Le bien public, 31 décembre 1970, jeudi 31 décembre 1970
[" arr Soixantième année * Trois-Rivières No 52-A Jeudi le 31 décembre 1970 1563, rue Royale Trois-Rivières, Qué.Enregistrement numéro 0475 * Deuxième classe æ .Port de retour garanti Abonnement: $3.00 par année > La copie: 10 cents Au lendemain de l'Octobre québécois Un Canada uni est-il toujours possible ?Depuis les événements d'octobre, la lecture des journaux du Canada anglais accuse un glissement spectaculaire de leur opinion vers l'extrême droite.Nos compatriotes de Toronto et de Winnipeg ont déjà manifesté plus de largeur de vues face aux problèmes, mais pour le moment, ils se dévouvrent les partisans convaincus d'une action dont l\u2019histoire ne manquera pas de dénoncer la portée tyrannique et oppressive.On voit que, dans l'esprit des rédacteurs, les derniers espoirs de garder le Canada uni résident dans l\u2019emploi de la force, considérée comme l'ultime moyen de maintenir l'ordre public et même de réprimer toute contestation d'un pouvoir politique acquis aux énormes privilèges de la majorité.Corvenons que, pour un peuple en place, nettement favorisé par le jeu des institutions, il devient difficile de pratiquer l'altruisme politique et de travailler à l'instauration dune démocratie populaire dont l'une des conséquences inexorables serait de mettre fin à tout un système d'exploitation dont le Québec fait les frais Nous n'avons jamais attendu au Canada anglais une approbation du mouvement indépendantiste québécois.Mais, entre un tel acquiescement à un courant de l'histoire et la négation du droit de contester le fédéralisme actuel, il y a toute une gamme d'attitudes plus nuancées, dont celles de la tolérance et de la compréhension auraient dû prévaloir.compatriotes de langue anglaise, nourris des thèses officielles, se sont fait les complices de la répression fascisante, imposée au Québec, sous le prétexte risible de protéger les ins- itutions et le gouvernement légitime, menacés selon eux de renversement par une poussée terroriste.Que, durant cette crise de beaucoup exagé- ree par l'opportunisme de certains politiciens, ils aient presqu'unani- ment approuvé la suppression des droits civils au Québec, parce que cette mesure antidémocratique servaient leurs intérêts du moment, cela dénote une façon d\u2019opportunisme politique bien fait pour ridiculiser ceux qui, chez nous, défendent encore le fédéralisme et croient toujours à l\u2019a- venement d\u2019une véritable démocratie canadienne bâtie sur la justice et l\u2019é- quite, Les Canadiens de langue anglaise ont toujours manifesté de l'intérét et un certain attachement au peuple du Québec, a ses institutions folklori- Ques, à sa culture vieille France.Leur Solidarité nationale s\u2019arrête là, car ils refusent de nous considérer comme des adultes politiques ou comme des égaux sur le plan démocratique.De là leur souci unique de maintenir à Ottawa un gouvernement fort, dé- Youe aux intérêts du groupe majoritaire et capable de contrôler en toute Occasion les impulsions de la minori- lé, sous le couvert d\u2019un obligeant pa- lernalisme.Après nous avoir dépouil- -\u2014\u2014 Depuis l'octobre québécois, nos Bonne et heureuse ANNEE 1979 à tous nos lecteurs et.annonceurs lés, on nous comble parfois de cadeaux.À certaines périodes, quand la mesure s'impose à cause d'un dur hiver à passer, par exemple, ne don- ne-t-on pas au Québec comme on fait l'aumône à un pays sous-développé ?Dominé par le souci de ses intérêts immédiats, le Canada anglais a donc réagi, durant l'affrontement des derniers mois, tout à fait comme il le devait.Sécurité constitutionnelle d\u2019abord, telle se trouvait être son ultime préoccupation.L'occasion était pourtant belle, pour nos compatriotes des autres provinces, de refuser une politique établie sur la ligne dure, de réprouver la manière forte dont on a voulu se servir pour faire échec à une « insurrection appréhendée » et, du même coup, casser les reins à un nationalisme québécois devenu trop menaçant.= + A quelques exceptions près, les Canadiens de langue anglaise ont donc perdu une belle occasion de se montrer à nous sous un jour sympathique.Pour y réussir, ils n'avaient qu'à réprouver démocratiquement des mesures répressives visant à manifester aux Québécois la puissance du gouvernement d'Ottawa et la faiblesse de celui du Québec, incapable de résister à une jambette-et de-se-te- nir debout au moindre vent contraire.Une attitude aussi libérale nous eût surpris chez un peuple qui a dans la peau l'axiome shakespearien « être ou ne pas être ».Pour lui, le choix à faire entre ces deux propositions relève de questions qui ne se sont pas encore posées et ne le seront jamais.Tout au long de cette crise, déma- gogiquement amplifiée par les politiciens, le Canada anglais n\u2019a pas caché qu'il plaçait avant tout son espoir de survie dans un ensemble de mesures susceptibles de mater non seulement quelques terroristes ou éléments avancés, mais tout le peuple du Québec coupable d'avoir accordé trop d'importance au mouvement séparatiste aux dernières élections.Il y a quelques jours, cet espoir, après un long suspense, a été enfin comblé par la capture rocambolesque des frères Rose et de Simard, dans les profondeurs d'une cache souterraine.Pour beaucoup d'\u2019éditorialistes de Saskatoon, de Toronto ou de Halifax cet événement tant attendu signifiait la fin des tremblements, le retour à l\u2019optimisme, tout danger ayant disparu puisque la menace du séparatisme québécois se trouvait définitivement enrayée.Pour rester quelque peu réaliste, nous estimons au contraire que, meme aprés le dénouement de Affaire, les problèmes qui l'ont suscitée resteront dans l'air, attendant des solutions illusoires, et que l\u2019inconfort constitutionnel dont souffre de plus en plus la Belle Province continuera à se traduire par de ces soubresauts libérateurs qu'il deviendra de plus en plus difficile au gouvernement central de contenir.Clément Marchand ; re es par Phyllis Lee Peterson HE Une église gothique, de splendides maisons qu\u2019on habite fidèlement depuis le Régime français, une\u2019 rivière endormie dont les méandres enlacent le village, voilà Sainte-Anne de la Pérade.Sur la rive nord du Saint-Laurent, à 30 milles à l\u2019est de Trois-Rivières et 50 à l'ouest de Québec, Sainte-Anne vit au rythme lent des saisons.Dix mois sur douze, ses 3,000 citoyens, les Péradiens, labourent et moissonnent, exploitent quelques industries rurales et accueillent les voyageurs empruntant la route No 1 (Montréal-Québec), à la lisière du village.En décembre, un changement s'opère.L'air devient frisquet.La rivière Sainte- Anne gèle et se transforme en une route argentée pénétrant au coeur du village.Les enfants aux mifaines rouges y accourent après l'école.La Chambre de Commerce tient ses assises; les quatre hôtels se préparent en vue d'une affluence de visiteurs.De toutes les cours et de tous les champs enneigés, les Péradiens tirent sur patins des cabanes aux vives couleurs et vont les placer au- dessus d'ouvertures pratiquées dans la marion: methode él.Loftglace.À La Pérade, la Noël est plus gaic qu'ailleurs, car elle marque Je début de la montée du poisson des chenaux depuis le fleuve jusque dans ses frayères de la rivière Sainte-Anne.Les perits poissons .sont la\u2014pendant six semaines, le carnaval régnera en maître.J'avais entendu parler de la pêche à travers la glace, vaguement comme d'un sport pour excentriques.Aussi, lorsque mes bons amis Tom et Dorothy Norton, anciens Trifluviens, m'invitérent à une partie de pêche nocturne, me récriai-je horrifiée : \u201cMoi?Frileuse comme je suis, je gèlerais à mort!