Journal des campagnes, 18 juin 1885, jeudi 18 juin 1885
[" a L'industrie agricole doit toujours'être la base de AE > Dep EE JOHRSN 4 2 deme Année ; it À OS, Jeudi 18 Sfar + af des nations.aPG.b 1 su.No 20 t JOURNAL ; i | | DES CAMPAGNES EDITION HEBDOMADAIRE,\u201c \u201d | Paraisse int tous les LEUDIS et dodtenant tout ses nouvelles de la semaine.Prix de l\u2019abonnoment UNE PIASTRE POUR LA FRANCE :10 FRANCS , _ Strictement \u2018payable d'avance.Imprimé et publié par LEGE; LB ROUSSE AU, BDITEDRPROPRIRTAIRE : Nod, Rue Bade, H.V., Québec.Lignées littéraires + Les Ségur » Encore une grande famille française, qui, avec le vieux) sang militaire, a \u2018del\u2019 encre dans les veines ;\u201d\u201d- une dynastie de nobles écrivains, qui, par leur fécondité littéraire, rappellent la famille de Broglie : la dynastie des Ségur.- a Le AY I.Ca RTH ee ep Commençons au maréchal-marquis de Ségur, I'uh \u2018des meilleurs officibrs te bd + de Louis XV.Mutilé par la mi-| taille, il servit longtemps le Roi, comme commandant de ses troupes et eomme ministre \u2018de la guerre.Homme d'action, il n\u2019a pas écrit ; je le cite cependant, \u2018ppur un billet de \u2018deux lignes qu\u2019on aretrouvé de lüi et qui montre son esprit.La vicomtesse de Laval-Montmo- rency sollicitait du maréchal-minis- treun régiment pour l'un de ses protégés : plusieurs fois rebutée, elle & piqua, et lui écrivit : \u2014Si vous avez lu l\u2019histoire, M.le Marquis, vous avez dû voir qu\u2019il était plus aisé autrefois gux Montmorency d'obtenir la charge de connétable, qu'aujourd'hui um chétif régiment.maréchal répondit à la vicomtesse : \u2018 , \u2014J'ai lu l'histoire, Madame; et Jal yu qu\u2019autrefois comme aujour- d'hui les.Montmorency ont été mis à leur place.x** Avec les enfants du maréchal et | de Mlle de Vernon, ;conimence dans la famille une lignée d'écrivains féconds.\u2018 .Voici d\u2019abord le fils ainé, le comte Louis-Philippe de Ségur : - Le hasard, écrit-il ,dans ses.Mémoires, a voulu que je fusse succes: sivement : colonel, officier-général, voyageur, navigateur, courtisan, fils de ministre, ambassadeur, négocia- tour, prisonnier, cultivateur, soldat, sélecteur, paste, auteur dramatique, / colla orator de journaux, i ciste, historien, député, conseiller d\u2019Etat, sénateur, \" académicien \u201cet Pair de Francecer cette longue énumération : il fut ici grand-maître des cérémonies de Napoléon Ier, à la cour duquel il se distingua par une arbanité, un raffinement de courtoisie adulatrice demeurés légendaires ; le jour notam; .ment où, voyant I'Empereur irrité de quelque retard, il le dérida par.ces \u2018paroles : 2° ge, \u2014Je présente un million'd\u2019 excuses -à Votre Majesté, si jé T4P-fait'atten- \u2018dre ur moment : radissen me circule pas coxfime l\u2019on vett aux.portes /de -son palais : j'y ai été arrété, par un embarras de rois.En effet, les rois-de Saxe, de Bavière, de Wurtemberg et trois autres, se trouvaient alors à Paris pour faire leur cour; et Napoléon, désarmé, \u201csourit de cette louange.»- Mais ce sont ici les mérites litté- raites qu'il s\u2019agit de mentionner.Poète, le comte de Ségur a laissé un volume spirituel de contes, de fables, de ,ckansons en vers ; un autre volume de romances et.chansons ; et le Théâtre de l'Ermitage, recueil de pièces qu'il composa pendant son ambassade en Russie, et qui furent jouées sur le théâtre privé de I'impératrice Catherine.Le {plus heureux de ces poèmes tragiques est Coriolan.Auteur dramatique, il a laissé des vaudevilles qui ont été représentés, et le Recueil de Famille, série de spirituelles comédies.Journaliste, il a collaboré successivement aux Nouvelles politiques, \u2018à l'éHstorien, au Publiciste.à la Bibliothèque française, au Mercure, aux Nouvelles littéraires.Le comte de Ségur eût pu renfor- |.y \u20ac eco .o Juin 1885.co huit Mais'é'est commé historien que- le comte de; Ségux mérite surtout l\u2019atténtioxf, Il-Consacra les loisirs que lui fit Ia Révolution à des travaux | considérables, lesquels forment, seuls une vraie bibliothèque.Son\u2018Abrégé d'histoire.universelle fat publié, en quaränte-quatre volumes ; son .Histoire de France en neuf volumes ! Le spectacle de son temps lui fournit la matière des études les plus précienbes, \u201c Son Histoire de Erédéfric Il : éôn Tableau péliliqué dé tousles Cabinets \u2018d'Europe \u2018pendant les règnes de Louis XV et de Louis XVI,\u201d surtout ses Mémoires ont survécu à l'oubli.\u201cCe dernier ouvrage offre un intérêt particulier ; c\u2019est le plus lu, à bon droit.L'auteur, en effet, d\u2019abord colonel d'Orléans.\u2014Dragons, puis volontaire de Rochambeau aux Etats- Unis, puis ambassadeur de Louis XVI en Russie, a beaucoup vu, a été mêlé à des événements .importants, a fréquenté des personnages considérables.On est de son avis quand expose, ainsi sa compétence de témoin : ii 10 Ma situation, ma 4 la cour de : Louis XV et de Louis XVI, le ministère de mon père, mes \u2018voyages en Amérique, mes négocia- connu, sous des, \u2018rapports d'affaires et de société, Catherine II Frédéric le-Grand Potemkin, Joseph II, Gustave III, Washington, Kosciusko, La Fayette, Nassau, Mirabeau, Na- \u2018poléon, tout ce que j'ai vu, \u2018fait, éprouvé et souffert pendant la Réesquisse de ma vie pourrait être piquante et intéressante.Le comte de Ségur raconte; en effet, de visu, la campagne de la jeune noblesse française pour l'indépendance américaine; lui-même assiste à un combat naval des insurgés contre les Anglais.En Russie, il suit le magnifique voyage de l'impératrice\u2019 Catherine, qui parcourt en triomphe la Crimée, sanouvelle conquête,rencontrant partout des villes des hameaux, des habitants.improvisés sur son passage par l'industrie théâtrale de son naissance, raes |\u2018 liaisons \u2018d\u2019amitié et de parenté avec |.\u2018toutes les personnes marguantes de.tions en Russie, l'avantage d'avoir volution, m'ont persuadé que cette.: \u2018 et.À fu ministre Potemkin.Puis, il : juge la grande, souveraine du Nord : Son génie était vaste-et son esprit était fin.On- voyait en elle un mélange étonnant des qualités qu'on trouve le.plus rarement réunies.Trop, sensible aux plaisirs et cependant assidue au travail, elle était - naturelle dans sa vie privée, dissimu- 1ée dans sa politique.Dictant elle- méme a ses ministres les dépêches les plus importantes, ils ne furent réellément que ses secrétaires.5 La peintuze curieuse \u2018que .fait le comte de Ségar de la Société française à son époque, de la transformation que subsissaient sous ses yeut les mœurs et les idées, au couchant du dix-huitième siècle, dans les hautes phèrees dé la nation, est rendue avec un saisisant intérét., .L'auteur rencontre sous :sa plume les péripéties qui ont marqué, dans sa jeunesse, l\u2019histoire de la Compagnie de Jésus I] ne l'aime Quères ; mais'il rend involontairement.hom- magë'à la vitalité.prodigieuse de cette force, toujours \u2018éontrariée, toujours renaissante : Ç Ordre redoutable qui s\u2019est, constamment relevé de tous ses.revers, que les philosophés, les\u2019 ministres, les Parlemènts, \u2018lé \u2018 Clergé, Rome \u2019 méme, ont cru tuer, àt qui, triomphant du monde entier, pourrait, par sa résurrection inconcevable, affirmer sans folie qu\u2019il a le don des miracles ! Si la matière de ces Mémoires est attachante et variée, le style aussi mérite la louange : il est net, précis, clair : les considérations élevées abondent ; les observations sont fines ; les anecdotes sont spirituellement contées ; les portraits son habilement touchés.En un mot, l\u2019œu- vre a sa bonne place parmi les ducu- ments vécus, dans le dossier historique des temps modermes.#4 Le cadet du comte de Ségur, le vicomte Joseph-Alexandre, n\u2019a pas laissé d'ouvrages aussi sérieux : mais ses productions littéraires ne furent pas sans renom.Tendrement uni à son frère, et, comme lui, ancien officier de l'armée royale, il ne partagea pas ses entrai- nements politiques, et, pour se distinguer du puissant dignitaire, ins- des = .+ ?~ = pit ne JOURNAL DES-CAMPAGNES : crivit maliciensement sur ses cartes : \u201c Ségur-sans-cérémonies.\u201d Son esprit charmant et léger brillait surtout dans le pamphlet, dans l\u2019épigramme, dans le quolibet.C\u2019est lui qui a formulé toute la doctrine de la Révolution dans cette maxime : \u201c Ote-toi de 1a que je m\u2019y mette !\u201d Ses romans, oubliés, n\u2019ont aucune portée morale.Ses pièces ont été jouées les unes aux Théâtre Français, comme le Fou par amour et le Retour du mari ; d'autre à l\u2019Odéon, comme l\u2019Amant arbitre ; d\u2019autres à l'Opéra Comique, comme la Dame voilée et les Vieux fous.Enfin, parmi ses chansons, une au moins \u2018a été sauvée de l'oubli : l'Amour et le temps production de galanterie sentimentale, que la gravure a souvent illustrée, et que répètent encore les pianos de famille, pendant les vacances des grandes pensionnaires.La postérité de Ségur-sans-céré mo-' nies se confond aujourd'hui, par sa petite-fille, avec la lignée ducale de Gramont-Lesparre ; mais lé comte, son aîné, le Ségur-cérémonies marié a Mlle d'Aguesseau, a laissé une nombreuse lignée littéraire.Son fils aîné, le comte Octave de Ségur, dont la carrière tourmentée fut partagée entre l'administration, les armes et de romanesques incidents privés, avait le goût des sciences naturelles ; il a écrit plusieurs ouvrages de botanique.Le fils aîné du comté Octave, le comte Eugène, épousa Sophie Rostospchine.Celle-ci a rendu le nom de Ségur bien cher aux jeunes générations.Elle a consacré sa plume gracieuse au plaisir et à l\u2019éducation des petits.Elle a multiplié les volumes de cette jolie bibliothèque rose, qui amuse et instruit nos enfants, après nous avoir amusés et instruits nous-mêmes.Ce n'est pas un art facile que celui d\u2019intéresser et de fixer des imaginations naissantes, que de parler une langue simple, claire et enfantine sans jamais descendre à la vulgarité.La comtesse de Ségur excelle par ce mérite particulier.Elle attache l\u2019enfant, elle la passionne, elle lui arrache le rire ou les larmes, sans chercher ses effets ailleurs que dans les scènes, dans les sentiments de l'enfance, Et tel est le charme de ces riants et maternels récits, que les grands aussi se prennent à les suivre, qu\u2019ils disputent parfois le volume aux petits.Les Mémoires d\u2019un âne, les Deux nigauds, et vingt autres histoires divertissantes, ont fait la joie d\u2019innombrables foyers ; et la reconnaissance de tous se peut affirmer sans aucune restriction vis-à-vis de l\u2019auteur ; car les sourires de la grand\u2019mère sont purs comme les yeux bleus des petits- enfants ; les plus saines inspirations de la morale et de la religion guident partout l'auteur, qu\u2019il apprenne aux petites lèvres les premières prières, ou qu\u2019il émeuve les petits cœurs sur la misère des pauvres gens.Ces livres là sont écrits sans doute avec une plume échappée aux ailes blanches qu'étendent les anges gardiens sur les petits lits.Les quatre enfants de la comtesse Eugène de Ségur-Rostopchine ont recueilli sa plume et continué, .jusqu\u2019à cette heure, les traditions littéraires de la famille.Sa fille, la vicomtesse de Pitray, écrit, comme elle, pour les enfants.Son fils, le comte Edgar de Ségur, dirige avec succès un recueil bien connu de tous ceux qu\u2019intéressent les grandes œuvres du\u2019 bien : l\u2019Association catholiqne.Un autre fils, l'aîné, le marquis Anatole, qui fat conseiller d\u2019Etat, a publié de très nombreux ouvrages, tout remplis de nobles et chrétiens sentiments.Il a chanté, avec émotion, lépopée de Rostopchine son grand-père, la sainteté de Mme Molé, religieuse de ses parentes, | besoins matériels et , moraux-de le gracieux poème de Sainte-Cécile, u\u2019a couronné à bon droit l\u2019Académie rançaise, la jolie légende de Saint- François d'Assise et la gloire sacrée des Martyrs de Castelfidardo.Un troisième enfin, Mgr de Ségur, a imprimé son nôm dans bien des cœurs, a laissé dans la population parisienne une mémoire bénie, une mémoire d\u2019apôtre.Ce ne sont pas ces mérites que je dois mentionner ici.I] faut passer sur ces grands exemples de foi et de charité ; sur cette humilité héroïqué et-simple, qui subit .sans - révolte l'humiliation cruelle des censures diocésaines, et que trouvérent, sans orgueil, les réparations éclatantes du Docteur Suprême ; sur ce zèle qui embrassait dans ses ardeurs brûlantes les œu- Vres ouvtières, les âmes des adolescents, toutes les souffrances, tous les a grande capitale.O'eet l\u2019apéstolat écrit que je relève ici ;.ce samt.les publications du Prélat.| TE il publia son premier opuscule et le plus célèbre : \u201c Réponse aux objections les plus répandues contre la religion.\u201d\u2019 L'opinion s\u2019est traduite au sujet de cette œuvre par les faits suivants ; elle aeu en France près de deux cents éditions ; elle a été traduite en italien, en allemand, en anglais, en espagnol, en portugais, en flamand, jen polonais, en suédois, en russe, en hindou, en arabe.Ce succès est mérité.Les soixantè objections saisies au vol dans les salons, dans les ateliers, dans les cabarets, \u2018dans la rue, sont résolues .vigoureusement, avec une netteté spirituelle et alerte.La cécité vient obscurcir le regard de l\u2019apôtre ; il ne déserte pas ; il dicte sans se.laisser, il dicte des pages admirables sur l'Eucharistie, sur le Pape, surle Roi, multipliant ses lumineux petits traités selon les besoins du jour, infiltrant partout la vérité sons une forme brève et piquante.On s'étonne qu\u2019une piété ardente, mystique et douce, s\u2019'unisse si harmonieusement avec cette verdeur de polémiste ; et ce mélange donne aux œuvres du prélat une saveur toute spéciale.Si quelques esprits éehappent à l'influence de l\u2019apôtre, nul tout au moins ne méconnaîtra les qu'alités vibrantes de l\u2019écrivain.x #T A À côté de cette branche ainée de Ségur que nous venons de suivre jasqu'aux jours présents, une autre igne descend de Ségur-sans-cérémonies, celle de son second fils Philippe ; et celle-là encore s\u2019est illustrée par les gloires de la plume.Le comte Philippe de Ségur, engagé comme simple hussard à vingt ans, était général lors de la néfaste campagne de Russie.Criblé de blessures à Somo-Sierra, il se fit, grandes choses qu\u2019il avait vues.Le énéral consacra huit années à \u2018étude de son sujet.Son \u201c Histoire de Napoléon et de la grande armée \u201d l'emporte de beaucoup sur ses \u201c Mémoires, sur ses Histoires de Pierre- le-Grand et de.Charles VIIL * Le tableau de nos désastres, en 1812, est demeuré classique.C'est dans ces deux beaux volumes qu\u2019il faut lire, racontés par un témoin, les épisodes navrants de la retraite de \u2018Russie.Le tableau est sombre et plein d'horreur ; dans sa vérité nue il émeut singulièrement.Le style est sobre, militaire ; et cette exactitude éloquente vous empoigne douloureusement.Ségur juge Napoléon sans amertume, mais avec la liberté te, de ses yeux, la défaillance mo: | mentanée, les éclipses du génie.Cette publication n'alla pas sans encombre.Ces récits, qui vons glacent, trouvèrent des contradicteura.Le général Gournaud, notamment, \u2018Prêtre depuis quatre ans, à peine | ) .