Journal des campagnes, 31 août 1882, jeudi 31 août 1882
[" bots saath Ve Lu Journal de l\u2019Instr l\u2019ubtique; Montréal an L'industrie agricole doit toujours être la base de la richesse des nations.lore ANNÉE JEUDI, 31 Aour 1882 No 30 JOURNAL DES CAMPAGNES EDITION IEBDOMADAIRE, Paraissant tous les JEUDIS et conlenani Tout les nouvelles de la semaine.Prix de l'abonnement -\u2014-UNE PIASTRE POUR LA FRANCE : 12 FRANCN 50.Strictement payable d\u2019avance.Imprimé et publié par LEGER BROUSS=AU, EDITRUR-PROPRIETAIRE No 9, Rue Buade, H.V., Québec.PSN SOS ER L'église du Sacré-Cœur On lit dans la Civilisation : La commission du Sacré-Cœur a reculé devant l\u2019énormité de la proposition J.Roche.MM.Constans, Cazot et consorte ayant déshonoré la profession de crocheteur et l\u2019épithète de voleur, la majorité de cette commission ne s\u2019est pas souciée de partager avec de tels goujats la jolie réputation qui les accompagne partout et les suivra dans la postérité la plus reculée.Mais, d'autre part, l'esprit de secte la poussait à accomplir un acte qui fût l'expression bien accusée d'un sentiment antireligieux, et pût passer pour un outrage au Sacré-Cœur de Jésus.Comme on le verra plus loin, elle croit avoir trouvé le moyen terme qui concilie les scrupules assez extraordinaires de ga conscience avec sa haine du Christ et ses intérêts électoraux, Elle laisse à Son Eminence Mgr l\u2019ar- chevéque de Paris la propriété des terrains et des constructions de la butte Montmartre, mais elle enlève à l'église le caractère d'utilité publique, qui lui avait été formellement reconnu par la loi de 1872, Nous sommes bien fichés de l'apprendre aux membres de la commission du Sacré-Cœur ; mais leur moyen terme, s'il satisfait pleinement leur conscience, ne satisfait pas du tont le bon sens, la raison et l'équité.Ils refusent de voler des terrains et des pierres, mais ils volent un \u2018droit AS So.ARBOR .00° + qui faisait, comme les terrains et les pierres, partie intégrante de la propriété de Mgr l'archevêque de Paris.Ils veulent bien reconhaitre aux catholiques le droit à la vie et ne nous défendent pas de manger, mais il nous empêchent d'acheter du pain et autres choses nécessaires à la vie.\u2026 C\u2019est une belle.chose que l'équité Fépublicaine,et c'est grand dommage que Julien l'apostat ne sorte pas de son tombeau pour présider la commission du Sacré-Cœur ; il y ferait aussi belle figure que M.J, Roche, et que M.Delattre lui-même.Si la proposition de la commission est adoptée par la Chambre de députés et par le Sénat, son premier effet sera de ranger au nombre des chapelles privées un monument gigantesque, témoignage imposant de la générosité de la France chrétienne et répentante.Pour l'ouvrir et y célébrer les saints mystères, il faudra l\u2019autorisation spéciale, et M.Goblet s\u2019empressera de la refuser.Bien plus, il s\u2019empressera de fermer la chapelle provisoire, ouverte depuis dix ans en vertu d'une loi solennelle qu\u2019on pou- Vait croire irrévocable, et où la religion, la foi, la piété des fidèles sont partout écrites en lettres d'or.Mais que dis-je ?M.Goblet.Les chrétiens vont répondre à la provocation d'un Parlement impie, en redoublant de zèle pour l\u2019achèvement du magnifique édifice.Cependant, quel que soit ce zèle, même stimulé par le défi, on ne peut raisonnablement espérer voir l\u2019église du Sacré-Cœur couronner Paris avant cinq ou six ans.À cette époque, M.Goblet sera depuis longtemps enseveli dans les limbes de l'ouBli.La République elle-même, avec son cortège de sacrilèges et de blasphémateurs, passera pour un mauvais rêve.Un gouvernement réparateur, un Prince que les souillures de son siècle n'auront point atteint, fera la dédicace du temple au nom dela France, non plus seulement repentante, mais encore reconnaissante.Ce jour-là, nous ne désespérons pas de rencontrer M.Goblet, désabusé, suivre humblement la file des fidèles un chaplet d\u2019une main, un cierge de l'autre, précédé de M.Devès et suivi de plusieurs membres de lu commission.C'est la grâce que nous leur souhaitons.Vmere él 0 La femme endormie - Vsici ine pauvre femme qui.fait parler d\u2019elle ! Toute la population de Paris s\u2019en occupe.On ne s'aborde plus qu\u2019en se demandant des nouvelles de la femme endormie depuis bientôt trois moisä l'hôpital Beaujon.Il y a de quoi jaser, en effet, et les médecins eux-mêmes y perdent leur latin.Le 12 mai, on a trouvé sur un banc, avenue de la Grande-Armée, une jeune femme pauvrement vêtue, âgée de vingt-trois ans environ, et qui dormait profondément.On la porta sur une civiére à l'hôpital de Beaujon.On la coucha dans dans un lit, on la frictionna, on lui fit des lotions diverses,clle dormait toujours.\u2014OCertains indices firent supposer que la malheureuse avait été apportée dans cet état lélhargique sur lu banc de l'avenue, el abondonnée là.Pendant huit jours, où essaya divers Inoyens pour la ranimer, mais inutilement.Elle étuit couchée dans son lit, sur le dos, immobile, la bouche ouverte, les yeux fermés, et respirait assez hâtivement.C'était tout ce qui, chez elle, indiquait la vie.On dut lui faire avaler du bouillon pour la nourrir, puisque son état léthargique était tel que rien ne pouvait I'émon.voir, ni les bruits, ni la douleur, ni la faim.Le cas était curieux, bien qu\u2019il eût des précédents.Mais la surprise des médecins fut grande lorsqu\u2019ils apprirent, deux mois après, que la jeune femme inscrite à l'hôpital sous la mention \u201c Inconnue \u201d dormait toujours.Elle ne paraissait pas devoir 6e réveiller de sitôt d\u2019ailleurs.Le cas devenait extraordinaire.On vint à l'hôpital Beaujon voir cette curiosité médicale, Les soins des médecins étaient empressés, mais inefficaces.Les nombreux savants qui vinrent la voir, entre autres le docteur Charcot, furent d'avis, avec le docteur Millard, de lui appliquer les dou- ches d\u2019eau froide, aussitôt que l'état de la malade le permettrait.Ce qui fut fait.Et on eut raisor de faire ainsi, car il y n quarante-huit heures la malheureuse a paru donner signe de vie.Après soixante-dix jours du sommeil ininterrompu, elle a poussé un gémissement, puis un autre, mais elle, n\u2019a pu articuler une parole, ni fuire une geste.On l\u2019a interrogée devant nous ; elle a répondu par le même gémissement; il semble qu'elle comprenne ce qu'on dit, sans toutefois pouvoir y répondre.La police, préoccupée do connaître l'état civil de cette malade extraordinaire, a fait insérer, il y a quelque temps, des svis dans les journaux.À la suite de celte publication, il est venu beaucoup de monde pour s'in- lormer, pour essayer de reconnaître fa pauvre femme.Dimanche, on a compté plus de cent personnes autour de son lit, dans la salle Sainte-Marthe, où elle est couchée, mais personne ne la reconnaissait.Enfin lundi, uue femme est arrivée de Meaux.Elle a déclaré, que sa fille l'avait quittée, il y a sept ans, et qu\u2019elle avait eu une attaque de léthargie pendant la guerre de 1870, à la suite de l'occupation prussienne.Elle eupposait que sa fille était la femme endormie de Bcaujon.Conduite en face de la dormense, la femme hésita, \u2014Je crois que ce n'est pas ma fille, dit-elle avec désolation.Cependant on lui objecta quela figure avait dû changer, que les traits s'étaient amaigris,enfin qu\u2019elle devait rassembler ses souvenirs pour aider la justice.Et hier elle est revenue.Elle s'est placée au chevet de la femme endormie et l'a bien regardée, longuement.\u2014Décidément, c\u2019est ma fille, a-t-elle dit alors en lui prenant la main.Et comme si la moribonde entendait cette affirmation, elle serra fortement la main de la dame au point de ne plus vouloir la quitter.Elle s\u2019ap- pelerait Marie Véron.Son réveil n'était que partiel, cependant,car on ne put tirer d'elle du le même son guttural,sorte de gémissement par lequel elle répond à tout ce qu'on lui demande.Il est probable cependant que, grâce au nouveau traitement adopté 2 par les médecins qui la soignent, la malheureuse reprendra ses sens prochainement, et fera connaître son état civil.a¥y L'état la de léthargique-de I'hopital Beaujon, à Paris continue de s'améliorer, mais avec une lenteur telle qu'on est en droit de se demander si elle pourra reprendre l'usage complet de ses sens et de ses membres.Tout le monde dit gue la malade était léthargique ; il semblerait plutôt qu'elle fit plongée dans un état de torpeur, d\u2019inertie telle, que tous les organes, que tous les membres engourdis, paralysés,se trouvent dans la plus absolue impossibilité d\u2019accomplir toute fonction.En effet, quoique réveillée de son long sommeil, elle n\u2019a pu encore exprimer la moindre volonté ; ses yeux ouverts sont toujours fixes ; -elle ne peut regarder ni à droite ni à gauche.Lorsqu'on l\u2019appelle,ses traits ne trahissent pas la moindre percep- -ception du bruit qui se faisait autour d'elle ; cependant elle entend.\u2014Ou- vrez la bouche, lui disaitce matin M.Je docteur Millard, Et la malade faisait alors, on le sentait, des eflorts violents pour obéir au docteur.Voulant aussi essayer de savoir si son nom est bien Marie, comme l'affirme la femme qui dit être sa Tmère, M.Millard lui disait encore : \u2018 Si vous vous appelez Marie, ser- rez-moi la main.\u201d On voyait alors les doigts de la pauvre malade se plier et arriver à se contracter péniblement autour de la main du docteur.Pendant ce lemps, son visage se colorait vivement.Ce matin, elle a raangé avec plus de facilité qu\u2019hier.Elle peut tenir son assiette des deux mains.La sensibilité ani avait complètement disparu est revenue :æur toutes les parties du corps.Lorsqu\u2019on la pince, elle paraît sensible et dait entendre un léger gémissement guttural.Les médecins el les savants afiluent auprès de la malade, dont le ces singulier et nouveau promet d\u2019intéres- sanées discussions dans le monde médical.#*% Le mystère qui enveloppe l'identité de la femme endormie devient de plus en plus impénétrable.On avait cru, ainsi que nous l'avons dit, cette identité établie par les déclarations de la dame Véron, qui prétendait avoir reconnu la dormeuse pour sa fille.Or, tout fait présumer à l'heure présente que Madame Véron s\u2019est trompée.Dans son désir de revoir sa fille, à la mort de laquelle elle n\u2019a jamais voulu croire, elle s\u2019est imaginé l'avoir retrouvée dans l\u2019inconnue de Beaujon.M.Véron, artiste en verroterie, qui a exposé ses travaux eu 1878-1879, et qui vit séparé de sa femme depuis plusieurs années, est enfin venu à l'hôpital, hier.Il s\u2019est done muni de la photographie de son enfant, et il a déclaré formellement que la malade n\u2019était pas sa fille, car celle-ci est décédée dans un hospice de Paris en 1875.Le mystère est donc plus profond que jamais.On sait maintenant qu\u2019elle n\u2019a pas êté trouvée endormie sur un banc de - l'avenue de la Grande-Armée.Le 12 mai, les agents l'ont aperçue étendue sur le petit mur de l\u2019usine Carré, même avenue.Elle pouvait parler à ca moment, méme elle a dit : \u2014J'ai bu beaucoup de bière.Et, soutenue par- les agents, elle a pu marcher, jusqu'au poste de police.C\u2019est là \u2018qu\u2019elle s\u2019est endormie pour nu se réveiller que soizante- Pa HOURNAL DES CAMPAGNES = EEE EEE ES uatorze jours après, à l'hôpital aujon, où on l'avait transportée le lendemain matin.x ; Des nouvelles ont été prises de la malade, son état n\u2019a pas sensiblement changé ; seulement, elle a eu moins d\u2019appétit que la veille, et l\u2019intelligence est d'une faiblesse extrême.On sait que pour répondre affirmativement, elle est priée de serrer la main de celui qui la questionne.Hier, ses réponses étaient contradictoires, \u2014p>\u2014\u2014\u2014\u2014eueee.La Fête-Dieu en Autriche Lecorrespondant viennoisdu Paris- Journal donne d\u2019intéressants détails sur la procession de la Fête-Dieu à Vienne : \u201c* J'ai assisté à la procession impériale de la Fête-Dieu, d'un balcon en face du beau reposoir qu'avait fait élever l'ambassade de France.Foule immense.La troupe de ligne forme la haie de chaque côté de la rue, tapissée de feuillage et de fleurs.À neuf heures et demie, les premières bannières apparaissent.Chaque paroisse est représentée.Derrière elles marchent les élèves des Frères et de nombreuses congrégations chantant des cantiques.Puis, la garde impériale, casque en tête, précédant la musique de la cour.Le corps diplomatique, où l'on distingue l'ambassade de France, ayant à sa tête le comte Duchâtel.L'état-major de l\u2019empereur.Les généraux hongrois, les généraux autrichiens.Les maréchaux, dont l'uniforme blanc tranche sur les pantalons rouge et or.Tous se groupent à gauche du reposoir, en face de mon balcon, tête nue.S.M.l'empereur François Joseph, en grand uniforme de général, prend place sous un dais, de chaque côté duquel se rangent ses gardes du corps, les Autrichiens à droite, les Hongrois à gauche.Sa majesté est aussi nu-tête.En entrant sous le dais, Elle se met à genoux, lait un grand signe de croix, se relève, et se tient debout jusqu\u2019à la reprise de la procession.: Au fond dela place, en bataille, les gardes à cheval autrichiennes et hongroises, : L'attention de cette foule innombrable était retenue par le spectacle de ce monarque, le visage recueilli, s'agenouillant devant le Saint-Sacre- ment en présence de son peuple, comme pour lui apprendre que l'obéissance est facile quand on la doit à un chef qui ne la considère point comme due à lui-même, mais à Dieu, qu'il représente et devant qui il se prosterne.\u201d \u2014-\" ot L'affaire de Tisza-Esziar On lit dans l\u2019Univers : L'agitation causée par cette affaire grandit de plus en plus.Dans l\u2019intérêt de juifs mêmes, une prompte eolu- tion est à désirer.L'instruction est arrivée à son terme.Le juif Janke] Szilovics, qui avait livré le cadavre volé à l\u2019hôpital et revêtu des habits de Mlle Solymosy, a fait des aveux partiels.I] dit avoir été prié par des coreligionnaires de se procurer un corps et de jouer la scène avec les mariniers de Dada.Il avoue avoir reçu à deux reprises la somme de 600 florins.Sur l\u2019observation du juge d\u2019ins- traction qu'il paraissait difficile que dans une affaire de cette importance il se fût engagé avec des inconnus, et qu'il devait connaître ceux qui avaient fourni l'argent et les habits de Mlle Solymosy, Jankel Szilovics répondit que l'affaire s'était passée à Tiezaszlar, mais qu'il ne savait pas les noms des individus.On voit donc que la justice tient, sinon tous les coupables, du moins une partie.Il s\u2019agit maintenant d'établir'dans quel but Mlle Solymosy a Été saignée.Les juifs ne reculent devant rien pour brouiller l'affaire Comme ils ont le bras long, leurs intrigues se font déjà sentir jusque dans les antichambres du ministère hongrois.La semaine dernière un conseil des ministres a été tenu, et le procureur général de la cour de Pesth, M.Kozma, y a été appelé.Il parait que plusieurs ministres auraient fait des observations sur la procédure employée dans l'iustruc- tion.M.Pauler, ministre dela justice, a énergiquement défendu la magistrature hongroise, et a déclaré que les hésitations produites dans le cours de l'instruction étaient dues aux machinations des juifs, qui ne reculaient devant rien pour dépister la justice et embrouiller l'affaire.Les feuilles sémites réclament des procès de presse contre les feuilles ui parlent de l'affaire de Tisza-Eszlar, ÿlles prétendent que ces dernières excitent à la haine contre une confession reconnue par l'Etat, sans se rappeler que la presse juive a bien autrement excité l'opinion contre l\u2019Eglise,le clergé et les congrégations religieuses.Depuis que la saignée de Mlle Solymosy est connue, les juifs autrichiens demandent, dès la moindre alerte, une garnison pour les protéger.Si le ministre de la guerre faisait droit à toutes les réclamations qui se produisent, l\u2019armée entière de l'Autriche n\u2019y suffirait pas.Mais là où les garnissaires sont envoyés, ils sont logés et nourris par les habitants, ce qui ne fait qu\u2019augmenter l\u2019exaspération de la population, de sorte que la garnison au lieu d\u2019être un palliatif,est simplement un nouveau moyen d'excitation.Les juifs auront réellement à craindre le jour où les garnissaires s'en iront.En somme, l'agitation qui s'est emparée de toute l'Autriche et de l'Allemagne à la suite de cette affaire, est due aux lonches agissements des juifs.S'ils avaient laissé libre cours à la justice le lendemain de la disparition de Mlle Solymosy, l\u2019affaire serait jugée depuis des semaines, et quelques fanatiques talmudistes seuls auraient porté la peine de leur crime.Aujourd'hui, il n\u2019en est plus ainsi.L'irritation est extrême en Hongrie contre la tribu juive.La conduite imprudente et suspecte de beaucoup de juifs a valu cela, et l'attitude éhontée de leur presse dans toute l\u2019Europe y est aussi pour beaucoup.= = \u2014 \u2014 Les chrétiens en Syrie Le correspondant de l\u2019Indépendancel belge à Beyrouth (Syrie) fournit à ce journal les informations suivantes : Le massacre d'Alexandrie a causé une grande émotion en Syrie ; la plus vive inquiétude règne parmi les populations chrétiennes, qui ne peuvent se méprendre aux signes certains d'un surcroît de haine et de fanatisme parmi les populations musulmanes, Il est à redouter que ce tragique incident ne rencontre son écho dans ce pays, et que les effroyables boucheries de 1860 ne se renouvellent.Plusieurs symptômes révèlent l'arrivée prochaine de l'orage : des achats d'armes se réalisent sur un grand pied ; des discours fanatiques sont prononcés contre les mécréants dans presque toutes les mosquées et dans des réunions particulières ; des derviches ou des émissaires secrets parcourent le pays, corrompent les cheiks, enflamment le fanatisme du peuple, lui faisant comprendre que les puissances ont l'intention de s'emparer de la Syrie, et l'excitent à l\u2019extermination des chrétiens, Il paraît que ces prêches commencent à porter leurs effets, , Depuis quelque temps, les chrétiens de l\u2019intérieur sont sujets aux insultes et aux brigandages.Les musulmans sont devenus d\u2019une insolence extrême surtout ceux de Damas, connus par leur haine implacable contre les chrétiens, et dont la férocité a fait tant de victimes en l'année - 1850.On nous raconte un fait arrivé récemment en cette ville ; un chrétien passait dans un quartier mueul- man ; tout à coup il est assailli par une bande de jeunes gens, qui lui présentèrent une croix trempée dans la saleté, le sommant de la porter à ses lèvres s\u2019il ne voulait pas mourir.Sur son refus, le giaour fat criblé de coups de poignards.Inutile de dire que l\u2019antorité n\u2019a fait aucune recherche pour découvrir les assassins.Que de complications peuvent encore surgir ! ad Les religienx en Egypte Le révérend Père Pierre, de l\u2019ordre des Franciscains Récollets, adresse au Bien Public de Gand la note suivante, qui résume les dernières nouvelles reçues des Récollets belges établis en Egypte : \u201c Après plusieurs semaines de grandes inquiétudes sur le sort de nos confrères restés à Alexandrie, nous venons de recevoir une lettre datée du 19 courant.Si elle nous fait connaître que nos compatriotes, les RR.PP.Emmanuel et Guillaume, sont encore en vie, elle nous donne aussi un aperçu des horribles évènements qui ont suivi le bombardement, et de la triste situation où se trouvent les courageux missionnaires et les religieuses qui n\u2019ont pas voulu adandonner les malheureux réfugiés à l'hôpital catholique.Pendant le bombardement du 11 juillet, un obus est tombé sur le couvent des Franciscains, et a renversé un mur et détruit deux chambres.À l'hôpital des filles de S.Vincent-de- Paul, une bombe est tombée dans le dortoir des sœurs, où se trouvait une malade.Heureusement la bombe s\u2019est perdue dans un matelas et n\u2019a pas éclaté.Le collège des Frères des Ecoles chrétiennes a aussi été endommagé par un obus.La nouvelle église que les Pères Franciscains construisaient près de la mer, à l\u2019intention des Maltais, est à moitié détruite.Le 12 juillet, Arabi n\u2019ayant pas su se mettre d'accord avec sir Seymour, fit connaître qu\u2019il ferait d'Alexandrie, en la quittant, un vaste monceau de ruines.On sait qu\u2019il a tenu parole.A 9 heures du matin, les Bédouins et une horde d\u2019Arabes entrèrent en ville, et commencèrent leur ignoble besogne.Ils brisèrent les porles de tous les magasins, pillèrent tout ce qu\u2019ils trouvèrent, en massacrant les Éuropéens encore cachés dans les maisons, et même les domestiques arabes restés fidèles à leurs maîtres.Vers 5 heures du soir, les soldats Pparcoururent les ruesen désignant les maisons à brûler.Immédiatement, d'autres soldats arabes versèrent dans les rues une énorme quantité de pétrole, y mirent le feu, et en moins d\u2019un quart d'heure toute la ville flambait.Le feu dure encore (19 juillet) ; c\u2019est affreux à voir.De la belle place des Consuls plus rien n\u2019est debout.Des rues entières sont détruites ; il en est de même de la maison et de l\u2019église des Pères Lazaristes, à peina un pan de mur est resté debout.Tout autour de notre couvent les JOTF*NAL DES CAMPAGNES PE ES maisons ont brûlé, et quelques-unes brûlent encore.Nous avons travaillé comme des esclaves pour nous préserver du feu.Dieu seul sait ce qui nous attend, car il y a deux jours, au milieu de la nuit, nous entendions \"les Arabes discuter entre eux sous nos fenêtres ce qu\u2019ils feraient de notre établissement.Enfin ils se dispersèrent sans rien prendre, mais ils peuvent revenir d'un moment à l'autre, et quel sera notre sort ?Avec tout cela, la famine s'annonce.Depuis trois jours nous ne mangeons que du biscuit de - Mer.Nous ne savons pas où chercher les provisions : il n'y a plus ni boucheries, ni boulangeries, et nous hébergeons et nourrissons plus de 100 personnes.A Ramleh, notre église et notre nouveau couvent ont été saccagés et pillés.Nos pères et leurs fidèles, 125 personnes, sont restés 3 jours sans boire ni manger.Cernés par les Arabes furieux, ils ne pouvaient songer à fuir.Deux Italiens qui essayèrent de le faire furent égorgés de la manière la plus brutale.\u201d Un frère alsacien, du collège de Saint-Joseph du Caire, écrit à l'Union d'Alsace : La peur continue à faire sortir les gens de l'Egypte.Commerce et travail nuls.Les Egyptiens offrent leur blé à moitié prix, et on n\u2019en veut pas.La situation présente est pour l'Egypte la pire de toutes les guerres.] Cependant nous sommes tranquil- es.Quand nous traversons les rues, ceux qui s\u2019y trouvent encore nous témoignent le plus grand respect et la plus vive affection.Nous avons encore 340 élèves, parmi lesquels les fils de trois nouveaux ministres.Arabi pacha fait tout ce qu'il peut pour nous protéger.Vu les circonstances, on donnera congé le 15 du présent mois, et la rentrée se fera lo 1er septembre.Plusieurs parents ont disparu, nous laissant leurs enfants sur les bras.Eh bien ! nous ne les abandonnerons qu\u2019à la mort.Malgré les tempêtes, on continue nos travaux, et les soixante Arabes qui y travaillent nous disent sous mille formes : \u201c Tu es mon père, ne m'abandonne pas.Si l\u2019on veut te massacrer, prends-moi pour te défendre.