ses cornues sans rien dire.La belle jeune femme, le repas terminé, reprit son travail de servante; elle acheva de ,mettre de l'ordre dans la maison, elle refit le lit du vieux chercheur et prépara le repas du soir.Ensuite elle se reposa un peu tandis qu\u2019il travaillait.Le soir revenu, il mangea, retourna 4 ses alambics, prit quelques heures de repos tandis que la servante se reposait de son côté mais non loin de lui, et, le lendemain, Lout recommença comme la veille.Ils n'échangeaient pas un mot, mais ils se savaient ensemble et de quelque façon le génie du chercheur s'en trouvait réchauffé.De temps en temps il poussait de petites exclamations de triomphe: c'était quand il se sentait sur le point de réussir.D'autres fois au contraire, c'était des soupirs et presque des gémissements de douleur, quand il se voyait repris par le désespoir.Non que la crainte d\u2019être pendu lui troublât l'âme: il avait oublié le prince.Mais que ses calculs fussent faux, voilà ce qui Je désolait.Dans le premier cas, la servante se contentait de le regarder à la dérobée, mais avec guelle joie dans le fond de son regard dans le deuxième cas elle hochait la tête à son Lour et line fois mé- me, elle poussa l\u2019audace jusqu'à s'avancer tout près de lui en lui posant sur d'épaule une main tranquille.Il se raffermit et reprit ses recherches.Ainsi se pagsèrenl les jours suivants el l'on arriva au matin du huitième jour, celui qui avait été désigné par le prince comme étant le jour où tous ses coffres devraient être, remplis.Or, ce ma- tindà les \u2018choses n'avaient pas avancé d'un iota.Les cornues étaient vides, les feux alanguis, et l\u2019humeur de notre vieux chercheur bien morose.Non qu'il songeât le moins du monde à la visite qu'on hi avait promise, et dont la suite serait ln corde: encore une fois, il avait oublié le prince.Mais s'être trompé \u2018dans ses calculs, voir et ne pas avoir, savoir et ne pas pouvoir; & Ja fin des fing son ime se désolait.Et faut-il en vouloir a un homme s\u2019il filéchit un instant sous l'excès de l'injustice ?Il allait et venait à travers son laboratoire, les mains au dos, le dos penché, le front bien soucieux et bien lourd, quand soudain il vit ce qui lui sembla Un rêve: au milieu de la pièce la jeune et belle servante avait \u2018dépouillé ses vêtements.Elle était là immobile, d\u2019une, beauté rayonnante, parfaite, nue comme une déesse, et voilà que de ce comps admirable d'innombrables pidces d'or se mirent À ruisseler.Elles coulaient comme de d'eau le long de ses bras, tombaient de sa chevelure, de ses épaules, jaillissaient de sa potiri- ne comme un flot et formaient par terre à ses pieds un tas ciois- sant qui boulllonnait dans un tintement joyeux et frais.H y eut bientôt dans la pièce assez d\u2019or et bien au delà pour remplir les coffres taris du prince.Alors la belle servante reprit ses voiles et courut s'étendre sur le lit.Elle s\u2019y laissa tomber épuisée.Mais déjà elle n'était plus aussi belle.A ce moment Ja, le \u2018prince entra.\u2019 Notre chercheur n'eut que le temps de tirer un rideau pour cacher aux yeux , du prince la présence de,la servante.En voyant le gros tas d'or qui couvrait le sol de la pièce, le prince éclata d'un rire insolent: \u2014 Je savais bien, dit-il, que tu m'obélrais.Tu ne seras donc point pendu.Mais pour ce qui est de te fafre mon ministre, tu attendras encore un peu.Patience, patience, l'ami! Tu es utile, mails dangeraux, mon bonhomme.J'avais déjà .entendu parler de toi comme.d'un personnage assez suspect, mais désormais je suis fixé.Donc, pour cette fois, tiens toi content d'échapper à la corde.Cependant il me faut le même monceau, d'or dans Hiit nouveaux\u2019 jours, sinon je te fais brûler commé sorcier.Tu n'es pas autre \u2018chose d'ailleurs.Allons, assez parlée vais te-tai- re envoyer des honämes, sûrs pour x L'AUTORITÉ, 3 OCTOBRE 1953 .Le Chercheur et la qu'ils m'enlèvent tout cela.A dans huit jours! Les hommes sûrs arrivèrent bientôt, ils entassèrent d'or dans des sacs qu'ils chargèrent sur des charriots, et, sans avoir dit yn mot, ils reprirent la route du château.Alors, quand ils furent partis, notre savant ouvrit le rideau et trouva sur le lit la servante profondément endormie.Mais déjà, comme on l'a dit, elle n'était plus aussi belle, et il en éprouva une grande lristessu.Si absorbé qu'il eût jusqu'alors été par ses recherches, il avait toujours 'su cependant que la beauté de la servante venait d'une grande science, mais à présent la douleur était entrée en elle.Une grande douleur, douce pourtant, une autre science, mais amère.Une Nouvelle inédite de LOUIS GUÉLLOUX et s\u2019il que de s'étendre à son tour et de s'endormir.quand ils se Haute Elle dormait.11 s'éloigna.Mais pour une fois, il ne retourna pas à ses cornues.El même, cela est bien triste à dire, il parut les avoir oubliées.De\u2019 longues pensées entraient dans l'âme, puissant, une douceur désolée mé- l-e d\u2019un étrange remord; il ne savait plus très bien, le pauvre, ce qui s'était passé, il ne savait guè- le davantage où il était ni ce qui lui restait à faire.ne s'était Lrouvé ainsi mis à l\u2019épreuve.lui un doute Jamais savant 1] n\u2019est pas surprenant, duns ces conditions, si au bout de quelques instants Ja Lêle lui tourna un peu, n'eut plus d'autre envie H rouvrit le rideau.Ia servante était toujours plongée dans le plus profond sommeil.Il ly contempln et se laissu tomber auprès d'elle.Elle dormait \u2018si fort que cela ne la réveilla pas.Ils dormirent côte à côte et, dans leur sommeil leurs mains se joignirent.Ils dormirent longtemps, cet réveillèrent, nulle\u201c ment surpris de se voir côte à côte, elle avait presque retrouvé sa beauté première.Elle lui sou- aussi maigres, el rit.Mais # dui dit: \u2014 A présent je vais détruire mes cornues.C'était la chose à Jaquelle il avait pehñsé sans le savoir, pendant qu 11 dormait, Ja seule chose qui Wi restat a faire, ainsi\u2019 \u2018que cela lui apparaissait dès son \u2018réveil.Mais la belle servante, 4 ces mots, témoigna non seulement une grande surprise, mais une vive indignation.' \u2014 Comment! s'écria-t-elle.Détruire tes cornues! A l'heure du triomphe! Le vieux chercheur secoua pensivement la tête et il y eut dans son regard une grande mélancolie.\u2014 Ce n'est pas moi, dit-il, qui ai triomphé.Alors la servante se leva en colère, ce qui était bien surprenant de la part d'une personne aussi réservée.LI vit dans ses yeux la révolte de qui.se voit contester l'évidense, refuser le témoignage de ce qu\u2019il sait pour l'avoir vu de ses propres yeux.- Comment! s'écria-t-elle.Mais tu étais là debout, au milieu de la pièce, entouré de tes cornues, nu comme un dieu, jeune beau, et I'or ruisselait de toute part autour de toi.les ducats, les doublons, les louis, les dalles jaillissuient de tes flancs, s'échappaient de ta poitrine, roulaient le long de tes bras et de tes cuisses, s'amoncelaient à tes pieds, avec un bruit d'eau coit- runte.Je Le regardais en extase.-\u2014 Moi?Toi.LA dessus, le vieux chercheur retoinba dans une profonde rève- rie, mais il ne parla plus de détruire ses cornues.Cependant |i dit: \u2014 Cela n\u2019empéche que dans huit jours je serai brûlé comme sar- cier.\u2014 Homme de peu de foi! lui ré- | pondit-elle.Lau songerie du ~chercheur devint pHhis profeade encore.Il re- tourni à ses cornues mais il n'y tousha guère.M flanait.La servante reprit ses besognes, remit de l'ordre dans la maison et prépara les lits, s'occupa des repas qui, du reste, restèrent Loujours les hommes du prince n\u2019ayant pas Inissé trainer la moindre piècette qui permit d'ailer chez le boucher.De nouveaux jours se passèrent ainsi dans le silepce et duns l'attente.Notre chercheur délaissail ses calculs, parfois même il re: poussait ses cahiers et se prenait la tête dans les mains sans plus savoir, semblait-il, à quoi s'en tenir.Cependant il ne laissait pas tomber les feux.I! se disait que ant prochaine fois.D ferait afeux Dion.Et quand le jour arriva de ja seconde échéarice, quelques i avant l'heure à Taguelle evait arriver le prince, i fit sur i disiint Voyons.Et à Vins tant même 11 vit ce qu'il vit, c'est a dire ce qu'il avait déjà vu: la déesse, aussi admirablement belle que l'autre fois, nue et debout au mi- Heu de la pièce, et l'or ruisselant de toutes parts autour d'elle.Elle était une fontafne d'or, et l'or en tas s'amôncelait à ses pieds.Puis, cômme l'autre fois, épuisée, \u2018elle reprit ses voiles et courut s'étendre sur le lit, où aussitôt elle tomba dans un profond sommeil.Le prince à l'instant même entra.\u2014 Ah! Ah! Tu es un fidèle.coquin! C'est pire que jamais! Entrez, vous autres! \u2014 s'écria-t-ii en #e retournant vers la porte.Car cette fois, sûr de ce qui se passerait, il avait pris la précaution de se \u2018faire accompagner par ses hommes de peine.\u2014 Enlevez-moi tout ça! leur ordonna-i-il.Et, tandis que ses hommes de peihe se mettalent à la besogne, le prince s'adressa au vieux chercheur: \u2014 Puisque Lu travailles si bien.l'ami, je Le prends décidément à mon service.La dernière fois tu as échappé à la corde, aujour- d'hui tu échappes au bûcher.Tu as de la chance! Tu en auras en- \u2018core plus si Lu mets un peu plus de coeur à l'ouvrage.Travaille, l\u2019ami! Je vois désormais que tu peux faire mieux.A propos, j'ai réfléchi à cetle place de ministre: clle ne te convient pas, je crois; cur, après tout, tu n'es qu'un manant: Et j'aurais des ennuis à la cour; mais je puis te décorer.Ne parlons pas encore de t'anoblir: la question est prématurée.Ce- \u201cpendant, rien n\u2019est impossible, et je l'anoblirai un jour.Je ne mets qu'une condition: double la @a- dence, l'ami! Ne sois pas trop pa- vesseux.Compris?A duns huit jours.Et, si je ne suis pas obéi, toi, tu seras empalé.Lä-dessus,.les hommes de peine ayant achevé feur besôgne, t'est à dire enfourné For dans des sacs el chargé les sacs sur des charriots, Je prince #'éloigna.laissant son malheureux sujet décidément hébété.Celui-ci tira le rideau et contempla sa servante endormie mais exsanguce.Son beau visage était d'une pâleur, mortelle.On aurait dit qu'elle élait plongée dahs un sommeil de léthargie.Au comble du trouble et de la douleur, 1] s'étendit auprès d'elle et s'endormit aussitôt.Comme l'autre fois, leurs mains se joignirent dans le sommeil.Cependant, jême iin grand \u2018effort.en Bp avant de s'abandonner.au repos, i \u2018avait pris Ja résolution cette Yoïis, À avait bien vu ,il ne séralt blug trompé, c'était d'elle et non de lui que \u2018tout Tor avait jailli.Cela étant, i1 ne lui demanderail plus son ay s, il n'attendrait plus qir'élle fut Téveillée pour détruire ses cornues stériles, et pour déchirer ses cahiers.Au contraire, il iprofiterait de son sommeil pour se livrer à cette besogne, devenue hélas la seule à laquelle fl pouvait désormals se livrer.Et quant aux menaces du prince, il en serait ce que Dieu voudrait.* C'est dans ces conditions\u2019 qu\u2019il s'endormit, tenant dans la sienne a main de la servante, et\u2019 trouvant là, au fond de la douleur même, la plus grande douceur \u2018qu\u2019i! \u2018eût éprouvée de sa vie.Son sommeil dura longtemps, mais quand il se réveflla, sa servante dormait encore, aussi pâle et épuisée qu'à l'instant même où il était\u2019 venu se jeter sur le Tit.Il se leva doucement.Allons! l'heure était venue d'avoir du courage! L'heure de la décision, de la vérité, des vaisseaux \u201cbrûlés, des Fonts coupés, du \u2018tout pour le - tout.Il rentra dans son\u2019 laboratoire.Comment faire ?Ah! le commient importait peu.Le fracas d'un baton sur le verre des cornues Ja \u2018réveillerhit sans do te.mais elle arriverait trop tard.sons! , I, prit un gourdin et 8 s'avançu résolument.N'hésitons, plus! EL voilà le gourdin eve et brandi.Voilà qu\u2019il va Asséner un grana coup sur la première cornie.Mais voilà que le Bourdin \u2018s'ifiniobilise el que noite vieux.\u2018éheréheur g'é- \u2018pouvante.De la corriiie, 5\u2019ést \u2018êle- vée nine fumée légère, et de la fumée esl sorti un corps de déesse.C'est elle, c\u2019est la servante qui és reventie et pourtant elle dort sur son lit.II la contemple \u2018comme tout à, l'heure, avec un regard extasié.Et pourtant \u2018elle dort à \u2018côté épuisée.La voilà \u201cdonc encore ne fois debout dans la pièce, Aue 2t splendide el toute ruisselante d'or, mais cette fois ce sont des flots d'or qui s'échäppent\u2019 de ses mains, de ses seins, de son ventre! Et il est là avec son gourdin brandi.Elle sourit, de plus en plys pâle, puis s'échappe el\u201d disparaît, puis rériaît.d'une aitre cormue d'oû péñdaht ce téinips-là une nouvelle fumée a jasni; \u2014 et pourtant elle dort à côté *- el l'or continue à couler, à remplir ln pièce.et cette fois il y en a ussez pour contenter le prince, et, \u2018pour longtemps! Plis \u2018elle disparaît encore, mais revient de plus en plus pâle.et l'or continue à ruisseler, et fou de peur il s'échappe, il tire le rideau et la voit sur le lit où elle dort, et i s'étend auprès d'elle, ét dans son sommeil 1 \u2018lui prend la main, mais cette main\u2019 est frot- de, froide, froide .