Le bien public, 21 juin 1974, vendredi 21 juin 1974
[" ke J.Raymond penault 19 rue Le Royer Quest Montreal fev.\" o Enregistrement numéro 0475 Courrier de la Deuxième classe Port de retour garanti Abonnement: $3.00 \u201cpar année 62e année Trois-Rivières, Nos 25 et 26 Vendrèdi, les 21 ét 28 juin 1974 1563, rue Royale Trois-Rivières, Quéhas oO R GA N E TRIE IEN : Lueur d'espoir Ceux qui fréquentent les supermarchés, prototypes achevés de l\u2019entreprise capitaliste contrôlée par l\u2019étranger, aimeraient sans doute échapper à l'emprise de ces géants du secteur de l'alimentation, mais a condition qu'ils trouvent ailleurs, chez les nôtres, la même qualité des produits et le même service.Dans .ces conditions, est-il possible, pour les Québécois authentiques, de reconqué- ; me .rir le terrain perdu et de re- M.et Mme Lamandé dans leur appartement prendre la place qui leur à Saint-Quay-Portrieux.revient dans un secteur aus- LAMANDE vit en philosophe ee Er aux; au milieu de ses souvenirs trifluviens permarchés de type capita- sea liste deviennent plus forts, avec notre aide et celle du- * La copie: 10 cents Dans sa Bretagne natale HENRI L'ancien restaurateur trifluvien Henri Lamandé accueille Raymond Douville avec chaleur.gouvernement qui vient de leur céder la vente du cidre, dernier refuge de nos indépendants qui perdront bientôt le privilège exclusif de la vente.de la bière, ce qui signifiera leur fin.Conscient de ce danger imminent, le:gouvernement du Québec, par son ministère des Institutions financières, tentera, in ex- tremis, de redresser la situation de la façon suivante: le Service des associations coopératives passe à l'action et le ministère patronne, par son truchement, un plan quinquennal d\u2019investissement de plus de $100 millions qui permettra l'ouverture de 137 nouveaux magasins cooprix.A Montréal et à Québec, les magasins cooprix connaissent le succès mais, à eux tous, ils affichent un chiffre d'affaires de $64 millions, ce qui représente à peine 2,7% du volume de vente du commerce alimentaire.À Trois-Rivières, nous n\u2019avons pas encore un grand magasin coop capa- bie de concurrencer les supermarchés déjà établis.Actuellement, nos indépendants contrôleraient un peu moins de 3% du marché, ce qui est un non sens économique.La montée impitoyable des supermarchés anéantit notre économie et favorise l'inflation.Sans une concurrence sérieuse de la part des indépendants ou des magasins coop, les grandes (Voir article \u201cchaînes\u201d d'alimentation en page 2 font ce qu'elles veulent sommateur l'occasion d'in- P ge ) dans le domaine des prix et \"l'on a maintenant une idée - de ce que sera bientôt le marché alimentaire livré aux seuls appétits de l\u2019en-\u2019 treprise capitaliste.Dans Trois-Rivières, comme ailleurs, un certain pu- \u2018blic averti fera bon accueil aux coopératives de détail qui fourniront enfin au con- Mme Lamandé.Carte des Côtes du Nord en Bretagne Vue générale de la pittoresq Quay-Portrieux (Côtes-du-Nord).La flèche indique la résidence « Arc en ciel », où demeurent M.et vestir chez lui à chaque achat, au lieu de porter chaque semaine, à longueur d'années, une , forte partie de son revenu °à des entreprises étrangé- «res dont les profits sont irrémédiablement perdus \u201cpour notre économie.Clément Marchand R cu = Edition du M.et Mme La de M.et Mme Raymond Douvilleue ville d mandé en compagnie Le restaurant Lamandé situé dans la rue -Notre-Darne, non loin du « Corona », était lé rendez-vous de nos intellectuels, professionnels et hommes d'affaires.Parmi les plus assidus, on comptait Me Louis-D.Durand, Armour Landry, Marcel Couture, Me Jean-Marie Bureau, Albert Bolduc, Hervé Biron, Yvon Thériault, Raymond Douville, Ciément Marchand, le Juge Léon Lajoie, Conrad Godin, les familles Bureau, Girard, Panneton, Dufresne, Rousseau, de Cotret et tant d'autres Trifluviens de bonne souche qui né laissaient pas passer une occasion d'aller apprécier l'excellente cuisine du chef Henri Lamandé, Breton de naissance, Trifluvien d'adoption.R Photos Raymond Douville | M: et Mme Lamandé en compagnie de Mgr Martin, évêque de Nicolet, et de son secrétaire, Mgr Vallières. Page 2 ! LE BIEN PUBLIC Notules et commentaires Henri Lamandé vit de ses souvenirs trifluviens Pour des Trifluviens, un séjour en Bretagne n'est pas complet sans une visite à Henri Lamandé, ce réputé restaurateur qui fut l\u2019un des nôtres pendant au- delà d\u2019un quart de siècle et qui ne comptait chez nous que des amis.Il vit aujourd\u2019hui paisiblement avec sa charmante épouse, qui elle-même vécut dans notre ville avant que la guerre de 1939- 45 ne l\u2019obligeât à rester en France.Les Lamandé résident dans une pittoresque petite ville, Saint- Quay-Portrieux, face à la mer, dans le département des Côtes-du-Nord.Que l\u2019ami Lamandé soit resté attaché à sa \u201cpatrie trifluvienne\u201d, comme il se plaît à le rappeler, nous n'en donnerons comme preuve que l'anecdote suivante.Lors d\u2019une première et rapide visite chez lui, il fut entendu que nous nous reverrions plus longuement quelques jours plus tard.Entre temps, il nota sur un papier une liste d\u2019une trentaine de noms de ses amis les plus intimes lorsqu\u2019il vivait parmi nous.En lui annonçant que tel ou tel était décédé, il se levait, se retournait, et discrètement essuyait une larme.Il était ému.Sincèrement ému.Car il conserve précieusement des documents de tout genre amassés au cours de son séjour chez nous: coupures de journaux, de revues, photos, autographes, lettres diverses, etc.Et il les feuillette souvent.Il les a toujours à portée de la main.Il se plait à revivre ainsi ses années trifluvien- nes.Nous avons pu le constater.Henri Lamandé est resté l\u2019un des nôtres, par le coeur, par le souvenir, par un attachement sincère.Aussi est-ce avec empres- - sement que nous transmettons ici à tous ses amis le message qu\u2019il nous a confié: \u201cDites à tous que Trois-Rivières est ma seconde patrie.J\u2019y ai vécu les plus belles années de ma vie.Dites \u2018aussi que mon épouse partage mes sentiments et que nous espérons tous deux avoir le plaisir et la satisfaction de retourner saluer nos vieux amis.\u201d Mon vieux Henri, j'ai transmis fidèlement ton message.Au nom de tous vos amis trifluviens, nous vous attendons tous deux ! Dom Guy Oury et notre histoire Ce grand ami du Québec et tout particulièrement de Trois-Rivières, dont il garde un vivant souvenir, Dom Guy Oury, de l\u2019Abbaye de Solesmes, continue à fouiller , en France, particulièrement dans sa région de la Tou- Taine et de l\u2019Anjou, les innombrables documents qui concernent notre histoire.Mine inépuisable, dit-il, et qui renferme des richesses insoupçonnées.Dom: Oury vient encore de publier dans la revue \u201cEglise et Théologie\u201d une brève biographie sur le second aumônier des Ursulines de Québec: René Chartier, qui ne vécut pas longtemps chez nous et qui était le frère du célèbre premier seigneur de Lotbinière.Bien peu de renseignements sur ce personnage étaient connus chez nous.Documents pas toujours édifiants, mais pleins de saveur pour ceux qui sont à la recherche d\u2019inédit.Il vécut ici cette période mouvementée de la traite des fourrures et de la vente de l\u2019eau-de-vie aux Indiens, ne s\u2019entendit pas toujours avec les missionnaires jésuites, et finalement retourna en France et périt assassiné en 1655 dans son prieuré de Monnais par des fermiers qui, écrit le père Oury, \u201cavaient à se plaindre de lui\u201d.C\u2019est avec une délicatesse toute bénédictine que ce savant chercheur parle de René Chartier, comme il le fit d'ailleurs dans une autre brochure sur madame de La Peltrie, qui n\u2019avait pas elle non plus un caractère de tout repos.C\u2019est une façon à la fois sobre et méticuleuse d\u2019écrire l\u2019histoire, sans tomber dans les exagérations et la recherche de la sensation dans lesquelles tant d\u2019historiens se complaisent, aux dépens souvent de la simple vérité et de l\u2019aspect humain des personnages dont ils cherchent à esquisser la vie.A ce point de vue