\u201d \u201cAllons donc, cela vous amusera! Emportez des tas de vétements chauds, c'est tout.\u201d Aprés un bref conciliabule, ils déclarérent, tout souriants: \u201cNous emmenons aussi Duncan Breese.H con- nait La Pérade.\u201d \u201cQui est-il?\u201d demandai-je d\u2019une voix blanche.\u201cRédacteur du Sr.Maurice Valley Chronicle et sporisman émérite.Il arrangera tout.\u201d C'est ce qu'il fit.À notre descente du train Montréal-Québec à la petite gare de La Pérade, Duncan nous attendait\u2014 présage sinistre\u2014emmitouflé des pieds à la tête: toque de laine, gros gilet à col roulé, coupe-vent, épais pantalon et bottes d\u2019'aviateur.Poussant un profond soupir, je vis mon souffle former unc épaisse buée blanche.Peu loquace, Duncan nous installa dans sa Volkswagen et nous conduisit à la rivière, à moins d'un quart de mille.Etonnée, j'écarquillais les yeux; la nuit avait fait place au jour.Sur plus d'un mille entre les deux ponts (routier et ferroviaire) de La Pérade, une multitude d\u2019ampoules électriques n\u2019éclairaient pas moins de 1,300 cabanes multicolores en bois formant sur la glace un village compact, mais pourvu de rues.Des haut-parieurs faisaient retentir une musique et des colonnes de fumée montaient des tuyaux de poêle servant de cheminée.Des rires ct des bribes de chanson s\u2019échappaient des fenêtres.Je me sentis tout à coup gagnée par cette joie communicative, la joie de vivre canadienne-française.La pêche à travers glace, c'était cela.Les Norton avaient raison: j'allais m'amuser.Croyez m\u2019en, j'en ai savouré chaque minute.Duncan avait pris soin de nous retenir des chambres au Péradien, l\u2019un des quatre excellents hôtels de l'endroit.Nous avions de la vcine.Le propriétaire, Raoul Tessier, nous dit que l'hôtel était rempli.En enfilant avec peine un long sous-vêtement, j'entendais les voix puissantes de voisins de chambre: \u2018*Vers la glace de La Pérade Accourons, car c'est la saison.Allons voir, oui, oui, oui, Allons voir, non, non, non, Allons voir s'il y a du poisson.\u201d 5 , La chanson du poisson des chenaux me résonnait aux orcilles tandis que je révêtais un lourd pantalon, plusieurs Bilets, pelisse et chapeau.Duncan, que je retrouvai dans le hall, me trouva bien chaussée.Je portais deux paires de chaussettes dans des bottes fourrées, \u201cLe froid gagne d'abord les pieds, dit-il.N'oublions pas que nous péchons à travers 14 pouces de glace verte.\u201d La Volks bondissait dans les ornières gelées de la rue Principale.\u201cNous allons chez les demoiselles Marcotte, qui nous pré- tent leur cabane cette nuit.\u201d L'église paroissiale ct ses deux clochers, vus de la voiture, nous offrent une vision éthérée dans la nuit claire.De la rive, une route nous conduisit directement à l'îlet Saint-Ignace, près de la rive est.Dans leur vaste maison blanche datant de 1820, Jeanne et Cécile Marcotte nous accordèrent une hospitalité chaleureuse, gracicuse, vraiment canadienne-française (et c'est tout dire).Âgées d\u2019une cinquantaine d'années et de vicille famille, les soeurs Marcotte sont incontestablement les grandes dames de La Pérade.(Leur père, feu le Dr F.-A.Marcotte, représenta le comté de Champlain à l\u2019Assemblée Législative).\u201cQuand nous étions plus jeunes,\u201d rappela Jeanne, \u201cil y avait moins de 25 cabanes.La nôtre fut l\u2019une des premières et nous y péchions à la lueur de lampes à pétrole.Au lieu de klaxons d'autos, nous n'entendions que les clochettes des carrioles.Seuls des Péradiens pratiquaient la pêche.Puis, on s'est donné le mot, et les visiteurs affluèrent de tout le * Canada ct même des Etats-Unis.Nos 1,000 huttes reçoivent de plus en plus de pêcheurs à chaque mois de janvier.\u201d \u201cLa pêche est alors à son meilleur.Les petits poissons vivent normalement en cau salée; nul ne sait d'où ils viennent.Vers le 20 décembre, ils remontent par millions le Saint-Laurent et vont frayer dans la rivière.\u201d \u201cPourquoi la rivière Sainte-Anne?\u201d demandai-je.(Suite à la page 2) Les Ducs de Trois-Rivières de la Ligue Junior A termineront-ils en première position ?Il faut se le demander ! À leur première moitié de la saison, ils possèdent un record plutét enviable talonnant les remparts de Québec, les titans du circuit Roger Lebel.7 a ST a i ANA Page 2 (Suite de la page 1) \u201cils remontaient jadis tous les affluents, jusqu'au Saint-Maurice, mais l'égout des usines de pâtes et papiers les a chassés.Aujourd'hui, ils fraient dans des rivières plus petites, vers l\u2019est.La Sainte-Anne en reçoit beaucoup.car elle est sablonneuse et peu profonde.\u201d \u2018Quelle en est donc la profondeur ?\u201d Duncan Breese me jeta un regard canaille: \u2018A peine quatre pieds.En cas de chute, vous n\u2019en auriez qu'à la taille.\u201d J'eus une vision glaciale que Cécile dissipa aussitôt.S'enveloppant d'un manteau de char sauvare.elle déclara: \u201cIci, les accidents sont rares.Sur le Saint-Laurent, le danger existe, mais pas sur notre petite rivière Sainte-Anne.Eh bien! l'heure de la marée approche.\u201d Comme nous partions, après avoir salué Jeanne, Duncan expliqua que la rivière Sainte-Anne, à 700 milles de la mer, connaît néanmoins des marées de trois pieds.La pêche est à son meilleur vers une heure du matin, lorsque la marée de nuit amène les eaux du Saint- Laurent et avec elles les poissons.Comme l'indique son nom scientifique, Microgadus Morrhua, l'espèce est de la famille de la morue.Les plus grands LE BIEN PUBLIC sujets ne dépassent guère huit pouces de longueur, d'où le nom de pertirs poissons des chenaux._ Cécile nous conduisit à pied sur la glace, parmi les cabanes, sous la lumière crue des lampes, Les petites fenêtres laissaient échapper des rires ct des chants, dominés par la musique des haut-parleurs du poste de radio CKTR, dont un studio logeait dans une hutte voisine.La fumée des cheminées s'élevait comme de l\u2018encens.C'était gai, merveilleux et si inattendu.Une porte s'ouvrit: un poisson tomba frétillant à nos pieds, puis s'\u2019immobilisa, gelé.A La Pérade, la nature assure elle-même la congélation-éclair.\u2018Un seul danger est à craindre,\" confia Cécile, \u2018c'est qu\u2019un pêcheur malchanceux vous escamote votre prise.\u201d La cabane Marcotte se dressait sur un emplacement de choix ou les poissons passent en bancs.Les murs extérieurs, peints en rouge, étaient ornés d'un gai motif blanc de poissons.À l\u2019intérieur, deux jolies étudiantes de Québec, Lucie Beauchesne et Bernadette Gratton, nous accueillirent dans une pièce carrée de quelque huit pieds de côté.\u2018Mes petites-cousines.\u201d exolioue Cécile.\u2018Elles Voici la maison Anti-Pollution Anti-fumée, anti-bruits-du- chauffage, anti-manque-d'eau-chaude, anti-lavage- anti-espac -des-rideaux-souvent, e-perdu, antitemps-perdu.| e ANTI-POLLUTION! La Maison \u201ctout à l'électricité\u201d NOVELEC Soyez jeune, soyez libre, soyez électrique! 3 Jeudi, le 31 décembre 1970 comptent bien s'amuser.\u201d Elles n'étaient pas les seules.Les trois Montréalais que nous étions avions hâte aussi, tandis que nous examinions les lieux.Quatre grandes fenêtres tendues de rouge, banc-lit, table compacte et rayons, linoleum couvrant le parquet et coupant le froid du dessous, tout cela respirait le confort authentique.Un petit poêle à bois ronronnait dans sa niche.Du plafond, des ampoules électriques pendaient au-dessus de trois panneaux du parquet.Lorsque Cécile les ouvrit, je pus contempler l\u2019eau noire au fond d'une tranchée large de deux pieds et de la longueur de la hutte, Cécile y jeta un regard et soupira: \u2018Le frazil! La pêche ne sera pas fameuse ce soir!