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Titre :
Parachute
Éditeurs :
  • Montréal, Québec :Artdata enr.,1975-2007,
  • Montréal, Québec :Parachute, revue d'art contemporain inc.
Contenu spécifique :
Septembre - Novembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
quatre fois par année
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Parachute, 1982-09, Collections de BAnQ.

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[" art contemporain/contemporary art-septembre, octobre, novembre) September, October, November 1982/28/5,50$ Wt:''-,':- COUVERTURE/COVER Cindy Sherman, Untitled film still, 1982, color photograph, 115 x 76 cm directrice de la publication CHANTAL PONTBRIAND conseil de rédaction RAYMOND GERVAIS JOHANNE LAMOUREUX JEAN PAPINEAU RENÉ PAYANT collaborateurs JANICE ANDREAE SERGE BÉRARD GIOVANNI CALABRESE THIERRY DE DUVE RAYMOND GERVAIS BRUCE GRENVILLE PIERRE LANDRY MICHEL LAROUCHE DENIS LESSARD ROGER MALBERT GILLES MARSOLAIS PHILIP MONK JEAN PAPINEAU JEANNE RANDOLF GOLDIE RANS RICHARD RHODES GEORGES ROQUE GREG SNIDER adjoint à la rédaction (Toronto) RICHARD RHODES ABONNEMENT un an\tindividu\tinstitution Canada\t20$\t28$ Europe, U.S.A.\t35$\t45$ deux ans\t\t Canada\t32$\t42$ Europe, U.S.A.\t52$\t64$ DISTRIBUTION Québec: Diffusion parallèle, 1667 rue Amherst, Montréal, Qué.H2L 3L4, (514) 521-0335 Canada: C.P.P.A., 54 Wolseley St., Toronto, Ont.M5T 1A5 British Columbia: Vancouver Magazine Service Ltd., 2500 Vauxhall Place, Richmond, B.C.V6V 1Y8, (604) 278-4841 Belgique: Librairie Post-Scriptum, rue des Eperonniers 37, 1000 Bruxelles U.S.A.: Bernhard De Boer, Inc., 113 East Centre Street, Nutley, N.J.07110 graphisme LUC MONDOU PARACHUTE n\u2019est pas responsable des documents qui lui sont adressés ou non réclamés.aide à la production DIANE GERVAIS, ROBERT GRAHAM administration COLETTE TOUGAS tous droits de reproduction et de traduction réservés s PARACHUTE, revue d'art contemporain inc.les articles publiés n\u2019engagent que la responsabilité de leurs auteurs PARACHUTE est indexé dans RADAR PARACHUTE, revue d\u2019art contemporain inc./ les éditions PARACHUTE 3e trimestre 1982 (publication trimestrielle) conseil d\u2019administration Chantal Pontbriand, prés., René Payant, vice-prés., Jocelyne Légaré, sec., Colette Tougas, très.PARACHUTE 4060, boul.St-Laurent bureau 501 Montréal, Québec, Canada H2W 1Y9 PARACHUTE est membre de l\u2019Association des éditeurs de périodiques culturels québécois PARACHUTE est publié avec l\u2019aide du Conseil des Arts du Canada, du Ministère des Affaires culturelles du Québec et du Conseil des Arts de la Communauté urbaine de Montréal.dépôts légaux Bibliothèque Nationale du Québec Bibliothèque Nationale du Canada ISSN: 0318-7020 tél.: (514) 842-9805 courrier 2e classe no 4213 vente au numéro Allemagne: 10 DM; Belgique: 200 FB: Canada: 5,50$; France: 28 FF; Grande Bretagne: L 2.80; Hollande: 12 FL; Italie 5500 L; Suisse: 10 FS; U.S.A.: 6$ US Imprimerie Boulanger inc., Montréal Compo-Em, Montréal imprimé au Canada/Printed in Canada ommaire / contents essais / essays 4 CINDY SHERMAN\u2019S \u201cFILM STILLS\u201d 8 MARTHE WÉRY la peinture de près et de loin 16 L\u2019ÉTERNEL ET LE TRANSITOIRE quelques remarques autour de Baudelaire 22 PATERSON EWEN painting image and allegory 29 THE MALEVOLENT HEART (GIFT) commentaires / reviews 30 DOCUMENTA 7 32\t\u201960 \u201980.ATTITUDES/CONCEPTS/ IMAGES 33\tCOLLECTION DU MUSÉE D\u2019ART CONTEMPORAIN DE GAND REVOLUTIONS PER MINUTE / BIG SCIENCE 34\tROLAND POULIN 35\tHENRY SAXE 36\tNANCY SPERO FILMS EXPÉRIMENTAUX 37\tLE FESTIVAL DES FILMS DU MONDE 39\tROBIN COLLYER 40\tWANDA KOOP 41\tFICTION 42\tSHELAGH ALEXANDER AGIT-PROP 44\tWILLIAM S.BROWN 45\tFRED FITZPATRICK MISE EN SCÈNE informations / informations 48 livres et revues 52 musiques au présent musique au féminin (2e partie) art contemporain/contemporary art septembre, octobre, novembre September, October, November by Richard Rhodes par Thierry de Duve par Giovanni Calabrese by Janice Andreae a project by Yana Sterbak par Chantal Pontbriand par Georges Roque par Georges Roque par Denis Lessard par Serge Bérard par Serge Bérard par Pierre Landry par Michel Larouche par Gilles Marsolais by Bruce Grenville by Goldie Rans by Philip Monk by Philip Monk by Philip Monk by Jeanne Randolph by Roger Malbert by Greg Snider par Jean Papineau par Raymond Gervais CINDY SHERMAN\u2019S \u201cFILM STILLS\u201d by Richard Rhodes «ü 15 A\ti SAFETY FILM 506 IS KODAK \u2014*?1AA -*14 KODAK SAFETY FILM 5063 » JMA \u2014>20A\t6\t9\t4 D KODAK SAFETY FILM 5063 ->20 M S063 KODAK SAFET 26A -*36\t-*¦ KODAK SAFETY FILM 5063 KODAK SAFETYjTIL V- » *¦' * % -»4A\t\u2014\u2022» 5 KODAK SAFETY FILM S063 KODAK SAFETY FILM 50S3 laquelle portait ici le sceau de l\u2019histoire.Le spectateur-touriste arrivant à Documenta pouvait lire sur la frise du Fridericianum la phrase qu\u2019y avait inscrite Lawrence Weiner: many colored objects placed side by side to form a row of many colored objects.Pleine d'ironie dans les circonstances, cette phrase protoconceptuelle nous fournit un commentaire très juste sur le concept, s\u2019il en est, et l\u2019accrochage de l\u2019exposition.Remarquable, surtout dans le Fridericianum où se voisinaient les artistes les plus privilégiés quant au soin apporté à la mise en scène générale des oeuvres et quant aux types d\u2019espaces dont on y disposait, était cette contiguïté chromatique des oeuvres.Ceux qui ont vu Documenta se souviendront sans doute de la somptuosité des Mangold, Richter s\u2019enfilant les uns derrière les autres dans divers dégradés d\u2019orangé.Les exemples de ce genre pullulent, à côté de la succession des petits temples individuels dont bénéficièrent entre autres Mario Merz, Jannis Kounellis, Cy Twombly, Richard Long, ou Marcel Broodthaers.Remarquable aussi