surtout, la méthode de Dom Oury est à retenir, et surtout à imiter par les historiens qui se veulent sérieux.Une descendante de Pierre Boucher Le nom de madame Alice de la Bruère-Martin, qui vient de mourir à Québec ne dit pas grand\u2019chose aux Trifluviens d\u2019aujourd\u2019hui et même d'hier.Car elle était peu connue chez nous.Nous voulons toutefois évoquer sa mémoire, à l\u2019occasion de son décès, car elle était trifluvienne de coeur et de sentiment.Descendante du gouverneur Pierre Boucher, elle était la nièce de Montarville Boucher de la Bruère qui laissa aux archives du séminaire de Trois-Riviè- res tant de documents inestimables sur la famille Boucher.Elle s\u2019est toujours intéressée elle-même de très près à l\u2019histoire de sa famille.Il y a quelques années des descendantes de la famille Boucher, qui vivent toujours au Perche, sont venues au Québec et madame Martin s\u2019est intéressée a leur faire connai- tre la patrie \u2018où Pierre Boucher est venu s\u2019établir et dont il devint un des principaux citoyens.Elle leur a permis de rencontrer de nombreux descendants et, comme elles l\u2019ont raconté plus tard, ce fut pour elles un voyage inoubliable.Madame Martin avait d\u2019autres attaches dans notre région.En effet son grand-père maternel, le Dr Georges \u2018Dufresne, fut re- gistrateur au bureau de Ste-Geneviéve de Batiscan et sa mère est inhumée à cet endroit.Ajoutons que madame Martin fut de nombreuses années attachée au ministère du Secrétariat de la province, à titre de réceptionniste et secrétaire de sous-ministres.Elle avait l\u2019allure d\u2019une grande dame, à la fois cultivée, discrète, pleine d\u2019entrain et de bonhomie, bien dans l\u2019atmosphère des deux belles familles canadiennes dont elle était issue et qu\u2019elle représentait bien.Nous avons pensé qu\u2019elle méritait plus et mieux qu\u2019une froide nécrologie de la colonne habituelle des quotidiens.Un sportif: \u201cPit\u201d Balleux \u201cPit Balleux méritait mieux aussi qu\u2019une froide nécrologie.Car il fut une des grandes figures de notre sport national : le hockey.Il évolua dansce sport à l\u2019époque où Trois-Rivières comptait de grands athlètes, dont certains ont figuré dans la Ligue nationale en leur temps.Il en reste quelques-uns, dont Armand \u201cFoxy\u201d Gariépy, Jacques Toupin, l'échevin Antoine Gauthier, qui tous pourraient rappeler de bons souvenirs de la glorjeuse époque de l\u2019ancien aréna de la rue Sainte-Cécile.Commentaires sur les noms historiques de rues On se souvient qu\u2019il y a plus d\u2019un quart de siècle, un comité de noms de rues avait été formé de concert avec le conseil municipal du temps.Il avait été décidé que les noms a carac- tére historique contiendraient une bréve explication sur les plaques pour identifier les personnes concernées, comme Marie Vendredi, les 21 et 28 juin 1974 LeNeuf, Jean Godefroy, le sculpteur Bolvin, les missionnaires jésuites, etc.Tout le monde était satisfait de cette initiative.Par la suite le projet fut abandonné, comme étant trop dispendieux, de l'avis de quelques échevins et fonctionnaires municipaux.Il y eut des protestations de la part de quelques groupements et d\u2019individus, mais le Conseil de ville maintint sa décision.Or, le même cas vient de se produire à Paris.Le Avant de donner ministre de l'Intérieur a refusé de donner son appui au projet mis de l\u2019avant, en prétextant que \u201cles personnalités dont le nom est donné a une rue doivent étre suffisamment célébres pour le rester et se passer du moindre rap- pe \" Preuve que la bétise est une maladie internationale et que certains hommes publics sont atteints d\u2019une myopie incurable.VILLERAY.A./A 1 JW un coup de pelle, donnez-nous un coup de fil! C\u2019est le printemps et c\u2019est le moment de réaliser tous les projets élaborés durant l\u2019hiver: installer une piscine, poser une clôture, planter un arbre!\u2026 Avant de creuser, assurez-vous qu\u2019il n\u2019y a pas de câbles enfouis dans votre terrain.Vous pourriez priver tout le voisinage du service téléphonique; plus moyen de rejoindre rapidement la police, les pompiers, le médecin ou l\u2019hôpital.Un simple coup de fil au service des réparations de Bell Canada évitera tout inconvénient.On vous dira s\u2019il y a des câbles enfouis là où vous voulez creuser.Ce service est gratuit.Téléphonez-nous à 4104 AVANT de creuser sinon le fil que vous couperiez pourrait être celui de votre téléphone.Bell Canada LE BIEN PUBLIC Page 3 ur le bien public.:::::-::::.Lie en, RYDE cerzese Vendredi, les 21 et 28 juin 1974 BOBOBEBBEES POU soporeseeel Be Oubli ou ignorance du barreau du Québec| Les prénoms Quel québécois ignore l\u2019existence des coopératives ?Quand une province comme la nôtre en compte 3,000 \u2014 qui regroupe trois millions de coopérateurs, comment ne pas reconnaître en effet qu elles constituent une importante réalité économique et sociale ?Cette réalité a même tellement d\u2019envergure que les gouvernements du Canada et du Québec ont cru nécessaire de légiférer pour rè- glementer le fonctionnement des coopératives.Allez donc comprendre alors que le Barreau et les universités du Québec qui dispensent l\u2019enseignement du droit paraissent ne pas savoir cela ?En effet, en collaboration avec les facultés de droit, le Barreau québécois vient de mettre au point son programme obligatoire d'études.Ce programme forcera les futurs avocats à obtenir 90 crédits, dont 57 porteront sur des matières obligatoires.Or, dans ces \u2018matières, aucune initiation aux lois fédérales et provinciales concernant les coopératives! Il faudra compter sur l'initiative personnelle des avocats de demain, si notre société espère trouver en eux des spécialistes des lois coopératives.Le mouvement coopératif n \u2018est pas né - de la révolution tranquille.L'histoire du Mouvement Coopératif Desjardins, fort maintenant d\u2019un actif de $4 milliards remonte presque au début du siècle.Les juristes québécois doivent donc être très conservateurs pour ne pas avoir encore perçu sa réalité, ainsi que les services nombreux qu'il rend quotidiennement à la classe moyenne et aux gens à faible revenu.L\u2019omission commise par le Barreau et les universités du Québec est donc grave, parce que 3,000 coopératives de la province utilisent les services d\u2019avocats qui normalement devraient pouvoir bien comprendre et interpréter les lois coopératives.Le gouvernement du Québec a devant lui:ce programme d'études.Souhaitons qu\u2019avant de l\u2019entériner, il \u2018prenne conscience d\u2019un tel anachromisme et invite le Barreau et les universités à reviser leur programme d\u2019études du droit.GILLES HEBERT Les soumissions: sage décision Bien sage décision que vient de prendre le conseil municipal de Trois-Rivières.A l'avenir, toutes les soumissions inférieures à $10,000 ne requerront plus les procédures d\u2019une soumission.On en est arrivé à une position semblable à la suite d\u2019une plainte d\u2019un entrepreneur local qui se voyait refuser ses offres sur une question d'installation de mains courantes au stade de Baseball.Celui-ci s\u2019est vu devancer par une centaine de dollars en moins pour des services que proposaient un collègue de Ste-Anne-de-la-Pé- rade.Face à la résolution voulant que ce soit l\u2019un ou l\u2019autre des contrats qui soient accordés, nous aurons remarqué une dis- sention au sein des membres du conseil: quatre d\u2019entre eux désiraient le plus bas soumissionnaire, 4 autres l'entrepreneur de Trois-Rivières.Le vote du maire Gilles Beaudoin allait déterminer toute la différence.On prenait ici position sur un amendement du conseiller Julien qui d\u2019après l\u2019usage, devait être voté avant la résolution.Quel en était le contenu ?Qu\u2019à l\u2019avenir, on favorise les entrepreneurs de la municipalité en les prévenant par lettres des travaux à exécuter et qu'ainsi, ils pouvaient offrir leurs services.On sait que la loi est « on ne peut plus - claire »: en-dessus de $10,000, les municipalités désireuses de voir accomplir des travaux doivent publier