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Titre :
Journal des campagnes
Lié au Courrier du Canada, cet hebdomadaire publié à Québec couvrait les domaines d'intérêt des familles rurales en accordant une grande place à la religion.
Éditeur :
  • Québec :Léger Brousseau,1882-1901
Contenu spécifique :
jeudi 29 septembre 1887
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Courrier du Canada (Édition hebdomadaire)
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Journal des campagnes, 1887-09-29, Collections de BAnQ.

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[" L'industrie agricole doit toujours être la base de ee ET pls be TL ol cl L-AONNEON LI CO = 3 ws n ts ol eee a AAS LP A VA | (Ps re à RE ft \u2014 ' ES ei PN \\ ré a ra TT ta richesse des nations.6ème Année fendi 29 Septembre 1887 No 35 JOURNAL DES CAMPAGNES EDITION HEBDOMADAIRE.Paraissant tous les JEUDIS ot contenant toutes les nouvelles de la semaine.Prix de l\u2019abonacment : \u2014JNE PIANT Li 2- POUR LA «RANGE : 19 FRRAXNUS Strictement payable d'avanse Imprrirré el prublié par LEGER GROUSSEA Li, RDITHUR-PRAPRIÉÊTAIRE No 9, Rue Buade.H.V., Quéhec.ROCTIANT £78 103001 0 > MASA NÉ FEATURES NERO EAST PUS Lettre de Belgique Bruxelles, 25 août.Les lois sociales.\u2014 Le discours du roi à Bruges et le militarisme.\u2014 Ce même discours et le mou vement flamand.\u2014 Le prince Beaudouin à Bru_ ges.\u2014 La question des canons.\u2014 Les socialistes.\u2014 Les élect ons à Bruxelles.\u2014 Troubles à Ostende.\u2014 Le congrès social, .Nos honorables ont pris leurs vacances depuis quelques jours, après avoir expédié tout un ballot de \u201c lois sociales \u201d, qu\u2019on a craint d\u2019ajourner a la session prochaine.On avait, comme vous le savez, perdu beaucoup de temps à discuter des projets de lois militaristes ; c\u2019est ce qui fait qu\u2019on a voté au pas de course quelques boutsde législazion tendant à protéger l\u2019ouvrier.Dans cet ordre d'idées on a voté une loi réglant le payement des salaires et destinée à rendre impossible le truck-system ; une autre loi déclarant insaisissable et incessible une partie des salaires des ouvriers ; une troisième réglant et organisant les conseils de conciliation.Une quatrième loi a été faite contre l'ivresse publique.Toutes ces lois sont dues à l\u2019initiative du gouvernement et ont été préparées par la commission du travail.Elles ne sont point parfaites ; mais elle témoignent de la bonne volonté de nos gouvernants.Et certes le temps trop court qu\u2019on a passé à les'discuter a été mieux employé que les longues et interminables séance, consacrées à nous enfoncer de pluy' en plus dans le militarisme prussien M.Wœste a fait voter aussi certains changements du code civil, tendant à faciliter le mariage des indigents et des miliciens, En fait de lois spéciales, c\u2019est peut-être la meilleure, parce qu'elle favorise le plus la moralité des ouvriers ; c'est celle, en tous cas, à laquelle on ne saurait faire aucun reproche.Elle brise, pour la classe la plus intéressante de la société, le réseau de formalités excessives dans lequel le code civil emprisonus la liberté du mariage ; pour les miliciens, elle adoucit l'atteinte portée au droit vaturel par les règlements militaires et par ce qu\u2019on a coutume d'appeler les nécessités du régime militaire.Au Sénat, M.Lammens a hautement loué cette loi, dont la moralité est évidente, et a provoqué certaines déclarations ministérielles qui la complètent en étendant son action bienfaisante.Nos Chambres n\u2019ont donc pas été parcsseuses dans ces derniers temps.Il serait néanmoins puéril de croire que la législation sociale déjà votée constitue une panacée pour le mal social, et nos législateurs feront bien de ne pas s'illusionner à ce sujet.M.le sénateur Lammens, le seul qui ait, dans toutes ces discussions, considéré les choses d\u2019un peu haut, l'a d\u2019ailleurs fait remarquer .aidées de l'esprit chrétien les \u201c lois sociales \u2019\u2019 peuvent exercer quelque effet : mais, si cet esprit est absent, leur influence sera nulle.C'est à cette conclusion qu'il en faut arriver toujours, et l\u2019on ne saurait assez le répéter en ces jours où la politique n\u2019a guère l'habitude de s'inspirer du catéchisme.D'ordinaire, quand les Chambres sont absentes, le pays est en repos.Ik n\u2019en a pas été de même dans ces derniers temps.À peine les Chambres s'étaient-elles séparées qu'un discours royal a soulevé de grandes polémiques.Sa Majesté, iuvitée à assister aux splendides fêtes qui ont eu lieu à Bruges, en l'honneur des héros communiers de 1302, Breidel et de Coninc, à prononcé un discours fort étudié, où il a indirectement remis sur le tapis la question militaire.Les journaux étrangers en ont pris de l\u2019inquiétude et ont cru y avoir l\u2019aveu de complications européennes fort prochaines.Je ne dirai pas que la paix soit assurée : mais le discours en lui-même n\u2019avait pas une signification aussi alarmante.ll ne met en péril que la liberté civile des bons Belges.Militaire convaincu, notre roi a de son noble métier une haute idée, que je m\u2019en voudrais de contredire.Bien compris», la carrière militai- Te.odf, flet,-une-des-plus-dignes de la vie laïque et elle tente naturellement les grandes âmes.Mais notre roi a le tort de croire qu\u2019on puisse légitimement et qu\u2019on doive oppor- tanément forcer tous les Belges à l\u2019embrasser et c\u2019est l'erreur capitale de la cour.Saus le vouloir la cour est a ce point de vue, sous l\u2019illusion prussienne et considère comme l'idéal d\u2019un peuple fort celui où les charges militaires, réelles et personnelles, sont développées à leur \u2018\u201c maximum.\u201d C'est à cette idée que nous devons, depuis vingt ans une poussée venue d\u2019en haut et toujours persistante vers le développement du militarisme dans le pays.Celui-ci résiste tant bien mal ; mais, mal conduit et sans principes bien arrêtés, appuyé seulement sur un vague instinct de liberté, il a toujours jusqu'ici fini par céder.Dans cette lutte du militarisme contre le pays, nous en sommes arrivés au point où la conscription ayant donné son maximum d'hommes, le parti militariste éprouve le besoin de briser la conscription pour étendre davantage le service militaire.La faculté du remplacement est le plus grand obstacle à cette extension rêvée ; de telle sorte que c\u2019est à lui qu'on s'attaque pour arriver beaucoup plus loin.Rendons cette justice au parti militariste qu\u2019il est habilement conduit et qu'il est doué à un dégré éminent de cette grande vertu politique qui se nomme la persévérance.Il profite de tout avec une grande habileté pour parvenir à ses fins L'année dernière, il a adroitement tiré parti de l'affolement de la bourgeoisie devant les émeutes du pays de Charleroi, pour faire gagner du terrain à l'idée du service personnel.\u201c Voyez-vous, a-t-il dit une armée de prolétaires combattant des prolétaires ! Il y alà un danger social.Il faut que les classes moyennes améliorent l\u2019armée et la préservent contre le socialisme.\u201d Ce raisonnement spécieux a été exploité de toutes les manières: et telle était la \u201c venette \u201d de la bourgeoisie, qu\u2019à ce moment la cause du service personnel paraissait gagnée.Il ne fallut rien moins qu\u2019une forte pression du parti conservateur pour empêcher le ministère de s\u2019empêtrer dans la question.Mais, le branle étant - donné, le prétexte social n\u2019ayant pas produit l\u2019effet attendu, on s\u2019est rejeté sur le prétexte patriotique; et à défaut de droitier, il s\u2019est trouvé un indépendant pour, s'appuyant svr ce double prétexte, jeter un projet de loi dans les jambes de la majorité.Je vous ai dit au prix de quelles peines principe du service personnel a été repoussé par une pauvre majorité de 7 voix.Ce résultat n\u2019a pas découragé la cour ; et elle continue, avec un grand sens pratique à son point de vue, de soulever la question à tout propos.De là le discours du roi à Broges.Inutile d\u2019y chercher autre chose que cette persistance à vouloir encaserner tous les Belges.petits et grands, riches et pauvres, qui sont en état de tenir un fueil et de porter nne giberne.Quant aux menaces de guerre internationale que les journaux de l'étranger y ont vues, elles n\u2019y sont pas à trouver, et personne ici en Belgique ne s\u2019y est trompé.Toute la polémique des journaux à propos de ce discours a porté, en effet, sur le service personnel, avec le danger social et le danger international comme artifices de discussion.Car au fond, le vieux programme militariste, réclamant le service personnel avec le service universel en Perspective, est bien antérieur aux derniers démélés franco-prussiens.Le discours du roi a soulevé d\u2019antres critiques en Flandre.On a trouvé étrange - que, venant à Bruges, en plein pays flamand, prononcer l'éloge de deux héros flamands qui avaient combattu pour leur nationalité, Sa Majesté ait parlé en françaiss D'\u2019aucuns, ont fait remarquer que le roi connaît beaucoup de langues qu\u2019il parle très bien, et l\u2019on s\u2019est indigné de ce qu\u2019il ne connaisse pas ou du .\u2018 ley JOURNAL DES CAMPAGNES moins ne parle pas la langue maternelle de la moitié de ses sujets, au centre de leur payset dans une circonstance où il s'agissait de glorifier leur race.Lo reproche est assez juste, Ila été exprimé avec une franchise toute flamande dans des journaux et dans les meetings, ce qui a scandalisé quelques prudes.Ces derniers ont eu tort évidemment.Il faut connaître le peuple flamand pour le bien juger.Gardant encore, au milieu de l'affaissement général, un grand fond d'indépendance de caractère, le peuple flamand s\u2019emporte vite quand il s\u2019agit de la défense de ses droits ; mais aucune race n\u2019est plus fidèle malgré ces soubresauts de franchise, et il ne tient qu\u2019à la monarchie, bien conseillée, de s\u2019y réserver dans l'avenir une force de résistance, trop négligée jusqu'ici, contre les attaques de la Révolution.En effet, le peuple flamand est encore plus sensible aux bons procédés qu\u2019il ne s\u2019irrite de la méconnaissance de ses droits ; et huit jours après le discours non flamand du roi, le jeune prince Baudouin, héritier présomptif de la couronne après le comte de Flandre son père, a pu s\u2019en convaincre aisément.Le jeune prince\u2014il y a dix huit ans\u2014avait promis aux Brugeois de venir assister au drame flamand patriotique intitulé 13802.Il y est allé, dimanche dernier.Or, jamais roi revenant triomphant dans ses Etats n\u2019a été l\u2019objet d\u2019une réception aussi enthousiaste que le prince Baudouin venant à Bruges.À son entrée en ville, au théâtre, à son retour vers la gare, ç\u2019a été une suite ininterrompue d\u2019ovations vraiment frénétiques de la part du peuple.On a voulu dételer sa Voiture, le porter en triomphe, et les autorités \u2014mal inspirées peut-être\u2014ont eu toutes les peines du monde à empè- cher ce projet.Or, pourquoi ce délire.Tout simplement parce que le jeune prince n\u2019a cessé, durant son séjour à Bruges, de parler flamand et qu\u2019il l\u2019a fait de manière à montrer qu'il connaissait la langue.Le lendemain de ce jour, dans la séance même du Vlaamsche Landdag où on attaquait assez vivement son oncle, le roi, pour avoir prononcé son discours dans une langue étrangère au peuple, l'assemblée adoptait, avec un enthousiasme dont on ne se fait pas d'idée, l\u2019idée d\u2019un télégramme de remerciment au jeune prince.Et en ce moment les bons Flamands ne souffriraient guère qu'on dise du mal de \u201c leur \u201d prince.Voilà le peuple flamand.Tine monarchie bien inspirée tirerait profit de la leçon.La question des canons a préoccupé l'opinion publique.Mais ici, encore une fois, grâce à notre presse radicale, la presse étrangère s\u2019est abusée.Parce que les nouveaux canons ont été commandés à Krupp, malgré toutes les bonnes raisons qui existaient pour les commander par exemple dans le pays même, on s\u2019est imaginé qu\u2019il y avait au dessous: de cette manière d\u2019agir quelque chose comme un coquinage politique avec l'Allemagne : Paulo minora canamus.N'accusons de cette étrange amitié pour l'acier allemand que la routine, toujours puissante\u2014plus que partout ailleurs\u2014dans notre administration militaire, et qui n\u2019avait jamais man- ué de nous faire commettre, au point de vub matériel, sottise sur sottise.Pendant ce mois aussi, les socialistes ont tenu un congrès.La désunion s'est mise parmi eux.lls se sont séparés en deux tronçons, dont l\u2019an, spécialement composé des compagnons du Hainaut, veut la grève générale immédiate, et dont l\u2019autre, qui a ses principaux points d\u2019appui à Gand, à Liège et à Bruxelles, a des allures temporisatrices.Mais quand il s'agira de détruire, les révolutionnaires se retrouveront bien.Savez-vous qu'ici mêmé les radicaux se préparent à culbuter, au mois d'octobre prochain, les libéraux de l\u2019hôtel de ville Ÿ Le Buls, l\u2019homme du 7 septembre, ne présente plus assez de garanties au radicalisme, qui veut, avec l'aide du parti socialiste, renouveler tout le conseil communal.J'ajoute que les radicaux ont de grandes chances de succès, et que l\u2019annonce de leur attaque fait peur aux doctrinaires et à la cour.Celleci voudrait bien que, par \u2018esprit \u201c conservateur \u201d, le parti catholique se jette dans la mêlée pour soutenir M.Buls et ses acolytes.Heureusement nous ne sommes pas encore capables de cette maladresse.Ne vous étonnez donc pas si bientôt Bruxelles possède un conseil communal digne de celui de votre Ville-lumière.Ce n'est n\u2019est ni impossible, ni même improbable.Le télégraphe vous aura fait connaître les troubles qui viennent dese produire à Ostende.lls sont un résultat de notre fâcheuse situation économique.La concurrence étrangère réduit nos pêcheurs à la misère.Ces pauvres gens ont voulu corriger le vice de notre législation par des actes de violence, qu\u2019ils.sont aujour- d\u2019hui les premiers à regretter ; car nos pêcheurs sont de fort braves gens, qui n\u2019ont rien de commun avec les socialistes.Plus encore que les autres Flamands, ils ont la tête près du bonnet ; c\u2019est là leur tort.Personne ici, d\u2019ailleurs, n\u2019approuve la répression sanglante.Celle-ci a manqué de sang-froid.L'armée eût certes mieux protégé les intérêts en cause, sans user des moyens extrêmes qui ont coûté la vie à plusieurs pêcheurs et jeté beaucoup de familles dans une misère.plus noire que par le passé.Bientôt\u2014à partir du 4 septembre\u2014 aura lieu le congrès social de Liège.Il paraît devoir être très brillant et digne de tous points de son aîné.De nombreuses adhésions de France, d'Allemagne, d'Autriche, d\u2019Espagne et d\u2019Italie lui sont parvenues.Sous la haute et sage direction de Mgr Doutreloux, le saint évêque de Liège, et bénie par le St-Père, qui vient d'envoyer un bref d'encouragement au comité, il ne pourra pas manquer de produire des fruits abondants et précieux.R.CAU MANITOBA LES RÉCOLTES Toutes les informations qui nous sont venues de la campagne depuis le commencement des battages, confirment les nouvellés que nous avions déjà de l'excellence de la récolte.Partout dans nos campagnes, il y « du grain en abondance, au\u2018 point qu\u2019on évalue à 7,000,000 de minots le blé que nos cultivateurs pourront mettre sur le marché de 1'exportation.L\u2019on peut assurer, sans exagération, que la moyenne du rendement du blé dans Manitoba n\u2019a pas été moins de 28 minots à l'acre.Les autres grains ont donné un rendement aussi satisfaisant.Si l'on considère que la récolte du blé dans les provinces de l\u2019est et du côté américain n\u2019a pas été aussi bonne que d'ordinaire, l\u2019on voit de suite qu\u2019il va en résulter nne hausse pour notre marché.En effet, même à venir aujourd\u2019hui, les prix ont varié pour le mieux : commencé à 50 cents, le prix du blé est actuellement de 57 à 60 cents.Ce qui va ajouter encore à la satisfaction de nos cultivateurs, c\u2019est que le taux du fret jasqu\u2019à Port Arthur, sur la ligne du Pacifique a été réduit, pas très considérablement, il est vrai, mais assez pour que sur le tout le montant soit digne de mention.Les chiffres suivants feront voir que le nouveau tarif de fret est de 4 à 5 cents moins élevé que celui de l\u2019an dernier : De Winnipeg Rosser, Marquette, Reaburn, Poplar Point, Bigh Blaff, Kildonan, Selkirk Ouest, Stonewall, Saint: Boniface, Niverville, Otterburn, Dominion City, Emerson, Headingly, Barnsley, La Salle, Morris, Rosenfeldt Junction, Gretna, Morden et Portage-la-Prairie jusqu\u2019à Port Arthur, 24 cents par cent.De Burnside, Bagot, Austin, Sydney, Carberry, Sewell, Chater, Brandon, sur la ligne principale ; Treherne et Holland sur la branche de Glenboro ; Manitou, LaRiviére, Pilot Mound, Cyrstal City and Clearwater sur la branche de Deloraine jusqu\u2019a Port-Arthur, 25 par cent.D\u2019Alexander, Gritwold, Lac des Chènes et Virden, 26 cents ; de Elkhorn, Fleming, Moosomin, 27 cents ; de Wapella, Whitewood, Broadview, Grenfell, 28 cents ; de Wolseley, Indian Head et Qu\u2019Appelle, 29 cents ; de Balgonie, Regina, Pense, Moose Jaw, 30 cents ; de Maple Creek, Dumore et Medecine Hat, 32 cents, etc.En terminant, nous dirons que nous avons tout sujet d\u2019être reconnaissants envers la Providence qui nous a si abondamment dispensé ses faveurs.EXCURSIONNISTES DISTINGUÉS Notre ville est en liesse: ses habitants fêtent aujourd\u2019hui l\u2019arrivée de membres distingués, du clergé de la province de Québec qui viennent juger par eux-mêmes des avantages Manitoba comme pays agricole et comme pays propre à l\u2019émigration française.' Nos distingués visiteurs furent reçus à la gare de Winnipeg par un nombreux clergé et l'élite de nos concitoyens de Saint-Boniface et de Winnipeg.Ils furent immédiatement conduits à Saint-Boniface au palais archiépiscopal où M.L.J.A.Lévêque, maire de la ville, leur sonhaita la bienvenue en faisant la lecture de l'adresse suivante : Monseigneur et RR.MM.du clergé, Permettez-moi de vous exprimer, au nom de tous les citoyens de Saint- Boniface, la joie que nous cause votre arrivée au milieu de nous,et de vous souhaiter en même temps la plus cordiale bienvenue.Nos cœuts ont été émus, à la nouvelle qu\u2019un nombre considérable des membres du clergé de la province de Québec allaient entreprendre le voyage de Manitoba pour nous visiter.Quand les parents et les amis que nous avons laissés là-bas s'imposent la fatigue de venir nous revoir dans ce pays nouveau que nous avons adopté, c\u2019est pour nous une consolation et un bonheur, mais quand ces visiteurs sont nos vénérés pasteurs, nos dignes prêtres, nos pères selon la religion, ceux dont nous avons gardé ici le plus vifet le plus précieux | souvenir, cette joie, Monseigneur et Messieurs, est doublement sentie, et ce sont ces sentiments dont nous vous offrons l\u2019expression en ce moment.Votre présence ici en si grand nombre nous rappelle agréablement le pays que nous avons laissé ; il semble que les distances qui nous Séparent du Bas-Canada ont disparu et que nous nous retrouvons dans nos campagnes des bords du Saint- Laurent.Cependant, vous êtes bien sur les bords de la Rivière-Rouge, dans ce Manitoba dont on vous parle depuis si longtemps, dans ce pays ouvert à la civilisation et aux lumières de l\u2019Evangile par des missionnaires canadiens.Vous le reconnaissez, malgré les changements qu'il a subi, vou Vénéré Pasteur qui en avez été un des premie-s missionnaires et qui avez partagé les labeurs du premier apôtre de la Rivière-Rouge, Mgr Provencher.Vous allez voir aujour- d\u2019hui, avec bonheur le fruit des racrilices que se sont imposés cog hommes de Dieu pour la gloire de la religion.La comparaison que Votre Grandeur pourra faire de état du pays d'il y a 42 ans avec ce qu\u2019il est aujourd'hui sera certainement de nature à donner espoir pour l'avenir, Quoique la saison que vous avez choisie pour le temps de votre visite ne soit pas la plus agréable de l'année, nous espérons cependant que vous saurez faire la part des circonstances, et que les impressions que vous laissera notre province de Manitoba seront favorables.Sa Grandeur Mgr des Trois-Riviè.res, fit réponse à l\u2019adresee en termes des plus heureux.Nous donnons ci-après la liste des excursionnistes : Sa Grandeur Mgr Laflèche, évêque des Trois-Rivières ; le Rév.Père Augier, provincial des RR.PP.Oblats, de Montréal; MM.L.S.Rheault et C.Bochet, tous denx chanoines, de l\u2019évêché des Trois-Riviè- res ; M.Proulx,curé de Saint-Tite : M.G.Chevrefils, curé de Saint-Anne du Bout de l'île ; M.Pothier, curé de Warwick ; M.J.Forget, curé de Sainte-Agnés de Dundee ; M.F.St.Aubin, curé de St.George d'Henriville ; M.T.Boivin, curé de Saini- Hilaire ; M.J.B.Duhamel, curé de St.Dominique ; M.Lasiseraye, curé de Saint-François du-Lac; M.A.Dupuis, curé de Saint-Paul ; M.L.L.Boivin, curé de Bedford, et M.Casaubon, vicaire de Saint-Barthé- lémi.À tous et à chacun, nous souhaitons la plus cordiale bienvenue.Ils verront Manitoba et nous ne doutons pas que tout ce qu'il leur sera permis -d\u2019admirer, sera cause qu\u2019ils pourront au retour dans \u2018la belle province de Québec faire connaitre notre pays tel qu\u2019il est, c\u2019est-à-dire un pays agricole comme il n\u2019en est guère et essentiellement propre à l\u2019émigration de Québec.BENEDICTION DE LA CATHEDRALE Comme nous l\u2019annoncions la semaine dernière la consécration de la cathédrale de Saint-Boniface se fera dimanche et sera présidé par Sa Grandeur Mgr Fabre, archevêque de Montréal.La cérémonie qui commencera à 8.00 heures précises sera des plus imposantes.Nous espérons que notre population se rendra au désir qu\u2019a exprimé Mle curé Dagas, dimanche dernier, de la voir en foule à la cathédrale pour être témoin de cette dédicace solennelle de notre temple.Impressions d\u2019un médecin à Londres Pélerinage natinnal.-\u2014 Miracles et hypnotisme (de l'Univers) Sous ce titre, nous recevons d\u2019un des médecins qui font partie de la commission médicale de Lourdes la première partie d\u2019une étude qui sera continuée, et dont nous n'avons pas besoin de signaler le vif intérêt : J'étais à Lourdes l'année dernière pendant le pèlerinage national, j'avais suivi avec grand intérêt les travaux de la commission médicale ; j'avais été frappé de la rigueur ccien- tifique avec laquelle elle conduisait ses enquêtes : plusieurs de mes confrères venus comme moi, simples témoins ou curieux, quelques-uns Ra Pa EE \u2019 ; ; 5 ; 4 5 | absolument incrédules, avaient pu constater que tous les faits étaient étudiés, discutés avec une bonne foi, une méthode, un sens clinique des plus exercés.Aussi avec des dispositions d'esprit différentes, les uns désireux de s\u2019instruire et de s\u2019édifier, les autres sceptiques et railleurs, tous nous sortions de ces réunions profondément remués, ne trouvant lus pour nos objections un terrain solide, et cherchant vainement a interpréter suivant les lois ordinaires de notre science les guérisons que nous venions de constater.Je m'étais promis de me trouver encore a Lourdes ave: le pèlerinage national de 188\".Je voulais continuer, poursuivre plus avant cette étude si pleine d\u2019intérêt pour un médecin.Mais, entre ces deux dates, l'hypnotisme devait prendre une place importante dans nos préoccupations scientifiques ; l'hypnotisme nous réservait de telles surprises, bouleversait, a tel point toutes nos données, que nos moyens ordinaires de contrôle devenaient insuffisants, de nouveaux doutes se présentaient à notre esprit, et nous nous demandions si, à Lourdes, nous n\u2019avions pas été victimes d\u2019une illusion.Avec l'hypnotisme en effet, on nous donnait à entendre que désormais les paralytiques marchaient, les ankyloses s'assouplissaient, la sensibilité revenait ou disparaissait aans un membre, la douleur était une illusion ; le malade buvait avec délices les potions les plus amères, le sens de l\u2019odorat percevait des odeurs exquises en prenant des chardons our des roses.La vue, le toucher, l'imagination, tous les sens devenaient les esclaves dociles volonté étrangère.Cette volonté étrangère pouvait s\u2019exercer à distance, commander sans intermédiaire ot être obéie ; enfin on pouvait par auto-suggestion subir directemeut l\u2019influence d\u2019une idée dominante ou des objets environnants.Que devenaient .dans tout cela la personnalité humaine, le libre arbitre, la responsabilité ?Toutes les grandes lois morales étaient atteintes, le fil conducteur qui guide nos sociétés rompu.Involontairement, on était pris de vertige ; on se demandait quel serait le terme, le résultat de ces découvertes.Comment oser parler de Lourdes et de ses piscines ?Immense suggestion ! À moins de voir les merts ressusciter, et encore ! Le surnaturel devait être rélégué dans les illusions du passé.d\u2019une Cependant, en y regardant de près, on reconnaît déjà que l'enthousiasme de la première heure ne s\u2019est pas soutenu.L'hypnotisme promettait plus qu\u2019il ne devait tenir.Ii est monté sur les planches avec Donato et autres.Comme le magnétisme, les tables tournantes, il est également du domaine de la science et dela spéculation.Les résultats thérapenti- ques sont très contestables.Voyez ces malades de la Salpêtrière ; entre les mains des maîtres les plus habiles, elles donnent des résultats étonnants et servent de continuels sujets d'expérience.Si de la sorte on guérit, on améliore leur situation, pourquoi ne pas les rendre à leur famille, à la vie commune ?Si c\u2019est une simple expérience dans l'intérêt de la galerie, sans profit pour le malade, l\u2019ex- Périence n\u2019est pas légitime et la méthode mauvaise.Il y a des femmes qui depuis des semaines et des mois .sont tenues dans un état de suggestion habituel ; à ce jeu longtemps continué leur résistance s'épuise, leur personnalité s\u2019émousse, et elles deviennent des instruments inconscients entre les mains de ceux qui les soumettent à un entraînement prolongé.Si vous modifiez chez elles un symptôme, si vous rendez le mouvement ou la sensibilité à un membre, vous ne modifiez en rien la cause première da mal, si même vous ne l'aggravez pas.Car l'hystérie est une affection protéiforme, à manifestations mobiles, mais très difficile à atteindre dans son principe.Vous avez donc là un mariage trompeur, un horizon plein de promesses, une réalité décevante.A Lourdes, les faits observés sont sans analogie.Voyez, du reste, combien les physionomies des malades sont différentes.D'un côté, vous avez des types affaiseés, déprimés, un œil éteint ou qui se dérobe ; de l\u2019autre, une joie, une sérénité, une confiance qui vont vous étonner.Demandez à une personne qui depuis deux ou trois ans est couchée sur un lit de douleurs et qui vient de se lever et de marcher librement, si elle est assurée de sa guérison.Mais elle ne conserve aucun doute, son assurance est complète, èt vous la voyez aller des piscines à la grotte, suivre les processions, se mêler à la foule, sans craindre la fatique, sans songerà une rechute possible.Ces jours derniers, un vieillard se présente devant nous, il est atteint d\u2019une double hernie inguinale ; le médecin du bureau de bienfaisance le constate dans un certificat délivré au moment du départ.Nous trouvons au niveau des aînes l'empreinte profonde laissée par le bandage.Cet homme nous apporte ce bandage, en nous disant qu\u2019il est désormais inutile et qu\u2019il est absolument guéri ;et de fait, en examinant les anneaux qui donnent passage aux hernies, nous les trouvons resserrés, fermés.Tous les médec ns présents à la constatation examinent soigneusement le malade, le font tousser, faire des efforts.La preuve anatomique, matérielle, tangible est indéniable.Nous étions à ce moment six mêde- sins réunis dans le bureau, un interne des hôpitaux de Paris, un chirurgien distingué d\u2019une ville impor:ante ; ces deux derniers confrères prolongent leur examen, se livrent aux investigations les plus minutieuses, essaient par tous les moyens de faire ressortir les jhernies.Peine perdue, rien ne paraît.