Gazette des campagnes : journal du cultivateur et du colon, 8 juin 1888, vendredi 8 juin 1888
[" XIV Ste-Anne de la Pocatière, P.@.8 juin 1938 No.23 GAZETTE DES CAMPAGNES JOURNAL DU CULTIVATEUR ET DU COLON PARAISSANT TOUS LES JEUDIS FIRMIN H.PROULX.L'abonnement peut dater du ler de chaque mois, ou commencer avec le ler numéro de l'année.On ne s\u2019abonne pas moins que pour un an.L'avis de discontinuation doit être donné par écrit, au Bureau du soussigné, UN MoIs avant l\u2019expiration de l\u2019année d'abonnement, et les arrérages alors devront avoir été payés; si non, l'abonnement sers censé continuer, 1malgré même le refus de la Gazetts au Berean de Poste.Toit ce qui concerne la rédaction ot l'envoi de correspondances doit être adressé à Firmin H.PROULX, Rédacteur-Propriétaire.Rédacteur-Propriétaire : RE Gérant Hector A.Proulx.Tout ce qui concerne les abonnements à la Gazette des Campagnes ct los annonces à ôtre ubliées dans ce journal, doit être adressé à ector A.Proulx, Gérant.ANNONCES Premidre insertion.10 centins par ligne Deuxidme insertiou, etc.3 centine par ligne Pour anvonce à long terme, conditions libé rales.Ceux qui désirent s\u2019adresser tout partiouhd.rement aux enltivatours pour la vento de torres instruments d\u2019agriculture, ets., eto., trouveront avantageux d\u2019anvoncer dans ce journal.ABONNEMENT : $1 PAR AN SOMMAIRE.Revue de la Semaine : Réunion des membres du cercle St Ieidore, à l\u2019école d'agriculture de Ste Anne ; avjet de la coufé- rence par M.Colbert Martineau: Le bétail.\u2014Nos écoles d\u2019a- grioniture.Causerie Agricole : De la noblesse et de la dignité du cultiva- tenr.(Suite de la conférence de M, Joseph Prévost.) Sujets divers : Veillées de Jacques: A propos de chevaux.\u2014 L'art agricole: Rôle de l\u2019eau dans la végétation \u2014L'inatruc- tion agricole.\u2014Soins à donuer aux chevaux de manége.Choses et autres : La fabrication du sucre d\u2019érable dans le comté de Beauce.\u2014Tinettes pour l'exportation du beurre.Recettes : Moyen de détruire les poux qui s\u2019attaquent aux ruou- tous.\u2014Moyen de guérir les écorchures et contusions faites aux animsux.Erratum.\u2014Dane le mémoire du Rév.M.L.O.Tremblay, adressé aux mewbrea le la Commission agricole, publié le 74 mai dernier dans la v'asette des Campagnes, page 243, 2e colonne, 2e ligne, an lieu de : \u2018* Nous supposons qu\u2019nne somme de $5,000, ajoutée à celle du $1,000, déjà votés pour l'établissement d\u2019nne beurrerie, lisez : \u2018\u201c\u201c Nous sopposons qn\u2019une somme de #500, ajoutée à celle de $1,000, déjà votée pour l'établissement d\u2019une beurrerie, eto.\u201d REVUE DE LA SEMAINE Réunion des membres du cercle agricole St Isidore, à l\u2019école d'agriculture de Ste Anne.\u2014 Chacune des réunions des membres de ce cercle est tellement intéressante, que le nombre des auditeurs e\u2019Accruit toujours de plus en plus: ce qui est un encouragement bion mérité par nos jounes sgriculteurs qui savent si bien nous intéresser et none inutruire par leurs conferences, Dimanche dernier Son Excellence Mge Poiré, les rêtres du Collège de Ste Anne, le maire M.Kugène aron et plusieurs notables de la paroisse, cuitiva- teurs et hommes de profossion, nssistaient À cetto séance.La salle était remplie.Si noue avions ici un souhait à faire, ce seruit que la sulle fut pus vaste pour contenir un plus grund nombre de personnes désireuses d'assister aux conferences.M.Colbert Martinoau qui à fait lu conférence a pris ur sujet, \u2018* Le bétail, \u201d rèsumant d\u2019une manière très habile, les enseignements donnés sur cette im- Si la guerre est Ja dernière raison des peuples, l'agriculture doit on être 1a première, Emparons-nous du sol, si nous voulons conserver notre nationalité.ABONNEMENT $l PAR AN ortante question par le professeur d'agriculture i Schmouth.Csite conférence qui a duré près d\u2019une heure a donné lien à one intéressante discussiou sur le même sujet.Invitée À fumer 1a pipe dans la chambre de M, le directeur, il s\u2019y est établie uno longue causerio familière à laquelle ont pris part des cultivateurs qui se «ont enrichie par l\u2019ugriculturo et qui ont disouté sous tous les points la question de l'élovage du bétail, et notamment colle du cheval, de minière à en tiror des conclusions pratiques.Nous ne pouvons donc qu'applaudir à la belle idéo qu\u2019ont eue nos jeunes agricultours de l'école d\u2019agriculture de Sto Anne d\u2019établir un cercle agricole duns leur institution : ses précieux effeta se feront néces- sairoment sentir dans la paroisee de Sto Anne elle.même.C'est ainsi que nous appreudrons à apprécier l\u2019utilité de nos écoles d'agriculture.Nos écoles d'agriculture \u2014 Sous ce titre, nous lisons ce qui suit dans lo Progrès du Saguenay publié à Chicoutimi : \u201c Nous avons.cherché à faire comprendre la se.muine dernière que le rapport de la commission agricole n'est pas eutisfaixant au point de vue de notre comté; nos sociétés d'agriculture ne reçoivent pas, dans lo comté de Chicoutimi, un octroi sufflaant à leur bon fonctionnement, et c'était le devoir de \u2018a commission ugricole de le faire remarquer À la députation.\u201cIl est une question qui nous intéresse moins directement mais qui est de ln plus grande importance au point de vue de l'agriculture dans la province de Québec, Nous voulous parler des écoles d'agriculture, + Dans son rappuit, la commission agricole recommande l'abandon des écoles d'agriculture comme ne donnant pas los résultats qui étaient attendus.Nous voulons exprimer que nous différons absolument d'opinion des membres de In commirsion et même nous serions favorahles à un octroi plus considérable à nos écoles d'agriculture, pug, ious ID op pu; À 258 GAZETTE DES CAMPAGNES \u201c Personne ne pout nier que depuis quelques années, l'agriculture a fait des progrès immenses dans lu province de Québeo.Dans notre comté, quoique bien éloignés jusqu'ici des grands centres, nous nous ressentons depuis plusieurs années de ce nouvel essor donué à l\u2019art sgricole et nous commos convairieus que ceux qui ont le plus contribué À répandre la +aine connaissance des principes de l\u2019agriculture sont es élèves sortis des écoles d'ugriculture de ls province De l'école du Ste Anno seuloment, il cet sorti au delà de 300 élèves diplômés et ces élèves établis dune les differentes parties de la province ont mia leurs con- naissunces en pratique et introduit dans les paroisses les notions qu\u2019ils aaient puisées À Sto Anne.Ces résultats sont constutés ol nous savons & qui nous devons ce progrèe.