cette non-différentiation des choses qui dans l\u2019enfilade \u2014 qu\u2019elles soient peinture, sculpture, installation vidéo, ou encore photographie, peu importent les disciplines dont ces oeuvres ont pu hériter, peu importent les médiums employés \u2014 finissaient toutes par se ressembler d\u2019une certaine façon, par s\u2019aplatir surtout, cédant à une seule dimension, devenant toutes étrangement peinture.Façon détournée pour que l\u2019absence délibérée de \u201cdirection\u201d dans l\u2019exposition (\u201cto avoid a superstructure above\u201d, dit Fuchs) prenne sournoisement sa revanche en corroborant un retour à la peinture partout latent.Façon pour des organisateurs qui n\u2019osent pas trop aquiescer manifestement cet état de chose, de laisser subrepticement surgir le consensus, sans avoir l\u2019air de s\u2019y mouiller.Il est malheureux que cette première tentative massive de décloisonnement entre disciplines, que l\u2019on sait depuis longtemps ne plus correspondre à la réalité \u2014 l\u2019avant-dernière Documenta rétrograde en ce sens, il vaut la peine de le rappeler dans ce contexte, présentait séparément peinture, sculpture, photographie, vidéo, etc.\u2014 ait donné lieu à un nivellement de ce genre.Au lieu d'éclairer les relations qui peuvent exister entre des oeuvres de même époque mais d\u2019origines diverses, au lieu d\u2019ouvrir ces oeuvres à d'autres types de relations liées par exemple à des systèmes connexes ou complémentaires comme il est souhaitable aujourd\u2019hui de le faire, l\u2019accrochage privilégié n'apportait pas grand chose au spectateur en dehors de considérations formelles et de différentiations stylistiques.L'ensemble encourageait davantage le spectateur à reformer dans sa tête un mode d'appréhension connu, et conséquemment à reprendre, malgré l\u2019éclectisme et l\u2019euphorie de la présentation, une attitude familière et conditionnée par des siècles d'histoire visuelle: l\u2019attitude passive du spectateur devant le tableau, attitude à ce point édulcorée aujourd\u2019hui quelle ne veut plus rien dire.L\u2019avalanche d'oeuvres montrées, et surtout un manque complet de mise en situation pertinente ne réussissaient qu\u2019à neutraliser les productions individuelles, à leur retirer toute substance au profit d'une consommation générale.Le spectateur n'avait plus qu'à se laisser entraîner par le flot des oeuvres, sans jamais pouvoir s\u2019arrêter réellement, regardant sans voir, alors que subtilement, subliminalement peut-être, s'imprimaient quelques images dans son cerveau: la présence récurrente de la peinture-objet comprise comme objet de consommation, comme bien échangeable, selon laquelle peu importent les contextes, peu importent les circonstances, l'objet prime; par conséquent, la légitimation du retour à la peinture et des modes rétro.Loin sommes-nous donc de ce regard critique qu\u2019on souhaiterait voir inculquer par des manifestations de ce genre au spectateur anonyme.Loin sommes-nous du type d'interrogations que des oeuvres peuvent susciter chez le spectateur quand le contexte s\u2019y prête.Loin sommes-nous aussi de la possibilité que devrait pouvoir avoir tout spectateur de poser les questions qu'il veut bien.Cette Documenta abandonnait le spectateur à lui-même, mais pour le laisser errant sur les berges d\u2019un fleuve tari (métaphore empruntée à l\u2019introduction de Rudi Fuchs où l'art actuel est comparé à un \u201cbateau ivre\u201d.) Le musée de notre temps ne peut plus être conçu comme un sanctuaire de reliques dont la substance s\u2019est vidée Leitbild, Anstelle èiner Vorrede (\"Instead of a Preface\u201d), became: the absence of preconceived ideas.This principle could provide an open situation for examining and possibly revising old habits and aesthetic rules, and unpredictably illuminate the works on exhibition.But if avoidance of Leitbil-der and norms is not asserted as deliberate, the lack of concept could just as well contribute to complete bewilderment.The result could be a docile following of the recent mode of eclecticism, which lends itself so conveniently to an easily appealing mosaic of stylistic restatements.Il est étonnant de voir jusqu\u2019à quel point les conservateurs ont pu voir avec tant d\u2019acuité leurs propres erreurs dans la planification de Documenta.Ici encore, les craintes exprimées dans le catalogue, c.à.d.vraisemblablement avant même l\u2019ouverture, se sont avérées vraies.Qu\u2019est-ce donc que cette exposition dont personne ne veut prendre la responsabilité dans sa tournure finale?Partout, dans les textes qu\u2019ont signés les conservateurs individuellement, on remarque des mises à distance.Voyons Celant: Certainly, with the current situation, it is impossible to affirm the existence of a single method containing immutable and fixed points, for there cannot be anyone norm.Each work can exist according to multiple points of reference, relating to numerous, parallel experiences.What seems trouble- some and reactionnary to me is the use of a method that compares only art to art.I have preferred and continue to prefer an expository method that affirms the convergence of languages, so that fashion intersects with art, theater with economics, literature with politics, architecture with music.While this approach may not transport us to \u201cparadise\u201d, it certainly helps us to better know the \u201cearthly side\u201d of art.