\u201cSi vous ne pouvez faire descendre la hernie disparue, vous êtes capables de lui en donner une nouvelle,\u201d leur dis-je en riant.On ne pouvait eu effet apporter plus de précision et de vigueur dans les moyens de contrôle.Les malades guéris à Lourdes sont et restent bien guéris.Dans huit jours, dans un mois, ils n\u2019auront plus besoin de venir chercher de nouvelles forces dans les piscines.Ce n\u2019est pas une impression qui s\u2019efface, c\u2019est une modification profonde est durable.Dans l'hypnotisme, tout en fagace ; 1l faut à des intervalles rapprochés recourir aux mêmes moyens pour obtenir les mêmes effets.tci rien de semblable.C'est par centaines que vous voyez chaque année les malades revenir à Lourdes, attirés par la reconnaissance.Interrogez-les, plus de rechutes.Saus doute ils n\u2019échappent pas à Ja loi commune.Ils peuvent avoir d\u2019autres accidents, mais une maladie guérie reste guérie, c\u2019est la règle, que les exceptions ne peuvent infirmer.Comment expliquer la suggestion chez les malades qui ne guérissent que rentrées, chez elles, alors qu'elles n\u2019espèrent plus, qu\u2019elles.ne pensent même plus à leur guérison?Expliquerez- vous la suggestion chez un enfant de trois ans à peine, qui crie et se débat quand on le plonge dans l\u2019eau, qui n\u2019a aucune conscience du résultat désiré.Cet enfant estatteint d\u2019une carie des côtes ; une plaie étendue, une suppuration abondante se fait à ce niveau ; la mère enfonce chaque jour profondément la charpie dans cette plaie.Au sortir de la piscine, la : JOURNAL BES CAMPAGNES dépression s\u2019est comblée, la plaie se nivèle, la suppuration se tarit ; en passant la main à la surface, nous constatons que tout est sec ; en examinant les linges de la veille et ceux du jour,nous voyons que les premiers sont tachés de sang et de pus et les seconds absolument secs.Voilà un enfant de onze ans qui est à peu près complètement aveugle, l\u2019œil gauche ne perçoit aucune laeur, l\u2019œil droit distingue à peine la nuit du jour ; il faut le conduire par la main, il faut le faire manger.Il a deux ans qu'il est dans cet état.Sa mère, qui nous le présente, nous dit qu'elle avait perdu ses enfants, nés avant terme ou morts dans la première enfance ; le père est dans un asile d'aliénés ; il ne lui reste que cet enfant, et il est aveugle.Asonarrivée à Lourdes, les deux cornées avaient perdu leur transparence, elles avaient cet aspect piquets, rugueux, dépoli qui caractérise la kératite parenchymateuse ou inters- ticielle.La nature spécifique de la maladie paraissait, d\u2019après Tes antécédents héréditaires, suffisamment établie.Au sortir des piscines cet enfant a retrouvé subitement la vue.Toutes les personnes qui l'enton- raient ont constaté le fait et une foule nombreuse l\u2019accompagna jusqu\u2019au bureau des constatations.Non seulement l\u2019enfant peut se conduire seul, mais il distingue les objets les plus fins le mouvement d'une petite aiguille à secondes.En examinant ses yeux à la loupe, nous remarquons que la cornée a retrouvé son poli, a transparence.Il y a par places quelques taches, quelques légers nuages qui n\u2019ont pas entièrement disparu mais la plus grande partie de la cornée est débarrassée et la lumière peut pénétrer jusqu\u2019aux parties profondes.Lorsque .l'étude de ce fait sera complète, lorsque l'enquête sera terminée, et on sait avec quel soin, avec quelle prudence elle est toujours conduite ; lorsque les médecins, hostiles ou non, auront fait connaître leur avis,cette guérison restera comme un des évènements considérables du grand pèlerinage national.Si on peut guérir d\u2019une hératite diffuse par un travail de résorption lent qui dure des mois et même des années, on n\u2019en guérit jamais instantanément, car les tissus ne peuvent se refaire en un instant et reprendre ainsi des fonctions depuis longtemps perdues.Si nous ne devions voir dans les faits de Lourdes que des exemples de suggestions, si l'impression morale étant seule en cause, non seulement les guérisons présenteraient d'autres caractères, mais leur proportion serait plus considérable.Quinze mille personnes étaient réunies à Lourdes pendant le pèlerinage nationale, toutes soumises aux mêmes influences de milieu ; dans ces conditions, près de mille malades auraient dû accuser des résultats extraordinaires.Il n\u2019en a pas été ainsi ; quarante ou cinquante à peine se sont présentés devant nous.Nous avons laissé ds côté tous les accidents nerveux : troubles de la sensibilité, paralysies passagéres, vomissements ; nous ne pouvons tirer de ces faits aucune conclusion.Et cependant prouverez-vous à une malade perclue depuis-deux ou trois ans, qui n\u2019a pu quitter son lit, que l\u2019on vient de portée sur un brancard à la piscine et qui,maintenant debont devant voue, marche débarrassé de toute infirmité, lui prouverez-vous que ce résultat est de peu d\u2019importance ?Vous pouvez le négliger au point de vue scientifique ; mais au point de vue personnel si vous étiez dans ces conditions, le négligeriez- vous ?Croyez-vous que depuis deux ans elle n\u2019a pas consulté de nombreux 3 médecins, suivi souvent divers services dans les hôpitaux de Paris ?Et si depuis deux ans tous les remèdes sont restés sans effet, sil\u2019 hypnotisme même n\u2019a rien donné, pouvez-vous écarter tout rapprochement, et ce résultat ne mérite-t-il pas d\u2019ètre constaté ?Il le mérite d'autant plus que presque toujours ces améliorations sont complètes, durables et ne sont plus de simples phénomènes de transfert, ou des modifications de symptômes.Quand un fait extraordinaire se produit autour des piscines, la foule enthousiaste le proclame, le commente, l\u2019amplifie ou le dénature.Ceci n'est pas de notre domaine.Mais si l'on veut une étude sérieuse, raisonnée de chaque guérison, que l'on entre avec nous dans le bureau des contestations et l'on verra garantie, s'entoure la constations et l\u2019on verra de quelle garantie s'entoure la commission médicale.Nous résumerons dans un prochain article les principales observations relevées du 19 au 24 août dernier.Docteur B.\u2026 LS LA SITUATION FINANCIERE Washinton, 22\u2014Le résultat de la cir Culaire du Trésor offrant d\u2019acheter les débentures 4 à 070 et 4 070 à $105 410 el $125 respeclivement était attendu «vec Une certaine crainte par le département.Durant toute la journée il y à eu des propositions de vendre à divers inter- valtes, mais c'était pour de petits montants.Ça été un véritable désappointement pour le gouvernement d'annoncer un peu après 3 h.p.m.que le montant collectif des offres faites aux prix fixés par le département n\u2019était que de $674,700 ; que la proposition d\u2019acheter le 4 070 à $125 n\u2019était pas généralement considérée comme alléchante et cela s\u2019infère de l'offre d\u2019acheter pour le montant peu considérable de $480,000 de ces déban- tures.ll paraîtrait que la tendance des vendeurs avait éte mal calculée, car une fois la première annonce faite, on a reçu des soumissions additionneiles pour un montant de $2,820,000 dont $500,000 pour le 4 070 et $2,320,000,pour le 4 ojo.Cela a porte les achats de la journée au montanl de $3,494,700 dont $694,760 pour le 4% oj0 et $2,800,000 pour le 400.: Si on prend en considération le fait que la circulaire n\u2019a été émise qu\u2019aujour- d\u2019hui et que par conséquent le public n'a pas eu le temps voulu d\u2019en connaître les dispositions, le département du Trésor peut être content du résultat de la journée.+.LE FILS SCHNÆBELÉ Paris, 21.\u2014Le Temps, parlant de l\u2019arrestation du fils de l\u2019ex-commissaire Schn:ebelé, déclare cet incident sans importance parce que le prisonnier est un enfant et par conséquent non responsable de ses actes.\u201cHl n'y a pas besoin, dit le même journal, pour le gouvernement français d'intervenir si cu n\u2019est d\u2019une manière semi-officielle.Cet incident est regrettable parce qu\u2019il rnaintient toujours de plus en plus les susceptibilités entre les deux peuples.Les deux gouvernements devront nommer à la frontière des fonctionnaires sages et d'un jugement sain.\u201d 4 Une dépêche de Pagny-sur-Moselle, - dit que M.Schnæbelé désapprouve fortement la conduite de son fils.ep CATASTROPHE ÉVITEE Peoria.Ill, 21\u2014Il à failli y avoir ici hier soir le pendant de la chtastrophe de Chatsworth.Un pont de 50 pieds de hauteur sur la voie Chicago, Rocklaud et Pacifique avait été incendié.Heureusement un contre-maitlre découvrant le fait se rendit à l\u2019endroit et fit mettre des pavillons de signaux au train de passagers qui devait passer sur ce pont.De plus la femme de ce patron se tenait de l\u2019autre côté du pont. v #6 4 EECA 16 te 102 se ; Dé, LE SL Te uy - : 1 JOURNAL, DES CAMPAGNES .ue De Quebec al Lac St Jean EN CHEMIN DE FER I Avant de commencer à faire avec nos lecteurs cette excursion intéressante,rendons à chacun de ceux qui l\u2019on préparée au profit de vingt de nos con frères en journalismé, la part de mérite qui leur revient.À tout seigneur tout honneur.M.H.J.Beemer, entrepreneur de cette populaire voie ferrée, a été pour ainsi dire l\u2019âme de ce voyage aussi \u2018agréable qu\u2019utilee Les repas pris aux différentes stations échelonnées le long du chemin, comme à la rivière à Pierre, au lac Edouard, au lac Bouchette ont été généreusement offerts pa cet homme entreprenant.Mais si M.Beemer est un homme généreux, il a à ses côtés dans la personne de M.Cressman un vrai type d'homme courtois, affable, se faisant tout a tous.Il a été complaisant pour tous les membres de notre parti.Merci à lui.Citons encore parmi les hommes préposés à la construction du chemin, M.J G.Scott, secrétaire de la Compagnie, \u201c le modèle des secrétaires passés, présents et futurs\u201d, comme l\u2019appelait Buies dans une de ses conférences.À lui l'honneur et le mérite d\u2019avoir su élabo- dorer l'itinéraire qui nous a permis d\u2019admirer de jour les plus beaux panoramas que l\u2019on puisse rencontrer.Nos remerciements aussi à M.le président J.G.Ross, et à M.le vice-président de la compagnie des entrepreneurs, M.E.Beaudet, à M.À.L.Light, ingénieur en chef, et enfin à M.J.Cadman, notre compagnon de route depuis le lac Bouchette jusqu\u2019au lac Edouard à qui nous devons une foule de renseigne ments.Ce devoir de simple courtoisie rempli tout d\u2019abord vis-à-vis des autorités du chemin de fer, il nous reste encore la douce satisfaction d\u2019offrir nos remerciements à MM.les curés et ciloyens du Lac St-Jean à qui nous devons d\u2019avoir eu une de.nos \u2018plus agréables excursions annuelles, entre autres ; au révérend M.Joseph Lizotte, curé de Notre-Dame du Lac St-Jean C\u2019est grâce à son extrême obligeance et à sa sage et généreuse intervention que nos confrères ont dû de voir l'excursion marcher comme sur des roulettes dans ces localités.Du moment que M.le curé eût appris notre détermination de diriger nos pas vers Roberval, il réunit immédiatement les principaux citoyens qui formèrent un comité de réception et un sous-comité pour le transport gratuit des excursionnistes là où besoin se ferait sentir.Faisaient partie du comité de réception : Les RR.MM.J.Lizotte curé, et Ls.Tremblay, vicaire, révérendes dames Ursulines, M.W.T.A.Donohue, président, M.F.D.Latour, secrétaire.MM.J.H, Cummins.L.E, Otis, Jor.Euloge Ménard.J.C, Lindeny, N, P.Dr J.A.Matte.J.L.Paradis.Alph, Marcoux.Pierre Paradis.James Spence.Jos.Dumais.Télesph.Pilote.Elzéar Danielson.A.L.de 1a Boissiére.Ephrem Brassard.O.Martineau.A.P.Bourget, J.B.Parant.Théod.Bolduc: Michel Bouliane.Charles Potvin.G.A.Patoine.E.D.de Virgile, Elzéar Guay.Joseph Villeneuve, père.Alex.Villerieuve.Comité des transports : MM.Thos.Fortier.François Girard.Jules Villeneuve.Césaire Tremblay.Eugène St-Pierre.Pierre Paradis.Joseph Bilodeau.: Francois Sasseville, de St-Louis de Cham bord.A St-Prime, le révérend M.F.X.Belley, curé, s\u2019est occupé activement de la réception des journalistes, aidé de M.Stanislas Maurice, maire de la paroisse, ainsi que de plusieurs autres citoyens.Lui-même avait été ohligé de profiter de son passage à Qnébec pour faire quelques visites daus le bas du fleuve.Malgré cette absence que nosconfrères ont comprise, la réception à St-Prime a été maguifique.Nous en parlerons plus tard.Que les braves citoyens de St-Félicien veulent bien accepter nos remerciements pour tout ce qu\u2019ils ont fait pour nous.Le révérend M.Jos.Girard a porté à notre excursion un intérêt tout particulier.C\u2019est M.lo curé de St-Félicien qui a bien veulu présider à la réception des citoyens de St-Prime.En outre, il a re çu les journalistes chez lui, leur faisant les honneurs de sa table avec cour] toisie ot avec habilité, M.le \u201caire de St-Félicien.ancien citoyen de Quétec, M.le Dr Arthur Poliquin ont généreusement secondé les efforts de M.le curé.Mais nous ne voulons pas devancer notre récit.Nous commençons maintenant le rapport de notre 2voyage, et nous tächerons de donner des détails aussi complets et aussi exacts que possible sur tout ce que nous avons vu et entendu.Il VENDREDI, 9 3EPTEMBRE.Le tamtam de la gare du Pacifique vient de résonner pour la dernière fois, et la locomotive a jeté son cri strident.IL est cinq heures et demie, l\u2019heure rè- glementaire du train express.Vingt journalistes ont répondu à l\u2019appel et ils sont installés confortablement dans le char palais mis à leur disposition par la Compagnie du chemin de fer.Une dernière poignée de main à notre ami M.Beaudet, éstimé vice-président, un des plus grauds promoteurs de cette ligne que nous allons bientôt parcourir, et nous voilà en route.Ces journalistes et littérateurs dont les noms, et nous pourrions ajouter les œuvres, sont bien connus, n\u2019ont pas besoin d\u2019être présentés à nos lecteurs.Ii nous suffira de Jes nommer.L'hon M.de la Bruère, du Courrier de St Hyacinthe, MM.Nazaire LeVasseur, de l\u2019Echo des Laurentides, Cary, du Mercury, l'abbé Provancher, du Naturaliste, A.Gervais,de l\u2019Ætvile du Nord ,Joliette,G, T.Morelle, de l'Observateur, Joliette, N.Ulivier, de la Justice, Mercier, du Quotidien, G.I.Barthe, de la Sentinelle, F.H.Proulx et H.Proulx jr., de la Gasette des Campagnes, B.Lippens, du Sorelois, L.A.Mineau du Courrier de Lourseville, E.T.D.Chambers, du Chronicle, H.Bragg, du Star et du Free Press d\u2019Ottawa, P.LeMay, de la Patrie, LeGendre, de la Presse, J.C.Chapais, du Journal de UAgriculture J.D.Guay, du Progrés du Saguenay, Eug.Rouillard, de l\u2019Evénement, et le Dr N.E.Dionne du Courrier du Canada.Nous filons d\u2019abord sur le chemin du Pacifique atteignant en quinze minutes la Jonction de Lorette.Pour peu qu\u2019on ait voyagé dans cette direction, on a di remarqué à cet endroit un remblai élevé sur un parcours de deux milles et demi de longueur à quelques arpents du lieu bien connu où se bifurque la rivière StCharles.Le couvoi est considérable : deux fortes locomotives chargées rie vapeur le trainsnt péniblement sur cetts rampe de 132 pieds au un peu plus de J\u2019air d'aller.mille.Bientôt tout s\u2019arrête : il va falloir refaire nn demi-mille de chemin afin de permettre aux engins de prendre Victoire ! c\u2019est fait.Nous avons franchi l\u2019obstacle, prévu du reste, et nous continuons notre route.Il est heureux, ce petit incident de voyage, car il nous a fait voir que la compagnie a raison de demander la construction d\u2019un pont en fer sur la rivière St-Charles.À part cette subordination à laquelle la Compagnie est assujétie pour avoir droit de passage sur les quatre milles du chemin depuis Lorette à Québec, et pour lequel elle paie aunuellement la somme de $12,000.il y a l'embarras de cette rampe dont nous venons de parler, et il y a plus encore.Comment le chemin de fer qui se construit actuellement entre Québec et Ste-Anne de Beaupré pénètre- ra-t-il dans Québec ?Faudra-t il qu\u2019il dépose ses passagers à la Canardidre, \u2014ce serait ennuyeux pour la Compagnie et très nuisible à l\u2019intérêt public, \u2014 ou bien qu\u2019il les conduise à Lorette pour les -ramener 3 la ville ?Si cependant la Compagnie n\u2019obtient pas des autorités légitimes ce qu\u2019elle demande dans l'intérêt général plutôt que dans le sien propre, nous serons placés dans l\u2019uce ou l\u2019autre de ces deux tristes alternatives.D'un autre côté, comme le dit M.T.LeDroit, président de la compaguie, dans une lettre à 'honorable Prem ier Ministre de la Province, en date du 11 mars dernier, la compagnie se propose de construire une entrée indépendante dans la cité de Québec, à partir d\u2019un point à 12 milles au nord, en passant près des villages de Saint- Ambroise et Charlesbourg et traversant la rivière Saint-Charles, jusque dans les limites de la cité, probablement à l\u2019est -du pont Dorchester.Cette ligne desservirait une population plus nombreuse, s\u2019assurerait una maximum d'inclinaison de 60 à 80 pieds par mille, et permettrait de mettre les produits du lac Saint-Jean et des régions intermédiaires à bord des vaiseeaux océaniques sur le Bassin \u2018 Louise,\u201d et exempts du lourd impôt prélevé par le C.P.R.La construction de ces.12 milles serait très coûteuse.nécessitant un pont en fer sur la rivière Saint-Charles, l\u2019achat de terrains dispendieux dans la cité, et l\u2019érection de gares, de bureaux et d'usines.Voilà la situation véritable, et nous | la croyons assez juste pour qu\u2019on y songe sérieusement.- Cette digression nous amène Join de notre récit.Si, d'un côté nous devons comme journaliste surveiller les inté, réts du chemin de fer, nous ne devons pas oublier non plus nos voyageurs qui sont à deviser, tout en dégustant quelques bons cigares que M.Cressman leur distribue avec libéralité.En arrière du train, est un fumoir ouvert à tous ceux qui ont le courage d\u2019y pénétrer, car il s\u2019y dégage avec la fumée des cigares une forte odeur de calembours.Signe infaillible de mauvais temps, d\u2019après un Vennor quelconque de notre compagnie.M.LeVasseur, LeMay et LeGendre expriment l\u2019opinion contraire.Tout de même il commencera bientôt à pleuvoir et vous n\u2019aurons fait que dépasser la station de St-Gabriel qu\u2019il pleuvera à boire debout.La paroisse de Valcartier située à 14 ilies de Québec, par voie ferrée, est divisée en deux parties pour les fins municipales : il y a St-Gabriel de Valcartier et St-Gabriel-Ouest.En jetant les yeux sur l\u2019indicateur couleur de rose que je me suis procuré au départ, je je constate parmi les embranchements qui devront sustenter la ligne principale celui projeté de St Gabriel à la Rivière aux Pins c'est-à-dire à St-Gabriel-Ouest \u2014distance de 10 milles.D'après M.LeDroit, dans son mème rapport, cet embranchement passerait.dans une très belle vallee,\u2014celle de la rivière aux Pins,\u2014située en arrière d'une chaine de montagnes, presque inacessibles, \u2018qui lui interdit l'accès du marché, et contenant déji une population de deux cents familles, ll ouvrirait.une vaste étendue de terres publiques riches en bois franc,auquel sa proximité de Québec donnerait une valeur immé diate, comme combustible et bois - de- service.Réjouissons-nous de cette construction qui ne peut tarder à se faire.III DE ST-GABRIEL AU LAC BOUCHETTE Avant de continuer notre récit, nous croyons de notre devoir d'informer les personnes intéressées, soit dans la compagnie de construction, soit le contrac- teur lui-même,que si nous faisons quelque omission ou erreur quant aux faits relatifs au chemin etquant au mérite personnel des divers employés, ce n\u2019est pas intentionnellement.Nous serons heureux de rendre à chacun ce qui lui appartient ; ce sera d\u2019autant plus facile que nous avons déjà rempli une partie de cette douce besogne.Ainsi nous avons omis le nom de 4.\u2018Théophile LeDroit, président de la compagnie du chemin de fer du L.S.J., un de nos hommes qui à l'heure actuelle fait tous ses efforts pour assurer le succès d'une entreprise aussi importante, aussi vitale pour l\u2019avenir de la Province de Québec, D'autres personnes déjà mentionnées, n\u2019ont pas reçu la justice qu'ils sont en droit d\u2019attendre d\u2019un journaliste assez vieux dans le métier pour savoir ce qu\u2019ils ont fait dans le passé comme ce qu\u2019ils pourront faire dans l\u2019avenir.Ainsi M.Scott, l\u2019habile Secrétaire de la Compagnie, est un des hommes qui ont le plus travaillé à la construction du chemin de fer du Lac St-Jean.Pour lui cette œuvre a été, pour ainsi dire, celle de sa vie depuis plus de quinze ans.À mesure que nous publierons nosnotes de voyage nous espérons pouvoir rendre justice à chacun et à tous ceux qui sont attachés de près à cette superbe entreprise.Ce point étant réglé de manière, espé- rons-le, à satisfaire ces hommes éminents, à quelques bureaux de la Compa, gnie qu\u2019ils appartiennent, nous repre, nons le fil de notre récit.En continuant de lire uotre précieux indicateur nous voyons que la Compaguie a l\u2019intention de relier la Rivière Batiscan à la Tuque sur le St-Maurice par un embranchement de 30 milles, et enfin de faire communiquer Chicoutimi à Roberval par un autre embranchement de 70 milles.Du reste nous avons en ce qui regarde ces deux projets l\u2019assurance de la part de M.Cressman, qui nous paraît bien informé, que M.Beemer sera bientôt prêt à se mettre à l\u2019œuvre pour les mener à bonne fin, suivant en cela une vieille habitude.M.Beemer est aujourd\u2019hui à la têté de plusieurs grandes entreprises de chemins de fer, entre autres celui de la vallée de la Gatineau,et celui de Montmorency, et Charlevoix.Il sait toutes les faire marcher de front,aplanir aussi facilement les difficultés de la finance que celles de la nature.Encore hier il donnait par une mise de fonds considérable une vigueur nouvelle à une entreprise que nous avions toujours crue risquée.Nous voulons parler du pont devant Québec.On demandait $200,000 pour mettre la roue en mouvement.Aujourd\u2019hui grâce à M.Beemer nous en avons $510,000 de plus, que les $200,000 souscrites par les citoyens de notre ville.Nous voilà bien loin de St-Gabriel de Valcartier.Ste-Catherine, le Lac St-Joseph Bourg:Louis, St-Raymond, Allen's Mill, Rivière Noire, nous trouvent parfaitement indifférents.