La tribune, 25 juillet 2015, Arts magazine
[" LA TRIBUNE samedi 25 juillet2015 magazine MUSIQUE JOHN RONEY RÉINVENTE L\u2019IMPROVISATION W7 VOYAGES REDÉCOUVRIR NOS PROPRES ROUTES W26 < « ¦ - - MARTINE FRANCKE F W4ETW5 rm* ML m rw- ¦¦ g iâsSB \\vr ' - - / SP W2 ARTS MAGAZINE SAMEDI 25 JUILLET 2015 LA TRIBUNE Adam Karch - photo fournie ¦£> sills m TSSsSSS îSSsis S/' » ENTRE \u2022VUE* AUTHENTIQUE AVEC ADAM KARCH Entre le premier album d\u2019Adam Karch, Crossroad Diaries, et son deuxième, Cotton Fields, dix années se sont écoulées.Une décennie au cours de laquelle le musicien d\u2019origine montréalaise s\u2019est profondément remis en question.et a trouvé les réponses qu\u2019il cherchait, pour mieux revenir avec sa guitare et la grande maîtrise qu\u2019il en a.Depuis l\u2019an dernier, un troisième album, Blueprints, conquiert les ouïes par la façon dont Adam y réinvente des classiques de manière inattendue.Vous l\u2019avez manqué au Festival de blues de Victoriaville jeudi soir?Tout n\u2019est pas perdu : Adam est au Cabaret Eastman demain soir, pour l\u2019East-man en blues 2015, qui s\u2019amorçait hier et qui recevra aussi Bad Boyz Boogie, Offenbach et Steve Hill dans les prochains jours.POURQUOI FUT-CE SI LONG DE REVENIR À LA MUSIQUE?le n\u2019ai pas arrêté de jouer durant cette période, mais disons que je passais sous le radar.Beaucoup de monde avait mis des espoirs dans ma carrière, mais ça n\u2019a pas marché selon les attentes, l\u2019ai perdu mon gérant et ma compagnie de disques.La chute a même été assez rapide, le me suis retrouvé un peu dans le noir, sans direction ni motivation.ET QUE S\u2019EST-IL PASSÉ POUR QUE TU DÉCIDES DE REVENIR?À force d\u2019entendre les gens réagir à ma musique, je me suis rendu compte qu\u2019avec mon talent [Adam avait seulement 18 ans quand Jeff Healey l\u2019a recruté comme guitariste pour une tournée en Allemagne], je devais arrêter de ne rien faire, me prendre en main et cesser de faire pitié.De seulement changer sa façon de penser, c\u2019est suffisant pour attirer des choses.Soudainement, j\u2019ai recommencé à avoir des appels de gérants.QUELLE A ÉTÉ TA PRINCIPALE PRISE DE CONSCIENCE?Surtout que j e voulais j ouer seul, de façon acoustique.Certains ont besoin d\u2019être entourés, mais moi, j\u2019ai besoin de gérer les choses moi-même, entre autres pour la liberté que ça apporte.Dans mes spectacles, je n\u2019ai souvent aucune feuille de route.Je peux changer le programme, improviser à ma guise ou selon ce que le public veut entendre.C\u2019est ça qui me stimule! Je ne pourrais pas faire ça au sein d\u2019un groupe.Il y a aussi l\u2019intimité du solo.Et j\u2019ai envie de continuer à prendre les chansons d\u2019autres artistes connus et à les refaire à ma façon.Je préfère ça à l\u2019écriture de mes propres chansons.CE QUE TU AS D\u2019AILLEURS FAIT SUR BLUEPRINTS! TU ES ALLÉ CHERCHER LES « EMPREINTES » DE BLUES DANS DES CHANSONS OÙ CELLES-CI PASSAIENT INAPERÇUES.DONT STAYING ALIVE.Le commentaire que j\u2019entends le plus à propos de Stayin\u2019 Alive, c\u2019est : « C\u2019est la première fois que je comprends les mots! » Honnêtement, je ne pensais pas quelle sortirait comme ça.Il me manquait une seule pièce pour compléter l\u2019album.J\u2019ai entendu Stayin\u2019 Alive à la radio, j\u2019ai pris ma guitare en fa, je me suis mis à chercher un tempo, ce qui n\u2019était pas facile, mais au bout de 20 minutes, je l\u2019avais.SUR TON PRÉCÉDENT ALBUM, TU SIGNES UNE CHANSON EN FRANÇAIS, COMME UN LOUP.AS-TU ENVIE DE RECOMMENCER?Peut-être, mais c\u2019est difficile pour moi.J\u2019ai même de la misère à écrire en anglais (rires)! Mais j\u2019ai grandi dans une famille bilingue (mon père était francophone, même s\u2019il est d\u2019origine allemande, et ma mère est anglophone).Je suis né à