\u201d Nous n'avons pas, d\u2019ailleurs, à craindre les gens du Caire, qui ne nous veulent que du bien, Religieux et religieuses, tous sont encore ici, et, de concert, nous nous encourageons à être fidèles au poste jusqu\u2019au martyre.Un tigre en traitement Une opération hardie et fort rare a été faite le 20 juillet, à Amiens, dans la ménagerie Redenbach.Un tigre de grande taille et très féroce était affecté d\u2019un mal fort grave : un de ses onglons avait pénétré dans les chnirs, un flegmon s\u2019en était suivi qui mettait en danger la vie de l'animal.Une opération fut jugée indispensable et un médécin-vétérinaire fut chargé de cet- to dangeureuse opération.On prit toutes les mesures nécessaires d'éviter les accidents.Le vétérinaire espérait rendre in puissant l'animal féroce par l'anesthé- \u201csie; mais, après quelques essais, il put se convaincre que ce moyen était impraticable, et il fallut employer la force pour maintenir l'animal pendant l\u2019opération.Un ingénieux instrument fut construit sur un modèle indiqué par le vétérinaire ; par ce moyen on put, non sans peine, s'emparer de la patte malade, qui fat attirée au dehors de la cage par une trappe ménagéé dans la grille.Il serait difficile de se rendre compte des efforts qud fit alors le tigre furieux; dix hom- mes tirant sur des courroies pouvaient suffire à peine à maintenir la patte.Les contorsions, les secousses données à la grille, et si l\u2019on ajoute à cela des rugissements effroyables, répétés par les lions, panthères, etc, inquiets, étaient bien faits intimider.Malgré tout, l'opération fat terminée, une partie de la patte était amputée et la plaie cantérisée.Au moment de la cautérisation, la tige en fer de I'appa- Teil fat brisée et les courroies lacérées.L'opéré va aussi bien que possible ; sa langue remplace les pansements, et avant peu il aura retrouvé toutes ses forces.\u2014\u2014- Prétendue sorcellerie Une affaire dite \u201c de sorcellerie \u201d a été instruite et plaidée récemment, devant le tribunal correctionnel de Charleroi.Ont comparu comme prévenus : Striviel, Omer-Joseph, âgé de 27 ans, houiileur ; Franquet, Marie, âgée de 24 ans, épouse du précédent ; Brand, Marie-Thérèse, veuve Franquet, âgée de 68 ans ; Willot, Léon, âgé de 34 ans, journalier ; Régnier, Julien, âgé de 42 ans, houilleur.i Ces cinq personnes, toutes domiciliées à Marchiennes-au-Pont, sont prévenues d\u2019avoir, audit lieu, dans la nuit du 24 au 25 mai 1882, volontairement et avec préméditation, porté des coups et fait des blessures à Hortense Lecomte, desquels il est résulté pour celle-ci une maladie; et ce comme co-auteurs, les quatre premiers, pour avoir exécuté le délit ou avoir coopéré directement à son exécution ; le cinquième, pour avoir directement provoqué à ce délit par promesses, machinations ou artifices coupables.Rappelons brièvement les faits : La femme Lecomte, de Bracquegnies, était allée en pèlerinage à Leernes.Elle repassa par Marchiennes, où elle fit la rencontre de la nommée Franquet, une connaissance.Entre femmes, l'amitié grandit rapidement ; aussi la femme Lecomte retourna avec la Franquet prendre du café dans sa maison.Elle envoya chercher son mari, qui arriva aussitôt, et, tous trois sortirent vers \u20187 heures du soir pour se rendre à la gare.Arrivés là, le train était parti,et ils reprirent le chemin de la maison Striviel.En route, ils firent la rencontre de Marie-Elise Brand et de Léon Willot ; ils entrèrent dans plusieurs estaminets, et, finalement, revinrent à ls maison vers 9 heures }.Dés que tout le monde fut entré, Marie Franquet forma la porte a clef, s\u2019arma d'un couteau,et s\u2019avançant vers la femme Lecomte, lui dit : \u201c Si vous n\u2019enlevez pas le sort que vous nous avez jeté, je vous tue ! \u201d Au même moment,Striviel et Willot empoignent la malheureuse par la gorge, la soulèvent, et vont ls placer sur le poële, dans lequel il y avait uu feu ardent.\u201c La victime, toujours serrée \u2018à la gorge, devait endurer ces cruelles souffrances sans pouvoir proférer un eri.Les bourreanx ont recommencé la scène sept ou huit fois, et l\u2019on comprend aisément que de nombreuses et graves brûlures ayant été occasionnées.Ile l'ont ensuite portée à l'étage, et là, en présence d'un lit, ils lui ont déclaré que si elle ne faisait pas disparai- tre le sort qu'elle y avait placé, ilsal- laient la tuer pour aller ensuite jeter son cadavre dans la Sambre.Au un moment, les sauvages, las sans doute, lâchent la pauvre femme, qui se rejette en arrière et roulo en bas des escaliers.Cet incident ranine leur rage ; ils la reprennent et veulent la remettre sur le feu.Dans la lutte désespérée qui s'engage, le poêle est renversé, les braises se répandent sur le sol, et c\u2019est sur ce lit d'un nouveau genre qu'ils étendent leur victime à bout de force.Cependant, le gamin de la maison, à qui samère avait confié la clef, ouvre la porte par hasard, la femme Lecomte se précipite dehors, et s'enfuit au commissariat de police.M.le commissaire mande immédiatement un médecin, qui donne ses soins à la malheureuse.Après plusieurs mois de convalescence, elle n'est pas encore, en ce moment, complètement guérie.Cette scène de sauvagerie a duré toute une nuit ; elle a été entendue par les voisins, qui ne s'en sont pas émus davantage.La vieille Brand prétend que la femme Lecomte a fait mourir son mari.Les trois premiers prévenus ont reconnu, dans leur déposition, que la scène ainsi rappelée est exacte.Ils s'efforcent, ainsi que leur défenseur, de rejeter toute la faute eur leur co-prévenu Régnier ; il leur aurait, paraît-il, affirmé que la personne qui se présenterait chez eux dans les neuf jours qui suivrait le 18 mai, serait celle qui leur avait jeté un sort, et qu'ils devaient la brûler vive.C'est ainsi que la femme Lecomte étant venue le 9e jour, il avaient cru que c'était celle-ci qui les avait ensorcelés, et ils s'étaient empressés de mettre à exécution les conseils du dit Régnier.Ce dernier nie tout.Quant au 4e prévenu, il a cru prudent de mettre la frontière entre lui et ses juges.La famille Striviel, mari, femme et belle-mère, a un passé judiciaire des mieux fournis.Le tribunal, qui se prononcera aujourd'hui, se montrera, nous l'espérons, sévère pour réprimer ces actes dignes des Paux-Rouges.: CONDAMNATION.Le tribunal correctionnel vient de rendre son jugement dans cette affaire.Il y avait cinq prévenus : les quatre premiers, Striviel Omer, son épouse Marie Franquet, Brand Marie- Thérèse et Willot Léon, ont été reconnus coupables d\u2019avoir tenté de brûler vive la femme Lecomte, de Bracquegnies ; ils ont été respectivement condamnés aux peines suivantes : 2 ans, 18 mois, un an, 18 mois d\u2019emprisonnement.Tous en outre ont été condamnés à cent francs d\u2019amende.Quant au cinquième prévenu, Régnier Julien, qui aurait rempli dans cette affaire le rôle de sorcier, il a êté acquitté.\u2014\u2014-\u2014-\u2014__ Mangé par les chats La police parisiennue a arrêté un saltimbanque du nom de Joseph Lumeau, qui est poursuivi pour avoir causé, par son imprudence et sa cruauté,un drame véritablement affreux.Il y a six mois, il louait, ou plutôt achetait à de pauvres cultivateurs des environs de Saintes, les époux Troubler, leur fils, un gamin de dix-sept ans, qui n'avait que soixante-deux centimètres de hauteur (2 pieds).C'était à coup sûr l\u2019un des nains les plus extraordinaires que l\u2019on eût vus depuis longtemps.Il avait un embryon de corps fluet, des mains et des pieds relativement énormes, et un nez presque aussi grand que celui d\u2019Hyacinthe.Avec cela, une pauvre petite figure douloureuse et niaise qui faisait peine à voir.Le nain Joseph \u2014 c'est le nom qu\u2019il portait \u2014 eut un succès fou dans les foires où l'exhiba son cornac.Mais celui-ci pensait à corser son spectacle d'un attrait nouveau.Unjour, il eut l\u2019idée ingénieuse de transformer son bout d'homme en 3 domptear.Pas en dompteur de lions, bien entendu, mais en dompteur de tigres minuscales, qui n\u2019étaien! autres que des chats aux fourrrures teintes.Il choisit une demi-douzaine de- matous qu'il zébra de raies fauves et noires, et au grand effroi du petit dompteur improvisé, il leur apprit à bondir autour de lui, tandis que le nain agitait une cravache.Ce qu'il fallut de claques et de coups de pieds pour décider le malheureux avorton à jouer son rôle est inimaginable, car il avait une peur el une horreur toutes particulières des chats.Mais enfin, il dut se résigner, ct donna quelques représentations qui attirèrent la foule.Il s\u2019enhardit bientôt, et en arriva à donner des coups de cravache à ses chats, à la façon de Bidel quand il fouaille ses lions.Vous jugez si l'on battait des mains et si l'on riait.Mais l\u2019on ne rit plus du tout quand, le 12 juillet dernier, à la foire de Beau- pré-sur-Saône, on vit tout à coup l'an des chats s'élancer a la gorge du petit dompteur et le renverser sous son poids, En une seconde, tous les autres tigres lilliputiens furent sur lui, et avant qu'on eût pu intervenir, le nain étranglé, les yeux crevés, la figure arrachée, était mort.Quand on retira de la cage le cadas vricule encore chaussé de bottes molles et revêtu de son habit noir, il n\u2019avait plus figure humaine, Ce nez immense, qui amusait tant le public, avait été arraché,et 'un des chats peinturlurés le dévorait dans un coin de la cage.Ce jour-là, on voulut tuer le saltimbanque ; mais il disparut à temps.Le parquet de Lyon lança un mandat d'amener, et c'est ce mandat qui vient d'être mis à excution à Paris.L'affaire de Tisza-Eszlar.On sait maintenant de quello fagon le corps de Mlle Solymosy a disparu.Immédiatement après la saignée à la synagogue,on l\u2019a transporté à la maison du rabbin Salomon Schwartz, Un jeudi suivant, dont on ne sait pas encore la date exacte, le corps a été exhumé et transporté sur la voiture du juif Hutelist à Tisza-Dada, où on l'a caché dans les roseaux de la Theiss.On l'a enterré la nuit suivante, mais quelques jours après on a procédé à une nouvelle exhumation à Dada, et le corps a été transféré à Nyireghi-Hazs ; après qu'il y eut séjourné en terre quelques jours, les juifs l'ont de nouveau déterré, pour le transporter à Nagy-Kallo, À partir de cette dernière station, où la tombe a été trouvée vide, on a perdu la trace du corps._ Le rapport officiel de la commission regatoire, envoyé à Nagy-Kallo, dit ce qui suit : \u201c Il est évident que l'on se trouve en face de menées très puissantes, tendant à rendre impossible la découverte du corps de Mlle Solymosy \" Le Vaterland de Vienne dit que ces menées n'ont été organisées que pour empêcher la justice d\u2019être renseignée sur la façon dont Mille Solymosy a été mise à mort.Evidemment les amis des accusés font tout au monde pour que le caractère rituel de la saignée ne puisse pas être constaté.\u2014\u2014>e>-e>\u2014_ On mande d'Ottaws : M.S.Bruce, l\u2019un des interprètes du gouvernement auprès des Sanvages, arrive d'un voyage au Nord- Ouest.Chargé d'enseigner l'agriculture aux sauvages, il rapporte que les sauvages commencent à aimer cet art.L'an dernier, un de ces indiens a vendu pour plus de $800 de pommes de terre au gouvernement.ee A + eee SEE Leitre Pnstorale DE MGR L'EVÈQUE DES TROIS- RIVIÈRES (Suite el fin) VII Dans le décret 12me quia pour titre ; \u201c Devoir du Clergé daus les élections politiques , voici ce que déclarent les Pères : Dans cette province comme ailleurs, toutes les fois qu'il s'agit d\u2019élire des membres pour le parlement, mous pensons que le bien de la religion et la liberté de l'Eglise font un devoir au clergé de veiller avec sollicitude à ce que cette charge soit confiée à des hommes honnêtes, et nullement hostiles à la religion catholique, attendu que lu foi cst la sauvegarde des catholiques, aussi bien que les droits et la liberté de l'église peuvent avoir à souffrir quelque détriment de Jeurs votes.Dans le dixième décret, les Pères traitent du mariage el des causes matrimoniales.Ils commencent par affirmer que les règles établies par l'Eglise sur les empêchements de consanguinité et d'affinité sont appuyées sur de,bien graves motifs,et ils regrettent de voir augmenter cha- quo jour le nombre de ces demandes de dispense, le plus souvent avec la moindre raison ; ils insistent sur la nécessité de bien connaître la liberté des contractants, et sur l'obligation qu\u2019il y a de rechercher avec soin s\u2019il n'existe pas entie les parties quelque -empêchement de parenté spirituelle ou naturelle, d\u2019allinité, d\u2019honnêteté publique on autre, et cela en prenant «des informations, s'il le faut, chez les vieilles personnes, ou en fenilletant les registres.IX Les l\u2019ères du concile ont aussi réglé, dans un décret spécial, qu'à l'avenir les confirmands auraient chacun leur parrain ou leur marraine, mais que si la chose ne pouvait se faire commodément,on pourra se contenter d'un ou de deux parrains pour les confirmands du sexe masculin, et d'autant de marraines pour les personnes de l'autre sexe Les excommuniés, les hérétiques, les pécheurs publics, ou toute personne non confirmée,ne peuvent être reçus comme parrains ou marraines; on ne peut admettre non plus, pour remplir cette fonction, le père, la mère, le mari et l'épouse de la personne à confirmer, et le concile fait cette remarque importante, que, dans la confirmation aussi bien que dans le baptême, les parrains et marraines contractent avec le confirmé, avec son père et sa mère, une parenté spirituelle qui constitue un empêé- chement dirimant de mariage.X Notre concile, dans son décret 18, en implorant les faveurs célestes sur les institutions pour les sourds- muets et sur les personnes dévouées qui les dirigent, reconnaît tout le bien qu\u2019elles ont fait et qu\u2019elles sont appelées à faire ; et en conséquence, il engage fortement les parents qui ont des enfants sourds-muets a faire les sacrifices nécessaires pour les faires instrnire.IX Les retraites paroissiales sont le sujet d\u2019un autre décret, le 15e, dans lequel les Pères du concile reconnaissent les fruits abondants de salut qu'elles produisent parmi vous, et ils ne perdent pas l'occasion de les encourager, cn tragant certaines règles, afin qu'elles aient lieu à des époques déterminées.et en même temps pour les rendre plus frue- tueuses.À vous, N.T.C.F., de répondre fidèlement avx invitations qui vous seront faites de profiter de JOURNAL DES CAMPRGNES ces saints exercices pour votre avancement spirituel, et \u201c Nous vous exhortons, avec l'Apôtre, à ne pas recevoir en vain la grâce de Dieu.\u201d XII Le décret 21e, N.T.C.F, vous rappelle l'obligation où nous sommes tous de faire pénitence pour satisfaire à la justice de Dieu, que nous avons si souvent oflensé.\u201c Si vous ne faites pénitence, disait Notre-Bei- gneur, vous périrez tous de la même manière : \u201d\u201c* Si pœnitentiam non egeritis, omnes similiter peribitis \u201d (Luc, XIIT, 5) L'apôtre saint Paul de son côté nous dit bien clairement que si nous voulons appartenir à Jésus- Christ, il nous faut crucifier notre chair avec ses vices et ses concupiscences : * Qui autem sunt Christi carnem suam crucifixerunt cum vitiis et concupiscentiis.\u201d C'est afin de vous rappeler cette grande obligation que l'Eglise a établi, même dès les temps apostoliques, les préceptes du jeûne et de l\u2019abstinence à certaines époques de l\u2019année.Notre concile constate que ces préceptes sont mal observés, et il vous engage i ne pas vous y sous traire sans de bien graves raisons, que l'on doit faire approuver par son confesseur, et s'imposer alors d'autres privations qui tiendront lieu de cette obligation.Comme encouragement il vous représente que \u201c le royaume des cieux souffre violence, et que les violentsseuls | emportent : \u201d \u201c Regnum cœlorum vim patitur,et violenti rapiunt illud.\u2019 (Matth.,XF,12) ; et il propose à votre imitation saint Paul châtiant son corps et le réduisant en servitude, de peur, disait-il, qu\u2019après avoir préché aux autres, je ne sois moi-même réprouvé:\u201c Castigo corpus meum, et in survitufem redigo, ne forte cum aliis prædicaverim, ipse reprobus efficiar.\u201d (I Cor, IX, 27.) XIII Les Pères du concile parlent dans un autre décret, le 22e, des péchés contre la charité et la justice dans les procès.Les procès, en effet, sont la source d\u2019une infinité de misères ct d\u2019inimitiés ; ils n\u2019ont d\u2019autre effet que de détruire la charité parmi les fidèles, et sont toujours l'occasion de bien graves injustices.Evitez donc, Très Chers Frères, tout ce qui pourrait blesser cette grande vertu de la charité, dont Notre-Seigneur nous a fourni unsi bel exemple, et qu\u2019il donne comme étant la marque du véritable chrétien : \u201c In hoc cognos- cent omnes quia discipuli mei estis, si dilectionem habueritis ad invicem,\u201d (Jean, XV, 12); et pour y parvenir, écoutez la voix de vos premiers Pasteurs, qui vous exhortent à terminer à l'amiable tous les différends qui peuvent survenir parmi vous,en vous en rapportant au jugement de votre curé, chargé de vos intérêts et de votre salut.XIV Enfin le dernier décret que nous croyons devoir porter à votre connaissance a pour titre : \u201c Les dangers concernant les mœurs \u201d.Les Pères, à la vue des efforts que fait l'ennemi de nos âmes pour surprendre les fidèles et surtout les jeunes gens, ont cru devoir établir certaines règles afin de conserver dans la voie du bien ceux qui y sont déjà, et y ramener ceux qui s\u2019en seraient écartés.Ils veulent donc que les prédicateurs s'élèvent fortement contre les danses lascives qu\u2019on appelle communément valises, polkas, ou danses vives, qui sont reconnues pour être extrêmement dangereuses, et qui ne peuvent être que l'occasion de beaucoup de péchés.Le Concile ne voit pas un moindre danger dans ces entretiens tête à tête que les jeunes gens de l\u2019un et de l'au- tresexe se permettent à l'insu de leurs parents, soit le jour, soit la nuit, et dans les promenades qu\u2019ils font ensemble sans être accompagnés de leurs parents ; et en conséquence, il enjoint aux pasteurs des âmes de faire tout ce qui est en leur pouvoir, soit en chaire, soit au saint tribunal, pour éloigner la jeunesse de ces sources de péché, et faire comprendre aux parents qu'eux-mêmes pèchent gravement si, par indulgence, ils ne veillent pas à éldigner absolument ces dangers.Notre Concile passe de là à l'intempérance, renouvelle les exhorta- faites dans le 5e concile provincial, et voyant, les progrès qu\u2019elle a faits, il supplie les pasteurs de redoubler de zèle pour flétrir le vice de l'intempérance et de l'ivrognerie, pour faire comprendre au peuple que le royaume de Dieu ne s\u2019acquiert pas en passant sa vie dans les repas et dans l'ivresse, mais qu'il n'a été promis qu\u2019à ceux qui auront vécu dans la sobriété, la justice et la piété.Xv Tels sont, en résumé, les principaux décrets du sixième concile provincial, que nous publions aujour- d'hui.Nous avons assez de confiance dans votre piété et dans votre esprit de foi pour croire que vous ne rendrez pas inutile ce travail de vos premiers Pasteurs, mais que vous vous efforcerez de suivre en tout poini les règles qui y sont tracées pour votre bonheur, n'oubliant pas que celui qui écoute les ministres de l'Eslise, obéit par cela même à Notre-Sei- gneur, qui parle par leur organe.A ces causes, le saint nom de Dien invoqué, Nous réglons et ordonnons ce qui suit : Les décrets du Sixième Concile Provincial de Québec sont.par les présentes, promulgués dans le diocèse des Trois-Rivières, et commencent aujourd'hui même à être obligatoires.Sera Notre présente Lettre Pastorale lue et publiée au prône de toutes les églises ou chapelles où l\u2019on fait Poffice public, ainsi qu\u2019en chapitre dans les communautés religieuses, le dimanche qui suivra sa réception.Donné aux Trois-Rivières,en Notre Palais Episcopal, sous notre seing, le sceau du diocèse et le contreseing de Notre Secrétaire, le dixième jour de Juillet mil huit cent quatre-vingt- deux.t L.F.Ev.des Trois-Rivières.Par ordre, F.BELAND, Diacre.Secrétaire Loi de 1a chasse La loi qui régit actuellement la chasse en celte Province est l'acte 45 Vict, chap.15.IL BST DEFENDU DE CHASSER OU PRENDRE : 1.\u2014L'orignal, en tout temps, jusqu\u2019au ler Septembre 1883 ; et.à l\u2019expiration de cetle date, entre le ler Février et le ter Septembre.2\u2014L'Elan, le Caribou, le Chevreuil, et leurs Faons, entre le ler kévrieretle ler Septembre.3.\u2014Le Castor, le Vison, la Loutre, la Marte, le Pékan, le Chat-sauvage, entre le 15 mars et le ler Novembre.4\u2014Le lièvre, entre le 15 Mars et le {er Novembre.5.\u2014Le Rat-Musqué, entre le 1er Juin et le ler Avril, pour les Districts de Québec, Saguenay, Chicoutimi, Montmagny, Kamouraska, Rimouski et Gaspé.Entre le ler Mai et le fer Avril, pour le reste de la Province.0.\u2014La Perdrix, entre le ler Janvier et le 15 Septembre.i\u2014Le Coq de bruyere, le Ptarmigan, la Bécasse, la Bécassine et l\u2019Alouelle, entre le ter Février et le ler Septembre.8.\u2014Le Cygne sauvage, l\u2019Oie sauvage, l'Outarde, ie Canard sauvage, d'aucune espèce, la Macreuse et la Sarcelle, entre le 15 avril et le fer Septembre, N.B\u2014Néanmoins, dans les parties de \u201cve Ja Province, à l'Est et an Nord: des Comtés de Montmorency et Mont magny, les habitants pourront, en lout temps, mais pour leur nourriture seulement, chasser ou prendre les oiseaux mentionnés au No.8 ci-dessus, Pour les oiseaux mentionnés aux Nos Tel 8, les prohibitions s'appliquent aussi, on tout temps de l'année, entre une henre aprés le coucher et une heure avant le lever du soleil.Al est aussi défendu : 9.\u2014De chasser, tuer ou prendre avec l\u2019intention de tuer, au moyen de filets, trébuchets, pièges, collets, cages ou autrement, l'hirondelle des granges, l'hirondelle des rivages, le martinet ou hirondelle descheminées, le tritri, la fauvette, la moucherolle, le pic, l\u2019engoulevant, le rossignol, la mésange, le chardonneret, la grive, l'étour neau, le.goglu, le moineau, le geai, le mainate, le gros bec, et toute autre espèce d'oiseaux mentionnés aux numéros prédents,\u2014ou d\u2019enlever les nids ou les œufs\u2014sauf et excepté les aigles, faucons, éperviers eb autres oiseaux de la familles des aigles, pigeons sauvages (lourtes), les martins-pécheurs, les corbeaux et les corneilles, les jaseurs, (récollets) et l'écorcheur.Entre Je ter Mars el le ler Septembre.La présente disposition ne s'applique pas Loutefois, aux oiseux communément appelés volailles.10.\u2014De chasser la caille migratoire, en tout lemps, jrequ'au 31 Décembre | 1.11,\u2014 De déranger, endommager, cueillir on enlever, en aucun temps, les œufs d'aucune espèce des oiseaux Nos.6, 7 et 8 ; el les vaisseaux, ou chaloupes employées à déranger, cueillir ou enlever les œufs, pourront être confisqués et vendus.12\u2014De prendre, en aucun temps, par le moyen de cordes, collets, ressorts, cages, filets, fosse, ou (rappes d'aucune espèce, aucun des animaux ou oiseaux mentionnés aux Nos.1, 2, 7 ct 8; et de placer, construire, ériger ou tendre, entièrement où en partie, un engiu quel- co «que pour cet objet, et quicouque trouvera quelque engin ainsi placé, coustinil, érigé ou lendu, pourra s'en emparer ou le détruire.13.\u2014De faire usage, en aucun temps, de strychnine, ni d\u2019avcun autre poison délétère, soit minéral, soit végétal, ni de fusils lenius, dans le but de chasser ou prendre, Luer ou détruire aucun animal quelconque.DISPOSITIONS DIVERSES.14.