les offres d\u2019appels afin que n'importe lequel contrac- teur de la province puisse bénéficier à juste titre de la chance de réaliser les travaux demandés.La décision finale provenant du gouvernement provincial.L'annonce d\u2019une résolution semblable ne pourra qu\u2019encourager la production, le marché local.Il faudra cependant être assuré que la justice « continue» de faire son chemin par une étroite interprétation du règlement.du conseil d\u2019en arriver à une telle pratique qu\u2019après l\u2019appel d\u2019offres pre-mention- né, elle nous semble des plus équitable: ni l\u2019un ni l\u2019autre des entrepreneurs intéressés n'avait été prévenu du changement d\u2019attitudes de la cité.Pour que le maire en ait décidé ainsi, il faut croire que le tout sera respecté intégralement.Le nom du premier-magistrat n'est plus a faire ! GILLES HEBERT Quant à la décision - JOSE par GUY DES CARS C'est un fait: avec plus de trente romans, vendus en près de vingt millions d\u2019exemplaires et traduits en au moins cent langues, Guy des Cars est considéré comme LE romancier français contemporain.Il est aussi, bien sûr, le romancier le plus et le mieux lu au Québec.Le voici maintenant qui ose répondre, en toute franchise, en toute liberté, aux questions souvent indiscrètes de son meilleur ami, son fils.Qui ose révéler les secrets de ses origide de sa vie, de sa carrière, de ses succès (sans oublier quelques vérités parfois grinçantes sur la \u201cRépublique des lettres\u201d).Qui ose dire: \u201cJ'écris pour tout le monde et ne suis là que pour distraire.Je n'ai pas de message.\u201d ' J'OSE! Un pamplet.Un recueil de souvenirs.Une confession.Et surtout, un inoubliable roman.J'OSE, publié aux Editions La Presse en coédition avec Stock, est en vente partout au prix de $7.50 l\u2019exemplaire.BREVES INFORMATIONS LAROUSSE Le saviez-vous ?i \u2014 Exeat est un mot latin invariable employé comme nom, au masculin.Il signifie proprement \u201cqu\u2019il sorte\u201d, le préfixe \u201cex\u201d marquant le mouvement vers l'extérieur et \u201cire\u201d signifiant \u201caller\u201d; il est utilisé dans le droit ecclésiastique et la langue des collèges.Donner son exeat à quelqu\u2019un, c\u2019est le renvoyer, le congédier.\u20140- \u2014 Benny Goodman a été le premier jazzman \u2014 américain officiellement convié à pré< senter, en 1962, une grande formation en Union soviétique.Que cache un nom, se demandait Shakespeare ?Céline Leblanc, après bien d\u2019autres, a tenté de le découvrir ici dans un récent billet.Les prénoms ont une signification morale et sociale que la vie finit pas dégager.Quand on se nomme, par exemple, Alcibiade, Clodomir, Tiburce, Sosthène, Rigobert ou Pantaléon, on n\u2019a pas le droit de devenir un médiocre.Ces prénoms engagent.On les remarque car ils sont voyants.Ils claquent au vent comme des drapeaux.Si l\u2019on se prénomme Bénigne, Candide, Céleste, Modeste, Rustique, Manuel, Parfait, Sauveur, Tacite, Vital ou Sévère, alors il faut admettre que le prénom deviendra une règle de vie car, autrement, il pourrait bien vous couvrir de ridicule, si vous êtes malicieux, retors, terre-à- terre, infatué, imparfait, traître, bavard ou bébête.Enfin, il ne faut pas que le caractère dénonce trop précisément ce-que suppose le prénom.Autrefois on ne craignait pas de donner des noms rares.À preuve cette liste de noms que Simone Routier-Drouin nous envoie.Elle les a trouvés dans les notices nécrologiques du «Soleil» au cours de 1973.Dulice (Richard) Ozélina (Julien) Lyona (Hayden) Loriane (Tremblay) Alina (Gilbert) Lactance (Lachance) Azilda (Latulippe) Cibelle (Carette) Casante (Carette) Almoza (Fortin) AnneRehel (Pelletier) Rosilda (Drouin) Mérina (Couture) Roseilda (Castonguay) Armoza (Guay) Udola (Gendron) Lauridas (Talbot) Delina (Mainguay) Geneva (Bédard) Nélilda (Leliève) Auxilia (Ampleman) Phélina (Labrue) Emela (Gosselin) Emerilda (Dupuis) Alda (Boudrault) Vital (Lachance) Lysanne (Deblois) Elmina (Plante) Delia (Pelletier) Almerinda (Tavarès) Emela (Gosselin) Euphémie (Plante) Alphida (Kirouac) Palma (Matte) Lauriande (Prévost) Thercycle (Marceau) Diotina Furtado (Fortin) Arthésime (Raymond) Obelia (Baudoin) Arthème (Drouin) Eudoxie (Dubuc) Lybia (Sasseville) Elmina (Guérin) \u2018Alphéna (Bouchard) Oréana (Bolduc) x Gérina (Lefebvre) Laudira (Marcoux) Eludienne (Colette) Elphése (Gauthier) Albiana (Poirier) Et Simone Routier-Drouin ajoute le commentaire suivant: «Claudel disait qu\u2019en songeant au prénom à donner à sa fille il fallait penser au moment où le fiançé aurait à le prononcer amoureusement Je jour de sa grande demande.Au moins, en France, on trouve un diminutif lorsque l\u2019on est affublé d\u2019impossibles prénoms à porter toute une vie.» On trouve dans le bulletin de l\u2019Association des handicapés patronymes: ces noms prédestinés: Jean Louis MEURDESOIF, CHEIR, PIEDEVACHE.CHETIF, CORNIAUX, CONNARD, PIPPI, POU- BLEU, NAVET, DODOT, CIMETIERE, DURETE- TE, MOLLARD ASSASSAINT, PETARD, BRAGUETTE, TOURNEVACHE, INNOCENT, MINETTE, CRETIN, POURCEAU, BITEBIERE, BOUSE- DEVACHE (Extrait de POINT DE VUE 1973, sauf erreur).Il n\u2019est pas surprenant que, méme en brimant les ancétres, tant de malheureux descendants finissent par se lasser d'arborer un nom baroque, cocasse ou ridicule et obtiennent d\u2019e en changer ».Quand on est ataviquement étiqueté Crétin, Innocent ou Pourceau, que n\u2019entreprendrait-on pas pour faire oublier cette marque de fabrique ?C.M. Page 4 LE BIEN PUBLIC Vendredi, les 21 et 28 juin 1974 Le feu de la Saint-Jean \u2018 par ANDRE VACHON de la Société royale du Canada et de la Société des Dix Dès la plus haute Antiquité, on avait accoutumé, aux jours du solstice d\u2019été, de rendre hommages particuliers à la divinité et d\u2019organiser des réjouissances populaires.Ces manifestations se retrouvent, sous une forme ou sous une autre, chez tous les peuples.Au moment d\u2019entrer dans la saison d\u2019été, on célébrait en quelque sorte la lumière, soit qu\u2019on adorât le soleil, soit qu\u2019on exaltat le feu comme chez les Perses, ou qu\u2019on allumât des torches en l'honneur des dieux comme chez les Grecs.Dans la Gaule païenne, il était aussi de tradition de marquer par des festivités le passage du printemps à l\u2019été: sur les collines et les rochers, des brasiers éclairaient la nuit pendant que le peuple se livrait à la danse et aux jeux.Aussi bien le feu est-il par excellence un symbole de la divinité: Car Yahvé ton Dieu est un feu dévorant (Dt 4, 30)! et l\u2019Eglise n\u2019a- t-elle point voulu supprimer ces fêtes païennes, les convertissant plutôt en leur donnant une signification nouvelle et en combattant les abus dont elles étaient l\u2019occasion 2, Les feux de joie crépitant dans la nuit du 23 juin devinrent un hommage à saint Jean- Baptiste, celui dont l\u2019Evangiliste dit qu\u2019Il n\u2019était pas la lumière mais le témoin de la lumière (Jn 1, 8).Depuis le haut Moyen-Age, l\u2019Europe chrétienne n\u2019a pas cessé de dresser, le soir du 23 juin, les bûchers de la Saint-Jean.On en trouve un témoignage entre mille dans la propre histoire de Mgr de Laval.Le fait est probablement de 1654, et François de Laval était.alors seigneur de la terre de Montigny.C\u2019est son ami Boudon qui tient la plume : Dimanche dernier en l\u2019église de Montigny, où je parlai aux assistants des abus qui se commettent aux feux de la veille de la Saint-Jean, et en même temps je leur déclarai que le sieur curé du dit lieu était résolu de faire en sa paroisse le feu public et paroissial de la Nativité de Saint Jean et leur dit que Monsieur et Madame de Montigny leur défendaient den faire plus aucun particulier, .