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Titre :
La Feuille d'érable : édition hebdomadaire du Courrier de Montréal
Édition hebdomadaire du Courrier de Montréal, La Feuille d'érable est un journal conservateur qui bénéficie de l'appui du clergé. Vouée à l'agriculture, cette publication enrobe son message dans des articles variés et de lecture facile.
Éditeur :
  • Montréal :[s.n.],1880-1882
Contenu spécifique :
Supplément - feuilleton
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
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Références

La Feuille d'érable : édition hebdomadaire du Courrier de Montréal, 1881-11-26, Collections de BAnQ.

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[" ~- la FEUILLETOWN.LA TIGRESSE des FLANDRES, EPISODE DE LA DOMINATION ESPAGNOLE DANS LES Pays-Bas.PREMIERE PARTIE, (surrE.) \u2014 Oh ! je suis Convaineus que Sabine l\u2019occupe seulo, dit vivement Madeleine, et qu'il n\u2019y à pas d'autre cause à ce rotard.\" Mais il érait facile de comprendre à l'accent fiévroux avec lequel elle pro nonça ses paroles, qu\u2019elle n'y croyait nullement, et qu'elle repouss it de tout son pouvoir une crainte dont la seulo pensée la faisait frissonner de temps à autre \u2018* Bonne maîtresse, dit une voix qui partait du fond de ln salle, voulez-vous que j'aille à la recherche du jeune hom me 1Je parcourrai toute la ville, j'irai intorroger tous vos amis, dont vous me direz la demeure, et jo jure que je vous le ramènerai, \u201d Cotto voix était celle du bohême Pevito, qui occupé dans lo coin le plus reculé et le plus obscur de la piècu, contemplait les traits de Mme Roosondhal avec une admiration naive ct exaltée.Merci, mon ami, répondit Madeleine ; mais tu me proposes l'impossible, même pour un homme auquel toutes les rues de la ville seraiont fa- wilidres, et tu n'as fais qne la traverser., \u2014 Oh \"vous ne savez pas ce que Je puis pour vous, maitresss, pour ous, qui avez eu pitié de ma pauvro Zora, qui l'avez prise sanglante, inaniméo, jotée nue sur le pavé do cette ville, ot lui avez donné chez vous une si bonuo etsi douce hospitalité ! Aussi Dieu m'est temoin que je n'ai plus désormais dans le cœur que deux ponsées : me dévoner pour vous ot me venger do Cornelia\u2014 Laisse la vengeance à Dieu, Pepito, et n\u2019essaye pas de lntter avec cette femme, dont la puissance égale ln tnéchanceté ; «lle n\u2019a qu\u2019à lever le doigt pour técrser, Loi et ta pauvre Zora\u2014 Oui, je suie pou de chose, trop pou pour qu\u2019elle daigne s'inquiéter de ma haine, et c'est co qui fait ma force.\u2014 Et Zora, comment so trouve-t-olle à cette houre 7 demanda Madeleine, autant par intérêt pour so soustraire à la ponséo qui l\u2019obsédait et dont la torture s'accroissait de minuto en minute.\u2014 Elle dort, ln povera, répondit le bohême d\u2019une voix émue, et ollo paraît si heureuso do dormir dans ce beau lit, sur ces matalas si moelleux, on voit si bien, pendant le sommeil, la souffrance qui s'en va et la vie qui revient, que j'ai craint de l\u2019intorrom- pre en respirant trop fort, et je suis venu me tapir dans co petit coin, oh vous avez bion voulu me laisser.\u201d Madoleine so lova tout à coup et resta immobile, elle paraissait concentrer toutes ses facultés dans uno seule sensation.\u201c Qu'avez-vous done, Madeleine 1\u201d lui demanda son mari.Mme Roosendhal releva ln tête ot uno oxprossion \u2018do joie vint \u2018épanouir son bon visagé:° -V °15 1-09 OURS ** Ce sont ses pts, \u201d dit-elle.Guillaume prêta l'oreille._ \u201cJe n'entends rien; \u2018dit-il, et toi,\u201d Périne.1 C LA FEUILLE \u2014 Moi, pas davantage, répondit ln servante.\u2014 Moi, j'entends des pas et je vous dis que ce sont les siens, va ouvrir Périne.\" La servante alluma une chandelle et descendit,on hochnnt la tête,le lourd escalier & rampre massive qui aboutis- seit à ln cour.Elle ouvrit la porte de la rue en marmotant des paroles inintelligibles, mais celle resta stupéfaite en voyant son jouné maitre entrer brusquement.\u201c C'est bien lui, \u201d dit-elle en refermant la porte à grand renfort de ver- roux et de barres de for, \u2014 Sans doute, c'est moi, répliqua gaiemont le jeune homme ; eh ! qui diable veux tu que ce soit, \u201d Périne lui co.ta en quelques mots ce qui venait de se passer.«\u201c Ma pauvre mère ! mon absence l\u2019a tourmentée à co point, \"j'étais s\u2019écria le jeune homwe.En «rois bonds, il fut au haut de l'escalier, puis dans les bras de sa mère.* Pauvre onfant ! dit celle-ci, quand Christian eut serré la main de son père et dit boujour à Marthe ; voyez comme il a chaud ; il est venu toujours courant, bien sûr.\u2014 Quand j'ai vu qu\u2019il était si tard, je me suis bien douté que tu serais inquidte, et alors.\u2014 Et alors tu t'es wis en transpiration, au risque d'attraper une maladie.Voyons, mets-toi là, dit-elle en le faisant asscoir dans son fantouil, et loi Marthe, prépare-lui une tasse de lait.\u201d Tout en parlant ainsi, elle essuyait avec son mouchoir les gouttes de suour qui perlaient au front du jeune homme.« Jo parie, dit-elle en écartant de la main les boucles de cheveux noirs qui retombaient sur sus tempes, je parie que tu étais encore daus la sociét.de ce Français, de ce chevalier de Soulas, \u2014 C'est vrai, ma mère, dit Christion après un moment d'hésitation.- Je n'aime pas cela, ces Français sont des insensés qui recherchent les aventures ot ss font un jeu de braver le péril ; jo te l'ai dit, mais tu no te plais qu\u2019à m'aflliger.\u2014 Heureusement que tu ne penses pas un mot de ce quo tu dis là, \u2018\u201d répondit le jeune homme eu souriant et en offrant son front à Madeloine qui l\u2019embrassa.Marthe apporta la tasse de lait à Mme Roosendhal, qui la remit à Christian.Le jeune homme était lo portrait vivant de samère ; do taille moyenne, fine et dégagéo, il avait dans le port, dans le regard, dans l'expression du visage quelque chose d'ardent et d'inpétueux qui annonçait une natu re toute de cœur et d'élan.Aussi était-il adoré des ouvriors de son père, du vieux contre-maître et des deux servantes, qui tous l'avaient connu enfant eb l'avaient vu grandir sous leurs yousx, et il leur rendait largement leur affection.Dans le sentiment que lui inspirait son père il y avait autant de respect que d\u2019amour filial, mais sn inère était pour lui, et quand il parlait d'elle, c'était avec un mélange d\u2019en- thousinsmo et d\u2019attenclrissement qui attestait la grandeur de son affection.Du coin oh il se tenait immobile et muet, lo bohdme contemplait cette petite scène entre lo fils et ln mère avec la surprise ot le ravissement qu'éprouverait \u2018un aveugle, voyant tout à coup.se dérouler sous ses youx, rendus A la lümière un parterre do fleurs éblouissantes.Jamais il n\u2019avait rien vu ni soupçonné de pareil, et il lui prit soudain au: cœur uno profonde horreur de sa D'ERÂBLE vie errante et un immense désir de réa liser avec Zora la vie de bien-être, de calme et de bonheur intime dont un pli so déroulait si séduisant devant ses yeux, \u201cJ'ai une nouvelle à t'apprendre, dit Madeleine i Christian quand celui-ci eut bu son lait jusqu\u2019à la dernière goutta.