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Titre :
Journal des campagnes
Lié au Courrier du Canada, cet hebdomadaire publié à Québec couvrait les domaines d'intérêt des familles rurales en accordant une grande place à la religion.
Éditeur :
  • Québec :Léger Brousseau,1882-1901
Contenu spécifique :
jeudi 15 janvier 1891
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Courrier du Canada (Édition hebdomadaire)
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Journal des campagnes, 1891-01-15, Collections de BAnQ.

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[" | \u2018 » J | .l\u2019industrie agricole doit to Légistative ujours être la base de la richesse des nations.Oeme Année Jeudi, 15 Janvier 1891 JOURNAL DES CAMPAGNES , EDITION HEBDOMADAIRE, Paruissant tous les JEUDIS et contenant toute les nouvelles de la semaine.[ delabonnement :\u2014~UKE PIASTRE POUR LA FRANCE : 10 FRANCS Strictement payable d'avance \u201c THS.CHAPAIS, DIRECTEUR-PROPRIÉTAIRE LÉGER BROUSSEAU, ÉDITEUR Buade, H.-V., Québec.LE HANSARD DE \u2018\u201c L'ELECTEUR \u201d L\u2019Electeur publiait ces jours derniers les lignes suivantes : ' \u2018 Personne ne pourra dire que nous flagornons le premier ministre en disant qu\u2019il s'est distingué par dessus tous les autres, Ceux qui l'ont vu de près à l\u2019œuvre nous Teprocheront plutôt de no pas dire assez.C'est un travail gigantesque, surhumain pour tout autre, qu'il a fait.Jamais on n\u2019avait vu un chef de cabinet se prodiguer autant.Les discours qu'il a prononcés pendant cette session formeraient, à eux seuls, un volume rempli d'informations, précieuses ct d'uper- gus nouveaux sur la situation, les aspirations et l'avenir de notre province.\u201c\u2018 L'importance exceptionnelle de cette session si fertile en grands projets nous a tellement frappé dès le début, que nous avons oru devoir faire sténographier les principaux débats.C'est notre intentiou de réunir en volume tous ces discours, ct d\u2019en faire une sorte de hansard, en mettant en regard de l'opinion de nos amis celle des orateurs de l\u2019opposition qui voudront bien nous remettre le manuscrit de leurs discours.Ainsi, nous publicrons À côté de l'exposé budgétaire de \u2019hon, M.Shohyn, la critique qu\u2019en a faite M.Nantel, ct que nos adversaires paraissent fort apprécier, à leur point de vue.L'œuvre publique, sociale et même littéraire de cette session mérite d\u2019être recucillic ct offerte, sous la formo commode du livre, à la méditation du public.\u201d Pour les gens qui saventlire, colu signifie quo l'Ælecteur vu se faire l\u2019éditeur d\u2019un petit hansard ministériel, destiné à suppléer au hansard impartial de M.11 & 18, rue La Patrie a parfaitement saisi l'opération.Et elle le fait savoir en ces termes à l\u2019Electeur : Pour une fois, nous allons ajouter foi à la parole do l'Æleeteur ; ce n'est pas pour flagorner le premier ministre qu'il a publié ces lignes, c\u2019est pour préparer le public À avaler, une grosse pilule, une pilule à la façon de l\u2019Electeur ; ce n\u2019est pas pen dire.Nous comprenons maint:nant pourquoi la publication de ce qu\u2019on est conveuu d'appeler le Hansard a été supprimée.Nous comprenons comment l'Blecteur a pu publier tant de discours sténographiés, au cours de lu dernière session! Pardon, confrère, si nous avons des doutes sur votre désintéressement ct même sur votre esprit d'entreprise privée, Nous est avis que ce petit gros livre que vous annoncez là coûtera bien des milleet des mille piastres à la province.\u2026 Ne peut-on pas attendre à l\u2019Ælecteur que l'emprunt des dix millions ait été négocié ?Cet empressement à escompter une valent qui n\u2019est encorc que nominale devient scan- daloux ; ct nous croyons qu'il est de notre devoik de mettre le premier ministre en gurde contre ces conspirations, tramées et ourdics dans l'ombre dans le but inavouable ct inavoué de Jui subtiliser la olef d: ia caisse publique dont il tient le cordon.\"Electeur nous pardonnera sans doute ces quelques remarques, vu qu\u2019elles sont faites aus l'intérêt général du parti.Ne donnez pus ii I'Etendard ct 3 la Justice au moment ol ils vont se séparer de nous, l'occasion de vous accuser de faire trop d\u2019argent à même Targent du public.Il y a assez des journaux couservatour qui vous ont tant de fois calomnié ! On voit que l'organe libéral montréa- lais ne manque pas de clairvoyance.Il counait les habitudos de son confrère et son weil vigilant voit d\u2019uvance les pilules les mieux dissimulées.Nous voilà pour un moment d'accord avec la Patrie.T1 est singulier de voir l\u2019Electeur, l'âme damnée du ininistère, se faire l'éditeur d\u2019un nouveau hansurd après la suppression du kænsard Desjarding par le gouvernement.Le hansard de l'Ælecteui une fois publié, croit-on que le gouvernement n\u2019en achètera pas Desjardins, supprimé brutalement par |, pour une forte somme ?Et ne sera-ce pas les maîtres du jour.Naturellement ce humsard ne sera point publié pour des prunes, et il en coûtera au trésor pour qu\u2019on lise on volume les improvisations laborieuses de M.Mercier.,\\ faire revivre a la sourdine pour le journal favori,la subvention enlevée injustement à M.Desjardins ?Nous avions prévu toute cette comédie, il y a deux ans, et voici nos prévisions qui se réalisent.UNE LETTRE DU COMTE DE PAT IS au muvtre de Quebec Son Honneur le maire de Québec, M.Frémont, vient de recevoir de Mgr le comte de Paris une lettre des plus gracieuses, à l'occasion du nouvel an.Son Altesse déclare qu\u2019elle ne veut ps laisser se terminer l\u2019année de sa \u2018visite au Cauagla sans adresser à notre premier magistrat un témoignage de su sympathie, et nne preuve de son bon souvenir.Mgr le comte le Paris annonce au maire de Québec l\u2019envoi prochain d'un certain nombre de ses photographies encadrées aux armes de Frauce, comme souvenir pour M.Frémont lui-même et les personnes qui ont reçu Son Altesse it Québec.: Madame la comtesse de l\u2019aris envoie un bracelet fleurdelisé à la fille du principal chef des Hurons de Lorette qui sont venus présenter une adresse au prince, lors de son passuge dans notre ville.Lu lettre de Mgr le comte de Paris est très nimable et extrêmement cordiale.) to - ACCIDENT CE CHEMIN DE FER Une collision sur l'intersolonial Ce matin, vers quatre heures, deux convois sont venus en collision A la station St- Valier, mais heureusement les dommages causés ne sout pas très considérables, et il n'y a pas cu accideut de personnes, sauf un serre-frein qui n reçu une blessure peu grave à une jambe.Le temps était très mauvais, la neige sou- levéo par le vent vendait tout-à-fait impossible do voir à 10 pas en avant lorsque la collision se produisit.Les deux convois dont l\u2019un, un spécial venant de Lévis et l\u2019autre le 47, de la Rivière-du-Loup ayaient chacun devant cux unc charrue.Le convoi spécial qui venait do Lévis sur la ligne principale, preñant sans doute la lumière de la locomotive du 47 pour la lan \u2018re du sémaphore, continuait sa route pour culer ensuite sur la voie d'évitomout de ln gare, afin de laisser passer le convoi No 47, lorsque le choc ort lieu entre les deux traius.Les charrues en so frappant ensomblô ont été quelque peu endommagées.MONUMENT CHAMPLAIN M.le directeur, L'Evénement publiait hier soir quelques noms des souscripteurs au monument Champlain, Le comité avait décidé de ne pas publier Ja liste avant d'avoir reçu le rapport des personnes chargées de la soureription de \u2018nos concitoyens parlant la langue anglaice.Nous étions d'opinion que cela aurait été bien préférable, mais cependant comme la liste de l\u2019Evénement contient plusicurs erreurs, je crois devoir la rectifier en vous transwettant lu première liste officielle de souscription.Croyez-moi, M.le Directeur, Votre bicu dévoué, ALEXANDRE Cuauveau, Président du Comité, Première liste.\u2018 Son Eminence lz enrdinal Taschereal.uu.vuniens secsscssus 0.FBO0.00 Son Honneur le lieutenant-gouver- LT à} A overt iivraneer vvviinnns vanes 300.00 Sir Hector Langevin.150.00 Son Honneur le maire Frémont.100.00 Dr OI.Robitaille.c.100.00 Honorables Messieurs Garneau.100.00 \u2014 Fr.Langelier.100.00 \u2014 Chs.Langelier.100.00 \u2014 Honoré Mercier.100.00 \u2014 Jos.Shehyn.100.00 \u2014 Masson.100.00 \u2014 Juge Chauveau.100.00 \u2014 Sir A.P, Caron.100.00 \u2014 Isidore Thibaudeau.100.00 John C.Eno.ascsse ste sas ea ae es 100.00 Louis Bilodeau.were.100,00 Ernest acaud, éor.100,00 J.B.Laliberté, éer .100.00 Cyrille Tessier, écr., N.P.100.00 2350.00 PO SAP ~~ = La misere a Londres Londres, S\u2014La température rigoureuse qui s'est fait sentir en Angteterre depuis quelque temps, a amené la plus profonde misère parmi la classe pauvre de Londres, surtout dans la limite-est de la ville.Tout le commerce au dehors est arrêté pour plusieurs semaines, «t le temps n\u2019est pas encore assez favorable pour espérer que cela revienne bientôt.Un grand nombre de personnes sans emploi se promènent dans les rues, sollicitant la charité pour leurs familles en détresse.Le clergé, les sociétés de bienfaisance et plusieurs hommes d\u2019affaires fout tous leurs efforts pour venir en aide à ces pauvres malheureux, reel Oe On mentionne ie nom de honorable M.Joly de Lotbinière comme député- ministre d'agriculture à Québec, L'EMPRUNT ET L'OPINION Voici comment la Vérité s'exprime au sujet de l\u2019emprunt de $10,000,000 : Les chambres provinciales ont terminé leurs travaux en autorisant un emprunt de DIX MILLIONS DE DOLLARS, à quatre pour cent.Et il ne faut être ni prophète ni sorcier pour dire que cette somme énorme ne suffira pas à remplir le gouffre béant creusé par la politique dépensière de M, Mercier.En effet, il suffit de lire les résolutions soumises par le gouvernement pour se con- |.Vaincre que nous avons raison.Il s'agit de payer, d'abord, une dette flottante, créée ou à créer, de près de ONZE MILLIONS.Puis d'exécuter une foule de travaux publics mentionnés dans le discours dutrône.Pour ces travaux il faudra encore des millions, Donc, dans deux ou trois ans, il faudra emprunter encore une dizaine de millions, ou laisser une nouvelle dette flottante énorme s'accumuler que tôt ou tard il faudra liquider par un emprunt.Avec le système actuel de jeter l'argent par les fenêtres il n\u2019y a aucune raison pour que cela finisse, tant que nous trouverons de l'argent à emprunter.Nous ne sommes qu\u2019au commencement d\u2019une série d\u2019emprunts gigantesques, Pour faire face au service des intérêts il faudra des taxes.C\u2019est alors que Jean- Baptiste fera la grimace et regimbera, Mais ce sera trop tard.Il faudra payer pour n'être point déshonoré, * Les députés ministériels ont avalé ce premier emprunt comme un verre de lait Seuls MM.Pelletier, Monfette, Lnssier ct Bourbonnais ont eu le courage de voter contre.Leur vote hostile n'empêchera pas M.Mercier de continuer sa politique insensée, IJ durera toujours jusqu\u2019d la fin de ce parlement, Lui et les \u2018eus brasseront les millions pendant cinq ans.II culbutera peut- \u201c être ensuite, laissant une note épouvantable à solder par son malheureux successeur.N'importe, il aura \u201c fait grand \u2019\u2019 pendant son règne et ses amis n'auront pas crevé de faim La province s'arrangera comme elle pourra = tr ne , FEU MGR LABELLE Cest une sœur de charité qui anmonee la triste nouvelle à Ia mère du regretté défant Magnifiques offrandes de fleurs Montréal, 7.