à 3 \u201ctine qu'il fit en 1860 avec : Monsieur \u2018sur les marches de la guerre à\u2018 Lyon dans sa vieillesse, l'historien des\u2019 respectueuse d\u2019un témoin qui.constäs | v # .nl \u2018eutreprit ine\u2018réfütation de l'ouvrage en termes si violents qu'on dut croiser le fer ; le général de Ségur fut blessé sur le terrain.Mais le succès de son ouvrage n\u2019en fut que plus accusé.Ce succès n\u2019est pas de ceux qui passent : le document reste le plus authentique et le plus consulté sur les événements militaires de 1812.L'Académie ouvrit ses portes au général, pendant que Ségur-sans-cérémonies vivait encore ; en sorte que l\u2019on vit le père et le fils:siéger ensemble -au sein du - docte .préopage, ce qui est peut-être sans exemple.Cr Le fils du général, le comte Paul de Ségur, a écrit comme député de Seine-et-Marne des rapports parlementaires ; et:la fille du général, la comtesse d\u2019Armalillé, a publié des études intéressantes sar deux de nos dernières reines, Marie Leezinska, Maries Antoinette.Vient enfin la génération d\u2019aujotr- -d\u2019hui, qui compte \u2018 avec la dwchésse: d\u2019Estissac, le comte Louis de Ségur.Celui-ci a raconté le voyage de Palesle Comte de Paris: Dix ans après sa\u2019 Caravane française en.Syrie,; il a rédigé des rapports: parlementdires et à l\u2019armée de Gatibaldi.iv veo La tradition du travail et du- bon: style est inhérente à la famille\u201d : ++ L De La BrièkE.\u201d FIN La folie de Riel Dans ces derniers temps, on a.beaucoup discuté sur l\u2019état mental actuel de Riel.Et, du présent remontant au passé, on s\u2019est demandé s\u2019il a jamais été foù.Il y a même eu, à ce sujet, un échange de correspondances dans la presse.- \u201c Nous croyons que cette question n\u2019est pas discutable et que la folie de Riel en\u2018 1876 et 1877, ne saurait être raisonnablement niée.Les ma- -nuscrits que nous avons en ce moment sous les yeux ne nous laissent aucun doute sur ce fait.Ces documents, -écrits de la main même de Riel, sont tout ce qu\u2019il y a de plus insensé.Nos lecteurs nous sauront gré de leur faire connaître quelques-unes de ces productions extravagantes, qui sont entièrement inédites.Au cours de sa folie, et lorsqu\u2019il était 3 l\u2019asile de Beauport,\u2018 Riel écrivit un jour le morceau qu\u2019on va lire : AM.Je vous remercie des souhaits que vous me faites pour ma liberté.Je désire avoir ma liberté aussitôt que Dieu daignera vouloir me la rendre.- Ce que j'aime c\u2019est d\u2019exécuter avec autant d'amour, de crainte et de fidélité u'il m'est possible, cette mission que Dieu a daigné me donner à accomplir en tous points, selon que j'en ai été prévenu par B.J\u2019entends une voix qu1 me dit souvent que mes peines sont finies.Le Seigneur m'\u2019a fait dire à haute voix dans l'asile des lunatiques que je n'avais plus rien à faire dans ses murs.\\ Le jour que C., m'a enchainé parce Que j'ai repris un blasphémateur oi a \u2018encore un peu de discrétion ; le jour que C.est venu m'enlever mon évangile, d'après les ordres impies du médecin, sous prétexte que l\u2019évangile me rend fou, ce jour là, j'ai vu dans ma prison et dans mes liens, des cercles de feu se rapetisser devant moi.J'ai dit: \u2018Seigaëur qu'est-ce que je vois?Le Seigneur a daigné me répondre en disant : \u2018* C'est moi-mème : je ramasse mes forces pour frapper Beauport.\u201d Ah! que C.a rendu un mauvais servie: aux méchants qui gouvernent Ce anh aap fe i cet asile, en ägisianttäuivantl'Esprit au C.me reconnait comme Prêtre Prophète, Pontife infaillible.Et il m'enchaîne.C.me reconnaît comme Pratre et Prophète, et Pontife infaillible, et, pour l'amour d\u2019une chétive situation il n\u2019a pas osé avertir les propriétaires Que c\u2019est mal de me garder ici : il a consenti à être auprès de moi un des gardiens de l'asile, et à s\u2019exposer ainsi à, mettre la main du sacrilége sur la personne du Prêtre, dn Prophète, du Pontife infaillible qu\u2019il reconnaît ea moj 1 Comme je le lui ai dit après avoir été ençhainé par lui.vous aimez à avoir.un Pontife infaillible, mais vous ne voulez pas qu\u2019il soitroi.Car tout en assurant que je suis Prêtre, Prophète et Pontife infaillible.C.s'est jusqu'ici abstenu de me reconnaître pour roi.Cependant je suis roi, et c\u2019est la consé.uence de mon infaillibilité en Jésushrist.L'homme a été créé Roi et la femme Reine.Satan les a fait tomber.Mais la rédemption est.venue.Or, telle est l'excellence de la rédemption, et Marie Immaculée a tellement écrasé la tète du serpent, qu\u2019au lieu d\u2019Adam, le roi faillible, Dieu\" rend aujourd'hui au genre humain plus qu\u2019il / n\u2019a jamais -perdu, car le chef qu\u2019il lui donne maintenant:est un roi infaillible.Dieu fera éclater sa puissance,comme Jil faut, pour que je rétablisse tout.Je demande que vous ne soyez pas enve- \u2018loppé dans les désastres prochains, et \u2018que vous viviez longtemps et heureux.e vous remercie des services que vous me rendez.Votre humble serviteur, \u2014< LOUIS *-BaviDp \u201d RiBL, Pontife infaillible, Prétre- Prophète, Roi.\u201c L'homme -qui écrivait et qui signait ces élucubrations délirantes était incontestablement et absolument fou.Qu'on ne dise pas qu\u2019il feignait la folie.Dans le milieu où il se trouvait, Riel n'avait aucune raison*de jouer cette humiliante comédie.Il était assuré, à cette époque, de la sympathie universelle, dans la province de Québec.Et d\u2019ailleurs, sa tête n\u2019était plus menacée.Il était simplement banni pour cinq ans, et n\u2019avait pas d\u2019intérêt à venir se donner en spectacle dans nos maisons de santé.oo : Comme on a pu en juger par la déclamation que nous venons de citer, la folie de Riel avait par dessus tout le caraetère religieux.Il s\u2019y mélait aussi une idée de domination, d\u2019un grand rôle personnel, d\u2019une mission surnaturelle et éclatante.Riel semblait, par moments, avoir conscience de son état mental.C\u2019est ce que paraît indiquer l'écrit suivant qu'il adressait a la méme personne que l\u2019autre : AM.Laissez moi vous dire que, si je suis fou, je le suis depuis le 8 décembre 1875.Ce jour-là, j'étais à Washington, la capitale des \u2018Blats Unis.J'assistais à la grande messe de l\u2019Immaculée Conception dans l\u2019église catholique, dite de Saint-Patrice.Au-moment même où le prêtre, ayant terminé.son sermon, disait le Credo, el pendant que le peuple était debout et moi avec -lui, je sentis: soudain dans mon cœur une joie si maîtresse de moi, que pour cacher à mes voisins le rire de mon visage, je.fus contraint d\u2019étendre mon mouchoir à sa grandeur et de le tenir ainsi avec ma main sur ma bouche\u2019 et\u2018 sur mes joues.Malgré mes précautions, un jeune garçon d\u2019une dizaine d\u2019annés qui se trouvait un peu en avant de moi, s'appercut de ma grande allégresse.Après que ces consolatious m\u2019eussent réjoui environ deux minutes, je fus immédiatement saisi 'par unb immense douleur d'âme.Etsice n\u2019eut été des grands efforts que j'ai faits pour contenir mes sanglôts, mes cris et mes larmes eusseut éclaté terriblement dans l\u2019enceinte de l\u2019église.C\u2019est par discrétion que j'ai fait taire la douleur presque insupportable que j'éprouvais dans mon I ee ON On - de ee eme BOT aPnoue * Quand je vous parle, FnoOs®9FHU0O \u201cx x I Jak Een sc AM Te PE âme: Or cette grande peine qui avait été à ma joie, passa en aussi peu de be quelle.bt mon esprit resta plein de cette pensée : \u2018* Les joies et les douleurs de l'homme ici-bas sont courtes.Pas longtemps après, à la suite seulement de'quelques jours, on commença à me traiter de fou.Durant sa folie Riel a produit des centaines et des centaines de vers.Voici quelques échantillons de curieuses poésies d\u2019illuminé: .c'est la voix de Dieu qu ., (sonne Et tout ce que je dis vous est essentiel.Je suis le joyeux téléphone Qui vous transmet les chants et les discours du \u201d [ciel, Je fais communiquer d'une manière insigne Le Séminaire avee la maison de la Vigne, Quelqu'un chante d'en haut: et j\u2019en suis le {témoin : Que vous êtes si proche et cependant si loin.Je suis l'eau du Jourdain qui coule et qui mur- > [mure Grâce à Jésus-Christ .,( \u2018.Mon humble personne.Est le:téléphone ., = 4.Du Trds Saint-Esprit, - Je parle au nom de,,Dieu qui condamne et par- 7 .[donne Le téléphone \u2018tomménçait alors à faire fureur dans notre province (\"était la merveille du jour.Cette de invention avait frappé l'imagination du chef métis.Et la comparaison di téléphone revenait à tont propos sous sa plume désordonnée.Les réminiscences bibliques se rencontrent presque à chaque feuillet des divagations de Riel, de même que ses lubies au sujet du grand rôle prophétique dont il se croyait investi.Il évoquait aussi le souvenir de ses luttes et des dangers qu\u2019il avait courus.Les vers suivants renferment l'expression de tous ces divers sentiments : Venez vous demander, en regardant ma mise Si Dieu peut envoyer un prophète en chemise, 0 fils de Chanaan, je reviendrai chez vous, Mes mains protégeront les colonnes du temple.Aux guerriers je saurai donner un bon exemple, C'est vrai que je n\u2019ai pas l'étole sur le cou, Mais j'ai reçu du Christ ma seconde naissance, J'ai pris \u2018a grande croix, le joug d\u2019obéissance En me sacrifiant jusqu\u2019à passer pour fou.J'ai tout abandonné, sans réserver ma vie Pour combattre l'orgueil, l'avarice et l'envie Les impies attaquaient mes œuvres, en m\u2019ôtant Mes libertés, IIs ont tâché de me détruire.Je sais que dans la tombs ils voulaient me con- .[duire.Plusieurs de mes.amis pensaient m'en faire .: fautant.Alin de renverser ces complots sataniques Le fils de l'homme a fait gemblant de m\u2019accas UT ' .y vere ae Thler Les judas ont senti des frissons galvaniques De joie, Et des nigauds sont venus m'affubler Comme on affuble ceux que le démon possède.Les docteurs ignorants m'ont donné pour-re- : : mède Les gros liens de cuir qu'on met aux antmsus : À l'un de ses anciens professeur de rhétorique, il adressait cette apostrophe : \u2019 Vous m'avez fait la Rhétorique Grâce à vous aujourd\u2019hui je parle puissamment.Et l'éloquence prophétique Sort de ma bouche avec l\u2019éclat du diamant, En voilà plus qu\u2019il n\u2019en faut pour établir le caractère de la monomanie de Riel.Monomanie religieuse, prophétique et politique, déterminée chez lui probablement par les inquiétudes, la surrexcitation, la fièvre de années 1869 à 1875., à Les Bonapartistes Paris, 10 \u2014 Les bonapartistes, Nuance du prince , Victor, ont lancé MN manifeste.Ils font appel à tous les adversaires de la République pour \u20ac prochaines élections.ces | ,, Lettre de Rome M.Jûles Ferry\u2014 Léon XIII et l\u2019école française d'archéologie française\u2014Les évêques irlandais \u2014 Le cardinal Barocchi \u2014 La villa Borghese fermée au public \u2014Le centenaire de Grégoire VI1\u2014L'Osservaiore Romano et le Journal de Rome.Rome, 16 mai.Je commence par un dernier mot sur l\u2019ancien président du coneeil, parti de Rome jeudi dernier.Il est très évident que son voyage n\u2019a eu aucun objet politique.Il n\u2019est venu à Rome pour négocier ni avec le Vatican, ni avec le Quirinal : il est\u2019 allé en Italie comme M.Gambetta allait jadis à Saint-Sébastien, pour se reposer et pour disparaître.En route il a rencontré des ambassadeurs, des hommes politiques il a suscité une certaine curiosité, bien explicable, étant donnée la notoriété du personnage ; mais il a causé, rien de plus.On affirme qu'en ses entretiens il aurait exprimé la conviction d\u2019une très prochaine rentrée aux affaires, même avant'les élections, qu'il -se croit seul capable de bien diriger.- Pour la première fois, les membres de l\u2019école française d\u2019archéologie, installée au palais Farnèse, ont eu l'honneur insigne d\u2019être présentés au.Pape Léon XIII par leur éminent directeur, M.Le Blant: C\u2019est là \u2018un fait qui mérite attention.Pour la première fois.sussi, l'académie des inscriptions, qui a le haut patronage de cette école, a délégué à sa direction un savant de premier ordre, qui n\u2019est pas sorti de l\u2019Université.M.Edmomd Le Blant, comme vous le savez, est un des maîtres de l\u2019archéologie chrétienne, en cette Rome même qui se glorifie des Rossi et de leurs émules.Il prend une part active et brillante aux savants débats des académies romaines pontificales.Déjà M.Le Blant avait présenté ses doctes élèves à l\u2019Eme cardinal Pitra, qui les avait reçus à sa table.Il a eu la noble pensée de conduire ces jeunes Français aux pieds du Souverain- Pontife, de mettre leurs études sous la protection de ce Pape éclairé, qui a si bien mérité des.sciences chrétiennes.Rendons cette justice à Ml'ambassadeur de France auprès du Quirinal qu'il ne s\u2019est pas opposé à une si pieuse démarche.Vos républicains de Paris ne savent peut-être pas ce que gagne le prestige de la France a ce que ses représen tants ne méconnaissent pas les \u2018traditions chrétiennes de leur pays.Les évêques irlandais, dont les travaux se poursuiventavec activité, jont été visiter le jour de l\u2019Ascension les magnifiques travaux de la basilique de Saint-Jean de Latran.Le nom de Léon XIII sera attaché ainsi à l\u2019ane des plus étonnantes merveilles de la Rome contemporaine.Mgr Stonor, chanoine de la basilique, au dîner qu'il a oftert aux pieux évêques, a fait ressortir dans un admirable langage cette action incessante de la papauté méme sur les arts, alors qu\u2019elle est réduite à s'exercer encore du fond d'une prison.Mgr Stonor a émis le vœu que Léon XII, rendu à la liberté, remis en possession du patrimoine de l'Eglise, puisse venir lui-même consacrer les travaux qu\u2019il a ordonnés et, du haut de l\u2019auguste Loggia de la mère des Eglises, donner encore à la villeet au monde la bénédiction apostolique.Mgr Dorrian, évêque de Down et Connor, man- uait à cette brillante réunion.Sa randeur est retenue à la chambre par une angine, qui a inspiré quelque inquiétude à ses vénérables collègues.L\u2019Eme cardinal Parochi a été rendre visite au noble malade, dont la guérison est aujourd\u2019hui en bonne voie., .Des liens intimes rattachent encore I'Eme cardinal-vicaire de Sa Sainteté à la métropole de Bologne, dont Son \u201c__, JOURNAL, DES CAMPAGNES AY Eminence a été chassée par la pire des révolutions, Le cardinal Parocchi a voulu témoigner sa tendresse à ce siège qu'il a occupé avec tant d'éclat à cette ville où il a laissé d\u2019impérissables souvenirs, en donnant la bénédiction du Saint-Sacrement à l\u2019archiconfrérie des Bolonais dans leur chapelle de Saint