\u2014Il est défendu d\u2019avoir en sa possession, ou en sa garde, ou sous ses soins, aucun animal ou oiseau déjà mentionné\u2014à part ceux énumérés au No 9,\u2014ou aucune partie de tel animal ou oiseau, à l\u2019exception de la peau, durant le temps que, par le présent acte, il est défondu d\u2019en tuer, ou qui parait avoir êté pris où tué par quelqu\u2019un des moyens prohibés par le présent acte ; mais tout tel animal ou oiseau ou toute partie d\u2019iceux, pourront être achetés ou vendus, quand ils auront été pris légalement, PENDANT CINQ JOURS, à compter de l'expiration des différents temps respectivement fixés par le présent acte pour eu faire la chasse.15.Toule personne n\u2019avant pas son domicilo dans la Province de Québec, ne peut, en aucun temps, faire la chasse dans le sens du présent acte, sans y être autorisé par un permis i cet effet.Ce permis pourra, sur paiement d'un honoraire de vingt piastres, être accordé par le Commissaire des terres de la couronne à toule personne non domiciliée dans là Province, qui lui en fera la demande, et sera valabie pour toute une saison de chasse.ll devra être contre-signé par le surintendant de la chasse.16.Le lieutenant-gouverneur en conseil peut, dans sa discrétion, défendre de chasser ou tuer aucun gibier ou animal à fourrure, pour une période n'excédant pas cinq ans.: 17.Tout infraction aux prohibitions ci-dessus enumérées est punissable d\u2019une amende dont le montant peut s'élever jusqu'd 50 piastres, et les dépens, ou d'un emprisonnement, à défaut de paiement immédiat, pour une périodo n\u2019exé- dant pas six mois.La moitié de l\u2019amende appartient au dénonciateur.Pour plus amples détails, voir l'Acte.E.E.Tacné, Assistant-Commissaire des Terres de la Couronne, Département de Terres de la Couronne, Québec, 29 mai 1882, \u2014\u2014 10 el AAD rer Notre feuilleton Nous commencerons la semaine prochaine la publication d\u2019un nouveau feuilleton.Nous croyons qu'il intéressera vivement nos lecteurs.La scène qui est racontée dans ces pages se passe en Russie, et plusieurs nihilistes haut placés sont parmi les acteurs.C\u2019est Un roman tout nouveau, et dans lequel, tout en s'amusant, on apprendra des détails utiles sur la secte de nihilistes.Nous pouvons en recommander hautement la moralité.Nous l'avons lu avec soin et il est écrit dans le meilleur esprit comme dans le meilleur style.Nous avons d'ailleurs pour principe de ne jamais donner à nos lecteurs de ces romans où l\u2019on étale aux lecteurs le tableau et le succès des passions, car pas un de ces personnages réels ou imaginaires dont certains romans font l'histoire, ne peut étre invoqué comme un exemple de bonheur.Cependant les héros de ces romans nous sont représentés souvent au comble de la félicité la plus complète ; mais il n\u2019en est rien du tout, car en se transportant sur le terrain de l'expérience on découvre partout de malheureuses victimes.Plusieurs lecteurs assidus de ces romans, trompés par ces infâmes écrits, ne reculant pas, très souvent, devant des actes d'improbité qui les conduisent à la barre des tribunaux.Dans le feuilleton que nous commençons aujourd\u2019hui, l'auteur sait faire aimer à ses lecteurs la loyauté et la franchise des uns, et fait détester la trahison et les crimes des autres.Nous ne:donnerons à l'avance aucuns détails sur les différents actes de ce drame.Qu'il nous suffise de dire que l'intérêt est bien ménagé et que nos lecteurs le suivront avec plaisir.\u2014> L\u2019American, publié à Philadelphie, rapporte que le Congrès a commis la faute de n'avoir pas établi aux Etats-Unis des caisses d\u2019épargnes des postes, comme il en fonctionne au Canada avec tant de succes.Le maitre général des postes n\u2019a pas voulu non plus prendre sur lui d\u2019empécher la circulation de la littérature obscène par la poste, avant que les cours aient déclaré que telle ou telle publication était obscène.\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 Les cultivateurs de tabac aux Etats-Unis demandent que le gouvernement les protège contre le tabac importé de Surinam, où il est cultivé par les esclaves.La construction prochaine d\u2019un embranchement devant relier, au sault aux Recollets et à la station Dorval près de Lachine, le Grand Tronc et le chemin de fer du Nord, a été ratifiée par les actionnaires des deux compagnies.A l'avenir les chars des deux compagnies pourront voyager sur l'une ou l\u2019autre ligne.\u2014\u2014>-\u2014\u2014_\u2014 De partout L'honorable juge Mathieu a définitivement fixé sa résidence à Joliette.* Trois congrès siègent dans le moment à Montréal.Le congrès fores- JOURNAL DES CAMPAGNES be ee] tier, le congrès pour le progrès de la science et le congrès d'agriculture.EE Il se fait un mouvement à Ottawa dans le but d'y construire une fabri- ue de wagons et de locomotives.Cette fabrique nécessitera l'emploi d'un capital considérable et occupera plusieurs centaines de bras.On y a établi aussi depuis quelques mois une industrie toute nouvelle.On a commencé à contruire des maisons à destination du Nord-Ouest, tant pour le gouvernement que pour les particuliers.# L'ancien hôtel \u2018* Farmer, \u201d à Trois- Rivière, a été mis à l\u2019enchère vendredi dernier et adjugé à M.Robert McGreevy pour la somme de $13,500.On prétend que le syndicat du chemin de fer de la rive Nord doit acheter cet édifice pour faciliter l'achèvement du chemin de fer de ceinture et transformer l'édifice en une gare pour les passagers.La station du chemin de fer Montréal et Sorel, à Longueuil, est devenue la proie des flammes dimanche dernier.On croit que c'est l\u2019œuvre d\u2019un incendiaire vu qu\u2019aucun employé n\u2019avait été dans cette bâtisse depuis la veille.On espère trouver le coupable.+++ Lundi matin le feu s'est déclaré à bord d\u2019un toueur qui se trouvait alors ancré derrière le vapeur Canada à Sorel.Grâce aux efforts de qnel- ques personnes, l\u2019incendie a pu être maitrisé.Sans ce prompt secours, le toueur et le Canada n'\u2019existeraient peut être plus aujourd'hui.Il est de plus en plus question de la construction d'un chemin de fer au deli de la mer Caspienne, à travers les possessions russes en Asie.Ce travail sera d\u2019une importance militaire considérable, dans le cas d\u2019une lutte contre l'Angleterre pour la suprématie des Indes.De plus, cetts ligne traverserait une contrée très riche en produits de toute espèce; aussi trouve-t-elle faveur parmi les hommes d\u2019affaires les plus sérieux en Russie.Il n\u2019y a que l\u2019Angleterre qui pourrait voir cette entreprise d'un mauvais œil, surtout en face des terribles complications actuelles.+ Rumeurs politiques Le Star dit que des pourparlers ont eu lien entre les honorables MM.Chapleau et Mercier, et qu'il serait question d'unir le parti conservateur et le parti libéral pour donner plus de force à la province de Québec à Ottawa.Un des articles du programme serait de demander au gouvernement fédéral d\u2019élever à un dollar par tête, en se basant sur le recensement de 1881, le subside en faveur de la province de Québec, lequel est au- jourd\u2019hui de 80 cents.On demanderait aussi l'abolition du Conseil Législatif ou une modification qui équivaudrait à l\u2019abolition ; un remaniement dans l'administration de la justice, de manière que chaque die- trict paie ses propres dépenses, et une réduction générale dans les dépenses de la province de Québec.Des efforts seront aussi tentés pour avoir un membre franco-canadien dans le syndicat du Pacifique.L'honorable M.Mousseau aurait eu aussi, toujours suivant le Star, des entrevues avec les chefs du parti libéral à Montréal, et les libéraux du comté Jacques-Cartier devront voter pour l'honorable M.Mousseau.Le premier ministre a déclaré aussi qu\u2019il avait; l'intention de faire tout son possible pour diminuer les dépenses d'administration de manière à ne pas avoir besoin de la taxe d'affaires sur les banques, les compagnies d'assurance etc..Lettre parisienne Nous extrayons les passages suivants d\u2019une lettre écrite par un jeune Oanadien parti de Québecil y a vingt- cinq mois.Après avoir passé quelque temps à New-York, il s'est rendu à Paris.\u201c La grande fête nationale est passée ; c'est un spectacle extraordinaire pour une personne qui la voit pour la - première fois.La grande revue militaire de 40 000 soldats est surtout très belle à voir ; mais ce qui m'a le plus charmé et ce que tous ont le plus : applaudi, c\u2019est la revue des battaillons scolaires de Paris.Ces enfants d\u2019école sont tous très bien disciplinés, ont de - vrais fusils, et font l\u2019exercice aussi bien que les vieux troupiers.Bien que je ne sois pas né en France, j'étais, fier de ces enfants, et j'ai pleuré de plaisir comme les parisiens, en les voyant défiler avec leur air guerrier.La perte de l'Alsace et de la Lorraine est une plaie qui saigne toujours au cœur des français, et les sales Alle mands n\u2019ont qu\u2019à se bien tenir.La revanche se prépare sans bruit mais sûrement.\u201cJe n'ai jamais rien vu d'aussi féérique que l\u2019illumination qui a eu lieu dans la soirée.Dans certaines rues on ne voyait ni ciel, ni maison, ce n\u2019était partout que drapeaux décoration et arcs de toutes sortes couverts de lumière à profusion.\u201c On avait défendu la circulation des voitures afin de faire place à 550 bals qui ont eu lieu dans différentes rues, avec corps de musique pour chacun d\u2019eux.Il y a eu en outre trente-cinq défilés aux llambéaux, et de plus théâtres eL concerts gratuits, et pen- Fat ; ah ste ee re.el.er.me tree em scene etree emma JOURNAL DES CAMPAGNES 7 NE dant toute cette fête, bien que des vins généreux rendissent un grand nombre plus gars que d'habitude, on n'a eu connaissance d'aucune dispute ou querelle.Gaieté et fraternité partout.Si je n\u2019étais canadien je voudrais être français.Je pourrais vous parler encore longtemps de la fête nationale et des amusements de Paris en général, mais je n'en finirais plus si je voulais entrer dans les détails.Mais un mot de Versailles.J\u2019y suis allé, il y a quinze jours.Louis XIV a laissé dans cette ville des traces de son génie et de sa grandeur.On y voit les plus beaux parcs, les plus beaux châteaux, et les plus belles pièces d'eau qui existent au monde.J'ai choisi pour aller faire cette visite à Versailles, la seule journée où l\u2019on illumine ces eaux.C'est incroyable, n'est-ce pas, mais c'est vrai.On fait de ces jets d\u2019eau des monceaux de feu, et les millions de gouttes d'eau qui jaillissent à 200 pieds de hauteur, retombent en autant d\u2019étincelles.On a représenté en dernier lieu un bouquet de fleurs naturelles.Vous en aurez une idée en regardant les magnifiques bouquets que le colonel Rhodes vend $10, mais la grandeur du bouquet de feu était à peu près de cents pieds.On y distinguait les roses, les pensées, etc.tout comme dans un bouquet véritable.Je suis allé aux Séances de la chambre des députés, Quelle confusion! c'est à n\u2019y rien comprendre.* FiéLix.Aa > \u2014\u2014\u2014\u2014 ST-JEROME La paroisse St-Jérome, an nord de Montréal, fait partie des comtés d\u2019Argenteuil, des Deux-Montagnes et de Terrebonne.Elle est située à trente milles au nord de Montréal, moitié dans la plaine, moitié sur le versant oriental des Laurentides, et sa population dépasse cing mille âmes, Son sol très mélangé, très varié,est propre à des cultures diverses, telles que celle des grains, celle des légumes et celle des arbres fruitiers.Une partie de ce sol, environ le tiers, tout en étant rocailleuse, n'en est pas moins favorable aux pâturages, pendant que d'autre part le foin pousse en abondance dans de vastes champs qui s'étendent de chaque côté de la rivière Nord.On remarque aussi des espares considérables où dominent l'argile et la terre grise, de même qu\u2019un banc de calcaire cristallin qui se prolonge jusqu'à un mille au delà du village ; mais par dessus tout on admire une mine de fer oxydulé d'une richesse unique, et dont l'exploitation a été retardée jusqu'à présent par certains malentendus qui existent entre le vendeur et l'acquéreur ; celui-ci est un grand capitaliste américain.> > Li taxe sur les commis voyageurs La corporation de Québec retire chaque année de fortes sommes de la taxe qu\u2019elle impose sur les commis Voyageurs.Pour les quatre premiers mois de cette année, depuis le ler mai,elle s'élève déjà à $8,412.À cette occasion le Trésorier de la ville fait des louanges de l'activité de nos agents de police MM Delisle et Morrisson,auxquels pas un commis voyageur n'échappe.Malgré les bénéfices que la ville retire directement de cette taxe, un grand nombre des marchands et des citoyens de Québec ne la voient pas ++ d'un bon œil.Ils calculent que la ville perd plus indirectement que les quelques milliers de dollars qu'elle en retire.On nous a cité les noms d'un grand nombre de fabriques américaines et canadiennes qui ne veulent plus envoyer leurs agents à Québec pour ne pas payer cette taxe de $60, qui n\u2019est peut-être pas trop élevée pour un commis voyageur av service d'un magasin de gros vendant tous les genres de marchandises.Mais pour ceux qui n\u2019ont à vendre que quelques spécialités cette taxe est trop élevée.La conséquence est que ces agents, au lieu de venir à Québec, envoient leurs échantillons aux marchands soit des Trois-Rivières, de Montréal ou de la ville dans laquelle ils se trouvent ; ils attendent là le retour de leurs échantillons et les commandes.Nos hôtels, nos cuchers perdent ains.beaucoup, et les autres villes en profitent.Ily aurait moyen d\u2019engager ces commis à se rendre à Québec, (car il est toujours plus à leur avantage d\u2019être présents pour vanter leurs marchandises) en réduisant la taxe pour ceux qui ne font le commerce que d\u2019une ou deux spécialités.On pourrait par exemple fixer pour ceux- là la taxe à $20 et établir une échelle pour les autres classes suivant le commerce que ces agents sont en mesure de faire.Dans ce but, les marchands de gros et de détail de Québec seraient sans aucun doute disposés à donner aux officiers de la corporation tous les renseignements nécessaires pour établir une taxe équitable.\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014> \u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 Ln brigade du feu Le capitaine Shaw a fait une étude détaillée de notre organisation contre le feu.À la fin de sa visite il a adressé la parole au chef et aux hommes de la brigade en présence du maire et du conseiller Johnson.Suivant lui les hommes de la brigade sont actifs, intelligents et bien dirigés.Il est satisfait de l'épreuve d'avant-hier.Mais il a constaté quelques défectuosités dans notre système, et la plus grande est le manque d\u2019eau.Nous croyons que les remarques du capitaine Shaw vont avoir pour effet de faire hâter le conseil de ville à donner à la ville l'approvisionnement d\u2019eau nécessaire.Le capitaine Shaw a fait tout particulièrement des louanges d'un des hommes de la brigade qui lui a fait voir un appareil télégraphique de son invention, du système adopté à la station no 5 pour ouvrir les portes, et des échelles de sauvetage.En terminant le capitaine Shaw, a répété qu\u2019il admirait l'habileté et l'intelligence du chef de la brigade, qui a été très précis et très exact dans le renseignements qu'il a fournis, ce qui n'est pas commun, at-il ajouté \u2014 Il reste encore trois élections à faire dans la province de Québec : à Bagot pour la Chambre des Communes ; à Vaudreuil et à Laval,pour l'Assemblée législative.Comme on le-sait, les candidats à Bagot sont MM.Dupont et Desmarais ; la votation aura lieu samedi de cette semaine.Les brefs ne sont pas encore émis pour Vaudreuil et Laval, mais ils le seront celte semaine.MM.Evariste Leblanc, avocat de Montréal et l'ex-échevin Bastien, se disputent les suffrages des électeurs de Laval.À Vaudreuil, on mentionne une dizaine de noms.Rien n'a encore été décidé dans le choix des candidats.A oo Ae.Le journal ** Qui ne sait que le journal est de nos jours, l'âme de tous les mouvement publics : mouvements nationaux, politiques, sociaux, industriels, etc, etc ?Sans doute, on peut vivre sans la presse.Le monde existait avant qu\u2019il y eit des journaux.mais dans quel état, grand ciel! Le peu de science, le peu de littérature, le peu de commerce, le peu d'industrie qu\u2019on y voyait languissail, se traînait à peine.Comparez les pays où la presse végète avec ceux où elle fleurit.la république du Mexique avec celle des Etats-Unis, par exemple.Comparez la famille qui ne voit point les journaux avec celle qui les reçoit.Comparez l'homme qui ne lit point avec l'homme qui lit.Et dites nous s'il est possible de méconnaîitre l'immense, et, en somme, l'heureuse influence qu\u2019exerce le jourual, dans la vie sociale ?C'est le journal qui doit répandre parmi nous le souflle de la vie publique, et stimuler cet esprit d\u2019association dont dépend notre salut national et politique.\u201d C'est que dans toutes ces branches, l'esprit d'entente et d'association faisait presque complètement défaut.Chacun travaillait isolement, et que pouvait-il accomplir ?Mais, avec le journal, tous ces travailleurs plus ou moins dévoués au bien-être de l'humanité ont été mis en rapport les uns avec les autres,et les obstacles qui auraient éternellement résisté à l'énergie individuellesont promptement disparus devant les efforts combinés.\u2014_-\u2014- > Jai tout oublié Si une fois sorti de l'école on n'ouvre plus un livre, si l'on ne touche plus au crayon ni à la plume, si on ne s'exerce plus au caleul,il est clair qu\u2019au bout de quelques années on ne saura plus rien.Ces réflexions, dit le Journal de Waterloo, nous sont inspirées par ce dont nous avons été témoin l\u2019autre jour.Un brave cultivateur est entré à notre bureau, \u2018croyant entrer chez un épicier.À la vue des livres et des journaux, il a reconnu sa méprise, cl après s'être enquis de notre occupation, il nous a demandé si nous ne pouvions pas lui dire ce qui se passait en Egypte.Voyant l'extrême curiosité de cet honnête homme, nous lui donnâmes plusieurs renseignements sur l'ancien royaume des Pharaons, sur ses habitants, sur leurs mœurs, leur religion, etc.Le brave laboureur prenait un plaisir extrême à nous entendre, surtout quand nous lui donnâmes des détails sur la guerre actuelle ; ce que voyant nous lui avons demandé s\u2019il ne recevait pas un journal, \u2014Je ne sais pas lire, dit-il.\u2014N'avez-vous jamais été à l'école ?Ah! oui, et je pouvais lire assez bien, mais depuis j'ai tout oublié.\u2014Vous avez des enfants et ils vont à l\u2019école ?\u2014J\u2019en ai plusieurs qui peuvent lire assez bien.Nous essayâmes alors de persunder notre homme que s\u2019il avait eu le malheur d'oublier ce qu\u2019il avait appris à l\u2019école, il devait au moins faire en sorte que la même chose n'arrivât pas à ses enfants, et il le pouvait en s'a- bonnant à un journal dont la lecture procurcrait beaucoup de jouissances, à lui et a ses enfants.Il nous a promis d'y songer ! > oA Une excursion an Bic par l\u2019Intércolonial Un correspondant du Mfaë enchanté du voyage qu'il a fait sur l'Intercolonial jusqu'au Bic, a adressé à son journal une correspondance où il parle très élogicusement de nos places d'eau, de leur salubrité et de leur incomparable avantage gur les places d\u2019eau américaines.Voici ce qu'il dit du Bic où il a résidé une quinzaine de jours.Le village du Bic est situé sur un plateau dominant une magnifique baie qui s'étend à ses pieds.Il est entouré de charmantes montagnes couronnées d'arbres verdoyants et prenant toutes sortes de formes fan- lastiques.A une certaine distance du village, du côté ouest, une courte chaîne de montagnes cache la vue du St- Laurent.Les magniliques points de vue qui s'offrent aux regards du touriste sur le sommet de ces montagnes, dédommagent amplement des peines qu'il s'est imposées pour les gravir.La seule différence quo l'on rencontre dans l'ascension est l'épaisseur du bois que l\u2019on doit traverser.Quand la marée est haute, la baie présente un spectacle enchanteur.C'est un panorama digne d'inspirer à Brerstadt un de ses plus beaux tableaux, Plusieurs petites îles, couvertes d'arbres rabougris, font l\u2019ornement du hâvre.Entre les pointes de terre qui forment l'entrée de la baie, on voit ce qui peut être appelé l'océan, roulant majestueusement dans la plus complète indifférence vers sa destination, brillant parfois de mille feux sous les rayons de l\u2019astre du jour, comme cette mer de cristal que vit dans un songe l'aigle de Patmos.L'eau est si limpide en cet endroit, que l'on voit distinctement le lit du ileuve à 20 ou 30 pieds de profondeur.Dans la baie, la blanche voile du vaisseau cotier se déploie près de celle du yacht fashionable faisant contraste avec les batcaux-à-vapeur géants de la ligne Allan ou d'autres compagnies, qui passent plus au large, il est vrai, mais qui n\u2019en varient pas moins Ia beauté du spectacle, Un lever du soleil comme celui que j'ai vu au Bic, surpasse en richesse de coloris, en splendeurs et en magnificence tout ce que j'ai vu en Europe et en Amérique.\u2014-\u2014\u2014 + Signe des temps La Patrie fait très justement remarquer que les trois élections des bâtonniers des barreaux de Paris, de Bordeaux et de Rennes, présentent ce caractère spécial que les trois élus, MM.F'alateuf, Descombes et Denis, ont protesté éloquemment contre les décrets d'expulsion des religieux ; partant, que les mêmes considérations ont inspiré les votes de la majorité dans les trois villes.La session de juillet, pour les différentes épreuves subies devant les Facultés, atteste la faiblesse, croissante encore, des études laïques el obligatoires.Les candidats sont partout refusés dans une si large proportion, que les chefs de l'instruction publique n'osent en indiquer les chiffres.M.Jules Simon l'avait bien dit au Sénat : \u201c La suppression des écoles libres portera un coup fatal à l'Université elle-même, en lui enlevant le stimulant de la concurrence.