\u2014C\u2019est la sœur Bélanger, du couvent de St-Jérôme, qui a cu dimanche dernier la pénible tâche d'annoncer la mort de Mgr Labelle à sa vieille et vénérable mère.Celle-ci a reçu Ja douloureuse nouvelle avec la résignation qui caractérise la, femme forte de l'Evangile.Les décorations florales de la chambre mortuaire excèdent en beauté et en richesse tout ce que le public a pu voir jusqu\u2019à aujourd\u2019hui.La principale pièce a été présentée par les membres du club Saint- \u201c Antoine, de Saint-Jérôme.Elle représente l\u2019écusson du grand apôtre de la colonisation, surmonté d\u2019un chapeau de protonotaire apostolique dont les glands retombent de chaque côté des armoiries.Ces dernières sont une eroix latine et un gerbe de blé reposant sur un champ de lierre, et des fleurs de toutes les nuances.La croix est pourpre et la gerbe est en épis de blé naturel.Au-dessous, sur une banderolle est la devise de Mgr Labelle, Pater meus agricola.La ville de St-Jérôme a déposé sur la bière de son curé une croix de fleurs natu- -relles de six pieds avec une guirlande dans l'intersection des bras, La guirlande est composée principalement de roses d'une \u2018 grande beauté.La paroisse de St-Férôme a déposé dans la chambre mortuaire une grande gerbe de blé avec une faucille de roses.La fabrique de St-Jérôme : une colonne tronquée composée de roses et de violettes.La com pagnie de papier Rolland : une bannière de feuilles de lierre, haute de quatre pieds sur une base de roses blanches, L'honorable M, Chapleau : un oreiller de roses blanches avec l\u2019inscription : \u201c\u201c Adieu.\u201d M.G.A.Nantel, M.P.P.: une croix de fleurs naturelles surmontée d\u2019une ancre.- \u2014 + or se «so (RD all LES CHARTES DE CHEMINS DEFER Notre confrère du Courrier de St- Hyacinthe a publié tout récemment un \u201cben article sur la politique nouvelle du gouvernement Mercier au sujet des chemins de fer, politique néfaste qui permet au cabinet de Québec d'annuller par un ordre en conseil les chartes octroyées aux compagnies.En agissant ainsi, le gouvernement assume le pouvoir judiciaire qui appartient aux tribunaux, et cmpiète sur le domaine do la Législature.C'est ce que démontre notre confrère en citant des autorités.En effet le souverain n'a pas le droit, en vertu d\u2019un arrêté en couseil, de dispenser de l'exécution d\u2019une loi existante, ni d'intervenir pour priver les citoyens de droits ct privilèges acquis.Avant la proclamation de la grande Charte, le roi manifestait ses volontés par son conseil privé.Mais la nouvelle constitution anglaise, en accordant au peuple un gouvernement responsable, à confié au parlement les fonctions législatives.C\u2019est un principe fondamental de la dite constitution que le Roi ne peut altérer aucune loi existante du royaume.Dopuis lu grande Charte, le parlement à augmonté en force et en puissance, ct l\u2019ancienne prérogative du souverain do légiférer au moyen d\u2019arrêtés en conseil et dc proclamations royales, a été placée sous le contrôle des assemolées délibérantes.; Voilk pourquoi M.Mercier en faisant adopter cette loi, s\u2019est arrogé un pouvoir qui n'appartient qu\u2019au parlement, ot en conséquence elle est contraire à la loi du pays, ct pourrait fort bien être désavouée à Ottawa, comme l\u2019a fait remarquer l'honorable M.de la Bruère, lors de la discussion du bill au Conseil législatif.Quoi qu\u2019il en advienne, cotte mesure cau- sera un mal incalculable à notre province dans l'esprit des capitalistes.me La Canadian Gazette de Londres, dans son numéro dù 25 décembre, éeri- veit que la taxe de 4 par cent imposée sur les chemins de fer provinciaux et la loi donnant au gouvernement le droit de nommer deux des directeurs de chaque compagme recevant de l\u2019aide, allaient porter un coup fatal à tout projet de voie ferrée qu\u2019on tenterait de faire accepter sur le marché anglais.Comment peut-on espérer que les capitalistes anglais voudront risquer leur argent dans des entreprises sans cesse menacées dans leur existence par un - cabinet provincial ?LE MONUMENT CHAMPLAIN Nous lisons dans I'Etendard l'entr :- filet qui suit : La souscription ouverte à Québec, pour l'érection d\u2019un monument à Champlain a atteint jusqu\u2019aujourd'hui le chiffre de $2,350, | Si c\u2019est là tout ce que le pays peut- consacrer \u201c à la mémoire du fondateur de Québec, nous proposons que l'on place cette sormme à intérêts jusqu'à ce que ces intérêts accumulés forment une somme respectable qui permette à nos arrière-petits neveux de construire quelque chose que l\u2019on puisse appeler du nom de monument.M.de Maisonneuve n\u2019est pas mieux traité à Montréal que Champlain à Québec.Les grands hommes du passé n\u2019ont encore, ct n'auront encore pour longtemps peut-être, de monuments dignes d'eux, que coux que nos historiens leur ont élevés dans leurs ouvrages.Avant que do se livrer à ce _mouvement qui respire presque l\u2019indignation, uotre confrère aurait dû songer que lo souscription au monument, Champlain, ne fait que de commencer.Pour une première liste, nous la trouvons même assez jolie : $2,350.Espérons qu\u2019elle se grossira avec le temps, et que nos arrière- neveux ne seront pas obligés de construire un monument au Père de la Nouvelle-France.Sop LA TRAGEDIE DE BELLEDUNE Nombremses arrestintions Les prisonniers subiront leur proces devant In Cour Criminelle Dalhousie, 12.\u2014Plusieurs arrestations ont eu lieu au sujet du drame de Belledume, Ristigouche.Sur plainte déposée pur Joseph Doucet, de Belledune, le \u2018magistrat W.8.Smith, de Dalhousie a lancé des brefs d\u2019arrcstation contre cing hommes, Alexander Cameron, Patrick Culligan, James Young, Joseph Arseneau ct William Guitar, pour lo meurtre du matelot suédois George Williams, Des brefs d'arrcstations ont aussi été lancés contre Antoine Pitre ct Thomas Pitre dont les témoignages devront jeter de la lumière sur la lugubre tragédic qu'on a eu lieu de croire avoir eu lieu à leur habitation, Lo shérif Philips a arrêté Cameron 3 la rivière Jacquet Je matin du ler janvier, ainsi que Mme Pitre, son fils ct sa fille, ot les a logés dans la prison de Dalhousie.Los autres inculpés se trouvent dans le comté de Gloucester, lo shérif Doucet, de Bathurst, assisté de Joshua Gammon, A.MacLauhlan et J.Doucet, s'est rendu sur les lieux le 2 janvier, Il arrôta J osoph Arseneau au camp de Culligan, prés de Belledune, James You à l'hôtel O'Neil et Guitar à son habitation.Culligan s'est livré au shérif Doucet à l'hôtel Barclay, Rivière Jacquet.Aucun d\u2019eux n\u2019a opposé de résistance aux officiers.ous les inculpés ont été incarcérés dans lu prison de Dalhousie.Ils maintiennent qu'ils sont innocents du crime dont on les accuse et prétendent qu'il sera prouvé que Williams a été vu vivant après la soirée où la tragédie aurait cu lieu.a \u2018 \u2018 L'enquête priliminaire a eu liou ct les cinq accusés ont été onvoyés à la cour du Banc de ls Reine pour y subir leür procès.Le cautionncment a été refusé pour Cameron, Culligan, et Young.M.Barbarin leur avocat, prétend que le matelot a été vu vivant aprèsle jour auquel on fixe le meurtre ot qu\u2019il s\u2019est enfui sur la barque Rigby, sous un faux nom.Ee NT TREY, FOIRE Le NL Ter 8 .JOURNAL DES CAMPAGNES Ca MGR LABELLE ° | Tansey, Louis Taohé, Gustave Drolet, eto.LE 76ième ANNIVERSAIRE NOUVELLES DE MONTREAL \u2014 Le service a commencé à 10,30 heures \u2014 , _ , FUNERAILLES IMPOSANTRS Jeudi, à quatre heures de l'après-midi l'église de Saint-Sérôme était littéralement bondée par la foule des fidèles qui voulaient assister À la translation des restes.Cette cérémonie a été faite au presbytère ; l'officiant était M.l'abbé Pelletier, le curé desservant.Les restes du vénérable curé de St-Jérôme ont été portés du presbytère à l'église par MM.les abbés Pelletier, Maillette, de Saint Hypolite { Laporte, Daigneault, de Saintp.m.Sa Grandeur Mgr Duhamel, archevêgne d'Ottawa, officiait, M.l'abbé Morin, de St- Jacques, agissait comme prêtre assistant, Mle curé Aubry, de St-Jean, commo diacre et M.le curé Lonergan, de Ste-Brigide, comme sous-diacro.Jamais hors des grandes villes on à vu un aussi nombreux clorgé réuni.Dans le chœur on remarquait Mgr Tétu, de Québeo, Mgr Guay, de Rimouski, Mgr \u201c Sit John Macdonald célèbrera, demain, le 76ième anniversaire de sa naissance.- Voilà 47 ans que Sir John est entré dans la carrière politique, et malgré son grand âge le vieux chef est toujours frais et alerte.- .