Journal des campagnes, 13 novembre 1884, jeudi 13 novembre 1884
[" % sr L'industrie ag dem L JOHNSON 1} ois! VO : ricole doit toujours être von AINSI PME Sv .\u2014_\u2014 ITT )e au an mare.NG la base de la richesse des nations.TT Rag eee ETS nn a deme Année Jeudi 13 Novembre 1884 No 41 JOURNAL DES CAMPAGNES EDITION HEBDOMADAIRE, Paroissa nt tous les JEUDIS et contenant tout les nouvelles de la semaine.Prix de l'abonnement :-\u2014-UNE.PIASTRE POUR LA FRANCE : 10 FRANCS Strictement payable d'avance.Imprimé et publié par LEGER BROUSSEAU, ÉDITEUR-PROPRIÉTAIRE No:9, Rue Buade, H.V, Québec.ACEC SI CS YA ANTI.04d 3 FRANCE Paris, 18 octobre.S'il faut en croire M.Rouvier lui- même, doût un journal publie ce matin les confidences, c'est demain que M.Hérisson aura vécu et que M.Rouvier fera partie du ministére \u2018comme ministre de la marine.et des colonies.Car décidément les colonies vont être désormais englobées dans un Ministère essentiellement civil.Les députés coloniaux doivent être ravis de cette innovation st\u2019 tardive: \u201cmeñt accordée.Oela les gênait un peu, pour leurs tripotages électoraux et pôlitiques, de trouver toujours devant eux, aù ministère de la marine, un amiral ; avec un ministre civil, un.avocat ou un médecin comme eux, ils réaliserdnt d\u2019aimables \u2018combinaisons et feront la pluie et le beau temps dans les questions coloniales.Os sera charmant mais dangereux pour les colonies.Nos illustres législateürs opèrent décidément leur rentrée demain 14 octobrë Il'n\u2019y a rien de bien passion- naît à l\u2019ordrs du jour des premières séances.On parle d\u2019uneinterpellation de M.Lockroy sur les bruits relatifs à la fameuse entente franco-allemande.Mais M.Lockroy, qui parle à: la tribune comme il écrit au Rappel, cn chercheur de bons mots,- n\u2019est évidemment point interpellateür sérieux.Je suppose qu\u2019il aura annoncé son interpellation pour occupér un peu de.sa personne les gazettes et le public.Le gouvernement n\u2019est nullement inquiet des ,projets de M.Lockroy sités gouvernementales.Mais il n'est pas rassuré sur le compte de l\u2019extrême- gauche.d'où pourrait bien Ini venir une demande d'interpellation sur les affaires du Tonkin et de la Chine.Sur .ce terrain-là, M.Jules Ferry craint les aftaques.Lors de la discussion des\u201c derniers crédits pour le Tonkin, il a joué un rôle assez piteux et il n\u2019a oublié nile mauvais quart d'heure que lui a fait passer M.Raoûl'Duval, ni le- vote misérable par lequel il est sorti de la discussion.Hier, en la salle du Grand Orient, rue Cadet, M.Anatole de la Forge, député du neuvidme arrondissement, rendait ses comptes à ses électeurs.M.Anatoie de la Forge qui a joué un çertain rôle pendant la dernière guerre, où il faisait partie des défenseurs de Chateaudun, est une des recrues les plus récentes du radicalisme jacobin.Il ne descend pas d\u2019une famille républicaine ; sa grand'mère a été guillotinée sous la Terreur, et lui-même, s\u2019il donnait up peu dans les lnbies de 89, avait toujours passé pour un centre gauche teinté de moharchisme.Au fond, c'était un opportuniste qui, étape par étape, a suivi'la République.Plus le régime prenait à l'égard de l'Eglise et du parti conservateur des mesures violentes et peysécutrices, plus M.Anatole de La Forge, en vrai libéral, reniait ses anciennes relatiôns, ses anciennes promesses, et applaudissait aux persécuteurs.Présentement, comme il l\u2019a expliqué hier à ses dignes électeurs, il est pour la suppression de l\u2019ambassade du Vatican, parce que la République a besoin d'économies, pour le service de trois ans, parce que cette réforme est soutenue par des hommes compétents ; pour la Révision, une vraie révision, parce que l'autre a été une niauvaise plaisanterie, enfin pour la mairie de Paris, parce que Paris ne doit pas être traité comme une ville suspecte.Ce programme est en somme excessivement radical, et M.de la Forge a fait du chemin par ambition, sinon par conviction.; Le préfet de la Seine a refusé.de donner à M.Ferry, aû conseil général, des explications sur les troubles scaudaleux arrivés à Saint-Nicolas- des-Chanps M.Gamard, qui vent *qui; dn reste, sait se plier aux néces- | interroger M.Poubêlle ad consril \u2019 ï 2 g \u2026 | célébrés sans incident.municipal, n'a pas plus de chance que M.Ferry.M.Poubelle compte bien exploiter au profit de sa popularité branlante, les désordres de Saint-Nicolas, et le conseil municipal sera, pour cette fois, sûrement de son côté.Hier dimanche, cette malheureuse paroisse a enfin joui de quelque tranquillité.Tous les offices y ont été N.* 2\" EGYPTE L\u2019EXPÉDITION CONTRE LE MAHDI Nous recevons communication de la lettre suivante, adressée par le R.P, Placidi Toelle, gardien du couvent des Franciscains du Caire, à l\u2019un de ses supérieurs de Rome, et qui -contient quelques détails sur l\u2019expédition anglo-égyptienne dirigée contre le Mahdi : pC L'intérêt du public .en Egypte se porte avec un redoublement d'attention sur les péripéties de l'expédition du Soudan.Un des caractères particuliers* de cette campagne déjà longue et terri-i ble en incidents tragiques est l'absence presque absolue de renseignements sur ce qui s\u2019y passe.Il en est ainsi depuis le commencement de l'insurrection, et tout au plus avons- nous quelques données certaines sur la catastrophe de Melbass, vieille dé- ja de plus d'une année.Quant aux événements de l\u2019heure présente, tout au plus quelques télégrammes longuement espacés sont- ils venus nous révéler cè qui se passe au-delà de Berber et de Dongola.- Dans ces circonstances la moindre nouvelle acquiert une énorme importance ; aussi les dépêches expédiées par le général Gordon sont-élles l'objet de tous les commentaires.Ce-que sont ces dépêches, nul ne le sait exactement, le gouvernement ayant cru devoir les tenir secrètes \u2018et de ne | pas les faire insérer au Moniteur.Deux faits sont cependant certains, c'est que Gordon se trouve \u2018a Khartoum dans d'excellentes conditions4 pour défendre la ville contre les rè- belles et.même pour leur infliger des pertes sérieuses ; de plus, urïe expédition suffisamment forte a quitté la capitale du Soudan oriental sous le commandement du \u2018colohel Stewart ur, pour marchersur Berber et s\u2019en emparer.Il semblerait dans ces conditions que l\u2019expédition de Khartoum à Berber se présente avec infiniment moins de difficultés et, par suite, avec beaucoup plus de chances de succès rapide que celle de Wadi Halfa à Khartoum.Dans tous les cas, 8i-le projet du géneral Gordon réussit, la tâche de lord Wolseley se trouvera réduite de moitié.Mais depuis le jour où Stewart a quitté Khartoum qu'\u2019est-il advenu ?Sur ce parcours long de près de 400 kilomètres la petite expédition n\u2019a-t- elle pas dû subir les assauts plusieurs fois répétés des rebelles encore nombreux sur les rives du fleuve ?A quelle distance Stewart se trouve-t-il de Berber, ou la ville est-elle prise ainsi que semblent l\u2019affirmer les der- niéres nouvelles ?A ces interrogations, il est impos- sible-de donner une réponse précise et pourtant combien ne serait-il pas utile d\u2019être fixé sur tous ces points.Malheureusement,anjourd\u2019hnicomme toujours, on marche dans l\u2019inconnû \u2018alors qu\u2019il serait urgent d\u2019être renseigné le plus exactement possible, les difficultés de l'expédition étant suffisamment grandes.