\u201d (Le Pays.) \u2014\u2014\u2014_ 0-0 8 EE JOURNAL DES CAMPAGNES mp EEE EE Le Pacifique Canadien et les communicalions par chemin de fer dans le Nord-Ouest M.Désiré Girouard, député du comié de Jacques-Cartier à la chambre fédérale, vient de fairo un voyage ans le Nord-Ouest.T1 rapporle dans la Minerve qu'un point qui a créé et cause encore beaucoup de inéconten- tement dans Manitoba et le Nord- Ouest, mécontentement qui s'est manifesté aux dernières élections par la défaite de trois membres sur cinq de la députation fédérale\u2014et Dieu sait ce que leront les deux autres en parlement\u2014c\u2019est le défaut de com- municalion directe avec les autres provinces par le territoire canadien ; et ce défaut, comme les prix exorbitants dn chemin de ler de Saint Paul, Minneapolis et Manitoba, sont évidemment une des causes de retard de la colonisation du pays.Il faut de toute nécessité que la section de la Baie du Tonnerre à Winnipeg soit ouverte au public sous le plus court délai possible, et le jour où ce sera fait nous aurons, parles lacs, une communication directe avec l'Ouest, au moins durant l\u2019été.Espérons que le gouvernement verra à la réglementation des taux du fret suivant les termes dun contrat avec la compagnie du Pacifique.Lorsque l'on considère que toute cette partie du chemin a été construite par le gouvernement,on est d\u2019avis que le syndicat n\u2019a pas lieu de s'attendre à aucun dividende sur le capital ainsi dépensé par l'Etat.Tout ce qu\u2019il a droit d\u2019attendre, c\u2019est une compensation raisonnable pour le coût du matériel roulant et le fonctionno- ment du chemin.Déjà les chambres de commerce de Manitoba et des vieilles provinces ont adressé des représentations au gouvernement sur ce point important, Je n'ai pas de doute qu'il y fera justice.Mais il y a plus.Des hommes d\u2019al- faires, parlaitement au lait du trafic du Nord Ouest, disent ouvertement que cette ligne de communication ne suflira pas pour les besoins toujours croissants du commerce.Il faudrait, disent-ils, une autre ligne de communications avec les chemins de fer qui ont leur terminus à Saint-Paul, et ici se présente une difficulté pour l\u2019interprétation du contrat du Pacifique.Le syndicat prétend quo la législa- tare du Manitoba ne peut,aux termes du contrat donner l'autorisation à une compagnie de construire un chemin de fer qui, allant jusqu\u2019à la frontière ou à quinze milles de la frontière, aurait l'effet de détourner au profit des chemins de fer américains le commerce de l'ouest.Les habitants du Manitoba prétendent, de leur côté, que cette prohibition du contrat waflecte que les législatures des provinces qui seraient formées à l'avenir à Manitoba.Quoiqu'il en soit, le gouvernement fédéral n'a pas cru devoir donner de prétexte au syndicat pour répudier le contrat ou réclamer une indemnité, ou refuser de construire une partie difficille du chemin, par exemple la section du lac Supérieur ; il a adopté sa manière d'interpréter le contrat, et à désavoué un bill adopté par la législature de Manitoba en faveur d\u2019une compagnie qui se proposait de construire un chemin de fer jusqu\u2019à la frontière, et là, le relier à un nouveau chemin de fer américain en concurrence au Saint-Paul, Minneapolis el Manitoba.Malgré ce désaveu, on dit que le Northern Pacific, qui a une ligne de chemin de fer depuis St-Paul jusqu\u2019à Glyndon, à l'intention de pousser cette ligne jusqu\u2019à Saint-Vincent, et l\u2019averir nous dira si le syndicat, qui est à peu près la même chose que le Saint-Paul, Minneapolis et Manitoba, réussira à empêcher les chars de cette nouvelle ligne de passer sur l'embranchement de Penbina à des taux raisonnables.Toute la population du Nord-Ouest paraît déterminée à avoir une route indépendante du Saint- Paul, Minneapalis et Manitoba, et nul doute qu'elle réussira.> Guerre aux moinenux Tout le monde sait que le moineau est répandu à profusion par toute ln province et cause à lui seul presque antant de dégâts que les dix plaies d'Ilgypte, mais personne n\u2019ose alta- cher le grelot, prêcher une croisade et signer une Saint Barthelémy passe- -reautière contre ce rat ailé, ce parasite de l\u2019homme et de ses cultures.Je me fais donc l'avocat de l\u2019hirondelle et de nos charmants petits chanteurs canadiens, le rossignol, l\u2019oiseau rouge, le chardonneret, les pinsons et nombres d\u2019autres qui égayent le bocage par leurs ravissantes mélodies, et détruisent, eux, des millions d\u2019inscctes nuisibles à l\u2019agriculture, Pespère, aimable et ?charitable lectrice, qu'après avoir écouté ce plaidoyer, vous ne vous abuserez plus sur la valeur de ce petit être, leur ennemi acharné, et ne lui direz plus : Petit oiseau, viens sous ma fenêtre Manger du pain, que l'offre ma main.Le moineau recherche la présence de l'homme et s'approche familièrement de vous.Il a élu domicile dans nos villes, s\u2019est installé en maitre sur nos voies publiques, fait des banquets sur les crottins, et pousse l'impudence au point de se déranger à peine pour vous faire place.Ses allures sont celles d'un sacripant, ses formes sans élégance ; grosse tête, yeux effrontés, cou très court, corps épais et ramassé, sa livrée, triste, brune et grise, il jette continuellement un cri qui n'est que des piailleries insupportables, et on est ennuyé du matin au soir par ce charivari.Les moineaux, dit Buffon, sont comme les rats attachés à nos habitations, ils ne se plaisent pas dans les bois ; ils suivent la société pour vivre à ses dépens ; c\u2019est sur des provisions toutes faites qu'ils prennent leur subsistance ; nos granges, nos basses cours, nos champs, tous les lieux, en un mot où nous rassemblons ou distribuons des grains, sont les lieux qu'ils fréquentent de préférance, et comme ils sont aussi voraces que nombreux ils ne laissent pas de faire plus de tort que leur espèce na vaut, car leur plume ne sert à rien, leur chair n\u2019est pas bonne à manger, leur voix blesse l'oreille, leur familiarité est incommode, leur pétulance grossière et à charge ; ce sont de Ces gens qu\u2019on trouve partout et dont on n\u2019a que faire.Et ce qui les rendra éternellement incommodes, c'est non seulement leur très nombreuse maltipli- cation, mais encore leurs ruses, leur opiniatreté à ne pas désemparer des lieux qui leur conviennent, ils sont fins, difficiles à tromper et reconnaissent facilement les piéges qu\u2019on leur tend.Monsieur Maquin Tandon a cons- taét l\u2019énorme multiplication des moineaux, par des observations faites chez lui : dans un nid placé sous le toit d\u2019un poulailler, \u201c le 5eme œuf pondu, j'en enlevai 4, dit-il ; puis chaque jour un jusqu'au 35eme, ou ayant effrayé la pondeuse, je la vis quitter le nid pour ne plus revenir \u201d \u2014Voilà donc la preuve, qu'à l\u2019état sauvage, le moineau peut pondre, sans interruption, 35 œufs en autant de jours.À part les dégats considérables qu\u2019il commet dans les champs, te faquin s'attaque comme je le disais, à nos favoris des villes, les hirondelles, et les force à Baisser pavillon.Cette année nous n'avons remarqué qu\u2019un très petit nombre de ces chères amies de l\u2019homme, dont l\u2019arrivée au printemps est saluée avec joie par les habitants des villes et des campagnes, car elle annonce le réveil de la nature et les beaux jours.La poétique beauté de l'hirondelle disait Franklin, qui traverse le ciel avec la vitesse du désir et de la pense, l'association avec le printemps, cette jeunesse de l\u2019année, avec l'amour, cette jeunesse du cœur, tout, chez cette douce et aimable créature doit exciter notre sympathie ; elle est sociable au dernier degré, dit M.de la Blanchetière.En effet, non seulement elle fait son nid auprès de ses compagnes, mais elle l\u2019attache quelquefois à ceux déjà faits : de pluselle aime à se réunir en troupes sur les branches d\u2019un arbre élevé, d'un pignon et là, gazouiller des heures entières.On dirait qu\u2019une amicale conversation s'engage entre ces charmants oiseaux, qu'une demande n\u2019attend pas l'autre, et que, dans certains moments tout le monde parle à la fois.Dès le lever du soleil la bande entière gazouille : il se passe là une série de conversations particulières du plus haut intérêt ; il est possible qu\u2019on y discute des affaires d'état ; tout le jour la tribune reste ouverte, et chaque nouvelle arrivante y vient chercher, tour à tour, un perchoir de repos et une occasion de caquetage amical.Vers six heures toute la bande s'élance, elle s'éparpille, chacune tirant de son côté, puis tout cela disparaît au loin, semblable à une poignée de paille dispersée par le vent.Aux chauds rayons du midi, le conciliabule recommence, mais la réunion est formée d'allants et venants ; on fait un tour d\u2019ailes, on change de place pour dire quelque bonne parole à un frère, à un cousin, à un ami, on repart planer un peu là- bas au dessus des peupliers tremblants sous la brise et l\u2019on revient s'asseoir au salon de conversation pour savoir la fin du mot du jour.Eh ! bien, cher lecteur, voulez-vous que ces douces et charmantes petites créatures vous reviennent en grand nombre ?Voulez-vous que nos charmants chanteurs ne désertent nos bocages ?Voulez-vous que nos insectivores canadiens ne désertent nos champs et nos jardins ?Préchez une croisade contre leur plus terrible ennemi, le moineau, on ne saurait trop encourager la destruction de l'espèce, il en restera toujours assez.OVIDE FRÉCHETTE.errs ms AI Ol AP mr mrs Le plus vieux journal du mondela Gazelle de Pékin, a célébré dernièrement son soi-disant 15 009¢ anniversaire.Il ne suit pas le progrès moderne, à ce qu'il parait, car on assure qu'il n'est ni meilleur ni pire que le premier jour de sa publication.On explique ce phénomène par le fait qu\u2019il est un \u201corgane\u201d du gouvernement chinois.\u2014\u2014 > ee JOURNAL DES CAMPAGNES 9 Agriculture AMÉLIORER LE SOL POUR EN OBTENIR UN PLUS GRAND RENDEMENT Pour obtenir ce résultat, il faut d\u2019abord bien égoutter le sol afin d'en faire disparaître toutes les eaux superflues.Il faut ensuite ajouter à la terre ce qui lui est nécessaire en y mêlant d'autre terre ou en l'engraissant.Car il faut rendre constamment à la terre, au moyen d'engrais, toute la force de même que la fertilité que nous lui enlevons par des récoltes saccessives ; enfin il faut enlever toutes les mauvaises herbes et cela sans relâche, quelque soit là somme de travail exigée, afin que la nourriture de la terre et de fumier puisse se communiquer aux récoltes plutôt qu\u2019aux mauvaises herbes qui prennent une plus grande part de nourriture, surtout lorsqu'elles sont en abondance et disputent le terrain aux grains et aux fourrages.Si l\u2019on mettait en pratique ces conseils, notre agriculture déploierait bientôt une apparence d'amélioration qui serait beaucoup plus avantageuse pour les cultivateur et pour le pays.À moins qu\u2019on ne s\u2019en tienne à ces règles, on ne peut améliorer la terre, ni la conserver dans un état de fertilité avantageuse.Inutile d'espérer réaliser de grands profits par la culture de la terre,sans lui rendre le fumier ou des engrais en retour de ce qu'elle nous fournit en produits.Quelques excellentes que soient nos terres, elles ne peuvent continuer à nous donner des récoltes d'aucune valeur, si elles ne reçoivent en échange une partie de ces récoltes sous forme d\u2019engrais.Il n\u2019y a pas lieu de s'étonner de l'épuisement de nos terres, lorsque nous prenons si peu de précautions à tirer parti des engrais qui nous sont fournis par 708 animaux.MISE EN MEULES DES CEREALES Autant et même plus que les|d meules de foin, les meules de gerbes demandent à être construites sous la direction d\u2019un homme qui en ait bien l\u2019habitude.L\u2019infiltration de la pluie dans la meule peut causer d'énormes rtes, et il n\u2019est pas sans exemple, que \u2019on voit quelques mois après la moisson, une masse de blé germé et de paille qui n\u2019est plus bonne même pour une litière ; ici la bonne volonté ne suffit pas : il faut de plus la pratique et l'expérience.Tout cultivateur qui comprend l'avantage de se rendre compte des résultats de ses opérations, doit tenir une note exacte du nombre des gerbes quil à récoltées pour chaque espèce de grain en faisant en sorte que les gerbes soient aussi égales entre elle qu\u2019il est possible, Ces notes doivent indiquer le nombre des gerbes produites par chaque pièce de terre, ainsi que le lieu où elles ont été disposées, si on a plusieurs granges, si on a des meules concurremment avec la grange : chaque meule portera un numéro, et on indiquera le nombre des gerbes que chacune contient.Tout cela se fait facilement, au moyen d'un tableau disposé par colonnes, dans lesquelles on n\u2019a à inscrire chaque jour que quelques chiffres.Par ce moyen, dès qu'on a commencé à faire battre, un cultivateur soigneux peut déjà se faire une idée approximative assez exacte du produit de ses récoltes, ce qui peut lui être fort utile pout diriger sa conduite.LA CULTURE D'ARBRES FRUITIERS.En parlant du congrès forestier qui a eu lieu a Montréal, la Gazette des Campagnes dit qu'elle espére que ce beau mouvement prendra racine dans notre Province, et que les calti- vateurs s\u2019empresseront de seconder les efforts de ces agronomes qui ont tant à cœur la prospérité de notre pays au point de vue agricole.Chacun devrait planter des arbres.Rien n\u2019est plus beau ni plus agréable qu\u2019un bel orme, un bel érable ; rien n'est plus productif que le pommier.La moitié du travail que l'on fait pour récolter un champ de patates, suffirait pour un verger dont le produit, dais quelques années, égalerait en valeur, même plus, annuellement, une récolte de patates, avec bien peu de travail.Un travail d\u2019une quinzaine de jours au printemps et à l'automne, à transplanter des arbres fruitiers de choix, ct les mettre devant la maison, ou ati jardin avoisinant la maison, donnerait une bien plus grande valeur à la propriété, que deux fois employé à faire des clôtures.Pour son propre confort, pour l\u2019amour de ses descendants, pour l'amélioration du pays, que chaque cultivateur plante des arbres fruitiers ou d'ornement.Que chaque maison d'école soit entourée d'arbres fruitiers et d\u2019ornements, dont le soin pourrait être confié aux élèves, sous la direction du maître ; on initierait par là les jeunes gens et les jeunes filles à la culture des arbres.Que l'on plante partout dans les villages des arbres d\u2019ornement afin de leur donner de la gaieté et un aspect plus rural, car rien n\u2019est plus regrettable que de voir des vil lages sans verdure, où nous ne voyons que très peu d'arbres d'ornement, et pas un seul verger ; dans le cas où chaque fermier aurait son verger, nous n'aurions pas autant de difficultés à nous défendre des déprédations de la part de ceux qui voudraient manger des fruits sans avoir la peine de les cultiver.VIN DE RHUBARBE Plusieurs cultivateurs avaient pour habitude de faire.chaque année, une provision de vin de gadelles on de grosseilles ; mais voici que, depuis plusieurs années, la récolte de ces précieux fruits n\u2019est pas aussi abon- plants ayant à souffrir grandement des ravages des insectes ; et consé- uvemment on a dû renoncer à cette duceur.On peut cependant facilement substituer à cette liqueur, celle de rhubarbe, qui ne le cède en rien au vin de gadelles ou de groseilles.a rhubarbe croît si facilement que quiconque consacre un petit espace de son jardin à cette culture, peut obtenir des tiges de rhubarbe en quantité suffisante pour faire, à peu de frais, du vin de bonne saveur, qui peut se garder assez longtemps.La meilleure époque pour faire du vin de rhubarbe est vers la fin de juillet et au mois d'août, par la bonne raison que dans le temps où les tiges croissent rapidement, elles contiennent beaucoup d\u2019eau et moins d\u2019acide ; mais lorsque les racines ont assez crû pour une autre année, et que la plante commence à mûrir graduellement, la sève de la tige devient élaborée et bien plus condensée, contenant une bien plus grande quantité de l'acide qui est le principal ingrédient qui entre dans la composition du vin.De la force de l'acide dépend la qualité du vin.Voici une recette pour la fabrication du vin de rhubarbe : A chaque gallon d'eau douce, ajoutez cinq livres de rhubarbe crue, coupée en tranches minces et broyée ; laissez reposer pendant neuf joure, remuant trois fois par jour ; couvrez la cuvette avec un linge ; coulez, et à chaque gallon de liqueur ajoutez quatre livres de sucre blanc, le jus de deux citons, et l'écorce d\u2019un citron ; et ensuite, pour raffiner, ajoutez une once de colle de poisson par chaque quantité de cinq gallons.Laissez fermenter pendant trois semaines, et ajoutez une chopine de whiski en esprit.La liqueur ainsi ante qu\u2019elle l'était autrefois, ces.fuite en août, mettez en bouteilles en novembre, et à chaque bouteille ajoutez une cueillerée à soupe de whisky et une cueillérée à thé de sucre blanc.-_ _\u2014.Comté de Jacques-Cartier L'honorable M.Mousseau est élu dans ce comté par trois cent quatre vingt voix de majorité.Il est arrivé à Québec hier soir, -\u2014\u2014\u2014 >.Est question forestère Nos voisins, les américains, ont pris un intérêt subit à cette question de la conservation des forêts, depuis la publication récente d'une statistique officielle sur la déperdition énorme et les gaspillage alarmants de bois qui se lont dans les lütats de l'Ouest, et surtout dans le Michigan.Les intérêts des deux pays étant identiques à cet égard, le congrès a voulu nous associer à ses travaux, afin que le Canada et les Etats-Unis en profitent ainsi l'un par l\u2019autre, Ses propositions ont reçu l'accueil qu'elles méritaient, et le gouvernement de Québec comme celui d\u2019Ontario ont en leurs représentants officiels au congrès forestier tenu & Montréal.Formons des vœux pour que les travaux du congrès atteignent le résultat que ses membres avaient en vue.Pour notre province surtout le reboisement de nos forêts est d\u2019un intérêt capital.On calcule qu\u2019il fant quarante années de pousse pour faire une belle forêt.En France, au lieu d\u2019abattre et de couper le bois sans discernement, par-ci par-là, comme on le fait en Amérique, on divise une forêt en quarante sections, et, chaque année, les opérations de déboisement sont limitées à une seule de ces sections.À mesure on reboise, on plante de jeunes arbres, et lorsqu\u2019au bout de quarante ans, on est à couper les arbres de la quarantième section, la première est reboisée, et on peut recom- mancer à déboiser.Une nouvelle forêt a suivi les pas des bûcherons, et s\u2019est élevée et développée au fur et à mesure des travaux de déboisement.Il y en aura ainsi éternellement.Au congrès, le président disait que le commerce de bois aux Etats-Unis représente annuellement la somme de $288,000,000.Le nombre des personnes employées dans cette industrie s'élève à 141,000, et le montant d\u2019argent payé, chaque année, pour gages est de 26.000,00.ss Voilà des chiffres qui parlent par eux-mêmes, et font voir l'importance de l\u2019industrie forestière aux Etats- Unis\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 eel OM Les calsses d\u2019épargne Le Canada dit que l'un des grands reproches que la presse américaine fait au congrès, c\u2019est de n\u2019avoir pas, durant sa dernière session, créé des caisses d'épargne comme celles qui sont attachées aux bureaux de poste au Canada.Il y a dans ce lait tout un enseignement que nous aurions tort de ne pas faire ressortir.C\u2019est pour l'avantage de la classe ouvrière spécialement qu\u2019on a créé en notre pays ces caisses ou banques d'épargne, que l'on trouve dans presque tous les bureaux de poste.L'utilité de ces institutions ne serait-clle pas démontrée, comme elle vient de l\u2019être, par nos confrères des Etate- Unis, qu'elle le serait suffisamment ercore par les opérations qui s'y font Journellement.Ainsi les dépôts faits dans les banques d'épargne des bureaux de poste ne s\u2019élevaient en 1878 qu\u2019à $1,724,341 tandis qu'au 30 juin 1882 ils s\u2019élevaient à $6, 435,989.Plus de six millions d'économies par la classe ouvrière en une seule année.Celu promet pour l'avenir, quand on songe surtout que cesystème de banques d'épargne est établi en notre pays depuis quelques années et n'est qu'imparfaitement compris.Les dépôts peuvent cire de $1,00 ou plus, et rapportent 4 puur cent d'intérêt.Quel est celui qui n\u2019en peut faire un chaque semaine ?On se plaint du luxe comme de l'une des plaies sociales du Canada.On a raison.Là où on a tort peut- être c'est de se contenter de tonner contre les plumes, les rubans et les étoiles soyeuses.Tonner contre les dépenses, ce n\u2019est pas tout à fait prêcher l\u2019économie, quoiqu\u2019on en puisse dire.Aussi longtemps, en effet, que le peuple continuera de serrer ses écus dans un portefeuille, le coin de son mouchoir ou le chausson traditionnel, il ne saurait vaincre la tentation d\u2019achoter ce qui frappe le plus ses yeux.Déposer son argent dans les banques d'épargne, c\u2019est là la véritable économie, dont nous avons tant besoin en notre pays, lo Bo am Les Pères Oblats à Betsiamits La mission des sauvages monta- @nais qui se trouve de l\u2019autre côté de la rivière Betsiamits a élé fondée en 1860, et renferme une population sauvage d'environ 700 âmes.On estime à 120 le nombre des familles.Elle est desservie par les Pères Oblats, et les Pères Arnaud ct Mabelle y résident actuellement.Le Père Jésuite Labrosse, un des apôtres du Saguenay, desservait au siècle dernier cette mission.Les moyens d'existence de ces sauvages sont la chasse et la pêche ; plusieurs y vivent assez misérablement, vu leur imprévoyance.Mais, comme le disait le Père Arnand, s'ils étaient prévoyants ils ne seraient point sauvages.Chaque père de famille enseigne la lecture et l'écriture à ses enfants, et tous paraissent assez heureux de leur sort.Ils ont aussi pour guides spirituels des hommes pleins de zèle et de dévouement, et la religion exerce sur ces sauvages sa douce et bénigne influence.L'église de la mission est propre et bien ornée et sa construction remonte à 1854, Les Pères Oblats ont charge d\u2019âmes, non seulement en ce que concerne la mission de Betsiamits, mais leur juridiction s'étend sur lés tribus sanvages depuis le lac St-Jean [ territoire du Saguenay |] et sur toute la côte du Labrador, jusqu'à la baie d\u2019Ungava, près de la Baie d'Hudson.Ces apôtres zélés ont fait beaucoup sur la côte du nord ; on leur doit la construction du presbytère et la restauration de l'église de Tadousac, la construction des églises de Dergeronne, du Sault-au-Cochon, de Godbout, des Escoumains, de Mille vaches, la restauration des églises de Portneuf et des Ilets de Jérémie, la construction des églises des Sept Iles, de Mingan, de Masquaro, de la Tabatière, de Mékatina do l'anse des dûnes et de la Baie des Esquimaux\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 pe\" \u2014 Nouc apprenons, dit le Courrier de Montréal, que les travaux du fort Chambly avancent rapidement, sous la direction de notre habile concitoyen M.Joseph Octave Dion.Le gouvernement d'Ottawa a l\u2019intention d'enclore le vieux cimetière français de Chambly,qui date de 1706, où un grand nombre de célébrités françaises reposent depuis longtemps.L'honorable John Herbert Crawford solliciteur général de la province du Nouveau-Brunswick, est mort hier matin à sa résidence à Hampto N.B.Il était Agé de 39 ans.\u2014-\u2014 ep. 10 JOURNAL DES CAMPAGNES \u2014 EUROPE parmi lesquelles on remarquait MM.= ; Dillon, Sexton et Healey.Paris, 24 aoiit 1582.D'après le désir de M.Parnell et de M.Duclerc se dit tout prêt à ci- | s® famille, les restes de mademoiselle menter les relations commerciales entre la l\u2019rance et les lâtats-Unis par un traité.Fi n\u2019est pas question d'inviter les Etats-Unis à lu conférence de Constantinople, comme lc suggèrent plusieurs journaux.l\u2019aris, 25 noût.M.Melville et ses compagnons viennent d\u2019arriver à Paris, et parti- rtont vendredi pour Londres.ANGLETERRE Londres, 2: août 1882.Uno forte Lempête a régné aujour- d\u2019hui dans le pays.Un comité se forme pour obtenir que le buste de Longfellow soit placé à Westminster.Le poète ut patriote Kickham, atteint de paralysie, est mourant.Des 10 personnes arrêtées à propos du meurtre de la famille Toyce, il s\u2019en trouve 5 du nom de Joyce et 4 du nom de Casey ; la dixième est un nommé Philbin.M.Trevelyan, scerétaire en chef pour l'Irlande, à visité Belfast, où une vordiale réception lui a été faite.La police de Frankfort (King) a saisi des armes et des documents dans la demeure du capt.Dugmorc, land-leaguer.Londres, 24 aou.MM.Whight et fils, filateurs à Bradford sont en faillite pour 170 000 livres sterling.A Ennis (Mayo), on à arrêté le nommé Gavin, prévenu de participation au meurtre de la famille Joyce.On anuonce de Dublin la mort de M.Charles- Joseph Kickham, écrivain, l\u2019un des chefs fénians.La corporation de Limerick a voté le droit de cité en faveur de M.Gray.Un correspondant du News a Ismailia fait le plus grand éloge de l\u2019état des troupes anglaises sous tous les rapports.Londres, 25 août 1882.