Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Domaine public au Canada

Consulter cette déclaration

Titre :
Journal des campagnes
Lié au Courrier du Canada, cet hebdomadaire publié à Québec couvrait les domaines d'intérêt des familles rurales en accordant une grande place à la religion.
Éditeur :
  • Québec :Léger Brousseau,1882-1901
Contenu spécifique :
jeudi 31 mars 1892
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Courrier du Canada (Édition hebdomadaire)
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichier (1)

Références

Journal des campagnes, 1892-03-31, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
[" Sert ES Année N = pI os : - EE AN ab i RoE ST (0 LEH L'industrie agrico Sie ld A.+ le doit toujours JOURNAL DES CAMPAGNES FDITION HEBDOMADAIRE, Paralscant tous les JEUDIS et contenant toute \u2018as nouvelles do le semaine.Petx de l'abonnement :- UNE PEANSTRKT POUR LA lRANCE : IS FRANS Strictement payable d'avance Thin, CIHHAPARS, * DIRECTEUR-PROPRIÉTAIRE « { LEGER BROUSSEAT, \u2019 ÉDITEUR 11 & 13, rue Bua pe de, H-V, Québec.Christiane I Non occilcs.Un on vieux domestique anuonça le baron de Spar ctrou fils, \u2014Laissez-vous, Christiane, dit le docteur Berzé:ius à sa fille.C'était bien la plus ravissante blonde Qu'on price rêver : une autre Marguerite de Goethe.Lorsqu\u2019clle fut sortie, l\u2019illlustre médecin se retourna vers lu valet : \u2014 Faites cntrr ces messieurs, dit-il.Parures succvxsivement le baron de Spar, \u2014une superbe incarnation de la viville nobles- ge autrichienne, \u2014et lo chevalier Ludwig de Spar, fier et beau jeune howme de vingt-cinq Ans çuix yenx pleia do tendresse, à la mive ouverte ct loyala, Aprés |» politesses d'usage, aprés que les deux visi:eurs f'arent assis, le baron de Spar voulut aborder du front le motif qui l'amenait, Mais Uinterrompant du geste : \u2014de suis ce que vous allez mo dire, monsieur\u2026fit ie ducteur mais avant même de vous entendre, il est une confidence que jo vous (lois, nue révélation dont vous appréeic- rez vous-même l\u2019iuportance ct que ju confie sans crainte À votre honneur.Lu jeune hurime 82 lova pour s0 retirer discréterment.\u2014Ludwig, dit Je docteur, restez.C'u vous regarde plas que personne.Donnezmoi aussi votre parole.votre parole de gentilhomwwe.que pour tout le monde; même pour ma fille, vous me gnrderez le secret, : - Etonnés de cet étrange préambule, d'une gravité presque solennelle, le baron de Spar et son fils firent le serment qu\u2019on leur demandait, ct reprirent place aux côté du docteur.Après un instant de reccuillement, cclui- commença 62 cs termes : IT \u201cIl ya dix-hait ans de ocla, messieurs, j'étais alors étudiant en médecine, étudiant à Téna.C'était l\u2019époque batailieuse : un duel au moins par jour.On oroisait le for avec los officiers, avec les bourgeois, avec les étrangers de passage dans la ville, avec tous les Plnlistins comme nous disinns alors.et quand les Philistins manquaient pour amu- ger noire stérile courage, on se battaient entre ¢tudiants.des scandals pro patria.ce sont encore les mots cn usage à l'Univer sité, n° st-il pas vrai, Ludwig ?\" Le jeune chevalier inclina la tête en signe d'asscntiment, le père de Christiane poursuivit : \u201c Moi que vous voyez aujourd'hui si calme moi dont on renomme la rages-e, j'étais alors une des plus mauvaises têtes, un des duellistes lu: plus cnragés de tonte la phalange universitaire, et ju méprisais avec un superbe dédain quiconque ne jouissait pas d'une réputation à peu près semblable à la mienne, C'est assez vous dire que nous formions une sorto de cercle uniquement composé de bretteurs audacieux, d'effrontés spudassins- Hélas ! le plus âgé de nous n\u2019avait guère plus de vingt ans.Dieu nous pardonne ! Dans mon voisinage, cependant, habitait un jeune homme, un étudiant, qui se tenait à l'écart de nos épées querelleuses, et pour lequel je me sentais commo une vague sympathie, comme une propension amicale, Il va sans dire que j'uvais honte de ce bon sentiment, et faisait tout mon possible pour l\u2019étouff r en moi.Karl Stein, \u2014c\u2019était le nom de mon voisin, \u2014avais une phy-ionomie douce, des habitudes lubori u-es, une conduite en opposition avec la nôtre ll ne manquait jamais un cours, il ve so grivaït pas, il ne fumait pas, il ue te battait par, Enfin, pas un seul de ses camarades n'avait : été iuvité, admis dans lo modeste logement qu\u2019il occupait à l\u2019étago supérieur de la raison sitléo juste en face de la mienne.être la bus Jeudi, 31 Ma rete eee » de la richesse LC =, rs 1892 Un matin, comme je prenais le frais sur .mon balcon, j'aperçus, à l\u2019une des fenêtres de Karl, une blonde tête de jeune fille qui se retira aussitôt.\u2014Ah ! ah ! dis-je à part moi, il paraît que le voisin n\u2019ust pas si vertueux qu'il voudrait le paraître ?Et dès le soir même, l\u2019ayant rencontré par hasard, je crus pouvoir me permettre de le plaisanter à ce sujet.M'-nterrompant au premier mot : \u2014Je suis marié, fit-il avec une certaine hauteur ; celle que vous avez vue, c'est Mue Kar] Stein.J'eus un roarire incrédule.\u2014C'est Mme Karl Stein ! répéta-t-il, et.je vous invite à avoir pour elle tout le resp«et qu'elle mérite, J'eus grande envie de mo fâcher; et certes, avec tout autre, J\u2019entretient n'en fut pas resté là ; mais, comme je vous l'ai dit, ce jeune homme m'in«pirait vaguement de l'estime, et, bien que le connaissant à peine, je l'aimais, D'ailleurs je le savais pauvre.Un refroidissement sensible résulta cependant, de catto altereation.La veille encore, A chaqne rencontre, nous nous donnions la main, nous échangions quelques mots.Désormais, tout 5e borna À une simple salut, qui de jour en jour devint plus rare.Quelques mois se passèrent ainsi ; l'hiver arriva, avec l'hiver le carnaval, J'avais passé au bal toute la nuit du mardi gras, je venais de me jeter sur mon, lit sans même avoir quitté mon déguisement.\u2014un costume du Pierrot, je m'en souviens encore, \u2014lorsqu'on frappa soudainement à la porte, La clé se trouvait en dehors, je criai qu'on entrât : je vis paraître Karl Stein.Il semblait fort ému, il était très pâle.\u2014Que mo voulez-vous donc, voisin ?de- mandai-je, tout étonné d'une visito aussi inattendue, aussi matinale, \u2014Monsieur Berzélius, répondit-il après une courte hésitation, vous m'avez autrefois témoigné quelque amitié\u2026 Je vicos vous demander un service | Je l\u2019engagoui du geste à s'expliquer.I1 fit quelques pas dans la chambre, ct, d\u2019une voix fiévreuse, il murmura : \u2014d'aurais voulu vous éviter ce dérangement, monsieur Berzélius, mais je ne connais que vous qui puissiez m'assister.D'aill urs, vous l'es très-expert dans ces sortes affaires, \u2014Bah ! me réoriai-je, de plus en plus sur- prie, s'agirait-il d\u2019un duel ?des nations.\u2014Oui\u2026 \u2014Un duel.vous ! 11 fixa sur moi son calme regard, ot d'une voix |l-ine de dignité,me donna l'explieation suivante : \u2014Fier au soir,ma femme a désiré voir les masques entrer au bal.Je l'ai conduite à la place du Théâtre, mais de l\u2019autre oôté, sous les orbres, tout à fait à l\u2019écart\u2026 oh ! j'avais comme un prossentiment | \u2014Epfin.\u2026 \u2014Une mascarade d'étudiants est venue & pa-ser par par là.Ils m'ont reconnu,entouré\u2026 Ils étaient en joie.Fuppo-ant que ma com- pagme ne devait être traitée que comme une rencontre de carnaval.\u2014Fort bien, je comprends\u2026 \u2014Oh ! je n'ai fait que leur répondre ce qu'à vous-même, monsieur Berzélius, un jour j'ai répondu.Seulement ils étaient gris\u2026 Ils n'ont pas voula me croire ; je me suis va dans l'obligation de défendre ma f-mme cun- tre leurs attaques et d: leur inpréer silence.Üls se sont enfin retirés, mais l'un deux, celui qui paraissait 8tre le chef de ku bande, celui qui s'était montré le plus audacieux, m'a dit en partant : \u201c Je me regarde comme insulté par vous, monsieur Karl Stein ! à demain 1 \u201d \u2014 A près ?\u2014C'est tout, monsieur Berzélius\u2026 et j'étais à cent lieues de soupgonner que cette rotte affaire pût avoir des auites sérieuses, lorsque ce matin, presque à mon réveil, j'ai regu la visite de deux de cvs messicurs, encore dans leur équipement de bal ; il venaient me demander si j'étais prêt à les suivre, Ll paraît que mon adversaire\u2014c'est ainsi qu\u2019ils - le nomment\u2014ne veut pas aller su concuer avant d'avoir reçu satisfaction de ma prétendue injure, Pauvre gargon !\u2026.jo crois le vair encore me parlant ninsi : sa franchise inoffensive, et cependant résolue,eÂt dû m'éclairer l'esprit, me toucher le cœur.C'etait su vie, c'était £es vingt ans qu'il vena't confier à ma discrétion, à ma loyauté\u2026Je ne le compris past et dans la sti pide forfanterie qui m\u2019enivrait alors, j'osai répondre : Ah ! votre adversaire ne veut pas dormir sur son affront.c'est d'un brave |.\u2014 Vous trouvez ?fitle pauvre Karl, avec un étonnement naïf.\u2014Assurément.Il se nomme ?\u2014Otto Mender.\u2014Rude lame | Et vous, Karl ¢ \u201c JOURNAL DES CAMPAGNES.+ - _, : \u2019 = A .= , | = \u2014\u2014\u2014a0u = 20e, \u2014Moi !\u2026j'ai pre-que honte d'en conve- n\u2018r.\u2026Ômais je sais à peine tenir une éplo, \u2014Pus possible ! À cetic époque, en effet, l\u2019art de l'escrime était tellement répandu dans nos universités, que la réponse de Karl devait me paraître inviuisemblable, D'ailleurs, il ne me laissa pas lo tomps de rédéchir.\u2014Si vous croyez cepondant qu\u2019il soit de mou honneur de me battre, se récria-t-il, je sue battrai.Tfélas ! à coite courageuse et fière réponse, jo criai bravo.Bien plus, j'ajoutai : \u2014C'est Une bonno fortuue pour vous que ce duel, mou cher Karl.Quo diuble ! il faut qu'un étudiant faeso ses preuves | Un étv- diani, c'est un gentilhomme ! On comuen- çait à vous mépriser : et lo baptôme du sang vous manquait.Acceptez donc joycusement cette occasion : avec un tel antagoniste, clic va vous mériter d'un seul cou; l'estime de tous vos camaradcs.\u2026et mon amitié que je vous offre avec wa main.Je venais enfin de sautor du lit,j'avas couru à Karl, et, par une étreinte de funfaron, je d'encourageais, Il faut bien l\u2019avouer,ce duel,au sortir d'un bal,me semblait une merveilleuses aubaine, uno attrayante partie de plaisir.Il n'en était pas ainsi do Karl, Et cependant, telle est l'influence de ce fatal préjugé qui s'appelle lo poiut d'honneur, qu'il se croyait obligé maintenant d'affronter le combat quo réprouvait su raison, On frappa pour la seconde fois à ma porte.\u2014Ce sont probablement ces messieurs, me dit-il, Dans l\u2019espoir que vous nc me refusericz pas,je les avais priés d'attendre dans la rue.Permettez-vous que je leur ouvre ?\u2014Comment dono ! mais certainement ! Les témoins d'Otte Mender apparurent aussitôt sur le souil, C'étaient deux étudiants de quinzièmo année ; deux remards de la pire cspèce.L'un se nommait Herman, il était encore travesti en arlequin ; l'autre, Sigismond, en paillasse, Beaucoup s'en fallait quo l'ivresse de ces deux retardateires du mardi gras fût complètement discipée, À quinze aus de là, lors de mon dernier voyage on France, je vis à l'exposition certain tableau de Gérôme.\u2026 le Duel de Pierrots.J'en frissonuai juequ'au food do l'âme.Ce fut dans un sito à peu près semblable qu'\u2019ent lieu la rencontre de Karl d'Otto.Une sombre matinée d\u2019hivor\u2026 des arbres décharnés sn détachant eu noir sur un cie] gris.une bise glacial et sinistre sifflant autour de neus\u2026 partout de Ja neige.Sur cette neige-ld, je vois encore le sang de Karl Stein.; Car il tomba, mortolloment atteint.En le voyant si mal so tenir en garde, tous cependant nous avions crié à Otto Blender : \u201c Ménage-lo !.Rien qu'une égratignure !\u2026 Ft sans auoun doute Otto Mendor le voulait ainsi\u2026 Le pauvre Karl so défendais comme unÿlion : le destin fut inexorable ! Mais ce n'était pas seulement Karl qu\u2019i Tenait de frapper ainsi, ce devait Être encoro tous les auteurs, tous les complices de cetto mort.de cet assassinat ! \u201d III En prononçant ces derniers mots avec une émotion profonde, le docteur Borzélius avait courhé le front come sous lepoids d\u2019une invisible malédiction d'en haut.Le baron de Spar ct son fils attendirent dans un respectueux silence.Berzélius reprit aussi : \u201c Lorsqu'il nous fut bien prouvé que lu: ri était mort, nous nous relevâmes tous, le meurtrier comme les témoins, ct durant quelques secondes nous nous regardimes les uns les autres, avec uue consternation pirine de honte.Dans le bruit du vent qui faisait s'entrechoquer les branches couvertes de givre, dans les mille échos lointains de la terre sonore, il mous ssmblait entendre \u2018comme autant de qoix quo répétaient ce commandement de Dieu : \u201c Tu ne tueras point.