\u2018On n\u2019y voit pas plus que dans la bouteille à l'encre.Ce n\u2019est \u201c qu\u2019une fois introduits dans la maison ou Melle Sophie Labrecque pensionne les voyageurs que nous commençons à y voir clair.C'est ici que nous prenons le souper.Il est dix heures.Peu importe il nous fallait souper.M.Cressman avaiteu l\u2019obligeance d\u2019avertir par dépêche notre hôtesse, qui, vu le peu de temps mis à sa disposition, nous a servi un succulent repas.et s\u2019est montrée d\u2019une affabilité accomplie.Elle nous a raconté le malheur qu\u2019elle avait eu de voir brûler sa maison, catastrophe qui l\u2019avait ruinée.\u201c Sans ce malheur, nous a-t-elle dit, je- vous aurais reçu bien mieux que cela.\u201d C\u2019eût été difficile.Nous quittons l'hôtel Labrecque pour notre pullman qui est le bienvenu.La pluie a cessé et notre baromêtre se mettant à la baisse à mesure que la nuit avance, nous en augurons que la journée du leudeinain devra être lumineuse.Chacun s\u2019installe dans son lit On tâche de disposer les couples d'une manière satisfaisante pour tous ; le président de l'excursion accepte le secré taire ; la Presse ne dédaigne pas l\u2019Echo des Laurentides ; I'Evénement ne fait pas la moue au Journal d'Agriculture ; le Mercury et le Chronicle font bon ménage ensemble, etc.Enfin tous nos amis sont dans les bras de Morphée sur le coup de minuit.Le lever était proposé pour cinq heures.Mais vu un léger retard nous pûmes prolonger notre sommeil d\u2019une heure de plus et vers 8 heures notre train entrait en gare du Lac Bouchette, par un soleil radieux qui nous faisait préra- ger un beau jour.Nous étions à 168 milles de Québec, à 14 milles de St- Louis de Métabetchouan et à 23 milles de Roberval.C'est la distance qu\u2019il nous va falloir parcourir en voitures, aussitôt que le déjeûner sera pris.Car un déjeûner somptueux attendait les excarsionnistes.Il ve sans dire qu\u2019ample honneur lui a été fait.La gare du lac Bouchette est entourée d\u2019un tertain?nombre d\u2019habitations qui ne sont pas précirément des châteaux.Cesont de panvres huttesoù une dizaine de colons font l\u2019apprentissage de la vie du défricheur.Elles sont construites en pièces de bois rond non dépouillées de leur écorce.Dans ces pauvres demeures il se trouve probablement plus de bonheur que dans nos résidences les plus somptueuses des villes.Nous y avons vu cependant une pauvre mère dans la plus grande désolation, par la maladie d\u2019un de ses enfants déjà en âge de venir en aide à sa famille et qu\u2019un mal de jambes, bien grave à notre avis, menace d'enlever à sa'sollicilude.Nous l\u2019avons consolée de notre mieux, en lui conseillant l\u2019emploi de certains remèdes de la pharmacopée forestière.Le lac Bouchette r\u2019est pas bien considérable ; il communique avec le lac des Commissaires dont les dimensions sont très étendues.Leurs bords sont boisés des essences forestières les plus communes dans ces endroits, comme l\u2019épinette, le sapin, le bouleau, etc.Mais comme nos voitures sont là qui nous attendent depuis près de deux heures, nous nous rendons à l'invitation qui nous est faite dë prendre nos places avec leurs conducteurs, tous citoyens de Roberval, 4 une exception près.En route maintenant pour Roberval.IV DU LAC BOUCHETTE A ROBERVAL Plusieurs des nôtres en quittant le lac Bouchette préférèrent se livrer à la marche plutôt ; dans le but de voir le pays et les travaux de la x AUX ; A.\\, pue PE a apd Ce .JOURNA Yoie que pour des fins digestives.II leur a fallu faire environ cing milles sur un mâgnifique chemin qui n\u2019était autre que le terrassement même.On y voit la trace des voitures jusqu\u2019au lac à Belley.C'est le chemin que nous avons\u2019 pris en revenant pour atteindre le bout du fer.Nous avons mieux aimé nous confier à un brave automédon de Roberval que de risquer un aussi long trajet à pied.Et bien nous en a pris, car cet homme nousa fourni une quantité de renseignements sur ces endroits, jue nous avons frdachis en six heures environ.Le pays arrosé par les lacs Bouchette, Ouiatchouan, Belley, aux Bouleaux, sont divisés en lots constituant les cantons Dablon et DeQuen.Le chemin de fer passe à peu près entre deux.Le sol est composé do sable mêlé d'argile d\u2019une excellente qualité et très propre à l\u2019agriculture.On y trouve de la pruche, de l\u2019épinette blagche,et tous les bois du 1 Saguenay qui croissent dans les bons terrains.Le canton De Quen est arrosé par la rivière Métabetchouan,la rivière Noire, la rivière à Prudent, la rivière qui mène du gain par les lacs St-Paul, aux Carcajoux, à la Passe, au Portage, et par plusieurs ruisseaux magnifiques qui le sillonnent.Ce canton est l'objet des sollicitudes toutes particulières du révérend M.À.Girard, curé de St-Louis de Métabetchouan.Cette dernière paroisse ne peut s'agrandir que par ces cantons, à cause des rivières Ouiatchouan et Métabetchouan qui l\u2019enserrent à ses deux extrémités nord et sud.suivre est un chemin à peu près impossible, au moins pour les cinq milles à partir du Lac Bouchette en gagnant-le lac.La nature dans cette région est bien tourmentée, et joignez à l\u2019inconvénient de côtes abruptes, de ravines profondes, et des orniéres ou les roues enfoncent jusqu\u2019aux essieux, on comprendra quelles difficultés éprouvent encore les cultivateurs pour transporter leurs produits jusqu\u2019au terminus de la voie.Tous ces ennuis seront du domaine du passé avant le premier octobre.\u2014 It restait encore à la date du 12 septembre six milles de nivellement pour atteindre le deuxième rang de St-Louis à environ deux milles de l\u2019église.À cet endroit la voie est sous la même latitude que Chicoutimi.ll n\u2019est donc guère possible de trouver une endroit de jonction plus naturelle pour l\u2019embranchement de Chicoutimi à la ligne principale dont le terminus sara fixé définitivement à la Pointe-Bleue.C\u2019est la recommandation faite par le député de Chicoutimi et Saguenay au Président.et aux directeurs de la Compagnie, en date du 29 novembre dernier.Voici ce qu\u2019écrivait M.St-Hilaire à ce sujet : \u201c J'ai remarqué que la longitude généralement suivie par votre chemin de fer dans toute sa longueur, depuis\u2019 la Rivière à Pierre jusqu\u2019au Lac Saint- Jean, tombe à la rivière Ouitachouan.C\u2019est assez dire qu\u2019en droite ligne, le chemin doit sortir par le tracé de la \u201c Coulée à Grignon.\u201d J'ai remarqué aussi que le deuxième rang de Saint- Louis se trouve sur la même latitude que Chicoutimi.IL s'ensuit que le point de jonction naturel des deux chemins de fer devrait être à à Saint-Louis, et qu\u2019en faisant sortir votre chemin de fer à Saint-Louis pour le prolonger ensuite jusqu\u2019à la Pointe-Bleue, où serait \u2018son terminus, vous serviriez les intérêts du Haut comme du Bas-Saguenay,\u2014de votre compagnie comme de la colonisation.\u201d Quant au choix de la Pointe-Bleue \u2018comme terminus, nul douté que ce serait Le chemin que mon guide nous fait | : Arr eee a Te .te \u2026 ot T ae vo 2 ~ A L BES CAMPAGNES pas pourquoi on en choisirait un autre.À part sa position géographique, et les facilités que le chenal à cet endroit offre à la navigation du lac, la Pointe-Bleue est déjà uu centre important.Et comme nouszaurons l'occasion de le dire, ce centre se développera et grandira rapidement, à mesure que la colonisation prendra son essor dans la vallée du grand lac.Des paroisses se formeront dans les vallées de la Chamouchouane, de Ja Mistassini, de la Péribonka, et à mesure qu\u2019elles s\u2019établiront, le chemin de fer les suivra régulièrement, s\u2019il ne les précède pas, Nous ne faisons en cela que corroborer opinion du député de Chicoutimi qui s'exprime ainsi dans le document précité : \u201c* Ainsi l\u2019intérêt de la colonisation et l\u2019intérêt de votre Compagnie exigent que votre chemin se rende de suite à proximité de la vraie vallée du Lac St.- Jean.Or, je necrains pas d\u2019affirmer, d\u2019a- l près.l'expérience pratique que j'en ai faite moi-même, &t d\u2019après l'étude approfondie et impartiale que j'en ai faite, que cette riche vallée ne peut être colonisée avantageusement, si le terminus du chemin de fer n\u2019est pas à la Pointe- Bleue.\u2018\u201c La Pointe-Bleue, par sa position géographique est le vrai centre du Lac St-Jean, le seul centre facile à atteindre par lescantons du nord.En effet, de la Pointe-Bleue à la Pointe Mistassini il n\u2019y aurait pendant l\u2019hiver, qu\u2019une traverse de trois lieues à faire sur la glace ; et un chemin balisé, entre ces deux pointes, pourrait servir de sortie à tous les établissements du nord.\u201c Pour la saison d\u2019été,il y a le long de la Pointe-Bleue un chenal magnifique et profond, qui communique au large avec le chenal des autres rivières.De sorte que la Pointe-Bleue ayant à sa droite tous les townships du nord, a sa gauche ceux de l'ouest et du nord, et en face ceux de l\u2019est du Lac St-Jean, serait destinée par sa position, à devenir la capitale d\u2019un nouveau diocèse, si le terminus du chemin de fer est fixé de manière à favoriser l'établissement de ce vaste territoire.Or, je le répète, pour en faciliter la colonisation, il est abso- ment nécessaire que le terminus de votre chemin de fer soit à la Pointe-Bleue c\u2019est-à-dire à la portée des endroits à \u2018| coloniser.\u201d Tout en devisant sur cettequestion de majeure importance pour la colonisation future du Lac, nous atteignons le premier rang de St-Louis; nous jetons un coup-d\u2019œil sur l\u2019église paroissiale que l'on distingue parfaitement de l\u2019endroit où l\u2019on détourne à gauche dans la direction de Notre-Dame du Lac St-Jean.Un vieil ami de collège, un co-paroissien même, a sa résidence à quelques arpents de là.Pourrions-nous passer devant sa porto sans au moins lui donner une poignée de mains.Il nous reçoit à bras ouverts, et nous fait connaître sa famille.Anxieux d\u2019être le premie: à présenter nos hommages à M.le Curé de Roberval, nous disons adieu à M.Israël Dumais,notaire, nous promettant de le revoir au retour.Le lac est à notre droite nous offrant un grandiose spectacle.-\u2018Tout d\u2019abord la Pointe-aux-Pins, puis la Pointe de la Traverse et l'tle du méme nom avec leurs bouquets d\u2019arbres verdoyants qui reposent l'œil agréablement.Détournant notre vue vers le nord-ouest, c\u2019est le clocher de N.D du Lac, et l\u2019ile aux Couleuvres à quelque distance de la rive.À l\u2019extrémité d\u2019une courbe majestueuse se dresse la Pointe-Bleuve avec sa teinte caractéristique qui lui a valu son nom.La vue peut embrasser tout le contour de cette mer intérieure.Au nord cependant le \u2018cadre apparaît inter- l\u2019intérêt'de la localité, et ous ne voyons - \\ .= rompu.Estce l\u2019embouchure de la rivière Péribonka ?Possible que oui.Qui est-ce qui pourra jamais nous le dire ?Toujours est-il que l'impression de cette première entrevue avec le Lac St-Jean restera profondément gravée dans notre imagination.En qualité de journaliste, nous avons quelque peu voyagé sur le continent américain.Des lacs nous en avens vus assez pour nous former une opinion exacte de la beauté des plus en renom.Le lac Pont Chartrain, près de la Nouvelle-Orléans, le lac Minnetonka, près de St-Paul et de Minneapolis, sont charmants.Les grands lacs Untario,Erié, Huron et Michigan sont des mers considérables.Le lac des Bois est aussi bien attrayant ; le lac Edouard lui ressemble sous plusieurs rapports.Mais notre Lac St Jean a quelque chose de particulier pour nous, canadiens français de la Province de Québec.C'est sur ses rives que va s'établir d\u2019une manière durable et inébranlable une nouvelie province française.Quels sont en outre les lacs du continent qui reçoivent les eaux de trois rivières dont on ferait des fleuves en Europe, et de quatre ou cing autres plus considérables que le Don etla Tamise dans la province que baignent les trois mers qui reçoivent les eaux du St-Laurent ?Poser la question, c\u2019est la résoudre.Vv ROBERVAL OU N.-D.DU LAC ST-JEAN \u2014 MONTAGNAIS \u2014 ADRESSE \u2014 COUVENT DES URSULINES Enfin nous touchons au presbytère de Roberval où le révérend M.Lizotte nous reçoit à bras ouvertä! En le revoyant je retrouve un ancien camarade de cellége.presque un compagnon de classe.Heureux lemps ! Que de souvenirs s\u2019y rattachent ! Nos amis arrivent bientôt au presbytère et chacun d\u2019eux se dirige vers la demeuré hospitalière qui lui est assi- gnéz.Une heure plus tard nous nous rendions en voitures à la Pointe-Bleue où un lunch était préparé pour la presse,grâce à la générosité des citoyens de la paroisse.Ia maison d'école où les petits sauvages Montaguais vont puiser une 1astruction sous la direction éclairée de madame L.E.Otis,épouse de l\u2019agent des sauvages, avait été décorée pour la circonstance.Ce goûter magnifique arrivait fort à point, car nos estomacs commençaient à crier famine.Un excellent menu, un service fait délicatement par des demoiselles, tout était de nature à donner de l\u2019entrain au repas.Le révérend M.Lizotte présidait à la table d\u2019honneur ayant à sa droite l'honorable M.de la Bruère, président de l'excursion, et M.T.A.Donohue, maire de Roberval, à sa gauche.Quand on eut fait honneur à cette table somptueuse, M.le curé Lizotte proposa la santé des journalistes en des termes fort délicats.Il nous dit combien la population était heureuse d'offrir l'hospitalité à ceux qui, saus distinction de partis politiques, ont écrit articles sur articles en faveur de la colonisation du Lac St-Jean.l\u2019uis M.le Curé nous donna quelques détails sur le pays que nous avions sous les yeux, d\u2019une extrémité du lac à l\u2019autre, donnant à chaque partie son caractère particulier.L'honorable M.de la Bruère répondit a cette santé et dit combien nous étions contents de voir un pays si intéressant, et vanté avec tant d\u2019à propos.Cne santé proposée au Curé et aux citoyens de Robarval vint mettre fin à ce lunch, qui devait être immédiatement suivi du départ pour le presbytère.Mais vu que l\u2019homme propose et Dieu dispose, les choses se passèrent un peu différemment.A notre sortie de table, AH La \u201c I St Tee JOURNAL D eld 4 M ve; D > EE =, Li .1 Zon Le [To NES Ve TARR LL TX = Af nous fimes la rencontre d\u2019une partie de a tribu montagnaise.Un certain nombre de sauvages, hommes, femmes et enfants étaient venus nous saluer, leur chef en tête.M.François Jourdain est un petit homme de soixante dix ans environ, et veuf pour la troisième fois ; il nous a paru si frais, si bien conservé,que nous ne serions pas surpris d'apprendre quelque jour qu\u2019il a orné son wigwam d'une quatrième squaw.Avant de prendre passage à bord des canots d\u2019écorce qui doivent nous ramener chez M.le Curé Lizotte, disons un mot de ces braves et pacifiques Montagnais dont nous venons de rencontrer plusieurs des types les plus marquants.Ils sont religieux.La petite chapelle rigée au milieu d\u2019eux leur fournit l\u2019occasion de déployer leur zèle à l\u2019égard de la religion catholiquè.Dans ce petit sanctuaire ils ont placé une charmante statue de Notre-Dame de Pitié qu\u2019ils vont prier avec la plus grande ferveur.Tous les soirs ils se rendent en assez grand nombre au pied de la Madone et ils chantent des hymnes et des cantiques en son honneur.De tout temps, les Montagnais ont manifesté une grande dévotion à la Mère de Dieu.Le R.P.Arnaud, O.M.I.écrivant un jour à Sa Grandeur Mgr l'Archevêque de Québec, pour lui faire un rapport de ses missions chez les Montagnais, disait au sujet de leur foi religieuse : ** Les sauvages montagnais se font remarquer pour leur dévotion envers la Sainte Vierge ; ils ne manquent jamais de dire le chapelet, même dans les jours où ils sont le plus fatigués.J'en connais plu sieurs qui récitent le Rosaire, et voici à quelles intentions ; on verra qu\u2019ils sont reconnaissants.La première partie est pour le grand chef de la prière et le grand Priant (le Pape et l\u2019Evêque) : la seconde, pour la propagation de la foi ; la troisième pour leurs missionnaires ; la quatrième pour eux-mêmes ; la cinquième, pour leurs parents et leurs amis.\u201d En 1861, le R.P.Martin, jésuite éminent que la mort vient d\u2019enlever après une vie de dévouement à la religion et au Canada en illustrant la mémoire de ses missionnaires-martyrs, a publié un recueil de Relations inédites où l\u2019on trouve sous le titre de Mission des Montagnais un journal tenu par le R.P.de Crépieullorsqu\u2019il était missionnaire de ces aara- ges, depuis 1673 jusqu\u2019à 1702.Rien d\u2019émouvant comme ces relations.On y trouve des détails complets sur la mort édifiante des principaux chefs monta- gnais.Il rapporte aussi la mort du Frè re F.Malherbe, le même qui après le martyre des RR.PP.de Brébeufet a briel Lallemant au pays des Hurons en 1649, transporta sur un parcours de six milles les corps grillés de ces deux héroïques missionnaires.Le lac St Jean fut découvert, comme on le sait, par le Père de Quen, jésuite, en 1647.\u201c L'histoire des; travaux des missionnaires, a écrit Bancroft dans son Histoire des Etats-Unis, se rattache à l\u2019origine de toutes les villes de l\u2019'Amérique française ; pas un cap n\u2019a été doublé, pas une rivière n\u2019a été découverte sans qu'un Jésuite en ait montré le chemin.\u201d \u2019l'el a été le rôle du Jésuite vis-à-vis du Saguenay et du lac St-Jean.Après 1647 on les trouve dans ces lieux écartés, évangélisant les sauvages, leur administrant les sacrements, et les préparant au grand passage de l'éternité.Les Pères de Quen, Crépieul, Audré, Laure, de St-Pé, Guignas, 4.Maurice, Coquart, de la Brosse, jusqu'en 1732, c\u2019est-à-dire pendant 135 ans, ont foulé ce sol où reposent: une foule de sauva ges morts en bons chrétiens.Nos Montagnais d'aujourd'hui n\u2019ont pas dégénéré.Puissent les nobles exem- ples que leur ont légués leurs ancêtres tenir toujours fermes leur foi et leurs pieuses croyances.Ils vivent heureux dans ce coin de terre que le gouverne ment leur a réservé.Ils \u2018ont leurs mis sionnaires et leurs prêtres, une-iystitu trice pour leurs enfants.La chasse, la | pêche, et l\u2019agriculture suffisent à leurs besoins.Ils vivent de peu, et le luxe leur est inconnu.Dans son rapport officiel de 1886, M.Otis nous apprend qu\u2019ils semblent mieux comprendre l'avantage de l\u2019agriculture, et qu\u2019ils déploient même une certaine activité à défricher, à labourer el à semer la terre.Il est facile même de prévoir que le jour n\u2019est pas éloigné où ils vivront du produit de leur terre et de leur industrie.Ils ont ua hôpital spécial où ils reçoivent les soins intelligents et assidus du docteur Matte, l'unic,uenédecin de l'en, droit, avec leque: nous avons été heu reux de faire connaissance.La population montagnaise était de 407 âmes en 1886.Une épidémie de va | riole a fait durant l\u2019année vingt-six victimes.Ces sauvages ont mis en culture l\u2019an dernier 150 acres de terre, soit 50 acres de plus que la quantité cultivée en 1885.Ils ont récolté 1,679 boisseaux de grains et de plantes potagères, ainsi que 76 tonnnes de foin.Les autres industries qu\u2019ils exploitent leur ont rapporté approximativement $14,500.En voilà suffisamment pour faire connaître cette intéressante tribu.Nous nous installons dans les canots aussi confortablement que possible.Des torches sont accrochées aux deux extrémités, et trois bras vigoureux frappant le flot de leurs pagaies avec une symétrique régularité, leur impriment une grande rapidité.Nous franchissons les quatre milles qui nous séparent du village de Notre-Dame en moins d\u2019une heure, À neuf heures nous arrivons au presbytère dont les abords sont splendidement illuminés.Le canon fait entendre sa voix majestueuse et ses échos vont se perdre dans le lointain.Conviés à nous rendre sur la galerie du presbytère, M.le maire Donohue, accompagné de plusieurs citoyens, s\u2019avança et nous présenta une adresse si bien faite que nous avons cédé au désir, bien légitime du reste, d\u2019en donner publication : À Messieurs les Membres de la \u2018 Presse Assoc ite\u201d de la Province de Québec, Messieurs, La popalation du Lac Saint-Jean, encore tout émue de la visite du premier-ministre et d\u2019une partie considérable de la députation de notre Province, sent aujourd\u2019hui renaître ses émotions en présence du corps si éminent de la Presse associée de Ia Province de Québec.Il y a quinze jours à peine, elle acclamait le passage du chef du gouvernement ; aujourd\u2019hui elle salue avec respect les maîtres de la pensée, elle s'incline devant les Ediles de la science, et leur souhaite À tous la plus cordiale bienvenue, Nous ne saurions laisser passer cette circonstance sans payer un tribut de reconnaissance à ceux qui, par leurs écrits, ou par leurs démarches, ont réussi à coucher sur le lit plus ou moins moël- leux des Laurentides cette voie ferrée qui nous rachète de l\u2019exil, et qui surtout nous amène d'aussi distingués visiteurs.Cependant, la joie que nous éprouvons aujour- d\u2019hui n\u2019est pas complètement sans mélange.Nous ne sommes pas sans\u2019 éprouver quelqu\u2019appréhension en présence de cette puissance si redoutable qu\u2019on appelle la \u2018\u2018 Presse \u201d : nous sommes si jeunes, si faibles encore, que le moindre de ses coups pourrait paralyser nos forces, et même nous être fatal.Nous ne voulons pas toutefois nous arrêter À ce sentiment, car nous sommes naturellement confiants, Nous vous demandons donc de vouloir bien nous aider.Ce qu'il nous faut, ce sont de colons : envoyez-nous des pionniers pour i- cher nos forêts ct donnerau pays des champs fertiles.Nous complèterons l\u2019œuvre en nous effor- sant d\u2019en faire dans la suite d\u2019excellents abounés.Ce n\u2019est pas tout, Messieurs : nous avons foi en votre bienveillance, et nous vous demanderons une autre chose, Grâce à notre chemin de fer, nous voyagerons maintenant avec rapidité ; mais notre correspondance, elle, \u2018est Join d'être aussi rapide, Si un voyageur fait le trajet du Lac St-Jean\u2018à Québec, et vice-versa en 12 heures, une lettre ne le fait pas à moins de trois jours entiers.Ce serait une réforme bien vue, je vous l\u2019assure, si les malles étaient trar sportées par le chemin de fer.Il vous suffirait, Messieurs, d'en dire chacun un mot pour vous mettre en état d\u2019obtenir facilement cette amé- lioration qui avancerait chaque jour de beaucoup, le plaisir que nous avons toujours de vous lire.Soyez donc les bienvenus au milieu de nous et veuille la Providence vous combler de ses dons.Et quand vous viendra l\u2019inspiration de dire du bien du Lac St-Jean, gardez-vous de\u2019 résister à la grâce ; mais donnez, donnez sans mesure ; soyez assurés que notre population comptera fidèlement et vous en sera toujours reconnaissante.M.notre Président répondit chaleureusement à cette adresse si flatteuse pour nous, et chacun rentra au presbytère où la veillée se prolongea encore.Après avoir.recueilli de la bouche de M.le curé Lizotte certains renseigne- meuts sur la paroisse et sur les autres lieux que nous devions visiter le lendemain, nous nous séparâmes, chacun se retirant dans le logement où il étalt attendu.VI RoBERvVAL \u2014URSULINBS.\u2014Sr-PRINE.Nous sommes au dimanche, 11 septembre.Le programme de la journée est tracé d'avance : 10 Visite anx Ursulines.2o Départ pour St-Prime pour la grand\u2019messe et le diner 3o Promenade à St-Félicien.Souper.4o Retour à Roberval.Coucher.Cet itinéraire a été suivi de point en point.À huit heures, nous allons saluer les Révérendes Dames Orsulines.Elles nous reçoivent au parloir de la Communauté.Lè cloître, là comme à Québec, existe dans toute son admirable rigueur.C\u2019est la Révérende Mère St Raphaël qui est la supérieure de cette pieuse institution, suceursale des Ursulines de Québec.Six autres religieuses travaillent de concert avec la digne supérieure à donner aux jeunes filles cette éducation distinguée qui fait la gloire de ces vénérées enfants de la Vénérable Mère Marie de l\u2019Incarnation.Nous avons toujours considéré l\u2019établissement de cette communauté sur les bords du Lac St-Jean comme nroviden- tiel, de même que lors de la fondation de la colonie l\u2019arrivée à Québec des religieuses ursulines et hospitalières a marqué l'ère de la régénération intellectuelle et religieuse de la société.Le Lac St-Jean est encore une modeste colonie.Nos religieuses y feront l\u2019œu- vre de leurs devancières, et plus rapidement encore puisqu'elles ont rencontré dès leur arrivée une population sympathique à leur noble entreprise.De plus leurs ressources, avec l\u2019aide qu\u2019elles pourront recevoir de la maison-mère, les mettront plus à même que leurs fondatrices de faire tout le bien qu\u2019elles voudraient.Le premier couvent ne suffit plus déjà à leurs légitimes aspirations.Elles ont commencé la construction d'un nouvel édifice que nous avons pu admirer.Quand il sera terminé, il aura d\u2019amples proportions : deux ailes de 70 pieds sur 40 à quatre étapes avec un corps principal qui en formera Je frontispice.L\u2019aile déjà érigée esten briques avec des ornements en granit aux embrasures des fenêtres et des autres ouvertures.