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Titre :
Gazette des campagnes : journal du cultivateur et du colon
Un journal agricole publié à Sainte-Anne-de-la-Pocatière de 1861 à 1895 et qui a connu une deuxième vie de 1941 à 1956.
Éditeur :
  • Kamouraska :[s.n.],1861-1895 ; 1941-1956
Contenu spécifique :
jeudi 29 juillet 1886
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
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Gazette des campagnes : journal du cultivateur et du colon, 1886-07-29, Collections de BAnQ.

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[" XXII Bte-Anne de la Pocatidre, P, Q.29 juillet 1886 Nos.41 ot 42 GAZETTE DES CAMPAGNES JOURNAL DU OVLTIVATEUR ET DU COLON PARAISSANT TOUS LES JEUDIS Rédacteur-Propriétaire : FIRMIN H.PROULX.L'abounement peut dater da 1er de chaqué mois, on commencer aveo le ler numéro de l\u2019année.On ne s'abonne pas moins que pour un an.L'avis de discontinuation doit être donné - par écrit, an Bureau du soussigné, UN Mois avant l\u2019expirstion de l\u2019année d'abonnement, et lea arrérages alore devront avoir été payés; si non, l'abonnement sera censé continuer, malgré même le refus de la Garetto au Bareau de 3 Poste.Toat ce gui concerne la rédaction et Penvoi de correspondances doit être adressé & FIRMIN H.PROULX, Rédacteur-Propriétaire.Gérant : ÆZcctor A.Proulx.Tout ce qui concerne les abonnements à Is Gasctio des Campa, et les annonces à être ubliées dans ce journal, doit être adreasé à lector A.Proulx, Gérant.ANNONCES: Première insertion.-10 centins par ligne Deuxième insertion, - 8 centins par ligne & Pour annonce à long terme, conditions libé- R rales, d Ceux qui désirent s'adresser tont partionlid- rement aux cultivateurs pour la vente de terres instruments d\u2019agriculture, ets., eto., trouveront avantageux d\u2019snnoncer dans ce journal.= ABONNEMENT : } $1 PAR AN 8i 1a gnerre est la dernière raison des peuples, l\u2019agriculture doit en être ls première.Emparons-nous du sol, si nous voulons conserver notre nationalité, ABONNEMENT : $1 PAR AN SOMMAIRE, Bebe de la Semaine: Les fêtes cardinalices à Québec \u2014Arrivée de l\u2019ablégat chargé de remettre la barrette à Son Eminence le Cardinal-Archevêque Taschereau.\u2014Le serment prêté par Son Emivence le Cardinal Tascheresu,\u2014Grande fête musicale ; discours de l\u2019Hon.Juge Rontier\u2014La Procession.\u2014 À la Basilique; 1a messe ; le sermon ; cérémonies de la collation do la barrette ; la bénédiction du premier Cardinal Canadien.\u2014Le banquet; disconrs de eon Eminence le Cardinal Tascherean ; de Son Excellence Mgr O'Brien, sblégat, et de Son Honneur le Lieutenant-Gouverneur do la Province de Québeo, l\u2019Hou.M.R.Masson.KR Nous avons emprunté au Courrier du Canada et au Journal de Québec le résumé des discours prononcés daus le cours de ces mémorables fêtes.Causerie Agricole : Da bétail.\u2014Des races, de Vinfluence du erolsement et du régime ( Suite), \u2014Amélioration de la nourriture destinés aux animaux.divers : Est-il pratigue de faire venir des œufs à couvet ?\u2014Queiques conseils au sujet des arrosementa.\u2014Emplo! des eaux ménagères.\u2014Respectons les oiseaux.\u2014Les œufs dans l'alimentation \u2014De la mue des volailles.- Choses et autres : Nouvelle revue scientifique et industrielle illustrée, dédiée anx personnes de toutes conditions, ayant ur titre: \u201c La science populaire , publiée à Montré par » Octave Cuisset, ohemiste iudustriol.\u2014Le beurre par les temps chauds.\u2019 Recettes : Moyen de tremper les outila en acier.\u2014Conservation des aliments cuits se-0occ000 À nos lecteurs \u2014Commo nous devons prendre part à l'excursion des membres de Ja \u201c Presse associée de Québec, \u201d Ja semaine prochaine, la Gazette des Campagnes no parat- tra pas: c'est pourquoi nous donnons aujourd'hui un numéro double.Nous avons besoin de repos, et nous profitons de ce voyage qui nous sera utile en même temps.0 REVUE DE LA SEMAINE Tes fêtes Bacdinalices Nous consacrons aujourd'hui un numéro entier de la Gazette des Campagnes, au compte-rendu d\u2019une des plus belles fates religieuses qui ait été donné, non- seulement à la ville métropolitaine de Québec d\u2019être le témoin, taie À une grande partie de la population eatholique de la Puissance du Canada et de'nombreux compatriotes des Etats-Unis qui re sont -rendos en foule pour assister aux fêtes cardinalices qui front époque dans l'histoiro ecclésiastique de notre pays.Longtemps et toujours ces fetes, où l'esprit ruli- gieux de nos populations s\u2019est montré dans tout son éclat, seront l\u2019objet de nos entretiens au foyer domestique.Tonjours nos cœurs seront tournés vers le Saint Siège de Rome, vers notre Saint Père le Pape pour le remercier de l\u2019insigne honneur d\u2019avoir choisi dans l'Eglise du Canada un prince de l'Eglise qui saura inoul- quer dans nos cours un amour ardent de Ia religion et nous pénétrer d'un devouement sans bornes à sa sainte cause.© L'espace à notre disposition nous oblige d\u2019omettre de nombreux détails de cette fête remarquable, pour donner place sux importants discours qui seront pour nous un enseignement du passé sur l\u2019histoire ecolé.siastique de notre pays ; de plus, matière À un redoublement de zèle pour l'avenir, si nous voulons nous rendre dignes de mériter davantage les tendros sol: licitudes de notre mère commune la Sainte Eglise qui sait nous préparer des réjouiesances et des triomphes encore plus grands dans la Céleste Patrie, Si la nouvelle qui nous est arrivée do la Cour de Rome, il y a plus d\u2019un mois, nous annonçant la po.minetion d\u2019un premier Cardinal pour le Canada, a rempli nos cœurs d'allégrosse, à plus forte raison la population de la ville de Québec avait-elle hâte d\u2019accueillir dans ses murs le noble porteur de cette 822 GAZETTE DES CAMPAGNES > heureuse nouvelle, le comte Gazzoli, garde noble; et Nous ne donnons ici, bien entendu, qu\u2019un court résumé quelques jours après Son Eminence Mgr O'Brien | de cette charmante allocution.chargé de remettre la barrette à Mgr l'Archevêque| L'ablégat, toujours accompagné de M, le grand vicaire Taschereat, premier Cardinal du Canada.Légaré, se retira alors.Son Eminence le suivit de près.La foule se dispersa aussitôt ; la réception du représentant du L'arrivée de l\u2019ablégat Saint Siège était terminée.\u2014 Mgr O'Brien paraît être âgé de 45 à 50 ans.Il est d'une Son Excellence Mgr O'Brien, chargé de remettre 1a bar-{ haute taille; il mesure environ six pieds.C'est un bel rette à gon Eminence le cardinal Taschercau, arrivait à|bomme, à la démarche fière et noble et à la figure sympa- Lévis par le Polynesian dimanche, lo 18 juillet, vers six thique.En le voyant, on se dit: C'est bien là le représen- heures du matin.Son Excellence, Eur l'invitation de M.le| tant d'un grand roi.curé Ganvreay, s'est rendue À l\u2019église de N.-D.de Lévisoù| Cette réception fuite au représentant de notre Saint.Elle a dit sa messe à sept beures Ba messe terminée, l'a-| Père le Pape, n'était que le prélude des grandes fêtes blégat a pris le déjeuner au presbytère et a été l'hôte del cardinalices qui ont donné la mesure de notre profond M.le curé de Lévisjuequ'à une heure de l\u2019après-midi, alore| dévouement au Saint Siège, de même que notre sin- qu'il s'est mis cn marche pour traverser à Juébec, accom-|cère attachement au clergé qui travaille avec tant de \u2018 6 des révérends Messieurs Légaré, vicaire général, | dévouement à la vigne du Seigneur dans cette partie suvreau, Hoffman, Této, Labrecque of antres membres| dy monde catholique.Ce qui réjouit tant le cœur de du clergé, ct escorté d'une foule innombrable de citoyens] notre Souverain Pontife Léon XIII, que pour nous qui étaient accourus pour témoigner, par leur présence, del en donner une marque de sa profonde reconnaissance, Jour respect au représentant de Sn Sainteté Léon XIIL [| glegt attaché & sa Cour un membre du clergé Cana- Un bateau fut mis à la disposition de l'ablégat et de saldien, Mgr l'Archevêque Taschereau, en le nommant nombreuse suite.Cardinal.\u2018 A son arrivée à Quéhee, Mgr O'Brien fut regu par les révérends MM.Hamel grand vicaire, et Méthot recteur del Sorment requis des membres du Sacré-Collège.J'Université Laval, Son honneur le maire Langelier, lez \u2014 , échevins et les conseillers, M.H.J.TJ.B Chouinard, pré-| Mardi, le 20 juillet, Son Eminence le Cardinal Tassident de la société St Jean-Baptiste, M.Carbray, M.P.P.| cherenn, s\u2019est rendu à In chapelle intérieure du Palais président de la société St-Patrice, un grand nombre del Cardinalice et a prétd le serment requis des Princes membres de cette dernière société et plusieurs centaines de| de l'Eglise, en présence de l'Ablégat, de Mgr l\u2019arche- citoyens.vêque Lynoh délégué du Saint Siège, des autres n Excellence monts dans une voiture traînée par quatre[membres de l'épiscopat présents à uébec et d'un chevaux, ayant à sa gauche M.le grand-vicaire Légaré et| grand combre de prétres.La cérémonie à été des en face Son hopneur le maire et M.Carbray.Le cortège | plus imposantes.comprenait neuf carosses à deux chevaux ; le clergé suivait| \u201d \u2014_\u2014 Son Excellence, ct venaient ensuite les membres du Con- Grande fête musicale.seil de ville.\u2014 Les membres de la société St-Patrice, précédés de leurs| Le soir & en lieu, au pavillon des patinenrs, un riches bannières et du corps de musique de StJoseph de] magnifique concert donné en l'honneur de Son Emi Lévis, marchaient en avant du carosse de l'envoyé de| nence le Cardinal Tuschereau qui y assistait accom- Rome.agné do tous les archesêques et évêques slors à Qué- Sur tout le parcours, des milliers de citoyens se mas Pes.La salle était comble.En se rendant en voiture ssient de chaque côté de la rue pour voir et acclamer le|de son palais À la salle du concert, Sos Eminence 8 représentant de Notre Saint-Père.Aux abords du palsis|été l'objet d'une ovation incessante de la part de la cardinalice, il y avait au moins sept à huit mille personnes.| multitude enthouriaste qui Be presssit sur tout le par- En arrivant au palais, Mgr O'Brien accom) agné de M.|cours du cortège.le grand vicaire Légaré, se rendit à la Balle du Trône, où| Comme nos lecteurs le savent déjà, entre ls pre- J'attendait Son Eminence entourée d'un nombreux clergé] mière et la seconde partie du programme, Son Honet de M, le maire, des échevins et des conseillers, de Son | eur le Juge Routhier devait fuire le discours de cir-\u2014 honneur le juge Wurtele et de plusieurs autres citoyens dis-|constance.Il s\u2019est acquitté de sa tâche de manière _ tingués.L'ablégat remit 3 Son Eminence les lettres delà s'attirer les applaudissements frénétiques et sot eréance concernant Ja mission dont il avait été chargé par| vent réitérés de l'auditoire, et un chaleureux com- Sa Sainteté Léon XIII, pliment de la part de Mgr l'ablégat.Son Eminence adressa alors quelques mots à l'envoyé del Nous reproduisons ici ce discours : .Rome.A « Les personnes que vous voyez, ditolle, réunies dans \u201c Eminence, Bac aa Messeigneurs, cette salle, sont venues rendre hommage à votre Excellence Mesdames, Messieurs, u et prouver de nouveau l'attachement qu'elles portent à \u201c Parmi les voix multiples et sonores qui s'élèvent YEglise.Dans le décret ui me nomme cardinal, Sa Sain-|de la création au Créateur il en est une qui est l\u2019in- teté Léon XIII dit qu'il m'a élevé à cette haute dignité|terprète de toutes les autres, et qui traduit leurs our récompenser le Canada du dévouement qu'il n'a cessé| chants et leurs ucclamations dans une iangue gue ie Re montrer envers le Saint-Biègé.Quand vous serez de ciel comprend : c'est la voie de l'homme.retour à Romeo, Excellence, vous pourrez redire à Sa Sain | ** Le mervoilieux et perpétuel concert que tous les teté ce que vous avez vu et l'assurer que le zèle pour la|êtres créés s\u2019en vont répétant sur toutes les zones de gloire de Dicu no so ralentit pas chez los habitants de ce] la sphère terrestre, ot dans lequel dos millions d\u2019ar- psy.tistes depuis le brin d'herbe jusqu'au chone, depuis GAZETTE DES CAMPAGNES 823 le ruisereau jusqu'au l'océan, depuis le rossignol jue- u's lion, mêlent leurs accords, ne devient un hymne d'admiration et d'amour pour Dieu que par l\u2019intermédiaire de la parole humaine.De même, mesdames et messieurs, les organisateurs de cette fôte incomparable ont voula que ma parole traduire en quelque sorte en langue vulgaire hymne d'allégresse et de filial amour que des artistes d'élite font entendre ce soir en l\u2019honneur de Son Eminence le Cardinal Archevôêque de Queboc.Ils ont voulu que le Canada si brillamment représenté dans cet immense auditoire prit une voix, et mélat ses accents sux flots d'harmonies qui débordent de cette salle.Pour l'honneur de mon pays, je voudrais qu'il eût en ce moment pour exprimer ce qu'il ressent une autre voix que la mienne, et je regrette de ne pouvoir être qu'un faible écho des sentiments et des nc- clamations de tout un peuple.