Montréal, mais j\u2019ai surtout passé mon enfance sur une ferme à LAcadie.C\u2019est d\u2019ailleurs ce qu\u2019exprimait la chanson Comme un loup.Même si la ville me permet de combler mon désir d\u2019être musicien, je reste un gars de la campagne.STEVE BERGERON CHANSON DE CIRCONSTANCE THIS IS IT John Stetch TV Trio (2008) Il ne les fait pas, mais mine de rien, Bugs Bunny aura 75 ans cette semaine.En fait, il est un petit peu plus vieux que cela, mais c\u2019est officiel-lementle 27 juillet 1940 qu\u2019a été lancé sur les écrans le court métrage A Wild Hare, considéré officiellement comme le premier Bugs Bunny.C\u2019était la première fois qu\u2019on y voyait le fameux lapin gris sortir de son trou et lancer la célèbre phrase « Quoi de neuf, docteur?» à Elmer Fudd.Les aventures de Bugs Bunny riment aussi avec une trame sonore orchestrale d\u2019une incroyable richesse.Rappelez-vous la trompette qui fait wa-wawa-wa quand la fumée se dissipe après l\u2019explosion du bâton de dynamite que tenait Daffy, ou Sylvestre, ou le Coyote, ou Yosemite Sam.Quant à lui, le pianiste jazz canadien John Stetch a décidé d\u2019improviser avec son trio sur This Is It, le thème d\u2019ouverture du Bugs Bunny Show, pour un album où il a fait de même avec une multitude de thèmes télévisuels américains, de Dallas à The Price Is Right.Impressionnant! JOHN STETCH D\u2019OÙ VIENT CENOM?Ça vous est peut-être déjà arrivé.On attend le feu vert à un carrefour, les yeux se promènent dans le vide, s\u2019arrêtent sur le nom de la rue perpendiculaire et pop! Une question surgit : mais d\u2019où vient ce nom?Le Centre culturel et du patrimoine Uplands, lui, a décidé de répondre à tous ces pop! inopinés (du moins, pour l\u2019arrondissement de Lennoxville), dans une exposition historique qui durera presque un an, soit jusqu\u2019au 22 mai 2016.De quoi acquérir assez d\u2019information pour ensuite jouer au guide touristique pédant avec ses amis.À voir du mardi au dimanche, de 10hàl6h30.La Rue Codère ° n iA/ m GAZOUILLIS CHOISIS r-\\ « C\u2019est juste moi, ou le fils de Gerry Boulet, c\u2019est un mash-up des faces de Steven Tyler et Steeve Diamond?» -Louis-Philippe Rivard J \\ « Est-ce que la Grèce est toujours en Europe?» \u2014 Un voyageur \u2014 Stéphane Laporte F-N « Ça fait que la NHL avait besoin de 2 millions pour juger du sérieux de la candidature de Québec?Un aréna de 400 millions, c\u2019était pas assez?» \u2014 Nicolas Boisvert J LA TRIBUNE samedi 25 juillet2015 MUSIQUE W3 ORCHESTRE DE LA FRANCOPHONIE/YOA ORCHESTRE DES AMÉRIQUES Changer le monde avec la musique Ils sont 80 musiciens provenant de 25 pays.Cet été, les membres de l\u2019Orchestre de la Francophonie et du YOA Orchestre des Amériques jouent ensemble et prouvent que l\u2019on peut poursuivre un but commun malgré les barrières culturelles.Pour eux, ce but est non seulement de faire de la musique, mais aussi d\u2019en faire un outil de changement social.Tous profitent d\u2019une expérience dont ils se souviendront toute leur vie.Après un premier passage à Magog le 18 juillet en compagnie du pianiste Alain Lefèvre, les deux orchestres en osmose reviennent en Estrie pour deux autres prestations, soit à Lambton le 30 juillet, dans le cadre du festival Songe d\u2019été en musique, puis à nouveau à l\u2019église Saint-Jean-Bosco de Magog, cette fois en compagnie du pianiste Serhiy Salov.Voici ce que quatre de ces jeunes musiciens ont voulu faire partager.CAROLINE RODGERS La Presse JESSY DUBÉ 26 ANS, SAGUENAY VIOLON SOLO ASSOCIÉ « J\u2019ai fait le YOA Orchestre des Amériques pour la première fois en 2010 et ç\u2019a changé ma vie.Grâce à cette expérience, j\u2019ai pu aller étudier en Europe par la suite.