À quelques milles du cou$ vent, sur la route qui conduit à St- Prime, se trouve une magnifique carrière de granit qu\u2019on a commencé à utiliser pour les diverses constructions.Le monastère de Roberval est déjà florissant.Cent cinquante élèves, tant externes que pensionnaires, sont inscrites au régistre de la Communauté.Tout nous porte à croire que ce nombra ne fera que s\u2019accroître, à cause des avantages que cette maison offre aux demoiselles.En venant à Roberval, elles y trouveront un air pur, très salubre par conséquent, une plage magnifique composée d\u2019un sable fin et très sec la majeure partie de l\u2019année, des promenades sur le lac qui n\u2019offrent aucun danger, et enfin, ce qui n\u2019est pas la moindre considération, de bonnes et intelligentes éducatrices de l'enfance.Quels sont les parents qui pourraient désirer plus de garantie pour la santé morale et intellectuelle de leurs enfants ?Nous disons adieu à ces gracieuses Dames, non sans éprouver un serrement de cœur, à la pensée que plusieurs d\u2019entre elles ont travaillé à l'éducation de nos épouses ou partagé leurs rudes labeurs.\u2019 Le départ de St Prime est annoncé pour neuf heures et demie.M.Latour, organisateur infatigable, a tout prévu pour nos voitures.Elles nous sont arrivées de St Prime.Ce sont les braves / ; citoyens de cette paroisse ,qui se sont chargés de nous amener chez eux et de nous conduire dans l\u2019après-midi à St Félicien.Il y a neuf milles entre Roberval et St Prime, et la grand\u2019messe est annoncée pour onze heures.Que sont neuf milles pour ces chevaux infatigables, aussi bons pour la route que résis.tables aux travaux agricoles.Le pays que nous traversons est très beau.Quoique bien avancée, la moisson n\u2019est pas encore terminée.Des champs de blé magnifiques font notre admiration.Après avoir dépassé la Pointe Bleue à la chapelle des Sauvages, négligeant le chemin qui longe le lac, nous prenons une route qui nous conduit dans le deuxième rang, et de là à une hauteur assez élevée connue dans la localité sous le nom de Cran des Sauvages.C\u2019est ici la limite ouest de la Réserve des montagnais.Du haut de ce cran la vue est sup-rbe.En jetaot la vue 3 gauche on aperçoit une immense vallée à perte de vue : c\u2019est la forêt, aussi loin que l'œil peut porter.Ea face, St-Prime dont les maisons sont toutes construites de chaque côté de la route avec une lisière da terrains cultivés de chaque côté.L'église se dresse au milieu de ce panorama avec son clocher brillant.Plus loin encore et dans la même direction, encore un clocher dominant la plaine : c\u2019est l\u2019église de St-Félicien.A notre droite, nous apercevons vaguement, nous devinons plutôt l\u2019embouchure de la rivière Assuhapmouchouan que nous retrouverons dans toute sa majesté avant d\u2019arriver à St- Félicien.Le R.P.Lacasse s\u2019écriait un jour en contemplant cette immense vallée : \u201c\u201c ll y a ici assez d\u2019espace pour quarante paroissee, et dans un aveoir assez prochain nous y verrons briller autant de clochers.\u201d Plaise au Ciel que cette prophétie se réalise bientôt.- ll est 10.30 heures et notre cortège est rendu à l'église de St-Prime.Toute la paroisse est là réunie attendant l\u2019heure de la grand\u2019messe.Nous sommes invités à entrer au \u2018presbytère par M.Stanislas Maurice, maire de la paroisse.Comme nous l\u2019avons déjà dit, M.le curé Belley était absent, et M.le curé de St Félicien s'était chargé de le remplacer.A onze heures le dernier coup de la messe invita les fidèles à l\u2019office divin.Des sièges nous ont été réservés près du balustre.Un fauteuil d'honneur est mis à la disposition de notre Président.La messe est chantée avec beaucoup de solennité.Vu l'absence de l\u2019organiste, M.LeGendre se charge de toucher l\u2019orgue, et plusieurs des nôtres accompagnent le chœur de la paroisse.Nous avons des compliments à faire aux chantres et surtout à M.Joseph Marcoux, clarinettiste consommé.Immédiatement après la messe, M.le maire Maurice nous présente l\u2019adresse suivante : À.Messieurs les Membres de la Presse de la Province de Québec.Messieurs © Les paroissiens de St Prime sont heureux en ce moment de vous souhaiter la bienvenue et de vou, exprimer tout le plaisir que leur cause \u2018 votre visite, Isolés et comme perdus au milieu des bois, les colons du Lac St-Jean pouvaient croire pendant longtemps qu'ils étaient oubliés, mais aujourd'hui ils voient qu\u2019il y avait là-bas des nobles cœurs qui n\u2019attendaient qu'une occasion favorable pour venir les visiter et leur porter de bonnes paroles, Votre visite, messieurs,aprés celle de I\u2019'Honorable premier miaistre nous assure l'avenir de notre pays, Vous redirez aux échos du Canada qu\u2019il y a ici une population essentiellement Canadienne française, et d'immenses forêts qui n\u2019attendent que des bras vigoureux pour se défricher.Vous ferez comprendre à nos concitoyens que c\u2019est vers ici que doit se porter le surplus de la population.En terminant, merci, messieurs, de ce que vous avez déjà fait pour nous, j'espère que vous continuerez à nous protéger.M.de la Bruère, M.l\u2019abbé Provancher, M.J.G.Chapais, et plusieurs aulres re- pondirent à cette adresse et recueillirent es applaudissements.Ils remercièrent chaleureusement M.le Maire et les citoyens de St-Prime de leurs paroles bienveillantes, espérant comme tous leurs confrères, que la visite de la Presse au Lac StJean produira d'excellents résultats.L'heure du diner étant sonnée, nous nous rendimes à la maison d'école où des tables somptueuses avaient eté dressées.Nous ignorons quelles sont les mains habiles qui ont préparé ce festin de Lucullus.Quelles qu'elles fussent, le menu était excellent, et il y er \u2019 > + SET ee , conta Lo avait surabondance de mets.De jolies demoiselles ont fait Je eervice de la table avec grâce et dextéfité.Avant de quitter St-Prime, disons un mot de cette paroisse dont les premiers établissements datent de 22 ans.En 1863, quatre à cing fils de cultivateurs de Beauport vinrent prendre des terres dans ce «anton.L'année précédente, le regretté M.G.Tremblay, curé de Beauport, avait visité la localité.Frappé par la richesse du sol, il engagea à son retour plusieurs de ses paroissiens à aller s\u2019y fixer.M.Tremblay fit une description attrayante des terrains que plusieurs résolurent d'aller voir par eux-mêmes, et de s\u2019y fixer.s'ils étaient satisfaits de leur exploration.En voyant un sol aussi riche, ces cultivateurs eurent bientôt pris une détermination, et quelques mois après, les bois du canton Ashuapmonchouan 1 ésonnaient sous les coups de hache de nos braves défricheurs.Telle est l\u2019histoire de la fondation de St Prime.Huit ans plus tard, en 1871, on y comptait déjà 45 familles avec une population de 183 Ames.L'année suivante, ce chiffre s'était presque doublé.St Prime avait 61 familles avec une population de 345 âmes.On avait commencé l\u2019érection d\u2019une chapetle de quarante pieds sur trente, avec une sacristie de vingt-cinq pieds carre, devant servir en même temps de logement au missionnaire.Le service de la paroisse se faisait à cette époque par le révd M.Elzéar Auclair, alors vicaire à N.Dame du Lac St Jean.Il y célébra la première messe en novembre 1871.La mission avait été desservie jusqu\u2019à cette date par le curé de Notre Dame.Avjourd'hui il y à une vaste église à St Prime.L'intérieur n\u2019est pas encore terminé cependant.Mais cela ne peut guère tarder.La population est de 1,100 âmes.À l\u2019air des cullivateurs, on sent qu\u2019il règne de l\u2019aigeance et de la bonne entente dans cette paroisse.C\u2019est ici que réside M.E.Saint-Hilaire, député à la Législature provinciale.Îl existe à StPrime une beurrerie dirigée par M.Siméon Fortin.L'écre- meuse centrifuge de Burminster fonctionne depuis quelque temps à la haute satisfaction des fabricants.Le beurre de cette fabrique jouit d\u2019une excellente réputalion, et il fait prime sur le marché.C\u2019est une fortune pour une paroisse que cette industrie qui enlève au cultivateur la peine de fabriquer son beurre, et lui donne un revenu considérable.; L'éducation des enfants fait l\u2019objet de la plus grande sollicitude des parents.Grâce au zèle intelligent du révérend M.Beile y.cinq écoles ont déjà été fondées daus la paroisse.Elles sont fréquentées par une moyenne de 30 enfants.On peut dire de St-Prime comme des autres paroisses du Lac que l\u2019instruction y est sur un bon pied.\u2018Dans certaines localités, les salaires alloués aux instituirices des écoles élémentaires sont de $180à 8120.M.l\u2019inspecteur d\u2019école Savard dans son dernier rap- ort officiel fait l\u2019éloge des demoiselles Imyre lindsay et Marie Tremblay, qui enseignent 4 St-Prime.Laissons l\u2019école de St-Prime et ven- dons-nous à St-Félicien.Il est près de trois heures et comme il nous faut revenir à Roverval pour y passer la soirée, nous n\u2019avons pas une minute à perdre.Des voitures sont généreusement misesà notre disposition par les citoyens de St-Prime.Naturellement nous acceptons l'invitation qu\u2019on nous fait d\u2019y prendre place.Encore six lieues à franchir VII ST-FÉLICIEN\u2014RETOUR A Roservar SoIRÉE CHEZ LE MaIkz DoNOHUE À trois heures et demie nous arrivons à St-Félicien.où nous recevons l'accueil le plus cordial de la part de M.le Curé Girang et de son aimable famille.Plusieurs anciennes connaissances viennent nous serrer la main.Ce sont entre autres, M.L.F.Roy, maire de la paroisse et M.le Dr Arthur Poliquin.La plupart des citoyens sont venus à notre arrivée et la connaissance s'établit bientôt entre eux et nous.À quatre heures, salut du Saint Sacrement.M.l\u2019abbé Provancher remplace M.le curé pour donner la béné- iction.Aussitôt après, M.le maire Roy prie les journalistes de se réunir sur le perron de l\u2019église, et là, en face des paroissiens il nous présenté l'adresse suivante,: \u2014 À Messieurs les membres associés de la Presse asse- cite de la Province de Québec, Je viens, Messieurs, au nom des citoyens de cette paroisse vous souhaiter la bienvenue et vous remercier de la bonne idée que vous avez eue de choisir la vallée du Lac St-Jean pour terme de votre voyage.ous sommes ici bien loin des grands centres et comme perdus au milieu de nosforêts.Nous n'aurions jamais espéré que la Presse aurait jeté les yeux sur notre petit coin de terre pour venir faire son excursion ordinaire ; nous l\u2019en remercions de tout notre cœur.| Nous osons espérer que, continuant à combattre le bon combat, vous ferez connaître les ressources et les richesses de votre sol, l'avantage qu\u2019il y aurait pour la Province de coloniser Je grand nord, le vaste royaume du Saguenay.Nous osons croire que vous aiderez le Gouvernement dans les efforts qu\u2019il fait pour favoriser Ja colonisation.- Merci donc, Messieurs, de votre visite, L'honorable M.de la Bruèré répond à cette adresse de bienvenue avec une visible émotion et recueille beaucoup d\u2019applaudissements.M.le maire ayant invité le Secrétaire à porter la parole, il dut s\u2019exécuter.Puis parlèrent successivement MM.N.LeVasseur, J.C.Chapais, G.J.Barthe, B.Lippens, E.Rouillard, etc, ce fut un véritable tournoi d\u2019éloquence.M.le curé nousconvia ensuite à sa table hospitalière pour prendre part au souper.Bon appétit sur toute la ligne.À T heures nous prenons les voitures qui doivent nous ramener à Roberval.St-Félicien, appelé autrefois Rivière à l\u2019Ours, du nom d\u2019une des rivières qui traveise la paroisse, date à proprement parler de 1871, bien que les premiers colous, venus de Ste-Foye, de Beauport et de la Pointe-aux-Trembles y commencèrent les premiers défrichements en 1868, dans le même temps que ceux de St-Prime.En 1872il n\u2019y avait pas encore de chapelle, bien que le site en eût déjà été choisi par M.le Grand- Vicaire Racine, aujourd\u2019hui évêque de Chicoutimi.La chapelle actuelle qui n\u2019est que temporaire occupe une position magnifique, sur une élévation, d\u2019où l\u2019on aperçoit une partie de la paroisse et la rivière Chamouchouane jusqu\u2019à une certaine distance.lCelle-ci a, à cet endroit une largeur de près d'un demi-mille et elle cst navigable depnis son embouchure jusqu\u2019à un rapide que l\u2019on rencontre un peu plus haut que l\u2019église, distance d&\u2019à peu près 10 milles.En 1871, il y avait à St-Félicien 22 familles avec une population de 112 âmes.L'année suivante, le nombre des familles était doublé, et la population s\u2019était accrue de 76 personnes.Aujourd\u2019hui on y compte 155 familles et 93 âmes.Comme on le voit, cette paroisse est en bonne voie de prospérité.Le village est coquettement bâti.Le presbytère situé à deux pas de l\u2019église commande un point de vue superbe.Quoique non terminé encore, il promet d\u2019être un mo- dele du genre.On s'aperçoit à la grandeur de ses proportions que les paroissiens de St-Félicien espèrent qu\u2019ils auront dans un avenir prochain un ou même deux vicaires.Il est certain que St-Félicien fera une grande et riche paroisse aussitôt que le chemin de fer avra pénétré dans ses terres fertiles, C'est l'espoir que tous entretiennent.Et nous croyons qu\u2019ils ne se bercent pas d\u2019illusion.En tous cas, ils ont reçu des promesses bien ercourageantes de la part du premier ministre lors de son passage chez eux.Nous, journalistes, ne sommes pas en position pour faire de telles promesses, mais nous pouvons élever la voix quand l'heure des réali- salions viendra.Il y a cing écoles à St-Félicien.Preuve que l'éducation n\u2019est pas négligée.À neuf heures la plupart des journalistes sont de retour à Roberval.En arrivant au village on aperçoit les abords de la résidence et Ja maison de M.le maire Donohue illuminés.M.et Madame Donohue nous ont invités à une soirée à laquelle prennent part plusieurs awis de Ja famille.Nous retrouvons dencienneg connaissances de Québec qu\u2019il nous fait plaisir de revoir.Ce sont M.Omer Martineau, M.G.Patoine qui ont quitté la ville le premier pour se livrer à l\u2019agriculture et l\u2019autre au commerce.On nous présente M.Lindsa N.P.autrefois de Kamouraska.M.de la Boissière, français établi à Roberval depuis quelques années.Au milieu des amusements divers nous oublions que le temps passe, et à trois heures du matin plusieurs des nôtres avaient oublié que nous devions partir à six heures le lendemain pour le Lac à Belley.Madame Latour a été d\u2019une grâce parfaite et JOURNAL DES CAMPAGNES | nous n\u2019oublierons pas I'accueil si cordial qu\u2019elle nous a feit.Quant 3 M.Donohue il s'est complètement mis à Ja disposi- lion des journalistes durant leur séjour à Roberval.De concert avec M.1\".D.Latour, son beau-frère, ils ont mis tout en œuvre pour rendre notre, séjour agréable parmi eux.Ils ont droit à nos félicitations comme à nos remerciements.\u2019 N'oublions pas non plus dans: notre gratitude M.le Curé Lizotte et les \u2018citoyens qui nous ont ouvert si large ment les portes de leurs résidences: ainsi que ceux qui ont mis leurs voitures à contribution pour nous transporter d\u2019un endroit à l\u2019autre avec autant de bonne grâce.Notre-Dame du Lac St-Jean \u2018est la plus ancience paroisse riveraine.Son établissement date de 1857.Elle fut érigée canoniquement par un décret du 3 novembre 1870.Le premier curé fut le révérend M.A.Bernier, actuellement curé à Lotbinière.Son successeur fut le révérend M.Prime Girard qui prit la charge de la cure en 1863.La population actuelle de cette parois- \u2018se au recensement fait par le révérend M.Lizotte ce printemps est de 1800 âmes distribuées en 262 familles.A part de trois familles françaises, MM.de la Boissière, de Virgile et de La Rue, et de trois anglaises dont les chefs sont agents de la Compagnie do la Baie d'Hudson, toutes les autres sont canadiennes françaises, originant des comtés de Kamouraska, de Charlevoix, de Montmorency etde Québec.M.de la Boissière est probablement le seul parmi les Français établis à Roberval qui per- sévèrera, M.de La Rne est absent depuis un an, et M.de Virgile doit s'en venir à Québec, pour y séjourner temporairement, nous dit-on.Cette paroisse comprend trois cantous- Roberval, Charlevoix eb Ouiatchouan.Dans ce dernier se trouve la Réserve des Sauvages.1l y a encore une quan- lité de terrains non colonisés, et comme nous aurons l\u2019occasion de l'indiquer bientôt, le champ est vaste pour l\u2019agriculture, sans compter l\u2019avantage d\u2019une voie ferrée à proximité.Nous croyons qu\u2019un bel; avenir est réservé.à N.D.du Lac.Comme place d'eau, il n\u2019est guère possible de faire un meilleur choix.Partout sur le rivage on aperçoit une couche du sable le plus fin qui s\u2019étend jusqu\u2019à une bonne distance.L'eau n\u2019est pas généralement froide, vu qu\u2019elle se réchauffe facilement sous les rayons du soleil qu\u2019elle absorbe en partie.La réflexion de la chaleur sur ce vaste miroir a aussi pour effet de réchauffer la température autour du lac.Ce phénomène physique explique un peu pourquoi il fait généralement.plus chaud là-bas qu'au sud des Laurentides.Une autre considération c\u2019est qu\u2019au jourd\u2019hui avec nos falicités de commu \u2018nication, le touriste pourra s\u2019adonner aux plaisirs de la pêche et de la chasse sans qu\u2019il lui en coûte beaucoup.Les lacs sont légion dans ces endroits, et tous sont poissonneux ; on peut en dire autant des rivières qui abondent dans ces parages.Nous disons un dernieradieu à nos amis de Roberval et nous nous hâtons de nous rendre aux Lac à Belly, où il est entendu que le train doit nous attendre.Au lieu de 22 à 23 milles, nous n\u2019avons que 16 à 17 milles de beaux chemins à franchir.Nous revoyons l-s mêmes paysages que le sanredi précédent, et nous ne nous arrêtons en route que pour saluer une conn:tissance ou obtenir nn renseignement qui pourrait servir.Vers midi le lac à Belley s'offre à nos regards.Nos voitures abandonnent la route de colonisation pour le terrassement du chemin de fer qui nous offre une voie sûre et facile.Pourquoi ne profiterions-nous pus de cet avantage ?Dans un clin d'œil nous atteignons l\u2019armée des travailleurs occupés à poser les dormants et les rails.Une couple d\u2019arpents plus loin la locomotive n\u2019attend plus que le signal pour prendre sa course.El puis M.Cressman et M.Cadman sont aussi là qui nous reçoivent à bras ouverts.Leur bienveillance va se conliuuer encore.Et bientôt nous saurons comment.Maiutenant que notre convoi est au complet, que nos confrères sont occupés à contempler les beautés agrestes des paysages de la route, jetons encore quelques notes sur le pays où rous Ÿ venons de passer deux agréables journées.Parlons un peu du Lac St-Jean dont il a été dit tant de choses qu'il serait presque téméraire d\u2019entreprendre d\u2019en écrire sans tomber dans des redites.Nous croirions cependant manquer à notre devoir vis-à-vis la compagnie de chemin de fer du lac StJean et la population du Lac si nous ne faisions pas connaitre sous son vrai jour les avantages qu\u2019offre à là colonisation le territoire qu\u2019elle habite.Une minime partie de cette vaste région est actuellement sous culture.Des cantons entiers n\u2019ont pas encore connu la hache du défricheur.Que fautil faire pour changer la face des choses ?Tout le monde, ministres, députés, journalistes, s\u2019écrient d\u2019une voix commune : CoLONI- sONS | CoLoNISONS 1! Pour arriver àce résultat, il faut offrir au cultivateur, au fils de cultivateur des avantages réels, tangibles.L'ouverture d\u2019un chemin de fer à travers les montagnes et les forêts qui séparent le St-Laurent du Lac St-Jean est un événement de grande importance pour le futur éolon.Sans chemin de fer, ce pays était condamné à un état de stagnation presque complet.Plusieurs cullivateurs parlaient déjà de s'expa trier.Aujourd\u2019hui ils relouleront au plus intime de leur être cette idée néfaste, Car ils ont chez eux ce qu\u2019ils ne trouveront pas ailleurs : des terres fertiles, et un débouché pour leurs pro- duiis, En donnant à nos compatriotes des détai's sur chacun des cantons qui bordent le lac, nous espérons les persuader qu\u2019il vaut infiniment mieux pour eux aller planter leurs tentes dans cette partie de notre province que de vouloir tenter fortune aux Etats-Unis, ou au Manitoba ou au Nord-Ouest.Le Saguenay et le Lac St Jean, ont des titres spéciaux à notre considération.Colonisés tous deux par des pionniers Canadiens-Français, ils doivent rester Français.Le jour n\u2019est peut-être pas éloigné où nous parviendrons à diriger vers celte Terre promise la population flottante de nos grands centres, ainsi que plusieurs de nos compatriotes réfugiés aux Etats-Unis.Alors nous pourrons pronostiquer une nouvelle ère de prospériré : à notre grandeur matérielle comme Canadiens-Français dans notre province viendra se joindre une force morale dont ne pouvons pas calculer aujourd\u2019hui toute l\u2019étendue.L'ancien Royaume du Saguenay reprendra l'appellation sous laquelle on le désignait du temps de Carlier.(A suivre) .SCANDALES MUNICIPAUX L'enquête sur les scandales municipaux se poursuit à Montréal.Jusqu'ici on a examiné l\u2019échevin Jeannotte, au sujet du contrat pour la fourniture du gaz.Il a déclaré que M.l\u2019échevin Rainville, dans le temps où cette fourniture était sur le tapis, lui a offert de prendre 100 parts de la compagnie du gaz, lesquelles, par suite du contrat, acquerraient une grande augmentation de valeur.M.Rainville a dit à son tour qu\u2019il n\u2019avait voulu proposer à M.Jeannotte qu'une simple spéculation, comme il s\u2019en fait tous les jours.C\u2019est possible ; mais on ne peut s'empêcher d\u2019observer que les échevins s'exposent grandement à prévariquer lorsqu\u2019ils spéculent sur des actions dont la valeur dépend en partie de leurs votes.Quelle impartialité peut-on attendre d'\u2019eux, quenddls sont intéressés ?M.Jeannotte a refusé l'offre de M.Rainville, et il a bien fait.Au sujet du contrat pour les vidanges, on a prouvé que l'entrepreneur, M.Dumaine a déclaré avoir payé de fortes sommes d\u2019argent pour obtenir l\u2019entreprise.Mais M.Dumaine n\u2019a plus soutenu cela dans son témoignage.Quoiqu'il en soit, l\u2019enquête commencée démontre déjà que le scrupule ne règne pas en maître dans les sphères municipales.} À \u2014 \u2014 Te PATRONAGE MINISTERIEL L'Etendard de lundi contenait nn article très curieux, surla question da patronage accordé aux journaux winistériels par le.gouvernement Mercier.L'Etendard se prétend calomnié lorsqu'on lui dit que le ministère récompense ses services par des annonces et des impressions.Et dans l\u2019article même où il a la prétention de réfuter cette calomnie, il donne la preuve du fait affirmé par ses adversaires.On y lit, en effet, une déclaration de membres du conseil d'administration de I'Etendard, ou se trouve le passage suivant : \u201c Après l'avènement du gouvernement Mercier, l'administration nous soumit la question d'opportunité d\u2019accepter des annonces et des impressions envoyées par ce gouvernement, en ajoutant que lo directeur lui avait signifié sa volonté bien formelle qu'aucune annonce ni impression ne fussent acceptées d\u2019aucun gouvernement.Il en agissait ainsi afin que l'indépendance absolue du «journal ne put être affectée, même en apparence ; en d\u2019autres termes, afin que nul prétextd ne fût donné à personne de suspecter le désintéressement de la rédaction, « Malgré ces avis, nous avons considéré que, comme hommes d'affaires agissant en .aCcomplissement des devoirs à nous imposés par les fondateurs du journal, nous n'avions as le droit de refu:er des annonces ou des Impressions ne contenant rien d'ilicite ou d\u2019immoral.L\u2019établissement de 1'ETENDARD, nous sommes nous dit, a ouvert au public unatelier de typographie et ses colonnes aux annonceurs ; à est évident que nous ne pouvons raisonnab ement refuser aucune affaire offerte aux taux ordinaires, qu'elle viennent des Youvernements ou des particuliers.« Nous avions d'autant moins de raison d'hésiter à le faire, que cot acte de notre part n\u2019affectait ni ne pouvait affecter, nous en avions la certitude absolue, l\u2019indépendance du journal et de sa rédaction et ne pouvait engager la responsabilité du directeur.¢ Cette ligne de conduite a été adopté par nous, malgré le dissentiment du directeur, M.Trudel, parce que ces affaires d'annonces et d'impressions étaient évidemment de notre ressort exclusif et nullement celui du directeur.© C'est en vertu de cette décision prise par nous, qu'ont éfé accepté, par l\u2019administra- lenr et sous notre contrôle, les annonces et impressions qni ont été données à U Etendard par le gouvernement Mercier, et cela, sans que le Directeur ait pris aucune part à l'affaire, ni même, croyons-nous il en ait eu connaissan- it Ea foi de quoi nous avons signé.+\u2018 Montréal, 16 septembre 1887.Damass Masson, J.O.Dupuis, E.J.Bouorqug, M.D, CHas.CHAPOT, «Montréal, le 17 Sept, 18387.