+ Mais il e:t une chose qui suppléera À l'impuissance de ma parole, et qui témoignera mieux de notre res- ect, de notre affection et de notre dévouement ; c\u2019est le spectacle magnifique qui se déroule en ce moment sous mes regrads : Tontes les classos de la société se pressant sous les arcades de cette vaste enceinte pour acclamer leur frère devenu l\u2019un des princes du sang royal de l'Eglise de Rome\u2014Des plus hauts fonce- tionnaires de l\u2019Etut assis côte à côte aveo les plus hauts dignitaires de l'Eglise, et formant la représentation visible d\u2019un idéal qu\u2019on ne rencontre plus assez dans ce monde: l'union harmonisée des deux sou- versinetés, la souveraineté religieuse et la souveraineté politique\u2014Eofn, l'éminent et vénéré prélat délégué vers nous pur Sa Saintoté, comme un messager de la bonne nouvelle, et rehaussant encore l'éclat de démonstration on y associant la plos antique, la plus glorieuse, et la coule immortelle de toutes les royautés! « Ah! Messieurs, on contemplant cette imposante assemblée, il me semble voir l'illuetre Pontife qui gouverne aujourd'hui l'Eglie, et qui fait tant d'efforts ur la paoification générale des pouples et la conciliation des deux puissances ; il me semble le voir dominant cette enceinte, embrassant dans un regard sympathique les représentants desdeux pouvoirs, mais en une seule famille dont il est le père souverain, et enveloppant dans une même bénédiction la mitre et la couronne, l\u2019Eminense, l'Excellence, les Archevéques, les Evêques les Prêtres, les Gouvernants et les gouvernés, les aïoux, les pères et les enfants | Ce tableuu grandiose en évoque un autre, qui en eat pour ainsi dire l'arrière plan, et qui représente le progrès et le développement constant des sociétés Firéhiennement organisées et des institutions religieuses.C'est l'idée dominante que je veux esquieser à rands traits dane les quelques minutes qui ne sont lonnées.- # Mesdames et Messieurs, s Quand le soleil se lève sar les vioilles terres ori entales qui furent le berceau du gonre humain, les premiere fronts qu\u2019il éclaire sont les tommets des pyremides, Mais sous les ardents rayons du grand astre qui réchauffe et vivifie toutes choses, les fastueux tombesux des Phargons restent fruide, lugubres ot inféconds dans l'impaseibilité de la mort, « C\u2019est l\u2019imnge enisissante do la stagnante immobilité des peuples orientaux qui n\u2019ont pas voulu se- soumettre à In loi du Christ, « Mais il n\u2019en est pas ainsi des peuples de l'Occident.Deux traits caruatéristiques les distinguent: c\u2019est le mouvement et la vie.Ils ne sont pas assis à l\u2019ombre de la mort; ile sont debout, ils marchent à la lumière de ce no sveau soleil quo le Christ est venu allumer sur terre et auquel il à donné son nom : le Christianisme, À mesure que cet sstre radieux poursuit sa oar rière vers l'extrème Occident que nous habitons, les profondeurs des solitudes s'illuminent, et l'on voit perpétuellement naître et se développer sous ees rayons bienfaisanta des germinations nouvelles, \u201c Il n\u2019y à guère plus de deux siècles que Mgr de Laval est venu jeter en terre, sur les rives du St Laurent, la précieuse semence d\u2019une église nouvelle, et Dieu sait par quelles tempêtes fut assailli à certaines époques l'arbre mystique qu'il arrosa de ses sueurs.\u201c Mais les germinations que les eaux du baptéme ont une fois baignées no se flétrissont jamuis complètement.Elles pâlissent, elles s\u2019étiolent quelquefois ; mais elles gardent dans leurs racines un reste de sève ui peut encore monter, ramener la vie sous l'écorce u tronc, et fuire épanouir dans les rameaux de nouvelles floraisons.« C\u2019est ce qui fuit la supériorité de la germination religieuse sur la germination oivile et politique, et dans aucune histoire peut-êtro le contraste entre les deux n'est plus frappant que dans la nôtre, \u201c Voyez plulôt ce que sont dovenues lcs œuvres des deux puissances créatrices auxquelles notre pays doit son origine.Le roi de France était puissant, et il était représenté ici par des gouverneurs et des sol.data; le Pontife de Rome était faible, et il envoya sur nos rivages l\u2019évôque de Pétrée et quelques religieux pauvres.** Or un siècle plus tard, la germination politique dépériesait misérablement pendant que la germination religieuse continuait de oroitre; bientôt l'œuvre du roi de France tombait en ruine, et nous pleurerions aujourd\u2019hui eur son tombeau si l\u2019œuvre du Pontifo ne l'avait pas sauvée, Oui, c\u2019est un fuit indéniable, que les impies eux-mêmes ne peuvent pas conatater : l'œuvre du Pontife, en subsistant, à sauvé dans notre pays l'œuvre du Roi.L'immortalité de l\u2019Ezlise & couvert l\u2019Etat de son manteau, et si les vaincus d'hier deviennent les vainqueurs de demain.ei l'avenir voit jamais refleurir sur nos borde une France nouvelle, c\u2019est l'Eglise qui l\u2019aurs faite.« Poursuivez encore le contraste, et voyez combien de temps subsistent les institutions politiques dans notre pays, si remarquable pourtant par sa atabilité, Qu'est devenue notre constitution do 1791?Que reste-t-il du régime qu'on nous & imposé ou 1841 ?Combien d'années encore subsistera la constitution ue nous nous sommes librement donnée en 1867?n est-il parmi vous qui puissent m'\u2019assurer qu\u2019olle durera seulement vingt ans ?\u201c Ah! messieurs, les institutions civiles et poli« tiques appartiennent à l'ordre des choses qui passent, tundis que les institutions religieuses sont Intimemens liées à l'ordre des choses permanentes.Le Lemps n\u2019a partient pas à César, mais à Dieu, Voilà pourquoi 824 GAZETTE DES CAMPAGNES l'Eglise et l'Etat doivent rester unis, afin que l\u2019immu- talité de l\u2019une corrige l'extrême variabilité de l'autre.Voilà pourquoi la fondation de Mgr de Laval a traversé plus de deux siècles d'orages et de luttes, sans rien changer à ea constitution, & sa forme, nia ea doctrine, mais en se développant tovjours ot ch gran- dirsant merveilleusement.« Quand Louis XIV, à l'apogée de ea gloire, présentait su Souverain Pontife pour être envoyé au Canada l\u2019abbé Montmorency-Laval, il ne soupçonnait pas, eans doute, ou du moins il ne prévoyait pas que l'humble missionnaire allait fonder en Amérique une dynastie qui dorersit plus longtemps que la sienne.Et copendant, aujourd\u2019hui, quand ia race da Roi Soleii est éteinte, quand son dernier représentant vient d'être proscrit de France et mange le pain de l'exil, on voit ici tout un peuple acolamer le quin- sième successeur de Mgr de Laval, créé Cardinal | « Comme on voit ls plante dans le mystérieux travail de sa fécondation sortir de terre, s'élever, s'épanouir en feuillage et se couronner d'une fleur, comme on voit le palais et lo temple, solidement assis dans les entrailles du sol, superposer leurs étages, leurs voûtes, leurs colonnades et leurs décors, el 56 couronner enfin d'un dôme, ainei l\u2019on a vu l'Eglise du Canada s'édifier lentement, grandir, et se couronner enfin de la haute dignité cardinalice ! « O Laval ! O Plessis! Dormez en paix dans les reflets d'une gloire que vous n'avez pas cherchée ! Votre œuvre & grandi avec l\u2019apothéose que la postérité vous répare.l\u2019\u2019édifice dont vous avez jeté dans notre col fo fondations puiseantes a recu aujourd'hui son couronnement ! \u201c II, Et vous tous, leurs successeurs, qui recueillez Jes fruits des semences qu'ils ont déposées en terre, Cardinal, Archevéques et Evêques, qui formez la véritable couronne de l'Eglise du Canada, vous n\u2019oublie rez pas que vos obligations et votre responsabilité grandissent avec les honneurs qui vous incombent, * Placés au-dessus de nous, soyez, comme dit Saint Bernard, la Providence de ceux qui sont en bas.Soyez leurs conseils, leurs secours, leurs serviteurs.Gouvernes pour servir.Ce n\u2019est pas moi qui parle, c'est saint Bernard.« Faites de nous une nation d'élite à la hauteur de la mission qui l'attend ; car la noble mission du Ca- Lada n\u2019est pas une chimère.« Le 19ème siècle est un siècle de transition où la lutte du bien et du mal est indécise; mais le 20ème verra le triomphe du bien.Quand les peuples auront fait l'expérience de toutes les théories scientifiques et de toutes les utopies politiques du jour, quand ils auront côtoyé tous les abîmes et sub: tous les désastres, ils se retourneront vers la vérité chrétienne et l'acclameront.« Or dans cet avenir glorieux qui se prépare, l\u2019Amérique et, plus particulièrement notre patrie, devront jouer un grand rôle.Préparez-nous pour cette grande mission de la France d'Amérique dans l'ave- nie du monde.« N'oubliez pas d\u2019ailleurs que le rinoipal caractère de l'Eglise dont vous êtes les chefs est l'univerealité, Non seulement elle prétend remplir toute la durée des tempe, mais elle veut envahir tout l\u2019espace et conquélr toutes les nations, Votre apostolat universel s'est manifesté dès le Cénacle qui fut ébranlé par un grand vent, et dans legnel des langues de fou descendirent sur la tête des hommes choisis dont vous êtes les continuateurs, \u2018 Or le grand vent, c'est le meseagor qui porte an loin sur ses ailes la parole évangélique ; c'est Ia force qui conduit les navires à travers les océana, et qui va répandre sur les terres lointaines les germes des plantes et les semences de la vérité.Les langues symbolisens la parole de Dieu, et elles sont de fou parce qu'elles portent avec elles la lumière et l\u2019amour | * Eh Lien ! Messeigneurs, il est à l\u2019Ouest et au Nord: ducontinent américain des tribus encore infidèles et des terres encore eauvages.De vastes champs sont encore ouverts à voire zèle apostolique et dans un avenir plus on moins rapproché, l'Eglise du Canada étendra vers le Septentrion et vers l'Occident des ramifications nouvelles.« De nouveaux diocèses seront créés, de nouveaux évêques seront choisis, et bientôt de l'Atlantique au Pucifique leurs voix généreuses et fidèles s\u2019appelleront et se répandront.Comme des sentinelles rangées de distance en distance elles répdteront aux heures des ténèbres la parole lumineuse, le mot d\u2019ordre, qui leur viendra du général en chef, l\u2019Evêque de Rome.\u2018* Car Rome est la patrie universelle, C\u2019est le home de l\u2019Américain comme de l\u2019Européen, du Canadien comme de l'Italien, des enfants d\u2019Albion comme des fila de Saint Patrice.C'est de là que vient le vrai home rule sous empire duguel les nations vivent, et survivent quand on croit les avoir tués | Rome n'appartient pas à un parti, ni même à une nation.Elle appartient à toutes les races, elle est la mère de toutes les nations.Elle ne refuse 4 avcune ses lumières, et elle ne proscrit aucun progrès véritable, ni aucune liberté légitime.Ceux qui croient voir un antagonisme entre son autorité et la liberté la méconnaiesent, ou n\u2019ont par la vraie notion du progrès social Cur les deux prinoipaux éléments de ce progrès sont l'autorité et la liberté\u2014l'autorité qui assure l\u2019ordre, et la liberté qui produit le mouvement, Certes, l\u2019amour de la liberté est un sentiment naturel de l\u2019homme, ot il est profondément gravé dans eon cœur.On aime la liberté comme on aime la nature, comme on aime sa patrie, Mais il ne faut pas s\u2019imaginer qu\u2019il faille n\u2019avoir aucon supérieur pour être libre.Comme dit Bossuet, \u201cod il n'y à pas de maître tout le monde est maître, et où tout le monde est maître, tout le monde est esclave, \u201c Le mot latin liber ne veut pas dire seulement libre mais enfant.La liberté, c'est donc Ia condition de fils opposée à celle d'esclave.Etre libre, c'est avoir un père pour maître.Ce n\u2019est pas être affranchi d'obéissance et de subordination, c\u2019est être soumis à l'autorité d\u2019un père, au lien d'être courbé sous le joug d'un tyran.