Ç\u2019a aussi changé ma vision musicale.Nous avons passé un mois à donner des concerts gratuits en Colombie et, la plupart du temps, il y avait plus de 2000 personnes, dont la majorité n\u2019avait jamais assisté à un concert.Leur enthousiasme était incroyable et ça faisait du bien, parce qu\u2019ici, on entend toujours parler d\u2019austérité et il faut quasiment se battre, comme musiciens, pour avoir le droit d\u2019exister.Je trouve essentiel d\u2019apporter la musique classique à un nouveau public et c\u2019est ça, l\u2019esprit du YOA.» JESUS ALBERTO SAENZ LEVANO 26 ANS, LIMA, PÉROU VIOLON « Je viens du Pérou, mais j\u2019étudie au Texas depuis neuf ans, car, dans mon pays, mon apprentissage plafonnait.À mon avis, le YOA Orchestre des Amériques réunit ce qu\u2019il y a de mieux dans les Amériques.D\u2019un côté, on a l\u2019excellent sens de l\u2019organisation et l\u2019efficacité de l\u2019Amérique du Nord et, de l\u2019autre, ce côté plus social et passionné que l\u2019on retire du Sud.Le fait d\u2019être avec l\u2019Orchestre de la Francophonie cette année nous a permis de travailler avec de nouveaux chefs et d\u2019apprendre davantage.Je trouve que l\u2019ambiance, au Canada, est très apaisante, même dans une grande ville comme Montréal, où l\u2019on se sent en sécurité partout.» JULIE LYNNE ROCHUS 29 ANS, AYLMER, ONTARIO COR FRANÇAIS « En musique classique, tout est souvent une question de perfection.En jouant avec des musiciens dAmérique latine, on se concentre davantage sur la collaboration.Cela nous rappelle aussi à quel point la musique peut être une source d\u2019amusement.Nous visons quand même l\u2019excellence, mais il y a quelque chose de plus.Les musiciens d\u2019Amérique latine jouent souvent d\u2019autres musiques en parallèle, comme de la salsa ou de la musique mariachi, et sont d\u2019excellents improvisateurs.En les côtoyant, on découvre d\u2019autres aspects de notre instrument et cela permet de sortir de notre zone de confort.» .-0> ¦> ! \u2019S- _ -ï - \u2018bsfjB De g.à dr.: Jesus Alberto Saenz Levano, Julie Lynne Rochus, Ivan Javier Val-buena Paez et Jessy Dubé.- photo imacom, maxime picard IVAN JAVIER VALBUENA PAEZ 29 ANS, BOGOTA, COLOMBIE CLARINETTE « C\u2019est ma première visite au Canada, mais mon quatrième stage avec le YOA Orchestre des Amériques.En Colombie, il n\u2019y a pas beaucoup de possibilités de jouer dans un orchestre professionnel, car il n\u2019y en a que trois au pays.Il y a donc très peu d\u2019emplois pour les clarinettistes.Au sein du YOA, je côtoie les meilleurs jeunes musiciens et j\u2019ai voyagé partout dans les Amériques pour jouer et enseigner avec leur programme Global leaders.Grâce au réseau de contacts que j\u2019ai établi, j\u2019ai pu aller étudier deux ans à Boston, où j\u2019ai eu la change d\u2019être logé chez un membre du conseil d\u2019administration de l\u2019orchestre.» Vous voulez y aller?Orchestre de la Francophonie et YOA Orchestre des Amériques Chef d\u2019orchestre : Carlo Miguel Prieto Solite : Hugo Laporte, baryton Jeudi 30 juillet, 19 h 30 Église Saint-Vital de Lambton DES TOURNÉES DU CŒUR Jean-Philippe Tremblay, chef de l\u2019OF, Jean-François Rivest, directeur du Centre d\u2019arts Orford, et Carlos Miguel Prieto, chef du YOA depuis six ans, ont travaillé ensemble pour organiser ces deux mois d\u2019activités musicales et sélectionner, parmi plus de 1000 candidats, les 80 musiciens qui auraient la chance de participer à cette tournée estivale conjointe allant du Nouveau-Brunswick à Toronto en passant par le Québec.