\u201d Puis, chacun de son côté s'en alla, £ilon cieux, morno ot n\u2019osant plus regarder en arrridre.Jo restai seul avec lo cadavre ; c'était moi qui devait présider aux funérailles, c'était moi qui devais accomplir ses volontés deroi*res ! Avant d\u2019expirer, il avait cu le tomps de me remettre woe lettre, en murmuraut co seul mot : Thérèse, Dès que la première partie do ma triste tâche fut necomplie, je m'acheminai vers la demeure de la jeune veuve.Tout en marchant, quelles amères réflexions m'assaillaient ! Ce pauvre Karl, n\u2019éta:i-je pas son véritable assassin ?L'affaire aurait pu si aisément s'arrauger\u2026Ô Quoi parce que quelques jeunes fous, sous l\u2019influence d\u2019un jour de carnaval, avaient insulté sa chère Thérèse, parce qu'il l'avait défendue contro eux, parco qu\u2019un rot cartel en était résulté, j'avais voulu qu'il se buttit contre le principal des agresseurs, alors que oe agresscur était un duelliste de profession alors que Karl savait à peine tenir une épéc a J'avais voulu cela, moi.au lieu de déclarer hautoment qu'il avait cu raison, au lieu d'imposer des excuses à son adversaire, à tous ses insulteurs de la veille ! Cela m\u2019eût été si facile avcc l'autorité que j'exerçais sur les étudiants.Cela pouvait si bien tourner au plus grand hooneur de Karl.Mais non, je n'avais écouté que m stupide passion de ferrailleur, j'en avais fait une sorte de divertissement, de partie do plaisir! Et Karl était mort.Oh! je ne pourrais vous dire jusqu'à quel point je souffris durant toute cettà matinée-là, C'était mon chaûtiment qui commençait, c'était le premier aiguillon du remords ! Enfin j'arrivai devant la maison, je montai l\u2019escalier lentement, ct, après une hésitation suprême, je frappai.- .Co fut Thérèse elle-même qui vint m'ou- rir.À sa pâleur, je compris qu'elle savait pourquoi Karl était sorti le matin, En m'aporcevant,elle recula,immobile,frissonnante, et sins même avoir le courage de m'iuterroger du regard.Quelle douce et ravissante créature! Quelle modeste et tendre jeune femme! presquo une enfant ! La veille encoro clle était heureuse, elle était aiméo,elle se croyait certaine d'un riant et paisible avenir ! J'avais brisé tout cela, pour jamais, Aussi, non moiris atterré, non moius an- xizux qu\u2019elle-même, je restais debout sur le seuil, saus oser faire un geste, saus avoir en- coro dit un seul mot, Oh ! je n\u2019aurais pu parler\u2026j'étouffais | Thérèse cnfin me regarda.Son regard m'entra dans les yeux comme une malédiction.Quand je les rouvris, il me fut aisé do comprendre qu'à l'expression de mon visage Thérèse avait tout deviné, qu\u2019elle savait tout.\u2014Karl est mort ! dit-elle en portant la main à son cœur, comme sile mêmo coup l\u2019eût aussi frappée.Puis, avec un calwe effrayant, avec un désespoir sans larmes, elle sc Jaissa tomber à genoux et, lévant ses grands yeux bleus vers le ciel, elle pria.Jemais, ni dans les plus terribles afflictions dont mon état m'a rendu le témoin,ni sur les toiles où les grands maîtres ont immortalisé certaines scènes de deuil, jamais je n'ai revu douleur aussi navrante, aussi vraic.Combien de temps £e passa-t-il ainsi ?Je l'ignore.Tout ce quo je puis vous dire, c'est que je sentais en moi des tortures de damné, c\u2019est que mes artères battaient à so rompre, c\u2019est \"(ue par tout mon être j'entendais encore : Tu ne tucras point | Tu ne tueras point | Jene pouvais, cependant, me dispenser de quelques paroles d'explication, do consolation.Dès les premiers mots, elle m'arrêta, Et, avec une mensuétude bien autrement cruelle pour moi quo ne Y'eussent été les plus sanglants reproches ; \u2014Katl est mort, dit-elle, je n'ai pas besoin.d'on savoir davantage, C'est moi-même qui l'avais envoyé vers vous.Je croyais, j'espérais que vous nous sauvericz peut-être : Diou, ne l'a pas permis .i} a voulu reprendre l\u2019&- wo de Karl ! Tout co que jo désiro mainte- nent, c'est son corps ; il m\u2019appartient, il est A moi! moi soule jo lu veillerai, jo I'ensevelirai, je le conduirai jusqu'au champ du ropos.Veuillez donc le faire transporter ici, mon- siour\u2026 c'est un sccond service que je vous demande., ot faites cn sorte que personne ne vienne so placer entrs nous, que personne ne trouble les dernidres heures quo ,Théxd.a va passer avee Karl.Je vous en supp ie, je lo veux l.Que pouvais-je répondre | Je lui jetai,plutôt que je ne lui donnai, la lettre de Karl, et je m\u2019enfuis.IV Il y a des jours qui nous vieillissent de dix années : tel fut pour moi celui-là, Durant toute la nuit suivante, malgré le froid, malgré la noigo qui tombait toujours, je restai sur mon balcon, les yeux constamment fixés vers les fenêtres- de la mansarde où brillait la funèbre lueur des cierges, \u2014Mon Dicu ! murmurais-je sans cesse, Ô mon Dieu ! je me repens.pardonnez-moi ! Vos saints ministres me l'avaient cependant cuscigné : \u201c Homicide point ne seras \u201d : c\u2019était dans les prières de mon enfance, Oh ! je ne l'oublierai plus maintenant.C'est un crime aussi quo lo duel, même pour les témoins.Jamais plus je n'en servirai\u2026 jamais je ne me battrai, quelque insulte que je regoive.non\u2026 j'en fais ici le sermont\u2026 jamais ! Puis, avec des ranglots dans la voix, avec des remords plein le cœur : \u2014Mais l\u2019aveuir ne peut pas racheter le passé mais aucun sacrifice ne saurait rendre la vie au pauvre Karl ! O mon Dieu !\u2026.mon Dieu !\u2026 inspirez-moi du woirs une réparation envers sa veuve.envers Thérèse ! Le cie] restait sourd à ma prière, ct rien daus la natare ne semblait s\u2019émouvoir de ma douleur, Un silence glacial attristait encore cetto sombre nuit, la neige continuait à tomber, les cierges brûlaient toujours.Au jour naissant, il y eut dans le lointains un bruit de pas : c'était l'approche de ceux qui viennent chercher les morts, Quelques instants plus tard, co fut le chant des prêtres.Je devins plus attentif encore, Quelque chose comme une ombre blanche, allongée, symétrique, arriva de l'extrémité de la rue, puis se perdit dans la maison ; c'était le cercueil.Un cri déchirant descendit jusqu'à moa oreille : c'était le cri de Thérèse qu'on arrachait d\u2019entre les bras de Karl, .J'entendais tout\u2026j\u2019entendis jusqu'au bruit des marteaux qui clouaient la bière.Oh ! c'était dans la moëlle mêmo de mes os qu'ils semblaient s\u2019enfoncer, ces clous-là ! Quelques étudiants arrivèrent enfin,parmi lesquels les autres témoins du combat, Mai lorsque nous voullmes prendre rang immé diatement après le corbillard, une main tout à coup nous arrêta\u2026 la main de Thérèse, Sainte et courageuse enfant !.elle me l'avait bien dit\u2026 seule elle voulait accompagner son bicn-aimé jusqu'à la dernière demeure.Nous nous étions respectueusement Ccartés sur son passage.De loin, de bien loin, nous la suivimes, silencicux, et le front bas, On arriva au cimetière, A la fausse prépa- réo pour Karl Stein.Lorsque les cordes grincèrent en descendant le cercueil, il mo sembla qu\u2019elles étrei- gnaiont, qu'elles meurtrissaïent ma propre chair, Loreque lo trou commença do se remplir avec ce bruit sourd qui ne s'entend quo là, à chaquo nouvelle pelletéo qui tombait, je me dis : \u2014C'est ma jounesso aussi.c'est ma gaietS.co sont toutes mes espérance de bonheur qu\u2019on enterre | La triste cérémonie cnfin se termina, : Les fossoyeurs bo .rotirèrent.puis les prêtres, puis los étudiants que je vouais de.congédier du geste.Thérèse s'agenouilla de vouvenu ; moi, caché derrière uno tombe voisiné, je vôulus rester aussi.Lu pauvre jeune femmo pria longtemps, pleura plus longtemps encore.ct finissant par se pencher tout cutière vers le tectre, qui conervait pour ainsi dire unc forme humaine, elle l'entoura fiévreuseigent do ses bras, elle embrassa cette terre qui recouvrait son cher Karl, elle parut même murmurer à son orcillo comme uno dernière confidence oubliée.Un des gardiens s'approcha, annongant qu\u2019on allait fermer le cimetière.\u201cThérèse so leva, mit une pide d'argent dans la main de cet Lomme auquel elle recommanda la tombe, et, lente, éplorée, se retourna à chaque pas, colle ne tarda pas à reprendro le chemin de la ville.Je l'escortais de loin, n'osant pas l'aborder, lui parler.Oh ! certes, nou I.mais tout prêt à la soutenir si elle venait à chancëler, lui crier : Mo voilà ! si je sentais qu\u2019elle eût besoin d\u2019un ami.\u2014 Elle regagna sa maison, sans mê:ue m'avoir apergu.Jo rentrai chez moi vivement pour lui écrire, car je crois déjà vous l'avoir dit, la pauvreté.de Karl Stein était un fait notoire, ct d'après quelques nouveaux renseignements pris ln voill, je savais qu'il avait épousé uno orpheline sans fortune, je savais que Thérèse allait se trouver seule au monde, entièrement seule.et sans ressouices peut- être ?Or, moi, j'étais riche, et m'accusant de la mort de Karl, je voulais mettre toute ma fortune à la disposition de sa veuve.N'était-ce pas là mon devoir ?La soir même, j'avais la réponse de.Thérèse.Elle refusait, noble enfant ! bièn plus, elle 8e disait reconnaissante de ce qu\u2019elle appelait mon dévouement ; elle ne voulait pas me croire aussi coupable que je le disais, elle prétendait me consoler\u2026 elle ! \u2014Oh ! m'écriai-jo, j'irai la voir ct je saurai bisn la contraindre à accepter ce qui sera, après tout, que le prix du sang.lo prix du sang de Karl ! Hélas ! c'était là ce qui sans doute avait dioté le refus de Thérèse.Lorsque je me présentai chez celle lo lendemain, elle était déjà partie, elle avait disparu.Vainement j'ioterrogeai les voisins, vainement je fis toutes les recherches imaginables ; il me fut impossible do retrouver ses traces, J'y renongai enfin, mais avec un désespoir profond, mais avoc uno sorte de pressentiment fatal.\u2014Mon Dieu ! me disais-je, puisquo vous ne m'avez pas permis cette réparation, quel châtiment réservez-vous donc à mon crime ?(4 suivre) LE PREJENOU MEURTRE DE TROIS- RIVIERES Enquete du corone: Trois-Rivières, 24\u2014 Le prétendu assassinat de Mont-Carmel, se résume à ceci : Samedi, Benjamin Lagacé, s'en retournait chez lui en voiture, de même que plusieurs autres personnes de Mont-Carmel, qui étaient venues au marché de la ville, Avant de se laisser ehacun amenait ses compagnons, chez un ami, et payait la traite, Bonjumin Lagacé, qui est âgé de 26 ans, marié depuis un an, n'est arrivé chez son père qu\u2019à sept heures, samedi soir, un peu gommé et transi de froid.Il se coucha par terre près du poèle.Il s'éveilla vers une heuro, dimanche matin, se plaignant do fortes douleurs au ventre.Lagacé expirait une demi-heure après, Lundi, M.Lagacé, père, se trouvait chez M, lo greffier de la paix, ici, ct portait plainte contre six des compagnons do routo de son fils, prétendant qu\u2019il avait été battu, cte., ete, Dé là, lo départ du coroner et des grands constables Bellefcuillo et Dusablon pour Mont Carmel.Après une enquête qui a duré jusqu'àcinq heures, hier matin, le verdict suivant a été rendu : \u201c\u201c Mort de maladie des intestins causés par l'abus des liqueurs et le froid,\u201d \u201c JOURNAL DES CAMPAGNES ._ v L'article du \u201cTrifuvien\u201d « REFUTATION ET APPLICATIONS Les attaques : de l\u2019Etecteur L'ERTREVUE DE M.PLAMORDON Une citation de Mgr Laflèche Notre confrère du Trifluvien publie un long article au sujet do l'écrit intitulé : Question de morale, publié dans ses colonnes durant les élections, et qui a fait tant de bruit, \u2018Notre confrère défend victorieusement la position qu\u2019il a prise, et répond sur toute la ligne aux attaques de la presse libérale.Nous croyons utile de reproduire une grande partie des expliontions et des réfutations du Trifluvien : Sous le titro qui préeède nous avons publié le 20 février dernier, une étudo par laquelle nous avons pusé ct résolu la question suivante savoir : \u201c S'il était permis, en conscience, de \u201c voter ponr M.Mercier et ses suppôts.