Journal des campagnes, 3 mai 1888, jeudi 3 mai 1888
[" LR [3 STN RY ue JOURNAL DES CAMPAGNES EDITION UEBDOHADAIRE, Paraissant tous les JEUDIS et contenant toutes les nouvelles de la semaine.Prix de l'abonnement :-ENE PIASTRE POUR LA FRANCE : 30 FRANCS Strictement payable d\u2019avunce.Imprimé et publié par LEGER BROUSSKAU, ÉDITEUR-PROPRIÉTAIBE No 9, Rue Buade, H.V., Québec.DISSOLUTION.Mardi matin, le Journal officiel contenait un décret du président de la République qui mettait a la retraite le général Boulanger.Vendredi matin, tous les journaux contenaient le manifeste du général aux électeurs du Nord, expbsant la politique fort simple dn candidat : révision et dissolution: Vendredi soir, le cabinet Tirard qui avait frappé le général était renversé, La Chambre proclamait par son vote l\u2019urgence de la révision, et par son attitude, la nécessité de la dissolution.Je défie un électeur d'intelligence moyenne de ne pas conclure que ces trois faits découlent les uns des autres.C'est parce qu'il avait été rendu à la vie civile, selon l'expression du général Logerot, que Boulanger a pu proclamer son programme.C'est parce qu\u2019il l\u2019a proclamé que le ministère à Été renversé.Donc, en se plaçant an point de vue des républicains, il était idiot de rendre le général & la vie civile, puisque le coup qui lui a été porté par les opportunistes est retombé sur leurs têtes.On leur a renversé leur Winistére,.et leur , gouvernement s'enfonce _d\u2019un cran de plus dans Pimpuissante; le discrédit et le ridi- oule.c \u2018 République franguise, qui s\u2019¢ver- tuait à pese Boulanger, avait trouvé cette triomphante combinai- sou » qu'il sois éligible! Eh bien ! il est éligible\" LR République française est-eHé\u2018plüs-avandée ?Cr = L'industrie agricole Stan \u2014 BY f= PR ET \u2018ur CE JOHNSON Vue 2 ata = N EELS ut dott \u2014 rss toujours être la base de ca r \u201c= Assembiée : te Me, .i 2 8 .Législative La déconfiture des républicains écrasés entre les radicaux et les conservateurs est tout ce qu\u2019il y a de plus comique au monde.Les républicains ont couvert Boulanger d'applaudissements,le jouit où il déclarait que ses soldats partageraient leurs gamelles avec les mineurs.Or, c\u2019est aujourd'hui à ces mineurs que Boulanger demande un siège à la chambre.Sa pasquinade d'autrefois l\u2019a rendu populaire parmi eux.Iis vont l\u2019élire.Les républicains ont applaudi Boulanger quand il a rayé les princes des cadres de l\u2019armée.Or, ils ont été forcés de le rayer à son\u2019 tour des cadres de l'armée comme un simple prince, et il en fait un prétendant.Pourtant, ils étaient bien prévenus.Ils avaient été avertis à teraps.Tenez, tout à l\u2019heure, en feuilletant de vieux papiers j'ai fait une découverte singulière.J'ai trouvé un article paru dans le Matin le 24 janvier 1887.Il y a quatorze mois.À cette époque on vexiait de renverser Boulanger.Un homme,un seul, avait eu l\u2019énergie d\u2019accepter la présidence d'un ministère dont ne Sorat pas partie le général Gérau-del.Le rédacteur du Matin examinait les conséquences de la chute du général, et concluait en disant qu'el- 2 Sait trop tardive, que le mal était ait.' Du reste, il faut citer les principaux passages de cette espèce de petite prophétie.\u201cTrop tard! Eh bien! j'ai le'regret de le'dire aux assaillants du général Boulanger Il est trop tard.- \u2019 C'était, il y a six mois, qu\u2019il fallait avoir du nez, ouvrir les yeux et comprèndre.À ce moment là, on aurait envoyé le général dans un corps d'armée quelconque sans que personne protestât, et il y serait au- jourd\u2019hui parfaitement oublié, Mais à ce moment on avait besoin de lui pour la besogne que l\u2019on sait.Il consentirait, lui, général français à jeter à la porte de l\u2019armée française des soldats qui comptaient parmi leurs aïeux trente-sept princes morts on pris sur les champs de bataille, Coan ou leur maison forgea, avec son épée, la nationalité francaise, et cette bonne volouté lui tenait lieu de tout, d\u2019Egypte et d'Italie, de Rivoli et des Pyramides.Aujourd\u2019hui, il n\u2019est plus temps.Il y a six mois, le général Boulanger n\u2019existait pasencore.Aujourd\u2019hai il existe.On y touchera.Soit! On le renversera.Soit ! Et puis, il arrivera ceci, c\u2019est\u201dque l'opinion publique, très bête, fera de lui une victime de M.de Bismarck.C'est qu\u2019autour de lui une légende absurde se créa, c\u2019est qu\u2019il personuifiera les idées de revanche,c\u2019est.qu\u2019il deviendra un drapeau, c\u2019est qu\u2019il deviendra Gambetta des radicaux.Mais bons opportunistes que vous êtes, Vous savez bien que les intransigeants, s'entendent encore mieux que vous à fabriquer des légendes.Vous ne pouvez pas lutter avec des gens qui sont arrivés à galvaniser les deux fantoches qui s'appelaient Blanqui et Félix Pyat, et à leur donner une certaine attitude devant l\u2019opinion.Ils se mettront à travailler au profit du général Boulanger, et vous m'en direz des nouvelles, et vous verrez quelle place tiendra bientôt le ministre tombé, comme il éclipsera les deux pâles -clairs de lune de Gambetta qui s'appellent Ferry et Freycinet.Et comme il lui sera facile, avec un peu de patience, de devenir le maître de la République.\u2018 quitte à faire mitrailler plus tard la sainte canaille qui l\u2019aura porté au pouvoir.\u201d Qu'\u2019en dites-vous ?Celui de mes confrères qui a écrit ces lignes voyait il assez juste ?Etait il assez bon prophète, et a-t-il assez le droit, dans son coin, de se tordre de rire et d'apprécier les répäblicains avertis par lui jadis, affolés aujour- d\u2019hui, au moyen de ces mots pittoresques et familiers : Tas d\u2019imbéciles ?Remarquez bien, d'ailleurs, que Boulanger et ses adversaires sont, tous, sous l\u2019empire d\u2019une fatalité historique.Ils ne sont pas libres.Ils obéissent aux lois immuables qui enchaînent les uns aux autres les évènements humains.Boulanger ne pouvait pas demander autre chose que la révision et la dissolution, puisque ce sont là pour, lui les deux seuls moyens pratiques de se débarrasser de ses ennemis.Or, une fois la question de révision posée, la Chambre telle qu\u2019elle est ne pouvait pas l\u2019écarter, parce qu\u2019elle comprend une majorité obligée, à des titres divers de la réclamer.Les boulangistes y sont obligés par leur intérêt ; les clémencistes.par leurs déclarations.; les bonapartistes et les royalistes par leur principe.Un radical, un bonapartiste, un royaliste ne peuvent refuser un instant de reviser la Constitution.Le premier, parce qu\u2019il la juge trop peu républicaine ; les deux autres, parce qu'elle barre le passage à leurs princes.* Incapable de s\u2019entendre sur une affirmation, ils se concertent forcément, tous les trois, sur une négation.\u2014Oui, dira-t-on ; mais il y a le Sénat qui n\u2019est vas révisionniste, et dont le concours pourtant est nécessaire a la révision ! Je le sais bien ; c\u2019est pour cela que je juge la dissolution nécessaire et inévitable.Puisque la Chambre veut la révision, et puisque la révision est pratiquement irréalisable, il n\u2019y a qu\u2019un moyen d\u2019en sortir ; c\u2019est de dissoudre la Chambre.Les gens qui détiennent le pouvoir depuis Carnot jusqu\u2019au dernier sous- préfet, ne veulent, bien entendu, ni de la révision ni de la dissolution.Ils ne veulent pas de la révision parce que, étant en place et bien pourvus, ils trouvent la constitution admirable.: Ils ne veulent pas la dissolution, parce que la dissolution c\u2019est l\u2019incon nu.Pour eux, c\u2019est peut-être Boulan ger ; c\u2019est peut-être la Monarchie ; c\u2019est peut-être la Commune.C\u2019est tout ce qu\u2019ils possèdent, excepté ce dont ils jouissent.Aussi allongent-ils la courroie de leur mieux.Aussi chercheront-ils par tous les moyens à éviter à la fois la révision et la dissolution.De tous les moyens possibles, celui qui se présente le premier est naturellement l\u2019essai de la constitution d\u2019an ministère viable, d\u2019un ministère qui fasse quelque chose ou du moins qui ait l\u2019air de faire quelque chose.Floquet ne pourra pas plus que les autres.La situation actuelle, fille de \u2018 a + Lu 4 CL 7 2 | JOURNAL DES CAMPAGNES Co dix années d\u2019hypocrisies, de hontes, de gaspillages, de corruption et de tyrannie l\u2019'emportera comme le premier Tirard venu.Il n\u2019y à pas d'homme fort dans les gouvernements pourris, et sur un cheval fourbu les cavaliers les meilleurs restent forcément en arrière.Que Floquet on vn autre soit ministre, il jouira de huit jours de tran- quilité dus à la fatigue qui succède à toute crise ministérielle.Et puis, il sera, comme ses prédécesseurs, en face d\u2019un coalition fatale de deux tronçons de la chambre contre la troisième.Dans de pareilles conditions, tout gouvernement est impossible.Ce qui est vrai, le fait qui plane au dessus de toutes les luttes, de toutes nos crises ministérielles, c\u2019est que la France est arrivée à la période critique où elle a, depuis sa grande maladie de ja fin du siècle dernier, l\u2019habitude de vomir les gouvernements qu\u2019elle se donne successivement.Elle ne sait pas bien par quoi elle remplacera ce qu'elle va rejeter ; mais elle l\u2019expulse quand même.Les symptômes de la crise éclatent de tous côtés.Les élections de 1885, le dégoût qu\u2019inspire Ferry l\u2019effronde- ment scandaleux de la maison Grévy, l'engouement ridicule dont Boulanger est l\u2019objet ne sont pas autre chose.C\u2019est pourquoi les gens qui aspirent à remplacer ce qui est et à guérir la patrie malade doivent se tenir prêts.Le temps approche où on aura besoin d\u2019eux et où on leur demandera, sous peine d\u2019une nouvelle échéance, de Ffaire en conscience le métier de nations.Et c\u2019est là un dur métier, car il exige toutes les aptitudes, ct il commande les actes les plus divers.Parfois il se concilie avec l\u2019expectative.Il permet qu\u2019on attende tranquillement dans l'exil le réveil de la sagesse d\u2019un peuple et la résurrection spontanée du droit.Mais parfois aussi, il veut que l\u2019on se sacrifie, que l'on s\u2019expose, que l\u2019on donne de sa personne, que l\u2019on fasse preuve, à la face du soloil et en face de ses adversaires, que l\u2019on est animé de ce sentiment de sa mission, de cette passion du pouvoir, de cette conscience de sa destinée, et, qu\u2019on me passe ce mot, de ce sublime rut royal qui indique aux hommes leur chef, leur guide et leur salut.J.CORNELY.mures a ae A A Lettres de Constantinople [DE L'Univers.] Constantinople, 16 mars 1888.La question bulgare, après un réveil momentamé, dort de nouveau d\u2019un sommeil profond, que la mort de l'empereur Guillaume contribue à rendre presque léthargique, la démarche platonique que la Subli- me-Porte s\u2019est décidée à faire en présence de la pression exercée par les cabinets de Saint Pétersbourg, de Berlin et de Paris, ne semblé pas avoir ému outre mesure les gouver- uants bulgares, qui savent d\u2019ailleurs parfaitement bien que la Porte s\u2019attendait à ce résultat ; en ce moment, co qui inquiète le prince Ferdinand et ces ministres, c\u2019est plutôt la campagne que l'Angleterre mène de plus en plus en faveur du prince Alexandre de Battenberg.Ils craignent que la Russie, pour répondre en uelque sorte aux avances faites par Allemagne en faveur de la paix, ne finisse par faire cette concession qui, étant patronnée par l'Angleterre et bien vue par l\u2019Allemagne, serait à la longue agréée même par l'Autriche, et que les Bulgares, surtout l\u2019armée, accepteraient avec frénésie.Quant au consentement dela Porte, c'est là une question tout à fait secondaire,et on peut la considérer comme acquis d\u2019avance à toute proposition pouvant amener un accord entre les puissances européennes.Ce serait en réalité bien drôle que le prince Alexandre de Battenberg, qui a été la pomme de la discorde dans cette grosse question bulgare, finise pour devenir le point de ralliement et peut-être la seule solution possible, sinon déjà probable \u2026 ; Le maréchal Ali-Nizami pacha, qui devait se rendre à Berlin pour assister aux fanérailles de l\u2019empereur Guillaume et pour féliciter l\u2019empereur Frédéric à l'occasion de son avé- nement, a dû ajourner son départ au dernier moment vu qu\u2019il n\u2019aurait pu être à temps à Berlin pour les funérailles ; cette mission a été confiée à Sadoullah pacha, ambassadeur à Vienne et ex-ambassadeur à Berlin ; il la\u2018remplira conjointement avec l'ambassadeur ottoman actuel, Tewfick bey.Il paraît cependant, d'après mes renseignements, que S.M.le sultan est toujours dans l'intention d\u2019envoyer a Berlin une mission spéciale, qui serait composée du maréchal Ali-Nizami pacha et de l\u2019allemand Ristow pacha.Cette mission, avec les félicitations da sultan Abdul-Hamid II, présenterait probablement à l\u2019empereur Frédéric les insignes du grand - cordon du Nichani-Imtiaz, la même décoration que le même Ali-Nizami Pacha fut chargé de remettre autrefois à feu l\u2019empereur Guillaume.Accorder des décorations, enrichies de brillants, aux autres souvenirs, c\u2019est là un acte de politique on ne peut plus innocent, et qu\u2019il est loisible de renouveler toujours pour cou- tenter tout le monde, même ceux qui trouveraient à redire sur la faveur accordée à d\u2019autres ; c\u2019est pour cela que le grand-vizir Kiamil-Pacha se garde bien de s'opposer au penchant que le sultan semble avoir pour la distribution facile de pareilles faveurs.,[ Comme je l'avais prévu, l'incident de Damas est sur le point de recevoir une solutions des plus satisfaisantes pour la France ; il esten effet question du rappel de Nachid Pacha, le gouverneur de Damas, lequel a vu d\u2019ailleurs restreindre déjà sa juridiction à moius que la moitié de l\u2019ancien vilayet de Syrie.Le nouveau gouverneur général du nouveau vi- layet de Beyrout, lequel embrasse aussi toutes les villes du littoral de la Syrie, qui relevaient jusqu'ici de Damas a déjà pris possession de son poste, malgré l\u2019opposition de Nachid Pacha.Ali pacha est \u201c persona gra- ta \u201d à la France, et je persiste à croire que la Sublime Porte, revenant sur cette idée du partage de la Syrie on deux vilavets, finira par nommer Ali Pacha gouverneur général de téute la Syrie.Les RR.PP.franciscains, qui desservent l\u2019église de Saint Louis à Péra (la chapelie de l'ambassade de France), ont donné cette semaine-ci la retraite annuelle pour les dames.Ces saints exercices ont été fréquentés par l'élite des dames catholiques de Péra, et le R.P.Marcel, l'orateur français bien connu à Constantinople, dont l\u2019éloquence persuasive a le don de pénétrer toujours son auditoire, a pleinement satisfait la piété des nombreuses dames qui ont fréquenté ses pieuses instructions.J'ai constaté avec une réelle satisfaction que Mme la comtesse de Montebello, ambassadrice de France, et Mme Cafiarel, Ja femme de l'attaché\u2019 militaire de l'ambassade, ont donné les premières lu bon exemple en assistant régulièrement aux conférenées du P.Marcel.Je dois dire d'ailleurs, pour rester dans le vrai, que depuis que M.le comte de Montebello se trouve à Constantinople, l'ambassade de France parait avoir repris les belles traditions de la France catholique.C\u2019est ainsi que là où les prédécesseurs de M.de Montbello savaient facilement trouver des prétextes pour se faire représenter par leurs secrétaires dans la plupart des cérémonies religieuses auxquelles l\u2019ambassade assiste officiellement.M.le comte de Montebello tient au contraire à y assister toujours en personne.L\u2019ambassadeur, actuel de France à Constantinople, en agissant comme il le fait, honore à la fois sa religion et sa patrie, car il est évident qu'il cop tribue par là à relever le prestige de la France catholique en Orient.\" La retraite des dames a pris fin ce matin.Mgr Bonetti délégué apostolique, a célebré la messe de fin de retraite et a distribué la sainte communion.Sa Grandeur, qui semble manier la langue française on pourrait dire presque mieux que l\u2019italienne, a, dans une improvisation analogue à la circonstance, résumé des devoirs de la mère chrétienne, inspirant un surcroît de ferveur à son auditoire déjà si bien préparé par une retraite de huit jours.Une séance des plus intéressantes doit avoir lieu le 22 courant dans les salons de l\u2019ambassade de France, en faveur des œuvres des filles de la Charité.L'initiative de cet acte de patriotisme, accompli sur un sol étranger à la France, revient à Mme la comtesse de Montebello.Mgr Bonetti, le délégué apostolique, n\u2019est peut-être pas étranger à ces ingénieux moyens destinés à soulager les misères qui sont si grandes à Constantinople, et qui cette année- ci se trouvent doublées par un hiver des plus rigoureux., Les dames de charité de Père, sous la direction intelligente et active de Mge Bonetti, opérent une des merveilles de charité, et s'efforcent de soulager les éprouvés de ce surcroit de misère.A PROPOS DE BOULANGISTES.Il paraît que dans le parti royaliste, il y a de bonnes gens qui prétendent que le Gaulois et votre serviteur sont devenus boulangistes.Cela ne m'étonne pas.D'abord, notre parti, comme tous les partis de foi sincère, fourmille de braves cœurs qui anathématisent volontiers.L'inquisition et l\u2019anathème sont l\u2019envers de la foi.i Ensuite, toutes les fois que j'ai le malheur de parler de Boulanger, je reçois des lettres indignées conçues d\u2019après un double et invariable modèle.( / Les uns me disent.|: __ \u2014Comment ! monsieur, vous osez défendre ce faux général, ce malheureux, ce révolté ! Vous n\u2019êtes pas \\ royaliste.Les autres me disent : \u2014Comment ! monsieur, vous osez attäquer le seul ministre qui ne se soit pas aplati devant I'Allemagne ! Vous n\u2019êtes pas Français.Pas royaliste et pas Français ! Qu'est-ce que je peux bien être ?Je vais essayer de le .dire, et, pour le dire, je vais tenter un apologue.On s'imagine volontiers que les terres vierges produisent.du premier coup, des moissons magnifiques.0'est une erreur.Les terres vierges\u2018 ne produisent rien, que des chardons.Pour qu\u2019elles produisent quelque chose, 11 faut les aménager.On commence par leur confier des troupeaux de bœufs qui les broutent, les fament ët les façonnent avec leurs pieds.Puis on y met des moutons qui produisent de la laine.Enfin on y sème du blé qui pousse à plaisir.En Australie, quand on fat arrivé \u2019 à la seconde façon, aux troupeaux de moutons, il arriva des lapins.Les lapins se mirent à manger l'herbe qui nourissait les moutons, et les moutons se mirent à \u2018crever de faim.Les propriétaires de l'Australie, gens pratiques, comprenant que le poil des lapins ne les dédommagerait jamais de la perte de la laine des moutons, se cotisèrent pour un prix à celui qui arriverait à les débarrasser des lapins.Les savants firent travailler leurs cervelle et inventèrent des 'breuvages meurtriers avec lesquels on arrosait l'herbe.Les lapins qui dévoraient l'herbe faisaient couic immédiatement, mais les moutons aussi.Mauvais moyen.\u201d Alors notre graud Pasteur intervint.Il proposa un de ces microbes dont il tient magasin, un microbe qui donne la phtisie aux lapins et qui ne la donne pas aux moutons.: Cet homme est bien capable de gagner quelques millions en rendant tuberculeux les lapins.Voilà mon apologue.Il est moderne, car il est d\u2019hier.Je considère Boulanger comme le microbe qui doit donner à la République la\u2018\u2019maladie mortelle.Si vous appelez cela être boulangiste c\u2019est votre affaire ; mais dans ce cas je suis boulangiste.Et ne dites pas que ma comparaison est fausse ue dites pas que Boulanger n\u2019est pas une.maladie terrible inoculée à la Républiue.1 Voyez un peu et réfléchissez.Sans Boulanger, est-ce que nous aurions savouré le vigoureux et éloquent discours prononcé hier, par mon ami M.Paul de Cassagnac, dont je n\u2019admets pas toutes les théories, mais dont j'apprécie l'esprit politique.Est-ce que nous l\u2019aurions entendu faire le procès de la Republique, lui démontrer qu\u2019elle est un gouvernement de saltimbanques êt d\u2019eunuques, qu\u2019elle a réduit la France à chercher un prétendu sauveur de tous les côtés.Sans Boulanger, est-ce -que nous aurions vu toute la séquelle républi- saine courber la tête sous ses accents qui, pour n\u2019être pas royalistes, n\u2019en étaient pas moins vengeurs et honnêtes ?Sans Boulanger, est-ce que nous aurions eu la colère impuissante de Tirard et les rages imbéciles du petit père Goblet.Sans Boulanger est ce nous aurions entendu Laguerre disputer à assagnac dans la virulence de ses attaques contre la sénilité parlementaire répüblicaine ?Sans Boulanger, est-ce que nous aurions vu ce pauvre Olémencean monter à la tribune pour répudier, la rougeur au front, le général qu\u2019il a fait lui-même, et pour proposer un ordre du jour qui constate et proclame l\u2019impuissance de la Chambre dont il fait partie?.Sans Boulanger est-ce que nous - aurions vu couler les larmes de Ribot demandant l\u2019anion au milieu de ces divisés, avec autant de succès qu\u2019un médecin aliéniste en aurait s'il demandait un peu de bon au milieu de ses clientes de Ja Salpétrisre 2 Sans Bonlanger, est-ce que nous assisterions à \u2018ce spectacle étonnant inoubliable, l\u2019élection de Marseille, où la République est en déroute avant même le scrutin et où il ne se présente que des révoltés ?.Non, non, sans Boulanger nous n\u2019aurions rien vu de tout cela.Et savez-vous ce que c'est: c'est le symptôme infaillible, indéniable, de la fin d'un régime abborré.La Chambre se déchirant elle- même ; la République n\u2019osant pas , mr + rte & s'affirmer devant les électeurs ; ses * .chefs hués, attaqués sur la voie pu- - plique ; son Président empêché par la crainte des manifestations d\u2019accomplir la plus sacrée de sa vie: mener le deuil de son père.Voilà ce que nous devons à Boulangert vous voudriez que nous méconnaissions tout cela?Je n\u2019aime pas Boulanger, mais je le cultive.Je ne fais pas de vœux pour lui, mais je le contemple.Je à ne le considère pas comme un sauveur, mais je le considère comme un vengeur.;( Et, pour tout dire, je suis devant lui comme Pasteur est devant ses microbes.J.CORNELY.AD mere.Le scandale d'Ivry a C'est le Gaulois qui dénonce ce scandale en ces termes: Un scandale ignoble a marqué, hier à Ivry, le service de M.le cure Collas, décédé il y a trois jours.| ~ Le conseil de fabrique avait prié M.Lévêque, maire de la localité, de | donner des ordres au commissaire de police afin que ce magistrat'assurât le service d'ordre aux abords de l\u2019église.Mais M.Lévêque refusa de prescrire leservice qui lui était demandé.L'abbé Collas, très estimé dans la commune, où il avait rendu de nombreux bienfaits grâce à sa fortune personnelle, était curé de la paroisse d\u2019Ivry depuis deux ans.Il était précèdemment : premier vicaire à l\u2019église Saint-Pierre de Chaillot Il avait fondé des écoles chrétiennes dirigées par des Frères et des Sœurs.C\u2019était un homme charitable, toujours prêt à venir en aide aux malheureux.° Dès son arrivée à Ivry, il avait été en butte aux tracasseries de la municipalité radicale, à laquelle il avait toujours su tenir tête.Le maire et M.Guilhen, commis: saire de police, s'étaient ligués contre lui ; ils lui firent endurer toutes les vexations possibles.La population d\u2019Ivry, ayant eu conpaissance de l\u2019incident survenu entre le conseil de fabrigne et le maire, s'était portée en masse, hier, à midi, al\u2019église d\u2019Ivry, qu\u2019elle prit en quelque sorte d\u2019assaut.Tandis qu'à l'intérieur plusieurs misérables troublaient le service divin, à la porte d\u2019autres invectivaient les personnes qui n\u2019avaient pu pénétrer dans l\u2019église.À la sortie du corps, les cris recommencèrent de plus belle ; cette foule abjecte, ne respectant même pas la mort, se mit à \u2018chanter et à pousser des cris d'animaux.Et cela sous l'œil paternel de M.Guilhén, commissaire de police, dont la présence semblait être une provocation.Des caractères et des dessins obscènes furent tracés à la craie sur les murs de l\u2019église, où les lettres de faire-part avaient été lacérées.« Ce ne fat que grâce à l\u2019énergie de plusieurs assistants\u2019 que la voiture mortuaire put se faire un passage à travers cette foule ignoble, qui ne cessait de chânter et de crier.M.Guilhen, qui n\u2019a pas un instant | - tenté de réprimer ce scandale, -avait bien su, cependant, assister officiellement à la mise'en bière et à la levée du corps, car il savait qu\u2019il devait toucher de ce chef une double vacation, : ! C\u2019est honteux,\u2019 vraiment, que de pareilles scènes se produisent à un enterrement, et cela de par le bon - vouloir d'un maire et .d'un commie- saire de police, et presque avec l\u2019ap- Probation de ce dernier magistrat: Du reste, la municipalité et le peuple d\u2019Ivry soit contumiers du ait.Il ést grand temps de mettre un 1 » \u2018 JOURNAL DES CAM?473% ES terme à ces cènes écœurantes, qui se renouvel.ent trop fréquemment.Il est à espérer que M.Lozé, préfet de police, saura récompenser cemme il le mérite-le zèle du commissaire d'Ivry.Hélas ! nous craignons bien que un honneur dont celui-ci ne se montrera pas digne \u2014+>ea\u2014 Un incident Le XIX Siècle raconte ce curieux incident de la soirée d'hier : Ue bande de deux ou trois cents personnes environ passait, hier soir, place de l'Opéra, vers ouzè heures, en criant : \u201c* Vive Boulanger ! À bas Ferry !