\u201c Sous empire du droit antique, les esclaves étaient des choses, et on en dispossit de la même manière.Etre libre, c'est être uno personne, ayant un nom dans la famille, ayunt une place au foyer.C'est pouvoir appeler eon chef son père, et les autres sujety 90a frien, C'est avoir droit d\u2019être traité comme un s GAZETTE DES CAMPAGNES a \u201c Eh bien | Messieurs, cet idéal de la liberté dans ses rapports avec l'autorité il est réalisé dans la constitution de l'Eglise chrétienne.\u201c Quand son chef véritable, le Christ, nous a en seigné à prier en disant: \u201c Notre père qui êtes aux cieux \u2026\u201d il nous a affranchis de l'esclavage; il a pro olamé la wruie fraternité, la vraie égalité, ot la vraie liberté ! « Aussi l\u2019Ecriture, en racontant son ascension au ciel prononce-t-elle cotte parole remarquable: et as éendens in altum captivam duxit-captivitatem, et remontant au ciel il a ontralné ln captivité captive, Quelle image pittoresque et saisiseante dans cet éloge du grand libérateur du genre humain ! * Loreque les conquérants dont l'histoire exaîte les hauts-faits rovenaient de leura lointaines expéditions, île tratoaient derrière leur char de triomphe des rois enchalnés et des populations captives.Mais ce n\u2019est pas ainsi que le Christ a célébré son triomphe.\u201c Plus fort qu'eux tous, et, sans armées, il a su conquérir l\u2019anivers; mais ce ne fut pas pour réduire l'homanité en osclavage, ce fat pour l\u2019affranchir; et afin qu'elle fût libre à jamais, il a traîné derrière son char en remontant au ciol la captivité captive.« Ah! chantez ss gloire, mil ions d\u2019escluves qu\u2019il a faits libres! Tombez à ses genoux, fommes chré tiennes que ges enseignements ont réhabilitées | Dres sex-lui des autele, peuples qu\u2019il a délivrés du joug des tyrans! * Voilà comment le Chef invisible de l'Eglise à compris la liberté, et comment il l'a ressuscitée quand elle était morte?Voilà comment il neu être Père, tout en proclomant qu'il était le Maitre! Or celui qui le représente visiblement sur cette terre est également un père, ot le plus ardent défenseur de la liberté | Que dis je?Il er est aujourd\u2019hui le martyr.* Montrons nous douc toujours ses enfants, et nous continuerons d'être libres et de grandir sous l'auto- ¥itd de ceux qu\u2019il a chargés de nous gouverner et qui noûs transmettent sos enseignements.L'Eglise a été notre salut dans le passé.Elle sera notre gloire, notre grandeur, et notre prospérité dans l'avenir.\u201cIIL Et maintenant, au nom de mon pays, permettez moi de vous confier un message, 8 vous que l'itamortel Léon XIII a euvoyé vers nous.Lorsque vous retournerez vers lui pour lui rendre compte de La procession, Le lendemain, dès cinq heures du matin, toute la ville de Qrébeo était debout ; la foule se dirigeait vers le palaie du cardinal, et bientôt les rues avoisinantes étaient remplies d\u2019ane population anxiense de voir passer la procession.La procession s\u2019est organisée en mise en marche vers 9 heures, dans l'ordre snivant : Un détachement de l'Ecole de Cavalerie.Corps de musique du 8e Bataillon.Elèves externes du Séminaire de Québec.Association des Ferblantiers.Association des Bouchers.Union des Boulangers.Association des Cordonniers, Société des Tnilleurs de Cuir.L'Union des Mégissiers.L'Union des Menuisiers.Société des ouvriers du Port No 5.Société de Bienfaisance des peintres.L'union typographique No 160.L'Union typographique No 159, La Société de Bienfaisance française, La Société de Bienfaisance des ouvriers, L'Union St Joseph de St Jean-Baptiste de Québec.L'union St Joseph de Charlesbourg.L'Union St Joseph de Lévis, L'Union St Joseph de St Roch, L\u2019Union St Joseph de St Sauveur.L'Union St Joseph de Beauport.L'Union St Joseph du village de Lauzon.Chœur de la congrégation de St Roch.Chœur de l'orgue de l\u2019église de St Roch.Garde d'Honneur du Saoré Cœur de Sillery.La Société Ste Cécile, L'Union Musicale, L'Union Commerciale do Québec.Congrégation des jeunes gens de St Sauveur.Congrégation des hommes de St Sauveur, Congrégation de St Roch.Congrégation N.-D.de Québec.L'Institut Canadien.St Patrick's Total Abstinence Society.St Joseph Society.St Patrick Litterary Institute, Irish National Association.\u201c votre honorable mission, assurez-le de notre amour \u2018\u2018flial pour sa personne, de notre admiration pour ses \u2018\u2019œuvres, et de notre soumission entière à son autorité.EBxprimez-lui notre reconnaissance.Car nous com.pronons qu\u2019il a voulu non-soulement récompenser le mérite personnel de notre nouveau dignitaire, mais suesi reconnaitre la foi et la fidélité de toate une race, \u201c et [A rapprocher davantage de son cœur patornel.Société St-Jean Baptiste de Lévis, Société St-Jean Baptiste de Charlesbourg, Société St-Jean Baptiste de Ste Foye, Société St Jean Baptiste de St Sauveur, Société St-Jean Baptiste de Québec.Le Conseil de ville Te Québec.Le Collège des médecins.« Ditez-lui que vous avez trouvé ici un petit peuple ui grandit à l'ombre de l'Eglise de Rome, et qui sait \u2018tir la jouissance de toutes les libertés légitimes aux vieilles traditions d'honneur, d'ordre social et de foi.* #Dites-lui enfin que vous avez vu refleurir eur la \u2018terre Américaine la France des anciens jours, une * \"Petite fille de la fille atnée de l'Eglise, toute brillante encore des promesses et des espérances du joune Âge, * \u2018et lFacheniinant sous l'égide d\u2019Albion, par le libre dé- \u201célbpÿément de ses forces, sans secousso ni violence, vers la maturité et l\u2019émancipation.\u201d Ia Cour Supérieure, La Chambre des notaires.Le Barreau.La Presse associée de Québec.L'Université Laval, Le eommanudant et les officiers de la milice, Les membres de l'Assemblée Législative, Les membres du Conseil Législatif, Le Conseil Exéoutif de la Province de Québec.Les membres de la Chambre des Communes, Les juges puisnés de Is Cour du Bano de la Reine et de cae 5 826 GAZETTE DES CAMPAGNES Les juges de la Cour Suprême.Les Sénateurs.Les Juges-en-chef, Les membres du Conseil Privé.Corps de musique de la Cité (Montréal).Un détachement de l'Ecole de cavalerie.Venaient ensuite les Zouaves pontificaux dont une partie faisnit In garde d'honneur autour des voituree des prélats.Dans la première voiture à quatre chevaux, se tron- vait le cardinal à droite et l'ablégat à gauche.Dane 1a seconde Mgr Lynch, archevêque de Toronto et M.le grand vicaire Légaré; le comte Gazaoli, le garde.noble, en grand uniforme, occupant le siège do devant.D'autres voitures contenaient chacune deux évêques.En voici les noms : Messeigneurs Leray, archevêque de la Nouvelle Orléans; Fubre, archevêque de Montréal ; Corrigan, archevêque de New-York; Taché, archevêque de St- Boniface ; Duhamel, archevége d'Ottawa; Rodgers, évêque de Chatham ; Carbery, évêque de Hamilton ; Lorrain, évêque do Pembrooke ; Sweeney, évèque de St Jean du Nouvesu-Brunswick ; Walsh, évêque de London, Ontario; Cameron, évêque du Cap Breton ; Langevin, évêque de Rimouski ; À.Racine, évêque de Sherbrooke ; D.Racine évêque de Chicoutimi; Mo reau, évêque de St Hycinthe; Gravel, évêque de Nicolet ; O'Mchsney, condjuteur apostolique de Toronto ; Grandin, évêque de St-Albert; O'B ien, évêque d\u2019Hslifax ; MeIntyre, évêque de Charlottetown.Les autres membres du clorgé suivaient; ils étaient tellement nombreux qu'on évalue leur nombre à plus de 400 Après avoir parcouru quelques rues de la ville, à travers des arcs magoifiques, ls procession arriva sur le terrain dos Jésuitos, en face de la Basilique.Là elle s\u2019uet arrêtée et les prélats sont montés sur le kiosque où ile ont revêtu leurs habits pontificaux, en présence d'environ 25,000 personnes.La procession s'est alors mise en marche pour se rendre à la Ba-iligne, À ce moment le joyeux carillon des cloches de la Busilique donnait le eignal de la grande cérémonie religieuse qui devait s\u2019accomplir pour lu première fois au Canada.La batterie de cam pagne 3 alors tiré une salive de cent coups de canon.À la Basilique.Les prélats firent leur entrée à l'église, aux sons de la marche cardinalice Sn tête, s\u2019avançuit Mgr Taché ui dovait officier, suivi de vingtet-un évêques.onnient ensuite Mgr Lynch, chargé por le Saint Père do remottre la barrétte nu nouveau cardinal, le garde-noble, sabre nu ; deux prêtres portant le pla teau où reposait la barrette; l'ablégat pontifical, Mgr O'Brion, lo porte-croix et ses deux acolytes, et enfin le cardinal Taschereau, ayant À sos côtés Mgr O'Brien archevêque d\u2019Halifux et le Rév.Père Pilen, supérieur des Rédempturistes, 0 arrivant au sunctuaire, Son Eminence fut conduite au trône du côté de l'Epitre ; l\u2019ablégat au trône du côté do l'Evangive.Devant lui, sur une table, fut placé la barrette, auprès de laquelle le garde-noble se tint on faction pendant toute la cérémonie.Les évêques se placèrent des deux côtés de l'autel.La grand\u2019messe fut chantée par Mgr Taché, ayant pour prêtre assistant M.le Grand-vicaire Bimoad Langevin de Rimoueki, et pour diacres d'honneur los grands-vicaires Laurent de Toronto, ot Routhier d\u2019Ottuwa.Après la messe, le sermon a été donné par Mgr Gravel, évêque de Nicolet.Voici un résumg da sermon de Ba Grandeur: Il prit pour texte : Tu cris super domum meam, uno tan- tam regni solio te precedam, Vous serez désormais préposé à ma maison et je ne vous précèderai que de la hauteur des degrés du trône.Eminence, mes frères.Un grand roi vivait du temps d'un illustre patriarche, ui B'était illustré par ea sagesse et qui souvent l'avait aidé Ë ses conseils dans les jours mauvais.Saisi d\u2019admiration pour cet homme, il dit à ses conseillers: \u2018 Où trouverons- nous un homme pénétré de l'esprit de Dieu comme celui- là ?*\u2019 et se tournant vers le patriarche : \u201c Vous serez, dit-il, préposé à ma maison et je ne vous précèderai que de la hauteur des degrés du trône.\u201d Aujourd'hui, c'est cette même parole qu\u2019un illustre délégué de l'Eglise redit au nom de son maître à celui qu\u2019il a fait cardinal : Vous serez l\u2019un des 72 chargés du troupeau d'Israël.À cette hauteur vous ne verres plus dans l'église rien d\u2019humain au-dessus de vous ; il n'y aura que lo représentant de Dieu.Telle est cette sublime dignité que nous sommes venus vénérer dansla nne du cardinal archevêque de Québec.Le cardinal est le premier après le Pape, l'aide du vicaire de Jésus-Christ.du lui ouvre la bouche pour qu\u2019il parle heut dans les conseils de l'Eglise.On lui met un habit rouge pour que cette couleur de sang lui rappelle qu'il doit un jour verser son sang su besoin pour la cause de l'Eglise, Il aide le Pape et coopère à son élection.C\u2019est de ses rapports avee le Souverain Pontife que la dignité cardinalice tire sa raison d'être.Tout ici respire la personne du chef de l'Eglise, Ranimons notre foi au souvenir de ces admirables cérémonies, Dieu ne veut pas qu'on sorte de ces imposantes solennités sans en rapporter un avantago spirituel, Le Pape est le fondement de l'Eglise.Qu'on écarte le Papo et il n'y & plus d\u2019Eglise, il n\u2019y à plus que des sgglo- mérations d'individus, Dans l'Eglise, ce fondement est le principe direct de l\u2019activité.Celui là seul qui a reçu les clefs, celui-là seul qui a le droit d'ouvrir et de former à droit à la soumission de tous.Dans un édifice matériel, Je fondement est inerte ; s'il chancelle, l'édifice chancelle, II n'en est pas de même de l\u2019église, le fondement donne au reate le monvement et la vie.Au printemps des ruines religieuses semées par la révolution française, un schisme éclats qui diviss les esprits et rompit l'unité, mais ce schisme fat & courte durée, Il disparut bientôt et l'autorité souveraine de l'Eglise fut de nouveau reconnue.Le Pape est docteur infaillible, Seul le berger d\u2019un troupeau doit désigner les pâturages.L'obéissance doit être plus grande au Pape en matière de foi qu'en matière de discipline, car seul il a le privilège d'une inerrance qu'aucune contradiction de sa part ne met en défaut, d'une