\u2014 Bonne ! demanda Christisn en regardant dans les yeux de sa mère.\u2014 Sans doute, \u201d répondit celle-ci.\u2014 Elle ajouta en étudiant les traits de son fils pour y découvrir l\u2019effot de ses paroles : \u201c Il y à grande fête dans trois jours, et nous sommes invités à y paraître.\u2014 Une fête, dit vivement le jeune homme, et qui donc peut songer à donner une fête dans trois jours ?\u2014 Sabine y sern avec son père reprit Madeleine, évitant de répondre à cette question.\u2014 Je scrai bien heureux de voir Sabine,ma mère ; mais dites-moi done, Je vous prie, où aura lieu cette fête, \u2014 Eh bien, mais, répondit Madeleine, affectant le ton le plus naturel, chez don Gonzalvo.\" Christian se leva d'un bond.\u201c Infamie ! s\u2019écris-t-il rouge d'indignation, une fête le lendemain d\u2019une exécution capitale ?Ah ! c\u2019est trop d'insolence, ct il est temps d'en finir.x*\u2014 Tais-toi, ol ! tais-toi !\u201d s'écrin Madeleine on s\u2019élançant sur son fils et l\u2019enveloppant dans ses bras, Et elle jetait autour d'elle des regards effrayés, comme si les agents du terrible Conseil eussent été là pour entendre son fils et s'emparer de lui.\u201c Ma mère, dit Christian avec des larmes de colère dans les yeux ; ah ! C'est qu\u2019ils en font trop aussi, car on- fin quand on frappe l'esclave on ne lo force pas à se parer do fleurs et à sourire.\u201d\" Guillaume Roosendhal s'approcha de son fils ot lui prenant la main : \u2018* Et pourtant, mon fils,lui dit-il, la prudence veut que nous nous rendions à cette fête.\u2014 Jamais ! s\u2019écria Christian : la honte m'y étoufferait.\u2014 Si je t'en priais, \u201d lui dit Madeine d\u2019une voix si douce et si pénétrante, qu'il sentit se fondre sou cœur Cependant 1} no voulnit pas se ron- dre.: \u201cTu n'aimes donc plus ta mère, Christian | ajouta t-elle en l\u2019attiran t à colle.Et le jeune hemme sontit une larme couler sur son front.\u201c Ma mère ! oh ! ma mère ! je t\u2019ai fait pleurer ! Pardon, pardon, murmu- ra-t-il en se jetant dans ses bras.\u2014 Tu viendras donc ! \u2014 Tu sais bien, ma mère, que je Ne saurais te résister.\u201d En ce moment, un sanglot se fit entendre duns uu coin.C'était le bohême qui pleurait et qui se demandait pourquoi : car jamais il n'avait épronvé une ai déliciouse émotion.Chacun so retira ct la pauvre mère fit dos rêves d'or, tandis que son fils pensait au hardi coup de main organisé par le chevalier de Soulas et dans lequel il allait jouer sa vio.VILL \u2014- Les deuc frères Le lendemain, jour désigné pour l'exécution des doux condamnés, la duchesse de Sterbock et sa fille Noémie, qui avaient passé la nuit entière à pleurer dans la salle vaste ot sombre où nous les avons vues, reçuront'an point du jour un messager du chevalier do Soulas, qui leur rapporta, dans le plus grand détail, tout co qui était tenté pour le enlut des deux frères et les Inissa ploines d'espoir dans le suc- | cès d\u2019un complot si habilement et si hardiment conçu.Une triste pensée venait assombrir pouriant ce rayon de bonheur ; elles se demandaient, et c'était avec un cruel serrement de cœur que Noémie s\u2019adressait cette question ; olles se demandaient comment il se faisait que le comte Popoli n'efit pas reparu, malgré sa promesse qu'il leur avait faite la veille de revenir en toute hâte, et quoiqu\u2019il ne pfit ignorer avec quelle fiévreuse impatience son retour était attendu.La duchesse, comprenant tout ce qu'un retard si étrange devait jeter de sombres et désolantes réflexions dans l'âme de sa fille, déjà ébranlée par une si violente douleur, évitait de lui parler du comte, mais cette précaution mêmo révélait clairement toute sa pensée à la jeune fille qui, pour la combattre, revenait sans esse sur ce pénible sujet.°° \u201c Je suis sûre, ina mère, que vous condamuez le comte, je © vois par votre silence, mais vous le jugez mal ; il est incapable d\u2019une lâcheté, et c'en serait une ; nous allons le voir ce matin, et ce long retard va s'expliquer à son avantage, n\u2019en doutez pas.\u2014 Je l'espère comme toi, mon enfant, dit In duchesse avec un accent qui n'était rien moins que convaincu.\u2014 Îl s\u2019occupe de sauver mes frères, ei qui sait si toutes ses heures ne sont pas prises jusqu'au moment oh son «œuvre serz accomplie.\u2014 C\u2019est possible, ma chère fille, \u201d lui dit sa mère sur le même ton.Noémie se sentit glacée par cette inébranlable persistance, mais elle ne put se résoudre à ne Voir qu'un misérable sans âma et saus honneur, dans l\u2019homme qui s'était toujours présenté à elle sons un jour si grand et si chevaleresque, et elle attendit avec confiance.Tout a.coup un bruit de trompettes so fit ontendre sur la grande place, sous les fenêtres même de la maison de Sterbeck, et une voix retontissante aunongça que les deux rebelles, Rodolphe et Henri de Sterbeck, allaient | avoir la tête tranchée en face du lieu de leur naissance, nprès avoir subi d'abord lo supplice des tenailles.Quelques instants après, on entendait 1etenir les coups de marteau des charpentiers qui se hfitaient de construire l\u2019échafaud.\u201c Mon Dieu ! mon Dieu ! s\u2019écria la duchesse en passant ses mains dans ses cheveux blaues, ces hommes sau- veroni-ils mes enfants de la torture et de la mort ?\u2014 Ma mère, dit Noémie, Dieu ne permettra pas qu'ils endurent un pareil supplice.\u2014 Leur chair arrachée par les tenailles des bourraaux ! non, c'est trop affreux, cela ne se peut pas, balbutia la malheureuse mèré, .les lèvres blê- mes et frémissantes à cetto horrible pensée.\u2014 Ce crime odieux ne s'accomplira pas ma mère, lui dit Noémie, et l\u2019impatience sanguinaire de nos tyrans qui commettent la faute do ne pas attendre l\u2019arrivée de leurs troupes do Malines, va assurer le triomphe des six cents hommes commandés par le chevalier de Soulus ot amener la délivrance do mes frères.