(Je souligne.) Documenta 7 était tout à l'opposé de ce qui est revendiqué dans ce court paragraphe: complètement isolée de tout centre nerveux de l\u2019art actuel, \u201cparadisiaque\u201d quant à l\u2019ampleur des moyens qu\u2019on y déploie et quant à la qualité exceptionnelle des installations dont on dispose (surtout en cette année où on fit grand cas d\u2019importantes rénovations réalisées dans les principaux bâtiments), idyllique quant aux magnifiques terrains qui font la grâce de l\u2019Orangerie et qui font vite oublier l\u2019inhospitalité et la froideur de la ville même, l'exposition n\u2019a certainement rien de très ordinaire, rien de très quotidien.Au contraire, l'ampleur et le grandiose de la chose étaient à couper le souffle et en cela, particulièrement quant l'emphase est mise là-dessus comme c'était le cas, pouvaient facilement aller chercher chez le spectateur-touriste, une sorte de sentiment spécial, lié à une impression générale de séduction, Læ dans un ailleurs quelconque.Cette attitude est encore moins possible quand il s\u2019agit d'art contemporain.La dimension temporelle du présent et de l'actuel qui caractérise l\u2019art contemporain dans ses démarches les plus pertinentes devrait se répercuter jusque dans le musée afin de le secouer de son atavisme d\u2019institution bourgeoise.Cette dimension s\u2019oppose au genre d\u2019aplatissement et de neutralisation de la production artistique dont témoignait Documenta cette année.Au contraire, elle peut faire du musée un lieu dynamique et producteur, non limité à la réception passive de produits privés de fonctions réelles agissantes.Documenta 7 était certainement, de toutes, la Documenta la plus marquée par l\u2019histoire.Le pluralisme latent à l'heure actuelle oblige une certaine forme de regard sur le passé et demande un examen critique et consciencieux des retours qui témoignent d\u2019une crise du présent face à la tradition.La carence la plus évidente de cette Documenta se situait à nos yeux dans le manque de regard critique qui aurait dû s'exercer sur la tension passé-présent qui habite l\u2019art actuel.N'aurait-il pas été découvert alors que cette tension est présente au sein de tout art et qu\u2019elle en engendre souvent l\u2019élément novateur, l'invention?Au lieu de créer une situation véritablement opérante, Documenta cette année donnait libre cours aux fantaisies du moment, donnant ainsi l\u2019illusion d\u2019être un constat objectif de la situation actuelle.En fait, elle ne faisait qu\u2019aquiescer aux implications les plus réactionnaires du présent climat artistique.CHANTAL PONTBRIAND Vi ! wmrni wMm mm WmL Richard Tuttle, Arrow, 1967, bois, 175 x 60 x 46 cm, coll.Stedelijk Museum Amsterdam \u201960 \u201980.ATTITUDES/CONCEPTS/ IMAGES Stedelijk Museum, Amsterdam 9 juin \u2014 11 juillet À l\u2019heure où d\u2019importantes manifestations tentent, cet été, de dresser des bilans, il semble que le Stedelijk se soit mis, lui aussi, au diapason.Mais, face aux éternels problèmes épistémologiques que soulève toute tentative de cet ordre, il a choisi subjectivement et judicieusement, non seulement de ne pas cacher, mais au contraire de mettre en évidence le fait que ce \u201cbilan\u201d ou cette \u201csélection parmi vingt ans d\u2019arts visuels\u201d est inséparable de l'activité du Stedelijk comme tel, c.-à-d.à la fois de ses expositions passées, et complémentairement, de sa politique d\u2019achat.Et, de fait, tout cela va de pair, dans la mesure où cette exposition est centrée sur la mise en valeur des très riches collections du musée (lesquelles furent sinon constituées, du moins complétées lors des grandes expositions passées), et dont on revoit d\u2019autant plus volontiers \u2014 sous cet éclairage \u2014 les pièces maîtresses, que le Stedelijk s\u2019est sagement efforcé de restreindre le nombre de participants.Il serait donc particulièrement malvenu de faire à cette exposition un procès d\u2019intention en reprochant à ses organisateurs un choix d\u2019autant plus explicitement lié à l\u2019activité du musée, que le catalogue comporte un document précieux: la liste chronologique des expositions, installations, performances, ., organisées au Stedelijk entre les années soixante et quatre-vingts.A cet égard, le choix est à la fois simple et cohérent, sans la prétention de vouloir (re)constituer un historique des principaux \u201cmouvements\u201d des vingt dernières années; quant à la décision de s\u2019en tenir aux deux dernières décennies, elle semble essentiellement pratique, même si certains commentaires font de 1960 une date \u201csignifiante\u201d pour l\u2019art contemporain (comme 1939 pour Westkunst, ou 1968 ailleurs).L\u2019intérêt de cette perspective est que, loin de se vouloir universelle, elle tient à garder le point de vue local qui est le sien: les années 60-80 vues par et depuis le Stedelijk.D\u2019où l\u2019importance \u2014 bienvenue \u2014 accordée aux artistes hollandais: non seulement à ceux qui sont désormais bien connus sur la \u201cscène internationale\u201d (Ger Van Elk, Jan Dibbets), mais aussi à des \u201cvétérans\u201d comme Co Westerik, ou à des jeunes tels René Daniels ou Hans Van Hoek.De ce point de vue, la démonstration \u2014 si démons- tration il y a\u2014est réussie, car ce point de vue amstellodamois sur le développement de l\u2019art contemporain depuis vingt ans rejoint les choix qui sont fait ailleurs.Mais c\u2019est peut-être là aussi que le bât blesse: quand, par un mouvement tautologique \u2014 qui n\u2019est pas propre, disons-le d\u2019emblée, ni à cette exposition, ni à ce musée \u2014 on entérine un mouvement qu\u2019on a d\u2019abord soi-même contribué à faire advenir.