absolue rectitude, Il faut admettre la vérité doctrinale de l'infaillibilité du Pape ou rouler d'abîme en abîme jusqu'à ce qu'on dise avec 'insonné \u201cIl n'y a pas de Dieu, \u201d GAZETTE DÉS CAMPAGNES mp nbtenien Platon un jour s'éoriait: Il faut attendre qu'un Dieu descende du Ciel pour enseigner les hommes.Ce Dieu est venu, il a enseigné toute vérité et pour que cette vérité pût arriver intacte jusqu'au dernier des hommes, il l'a gravée dans le cœur de son premier disciple, Ces grandes prérogatives du Pape, absolues en soi, ne s'exercent cependant presque jamais en fait, qu'avec l\u2019aide du collége des cardinaux qui forme une cour sacrée autour du Pape, l'aréopage auguste, l'illustre sénat de l'Eglise, Ja gloire des nations catholiques.Au sénat de l'Egliso comme au sénat romain incombe done ls mission de gouverner le monde, mais ce n\u2019est plus pour faire peser sur ce dernier le frein de l'oppression brisée aux mains du paganisme, et le sénat de l' lise n\u2019est plus que le sénat du prince de la paix.L'Eglise n'est plus, selon la belle expression de Saint- Thomas, que l'empire romain spiritualisé.La Rome ancienne a poussé ss domination jusqu'aux limites du monde connu.La Rome moderne embrasse tout le monde.Des profondeurs du Nouveau-Monde où les têtes les plus fières et les plus libres se courbent, subjugées par l\u2019ascendant de Pamour, jusqu'au point de sacrifier et la volonté et l'intelligence, un prinoe se lève aujourd'hui pour prendre place au Conseil du Pape et celui qui lui apporte la barrette a traversé pre de mers que n'en ont traversé les ambasss- deurs de la Rome antique, Le Canada catholique est aujourd'hui plus connu, grâce au Pape.Honneur donc au Souverain Pontife qui a choisi un prince parmi nous.Sa grande bonté a glorifié In foi des Canadiens, la fermeté de leur attachement à l'Eglise.Nous aimons Dieu, son représentant sur la terre, son clergé, notre mère dans le passé, notre espérance dans l'avenir et notre vive préoccupation d'aujourd'hui.Vous êtes, Eminence, le digne chef de l\u2019Eglise du Canada et votre attachement à l\u2019Église n été béni par le Pape lui-même.Vieille cité de Champlain, quelle gloire te couvre aujourd\u2019hui! Tu fus le centre de la foi catholique, vois comme le Roi de la terre vient te visiter royalement.B'adressant ensuite directement à l'ablégat, le prédieateur lui offre les remerciements du Cauada catholique et le sa Juant comme messager de la bonne nouvelle, il le charge d'assurer Jo Souverain Pontife de notre amonr, de notre inébranlable fidélité.II voit ls preuve dans.l'élan général de la population aujourd'hui, ainsi que duns l'attitude des Chambres de la législature en rapport avec l'évènement du jour.Il fait ensuite un éloge habilement amené du cardinal et demande qu'il soit permis au peuple d'acclamer le chef de l'Eglise canadienne, Il dit un mot en passant de la création des nouveaux archevêchés et termine en faisant des vœux par le succès des intérêts religieux dans ce pays.Après le se:mon, & ou lieu les cérémonies de la collation de la barrette, Mgr Lynch, mitre en tête, à pris place sur un fauteuil en avant du chœur, vis-à-vis le trône de Son Eminence le Cardinal Taschercau.M.l'abbé Marois a alors donné lecture, en latin et en français, du document suivant : A Notre Vénérabla Frère Alexandre Tascherea Archevêque de x, uébec, A; dans notre récent , à l'ordre des Carinaus, III Pape, Véuérable Frire, Salut et Bénédiotion Apostoligue.Elevé, par la miséricorde de Dien et malgré nos faibles mé rites, sur le Siège Apostolique, et, suivant les devoirs que Nous \"fm, Notre charge, plein de sollicitude pour le blen de l'Eglise Catholique, Nous avons surtout à cœur aoe le Collège de Nos Vénérableg Frères les Çardinaux de la Ste-Egliso 821 maine, se compose d'hommes trèe-dietingués, comme le requiert la dignité de cet Ordre très illustre.C\u2019est pourquoi nous svons jugé À propos de vous enrôler dans cet Ordre; en effet, votre Bi té remarquable, votre science, votre zèle pour ls foi eatho- ique et les autres vertus qui brillent en vous et que nous pourrions citer, Nous donnent l\u2019espérarce que votre ministère seru d\u2019une grande utilité ot servira d\u2019ornement à YEglise de Dieu.Vous ayant donc créé Cardiral de In Sainte Eglise Romaine, Nous vous envoyons par Notre Cher Fils, Henri O'Brien, Notre Camérier sornuméraire, l'un des insignes de cette sublime dignité, à savoir la barette de pourpre, sfin qu'après avoir respectueusement reçu cette éclatante d stinotion de la pourpre, vous comprenies que vous avez été élevé à la dignité de Cardinal et que par conséquent, vous devez en face des dangers à affronter pour l'Eglise de Dion, demeurer imperturbable et invincible jusqu'à Teffusion précieuse de votre son en présence du Seigneur.Noue désirons vivement et en convi- dération de l\u2019insigne qu\u2019il doit voua remettre et à cause de Nous, que vous receviez avec bienveillance et gue vous rendiez tous les services possibles à celui que Nous déléguons vers vous, Maia Nous voulous que, avant de recevoir la barrette, vous prétiez lo serment que vous présenters le dit Hen O'Brien et que, aprie y avoir apposé votre signature, vous Nous le fausiez remettre soit par le même Délégué, soit par une autre personne.Donné à Rome, près Saint Pierre, sous l\u2019annean du Pécheur, le 7e jour de juin 1886, en la nenvidme année de Notre Pontifioat.M.CARD.LEDOCHOWSKL Son Excellence Mgr O'Brien, I'Ablégat du Saint-Pdre, a prononcé, en latin, en frangais et en Anglais le discoura qui suit : Eminentissime Prince, lilustrissime Prélat, Notre Très Saint Père le Pape Léon XIII m'a fait l\u2019honneur de m\u2019acoréditer auprès de Votre Eminence pour lui présonger les insignes de la dignité Cardinalice.Je viens accomplir au- jourd\u2019hui sæ volonté suprême en vous remettant la Barrette rouge que Sa Grandeur l\u2019Archevêque de Toronto posera sur la tête de Votre Emivence au nom da Souverain Poutite.L'616- vation à la dignité de Cardinel eat pour Votre Eminence un honneur persounel, un témoignage de haute eatime de la part de Sa Sainteté.Le regard vigllaut du pastear universel vous à suivi, Eminence, dans votre oarridre de charité, il a admiré votre prudence, votre dévouement au St 8idge, vos labeurs iucessants dane l'intérêt de l'Eglise, votre zèle ardent pour le eslut des mes, Par cet acte souverain le Saint Père manifeste aussi son amour paternel pour le Canada, et houore d\u2019une manière toute particulière los deux races qui ont apporté la foi dans cette contrée, et l\u2019y maintiennent avec tant de fidélité.L'une est cette chevaleresqne race gantolse dont Votre Ewinence est issue et qui porte avec flerlé le titre glorieux de Fille Ainée de l\u2018Eglise.L'autre est la race antique venue de notre Chère ile des Sainte, race vaillante dont les fils ont toujours été fidèles à notre sainte religion.Disperaés par la Providence de Dieu sur toute la terre ils sont partout les apôtres intrépides et infatigables de la vertu et de la foi.An Canaila ces denz races vivent aujourd'hui dans l'union la plus parfaite, ils ve formeut u\u2019une seule nation, nation ad- wirable par ea fermeté daus la foi, son amour pour l'Eglise, son inébranlable attachement à la personne du Suocessear infaillible de Pierre.Et maintenant, Eminence, j'ai l\u2019houneur de remettre à Sa Grandeur Mgr l\u2019Archevêque de Toronto les lettres pontificales qui la nomment Représentant du Souverain Pontife en cette circonstance solennelle et l'antorisent à placer sur la tête de Votre Eminence cette Barrette rouge, insigne d'honneur pour vous-même et titre de gloire pour le noble peuple du Cal A Notre Vénérable Frère Jean Joseph Lyoch, archevique de Toronto, eto.Léon XIII Pape.\u2014Vénérable Frère, Salut et Bénédiotion Apostolique.Marchant sur les traces de Nos Prédécesseurs les Pontifes Romains, Nous avons toujours eu à cœur que le Sénat des Cardinaux fut composé d'hommes dont l\u2019esprit religieux, la verta et les mérites fassent on harmonie avec l\u2018éolat et Le suprême dignité de ce College.Cette considération Nous a dernidrement \\ iné à créer Cardinal de la Sainte Eglise R>maine Notre a al Ms 828 GAZETTE DES OAMPAGNES Vénérable Frère, Alexandre Taschereau, Archevêque de Québec, dont la piété, la selonce, le dévonement à ce Saint-Siège Apostolique, le zèle et l\u2019'habileté à cultiver le champ du Seimeur, Nous ont ét6 tellement manifestés que Nous l'avons fogé digne de recevoir un si grand honnenr.Comme il s\u2019agit 1mointenant de choisir quelqu'un qui soit chargé de ni imposer la barrette, insigne de la dignité qu\u2019il à obtente, Nousavors pensé, Vénérable Frère, à vous confier cette fonction à vous qui êtes à la tête d\u2019une Eglise très iltnstre et dont le respect envers Nous et envers la Chaire du Bienhenreux Pierre eat tel que Nous avons la certitude de ne pas vous voir en cels frustrer Notre attente.Puiequ\u2019il en est ainsi, Nous vous chargeons, Vénérable Frère par la teneur des présentes et en vertu de Notre Autorité Apostolique d'imposer en Notre nom et dans son Eglise Métropolitaine, suivant tous et chnoun des rites preserits par la Buinte Eglise, à Notre cher Fils, Alexandre T'aschereau, créé Cardinal Prêtre de la Sainte Eglise Romaine, Jan barrette de pourpre que Nous loi envoyons par Notre cher Fils, Henri O'Bryen, Not:e Camérier surnuméraire, et Nous vous accordons et octroyons par les présentes et en vertu de la même autorité apostolique, toute et chacune des facultés nécessaires et opportunes, Nonobstant, etc.Donné à Rome, prèe Saint Pierre, sous l'anneau du Pécheur, le 7e jour de juin 1886, en la neuvième anaée de Notre Ponticat.M.CARD.LEDOCHOWSKI, Prenant alors la parole, Mgr Lynch s\u2019est exprimé en ces termes : \u2018Très Révérend et Illustre Ablégat, Je vous prie d\u2019exprimer à Sa Sainteté Léon XIII, le Pasteur supréme non moins distingué par sa science que par ss pra- dence, mes plus sincdres remerciements pour le grand honneur qu'il m'a conféré en me choisissant pour représenter sa per- ne sacrée et imposer à notre Trèa Révérend et bien-aimé re, l\u2019Archevêque de Québec, les insignes de 1a grande dignité du cardinalat.De plus, vous voudrez bien dire à Sa Sainteté Que son génie étounant, qui lui fait diriger avec tant de sûreté 1a barque sacrée du bienheureux Pierre & travers les écueils de 1a mer agitée de ce monde, l\u2019a fait l\u2019égal de son Très Ilustre Prélécesseur Léon le Grand, et Jae si son nom est glorieux dans le monde entier, nuile part il ne l\u2019est plus que dans notre heureux pays, A vous aussi, Trds Eminent Prince, nous avons une dette de reconnaissance pour l\u2019honneur que vous nous avez fait en nons choisisennt pour vous conférer la consécration épiscopale.Je suis heureux do voir cette œuvre couronnée d\u2019une nouvelle gloire, par l\u2019ordre du Souverain Pontife.Je vous félicite, 6 Eglise de Québec, mère de tant d\u2019Eglises ; car anjourd\u2019hui vous voyez un de vos fils les plus aavants et les plus zélés mis au noimbre des princes illustres qui forment 1e séunt de l'Eglise du Christ.Et vous, 6 saint fondateur de cetto église, vous qui, à travers de nombreuses tribulations et de nombreux combats, avez semé dune les larmes le grain de la vraie foi, vous avez moissonné dans la joie et maintenant couronné dans le Ciel, vous vous Téjouissez avec nous ici-bas.Cette nation celtique qui dès le commeecement pouvait être regardée comme une vigne croissant sans oulture et qui, comme par instinct, honorait Res prêtres d\u2019un si grand respect, à peine füt-elle greffée à ls vraio vigne qui est le Christ, qu\u2019elle les a vénérés juequ\u2019an culte, Cette vigne a produit deux branches dans le Nouveau Monde, l\u2019une les Français, l\u2019autre les Irlandais, Ces deux peuples furent réparés le manières différentes à répandre la vraie doctrine ; an par des persécutions héroïquement aoutentes par l\u2019amour du Christ, l\u2019autre par son zèle ardent pour la conversion des sauvag(s.Tous deux ou reste demeurant fermement attachés à Jn Foi Catholique et fidèlement unis dans leur loyauté au Saint Siège.En terminant, il me sera permis de dire gue 1a noble Puissance du Canada se réjouit beaucoup de l\u2019houneur conféré par le Sonverain Puutife, à l'ancien et vénérable siége épiscopal de Québec.Son Eminence a fait la réponse suivante : Monseigneur, Il y æ quinze ans, dans cotte môme basilique de N.