\u2014 Oui, oui, tu ns raison, mon enfant, s\u2019écria la duchesse, et cette fois, je sens l'espoir pénétrer dans mon cœur, \u2014 Ils se réunissent déjà ; ils se concertent entre eux, roprit:la jeune fille, - et Paolo est dans leurs rangs ma mère, il va nous ramoner Rodolphe et Henri, ot nous aider à chercher loin-des Flandres une retraite sûre. \u2014 106 LA FEUILLE D'ERABLE \u2014 Oui, cola doit être, mon enfant, dit la duchesse, se laissant aller onfin a toutes les espérances, ot je me reproche cruellement maintenant de avoir colouinié dans ma pensée.\u201d En ce moment les trois servantes de la duchesse, toutes trois vétuos de noir, vinrent humblement supplier leurs maîtresses de quitter leur demeure et d'aller chercher un asile loin de la place où allait se passer l\u2019horrible drame.* Non, mes filles, nous resterons jusqu'à la tin, leur répondit la duches- §0 ; mous espérons encore dons la clémence du \u2019lout-Puisssnt, mais notre espoir dût-il être déçu, mes enfants fussent-ils frappés sur cette place par la hache du bourreau, je ne consentirai jamais & faire un pas en arrière.Nous resterons donc et je vous prie de nous imiter, \u201d\u2019 Les trois servantes s'inclinèrent et prirent place en pleurant sur des sié- ges que la duchesse leur indiqua du doigt.Voyons maintenant ce qui se passait sur la place, encombrée à cette heure par une foule compacte, que tenait à distance une ligne de soldats espagnols placée entre le peuple et l\u2019échafaud.La maison de Sterbeck, devant laquelle avait été dressé l'instrument du supplice, était entièrement close du haut en bas, ce qui, joint à l'architecture toute pmticulitre de la façade, composée de bandes de granit brun et de murbre noir alternées, lui donnait l\u2019aspoctd'un vaste monument funéraire, Cette sombre façade, qui semblait à la fuis une protestation et une menace, occupait vivement l'attention de ln foule.l'était là que s'était écoulées les jeunes années des deux innocentes victimes, dout l'une était un enfant ct c'était là qu'ils avaient grandi sous les larmes ct sous les sourires de cette Inère qui se mourait d'ango\u2019sse i cette heure.Uette pensée était dans toutes les âmes et imprimait a tous les visages une poignante émotion.Le chevalier Armand de Soulas et ses six cents hommes étaient à leur poste, groupés entre l'échafaud et la maison de Sterbeck.Chaque homme portait sur lui, caché sous ses vêtements deux pistolets chargés ot un poignard.Christian se tonait près du gentilhomme français, qui l'ayant pris en amitié, voulait être à mème de le surveiller pendant l'action et de le garantir autant que possible des périls au- devant desquels il ne manquerait pas de se précipiter, \u2018 Rien de changé?demanda Christian au chevalier.\u2014 Rien, répondit celui-ci ; j'ai pris de nouvelles informations ; j'ai vu par mes propres yeux, et plus que jamais le.succès me parait infaillible.Il ost impossible qu\u2019on dispose de plus de deux mille hommes pour assister à l'exécution, et, attaqués à l'improviste par six cents hommes résolus, ils seront vaineus et désarmés en moins de dix minutes.Nous pourrons, dès cet instaot, considérer les deux frires comme sauvés \u2014 Le motñent de l'attaque ?\u2014 La Mfinüte où\u2019 ily mettront le pied sur la première marche de l\u2019échafaud, \u2014 Et le signal ! \u2014 Un de mes pistôlots déchargés en l'air.\u2018Mais silence, j'entends des tambours.\" 12; , A ce bruit, il y eùt UN frémisso- ment imperceptible dans Ip bande du h'evälier de Sonlas ; lès visages devinent i faves, 1s ali se glissèront prêt, à s'élancor au signal convenu.Christian remarqua en co momout que le clu valier paraissait soucieux ; son front s'était couvort et l'on oût dit qu'il discutait intérieurement quelque énergique résolution.« Quelque chose vous préoccupe, chevalier, dit le jeuno homme.- Oui, répondit le gontilhomme, je crains qu'il n\u2019y ait un traître parmi nous, mais je ue lo quittorai pas de | lou - Coins de l\u2019échafaud.l'œil, et si mes soupçons se justifient pendant le combat, malheur à lui je lui loge une balle dans la tête.\u201d Mais son attention se porta aussitôt sur les soldats espagnols qui cotnmen- çsient à déboucher sur la place Quand la moitié de la troupe out défilé et so fut rangéo autour de l'échafaud, les deux condamués parurent les mains derrière le dos, ot précédés du bourreau et de ses aides ; le pre- raier armé d'une hache qui étincelait sur son épaule, les seconds portant devant les deux fréres un immense réchaud de charbon dans lequel étaient onfoncées do longues tonnilles.Ce dernier détail était un raffinement de barbarie imaginé pour abattre le courage des deux frères, mais, ceux ci, pénétrant cotte pensée, arrêtaient de tomps h autre leurs regards sur les instruments de torture et les contem- pluient avec un calme superbe.Les deux frères avaient entre eux une ressemblauco frappante, quoi- qu'ils différassent essentiellement quant à l'expression de physienomie.Hodolphe, plus grand et plus vigoureux que son jeune frère, se faisait rce marquer par un air d'intrépidité et d'audace qui imposait à ses bourreaux : eux-mêmes : tandis que les traits dis- tinetifs de l'autre étaient un courage calme ct résigné, un mélauge de cœur , rays | et d'énergie concentrée qui tran- l\u2019autre n'était pas encore un homme ; chaient d'une façon remarquable avec la figure «t l'attitude martiale de Rodaiphe.Après eux venait don Gouzalvo Rivarès, ayant à sa droite C'ornelia, et à côté de celle-ci un personnage qui excita une vive surprise : c'était lo comte Popoli, que toute ln villo savait lié depuis longtemps avec les Sterbeck et à lu veille d'éponser Noémie.C'était là ce qu'avait imaginé Cornella pour mettre d\u2019un seul coup Paolo à sa hauteur dans sa haine des Flamauds ; elle comprit tout de suite qu'elle avait parfaitemant réussi en entendant de toutes parts s'éleser contre celui-oi des murmures d'horreur et d'exécration.\u201c Maintenant, pensa-t-elle je le tiens dans ma main.\u201d Les soldats nshevèrent de défiler.Quand la foule se fut reférméo derrière oux,le chevalier de Soulas se pencha à l'oreille de Christian, et lui serrant la main avec énergie : \u201c Je les ai comptés, lui dit-il, ils sont quinze cents à peine, notre triomphe est certain ; dans un instant, nos deux amis seront libres.