Le bien public, 6 octobre 1972, vendredi 6 octobre 1972
[" I.J.Raymond Denault 19 rue Le Royer Ouest Montreal fev.\" ble année Trois-Rivières, No 39 Vendredi, le 6 Octobre 1972 1563, rue Royale Trois-Rivières, Qué.Tél.378-8404 © Bie ORGAN THIF: Enregistrement numéro 0475 Courrier de la Deuxiéme classe Port de retour garanti Abonnement: $3.00 par année * La copie: 10 cents Mal noté dans Bay Street Certes, nous ne pouvons suivre M.David Lewis dans toutes ses démarches socialisantes.De tous les chefs des grands partis, il est celui dont l'intransigeance est la plus marquée à l\u2019égard du nationalisme québécois, Ce n\u2019est pas lui qui dialoguera jamais avec ceux qui, chez nous, prônent l\u2019adoption d\u2019un statut particulier pour le Québec, Plus encore que Trudeau, et c\u2019est ce qui plaît chez lui au Canada anglais, le leader NPD apparaît comme le héraut claironnant d\u2019un état centralisateur capable d\u2019anéantir tous les particularismes nationaux pour leur substituer un état d'esprit rivé en tout point sur les besoins de l\u2019état.C\u2019est d\u2019ailleurs l\u2019une des faiblesses d\u2019un socialisme aussi catégorique que de placer trop systématiquement les intérêts de la nation devant ceux de l'individu, de reléguer la notion de liberté humaine trop loin dans l\u2019ordre des préoccupations sociales d\u2019un pays.David Lewis est un grand démocrate, cela va sans dire, mais il s\u2019attache de plus en plus à des abstractions et à des projections théoriques qui font peur.Le fond même de certains de ses arguments appelle des réserves, Mais où nous pouvons le suivre sans crainte, c\u2019est lorsqu'il dénonce certains grands abus du système actuel qui font que le régime capitaliste devient inacceptable: par exemple, la mainmise de la haute finances sur les leviers de l\u2019état, les outrances du gros capital laissé à lui-même par nos politiciens complices, abus qui ne sauront être tolérées bien longtemps par un public éveillé.Les grandes corporations, en esquivant l\u2019impôt et en écrémant les fonds publics, pillent-elles le Canada, comme le soutiennent, chiffres à l\u2019appui, MM.Lewis et Laliberté ?Poser la question, c\u2019est y répondre ?Selon eux « l\u2019actuel système de taxation privilègie les corporations privées au détriment du petit et moyen contribuable », Depuis le début de cette campagne, il a été avancé, et cela n\u2019a pas été contredit, que les corporations avaient épargné en une seule année, 1971, plus de trois milliards et demi de dollars grâce aux versements échelonnés qui constituent une véritable fraude de l\u2019impôt, car ils permettent, par un jeu facile de comptabilité, à des compagnies comme International Nickel, Steel Canada, Bell, Alcan, Dominion Foundries et Imperial Oil «d'accumuler des profits sans jamais verser leur quote port a la nation ».Et l\u2019Etat va plus loin dans ses compromissions.Absent du partage des profit, il est celui qui assume les pertes sous forme de subventions à l\u2019industrie.Les compagnies seraient trop pauvres pour agir seules, tente de nous faire croire une certaine propagande visant à camoufler tant bien que mal les dons de plus en plus élevés aux caisses électorales.Alors, il faut les aider à se moderniser, à s\u2019agrandir afin de créer de nouveaux emplois.C\u2019est du moins ce que prétend l\u2019état.Mais que penser du seul cas de la Northern Electric, filiale de Bell, qui a mis à pieds 5000 travailleurs, dont 3,100 au Québec, alors qu\u2019elle râflait $26 millions en subventions gouvernementales, pendant qu\u2019elle profitait d\u2019impôts différés de $14 millions, ne versant en réalité que 9.8 pour cent de ses impôts.Ces chiffres cités par M.David Lewis n\u2019ont pas été démentis parce qu\u2019ils sont vrais.Le système de libre entreprise voudrait se démolir qu\u2019il ne procéderait pas autrement.CLEMENT MARCHAND A Te, ! - Prades = peer IR, at Ne sautons pas trop vite aux conclusions L'on tirera sans doute beaucoup de