\u201d Après avvir, on peu de mots, rappelé les malversations dont M.Mercier et m8 collègues sont notuirement et iodubitablement reconnus coupables, nous avons tout naturellement conclu qu\u2019il n\u2019était pas permis, en conscience de voter pour eux non plus que pour les candidats disposés à les maintenir au pouvoir, Notre écrit bâsé sur les principes élémen taires du christianisme et même du simple droit naturel était indiscutable au point de vue de Ju doctrine, 11 n\u2019était que l'expression formelle de la conecience publique.Pour preuve que cet écrit répondait au sens intime de la population nous pourrions rappeler qu\u2019il a reçu l'approbation de l'immense majorité des jouruaux catholiques et même des journaux protestants de cette Province.Nous pourrions également invoquer le verdict populaire du 8 mars, verdict qui n\u2019a pu être iuspiré que parles dictées de la cons cience.Il s'est cependant rencontré quelques personnes aveuglées.par l'intérêt ou l'esprit de parti, à qui notre article n'a pas eu le dou de plaire.De co nombre il faut compter la société l'acrud & Cie, qui a pour organe l\u2019Electeur.11 faut aussi compter l\u2019insigne et préteutieux M.Choquette, député du peuple de Montisaguy.Certains journaux conservateurs avaient, parait-il représeuté l\u2019artielo du TRIFLUVIEN comme étant eonforme à l'opinion de Mgr l'évêque des Trois-Rivières.En eela, ils n'avaient pas tort, puisque l'article étact vrai, d'accord aveo les principes élémentaires do lu doctrine ehrétienne, il devait nécessairement être eunforme à l\u2019epinien des théologiens.Nous établirons ci-après que eet Avancé des journaux conservateurs était d\u2019ailleurs bien Fondé.Le dépuié Choquette qui s'y entend en moralo cummc un aveugle en couleurs se trouvant fruissé des dires de ces journaux, adressa à Sa Grandeur Mgr des Trois-Riviè- res deux télézratomes lui demandant de désavouer sans délai l'éerit du Trifluvien, Un tel howe ve doute de rien, Dans son opinion Mgr devuit s'ompresser de faire des exouses publiques, non pas pour ses faits mais pour les faits et gestes de tous les jour: naux ct politiciens qui n'avait pas eu le don de faire de la morale oenforme au goût des merciéristes.M aluré les sérieuses sommations du farouche député, Mgr Laflèche ne crut pas à propos de contier au télégraphe les com- mandemsents de Dieu et de l'Eglise, qui sont d'ailleurs cornus même à Montmagoy.Aussi fat-elle grande lu colère du député du peuple de Montmagny, et grando l\u2019indignation du journal rouge.Ce n\u2019est qu'après l'issue de la lutte électorale que l'Ælecteur, pour montrer à ses lec- tours jusqu'à quel point un rouge de sa trempe peut purter l'audace, citait les télégrammes de M.Cloquette restés sans réponse et fui- gait cotre autres commentaires la réflexion qui suit : Mgr Lafièche mis en demeure par \u201c un député du peuple, a dédaigné de répon- \u201c dre, es lu calomnie a fait son \u201c œuvre.\u201d C\u2019est rans plus de cérémonie qu'un évêque est accusé, jugé et condamné.L'Electeur appelle \u201c œuvro do la calomnie \u2018 la divulgation de in vérité, Evidemment les gens qui dirigent ce journal n'ont pas de nqtious bien claires sur la auorale, Quand au rédacteur en chef nous sommes depuis assez longtemps fixé sur lcs principes qu\u2019il professe.Nous .mous rappelons que ce Monsieur assistant à la célébration du 260 anniversaire de la fondation du Séminaire des Trois-Rivières, s'est permis daus son discours, de faire un éloge en question, nous ne les aurions pas eus si le voir mérité les honneurs du .Panthéon, M.Bartho disait cela comme la chose la plus naturelle du monde, en présence dol'évêque, d'une foule de prôtres et'autres catholiques.Ce monsieur ne paraissait pas su douter qu'il insultait au sens catholiquo en faisant l'éloge d'un apostat.Il ne paraissait pas s'a ercevoir que les prétendus honneurs du anthéon dont il parlait sont considérés par tout vrai catholique cowme un outrage.ct un sacrilège parce qu\u2019ils consistent dans la profanation d'une église catholique, savoir, l'église de Sto Geneviève à Paris dont Jes impies et les athées se sont emparé pour y dé- Poser les ossements des scélérats qui leur ressemblent.Notre confrère s'occupe ensuito de la fameuse ontrevue de M.l'abbé Plamondon, curé en.retraite : Les premières paroles que l'on y prête au Rév.Plamondon, c'est qu'il aurait dit qu'il ne lit plus le TRIFLUVIEN, p«rce quo co dernier journal a été condamné à payer des dommages au Dr Trudel, pour calowuie, C'est pousser le scrupule un peu loin, surtout quand on sait que le jugement qui nous condamne n'est pas wéme final puisque la cause est en appel, et qu'il y a tout lieu do croire que ce jugement sera renversé, Un fait pour uous tout à fait inoxplioable c'est que ce Rév.Mensieur, qui ne peut lire un journal qui a été condamné une fois, ne craigne nullement de lire un journal comme l'Ælectur qui a été maintes et maintes fois condamné à des dommages par les tribunaux, et dont le propriétaire, M.Pacaud, est actuellement sous Je coup de poursuites en restitution de deniers et en dommages pour un montant de $140,952.00.Le Trifluvien cite ensuite un extrait du livre de Mgr Lafièche, Considérations sur lu société civile, pour démontrer que son article est en tout conforme aux cnseignements de son Ordinaire.Nous reprodvirons cette belle page du grand évêque des Trois-Rivières, Revue des journaux Le Canada sc prononce en faveur de l\u2019im- pot dircet pour combler le vide que crécrait réciprecité illimitée.* * La Presse termine un article intitulé Ty rannie Economique, et traitant des effets du bill MoKinley, par ces mots : Surpris et menacés d\u2019une perturbation économique et sociale des plus graves, les pays étrangers ont tiré du bill McKinley tout le pou qu'ils pouvaient en tirer.Ils y ont, pour ls plupart, répoudu par des mesures analogues et se préparent silenpieusement à s'affranchir du joug des Etats-Unis,tant en augmentant leurs rapports entr'eux qu\u2019en encou- rageaut le développement commercial et industriel des pays produisant des matières premières similaires à celles provenant des Etats Unis.KT Lu Patrie refuse de croire que le vote du 8 mars ait rendu les canadiens-français dignes du respect des honnêtes gens, À cela le Citizen répond : \u201c La récente election générale de Québec a été pardessus tout une élection où l'honnêteté gouvernementale était en jou.11 est vrai que le coupable était l\u2019un des soutiens du parti libéral ct que sa défaite a été une victoire conservatrice.Ce n'est pas cette cir- constauce mais l'aspect moral de cc cas par- tioulier qui a provoqué dans toutes lesrégions habitées par l'élément anglais des remarques élogieuses à l'adresse des Canadiens-Fran- gais, \u201d Mais la Patrie rétorque : Ce n\u2019est pas nous qui le lui avons fait dire, mais le confrère répète que les éloges résultat du vote eut été différent.Certes, si nous n'avions point mérité d\u2019éloges, personne n'aurait pu nous cn faire, et nous n\u2019aurions pas pu raisonuablement y prétendre.français ont prouvé qu'ils peuvent, sans le savoir, commettre une erreur, mais que, du montent où ils s'en aperçoivent, ils savent noblement la réparer.Ils ont prouvé de plus que lour honnêteté proverbialo n'est pas éteinto, ot qu'on ne la méconnait point pompeux de Victor Hugo ot de lo louèr d\u2019a- |, la disparition des droits de douane, en cas de | Ln.chassant la cavaille, les canadicus- |.impunément, C'est un acte louable.Qu'y a-t-il d\u2019étonnant qu'on nous cn félicite ?, , Ce eorait tout autre choso si nous avions renouvelé notre conflanceà des hommes convaincus de malversations publiques, # Le Citizen ge preconce contre la réduction des droits de trausport sur le canal Welland.Si le gouvernement, dit-il, accorde la remission des droits sur les vaisscaux traus- bordant à Ogdensbourg, le grain cn route pour Montréal, notre marine ne comptera plus dans ies affaires, les vaisseaux américains pouvant obtenir des cargaisons de retour en charbon à Oswégo, privilège encore refusé à leurs rivaux.L'association de Ja marine canadienne qui deit connaître l'intérêt de notre mariue, à protesté auprès du gouvernement, contre cette réduction.Il peut pésomoins y avoir en faveur de cette réduction, des raisons d'Etat provenant du désir de notre gouvernement d\u2019onlever aux américains, même un semblant d'excuse pour nous accuter de manquer aux obligations de notro traité ; mais dans notre opinion, quoique sur ce terrain, cette concession pourrait être justifiée, co serait aux dépens de notre transport maritime intérieur qui subirait une grande perte.xT Les écrivaius du Globe ont beau ce radoucir de temps à autre, par exemple, en temps de luttes électorales, leurs véritables sentiments à notre égard finissent toujours par percer.Le Globe déteate cordialement M.McCarthy en raison de ses principes politiques, diamétralement opposés à coux de ce journal.Cependant, quand il s\u2019agit de la langue françaire, \u2018le rapprochement se fait vite.Lo 21 courant, ce journal, parlaut du nouveau projet de loi de M, McCarthy, dit : \u201c Il n'y a aucun besoin de tolérer l'usage du français comme langue officielle duns le Nord-Ouest, et il serait dangereux pour le maintien de la Confédération de refuser aux nouvelles provinces de l'Ouest la liberté de choisir leur système d'école.\u201d Le Aluil, répudié par Sir John McDonnald lui-même, n\u2019a pas le temps d'écrire une ligne contre nous, que les organes libéraux en tiennent le parti conservateur responsable, Faut-il, à bien plus fortes raisons, puisque le Globe est l'organe en chef des libéraux» tenir le parti libéral solidaire des attaques de Ce journal ?> ; pu La Semaine Religieuse do Québes, dans son dernier numéro, donne un conseil à M.Tarte qui en à bien besoin, de ce temps-ci surtout : \u201c Une grave question, le Canadien, du 17 mars, accuse une partie nombreuse du clergé de s'être publiquement jeté dans la mêlée électorale, et interpelle l'épiscopat à ce sujet.Cette charge est une nouvelle erreur du jugement de celui qui en est l\u2019auteur.S'il y a cu, quelque part, transgression de la discipline ecc'ésiastique en matière d'élections, c\u2019est devant le tribunal des évêques qu'il faut porter plainte, et non devant le tri- bu-nal incompétent de l'opinion publique.M.Tarte prêchait la mémo doctrine, autrefois.Mais se contredire ot condamner son passé, cst le dernier do ses soucis.mure RD M.l'abbé Léon Provencher, décédé hier au Cap Rougo, était membre de la société d'une messe section provinciale, et do la caisse St- Joseph, B.Pi.GARNEAU, PTRE,, Arch., de Québec Secrétaire.23 mars 1892 } Comte de Prescott L'Orignal, 25\u2014M, Cleran, qui avait été mis en homination hier à Prescett, à résigné en faveur de M.J.Proulx.Ce dernier se trouve maintonsnt le seul candidat libéral.A la dernière élection, il avait remporté le comté par 700 veix.E\u2018Ilon.F1.Abbott sera fais bayonet Ottawa, 24\u20141Il est entendu dans les cercles politiques de la capitale que l'honorable J.J.C.Abbott, premier miuistre de la Puissance du Caunda, sora sous pou Slevé au rang do baronnet, par Sa Majesté la reine Victoria.C'est là une récompense do son long dévouc- ment à la chose publique, Les histoires de \u201cl\u2019Electeur \u201d LES FAITS RETABLIS Nous lisons dans I' Electeur : On raconte que la nomination de l'honorg- ble M.Chapais au Conseil législatif n'a pars été fuite sans se heurter à do sérieuses diff eultés.Il y avait trois candidats sur les rangs :Mte notaire Charlebois, M, le notaire Wences- 108 Laruc et M.Chapais.M Angers favorisait M.Charlebois, M.Flynn favorisait naturellement M.Lurue.Le commiesaire des terres voulait s'acquitter d'une dette de reconnaissauce.Ou ge rappelle, en effet, que pendaut la formation du gouvernement de Boucherville, c'est M.le notaire Wenceslas Larue qui fit signer unc requête demandant au premier ministre do prendre M.l'Iynn dans son cabinet, Le gros du parti était pour M.Chapais, M.Angers et M.Flynn ont dû céder, mais non £aus éprouver une certaine mauvaise humeur.Nous devons donner à ces cancans malveillants un démeuti catégorique.M.Chapais n\u2019était pas sur les rangs pour le siège de conseiller législatif.Il a accepté la nomination pour des raisons qu'on lui a fait reconnaître eomme excellentes.Voilà tout.Et de plus il n\u2019y a cu, dans cette circonstance, aucune des intrigues, aucun de ces tiraillements dont parle I Electeur., Nous tenions à ne pas laisser le public sous une fausse impression à ce suj-t.UNE NOUVELLE Nou publirons demain en première page une charmants nouvelle intitulée Christiane.Nos lectrices la liront certainement avce plaisir.