\u201d Le regard fixé sur les condamnés, le chovalier caleulait avec anxiété l\u2019ospa- co qui les séparait encore de l\u2019échafaud ; quand ils n\u2019en furent.plus qu'à trois pas il glissa la main sous son pourpoint ot saisit la crosse de son pistolet, Enfin, ils allaient gravir les fatals degrés, et le chevalier posait le doigt sur la détente de son arme pour donner le signal de l'aitaque, quand un bruit de trompettes, aussitôt sui.i d\u2019un fracas.dans lequel il était facile do reconnaitre le galop des cheyaux et le retentissement.de l'artillexie ipulant sur, le pavé, se fit entendre à quelque : Oh.walheur;! myrmura lo che välier de Soulas en palissant tout a | | © tout est perdu,\u2019 coup, ce sont les Espagnols de Malines, \u2019 Il ne s'était pas trompé, c'étaient les trois millos cavaliers cantonués à Malines qui arrivaient at qui s'élancu- rout au milieu do la place, précédés ; de huit pièces de canon.Loa cavaliers, lo sabre on main, so rangèrent sur lu place on quatre lignes, tandis que les artilleurs, la mèche allumée, acculaient leurs huit pièces deux par deux quatre Pendnnt que co mouvement s'opé- tait, Cornolin, après avoir jeté dans la direction du chevalier et de sa troupe un regard de triomphe, poussa son choval près de celui do Paolo.\u201c Comte Popoli, dit alle, ln comtesse de Ristaël a donc refusé de vous accompagner come je I'y invitais ! \u2014 Ma sœur est excellente catholique, senors, dit Paolo, les hérétiques n'ont pas d'ennemi plus motel, mais elle à toutes les fuiblesses de son sexe ; elle ne possède pas ce courage viril qui vous rend capable d'envisager sans pâlir les plus terribles spectacles, ot, tout en applaudissaut du fond du cœur aux châtiments par lesquels on essayo de ramener ces misérables rebelles, il lui manque lu force d'âme nécessuirs pour assister à leurs supplices.\u2014 Dieu me garde de douter de votre parole, comte Popoli, reprit Corne lia ; je veux donc Cruire de votre sœur tout le bien que vous t'on dites, mais elle s'est fait une réputation de frivoleté qui ne s\u2019acorde guère avec la foi ardente et l'horreur de l'hérésie, dont vous la dites si vivument péne- trée.\u2014 Cette apparente contracdiction d'est autre chose qu\u2019une affaire de na- tivnalité, belle senora Cornelia ; vous n\u2019iguorez pas qu\u2019en Italie la religion affecte un tout autre caractère qu\u2019on Espague, et que chez nous l'amour des plaisirs s'aillie parfaitemont avec , la plus sincère dévotion.\u2014 Jo seis cola, mais beaucoup de gens l'ignoreut, 1épondit froidement Cornelia, ot il est à regretter qu'une femme dy pom et du rang do la comtesse de Ristaël donne aux hérétiques l'exemple d\u2019un indépondunce de conduite qui ne pout que déconsi- der à leurs yeux le catholicisme et empécher peut-être bien des conversions.\u2014 Je forai pait de vos observations à ma sœur, senorn ct soyez assurée qu'elle renoncera aux façons uo pou étranges qu'olle a rapportées d'Italio, quand elle comprendra les fâchouses conséquences qui peuvent on rejaillir sur elle et sur la religion.\u2014 Tâchez do lui faire comprendra la nécessité d'une complète réforme, dit Cornelia, en accontuant lentement ces paroles ; il y va de votre intérêt, car il ne suffit pas pour que mon choix obtienno l'approbation du roi, que votre conduite et vos principes religieux soient irréprochal:les, il faut sncore que les vôtres soient à l'abri du plus léger roproche ; une faute, moins que cela, une légèroté.ou une inconséquon- ce do votre sœur rendraient notre union impossible ; la famille dans ln- quello j\u2019entrerai doit être pure et aus.tèro entre toutes.\u201d : Ces paroles glncèrent Paolo, qui, songes avec terreur au caractère de Regina ot aux dangers säñs nombto qui pouvaient en\u2019surgir.\u201c Comts Popoli, \u2018reprit \u2018Cornelis, surmonter votre émotion dans luquelle nos .6onemis pourrgient voir Une preuve de sympathje,pourlos coupables, ct assistons avec recusillament à : ian.8 Dieu même que nous accomplissoug.\"; Pao \u201cHat vivament troublé, on offet car il vennit de rencontrer lo regard de Rodolphe du Storbeck, qui lui était ontré dans lo-co-ur commo la poiute d'un stylet.Il devint affreuso- ment pâle quand il vit le bourreau et ses auidz arracher violetutnunt les vè- temunts dos deux frères, qui restôrent Lus jusqu'à ln coidture, puis retirer do longues tenailles qu'il trouvaient sans doute rougies à point.\u201c Pauvres enfants ! murmurait lo chevalier, il ne leur reste plus qu'à demander à Dieu la force de supporter leur martyre.\u2014 Nous no tentorcns donc rien pour les suuver ?demanda lo jeune homme.\u2014 Rien ! répondit froidement lo gentilhomme, \u2014 Quoi ! vous aurez le courage de les lnisser ainsi torturor sous vos yqux.\u2014 Du courage ! oui, il m'en faut beaucoup pour restor impussiblo do- vant un pareil spectaclo ; regardez-moi, Christian, et vous comprendrez tout ce quo jo souffre.\" Il était d'une pâleur livide, el do grosses gouttes de sueur couluient sur son visage.\u201c Alors, dit Christian, donnez lo si- gual, il en est temps encore ; la colèro ot In haine triplent lo courage do nos hommes et vont rondro leur attaque irrésistible.\u2014 Non, répliqua le chovalier, j'ai la responsabilité de six cents hommes, de six cents familles, misux que cela, de la Flandre entière dont une révolte manquéo pout retarder l\u2019affranchissement d'au domi-siècle peut-être ; je me trouve on £ ce d'une force dix fois supérieure à la nôtre ; j'ai la presquo certitude maintenant que nous avons été vendus + t qu\u2019on saisirait avec joio l'occasion de massucrer les plus braves et les plus énorgiques enfants d'Anvers.Je dois à la confiance qu\u2019out mise en muoi coux qui m'ont pris pour chef d'imposer silence à mon cœur pour n\u2019écouter que les conscils de mon esprit ; je ne me rendrai pas coupable de ce que jo considère à la fois comme uno folio et comm: un crime.Rodolphe avait vu lon bourreaux tirer du feu les tonnilles.\u201c Honri.dit-il en se rapprochant vivement de son jaune frère, appuie ton bras sur le mien et appelle à toi tout ton courage.\u2014 Non, mon fière, répuudit lo jeune homme en le repoussant douco- ment, les Espagnols m'accuseraient de lâchoté, et je veux soutenir jusqu'au bout l'honneur de In Flandre.LI nous reste une minute encore, omployons-la à prier pour notre mère, qui connait l'houte de notre supplico, ot dont le cœur va endurer un martyre cent fois plus douloureux que le nôtre.\u201d Ah! ma mère ! ma mère ! murmura Rodolphe en portant la main à sa bouche pour comprimer un sanglot.\u201c Oui, Rodolphe, dit Henri, c'est elle qu\u2019il faut plaindre ; mais ne nous laissons pas abattre par cotto pensde, au moment où nous avons besoin de rassembler toutes nos forces, lEcoutez- moi, mon frère.