\u201c La baisse inattendue des eäux du Nil est venu: gravement compliuer la question et cependant il est permis d'espérer qu\u2019açec les éléments dont on dispose, grâce à la valeur des troupes anglaises, à leurs ingénieux préparatifs, on pourra conduire à bien cette pénible entreprise, C'est là question de \u2018temps et d'argent.L'expédition du Soudan, qui déjà coûte à l'Egypte tant d'argent et de sang, doit engloutir encore des sommes considérables.; Qui supportera cette lourde charge?L'Egypte ou l'Angleterre ?Qui vivra verra.Chi lo sa ?.\u2018Veuillez agréer, mon T.R.P, etc.Fr.PLACIDI, Franciscain, Missionnaire de Terre-Sainte.- \u2014\u2014 tngieterre.\"LA FATE DU TRES SAINT-ROJAIRE.| La.fate dù Très Saint Rosaire 9 été \u2018célébré partout en Angleterre avec une solennité extraordinaire.Dans la- cathédrale provisoire de Kensington, on 2 la messe pontificale a été célébrée par «Mgr l\u2019évêque d\u2019Amyclaen présence de S.Ex.Mgr l\u2019archevêque qui, dans l\u2019allocution qu\u2019il adressa aux fidèles a cette\u201d occasion, les remercia du concours qu\u2019ils jui ont accordé pour achever les réparations devenues nécessaires dans cette église ; il donna lecture ensuite de la Lettre Encyclique de S.S.le Pape Léon XIII, et fit observer que ce dont l'église .avait surtout besoin à cette époque, c'était le concours des prières des fidèles.\u201c La prière, s\u2019écria l\u2019éminent orateur, a toujours été l'arme principale du chrétien ; la prière sauva Saint Pierre dans sa prison, l\u2019hérésie des Albigeois fut combattue par le Saint Rosaire, la force ottomane succomba à Lépante sous la puissante intercession de la Sainte-Vierge, Saint Charles Borro- Mée arrêta par ses prières le terrible fléau de la peste qui ravageait Milan, et, de nos jours encore, le Pape s'adresse à nous pour que, par nos prières, nous l\u2019aidions à sauver l\u2019Eglise.\u201c Le Rosaire est par excellence la prière de l\u2019enfant et celle des plus grands saints : c\u2019est une profession de foi en même temps qu\u2019une prière ; c\u2019est la passion du Christ et son Evangile en résumé, et sa récitation est un acte en même temps de foi, de contrition.de remerciment et de dévotion \u201d.Partout, cette fête a été célébrée solennellement, mais eurtout à l\u2019église du couvent de la Miséricorde à Sheffield, où elle a été accompagnée de la cérémonie si touchante de la véture de deux postulantes, Mlle Agnés Atkinson de Worksop et Mlle Thérèse Minnoch.Dans le collège de Saint-Cuthbert, cette fête a eu lieu dans l\u2019église non- vellement construite, et à cette occasion Mgr l'évêque de Newcastle et \u2018Hexham procéda à l'ordination de trois prêtres, de six.diacres ; vingt- et-un étudiants reçurent\u2018 les oxdres mineurs et dix-neuf la tonsure.eee ieee Nouvelles difficultés en Irlande Il est écrit dans le grand livre du destin des peuples que jamais l\u2019Angleterre n\u2019aura raison de l'Irlande ! En somme, quoi qu'elle entre- - prenne ou pour la pacifier, ou pour l\u2019intimider, elle ne finit jamais d\u2019un côté et'elle recommence toujours de l\u2019autre.\u2019 Comme si ce n\u2019était pas assez des questions agraireset des questions politiques proprement dites, voilà que surgit maintenant.une question municipale d'un caractère assez grave.Les municipalités de Limerick, de Dangarvan et de Clonakilty sé refusent d\u2019une manière très formelle à solder les frais de police extraordinaires que le vice-roi exige d'elles en vertu:des lois de coercition, et il est, à peu près hors de doute que leur exemple sera suivi par toutes les - autres municipalités du pays.En d\u2019autres termes; l\u2019Irlande ne Veut pas acquitter ses factures de menottes, de gedles, de potences, et le gouvernement de Londres trouve naturellement qu\u2019elle a tort.Nous mentionnons simplement lé fait, parce qu\u2019il est un signe de nouveaux embarras.Non qu\u2019il.y ait à craindre des troubles sérieux dans l\u2019île-sœur ; les Irlandais se borneront à attendre avec plus ou moins de calme la nouvelle réforme électorale de M.Gladsone.\u2018 : Da moment où le nombre :de M.Parnell aura doghlé ou triplé, cet habile chef dujparti national sera à même, dans une fonlé de circonstances, d\u2019imposer,sa volonté, soit aux conservateurs, soit aux libéraux.Cette éventualité est une cause de souci, pôur-tôus lès e Non seulement ils restent, mais ils essaiment, comme une ruche féconde.Cent ans après la fondation, quinze chartreuses imitaient.au loin, les vertus de la première Sous Louis XIV, on en comptait cents répandues sur toute la surface de l'Erope, et reconnaissant le même générale.Toute cette gloire du dehors n\u2019est plus.On ne compte guère plus de vingt chartreusks dans le monde.La Grande-Chartreuse elle même a va,\u2014il y a de cela quatre-vingt-dix ans presque jour pour jour, au lendemain de cette méme fête de saint Bruno, qu'on y célèbre aujourd'hui, \u2014ses solitaires expulsés par la force et remplacés par une garnison révolutionnaire.Amers souvenir qui, pourtant, ne sont pas sans honnear pour la Chnrtteuse ! Un chercheur, un illustre savant dauphinois, M.Champollion me njontrait hier un document que les moines ne connaissent pas, et qu'il faudrait pourtant graver, en lettres d\u2019or, au frontispice de leur couvent, comme ne sauvegarde; comme uh: bouclier cozitre les.filtetirs républi- N 12 0 Désert,\u2018 dont-nulle femme, avant la a.caines de l'avenir.C'est la protestation dé la münicipalité républicaine de Grenoble contre la suppression de la Chartreuse en 1790, protestation très énergique adressée à * l\u2019auguste Assemblée nationale \u201d, et qui, énumérant les bienfaits du couvent, proclame la charité des moines nécesai- re à la contrée.Le peuple pensait comme ses édiles ; car il fit, en 1816, une réception significative aux survivants de la révolution.Le vieux Vicaire général de l'ordre ne révit son monastère, à la Restauration, que pour y mourir huit jours après, mais, du moins y rentra-t-il au millieu des populations agenouillées, porté sur les épaules des montagnards, au bruit des retentissants hosannahs.Les paysannes s\u2019en mê'èrent et suivirent de loin \u2018la triomphante escorte : elles pénétrèrent dans le Révolution, fût-elle Souveraine, fut- ce même pour y obtenir sépulture, n\u2019avait pu franchir les limites ; depuis ce jour, les femmes ont accès licite jusqu\u2019aux poates extérieures du monastère, Depuis ces huit cents ans, qu'ont fait, que font ici les enfants de saint Bruno ?De la chartreuse ?Non : la célèbre liqueur se fabrique depuis quarante ans tout au plus ; elle est distillée par des Frères converts et des employés, dans une usine éloignée du couvent.Chaque Chartreux reçoit, dans l\u2019année, une bouteille de chartreuse : la plupart n\u2019y ont jamais goûté.Des chemins, de l'assainissement forestier, de l'élevage pastoral ?Non ; ils ont pourvu à tout cela avec une entente maîtresse, une générosité royale, mais, en principe, directement, le travail extérieur, le travail en commun, n\u2019est pas* celle que prévoit et ordonne la règle.Depuis huit cents ans, la vie des Chartreux, c'est la prière solitaire, le travail solitaire.Cette vocation étonne et irrite plusieurs, qui ne la comprennent pas Il faut cependant admettre qu'il est des besoins spéciaux, dans certaines âmes exceptionnelles.La solitude, elle est absolue ici- Chaque Chartreux a son jardin, son promenoir couvert, sa maison séparée où il conche, où il mange isolément, et même son oratoire privé où il dit une grande partie de l'office, dans sa salle solitaire, s\u2019asseyant, se levant, s\u2019inclinant, se couvrant, et se découvrant, selon les moments, comme s\u2019il était au chœur.Deux fois le jour, une fois la nuit, il va.chanter avec ses fréres les louanges de Dieu.Chaque semaine il a une promenade commune et une récréation commune ; aujourd\u2019hui, à cause de la saint Bruno, ils ont mangé ensemble.sans parler : c\u2019est tout.Hors de là, silence perpétuel, travail sans témoin : chacun seul avec Dieu ! Mais quel travail ?Le travail auquel sont propres des gens instruits comme le sont ces quarante prêtres, le travail de tête et © plume.Ah ! je vous assure qu'ici la biblothèque ne moisit pas ! Je m'y arrêtais tout à l\u2019heure, et je voyais de silencieux fantômes encapuchon-/ nés de blanc, qui rapportaient, replaçaient, cherchaient, emportaient, à tout-moinent des ouvrages documentaires, de grands et de petits livres.Je me rappelais ce.cri d\u2019un Père général, au milieu d\u2019un incendie qui détruisait sa chère Chartreuse : \u201cTour le monde à la bibliothèque ! Sauvez d\u2019abord les livres ! Fratres ad libros!