[.] La veille donc de la Saint- Jean étant arrivée (qui était hier sur le soir), j'allai avec Ml\u2019abbé de Montigny [François de Laval], Madame [la mère de Mgr de Laval] et Monsieur de Montigny, son fils, qui voulurent que toute leur famille les suivit pour le bon \u2018exemple à l\u2019église, où nous trouvâmes un grand nombre de peuples contre l'espérance du sieur curé, qui croyait qu\u2019il n\u2019y viendrait personne: il y en avait qui étaient venus d\u2019une demi-lieue.Et toute la cérémonie du feu public et paroissial de la Saint- Jean fut faite en perfection avec la joie et l\u2019édification de chacun.M.l\u2019abbé de Montigny avait envoyé un homme exprès par tous les villages de la paroisse pour prendre garde qu\u2019on n\u2019y fit aucun feu particulier; ce qui fut fait.Mais comme on lui eût dit que dans.une hôtellerie on se préparait à en faire un, il y alla lui-même, le fit détruire et leur fera payer quelque chose à l\u2019église pour, n\u2019avoir pas gardé son or- re.: Féte de la lumiére et de la joie, tradition populaire entre toutes, la Saint-Jean traversa un jour l\u2019océan pour prendre racine en terre américaine, I\u2014 Sous le régime français Ce fut peut-être à bord du Jonas, en 1606, que la tradition de la Saint-Jean passa en Amérique.Parti de la Rochelle le 11 mai, le navire portait en Acadie les colons recrutés par Poutrincourt.Une fois sur les bancs de Terrre-Neuve, raconte Marc Lescarbot, \u201cle point du jour venu, qui était la veille saint Jean-Baptiste, à bon jour bonne oeuvre, ayant mis les voiles bas, nous passames la journée à la pé- cherie des Moruës avec mille réjouissances & contentemens, à cause des viandes freches [la chair du poisson] que nous eumes tant quil nous pleut [plut]: [.] Sur le soir nous appareillames pour notre route poursuivre, aprés avoir fait bourdonner noz canons tant à-cau- se de la fête de sainct Jean, que pour l\u2019amour du Sieur de Poutrincourt qui porte le nom de ce sainct\u201d 4 .Ensuite, et pendant plusieurs années, les archives et les vieilles chroniques sont muettes sur les manifestations de la Saint-Jean, auxquelles Lescarbot seul fait deux alllusions®, sans pourtant nous renseigner sur ce qui se pratiquait à cet égard en Acadie.On peut cependant noter que c\u2019est le jour de la Saint-Jean qu\u2019à Port- Royal, en 1610, l\u2019abbé Jessé Fléché !°] conféra le baptême à vingt et un Souriquois, les prémices de la mission 8, et qu\u2019à la rivière des Prairies en 1615, fut célébrée la première messe en Canada (exclusion faite de l\u2019Acadie) 7.Le premier feu de la Saint-Jean dont on fasse mention en Nouvel- le-France fut allumé à Québec en 1636.Un sauvage, écrit le Père Le Jeune, « voyant la solemnité qu\u2019on fait la veille de la Sainct Jean, croyoit qu\u2019on faisoit cette feste pour chasser le Manitou».Le jésuite ne donne aucun détail, sinon qu\u2019il fait part de sa crainte «que l\u2019un de ces jours ils [les Indiens] ne nous viennent prier de tirer nos canons pour les guérir » 8, Cette vigile de la Saint-Jean aurait donc été soulignée par quelques coups de canon et, sans aucun doute, par le feu séculaire.La manifestation, à ce qu\u2019il semble, n\u2019était point nouvelle au pays, puisque le père Le Jeune parle de «la solem- nité qu\u2019on fait la veille de la Saint- Jean » \u2014 et peut-être la tradition en était-elle déjà implantée Quoi qu\u2019il en soit, après 1636, les chroniques sont de nouveau silencieuses sur les festivités du 23 juin.Il est probable, néanmoins, que le bûcher fût dressé chaque année, à Québec, «auprès de au lieu destiné l\u2019Eglise, pour les feux de joye»?.Le Journal des Jésuites, commencé en 1645, décrit le feu de St.Jean sur les 8.heures & demie du soir.M.le Gouverneur [Montmagny] envoya M.Tronquet [son secrétaire] pour sçavoir si nous irions; nous allasmes le trouver le P.Vimont & moy [Jérôme Lallemant] dans le fort.Nous allasmes ensemble au feu; M.le Gouverneur l\u2019y mit, & lors qu\u2019il le met- toit, je chanté le Ut queant laxis 19 & puis l\u2019oraison !, [.] On tira 5, coups de canon, & on fit deux ou trois fois la descharge des mousquets; nous en retournasmes entre 9.et 10.» 12 Ce cérémonial se reproduisit de 1647 à 1650, avec bien peu de variantes 13, Le feu se fait le soir, « sur les huit heures & demie» en 1646,« sur les 9 heures un quart » en 1648; aucune précision n\u2019est fournie pour les autres années.En 1646, 1648 et 1650, le bûcher est allumé par le gouverneur; en 1648, on note que « M.le Gouverneur le mit [le feu] à son: ordinaire ».En 1650, toutefois, le supérieur des Jésuites s'abstint d\u2019aller à la \u2018fête, « prevoyant qu\u2019on m\u2019y feroit mettre le feu à l\u2019ordinaire, & ne jugeant pas à propos de {laisser courir cette coustume, qui n\u2019avoit pas esté pratiquée du temps de M.de Montmagny.!9» En parlant de cette « coustume », le père pensait à l\u2019invitation pressante que lui avait faite M.d\u2019Ailleboust d\u2019allumer le feu de la Saint-Joseph, aux mois de mars 1649 et 1650.Il s\u2019y était prêté en ces deux occasions, « mais avec beaucoup de repugnance».M.de Montmagny qui avait toujours allumé le feu lui-même, ayant quitté la colonie en 1648, et le supérieur des Jésuites n\u2019ayant pas assisté à celui de 1649, il faut croire que ce fut le gouverneur qui l\u2019alluma, à moins qu\u2019il eût laissé cet honneur au père Vimont \u2014 ce qui est peu probable.De 1646 à 1650, le clergé fut chaque fois représenté près du bûcher: en 1646 par le supérieur des Jésuites et le père Vimont, en 1647 par M.de Saint-Sauveur, en 1648 par le supérieur des Jésuites accompagné des pères Le Jeune et Greslon, en 1649 par le père Vimont, et en 1650 par le père de la Place.\u2018 En 1646, le supérieur chante «le Ut queant laxis & puis l\u2019oraison », pendant que le gpu- verneur mettait le feu; en 1648, « apres le feu mis», le Ut queant laxis, «le Benedictus & l\u2019oraison de St.Jean, le Domine Salvum fac Regem & l\u2019oraison du roy, le tout sans surplis» ; en 1650, «le P.de la Place y assista en surplis & estolle, avec St.Martin, pour y chanter le Te Deum [sic] ».Etaitce l'habitude, une fois les oraisons terminées, de tirer quelques coups de canon et de décharger quelques mousquets ?Il n\u2019en est question qu\u2019en 1636 et en 1646, mais ces signes de réjouissance allaient peut- être de soi.Une fois de plus, après 1560, les renseignements sur le feu de la Saint-Jean sont rarissimes, Mais la traduction en était assez solide pour durer.N\u2019est-elle point significative, cette note que le supérieur des Jésuites prit la peine d\u2019inscrire dans son Journal de 1649: « On ne fit point le feu de la St.Jean aux Trois-Rivières » ?15 Preuve, assurément, qu\u2019on avait dérogé, cette année-là, à la coutume.Le feu de la Saint-Jean avait donc pris une importance certaine dans les traditions de la jeune colonie.Voyons-en une confirmation dans le .faste que l'on donna à la cérémonie du 23 juin 1666: «la solemnité du feu de la S.Jean se fit avec toutes les magnificences possibles, Mgr l\u2019Evesque [François de Laval] le clergé, nos pères en surplis, & c.Il [Laval] presente le flambeau de cire blanche à Mons.de Tracy, qui le luy rend & l\u2019oblige à mettre le feu le premier, & c.»16 On peut croire que la féte de la Saint-Jean prit plus d\u2019éclat encore a partir de 1694, alors que Mgr de Saint-Vallier la placait au nombre des fêtes d'obligation observées dans le diocèse de Québec\u2019, et jusqu\u2019en 1744, date où Mgr de Pontbriand en renvoya la solennité au dimanche 18, II \u2014 Sous le régime anglais Malgré la conquéte et le changement d\u2019allégeance, les feux de la Saint-Jean s\u2019obstinèrent, année après année, à danser lumineusement dans la nuit du 23 juin.Après deux siècles, les gestes n\u2019avaient point changé, et le spectacle restait le même: Les Canadiens de la campagne, écrit Philippe Aubert de Gaspé, avaient conservé une cérémonie bien touchante de leurs ancêtres normands: c\u2019était le feu de joie, à la tombée du jour, la veille de la Saint-Jean-Baptiste.Une pyramide octogone, d'une dizaine de pieds de haut, s\u2019érigeait en face de la porte principale de l\u2019Eglise; cette pyramide, recouverte de branches de sapin introduites dans les interstices d\u2019éclats de cèdre superposés, était d\u2019un aspect très agréable à la vue.Le curé, accompagné de son clergé, sortait par cette porte, récitait les prières usitées, bénissait la pyramide et mettait ensuite