\" Mais il n\u2019acheva pas sa phrase, un cri aigu s'échuppa de sa poitrine, ses traits, dovenus subitoment livides, se contractèrent d'une façon effrayante ; ses lèvres, toutes blames, s'agitdrent convulsivement, ot ses youx rouldrent dans lenr orbite avoc une rapiditd vertigineuse, ,La.tenaille rqugie du bourreau l'avait mordu, gux reins.et.lui avait arraché un lambeau de chair, Rodolphe youlut siélancer aur.lui, mais deux mains vigoureuse, le fixèront À sa place.Au même.instant, il.pêlit lui-même soys, l\u2019étreinta de, la-même torture qui venait.de briser son frère, mais ne Inissa échapqer ni un, cri, ni un soupir.Les bras croisés sur sa poitrine, tous les muscles du corps violemment tendus, pressant énergiquemont sous ses pieds les planches de l'échafaud, il avait l'immobilité du granit, et on elt dit une statue do lu Force.Pendaut ce tomps, Henri était reve- bu à lui ; la puissance de la volonté avait vaineu la douleur.Alors se tournant vors le bourreau : * C'est sous ln surprise ot nou sou- la soulfranco, lui dit-il que j'ai succombé un instant; fais ton métier maiu- tenant, tu n'entondras plus une phin- te sortir do ma houcho.\u201d Muis à puine vunait-il de prononcer ces paroles, qu'il s'élança on pleurant dane les bras de son frère.** Henri ! mon frère, s\u2019écria celui-ci tu te déshouores aux yeux do tes ennemis.\u2014 Rodolphe, balbutia le jeune homme avec des sanglots, ma mire ! ma mère ob ms sœur ! \u201d Et il étendit la main dans la diroc- tion de leur maison, dont ils étaient éloignés de trente pis à peine.Rodolphe porta ses regards de ce côté, et alors lui aussi seutit les larmes monter à sus yeux cet inonder son visage ; et des Jix milles personnes qui étaient là et qui virent ce spectacle inouï, il n'en était pas une, hors Curnolia peut-é:re, qui ne sentit son oœur so fondre dans sa poitrine La maison de Sterbeck étant close du haut en bas, comme nous l'avons dit, tout le monde ia ¢royuit inhabitée ce jour-là ; la surprise fut donc extré- me quand, presque aussitôt après le cri perçant poussé par Henri de Sterbeek, on vit s'ouvrir à deux battants la grande porte qui formait le centre du bâtiment et se trouvait de ploin pied avec un perron élevé de sept « huit pieds au-dessus du sol.Mais nulle vxpression no saurait donner unc idée do l'émotion qui s'empara de la foule, quand elle vit paraître à cette porte et s'avancer lentement sur ce perron, d'oh elle domi: nait la place, la mère des deux condamnés ln duchesse du Sterbeck couverte de long vêtements de couil, les cheveux tout blancs (ils avaient blanchi en huit jours), les yeux rouges et fixes, los traits d'une pâleur de marbre, et tenant à la main un mouchoir tout imprégné do ses larmes.Elle était accompagnée de sa fille ot suivie de ses trois survantes, toutes trois égalemont vêtues do noir, soutenant ln marche de leur maîtresse.Par une étrange fatalité le regard, do Noémie no rencontra qu\u2019une seule des dix milles têtes entassées sur la place, et cette tête était celle de Paolo Popoli, Paolo à choval aux côtés do Cornelin, et assistant au supplice de sos frères.Elle dévina tout, la vérité traveran son âme comme un éclair.Alors, comme fascinée, son regard resta fixé sur lui, ges traits prirent uns oxpression eflrayante, olle lova lontement In main, étendit le doigt vers lui, et aprés un long silonce, pendant lequel olle resta la bouche béante ot le corps aussi immobile que s\u2019il oût été pétrifié, elle langa un éclat de rire si formidable, qu'il retentit par toute la place, ot fit frissouner toutes les âmes.Puis olle s\u2019élança dans la maison oh l'on entondit sa prolonger un of- frayant Colat de rire \u2018longtomps après qu'elle eut disparu.! La duchossei parut presque insensible & ve nouveau.malhour ;la.mesure était comblée, rien ne.pouvait plus: ajouter :à son désespoir.Au moment:ot,iles regards ardem- ment- fixée sur l'échnfaud, elle posait.la main surls balustrade du perron, les tenailles rouges-des bourreaux-fai- LA FEUILLE D\u2019EHABLE aniont, pour la deuxième fois, leur terrible office, laissant sur le curps des deux matyrs une nouvelle plaie par laquelle lo sang s'échappait à flots.En face de Jour mère, les couvrant du regard, ils restdrent tous deux im- j'assibles, Quant à celle-ci.sa main rebondit aur l'appui do pierre ot: elle venait, de s¢ posor, on vit son Corps frissonner rouvulsivement sous ses longs voiles «br deuil, et des gouttes de sueur ruisselant sur son front, ge mélérent au larmes qui sillonnaieut son visuge, Mais elle resta à la 1nôme place, la\u2018Lête haute, le regard obstinétuent tourné vers le point fatal, Tous les yeux étaient mouillés de larmes, toutes les femmes étaient on sanglots.Les bourreaux eux-mômes se sen- lnient troublés.Sur un signe de Gornelia, ils revinrent une troisième fois à la charge.\u201c Pauvre!imère, murmura Rodolphe\u2014 Mon Dieu ! douklez ma souffrante ot prenez pitié d'elle, \u201d soupira Henri, qui so sentait étouffé par les sanglots.Au moment ol les tenailles ardentes mordaient la troisième fois la chair de ses enfants, ln duchesse de Sterberck, avait fléchi légèrement sur ses jambes ; sa pilour était devenue cadavéreuse et ses yeux s'étaient fermés.« Fille pord connaissance, dit une des trois sarvantes, arrachons-la à cet affreux spoctacle.\u201d Et toutes trois, tremblantes, effarées, aussi pâles, aussi défaites que leur maitresse elle-mé- me, car olles avaient vu grandir les eux frères, car elles avaient bercés enfants sur leurs genoux, toutes se mirent en devoir d'emporter la mai- heureure mère dans =a maison.Mais celle-ci était revenue du vertige sous lequel son âme s'était affaissée un instant, et ropoussant do la main les trois femmes : * Non, dit-elle, je resterai jusqu\u2019au bout tant que la vie ne les aura pas abandonnés, tant qu\u2019il resters un souffle dans ma poitrine.Laissez moi, mes filles, je ne veux pas êtro soutenue, je voux demeurer seule avec mes propres forces, fuce à face avoc l'échafaud ; éloigtez-vous.