À jeudi, DELTA I AC a FEU L\u2019ABBE PR FEES ARE ENCHER Il nous fait peine d'avoir à annoncer la\u2019 mort de l'abbé Provencher, ancien curé de Portneuf, L\u2019abbé Léon Provencher naquit à Bécancour, le 10 mars 1820, et était fils de Joseph Provencher et de Genevière Hébert.Il fut ordonné prêtre à Québce le 12 septembre 1844 et fut nomusé vicaire à St-Frangois de la Beauee ; on 1847, il fut transféré à Saint Gervais, et l'année suivante, 1848, nommé curé de Tring, de l'Ile Verte en 1855, de St-Joachim en 1554 et de Portneuf en 1862.En quittant Portneuf, il ge re retira au Cap Rouge.Depuis lors il se vous tout entier à l'étude des sciences naturelles, et entreprit la publicotion du Vuturaliste Canadien, qui a été l'œuvre capitale de £a vie.Nous y trouvons dans un ordre parfait le résultat des travaux de ce savant dont le nom était bien connu dans le monde dee uaturalistes des Etats-Unis ct même de l\u2019Europe, M.l'abbe Provencher a aussi laissé des travaux populaires sur l'horticulture, et des récits de voyage fort intéressants, entre autres d'un pèlerinage en Terre-Sainte, et d\u2019une excursion aux pays tropicaux et en Floride, Le nom de M.l'abbé Provencher restera acquis à l'histoire comme l'un des plus zelés promoteurs de la science, ct il fera toujours autorité, BRUITS Di GUERRE Preparatifs de la Russie entre PAutriche et PAllemagne Londres, 23\u2014Le correspondant du Chronecle à Vienne dit que le Général Gourke est allé à St-Pétersbourg ct a consulté lo Czar sur un plan d'action dans le cas d'une guerre avec l'Autriche et l'Allemagne.À une réunion où s0 trouvaient le grand duc V'adinir, le grand due Alexis, le ministre de la guerre ct autres chefs militaires, on a décidé que le général Gourke prondrait l\u2019offensive sur la frontière Austro-Allemande ct que le général Shouvaloff commanderait le corps d'armée de défense, Les derniers mouvements des troupes rus~ ses ont causé beaucoup d'émoi ici. (SA A CERN AGE ES CR \u20ac : an = JOURNAL DES CAMPAGNES \u2014 Finances provinciales - CEUX TABLEAUX DE &.SHEHYA EF.ov LA TACHE BU NOUVEAU CABINET T1 y a dans le discours budgétaire de M.Shoyhn, prononcé l'an dernier, doux tableaux qui jottont un jour lugubre sur la situation financière, telle que l'avait faite nos adver- Bairos.C'est à lu pago 13 du discours budgétaire Que l'on trouve ces tableaux.M.Shehyn commençait par donner l'étut des recettos ordinaires pour trois aus : 1888, 1889 et 1890 : Dépenses ot revenus 1888 Reccttes ordinaires.83,738,228.30 1889 « Cn 3,627,932.20 1890 © \u201coa 3,636,495.79 10,902,656.38 Tlâtons-nous de dire quo nous n'acceptons pas ces chiffres.Nous avons démontré maintes fois qu\u2019ilssont inexacts.Mais nous prenons les tableaux tels que nous les présentait l'ancien trésorier.Et chacun sc convainers que l'état reproduit ci-haut indiquait dans les recettes une progression descendante, Trois millions scpe cont mille, trois millions six cent mille, trois millions cinq cent mille, A la baisse les revenus ! Passons aux dépenses.M.Shebyu nous donnait cet état 1888 dépentes ordinaires.\u2026 .$3,365,032.36 1889 OL.B543018.64 1800 CL.3,881,672.95 10,790,323.95 Cet état mettait en pleire lumière le fait brutal do l'aurmentation des dépenses.Progression ascendante ! Trois millions trois cent millo, trois millions cing{cent mille, trois millions Auit cent mille.A la hausse Jes dépenses ! Voilà où en étaient les finances de la province sous l'administration Mercier.C'est l\u2019ancien trésorier, M.Shehyn, qui nous disait lui-même que les recettes dini- nuaient tous les ans, tandis que les dépenses augmentaicnt tous les ane, durant son passage au Trésor.Le gouvernement de Boucherville a donc uno tâcho ardue à accomplir.Il doit renvereer ces tableaux : diminuo graduellement los dépenses, s'efforcer de maintenir et de grossir le revenu, Lorsque lo gouvernement Ross cst tombé, es dépenses de la province étaient de $3,032,000.= Aujourd'hui elles sont de plus de 84,000.- 600.Il faut de toute nécussité retrancher au moins $500,000 ou $600,000 du budget.Peut-on pratiquer ceties opération d'un seul coup.Faudra-t-il deux ou trois ans pour arriver à ce résultat sans faire souffrir le service public ?Co sont là des questions que l'étude et l'expérience aideront à #ésou- dre.Mais dans tous les cas ce qui est certain\u2019 «'oat que la réforme financière s'impose.C'est là une des tâches les plus pressantes du nouveau cabinet.fl + rceaux, Aucun des ocoupants n\u2019a été renversé, l'un | d'entre eux seulement a perdu son chapeau, Le cocher a fait retourner sa bête au pied do la rue de la Fabrique et est remonté au au galop pour ramasser le couvre-chef.Faeheux acoldent Jeudi dernier, Heotor Beauchesne, un des enfants de M.Honorius Beauchesne, d\u2019Arthabaskaville, a été viotime d'un fächeux accident, Il fat frappé et renversé dans la côte du village, par un traineau chargé de glieseurs ct dans sa chute se brisa l'os qui forme le cercle du cou ct s'infligen de sérieuses blessures.Le docteur Belleau fut aussitôt appelé, administra les soins nécessaires au joune homme qui aujourd'hui est en bonne voie de guérison.Accident Vendredi dernier, M.Droy, gardien de nuit à l'hôtel St-Louis, a été victime d'un assez grave accident.Croyant quo la plate- forme de l'ascenseur se trouvait au premier étage, il alla pour y mettre le picd et tomba dans le vide d'une hauteur de 12 pieds, Sans s'être fait de blessures externcs, il souffre de douleurs assez fortes dans les hanches, qui le forceront de garder le lit pendant quelques jours.\u201c Mort subite Mme E, Déry est morte subitement, samedi vers cinq heures de l'après-midi, La défunte se rendait chez M.Nup.Maheux, cypographe au Matin, demeurant rue Berthelot, lorsque rendue près de la halle Berthelot elle s'affaissa tout à coup.Ou accourut à son secours et on la transporta chez M.Maheux.Le prêtre et le médecin furent appelés aussitôt, mais il était trop tard, car Mme Déry ne vécut que cing minutes après avoir 6t6 reconduite 3 domicile, La défunto était âgée d'environ 80 ans.Une enquête sera tenue ce matin.LA SURDITE \u2018 GUÉRIE OHKZ sOI Un opuseule en Français décrivant la munière do sc guérir chez soi-même cb sans le secours étranger de la surdité ct de bruits d'oreilles.Le Rév.D.H.W.Harlock, du Presbytère, écrit : \u201c Faites tout au monde pour employer ca moyen dont la valeur est de premier ordre, ef qui m'a rendu le service le plus signalé\u201d Franco 50 ccntimes.\u2014 R.Rayronp & Cie, Editeurs, 36,rue de Martyrs, Paris, Pondant plus de cinguazte ans été employé pour la dentition des cnfants, Il soulage l'enfant, adouoit les gencives, diminue la douleur, guérit les coliques flatulon et est le meilleur remède pour la Diarrhée, Vingt-cing centins la bouteille, Vendu par tous les droguistes de l\u2019univers.Québec, 27 Mai 1891\u20141 1, \u201cAugust Flower\u201d LORENZO E, SLEEPER est très connu IVA, des citoyens d\u2019Appli ten, Me., etdes envi rons, Il écrit : **Il y a huit ans, je devins malade \u201cet j'ai souffert comme seuls les dyspeptiques \u201c peuvent souffrir.Je commençai alors à me * servir de AUGUST FLOWER.Je souffrais énor- mémeut dans le temps.Je vomissais tout ce 44 que j'avais le malheur de manger.Alors, après 4 quelques iastants, j\"étais obligé de manger et de 6 souffrir encore.Je pris une \u201cpetite quantité de votre Cette douleur s Fmède,et je me sent's beau- 3 \u2018coup mieux, et après avoir horrible pris un peu d'AUGUST FLOWER, ma dyspepsie dans \u2018disparut, et depuis ce * \u2018temps je n\u2019en ai jamais eu l\u2019entomac «de sympidmes seulement.¢ Je puis moi tenant mauger « plimponte quoi sans avoir peur de la dyspepsie, \u201cje desi gee tous ceux qui souffrent de cette « maladic ou des maux \u2018causés par lie-même, se « proc \u2018rent une bouteillede AUGUST ¥ LOWER set j'affi me positivement qu\u2019il n\u2019y a pas de remède *égalà AUGUST FLOWER.\u201d 26 @.G.GREEN, Seul Fabricant, Woopsury, New-JErsey, U, 8, A, ET TORONTO, CANADA, _JOURNAL DES CAMPAGNES \u2014 Feuilleton da JounnaL DES CAMPAGNES Québec, 31 Mars-1892\u2014No 2 Le Chateau d'Emeriaulx \u2014Alors, père, il faut que vous vous bâtiez ; je voux mo marier de boune heure, je vous en préviens, ,Ç M.d'Dmeriaulx fuma pendant quelques instants en silence, puis roprit d\u2019une voix légèrement altérée : : .\u2014\u2014Il faudra auparavant, te dis-je, que je \u2018remetto de l'ordre dans mes affaires, qui sont les tiennes.Ce vieux notaire qui m'a relancé hier me fait de la situation un tableau qui n'a rion de folâtre.\u2026Bah ! ils sont tous peureux et.larmoyapts, en province, et pour eux, qui n'amassc pas sa ruine.\u2014Pèro, réprit Bernard, pour qui les ques- Mons d'argent étaient lettre close, et qui n\u2019avait prêté qu\u2019une attention indifférente aux paroles du comte, parlez-moi un peu de cette étrange personne quo vous appelez Esther, Ne vous a-t-elle pas paru un peu folle ?M.d'Émeriaulx, qui avait une grande mobilité d'esprit se mit à rire, \u2014T'out à fuit.Ellle a toujours été originale, et même excentrique ; seulement, cela ne lui donnait que plus de charme quand olle était jeune et jolio, \u2014Savez-vous si co sont des chagrius qu; l'ont ainsi vicillie prématurément ?\u2014C'est probable.Je crois me rappeler, ou plutôt il me semble avoir entendu dire qu\u2019elle aeuvn amour malheureux.Après avoir espéré faire un mariage quelque peu au-dessus de ln situation à laquelle elle a été réduite, elle a été abandonnée.Mais les détails m\u2019é- ehappent, si je les ai jamais sus, ~La reverrez-vous ?M.d'Emeriaulx jeta par la fenêtre le reste de con cigare, \u2014Ma foi non, à moins que l\u2019occasion ne s\u2019en présente, Elle ressemble à une sorcière et sa figure donne le frisson\u2026 Ainsi, Bernard, reprit-il brusquement, tu to plais ici ?\u2014Enormément.J'ai des projets d\u2019exeur- sions plus nombreux que los jours de vacances qui me restent.M.d\u2019Imeriaulx quitta brusquement le fenêtre ot commença à se promener dans la vasts chambre à peinc éclairée par la lampe 3 abat-jour, \u2014Alors, dit-il d'un ton qu'il essayait de rendre dégagé, tu resterais volontiers seul ici ?\u2014Sceul ! Et pourquoi dono, père ?M.d'Eneriaulx eutun petit accès de toux, \u2014Mon cher, Bucrey m'dorit qu'il par pour l'Allemagne, et que jo devrais bien l'y rejoindro pour une semaine, \u2014Et ne voulez-vous pas que je vous accompagne ?demanda, Bernard surpris et un peu mortifié.Nouvel accès do toux, \u2014C'est que, à te dire vrai, notre rendezvous est à Barden, où Quercy fait une eaison.Tu connaîtras évidemment plus tard ces |.lieux do plaisir, mais je préfère que ce soit à un êge où tu to trouves en état de to conduire\u2026 Bref, jo redoute pour toi les séductions de la roulette.Bernard était revenu dans l'intérieur de la chambre.Il s'assit près de le table et tourna vers son père sa figure jeune et franche,qu'éclairait pleinement en co moment la lumièro de la lampe.\u2014Quant À cela, père, dit-il, vous pouvez être tranquille : j ne me sens aucun penchant pour le jeu ; los émotions qu\u2019il procuro ne mue paraissent pas seulement désagréables, mais honteuscs, et je me suis juré à moi-même de no jamais y risquer une soume de quelque importance.\u2014Je t'engage à tenir ce serment, tu t'en .trouvera bien à tous égards.Cependant comme de plus fortes têtes quo la tienne s sont luissé tourner, ct comme je sais par expérience ce que sont les séductions d\u2019ane sallo de jeu, tu me feras plaisir en restant ici.Tu auras naturellement carte blanche pour 'nviter tes amis, et tu pourras fairo quelques- unes de ces oxoursions pédcstres dont tu m'as parlé avec cnthousiaswe.\u2014Jo ferai naturellement ce que vous dési rez.Je ne m'ennuicrai pas à Eweriaulx ; sou- lement, je regrette quo vous nourquittiez.\u2026\u2026.Mais vous semblez fatigné, père ; votre voix ost altérée, ct il serait suge, jo pense, de nous retirer.Quand comptez-vous partir ?\u2014Demain, dit bridvewent M, d\u2019Emeriaulx, fermant lo fendtre avee fracas, sans regarder son fils.IV Bernard était accoutumé aux décisions subites et capricieuses de son père, Celui-ci menait une vicerrante, partant à l'improviste pour quelque voyage, revenant au moment où on l'attendait le moins.Si tentante que fat pour un jeune homme la perspective d'une exoursion à l'étranger, il se résigna fort aisément à ces quelques jours de solitude.C'était Ia première fois qu'il se trouvait on pleine campagne, car les plages à la mode ou les villas des environs de Paris où s'étaient jusqu'alors paaseées ses vacances, n'avaient pas ce parfum rustique, ni ce charme de solitude qui plait surtout aux gens très jeunes et très heureux.