\u2018' = Tails \u2018GUILLOUX- aes UN A l'occasion du congrès de la Ecole technique d'Aix-la- Chapelle, la maquette du train monorail du Dr Wenner-Gren a été présentée, près de Cologne, à 500 spécinlistes européens des transports.Cette maquette, réduction aux 4/10 du train grandeur nature, est susceptible d'atteindre facilement la vitesse de 140 kilomètres héure.Elle est mue à l'électricité.Le monorail se déplace sur des galets pla- A l'instar de Cologne, Montréal aura, peut-être cés en file, l'une derrière l'autre, sur une poutre métallique faisant office de rail.Il coiffe le rail un peu comme un bât coiffe l'échine d'un mulet.De part et d'autre du rail la carrosserie descend comme des fontes dans lesquelles sersient aménagées les soutes à bagages.l'inventeur assure qu'avec son système, les frais de construction de la voie seraient sensiblement moins élevés qu'avec les voies classiques à deux rails parallèles.I] semble toute- \u2026 le monorail franchit avec une égale aisanse les rues et.los rivières.M.Houde, qui n'a encore jamais.pris.le mètre, souhaite, que Montréal soit doté d'un semblable chemin de fer aérien dont les arrêts, : sans.doute, passerait par le toit du \u201cSundife\u2019 ot le sommet du Mont-Royal.fois difficile d'imaginer que les compagnies de chemins de fer envisagent même de détruire les voies existantes pour les remplacer par un système à rail unique.Le monorail ne paraît donc guère avoir d'avenir en dehors de pays neufs où les voies ferrées sont encore peu développées.Cependant, on peut envisager son utilisation dans les grands centres\u201c très étendus pour les transports, urbains.!l y a d'ailleurs un précédent car une voie monorail existe déjà et fonctionne depuis une cinquantaine d'années.Cette voie à été construite aux environs de l'année 1900, en Allemagne, dans le bassin de la Ruhr, pour desservir les localités situées le long de la rivière Wupper: Barmen, Eberfeld et Vohwinkel, près d'Essen.Toutefois, le caisson réservé aux voyageurs n\u2019est pas placé, comme dans le convoi de M.Wenner-Gren, au-dessus des galets de roulement mais au-dessous: les voitures sont suspendues aux galets qui \u2018reulent sur le \u2018rail unique, lui-même \u2018supporté par des pylo- nes disposés tous les trente \u2018à quarante mètres.C'est en somme le système utilisé depuis à grande échelle dans les téléfériques.A cause des arrêts fréquents nécessaires \u2018pour desservir normalement les agglomérations traversées, la vitesse moyenne ne dépassait guère 25 kilomètres heure.Un autre monorail fonctionna pendant quelque temps \u2018dans la banlieue de Glasgow ün peu avant la guerre de 1914.Les plans \u2018avaient été \u2018diessés | par un ingénieur fran- \u2018cals, Francis Laur.Il s'agissait également d'un véhicule suspendu à un rail aérien.Propulsé par une hélice d'avion calée sur un moteur électrique, le wagon était un véritable avion.sans ailes qui atteignait la vitesse, remarquable pour l'époque _ de 180 kilometres \u2018heure.Le monorail de M.Wenner.Gfen en vraie grandeur pourrait être -propulsé¢ par dei moteurs À réaction.Il atteindrait alors uné vitess= difficile à chiffrer, mais qui serait certainement considérable: on parle d'une moyenne de 300/350 kilomètres heure.| \u2018 * x.+ Le maire de Toronto a retenu pour M.Houde uñe place d'honneur; dans le premier wagon de la première rame du métro: de TRAIN MONORAIL la capitale onfarienné, dont li- nauguration est prévue pour I'année \u2018prochaine.C'est évidemment le rouge au front et la rage au coeur que M.Houde effectuera cette humiliante randonnée souterraine.Cependant, une consolation, ou, plutôt, un espoir lui sera \u2018permis: inviter M.Allan Lamport dans son MONO- Pen Camillien Houde, \u2018en, \u2018effet, est Un partisan du monorail, Cette espèce, de métro suspendu dont les voyageurs doivent vaincre à la fois le vertige et le mal de.monorail.Il; est difficile de savoir combien, de membres du comité exécutif.notre maire\u2019 a ralliés à ses conceptions du transport en commun mais, si l\u2019on en croit un haut- fonctionnaire de l'hôtel dé-ville, les partisans du monorailsont plus nombreux, déjà, que ceux de l'Elèvated.On souligne le fait que Los-Andelés projette un, fo: norail qui, outre l&s-Brands \u2018quar: tiers de la ville, relierait directement la grande cité cälifornéen- ne à sa banlieue cinérrtsaie phique.7 Le mfonorail compte \u201céussi \"ses adversaires, à la tête desquels ôn remarque, pour Instant, \u2018le conseiller municipal Dave - Rochon, M.Lucien Crôttéau,, du\u2019 comité exécutif et M.Campéal; -directeüt de l\u2018Ufbaniste.Tous Vidis viennent d'ailleurs de'Bärtir'paur Philadelphie \u201d afin d'y sxamtiper les Hérites He Elevated dui, \u201cs'il est \u2018aérien comme .le mans, n\u2019en \u2018demeure pas \u2018inoins \u201cbôsé sur des 'ralls, \u2018évitant\u2019 \u201cainsi \u201cles édufes du vent ef 'le \u2018complexe actôbätique de Ta, \u201cSüsper \u2018unique.\u2026 ° Mais sitll\u2019 Beééin\" à je fai vip: peler, \u2018éleviited \u2018du \u201cinrorall, \"il i ne.s'agit à \u2018Mohtféal.\" que: ion \u2018projet.'Rien.n'ést doric perdu pour le \u2018métro \u2018ét'cëst\" avec pe \u2018confiance \u2018réiouvélide \u2018gue nus, \u2018attendons Je voyage de M:\"Hôude, à Torénto en métro, comme FH ed en's enim Afrique du sud Ségrégat \u201cL'Union Sud Africaine se prépare a traverser un cap difficile de son existence.Une fois de plus c\u2019est la politique de ségrégation raciale du Docteur Malan qui est à l\u2019origine de la crise qui vient d\u2019éclater.Au lendemain des dernières élections en avril 1953 qui avaient vu le succès du parti nationaliste du Dr Malan, ce- v a La Peur: Drame de l\u2019A .par J.C.Brousta coopérer avec le gouvernement sur la question raciale, dans l'intérét supérieur de I'union sud-africaine.Les négociations entre les deux partis ont été longues: elles viennent d'aboutir à une rupture.Le 14 septembre, le parti unifié prenait à l\u2019unanimité de ses dirigeants la décision de s'opposer à la troisième lecture de la loi électorale vi- AVANT LA FOUILLE .lui-ci avait recherché un terrain d\u2019encente avec le parti d'opposition appelé \u201cparti unifié\u201d.En effet, si le parti nationaliste avait remporté a la chambre une confortable majorité, il n\u2019avait pu obtenir les deux-tiers des sièges nécessaires constitutionnellement pour faire voter diffi- rentes lois dans le cadre de la politique d\u2019apartheid (ségrégation raciale).Le premier ministre voulait notamment priver de leur droit de vote les métis du Cap.Au lendemain des élections, un accord sur ce problème entre les deux partis semblaient devoir être réalisé.M.Strauss, leader du parti, unifié, avait déclaré, après la défaite électorale de son parti que celui-ci serait disposé à \u2018Cette unanimité sant à inscrire les métis sur une liste électorale séparée, équivalant en fait à les priver d\u2019un droit de vote efficace.des dirigeants du parti unifié, qui d\u2019ailleurs pour la plupart sont partisans de la politique de discrimination raciale, mais d\u2019une manière plus modérée, fait perdre au premier ministre sud-africain tout espoir de voir aboutir un projet qui lui tenait à coeur et qui était un des principaux points du programme électors! de son parti.On en revient donc à la situation de l'ani:ée dernière: deux blocs, l\u2019un ct l\u2019autre d\u2019origine européenne, s\u2019opposent.D'une par\u2019 le parti nationaliste dont les membres sont principalement recrutés Afrique occidentale La Grande-Bretagne posséde deux colonies importantes sur la côte occidentale de l'Afrique: la Gold Coast et le Nigéria.En 1950, elle a accordé à la Gold Coast tous les pouvoirs d'autonomie interne, y compris la police; elle vient d'en faire autant pour le Nigéria.L'octroi de ces pouvoirs .à deux populations noires provoque des réactions diverses au sein du Commonwealth.La Gold Coast, indépendante depuis 1950, sauf en ce qui concerne les affaires extérieures, récla- .me le statut de dominion.En fait, il faut dire qu\u2019elle le possède en pratique.Tous les pouvoirs concernant les affaires intérieures sont entre les mains des autochtones.Ceux-ci ont un gouvernement responsable devant une assemblée où l'ancienne puissance colonisatrice n'a rien à voir.L'armée de la Gold Coast est presque uniquement composée de soldats originaires de ce pays et placée sous l'autorité théorique du gouvernement d'Accra.Reste donc à ce dernier le droit de nommer des ambassadeurs pour acquérir le statut tant désiré de dominion.Pour sa part, la Grande-Breta- .gne, dont Gold Coast et Nigéria IX XM 47 | BLENDED (SAINS CC AT EE L'autonomie intérieure provoque une _ crise (extérieure) de jalousie dépendent encore directement, aurait accédé à ce désir.En effet, quand en 1950 elle avait donné le \u201cHome Rule\u201d à la Gold Coast, dans son esprit cela sous-entendait l\u2019octroi de responsabilités accrues dans un proche avenir, c'est-à-dire les affaires étrangères.Pour elle, Gold Coast et Nigéria représentent l'aboutissement d'une politique: la sauvegarde des intérêts économiques anglais contre l'octroi des pouvoirs politiques aux autochtones.Si ceux-ci sont suffisamment évolués pour faire marcher l'appareil d'un Etat, qu\u2019ils le fassent, quitte d'ailleurs à placer là où il convient des conseillers anglais fort avertis.Mais ce statut de dominion, malgré sa bonne volonté, la Grande-Breta- gne n\u2019a pu l'accorder.U ngros obstacle se dresse en face des gouvernements noirs: l'opposition farouche et déterminée de l'Union Sud-Africaine.Son gouvernement, celui du Dr.Malan, chaud partisan de la ségra- tion raciale, ne pourrait admettre la présence de délégués noirs au sein du Conseil du Commonwealth.Tout en reconnaissant l'octroi du \u201cHome Rule\u201d à la Gold Coast et maintenant au Nigéria comme un fâcheux fait accompli sur lequel il n'est pas possible de revenir, elle ne veut & aucun prix que ces deux gouvernements sortent du domaine du Colonial Office.La position de l'Union Sud-Africaine, si elle.est discutable sur le plan moral ,n\u2019en est pas moins logique.Son gouvernement a refusé d'accorder tout pouvoir, toute responsabilité politique aux Noirs habitant l'Union Sud-Africaine pour le concentrer dans les seules mains des blancs.Comment pourrait-on admettre qu\u2019au sein du Conseil peut-être le plus important du monde, celui du Commonwealth, le représentant de son chez les descendants des Boers, et qui détient la majorité des siéges a la chambre; d\u2019autre part, le parti unifié \u2014 qui groupe les citoyens de langue anglaise ainsi qu'une fraction minoritaire de Boers anglicanisés \u2014 qui, numériquement supérieur aux dernières élections, a bénéficié de moins de sièges que le parti nationaliste, par le jeu de la loi électorale.Le docteur Malan, va-t-il s'incliner si la loi est rejetée au parlement?A plusieurs reprises, l\u2019année dernière, il à déclaré qu\u2019il la ferait néanmoins appliquer.Va-t-il dissoudre une fois de plus le Parlement pour obtenir enfin les deux-tiers des voix qui lui sont nécessaires ?Même, dans cette dernière hypothèse il semble peu probable qu'il les obtienpe jamais, la supériorité numérique de ses adversaires jouant contre lui en cette occasion.Sa derniére arme susceptible de faire réfléchir ses adversaires serait la proclamation de la République et la rupture avec le Commonwealth.Mais alors des régions entières, ou la majorité de langue anglaise est écrasante, feraient sécession et des troubles extrêmement graves pourraient survenir.Il existe de farouches républicains en Union sud africaine mais les tenants du Commonwealth sont plus nombreux \u2014 il en existe méme au sein du parti du Dr Malan.Le probléme de la population de couleur noire, brimée par les deux camps, privée de tous droits politiques rend plus complexe la situation actuelle: celle-ci serait inévitablement la seule gagnante d'une période de troubles car alors, du fait de son écrasante supériorité numérique, elle pourrait jouer le rôle d\u2019arbitre en soutenant l'un des deux camps.Le docteur Malan le sait bien.Aussi est-il possible que le vieux leader nationaliste se décide à proposer un nouveau com- * gouvernement puisse rencontrer sur un pied d'égalité les délégués noirs de la Gold Coast, du Nigéria ,ayant les mémes pouvoirs que lui?Cet état de choses aurait sans aucun doute des répercussions d'ordre intérieur dans I'Union Sud-Africaine.D'autres oppositions se sont également manifestées: celle de la plupart des colons anglais de l'Afrique \u2018 Orientale britannique.Il faut avouer que ceux-ci ont à plusieurs reprises fait connaître leur opposition à l'égard de l'octroi du \u201cHome Rule\u201d lui-même, et donc que leur attitude n'a pas varié.Mais il est fort douteux que Londres ,dans le présent comme dans le passé, suive les conseils des colons du Kénya ou du Nyassaland.Par contre, des Etats, membres du Commonwealth et à population uniquement blanche comme le Canada, ou ceux qui, comme l'Inde, entretiennent des relations fort peu amicales avec l'Afrique du Sud, auraient soit désiré, soit cu le \u201cHome Rule\u201d, ce dernier ne laissé faire: pour eux, qui ont vé- peut être qu'une étape vers l'indépendance totale.Si, actuellement, l'octroi du statut de dominion ne semble pas être une chose possible, étant donné l'apposition de l\u2019Union Sud- Africaine, il