À Glascow, 5000 charpentiers en navires se sont mis en grève.A Dublin, le lord lieutenant a refusé d'intervenir dans la question de la sentence prononcée par le juge Lawson contre M.Gray.Les environs d\u2019Ahtlone sont en état de trouble.Le lieutenant colonel Swinney, de l'Artillorie royale, et le chirurgien vétérinaire Cox, sont au Missouri, et achètent des mules pour l\u2019armée d'Esypte.Londres, 27 août 1882.L'archevêque anglican de Cantorbéry est gravement malade, mais son état n\u2019a pas empiré ces jours derniers.Le Standard croit que le général Wolseley demande de nouvelles troupes.Londres, 28 aout.A Limerick, 5 constables qui ont participé à une réunion tenue la nuit dernière, ont été renvoyés du service.À la suite de ce fait, 30 constables ont donné leur démission, puis 17 autres.Les citoyens devront faire la police eux-mêmes.Les constables du comté de Kings approuvent ceux de Limerick, et ouvrent une souscription en leur faveur.400 constables de Dublin se sont réunis pour se demander si les services evtra ne devaient pas être rétribués.Le commissaire en chef a interrompu lu séance, et a calmé l\u2019effervescence.A Cork il y a aussi de l'agitation parmi les constables ; on s'attend a de prochaines et nombreuses démissions.Le 27 ont eu lieu à Dublin les funérailles do Charles Hickham, accompagnées par 10 000 personnes, Fanny Parnell reposeront en Amérique.BELGIQUE Anvers, 25 aout.De grands dépôts de bois sont en flamme ; les pertes sont déjà estimées à 1 million de francs.RUSSIE.Saint-Pétersbourg, 28 août.Le commandant Berry, du Rodgers, et M.Melville, de la Jeannette, seront reçus par le Czar dans la soirée, et partiront demain pour rentrer dans leur famille.Saint-Pétersbourg, 25 août.L'empereur a donné son approbation aux statuts d'une société formée à Moscou pour développer l'industrie du coton dans l'Asie centrale.SUÈDE Malmoé, 24 août.Une terrible épidémie sévit ici depuis quelque temps : 617 cas nouveaux en une semaine ; le nombre des décès a augmenté de 50 pour cent.AUTRICHE Vienne, 27 août 1882, 10 personnes ont été arrêtées pour des vols que la police attribue à une association radicale ; on à saisi des papiers et des Correspondances, et l'on a retrouvé une partie des fonds.Une société ouvrière est dans l'affaire, et le journaliste Penmail Penkert est arrêté.TURQUIE Constantinople, 27 août.Lord Dufferin a promis que le Canal de Suez ne serait pas lermé aux pèlerins de la Mecque.Le Conseil des ministres délibère sur la convention militaire ; sur les instances de lord Dufferin, il est convenu que les troupes turques débarqueront à Rosette, à Damiette ou à Aboukir.Les pachas Mouktar et Server se préparent à partir pour Alexandrie.On attribue à l'ambassadeur russe les résistances de la Porte aux propositions anglaises.Des avis d\u2019Erzeroum disent que les Russes accumulent des provisions à Kars (Caucase).MOTÉNÉGRO Cettigné, 22 août, Le prince Nikita a ordonné de cesser l'assistance donnée jusqu'ici aux réfugiés de la Bosnie ; en conséquence, 2 000 réfugiés tous armés, ont quitté le territoire.TURQUIE Constantinople, 23 août.À la suite des protestations de l'Angleterre, la Porte a autorisé l\u2019exportation des Mules par Smyrne pour l'armée anglaise.Le journal Varik, qui avait été supprimé pour insulte à l\u2019Angleterre, a été autorisé à reparaître.Une seconde entrevue a eu lieu entre lord Dufferin et le Cheik-ul- Islam ; des explications amicales ont été données de part et d\u2019autre, le cheik assure que le Sultan regarde Arabi comme rebelle.On voit que le Sultan est intimidé par des lettres menaçantes venues de Syrie, d\u2019Arabi et d'Egypte ; de plus les Druses du Liban se remuent ; dés chrétiens auraient été assassinés à Beyrouth, et le gouverneur de Damas demande des renforts.Constantinople, 25 août.Les délégués turcs à la conférence font de nouvelles demandes au sujet de la convention militaire: la l'orte désire que les Tures débarquent à Alexan- drie, et qu\u2019au lieu de proclamer Arabi rebelle, elle le somme de se soumettre au Khédive ; Alexandrie serait la base d'opération des Turcs ; Ismailia la base d'opération des Anglais.M.Nelidofl, ambassadeur russe, insiste pour que les solutions finales soient réservées à l'Europe.La Porte dément les bruits de désordres en Syrie.= ll + >-\u2014\u2014-\u2014\u2014 AFRIQUE EGYPTE Alexandrie.23 août 1882.Le Nautilus, vaisseau autrichien, venant de Port-Saïd à Alexandrie, et voyant le drapeau blanc flotter sur Aboukir, a cru que les forts étaient aux mains des Anglais ; il y a envoyé des dépêches par un officier et 12 hommes, que les Egyptiens ont faits prisonniers ; le Nautilus est reparti pour Aboukir.Des feux ont été vus du côté d\u2019Aboukir et de Kafr-el-Donar On croit à une retraite d\u2019Arabi-Pacha.Le Nil monte rapidement, et les débordement commence sur quelques points.Riaz-Pacha est arrivé de France ; Haidar-Pacha, ancien ministre, est rappelé par le Khédive, eta quitté Constantinople.Un navire autrichien a été vu à Rhodes conduisant des troupes iur- ques au sud.Des Bédouins de Tripoli traversent le désert pour joindre Arabi.Les Anglais occupent le Canal de Suez,et sont bien pourvus d'eau.Il y a un milier de Bédouins aux environs de Kantara.Depuis l'engagement de Chalouf, l'ennemi abandonne ses positions entre Suez et Ismailia, et se retire vers Zogazig.; Les Anglais ont capturé deux anciens mfinistres du Khédive, qui avaient embrassé la cause d\u2019Arabi.19 Grecs ont été arrêtés à Ismaila pour pillage dans le quartier arabe ; 10 ont été fusillés.L'eau baisse dans le canal d\u2019eau douce ; le canal est coupé ; mais on s'est approvisionné.Les Arabes ont réoccupé le fort Ghémileh et s\u2019y fortifient.On a découvert un système de signaux entre Alexandrie et le camp d\u2019Arabi.A Ismailia, on pose un tramway entre le quai et la station du chemin de fer.; Au Caire,il y a des processions nocturnes, où l'on crie : \u201c Mort aux Anglais et à tous les chiens de chrétiens ! \u201d L'archevêque copte, intimidé, fait tout ce que veut Arabi et celui-ci fait lever de fortes contributions.i M.Dechair est toujours bien traité.On estime à 25 000 hommes les troupes d'Arabi à Kafr-el-Douar, et il y à de nombreuses troupes à Tel-el- Kébir.; Le gouverneur du Soudan égyptien a délégué un officier au Khédive, pour témoigner de sa fidélité et de celle des officiers et soldats qu\u2019il commande., Alexandrie, 24 août.Plusieurs centaines de Bédouins sont entrés à Ramleh et ont pillé des maisons ;les avant-postes ont échangé avec eux des coups de fusil ; les Ecossais les ont chassés ; ils ont tué un homme et ont fait 4 prisonniers.La garnison de Meks a été renforcée, de peur d\u2019une attaque venant du côté de Tripoli.On remarque du mouvement du côté du camp d\u2019Arabi.Du côté de la haute Egypte, on soufre des fortes impositions qu'on paye à Arabi.i On regrette de n'avoir pas assez d'artillerie de campagne, et de n'avoir pas de ballons pour observer mouvements de l'ennemi.Arabi travaille à étendre ses retranchements à T'el-el-Kébir.Un espion à été capturé par les Anglais.Le général Wolseley est à Nefiche avec de la cavalerie, et il se propose de s'avancer à l\u2019intérieur.On a vu 3 000 cavaliers bédouins aux environs de Kantara.44 transports sont maintenant dans le lac Timsah, près d'Ismailia ; le canal d\u2019eau douce a été coupé ; 10 000 hommes ont déjà débarqué, et le mouvement a déjà commencé pour la ca- vaierie et pour l'artillerie de marine.Plusieurs officiers d'Arabi font leur soumision au Khédive.De Suez on va lancer des troupes du côté du Caire, par l\u2019ancienne voie ferrée.Les indigènes s'éloignent de nouveau de Port-Saïd, à la suite de l'oxé- cution de deux arabes qui ont refusé de faire connaître un chemin.les Alexandrie, 25 août.L'ennemi se retranche à Héliopolis, non loin du Caire.6 officiers qui se sont rendus au général Wolseley sont arrivés à Alexandrie.Le Nautilus n'a pas enéore obtenu la liberté des 13 prisonniers autrichiens.Il y a eu jeudi une rencontre entre 2 500 Anglais et 10000 Egyptiens, entre Magnar et Mahatta ; les Anglais ont perdu 5 hoinmes et ont eu 14 blessés ; ils ont capturé 5 canons Krupp et 75 wagons de chemin de fer, avec des provisions et des carabines.Les ennemis élèvent des retranchements entre le chemin de fer et le lac Maréotis.Au sud du lac, on remarque un nouveau camp, qu\u2019on suppose formé de troupes venues de Tripoli.Le Caire est tranquille.On dit que le gouverneur de la citadelle est prêt à la remettre au Khédive.Une dépêche de Port-Saïd dit que Damiette est occupé par les Anglais.Alexandrie, 27 août.Les autrichiens du Nautilis qui avaient été emprisonnés à Aboukir ont été libérés, et-viennent d'arriver à Alexandrie.Des marchands tunisiens échappés de Kafreldouar disent que le pays fatiœué désire la paix.2 000 Albaniens sont enrôlés pour servir en Egypte.Du côté de Suez, les Bédouins sont menaçants.La côte égyptienne est bloquée.Riaz-Pacha, chargé de former un ministère, demande la suppression de la Chambre des Notables.La garnison d\u2019Aboukir travaille à des retranchements.On a arrêté les indigènes qui, le 11 juillet, ont tué les marchands Richardson et Dobson, et trois autres personnes.Deux gros canons placés sur la rive gauche du canal Mahmoudieh ont lancé une vingtaine de bombes sur les retranchements ennemis ; ceux-ci ont faiblement répondu.Dimanche soir, le navire cuirassé Minautaur a bombardé les forts d\u2019Abonkir ; l'ennemi a répondu faiblement.Le général Wolseley a reçu plusieurs officiers déserteurs d\u2019Arabi.Les Bédouins ont tenté de s\u2019approcher des forts de Meks, mais ils ont été répoussés.Un espion d'Arabi capturé et torturé par les Egyptiens fidèles au Khédive, dit qu\u2019Arabi n'a qu'un régiment d'artillerie, 2000 chevaux, et un simple front d'infanterie.On a constaté que des signaux ont été échangés avec Arabi pendant les nuits précédentes ; on ne sait par qui.Ismailia, 27 août.Au combat de jeudi dernier, on estime à 400 hommes la perte de l'ennemi; le général Wolseley a conrn des dangers.Des renforts sont arrivés lanuit ; mais le lendemain matin l\u2019ennemi s'était retiré.Les troupes anglaises ont occupé Ramsès ot Birket sans grande résistance.Ou a arrêté 8 hommes habillés en paysans mais bien armés.On souffre beautoup de la chaleur.L'occupation de Ramsès a permis de rétablir les berges du Canal et la voie du chemin de fer.Vendredi, les Anglais ont perdu beaucoup de chevaux et de mules, plus 50 hommes tués ou blessés.La position de l'ennemi à Tel-el- Kébir est très forte.La garnison arabe de Ghémileh a été renforcée, et l'on fait des travaux: M.de Lesseps qui demeure à Port- Said, pense que l'Angleterre rencontrera de grandes difficultés, et que la présente guerre rappellera à plus d\u2019rn titre l'expédition française an Mexique en 1863.Alexandrie, 28 août.Pendant la nuit dernière, Kafreldouar a été considérablement renforcé.Sultan-Pacha, Fuad-l'acha et 12 officiers partent aujourd\u2019hui avec le général Wolseley, nommé commissaire du Khédive, pour éclairer les populations sur le but de l'éxpédi- tion.Les Bédouins continuent à harceler les habitants de Meks ; ils ont formé un camp sur la rive opposée du lac Maréotis.Mahmoud Fehmy, ingénieur et conseiller militaire d\u2019Arabi, se trouve parmi les prisonniers des derniers combats, il y a aussi un officier d\u2019artillerie qui parle couramment l\u2019anglais.Ismailia, 28 août.Les troupes s'avancent vers Tel- el-Kébir.On a dû prohiber l'eau du lac Maxama, à cause du grand nombre de cadavres de chevaux'et d'hommes qui s'y trouvent depuis les récents combats.Le gouverneur du district entre Suakin et la Massourah a envoyé un officier faire acte de soumission au Khédive.On fait de grands éloges des services rendus par le major Tulloch, qui se tient toujonrs aux avant- poste.5 officiers échappés du camp d\u2019Arabi ont été bien reçus par le Khédive.5 transport venant de Bombay ont débarqué des troupes.\u2014\u2014-\u2014- \u2014 .ASIE INDE \u2014\u2014 Calcutta, 28 août.Des troubles ont éclaté à Salem (Madras) entre les Hindous et les Mahométans ; les premiers ont exercé des atrocités contre les mahométans, qui sont en minorité.150 Hindous et et 3 mahométans ont été arrêtés, On apprend de Hong-Kong, qu\u2019un missionnaire français nommé Courank a été horriblement maltraité par des fanatiques.JAPON Yokohama, 11 août.L'empereur souffre d\u2019une maladie qui a les caractères de l\u2019hydropisie et du rhumatisme aigu.Des inondations ont désolé les provinces intérieures du Japon ; il y a eu des victimes.Le AMERIQUE De Panama, on apprend que 15 hommes ont péri dans un éboulement de mine.Les récoltes sont faibles dans les républiques de Salvador, d\u2019Honduras et de Nicaragua.La fièvre jaune décroît à Matamoras ; il y a eu 4 décès le 26 août.Le JOURNAL DES CAMPAGNES mème jour, il y aeua Brownsville 50 cas nouveaux et 3 décès.À Bostor, de nouveaux désordres se sont produits par suite de l'attaque des grévistes contre les italiens travaillant ; on redoute de nouveaux troubles lundi.\u2014\u2014\u2014 .Petites nosvelles UN SAUT DANGEREUX.\u2014Ltndi soir, un militaire de la balbrie A,nounmé Burns, craignant nue punition pour s'être mis en état d\u2019ivresse, « voulu s'échapper de la citadelle en sautant en bas du mur.Il s\u2019est fait des blessures tellement graves dan sa chule que sa vie est en danger.Burns est marié et père d\u2019un Jeune enfant.TERRIBLE ACCIDENT \u2014Lundi malin, un échafaud sur lequel étaient trois ouvriers, occupés à travailler à la maison de M.Gaboury, près de l\u2019église St-Jean- Baptiste, a cédé sous leur poids, et les trois ouvriers onl élé jetés dans la cave d\u2019une hauteur de 40 pieds.ls se nomment Bédard Verret el Bélanger, lous trois ont recn des blessures graves.La vie de Bédard est en danger.LES RIVIÈRES\u2014La crue des eaux de la Gatineau,et de l\u2019OUawa,n'est encore rien comparée à celle du Saint-Maurice.On dit que le niveau de cette rivière s\u2019est élevé de six pieds.Le courant est tellement rapide, que les hommes employés aux estacades sont dans l'impossibilité de préparer les radeaux, et qu\u2019on a dû, en conséquence, discontinuer les travaux.ACCIDENT.\u2014 Vers deux heu res, vendredi matin, le propulseur « Lake Ontario » venait de passer la septième écluse du canal lorque le steamer « Prince Arthur» de la ligne américaine brisa les portes inférieures de cette écluse avant que celles du haut fussent fermées, en laissant par ià passer tout le volume de l\u2019eau qui coule d'une distance de six milles.L'eau se précipita avec violence et brisa trois portes de l\u2019écluse.Un grand nombre d'ouvriers sont actuelle- occupés à réparer les dommages.Il est probable que la navigation sera arrêtée pendant trois ou quatre jours.Les vapeurs et les berges qui arrivent de l\u2019Ouest resteront à l'entrée du canal pour attendre que les réparations soient terminées.Un bon nombre de terres aux environs ont été submergées par l'eau qui s\u2019est élevée de toutes parts sur une étendue considérable du canal.1e canal est aujourd\u2019hui réparé.EFFETS DE L\u2019INTEMPÉRANCE\u2014 On écrit de Sherbrooke que le nommé Joseph Nildger, d'Ascot, a été trouvé mort dans sa maison mardi matin.D'après l'enquête, il paraît que le malheureux a succombé à l'abus des liqueurs alcooliques.Après avoir travaillé durant toute la journée de lundi à lu fanaison, le soir il commença à boire avec quelques camarades.On vida bouteille sur bouteille jusqu'à ce que les trois amis de Bacchus roulèrent sous la table.C'est à la suite de cette orgie que la femme Nildger a trouvé mort son mari, père de cinq enfants.HRIGANDAGE.\u2014Une dépêche du Globe, Arizona, donne les détails suivants sur un meurtre et un vol commis dimanche dernier : * Andy Mall, messager de Wells, Fargo et Cie, a élé tué dimanche matin par des voleurs de dilligences, qui lui ont enievé 85 000.On n\u2019a vu que deux de ces bandits.lls avaient construit le long de ia route une espèce de parapet, de derrière lequel ils ont ouvert le feu, dès que l\u2019express a été à portée.Hall a reçu huit bailes dans le corps, toutes par devant.Son cadavre, dont la main serrait un révolver déchargé, a été trouvé i 10 milles de I'endroit de Vattaque.ll avait franchi toute cette distance en poursuivant seul les bandits.\u201d LA FIÈVRE JAUNE.\u2014Le chirurgien géné ral Hamilton, du service des hôpitaux de lu.marine, est informé de Gorpus Christi, Texas, par le chirurgien Spohn, que la ville de Corpus Christi, les deux villes de Laredo, et toutes les localités le long de la ligne du chemin de fer Texas and Mexican, entre Corpus Christi et Laredo, ont établi une quarantaine ri- gourcuse contre Brownsville el Malamoros.Par suite de cette mesure, Brownsville est entièrement isolée par terrc du reste de l'état du l'exas.Ces jours derniers le leu a détruit l'hôpilal d\u2019Arausas Pass, et les maiades sont maintenant sans abri.Beaucoup de fngitifs de Brownsville se sout réfugiés dans les diverses slations de quarantaine installées au delà d\u2019Arausas Pass, et le chirurgien Spolin réclame pour eux des tentes, des provisions et des médicaments.Du ler au 19 aon, il y a eu d Browns: ville 288 cas de lièvre jaune et 23 décès.LE rorr.\u2014Quoiqu\u2019en disent quelques journaux, la lotte d'automne ne seignë re plus nombrense que celle dn printemps.Les prix des frets sont bons, c'est vrat ; mais ils sont les mêmes partout.Les armateurs n'ont que l'embarras du du choix.On peut done presumer que les bâtiments ne se dirigeront pas plus de préférence à Québec qu'ailleurs.IL y en aura sur tous les points du contineut et peut-être, malheureusement, sera-ce le petit nombre dans notre port.Dans tous les cas, les avrimeurs et plusieurs personnes intéressées dans la marine, ne se font d'illusions eb penseut à peu près comme nous sur ce sujet.MAUITIME\u2014Le nombre de bâtimeuts enlrés dans le port, depuis l'ouverlure de la navigation, est de 352.Pendant la méme période, 3k6 ont été acquilés, laissant actuellement dans le port 36 navires.\u2014Depuis l\u2019ouverture de la navigation, 92 bâtiments ont obtenu des licences our faire le cabotage et 1,545 bateaux à vapeur el goélettes, sont arrivés dans le port pour l\u2019approvisionnement des marchés.\u2014Le steamer « Oller » est arrivé de Paspébiac.\u2014On a déchargé la cargaison de la barque « Algiers.» Les pompes sont maintenant à l\u2019œuvre et on espère que le bâtiment sera remis à flot le 31 du présent mois, \u2014La barque « Lindo,» échouée à Matane, sera probablement renilouée aux prochaines hautes marées, LA VALLÉE DU LAC QU'APPELLE\u2014Cette vallée qui a une profondeur de 250 pieds, varie en largeur de | à 2 milles et est presque toute en culture.50 à 60 familles de métis y résident et se livrent à la culture, Quelques-nns de ces culti- valeurs sont à l'aise.On y devient riche en peu d'années.Le Rvd Père St-Ger- main, O.M.L.disait dernièrement qu\u2019il serait très lieureux de voir les canadiens de la Province de Québec s'établir dans la vallée Qu\u2019appelle.Depuis plusieurs semaines, on y mange des pommes de terre, des carottes, des concombres, des melons etc; tout comme à Québec.Les grains sont aujourd\u2019hui murs le rendement sera considérable.Un jeune homme peut s'établir là avec $1,000 ou 81,200 et se mettre à l'aise dans 2 ou 3 ans, et avec l\u2019ouvrage continuel qu'offre le chemin de fer, il?peut avec 400 ou 500 dollars, s'établir dans ces régions avec avantage, pourvu\u2018qu'il ait une bonne dose de courage et de vo- onté.FABRIQUE DE SUCRE\u2014La fabrique de sucre de Berthier a été vendue hier par encan, pour la somme de $76,000.Les adjudicataires sont MM.J.Grenier, À.Masson, Lafrenière, St-Onge, A.Prévost, Tranchemontagne et Bessette.ONGUENT ET PILULES DE HOLLOWAY.\u2014 \u201c Maladies des Intestins.\"\u2014Un remède, qui a fait ses preuves de mille manières différentes, et pouvant enlever la souillure du poison sur les ulcères el les guérir radicalement, mérite qu\u2019on fasse l'essai de sa valeur pour guérir les maladies d\u2019intestins.l£n mettant des applications répétés d\u2019onguent de Hotloway sur l'akbdomen,une éruption se produit, et à mesure qu\u2019elle s\u2019épaissit l\u2019ivri- tabilité alvine disparaît.Agissant comme dérivatil, cet onguent, attire à la surface toute l'Âcreté des intestins, empêche l'inflamation, et la dysenterie, pour la guérison desquelles on employait l'ancien système des vésicaloires, mais que l'on abandonne aujourd\u2019hui parce qu\u2019il cause trop de souffrances.L'onguent et les pilules de Holloway ont été reconnus comme ayant des pouvoirs également dérivatifs, et cependant il ne cause pas de souffrances.TROIS NAUFRaGES\u2014La goélette \u2018 Virginis \u201d a sombré ces jours derniers pendant un ouragan, 5 matolots ont péri près de St-Jean, Terrenouve.La goélette * Elize, \u201d employée pour le service du phare de Miquelon, a fait naufrage samedi soir à la Pointe Platte.On ignore si l\u2019équipage a péri ou non.Le même soir la goéletle \u201c Emily 11 Re Jane, \u201d portant une cargaison de mo- rites, à anssi fait naufrage à Lamiline.L'équipage à eu la vie sauve.A ST haymoNn.\u2014La paroisse de SL Raymond progresse à var d'œil.On y construit à différents eudroits de ma- guiliques maisons pôu\u201c recvvoir les touristes.\u2018Tout aupres ue 1a station, M.André Labreeque a élab:i nue maison de pension des plus confortables.Dans quelques semaines il anva terminé la construction d'une grande maison, ce qui lui permettra d'avoir vingt chambres garnies à la disposition des voyageurs.Le fils d\u2019un cultivateur de St-Raymonud, M.Phidime Beaupré, exerce depuis quelque temps une industrie qui promet de lui rapporter certains profits, Mettant à profit des talents naturels, il taille avec beaucoup de goût des pipes en bois auxquelles il donne différentes lovmes, telles que ressemblances de chien, ours, poisson, tortue, etc, cle, et qui par leur couleur imitent les pipes de mers- cham, M.Beaupre exhibera ses pipes à l'exposition prochaine à Montréal.Il en à déjà vendu jusqu'à S12 pièce à des amateurs, clil en une entre autres qu\u2019il évalue à 815.00.ACCIDENT \u2014 Vendredi dersies, un ci loyen de liévis, conductenr de convoi sur I'Intercolonial; M.John Huppé était victime d'un pénible accident.11 dipi- geail, à Saint Charles, le convoi qui transporte lous les malériaux nécessaires pour la construction de l\u2019'embranchement, lorsque tout à coup un char, qui a Clé renversé par l\u2019inégatité de la voie, l'a frappé sur la jambe droite.Il n'y a pas eu fracture mais mutilation, \u2014\u2014\u2014 me.