Petronius, à propos de la fête de la Madone de saint Luc.Dans la matinée, suivant sa contume, Son Eminence avait tenu à donner elle-même la première communion et la confirmation aux jeunes élèves du Sacré-Cœur de la Trinité-des-Monts, cet incomparable institut que dirigent des dames françaises et qui appartient à la France.Dans un langage plein d\u2019onction, l\u2019Eme cardinal a fait valoir aux pieuses jeunes filles le bienfait qu\u2019elles devaient à leurs institutrices et à la France, qui leur donne l\u2019hopitalité.La municipalité rom aine, représentée par son jeune pro-syndic, le duc Torlonia, vient d'apporter un étrange bienfait aux Romains.Elle a si bien \u2018fait qu\u2019elle les a privés de la seule promenade qui leur fût ouverte, la villa Borghèse.Sans la villa Borghèse, rendez-vous du peuple et de l'aristocratie, la ville de Rome serait tout à fait inhabitable.en été.Cependant elle est fermée.Voici comment l\u2019imprudence municipale a amené cette catastrophe ! Le bruit avait couru que le prince Borghèse se décidait à vendre sa villa.Le duc'Torlonia intervint aussitôt, au nom de prétendus droits et de vieux décrets \u2018qui .obligeraient la famille Borghèse à laisser son immense propriété à la disposition du public.Le prince répondit en donnant l\u2019ordre de fermer définitivement la villa, laissant à la municipalité le soin de faire valoir devant la justice ces droits chimériques qu'elle prétendrait substituer à la tradition de générosité et de magnificence dont jusqu'ici les Borghèse ne s'étaient jamais départis.L'émoi est grand dans la ville: Où la famille royale ira-t-elle désormais romener ses livrées éclatantes ?Car à villa Borghèse, bien qu\u2019appartenant à un prince fidèle au Saint- Siège, et bien que propriété privée, recevait chaque jour la visite du roi Humbert, le plus souvent conduisant lui-même un léger phaéton, de la reine Marguerite en calèche, du prince de Naples, accompagné de son précepteur.Les étrangers avaient peine à comprendre cet usage familier d'une hospitalité qui, réservée au peuple romain, n'avait jamais été démandée par les souverains actuels de l'Italie.Ce sans-gêne n\u2019était pas sans inconvénient.On assure que dernièrement la reine - Marguerite se présenta devant la grille de la villa quelques minutes avant l'heure xée pour l'ouverture.Un valet de pied demanda au concierge laisser- passer pour la reine.Le bonhomme, à cheval sur la consigne comme le factionnaire du petit caporal, montre sa montre pour toute réponse.La reine en.faillit pas attendre ; elle attendit.Il faut retenir ce fait que, après uinze ans d\u2019occupation piémontaise, Rome n\u2019a encore de promenade que la propriété d\u2019un prince fidèle au Pape, et que la famille royale d'Italie y est assujettie à l'hospitalité d\u2019un particulier.Beaucoup de pèlerins s'apprêtent à partir pour Salerne, afin de célébrer le centenaire de Grégoire VIL Les cérémonies romaines auront lieu un jour plus tard ; celles de Saint-Pierre auront une solennité exceptionnelle.On prépare à Rome, en réponse à l'arrêté du préfet Gravina, qui a interdit les honneurs rendus au Saint- Sacrement porté aux malades, de solennelles réparations pour le jour de la Fête-Dieu.Il plairait au Souverain Pontife que l'univers catholi- oue s\u2019associât à la réparation d\u2019un ; : outrage porté par la Révolution cosmopolite au divin corps de Jésus- Christ dans la capitale du monde catholique.A Rome, on fera le matin du 4 juin une communion solenaelle ; le soir, toutes les maisons chrétiennes seront illuminées.Si en France l'illumination n\u2019est pas partout possible, du moins la communion faite aux intentions qui uniment en ce jour les pieux Romains sera féconde en grâce.Par cet acte, les catholiques prouveront leur solidarité avec les épreuves subies à Rome par le Pontificat.Vous avez lu la dernière note de I\u2019 Osservatore romano relative au Journal de Rome.Je puis vous affirmer que cette note a été écrite sur l\u2019ordre de la secrétairerie d\u2019Etat, et pleinement approuvée en tous ses termes par l'autorité.C'est une preuve que le vaillant journal, réprimandé sur un point particulier, n\u2019est pas abandonné en ses luttes pour les revendications nécessaires.C'est une preuve aussi que la complète soumission de son directeur a été pleinement agréée du Souverain-Pontife.Le chemin de fer du Pacifiqu en Europe * Notre grand chemin de fer transcontinental fait parler de lui.Nous avons cité l\u2019autre jour un article du Times de Londres, qui exposait et faisait ressortir l'importance de cette grande entreprise.Maintenant le Pacifique canadien fait parler de lui même à Rome.Voici ce que nous lisons dans le Journal de Rome du 22 mai : \u2019 Quand on veut aller d\u2019Angleterre au Japon, on passe ordinairement par le canal de Suez ; ouverture, pour l\u2019automne prochain, du Pacific-Canadian- Raillway va changer cette direction.A partir du mois d\u2019octobre, des trains réguliers partiront de Montréal pour les côtes du Pacifique en économisant 430 milles sur le trajet parallèle de New York à San Francisco.Si maintenant nous prenons la distance de Montréal à Yokohama, elle est de 10,977 milles anglais ; plus courte, par conséquent, de 1,043 milles que celle qui sépare cette dernière ville de New-York.Mais on ne s'arrête pas là; le Pacific-Canadian- Raillway, étant prolongé jusqu'aux provinces marilimes de la côte est avec une communication dirècte avec Louisboutg, dans l'île du Cap-Breton, le voyage d'Angleterre en Amérique sera réduit à cinq jours ; celui de Louisbourg, à Coal-Harbour sur le Pacifique, à cinq jours ; de cette ville à Yokohama la traversée dure 14 jours ; c\u2019est donc un total de 24 jours que l\u2019on -emploiera pour aller de Liverpool au Japon, \u2018tandis qu\u2019actuellement, en passant par Gibraltar et Suez il faut 44 jours.La colonie de Hong Kong ne sera plus qu\u2019à un mois de la métropole, dont elle est séparée actuellement par 46 jours de traversée.Ç Tous ces perfectionnements dans la rapidité des voies de communication sont chose excellents : ils permettent à l\u2019Evangile de se répandre plus facilement ; ils ouvrent la voie aux missionnaires de la vérité et favorisent l\u2019extension de son règne.Dans cela, comme dans tout le reste, l\u2019homme s\u2019agite et Dieu le mène.Nous reproduisons avec plaisir ces crits des journaux d\u2019outre-mer.Ils sont la preuve qu\u2019en Europe on s'occupe du Canada, et qu\u2019on suit ses progrès d\u2019un œil attentif et sympathique.\u2014\u2014\u2014 i=l lane Le haron de Chabeaud-Latour Paris, 11\u2014Le baron de Chabeaud- Latour membre du Sénat, est mort âgé de 81 ans.> La princesse Béatrise épousera le prince Henri de Battenberg, le 28 juillet prochain, à Whippingham, île de Wight. = GépitieD DES CAMPAGNES STRANI NTI | RANT A Tf 4x 4 GATS AW VW OO NET IAL SEEN TX WAN nen Jen.Les Armées Eu ropéennes Ce qui peut faire croïre à l\u2019impossibilité d'un \u2018conflit européen, c'est précisément le nombre et l\u2019armement des armées actuelles.Les combattants se chiffreraient \u2018par millions et les canons de campagne par milliers.L'Allemagne, en comprenant sa landwehr, peut mobiliser une armée de 1,265,740 hommes, et disposer de 2,496 canons de compagne et de 1,825 canons de siège.La Russie &, chiffres ronds, 875,000 hommes et 2,214 canons ; la réserve de son armée se compose de 400,000 hommes, avec 786 canons, total: 1,275,000 hommes, et 8,000 canons.La seconde réserve russe est divisée en deux classes : la première classe contient environ 2,000,000 d'hommes; aucune évaluation n\u2019a pu encore être faite relativement a la seconde.En comptant les troupes territoriales qui peuvent être mobilisées, la France dispose de 1,088 hommes, 3,-788 \u2018canons.- L\u2019Autriche a une armée de 800,000 hommes, laquelle renforcée par la landwehr cisleithuanienne (138,000 environ)et hongroise (200,000 environ), s'éléve a 1,143,000 hommes, avec 1,623 canons.Le Tyrol fournirait un appoint de tirailleurs égal à environ 20,000.| Quant à la landsturn, elle est seulement organisée dans le Tyrol, le Vo rarlburg et la Hongrie et s\u2019élevait, en 1878, à 125,000 hommes.L\u2019armée italienne se compose de 440,000 hommes, avec 984 canons, et d\u2019une milice de 200,000 hommes avec 824 canons de campagne, ce qui porte la force totale de l\u2019armée italienne à 640,000 hommes avec 1,808 canons.Dans ce chiffre ne sont pas compris les 20,000 hommes alpins et leurs 60 canons de montagne, dont toutefois font partie 72 compagnies de la milice territoriale.Dans ce total ne sont compris ni les armées turques, ni les milices qulgares, suisses, non plus que les contingents des petits Etats indépendants.Les budgets des dépenses occasionnées par l\u2019entretion de ces formidables effectifs sont énormes : ils s'élèvent à plus de daux millards et demi.Mais c\u2019est là à peine la moitié des frais qu\u2019occasionne aux puissances européennes le Si vis pacem, para bel- lum ; car outre les frais d\u2019entretien, il faut compter les pertes qu\u2019occasionne à la production des divers pays linutilisation des millions d\u2019hommes de la partie la plus saine et la plus vigoureuse de leur jeunesse, retenue sous les drapeaux.À raison de 800 à 900 fr.de salaire Journalier par homme, c\u2019est encore deux milliards et demi ; en tout c\u2019est donc cinq milliards que coûte à l'Europe, chaque année, le militarisme, cette expression suprême de la civilisation actuelle ! La question anglo-russe Londres, 10.\u2014Le Pall Mall Gazette publie un article qui est probablement inspiré par M.Lessar, le représentant de la Russie dans lacommis- sion de délimitatian de la frontière afghane.\u201c Cet article reconnaît que le règlement des questions en litige n'est pas encore signé etattribue ce retard aux minuties ridicules du comte Granville.L'article invite le comte à ne pas pousser trop loin ce jeu dilatoire, parce qu\u2019il pourrait devenir dangereux.St-Pétersbourg, 10\u2014On croit généralement que la retraite de Gladstone n'avancera pas le règlement de la question afghane.I AP + >\" \u2014\u2014\u2014\u2014_ \u201c La sécularisation du Panthéon La sacrilège désaffectation de l'église Sainte-Geneviève a soulevé en France de généreux protéts.\u2018La glorieuse patronne de Paris d'a pas été chassé de son temple;ponr.faire place sà la dépouille de Victor Hugo, sans , .\u2018an re tait: cla = .qu'un cri d'indignationse'soit échap- | \"CES TROIS COLONNES OERNERONT pé de la consciencè catholique.-° Comme on pouvait s\u2019y attendre, à la tribune de la Chambre des députés, c'est M.le comte Albert de Mun | qui s\u2019est fait l\u2019éloquent interprête des 85 millions de Français que cette profanation sacrilège insultait dans leur foi., Le lendemain du décret qui sécularisait le Panthéon, l'éminent orateur est monté à la tribune pour interpeller le gouvernement.~~.ri Le décret du gouvernement Brisson contenait ces -mots ; \u201cLe: Panthéon est rendu à sa destination primitive et légale.\u201d\u201d M.de Muna prouvé que cette destination primitive était une destination religieuse, et que l\u2019acte du gouvernement constituait une illégalité.- ;.- Puis, s\u2019élevant au-dessus.: de la question légale, il-a flétri dans: un langage admirable le.scandale \u2018des funérailles paiennes que la République a décerné à Victor Hugo : Vous infligez, s'est-il écrié, une pom- e toute païenne à celui dont les chants inspirés avaient célébré la prière, dont la dernière parole a été : *\u201c Je crois en Dieu.\u201d (Vifs applaudissement à droite.) Allez jusqu\u2019au bout ; de ce dôme qui domine Paris, précipitez la croix .de notre Dieu ; renversez la ! la France entendra le bruit de sa chute et elle la relèvera contre vous ! (Vifs applaudissements'à droite.) \" .Vous avez oublié\u2019 que la gloire du grand poète appartenait à la France et vous l\u2019avez rabaissée au niveau de vos petites manifestations ;: vous n\u2019y cherchez qu\u2019un prétexte .pour l'élalage de votre athéisme.(Applaudissements à droite ; bruits à gauche.- |, .L'armée française, qui n\u2019a pas le droit d'accompagner ses vieux chefs morts au sein de la religion, sera forcée d\u2019assister et de prendre part à cette cérémonie toute paienne.Eh bien votre audace n\u2019a d\u2019égale que votre imprudence.Ce que vous faites sera compris d\u2019un bout à l'autre de la France et vous entendrez sa réponse.(Nouveaux applaudissements à droite.) Vietor Hugo lui-même a dit de la translation des restes de Voltaire au Panthéon que c\u2019était ume saturnale funèbre : il semblait prévoir, ce jour-là, le sort que vous lui destiniez.Il ne s\u2019agit plus de Victor Hugo et de sa gloire ; le spectacle que vous allez donner à la France ne sera qu\u2019une saturnale funèbre.Ces paroles toutes vibrantes d\u2019indignation ont été couvertes par un tonnerre de bravos et d\u2019applaudissements, sur les bancs de la droite.L'église Sainte - Genevière a été sécularisée ; mais la France catholique a fait entendre une solennelle protestation, qui sera enregistrée par l\u2019histoire.Arr \u2014\u2014 Au Soudan Londres, 10.\u2014Uue vive\u2019 sensation, a été produite ici par la publication des dépêches de Wolséley, dans lesquelles il dénonce l'évacuation du oudan.Il avertit le gouvernement que du moment que les troupes se retireront de Dongola, la province entière sera livrée à l'anarchie et tombera de nouveau au pouvoir des barbares.Suakim, 10.\u2014Osman Digna serre Suakim de près.: LA REVOLTE AU NORD-OUEST LE GENERAL STRANGE AU LAC AUX GRENOUILLES LE GENERAL MIDDLETON A LA POURSUITE DE GROS-OURS LE COLONEL OTTER MARCHE VERS LE LAC AU BROCHET .GROS-OURB Lac à la Grenouille viâ Battleford, 8 juin.La colonne du général Strange est arrivée ici, après avoir franchi à pied une distance de trente milles, hier.La marche d\u2019aujourd\u2019hui a été insignifiante, va l\u2019horrible état de la route, que les dernières pluies.ont presque rendue impraticable en certains endroits.Nous nous dirigeons vers la rivière au Castor, pour inter- .cepter la marche de Guros-Ours.qui, ayant traversé la Montagne de'l\u2019Original, doit se diriger vers le Norduest ou le Lac Froid, où il a une cachette considérable de farine et de lard fumé.Nous devons atteindre la riviére demain soir.| Le général Middleton, avec un détachement de police montée, ponr- suit Gros Ours.Il està 8 milles en arrière de Steele.Il n'a pas de voiture avec lui.|.Les fortes.du général Strange se composent de 325 hommes d\u2019infanterie et de 35 cavaliers.Le capt Valancy et le capt.Smith du 92ème bataillon, sont arrivés du Fort Pitt ; ils ont fait l\u2019une des marches les plus forcées de la campagne.; Nous avons avec nous des vivres pour environ dix jours.Les corps de Quinn, de Williscraft, de Dill et de Gilchrist ont été trouvés au Lac aux Grenouilles et inhumés par le Révérend Père Prevost, auménier du 65me Bataillon de Montréal.Les corps étaient tout mutilés.