« Je connaissais déjà le YOA Orchestre des Amériques, car j\u2019y avais été chef invité, dit Jean-Philippe Tremblay.Quand ils m\u2019ont appris qu\u2019ils venaient aux Jeux panaméricains, j\u2019ai lancé l\u2019idée de travailler ensemble.On n\u2019aura jamais eu un été aussi enrichissant et complet pour les participants.Certains musiciens ne parlaient ni anglais ni français, mais on a réussi à se comprendre en faisant passer la musique avant tout.» Jean-Philippe Tremblay souffrant d\u2019une blessure au dos, le maestro sera remplacé à Orford par Jean-François Rivest.Les autres concerts seront dirigés par Carlos Miguel Prieto.Tout comme l\u2019OF, le YOA comporte un important volet social et se fait un devoir d\u2019inclure au moins un musicien de chaque pays des Amériques en son sein.L\u2019an dernier, le YOA a réalisé une tournée dans les Caraïbes, sous la direction du chef mexicain.« Nous avons visité Haïti, un pays presque complètement ignoré par les compagnies artistiques, dit le chef d\u2019orchestre.Bien sûr, ils n\u2019ont pas les infrastructures nécessaires pour faire des concerts.Mais partout où nous allons en tournée, nous passons une partie de notre temps à visiter des endroits qui, autrement, n\u2019auraient aucun accès à des concerts.» Entrée: 20$ Jean-François Rivest dirige le grand orchestre Chef d\u2019orchestre : Jean-François Rivest Soliste : Serhiy Salov, pianiste Vendredi 31 juillet, 20 h Église Saint-Jean-Bosco, Magog Entrée : 46 $ W4 ARTS MAGAZINE SAMEDI 25 JUILLET2015 LA TRIBUNE MARTINE FRANCKE LE JEU DES CHANSONS EMANUELLE BOUTIN-GILBERT eboutin@latribune.qc.ca EASTMAN \u2014 Les yeux bleu clair, si limpides qu\u2019ils transpercent par leur vérité.Une voix douce, ponctuée de rires cristallins.Difficile de rester insensible devant la beauté de Martine Francke.Une beauté complète, naturelle, tant charnelle qu\u2019intellectuelle.Quand elle ouvre la bouche, quelle se met à parler de ses projets et que ses yeux se mettent à briller, on la sent prête à s\u2019envoler.Martine Francke n\u2019a pas chômé dans la dernière année.Présentement, elle en profite pour se produire sur la scène du mythique théâtre de la Marjolaine d\u2019Eastman, alors quelle présentera une pièce de son cru, la première quelle ait écrite, intitulée Aller-retour.Cette pièce est le résultat d\u2019un travail de broderie minutieux.Une exposition en constitue l\u2019idée de départ.Une exposition de photographies d\u2019un ami, mais dont les descriptifs, au lieu de plaquettes vissées au mur, auraient été des chansons, signées par la comédienne et chantées par d\u2019autres acteurs.Chaque chanson ou pièce musicale aurait ainsi raconté l\u2019histoire d\u2019une photo.Malheureusement, le projet, trop coûteux, n\u2019a pas tenu la route.Le producteur proposa alors de faire un album, doté d\u2019un livret composé des photographies.Nouveau chou blanc.Martine Francke s\u2019est ainsi retrou-vée avec de magnifiques chansons orphelines.Son conjoint, André Robitaille, a alors fait germer l\u2019idée de créer un spectacle solo.« C\u2019est une histoire qui vient vraiment de moi, j\u2019avais vraiment envie de broder autour », expli-que-t-elle.« C\u2019est aussi l\u2019impatience qui m\u2019a propulsée, l\u2019avais le goût de faire quelque chose de ces chansons-là.le n\u2019étais plus capable de les trainer dans ma poche arrière.Il fallait que ça sorte », se rappelle-t-elle.« Il faut du courage pour se lancer seule dans une aventure scénique.l\u2019ai pris mon courage à deux mains, je me suis assise et je me suis mise à écrire une chanson qui englobait celles que j\u2019avais déjà écrites.Parallèlement, j\u2019ai commencé à écrire l\u2019histoire autour de ces chansons.» INSISTANT MUSICIEN En cours d\u2019écriture, elle fit une rencontre fortuite, celle de lean-Claude Marsan, qui lui demanda de lui envoyer ses créaüons.Quelques mois plus tard, alors quelle ne les avait toujours pas fait parvenir, il les redemanda.Le musicien fignola la musique.Surprise par le résultat, l\u2019actrice accepta de collaborer avec lui.