\u201c M.l'abbé L.O.Tremblay, directeur de l\u2019école d'agriculture avait adressé À la commission agricole un mémoire qui reçoit toute notre approbation, dans le quol il inristait aur l'importance du maintien des écoles d'agriculture, et même il fait quelques sugges tions très importantes.Celle qui surtout doit recevoir le plus d'attention de la part du gouvernement a rapport sux fermes expérimentales, M.l'abbé Tremblay demande que l'école dont il «st le directeur soit char- géo de l'établissement d'une ferme expérimentale, et il fait des offres qui sont réellement très uvantageuces.Nous verriona aveo lo plus grand pluisir l\u2019étab i-se- mert d'une ferme expérimentale duns notre province ; il y à là une question importante pour les cultivatesrs et nous eepérons quo Jo présente session ne se passera pas suns qu'une mesbre ne roit présentée à ce sujet.\u201d Note de la rédaction.\u2014 Nous remercions bien sincèrement notre confrère du Progrès du Saguenay pour le bon accueil qu'il fait à ts écoles d'agriculture.No»s devons cependant lui faire remarquer que le nombre den élèves qui ont obtenu leur diplôme n'est pus de trois cents, il est au plus de cinquante, Mais Un plue grand nombre d'élèves ont fait leurs deux années de cours, et des circonstances indépendantes de l\u2019école ont empêché qu\u2019ils se prépararsent à l\u2019eza- men pour l'obtention d\u2019un brevet qu'ils ne croyaient pas nécessuire pour culliver à leur propre compte, CAUSERIE \"AGRICOLE DE LA NOBLESSE ET DE LA DIGNITE DU CULTIVATEUR.(Suite de la conférence de M.Joseph Prévost.) Pour en venir, Mossieurs, À la eoconde partie de ma conférence, ces bienfaits que nous procurent l\u2019u- grivulturo ont-ils été reconnus par, tous ?Au moine, notre jeune pays n-t il su se distinguer au-dessus des autres par une considération raironnable et juste de l'homme qui lui fournit do quoi se maintenir et de marcher côte à côte avec les grands peuples ?Hélas il faut le dire uveo regret, à ce seul mot de cultivateur, ou plutôt pour se conformer À l\u2019expres- «ion vulgaire, à peive le mot habitant a t-il été profs ré, qu'un sourire plus ou moins mog veur s0 dessine sur leg lèvres de l'auditeur, comme si l\u2019on venait de faire rereortir ce qu\u2019il y à de plus ridicule et de plus méprisable dans lu société.Si cependant l'on constatuit ce manque de discernement auprès de quelques indiffe- rente dont la manière do juger n'affecterait en rien les intérêts des cultivateurs, ce eerait encore pen de chore.Main lorequ'on voit der hommes que la classe agricole elle mémo a élevés au pouvoir, considérer d'un œil dédaigneux Ia forte colonne de l'ordre eos cial, vraiment, Messicurs, il est nlors tempe de se demander si notre pays est on voie de grandir et de proapérer.A nous dono cuitivateurs, puisque le choix nous ert donné, À nous donc de fixer notre choix sur des hommes dont nous sommes sfirs d'une proteotion ferme et constante, Les principales causes do ces répugnances sont sars doute les travaux manuels suxgnels l\u2019agriculteur est chaque jour sesujetti.D\u2019uprès ces esprits forts ccrtes peu éclairés, Ces sortes de travaux ne eauraient plonger l'intelligence dans un abratissement complet.Messieurs, cette objection a été l\u2019ubjection de tous les temps et de toutes les époques, D'un autre côté, des hommes d'une compétence inconteatable, avec les plus simples arguments ont su répondre à cette futile objection.Pour peindre les plus récents, je citerai d\u2019abord Montpetit.Voici ce qu'il dit: \u201c Pur sn participation aux onvrages manuels du fuire valoir, le cultivateur inspire à chaoon l'activité, et il entretient duna ea propre personne, cette force de constitution qui lui permet d'exercer une enrveils lance exacte 4 toute heure et par tous les temps.Au moyen du travail intellectuel, ii ennoblit ea profession, et il prend dune le monde nn rang distingué, Pour ce recond genre d'occupation, n\u2019a-t-il pas toujours devant loi le livio de la nature tracé par la main de Dieu ?Liro dans ce livre sublimo avec reconnais- sauce et umour, y chercher ce qui peut éclairer son art et le rendre plus productif; s\u2019sider.A cet effet, du eecoura des scioncer acquises; révéler à ses semblables les découvertes utiles qu'il peut faire : quel beau travail ou plutôt quelle admirable récréation ! \u201d Muintonant venong-en au révérend Père Herbretoau qui démontre, par un lang»ge aussi éloquent que juste, le double avantage que retire le cultivateur en se Îivrant aux travaux manuels des champs.** Cherchez, dit le révérend l\u2019ère, où se trouvent les tempéraments robustes, les types de haute stature ot qui ne déclinent pas; cherch:z cù se tronvent le sang vif, les jouce roses, le teint vormeil et cet air de santé qui sffleure sous une peau fine, et cette vie qui pétille dans les yeux, et coîte âme forte chevillée au corps qu'elle anime, vous verrez quo tout cela ge trouve à la campagne, Les ginérations décroissuntee ront duns les villes ; s\u2019il no vensit incessamment dee riciues de la campagne, lex villes se depeupleraiont, car les villes dévorent leurs babitants.Les tempéraments anétaiques se préparent et se font dans les habitutions malsaines des quartiors populeux, dans l\u2019atmosphère enturée des usines et des magasins.La y-Âleur est l'hôte des salons élégunts; la j'htisio est le fleuu des racoe aristoora- tiques; les épidemies n'ont jamais de prises que sur les cités.En un mot, pour tout dire, la vie est plus courte À la ville qu'à lu compagne, Avez-vous remarqué, Messieurs, comment l'homme vient au monde avec des membres fuibles et débiles qu'il faudra fortifier ?Si vou.slevez mo!lement cet etre ai frèle qu'on appelle un enfant, vous on ferez un damoiseau.Au contraire, si vous appiiques ses bras au travail, si vous mettez aur ses épaules des fardeaux =» GAZETTE DES CAMPAGNES 259 proportionnés A ses forces; si vous le laissez vivre ao grand air, ses membres deviendront nerveux et souples ; on ne saura co qu\u2019il faudra to plus admirer à dix-huit ane, où de sa force ou de son élegance.En vain l\u2019on subrtithera aux travaux des champe d\u2019autres travaux, il remble qu\u2019ils sont moins dans l\u2019ordre providentiel, et l'expérience prouve qu'ils sont moins propices au parfait développement de l\u2019orguni-me humain.Ainsi fautil conclure, avec l\u2019écritore, que \u201c l'homme ost fait pour travailler comme l'oiseau ur voler; mais le principal travail de l\u2019homme, ce fi ui s'impose le plus à &a nature et à ses besoins.cell qui perfectionne le plus sa race, c\u2019est le travail de l\u2019agriculture.