\u201d C'était, je crois, au temps de Doïn de Galliffet.Cd dont les moines sont fiers, ce qu'ils regardent comme léür plüs.beatr bouquet de fête, le plus agréa- - .©, a \u2018 naire, c'est leur fidélité rigoureuse aux traditions cartusiennes.L'ordre achève son huitième siècle, sans avoir jamais subi de réforme.Il nla pas dévié.Non-seulement il n\u2019a jamais glissé dans le relâchement, mais il a répugné aux moindres changements ; et, ce qui est plus curieux, Il a obstinément résisté aux modifications que les Papes eux-mêmes ont voulu y introduire.ble à saint Bruno pour son.cente- Ainsi Rore a désiré que le général des Chartrevx partât la crosse: et la mitre : les Chartreux ont tant supplié que cette innovation ne leur a pas été imposée.Rome a voulu que les religieux malades pussent manger un peu de viande :\u2014les Chartreux ont obtenu le maintien rigoureux de leurs observances primitives ; jamais, depuis qu\u2019ils existent un aliment gras n\u2019a franchi leur porte: ce qui, par parenthèse, n\u2019a pas été au détriment de la longévité, car la délégation chargée d'aller demander au Pape le maintien exclusif des aliments maigres ne comptait que des Chartreux de quatre-vingts ans.Le latin est resté, comme autrefois, la langue officielle de leur maison.Ils ont conservé pour la messe, dans leur austère église, qui n\u2019est jamais fleurie, des rites spéciaux, des rites quotidiens et immuables, auxquels n\u2019ajoutent aucune pompe nouvelle les solennités mêmes les plus importantes, comme celle d'aujourd'hui.Ils n'ont pas admis les orgues ; la voix humaine chante seule avec les tourmentes de la montagnes.À table en dépit des usages universels, ils boivent dans une tasse à deux anses, qu'ils tiennent des deux mains, parce que leurs anciens faisaient ainsi.Les Frères n\u2019abordent jamais leur Prieur sans baiser respectueusement le pan de sa robe.Ils ont conservé la coutume de se raser la tête tous les quinze jours, ce qui, paraît-il,\u2018est, au moins en hiver, une pénitence plus dure que leur cilice et leur jeûne.Ils ont surtout scrupuleusement respecté la constitution gouvernementale, très forte et très pondérée : celle-ci attribue à un chapitre général élu une autorité qui balance celle même du Général.L'éminent titulaire de la charge, Dom Anselme-Marie, ne pourrait rien tontre une décision souveraine de l\u2019Assemblée annuelle.p Cette perpétuité minutieuse, cette immutabilité de huit cents ans frappe et intéresse vivement.Ce matin, à l'office de saint Bruno, le cérémonial qui a paru le plus saisissant est celui de la communion.Les religieux profès, restés à leur place, s'étendent tout de leur long, non pas à plat ventre, mais couchés sur le côté, le coude supportant la tête, dans l'attitude du sommeil :\u2014 c\u2019est la prostration selon le rite de saint Bruno.\u2014Pendant ce temps, les communiants agenouillés, sur un.seul rang, forment un vaste cercle autour de l\u2019autel.Aussitôt qu\u2019ils ont reçu l'hostie des mains du célé- braut, ils se passent, à la ronde, un calice de vin non consacré, dans lequel chacun trempe légèrement ses lèvres :\u2014 c\u2019est un cnarieax mémorial.de la communion sous les deux espèces.Les fêtes de saint Bruno, avec leur caractère de grandiose simplicité, se complèteront dimanche prochain, par le sacre de Mgr Jourdan de la Passardière, grand-vicaire de Grenoble, un de nos premiers orateurs que le Saiût-Siège honore de la mître, en \u2018dehors de toute présentation et inter- \u2018Veñtion gouvernementales.\u201cLe nouveau pontife a voulu recevoir, dans cette poétique solitude, l'onctioh.épiscopale : c\u2019est ne heureuse inspiration.\u201d Pour finir, une gracieuse parole du Père général.\u2014 Un.de vos visiteurs, 1dixdisais-je À + + N \u2019 A en prenant congé, a récemment intéressé les lecteurs du Gaulois, en leur communiquant ses impressions sar la belle œuvre de Votre Révérence, sur l\u2019Asile de vos sourds-muets : c\u2019est un artiste de l\u2019Opéra, M.Salomon, \u2014I] est une chose, m\u2019a répondu le bon moine, que M.Salomon a omis d'ajouter.C\u2019est qu'il a bien voulu chanter dans l\u2019église paroissiale de cetie commune ; que le plaisir de l'entendre a attiré de larges aumônesj et que les pauvres de la montagne lu devront leur pain cet hiver.: (Gaulois).Angleterre LES BANNIS PAR BISMARCK Dans ces derniers jours, la Congrégation de l\u2019église catholique de Saint- George à York a tenu un meeting à Veffet de présenter au Père Concemins, un des prêtres que l'Allemagne persécutrice à forcer dé s\u2019exiler, une adresse de remerciments, ainsi qu\u2019une bourse d\u2019or.Ce Père a travaillé pendant trois ans au salut des âmes dans la ville de York, et se prépare à quitter l'Angleterre et à retourner dans sa patrie pour y reprendre l\u2019œuvre évangélique interrompue par le Culturkampf.A cette occasion, on a prononcé plusieurs éloquents discours dans lesquels on n\u2019a pas manqué de faire ressortir comment Dieu sait dégager du mal beaucoup de bien, et combien la diminution partielle du Culturkampf, tout en étant un phénomène consolant à constater potr l\u2019AlÎle- magne, n\u2019en cause pas moins certains vifs regrets aux catholiques de l'Angleterre qui vont se voir privés du zèle si chaleureux des martyrs de la persécution allemande, Le Très Rév.W.Browne n\u2019a pas même craint d\u2019exprimer le vœu de voir \u2018\u2018 la douleur du départ adoucie par l\u2019espérance du retour de ces éminents missionnaires.\u201d Joignons nos vœux à ceux du Rév.W.Browne, mais espérons que le retour éventuel des prêtres allemands en Angleterre ne soit point causé par un nouveau Culturkampt.DÉPART DE MISSIONNAIRES Le 6 septembre, est'parti de Londres pour les missions nègres du sud des Etats-Unis d\u2019 Amérique M.Fahey, de 2 Société de Saint-Joseph de Millill.\u2014Se sont embarqués dernièrement à Liverpool onze missionnaires de la Congrégation du Saint-Esprit ; les RR PP.Bichet et Dahin, pour le Gabon ; Wira, Laengst et Frawley et le Frère Marie Colman pour la mission de Sierra Léone ; les RR.PP.Schaller, Palloe et Lecomte?et les Fréres Maxime et Alcine pour les Missions du Cunène et de Cimbébasie.: Ld ROME Rome, le 12 octobre.Parmi les effets désastreux que le choléra, justement désigné sous le - nom de /léau, a eus pour l'Italie, je dois signaler les graves embarras de.la situation financière.On évalue à 50 millions les pertes positives ou dépenses que le trésor a dû faire de ce chef, et à une égale somme au moins les pertes résultant de la dimiminution des recettes.