leçons des joutes de Hockey-Canada Russie.La première serait qu\u2019il ne faut pas comparer deux régimes de vie si différents entre un pays à dictature et un pays libre.Nos joueurs de hockey ont joué à Moscou comme ils jouent ici dans la Ligue Nationale en y mettant de la couleur et \u2018parfois des éclats peu compris des Soviétiques habitués à une morne discipline.Les Soviétiques nous ont rappelé la force de l\u2019équipe, car certes le jeu de hockey est avant tout un jeu d\u2019éauipe et non un jeu de vedettes.Cependant, nos joueurs ont agi avec sagesse en s\u2019adaptant au jeu des Russes après l'avoir étudié, et ils ont vaincu.De, justesse c\u2019est vrai, mais ils ont vaincu tout de même ! Au point de vue prestige international, c'est un gros succès.Les Russes s'ils avaient remporté la victoire, n'auraient pas manqué de l\u2019exploiter à fond pour fins de propagande politique.L'on rapporte que, dans les journaux russes on a traité nos joueurs de voyous parce qu\u2019ils ont dû, devant l\u2019incompétence et la partialité des arbitres, jouer parfois avec une rudesse qui, d\u2019ailleurs, leur fut bien rendue, et souvent surnoisement.Disons que, si les joueurs de Hockey-Canada ont appris quelque chose, les Russes aussi en ont appris ; ils ont appris qu\u2019en Amérique, la liberté individuelle compte pour quelque chose et que les gens peuvent s'exprimer sans craindre toujours la répression.Cette liberté a ses bons et mauvais côtés.Rien n\u2019est parfait, pas plus à Moscou qu\u2019à Montréal.Il faut déplorer que plusieurs commentateurs spécialisés dans le sport ou même profanes aient appuyé un peu trop fortement l\u2019équipe russe de leurs commentaires peu flateurs pour nos joueurs.C'est encore une preuve de la grande liberté dont on : jouit ici.Les Russes n'auraient pas descendu leurs joueurs publiquement comme on l\u2019a fait à Vancouver.De tote façon, les hommes de bonne volonté se sont compris au cours de ces joutes qu\u2019ils fussent russes, canadiens ou américains.C'est peut-être là le plus grand gain des joutes Canada-Russie.M.H.EA TAR TAR TAR CANS AER CARS Yc nD.oC oc Ne oS.«SRE PIERRE ELLIOT TRUDEAU PRENDS LE POULS DE L'ELECTORAT TRIFLUVIEN Mardi dernier, le premier ministre conadien, M.Pierre Elliott Trudeau, frais et dispos et de fort bonne humeur, était de passage à Trois-Rivières.|| fut chaleureusement accueilli à l'aéroport par plusieurs personnalités de la ville ainsi que por MM.Jean Chrétien, ministre du Grand Nord, et Claude-G.Lajoie, député de T.-R.qui profitaient de cette visite pour inaugurer leur campagne électorale.Malgré le temps maussade, quelques centaines de personne se présentèrent à l'aéroport pour ce moment mémorable.Dès son arrivée, M.Trudeau se rendit au Pavillon Mgr St- Arnaud pour participer à une émission d'affaires publiques.Mmes Georges Gariépy et Fernand Marion, organisatrices du parti libéral, ainsi que M.I'abbé Carmel Paquin, directeur du pavillon, I'accueillirent a cet endroit et le premier ministre fut invité a signer le livre d'or.La période de question a porté sur la Domtar pour une bonne partie.Ici, l\u2018on garde l'espoir que le passage de M.Trudeau contribuera peut-être à amorcer un règlement de cet imbroglio.Avant de quitter notre ville pour celle de Berthier, M.Trudeau rencontra la presse régionale à l'hôtellerie \u2018Le Baron\u2019.|| se prêta de bonne grâce, comme toujours, oux questions des journalistes sur les problèmes qui sont en fond de trame de la campagne actuelle.Sur la photo nous reconnaissons dans l\u2019ordre habituel Mme Fernand Marion, M.Jean Chrétien, candidat dons St-Mourice, le premier ministre Pierre Elliott Trudeau, Claude Lajoie, candidat dans T.-R.et l\u2018\u2019abbé Carmel Paquin, dir.du pavillon.