le feu, avec un cierge, à des petits monceaux de paille disposes aux huit coins du cône de verdure.La flamme sélevait aussitôt pétillante, au milieu des cris de joie, des coups de fusil des assistants, qui ne se dispersaient que lorsque le tout était entièrement consumé, 19 Hubert Larue décrivait à son tour, en 1870, la cérémonie du feu de la Saint-Jean, telle qu\u2019il l\u2019avait observée autrefois dans sa paroisse natale de Saint-Jean, Ile d\u2019Oréans : Sur l\u2019ordre du seigneur, un des habitants transportait sur la grève, en face de l\u2019Eglise le bois nécessaire au feu : c\u2019était du bois de cèdre invariablement.Après avoir chanté un salut, le curé, revêtu de l\u2019étole, se rendait au bûcher, IL le bénissait et ensuite faisait sortir du feu nouveau en frappant le caillou avec le briquet.Avec l\u2019amadou ainsi enflammé, le curé mettait le feu au bûcher, et quelque com- Vendredi, les 21 et 28 juin 1974 LE BIEN PUBLIC Page 5 pagnie de miliciens faisait une décharge de fusils, au milieu des cris de toute la foule.Presque toute la population de l\u2019île se donnait rendez-vous à |Saint- Jean, pour cette solennité.La coutume était de s\u2019y rendre a cheval, les femmes en croupe, derrière leurs maris.2 Négligeant quelque peu, pour sa part, l'aspect religieux de la fête, Narcisse-Eutrope Dionne en montrait, en 1889, le caractère populaire : - A l\u2019heure convenue, c\u2019était à la brûnante, sur le signal donné par le curé ou le notable, des pyramides de sapin, des arbres entiers encore verdoyants étaient livrés à la flamme dévorante au milieu des cris de joie de la foule.Pendant des heures entières hommes, femmes et enfants se livraient à des divertissements innocents, mélant a leurs chants patriotiques des hymnes religieux, des cantiques sacrés.Par intervalle, les cris et les chants étaient interrompus par une fusillade des mieux mourries ou par les accords d\u2019une musique champêtre, où les violons jouaient le premier rôle.En ce jour-là, les deux rives du Saint- Laurent s\u2019illuminaient comme par enchantement à l\u2019heure du crépuscule, 21 C\u2019est ainsi que la veille de la Saint-Jean était l\u2019occasion, pour les riverains du fleuve, de communiquer avec les parents et les amis de la rive opposée.Grâce à des «signes convenus», les feux de la Saint-Jean, s\u2019il faut en croire Philippe Aubert de Gaspé, portaient de l\u2019autre bord des messages où il était beaucoup question de maladie et de mort: «Si le feu [.] brûle longtemps sans s\u2019éteindre, c\u2019est bonne nouvelle; s'il s\u2019éteint tout à coup, c\u2019est signe de mortalité.Autant de fois qu\u2019il s\u2019éteint subitement, autant de personnes mortes.Pour un adulte, une forte lumière; pour un enfant, une petite flamme».Aussi l'oncle Raoul pouvait-il transmettre à De Locheill les nouvelles de ses amis des Eboulement, de l\u2019Ile-aux- Coudres et de la Petite-Rivière : «Commençons par les Eboulements: onze décès de personnes adultes dans cette paroisse depuis l'automne, dont trois dans la même maison, chez mon ami Dufour [.].Les Tremblay sont bien: j'en suis charmé: ce sont de braves gens.Il y a de la maladie chez Bonneau: probablement la grand\u2019mère, car elle est très âgée.Un enfant mort chez Bélair; c\u2019était, je crois, le seul qu'ils eussent: c'était un jeune ménage.[.]» 2% A la Saint-Jean se rattachaient d\u2019autres traditions, comme celle de la vente du premier saumon : «chaque habitant qui tendait une pêche vendait à la porte de l\u2019église le premier saumon qu\u2019il prenait, au bénéfice des bonnes âmes, c\u2019est-à-dire qu\u2019il faisait dire une messe, du produit de ce poisson, pour la délivrance \u2018des âmes du Purgatoire.Le crieur annonçant le but de la vente, chacun s\u2019empressait de surenchérir.7 Ces coutumes pittoresques sont à peu près disparues de nos campagnes, mais on en trouvait, ici et là, en 1960, certains restes: à l\u2019Ile-aux-Cou- dres, par exemple, avait survécu la fonction du syndic des âmes, et dans d\u2019autres paroisses on faisait encore la criée des dmes., Vers 1850, la tradition du feu de la Saint-Jean était bien vivante, au témoignage de Benjamin Sulte: «à Saint-Jean-Deschaillon, aux Trois-Rivières, autour de cette ville, j'ai vu vers 1850 bien des feux de la Saint-Jean qui [.] étaient de tradition ancienne.Ces feux, sur le bord du fleuve, se regardaient les uns les autres.Tout le pays était en fête, » 2 Au vingtième siècle, le feu de la Saint-Jean, s\u2019il ne s\u2019est point entièrement éteint, a perdu beaucoup de sa vivacité, mais une autre tradition est entrée dans les moeurs québécoises : celle des défilés, avec chars allégoriques et fanfares.Depuis la fondation de la Société Saint-Jean-Baptiste, en 1834, et surtout depuis la proclamation, par Pie X, le 26 février 1908, de saint Jean-Baptiste comme patron spécial des Canadiens fran- cais, l'usage s\u2019est en effet généralisé de marquer le 24 juin par des processions d\u2019abord, puis par des défilés à caractère patriotique.La forme en a peut-être changé, mais la tradition de la Saint-Jean n\u2019est pas encore tout à fait morte chez nous.1.Voir aussi Gn I5, 17, Ex 3, 2, 22, Is 33, 14, So 1, 18, etc.2.Le feu de la Saint-Jean n\u2019était pas pour autant une cérémonie religieuse: il n'avait rien de liturgique, et l\u2019on consulterait en vain les rituels à son sujet.3.Quebecen.Beatificationis et canoni- zationisl .] Francisci de Montmorency-La- val [.] Altera Nova positio [.J, Typis Polyglotis Vaticanis, 1956: 15s.4.Marc Lescarbot, Histoire de la Nouvel te-France., «The Publications of the Champlain Society » (Toronto 1911), II: 546.5.Lescarbot, Relation dernière de ce qui s\u2019est passé au voyage du sieur de Poutrincourt.(1612), dans Lucien Campeau, 8.j.La première mission de l\u2019Acadie (1602- 1616), « Monumenta Novae Franciae» (Rome et Québec, 1967): 651 et id, Histoire de la Nouvelle-France (Ed.Tross), Paris, 1866, III: 657s.[*] Voir la biographie que je lui al consacrée dans DBC, I: 315s.8.JR, I: 76.7.Champlain, Oeuvres (Biggar), III: 33.8.JR, IX: 120.\u2014 «Pour les guérir » en chassant le Manitou ou démon qui les rend malades.9 JR, XI: 68.10.Hymne qu'on chantait le jour de la Saint-Jean: « Afin que nous puissions chanter hautement les merveilles de votre naissance, Ô saint Jean, purifiez nos lèvres de toute souillure », etc.11.Deus qui praesentem diem.«O Dieu, qui avez rendu le jour de la nals- sance du bienheureux Jean glorieux pour nous, faites que votre peuple soit rempli de joies spirituelles et dirigez dans la voie du salut les coeurs de tous vos fidèles.» 12.JJ, 83s 13.Les textes cités dans ce paragraphe et dans le suivant sont tirés de JJ, 53s., 89s., 111, 127, 134, 141s.14.Il fut gouverneur de 1636 à' 1648.15.JJ, 127.16.JJ, 345.17.H.Tétu et C.-O.Gagnon, édit.,, Mandements, lettres pastorales et circulaires des évêques de Québec (Québec, 1889-1893), I: 335.18.Ibid, II: 42.19.Philippe Aubert de Gaspé, Les Anciens Canadiens (Montréal, 1946) : 88.20.Hubert Larue, Fêtes patronales des Canadiens français, dans la Revue canadienne \u2018(Montréal), 1870: 488.21.N.