[ Bernard était gai ct sociable ; cependant il goûta avec ivresse le plaisir d'être seul et libre, de partir au point du jour pour errer à l'aventure, entrant au husard dans les fermes et los auberges pour y prendre un repas grossier, mais ayant la saveur de l'extraordinaire et l'assaisonnement d\u2019un appétit de dix-huit ans.Ces promenades avaient pour lui l'intérêt d'un voyage de découvertes.Il s'extasiait devant ua point de vue, un bouquet de bois, uno vicille gentiommière, uno colombier en ruines, uno église ou une chapelle gotique,un tombeau ancien, une statue naive nichée dans une fontaine moussus.Comment ne se serait-il pas trouvé heureux?A cet fige, on est à soi-même le meilleur compagnon, que l'imagination se plonge dan5 le passé ou s'élance vers l'avenir.Bernard, N'ayant pas connu sa, mère, ne pouvait éprouver de sa perte qu\u2019un vague mélancolie qui n\u2019était pas sans douceur.Les années écoulées lui retraçaient les ghteries d'une enfance heureuse, les rechorches du luxe et de l'élégance, les plaisirs goûtés sous mille formes diverses, puis le travail intelligemmont compris, sagement ménagé par des maîtres dévoués, au milicu de compagnons d'élite, les fêtes religieuses du colldge avec leurs impressions saines et fortifiantes, cnfin, les bolles amitiés dejeunessc,confinntes et ardentos & Ia fois sur lesquelles on croit fonder toute sa vie.Dans l'avenir, il entrevoyait la réalisation de toutos oes promesses, l'épanouissement de tous ces germes heureux.Toutes les ambitions nobles ct élevées, toutes les joies saines, et pures, il les avait à sa portée.Les voiles dont s'enveloppait cet avenir ne lui causait aucune inquiétude, mais lui iuspirait un sentiment ploin de douceur et de poésio rêveuse: l'inconnu même avait son charme cnivrant, parce qu'il atteignait en rien sa confiance radieuse, M, d'Emériaulx n'éerivait guère.Un télégramme daté de Paris, arrivé le douzième jour après son départ, annonça son retour.Bernard fit disposer sa chambre, ordonna joyeusement à la vieille femme de charge do préparer un diner délicat l\u2019huro du train approchant fit atteler uno legère voiture pour aller chercher son père à la station voisine.La journée touchait à sa fin, La chaleur était tempérée par une doucs brise, et un bronil- lard léger, plutôt semblable à une vapeur dorée, montait lentement estompant les contours du paysage.Les herbes ondulaient fuiblewent dans les prairies, les vaches revenaient du pâturago d'un pas tranquille, uu filet do fumée bleuâtre, s\u2019élevant ga et là dans l'atmosphère, annonçait qu\u2019on préparait dans les chaumières lo repas du soir.Tout éveillait une idée de calme, de repos de bien-être que Bernard goûtait profondémont tandis quo son choval robuste et ardent faisait voler Ja légère voiture sur la route toute blanche qui serpentait entre le: talus, Au moment où, arrivé à la petite station, il cherchuit des yeux quelque enfant ou quel- quo mendiant à qui il pât jeter les rênes, il apergut le chef de gare qui, un télégrammo à la main, donnant à un employé des instructions rapides.L'employé tourna la tête au bruit de la voiture, et dit quelques mots à son chef.Celui-ci trussaillit en suivant la di- roctioz de son regard.Il hésita un instant puis t'avançait vers le jeune homme au me- mont où il enutait de son dog-cart.\u2014C'est bien à M.d\u2019Emeriaulx quo j'ai l'honneur de parler ?\u2014Oui, monsicur\u2026 Le train do Paris n'est pas arrivé, n'est-ce pas ?\u2014Non, pus encore\u2026 Voici un télégramme que je viens de recevoir pour vous, et que j'allais faire porter au château, dit lo chef de gare avec une hésitation visible, \u2014Pour moi ! Donnez ! s\u2019éoria vivement Bernard.Peut-être mon père a-t-il changé quelque chose 3 acs plans.Il tendait la main pour prendre la dépdche, mais le chef de gare la retint un iustant, \u2014Voulez-vous entrer dans mon burcau, monsieur ?Je connais naturellement le contenu de ce télégramme, puisque e'est oi qui l'ai transerit, ct.je crains.je voudrais.\u2026 \u2014I] est arrivé un accident à mon père ! s'écria Bernard, saisi d'une affreuse anxiété.Laissez-moi lire.Mais le chef do gars lui prit la main et j'entraîna duns son bureau.Bernard se lnissa tomber sur le fauteuil do cuir qu'on avauçait vers lui ; ses lèvres demeuraieut sans proférer un son, tandis qu'il tondait machinalement sa main, qui tremblait violemment, Le chef de gare était déjà vieux.Il le regarda avec un compassion touto paternelle.\u2014Mou pauvre enfant, dit-il, vous êtes bien jeuue pour supporter une si terrible épreure ! Ayez du courage, et montrez-vous un homme.Et il lui remit le papier bleu, épiant sur ses traits défaits l'impression que devait lui causer la nouvelle si imprévue, si cruelle.\u2018* Comte Emeriaulx sucocombé chute de cheval.Donuer instructions pour funérailles.Bernard relut plusieurs fois ces lignes brutales, sans pouvoir réussir à en faire péué - trer le sens dans son esprit Louleversé.O'était la première fois, depuis qu'il avait conscience de lui-même, que Ja mort s'abattait à ses côtés ; mais la soudaincté de cetto attaque l\u2019empéchait de croire à la réalité.Il eutuno seconde l'idée que c'était un cauchemar ; il fit un mouvement brusque, comme pour s\u2019éveiller, il promens autour de lui un regard égaré, eroyant que os bureau modeste, ces casiers de bois blano, oet appareil télégraphique faisaient partie de ce rêve affreux.Ses yeux tombèrent enfin sur le visage eompatis- sant du chef de gare, ot il eommenga à croire que c'était vrai, Il relut encors une .fois le télégramme.L'écrasement qu\u2019il sentait en lui l'empéchait de souffrir, Il avait la conseience vague d\u2019un brisement affreux, d'un choc qui bouleversait sa vie, il entrevoyait dans l\u2019aveuir une douleur cruelle, mais il ne sontait pas encore cette douleur.\u2018 Il regarda la signature.Qui avait pu être assez insensible pour adresser à un fils, sans préparation, ce messago foudroyant ?Il erut reconnaître le nom du concierge de leur maison de Paris, et il éprouva l'impression d'un horrible isolement.La sonnette du télégraphe le rappels à lui-même.Le chef de gare so leva, courut à l'appareil, puis, après quelques instants, revint à lui.\u2014Vous sentez-vous mieux ?Voulez-vous prendre quelque chose ?Si ma femme vous préparait un peu d'eau suerée ?.* Merci.Vous avez été bien bon, je ne l\u2019oublierai jamais, Bernard prononça ces paroles avec effort,ct tressailiit au son do sa propre voix, qui lui parut étrangement changée.\u2014Puis-je partir pour Paris ?Ce soir, tout de suite ?\u2014Oui, le train va passer.Voulez-vousun billet., Bernard glissa machiualement la main daus sa poche, \u2014Je n'ai pas sur moi l'argent suffisant.Scricz-vous assez bon pour me l\u2019avancer ?Le chef de gare pour toute réponse, prit un billet do première ci«sse et sc mit en, devoir de le timbrer.\u2014Pour Paris, n'est-ce pas ?Bernard inclina la tête.Et dois-je faire fairo ramener votre cheval et votro voiture à Iimeriaulx ?\u2014S'il vous plait.Que vous êtes bon ! \u2014Restez ici on : itcudant lo passage du train, :l de tarderz us, et vous serez plus tranquille, Demeuré seul, Bernard reprit le télégramme ; mais quelques efforts qu'il fit, il ne pou- vail se représenter son pèro autrement que plein de vie et de gaieté ; comment pouvait- il se faire quo ces lèvres, si souvent entr'ouvertes par le sourire, fussont mucttes et glacées, ce teint coloré pâli, la lumière de ces yeux, jadis si brillante, éteinte, et toute cette activité immobilisée, anéantie dans la mort ?Bernard sentait qu'il ne pourrait le croire avant de l\u2019auoir vu, Un coup de sifflet perçant annonça l'arrivée du train, Le chef de gare revint vers lui, ouvrit la portière d\u2019un compartiment de première classe, et lui vifrit de vouveau, mais en vain, do prendre quelque rafraichisse~ mont.Comme le train allait ss mattre en marcho, l'excellent homme revint, une couverture de voyage sur le bras.\u2014Ma femme vous supplie de prendre ceci, vous la rapporterez plus tard ; les nuits sont fraîches, et vous êtes tout trembiant.Bornard, daus l\u2019affreux état de stupeur où il avait été jeté, n'avait pu, jusque-là, verser une larme, Mais ostte simple attention cette bieuveilance d'un étranger, d'un incounu, le boulcversa tout à coup «t mouilla ses paupières.L'horrible charme était rompu.Un instant après le train s'ébranluit ; cachant son vi£ago sur les coussins, il éclata cu sanglots convulsifs, et un flot de larmes souleva le poids terrible qui s'était abattu sur son cœur.\u2014 Y La matinée était presque froide, malgré la saison, lorsque, uu peu avant cinq heures, le train s'arrêta sous les voutes de verre de la gare Montparnasse.Lo: temps était sombre et brumeuxs, eb les hautes «maisons qui entourent la garc avaient un aspect triste -et sordide.Bernard, reveillé du sommeil lourd auquel il avait fini par succomber aux premières heures du jour, sortit, grelotant, dans la cour de ln gare, appela une voiture et jeta brièvement l'adresse au cocher.Il lui semblait que Paris était changé; il avait un sens nouveau, une notion différente des choses; une impression désolée jailliesait de lui-même ct cnveloppait de tristesse ce qui l\u2019entourait.En approchant de sa demeure, son coeur se mit à battro, Il était encore- re assez jeune, as:ez impressionnable ( après tout, son âge était presque celui d'un enfant), pour éprouver una émotion de frayeur vague en songeant à co qu'il allait voir.Qui de nous no se rappells le sentiment de terreur solennelie qu'il à éprouvée dans ce premier contact avec la mort ?Il paya le fiacre, s'étonuant de la lucidité d'esprit qui survageait en lui, comme une sorte d'instinet, pour les détails matériels de la vic, ct, le cordon ayant été tiré parle concierge à demi endormi, il monta rapidement l'escalier qui conduisait à l'eutresol luxueux qu'habituit M.d'Emoriaulx, I! sonna, puis tressaillit au bruit du timbre.Qui répoudrait ?Y avait-il seulement quelque mercenaire veillant près de son père ?Quelques secondos se passèrent, pendant lesquelles il entendit à la fois les battements de son cocur ot la vibration de plus en plu wi faible du timbre, qui avait troublé le silence funèbro de la maison.Puis, son oreille pergut un pas léger; une main fit doucement tourner le pène, et dans la demi obscurité de l'antichambre, encombrée de portières, de babuts de faiences et de cuivres, il vit la figure pâle et régulière d'une religieuse, dont la tête était couverte d\u2019un voile noir, Il n'eut jamais pu croire que dans un semblable moment de désolation il lui fut possible d\u2019éprouver encore un sentiment de douceur.\u201d Parmi les ocuvres bénics qu'elles prodigueut, au willieu du bien qu\u2019elles accomplissent sans relâche, de n'est pas un des moiudres bienfaits de ces pieuscs créatures d'apparaître comme des anges consolateurs à eeux qui souffrent, et de faire surgir, devant les cœurs isolés, uno douce vision de fraternité.Bornard ressentit un soulagement indicible: cette huwblo sœur, c'était la religion venant À Jui cn même tomps que l'épreuve, c'était le beaume avec le glaive.Immobile et silen- eicuse coomme elle se tenait devant lui, clle lui rapp:la cu un instant les grandes legons de son entauce, ct évoqua le souvenir de cette volonté divine et tendre qu'on lui avait appris à adorcr, ct qui, à travers les douleurs dont sa sagesse à le secret, nous mène vers une autre vie sans peine et sans fin.Il tremblait encore, ot s'appuya un instaut contre le chambranle de la porte, La sœur comprit tout.