© Le + Roi Tin \u201d parle Du Maine au Manitoba, de St Jean à la Colombie britannique, M.Thomas W.McDonald, le \u201c roi Tin \u201d de la Puissance, dont les grands ateliers sont aux numéros compris entre 153 et 157 Rue Queen, Toronto,dans un édifice solide en brique, est counu ct respecté partout.M.MeDo- nald parle comme suit de son expérience au sujet de l'huile St-Jacob : Je suis heureux de pouvoir donner mon témoignage écrit au sujet des mérites incontestables du grand remède pour le sou- Ingement de la douleur, l\u2019huile St-Jacob.Pendant plusieurs années j'ai beaucoup souffert d\u2019un mal à une jambe ; en vain je suivis les prescriptions de plusieurs médecins.En désespoir de cause j'essayai l'huile St-Jacob, le grand remède allemand, et, à ma grande joie, avant que la première bouteille fut épuisée, j'étais complètement guéri.Espérant que l'huile St-Jacob recevra le bon accueil qu'elle mérite, je termine en renouvellement mon affirmation de ses bonnes qualités.Tr DECES Samedi matin, i St-Philippe de Néri, à l'âge de 15 ans, dix mois et neuf jours, Dile Mary, Anny Soucy, lîllo du Jos.Soucy, Ecr, marchand, que nos regrets accompagneront toujours, a laissé In terre après une maladie de vingt-deux jours, soulTerte avec vno résignation angélique.Pendant tout le cours da cetto pénible maladie, jamais la plus légère plainte n'est sortic do ses lèvres : toujours souriante, colle semblait encourager deo son doux regard sa panvre mètre éplorée, dont la tendresse et l'amour faisait pressentir à son cœur maternel l'époque fatale qui devait lui enlever pour toujours co trésor si chéri qui semblait lié à sa propre existonce.À l'heure suprême des derniers adieux ; au moment où elle rendit lo dernier soupir, sur sa figure respirait une céleste béatitudo.ét un doux sourire resta empreint sur ses lèvres, comme pour dire à sa famille éplorée : Ne pleurez point, muis au contraire réjouissez-vous.A toutes les jeunes personnes nous demandonsun le profun- dis.0: LANMES D'UNE MÈRS.\u2018 O triste mort, mort impitoyable ! ! Toi que rien n\u2019arrêto, encore uno victime ! ! ! Quand donc, destructeur implacable ?Aux larmes d'une more, seras-tu sensible ?Comme le papillon qui Inisse sa coque, d\u2019un effort divin, colle a déchiré les tions qui\u201d la rete- naiont captive sur colte tergo d'oxil, Ello à pris son essor vers ln cité céleste, notre vraio patrie, l'empire de la félicité.Et.maintenant que fait-elle ?.\u2026\u2026lcoutons.\u2026.Qu'ost-co\u2026.\u2026\u2026.C'ost le ciel en triomphe, co sont les chants d'allégresse (es jounes viorges accournes Ada rencontre de leur potito sœur qui, lo front cofnt d'uno couronne ornéo dès porles si préciouses d'innocence et do chasteté, vertus qu'elle a pratiquées dans le trop court séjour qu'ollo n passé parmi nous, O Bienhoureuse petite, toi qui jouis d'un bonheur Inconcevable, à tout mortel.ponse à nous, el pense à Loutes tes amies «d'ici-bas, Nous, nous pensons à toi.RD 12 JOURNAL DES CAMPAGNES HULE S'IACQ n Ww, .a.MQUE DU 000 wy, 0° 22 +E = Sb A UF 5, 31 ui Apel Bi X Sd 4 - at REMEDE et AND POUR RHUMA ISME, Lan Névralgie, \u201cétatique mbucocle Mui de Reins, Douleurs dde Cistomanc, la Goutte, l'Esquieincie, Tnthimntation du Gosier, Entlures et Foulures, Brûlures, Echaudermnents, Douleurs générale du Corps, et pour le Mal de Dents, d'Orcilles, pour l'ices et Oreilles Glacës, et pour toutes autres Douleurs et Maux.Antcune préparation sur lu terre est cale à l'Huile $1 Juäcob comme remède externe sain, cerlain, sinple et bou marché.L'essni coûte peu, seulement la pelile somme de 50 cents, et tous veux souffrants de douleurs peuvent avoir une preuve positif du rnérite que cette médécine réchime.Les directions sont publiées dans naze janggues différentes, mam Vendue Par Tous Jos Broguistes Lt Commorennis Do Medecines.A.VOGELER & CIE, Baltimore, Md., U.8.À.Québec, 10 septembre 1881\u2014! an.P +2 rertee Mœurs de Bruxelles central Un drame terrible, et qui est certainement appelé à avoir un douloureux retentissement, s\u2019est produit en pleine rue, vers neuf heures et demie du matin, au bonlevard Anspach, près des bureaux de l\u2019Europe.à l'angle de la rue des Teinturiers.Un médecin bien connu à Bruxelles, M.César de Peepe, a tiré cinq coups de revolver sur.un rédacteur de l'Europe, M.Duverger.M.De Pæpe est arrivé un peu avant neuf heures aux bureaux de l\u2019Europe, où l'on s'occupe d'installer dans Ja salle des dépêches une machine système Marinoni.Il a causé quelques instants, d'un ton très calme, avec M.Francq, directeur du journal, et avec le constructeur de la machine.Etant monté ensuite dans les bureaux, .il sortit bientôt après avec Duverger,, À qui il avait à parler, disait-il/.+., Une courte mais violente discussion s'engagea de suite entre ces deux hommes.Sur quoi a porté cet entretien qui paraissait fort animé ?Nous ne le savons pas au juste, et c\u2019est à la justice à éclaircir ce mystère.Toujours est-il que M.Duverger, voyant que son interlocuteur s'emportait de plus en plus et perdait absolument la tête, jugea bon de ne pas prolonger une discussion élevée à un pareil diapason.Il tourna les talons, et se mit en mesure d'échapper à M.De P:cpe.; Celui-ci lira aussitôt un revolver de sa poche et fit fen\u2026 La balle attei- nit légèrement M.Duverger à oreille gauche ; elle alla s'enfoncer dans la façade d\u2019un magasin voisin, où l'on aperçoit encore la trace du projectile.; Un deuxième coup de feu partit, M.Duverger fat atteint dans le dos, la balle traversa le corps,et vint sortir au-dessous du côté droit.Troisième coup de feu, portant cette fois en pleine poitrine, M.Duverger s'étant retourné en battant l'air des bras, tournant sur lui-même.Enfin, un quatrième coup atteignit la victime | b au côté gauche, au-dessus du cœur.M.Duverger s'affaissa.Duverger est gravement atteint.On l'a transporté dans un petit café voisin, où il a mandé un de ses colle- gues de l\u2019Zwrope, à qui il a fait à voix basse quelques recommandations et a remis les clefs de son appartement, d'après ce que l\u2019on nous assure.Quant à M.De Pæpe, il s'est laissé arrêter par les passants et para police, à qui il a remis son arme en disant ces mois significatifs : ,Il m\u2019a ravi mon honneur; je suis vengé.\" Tout Bruxelles s'occupe de cette affaire, qui fait un bruit énorme.me \u2014\u2014\u2014 Tout le monde dans la Puissance du Canada y est intéressé Voici encore quelques noms des centaines des principaux citoyens du Canada qui ont êté guéris du catarrhe, de la bronchite, de l'asthme et des affections des poumons par le spiromètre du Dr Souvielle, qui porte les propriétés médecinales directement au siège de la maladie.Lisez et jugez par vous-mêmes : « Plusieurs membres de ma famille et de mes amis ont été guéris de la bronchite, de l'asthme et du catarrhe par l'usage du spiromètre.\u201d John P.Whelan gérant du Post and True Witness, Montréal.M.DeBoucherville, au département des sauvages, Ottawa, catarrhe de plusieurs années maintenant guéri.M.Geo.Ager, Ottawa, catarrhe et maladie des poumons, guéri.Mme Smith, London, épouse du détective médical, guéri d'un catarrhe.Geo.Maguire, Toronto, 482, rue Adelaide ouest, sn fille guérie de l'asthme.Geo.Willis, Exeter, Ont., catarrhe et bronchite.J.D.Armstrong, 186 rue Young, Toronto catarrhe et surdité résultant du catarrhe éris.Thomas Telfer, 13 rue Melinda, Toronto asthme guéri.; N, Benj.A.Drake, rue St-Urbain, Montréal, souffrant depuis nombre d'années de la bronchite et de l'asthme, est maintenant guéri.Aussi la guérison non moins surprenante de Madame Benoit, 114, rue Cathédrale, fille de M.David Perrault,qui souffrait de l'asthme et de la bronchite, depuis au-delà de 8 ans, et qui est maintenant complètement guérie.Mad.Adamson, de Belleville, guérie de la bronchite, et sa sœur guérie d\u2019une bronchite et d'une aflection des poumons, Je n\u2019hésite pas à dire que le spiromètre du Dr Souvielle guérira le catarrhe et la bronchite, John C.Fleming, éditeur du Post and True Witness.Ce qui précède est suffisant pour convaincre le public des mérites du spiromètre.L'instrument sera expédié à n\u2019importe quelle adresse.Venez ou écrivez, en envoyant un timbre à M.Souvielle, ex-aide chirurgien de l\u2019armée française, 13, Carré Phillipe, Montréal, Les médecins et les malades peuvent en faire l'essai gratis.13 juillet 1582-lan-5R \u2014_ \u2014< \u201cFAITS DIVERS MORT SUBITE\u2014M.lédouard Bacon, qui résidait depuis quelques années à Manchester, 12.-U.a été trouvé mort dans son lit le lundi 23 août courant, à St- Pierre de Montmagny, où il était allé visiter ses parents.ll a succombé à une maladie de cœur.M.Bacon a enseigné plusicurs années à Maria, comié de Bonaventure.Il laisse une femme et un enfanl.TEMPETE DE GRELE\u2014En différents endroits des cantons de l'Est, les grains ont un peu souffert de la tempête de grêle qui a éclaté la semaine dernière.Ii est tombé des grêlous de la grosseur d\u2019un œuf de poule.C\u2019est plus que décourageant pour les eultiv voyaient depuis jours la pluie tomber par torrents et presque sans interruption.Les chemins n\u2019étaient plus que de véritables marais.Les rivières avaient grossi considérablement et quelques-unes avaient mème débordé.Le chemin de fer Intercolonia\u2019 .été inondé.Près de Spring Hill un convoi s'est trouvé emprisoine pendant huit heures ne pouvant ni avancer, ni reculer, l\u2019eau lui fermant le passage à chaque extrémité COMMERCE DE CHEVAUX \u2014Les commerçants parcourent les paroisses le long du chemin de fer Iutercolonial et achètent tous les chevaux que les cultivateurs souhaitent vendre.Les prix d\u2019achat varient de $60 à 8180.Ceschevaux ne sont pas tous destinés au marché américain, un certain nombre sont envoyés à Montréal où la demande est onne.ACCIDENT FATAL\u2014Un nommé Joseph Raymond, employé sur le chemin de fer du Nord, a été tué, jendi matin, en accouplant des chars à la gare des Trois- Rivièresvx visirEun.\u2014bes dépèches de New- York nous apprennent qne le capitaine Is.M.Shaw, chef de la brigade du feu de Loudres, est arrivé aux Etats Unis avant hier.Il assistera à la convention des poinpiers à Cincinnali etil se propose de visiter, s\u2019il en a le temps, les principales villes du Canada afin d\u2019étu dier lenr organisation contre les incendies.11 dit que Londres n'a pas une brigade pourvue suffisamment et qu'elle n'est pas assez nombreuse en hommes.LES FONTS DE LEVIS.\u2014Le gouvernement fédéral fait réparer en ce moment les forts de Lévis.PALAIS DE JUSTICE \u2014Le gouvernemen provincial a ordonné des réparations à différents palais de justice.En certains endroils notamment à Montmagny età Rimouski, les travaux sont commencés.L'intérieur de ces édifices sera peinturé àneuf.On y fera aussi d'autres améliorations importantes.PROGRÈs.\u2014A Fraserville, la construe- tion du palais de justice se fait rapidement.Encore quelques mois, et cette ville comptera un joli édifice de plus.Nous pourrions même dire deux, car le pavillon des patineurs que l'on construit actuellement sera alors terminé.Cette bâtisse aura cent pieds de diamètre.MORT SUBITE.\u2014Mlle Marie Louise Coté, fille de M.Edouard Côté, maître-charre- tier, est morte subitement à l\u2019âge de 25 ans.La mort a été causée par la maladie de cœur.INCENDIE \u2014 Vendredi vers neuf heures, la brigade était appelé pour un incendie qui venait de se déclarer dans une goélelte chargée de bois et amarrée dans les estacades de Blais.Le feu a été éteint sans trop de difficultés.Une nouvelle alarme a rappelé la brigade an même endroit cette nuit.Le feu avait repris avec plus de force que jamais, et il a fallu l\u2019aide de la pompe à vapeur pour en avoir raison.Les dommages sont considérables ; on les évalue à 820.000.Les agents i Québec pour la cargaisnn élaient : MM.Ross et Cie ; M.Lnipt est le capitaine.UN NOUVEAU BALLON.\u2014M.Jos.L'Etoile, du département de l\u2019Intérieur, à Ottawa, a donné au Congrès Scientifique, à Montréal la description d'un ballon supposé.qui serait construit et fonctionnerait comme suit : Ce ballon aurail la forme d\u2019un poisson avec une hélice à un bout et un gouvernail à l'autre.Le secret de la direction des ballons consiste à pouvoir monter sans jeter de lest et à pouvoir descendre sans perdre de gaz.Ordinairement le col du ballon est toujours ouvert et lorsque le gaz est dilaté par la chaleur du soleil, il s'échappe.Pour obvier à cela, la nacelle devrait être pourvue d\u2019une pompe qui enverrait cet excédent de gaz dans un réservoir.Le gouvernail en caoutchouc peut faire gagner de 10 à 30 degrés contre le vent.Il est inutile de chercher à faire plus, car les courants atmosphériques changent aux différentes haüteurs, RAPATRIEMENT.\u2014 Le mouvement de rapatrièment ne se borne pas à la province de Québec; voilà qu\u2019il s\u2019étend aux autres provinces, et particulièrement aux provinces maritimes, comme l'attestent nos échanges.Le « News » de St-Jean, N.-B, dit que, depuis le 1er juillet, il arrive dans cette ville par les bateaux américains, une moyenne de 270 rapatriés par semaine, ou plus de 1 000 par mois.Le « Herald» d\u2019Halifax compte que, pour le semaine dernière seulement, il est arrivé, par quatre steamers venant de Boston, 390 personnes, dont 205 ont débarqué à Annapolis, 155 à Yarmouth et 130 à Halifax.Les chemins de fer en amènent aussi tous les jours.ACCIDENT FATAL\u2014Un pénible accident est arrivé, mardi, à la filature de coton de Valleyfield.On construit une autre aile pour agrandir l'établissement, et plusieurs colonnes de fer sur lesquelles on plaçait de lourdes solives avaient été érigées à peu de distance l\u2019une de l\u2019autre.Tout à coup, la dernière, que l\u2019on n\u2019avait pas encore mise en place tout à fait, tomba sur la suivante, qui, à son tour tomba sur l'autre, et il en résulta un effondrement complet de tout le lourd échafaudage.Deux hommes qui se trouvaient au- dessous furent ensevelis sous les matériaux.L\u2019un, nommé Moreau, fut retiré mort ; il avait le crâne fracturé.L'autre, du nom de Sarrazin, avait les reins rompus, mais vivait encore.Les médecins n\u2019ont cependant aucun espoir de le sauver.- Si l\u2019accident était arrivé quelques minutes plus tôt, la perte de vies aurait été beaucoup plus grande, car plusieurs des hommes venaient de quitter leur travail.UN MATELAS DE SAUVETAGE.\u2014Samedi dernier, à Détroit, on a fait l\u2019essai d\u2019un matelas de sauvetage destiné aux cabines des bateaux à vapeur.Le matelas est élastique et flotte sur l\u2019eau comme du liège.Afin d'en mieux constater la valeur, on la surchargé avec du plomb, etc, et on l\u2019a tenu au fond de l\u2019eau pendant une demi-heure, après quoi on l\u2019a ramené à la surface.Une personne de poids de 200 livres s\u2019y est ensuite placée, et s'est promenée dans le port.Le capitaine Westcoit, inventeur de \u2018ce matelas, a été pendant plus de quatre heures sur le matelas, Mant de côté et d'autre sur l\u2019eau sans que ses habits fussent mêmes mouillés.On considère ce matelas comnie offrant plus de sûreté qu\u2019une chaloupe dans une tempête.* CHANGEMENTS ECCLÉSIASTIQUES.\u2014 Plusieurs changements ecclésiastiques vont avoir lieu prochainement.Nous en donnerons la liste officielle en temps et lieu.>>> \u2014 Le Renovateur des cheveux, de Est un compost scientifique renfermant H len plus puissants agents réparateurs du règne végétal.!! rend nux cheveux gris leur conleur primitive, et nettoie le cuir chevelu.D guérit 1-4 pellleules ct arrdte la châte des che veux.JI fournit à la chevelure les principes nutritifs nécessaires à son développement, la rend brillante et douce ct il cst mans dgal pour la coiffure.C'est In préparation la plus économique qui nit jemuis été offerte au public, car son effet cat de longue durée, ct ne nécessite qu'une Des médecine éminents le recommandent, #1 est même officielle application de temps a autrement approuvé par l'Essayeür de l'Etat du Massachunctts.La popularité du Renovateur des Oheveux, de Hall (\u2018 HALL's Hair RENEWER\"), s'est accrue, par unc épreuve de plusiours années, dans le pays ct à l'étranger, ct cette composition cat: connue ct employée actuellement \"par toutes les nations civilinées de la terro.Préparé par R.P, Hall et Cle i Nashua, N.H., E.U.En vente choz tous lee Pharmiäel iacione.Repos et confort pour les malades LA PANACER DES FANILLES DE BROWN \u2018N\u2019a pas d'égale pour guérir les douleurs internes et externes.Elle guérit les dou leurs dans le côté, le dos ou les instes- tins, le mal de gorge, le rhumatisme, le mal de dents, le mal de reins etc, etc Elle purifiera le sang promptement car son action est puissante La panacée domestique de Brown, est reconnue comme le meilleur:remède, possédant double force d'aucun autre élixir ou liniment dans le monde et devrait se trouver dans toutes les familles afin de l\u2019avoir sous la main en tout temps, car c\u2019est le meilleur .remède dans le monde pour les crampes dans l\u2019estomac et douleurs de toutes sortes.En vente chez tous les pharmaciens à 25 cts la bouteille.Mères! Mères ! Mères ?Etes-vous troublées la nuitet tenues éveillées par les souffrances et les gémissements d\u2019nn enfant qui fait ses dents?S'il en est ainsi, allez chercher tout de suite une bouteille du Srnor CALMANT DE Mur WinsLow.Il soulagera immédiatement le pauvre petit malade\u2014 cela est certain et ne saurait faire le moindre doute.Il n'y a pas une mère au monde qui ayant usé de ce sirop, ne vous dira pas aussitôt qu\u2019il met en ordre les intestins, donne le repos à la mère, soulage enfant et lui rend la santé.Ses effets tiennent de la magie.Il est parfaitemen noffensif dans tous les cas, et agréable à prendre.ll est ordonné par un des anciens et des meilleurs médecins du sexo féminin aux Etats-Unis.En vente partout à 25 cents la bouteille.Québec, 28 janvier 1882-1 an Q \u2014\u2014 fe _. JO/\\RNAL DES CAMPAGNES 13 A Feuilisien du \u201c Journal des Campagnes.\u201d 31 AouT 1882.\u2014No 19 PUTANIÉ Par Mur Avoavstus CRAVEN.(Suite et fin.) \u201c Eh ! oui, l'avenir, ne comprenez- Vous pas que vous avez encore du bonheur à répandre et du bonheur à connaître ?Que la vie peut redevenir riche pour vous de joies et de devoirs ?Que vous pouvez être aimée, Eliane, tendrement et profondément aimée ?Que vous l'êtes\u2026 Que se dévouer à vous, vivre pour vous, ce serait le rêve passionné, d'un cœur digne peut-être du vôtre.\u201d Il s'arrêta au léger mouvement que fit Eliane, au regard troublé et incertain qu'elle jeta sur lui.\u201c De quoi me parlez-vous,Armand ?Vous gui saviez tout ce que je pensais longtemps avant que je me fusse accoutumée à penser tout haut devant vous, vous n\u2019allez pas me dire, je le suppose, comme Yves de Monléon, que je dois songer à me marier 2.et venir m\u2019énumérer les noms de ceux qui, m'ayant a peine entrevue, ou même sans me connaître, seraient prêts à m'offrir Jeur main ?\u2014Non certes !\u2026 Dieu me garde de vous parler de ceux-là !.\u2014De qui donc alors ?\u2026 Il se tut.Elle le regarda d'un air inquiet et effrayé qui n'avait point besoin de commentaires.Sans le savoir, elle lui avait répondy, et il l\u2019avait comprise.Par un violent effort, il recouvra le calme apparent, et le regard simple et loyal qu\u2019il rencontra dans celui de la jeune fille le rassura et le remit à l'aise.Après un assez long silence, il reprit : \u201c Je vous rappelle seulement que pour vous la vie n'est pas finie, et ue.Elle I'nterrompit avec impatience.\u201c Et que.oui, je sais, elle n\u2019a aucun but, n\u2019est-ce pas ?parce que je n'ai pas de vocation religieuse et que je ne veux pas me marier.Est-ce vous qui parlez ainei,.vous, Armand ?Je vous demanderai alors pourquoi vous ne vous mariez pas vous-même ?.\u201d Armand lui répondit simplement : \u201c Pourquoi ?\u2026 parce que j'ai fait, en ce monde, des rêves que je n'ai pas pu réaliser.\u2014Et si Je vous en disais autant, répondit-elle en le regardant sans baisser les yeux, mais sans pouvoir empêcher une vive rougeur de couvrir son visage et son front, faudrait- il me dire qu\u2019à cause de cela ma vie n'a plus de but ?Autant vaudrait vous le dire à vous-même.Vous secouez la tête, vous voulez me répondre que pour un homme le cas est bien différent.qu\u2019une femme ne peut vivre seule.qu'elle a besoin d\u2019appui.Je sais tout cela, ce sont des choses qui m'ont été répétées mille fois.Eh bien, Armand, écoutez- moi, et, de grâce, ne me démentez pas.Je crois, pour ma part, que si \u201c Par hasard (cela n\u2019est pas commun peut-être, mais pourquoi ne pas l'admettre par exception ?) je crois que si une femme, si une jeune fille \u2018à le cœur ainsi fait, qu\u2019elle ne puisse -pas le donner deux fois ; si, dans sa \u2018vie, une destinée s'est offerte à elle, u'\u2019elle eût partagée avec bonheur ; si en accepter ensuite une autre lui semble impossible.elle peut être singulière, elle n'est pas vile ou nulle pour cela, et tout n\u2019est pas fini pour elle dans la vie!.\u201d Armand ne songeait ni à la contredire ni à l'interrompre.Ælle poursuivit avec chaleur, et comme si elle était soulagée de pouvoir ainsi laisser déborder librement et sans contrainte son cœur trop rempli.\u201cTenez, Armand, en ce moment je prévois, j'envisage comme très possible la nécessité d\u2019aller vivre seule- Eh bien, en Ce cas, ce sera dans une habitation que je saurai choisir de manière à n'être ni tout à fait isoler ni tout à fait inutile La bonne Sylvestre me serait fidèle.Ma tante, en ce cas, ne me la disputerait pas.Cette jeunesse que je possède encore, et qu'on me jette à la tête comme un si grand obstacle,elle sera vite écoulée et il me restera, jusqu\u2019à la fin de ma vie, des amis qui me sont chers, des études qui me plaisent, les pauvres que je chéris, Dieu, enfin, qui est tout, et plus que tout ! Croyant bien, je ne serai ni seule ni malheureuse ! Quoi qu\u2019il en soit, c\u2019est là non mon rêve, mais mon choix délibéré et à moins que tout ne se transforme en moi ou autour de moi, mon choix est irrévocable, \u201d Armand, pâle, les lèvres serrées, les yeux baissés, l'avait écoutée avec attention, sans l'interrompre d\u2019un geste, d\u2019une parole ou d'un regard.Lorsqu'elle eut fini, il lui prit la main et il la baisa avec une émotion respectueuse : \u2018Et parmi les amis dont vous parlez, Eliane, je jure devant Dieu de demeurer digne de garder ma place jusqu\u2019au dernier jour de ma vie.\u201d\u2019 Le lendemain, à la même heure, Eliane était reçue à bras ouverts au château de Crécy, tandis que Malseigne retournait à Paris pour y attendre son ami, et lai apprendre, à son arrivée, la maladie et le rétablissement d\u2019BErsilia, dont la longue traversée de Raynald l'avait empêché d\u2019être instruit plus tôt.XXXII Raynald était revenu depuis près d\u2019une semaine, et la joie de son retour avait rendu à Ersilia toutes ses forces ainsi qu\u2019un éclat inusité.Une expression nouvelle transformait sa physionomie, et son mari put observer bientôt le grand changement survenu dans son caractère et et dans ses habitudes.Au lieu de longues heures d'oisivité ou d'\u2019efforts nonchalants pour tuer le temps, il la vit, avec surprise, l'employer avec activité et intelligence, travailler avec intérêt à des ouvrages qui n\u2019avaient aucune ressemblance avec sa tapisserie d\u2019autrefois, et lire pour son plaisir des livres qu\u2019il n'aurait jamais songé à proposer.Il la suivait des yeux avec surprise et en souriant, tandis qu\u2019elle le regardait à la dérobée et s\u2019apercevait alors, avec un mélange de plaisir enfantin et de chagrin jaloux, de l'effet des conseils d\u2019Eliane.