-E.Dionne, Les feux de la Saint- Jean, dans le Courrier du Canada, 22 juin 1889.22.Aubert de Gaspé, op.cit.89s.23.Ibid, 88.24.Benjamin Sulte, Mélanges historis ques, XV (Montréal, 1929): 33.BILLET BONJOUR FTE L Les droits de l'homme Vous souvient-il, de douce mémoire, avec un brin de nostalgie, de nos vacances scolaires qui «sonnaient clair » vers le milieu de juin pour tous les élèves petits ct grands, avec cette joie frénétique qui accompagnait ce repos bien motivé ?Les traditions se perdent, dit-on.Petite phrase mille fois répétée qui semble hélas être acceptée avec trop de complaisance et de résignation.Est-ce un bien?Est-ce un mal ?Je prends, pour ma part, résolument parti, en disant que c\u2019est affligeant, au point qu\u2019il faudrait réagir, pendant qu\u2019il est temps encore ! On doit certes vivre avec son siècle, à l\u2019époque où des fusées interplanétaires se balladent en banlieue de la Lune »; l\u2019esprit doit cheminer autrement qu\u2019en diligence.Mais de là à se mécaniser, à se robotiser, à se NE L'OUBLIEZ PAS LA CROIX- rouGE@ AGIT EN VOTRE NOM laisser programmer par Sa Majesté l\u2019Odinateur, à ce point que Rêve et Poésie, ces bien tendres sentiments tellement humains, soit relégués au rang des histoires de grand-mères et de contes de fées, il y a tout un abi- me, qu\u2019il ne faut pas franchir ! Et puis, que deviendrait cette escale merveilleuse des, vacances d\u2019été, ces longs crépuscules qui s\u2019étiolent à n\u2019en plus finir, ces courses folles dans les bois silencieux et solitaire, ces longues siestes dans le sable chaud, sur une plage au bord de la mer, avec ce goût de sel sur les lèvres, les marches en montagne, épuisantes, d\u2019une fatigue bienfaisante, sans oublier les orages sillonnés d\u2019éclairs fulgurants, éclatante = saison lourde de promesse, pour une amoureuse au coeur battant ! Au rythme où vont les choses, que devient ce premier brin de muguet que l\u2019on découvre soi-même, sous- bois, que l\u2019on cueille avec respect, qui embaume la nature renaissante, et que l\u2019on offre avec émoi.en gage de bonheur, à sa douce bien- aimée ?Elégant muguet, tellement odorant, pourquoi te remplacer par de grosses clochettes poussées en serre, sans parfum et sans âme, que l\u2019on se procure avec de l\u2019argent et non plus avec son coeur ! ; Tradition encore, devenue habitude, dernière étape avant l\u2019oubli.Voyons ! mon très doux ami, quand viendras-tu chercher parmi les noisetiers, les pâquerettes, la discrète violette en cette saison éblonis- sante, lorsque tombe, la brume grise du soir nimbée de beaucoup de mélancolie ! comme pour mieux apprécier ce \u2018soleil d\u2019or, toujours ardent, complice des vacances, loin des soucis scolaires et de la consigne de l\u2019horaire.! Jeunesse, bonheur, amour, ces précieuses valeurs de l'humanité qu\u2019il faut à tout prix savoir protéger à travers les décennies.L'esprit n\u2019ayant point d\u2019âge, le temps ne compte pas ?Alors, la civilisation doit conserver ses traditions, son patrimoine, ce bien précieux, devenu plus que jamais, fragile et vulnérable, comme la beauté d\u2019un visage; l'âme se cultive et s\u2019entretient en gardant douce souvenance des choses anciennes pour rester jeune et fraiche.Elle a soif et intensément besoin de ces touches délicates des vestiges du passé, héritage des légendes.Céline Leblanc L'Homme n'a jamais tant que de nos jours revendiqué ses fameux DROITS! Les Les Droits de l'Homme, c'est la rengaine qu'on entend à tout propos, et même hors de propos ! Si la formule est assez récente et d'inspiration révolutionnaire, la chose est vieille comme le christianisme : Jésus n'a-t-il pas à maintes reprises proclamé les lois de la justice et de la charité ?Si jaloux de ses propres droits, l'Homme paraît trop souvent moins conscient de ses DEVOIRS, surtout de ses devoirs envers son Créateur ! Le PERE ISCOPE RENÉ DE COTRET, ST-ARNAUD & CIE Comptables agréés André Saint-Arnaud, C.A.Paul René de Cotret, C.A.1300, Notre-Dame Case postale 1464 Tél: 378-4831 Page 6 Athanase ou l'Eglise militante Le 2 mai 1973 marquait le 1600e anniversaire de la mort de saint Athanase, Père et Docteur de l\u2019Eglise.Athanase était l'héritier de l\u2019Eglise d\u2019Alexandrie fondée par l\u2019évangéliste saint Marc.Après 16 siècles saint Athanase demeure un modèle d'apôtre et de lutteur pour la foi en notre temps.Daniel Rops qui excelle à brosser un portrait, écrit ces lignes remarquables: « C\u2019est une personnalité grandiose et terrible qu\u2019Athanase ! » ces seuls mots sont déjà toute une apologie.Mais lisez plutôt: « une intelligence extraordinairement pénétrante, rompue à toutes les subtilités de l\u2019esprit oriental, mais apte à en percer les faux semblants et à éviter les pièges, grâce à un bon sens positif qui n\u2019est jamais dupe de rien.Un caractère merveilleusement trempé, du même acier dont, peu auparavant, Dieu avait fait ses apôtres et ses martyrs: à la fois souple et fort, droit dans ses intentions, habile dans sa manoeuvre.En même temps une âme profondément religieuse, le type de ces grands mystiques pour qui l\u2019action est l\u2019effet et le prolongement de la prière et qui, dans les pires luttes, n\u2019oublient jamais qu\u2019ils sont de Dieu.» (Hist.Egl.v.I.p.553).: Sacré évéque a 33 ans, Athanase illustrera le siége d\u2019Alexandrie durant quarante-cinq ans, dont vingt ans passés en exil, ayant été chassé cinq fois de son Eglise.Epoque des grandes hérésies, c\u2019était -aussi le temps où, un peu comme aujourd'hui, « tout était mis en question de ce qui nourrissait l\u2019âme chrétienne, et où, pour l\u2019Eglise, la bataille était de vie bu de mort.» L\u2019évéque Athanase était l'homme du jour.Malgré une vie agitée comme nulle autre, saint Athanase a laissé une oeuvre littéraire immense.Une si prodigieuse activité nous étonne et nous remplit d\u2019admiration.Si haute que soit sa doctrine sur le Verbe Incarné ou la Trinité, saint Athanase nous apparaît comme l\u2019homme de quelques idées simples, sans cess e répétées et totalement vécues, comme le pain quotidien de chaque chrétien, réalités vivantes et chaleureuses de l\u2019âme.«Le Verbe s\u2019est fait homme pour nous rendre divin ! » répète-t-il sans se lasser.Cet homme, cet évêque, ce saint, ce Docteur et Père de l'Eglise du IVe siècle personnifie l\u2019Eglise Militante de tous les temps.Par sa nature, l'Eglise de Jésus-Christ est militante.Toujours elle doit lutter pour grandir et pour se défendre contre son éternel ennemi.Satan et ses suppôts ne désarment jamais.Depuis Cérinthe, adversaire de saint Paul, jusqu\u2019aux néo-modernistes de notre temps, toute la gamme des attaques de Satan y a passé.A Ephèse, Paul se rendait compte « qu\u2019une puissance infernale s\u2019agitait dans les coulisses contre lui».Holzner, qui fait cette remarque ajoute: « Différents esprits mauvais s\u2019étaient concertés pour mener une attaque contre lui.Ce sont là des phénomènes bien connus dans la vie des saints.Il n\u2019existe presque pas de saint ou spirituel, chez qui le démon ne joue pas de rôle.Et l\u2019on ne croit pas sérieusement à un Dieu personnel, l\u2019on n\u2019a pas une foi profonde, si l'on ne veut rien savoir de l\u2019existence du grand adversaire de Dieu.» (Paul de Tarse, p.340).L'apôtre saint Jean, dans l\u2019Apocalypse, parle « d\u2019une syhagogue de Satan» (II, 9) qui tourmentait les chrétiens de l\u2019Eglise de Smyre.Aujourd'hui le Sucesseur de .Pierre, S.S.Paul VI nous dit: « Par quelque fissure la fumée de Satan est entrée dans le peuple de Dieu » (28- 7-12).Sainte Thérèse d\u2019Avila, nouveau Docteur de l\u2019Eglise, revient souvent sur les multiples et subtiles attaques des démons.Elle n\u2019est pas une obsédée ou une névrosée, qui vit, dans l\u2019irréel ou l\u2019illusion.Elle a trop de bon sens pour cela.On souhaiterait que les « théologiens professionnels » d\u2019aujourd\u2019hui qui ne prisent guère son enseignement, participent un peu plus à son équilibre mental et à son intelligence.On assisterait à moins de révoltes de l'esprit.! L'histoire contemporaine nous apprend que le démon a perdu du terrain au sein des nouvelles chrétientés, jadis vivant « dans les ténèbres de l\u2019erreur et à l\u2019om- de la mort du péché».Satan s\u2019est alors rué sur d\u2019anciennes chrétientés affadies, qui cèdent graduellement devant les attaques répétées de l\u2019Enfer.Nous en faisons la malheureuse expérience au Québec.Un exemple entre mille: dans telle université, hier encore catholique, des revues remplies d\u2019obscénités sacrilèges et sataniques circulent chez les étudiants.Ce climat délétère d\u2019une école de haut-savoir illustre LE BIEN PUBLIC bien l\u2019axiome que Pie XI aimait à citer, en parlant de l\u2019école (peu importe le degré): « L'école, si elle n\u2019est pas un temple, devient une tanière.» Je comprends de mieux en mieux la méditation des Deux Etendards de Saint Ignace.Dans tous les temps, l\u2019appel de Jésus-Christ à combattre sous l\u2019Etendard de la Croix a été entendu par des hommes de foi, de courage et d'amour.Toujours aussi s\u2019est dressé Satan, brandissant son étendard de feu pour rallier les ennemis de Jésus et de son Eglise.Au IVe siècle, les malheurs affligeaient l\u2019Eglise.Selon le mot de saint Basile, contemporain d\u2019Athanase, «l\u2019hérésie (d\u2019Arius) règne partout.Toute l\u2019Eglise est en décomposition».Soldat du Christ, Athanase adresse, en 340, une lettre criculaire à ses confrères évêques des régions voisines, sorte d'ultimatum à se lever pour combattre sous l\u2019Etendard de Jésus-Christ.Athanase rappelle l\u2019histoire du lévite (Liv.Juges, 19), qui suppliait les douze tribus d\u2019Israël de venger les crimes commis contre sa femme.