n\u2019en est pas moins vrai que la Grande-Bretagne sera obligée d'ici quelques années de choisir.Ou bien, en continuant de refuser, elle perdra l'immense bénéfice moral qu\u2019elle a retiré par l'octroi \u201cHome Rule\u201d, avec danger de sécession de la part de ses anciennes colonies noires; ou bien, si elle accorde au Nigéria et à la Gold Coast ce statut tellement désiré, ce sera sans doute la fin du royaume de l\u2019Union Sud-Africaine, qui se séparera \u2018de la Couronne, J-C-B.LUAUTORITE, \u201c3 OCTOBRE: 1953 ions Raciale et République: les deux \u201catouts\u201d du Dr.Malan promis au parti unifié et qu\u2019il abandonne, de manière honorable, son projet concernant les métis du Cap.Sera-t-il suivi par son propre parti?Devant l'excitation actuelle des esprits en Afrique du Sud ulcérés de constater qu\u2019une autonomie complète a été accordée aux Noirs de la Gold Coast et du Nigéria et qui manifestent, d'autre part, une inquiétude croissante devant les émeutes au Nyassaland et au Kenya, il est permis d\u2019être quelgue peu sceptique.Jamais depuis la venue au pouvoir du Dr Malan la situation n\u2019a été aussi sérieuse.fi africains rattachés par un lien La Fédération centrale africaine qui vient d'être constituée se compose des deux Rhodésies (du nord et du sud) ainsi que du Nyassaland.Au départ, la Rhodésie était administrée par une compagnie a charte (comme la compagnie des Indes) qui possédait a la fois le monopole économique et politique du territoire.Ces trois pays furent, par la suite, intégrés avec l'Union sud- africaine dans l\u2019Afrigue australe britannique que l\u2019Union, par suite de son peuplement anglo- néerlandais, a été la première à quitter, afin d'obtenir une indé- La.lutte du Noir contre le Blanc est entrée + dans sa phase active en Afrique anglaise depuis plusieurs mois.L'arrestation récente des leaders Mau-Mau n'a mis qu'une fin reiative a l'insurrection qui ensanglantait le Kénya et, si l\u2019on en croit les observateurs compétents, il ne semble pas que, malgré la violence de sa répression, le Colonial Office soit parvenu a rétablir ce qu'il est convenu d'appeler le \u201ccalme\u201d mille Mau-Mau ou Kiyouyous suspects ont été exécutés par les forces policières britanniques et indigènes; le nombre des planteurs ou civils européens abattus par les émeutiers ñe dépasse pas mille.Entre-temps, dans tous les territoires .Près de vingt rique Anglaise |\" quelconque à pendance qui est aujourd'hui aussi complète que celle du Canada.Cependant, la partie sud de la Rhodésie, où les intérêts financiers et les chefs d'entreprise sont en majorité britanniques, devenait un Dominion tranquille, fidèle à la couronne, mais où se précise de plus en plus fréquemment un appel vers l\u2019Union sud- africaine.Dans cette attirance, les Blancs de Rhodésie du sud incluent la ségrégation raciale mise en vigueur par le gouvernement de M.Malan.Ce sentiment, en Rhodésie, est provoqué par la peur, ?_ \u2018la, Grande-Bretagne des manifestations se pour- sûivent, motivées dans la majorité des cas pir le même problème majeur: les mesures de ségrégation raciale.En Afrique anglaise commie dans presque toutes les régions du globe où la ségrégation est pratiquée, la minorité riche a peur \u2018de la majorité pauvre: tandis que les Noirs de la Côte de l\u2018Or et du Nigéria, maintenant forts de leur autonomie, se dressent contre le racisme, la crise- sud-africaine dégénère en catastrophe et fait réapparaître la vieille rivalité anglo-boer.Enfin, et c'est peut-être l\u2018exemple le plus caractéristique du facteur \u201cpsychologique\u201d, un nouvel état se crée contre la volonté des autochtones en Afrique centrale.non pas par la peur de la force mais la peur d\u2019être submergé.Quelques centaines de milliers de Blancs luttent en effet contre la marée noire, c\u2019est-à-dire contre des gens qu\u2019ils considèrent encore comme des barbares et que leurs parents regardaient comme des \u201cesclaves naturels\u201d, pour ne pas dire -plus.Ils soulignent que les manifestations.occidentales ont été apportées par eux et demeurent sous leur gande.Pour assurer cette défense de la \u201ccivilisation\u201d, ils n\u2019utilisent qu'un réflexe, la peur: la force et l'arbitraire.Les conclusions du Congrès international de Microbiologie: Grâce à l'ACTINOMYCINE du professeur Waksman, la médecine.se prépare à VAINCRE LE CANC \u2019 Rome, le 20 septembre Le Congrès International de Microbiologie, qui s'est tenu à Rome, sera peut-être retenu par l\u2019histoire comme une des plys grandes dates de l'humanité: le lundi 7 rpi 7 septembre, un homme qui s'élait déjà illustré par une des découvertes les plus capitalés du vingtième siècle, annonçait devant 2,000 savants représentdnt 40 nations que le cancer, la plus terrible tnaladie qui frappe l'homme, et dont les ravages croissent,chaque année, pourrait peut-être être vaincue car il avail découvert le principe d'un nouveau remède qui donnait déjà des résultats étonnants.Quand il descendit de la tribune où il venait de faire ce que le monde scientifique appelle simplement une \u201ccommunication\u201d, une ovation immense accueillit Selman Waksman, professeur à l\u2019université de Turgens, Prix Nobel.Waksman est un homme de 65 ans, de taille moyenne, au front assez largement dégarni de ses cheveux blancs aui contrastent curieusement avec une grosse Un reportage d\u2019André Clot moustache encore presque noire.Né en Russie d\u2019origine israélite, il arriva aux Etats-Unis en 1911 et après des débuts difficiles commença ses études à l'université de Tungens.H obtint son doctorat en 1917 rpt 1917, el entra comme membre du corps enseignant à la même université, dans la section d'agriculture expérimentale, sous la direction du professeur Lipman.Il s\u2019oceupa, dès ce moment là, des microbes du sol et de leur action sur le sol lui-même, pendant de longues années il ne fut qu\u2019un de ces nombreux hommes de science dont les noms ne sont connus que d'un nombre très restreint de spécialistes.I] paraît même qu\u2019en 1939 certains dirigeants de l\u2019université trouvaient ses (ravaux \"sans grand intérêt: 3 ans plus tard Waksman découvrait un antibiotique, après 3 autres années encore il en découvrit un autre \u2014 la Streptomycine \u2014 qui devait contribuer dans les proportions que l\u2019on connaît à juguler la tuberculose.En 1952 il était prix Nobel.Demain il sera peut- Waksman s'était intéressé au pro- être celui qui a vaincu le cancer, (Dès 1917 rpt 1917 en effet blèmes posés par les aclynomi- cêtes, micro-organismes isolés jl y a une soixantaine d'années et sur la structure desquels les savants ne sont, pas d'accord car on ne sait pas s\u2019il s\u2019agit de bactéries \u2014 conps unicellulaires \u2014 ou de champignons \u2014 corps pluricellulaires \u2014 comme la pénicilline.Tout en poursuivant ses travaux relatifs aux microbes du sol, Waksman continua pendant des années à s\u2019y intéresser et dès 1940, il parvint à isoler un antibiotique auquel il donna le nom d\u2019\u201cactinomycine\u201d.Mais les premières expériences qu'il dit sur des cobayes démontrèrent son extrême Loxicité, sur la rate en particulier, qui en.rendait l'emploi absolument impossible.Il l\u2019écarta donc, d\u2019autant plus qu\u2019il conduisait alors ses recherches sur la streptomycine, antibiotique qui appartient à la même famille des actinomycétes, et qu'il devait découvrir deux années plus tard, plus de 100 composés et préparations devaient d\u2019ailleurs, à cette époque, être, isolés Outre la thérapeutique médicamenteuse, de nembreux moyens scientifiques sont à la disposition des médecins qui luttent contre le cancer.On reconnaîtra ici la bombe au cobalt canadienne dont les résultats se sont avérés si satisfaisants \u2018que la plupart des grandes institutions médicales ont décidé d'en faire l\u2018essai.Sans, pour l'instant, fournir une guérison absolue, l'acti- nomycine et le Cobalt 60 n'en contribuent pas moins à effacer graduetlement l\u2018'auréole fatale dom s'accompagnait le cancer.La bombe au cobalt est une réalisafion des laboratoires nuclésires de Chalk-River, Ontario- R à partir des actinomycètes, sur lesquels une douzaine allaient trouver une application pratique dans le traitement des maladies infectieuses de l'homme et des animaux.Occupé ailleurs et peu encouragé à travailler sur un produit aussi toxique, Waksman remit le résultat de ses études à des groupes de savants américains, allemands, scandinaves, les uns et les autres poursuivirent les recherches commencées par Waksman, surtout dans le but d'éliminer la toxicité de cet antibiotique.Un savant allemand, le doc- tour Christian Hackmann, qui travaille aux laboratoires Bayer, y parvint il y a quelques années 2t en fit un médicament pouvant être utilisé dans la thérapeutique les médecins qui déterminê- rent l'action de l'actinomycine sont exttrêmement discrets sur les études et les observations auxquelles ils se livrérent.On sait seulement \u2014 le professeur Waksman l\u2019a lui-même déclaré \u2014 que l'utilisation de l'actinomyezi- ne se fit d\u2019abord à faibles doses, puis, lorsqu'on lui enleva une partie de sa toxicité, on augmen- tat jusqu\u2019à 10 fois la dose initia- ie.Après l\u2019avoir expérimenté sur des animaux on commença à traiter des cancéreux, il y a un an environ, 160 personnes reçurent des doses diverses: les résultats furent presque toujours positifs, surtout dâns les cas de tumeurs malignes du système lymphatique, le professeur Waksman, prudent comme tous les savants, surtout lorsqu'il s\u2019agit du cancer, veut attendre encore avant d'affirmer que la redotitable \u2018ftath- \u2018die est définitivemerit vaincue.11 se contente de dire Yife les Tésultats sont encourägeants et qu\u2019ils justifient de bons espoirs, ce qui dans la bouche d'un homme comme lui, sufifit à donner à l'humanité des raisons de croire que, comme la rage et la tuberculose, le terrible fléau va bientôt \u2018commencer a reculer.Au cours d'une conversation avec un journaliste, le professeur Waksman lui \u2018dit: Les \u2018expériences récentes avec l'actinomycine ont prouvé que npus devons té- examiner les antibiôtiques \u201cque nous avons écarté dans le passé et faire de nouvelles expériences avec eux afin de voir.s'ils, peuvent être utilisés pour :.combattre d\u2019autres maladies.| * ' Il va certainement \u2018maintenant se méttre à \u2018cette tâche qui \u2018ouvre des perspectives \u2018ehcofe Plus grandes à la biologie \u2018et à la médecine car il est maintenant; démontré que le domaine des anti- bidtiqués est pratiquement sans limite, } ' RE \u201cRAGE :C ATRE : ° a É : .L\u2019'AUTORIT ; ; | Ç Le plus vieil hebdomadaire de langue française de Montréal.Bureaux à Chambre 524, Edifice Canada Cement, Montréal.(20); tél.: Lancaster 8592.Imprimé à St-Hyacinthe \u2026 par, l\u2018imprimerie Yemaska.Autorisé comme envoi postal de deuxième classe, Ministère : des Postes, Ottawa.oo or 17 , Directeur: Gérard Gingras.Lo Secrétaire de la rédaction: Jean Vincent.1.Abonnement annuel: $4.00 payable d'avance par mandat-poste ou -par chèque encaissable au pair à Montréal.H \u201cMais que décidera M.Duplessis.La prochaine session provinciale verra le retour à Québec des chiropraticiens, qui cherchent à faire légaliser par la: Législature ce qu\u2019ils appellent un \u201cart\u201d mais que bien des médecins considèrent une.fumisterie.C'est d'ailleurs une vieille habitude des chiros d'aller, chaque année, plaider leur cause devant le Comité des bills privés.* \u2026 Cette année, cependant, ils répondront à une invitation spéciale du premier ministre qui, lors dé la dernière session, a dit au chiros: \u201cRevenez l'an prochain et l\u2019on verra ce que l\u2019on peut faire pour vous\u201d.Et si l'on en croit certains journaux, M.Duplessis a \u2018toujours regardé dun oeil complaisant les redresseurs de torts et de déviations (de la colonne vertébrale)\u201d.L'un d'entre eux est allé même plus loin.Il affirme qu\u2019un gouvernement démocratique (!) comme celui de M.Duplessis ne peut rester indifférent à la montée du coût de la vie en général et à celle des soins médicaux en particulier.Or, toujours d\u2019après le même journal, si la chiropratique \u201cne guérit d'une façon certaine que les maladies imaginaires\u201d, elle occasionne par contre des dépenses beaucoup moins conséquentes que la médecine ou la chirurgie.Et le journal ajoute, le plus sérieusement du monde: \u2018\u2019Bien entendu, seules des considérations de cet ordre motivent |\u2018attitude du premier ministre qui, de l'avis des gens bien informés, ne tient aucun compte du fait que deux de ses neveux \u2014 MM.Bellavance et Laquaire \u2014 sont \u2018établis (ou l\u2018étalent du moins, il y a deux ans) chiropraticiens \u2018dans les environs de Trois- Rivières, On comprend d'autant mieux ce désintéressement que, quand il est malade, M.Duplessis, lui, va voir son médecin\u201d.© Les chiros retourneront donc à Québec.Mais le Collège des Médecins les y aura précédés, non pas pour préparer le terrain mais bien pour informer M.Duplessis qu'il ne peut et ne veut, en aucune manière, collaborer à la préparation et à la rédaction d'un bill légalisant la chiropra- tique.