-D.de Québeo, je m'agenouillals aux pieds de Votre Grandeur pour recevoir l\u2019onction ponctificale ob la mitre éplaçopale.Je suis heureux de voir que le Souverain Pontife ait choisi Votre Grandeur pour imposer aujourd\u2019hui sur ma tête l\u2019insigne de la dignité cardinalice.© sera pour moi un nouveau motif de reconnaissance et d'attachement filial envers le digne Pontife qui depuis un quart de atècle gouverne aves tant de sagesse et de prudence l'importante province ecolésisstique de Toronto.Vénérables confrères dans l\u2019épiscopat, Je ne saurais vous exprimer dignement les sentiments de ma reconnaissance pour l\u2018empressement avec lequel vous êtes venus rehausser l'éclat de cette cérémonie.Mieux que personne vous comprenez, vous sentez ls - teur du fardeau dont nous sommes char; C'était déjà pour moi un poids au-dessus de mes trop faibles épaules; un acte de la souveraiue autorité du Vicaire de Jésue-Christ, & qui nous devons obéissance, mimpose une nouvelle responsabilité en proportion avec la sublimité de cette dignité dont je suis revêtu ; je dois compter eur vos ferventes pribre les grâces dont j'ai plus besoin qne jamais.Et vous, messieurs les membres du clergé qui êtes en même temps nos collaborateurs, notre appui et notre gloire par votre dévouement, soyez les bienvenue, \u2018 Faites-vous un devoir de joindre vos prières à celles de vos évêques afin que tous ensemble nous obtenions plus sûretment et plus abondamment les grâces dont nous avons tous besoin.Mes chers Frères, C\u2019est votre foi et votre attachement au Saînt Siège que le Souverain Pontife a voulu reconuaître et récompenser en appelant un enfant du Canada à la sublime dignité de Cardinal.Cette foi et cet attachement, vous en avez donné des preuves bien sensibles à l\u2019occasion de la solennité qui nous réunit en ce moment.Montrez-vous toujours dignes de cette haute estime dont vous jouissez auprès du Souveraiu Pontite.Conservez comme le plus précieux des trésors ces traditions de fol ot de dévone- ment que vons ont léguées vos ancôtres, et apprenez à vos enfants à regarder la Sainte Eglise comme une mère à qui nous devons amour, respect, obéissance, à la vis et à la mort, Après avoir reçu la barrette, Son Eminence est allée à la sacristie revêtir le costume de sa nouvelle dignité, et quelques instants après, elle reparaissait avec la soutane, la cappa et la barette rouges.Se rendant alors au pied de l'autel avec ses assistants, le cardinal archevêque a entonné le Ze Deum que plusieurs centaines de voix puissantes ont re pris avec le plus grand enthousiasme.Après le Ze Deum, la procession s\u2019est reformée.A la sortie de l\u2019église, Son Eminence est montée sur un balcon en verdure placé en face de la Basilique, et elle à donné à des milliers de personnes agenouillées, la première bénédiction cardinalice, La procession s\u2019est mise en marche et a parcbu- ru plusieurs rues richement décorées, pour revenir à l\u2019archevèché.Partout sur son passage, comme avant la messe, Son Eminence a été l'objat de nombreuses ovations; des chœurs de jeunes filles et de jeunes garçons faisaient entendre de hymnes appropriés à la circonstance; de nombreux bouquets richement préparés lui étaient présentés.8 afin d'obtenir Le Banquet.A deux heures et demie cinq cents conviés de Son Eminence le Cardinal Taschereau prenaient part à un magnifique banquet dans la vaste parterre de l'Académie de musique sur la rue SkLouis.Nos Seigneurs les Archevêques et Evêques, Son Honneur le Lieutenant Gouverneur de la Province de Québec, les honorables ministres des Gouvernements de la Puissance du Canada et de la Province de Québec, les Juges et autres notabilités pres naient part à ce diner, ~ 4 GAZETTE DES CAMPAGNES $20 A la fin du repas, Mgr Lynch proposa la santé de Son Eminence le cardinal archevêque.Son Eminence a répondu à cette santé d'une manière admirable, par un discours dont nous ne don nons ici qu\u2019un faible résumé: « Jo suis profondément touché, dit Son Eminence, de la cordialité avec laquelle vous avez accueillie la santé proposée par Mgr l\u2019Archevêque de Toronto.* Ce vénérable prélat semble avoir eu pour mission spéciale de me transmettre les faveurs du Saint- Siège.En 1870, je recevais de sa main la mitre épiscopale, et en ce jour le Saint-Père se sert encore de son ministère pour m\u2019imposer la barrette cardina- ice.* Vous ne vous étonnes donc pas que son cœur paternel lui ait inspiré des éloges et des compliments contre lesquels la piété filiale et la reconnaissance m\u2019empdchent de protester.« Pour en détourner votre attention, laissez moi vous résumer quelques pages de notre histoire religieuse.Mgr de Laval mit des mois entiers À remonter le fleuve dont il contemple À loisir les rivages parfois e:carpée, toujours couverts de forêts épaisses.Son cœur d'apôtre est ému à la ponsée den sauvages assis À l'ombre de la mort, et quelques fois son Ame eat tentée de découragement.Un jour, après avoir prié longtemps pour les fidèles confiés à ees soins, il voit en songe St Jean Baptiste patron du Canada : *\u201c Vois-tu, dit le saint, ces innombrables paroisses qui ont pris la place des bois touffus, ces maisons de charité dont les proportions monumentales font l\u2019admiration des touriates de la vicille Europe, ces temples splendides encore trop étroits pour cette masse de fi- èles qui se rend aux solennités religieuses el patriotiques.Admire ces sentiments profonds de foi et de iété nourris et développés par tes travaux et cenx x tes auccosseors.Regarde Québec, cette ville naissante, devenue mère d'un grand nombre de diocèses et de provinces ecolésiastiques.Voie-tu, sur ces hauteurs, ces immenses constructions qui étonnent ?C'est l'Université oatholique qui, inscrivant ton nom, à son [rontispice, couvre de son ombre bénie les jeunes gens de tout un peuple à qui elle distribue les lumières de Ja foi et de la raison ?Regarde encore: vois-tu ce cortège majestueux ?entends-tu ces acclamations uissantes, ce concert harmonieux de tout un peuple Pore de joie et de reconnaissance ?Les représentante de l\u2019autorité civile se joignent aux prôtres et aux évêques ! Plus de vingt prélats se pressent daus son sein.Les hommes de cour comme les hommes du peuple, les savants comme les ignorants, acclament un personnage distingué, député vers un archevêque par l\u2019Evèque de Rome, qui a bien voulu appeler au sénat de l'Eglise et revôtir de la pourpre cardinalice un de tes successeurs! C'est Is récompense méritée par la foi d'un peuple, qui te devra son salut.Tes successeurs, il est vrai, rencontreront des d.ffioul- tés.Les voies de Dieu ne sont pas les nôtres et ses œuvres oroissent dans l'épreuve, Un siècle ne s'écou- Jers pas avant que le Canada ne passe sous une domination étrangère.Pour tout cœur bien né, la sépurs- tion est pénible; mais ces sacrifices seront la sourde de son bonheur.Ton peuple subira des revers, mais il vivra.En ce temps, le soleil ne &6 couchers pas sur l'empire de la Grande Bretagne.Une reine, aussi remarquable par la sagosse des conacils que pur une longivité heureuse, déversera sur ton peuple les bien- faite d'une administration puissante.\"\u201d « Mgr de Laval 6e réveille ot reprend sa course et ses trayanx avec un nouveau courage, \u201c C'est l'histoire que vous m'avez perm's de raconter.A vous de la juger, à moi de vous remercier de votre attention.\u201cJo ne dois pas omettre de témoigner aussi ma vive, profonde et sincère reconnaissance envers tous ceux qui, sans distinction d'origine et de croyance ont contribué à rebausser l\u2019éolat de cette belle fête nationale, par leur présenco, par leurs sentiments de religieux respect.¢ L'union et la concorde font Ia force d'une nation et on peut ajouter aussi qu'elles font ron bonheur.Plusieurs fois dans le cours de cet entretien j'ai parlé du Souverain Pontife.Nous avons ici son digne représentant, un fils de la fidèle Irlande.Vous serez sans doute heureux de l'entendre vous dire combien Léon XIII aime le Cannda et je suis persuadé que de retour A Rome Son Excellence Mgr O'Bryen pourra nous rendre le témoignage que nous tenons à ne point nous laisser surpasser on amour filial envers le Vicaire de Jésue-Chriet.\u201d Son Eminbnce a alors proposé la santé de Son Excellence l'ablégat.Voici un résumé de la réponse de Mgr l\u2019Ablégat, à cette santé: « Eminence, Messeigneurs, Messieurs, * La cordialité et la magnificence princière de la réception qui m'a été faite dans la vieille ville de Québeo m'est infiniment précieuse et je ne pais comment exprimer les sentiments dout mon cœur déborde en ce moment.Vons avez donné, Messieurs, durant ces jours de publique réjouissance, un spectacle admirable.Qu'il est beau de voir un peuple affirmer ainsi sa foi, son dévouement à l'Eglise et son amour pour le Pontife Suprême qui la gouverne avec tant de sagesse.Le Canada est bien le peuple le plus catholique du monde.après l\u2019Irlaude (Rire et applaudissementg).Mais l'Irlande est une antique nation, son histoire religieuse ae rd dans la nuit des temps, elle a pour ello des siècles, andis que vous, jeune peu:le, donnes déjd & l'univers l'exemple de la fidélité, ot de l'ardeur intrépide dans le service de Dieu, ¢ Son Eminence le cardinal archevêque m'a prié de redire au Saint-Père combien le Cauada catholique est attaché à l'Eglise et à son chef.Pour m'acquitter de cette mis - sion, je ne saurais mieux faire que de répéter les éloquentes paroles de l'orateur éminent qui nous a ravis hier soir, au cours de ce maguifique festival, couronné d\u2019un si brillant succès.Je n\u2019ai jamais entendu uno parole plus éloquente, lus catholique et plus théo'ogique.J'e dirai dono au Saintère tout ce qui a ravi mes yeux et remué mon cœur.Je lui dirai qu'il compte ici des enfants fidèles à sa cause, \u201c Ah | messieurs, si tous les pouples étaient comme le vôtre, la situation du Poutife, renformé entre les murs du Vatican, cesserait bientôt d\u2019être la honte et le malheur de notre siècle, Espérons que cesjours d'épreuves finiront bientôt.Pour vous, Messieurs, continues à être un peuple ça- tholique et fidèle au Pape, \u201d ar 330 GAZETTE DES CAMPAGNES L\u2019Hon.M.Langelier, maire de Québec a prononcé un discours où il a afârmé l\u2019esprit religieux et le dévouement à l'Eglise de la nation Canadienne.M.Carbray, député à l'Assemblée Législative, a ris pour thème de son discours, la magnificence et Ê haute signification des fêtes cardinalices.Son Honneur le Lieutenaut-Gouverneur M.Masson, sur l'invitation qui lui en a 616 faite par Son Eminence, a dignement couronné ce banquet par une remarquable improvisation dont nous ne donnons ici qu'un bien faible résumé: Eminence, Messeigneurs, Messieurs, \u201c Les paroles trop flatteuses pour moi qu'a prononcées Son Eminence en aunonçant que j'allais prendre la parole, me découragent presque d'ouvrir la bouche, Cependant, au milieu de ces fêtes inouïes, je crois de mon devoir, comme chef de l'Etat, en cette province, de dire quelques paroles.\u201c La modestie, Eminence, est certes une belle vertu, mais je crois qu\u2019il est des circonstances où elle peut devenir un défaut.Et la circonstance actuelle est une de celles.11 me semble que je n'ai pas le droit d\u2019être modeste pour mon pays en ce moment.Je le dirai donc avec une légitime fierté: oui, le Canada catholique à mérité l'immense honneur qui lui a conféré le Père de la cstholicité Il n\u2019y a pas de peuple au monde qui soit animé d\u2019un plus vivace esprit religieux.La religion et les questions religieuses sont un des éléments les plus importants de notre vie nationale, et la preuve s\u2019en trouve à chaque page de notre législation salutaire.\u201c Je me permettrai de m'adresser à Mgr l'Ablégat du St Père et de lui dire: Monseigneur, veuillez dire au Souverain Pontife glorieusement ant que nous sommes une nation catholique, où les privilèges et la légitime influence du clergé gur le peuple, s'allie avec la plus grande somme de liberté véritable.Dites-lui que le clergé est ici influent, parce que le peuple l'estime et l\u2019aime, Dites lui que c\u2019est avec l'aide et la participation de l'Eglise que l\u2019Etat peut donner dans notre province, plus que dans toute autre, le magnifique spectacle de la liberté dans l\u2019ordre.Quel contraste avec ce qui se passe dans la vieille Europe, où l\u2019avalanche révolutionnaire détruit tout sur son passage.Toi, point de ruines sociales, parce que Dieu est à la base de l'édifice, et que, protestants comme catholiques, je dois le dire, ont appris à compter aves Dieu qui est le Maître et le régulateur des nations.