- MURIELLE ST-GERMAIN Page 2 LE BIEN PUBLIC Notules et commentaires Madame Frank Ritchie Une notice que nous avions rédigée à l\u2019occasion de la mort de Madame Frank Ritchie a été malheureusement égarée dans la paperasse de l\u2019atelier de composition de notre journal.Nous ne pouvions ignorer le décès de cette grande dame d\u2019une rare distine- tion, qui appartenait à une de nos plus authentiques familles trifluviennes, la famille Turcotte, qui a fait sa large part tant pour l\u2019église que pour l\u2019état.Tous connaissent cette pittoresque maison de la rue des Ursulines, face au vieux monastère, où les Ritchie et leurs enfants ont vécu de longues années de paix et de tranquillité, au milieu de leurs meubles anciens, souvenirs et tableaux de tous genres de l'histoire trifiuvienne.Car les Ritchie étaient des passionnés du passé triflu- vien.Chaque année, leur carte de souhaits des fêtes de Noël et du jour de l\u2019An, artistiquement gravée, représentait un aspect pittoresque de notre ville, vieilles maisons, sites ou paysages.Madame Ritchie était la soeur de notre grand spécialiste en musique, l\u2019abbé J-C.Turcotte, lui-même d\u2019une culture raffinée dans tous les domaines de l\u2019art.On lui doit entre autres ce chef d\u2019oeuvre qu\u2019est l\u2019album des vitraux de la Cathédrale et un splendide recueil d\u2019harmonisations folkloriques.La mort de madame Ritchie termine tout un chapitre riche en souvenirs de tous genres de notre histoire.De plus, Trois-Riviè- res perd une grande dame toute de délicatesse et de simplicité.x-x-x Sauver nos arbres Dans l'intéressante et vivante revue Paris-Match, (1213 - 5 août, 1972) nous puisons cet entrefilet: «Les Anglais connaissent l'importance des arbres.Ainsi, a Londres, au 144 Picadilly, une opération survie a été organisée pour sauver ce magnolia sexagénaire .qui poussait dans la cour d\u2019un hôtel particulier voué à la destruction.Une excavatrice a commencé par dégager les racines.Puis une grue-ponton a déterré l\u2019arbre et l\u2019a placé sur le convoi spécial chargé de le transporter jusqu\u2019à un parc de la capitale anglaise où il a été replanté.«Face à ce sauvetage édifiant on doit noter en France \u2014 faits exemplaires parmi des milliers d\u2019autres \u2014 la destruction actuelle des arbres centenaires de la rue des Fossés- Saint-Bernard a Paris ou celle des magnifiques ormes de la route conduisant a Versailles a partir de l\u2019autoroute de l\u2019Ouest, Le tout pour des motifs absurdes d\u2019élargissement de voies ! La France officielle n\u2019a pas encore découvert que protéger les arbres, c\u2019est ménager l\u2019avenir ».Nous livrons tout simplement ces lignes à la méditation de nos autorités provinciales et municipales, qui ne se gênent pas, sous prétexte de modernisme, de détruire ce qui est beau et qui mériterait d\u2019être conservé.Ne peut-on moderniser sans enlaidir et détruire ?Question de goût, de bon sens et d'urbanisme bien compris tout simplement.C\u201dest ainsi que nos beaux ormes qui faisaient la joie des Trifluviens sont en train de disparaître, l\u2019un après l\u2019autre.N.B.\u2014Nous espérons que Paris-Match ne nous tiendra pas rigueur d\u2019avoir emprunté cet article et cette photo, uniquement utilisés pour le bien public.X-X-X Une exposition permanente Plusieurs villes, comme la nôtre ont bénéficié de fonds pour la construction de Centres culturels à l\u2019occasion du centenaire de la Confédération en 1967.Quelques-unes ont pris l\u2019initiative d\u2019y placer une exposition permanente de photos, de documents et d'objets divers rappelant leur passé, Cette leçon de choses attire non seulement les gens de l\u2019endroit mais de nombreux touristes.Il y aurait lieu, il nous semble, de songer ici à une semblable initiative.Ce ne sont pas les matériaux qui manquent, loin de là, Toute l\u2019histoire de notre ville pourrait ainsi revivre, pour le bénéfice de tous.Qu\u2019on pense seulement à ce qui pourrait être utiliser de ce qui nous reste de l\u2019histoire des Forges Saint- Maurice, tellement en vogue par le temps qui court.Et l\u2019industrie du bois, sans compter l\u2019histoire des découvreurs trifluviens et de nos coureurs des bois.Il faut