\u201d lorsque M.Rouvier et M.Edwards, directeur du Matin, qui se dizigeaient vers l'avenue de l\u2019Opéra, vinrent à les rencontrer.Enervé par les cris de : \u201c A bas Ferry ! \u201d qu\u2019on ne cessait de répéter, M.Kouvier se retournant, s\u2019écria : \u201c Vive Ferry !\u201d Inutile de dire que ce cri fut accueilli par une bordée de: \u201c A bas Ferry, vive Boulanger ! \u201d Entouré aussitôt par les manifestants, auxquels s'étaient joints un certain nombre de curieux, M.Rouvier, s'adressant à un gamin d\u2019une dizaine d'années qui se faisait plus remarquer que les autres par ses démonstrations antiferrystes, lui dit : \u201c Mais, petit malheureux sache donc que si tu as quelque instruction, c\u2019est à M.Ferry que tu le dois! (sic).\u201d Puis, comme les cris de : \u201c À bas Ferry ! \u201d continuaient comme de plus belle, il ajouta : \u2014Je m'appelle Rourier, et je vous défends de crier devant moi: \u2018 A bas Ferry.\u201d A ce moment, un autre manifestant ayant crié aux oreilles mêmes de M.Rouvier : \u201c A bas les ministres de Bismark!\u201d celui-ci se retourna, furieux : \u2014Que dites-vous ?s\u2019écria-t-il.Le manifestant, interloqué, s\u2019enfuit à toutes jambes, poursuivi par M.Rouvier, que la foule escortait toujours en criant : \u2018\u201c À bas Ferry! À bas Rouvier ! Vive Boulanger ! \u201d Arrivé rue Dounou, M.Rouvier s'arrêta et rèvint sur ses pas, en compagnie de M.Edwards.Puis, se frayant un passage à travers la foule, ils descendirent l\u2019avenue de l'Opéra.Les manifestants les accompagnèrent en continuant à crier : \u201c À bas Ferry ! à bas Rouvier ! Arrivé \u2018rue d'Argenteuil, M.Rouvier entra dans les bureaux du Matin! \u201c Peu à peu, les manifestants se dispersèrent et M.Rouvier put rentrer chez lui.! Mais quelques curieux qui l\u2019avaient attendu le saluèrent encore une fois du cri de: \u201c A bas Rouvier ! Vive Boulanger ! \u201d \u2018 Ainsi se termina ce petit scandale, qui a eu plus d\u2019un côté grotesque.ll est assez étrange que le Matin ne souffle mot de cet incident où, d\u2019après le XIXe Siècle, aurait été mêlé son directeur \u2014\u2014\u2014-\u2014_ Cinquième anniversaire DU 'F AVRIL 1883 a Lorsque Dieu, il y a cinq ans, jugeant que Louis Veuillot \u2018avait fait son œuvre, le rappela, je me promis, et bientôt je promis aux catholiques d'écrire sa vie.Oe travail, qui cependant m'est plus cher que tout autre, n\u2019est pas terminé encore.Les Jocuments sont réunis; le cadre est tracé, les jalons sont posés, mais les premiers chapitres seuls sont écrits Les amis, connus et inconnus, qui me pressent avec tant d'affection de donner ce livre, vont regretter certainement qu\u2019il ne soit pas plus avancé./ .\\ : .+ aoù .le Gaulois ne fasse au préfet de police.\u2019 Ils le regretteront moins que moi, et je les prie de m\u2019accuser d'avoir fait d\u2019autres besognes quand je devais surtout celle là.L'Univers était pour Louis Veuillot l\u2019œuvre capitale.Il s\u2019y était livré tout entier et m\u2019a toujours demandé de suivre son exemple.J'ai obéi, et c\u2019est pourquoi sans oublier un instant ce que je dois à la mémoire de mon frère j'ai appliqué à l\u2019absorbant travail du joarnal la plus grande partie de mon temps.Si je suis en retard ce n\u2019est pas pour m'être donné trop de loisirs.Nos lecteurs, nos amis doivent donc m\u2019excuser de n'avoir pas rigousement tenu en ce qui touche la publication des œuvres de Louis Veuillot et sa Vie toutes mes promesses.Elles n\u2019ont pas cessé d\u2019être présentes à mon esprit, à mon cœur ; je puis même dire, puisque je cause avec des amis, qu\u2019elles n\u2019ont pas cessé de me tourmenter.C\u2019est une vraie et vive douleur pour moi d'interrompre sans cesse ce précieux et noble travail, pour juger au jour le jour les faits et gestes de MM.Boulanger, Tirard, Wilson, Goblet, Floquet.Mais il le faut ; c\u2019est le devoir.On n\u2019a point la direction d\u2019un journal comme l'Univers pour se taire sur les choses et les hommes qui occupent l\u2019opinion.En dehors des questions courantes, que d\u2019autres surgissent auxquelles il faut également s'arrêter! Quelquefois même l'arrêt doit être long.Par exemple, il en est ainsi pour les Mémoires d\u2019un royaliste.Pouvais je me dispenser d\u2019examiner de près ce livre où un homme de mérite, qui compta parmi les défenseurs des intérêts religieux a faussé par calcul le programme de l\u2019 Univers et c'est à moi, surtout, qu\u2019il appartenait de le rétablir.Plus d'une fois, depuis cinq ans, j'ai fait pareille besogne pour d\u2019autres publications ayant plus ou moins directement trait à l\u2019histoire du parti catholique.Et cependant je n\u2019ai pas tout relevé.Ainsi je n\u2019ai rien dit des lettres du P, Lacordaire à M.Foiset, sur lesquelles il y aurait tant à dire ! Que d\u2019écarts d'idées, d\u2019erreurs de jugement et de paroles fâcheuses il y a dans ces deux volumes ! Le lecteur ne doit pas conclure de ce rapprochement que je compare la correspondance de l\u2019illustre dominicain aux Mémoires d'un royaliste.Si l\u2019on voit dans cette correspondance un homme irrité et emporté, absolu et mobile, on y sent aussi une âme sincère, dont l'injustice n'est pas du parti pris.C\u2019est un adversaire altier et prévenu qui se trompe, et non un ennemi qui veut tromper.Mais écartons ces choses.D'autres souvenirs dominent aujour- d\u2019hui ceux que m'ont laissés d\u2019injustes et mème d\u2019indignes attaques.Je me rappelle la concert de regrets qui éclata dans le monde catholique lorsqu\u2019on sut que Louis Vertillot n\u2019était plus, Ce jour-là, les chrétiens militants, évêques, prêtres et fidèles, qui n'avaient cessé d\u2019applaudir à ses travaux, ne farent pas seuls à lui rendre hommage.Aux amis on vit se joindre des ennemis absolus ; et, de plus, des demeurants du camp libéral, \u2014pas tous hélas ! ni les plus notables, \u2014 surent aussi reconnaître que l\u2019Eglise venait de perdre nn grand serviteur.Si la guerre reprit bientôt, ce ne fut ni de moi ni de ce journal que partirent les premiers coups.- : En cela encore nous nous conformions à la pensée, aux conseils de Louis Veuillot et nous restions dans la voie où il aurait voulu se tenir toujours.Nous l'avons déjà dit, mais il convient de le redire : s\u2019il était constamment prêt à la lutte contre l'ennemi, et même s\u2019il la cherchait volontiers, jamais il ne prit l\u2019initiative d\u2019une polémique personnelle entre catholiques.Les fameuses violences qu\u2019on lui a tant reprochées , 3 étaient des réponses, et il s\u2019en faut qu'il ait répondu à tous les assaillants.Même quand il répondait, que de points il évitait de>toucher ou de traiter à fond afin de limiter la querelle ; que d'articles terminés il a mis au panier ! Mais il voulait l\u2019union dans la vérité et, malheureusement, les catholiques atteints de libéralisme voyaient dans cette exigence un insupportable reproche.De là leur constante colère.Nous ne rappellerons pas ici à quels excès cette colère porta plusieurs d\u2019entre eux.Quant à Louis Veuillot, si dans le combat il put lui arriver de s\u2019échauffer trop, il ne connut point la haine ; il frappait l'adversaire en face sans chercher à déshonorer l\u2019homme ; il n\u2019a rien laissé derrière lui où l\u2019on puisse trouver une calomnie et signaler l\u2019esprit de vengeance.Cinq ans avant sa mort, alors que, déjà souffrant, il étudiait sa vie en chrétien qui voit approcher l'heure de Dieu, voici ce qu\u2019il écrivait comme annexe à son testament : \u2018\u201cJe demande pardon à tous les hommes que j'ai pu offenser et en Vers qui j'ai eu des torts.J'en ai combattu beaucoup et longtemps ; je crois n'en avoir hai aucun sciemment et volontairement, et je suis sûr de leur avoir pardonné de bon cœur les torts que j'ai pu croire qu\u2019ils avaient envers moi.Si j'ai quelquefois, dans le premier feu de mes ressentiments, demandé justice à Dieu, j'ai toujours su renoncer à me faire justice moi-même, avant la fin du combat.Aujourd\u2019hui, je n\u2019ai plus l\u2019ombre d'un ressentiment personnel.Je demande miséricorde pour tous comme pour moi.Grâce à Dieu, ce pardon s'applique à tous et à tout sans exception.Qu\u2019il n\u2019y ait pas un seul des hommes que j'ai combattus qui ne demande et ne reçoive le pardon de Dieu, qui seul peut être offensé sans justice, sans raison et sans prétexte.\u201d C\u2019est également alors qu'il dissit : \u201c S1 l\u2019œuvre que j'ai faite est bonne, il suffira que je n\u2019y sois plus, on le verra bien.\u201d Cette confiance ne fut pas trompée.Son œuvre était bonne ; trop de ceux qui avaient le droit de la juger l\u2019on dit et l\u2019en ont glorifié, pour que le chrétien dévoué à l\u2019Eglise, comprenant les besoins de ce temps.voulant la vérité intégrale, ait le droit d\u2019en douter.Qu'importe que des voix hostiles, les unes servant de vieilles rancunes, les autres ignorantes, protestent encore contre Ce jugement ?Il restera.Et comment ne resterait-il pas, quand la nouvelle génération va chercher et trouve chez le grand combattant des luttes.d'hier des armes pour les combats d\u2019aujourd\u2019hui ?Voici, par exemple, ce que m\u2019écrivait, il y a trois jours, un jeune ecclésiastique, en me demandant comment il pourrait se procurer les Mélanges, et si la vie de \u2018ce fort d'Israël\u201d serait bientôt prête : \u201c Je prie pour vous, monsieur, \u201c et pour votre œuvre.Dans ce sé.\u201c minaire nous sommes beaucoup qui \u2018\u2018 vivons de Veuillot ; il est notre \u201c homme, parce qu'il est un guide \u201c sûr dans les luttes qu\u2019il faudra sou- \u2018tenir pour l\u2019Eglise, et nous nous \u2018\u2018 ferons gloire de marcher avec lui \u201c et après lui.\u201d Oui, Louis Veuillot continue de «combattre et d'enseigner : Defunctus aphuc loquitur.~ EUGÈNE VEUILLOT.\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 On annonce que le président Cleveland atdéfinitivement promis.de se rendre & Nashua (New-Hampshire) le 28 juin prochain pour assister à la .grandè manifestation que les Canadiens-français doivent faire ce jour- là dans cette ville 4 .JOURNAL DES CAMPAGNES \u2018 M EP EE EE er rep rer rt rt rt rt rt er 2 - een EE.Am, ve tt \u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 eet eee re er re rt rt \" ee EE EE rneen, Le rôle de l\u2019Ordre de Malte EN AMÉRIQUE Montmagny, ne pouvait en honneur et en justice, a dit M.Dionne, négliger le but qui avait motivé sa nomination à un poste de confiance.\"Le but latent de la compagnie que Montmagny représentait était d'em- pécher le défrichement du pays.Tout le monde admet que ce représentant était ami des habitants.N'est- il pas vraisemblable de croire que, dans le dessein d\u2019améliorer le sort de ces derniers, il ait pu songer à les mettre sous la gouverne d'une so- - ciété religieuse comme celle de Malte par exemple ?M.Dionne trouve que - c\u2019est accuser ce gouverneur de fourberie que de lui prêter l'idée de faire passer le domaine de ses mandants en mains étrangères.Mais est-ce que de Montmagny en favorisant les aspirations coloniales ne travaillait pas également contre les intérêts des Cent Associés ?Ce n\u2019était pas forfaire à l'honneur que de contribuer à enlever le monopole de la traite à la compagnie pour le faire passer aux habitants, et de ne conserver à cette même compagnie qu\u2019une autorité factice.L\u2019aurait-ce été plus de délivrer les sociétaires d\u2019un pays qui sans la traite, leur\u2019 était à charge, pour en donner la propriété à un ordre comme celui de Malte ?Champlain a donc usé de fourberie lorsqu\u2019il résistait à de Monts, à de Caen, à la Compagnie des Marchands.On ne peut pourtant pas nier qu\u2019il ait contribué pour quelque peu à faire passer le pouvoir suzerain tantôt à l\u2019une, tantôt à l\u2019antre de ces associations.M.Dionne ne paraît pas admettre que .ce fut à l\u2019instigation et sur les instances de Montmagny que les habitants réussirent à obtenir des concessions de la compagnie.Il oublie le rôle d\u2019ami des colons qu\u2019il lui fait jouer avec reison jusque là, pour donner tout le mérite à M.de Repentigny, qui fut, en effet, chargé d\u2019aller en France conduire les négociations.\u201cTout se passa alors, ajoute-t-il, à l'insu de M.de Montmagny.Rien ne prouve que cet arrangement fut le sien ou fut fait à son instigation.Il est assez probable qu'il sympathisa avec eux.\u201d Cette assertion mitigée est remplacée à la ligne suivante par cette proposition plus absolue : \u2018\u2018Il est un fait certain, et je le répète, c\u2019est que le gouverneur était l'ami des habitants et qu'il n\u2019a jamais été pris en défaut sur ce point.\u201d Quand de Montmagny est en dan- er de devenir trop ouvertement l'adversaire de la compagnie, on le fait remplacer tout à coup comme défenseur des habitants par M.de Repentigny, et c'est à l'insu du gou; verneur que les arrangements se font.Au moment que le besoin de la réfutation ne se fait plus sentir, Montmagny reparaît avec son rôle d\u2019ami des habitants.Non seulement sa sympathie'ést assez probable, mais il n'a jamais été pris en défaut sur ce point.° ! Afin de bien démontrer que la mission de Repentigny n\u2019eiit pas lieu à l\u2019insu de M.de Montmagny, ainsi cue M.Dionne l'avance, il suffit de -constater que de Repentigny était le lieutenant du gouverneur et que c\u2019est en cette qualité qu\u2019il passs en France pour les affaires du pays et de la colonie française.(Lettres spir.mère Incarnation.Ferland, I.388 ) M.de Repentigny était une des créatures du gouverneur et il fut si mécontent de le voir remplacé par M.d'Aillebout que cela contribua à avancer sa mort.[Faillon].Montmagny, ajoute M.Dionne, avait lui-même des intérêts dans la compagnie.Pourquoi aurait-il cherché à amoindrir son influence ?Il était trop droit, trop honnête, pour cela.Le successeur de Champlain voulait l'établissement colonial du pays.ll croyait que la compagnie qu\u2019il représentait ne cherchait à faire de cette belle contrée qu\u2019un comptoir de commerce.L'état déplorable dans lequel on laissait de Montmagny était un sujet d\u2019étonnement pour tout le monde.Les progrès que faisait alors le pays étaient dus aux seuls efforts de quelques personnes.Ainsi l'habitation de \u2018Sillery, à trois ou quatre milles de Québec, au bord du fleuve, fut établie aux frais du commandeur de ce nom sous l'inspiration des Jésuites en 1687.M.de Sillery était grand\u2019croix de Malte.C'était le commandeur de Razilly qui l\u2019avait intéressé au Canada et fait entrer dans la compagnie des cent associés [Garneau, I, p.182].Montmagny, en désintéressant la compagnie de ses privilèges pour en revêtir les habitants, ne pouvait pas prétendre avec la population qui habitait alors le pays, assurer alors le développement de la colonie.Devait-il compter sur les ressources fort restreintes des colons ?Et s\u2019il voulait diriger sur les rives du St-Laurent une forte immigration, quelle influence aurait exercée en France la communauté des habitants ?Ces règlements de 1647, approuvés, dit Faillon, parle conseil du roi, peut être sans une assez grande connaissance de cause, ne farent point goûtés par plusieurs personnes, en Canada et en France, parce qu'ils leurs semblaient avoir été inspirés par un autre motif gne celui de l'intérêt public.\u2018 Aussitôt l\u2019arrangement conclu, Montmagny se fait remettre entre les mains par le syndicat des habitants toute l\u2019administration des affaires de la\u2018colonie.Comment s'y prendrait-il, pour peupler et coloniser et peupler le pays, maintenant que la compagnie était libérée de ses obligations ?Le Journal dès Jésuites vient à la rescousse en disant que M.le gouverneur allendait quelque établissement.De qui pouvait-il espé\u2018 rer cet établissement ?Les compagnies avaient laissé le pays à l\u2019abandon.Il ne pouvait compter sur elles, Garneau nous a dit comment une seule personne s'était intéressée sérieusement à la colonie.C'était l\u2019ami de Montmagny, le commandeur de Sillery, un des premiers dignitaires de l\u2019Ordre de Malte, qui dépensait généreusement près de Québec, les 40,000 livres- d\u2019appointement que lui donnait sa commanderie de Troyes.Pourquoi Montmagny n\u2019aurait-il pas rêvé de faire comme le gouverneur des Antilles Poincy, ou comme le suzerain de l\u2019Acadie Razilly, appeler l'Ordre de Malte à son secours.Est-ce que, dans des temps, pas \u2018encore très éloignés, des dignitaires de l'Ordre, comme le commandeur de Malte et le comte de Soissons n\u2019avaient pas pris un puissant intérêt au Canada ?La famille de Razilly n\u2019était-elle pas alliée à celle de Richelieu ?Pourquoi ne pas tenter l\u2019œuvre que son cousin de Poincy .avait préparée de longue main à St-Chris- tophe ct qu\u2019il devait voir couronner de succès ?Le but des chevaliers n\u2019était-il pas de combattre les infidèles et de répandre le nom-chrétien ?N\u2019est-il pas étrange que l\u2019année même où la population canadienne groupe dans les mains de Montmagny tous les pouvoirs, l'année même où ce gouverneur délaissé par les cent associés attend quelque établissement, suivant le Journal des Jésuites, n'est-il pas vrai, dis-je, que c\u2019est cette même année qu\u2019une pierre est gravée aux armes de Malte sur le rocher de Québec ?Tout en donuant à l\u2019ordre une excellente dépouille, pour me servir de l\u2019expression énergique des Chevaliers, Montmagny améliorait considérablement sa position.Les prieurés et les commanderies de Malte assuraient de larges bénéfices à leurs titulaires.Le commandeur de Sillery recevait bon on mal an 40,000 livres de la commanderie de Troyes.Un ordre tout puissant auprès de la cour de France aurait pu diriger vers la colonie un fort courant d\u2019immigrants.Le pays se serait rapidement colonisé et aurait donné des revenus considérables.Montmagny, qui ne receva t que 25,000 livres d\u2019appoin- tement de la compagnie et qui devait là dessus entretenir des garnisons et des lieutenants, pouvait compter sur des appointements plus larges.Lt ce n'est pas 1a jeter une tache de vénalité sur sa nature généreuse et bien ouverte, attendu que les biens d'un chevalier étaient ceux de l\u2019ordre.: Voilà comment, avec toutes ces considérations hypothétiques, on peut vraisemblablement tenter d'expliquer certains incidents de la carrière de Montmagny auxquels les historiens ont prêté des motifs différents, mais qu\u2019ils ne paraissent pas avoir bien approfondis.On a jamais, essayé d'expliquer par exemple, comment il se fait que de Montmagny eût été nommé gouverneur de la colonie bien avant que la mort de Champlain fat connue en.France.On trouve quatre ou cinq documents signés à- Paris dans le cours de janvier et février 1686, dans lesquels Montmagny porte le titre de gouverneur du Canada.Champlain était mort le 25 décembre 1685.11 est impossible de .penser pour un instant que les sociétaires eussent appris, dans le court espace de trois semaines, la mort du fondateur de Québec ?Quelle: influence .faisait donc rappeler le pére véritable de la colonie ?On voit que le désir arrété de, colonie pui:qu\u2019il s\u2019y fit concéder, dès.1646, par la compagnie, deux sei- ' gneuries dont l'une assez considérable : la Rivière du Sud.Son rappel lui offrit la matière d\u2019un vrai sacrifice, écrit Faillon.A-t-on jamais bien saisi les fils de l\u2019étrange cabale qui - fat ourdie contre lui, et dont parle M.de la Chesnaye, dans son mémoire ?Une chose certaine, c\u2019est que les projets de Montmagny, dont le Jour nal des Jésuites nous parle d\u2019une fuçou assez mystérieuse, ne furent point goûtés par plusieurs personnes, en Canada et en France.(Faillon).Que dire encore de l'oppositibn que Maisonneuve rencontra de la part de Montmagny, à l\u2019origine de son entreprise de l'établissement de Montréal ?On a beau essayer de diminuer les proportions de cette querelle, il n\u2019y a pas de doute qu'elle ait existé.A ce propos, on me reproche d'avoir forcé un peu la note lors que j'ai dit que ce fut par un jour de féte publique que de Montmagny fit arbitrairement emprisonner les gens de Maisonneuve.Ce n\u2019était pas un jour de fête publique que cet incident eut lieu, écrit M.Dionne, mais le jour de la conversion de St-Paul, fète patronale de Paul de Chomedey.La correction est juste, en ce sens qu\u2019elle précise mieux que je ne l\u2019ai fait, le jour où l\u2019emprisonnement eut lieu.Mais cela n'empêche pas que cette année là le jour de la conversion de St-Paul fut choisie comme une fête publique par les recrues de Ville-Marie stationnées dans l'anse de Sillery.On ne tire pas du canon et de l\u2019arquebuse, en pleine nuit, pour une fête ordinaire.On sait, avec quelles solennités se célébraient dans ce temps-là les fêtes patronales.Il y avait, du reste, tant de têtes observées, aux origines de la colonie, que l\u2019autorité épiscopale dut à différentes reprises en retrancher au delà de vingt-quatre.Avec ces détails, il est pardonnable d\u2019avoir fait une fête publique d'un jour qui ne I'était peut-étre pas rigoureusement parlant pour toute la communauté.Féte publique ou non, de Montmagny fit emprisonner les gens de Maisonneuve, et il y aurait eu scandale assez fort sans lès pères jésuites, qui eurent le bon esprit de s'interposer.M.Dionne explique le mauvais vouloir de Montmagny en disant que l'établissement de Ville-Marie était une entreprise téméraire qui pouvait mettre la colonie en danger.Il est .} bien connu, cependant, que cet avant- poste jeté comme un défi à l\u2019Iroquois à préservé Québec des incnrsions des sauvages pendant un siècle et dem.D'après Dollier de Casson, Montmagny s\u2019efforçait d\u2019arrêter et de retenir à Québec tous ceux qui- venaient de France pour monter à Villemarie, assurant que ce lieu n\u2019était pas tenable, quoique pourtant on fut dans une absolue nécessité d\u2019y ervoyer des hommes si on voulait conserver Québec et tout le reste de la colonie.(Cité par Faillon 2.90).L'établissement d\u2019un poste avancé, défendu par des hommes courageux et déjà faits à la guerre était propre \u2018Montmagny était de se fixer dans la à raviver les espérances des anciens.a - fussent lésées, et que son autorité lui par plusieurs familles de Québec- par tous les moyens.! Te a ' JOURNAL DES CAMPAGNES 5 colons\u201d par l'aide qu'ils en devaient attendre contre l'ennemi commun ; c'était pour nbus une nouvelle preuve que le Canada possédait en France de puissants protecteurs et des amis intimes.(814 Ferland 1-).Montmagny craignait probable- que les prérogatives de sa charge ne ne fut diminué (Ferland).Montmagny s\u2019est opposé à l\u2019établissement de Montréal.- C'est en preuve.Les raisons qui militaient en faveur de cette opposition étaient elles d\u2019intérêt public.Ferland et Dollier de Casson ne sont pas de cet avis.Il est vrai que de Montmagny, voyant de Maisonneuve fortement appuyé du côté de la métropole, mitigea son ardedr premiére.; mais le fondateur de Ville-Marie, craignant de nouvelles hostilités, dut se défendre dans un pamphlet bien connu, et finit par faire rappeler son ad- versaire\u2014dont le prestige était déjà amoindri par la cabale ourdie contre La société de Ville-Marie brisait certainement quelques projets de Montmagny, parce qu'autrement on ne pourrait pas comprendre une hostilité sans but contre une association entièrement religieuse.Les lettres d'établissement de la compagnie de Montréal, enjoignaient pourtant à Montmagny l\u2019ordre positif de l'aider \u2018En voyant Montmagny rappeler les garnisons du fort Richelieu et se fortifier puissamment dans Québec, j'ai signalé le fait que son cousin de Poincy avait justement procédé de la même manière pour s\u2019emparer de l\u2019île St-Christophe au profit de l\u2019ordre de Malte.M.Dionne conteste ces avancés.Si le fort Richelieu fut démantelé, si la garnison fut repliée sur Québec, c\u2019est que de Montmagny n\u2019avait pas les moyens pécuniaires suffisants d'entretenir cette troupe.Je comprendrais cet argument si de Montmagny eût réduit les cadres de sa garnison, mais il garda dans Québec la troupe rappelée du Richelieu.11 est difficile de voir quelle économie considérable il pouvait réaliser par ce déplacement.Faillon, après s'étre plaint très vivement que par la convention intervenue entre la Cie des Cent Associés et les habitants (2 p.87) de Montmagny se trouvait le seul arbitre souverain des affaires du pays, ajoute : ° D'après ces mêmes articles, le gou-\" verneur de Québec avait vingt cing mille livres d\u2019appointemente- ments par an, avec privilège de faire venir, chaque année, sans frais pour lui, soixante-dix tonneaux de fret par les vaisseaux de la flotte, à la charge pour lui d\u2019entretenir le fort de munitions et d'armes, d\u2019avoir, outre Son lieutenant particulier, un autre lieutenant aux Trois - Rivières, et enfin, soixante-dix hommes de garni- Son, qui seraient nourris aux frais du magasin, et que le gouverneur-géné- ral répartirait dans le pays, selon qu\u2019il le jugerait plüs utile.En fixant alnsi ses appointements, on avait prétendu pourvoir d'une manière efficace à la sûreté du pays, et cepen- dant depuis que ces articles étaient censés être en vigueur, on n\u2019avait presque rien fait pour le défendre., M.de Montmagny, comme gouverneur général, devait entretenir un lieutenant aux Trois-Rivières, placer un commandant au fort Richelieu pourvoir ces forts d'hommes, de munitions et de vivres, et on ne voit pas qu\u2019il les aitsecourus depuis le renouvellement de la guerre, \u2018alors qu\u2019ils avaient tout à \u2018redouter de l\u2019audace des Iroquois.J.EpMoNDp Roy.