\" \u2018\u2019On s\u2019en balance,\u201d déclara Tom, lan- ¢ant une ocillade vers la belle Lucie.Cécile expliqua que le frazil, expression purement canadienne-française, désigne la fine glace apportée par les eaux du fleuve après une pluie verglaçante.(On dirait de la glace à la crème de menthe frappée.) Une pluie abondante était tombée deux jours plus tôt.II fallut enlever le frazil à l'aide c'une grosse passoire.Tom et Duncan, qui s'en chargèrent, remplirent quatre grands seaux qu\u2019ils vidèrent au dehors, Cécile tira huit lignes plombées de moulinets fixés au plafond et nous apprit à garnir les hameçons jumelés.Comme appât, rien ne vaut le foie de porc congelé, le \u201cdur\u201d, qui s'attendrit vite dans l\u2019eau.Aussi ferme que la pierre, il se tranche aisément et n'a pas l'aspect répugnant des appâts habituels.Une fois tous les hameçons immergés, nous nous sommes assis sur une rangée de chaises rembourrées, face à l'ouverture, le regard fixé au repère\u2014une allumette nouée dans la corde, à la hauteur des yeux.Soudain, une allumette dansa.Dorothy fit \u2018\u2019Ouf!\u2019*, remonta sa ligne et amena un poisson frétillant.Duncan le décrocha et le jeta à l'extérieur.Une autre allumette bougea.Nous étions lancés.Je ne me souviens pas de m'être autant amusée.Le poisson venait par bancs: les huit lignes vibraient en même temps, puis le calme revenait durant 15 ou 20 minutes.Nous regarnissions alors les hameçons, enlevions le frazil, causions, chantions et allégions notre habillement à mesure que la cabane se réchauffait.A un certain moment, nous étions en bras de chemise.L'heure passait insensiblement.Duncan prépara du café sur un poêle Coleman.Tom offrit une tournée d'un liquide plus puissant.Cécile et les jeunes filles nous apprirent la chanson thème du carnaval de La Pérade et nous l'avons chantée: \u201cAllons voir, oui, oui, oui, Allons voir, non, non, non,\u201d Une allumette s'agita.Je me tus, le temps de décrocher le poisson puis joignis les autres en un finale triomphant: \u201cAllons voir s\u2019il y a du poisson.\u201d Du poisson, il y en avait.Vers quatre heures du matin, nous en avions pris 40.Cécile reparla des \u201cmauvaises\u201d conditions: \u2018\u2019Sans ce frazil, nous en aurions capturé 200 en deux heures!\u201d Mais nous étions satisfaits et commencions à sentir le froid.L'humidité pénètre en dépit du feu de bois et de la chaleur que dégagent sept personnes dans un espace restreint.Aussi avons-nous accepté avec empressement l\u2019invitation que nous fit Cécile de prendre un goûter nocturne.Nous avons retrouvé chez elle, comme tant d\u2019autres visiteurs,: un accueil simple et chaleu- Teux, d'un charme tout européen.Nous nous sommes régalés de plats canadiens- français: tourtière à'la pâte feuilletée, @alantine,.et: -délicieuses tartelettes de i! fruits.Verbis h.'30, Cécile nous proposa \u2018ae guider notre visite de La Pérade, \u201c durant la:journée: Duncan nous ramena ro 1\u2019 a hotel où: Le m'endormis en me cou- - re EE i It Le bi ETE A rs iby 30, Hows Soba igbinaors dans fay sal a mariages, \u2018étonnamment re-.i Posés par\u2019 ces trois heures de sommeil.3! Iles Norton affirmérent que c'était l'air : delim carn la; campagne.Duncarl nous qualifia td es puillées, » nous.qu}, avions ren Hi HL TE \u201c (süite, à là mais 7 Joes te end *, \u2018 at 1.PN Yu.» tu. Jeudi.le 31 décembre 1970 LE BIEN PUBLIC Page 3 en quelques mots par Maurice Huot Autre son de cloche À la fin de l'année, il est coutume de sortir son bilan.Chiffres à l'appui, chacun établit l'ampleur de son profit ou de sa perte.C'est ce qu'a fait aussi le recteur de l'Oratoire St- Joseph du Mont-Royal, le Père Marcel Lalonde qui vient de contier à la presse, contrairement à ce qu'on lisait assez récemment, que les lieux de pèlerinage ne sont pas délaissés.Au contraire, en 1970, l'on a remarqué une hausse de 10 p.c.des pèlerins à l'Oratoire St-Joseph.Comme quoi la religion exerce encore de l'attrait auprès de milliers de gens bien qu'on nous claironne un peu partout que \u201cla foi est à la baisse\".Durant toute l'année, on aura lu toutes sortes d'attaques contre l'Eglise.Attaques plus ou moins sournoises.Récemment, on accusait le Vatican d'avoir trafiqué sur le beurre.Accusation aussitôt démentie par l'Osservatore Romano.D'autres bobards de taille ont aussi été jetés dans le public qui ne tiennent pas debout.Mais \u201cmentez, mentez, il en restera toujours quelque chose\u201d disait un grand anticlerical du 18e siècle du nom de Voltaire.\\ les préserver Nous avons à travers la province, des maisons, des édifices qui ont une valeur soit architecturale, soit historique, soit même sentimentale.Cependant, ces édifices devront-ils courir le danger de disparaître pour faire place surtout dans nos villes à des constructions modernes et le plus souvent à \u2018 des boîtes à bureaux ou à magasins sans aucune originalité ?Il ne s'agit pas de s'apitoyer ridiculement sur n'importe quelle bicoque et regretter sa disparition parce qu'elle est vieille.Toutefois, certaines mai- Sons qui ont été construites avec un style qu'on ne retrouvera plus, mérite d'échapper au pic du démolisseur et d'être conservées avec l'appui d'une législation intelligente.A Montréal, l'on a ce qu'on ap- Pelle le Vieux Montréal ou l'on a restauré et où l'on conserve plusieurs édifices et c'est bien.Mais ailleurs dans Montréal il y a aussi de précieux vestiges du passé qu'il faudrait garder avec le même soin et retirer du champ de la simple offre et de la demande.La ville a un devoir particulier en ce sens.Pourquoi laisser croire que le Vieux Montréal est confiné aux édifices qui bordent le fleuve alors qu'il y a dans l'Est de Montréal tant de maisons pittoresques qui vaudraient de rester debout et de passer à la postérité ?Dans d'autres villes le même problème se pose.On détruit des édifices irremplacables pour construire en neuf des immeubles fonctionnels et souvent d'une laideur inouie qui feront ressembler nos centres urbains et souvent ruraux à tant de ceux du pays voisin avec leurs stations - services, leur \u201cdrug stores\u201d et leurs \"parking lots\u201c.Des villes sans Gme que le touriste traverse dans l'ennui le plus complet.C'est navrant L'on nous dit volontiers que nous sommes entrés dans un siècle de pluralisme où toutes les consciences sont bonnes même les mauvaises |! L'on s'en rend bien compte à lire les statistiques des vols commis dans les magasins un peu partout.Les consciences caoutchoutées ou élastiques sont nombreuses.Entré l'autre jour dans un grand magasin de l'Ouest de Montréal, j'ai pu constater combien on y craint les voleurs car toute une batterie de détectives-maisons, féminins ou masculins faisaient le guet d'une façon peu discrète.Cela était gênant non seulement pour les voleurs en puissance, mais les clients sérieux et honnêtes.Les marchands sont fatigués de se faire voler tout ronds et ils ne rechignent pas à le faire savoir à leur honorable clientèle.Hier encore j'entrais dans un magasin et entendit le patron dire à un employé \"Va surveiller de l'autre côté moi je vais surveiller de ce côté-ci'\u2019.Hélas nous en sommes là.Dans un journal américain je lisais qu'à l'occasion de la Noël, un propriétaire qui venait d'orner de lumières son arbre de Noel extérieur a laissé une boîte d'ampoules de rechange sur son terrain avec cet écriteau.