\u201d Le révérend Père Herbreteau ne semble pas partager les opinions do ceux qui prétendent que les travaux corporels abrutiesent l'âme, La vie du laboureur, dit-il, est-elle dono favorable au développement des fucultés intellectuelles ?J'ose bien l'affirmer si on entend l'agriculture comme il faut, et ei l\u2019on n\u2019exige point, non plus, une culture trop apéciale de I'esprit.Si d'un côté le cultivateur à moins de cette faconde citadine que l\u2019on rencontre dans les grands centres, on revanche il semble garder le privilege de la droiture d'esprit et du bon «ens, L'équilibre des faceltés intellectuelles se perd plue aisément dans le tumulte des villes; la juste pondé ration des humeurs, au contraire, et les solutions toujours égales se conser #ent mieux dans les campagnes.Enfin, s'il est vrui, selon l'antique adage, quo ia perfection de l\u2019homme comporte une âme saine dans un corps sain, il ne semble pas que nulle part, en dehors de l'agricultare, On en trouve mieux et les élémonts et les conditions.« En un mot, I'agriculteur fait son œuvre avec Diea; i! tdme et Dieu arrose, il sarcle et Inboure mais compte sur lo soleil du bon Dieu pour fuire mfi rir ls moisron, Impuissant À faire produire la semence, le cultivateur attend sa fortune de la protection divine et repose son espérance en ce Pdre du roleil qui donne le pain quotidien.Oh I c\u2019est bien le cultivateur ui peut dire, en parlant de Dieu, cotte divine parole: \u201c\u201c Puter meus agricola est, mon Père ost vraiment agriculteur.\u201d Maintenant, messieurs, je dirai quelques mots sur une autre classe de personnes qui quoique loin de mépriser l\u2019homme des champs, ne peuvent le voir aatrement, depuis le matin jusqu'sa soir, que couvert do sueurs, mangeant pénibloment son pain et repre- pant aussitôt après vn maigre repss, un travail qu'il ne devra quitter qu'à la nuit tormbante, Messiours, je ne viens pas ici blâmer l'économie et soyez persuadés qu\u2019au contraire j'en suis un des adeptes les plus convaincus, et je partage pleinement avec vous l'opinion reçuo que si l'économie chez le oultivateur n\u2019cst pas de chaque instant, il ne tarders pe 4 orouler; mais ce que je veux avancer, o'est que|p le cuitivateur a droit aussi bien que tout autre, sinou plus, A une vie airde, agréablo et douce.L'économie, dit Montpetit, admet aussi certaines habitudes d\u2019une vie très confortable.Ainsi, je voux voir eur lu table du cuitivateor des mots copieux et substantie!s, ct lorsqu'il revient fatigué uno flamme bienfaisaüite pétil'or dune son foyer.À certains jours de foto qu'il doit célébrer joyeusement, j'aime à trouver sous son toit la généreuse hospitalité des temps antiques.Dans les longs joure d'été, qu'un peu de sommeil à midi répare ses forces.En résumé, les mœurs agricoles ont leur oachet spécial, mais elles ne comportent nullement, comme quelques personnes le eupposent, la malpropreté, la grossièreté et l'ignorance.On peut vivre simplement et avoir une grande nob'esse de sontimonts, de manière et de langage.On peut avoir des bras vigoureux et une intelligence non moins active.On peut ne pns craindre de marcher sur 1a terre hrmide et aimer à tenir nette de fange la cour de ferme, On peut s\u2019enrichir par une sage économie et exercer lurgement la chrrité.On peut travailler uveo ardeur ot trouver le temps du repos.Tel doit être le cultivateur simple et distingué, \u201d Cea paroles que je viens de vous citer, Messieurs, sont celles d\u2019un auteur auquel la matière agricole no semblo pas étrangère, et jo veux bien m'en contenter sans pourseivre, J'ose croire qu'olles sont assez explicites pour convuincre des esprite aussi bien disposés que vous l\u2019ètes.D'un autre côté, pour rendre justico À la vérité, bien souvent, trop souvent peut être, le cultivateur n'a-t-il pas À ge frapper la poitrine et À reconnaître que s'il eet sujet À quelques plaintes c\u2019est bien 64 faute, Oar nos hommes sincèrement adonnés à l\u2019agriculture n'ont jamais diminué dans l\u2019estime do leurs concitoyens ; au contrairo, ils en ont toujours été les privilegiés.Ainsi il ne tient qu\u2019à l'agricuiteur de prendre dans le monde un rang distingué; pour cela, qu\u2019il ne s'imegite nal- lement que sou état exclut toute manière polie Qu'il emploie tous les moyens propres à améliorer son art, s'efforgunt de rendre aa terre de plus en plua produe- tive.En agissant de la sorte, il quitters bientdt In malheureuse routine qui est la principale cause de son malaise.Oui, l'amélioration, ee lancer, dis-je, à graude pas dans la voie du progrès : voilà le moyen de devenir en peu de temps et comme citoyen ot comme individu, le soutien le plus ferme sur lequel le pays peut compter.Quant à nous, messieurs, membres do ce cercle St Isidore fondé dans le but de nous rendre utiles les uns aux autres, nous nous distinguerors surtout en ne nous écartant jumais de lu voie que notre digne président lui-mêmo nous a tracée ; et cette voie elle se trouve tout indiquée durs cette magnifique ot pu triotique devise qui ne put jamais mieux être appio- priée que par un enfant de la belle France: \u201c Avec Dieu et pour la Patrie.\u201d \u2014\u2014\u2014 Veillées de Jacques.