\u201d À cet ordre, intimé avec un mélange de douleur et de dignité qui la grandissait encore dans son héroisme, les sorvantes s'éloignèrent de leur mati- tresse, ot s6 relirèrent au souil de la maison, le dos tourné à l'échafaud, la tête plongée dans leurs tabliers noirs, et pleurant tout bas, Alors la duchesse, se tenant d\u2019une main 4 la balustrade do pierre, pressant do l'autre son mouchoir, avec lo- quel elle essuyait de tewps on temps la sueur qui roulait sur ses traits livides et décoin posés, aesista trois fois encore à l'eflroyable supplice des tenailles, vit le sang ruisseler du corps de ses enfants jusqu'à couvrir leurs pieds, de l'immense, l'incommeunsurable douleur qui tordait chaquo fibre de son Cœur do mère ne so trahissait que de loin en loin par un légor soubressaut du corps, ou par une tension si violente.des muscles de la main, que ses ongles semblaiout s'enfoncor dans le granit de Ia balustrade.Vingt minutes s'étaient écouléos depuis le commencoment du aupplico, uny-siècle do douleur ! ! es bourreaux allaient se romettre à l\u2019œuvre, quand tout à coup laduchesso de :Storbeck s'affaian sur elle-même et resta étendue immobile sur le pavé blanc-du perron.Ses sorvantes s\u2019élancèrant vers elle, la-croyant évanouïe.Il y.eut un moment de silence, puis:on entendit une .de.pea femmes jeter ce mot dans un \u2018cri d'angoisse : morte ! Tout le monde, tant le silence et | l\u2019anxiété étaieut profonde, entondit le cri et la parole ; l'un et l'autre parvinrent aux oreilles des deux frères.Le plus jeune pleura abondamment.L'ai- né s'agenouilln dans son sang, et leva les yeux au ciel : ** Mon Dieu ! s'écria-t-il d'une voix forte et vibrante, soyez béni ; elle ne soulfrs vlus ! \" 1'uis, se relevant ot s'adressant à sun frère : \u201c Maintenant, Henri, lui dit-il, la mort est Une fête pour nous, puisqu'elle va nous réunir à nutro mère qui nous attend là-haut \u2018 [rritée d'un héroïsme dunt l'effet ne pouvait qu\u2019exaler le courage des Flamands, sur l\u2019esprit desquels elle uvait compté produire une impression toute contraire, Cornelia jeta un coup d'œil à son père, et sur un mot de ce lui-ci, aussitôt transmis aux bourreaux ls hnche mit bientôt fin à cette sanglante tragédie.\u201c(th ! ma pauvre mèro ! murmura Christian on quittant la place, s'il faillait un jour comme la duchesse de Sterbeck.Oh ! c'est affreux a penser.\u201d Et il se hita d\u2019entrer chez lui.Le supplice des deux frères de Sterbeck avait frappé tous les esprits ; la consternation était peinte sur tous les visages et les Flamands qui se rencontraient daus les rues ou sur les places publiques osaient a peine échanger entre eux quelques paroles.Les mères tremblaient pour leurs fils, les femmes peur leur époux, et leurs craintes n'étaiont pas sans fondement, car chez la partie jeune et énergique de la population, ce n\u2019éta.t pas l\u2019épouvante, mais la eolère et l'indignation qui bouillonnaient dans tour les cœurs On s'attendait ce jour-la à une ré- vote, et dans cette prévision, Cornelia avait retenu à Anvers les trois mille soldats quelle avait fait venir de Maines et dont l'arrivée avait sauvé sa fortune, et peut-être sa vie.Mais aucune mère peut-être n\u2019éprouvait une augoisse pureille à colle qui dévorait l'âme de Madeleine Roosendhal.La nuit qui suivait cette terrible exécution, dont les détails lui avaient été rapportés olle la passa tont entière sans sommeil, tremblant que son fils ne prit part à la révolte si elle venait à éclater, ct se mettant l'esprit à la torture pour trouver quelque moyon de le retenir toute la journée à la maison.Lo matin, après le déjeuner, elle s'habilla, se couvrit de sa plus belle mante, pria Christian d'aller l'attendre dans lo jardiu et sortit.Christian qui trouvait un grand bonheur.une espèce de ravissement à suivre à la lettre, comme un enfant, les ordres de sa mère, se rendit aussitôt au jardin, et le parcourut lenternent révent aux deux êtres qui oecupaient la plus belle partie de soa casur, & sa mère ot à Sabine.Co jardin était encore une des créations de Mmo Roosendhal.Antérieurement à son mariage c'était un vaste ouclos inculte, planté d'arbres séculaires, mais parmi lesquels il était impossible do cirouler, tant l\u2019incurie du propriétaire, complètemement absorbé par le commerce, Inissait aux ronces, aux orties ot à toutes sortes de plantos parasites, liberté entière de pousser,de s'étendre et d'envahir le sol.Toujours tourinentée du désir de donner à sa demeure uno grande et\u201d noblephysionomie ; profondément pénétrée:de cette idée, que:l'élégance et la.iboguté du cadre concourent puis- semment au ralief des.caractdres, et exercent sur les'esptite, même les plus sérieux, \u2018 une action considérable \u2018Ma- 107 deleine avait émonder le sol, enlever quelques arbres, ménager ça ct là une clairière, et, d'un terrain inabordable olle avait fait ainsi un des plus beaux jardins d'Anvers.Vers l'extrémité la plus reculée du bois, auquel, sous sn direction, on avait conservé un carnctôre agreste, s'élevait une roche toute tapissée de plantes grimpautes, d\u2019otL jaillissait une source naturelle et sur laquelle de grands hétres répandaicnt une ombre épaisse et uue délicieuse fraicheur, (A continuer.) re ER YVON.EPISODE DE LA GUERRE.Pendant une soiréo du mois d'août dornier, la chaleur était accablante, même à Paris.En Tunisie, les soldats de la France, couchés à terre, respiraient un air brûlant qui desséchait leurs lèvres.Trop jeunes peur résister aux épreuves du climat, ils perduient en luttes stériles les forces indispensables aux fatigues du lendemain.Le courage, l'énergie, la résolution ne manquaient pns, mais rien n'avait été prévu pour protéger Cette jeunesse inexpérimentée contre les fatalités de la guerre.Donc, pondant celte soirée d'été, on souffrait dans les champs de la Tunisie.Les ambulances présentaient un spectacle navrant.Les secours matériels étaient insuffisants malgré le dévouement des chirurgiens qui après avoir donné leurs soins nux malades et aux blessés semblaient eux-mêmes accablés et promenaient de sombres regards sur la paille sanglante qui servait de couche aux soldats.Parmi eux se trouvait un jeune Dreton dangereusement blessé.La balle logéo dans la poitrine n'avait pu être extraite par l'opérateur et le pauvre enfant se sentait mourir.D'une voix défail'ante, il demandait l\u2019aunmônier ; il n'y en avait pas un soul.Le soldat ne putjle croire et réitéra sa demande, cette fois en suppliant.Un camarade s'approcha de lui en se traiuant sur les mains et les genoux et lui dit \u2018\u201c Yvon, ne te tourmente pas I'auménier va venir.ce soir.ou demain de boune heure; il est d'Hennebon, notre pays et nous parlera do la famille des voisins des amis et de ta mère Yvonne.Prends Courage et nous iron bientôt jouir du congé que l'aumônier\u2018nous fera obtenir.\u201d Yvon ne répondit pas.Deux grosses larmes glissèrent le long de ses joues et se 1vélèrent au sang do sa poitrine.L'aumônier était loin, dans le portdeToulon imploraut son départ.La nuit suivante, Yvon poussa un profond soupir qui attira le chirurgion.Le blessé le regarda avec une attenti- ou profonde puis tourna les yeux vors son camarado il prononça ce mot l'at- minier ! Le camarade lui saisit la main ot dit au chirurgiien: Elle est froide.Puis un sanglot so fit entendre et le camarade mumura : Pauvre Yvon! Ce fut l'oraison funôbre du jeune soldat.