* En face de ce spectacle et du contraste avec celui que nous donnent les peuples européens, je ne crois pas être trop hardi, ni trop fier pour mon pays, en disant que le Canada, et particulièrement la province de Québec, est le plus radieux joyau de Ja tiare pontificale.\u201d L'illumination et les foux-d\u2019artifice.Donner une description de cette brillante démonstration qui s\u2019est traduite par des faux de joie de toutes sortes et une illumination qui s'étendait partout où pouvaient se porter les regards, nous est mpossible.La ville de Guébec.celle de Lévis, les paroisses de St Roch, St-Jean-Baptiste, B:-Sauveur et toutes les campagnes environnantes ont également prises une grande part dans cette manifestation religieuse et patriotique à la fois.Maintenant que nos cœurs ont débordé de joie et d'allégresse à l'occasion de la plus imposante comme de la plus solennelle cérémonie religieuse dont la ville de Québec ait été témoin; qu'il nous a été donné de porter une si prôcieuze attention au glorieux passé de notre histoire ecclésiastique dans le pays, si bien rapportée par Son Eninence le Cardinal Archevêque de Québec et l'Hon.Juge Routhier, il nous reste un devoir à accomplir: c\u2019est de conserver intacts cette foi et cet amour de la religion et de notre pays que nous ont légués nos ancôtres, pour mériter davantage les faveurs signalées que le Souverain Pontife ne cesse d'accorder à son Eglise et à tous ceux qui lui sont dévouér.Que ces attes- lations de foi et d\u2019un profond attachement à l'Eglise dont nous avons fait preuve, ne soient pas celles d'un moment, mais de toute notre vie; que pour l'avenir, comme par le passé, nous nous entourions des précieux conseils de notre clergé qui a fait le pays ce qu\u2019il est aujourd'hui : religieux et patriotique à la fois.CAUSERIE AGRICOLE DU BÉTAIL.Des races, de l'influence, du croisement et du régime (Suite) \u2014Si, par un meilleur système cultural, la terre était en état de fournir au bétail une nourri- tare plas abondante, plus riche et plus variée, toutes les améliorations à l'égard du bétail deviendraient possibles; les races étrangères les plus parfaites conserveraient leurs bonnes qualitée, Il faudrait en outre, quo les exigences de ces animaux ne dépassassent pas les besoins que l\u2019éloveur serait à mômo de satisfaire.- En un mot, pour réussir dans l'introduction d'une race étrangèro, il faut la traiter aussi bien qu'elle l\u2019était dans son pays d'origine, sans cela sn dégénérescence est certaine.D'un autre côté, la race commune du pays subit également l'influenco des améliorations agricoles.Si notre système de culture est amélioré, cette race commune sera soum\u2018se À un meilleur régime; la paille disparaîtra peu à peu comme nourriture ot e.le sera remplacée par des fourrages tendres et sucoulents, ou employée hachée et mêlée à de riches fourrages au moyen de l'ansilage qui permet d'utiliser avantageusement toutes espèces de fourrages lorsque l'opération de l\u2019ensilage est bien faite.Alors, sous l\u2019influence de ce nouveau régimo, la race commune de notre bétail se perfeotionnera sensiblement.es animaux sont ce que la nourriture les a faits : tels fourrages, tels animaux, Ce principe fondamental, que les animaux trouvent leur propre subsistance dans les aliments dont ils se nourrissent, peut éclairer le praticien dans l'alimentation de son bétail, Dans la oulture arriérée, los jeunes animaux trouvent su pâturage, pendant l'été, une nourriture plus où moins abondante, et leur développement est asses régulier; mais en hiver, ces jeunes animaux étant généralement soumis au régime de la paille, leur croissance s'arrête ; au printemps, ils sont guère plus gros qu'ils ne l'étaient l'automne précédent.Ils ont donc perdu six mois dans l\u2019année, sur leur croissance, et cette perte ne se reprend pas: ils restent petits.Le cultivateur qui croyait avoir opéré une économie sur le jeune bétail en ne lui donnant que do la paille, 3 GAZETTE DBS CAMPAGNES gai est donc en perte, et une perte irréparable pour l'avenir de son troupeau.Mais que, par une culture amélioréo, c'est-à-dire uné meilleure culture, l\u2019éleveur puisse fournir À ces jeunes animaux d'abondants pâturages en été, du bon foin mèôlé à du trèfle et des plantes-racines en hiver, et cela en quantité suffisante, il ve ee fern pas d\u2019arrêt dans leur croissance, leur développement sers rapide et régulier.Maintenant, que l'on continue ce nouveau régime pendant plusieurs générations, le volume de la race augmentera sana cesso, et bientôt elle deviendra méconnaissable.Cet enseignement n\u2019est pas une vaine théorie qui puisse induire le cultivateur en erreur ; car, dans le raisonnement, il suffit de s'appuyer sur des faits qui Be passent autour de nous.Personne ne l'ignore, dans quelques fermes, depuis déjà un certain nombre d'années, On s'est appliqué a améliorer la Gulture, et comme conséquence l'amélioration du bétail ost déjà sensible.Ainsi, À n'en pas douter, l'amélioration de la culture doit être le commencement d'une exploitation agricole, et l'amélioration du bétuil en est inévitablement le résultat.Il ne faut donc pas changer les rôles.\u2018amélioration à introduire dans notre système de culture, doit être de former des prairies artificielles dont le produit puirse nous permettre de nourrir mieux, et en plus grand nombre, nos animaux sur une même étendue de terrain.Par une culture intelligente des prairies artificielles, il arrive qn\u2019an cul- tivatear peut entretenir uno quinzaine de bôtes à cornes, tandis que le volrin peut à peine en nourrir cing à six sur des prairies de même étendue mais onl- tivées sans soins et par conséquent d\u2019une grande pau- vieté an point de vue de la product on des fourrages : ce dernier cultivateur croirait faire une folle dépense que d'acheter des graines fourragères, ou s'il se Its vrait à des travaux qui posrraient presque doubler le rendement de ses pruiries.Lorsque la culture des prairies artificielles est eû rement introduite dans notre système de csltare, nous devons y ajouter celle des racines alimentuires, et l'étendue de terrain qu\u2019il faul leur consucrer doit être en rapport aveo les moyens que nous pouvons disposer à l'égard de cotte dernière culture.Alors avec de bons pâturages, le fuin des prairies artificielles, en y ajoutant des racines alimentaires, ny 18 ne avons manquer de furmer une excellente nourri- fire pour le bétail, et nécessairement celui ci s'amé Jiorora par lui méme.Cette transformation peut s'opérer dans un temps très court.Pour ge convaincre des effota produits par un bon régime sur la race commune, il puffit de faire l'expérience suivante : Supposons qu\u2019une localité ne possède que des animaux chétifs et n\u2019élève que de faibles produits.Parmi ces animaux, prenone, par exemple, une vache possédant à un moindre degré les défauts ordinaires de la race; accouplons la avec un taureau aussi imparfait qu'elle, ot commençons immédiatement le bon régime.Pendant tout le temps de la gestation jusqu'au moment du véloge, mourris- sons bien cette vache, mais sans excès, Puis continuons ce bon régime sur le veau qu'on en obtiendra ; donnons-lui une nourriture appropriée à son âge: du + leur forme ot leur aptitude au travail bon lait pendant l'allaitement; un pâturage choisi après le sevrage pendant l'été ; du foin, du trèfle et des racines pondant l'hiver.Ce régimo formers un animal qui à l'4ge d'un an aura autant de taille que ceux de Ia race bien moins nourrie, à l'âge de trois ans.Faisons cet essai eur plusieurs vaches et leurs produite ; accouplons ensemble les jeunes animaux ainsi formés ; contintons sur les veaux qu'on en obtiendra le mème bon régime, et dès Is seconde génération nous aurons des bestiaux ei différents du type primitif qu'il sera difficile de reconnaître chez eux les caractères de la race À laquelle ils appar- tionnent, C'est sur ces principes que se sont appuyés tous les élevours Anglais, dans la formation de leurs magnifiques races qui font aujourd'hui l'admiration da monde entier.Le bon régimo n'influe pas seulement eur l\u2019augmentation de la taille; il a la même influonce sur toutes les productions : la vache devient meilleure Jsitière, le bœuf engraisee mie:x et tous donnent un produit proportionné à la quantité de fourrages qu'ile consomment Cette houreuse influence da régime ne ee fuit pas sentir seulement sur les bates bovines, les chovaux la enbissent également dans leur taille, ; il en est de même des moutons dans leur taille, leur forme, la qualité de leur laine et leur facilité à l\u2019engraissement ; les porcs suivent leur aptitude particulière.Tous les animaux ainsi formés se distinguont par lour corpear- rondi, leur poitrine plus large annonçant que tout l\u2019appareil digest\u2018f fonctionne avec aisance et que la digestion est complète.Amélioration de la nourriture destinée aux animauæ.\u2014 Ce que nous avons à regretter et ce qui se pratique que trop dans nos campagnes, c\u2019est la parcimonie excessive que nous apportons dana l'alimentation du bôtail.Cependant nous le disons à l\u2019honneur de ceux qui ont vivement À cæur de tiror un parti avants goux de leur culturo, la force des choses a grandement modifié ces habitudes de parcimonie excessive qui fait la ruine du ouitivatene qui n'a sur sa forme que des animaux amaigris dont il ne peut tirer aucun avantage soit on viande ou en fumier qui constitue la mine d'or du cultivatenr.Ce changement, nous le devons grandement à l'introduction de l'industrie laitière qui fait l\u2019objet d'une grande ém'ilation parmi les oultivatours.Lo cultivateur on recevant chaque mois le prix de vente de son fromage, où de son beurre loraqu\u2019il est fabriqué à la beurrerie, peut mieux se rendre compte des profits qu\u2019il peut retirer par Ia vente du lait ; de plus l\u2019émalation s'établit de voiein à voisin, surtout quand il s'aperçoit que son voisin, Avec un même nombre de vaches et entretenues eur une même étendue de terrain, réalise plus d'argent que lui; et alors il cherche à en pénétrer la cause qui 88 trouve toujours dans une meilleure alimentation du tail.Qa'il nous soit permis de remarquer, on passant, qu'à l'égard de l\u2019industrie laitière, soit beurre ou fromage, Is fuotuation des prix pourrait être préjudiciable à cette exploitation si nous n\u2019y apportoas pas toute l'attention qu\u2019elle mérite.Nécesesirement, comme à l'égard de toutes les autres branches de commerce, il faut savoir se soumettre aux prix de van eee: 332 GAZETTE DES CAMPAÔNES hausse ou de baieso, et savoir on tirer bon parti.Nous savons que l\u2019année dernière, le fromage a été vendu à des prix excessivement bas, et le résultat en à été que le quart des fromugeries ont été fermées, les cul- tivateora ne voulant pag porter leur lait à la froma- erie.La conséquence a été que le fromage du mois 8 juin à été vendu, du moins À Ste-Anne, 7 cts la livre, tandis que le beurre fabriqué aur la ferme a été vendu de 10 à 13 ets la livre.Nous ne parlone pas du beurre des beurreries qui a atteint 18 ets la livre.Voilà autant de questions qu'il importe d'éclaireir dans les réunions des cercles agricoles, nous appuyant pour les résoudre sur ceux qui ont une grande expérience de l\u2019industrie laitière quant à ce qui se rapporte à la fabrication du beurre et du fromage, comme de leurs connaissances cormerciales pour la vento de ces produits.Souvent il arrive que les cultivateure refusent d'accepter de bons prix pour la vente du fromage à l'encontre des directeurs d\u2019une fromagerie qui crolent prudent d'accepter le prix offert.Et parfois, comme résultat il arrive que le mois suivant on eubit une perte de 1 à 2 cts par livre, outre la diminution dans la pesanteur du fromage.Comme cultivateur, il faut aussi apprendre à être commercant, étudier les prix de marchés d\u2019une année à l\u2019autre afin d'en tirer des conclusions avantageuses pour opérer la vente de nos produits agricoles à des prix rémunératours.