(Suite) À PROPOS DE CHEVAUX, Pour terminer ses citations relatives au cheval canudien, Jacques nous en à tiré une plus cnurle et \u2018ue récente de l'excellent ouvrage publié, on 1886, par Chs Edw.Whitcombe, écr., ancien élève de l'école d'agriculture de Cirencester et owltivateur praticien dans l'Ontario, sous le titre: \u201cThe Canadian Farmer\u2019s munosl of Agriculture.\u201c Sous le rapport de la force, dit M.Whitcombe, de la souplesse, et de l\u2019intolligenco, alliées à ane petite taille et à la sobriété, il n'y a probablement pag do race supérieure au monde, \u201d 260 SAZETTE DES CAMPAGNES D'accord avec ces auteurs et aveo tout le monde sur les qualités osceptionnelles du vrai cheval cana dien, Jacques déplore amèrement qu\u2019on en ait Isiseé dépérir la race; il ue eroit pas imporsible cependant de la reconstituer et il pense qu\u2019on trouverait oncore sur la rive nord du St Laurent, en bas de Québec.es.sez d'individus de cette race, «nins, robustes, bien fuits, do Lonne taille, pour tenter par In sélection, alliée à un régime fortifiant, la régénération et la fixation de colte race.Nous avons une nouvelle organisation dv département de I'agriculture ot Jucques nous disait, ce que nous croyons sans peine, quo ce ne seruit point un minco honneur pour elle que d'entreprendre cette œuvre patriotique et éminemment nationa'e.On a décidé la création d\u2019un livre d'or do la vache canadienne, que n'essaie-t-on quelque chose d'analogue pour notre cheval canudien ?L'smelioration du cheval canadien par la sélection ot une alimentation de choix scrait, nous disait Jacques, une œuvre lente et de patience ; elle coûterait cher au simple cultivateur, en ce eens qu'elle sorait longue à payer et exigorait do nombreux encrifices.Mais n'a-t-il pus déji été question de la création d'un haras provincial ?Un subside arsez élové auruit même été mie à la disposition du commiesaire de l\u2019agriculture à cet effet, si nos souvenirs sont exacts.Dans la ponsée du Gouvernement, autant qu\u2019il nous à été possible doe le savoir, ce subside serait destiné à être alloué au particulier disposé À entreprendre la création d\u2019un haras et à apporter au Gouvornement un programme, un établissement, des chevaux, des fonds, eto, Jusqu'à co jour personne ne se serait présenté, faute poutêtre par le Gonvernement d'avoir auffi- eamment expliqué le but qu\u2019il se proposait, Mais ce qui est difficile À uno entreprise particulière, même apyrouvée et subventionnée, serait plus aisé au Gouvernement, ot le nôtre ne dovrait il pas suivre résolument l\u2019exemple des gouvernements Européens, qui ont établi dane leur pays des haras et jumenterics et ont ainsi fucilité eoit ln conservation des races natio- nalus, Foit lu création do races nouvelles, et par ce moyen on sont arrivés à supprimer l'importation étrangère ct à y substituer même l'exportation, Après avoir empranté à l\u2019Angleterrs ces trotteurs du Norfolk, pour l\u2019umélioration de la race normande et la création d\u2019un type de chovanx de carrosee, la Normandio, qui avuit été aidéo on celu par l\u2019adminie- tration des harns, a Créé No race magnifique que les Américains ot les Anglais enx mêmes achèlent au- jourd\u2019hui à grand prix.Ces dernières années les poulaine anglo normande go sont payés.do trois à six moie, des prix variunt de $200 A $1560, suivant l'ori- ine.8 Lee harns rondraient aussi chez nous de grands services, L'élovage est une quoetion délicate qui a besoin d'une direction judicieuso et éclairée Nos haras pour- raiont d\u2019ai-leura profiter de l'expérience acquise dans les harns étrangere, et les sympathios quo lo Canuda trouvo cn Frauce de tous côtés permettraient sans douto À notre gouvernement, si le beroin s\u2019en faienit eentir, de puiser auprès de l'administration française don haras toss les renseignements nécessaires, D'uprés Jucques, nos harss provinciaux ne de.vroient pas e6 borner À des importations d'étalons et do juments étrangers de bonne tace, en vue do croise ments avec notre race canadienne.Ils devront aussi et aurtout chercher à refaire par la sélection et à fortifier par une riche alimentation notre race canadienne pure, Notre climat est dur et toutes ces races msgni- fiques, importées des climats plus tempérés, eont plus délicates et plus exigeantes que nos chevaux Ganadiens.Jacques pense dono que si, pour les besoins de l'exportation, nous pouvons croiser notre race canadienne et chercher à l'approprier aux besoins de la demande étrangère, nous devriors pour nous-mêmes et à tout prix chercher à refaire notre race par elle- même.A propos d'exportation, Jacques nous a parlé d'une brochure récemment publiée pur le gouvernement d'Ottawa, sur \u201c l'élevage des chevaux en Canada \u201d et renfermant uno letiro des colonels Ravenhill et Phillips et un discours adressé par le colonel Ravenhill à des éleveurs de chevaux, Jacques nous a donné connaissance de ces lettres et de ce discours.Tout y est intéressant pour nous smateurs de chovaux, et tous ceux qui veulent faire de l'élevage devraient posséder cette brochure que le gouvernement ne saurait répandre avec trop de profusion, Le colonel Ravenhill, inspecteur et achetenr de chevaux pour l'artillerie royale anglaise, a été frappé de ce que nous n'avons en Canada ni murchés périodiques ni foires aux chovaux.II dit que le commerce des chevaux en Canada est entre les mains des américains et de quelques amateurs dans chaque distriot, ce qu\u2019il considère comme trôa défavorable aux intérêts du cultivateur, De cette absence de foires et de marchés découle pour les acheteurs étrangers la né- cossité de parcourir d'immenses étendues de territoires, et le colonel n'a pas dû faire moins de 14,765 millos pour examiner 7,674 chevaux et finalement en acheter 83 pour son gouvernement, Le petit nombre de cos achats eat dû à ce qu'une grande proportion des chevaux qui eont de groseeurs et de corte convenables pour les besoins militaires anglais, sont malsuins ou ont des défauts ; cela provient de Go que les oultivatenrs eurmènent leurs animaux lorsqu'ils sont trop jeunes, domytent les poulaine avant qu\u2019ils soient développés ; les juments ainsi tarées transmettent leurs m»ladies à leurs poulains ; le nombre d'étalons mulenins et taréa est