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Titre :
Journal des campagnes
Lié au Courrier du Canada, cet hebdomadaire publié à Québec couvrait les domaines d'intérêt des familles rurales en accordant une grande place à la religion.
Éditeur :
  • Québec :Léger Brousseau,1882-1901
Contenu spécifique :
jeudi 7 mars 1889
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Courrier du Canada (Édition hebdomadaire)
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Références

Journal des campagnes, 1889-03-07, Collections de BAnQ.

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[" JOURNAL ° \\ DES CAMPAGNES .Yen ¢ -\u2014 EDITION: BEBDOMA DAIRE, Peralksant tous les JEUDIS et contenant taute :, 1» noles nouvelles de la semaine.Prix dg l'abonnement: UNE _ sk RH POUR LA STRANGE \u201c10 FRANC 0 Strictement payable d'avance, ImPremé ot publib par.2: « SENS BS CPL LEGER BROUSSS (3 | RDITEYR-PROPRITAIRE | LL : : No 9, Rue Buade, H:V.,.Québec.! sc Lag ; bARGHIIY0 RiDtiEEE « \u2019 eye - fat, i \u2018 ILES 143 x or.ry.: \u2014 ~ » La sérénissime maison archiduca- le, la famille.impériale d\u2019Autriche est ifrappée d\u2019un malheur affreux.L\u2019archiduc Rodolphe, file unique de l\u2019empereur François Joseph, vient de mourir subitement.Nous n'avons encore que des dépêches un peu vagues ; nous ignorons au juste dans quelles\u2019 circons- tanees la catastrophe s\u2019est produite.Le , saura-t-on jamais bien exactement.Pareil malheur\u2014la mort.de l\u2019héritier direct du trône à la fleur de l\u2019âge\u2014n'\u2019était-point arrivé à la maison.d\u2019Autriche depuis la mort, si Fosse de conséquences, de I'archiduc pold, le 4 novembre 1716 Léopold.était le frère unique.de la nde Marie-Thérèse.Par suite de mort de l'archiduc Rodolphe, la \u2018Qualité d\u2019héritier de l'empire.passe au-frère de - l'empereur, l\u2019archiduc Charles Louis.Ce prince est né le 80.Jaillet 18883; il est marié en troisièmes nos ee ro giduchesse Marie: av se, .infan , GC :À \u2018ortu l, .troisième enfant de feu dom Miguel et de la princesse Adélaïde, sœur de Mgr le prince de Lowenstein.L\u2019archiduc Charles Louis a trois fils et trois filles.Le fils aîné, l\u2019achiduc.François, porte le titre d'Autriche- Este, comme héritier de la maison Modène-Este.L'archiduc et sa famille habitent \u2019hiver à Vienne, dans un palais Vaste, mais simple situé aù faubourg de Wieden, et l\u2019été leur château de LC ee \u2014_ = \" Ps or 6 NE rir 8 CANA ht PY = base de ca richesse des ur SE Broad ef : _ \"fl.\u2018Richenau, non loin de Frohsdorf, au.(pied des Alpes styriennes.: Le nouvel héritier présomptif de \u2018la couronne est peu connu à l\u2019étran- .\\,ger.Il a cependant de puissantes \u2018xmnitiés à la cour de \u2018Saint Péters- :bourg.C\u2019est même un ami person- |; nel;du czar.| \u2018Dans les cercles diplomatiques, |on le considère comme très autri- :chien ; il n\u2019a point oublié le rôle de TAutriche, dans le passé, en Allemae.Co L\u2019empereur Joseph II, le frére de notre malheureuse Marie., Antoi-.{nette, n'ayant pas d\u2019héritier direet,: traça pour ses neveux, héritiers du j trône, les lignes suivantes : \u201c Un archiduc, pouvant être :héritier du trône, a l\u2019obligation, absolue, de se mettre en mesure d'occuper l\u2019emploi le plus important ; : le gou: vernement de l\u2019Etat.Il n'y pas : lieu de demander : s\u2019il est bien élevé ou instruit.Il faut qu\u2019il le soit, sinon il exercorait une action funeste dans.toutes les branches de l\u2019administration qu'il ne connaitrait pas assez \u2018bien, et sur lesquelles il n\u2019aurait pas des principes arrêtés.\u201d On s'est toujours conformé à ces vues quand il s'agissait de l'éducation d\u2019un membre de la sénérissime maison archiducale, et surtout de.celle da prince directement héritier de tant de couronnes.