à tout prix repenser le rôle que doit remplir notre Centre culturel.Ce serait donner raison à notre maire de l'avoir conservé pour notre population.Il faudrait en arriver à dire: Au Centre culturel de Trois-Rivièrees, tout le monde y passe! Pour cela, il faut le rendre attrayant.X-X-X Le centre culturel On ne saurait trop féliciter le maire Beaudoin d\u2019avoir compris que le Centre culturel doit rester au service de la population trifluvienne.Il s\u2019est rendu de bonne grâce \u2014 et avec courage, il faut l\u2019avouer \u2014 aux arguments apportés par les journaux trifluviens, lesquels d\u2019ailleurs réflétaient l\u2019opinion de toute la population.On saura gré au maire Beaudoin de cette prise de position.Il fournit afnsi une nouvelle preuve de sa compréhension et de son civisme.C\u2019est à la population maintenant qu\u2019il appartient d'encourager le Centre culturel et de lui rendre sa vraie vocation.A la population, et aussi aux organismes qui s\u2019intéressent à la culture, et dont les forces vives sont présentement éparpillées.Nous pensons ici à l'UQTR, aux CEGEP et autres maisons d\u2019enseignement.Un administrateur énergique pourrait, il nous semble, unifier les efforts de tous et permettre au Centre de remplir sa mission véritable.X-X-X Culture populaire C\u2019est à peu près au même sujet \u2014 on n\u2019en parlera jamais trop \u2014 que la talentueuse journaliste Claire Roy a consacré lundi sa chronique hebdomadaire du Nouvelliste.Le peuple demande à s\u2019instruire et il faut lui en fournir les moyens.« Depuis que l'éducation gratuite est ouverte a tous les enfants, les parents ont commencé à se poser des questions, à chercher à comprendre.Ils ne savent pas trop de quelle manière y parvenir et c\u2019est à l\u2019élite d'indiquer le chemin, d'offrir les instruments de la culture.Il n\u2019est pas question de faire de tous des intellectuels.Tous n\u2019ont pas les dispositions nécessaires.Mais la jeune génération qui fréquente les expositions et les concerts, de même que les bibliothèques, présentera des gens plus cultivés qui hausseront le niveau intellectuel de la province, quel que soit le métier qu\u2019ils exercent ».On ne saurait mieux dire.C\u2019est le bon sens même.De Claire Roy aussi cette réflexion en marge de son regret de voir que le projet de reconstruction des Forges sera peut-être malheureusement abandonné, faute d\u2019entente en haut lieu: « On ne se rend \u2018pas compte de la valeur éducative et surtout touristique de glorifier les reliques du passé.Dans les «vieux pays», les pierres parlent et enseignent l\u2019histoire, et les cathédrales sont des bibles de pierre, selon l\u2019expression de Ruskin traduit par Proust ».Comme on' aimerait donc voir un jour plus de politiciens comprendre que s\u2019'intéresser de façon concrète à la culture, c\u2019est encore faire de la politique et de la meilleure.X-X-X Les Annales des Ursulines La communauté des Ursulines a célébré bien humblement le 275e anniversaire de son arrivée à Trois- Rivières.C\u2019est en effet le jeudi 10 octobre 1697 que les trois fondatrices, parties de Québec en barque, mettaient pied à terre, à six heures du matin, sur le sol trifluvien.Rappelons leurs noms: Marie Drouet de Jésus, Marie Le Vaillant de Sainte-Cécile et Françoise Gravel de Sainte-Anne.Le 23 octobre suivant, trois autres venaient les Tejoin- Vendredi, le 6 octobre 1972 dre : Marie Magdeleine Amiot de la Conception, Marie Drouard de Saint- Michel et Marie-Louise de Lanaudière de Sainte-Ca- therine.Depuis 275 ans donc, les Ursulines sont au service de la jeunesse trifluvienne, après avoir été en même temps pendant au-delà de deux cents ans au service des malades, Il est une façon bien pratique pour les Trifluviens de marquer leur reconnaissance à cette fidèle communauté de chez nous.La direction vient de rééditer le quatrième tome des Annales, depuis longtemps épuisé, On peut donc se procurer maintenant les quatre premiers tomes de cette oeuvre