* Je m\u2019explique.Il y a malgré tout dans cette exposition une volonté de proposer de l\u2019art de ces vingt dernières années un récit ordonné, scandé par le parcours chronologique de la succession des salles.Parcours au reste résumé par les trois concepts qui ponctuent le sous-titre de l\u2019exposition: attitudes/concepts/images.Le premier, attitudes, résumerait les années soixante; s\u2019il a été mis en avant par l\u2019exposition d\u2019Harald Szeemann, Quand les attitudes deviennent forme (1969), il a également fait l\u2019objet d\u2019une exposition au Stedelijk, Op losse schroeven (difficilement traduisible: remise en question (littéralement: vis dévissées) ), exposition dont on se plaît à rappeler, à Amsterdam, qu\u2019elle avait ouvert ses portes une semaine avant celle de Berne.Le second, concepts, indiquerait la \u201cdomination\u201d de l\u2019art conceptuel durant les années soixante-dix, \u201cchassé\u201d à présent par les images, dont la \u201cnouvelle peinture\u201d témoignerait du \u201cretour\u201d.Mais, s\u2019il est vrai que ces trois concepts tentent de s\u2019articuler dans le sens d\u2019un devenir chronologique et donnent à entendre/voir une succession, on est alors en droit de lire ce parcours en suivant la règle que Gérard Genette avait jadis bien dégagée pour le récit: c\u2019est la fin qui justifie le moyen.Autrement dit, il est difficile de se départir de l\u2019impression (la même déjà ressentie à Westkunst) que la clé de l\u2019exposition, ce sont les dernières salles: Neue Deutsche Malerei, Jeune Peinture Italienne, Schnabel, etc., c.-à-d.que c\u2019est en fonction d\u2019elles qu'il convient de comprendre les premières, de même que dans un récit, c\u2019est la fin voulue par l\u2019auteur qui commande toute la narration; ou, pour le dire en bref, les effets déterminent les causes.Ainsi, ce n\u2019est pas que Baselitz ou Schnabel, qui ferment l\u2019exposition, auraient subi l\u2019influence de Bacon, qui l\u2019ouvre.C\u2019est bien plutôt en fonction du \u201cprésent\u201d (d'un certain présent, parmi d\u2019autres, tout aussi présents) qu\u2019on relit rétroactivement le passé, pour tenter d\u2019y découvrir ce qui en lui contenait déjà ce présent comme en germe.D\u2019où l\u2019actualité de Cobra (Constant), Lucassen, etc.(Ou, dans un autre registre, l\u2019engouement récent, à Cologne comme à Paris, pour la période \u201cvache\u201d de Magritte, p.ex., à laquelle on découvre tout-à-coup des affinités avec le néoexpressionnisme ambiant).Or, le parti sciemment pris d\u2019arrêter l\u2019exposition, non sur les \u201cconcepts\u201d soixante- SandroChia, Un Lapin pour le dîner, 1981, huile sur toile, 205x340 cm., coll.Stedelijk Museum Amsterdam -SS F L v* fri , J* ¦\t¦¦ A \u2022 V - y/ _JC :: '-V i \"I S V, 32 dix, mais sur le \u201cretour\u201d à l\u2019\u201cimage\u201d et à la \u201csubjectivité\u201d (comme si elles avaient disparu!), correspond très exactement à la politique actuelle des grands musées: les jeunes Italiens furent montrés au Stedelijk au tournant 1980-1981, et Schnabel eut droit à son exposition solo .juste avant celle-ci.GEORGES ROQUE COLLECTION DU MUSÉE D\u2019ART CONTEMPORAIN DE GAND Palais des Beaux-Arts, Bruxelles 16 juillet \u2014 5 septembre Le Palais des Beaux-Arts de Bruxelles accueille durant l\u2019été une grande partie des collections du Musée d\u2019art contemporain de Gand, dont ce dernier ne peut, faute de place, gue montrer une partie seulement.Ce jeune musée (il date de 1975) a déjà toute une histoire: celle de la volonté tenace et de l\u2019obstination d\u2019un groupe de collectionneurs gantois (réunis au sein de l\u2019Association pour un musée d\u2019art contemporain), à qui il doit d\u2019exister, et dont le fonctionnement original est retracé par Karel Geirlandt, qui en fut un des principaux fondateurs, dans l\u2019introduction du catalogue.En quelques années, et en dépit de moyens singulièrement réduits, cette association a pu acquérir des oeuvres contemporaines de tout premier plan, grâce aux conseils avisés de ses membres.Outre cette politique d\u2019acquisition, le musée, depuis qu\u2019il existe, a mis sur pied d\u2019importantes expositions, malgré un personnel réduit à l\u2019extrême, et malgré l\u2019hostilité, il faut bien le dire, de la majeure partie du collège échevinal de la Ville de Gand.De cette hostilité de la Ville à l\u2019égard du Museum van Heden-daagse Kunst, on ne donnera qu\u2019un exemple: le compte rendu que j\u2019avais fait, ici même, de l\u2019exposition l\u2019Art en Europe après 1968, organisée au Musée il y a deux ans, fut brandi contre le directeur du Musée, pour justifier la suppression d'une partie du personnel! Aussi compren-dra-t-on que je profite de l\u2019occasion offerte par la présente exposition de la collection pour lever le quiproquo, et m\u2019élever contre un tel usage.Car il va sans dire qu\u2019on ne dialogue jamais qu\u2019avec ses pairs, et qu\u2019une note, même critique, sur une exposition \u2014 surtout quand la critique n'est menée, sur un ton volontairement polémique, qu\u2019à l\u2019encontre du \u201cgenre\u201d que constitue tout bilan d\u2019une décade \u2014 ne peut en aucun cas remettre en cause l\u2019adhésion globale à l'activité du musée, et l\u2019utilisation de cette critique pour amputer ce musée de ses moyens d\u2019actions relève d\u2019une attitude scandaleusement abusive.Mais si l\u2019opinion de la presse internationale revêt une telle importance aux yeux de la Ville de Gand, il n'y a plus qu\u2019à souhaiter vivement que l\u2019accueil unanimement enthousiaste réservé à l\u2019exposition actuelle de la collection à Bruxelles rende d\u2019autant plus urgente et nécessaire la création à Gand d\u2019un musée d\u2019art contemporain à part entière, où la totalité de la collection puisse être exposée, et où l\u2019intelligente politique d\u2019expositions temporaires et d\u2019achat puisse continuer d\u2019être menée à bien avec des moyens décents.Urgence d\u2019autant plus grande que la construction d\u2019un musée d\u2019art contemporain à Bruxelles est loin d'être achevée, et que les mauvaises langues se demandent ce qui y sera montré.Sans doute faudra-t-il alors, pour masquer les lacunes les plus criantes, faire appel .au Musée d\u2019art contemporain de Gand! Pour terminer sur une note moins polémique, un mot du volumineux catalogue de la collection (600 pages), qui est bien plus qu\u2019un catalogue: reflet de la politique originale d\u2019acquisition (où l\u2019initiative individuelle fut et reste prépondérante), chaque oeuvre est raisonnée et argumentée, non pas en fonction de critères formels (comme tel est encore trop souvent le cas), mais par rapport à ses qualités intrinsèques, qui justifient sa présence au sein de la collection.