- Le grand duc de Toscane, devenu ensuite l\u2019empereur François IÏ d\u2019AI- lemagne et François ler d\u2019Autriche fut élevé conformément à ces .principes, tracés par son oncle ; il en a été de même pour les archiducs Ferdinand et François ses fils, et pour l\u2019empereur actuel, fils de\u2019 ce.dernier.RE : On avait.suivi cette règle pour l'archiduc Rodolphe ; il.avait reçu l'éducation:la plus sévère., LL possédait fort bien, en dehors des langues classiques, le français, l'Italien, «le hongrois, le tchèque, le polonais, le slovène et l'anglais.Ses études militaires et.stratégiques avaient été poussées à fond.Le 28 juillet.1878, il entrait dans le service actif ; deux ans plus tard, il était nommé major général et contre gmiral.Le 6 avril 1881, on lui confiait le.commandement de la 18e brigade d\u2019infanterie-à Prague ; il devenait feld-maréchal-lieutenant en \u201818883, avec commandeniènt de \u2018la 25e \u2018division d'infanterie à Vienne.* }1 était en butre chef honoraire d'une quantité de régiments autri- chivns, allemands et russes._ C\u2019est au château de Laxenbourg, le Fontainebleau autrichien, que d\u2019archidûe Rodolphe était né lë 31 août 1858, du mariage de l'empereur, son père, avec sa cousine germaine la pritrcense Elisabeth de Bavière, de la branche palatine et duacale des Deux Ponts.Une amnistie générale ifat accordée, lors de sa naissance, à tous les condamnés politiques, très \u2018nombreux surtout en Lombardie et Vénétie.Confié d\u2019abord à ane aja francaise, la baronne de Welden, née de Lamay, \u2018dame de la Croix ttoilée et de l'Ordre Thérésien, il fut remis, à l'âge desix ans, à un gentilhomme de vieille noblesse lorraine,\u2019 M.le major général comte Léopold de Gondre- \u2018court, qui remplit auprès du jeune jarchiduc les fonctions de gouverneur: Le comte de Gondrecourt fut plus tard\u2018rempläcé par un autre gentilhomme d\u2019origine française, le comte Charles Théodore Baillet de Laguerre autrichien, massacré le 6 octobre 1848 par la populace révolutionnaire de Vienne.- Ces deux hommes de bien cultivaient l'esprit vif, l'imagination ardente de l'archiduc Rodolphe, son intelligence avide de savoir, ses goûts militaires et portés aussi vers les choses de la marine.À sa majorité, le jeune archidnc était un prince instruit et bien pensant ; l'empereur plut à en remercier publiquements .le comte Baillet de Latour et le sombla d\u2019honneurs pour lui marquer sa gratitude.; L\u2019archiduc devait dorénavant avoir sa maison.La charge de grand- maître fat contiée au capitaine de vaisseau comte de Bombelles, fils de.l\u2019ancien ajo de l'empereur'actuel.Cegentilhomme est également d'origine {française ; c\u2019est un petit-fils de Mlle de Mackau, celle dont Madame Elizabeth parle si souvent dans ses lettres.A.M.de Bombelles farent adjoints deux militaires : le major baron d\u2019Esclrenbacher et le major Bakolovics, aides de camp de l'empereur.En, 1880.M.de Bombelles fut remplacé par le baron de Bechtolsheim ; mais dès l\u2019année suivante il reprit.sa charge, \u2018avec les titres de contre- amiral, conseiller aulique et chambellan, lorsqu'il s\u2019agit d'organiser la.maison de l\u2019archiduc à la suite de son mariage avec la princesse Sthépanie, fille du roi des Belges.M.de Bombelles a conservé ses fonctions jusqu\u2019à la mort de son maître.- Devenu majeur, le jeune archiduc, animé d\u2019une fiévreuse activité, ne se contenta plus des études militaires et de la connaissance approfondie de tont ce qu\u2019il devait savoir pour être apte à remplir sa future mission.Il devint homme de lettres.Ses premiers essais littéraires avaient des qualités, mais aussi, disons-le, tous les défauts de son âge : à côté d\u2019aperçus originaux, s\u2019en trouvaient.de hasardés, même d\u2019erronés.Il va sans dire qu'il ne manqua point de recevoir beaucoup d\u2019éloges, parfois intéressés, et qui le conduisirent à entrer en relations avec certaines personnalités peut-être plus soucieuses, comme la\u2018presse libérale et juive de Vienne, de la gloire littéraire du jeune prince que de celle qui aurait mieux convenu à l'héritier de Marie- Thérèse.L\u2019archiduc a écrit un Voyage en