\u2014 (4 suivre.) \u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 Est-il pratique de faire venir des œufs à couver ?\u2026\u2026 Pour atteindre le but que ee propose tout éleveur, qui est d\u2019améliorer sa basse-cour, en obtenant des volsilles très belles et très productives tout à la fois, il faut donner des coins attentifs, non seulement à l'entretien, mais encore au choix des individus et des races, On peut améliorer peu à peu sa Lasse-cour, en gardant chaque année pour la reproduction les sujets qui sont les plus beaux, qui ont les meillevres qualités, et dont l'extérieur se ressemble autant quo possible, Maia cette méthode ne remplit quo lentement le but que l'on n en vue, et ne peut s'appliquer avantageusement quo lorsque le grand nombre des sujets se compose d'animaux dégénérés, descendants d'une bonne race.Il est pourtant possible d'améliorer aussi de cette manière une race qui a pas grande valeur, mais co n'est pas ainsi qu\u2019on lui donnera jamais de nouvelles qualités, Pour obtenir l'amélioration en toute sûreté ot plus vite que par choix, il est avantageux d'avoir recours À l'inoculation de nouveau sang, soit par des individus mâles non pärents de la même race, ou par des ojseaux d\u2019autres races, qui remplacent les coge dégénérés de In busse-cour.L'éloveur sait très bien faire usage de cette méthode pour l'amélioration de son bétail, mais il la néglige malbeurensement pour sa volaille.II est évident qu'on oblient des succès encore plus rapides, si l'on introduit dans la basse-cour, avec les ©ogs, quelques poules de ln même race.En mettant pou à peu de côté les poules de l\u2019ancienne race, on vient en peu de temps ot sane de trop grandes peuses à posséder de bons aujots.Mais des cogs ot des poules de belles races sont ton.jours chers, et tout le monde n\u2019a pas les moyens de ee les procurer.Dans ce cas, il y à un moyen très simple et peu coûteux: On se procure des œufs à couver des races que l\u2019on vent introduire.Môme pour les amateurs, qui n\u2019ont pas besoin de regarder À une dépense plus ou moins grande, il doit être plus intéressant et plus sgréable de faire éolore et d'élever eux inômes les poussine, qui représentent l'espérance de l\u2019éleveur, que de faire venir dea sujets qui souvent, en arrivant, ne répondent pas en tout à ce que l\u2019on s\u2019imaginait devoir recevoir, Nous ne nions cependant pas que les œufs peuvent souffrir par le transport, ce qui arrive lorequ'ils sont mal omballés ou peutôtre maltraités en route.Du roste, nous sommes persuadé que ceux qui vendent dés œufs À couver se donnent toute la peine possible, dans leur propre intérêt, pour les emballer d\u2019une manière parfaite afin d'éviter, nutant que possible, les secousses inévitables du voyage.Nous avons fait venir des œufs des Etats-Unis et de la Province d'Ontario, et la couvaison de ces œufs s\u2019est faite dans d'exoel- lentes conditions.Nous avons exporté des œufs dans ce même but, et coux qui les ont achetés ont été sa- tisfuits, Mais, mdme dans lo cas où quelques poussins seulement sortiraiont d'un envoi d'œnfs assez considérable, les sujets adultes qui en proviennent coûteront en général moins que lorsqu'on en fait venir, \u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 A \u2014\u2014 Quelques conseils au sujet des arrosements.Fautil arroser les plantes on pots ?Cette question adressée journellement aux hortionl- teurs les embarasse toujours, car rien n\u2019est auesi vogue que la définition de cette importante opération, et les personnes étrangères à la culture des plantes ne se rendent pas compte des précautions qu\u2019il faut prendre pour bien arroser.Mais enfin quand doit-on arroser ?C'est ici que l'horticulteur praticien se gratte l\u2019o- rei!lo et chercho une réponse précise.\u2014Voioi à eu près ce qu'il dira, quitte à chaoun de compléter ses observations par la pratique, Souvent on se contente de mouiller la superficie du pot sans s'inquiéter si la terre du fond est sufi.samment humide ; dans ce cas, les racines de dessous sont dans un milieu trop sec, loragoe celles du collet se trouvent baignées d'humidité \u2014Bignaler cette contravention aux lois de l'hygiène des plantes, suffit pour la faire éviter, mais\u2019 nous ferons observer on mime temps que l\u2019excès d'eau est moins nuisible que son insuffisance, En été, dans les grandes chaleurs, il sera bien de visiter chaque plante et d\u2019arroser deux fois psr jour celles dont le besoin se fera sentir,\u2014oe sont généralement les plantes à bois mous, les plantes herbacées qui demandent à être arrosées souvent, En hiver suivant la température, il faudra espacer les arrosements et les faire le matin de préférence, car le soir, on refroidirait trop la terre par suite de l\u2019évaporation qui se produit immédiatement, surtout dans les endroits chauffss,= On doit, autant que possible, employer de l\u2019eau ayant la même température 1que le milieu dans Jequel se trouve Ja plante, re GAZETTE DES CAMPAGNES L'usage des engrais liquides s\u2019est beauconp répandu depuis quelques années.\u2014 Nous devons dire copen- dant qu'il y que'quefois des déceptions, surtout lorsqu'on donne ces engrais en trop grandes quantités., Nous terminons ces conseils par une recommandation dont les ouvriers jardiniers pourront prendre leur bonne part,\u2014l\u2019eau est un précieux liquide qu\u2019il faut savoir employer et ne pas distribuer à tort et À travers; \u2014 il est évident que, par des causes différentes, toutes les plantes ne sont pas altérées aa môme degré ; \u2014 certaines espèces, comme la famille des cactée, par exemple, demandent moins d'humidité que que des horteneias ou dos héliotropes ; d\u2019autres espèces supporteront beaucoup plus longtemps la sécheresse qu'une plante À feuille caduque.En résumé, il faut bien connaître chaque plante pour Ini donner l\u2019eau nécessaire à sa bonne conservation ; \u2014 cette eau, il faut la répandre sous forme de rosée et non pas brutalement, afin de ne pas dégarnir les racines supérieures, \u2014c'est ce qui a fait dire à un célèbre horticulteur, M.Neumann, ancien directeur du jardin des Plantes de Paris: * L'arrosoir est entre les mains de l'amateur un instrument de vie et de mort.\u201d : mt te \u2014 Emploi des eaux ménagères.Les ménages, grande et petits, fournissent tous les jours une notable quantité d'eau grasse et chargée, dont la majeure partie provient du lavage de la vaisselle : c\u2019est ce que ous appelons vulgairement les eaux ménagères, Ces eaux possèdent toutes les qualités et les pro priétés des engrais liquidès les plus actifs, en raison es matières animales et végétales qu\u2019elles contiennent en suspension ; leurs propriétés fertilisantes ne sont ignorées de persoune el pourtant elles sont géneralement laissées sans emploi.Non-seulement ces eaux ne sont point utilisées, mais encore elles deviennent des causes d\u2019insalubrité en coulant dans des fossés découverts, où leur décomposition produit des miasmes délélères, sources de nombreuses maladies.Les jardins offrent un moyen tous naturel d\u2019utiliser ces eaux qui peuvent étre recueillies tous les jours dans des seaux ; puis, sans attendre leur décomposition et la production des mauvaises émanations, elles peuvent servir à l\u2019arrosage des gros légumes.Les choux, les choux feurs, les citrouilles, parmi les lé- umes, sont ceux auxquels les eaux ménagères sont es plus rofitables.L'eau de savon, coupés avec de l'eau pure lorsqu\u2019elle est trop chargée de savon, est excellente comme eugrais liquide pour les légumes communs.et ere.Respectons les oiseaux.Les ornithologistes modernes constatent que les oiseaux ne sont par seulement d'agréables chanteurs mais qu\u2019ils sont aussi l'auxiliaire de l'homme, char- 8é de les protéger contra la multiplication des insectes, des vers et de certains reptiles, Ils s'acquitient de cetie téche avec une ponctualité qui ne s\u2019est jamais démentie, un Courage et une ardeur qu\u2019on 833 n'aurait pas cru trouver dans les êtres si faibles pour la pl dpart.L'antiquilé, malgré les folles rôveries qu\u2019elle s\u2019est trop imaginées en histoire naturelle, avait pressenti cette vérité ; mais il était donné À la science mo derne de prouver d\u2019une manière irréfragable que les oiseaux insectivores sont les protecteurs de nos tnoisèons et de nos fruits.Chaque année, dans la belle saison, les journaux agricoles et horticoles dénoncent l'invasion des vergers et des forêts par les chenilles.La chasse das oiseaux à pour conséquence funeste de favoriser ces mêmes ravages des chenilles dans nos bois et nos jardins.II serait bien terr ps capendant de mettre un terme à cet abus, qui finira par amener la destruction d'une foule de petits oiseaux.En effet, qui pourrait nombrer la quantité prodigieuse de petits chanteurs de l'air qui sont détruits, quand où saura qu\u2019un seul bomme, en un jour, peut en prendre, à laide d\u2019un fliet, plus de quatre canta, Que dans certaines localités, on parcoure les bois durant le printemps ou l\u2019automme, on les trouvera remplis de piéges cruels Ainsi un appui trompeur offert à l'oiseau s\u2019écliappe À l'instant qu\u2019il s\u2019y pose et la charmante créature ailée, les pattes brisées e garoltées, e\u2019y débat en vain jusqu\u2019à la mort.Ainsi périssent une multitude de rouges-gorges, de fau- vettee, de rossignols.Dans la plaine, ce sont des fl- lets qui les enveloppent dans leur vol qui rase la terre, sur les rivières mêmes on les poursuit encore; on a remarqué que, dans les années où beaucoup d'insectiveres sont détruits, les arbres sont bien plus déptutvus de feuilles, et que les arbres des vergers et des jardins donnent moins de fruits, Si donc nous voulons la conservation des fruits de nos jardins et de nos vergers, ne détruisons pas les iceectivores ; leur existence assure seule la destruction des chenilles; l'homme n\u2019est qu'un auxiliaire bien faible pour la chasse aux insectes, il ne possède ni la perfection des sens ni les instincts qui poussent l'oiseau, à toute beure du jour, à s\u2019em parer des ennemis de nos récoltes; il n\u2019en peut détruira qu'un petit nombre, et encore son insouciance lulte- t-elle souvent contre son propre intérôt qu'il ignore et contre la loi qui prévoit.Avec les petits oissaux, nous conservons les fruits de nos jardins, nourriture du riche et du pauvre.re itt Les œufs dans l\u2019alimentation.\u201c Dis-moi ce que tu manges je te dirai qui tu es.\u201d Cet axioms gastronomique pourrait s'appliquer à la qualité nutritive des œufs suivant qu\u2019ils proviennent e la ponte de tel ou tel animal.Uve feuille spéciale, ls Poussin, à publié sur \u201c les œufs dans l\u2019alimentation \u201d un article qui contient quelques détails curieux ; il semble en résulter que les œufs les meilleurs sont ceux des animaux de basse-cour qui ont la nourriture la plus variée, et dans laquelle les grains de bonne qualité, surtout l\u2019orge et le sarrasin, entrent pour la majeure portion.C\u2019est À ce titre que les \u201c poulets de grain \u201d sont si estimés, Les œufs des oiseaux, dit notre confrère contiennent, sous un petit volume, une plus grande lquantité de subsistance quiritive que la plupart deg 334 GAZETTE DES CAMPAGNES aliments, ce qui, joint à leur abondance, À la facilité de leur congervation et à l'avantage qu'ils ont de n\u2019ètre pas accessibles à la fraude, en fait une des ressources alimentaires les plus précieuses.« L'œuf de poule, par sa digestibilité, sa délicatesse et ses propriétés éminemment réparatrices, est l\u2019œuf par excellence.Hippocrate, le père de la médecine, en a vanté les mérites.Les œufs de poule étaient en véritable vénération chez beaucoup de peuples anciens.Les Romains les promenaient en grande cérémonie dans les fêtes de Cérès.Les Grecs ne les honoraient pas moins.