| Nous lui souhaitons encore de longues années, - Un inconnu broyé par une locometive nu treuvé mort sur le chawe-pierre à Saint Henri.Mmo Mercier, l\u2019épouse du premier Ministre et sa fille, précipitées hors de vo tare sur Ia rune Visitation.Montréal, 9\u2014Un terrible accident est arrivé hier soir, vers huit heures, sur la voie ferrée du Grand-Tronc, à St-Henri.Au moment où Ja locomotive 408 se mettait cn mouvement pour continuer son trajet vers la Pointe-Saint-Charles, quelques jeunes garçons firent remarquer au mécanicien qu\u2019il Jérôme ; M.J, H.Leclaire, maire ; MM.I, Hamel, de Québec, Mgr Routhier, d'Ottawa, ACCUSES DE BOODLAGE y avait uns forme humaine sur le chasse- Paquin ct J.Charbonneau ; MM.les doc- | Mgr Marquis, tous protonotaires aposto- \u2014_ pierres._ teurs J.E.Prévost et C.L.de Martigny et liques, Enquête intéressante sur Ie conseil mumicle L'employé arrêts immédiatement la loco- M.Joseph Lapointe.Lorsque le corps fut déposé sur le catafalque etentouré des cierges brulants dans des candélabres d'argent, il y à eu récitation de l'office des morts, par lo clergé alternant avec les chantres.Ensuite on chanta Matines, un libéra harmonisé par v Ie chœur de Saint Jérôme, Laudes et le Benedictus, La fiule recueillie paraissait vivement impressionnée par la majesté des céré monies funèbres.Des centuines ct des centaines de personnes se sont approchées du cercueil pour contempler une dernière fois à travers la vitre du couvercle les traits décomposés par la mort de leur pasteur bien-aimé.Les artistes de la maison Beullac se sont surpassés par le cachet imposant qu'ils ont donné à chaque partie de la décoration inté- ricure de l\u2019église.Les colounes du templo étaient toutes drapées de noir ainsi quo les galeries.Toutes les résidonces des citoyens, entre l'église et le pont de fer, étaient ornées avec autant de richesse que de goût.Ces draperies étaient disposées de manière À représen- senter le deuil romain.Une double frange noire suspendue aux arbres, de chaque côté de la ruc Saint-Jérôme, s'éteudait de la place Saint-Jérôme jusqu\u2019au pont.On remarquait particulièrement les décorations chez le Dr Jules Prévost.On lisait l'inscription : Dieu, Vérité, Obéissance, Ma mere.\u201d Les draperies étaient violettes et noires ; des saules pleureurs, confectionnés avec des étoffes noires, étaient disposés à plusieurs endroits sur le parcours de la procession.William Scott, quoique protestant, avait décoré ça maison avec un luxe extraordinaire de draperies funèbres, Sur la résidence du Maire, on lisait l\u2019ins- oription : À l'Eglise, son pays et sa paroisse.Dans la montée qui conduit au cimetière, on nvait planté de cinquante pieds en cinquante picds des sapins ornés de crèpe avec des boucles violettes.Le cortège funèbre n défilé dans In principale me pour se rendre du presbytère à l\u2019église, Parmi les notables, étrangers à Saint- Jérôme, qui faisaient partie de l'immense cortège, on remarquait outre les porteurs, les honorables À.Ouimet, G.Marchand, Robidoux, Tourville, H.Archambault, A.Turcotte, C.Langelier, A.Boyer, et MM, G.À.Nante), M.P.\u2018P., échevin J.D.Rolland, C.Champagne, magistrat, J.Marion, M, P.P., Dr Provost, d\u2019Ottawa, M.Desgeorges, M, le Dr Séverin Lachapelle, C.A.M.Globensky, M.Gauthier, M.P., échevin Germain/ échevin Lamarche, G.Boivin, Jos.Casgrain, le Dr Roy, d'Hochelaga, M.Dérome, de la maison Cadieux & Dérome, échevin Robert, le colonel Hugues, P.E.Leblanc, M.P.P., F.X.Lemieux, M.P.P., J.Durocher, Lomer Gouin, J.B.Biron, A.Macher, le notaire Manville, le colonel Audet, l\u2019ex-éche- vin Berger, le Dr E.P.Lachapelle, de Bellefeuille, avocat, échevin Brunet, Sinaï Provost, L.Cousineau, J.G.H.Bergeron, M.P., A.Chencvert, M.P, P., Bernatchez, M.P.P., Siméon Lctage, Paul de Cazes, L.J.Demers, de l'Evénement, Laliberté, M.P.P., M.Morgan, avocat de Sorel, E.Saint- Louis, Israël Tarte, P.Vallières, A.Dansereau, les capitaines Laforce ct Tremblay, \u201cSévère Lapointe, de Ste-Scholastique, C.BE.On avait annoncé qu\u2019il n\u2019y aurait pas d\u2019oraison funèbre.Cependant, après l\u2019évan-' gile, M.l\u2019abbé J.B.Proulx, vice-recteur de l\u2019université Laval, est monté en chaire au milieu d\u2019un silence solennel.Il dit qu\u2019on lui a demandé un quart d'heure avant la cérémonie, de prononcer quelques paroles.Je ne viens pas, dit-il, faire l\u2019éloge de Mgr Labelle.Son éloge est dans toutes les bouches au Canada et même à l'étranger.Le cri strident de la locomotive qui a amené tant de personnes affligées faisait lui- même son éloge, les montagnes et les vallées du nord gémissent, je viens faire appel à vos prières et à votre générosité en faveur de celui que nous pleurons ensemble.Tout à l'heure on fera une collecte dont le produit sera consacré à faire dire des messes pour le repos de l'âme de monsignor Labelle ; je vous demaude votre obole pour lui, comme dernière marque d'affection ct d'amitié.Tendezlui la main par delà les limites du temps.Soyez généreux envers celui qui a été toute générosité, pour celui qui a tout donné aux autres, scs biens temporels, ses travaux, son ardent apostolat, les projets d\u2019un génie vaste et créateur.Vous l'avez vu soulageant la misère dans la cabane des misérables et demandant l'aumône dans l\u2019antichambre des riches, dans les bureaux publics, partout, enfantant des prodiges pour son pays.Je l\u2019ai vu moi, sur la terre étrangère, fier du titre de Canadien, portant haut le drapeau de sa foi et de sa nationalité.On a parlé de lui ériger un monument, c\u2019est une belle idée, il a déjà son monument dans l'affection de ses paroissiens, dans l\u2019admiration de ses concitoyens, dans la reconnaissance des colons qu\u2019il a rendus indépendants et heureux.Il l'aura dans les pages de l\u2019histoire qui le montreront aux générations à venir dans toute sa grandeur.Aujourd'hui, mes frères, élevons-lui un autre monument, un monument de prière dont le sommet perce les nuages pour aller porter une voix suppliante aux pieds de l'Eternel.La messe solennelle a été ce qu\u2019on peut imaginer de plusimpressionnant, Immédiatement après la messe lu procession se forma pour aller conduire la dépouille mortelle à la chapelle du cimetière.Le cortège se mit en marche à midi quart Singulière coïncidence l\u2019apôtre de la colonisation qui aimait tant à voir défiler les joyeuses processions do la Saint-Jean-Baptiste avec chars alléguriques au milieu des chants canadiens, était escorté à sa dernière demeure avec des chars allégoriques au nombre de six, recouvert cette fois- ci, d'emblêmes de deuil ct de crêpes.L'honorable M.Mercier, l'honorable M.Chapleau, M.G.A.Nantel, M.P.P., les deux députés du comté, tous les ministres de Quéhec ct dix mille personnes marchaient dans le cortège.Le défilé était comme suit : les élèves du collège, le chœur de Notre-Dame de Montréal Harmonie, les gardes de Salaberry, le corbillard trainfé par huit chevaux, -le clergé, les notables ct étrangers, char allégorique de la fabrique de.St-Jérôme, les marguilliers, char do la ville de St-Jérôme, char de la paroisse StJérôme, char du cercle St-Jérôme, le pou- ple.Chaquo char était trainé par deux chevaux avec housse noire et tenu à la bride par un homme.pal d'Ottawa.Ottawa, 10.\u2014II y a des hoodlerg, paraît- it, dans les.bureaux de l'hôtel de ville, et le conseil de ville a sa dernière séance a nommé un comité composé de MM.les échevins Wright, Viau, Aubry et Dumais pour faire une enquête à ce sujet.L'enquête s'est ouverte hier sous la présidence de M.l\u2019échevin Aubry.On y a décidé de faire comparaître le notaire Têtreau davant lequel, M.Maxime Laviolette a l donné un affidavit incriminant M.l\u2019inspecteur Gagnon dans une affaire de bood!age.M.Têtreau a comparu aujourd\u2019hui devant le comité et a produit l\u2019affidavit de M.Laviolette.M.Luviolette a été aussi examiné lui-mêm3 comme témoin.D'après cet \u2018affidavit et d\u2019après le témoignage de M.Laviolette que nous reproduirons domain, M.Michel Larivière avait obtenu un contrat de la cité pour arracher de la pierre dans certaines rues de la ville que l\u2019on voulait ouvrir et la faire transporter dans d'autres à des endroits désignés par l'inspecteur.M.Larivière était payé $3.25 de la toise pour cet ouvrage.Sur cette somme il payait $1.25 pour le charroyage de la pierre & des charretiers, de sorte qu'il lui restait $2 pour I'arrachage.A un moment donné, M.Gagnon a demandé à M.Maxime Laviolette, un] des charretiers qui ;charroyaient la pierre, s'il ne [pourrait pas trouver de la pierre à acheter quelque part à $1 de la toise.- M.Laviolette a répondu affirmativement et a acheté 9 toises de pierre de M.Guévremont et de M.Monette au prix stipulé.M.Gagnon avait bien recommandé à M.Laviolette de ne parler de cette affaire à personne, et lorsque la liste de paie a été présentée à M.l\u2019échevin ViAu pour être certifiée, celui-ci a fait la remarque que le chiffre de toises de pierre porté sur la liste comme ayant été tirée de lu Walt, lui paraissait un peu élevé pour la quantité d'ouvrage fait dans cette ruc, mais M.Gagnon a répondu alors à M.V iau, en présence de M.Laviolette, que tout était correct, et M, Viau a signé.M.Lavioletté dit que dans le temps il ne croyait pas mal faire en cachant la transaction qu\u2019il avait faite pour M.Larivière, mais qu\u2019il y n réfléchi depuis et compris que cette transaction était au détriment de Ja cité.Il ne l\u2019a pas dévoilée cependant à personne avant d\u2019avoir été appelé chez M.lc notaire Têtreau, où celui-ci ayant posé des questions sur ces faits, il a cru devoir les dévoiler dans un affidavit.L'enquête se continue.-__-e-\u2014, LES PEAUX-ROUGES Les Indicns se battént entre eux Pine Ridge, 10.\u2014Lo général Miles fait\u2019 ainsi l\u2019exposé de la situation.\u201c Il y a environ 3 à 400 Indiens dans le camp cnnemi qui essaient d\u2019influencer les autres de combattre jusqu\u2019au bout.Il espère que lo meilleur élément des Ogallalas prévaudra et détruira les féroces Brûlés.\u201d Buffalo Bill, accompagné par .Buckskin portant une lettre du gouverneur Thayer.A sa suggestion, le général Miles a envoyé des éclaireurs pour s'assurer quels sont ces prit.l'épouvante et elles Juck, est arrivé à midi hier de Rushville, | motive ct à sa grande stupéfaction il se trouva en présence d\u2019un cadavre horgiblement mutilé.- : Le chef Massé fut notifié et il se rendit avec plusieurs de ses hommes sur le théâtre de l'horrible découverte.Les restes mortels de la victime ont été d\u2019abord transportés à la station puis à la morgue.