À ce titre le catalogue constitue un instrument intelligent et efficace pour comprendre l\u2019intérêt et l\u2019importance des artistes comme des oeuvres qui comptent aujourd\u2019hui.GEORGES ROQUE REVOLUTIONS PER MINUTE (THE ART RECORD)/ BIG SCIENCE \u2014 LAURIE ANDERSON Première façon: Revolutions per Minute (The Art Record), un album double dont l\u2019initiative revient à la galerie new-yorkaise Ronald Feldman.Le titre laisse entendre que les artistes réunis ici proposent des productions engagées, bien qu\u2019il faille comprendre cette attitude dans un sens très large, en termes d\u2019accessibilité virtuelle.La formule du disque pointe directement la question des structures de diffusion du travail artistique.Par son caractère portatif et son coût moindre, le disque est susceptible d\u2019atteindre une audience plus large.Comme l\u2019indique Robert C.Morgan dans sa présentation de l\u2019album, il s\u2019agit vraiment d\u2019une exposition en conserve.Tout y est: le texte de catalogue, le mot des artistes, et même \u2014 dans la version de luxe \u2014 une série de photolithographies parallèles aux pièces sonores.Cette dernière forme fait basculer de nouveau le Art Re- Pochette de disque de Ida Applebroog (Revolutions per Minute) cord dans le champ des médias plus traditionnels.On devine que l\u2019album est basé sur une série de contradictions, entre l\u2019art non-objectal et celui du marché, entre l\u2019engagement social et la figure de style, entre l\u2019humour critique et la colère.La pratique féministe, notamment, transparaît principalement dans les travaux de Margaret Harrison et Hannah Wilke.L\u2019implication socio-politique se fait surtout au moyen de petites doses qui finissent par s\u2019accumuler, car autrement la production artistique pourrait devenir compromise.ou compromettante.A travers leurs textes, les artistes disent qu\u2019ils espèrent: \u201cEverything we do that remains in a stable form is an excerpt.I only hope to live long enough to make the excerpts become the map of continuity.\u201d (Edwin Schlossberg); \u2018\u2018The Pentagon and the Kremlin have written scripts \u2014 they can hardly wait for the casting and the production.This track.is a piece of grit in that massive machine \u2014if there are enough pieces of grit the machine may well seize up.\u201d (Conrad Atkinson).Conséquemment, les pièces rassemblées ici sont à évaluer en termes de communication.Elles transmettent des informations selon différents paliers, depuis les contenus plus directs jusqu\u2019aux plus métaphorisés.La réunion de vingt-et-une compositions permet d\u2019apprécier la variété des approches possibles.Certaines pièces existaient déjà, d\u2019autres ont été créées pour le Art Record.Robert C.Morgan suggère une classification simple: \u2018\u2018sound work compositions\u201d, \u2018\u2018allegorical narratives\u201d, \u2018\u2018situations and encounters\u201d, \u201csongs\u201d et \u201cheuristic texts\u201d.On pourrait voir les choses sous un angle voisin mais plus global, en disant que plusieurs pièces sont des camouflages.Cette perspective insiste davantage sur le fait que l\u2019art joue ici avec des sphères généralement conçues 33 comme distinctes, voire imperméables.Placées sous le signe de la communication, les oeuvres reprennent donc les techniques de l\u2019entrevue-confidence (Eleanor Antin), de la chanson (Hannah Wilke, Les Levine, Thomas Shannon), du message de type radiophonique (Conrad Atkinson).\u201cReally, Is That A Fact?\u201d de Ida Applebroog se calque sur une \u201ctranche de vie\u201d, en recréant l\u2019atmosphère absurde et les banalités sociales d\u2019un party.Le rapport avec la connaissance scientifique est un des plus denses, lorsque les recherches de l\u2019art utilisent des instruments de la science (Piotr Kowalski) ou se penchent sur des phénomènes psycho-physiologiques (Todd Siler).Chez Helen et Newton Harrison, la notion d\u2019échange est contenue dans le texte même: \u201c\u2014 VJe said we were amazed at the diverse interests of scientists.\u2014 He said he was amused at the exotic interests of the arts.\u2019\u2019 Dès le moment où la pratique artistique visite un camp voisin, on prend conscience de ce qu\u2019il y a de l'autre côté du miroir, à côté du milieu de l\u2019art, selon un autre système de référence.Une seconde carrière s\u2019ouvre, et depuis l\u2019autre point de vue, Big Science est ce qu\u2019on appelle dans le métier un \u201cdebut album\u201d.Kurt Loder écrit dans Rolling Stone (no 373, 8 juillet 82): \u201cLaurie Anderson calls herself a performance artist, but she\u2019s really a new kind of pop star, with a whole new way of \u2014 literally \u2014 looking at music.Her professional persona is so open-ended that any number of futures seems possible.