\u2019 .Les moustiques commencent à faire leur apparition.Battleford, 8\u2014La brigade du colonel Otter part demain pour le Lac au Brochet yu que l'on a rapporté que Gros Ours se dirigeait vers l\u2019est.Le Lac au Brochet est à environ 15 milles au nord d'ici.Les Queen\u2019s Own sont contents de reprendre du service actif.Madame Gowanlock et madame Delaney sont arrivées à huit heures ce soir, à bord du vapeur \u201c Baroness.\u201d Toutes deux se rétablissent promptement.Elles partiront de Battleford à la première occasion pour retourner chez elles.Elles expriment des craintes au sujet du traitement des femmes qui sont encore prisonnières de Gros urs depuis l\u2019engagement de Steele avec la bande de Gros Ours.Dans cet engagement, les éclaireurs ont tiré sur deux squaws quise trouvaient avec les rebelles.Jusqu'ici Gros Ours avait fait remarquer à ses jeunes guerriers que les blancs ne tuaient jamais les femmes et il avait réussi avec cet argument à protéger les femmes prisonnières.Aujourd\u2019hui cet argument ne vaudra plus rien.Ou s'attend que le général Middleton aura Un engagemeut avec les Sauvages mardi.Le pays que traversent les troupes est fortement boisé et on ne peut se servir des fourgons.Plusieurs chevaux sont déjà fourbus.Les chevaux ont souvent de l'eau et de la boue jusqu\u2019au poitrail.Mme Gowanlock dit que son mari a été tué à ses côtés en dehors de l\u2019église.Ils marchaient tous deux en se tenant par la main quand on l\u2019a fusillé par derrière.Elle vit tomber | J un blanc.Son mari était à parler des coups de feu tirés par les Sauvages | d quand il.tomba.Le col.Otter part pour le lac au Brochet avec les Queen\u2019s Own, les tirailleurs d'Ottawa et une partie de la compagnie C.: Winnipeg, 8\u2014Le général Middleton s\u2019avance en ce moment \u2018aussi rapidement que le bétvice du transport.peut le permettre et's'attend de re Joindre l'ennemi dans deux jours avec une colonne volante forte de 250 hommes et composée de déta :chements de la gendarmerie à cheval des éclaireurs de Boulton à cheva] des carabiniers d'Alberta et du corps | de Dennis, avec deux mitrijllenses ui devront servir dansle cas où ros-Ours refuserait de se rendre.Le colonel Otter a reguorde de s'avancer avec ses troupes au nord pour prot.ger la vallée du lac au Brochet et dy Lac à la Tortue, pendant que le colonel Irvine s\u2019avancera de Prince Al bert vers la route du Lac Vert pour surveiller tous les points à cet endroit.Ce plan devra rendre impossible la fuite de l'ennemi, car toutes les issues au sud et à l'est seront gardées et dans le cas où il reculerait vers le nord, il devra rencontrer les troupes du général Strange au Lac Froid.Il est probable, cependant, que le colonne du général Middleton rejoindra Gros-Uurs et le forcera à se battre ou à se rendre.Les Grenadiers iront rejoindre demain le général Strange au Lac Froid.Si Gros-Ours est en route pour Batoche où il va rejoindre Riel\u2014cax on croit.qu\u2019il ignore la défaite de Riel ef la présence du, géné- \u2018ral Middleton\u2014il est certain d\u2019avance -d'être battu a plate coutnre.=: «.Traverse de Clarke, 8\u2014Le.capt.Clarke, du 90ème bataillon, blessé à I'Anse au Poisson, a agcepté le grade d\u2019adjudant du contingent canadien au concours.de Wimbledon, qui partira pour l\u2019Angléterre le 28 courant.\u2018Il partira pour Winnipeg et Ottaws, .via la Mâchoire de l'Orignal.Sa nomination rencontre l'approbation de tous.A : \"LE COLONEL OTTER DEUX NOYADES RÉSOLUTIONS .Battleford, 9.\u2014 Toronto, 10.Le colonel Otter ayant traversé la Saskatchewan hier, s\u2019est mis en marche vers le lac Jackfsh, ce matin.Les \u2018éclaireurs rapportent qu\u2019il a peu de chances d'atteindre les Sauvages A 5 hrs.p.m., 25 recrues des Éclaireurs de Boulton sont arrivés et se mettent en campagne demain, Plusieurs familles partent pour Winnipeg, dans la crainte d'un autre soulèvement des Sauvages.À une assemblée des colons, tenue samedi soir, une résolution fut passée censurant le gouvernement qui permet aux Sauvages et aux Métis rebelles de retourner dans leurs réserves.La résolution allègue que les mesures adoptées ne sont pas satisfaisantes et sont caloulées pour mettre la vie des colons en danger.Une autre résolution recommande qu'aucun Sauvage n\u2019ait la permission de uitter les réserves, de posséder des chevaux ou de porter des armes.Une autre résolution recommande la nomination d'une commission pour g'enquérir des pertes des colons, avec l'autorisation d'accorder des indemnités.Une autre recommande que les commissaires, en estimant les pertes, y comprennént les pertes des travaux de la saison.i Winnipeg, 10\u2014II est rumeur que le major Lewis, du 92ème, de Winnipeg, et 10 hommes se sont noyés dans la Saskatchewan, hier.Toronto, 10\u2014 On a obtenu de M.B.Cameron, de la compagnie 8'B- ,, le premier-compte-rendu détaillé u massacre du Lac aux Grenouilles.M.Cameron a été témoin oculaire.Il a été fait prisonnier par Gros- Ours,le 8 avril ; il est demeuré captif jusqu'au premier juin, lorsqu'il par- vint à s'échapper avec d'autres blancs \\ JOURNAL DES CAMPAGNES EEE EEE par l'entremise d'un métis, Louis Patenaude, de la bande des Cris.LA MAROHE DE MIDDLETON DES TRACES RE GROS-OURS COMBAT ENTRE LE CAPITAINE STEELE ET GROS-OURS MOUVEMENTS DES TROUPES GABRIEL DUMONT HORRIBLE MASSACRE Winnipeg, 10\u2014 Une dépêche du camp de Middieton, datée du 6 juin et apportée à Straubenzie, hier, par un courrier , annonce que le général était ce jour-là, dans l'après-midi, à quarante milles au nord-est du Fort- Pitt, c\u2019est-à-dire à une distance d\u2019environ dix milles de la scène du dernier combat du capitaine Steele avec Gros-Ours.La contrée n'a pas été arpentée.Elle est couverte de forêts et les cartes ne sont d'aucune utilité, car elles sont très mal tracées.On a déjà passé sept emplacements où Gros Ours a laissé les traces de son campement.Le général s\u2019est vu forcé d'organiser un corps de sapeurs pour frayer un chemin à travers la forêt.Le général Middleton d reçu un autre courrier, apportant des nouvelles du combat entre le capitaine Steele et Gros Ours.Le capitaine Steele avait 30 hommes sous son commandement, lorsqu\u2019il fut tout d\u2019un coup attaqué par 800 Sauvages, à 60 milles au nord-est du Fort Pitt.Le capitaine Steele a entretenu un feu nourri pendant trois heures ; comme on était en pleine forêt, il était impossible de faire usage de la cavalerie.Au bout d\u2019un certain temps, le capitaine Steele arbora un pavillon blanc, et le Révd M.Mackay somma Gros Ours de rendre les prisonniers qu'il retenait captifs.Gros-Ours répondit : \u201c Non, jamais, je me défendrai jusqu\u2019à la mort.\u201d Le combat dura encore deux heures, au bout de ce temps, le Capt.Steele crut voir que les Sauvages désiraient traiter, et en conséquenze il arbora le drapeau blanc.Les combattants n\u2019étaient qu\u2019à cent verges les uns des autres, un petit ruisseau les séparait.Le Capt.Steele commanda une seconde fois à Gros-Ours de rendre ses prisonniers, les Sauvages répondirent par une décharge.générale.Ils battirent ensuite en retraite et se retranchèrent sur un petit monticule, mais ils furent délogés de là par une charge des éclaireurs de Steee.Trois hommes ont été blessés dans ce combat : sergent-major Fury, de la police à cheval, West et Fisk, des -éclaireurs de Steele.Le combat avait duré 8 heures, Le 65ème bataillon n\u2019était pas à ce combat.MOUVEMENTS DES TROUPES Un détachement composé de 300 hommes vieut de quitter Battleford sous le commandement du colonel Otter.Ce détachement est composé d'une portion du Queens Own, de la Batterie À et B, de la compegnie \u201cC\u201d d'infanterie.et des gardes à pieds d'Ottawa.Ross, de la police à cheval, commande les éclaireurs tirés du bataillon de Carabiniers de Battleford.Ce détachement part pour lelac Jackfish et pour le lac à la Tortue, afin d'arrêter Gros-Oars, s'il essaye de s'échapper par l'Est.GABRIEL DUMONT Un correspondant du fort Assini- Ine écrit que Damont et Dumais ont'été arrêtés à Clear Creek, sur le territoire américain, le 26 mai.Dumont avait une blessure à la tête.Dumont a dit que la police montée avait persécuté les Métis et les avait poussés à se battre par ses tracasseries.Il prétend qu\u2019au Lac aux Canards, la police a tiré la première, et qu'il n'avait avec lui que quarante-cinq hommes.Il dit que si, à Batoche, on eût baissé le cable qui devait arrêter le Northcote, quelques pouces plus bas, le steamer était pris, et cela aurait fourni aux insurgés des provisions et des munitions.Dumont a déclaré que ce n\u2019était pas lui qui avait tiré une balle dans le chapeau de Middleton.Mais il a prétendu être le meilleur tireur.du Canada à 800 verges, et il l\u2019a prouvé en touchant une pierre à cette distance.Dumont, comme on sait a été mis en liberté par ordre venu de Washington.MASSACRE D'UNE FEMME ET DE CINQ ENFANTS PAR LES SAUVAGES Calgarry, 10\u2014 le révérend Père Lacombe fait le récit suivant du massacre d\u2019une mère et de cinq enfants par les Sauvages.\u201cUn jour, dit-il, un métis du nom de Rameau, qui était épuisé et avait peine à marcher arriva à la mission.Il m\u2019apprit que cinq semaines auparavant, sa femme et ses cinq enfants avaient été massacrés par les sauvages, presque sous ses yeux.Peu de temps avant l'engagement du lac aux Canards, Rameau transportait, pour la compagnie de la baie d'Hudson, des marchandises du lac aux Canards au lac Vert.En revenant par la route de Carlton, le révérend Père Paquet lui apprit qu\u2019un combat avait eu lieu au lac aux Canards et lui conseilla de ne pas s\u2019avancer plus loin au sud.Il rebroussa chemin, accompagné de sa femme et ses enfants, de trois autres familles et du révérend Pere Paquet, pour retourner au lac Vertls se séparèrent ensuite.Rameau restant en arrière avecsa famille, pour les suivre plus tard.Un jour que Rameau s\u2019était éloigné pour tuer du gibier, plusieurs sauvages arrivèrent à l'endroit où il avait dressé sa tente et massacrèrent sa femme ainsi que ses cinq enfants.Il fat témoin de cette scène horrible, mais il était trop éloigné pour venir au secours des victimes de ces barbares.Les Sauvages massacrérent aussi d'autres personnes qui avaient dressé leurs tentes ailleurs.Rameau se dirigea alors vers le sud et pendant les cinq semaines que dura son trajet il vécut principalement de racines et passa même plusieurs jours sans manger.Ces Sauvages appartenaient à la bande de Gros-Ours et Rameau croit qu\u2019ils ont massacré un plus grand nombre de personnes qu'on ne le suppose.RAPPORT DU GENERAL STRANGE RAPPORT OFFICIEL DES COMBATS DES 26 27 ET 28 Mar.LES BLESSES LE CAPITAINE HOWARD LA RETRAITE DE GROS-OURS MIDDLETON ABANDONNE LA POURSUITE Fort Pitt, 11 \u201426 mai\u2014Sur le soir, le major Steele, accompagné d'éclaireurs, fut attaqué ; il riposta vive- mentet tua 2 Sauvages, dont un chef, qui portait sur lui une médaille de la Reine, et leur prit deux chevaux.27 mai\u2014John Whiteford et 6 éclai- reursont failli être pris.L'ennemi.était retranché dans une position avantageuse près de l\u2019Anse du Français, mais il en fut délogé, sans perte de notre côté.La police montée de Steele, la cavalerie, la batterie de campagne sous le général Strange, l'infanterie légère Winnipeg et le 65ème bataillon, descendirent des bateaux et accoururent à marrhe'forcée, mais ils arrivèrent trop tard pour prendre partà l\u2019action.28 mai\u2014Après avoir bivouaqué à la belle étoile, sans tente, l'armée se mit en mouvement à la pointe du jour et trouva l\u2019ennemi fortifié dans une position imprenable : un monticule couronné de broussailles enveloppé par un marécage.La police montée, les éclaireurs et le 65ème bataillon s'avancèrent par la gauche ; l\u2019infanterie légère de Winnipeg sur la droite ; la batterie de campagne prit ces positions sur une hauteur et de vait produire des effets désastreux, mais l'ennemi était à l'abri dans des tranchées.Le major Steele avec la cavalerie fit un mouvement de gauche à 2 milles de l'ennemi, mais il trouva les hauteurs occupées sur une distance de un mille et demi, et il n\u2019y avait aucun moyen de franchir le ruisseau et le marécage.\u2018 Le major Hatton fit un mouvement de droite, mais voyant qu'il était impossible de tourner la position, et vu le feu incessant de I'ennemi fortifié dans des retranchements imprenables, les troupes retraitérent au camp.Voici l\u2019état de nos pertes : Le soldat Lemaire, du 65ème, atteint d'une balle dans les poumons; le soldat Marcotte, blessé grièvement, mais hors de danger ; le constable John McCrae, de la police montée, atteint d\u2019une balle dans la jambe, mais hors de danger.(Signé) T.B.STRANGE.LES BLESSES Traverse de Clarke, 11\u2014Les volontaires dont les noms suivent qui sont convalescents maintenant, ont quitté Saskatoon aujourd\u2019hui pour se rendre à l'hôpital de la Mâchoire à l'Orignal.Capitaine Clarke, 90e bataillon : capitaine Lazier, bataillon Midland ; sergent Aikens, bataillon Midland, caporal Kemp, 90e bataillon ; le soldat Kemp, 90e bataillon ; les soldats Quingley, Gray, Foley et Marshall, du Tenth Royals ; soldats Hishop et Lowell, 90e bataillon ; soldats Powell et McLean, bataillon Midland.Le trajet se fera en quatre jours.Il reste encore à l'hôpital de Saskatoon 25 volontaires, dont quelques uns ont.été blessés gravement, mais ils \u2018sont tous en bonne voie de guérison.Le capitaine Doucet, aide-de-camp du général Midleton, prend du mieux tous les jours.Les blessés qui restent à l'hôpital de Saskatoon seront transportés, à Winnipeg à bord d\u2019un vapeur, sous peu.LE CAPITAINE HOWARD Battleford, 11.\u2014Lors de leur entrevue avec le général Middleton, Poundmaker, Yellow Mud, Blanket ot les autres sauvages examinaient avec curiosité le capitaine Howard, qui s'est tant distingué avec la mitrailleuse \u201c Gatling \u201d.Ils reconnaissaient l'uniforme de l\u2019armée américaine.Un des guerriers sauvages portait l'uniforme de la cavalerie américaine, que lui avait donné, a-t- il dit, un Sioux qui avait assisté au massacre des troupes de Cuttler.Toronto, 12.\u2014Le général Middleton télégraphie du lac aux Huards qu'il partira à 4 heures cette après- midi pour rejoindre Gros Ours qui est à environ à 20 milles en avant ; il pense le rejoindre demain.On laissera les Gatling et les voitures en cet endroit.Le pays dans les environs de ce lac est fortement boisé ; il a beaucoup de marécages de petits acs, des taillis et des ravins.Le 2 général avec ses troupes ne pourra faire quo 12 milles par jour.Le bataillon Middland a été envoyé à 183 milles au nord du lac aux Grenonilles.Les grenadiers sont- dans les environs du Fort Pitt et du lac aux Colons.Les Queen's Owen sont \u2019 .toujours dans les environs des lacs rochet et aux Tortuesau LA RETRAITE DE GROS OURS Winnipeg, 11\u2014Les facteurs de la compagnie de la baie d'Hudson sont d'opinion que le général Middleton finira par atteindre Gros Ours, mais que ce dernier forcera peut-être les troupes à parcourir une grande distance avant qu'elles puissent le faire prisonnier.L'automne dernier, Dumont et Gros Ours, en parlant de ce qu'ils feraient s'ils étaient forcés de retraiter à la suite d\u2019engagements avec les troupes, dirent que dans ce cas ils tâcheraient de gagner la région de la rivière à la Paix, où ils pourraient vivre tranquilles.Leurs partisans se diviseraient en plusieurs groupes pour se rendre, par différentes routes, à cet endroit.Gros Ours semble vouloir mettre ce projet à exécution.Une autre dépêche de Winnipeg dit que le général Middleton a cessé de poursuivre Gros Ours.Ce chef s\u2019est réfugié dans des forêts dont l'accès est impossible aux troupes.Toronto, 12.