\\ Les autorités ignorent le nom du défant mais cependant les gardiens de la morgue ont trouvé dans une des poches de son habit une insigne de fripier, portant le No 54.Le mécanicien déclare qu\u2019il n\u2019a pas eu connaissance do l'accident, mais* un chapeau que l\u2019on suppose avoir appartenu à la vio- time, a été recueilli près de la rue Holloway.\u2018On a appris ce matin que le malheureux, viotime de cet accident, était un peu sourd et n'avait pas une bonne vue.Après une courte délibération, le jury a rendu un verdict de \u201c mort accidentelle.\u201d Hier soir, vers six heures, lors de son arrivée en cette ville, l'hon.premier-ministre a appris la nouvelle que durant son absence, Madame Mercier et sa fille avaient été vic- victimes d'un accident qui aurait pu avoir des conséquences fatales.Elles se promenaient en voiture hier après-midi, lorsqu\u2019arrivées près de la rue Visitation, le cheval furent précipitées hors de sa voiture.: La voiture a été mise en pièces.Madame Mercier et sa fille heureusement, ne se sont infligées dans leur chute aucuneinjure grave.un.FEU MONSEIGNEUR LABELLE À une assemblée du-conseil de la ville de St-Jérôme tenue le 5 janvier 189I et présidée par Son Honneur le maire J.H.Leclair, les résolutions suivantes ont été adoptées : Proposé par M.le conseiller S.J.B: Rolland, secondé par M.le conseiller W.H.Scott : çÇ Que ce conseil a appris avec une profonde douleur la mort prématurée de notre vénéré curé Mgr Labelle, l\u2019apôtre de la colonisation et le bienfaiteur de St-Jéréme et des paroisses du Nord.Que ce conseil reconnaît que la grande prospérité de St-Jéréme cst due à son patriotique dévouement et que sa mort est une perte pour nous.: Proposé par M.le conceiller Louis Labelle, sccondé par M.le conseiller Joseph Leclair.Que les membres de ce conseil assistent en corps à ses funérailles et portent le deuil pendant un mois.\u2018 Proposé par M le conseillor J.H.Matte, secondé par M.le conseiller ,Louis Labelle.Que ce conseil sympathiso vivement à la grande douleur de Madame Labelle ct que copie des présentes résolutions lui soit transmise ct publiée dans les journaux, | Proposé par M.le conseiller W.H.Scott secondé par M.le conseiller J.H.Matte : Qu'en signe de deuil ce conseil s'ajourne à vendredi prochain, le 9 du courant.GAP © AP omen ma on Le meurtrier de Seliverskoff Madrid, 12.\u2014Le prisonnier.arrêté et w'on soupçonne être Pladloweki,, l'assassin du général Seliverskoff, déclare qu\u2019il est arrivé en Espagne le 5 décembre.C\u2019est un homme d'une bonne instruction et qui parle i M.de Marti de la banque | EP APS ERERES | Indiens qui ont été vus à la tête de la | , Sucques Costs 5 x pos \"2 Po Y est sérieusement question du réta- rivière Snake, au sud do Mabrara.nouf lan ues, parle do cepa y Ye .y + \u2019 ; , .conuaïk le Labelle, M.Saint-Jean.avocat, l'échovin blissement de la légation de Hollande PE me mre S'nvaineu- près le Saint-Siège.\\ \u2018 du meurtre du général russe. 120204 E ad ide\u2019 To AW IIE TY TTR WEE ACL L ee AUS = ce .\u201cUN SAGAMO ILLUSTRE -En 1606 les Souriquois ou Micemacs de l\u2019Acadie avaient à leur tête un grand chef, \u201cle plus grand sagamo, le plus suivi et le plus redouté qu\u2019il y ait eu depuis plusieurs siècles,\u201d et nous pourrions ajouter le plus illustre que cette nation ait possédé durant sa longue vie comme peuple.Son nom ugh Mem* bertou, suivant \u2018Lescarbot et le P.Biard, et Mabrètou, d\u2019après Champlain- Le fondateur de Québeo assure que de son temps il-avait la renommée d\u2019être le plus mé- chant et traître qui fut entre ceux de sa nation ; cependant.sa conduite valait mieux que sa réputation, puisque Champlain lui-même déclure que pendant le long séjour qu\u2019il fit à Port-Royal, Membertou se comporta toujours comme un bon sauvage.Lescarbot, de son côté, dit que le grand sagamo miemac avait été \u2018\u2018 sanguinaire en son jeune âge et durant sa vie.\u201d C'est fort possible, mais ses dernières années furent assez pacifiques, du moins dans ses rapports avec les Français, dont il sut s\u2019attirer l\u2019ami- £6, 3 tel point quo les colons de Port-Royal ne le voyaient s\u2019absenter pour ses courses de -chasse qu'avec le plus profond chagrin.Membertou avait la baie Ste-Marie\u2019 pour résidence.Son antorité s'étendait sur cette région assez mal délimitée, comme l'était alors chacune des sagamies de lu péninsule acadienne et des régious avoisinantes, de l\u2019autre côté de la baie Française, sur la côte de la Norembègue ct dans la Gaspésie.Comme tous les sauvages adonnés à la pêche et à la chasse, les Souriquois -(au nombre d'environ 3,500), vivaient sur le bord des rivières et sur le littoral de la mer.Leur gouvernement était celui de la famille où tout est en commun, avec un chef nommé sagamo pour gouvèrneur.La partie du pays sur laquelle s\u2019exerçait l\u2019autorité du chef s'appelait sagamie.Il y avait la sagamic de la Have, de la rivière Saint-Jean (Oigoudi) où régnait Schoudon, de la rivière Ste-Groix, de Kinibeki commandés par Sasinou, et de Pentagouet, royaume de Bessabés.1 y en await d\u2019autres, moins importantes cependant.Le sagamo était ordinairement l\u2019aîné de la famille la plus puissante et la plus nombreuse.Cependant cette haute dignité était éléctive et non héréditaire en principe.C\u2019est au sagamo qu\u2019incombait le soin d'entretenir les chiens de chasse, de construire les canots de pêche et d\u2019amasser les provisions pour tous les sujets.* Les sagamos d\u2019une même nation entre- naient des relatioys suivies, et ehaque - année ils s\u2019assemblaient en conférence pour traiter des affaires générales de leur confédération.On y réglait les questions de paix et de guer- ye avec les tribus étrangères, Les sagamos seuls avaient voix délibérative dans les conseils ; eux seuls portaient la parole, à l\u2019excep- ion toutefois de certains devins ou autmoins de grand âge et renommée.Il arrivait quelquefois qu\u2019un même personnage était cn méme temps sagamo ct autmoin.Membertou rest un exemple remarquable de cette double autorité temporelle et spirituelle, car l\u2019autmoin remplissait une espèce de sacerdoce, sans culte, ni autels, ni idoles.Toutes ses fonctions consist aient à rendre des oracls, À prédire l'avenir et à soigner les malades.Membertou prétendait avoir des communications directes avec le didble cn personne, ct Lescarbot rapporte qu'il lui entendit souvent dir: \u201c que 63 maître diable l'égratignait \u201d dans ses luttes avec lui.L'autmoin portait à son cou, comme iu- signe de sa profession, une bourse triangulaire toute brodéc en perles et en poils de porc- épic, dans laquelle était soizneuszment renfermé un object gros comme une noisette ; c'était le démon appelé Aoutem., Le diable excrgait cortainemont un grand empire sur Ges pauvres natious assises à l\u2019ombre de la mort.Après sa conversion, Membertou déclara au Père Biurd, qu\u2019étant autmoin, - Satan lui apparaissait souvent ct qu'il lui commendait de faire du mal.Ces accointances diaboliques n \u2018étaient pas toujours réelles, car les devins étaient le plus \u201ceg\u201d re A die RE, mnt How cr LR me J OURNAL DES CAMPAGNES _ souvent des fourbes, usant de supercherie pour servir leurs fins personnelles.Toutefois on cite des cas où des devins consultés sur l\u2019avenir, ont été tellement heureux dans leurs oracles, qu\u2019il semble impossible que l'homme, laissé à ses seules ressources imaginatives, puisse ainsi deviner les secrets de Dieu.La fonction d\u2019autmoin Ÿnsistait en une espèce de sacerdoce héréditaire ; le fils.aîné de Membertou, appelé Actaudin par les sauvages et J udas par les Français, disait qu\u2019il scrait autmoin après la mort de sou père.Lorsque les Français vinrent se fixer à Port-Royal en 1605, après avoir péniblement échoué dans leur tentative de colonisar l'île de Sainte-Croix, Membertou ne tarda pas à venir du fond de la baie Sainte-Marie saluer ces étrangers dont il avait connu l\u2019arrivée dès l\u2019année précédente, car il est probable que les sauvages avaient cu connaissance des courses aventureuses À travers bois du pilote Champdoré et de quelques autres, à la recherche de l\u2019abbé Nicolas Aubri qui s'était égaré dans la forêt avoisinant la baic.Membertou était un vieillard.Lescarbot dit à deux reprises qu\u2019il dépassait alors su centième année, bien qu'il ne parût pus avoir plus de cinquante ans, et qu\u2019il n\u2019efit pas un seul cheveu blanc.Cette dernière particularité n'est pas un trait caractéristique de jeunesse | 8 chez les indiens, car il est assez rare que leurs cheveux perdent leur couleur avec les années.Membertou apprit aux Français qu\u2019il avait conou Jacques Cartier lors de son passage däns la Gaspésie on 1534, et qu\u2019à cette époque il était déjà marié et père de famille.Le vieux sagamo pouvait ne pas mentir,car ayant atteint ses 30 ans en 1534, il est -probable qu'il était déjà marié à cette époque.Actaudin, l'aîné de ses fils, était âgé de plus de 60 ans en 1610, mais il pouvait bien n'être que le plus vieux des survivants.Quoiqu'il en soit, Membertou était à la tête d\u2019une nombreuse famille et il avait sur toute la nation souriquoise une autorité -considérable qui n'avait fait que s'accroitre avec le temps, ¢ ZI était un homme d'esprit,\u201d dit Charlevoix, Joignons à cette qualité la ruse ordinaire aux sauvages et le calcul dans la conduite et les sentiments, sans déloyauté toutefois ni aucun manque de sincérité, et nous aurons-connu le caractère de cet illustre sagamo.Fin, rusé, loyal et généreux : tel était Membertou.Durant les cinq années qu\u2019il vécut à côté des Français à Port-Royal où il avait dressé une cabane tout près du fort, jamais son caractère ne se démentit.Toujours calme et réservé, il ne connut aucune de ces petites perfidies propres aux sauvages et qui laissent apercevoir chez eux un vice daus le caractère dû au manque d'éducation et à la défiance les uns des autres.Membertou sc montra l\u2019ami fidèle et dévoué des Frangais, dans la mauvaise comme dans la bonne fortune, Toujours prêt à rendre\u2018service, il s'engagea, après qu'ils eurent décidé d'abandonner l'habitation de Port-Royal, à prendre soin des constructions et à relever le courage des deux seuls compagnons de Champlain et de Pont Gravé qui consentirent à rester comme gardiens du fort pour y tenir debout le drapeau de la Nouvelle France.Poutrincourt avuit pris le vieux chef en grande amitié.Pas une fête dans l'enceinte de Port-Royal, sans qu\u2019il eut sa place à table au milieu des compagnons de l'Ordre du bon temps, dont Lescarbot était l'âme.Ces repas étaient suivis de harangues et de danses à la façon des sauvages duns leurs tabagies.