\u2014 Etes-vous son fils ?Voulez-vous le voir tout du suite ou vous recueillir et vous reposer un peu ?demanda t-elle d'un ton de douce pitic, Le cœur de Bernard battait à se rompre, tandis qu\u2019il traversait à la suite le cabinet de travail du son père ; ses yeux étaient comme voilés ; il distivguait à peine tant d'objets frmilier-, et l'impression de terreur qu\u2019ij avait déjà ressentie s'empara de lui avec plus de force.La porte de la chambre funèbre était ouverte.La rœur s'arrêta, le regardant, hésitaute ; mais il passa devant elle et entra, Luvs ridoaux étaient tirés, les glac:a voilées, ct à la lucur des bougies, disposées de chaque côté d'un crucifix, sur une table recouverte d'un linge blanc, il aperçut le grand lit sculpté, et une forme humaine ayant, malgré son immobilité, l'apparence des la vie, ou du meins d'un paisible sommeil.Cette wort, presque soudaine, avait si peu altéré le biau visage de M.d'Emeriaulx, que toutes les terreurs de son fils s'évansuirent, Il se juta eur le lit et baiss pagsionnémont le front oncore uni, dont le froid glaçait ses |.lèvres.Ce ue fut qu'au bout de quelque, minutis de sanglots convulsifs et de cris étouffés, échappant à la violence de sa douleur que la sœur s'approcha do lui et esseya de le calmer, \u2014C'st un grand chagrin, un grand malheur ; mon pauvre enfant, n'avez-vous done ni frere, ni sœur, ni aucun parent dont la présence puisse adoucir pour vous ce qu\u2019une telle épreuve a de cruel ?Bernard, faisant un effort pour-sc calmer, sccoua douloureusement la tête.\u2014Je n'ai pas de frères, pas de sœurs.Lui non plus n\u2019en avait pas.Nos parents sont absents de Paris à cette époque, et d\u2019ailleurs, que pourraicnt-ils pour moi ?\u2014Ils auraient pu vous épargner bien des complications pénibles, car on m'a dit que vous n'êtes pas majeur,dit Ja religieuse, jetant un rezard involontaire autour d'elle.Bernard suivit machinalement ce regard et apergut dans l'ombre de la chambre, des bandes de papier et des sceaux apposés sur Jes meubles.\u2014Voyez, reprit la sœur,les gens de justice, prévenus par le concierge, ont mis les scellés partout, et l'on vous attendait pour connaître le nom de l\u2019homme d\u2019affaires de votre pire, En l'absence des domestiques, c'est la femme du concierge qui o été nommée gardienne des scellés, ile dort là, à Côté ; mais je suis ici depuis hier.Bernard rassembla alors toute son énergie, et questionna la sœur sur les derniers moments de son père.La veille, au matin, M.d'Emeriaulx avait fait cherchor un cheval chez un loueur et était parti pour le bois.Il était seul, et l'on ignorait par quel, accident son cheval s'était omporté.Des cavaliers l'avait trouvé désarçonné, les reins brisés, dans un sentier solitaire.Il était mourant, et le savait- \u2018| On le transports dans une maison de garde où il regut les soins impuissants d\u2019un médecin, ct où un prêtre entendit ses derniers avœux.Une heure après, des étrangers le ramenérent sans vie dans sa maison.Bernard ne devait pas même savoir quelles mains indifférentes avaient relevé ce pauvre corps meurtri, Il put voir le prêtre, un vicaire de Neuilly, qui n'avait quisté son père qu'après son dernier soupir, et qui lui dit que les paroles suprêmes prononcées dans son agonie avaient été : \u201cMon fils\u201d et \u201cpardon.\u201d Dès ce jour, Bernard dut écrire aux cuu- sins de M.d'Emeriaulx, avec jesquels il n'avait eu jusque-là que des rapports éloignés.L'un d'eux seulement vint,pour les obsèques, fort contrarié d'interrompre une suison d'eaux, Il déclara que le conseil de famille ne pouvait être réuni avant quelques semaines, et révéla au jugo de paix que les affaires de son parent devaient être oxtrêûmemeut embarrassées, et quo le bruit courait même qu'il venait de perdre, à Baden, plus de cent mille francs.Il iovits, du bout des.lèvres, son jeune parent à l'accompaguer à Néris, où il retour- puit saus retard, et, sur son refus, lui conseilla d'atteudre à Emeriaulx, où se trouvaient les domestiques de son père, quo l\u2019affaire de la tutelle fut réglés et l'inventaire de la succession établi.Et les amis dé M.d'Emcriaulx étant tous absents à cetto époque, il se trouva qu'après la cruelle cérémonie au Père-Lachaise, Bernard, plongé dans un affreux chagrin, rentra seul dans l'appartement de la rue de l\u2019Arcade, cn attondant l'heure du train de Bretagne, qui devait le ramener dans son vieux château désert, La voix brusque du concierge le fit tres saillir comme, assis dans le cabinet de son père et la tête entre ses mains, il repassait dans son esprit les cruclles émotions qu\u2019il venait de subir.\u2014Monsieur, prendra, jo pense, connais- sanoe de oes lettres avant son départ.Bernardro lova la tête ot vit sur le bureau ue masse de cartes ot d'enveloppes, amon- celéos depuis deux jours.\u2014l] y à là des mémoires, reprit le concierge, ct l'on est venu aussi des pompes funèbres demander qui règlera les frais de.\u2014Déjd 1.fit Bernard avec un tressaillement de dégoût, \u2014Dame, monsieur ! répliqua le concierge, dont le ton laissait percer une nuance d'insolence, 13 bruit des pertes de M.le comte d'est répandu dans le quartier, ot chacun comme juste, peuse à soi.C'est à la demande du carossier ot du tailleur qu\u2019on a mis les scellés, Bernard lo regarda d'un air impératif.\u2014Vous doit-on quelque chose, à vous ?\u2014A moi, non, mais il y a trois termes en rotard, ct le quatrième échoit dans deux mois.Je sais bien qui'l y a les meubles.\u2014Sortez ! Laissez-moi en ce moment ! Tout sera payé, mais je ne suis pus en état de supporter votre insolence.Son ton, à la fois bref et calme, imposa au concierge, qui se retira en murmurant qu\u2019il s'on lavait les mains et qu'il laisserait monter les fournisseurs.Bernard se rapprocha de la table et éparpilla d\u2019un geste fiévreux les lettres qui s'y trouvaient.Une quantité d\u2019enveloppes à l'aspect commercial, portant des en-têtes imprimés, frappèrent son regard, Il Jes décacheta vivement, puis resta anéanti à la vuo des sommes énormes que devait son père, ct dont la plupart remontaient à des époques déjà auciennes.Des dettes, \u2014des pertes de jeu considérables, offrayantes\u2026 C'était dono 1 la double révélation qui avait accompagné la mort de son père ! Bernard no songeait guère à lui dans ce moment.Il avait toujours eru qu'il devait __ JOURNAL DES CAMPAGNES être riche, ot son esprit ne comprenait pas encore le sens de ce mot terrible : la pauvrèté.En ce moment môme, il était trop affiigé pour êtro capable de s'apitoyer sur dus pertes d\u2019argent ou de s'inquiéter pour lui-md:ue, Mais il pouvait encore être sensible à ce qui affectait la mémoire de son père et la considérait aux yeux des étrangers.Son cousin lui avait remis, après avoir consulté le notairo de M.d'Emeriaulx, une sommo de quinze cents francs pour pourvoir À ses dépenses personnelles pendant les premiers jours.Il se souvint qu'il avait à Emeriaulx trois cents franos quo son père lui avait donnés lorsqu'il avait été reçu bachelior, pou de semaines auparavant.Tl juges que c'était suffisant, ot,retenant seulement l'argent de son voyago, il chargea la femme du concierge d'acquitter les mémoires les plus modestes ot les plus criards, Il erra ensuite de chambre en chambre, sentant son cœurse briser chaque fois que ses regards tembaient, sur quelque objet familier, quelque souvenir pieux de son père ou de sa mère.Puis, l'heure venue, il repartit pour la Bretagne, mûri on ces jours douloureux, et ayant appris cette rude leçon : quo le bonheur d'ici-bas est fragile, et qu\u2019 \u201c au milieu de la vie nous rencontrons la mort \u201d, \u2014 VI Une douleur vraie est toujours accompagnée d'une rorte de pudeur.Elle éprouve le besoin de se replier sur elle-même en face des indifférents, et de dérober à ceux qui ne peuvent les comprendre des effusions qui lui sembleraient aisément profunnées.L'idée fixu de Bernard, en revenant à Emerinulx, était de fuir tous ceux auxquels il ne pouvait parler de son père saus tranhir sa douleur, et qu'il ne voulait cependant pas rendre témoins d'un chagrin qu'ils ne partageaient pas, Il avait averti par dépêche la vieille femme de charge de son arrivée, et il cherchait immédiatement des yeux la voiture qui devait I'attendro.A sa grande surprise, ct à sa secrète contrariété, il apergut Adolphine elle-même, vêtue de noir ot son mouchoir sur les yeux, se tenant debout près du break.\u2014 Pourquoi ôtre venuo, ma pauvre bonne ?murmura-t-il en l'embrassant, car elle l'avait élevé et il l'aimais sinoôrement.Je ne puis pus parler tranquillement de.de celui qui ne reviendra plus.II fallait m'attondre là-bas.Partons vite\u2026 Il l'aida à mentrer ot so plaga en face d'elle, laissant le domestique conduire, Elle faisait un effort évident pour rotesir ses larmes et triompher du tremblement de ses èvres, contre lesquelles elles pressait convulsivement son mouchoir.Elle se pencha enfin vers lui, et essayant de parler avec clame : \u2014Je ne suis pas venue pour vous attendrir ct vous faire pleurer, mon enfant, dit-elle, mais pour vous préparer à.à une- chogo inattendue\u2026 oh ! si affreuse ! \u2014Quoi ?.Parle, je ne puis supporter l\u2019incertitude, et maintenant, il me semble que je dois être insensible Abien des souffrances.\u2014Ils sont venus de la ville, ils y étaient encore quand je suis partio, balbutia la vieille femme, étouffant un sanglot.\u2014Qui ?.Qui est veau do la villo ?Calme-toi, ma pauvre bonne.Qui est à Emeriaulx ?\u2014La.la justice\u2026 Ils mettent les ecellés ! s'écria-t-cllo éclatant.Oo ne réseve que les meubles à votre usage, Tous les papiers de M.le comte sont emprisonnés sous ces vi- laios cachets rouges.Qu'est-ce que cela si- gnific ?Bernard cacha un instant son visage daus scs mains, \u2014Jo ne connais rien aux formes de ln jus\" tice, ma bonne Adolphine.Je supposo qu'ils |- agissont ainsi parce que je suis mincur, ct peut-être aussi parce que mon pauvre père avait des dettos, ajouta-t-il à voix basse ct avec effort, \u2014Oui, oui, je savais cela et j'aurais dû vous le dire.Peut-être que vous l'auricz empêché de tout dépenser et surtout de jouer, Mais aussi, c'était terrible de dire à un fils les défauts de son père.Il ne savait pas bien co qu'il faisait ; il na voulait pas vous ruiner mon enfant ! i : \u2014J'en suis bien certain, dit Bernard avec douceur, \u2014I] était insouciant, c'est lb le mal; il remettait toujours à plus tard à enrayer ses dépenses et à fermer les brèches.I] parlait de venir ici pour faire des économies, Bernard inolioa la tête.Lo passé s\u2019éclai- Trait maintenant pour luiet sa dernière conversation avec son père revenait à Son souvenirs comme un geulagement.\u2014Pauvre père ! Il avait de bonnes intentions, pemsa-t-il.\\ 11 se rappola aussi que son père était mort en associant à son propre nom Je mot de pardon.\u2014Lui pardonner | Ah ! il a été un tendre père, et il m'a donné les moyens de mo frayer une route dans la vie, Qu'importe le resto ?so disait-il dans sa\u2018générosité juvénile.Il rentra donc dans cette demeure où le souvenir plein de tristesse du mort no venait pas seulement le hanter, mais où les sinistres cachets appliqués sur tous les meubles lui rappelaient à la fois la coupable insouciance de son père, la terrible inoertitude qui pesait sur son sert, et, ce qui était bien autrement grave, sur la solvabilité de M.d'Emeriaulx et l'honneur de son nom, Il errait du matin au soir dans la campa- gue, so dérobant aux témoignages de sym- pathio de ses voisins.Si peu égoïste qu'il fût, il ne pouvait sa désintéresser complètement de son propre avenir.Il comptait naturellement Continuer ses études pour Saint Cyr, et ue doutait, pas un instant que, la fortune de son père dut-elle s'effronder, il no trouvât dans ses débris de quoi assurer les frais de ces études.Maisdil éprouvait une impatience maladive d'être fixé sur su situation, et surtout de voir payées toutes les dettes de sou père.Jusque-là, sa concience délicate était privée de tout repos, Une letiro du parent qu\u2019il avait revu à Paris lui annonça enfin qu\u2019on allait réunir le conseil (de famille, et qu'on se proposait tout d\u2019abord de l'émanciper.Il était temps d'agir : les trois cents francs étaient épuisés, et, depuis plusieurs jours, Adolphine pourvoyait aux dépenses de la maison, réduites autant que possible, à l'aide des cinq francs qu'elle reoevait Chaque jour comme préposée à la garde des scellés, Les affaires de M.d'Emeriaulx furent enfin examinées et tirées au clair.Les hypothèques, les billets à ordro, les dettes do tout genre engloutissaient la totalité de ça fortune, et même celle de sa femme qu'il gérait comme tuteur de son fils, avait disparu dans le naufrage.Depuis deux ou trois ans, il contractait de nouvclles obligations pour payer les intérêts des ancienneset, chose étrango pour qui ne sit jusqu'où peu- veut aller l'incurie et l\u2019insoucience chez certaines natures, il ne semblait pas avoir eu pleine conscience du désastre qui allait im- | manquablement éclater.Les choses marchèreut rondement, ce qui est rare en paroil cas.Le château, hypothéqué presque au-delà de sa valeur, devait être vendu, naturellement.Un ancien industriel, qui détenait Ja première hypothèque, déclara immédiatement qu'il voulait s'en rendre acquéreur, ainsi que des quelques fermes qui l'entouraient encore.Bref, tout compte fait, il resta à Bernard une somme de seize mille francs, dont il résolut d'abandonner Ja rente à la femme de chargo de son père, ce dernier, hélas ! ne lui ayant guère payé régulièrement ses gages pendant les longues dunées qu'elle l'avait servi.VIL | {Novembre était venu lorsque, fixé sur son sort, Bernard ge prépara à quitter le château que secs ancêtres avaient bâti, où 6 3ère avait passé les jours heureux de sa lune ETES Bias dé mio}, od Ini-môme était nié, et où, enfin, il avait joui, dans l'heureux épanouissement de sn jeunesse, des \u2018derniers jours joyeux qu'il dût peut-être jamais connaître.M.de Saulcey, son parent le plus proche s'était nccupé de ses affai:es avec un mélange de mauvaise grâce et de hilte do tout terminer.11 l'avait invité, sons aucun élan, à passer l\u2019autoume chez lui, mais avait paru enchanté do son refus, Il craignit évidemment que son titre do curateur ne l'obligeât d aider pécuniairement Bernard et ne lui causât des soucis quelcouques.' Naturellement, il fallut décider ce que dovait faire le jeune homme, M.do Saulcey, étant venu 4 Emerinulx pour les derniers | arrangements de la vente, cntama la question $ dès le premier soir, avant de quitter la salle à manger.