(A suivre) fame tmaes ot tl i mn ret me L\u2019hon.M.Chapleau se propose d'organiser une série de pique-nique politiques dans la province de Québec, cette année.+ CORRESPONDAN CE D\u2019OTT A WA Ottawa, 28 avril 1888.Une députation composée de MM.L.Z.Joncas, Kenny, Riopel, Cameron (Inverñess), McKeen, Mills [Annapolis], Moffat et autres membres représentant des comtés maritimes, ont eu ce matin une entrevue avec le ministre des finances, Sir Charles Tupper, au sujet odu commerce d\u2019exportation de la morue sèche.M.Joncas, membre pour Gaspé, qui avait été choisi pour expliquer le but de la députation, dit que vu la forte compétition de la part de la Norwêge et autres pays, les prix offerts pour le poisson ont été peu rémunératifs sur les marchés du Brézil, de l'Espagne, du Portugal, de l'Italie et des Indes Occidentales; que la prime de $1.60 par quintal, de poisson, accordée par le gouvernement francais a ses pécheurs, permet aux armateurs français d\u2019exporter leur poisson en Espagne, au Portugal et autres ports méditerranéens et la d\u2019en disposer a des prix qui sont rémunératifs pour eux, mais en même temps ruineux pour les exportateurs canadiens.Que conséquemment les exportateurs canadiens doivent envoyer la totalité de leur poisson au Brézil, mais que le droit d'importation de $1.75 par quintal, imposé par le gouvernement brézi- lien, sur le poisson canadien, nuit sérieusement à ce commerce.La députation demanda ensuite que le gouvernement prit telles mesures convenables qui tendraient à faire diminuer le fort droit imposé par le gouvernement brézilien sur le poisson canadien.Sir Charles répondit qu\u2019il reconnaissait bien l\u2019importance de cette question qu\u2019il lui donnerait sa plus sérieuse considération et qu\u2019il tacherait de trouver quelque moyen pour protéger les intérêts de nos pêcheries.' Nous accusons réception d\u2019une brochure intitulée : Projet de refonte et de révision des lois de licence, Montréal 1888.Le principal auteur de ce projet est M.L.O.David, député de Mon- tréal-Ouest.Ce travail doit servir de base à une législation qui sera proposée, nous dit-on, durant la prochaine session.\u2014\u2014\u2014\u2014 tren ree Sf OC PLUMES DE PAON Parmi les merveilles pronées par nos adversaires, comme ayant été accomplies par le gouvernement Mercier, ligurent en première ligne les rentrées que ce cabinet a eu la bonne fortune d'encaisser depuis qu\u2019il est au pouvoir.Voyez, s\u2019écrient les reptiles du du ministère, voyez combien ce gon- vernement est habile : il a reçu $100,000 d'Ontario, #125,00 de Montréal, $150,00 de revenu additionnel provenant de la taxe sur les corporations etc.! On dirait vraiment que ces gens- là prennent leurs lecteurs pour des imbéciles.Tous les gouvernements conservateurs ont à leur crédit de ces rentrées heureuses qui, de temps à autre,viennent lester le trésor.Ainsi le gouvernement Chapleau a retiré de la ville de Montréal $554,- 000 sous le titre du fond d\u2019emprunt municipal.Le gouvernement Ross,lui, a fait des prodiges.Il a obtenu du gouvernement fédéral $2,394,000 comme subvention en indemnité de la construction du chemin de fer du Nord ; $2,549,218 pour l'intérêt retenu de 1867 à 1878, sur le surplus de la dette de l\u2019ancienne province du Canada, assumée par la Puissance à cette dernière date.Soit en tout près de $5,000,000.Ces $5,000,000 repré- tent un revenu additionnel d'environ $250,000.En outre, les sommes retirées des corporations commerciales sont dues au gouvernement conservateur.L\u2019honorable M.W ürtele disait dans son discours sur la budget en 1888 : Les renseignements que j'ai recueillie ont confirmée l\u2019évaluation que javais faite du produit des laxes directes imposées sur les corporations commerciales.Je porte la recette de cette source, dans la révision que j'ai faite de l\u2019évaluation, de $123,800 a $125,000.Je n\u2019ai aucun doute sur la légalité de I'acte qui impose ces taxes et j'ai la conviction que la perception s\u2019en fera.La perception s\u2019en fait maintenant, grâce aux cabinets conservateurs qui ont porté la cause jusqu'au Conseil Privé.M.Mercier n\u2019a fait que récolter ce que les nôtres avaient semé.Voilà donc encore au bas mot $150,000 de revenu additionnel dû aux conservateurs, Ajouté aux $250,- 000 dont nous avons parlé plus haut, cela fait $400,000 d\u2019augmentation de revenu, léguée à la province par les cabinets conservateurs, et dont M.Mercier et ses amis se vantent aujourd\u2019hui, comme de succès personnels.Arrière, usurpateurs du mérite d\u2019autrui.Vous n\u2019en imposerez pas à l'opinion, et les électeurs de Maskinongé, d\u2019Hochelaga et de Missisquoi ne se laisseront pas duper par-vos vantardises.HISTOISE DU DROIT CANADIEN Nous accusons réception d\u2019un ouvrage intitulé : Histoire du droit canadien, de puis les origines de la colonie jusqu\u2019à nos jours, par M.Edmond Lareau, avocat et \"député.C\u2019estun fort et beau volume in-8vo, de 518 pages, édité avec luxe par M.À Périard, de Montréal.L'ouvrage est divisé en, deux parties, La première traite du droit canadien sous la Domi- ~ nation française.La seconde traitera du droit canadion.sous la Domination anglaise.La première parlie seule est parue.C'est le volume dont nous venons d\u2019accuser réception.Une telle œuvre a dû coûter à M Lareau beaucoup de labeur et de recherches.Nous ne l\u2019avons pas encore parcourue, et, conséquemment, nous ignorons si toutes les idées en sont acceptables.Il est assez probable que plusieurs opinions de l\u2019auteur prêteront à la discussion.Mais, pour les avocats et les hommes de loi, cet ouvrage sera certainement d\u2019un vif intérêt.Nous en donnerons sous peu & nos lecteurs une appréciation, après lecture faite.Ce livre est en vente à Québec chez MM.Filteau et frères, libraires, 27, rue Buade.Nos remerciements à qui de droit pour l\u2019envoi d'un exemplaire.SUCCÈS PARTAGÉ Les élections de samedi ont, en somme, mieux tourné que nous ne nous y attendions.A Missisquoi, M.Spencer que l\u2019opinion générale tenait d\u2019avance pour battu, triomphe d\u2019un redoutable adversaire par une belle majorité.C\u2019est un désappointement cruel pour les libéraux et le gouvernement Mercier, qui étaient absolument sûrs de remporter cette division électorale.L'autre jour, à Farnham, le pre- mier-ministre est allé faire le triomphateur.On l\u2019a sérénadé, adressé, fleuri, et ses organes nous ont crié qu\u2019il revenait de Missisquoi avec la certitude d\u2019une victpire.An lieu de cela, nous avons le droit de dire aujourd\u2019hui que le premier-ministre est allé recevoir en personne un protêt solennel contre son programme et son administration.A Maskinongé, notre ami M.Caron est défait par une faible majorité après une lutte admirable.Le cliché dès victoires morales a fait son temps.Mais une chose certaine, c'est que le résultat de cette élection n\u2019a rien de décourageant pour notre cause.Comme nous le disions samedi, nous avons lutté sans ressources.Le dévouement des amis, et l\u2019enthousiasme des partisans, ont tout fait.Nos adversaires eux-mêmes, nous le savons, ont été étonnés de la manière dont nous avons soutenu ce formidable assaut.Ils avaient en leur faveur tous les avantages : le prestige et l\u2019ascendant du pouvoir, le nombre des cabaleurs, les moyens pécuniaires indispensables pour faire une bonne organisation, I'influence du patronage etc.Ajoutons a cela une corruption effrénée.L\u2019élection de Maskinongé doit coûter au moins $10,000 au parti libéral.Depuis huit jours on expédiait daus les paroisses d\u2019en haut les caisses de gin et de whiskey.Un ministre, M.Turcotte, dirigeait la bataille en personne,et les gens desTrois- Rivières savent qu\u2019il est homme de ressources en temps d'élection.L\u2019 Ælecleur de samedi nous énumérait ses amis présents dans le comté.Depuis lundi il y en avait trois par paroisses, sans compter les cabaleurs du eri.Tout ce monde là avait le gousset bien garni et faisait les choses avec une royale prodigalité, Cette armée de cabaleurs, d\u2019orateurs, de tripoteurs, 6 JOURNAL DES CAMPAGNES a passé huit jours a préparer le vote, et à éclairer les populations.Malgré cette formidable organisation, M.Caron, soutenu par le zèle et.le courage de quelques amis qui faisaient la bataille à leurs frais, a failli battre toute la cohorte ministérielle, et infliger aux forces libérales et nationales coalisées un humiliant échec.Nous disons qu\u2019un pareil résultat n\u2019a rien de décourageant, et qu\u2019il doit démontrer à nos adversaires la vitalité du parti conservateur.Reste Hochelaga.Là nous avouons franchement notre surprise.Une défaite ne nous aurait pas étonné.Mais que M.Charlie Champagne l'emporte sur M.Villeneuve par 240 voix de majorité, nous trouvons cela humiliant pour l'électorat de notre province.; Voilà la seule victoire réelle que nos adversaires aient remportée hier.Et cette victoire, au fond du cœur, plus d'un vrai libéral est bien prêt de s\u2019en affliger, Nous ignorons encore les détails de la lutte.Mais il est probable que les exploits de Laprairie ont dû se répéter sur une grande échelle.Dans tous les cas la journée de samedi n'a rien de décourageant pour le parti conservateur, étant donné les circonstances particulières où se sont faites ces trois élections.Le cabinet Mercier s'attendait à une marche triomphale.Il a trouvé une résistance opiniâtre à Maskinongé, un échec imprévu à Misisquoi, et il à fait à Hochelaga l\u2019acquisition de M.Charlie Champagne.Nous encourageons nos amis à\u201d serrer les rangs, et à organiser la lutte sur tous les points menacés.me CE PS Cour du Bane de la Reine Mercredi, 25 avril 1888.SEANCE DU MATIN La cour s'ouvre a 10 heures, sous la présidence de leurs honneurs les juges Oross et T essier.L'affaire Trudel vient devant la cour our argumentation des points de roits réservés.M.Irvine demande du délai qui lui est accordé.L'affaire Creighton vient devant la cour et est remise à demain matin.Dans la cause de Ford, accusé de parjure, la défense demande que l\u2019acte d\u2019accusation soit cassé, car 1l n\u2019a pas été signé par le procureur général.Elle produit aussi à l'appui de cela un affidavit, attestant qu\u2019aucun ordre n\u2019a été donné par le procureur général.Après une assez longue discussion, l\u2019affaire est renvoyée à demain.Dans l\u2019affaire de St.Sylvestre, M.Lemieux déclare qu'il sera prêt à procéder demain.M.H.Carbray renouvelle son cautionnement qui est fourni par MM.F.Carbray, ex-M.P.P., et Connelly.La cour s'ajourne ensuite jusqu'à 2 heures de l\u2019après midi.SEANCE DE L'APRES-MID1 A deux heures les grands jurés entrent et présentent leur rapport.A l\u2019occasion du procès de J.Benj.Trudel accusé de parjure, les grands jurés attirent l\u2019attention des avocats de la Couronne sur les accusations portées contre plusieurs membres du Conseil de de ville relativement à l'acceptation du contrat Beemer pour l\u2019aquedue.Comme il est difficile de se procurer des preuves directes, les grands jurês suggèrent , qu\u2019une plainte soit faite au procureur t général et qu\u2019une commission Royale soit nommée pour s'enquérir de cette question.Son honneur le juge Tessier remer- cie les grands jurés de leurs travaux et les relève de leurs fonctions en leur déclarant que leurs suggestions seront sérieusement considérées.On procéde ensuite dans la cause de Frs Curodeau, accusé de tentative d\u2019empoisonnement sur la personne de son Spouse Marguerite Lachance, le 9 avril 1888.M.J.B.Robitaille occupe pour la défense.MARGUERITE LACHANCE, épouse du prisonnier.Je suis mariée à Frs.Curodeau depuis 28 ans et je suis âgée de 52 ans.Je demeurais à St.Sauveur de suis la Toussaint.Je demeurais auparavant à St-Thomas de Moutmagny.J\u2019élève une petite fille du nom de Fortin.Le jour en question je suis allée au magasin ; de retour au souper la petite fille m\u2019a dit : \u2018\u201c\u201c regarde donc ce qu\u2019il y à sur ta soupe, c\u2019est blanc, c\u2019est amer,\u201d j'ai remis la soupe dans le plat.Il restait un dépôt au fond de l\u2019assiette (ue j'ai mise dans une boîte dans le magasin.Le lendemain en arrivant, la pelite m\u2019a dit la même chose que.la veille à propos du pudding, et m\u2019a conseillée de ne pas en manger.J'ai alors porté l\u2019assiette où était la soupe au R.P.Duro-| cher.Le Dr Blouin, de Montmagny, m\u2019avait déjà averti de faire attention à mon mari, et qu\u2019il avait des attaques de folie.C\u2019est mon mari qui na fait assurer pour $1000, mais je-lui avais dit que l\u2019argent devait retourner à mes enfants.C.J.Samson, médecin, pratiquant à St-Roch.Je connais le prisonnier depuis 15 ans.Quelques jours avant les faits en question Curodeau est venu me demander un\u2018purgatif comme je lui avais déjà donné.Je lui ai donné 10 4 15 grains de (calomel) protochlorure de mercure.Jl a insisté pour avoir une plus grande quantité de cetle poudre blanche.Je lui en donnai à sa demande et je divisai le tout en deux parties.AnTHUurR VALLÉE, médecin, à procédé à l'examen des objets en question.Le petit paquet contenait de l\u2019arsenic, et le dépôt dans les vases était du protochlo- rure de mercure.Le calomel n\u2019est pas comme un poison violent, À cet endroit la Couronne déclare qu\u2019elle abandonne la cause faute de preuve suffisante, que le poison a été administré.Les médecins déclarent que le calomel n\u2019est pas un poison.Le prisonnier sera cependant détenu jusqu\u2019à ce qu\u2019un médecin aliéniste aît prononcé sur son état mental.En conséquonce le jury rend un verdict de *\u201c non coupable.\u201d La Cour s\u2019ajourne ensuite jusqu\u2019à de- -main matin à 10 heures, « Jeudi, 26 avril 1888.SEANCE DU MATIN \u2018 La cour s'ouvre à 10 heures, sous la présidence de leurs honneurs les juges Cross et Tessier.\u2018 Son Honneur le juge Tessier rend jugement sur la motion présentée hier par la défense dans la cause de Jos.Ford jr., accusé de parjure pour faire renvoyer l'acte d\u2019accusation.Le juge maintient la motion parce que l\u2019acte d\u2019accusation portait le nom de J.Ford, senior, au lieu de J.Ford, junior.Dans la cause de Creighton pour libelle M.Irvine \u2018fait application poûr rejeter l\u2019acte d\u2019accusation, car il n\u2019est pas fait régulièrement.Il ne précise pas que le libelle ait été imprimé.L'application est discutée puis le juge réserve sa décision.On procède ensuite dans la cause de M.Faucher, Jos.Pageau et Marcel Grégoire, accusés de bris d\u2019une maison d\u2019école, à St.Sylvestre, le 10 avril.Les accusés plaident non coupables.ZÉLIA BLOUIN, épouse de Pierre Bisson, est institutrice dans l\u2019arrondissement Beaurivage, à St Sylvestre.Le soir en question, j'étais couchée avec ma belle sœur quand nous avons entendu des détonations d\u2019armes à fen près de la maison d\u2019école.Nous nous sommes habillées à la hâte et noûs nous sommes rendues chez M.Fortier.- En sortant j'ai vu Pageau près de la maison.ELMIRE BissoN, sous maîtresse, donne un témoignage identique.Louis VAILLANCOURT, commissaire d\u2019écoles à St Sylvestre.J'ai examiné les dégâts causés à la maison d\u2019école, et j'ai constaté qu\u2019ils s\u2019élevaient à une vingtaine de piastres.Jos.OcTavE GAGNÉ, notaire, de la pa- oisse de St Sylvestre.Je connais les rois accusés et je les ai vus souvent avant l'affaire.Je me souviens d\u2019avoir entendue dire à Faucher que si la maîtresse était rengagée, il se passserait quelque chose.On entend quelques autres témoins qui racontent les mêmes faits.M.F.X.Lemieux fait alors motion pour renvoyer l\u2019acte d'accusation parce que dans l'indictement le domm:ige est évalué à plus de $20 tandis qu\u2019il a été prouvé qu\u2019il n\u2019est que de $4, ce qui.ne constitue qu\u2019un simple délit qui aurait dù être jugé devant un juge de paix.L'hon.juge Tessier déclare que les jurés devront décider celte question.La défense et la Couronne adressetit ensuite le jury, puis l\u2019hon.juge Tessier résunie la cause.Il dit aux jurés que c\u2019est de lour devoir de libêrer l\u2019accusé Faucher contre lequel il n'y a pas de preuves suffisantes.A quatre heures et cing minutes les jurés.se retirent pour délibérer.A quatre heures et demie les jurés.n\u2019étant pas d\u2019accord, la cour s\u2019ajourne jusqu\u2019à demain matin à dix heures.Vendredi, 27 avril.La Cour s\u2019ouvre à 10 heures sous la présidence de leurs Honneurs les juges Cross et Tessier.Les petits jurés dans l'affaire de St.Sylvestre entrent et dèclarent qu'ils n\u2019ont pu s\u2019accorder sur leur verdict de non culpabilité.Son Honneur le juge \u2018l'essier leur explique de nouveau sur quel point ils ont à décider et les renvoie continuer leurs délibérations.\u20ac .Son Honneur le juge Tessier rend jugement sur la motion pour renvoyer l\u2019acto d\u2019accusation dans l\u2019affaire Creighton.La motion est rejetée.La cause ost fixée à demain matin.\u2026 M.Dunbar présente une motion pour renvoyer l\u2019acte d\u2019accusation dans l\u2019affaire de la Reine vs Carbray pour corruption électorale.La cour s'ajourne ensuite jusqu\u2019à midi.À midi, les jurés eutrent et rendent un verdict de non coupables contre les accusés Faucher et Pageau qui sont immédiatement élargis.La cour s\u2019ajourne ensuite jusqu\u2019à demain matin, à 10 heures.SÉANCE DU MATIN Sumedi, 28 avril.La Cour s'ouvre à 10 heures sous la présidence de leurs Honneurs les Juges Cross et Tessier.On procède dans la cause de l\u2019Armée du Salut.Les cinq prévenus demandent un procès séparé.Le capt.Brice subit le premier son procès.M.G.Amyot conduit la poursuite.MM.Dunbar et F.X.Lemieux occupe pour la défense.M.Amyot fait l\u2019exposition de la cause aux jurés dans les deux langues.On procède à l'examen des témoins.Lieut.Col.Vout, chef de la police de Québec depuis 8 ans.L\u2019Armée du Salut est arrivée à Québec, le 8 janvier 1887.Elle consiste en un certain\u2019 nombre d\u2019hommes et de femmes.Ils s\u2019assemblent à 7 heures p.m., à leurs casernes et paradant dans les rues bannières et musique en tête.Les derniéres parades, de l\u2019Armée ont attiré au delà de mille personnes.Il y aeu plusieurs démonstrations occasionnées par ces sorties et il s\u2019en est suivi des scènes de désordre.Le témoin lui-même a été frappé.M.Némèsz GARNEAU, marchand sur la rue St-Jean.Sa famille demeure dans le haut du magasin.I] y a eu connais sance des parades de l\u2019armée du salut.La musique qui est faite est affreusement discordante et désagréable.Le bruit se fait entendre jusque dans les maisons et réveille les enfants.Au paint de vue du commerce ces parades sont nuisibles.Elles causent des rassemblements qui empêchent le moude d\u2019entrer dans les magasins qui se trou- sur le parcours de la procession.LE Dr TurcoTrE demeure dans la côte du Palais, vis-à-vis des casernes de l\u2019Armée du Salut.Il a été beaucoup ennuyé par les agissements de l\u2019Armée et piu- sieurs de ses clients l\u2019ont informé qu\u2019ils Ne pouvaient se rendre chez lui pendant les dernières parades de l\u2019Armée.MM.Philippe Huot, Dr Deblois, Arthur Lavigne et George Larue, ren- dent tous le témoignage -qu3 l'Armée du Salut est uns nuisance publique.A quatre heures et demie li Cour s\u2019ajourne jusqu'à lundi matin i 10, Lundi, 30 avril.SÉANCE DU MATIN La Cour s\u2019ouvre à 10 .heures, sous la présidence de leurs honneurs les juges Cross et Tessier.La cour prononce alors les sentences suivantes : C.Gendron, pour parjure, 2 années de pénitencier.NL Isaïe Laroche, larcin ; 5 mois de dé- tenlion dans la prison commune aux travaux forcés.Thos.Anderson, assaut ; 4 mois de déter.tion dans la prison commune aux travaux forcés.Joseph et Ferdinand Genest, assaut : 2 et 3 mois de détention dans\u2019 la prison commune aux travaux forcés, On continue l'examen des témoins dans la tause de l\u2019armée du Salut.ALFRED LANGEVIN, de la cité de Québec, demeure dans la côte du Palais, L'armée du Salut passait devant sa résidence tous les soirs.La musique était trés forte et incommodait beaucoup une malade qu\u2019il avait chez lui ; elle est morte depuis.Quelques uns de ses amis ont averti l\u2019Armée, qui pendant trois soirs a cessé de jouer en passant devant sa résidence, mais elle recommengait une fois passée, etil n\u2019y avait pas grande différence.MM.le Dr Casgrain, L.Dénis Hudon, R.S.Tozer, F.X.Bernard, Arsène Babin, Félix Martin, Ambroise Lafrance, Edouard Lapointe, V.W.Larue N.P.X.Gingras, Alfred Grenier, Jos.Gauvin, Jos.\u2018l'urcotte, avocat, confirment les témoignages précédemment donnés.Ces témoignages terminent la prouva de la poursuite.M.Dunbar fait alors motion dans ce sens ; que les faits établis par la preuve de la poursuite ne constituent pas une offense pour laquelle les jurés peuvent trouver les accusés-coupables.Il argn.mente sa motion «t cite des autorités et des faits à son appui.M.Amyot lui répond dans une longue argumentation et cite une foulo d\u2019autorités en son sens.Cette discussion occupe la Cour jusqu\u2019à cinq heures et quart.Son Honneur le juge Cross réserve sa décision puis la Cour s\u2019ajourne.Mardi, ter mai.La cour s\u2019ouvre à 10 heures, sous la présidence de son Honneur le Juge ross.M.T.CG.Casgrain déclare à la Cour qu\u2019il n\u2019est pas prêt à faire son application pour un changement de venue dans l'affaire Creighton.L\u2019affaire est remise a demain.On commence la preuve de la défense dans la cause de l'armée du Salut.Les personnes suivantes donnent des témoignes favorables à l\u2019Armée du Salut : T.Piddington, M.Pfeiffer, N.Nelson, E.Armstrong, W.Dyer, J.L Tarte, M.McWilliam, R.Rowbottom, W.Cochrane et A.Copper, H.Smith, E.Stobo, et une dizaine d\u2019autres.A 6 heures la Cour s\u2019ajourne.M.Gaudet est le cinquième membre du parlement qui a été emporté depuis l'auverture de la session.Voici les noms de ceux qui l\u2019ont précédé däns la tombe : l'honorable M.Plumb, président du sénat ; l\u2019honors- ble M White, ministre de l'intérieur ; M.Alexander Robertson, député d\u2019Hastings Ouest et M.Georges Clayes, député de Missisquoi.Le gouvernement, pour ce qui est de son initiative, s'efforce d\u2019expédier la besogne de façon à ce que les chambres puissent être prorogées avant le 24 mai.Il est assez pro- probable que le jour de congé donné à la députation le samedi sera supprimé dès cette semaine.me mm ms fi ti Rms mts me Le détachement de volontaires canadiens qui doivent prendre part au concours de tir de Wimbledon est maintenant au complet.Ils s'embarqueront & Québec: vers le 20 juin. | JOURNAL DES CAMPAGNES OSEO PCA DCE SO ES OC CCE CROSS MERCI EE CASRN AAT ASEAN SRN, IN MEMORIAN Si la mrt a ses tristesses, elle a aussi ses oonsolationss.Sans doute, il est pénible de dire adieu à la vie, il est pénible de quitter des parents bien aimés, des amis dévoués et sincères, il est bien pénible, en un mot, de mourir \u2026Cependant la mort du chrétien n\u2019est pas\\sans consolation, car elle laisse au = cour I'espérance !