À le voir lorsqu'il partit de son pays poor so rendre a Lorient vous lui auriez donné seize ans tant il était faible et de potite taille.Cependant Yvon atteignait sa vingt et unième année.Un sac volumineux écrasra ses épaules, le lourd\"fusil: brisa ses'i bras si miüces.puis un navire\u2019 l\u2019emporta sur'lä terre d'Afrique.Il se battit en \u2018brave\u2019 Breton\u2018et-une \u2018balle *déthira\u2018 sa \u2018poitrine.Il avhit peur toujoürs Abandonné'la midison patérhelle:dit kdibu'à tous ses espoirs de \u2018la-\"Vie\"; \u201cenfin, il mourait pour'la France, to 108 LA FEUILLE D\u2019ERABLE Que demandait-il, le pauvre enfant, qui donnait tout ce que Dieu lui avait accordé sur la terre ?11 demandait qu'avant de remonter au ciel, son âme fut accompagnée d'une prière sortie des lèvres d\u2019un prêtre catholique.Et cette France pour laquelle, il mourait, cette France qui met des armes aux mains de tous qui demande à tous de combattre pour elle, cette France qui ne compt+ plus par millions, mais par milliards, refuse à ses enfants la goutte d\u2019eau bénite tombée des doigts de l'aumônier ! Croyez-nous donc maîtres de nos des- tinéee, que nous dovons tout, et que vous ne devez rien ?Nous prenez- vous pour le gladiateur antique, qui, avant de franchir la barrière du cirque, n'avait qu'à dire: Ave Cesar morituri, te salutant ?*.xx Le lendemain de la mort d'Yvon, les camarades trouvèrent quelques pièces de monuaie dans sa ceinture de cuir.Ils complétèrent la somme nécessaire pour le prix d\u2019une bière, car ils ne voulaient pas le jeter en terre comme après la bataille.La compagnie so mit en marche, précédée du lieutenant.Quatre soldats portaient le corps, un cinquième soutenait la croix noire qui devait surmonter la tombe.Sur cette croix, ils avaient tracé le nom d\u2019Y von ; rien de plus.ll était parti pour la guerre avec le quatrième bataillon, laissant en Frauce son régiment.11 mourait loin du drapeau, loin de son colonel, loin de la famille régimentaire.Il ne connaissait.pas ses généraux, et ceux- ci ignoraient jusqu'à son nom.Au temps passé régnait une légende, qui, du drapeau, du colonel, du numéro, faisait quelque chose de sacré.Depuis le chef ue corps jusqu'au dernier tambour, tous songaient à la gloire du régiment.Le colonel savait les noms de ses soldats, il les avait in-truits en présidant à leurs débute.11 lesaimait parce qu\u2019ils avaient ensemble supporté les mêmes fatigues et partagé les mêmes joies.Leurs cœurs battaient à l'unisson.Toutes ces bonnes choses ne sont plus.Les compagnons du soldat breton se dirigeaint lentement vers le cimetière musulman.Une place couverta de ronces était réservéo aux chrétiens et aux juifs.tombe, l'escorte s'arrêts, et par une sorte d'instinet tous les regards cherchèrent le prêtre.Il y eut comme une vague inquiétude, vendant laquelle de mystérieux regards s\u2019échangeaient, ct des paroles discrètes se murmuraient à l'oreille.Enfin, trois ou quatre soldats s'approchèrent du lieutenant en lui demandant, au nom de tous, de prononcer les paroles prescrites par l\u2019église.Surpris d\u2019abord, l'officier se recueillit, interrogeant sa mémoire ponr y retrouver la pritre Les regards étaient tournés vers lui comme au champ de bataille.Eufin, d'une voie ferme, le lieutenant prononça : Au nom du Père, du Fils.; tous tombèrent à genoux, et l'officier roprit : Pater nos- ter.Ceux d\u2019Honnebon et de Sainte- Anne pleuraient, car ils avaient connu le petit Yvon : les autres plongeaient un morne regard dans la fosse béante, La bière descendit lentement, et chacun ;jeta sa poignée de terre.sur lo cercueil.Le lieutenant avait dans la main gauche un objet onve- loppé dans un lambeau de linge noir ; il le développa, et l'on vit.le chape- Arrivée près dela ; let d'Yvon, que aa mère avait glissé dans son sac à l\u2019houre du départ.Les Bretons voulurent que ce chapelot fût placé sur le cercueil, et le lieutonant déposa pieusement la rolique du pauvre soldat dans cette terre étrangère.Ce lieu se nomme Tebourba, entre Mateur et Testour.A droite, si 'on regarde ln mor, se trouve Tunis, et un peu plus loin Carthage.LA, mourait, il y six siècles, notre bon roi Saint Louis ; le fils de la paysanuo bretonne Yvonne Kerzoët, repose non loin du filsde Blanche de Castille.x x Xx Nous sommes 4 Hennebon, Après avoir quitté le port, nous montons cette grande place conduisant à l'église, À gauche, sont des maisons dont les boutiques occupent le rez-do- chaussée.Parmi les boutiques, il en est une dont l'enseige laisse lire ces mots : Æerzoët, coutelier.Le maitre travaille de son métier, tandis quo sa femme, Yvonne, s'occupe des soins du ménage.Le coutelier a servi pendant sept ans sous le règne de Louis- Philippe.Il était & la prise de la smala d'Abd-el-Kader, st raconte volontiers le siége d'Anvers, oh il a vu de près les fils du roi.C\u2019est assez dire que ce Breton n\u2019est plus jeune, quoique une tête énergique et une tournu- ro militaire repoussont toute idée de faiblesse.Pendant la guerre do 1870, on l'avait remarqué parmi les soldats i de Charette.La muison était calme, lorsque la portes'ouvritetdouna passage au facteur.Après avoir déposé une lettre sur la table, il s'éloigna sans prononcé une parole.Ce silence n\u2019était pas dans ses habitudes, mais d'autres lettres reçues on même temps lui donnaient du chagrin.Yvonne, la mère du petit soldat, prit la lettre d'une main tremblante et jeta un coup d'œil sur l'adresse.Lo père s'approcha, et tous deux dirent en mêmo temps: \u201c Ce n\u2019est pas l\u2019écriture d\u2019Yvon !\" Etait-ce par hasard que le vieux curé passait devant la port et s\u2019y arrêtait, le visage pâle et les yeux humides ?Après un moment d'hésitation, il entra en s'essuyant le front du revers de sa main.Yvonne vint au-devant du prêtre et lui présenta la lettre.La pauvre femme était accablée.Les mères ont de ces pressentiments de ces révélations soudaines qui déchirent tous les voiles.Ello dit au curé: Ce n'est pas l'écriture d'Yvou !\u201d Le père se tenait debout, tremblant, haletant, les yeux fixés sur le papier.\u201cJe l\u2019ai baptisé, dit le prôtre, je lui ai fait faire sa première com- mubion, il a toujours vécu en bon chrétien, et sa place est au ciol.\u201d La mère trembla de tous ses membres et s'appuya sur la table pour ne pas tomber.Elle se couvrit les yeux du coin de son tablier.Le pire fit un pas en avant et pressa son cœur avec la paume de la main droite, Il étouffait.La lettre était toujours là, entre les doigts du vieux curé.