\u2018Quand vous aurez fini de me voler les ampoules de mon arbre vous pourrez toujours vous rabattre dans cette boîte\u201d.Et voil« comment on est dans notre société progressiste et moderne à plein.La moitié du monde doit surveiller l'autre, pour éviter de trop grandes dépréciations.Il semble que dans notre régime d'éducation dernier cri on ne s'appesantisse pas trop sur le commandement du décalogue qui parle de ne pas prendre le bien d'autrui injustement.On fait encore de la catéchèse (Oui, ma chère) alors qu'on serait bien inspiré de revenir au petit catéchisme entre deux causeries de politicologues dans nos CEGEPS et polyvalentes avec tapis mur à mur.Et je n'ai pas parlé des milliers de vols petits ou grands commis à main armée, des centaines de vols d'autos, etc, etc ad nau- seam!.Liberté chérie I] y a eu le printemps de Prague qui a si lamentablement échoué en Tchécoslovaquie à cause de l'intervention de l'armée russe.Il y a maintenant l'hiver polonais qui s'annonce dur.Les Polonais protestent contre une hausse sensationnelle des vivres et probablement contre d'autres mesures genre rideau de fer.Les pays satellites de Moscou ne semblent pas des plus heureux sous la botte de fer de leurs régimes communistes.La révolte gronde et, comme les Hongrois qui se firent impitoyablement écraser par la même botte rouge en 1954, les Polonais semblent en avoir assez du paradis des Soviets.Et dire que le Kremlin fait des colères rouges quand les \u201cbourgeois\u201d et les \u201cimpérialistes\u201d comme ils disent, selon leur refrain éternel, tentent d'empêcher d'autres peuples de tomber sous leur joug.C'est le comble de l'hypocrisie et du ridicule.Mais voyez donc comment les peuples tombés sous le joug de Moscou sont traités.Comme titrait un journal canadien en fin de semaine, \u2018les blindés russes sont arrivés en Pologne pour mater le peuple qui a faim\u201d.Mais vous verrez nos democraties continuer à endurer pareils crimes contre la liberté à fouler au pied les Droits de l'homme, par intérêt et cynisme et à s'acharner sur le cadavre de Hitler alors que les tenants du régime marxiste-léniste se conduisent aussi mal que les hordes du prince de la Swastika et peut-être davantage.Meilleurs voeux En ces dernières lignes je veux souhaiter à tous les lecteurs de ces quelques lignes hebdomadaires les meilleurs voeux de la saison.En 1971, je continuerai si Dieu me prête vie, à les entretenir de divers sujets d'actualité.En regard des thèmes fondamentaux que j'ai toujours défendus; L'Eglise, mon pays, et j'ajouterais, le bon sens, l'Art.Espérons qu'en 1971, nous nous acheminerons tous ensemble vers l'époque de lumière et de justice dont le monde est assoiffé. Page 4 LE BIEN PUBLIC Automne au Parc Les grands vents de Décembre ont fait tomber les dernières feuilles.Au-dessus des arbres dénudés, le ciel parait immense.Le parc est toujours beau mais d\u2019une beauté nostalgique.Je n\u2019ai pourtant qu\u2019à fermer les yeux pour évoquer les splendides images automnales si près de nous mais déjà si lointaines ! C\u2019est une belle après-midi du début Novembre, douce et ensoleillée.Une fois franchie la grille du pare, j'emprunte une large allée rose bordée de platanes géants au feuillage mordoré, qui me conduit tout naturellement vers la réserve des daims.Il y règne une agitation inhabituelle : deux vieux mâles aux bois imposants, les chefs de clan sans doute, font entendre des grognements bizarres, tout en essayant de rassembler les jeunes et cela, sous l\u2019oeil attentif des autres membres du troupeau.Est-ce leur instinct séculaire qui leur fait sentir l\u2019approche de l\u2019hiver et les pousse à ces préparatifs pour un simulacre d\u2019exode ?La teinte claire de leur pelage s\u2019est nettement assombrie sur le dos.L\u2019herbe de l\u2019enclos est rase et, tout près de moi, une biche mâche avidement un morceau de pain sec que lui présente un enfant à travers la clôture.Je m\u2019arrache à la contemplation de ces gracieux animaux pour continuer ma promenade vers le théâtre de Guignol.Pour les vacances de Toussaint, en cette période de l\u2019été de la Saint-Mar- tin, 2 les écoliers ont envahi le parc.Accompagnés de leurs parents, ils profitent de tous les amusements à leur disposition: terrains de jeux, promenades à poney, etc.Pour les inviter aux dernières représentations de la belle saison, la clochette du théâtre en plein air sonne sans arrêt, alternée par des bruits stridents de trompette.Les jeunes spectateurs prennent place sur les bancs, à l\u2019intérieur de l\u2019enceinte, tandis que des groupes d\u2019adultes font cercle à l\u2019extérieur.J\u2019arrive à la fin de l\u2019une des farces classiques des marionnettes lyonnaises : coups de pa ton à la ronde, ponctués des cris joyeux des enfants, chanson à boire de Guignol et de son compère Gnafron\u2026 Le rideau de velours tombe et les assistants se dispersent après avoir versé leur obole à une artiste qui passe le chapeau.A travers une immense pelouse jalonnée de nombreux sentiers, je poursuis ma promenade .vers le lac.Dane toutes les directions, d\u2019agréables perspectives s\u2019offrent à mon regard: à gauche, une rangée de peupliers dont l\u2019or léger se découpe admirablement sur le fond rouge sombre d\u2019un bosquet d\u2019érables.Plus loin c\u2019est un bois de conifères, un coin frais et humide où il faisait bon pendant les chaleurs de l\u2019été; ce charmant refuge est désert aujourd\u2019hui: les promeneurs ont choisi des endroits plus dégagés et mieux exposés aux rayons encore chauds du soleil.Les feuilles mortes crissent sous mes pas.Ça et là des employés les rassemblent en énormes tas.Un gamin n\u2019a pu résister à l\u2019envie d\u2019y sauter à pieds joints mais un gardien sévère l\u2019apostrophe et l\u2019oblige à réparer les dégâts.: Par endroits, d\u2019autres ouvriers du parc font brûler les feuilles les plus anciennes et je respire avec délice la bonne odeur qui s\u2019en dégage.La chanson de Trénet me revient en mémoire: \u201cOdeur de feu de bois, douce odeur de fumée\u2026\u201d.En passant près d\u2019un massif de fleurs, j\u2019apergois un jardinier qui recueille avec soin des graines dans un cornet de papier.Me voici au bord du lac.La vaste étendue d\u2019eau est calme; sa transparence a une couleur indéfinissable qui reflète les tons changeants du ciel et les coloris variés des arbres.Des canards nombreux le sillonnent; tout a coup, deux d\u2019entr\u2019eux tentent un envol en battant fortement des ailes.Ont-ils entendu l\u2019appel mystérieux des grandes migrations?Mais leur essai n\u2019ira pas plus loin: ils ne quitteront pas ce paradis poissonneux et paisible.Au large du lac dort une île reliée a la rive par un tunnel.Je préfére me rendre en barque.J\u2019accoste au bas des marches en amphi- par MARIE PRAYAL théâtre qui la bordent d\u2019un côté.Une fois au sommet des gradins, je découvre un impressionnant monument élevé aux milliers de Lyonnais morts au cours des deux dernières guerres.Des gerbes et des couronnes toutes frai- ches témoignent de la fidélité des vivants.Cette île n\u2019a pas de nom; je la baptiserai l\u201cIle du Souvenir\u201d.Le jour baisse et ma promenade s'achève.Je me dirige vers la sortie en empruntant Pallée qui longe les serres.Des arbres exotiques la bordent : magnolias au feuillage brillant, majestueux cèdres du Liban et de l\u2019Atlas, immenses pins d\u2019Autriche et quantité d\u2019autres essences peu connues.Mon regard s\u2019émerveille en suivant l\u2019élancement de leurs trones vers le ciel.; Je me sens réduite à ma vraie mesure dans la symphonie de la Mère-Nature.La paix et la sérénité des lieux me bercent, m\u2019enveloppent et me font oublier durant de trop courts instants le bruit et la vaine agitation de la ville si proche.Lyon, le 13 décembre 1970 1\u2014Au nord de la ville de Lyon (France, le magnifique Parc de la Tête d\u2019Or couvre une importante superficie.Il comprend un jardin zoologique complet, un grand lac, de vastes pelouses, une roseraie, un jardin botanique, des