« Quand on fuit quelque chose dans la vie, parce que cette chose nous trouble trop, celle-ci finit par nous envahir, et pour ne plus être envahi, il faut régler ce trouble.» \u2014 Martine Francke « Mon imagination est devenue effervescente grâce à sa musique.Conjointement, je travaillais les chansons et le texte.Ces chansons m\u2019emmenaient dans mon univers d\u2019écriture.Pas un univers de chanson, mais un univers d\u2019écriture de texte théâtral.» Ne voulant pas se borner à un style de pièce en particulier, l\u2019actrice a laissé dériver son imagination.« Ne cherchons pas tout de suite si c\u2019est une œuvre dramatique ou une œuvre comique.C\u2019est quoi, cette œuvre-là?On verra bien ce que ça va donner.Permettons-nous tout! » dépeint-elle, alors quelle se relate ce quelle avait dit à son conjoint au moment où ce dernier avait signifié son intérêt de mettre en scène la pièce de sa douce moitié.Cette ouverture aura mené à la création d\u2019une pièce tout originale, simple et complexe à la fois, mêlant musique, voix et histoire.L\u2019univers de Martine Francke ne se limitant pas qu\u2019à un seul personnage, la comédienne enfilera plusieurs peaux durant le spectacle.« Tout au long de l\u2019histoire, je suis accompagnée de PHOTO IM ACOM, JESSICA GARNEAU S sum ïry- lean-Claude, et pas qu\u2019en musique, car il y a tout un environnement sonore dans lequel est submergé le spectateur.À un moment donné, je suis au marché lean-Talon, on entend un camion, des sirènes, des chiens qui jappent.le me retrouve dans différents lieux où j\u2019ai un accompagnement sonore.» POURQUOI REVIENT-ON?Enlacé dans des thèmes comme la fuite, l\u2019introspection, l\u2019amour, mais aussi la mort et la maladie, le spectateur se fera raconter l\u2019aventure d\u2019une Élodie qui est partie brusquement de Montréal, et qui revient après 20 ans.On apprend de fil en aiguille qu\u2019il lui est arrivé quelque chose.Impossible de déterminer la raison pour laquelle elle est partie.On sait toutefois quelle a été obligée de revenir pour régler le trouble très grave qui la poursuit.Martine Francke parle d\u2019une histoire touchante, parfois ponctuée d\u2019humour, tricotée à partir de grandes questions.Pourquoi part-on?Pourquoi revient-on?Et surtout, pourquoi finit-on toujours inévitablement par revenir à son point de départ?« Quand on fuit quelque chose dans la vie, parce que cette chose nous trouble trop, celle-ci finit par nous envahir, et pour ne plus être envahi, il faut régler ce trouble.» Avec simplement une chaise, une valise et sa voix, l\u2019actrice devenue chanteuse, puis auteure, espère faire vivre à son public des moments de rires et de pleurs à travers cet hommage à la vie dans lequel elle a mis beaucoup d\u2019elle-même.Elle est impatiente de voir la réaction de la salle.La pièce se transportera jusqu\u2019au théâtre de Quat\u2019sous, à Montréal, au printemps de 2016. LA TRIBUNE samedi 25 juillet2015 ARTS MAGAZINE W5 .1111 Martine Francke dans le film Antoine et Marie.- photo alma films RETOUR SUR ANTOINE ET MARIE «Un grand film touchant, touchant, touchant.» s\u2019exclame immédiatement Martine Francke à propos du film Antoine et Marie de Jimmy Larouche, dans lequel elle tenait un des premiers rôles, celui d\u2019une femme violée au GH B.« J\u2019ai tellement été heureuse de faire ça.Ç\u2019a été un grand, grand bonheur, un grand cadeau, un grand abandon de ma part de me livrer à cet univers triste qu\u2019est celui du viol.» Le film, qu\u2019elle qualifie de « pur » (il a été réalisé, produit et distribué de manière tout à fait indépendante), a eu un accueil très chaleureuxde la part de la critique et du public québécois.Martine Francke se réjouit de cette ouverture.« Les gens venaient me voir pour me dire que ça fait du bien devoir d\u2019autres choses, et d\u2019autre monde aussi », raconte-t-elle.Ce projet lui a appris l\u2019importance de se lancer et de travailler avec beaucoup de coeur et d\u2019affection dans une oeuvre.