\" \u2018Les italiques sont de nous.Il ressort de ce document que - l'Etendard Treçoit'et accepte des impressions et des annonces du gouvernement Mercier.Voilà le fait prouvé par l'article même de notre confrère montréalais.Mais, disent les administrateurs, nous avons fait cela Malgré M.Trudel ; il ne voulait pas que l\u2019Ætezdard acceptit rien du gouvernement.Ah! la bonne comédie! Si M, Trudel n\u2019avait pas.voulu, sérieusement, fermement, Éénergiquement, comme il sait vouloir quand il a quelque chose en tête, le conseil d\u2019administralion n\u2019eût pu lui imposer ses Vues.Nous voyons cela d\u2019ici.M.Trudel aditaux administrateurs : vous savez, moi, je suis contre l'acceptation du patronage ministériel ; arrangez-vous comme vous voudrez, mais n'oubliez pas que, moi, je n'ai rien a faire avec cela, Et les administrateurs ont répondu : C'est entendu, vous n\u2019avez rien à faire avec cela.Et ils ont accepté le patronage du gonverne- ment, et M.Trudel est resté directeur de l\u2019Efendard.Nous ne sommes pas dans les se- NRL ease TMD ee Sr se el Te crets de l\u2019Etendard, mais il nous sem | ble que les choses ont dû se passer ainsi.D'ailleurs, peu importe que M.Trudel se soit opposé ou non à l\u2019acceptation du patronage.Le patronage est accepté : voila le fait.Ma rédaction est indépendante du patronage, dit 1'Etendard.Les jour.naunx conservatenrs ont toujours crié la même chose à leurs accusateurs.Et l\u2019Etendard se trouve exactement dans la même position que les organes qu'il a tant de fois accusés d\u2019être reptiles.Ainsi,les ateliers du Courrier du Canadaexécutaient des contrats d'impres sion pour le gouvernement local.Cela ne pouvait affecter sa rédaction.Les contrats étaient en règle ; c'était une affaire commerciale, où les obligations commerciales étaient réciproques.Et le rédacteur en chef du Courrier n\u2019en avait pas moins le contrôle absolu de la direction politique.Le gouvernement Ross est tombé.Le cabinet Mercier est monté au pouvoir.Si la direction du Courrier eut voulu saluer le soleil levant,et mettre un peu son drapeau dans sa poche, notre établissement pouvail, comme d\u2019autres, avoir sa part de patronage.Nous avons refusé, comme c'était notre devoir d'honneur.Donc la rédaction du COURRIER DU CANADA était indépendante du patronage provincial, puisque nous sommes aujourd\u2019hui carrément dans l\u2019opposition.Quant au patronage fédéral, qu'on ouvre les Comptes-Publics et ceux de l\u2019Auditeur ; il est nul, ou à peu près, pour le Courrier du Canadn.Et ce ne sont pas quelques misérables annonces qui nous eussent empéché de passer a gauche si M.Laurier eut pris le pouvoir.Nous avons donc été, et nous sommes encore parfaitement à l'aise, sous ce rapport.L'article de l\u2019Ætendard nous fournit l'occasion de dire ces choses nettement, et nous sommes heureux d\u2019en profiter., Non, non, l\u2019Etendard n'est pss dans une autre position que celle de ses confrères flétris par lui, tant de fois, du titre infamant de reptiles.Sil avait raison alors, il est reptile aujourd'hui.Avant de terminer, cueillons une perle de choix.Après la lettre des administrateurs, l'Ælendard publie celle-ci : \u201c Messieurs les membres du Conseil d\u2019admi- \u2018 nistration de l'Erenparn, Présents Messieurs, ¢ En réponse à votre demande j'ai 1\u2019hon.peur de vous informer que Monsieur le Directeur de la rédaction de l\u2019EranDARD n'a nullement eu connaissamce depuis que je suis administraieur du journal, des annonces et impressions qui mous ont été offertes par le gouvernement Mercier, et que je les ai accoptés d\u2019après votre approbation seulement, et sans le consulter.\u201c Bien à vous, , \u201c L, A, CARON, « Administrateur.Ravissant, en vérité ! M.Trudel, rédacteuren-chef de l'Etendard, n'a pas connaissance des annonces ministérielles, qui paraissent dans les colonnes de son journal, et des impressions ministérielles qui font gémir ses presses ! ! Sourd et aveugle ! O candeur charmante ! rm er nee | JOURNAL DES CAMPA @NES UN OUBLI SINGULIER L'EBlecteur paraît'avoir .des préférences, dans le cabinet provincial.Son numéro de ce matin contient, des compliments à l\u2019adresse de presque tous les ministres.Mais il en est un qui semble moins bien partagé que ses collègues, et un autre| dont le nom brille par son absence.Le sacrifié serait M.McShane, et l'oublié M.Gagnon.Pour les observateurs polit iques ces détails ont leur importance.Des citations de l'Electeur feront |.mieux saisir la nuance.Dans son premier-Québec intitulé Une ére nouvelle, l'organe ministériel chante, pour la centième fois les bienfaits du.gouvernement Mercier, puis il s\u2019écrie : Tant mieux ! Nous faisons des vœux pour le succès de toutesces choses.Faisons taire l'envie, les intérêts de parti devant ce qui peut faire la fortune du district de Québec, qui doit bénir la providence de nous avoir donné un gouvernement où l'on trouve des hommes aussi dévoués a nos intéréts que les hon.MM.Mercier, Shehyn, Garneau, Ross et Turcotte.Est-co que M.Gagnon n\u2019est pas un ministre du district de Québec ?Et ne mérite-t-il point autant que M- Turcotte, par exemple, la reconnaissance de ce district ?Plus loin, dans un article au sujet du diner McShane, on lit le passage suivant : Au reste, à quel propos voudrait-on faire d\u2019une simple fête de parieurs une démonstration des citoyens de Québec en l\u2019honneur de M.McShane ?Serait-ce parce que M.McShane a participé à la politique du cabinet provincial, politique si bienveillante, si paternelle à l'égard du district de Québec ?Les citoyens de Québec ont déjà rendu hommage à cet égard au premier ministre ; s\u2019ils voulaient continuer à manifester leur reconnaissance, ils s\u2019adresseraient d'abord aux hon.MM.Shehyn et Garneau, qui depuis leur entrée dans le cabinet se sont montrés des représen tants si zélés, si actifs des intéréts de leur district.Ici on ramène d\u2019abord à des proportions fort modestes le dîner de M.McShane ; et l\u2019on commet encore la même omission à l'égard de M.Gagnon.Si la reconnaissance du district de Québec devait s'adresser à quelqu'un, après M.Mercier, ce serait à MM.Shehyn et Garnean, dit à peu près l\u2019Electeur.Mais M.Gagnon ?Il représente la région de Québec, et personne ne prétendra qu\u2019il est le moins important des membres du cabinet Mercier.Que signifie cet oubli deux fois répété ?Y aurait-il anguille sous roche ?COLLEGE DE STE ANNE Le nombre des élèves est considérablement augmenté cette année au Collège de Ste.Anne la Pocatière.Il y aeu 70 nouvelles admissions depuis l\u2019entrée.Ce résultat est bien propre à réjouir les amis de l\u2019éducation et les personnes qui portent quelque intérêt à cette institution dont l'éloge n\u2019est plus à faire.- Ce collège compte cette année soixante ans d\u2019existence.Bien que son passé ne soit pas très long on peut dire qu'il a été glorieux.II a fourni au'clergé, aux professions libérales des hommes éminents par la vertu et par la sciende.La Providence semble donc continuer sa protection sur la grande œuvre de l'illustre M.Painchaud.Nous nous en réjouissons sincèrement.\u2018NOCES D'OR Ily aeu, hier, à l\u2019Hôpital-Général, un grand dîner auquel assistait Son Eminence le cardinal Taschereau en lhonneur des noces d\u2019or de M.l\u2019abbé Beaudry, ancien curé de Charlesbourg.Le Révd.M.Beaudry porte allègrement ses soixante et quinze ans.Avant d'être curé à Charlebourg où il exerça le saint ministère pendant 24 ans, ce digne apôtre passa quinze années à la Malbaie, de 1847 à 1862.11 fut aussi curé à Ste-Famille de l\u2019Ile d'Orléans pendant trois ans, et vicaire à l\u2019église de Québec depuis son ordination, le 23 septembre 1837 jusqu\u2019en 1844.Nous félicitons bien sincèrement le révérend M.Beaudry d\u2019avoir eu l\u2019insigne faveur, refusée à tant d\u2019autres, de célébrer un anniversaire aussi solennel, en même temps que nous faisons des vœux pour qu'il voie encore de longs et heureux jours.C GRANDE POLITIQUE Le gouvernement Mercier est un grand gouvernement.Il fait de la politique relevée.Il s'occupe beaucoup des juges de paix.Et il s\u2019en occupe souvent d\u2019une façon scandaleuse.,Ç On se rappelle les nominatione faites aux Trois-Rivières.Il y avait des repris de justice.Aujourd'hui voici le Nicolétain qui sb plaint d\u2019un autre abus : Les haloes et les ressentiments sont indignes d\u2019un chef de gouvernement dont la mission est de rendre justice égale à tous les sujets gouvernés.\u2018 Eh ! bien, le croira-ton ! le premier acte du gouvernement Mercier a été de destituer tous les juges de paix dans le comté de Nicolet et de les remplacer par des partisans politiques.Dans certaines paroisses, comme dans la ville de Nicolet, par, exemple, on nous a fait l'honneur d\u2019en nommer deux seulement dont les occupations ne leur permettent pas de siéger.Depuis ce temps là nous sommes à réclamer contre cette injustice de la part d\u2019un gouverment qui s'affuble faussement du manteau natto- nal.Le chef de l\u2019exécutif doit pourtant comprendre toute \u2019anomalie de cette conduite et les inconvénients qui peuvent en résulter, surtout dans une ville.Comment faire observer les lois de police et le bon ordre lorsqu\u2019il n'y a pas de juges de paix ?Nous avons déja fait remarquer cette lacune extraordinaire au gouvernement et depuis nous avons gardé le silence, espérant toujours que le fameux gouvernement national nous rendrait juati- ce et se conformerait aux vœux de toute une population honnête et honorable.Mais puisque le gouvernement persiste dans son aveuglement nous sommes forcés d\u2019élever la voix et de faire connaître ses faits et ses gestes aux électeurs.PR Nous luiferons aussi remarquer que le peuple de Nicolet ne ss laissera pas effrayer par les violences que les su pots du gouvernement se proposent d'employer contre les municipalités du comté, en commençant par la ville de Nicolet à laquelle une action de $683, vient d\u2019être intenté en recouvrement de la pension de quatre aliénés.La corporation municipale de Nicolet n\u2019a jamais refusé de payer ses dettes légitimes et le gouvernement pouvait fort bien se dispenser de faire payer des honoraires à ses avocats par notre ville.Ge n\u2019est pas de cette manière que M.Mercier s\u2019implantera à Nicolet.Nous en reparlerons.- .Nous appelons I'attention de nos . 1ccteurs sur les derniers paragraphes de cet article.a Le gouvernement poursuit la municipalité de Nicolet pour l\u2019entretien de quatre aliénés.Pourtant nous avons entendu dix fois les ministres actuels, lorsqu\u2019ils étaient dans l'opposition, crier contre cet énorme fardeau imposé aux municipalités, et déclarer que la loi devrait être aBbrogée aussitôt qu\u2019ils arriveraient au pouvoir.A.:la dernière session, M.Faucher de Saint-Maurice leur a rappelé leurs déclarations et les a mis en demeure de les répudier on de les mettre à effet Ils ont tous voté contre la motion du député de Bellechasse, et eujour-.d\u2019hui ils poursuivent les municipalités sans merci.Telle est leur consistance.SCANDALES MUNICIPAUX L'enquête au sujet des prévarications municipales est commencée depuis quelques jours à Montréal, devant un cemité dont le maire est président.Les accusations ont été portées sous des signatures responsables.M.Hugh Graham, du Siar, asigné\u2019 les deux dénonciations suivantes : \u201c Quand fla question du\u2019 contrat de l\u2019éclairage au gaz était pendante devant le conseil de ville, et que la soumission de la compagnie du gaz de Montréal pour éclairer les rues de lawille et four-} nir le gaz aux citoyens était sous considération, les parties intéressées dans la: dite compagnie du gaz et dans la dite; et dans la dite soumissioz et d\u2019autres\u2019 personnes, en leur propre nem et de la part de la compagnie du gaz de Mon-, tréal, ont influencé d\u2019une manière cor-: œuptrice et illégalement des membres: du conseil de ville pour qu\u2019ils suppor-: {assent la dite soumission et fissent servir leur influence pour assurer l\u2019adoption par le conseil de ville de la dite' soumission.1 ** Montréal, 17 septembre 1887.\u201c HueH GRAHAM.\u201d u Date l\u2019affaire du contrat des vidanges de Dumaine et Larin, en 1884 et 1885, de l'argent et d'autres considérations furent donnés pour influencer les membres du conseil-de-Ville, en accordant le dit contrat à Dumaine-et Larin, et en rescindant le même contrat.** HucH GRAHAM.\u201c Montréal, 20 septembre 1887.\u201d M.Nolan Delisle, de son côté a soumis cette accusation : * Quant il s\u2019agit de retrancher du plan homologué pour \u2018le quartier St Louis une partie de la rue Fortier, en 1886, les membres du conseil-de-ville ont illégalement et par corruption soutiré des sommes d\u2019argent et d\u2019autres valeurs, pour eux-mêmes ou pour leurs amis, comme prix de leur appui accordé à une requête pour faire retrancher la dite rue du dit plan homologué.\u201c N.DeLISLE.\u2018 Montréal, 20 septembre 1887.\u201d Ces accusations sont graves et elles émeuvent à bon droit 'opinion,dans notre ville-sœur.La Patrie dénonce avec amertume la manière d\u2019agirdu Conseil, qui ou- Vre une enquête sur des dénonciations où-les accusés ne sont pas nommés.D'\u2019ici.à quelques temps, les affaires municipales de Montréal vont être un * sujet d'attraction.+ - Nouveau presbytère Les paroissiens de-St-Léonard, Madawaska, vont construire un nouveau presbylère, à leur bien-aimé curé, M.A.Launiére.M.BLAKE .M.Blake avait été élu aux dernières élections générales pour deux divisions électorales, West-Bruce et West- Durham.Il avait eu au delà de 1000 voix de majorité dans Bruce, et une centaine de voix sealement dans Durham.Son élection dans cette dernière division ayant été contestée, M.Blake n'avait pas opté encore.Mais la contestation est maintenant terminée, et l'ex-chef de {'opposition vient d'opter pour West- Durham.Il a annonoé sa détermination & ses électeurs de Bruce, par la lettre suivante : re MessiEuns.\u2014Wu les doutes exprimés sur mon droit de me démettre du man dat de West Broce pendant la contes tation de West.Durham, j'ai cru qu\u2019i valait mieux ne pas suivre mon propre sentiment et retarder tonte action.Matntenant que la -contestation est finie il convient de woir le plus tôt possible à la représentation de chaque comté séparément.C\u2019est la troisième fois qu\u2019on me fait l\u2019honneur de m\u2019élire en même temps dans deux places différentes.Les deux premières - fois l'intérêt général m'a fait opter pour Bruce et je me suis démis en conséquence à Durham.Cette fois l\u2019intérêt généal semble me faire une loi d'opter pour West Durham ; j'abandonne-en conséquence le comté de Bruce.En vous remettant le mandat que vous m\u2019aviez confié je ne puis que vous renouveler l\u2019eypression de ma vive reconnaissance pour cette grande marque d'estime ct vous assurer que je me sentirai toujours attaché à vous par les liens les plus étroits et désireux de promouvoir vos intérêts.Je me Malte d\u2019espoir qu\u2019il me sera permis un de ces jours de vous exprimer en personne le seutiment que m\u2019a fait éprouver votre bienveillance.Votre fidèle, etc, Epovarn BLAKE.Nous ne croyons pas qu\u2019il y ait de lutte dans le comté de Bruce-West.fi tt \u201c ORDINATIONS.Son Eminence le Cardinal Archevêque Taschereau a fait, jeudi, les ordinations suivantes, dans ia chapelle du Grand-Séminaire : Tonsure :\u2014Henri Simard, Arthur Vincent, Jean-Baptiste Derome,Adjutor Faucher, Pierre Godbout, Ulric Brunet, Wilfrid Carrier, Ludger Dumais, F.X.Garneau, Philéas Turcotte, Auguste Marcoux, Ls Doucet, de l\u2019archidiocèse de Québec, et Alexander McLellan et Daniel Reid, du diocèse de Charlottetown, Ile du Prince-Edouard.Ordres mineurs :\u2014John McMillan, et Patrick- August McElmeel, du diocése de Charlottetown ; Prudent Théberge, Aldéric Boilard, Charles Langlois et Théodore Mercier, de larchidiocèse de Québec ; Joseph Ourry, de l\u2019archidiocèse d\u2019Halifax, et Ronald McDonald, de la Préfecture A postolique de Terre-Neuve ; JacS- Emerson, du diocèse de Manchester, et Francis McMurray, du diocèse de St-Jean, Nouveau-Brunswick.Samedi, à la Basilique, les MM.suivants ont été reçus sous-diacres : George Montreuil,de l'archidiocèse de St-Boniface ; Abraham Vaillancourt, Léon Rochette, Théodore Trépanier, Albert Dion, Joseph Gignac, Albert Côté, Alphonse Caron et Edouard- Auguste Richard, de l\u2019archidiocèse de Québec ; James Riley et John Finen, du diocèse de Manchester.Dimanche, Son Eminence a conféré le diaconat à MM.George Montreuil, À.Vaillancourt, L.Rochette, T.Trépanier, À.Dion, J.Gignac, J.Riley, A.Côté, A.Caron, J.Finen et E.-A.Richard, = Co JOURNAL, DES CAMPAGNES p | ; DEPECHES AFFAIRES D'IRLANDE Cork, 23.\u2014M.O'Brien accusé de sédition par le gouvernement d\u2019après l\u2019acte de coercition, a été conduit de la prison de Cork à Mitchellstown pour subir son proces.Lorsqu'il quitta la ville escorté d'un détackement de hussards et de police, il fut acclamé à outrauce.A Mitchellstown une foule énorme s\u2019était réunit et fit 4 M.O'Brien une véritable ovation.Cette foule paraissait très excitée.M.O'Brien fut conduil au alais de justice.La cour était encom- rée : on.remarquait un grand nombre de dames anglaises venues pour assister au procès.O'Brien reçut quantité de bouquets.La cause d\u2019O'Brien une fois commencée, ON à fait venir et entendu comme témoins plusieurs homines de police.Tl out juré de mémoire que le langage tenu par O'Brien tendait à pousser ses auditeurs à se livrer à des actes dè violence.CHOLÉRA A NEW-YORK New-York, 23\u2014Le steamer français Alesia, capitaine Valleat, de la ligne Fabre, est arrivé à la quarantaine hier soir venant de Marseilles et Naples.Il avait:à son bord 3 passagers de chambre et 561 de pont.A son arrivée dda quarantaine, on a découvert quatre cas de choléra asiatique parmi les passagers de pont.Huit personnes sont mortes du - rant la traversée.Les passagers du steamer Alesia seront gardés en quarantaine durant au moins huit jours.Le docteur Smith, officier de santé, a fait un examen soigneux de tous les passagers et il a trouvé que 4 autres passagers étaient aussi atteints du choléra à part ceux constatés par le médecin du bord.\u2018Trois sur les quatre découverts par le docteur Smith seront probablement morts avant ce matin, pendant que ceux constatés par le médecin du berd échapperont probablement.Washington, 23\u2014Le Dr Hanulton, médecin général du service des hôpi taux du matin, a dit ce soir que lari vée d\u2019un seul navire à New-York avec le choléra asiatique à bord ne doit pas être une cause d'alarme.L'histoire de cette épidémie nous enseigne que ce n\u2019est qu\u2019à la suite de \u2018plusieurs arrivages de navires infectés, que cette maladie se propage dans un pays.Uette maladie n\u2019est pas indigène et le climat du pays n\u2019est pas favorable à sa propagation.Cependant comme loules les autres maladies contagieuses, elle | Peut y être importée si on ne prend pas des précautions.Des ordres ont été donnés aux stations de navire de Cap Charles et Delamare Breakwater de retenir tout navire venant de l\u2019Italie et do faire rapport au département.LES ANAROCHISTFS DE, CHICAGO Chicago, 21.\u2014Une circulaire aux tendances anarchistes est répandue en cette ville.Elle est adressée \u2018\u2018Aux ouvriers des Etats-Unis et de l\u2019Amérique du Nord.\u201d Cette circulaire dénonce la sentence rendue par la Cour Suprême de l\u2019Illinois ; parle du capitaine Bonfield comme du \u201c\u2018 bandit notoire de la police \u201d et vilipende le juge Gary.Elle est ' signée par \u201c La fédération des Unions de Commerce \u201d et a été imprimée à New- York.M.O\u2019Donnell, capitaine de la pvlice, a téléphoné dans toutes les parties de cette ville d\u2019avoir l\u2019œil bien ouvert sur les personnes distribuant cette circulaire et de les arrêter.SUR LA FRONTIÈRE ALLEMANDE Paris, 26\u2014Les détails suivants sont arvenus sur une échauffourée qui a eu feu sur la frontière franco-allemande à Roan-sur-Plaine.Samedi matin, cinq sportmen et quatre éclaireurs longeaient le sentier sur Je territoire français à sept milles de la frontière, Jorsqu\u2019une p-rsonne postée derrière un taillis d\u2019arbres du côté allemand, tira sur eux trois coup de fusil.La première balle n\u2019atteignit personne, mais la seconde tua raide l\u2019un des éclaireurs nommé Briguvn et la tro.sième at- teignit un nommé Mauger, do l\u2019école de la cavalerie de Saumur, qui fut griève ment blessé.Les officiers allemands déclarent (qu\u2019un soldat prussien nommé Hauffman que l\u2019ou avait envoyé pour assister les gardes pour empêcher tout braconnage a fait feu.Hauffman rapporte qu\u2019avant - de tirer sur eux, il leur à criétrois halte : halte.* Il croit qu\u2019ils élaient sur le territoire allemand.Les sporimen déclarent de leur côlA qu\u2019ils n\u2019ont rien entendu.Les autorités «:s deux côtés font des investigations.0) Paris, 26\u2014Oua dia e c sont des gardiens allemands à la frontière qui ont fait feu sur les français à Roan-sur- Plaine.lls étaient dans l\u2019erreur et avaient pris ces français pour des braconniers qui refusaient de se rendre.Les journaux de cette ville demandent au peuple de rester calme afin de ne pas embarrasser :e gouvernement dans le règlement de cette affaire.On iasiste de toutes parts auprès du gouvernement pour qu'il exige une réparation complète.Le peuple en-France est évidemment fort mécontent de cas incidents qui se répetent que trop fréquemment àla .frontière allemande.On redoute que la patience du peuple vienne à se lasser et qu'il en résulte auelque explosion popu- aire.M.Rouvier a eu aujourd'hui une entrevue avec le ministre des affaires etrangeres el le ministre dela justice au sujet de l\u2019incident de la froutière, après avoir reçu un rapport officiel.Il a été décidé d'envoyer une note à Berlin demandant au gouvernement allemand, en vue de continuer les relations d'amitié existantes, de faire sans délai une enquête à propos de cette af- aire.Le comte Von Munster, ambassadeur allemand en cette ville, dans une entrevue avec M.Flourens, à dit qu\u2019il regrettait l\u2019incident de la frontière et a assuré que justice serait rendu par le gouvernement allemand.| \u2018 Le Temps dit : \u201c L'opinion publique ne serait pas justifiable de se hâter à propos du l'incident de la frontière.En même temps il est impossible de ne pas remarquer que si les iucidents à la froutière ne cessent pas, on doit croire que les Allemands ont réellement des iutentions que leur gouvernement dé- suvoue.Il pourrait se faire que cet incident fut dû à un zèle excessif et dans ce cas, C\u2019ust aux deux gouvernements à modérer la rigueur de leurs instructions et à choisir des personnes prudentes pour leurs agents.\u201d LE CHOLERA New York, 24\u2014Le steamer Alesia est à l\u2019ancre dans le bas de la baie, près des Îles de la quarantaine.Les malades sont à l\u2019hôpital de l'ile Swimburne.Trois d\u2019entre eux, savoir : Cornelli Cardi, Gugliebuo Helmigi et son enfant de quatre ans vont probablement mourir.Les autres ont plus ou moins de chances d\u2019en réchapper.Le reste des pa:sagers de l'équipage, à part trois passagers de chambre et qui sont au nombre de 551 personnes, sont sous surveillance médicale à l\u2019ile Hoffman, S'il ne se déclare pas de nouveaux cas parmi eux, la quarantaine sera levée dans 8 à 10 jours.Les pass agers de chambres sont restés à bord du steamer.Le steamer a été parfaitement nettoyé et soumis à la fumigation.Mercredi prochain on permettra d'embarquer à bord.Otiawa, 21\u2014Les officiers du ministère de l'agriculture disent que l'on a pris des mesures très savères pour empêcher le choléra de s\u2019introduire dans le pays.Muntréal, 25\u2014En réponse à un télégramme envoyé au secrétaire du bureau de santé de New-York, le prés.dent de notre bureau provincial de santé a reçu un télégramme l\u2019informant que toutes les précautions avaient été prises au sujet espersonnes atteintes de choléra à ew-York.À une assemblée du bureau hier soir, il a été décidé de demander à l\u2019officier médical de santé de cette ville d\u2019exercer une stricte surveillance sur les quartiers italiens à Montréal et aussi sur l'importation des chiffons qui peuvent venir des ports infectés en Italie.Ila aussi été dit à cette assemblée qu\u2019environ 200 bureaux locaux de santé avaient été formé dans la province. - \u201chw .: ~ [RR Lot JOURNAL DES CAMPAGNES 4 mtr \u2014\u2014 .