\u2014Et maintenant que.vos affaires sont réglées, mou cher ami (cles ont été terminées, par parenthèse, aves une célérité extraordinaire, étant donné tant de ocemplica- tions ; ces notaires de campagne ont du bon ils ne sont pas eacombrés), done, puisque tout est fini, dites-moi quels sent vos projets on ce qui concerne votre avenir.Bernard, dont le regard errait par la fenêtre ouverte sur les arbres déjà dépouillés de l'avenue, trossaillit légèrement et brusquement arraché à ça réveric, so tourna, vers son cousin, \u2014Mon avenir ?répéta-t-il.Je n'ai pas lo choix, il me semble ; mais la nécessité qui s'impose à moi cst d'ailleurs conforme à mes goûts : je sorai soldat, naturellement, \u2014Vous deviez eutrer à Saint-Cyc ?Eh ! ce n\u2019est pas impossible, en cffet.Vous avez une somme d'environ seize mille francs, e je ne verrais pas d'inconvénient 3 vous voi employ.r ce petit capital pour continuer vos études.C'est de l'argent placé à fonds perdus : le revenu, co scra votre qualité d'officier qui, jointe à votre nom et à votre extérieur, vous permettra de faire un beau mariage.Bernard secoua la tête.\u2014Je ne puis employer cet argeut pour moi.Je croyais vous voir dit que notre vieille Adolphine, aprés avoir aidé sa famille, ne possède plus de quoi vivre ; j'ai l'intention do lui abandonner la presque totalité du revenu de cette modests somme, afin de compléter le peu qui lui reste.M.de Saulcey haussa les épaules.\u2014 Mon cher ami, vous vous exagérev vos devoir envers cette femmo, Si elle a gaspillé ses gages au lieu de s'assurer un revenu pour sa vieillesse, vous n'en êtes nullement responsable.Vous devez songer d'abord à vous Loin de posséder aucun titre aux faveurs du gouvernement, l'attitude politique do votre père, lors des denières élections, vous rend impossible l'obtention d'une bourse, soit dans un collège, soit à Saint-Cyr.La politique ge glisse partout, aujourd'hui, Il vous faut donc payer vous-même tous les frais qui.\u2014Je nc compte pas entrer à Saint-Cyr, Quoi que vous en pensiez, mon cousin, je erois devoir quelque chose à ma pauvre vieille bonno, qui ne saura jamais, la chèr© âme, que je suis réduit à uno telle pauvreté.Jo vais m'engager.M.de Saulcey fit un mouvement brusque.\u2014Mais, mon cher Bernard, c\u2019est là un parti extrême auquel, je lo répète vous n'êtes pas réduit, Vous no savez pas ce qu'est cette vie-là ; c'est dur, allez, surtout quand on peut arriver par la grande porte.\u2014Je sais que c'est dur, mais beaucoup d\u2019autres l'ont fait, lo font chaque jour, et je puis\u2019 supporter ce qu'ils supportent.Soyez traquille, j'arriverai vito, jo veux parvenir.Il parlait avec calme, d'un ton grave, et son parent comprit que, malgré sa jcuncsse, il y avait chez lui une volonté d'autant plus forte quo l'expression en était plus tranquille.Il erut devoir, cependant, chercher encore à © dissuader do co projet; mais il échoua devant unc résolution bien arrêtée, \u2014Au moins, dit-il enfin, gardez la moitié {JOURNAL DES CAMPAGNES _ payermon premicr uniforme,répondit Bernard avec un pâle sourire, Si la vicille Adolphino avait su que colui qu'elle appelait toujours son cher enfant so dépouillait à ce point pour elle, elle fût morte do faim plutôt que d'accepter son sacrifice ; mais il ne lui vint pas à l'idée quo cette maigre rente fût Ja seulo Gpave restant d\u2019une grande fortune, Elle lous une chambre dans lo village, cwports quelques vious meubles d'Emerigulx, se promettunt de les conserver & Bernard, et le suppliant de la rappeler \u201c pour tenir son ménage \u201d quand Àl serait officier.Le nouveau propriétaire du château devrait en prendre possession le ler décembre, afin d'y mettre des ouvriers pour le réparer et l'aménsger cn vue de l'été suivant, Quelques jours avant cetto époque, Bernard partit pour une villo du nord où il comptait s'engager dans un régiwent de dragons, II parcourut une dernière fois ce ~ domaine dont di n'aurait jamais eu idée do pourvoir se défaire quelques mois aup:ravant, et où il avait espéré mener plus tard des jours si heureux.Combien tout était différent du moment, encorg si proche, cependant, où il était arrivé à Emeriaulx plein de joyeuses espérances et de confiance dans la vie | Même la scèno extéricure avait chargé, Les champs étaiont tristes et nus, les prairies inondées ; les arbres, dépouillés de leur feuillage, agi taient dans l'atmosphère brumeuse et froide leurs branches noirâtres, et une pluie fine tombant sans relâche, rendait plus sombre et plus tristr la fagade de pierre du château.I1 avait toat perdu : son unique affection, gon protecteur, et en même sa position, sa fortune, son avenir.TI ne pensait à son père qu'avec un regret affectueux, une tendresse murer contre lui n\u2019effleurait pas même son fme.Il ressentait, pour ce père insouciant et coupable, une sorte de compassion respecteuse ; il souffrait on pensant à l'angoisse, au remords qui, à son dern:er moment, avait arraché à M.d'Emcriauix ce mot de pardon qui rachetait, avx yeux de son fils, tous les torts qu'il avait eus.Enfin, il ne pouvait cerles rester indifférent à l'effondrement de sa situation ; mais il était asez jeune, assez dérintéressé, assez poète même pour regrelter surtout ce qui, dans catte situation, touchait au sentiment.C'est ainsi que la perto du château de famille qu'i identifiait avec les souvenirs de sa race lui était plus sensible que tout le reste.Il ressentit un véritable brisement quand il passa, pour la dernière fois, 00 seuil sacré, Ses yeux étaient pleins de larmes ; mais lorsqu'il eut fait quelques pas hors de l'avenue et que ln façade majestueuse d\u2019Emeriaulx eut disparu à res yeux, il releva la tête, et jeta vers l'horizon un regard affermi, \u2014Seul, pauvre, perdu dans le vaste monde, Mais j'ai l'aide de Dieu et la jeunesse, L'avenir est à moi, je parviendzai, Et, au milieu de son chagrin et de son abandon, qu elque chose de fort, de puissant comme un soufle héroïque, souleva son cœur tandis que dars son esprit, tout à l'heure désolé, se glissait un rayon lumineux : la confiance, l'espérance bénic qui éclaire, pour les jeunes, les plus sombres abîmes, et leur montre les sommets auxquels peuvent atteindre V'énérgie et la bonne volonté.VIII Lancoat, parmi les motifs qu\u2019il croyait avoir de so glorifior, comptait cn première ligne In présence daus \u201c ses murs \u201d d'un régiment de dragons, Les uniformes, les casques, les chevaux dont lo pas sonore éveillnit loe éohos des rues solitaires, tout cela faisait les délices des habitants.Les enfants assistaiont, bouche béante, aux manœuvres et aux exercices qui avaient lieu derrière la gare, on courait à la fenêtre pour voir parader, sur le boulevard, de mince capital, les officiors pimpants, et les garçons d'hôtels généreuse ; l'idée de I'accuzer ou de mur- avaient soin d'avertir les touristes que Lancoat, entre autres illustrations diverces, avait l'honneur de posséder lo\u2026 dragons.La satisfaction causée par cet état de chose n\u2019était, à vrai dire, nullement récipro- | que.Les brillants officiers qui traînaient leur sabre sur les trottoirs de la rue Neuve ou qui faisaient cabrer leurs chevaux sur lo boulevard de la Gare, gémissaient au sujet do lear garnison, et s'accordaient géaéraloment À considérer Lancoat commo un lieu de pénitence.Dans Ja bello saison,il y avait encore la cam- pagno environnante, avce son contingent de châtelains, les pique-nique, les rallye-paper, les bals d'été, les parties de tout genre.Mais l'hiver s\u2019abattait sur Lancoot comme un manteau de plomb ou d'ennui.Les habitants étaient peu sociables, et la ville no possédait aucun élément de distraction pour des célibataires.Aussi les officiers se lamentaient-ils bien haut, envisageant comme une délivrance le moment de quitter co pays perdu pour un centre plus animé.Ce jour bienhoureux avait lui pour le.Les dragons étaient partis, musique on tête, aves tout l'entrain usité en pareil cas, et leurs remplaçants, arrivés la veille, pareou- raient en tout eens les rues de la ville, ea proie \u201cau sentiment de désolation que peut inspirer une pluie de décembre tombant sans relâche, formant des petits lacs au milicu des pavés disjoints, s\u2019écoulant en ruisseaux bruyants le long des ruelles en pente, et ternissant les vitres des boutiques soigneusement fermées.\u2014Un vrai temps de Bretagne ! Ect-co que ça dure plusieurs mois, cette pluic-là ?demanda un jeune lieutenant, se laissant tomber sur une chaise, dans la sulle du principal café de la rue Neuve.Le propriétaire, accouru en personne pour s'informer de ce que ces messieurs désiraient, soredressa d'un air léyèrement offensé.\u2014Le climat de.Lancoat cst considéré comme très agréable, monsieur.Il pleut partout, à cette époque, comme le disent les voyageurs de commerce qui passent ici, \u2014Et Lancoat est charmant l'été, dit un sous-lieutenant avec un sourire.\u2014 Monsieur connait notre pays ?demanda le cafetier se retournant d\u2019un air empressé, \u2014J'y suis venu jadis au mois d'août et j'en ai coneervé une impression des plus agréables.Non merci, mon cher Varanges, je ne prendrai rien.\u2014 Est-ce que le souvenir dont vous me parlez est assez charmant pour vous récomoilier avec cette affreuse garnison, dont l'ennui est cependant légendaire ?demanda le lieutenant de Varanges en étouffant un bâillement.Quant à moi, j'avoue que j'ai remud eiel et terre pour trouver un pormutant.Son compagnon secous la tête.\u2014J'ai suivi ma destinée.Je n'ai rien fait pour venir ici, non plus que pour éviter une garnison dent j'espère ne pas sentir l\u2019onaui, car j'ai l'intention de travailler ferme.\u2014Vous êtes en effet, ce que l'on appello vulgairement un bâcheur.Je vous admire, mon cher d'Emeriaulx.Bernard sourit, \u2014C'est une nécessité pour moi plus que pour tout autre.Je sors du rang, et je dois travailler double pour parvenir.\u2014Et vous parviendrez.Dites-donc, vous êtes-vous mis en quête d\u2019un logement ?Moi je me décido à rester à l'hôtel ; il mo semble passablo, et à vous ?\u2014 L'hôtel est trop cher pour moi.Vous savez que je n'ai aucune fortune.C'est un problème assez urdu à résoudre, que do vivre avcc la solde d'un sous lieutenant ; mais j'ai cependant l'intention formelle d'y arriver sans faire de dettes, Son compagnon leregarda avec un étonne- mont mêler d'admiration.\u2014Je vous crois capable de faire co mira cle, Après tout peut-être y aurez-vous moins de mérite dans une ville où l'on ne poutso distraire d'aucune fagon.Gargon ! hé ! I] pays sa consommation s'étiraeu baillan et, suivi de Bornard, sortit du café d'un air nonchalant et ennuyé, bp 0 .