\u2014Le camp du général Middleton, à 70 milles à l'est du Fort Pitt, 9\u2014Le détachement du énéral Middleton est sur le bord \u2018un marécage infranchissable, à environ quatre milles de larges ; toutefois Gros Ours l\u2019a franchi avec ses chevaux, après avoir abandonné ses wagons.Les éclaireurs rapportent .qu\u2019il marche vers l\u2019ouest, se dirigeant sans doute vers la grande cache \u2018de provisions qu\u2019il a amassées à la rivière au Castor.S'il en est ainsi, il sera cruellement désappointé, car le général Strange a ses provisions en sa possession.Le général Strange et sa troupe sont auprès du Lac Froid, dans le voisinage du Lac aux Grenouilles.Les forces de Middleton sont campés ici.-On s'est débarrassé des tentes et de toutes les choses dispensables.Le but principal de l'expédition est de prendre Gros Ours et de faire des prisonniers.Le général Middleton fait tous ses efforts pour réussir.Tous les wagons seront mis de côté et on transportera les bagages à dos de cheveaux.C'est le seul moyen de transport et malgré cela, on considère encore le marais comme infranchissable.Des approvisionnements ont été envoyés hier en bas de la rivière, à l'Anse de la pierre à Pipe, pour de là être transportés au lac à la Tortue, où Middleton se rendra.La Saskatchewan grossit rapidement.UN PRISONNIER DE GROS-OURS LES FORCES DE GROS-OURS RÉCIT DE TROIS MÉTIS MONSEIGNEUR GRANDIN Mission de la rivière Castor, 7, vià Straubenzie, 12\u2014Legoff, un prisonnier de Gros Ours, est arrivé au camp aujourd\u2019hui.Lui et 86 Chippewas ont quitté le sentier de la guerre avant la bataille de la Butte aux Français.Il dit que McLean est maltraité et qu'on le force à marcher, bien qu'il soit épuisé.Le général Strange a envoyé un courrier aux Chippewas les sommant de se rendre et on les attend demain.On est à construire des bateaux pour traverser 6 Car + JOURNAL DES CAMPAGNES la rivière et délivrer les prisonniers s'ils n\u2019obéissent pas.Ils n\u2019ont \u2018 que 36 fusils et ne veulent pas se battre.Legoff dit que Gros-Ours se propose de se rendre au Lac des Prairies, puis de contourner les montagnes à l\u2019Orignal jusqu'au lac des Prairies et le Jac Vert et de se diriger ensuite sur Carlton.Il ignore tout à fait la prise de Riel et la reddition de Poundmaker.Un détachement a été envoyé au- jourd'hui à Girard, un poste de la compagnie de la baie d\u2019Hdson, a 8 milles au sud, et un autre à la traverse de la rivière.Le 65me bataillon est stationné à 3 milles en bas de la rivière.Battleford, 12\u2014On sait que Gros- Ours a 175 guerriers avec lui et les éclaireurs disent que Middleton a renoncé de les poursuivre.Aussi la bande prend-elle ses loisirs.Il n\u2019y a aucun doute que les autres bandes se rallieront à elle, formant par cette union une force qui sera une menace permanente d'ici a quelque temps.Il sera donc nécessaire d\u2019établir de fortes garnisons à Batteleford ou à Fort Pitt, et il en faudra laisser aussi à Prince Albert et à Humboldt on à Fort Qu\u2019Appelle.La colonne du général Middleton est épuisée de fatigue.Ce matin trois métis, Goulet, St Luc et Morin, sout arrivés ici.Ils ont quitté le camp de Gros Ours dimanche dernier.Ils étaient à couper des billôts pour McChaf- fy et Clink-Skill, à six milles du Lac aux Grenouilles quand ils furent faits prieonniers.Ils disent que Gros-Ours n\u2019a avec lui que 33 Cris purs et environ 100 Cris des Bois.Il leur dit qu\u2019il essaierait d'atteindre le Lac à la Tortue, mais qu\u2019il craignait que les troupes ne le fissent prisonnier.L'autre jour, disent-ils, Gros-Ours a essayé de se sauver à cheval, mais ses partisans l'ont ramené.Gros Ours maltraite maintenant ses prisonniers et les filles de McLean sont contraintes de porter de lourds fardeaux, ayant quelquefois de l\u2019eau jusqu\u2019à la taille.Ces métis déclarent qu\u2019ils n\u2019ont rien vu de la colonne Otter.Tous trois ont été mis en état d'arrestation.| ; Calgarry, 14\u2014Mgr Grandin a préché aujourd'hui dans la chapelle catholique.Il s\u2019en va visiter cette partie du pays qui a été le théâtre de l'insurrection.Il dit quelles pauvres métis ont été conduits par un insensé qui, au lieu de suivre les avis des missionnaires, s'est mis dans l\u2019idée d\u2019établir une religion.Il paraît fort chagrin de ce qui est arrivé.Il a adressé des compliments au 9ème.DÉPART DE LA POLICE MONTÉE POUR SE JOINDRE AU GÉNÉRAL STRANGE LE GÉNÉRAL MIDDLETON PARTIRA DEMAIN A LA POURSUITE DE GROS-OURS LES SENTINELLES DU CAPITAINE CLARKE ATTAQUÉES PAR LES SAUVAGES LE RÉVÉREND PÈRE LEGOFF ET LE PÈRE PRÉVOST SE RENDENT AU CAMP DES CHIPPEWAGANS Fort Pitt, 11, via Straubenzie.18\u2014 Toronto, 15\u2014Le «général Middleton et son état major sont revenus ce soir.Le reste des troupes qui l'ont accompagné seront ici demain.La poursuite faite depuis huit jours contre le Gros-Ours a été infructueuse parce que les passes sont impraticables et ne peuvent être traversées que par les sauvages.Les soldats ont fait tout ce que des êtres mortels pouvaient faire, mais leurs efforts ont été inutiles.Il y a eu beaucoup de malentendu parce que les soldats ne connaissaient pas les routes en cet endroit.Le général Middleton, qui s\u2019est avancé à huit milles plus loin que le lac où eut lieu la bataille du major Steele, a eu beaucoup de difficulté à traverser le ruisseau entre les deux lacs.Les Sauvages étaient rendus au lac Huard qui est très vaste.Il y avait là une vingtaine de familles sauvages qui ont suivi le Gros Ours.Ils sont partis si précipitamment qu'ils ont laissé leurs filets tendus dans le lac.Le Gros Ours était parti quatre jours avant nos troupes, et bien qu\u2019il ne se rendit jamais plus loin qu'à vingt milles des taillis qui entourent le lac Huard, il pouvait apercevoir nos troupes à une grande distance.Le général Middleton s\u2019est rendu à une espèce d'île, dans le lac Huard, et se trouva en face dun marais de deux milles de largeur, couvert de trembles et dans lequel les chevaux enfonçaient jusqu\u2019au ventre.Les troupes ne pouvaient apporter des provisions pour plus de trois jours, même s'ils avaient pu traverser ce marais.Le Gros Ours aurait eu quatre jours de marche en avant de nous ; le général Middleton décida donc de rebrousser chemin.Il faut voir ce pays pour se former une idée des difficultés qu'il y a à surmonter pour le traverser ; ajoutez à cela des nuées de maringouins dévorant les soldats.Il est probable que la police montée ira se joindre au général Strange et qu\u2019une partie de l'infanterie recevra l\u2019ordre de quitter le service.Fort Pitt, 12, via Straubenzie, 18\u2014 Le général Middleton avec 800 hommes à cheval et deux Gatling a décidé de tenter un dernier effort pour prendre Gros Ours.Il part demain, pour se joindre au général Strange.Ce dernier est campé sur les bords de la Rivière Castor, à 90 milles de distance, dans,un village Chippewagan, qui, au nombre de cinquante familles, se sont soumis mercredi dernier.Le général Middleton pense ue le Gros Ours se dirige vers la livière Castor, à l'endroit où le général Strange est campé.On pense que cette campagne durera une semaine.Pendant ce temps il est probable que les Sauvages se rendront au Lac Vert etde là à l\u2019Ile à la Crosse, ot il y a plusieurs blancs.Portage de la rivière Castor via Fort Pitt, 11.\u2014Le capitaine Clarke avec l'infanterie légère de Winnipeg est campé à un mille d'ici sur les bords de la rivière.Ce matin, avant le lever du soleil, on a tiré trois fois sur les sentinelles.Elles sortirent aussitôt du camp et se rendirent à la forêt voisine d\u2019où les coups de fasil avaient été entendus ; on fit des recherches, mais on ne put découvrir aucun Sauvage.On vit cependant des empreintes de souliers sur l'here.On entendit les coups de fusils aux quartiers généraux, et le général ordonna immédiatement à l\u2019infanterie du major Hatton de faire une reconnaissance, msis toutes les recherches de ces troupes furent inutiles.Le Rév.Pére Legoff, accompagné du Révérend Père Prévost, chapelain du 65ème, sont partis, hier,pour le camp des Chippewagans, au Lac Froid.Ils feront tout en leur pouvoir pour obtenir que ces Sauvages se soumettent.Ils ne sont pas encore de retour.Si les Chippewagans refusent de se soumettre, ils seront de suite attaqués par nos troupes.Le bataillon Middland a reçu ordre de se rendre au Lac aux Grenouilles.Straubenzie, 12, vid Battleford 183.\u2014Le Père Legoff qui a été fait prisonnier le 12 mai, a été envoyé à notre camp aujourd\u2019hui par les Chippewagans.Le Père Legoff dit que ces sauvages ne sont pas allés au camp de Gros Ours depuis le 28 mai.Leur intention était alors de se rendre au Lac à la Prairie, pour ensuite- se diriger vers Carleton.Le Révd.Père ne connaissait rien de la capture de Riel ni de celle de Poundmaker.On pense que le Gros Ours est campé dans cette partie du pays qui se trouve entre la rivière Castor et les Montagnes à l'Orignal.Winnipeg, 15.-Une dépêche de la mission do la Rivière aux Oastors, datée du 11 juin, confirme le rapport ue les Chippewacans ont déserté ros-Ours et sont campés à sept milles au nord de la mission du lac Froid.On vient d'apporter la table de billard appartenant à Gabriel Dumont.Cette table a été enlevée après la bataille de l\u2019Anse aux Poissons.La garde Bedson la conserve comme un trophée. Les résolutions concernant les chemins de fer \u2014 le Les résolutions concernant le prolongement du chemin de fer du Pacifique au port de Québec et à la mer, viennent d'être déposée sur le bureau de la cham- re.to Elles stipulent une subvention additionnelle de $2,800 par mille à celle déjà votée l\u2019an dernier 'pour 75 milles du chemin de fer de la Rivière-du-Loup à Edmonton, et 86,000 par mille pour huit milles du mème chemin formant avec la subvention de l\u2019an dernier, un total $498,000 pour la construction de cette ligne : 20 Une subventiou additionnelle de $80,000 par année pendant vingt ans, soit avec la somme déjà votée l\u2019an dernier, un total de $250,000 par mille pendant 20 aps, pour une ligne de chemin de fer reliant Montréal aux ports de St Jean et Halifax, en passant par Sherbrooke et Matawamkeag : 30 Un subside additionnel de $340,000 pour faciliter l\u2019accès au port de Québec, pour les trains du chemin de fer du Pacifique, de la station de St Martin à Québec, comprenant la construction d\u2019un embranchement de la jonction Jacques Cartier au chemin de fer du Nord, formant un total de (81,500.000,) un millions cing cent mille piastres.Mais si le chemin de fer du Pacifique ne réussit pas dans la période de deux mois à dater de l\u2019adoption de ces résolutions à obtenir un accès libre à Québec pour ses trains par le chemin de ferdu Nord, soit en achetant ou en obtenant le contrôle du chemin de fer du Nord.ou à faire avec les propriétaires de ce chemin tess arrangements sujets à l\u2019approbation du gouverneur en conseil, qui permettraient à la compagnie du Pacifique de faire circuler ses train sur le cheniin de fer du Nord jusqu\u2019au hâvre de Québec aussi librement que si le dit chemin de fer faisait partie du chemin de fer du Pacifique, alors les clauses 4, 5, 6,de l\u2019acte de l\u2019an dernier, autorisant la construction d\u2019une nouvelle ligne au Nord deviendraient en force.Tout pouvoir sera donné alors 3 la compagnie du Pacifique de faire avec la compagnie qui construira le chemin projeté, les arrangements nécessaires pour la location à erpétuité de cette seconde ligne entre Québec et Montréal ou pour la garantie du paiement de l\u2019intérêt sur les bons du chemin.\u2014_\u2014 MPa, Pélerinage dua Tiers-Ordre A .4 LA BONNE SAINTE-ANNE.Les Tertiaires de saint François d'Assise, novices et profès des Confraternités établies à St-Sauveur, tertiaires isolés, approbanistes, au nombre de près de cinq cents, faisaient dimanche dernier leur pèlerinage annuel au saac- tuaire vénéré de la paroisse de Sainte- Anne de Beaupré.Pour la deuxième fois, les pieux et fidèles disciples du patriarche d'Assise, se rendant au légitime désir de leur Directeur, se sont empressés de prendre part à cette imposante démonstration religieuse d\u2019un pèlerinage.Le bateau à vapeur, le Ste-Croix, nolisé exprès pour la circonstance, dès six hrs du matin, avait reçu à son bord | EEE EEE EEE, les nombreux pèlerins venus de tous les quartiers de la ville, et que la mauvaise apparence de la température n'avait en rien dérangé dans leur détermination.Après quelques minutes d\u2019arrêt à St-Joseph de Lévis, gù une trentaine de pèlerins, la plupart tertiaires, prirent passage, le Ste-Croiz atteignait bientôt 1e quai de Ste-Anne.Immédiatement les pèlerins se mirent en marche, suivant à la file le porte-croix et les acolytes, dans l'ordre suivant : les approbanistes, les novices, et les professes de la fraternité des femmes, puis les profès et les novices de la fraternité des hommes.Une pluie battante eut pour effet d'enlever à la procession quelque peu de son \u2018éclat.Cependant, Tordre le plus complet régna dans les rangs, jusqu\u2019à l\u2019église où chacun prit la place qui lui fut assignée, les femmes dans la nef, les profès de la Iraternité des hommes dans le chœur.À neuf heures précises commença l'office divin.Le R.P.Directeur du Tiers-Ordre célébra une messe basse, à laquelle tous les pèlerins eurent le bonheur d'assister et de recevoir la sainte communion.Bienheureuses ces âmes dévotes de pouvoir s'approcher de la Table sainte, dans le temple dédié à leur bienheureuse Patronne, Sainte- Anne, leur bienfaisante Protectrice au Ciel, et leur toute-puissante Intermédiaire auprès du Dieu Sauveur du monde! Aussi quel pieux recueillement et quelle tendre et sincère dévotior durant ce festin céleste où le cœur devient enivré des plus douces joies et des plus pures émotions ! À trois heures eut lieu le Salut du Saint-Sacrement, précédé d'un sermon de circonstance.Un \u2018des révérends Pères Rédemptoristes, dont le nom malheureusement nous échappe, rappela aux assistants toute l\u2019efficacité de la prière, et développa son sujet avec une: science profonde.