\u2018* Membertou, dit Lescarbot, arrès la danse, haranguait avec une telle véhémence qu\u2019il étonnait le monde ; il racontait les courtoisies et amitiés dont ils étaient l'objet de la part des colons, cu qu\u2019ils en pouvaient espérer à l'avenir, combien la présence d'iceux leur était utile, voire même nécessaire, pour ce qu\u2019ils dormaient sûrement et n\u2019avaient crainte do leur ennemi.\u201d Quand des vauvages forains arrivaieut à Port-Royal, leur première visite était pour Membertou, \u2018\u2018 là où ils s'asseoiaicnt, et se ,mottolent à potuner, et après avoir bien petuné, bailloient le petunoir au plus apparent, et de là consécutivement aux autres \u2018 puis au bout de demie heure commençoient à parler.\u201d Lorsque des chefs venaient lui rendre visite,il avait recours à la munificence frangaise pour leur faire bonne chère.Le vin du collier était mis à contribution, et les sagamos s'en.donnaient à cœur joie.Mem bertou lui-même ne dédaignait pas le vin qu\u2019on lui offrait chaque fois qu\u2019il allait au fort.Cela me réjouit, disuit-il, et me procure uu bon sommeil, Mais il n'apparaît pas qu\u2019il se soit laissé entraîner à des excès\u2018 comme il arrive généralement aux sauvages quand ils ont l'occasion de boire À leur gré.Sa dignité en eut souffert, ct Membertou te-ait fortement à ne pas la compromettre, S'abeentait-il un peu plus longtemps qu'à l'ordinaire, il voulait qu\u2019à son retour à l\u2019habitation, on tirât du canon, en considération de sa qualité de sagamo, et comme tel, disait-il, il avait autant de titres & cet hon neur que les capitaines français.Le Père Biard, qui a le plus écrit sur le compte des sauvages de l\u2019Acadie, nous apprend qu\u2019ils se laissaient facilement baptiser mais qu\u2019en consentant à embrasser le christianisme, ils avaient plus en vue de conquérir l'amitié des Français que de se convertir sincproment Membertou fit exception, dit-il, r \u2018\u201c il était chrétien de cœur, et ne désirait rien tant que de pouvoir être bien instruit pour instruire les autres.\u201d Lescarbot avait jeté les premières semences de vérité dans le occur du grand chef.Les conférences qu\u2019il donnait tous les dimanches, avant l\u2019arrivée des missionnaires, et auxquelles les sauvages assistaient à côté.des Français, furent le commencement de son instruction religieuse.Membertou comprenait un peu le français Ses rapports de longue date avec les Basques dont le langage avait une certaine affinité avec le nôtre, avaient fini par le familiariser avec quelques expressions françaises d\u2019abord, puis avec la langue.Les Souriquois en général, du temps de Poutrincourt et de Lescarbot, entremélaient leurs discours d'une foule de mots basques qui les rendaient presque incompréhensibles, excepté des Bas ques cux-mêmes.Le baron de Saint-Just fils de Poutrincourt parlait fort bien l\u2019idiôme des Souriquois, et il se faisait un plaisir d'enseigner à Membertou les premières vérités de notre relirion, Toute la famille du vieux sagamo assistait aux leçons de catéchisme avec un recucille, pment et un esprit de foi édifiants.Peu à peu la lumière se fit dans les fmes de ces enfants des boig, et quand vint le jour où lc prêtre devait verser sur leur front l\u2019eau régénératrice, ils étaient parfaitement éclairés sur nos mystères.La cérémonie du baptême avait été fixée au 24 juin, jour de la fête de StJean- Baptiste.Les néophytes, au nombre de\u201d vingt ct un, vinrent prendre leur place dans la petite cabane de bois qui servait de chapelle Chacun, suivant les expressions de Lescarbot, \u2018\u201c fit reconnaissance de toute sa vie, confessa ses péchés ct renonça au diable qu'il avait servi jusque-là.\u201d L'eau sainte ayant coulé sur leur tête, le missionnaire Jessé de Fléché entonna le Te Deum ; et le canon du fort ft résouner les échos de la forêt en signe de réjouissance, Les nouveaux chrétiens reçurent chacun un nom de saint.Membertou fut appelé Heuri, du nonr du roi de France Henri 1V qu» l'on crayoit encore vivant.La femme de Membertouregut le nom de Marie, en mémoire de la reine régente.Les autres baptisés étaient : Membertoucoichis (Judas) fils aîné de Membertou, âgé de plus de soixante ans, nommé Louis par M.de Biencourt en souvenir du dauphin.Actaudinech, troisième fils de Membertou, surnommé Paul du nom du pape Paul, alors glorieusement régnant.La fille du vieux chef nommée Marguerite.Sept enfants de Membertoucoichis, dont six filles ct ses trois femmes ; Arnest, cousin du grand chef; Agoutlegouen, autre cousin, sa femme, deux filles et une nièce.en Ad \u2018ae - ey veus .2 es Er Ty arr at * © Depuis ce moment jusqu\u2019à sa mort, Membertou donna des preuves de sa piété et de sa foi profonde.II portait uve croix sur sa poitrine ; il assistait régulièrement aux offices religieux.Son exemple fut bientôt suivi par une centaine de ses compatriotes.Si ce vertueux néophyte eût vécu plus longtemps, i eût certainement converti toute sa nation, car il prêchait de parole et d'exemple.Au témoignage de Lescarbot, il semblait disposé à vouloir implanter le règne du Christ, même par la force des armes, sur toutes les plages acadiennes.Moreau rapporte un fait qui démontre la grande foi de Membertou.Un jour que ses provisions étaient épuisées et que lui manquaient même les ressources de la pêche, parce que le poisson, qui devait À cette époque, monter de la mer dans la rivière, n\u2019était pas encorc arrivé, se souvenant de ce qu'on lui avait dit de la puissance de la prière, il se mit-à.genoux, et il demanda au Père tout- puissant, qui donne aux oiseaux leur nourriture, de lui envoyer quelque secours dans ga détresse.En même temps avec uno confiance pleine d'abandon, il chargea sa fille d\u2019aller voir si le hareng qu'on attendait, commençait à paraître, Il ne s'était pas relevé que déjà celle-ci venait en courant et en criant : \u201c Le hareng, mon père, le hareng\u2019! \u201d C\u2019est.ainsi qe Dieu se plaît quelquefois à récompenser la foi de ses bons serviteurs, Membertou, comme nous l\u2019avons vu, était âgé de plus de cent ans, lors de l'arrivée des Français À Port-Royal.En dépit de cet âge qui comporte la décrépitude et l\u2019importance le sagamo souriquois avait conservé une grande force physique.Il jouissait de toute la plénitude de ses facultés ; son jugement était sain, ça mémoire complète.L'organe de la vision chez lui était si parfait, qu\u2019i voyait venir une chaloupe d\u2019aussi luin qu\u2019 était possible sans lunette d\u2019approche.Au témoignage de Lescarbot, pas un Français n\u2019avait aussi bonne vue que lui.C'est à cette puissanee de vision que des Français arrivant un jour date une barque au Port- Royal, durent de n'être pas coulés à fond par les gardiens de l'habitation, Miquelet et la Taille dont il a déjà été fait mentiun.Cinq années avant la mort de Membertou, un des chefs souriquois nommé Panonias ou Panoninc,était allé trafiquer des marchandises du magasin de Port-Royal chez les Armouchiquois, cantonnés dans le port de Chouacouët, appelé aujourd\u2019hui Saco.Ces barbares le firent mourir sans que l\u2019on sache trop pourquoi.Ce crime eut lieu dans l'automne de 1606.Membertou résolut de Fenilleton du \u2018* JOURNAL DES CAMPAGNES \u201d 15 Janvier 1891.\u2014No 2 Fe LL SELINA (SUITE) Elle vidait d\u2019un.trait la coupe emmiellée de son heureuse jeunesse sans s'inquiéter si au fond elle n \"y trouverait pas d'amertume.Yvan lui paraissait bon et aimable entre tous, c'étais le plus cher et le meilleur d\u2019alentour, elle le voyait avec plaisir, écoutait avec orgueil les sdniou que le jeune Barz composait pour elle, mais ne s\u2019était en- \u2018core jamais dit qu\u2019elle l\u2019aimait.Le pauvre Yvan avait grand tort de s'inquiéter de sa misère, le jour où Joselle aimerait, ses galons d\u2019or n\u2019emprisonneraient pas son cœur.Quand le jeune homme parut et la salua, la Minôrez quitta le seuil de so porte et s'\u2019avança légère vers la barrière qui séparait la prairie de la cour d'honneur de la ferme.Le poète la eomparait à une libellule, il fallait bien justifier Ja coniparaison.Yvan considérait d\u2019un air charmé, la jeune fille-venant à lui et dont l\u2019élégante silhouette se dessinait si gracieuse sur le ciel orangé pour les derniers rayons du soleil \u2014 Bonsoir, cousin, dit-elle gaiement, quelles nouvelles\u2018de la ville ?\u2014 Dame, cousine, vous m\u2019embarrassez.| \u2014 Vraiment : un beau parleur, comme vous, doit glaner beaucoup à la ville, .afin d\u2019avoir à raconter au village.Le jeune homme rougit, le sourire malin de la Minôrez rendait difficile à deviner si le propos était compliment ou raillerie, mais Tvan n \u2018était pas garçon à rester coi.\u2018 \u2014Eh bien ! cousine, vous intéresse- rait-il de savoir que le cours du bétail était très haut, que vos fermiers ont beaucoup vendu et très peu acheté ?La jeune.fille eut une moue jndiffé- rente.\u2014Cela.nous intéresse médiocremient.Vous plairsit-i)_ de\u201d -connaître la côte des blés.,Ç Ici la moue fut dédaigneuse.\u2018 .\u2014 Pas plus ?Voyons, vous dirai-jo que la qualité des gommes promet un cidre exceptionnel ?Joselle fit un geste d'impatience.\u2014 Non plus ?Ah! je vous appren- dr£i que la sorcière de Cléguèrec.prédit | à sa commune des récoltes splendides.\u2014Décidément, mon pauvre Yvan, vous êtes ennuyeux çomme \u2018les mouches aujourd\u2019hui.\u2014Ma cousine, vous me demandez des nouvelles, je vide mon sac.\u2014Vos provisions sont de mauvaises qualités, Yvan.Bien obligé ! Cependant je voudrais vous satisfaire, - que sais-je encore ?- Tenez, la clavelée sévit-.dans Malgué- Dac, Joselle tourna le dos à son pseudo cousin et reprit le chemin de\u2019 sa demeure.Le jeune homme riait maligne- ment.\u2019 \u2014Joselle, je sais peut-être autre chose.La jeune fille s'arrêta.