Palestine où l'on trouve surtout des récits pittoresques de chasses.Oet ouvrage a été traduit en français.L\u2019impérial écrivain avait ensvite* l'idée d'ane œuvre littéraire vraiment belle et patriotique, intitulée : \u201c La description illustrée de la Monarchie austro-hongroise,\u201d ouvrage embrassant l'histoire religieuse, politique, littéraire et artistique, la yéographie.l'ethnographie, l'exposé des ressources agricoles, industrielles et commerciales, des forces militaires et navales, de tous les pays de la monarchie.Il s'était assuré le concours d\u2019un certain nombre d'écrivains et d\u2019artis- \u2018tes, avec l\u2019aide desquels une partie de cette œuvre.considérable a déjà pu voir le jour.C'est à cause des indiscrétions, souvent inexactes, et des flagorneries de la presse libérale viennoise, qui a la mauvaise habitude de parler à tort et à travers d\u2019une foulè de choses et de personnes qu\u2019elle ne connaît pas, ou qu\u2019elle ne connaît que très superficiellement, que parfois l\u2019on s'est ely Crt a ee TEE 4 AS 1 eg LT ! ° Nin, ai vt vy entretenu au sujet de l\u2019archiduc plus qu\u2019il ne convenaît.Il avait dû se \u2018rendre compte des inconvénients d\u2019ane telle publicité, qui excite les critiques dans un sens contraire.Ces critiques elles-mêmes, comme les éloges, peuvent dépasser le but et devenir injustes, surtout, naturellement, lorsqu'elles sont basées sur des faits inexacts ou mal interprétés.Aussi, ces derniers temps,-était beaucoup moins question qu\u2019autrefois des faits et gestes de l\u2019archiduc, et la presse viennoise gardait une réserve \u201c dont elle n'aurait jamais dû se départir.L'archidne Rodolphe ne laisse qu'une fille, l\u2019archiduchesse Elizabeth, née le 5 septembre 1888.Paisse le Ciel accorder à son auguste veuve, l\u2019archiduchesse Stéphanie, à l\u2019empereur et à l'impératrice, la force de supporter avec une résignation-chré- tienne le terrible malheur dont, avec toute l\u2019Autriche, ils viennent d'être frappés ! .H.-G.FroMM.LES ECOLES NORMALES De temps en temps on entend des députés exprimer leur opinion sur le résultat des écoles normales.Hier, à la chambre, un député a affirmé sérieusement qu\u2019il n'y avait uère plus de dix élèves sur cent, ormés aux écoles normales, qui se livrazent à l\u2019enseignement.Qu\u2019il me soit permis de contredire cette assertion.Pour cela je n'ai qu'à citer les tableaux suivants qui se trouvent aux pages 60, 61, 62, 63 du livre de C.J.Magnan surl\u2019Ense:- gnement primaire.Voici ce que dit M.Magnan : \u201c Depuis l\u2019établissement de l'école normale Laval, 1847 diplômes ont été accordés, savoir : 107 pour académie, 830 pour école modèle ; 910 pour école élémentaire.Grand total, 1847.Plusieurs élèves reçoivent succes- siuement les trois brevets : élémentaire, modèlé, académique.Fante de ce renseignement on courrait le risque de doubler et quelquefois de tripler le nombre des éyèves qui çont fait leur cours normal.Maintenant une question très importante se pose tout natarellement : y a-t-il un nombre satisfaisant d'élè* ves diplômés à l\u2019école normale Laval qui se soient livrés à l\u2019enseignement ?Les deux petits tableaux suivants me paraissent répondre affirmativement.10\u2014DE 1857 à 186%.\u201c Sur les 518 élèves qui ont fréquenté l\u2019école normale jusqu\u2019à la fin de la dernière année scolaire, 318 diplômes ont été octroyés à 281 élèves savoir : \" 187 pour école élémentaire.168 \u201c\u2018 \u201c modèle, et 18 académie.A part les 281 élèves, dont 97 instituteurs et 184 institutrices qui ont obtenu des diplômes de l'école nor- mnale, 47 en ont eu de quelques bureaux d\u2019examinateurs.Sur ce nombre 24 diplômés n\u2019ont pas enseigné.De ces 24 anciens élèves, il n\u2019y en a que 7 qui sans raison apparente, aient négligé d'enseigner.La mort, la maladie, le manque de situation ont empêché les autres de satisfaire à la loi.a Il faut conclure de là que les dix- onzième des élèves munis de diplômes se sont livrés à l\u2019enseignement : \u201c5 instituteurs pendant 9 années ê ce \u201c 4 ¢ et 9 inaitutrices \u201c 8 ¢ 4 \u201c 12 \u201c D 7 se 3 \u201c 16 \u201c \u201c 6 3 5 \u201c 20 \u201c ce 5 \u201c S 1 0 L 01 4% 3 « - 6 5 \u201c 27 \u201c \u201c 3 « 14 és 23 \u201c cs I ce En 1867, 172 élèves de l\u2019école nor- |ces saintes retraites, DE LORRI TR a SE CE NERO RES ene he JOURNAL DES CAMPAGNEs male Laval étaient employés dans l'enseignement.Tel est le bilan, des dix premières añnées de cette insti- tation.2¢.