\u201d Du reste, l\u2019aspect de ses performances plus récentes s\u2019apparente beaucoup aux spectacles élaborés de certains groupes de \u201cmusique populaire\u201d.Et ce nouveau disque est une des manifestations les plus directes de Tinfiltra-tion culturelle\u201d dont il est question dans l\u2019entreue de Laurie Anderson par Robin White pour View (Vol.Il no 8, janvier 80).Laurie Anderson collectionne de tout: les voix paranormales, les chansons de Dolly Parton, des avions américains, des cartes postales.Les paroles de ses chansons mélangent une grande diversité d\u2019éléments pour former des structures narratives égarantes, multiples.Les textes réunissent souvent des événements qui paraissent distants ou au contraire, contemporains, mais survenus dans des lieux très différents.Les cassures du récit laissent donc beaucoup de régions ouvertes que l\u2019auditeur peut remplir à son gré.Le sens résultant proviendra éventuellement du collage des parcelles.Cependant le caractère richement hétéroclite des assemblages ne se vérifie pas seulement dans les thèmes: en eux-mêmes les instruments modifiés, comme le violon à archet de néon, suscitent des images puissantes.L\u2019instrumentation des pièces réserve des surprises, car les instruments traditionnels (le violon classique, par exemple) ou marginaux (les cornemuses dans \u201cSweaters\u201d) sont alliés à des dispositifs électroniques et des percussions.Il y a même des résonances orientales (on pourrait très bien faire du taï chi sur Big Science.).Punk, funk, new wave, la nature composite de cette musique rassemble une foule d\u2019avenues.Les oeuvres qui amorcent une réflexion sur la nature du son ou de la communication représentent une des dimensions heureuses de l\u2019album.Pour Douglas Davis, les sons deviennent des personnages (\u201cHow To Make Love To A Sound\u201d); Edwin Schlossberg et Todd Siler ont produit des mini-conférences, et la chanson de Thomas Shannon, \u201cSmashing Beauties\u201d donne au sujet une allure dynamique, virevoltante.Le travail du son \u201cpur\u201d prend diverses formes: en certains cas, il se fait à partir de moyens réduits, comme pour Terry Fox (en utilisant un son acoustique sans amplification ou traitement électronique) ou David Smyth (avec des machines à écrire comme instruments à percussion).Vincenzo Agnetti combine des séquences numériques parlées avec les sons tirés d'instruments qu\u2019il a modifiés.Bien que le Art Record réunisse plusieurs grands noms, les pièces sont d\u2019une pertinence inégale.Pour les classiques de la narrativité, tels Eleanor Antin (jouant ses personnages, inlassablement) et Les Levine (le roi du western), pas de surprise.Pas de révélation non plus en ce qui a trait à Beuys, au sujet duquel on ressent surtout l\u2019essoufflement d\u2019une carrière aux confins du vedettariat.D\u2019une façon générale, on peut tout de même conce- voir l\u2019album comme un document appréciable sur l\u2019état de la production ou de la réflexion d'un certain nombre de créateurs arrivés à un moment précis de leur carrière.Deuxième façon: les chansons de Laurie Anderson figurent dans le \u201chit parade\u201d de disquaires, et sur étiquette Warner Brothers! On trouve des critiques de son disque Big Science dans la revue Rolling Stone, on en parle même dans Gentleman\u2019s Quaterly, pourquoi pas.C\u2019est une sortie qui fracasse les barrières.Un pas franchi, qui rappelle qu\u2019heureusement les domaines ne sont pas toujours étanches.Tout cela fait réfléchir sur la question des spécialisations exigées par les cadres sociaux: emplois, domaines de compétence, prestiges, juridictions.Paravents mis en place pour éviter l\u2019anarchie! On pourrait cette fois imaginer l\u2019ensemble du disque et de sa pochette comme une oeuvre en collaboration, au même titre que toute musique enregistrée sur vinyle, enveloppée d\u2019éléments graphiques.Le sentiment s'accentue lorsqu'on se souvient que la production de Laurie Anderson a souvent comporté des petits disques, à l\u2019instar de LefX = X publié dans Artforum (février 82).À cette occasion, il y avait même une invitation amusante, puisque le bricolage final de la pochette du disque revenait au lecteur.Bien sûr, il est difficile de parler de \u201cperformances en boîte\u201d, et les chansons constituent déjà une facette autonome au sein des intérêts multiples de Laurie Anderson.L\u2019oeuvre entier est comme un édifice à plusieurs étages, avec des fondations de sculpture (les instruments modifiés), la dimension corporelle de l\u2019exécution musicale, la musique elle-même, et la performance à l\u2019intérieur de laquelle tout le reste s\u2019emboîte.Il faut parler de séduction: la musique de Laurie Anderson génère un effet-synthétiseur.Les pièces commencent par un rythme régulier qui va en se complexifiant, par superpositions.Quelque chose est mis en scène et monte graduellement, une sorte de rigueur, de mystère.Quelque chose d\u2019obsessif qui transporte et enveloppe l\u2019auditeur, une euphorie précisément comparable à celle que procure le timbre du synthétiseur.La grande régularité des pulsations de fond fait que l\u2019on devient particulièrement attentif aux moindres paroles prononcées ou chantées, même si elles semblent banales.D\u2019ailleurs le climat spécifique de chacune des pièces musicales se crée avec une rapidité étonnante, en quelques phrases, et par les inflexions de la voix; le tout oscille entre l\u2019insécurité et le plaisir.Ainsi, l\u2019atmosphère inquiétante de \u201cFrom The Air\u201d ou \u201cBorn, Never Asked\u201d: It was a large room.Full of people.All kinds.And they had all arrived at the same building at more or less the same time.And they were all free.And they were all asking themselves the same question: What is behind that curtain ?\u201cBorn, Never Asked\u201d À l\u2019opposé, \u201cWalking And Falling\u201d propose une situation unique par son intimité et son épuration.Au sujet des méandres du désir et de l\u2019amour.Petites stratégies des textes: Laurie Anderson utilise des simplifications syntaxiques, en faisant discourir des personnages.Elle fait entrer l\u2019auditeur dans le dialogue, ou le prend comme confident: You know.I think we should put some¦ mountains here.Otherwise, what are the characters going to fall off of?