serres, etc.2\u2014Notre \u201cété des Indiens\u201d, au Québec.LA VIERGE AUX ANGES Les premiers jours de la naissance de Jésus, les femmes et les filles des bergers aidèrent sa Mèreprésents des mages.Celle-ci leur distribua les Comme la sainte famille s\u2019en retournait à Nazareth, les anges surgirent sur la route pour la servir, puis la suivirent dans son umble logis où de mille manières ils se ren- es.daient uti Marie, conserver ses privilèges cependant, voulait e maman et de ménagère et renvoya les anges, malgré les protestations de Joseph auquel elle expliqua que le Messie étant venu au monde pour Jeudi, le 31 décembre 1970 LE DERNIER SOIR La haute lampe Brûle sur la table en silence, Droite parmi les livres lus Où ma tête s\u2019est inclinée : Je n\u2019entends plus, Mélancolique et vigilante, Passer ct rôder par la chambre La vieille Année.Elle s\u2019est faite humble, patiente et grave En sa grise robe d\u2019hiver, Pour s\u2019asscoir près de l\u2019âtre clair Ou se chauffent ses mains baissées ; Elle s\u2019est faite douce et grave Avec des pas légers qui semblent Marcher à travers mes pensées Sur de la cendre.Les corbeilles d\u2019été et les paniers d\u2019automne Sont là, pendus au mur, et parfois L\u2019osier craque, le vent frisonne Aux roseaux du vase où se sèchent Leurs tiges et leurs feuilles, et parfois Je tressaille et j'écoute Et je la vois.Immobile en sa robe grise.Sans que jamais murmure sa bouche Plus rien des chansons désapprises Qu\u2019elle chantait dans l\u2019été riant En tressant brin à brin, Avec ses mains, L'osier souple et le jonc pliant Et la seule qui se redresse Et cingle et qu\u2019on tourne en corbeilles.Seul son rouet ronfle et bourdonne Avec un bruit lointain d\u2019abeilles Qui s\u2019enfle, s'approche et recule, Et monotone Semble filer du crépuscule.L\u2019horloge haute En sa maison d\u2019écaille et de buis Ajoute une heure à l\u2019heure qui fuit Et le temps va de l\u2019une à l\u2019autre Jusqu'à minuit.Alors la silencieuse Année, assise À l\u2019âtre en robe rose et grise, Sc lève et rallume le feu qui s\u2019éteint ; Une grande flamme d\u2019espoir Monte et rougit le pavé noir, Et réchauffe ses mains glacées, Et je crois voir, Au seuil déjà du temps qui vient, « Son visage nouveau sourire à mes pensécs.Henri de REGNIER.souffrir avec les hommes et endurer tous les maux naturels aux petits enfants.Il lui appartenait à elle seule de les soulager comme le font toutes les mères.Les anges persistaient dans leur volonté de servir la ierge et l'Enfant et pleuraient du refus de Marie.Elle leur suggéra d'aller aider Sephora, la paralytique, et Rachel, la mère de famille nombreuse et tant de pauvres femmes de Nazareth.Celles-ci ne surent jamais pourquoi leurs besognes furent allé gées, leurs bébés consolés.Elles le devaient à Marie qui avait préféré peiner plutôt que d'être secourue, même par les anges, cependant que Jésus supportait sa condition de nourrisson parce qu\u2019il voulait souffrir pour tous.Jules LEMAITR RENÉ DE COTRET, ST-ARNAUD & CIE Comptables agréés 857, rue St-Pierre Case postale 14 Tél.: 378-4831 André Saint-Arnaud, C.A.Paul René de Cotret, C.A. Jeudi, le 31 dééémbre 1970 LE BIEN PUBLIC Hen rl Bosco, une poétique du mystère \u201cJe ne suis pas longtemps un itinéraire dialectique.Je vais à la rencontre d\u2019étranges images.Elles montent de ce mystérieux dépôt qu\u2019est la mémoire de l\u2019inconscient.Expulsées par la vie secrète de l\u2019âme, ces images parlent un langage à elles dont les mots et les phrases ont des sens inconnus.J\u2019écoute la voix de mes songes et j'en transmets les échos à travers une prose claire\u201d.C\u2019est par cette citation du grand écrivain Henri Bosco dont Mme Michel Guérin avait choisi de parler qu\u2019elle commença l'étude présentée aux membres du Cercle Marchildon, de la Société d\u2019Etude et de Conférence qui se réunissaient chez Mme Anaïs Rousseau.La conférencière raconta qu'elle avait fait tres jeune la connaissance d\u2019Henri Bosco, par la lecture de \u201cL'âne culotte\u201d, puis \u201cLe Jardin d'Hyacinthe\u201d, livres écrits spécialement pour la jeunesse mais que l'on peut goûter à tout âge.Elle lut plus tard \u201cMalicroix\u201d et l\u2019admirable \u201cMas- Théotime\u201d (qu\u2019elle sait presque par coeur, à force de l\u2019avoir lu).Toutes les oeuvres de Bosco lui sont familières et pourtant c\u2019est un auteur prolifique et tous ses livres présentent les mêmes délices et le même sens du mystère.Cette connaissance fut précisée par une entrevue au \u201cSel de la Semaine\u201d et ensuite par l'excellente thèse de Jean-Cléo Godin, ouvrage canadien qui a valu à son auteur des critiques élogieuses.Godin a d\u2019ailleurs passé de nombreuses heures avec l\u2019auteur vieillissant et une profonde amitié a lié les deux hommes.Et l'œuvre de Godin a comme thème central cette idée inspirée par Bosco lui- même que le mystère est le personnage central de tous ses romans.Le jeune auteur canadien affirme : \u201cIl reste aujourd\u2019hui peu d'initiés dont la conscience soit éveillée et sensible aux signes et aux présages, aux secrets avertissements .- Henri Bosco est de ceux- à\u201d, Henri Bosco est né à Avignon, en 1888, enfant unique de parents vieillissants qui avaient perdu dans la première enfance leurs quatre premi-rss petits.Ce détail explique l\u2019atmosphère d'insécurité \u201coù la mort laisse déjà planer sa menace\u201d, dans laquelle fut élevé Henri Bosco, par une mère Surprotectrice.Le jeune Henri connût bientôt l\u2019esprit superstitieux de ses parents pour lesquels tout etait signe et présage.1l en est resté influencé, méme à quatre-vingts ans.Il fut élevé dans cette atmosphère du surnaturel quotidien par un père taciturne, cependant conteur exceptionnel et doux guitariste.A la maison, il y avait aussi la Tante Martine, que Bosco a profondément aimée.A trois ans, le petit Henri fut transplanté au Mas du Gage, à la campagne, immense maison très isolée, au pied des Alpilles.Durant ses premières années, il reçut son enseignement à la maison et apprit près de la Durance une sorte culte de l\u2019eau, du ciel, des paysages, de la terre ardente du Midi.Il possède aujour- d\u2019hui ses appartements au.château de Lourmarin qu\u2019il admira lorsque ses parents: louèrent une maison tout près.Le pays influenca beaucoup Henri Bosco.La vie au Mas du Gage était.faite de mystère.On y inventait des fables on se racontait des songes, on était.attentif à tous les messages: invisibles.Et les rares visiteurs étaient pittoresques.C\u2019est là qu\u2019il vit pour la première fois un âne habillé.