\u2019 «Le malheur du Lévite, écrit saint Athanase, est petit en comparaison de ce qu'on entreprend aujour- d\u2019hui contre I'Eglise.C\u2019est toute l\u2019Eglise qui souffre l\u2019injustice; le sacerdoce a été méprisé au-delà de tout, et, ce qui est pis, la crainte de Dieu a été persécutée par l\u2019athéisme ».Vraiment, on se croirait en 1974 ! « Laissezvous toucher, répète saint Athanase; sauvez l'Eglise, sinon à bref délai, l\u2019ordre ecclésiastique et la foi de I'Eglise s\u2019effondreront.» L\u2019Eglise triomphera cependant, mais ce sera au prix de bien des souffrances, des combats, des martyres même.Cette célèbre Eglise d\u2019Alexandrie cependant demeure profondément blessée et séparée de la communion de Pierre depuis quinze longs siècles ! L\u2019actuel Successeur de Pierre S.S.Paul VI, en témoignage de vénération pour cet historique Siège épiscopal, a fait retourner, en 1968,, les reliques de l\u2019évangéliste saint Marc, de Venise à la Vénérable Eglise d'Alexandrie; ce qui témoigne d\u2019un rapprochement prometteur.A l\u2019époque de la Révolution française et au début du XIXe siècle, une situation confuse régnait au sein du christianisme.Du peuple chrétien surgirent des laïcs, puissants chefs de file, capables de rallier sous l\u2019Etendard du Christ des forces neuves.Voici, entre bien d'autres, l'exemple de Joseph GORRES, en Allemagne.Cet apôtre servit sa foi avec une fougue qui ne devait jamais faiblir.Combattant redoutable par la plume et la parole.Professeur dont l\u2019enseignement titanique expliquait l\u2019histoire entière dans la lumière de la Providence: un rayonnement spirituel émanait de ce prophète laïc .Il fit de l\u2019Université de Munich un centre de vie catholique extraordinaire.» Tel est Gorres décrit par D.Rops (VIII, 864).Rien d\u2019étonnant qu\u2019un tel lutteur ait trouvé dans saint Athanase l'inspiration de sa vie.Son puissant pam- plet Athanasius (1838) est d\u2019une brûlante actualité.Il dénonce énergiquement ceux qui veulent «en venir à la déposition du Pape.a l\u2019abolition du célibat ecclésiastique.au projet d\u2019un nouveau Credo ».Gorres fait école.Le jeune prêtre Jean Moelher, vrai théologien de l'Eglise, suscite un enthousiasme conquérant.L'Eglise qu\u2019il fait connaître est l\u2019Eglise de saint Paul, de saint Athanase, et plus tard de Léon XIII, d\u2019au- jourd\u2019hui et de toujours.Aussi sa pensée se retrouve sous la plume des grands Papes Léon XIII, Pie XI, Pie XII.« En rappelant aux catholiques, écrit D.Rops (VIII, 945), que leur Eglise n\u2019est rien si elle n\u2019est le Christ prolongé sur terre, l'organe de son esprit, la manifestation constante de sa Présence, Moehler aura été un des prophètes du renouveau qu\u2019a connu notre époque.» MGR JOSEPH-LOUIS BEAUMIER Ce 0 L | 9t n'en coûte que $3.pour | & abonner à notre journal.| VEUILLEZ ADRESSER LE BIEN PUBLIC POUR UN AN À \u2014 \u2014 a\u2014 C] Paiement inclus.() Paiement sur facture.(O C'est un renouvellement.(] C\u2019est un abonnement-cadeau au destinataire dont adresse apparaissent ci-dessous, suivis de mes propres noms et Vendredi, les 21 et 28 juin 1974 on peut Vaincre le cancer SOCIÉTÉ CANADIENNE DU CANCER, POUR VOS ASSURANCES e Automobile e Accidents e Responsabilité e Incendie RICHARD BERGERON Coutier en Assurance Tél.: 375-2655 573, rue Bonaventure Trois-Rivières AEE Pour.un service PROMPT ET COURTOIS LUCIEN DEFOY \u2018Huile à chauffage\u201d Entretien et réparations de brûleurs à l\u2019huile 691 Hertel, Trois-Rivières Tél.: 375-9666 les noms et (vos noms et adresse s\u2019il s\u2019agit d'un abonnement-cadeau) Ÿ mé 2 88 adresse.ge | 2 sg Adresse ai Ville ôsé e Vendredi, les 21 et 28 juin 1974 LE BIEN PUBLIC Page 7 eIl Sur la tombe de l'impressario Louis-H.Bourdon La mort de l'impressario Louis H.Bourdon survenue ces jours derniers à Outremont, évoque tout un passé artistique au Québec et notamment à Montréal.Cet homme modeste avait présenté aux musicophiles les solistes les plus prestigieux des années \u201820 et au-delà.C'est sous son initiative que Montréal avait pu entendre le seul récital que Paderewski donna au Québec.D'autres artistes tels qu'Alfred Cortot, Jascha Heifetz, Elman, Casals, pour ne nommer que ces instrumentistes, vinrent aussi faire les beaux soirs musicaux de la Métropole et il faut songer à l'immense cortège de chanteurs d'opéra tant masculins que féminins com.- me Caruso et Flagstad, Géraldine Farrar.Bourdon prit souvent des risques comme tous les impresarios.Des risques calculés bien entendu, que le mauvais temps pouvait retourner contre lui.À cette époque, on ne faisait pas toujours salle comble, comme aujourd'hui à la Place des Arts.Un jour, Bourdon m'avait expliqué que la marge de profit pour un récital réside dans les quelques centaines de billets qu'on peut vendre aux guichets le soir de l'événement aux amateurs, à la dernière minute.Dans un pays comme le Canada, surtout en plein hiver, soit en pleine saïson artistique, le temps peut changer rapidement d'un jour à l'autre.Le plupart des contrats de récitals se signent des mois à l'avance.Or, que, le soir du récital arrivé, une tempête de neige tombe, beaucoup d'amateurs de musique ou ceux qui n'ont pas retenus d'avance leurs billets, ne sortent pas, et c'est la marge de profit qui s'envole! Cependant, au cours des années, Bourdon qui connaissait son métier, a pu tirer son épingle du jeu en tablant sur des valeurs sûres pour l'œudition desquelles les amateurs ne se découragent pas facilement devant les éléments mé- me.Courrouceés.Bourdon travaillait seul, et son excellente réputation s\u2019étendait tant aux Etats-Unis qu'en Europe.Il alliait le goût pour l'Art à des qualités d'homme d'affaires On lui doit l'élévation de la culture générale des Québécois par la musique, la seule, c'est-à- dire la vraie.Depuis quelques années, Louis H.Bourdon avait pris sa retraite et c'est doucement qu'à l'âge de 83 ans il s'est éteint au milieu de ses souvenirs de concert.Les moins renseignés A la veille de la pleine saison de tourisme, on se demande si le gouvernement du Québec sensibilise assez les citoyens des diverses régions à promouvoir ce qui peut constituer une attraction touristique chez eux ?Souvent, les citoyens d'une région sont les moins renseignés sur ce .qui se passe dans leur patelin et ce que les organismes de promotion font pour y attirer des visiteurs.Il s'ensuit des dépenses conidérables de promotion touristique qui ne rapportent pas autant qu'elles devraient, parce que les Mauriciens, les Gaspésiens, les Estriens, les Québécois, les Montréalais etc, n'entrent pas assez dans la danse, ignorants -qu'ils sont la plupart du temps du travail touristique officiel.Chaplin sous son meilleur jour Une bouffée d'air frais a envahi le peti écran domestique récemment par la projection de City Lights de Charlie Chaplin.Tout ce qu'on a pu dire de ce mime génial est remonté à la surface.Poésie d'abord, pathétisme touchant, musique ajoutée au film muet bien sûr mais pleine de mélodies.Quel contraste avec la plupart des films de violence projetés tant dans les salles qu'à la télévision ! Cette simple histoire d'un pauvre bougre qui, par son ingéniosité, permet à une jeune fille aveugle de recouvrer la vue est pleine de tendresse.Chaplin a réussi dans la comédie de situations, mais comme Fernandel il aurait pu nous donner toute une