| L\u2019homme ne meurt pas tout entier : ses œuvres le suivent, et quand elles sont bonnes,alors mourir c'est véritablement vivre, mourir c\u2019est un gain, c'est la récompense de la vertu.Or, tolles étaient, il y a quelques jours, les pensées à la fois triste et consolantes de ceux qui ont vu la fin douce et tranquille de Dame Marie Henriette Giasson, épouse de Louis C.Dupuis, Ecr., a St Thomas de Montmagny.Nous ne voulons pas, nous ne devons pas non plus faire ici l\u2019éloge de celte femme vraiment chrétienne, mais comme nous nous rappellerous toujours sa piété, son dévouement, sa charité, sa grande résignation et toutes ces vertus qui font le plus ornement de l\u2019épouse fidèle et de la mère de famille ! Ses derniers moments ont été remplis de consolation.Elle eut le bonheur d'être assistée par son fils, prêtre, M- l'abbé J.B.C.Dupuis, récemment ar; rivé de Rome, comme pour fermer les yeux à sa mère ! Maintenant si le concours empressé des parents et des amis, si le témoignage non équivoque de la sympathie publique est capable d\u2019alléger la douleur de cette famille éplorée, cette suprême consolation n\u2019a pas fait défaut.Toute la ville de Montmagny a pris part à ce deuil.Au jour des funérailles, l\u2019Eglise était remplie de concitoyens et d\u2019étrangers venant payer un dernier tribut d'hommage à la mémoire dela regrettée défunte.On comptait dix-sept prêtres.Il y avait aussi les Frères du Sacrè- Cœur et leurs élèves, les Sœurs, de la Congrégation, les Sœurs de l'Hospice de la Charité, etc.Enfin, rarement on avait vu uue cérémonie l'unèbre aussi imposante.La levée du corps ful faite par le Rd.M.Rousseau, curé de St Thomas, et le service chanté par le Rd M.Lucien Gagné, curé de St Ferdinand d\u2019Halifas, et neveu de la défunte.M.l\u2019abbé Bouffard, vicaire à l\u2019Eglise St Jean-Baptiste, Québec, faisait l\u2019office de diacre.et M.l\u2019abbé L.Gauvreau, vicaire à N-D.de Lévis, celui de sous-diacre.L'absoute fut faite par le Rd M.A.D'Auteuil, curé de St Alphonse de Thetford.Dans les stalles on remarquait les révérends Messieurs Bacon, curé de l'Islet, Montminy, curé de S.Agapit, Plaisance, chapelain de la Congrégation de S.Roch de Québec, Vaillancourt, vicaire à la Basilique, Gagnon, de l\u2019archevêché de Québec, Dionne, vicaire au Cap S.Ignace, Brousseau, vicaire à S, Roch de Québec, Langlais et Morisset, vicaires 4 St.Thomas, Fiset,du Séminaire de Québec, et le R.Frère Médéric de la Charité, de la maison de l\u2019Ange Gardien, Boston, E.U.Les RR.MM.J.I.Dupuis, du Collège de Lévis, et J.B.C.Dupuis, vicaire à S.Agapit, disaient en même temps la Sainte messe, aux autels latéraux.\u2019 La partie musicale a été un succès.Signalons le beau morceau \u201c In memo- riam \u2019\u2019«i bien interprété par M.Létourneau, organiste, et les immortels \u201c Adieux \u201d de Schubert, si admirablement rendus par Deile L, Dufresned\u2019ai dit : adieu.Oui, à Dieu ! à revoir au ciel ! ! R.LF.(Communique.) ER CSS BE TRL TS LE MONOPOLE Voici comment le correspondant parlementaire de la Justice apprécie le règlement de Je question du monopole.Le Pacifique va émettre pour $15, 000,000 de débentures, payables en 50 ans.Le gouvernement\u2014quelque soit \u2018l\u2019intérêt que la compagnie paieri\u2014ga- Tanlira aux prêteurs, un intérêt de 34 par cent sur ces debentures, pendant es 50 années, So Le C.P.R.va rendre au gouvernement \u2014 représenté par trois syndics, dont l\u2019un sera ministre\u2014ce qu'il lui reste de terres qu'il a reçues en octrois gratuits.Ces eyndics, à mesure qu\u2019ils concéderont de ces terres, verseront l\u2019argent en provenant entre les mains du receveur-général.Le gouvernement paiora 3} par cent d\u2019intérét au Pacifique sur ces argents, lesquels 34 par cent seronl appliqués à payer les intérêts sur l\u2019emprunt.C\u2019est là le gros de la transaction.La compagnie, en considération de cetté garantie qui lui facilitera I' prunt, renonce au droit exclusif qui lui était assuré par la 44 Vict., ch.1, sec, 15, de .construire des chemins de fer, dans le Nord Ouest.Outre ce privilege prévu par la loi, il y avait, paraît-il, entente formelle entre le gouvernement et la compagnie que Manitoba serait compris dans le domaine exclusifdu C.P.R.Manitoba s\u2019esl insurgé \u2018contra ce monopole, et veut absolument permettre et encon rager des lignes rivales.Oltawa désavouait à mesure les actes incorporant des compagnies de chemin de fer reliant Winnipeg anx Etats.De là le.conflit.La situation était devenue sé rieuse, Manitoba menagait de s\u2019élever, c'est-à-dire ce qui y restait de population, car les familles émigraient par centaines, Par le règement proposé, le C.P.Rabandonne tout monopole, et tout va rentrer dans l\u2019ordre.Des lignes rivales de chemin de fer vont se construir-, et l\u2019ouest pourra communiquer facilement et échanger ses produits avec les Etats.Du reste ii n\u2019en coûtera rien au pays, puisque les terres valant pour le moins $15,000,000 sont transportées au gouvernement comme garantie du remboursement de tout ce qu\u2019il pourrait être appelé à payer: En résumé nous en sommes quittes à assez bon marché.: Venant d\u2019un journal hostile au gouvernement fédéral, cette expression d\u2019opinion est extrêmement si- gnilicative.Il faut que l\u2019arrangement soit excellent pour que la Justice déclare que pays va \u201c en être quite à assez bon marché.© a> 4 af GROSSE FICELLE , La Paix, organe de l'honorable M.Turcotte, ayant publié un [article assez violent sur les rapports des colons les marchands de bois, on lui a probablement fait entendre qu\u2019il fallait être prudent, et ne pas faire de peine aux détenteurs de limites amis du gouvernement.( Dans tous les cas, le journal ministériel esquisse une sorte d\u2019amende honorable, dans son dernier numéro : Notre article sur les colons publié dans le dernier numéro ne concerne nullement les marchands de bois qui font un commerce parfaitement honnê- le ne porte aucun préjudice à la cause du défrichement.Par exemple, les com- mercants de bois du district des Trois- Rivieres n\u2019entrent .pas dans la catégorie des grands propriétaires.Ceux que nous avons voulu atteindre, ce sont les landlords, grands propriétaires, qui se servent de la loi comme de marche-pieds pour servir leurs cupides iniérêts.C'est cela ; dénonçons les marchands de bois qui ne sont pas pour nous.Mais n\u2019allons pas indisposer ceux qui nous soutiennent, en particulier ceux du district des Trois- Rivières, dont M.Turcotte a besoin dans ses élections.La ficelle est grosse, très grosse.PETITE GAZETTE \u2014 Le dépouillement officiel du scrutin donne 1008 voix à Caron et 1066 à Legris.M.Aimé Gélinas, un des rédacteurs de la Minerve, est de retour d'un voyage prolongé en France.Hier matin, l\u2019officier-rapporteur, M.Filiatrault, a ouvert les boites du scrutin dans l\u2019élection d\u2019Hochelaga et les bulletins ont été comptés en présence des agents de chaque candidat.Ce décompte a diminué la majorité de M.C.Champagne de dix voix.Sa majorité se trouve aujour- d'hui être de 188.\u2014 Les: conservateurs du comté de Missisquoi ont fait samedi soir une magnifique ovation au candidat élu M.Spencer.Tous les amis de la cause conservatrice ont chaleureusement félicité leur député.M.Constantineau, avocat de Bedford, qui a organisé la lutte pour M.Spencer, a droit de se féliciter du succès de son organisation.La législature provinciale de la Colombie Anglaise a été prorogée lundi par le lieutenant gouverneur Nelson, qui a donné la sanction royale à soixante et six bills L'un de ceux-ci pourvoit à l'établissement de deux usines de réduction d\u2019échantillonnage dans le but d\u2019aider au développement des gisements de quartz dans les districts de Caribou et de Kootenay.Un télégramme de Paris, reçu à une heure hier l\u2019après-midi, et signé par M.Xavier Marmier, nous annonce que le livre de M.l\u2019abbé Casgrain \u201c Un pèlerinage au pays d'Evangéline.\u201d vient d'être couronné par l'Académie Française.Le département du revenu de l\u2019intérieur a décidé d\u2019appliquer vigoureusement au commerce des boissons enivrantes la loi concernant la falsification des substances alimentaires.Les poisons qui se débitent depuis si longtemps dans les cabarets de deuxième ordre vont tous être confisqués et détruits.Tant mieux pour la santé publique.Il a été décidé que l\u2019honorable M.Thompson prendrait la direction du département de l\u2019intérieur et que sir John A.Macdonald celle de l'administration des affaires des Sauvages jusqu\u2019à la fin de la session.L\u2019hon.M.Pope a pris un mieux sensible.Ila même pu assister à une séance du cabinet, samedi.C\u2019est hier qu\u2019a eu lieu, à Sainte- Rose, la nomination des candidats dans le somté de Laval.MM.Leblanc et Fortin ont été mis officiellement sur les rangs.Une assemblée publique a eu lieu après la nomination des candidats.Les libéraux étaient représentés par M.Fortin, candidat, l'honorable M.Gagnon, l\u2019honorable M.Shehyn, M.Amyot, M.P., et M.Charles Langelier.Les conservateurs y avaient comme représentants l'honorable M.Taillon, M.Leblanc, candidat, M.Duplessis, député de Saint-Maurice, et M.Pierre Leclaire, avocat de Montréalue = i De a \u2014- Noce d\u2019argent du Rév.F.X.\u2018Blanchet Nous trouvons sur une gazette publiée à Portland, Orégon, * Catholic Sentinel \u201d un compte-rendu d\u2019une belle fête qui a eu lieu, à St-Paul, Orégon, le 12 avril 1888, à l'occasion a de la 25ème année de Prêtrise du Rév.M.Blanchet, curé de cette paroisse.La gazette de Portland contient plus d\u2019une colonne de détails sur la fête du jour.Nous n\u2019avons d'espace pour en publier qu\u2019un court résumé.\u201c Jamais dans la paroisse de St- Paul, qui fat le berceau du catholicisme en Orégon, on avait été témoin, dit la gazette citée plus haut, d\u2019une plus belle fête que celle de jeudi, le 12 avril ; même on peut dire que celle-ci l\u2019emporte sur toutes les autres.Un grand nèmbre de Prêtres étaient venus de toutes les parties de l\u2019Archidiocèse pour féliciter le Rév.F.X.Blanchet, qui célébrait ce jour-là sa 25ème année de Prêtrise.L\u2019abord, le matin, il y eut une grande messe solennelle avec chant et musique.Le Rév.M.Blanchet fut lui-même le célébrant,ayant pour assistant le Rév.Père Croquet, qui, soit dit en passant, avait fait 44 milles, à cheval, le jour précédent.Les révérends Pères Gibney et Verhaag agissaient comme diacre et sous-diacre.Il y eut un sermon remarquable sur la dignité du Prêtre par le curé de Salem, le Rév.M.White.A la fin de son sermon, le savant prédicateur rappela à la mémoire de son auditoire tout le bien accompli en Orégon par le zèle de ses courageux missionnaires, et il cita entr\u2019autres le regretté Archevêque Blanchet, le pinnnier du Nord-Ouest, le fondateur de la paroisse de St-Paul, l'oncle du digne neveu, dont on célébrait en ce jour la belle fête.Le Rév.M.Blanchet remercia en termes émus le Rév.Mt White et tous les assistants pour être venus en si grand nombre pour sa fête.Toute la journée se passa en ré- jonissances.Des adresses furent présentées au Rév.M.Blanchet par les paroissiens de St-Paul, par ses bonnes religieuses, avec chant et musique.Un grand nombre de présents furent faits au curé de St-Paul, de la part de son Archevêque, Mgr Gross, de la part de plusieurs Prêtres, des bonnes religieuses de St-Paul, de Portland, de Salem, et de Jacksonville où le Rév.M.Blanchet a passé plus de 20 années,en n\u2019y laissant que d\u2019agréables souvenirs.\u2018Des présents lui furent faits même de Montréal, et de Québec.Pour terminer cette belle fête, il y eut, le soir, une intéressante lecture par un Rév.Père sur l\u2019histoire de l\u2019église catholique en Orégon, puis, en finissant, le bon Père fit appel aux catholiques de St-Paul en faveur de l\u2019église qui a besoin de réparations.Des dames de St-Paul contribuèrent beaucoup, sous la direction des religieuses, aux décorations qui étaient de bon goût pour embellir cette fête dont on se rappellera longtemps.Recettes Remède contre les rhumes opinidtres \u2014 Si le rhume est violent au point d\u2019étourdir complètement la tête, il faut placer la bouche ouverte à l\u2019orifice d\u2019un potrenfermant du thé de sureau bouillant, en ayant Soin de se couvrir la tête avec un linge épais.Les effets de cette vapeur produiront un soulagement notable.Moyen de rendre la viande délicate.Lorsque la viande provient d'une vieille pièce de bétail, on la rendra tendre en l\u2019enveloppant dans un linge, après l'avoir bien détrempé: puis ou la déposera pendant une nuit, dans un endroit tempéré, soit dans un four à température tiède.\u201cA ~~ Po meme eee \u2018 À JOURNAL DES CAMPAGNES LEUR DOSSIER Le dossier du gouvernement Mereier est déjà suffisamment chargé pour permettre aux électeurs de Mas- Kinongé, de Missisquoi, d\u2019Hochelaga, de prononcer un verdict écrasant.Ce cabinet compte déjà à son pas- if : , \u2018ie marchandage effronté des sièges au Conseil Législatif ; Le fiasco de l'emprunt où les Américains nous ont\u2019 fait perdre impunément $630,000, sans qu\u2019on les ait seulement forcés à faire leur dépôt de $100,000 ; Les gaspillages insensés du Palais de Justice de Québec ; L'augmentation inutile des emplo-, yés dans les greffes, les différentes cours, les départements, les bureaux de l'Assemblée Législative ; La violation de ses promesses, au sujet du rappel de la loi qui fait contribuer les municipalités à l\u2019entretien des aliénés ; La violation de ses promesses au sujet de la diminution de la dette, qu\u2019il a augmentée, au lien de la diminuer ; La violation de ses promesses, au sujet de l'augmentation de l\u2019indemnité des députés ; La violation de ses promesses, au sujet du rappel de la loi des Asiles ; La violation de ses promesses, au sujet de la radiation du vote sur 1a motion Garneau ; Son attitude relativement a la participation de la province à l'exposition révolutionnaire de 18#9 ; Les tripotages et exploitations bien connues qui se font dans les hautes sphères ministérielles, et qui mettent tant d'argent dans le gousset de nos adversaires au moment des élections ; L'abus du système des Commissions extra-parlementaires, commission des asiles, commission d\u2019Agriculture, commission de codification etc, qui vont coûter au pays, pour cette seule année, de $20,000 à $30, 0900, et qui, en somme, ne produiront aucun résultat tangible.Nous pourrions allonger indéfiniment cette nomenclature.Chaque jour apporte un nouvel anneau à cette chaîne de bévues et de scandales.Mais en voilà suffisamment pour faire condamner sans rémission ce cabinet d\u2019aventure.cames 5 \u2014 MOSAÏQUE: Nous lisons dans le Pionnier de Sherbrooke : Le Waterloo Advertiser, annonçant à ses lecteurs que l'élection de Shefford aura lieu vers le milieu du mois de mai, affirme carrément que M.Noyes est et restera le candidat officiel et qu\u2019il ira siéger àda Chambre comme député libéral.Gela doit embarrasser quelque peu certains défenseurs de la politique de M.Morcier.Que diront en effet céux qui autrefois, tout en publiant la liste des grades conquis dans la Loge par celui qu\u2019ils appelaient Zorodabel Noyes, juraient que co franc-maçon ue serait \u201c jamais leur candidat ?Le voilà aujourd\u2019hui bel et bien en route pour la Chambre ; lui meitront- ils des bâtons dans les roues et crieront- ils an scandale ?Nous ne le croyons pas, car pour le moment d\u2019ordre parait être de ronfler.Nous n\u2019avons jamais douté un seul instant que M.Noyes serait le candidat ministériel dans Shefford.Des influences puissantes militerit en sa faveur, et, malgré la Vérité, la Justice et l'Etendard, le Zorobabel des Cantons de l'Est aura l'honneur de porter le drapeau national.M.Noyes, outre la qualité de Zorobabel que lui a attribuée la Vérité, est un pendard avéré.Il a approuvé carrément et publiquement l\u2019exécution de Riel.Et cependant le ministère de la revanche nationale l\u2019accepte, et si M.Noyes est élu, il va siéger comme un seul homme à côté du Dr Trudel, de Champlain, pour la plus.grande gloire de M.Mercier.Homogénéité touchante ! Vereen as ES Agriculture Semailles en lignes et choix des semences.On est généralement convaincu que les semailles en lignes sont les meilleures, mais on néglige souven de les faire ainsi, soit par habitude contraire, soit par insouciance.- Les semailles en lignes permettent et facilitent les sarclages à la houe qui sont si favorables au rendement -des récoltes et à la terre qu\u2019ils débarrassent de mauvaises herbes.Ces sortes de semailles sont aussi fort utiles pour les carottes qu\u2019on peut sarcler plus facilement et surtout plus économiquement, puisqu\u2019on peut employer de petites houes avec lesquelles on abrége de neuf dixièmes au moins les sarclages qu\u2019on fait ordinairement à la main.Elles peuvent être également employées avec avantage dans la culture potagère en général.Nous ne saurions trop recommander les semailles en lignes qui économisent en outre la semence.Un premier essai, dans la grande comme dans la petite culture, voire même dans les jardins, serait indubi- tablementet constamment suivi.Disons donc : | Arrière la routine ; c\u2019est une mauvaise conseillère ! Le choix des semences de céréales qu'on fait souvent sans soins, laisse généralement à désirer.Les cultivateurs soigneux emploient les cribles- trieurs cylindriques pour choisir les plus gros grains.D'autres,plus soigneux encore, forment une espèce de Déminiere de céréales, en semant clair et en sarclant; à cet effet, ils épurent et choisissent successivement pendant plusieurs années les meilleurs grains des reprodoctions successives, sachant que c'est par ce moyen qu\u2019on peut obtenir des grains de qualité exceptionnelle avec une bonne culture, bien entendu.M.l'abbé Tanguay qui est de retour de son voyage en Europe est attendu dans quelques jours à Montréal où il surveillera chez MM.E.Senécal & Fils, l'impression du cinquième volume de son dictionnaire Généalogie Canadienne.\u2014\u2014 L'ELEOTION DE \u2018MASKINONGÉ- ETAT DU SCRUTIN (majorités) Legris Caron Louiseville.20 Maskinongé.99 St Alexis.ras 21 S.Léon.32 St Ursule\u2026.\u2026.\u2026\u2026.\u2026.\u2026.30 St Justin.\u2026\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.94 St Lidace.\u2026.\u2026.\u2026.72 St Paulin.\u2026.\u2026.\u2026.3 215 156 156 Maj.pour Legris 59 DÉPÊCHES LEPARTI ROYALISTE Paris, 25 avril \u2014 Lors d\u2019une récente réunion de ses partisans le-comte de Paris s\u2019est exprimé comme suit : *¢ La situation est grave et nous de- vous l\u2019envisager avec sang-froid, car elle est inévitable.Comme je Iai pré- diten 1887, des dissensions intestines prodigüe et persécuteur.La république ést sans prestige en France et à l\u2019étranger ; elle n\u2019a aucune force.Le radicalisme placé à la tête des affaires a désorganisé le pays.Le sentiment vivement prononcé en faveur du suffrage universel est le cri général de la France fatiguée de cette forme de gouvernement et anxieuse d\u2019en être délivrée.Les monarchistes n\u2019ont pas attend la crise actuelle pour demander une révision de la constitution.Moi-même je l\u2019ai inscrit sur leur programme.Mais c\u2019est mon devoir de leur dire que ce mouvement s\u2019épuisera en de stériles efforts, et que la France court à de grands dangers si elle croit que le nom seul, quel qu\u2019il soit, puisse constituer un règlement de la question.Pour arriver à la solution dont elle a besoin, tous les conservateurs doivent demander la révision, non pas dans des assemblées divisées où ils représentent la minorité, mais dans le pays entier régulièrement consulté.À l\u2019heure décisive on s\u2019apercevra que la solution est dans la monarchie telle que je l\u2019ai définie, à la restauration de laquelle j'ai mis tous mes efforts.BOULANGER Paris, 25 avril \u2014La Cocarde annonce officiellement que le général Boulanger ne se mettra pas en nomination dans d\u2019autres circonscriptions électorales.Le général a envoyé des invitations pour un diner politique qu\u2019il donnera vendredi au café Riche.L\u2019EMPEREUR D'ALLEMAGNE Berlin, 25.\u2014A onze heures ce soir la fièvre a laissé le royal patient, et il prend plus de force.Grâce à cette amélioration, la reine Victoria a décidé de prolonger sa visite jusqu\u2019à jeudi.LA REINE Berlin, 25.\u2014La Reine est allée faire une seconde visite à l'Empereur Frédéric, puis elle a assisté à l\u2019office dans la chapelle du château.Assitôt après elle a reçu l\u2019ambassade anglaise et puis le prince de Bismarck.LE PAPE ET L IRLANDE Londres, 25\u2014Les rumeurs que le Pape interviendrait dans la question d'Irlande en faveur du gouvernement anglais sont remises en vigueur par le correspondant à Vieune du Times, Le correspondant du même journal à Rome semble connaître moins les agissements du Vatican que son confrère de Vienne.Dans tous les cas, cette intervention n\u2019affecterait pas la question d\u2019Irlande parce que les parnellistes les plus influents et qui se targuent d\u2019être catholiques déclarent expressément qu\u2019ils ne teconnaissent que l\u2019autorité spirituelle du Pape.: GLADSTONE ET HARTINGTON Londres, 25\u2014L'attaque directe de M Gladstone contre lord Hartington, lors du débat sur le budget est une grande cause de contentement pour les libéraux partisans de M.Gladstone.Les journaux conservateurs jubilent- du triomphe du gouvernement et disent que M.Gladstone à subi une véritable défaite parce qu\u2019il n\u2019a pas adopté une ligne de conduite de nature à lui assurer l\u2019appui des unionistes qui ontla balance du pouvoir, : Le but réel de M.Gladstone était d\u2019identifier lord Hartington et son parti avec le système impopulaire de taxes.BOULANGER Parrs, 26 \u2014La majorité des députés du département de la Seine ont rejeté les ouvertures de MM.Laisant et Michelin, boulangistes, leur proposant de résigner leurs sièges, afin de donner une occasion à ia villa de Paris de se déclarer pour ou contre le général Boulanger et ont signé une réquisition se déclarant contre le général.La rumeur que le général avait fait des ouvertures à M Clé- Mmenceau pour amener une réconciliation avec les députés radicaux est niée.LE PRESIDENT CARNOT Paris, 26\u2014Le président Carnot est arrivé aujourd\u2019hui i Agen, ou il a pré-.~~ ~ ont assailli avec force le gouvernement |.sidé à la pose de la pierre angulaire d\u2019un nouveau lycée.La récoption a été - enthousiaste.La fête à êté troiibléé par = unaccident sérieux.Une plateforme-où se trouvaient plusieurs centaines de: Spectateurs s\u2019est écroulée, el ume vingtaine de personnes ont été blessées.: A LA CHAMBRE 0.0 Pans, 26.\u2014La Chambre \u2018a donné un.vote -d\u2019urgence en faveur du bill de la loterie de Panama.La Chambre a confirmé par un vote de 306 contre 138 l'élection de M.Flourens dans les Hautes-Alpes.L'EMPEREUR Berlin, 26.\u2014L'Emperenr a passé quatre heures debout.Il parait mieux sous tous les rapports.Les médecins sont d\u2019opinion que la crise est finie.On pense qu\u2019il pourra sortir lundi prochain.LA QUESTION IRLANDAISE Londres, 25.\u2014Dans la chambre -des communes aujourd\u2019hui, M.James L.Carew, député de Kildare, a proposé la seconde lecture du bill pour le gouvernement des comtés en Irlande.Le principe de la mesure est d'accorder au peuple irlandais le contrôle de ses affaires strictement locales, au moyen de, \u201cconseils élus par le peuple.: M.Gladstone a appuye la mesure avec son éloquence habituelle.La motion pour la seconde lecture a été rejetée par 285 voix contre 195.PARLEMENT IMPERIAL Londres, 26.\u2014Il est constamment ru- | meur que le gouvernement va soumettre un projet de loi de home rule et ces rumeurs deviennent chaque jour plus probables et sur le point de se vérifier.LORD RANDOLPH CHURCHILL PASSE A L\u2019'ENNEMI Londres, 26 \u2014 L'intérêt de la nouvelle du voyage de la Reine à Berlin et de l\u2019accueil cordial qui lui a été fait, a été soudainement éclipsé par un nouveau développement de la politique anglaise.La question irlandaise est de nouveau la question du jour, grâce à l\u2019action de lord Randolph Churchill ea rompant définitivement avec le gouvernement.Le secret a été bien gardé el probablement pas un Seul membre de la chambre ne le savait, sauf M.Chamberlain qui a eu des relations intimes avec iord Churchill.Au commencement de la soirée, il a eu une conversation avec lui, comme s\u2019il savait de quel point viendrait l\u2019attaque la plus dangereuse contre le gouvernement à la suite du sujet de la mesure Carew.Au moment ou lord Churchill s\u2019est levé, le débat était languissant et l\u2019on s\u2019attendait à une division, La chambre et les tribunes étaient bondées.On comprit bientôt à quoi il en voulait venir et quand il a parlé des promesses violèes par le gouvernement, les applaudissements ont éclaté sur les banquettes op- positionnistes et les ministériels demeuraient muets de surprise.Lorsqu\u2019il s\u2019est retiré du cabinet ostensiblement sur une question économique, mais en réalité parce qu\u2019il voulait y dominer et ne as se soûmettre au contrôle de lord alisbury, on savait qu\u2019il n\u2019attendait que l\u2019occasion.Lord Salisbury a essayé de le concilier en public, mai® on sait qu\u2019il n\u2019a pas bonne opinion de lui.Il n'a pas changé beaucoup de votes dans la chambre, mais son influence est grande au dehors.LA SITUATION EN FRANCE Paris, 27\u2014A une assemblée de la Ligue des Patriotes, le groupe de l\u2019action a approuvé la proposition que la Ligue devrait prendre part au mouvement pour la révision de la constitution.Un comité de réorganisation a été nommé avec Paul Déroulède comme président.\u2018 Saint Pétersbourg \u2014Le Nouveau Temps ne.croit pas que la France puisse sortir de sa situation critique tant qu\u2019elle comptera sur la chambre actuelle.