\u201cLes enfants solitaires ne sont jamais très heureux\u201d, dit Godin.Mais il s\u2019imprégnait de songes et se couchait sur le sol pour écouter parler la terre.A dix ans, on le mit pensionnaire au lycée d\u2019Avignon ou l'enfant sauvage et sensible ne rêva que d\u2019évasion.Mais il fut initié à la science par un maître avisé et il aima les mathématiques et la poésie de Virgile.Licencié ès lettres à Grenoble, il prépare son agre- gation en italien, à Florence.Ensuite il enseigne en France puis en Algérie.Il fait la guerre en Europe Centrale et au Moyen-Orient ou il entreprend de déchiffrer les vieilles inscriptions.Au retour de la guerre, il enseigne à l\u2019Institut français de Naples où il habite dix ans, vivant en lien étroit avec ce qui reste des antiques civilisations.Nommé ensuite à Rabat, au Maroc, il peut à loisir s\u2019initier à la vieille sagesse de l'Orient durant dix autres années avant de revenir dans sa Provence natale.Voilà donc un faisceau d'influences qui marqua profondément l'oeuvre de Bosco.Il croyait en Dieu mais il n\u2019avait pas besoin de par CLAIRE ROY dogmes pour s\u2019approcher de la divinité.I1 éprouvait Dieu, a-t-il dit.Et il avait inventé ce qu\u2019il appelait le \u201cthambos\u201d, un sentiment religieux fondé sur une intuition profonde, une expérience authentique, une grâce spéciale.Cette émotion sacrée, que possèdent tous ses personnages, est à la base même de l\u2019oeuvre de Bosco, indissociable du mystère.Son don du tham- bos sert de support à l\u2019intuition de l\u2019âme qui perçoit le reflet de Dieu dans le cosmos visible.L'écrivain a entre le monde visible et l'invisible une attitude médiatrice.Les paysages nocturnes l'ont surtout impressionné.La nuit rend l'homme plus sensible et vulnérable, éveille des sortilèges.Bosco, poète, a, dès l\u2019enfance apprivoisé la nuit.Mais la nuit évoque aussi le démon.Le philosophe Gaston Ba-chelard, cité par Godin dit: \u201cLes romans de Bosco apparaissent comme une longue réverie qui tend vers le contact intime avec la matière: le feu, l\u2019air, la terre et l\u2019eau y entraînent les personnages vers un monde merveilleux.Au début de ses romans, Bosco crée d\u2019abord l\u2019ambiance, éveille le mystère, nous mène à la recherche d\u2019une vérité que l\u2019on pressent.Mais Bosco n\u2019explique pas le mystère, il nous y enfonce.Il y a dans ses livres toute une série de personnages pittoresques que décrit la conférencière, bergers, braconniers, serviteurs.Et il y a toujours la présence invisible de Dieu et du démon.Les femmes, dans les romans de Bosco, sont toutes des femmes fatales.\u201cUn roman se bâtit de lui-même, il suffit d\u2019un air de flûte\u201d, disait Bosco, une poétique du mystère.C\u2019est sûrement une flûte enchantée que \u201cce style d\u2019une rare qualité\u201d, dira André Gide.\u201cCet enchantement confine à la magie: celle d\u2019un univers romanesque que hantent les réalités invisibles\u201d.Faut-il, comme l\u2019auteur, avoir le \u201cthambos\u201d pour en saisir le sens profond ?Il faut lire Bosco avec des yeux de poète.La rêverie primitive et sauvage, abondante dans l'oeuvre de l\u2019écrivain, est décrite avec des.mots qui s\u2019appuient à peine sur la terre.Le poète est\u2019 un devin halluciné et mystique.En potinant Page 5 Il L'armée se retire.mais reste Eh! oui, ce n\u2019est pas un retrait complet mais partiel des forces fédérales qui va bientôt se produire au Québec.Il est vrai qu\u2019une bonne partie de ces effectifs retournera à ses quartiers ontariens.Cependant quelques dizaines de miliciens \u201ccanadian\u201d continueront à occuper la province \u201ccessionniste\u201d du Québec pour y protéger certaines notabilités politiques du genre de celles, trés brillantes, qui ont récemment lancé ce board de I™insurrection\u201d appréhendée.Il restera donc une occupation théorique du Québec par les uniformes du Grand Fédéraliste.M.Trudeau tient à s\u2019amuser longtemps de la tête qui font les nationalistes, au supplice par Mon Dieu, que les évé- le temps qui court.nements récents, en dépit de leurs graves implications, ne laissent pas d'être amusants ! Car l\u2019on sait que l\u2019inexorable proverbe (rira bien qui rira le dernier) finira par s'appliquer.Arsenal et non Manège militaire Oui, nous nommons fautivement manège militaire l'édifice de style \u201ccolonialist\u201d dont la masse inélégante rappelle notre appartenance au régime fédéral.On a malhabilement traduit armory par ces deux mots.\u2018C\u2019est l\u2019Arsenal qu\u2019il fau- .drait dire pour désigner le \u2018mastodonte, si l\u2019on tient \u2018toujours a s\u2019exprimer en \u2018français et non en cet hor- \u2018rible franglais qui a main- \u2018tenant cours, à peu près \u2018partout chez nous.Je découvre cette nuance \u2018en parcourant les souvenirs «encore inédits de Harry \u2018Bernard, qui a le sens du francais et en connait toutes les subtilités, ce qui «donne a tous ses écrits une saveur irremplaçable.La nouvelle se meurt, la nouvelle æst morte \u201cLa nouvelle meurt de jour en jour dans les jour- na«x brésiliens.La maladie de la nouvelle, au Brésil, est provoquée par l\u2019inanition.Il se produit, au \u2018Brésil, une subversion du journalisme, de l\u2019éthique et «de la morale d\u2019une démocratie, \u2018tout ceci pour un même motif : la censure de la presse.On punit et censure les nouvelles, alors qu\u2019il serait correct d\u2019es- -sayer de réduire les actes et \u201cles faits qui provoquent ces nouvelles\u201d.Ces affirmations qui sont .de Carlos Chagas, prix Es- :s0 de journalisme pour \"1970, ne les dirait-on pas directement applicables au Québec, Ici, également, la nouvelle se meurt, et pour la même raison qu\u2019au Brésil.Le plus bel exemple d\u2019au- to-censure nous est donné par le Service des Nouvelles de Radio-Canada où l\u2019information s\u2019officialise de plus en plus, jusqu\u2019à devenir terne et insignifiante.La clientèle québécoise de langue française est considérée comme infantile par la haute direction de Radio-Canada.De là le traitement spécial que l\u2019on fait subir aux nouvelles pour qu\u2019elles deviennent, dans leur résumé succinct, facilement assimilables au peuple sous - développé du Québec.Pour entendre de vraies nouvelles pour adultes responsables, il faut capter les postes anglais de Radio- Canada.Le mot d'ordre à la \u201cboîte\u201d de la rue Dorchester : éviter de diffuser toute information susceptible de politiser une population fruste, aux réflexes incontrôlables.C.M.Dix ans de voie maritime du Saint-Laurent M.Jean Cermakian, professeur de Géographie à l\u2019Université du Québec à Trois-Riviè- res, poursuit à l'aide d'une subvention du Conseil des Arts du Canada des recherches en Géographie des Transports.Le sujet de la recherche s\u2019intitule \u201cLa voie maritime du St-Laurent: bilan de la 1ère décennie 1959-69.\u201d M.Cermakian a entrepris cette recherche alors qu\u2019il était professeur à l'Institut de Géographie de l\u2019Univesité Laval.Le Conseil des Arts lui avait octroyé au total $6,250.À date, M.Cermakian avec l\u2019aide de 4 tistique du trafic sur la voice maritime depuis 1959.\u201cCette recherche implique en particulier l'étude du trafie de tous les ports importants du St-Laurent et des Grands Lacs le blé, L particulièrement le trafic de \u2018Frois-Rivières,\u201d nous dit M.Cermakian.Ainsi, ce genre de recherche indique la volonté des géogra- l'UQTR, soit d\u2019être au service de la région.POUR VOS ASSURANCES e Automobile e Accidents e Responsabilité e Incendie RICHARD BERGERON Courtier en Assurance ° Tél: 375-2656 573, rue Bonaventure Trois-Rivières Page 6 .On a besoin chaque jour, dans les journaux et ailleurs, de dictionnaires biographiques sur les écrivains et les journalistes, les peintres, sculpteurs et autres artistes, les hommes et femmes du spectacle: théâtre, cinéma, cabaret.Les ouvrages du genre sont rarissimes chez nous, et ceux qui existent ne renseignent qu\u2019à moitié sur ceux qu\u2019ils présentent.L\u2019un des meilleurs, sinon le meilleur, est le Réper toire bio-bibliographique de la Société des Ecrivains canadiens, qui date de 1954, n\u2019est plus à jour, rend quand méme service pour la période et les individus dont il traite.Il est quand même limité pour cette période, ne tenant compte que des membres de la société dite, et l\u2019on aura remarqué que la totalité des femmes men- totalité des femmes mentionnées refusèrent d\u2019y révéler leur date de naissance, cachant leur âge comme une tare ou un péché honteux.Aussi le moindre travail biographique et critique est-il entraé dès qu\u2019il s\u2019agit de ces dames et demoiselles, qu\u2019on ne peut situer dans le temps et leur milieu, ni par rapport à leurs contemporains, qui ne sont pas les mêmes pour une personne jeune et une autre l\u2019étant moins.On continue d\u2019avoir besoin, dans le monde lettré, d\u2019un dictionnaire bio-bi- bliographique des écrivains et des journalistes qui comptent, hommes et femmes \u2014 y compris la date de naissance de chacun \u2014 et les morts devraient y avoir place comme les vivants, parce qu\u2019on s\u2019intéresse aux uns comme aux autres, selon les circonstances.