« Ça m\u2019a appris que j\u2019aime être une dentelière.D\u2019avoir pris le temps de bien travailler comme ça, ça me donne le goût de continuer », conclut-elle.: LE PLAISIR DE BOEING BOEING Martine Franckejoue en ce moment dans la pièce humoristique Boeing Boeing, présentée tout l\u2019été à Drummondville.Le texte de Marc Camoletti a été adapté et mis en scène par son conjoint André Robitaille.«C\u2019est une pièce très bien écrite, où tout est calculé précisément, à la respiration près.Je m\u2019amuse beaucoup.C\u2019est bon de se décoincer ici et là.Et le public embarque vraiment.» Pauline Martin, Martine Francke et Bernard Fortin dans la pièce Boeing Boeing.- photo fournie Vous voulez y aller?Aller-retour Les dimanches et mardis, du 26 juillet au 16 août 19 h 30 Au Piano rouge du théâtre La Marjolaine Entrée: 18$ CREER AVEC SON CONJOINT André Robitaille et Martine Francke forment un couple et travaillent conjointement sur plusieurs projets, comme c\u2019est le cas pour Boeing Boeing et Aller-retour.Même si c\u2019est parfois délicat, l\u2019actrice avoue qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une expérience fabuleuse.« C\u2019est dur, puis c\u2019est extraordinaire.Il a vu pratiquement tout ce que j\u2019ai fait, il me connaît bien.Dans ces cas-là, c\u2019est plus difficile d\u2019épater, d\u2019impressionner, de toucher, mais ça nous permet d\u2019aller dans le coeur de l\u2019oeuvre, de créer quelque chose de beaucoup plus profond », illustre-t-elle.« On se connaît trop.De mon côté, je dois me laisser diriger.De son côté, il doit prendre soin de moi.Nous, les acteurs, on est délicats.On a besoin qu\u2019on prenne soin de nous.» EMANUELLE BOUTIN-GILBERT André Robitaille et Martine Francke.-photo internet W6 ARTS VISUELS SAMEDI 25 JUILLET 2015 LA TRIBUNE NOUVELLE EXPOSITION D\u2019EDMOND LALIBERTÉ Heureuses retrouvailles avec l\u2019ardoise CHRISTINE BUREAU.christine.bureau@latribune.qc.ca RICHMOND \u2014 Edmond Laliberté vient de passer dix ans sans sculpter.Une éternité quand on sculpte comme lui depuis lage de 12 ans.Le voilà enfin à renouer avec sa matière, comme s\u2019ils ne s\u2019étaient jamais quittés.Et ça donne Le retour, une exposition présentée au Centre d\u2019interprétation de l\u2019ardoise de Richmond.C\u2019est l\u2019« ennui » qui l\u2019a ramené vers la sculpture, avoue-t-il d\u2019emblée.« L\u2019ennui de la matière, l\u2019ennui de ma muse.» Cette muse, c\u2019est l\u2019ardoise.Une matière difficile à travailler, susceptible d\u2019éclater en mille morceaux à chaque instant.Mais sans surprise, les retrouvailles se sont bien passées entre l\u2019homme et sa sombre mais lumineuse muse.« Entre la pierre et moi, il y a un genre de similarité, le suis capable de prendre énormément de pression, mais sous les chocs, je suis quand même fragile.Entre la pierre et moi il y a une sorte de compréhension de l\u2019un et de l\u2019autre », illustre-t-il.Le retour, c\u2019est aussi celui d\u2019Edmond Laliberté au Centre d\u2019interprétation de l\u2019ardoise de Richmond, une amitié qui dure depuis 24 ans.Bref, depuis que le CIAR a vu le jour.« Les gens du Centre d\u2019interprétation de l\u2019ardoise ont été les premiers à exposer mes œuvres.C\u2019était très symbolique de faire mon retour là-bas », sou-ligne-t-il.Il est aussi le premier à qui le centre a demandé d\u2019être artiste en résidence, jusqu\u2019à la fin du mois d\u2019août.Le retour est ainsi appelé à évoluer, au gré des inspirations du sculpteur.LE PLUS BEAU JOUR DE L\u2019ARDOISE « C\u2019est un artiste de grande trempe.Il s\u2019en va dans toutes les directions.Il est très inspiré.le pense qu\u2019il sort une œuvre par jour.C\u2019est hallucinant.Et on peut le voir travailler sur place.C\u2019est ça, le plus beau de l\u2019affaire », se réjouit le coordonnateur du Centre d\u2019interprétation de l\u2019ardoise de Richmond, Guy Ouellet.