À cela il faut ajouter la-stagnation générale | \" des affaires, le mouvement presque nul aussi bien de l'émigration des -Gavriers sans travail que de l'arrivée des étrangers qui,les autres années à pareille époque, commençaient déjà à affluer en Italie, en-un.mot, la perspective d\u2019un hiver des plus pénibles.Pour ce qui est du \u2018Trésor public, les cent millions de pertes dont j'ai parlé suffisent pour.compromettre la \\ = &# îÏ .» JOURNAL DES CAMPAGNES situation financière de l'Etat, d'est-à- dire que la prospérité trop tôt qantée des finances italiennes, de même que l'équilibre du budget ne reposaient pas sur des donnéès sérieuses, puis- qu'il a suffi d\u2019un malheur transitoire pour les compromettre très grave- \u2018ment, de I\u2019aven des journaux les moins suspects d\u2019exagération.#F Ces mêmes journaux alarmés d\u2019une situation aussi précaire, discutent comme une question urgente la réduction des dépenses militaires, et ce qu\u2019il y a de plus significatif, c\u2019est qu'ils rattachent cette question au rôle effacé qui est assigné désormais a I'Italie dans la politique internationale.Ainsi, l\u2019ex-ministre Bonghi, dans un article trés remarqué de la Nuova Anlologia dit en propres termes que \u201cl'Italie doit reprendre sa liberté d'action.Au moment que l'adhésion à l'alliance des trois empires n\u2019ajoute rien à cetle liberté, de même qu\u2019il n\u2019y aurait rien à perdre à se séparer.\u201d Cela £quivaut à reconnaître que l'Italie est devenue une quantité négligeable dans les facteurs de la politique européenne et que la paix peut être maintenue sans elle, de même qu\u2019elle ne saurait empêcher l\u2019explosion dela guerre.Aussi M.Bonghi propose-t- il, à titre de conclusion pratique, l\u2019allègement des dépenses militaires et un désarmement progressif qui permette au moins à l'Italie de jéuir des avantages\u2026de son innocuité.Cé même rapprochement des conditions financières avec la situation politique amène la Rassegua à s\u2019exprimer ironiquement en ces termes : \u2018\u2018 Si réellement notre alliance avec les trois empires avait pour but le maintien du statu quo, si l'on ne devait pas attendre autre chose, il serait certes inutile de consumer nos meilleures ressources pour le maintien d\u2019une armée inefficace.Le fait est que notre politique n\u2019est bonne ni pour la paix, ni pour la guerre et que c\u2019est, par conséquent, la pire des politiques \u201d.Ce dernier aveu résulte aussi des paroles suivantes du journal l'Italie : \u201c Notre diplomatie, dit-il, n\u2019est pas autbut de ses chefs-d\u2019œuvre.Après avoir réconcilié à peu près la France et l'Allemagne, elle travaille à mettre d'accord la France etl\u2019Angleterre.Nous manœuvrons, en somme, de façon à liguer tout le monde contre nous.Nous faisons entendre à la France que, si elle se brouille avec l\u2019Angleterre, elle nous aura \u2018pour ennemie, comme nous lui avons fait entendre, il y a trois ans, que si elle avait affaire à l\u2019Allemagne, elle nous aurait sur le dos.Qu\u2019avons-nous ga- né à ces manœuvres savantes ?Rien jusqu\u2019à présent et, probablement, il en sera de même à l\u2019avenir \u201d.On parle, il est vrai, d'une entente à propos des affaires d'Egypte, entre | 4 J et 1 >» célèbre éducateur, qui fait autorité en l'Italie et l'Angleterre ; mais il s\u2019agit, je crois, d\u2019une nouvelle à sensation pour atténuer_dans le public effet d'un isolement devenu par trop visi- - Portrait du médecin ou L'HOMME A TROIS FACES.+ \u2018Un ami de notre journal nous communique l\u2019épigramme suivante qui uous semble joliment traduite : - \u201c En 1535, le fameux docteur Enricus Cordus -parlant de la reconnaissance reçue d\u2019un patient traité et guéri, dit : \u2018\u201c\u2019Tres medcicus facies trabet, unam quando [rogatur Angelieam, mox cst cum juval ipse Deus.Post ubi curato, poscit sua præmia, morbo Horridus apparet terribilisque satan.\u201d [TRADUCTION] On prôle au médecin cetle\u2019 triple figure : D'abord, ange du ciel, au chevet du patient, Gest bientôt un vrai dieu s'il opère une cure; Mais quelle affroux démon lorsqu\u2019il parle dei \u2019 gent! F.DE BEAUCE.Les citoyens d\u2019Ottawa sont, paraît- il, trèstsatisfaits de la décision que le conseil-de-ville a prise d\u2019éclairér à la lamière électrique les rues et les édifices de la cité.\u2014>+ mr EEE IX UN GRAND ARTISTE Du c6té de la Marne, Tanqueux profile une façade assez triste.Un rideau d\u2019arbres dérobe d\u2019une facon presque complète les toits d'ardoises bleues.On dirait le château enterré dans un bas fond.Le soir ses lumières brillent lointaines à travers le feuillage, marquant une des étapes de la route de Lusancy.Mais du côté du village l'aspect est bien dif- férent.Ses énormes bornes de pierre reliées de chaînes, sa cour d'honneur large et bien sablée, ses bouquets d'arbres, et son grand style Louis XII en font une demeure aristocratique.Le comte de Nantilly avait joint le luxe à une situation charmante.Sos serres passaient pour être les plus belles du pays.Le gout ou plutôt la manie des corbeilles ue gagnait point encore les jardiniers.L'idée de distribuer une propriété en un nombre plus ou moms grand de pelouses s\u2019étaleraient d\u2019éternelles ovales de géraniums ou de ronds parfaits destinés à contenir des feuilles de caladiums gigantesques ou de bégonias aux couleurs d\u2019un vert marbré de brun, n\u2019avait point envahi l'horticulture.On croyait encore que toutes les fleurs sont belles, que de leurs mélanges dans de longues et larges plates bandes, résultent des effets de palette dont rien ne rendra le charme et l\u2019imprévu.Le comte de Nantilly résistant done aux insistances de son ;jardinier exigeait qu\u2019on prodiguât les fleurs au milieu des ombrages Si l'amour des fleurs s\u2019exilait des jardins on savait le retrouver-là.Pierre Raimbaud dévoré de curiosité et d\u2019impatience compta les heures avant qu'il lui fut possible de songer au départ.Habillé de bonne heure, son carton rempli de dessins et de livres sous le bras, il descendit vers la Marne et s\u2019assit sur le bord, regardant couler l'eau qui emportait ses rêves d\u2019enfant.Des tireurs de gravier parurent dans leur bateau, la pelle creuse à main arrachant avec effort le sable du fond de la rivière.Rude métier, rétribué d'une façon modeste et qui procure une considération médiocre.Le tireur de gravier est en réfractaire du travail régulier: Il monte dans un chaland quand il lui plaît, vend son sable, et mène tant qu'il le peut ensuite une vie de lazzarode.Les jeunes paresseux qui sentent le besoin d'afficher un état intermittent adoptent celui- là.Il n\u2019empêche ni la bohême ni ln maraude.Tandis que le bateau longe les berges, les tireurs de gravier arrachent des pommes de terre ici, récoltent là des haricots.Dédaigneux des droits de chasse et de pêche, ils braconnent en tous temps, se rail- liant à la fois du garde champêtre et des gendarmes.Au moment où le bateau passa devant Pierre une voix d'enfant lui cria : \u2014La Marne est basse, il y a des écrivises sous les roches, viens-tu en chercher.- Merci, dit Pierre, mais tu me rendrais un service si tu voulais me passer.; L'homme appuya sa perche au fond de l\u2019eau, tourna le bout du bateau du côté de Pierre qui sauta lestement et s\u2019assit près de l\u2019enfant.\u2014Tu ne vas donc plus à l'école ?demanda Pierre.-Heureusement.Lafistole m\u2019amène avec lui, etje m\u2019amuse joliment ! ça n\u2019a l'air de rien de tirer du gravier, mais on prend du poisson, on attrape des lapins, on cuit des pommes de terre dans la cendre.\u2014Et ta mère ?\u2014Ma mère! fit l\u2019enfant en haussant les épaules, est-ce que ça la regarde.Je ne lui demande rien, elle me laisse tranquille\u2026 À quelle maison de Tanqueux vas-tu ?