aussi très grand dans les districts, et cela cause beaucoup de tort.Une mauvaise conformation des chovaux du Casada, qui pourrait avantageusement être portée à la connaissance des éleveurs, est quo ces chovaux ont la oroupe courte el avalée, défaut provenant du trop grand verge des troitoura américains pour la reproduction.Le colonel conseille de préférer les étalons ayant les reins et Ja croupe droite et la queue haute, Le colonel, comme notre ami Jucques, suggère avs- si au gouvernement d'intervenir dans les questions d'élevage, Il constate, non sans regret, que les éleveurs ont tourné leur attention du côté des gros chevaux Clydesdaie, Shire et autres et ont cessé d'élever autant que précédemment les chevaux légers, de meilleure race, servant à différentes fins et notamment aux Lesoins de l'armée cavalerie et artillerie (co dernier cheval, astreint à marcher oux uilures vives en trui- ynant de lourde fardeaux, est bien près du type du GAZETTE DES CAMPAGNES 261 cheval de ferme).Le colonel signale que l'Angleterre importe annuellement 11000 chevaux et que ce com merce mérite qu'on y fasse attention.Voici d'après la traduction de as lettre, qui n'a pas due être fuite par un homme de choval, le portrait, tracé par le colonel, du cheval de trait qu\u2019il cherche pour l'artillerie : * Le cheval de trait a les jambes courtes, marche vite et va bien sur la voiture, mesurant entre 15 mains 2 pouces et 16 msins de hsuteur, 72 pouces de sangle, et pas moins de 8 pouces autour de la jambe immédis tement au-dessous du genou ; et plus le canon est large et plat: en cet endroit, mieux c\u2019est, parce que c'est là que la force est spécia'ement requise ; l'os du canon doit être court, le tendon fortement détaché ; l\u2019avant-bras et la cuisse longs et bien musclés; les jointures larges, nettes et bien développées; il doit être actif, compaot, bas sur jambes, et avant tontes choses nous cherchons celui qui marche franchement tel que ceux que l'on voit trotter étunt aitelés sur les charrettes ou marcher à la charrue le long d\u2019un eil- lon, à la vitesse de 4} millos À l\u2019heure (?).À côté de ce portruit, Jacques nous a donné celui du cheval d'agriculture fuit par M.Whitcombe : * Le cheval de ferme est une bôte à toutes fins, qui doit pouvoir se monter à l\u2019occasion, et s\u2019atteler à la voiture de promensde.Il doit être assez vif pour que le conducteur ne soit point obligé d\u2019animer son allure, et assez léger pour qu'il puieso trotter sur les grundes routes dures sans s'abimer les pieds et les jambes.Comme on lui demande de trainer de gros poids, il peut avoir l'épaule plus chargée et plus basse que le cheval de route et de carrosse pur.Il doit étre assez fort pour la charrue, et avoir assez d'allure pour trainer avec vivacité un léger attelago.Là où les opérations de la culture ne consistent qu\u2019en forta labonrs et qu'en charrois pesante, les chevaux puissants et lourds peuvent convenir sux cultivateurs.Muis en Canada les snisons sont courtes et nous devons dans toutos nos opérations presser ie pas, Nous avons donc besoin d'un cheval qui mène rondement la fauchouss et la moissonneuse, et uille pronure aux granges les voitures et les tombereaux vides et les ramène à un bon pas, en un mot, qui puirse faire rapidement de lourds travaux.Pour cela il nous faut un cheval de taille moyenne, fort, bien membré et vif, \u201d Un fermier anglais voulant réeumer les qualités de ses chevaux, disait : Je les attelle à ma charrue, À mes chariots, & ma voiture, je les monte pour siler au marché ou pour chusser le renard.A rapprocher encore le portrait du cheval de trait trotieur (le moyen Percheron) tracé par J.À.Magne, directeur de l\u2019école vétérinaire centrale franguise d\u2019Alort : * Ce cheval & une taille de 5 pieds à 5 pieds 3 pouces, un corps trapu, une Croupe droite, muis arrondie par des musses musculaires bien développées, une encolure plutôt courte que longue, dont la ligne supérieure un peu srrondie se confond aveo un garrot épais, mais bien sorti, Ge qui, avec uno épaule bien oblique et fortement musclée donno à la place du collier une grande étendue, une tête libre et surtout exempte d'un chanfrein étroit et de gunuchos épuisses et aerrées.La région du rein est large et bien soute- nue, acourant beaucoup de pnissnuce, les membres ossenx et bien mnaclés, ot de bons pieds Et Gayot, ancien insp:ctour des Haras de France, un de ceux qui ont le plus contribué à l'amélioration de la race chevaline en France dans ces 40 dernières années, sjoute en parlant d\u2019un autre type de trotteur puicsant : * Ce choval est ensemtle et compact, gros, épais trapu, corplent, membru; eans être distingué, il n\u2019est pourtant pas commun ; il respire l\u2019énergie, ses mouvements sont libres et rapides ; il est doué d\u2019une grande révistanco au travail, C\u2019est un oxcellent servi- tour, un ouvrier capable, toujours prêt et dor à la fatigue, sans trop d'exigonces ni sous le rapport des soins, ni sous celui de ia vourriture, C'est un modèle excellent, on ce sens qu'il est bon à tout, qu'il attelle aussi bien la voiture du riche que la charrette du fermier, qu'il est parfaitement approprié aux besoins les plus nombreux et les plus généraux du pays; il cal- tive le sol en achevant de we développer ; il suffit à tous les Lransports agricoles.C'est le cheval moyen duns toute l\u2019acceptation du mot.\u2014(A suivre.) \u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 L'art agricole.(Suite) Rôle de l'eau dans la végétation.