\u2018 D'après le docteur Roméo Boucher, directeur de .\u201cL'Information Médicale\u201d, il faut féliciter le Collège \u2018de son attitude, digne en tous points .de celle que nous devons avoir\u201d.Car alors qu'on parlait déjà d'une collaboration sous-entendue entre médecins et chiros, le Collège a avisé tous ses membres de sa non-participation et a fait La lutte qui +, .C'est dans six semaines que s'ouvrira à Québec la deuxième session de la 24e Législature.S'il faut en croire le premier ministre, les Chambres n'auront pas beaucoup le temps de chômer; le gouvernement a plusieurs important, projets de loi à soumettre à la députation et d'ores et déjà, on peut s'attendre que quelques- Uns d'entre eux provoqueront de vives discussions.La présence à Québec du chef de l\u2019'Opposition libérale, M.Lapalme, ne facilitera pas la tâche du gouvernement duplessiste, qui ne pourra plus faire voter ses lois à la vapeur.\u201c-Du moins, pas celle que vient d'annoncer M.Duplessis.Ce dernier, à une récente conférence de presse, a dit que son gouvernement étu- .diera un amendement à la loi électorale afin de prévenir les confusions entre candidats portant le même nom de famille.D'après Une suggestion qui lui aurait été faite (I), M.Duplessis proposerait qu'on place en tête du bulletin de vote le nom du candidat du gouvernement; en second lieu, celui du candidat de l'Opposition officielle; les autres, par ordre alphabétique.tenir au gouvernement une motion établissant d'une façon non équivoque de la position qu\u2018entend maintenir la médecine vis-à-vis la chiropra- tique.\u201cPar cette protestation officielle, écrit le Dr Boucher, la situation se détend, se précise et se clarifie aux yeux de tous les médecins: aucun des quatre mille trois cent qui exercent dans celte province n\u2018approuve ou n\u2018approuvera un projet de loi tendant à donner de la bride aux charlatans, quels qu'ils soient.Que les gouvernants passent outre s'\u2018ils le veulent.Ils ne feront croire à personne que les intérêts qu\u2019ils vont ainsi favoriser seront ceux de la santé du peuple\u201d.Il ajoute, non sans raison: \u201cChacun devrait prendre en main la défense de sa profession.Tout rnédecin se doit de protester ouvertement et officiellement autour de lui, auprès du maire el des échevins, de son curé, de son évêque.De ses malades surtout, qui sont ses meilleurs amis, malgré ce qu'on en pense.\u201cToute société médicale, spécialisée ou non, devrait protester fermement auprès de l\u2019Honorable Premier Ministre de la province, du chef de l'Opposition, des honorables ministres et conseillers législatifs, et copie de sa résolution envoyée au Collège afin qu\u2019il la fasse tenir, avec commentaires, à fous les journaux locaux ou non.- \u201cC'est la seule façon de soulever l'opinion contre une mesure qui va à l'encontre du bon sens et du progrès scientifique.Allons-nous re- fourner à l\u2019époque nébuleuse et ignorante du Moyen-Age?\" Il y a déjà quelques semaines, nous avons cité ici même de nombreux témoignages \u2014 dont le rapport majoritaire de la Commission Marier \u2014 qui démontrent que les chiropraticiens ont entièrement failli dans leur tâche d'établir que leur théorie repose sur un fondement scientifique.Ce qui, à notre avis, justifierait le rejet définitif de la chiropratique.Mais aujourd'hui comme hier, nous devons admettre que \u201cdans notre province, malheureusement, tout n\u2019est pas que logique et il y a parfois des intérêts particuliers qui priment la santé et le bien-étre du peuple\u201d.La prochaine session nous dira ce que le gouvernement juge être l'intérêt de la population.commence L'opposition libérale, M.Lapalme en téte, aura sûrement bien des choses à dire au sujet de cet amendement.Car d'avance, on peut facilement s'imaginer quel avantage le candidat ministériel retirerait d'un tel état de chose.Par exemple: \u201cVotez pour le premier candidat, celui de l'Union nationale!\u201d Mais la loi électorale, c'est le Bill 34.Celuilà même avec lequel M.Duplessis espérait battre M.Lapalme dans Outremont.Il n'a pas réussi, mais la disposition qui laisse au seul parti ministériel le droit de nommer les énuméra- teurs dan sles circonscriptions urbaines demeure un puissant atout électoral que l'Union nationale ne semble pas vouloir abandonner.D'ailleurs, M.Duplessis a pris bien soin de n'en souffler mot en annonçant l'amendement proposé.Il n'est pas dit, cependant, que I'Opposition libérale sera aussi discrète.Il est même à souhaiter qu'elle commencera dès la session qui vient la lutte promise pour I'abolition du Bill 34.° En attendant la pendaison de Mossadeigh l'Anglo-lranian stabilise ses actions Les saisiesants événements poli- jouit & l'heure actuelie.La \u2018crise\u2019 perte sans crise financière sensi- tiques \u2018qui ont eu, la semaine dernière, la capitale iranienne pour théâtre, ont fait se poser, de toutes parts, la question de savoir s'ils pouvaient amener, à court ou long délai, un changement important dans la ' situation respective de l'Iran et de -l'Angleterre, telle qu'elle avait été:créée par le conflit ouvert lors de: l'éviction de l'Anglo Iranian Oil Company -(A.1.O.C.) de ses concessions.et installations persanes par le: gouvernement de Mossadegh.\u2019 première réaction boursière causée par les événements à évidemment amené une certaine hausse des actions de I\"ALO.C.et de ses filiales.Cependant, les milieux informés n'ont pas été surpris de trouver cette incidence assez limitée, dans Je temps comme dans l'importance.ils n'ont eu qu'à se rappeler que la baisse des actions intéressées lors de l'ouverture du conflit.avait été également limitée, et à reporter cette limitation à ses Vraies causes: l'importance des masses:de manoeuvre en capitaux pouvant être .actionnés dans un sens \u2018ou dans l'autre par la Société elle: même \u2018du\u2019éait des énormes intérêts mondieux et des énormes réserves .dont elle dispose.|.Le monde, et même l'Anglo-lra- , \u201cmlan,- ont.appris \u201cà se passer du ant du pétrole iranien est survenue au moment où se développait considérablement la production d\u2019autres bassins | pétrolifères notamment ceux de l'Amérique du Sud et de l'Arabie Séoudite.Certes, ai unc circonstance telle que la guerre (tout au moins ainsi qu'on la concevait entre 1940 et 1945) était survenue vers cette époque-là, ia géne du monde eit été sans doute bien plus accentuée (et eût amené à elle seule d'autres interventions politiques vis-à-vis de l'Iran).mais ce n'était pas le cas, ct même pour les stockages auxquels donnait lieu l\u2019action occidentale de réarmement on n'eut pas de véritable souci.Le seul problème sérieux qui parut se poser pour l'Occident ce fut de se demander si\u2018 le\u2018 pétrole iranien.détourné de ses anciens débouchés, n'irait pas, par une voie ou par une autre, vers les pays com- muniites, et il apparut bientôt que- surtout faute de fret utilisable, cette issue ne se produirait pas, au moins de façon sensible.Mais la Compagnie Anglo-Iranian, elle-même, apprit à se passer de ses ressources iratiennes.Non qu'elle ait jugé négligeables les intérêts que l'action de Mossadegh lui fit perdre, et notamment ceux qui étaient investis dans son immense raffinerie d'Abadan, mais la masse de ses intérêts dans le monde, soit par des exploitations directes soit par des filiales, lui permit de subir .cette © VAUR, ble.Un long délai inévitable avant toute issue nouvelle Aujourd'hui toutefois on est fondé à ae demander si le nouveau pouvoir iranien se montrera mieux disposé à l'égard des anciens intérêts britanniques et mondiaux attachés à la question du pétrole.Comme beaucoup d'autres épisodes de la politique mondiale (guerres, grèves, crimes, révolutions, etc.) on eat fondé à penser que celui qui vient de se passer en Iran n'est pas tout- a-fait indépendant de la monumentale \u2018\u2019question du pétrole\u201d qui.depuis Drake et Rockefeller, a mené tant de choses dans le monde.On peut donc penser également que les intérêts solidaires de l'A.l.O.C.escomptent dans une certaine mesure les faits et leurs suites.Il apparaît toutefois que toute négociation nouvelle, en admettant que le Chah et le nouveau gouvor- nement de Téhéran soient disposés à la voir s'ouvrir, ne pourrait aboutir à un résultat appréciable avant de longs mois.Sans doute d\u2019ailleurs, pour le moment, les nouveaux mai- tres de l'Iran auront-ils .\u2018\u2019d\u2019autres chiens à fouetter\u201d, ne fût-ce que pour confirmer leur pouvoir contre toute menace.Le succès même de cette négociation éventuelle ne ferait, qu'ouvrit uMe période difficile de tra- laquelle serait \u2018nécessaire (suite en page 5) L'AUTORITÉ, 3 OCTOBRE 1953 © LA BOITE AUX LETTRES Une mise au: point Ottawa, le 25 septembre, 1953.Monsieur le Directeur, Sachant que votre journal vien d'être entièrement réformé et qu\u2019il est maintenant dirigé par une nouvelle équipe de journalistes de valeur, je me permets d'attirer votre attention sur un passage d'un article publié en juillet dernier par \u201cLe Haut-Parleur\u201d, lequel laisse croire à un jugement sur mon pays que je crois sincèrement ne pas être dans l'intention de votre rédacteur.Le 25 juillet, le journal a publié un article d'une série à propos de l'enquête de l'UNESCO sur les moyens d'information dans les divers pays.Le simple fait, résultant de l'ordre alphabétique, a joint dans un même article le résumé de l'enquête sur le Portuga) et la Roumanie.Jétunt donné Ja différence d'orientation politique profonde existant entre les deux pays et, peut-être, pour donner aux Jlecteurs tune vision nette de cetle différence, le rédacteur s'est référé, dans le préambule, uu Portu- Eal comme à un pays fasciste.loin de noi, l'intention de nier à chacun le droit d\u2019avoir ses propres jugements sur les phé- nomenes historiques ou politiques qu\u2019il observe.Néanmoins, je suis convaincu que la référence au fascisme a élé seulement une manière de créer un contrasme avec Je régime d\u2019escluvagge communiste qui actuellement domine la Roumanie.J'aimerais beaucoup avoir l'occasion de bhavarder avec vous sur ce sujet du régime politique portugais, mais tant que je n\u2019en ai pas l\u2019occasion, je me permets de vous exposer un résumé de l'évolution politique des dernières années qui pourra, peut-être, être utile à vos services s\u2019occupant de politique extérieure.En 1926, un mouvement militaire a instauré au Portugal un régime autoritaire qui depuis lors a donné lieu à une république de base corporative.La corporation, ou agglomération de personnes pratiquant une même profession, est une institution traditionnelle au Portugal qui date de l'époque la plus lointaine de la monarchie.Par ce fait, elle a été choisie comme base de système politique.Actuellement, la famille et la corporation sont les deux, cellules primaires sur lesquelles repose le régime.Le .gouvernement autoritaire de 1926 s'est bientôt transformé dans un régime représentatif du type ¢ traditionnel où toutes les forces vives de la nation étaient représentées et où tous des citoyens avaient des droits et des obligations civiques égaux.> Depuis lors, le gouvernement, ayant rétabli l'ordre politique et économique, a réalisé une oeuvre immense qui est journellement constatée par tous les visiteurs qui vont au Portugal et qui y trouvent une ambiance accueillante, pacifique, et une prospérité qui, quelques années avant ,n\u2019aurait pas pu être considérée comme possible, étant donné les ressources forcément limitées du pays.Même dans ces conditions, je ne crois pas que le régi-! me autoritaire est pu être identifié avec le fascisme dans ce que ce terme suggère de violence et d'oppression puisque les autorités portugaises n'ont jamais employé des moyens violents et que la ré- - vekition politique et sociale s'est opérée dans la paix sans d'aucune façon offenser les conceptions fondamentales de la société moderne soit liberté de pensée, droit civique, propriété et entreprise privées.Le fait, que\u2019le parti communiste ait été mis hors la loi, ne peut pas aujourd'hui étre considéré, je crois, comme une offense à la démocratie, étant donné que le communisme est la plus dure de toutes les dictatures et n\u2019a rien de commun avec les pays libres.Plusieurs pays qui ont toujours suivi les principes démocratiques ont du reste adopté plus récemment Une pareille attitude envers les partis communistes sans que pour cela ils puissent être accusés de fascisme, ce qui paraît prouver que l'attitude adoptée par le Gouvernement por- trigais À ce sujet n'a fait qu\u2019anticiper la tendance qui se dessine aujourd'hui dans toute la communauté libre des pays occidentaux.Je me permets de vous envoyer quelques petites publications qui pourront peut-être documenter vos services sur l'orientation et les réalisations de mon gouvernement.Je vous remercie du bon accueil que vous donnerez à ma lettre et je suis sûr que vous accepterez l'esprit dans lequel je l'ai écrite avec le seul objectif de documenter vos services de façon À ce que vous puissiez former votre jugement sur le Portugal d\u2019au- jourd'hui.Veuillez agréer, Monsieur le Directeur, l'expression de ma considération la plus distinguée.; G@ Caldina Curtho Chargé d'affaires du