* * * Un ouvrage du genre, qui remonte à plusieurs mois déjà a trait aux grands de la chanson au Québec, qui ne sont pas tous d\u2019une Stature vertigineuse.Car il y a parmi eux des gens qui ne chantent pas ou chantent mal, malgré ce qu\u2019ils croient d\u2019eux-mêmes, et il en est d\u2019autres qui donnent l\u2019Ilusion du mieux, mais n\u2019ontpas d\u2019école, con- halle, Un répertoire de ceux qui forment l\u2019élite de la chanson par L\u2019ILLETTRE.naissent mal la musique, encore moins le solfège, et i) y paraît.L'auteur du livre est une jeune femme qui a nom Michèle Maillé, se dit journaliste, ne paraît pas avoir besogné dans les feuilles, s\u2019occupe surtout de relations publiques, se débrouille quand même de façon convenable.I] est malheureux que son titre, qui veut accrocher, soit à l\u2019anglaise et peu compréhensible pour le commun des gens: Blow- Up.(1) Il y a peut-être six mois, la Société Radio-Canada tit tenir aux journaux des biographies de la plupart des artistes qui se produisent à son réseau français, mais là aussi manque l'essentiel.Michèle Maillé donne plus satisfaction, mais son texte manque souvent de l\u2019éclairage qu\u2019on lui vou- LE BIEN PUBLIC drait, et ce n\u2019est pas toujours sa faute, car elle se heurte à la mauvaise volonté de ceux qu\u2019elle interroge, à ce qu\u2019il semble.Par exemple, qu\u2019on le croie ou non, un grand garcon comme Donald Lautrec cache son âge comme une fille mirissante, se contentant d\u2019avouer qu\u2019il naquit a Jonquiére, le 13 juillet 19?, Chez les femmes, il en est de même de Clémence Desrochers, Pauline Julien, Monique Leyrac, qui ne peuvent tout de même pas avoir dix-huit étés leur vie durant.A propos de la première, il ne serait pas hors de propos de rappeler qu\u2019elle est fille du poète Alfred Desrochers, qui n\u2019est pas le premier venu, et il ne serait pas malséant non plus de dire que Raymond Lévesqui a pour père Albert Lévesque, ancien éditeur et écrivain, qui oeuvra pendant tant d\u2019années à son établissement de la rue St- Denis, à Montréal.Nanette est présentée sans nom de famille, et Tony Roman sous son pseudo, comme s\u2019il n\u2019était pas de descendance italienne.Sauf erreur, Nanette est d'origine juive, et c'est peut-être ce que l\u2019on veut cacher, mais pourquoi?Pourquoi ignorer aussi que Michel Louvain s\u2019appelle, de son vrai nom, Poulin, ce qui d\u2019ailleurs n\u2019est pas un secret.On a beau dire que les artistes ont droit à une vie privée, il reste qu\u2019ils appartiennent trop au public, dont ils vivent, pour s\u2019amuser à des cachotteries puériles à son endroit.Apprenons, par exemple, que Renée Claude et Christine Chartrand naquirent à Montréal, l\u2019une en 1939 et l'autre en 1948; Louise Forestier à Shawinigan, en 1943; Ginette Ravel à Joliette en 1940; Ginette Reno à Montréal, en 1946; Michelle Richard à Sherbrooke, en 1946, et elles n\u2019en seront pas moins estimées.L\u2019Ilettré 1 Editions Montréalde UHomme Jeudi, le 31 décembre 1979 Vient de paraître \u2018Les habitants de Lalo\u201d Ste-Angèle de Laval PAR JACQUES DUHAIME Fort volume Abondamment illustré $3.00 I'exemplaire e Plus qu\u2019une monographie paroissiale, l\u2019histoire d\u2019un peuplement presque aussi ancien que celui de Trois-Rivières.La chronique anecdotique des barbotiers et pêcheurs du Fleuve.Un livre à posséder; un modèle du genre.En vente dans les librairies et aux Editions du Bien Public 1563, Royale, T.-R.= De A quelques jours de la nouvelle année, la direction et le personnel de Del Dugré Inc.sont heureux d'offrir leurs souhaits les meilleurs à tous ceux qui, par leur civisme agissant, aident au progrès de Trois-Rivières, dans tous les domaines de l\u2019activité et, en particulier, dans ceux de l'éducation, de la culture et des sports.Bonne, heureuse Année 1971 \u201cà toute la population de Trois-Rivières.ot.de la négion. budi le 31 décembre 1970 LE BIEN PUBLIC Page 7 (Suite de Ja page 2) ant à lui, il était retourné à la it péché j \u2018au jour.La et y avait pêché jusqu'au jour te reprit la route de glace, ci fraîche comme une rose, nous santa à Roland Hivon et à son inoyse Marie-Rose.Hivon, président ial 1962 de La Pérade, est l'en- .reneur de pompes funèbres du vil- dormi, Qu rep he Carnaval débute le 13 janvier et qe termine le 4 février,\u201d nous dit-il.\u2018Cet événement très important à nos yeux aire des milliers de visiteurs.Cette année, Nous avons un palais de Blace et comme princesses, les six plus jolies files du lieu.À notre Fête de Nuit du 20 janvier, ce sera le choix de la reine et le couronnement en grande pompe.Ensuit, rassemblement au palais de glace, défié aux flambeaux et danse dans les ques! La Fête de Nuit est une chose à voir!\u201d .Je n'en doute pas.Tout d'ailleurs est à voir à La Pérade, lors de la montée du poisson.Pendant que nous causions, une carriole rouge s'avança, dûment pourue de peaux d'ours et montée par un conducteur en \u2018capot de poil\u201d.Quelques instants plus tard, nous faisions la visite du village au son des grelois et du crissement des patins sur la neige.Marie-Rose Hivon nous fit observer les dimensions diverses des cabanes, dont certaines logent jusqu'à 20 pécheurs et d'autres n\u2019offrent tout juste que deux places.(\u201cBon nombre de unes Péradiens y ont renoncé à leur liberté,\u201d blagua-t-elle.) Partout, le taux de location est uniforme: S2 par personne par jour, y compris éclairage et chauffage, qu'il s'agisse de bois, de pro- paneou d'huile.A litre d'innovation du Carnaval 1962, une énorme descente pour \u2018\u2018rraînes sauvages\u201d fut construite sur un emplacement permanent à proximité des maisonnettes.D'une hauteur de 50 pieds, de permet de franchir un millier de pieds à la vitesse d\u2019un mille à la minute.En nous engageant sous l'arche gra- ceuse du pont rôutier, nous apercevions le palais de glace qu'on achevait de construire et que le soleil d'hiver faisait briller d'un éclat verdâtre, Un autre attrait de La Pérade, moins connu celui-là, c'est la beauté de ses vicilles maisons.Siège de l'une des pre- Mières seigneuries du Québec, elle abonde en vestige du Régime français.En face de mon hôtel, j'ai remarqué une maison de pierre aux fenêtres garnies de petits carreaux et portant à la porte le millésime de 1672.Dans la même rue, on pcut admirer les maisons Gouin-Bureau et Baribeau, construites en 1669 et 1723, Pour couronner notre visite, Duncan nous a conduits à un mille du village, au manoir seigneurial où en 1706 Pierre- Thomas de Lanaudière installait son épouse, mieux connue sous le nom de Madeleine de Verchéres.A 14 ans, elle avait réussi presque seule à repousser une attaque des Iroquois contre la ferme fortifiée de son père en face de Montréal.Les Indiens ne lui pardonnèrent pas cette humiliation.Ils la poursuivirent à Sainte-Anne et, à deux reprises, le manoir fut le théâtre de corps à corps.L'indomptable Madeleine vécut jusqu'à 70 ans et éleva une nombreuse famille.Ses restes reposent sous l'église.Les Péradiens, fiers de leur passé, sont toutefois pleinement conscients du présent.C'est ce que m'a fait comprendre Lucien Germain, à sa station de service Esso, en bordure de la route Montréal- Québec.Cet homme robuste aux yeux bleus et aux cheveux blond cendré et son épouse Olympe aux traits plastiques ont eux-mêmes construit\u2014d\u2019après leurs propres plans\u2014leur restaurant de style colonial, l\u2019Escale, à deux pas de la station de service, \u201cLes affaires sont toujours bonnes, mais en saison de pêche, c'est affolant,\u201d confie Lucien.