\u2014 Tragédie à St Pierre Isle d'Orléans IMPRUDENCES IMPARDONNABLES BNQUÊTE DU CORONER Encore un accident à ajouter à la lougue liste de ceux dont nous sommes les témoins depuis quelques sem saines C\u2019est à St Pierse, île d'Orléans, qu'il est arrivé et édtadpec sont trois jeunes enfants, âgés @yj$pectivement de 12, 9 et 7 ans.Voici les faits qui s\u2019y rapportent.Jeudi dernier, le major Oscar Provost surintendant de la cartoucherie du gou- versement, est allé sur l\u2019ile avec un détachement de la batterie B, Four faire l\u2019essai d'un projectile explosible de 64 charges avec de la poudre dont il s\u2019agissait d\u2019établir la force.Ces bombes, qui sont coniques, ont 16 pouces de longueur et 6 pouces de diamètre, et elles contiennent une charge de 7 livres et 2 onces de poudre.On lança une douzaine de ces obus sans s'occuper si elles firent loutes explosion.Il nous semble qu\u2019on aurait dû s\u2019assurer de ce fait.La preuve en est que nous n\u2019aurions pas à déplorer au- jourd'hui un accident austi regrettable.Dans l\u2019après midi de jeudi, quatre des enfants de Pierre Godbout ramassèrent les projectiles qui avaient été lancés, entre autres deux encore remplis de poudre.Imprudent comme on l\u2019est à cet âge, l\u2019un d\u2019entre eux, celui de douze aus, enleva la vis qui tient le projectile hermétiquement fermé, puis il fit une traînée de poudre à laquelle il mit Je feu.On s\u2019imagine ce qui s\u2019en suivit.Le plus vieux eut le bras cassé et un éclat d\u2019obus lui transperça le corps.Le plus jeune ent le cœur et une partie des pou mons emportés par uu autre morceau de fer.Tous deux, il va sams dire, furent tués sur le coup.Le troisième a eu le corps troué, mais il à pu survivre quelques minutes.Le quatrième, âgé de 11 ans n\u2019a que quelques brûlures de peu de gravite.Les parents sont plongés dans le plus profond chagrin.Le père a quarante ans et la mère trente ciag.Il leur reste encore 5 enfants dont l'aîné est âgé de 14 ans et le plus jeune de 8 mois.Les funérailles des victimes de ce déplorable accident auront lieu demaia matin.M.le coroner Belleau tiendra une enquête aujourd\u2019hui, sur les circonstances, qui ont accompagné cette lugubre tragédie.M.le coroner Belleau est allé hier a St Pierre, Ile d\u2019Orléans, pour ouvrir une enquète sur la tragédie de samedi Il s\u2019est rendu naturellement chez M.Pierre Godbout, père infortune des malheureux enfants victimes de l\u2019accident.Toute cette famille est plongée dans u£e désolation que l\u2019on conçoit facile- roent.Le coroner a assermenté le jury suivant : Amable Durand, président, Jos.Letourneau, François.Pichette, Octave Cantin, Célestin Pichette, Louis Pichette, Louis Pichette, fils de François, Abraham Durand, Phidyme Pichette, Napoléon Turcotte, David Durand, Napoléon Lachance, Louis Lachance et rançois Nolin.M.Pierre Godbout, père des trois défunts, a été entendu le premier.Voici le résumé de son témoignage : Il a identifié les cadavres.La dernière fois qu\u2019il a vu ses enfants, c'était le samedi matin.Il y avait Joseph, âgé de douze ans, Louis, de 11 ans, Alphonse, de ueuf ans, et Arthur, sept ans.Godbout est parti,ce matin-là,pour aller au moulin du Petit Pré, avec Jean Leclerc, après avoir dit aux garçons d\u2019aller arracher des pommes de terre.Comme il s\u2019ôn relournait en chaloupe, vers dix heures, il entendit une explosion sur la grève de St-Pierre, et vit son fils Louis qui l\u2019appelait, et criait nue ses frères étaient morts.MM.Godbout et Leclerc abordèrent en hâte età trois arpents environ trouvèrent Joseph et Arthur, morts tous deur.Alphonse vivait encore mais expira quelques minutes après.Il y avait près de là un tas de bombes\u2014envi- ron quatre-vingt\u2014ramassées dans le cours de l'été, sur la grève et dans les terres cultivées.Toutes ces bombes étaient vides, sauf elle ramassée par les enfants, qui a fait | explesion comme nous l\u2019avons raconté hier, et une autre trouvée sur la terre de François Pichette.Jeudi les cultivateurs n\u2019avaient pas été avertis qu\u2019il y avait tir.; Jean Lecierc a corroboré le témoignage de Godbout.Lovis Godbout, frère des viclimes à raconté comment l'accident est arrivé.Son récit est idenlique à ce que nous avons déjà publié.Le docteur Charles Errold Lemoine 2 déclaré que les défunts sont morts des suites des blessures causées par l\u2019explosion des bombes.L'enquête a été ajournée à vendredi.|.Tout le monde à St-Pierre se plaint de la négligence des militaires qui vont tirer à la cible.Durant la saison d\u2019été.c\u2019est à peine siles cullivateurs osent aller travailler à leurs champs dans cette direction.Une pluie de fer s'abat sur toute cette partie de la paroisse.Les bombes et les boulets vont creuser leurs sillons jusque dans les champs cultivés.On ne s'inquiète pas de corstater si les obus ont éclaté ou uon.Les bestiaux sont exposés constamment.Il est vraiment regrettable de constater un tel état de choses.Des cultivateurs disaient qu\u2019ils en étaient réduits à travailler leurs champs la nuit.M.Taschereau de la société Montambauet Langelier et Langelier représentait à l\u2019enquête la famille des défunts.L'ANARCHIE EN IRLANDE Limerick.27\u2014Les militaires et la olice assistaient à l\u2019éviction de Michæl ane et de sa famille, tenanciers du colonel Meadows.f.e malheureux a opposé une résistance acharnée et Madame Lane, armé d\u2019un tisonnier, a fendu le crâne de l'inspecteur de ja police, M.Riley.Madame Lane, son mari et son frère ont été arrêtés.Les deux derniers out été horriblement battus.20rk, 27-\u2014Un certain nombre de lisses sur le chemin de fer entre Cork et Youghal et que la police devait traverser pour sc rendre à l'héritage Ponsonby pour aider aux évictions anjourd\u2019hui ont été enlevées hier la nuit.On a aussi coupé les fils télégraphiques.Le capitaine Plankett est arrivé à Youhal pour surveiller les évictions.Dublin, 27\u2014 À l\u2019assemblée de \u2018quinzaine de la Ligue nationale tenue en cette ville aujourn\u2019hui, plusieurs anglais se sont faits enregistrer comme membres.Le Lord maire Sullivan, qui présidait l\u2019assemblée, a déclaré que la tentative du gouvernement de supprimer la ligue avait complètement échouée et que cette société était dans un état prospère.Le lord-maire Sullivan a écrit une lettre demandant à être admis membre de la branche dela ligue à.Mitchellstown.Il félicite dans la même lettre Ja population de Mitchellstown d'avoir opposé de la résistance à la mise à exécution de l\u2019Acte des Crimes.Les évictions commenceront demain sur I'héritage Ponsonby.MM.O\u2019Brien, Labouchére et d\u2019autres députés seront présents.: L\u2019INCIDENT FRANCO- ALLEMAND Paris, 27.\u2014A la séance du cabinet aujourd\u2019hui, l\u2019incident qui a eu lieu à la frontière samedi dernier a été discuté.M.Flourens, ministre des affaires étrangères, a dit que l'Allemagne avait déclaré qu'elle ne pouvait trop profondément regretter cet incident et qu\u2019elle donnerait toute réparation possible si les feits allégués par la France étaient prouvés.Les journaux.avjourd\u2019hui, faisant des commentaires à propos de l'incident de Roan-sur-Plaines, s'accordent à dire que cette affaire est moins grave qu\u2019on serait d'abord porté à le Croire.Ils ne doutent pas non plus que l'Allemagne va offrir réparation.LE CHOLERA Rome, 26.\u2014Voici le bulletin du choléra pour les dernières 24 heures : Messine.113 nouveaux cas, 49 décès.Gatane\u2026 6 \u201c 8 « Palerme 3 fe 3 * Total.127 + \u201c60 ae POUR L'USAGE DES PILULES D'AYER.e\u2014 DOSES \u2014 Pour ayir douce- RS ment sur les intestins, de AYE 2 à 4 pilules: énergiquement, de 4 à 6 pilules, LLS L'expérience seule peut X décider de la dose dans P mb chaque cas.Pour la Constipation, il w\u2019y a pas de re- mide plus efficace que les PILULES D'AYER.Elles assurent les fonctions journalières des intestins et les remettent à leur état normal, Pour Indigestion, ou Dyspcpsie, los PILULKS D'AYER sont guérison essurée.Gastralgie, Perte d'Appétit, Estomac Chargé, Flatulences, Vertiges, Maux de Tête, Nnusées, tous sont soulagés et guéris par les PILULES D'AYER.: Daus les Maladies du Foie, los Dé sordres Bilieux, ot la Jaunisse, les Pr- LULES D'AVER daivent être données en doses nssez fortes pour stimuler le foie ct les intestins, et déloger la constipation.Comme médecine du printemps pour pucifler le sang, ces PILULES sont sans égales.\u2019 Les Vers, angendrés par l'état morbide des intestins, sont expuleées par ces PILULES.Eruptions, Maladies de la Peau, Hémorroïdes, résultant de l'Indigestion ou de In Constipation, sont guéries par l'usage des PILULES D'AYER.Pour les Rhumes et Refroldissements, prencz les PILULES D'AVER pour ouvrir les porcs, et calmer la fièvre.Pour la Diarrhée ot ln Dyssenterie, causées par un froid subit, une nourriture indigeste, etc., etc., les PILULES D\u2019AYER sont lo vrai remède.Les Rhumatiemes, la Goutte, la Névralgle, ot la Sciatique, souvent résultant de désordres digestifs, ou de refroidissements, disparaissent aussitôt la cause enlevée par l'usage des PILULES D'AYER.Les Tumours, l\u2019Hydropisie, les Douleurs des Reins, et autres désordres causés soit par débilité, soit par obstruction, sont guéris par les PILULES D'AYER.La Suppression, et l\u2019Écoulement Pénible des Menastrues, trouvent un remède sûr et toujours prot dans les = : 3 Pilules d\u2019Ayer.On trouvera sur chaque boite des directions complbtes et détalllées, en plusieurs langues, PRÉPARÉES PAR LE Dr.J.C.Ayer &Co., Lowell, Mass.En veute chez tous ies Pharmaciens.Livres a Vendre On offre en vente à ce bureau à des conditions raisonnables, un ouvrage en deux volumes de l'Encyclopédie-Roret.Ces volumes traitent de menuiserie, du bois à employer, de l'outillage.Ony trouve aussi des notions d'architecture, de dessin, etc.L'édition est de 1882.Cet ouvrage peut être d\u2019une grande utilité aux menuisiers, aux charpentiers, aux architectes, aux dessinateurs etc.S'adresser pour les conditions à ELZEAR BEDARD agent du Journal des Campagnes.Lee Na FIG AAS SRV, échos & nouvelles - Terrible accident A midi moins quelques minutes, hier un terrible accident a mis en émoi la population du faubourg St-Jean.Deux petits garçons âgés respectivement de 34 ans et 5 ans, enfants de M.Edouard Robitaille, charretier, qui habite au No 254 rue Richelieu, se rendaient chez leur oncle M.Olivier Robitaille, messager eu chef de l'Assemblée Législative, rue St-Jean.Tis montèrent larue Sutherland jus qu\u2019à la rue St-Jean, et comme un omnibus arrivait de la Haute-Ville, le plus âgé a franchi seul la voie ferrée, laissant là son petit frère qui fut renversé sous les pieds des chevaux et qui eut ensuite le bras droit tranché complètement par une des roues du lourd véhicule.Le conducteur Pâquet, qui causait alors avec un autre homme, arrêta son attelage aussi vi'e qu\u2019il le put, en voyant l\u2019enfant renversé, mais il étaittrop tard, et l'enfant expira lorsqu\u2019il le retira de dessous la voiture.L'enquête que M.le coroner Bolleau tiendra au sujet de ce déplorable accident étadlira sans doute les responsabilités de chacun.Départ pour l'Europe Le R.P.Herbeteau, S, J., est parti pour la France, après un séjour de trois annéesau Canada.Le Révérend Père était professeur de théologie au Grand Séminaire des Trois-Rivières.\u2014L\u2019Ague-Cure d\u2019Ayer guérit infailli blement tous les cas de malaria.En vente chez .tous les droguistes : Prix un dollar.Démolition du manége On à commencé samedi matin à démo- lir- ancien manége, Drill Shed, sur la Grande Allée.Bref, mais précis La dyspepsie est redoutable.Le foie en désordre est une misère.L'indigestion est l'ennemi d\u2019une bonne nature.L'appareil digestif humain est une des choses les plus compliquées et les plus merveilleuses de l\u2019existence.Il est facile de le déranger.Une nourriture grasse, dure, salée, Una mauvaise cuisine, les tourmeuts de l\u2019esprit, des heures retardées, des habitudes irrégulières, et plusieurs autres choses qui ne devraient pas exister, on- fait des Américains un peuple de dys peptiques.: Mais la Fleur d\u2019Août de Green a fait beaucoup pour réformer cette mauvaise affaire et rendre le peuple américain si plein de santé qu\u2019il peut bénéficier de ses repas et être heureux.Souvenez-vous : Qu'il n\u2019y a pas de bonheur sans santé.Mais la Fleur d'Août de Green apporte la santé et le bonheur au dyspeptique.Demandez-en une bouteille à votre droguiste.Soixantequinze ceuts.En voie de construction Le chemin de fer Québec, Montmo\u2019 rency et Charlevoix est une affaire déci\u2019 dée.Une centaine d\u2019hommes ont com\u2019 mencè à travailler à Beauport et l\u2019automne prochaine, le chemin sera ter miné jusqu\u2019à Ste-Anne de Beaupré, distance de 21 milles de Québec, Pêche à l\u2019éperlan La pêche à l\u2019éperlan est commencée.Depuis une couple de jours les amateurs de cette pêche s'en donnent à cœur-joia Le fou dans les bois La famée épaisse provenant des feux dans les bois, s\u2019est répandue sur le fleuve et a arrête la navigation.La fumée est si dense à Montréal qu\u2019elle fatigue beaucoup la vue des personnes qui se tiennent en plein air et qu\u2019on cherche vite à rentrer dans les Maisons pour se reposer la vue.On dit qu\u2019il y a des feux partout et dans toutes les directions, mais le plus gros de la fumée vient de la région de la rivière Ottawa.Les feux de forêts dans le haut de l\u2019Ottawa sont terribles.Vendredi der- Dier les demeures de 16 familles ont été consumnées.Si le vent n\u2019avait pas changé tout le village de Guyon y aurait passé.La fumée rend les rues très sombres et c'est à peine si on peut distin- guèr d\u2019un bloc de maison à l\u2019autre.Courageux Le révérend M.A.Côté, missionnaire de St Patrice de la rivière Pencôte, des îles Moisie et des Sept Iles,est parti pour Québec en chaloupe accompagné de deux jeunes gens dont l\u2019un est malade et incapable de manœuvrer.Ce courageux missionnaire est allé à la Bonne Sainte-Anne, puis il;viendra à Québec pour retourner dans ses missions aussitôt ses affaires terminées.[ M.l\u2019abbé Côté est un jeune prêtre de grand mérite, qui consacre tout son temps et son avoir aux pauvres missions dont il a charge.ll accomplit une grande œuvre.Achat de magasin Le fond de magasin de l\u2019ancienne maison de commerce Chinic & Beaudet a été vendu hier parencan sans réserve et au comptant à M.Boyce, marchand de jouets de la rue St-Jean.Mort a l\u2019étranger Une dépêche reçue hier après - midi des îles St-Pierre Miquelon nous apprend la mort presque subite de M.Louis Turgeon, fils de M.Louis Turgeon, mai- tre charretier de cette ville.Le défunt était âgé de 33 ans, et pére;de plusieurs enfants.Mort subite M.Philippe Bélanger, employé au greffe de la Cour Supérieure est mort subitement ce matin à sa résidence.IL avait trente-deux ans de services. FOR 7 4 A yo 708 © aS \u2018 - : Plaintes Pred.de Kastner, un francais bien coñnu et qui demeure À Québec depuis plusieurs années, se plaint \u2018dans les journaux de la ville de ce que les membres de la société de bienfaisance française n\u2019ont pas été invités an bal donné parles officiers de la ** Minerve, \u201d la semnine dernière.Pour cela \u2018il hlâme M.Dubail, consul général de France, le président honoraire du la société qui aurait dù voir à ce qu\u2019on leur envoya des invitations.° Accidents M.Joseph Louisa été victime d\u2019un pénible accident mercredi dernier : M.Louis était au moment de l'accident en compagnie de son beau-frère, M.Botterell, et de M.Georges Renfrew.Ces messieurs suivaient en voiture le corbillard qui portait au cimetière Mount Hermon la dépouille mortelle de M.Morkill.Rendu près de la prison, le cheval de M.Louis s\u2019est mis à reculer, renversant la voiture dans un fossès.M.Louis a ouvert la portière et a saute, mais au même moment la voiture versait lui cassant la cuisse près de la hanche.Les amis de M.Louis l\u2019ont tranporté chez lui où M.le docteur Collin Sewell lui a donné ses soins.Hier au soir le malade souffrait beaucoup mais aucune compli cation dangereuse n\u2019est à craindre.\u2014Un jeune garçon qui se promenait hier dans un tombereau à charbon, sur le quai Crawford, a été lancé sur le sol le véhicule ayant heurté une grue, et s\u2019est fracturé un bras.En voyage M.Henri Garneau, de la maison Garneau et Cie, part pour l\u2019Europe.le 6 octobre, A bord du Parisian ; il vas\u2019occuper des affaires de la maison.; M.Zotique Garneau, de la même maison, part ces jours-ci pour un voyage commercial dans les paroisses d\u2019en-bas sur l\u2019Intercolonial.Nouveau diocèse Sur la demande des évêques de la province ecclésiastique de Santa-Fé, E.U., la Sacrée Congrégation de la Propagande a proposé au Saint-Père d\u2019ériger le vicariat apostolique du Colorado en diocèse, sous le nom de diocèse de Denver.Sa Sainteté a approuvé la proposition et a nommé Mgr Machebeuf, précédemment vicaire apostolique du Calorado, premier évèque de Denver Le Souverain Pontife a daigné en même temps accorder au vénérable prélat pour évêque coadjuteur M.Nicolas atz.: Neige Il est tombé de la meige hier et en descendant le fleuve on pouvait en voir sur les montagnes en arrière du Château Richer, Le capitaine du \u201c* Lake Superior \u201d, qui est arrivé dans notre port, rapporte aussi de la neige dans le bas du fleuve.Echos du Saguenay \u2014Les élèves du petit Séminaire ont présenté samedi une adresse à Mgr Paquet recteur de l\u2019Université-Laval.Un congé leur a été accordé lundi en son honneur.Nous regrettons d\u2019apprendre que MA.A.Hudou, magistrat de district.est assez sérieusement malade d\u2019une inflammation d\u2019intestins.\u2014M.S.Bouchard, ecclésiastique du Séminaire est parti samedi dernier pour le Séminaire ds St Hyacinthe où il enseignera les Eléments.\u2014M.P.A.Guay s\u2019est engagé envers la maison Prince & Co à faire l'hiver prochain 30,000 billots \u2014Dernièrement la foudre est tombée sur les étables de M.Emilien Tremblay de St Anne, et sa maison.Un cheval a été tellement blessé qu\u2019on devra le tuer sous peu.« Mde Tremblay à été assez grièvement blessée.Examens pour la médecine Nous apprenons avec plaisir l\u2019admission à l\u2019étude de la médecine de M.Leger Brousseau, fils du propriétaire du Courrier du Canada.MM.A.Blouin,et P.Boisseau ont aussi été admis.a Nos félicitations aux heureux candi- ats.Les examens se sont terminés vendredi soir, Sur cinquante-six candidats vingt- neuf ont été admis.Accident sur fle Pacifique Le train express ayant quitté Ottawa hier à 4.50 p.m.pour Montréal, a subi un accident à trois milles plus bas qu\u2019Eastmans S,ring.Les sleepers sur la voie ayant pris feu, les rails se.détendirent et ls-train fut lancé en bas de la voie.Il y avait 158 passagers sur le train au nombra d- squels ss trouvait Sir A.P.Caron.Personne n'a été blessé.Le trafic sera repris demain.Mort subite Un paroissien de St Charles ds Bellechasse, M.J.Plante est mort subitement dimanche soir.Il avait passé ta veillée à converser avec son.beau-frère, M A.Gosselin, avocat de Québec, et c\u2019est en allant se mettre au lit que la mort l\u2019a frappé.Il était âgé de 54 ans, et était beau- frère de M.A.Goss-lin, avocat, Québec et F.X.Gosselin, commis de la maison Beaudoin, de Lévis, Incendie Un incendie s\u2019est produit vendredi à bord du convoi express de l\u2019Intercolo- Dial et a causé des dommages pour une somme de $4,000.La voie de l'Intercolonial où a eu lieu la terrible collision n\u2019était pas encore déblayée et il a fallu transporter les passagers et le bagage du convoi express de l'antre côté des décombres où on avait formé un nouveau convoi.C\u2019est lorsqu: ce dernier s'esl mis en marche que le feu s\u2019est déclaré dans le char à bagage ayant pour cause, probablement les étir celles s\u2019échappant de la cheminée de la locomotive.On sait que ce char est divisé en deux compartiments dont l\u2019un est réservé au bagage et l\u2019iiutre au conducteur de malles.I! n\u2019y a pas de commu- nicatiou d\u2019un compartiment à l'autre.Le feu a consume tout le bagage et a communiqué daus le compartiment du conducteur de malle, detruisant nombre de lettres dont plusieurs étaient enregistrées.Mariage Ce matin, à six heures, dans l\u2019église du Bon-Pasteur, Mgr Racine, évéque de Sherbrooke, a béni le mariage de notre ami le docteur Arthur DeBlois, avec mademoiselle Marie-Louise Roy, fille de feu le docteur Louis Roy, de cette ville.Les témoins étaient, pour le marié, M.DeBlois, son père, et pour la mariée M.Elzebert Roy, son frère.On remarquait au chœur MM.les abbés A.A.Blais et Raymond Casgrain.Les jeunes époux sont partis pour Monyréal et Newport par le train de neuf heures.Nos meilleurs souhaits les accompagnent.Encore le feu à Montréal TROIS SINISTRES ENORMES DOMMAGES Montréal semble voué au feu.Dans la nuit de dimanche à lundi troisim- menses incendies ont désolé la métropole commerciale.Le premier incendie a consumé les bâtisses de la Montréal Fourniture Cie, au coiu des rues Richmond jet St-Jacques.Lorsque les pompiers sont arrivés les flammes avaient déjà \u2018faitla moitié de leur œuvre.L\u2019incendie a gagné de proche en proche et dévoré presque tout le bloc situé entre les rues St-Martin, St- Antoine, Richmond et St-Jacques.De tous côtés on voyait les parents et les enfants sortir à demi vêtus de leurs maisons en flammes.C\u2019étaient navrant.Les marins e: officiers de la Tournaline ont rendu de grand services.Les pertes sont $175,000.Vers le même temps l\u2019hôpital StRoch, pour les variolés, près de la Montagne, était la proie des flammes.Les pompiers, étant obligés de se diviser pour aller à l'incendie de la rue St Jacques, il n\u2019en est resté qu\u2019une poignée qui ont fait bravement leur devoir.Tout l\u2019ancien hôpital St Roch a été consumé.Pertes $20,000.FEU AU COTEAU SAINT-LOUIS La résidence de M.John Tait, de la société Bark et Tait, a été réduite en cendres hier matin, dit la Presse.Cette bâtisse, située sur la rue Robin, Mile- End, était à deux étages.Le feu éclata un peu après minuit et les pompiers de Saint-Louis du Mile-End furent bientôt sur le théâtre de l\u2019incendie On coût de grandes difficuttés à JOURNAL DES-ÜAMPAGNES tes industries.avoir de l\u2019eau.-Avec l\u2019aide de plusieurs citoyens, ils réussirent à sauver la plus grande partie de l\u2019ameublement de la maison et tous les chevaux et les attelages qui étaient dans les écuries.Les flammes se propagèrent aux écuries et l'incendie prit les proportions d\u2019une conflagration.Vers quatre heures, le feu s\u2019apaisa de lui-même.Teut est en cendres.Les pertes sont d'environ $50,000.Après la dictée d\u2019un voyage sur mer, pour prévenir les bronches et les éruptions,et pour aider à l\u2019acclimatation servez-vous de la Salsepareille d\u2019Ayer Incendie à Trois-Rivières La résidence privée de M.G.B- Houliston, banquier et agent d\u2019assurances rue Platon, Trois-Rivières, a été presque complètement incendiée, vendredi soir.Les pertes sont évaluées à 84,000 couvertes par les assurances Travaux du Hâvre Déjà nombre de vapeurs ont pris refuge dans le bassin Louise, dans le but probablement d'un hivernement.On voit aussi nombre de petites embarcations le long de la jetée.Cependant les dragueurs sont à l\u2019œuvre comme de plus bel,de même que les maçons et les charpentiers, les menuisiers, les couvreurs, employés aux divers bâtiments en construction.On voit des amas de sable déposés sur différents points que l'on répandra probablement à la brouette pour niveler l'immense chaussée, lorsque les autres travaux auront cesse.Nos hommes riches Les journaux ont beaucoup parlé des grandes fortunes acquises comparative ment en peu d\u2019années dans les différen- Plusieurs de ces.articles ont été écrits par des\u2019 correspondants de journaux importants, et copiés par d\u2019autres de moindre valeur.Les correspondants sont rarement des hommes versés dans les affaires et le tableau qu\u2019ils font de ces hommes et de leurs affaires est uaccine affaire dentelle : tel n\u2019est pas le cas pour ceux que nous avons rencontrés.Nous constatons que lorsque des hommes ont fait de grandes fortunes par leur seul talent et leur seule industrie dans les affaires, ils ont su choisir avec sagacité et prévoyance telle genre.d\u2019affaires qui devait leur assurer le succès quand il s\u2019y joignait le jugement.Aucun homme ne s\u2019est montré devant le public comme modèle de réussite, tant sous le rapport de ja richesse que sous celui de Ja grandeur des affaires (à l\u2019exception des hommes de la Dourse et de chemins de fer), avec plus d'avantage que le Dr G.G.Green de Woodbury, N.J.Ilest à la tête de plusieurs grande, ndustrieet il est comparativemenss encore un jeune homme.Quand le fait que la Fleur d\u2019Août, pour la dyspepsie et la maladie du foie et le Sirop Allemand de Boschee pour la toux et les troubles du poumou, se vendent d\u2019une manière prodigieuse dans toutes | les parties du monde, cela prouve que ce n\u2019est pas un accident de fortune.Ses médecines gont reconnues comme ex cellentes, et ses remèdes connus, de mè me que ses affaires se sont accrus graduellement et constamment duran les dix-huit dernières années, grâce non seulement à la capacité du Dr Green connu comme homme d'affaires ou comme homme chanceux, mais aussi à la valeur des deux préparations.\u2014 Tiré du N.Y.Weekly Sun, du 22 déc.188 Action en dommages ° M.L.H.Archambault, avocat de Montréal, vient de prendre une action en dommages au montant de $10,000 contre MM.les abbés Adam et Larocque et contre M.Dumouchel, N.P.Cette action résulte de la récente controverse au sujet de la Loterie Nationale.AVIS AUX MERES Le \u2018syrop calmant de Mme Winslow\u2019 devrait toujours être employé pour la den t- tion des enfants, Il calme l\u2019enfant, adoucit les gencives, apaise toutes les douleurs, guérit la colique, et est le meilleur reméde pour la diarrhée.Vingt cinq cents la bou te ©.