\u2014ÂAu château.> \u2014En voilà une chance! Ah! mais toi tu as beau être le fils d\u2019un meulier, tu reste quasiment un Monsieur.Et que vas-tu faire chez le comte de Nantilly ?\u2014Regarder des tableaux, dit l'enfant dont les yeux brillérent ?\u2014Des tableaux.Ah, oui, je sais ce que c'est, il y en a dans les églises \u2026Ah! bien j'aime mieux la pêche aux écrevisses.\u2014Sautez ! cria Lafistole, vous êtes rendu ! Pierre jeta un merci sonore et se trouva sur la berge.Longeant un mur très bas, et suivant un petit chemin, il gagna une allée d\u2019arbres, fit deux ou trois détours, et presque au milieu des maisons d\u2019un chétif village dépendant de Chamigny il se trouva en face du château.Le jardinier prévenu lui ouvrit avant qu\u2019il sonnât à la grille, le conduisit dans une allée ombreuse ; alors lui dési- guant un homme absorbé dans la lecture d\u2019un infolio.Voici monsier le comte, dit-il.Le cœur de Pierre battait fort.Cependant le souvenir de la bienveillance, dont il avait été l\u2019objet la veille, le rassura, et ce fut avecla timidité respectueuse qui est un des charmes de l\u2019adolescence qu\u2019il s\u2019avança vers son protecteur.\u2014Vous êtes exact, mon cher enfant, dit le comte d\u2019une voix affable ; c'est déjà d\u2019un bon augure.Asseyezvous sur ce bancet récitez-moi le troisième chant de l\u2019Enéice, vous-m\u2019avez l'air doué d'une admirable mémoire.Pierre obéit, et son maitre dut l'interrompre.\u2014 Vous écrirez ici votre thème et votre version.Tâchez A ne point vous laisser distraire parla beauté du paysage.Plus tard je vous conduirai dans ma galerie.Ce fut seulement après avoir fait passer à Pierre une sorte d\u2019examen que le comte de Nantilly \u2018 l\u2019introduisit dans le château.Dès le vestibule on se sentait transporté dans un monde fantaisiste et charmant.Les murs disparaissaient sous des tapisseries d'Arras étalant tout au fond d\u2019une perspective un château à tourelles.Des arbres gigantesques l'entouraient, tandis qu'au premier plan, des cigognes blanches et de flamands roses étendaient leurs longs becs et dilataient leurs ailes.Des armures complètes se dressaient sur des piédestaux, des nègres en bois sculpté venus de Venise soutenaient des vases de fleurs ; dans un angle; une chaise à porteurs en vernis Martin étalait ses bergeries, et montrait les teintes douces des coussins de peluche sur lesquels une belle Duchesse avait appuyé sa jolie tête poudrée.Des trophées de chasse pendaient aux murs, montrant des-cor- nes gigantesques, des têtes de cerf et des bois d'élan.Dans des vases bleus venus de Chine s\u2019étalaient des fleurs et des palmiers.Pierre sentait déjà s'éveiller des sentiments nouveaux.Il se sentait rempli à la fois de curiosité et de respect.Marchant sur lapointe du pied, il retenait son:halai- ne.\u2014Voici la bibliothèque, dit le comte de Nantilly en l\u2019introduisant dans une pièce immense.Chacun de meubles renfermant des livres en \u2018occupait un panneau.Sur des crédences se trouvaient des cartons contenant des gravures précieuses.Unmédailler dont le comte tirà quelques tiroirs offrit aux regards de l'enfant des spécimens de toutes le monnaies anciennes.Au-centre de la salle sur une table immense s\u2019empilaient des \u2018atlas, tandis qu\u2019un globe terrestre d\u2019une taille inusitée, etun globe céleste de même dimension- l\u2019accompagnaient de chaque côté.Au-dessus A de Ja bibliothèque des bustes de marbre reproduisaient les traits des hommes qui, dans tous les temps, ont le plus honoré les arts et les lettres.\u2014 Quand la pluie nous empéchera de prendre vos leçons dehors, nous nous trouverons ici, dit le comte.Vous le voyez, mon enfant, les outils scientifiques ne manquent pas ; chacune de ces bibliothèques contient la fleur du génie de l'homme.Après avoir tout lu, je relis.Ils quittèrent la salle de travail et montèrent l'escalier.La galerie se trouvait au-dessus de la bibliothèque.Après en avoir ouvert la porte, le comte se recula.Il voulait surprendre chez cet enfant qui lui semblait doué d\u2019ane façon admirable, les vir- glnales impressions que la vue des tableaux de maîtres soulèverait dans son ame.Pierre entra vivement, puis s\u2019arréta, ébloui, éperdu, sentant battre son cœur avec une violence inouïe, et se demandant dans quel monde merveilleux il venait d\u2019être transporté.Après cette impression pour ainsi dire fondroyante, et comparable à l'effet produit par un lever de soleil, un travail se fit dans le cerveau de Pierre, travail instantané.Ou plutôt il n\u2019y eut point travail, mais attraction.Les maîtres de toutes les écoles se condoyaient dans cette galerie ; depuis les primitifs jusqu'aux peintres élégants du dix- huitième siècle.L'énergie des Espagnols, la grâce des ltaliens, les beautés des Flamands et leur radieuse palette s'opposaient sans note discordante.Il n\u2019était pas une partie de ces toiles qui ne fut un chef-d\u2019œu- vre.Pierre s'arrêta devant le Murillo ; resta longtemps devant une toile de Rubens, passa plus vite devant un Gordaens ; mais quand il se trouva en face d\u2019un Raphaël il -ne s'éloigna plus, et cessa de regarder autre chose.° Il avait trouvé la note divine répondant à l\u2019harmonie secrète de sa jéune âme.oo \u2014Allons, pensa le comte, la première épreuve est excellente.Il frappa sur l\u2019épaule de Pierre, et l'enfant se retourna les yeux humides.° \u2014 Est-ce donc un homme qui a peint cela, monsieur le comte ?\u2014Oui, mais on l\u2019appela : le divin Raphaël.\u2014Me permettrez-vous de revenir ici ?\u2014Tous les jours.Je pourrais te donner des conseils, et je ne le veux pas ; tu copieras comme tu vois, tu traduiras comme tu veux.Dans un mois viendra ici un artiste de mes amis qui est un des plus célèbres de notre époque.Bon ou mauvais, je lui montrerai-tout ce que tu auras\u2019 fait.Le jugement qu'il portera sur toi décidera ta destinée.\u2014Oh ! Monsieur ! Monsieur! dit Pierre en joignant les mains, moi aussi, je veux peindre.\u2014C'est la version du mot de Corrège ! Tu ne t\u2019en doutes pas, et tu l\u2019apprendras\u2026 Je vais te laisser \u2018 igi jusqu\u2019à quatre heures; quand tu cessera de dessiner, tu'me rejoindras au salon de musique.\u2014Mais, monsieur le comte, dit Pierre avec une sorte de désespoir, je ne sais rien ! ne puis rien! Que faire en présence de cette vierge.\u2014Eissayer de la copier.Tu feras mal, tu feras sec ; ton: crayon awa des habiletés très naturelles, mais tu trouveras peut-être le sentiment, et je ne te demandes que cela.Co Le comle s'éloigna et gagn& \u2018un\u2019sa\u201c lon retiré, dont les murailles étaient couvertes de fresques italiennes.Un orgue, un piano, et yn grand nombre d'instruments pronvaient que le mai- tre du château cultivait la musique d\u2019une façon sérieuse.l itmprovisa longtemps, se berçant dans une harmonie large et donce.En apercevant le visage pâle de Pierre, il cessa une mélodie qu'il dut regretter de n'avoir point notée.\u2014Te voilà, dit-il, montre-moi ce dessin.\u2014 Voici, mone\u2018aur le comte, répondit Pierre.Vous me voyez presque -désespéré.Le crayon \u2018me tombait des mains, et les pleurs m\u2019aveuglaient .Que c'est beau ! mon Dieu! que c'est beau ! \u2014Eh bien! mais je ne suis pas aussi mécontent que toi.Tu devines - beaucoup de choses, je te crois le fen sacré que Dieu envoie.L'homme peut transmettre le talent, il ne donne jamais le génie.Je conserve ton dessin; demain tu t'attaqueras à un autre maître, et ainsi de suite chaque our, jusqu'à l'arrivée de Tony Marsill\u2026.Tu ne connais pas même de nom le merveilleux artiste dont tu viens d\u2019essayer de copier uno figure .Prends ce volume dela vie des peintres, et lis-le.Ta apprendras ce que l\u2019art coûte à celui qui s\u2019y voue.Ne crois point que tout soit joie et triomphe.Les palmes conquises sont toujours arrosées de sang et de larmes.