\u201cBig Science\u201d À première vue, les paroles paraissent trop simples, d\u2019où l\u2019envoûtement; en réalité, c\u2019est qu\u2019elles proviennent du quotidien.Féminisme, urbanisme, capitalisme, les questions profondes sont posées sur un ton élémentaire: He said: Isn't it.Isn't it just.Isn't it just like a woman?She said: It\u2019s hard.It's just hard.It's just kind of hard to say.\"It Tango\u201d And he said: Well just take a right where they\u2019re going to build that new shopping mall, go straight past where they\u2019re going to put in the freeway, take a left at what s going to be the new sports center, and keep going until you hit the place where they're thinking of building that drive-in bank.\"Big Science\" L\u2019humour discrètement cynique joue sur l\u2019absurde: You were born.And so you\u2019re free.So happy birthday.\u201cBorn, Never Asked\" * C\u2019est donc une critique sociale qui se glisse partout, sans être le but avoué.DENIS LESSARD ROLAND POULIN Galerie France Morin, Montréal 17 avril \u2014 15 mai Persuade yourself, I say, that your original perception of the situation was damaged by not having taken into account all of the variables (for example, my instructions) and that the imminent disaster that hangs in the sky above you can be, with justice, downgraded to the rank of severe inconvenience by the application of corrected thinking.Donald Barthelme, What to Do Next Roland Poulin expose une seule sculpture et sept paires de dessins.Je ne parlerai que de la sculpture.La disposition des oeuvres semble autoriser ce désaccouplement car la galerie est divisée en deux, le long des piliers, mais par l\u2019éclairage surtout.La sculpture occupe le côté des fenêtres et baigne dans leur lumière (deux projecteurs, placés en angle très prononcé, ne servent qu'à accentuer la netteté de l\u2019ombre projetée, ils n\u2019influent pas sur la teinte bleutée qui imprègne la sculpture).Les dessins, eux, sont traditionnellement éclairés par la lumière jaune électrique, si ce n\u2019est que justement la juxtaposition des deux teintes ouvre les yeux à l\u2019arbitraire de cette convention.La force de cette convention persiste sans doute puis-qu\u2019après avoir été un moment ébloui par la lumière vive qui est réfléchie par les dessins, le regard se tourne irrémédiablement vers la lueur qui émane de la sculpture.La lumière et son absence jouent un rôle important dans la perception de cette oeuvre et son utilisation est une constante dans le travail de Roland Poulin depuis plusieurs années.Elle est ici soigneusement canalisée de façon à découper nettement certaines arêtes et surfaces et à en rejeter d\u2019autres dans une ombre relative.Tour à tour, d\u2019une part elle rend claire, révèle la complexité de l\u2019orientation de certains éléments en rapport avec l\u2019ensemble, soulignant avec insistance la masse d\u2019informations que nous avons à enregistrer (si, par hasard, nous avons décidé d\u2019assumer notre condition de scrutateur); d\u2019autre part elle obscurcit, rend trouble la perception d\u2019autres éléments qui, devenus ombres, réfléchissent en abîme le caractère transitoire de chacune des perceptions qui surgissent dans l\u2019esprit qui tente de reconstituer la forme globale.Inversement, la lumière peut faire paraître semblables deux éléments pourtant minutieusement différenciés en les éclairant d\u2019une lumière égale et l\u2019ombre peut, par l\u2019angle de projection, servir à son tour d\u2019instrument de mesure.Finalement l\u2019ombre, absence, acquiert une physicalité troublante lorsqu\u2019elle est enserrée dans un étroit corridor alors que la lumière, présence, se disperse dans le vide laissé par l\u2019écart entre les deux moitiés de la sculpture.Ce va-et-vient, entre des pôles, de la lumière est aussi le mouvement qui s\u2019élabore dans l\u2019esprit du spectateur et dans l\u2019acte de perception de l\u2019oeuvre entre deux modes d\u2019appréhension, de représentation du réel.L\u2019un relève plus spécifiquement de l\u2019analyse, de l\u2019inspection du détail, utilisant la mesure, la comparaison, attentif à l\u2019irrégularité, à la différence, il recherche et accumule des vues partielles, des informations.L\u2019autre est généralisateur, 34 Roland Poulin, Insu, 1981, ciment alumineux, 400 x 41 x 122 cm U O: : \\ \\, N, p\u2019f 9 «SSilS mm WmÊÈ Ht B | i . - \\ .** ______________________________________________________________________: vision schématique, instantanée et globalisante de la forme prégnante.Le mouvement entre ces deux regards est perpétuel.Le premier objective la perception de l\u2019oeuvre mais est incapable de réunir l\u2019ensemble des informations pour construire une représentation qui \u201capaise\u201d l\u2019esprit.Le second propose des représentations intelligibles mais réductionnistes et donc constamment niées par le regard objectivant.Les deux visions sont antithétiques mais le spectateur se rend compte graduellement qu\u2019elles sont inséparables et toutes deux nécessaires à la perception de l\u2019oeuvre.Le travail qui impose cette lecture est subtil et complexe.Chaque dénivellation, chaque angle et chaque orientation sont soigneusement calculés de façon à décevoir un regard trop rapide.Ce qui apparaît comme étant une organisation relativement régulière, formée de polyèdres réguliers, s\u2019avère un ensemble d\u2019éléments hautement irrégulier et proportionnellement plus complexe, plus irréductible à la représentation.Chacun de ces écarts (qui, invariablement, prend une connotation négative: déformation, gauchissement, altération, ou imperfection, d\u2019où un certain malaise ou du moins une certaine charge émotive qui accompagne et s\u2019empare du regard) est découvert à travers un examen attentif: les deux poutres qui forment le corridor ne sont pas parallèles, ni égales en longueur, les deux parties de la sculpture ne sont pas à la même échelle, tel plan est légèrement incliné, etc.Toutes les composantes qui entrent dans l\u2019acte de perception d\u2019un volume font l\u2019effet d\u2019un travail, d\u2019une subversion.Depuis plusieurs années, Poulin s'est affirmé être un sculpteur obstiné et patient.Sa manière de travailler est essentiellement cumulative, chaque oeuvre est un moment dans l\u2019ensemble et chaque résolution formelle, un acquis intégré dans les oeuvres suivantes.Avec cette sculpture, il abandonne la figure quadrangulaire bien que, et ceci est caractéristique de sa démarche, la forme rappelle celle d\u2019un quadrilatère éclaté.