« Les Japonais aiment beaucoup les œufs ; ils les mangent au désert, comme les fruits, souvent avec des oranges.Les riches Japonnais sont exiréme- ment difficiles en matière d'œufs; ils ne feraient point usage d'œufs de poules qui vont librement et se nourrissent à leur fantaisie.Il faut qu\u2019elles vivent de riz et qu'elles pondent dans des chambres affectées à cette destination.Chez nous, on eslime surtout les œufs de poules nourries avec de l'orge, et l'on s'accorde À trouver détestables ceux des poules qui mangent beaucoup d'insectes.Les œufs de faisan sont les meilleurs après ceux des poules.Les romains estimaient fort les œufs de aon, qui se vendaient à Rome jusqu\u2019à 5 deniers k: pièce.ls sont excellents, en effet, ainsi que ceux de vanneau: on en fait des œufs brovillés et des omelettes qu\u2019un gourmet avrait mauvaise grâce à ne pas trouver exquis.Les œufs de dinde et de pintade sont aussi trèe délicats et se rapprochent des œufs de poule.Quant À ceux de l'oie et de ia canne, ils gont loin de valoir les précédents.Ils sont gras et indigestes, mais le voluma plus gros du jaune les fait rechercher par les pâtissiers.; Enfin, les œufs géants de l'autruche, qui équivalent en capacité à trois douzaines d'œufs de poule, ne méritent nullement les éloges que leur ont prodigués certains voyageurs probablement affamés.La substance en est mal liée et, si l\u2019on en fait des omelettes, elles tombent par morceaux ; aussi les Arabes et les colons d'Algérie ne les emploient-ils que pour la pâtisserie.\u201d _-\u2014 mme De ls mue des volailles.On nomme \u2018 mue \"\u201d la crise périodique que subissent tous les oiseaux, aussi bien les coqs épuisés ue les poules fatiguées par la ponte.Littré donne, de Ja mue, la définition suivante: * C'est une opéra tion par laquelle un animal se dépouille de son épiderme où des appendices de la surface de son corjs, plumes, poils, cornes, etc, pour reparaitre ensuite avec des parties analogues.La mua est un (lat maladif commun 2 Lous les oiseaux \u201d Suivant la saison, suivant l\u2019état de santé de l\u2019animal, la mue est plus ou moins longue et plus ou moins difficile, et il se passe Ce fait très remarquable, que sous un climat froid la mue est très pénible, el que dans les climats chauds elle est presque nulle ; aussi voyons-nous des poules commencer de muer quand la température est modérée, eb si, pendant cette opération, il survient une forte chaleur, la \u2018mue subit un temps d\u2019arrét qui se prolonge jusqu\u2019à la réapparition d'une température plus fraîche.Dans une môme basse-cour où les oiseaux sont soumis au même régime, à la même exposition, et se trouve enfin dans des conditions identiques, tous ne perdent pas leurs plumes en même temps, ot cela fort heureusement, car la ponte étant nulle ou presque nulle pendant la mue, on serait complètement privé d'œufs ; tout au contraire, cette crise ne se produisant pas à la même époque pour toutes les pot les, de temps à autre on récolle encore quelques œufs.L'âge a aussi une influence sur l\u2019époque de la .mue.Au début de la crise, par suite de la disposition malade de la poule, la poute cesse peu à peu; ja poule est triste et le coq, qui prend la mue avant la poule, perd son allure fière et hardie ; il se cache volontiers dans les coins, au pied des arbres; son état est tellement pit-ux, qu'il ne regarde plus ses compagues ; il les délaisse el les œufs ne sont plus fécondés ; c'est même parce que les œufs n'ont plus de germes qu\u2019ils peuvent être conservés; aussi les cultivateurs ont ils soin, depuis des temps très éloignés, de conserver de préférence les œufs pondus gu 16 juillet au 15 septembre, période habituelle de a mue.Pendant ce laps de temps, les oiseaux paraissent donc réellement souffrants; ils n'ont plus d\u2019appétit, c\u2019est à peine s'ils se déplacent au moment des distributions ou du moins, au lieu de courir, au lieu de se précipiter près de la personne qui rapporte la nourriture, ile ne viennent que lentement; ce que voyant, on doit leur donner, le matin, des graines : ble, avoine et mals, et le soir une pâtée d'orge et de de son mouillés avec de l'eau et légèrement salée.Au moment où la crise commence, le plumage, si brillant en temps normal, devient terne, La plume n\u2019a plus de résistance ; quand on prand une poule, même très délicatement, les plumes restent dans les mains.En examinant un oiseau qui mue, on remarquera que la nouvelle: plume qui pousse est entourée d\u2019un petit étui qui protège les barbes et qui ne tombe qu'au moment où la plume a atteint son développement.Mais toutes les plumes qni viennent de quitter les oiseaux, poussées par le vent, s'amoncellent dans un coin quelconque ; bientôt la fermentation s\u2019établit et les insectes ne tardent pas à y habiter; on doit donc, pour éviter la vermine, ramasser tous les jours les plumes.En outre, pour plus de précaution, nous conseillons de jeter de la fleur de soufre dans lus basses cour ; nous avons remarqué que les poules en mangent volontiers, et cela s\u2019expliqué aisément.Le soufre entre pour une certaine partie dans la composition de la plume et, très probablement, l\u2019instiact pousse l'oiseau à consommer cette matière pour fa- voriver la formation de sa plume.- Lorsque la mue est spontanée, l\u2019oiseau est presque entièrement couvert de tuyaux de plumes.Cette mue rapide est souvent très mauvaise, la poule endure un malaise trop violent, et s'il survient ou un orage ou un changement brueque de GAZETTB DES CAMPAGNES, 338 \u2014\u2014\u2014 température, s'ensuit quelquefois.ap cédemment Le coq chante de nouveau avec de vainqueur, la poule se remet À pondre; voit l\u2019un et l'autre reprendre leur astivité.De ces changements, il ne faut pas s\u2019étonner c\u2019est l'âge \u2018qui en est la cause, Car la année.Si, maintenant, après avoir parlé des poules et des coqs, nous passons rapidement eL en revue les an que le canard n'est pas incommodé par la mue ; la chute et la pousse de ses plumes ont lieu très rapidement, mais cette mue se prolonge pour ainsi dire, Car les le mâle a les mêmes teintes que la femelle et ce n\u2019est que pro- tres hotes de la basse-cour, nous observerons couleurs du plumage se modifient ; gressivement qu\u2019il reprend sa belle livrée brillante.Le dindon souffre aussi pendant la mue; il devient triste, ses plumes sont ternes ; celles du ventre tombent les premières et laissent la poitrine dénudée ; elles repoussent quand celles du dos et des ailes commencent seulement 4 tomber.L'oie se déplume aussi \u2014 Le Poussin.2 Choses et autres.\u201c LA SCIENCE POPULAIRE, revue scientifique et industrielle illwetrée, dédide aux personnes de toutes conditions.\u2014 Tel est le titre ublié à Montréal, sous la direction de M.Octave Cuisset, chimiste industriel, que nous venons de recevoit et que nous recommandons chaleureusement aux or e 5 de chaque moisent très intéressant, of deatinée à rendre d'im- ces à toutes les classes de la société.Nous empran- d\u2019an nouveau journal sonnes avides d'instruction.Ce journal à grand format e huit y ages par numéro, paraît les ler et Le premier numéro que nous avoue reçu nul doute que cette publication est menses se tons A eo journal les article et recettes qui suivent: Le beurre assez difficile et même extrômement difficile beurre ss fermeté à moins que l\u2019on n'ait une Jà un inconvénient des plus désagréables.II qu'à couler paifois comme de l\u2019haile, au poiut très simple de le beurre avec uu vase poreux en terre vette pénètre les pores du vase ; elle les remplit bientôt Jusqu'd 1a partie supérieure, par même principe que l\u2019huile 8\u2019 Mais la cha renouvelle sans ur lui conserver ou rendre ea fermeté.lon peut avoir sous la main en tous temps, conviennent bien pour eet usage.\u2014_\u2014_\u2014_0m\u2014 \u2014\u2014 RROBTTES Moyen de tremper les outils en acier.On prend d'huile de leson de bonne qualité soif bien bl elle en souffre tellement que la mort En outre, un oiseau qui mue lentement, régulièrement, reste robuste ; il reprend élit, ses allures redeviennent vives comme pré- ses airs on les |P° mue marque, our l'oiseau, le commer cement d\u2019une nouvelle P ; la mue produit chez elle un malaise qui se manifeste par les mêmes symptômes que chez les autres gallinacée.\u2014Er.LEMOINE.r les temps chaude \u2014Par les temps chauds, il eat de conserver au lacière, et c\u2019est vient mou jusqu\u2019il n\u2019est plus quasi préeentable sur la table.Il est un moyen excellent et le conserver frais méme pendant les plus fortes chaleurs, cest de recouvrir le beurrier ou V'assiette qui contient cuite non vernissée dont les bords plongent daos une cuvette contenant de lean fraiche.Il ne faut jamais plonger le beurre dacs l\u2019eau.L'eau de la cu- en vertu de la capillarité, e lève dans ls mèche d\u2019une lampe.eur extérieure tend à évaporer cette eau qui se cesse.Le résultat de J'évaporation constante eat d\u2019attirer la chaleur de l\u2019air intérieur, de le rafraîchir et de former sutour du beurre nne atmosphère suffisamment froide Les pots à fleur, due une livre de résine concassée, une demi-livre et un quart de livre de 15: On mélange à froid dans un vase où fer la résine et l\u2019hvile, puis on laisse s'opérer 1s combinaison à une douce chaleur sur un fen de charbon, en ayant bien soin toutefois qu\u2019elle ne brûne pas et ne prenne pas en feu.Lorsque Ja dissolution est complète, on fait fondre le suif à part et on mélange le tout.L'outil qu\u2019il s'agit de tremper est chauffé au rouge sombre et plongé dans le mélange ci-dessus, pals on le rte de nouveau au rouge sombre et on le trempe daus l'eau comme à l'ordinaire.De l'acier fondu complètement brûlé, traité par ce moyen, 3 [reprend ses qualités remières, et les outils qu\u2019on a trem, par ce pi 6 ont offert trois ou quatre fois plus de durés que coux traités par les voies ordinaires.\u2014 Conservation des aliments cuits.La sonpe et autres meta préparés sont, à cette saison, souvent difficiles à conserver du jour au lendemain.Voici un bon moyen de les empêcher de sârir, que nous pratiquons nous-môme avec un plein sucods: On prend une cuiller à thé comble (8 graine) d\u2019acide salicilique, on le délaie bien dans un demi bol d\u2019ean chaude qu\u2019on répand dans la soupe, le ragoût, etc, encore chauds; on rince le bol aveo un peu d'eau que l\u2019on fete également sur la soupe.Par los temps les plus défavora- les, le 2e et même le 3e jour, la soupe est aussi bonne que si elle venait d\u2019être faite.L\u2019acide salicilique est un puissant antiseptique, et son em- plot ne peut avoir le moindre inconvénient.Son prix est de cts l'once, et avec une once il y & pour ssuver 50 restants de soupe ou autres.Cette recette est originale.A vendre à Ste Anne de la Pocatière Une terre en parfait état de culture, de trente arpents en profondeur sur quatre ar) ents de largeur, avec magnifique maison, grange et autres âtisses.Il y à de plus un jardin et un verger.Située à quatre arponts de l\u2019église, du Collège et du Couvent, l'acquisition de cette prop ité offre des avantages exceptionnels, S'adresser à JACQUES ANCTIL, Propriétaire, Ste Anne de 1a Pocatidre, A VENDRE BETAIL AYRSHIRE, COCHONS BERKSHIRES, .VOLAILLES PLYMOUTH ROCK S'adresser à M.LOUIS BEAUBIEN, .16, Rue St Jnoques, MONTREAL CHEMIN DE FER INTERCOLONIAL 1886-Arrangement pour la saison d'été-1886 Le et après Inndi, 14 partiront de la Station juin 1886, les trains de ce chemin Ste Anne (le dimanche excepté) comme suit : Pour Lévis.ves » 12.13 A.M.Pour Lévis.- 11.03 A.M.Pour St-Jean et Halifax.10,37 A.M.: Pour la Rivière-du-Loup et Ste-Flavie .\u2026 5.06 P.M, | PourLévise.ceocecesenns .606P.M.[| PourlaRiy .935P.M.1 i_ Tous les trains marchent eur l\u2019houre du temps conventions nel de l\u2019Est.D.POTTINGER, Surintendant en chef Bureau du chemin de fer, Monoton, N, Bk., 8 juin 1866, 836 GAZETTE DES UAMPAGNES AVOCAT, de Fra- L, À .LA N GLATS, sorvil'e, P, Q., suit les Cours de Rimouski, de Kamonraska et de Montmagny.Il #\u2019oceupe de prêts d'argent hypothécaires et autres.A VENDRE Bétail Ayrshire : veaux males et génisses, pure race, avec Aussi : Moutons Cotswold, de choix, S\u2019adresser à J.B.BEAUDRY, 81 MARC, Comté Verohères, P Q.Vos POULES mangent-elles leurs Œufis ?\u2014 De mandez immédiatement le Nid de Pouls perfectionné de Jos.Kreamer.Il se paie par lai-même.Il devrait être dans tous les ponulaillers, Une fois qu\u2019on s\u2019en est sor- vi, on ne peut plus s\u2019en pas- ns
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