« Il n\u2019y a pas que moi qui suis créatif, mais l\u2019ardoise est aussi inspiratrice.» \u2014 Edmond Laliberté Recevoir Edmond Laliberté en résidence, c\u2019est aussi une façon de réaffirmer la mission du centre, poursuit-il.L\u2019idée d\u2019y installer un café a flotté dans l\u2019air un moment, avant d\u2019être mise de côté au nom de la promotion du patrimoine ardoisier.Et justement, Edmond Laliberté a cette capacité extraordinaire de montrer l\u2019ardoise sous son plus beau jour, au-delà de son côté utilitaire.« On pourrait dire que l\u2019ardoise est une matière plus ou moins noble, dit le sculpteur.Ce ne sont pas mes paroles, ce sont celles de Rachel Lussier [NDLR: journaliste et critique de La Tribune, décédée en 2010].Mais à travers mes mains, je l\u2019ennoblis », résume-t-il.C\u2019est peut-être parce qu\u2019il prend le temps d\u2019être à l\u2019écoute qu\u2019Ed-mond Laliberté réussit ce travail de maître.« Il n\u2019y a pas que moi qui suis créatif, mais l\u2019ardoise est aussi inspiratrice.Et si en cours de route elle se fend, ou se fendille, s\u2019il y a des veinages qui se présentent, ça me parle aussi.» Reste à savoir ce que lui dictera l\u2019ardoise d\u2019ici la fin de l\u2019été.Après dix ans d\u2019absence, le sculpteur Edmond Laliberté présente Le retour, une exposition évolutive qui lui permet de renouer avec sa matière première, sa muse : l\u2019ardoise.Il sera en résidence jusqu\u2019à la fin de l\u2019été au Centre d\u2019interprétation de l\u2019ardoise à Richmond, où il sera possible de le voir travailler.- photo fournie, guy OUELLET si \"\u2022* Am vm mm \t THEATRE SALLE SYLVIO ¦ LACHARITE BILLETTERIE : 819 565-5656 les concerts de la SPECTACLES GRATUITS DU 29 JUIN AU 8 AOÛT 2015 Shpjtrôoke '-,7CJf'ti Québec n n Citél www.concertsdelacite.qc.ca A la Place de la Cite (derrière ie paiais de justice) 28 juillet-12 h 15 11.V '\t\\ Mentana \t \t En collaboration avec LES GRANDS SPECTACLES EXTERIEURS PLACE NIKITOTEK Théâtre couvert extérieur, centre-ville de Sherbrooke L\u2019ENSEMBLE A VENTS L\u2019ORCHESTRE DE SHERBROOKE DU 7eART LA tUM) MS tllK JT* 27 juillet-19 h Jean-François Léger 30juillet-12 h 15\t29 juillet-20 h « 50 ans de Bossa-Nova » HomebreW Dixieland Le Bal à |,huile Au Carré-Strathcona (face à l\u2019hôtel de ville) 31 juillet-12 h 15\t- Les Brostreets ( Théâtre de rue ) jf); Desjardins Coopérer pour créer l'avenir 26 août à 20 h Un spectacle interactif et dynamique.50 musiciens sur scène.VAGUE DE ClF&iUE « DANS TA COUR! » 4 et 5 septembre à 19 h 6 et 7 septembre à 15 h Un spectacle qui fait rire, qui impressionne et qui émerveille._/j\u2019tHÉÂTREv\\_ Cl.Ville de.GRANADA Shglbrooke SALLE SYLVIO-LACHAPrTÉ 27-28-29 août à 20 h Musique de films avec projections.50 musiciens sur scène.Information et billetterie 819 565-5656 | theatregranada.com 3776200 LA TRIBUNE samedi 25 juillet2015 MUSIQUE W7 JOHN RONEY AU FESTIVAL ORFORD Le Kôln Concert de Jarrett « réinventé » Le pianiste d\u2019origine ontarienne John Roney se mesurera au légendaire « Concert de Cologne »de Keith Jarrett, qu\u2019il tentera de réinventer ce soir à la salle Gilles-Lefebvre du Centre d\u2019arts Orford.L\u2019album double enregistré en 1975 est en effet le concert pour piano solo le plus vendu de l\u2019histoire du disque, avec 3,5 millions d\u2019exemplaires qui ont trouvé preneur.- photo la presse, martin chamberland DANIEL LEMAY La Presse MONTRÉAL \u2014 Le pianiste John Roney « réinventera » le fameux Kôln Concert de Keith Jarrett ce soir, dans la série Jazz et musique du monde du Festival Orford.Avec ses 3,5 millions d\u2019exemplaires vendus, l\u2019album double enregistré à l\u2019Opéra de Cologne le soir du 24 janvier 1975 constitue le concert de piano solo le plus populaire de l\u2019histoire du disque.Mais comment reprend-on un concert improvisé?