Journal des campagnes, 20 juillet 1882, jeudi 20 juillet 1882
[" m7 TS L'industrie agricole doit toujours être la dase de la richesse des nations.lère ANNÉE \u2014 JEUDI, 20 JUILLET 1882 No 24 JOURNAL DES CAMPAGNES EDITION HEBDOMADAIRE.Paraissant tous les JEUDIS et contenant toute les nouvelles «le In semaine.Prix de l\u2019abounement :\u2014UNE PIASTRE POUR LA FRANCE :13 FRANCS 50.Strictement payable d'avanre.Imprimé et publié par LEGER BROUSSHAU, ÉDITHOR-PHOPHIÉTAIRE No 9, Rue Buade, H.V.Québec.L\u2019épiscopat Irlandais Voici le texte de la \u201c déclaration \u201d adressée aux fidèles d'Irlande par la hiérarchie catholique : Dans la crise sociale que traverse aujourd\u2019hui l'Irlande, et qui doit longtemps et profondément alfecter ses intérêts moraux et matériels, vous avez le droit d'attendre que vos évêques vous donnent leurs avis avec leurs conseils et contribuent à écarter les perplexités dont sont assiégés aujourd\u2019hui parmi nous lvs hommes les plus éclairés comme les mieux disposés.Pressés par notre devoir vis-à-vis de vous en cette conjoncture, et préoccupés anxieusement et au delà de toute expression de votre bien-être temporel aussi bien que spirituel, nous avons délibéré en notre assemblée sur l'état actuel de notre chère patrie, et nous hâtons de vous communiquer le résultat de nos délibérations.Laissez-nous dire d\u2019abord qu\u2019en formant notre jugement, nous avons été principalement préoccupés de la considération de vos intérêts spirituels, que nous avons été guidés seulement par les prescriptions de la conscience et par la loi toutours juste et bienfaisante de Dieu.Pour vous, qui êtes des enfants dévoués de I'Eglise catholique, éclairés par la foi, obéissant au divin précepte de chercher d\u2019abord le royaume de Dieu et sa justice, pour vous comme pour nous, c'est et se doit être une vérité certaine que, dans toutes les questions sociales, politiques et religieu- ses, la loi de Dieu est notre suprême règle ; que ce qui est mal moralement ne saurait être bien politiquement, et qu\u2019un acte que Dieu défend ne saurait être avantageux à nous- mêmes et à notre patrie.Appliquant ces principes aux événements qui ont lieu tous les jours parmi nous, et aux importantes questions qui absorbent actueilement l'attention de notre peuple, nous voyons des dangers contre lesquels nous devons élever des paroles d\u2019avertissement, et de nombreux excès que nous devons profondément déplorer et nettement condamner.Il est vrai qu'au point de vue religieux comme au point de vue politique, c'est le droit indiscutable des Irlandais de demeurer sur la terre ratale, de vivre de sa fertilité, et de pouvoir user à leur profit des ressources de la patrie.C'est en outre le droit reconnu et même le devoir de ceux qui subissent l'oppression des individus ou de l'Etat, d'en rechercher l'affranchissement par tous les moyens légitimes : travailler à cette œuvre d'affranchissement est une noble œuvre de charité.C'est sur ce terrain que le but de notre mouvement national a eu l'approbation et la bénédiction non seulement de vos évêques et de vos prêtres, mais du Souverain-Pontife lui-même, et qu\u2019il s\u2019est vu applaudir dans notre pays et dans les contrées étrangères par tous les hommes doués d\u2019un esprit généreux et juste, sans distinction de race et de croyance.Il doit pourtant vous être connu, comme cela est connu du monde entier, que dans la recherche de votre but légitime, il a été de temps à autre employé des moyens absolument subversifs de l'ordre social, et contraires aux prescriptions de la justice et de de la charité.C'est sur ces moyens illégitimes que nous désirons appeler votre attention, particulièrement sur les suivants.1.Le refus de payer de justes dettes quand on est capable de les payer ; 2.l'acte d'empêcher les autres de payer leurs justes dettes ; 3.l'acte de causer quelque dommage au prochain, dans sa personne, son droit ou sa propriété ; 4.la résistance à la loi et à ceux qui sont chargés de son application, cu le conseil de cette résistance donné aux autres ; 5.la formation de société secrètes pour réaliser ce programme.ou l'obéissance aux ordres de ses associations.Dans chacune de ces catégories, de nombreux \u201c outrages\u201d plus ou moins criminels ont été commis; parmi eux, terriblement saillant, on a vu dominer le crime de meurtre, qui au moment même où nous vous parlons.soulève la conscience publique, déshonore notre patrie, et provoque la colère du Tout-Puissant.Contre tous ces outrages, vontre chacun d'eux, nous protestons au nom de Dieu et de son Eglise, et nous déclarons que votre devoir est de considérer comme le pire ennemi de notre foi et de notre patrie l'homme qui oserait consviller ou justifier le moindre d'entre cux.Nous faisons un appel solennel aux fidèles, et particulièrement à la jeunesse des deux sexes, afin que non seulement ils n'aient aucun rapport avec les sociétés secrètes.mais encore qu'ils les condamneni et les combattent comme hostiles à la fui, à la religion, à la liberté sociale, et aux progrès de la patrie.Laissez-nous maintenant vous aifir- mer que le mouvement national.purgé de ce qui est criminel et préservé de ce qui mène au crime, aura notre ardent appui et celui de notre clergé.Une mesure considérable de justice a été accordée depuis quelques années aux tenanciers d'Irlande.Mais il leur est dû encore.à eux et à d\u2019autres classes de nos concitoyens, particulièrement aux travailleurs, beaucoup plus de justice, et c'est votre devoir et le nôtre de lormuler leurs revendications j'asqu'à ce qu'elles soient reconuurs, Dans tou:es vos agitations et luttes, vos prêtres seront avec vous, pour vous guider, et si besoin est, pour vous modérer ; mais vous ne pouvez attendre à les voir faire ce qu'en conscience ils condamnent.Ils ne peuvent semer la haine et la division parti leurs fidéles : ils ne peuvent.sous aucun prétexte,toléreret encore moins souteuir 1'anarchie et le désor- dre.Ils travailleront virilement avec vous et pour vous, mais au grand jour, par des movens légitimes, et pour un but louable vt juste ; nous sommes assurés que votre filiale obéissance à leurs instractions et aux admonitions de cette brève déclaration, attirera la bénédiction de Dieu sur notre patrie, la sauvera des maux dont elle est menacés.et du conduira promptement à la prospérité et à la paix.Avant de conclure, nous estimons de notre devoir de déclarer, sans pour cela vouloir d'aucune façon excuser les crimes et les outrages que nous avons condamnés, que d\u2019après nous, cos crimes +t ces outrages n'au- ralent jamais été commis si Tn population n'avait pas été réduite au dé- svspoir.par les évictions on la perspective des ¢victions pour non payement de rentes exorbitantes ; et de plus, que la continuation de ces éviclions, juntement désignées par le premier ministre comme des condamnations 4 mort, doit être une fatale et permanente provocation au crime, et que c'est le devoir de tous les amis de l'ordre social, spécialement du gouvernement, d'v mettre fin aussitôt que possible et à tout prix.Priant avec ferveur notre Dieu d'amour de répandre sur vous, et sur notre patrie dans l\u2019affiction, les dons de sagessu.de piété et de courage de son esprit livin, wt de vous enseigner à préférer les trésors de sa grâce à tous les biens de la terre, nous vous accordons de tout notre cœur notre bénédiction pustorale.Dublin.10 juin 1882.Suivent Jes signatures des 28 archevêques vt évêques d'Irlande présents à l'ussemblée de Dublin.=
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