* Je Ini ressemble un peu maintenant, voilà pourquoi je lui plais davantage, \u201d se disait-elle avec amertume.Son caractère éteit naturellement enclin à la jalousie, mais rien jusqu\u2019à ce jour ne l'avait excitée en elle.Jamais une parole, un regard de Raynald adressé à une autre femme n\u2019avait pu le faire naître.Toutefois, à l\u2019époque de leur rencontre à Rome, lorsque commençait à grandir en elle l'intérêt nouveau qu'il lui inepirait, elle avait éprouvé un instant une curiosité ardente de connaître le nom de celle qu'il aimait et qu'il avait\u2019 perdue, et qui pourtant n'éfait pas morte.Ces paroles de Raynald s'étaient alors gravées dans sa mémoire avec la ténacité d'une idée fixe, et pendant ces longues soirées d\u2019Ara- Cœli où elle parlait si peu, elle se demandait souvent s\u2019il l'aimait encore.Mais lorsque le soudain revira- ment de sa destinée l\u2019eut porté en un instant au comble du bonheur, et qu\u2019en l\u2019épousant, Raynald lui eut fait un sacrifice dont elle devinait confusément l'étendue, elle y vit pour elle-même une preuve d'amour si concluante que jamais ensuite aucune inquiétude jalouse n\u2019était venue assombrir son esprit.Jamaisjusqu'au jour où elle avait va Eliane tressaillir, comme Raynald et au même souvenir, et prononcer des paroles semblables à celles qui avaient retenti si longtemps dans sa mémoire !\u2026.Alors, avec cette pénétration et cette finesse qui, une fois réve:llée, existaient chez elle (comme chez beaucoup d'Italiennes) à un degré voisin de l'intuition, cette page obscure du passé s'éclaira tout d'un coup pour elle, et plus sa tendresse et son admiration pour Eliane avaient été vives, plus elle se sentit tout d\u2019un coup saisie d'inquiétude et de malaise à la pensée qu\u2019il pourrait la revoir.Dès son arrivée, Raynald avait parlé de leur prochain départ et du grand voyage qu\u2019ils allaient entreprendre ensemble.I! avait été satisfait de voir que cette perspective charmait Ersilia, et qu\u2019elle semblait hâter de ses vœux le jour où elle partirait avec lui,et s'en irait le plus loin possible du lien où elle so trouvait.Quoique un peu surpris de cette antipathie soudaine pour une demeure qu'elle avait trouvée à son arrivée si fort de son goût, il l'attribua au souvenir que sa maladie et la mort d'Assunta y avaient attaché, et n\u2019en fat que plus pressé d'accélérer les préparatifs de leur départ.Malseigne était pour le moment demeuré à Paris.Mais, à la grande joie de Raynald, il avait annoncé l'intention de partir avec eux, et de présider à leur établissement dans leur nouvelle et lointaine demeure.Raynald, pendant tous les préliminaires nécessaires avant une expatriation aussi longue, était obligé d'aller lui-même souvent à Paris.Mais jamais il ne s'absentait que pendant les heures de la matinée, Avant l'heure du dîner, il était de retour auprès de sa femme.Il lui était arrivé parfois, lorsqu'il revenait ainsi un peu plus tôt que de coutume et entrait sans être attendu, de trouver Ersilia retombée dans son attitude nonchalante d\u2019autrefois.Puis, lorsqu\u2019en l'apercevant, elle se levait vivement pour venir à sa rencontre, il remarquait qu\u2019une pâleur subite succédait à la rougeur causée par la surprise et la joie de le voir, et que ses grands yeux, plus brillants que jamais, étaient cependant creusés st agrandis.Sans doute ces symptômes indiquaient que sa convalescence se prolongeait encore, et que sa guérison n\u2019était pas aussi complète qu\u2019il l'avait cru à son arrivée.Ce fut là, du moins, la réponse du médecin,auquel Raynald communiqua ses craintes, et il ajouta que cet état n'avait rien d\u2019inquiétant et se prolongerait fort longtemps après une maladie aussi grave que celle dont Ersilia avait été atteinte.Toutefois, les accès de faiblesse de Ja jeune femme, au lieu de devenir plus rares, semblaient se rapprocher ; et lorsqu'un jour elle voulut pour la première fois, ouvrir le piano et chantor devant son mari, la voix lui manqua sur-le-champ, et elle dut s'arrêter, épuisée et haletante : \u201c C'est singulier, dit-elle,en venant se jeter dans un grand fauteuil, il y a trois semaines à peine, ma voix était belle, et j'ai chanté ici un jour tout aussi bien qu'autrefois.\u201d Elle se tut, et une ombre passa sur son visage tandis qu'elle se rappelait ce jour.Raynald, qui la considérait avec anxiété, vint au bout d\u2019un instant s'asseoir près de son fauteuil, et, la croyant découragée, et peut-être inquiète d'elle-même, il lui prit tendrement la main.; \u201c Courage, carissima, lui dit-il, tu seras bientôt guérie tout à fait ; l\u2019air de lu mer te fera du bien, notre beau voyage encore davantage, et là où nous allons le climatest aussi beau qu'en Italie.Elle sourit, mais elle répondit seulëment : Ce n'est pas le courage qui me manque.\u201d Ellé;ferma les yeux, comme si elle ne voulait pas en dire davantage.Raynald la regarda en silence, ne sachant pas trop s\u2019il fallait la laisser en repos ou lui parler; quelques minutes s\u2019écoulèrent ainsi, mais bientôt elle rouvrit les yeux, et, se soulevant vivement comme si elle se reprochait son abattement,elle dit : \u201c Pardon, je suis plus faible aujour- d'hui qu\u2019à l'ordinaire, mais je veux tâcher de n\u2019y pas céder.Voyons, Rinaldo, lisons ensmble quelque beau passage du Paradis.\u201d Et, après avoir un moment cherché dans sa mémoire elle récita presque avec un accent accoutumé, les vers suivants : Civ ch'io vedeva mi sembrava un riso Detl Universo : perchd mia obrezza Entrava per l\u2019udire \u20ac per loviso.() gioja ! U lucilabilo atlegrezzs O vilg interna d'amore e di pudy! 0 senz3 brama, CGF richezza 1! La pauvre Ersilia eut d peine récité ces beaux vers en élevant un pen la voix qu'elle s'arréta essoufflée ! \u201cOuf ! dit-elle, je ne puis pas plus déclamer que chanter aujourd\u2019hui.Mais je puis écouter.Le livre est là.Rinaldo, lis-moi ce que tu voudras.Mais auparavant, donnne-moi mon ouvrage qui est là sur cette table.\u201d Raynald se leva, et alla prendre l'ouvrage qu'elle désignait.C'était un morceau d'¢tofle roug> sur lequel s'entrelaçaient dans un gracieux dessin des roses blanches et des feuilles d\u2019or.Il le regarda un moment avec surprise el attention.Ce travail, ainsi que la faible odeur de violette qu\u2019il exhalait réveilla en lui un vague souvenir.Son cœur battit sans trop savoir pourquoi.Il se rapprocha d\u2019Ersila.\u2018\u201c Vous ne travailliez pas aussi bien que cela jadis, lui dit-il, je ne me souviens pas d\u2019avoir jamais vu un pareil ouvrage entre vos mains.\u201d Ersilia, après avoir dit les vers cités plus haut, était retombée dans son fauteuil en apparence épuisée.Elle était toutefois dans l'un de ces accès de surexcitation nerveuse qui accompagnent presque toujours un surcroît de faiblesse, Il lui prit en ce moment une subite envie d'aggraver sa secrète inquiétude, ou bien d\u2019y mettre un terme pour toujours.\u201c Non, Rinaldo, lui répondit-elle.Jamais, en effet, je n\u2019avais travaillé ainsi avant le jour où celle qui m'a donné cette étoffe, ot y a brodé cette rose blanche.m'a enseignée à l'imiter.Et avant qu'il pit lui adresser une autre question, elle ajouta en le regardant attentivement : \u201c Cette charmante amie, à laquelle je dois beaucoup, s'appelle Eliane de Liminges.\u201d Depuis quatre ans, personne n'avait prononcé devant Raynald le nom d\u2019Eliane.Jamais lui-même ne l'avait proféré, ni dans ses confidences à Biagio Mariani, ni même dans ses eutretiens avec Malseigne.En l\u2019entendant tomber ainsi tout d\u2019un coup des lèvres d'une femme, la surprise et l'émotion qu\u2019il éprouva furent trop grandes pour qu\u2019il lui fût possible de les dissimuler,et les grands yeux attachés sur les siens purent y lire trop clairement tout ce qu\u2019ils voulaient savoir\u2026 Toutefois, depuis deux ans, il avait fait tant de progrès dans l'art dese maîtriser, que si un trait de 1.Co que je voyais me semblait un sourire de l'univers.L'ivresse pénétrait en moi par l\u2019ouïe ct parlavue! .O joie ! O telicité ineffable ! O vie d'amour et de paix ! O richesse exempte de crainte ct de désir ! Dante, Paradis, xxvii. æ 14 lumière, rapide et mortel comme celui qui accomgne la foudre, n'eût déjà frappé Ersilia au cœur, elle aurait presque pu se rassurer complètement, lorsque Raynald, au bout d\u2019un instant, lui diten souriant et d'une voix calme.\u201c Comment et depuis quand con- naissez-vous ma cousine Eliane ?\u201d Elle fut étonnée et peut-être un peu déroutée par le ton avec lequel il lui fit cette question, mais ses nerfs étaient trop excités pour qu'elle pût lui répondre tranquillement, et, cédant à une impulsion analogue à celle qui fait parfois provoquer, avec la plus insigne imprudence, la colère dont on redoute lo plus les effets, elle se mit à lui raconter avec une sorte de volubilité fiévreuse : comment, une nuit, elle avait vu Eliane près de son lit; comment elle l'avait prise pour une vision céleste ; comment elle avait été ensuite soignée, consolée, distraite, guérie par elle ; comment elle lui avait appris à lire, a s'occuper, à travailler, à devenir enfin plus heureuse et meilleure., Continuant à répondre à la question posée par son mari sur Eliane, Ersilia lui raconta encore comment Eliane avait stimulé son courage, en l'agsurant qu'elle serait ainsi plus digne de lui, et qua son retour il l'aimerait davantage ; comment, enfin, elle-même, de son côté, l'avait aimée passionnément, et aurait voulu la garder toujours auprès d\u2019elle jusqu'au moment où elle avait cru deviner que c'était elle.elle que Raynald avait tant aimée, et cette idée lui était venue parce qu\u2019un jour, Eliane (comme lui deux ans auparavant à Rome)l'avait arrêtée tout court, au moment où elle allait chanter : Ah! non creden mirarti\u2026 C'est ainsi que la pauvre Ersilia, dans la folie de son inexpérience et de son agitation maladive, laissa tomber de ses lèvres un flot de paroles aussi dangereuses pour son propre honneur que pour le repos de celui qui les écoutait impassible et muet, sans trahir d'aucune façon les sentiments qui bouleversaient son Ame.Lorsqu'elle s'arrêta enfin pâle et hors d'haleine, il leva tranquillement les yeux sur elle, et, écartant douce- qui le calmerait lui-même à son tour, maintenant qu\u2019il repassait dans ss mémoire l'étrange récit qu\u2019il venait d'entendre ?Qui lui dirait par quelles circonstances Ersilia avait pu se trouver rapprochée de celle dont tout la séparait et dont il se figurait qu\u2019elle ignorait jusqu'au nom ?Ce jour-là, malheureusement, Malseigne devait arriver au petit château.Mais Raynald ne put l\u2019attendre patiemment.Il alla d'abord à grand pas jusqu'à la grille, puis il la dépassa et marcha devant lui jusqu'au moment où il aperçut la voiture qui amenait Armand de la station.Dès qu\u2019il fat assez près, il lui fit signe de descendre, et les deux amis poursuivirent lentement leur route ensemble à pied.L'on devine quelles questions se pressèrent alors sur les lèvres de Raynald.Lorsque Armand avait osé rapprocher Eliane de la femme de son ami, il s'était promis d\u2019expliquer à loisir à celui-ci les motifs par lesquels il avait été guidé, et comptait eur les bons effets de cette rencontre pour la justifier à ses yeux.Rien d'avance n'avait pu faire imaginer la circonstance légère et pourtant importante qui devait si subitement modifier les sentiments de l'un pour l'autre, et jeter dans l'esprit d\u2019Ersilia un trouble dont l'effet ne pouvait être que funeste.Mais l\u2019empressement même avec lequel elle s'était séparée d\u2019Eliane, lui semblait une garantie de son silence.Il avait songé à prendre son temps avant d'aborder ce sujet avec Raynald, et ne s'attendait nullement à ce que ce fût sa femme elle- même qui viendrait réveiller le souvenir qu\u2019elle redoutait, et qu'elle avait le plus d\u2019intérêt à bannir.Quoi qu\u2019il en fût, il n\u2019avait plus maintenant qu\u2019à corroborer simplement par son témoignage le récit d'Ersilia.Il ajouta seulement qu\u2019Eliane n\u2019avait plus qu\u2019un seul désir et un seul but, celui d'obtenir la réconciliation de Raynald avec sa mère, et que son bonheur ainsi que celui d'Ersilia était devenu le plus cher de ses vœux.L'effet de cette révélation sur Raynald fut étrange.A l'émotion violente qu\u2019il avait éprouvée lorsque ment les cheveux qui tombaient en désordre sur son front, il lui dit : \u2018 Il faut bien peu de choses pour te troubler, Ersilin mia, calme-toi, je t'en prie, je le veux ! \u201d Ces paroles n\u2019étaient assurément pas une réponse, toutefois le ton dont elles étaient dites eut la puissance d\u2019apaiser la jeune malade, et lorsque sans dire une parole de plus, il la souleva doucement et la porta sur une chaise-longue placée à l'autre bout de la chambre, elle se laissa faire sans résistance.L'agitation à laquelle elle venait de se livrer était maintenant suivie d'une grande protration.Elle appuya sa tête sur le coussin placé derrière elle, et quelques larmes mouillèrent ses longues paupières à demi fermées.Raynald, agenouillé près d'elle, baisa ses yeux et son front, puis il Jui dit : \u201c Ruepose-toi maintenant, caring, et ne pleure plus, jo te le défends.Ne te mélio pas de moi, Ersilia, tu serais injuste.Je ne vis que pour toi, et ton bonheur m'est plus cher mille fois que le mien.\u2014Tu es bon et je t'aime, \u201d mur- mura-t-elle alors en retour, à voix basse.Et elle retint sa main dans les siennes, jusqu\u2019à ce que, la voyant tout à fait endormie, il la lui tira doucement.Puis, après s'être assuré que ce sommeil était réellement profond et réparateur, il sortit sans bruit de la chambre.Il venait de s'imposer une violente contrainte, ot à ce prix il espérait aVoir rassuré et calmé Ersilia, mais ce souvenir trop cher avait été réveillé devant lui d\u2019une manière si soudaine et si imprévue, succéda une sorte d\u2019amertume qu'il n'eiit point osé exprimer, mais qu\u2019il ne parvint pas à vaincre.Certes, la générosité d'Eliane était grande.Son courage et sa bonté avaient dépassé toute mesure; mais ne témoignaient-ils pas d'une grande indifférence ?En eût-elle été capable si jamais elle ne l\u2019eût aimé ?N'était-il pas, d'ailleurs, devenu indigne de l'être, et prétendait-il qu'elle fût malheureuse et se souvint de lui lorsque lui-même semblait avoir cherché le bonheur ct b'oubli si loin d'elle ?À coup sûr,il avait mérité qu\u2019elle bannit son souvenir : n\u2019était- il pas le plus iujuste et le plus déraisonnable des hommes de s'en étonner ?La tristesse combattueet le trouble que toutes ces pensées firent naître dans son esprit valaient mieux pour lui, au surplus, que l'attendrissement, et facilitaient davantage la tâche qu'il s'était imposée le jour où il avait arraché Ersilia au sort qui la menaçait.Pour cela, en ce moment, il fallait surtout qu'il réussit à faire évanouir dans son esprit toute pensée jalouse.Y füût-il parvenu ?Eût-elle pu jamais elle-même oublier ce qui les avait fait haitre et les avait confirmées ?Ce bonheur auquel Raynald voulait se consacrer, eût-il réussi à l\u2019amener auprès de leur foyer ?On ne peut le dire, car une autre préoceu- pation succéda à celle-là lorsqu\u2019il devint manifeste que l'agitation fébrile d\u2019Ersilia avait été plutôt la cause que l'effet de cette inquiétude exa JOURNAL DES CAMPAGNES aby \u201cx gérée, et que cette agitation subsistait en dépit de tous les soins de Raynald, et malgré le repos moral qu\u2019elle semblait avoir recouvré.La fièvre, en effet, reparaissait par accès et redoublait sa faiblesse.Leur départ fut inévitablement retardé d'un mois d\u2019abord, puis de deux ; enfin de nouveaux et de plus graves symptômes moditfièrent plus profondément encore tous leurs projets.Cette longue expatriation à laquelle Raynald s'était résigné dans l'intérêt d'Ersilia, il n'y fallait plus songer pour elle.Une toux sèche et fréquente était venue s'ajouter à la fièvre et faisait craindre que sa poitrine ne fût atteinte ; sa faiblesse croissante interdisait d\u2019ailleurs la pensée du voyage de vingt et un jours nécessaires pour atteindre le poste lointain que le succès de sa première mission avait assuré à Raynald.Lors donc qu'après deux ou trois délais l\u2019ordre péremptoire lui fut donné de partir dans les premiers jours de septembre, il dut se résoudre à répondre à cet ordre par l'envoi de sa démission ; et quand vint l'époque désignée, ce fut non point pour Rio-Janeiro, mais pour Madère, qu'il partit avec sa femme, accompagné de son ami, dans l\u2019intention de s\u2019y établir avec elle pour l\u2019hiver tout entier.XXXIIIL Tandis que Raynald se dirigeait ainsi vers une destination si différente de celle qu'il avait prévue, Eliane se disposait a suivre encore une fois sa tante et sa cousine a San- Remo, car lorsque nous les retrouvons à Créey, les feuilles jaunissantes annonçaient déjà l'approche de l'automne.Un beau soleil les dorait pourtant encore, ct éclairait la verte pelouse où couraient les enfants sous les yeux de leur mère et d\u2019Eliane, assises sous un arbre, causant et travaillant ensemble.Sans interrompre leur conversation, elles tournaient toutefois sans cesse les regards vers l\u2019une des fené- du rez-de-chaussée,préparée en ce moment de manière à pouvoir faire rouler sans peine dans le jardin le fauteuil que la marquise ne pouvait plus quitter.Depuis quelques mois, en effet, son état s'était aggravé, et elle ne marchait plus qu'avec effort.Chaque matin, pourtant, elle entendait la messe dans la chapelle du château, située près de son appartement, et ensuite, lorsqu'il faisait beau, elle rejoignait au jardin sa fille et sa nièce ; mais aujourd\u2019hui il était dix heures, et elle n'avait pas encore paru.\u2018 Il est bien tard, dit Blanche tristement.Chaque jour ma pauvre mère semble avoir plus de peine à se mouvoir.\u201d Eliane répondit : \u201c Elle est restée beaucoup plus longtemps aujourd\u2019hui à la chapelle, c\u2019est pour cela peut-être qu'il lui a fallu du repos ensuite.Sous certains rapports elle est plus faible, en effet, mais sous d'autres.oh ! Blanche, elle est mieux, et j'espère beaucoup.\u2014Quant a moi,je n'ose l\u2019interroger.J'ai si peur de provoquer un refus, et de nuire par une parole à ce que je désire si ardemment, que je me borne à demander à Dieu la réalisation de mes vœux,avec une ferveur que n\u2019ont pas toutes mes prières.\u2014C'est le bon moyen, il réussira.\u2014Eliane, combien il est étrange, n'est-ce pas, qu'un cœur noble, généreux, magnanime, comme celui de ma mère, puisse nourrir un si long ressentiment ! -\u2014Oui, c\u2019est étrange.Mais la blessure a été si vive et si profonde ! Et se vaincre, tu le sais bien, c'est ce qu'il y a de plus difficile au monde, surtout lorsqu'on n\u2019a pas eu l'occasion de s\u2019y exercer de bonne heure.\u2014Et ta lettre, Eliane\u2026.l'a-t-elle lue, enfin ?\u201cJe le crois, je n'en suis pas sûre.\u201d Tout ce que savait Eliane, en effet, c'était qu'en sa présence elle avait vu satante, deux mois auparavant, placer dans un tiroir, sans l'ouvrir, .la lettre qu\u2019elle avait jointe à la liassee de comptes et de papiers relatifs aux malades d\u2019Erlon.\u201c Quelque chose dans le maintien d'Eliane, à son relour, l'avait mise en garde ?La physionomie de Mlle Sylvestre, qui, se retrouvant en présence de la marquise, ne pouvait maitriser un certain trouble en songeant à la grande contravention aux volontés connues de sa maîtresse dont elle s\u2019était rendue complice, avait-elle averti celle-ci du sujet auquel se rapportait la lettre ?Thénin avait-il manqué de discrétion ?.Quoi qu'il en fit, il était certain qu'une sorte de contrainte avait suivi l'expansion du premier moment, et qu'un nuage voilait la satisfaction si vive exprimée d\u2019abord en voyant la jeune fille revenir saine et sauve au milieu d\u2019eux.Eliane s\u2019aperent pourtant bientôt que cette contrainte n\u2019était pas du mécontentement, et que si, en s\u2019arrêtant brusquement au milieu de ses questions, la marquise indiquait, sans Je vouloir, qu'elle savait ce qu\u2019elle voulait faire taire, jamais cependant ses regards ne s'étaient attachés sur elle avec plus de douceur et de bienveillance.Ceci compensait bien la réserve de son langage et justifiait aussi les espérances d\u2019Eliane.Toutefois l'attente était longue pourelle et pour Blanche, mise au courant de tout comme de raison, et dont la patience était plus prompie a s'épuiser que celle de sa cousine.Enfin quelqu'un parut à la fenêtre, mais au lieu de la marquise, elles virent Mile Sylvestre se diriger précipitamment de leur côté.Elles se levèrent en tonte hâte.\u201cMa mère cest plus malade !\u201d s\u2019écria Blanche en pressant le pas.\u201c Non, non, dit la vieille fille.Ecoutez-moi, arrétez-vous un instant.Elle va mieux, au contraire, mais en revenant de la chapelle, elle s\u2019est mise à sa table à écrire, maintenant donc elle est fatiguée, elle ne sortira pas.Elle vous attend toutes les deur,\u201d En un clin d'œil Blanche et Eliane furent auprès de la marquise.L'une et l\u2019autre savaient que c'était avec une peiné extrême qu'elle parvenait à tracer quelques mots de sa main gauche, et que, lorsquelle avait à écrire, elle pouvait moins que jamais se passer de l\u2019une d'elles.La marquise était assise dans son feuteuil.Une petite table sur laquelle se trouvait tout ce qu\u2019il fallait pour écrire était placée devant elle, et plusieurs feuilles de papier déchirées et jetées çà et là indiquaient qu'elle s'était efforcée d'écrire seule et sans l'aide à laquelle elle avait habituellement recours.La fatigue de ce vain effort et d\u2019une émotion qu\u2019elle voulait maîtriser avaient contracté son visage, et elle semblait en ce moment plus malade qu\u2019à l'ordinaire.Mais en voyant l\u2019inquiétude se peindre dans les regards de sa fille elle sourit.oo \u201c Rassure-toi, mon enfant, et toi, Eliane, n'aie pas cet air effrayé.J'ai trop présumé de mes forces,voilà tout.T'ai cru pouvoir faire encore quelque chose à moi toute seule, je me suis trompée.Pour tout le temps qui me reste à vivre, je dépends absolument de vous,mes enfants.Que la volonté de Dieu soit faite! Il me punit en père d\u2019avoir trop aimé à faire la mienne.Je lui en rends grâce.\u201d Le ton humble et simple avec lequel cette femme naguère si orgueilleuse pronongait en ce moment ces paroles ) JOURNAL DES CAMPAGNES » 15 ny les rendaient particulièrement émouvantes.Ni l'une ni l'autre des deux cousines n\u2019osait lui répondre, et elles s\u2019efforçaient de vaincre l'attendrissement qu\u2019elles éprouvaient, pour ne pas troubler celle qui le faisait naître ; mais lorsque la marquise poursuivit d'une voix altérée : \u201cNon ! Dieu ne veut plus me permettre de me passer de mes enfants, AUSSI JE VEUX LES AVOIR TOUS AUTOUR DE MOI.\u201d Elles ne purent réprimer l'exclamation de joie et de reconnaissance qui échappa de leurs lèvres, et tandis que Blanche baisait à genoux les mains de sa mère, Eliane, muette et les mains jointes, répondait à cette parole de pardon par la plus ardente action de grâces qui fût jamais montée de son cœur vers le ciel I.Pendant quelques instants, il régna dans la chambre un silence presque aussi solennel et aussi ému que si un miracle s\u2019y était visiblement opéré, mais bientôt la marquise, après avoir regardé un instant sa fille et sa nièce, comme si elle hésitait entre les deux, s\u2019adressa à Blanche : \u2018* Mets-toi là, dit-elle, et écris pour moi.