\u201c Compter sur le patriotisme des députés, dit ce journal, c\u2019est un risque.Ils sont allés trop loin dans leurs conflits de parti.Si le gouvernement de la République parvient à sortir vainqueur de cet amas de difficultés, il faudra bien reconnaître que si M.Floquet posséde toutes les qualités d\u2019un remarquable homme d'Etat.\u201d Le Journal de Varsovie (russe) exprime la même pensée.[I éêrit : Si Fon s\u2019en rappprte aux symptômes, - / ~ à \u2019/ JOURNAL DES CAMPAGNES 9 : le- cabinet Floquet est le dernier atout \u2018dans le jeu du régime parlementaire.S\u2019il tombe, la porte est ouverte à de nouvelles combinaisons qui feront naître vue nouvelle politique.\u201d BANQUET BOULANGER Paris.\u2014Le général Boulanger a donné son banquet ce soir au café Riche.Il y avait une foule de prés de 1.000 personnes dans les abords du café vers six heures.Le général et-le comte Dillon sont arrivés à huit heures.A onze heu- resla foule comptait 4,000 individus.Le général, a réponlu qui lui a été proposée par M.Naquet, en disant qu\u2019il désirait protester contre l\u2019idée qu\u2019ou lui prête de viser à la dictature.De plus, si * la question était soulevé dans la Ghambre, il voterait pour l'abolition de la présidence.M.Clovis Hugues qui prit ensuite la parole, se déclara complètement en faveur des idée du général.Le général a annoncé qu\u2019il voterait le département du Nord le 5 mai.LA REINE Londres, 17 avril \u2014La reine Victoria est arrivée ce matin à Fiushing, en Hollande, et s\u2019est embarquée sur le yacht royal pour l'Angleterre.- LE COMTE DE PARIS Paris, 27\u2014Le duc d\u2019Aumale, dans une lettre au comte de Paris, le met en garde contre le mouvement boulangiste, et lui conseille de faire une coalition entre les royalistes ot les républicains modèrés.L'EMPEREUR Berlin, 27\u2014L\u2019Empereur a bien dor- xi la nuit dernière et il se sent plus\u2019 fort ce matin.Son état semble s\u2019améliorer.ee SU EDS EP 1 RS Parlement Federal Chambre des Communes Ottawa, 25 avril.L'Orateur prend le fauteuil à 3 hrs p.L\u2019hon.M.Thompson soumet un projet de loi pour amender de nouveau l\u2019Acte des Cours Suprême et de l\u2019Echiquier.Actuellement la loi exigo cinq juges pour former le quorum de cette cour.Le bill actuel propose de réduire le quorum dans certains cas particuliers comme celui qu\u2019on viert de citer .à quatre juges.L\u2019hon.M.CHAPLEAU, en réponse à M.Barron, dit que le gouvernement n\u2019a pas l'intention à cette session de proposer un bill pour arrêter la révision des listes de voteurs en vertu de l\u2019acte du cens électoral.M.Gornon.\u2014Demande la correspondance relative à la saisie des navires canadiens lorsqu\u2019ils étaient à faire la pêche au phoque dans la mer de Behring.Il croit que cette correspondance démontrera que le gouvernement du Canada a fait ce qui devait être fait à ce sujet et il \u2018espère que le gouvernement impérial mettra un soin jaloux à sauvegarder les intérêts du Canada.M.Prior seconde la motion de M.Gordon et fait un court historique de l\u2019Alaska et de la pêche du phoque dans la mer de Behring.En 1867, dit-il, le gouvernement américain a payé $7,200, 000 à la Russie pour le territoire de l'Alaska.De plus, continue M.Prior, quand je déclarerai à cette chambre qu\u2019une seule mine d\u2019or d\u2019Alaska rapporte plus.d\u2019un million de-piastres par année aux capitalistes de la compagnie qui exploite cette wine, quand je dirai aussi que la compagnie des pêcheries du phoque d\u2019Alaska paie $3,500,000 pour les priviléges qui lui ont été accordés, les éputés seront à même de voir quelle est la valeur de ce territoire.En août 1886, trois goélettes canadiennes ont été saisies, l\u2019une pendant qu\u2019elle était à 139 milles\u2018du rivage et les deux autres à 268 milles.Ces goélettes se rendaient à l\u2019Alaska.Une amende fut imposée contre eux et de plus leurs cargaisons de peaux de phoques valant $33,000 furent saisies.Les documents soumis à la dernière session ont prouvé que ce gouvernement avait fait tout en son pouvoir.Ceendant en 1887 le gouvernement des tats-Unis a saisi six de nos navires et huit navires américains.On préfère insulter le gouvernement anglais pour ensuite accorder compensation et faire apologie plutôt que de forcer la compa- 2 .\u2019 Le gouvernement britannique négocie actuellement avec celui des Etats-Unis et j'espère que le résuitat sera aussi favorable à ceux dont les intérêts ont été si grandement lésés qu\u2019aux intérêts même du Canada.L'hon.M.McKenzie\u2014Le gouvernement du Canada a-til voix délibérative dans ces négociations ?Qui les négocie ?Sir CHarLEs Turren.\u2014Certainement il n'y a que le gouvernement impérial qui puisse être partie à ces négociations et qui puisse régler la question entre les Etats-Unis et l\u2019Angleterre.Cependant le gouvernement anglais, sur cette question comme bien d\u2019autres, a obtenu des renseignements les plus complets du gouverhement du Canada, qui est aussi anxieux qu\u2019on puisse l\u2019être de voir cette question réglée.Je n'hésite pas à déclarer que lo gouvernement anglais exigera réparation aussi complète qu\u2019il soit à mème d\u2019un gouvernement d\u2019exiger.gnie du phoque d\u2019Alaska à être privée de ses privilèges.Je suis heureux de voir que la meilleure classe des journaux américains condamne la conduite du gouvernement des Etats-Unis.- La question actuellement soumise est très opportune, attendu que j'ai été informé que trois croiseurs ont regu ordre de partir de San Francisco pour aller faire la garde du détroit de Behring et saisir tout navire qui y serait trouvé à faire la pêche au phoque.M.Fosren.\u2014 La déclaration de M.Gordon que les documents soumis à la dernière session prouvaient que le gou- gouvernement du Canada avait agi dans l\u2019intérêt de ce dernier pays est très vraie et lorsque les nouveaux documents seront soumis on verra que le gouvernement ne s\u2019est pas départi de cette manière d'agir.! MM.McNki1L et EnGAR prennent aussi part au débat., M.Baker.\u2014La Colombie Britannique voudrait bien voir cette question réglée, car au lieu de 17 navires que cette province a envoyés dans la mer, de Behring dans la darnière saison elle en aurait envoyé trois fois 69 nombre.La motion de M.Gordon est votée.A six heures, l\u2019Orateur quitte le fauteuil.SÉANGE DU SOIR A la reprise da la séance cinq projets de lois privés subissent le troisième lecture.Le bill de M.McCarTHY pour amender l\u2019Acte de tempérance du Canada subit ga seconde lecture et la chambre se forme en comité sur ce bill.Un débat assez long s\u2019engage alors.MM.Jamieson, Mills, Tisdale, Fisher et Ives y prennent part.Finalement le bill est rapporté avec amendement par le comité.M.JAMIESON propose la seconde délibération de son projet de loi pour amender lui aussi l\u2019Acte de tempérance du Canada.Il explique longuement les dispositions de son bill.MM.Fisher et O'Brien prennent part au débat.M.O'Brien propose que la seconde lecture soit renvoyée à six mois.MM.Mills, Bain (Wentworth), Fisher et Casey continuent le débat.L\u2019amendement à six mois de M.O'Brien est perdu sur division et la seconde lecture a lieu.Sir R.CarrwnicuT.\u2014 Demain j\u2019attirerai l\u2019attention de la chambre sur certaines irrégularités qui se commettent à Kingston.La Ghambre s\u2019ajourne à 1.20 hr.a.m.' Ottawa, 26.La séance commence à 3 heures p.m.L'hon, M.Foster soumet un projet de loi pour amender le chapitre des Statuts Revisés du Canada relatif à la sûreté des navires.Le but de ce bill est de pourvoir à ce que les steamers aient de meilleures machines ; de pourvoir de plus à la détention et à l\u2019examen des navires sur le point de quitter les ports du Canada et qu\u2019on prétend être impropres à la mer.Ce bill établit encore certaines règles pour l\u2019emmagasinage des cargaisons de blé.Ce projet de loi subit sa première lecture.L'hon.M.THomPsoN présente un bill pour amender l'acte des convictions sommaires.Il prétend que le but de cette loi est de donner plus de facilité pour se procurer des témoins et de permettre aux juges de paix d\u2019émaner des subpenas dans des comtés qui ne sont pas dans leur juridiction immédiate.Ce bill impose de plus une pénalité contre les té- moins qui ne se rendront pas sur subpæ- nas.\u2019 La première lecture a lieu aujour- d\u2019hui.Le bill de l\u2019hon.M.Bowell peur amender l\u2019acte de douanes de 1879 est considéré en comité de toute la chambre et fasse en troisième délibération._La chambre se forme en comité sur le bill do l\u2019hon.M.Thompson pour amender la loi relative aux marques frauduleuses sur les marchandises.La chambre considère aussi en comité le projet de loi de l'honorable M.Thompson pour amender l\u2019Acte des procès expéditifs.Le ministre de la Justice propose d'ajouter une disposition pour l\u2019appli- catibn de l\u2019Acte à la Colombie Anglaise.Ce bill subit sa troisième lecture.L\u2019hon.M.CHapLgau.\u2014 En proposant la seconde délibération du bill pour amender le chapitre 27 des Statuts Révisés du Canada concernant le département des impressions et de la papeterie publique, dit que ce bill ne s'occupe que de quelques questions de détails et entre autres de réinstaller l\u2019imprimeur de la reine comme député-chef du département qui est sous sa surveillance per- | sonnelle (l'hon.M.Chapleau).Il dit que le département d\u2019après les principes ordinaires du commerce, savoir que les personnes qui y sont employées n\u2019auront pas les privilèges et le nombre d'heures par jour des employés civils ordinaires.Le bill de l\u2019hon.M.Chapleau subit ensuite sa seconde lecture et est considéré en cofnité.Sir JouN propose la seconde délibération du bill pour amender l\u2019Acte des sauvages.ll explique qu\u2019un certain nombre de métis ont abandonné leur traités pour avoir des scrips et sont ensuite rentrés dans leurs traités pour avoir leur part d\u2019annuités et de provisions.Ceux qui ont chosi les scrips n\u2019auvont plus le droit à l\u2019avenir de rentrer dans leurs traités, Le bill subit sa deuxième lecture, est soumis au comité de toute la chambre et adopté en troisième délibération.A six heures l\u2019Orateur quitte le fauteuil.SÉANCE DU SOIR .À la reprise de la séance, sur la mo- lion pour que la chambre se forme en comité sur les subsides, M.O'Brien attire l\u2019attention du gouveruement sur la question d\u2019un cable sous-marin entre l\u2019île Pelée, dans le lac Erié, et la terre ferme.Il dit que poser ce cable ns coûterait que la bagatelle de $8,000 si on songe au grand nombre de naufrages qui ont eu lieu à cet endroit, L\u2019hon.M.Foster dépose sur le bureau de la chambre les documents relatifs aux pécheries dans la mer de Behring.M.RYKERT attire l\u2019attention du gouvernement sur la réclamation de la \u2018veuve Gowanlock dont le mari a été tué lors de la rébellion du Nord-Ouest.MM.Wrigar et Barron se déclarent en faveur de la demande de M.Rykert et espèrent que la chambre recevra la requête de cette veuve plus favorablement que l\u2019année dernière.La réclamation de la veuve Gowanlock fait le sujet d\u2019un débat de la part de Sir R.Cartwright.La chambre se forme ensuite en comité des subsides et vote plusieurs items.Sir R.CarTwriGHT demande à Sir C.Tupper quand fera-t-il son exposé financier.Sir Gus.Turren.\u2014Demain après-midi.La chambre s\u2019ajourne à 12.10 a.m.Ottawa, 30 avril.La séance commence à 3 heures p.m.Sir Joun.\u2014Je proposerai avec le consentement de Ja chambre que les mesures du gouvernement aient lapréséance,à compter de mercredi prochain, après les questions posées par les députés.ua session commence à être avancée et fait que nous regrettons tous, le gou- verneur-général doit quitter le pays à la fin de mai, il aimerait proroger lui- même ce parlement et terminer ainsi son administration.Je crois qu'avec l\u2019aide de la chambre nous pouvons arriver à ce résultat.L\u2019hon.M.Laurier.\u2014Les députés de ce côté-ci de la chambre, j'en suis sûr, feront tout en leur pouvoir pour arriver à cette fin.Je désirerais que les projets de-lois de MM.McCarthy et Jamieson pour amender l\u2019acte Scott, soient pris comms premier ordre du jour, mercredi prochain.Après quelque débat la question du mice civil.débat sur ces deux bills fut remise à lundi prochain et la proposition de Sir John fat adoptée.L'hon.M.CuaPLEau présente un projet de \u2018loi peur amender l\u2019Acte du ser- I! esplique à la \u2018chambre que cette mesure n\u2019a trait qu\u2019à des questions d\u2019une importance mineure à part celle d\u2019empêcher les candidats de se procurer copie des questions qui sont posées aux examens.Il dit encore que le gouvernement a décidé que les examens de promotion et d\u2019entrée dans le service civil (préliminaires et d\u2019aptitudes) n\u2019auront lieu qu\u2019une fois par année.Ce projet de loi subit sa première lecture.hon.M.Chapleau en expliquant son bill pour amender I'Acte du sens électoral dit que cette mesure est très limitée.Il transfère la pénalité imposée par l\u2019Acte des élections contestées aux personnes déclarées disqualifiées et dit que ces personnes n\u2019auront pas le droit de demeurer sur la liste des électeurs.Ce bill dit encore que les listes d\u2019électeurs seront imprimées à l'imprimerie du gouvernement, ce qui en réduira le coût de $180,000 à 87,000 ou $8,000.M.Fiser.\u2014Est-il à la connaissance du gouvernement que M.J.À.Martin, percepteur des douanes à Rimouski, est actuellement marchand et faisant des affaires ?Si oui, le gouvernement en- tend-t-il agir ?L\u2019'hon.M.BowreLL\u2014Le gouvernement s\u2019en enquerra et si ce fait est vrai M.Martin recevra ordre ou de cesser d\u2019être marchand ou d'abandonner sa charge.M.MAnsHALL propose que l\u2019établissement de relations de commerce favorables et mutuelles entre l\u2019Angleterre et ses colonies seraient d\u2019un grand avantage pour les industries agricoles, minières, du bois et autres que ces derniè- reset auraient pour effet d\u2019affermir l\u2019empire én faisant progresser ses colonies.Il propose que le gouvernemens devrait demander à d'autres gouvernements coloniaux de s\u2019unir au Canada pour obtenir uu traité de commerce mutuel avec l'Angleterre.M.Marshall dit ensuite : Je serais heureux de connaitre l\u2019opinion des députés des deux côtés de la chambre sur cette importante question.Le temps est venu pour que l\u2019Angleterre et ses colonies soient unies ensemble par des liens plus étroits d\u2019estime mutuelle.Je n\u2019appartiens pas à la ligue de fédération impériale et je ne soumets pas cette question de la part de cette ligue.Ces relations de commerce mutuel entre l'Angleterre et le Canada seraient très profitables aux classes agricoles.Je ne demande pas à l\u2019Angleterre de nous dorner la préférence sur ses marchés sans que uous lui donnions quelque chose enretour.Les gouvernements des autres colonies devraient s'unir pour arriver à construire cette espèce de muraille entourant l\u2019Angleterre et ses colonies.Je n\u2019en dirai pas davantage pour le moment, attendant que ies députés se prononcent sur cet important sujet.M.McCarTHY.\u2014Je suis en faveur de cette résolution, qui est semblable en principe à celle dont j'ai donné avis dans les procès-verbaux de cette chambre.On devrait chercher, suivant moi, à en arriver à des relations de commerce entre l\u2019Angleterre et le Canada et telles qu\u2019elles donnent à ce dernier des avantages sur les marchés de la mère- patrie, avantages qui ne sont pas accor\u201d dés aux pays étrangers.De son côté le Canada favoriserait l\u2019Angleterre sur ses marchés contre les autres pays toutefois sans nuire à sa politique de rotection de 1879 et aux finances du anada.A la séance du soir, M.McCarthy continue son discours et MM.Casey,Fisher, Tupper, Mills etc, prennent la parole sur le éme sujet.La chambre s'ajourne à 12.15 a.m.\u2014 ECAP RECETTE Moyen de fortifier les yeux affaiblis.Se laver chaque jour, les paupières, avec de l'essence de romarin, ou bien, se laver, avant de se mettre au lit, les yeux, avec de ce suc qni découle abondamment de la vigne, lorsqu\u2019on la taille au printemps.ree eet Ppa 10 [ JE DÉPECHES SA MAJESTÉ Londres, 28 avril \u2014La reine est arri- vêe au châtean de Windsor hier soir enchantée de la réception qu\u2019elle a eue en Allemagne.LE PRÉSIDENT CARNUT Paris, 28 avril.\u2014Le président Carnot a été banquetté par les ¢itoyens de Bordeaux.En réponse & un toast en son honneur, il a dit que les manifestations sympathiques qu\u2019il recevait durant son voyage, et particulièrement à Bordeaux étaient autant de protestations contre toute mesure qui pourrait servir les intérêts et encourager les ennemis de la république.ll a vivement insisté sur l\u2019union des républicains, comme le seul moyen d'accroître.la force des amis de la république à la hauteur de la situation, et d\u2019assurer aux ouvriers le bien- être qu\u2019ils attendent.Le président a été très applaudi.A LA CHAMBRE Paris, 29 avril\u2014Les députés boulangistes de la chambre ont renoncé à leur intention d\u2019interpeller le gouvernement au sujet des arrestations faites après le banquet du général hier soir.Le bill de la loterie du canal de Panama a été adopté par un vote de 312 contre 132.La Chambre est ajourné au 15 mai.Charles Ferry a été élu aujourd\u2019hui sénateur dans le département des Vosges contre le candidat conservvateur et le boulangiste.L'EMPEREUR D'ALLEMAGNE: Berlin, 28 avril \u2014Un bulletin rendu public ce matin à neuf heures dit que l\u2019empereur n\u2019avait plus deY fièvre.Il a quitte le lit, et il a pu lire pour la première fois depuis.quinze jours.li ira à Potsdam quand il sera plus fort.NOUVELLE DE FRANCE ELECTION D'UN REPUBLICAIN CONTRE UN RADICAL.\u2014OVATION AU PRÉSIDENT CAR NOT.\u2014UN DUEL FATAL.\u2014DÉCLARATION DU GENERAL BOULANGER.Paris, 30\u2014M.Brumier, républicain, a êté élu hier député du département de la Haute-Savoie par un vote de 22,000 contre 13,000 pour M.Marchand, radical.Les défaites radicales dans trois départemenis sont propres à indiquer une réaction en faveur de la boulangerie.Mais à Paris, on devient plus calme.Le président Carnot est parti de Bordeaux aujourd\u2019hui.Une foule considérable l\u2019attendait au départ et il fut reçu avec enthousiasme.Il estarrivé i Rochefort.M.Babut, quia tué M.Dupuis en duel hier, et les quatre témoins ont été arrêtés.Le général Boulanger a écrit une lettre protestant contre les idées belliqueuses qu\u2019on lui a attribuées.Jl désire déclarer ouvertement devant la Lrance et l\u2019Europe que la France démocratique n\u2019est pas imbue d\u2019idées d\u2019agression auxquelles il a toujours été et est encore maintenant résolument opposé.LE PAPE ET L'IRLANDE Rome, 30.\u2014On dit que la décision de la congrégation de la Propagande au sujot du plan de campagne a été prise spontanément et sans communication avec les autorités anglaises.Le pape a approuvé la condamnation sans entrer dans le mérite de la lutte politique an- glo-irlandaise.Dublin, 29.\u2014M.John Dillon s\u2019est rendu à Thule, hier, et a une entrevue avec Mgr I'archevéque Croke, au sujet de la condamnation du \u201c plan de campagne \u201d par le Saint Siège.Londres, 29\u2014Voici le texte du décret Papal condamnant le \u201c Plan de Campagne.\u201d .\u201c En plusieurs occasions, le Sieg Apostolique a donné au peuple d\u2019Irlande, qu\u2019il a toujours entouré d\u2019une sollicitude spéciale, des admonestations et des avis convenables, lorsque les circonstances le requéraient,sur la manière de défendre leurs droits sans porter atteinte à la justiceet à la paix publi- ue.Notre Saint Père le pape Léon III, craignant que l\u2019espèce de guerre qui a été introduite parmi les irlandais pendant les luttes entre seigneurs et tenanciers et généralement appelée le Plan de Campagne, et dans l\u2019espèce d'interdiction sociale appelée \u201c Boycotting \u201d et provenant des mêmes luttes, le sens véritable de la justice et de la cha- rité me\u2019 fut perverti, a ordonné à la Suprême Congrégation de l\u2019Inquisition \u2018| de soumettre la question à un sérieux et soigneux examen.La question suivante suivante a donc été posée à leurs Eminence, les cardinaux de cette congrégation : ** Est-il permis, dans les disputes entre seigneurs \u20acL tenanciers en Irlande se servir des moyens appelés ¢* Plan de Campagne \u201d et \u201c Boycotting?\u201d À près longue et mûre délibération leurs Eminences se sont prononcées dans la négative, et leur décision a été confirmée par ie St Père, mercredi, le 18 du présent mois.La justice de cette décision sera facilement comprise pâr toule personne qui s\u2019appliquera à considérer qu\u2019un loyer fixé par consentement mutuel, ne peut, sans violation du contrat, être diminue par la seule volonté du locataire, surtout lorsqu\u2019il il y a des tribunaux institués pour le règlement de ces controverses et la réduction de loyers injustes dans les limites de l\u2019equité, après avoir rendu compte des causes qui diminnent la valeur du sol.On ne peut non plus considérer qu\u2019il soit permis d\u2019ex!orquer les loyers aux tenanciers pour les placer entre les mains de personnes inconnues au détriment des propriétaires du sol.Enfin, il est contraire à la justice et à la charité de persécuter par l\u2019interdiction sociale ceux qui sont satisfait du loyer stipulé et qui cousentent à le payer, ou ceux qui, dans l\u2019exercice de eurs droits, prennent des fermes vacantes.Il sera donc du devoir de Vos Seigneurs de conseilleret d\u2019exhorter prudemment mais effectivement, le clergé et les laïques à ne pas dépasser les bornes de la charité chrétienne et de la justice, tout en s\u2019efforçant de porter remède aux malheurs du pays.(Signé) IX.CanpiNaxr, Monaco.Rome, 20 avril 1888.MORT D\u2019'UN DIGNITAIRE ECCLE- SIASTIQUE Boston, 30 avril\u2014Un câblegramme annonce la mort du révérend M.Deasy, de Boston, vice-recteur du collège américain à Rome.Il n\u2019était âgé que de 30 ans.NOUVEL ACADÉMICIEN Paris, 29\u2014M.Meilhac, auteur dramatique, a été élu membre de l\u2019académie française, en emplacement de M.Labiche, décédé.LE GENERAL BOULANGER Moscou, 30\u2014Oe annonce d\u2019une manière autorisée que le Czar aurait exprimé de l\u2019antipathie pouï le général Boulanger.- VILLE DÉTRUITE Deadwood, Dak., 30.\u2014Central City, une petite ville de 1,000 habitants, voisine d\u2019ici, a été complètement détruite par un incendie.Le feu a pris dans une boulangerie et, par suite du manque d\u2019eau, en moins de deux heures la ville ne formait plus qu\u2019un amas de cendres.LE DECRET DU PAPE Londres, ler mai\u2014On parle beaucoup du décret du pape qui condamne le plan de campagne des irlandais.Le Standard dit que le décret du pape produira beaucoup de bien, sans doute, mais on espère à peine qu\u2019il puisse extirper le mal.Le Post est d\u2019avis que l\u2019action du Pape est le \u2018coup le plus terrible qui ait été porté aux nationalistes.Le Globe dit : L\u2019Archevéque Walsh a, sans aucun doute, fait tout en son pouvoir pour réfuter les déclarations de Mgr Persico sur l\u2019état des affaires en Irlande.Il est possible que le Pape ait été menacé d\u2019une espèce de schisme.Le décret signifie que la loi et l\u2019ordre qui \u2018étaient menacés par la réunion d\u2019un parti fort en Angleterre avec les par- nellistes, ont maintenant dans l\u2019opinion du Vatican, triomphé des forces qui les assaillaient.Le Cardinal Simeoni a écrit une lettre aux évêques irlandais, y joignant un décret relatif au plan de campagne et au boycottage.EN ALLEMAGNE Berliv, 1er mai \u2014l\u2019Empereur était un peu fiévreux ce matin.La force revient lentement.Il à passé une assez bonne nuit.Le Dr Mackenzie a changé le tube par lequel le malade prend sa resgira- tion.: x 0er # ÜRNAL DES CAMPAGNES 4 SCROFULES.Les Scrofules ot toutes les maladies scro- fulcuses, telles que Ulcères, Plalcs, Érysipèles, Eczéma, Pustules, Impétigo, Tumeurs, Charbon, Furoncles, Clous, e Éruptions de la Peau, sont lo résult: direct do l'impuroté du sang.Depuis plus de quarante ans, 1 SALSED.' REILLE D\u2019AYER 0st reconnuo comme Page ie plus puissant pour le purifior.Elle «.tivre lo systéme de tcute humeur malsa:: enrichit et fortifie lo sang, expulse toute tin do traitement mercuric}, ge montre on 1 mot l'ennemi redoutable et irrésistible © toutes les maladies serofulenacs, Une Guérison Ttécente d\u2019Ulcères Scrofuleux.\u201cT1 y n quelques mois, j'étais affilgé d\u2019al- cères scrofuleux aux jambes.Illes étaient enflées et enflamées, ot les Plnles déchar- ralout des quantités de .inniières putrides.mployai sans succès une grande variété de remédes.En dernier ressort j'eus recours à lœ SALSEPAREILLE D\u2019AYER et le résultat obtonu fut des plus satisfaisants, 1nes ulcères ont disparu, et ma santé s\u2019est grandement améliorée.Jo vous suis trés roconnaissnnt pour le bien que votra médecine m'a fait.Jo suis, aveu respect, Mus, ANN O'BRIAN.