\u2014Chacun des autres priocipes immédiate, qui contribuent À ls végétation des plantes, a une mission définie, un but particalier à remplir ; mais l\u2019eau sert à deux fins : elle sert de nourriture en foorniesant au moins son hydrogène, qu'on retrouve dans toutes les parties des végétaux et dans tous leurs prod-ite; elle est en outre le véhioule de tous les matérisux de la végétation depuis lear absorption jusqu\u2019à leur décomposition et leur assimilation, et jusqu'à leur entrée définitive duns la structure celluleuse des plantes.Cette dernière fonction l'eau l'eccomplit dans tonte l'économie vitale, aussi bien chez les animaux que chez les végétaux.De ce fuit ressort encore vote nécessité que tout ce qui contribue au développemont d'un corps organisé, doit être, pour son absorption, soluble dans l\u2019eau, Ceci explique l'énorme quantité d'eau, absorbée par les racines d'une plante en végétation et exhulée par ses feuilles pondant une journéo d'été, qui par euite paraît n'avoir joué nucçun rôle dana la vie de la plante.Hales à trouvé qu\u2019un eoleit de 34 pieds de hauteur émet au-delà de 23 onces de vapeur d'eau on 12 heures de soleil dans une journée chaude et tiède, Dans uve ferme expérimontale près de Borlin, en Prusse, i! à été démontré que le blé pendant sa végés tation du printemps et de l'antomne exhule 330 Iba d'eau pour chaque livre de matière solide qu\u2019il gagne comme fouille, tige où gruins.D ins lo trèfls lu proportion est de 310 lbs d'eau pour chaque livre de matière solide obtenue.Bien que cette eshulation ne soit pas bornée à lu duréo de la lumière du soleil.elle fut trouvé plus active que pendant l\u2019obreurité.Wasner a trouvé que la proportion de l\u2019exhalation de l\u2019eau par le blé-d'inde est de 100 iba pendant la nuit, et 115 pendant une journée moyenne, et 790 penlant une jrurnée ensoleillée.L'eau uinsi exhalée voit pendant la nuit, soit pendant le jour, est toujours sous forme de vapeur, de manièro que ce qu'elle tient en dissolg- 262 GAZETTE DES CAMPAGNES tion est laiesé 4 la plante pour s'y incorporer et que l'eau pure veule est évaporée.L'énorme quantité d\u2019eau qui s'exhale d'on champ de blé d'inde dans uno journee de goleil d'août parai- trait une perto estruvagante, mais la nature est un économiste rigide et sans aucnn doute il faut que cette quantité soit nécossaire pour le bon fonctionnement es forces de la végélation.Nous en avons eu une preuve l'été dernior quand l'eau est vonue à manquer avec une température d\u2019environ 90°.Mais les racines puisent bien mieux leur provision d'eau dans un sol qui n'est pas saturé.Par là nous voyons que la condition d'un sol duns lequel lcs interstices des particules terreuses sont pleins d'air est plus hâtive que celle d\u2019un sol saturé d'euu, et quo l'humidité de l\u2019eau sert à unir les molécules du sol par la force de I'adhesion; que l\u2019absorption de l'eau par les racines des lentes soit facisitée par ls diminution de la quantité \u2018eau paraît à première vue on paradoxe, mais cela s'explique par ce fuit que, duns ie plus grand nombre des récoltes, les extrémités des racines perdent leur faculté d'absorption si elles sont privés d'air même perdant quelques beures, et si cette privation continue pendant quelques jours, les radicelles abeorbantes meurent.Lo riz et quelques-unes de nos graminées font exception i cette règle.Le aystème de la ciroslation végétale, ou du transport des matières nécessnires À la végétation dans les plantes au moyen de l'eau a été étudié à fond, et en Ge qui concerne les arbres et arbustes exogènes, c'est- â-dire ceux dont la croissance ee fait À l'intérieur, il est bien connu.La leçon pratique À en tirer c'est qu'on ne doit pas trobler et l\u2019équilibre admirab © établie par la nature entre le pouvoir d'absorption des racines et celui d'exhalation des feuilles Ce qui se fuit souvent en lsissunt les racines de blé d'inde dans le dernier rechuussage, quelque temps avant la floruison, en juillet.Dernièrement, j'ai vu un homme planter quelques érublee magnifiques auprès de son trottoir.Les rucines étaient coupées peut être À deux pieds de longueur, ce qui ne Inissuit que quelques racines fibreuses avoc leurs radicelles et leurs suguirs, tandis qu\u2019il se proposait do laisser la couronne avec toutes pes branches intaotes, espérant anna doute que les 1acines mutilecs sufflinient A fournir assez d\u2019eau à l'exhulution dus feuiiles, lorsque Ia couronne en serait couverte au milieu de l'été.Mais la nature & voulu qu\u2019il ÿ eût équitibre et on ne peut la tricher impuné- meat.\u2014D'après l\u2019Indiana Farmer.\u2014E, CAsTEL.+-\u2014\u2014\u2014=.L\u2019instruction agricole.Cette question est À l\u2019ordre du jour, les amis dévoués de l'agriculture s\u2019en occupent et il ne s\u2019agit Plus que de trouver lea moyons de ia rendre pratique et générale duns nos campugnes, Rien do plus lovable, de mieux pensé pour arrêter lo démembrement de nos paroisses, ot cet aveuglement qui poussent les jeunes gens 4 quitter la charrue.Dune des questions aussi graves, puisqu'elles intéressent au plus haut degré avenir de notre agriculturo, art avesi ancien qu'in- dispeneuble, nous pensons que chacun doit, selon sos facultés ot le degré d'influence qu\u2019il pos:ède, et avec tout le désintéressement possibly, ayant en vue los inflexions et indiguer la solution qui lui paraît la plus propre à approcher au but désiré.Si on examine ce qui se passe habituellement à la campagne, on voit des jeunes gens privés d'une ins- trvotion appropriée à leurs besoins, cultiver sans goût comme sans intelligence et prendre.ou pour mienx dire continuer les hubitudes routinières que leur lèguent leurs parents.Beaucoup de ces jeunes gens, dégoûtés de cette vie misérable, enisiesent la première occasion qu\u2019ils trouvent pour abandonner cette terre qui doit leur paraître ingrate, et prendre le chemin des Etats-Unis, ou chercher du travail dans les villes environnantes pour un salaire qui leur est en général peu profitable, pour ne pas dire souvent nuisible.Personne ne saurait contester que pour attacher les jeunca gens de nos c:empagnes au foyer paternel, il faot leur inculquer de bonne heure le goût des champs, leur offrir un nouvel horizon par la divuiga- tion des méthodes les plus appropriées aux divers genres de onlture ; leur enseigver le parti qu'on doit tirer d'une foule de produits perdus ou mal utilisés, eto.Mais comment parvenir à ce bot, si ce n\u2019est pas par l'instruction bien entendue et appropriée aux dif- fleultés du cultivatenr?Pour cela, il cous faut avoir recours A l'instituteur préparé d\u2019avance & exercer cette noble et patriotique mission.Si nous voulons que les enfants que l\u2019on destine à ls vocation agricole reçoivent une éducation en rapport avec