\u2014Vous savez, votre amant dernier prétendant, le petit-commis à ln régie\u2026 La Minôrez se retourna, l\u2019æil curieusement dilaté.; \u20141I1 se marie, peursuivit le jeune homme que cette volte-face amusait.La jeune fille revint sur ses pas, s\u2019accouda de nouveau à la barrière.\u2014Avec qui ?fit-elle.\u2014Devinez.\u2014Non, je donue tout de suite ma langue aux chats.| \u2014Oh ! cherchez un peu.\u2014Non, dites tout de suite.\u2014 Et si cette nouvelle allait encore vous ennuyer ¢{ fit le jeune \u2018homme qui se plaisait à taquiner la jolie curieuse.\u2014Oh ! que vous êtes insupportable, Yvan, vous me faites languir i plaisir.Ils étaient charmants tous deux, enveloppés dans les rayons de pourpre d'un beau soleil couchant, Joselle s\u2019appuyant, chaste et naïve, à l\u2019'huis rustique, Yvan, adossé aux flancs d\u2019un superbe bœuf de labour.Une mutuelle sympathie animait leurs regards, la joie illuminait leur front.Ils dtaient beau ils paraissaient bons, leur bonheur était enviable, c\u2019était ce que pensait l\u2019homme qui, à l'entrée du chemin creux, protégé par les dernières broussailles, contemplait avidement les jeunes gens.Cet homme venait de Pontigny, il suivait d'assez près Yvan ; mais en le voyant causer avec la jolie fileuse qu\u2019il admirait aussi à travers les branchages, il s'arrêta, ne jugeant pas à propos de se démasquer en traversant la prairie sous le regard des causeurs.Ce voyageur poudreux portait le costume de l'ouvrier malsiisé, le petit paquet qui se balan- Lait au bout de son bâton, jeté sur l\u2019épaule, composait un mince bagage.Pour son physique, nous cruyons qu\u2019il ne faut pas juger à la mine un homme fatigué, poussiéré, altéré, par une longue route.Cependant son regard faux et mauvais faisait ressemblerle voyageur à une Méphistophélès en quête de victimes à tourmenter et à perdre.avec cette différence que ce Méphisto villageois pou- \u2018vait faire le mal à son profit, au lieu de le faire commettre \u2018par autrui.Ses yeux noirs, en regardant la jeune fille, prenaient l\u2019expression âpre et dominatrice du milan qui veut fasciner une pauvre colombe, Y van disait : \u2014Le petit commis épouse lu grosse Louise Corvec, la fille de l\u2019aubergiste de le rue du Blavet.\u2014Oh ! fit la Minôrez, une riche cabaretière c\u2019était bien ce qu\u2019il fallait, \u2014C'est spn avis il dit à qui veut l\u2019entendre que, désormais lorsqu\u2019il voudra boire de bons coups, il n\u2019aura pas besoin de faire tuc toc sur les barils d'autrui.Sous l'influence des prunelles ardentes que dardait sur «.a son contemplateur invisible Jo.Ts, sans en comprendre la\u2019 raison, se -zntait fort malà laise ; sou trouble uer: eux fut bientôt remarqué de son interlocuteur.Il s\u2019en attribnu d\u2019abord l'honneur mais voyant les yeux de la jeune fille se fixer involontairement vers le buisson qui terminait le chemin - \u2018 \u2014Que regardez-vous donc là d\u2019une façon si étrange, ma cousine ?dit-il.\u2014Rien vraiment, répondit celle-ci, voyez comme le soleil se Jouo bizarrement dans les branches de cette haie.Le voyageur, craignant d\u2019être découvert, se baissa ct gagna en rampant, une anfractuosité du talus.La précaution était prudente, une voix se, fit entendre disant : ~ « \u2014Joselle il est temps de préparer le souper, les travailleurs vont revenir.La jeune fille rentra, pendant que le jeune homme venait à l\u2019entrée du chemin examiner l\u2019envers de ce buisson qui avait paru troubler la Minôrez.Il ne vit rien, siffla ses chiens qui foldtraient avec ceux de la Cerisaie et s\u2019enfonga bientôt dans le sentier qui conduisait au village.Lorsqu\u2019on ne l\u2019entendit plus, le voyageur s\u2019assura que nul aux fenêtres de la ferme ne regardait les passants, et- continua son chemin vers Stival.11 LA VISION DE MADELON Les coteaux boisés qui, à partir de Pontivy, bordent le Blavet à gauche sont brusquement interrompus, un peu avant Stival, par nn affivent de la petite rivière qui court à travers une vallée fertile et met en mouvement le moulin de l\u2019Ajonce fleuri, ainsi nommé à cause des landes dorées, au milieu desquelles s'élèvent les bâtiments qui le composent.Au tournant du coteau, à la saillie des deux routes, une auberge accorte invite les.passants à s\u2019arrêter dans sa grande salle, à y manger une écuellée de soupe au lard et à y boire une chope de cidre.: La salle était pleine, c'était marché i lu ville, les paysans faisaient volontiers une visite à la mère Lebris ; on était sûr de trouver chez elle bonne table, cu- pieuses lumpées et merveilleux coups de langues.Lorsque notre voyageur entra dans l'auberge, les conversations étaient si animées que nul ne s'inquiéta de lui, si ce n\u2019est une fille de service.11 demandu de la soupe, du cidre et, quand il se fut restauré, il alluma sa pipe, abaisse à derni sa casquette sur ses yeux, puis, s'appuyant au mur, dans l'attitude du repos, il examina et Écouta ce qui se faisait et ce qui se disait, sans avoir l'air de rien voir ni de s'intéresser à quoi que ce fût.On parla longuement des cours du marché et des différents trafics qui y avaient été faits.Les paysans ne .se lassent pas de-ce genre de conversation, il résume leur vie ; mais les gros fermiers s\u2019en allèrant peu à peu et des jeunes: gens, que la cote des blés et le prix du bétail intévessaient moins, les remplacèrent.Les propos devinrent plus variés, la cabaretière et ses aides, en se reposant du coup de feu de la journée, y mélérent leurs questions et leurs observations.Bientôt le voyageur tressaillit, on parlait de Joselle.Le nouvel instituteur, petit jeune shomme tout fraichement sorti de l\u2019école normale et fort empêtré dans son pauvre petit haguge pédagogique, avait demandé d\u2019un air passablement dédaignenx.\u2014 Est-ce qu\u2019il y a des filles épousa- bles dans ce trou de Stival.\u2014Que vout dire épousable ?interrogea un jeune homme.\u2014Parbleu, qui peuvent s\u2019épouser, des filles à marier quoi, pour parler un vulgaire langage.\u2014Oh ! riposta le petit cuistre, je nc parle que des héritières, les seules femmes qui puissent me convenir.\u2018 Les héritières ne sont pour les merles de cette espèce, dit tout haut une servante à la mine fûtée.\u2014 Vraiment, ma belle, fit le jeune homme avec fatuité, si vous aviez une grosse dote, vous ne l'associeriez pas volontiers à une position officielle et scientifique ! \u2014 Ah ! que nenny, msieu l\u2018instituteux siffa la Jennnette, en ébauchant une courte révérence, \u2014Trève de bavardage, gronda Mame Lebris, ne vous eu déplaise, Msieu l\u2019instituteur Stival possède ln plus riche Minôrez de ces cantons.\u2014 Qu'est-ce que cel oiseau-lit.\u2014Un oiseau que tu ne mettras pas daus ta cage, vilain maître d\u2019école.chuchota l\u2019irascible Jeannette.\u2014Une Minôrez n\u2019est pas un oiseau mais une héritière, yicanèrent des jeunes gens.L'instituteur haussa les épaules, décidément il était fourvoyé au milieu de ces gens grossiers, ne comprenant rien au beau langage et pour lesquels la science avait moins de prestige qu\u2019un bon lopin de terre.La cabaretière, qui tenait à être biew avec les autorités du bourg, lui exgliqua compendieusement ce qu\u2019est une Manôrez.Le jeune homme éeoutu avec intérêt, puis clignant de l'œil.\u2014Fst-ce qu\u2019elle est jolie votre.votre.comunent done \u2018 \u2014Minôrez ?\u2014Oui, votre Minôrez ?la luin de huire à lu fortune.vrai, mes Sirènes- \u2014Sirènes, qu'est-ce que cela ! \u2014Passambleu, la Bretagne est d\u2019une ignorance, fit le petit maître d'école.beauté eau , .n'est-il pis \u2014 Vraiment, dit un buveur au visage enflammé, si cet étranger croit qu\u2019il va nous dire des sottises ét nous regarder aveu des æir de piété, ju me charge de le mettre à la raison.\u2014Ce n\u2019est pas plus drôle à nous de ue pas savoir ce que c\u2019est que des Sirèues, qu\u2019à vous de preidre une Minôrez pour un oiseau, riposta un second buveur, à la figure non moins rouge.\u2014Eh ! camarades, il n\u2019est pas besoin de se facher pour si peu, dit l\u2019instituteur, assez inquiet de Pair furieux ges interrupteurs, une Sirène, c'est uue femme poisson qui chante trop bien.\u2014Une femme poisson ! exclama-t-on à la ronde.\u2014Suflit de s'entendre, tit un roulier, il y a quelquefois des femmes poissons aux foires, mais je ne les ai jamais entendues chanter.L\u2019instituteur, pour ne pas céder à sa manie de hausser les épnules, coupa court à l\u2019incident, \u2014dJ'avais demandé si votre Minôrez était aussi belle que riche, dit-il, personne n\u2019a répondy.La salle entière aftinna que Joselle le Bihan était la plus jolie fille du pays, \u2014Sapristi ! riposta galemment l\u2019instituteur, désireux de se réconcilier son auditoire, ce n\u2019est pas peu dire, dans un pays où toutes les filles sont jolies, Le propos était risqué, les femmes sont loin d\u2019étré belles aux environs de Pontivy, mais on ne demande guère à un compliment d\u2019être l'expression de la vérité.Les servantes sourirent et rougirent à l\u2019unisson et pensèrent que si le petit instituteur n\u2019était pas beau, il avait du moins un fier toupet ; or cette qualité fait prime parmi'les Hébés de cabaret.\u2014Mais, continua-t-il, quel âge «a donc cette merveille sans pareille ?de \u2014Vingt-deux ans.SEE AR \u2014 Et elle n\u2019est pas mariée ! Est-ce que les prétendants manqueraient en ces cantons.| \u2014Los prétendants ! Ah ! bien oui, Joselle en refuse chaque année à la dou- / zaine.\u2014Pourquoi donc ?_\u2014Eh ! pardi ! parce qu'ils lui déplaisent, riposta la Jeannette, toute fière d\u2019avoir éconduit son premier soupirant, \u2014Joselle est une fille sage, reprit la mère Lebris, elle ne donnera son cœur et son bien qu\u2019à bon escient.\u2014On assure qu\u2019Yvan Quellec est en train d'accaparer le cœur et le bien de la Minôrez, dit un buveur.\u2014 Quand ce serait, répondit la cabaretière, Yvan est un beau et solide gars bien éduqué, ces deux jeunesses semblent faites l\u2019une pour l\u2019autre.L'étranger qui fumait dans le coin obscur, près de la cheminée, eut un sourire de défi, ses ardentes prunelles se divigérent vers l'instituteur qui faisait si bien son jeu en interrogeant, en sa qualité de nouvel arrivé au bourg, sur tout et sur tous, Le petit pédagogue ne \u201ctrompa pas l'attente de celui qu\u2019il servait sans s\u2019en douter.