\u201d 148 Sullivan St., New York, 2} Juin, 3882, UF Toutes ica personnes intéressées sont invitées à so rendre chez Madame O'Brian.: L'écrivain bien connu du Boston Ierald, Mn.B.W.BALL, de flochester, N°H., écrit en date du 7 Juin, 1862: \u201c SoutFrant cruellement de l'Eczéma pen dant dos années, 6©t ne pouvant trouver de- soulagement dans aucun remède, je mo sorvis de la SALSEPARFPILLE D\u2019AYER, et au bout do trois mols jobtins une guérison complète.de la considère comme un remède très pré cieux pour toutes les maladies du sang.\u201d La Salseparaille d\u2019Ayer stimule et règle l\u2019action des organes digestifs et assimulatifs, renouvelle ct fortifio les forces vitales, ot guérit promztement les Rhwmnatismes, lu Névralgie, In Goutte Rhumatismale, les Catarrhes, la Dé Dilité Générale, el toutes los maladies produites par un sang appauvri et cor- rumpu, et par uve vitalité affaiblie.Elle est incontestabiement le remède le plus économique, tant par la force concentrée que par l'énergie puirsante qu\u2019elle exerce sur 1x maladie.PRÉPARÉE PAR LE Dr.3.C.Ayer &Co., Lowell,Mass.Wn vente dans toutes les Pharmacies ; prix Si, six flacons pour 85, = \u201cNe x, a\u201c chos & Nouvelles Pèlerinages Le vapeur Canada a déjà été retenu pour les pèlerinages suivants à Sainte- Anne de Beaupré : 14 juin, pèlerinage de Saint-Guillau- me d'Upton ; organisateur, M.l\u2019abbé Dauth.21 juin, pèlerinage de Saint Jean ; organisateur, M.le curé Aubry.26 juin, pèlerinage de la paroisse Saint Pierre, de Montréal ; organisateurs, les RR.PP.Oblats.4 juillet, pèlerinage de St Thomas de Pierreville ; organisateur, M.l\u2019abbé Quinn.7 juillet, pèlerinage de la paroisse Ste Anne, de Montréal ; organisateurs, les RR.PP.Rédemploristes.9 juillet, pélerinage de la paroisse de Rougemont ; organisateur, M.le Curé Leduc.12 juillet, pelerinage de la paroisse de Boucherville, M.le curé Primeau.13 juillet, pèlerinage de la paroisse Saint Jean-Baptiste de Montréal ; M.le curé Auclair.; 21 juillet, pèlerinage de la congrégation des hommes de Saint Jacques de Montréal.30 juillet, pèlerinage de Saint Roch de Richelieu ; M.l\u2019abb6 Decelles.4 août, second pèlerinage de la paroisse Saint Pierre.Le 16 juin, le Canada est retenu pour une excursion à Québec.L\u2019accident sur le Québec Central Voici les détails d\u2019un accident arrivé sur le Québec Central pendant la journée de samedi.\u2018Trois chars de fret avarent été laissés sur la voie un, peu avant la station St Joseph par un convoi passé antérieurement.Loraque l\u2019ingénieur Guay arriva à la station de Beauce Junction, il demanda son ordre à l\u2019opérateur pour se rendre à la station St François.Celui ci lui donna l\u2019ordre, mais l\u2019avertit d\u2019aller doucement, qu\u2019il devait passer les trois chars en question jusqu'à la gare St Joseph.Nous ne savons comment les choses se sont passées, mais toujours est il que la locomotive du convoi de passagers heurta les trois wagons.Heureuse- 1 ment qu\u2019il n\u2019y a pas eu de perte de vie.: Le conducteur prétend qu\u2019il nevoyais rien en avant de la locomotive.\u2018 Quoi qu\u2019il en soit, ceux qui avaient le convoi en charge ont été suspendus et une enquête a eu lieu mercredi sousil présidence de M.Steel.\" La locomotive venait d\u2019être réparée à neuf ; c'était son premier voyage.Nouvelles d\u2019Arthabaska \u2014M.Arthur Tremblay notaire, fils de G.Tremblay, N.P.de Québec, est établi depuis quelques jours à Stanfold pour y exercer sa profession; \u2014La manufacture d'extrait de Lanin de St.Léonard a:été détruite par le feu ces jours derniers.Etle n\u2019était plus en opération depuis quelques mois.On dit qu\u2019une compagnie est en voie de construire au même endroit, une im mense tannerie, \u2014Mgr Gravel était à Ste Victoire le 23 du courant, revenant de St Hyacinthe, où il avait assisié en compagnie de l\u2019hon M.Mercier, à la célébration de la fête annuelle de l\u2019Union St Joseph de cette ville.Les notables de l\u2019endroit, ainsi que plusieurs prêtres des environs sont allés .lui présenter leurs hommages.Sa Grandeur est reparti le lendemain malin pour sa ville épiscopale.Triple asphyxie Un pénible accident est arrivé hier durant la nuit, sur la rue Alexandre, St Rocb.Vers deux heures du matin, Mme veuve Lessard qui habite à l\u2019angle des rues Colomb et Alexandre avec sa-fille Mme veuve Ferland et les deux petites filles de celle-ci, s\u2019est éveillée et a été tellernent affectée par l\u2019odeur du gaz, qu\u2019elle s\u2019esL empressée de réveiller sa fille et ses enfants.El était temps, car en se levant les deux petites ont perdu connaissance.Les deux femmes sont ensuite allées réveiller leur voisin, nommé Pageau, et 13 aussi le gaz avait pénétré et commencé son œuvre d\u2019asphyxie, car après avoir été réveillés par leurs parents, les quatre enfants de Pageau se déclarèrent malades et s'évanouirent.\u2018 Plus triste état de chose chez un nommé Pageau.On a trouvé les époux Pagé dans lour lit au premier étage et ne donnant plus signe de vie.Ilsavaient la figure congestionnée, et une écume sanglante s\u2019échappait du nez et de la bouche de la femme.Le voisin Pageau monta en même temps au grenier et en descendit le petit garçon dans le même état que ses parents.Il y avait alors beaucoup de monde dans la rue, et quelqu\u2019un alla quérir en Loute hâte prêtre et médecin.Les docteurs Dion et Verge s\u2019adjoignirent au -Dr Bolduc, et à force de soins, on réussit à faire revenir à eux la mère et l'enfant, que l\u2019on considère maintenant comme hors de danger.Il n\u2019en est pas de même du père, qui respire difficilement et qui n\u2019a pas encore repris ses sens.Les médecins n\u2019en désespèrent pas cependant.Il est âgé de 45 ans.Sa femme, née Marguerite Leclerc, de St Charles de Bellechasse, a 37 ans.L'enfant a onze ans., Plusieurs des voisins de Pagé étaient indisposés hier au point de ne pas travailler.L\u2019odeur de gaz s\u2019est fait sentir jusque dans des immeubles de la rue St-Valier.La compagnie du gaz a fait couper immédiatement à l\u2019angle des rues Voltigeurs et Colomb, le tuyau défectueux, qui a sans doute transmis le gaz aux habitations par les égouts.La femme Pagé et son enfant ont été jugés assez bien, hier l\u2019après-midi, pour être transportés à l\u2019Hôpital de la Marine.\u2014La vigueur des Cheveux d\u2019Ayer, restaure aux cheveux gris leur couleur primitive, et les rend vigoureux est abondants.Mortalité Mme Rebecca Sanborn, veuve de feu M.Willis Russell, propriétaire de l\u2019hôtel Si-Louis, est décédée dans la nuit de samodi, à l\u2019âge de 75 ans.Incendie d\u2019un couvent Nous recevons la pénible nouvelle de l\u2019incendie de fond en comble de la bi- tisse dans laquelle les Sœurs de la Charité avaient installé temporairement . + JOURNAL DES CAMPAGNES 11 leur élablissement après la destruction de leur couvent de St-Joseph de Beauce lan dernier.est mardi l\u2019après-midi que la catastrophe a eu lieu.le feu a originé dans une boutique de charron voisine, et le vent a poussé les flammes gur le couvent.\u2018 Un nouvel édifice-est actuellement en voie de' construction, mais l'institution va nécessairement beaucoup souffrir de ce second incendie.Morts subites _ \u2014Uin vieillard du nom' Michæl Har- kin, natif des iles britanniques, est mort subitement samedi soir en \u2018se mettant au lit, à l\u2019hospice Ste Brigitte, où il s\u2019é- taitretiré après avoir habité longtemps Sillery.Il possédait certaines économies - qui vontéchoir à un frère qu\u2019il a quelque part.\u2014Un vieux cultivateur nomme John French et demeurant dans la côte à vignac, Sillery, est mort subitement chez lui, hir matin, pendant la grand\u2019 messe.Deux de ses frères l\u2019ont déjà précédé prématurément daus la tomba.Trouvé noyé Un enfant âgé de trois ans, fils de M.Didace Lapointe, du village Bienville, a été trouvé noyé dans un ruisseau près de la maison où il demeure.Sa mère est malade depuis quelque temps et son père travaille à l\u2019étranger.Une enquête a été tenuo aujourd\u2019hui, par M.le Dr Garneau, député coroner.Le premier steamer Le paquebot-poste de la ligne Dominion, le Vancouver, le premier de la saison dans le fleuve St-Laurert, est arrivé de bonne heure hier matin à l\u2019Anse aux Sauvages.Il à essayé d\u2019entrer dans le port à 1.p.m., mais il en a été empêché par la trop grande quantité de glace, il a dù retourner à sa même place.I] a à son bord 45 passagers de chambre, 149 intermédiaires et 860 de pont.Voici le rapport du capitaine Lindall: Le Vancouver quitta Moville à 4,20 p.m., le 20 avrilet arriva à la Pointeau Père à la même heure avant hier.Il a été retardé 6 heures par la brume et la glace qui couvrait des étendues considérables près du cap Tay.Environ 400 immigrants arrivés par ce steamer sont en destination du Nord - Ouest et s\u2019y rendront par le Pacifique Canadien.Les vapeurs Queen et Pilot ont été affrétés pour monter ces immigrants ce matin.Club national de Rochester A l\u2019assemblée du club national indépendant de Rochester, tenue le 23 avril 1888 l\u2019élection des officiers du club a êté terminée avec le résultat suivant : Président \u2014Révd U.Lamy 1er vice-président.\u2014Pierre Poisson, 2e vice président.\u2014Dr Er.Duval, Secrêt.archiviste \u2014Emile Humbert, Assist.sec.archiviste.\u2014D.Lavoie, Sec.Financier\u2014V.Lamy, ° Assistant secrétaire financier\u2014J.Bte Nadeau, Trésorier \u2014Gédéon Ritcher, Directeurs.\u2014D.Boisclair, A.Lavoie, T.Morin, Denis Richard, Donat Sylvain.Comité de recherches.\u2014 MAM.Moris Bisson, Nap.Lessard, P.A.Chouinard, Dr Er.Duval, Jos.Bisson, Chs Bisson, M.Marcoux.Le comité composé de 10 : il fut décidé à l\u2019unanimité que M.D.Lavoie soit autorisé à nommer les 3 autres membres parmi les canadiens français de Gonic, petit village attaché à la paroisse de Rochester.Les membres du club ont décidé ce faisant leur donner une représentation égale dans les fonctions des officiers du club.M.D.Lanoie et Gédéon Ritcher de Gonic étant le ler assistant secrétaire archiviste et le 2ème trésorier du club.Les règlements rédigés par les officiers du club-ont été adoptés à l\u2019unanimité.Ces règlements sont d\u2019une grande importance et bénéficiables aux membres du club, aussi, se sont-ils empressés de voter des remerciements aux officiers ou étaient chargés de leur rédaction.uant au local d\u2019éducation et d\u2019amusement pour les membres du club, nous nous proposons d\u2019en faire 'ouverture le ler mai ; ainsi donc, M.le Rédacteur, nous voulons bien compter sur votre générosité eL votre dévouement pour .Nous encourager dans notre œuvre patriotique en nous gratifiant de quelques copies de votre estimable journal.Ce local sera destiné à attirer l'attention de nos membres jeunes èt vieux où ils puiseront le goût de la lecture française ans nos journaux,pourront y apprendre + à lire et à écrire sous la direction de plusieurs messieurs de Rochester, qui poussent le patriotisme jusqu\u2019à sacrifier eur temps le plus cher pour devenir les piliers de la conservatioë de notre belle langue ; en * agissant ainsi nous éloignerons de nos membres les mauvais penchants qui pourraient les tourmenter pour fréquenter les places de débauche.L'assemblée de ce jour a été ajournée au 2ème mercredi de mai.Tous les membres se quittent heureux et contents du succès éclatant qu\u2019ils remportent à chaque séance.EMILE HUMBENT.Incendie à Ste-Foye -\u2014- .Deux maisons de bois conligués, sises sr le chemin do Ste l\u2019oye, à une quinzaine d\u2019arpents à l\u2019ouest de l'église, et appartenant à Madame Defoy, de Montréal.ont été réduites en cendres, dimanche, pendant l\u2019oflice des vêpres.Elles étaient habitées par un charretier nommé Elzéar Poitras, qui a presque tont perdu ce qu\u2019il possédait, tant l\u2019incendie a été rapide.Le fait est que cela n\u2019a duré qu\u2019une heure.Le ménage de Poitras était légèrement assuré, et les maisons l\u2019étaient pour |- environ $1600.L\u2019incendie à été allumé par les étincelles qui s\u2019échappaient de la cheminée enflammée et qui ont mis le feu av toit.Obituaire On annonce la mort de M.Lucien Taché, arrivée avant-hier soir, à l\u2019âge de 50 ans.\u2019 M.Taché était ancien seigneur de Kamouraska.À St Sauveur Les Révsrende Pères Oblats doivent recevoir cette semaine un magnifique chemin de la croix dont les personnages sont complètement détachés, pour leur égtise paroissiale.Aujourd'hui a lieu l\u2019ouverture de la nouvelle halle St Pierre, qui est un superbe édifice, comme chacun sait.ll n\u2019y à pus de doute, que cela va donner un grand regain d\u2019activité à ce marché.\u2014La Salsepareille d\u2019Ayer vivifie el purifie le.sang, si vous vous sentez alourdi ou languissant vous en avez besoin.Enquêtes de coroner A l\u2019enquête tenue lundi à Lévis par le Dr Garneau, député coroner, sur le corps d\u2019un petit garçon de trois ans appartenant à M.Didace Lapointe, qui s\u2019est noyé dans un ruisseau, les jurés ont rendu un verdict de \u201c trouvé noyé.\u201d -À l'enquête tenue lundi dernier, par le coroner Belleau, sur le corps de Michæl Harkin, mort subitement samedi soir, à l\u2019hospice Ste Brigitte, les jurés ont rendu un verdiét de ** mort d\u2019hémorragie pulmonaire.\u201d Le défant était âgé de 72 ans, et célibataire.L\u2019autopsie a été faite par le Dr Henchey.\u2014Dans le cas de John l\u2018rench, mort subitement dimanche, à Sillery, à l\u2019âge de 63 ans, les jurés ont rendu un verdict de \u201c mort d\u2019une maladie de cœur.\u201d Le Dr Dubé a fait l'examen interne du corps.Eglise St Sauveur Nous annoncions hier qu\u2019on allait recevoir un superbe chemin de croix pour l\u2019église paroissiale de St-Sauveur.C'est M.Carlis fils, qui en a fait la plupart des personnages, et Un jeune canadien- français, ancien élève de M.Eugène Hamel, qui les a coloriés.Les grisailles qui doivent orner les galeries de cette magnifique église, sont attendues incessamment.On' attend aussi, avant l\u2019automne, M.Charles Huot, notre artiste québecquois, qui est allé en Europe composer les grands tableaux de la voûte.La retraité de la Sainte Famille commencera le 13 mai.Tous les jours du mois de mai, il y aura messe à 7 heures en Ja chapelle de Notre-Dame de Lourdes, avec un petit exercice en l'honneur de la Sainte Vierge, pour les personnes qui ne peuvent assister le soir à celui de la paroisse.' Le téléphone On est en ce moment, au bureau central du téléphone, à remplacer les appareils qui ont servi jusqu'ici par des instruments nouveaux plus perfectionnés.Produits du Lac St.Jean Les cultivateurs du lac St.Jean expé- \u2018dient ce printemps beaucoup de patates et d\u2019avaine à Québec par vuie ferrée.Tramway Le gérant de la compagnie du tramway de la rue St Joseph, M.Moore, est en ce moment à New ¥ ork pour lachat d\u2019un char ouvert ou semblable au char Ne 9, qui est magnifique.La compagnie mettra probablement huit chars sur sa ligne cet été.Pris dans les glaces Deux goëlettes chargées de bois de chauffage venant de Ste Anne et un bateau appartenant à M.Price, chargé de bois, qui étaient pris dans les glaces au large de la chûte Montmorency depuis dimanche matin sont montés avec la glace hier matin.L\u2019une des goëlettes a u s\u2019accrocher;au.quai Crawford, mais e bateau et l\u2019autre goëlette durent rebrousser chemin avec la glace.I's réussirent ensuite à entrer en eau claire et se rendre, le premier à l\u2019Anse aux Sauvages, et l\u2019autre à Lévis où elle est amarrée à un quai.Obituaire On annonce {la mort de M.Patrick Hearn, natif de Wexford, Irlande, et habitant de Québec depuis 66 ans.Le défunt, qui était âgé de 88 ans, était le pere de M.Mathew Hearn, C.R.que nous prions d\u2019accepter nos condoléances pour le nouveau deuil qui vient de le frapper.En effet, M.Hearn a perdu en quelques mois sa femme, deux de ses filles, et en dernier lieu son vieux père.Trouvé mort Lundi, un cultivateur de St Jean Port Joli, comté de l\u2019Islet, a été trouvé mort dans une cabane à sucre.Nous n\u2019avons pu apprendre le nom de ce malheureux.Les Pilules et Onguents d\u2019Holloway Exercent un eflet favorable sur toutes les maladies provenant de l\u2019exposition à l\u2019humidité ou dos.variations de la température.C\u2019est pourquoi on les trouvera éminemment utiles à ceux qui travaillent dans les fonderies, les mines de cuivre et de charbon.Ces remèdes si bien connus ont des avantages manifestes sous le rapport de l'effet et de la composition, étant entièrement composés de végétaux choisis avec le plus grand soin et sans égard au prix.Quand on Pemploie suivant la direction qui les accompagne, ils agissent sûrement mais avec douceur, et n\u2019empêchent pas le travail quotidien.Il n\u2019y a que peu de maladies qui ne soient pas guéries,\u2014ou, au moins, soulagées\u2014par l\u2019usage persévérant des remèdes d'Holloway.Election du barreau Voici le résultat des élections du- barreau, qui ont eu lieu hier après-midi, au Palais de Justice : Bâtonnier, l\u2019hon.Frs Langelier ; Syndic, C.B.Langlois ; Trésorier, D.J.Montambault ; Secrétaire, J.E.Prince.Conseil : W.C.Gibson, Jacques Malouin, J.E.Bédard, F.X.Lemieux, Jules Tessier, C.À.Morisset, l\u2019hon.Jean Blanchet, Chs Fitzpatrick.Pèlerinage Dimanche soir, à l\u2019assemblée des congréganistes de Lévis, M.le curé Gauvreau a annoncé que le pèlerinage de la congrégation de cette ville à l\u2019église de N.D.de la victoire, Basse ville Québec, aura lieu soit le dimanche de l\u2019Ascension ou le dimanche de la Pentecôte.Distingué visiteur L3 très révérend Frère Aimarus assistant du supérieur général des frères des écoles chrétiennes lors de son passage en cette ville est allé présenter ses hommages à Son Eminence le cardinal Taschereau, à l\u2019hon.Gédéon Ouimet MM.les curés de N.D.de Québec, de St Roch, de St Jean Baptiste et de St Sauveur.Il a paru enchanté de l\u2019installation, et de la tenue des écoles de la ville ; presque toutes dirigées par les frères et de la population écolière qu\u2019il a trouvé ravissante.Le distingué visiteur est reparti samedi pour visiter la Boauce et l\u2019Islet où se, trouvent des établissements de son ordre les seuls au Canada qu\u2019il-n\u2019ait pas encore vus.Ecrou de la prison Il y a en ce moment dans la prison du district, 57 détenus dont 16 femmes.La police Les homiumrs de la polic: municipale ont été asser:nentés ce malin pour l\u2019année qui cominence avjouru\u2019hui.Le sergent Martel à donné sa démis.| sion pour se livrer à l\u2019agriculture, et le gardien de la paix Smith a aussi démissionné pour embrasser une autre carrière.La température de mai Mar \u2014Du Z au 10, on doit s'attendre à la neige et à la pluie, mais la majeure partie sera de beau temps avec quelques gelées : grand vent par intervalles.\u2014Du 10 au 18, temps changeant ; plusieurs jours de temps cru avec pluie et brume tonnerre en plusieurs endroits \u2014Du 18 au 25, beau, malgré quelques averses, parfois brume.\u2014Du 25 au 31, on aura de \u2018la pluie et du tonnerre, mais la majeure partie sera du beau temps.Un million de cuisiniers du Canada veulent employer la poudre de Crème de Tartre impériale.C\u2019est la perfection, etelle est supérieure à toutes les autres.Morte de peur Une triste mort est arrivée au village L\u2019Avenir, Québec, la semaine dernière.Une dame Cayer, épouso d\u2019Olivier Cayer, hotelier de cette localité, souffrait depuis quelque temps d\u2019une maladie du cœur et des poumons, et le samedi avant sa mort elle fut tellement effrayée par le bruit que faisait un homme ivre en frappant à coups de marteau dans la porte de la maison, qu\u2019elle en mourut.L'enquête du coroner a été faite par le Dr Chevrefils, de Somerset, assisté du Dr Bernard, de Drummondville, et du Dr Mazurette, de L\u2019Avenir.Après deux jours de délibération, le jury a rendu un verdict conforme aux faits ci- dessus.Avis aux Mères Le ¢ syrop calmant de Mme Winslow, devrait toujours être employé pour ls dexc tion des enfants, Il calme l\u2019enfant, adoucit les gencives, apaisu toutes les douleurs guérit la colique, et est le meilleur remède pour la diarrhée.Vingt cinq cents la bou eilla.Explosion d'une bombe Rome, 1er mai.\u2014Au cours d'une expérience d\u2019artillerie au fort Tiburina, une bombe de dynamite a fait explosion et le prince de Naples, le prince héritier d\u2019Italie, fut légèrement blessé aux cuisses.ll put cependant retourner au Quirinal, assisté du Dr Sagloni.Le général Donxieux, commandant de la division de Rome de l\u2019armée,les colonels Benedictis et Pastore et les capitaines Lorenzo et Miedda furent aussi plus ou moins grièvement blessés.Aux nouveaux Abonnés ! CONDITION : $1.0-pourune-$1.00 PIASTRE VOUS RECEVREZ LE Journal des Campagnes PENDANT DOUZE MOIS Aiusi que Trors VOLUMES ment\u2019on- tionnés plus bas qui sont d'rne très grande utilité.Ne manquez pas de vous abonner au Journal des Campagnes qui se publie tous les JEUDIS, contenant 16 pages de matière à lire En outre nous donnons comme rime aux nouveaux abonnés TROIS MA WIFIQUES VOLUMES consistant en : Le Petit Mois da Sacré-Cœur, Le Recueil des Rcecettes et 10 M¢- decin à la Maison, Le traité sur le cheval ot ses maladies.S'ADRESSER A ELZEAR BEDARD, AGENT, du Journal des Campagnes, No 9, RUE BUADE, QUEBEC E> Seul autorisé à donner les cadeaux. 12 Pp - < \u201cN \u201d t i .\\ \\ \\ \u2018 4 t Jou EN AL DES UA MPAGNES | 4 \u2014\u2014 Le Renovaieur des Cheveux DE HALL, VEGETAL SICILIBN.(Hail\u2019s Hair Renewer.) A été1s promièro préparation parfaitement | adaptée à la guérison des maladies du ouir chevelu, et 1a promiire aussi & rendre, aux cheveux gris et flétris, leur couleur primitive, leur croissance et lo lustre brillant du jeune âge.Do nombrouses imitations ont suivi, mais aucuno ne possède les éléments réquis pour la conservation do la chevelure et du cuir chevelu £0 RENOVATEUR DES CHEVEUX DE Ha iL a constammment grandi dans 1\u2019estime publiquo, et 8a renomméo 8\u20190st propagée dans tontes los partios du globe, tant il répoud à un besoin général.Le succès sans précédent qu\u2019il & obtenu n'est dû qu\u2019 à une cause: \u201c11 tient ce qu\u2019il promet.\u201d Les propriétaires du RÉNOVATEUR ont élé souvent surpris de recevoir des commandes des pays les plus éloignés, alors qu\u2019ils n\u2019a vaieut rien fait pour introduire leur préparation dans ces contrées.Le RENOVATEUR DES CHEVEUX DE ALL, nméme employé pendant un temps trés court, produit un effet favorable & apparence personnelle.dt nettoie le cuir chevelu do toute impureté, guérit toutes les humeurs, la fièvre, empêche les cheveux do devenir sces, par conséquent Ix Calvitie n'est plus à craindre.11 stimule l'action des glandes affablies, et les met & mime do produire nue nouvelle crois- FRANCO.Les ettets do cette préparation ne sont pas passagers, commo ceux des préparations alcooliques, ils restent longtemps, co qui la rend supérieure ct économique.\u201c (Buckingham's Whisker Dye.) La Teinture de Buckingham pour les Favoris Chango a volonté la barbe et lcs favoris en uu châtain foucé naturel ou en noir.La couleur est permanente et ne disparaît pas en se lavant.La préparation étant simple on l'applique facilement, PREPARES PAR R.P.Hall & Co., Nashua, N.H.Chez tous les marchands de Médecines.~~ Echos & Nouvelles Dividende La Banque Jacques-Cartier a déclaré un dividende de 34 p.c., soit une augmentation Fde 1 p.c.sur l\u2019an dernier.Cela fait la jubilation des financiers.Le caissier déclare que les affaires de la banque ont été très profitables.La famille asphixiée L\u2019infortuné Pagé est mort à 7.30 heures samedi matin, à l\u2019Hôpital de la Marineà L\u2019autopsie du corps a été faite dans l\u2019après midi par le Dr Lemieux père, et l\u2019enquête sera tenue ce matin par le Dr Belleru, coroner du district, à l\u2019hôpital même.La femme et l\u2019enfaut du défunt sont tout-à-fait rétablis et sont retournés à leur domile, rue Alexandre.Contre les Refroidissements et les Frissons, il n\u2019y a rien de tel que le Rain-Killer.La Commission du Travail La commission du Travail ouvrira ses séances à Ottawa le 7 mai.L'association ouvrière conservatrice soumettra à la commission le projet suivant : Qu\u2019une association d\u2019assurance soit fondée, d\u2019après le mode d\u2019organisation de la caisse d\u2019épargne du département des postes, où les ouvriers pourront faire assurer leur vie, en payant une lé- ère prime, cette association devant être sous le contrôle du gouvernement.Les membres les plus importants de la société ouvrière sont en faveur de ce projet et on dit que la commission du ravail va recommander au gouvernement d\u2019organiser une association d\u2019assurance, où les ouvriers pourront faire assurer leur vie à des condilions faciles.On demande aussi que le gouvernement établisse dans toutes les villes du Canada un bureau de renseignements, afin que les ouvriers qui se trouvent sans ouvrage sachent où ils pourraient s\u2019en procurer et de leur côté, les personnes qui ont besoin d'ouvriers sachent où s'adresser ; que le gouvernement accorde aux muvriers sans emploi qui désirent aller au Nord-Ouest les mêmes avantages que ceux qu\u2019il accorde aux immigrants venant de l\u2019étranger, c'\u2019est- à-dire en payant une partie de leurs frais de vayage et en leur concédant des terres gratuitement.Bibliographie Le Paris Canada dit que M.Eugène Réveillaud, qui a une véritable passion pour notre histoire, et qui a déjà donné une Histoire du Canada et des Canadiens Français, écrite d'un excellent style et très vivante, a exhumé un curieux manuscrit : l'Histoire chronologique de la Nouvelle-France au Canada, par le P.Sixte Le Tac, qu\u2019il a publiée avec un grand luxe typographique.L'ouvrage est fort curieux ; c\u2019est un document utile à qui veut se rendre compte de la rivalité, pour Je bien et, la conquête morale du pays, qui a existé entre les Récollets et les Jésuites.Le jeûneur Succi Succi, le jeüneur, vient de renouveler à Florence ses expériences de jeûne.Depuis le jour où il a renoncé à la chairet au pain, le poids total de son corps a subi une diminution de 12 kilogrammes 226 grammes, ce qui fait une diminution moyenne de 400 grammes par jour.Malgré cet amaigrissement graduel, il n\u2019a donné aucun signe d\u2019abattement, Les amis de Succi se montrent enthousiastes de son expérience et lui ont offert un banquet auquel ässistaient tous les-membres du comité et un grand nombre de convives de choix.Le menu était des mieux imaginés, et cette recherche gastronomique n\u2019avait rien de superflu, si l'on songe qu\u2019elle était destinée à flatier le goût d\u2019un pauvre diable qui ne mangeait plus depuis tant de semaines.Le Facifique Les recettes du C.P.R.