\u2014~Je réserverai deux.mille franes pour | La rue Neuve était presque déserte.Cependant ils rencontrèrent un groupo de leurs, camarades cb remontèreut lentement le trottoir.Comme ils passaient dovant la vicille maison à Pignon, Bernard se retourna avec intérêt, reconrrissant ce logis et se rappelant soudain l\u2019étrango figure qu\u2019il y avait jadis entrevue, À co moment même cette figure, sortant d'une boutique voisine, parut sur le trottoir.Un pan du même châle écossais qu\u2019elle portait depuis quinze ans était ramené sur sa tête, pourls garantir de Ja pluie, et ses mains débiles tenaient un petit paquet qu'elle laissa tout à coup échapper, en glissant sur le pavé mouillé.Bernard s'avanga pour la soutenir, et rencontra son wil d'un bleu terne, dans lequel passait l'ombre d'un souvenir hésitant.\u2014Merci,dit-elle de sa voix faible ct basse.Je crois vous avoir déjà vu, N'êtes-vous pas le fils du comte d'Emeriaulx ?\u2014Et votre cousin, achevat-il cn souriant.J'aurai l\u2019honneur de vous rendre prochainement mes devoirs.Il l\u2019aida à passer lo scuil dela porte la saluant courtoisement et rejriguit le groupe de ses camarades qui demeurés sur le trottoir avaient suivi avec étonnement cette petite scène.\u2014Je ne savais pas que vous cussiez de la famille à Lancoat dit l\u2019un doux,sans pouvoir retenir un eourire, \u2014C'est une vicille cousine de mon père, à laquelle je n\u2019ai parlé qu'une fois dans wa vie.répondit Bernard d'un ton tranquille.Mais j'ai pour principe de reconnaitro hautement tous mes parents, quelle que suit la manière dont la vie les à traités.\u2014Rt co sentiment est digne de tout ce que je connais de vous, mon cher d'Emeriaulx, dié un jeune capitaine d'un ton chaleureux.Messieurs, ajouta-t-il, il pleut toujours ; je propose de rentrer à l'hôtel et de faire un whist ou un domino.Quel pays ! Quo j'en- viols sort de ceux qui l'ont quitté avant hier.(4 suivre) PRE GREVE DETYFPOGRAPFNS Bille dure depuis deux noisy : Pittsburg 25\u2014Les typographes ds cette ville, au nombre de 600, sout en grève depuis une couple de mois.Cette grave ne semble pas devoir sc terminer de ei tôt, L'Union typographique internationale a résolu d'aider les grévistes de toutes wes forces, eb dana os but elle prélève parmi ses membres une contribution mensuelle de $2,000 qu'elles leur expédie régulièrement.Da leur côté, Ics patrons ne veulent pas aoquiescer aux demandes des typographos et chorchent par tous moyens à sc procurer d'autres ouvriers.Les typographes sont d'autant plus ardents À soutenir cette grève que do son résultat peut dépendre l'existence de lour union en Amérique.Mort tragique Toronto, 24.\u2014Tragique gensationd la Législatare aujourd'hui.M.H.E.Clarke, député, est tombé raide mort sur le parquet de la chambre pendant qu'il adressait la parole.Il souffrait d\u2019une maladie de cœur.ET Sr Onguent et pilules d'Ol!oway Pour la guérison des brulures, teigne, blessures et ulcères, cet onguent justement célèbre demeure sans rival.Ses qualités balsamiques, de suite en l\u2019uppliquant, endorment la douleur cuisante, protègent contre l\u2019air les nerfs exposés, donnent aux vaisseaux la vi- gueurnécessaire pour guérir la pluie,et Jonnent au sang,uno pureté qui lui peiinet do redonner la vigueur détruite.Les püules d'Holloway, prisent simultarément assistent les pou roirs purifiants et nourrissants do l'Orguent, Holloway.Ensemble, ces médocines agis wnt comme un obarme ; après un essai loyal, aucun invalide n'a trouvé q v'elles manqua\u201cent de soulager et guérir sa maladio.L'action combinée do l'Onguent et de Pilules, en tout désordres, est trop irrésistible pour être entravée, L LA GROVE SUR LEC Un ecrlain nenebre Gene pleyes dn &.9.BR, se joignent aux grev-stes 9 Eu persneetive m'a pfru Palate nn à UNS es saat pou ie O 1% il, Mantrdal) 23, Jusqu'à prés-nt, la grève sur \u201cchemin de for du Pacifique n'a pus atteint fi division Est, Los trains cireul nt d'un manière régulière, quelques trans ont Gti returilés à caves de La teur Gre de Ja nuit deinièse On nous inforice que des tentatives unt Été fuites nuprès des cou-lucteurs à Pewplot d Ta compagate duns la division Far, pour les Laduire à se juindre À la grève, mais qU\u2019Es ont refusé de 8 prêter à ces manœuvres ct que l'ordre le plus partuit règne daus la division Jist de la Luc, Vertains employes ont quitté le service de le compagnie du chemin de fer du Grand Trove peur 82 rallieraux grévistes du Pacifique, Cest le poiit nombre cspeudant, M, Sluvrsctee s-y du Pacifique est convainen que la crdie nana pas de cons que nes Reheuses et que: tout rentrera dans l'ordre d'ici & quel (ues jours, Lu Lransport À s voyageurs sur lu lisne da Pacitique se fait de la manière ja plus satis- fa-ant\u2026 : Lin département du fret cependant, sonffre de in grève dans une certain: mesure, l'arnesure de prudine-, 1 est probable que le détective Grus + parties co soir pour se rendre das la partie ouest de la ligne du Pacifique avec une coutaine ds con tubs Bpéciaux peur maintenir l\u2019ordre, si wutelois Cela devenait nécess-ire, : Winnipes, 23\u2014Les ingénieurs ont refusé de s'unir aux grévisies.Quelques-uus des how:ues «engagés à Montréal, pour remplacer les mécnat-nte ont faussé le service de la com- paxuie ct se sont joints aux ouvriers en grève.Ottawa, 23\u2014Uent constables spéciaux ont Été assermentés hier et sont partis pour North Buy.North Bay.23\u2014 Les eonrois de passagers et d: fret out été assaillis hier soir par les grivi-t 8, Dans lu bagarre certains ex+m- phyés du C.P.R.ont sorsi dus revolvers.Un homie qui venait de se mettre au rer- vice «: ln compagnie a été jutéen bas du waxou où :l travaillait, Toronto, 23.\u2014On 8 enrolé ioi et expédic aux cudroits où l'on railoutait des désordres Un centaine de eonstables, Frédéricton, N.B.23.\u2014On ne ereit pas que les cmployés du C.P.R.de ee diatriot we Icttent es grève, Olaws, 23 \u2014Tous les conducteurs, ai- gui:l ur« et rmployés de chywin de fer des divisions Schreiber, Cartier et North Bay, du U.P.H.out quitté leur service hier soir.Ii n'est guère arrivé du convois iei aujour- d'hui.Uttawa, 23 \u2014Tout indique que la grève va s'étendre aux divisions d\u2019Outario, de Québ.c el dos provineus maritimes, LA SURDITE 14 SUCRE O 52 ON Ho wpuseule en Français décrivant la manière de se guérir chez soi-même et sans le sucottrs étranger de In surdité et de bruit d'oreilles.Le Rév.D, H, W.Harlock, du Prosbytère, écrit: \u201c Faites tout au monde Jour employer ce moyen dont le valeur ost de premier ordre, et qui m'a rendu le service le plus signalé\u2019 Franco 50 centimes \u2014 (, Raymond & Cie, Editeurs, 36, ruc de Martyrs, aris, - Pondunt plus de oinquantz ans été employé pour la dentition des enfants, svulazee l'enfant, adoucit les vencives, dimi- Due la duuleur, guérit les coliques flatulentes, et cat le meilleur wuwède pour la Diarrhée: Vingt-cing centins ia bouteille, Vendu pur tous les droguistes de l'univers.Québec, 27 Mai 1891\u2014 1 +, Onguent et pilules d'Ollowsy Pour la guérison des brnlures, teigne, blessures et ulcères, cet onguent justemunt célcbre dewieure sans rival.Ses qualités balsamiques, du suite en l'appliquant, cudorm- nt la roulcur cuisante, protègent coutre l'air les nerfs «xposés, donnent aux Vaisenux la vi- gu urnce s-aire pour guérir iu plaie,et donnent : au sang,une pureté qui lui permet de redon- |: n: r la vicuear détrune.Lies pilus d' Holloway, prifoat rimultanément sistent les pouvoirs | puritisuis «+ nourrisants de l'Onzvent, ! Hokeway.Jnscnbie, ces médecines agissent | come un Charme ; après uu essai loyal, Aucau invalide n'a trouvé qu\u2019elles manquaient de sculager et guérir 6a maladie, L'action : combinée d- l\u2019Ouguent et de Pilules, «u tout : || disordres, est trop irrésistible pour être entravée, i i | Cu onto OR CH GREYS spy EE zon JIN \u201cces à A yi à .rer, AN HEN( ?ARE be f a aE en A rear ASE A sam fhemin de fer Quebee Central.TnaNs pe Quéreo, Boston, NEw- Yori Et LES DIQNTAGNES BLANOLES Service do train solide, \u2014Zntro Qu/bna et Boston, tous les jours, vid Fherbrooko.ct V hîte River Jnnetian.\u2019 \u2018 Lau sete ligne aur fiquelle cironlont Irs chars marloiss ct dortoirs entre Quérue et Spriushield ct outre Québec et Boston sune chanrement, Le et après LUNDI, 2 NOVEMBRE 1501, les trains cireuleront copmue suit : EXPRESS\u2014Depart de Québes parlo batean- passeur do 1,00 h.p.ta, de Levis à 1,50 h, Pe 1, arrive à la Lieauco Jonction à 3.57 h p.m., arrive à Sherbrovke à 8 hb.plow, arrive & Newport à 10.10 h.p.me, arrive À Toston à 8.30 &.M, errivo à New-Yok à 11.80 a, wm.Co train a Gireelement de Ouéheo d Boston sauus clrnggeruent.MEXNTE \u2014Piurt de Québac por le Tuitenn passrest À 1,00 hp.tu , de Levis à 1.30 p.m y nrrivo à du jovetion dela Beauce à 5,40 he pu, arrive à St-François à 6,50 p.m, Les trains avricent & Quéhee EXPRESS \u2014Part de New-York a 4,00 h.p.me.do Lustou à 7,45 h.p, mi.de Newport à 6 00 h.a ru, part ve \u201chechrooks À 7.40 ho ne we, arr vant & Dévig 3 150 hi.pr.Bt, ot À Quebec par te batean-pas-cur à 1.45 h.p.m.Ce convoi va directement do Toston À Québre sang chonzement de chars.Char menargue.prrloir et Jortoir, de Botion à Quebce, et de Kprinéleld à Québre, .MINTit\u2014 Quitte St-Prancois do Ia Beanves À G 60 di.de an, quitte la Junction de tn tenvee à 7 0h.x.m.aerive À Lévis à F0 00 Ji se.M, et À Qué ce parle bateau porseur à 10,45 nn.Tous les trains express sunt chauffes à la vapour de lu locomotive, CONNECTIONS A Lévis ot Iarinkn, jonction avec l\u2019Intorcoloninl, à Sherbrooke avec le chemi:- de fer ttoston et Muino, pour Boston, New York ot tous les points de In Nouvelle Angletorro.A Dudawell avec le Maine Contrnl.Ou peut se procurer des billets et Je bagago est chêqué pour tous les ondrnits.Four autres informations, s'adresser au bureau \u2018es hillets, on fuce de l'hôtel St-Louis, ou aux ngents de la compagnie.FRANK GUUNDY, Surintendant général.| : J.H.WALSH, Gérant général, fret et passagers.Québoe, 30 ortubro 1891.\u2014 Pilules Antibilieuses, one à MATQUE DE COMMERIF Du Dr rx Remêde par cxeellenco contreles Affections Bülieusrs: Torpcir Qu frie, Kacésdebile ct eutres indispositions qui en découlent + Canstipation, Perle d'apvitit, Muux da tête, Lite.Le Dr D.Marsolais, praticien distin- HUé, Écrit ce qui suit Voilà plusieuro annéas que jo fats unage deg Piluts Avtibilieuers du Dr Nèyet je mo trouve tr« 9 bien de Jour eraploi Ja no puis que faire l'&}ngo de tour composition que vous sve2 bien voulu mo fairn connaitre.Ne contenant pas de mcroure, elles pravent etre ndmi- Histebva Sans danger dans une foule de ene où les pilules meranriclles geraisut tout à fait nujmbles, Non-seulomontjo fais un nange cuuvidérable de ces Pilul-s pour mes patients, mais joies aiuvest «mnnloyées on maintes cirontistances pour sn0é- mine ot] rdanltat a été des plus aat'afaisanta.C'ust donc avéeo plaisir que j'en recommunde \u201csaga aux parconnes ani out beroin d'en pur- gatit DOUX, BFFACTIF, NT INOFKENSLE, Lavaltrie, ler mai 1887, | Dr I.MARSOLAIS EN VENTE PARTOUT SEUL PROPRIÉTAIRE L ROBITAILLE, Chimiste JOLIETTE, P.Q.PRIX SEULEMENT 2 OT?LA BOITE (UT LIVES FASO HN, œ Saws 688 déne es SÛRE ramet 1a 57 | \"LE GRAND PURIFICATEUR DU SANG | : NDNVN IN AGREABLE Ive =) Là SALSEPHREILE | = | DE BRISTOL 221i GULRIT TOUTES LES ® AFFECTIONS DU SANG, 55 CERTAINE : LES.PI © BANTERPOUR TOUS 2 Pilules et ¢snguent Helloway { LULES.Purifient le Sang, corrigent tous les.Dérangements du FOIE, de PESTOMAC et des INTUSTINS, tüles foriifient ot resttfieat In santé à des Cunstitations délabréss, elles sont aussi Inestimaiies dans toutes [es Maladies partieulières au sexe f'eninin de toute âge.Four les Snfants cinsi que pour les personnes Âgéts sont invaluables, L'ONG UENT Est un remblle Infiliibie pour les Maux de dem 95, cox das Soins, Bisesures & .cfen nus, Plaies et Usceres, 1! est faux pour la Goutte ot Rhumatisme, Et peur tous les Dérangements de la Poitrine il est de même sans égal POUR LES MAUX DE GORGE, LA BRONCHITE, Lis RHUME, LA TOUX, sondement Glanduleux.et toutes les Malaities da contractés et jeiniures 1 la Puan, il est sans rive) ol pour les mombrès 23 il agit comme un charme Ces Médochtas sont préparées seulement à l'étéblissagent du PROFESSEUR HOLLOW AY, 75, NEW OXFORD HT RERT, cuparavent 5:85, OXEQSRD STRELT, \u201c1 suvendent à *s.131, 2e, 94, 4s, Gd Ta, 2 of 230 13 Pol on la Baile, at on pee 123 obleat a Lez achsteurs sant priés de Fessardar Pris 2 FF A CEES FTL Ea EY List guéri par les remèdes sauvages de EX .6 1; 2e, > i \" "]
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.