\u2014 Qu'est-ce qu\u2019Yvan le Quellec ?de- manda-t-il, \u2014Un pauvre gars sans sou ni maille, comme mous, répondirent quelques joyeux compères, que le vide de leur escarcelle n\u2019empéchait pas de\u2019 boire copieusement et de prendre gaiement la vie.Les yeux du voyageur rayonnèrent sous la visière de cuir qui les dérobait aux assistants et se tournèrent ensuite vers l\u2019instituteur.\u2014Qu\u2019a-t-il donc alors pour plaire à la Mivôrez ?demanda celui-ci.\u2014I à qu\u2019il est le plus beau gars du pays, riposta la Jeannette d\u2019un air narquois, ce n\u2019est pas à dédaigner, Msieu l\u2019instituteur.\u2014Je crois bien, fit le fat en frisottant les poils follets, qu\u2019il appelait ses moustaches, surtout quand c\u2019est rclevé\u201d par l'instruction.\u2014 Yvan est le meilleur Barz du diocèse.Qu'est-ce qu\u2019un Barz.\u2014Un faiseur de chansons.\u2014Un poète alors ?\u2014Oui, de plus il a été un des bons élèves du petit séminaire de Sainte- Anne.L\u2019instituteur blémit de rage ; quoi,un maître valet avait sur lui, si fier de son instruction primaire professionnelle, l\u2019avantage d'une instruction classique distinguée, le Pédant allait trouver son maître dans ce méchant bourg, parmi ces stupides paysans ! Maître le Merle était atterré.Le père Lebris entrait bruyamment, distribuant aux servantes les _ paquets dont il était chargé, Chacun salua la rentrée du maître de céans par cette question : \u2014Eh ! papa Lebris, quelles nouvelles ?Eh ! les enfants, les enfants laissez- moi souffler, me reposer, me désaltérer ma langue est sèchement comme une rape de service.La femme, une chope, vite un peu ! | Dame Lebris cligna de Feil on apportant l\u2019hydromel breton ; lu figure enluminée de son mari prouvait qu\u2019il n\u2019en était pas à sa première chopine.Ayant suffisamment soufflé et copieusement bu, le père Lebris alluma sa JOURNAL DES CAMPAGNES ete EEE EE rr EI bouffarde et, se renversant sûr sa chaise, en lançant avec béatitude la fumée bleu- Âtre aux poutres noircies qui en-avaient déjà trop regu, il articula sentencieusement : \u2014 Il n\u2019est pas besoin d'aller à la ville pour apprendre du nouveau.Tous les regards se tournèrent vers lui avec des points d\u2019interrogation des plus curieux, Il y en avait de toutes les formes et de toutes les dimensions ; de démesurément arrondis et d\u2019extrêmement allongés, les une fermement accentués, les autres timidement troublés un seul manquait, celui du voyageur ; depuis qu\u2019on ne parlait plus de la Minôrez,il semblait ne porter, aucun intérêt à , | la conversation et s\u2019absorbait dans ses pensées, Hl Cependant le pére Lebris, aprés avoir humé la curiosité générale, se décida a la satisfaire.\u2014 Eh bien ! mes enfants, voilà ce qu\u2019il y a : le bonhomme Fantic est en train de rendre son ême.\u2014Et diable, acheva un vieillard, \u2014Certes, dirent les hommes, sonne ne le regrettera.\u2014An, firent les femmes, il verra ce que lui rapportera là bas son or, dont il a si peu joui en ce monde et qui a coûté tant de larmes aux pauvres gens.\u2014Oui, il verra, ce que lui vaudra de m'avoir ruiné,.moi et tant d\u2019autres, gronda le vieillard ; par Saint-Mériadec, mon patron, j'aimerai mieux, quand il faudra rendre mes comptes à Dieu, être pauvre, comme il m\u2019a fait, que riche, comumne il l\u2019est devenu, On n\u2019emporte pas son or là-haut, en n\u2019emporte que sos bonnes et ses inauvaises\u2019 actions ; n'oubliez jamais cela, jeunes gens.Le voyageur sé'tait repris à écouter ; la profession de foi du vieillard faillit lui faire hausser les épaules, mais il se soutint ; l\u2019instituteur allait encore satisfaire sa curiosité sans qu'elle eit la naine de se révéler, * Ce petit cuistre, pensa l\u2019inconnu, y- \u2018trait être à l\u2019occasion un précieux auxiliaire.\u201d Tour confirmer cette bonne opinion, le petit cuistre demanda : \u2014Qui est-ce, l\u2019honorable Fantic ?il paraît s\u2019être acquis l\u2019aversion de tout le monde.\u2014Le plus détestable avare que l\u2019en- réclame ; Msieu l\u2019institeur, répondit le cabaretier, es.affermissant sa chaise et frappant sur la table un formidable coup de poing.Oui, aussi vrai que je suis ici et que je bois ce coup à votre santé, je n\u2019en ai pas connu de plus haïssable.Maître Lebris s'essuya les lèvres du revers de sa large main, et se renversant de nouveau sur sa chaise, il continua, \u2014Fantic a à peine dix ans de plus que moi, je l\u2019ai donc bien connu, ainsi que son père et son grand\u2019père, sans parler de sa mère, de sa grand\u2019mère, de ses oncles, frères et neveux, tous plus braves gens les uns que les autres.Ayant ce sang honnête dans les veines, Fantic eût dû être honnête aussi ; mais on prétend qu\u2019une/sorcière jalouse avait jeté un sort sur sa mère et sur son premier né C'était vrai, sn mère mourut en lui donnant le jour, son père se remaria à une femme acariâtre et Fantic, qui était garçon très honnête, et le fit demeuré en restant au village poursuivi par le sort, voulut aller tenter fortune à la ville ; il n\u2019en rapporta rien qu\u2019une avarice sordide per- « et/les secrets du vilain métier de juif qu\u2019il exerce ici depuis plus de quarante ans, Mes garçons, croyez-moi, ne quittez pas les champs, on ne gagne pas grand chose à la ville, et ceux.qui en reviennent sont souvent des propres à rien, Le voyegeur fronça \u2018les sourcils et regarda l'aubergiste d\u2019un sir farouche.\u2014Ainsi donc, fit le grand vieillard ruiné, ce damné Fantic va bientôt régler ses comptes avec le grand Maître ?Ça c\u2019est sûr, dit une Madelon.du village qui venait au cabaret chercher une pinte de cidre pour son mari.\u2014Pour sûr, la vieille ?_ \u2014Pour sûr, mes fils ; le diable rôde autour de sa maison.\u2014Le diable ! fit l'institutetr dule.Eh oui ! le diable, riposta la Jeannette, est-ce que vous êtes comme les commis voyageurs qui attendent pour croire au diable qu\u2019il les ait emportés dans la fournaise dont nul ne sort ?En ces temps-là, les instituteurs ne croyaient pas plus à Dieu ni à diable que les commis voyageurs, mais ils jugeaient prudent de n\u2019en rien dire, Dieu n\u2019étant pas encore expulsé des écoles.\u2014Est-ce que vous avez vu le diable, la belle fille ?demanda-t-il narquoisement.° \u2014Oh ! Jésus, non bien sûr, la paysanne en se signant.\u2014 Moi je l\u2019ai vu.Msieu l\u2019instituteur, répliqua Madelon! : \u2014Tu Yas vu Madelon ?direrit les Bretons.\u2019 \u2014Cui, \u2014Où, comment ?Seigneur Dieu ! firent les paysans en se signant aussi.~Madelon jetait un regard d\u2019en zie sur le pichet de cidre mousseaux ; la mère Lebris comprit qu'il fallait lui \u2018dégourdir la langue.\u2014Allons, Madelon, fit-elle,- assieds- toi un peu pour nous raconter la .chose et bois un coup afin de te remettre le cœur.La vieille ne se fit Jus répéter deux fois.\u2014Eh bien ! dame Madelon, ricana l\u2019instituteur, comment est-ce fait le diable ?La paysanue lui jeta un regard de travers et commença, sans daigner lui répondre.; \u2014Voilà comment la chose m'\u2019arriva, mes enfants.Cette semaine la Minôrez fait faire la lessive ; Dieu sait sh y a du linge chez les Bihan, du beau linge fin, plein aux armoires, et il y à des armoires dans toutes les chambres et méme dans les greniers ; toutes les lavandières de Stival sont louées, at les battoirs battent et le savon mousse depuis le lever du soleil jusqu\u2019à son coucher.L'année a été rude, quelques sous de plus ne sont pas de trop à la maison.\u2014Et le cliable ?fit l'instituteur patienté des longueurs du début.\u2014 II tordra un jour son linceul, païen de savant, grommela Madelonincré- répondit im- \u2014Tantine, Tantine, dirent les jeunes filles, revenez à l\u2019histoire.On savait la vieille verbeuse à l\u2019excès, cependant la curiosité donna de la patience aux plus impatients.Sans attendre d\u2019invitation, la narratrice, bien persuadée de son importance et de ses droits, prit le pichet de cidre et but à même une bonne rasade.1 \u2014Cela donne soif de voir le diable, fit encore l'instituteur.Dame Madelon lui jeta un second regard de travers et reprit.* \u2014 Pour ga c'est vrai, les enfants, 'année a été mauvaise-et mes vieilles mains le Bihan.O bon Jésus ! quel beau linge ! Sainte Vierge, quelles grandes armoires pleines ! \u2014 Après, fit Mame Lebris\u2014 Après, poursuivit la bonne femme sans s\u2019émouvoir, je revins lundi sur le tard à la maison ; bêtes et gens attendaient leur souper.Je parle, sauf votre respect, de mes gorets et de mon hom- au Faniou quérir des choux.\u2014 Le Faniou, Msieu l\u2019instituteur, dit\u2019 maître Lebris, avec condescendance, est un grand champ qui appartient à Fantic et s'étend derrière sa maison, la dernière du bourg, comme où va au moulin de l\u2019Ajonc fleuri, dont elle n\u2019est séparée que par un petit bois taillis, \u2014 Je la vois d'ici, répondit l\u2019instituteur, je vois aussi le Faniou, puissé-je de méme voir le diable.uv \u2014 Seigneur ! faut pas défier le malin, Msieu l\u2019instituteur, il se vengerait, dit la brave cabaretière.Mériadec, Jeannic, Mathurin, les buveurs aux joues enflammées, avaient envie de jeter à la porte, dans l'espoir peut-être de le jeter au diable, cet étran- gor qui semblait se gauser du surnaturel, si cher aux Bretons, , \u2014 Allons, Madelon, \u2018dit l\u2019aubergiste va donc.La digne matrone caressait le pichet d\u2019un regard plein de convoitise.\u2014Bois, Madelon, reprit Maître Lebris, bois, mais raconte, ou si tu ne racontes pas, va-t-en.\u2014\u2014Au diable, acheva l'instituteur.Cette fois tout le monde rit ct la vieille jeta au jenne homme un troisième regard de travers.\u2014J\u2019allais done, poursuivit-elle, au Faniou couper des choux dans le coin que j'ai loué au vieux grigou ; la nuit vait et remplissait la vallée, si bien que je ne distinguais pas mes choux d\u2019avee ceux des voisins.