étaient de $231,000 la semaine derniére, soit $22,- 000 de plus que la semaine correspondante de 1887.Travaux Les travaux faits pour exhausser le quai où se trouve le shed des immigrants sont confiés à M.Alfred Lortie qui emploie 40 hommes et en emploié- ra une vingtaine de plus sous peu.Echange de Québec L'assemblée générale annuelle des propriétaires de l\u2019échange de Québec a eu lieu mardi l\u2019après-midi pour élire le comité d\u2019administration pour l\u2019année courante.Les messieurs furent choisis : Wm.Rae, écr., président, MM.R.H.Smith, RR.Dobell, Wm.Brodie, F.Billingsley, John C.Thompson, T.Beckett, et L.H.Thompson, sec.Trésorier.Canadiens à l\u2019étranger Inscrits au commissariat général du gouvernement du Canada, 10, rue de Rome.M., Mme et Mlle J.-L.Pouliot, Fraserville, 8, cité d\u2019Antin.Abbé Bharles Boulay, Québec, Ballon (Sarthe).M.H.H.Picard, Saint-Hyacinthe, 190, Faubourg St-Denis.M.Louis C.Beaudry, St-Hyacinthe, 190, Faubourg St-Denis.L'abbé André Pelletier, Québec, hôtel Fénelon.M.et Mme S- Dumoulin, Trois-Riviè- res, hôtel Saint-Pétersbourg.M.Norman S.Leslie, Montréal, hôtel Bellevue.E.Emile Rosenthal, Montréal, hôtel de la Province.Mme.Duperouzel, Montréal, hôtel Fénelon.M.J.B.Laliberté, Québec.M.Rameau de Saint-Père a quitté Paris hier pour Adon.Il y reviendra pour se préparer à partir, avec sa famil- e, pour le Canada dans les premiers jours du mois de juin.Le plus sympathique accueil attend sur les bords au Saint Laurent l\u2019auteur d\u2019Une colonie féodale en Amérique.Disons en passant que la seconde édition, revue et fort augmentée, de cet ouvrage paraîtra fin mai.M.Arthur Boyer, député au parlement de Québec et Mme Boyer, après une quinzaine passée à Paris, se sont embarqués au Havre, samedi, dans la Bourgogne.M., Mune et Mlle Pouliot, l\u2019abbé André Pelletier, Mlle Delisle et M.Leslie, partent samedi par la Bretagne.Paris-Canada du 12.comté \u2018de Lotbiñière.Nouveau bureau de poste Un bureau de poste vient d\u2019être ou vert dans les conces.ions de St-Antoine, C\u2019est M.Zoël Durocher, cultivateur, qui a été nommé maître de poste.4 \u201c Incendie désastreux On dit que la fabrique de voitures de M.Drouin, qui a été détruite par le feu, mardi à St Joseph de la Beauce, renfermait environ deux cents véhicules ap, parteuant aux cultivateurs et qui ont tous été consumès.On ajoute que rien n\u2019était assuré.Les Agriculteurs trouveront toujours précieuses les Poudres de Conde tion \u2018 Maud S.\u201d dans l\u2019étable on le poulailler.- Immigrants Deux convois spéciaux remplis d\u2019immigrants sont arrivés mercredi à Lévis.Ce sont en grande partic des jeunes gens robustes.Ils ont de l\u2019argent, ce qui leur permettra de s'établir aisément dans notre pays.\u2014(Comme mercredi il est arrivé hier à Lévis par l\u2019Intercolonial, un milier environ d'immigrants dont la plupart sont auglais et norvégiens.Le plus grand nombre a pris de suite le Grand-Tronc pour l'Ouest, et le reste est venu prendre le Pacifique à Québec pour la même destination.Mariage On parle du mariage prochain de J.L.Gouin, écr., avocat, avec Mademoiselle Eliza Mercier, fille du premier ministre la province.\u2019 Institut de Vancouver A une assemblée générale des membres de l\u2019Institut canadien-français de Vancouver, C.A, tenue, le 27 mars dernier, les messieurs dont les noms suivent ont été élus officiers et directeurs pour l\u2019année courante.Président.\u2014Dr I.E.Langisler Vice do\u2014F.X.Martin.Ze do do\u2014G.O.Ouellet.Secrétaire \u2014 Louis LDansesean.do adjoint.\u2014Alfred Bouillon.Trésorier \u2014H.J.Cartier.Bibliothécaire.\u2014L.R.Authier.Asst.do\u2014Wm.Fortin.Directeurs.\u2014 Messieurs Victor Lord Irénée Duhamel, Adolphe Florent, I.D.Boucher, Anthime Lajoie, J.Bte Lavoie, Ghs.Deschénes,\u201d L.P.Levasseur et R.G.Desautels Le Baume d\u2019Allen guérit les Toux les plus obstinées.On le garantit Premier prix L\u2019hon.M.Beaubien a regu un cable- gramme de Paris, lui annonçant qu\u2019une jument percheronne qui fait partie de son importation de chevaux, vient de remporter le premier prix au concours hyppique à Paris.Au centre de la terre Une concession vient d'être accordée à une originale installation souveraine qui g'intitulera : * Voyage au centre de la terre, \u201d et qui utilisera une partie du jardin du frocadéru, à Paris.Il s\u2019agit de donner au public le spectacle des principales curiosités du sous-sol.Pour cela, au moyen d\u2019une sorte d\u2019ascenseur, on transportera les visiteurs à quelques mètres de profondeur ;-puis, tandis qu\u2019au moyen d\u2019un mécanisme ingénieux, une trépidation sera communiquée à la cage de l'ascenseur et entretiendra leur es- rit dans une complète illusion de la escente, on fera passer sous\u201dleur yeux de grands tableaux où seront peints : 10 Une portion des égoûts de Parisune galerie des catacombes : une excavation des anciennes carrières de pierres, presque toutes occupées aux environs de Paris par la culture des champignons ; 20 Les différentes couches sédimentaires dont la strafication apprend l\u2019histoire géologique du globs terrestre, et qui seraient représentées avec des spécimens naturels ou artificiels dont l\u2019ensemble formera un intéressant musée paléontologique ; 3o Enfin, des galeries de mines de charbon et de fer, des filons métalliques, des carrières de sel gemme ou de tous autres produits souterrains en pleine activité d\u2019exploitation.Les organisateurs de cette exhibition espèrent qu\u2019elle restera après l\u2019Exposition de 1889 et constituere un intéressant musée industriel et géologique.\u2018ger du poli.| de de la médecine doivent avoir lieu \u2018disparaitre les traces du vol.Co , \u2018Achat .L'Armée du Salut a acheté la petite église congréganiste situpe sur la Côte du palais, au prix de $6,000.Recette POUR VERNISSER LES STATUES OU OBJETS .EN PLATRE Prenez du savon blanc, râpez-le menu et mettez-le dans un, pot plombé, en 1e détrempant peu- à peu-avec-le doigt dans l\u2019eau que contiendra le vase, jusqu\u2019à ce qu\u2019elle; soit comme du lait un peu épais ; laissez reposer cette eau\u2019 sept ou huit jours, en la tenant couverte pour que'la poussière ne s\u2019y mêle pas.Ensuite prenez une brosse douce ou pinceau que vous passerez sur l\u2019objet en plâtre.Faites-le sécher doucement et frottez ensuite légèrement avec un linge, vous plaçant contre le jour pour ju- rs Les commis-voyageurs L'assemblée des commis-voyageurs, au \u2018Windsor, a mis fin à la difficulté qui existait depuis quelque temps entre les chemins de fer et les commis-voya.geurs, au sujet des réductions de prix de transport et la responsabilité des compagnies en cas d\u2019accident.Les com- mis-voyageurs jourront de tous les privilèges qui leur étaient accordés dans le passé et,de plus au mois de mai,ils paieront 25 pour cent de moins sur l\u2019excès de bagage.Pleine activité Il y a près de 230 hommes employés actuellement aux usines Carrier et Lainé, à Lévis.Les bons Extraits Culinaires sont plus économiques que les médiocres parcequ'ils sont plus puissants.Essayez les ** Royal \u201d et vous verrez.Concours musical Les concoufs de musique patronnés par le gouvernement et présidés par M.Ernest Gagnon, auront lieu cette année, à Québec, le 28 juin.Examens Les examens pour l\u2019admission à l'étu- jeudi prochain le 3 mai, à Montréal dans les salles de la Faculté de médecine de l\u2019Université Laval.Le 9 mai prochain, doit avoir lieu, dans cette même ville, l\u2019assemblée semi- annuelle du Bureau Provincial de médecine pour procéder à l\u2019élection des membres du Bureau.Accident Le constable Simonneau, de Lévis, s'est fait sérieusemosnt contusionner une jambe pendant qu\u2019il travaillait sur le théâtre de l\u2019incendie qui vient d\u2019avoir lieu à St David de Lauberivière.ll a été transporté à sa résidence où il est sous les soins du médecin.4 Décision Une décision qui intéresse le commerce et ses employés a été rendue en Cour de Circuit à Montréal la semaine dernière.Il a été jugé dans une cause de Augé contre la Dominion Wadding Company.\u201c Que le règlement d\u2019une compagnie obligeant ses employés à leur donner un avis quelque temps avant leur départ du service, ne peut lier lier les employés lorsque ces derniers partent pour cause de maladie ou pour toute autre cause raisonnable.\u201d.Enquête Une enquête minutieuse a été faite .sur l\u2019origine de l'incendie qui a eu lieu \u2018 à Fraserville, il y a quelques jours.On a prouvé qu\u2019on avait vu sortir deux hommes de la maison et que la porte d\u2019en arrière avait êté enfoncée.Il est tout probable que le vol a été le mobile de cette \u2018catastrophe.On aurait mis le feu à la maison pour faire ~~.Volaudacieux Vendredi après-midi, après la fermeture des cours, M.Edmond Lepage, assistant huissier audiencier de la Cour CGriminelle, a constaté qu\u2019un voleur s\u2019était emparé d\u2019un pardessus évalué à $20.Il avertit le détective Welsh qui deux heures après retrouvait l\u2019habit chez un fripier qui tient son échoppe rue St-Joseph, à St-Roch. | 4 reams 7 * * Feuilleton du JOURNAL DES CAMPAGNES \u201c 8 Mai 1888.\u2014No 9 = 2 ne TRAVAILLEURS DE LA MONT \u20ac t (Suite) } Le regard du capitaine s\u2019adoucit en retombant sur elle.Une rapide expression de regrets passa sur son visage.Il s'arrêta l\u2019espace d\u2019une seconde sur la premiére marche, et murmura : \u2014Pauvre fille ! Des hallebardiers le poussèrent de la pointe de leurs armes, et il gravit la plate-forme.Alors il tourna ses regards sur la place.| Dur chaque poteau, au-dessus duquel se trouvait fixée une roue énorme aux moyeux dégouttant de sang, ge trouvait placée une masse de chair \u2018informe, amas broyés d\u2019os, de moelle, de caillots rouges.Les faces convulsées des bandits parassaient regarder une scène d\u2019épouvante.Trois des misérables étaient morts ; les trois autres, en dépit du coup connu sous le nom de coup de grâce, respiraient encore.Leurs prunelles roulaient d\u2019une façon convulsive dans les orbites sanglantes ; leur bouche se tordait et laissait .échapper les râles sourds de l'agonie.De temps à autre, ces masses horribles qui avaient été des corps doués vie, s'agitaient avec un soubresaut ; la tête sonnait sur la roue, et les misérables retombaient dans leur immobilité.Gabor semblait le plus vivant de tous.Il tentait de se soulever sur la roue ; il parlaït encore à la foule, injuriant les témoins de son supplice et blasphémant le Ciel.- Gaspard embrassa d\u2019un seul regard cet horrible spectacle ; puis, avec un sang-froid dont rarement un condamné garde la puissance, il aida -au bourreau à lui enlever ses vêtements, et s'étendit sur la croix de saint André.L\u2019exécuteur leva la barre de ter triangulaire et massive, qui retombant sur le bras gauche, le cassa au coude.Gaspard ne poussa pas un soupir.La douleur qu\u2019il ressentit quand la barre de fer retomba sur le bras droit, fit passer une crispation sur son visage.Le bourreau rassembla ses forces, lança la barre sur l\u2019une des jambes, qu\u2019il sépara presque du tronc, changea la dernière en un amas de débris mêlés de chairs, de moelle et de sang ; puis, las de sa besogne, révolté de sa propre cruauté, halluciné par la vue des six hommes roués étendus sur les disques patibulaires, il leva si faiblement la Masse au moment de la laisser retomber sur la poitrine de Gaspard, qu'elle lui échappa à demi des mains.La besogne-du bourreau étant fi- - nie, les aides emportèrent le corps du chef de bandit sur la dernière des roues, puis l\u2019exécuteur\u2019 déscendit loudement les marches de l\u2019échafaud.: Tandis que les charpentiers le démontaient, la foule demeura sur la place ; mais enfin repue de sang, de supplices, honteuse de ses curiosités malsaines, elle s\u2019écoula par des rues diverses, et, quand vint la nuit, les bandits restaient seuls sur les roues dressées autour de la place: Vers minuit deux ombres apparurent.\u2018 La première marchait rapidement; la seconde, portant une courte échelle sur l'épaule, _avaneait, avec plus de lenteur.Un des hommes dressa l'échelle contre une des roues ; puis il dit, d\u2019une voix effrayée, mais respectueuse : \u2018 \u2018 \u2014Elle est solide, monsieur le docteur, vous pouvez monter.Celui à qui venaient de s\u2019adresser ces paroles, gravit les échelons, parvint à la plate forme de la roue, promena ses mains sur le corps du supplicié et murmura : \u2014Rien à faire ! Il redescendit, monta de la même façon sur la seconde roue, et ne trouvant qu'un corps roidi, il secoua la |.tête.\u2014\u2014Mort ! fit il | + Cinq fois, il arriva ainsi jusqu\u2019aux corps des bandits, afin de s'assurer si les misérables qui venaient de payer leur dette à la justice humaine, avaient rendu le dernier soupir.Au moment où son humble compagnon appuyait l\u2019échelle contre la roue sur laquelle Gaspard Orsol était étendu, une femme enveloppée d\u2019une mante noire se souleva du sol et dit d\u2019une voix faible : \u2014Laissez moi le voir, laissez moi lui parler.\u2014Que faites vous ici ?qui êtes vous ?demanda le médecin.\u2014Une fille de bohême, une créature méprisée qui a pitié de tous les misérables et surtout de celui ci.\u2026: Nous avions été fiancés.ajouta t elle plus bas.Le médecin se regula, et la Zingarelle gravit l\u2019échelle la première.\u2014Gaspard ! dit elle, Gaspard ! Le bandit ouvrit les yeux, et, à la faible clarté de là lune, il reconnut la Zingarelle.Celle ci prit une fiole dans son sein, versa sur les lèvres du mourant quelques gouttes de la liqueur qu'\u2019elle contenait ; puis, se penchant vers la plaie : \u2014Docteur, dit elle, il vit !il vit ! Avec une incoyable agilité, le médecin monta les échelons, et s\u2019assura que la poitrine n'avait point été brisée.Les membres seuls étaient bro- «yés.\u2014Ernfin ! dit il.Il regarda attentivement Gaspard et lui demanda : \u2014Veux tu vivre ?\u2014Oui, répondit le brigand.\u2014Je ne te cacherai point que tu devras subir quatre amputations successives.\u2014Soit ! répondit Gaspard- \u2014-Allons ! dit le docteur, tu es un homme.\u2014-Que faut il faire ?demanda Zingrrelle.\u2014M\u2019aider et me suivre, si tu es certaine de ne pas t\u2019évanouir.\u2014Je ne m'évanouis, jamais répondit la fille bohême.\u2014Descends alors, fit le docteùr Hals.étends ta mante à terre, nous coucherons dessus le malheureux.Il fallut à Gaspard une force de volonté sans exemple, pour qu'il subit sans pousser un seul cri, l\u2019atroce douleur qu\u2019il dut éprouver dans tout son \u2018être, tandis que le médecin et Luidas, son valet, le descendaient de la roue sur le pavé couvert par le manteau de la Zingarelle.L'échelle fut ensuite posée sur .le sol, et, le docteur saisissant par deux côtés le vêtement de la gitane, tandis que Luidas s\u2019emparait de l\u2019autre extrémité, l'échelle se trouva traus- formée en civière.Puis le docteur et son bervant l\u2019emportèrent à travers les rues, tandis que la Zingarelle couvrait le corps du supplicié a®ec un lambeau rouge attaché par dessus sa jupe.Des soldats, parzourant la ville pour y maintenir l'ordre, rencontrèrent l'étrange groupe formé par la fille de bohême, Luidas et Bethlam Hals.: : Ils questionnérent les porteurs du nocturne et sinistre fardeau.\u2014Docteur Hals, médecin de Sa Mejesté l'Impératice, dit le vieillard.- \u2019 Ta JOURNAL DES CAMPAGNES L'officier salua et s'éloigna avec ses hommes.oo Une demi heure après le médecin arrivait à la maison, et un moment plus tard, le corps broyé de Gaspard Orsol reposait sur une table de marbre dans le laboratoire du savant chirurgien.XI LES HAINES DE FAMILLE Après les scènes tour à tour dou\u201d loureuses et terribles dont elle venait de subir les impressions, la comtesse Alberti se trouva subitement à bout ; de forces.Surexcitée par le danger, elle avait pu lui faire face victorieusement;rendue à elle,elle tomba comme anéantie, et un viclent accès de fièvre s\u2019empara d\u2019Agnès dès qu\u2019elle fut rentrée à l'hôtel de Haag.Le docteur Hals, appelé en grande hâte, trouva la jeune femme plus dangereusement malade qu\u2019on ne le croyait autour d\u2019elle, Les souffrances étouffées pendant de longs mois, le drame terrible du procès des bandits, dans lequel Carlo se trouvait impliqué, troublèrent son organisation délicate.Si le cœur resta vaillant, les nerfs défaillirent.Le médecin ordonna un calme absolu, interdit l\u2019entrée de- la malade à tout autre qu\u2019à la douairière de Haag et à Myrtille, et sortit en promettant de venir le soir même.Agnès était en proie à un délire qui la trausportait tour à tour dans les jardins de l'Impératrice près de Marie-Antoinette, dans les cachots de la prison, ou sur la grande place hérissée de poteaux sanglants.L'exécution des brigands compo- saut la bande d\u2019Orsol avait, sans doute, occupé, passionné la foule avide de spectacles cruels;mais tandis que les curieux se repaissaient de la vue des tortures des misérables, la cour se préoccupait d\u2019une seule chose et d\u2019an seul homme : \u2018l\u2019identité de Carlo Alberti venait d\u2019être reconnue, et celui-ci était condamné à travailler aux mines d\u2019Idria.La plupart de ceux qui avaient connu Carlo, croyaient à sa double innocence, et non-seulement le ju- gaient pur de toute participation aux brigandages'de la troupe d'Orsol, mais ils croyaient encore, que s\u2019éiant loyalement battu en duel avec Ryswick, il ne devait pas être si durement châtié pour avoir défendu sa vie contre un bretteur de profession.Mais Carlo ne comptait pas seulement des amis à la cour de Vienne.Un certain nombre de gentilshommes lui faisaient \u2019honneur de le hair ; les uns, parce qu'il était jeune, beau, chevaleresque ; les autres, parce que lui, étranger, avait obtenu la main d\u2019une héritière dont plus d\u2019un con- convoitait l'alliance ; les derniers, simplement parce que son bonheur les avait longtemps génés, blessés.Certaines gens considèrent comme un dol personnel la félicité d'autrui, et détestent les heureux pour cette seule raison que l\u2019envie les dévore # Mais de.tous les ennemis que comptait Carlo, le plus dangereux, le plus implacable, était Reynold de Haag.Le mariage de sa sœur avec le Vénitien exilé ruina des plans élaborés avec patience.La volonté d\u2019Agnès brisa l\u2019avenir de Reynold, qui s\u2019était juré de faire de sa sœur un des instruments de sa fortune, et la voulait ünir' à Ryswick, afin d\u2019annuler en famille la dette contractée avec le général par des emprunts successifs.La disparition de Carlo, la mort de Ryswick parurent pendant quelques mois servir les nouvelles espé rances de Reynold.Si Carlo ne reparaissait pas, la jeune femme après la mort de la douairière, se réfagierait, sans nul doute, dans un couvent, et l'immense fortane de la comtesse 13 Gutta toniberait entre ses mains avides.Mais brusquement Carlo Alberti reparaissait.£! dans qualles circonstances ?Coi fondu avec des bandits, jugé avec eux sur le iuême bauc d'infamie, condamné comiie eux au plus horrible des supplices, et n\u2019échappant à la rone que pour être jeté au fond du gouffre d\u2019Idria.La résolution de Reynold ne fut pas longue à prendre dès qu\u2019il apprit le résultat de la supplique que Marie Antoinette avait présentée à l'Impératrice Marie Thérèse.À peine Agnès venait elle de tem- .ber daus l\u2019assoupissement provoqué par un breuvage du docteur Hals, que Reynold de Haag se fit annoncer chez sa mère.Illa voyait rarement, quoiqu\u2019il habitat un des étages de l'hôtel.Sa vie bruyante et licencieuse l\u2019éloignait de la famille, et lorsque la douairière l\u2019entendait annoncer chez elle, le frémissement involontaire qui l\u2019agitait n\u2019était pas celui de la tendresse.Elle avait peur de son fils.Depuis longtemps elle possédait la certitude que les conseils, les remontrances étaient inutiles.Reynold, entrainé par toutes les passions, ne pouvait plus s'attendrir en voyant couler les larmes de sa mère.Il venait de briser le dernier lien les attachant l\u2019un à l'autre, et son adhésion à la Réforme n\u2019était plus un secret.L'enfant prodigue devenait un renégat.Sa mère, délaissée, froissée, meurtrie, aurait pu pardonner les fautes dont elle devait souffrir seule ; la chrétienne frissonnait de terreur et de honte lorsque entrait chez elle le misérable Judas.La douairière, d\u2019après l\u2019avis du docteur Hals, venait de se retirer dans son appartement, laissant Agnès endormie aux soins de Myrtille, quand le comte de Hasg se présenta chez elle sans se faire annoncer L\u2019aveugle le reconnut au bruit de son pas, et tourna vers son pâle visage dont le.regard était depuis longtemps éteint.Les mois d'angoisse que venait de passer la comtésse avaient encore affaibli sa santé chancelante ; le timbre de sa voix faible comme celui d\u2019une malade, presque d\u2019une mourante, et le tremblement de ses mains plus blanches que la cire d\u2019un cierge, trahirent l\u2019émotion qui l\u2019agitait, et qu\u2019elle s\u2019efforçait de dissimuler.\u2014Que voulez vous mon fils ?demanda t elle d\u2019ane voix grave.\u2014J\u2019al besoin de vous parler, ma mére ; avez vous le loisir de m'entendre ?\u2014Jai toujours le temps d\u2019écouter mon fils.\u2014 Possédez vous également le vouloir de sauver l'honneur de notre nom ?.\u2014Ce n\u2019est pas moi qui lui ai porté atteinte, Reynold, c\u2019est votre main qui y mit la première tache.\u2014Moi ! s\u2019écria de Haag avec violence, moi ! \u2014Avant vous jamais notre race n\u2019avait compté des traîtres.\u2014Ma mère !.\u2014Je vous ai dit, Reynold, que j'é- < tais prête à vous entendre.Si résolu que fût le comte de Haag en pénétrant dans l\u2019appartement de sa mère, les mots qu\u2019elle venait de lui adresser lui enlevèrent une partie de son assurance.Il dut réagir contre l'impression que lui faisait éprouver la vue de cette femme vêtue de noir, dont les prunelles sans regard se fixaient sur son visage, et qui, d\u2019une voix calme, inflexible, lui reprochait son apostasie.\u2014Je ne suis pas venu pour vous parler de moi, reprit Reynold, J'ai âge d\u2019homme, et ne reconnais aucun juge de mes actes.Ce que ma conscience me conseille, je le fais sans consulter autrui.Si mon esprit a été 14 frappé par l\u2019austère logique de la Réforme.\u2014Reynold, dit l'aveugle, je vous défends de blasphémer en ma présence.\u2014FEncore une fois, ju ne suis pas venu pour vous entretenir de mes paroles ou de mes actes, ma mère ! Ce que j'ai à vous dire, le voici : Je me suis autrefois opposé de tout mon pouvoir à l\u2019union de ma sœur avec l\u2019aventurier italien qui se pré- senia chez nous sous le nom de Carlo Alberti.\u2014Et qui était un noble exilé de Venise, dit la douairière.\u2014Je le suspectais d'être à la fois intrigant et bretteur ; il me semblait impossible qu\u2019il rendit Agnès heureuse.\u2014Votre sœur lui doit plusieurs années de bonheur sans ombre, Reynold.\u2014Certains hommes savent garder longtemps sur le visage la masque de l\u2019hypocrisie ; celui-ci s\u2019est démasqué trop tard malheureusement\u2026 L\u2019assassinat du général de Ryswick, mon ami.\u2014Carlo s\u2019est borné à se défendre, reprit l\u2019aveugle.\u2014Ah ! fit Reynold avec rage, vous le défendez encore ! \u2014Je le défendrai toujours contre la calomnie.