\u201d Blanche prit la plume d'une main tremblante, et, sous Ja dictée de sa mère, elle écrivit ces mots qui firent battre un autre cœur encore plus que le sien : \u201c Reviens, Raynald.Ta cause et \u201c celle d\u2019Ersilia a été bien plaidée et \u201c est gagnée.Venez tous les deux, \u201c mon cœur et mes bras vous sont \u201c ouverts ! \u201d * Maintenant donnez-moi la plume.\u201d Et de sa main gauche, la marquise de Liminges traça au bas de ces lignes, d'une écriture défigurée mais lisible, ces mots : \u201c Ta mère, qui fe pardonne et l'attend.\u201d Puis,aprés avoir rendu la plume à Blanche, elle appela Eliane, et, pendant quelques instants, elle la tint embrasssée avec un mélange de tendresse, d\u2019attendrissement et de regret que la jeune fille comprit, mais qu'ancune parole ne vint exprimer.La lettre de la marquise fat envoyée le même jour, non pas jusqu'au lieu de sa destination, mais sous le convert de Malseigne, à la demeure de celui-ci à Paris, d\u2019où tout ce qui était adressé aux voyageurs devait leur être expédié.C'était là ce qui avait été convenu avec Armand Jors- \u2018 que Eliane s'était séparée de lui, à Érlon, avant l'arrivée de .Raynald.L'un et l\u2019autre ignoraient alors quelle serait l\u2019époque de son nouveau départ, ils se doutaient encore moins de tout cequi devait modifier ses plans.Peut-être pourtant, sans se l\u2019avouer, Armand avait-il pensé que ce départ ne s\u2019accomplirait pas, et qu\u2019Eliane réussirait assez vite pour que l'expatriation projetée n\u2019eût pas lieu ; mais aucune leitre d'elle ne lui étant parvenue, il s'était abstenu de son côté de rompre le silence.Ils étaient tacitement d'accord pour ne parler de Raynald que le moins possible et dans des cas de nécessité absolue.Eliane ignorait donc tout ce qui s'était passé au petit château depuis son départ, aussi bien que le lieu où le pardon maternel devait parvenir aux absents.À la joie de cette réconciliation se mélait toutefois, pour celle qui y avait le plus contribué, une sourde angoisse,car rien n'était changé dans ses résolutions, et le retour de Raynald devait marquer dans sa propre vie le début d\u2019une vie nouvelle, et, d\u2019abord, inévitablement triste.Mais on le pense bien, elle s\u2019occupait beaucoup moins de son avenir que du moment présent, si rempli de joie pour ceux qu'elle aimait ! car la marquise semblait ressentir, même physiquement, les bons effets dela paix qui suit toute victoire ; celles que l'on rem- porte sur soi-même toutes les autres.Le temps passait ainsi sans paraître trop long.On ne s'attendait point à recevoir de réponse avant six semaines, et Eliane jouissait en silence de ce que parfois elle appelait son reste, en luttant courageusement contre la tristesse involontaire dont, malgré tous ses efforts, elle se sentait souvent envahie.Un jour, trois semaines environ après l'envoi du pardon qui devait ramener les absents, les deux cousines, après avoir fait ensemble leur promenade ordinaire, se trouvaient maintenant dans ce même petit salon, où avait eu lieu une conversation gravée dans leur souvenir par celui de la soirée qui l'avait suivie.\u201c Qui nous eût dit, ce jour-là, dit Blanche, ce jour terrible de l'arrivée des lettres de Rome, qu'aujourd'hui je compterais les jours qui nous séparent du moment où nous verrions arriver Raynald et sa femme ! Cette Ersilia, dont j'ignorais jusqu'au nom, et que je détestais pourtant comme je n'ai jamais détesté personne.\u2014T'u l'aimeras, je t'en réponds, dès que tu la verras.\u2014Je le crois, puisque tu me le dis, et pourtant !\u2026.mais enfin ce que je veux, c\u2019est d\u2019embrasser mon Raynald, c\u2019est surtout le voir dans les bras de ma mère ! Quant à elle\u2026 \u201d En ce moment un serviteur parut.Il apportait sur un plateau une lettre sous une grande enveloppe, adressée à mademoiselle de Liminges.\u201c Pas d'autres lettres ?dit Blanche.\u2014Non, madame la comtesse, \u201d et le serviteur se retira.Pendant ce temps, Eliane regardait avec stupeur la grande enveloppe qui portait son nom.L'adresse était de l'écriture d'Armand de Malseigne.La lettre était cacheté de noir.Jamais pareil saisissement n'avait suspendu le battement de son cœur.Les yeux de Blanche suivaient les siens, et les deux cousines se regardèrent un instant fixement, pâles, muettes, hors d'état de formuler par une seule parole l'affreuse pensée qui traversait leur esprit.plus encore que \u201c Quel que soit le contenu de cette |- lettre, dit enfin Eliane d'une voix troublée, il faut nous armer de courage, Blanche; car si elle m'est adressée à moi.c\u2019est\u2026 c\u2019est éviddemment parce qu'elle contient une nouvelle qu'il faudra apprendre avec ménagement a sa mére.\u2014O mon Dieu! ayez pitié de nous ! \u201d dit Blanche en cachant son visage dans ses mains.Eliane brisa le cachet.Une lettre, contenue dans celle de Malseigne, tomba sur le plancher.Blanche se précipita pour la ramasser, elles y lurent le nom de la marquise de Liminges tracé par son fils d'une main ferme.mais lear terreur n\u2019en fut pas calmée, et ce fat en tremblant encore que Blanche dit tout bas à sa cousine de lire la lettre qui contenait celle-ci.Eliane s\u2019y décida enfin, et, d'une voix bientôt entreconpée par l'émotion, elle lut : Madère, le 15 octobre 18.* Ma chère Eliane, \u201c C\u2019est à vous que j'adresse cette lettre, écrite par Raynald au moment où il venait de recevoir le pardon et le rappel de sa mère.Elle ne la lira pas j'en suis certain, sans une émotion profonde,et mienx qu\u2019une autre, vous saurez le moment le plus opportun pour la lui remettre sans imprudence.Lt d'ailleurs, n'est-ce pas bien à vous, Eliane, qu\u2019il appartient d'être jusqu\u2019au bout la messagère de la paix et du pardon !.\" A ces mols, Eliane s\u2019arréta et respira.Les deux cousines se jetèrent un rapide regard de soulagement.Le sourire revint aux lèvres de Blanche, o penché sur lépaule d\u2019Eliane, elle it : \u201c Continue, continue vite maintenant, je t'en prie\u2026 \u201d Eliane poursuivit : \u201c Mais ce que j'ai à vous dire au- jourd'hui vous causera à vous-même, je le sais une vive impression, plus vive encore, je le crains bien, que le saisissement que vous allez éprouver, en apprenant que la pauvre Ersilia n'est plus !.Eliane poussa un cri, et resta un moment suffoquée par la surprise et l'émotion.Blanche la rogarda stupéfaite, et, pendant quelques instants, il leur fut im possible de continuer la lettre d'Armand.Toutes les scènes qui s'étaient passées au petit château du Gué se reproduisirent rapidement dans l'esprit Eliane, et un mélange confus de sentiments la mirent hors d'état de rassembler ses pensées, et encore bien davantage de les exprimer.Ersilia n'est plus! ! ! Elle lisait et relisait ces paroles sans parvenir à les appliquer à celle qui lui était apparue pour la dernière fois dans tout l\u2019éclat apparent de la santé, aussi bien que de la jeunesse, dela beauté, et dont elle »'était elle-méme appliquée depuis, avec une persévérance si généreuse, à assurer le bonheur.Après un long silence, Blanche la pressant de ,poursuivre, elle reprit enfin la lettre d\u2019Armand, et continua rapidement d\u2019une voix émue : \u2018* \u2026 Le changement survenu dans l\u2019état de sa femme quelque temps après votro départ décida Raynald à renoncer au poste lointain qu\u2019il avait accepté, et à la conduire à Madère.La traversée et le changement de climat semblèrent d\u2019abord avoir un bon résultat, mais les espérances conçues à notre arrivée ne furent pas de longue durée.Le médecin nous déclara bientôt qu'elle était atteinte d\u2019une maladie au cœur qui semblait être héréditaire, et qui aggravait celle qui était venue s\u2019y joindre, et dont, sans cette circonstance, sa jeunesse et sa vigueur eussent peut-être triomphé.lle-même sembla comprendre très vite qu\u2019elle ne devait pas guérir, et parfois on eût presque pu croire qu\u2019elle ne le désirait pas.Etait-ce uniquement sa faiblesse croissante ?était-ce cette inertie et cette nonchalance qui lui étaient naturelles et auxquelles la maladie ajoutait encore, mais elle parlait peu, ne se plaignait jamais, et passait de longues heures en silence, ses yeux seulement s\u2019animant lorsqu\u2019e:!.écoutait les lectures qu\u2019elle demandait à Raynald de lui faire, et lorsqu'elle répondait par le sourire le plus doux et le plus reconnaissant aux soins qu'il lui prodiguait sans relâche.\u201c Un jour elle m\u2019appela près du fauteuil où elle était assise en face de la fenêtre ouverte ; l'air lui faisait du bien, et la belle vue qu'elle apercevait lui causait un plaisir dont elle ne se lassait jamais.En ce moment son mari était hors de la chambre; elle me dit : \u201c Vous consolerez \u201c Rinaldo !.\u201d Sa voix était plus faible et plus haletante qu'à l\u2019ordinaire, je voulus l'arrêter, mais elle me fit signe de la main de la laisser dire, et les paroles qu'elle ajouta, je vous les transcris exactement, Eliane, car elles vous consoleront toute votre vie ; les voici: \u201c Si, comme je le * crois (car elle est si bonne), Blianina \u201c est triste on apprenant ma mort, \u201c dites-lui de prier pour moi, mais de \u2018 ne pas me pleurer, dites-lui que je \u201cl'aime, que j'ai toujours pensé à \u201c* elle\u2026 que je lui souhaite tout le \u201c bien qu\u2019elle me voulait.Ce n'est pas \u201c sa faute\u2026 mais je ne pouvais pas \u201c être heureuse ni lui non plus.\u201c tout est mieux ainsi.\u2019\u2019 Elle me dit ces paroles avec calme, mais d\u2019une voix entrecoupée par l'oppression et la faiblesse.\u201c Après ce jour, ses forces diminuèrent graduellement et imperceptiblement.O'estla veille de sa mort seulement que Raynold recut la lettre de ea mére.Elle ne semblait pas plus mal ce jour-là, aussi s'appro- cha-t-il d'elle sur-le-champ et il lui dit : \u201c Ersilia mia ! ma mère me par * donne et nous atteads tous les deux !.Elle joiguit les mains et dit : \u201c O mon Dieu, merci !\u2026 \u201d puis elle secoua doucement la tête et ajouts : ** Moi, je n'irai pas, mais n'importe, \u201c Un jour nous serons tons ensemble, \u201c ne pleure pas\u2026 fout est bien !\" Co mot fat sur ses lèvres jusqu'à la dernière heure\u2026 Le lendemain de ce jour, elle s'était éteinte tranquillement, pieusement, comme un onfant qui s'endort après avoir fait ses prières.\" Eliane et Blanche songlotaient toutes les deux.La lecture fut encore une fois interrompue, et ce ne fut que plus tard qu'enfin Eliane acheva la lettre d'Armand : \u201cRaynald,poursuivait-il,après avoir soigné sa femme avec un dévoue- mont sans'mesure, a Ini-mêmie été pris après sa mort d\u2019une forte fièvre dont il est à peine remis aujourd'hui.C'est cela qui a causé le retard de sa réponse ; heureusement, nous croyant plus loin de vous que nous ne l\u2019étions, vous n\u2019en aurez été ni surpris ni inquiets ; c\u2019est pour cela que j'ai tardé moi-même à vous écrire, ne voulant le faire que lorsque je pourrais vous dire qu'il est en bonne voie do gné- rison.Il ne pourra pas cependant se mettre en route avant un mois.Mais enfin, dans six semaines, je l'espère, il sera dans les bras de sa mère.\u201c Quant à moi.vous serez peut- être étonnée d\u2019pprendre que je ne reviendrai pasen Europe avec lui.Depuis longtemps j'éprouve une grande curiosité de connaître dans ses détails la vie des Anglais dans leurs stations de la Nouvelle-Zélande.Un de mes amis, que j'ai rencontré, à dans ces parages un établissement considérable ; il y retourne, et je pars avec lui.C\u2019est un pays d\u2019une beauté merveilleuse, dit-on, et intéressant à plusieurs points de vue\u201d; je compte y Passer au moins deux ans, et à mon retour je pourrai causer avec Monléon d'une foule de questions relatives àjl'agriculture, sur lesquelles jusqu'à ce jour j'étais passablement ignorant.\u201cJe pense avec joie que deux ou trois années passent vite, et laissent peu de traces sur de jeunes têtes comme les nôtres.Quant à la mienne, si elle blanchit un peu pen.lant cette absence, cela ne signifiera pas grand\u2019choss, et je suis certain qu\u2019au retour votre vieil ami n\u2019en sera pas moins bien accueilli parmi vous.Vous savez, je le pense, Eliane, combien je suis en particulier le vôtre.- \u201cA.M.\" Une ombre voila le front d\u2019Eliane tandis qu'elle achevait lentement les les dernières lignes de cette lettre, et une légère rougeur colora son visage.Sa pensée triste et émue suivit le voyageur au delà des mers, et elle murmura à voix basse: \u201c Pauvre Armand ! \u201d XXXIV Une année, et plus, s\u2019était écoulée depuis le retour de Raynald.La marquise avait, selon sa coutume, passé l'hiver à San-Remo, ct, pendant Ce temps, son fils était venu plus d'une fois prendre sa part des soins dont elle était entourée.Mais une agitation qu'il n'avait pas manifestée d\u2019abord l\u2019'empéchait maintenant d\u2019y séjourner longtemps.Ses absences étaient fréquentes, sa tristesse, loin de se modifier, ne semblait que s\u2019accroître, et toute son attitude, en particulier vis-à-vis d'Eliane, avait subi un inexplicable changement.À sn première rencontre avec elle, en effet, le nom et le souvenir d\u2019Ersilia avaient empêché l'embarras et la crainte de naître entre eux.L'intérêt ardent de l'une répondait 16 aux émotions récentes de l\u2019autre, ot un attendrissement qui leur était commun leur servait de lien, tout en leur rappelant sans cesse tout ce qui les avait séparés.Mais, à mesure que le temps s'écoulait, il amenait un changement tout contraire à celui qu\u2019il aurait dû opérer, el la mélancolie croissante de Raynald semblait surprenante à la longue et peu d\u2019uccord avec le transport qui éclatait parfois dans ses yeux lorsque, tout d\u2019un coup, Eliane paraissait devant lui, ou bien lorsqu'il contemplait de loin ses traits nobles et purs, auxquels les épreuves du temps avaient ajouté un charme pénétrant et nouveau.Eliane, de son côté, observait le grand changement survenu en lui pendant ces quatres années d'absence, el une sorte de pilié poignante se méêlait à l'intérêt toujours combaitu et toujours subsistant qu'elle éprouvait maintenant on considérant la pâleur de son cousin, les rides prématurées qui sillonnaient son front, et le trait douloureux qui altérait l'expression jadis si radieuse de son sourire, Mais, accoutumée depuis si longtemps à relouler l'élan de son cœur, ct n\u2019osant pas croire encore qu'il lui fût jamais permis d\u2019y céder, dle demeurait souvent d'autant plus froide et silencieuse qu\u2019elle craignait davantage de trahir l'espérance qui renaissait malgré elle ; sans se douter que sa réserve, tout comme naguère sa générosité,*ne semblait à Raynald qu\u2019une indifférence méritée.Il s\u2019imaginait même de lui complaire en s\u2019éloignant d'elle, et alors elle s'effrayait d'en souffrir, etse demandait si elle n'avait pas trop vite permis aux rêves d\u2019autrefois de revivre ?La marquise semblait ne rien voir.Ello était calme et sérieuse.Heureuse d'avoir retrouvé son fils, et, à force de tendresse, cherchant à lui faire oublier ses anciens excès d'autorité.Mais lesémotions mêmes de cette dernière année avaient épuisé le reste de ses forcus.Elle ne se faisait aucune illusion, et sentait sa fin plus prochaine que ne semblaient le croire ceux qui l\u2019entouraient, mais elle ne leur en parlait pas, et les laissait exprimer des espérances qu'elle ne partageait plus, Seulement elle déclara qu'ellene roviendrait plus à San- Remo, et lorsque l'heure fut venue, elle insista pour retourner, non pas à Crécy, mais à Erlon,\u201c chez mon fils,\u201d répéta-t-elle plusieurs fois, avec un retour de cet accent décidé qui imposait jadis sa volonté.Ils revinrent donc encore une fois, tous ensemble, au grand château d\u2019Erlon-les-Bois.Ce jour fut une fête pour le village et pour tout le pays environnant.Les châtelains, si longiemps absents, furent reçus avec les plus vifs témoignages d'atiache- ment, et uno joie enthousiaste accueillit leur retour.Les cris de : Vive M.le Marquis ! Vive Mme la Marquise ! mais surtout celui de : Vive Mlle ELIANE ! se firent entendre de toutes parts.Tous ceux que la jeune fille avait visités et soignés pendant la contagion se réunirent pour lui faire une ovation spéciale et touchante, et les enfants y jouèrent un rôle qu'ils n'avaient point appris, en faisant retentir l'air de son nom et de cris de joie aussi bruyants que sincères !\u2026 À la fin de cette journée, la mar- unige, heureuse et épuisée, était étendue sur sa chaise-longue dans le grand salon de damas rouge, où elle se retrouvait enfin après une si longue absence ! Malgré le joyeux tumulte qui régnait au dehors et dont le bruit s'entendait encore, un certain silence régnait autour d\u2019elle, parce que son fils avait exigé qu\u2019elle prit une heure de repos, ct debout, à l\u2019autre extrémité de la chambre, les veux fixés sur le jardin, il veillait ui-méme 3 ce que personne ne vint ¢ * JOURNAL DES CAMPAGNES EE ES interrompre le sommeil de sa mère.Mais la marquise ne dormait pas; elle regardait son fils avec attention, Tout d'un coup elle l\u2019appela.Il se rapprocha empressé et joyeux, et s'agenouilla près d\u2019elle.\u201c Es-tu content d'être ici, lay- nald ?\u2014Oh ! oui, ma mère '\u2026 j'aimais Tirlon, maintenant je l'adore.Qu'on ne me dise plus que les- paysans sont ingrats, ceux de ce village du moins, ah ! ils ne le sont pas.Ils savent bien aimer ceux qui leur font du bien, ils savent l'aimer, ELLE !\u2026 et le lni témoigner !.Il est vrai que ce n\u2019est pas bien difficile !.\u2019 \u2014C'est ce que je pense aussi, dit la marquise.Mais toi, Raynald,réponds- moi, est-ce que par hasard, tu ne l\u2019aimerais plus, Tor 2.\u2014Ma mère ! s\u2019écria Raynald en se levant vivement, le visage en feu, de qui me parlez-vous.\u2014Mais d'Éliane apparemment.\u2014D'Eliane! grand Dieu ! Et vous me demandez si je l\u2019aime ! \u2014Tu l\u2019aimes donc toujours ?\u2026.Alors pouquoi ne m'en dis-tu plus rien ?.Est-ce parce que tu ne pourrais plus douter de mon consente- menti?Ce serait en vérité, pousser bien loin l'esprit de contradiction ! \u2014O ma mère !\u2026.ma mère ! dit-il d\u2019une voix suffoquée en retombant à genoux près d'elle.C\u2019est elle !.elle dont je ne suis pas digne !\u2026.Elle qui ne m'aime pas, qui ne m'a jamais aimé !\u2026 \u2014Tu crois 2.En ce moment, Eliane paraissait au fond du salon, ses mains remplies de fleurs, ct, sur sa chevelure en désordre, une guirlande que les enfants du village lui avaient offerte, et que Blanche avait voulu lui placer sur la téte.Une joie rayonnante inaccontumée la rendait plus belle qu\u2019elle ne l'avait jamais &té.Ellesentait confusément que les beaux jours d'Erlon étaient revenus.Toutes les voix joyeuses de la jeunesse, de l'espérance et de l'amour, si longlemps muettes, semblaient retentir de nouveau autour d\u2019elle.Aussi lorsque la marquise l'appela à son tour, ce fut avec un visage calme et radieux qu\u2019elle accourut auprès d'elle.\u2018* Voyons, Eliane, regarde-moi cn face.Est-il vrai que tu n'aimes plus ce pauvre Raynald ?Que tu ne l'as jamais aimé #.Que tu le trouves indigne de toi 2.\u2014Oh ! non, non.Ma tante, ce n\u2019est pas vrai! s'écria-t-elle en devenant pourpre, mais trop heureuse pourtant pour être confuse.\u2014Allons donc, mes enfants ! dit la marquise de Liminges en plaçant la main de son lils éperdu dans celle de la jeune fille.De grâce, ne perdons plus de temps en malentendus, Celui qui me reste à passer avec vous est trop court pour en gaspiller une heure.Elle retemba sur son oreiller presque défaillante, mais elle lutta contre sa faiblesse, afin que l'ombre de ce qui allait venir n'obscurcit pas cette heure sereine, et, par un énergique effort de sa volonté, elle reprit d\u2019un son de voix à peine altéré : \u201c Laissez-moi seule maintenant.La soirée est belle et brillante, le jardin est rempli de fleurs, allez un peu respirer l'air ensemble, plus tard vous reviendrez prés de moi.Oh! que Dieu est bon, ajouta-t-elle à demi-voix, de m'avoir accordé de vivre jusqu'à ce jour ! \" Ils s'inclinèrent, émus et les yeux pleins de larmes, pour l\u2019embrasser avant de sortir.Elle posa tour à tour sa main sur leurs deux fronts, puis elle dit en souriant : \u201c Mon Raynald ! tu vois bien qu\u2019au bout du compte, c'est moi qui te marie, et que tu as pourtant fini par accepter une femme.de ma main ! \u201d Pour rire \u2014L'esprit des enfants : Totor prend sa leçon d'arithmétique : \u2014Voyons, Totor, de six ôtez trois.\u2014Je ne sais pas.\u2014Voyons, tu as six pommes, je t'en demande trois, combien t'en reste-t-il ?\u2014I1 m\u2019en reste six ! \u2014Mais non, mon ami, réfléchis, puisque je t\u2019en demande trois.\u2014Oui, mais je ne te les donne pas! #*4 \u2014Une bonne bévue de l'agence Havas : Un journal anglais ayant annoncé qu'Arabi avait offert de se retirer à Monastir, l'agence Havas a dit qu'Arabi proposait de se retirer dans un monastere.\u2014\u2014\u2014\u2014 a nein AP Dn = MARCHES DE QUEBEC.et Grains Québec, 3: août 1882, Farine B'writas.\u2014Sup, extra, baril, 196.5 40 à 8,50 EXUuueeie cornessee voonrors 6.10 ¢ 6.20 Forte pour boulanger.7.00 a 8.50 Extra du printemys.6.00 a 6.15 Supertine No.?.\u2026 5.50 a 5.70 ine weeerees evens \u2026 5.00 « 5,10 Furnes on poches, de 100 livres.3.00 a 3.20 de seigle on quart.\u2026 0.00 ¢ 0.00 \u201c Mais ou hlé d'Inde blanc, par 200 livres.\u2026 4.700 4.7 \" Mais ou bié d'Inde jeune, par 200 livres.4.50 a 460 sAræine-\u2014Blé de somenc ge) par 60 livres.\u2026.1.60 a 2.00 Pois « « .\u2026 1,05 a 1.10 Koves ls minot .wa 3.00 Avoine 32 livres \u2026.\u2026 0.59 a 0.56 Son par 100 livres.0.95 a 1.00 Gruau par 200 livres.5.70 a 6.00 Foin par 100 bottes.10.00 a 11.00 Paille par 100 bottes.7.00 a 8.00 igo par mminob.\u2026e\u2026.0.90 a 1.00 Provisions, Ete., Québoc, 31 août 1882.Eaurre frais par liVr@ eue s0.20 a 022 + salé Yn 0.13a 0.20 Patates par minol\u2026.0.50 a 0.60 @£ufs per douz.\u2026.0.206 7,25 Sucre d'érable per live.\u2026 0.08 a 0.10 fromago, par livre.\u2026 015 a 0.15 Oignons par caisse.\u2026\u2026»s00ce 2.50 6 280 Lards, Jambons, Etc, Etc.Gnéboc, 31 août 1882.Lird frais par 100 livres.$10.00 a 10.50 « frais por livre.\u2026\u2026 v.12a 0.13 * salé #4 une 013 a 0.13 dambons frais par livre.0.10 a 0.12 \u201c luvaés ss (4 Lannsoseseunses 0.14 à 0.14 lard Mess, 200 livres.25 50 a 25.50 \u201c Mince, woe 23.00 a 23.00 u Prime Mess, « ¢ .21.00 a 21.50 \u201c Bngl.P,Mess, * \u201c \u2026 21.00 a 22.50 \u2026 Extra Prime, \u201c \u201c \u2026 19.00 à 19,00 Saindoux on RCCAU .\u2026\u2026.\u2026.\u2026.0.3.13 @ 315 Bœufs, Moutons, Etc.Québoc, 31 rout 1882.t3æuf tève qualité, por 10) livres.9.00 a 10.00 8.00 a 7.00 a 0.06 a 010 a « Wme « \u2018 « Jbdme « \u2018 Rœuf par livre.oscroure Mouton par livre.\u201c Voau, « 9.00 8.00 0.15 0tl 0.00 OONDITIONS DU JOURNAL DES CAMPAGNES EDITION HEBDOMADAIRE Paraissant tous les JEUDIS et contenant to ute les nouvelles de la semaine.Prix de l\u2019abonnement : = UNE PIASTRE.POUR LA FRANCE :-12 FRANCS 50.Sirictement payable d'avance.Imprimé el publié par Léger Brousseau, EDITEUR-PROPRIÉTAIRE Rue Buade, Ne 9.Imprimé ot publié par Léger Brousseau, EDITEUR-PROPRIÉTAIBE No 9, rue Buade, Québec.3500 de récompense ! 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