À quatre heures, la procession se reforma dans l\u2019ordre de son arrivée, et { défila au milieu de cantiques et de chants appropriés, et dans un silence profond, jusqu\u2019au bateau qui prit sa course vers Québec une demi-heure après.Pas n\u2019est besoin de dire que durant le trajet, aller et retour, les échos des rives du St-Laurent retentirent souvent des chants à sainte Anne, et à la Vierge Marie répétés par les voix de nos cinq cents pèlerins.Inutile aussi d'ajouter que ce pèlerinage a été digne en tous points des dignes fils du Séraphique Père François qui, dans cette solennelle circonstance, comme dans tous les événements ordinaires de leur vie, font briller par leur conduite l'éclat de leur foi et de leur modestie.L'on sait que de son temps, tout ce que saint rrançois touchait était sur- naturellement fécondé de Dieu.£l en est encore de même de nos jours, bien qu\u2019il se soit écoulé sept siècles depuis la naissance du \u201ctigmatisé d'Assise.Son œuvre, providentielle dans sa fondation, s'est perpétuée jusqu\u2019à nos jours modestement, mais sûrement.Le saint Pontife Léon XIII lui a donné un vigoureux essor en l'indiquant à l\u2019univers catholique comme un des plus grands remèdes aux maux qui ravagent les temps actuels.À cet appel, sachons donc répondre âvec soumission.Devenons tertiaires, et le Bon Saint François supplééra à ce qui pourrait nous manquer.FRÈRE FRANÇOIS.+ - Le gâteau de noces de la princesse Béatrice est commandé.Il pèsera deux cent cinquante livres et reposera sur uu piédestal d\u2019or.el =O tlre Récit detaillé DU MASSACRE DU LAC A LA GRENOUILLE Strawbenzie via Battleford 7 juin \u2014La première description détaillée du massacre du lac à la Grenouille a été donnée par un témoin oculaire M.W.B.Cameron, de la compagnie de la Baie d'Hudson, un des prisonniers évadés.M.Cameron a été fait prisonnier le 3 avril ét s\u2019est évadé le ler juin, âce aux efforts d\u2019un métis nommé Louis Patenaude et de quelques Cris des forêts.I] dit que lors de la nouvelle de la bataille du lac aux Canards les sauvages visitérent plusieurs fois l'agence sauvage commandée par T.P.Quinn en faisant force protestation de fidélité i Le 2 avril, les sauvages couchèrent autour du fort sans aucune apparence hostile.: Le lendemain (8 avril) ils s\u2019avan cèrent en corps vers la demeure de Qunn\u2014deux sauvages, dont l\u2019un le fils de Gros Ours, Mauvais Enfant, montèrent dans la chambre à coucher de l\u2019agent.Mauvais Enfant avait l'intention detuer Quinn dans son lit, mais celui-ci, qui était marié à une femme sauvage, à été sauvé cette fois par son \u2018beau-frère, qui accompagnait Mauvais Enfant.Cependant, la foule en bas s\u2019était emparé de trois fusils et des munitions de guerre.On lui ordonna de descendre, et malgré les conseils de Loveman, son beau-frère, il obéit.On le saisit aussitôt et on le conduisit à la maison de l\u2019instructeur agricole Delaney.Les sauvages, dans l'intervalle s\u2019étaient emparés des chevaux du gouvernement.A la maison de Delaney, les sauvages tinrent conseil, et se dirigèrent ensuite, sous la conduite d\u2019un sauvage nommé Esprit Voyageur, vers le magasin de la compagnie de la Baie d\u2019Hudson.Mauvais Enfant entra le premier, et dit : \u201c Avez-vous des munitions ?\u201d Cameron répondit : \u201c Oui un peu.\u201d\u2019 Mauvais Enfant lui dit : \u201c Donnezles nous, ou nous les prendrons.\u201d Cameron : Si vous êtes décidés de les avoir, j'aime mieux les donner que de voir saccager le magasin.Cameron, qui était le seul employé sur les lieux, leur donna la petite vantité de munitions qu'il y avait dans le magasin.Un baril de poudre et presque toutes les cartouches à ealle avaient été envoyées au fort Pitt sur l\u2019avis de Cameron après la nouvelle de la bataille du lac aux Canards.Pendant tout ce temps les eauva- gesle guettaient avec leur fusils chargés et dirigés sur lui.| Tout-à-coup Gros Ours arriva et faisant un geste de la main, dit \u2018\u201c Ne torchez rien de ce qui appartient à la compagnie.Si vous voulez quelque chose demandez-le à Cameron \u201d lls demandérent quelques objets et sortirent.Cameron sortit aussi pour voir ou ils allaient.Ils s'emparèrent de lui et Esprit Voyageur lui ordonna de se rendre à la demeure de Quinn.Il fut obligé d'obéir.D'autres blancs y étaient rassemblés.Il y avait l\u2019interprête Pritchard ainsi que les RR.PP.Fafard et Marchand.Il y avait une foule considérable de sauvages.Esprit Voyageur dit : \u2018Je veux savoir qui est le chef des Blancs dans le pays ?Est-ce le gouverneur ou la compagnie de la Baie d'Hudson ou qui ?\u201d Quinn dit en badinant : Il y a un homme à Ottawa qui conduit {es affaires.Il s\u2019appelle Sir John À Macdonald.Les sauvages s\u2019écrièrent : \u201cVoulez- \u2018 Tous nous donner du bœuf ?\u201d JOURNAL DES CAMPAGNES Quinn demanda à Delaney s\u2019il y avait du bétail qu\u2019on pourrait leur donner.Delaney répondit : \u201c Oui, un ou deux bœufs \u201d On ramena alors Cameron au magasin et on demanda encore quelques effets.Un des sauvages du lac à la Grenouille demanda à être mis en charge du magasin, \u201c parce que, dit-il, vous voulez toujours avoir qnelque chose et il est inutile de laisser Cameron ici.\u201d.Ils y consentirent.Quelque temps après Esprit-Voya- geur vint trouver Cameron et lui dit : \u201c\u201c Pourquoi n\u2019allez-vous pas à l\u2019église ?Tous les les autres blancs y sont déjà.\u201d Il conduisit alors Cameron à l\u2019église catholique.C\u2019était le Vendredi- Saint et les prêtres y célébraient le service divin.Gros Ours et l'Homme Misérable se tenaient debout de chaque côté de la porte ; les autres étaient à genoux, L'Esprit Voyageur entra.Il était peint en jaune par moquerie.Après le service, le père Fafard recommanda aux sauvages de ne pas commettre d\u2019excès.La foule sortit de l\u2019église.Les blancs se dirigèrent vers la maison de Delaney, tandis que Cameron, toujours suivi d\u2019Ours Jaune et\u2019 du sauvage du lac à'la Grenouille re- tourhait déjeuner.Après déjeuner il se rendit au magasin ou il voulait donner un chapeau à l'Ours jaune.Tandis qu'il était là l'Homme Misérable entra avec un billetde Quinn conçut comme suit : Cher, Cameron, donne une couverte à l'Homme Misérable.(Signé) T.P.QUINN.Cameron dit qu'il n\u2019avait pas de couvertes, l'Homme Misérable le regarda attentivement et se contenta de prendre des objets divers au montant d\u2019à peu près cinq piastres.Tout à coup on entendit un coup de fusil, l'Homme Misérable sortit promptement.Cameron entendit quelqu\u2019un qui criait \u2018\u2018 arrêtez arrètez, \u201d c'était Gros-Ours, qui tandis qu\u2019il parlait à Mme Simpson, femme du ministre protestant avait entendu les coups de fusil.On apprit par lasuite que Quinn ayant refusé dese rendre au camp sauvage avait été tué par l\u2019Esprit Voyageur.Gouin, métis américain, a été tué en se rendant au camp.Cameron demanda à Ours Jaune ce que cela voulait dire.Ours Jaune l'empoigna par la main et lui dit : \u201c Venez parici.\u201d Puis apercevant Mde Simpson qui quittait sa demeure, il dit : \u201c Allez avec elle et prenez-en soin.\u201d Cameron partit avec Mde Simpson.Quand ils eurent fait une certaine distance.Mde Simpson appela l\u2019attention de Cameron sur les prêtres qui se trouvaient à Une centaine de verge plus loin et qui parlaient à des sauvages en train de charger leurs fusils.Delaney se trouvait près de là.Tout à coup, les sauvages levèrent leurs fusils et se lancèrent sur Delaney.Le père Fafard se plaça devant eux mais il fut renversé.Quelqu'un fit alors feu sur Delaney et tira son second coup sur le prêtre.Le père Fafard était affreusement blessé.Un autre sauvage vint et les tua tous deux.| Dans le même temps le père Marchand faisait des efforts pour empêcher les sauvages de courir après les femmes.Quand il s'aperçut que le père Fafard avait été tué, il tenta de se rendre auprès du cadavre de son malheureux compagnon, mais les sauvages lui résistèrent.Au même instant il était blessé à la poitrine et à la tête et tombait mort.Dans la poursuite qui eut lieu en- suite, Gowanlock fut tué.Gilchrist et Dill étaient ensemble, Petit Ours qui avait précédement tué Willis fit feu sur eux.Gilchrist tomba immédiatement, mais Dill ne fut pas blessé.Il prit la fuite mais les sauvages à cheval le poursuivirent et finalement il fut ué.Cameron était terrifié a la vue du meurtre des prétres et de Delaney, mais il ne pouvait rien faire pour les secourir.Mme Gowanlock était avec Mme Delaney, ayant quitté sa maison, qui se trouve à 3 miles plus loin, à la première nouvelle des troubles, pour venir au camp.Les deux femmes se rendaient au camp avec MM.Gowanlock et Delaney, quand ces deux derniers furent tués.Gowanlock tombant mourant, dans les bras de la femme.Les Sauvages conduisirent ensuite les deux femmes au camp.Au départ de Cameron, le magasin avait été pillé.Quand les deux femmes arrivèrent au camp, elles furent achetées par des Métis, afin de les sauver de la brutalité des sauvages.John Pritchard, interprète, acheta Mme Delaney pour un cheval, et Pierre Blondin acheta Mme Gowanlock pour trois chevaux.Les deux femmes demeurèrent avec la famille de Pritchard.M.Simpson, de la compagnie de la Baie d\u2019Hudson, était à fort Pitt, A quand le massacre a eu lieu, mais à son arrivée, le soir, il fut fait prisonnier.Un ou deux jours après le meurtre, les cadavres des personnes assassinées furent jetés dans les maisons vides, non sans que les sauvages eussent enlevé tout ce qu'ils avaient Sur eux.Les sauvages eurent une fête et des danses pendant plusieurs jours.Quand fort Pitt fut attaqué, les hommes seulement prirent part à l'attaque, et ils revinrent dès que la garnison eut évacué la place.L'intention des sauvages, était de se rendre à Battleford, afin de se joindre à Poundmaker et d\u2019attaquer les casernes de la police.Pour cela font le camp se dirigea sur Fort itt.Les sauvages marchérent pendant dix jours mais ne se rendirent pas a Fort-Pitt, ils descendirent la rivière Ils campèrent près de l'endroit où a eu lieu l\u2019escarmouche du général Strange, et c\u2019est là qu\u2019ils furent surpris par quatre éclaireurs.M.Cameron dit que les sauvages du lac à la Grenouille, du lac aux Oignons et des autres bandes de Cris des bois ont été forcés de\u2019se joindre à Gros Ours, quoiqu'ils ne désirassent point prendre part aux troubles.Les Cris des bois ont fait tout en leur pouvoir pour sauver la vie des blancs.Ils ne savaient pas qué Gros Ours avait l'intention de com- mottre les meurtre qu\u2019il a commis au lac à la Grenouille, et quelques Cris des bois ont même eu d'idée de tuer Gros Ours mais ils n'étaient pas assez nombreux.Ceux qui ont échappé au massacre doivent la vie aux Métis et aux Oris des bois, et si les autres prisonniers ont la vie sauvé, ils la doivent à leurs influence.Les deux femmes sont restées tout le temps avec la famille Pritchard, et il n\u2019y a rien de vrai dans toutes les histoires qu\u2019on a racontées.La famille McLean n\u2019a pas été assassinée et quoi qu'elle fut au commen - cement sous la charge de la bande de Gros-Ours, les Cris des bois leur ôtèrent, parce qu'ils croyaient qu'elle n\u2019était pas bien traitée.Une bande de Cris prit Cameron et les autres et se sépara de Gros- 7 Ours, avant l\u2019escarmouche du 27 mai.: Les Cris de Gros-Ours auraient probablement massacré les prisonniers s\u2019ils n\u2019avaient été surveillés aussi attentivement par les Métis et les Cris des bois.Les femmes doivent la vie à.Blondin, Pritchard et autres Métis.M.Cameron a fait une déposition en rapport au récit ci-dessus.Les autorités se serviront de cette déposition dans leur poursuite contre les meurtriers.Le terminus du Pacifique A la réunion des actionnaires du Pacifique, le président a prononcé un discours très important, en soumettant à l'assemblée le rapport sn- nuel de la Compagnie.Un passage de ce discours est particulièrement intéressant pour Québec.\u2018* Les directeurs, a dit M.Stephen, ont senti l'importance d\u2019obtenir accès à la ville de Québec, et au rivage de la mer, en des endroits libres durant la saison d'hiver, et il y a actuellement des résolutions à ce sujet devant la Chambre des Communes.L'importance d\u2019un libre accès à la ville de Québec était parfaitement comprise lorsque se fit l'acquisition de la section ouest da chemin de fer de Québec, Montréal, Ottawa et Occidental, et il y eut dans le contrat de vente par le gouvernement de Québec des clauses qui, si elles eussent élé exécutées, eussent donné à la Compagnie l'accès qu\u2019elle désirait pour son trafic d'été.\u201c Ces conditions, cependant, n\u2019ont pas été remplies par la compagnie qui a obtenu le contrôle de la section est.Et quoique le chemin de fer du Pacifique ait eu recours à tous les moyens, excepté à des procédures légales,comme le prouve la correspondance officielle, pour obtenir l\u2019accom- vlisment de ces conditions, ses efforts nt été infructueux.Et le mécontentement qui s\u2019est élevé parmi les citoyens de Québec au sujet de la connection imparfaite avec l\u2019intérieur que donne actuellement à cette ville le chemin de fer du Nord, par suite du contrôle sous lequel cette ligne est tombée, a abouti à une agitation ayant pour but l'accès effectif au port de Québec du commerce intérieur et étranger auquel a droit ce havre important.\u201c Cet accès effectif, notre compagnie désire autant que les citoyens de Québec qu'il soit établi sur un pied convenable, et aucun effort ne sera épargné de notre part, pour l'obtenir, soit par l'acquisition du chemin de fer du Nord, si elle peut se faire à des conditions raisonna- bies, soit par des arrangements aussi efficaces que pourrait l\u2019être cette acquisition elle-même.\u201c L'alternative de la construction d\u2019une seconde ligne de Montréal à Québec, par une compagnie incorporée par le gouvernement à cette fin, la dite ligne devant être exploitée par cette compagnie, est prévue par le gouvernement et subventionnée éventuellement.Mais je crois sincèrement qu\u2019il n\u2019y aura aucune nécessité de recourir à cette alternative \u201d.L'importance de ces paroles n\u2019échappera à personne.i te. 8 Le chemin de fer du Pacifique Lz chemin de fer du Pacifique est maintenant complété.Cette ligne gigantesque nous donne une voie non interrompue d\u2019un Océan à l\u2019autre.Certes, le Canada a le droit d\u2019être fier du parachévement de cette entreprise.Et son importance éveille l'attention de l'Angleterre qui comprend toute l\u2019utilité de ce chemin transcontinental, grâce auquel la Chine et les Indes se trouvent si rapprochées des possessions britanni- niques.Voici ce que disait à ce sujet, le Times dans un de ses derniers numéros : \u201c Un pas important a été fait vers la consolidation matérielle de l\u2019Empire, par l'achèvement, que nous annonçons ce matin, du chemin de fer canadien du Pacifique.Ce grand ouvrage, relié comme il l\u2019est avec les systèmes de voies ferrées des provinces occidentales de la Puissance, unit le Pacifique et l'Atlantique par une ligne non interrompue à travers \u2018le territoire britannique.La rébellion du Nord-Ouest, qui a été presque complètement supprimée par les victoires du général Middleton et la prise de Riel, a attiré ici l'attention \u2018publique, sur l\u2019importance stratégique de ce chemin de fer, et les autorités militaires se sont longtemps demandé avec anxiété si le délai - dans Ju complétion de la ligne priverait le gouvernement Impérial d\u2019une ressource importante, en cas de guerre avec la Russie, ou toute autre Puissance qui pourrait devenir formidable dans le Pacifique.La dernière partie de la section non terminée de la ligne près de Jacktish Bay a été posée lundi soir, et elle pourrait être utilisée immédiatement pour le trafic, si c'était nécessaire.