Portugal.Internationalisme et Universal.Par PAUL DUMONT-FRENETTE ' Devrions nous dire universalisme, en donnant à oe terme, qui sert d'étiquette, déjà, à deux régi- - mes de pensée, un sens nouveau, plus ample, plus .Universel?Je ne vois pas d'autre vocable pour exprimer cette tendance au rapprochement, qui s'est manifestte tout au cours de l\u2019évolution de notre humanité.Tendance qui est constamment aux prises avec la propension égocentrique des humains et qui, à cause de cela, demeure suuvent inapparente pour celui qui étudie l'histoire en verticale, pour celui surtout qui s'arrête à la première apparence des grandes formations d'Etats et ne se: dégage pas de l'impression créée par les remous de l'époque 1450-1550.Si l\u2019on ne dépasse pas en esprit cette conjoncture historique, si on avance par les yeux dans les siècles qui suivent, en regardant les événements avec un esprit toujours informé par Jes caractéristiques de cette époque périmée, on ne peut saisir le mouvement d'ensemble qui porte les sociétés humains à se fusionner.L'histoire, vue au millénaire, établit l'extension à peu près constante des frontières.On y rencontre sans doute la concrétisation des deux tendances qui sont dans l'homme: sun égoïsme accapareur, et son instinct, gréguire qui le pousse à l\u2019association.Ia multiplicité croissante des frontières, qui semblent créer des cloisons étanches entre les nations, n'est contradictoire qu\u2019en apparence à lu tendance au groupement Universel.Un peu comme dans une symphonie on Lrouve de ces projections du thème irformant qui donnent l\u2019impression de morceaux autonomes mais se résorbent magnifiquement duns le finale, où l'on retrouve, intégrale, d'unité du thème.; Comme il fallait s\u2019y attendre les premières civilisations illustrent beaucoup plus la première que la deuxième de ces deux tendances.En ces temps antiques, où les civilisations offrent à l\u2019étude de l'historien un mouvement de l\u2019ouest vers l\u2019est, on trouve des puys dont les chefs subissent beaucoup plus l'impulsion d'accaparement qu'ils ne sont conscients de l'instinct qui pousse à rencontrer les voisins, à établir avec eux des liaisons.Ainsi l\u2019Egypte des Pharaons prospéra sous l'emblème de ce que j'appellerais un inclusivisme égocentrique.Le peuple des trirèmes cherchait dans ses incursions sur le littoral méditerranéen à déceler les richesses et les faire refluer vers le Nil.Les Préniciens eux se caractérisaient par leur exclusivisme égoïsme: ils n'ont pas d'empire ils se limitent à gorger de richesses leur deux cités millionnaires de Tyr et de Sidon.L'empire Assyro-Chaldéen n\u2019avait aucune tendance à dépasser les rives du Tigre et de l'Euphrate.Il fallut que l'esprit chicanier des Juifs poussât à bout le grand monarque de Babylone pour celui-ci se donnât la peine d'amener en esclavage un peuple qui l'ennuyait, à la limite de ses frontières.La Perse cependant, laisse poindre la lutte entre les deux tendances centralisatrice et universaliste.Mais l'expression militariste de celles-ci empêche leur plein épanouissement.\u2019 Oubliant l\u2019épique mais vaine chevauchée d'Alexandre le Grand, nous revenons définitivement vers l\u2019ouest pour y voir les premières manifestations d'universalisme.L'empire Romain, en ffet, aux yeux des contemporains, était un fait d'absorption des nations âlors dignes de mention.Mais l'universalisme de cet empire n\u2019était que factice.C\u2019était une ébauche, avec des moyens de fortune, de ce que parachèveront dans l'avenir, les hommes en possession de tous leurs moyens el conscients de l'inanité de leurs conflits.L'empire s'écroula .C'est alors que i\u2018Æglise ct san mission d'universalité selon un principe interne, contribua, durant la réfection du monde occidental, à rapprocher petit à petit les humains.Nous savons que les invasions barbares à la chute de l'empire Romain marquaient un recul dans l\u2019actualisation de la tendance des hommes à se rapprocher.Mais il n\u2019y a là qu\u2019une étape à constater, dans la lente évolution de l'humanité en Malgré / 0 Nn Umarche.Et quand on considére au début des temps modernes que l'unité des pouvoirs et l'unification des royaumes semblent marquer une individualité plus grande des groupements humains, ce serait un leurre de croire que cette réalisation est à l'encontre de la tendance à l\u2019universalisme.Il fallait que chacune des nations prit d\u2019abord conscience de son entité propre pour en arriver à se présenter à sa voisine et s\u2019en faire reconnaître.Mais déjà, À la clôture du Moyen-Age, se constatait un esprit d\u2019élargissement qui poussait à se rencontrer des hommes qui avaient vécu, jusque là, enfermés dans leurs donjons.En dépit des guerres qui opposeront désormais les nations bien constituées, 11 y aura toujours ce jeu de rencontre qui prévaudra durant les Trèves.Au milieu du siècle dernier, le grand événement de l'ouvertyre des portes orientales au monde européen marque une nouvelle étape de la tendance à l\u2019universalisme.C\u2019est à partir de ce mo- .ment que nous serons témoins enEuroge, des efforts multiples en vue de réunir des nations selon les sympathies du moment.Nous connaîtrons ainsi la Triple Entente, la Triple Alliance.Et le fait que l\u2019intérêt était à la base de ces réunions temporaires n'infirme pas l'affirmation d'une tendance grégaire, méme si les manifestations en sont encore pleines de contradictions, de dons et de reprises.C'est alors que s'accomplissent de grands pas vers ce que j'ai appelé l\u2019universalisme.Çîi .Les conférences de La Haye posent des jalona déjà marquants.La Société des Nations, plus tard, servira d'emblème à la progression déjà évidente.L'ONU marque actuellement une autre importante étupe dans la marche des peuples vers une entente universelle.Si, imbu toujours de cette déformation acquise à l'étude de l'établissement des nations au début des lemps modernes, si, frappé uniquement par le fait des guerres multiples, l'esprit s\u2019obstine à ne pas voir cet acheminement, lent mais réel, vers un rapprochement de tous les hommes, c'est que ce même esprit est difficilement capable de se libérer de l'immédiat pour porter sa considération à une échelle de portée beaucoup plus longue.Tant que l'on jugera de la possibilité d'une congrégation de tous les hommes en terme d\u2019internationalisme on ne pourra pas l\u2019admettre.Ces termes, comme, d'ailleurs, le thèmé de _ l'Internationale, sont fautifs.Ils représentent une iusion de nations qui implique contradiction.Le vocable de nation fait appel en effet à un attachement, à des limites, à un esprit, à des moeurs, à des intérêts particuliers.Quand on parle d'intérêt on sent que les groupements ne consentiront i abandonner rien de ce gui les fait tels.Il peut y avoir entente entre nations mais la fusion est impossible.Mais l'histoire vue à la mesure des millénaires \u2014 et non des siècles \u2014 nous laisse percevoir une évolution dont l'aboutissement me \u2018semble bien inéluctable.Et je comprends la position de ce grand écrivain français André Maurois dans sa confession si sincère, sous la rubrique \u201cCE QUE JE CROIS\": \u201cLe gouvernement de la planète entière n\u2019est plus un rêve d'illuminé; il deviendra demain, si la catastrophe est évitée, et même si .elle ne l'est pas, une réalité.\u201d I] peut paraître utopique d'annoncer l'unification des groupements humains sous l'enseigne de l\u2019universalisme alors qu'actuellement se dressent l'une contre l'autre deux idéologies, presque deux parties du monde, servies toutes deux par des instruments dont l'utilisation pourrait entraîner.\u201cla pire des catastrophes.Mais ne voit-on pas que justement, par un phénomène de réduction assez manifeste, la tendance à l\u2019universalisation est hänal- capée actuellement par l'opposition de seulement deux facteurs, alors qu'auparavant les facteurs se comptaient par centaines.II y aurait peut-être \u2018de I'éparpillement mais ce recul, comme ceux connus dans le passé, ne pourra pas empêcher la marche en avant d\u2019une humanité qui désire la perfection de son unité spécifique partagée également et harmonieusement par tous ses membres.QE \u2014 Retour à la diplomatie secrète En quelques années, les métho- progressivement aux concessions raient en marge de leur publicité.des de la diplomatie se sont profondément transformées.C'est la conséquence des révolutions survenues dans le domaine des communications et dans celui des radiocommunications, supprimant à la fois la distance et la durée, c'est aussi la conséquence de la préminence accordée à la propagande, comme facteur d'aggravation ou de règlement des litiges.Si les plus célèbres diplomates de l'histoire ressuscitaient, ils seraient effarés du spectacle, qui s\u2019offriraient à eux.Sans doute auraient- ils sursauté \u2014 déjà, pendant la première guerre mondiale, en entendant le Président Wilson, dans de nombreux messages, exiger la substitution de la diplomatie publique à la diplomatie secrète.Mais aujourd'hui, ils feraient plus que sursauter; ils iraient peut- être jusqu'à a\u2019indigner en constatant comment l'\u2018\u2019idéal wilsonien\u201d a été travesti et combien peu les progrès matériels sont mis au service de la paix.L'utilisation des techniques nouvelles, en facilitant le recours à la méthode des conférences spectaculaires, en poussant aux prises de position précipitées, aux décisions instantanées, à la communication aux masses d'opinions improvisées dont les auteurs mêmes deviennent les prisonniers ne permet guère ces tranquilles confrontations d'intérêts et de conceptions qui aboutissent mutuelles salutaires.Au contraire, tout ce nouve) appareil et ce qui ,en découle obligent aux attitudes véhémentes, aux exigences croissantes, et aboutissent aux dialogues de sourds si préjudiciables à l'\u2019apaisement des esprits et en fin de compte, à la paix.| Il n\u2019est pas exclu de songer à un redressement de ces méthodes, et contrairement aux apparences, c'est sans doute dans le cadre même de l'Organisation des Nations Unies, que ce redressement pourrait intervenir.\u2014 Comment, dira-t-on: aux Nations Unies?Mais c\u2019est justement là où tout est spectacle public et où les propagandes adverses se déchaînent face aux opinions publiques alertées et attentives.Sans doute, les Nations Unies sont-elles apparues, lors de leur création, comme l'institution de la \u2018\u2019diplomatie publique\u201d, contrepartie des - négociations internationales de type traditionnel, et scène aur laquelle les hommes d'Etat parai- traient souvent à la place des diplomates.Or, depuis 1946, et surtout depuis le déchainement de la \u201cguerre froide\u201d, les \u2018\u2018négociations internationales de type traditionnel\u2019 sont remplacéer par des rencontres ét conversations dans le désordre de la place publique.Les Nations Unies ne sont plus un contrepoida à des délibérations qui es déroule- Ne pourraient-elles pas alors retrouver leur mission d'équilibre, en se mettant à la disposition des \u2018\u2019sages\u201d qui souhaiteraient des prises de contact, des confrontations de vues dans le calme \u2018et la discrétion?Rien ne s'oppose à de telles tentatives.Déjà, lors de l'Assemblée DES Nations Unies à Paris, son Président M.Padilla Nervo, avait pris l'initiative de réunions privées dont le résultat non négligeable avait été une amorce de discussions sur le\" problème du désarmement.Le nouveau Secrétaire Général des Nations Unies, qui: a pleinement conscience de +es.responéabi- lités -corgme il a\u201cle\u2018\u2018sens de l'impartialité qui doit s'attacher: a toute son action, vient trés opportunément de rappeler que si les désaccords qui divisent lé monde .\u201csein- blent souvent irréductibles\u2019.- \u201cil naît constamment de nouvelles.possibilités\u201d.Et comme M.Hammarskjold n'abandonne pas l'espoir.d'a: boutir & une solution des Froblèmes en suspens, ils propose aux \u2018memi- bres des Nations Unies, le recours a une méthode de discussion qu'il juge efficace, car elle utilise:~au mieux les \u2018immenses possibilités\" des Nations Unies.Cette: méthode repose sur \u2018\u2019la combinaison des dé: bats publics d'une part et de négociations et de médiatiors privées de l'autre\u201d.- .Wen de Jacques KAYSER Des serpents de mer et des Soviets par Noël Pérusse \u2018Avant la dernière guerre mon- disle, quand \u2018les nouvelles se fui- saient rares, les journaux avaient recours, pour combler les vides autour des placarts publicitaires, a des histoires de serpents de mer.Aujourd'hui, on utilise les Soviets aux mêmes fins.Pendant le conflit, les U-boats allemands ont fait oublier les monstres marins.Avec les transports alliés, ils ont envoyé par le fond de l'Atlantique tous les serpents \u2018de mer de la terre.Les pêcheurs les Plus superstitieux n'avaient plus d'yeux, en ce temps-là, que pour le périscope implacable et la croix sèmmée.Les journalistes n'ont jamais pu ressusciter la légende si comimode aux moments où l'actualité se fait à ce point mesquine qu'on a l'impression que la terre a cessé de fourner.Fait assez significatif, l'agence d'informution Canadian Press à fait un louable effort en ce sens à j'époque de lu signature de l'armistice coréen.Prévoyant vraisemblu- blement une disette de nouvelles, l'organisme coopératif a alors chargé l'un de ses rédacteurs d'effectuer à tout hasard une revue sur le front des serpents de mer.Le Pauvre journaliste a réussi à réunir une \u2018petite collection de monstres, Qui pourront être repêchés un à un selon les besoins de l'heure.Mais, si les légendes ont la vie dure, elles ont également Ja mort résolue, et il est fort à craindre que celle des serpents de mer soit à jamais perdue pour la presse occidentale.