« Pour les musiciens, il s\u2019agit d\u2019une icône », dit John Roney.« Mais du point de vue artistique, je ne voyais pas l\u2019utilité de rejouer intégralement le concert, comme l\u2019a déjà fait un pianiste polonais.Bien sûr, je vais reprendre les mélodies et les thèmes du concert, mais je vais faire mes propres impros sur les nombreux ostinatos, une caractéristique du jeu de Keith Jarrett.Certaines de ces formules répétitives sont d\u2019une grande complexité et j\u2019ai parfois dû essayer trois ou quatre doigtés avant de trouver le bon.C\u2019est le projet le plus ambitieux de ma carrière.» Comme c\u2019est souvent le cas avec Jarrett (qui avait 29 ans au moment du concert), la légende a pris sa place dans l\u2019Histoire.On raconte entre autres que le piano de concert qu\u2019il devait utiliser n\u2019était pas arrivé à temps à l\u2019Oper Kôln et que le jazzman avait dû jouer sur un piano maison dont il n\u2019aimait pas la sonorité dans les extrêmes.Ce qui l\u2019aurait poussé à se concentrer sur les touches du milieu- John Roney n\u2019a rien vu de ça en faisant sa transcription.après avoir réfléchi pendant une semaine avant d\u2019accepter l\u2019offre de Jean-François Rivest, directeur artistique d\u2019Orford qui, sans le savoir, l\u2019a appelé le 24 janvier, le jour même du 40e anniversaire du concert.John Roney dit avoir « regardé » la musique dont Keith Jarrett a finalement approuvé la publication en 1990, mais il a opté pour sa propre transcription.« Je me souviens toujours mieux de ce que je transcris moi-même.Je connais maintenant chaque seconde de ce concert.» Le « Concert de Cologne » (Jarrett a aussi enregistré le Concert de Paris, de Bremen, de Lausanne.) dure 68 minutes, la dernière des quatre parties (le rappel en fait) étant constituée d\u2019une réinterprétation de Memories of Tomorrow, une de ses propres pièces.« UN VAISSEAU DE MUSIQUE » Avant d\u2019enregistrer ce disque-culte, nous rappelle pour sa part le producteur Ruben Fogel, Keith Jarrett avait joué quelques fois à Montréal, au club In Concert, dans le Vieux.« Comme le club devenait petit pour lui, on m\u2019a offert de travailler avec lui et le premier concert booké par Ruben Fogel a été Keith Jarrett en quatuor à la salle Claude-Champagne, le 25 novembre 1975.» Le premier grand concert solo de Jarrett à Montréal a été présenté par Alain Simard et André Ménard, à la salle Wilfrid-Pelle-tier, le 29 août 1979, un an avant la fondation du Festival de jazz, où le pianiste s\u2019est produit maintes fois, dont deux fois en solo (1990 et 2014).« Keith Jarrett est un vaisseau de musique », dira encore John Roney qui donnera une présentation PowerPoint sur le Kôln Concert à 17 h.Le musicien est entré en contact avec l\u2019œuvre quand il était à l\u2019école secondaire, à Mississauga.« La première fois, je n\u2019ai pas été vraiment impressionné, mais, bien des années plus tard, à McGill, j\u2019ai réécouté le concert avec Steve Amirault et là, j\u2019ai commencé à comprendre.« Chaque fois que je l\u2019ai réécouté depuis, j\u2019ai saisi un élément nouveau.C\u2019est le genre de disque que tu découvres pendant toute ta vie.Reste que, au vu de certains éléments de background et du fait qu\u2019il était alors en tournée solo, il y a une question que je poserais à Keith Jarrett : jusqu\u2019à quel point était-ce un concert improvisé?» Vous voulez y aller?John Roney réinvente Ie Kôln Concert de Keith Jarrett Ce soir, 20 h Centre d\u2019arts Orford Entrée: 42$ 819, rue King Ouest, Sherbrooke Boutique\t, [a Maison Marie-Ql ISI
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