> Québec, 4 mai 1887\u20141an 581 11 Onguent et Pilules d\u2019Holloway Une cause fréquente de la gontte et du rhumatisme est un état inflammatoire de sang, accompagné de mauvaise digestion et de débilité générale.Quelques doses de Pilules prises à temps seront un préventif effectif contre la goutte et le rhumatisme.Quiconque est atteint de l\u2019une ou de l\u2019autre de ces maladies devrait se servir de l\u2019Onguent d\u2019Holloway en même temps, vu que son action puissante alliée à celle des Pilules ameénera une cure certaine.Ces Pilules agissent directement sur lé sang,qu\u2019elles purifient et améliorent.Ayant une fois maîtrisse la sévérité de ces maladies, en persévérant dans l'emploi de l\u2019Onguent, après avoir fomenté les jointures avec de la saumure chaude, toute raideur disparaîtra ettoute contraction permanente sera prévenue.Noyade Un batelior de l\u2019Ange Gardien nomme Vézina s\u2019est noyé dimanche près de sa résidence.Son cadavoe n\u2019a pas encore été retrouvé.Accident M.le Dr Cameroon, député de Huntingdon se promenait samedi en voiture accompague d\u2019un de ses eufants âgé de 10 ans, lorsque le cheval effrayé imprima une secousse au buggy.L\u2019enfant tomba et fut écrasé par une des roues.Il est mort le même jour.Au lac St-Jean Soa Excellence le gouverneur-général est parti hier en compagnie de M.H, J.Beemer, pour une excursion jusqu\u2019à l\u2019ex- tremité de la ligne du chemin de fer Québec et lac St Jean.Incendie Samedi après-midi, le feu s\u2019est déclaré dens la résident de M.L.Vaillancourt à St-Pétrouille, ile d'Orléans, pendant qu\u2019il était à Québec.La maison a été complétememt détruite mais on a réussi À sauver un peu de meubles.Ce sont les défectuosités du four qui ont occasiouné cet incendie.Triple enterrement Les funérailles des trois enfants Godbout, les victimes de la tragédie de l\u2019île d'Orléans, oot eu lieu hier matin à St Pierre.Toute la population de la paroisse y assistait, afin de témoigner de sa sympathie pour cette famille affligée.On y voyait aussi beaucoup de personnes des paroisses voisines et même de la ville.Prêtre malade Nous apprenons avec regret que le Révd M.Bernier, pensionnaire de l\u2019Hospice St Joseph de la Délivrance, Lévis, a été frappé d\u2019apoplexie dans la nuit du 26 courant.Ses amis entretiennent de grandes inquiétudes à son sujet Aux nouveaux Abonnés ! CONDITION : $1.00-pourune-$1.00 PIASTRE VOUS RECEVREZ LE Journal des Campagnes PENDANT DOUZE MOIS Aiusi que Trors VOLUMES ment*on- tionnés plus bas qui sont d\u2019rne très grande utilité.Ne manques pas de vous abonner au Journal des Campagnes qui se publie tous les JEUDIS, contenant 16 pages de matière à lire En outre, nous donnons comme rime aux nouveaux abonnés TROIS MA nIFIQUES VOLUMES consistantJen: .Le Petit Mois du Sacré-Cœur, Le Recueil des Rccettes et le Médecin à la Maison, Le traité sur le cheval et ses ma- Le A DRESSER A ELZEAR BEDARD Agent du Journal des Campagnes.No 9, RUE BUADE, QUEBEC {@ Seul autorisé à donner les cadeaux L'Expérience du Révérend PÈRE WILDS.Le Rév.Père Z.P.Wilds, missionaire trés connu de la ville de New York, et frère de fou l'éminent Juge Wilds, de 1a Suprême Cour du Massachusetts, écrit co qui sult: \u201c78 E.34th St., New York, 16 Mai, 1882, Messrs, J.C.Aver & CO: Jo fus, l'hiver dernier, en proie & une humeur qui torturait 1nos membres de déman- genisons Intolérables ; 1a nuit surtout me souifrances étaient terribles, outroles déma oaisons, Un feu intense me consumait, in'était impossible de supporter la plus lége couverture.Jo soutYraigs en même tens «l\u2019un violent catarrlie, et d'une toux catar- rhouse ; j'avais perdu l'appétit, ot mon sys- tdmo était au plus bas.Connaissaut la valeu de la SALSEIAREILLE D'AVER, soit par observation dans plusieurs cas de meladie, soit par l\u2019usago que j'en avait faitmol même quelques années auparavant, je comme neni à m'en servir, pour mettre, s\u2019il était possible, un terme à mes lorribles souffrances, Mon appétit commença à revenir presque à 1a pre- anière dose.Après un temps trés-court la - flèvre ot les démangenisons se calmèrent, ot tout signe d\u2019irritation de In peau disparui.Mon catarrhe ot ma toux disparurent aussi, et ma santé s\u2019amélioraut graduellement es\u2018 devenue excellente.Je 116 gens cent po- cent plus fort, ct co résultat je le dois à la SALSEPAREILLE, que je recommande on toute confiance comine li weilleure médecine pour purifier le sang.J'en prenais trois petites doses pur jour, et avant que In deu- xidmeo flacon fat fini, ma xanté était compléte.ment rétablie.«Je mets ces faits à votre disposition, vous devriez les publior dans l'intérêt de nos semblables.À vous, avec respect, Z.P.WILDS.\u201d Le cas cité ci-dessus cet un entre mille.Nous recevons journelloment des attestations de cures mervellleuses, toutes prouvent la faculté de Ja SALSEPAREILLE D'AYER pour guérir toutes les maladies provenant do l'impureté et de In pauvreté du sang et d'une vitalité affaiblic.La Salsepareille d'Ayer puritie, enrichit, ct fortific le sang, stimule l'action de l'estomne et des intestins, et par conséquont met le système à 3nème de resister avec succès aux attaques de toutes les Maladies Scrofuleuses, Eruptions de la Peau, Rhumautismes, Catarrhes, Débl- 11té Générale, ot tous les désordres résultant d'un sang pauvre et corrumpu et d\u2019un système faible et débile.PRÉPARÉE PAR LE Dr.J.C.Ayer & Co, Lowell, Mass.En vente daus toutes les Pharmacies ; prix $1, six flacons pour $5.Echos & nouvelles Le Cardinal 2 Toronto * Son Eminence lejcardinal Taschereau a accepté invitation qui lui a été faite ar l'archevêque Lynch, d\u2019aller bénir 6 7 octobre la pierre angulaire de la nouvelle église St-Paul, que l\u2019on construit pour la colonie canadisune française de Tcronto.Les autorités religieuses eu catholiques font des préparatifs considérables our la réception de Son Eminence, qui énira en passant à Montréal le mariage de Mlle Seal, nièce de Mme Routh, qui est parente du Cardinal.Il est probable que Mgr Marois, secrétaire de Son Eminence, l\u2019accompagnera.On se rappelie que M.l\u2019abbé P.Lamarche fut nommé curé de la nouvelle église canadienne, il y a quelques mois seulement.: La Question sur le Tapis.\u2014Ou puis-je me procurer une bonne Essence Cullinaire ?Demandez les \u2018* Royal, \u201d ce sont les meilleures.Contrat Nous apprenons que le ministère des chemins de fer à Ottawa vient d'accorder à la maison Carrier {& Lainé, de Lévis, l'exécution d\u2019un contrat très important.Cette maison a été chargée de la construction en fer d\u2019abris (sheds) contre la neige sur l'Intercolonial.Ce contrat pourvoit à la continuation de travaux déjà commencés.L\u2019on en presse l'exécution pour éviter tout retard dans le transport des malles asiatiques.Le contrat de la maison Carrier & Lainé est pour une valeur d\u2019une trentaine de mille piastres.Statistique mortuaire D'après les statistiques mortuaires publiées par le département de l\u2019Agricuiture, on voit que le nombre des décès pendant le mois d'août a été comme suit : Montréal, 524 ; Toronto, 277 ; Québec 220 ; Hamilton, 78 ; Halifax, 74 ; Ottawa, 72 ; St Jean, N.B., 72 ; London, 31; cn \u201cà Ce + Caries | net US oan Va ey ape 5 .024 wR : .TA rn TUN EL ee Cm ee qe JOURNAL DES CAMPAGNES | Winmpeg, 78 ; Kington, 15 ; Charlottetown, 2i; Brantford, 19; Hull, 60; Guelph, 18 ; Belleville, 18 ; St Thomas, 28 ; Trois-Rivières, 26 ; Chatham, Ont, 8 ; Sherbrooke, 13 ; Peterborough, 20 ; Victoria, C.B., 18; Fredericton, 18\u2018 Sorel, 16 ; Woodstock, G ; St Hyacinthe et Galt 18.En prenant en considération la population des diverses villes de la Puissance, c\u2019est à Ottawa qu'il est mort moins de monde et à Hull qu\u2019il en est mort le plus.\u2018 Enquête du -coroner M.le coroner Belleau a tenu hier après-midi une enquête sur le corps de Thomas Ouellet, âgé de 53 ans, qui s\u2019est tué lundi en tombant d\u2019une fenêtre de sa maison.Ouellet travaillait à cette fenêtre et ayant mis le pied sur la dalle pour avoir un point d'appui, celle- ci céda et le fit tomber à la renverse.Les jurés ont rendu un verdict de \u201c* mort accidentelle causée par une chute ayaut occasionné une commotion cérébrale.\u201d Vol à Lévis Uu vol assez considérable a été commis mardi soir dans la gare du Grand- Trouc, à Lévis.A 8.03 heures, le commis a placé dans une boîte dans le char de l'express, un sac renfermant une somme de 8350 en billets de banques et en monnaie d'or et d'argent provenant de la vente de billets.A 8.15 heures, il est retourné près de la-boîte qu\u2019il a trouvée forcée et vide.Avertie de suite, la police a commencé ses recherches immédiatement, et on a fait venir de Québec- les agents de la sûreté Fleury et Walsh, qui ont cidé jusqu\u2019à deux heures du matin le chef Denis et ses hommes.On n\u2019a pu eucore trouvor les coupables du vol.Un Ami Fidèle\u2014Le Lain-Killer de Perry Davis.Sans danger et toujours utile dans toute famille.\u2018 Ue enfant de cing ans tué par le gin Un petit garçon de cing ans nommé Achille Lachapelle et fils de M.Barthelémie Lachapelle, journalier, qui habite, avec sa famille, le No 816 rue Plessis, Montréal, s\u2019est empoisonné lundi matin avec du gin.L'enfant s'était levé de bonne heure lundi matin ; son père et sa mère étaient encore au lit.M.Lachapelle entendit la porte du buffet s'ouvrir.\u2014Que fais-tu là ?dit-il au petit garçon soupçonnant que c'était lui qui ouvrait le buffet.\u2014d'ai froid, répondit l\u2019enfant.\u2014Mais que faistu dans le buffet ?répéta le père.\u2014J\u2019ai pris de la boisson.M.Lachapelle se leva sans retard.L'enfant avait en effet du gin pris à même un flocon de cette boisson qui était dans le buffet.Bientôt il s'endormit sous l\u2019influence de l\u2019alcool.Il ne devait plus s\u2019éveiller.La dose était trop forte pour son estomac.Alarmé par la lourdeur et la prolongation de sonsommeil, ses parents firent mander un médecin ; mais il ne put rion pour sauver l\u2019enfant, qui expira dans la vuitde lundi à mardi.Le coroner a tenu une enquête hier et le jury a déclaré que l'enfant est mort empoisonné par Lalcool Le lac St-Jean Maintenant que la voie ferrée du lac St-Jean circule à.travers cette vaste région, on peut s'attendre à voir avant peu une immigration considérable se diriger vers cet endroit.Le compte rendu des dernières excursions au Lac St-Jean, publié de ce temps ici par toute la presse de Québec, a pour effet de faire connaître d\u2019avantage les progrès que font la colonisation, l\u2019agriculture et l\u2019industrie dans cet endroit de la province.Déjà un groupe de cultivateurs et d'ouvriers de Stanfold se préparent à visiter les diverses paroisses du lac St- Jean pour étudier ce pays nouveau.Ceux qui ont déjà visiter ces florissantes paroisses en sont enchantés et parlent longuement des progrès rapides de celte partie du pays.La région du lac St-Jean offre des avantages nombreux à ceux qui désirent s\u2019y établir.Nous avons constaté que les meil leures Poudres de Condition\u2014-sont les \u201c Maud S.\u201d \\ Pour l\u2019Europe L'honorable Pierre Garneau partira pour l\u2019Europe, a bord du Parisian, le 6 octobre.Son second fils M.George Garneau l\u2019accompâgnera.Nous croyons que le voyage de l\u2019honorable M.Garneau durera plusieurs mois.Incendie à Trois-Rivières Une dépêche reçue hier de Trois- Rivières mandait que les scieries de MM.Geo.Baptist, fils & Cie, sur l\u2019ile Baplat, avaient été détruites par le feu dans la soirée de mercredi.C\u2019est à 11.15 qu\u2019on a découvert l\u2019incendie, qui a fait des progrès très rapides.Le toit s'est effondré à 11.50 heures.Tous le bois qui se trouvait dans la partie est des chantiers a été réduit en cendres.On estitne les pertes sur le bois 3 $25,000 ou $30,- 000.Les scieries étaient assurées au montant de $10,000.Les flammes ont continué leurs ravages dans le quai.On ue sait à quoi attribuer l\u2019origine de l\u2019incendie.Mort subite Un journalier nommé Wm.Read, demeurant 107 rue Scott, est mort subitement mercredi soir à son domicile.On a appelé le Dr Falardeau, mais les soins étaient inutiles lorsqu'il est arrivé.Ls coroner Belleau a tenu une enquête hier après-midi.Les jurés ont rendu un verdict de \u201c mort d\u2019apoplexie célébrale.Le défunt, qui avait travaillé à bord toute la journée sans éprouver ae ma- aise, était âge de 52 ans.Religieuses du Texas Deux religieuses du Texas, dites du Verbe Incarné, dont l\u2019une, Sœur St Pierre est supérieure générale de plusieurs maisons de cet ordre et l\u2019autre .Sœur Ste-Placide, ancienne québecquoi-.se, sont arrivées hier à Québec.Le but de leur voyage estde recruter des sujets pour leurs nombreuses missions.La première maison a été fondée en 1868 à San Antonio, Texas,sous Mgr Dupuy.Ala mort de celui-ci, Mgr Néraz prit la direction de ces établissements.: On compte aujourd\u2019hui dix-sept maisons tant mères que filles, et les Sœurs qui les habitent sont tout a la fois hos- pitaliéres,enseignantes.Elles s\u2019occupent d\u2019orphelinats et d\u2019aumôneries de chemins de fer.Le besoin de sujets se faisant de plus en plus sentir, el vu que les vocations sont peu nombreuses là bas, les révérendes Sœurs St-Pierre et St-Placide sont venues au Canada dans le but d'amener avec elles les personnes qui se sentiraient quelque vocation pour ailer travailler au salut des âmes dans ces pays lointains.Ces bonnes sœurs partiront d\u2019ici vers la fin d'octobre, et jusqu\u2019à cette date on ourra les rencontrer chez M.L.Pallée photographe, 43, rue St-Jean de deux à quatre heures, ou bien s'adresser chez les RR.PP.Oblats, à St-Sauveur Une enfant phénomène On vient de mettre en exhibition à Saint-Jean de Terreneuve, une petite fille de trois ans et sept mois, Maggie blanchard, qui est un véritable phénomène pour son âge.Maggie est née à Notre Dame Bay et elle mesure actuellement, affirme-t-on, 4 pieds et 8 pouces de hauteur et 40 pouces de circonférence à la taille.Ses mollets ont chacun 16 pouces de circonférence.Enfin elle pèse 150 livres.D'ailleurs, Maggie est, ajou te-t-on, très éveillée et très intelligente Il y aun grand nombre de Mixtures contre la Toux, mais un seul Bau me d\u2019'Allen ; essayez-le.Ville envahie .Une dépêche de Charlottetown dit que trois \u2018cents pêcheurs américains, sous l'influence de la boisson, se sont emparés vendredi soir, de Souris, avec des revolver, des couteaux et des pierres, et ont fait de cette petite ville un enfer sur la terre.Chemin de fer de la Rivière du Loup M.l\u2019avocat Fred.LaForest, d\u2019Edmonston, était à Frédéricton, ces jours derniers, pour affaires concernant le chemin de fer de la Rivière du Loup.Plusieurs francs-lenanciers sur la section du Nouveau Brunswick, refusant le droit de laisser passer cette voie ferrée sur leur terrain, M.LaForest a demandé à Son Honneur le juge Fraser une autorisation à prendre une possession immédiate de ces terrains.Collision sur l\u2019Intercolonial (ine collision a eu lieu mercredi sur l\u2019Intercolonial entre la gare de Saint-Moïse et Petit Métis.Le train d'accommodation qui quittait le matin, avait ordre de rencontrer le train spécial de fret d\u2019Hébert à Petit Métis.Ces ordres furent oubliés par le conducteur et à trois milles à l\u2019Est de Petit Métis la train d\u2019accommodation est veau en collision avec le train spécial de fret.L\u2019ingénieur du train de fret, L.Duncan.a été tué du coup et celui du train d'accommodation sauta par la fenêtre de son char et se fractura une jambe.Les chauffeurs des deux trains sont gravement blessés.Les deux engins et les chars sont mis en pièces.les pertes seront de plusieurs mille piastres.La voie est complètement bloquée et elle ne sera pas'libre avant vendredi soir.PALMO-TAR SOAP, NOUS AFFIRMONS AVEC ASSURANCE QUE CE SAVON N'A PAS DE RIVAL POUR AMELIORER LE TEINT ds ET LA PEAU.LA PLUPART ERUPTIONS SQUAMEUSES, DES UST LES ET DES MALADIES CHRONIQUES DF LA PEAU SONT GUERIES PAR ON EN.onde: + \u201cPALMO-TAR SOAP,* ot refusez tous les subetitoie Davis & LAWRENCE C0., (Limited) MoXTREAL PLUS DE PILULES!! 3016 Cathay.Les mamans l\u2019aiment! ala Les enfants l\u2019aiment !?a Parce qu\u2019il ent agréable au goût.IL GUERIT Los affections du foie, Les désordres Biieux, La Pituite, la Dyspepsie, La perte d appétit, = La Migraine, de Campbe™ La Constipation.PRIX, 250.LA BOUTEILLE.Palimo ~ Sulphur Soap.> Mervoilleusemant .offices pour enlever les impuretés do la Peau ct la coneerver danse nn état de santé np VAT Fit, IL embollit aa lc «md, et comme rsewent cnratif des Y [airs et 18) sures 31 Bye?sot uu-dessus do tout JRC RET TY Jane ATER \u2019 Il nexisto XEN antuus varicté do Maluets* svt ve dune Txcuelle en savon vélébra ne SA mnt «NTA efcace, Jens 1> Bain il est aus cata go des pluz GCelshe « Faux Saulfupe + 1 3 Uvans de cote on de laine Javés 2 0; 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Thécla.M.Raymond est robuste.Il est capable de lutter longtemps.Qui sait s\u2019il n\u2019a point abordé près de la maison de Kermor ?\u2014Vous avez raison, Pierre, je n\u2019y avais point songé ! \u2014Tenez, Madame, reprit le matelot, quand les hommes ne peuvent rien, Dieu reste le maitre.Vous êtes une sainte, priez pour ceux qui sont en mer.\u2014On frappe à la porte ! allez voir.\u2014O'est le pas de mon Capitaine, Madame.En effet Primanguet revenait de Quimper.Du regard il inspecta rapidement | le salon.\u2014Raymond ?demanda-t-il.\u2014Il n\u2019est pas rentré, mon oncle, répliqua George.Primanguet se dirigea vers Thécla\u2014 Il passera la nuit aux Glenans, dit-il, ne t\u2019alarme pas outre mesure.\u2014Mon oncle ! mon oncle ! dit-elle en se jetant dans les bras du vieillard, ne sentez-vous pas au fond de voire cœur qu'il est perdu?Primanguet s'\u2019efforça vainement de\u2018 calmer ses angoisses.Georges offrit ; de se rendre chez Kermor, mais la Guigne répliqua : \u2014C'est moi que cela regarde, je serai revenu dans deux heures.Il sortit en dépit de la rafale et du vent, des éclairs et de la foudre.Mais il ne se souvenait point dans sa longue existence maritime d\u2019avoir jamais assisté à un ouragan semblable.s'écria Pierre, Et tandis que Pierre courait sur la | grève dans la direction de la demeure de Kermor, que Thécla pleurait en berçant Guy sur ses genoux, et que Georges songeait qu\u2019à partir de cette heure il pourrait à son tour posséder des biens qui jusqu'alors lui avaient été refusés, la barque sanglante dans laquelle se trouvait le corps de Raymond Guébriant errait de lame en lame, menaçant à chaque instant de s\u2019engloutir avec sa funèbre charge.NAUFRAGÉS ET SAUVETEURS Neuf heures dü soir venaient de sonner à l'horloge du presbytère.La vieille servante Renotte récitait son chapelet au coin de l\u2019âtre, l\u2019abbé Patris passait l\u2019examen d'une boîte contenant des médicaments.des compresses et des bandes.Son visage s\u2019éclairait du rayonnement de la charité.Deux coups frappés à la porte le firent tressaillir, et au même instant deux marins entrèrent dans la sälle.Le père Jonas en dépit de ses soixante ans conservait une grande vigueur, Halé de telle sorte que son teint avait pris des tons de bronze; trapu, bien musclé, ayant des doigts semblables à des tenailles, solide sur ses pieds, il représentait le courage fait d\u2019obstination et de sang froid.À côté de lui venait Philax autrement dit Juif Errant, abréviation de Oarthophilax, sobriquet dont il se montrait passablement fier.Quand il entamait le chapitre des traversées, des baptêmes du père Tropique, de ses aventures au Congo où il s\u2019était vu forcé d\u2019épouser la fille d\u2019an roi, faute de quoi il eût servi de cible aux pu ow J YWRNAL DES CAT LGNES assagaies de toute la tribu ; ou bien qu\u2019il racontait ses explorations en compagnie d\u2019une mission chargée de découvrir les sources du Nil, il trouvait un pittoresque d\u2019expressions, il déployait une mimique à rendre jaloux un artiste dramatique de premier ordre.Il avait joui sur tous les gaillards d\u2019avant d\u2019une popularité incontestée, et plus d\u2019une fois les officiers et les passagers se groupèrent autonr de l'improvisateur, accompagnant leurs bravos de bidons d\u2019eau-' de-vie et de pièces d\u2019or que le brave garçon expédiait à ça mère avec sa \u201c délègue.\u201d Retiré du service, possesseur d'un morceau de terre, d'une cabane, d\u2019une barque et d\u2019une pension dont il était redevable à ses campagnes et à la croix d'honneur, prix de six blessures, il s'était fixé à Concarneau afin de voir la mer, et vivait tranquillement au millieu d\u2019amis dévoués, admiré naïvement par les jeunes, apprécié par les anciens qui trouvaient en lui le type complet du \u201c Mathurin salé \u201d, lorsqu\u2019un événement imprévu bouleversa bientôt sa vie : l\u2019abbé Patris prit possession des Glenans.Ce groupe d\u2019Iles ou d\u2019Ilots dépend de Fouésnant dont l\u2019ancien château | sert de presbytère au recteur.Fouësnant occupe une place dans les vieilles chroniques.En 1241, Eudon de Fouêësnant fonda l\u2019église de Saint Thomas de Benodez, à peu de distance de Oerusnac'k ; en 1322 cette paroisse fut donnée à Jeanne de Retz, fille de Gérard de Retz.Le petit archipel des Glenans se compose d\u2019Iles de bandes de terre et de rochers que ne recouvre jamais la mer.Les plus grands sont Penfret au centre de laquelle se trouve un paits d\u2019eau douce, et dont la petite anse est un bon abri pour les navires ; la Cigogne couverte par un fort ; l\u2019Ile aux Mou- | tons : Castel Bras, couverte de rochers magnifiques ; Loch, dont la côte très basse est d\u2019an accès difficile aux heures où la mer se retire, mais intéressante à cause des monuments druidiques qu'elle renforme ; Saint Nicolas, au centre de laquelle se trouve un étang et où poussent des figuiers sauvages.Quelques-unes de cee îles sont séparées par des hauts-fonds appellés la \u201c chambre.\u201d A marée basse on peut aller à pied sec dela Cigogne à St- Nicolas.Quand nous disons que l'abbé Patris s'installa aux Glenans dans l'île de Loch, nous employons un mot impuissant à rendre la réalité.Le jeune prêtre prenait possession d\u2019une paroisse sans église, sans presbytère et sans paroissiens.Il devait dresser un autel côté à des monuments des vieux Druides, bâtir sa cabane et ga- goer sa vie.De temps à autre, lorsque le temps le permettrait un pécheur lui apporterait da pain ; lorsque manquerait cette ressource, il se contenterait des légumes cultivés sur des rocs à peine recouverts de terre végétale, et de poisson qu\u2019il trouverait dans ses nasses et ses casiers.Quand Philax apprit cette nouvelle invraisemblable qu\u2019un prêtre s\u2019installait aux Glenans, d\u2019après le conseil de l\u2019abbé Gabriac, il monta dans une barque, et mit le cap sur les Iles Sauvages.Il les avaient aperçues de loin, terribles et sombres, avec leurs maigres figuiers, écueils dominant d\u2019autres écueils.Jamais il n'avait eu l\u2019idée d\u2019y aborder.Lorsqu'il posa le pied à Loch, une émotion puissante le eaisit, émotion mêlée de respect et d'épouvante.Aprés avoir erré quelque temps sur les roches, avisant une vieille femme ramassant des coquillages, il lui demanda : \u2014 Monsieur l\u2019abbé Patris ?s'il vous plaît.\u2014L\u2019homme noir ?\u2014Si c'est votre manière de désigner les recteurs, soit ! La vieille étendit un bras décharné d\u2019un côté de l'île où l'on entendait le brvit retentissant du marteau.\u2014Pas bavardes, les insulaires.pensa Philax.Ils parlent aigre avec cela ! L'Homme Noir \u2026Enfin va pour ce nom, pourvu que je découvre celui quile porte ; Guidé par le bruit, le matelot gagna une sorte d\u2019enfoncement sous les roches, et aperçut celui qu\u2019il cherchait.Il s'attendait à voir un prêtre dans la force de l\u2019âge et se trouva en face d'un très jeune homme, à la physionomie grave, au regard d'un bleu doux ; d\u2019une taille haute mais presque grèle.Il restait encore de l'adolescent dans ce lévite d\u2019hier.La soutane relevée dans sa ceinture, les jambes guêtrées, les manches retroussées, il équarrissait une pièce de bois jetée sur la côte par un naufrage.La sueur monillait son front, mais il gardait le sourire aux lèvres.Philax \u2018lefconsidéra quelques instants avec une surprise mêlée d'étonnement, puis, tortillant son bonnet de laine : \u2014 Pardon, monsieur le recteur, dit- il, j'ai appris que vous fondiez une paroisse aux Glenans, et je viens vous offrir mes services.Pour commencer, je prendrai la hache et le rabot.J\u2019ai à,bord des navires exercé tous les métiers, et je suis à demi charpentier ; que souhaitez veus faire ?\u2014Une croix, mon ami, répondit l'abbé Patris en levant les yeux sur l\u2019aide envoyé par la Providence ; puisque j'arrive ici au nom du Seigneur, je veux prendre en son nom possession de cette terre.\u2014Et c\u2019est une belle idée, monsieur le curé.Les soldats plantent le drapeau de la patrie sur le fort, et vous élevez le calvaire sur la côte.Je suis de votre bord, moi ! \u2014Mais.mon ami, reprit le prêtre, vous ne connaissez sans doute pas ma situation.Je ne pourrai rémunérer Vos services.\u2014Je vous les offre, je ne les vends pas.\u2014Où demeurez vous ?\u2014À Concarneau jusqu\u2019à ce matin ; je viens d\u2019élire domicile aux Glenans.\u2014Je manque de toit pour vous abriter.\u2014-Où logez vous ?\u2014Dans les grottes ; nous sommes en été, heureusement.\u2014Plantons la croix, nous bâtirons la maison ensuite, \u2014Une maison, à nous deux ?\u2014Pourquoi pas ?Vous voulez bien faire une paroisse à vous tout soul.\u2014J\u2019accepte, dit le prêtre.