\u2018En plus de livrer aux cabanes huile de chauffage et losol 1520 pour la cuisson, nous vendons plus de 1,000 gallons d'essence par jour.Au restaurant, Olympe prépare jusqu'à 42 repas en même temps.\u201d La spécialité de l'Æscale est le poisson des chenaux.Frit dans le beurre ou en ragoût, il a une saveur délicate bien particulière.Pour préparer le ragoût, äppelé \u2018bouillette*, Olympe dépose dans une casserole un rang de poisson qu'elle couvre d'un rang de pommes dc terre et d'un rang d'oignons, puis met le tout au four.La clientèle en raffole.A notre départ de l'hôtel, Raoul Tessier nous présenta la note: S3 pour une chambre et un lit confortables.La pêche à La Pérade, n'est-ce pas, n\u2019est guère coûteuse.En allant à Trois-Rivières prendre le train du soir pour Montréal, nous avons jeté un dernier regard sur le village de cabanes.Les lampes scintillaient.Dans la brunante, les carreaux des fené- tres jetaient des reflets d'or.Des familles entières descendaient, en vue d'une pêche nocturne: père, mère, grands- parents et file de marmots, tous portani des provisions et tous respirant la joie.Voilà bien ce qui rend inoubliable janvier à La Pérade.Chacun participe de si bon coeur à la gaieté générale.Pendant le trajet de retour, Dorothy fit le point: \u2018Si le Carnaval devait échouer, ce ne serait certes pas la faute des Péradiens!** Mais le succès du Carnaval grandit d'année en année.Roland Hivon en estime les revenus à S200,000.C'est une grosse somme, mais qui représente une énorme tâche: des mois d'organisation, de préparation et de coopération de tous.En plus, les Péradiens font aux visiteurs un don précieux: celui de leur inimitable gaieté canadienne-française.Pour une fin de semaine d'hiver, quoi de plus stimulant, de plus abordable et de plus amusant?Essayez donc.Et quand vous irez, saluez de ma part Raoul Tessier, au Péradien, les demoiselles Marcotte, dans leur îlet paisible, les Hivon, les Germain, tous ces nouveaux et bons amis.Ou plutôt non.Je retournerai moi-même dès janvier au monde merveilleux des Péradiens, lors de la montée des petits poissons dans la rivière Sainte-Anne.4 La Revue Imperial Oil, décembre 1962 Lo ER TR 243 TRACE fad TREN TR La fine gourmandise : une qualité 3 francaise eT op a aon CYL TV en circuit fermé à Psycho-Social L'Institut Psycho-Social qui se veut toujours à l'avant-garde du progrès, même technique, inaugurait son poste de télévision en circuit fermé, à son local du Blvd des Forges.|| comprend un studio isolé et éclairé, une pièce de contrôle, une pièce de visionnement et deux récepteurs TV.Le but de ce circuit est de servir à l\u2019enseignement, et à la formation du personnel, aux fonctions de diagnostic et de traitement et de rendre un travail plus efficace auprès de la population.Sur la photo, au poste de contrôle, le Dr Jean Dargis, psychiâtre, directeur général de la clinique d'Hygiène Mentale en compagnie de M.Robert Champagne, président du Conseil d'Administration st le technicien.(A.B.) Les autorités échangen Ed : Le diner des autorités 70 était sous les auspices de ta Commission Scolaire Madelinoise cette année.Etaient présents les représentants autorisés des administrations municipale, provinciale, fédérale et religieuse.Ce fut l\u2019occasion pour chacune d'elles d'échanger les voeux d'usage.Le tout se déroulait au chic restaurant Penn Mass.A la table, nous pouvons reconnaître : S.H.le Maire Gilles Seaudoin présentant les Souhaits de la Cité de Trois-Rivières, en présence du Maire Desrosiers et du président Richard Rochefort.(A.B.) Les Aigles crééront cent nouveaux emplois Ve 5 po Te 3.rE Trimet bBo a Srna Rr ECPECE , \u2018 Cu 0 L'apport économique et touristique du club de Baseball des Aigles de Trois-Rivières.En même temps que son nouveau signe pour la prochaine saison qui fut présenté, le bilan de l'équipe et les projets urgents furent également annoncés.À remarquer qu'une centaine d'emplois est créée avec la venue des Aigles dans la ligue Eastern.L\u2018an dernier, l'organisation accusait un surplus de $3,419.00.Sur la photo, nous pouvons remarquer le créateur du nouveau signe, Claude Jacques posant avec le responsable de la promotion, Charles-Emile Mongrain.(A.B.) Tnoco- Reucenes (hingolen Lee A 4 4 | A Louis Lacroix, prés.hi A nl L'incomparable \u201cDealer\u201d yo dans la région Ca ë ~~ if Yo AP\u201d es TE lt aon S 4 i I'Informaiton, oire Gagnon, directeur de i nsables de -Télé Média, un des principaux responsad à CHE gastronomique, M.Max Chamson, iractour Ser ices Officiels du Tourisme Français, à Montr al, po So M Gilles Beaudoin, Maire de Trois-Rivières, Brigitte me et M.Verdereau, des Relations Publiques et Mgr Denis Clément.(A.B.) Tél: 219-374-2483 2825, rue Royale Trois-Rivières: Qué.' Magl lt \u201cfins gourmets\u2019 ont été.gêtés avec les produits d'une | dans l'ordre, MS Witine raffinde récemment, lors d'une dégustation de mets \u201cançais sous le patronage des Services Officiels du Toumure Français à Montréal, la Soupe Sopexa et Air-france.\u201cat vins, des fromages, des pôtisseries, des viandes et des condiments furent servis aux invités avec la cordialité néreuse de notre ancienne mère-patrie.Sur la photo, Page 8 L\u2019 heureux âge où l'on y croit Ein \u201d Plusieurs dépouillements \u2026.y nu Pour les plus jeunes, le Père Noël est encore une réalité.d'arbres de Noël se sont déroulés dernièrement dans les différents groupements, associations ou organismes.lci à la Marina des Trois-Rivières, le bon vieillard légendaire a fait sensation chez ses jeunes admirateurs, distribuant à tous ses largesses.A ses côtés le gérant de la Marina, M.Camille Bédard.La Ligue Junior À aux jeux d\u2019hiver Une importante conférence de presse se déroulait 1 récemment au Pavillon Mgr St-Arnaud de notre ville.M.Roger Plouffe, de la ligue Junior A et juge en chef a alors annoncé le programme du tournoi de hockey, dans les cadres des Jeux d'hiver, qui aura lieu à Rimouski, en février prochain.Plusieurs villes de la province seront alors représentées.La réunion fut à un certain moment fort orageuse.Le tout est patronné par le Haut Commissariat aux Llcisirs et aux Sports, du Québec.À gauche M.Marcel Robert, président du AH.A.Q., Micheline Verreault Lortie et M.Roger Plouffe.(A.B.) Le commerce des Fêtes a été excellent Es -.ei ; mi Fr: su Beaucoup de marchands, que nous avons interrogés, \u2018nous ont confié qu'après une saison plus ralentie le commerce des fêtes avait été excellent.Trois-Rivières étend son commerce à une région de plus en plus populaire.Ici, au Salon de Chaussures MADEMOISELLE, après des semaines de travail fébrile, les commis s'occupent de servir les dernières clientes de l'année.Le gérant général de cet établissement fort_achalandé est nul autre que M.Charles Laforte, homme d'affairés bien connu dont l'activité et l'expérience ont beaucoup aidé à l'Association du Carré des Forgesx Studio, hint, ay } cu CURE \u201cÀ .' ti .Pp Jan Spécialités à bin de; : ès! de 6 ME IE pr rie\u2019 Sioa, Hid obi PU hi eo oi.) 37680] fH - pete.darts cu Ife Tybee dali To ' Llane iv dE LE BIEN PUBLIC Jeudi, le 31 décembre 19 L'événement que tous attendaient ! VENTEYANNUELLE COMMENCANT LUNDI, 4 JANVIER 771 Cette année Diamond.perd-la tête! Profitez-en!! 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