\u2018Autrement riche, et susceptible des exploitations les plus variées, est aujourd'hui la veine soviétique et, plus généralement, communiste.On peut dire que les Soviets sont en quelque sorte les serpents de mer de la guerre froide.Quand il ne se passe rien en Corée ni en Allemagne orientale, quand les questions les plus importantes ont été rayées de l'ordre-du- jour des Nations Unies, une fois le Tapport Kinsey connu de tous et la monarchie britannique usée jusqu'à la corde, nos agences d'information plongent courageusement dans le grand vivier communiste.pour en sortir un monstre capable d'échauffer pour un temps l'imagination de leurs lecteurs.\"L'affaire Béria, à ce titre, était en or.Comme serpent de mer idéologique & jeter en piture a la clien- téle, il ne s'est jamais rien fait de mieux depuis l'autre Géorgien, celui qui est mort dans son lit.Où est l'ancien chef du N.K.V.D.?c'est là -une question bien légitinie.Réfugié dans un pays de l'ouest, dit le sénateur McCarthy.Parachuté en Espagne, précise un journal monarchis- En attendant la.a + (nite de la page 4).avant \u201cde\u201d remettre en marche les inataflations délicates des champs d'extraction et des raffineries d'Abadan.oe on \u201cn'aurait \u2018donc.à prévoir, dans la.\u2018meilleure hypothèse\u201d pour les intérêts - ên' cause, qu'uné réadaptation .progressive du marché mondial - du: pétrole à la nouvelle consommation du pétrole iranien.Aucune.surproduction, en tous cas, ne peut être redoutée car, d'année en année; la \u2018soif de pétrole\u201d du monde d'accroît d'au moins 8 à 10% par an.ll faut compter aussi que la consommation chimique du pétrole *s\u2019ätcroit\u2019 dans un rythme encore plus rapide, ce qui ouvre des horizons sans cesse plus étendus.\u2018Une seule répercussion d'un autre caractère pourrait être attendue: celle qui pourrait momentanément s'exercer, sur l'activité ou le développement des raffineries en construction partout dans le monde.Encore ne s'agirait-il certainement que d'un effet momentané qui serait vite neutralisé par les nou- vesux développements des besoina?Jean PUPIER rend 6 HALIFAX MONCTON - SYDNEY Service quotidien.Train composé uniquement de wogont-lits: wegens-chambrettes duplex, \u201csolons\u201d, comportiments, chom- bres, lits.Wagon-salen-buflet, wagon-restauront.CANADIEN NATIONAL | te.Qu\u2019en pensent les experts?Monsieur Igor Gouzenko estime une évasion possible,\u2018 bien qu'extrêmement difficile.On me peut échapper aux geoliers soviétiques, déclare en substance l'oracle de la Gendarmerie royale, que si l'on n\u2019a pas encore été fait prisonnier.Voilà bien comment s'expriment les prophètes et les voyants.Abstraction faite des inévitables interviews avec monsieur Gouzen- .ko, les journalistes canudiens manquent terriblemént d'imagination quand il leur arrive de travailler à l'échelle internationale, Moi, si j'étais à l'emploi du Herald ou du Petit-Journal, je sais bien ce que je ferais.Je me procurerais une carte détaillée de l'hémisphère nord.Armé d'un crayon rouge, je tracerais le trajet le plus plausible d'une fuite vraisemblable de Béria, à bord d'un Mig-15 évidemment.vers notre pays.On voit ce que je veux dire: via la Sibérie, en évitant l'Alaska, et avec atterrissage dramatique à Axkusatchoum ou au lac La Culotte, dans le nord du Québec.|) serait ensuite facile de laisser entendre que l'ancien chef de la police soviétique s'est livré à la Police provinciale et qu'il est gurdé par Duplessis avec les trésors polonais.Ça, c\u2019est du journalisme! Evidemment, l'affaire Béria prendra fin le jour où on lui fera un procès à Moscou, mais heureusement les eaux territoriales de l'UR.S.S.sont riches de-monsires marins de son envergure.H y a Malenkov, qui est plus ou moins malade, Molotov, qui fait son petit travail dans l'ombre, et surtout, Khrushchev (orthographe on ne peut plus incertaine).Quand, auz bureaux new-yorkais des agences de.presse, le fil de Moscou est muet, il faut faire quel* quechose, pour ne pas laisser croire que les peuples heureux n'ont pas d'histoire.Alors, on essaie d'imaginer la hiérarchie réelle qui se cache derrière la hiérarchie officielle, au Kremlin.Pour l'instant, le numéro un est évidemment Malenkov, mais rien ne prouve qu\u2019il n'ait trouvé un rival redoutable en Khrushchev.Et Molotov.que l'on traite apparemment en quantité négligeable, pourrait bien s'avérer le troi- Et, de l'Armée sième larron de la fable.temps à autre, on sort rouge à d'autres fins que l'entérinement des crédits militaires, en lui prêtant le projet d'un coup d'état et des vues rassurantes pour 1'Ouest.Soyons sérieux.Îl est évident que le caractère cachottier des régimes communistes est en grande partie responsable de ces manifestations d'infantilisme de la part de la presse occidentale.Mais, si ua jour où l'U.R.S.S.et nes alliés se décideront à une plus grande liberté d\u2019information, c\u2019est à bon droit qu'ils pourront demander aux pays de l\u2019Ouent de garder leurs romanciers et de leur envoyer des journalistes.Noël PERUSSE Le Dossier MeCarthy: McCARTAY L'influence de MeCarthy s'étend à la scène tout entière.Le fait est là, et le nier serait absurde.Pour le comprendre ,il faudrait analyser et approfondir tout le système politique des Etats-Unis, ce qui serait impossible dans cette série d\u2019articles.Un grand nombre de facteurs jouent un rôle important.La division des pouvoirs, le manque de discipline de parti, la presse, l'immaturité politique, l'insécurité et la vague réactionnaire qui en découle, le système judiciaire, et le relâchement moral ,sont autant de facteurs qui ne.peuvent pas être négligés.Pourquoi, cependant, iMcCar- thy a-t-il réussi à- laisser sa marque sur la politique de J\u2019Occident entier, où ces facteurs sont inexistants?L'influence du sénateur est évidemment nulle à l'intérieur de \u2018pays tels que la Grande-Bretagne, l'Italie, la France ou l'Allemagne.\u2018Mais elle se fait sentir dans les relations de ces pays avec les Etats-Unis et les pays communistes.Car.si McCarthy n'a pas encore réussi à répardre son inquisition, il influence profondément la politique des Etats-Unis, qu\u2019un hasard malheureux a placés à la tête de la chancelante .alliance occidentale ét à mis en mesure d'anéantir et de s\u2019anéantir, à coups de bombes atomiques.La\u2019 position des Etats-Unis est trop grande pour que chaque mouvement d'opinion ne soit aussitôt reflété dans ses relations avec ses alliés.Or, jusqu\u2019à présent le président des \u2018Etats-Unis était le maître in-, contesté de la politique de son pays, en \u2018dépit de certains prédécesseurs du sénateur McCarthy; il l'est de moins en moins de nos jours, à l'instant même où ,une - politique forte et suivie est indispensable si les Etats-Unis veulent survivre.Les incursions de McCarthy dans le domaine des affaires étrangères, l'amendement à la Constitution du sénateur Bricker, la clause ajoutée à une loi des finances récente, interdisant l'octroi de fords à l'ONU si la Chine Communiste y était admise, sont quelques exemples de cette ingérence dans la conduite des affaires étrangères des Etats- Unis.Certains critiques prétendent que le Sénat ne veut obtenir que les mêmes pouvoirs absolus détenus par la Chambre des Communes en Angleterre ou au Cana.Ce qu\u2019ils oublient d\u2019ajouter est que dans ces deux pays, le gouvernement est \u2018directement responsable aux Chambres, et que dans ces Chambres une rigide discipline de parti empêche les têtes chaudes de saboter le gouvernement.Si les rêves de certains politiciens américains se réalisent, le système de parti américain \u2018s'effondrera, et sera remplacé par une anarchie auprès de laquelle le gouvernement français semblera d'une stabilité extraordinaire.A la fin d\u2019avril McCarthy porta Jin nouveau coup au prestige des Etats-Unis en.Europe, en envoyant deux blancs-becs ide 26 ans, Roy Cohn et Gerard David Schine, comme enquêteurs sur le continent européen.En dix jours ils prétendirent avoir examiné le fonctionnement de tous les services d'information américains internationale\u2019 en Europe et avoir fait des découvertes sensationnelles.Par exemple, aprés avoir passé seulement douze heures a Bonn, les 2 détectives en culottes courtes .- nonçaient que leur enquête avait déjà livré des résultats bouleversants! Les journalistes américains ne les (prirent évidemment pas au sérieux, et acculèrent Cohn et son copain.Finalement, ils acceptèrent de révéler quelques- unes de leurs constatations: entre autre, les bibliothèques américaines en Europe ne contenaient pas assez d\u2019AMERICAN LEGION MAGAZINES, et, par contre, trop de revues louches (c\u2019est-à-dire, libérales comme Nation et New Republic), ainsi que des livres de quelques auteurs de gauche! Inutile de dire qu\u2019à leur départ, nos deux McCarthy miniatures emportaient les rires .moqueurs de toute l'Europe.Les diplomates américains se plaignirent à Washinglon que jamais le prestige des Etats-Unis n\u2019avait été aussi bas.Cependant, quand nos deux petits Torquemada, après s'être vanté d\u2019avoir enquêté sur des milliers de personnes (tout ça en dix jours!) eurent l\u2019impudence de prétendre étendre leur enquête jusqu'à la BBC, il y eut une telle explosion de protestations dans la presse ét au Parlement, que Cohn et Co.n'osé- rent demeurer que quelques heures en Angleterre.Leur visite fut suivie d'une véritable campagne de presse contre McCarthy, ses suppôts, et l'atmosphère de terreur et de haine qu\u2019ils ont semée dux Etats-Unis.Après les rires, l'Europe s'alarmait.Le Times de Londres, qui avec le Monde dc Paris, représente l'opinion modérée de l\u2019Europe à l'égard des Etats-Unis, accusa McCarthy d'avoir causé un tort énonme à la cause américaine en Europe, et décrivit J\u2019escapade de Roy Cohn et compére en ces termes: \u201cun voyage grotesque.Dernièrement, sans doute à court de victimes locales, MzCar- thy se préoccupe du commerce de l'Occident avec la Chine communiste:/ Il a déjà eu plusieurs démêlés avec le gouvernement américain à ce sujet, sans parler des gouvernements étrangers qui i L'AUTORITÉ, 3 OCTOBRE 1953 MON JOURNAL 6 sept.\u2014 Ce ton tranchant, un peu dogmatique, d'une certaine critique .Je lis dans la N.N.R.F.des notes d'un nommé Georges Perros.Qui est-il?je l'ignore.Promis sans doute à une gloire éclatante, dont les premiers reflets ne nous ont pas encore atteints .Ce garçon traite avec une égale autorité de tous les thèmes.Ah! certes, il ne doute de rien! Moraliste grave aux phrases souvent entortillées, il affirme qu\u2019 \u2018en amour, tout s'annule au fur et à mesure\u201d ou bien que \u2018la vie restera chose incertaine tant qu\u2019il y aura des hommes\u201d.Je pense invinciblement à cette page brillante et ironique où Jules Lemaître fournit une méthode infaillible pour la rédaction de maximes.Abordant quelques écrivains, ce Perros est aussi péremptoire; quelques lignes lui suffisent pour résumer Benjamin Constant ou Jouhandeau, Colette ou Charles du Bos.Je-ne regrette vas toutefois ma lecture, puisqu\u2019à la fin je découvre quelques variations justes sur Paul Léautaud: \u201cSpectateur désintéressé à la morale intraitable sous des uirs légers, romantique refoulé, Léautaud est un bourgeois, un ingénu libertin, qui dit très exactement ce que pensent obscurément tous les honnêtes gens de ce monde.Incapn- Me de saisir l'authenticité des valeurs qui s\u2019en réfèrent plus au destin qu'à l'anecdote, il découvre la paille de tout individu, de toute chose, jugeant sur ce qu'il voit, uniquement\u2019.Ce qui n'est pas mal observé du tout.7 sept.\u2014 Fête du Travail.C'est-à-dire une longue journée à ne rien faire.L'occasion est bonne pour le cinéma; deux films dans l'après-midi, coupés par un quart d'heure marche, c\u2019est un régime auquel je ne me soumettrais pas tous les jours! La rue Sainte- Catherine, le soleil revenu après la pluie de la matinée, regorge de chalands; des touristes, mais aussi beaucoup de nos concitoyens.Les jeunes ont l'air gai, ils parlent haut et ils rient fort ils s'engouffrent en bandes joyeuses dans les restaurants et les salles de spectacles.Ce sont les hommes d'âge mûr qui retiennent davantage mon attention.Non, ils n'ont pus l'air de s'amuser du tout.Cette flânerie obligatoire finit par les lasser.Ils se sentent inutiles et vains.Qu'on n\u2019aille pas supprimer un congé prévu, ces promoteurs scraient les premiers à protester.Mais ils s\u2019ennuient un peu, sans se l'avouer à eux-mêmes.Le mécanisme de leur activité normale est détraqué pour quelques heures.Et ils déambulent interminablement, sans hut, 8 sept.