\u2014DE 1870 a 1884 \u201c L'école normale Laval a\u2018 donné des diplômes à 187 élèves-maîtres.Ce nombre comprend les élèves qui sont sortis immédiatement après l\u2019obtention du diplôme pour école élémentaire.Sur les 187 diplômés, 4 sont morts avant d'avoir pu satisfaire à la loi, 16 étaient encore à l\u2019école normale en 1884.Au moins 110 se sont livrés à l\u2019enseignement.Ils ont presque tons enseigné trois ans ou plus.Voici quelques raisons qui ont empêché les autres élèves de se livrer à l\u2019enseignement : la mort, la maladie, le manque d'écoles.A la connaissance des autorités, aucun élève diplômé n\u2019a refasé une école gui donnait un salaire raisonnable.| y a parmi ces élèves 8 prêtres qui, tous moins un, ont enseigné les trois ans prescrits, \u2018soit en faisant leur grand séminaire, soit comme laïques; 3 notaires, \u20ac médecins, avocats.Sept de ceux qui sont entrés dans les pro- fessious libérales ont enseigné ; et sur ces sept, cing, anu moins trois ans.Pour résumer : 187 diplômés, 4 morts avant d\u2019avoir pu satisfaire à la loi,16 encore à l'école.Donc la proportion est 1107187, c'est-à-dire les $ environ des diplômés ont enseigné.C'est un résultat des plus satisfaisants.Lvs écoles normales de Belgique et de France atteignant rarement cette proportion.En 1867, 48 maîtres diplômés à l\u2019école normale Laval étaient dans l\u2019enseignement.En 1884, il y en avait au moins 50, sans compter ceux qui sont allés exercer leur profession aux États Unis, à Ontario et au Manitoba.En 1888, nous on trouvons au moi: # 90.(1) .\u201c Devuis 1884, l'école normale Laval a fourni six prêtres, dont trois Docteursen théolugie qui ont été successivement professenrs au Grand Séminaire de Québec ; 7 ecclésiastiques.De 1857 à 1887, un nombre relativement considérable des élèves maîtresses sont entrées comme religieuses dans nos couvents.Dans ces pieuses filles mettent en pratique les leçons de saine pédagogie qu\u2019elles ont reçues durant leur cours normal.Ces statistiques sont frappantes de vérité.D'ailleurs, M.Magnan a puisé ces renseignements dans les registres mêmes de l\u2019école Normale Laval,registres tenues en premier lieu par Mgr Horan, puis successivement par Nos SS.les évêques Langevin et Bégin et MM.les abbés Lagacé et Rouleau.Tous ces distingués personnages ont été proposés au principalat de l\u2019école Normale Laval et méritent d'être crus.Pour la période s\u2019etendant de 1887 à 1888, au moins 65070 des élèves sortis de l'école Normale se sont livrés à l'enseignement.UN AMI DE L'ÉDUCATION.(1) Le nombre des élèves-maîtresses diplôinées à l\u2019école normal Laval qui se sont livrées à l'enseignement est euviron le triple de celui des élèves maîtres, LETTRES DE BELGIQUE | Bruxelles, le 31 janvier 1889, ŸLa mort de l\u2019archiduc Rodolphe à Bruxelles,- # Une brochure bleue.\u2014Comment finirait l\u2019épidémie militariste.\u2014Un projet de loi pour la réorganisation de la garde civique.\u2014Nos Chambres.