\u2014Merci, monsieur le comte : : oh ! merci.Pierre prit le volume et demanda craintivement s\u2019il pouvait revenir le lendemain.\u2014Sans doute, nous commencerons par le latin comme aujourd\u2019hui.Veux-tu que Robert te conduise en bateau ?\u2014J\u2019ai besoin de marcher, monsieur le comte ; je reviendrai par la Ferté ! Le comte plaça ges mains sur le clavier, et l\u2019enfant s\u2019éloigna accom- gné par cette mélodie qui, venant du cœur, allait au cœur.Il avait raison de le dire, il avait besoin du mouvement.Ses tempes battaient avec une extrême violence.Il ne parvenait point à ressaisir le calme.Devant lui passaient et repassait les figures lumineuses entrevues dans la galerie.Il les retrouvait dans leur vigueur et leur grâce, et tout en marchant il répétait : \u2014 Que c\u2019est beau ! mon Dieu, que c\u2019est beau ! Sur la ronte il rencontra le Doyen.\u2014Monsieur l'abbé, lui dit l'enfant, je ne voudrais point vous paraître ingrat.Il est survenu hier du nouveau dans ma vie : monsieur le comte de Nantilly m\u2019a offert de me donner une leçon chaque jour.De plus il me permet de prendre des livres dans sa bibliothèque et de dessiner dans sa galerie.Je sors en ce moment du château de Tanqueux.Je voulais passer -par la Ferté pour vous instruire dela chance qui m\u2019arrive, et vous remercier de la bonté avec laquelle voüs m'avez accueilli., : \u2014Oui, c\u2019est:un bonheur, un grand: bonheur, mon enfant: La moindré des richesses du comtede Nantilly est d'avoir cent mille livres de renté.Moi et mes pauvres, nous savons l'usage qu'il en fait ! Profite de ses bontés ; n'en abuse jamais, et viens me voir de temps en temps ; - j'aurai grand -plaisir à constater tes.progrès.Quaud Pierre arriva à Reuil, Raimbaud venait d'y arriver.Bien que Yair du meulier parut plus narquois que parternel et bien- vaillaut, l'enfant raconta l'emploi de sa journée, et apprit que le lendemain il était invité à retourner au château.Raimbaud éclata de rire.d \u2014Eh bien ! moi.dit-il, ça me ferait croire à la Providence ! La race, : le sang, quoi !ça y est.Ta deviendras un Monsieur, tu gagneras des mille et des cents ! \u2014Je suis contente, dit Germaine d\u2019une voix douce, oni, je suis contente.Pieryp aurait bien voulu lui de- mander un baiser, Mais le rire mau- JOURNAL DES .Lg» ai SN TIE CAMPAGNES 15 SE roa vais de son père lui restait sur le cœur.Il prit part au triste repas de la famille, s\u2019étendit sur son petit lit, et rêva qu\u2019un esprit céleste descendait du ciel pour lui remettre une palette rayonnante de toutes les clartés de l\u2019arc-en-ciel.Dès l\u2019aube il s\u2019enfuyait du logis, et s\u2019enfonçait dans les bois pour apprendre ses leçons.Un chevrier lui semblant plein de caractère, avec ses habits troués et sa chevelure inculte, il promit de lui faire un moulin avec une pomme verte et une noix creuse s\u2019il voulait se laisser dessiner.Quand l\u2019esquisse fut terminée Pierre rentra, prit un morceau de pain et descendit vers la Marne.Cette fois Robert l'attendait.\u2014Monsieur m\u2019a donné ordre de venir vous chercher, dit-il, venez vite.Pierre fut rapidement dans le bateau et vingt coups de rames le rapprochèrent de la rive opposée.Comme la veille il travailla, comme la veille aussi, il s\u2019enferma dans la galerie et y dessina pendant deux heures.\u2014Cela ne suffit pas, dit le comte de Nantilly, si tu deviens artiste, il est nécessaireïque tu saches plusieurs langues.Un\u2019 artiste voyage.Les livres sont de mauvais moyens d\u2019apprendre à parler.Tu déjeuneras désormais avec moi, et pendant les repas, je me servirai avec toi tantôt de l'italien, tantôt de l'espagnol et de l\u2019allemand, tu seras surpris de savoir si vite exprimer des idées courantes.\u2014Vous savez donc tout, monsieur le comte.\u2014Malheureusement non, mais j'ai passé mon temps à étudier, et je dois àfcette passion de ne point connaître l'ennui, même à la campagne.L'enfant fut exact le lendemain.À partir de ce jour l'élève ne quitta plus guère le maître.Pierre rentrait chaque soir à Reuil, mais il en partait de bonne heure.Quand Germaine voyait ses cahiers et ses livres, elle admirait, elle remerciait Dieu avec une ardeur passionnée.Chaque progrès de l'enfant effaçait une de ses fautes.Il se chargeait de racheter son passé.Lorsqu'il serait grand, heureux, instruit, Germaine pourrait sinon sans remords, du moins sans honte, dire à .Marguerite de Croissy : \u201c Voilà le fils que je vousrends !\u201d Elle avait donc avec l'enfant des effusions inattendues qui la remuaient jusqu\u2019au fond de l'âme.Seulement, au milieu des encouragements qu\u2019elle lui prodiguait, de toutes les bonnes paroles qu'elle lui adressait, il sentait que le cri de son cœur ne jaillissait pas.Elle continuait à souffrir, à trainer sa vie misérable de manouvrière.Depuis qu\u2019il s'essayait à la table du comte,il comprenait la privation dont souffrait la malheureuse femme.Il promettait de les ch,anger plus tard en bien-être, Mais quand il hasardait un mot sur ce point.Germaine devenait trem- .blante : \u201c\u2014Ne t\u2019inquiète-pas, disait-elle, il ferait beau voir que tu en vinsses à me nourrir.Je suis bien ! mieux que je ne vaux, sans doute ! Les jours succédèrent aux jours.Un soir Robert dit à l\u2019enfant : \u2014Trouvez demain le passeur : le château va s'emplir d\u2019étrangers, et nous serons tous sens dessus dessous.On ouvre la chasse d\u2019une façon brillante ici.Des amis de M.le comte arrivent de Paris.Vous verrez le marquis Luc de Gèvres, le vicomte de Chamigny, M.de Champduise, et celai que Monsieur le préfère entre tous M.Tony Marsill.Voilà un homme ! doux comme une femme, élégant comme un prince et généreux comme un roi ! bert ?\u2014Et c'est demain qu'il arrive, Ro- | - \u2014 Voulez-vous voirsa chambre ?Toujours la même.Je l'appelle la chambre aux syrènes, par rapport à |\u2019 des monstres marins comme jamais on n\u2019en pêche en Marne.\u2014Oh oui, Robert, montrez-moi l'appartement de M.Marsill.Elle était située au premier étage, ouvrant ses deux fenêtres sur la campagne que coupait la rivière de son ruban argenté! Une tapisserie des Goblins fort belle couvrait la partie de la muraille contre laquelle s\u2019appuyait le lit.Quand il était couché, le grand artiste devait voir tout près, et comme penchées vers lui, afin d\u2019enchanter son sommeil par leurs harmonies, des syrènes au buste élégant, coiffées de cheveux blonds, et tenant dans leurs bras une lyre d'or a laquelle s\u2019accrochaient des fucus et des coraux.+ \u201c \u2014 Voici les livres que M.Marsill préfère ; une boîtes de cigares ; du papier, des plumes, rien ne manque de ce qu\u2019il lui faut pour son utilité ou son plaisir.Monsieur pense à tout.Jamais homme ne s\u2019est oublié davantage pour les autres.\u2014ÂAussi, commo on l'aime.\u2014 (Ça, c'est vrai ! fit Robert, on mourrait volontiers à son service.Rien ne fut changé aux heures de travail de Pierre pour le lendemain.Seulement quand il eut pris sa leçon de latin, le comte lui dit : \u2014Travaille dans la galerie, petit.Je vais à la gare au devant de Tony Marsill.Une heure après le comte revenait avec son meilleur ami.Il paraissait rayonnant., Les autres invités ne devaient arriver que par le train du soir.En dépit de lacloche sonnant le déjeuner, Pierre ne parut pas.