historique unique chez nous, car elle raconte les principaux évé- nements trifluviens à travers les ans.Un cinquième tome paraîtra dans quelques mois et racontera les événements contemporains.C\u2019est un ouvrage qui devrait se trouver dans toute bibliothéque privée digne de ce nom Et la population trifluvienne doit bien ce tribut de reconnaissance aux Ursulines.VILLERAY RiRo Distribution GROS \u2014 DETAIL Radio - Montres - Bijoux - Bas - Cosmétiques, etc 556, Des Forges Trois-Rivières Roland Rioux, prop Bur.: 379-5111 > > @invite les commerçants, maisons d'affaires, i à se prévaloir de son service de distribution de MACHINES A CIGARETTES ® Pour de plus amples informations : tries Tél.PAPAYA IPAS ARPA PANT L'AGENCE DE DISTRIBUTION C.R.R.inc.& indus-+; résidence: 374-9348 ou Bureau: 374-6939 : ZIVVOVONTONTONYONTONVONYONVONŸO DYO NYC NYONTONTODYONVO NYC NYOVTOUTO = = BUREAU : GÉRARD GAUDREAU & ASSOCIÉS Ingénieurs Conseil Edifice Place Royale SUITE 1003, TROIS-RIVIERES 379-6245 RES.: 760 DE L'ESPERANTO, TROIS-RIVIERES - 375-9427 RENÉ DE COTRET, Comptables agréés André Saint-Arnaud, C.A.Paul René de Cotret, C.A.ST-ARNAUD & CIE 1300, Notre-Dame Case postale 1464 Tél.: 378-4831 Vendredi, le 6 octobre 1972 CIl 0000000 Une anomalie.Les producteurs de pommes au Québec se plaignent de la difficulté qu'ils ont éprouvée à trouver des travailleurs pour la récolte du plus beau fruit national.C\u2019est que les prestations d'assurance-chômage sont trop élevées pour intéresser des travailleurs disponibles.Aux Etats- Unis, on suspend les prestations durant le temps des récoltes.Ce qui devrait aussi être fait ici.Un sage Un conseiller économique, M.Jarislowsky a prononcé une conférence remarquable ces jours derniers à Montréal.Il a dit ni plus ni moins que nous vivons en Amérique dans un faux paradis terrestre où le manque d'amour du travail, l\u2019indiscipline fleurissent.Chacun, a-t- il dit en substance, désire la plus haute qualité de vie sans y mettre d'abord les efforts nécessaires pour l'obtenir.Chacun.veut vivre dans le luxe, que ce soit celui qui travaille ou celui qui ne fait rien ou à peu près.Les investisseurs sont peu encouragés à investir dans des régions où les taxes mangent le profit légitime, où les gouvernements sont trop mous pour contenir les revendications exagérées de certains groupes de travailleurs menés par des chefs irresponsables qui désirent davantage leur promotion personnelle que le bien réel des syndiqués, et où on permet aux gens de passer leur vie dans la paresse en leur donnant des secours publics qui leur enlèvent toute motivation au travail.Notre société sombre dans la mollesse a dit encore M.Karislowsky; nos écoles n\u2019enseignent pas et n\u2018éduquent pas, et nombre d\u2018étudiants n\u2018étudient pas sérieusement.Nous exi- LE BIEN PUBLIC geons nos droits sans songer quel nous avons aussi des devoirs et des obligations.Chacun critique à qui mieux mieux.Nos jeunes appuient les campagnes contre la pollution tout en maculant nos villes de papiers et de détritus et en causant du vandalisme.Nous aggravons notre fringale de plaisirs; nous voulons jouir immédiatement de biens faciles par le crédit trop ouvert au lieu que, dans le renoncement personnel et la sobriété, vertus qui font les nations fortes.Des hâbleurs enseignent aux gens que le péché originel n\u2019a jamais existé et qu'il faut se noyer sans remords dans la licence et les débordements.L'on en est rendu à laisser croire que l\u2019on peut transgresser toutes les lois sans être puni.Il nous faudrait plus d'hommes capables d'imiter les Spartiates, des gens décidés à reprendre le chemin rocailleux et montant du travail ardu, du savoir, de l\u2019application et assoiffés de la récompense qui suivra toujours une telle attitude.Nous avons moins besoin de troupeaux qui suivent toutes les fantaisies des vendeurs d'illusions que d\u2018individualistes qui suivent les dictées de leur conscience.Bref, ce conférencier lucide a dit quelques