\u201d \u201c Lorsque le Bureau de la Guerre s\u2019enquit récemment, paraît-il, de la possibilité d\u2019envoyer des troupes à la Colombie Britannique par cette route, on fut assez surpris de rece- Voir pour réponse que le transport pouvait se faire sans délai.On peut donc présumer que la connection par voie ferrée est maintenant continue, conformément à ce que disait notre correspondant de Philadelphie, d\u2019Halifax à Port Moody dans la Colombie, point de départ probable des lignes de steamers pour le Japon, la Chine et les Indes.Le grand port de la Nouvelle-Ecosse est maintenant l\u2019une des principales positions militaires, qui sont comme les pierres angulaires de l\u2019Empire, et les avantages qu\u2019il ya à relier cette ville aussi bien que les autres villes du Canada avec la province du Pacifique, sont trop évidents pour qu\u2019il soit nécessaire de les démontrer.La Colombie anglaise et l\u2019île de Vancouver ont été jusqu'ici négligés, non sans danger pour les intérêts Impériaux aussi bien que pour les intérêts locaux.L\u2019achévement du chemin de fer permettra au gouvernement d'y envoyer des renforts pour les protéger si c\u2019est nécessaire, ou même pour en faire la base d'opérations offensives sur les côtes du Pacifique.\u201d Ct Aree, Mw oo.| : 5 Coa a JOURNAL DES CAMPAGNEs i EE Nos missionnaires et Ja révolte Plusieurs des feuilles fanatiques d'Ontario, et même, paraît-il, certains révérends, ont eu l\u2019audace d\u2019insinuer que le clergé catholique était au fond de la révolte du Nord-Ouest.Cette infime calomnie, inspirée par l\u2019esprit sectaire, ne saurait trop être flétrie.Quand on connaît la bienfaisante influence exercée sur les tribus de l\u2019Ouest par nos évêques et nos missionnaires intrépides ; quand on se rappelle que c'est grâce à Mar Grandin, au Rév.P.Lacombe, au Rév.P.Hugonard et à tous les autres apôtres des territoires que nous n\u2019avons pas eu à réprimer un soulèvement général des sauvages, on se sent ému d\u2019indignation à la lecture des ineptes diatribes auxquelles nous faisons allusion.Heureusement qu\u2019il s\u2019élève de temps à autre, du sein de nos frères séparés, des voix qui rendent témoignage à la vérité et suivent les dictées de la justice.C\u2019est ainsi que le Free Press de Winnipeg vient de donner publicité à un article digne d\u2019éloge, au sujet de la conduite de nos missionnaires durant les troubles du Nord-Ouest.A propos de cet écrit du Free Press, le Manitoba publie un excel- lenl article que nous nous faisons un plaisir de reproduire.Voici en quels termes s\u2019exprime notre distingué confrère de Saint- Boniface : Le Free Press de Winnipeg dans son numéro du 27 mai dernier, contenait un article de fond remarquable relatif à la conduite des missionnaires catholiques du Nord-Ouest avant et pendant la présente rébellion.Il nous fait plaisir de constater que ceux de nos confrères anglais qui sont à portée de mieux connaître les faits, savent rendre ample justice au zèle et au dévoûment de nos missionnaires.Si une certaine presse d\u2019Ontario en particulier voulait être d'aussi bon compte que notre confrère de Winnipeg qu\u2019on ne saurait d\u2019ailleurs soupçonner d\u2019exagération, nous n\u2019aurions point, presque chaque jour, sous les yeux, des arlicles ne respirant que la haine et le fanatisme, et qui sont certainement déplacés, c\u2019est le moins qu\u2019on puisse dire, à l'époque critique que nous traversons.Ce que nous voulons, c\u2019est que le clergé catholique ne soit pas accusé par quelques-uns de ceux-là, même qui, mieux que personne, connaissent la vérité des faits ; par ceux-là même qui ne sont pas ignorants des efforts continuels que nos missionnaires de l\u2019Uuest ont lenté pour prévenir l'insurrection ; aussi, par ceux-là mème qui n\u2019ignorent pas que deux de ces missionnaires sont tombés victimes du zèle gn\u2019ils ont déployé pour apaiser cette insurrection après qu\u2019elle et éclaté.Accuser nos missionnaires d\u2019être les fauteurs de la révolte, ce n\u2019est pas rien que de l\u2019audace, c\u2019est du cynisme.Mais, que l\u2019on prenne garde ! Les plus fins esprits sont souvent mis en défaut et cette fois-ci, comme bien d\u2019autres, la vérité peut, SANS NIRACLE, Venir à se faire jour.Que dirait-on alors si les accusateurs eux-mêmes devenaient accusés ?* -\u2014\u2014.Les chambres françaises Paris, 10\u2014Les session des chambres sera close le 25 juillet.Les élections générales auront lieu probablement le 27 septembre.\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014te tl yl rt rs Choléra Madrid, 10\u20141I1 s\u2019est déclaré trois nouveaux cas de choléra à Valence.Les réclames de ¢ l\u2019Electeur ° Nos lecteurs savent surabondamment que l\u2019Electeur n'est pas scrupuleux en fait de réclames et d'annonces.C'est ce journal qui, l'hiver dernier, publiait les avis de l\u2019Association maçonnique, et donnait l\u2019hospitalité de ses colonnes au Dime Museum, quatre oucinq jours après que l'Ordinaire eut défendu solennellement ces représentations à 10 cen- tins.Lorsqu'il s\u2019agit de littérature, /\u2019Electeur ne se gêne pas davantage, et ne s'inquiète nullement de faire mousser les ouvrages et les publications les moins recommandables.Son numéro d'hier contient une longue et bruyante réclame en faveur d\u2019un recueil littéraire dans le goût du jour, c\u2019est-à-dire dangereux et immoral.On peut juger du caractère de cette revue, intitulée : La vie populaire, par l\u2019aveu suivant qui échappe à ses maîtres : * La Vie Populaire \u201d est le plus actuel, le plus littéraire de tous les journaux de lecture.Elle parait deux fois par semaine, et contient tous les romans à Succès qui paraissent à Paris,* tous les chefs-d'œuvre de la littérature moderne.Ainsi la Vie populaire publie \u201c tous les romans à succès qui paraissent à Paris.\u201d Mais pour une œuvre indifférente, quatre-vingt-dix-neuf de ces romans à succès sont des œuvres abominables.Romans à succès les œuvres d'Emile Zola ! Romans à succès les récits de George Ohnet ! Romans à succès les études d'âme de Jules Claretie ! Romans à succès encore les mélodrames non dialogués d\u2019Alhert Delpit ! Et tous ces ouvrages sont remplis de sophismes, d'idées fausses, de tableaux honteux.C\u2019est cette littérature pernicieuse que la Vie populaire annonce au public, et c\u2019est à cette littérature que l\u2019Electeur fait de la réclame.L'annonce que nous avons sous les yeux ne laisse aucun doute possible sur le caractère de cette revue.Elle contient une liste des romans déjà publiés dans les colonnes de la Vie populaire, \u2018\u2018 une quarantaine des plus beaux romans modernes, \u201d et parmi les titres énumérés, Renée Manperin par les frères Goncourt, et l'Abbé Tigrane, candidat à la papauté, par Ferdinand Fabre.Or ces deux livres, que nous trouvons dans la liste publiée par l\u2019Electeur, sont des mauvais livres dans toute la force du mot.Ceux qui sont un peu au courant de la critique contemporaine savent que les Goncourt, réalistes à outrance, n\u2019ont reculé devant aucune putridité, et que Ferdinand Fabre » | s\u2019est fait une spécialité des caractères ecclésiastiques, dessinés au crayon noir.Voilà donc le genre de la Vie populaire, et voilà le catalogue de livres que les abonnés de l\u2019Electeur vont trouver dans les colonnes de leur journal.Combien de gens peu renseignés, séduits par la réclame de l\u2019Electeur, vont être exposés à se repaître de cette nourriture empoisonnée ! Que deviennent dans tont cela la dignité et la moralité de la presse ?Pour de l'argent on publie tout.Nous sommes débordés par les mau- oe N° n°, Co vaises lectures.Dans notre humble opinion, c\u2019est là un des grands fléaux, un des grands dangers de la société canadienne actuelle.Et malheureusement notre presse s\u2019est constituée l\u2019un des agents les plus actifs de cet empoisonnement national.Grâce aux feuilletons, grâces aux réclames coupables, la littérature m'alsaine et faisandée se retrouve partout: sur la.table de famille aussi bien que sur le comptoir des estaminets, dans les.mains de l'écolier, et jusque sous l\u2019oreiller de la jeune fille.Nous n\u2019écrivons pas ces choses.pour le plaisir de les écrire.Ce sujet ne nous paraît guère agréable.Maisnous croyons remplir un des devoirs de notre état en combattant le torrent qui entraîne notre jeunesse vers les mauvaises lectures, lesquelles tuent l'âme et faussent l'intelligence.Qu'on y prenne garde.Il y ala une question sociale, et nous ne croyons rien exagérer en disant que l\u2019avenir'de notre peuple an vingtième- siècle dépend, en grande partie, des.lectures de la génération présente._ LA CHUTE DE GLADSTONE LE MINISTÈRE PROBABLE Londres, 10.\u2014Il est Tumeur que la.reine a adressé un télégramme à Gladstone, le priant de reprendre en considération sa décision de résigner.On croit que sous les circonstances actuelles, Gladstone ne reviendra pas à son ancien poste.Londres, 10.\u2014Des conservateurs, membres du parlement, sont allés en députation auprès de Sir Stafford Northcote et du marquis de Salisbury, aujourd\u2019hui, et les ont engagés à refuser d'entrer en office.Salisbury a déclaré que si la reine les appelait, ils devaient former un gouvernement.Quant à lui, ii supporterait Northcote comme premier ministre, et il s\u2019attend a ce que la reine offrira cette charge à Sir Stafford.Londres, 10.\u2014Parnell se fait gloire du résultat obtenu pour l'Irlande, grâce à lui, dans la division qui a en lieu lundi soir.Il dit que nous avons appris à tous les cabinets futurs ce qu\u2019ils auront à faire ; nous avons sauvé en même temps la seule industrie qui nous reste en Irlande, d\u2019un fardeau constant, et nous avons mis fin pour toujours, au système de coercition.Le Pall Mail Gazette dit que la plus grande difficulté rencontrée par les conservateurs dans le choix de leur ministère est de disposer de Lord Randolph Churchill.Il croit avoir contribué pour une large part à la défaite du parti libéral et demande d\u2019en être récompensé d'autant.L'on voit assez clairement que les vieux chefs le regardent comme une obstruction et un élément dangereux au milieu d'eux.Le même journal laisse entendre ue l\u2019on s\u2019efforcera de s\u2019en débarrasser.n dit que si les conservateurs forment un ministère, on l\u2019enverra en Irlande.Londres, 10\u2014Quand Gladstone a appris hier que la reine refusait de revenir à Londres, il a allégué maladie et il lui a envoyé un messager officiel.On est fort mécontent de ce que la reine essaie de forcer les chefs politiques, même lorsqu'ils sont avancés en âge et d\u2019une santé délicate, à faire un voyage de plusieurs milliers de milles, pour s\u2019épargner à elle-même quelque trouble.Elle sera probablement obligée de revenir.al \u2014 \u2014Rassurez-vous, mademoiselle, dit Antonin, chacun se montrera pour vous plein d\u2019égards, et ce n\u2019est pas votre cœur qui \u2018battra le plus .fort \u2026 La jeune tille comprit le reproche et rougit.Le Antonin ne prolongea.pas sa visite à la ferme, l\u2019égoïsme-du- bonhomme Chérau et la froideur: dé'sa fille lui faisaient mal.: Dans la mesure.de \u2018Musaraigne, \u2018il se trouva plus à l'aise ; il sentit que yt la deux braves cœurs se souveraient des prisonniers.Le secret dé - Douce n\u2019en fut bientôt plus'un pour lui, et il porta.un.grand\u2019 intérêt encore a\u2019 \u2018| l'orpheline, en- devinant\u2019 :l\u2019'humble \u2018héroïsme de sa: tendresse.Quand Antonin raconta sa conversation avec Chérau, Musaraigne s\u2019écria: - .- C\u2019est une lâcheté ! une insigne lâcheté ! Geneviève reniera Marcel à l'heure de sa passion.Pauvre) garçon ! il versera toutes \u2018ses larmes | pour cette créature, tandis que.Mais nous serons là, nous augsi, au tribunal, et nous le réconforterons ! M Leguével put aux Ormes compter les amis que gardaient les Trézek mais il ne s\u2019éclaira point sur les faits.Comme il allait partir, Douce lui remit un gros bouquet de fleurs Sauvages.\u2014Ce sont mes honoraires, dit-il ; merci, Douce, ce bouquet ne sera pas perdu.Le soir même, le jeune homme se rendait à la prison, sa gerbe champêtre à la main.\u2014Vous avez vu Geneviève! s\u2019écria Marcel, elle vousa remis ces fleurs pour moi ?Antonin laissa son illusion à Mar- cel, mais Claude ne la partagea pas, et cette fois encore il murmura : Ver E US NATION CS RIRE BERL AXP cs \u2014OChère Douce, pauvre martyre ! Le Palais de Justice de Rennes, autretois palais du Parlement et des Etats, est digne de l\u2019ancienne capitale du pays de Bretagne.Simple dans ses lignes, majestueux dans ses \u2018proportions, il offre à l'admiration des- \u2018connaisseurs les peintures de Jean Jouvenet, plafond si remarquable qu\u2019il valut à l\u2019auteur du .Magnificat ela Résurrection de Lazare et du Repas chez Simon, une pension de .1,200 livres et 1a protections de Louis XIV.La façade du palais donne sur une place qui lui emprunte'son nom.Elle se\u2019 trouve aujourd\u2019hui plutôt défigurée qu'embellie par de lourdes statues assises.La rue étranglée dont un côté du palais occupe la droite, mène à une sortie basse, voisine d\u2019un couvent ruiné.Pendant les sessions les curieux descendent le faubourg de Fougères, envahissent la rue et la place, afin de voir les prisonniers.Les assises qui venaient alors de s\u2019ouvrir à Rennes, promettaient aux amateurs dé ces lugubres premières représentations de drames poignants et réels, une suite d'émotions imprévues.Un mystère planait sur cette affaire, non pes seulement le mystère relatif à l'assassinat, mais un\u2019 mystère douloureux et tendre.Le président qui refusait le plus possible de donner des cartes pour ' ces solennelles \u2018séances, ne put s'empécher de faire \u2018disposer dés fauteuils pour les curieuses de la ville.Au jour marqué pour l'ouverture des débats, elles arrivèrent élégantes et jolies, sous leur \u201cparure matinale.\u201d Les avocats prirent\u2019 place à \u2018leurs \u2018bancs ; les stagiaires entrèrent avec \u2018bruit ; les curieux se massèrent derrière les places réservées.On s'entretenait de l\u2019affaire avec animation.