\u2014\u2014Vous me faites crânement plaisir, monsieur le recteur, et pour commencer, le rabot s\u2019il vous plait, nous causerons tout en travaillant.Philax promena l\u2019outil sur la pièce | de bois, la polit, y tailla des mortaises pour l'emmanchement des bras et cloua le tout avec une rapidité merveilleuse ; ensuite il s\u2019assit et respira.Le soir méme la croix était plantée.A 'aube l\u2019abbé Patris tira d\u2019an coffre des vêtements sacerdotaux et célébra une messe qui fut servie par le matelot.Immédiatement après celui ci revenait à Concarneau, et se rendait à l\u2019auberge des * Baleiniers \u201d où mangeaient un certain nombre de marins.Au lieu de commander son repas dans la salle commune, il pria l'hôtesse de servir un déjeuner pour trois dans une petite pièce à part, et fläna sur le port, cherchant ceux qu'il inviterait ce jour là.Il rencontra d\u2019abord le père Jonas, puis avisant Caiman Bleu, il le héla, et tous trois se dirigèrent vers l\u2019auberge.Suzette Bellavoir, la maîtresse du logis, les accueillit avec un sourire ; Philax demanda six bouteilles de vin.\u201c trois de blanc et trois de rou- ge, \u2019\u2019 puis il désigna des places à ses convives, et montra le plus bel appér tit du monde, pour faire honneu- aux talents culinaires de Suzette.\u2014Ah ! ça, dit le père Jonas quand le vin lui eut éclairci et égayé les idées, dans quel but nous offres-tu ce matin un festin de Balthazar ?Pour être généreux avec les amis, tu l\u2019es, mais cette fois tu as une idée ! -Eh biez ! oui, j'ai une idée ! \u2014Voyons ! voyons ! répétèrent à la fois Caiman Bleu et Jonas.\u2014Camarades, nous avons bourli- gné sous toutes les latitudes, supportant le froid, le chaud, la faim et les moustiques.Moi qui vous parle, j'ai eu la fièvre jaune au Sénégal, le vomito negro au Mexique, le scorbut en allant à la découverte du pôle Nord.J'ai fait naufrage, et j'ai dû me contenter pendant quatre jours de l\u2019aile d\u2019un poisson volant, que je n\u2019eus pas même la facilité de cuire.Donc la misère me connait.Vous, Jonas, vous devez votre nom à je ne sais quelle épouvantable aventure que vous me raconterez quelque jour.Caiman Bleu prisonnier chez les sauvages a subi un tatouage indélébile, si curieux que jamais il nous l'a montré\u2026 C'est pour dire en vous disant que nous sommes de fiers msrsoulns, n'ayant peur que du diable, parce que nos mères nous ont appris à aimer le bon Dieu ! \u2014C'est joliment dégoisé ! s\u2019écria le père Jonas.\u2014Dévide ton filin, matelot, ajouta Caiman Bleu.\u2014Nous avons pris notre retraite dans la force de l'âge, et nous avons eu raison ; on ne peut pas toujours naviguer sur un vaisseau amiral ! Tel que vous me voyez je viens d'inscrire mon nom au rôle d\u2019équipage d'un nouveau navire.\u2014AÂh bah ! \u2014 Et ton lopin de terre.\u2014Je le louerai.\u2014Et ta maison ?\u2014 J'y logerai la veuve du pauvre Taillefer et ses sept enfants.\u2014Ton navire s'appelle\u2026 \u2014Ah ! voila ! Ecoutez, cric crac! cuiller a pot, blague a tabac, trois angelots dans mon hamac.Fameux navire, allez ! si solide qu\u2019il voyage depuis dix huit cents ans! Et pas une avarie ! toujours neuf, agile et fort, en dépit des bourrasques, des grains et des tempêtes.\u2014C'est plus fort que le Volligeur Hollannais, alors.\u2014Je ne vous dirai point que dans le présent la place soit belle, mais, dame ! l'avenir compensera ce qu'on aura souffert.Et quels passagers ! quel capitaine ! On inscrit dans l'é- guipage tous les hommes de bonne volonté ! qui meurt sur ce bord va droit au ciel où on rejoint les vieux i nous attendent ! Comme l'affaire bonne, j'ai pensé que vous vouez en étre.\u2014Où tu iras, j'irai ! fit Jonas.\u2014Conduis-nous tout de suite, ajouta Caiman Bleu\u2014 Parole sacrée ?demanda Philax.\u2014Foi de matelot ! répondirent les autres en étendant la main.Alors Philax raconta l\u2019arrivée de l\u2019abbé Patris aux Glenans, sa pauvreté, son campement sous les roches, \u2014Voilà, j'ai cru en vous ! dit le marin, Nous ramerons sur la barque de saint Pierre, pêcheur comme nous! Nous serons les disciples, les aides, s\u2019il le faut les serviteurs du recteur.Aulieu d'habiter Concarneau nous vivrons aux Glenans.Nous nous aimons assez pour ne point nous ennuyer ensemble.Le soir nous raconterons nos campagnes.Nous allons devenir des pionniers, des colons, et celui pour qui nous ferons ces cho- - ses nous en tiendra compte là-haut.Une heure plus tard ils s\u2019'embar- quaient ; Philaz présentait ses cama- le rades, et tous trois dormirent sur un tas de varech dans une grotte tapissée d'herbe marine, et dont le sol était couvert d'un sable couleur d\u2019or.Le lendemain les matelots en se promenant le long des roches trouvèrent des planches que la tempête y avait jetées.Ils les attirèrent à l'aide d\u2019une gaffe, les placèrenten lieu de sûreté et demeurèrent songeurs le reste du jour.Le soir ils dirent à l\u2019abbé Patris qu'ils pouvaient commencer à construire une église de bois.Durant trois mois ils travaillèrent avec le curé, se partageant la besogne, allant chaque semaine à Concarneau chercher des provisions, s\u2019efforçant d'attirer à eux les insulaires, rétribuant largement leurs faibles services.Une nuit, à travers la mince cloison séparant leur chambre de celle du curé, ils l\u2019entendirent se lever à petit bruit et ouvrir la porte.Le vent soufflait avec violence, les vagues battaient les roches et les noyaient d\u2019écume, le prêtre marchait l'oreille tendue, une lanterne à la main.\u2014Debont ! vous autres, dit Philax, le recteur a peut-être besoin de nous.Deux rainutes après, guidés par la clarté de la lanterne, ils regagnaient l\u2019abbé Patris.\u2014Où mettez-vous le cap par un temps pareil, monsieur le curé ?demanda Jonas.\u2014Il y aura cette nuit des barques en danger, répondit le prêtre, je veux placer ici un signe de salut.Tl grimpa sur une roche, mit sa lanterne au sommet, et s\u2019assit à côté.\u2014Comme ça, vons ne rentrez pas ?reprit Jonas.\u2014Mon ami, de pauvres gens peuvent avoir besoin de moi.\u2014C\u2019est juste ! répliqua Caiman Bleu en s\u2019asseyant un peu au dessous.Tout-à-coup Caiman Bleu se leva.\u2014On appelle là-bas ! ditil en étendant la main vers la droite.Jonas releva rapidement sa veste, et ôta ses souliers.\u2014Avons-nous seulement un câû- ble ?\u2014Oui, dans la grotte.L'abbé Patris élevait et abaissait tour-à-tour la lanterne, afin de prouvés aux naufragés qu\u2019ils trouveraient de l\u2019aide sur cette partie de la côte.Les cris de détresse s'entendirent pour la seconde fois.Avec un calme souriant, le prêtre arracha sa soutane, puis descendant les degrés du rocher il se pencha en avant.\u2014Que faites vone, monsieur le curé ?demanda Philax.\u2014Mon devoir, répondit tranquillement l\u2019abbé Patris.\u2014C'est notre métier, à nous gens de mer ! Soyez tranquille, nous nageons comme des requins ; dès que la barque en péril sera en vue, nous naviguerons de son côté.\u2014Je suis un pilote, ajoute le prêtre.À genoux, camarades, chacun de nous va risquer sa vie.Il récita le psaume Miserere mei Deus, le traduisant en français pour ces hommes simples et croyants.Puis, avec le calme d\u2019un commandant de vaisseau, il donna des ordres : \u2014Caiman Bleu, dit il, restez sur la dernière assise de roches, la plus facile pour aborder.Jonas allumera an feu de planches et de varechs, et tiendra prête sa gourde d\u2019eau de vie.Philax, prenez le câble, mon ami, et au premier appel, jetons-nous hardiment à l\u2019eau.Pendant quelques minutes il n\u2019entendirent rien que le fracas des lames - déferlant sur les Iles, et les mugissements du vent ; mais soudain une clameur s\u2019éleva, clameur désespérée, s\u2019écnappant de la poitrine d'hommes a Cee RS Cheon! Stel vy JOURNAL voyant une barque prête à s\u2019ouvrir sous leurs piede.Jonas venait d\u2019entourer un piton de granit du câble que Philax roulait en ceinture ; deux voix crièrent : \u2014Courage ! courage ! Puis deux corps tombèrent à l\u2019eau.Pendant une seconde Caiman Bleu et Jonas les perdirent de vue, puis ils les aperçurent fendant l\u2019eau, appe lant les hommes montant la barque en danger, et se dirigeant Vers eux, conduit par la voix demandant assistance.Il fallut un quart d\u2019heure aux nageurs pour gagner la barque, Des bras impatients se tendirent Vers eux au moment où le bateau s'enfonçait, démembré par la tempê- pe.Mais déjà des mains impatientes avaient saisi le câble.Le prêtre soutenait un enfant, Philax dirigeait le sauvetage.Sur les roches la lanterne continuait son mouvement régulier, tandis qu\u2019une flambée de varech jetait une clarté rouge sur la côte hérissée d\u2019écueils.Jonas recut dans ses bras le premier naufragé : celui ci se traina vers le foyer ou ses compagnons vinrent lentement le rejoindre.\u2014Comptez vous, dit le prêtre, ne manque t il personne ?\u2014Non, mais celuici est perdu, dit le maître de la barque brisée.Sa main s\u2019ètendit du côté d\u2019un petit mousse ayant reçu une profonde blessure- Deux fois Fil tomba à la mer ; mais le front ayant porté contre la quille de l\u2019embarcation, il s\u2019évanouit, et ne parvint aux Îles Sau- Vages que grâce au patron de la barque qui le prit sur son dos.Pendant un moment les malheureux demeurèrent groupés près du braeier, puis le prêtre souleva l\u2019un- fant dans ses bras, et les naufragés prirent le chemin de la demeure de l'abbé Patris.L'âme de celui ci envoyait vers le ciel un cantique d'actions de grâce.La pensée que des créatures lui devaient la vie inondait son âme d\u2019une joie sans mélange ; il avait en la foi, et il revenait avec sa moisson.À peine fut-il rentré qu\u2019il tira les draps de l'armoire, arracha les couvertures de son lit, aida par des frictions vigoureuses à rappeler la chaleur dans ces membres raidi, prépara des breuvages fortifiants, et durant le reste de la nuit il veilla, priant avec l\u2019exaltatior.de la reconnaissance, s\u2019interrompant pour se pencher sur la couche d\u2019un malheureux.Le petit mousse semblait évanoui.Son front couvert de linges sanglants se détachait sur les noirs varechs, des plaintes sourdes s\u2019échappaïent de ses lèvres.\u2014Â-t-il une mère ?demanda le prêtre au patron.\u2014Oni, une brave femme, dont le père, le mari et les fils ont tous été pris par la mer.Celui-ci est le dernier.J\u2019avais tant promis d\u2019en prendre soin ! j'en répondais sur ma vie.Le mousse se tordit d'angoisse, et de ses lèvres décolorées s\u2019échappa ce cantique : je mets ma confiance Vierge, en votre secours.Servez-moi de défense, Prenez soin de mes jours.Et quand ma dernière heure Viendra fixer mon sort, Obtenez.gne je meure - De la plus sainte mort.Ses doigts cherchèrent le scapulaire suspendu à son cou.Puis de nouveau il retomba dans un sommeil entrecoupé de rêves.Au matin un grand\u2019 mouvement règnait dans l'Ile.Plus d'une fois les habitants du petit archipel avaient disputé à la mer les épaves des navires, jamais il ne leur était venu à l'esprit de s\u2019efforcer d\u2019arracher à la GES C+MPAGXFS mort les infortunés se débattant contre le naufrage.Ils crurent d\u2019abord trouver des rivaux et des épavears dans l'abbé Patris et ses compagnons.Mais quand ils virent que l'unique bufin recueilli par eux ce composait de matelots sauvés de la tourmente, ils ne comprirent plus quel mobile animait le curé des Glenans, et se rapprochèrent de sa demeure avec une curiosité craintive.Le lendemain il leur devint possible de compter ceux qui devaient la vie au recteur, car les marins sazvés voulurent conduire à sa dernière dè- meure le pauvre petit mousse.Il n\u2019existait point de cimetière aux Glenans : la première place venne semblait bonne aux Insulaires pour y enfouir le cadavre des leurs.L\u2019abbé Patris bénit un coin de terre, cloua le cercueil de l'enfant, et récita pour lui les invocations consolantes que l\u2019Eglise répète sur la tombe de deux qui s\u2019en vont.Au retour de cette cérémonie, le patron de la barque dit au prêtre : \u2014Nous vous devons tous la vie, disposez de nous.Vous ne devez rien qu\u2019à Dien, mes enfants.Revenez parfois aux Glenans visiter un pauvre curé qui ne vous oubliera pas.Ils gagnèrent Concarneau et racontèrent à quel héroïsme ils devaient leur salut.Tel fut le premier sauvetage de l'abbé Patris.À partir de eette date, durant chaque nuit de tempête, il veilla avec ses compagnons, risquant sa vie svec un tranquille courage, donnant son pain et son lit.Le lendemain de ces veilles terribles, il ne restait souvent rien dans la cabane du pasteur.Philax et Jonas allaient à la pêche, Renotte confectionnait une soupe au poisson, Caiman Bleu rapportait du pain de Concarneau, et on mangeait, le cœur joyeux, le sourire aux lèvres.Après le repas le prêtre rouvrait son bréviaire, et dans un angle Renotte filait, tandis que les matelots façonnaient des rames, nouaient des filets, préparaient des engins de pêche ou des casiers à homards, Ces actes d\u2019un héroïgne dévouement s\u2019accomplissaient sans bruit.L'abbé Patris ne trouvait pas le temps d\u2019aller à Quimper, et des bourgs voisins nul ne venait aux Îles Sauvages.Les dons modestes de matelots reconnaissants permirent au recteur de monter une petite pharmacie.(trâce aux conseils de Caiman Bleu qui possédait bon nombre de recettes, il fabriqua et distilla des eaux parfumées, des vins fortifiants.Les provisions de linge et de spiritueux augmentèrent.Des couvertes s\u2019entassèrent dans l'armoire.Loch devint un véritable poste de sauvetage.Jonas, Philax et Caiman menaient une vie remplie d'émotions qui leur semblait la plus belle du monde.\u2014Au moins, disaient-ils, cela s'appelle finir en marins ! C'etit été béte de vivre chez Suzette Bellavoir comme des terriens qui prennent leur pension aux \u201c Baleiniers.\u201d Si nous mourrons en mer, le grand Amiral de là-haut sera content.Le soir, enfermés dans leur petite case, ils famaient de grosses pipes, contaient des histoires on rappelaient les souvenirs du passé.Séparé d'eux par une simple cloison, le prêtre écrivait le journal de sa vie, remerciant le ciel de lui procurer chaque jon l\u2019occasion de poursuivre sa tà- che.Les marins ne tardèrent pas à élever une cahute solide servant de guérite d'attente, en même temps qu\u2019ils préparaient un âtre plus commode pour leurs feux.Pendant le jour I'abbé Patris visitait les Insulaires.Repoussé au début avec une sorte de terreur, il conquit, d\u2019abord, les enfants afin de pé- : = nétrer dans le cœur des mares.Méritaient-elles vraiment ce titre ?Les petits êtres qu'elles mettaient au monde étaient destinés à croupir dans l'ignorance et le vice.Nul respect dela famille: l\u2019homme brutal brisait au gré de son caprice les liens éphémères formés par le hasard.Le sentiment de la propriété n\u2019existait \\pas plus que celui de la famille, \u2018Le plus fort ravissait la part an plus faible.L'abbé Patris leur offrit de menus présents, visita quelques malades, et les guérit.Dès lors on le manda dans les cases et les huttes des Iles.On l\u2019appelait le \u201c graérisseur \u201d plus que le prêtre.Mais tout en formalant son ordonnance le curé des Glenans s'occupait de l'âme des malheureux.Quand la chapelle fut bâtie il convia ses paroissiens à la messe.On y vint par curiosité.Il apprit un jour qu\u2019un jeune pêcheur du pays voulait enlever à ça famille une enfant de dix- sept ans, qu\u2019on lui refusait pour femme.Ilse rendit tour à tour dans chaque famille, triompha d\u2019une haine vieille de trois générations, et décida qu\u2019il célébrerait aux Glenans un premier mariage.; Il charges ses trois matelots de lui aider à denner quelque pompe à la consécration de cette union, la première sur laquelle on appellerait la bénédiction de Dieu.Caiman Bleu, Philax et Jonas partirent pour Concarneau.Els firent entrer dans leur complot l'hôtesse des *\u201c Baleinièrs, \u2019\u2019et revinrent aux Iles Sauvages chargés d'une caisse gui fut ouverte le soir même devant Renotte et l'abbé Patris.Elle contenait un élégant costume de mariée, une couronne d\u2019oranger et une croix d\u2019or.\u2014Renotte habillera la mariée, dit Philax.Le lendemain les amis et les parents de la jeune fille vinrent à la chapelle afin de voir l\u2019épouse dans ses beaux atours.Ce mariage produisit une grande impression ; à partir.de ce jour les autres femmes se trouvèrent dans une situation qui leur parut inférieure.Plus d\u2019une demanda à son compagnon à faire une fête semblable à celle de Mauvette et de Grober.Après les mariages vinrent les bap- témes.Rares, il est est vrai, mais émouvants.Les mères dont les enfants avaient reçu l\u2019eau sainte disaient avec orgueil :\u2014I] a passé par l'église.\u2014De même que Clovis ils n\u2019étaient pas loin de voir dans cette cérémonie une garantie de santé et de bonheur.Le sentiment n\u2019était pas marqué à l\u2019empreinte d\u2019un désintéressement absolu, mais le mouvement s\u2019accentuait et il ne devait plus se ralentir.Les hommes des lles Sauvages cédèrent moins vite à l'autorité de l\u2019abbé Patris.Ils éprouvèrent même d'une fois la tentationf le se révolter contre des innovations qu\u2019ils jugeaient dangereuses.S'ils ne le firent point, c\u2019est que le curé des Glenans était plus brave que le plus brave d'entre eux ; que Philax, Caiman Bleu et Jonas ai formaient une garde redoutable, et qu\u2019ils en vinrent à trembler de.voir les enfants et les femmes prendre le parti de celui qui les relevait de leur abjection, se rangeait du côté des faibles et partageait avec eux le peu qu\u2019il possédait.deux ans après l'arrivée de l'abbé Patris, au moment où \u2018le capitaine Primanget rêva d'y fonder une industrie capable de faire vivre cette population misérable.\u2014Tonnerre ! dit le père Jonas en se chargeant d\u2019un gros câble, l\u2019ouvra- ge sera rude cette nuit.20\" \u2014Bah ! répliqua Philax, ça nous Tel était l\u2019état des Iles Sauvages ad; aia Ch PB ih oof Cr Cee an JOURNAL DES Pad - rappelle notre bontemps.Serions nous devenus assez terriens, si monsieur le curé ne nous avait remis | cœur au ventre ! \u2014Pour la vérité, c\u2019est la vérité Matelot, ajouta Caiman Bleu en se tournant vera Philax, à qui en sauvera le plus cette nuit.\u2014C'est bon ! c\u2019est bon ! chacun fera son devoir.\u201c Un moment après le petit groupe d'hommes déterminés deecendait vers la sinistre plage de Penfret.Après avoir inspecté la mer du regard s\u2019il est possible au regard humain de sonder deux immensités sombres, ils allumèrent \u201c le phare \u201d, c\u2019est à dire un feu de planches pourries rejetées par la mer, de varechs séchés, de débris de navires.Le prêtre était grave sans austérité.Sa conscience lui criait : Va! et il allait.Dans sa modestie il ne se jugeait pas plus héroïque que les collaborateurs de son œuvre de salut.Il s'assit dans la cahute, et à la clarté de la lanterne il reprit son bréviaire.Les trois hommes respectant sa prière causaient entre cux à voix basse.- J'ai encore rencontré la vieille Fresaie ce matin, dit\u2019 Philax.Tonnerre ! quelle face de damnée ! La petite Hervée à qui j'ai demandé le nom de ce monstre femelle m\u2019a répondu : C\u2019est la Brûleuse de varec, elle est sorciére.Nes sorcières, je m\u2019en moque comme d\u2019une grenade, ce n'est pas la science magique de la Brûleuse qui me ferait peur, mais son regard est mauvais.Elle a juré de jeter des sorts à ceux qui se sont emparé des Iles, comme elle dit ; ainsi nous n\u2019avons qu\u2019à bien nous tenir, sans quoi nous serons changés en crapauds volants et autres vilaines bestioles.\u2014Ajoute t on beaucoup de foi à ses sorcelleries ?\u2014Hélas ! plus encore qu\u2019aux paroles du recteur.Elle dit tenir un don de mère en fille, depuis qu\u2019il grandit et meurt dans l\u2019île des générations de sauvages.Je l\u2019ai vue l\u2019autre soir dans une barque ; elle rame comme un marin, la vieille.On dit qu\u2019elle vend à Concarneau les cendres des varechs qu\u2019elle brûle, et rapporte en échange des vêtements et du pain.J\u2019ai eu la curiosité de visiter sa cambuse, mais elle ne m'en a pas laissé le temps.Du plus loin qu\u2019elle m'a vu elle s\u2019est élancée sur une roche, agitant les bras, et lançant contre moi des malédictions et des injures.Sans la Brûleuse de varech, M.l\u2019abbé Patris réussirait bien plus vite dans sa mission.Le curé posa son livre sur ses genoux et se mit a réfléchir.Lui aussi se souvenait d\u2019avoir aperçu cette femme étrange.Les antiques prêtresses d\u2019un culte sanglant devaient apparaître ainsi au milieu des rocs, échevelées et formidables.Une'étrange poésie se dégageait de cette femme mystérieuse : la poésie de l'horrible.Mais enfin elle causait une impression puissante, lorsque, mêlant sa voix à l'ouragan, elle commençait ses \u2018incantations magiques.Qui sait si elle ne se rappelait point les chants bardiques des anciens, les \u201c nombres \u201d renfermant - Une partie de la science de Merlin, et ces poêmes sanglants aussi beaux que les sages du Nord et dont la grandeur s'allie si bien aux beautés terrifiantes de la mer ?+ e AFFAIRES D'IRLANDE Londres,22\u2014Une troupe de hussards et un fort détachement d'artillerie sont arrivés à Mitchellstown.Le magistrat a publié une proclamation défendant de terir quelque réunion que ce soit pendant les séances de la Cour.MM.Dillon et Condon ont reçu des copies de cette proclamation.M.Dillon s\u2019est déclaré prêt à adresser la parole à une assemblée publique en dépit des défenses'du gouvernement.On redoute des troubles.Une dépêche de Mitchellstow déclare que Dillon et Hartington ont donné des garanties qu'aucune assemblée politique publique ne serait tenue à Mitchellstown durant le cours du procès.Dublin, 22\u2014Le lord-maire a fait un appel de fonds pour défendre et soutenir le grand nombre de prisonniers politiques qui seront en prison sous peu en vertu de l'Acte de coercition.Les journaux parnellistes \u2018dans toute l'Irlande publient les comptes-rendus des assemblées des diverses branches locales de la Ligue, et cela malgré qu\u2019en vertu du nouvel Acte des Crimes les rédacteurs de journaux sont passibles de l\u2019emprisonnement s'ils publient des comptes-rendus dénonçant d\u2019une manière violente le gouvernement.LE MANIFESTE Parie, 22\u2014La Patrie déclare que tous les maires de France ont reçu instructions de poursuivre toute personne afn- chant le manifeste du comte de Paris.Avis aux entrepreneurs CANAL DU; SAULT{STE-MARIE ES Contracteurs quifont l\u2019intention de présenter des soumissions pour les travaux de construction projeté sur le côté canadien de la rivière Sainte Marie, sont avertis par le présent que les SOUMISSIONS seront reçus vers le mois de JANVIER prochain, et que le temps le plus propice pour examiner la localité est à partir d'aujourd'hui jusqu\u2019au commencement de novembre prochain.Quand les plans, spécifications et les autres documents seront prêts, un avis sera donné én conséquence, et les Contracteurs pourront alors les examiner et se pourvoir de blancs de soumission, etc.Par ordte, A.P.BRADLEY, ; Secrétaire.Département des chemins de fer ) et canaux, Ottawa, 24 août 1887.{ Québec, 26 août 1887\u20143f1 ps.656 De ; .LS a FR JOURNAL DES CAMFAGNKS SAUTER pour guérir radicalement toute miladie provenant de l\u2019Impureté du Sang, lo Rhumatisme, los Plaies Invétorées ot toutes les Affections de nature éruptive, scrofuleuse 01 sy philitiquo.Le Reméds de Fainiits par oxcellence, La Véritable GAT da FLORIDE \u2014DE- idurray & Lanman.LE PLUS EXQUIS de tous les = ; à Parfums pour la Toilette a Supérieure à cl'Ean de si Cologne» par la délicatesse de son arôme et la fraîcheur | ct permanence de son parfum sur le Mouchoir.DANS LE BAIN 4 8 elle rafrafchit le Corps et vi- Sel vifie le Cerveau.Se méfier des Contrefaçon, GUÉRISSEZ VOTRE ESTOMAC! \\ LES PILULES DE PUREMENT VEGETALES scut le meilleur Purgatif et le Remède le plus efficace contre toutes les maladies de l\u2019Estomac, le Foie et la Dispepsie.= x 2 Ta.A: Born) 5 C a a FIRE, 5 Ÿ Te = LR Sm NN LURAY 4 Li pe PRO = : ee FT vas deals = CHEMIN DE FER D\u2019'OXFORD ET NEW-GLASGOW SEC.\u2014CHEMIN DE MINGO A LA VILLE DE PICTOU, BRANCHE DE I, C.R.SOUMISSION POUR LES TRAVAUX DECONSTRUCTION ES SOUMISSIONS cachetées, adressées au soussigné et endossées \u2018\u2018 Soumission pour le chemin de fer d\u2019Oxford et du New-Glasgow \u201d seront reçues à ce bureau jusqu\u2019au midi de lundi, le dixième jour d\u2019octobre 1887, pour certains ta- vaux de construction, Les plans et devis seront ouverts pour l'inspection au bureau de l'Ingénieur en chef des chemins de fer du Gouvernement à Ottawa, et aussi au bureau du chemin de fer d'Oxford et New Glasgow à la rivière John, Comté de Pictou, Nouvelle-Ecosse, le et après le premier jour d'Octobre, 1887.La spécification générale et la forme de la soumission pourront être obtenues alors après application.Aucune soumission ne sera prise en considération à moins qu\u2019elle ne soit imprimé\u2019 et qu\u2019on ait rempli les conditions voulues, Par ordre, A.P.BRADLEY, Secrétaire, Département des chemins de fer et canaux, ttawa, 9 Sept 1887.Québec, 16 scpt.1887\u20143f1ps.666 Instituteur pour academie ON demande un instituteur capable d'enseigner l'anglais, le français et le latin dans une académie.Salaire très convenable.S\u2019adresser au rueau du Courriner du Canadaf.Québec, 15 Août 1887\u20146 aE) TN nulle part ailleurs.ORGUES-HARMONIUMS \u2018* 8 ONAAN ED, * -\u2014 ~ mous instruments de choix, de nouveaux styles Imques auns laure gears,
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