vérités que beaucoup constatent, et qu'on voudrait mettre en pleine lumière si nous ne voulons pas aboutir à la confusion générale mais au chaos.Paradoxe Le modernisme si porté vers les communications faciles, serait en même temps l\u2019âge de l'isolement progressif.Même dans les grandes villes où grouille tant de monde la solitude la plus absolue règne pour certains.J'en ai fait es mots Page 3 par ® © © Maurice Huot comme d'autres l'expérience.Un soir que je me trouvais récemment dans un studio de TV où j'attendais mon tour de paraître au petit écran domestique, je m\u2018enquis d'un restaurant où aller bouffer un peu.On m'indiqua une salle gornie de distributrices automatiques.Je m\u2018y rendis et éprouvai une des plus grandes impressions de solitude de ma vie.L'absence de tout humain pour me servir me gela.C'est bien tristement que j'avalai les quelques bouchées que j'avais pu tirer de ces machines aux multiples et froids déclics.Récemment encore, je me trouvai seul dans un ascenseur d\u2019un grand édifice.Autrefois, cet ascenseur était manié par un préposé auquel il était loisible de dire quelques mots, ne fut-ce que de causer du temps qu'il faisait.De plus en plus vous verrez les ascenseurs, les restaurants, les moyens de transport en commun opérés automatiquement.De plus en plus, on nous sépare du contact humain direct pour maints services.De moins en moins, l\u2019homme sert-il l\u2019homme, la machine fait tout.Le jour n\u2019est pas loin où l\u2019on pourra pénétrer dans un grand édifice où on ne rencontrera pas même âme qui vive, de la porte d'entrée à l'étage le plus élevé.Les portes, ascenseurs, seront mus par un contrôle électronique où un seul homme invisible sera de garde dans un petit bureau.Les indications seront données sur ruban enregistreur.On pourra même aller faire, des transactions de tout ordre sans rencontrer une seule âme qui vive au sein même des grands centres.L'homme moderne sera, de par le dévelup- pement même de la technologie, de plus en plus solitaire.Maurice Huot Propos du Matin » des sons, des pensées qui allaient au-delà des mots.Comme le peintre excellent qu'il était, avec de la bon- français auraient avantage à lire ces pages contenues dans Propos du Matin, pa- qu\u2019il faut croire.C'est le propos de \u2018homme de croire.Autrement il ne L'on considère souvent journalistes comme des é- crivoins mineurs.Dispersés dans les colonnes des quotidiens ou des hebdos, leurs écrits passent comme l\u2019eau sous le pont sans parfois laisser de traces.Certes, ils ne font pas tous ni toujours de la littérature.Leurs écrits prennent le plus souvent l\u2019allure de pièces utilitaires, bâclées sous la pression des événe- ments et constituant des premiers jets sans bénéfice de retouches.Cependant, certains journalistes, comme le regretté Lucien Langlois ancien rédacteur en chef de Montréal-Ma- tin, ont réussi à pénétrer dans le jardin de la littérature au moins par la chronique, le billet.Heureusement, il est maintenant permis aux lecteurs de lire le premier recueil des Propos du Matin parus ou cours des années 1968, 1969 et 1970 sous la signature de Langlois.Ce sont pour la plupart de petits bijoux de finesse que l\u2019on se plait à lire ou à relire.C'est là où Luc s\u2019exprimait avec le plus de li- \u2018\u2019berté et mettait son éme franche à nu.J'ai été témoin de la production de ces Propos du Matin.Dans son bureau de Montréal-Matin, je revois revois encore mon cher camarade disparu écrire avec élan ces réflexions intimes livrées peu après aux typographes et qui, dès dix heures du soir, étaient servies chaudes au personnel - du journal et à l'homme de la rue.Dans ses billets, Langlois a fait vibrer toutes les cordes de la lyre du coeur.Observateur sagace, proche du petit peuple mont- réalais et québécois, il nous faisait aimer la vie avec ses petites ou grandes joies, ses peines aussi.Artiste et philosophe, il procédait par symbole et images.II y mettait beaucoup d'idéal tout en