\u2014 Nous sommes quelques-uns à nous entretenir des répercussions qu'sura l'élargissement de la rue Dorchester.Dans notre ville où les améliorations et le MONDE par Claude Armand SHEPPARD voient d\u2019un mauvais oeil une im- mixion \u2018du sénateur dans leurs affaires.Le Foreign Office anglais l'envoya tout simplement promener en déclarant à brûle- pourpoint que la flotte \u2018britannique protégerait tous les cargos anglais voguant légalement vers la Chine.Le Times de Londres s'en \u201cprit de nouveau au sénateur et à sa clique.Il eut aussi peu de succès avec les Indes, lorsque son sous-comité accusa lès Indes de faire du commerce avec la Chine.(Et l'on peut se demander de quel droit le Congrès américain se mêle des affaires de l'Inde, qui n\u2019a aucun traité avec les Etats-Unis).En réponse à une question d\u2019un député indien, le premier ministre Nehru déclara: \u201cH m'est à peine nécessaire d'assurer cette Chambre que nous n\u2019attachons aucune importance à ce que McCarthy et son comité font ou ne font pas.Jusqu'à présent, McCarthy ne s'est pas encore occupé du Canada.(Mais il est probable que si l'occasion se présente, il ne sera pas tendre \u2018pour le Secrétaire aux Affaires Etrangères, Lester Pearson.En effect, ce dernier ne manque \u2018pas une opportunité de déclarer son \u2018mépris pour le petit démagogue américain.Dans .un discours qu'il prononça à Guelph, en Ontario, de treize février 1953, Pearson \u2018passa McCarthy a tabac\u201d, sans pourtant le citer directement.\u201cAu plus dort que nous devenons pour résister une agression extérieure, au plus soucieux que les Communistes sont de nous affaiblir et de nous diviser intérieurement, surtout en nou- rissant les soupçons, en mettant classe contre classe, groupe contre groupe .Nous aidons ce travail si nous permettons ou en- couragcons la chasse aux surciè- res, si nous demeurons \u2018passifs et permettons que tous les éléments progressifs de notre société soient \u2018réunis avez les Communistes sous le nom de \u201crouges\u201d.En effet, si tous les éléments d'avant-garde sont persécutés, il est fort probable que, faute de mieux, et par un mouvement de défense naturel, ils se penchent vers le communisme.Pourtant, tant aux Etats-Unis 1 ' | Bulletin d\u2019abonnement | , L'AUTORITE, Chambre 524, | | Edifice Canada Cement, | | Montréal (2e), , | Messieurs, Veuillez nous faire le service de votre journal | | durant un an (six mois).(Biffex la mention inutile).| I | Ci-inclus chèque de \u2026 à cet effet., Abonnement d'un an $4.| | Abennement de six mois $2.50.Co \u2018 | | B.\u2014 Prière d'ajouter .15 cents si le chèque*est tiré sur | | de banque en dehors de Montréal.| | Nom a Lenrarrae en nnne | | Adresse .ur oucrerevrccertes vus | qu\u2019en Europe, il y a toujours des millions de gens ibien pensants qui, tout en n\u2019aimant pas les méthodes de McCarthy, l\u2019ex- cusent- sous le prétexte que le communisme est une hérésie impardonnable.I y a autant de danger à exagérer \u2018la force du McCarthyisme qu'à la minimiser.Un certain profésseur américain, T.V.Smith, ancien sénateur, prétendant expliquer au public canadien \u2018pourquoi McCarthy n'est pas dangereux, vient d'écrire un article, que Le Queens Quarterly a eu la charité de publier in ex- tenso.D'après Smith, MeCarthy est un phénomène chronique aux Etats-Unis, normal, et nullement dangereux! Si McCarthy est un phénomène chronique, on doit se demander si les Etats-Unis ne sont \u2018pas un gigantesque asile de fous.Quant aux enquêtes du Congrès, elles ne sont, Smith dixit, que \u2018les rodéos nationaux dû pays\u201d.M admet que McCarthy cause un peu de mal, mais cela n\u2019est guère grave, lorsqu'on le compare au bien qu'il cause! I! écarte ironiquement le danger d'un coup d'état ou d'une dictature réactionnaire.D'après lui, il n'y a \u2018pas, et n\u2019y a jamais eu d'hystérie aux Etats-Unis.Les Anglais et les Canadiens s\u2019alarment, dit-il, parce qu'ils sont de tempérament phlegmatique; mais pour les Etats-Unis, McCarthy est un phénomène parfaitement normal! Il faut croire qu'il faut bien peu d\u2019intelligence ct \u2018de discernement pour devenir professeur dans certaines universités américaines! De ce puint de vue on, pourrait tout autant ajouter foi aux prédictions du spirituel philosophe anglais Bertrand Russell publiées dans le New York Times, tout récemment.Les éditeurs avaient demandé au philosophe d'écrire une courte histoire de notre époque telle que vue par un historien en 2003.Russell envoya un urticle qui abasourdit ses éditeurs, qui Jui envoyèrent un télégramme, lui demardant s'il était sérieux.T répondit qu\u2019il était très sérieux.L'article fut publié, et choqua le public autant que les éditeurs du Times.Russell prédisait l\u2019élection de M:Carthy à la présidence en 1956, avec une majorité supérieure à celle de Roosevelt.Il prévoyait un pacte McCarthy-Malenkov, divisant le monde en deux blocs pacifiques, chacun dirigé par une dictature à la Orwell.Le tout se terminait avec une parallèle ironique entre les caractères de Mc- Carthy et de Malenkov, qui s\u2019entendraient, d\u2019ailleurs, à merveil- Je.McCarthy pose un problème sérieux pour les Etats-Unis.Une solution rapide est indispensable au succès de la politique améri- caîne dans le monde.Sinon, la question de Clement Attlee se demandant qui était plus fort aux Etats-Unis, McCarthy ou Eisenhower, pourrait recevoir une réponse décourageante.s'effectuent toujours, partiellement, à la petite semaine, c\u2019est la première fois depuis longtemps que nous nous trouvons en présence d'un projet d'envergure qui n'ait pas été simplement référé aux archives, qui ait quitté les dossiers pour devenir réalité.Des pans de mur s'écroulent, des résidences vétustes et souvent lépreuses livrent leurs secrets tristes.Des arbres, dont on n'apercevait autrefois que quelques rameaux à la hauteur d\u2019un troisième étage, se révèlent tout entiers pour la première fois.D'aucuns concluent de la création de cette par Roger DUHAMEL grande artère que le problème de la circulation à Montréal se trouvera à peu près complètement réglé; d'autres ajoutent que la valeur immobilière des lotissements adjacents fera un bond imprévu.Je me sens incapable de partager cet optimisme.Les déplacements seront grandement facilités, j'en conviens aisément, mais qu'on ne s'attende pus à ce que la rue Dorchester devienne comme par enchantement une- réplique de la Fifth Avenue; elle seru toujours tributaire, pour la qualité de ses établissements, des nombreuses rues qui la croisent.S sept.\u2014 Quand il exprime un jugement sur un écrivain d'hier et d'aujourd'hui, Claudel cst aussi injuste que définitif.Peu de livres trouvent grâce à ses yeux, hormis la Bible, Homère, les tragiques grecs, Dante et Shakespeare.Et j'estime qu'il est bien qu'il en soit ainsi.Nous ne cherchons pas chez lui des opinions subtiles et nuancées; lussons cela aux critiques dont l'impuissance créatrice se console par de savants jeux d\u2019'équilibre.Lui, il est un monde par lui-même; comment voudrait-on qu'il fût en mesure de goûter des littérateurs, des hommes de lettres! Il lui faut le grand vent des espaces sacrés, le seul climat qui convienne à son génie cosmique.Dans ses entretiens radiophoni- , ques avec Jean Amrouche, Claudel aborde son oeuvre avec une simplicité respectueuse qui ne peut étre le fait que des plus grands.Parlant du Soulier de Satin: \u201cPour entrer dans mon drame, il n'y a précisément aucun besoin d'être chrétien, il y a besoin simplement, si je peux dire, d\u2019être claudélien; pas plus que pour entrer dans Homère, il n'y a besoin de croire aux différents dieux, aux différents pouvoirs surnaturels qu'il fait marcher sur la scà- ne, mais i} faut an moins avoir un cerlain sens de surnaturel, un certain sens des grandeurs morales, des grandeurs providentielles qui se mêlent continuellement aux affaires humaines\u201d.Je suis des gens qui hansseront les épaules en lisant ces lignes; le propos me pa- rait tout à fait \u201cclaudélien\u201d et I ne me choque nullement.I! n'y a là nulle vantardise, mais une appréciation juste de son oeuvre.10 sept.\u2014 Parce que j'aime beaucoup la campagne, je n'éprouve qu'un goût médiocre pour La- val-sur-le-Lac.C'est trop carte postale, A mon gré; des arbres: qui se reprocheraient toute poussée insolite comme une faute contre l'Asthétique, des jardins bien ratissés où d'on chercherait en vain.le moindre hallier imprévu, des gens qui\u2019 portent le négligé luxueux avec un laisser-aller attentif.Non ce n\u2019est pas mon affaire! des amis m'amènent diner au club de Edif, que je n'avais pas vu depuis sa reconstruction.C'est assurément imposant.Le grand hall évoque unc nef d'église; dans la salle à manger, on se croirait à bord d'un transatlantique.Pour quelques heures, c'est fort agréable, surtout quand les gens sont charmants.Mais je n\u2019y dresserais pas ma tente.Quelque chose de lisse et d'artificiel, qui finit par irriter .11 sept.\u2014 Les journaux fran- Çiis commencent à arriver en vrac, les grèves terminées.I] ne peut être question de les dépouiller méthodiquement, ce serait une Erande perte de temps.À les par- \u2018courir en diagonale, on acquiert une certaine impression de lu fu- gucité, de lu (utilité du temps.Des rédacteurs traitent savamment de sujets désormais périmés et accumulent des hypothèses qui .ne se sont pas vérifiées par la suite.C'est In vie propre à notre métier.Péguy le disait bien: \u201cLe Journal de Ja veille est déjà vieux, et Homère demeure toujours je\u201c- ne.Mais on ne vend pas l'Ellade dans les kiosques à journaux! 12 sept.\u2014 C'est un peu venteux pour une fête champêtre.Quelques centaines de personnes ont néanmoins bravé une température prématurément automnale pour participer à ln garden-party tenue dans les jardins du monastère des Dominicains, ad Notre-Dame-de- Grâce.C'est le centenaire de ia paroisse.Des gens qui se voient depuis des années sans s'adresser la parole, sans même souvent se saluer, entament des converga- tions animées.Une fête particulièrement réussie: trois discours, aussi brefs qu'ils sont au point.C'est une grande leçon pour les orateurs verbeux.Mais 1s auront peu d'imitateurs! Roger DUHAMEL, de l\u2019Académie canadienne-françuise.Vieillis ?Ayez Plus d'Entrain Rajeunis et Plus Vigoureux HOMMES, FEMMES de 40; 50; 60: Ne restez fit vieu x fuibles, fatigués, épulsés.Ave Tablettes toniques Ostrex, Après iF ode tout du ter au corps vieilli, fatigué; ont lorce, vigueur, vitalité, Des milliers sont za jounis ct pleins d° entrain, Cessez d'être vi Ubtenez Ostrex aujourd'hui, Format d'introduction, seulement 60c.\u2018Toutes pharmacies t $ {ie nto = ?t : [a ee 1 cn C4 W t i | Pour couronner une partie de chasse, il n'y a rien comme: une Dow ¢ \u201cclimatisée\u201d.Protégée contre tous les écarts de température;| pen-;.' 5 dant sa fabrication, elle retient ainsi tout le goût \u2018fin et toute ie.saveur des ingrédients de qualité supérieure qui lo composent, : pour vous donner le meilleur de la bière dans lo meilleure des ba 7 Dow.\u2018eLmaTISEE\u201d [ i: =e, \u201cUNE DROLE DE MINE\u201d Une drôle de Mine (1), c'est celle que vous risquez de faire à la lecture du roman policier de Frank Gruber, une traduction de l\u2018Américain! .Il faudrait peut-être s'habituer à un genre nouveau de littérature comme on s\u2018est habitué aux films de gangsters, au parler mécanique, aux lettres d'amour par téléphone.Il le faudrait peut- être pour suivre le siècle.Le roman policier à ses débuts avait certes scandalisé par ses audaces de mort et de sang, mais il avait atteint une certaine ligne psychologique.La littérat1- fe anglaise de la première moitié du 20èrne siècle avait su nous transporter vers des ambiances fébriles, minutieusement créées, vers des enquêtes aux rebondissements les plus imprévus, vers un monde de monstruosité qui pouvait s'expliquer par là misère, la fotie, le vice .Le roman policier façon Ellery Queen ou Agatha Christie, était avant tout un passe-temps, un divertissement pour limagination, mais encore un probléme a résoudre; un assassin a découvrir, des mobiles à prouver.\u2018Ces romans se trouvent encore, mais ils sont dépassés maintenant par les publications \u201cDélective\u201d ou autres doni UNE DROLE DE MINE est un exemple typique.Dans un siyle qui veut aller vite, très vite, qui ne cherche à être ni précis, ni suggestif, l'auteur enfile une série de gags, melent aux prises quelques voyous jolis garçons fort bien conslitués cle corps, et d'âme (celle-ci très new-look) avec quelques: policiers ou gangsters chevronnés, les deux semblables en brutalité ét sottise.Le sujet d'UNE DROLE DE MINE\u201d est flou, il consiste surtout à.nous montrer les réactions de deux gaillards solides et intelligents d'apparence en face d'une bande a la recherche d'une mine d'argent qu'on a longtemps cru improductible et dont un secret révèle la valeur inestimable.Nos deux héros éternellement fauchés, réussissent des prouesses qui n'ont plus rien & voir avec les exploits des guerriers antiques ou les preux du moyen- âge: ils achètent des voitures, par Marcelle Bazzana beaucoup de voitures, s'offrent le luxe des plus beaux hôtels, inventent des ruses diaboliques pour vivre à crédit.Quand par hasard ils ont envie de travailler, ils s\u2018embarquent dans des complications de chantage, menace ou vengeance qui doivent leur rapporter force dollars.C'est ainsi au'ils se trouvent mêlés à l'histoire de la mine, qu'ils héritent d'un cadavre dans leur voiture, qu'ils sont poursuivis par la police, qu'ils se batient, qu\u2019ils risquent vingt fois la mori pour enfin découvrir la vérité en faisant, eux crapules, arrêter les coupables! Julien Gracq, romancier des ténèbres, des chàteaux morbides, de l'envoùülement total.me re- eut chez lui avec une simplicité cordiale et, ma foi, pour le leu- teur naf \u2018royant forcer une ir- timilé farouzhe, presque «\u201cléson- certante.Déconcerté, j'avoue l\u2019avoir été, car je fus brusquement mis en présence d'un homme sympathique ct engageant.Nous avons d'abord parlé du Canada et autres singu'arités, puis d'An:tré Breton qu\u2019il ne rencontra, me dit-il, que fort tard.Je m'expliquai mal alors lu nature de ses attaches .surréalistes.