série de films de tendresse et de finesse.Dans City Lights il a su doser savamment les situations bouffonnes, histoire de détendre la tension des scènes les plus émouvantes.Avec une grande simplicité de moyens, il sait faire naître l'émotion la plus authentique.Avec le recul du temps on constate qeu l'oeuvre de Chapin a peu de rides.Projeter ses films dans un monde aussi inquiet et bouleversé qu ele nôtre leur confère encore plus de relief.Le cinéma moderne avec son affrux réalisme a descendu une grande côte depuis une quinzaine d'années.Mais nous n'avons plus les grands artisans du cinéma comme Chaplin pour faire remonter cet art à son ancien niveau.Nous n'avons plus les cinéastes géniaux qui pourraient rendre au cinéma la fraîcheur de sentiments, la poésie des images qui font les films clas- cliques comme City Lights, Limelight, Modern Times et tant d'autres.Sur une | fausse attitude Il y a une attitude assez curieuse chez certaines gens qui cherchent la vérité, celle de mépriser ceux qui prétendent la posséder et qui parfois l'ont en effet en leur jetant au visage: \u2018\u2019Vous qui êtes en possession tranquille de la vérité\u201d.Nietzche adolescent écrivait à sa soeur : \"Si tu veux le repos de l'&me et le bonheur, crois; si tu veux être un disciple de la vérité, alors, cherche\u201d.Mais comme disait Mauriac dans Souffrance et bonheur du chrétien, \u2018s'il arrive que le chercheur trouve ?Doit-il feindre de ne pas avoir trouvé ?Et si ce qu'il trouve est la croix, et si l'amour lui donne la force de l'épouser, rougira-t-il de la paix, de l'immobilité, du repos sanglant à quoi elle oblige ceux qui s'étendent sur elle ?\u201d.Oui, la possession tranquille de la vérité qu'on reproche aux croyants est-elle si tranquille que cela?Non pas, car les croyants les plus avoués ont aussi leurs doutes.En fait la possession tranquille de la vérité, cela n'existe pas ou bien cela n'existe que el es mots eee 2 Huot 00000000000000000000000000000000 dans l'imagination de ceux qui trouvent trop simple de s'en remettre au magister de l'Eglise, à la Révélation et qui voudraient bien tout réinventer à partir de leurs faibles lumières.Variations sur \u2018iste\u201d Dans le Québec, on est fort sur les mots qui se terminent en \u201ciste\u201d.Nous comptons tout d'abord de très nombreux artistes ou du moins qui se prétendent tels.Pendant fort longtemps, tous ceux qui étaient contre quelque chose passaient pour des communistes.Aujourd'hui tous ceux qui sont contre, comme par exemple l'anglicisation de la province, sont des séparatistes.Si on parle contre les abus des capitalistes on est automatiquement des socialis-' tes.La possibilité à distinguer et le sens des nuances font défaut & plusieurs.Voilàpourquoi tant de confusion règne, et Dieu sait que ce n'est pas toujours la faute du Canadien français.Retour à l'anticléricalisme ?En France, on tente de faire un petit scandale sur les circonstances de la mort du cardinal Daniélou.On dit qu'il serait mort dans l'appartement d'une femme de cabaret.Et voilà qui fera rugir de satisfaction tous ceux qui aiment bien éclabousser le clergé.L'histoire se répète, car du temps de Louis Veuillot, on était friand de ces petits ragots et le journaliste célèbre défenseur du catholicisme, en un moment où la France était officiellement anticléricale, avait mis ses lecteurs en garde contre les jugements téméraires.Il avait notamment défendu un pauvre père de famille menant une vie exemplaire dont on avait sali la réputation parce qu'on avait signalé sa présence dans une maison mal famée.Cet homme y était allé tenter d'y repêcher sa fille.Des ragots en avaient fait un hypocrite, un sépulcre blanchi.Les apparences sont souvent trompeuses et il est si facile de se tromper en faiant des jugements hâtifs. Page 8 .LE BIEN PUBLI c .Vendredi, les 21 et 28 juin 1974 | | LOUIS ARSENEAULT, UN PIONNIER DU LOUIS-DELAVOIE DURAND SYNDICALISME A , .oeuvre de Léonce Cuvelier TROIS-RIVIERES To Louis Arseneault, qui vient de décéder .après une longue maladie, à l\u2018hôpital- St- Mademoiselle Germaine Du- La ville de Trois-Riviéres a dé- | Joseph.Sait as, au Fait des conditions je rand a fait don au Séminaire du cidé récemment de rappeler aux | \u201cta var de siècle, tout en accomplissent \u2018 buste de son frère Louis-Delavoie générations de l'avenir le souve- | Ça tâche de machiniste à l\u2018usine de l\u2018In- Durand, oeuvre de Léonce Cu- nir de ce citoyen serviable et | ternationale, il s\u2019est employé à relever le velier.Le grand sculpteur à qui désintéressé en lui accordant, niveau de vie de ses compagnons de tra- ; ., : Lui vail.Il doit être considéré comme lun Trois-Rivières doit les monuments en plein centre-ville, une place des pionniers du Syndicalisme à Trôls-Ri- de Laviolette, Lavérendrye et Sul- qui portera son nom., vières, avec son hommonyme J.-B.Arsete, était un ami personnel de neault, aujourd'hui disparu.Le monde du , Louis-D.Durand dont il a rendu Comme on le sait, l'auteur de travail doit se souvenir aujourd\u2019hui d'un ; ° PP « Paresseux, ignorants, arrié- homme dont les préoccupations essentielles les traits avec finesse et vérité.rés ?» et de « Laborieuxi, dili- étaient la promotion et.l'avancement de la Il y a quarante ans, « Louis- gents, débrouillards» (actuelle- | cause syndicale.Ses camarades des beaux Delavoie Durand, esthète raffi- ment en réédition) est un bien- | jours n'oublieront pas le zèle généreux A - .qu'il a déployé pour tous | t né, orateur enlevant, érudit char- faiteur insigne de notre institu- | Sociaux en wwe d'améliorer la éguciié ue \u201cmant, a présidé de façon brillan- tion.le bien-être des travailleurs.Louis Arsete aux imposantes célébrations JR neault était un homme de coeur qui.ne du troisiéme centenaire de Trois- or laisse derridre lui Sh ss regrets.enfants Rivières », avec l'abbé Albert le Bien Public offre ses vives condoléances.Tessier, l'architecte Ernest-L.De- É noncourt et l'abbé J-G.Turcot- «Le Ralliement », bulletin des anciens i te.du Séminaire St-Joseph de Trois-Rivières.la plus importante société de fiducie HUILE À CHAUFFAGE = canadienne - française + ® assunons .TRUST GENERAL | ALBERT af i CONFORT.LACHARITE ler MAI 1974 bee Bureau renseignements et location : : onp\u2014 378-3332 Ea - 5 Centre Commercial Lés Rivid st .; Centre Commercial Lés Rivières - ee 1 JUIN au 30 SEPTEMBRE vv EN DEPARTS TOUS LES JOURS CROISIERE DU CAPITAINE > « ee 10.00 - LAC ST-PIERRE: 62,50 (2% heures) ORCHESTRE - 3 heures : 63.50 [ .N 14.00 - CHAMPLAIN : 63.00 (3 heures) VENDREDI - DIMANCHE Dépert: 20.00 A A 20.00 - CROISIERE DU CAPT.: 63.00 (3h.) ee Dégert: 20.00 v Enfonts: 1 à \u20ac ens (sens charge) SAMEDI Départ: 19.00 .P : 6 À 15 ans (moitié prix) Juillet - Aoû | \u201d, , AY Déport: 22.30 - A! nadie ge \u2026 = ION RESAVEZ À L'AVANCE w \u2018 Jr oO | : a / / S$ oan ia SUPERFRANCORIEE cern ATTENTION SPECIALE AU GROUPE DE 50 ET PLUS \" .\u2014 On amé A A ; a) We la cour de la Petite Bastille (ancienne pri- Sur semaine ORCHESTRE disponible sur reservation BAR Oo Lai son), sur les plaines d'Abraham, à Québec, \u2019 8] (ZB pour recevoir le village des artisans du (M8 Festival international de la jeunesse fran- ;.© o cophone qui aura lieu du 13 au 24 août INFORMATIONS - RESERVATIONS.\u2018BZ prochain | Mais on le fait d'une façon pas Capt.Luc Hervey ; ry ATTENTION LICENCE COMPLETE 2 comme les autres ! Les musiciens sont de la 1496 du Fleuve - C.P.64 xc po) >) m e) [ag] 3) m francophones venant de 25 pays d'Afrique, d'Asie, d'Europe et d'Amérique.(GE TIRAGE DU 1,295079 3,892 $818,350.00 Case postale 908, Place d'Armes Si 7 JUIN, 1974 BILLETS VENDUS GAGNANTS EN PRIX Montréal, Qué.H2Y 3J4 Tél: 873-5350-53 te no tompLET K) 125,000.FAURE 312/7|7/0/6/0|v- 50,000.RAUSLLEE 218/9/9 we 425,000.1 Terman, par gagnent \u20185,000.1 Ceteinans par 1 7 0 samrent $500, 12 terminant par 9 wat *500.0 went 4100, 12 la 9 0 0 M7 rant oar sagrent #1,000.] 119 Sinivant pr 1710 0 ort 150, | 1,169 Lean pur 6 6 1,182 Hesse | spent 1250.) 1,156 Ds 6 516 9/6 9/6 5/6 "]
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