\u201c Ouvrez, ouvrez, dit Yvonne, ouvrez, pour l\u2019amour de Dieu ! \" Le prêtre décacheia lentement la lettre, dont sans doute d'autres mères li avaient fait deviner le contenu.Il lut des yeux sans remuer les lèvres, puis il s'agenouilla en disant : \u201c Prions et pleurons ! \u201d Les trois prières montèrent au ciel.Le deuil était pour \u2018toujours entré dans la maison, Au temps passé, elle avait.entendu les cris joyoux de l\u2019on- fant, plus tard, le bruit de l'atelier était venu réjouir la mère do famille, car le jouno Yvon allait devenir le meilleur ouvrier du pays ; ils étaient fiers de lui et ne vivniont que pour ce fils, La patrie le leur demanda, ils le dounèront sans murmurer.Cependant, la voille du départ, le pèro fit observer au brigadier et gendarmerie qu\u2019autrefois le soldat n\u2019entrait on campagne qu'après trois ou quatre années de service lorsque ses forces étaient dévellopées, après avoir ap pris le métier.Le brigadier, malgré sa prudento réserve, avait répondues.« Que voulez-vous?il n\u2019y n plus d'armée comme de notre temps, imais do braves enfants qui passent ot disparaissent.\u201d On est bien triste à Hennebon, malgré une grando affiche blanche, signée de M.le préfet, qui affirme que tout cat pour le mieux en Tunisie, et que les soldats s\u2019y portent aussi bion qu'à Rennes ou à Nantes.Ce qui d\u2019ailleurs doit calmer les inquiétudos, c'est que la flotte et l\u2019armée sont sous les ordres d\u2019un gouverneur civil, bon bourgeois par vocation, avocat de son métier.L'affiche de M.le préfet se termine parce cri : Vive la République ! Pour vivre, elle fera mourir plus d\u2019un petit Yvon, et pleurer plus d'une mère.GENERAL.AMBERT.La Catastrophe de Pauil- Ine.La Gironde donne les détails suivants sur la catastrophe do Pauillac : * Le ler novembre, le navire Pros- per-Corne de Dippe, arrivait en rade de Pauillne, venant de \"Terre-Neuve, après une rude traversés.Le capitai- n«, M.Augé, était mort en mer, le 25 octobre, mais il avait exprimé le désir d'être enterré à l'arrivée du navire à Pauillac.L'équipage, respectueux des dernières volontés de son chef, garda le cadavre pandant cinq jours entiers et le second du navire arrivé à Pauillac fit les démarches nécessaires pour accomplir l'inhumation.À 5 heures du soir, le corps du capitaine fut mis à bord de l'ambareation.L'équipage tout entier moins deux marius laissés à la garde du navire, prit place dans Pembarcation.Le second du navire était à la tête de l'ox- pédition, qui se composait de quinze personnes en tout.On arriva à terre sans encombre, et l'auterrement se fit au cimetière de Pauillac, au milieu d'un grand concours de population car bon nombre de marins de Pauillac, s'étaient joints à l'équipage du navire pour accompagner le-corps de co capitaine, mort en mer, à sn dornière de- moure.Il faisait nuit quand sonna l'heure do retourner à bord.Las quinze homn- mes du Prosper-Corne accompagnés du pilote Chanioleau prirent place de nouveau dans l\u2019embarcation qui devait les ramener au navire.Cette embarcation trop petite était tellement chargée, que deux hommes seulement purent sc incttre aux avirons, Bientôt los gens qui étaient à terre perdirent de vue lo canot car l'obscurité était à peu près complète.L'embarcation était arrivée approximativement à la hautour du chenal nord du Lazaret quand on ontondit de terrede grande cris de détresse: le canot de ces malheureux marins avait ombar- qué les lames par suite du clapotement qui se produisait près du navire, et il'sombrait entraînant avec lui les infortunés.Parmi ceux-ci,le pilote Chanioleau Consorva sou sang-froid ot aussi sans doute connaissant mieux l'endroit ot il se trouvait,so débarrassa de ses habits et parvint A gagnor la torre A la nage Quatre marins au nombro desquels était lo second du navire, M Snuton s0 cramponèdreut à l'épave de l\u2019embarcation chaviréo.Ils furent poussés à terre par le flot et jetés sur les vases du bord, où ils s'onfoncèrent jusqu'à la cointure.1ls ne pouvaient espérer se tirer eux-mêmes de ces viecs mouvantes, cb In mer commençait à monter.Houreusement,les deux braves doua- niersdu poste du Lazaret accoururent a leur secours; ils parvinrent à retirer deux de ces malheureux ot à les ramener à bord, oh dos soins intelli- gonts leur sauvèrent la vie.ls sont aujourd\u2019hui hors de danger.\u2018** Quant aux doux autres rejetés sur les vases, ils étaient morts de froid q and on parvint à les retirer.Le malheureux second du navire était un de ces doux-là.Les onze autres marins qui mou- taient l\u2019embarcation ont péri dans lus flots, vt leurs corps n'ont pas encore été retrouvés malgré toutes les rechor- ches, \u201c Dès qu\u2019on ontondit à Pauillac le cri d'alarme des naufragés, tous les moyens de sauvetage furent mis on œuvre : gondoles,em barcations s'élan- cérent à la recherche des malheureux.mais la nuit rendit tous ces secours inutiles et l'on ne put arracher à li mort que trois marins.Sur les treize victimes de cette terrible catastrophe, onze étaient des pères de famille, ot leur mort laisse dans le besoin des veuves et des orphelins.«*x Dans Une certaine paroisse du cumtéde Compton un officier du re- cousement s'étalnit avec omphaso dans toutes les maisons, et pronait exacte- went note dans toutes les colonnes de sou cahier ; arrivé à celle qui rogar- de les lunaliques mon recenseur se retourne gravoment et demande aver un aplomb qui dénote une grande science : F ut y des yens qui portent des tu- nellea, icite ?Ft on dit que le gouvernement fut fort suspris de voir tant de iunattyues dans cette paroisse, x\", Un certain Mousieur demau- dait 4 une ménagdre, pou forte sur l\u2019anglais: Où sont les clo ets! Mousieur?\u2014Ou sont les closets?\u2014les noisettes! pas encore mûres.+*; Le cardinal de Retz, pourauivi par un èmeutier qni le mettait un joue s'écria : \u2018\u2018 Malhoureux ! si tou père te voyait ! L'arme tomba des mains de l'émeutior.x*+ On à vendu récemment à la ris un reçu de trento sols, donné à l'argontier de Louis X1 par son tailleur pour avoir mis d:ux manches de futaine neuve À un vieux pourpoint de cuir du roi.+*,Un riche banquier était malade de puis quelques somaines et s'étonnait que deux ou trois de ses amis ne le vinssent pas voir, Ils nosent, lui dit son homme d'affaires, vous lour avez prdté de grosse sommes dont lo paye- mont est échu et qu\u2019ils ne sont pas en étatde vous rendre.\u2014 Eh bien répondit lo malade allez leur-dire de ma part qu'ils ne me doivent \u201cplus rien mais que je les prie de venir chercher leurs quittancos ; j'aime mieux perdre mon argent que mes amis, \u2018\u2018 "]
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