\u201cJe n\u2019aime pas les groupes\u201d, me dit Julien Gracq (sur un ton dépourvu d'agressivité ou de Montherlantisme).I entre dans cette exclusion une simple question de caractère.\u201cJe vis dans le surréalisme une immense possibilité de renouvellement\u201d.Pour ce qui est de l'écriture automatique, \u201c.il y a là une expérienze difficile à réaliser assurément, car même quand on prétend se laisser écrire, on se surveille du coin de l\u2019oeil\u201d.I accorde une valeur de libération à cetle expérience qui consiste à LA tante, du\u2019 Canadareçus avec reconnaissance.VIAULT.ide Traduction.NOUVELLE CANADIENNE Fondée depuis deux ans, LA NOUVELLE REVUE CANADIENNE est une revue à intérêt général qui paraît six fois par année en livraison de 80 pages et publie des textes de bons écrivains canadiens set étrangers.Elle n'est l\u2019organe ni d\u2019un partif ni d\u2019une ézo!e, ni d\u2019un cénacle.et elle laisse à ses collæborateurs l'entière responsabilité de leurs textes.Elle a été saluée dès ses débuts \u2018comme une revue impor- indispensable à qui veut suivre le mouvement des idées et les tendances vivantes de la littérature ot des La revuc est en vente au numéro dans les librairies au prix de 50 cents l'exemplaire.L'abonnement est de S3 par année, Les abonnements de soutien de $5.00 el plus sont LA NOUVELLE REVUE CANADIENNE , offre en exclusivité une réédition, augmentée et mise à jour, de tous les ouvrages linguistiques de PIERRE DA- Cet ouvrage entièrement nouveau est une refonte fort enrichie de trois ouvrages épuisés depuis longtemps: L'exil !pression juste en traduction, Questions de langage et Notes : A l'usage des\u2018 Canadiens, il complète les dictionnaires et à Ouvrages linguistiques \u2018publiés à l\u2019étranger, car objet d'étudier avarit tout les problèmes de langue propres au Canada.Il sera en outre d\u2019une grande utilité aux traducteurs francais-anglais de tout pays.REVUE arts il a pour Directeur: Pierre Davinuit Sevrétaire général: \u2018Lorenzo Masson ° \u2019 LA NOUVELLE REVUE CANADIENNE | 4 Gase postale 614 : Ottawa Canada) | Veuillez m\u2019 inscrire pour un abonnement.régulier 000.a.| de soutien Ju.et trouver avec la présente mon chèque nd I IE ee eee ee ee ee ee ee nee ee Sr BULLETIN D'ABONNEMENT a môntant de S3\u2014 $5\u2014 $I0\u2014 Chiffer les mentions inutiles).Comité de rédaction: \u2018René Garneau Guy Sylvestre Jean-Pierre Houle Roger Duhnniel Car, tout drôle que cela puisse paraître, il y a une moralité.Après une myriade de malhonnêtetés à l'actif de ceux qui représentent le bon droit, les méchants sont punis, et les autres se marient ou continuent leurs exploits chevaleresques (et financiers).Et pourtant, pour être juste, il faut reconnaître une certaine plaisanterie facile, une cer- laine virtuosité dans les jeux de mots, dans l'avalanche des \"Comics\u201d qui nous fransportent au pays de ces géants du pistolet, des poursuites infernales et du système D.Tout le charme des histoires du Far-West .Marcelle BAZZANA L'AUTORITÉ.: 3: OCTOBRE 1953 TROIS JEUNES POETES Un autre jeune canadien nous livre son\u201d Ame dans une poésie imagée, souvent bien rythmae, od quelques vers maladroits « :êèdent aussitôt la place à à Un langage pur au souffle neureux.Jean-Guy Pilon ne déçoit pas souvent le lecteur de LA FIANCEE DU MATIN.Dès les premières pages et ne connaissant \u2018pas encore l\u2019objet de sa \u201ctorturante montée\u201d, le poète entreprend sa quête \u2018d'amour après l'avoir inconsciém- ment cherchée .sur les routes chaudes et poussiéreuses Dans le bois vert et plein de chansons.Voici l\u2019espoir de la possession prochaine, voici que L'Ange allait ouvrir les portes des voûtes silencieuses.Le monde se transforme, les couleurs chantent au fond des jardins ouverts.Ce zhar- me houge et enveloppe déjà le poète qui, se croyant sue, ne veul \u2018ças encore hâter l'accord fi- nul.I vogue sur \u201cles sources bleues du desir\u201d, dans \u201cune musique inconnue\u201d, mais il devine qu\u2019il devra réaliser cet amour.Il devient alors \u201cle flambeau au centre du bûcher\u201d.Nos lèvres humides s\u2019épousaient sans résrve Malsré Sartre et © asus.La Littérature Française n'a\u2019 pès depuis l'avénement du surréalisme \u201claisser leur chance aux mots\u201d, mais jusqu'à un certain point, De toute facon, \u201cil y ua toujours du concerté\u201d dans l'écriture, Je lui demande quels sont ses dieux en littérature.Breton y figure, en compagnie d'Edgar Poe, 11 doit à Stendhal d\u2019avoir commencé.à écrire, si éloigné de lui: qu\u2019il soit maintenant, Ii a une affection particulière pour Ernst Junger, romancier de l'i- meginaire.Mais il me prévient qu\u2019il ne lit nas \u201csystématiquement\u201d, ct que \u2018ses goûts ne sont pas centrés\u201d: il reste ouvert à tout ce qui peut le frapper ou le charmer.Et vgici le moment des déclarations.Je demande à Julien Gracq ce qu'il pense de la littérature francaise actuelle.M me répond: \u201cC\u2019est une période creu- sc\u201d, et que denuis l'avènement du surréalisme la littérature française n'a pas rebondi.Je lui dis: .Sartre tout de même?\u201d Sa réponse est réservée: il ne concède \u2018pas à l\u2019existentialisme la force de renouvellement qu'a eue le surréalisme, ct même semble résumer (du point de vue littéraire) l\u2019existentialisme à un seul homme, ce qui lui enléverait le titre de mouvement.Je prononce, à tout hasard, le nom de Camus: sans éveiller beaucoup de résonnances.Je parle de Green: note admirative d'abord: \u201cC\u2019est un des plus grands romanciers de l'entre deux guerres\u201d, mais: \u201csa prose est un peu molle\u201d.Mais ce peu de vitalité (c'est moi qui y reviens).\u201cC\u2019est re- rrettable, rénond Julien Gracq mais non pas insolite: nous con- neissons d'autres époques sem- Flab'es dans la littérature fran- caise: au vremier empire, par exemple.\u201d \u2014 \u201cMais cela peut aussi, et re serait plus grave, de- pendre de circonstances politiques ct é-onomisues.\u201d Et Julien Gracq souligne que cette dévitalisation de la littérature est commune à l\u2019Angleterre et à l'Allemagne.\u2018La poésie, me dit-il, est ETUDIANTS Créez-vous un revenu supplémentaire en vendant des abonnements à l'Autorité.Commission payee: 50 pour cent le coeur d'une littérature.T= déclin de la poésie (c\u2019est ie cus uctuel) annonce ou confirme ze- lui de la littérature\u201d.El nous entrons dans les secrets du métie.: nous parlons roman.\u201cJe n'ai pus de théorie\u201d.me dit Julien Gracy.C\u2019est le goût pour un certain genre et les uptitudes personnelles qui tiennent lieu d« théorie.\u201cMème si je voulais faire un roman psychologique, je ne pourrais: je ne sue pas observateur\u201d, et il me dit eci: \u201cTroy de romans ne sant que an théâtre\u201d.Disons qu'un roman qui ne serait qu\u2019une rencontre dramatique entre des personnages, pourrait aussi bien se passer sur une scène.Le roman, - pour Gracq, doit présenter quelque chose de plus que des personnages et le choz de leur rencontre.\u201cCe n\u2019est pas un caractère qui me pousse à écrire un roman.Je vois les êtres el les choses en même temps\u201d, el dans ses romans, \u201cles choses agissent sur les personnages\u201d.Cette primauté de l\u2019atmosphère dans ses romans fait que les personnages ne surgissent pas en dehors de l'action (Graca \u2018est le premier à en convenir).Ses personnages n'ont vas de vie autonome comme au théatre: ils sont pris comme dans une toile d'araignée, dans unc atmosphère dnese et fantastique qui compte autant qu\u2019eux.Avec ton corps ciselé d\u2019inépuisables tendresses Tu redonnais a mon corps ses virtualités d\u2019avanl la chute.L'enzhaînement se produit.Les choses maintenant s\u2019animent lorsqu'arrivent \u201cles doux élans de l'être vers les cimes continuelles\u201d et \u201cles délices de la possession\u201d.Sans raison apparente, comme toutes ces mystérieuses transformations, la fiancée le quitte pour le rivage cruel.L'inévitable arrive: Je restérai comme un arbre privé de\u2019 sa souche Comme si la vie m'était enlevée sans me faire mourir.Le sixième chant est désespéré: J'éteignais feutes les chandelles de la nuit Je renversais les murs de silence mon Je criais ma haîne aux miroirs de ma solitude car, encore, le poète désire le visage de sa \u201cfiancée\u201d.Aucun Yefuge ne s'offre à lui; il craint meme les pleurs d'un \u201cdoux ami\u201d et préfère la fuite vers \u201cl\u2019horizon 0 je dois vivre\u201d.Errant seu! dans l'univers qu\u2019i! avait créé \u201cle ses désirs, univers maintenant englouti, el sur les grises rebondi à l'inspiration du romancier, au niveau d\u2019intériorité ou de tension où il situe son histoire., ¢t nous avons les romans de Grey.Et nous parlons \u201cméthode de travaii\u201d.Gracq travaille deux ou trois heures à la fois, mais ne revient plus sur ce qui est fail.Des jplaas, Grazqg n\u2019en fait pas: \u201cL\u2019acte d'écrire est un déclic\u201d; il y a unc maturation souterraine qui d'un seul coup est redon- .née à l\u2019écrivain et que nuile pré- parution consertée ne peut remplacer.\u201cJ'ai commencé le Château d'Argol une demi-heure après l'avoir projeté\u201d.Il me dit: \u201cJ'envie ceux qui écrivent des poèmes.Quand ils ont fini leur poème, ils sont libérés \u2014 tandis qu\u2019un roman, c'est un puids qu\u2019on garde de jour en jour.et cela suppose qu'il faut reprendre Je ton chaque fois, et retrouver l'accent juste.\u201d Et \u2018puis j'ose, conrble du journalisme, demander quelques détails biographiques que je note comme suit: originaire de la région de Nantes, études secondaires à Nantes, Ecole Normale à Paris, puis professeur d'histoire _ successivement à Quimper (où il écrivit au Château d'Argol), Caen, Amiens et maintenant, Paris.Il a fait la guerre comme lieutenant d'infanterie: £ut fait prisonnier à Dunkerke, interné en Allemagne, puis rapatrié pour maiadie.Célibataire.Tr Apologiste d'André Breton, Julien Gracq, l\u2018auteur du \u201cRivage des Syries\u201d, n'a pas semble-t-il retrouvé dans la jeune littérature française la vie du surréalisme.\u201cPeut-être aussi re suis-je pas romancier?\u201d Et sur ce.tentative de définition du roman qui nous fait aboutir à la constatation que le roman n'a pas de limites pré- vises.\u201cLe roman a tout absorbé: épopée, poésie .(héâtre, essai.\u201d Qu'est«ce qu! est légitime?qu'est- ce qui ne l'est pas?Le roman- personnages \"est-il le seul vrai roman?importe pour moi dans un ro- Julien Gracq ajouta: \u201cCe qui man, c\u2019est le ton\u201d.Identifions ce ton à la densité de ambiance, Au ferme de cette énumération, j'ai (mais lui plus que moi, j'en suis sonvaineu) senti que l\u2019oeuvre d'un écrivain est beaucoup plus que n\u2019en veut contenir sa propre vie.J'aime à penser que c\u2019est au plus sceret de lui-même que Gracq va chercher ses histoires, ct qu\u2019il emprunte bien peu pour les connoser à une existence normale, paisible, \u201csans faits saillants\u201d.mais tournée vers l'intérieur.Si un seul mot m'était accordé pour définir Julien Graca, je crois que j'écrirais: intensité.HUBERT AQUIN vagues d'automne, il refuse tout de même de rejoindre son amour brisé que seul le silence des tombeaux lui ramènerait.Il vit pleinement la solitude, il accepte \u201cle retour de I'Ange vers la montagne\u201d.Devenu un homme, il ne désertera pas sa première blessure, Une alchimie inexpliquée (et le poète n\u2019est pas là pour expliquer) le transforme, il prenait au scintillement des jours,.au merveilleux des choses jusqu\u2019à comprendre cette illusion d\u2019absolu qu'était sa \u201cfiancée du matin\u201d, illusion qui l\u2019a enrichi: Tu m'as ouvert à moi-même Les secrètes voies de mon âme, Tu as indiqué à mes yeux Un angle inconnu.de la terre.Suivent les poèmes du midi, plus discrets, sans continuité dans le développement, nous indiquant une certaine transformation de J'esprit hanté par le désir, le rêve, la joie dans l\u2019offrande de l'aube et la communion du soir, le départ vers le satin des yeux nouveaux et 'Eternité retrouvée.Les vérs sont plus courts.I's épousent une forme nouvelle de vie.Le premier de ces poèmes, de mes mains à ton corps Le silence même Est la voix dc ton sommeil a~prend que lv poète sait trou-
de

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