\u2014Allez chercher cet enfant, Robert dit le comte: il craint d\u2019être indiscret.Je vais, ajouta M.de Nantilly à Marsill, te présenter av jeune garçon pour qui je me prends d\u2019une vivesympathie.Jene te parlerai point de sa famille, tant il me semble peu tenir compte de son père et de sa mère.Il faut rarement employer les mots de prodige et de phé- nomene quand il s'agit des enfants; Tais, en vérité, celui-ci me semble valoir la peine d'être étudié et encouragé ! après le déjeuner tu regarderas ses dessins.Je te fais l'arbitre de sa destinée au point de vue de l\u2019art.Quoi que tu décides, je l'accepterai.S'il ne doit point être un artiste, il me semble du moins trop intelligent, trop affiné pqur devenir ovvrier ou paysan., Je l\u2019instruirai et je je caserai.Mais je garde l\u2019espoir qu\u2019il te plaira d\u2019abord, et que tu le protégeras ensuite, Le voilà.Etudie cette tête rayonnante, ce beau regard franc; cette bouche honnête qui connaît le sourire depuis peu et garde le pli de réveuses tristesses.Pierre s\u2019avançait lentement.Il salua le comte avec un respect mêlé de tendresse, et regarda Tony Marsill avec une expression d'admiration et de crainte.Il-répondit modestement aux questions qui lui furent adressées, et jamais adolescent ne se montra plus rempli de tact et de grace.En sortant de table le comte s'appuya amicalement sur l'épaule de Pierre.: \u2014Nous allons dans la galerie, tu wmontreras tes dessins & Monsieur.L'enfant devint très-pâle, mais il fit un signe d\u2019obéissance.\u201c Quand Tony Marsill etle comte se trouvèrent dans la galerie, l\u2019artiste marcha droit au carton de l\u2019enfant.Il regarda les dessins, les ébauches, les croquis, les moindres côups de crayon.-Et tu n'as jamais pris de leçons, Petit ?demanda-t-il.\u2014Jamais, Monsier.-\u2014Heureusement | On t'anrait gté a Nantilly, je te le prends, je l\u2019accepte je le veux, j'en ferai un peintre\u2026 \u2014Monsieur ! Monsieur ! dit Pierre suffoquant de joie, c'est vrai, c'est vrai ?Vous ne voudrez pas me tromper.\u2014C'est vrai, répondit gravement Marsill, tu as la vocation, le feu sacré, ce qui ne s'apprend pas, ce que rien ne donne ! Dieu t'a élu, et je te garde.Il y eut entre cet adolescent et ce grand artiste une intraduisible émotion, L'un se sentait grandi par cette protection; l\u2019autre comprenait qu\u2019elle le rendait meilleur.Tous trois s'assirent dans la galerie, et Marsill s\u2019adressart au comte de Nantilly, lui dit de cette voix profonde dont ses intimes connaissaient seuls l\u2019haruionie.\u2014Vous m\u2019avez connu, \u201cRenaud, quand la célébrité et la fortune me souriaient à la fois.Je vous ai reçu dans un atelier encombré de précieuses œuvres d\u2019art, tandis qu'un prince posait pour avoir un portrait signé de mon nom.Peut-être croyez-vous à l'éclosion soudaine des grands géê- nies,et vous imaginez-vous que je n\u2019ai jamais lutté parce que je suis arrivé jeune.Vous vous Lromperiez grandement.J'ai connu la faim et le froid.J'ai souffert tout ce qu\u2019un homme peut endurer sans monrir.C'\u2019est en travaillant dans une imprimierie que j'ai appris à lire Mon goût pour le dessin s'est manifesté par les copies à la plume que je faisais des gravures dont étaient ornés certains ouvrages.Un savant me surprit inopinément pendant que je travaillais de la sorte et il m\u2019amena.C'était un vieillard isolé, riche et bon.Il m\u2019aima comme aurait pu le faire un aïeul, me donna des maîtres, me fit entrer dans l'atelier d'Ingres, et quand il mour- rut sa dernière parole fut : .Rends a autrui ce que j'ai fait pour toi.Pierre peut se passer de tout le monde,si vous vous y intéressez; mais je crois pouvoir affirmer sans orgueil qu\u2019il me devra sa gloire future si vous me le confiez.À son tour il tous fera un serment, il nous promettra de chercher par le monde un jeune être dévoué, intelligent, et Jen fera un homme.Ainsi s\u2019établit la chaîne des protections qui elle ne se promettait un but moins divin.As-tu compris Pierre ?\u2014Oui, Monsieur, oui ; et je le jure, j'accomplirai ce que vous me demandez.Après avoir multiplié les efforts pour vous satisfaire, je partagerai avec un autre le bienfait de l'instruction reçue.Ce soir-là Germaine attendait Pierre avec une impatience inusitée.Elle connaissait les projets du comte de Nantilly : l\u2019enfant lui avait répété le nom de Tony Marsill en l\u2019accompagnant de magnifiques éloges.Il lui tardait d'apprendre ce que ces deux hommes venaient de décider.En la voyant anxieuse, debout sur le seuil de la porte, Pierre pressa la porte.N\u2019étant accoutumé à ancune gâterie, il savait gré de la moindre attention.Tant de joie, naîvement orgueilleuse, éclatait dans son regard que Germaine ne se fut montrée cruelle en opposant sa tristesse au contentement qui éclatait en lui.\u2014Eh bien ?demanda-t-elle, qu\u2019a dit le grand artiste de Paris ?Penset-il que tu auras du talent ?\u20141I1 se montre plein d\u2019indulgence, ma mère.Tant qu\u2019il restera au châ- tean il me donnera des leçons.Demain il ouvre la chasse avec les amis \u2018du comte, mais après il peindra des paysages, et je l'accompagnerai.Quelles admirables leçons je vais prendre.\u2014Et après?demanda Germaine.\u2014L'hiver approchant, le comte Renaud et son ami partiront pour Paris.\u2014T'emmèneront-ils ?vous vous \u2014 Je crois qu'ils y consentiraient\u2026 ressemblerait à celle de la charité, si | b - \u2014Alors tu partiras.\u2014Mais vous, ma mère, vous ! \u2014Il s'agit bien de moi! \u2014A qui done voulez-vous que je songe, sinon à vous.Certes, je crois sentir en moi des aspirations vers une vie de travail et d'art, mais sur un mot de vous, de vous que je sais pauvre, triste, abandonnée , qui gardez un mari vivant, mais aussi loin de vous que s\u2019il était mort, je renoncerais à un avenir inespéré ; je prendrais un métier pour vous donner du pain ! \u2014Ne dis pas cela! ne le dis pas, je t'en conjure! s'écria Germaine.Ah! de semblables paroles me bouleversent jusqu\u2019au fond de l\u2019AÂme.Te sacrifier à moi, toi ! briser ton avenir quand la Providence elle-même semble vouloir réparer des torts\u2026 \u2014Vous êtes ma mère! dit Pierre d\u2019une voix chaude, ma mère! Laissez-moi répéter ce nom ce soir.Sou vent je vous trouve grave, austère taudis que maintenant vous ne me repoussez pas! Ni vous saviez combien je vous aime ! \u2014 Assez ! assez ! dit Germaine en se tordant les bras, ne répête pas ces paroles.Eteins toute faiblesse daus ton cœur, pars quand on sonnera l'heure sans regarder derrière toi .Si je pleure, qu'importe ! Si je soul- fre, c\u2019est que le Seigneur a compté mes fautes ! Si je meurs, pense que je suis libre.\u2014Ne me regretterez-vous pas.\u2014Ton départ sera presque une délivrance ! fit Germaine.Quand ce mot lui eut échappée, elle devint livide.\u2014Vous ne m\u2019aimez pas ! fit Pierre, avec un sanglot, vous ne m\u2019aimez pas.\u2014Un jour, fit la malheureuse, tu comprendras pourquoi je ne veux point laisser ton cœur s\u2019amolir\u2026 Va loin loin d\u2019ici ; la maison ta été dure et l'exemple mauvais.Deviens riche célèbre, alors peut-être tu me pardonneras.\u2014Hélas ! pourquoi me parlez-vous de pardon, quand je ne voudrais parler que de tendresse\u2026 Germaine jJ\u2019attira contre elle et l\u2019'embrassa longuement, sans le regarder.Puis avec une sorte de brusquerie elle le renvoya dans sa chaw- re.L'enfant resta à Reuil pendant la bruyante journée de l'ouverture de la chacse.Le lendemain seulement il s\u2019en retourna à Tanquenx.Il trouva Tony Marsill préparant son petit bagage.