leur position, il faut que dans nos campagnes, nous fussions quelques sacrifices en encourageant la profession la plus rebelle qui poisse exister; il nous faut offrir aux instituteurs des avantages tels que les jeunes gens les mieux doués, briguent l'honneur de répandre les saines doctrines de morale et d'instruction, afin de former des hommes de bien, Pour que les enfante des campagnes apprennent les premières notions d'agriculture, il faut évidemment que le maître, non-seulement les connaisse, mais encore qu'il soit à même de bien les enseigner.C'est encore ici que nos écoles d\u2019agr:calture auraient leur utilité, car les inatititeurs, après leur sortie de l\u2019école normale pourraient y passer un ou deux ane pour y suivre un cours théorique et pratique d'agricultore, Ce qui nécessiterait de la part de ces derniers plus d'argent pour so mettre en étnt de pouvoir enseigner l'agriculeure dans nos écoles primaires.Hé bien ! voici la compensation 4 ce surcroit de dépenses, en supposant qu'on voulut on fiire l'esssi dans une paroiese uelque peu considéruble: La municipalité scolaire donnerait À son instituteur, dans lo voisinage de l'école, up terrain afin d'enseigner ce qu'il anraitappris en fuit d\u2019ugriculture; il ferait de l'école une petite ferme modèle.I! y a même daus ce genre, no com- menoement à l'ucadémie dirigée par les Frères à l\u2019Islet.Les revenus provenant de cette ferme per- mettraïent à l\u2019instituteur, avec son salaire ordinaire, de vivre dans une certaine aisance.I! est olair qu\u2019un pareil sujet pourrait donner matière à plus de développement; mais nous nous con- tentone d'indiquer cette idée, laissant aux personnes chargées de ia direction de notre agrioultare de trou- térête du cultivateur, apporter le résultat de sea ré- ver mieux, GAZETTE DES CAMPAGNES 263 Soins à donner aux chevaux de manégé.L'usage de plus en plus général des machines A battro a donné licu d\u2019appliquer noe chevaux au tra vail de mänége, et beaucoup de cultivateurs s\u2019en sont mal trouvés.Coux qui eont jeunes et vigoureux re tourmentent et s'effraient du bruit de lu machine; ils se jettent à droite ou À gauche, ne tirent que par secousses, et se donnent des contusions ou des écor- churen.TI importe de conduire cos animaux avec par | tience et douceur; il faut éviter surtout de lcs confier À des ongogés brutaux qui ont pour tout savoir-faire les jurons ot les coups de fouet.; Ces mouvements désordonnés fatiguent et épnisent promptement les Chevaux ; on les voit ruisselants de sueur, la poitrine haletunte, de leurs nareaux agités il sort nn liquide blanchitre.Alora il faut les deteler de suite, les calmer et leur luver les naseaux avec de Venu fraiche od on aura mis un peu de sel ou de vinaigre.On les bouchornera par tout lo corps; une suignée quelquefois sera nécessaire, puis da repos à l'écurie.C'est positivement une attaque d'apoplexie Qui sè manifeste dans ces cas, comme il arrive À la svite d'une marche forcée par un temps de cha'eur excessive.Pour prévenir l\u2019étourdissement dans les travaux de manége, il est nécessaire de convrir les yeux des chevaux, \u2014_\u2014\u2014\u2014\u2014 Choses et autres.La fabrication du sucre d'érable dans le comté de Beauce \u2014On calonie qu\u2019il y a eu trois millions de livres de sucre d'érable de fait ce printemps dans le comté «de Beauce.Co gni, à 7 cta la livre eu moyenne, a ranporté $ 210,000.I! y u des marchands qui out pu fréter Jusqud 20 wagons de chemin de for d\u2019nne ca- paoité de 25,000 livres chaque, soit une consiguation totale de \u2018750,000 livres.Ces résultats sout assez frappauts pour empè- cher qu\u2019on ne détrnise, comme nous en Avous vu des exemples dans le comté de Kamour.ska, nos érablières qui peuvent pro- onrer de ei grands revenus aux cultivateu:s.On donne ponr excuse le manque de bras pendant ls saison du sacre, qui em- he qu\u2019on puisse exploiter cet'e industrie.Espéro:s en des jours meilleurs, et n\u2019allons pas détruire une des principales res sources du caltivateur, et l\u2019une de ses premières récoltes, Cullives vos érablidres qui souvent sont impropres à d\u2019autres cul- tares, comme vous oultivez vos champs.N.ttoyez voe érablières, élaguez soigneusement ves arbres afin qu\u2019lis puissent jouir d\u2019aue bonne végétatiou et vous rapporter de gros revenus qu puissent vous permettre de payer un homme où «feux pour \u2018aire le sucre et vous laisser À part cela un bon profit.N'allez pas, chaque hiver, sous le fatile prétexte de payer des dettes criatdes chez le marchand, abattre les meilleurs et les plus beaux du vos érables ; portes vos économies ailleurs que par la destruction de vos érablières qui ne sauraient, avec 1e tempe.qu'acquérir plus de valeur, Ce sera nn héritage que ous ssrez Lors de léguer à vos enfants, qui à leur tour sauront le ménager et en tirer grand profit.Tinetles pour l'exportation du beurre\u2014Un des principaux ex- tateurs de beurre, questionné il y a quelque temps, au eu- ft da geure de tivettes qu'il préféruit à répoudu : « Nous trouvons que tous les exportateurs préfèrent recevoir \u201c les beurres de crémerie de l'Est et de l\u2019Ouest dans les tinottes \u201c en épinette blanche portant 70 livres et sont disposés à payer \u201c un meilleur prix pour le beurre arrangé de cette mnanière.( C\u2019est même leur intention de n\u2019acheter que du beurre de cré- \u201c merie paqueté de ls manière indiquée.\u201d BROETTES Moyen de détruire les poux qui s'attaquent aux moutons.> Si vos moutons sout infostés de poux, vous pouvez détruire ces derniers par le mélange suivant : 250 parties d'eau pour i ler juin 1688,\u20144, une partie d\u2019acide carboniqne, Immédiatement sprds Ja tonte de vos moutons Javes doucement ces dernisrs avec nne éponge Smblbée de la préparation ci-dessus qui est excellente.