\u2014Bravo, dit l'instituteur, quel heureux brouillard ! pour vos choux, dame Madelon, car - pour ceux des voisins c'était peut-être un mauvais brouil- yard.op La conteuse se rebiffait, indignée de soupçon, elle allait vertement répondre, mais la Jeannette mit le pichet entre ses lèvres en disant : \u2014Pour Dieu, Msieu le Merle, n\u2019interrompez pas ainsi, l\u2019histoire ne sera pas finie demain matin.La jeune fille zetira le pichet que la vieille ne se pressait pas de rendre et, tout en se pourléchant les lèvres, dame Madelon adressa «un quatrième regard de travers au railleur et continua : \u2014Le brouillard enveloppait les maisons, de celle du grigou on n\u2019apercevait que le tuyau de cheminée ; vous savez que le grippe-liards ne\u2018 fait jamais de feu.\u2014\u2014Jamais, s\u2019écrièrent les gens de Stival.\u2014\u2014Jamais, reprit la vieille, eh bien ! lundi la cheminée fumait, aussi vrai que je suis ici, \u2014La cheminte fumait ! reprirent les Stivaliens en chœur.ont été bien aise de laver le linge des me.Madelon, que je me dis, faut aller venait, avec la nuit le brouillard s'éle- \\ _.-\u2014 \u2014 Fh bien! Yavare n'a-t-il pas le © droit de se chauffer, dit l'instituteur.Mais sa remarque se perdit au milieu du bruit des escabeaux qu\u2019on rapprochait de Madelon.\u2014Non seulement la cheminée fumait, .Mais vrai comme vous êtes là, des gerbes de feu s'en\u2018échappaient.\u2014 Des gerbes de\u2018feu !! ! Les joues de Jeannic, de Mathurin, de Mériadec, n'étaient plus du tout enflammées, la-pipedu maître de céans n\u2019envoyait plus aux solives du plafond ses spirales bleuâtres et personne ne prenait garde au pédagogue qui haussait les épaules avec dédain, en disant : \u2014Un feu de cheminée, parbleu ! \u2014 Oui, mes enfants, contiuuit Madelon, qui avait profité de la stupeur générale pour alléger le pichet, ou des gerbes de feu d\u2019abord.| \u2014Et ensuite ?\u2014Des flammes, pour -de.vrai, des flammes qui sentaient le souffre.\u2014Le fou de l'enfer, pour sûr, dit la petite Guillemette, blanche comme sa coiffe.° \u2014-Oui, le feu de l\u2019onfer, répétèrent ensemble Mériadec, Jeannic et Mathurin, dont les joues étaient de la couleur de la coiffe de Guillemette.\u2014Et ce n\u2019est pas tout, fit Madelon.\u2014Grand Dieu ! quoi encore ?halbu- butia madame Lebris, \u201c \u2014Au milieu des flammes deux corbeaux, aux yeux rouges et aux becs de feu, croassaient et riaient ensemble ; cela faisait dresser les cheveux rien que _ de les entendre, \u2026 \u2014=Les corbeaux riaient, Madelon ? Lebris sut se faire entendre.réveillé en sursaut s\u2019écria.\u2014Qu\u2019y 'a-t-il ?qu\u2019y a-t-] ?\u2014Oh ! le feu n\u2019est pas à la maison, mais le soleil est levé, tout le monde est sur ie pied au village, maître Ropert, le maréchal ferrant vient pour la petite opération que vous savez; camarade ; dépêchez-vous, il veut commencer sa journée par vous, ses autres clients piaffent et ruent à sa porte.Postec ouvrait.\u2014Toujours farceur le père Lebris, dit- il de bonne humeur.\u2014Parbleu ! il faut mieux rire que pleurer.Avez-vous bien dormi.\u2014\u2014Très bien, mais, dès que je serai rasé, je dormirai encore ; quand on vient de Paris à pied, vous compre- nezî\u2026 \u2014Oui, c\u2019est une bonne trotte ; je vais dire à la bourgeoise de vous préparer un soupe au lard, qui ne nuira pas au sommeil, \u2014Au contraire, merci.Je suis à vous, maréchal, dit le jeune homme en riant.-Oh ! je n'ai pas l'intention de vous ferrer, riposta l\u2019autre riant aussi, Avec une main plus légère que ne le faisait présumer sa principale profession, Postec» ,|il promena sa savonnette eur le visage de son client.(A suivre) Une élection à propos de la loi Scott à eu lieu hier à Charlottetown, résultant à un vote hostile à cette loi.Il y a eu beaucoup d\u2019excitation dans la ville au sujet de cette élection.- MPA0S \u201cVon aN/01T0S 200 000 11 MST dE - ¢ ries + B00 ÉD nus 6S MY gy A vendre 9 0 ACRES de terre, dont 160 en bois franc, pouvant former une belle sucrerie, A DIX MILLES seulement du village de Mégantic et da chemin de fer du Pacifique.Il a plas de 20 arpents en culture, Pour plus amples inform: tions 4 S'adresser à ANDRE E :RNIER, Sainte-Cé&cile de Whitton, Co de Compton, Québec, 14 mai 1890\u2014 77 13 Les Peaux Rouges Winnipeg, Man, 9\u2014Les sauvages de lu réserve situét à environ 9 milles'au sud de Deloraine, ont commencé à danser la célèbre danse des esprits.Ces sauvages sont presque tous des réfugiés des Etats-Unis.Trois jeunes chefs continuent seuls au travail.Les sauvages de cet endroit sont peu nombreux, Pine Ridge Agerer, S.D.P., 9.\u2014L'ins- ecteur médical Bache fait rapport que 25 fodiens blessés et 15 soldats sont à l'hôpital.Un courrier vient d'arriver des quartiers généraux du Gén.Brooke, à Wounded Knee reek apportant un message au Gén.Miles, qui lui annonce que l'on entend de fréquentes détonations du côté du camp des sauvages, et que l\u2019on croit que quelque détachement de troupes aura été attaqué par les Sioux, Des éclaireurs ont été expédiés pour connaître co qui s'y passe.Les troupes du énéral Brooke sont prêtes à rencontrer les eaux Rouges, Le général Miles a aussi reçu un rapport officiel de la mort du lieutenant Casey, Compagnie H, 22ème corps d'infanterie, qui a été tué par les sauvages.Le jeune officier s'était trop avancé du camp indien et a reçu une balle dans la tête qui l'a étendu raide mort.Ce jeune officier était généralrment estimé et promettait un brillant avenir.Le Gén.Brooks, sous les ordres duquel se trouvait le lieutenant E.Casey, à envoyé un détachement d'hommes, pour ramener le cadavre au camp américain.Ona trouvé le corps de l\u2019infortuné soldat complètement nu, les Ogallalas qui l'ont tué lui ayant enlevé ses habits.Les restes de Casey seront envoyés au fort Keogh, Montana Nuage Rouge et sa femme se sont échappés du camp ennemi ct ont fait 16 milles dans Ja nuit pour venir au camp du général Miles.Le général américain espère que cet exemple produira de bons résultats, Le colonel Kent et le colonel Baldwin sont à prendre tous les renseignements poesibles concernant le combat de Wounded Creek, Aucune accusation n\u2019a été portée contre le colonel Forsythe et il esv faux qu'il ait été mis en état d\u2019arrestation.Washington, 9.\u2014 Le Président a hier nommé le capitaine Francis Pierce, du ler corps d\u2019infanteric des Etats-Unis, pour rem - placer I'agent Royer, de I\u2019 Agence Pine Ridge, qui est rappelé.Omaha, Neb., 9.\u2014Le gén.Colby, de fla milice de Nebraska, a actuellement 18 compagnies sur pied pour protéger les villes et villages échelonnés sur la frontière des agences du Pine Ridge ct de Rose Blud, sur une étendue de 160 milles, Le colonel Baker et le major Cornegys sont ici pour payer les soldats.Ils vont distribuer $66,000.Tempete et tremblement de terre Madrid, 9.\u2014Une violente tempête sévit sur les côtes de Florence et on a déjà signalé plusieurs naufrages.A Grenade, avant-hier, on a ressenti une très forte sccousse de tremblement de terre, Les habitants sortaient de leurs maisons, croyant qu\u2019elles allaient être démolies.Une operation rare Berlin, 8.\u2014Le prosesseur Hahn a ouvert le côté et la plèvre d\u2019un pulmonaire traité suivant la méthode du Dr Koch et a fait l'examen du poumon du patient et a trouvé dans l'organe une caverne énorme se remplissant d\u2019un tissu nécrosé.Il y avait longtemps que le malade souffrait de pthisic et l'on considère le traitement Koch, dans son cas, un succès véritable.C\u2019est la quatrième fois seulement que les annales de la médecine, enregistrent pareille opération ayant réussi.Un sacrifice humain Winnipeg ; 9\u2014Le Bulletin d\u2019Edmonton donne le récit de la découverte du squelette -d\u2019un jeune Indien âgé de huit ans, qui était disparu depuis le mois de juillet dernier.Ce garçon, dit le journal en question, était allé avec son père qui se nomme Bluehorn, à une artic de chasse à Beaver Hills, près du fort askatchewan.Le squelette était debout, les bras étendus et les poignets attachés à des arbres.D'après les circonsbances qui entourent cette mystérieuse affaire, on suppose qu\u2019un des jours suivants l'enfant à été envoyé au camp par son père et a été pris en chemin par des fodiens qui l'ant offert en sacrifice pour obtenir les faveurs de leurs dicux dans leurs chasses.Ces indiens ont l\u2019habitude d'offrir à leurs dioux avant le départ pour Ja chasse des pièces d'étoffes ou autres objets. a ap RE JOURNAL DES CAMPAGNES, Donnera du Ton aux Nerfs, Donnera de la Force aux Muscles, Donnera de PEmbonpoint, Donnera de l\u2019Appétit, PPT Québec.29 novembre 1890\u2014Ian.Restanratour de Robsonvoue 5 () 3 comme Ron A = 3 Lol SRA TR RE IR Tan Pourquoi per- metire A vosche- veux gris de vous vieillir prématurément quand, par un usage judicieux du RESTAURATEUR DE ROB- \\ soN, vous pouvez facilement _rendre à votrecheve- lure su couleur naturelle et faire 4 dispuraître cessi- ; nes d'une décré % pitudo précoce ?Non seulement Ic restaurateurde : Robson re:titue Qy Aux cheveux teur # SA couleurnnurelle, PV mals i) porspdede 72 plus ja \u201cprécieuse * pronpri\u201cte de les zo Dssouplir, de leur donner un lustre nonsaæruble, et an fc JONC D'OR SOLIDE, 391350.pour un jonc valant$2 } Os jonc est d'une coin; agp ON tion Tmetallique roconverte de \\Vé lourdes lames d'or solide de 18 karat.J Host garanti frit soninstreet 2x sa beaute des aunecs.Une garantie hl \u201cbans-fde,\u201d cst envoyes aveo chaque jons ainet qu\u2019 ue vous pouves remplir et renvoyer avec le jonca va ne vous D donne pas es Satisfaction; alo Alors nousvoos remsttrons vo re argent.Oe jono se vend ent $2.00, on ne peutle d'st! d'avec un ds $10.ages 7 introduire nos montres et nosb outeriss nous enverrons à ce jonc et eten plus notre ogue etnos T re Ls 8 .ception tharos.poss L'renense d'un-jons de cote Lei ee pou fiona: ent Envoyex vos comes.a AD HONEA wl $1.00 $1.00 - PIASTRE VOUS RECEVREZ LE \u201c JOURNAL DES CAMPAGNES \u201d Pendant douze moin.Ne manquez pas de vous abonner au Journal! des Campagnes qui se pu- DE MATIÈRE A LIRE.En outre, nous donnons eomme primo aux noaveaux abonnés .Le mois de Ste Anne et St Jonchim S'adresser à ELZiAR BREOSARD - Agent dufJouranal des Campagnes, IL & 18, Rue Bunde, Québec.blie tous les JEUDIS, contenant 16 PAGES "]
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