\u2014Qu\u2019importent, après tout, des opinions de femme ?Je suis le chef de la maison de Haag, ct je me trouve le droit de prendre les résolutions que je croirai nécessaires pour sauver du naufrage ce qui peut rester de sa vieille renommée.Ce Carlo Alberti que vous avez trouvé digne de notre alliance, ce Carlo Alberti capturé par les pandours avec uné bande de brigands, cet Alberti condamné à la roue et sauvé d\u2019un supplice infamant par l\u2019indulgente faiblesse de l\u2019Impératrice,cet Alberti qui va partir pour les mines d\u2019Idria avec un groupe de misérables assassins ou de voleurs, ne peut plus laisser parmi nous de souvenir.Tout ce qui rappelle son nom détesté doit disparaître.Puisque la mort ne le frappe pas assez vite pour nous en débarrasser immédiatement, nous devons rompre les liens qui nous le rappellent, et comme on lave une tache sur ses vêtements, comme on guérit une plaie rongeant ses membres, nous devons supprimer cette souillure.Agnès le croit innocent ! allez-vous me dire.Soit Agnès, qui eût l'âme assez basse pour le choisir, n'aura point le courage de briser sa chaîne.Elle le pleurera vivant, elle le regrettera mort.Eh bien ! ma mère, pour les filles et les femmes obstinées dans des passions semblables, la famille n\u2019est plus un asile.La charité a ouvert des maisons pour les créatures faibles et déchues ; c\u2019est là qu\u2019elles vont pleurer l\u2019erreur d\u2019un jour et la faute qui creuse entre elles et les femmes honorables un abîme que rien ne comble, pas même le repentir ! Agnès la compagne d\u2019un assassin, Agnès la femme d\u2019un condamné aux mines, se réfugiera dans une de ces demeures miséricordieuses, et y pleurera des larmes de sang.\u2014Agnés me quitter ! s\u2019écria la douairière, Agnès chassée de la maison paternelle, et chassée par vous ! Jamais, entendez vous, Reynold ?\u2018jamais un pareil crime ne s\u2019accomplira, moi vivante ! Ainsi, ce n\u2019est pas assez qu\u2019une erreur lui enlève un mari qu\u2019elle aime, que la Providence mette son courage et sa vertu a une épreuve terrible ; vous voulez encore la frapper à-terre; vaincue, blessée, mourante\u2026 Vous l\u2019arrachez de sa maison pour la jeter dans une maison ouverte aux pécheresses; elle ! la pureté, la vertu même ! Ah! vous n\u2019y songez pas, Reynold, ou, si vous avez réfléchi sur les suites que pouvait avoir un semblable conseil, vous vous êtes grandement trompé, Oui, Alberti est frappé d\u2019un arrêt terrible, et mu fille est la femme d\u2019un condamné aux mines d\u2019Idria\u2026 Mais plus elle souffre, cette chère, cette angélique créature, plus je l\u2019aime, plus je sens le besoin de la consoler.Dieu sait combien je respecte la vocation des admirables filles qui s'enferment dans un cloître pour se consacrer à la prière et à la pénitence ; mais cette retraite est justement admirable et sainte parce qu'elle est volontaire.Pour \u2018Agnés, vous en ferez une prison.Ma lille n\u2019est pas liée à Dieu par des vœux, ma file a donné sa foi au comte Alberti : tant qu\u2019elle ne sera pas veuve, olle lui doit son dévouement et sa tendresse.\u2014Ainsi, demanda Reynold, vous vous opposez à l'entrée d\u2019Agnès dans un couvent ?\u2014Oui, parce que seul vous songez à l\u2019y enfermer.\u2014Agnés se doit a clle même et doit aux siens de se faire oublier.\u2014 Soyez rassuré sur ce point, l\u2019infortunée ne songera guère à prendre part désormais aux fêtes où elle ne se rendait du reste, que pour complaire à son mari.\u2014~Et si je voulais, cependant, moi, comte de Haag, chef de la maison ?L\u2019aveugle se leva toute droite, et, d\u2019une main se retenant au dossier de son fauteuil, tandis que l\u2019autre s\u2019étendait vers son fils : \u2014Reynold, dit elle d\u2019une voix dont l'autorité n\u2019avait jamais été plus solennelle, Reynold, le fils de mon bien-aimé mari Henri Léopold de Haag, n\u2019a pas le droit, entendez vous de se dire le chef de cette maison.Je le lui dénie, je le lui retire, ce droit des fils respectueux ! Vous avez attristé les dernières années de votre père, et depuis que Dieu l\u2019a repris, gaspillant votre fortune dans les tripotset les mauvais lieux, vous- avez affaibli le respect qu\u2019imprimait notre nom.Aujourd\u2019hui, couvert de dettes, et placé dans l'impossibilité de satisfaire des jouissances ruineuses, vous pensez qu\u2019en éloignant de moi votre sœur, vous disposerex de sa fortune comme vous avez fait de la votre .Eh bien! je vous le jure, Reynold, vous vous êtes trompé dans vos calculs.Je ne permettrai jamais que l\u2019on touche à la part d\u2019Agnès, et pour satisfaire à vos débordements, vous demanderez de l\u2019argent aux juifs qui ont coutume de vous ouvrir de larges crédits, ou vous attendez ma mort, qui vous rendra une nouvelle opulence.Ce qui m\u2019appartient est à Dieu, et c\u2019est en son nom que je le distribue à ces pauvres.\u2014Vous avez dit votre dernier mot, ma mère ?\u2014J\u2019ajouterai encore ceci: Je me défie de quiconque a renié sa foi et son Dieu.Je vous sais capable d\u2019ourdir toutes les machinations pour arriver a votre but.Retenez donc cette parole, Reynold : si par votre fait Agnès quittait cette maison, je vous maudirais, et je vous déshériterais en méme temps.Allez ! la patience d\u2019une mère a des bornes, et vous soumettez la mienne à une rude épreuve.Le comte de Haag fit un geste menaçant qui semblait s'adresser plutôt à une créature absente qu\u2019à la douairière, puis il sortit en laissant retomber lourdement la porte.Pleine de tetreur à la pensée que Reynold allait peut \u2018êtré se diriger vers l\u2019appartement de sa fille, la comtesse de 'Haag, s'appuyant aux meubles, aux murailles, quitta son salon et passa dans la chambre de la malade.Agnès respirait paisiblement et Myrtille, à genoux, priait près de son lit.L\u2019aveugle s\u2019approcha sans bruit de la couche de sa fille, étendit la main, et, de ses doigts \u2018incertains et tremblants, effleura le visage de la jeune femme.: FOURKAL DES CAM il Co.PAGNES | marre ee \u2014 Eile dort, murmura t elle, Dieu soit béni ! Alors, s'asseyant dans un vaste fauteuil, elle y demeura immobile ; mais, sans doute, elle se souvenait de tristes scènes et redoutait des évé- nements cruels, car de grosses larmes ne tardérent pas a rouler sur ses joues.- Vers la fin du jour, Agnès s\u2019éveilla, et, quand elle se souleva sur son lit, elle vit sa mère à ses côtés.\u2014Tu me regardes, dit elle, d\u2019une voix affectueuse, tu fais bien, car j'ai vu dans ton sourire des choses effrayantes, qu\u2019il me serait impossible de préciser, mais dont l\u2019impression m'oppresse encore.\u2014Oui, répondit l\u2019aveugle, je suis là.je ne te quitterai pas, ma fille.Vers neuf heures du soir, le docteur Hals revint.ll trouva une amélioration sensible dans l\u2019état de la malade, et, oprès avoir écrit une ordonnance, il allait se retirer quand la jeune femme lui prit la main\u201c: \u2014Etes vous attendu, docteur ?demanda t elle.\u2014Non, Madame, répondit le médecin.\u2014 Alors, donnez moi instants encore, j'ai besoin parler \u2014Je redoute pour vous la fatigue.\u2014Craignez laanoins que l'angoisse, docteur.La potion que vous m\u2019avez donnée a détendu mes nerfs : je me sens mieux, beaucoup mieux, et je tiens à profiter de cette amélioration pour vous questionner.\u2014Je suis à vos ordres, Madame.\u2014Vous le savez, docteur, il existe bien des choses terribles que nous ignorons, nous autres femmes.Nous avons tort.Notre pitié devrait nous porter à nous inquiéter de tous ceux qui souffrent\u2026 D'ailleurs, combien d\u2019infortunés peuvent se trouver confondus avec les coupables.La grû- ce que j'ai obtenue pour Carlo n\u2019est qu\u2019un sursis, je le devine ; mais ce que je ne sais pas d\u2019une façon suff- sante, c\u2019est ce que sont ces mines d'Idria au fond desquelles le malheureux est condamné a vivre.\u2014Plus tard, Madame, plus tard,dit Hals d\u2019une voix troublée.Attendez à être guérie pour pénétrer ces tristes mystères.Permettez moi, d\u2019ailleurs, de vous faire observer - que uelques e vous pour vous expliquer d\u2019unv façon suf- | fisante ce que vous souhaitez apprendre, il faudrait traiter des questions scientifiques, et que.! \u2014Laissez la science de côté, docteur, parlez moi des condamnés travaillant à l'exploitation des mines de cinabre et de mercurè\u2026 \u2014Ce que j'en sais, reprit Hals, je le tiens de mon père, qui fut le contemporain et l\u2019ami.de l\u2019homme le plus savant, non pas de l'Autriche, mais de l\u2019Europe ; un homme dont les études furent universelles et dont les travaux servirent plus tard de base à d'admirables découvertes.Je ne sache pas une des sciences idéales, mécaniques ou exactes qu\u2019il n\u2019ait effleurée, ef si l'expérience me manque au sujet de certaines questions que vous m\u2019adressez, la lecture d\u2019un des ouvrages d'Athanase Kircher, le Mundus subterraneus m'en a beaucoup appris, quand j\u2019y ajoute lus souvenirs personnels de mon père.: \u2014C'était un jésuite, n\u2019est pas ?\u2014Oui, Madame.Il était né à'Geyv près de Fulda, en 1602, je crois.IPétudia la physique, les mathématiques, l'histoire naturelle, les langues anciennes, la philosophie, les langues orientales.Son œuvre est une véritable, encyclopédie.Mon père le connut à Rome et se prit pour lui d\u2019une amitié mêlée d\u2019admiration.C'est tandis qu'il préparait les matériaux.du Monde souterrain que le père Kircher descendit an fond des mines de mercure d\u2019Idria.Je ne vous cacherai point, Madame, quie si mes - 8- \u2019 malades ne m\u2019avaient gardé à Viènne, j'aurais voulu voir moi même l\u2019intérieur de cette urine, et chercher si, avec mes études et l\u2019aide de Dien, il ne me serait pas possible d\u2019adoucir le sort des infortunés qu\u2019on y enferme.\u2014Cela est bien horrible, n\u2019est ce pas, docteur ?\u2014Oui, Madame, répondit Bethlen Hals, cela est horrible.\u2014Et, ajouta Agnès, vit on longtemps dans cet enfer ?Cela dépend, Madame.\u2014De la force des condamnés ?\u2014Oui.\u2014Mais enfin peuvent ils exister un an, deux ans dans la mine.\u2014Deux ans.oui, peut être, répondit le médecin d'une voix qui devenait plus basse à mesure que les questions de Mme Alberti se faisaient plus précises et plus poignantes.\u2014Deux ans ! répéta \u2018Agnès, deux ans! non pour vivre, mais pour mourir lentement\u2026 Deux ans pendant lesquels mon mari agonisera chaque jour.Ah! on me l\u2019a bien dit, c\u2019est seulement le sursis de Dieu.\u2014Et Dieu d\u2019ici là peut opérer un miracle, Madame ! \u2014 Vous avez raison, docteur, morts seuls ne ge réveillent pas ! Agnès retomba sur les oreillers pendant un instant elle demeura sans les -mouvement, pâle comme une morte.Ses mains restaient immobiles sur sa couverture de soie rouge, ses yeux demeuraient clos; elle rassemblait ses- forces afin de guérir de vivre en dépit - des coups violents qui l\u2019accablaient.Quand le docteur Hals rentra chez lui, au lieu de songer au repos, il prit dans sa bibliothèque le Mundus sub- terraneus d\u2019Athanase Kircher, et pendant une partie de la nuit il relut les \u2018travaux du savant jéspite sur les mines de mercnre, : - Quand il ferma le livre, le jour se levait ; le visage du docteur était blémi par la fatigue ; mais le rayonnement d\u2019une pensée généreuse brillait sur son front.\u2014Seigneur, dit il en posant la main sur l'in-folio couvert de cuir rougeâtre, cette pensée doit venir de vous, car elle est humaine et généreuse ; faites la fructifier et grandir, § si vous la croyez capable de consoler .et de sauver.Pendant huit jours, Agnès se débattit contre les accès d\u2019une fièvre intermittente.Enfin le mal céda non pas seulement à la médication du ° docteur, mais à l\u2019énergie de la mala- \u2018de.Agnès voulait guérir, elle guérit.Cependant elle ne se trouvait paint encore assez forte pour sortir, et la douairière se rendait àjl\u2019office mati- - nal accompagnée par Myrtille.Elle rapportait à Agnès un peu da calme sublime puisé dans la prière ; la jeune femme se sentait plus confiante quand la noble aveugle lui disait d'espérer.Par une suite d'événements impré- : vus ou réglés d\u2019après des ordres supérieurs, les condamnés partirent le lendemain même du jour qui suivit\u2019 l\u2019exécnutioh de Gaspard et de ses complices.Agnès se débattait contre un accès terrible au moment où le comte Alberti et ses futurs compagnons'quittaient la ville de Vienne dans de misérables charrettes, qu\u2019escortaient une vingtaine de pandours.Ces soldats ne suivaient pas seuls les malheureux.Montée sur un cheval maigre, mais d'une marche rapide, une femme pauvrement vêtue et enveloppée d\u2019une cape sombre suivait les chariots et l\u2019escorte à une faible distance.Le premier jour il lui .fut impossible-de s'approcher des malheureux ; mais le lendemain elle les rejoignit et put serrer la main d'un des condamnés.Ne.Courage, comte Alberti ! lui dit elle.+ . a TEA ERNST La cape qui couvrait le visage de Ja jeune femme ne permettait point de reconnaître son visage ; mais le prisonnier tressaillit à sa voix.\u2014Zingarelle ! , \u2014Taisez vous ! lui dit elle, les pandours nous regardent.\u2014Où vas tu, pauvre fille ?\u2014- Aux mines d\u2019idria, monseigneur.2, \u2014Qu\u2019y viens tu faire ?\u2014 Apprendre combien de temps on y peut Vivre et combien il y faut de mois pour mourir.* Les pandours avaient fini de boire: les conducteurs cinglèrent de coups de fouet l\u2019attelage de la charrette, et\u2019 le convoi reprit sa marche.Quand arriverait au terme du voyage la triste caravane ?Nul ne pouvait le dire ; cela devait dépendre de la température, des pandours, de la santé des malheureux que l\u2019on conduisait à une mort lente, mais certaine.Lorsque Agnès, revenue de sa première crise douloureuse, s\u2019enquit de son mari, elle apprit que Carlo Alberti était déjà en route.Ce coup la frappa rudement ; mais elle était courageuse, et appelant Dieu & son aide, elle triompha de la fièvre et entra bientôt cn convalescence.Elle se trouvait seule un matin dans sa chambre, et, assise près de la grande fenêtre, elle regardait si la douairière de Haag ne revenait pas de l\u2019église, quand Reynold entra subitement, et vint se placer dans un fauteuil à ses côtés.\u2014Ma sœur, lui dit il, je suis charmé de vous savoir guérie ; ma présence ne pouvant rien à l\u2019améliora- | \u2018tion de votre santé, je me suis abstenu de venir près de votre lit de malade\u2026 Je sais mal exprimer des idées de pitié et de consolation, et je me réservais pour un cas plus grave.Vous êtes debout, et me voici.Que comptez vous faire ?\u2014Ca que me dicteront les circonstance et mes devoirs, répondit froidement la jeune femine.\u2014Vous êtes enthousiaste, reprit Reynold avec un peu de raillerie dans la voix, et vous pouvez, en prenant seulement conseil de vos sentiments, commettre de généreuses imprudences dont vous auriez plus tard à vous repentir.\u2014Vous vous trompez, Reynold, répliqua la jeune femme,, on ne regrette jamais une action inspirée par un bon sentiment.\u2014Lorsque la raison ne contrôle pas nos'actes, nous avons, souvent trop tard, assez do logique pour constater notre folie.\u2014Où voulez vous en venir, mon frère ?, \u2014 À discuter avec vous vos projets.\u2014 Dieu m'\u2019iñspirera, Reynold; d\u2019ailleurs, il me reste notre mère.\u2014Une mère âgée, infirme.Une sainte, ne martyre ! ne l\u2019oubliez pas.\u2014À votre tour, Agnès, souvenez vous que je me considère comme le gardien de ce qui survit de l'honneur de notre maison.\u2014Qu'\u2019est ce à dire, mon frère, m'accuseriez vous d\u2019y avoir porté atteinte ?\u2014Non pas vous, mais l'homme qui était entré dans notre famille.- \u2014Cet homme est mon mari, nold.a \u2014Soit ! répliqua dédaigneuserreat le comte de Haag ; Vous cédâtes, en l\u2019épousant, à un entraînement d'ime- gination.Alberti.était beau, proscrit; et vous lui accordâtes votre main en dépit de mes conseills, contre ma volonté.Je vous prédis que cette ion serait malheureuse, et vous refusites de m\u2019entendre ; ma mére, dont la tendresse est infinie à votre endroit, vousencouragea ; elle adopta Rey- ' JOURNAL DES Alberti, et l'on éloigna le baron Ryswick, que j'avais choisi pour votre époux.Le drame, qui vient de s\u2019accomplir dans l'espace de quelques mois m\u2019a trop donné raison pour que j\u2019abuse aujourd\u2019hui de ma victoire\u2026 Il ne me reste plus qu\u2019à vous tendre la main au milieu de ce désastre, et à vous dire : Agnès, j'oublie que, vous avez méconu des intentions inspirées par ma tendresse ; mais je me souviens que vous êtes ma sœur, et je yous offre de vous sauver.\u2014Serait-il vrai, Reynold, demanda la jeune femme avec une émotion profonde ; mes chagrins vous rapprocheraient de moi, et vous redeviendriez le frère dont je croyais l'affection éteinte ?\u2014Oui, répondit Reynold, j'agirai en frère, en ami, en chef de notre maison.: \u2014Il suffit que vous agissiez en frère, Reynold ; tant que notre mère vivra, je la considérerai comme répré- sentant ici l\u2019autorité absolue.Vous avez parlé de salut: que pouvez- vous, que voulez-vous faire ?\u2014Je suis influent, Agnès, non pas seulement à la cour, mais auprès d'un parti corsidérable.Je ne suis pas un, mais dix mille ; ce n'est donc pas seulement mon appui que je vous offre, mais celui de mes alliés.\u2014Hélas ! jamais protection ne fut plus indispensable ; ce que j'ai obtenu de Marie Thérèse est beaucoup, sans doute, mais je ne saurais m\u2019en contenter\u2026 L'idée qu\u2019Alberti va subir un long supplice m'épouvante presque autant que ia mort méme.\u2014Vous voulez sauver Carlo ?\u2014À tout prix ! répondit Agnès.\u2014Sans restriction aucune*?\u2014 Sans restriction, répondit Agnès.Tenez, Reynold, on vous dit prodigue, et la prodigalité conduit à la ruine.Ne vous offensez pas de ce que je vais vous dire.Vous étes mon frére, et tout doit devenir com- mui entre nous.Soyez mon allié, aidez moi dans mon œuvre libératrice, et je vous abandonnerai une fortune dont je n\u2019ai nul besoin.Que m\u2019importe d'être riche ! Je ne tiens qu\u2019à Alberti! Prenez tout ce que je possède, titres, terres, diamants, châteaux ; mais rendez moi mon mari, Reynold, rendez le moi ! \u2014Vous ne m\u2019avez pas compris, fit le comte.- \u2014N\u2019est ce pas le.salut que vous venez m\u2019offrir ?.\u2014Oui.\u2014Et bien ! alors ?\u2014Le salut pour Alberti mais à une condition.: \u2014Parlez, j'accepte d\u2019avance.\u2014Je puis aider à l\u2019évasion de Carlo Alberti, je puis lui aider à franchir les frontières, mais seulement, seulement si vous renoncez à lui.\u2014Renoncez a mon mari! pourquoi ?y \u2014Pour n\u2019avoir,aucune part à la réprobation dont8on nom est couvert.\u2014Mais j'ai promis, Reynold, j'ai promis ! \u2014Qu'importe qu\u2019enfant ignorante de la vie, vous \u2018ayez été dupe\u2019 des piéges tendus par un aventurier.; \u2014Ne parlez pas ainsi, mon frère ; je refuserais de vous entendre davantage.\u2014Si, vous \u201cm\u2019écouterez, puisqu'il s\u2019agit de Carlo, et que son bonheur vous est plus cher que le vétre.Je vous jure-de le faire évader des mines d\u2019Idria, si vous consentez à m'obéir.co \u2014Qu\u2019exigez vous ?: \u2014Votre signature au bas de cet acte.: .; \u2014S'agit il de l'abandon de mes biens ?\u2014Non.-\u2014Âlors lisez ce papier, mon ffè- y » e.}.Reynold le tendit a Agnès de Haag.= .2 CAMPAGNES ~Je ne vous ge, dit il.La jeane femme'saisit le parchemin, en parcourut les premières 1i- gnes sans les comprendre, puis, poussant un cri étouffé, elle froissa l'acte que lui avait remis son frère, et le lança avec dédain dans la chambre.\u2014Savez vous bien que cela est infâme ! s\u2019écria t elle.Quoi ! vous avez pu croire que le malheur de Carlo me détacherait de lui ! Vous avez pensé que je repousserais ce malheureux dans lequel jamais je ne consentirai à voir un criminel.Vous vous êtes imaginé qu\u2019infidèle à la plus sacrée des promesses, je demanderais à me séparer de celui dont la tendresse est ma seule joie ?Quel cas fuites vous donc de moi, Reynold ?Ne savez vous point que je suis chrétienne ?Onbliez vous que je suis une de Haag comme vous ?Le.divorce ! me proposer de demander le divorce ?Ce mot seul est impie, mon frére ; ce mot, les catholiques ne le comprennent pas.Je sais que la secte dont vous faites partie, que les hérésiarques veulent, au gré de leurs ambitions ou de leurs désirs, rompre des nœuds consacrés par l\u2019Eglise ; mais.grice an ciel, Reynold, votre exemple n\u2019aura jamais la puissance de m\u2019en- trainer.C\u2019est assez, mon Dieu ! c\u2019est assez d\u2019un renégat dans la famille ! \u2014Agnés ! \u2014Bt voila le salut que vous veniez m\u2019offrir, voila les aides que vous prétendiez rallier à ma cause et à celle d\u2019Alberti ?Des hommes de la prétendue Réforme, des révoltés contre l'autorité de l\u2019Eglise, des Judas ayant menti aux promesses de leur baptême.Non !non ! Reynold, je n\u2019en suis point réduite -à réclamer un semblable service.Il en sera de Carlo ct de moi ce qu\u2019il plaira au Seigneur d'ordonner ; mais nous saurons souffrir pour.l'innocence de notre cœur, pour la dignité de notre conscience\u2026dJ'ai pu espérer un moment que mes souffrances vous rapprocheraient de moi ; je me trompais.Celui qui renia son Dieu peut bien repousser sa sœur.\u2014Âvez vous réfléchi, Agnès ?Je n\u2019ai pas même besoin de réfléchir, Reynol1.a \u2014Je veux, par tous les moyens possibles, arriver à vous séparer de Carlo Alberti ; si vous refusez de divorcer avec cet homme.\u2014Vous le tuerez\u2026 s\u2019écria Agnès, vous êtes capable de le tuer.\u2014Persistez vous ?\u2014Oui, fitelle d\u2019une voix étouffée.\u2014Agnés de Haag, vous vous repentirez.\u2014Je ne suis plus Agnès de Haag, mais Agnès Alberti.Reynold sortit lentement de la chambre de sa sœur.Il venait d\u2019échouer dans les deux seules combinaisons qui fussent possibles à cette heure.La douairière refusait de se séparer de sa fille, et celle-ci repoussait toute idée de divorce avec Alberti.\u2014Le tuer.murmura Reynold, pourquoi faire 2.La mine d'Idria n\u2019est-elle point mortelle 2.Lui mort, en serai-je plus riche ?Tant qu\u2019Agnès vivra.Il ne faut pas qu\u2019elle le rejoigne, il ne faut pas qu'elle conserve une lueur d\u2019espérance\u2026 Tant qu'elle ne restera pas absolument en mon pouvoir, j'échouerai dans mes projets.Attendons le départ annuel pour le château de Haag et la.Reynold n\u2019acheva pas, mais un cruel sourire erra sur ses lèvres.XI prends point an pié- PRISONNIÈRE Le château héréditaire de Haag se trouvait dans une situatien magnifi- * 15 CMETLA PSG AS TENTE EEE CREER que et sauvage.Do grands bois de pins Uentouraient de denx côtés, et un précipice de plus de cent pieds en défendait l'approche au nord et à l\u2019ouest.Bâti sur un roc, il s'élevait sombre et droit ; le temps nc paraissait pas posséder la puissance d\u2019en entamer les pierres, et ce souvenir du règne de Rodolphe de Hapsbourg restait un des monuments les plus curieux de cette époque féodale.Une chapelle aux sculptures élégantes dressait son clocher aigu près des tours rondes, et la douairière suivant en cela l'exemple de ses aieules, avait mis.tous ses soins a l\u2019enrichir.Les douleurs éprouvées par Gutta de Haag avaient altéré sa santé, et Agnès n\u2019osa lui faire part tout d\u2019abord du projet qu\u2019elle avait conçu.Quand sa mère se trouverait à l\u2019abri du danger, il serait temps de l\u2019en instruire.Le docteur Hals accompagna Agnès et la noble aveugle au château de Haag.Il s\u2019effraya un peu de la faiblesse de la douairière ; mais une mission sacrée l'appelait au loin et, confiant Gutta aux soins de la femme de Carlo, il annonça à celle ci que la semaine suivante il \u2018partirait pour la Carniole.Aguès prit la main du vieillard et y colla ses lèvres.\u2014Dien seul paye de semblables dévouements, dit elle.Allez, je vous rejoindrai là bas.\u2014 Vous, madame ?\u2014Ne faut il pas que je sauve ou que je console ?\u2014Non, dit Hals ; votre mère ue saurait se passer de vos soins.\u2014OCroyez vous qu\u2019Alberti se résigne à me perdre ?\u2014Le comte est courageux, Madame.\u2014Sur votre honneur, Hals, combien de mois un homme peut il vivre au fond du gouffre d\u2019Idria\u2026 -Ne consultez pas les statistiques du pays, Madame.Si je me rends en Carniole, c\u2019est afin de mettre ma science au service des mineurs.Je chercherai, je trouverai le moyen de prolonger leur vie.Dieu me viendra en aide, et celui que vous chérissez sera gardé à votre tendresse.Agnès ne répondit rien, et serra de nouveau la main du vieillard.Le lendemain du départ de celui c1, le comte Reynold entra dans l\u2019appartement de sa sœur.\u2014À lhôtel de Vienne, lui dit il, j'étais chez ma mère ; ici, moi, comte de Haag, titulaire du nom, je suis
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