\u2014.ord.Moyen de guérir les écorchures et contusions faites aux animaux, Au moment où les attelages sont surchargés de travanz, il eat opportun de recommander un moyen a la tois simple et of- cace de guérir les écorchures ct contusions que le frottemont des traits on colliers cause parfoie nox snimaux de trait, chevaux et bœufs.Il en résulte quelquefois des plaies donlou- Teuses et qui en s\u2019envenimanut pou:raisnt dégénérer en ulcères, Un moyen court et efficace de les guérir, c'est de les imbiber plusieurs fois par jour aves une compresse trempée dans du fiel de poro ; plus le fiel est vieux, plus il à d'énergie.LES Celebres Lunettes DE B.Laurance sont les meilleures pour soulager la vue, là où tous autres moyens ont été sans succès.Des certificats de toutes les célébrités médicales da Canada peuvent 8tre vus chez L.A.Paquet, marchand, à Ste Anne de la Pocatière où ces lunettes sont en vente.Certificat de Son Eminence le Cardinal T'aschereau, M.B, Laurance, Montréal.9 mai 1888, Monsiour,\u2014Son Emiuence le Cardinal Taschereau, archevêque de Québeo, m'exprime son désir de vous faire connaitre que les Innettes que vous lui aves proonrée« sont de la meilleure gnatité et mienx appropriées à sn vue que celles dont ello a fait usage jusqu\u2019a ce jour, J'ai l'honneur d\u2019être votre dévoué serviteur, (Signé) | J.B Z.BOLDUC, Ptre.ler juiu 1888, PIERRE D\u2019AMBOISE Menuisier A St- Paschal, Comté de Kamouraska, A constamment on vente à des prix modérés des CERCUEREILS 1 t fournitnres pour cercuells de différentes qualités.8t Paschal, ler juin 1688, \u20144 AVIS Le soussigné François Joucas, de Ste-Louise des Aulnaies, dane Je comté de l\u2019Islet, donne avis qu\u2019il ne sers personnelles ment responsable d\u2019uanoune do:te contractée en son nom sans une autorisation par écrit où verbale de sa part.FRANÇOIS JONCAS, Ste Louise des Aulnales, P.Q. 264 GAZETTE DES CAMPAGNES L\u2019EAU ST-LEON LA REINE DES EAUX MINÉRALES L'excitation et la demande pour cette \u2018\u2019 Grande can médicinale de Ja Nature \u201d augmentent beranconp chaque mois, ob les commandes arriveni d\u2019au-delà des frontières.Les merveilleux témoignages de tant de personnes qui ont 616 «lébarrassées de la douleur ot du désespoir pour jousr de la vie et de la santé avec ses jois ont été comme nous le disons plus bay, 1a cause première \u2018le cet\u2018e rage et de cet enthousiasme dont la merveilleuse EAU ST LEUN a été l\u2019objet, Les raisons pourquoi ! Parce que l\u2019oau St-Léon fait dispa- ÿ raitre rapidement toutes les obstruc- tiona empoisonnées du système, purifie le sang, donne du nerf, débarrasse les conduits bronchiques, façonne l'organisme et rend la vie douce.C'est un remède sûr pour In Dyepepsie, Indigestion, la Constipation, la Bile, le rhumatisme, les humeurs, brû lements de cœur, mal de tête, maladie chronique des rognons et du foie, excès alcooliques, Cette eau populaire se vend en gros, en Caques et barils de 10 à 40 gallons, et cruches 1 à 5 gallons ; en bouteilles, chopines.Cette cau rare est vendue 25 le gallon.Demandes à votre épicier ou À votre droguiste.Envoyée à toute adresse où il n\u2019y à pas d\u2019agent de nommés.Adressez toute correspon- ce à GINGRAS, LANGLOIS & CIE., En face du Palais du Cardinal.Pour agences, r'adresser à C.C.À.Langlois, gérant pour Ja Puissance, No.3, Port Dauphin, s\u2019adresser de bonne beurs.Une petite charge annuelle vous assurers une agence lucrative avec l'eau gratuite au puits, 3 mai 18-8,\u20146 Distributions de Prix 1888.Librairie J.B.ROLLAND & FILS.LES MAISONS D'EDUCATION ET MM.LES COMMIS SAIRES D'ECOLE voudront bien ee rappeler que notre Librairie vffre l'avantage de l\u2019assortiment comolet de LIVRES DE RECOMPENSES POUR LES DISTRIBUTIONS DE PRIX ET EXAMENS comprenant une variété de coliectionr, for- Mate, reliures en cuttonnages tout À fait nouveaux et due plux élégants ; wine qu'un grand choix de LIVRES DE PRIERES, Imagerite, Chromios et autres articles conveuables pour récom- res, Un catulogne de nos collections de livres et antres articles sera adrersé à toute personne qui en fera ls demande.Ou voudra bien, sur les commandes qui noos sont transmises par écrit, donner tous lex renseignements possibles sur le nombre des écoles, In division des clusses, la quantité et la valeur des livres qu'on a» iuteution de douner comme premiers, deuxièmes, troisièmes prix, eto, J.B.ROLLAND & FILS, 14.tue Saint-Vin A 24 mai 1888.\u20143 icent, Montréal CHEMIN DE FER INTERCOLONIAL 1888-Arrangement pour la saison d'été-1888.Le et après lundi, 4 juin 1688, les trains de ce chemin partiront de la Station de Ste Anne (le dimanche excepté) comme suit : Pour L6vis.ccoacessrams ones Pour Halifax et St-Jean- 24.13 1043 1043 vee 17.14 Pour ls Rivière-du-Loup.17.4 Pour la Rivière-du-Loup.21,35 T'ous les trains marchent eur l\u2019houre du temps conventionnel de l\u2019Est.D.POTTINGER, fmrintendant en chef.Bareau du chemin de fer, Moneton, N.Bk., 2 juin 1888.Piano de seconde main à vendre.On pent acheter à bas prix chez M.L.A.Paquot, marchand, à Ste-Aune de la Pocatière, un piano de seconde main en bon ordre.24 mai 1888.\u20144 Ferme-modèle du Collège de Ste-Anne, À vendre à la ferme-modèle du Collège de Ste-Anne: Veaux Ayrehires, avec où sans pedigree.s'adresser à JOSEPH ROY, Chef de pratique.29 mars 1388.A VENDRE BETAIL AYRSHIRE, COCHONS BERKSHIRES, VOLAILLES PLYMOUTH ROCK M.LOUIS BEAUBIEN, 16, Rue St Jacques, MONTREAL Ferme St-Gabriel J, ISRAEL TARTE & FRERE \u2014)o00{\u2014 Cette exploitation agricole a obtenu, à la dernière exposition provinciale : a Un diplôme pour le meilleur troupeau de vaches cana- annes.II.Le premier prix pour ls meilleure vache laitière cana- lirnne de quatre ans et plas.III.Le premier prix pour la meilleure taure canadienne de trois ans.IV.Le premier prix pour la meilleure génisee canadienne.nd Le premier prix pour la meilleure gévisse au-dessus de six mois.VI.Le premier prix pour le meilleur tauresu canadien de trots ans, N vir Le premier prix pour le meilleur tanreau canadien de out: Age, VTIL.Le second prix dans la classe des taureaux Jersey pur sav, au-dessus de quatre ans.a! Le second prix dans la classe des taureaux canadiens un ag.S\u2019adresser à SPECIALITÉ.=Elevage du bétail Canadien en vue de la pro- ductiou du beurre.À vendre, en ce moment, on TAUREAU JERSEY, GKNISSES of TAUREAU de l\u2019au dernier, quelques VEAUX da printempe, mâles et fomeiles.24 mai 1688, "]
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