\u2014Excellent projet de loi de M.Woeste.La mort de l'archidue Rodolphe d'Autriche toûche quelque peu la Belgique, puisque ie défunt héritier présomptif de la monarchie\u201d habs- bourgienne était le gendre de nos souverains.Vous comprendrez dès ' : TT lors que l'événement.ait provoqué: ici une grave émotion.La nouvelle a été conuue dès trois heures ; mais colle semblait si invraisemblable qu'on n\u2019a osé y croire tôut d'abord.Aussi la -Ohambre, qui était réunie à ce.moment, n\u2019a pas levé la séance ; et ce n\u2019est que vers cing heures qu'on n'a plus eu de doute sur la triste vérité.Le roi en eut connaissance par une dépêche de l'empereur d\u2019Autriche, arrivée vers quatre heures et qu\u2019il a communiquée aussitôt à S.4M.la reine qui se trouvait au château de Laeken.Mlle Isabell d\u2019Oultremont était de service auprès de la reine et c'est elle qui a été chargée de faire connaitre la fatale nouvelle à la souveraine.Au premier mot qu'elle en a entendu, \u2018Celle-ci a blémi: puis, voyant le telégramme arrivé de Braxelles, elle fondit en larmes, se désolant à la pensée de sa pauvre fille l'archiduchesse Stéphanie, restée veuve à vingt-cinq ans.La reine voulut partir le soir même pour Vienne et ce n\u2019est qu'à 7 heures, après un entretien sans té- raoins avec le roi venu de Bruxelles, qu\u2019elle a changé d'avis.En ville aussi la consternation a été grande.Chacun y rappelait les beaux jours où, en 1830, l'héritier de l'empire d\u2019Autriche venait, plein de force et de santé, rayonnant d\u2019espérance, visiter sa fiancée, la princesse royale Stéphanie.C'est, en effet, su mois de mars 1880 que l'archiduc vint demander à nos souverains la main de la jeune princesse ; et, depuis lors, nous l\u2019avons souvent revu ici.Quel splendide avenir semblait s'ouvrir alors devant les jeunes fiancés ! La mort, qui n\u2019épargne personne, a tout réduit en famée et il ne reste pius qu'une pauvre enfant en deuil, qui ne règnera pas.Le Moniteur annonce ce matin que * par suite du décès de S.À.I.et R.\u201c J'archiduc Rodolphe, prince héréditaire d'Autriche-Hongrie, les bals \u2018\u201c de Cour annoncés pour les 6 et 20 \u201c février n\u2019auront pas lieu.\u201d Quand ils furent décidés, certainement on ne songeait pas qu\u2019ils auraient été contremandés pour un deuil si imprévu.Tout au plus se demandait on, ces derniers jours, si, en raison de l\u2019état de santé du roi de Hollande, ils auraient pu se faire.Mais qui songeait à l'archiduc Ro doiphe ?.| Uet évènement a mis au second plan les nouvelles politiques.Il faut cependant que je vous en antre- tienue.À la fameuse * brochure verte anonyme \u201d dont je vous ai envoyé, dans ma dernière correspondance, une courte analyse, qui préconisait une sorte d'encasernement général de la Belgique, a répondu une \u201c brochure blevie \u201d, signée du nom du rédacteur en chef d'un journal radical de Bruxelles, la Réforme.Cette seconde brochure défend la thèse de la \u201c nation armée \", quelque chose comme le systéme des milices suisses, sans Caserne, mais enrégimentant tous les belges valides.L'auteur prétend que le système suffit pour faire de bons soldats Et si c'était vrai, la chose aurait assez d'agré- | ment ; mais je doute fort que les milices se rompent à la discipline militaire.Et puis,-n\u2019y a-t-il pas quelque danger sucial à mettre des armes entre les mains de tout le monde, surtout au milieu des luttes de classes qui, dans certaines parties de notre pays, s'accentuent si \u2018malheureuse- went ! : Ce qu'il faut toutefois concéder, C\u2019est que !a caserne répugne à tout le monde, et que lu régime jusqu'ici partout se ressent peut être trop du mépris de la liberté, de la dignité et de la vie humaine, que les guerres de la Révolution et l'organisation napoléonienne des forces révolution- naires qui a suivi, ont posé à la hase de tout ls système gaerrier de l'Enrope.Ju ne cruis pas que ia \u2018nation armée \u201d puisse sérivnsement guérir cet abas.Aussi longtemps que ln - force continue d'être le dernier mot des relations internationales, ce système est trop faible et ne sera agréé nul part.C'est seulement quand l\u2019Europe croira au droit etle respectera, que l'état de choses pourra changer, parce que le règn+ de la force exige la caserne et que le règne du droit peut seul s\u2019en passer.Jusque là, les milices ne seraient qu\u2019un danger à l\u2019intérieur sans être une sécurité contre les attaques de l\u2019extérieur.Cela ne veut point dire qu'un Etat neutre doive s\u2019armer jusqu'aux