\u2014Porte-le, dit-il à l\u2019enfant, et ac- pagnez-moi.Ils descendirent vers la Marne, et Tony se mit à copier un ravissant coin de bois.Dans le fond du paysage se perdait üne forêt bleuâtre, des maisons isolées s\u2019enfouissaient sous les ombrages.Tandis qu\u2019il peignait, l\u2019enfant dessinait.De temps en temps le maître donnait un conseil ou un coup de crayon.Quand le soleil baissa tous deux reprirent la route du château.Renaud travaillait dans la bibliothèque.\u2014 Voici 'ébanche de mon paysage, dit le grand artiste, qu\u2019en penses-tu ?\u2014C'est véritablement charmant, répondit Renaud ; seulement je me demande par quelle fantaisie tu fais maintenant du paysage ?(4 suivre) tt rrr PÉCHERIES.\u2014Les pécheries ont donné peu de produits cette année, à cause du mauvais temps qui a régné souvent dans le golfe Saint-Laurent et sur les côtes du Labrador.Les habitants de ces régions éloignées ne sont pas riches, mais cependant «vec les secours que le gouvernement provincial vient de distribuer aux familles des pêcheurs, la -misère n\u2019est pas à redouter pour l'hiver Se Bi qui s\u2019avance à pas de géant. 16 JOURNAL DES CAMPAGNES Philanthropie ! Un télégramme (était-ce la peine d\u2019user pour cela de la télégraphie ?) nous fait connaître le total de la recette encaissée par la philanthropie païenne, dans une nouvelle fête qu\u2019elle vient de donner à Paris.Sous couleur de secourir les victimes qu\u2019a faites l\u2019épidémie cholérique tant en France qu\u2019en Italie, on a donné au Théâtre-Italien un grand * Festival \u201d, dont le programme comprenait tout ce que le répertoire des théâtres offre de plus attrayant en comédie, en grande musique, en musique de genre.Quant aux artistes, ils étaient re- erutés dans l'élite du personnel qui hante les planches en deça comme au delà des Alpes.Les places coûtaient naturellement fort cher, et tel journal italianismec signalait comme un acte de haute générosité la location, faite par M.Wilson ou par M.Waldeck-Rousseau, d\u2019une ou plusieurs loges de spectacle.Eh bien ! veut-on savoir le résultat obtenu par ces efforts combinés du cabotinage et de la bienfaisance ?\u2014 Vingt-trots mille francs ! Et notez que, dans ce total, il y a siz mille francs sur lesquels les victimes ne doivent pas compter, \u2014 ces six mille]franes étant absorbés par les frais considérables de l\u2019entreprise.C\u2019est donc dix-sept mille francs, ni plus ni moins, qu\u2019on parvient à recueillir à Paris, par les procédés de la philanthropie paienne ! On remue tout le monde des théâtres, on met à contribution toute la générosité des boulevards, on bat la | caisse dans tous les journaux en vogue, et l\u2019on obtient, quoi ?Dizsept mille francs ! Le résultat est digne, en vérité, des moyens employés pour l\u2019atteindre.Par bonheur, il reste aux victimes de'l\u2019épidémie la charité chrétienne, celle qui donne son argent et son cœur, sans se cacher sous le masque du plaisir, sans donner au monde le scandaleux spectacle d'une foule qui croit, en s'amusant, consoler ceux qui pleurent.\u2014_\u2014\u2014\u2014-\u2014\u2014\u2014 Le cabaret est-une bonne banque ?Vous y déposez votre argent et vous le perdez ; votre temps et vous le perdez ; votre réputation et vous la perdez ; votre empire sur vous- même et vous le perdez ; votre confort domestique et vous le perdez ; le bonheur de votre épouse et vous le perdez ; celui de vos enfants et vous le perdez ; votre âme et vous la perdez.\u2014\u2014 > _\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 Unités métriques Internationales Lo ukTRE (dix-millionème partie du quart du méridien terrestre, vaut 3 pieds 3 pouces, ou 1 verge et hto.Le décimêtre (10e du mètrè) vaut 4 pouces anglais, ou une largeur de main.Le centimètre (100e du mètre) vaut:3 lignes, ou 318 de pouce, largeur du bout du petit doigt, Le millimètre (3000 du mètre) vaut 173 de ligne.Le décamètre (10 mètres) varit une deémi-chalne, ou 2 perches, ou 11 verges, ou 33 pieds.L'hectomèlre (100 mètres) vaut 5 chaînes, ou 110 verges, ou près de 2 arpents.Le KILOMÈTRE (1000 mètres) vaut 50 chaines, ou 1100 verges, ou environ 273 de mille.Le METRE CARRE vaut 1 verge carrée el 210,-ou près de 11 pieds carrés.L\u2019AR& ou décamèlre carré vaut 4 perches carrées anglaises, ou 120 verges carrées.L'heclare ou hectomèlre carré vaut 2 acres 142, de sorte que 2 hectares font 5 acres.Le kilomélre carré vaul environ 2;5 de mille carré, de sorte que 5 kilomètres carrés valent.environ 2 milles.carrés.VOLUMES ET CAPAGITÉS* Le METRE CUBE, Où sière, ou (onneau, vaut À verge cube et 3710, soit 34 pieds cubes, \u2018ou 220 gallons, ou pres do 2 minets.Le L¥TRE ou décimélre cube vaut environ 1 pinte, Le décalilre (10 litres) vaul 2 gallons et 175.L'heclolitre (100 litres) vaut 22 gallons, La tonne mélrique (poids d\u2019un mètre cube \\ d\u2019eau) vaut l'ancienne tonne canadienne, ou un peu pius que la tonne anglaise.Le quunat métrique vaut 2 fois l'ancien quintal canadien, ou * fois et.175 le quintal anglais.KILOGRAMME (poids d'un litre d'eau) vaut 2 Lelivres el 175 -(avoirdupois).de sorte que 5 kilogrammes valent 11 livres.Lo GÉANNE (poids d'un centimètre cube.d\u2019eau) -Vaut 1724 d'once, ou un | peupivs qu\u2019une demi-dragme.ik Pectoral-Cerise d'Ayer.Il n'y a pas de maladies aussi perfides dans leurs attaques que colles qui affectent la gorge ot les poumons; et aucune qui ne soit aussi négligée par la majorité des malades.Cepondant uno toux ou un rhume ordinaire négligé n\u2019est souvent quo lo commencement d'une maladie mortelle, Lo PECTORAL- CERISE a propvé son efficacité par une lutte triomphante de quarante années contro les maladies do 1a gorge et des poumons; l'important est de s'en servir à temps.Toux persistante guérlie.« En 1837 je pris un gros rhume de poitrine.Une violente toux s'en suivit et jo passni de longues nuits sans sommeil.Jofuscondanniu par les médecins.En dernier ressort, j'es- sayal dn PECTORAL-CERISE D'AY ER, et bientôt après, mies poumons so dégagérent, lo sommiell, si nécessaire à ln réparation des forces, magrevint, Par un usage continu du PECTORAL j'ai obtenu une guérison complète et radicale.d'ail à présent 62 ans, je suis robuste et vigoureux, ct c'est i votre Pre.TORAL-CERISE que je le dois ; Po puis dire en toute sincérité qu'il m'a sauvé la vie.HORACE FAIRBROT 118212,\" Rockingham, Vt., 15 Juillet, 1882, Croup \u2014 Ecoutez une Mère.\u201cPendant un séjour à la campagne, l\u2019hiver dernior, mon petit garçon, âgé de trois ans, fut atteint du croup ; sa respiration devint si pénible qu\u2019il somblait près de mourir, il étouffait._ Quelqu'un dans la famille suggéra Pemplol du PECTORAI-CERISE D\u2019AYER, dunt il y avait toujours un flacon dans la maison.Nous essayimes à faibles doses, souvent répétées, et à notre grand jole, en moins d'anc demi-houre, lo petit malade respirait libre ment.Lo docteur nous assura que le l'I:c- TORAL-CERISE avait sauvé In vio de mon chéri.Jugez do ma gratitude?A vous sincèrement, Mrs.EMMA GEDSEY,\"\u201d 159 West 128th St., New York, 16 Mul, 1£S2.Bronchites.* \u201cJesouffrais depuis huit ans des Broncliites; en vain j'avais essayé de tous les reauèdes sstbles, quand l\u2019idée me vint d'essayer le PECTORAL-UERISE D'AYER, une bonuo inspiration, comme vous voyez, puisquit jo suis guéri.JOSEPH WALDEN.\u201d Bybalia, Miss., 5 Avril, 1882.Il n'existe pas de cas où une at7\" tion de Ia £orgo ou des poumons no puisse
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