sachant ne jamais perdre contact avec la réalité de tous les jours.Au jour le jour, et cela pendant des années, il sut s\u2018accorder a toutes les nuances du temps et de la vie.De rien ou presque parfois, il savait tirer des images et ne encre, du blanc et noir pour tout registre, de simples phrases, il savait monter en épingle les heures les plus banales comme les heures les plus exaltantes.Il savait aborder les sujets les plus variés et les plus courants avec une frai- cheur sans pareille et les renouveler grâce à sa facilité inouïe, sans que l\u2019effort ne paraisse.Effort il y en avait certes.On n\u2019écrit pas avec cette virtuosité, avec cette économie de moyens sans que l\u2019effort de cohésion, le fond riche d'expériences humaines ne soient là en sous-structure.Les bons écrivains et, dans son genre, Lucien Langlois est de ceux-là, ont toujours donné l'illusion qu\u2019écrire est la chose la plus facile qui soit.Luc donnait cette illusion, mais il était proprement inimitable.Son style était des plus singuliers.Il n\u2018aurait pas eu besoin de signer pour qu'on reconnaisse sa prose qui s'élevait souvent jusqu'à la poésie la plus authentique.Les écoliers auxquels on propose des modèles de bon ges réunies avec amour par Jeanne B.Langlois l\u2018\u2019épouse du billetiste.Celle qui a su l'inspirer, le soutenir dans les épreuves de ses dernières maladies avec une tendresse quasi maternelle.Que ceux qui veulent faire intellectuellement lo pause qui rafraîchit lisent donc les Propos du Matin de Lucien Langlois.S'ils ont du chagrin, un moment de désespérance, ils se réconcilieront avec la vie en pre- ncnt un bain d\u2019'optimisme; ils renoueront avec la sincérité d'un homme qui a su parler clair et franc, un homme qui aimait passionnément vivre dans le sens le plus complet de ce mot.Un homme qui est mort debout, au travail, et qui a pu un jour insérer dans un de ses articles cette page émouvante: Les hommes n'en finissent pos d'espérer et de mourir en espérant.lis meurent et ils ressuscitent.lls meurent à eux- mêmes et ils ressuscitent dens la grâce\u201d.Fout-il croire pour être heureux ?C'est sûr s'explique pas sa présence sur terre.Il fait acte de foi en vivant et en suivant les dictées de sa conscience.D'où vient cette morale naturelle ?Où donc ont pris naissance les affres du coeur?Pourquoi ce besoin d'aimer?C'est là le mystère de toute vie humaine.Nous sommes de passage et celui-ci est court.Pourquoi cette appréhension de l'éternité ?Pourquoi cette interrogation si, par nature, nous sommes finis?Pourquoi ce besoin d\u2019infini ?La noblesse de l'être humain et de sa supériorité sur toute autre créature vivante c\u2019est qu'il se pose ces questions.Le corps est accessoire, l'esprit est tout.\u201d Et voila Lucien Langlois, le journaliste chrétien.qui a mis sa plume au service de la vérité.MAURICE HUOT (1)\u2014\"Propos du Matin\u201d de Luc.Volume de 209 pages $2.50.Chez Jeanne B.Langlois, Editeur.Case postale 40, Succursale Victoria, Montréal 217. LE BIEN PUBLIC Comme la plupart des concitoyens le savent, la campagne de la Fédération des Oeuvres de la Mauricie à pour but principal de subvenir aux besoins grandissants de vingt-huit organismes de Bien-Etre de la région, de maintenir des services communautaires, de santé et de bien-être.Pour y arriver, la Fédération doit augmenter le montant obtenu au cours des dernières années, apporter sa collaboration à tous ces Organismes, fout en offrant ses services à plus de deux cent mille personnes.La Campagne de la Fédération des Oeuvres a été officiellement ouverte récemment.Le tout avait lieu à l'hôtel de ville du Cap-de-la- Madeleine en présence du Maire.On reconnait de g à d: MM.Jean- Louis Parent, publiciste zone 4, M.Jean-Louis Groulx, président de la campagne, le Maire J.R.DesRosiers et Mgr Denis Clément, V.G.(A.B) 2) 4 v 3 # ks \u2018Besoins grandissants de nos oeuvres: 11 campagne en cours dans le diocèse
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