dents, et j'estime qu\u2019il a fait assez lorsqu\u2019i\u2019 a les forces suffisantes pour garder l\u2019ordre intérieur et qu\u2019il ne se prête pas à devenir le repaire et l\u2019asile des chenapans révo- lntionnaires\\des autres pays.Dans l\u2019ordre d'idées militaristes, © le gouvernement vient de déposer un projet de loi portant \u2018reconstitution de la garde civique.Ce projet a été accueilli avec peu d\u2019enthousiasme dans le pays, va qu'il aggrave les charges de la garde citoyenne qui déjà ne jouissait pas d'une grande popularité.Une des meilleures par- .ties du projet \u2014 un journal catho- liqué l\u2019a fait remarquer \u2014 est celle qui a trait à l\u2019organisation des corps .spéciaux.Ces corps se composent de volontaires ; n\u2019y entre donc\u2018 que celui qui veut et il sait d'avance ce à Quoi 1l s'engage librement.Les \u201cbleus\u201d.qui sont l'infanterie, restent tonjours gardes civiques, plus par force que par amour ; et, vraiment, l\u2019on ne voit pas trop de quelles Vertus et de quels services militaires sont capables ces braves et paisibles bourgeois qu\u2019on enlève une dizaine de fois par an, pendant trois, quatre heures chaque fois, de derrière leurs comptoirs, pour leur mettre un fusil en main, de gré ou de fofte.Nos Chambres ne se sont, naturellement, pas encore occupées du projet.- Réunie depuis une quinzaine de jours, la Chambre des représentants discute les budgets, saus trop d'animation.La gauche, décimée par les derniêres élections, désagrégée par ses dissensions intestines.a perdu courage et ne semble plus capable d'engager un débat politique.Elle se ranimera peut être et essayera ses tonnerres de fer-blanc qnand viendra en discussion le projet de loi de MM.Woeste et consorts, tendant à règler enfin la situation des instituteurs démissionnaires en 1879, lors de la fameuse loi scolaire électorale.Une foule de maîtres d\u2019école officielle, qui s'étaient engagés sous la loi de 1842, ou leur conscience était a I'abri, se- sont, en effet, retirés en 1879 par motifs de conscience, lorsqu'on a voulu exiger d\u2019eux qu\u2019ils coopérassent à une loi condamnée par l'Eglise.Ils avaient opéré des verse- _meuts dans la caisse des pensions; quand ils se rotirérent, en 1870, le ministére anti-chrétien d\u2019alors se refusa à leur restituer leur argent, au mépris des plus vulgaires règles de l'équité.La minorité catholique de ce temps - promit hautement de réparer cette Injustice.Par malheur, le roi de France ne se souvient pas toujours.des \u2018\u201c promesses \u2018\u2019 du duc d'Orléans, et il a fallu l'initiative parlementaire de quelques membres de la droite, M.Woeste en tête, pour qu\u2019une nie- sure de réparation arrivât, après quatre ans, à l\u2019ordre du jour de la Chambre.On dit que le ministère n\u2019est pas tout à fait content du dépôt de ce projet Si la chose est vraie, elle vst facheuse pour le ministère, car il semble que c\u2019est de lui surtout que les catholiques doivent espérer justice.Il est vrai que les débats peuvent.être \u201c irritants \u201d ; mais si\u2018 on mt ®t 0 Pa & rm veut vivre en paix dans-ce monde, il faut ne pas se mêler de politique et, surtout, ne pas revendiquer l\u2019honneur de défendre l\u2019Eglise et les droits de ses enfants.Oette besogne emporte toujours avec elle quelques : difficultés ; c\u2019est pourquoi il y a de l'honneur et du mérite à l\u2019entreprendre et à la mener à bien.R ë ft +de LETTRES DE BERLIN Berlin, le 31 jauvier 1889.La nouvelle de la mort de I'archiduc Rodolphe.\u2014 La fate de Pempereur.\u2014La famille impériale.-~ M.de Schelling, ministre de la jastice.\u2014La crise de la presse conservatrice.Les millionnaires prussiens.-Une vente de bulles pontificales.Tout est remis à l\u2019arrière plan à la suite de la nouvelle de la mort subite de l'archiduc Rodolphe.Une profonde stupéfaction s\u2019est emparée de tous les esprits,et dans tous les cercles de la capitale on regrette sin-
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