À dix heures, l\u2019huissier annonça d'une voix sonore : To - \u2014Messieurs, la cour ! Et un silence absolu rumeurs confases.\u2018L\u2019angoisse particulidre à ce genre de spectacle commençait à remuer les poitrines.La curiosité malsaine dé ceux qui vont au palais chercher des émotions dramatiques est toujours mêlée d\u2019une sorte de honte et de remords.Les Romains assistant à un combat de gladiateurs ne poussaient pas plus loin la cruauté, .car des deux côtés il s\u2019agit d'une vie à défendre et d\u2019une tête à'jeter au'bourreau.et be 5 Six gendarmes amenèrent Claude et Marcel .=~ °° ?\" Le sabotier regarda la cour et l\u2019assemblée en homme qui mesure les fortes de son adversaire.Il avait be- 'soih de s\u2019accoutümer à cette foule, de voir les jurés'qui prononéeraient \u2018Sur son sort, les magistrats qui diri- \u2018géräient ces débats mortels.Marcel \\né regarda rien, ne vit rien.Il tomba sur son banc et y démeurä' comme \u2018anéanti.Ilne sortit desa torpeur succéda aux | qu\u2019à là voix de Geneviève répondant à l'appel de son nom.Madeleine se tenait entre Dorce et Musaraigne.IV L'acte d\u2019accusation était terrible et ne semblait même pas souffrir de discussion.Claude l\u2019entendit avec un grand calme.Marcel, avec une sourde irritation.Après avoir fait retirer les témoins, on procéda\u2019 a l'interrogatoire des accusés.Ils répêtèrent ce qu\u2019on savait déjà, et, sans fournir le moindre indice sur l'auteur ou les auteurs de l'assassinat ils protestèrent de leur innocence.L'attitude de Claude était bien réellement celle d\u2019un homme honnête, fort d\u2019un passé sans tache.Marcel s\u2019emportait et s\u2019irritait! Quand on prononçait le nom de Geneviève, ses yeux brillaient d\u2019un éclat farouche ; il maudissait les juges, qui fouillaient jusqu\u2019au fond de son Ame devant la foule, pour la montrer palpitaiite et frappée a mort. \u201c La déposition de Musaraigne excita une vive curiosité.Cette vieille femme, avec sa figure bizarre, sa voix grave aux intonations prophétiques, sa haute taille drapée d\u2019une façon pittoresque, captiya.complètement l'attention.de .aon, auditaire.Elle raconta comment elle avait yencéntré Claude le soir du crime, \u2018l\u2019offre qu\u2019il lui avait faite de venir se reposer chez lui.NE seh \u2014II était \u2018tranquille et souriant, dit-elle, tandis qu\u2019en moi, je me sexi- tais prise de peur.Sa voix était reposée et la mienne tremblait.Il m'invitait amicalement à souper et j'aurais voulu le voir loin, bien loin.\u2014N'étiez-vous point en ce moment demanda le président, sous l'empire d'une de ces hallucinations auxquelles on vous dit sujette ?\u2014Je n'ai fait ni pacte ni méchante action, dit Musaraigne.Je connais les plantes et j'ai lu plus d\u2019une fois dans la main des hommes.Ponr.ce qui est de sentir.en moi des avertissements, oui, j'en éprouve; et ce soir-13, je fus frappée de l'idée d'un malheur prochain.pour Frézek.Lui et son fils ont toujours été bons, pour moi, j'aurais voulu les .préserver, mais ma puissance ne va-pas jusque- là ! Quand je repris le chemin de ma masure, mes pieds se heurtèrent contre le cadavre du porte-balle.:: Après Musaraigne, .on .entendit Geneviève.; Elle s'avan¢a rapidement, sans paraître trop intimidée.Elle affectait dene point regarder Marcel, qui levait sur elle des yeux.mouillés de larmes.a.Geneviève était ce jour-là plus belle que jamais.Sa riche toilette lui seyait à merveille; son frais visage s\u2019encadrait sous les doubles plis de 345\" 1 sait admirer sur sa nuque un épais chignon blond, dont \u2018l'extrémité repliée rejoignait en avant ses minces bandeaux.Le président lui demanda quelques détails sur les fiançailles qui avaient eu lieu à la ferme, le jour même de l'assassinat de Louis.- -Jamais, dit-elle, jusqu\u2019à .ce jour le fils de Claude ne.m'avait laissé supposer qu\u2019il me souhaitait pour femme.Mon père est riche ; les Trézek passaient pour être pauvres.Marcel jouissait d'une bonne réputation.Quand il affirma que le jour du contrat il apporterait six mille francs, mon père trouva le parti acceptable.\u2014Et vous quelle était\u2019 votre opinion sur le compte .de ce jeune homme ?\u2014Je répondis que je consentais an mariage.\u2014Rien de plus ?Cette nouvelle me surprenait un peu; Marcel à la vérité ne me déplaisait pas, mais jamais je n\u2019eusse la première songé à en faire mon mari.Un sanglot s\u2019échappa de la poitrine de Marcel.\u2014Sois homme ! murmura Claude, on te regarde ! Mais Marcel ne songeait plus à la foule, à la justice, à la condamnation suspendue sur sa tête.Il savait maintenant qu\u2019elle ne l\u2019aimait pas, cette Geneviève idolâtrée, qu\u2019en accueillant favorablement sa demande, elle obéissait à son père en fille bien éle- Tée qui accepte le mari présenté par.sa famille.Qu'importait désormais au jeune homme l\u2019acquittement des jurés ou une terrible Geneviève venait de le condamner à la pire des morts; les hommes ne gardaiont même plus le pouvoir de e faire souffrir.Basile répéta ce que l'on savait déjà.Il ne chargea pas les Trézek,-et parut même peiné de leur disgrâce.Il lui répugnait de croire à leur culpabilité.Le jour du meurtre, quand arcel passa devant son auberge, il AI AS IS I EEE CITES AIRE sa coiffe garnie de dentelle.Elle lais- |: \u2014Rien d'important du\u2019 moins, | sentence ?| _\u2026.JOURNAL DÉS CAMPAGNES see ff \u20acL 10.: .$ 4 lui parut fort animé, sans doute la joie lui tournait la tête-; et cette joie se- comprenait\u2019 aidérhdnt, puisqu'il dévait épouserla plus jolie fille du pays.Basile parla longtemps, se complaisant dans sa faconde, étalant son\u2018 éloquence:de village.Il posait avec aplomb gour le} jurés, la cour et'la galerie.En se retirant, il salua tout le monde, et reprit au banc des témoins une place - voisine : de\u2019 celle de Geneviève.\u2019 : Nous avons dit qu\u2019une des particularités de cette cause était le nombre des femmes qui y jouaient un rôle.Quand l\u2019huissier appela Douce, un murmure de sympathie et de compassion courut dans l\u2019assemblée.La pauvre enfant s\u2019avança tremblante, incertaine.\u2018 Elle baissait les yeux à terre.Ses vêtements noirs ajoutait une poésie nouvelle à son pâle visage ; en siyne de deuil, elle cachait ses cheveux sous un bandeau de toile, et ressemblait moins à une artisane qu'à une novice.La voix du président s'adoucit.' La jeune fille répondit à toutes les questions d'une façon brève et claire.Mais quand on lui demanda si élle croyait possible que Louis eût dé- | placé, deux:jours avant sa mort, les fonds qu\u2019il possédait, et si elle savait pourquoi, elle répondit : \u2014Mon père avait un seul ami, Claude Trézek.Pendant ma première enfance, j'ai grandi à côté de Marcel.Las de ses voyages, mon père son- oat 4 tirer parti de ses économies ; \u2019idée lui vint d\u2019acherter une petite ferme aux Ormes, ce voisinage eût resserré nos liens avec la famille Trézek.Mon père m'\u2019annonça qu'il \u2018prendrait son argent chez le notaire, le confierait à Claude;- et reviendrait me chercher après la \u2018foire de Vitré.\u2014Votre père avait, dites-vous, le désir d'acquérir un \u2018 petit bien aux Claude, il sacrifie tout, renonce à l\u2019espoir de se reposer, à la facilité de vous'établir et remet à son ami sa modeste fortune ; ceci paraît \u2018illogique.Douce garda le silence un moment.Sans doute ce qu\u2019elle allait dire lui coûtait ; une flamme rose passa subitement sur son visage ; et, tenant ses yeux à terre, elle répondit : \u2014Quand mon père donna les sept mille francs à Claude, il fit bien.Mon père connaissait toutes mes pensées, il savait que si Marcel épousait Geneviève, nous n'avions plus besoin d\u2019habiter les Ormes.et que je ne tarderais pas à entrer au couvent.! Quand Douce prononça ces mots avec une émotion virginale, un frémissement courut dans l'auditoire.Douce révélant son amour dans une pareille circonstance, devenait véritablement héroïque.Il était noble et digne d'apprendre à tous as secrète préférence pour le malheureux jeune homme, et de le défendre au nom de ce même amour.Claude trembait d\u2019attendrissement et Marcel, dont le cœur venait d\u2019être impitoyablement broyé, ne put s\u2019empêcher de murmurer : \u2014Sainte fille ! Quand Douce regagna sa place, Madeleine l'entoura de ses bras.\u2014Sœar ! sœur ! dit-elle, pourquoi ne t\u2019a-t-il point choisie ?\u2014On nechoisit pas pour l'aimer celle qui nous aime\u2026, répohdit l\u2019orpheline.' La liste des témoins étant épuisée, la parole était à l'avocat général.Il raconta les détails de ce crime auquel rien ne manquait, ni le fantastique et presque légendaire personnage de Musaraigne, ni l'intérêt qui s'attache à une pauvre fille placée entre la douleur d\u2019avoir perdu son père et la terreur d\u2019accuser ses meilleurs amis.(À \u2018suivre) Ormes, et voilà que surun mot del\" \u2014 En dernière opération: de Nir Léonard \u2018Pliley \u2014 \u2018 Les dépêches ont annoncé que \u2018Sir Leonard vient de conyértir $26,000, on 000 dé 5 pour cent, en 4 pour cent.C'était là un dés-principaux objets du voyage de notre ministre des finances.oop En 1860, l'ancienne Province du Oanada avait fait.une émission d\u2019obligations au montant de $25,000,- 000, portant intérêt de 5 ojo, pour 50 ans.Le gouvernement cana- nadien avait la faculté de racheter ces obligations dans 25 ans.L'époque de cette faculté de rachat est arrivée en janvier dernier ;- mais alors l'agent du ministre des finances lui conseilla de retarder l\u2019opération.Tout récemment, en arrivant à Londres, Sir Leonard a offert aux porteurs de ces obligations, de les laisser entre leurs mains pour le reste de la période, c'est-à-dire 24 ans et demi, mais à 4 pour cent seulement d'intérêt.Les porteurs d'obligations ont accepté.De sorte que nous gagnons 1 pour cent d\u2019in- térét sur $25,000,000, soit $250,000.par année.Cette somme durant 24 ans représente $6,000,000.C\u2019est donc SIX MILLIONS de piastres à peu près qui Sir Leonard Tilley vient de faire gagner à la Puissance.Il n\u2019y a qu\u2019une voix pour reconnaître que c\u2019est là une magnifique opération.Le succès de Sir Leonard va faire allonger la figure de Sir Richard, dont les opérations financières ont toujours été si désastreuses.Les adversaires du gouvernement ne pourront prétendre que les circonstances sont favorables.Les troubles du .Nord-Ouest, les sacrifices nécessitées par la prompte construction du Pacifique, rendent plus difficile que d'habitude la situation de notre ministre des finances.Et cependant il a remporté un succès.Cela démontre à la fois son habilité, et l'excellent oréditque le gow- vernement a su donner au Canada sur le marché monétaire.~ L\u2019opinion de Mgr, aché sur les troubles du rd-Ouest N s donnons à nos lecteurs, sous réserve, l'extrait suivant du compte- rendu que fait un reporter de la Presse, d\u2019une entrevue avec Mgr Taché : Q.\u2014De qui les Métis avaient-ils à se plaindre et contre qui voulaient-ils principalement se venger ?R.\u2014Du gouvernement d\u2019abord, qui, selon eux, les volait et les maltraitait de toutes manières ; de la compagnie de la Baie d'Hudson qui spéculait sur eux à gros bénéfices, et, ensuite, du clergé qui empêchait le peuple de se faire justice et de se révolter.Voilà la \u2018gradation qu\u2019ils ont suivi : Ils ont commencé par tuer les agents du gouvernement, cause première de leur malheur : pillé les magasins de la compagnie de la Baie d'Hudson qu\u2019ils considèrent,\u2014à tort selon moi,\u2014comme de vils spéculateurs qui s'enrichissent a leurs dépens.Enfin, ils ont tué des missionnaires qui voulaient empêcher la révolte.Q.\u2014 Quelle est votre opinion sur Riel et Dumont ?R.\u2014Riel est un exalté, parfois très intelligent, mais souvent privé de sa raison ; ce qui le rend très dangereux, c\u2019est qu'il possède une grande influence sur les Métis et que son état d\u2019esprit:lui permet d'oser, plus qu'un homme sensé ne pourrait le faire.Dumont est un héros d'un autre 4ge, brgve comme un lion, inaccessible 4a peur, désintéressé; fort comme un hercule, connaissant le pays comme pas yn ; c\u2019estvraiment le type des vieux trappeurs d\u2019autrefois.Il est peu probable qu\u2019il se laisse prendre.Q \u2014La cause des métis a provoqué * de grandes sympathies dans la Province de Québec.Croyez-vous qu\u2019elles soient justifiées ?R.\u2014La cause des Métis est, à beaucoup d\u2019égards, digno de toutes vos sympathies ; ils ont été très maltraités et même bafoués par les employés du gouvernement, dont la plupart ne connaissent pas la langue française et qui les dépouillaient pour spéculer à leur profit.\u2018 Quant à Riel, c\u2019est un renégat qui a très mal agi vis-à-vis du clergé qui essayait à maintenir l'ordre parmi les Sauvages et les Métis.Q.\u2014 Que pensez-vous qu\u2019il advienne de Riel ?R\u2014Je ne saurais dire, il est certainement criminel, mais pour bien des raisons, il gerait fâcheux qu\u2019il fut pendu.Q.\u2014 Votre voyage a-t-il rapport à \u201ccette malheureuse affaire ?R.\u2014Aucunement, je suis venu à Montréal pour affaires de mon diocèse et j'ai été péniblement affecté d'arriver juste à temps pour assister aux funérailles de votre vénérable évêque Bourget, que j'ai toujours aimé et vénéré comme un saint.Après avoir demandé pardon à Sa Grandeur de notre importunité et l'avoir remercié de sa bienveillance, ' nous prîmes gongé d\u2019Elle.oll Le choléra Madrid, 11.\u2014L\u2019épidémie du choléra augmente et se propage de plus en plus en Espagne.L'augmentation rapide du nombre de cas de cette maladie cause de justes alarmes.A Valence cing nouveaux cas se sont déclarés aujourd\u2019hui.Il y a eu paraît-il 18 décès dans la Castille et il y a actuellement à Murcie 60 cas d\u2019une.maladie qui ressemble beaucoup au choléra.TERRIBLE ACCIDENT 24 PERSONNE TUÉES ET 163 BLESSÉES Panique désastreuse Paris 11 \u2014-Une petite ville du Puy de Dome, Thiers, a été la scène d\u2019un terrible accident.Un procès pour meurtre avait attiré au Palais de Justice une foule immense.À la sortie, un escalier encombré s'est écroulé, et tous ceux quis\u2019y trouvaient ont fait une chute épouvantable.Une panique s\u2019en suivit, ceux qui étaient dans la Cour se précipitèrent vers les issues.Ce fut un écrasement.On porte à 24 le nombre des tués et à 163 celui des blessés grièvement.La plupart des blessés sont des fem- Mes\u2014\u2014>p> « importé, 90c.° « 10 cd = 8 3) EN V pd E 5 \u2018 « pour pantaion, un choix considérable.Sa.2%.x TAN >» 9 6 585 5 Serges, 75, 95, 1,30, 1.50, 1.95, 2.40, 3.00, valant 30 0lp de plus, \u201cVA CAS ar in a = Z 8 Habilllements en Tweed tout laine, fuits syr commandes, 7,50.R83 Sag er EN LA 5 ¢ © BF = Un lot considérable de 3as, pour Dames et Enfants, ; 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