Étape, puisque les sculptures suivantes, semble-t-il, ne feront plus référence au quadrilatère.La forme prégnante, globalisante est déjà ici ébranlée et ne conserve sa force peut-être qu\u2019uni-quement grâce au souvenir des sculptures précédentes, sorte d habitude perceptuelle.La forme prégnante est maintenant \u201cparcellisée\u201d, les attentes portent sur des organisations fragmentées, on s\u2019attend à ce que les deux poutres soient parallèles ou à ce que les deux parties soient de la même échelle mais il n\u2019y a plus d\u2019attente au niveau de l\u2019ensemble de la sculpture (sinon, encore là, par le souvenir).Il semble que Poulin va maintenant tendre vers des formes où la prégnance est moins visible et où l\u2019analyse, la mesure deviendra plus difficile, voire impossible et peut-être absurde.Il est dangereux d\u2019exposer une seule sculpture, elle prend, dans son isolement toujours un peu \u201cdramatique\u201d et théâtral, une importance de l\u2019ordre du statement qu\u2019elle doit être à même de justifier car ou c\u2019est la sculpture qui est suffisante ou c\u2019est l\u2019artiste qui le devient dans l\u2019esprit du spectateur mécontent.Le travail de Poulin s\u2019accommode très bien de cette solitude qui provoque et appelle un examen minutieux et prévient certains jugements hâtifs comme celui entendu lors de l\u2019exposition Quadrature \u201ctiens, un carré, encore du minimal\u201d.Un dernier mot, sur la possibilité que Roland Poulin soit un sculpteur minimaliste qui perdure.Un des dogmes de la sculpture minimale veut que l\u2019objet soit clairement et instantanément perceptible par le spectateur ou, comme le dit Robert Morris dans Notes on Sculpture: \u201c(that) one sees and instantly \u201cbelieves\u201d that the pattern within one\u2019s mind corresponds to the existential fact of the object\u201d, or c\u2019est précisément ce dogme, dont le caractère \u201cpositiviste\u201d exprime bien l\u2019utopie d\u2019une communication sans contrainte que véhiculait l\u2019art minimal et conceptuel, qui fait ici l\u2019objet d\u2019un discours critique serré et rigoureux.SERGE BÉRARD HENRY SAXE Galerie Gilles Gheerbrant, Montréal 13 mars \u2014 15 avril Things slowly curve out of sight until they are gone.Afterwards only the curve remains Richard Brautigan, Loading Mercury With a Pitchfork Il est toujours un peu troublant d\u2019aller à une exposition d\u2019art contemporain \u201cancien\u201d.Peut-être est-ce un sentiment analogue à celui que l\u2019on éprouve à revivre certaines expériences de jeunesse: recul gêné et en même temps familiarité qui permet un regard moins embarrassé, plus ouvert.Il faut dire aussi qu\u2019hier, cela semblait une merveilleuse idée que de passer à travers une bouteille de tequila et d\u2019en entamer une deuxième alors qu\u2019aujourd\u2019hui, le dérèglement de mes facultés connota-tives qui me fait considérer le petit édifice qui abrite, entre autres, la Galerie Gilles Gheerbrant comme étant possiblement la version punk rêvée d\u2019un petit chalet suisse échappé en territoire urbain me fait douter de la pertinence d\u2019 (1) avoir entamé une deuxième bouteille et (2) avoir choisi de visiter l\u2019exposition Henry Saxe le lendemain.Et effectivement, la réalité de ce que j\u2019ai à faire s\u2019impose brutalement à ma conscience sous la forme de tubes, pliés deux fois à chaque extrémité et enfilés les uns dans les autres, le tout suspendu au mur; sous la forme de petites chenilles de tracteur enroulées sur elle-mêmes; sous la forme d\u2019une sorte de filet métallique rigide et pourtant mal tendu et sous la forme, lointaine et un peu floue de Gilles Gheerbrant qui me dit bonjour.J\u2019ajuste mon focus, dis \u201ctiens, il n\u2019y a pas d\u2019oeuvres de The Instrumental Series?\u201d Et ainsi s\u2019engage une conversation d\u2019un laconisme classique, de type western, où je suis probablement John Wayne recevant son oscar, Gheerbrant, Clint Eastwood et les oeuvres, le désert du Névada entre les années 1967 et 1972: minimal landscape à l\u2019état naturel.Qui se souvient encore de la \u201cnomination craze that was sweeping the plains of contemporary american art\u2019\u2019 dans ces années là?Systemic Painting, Serial Art, ABC art, Literalist Art, Spécifie Objects, et j\u2019en passe.Temps heureux où les artistes étaient résolument en marche vers l'essence de l\u2019art et où l\u2019assignation de génériques à des groupes d\u2019oeuvres avait au moins la qualité de condenser l\u2019essentiel du programme en un mot, Objec-thood ou même en trois lettres: ABC.Que dire de ces oeuvres d\u2019Henry Saxe faites entre 67 et 72?La notion de hasard, soit par le déplacement de la structure d\u2019un \u201cfilet\u201d par le spectateur ou par les conditions du sol sur lequel il repose, pourrait être une variation intéressante sur le concept de série.Mais ce n\u2019est pas suffisant pour faire de ces oeuvres autre chose qu\u2019un Henry Saxe, Seaplex, 1970, 36 éléments, tubes d\u2019acier, dimensions variables (env.7 x 7 m) photo: Yvan Boulerice 35 témoignage, de valeur moyenne, sur la sensibilité de l'art contemporain canadien à cette époque.\u201cThe Instrumental Series\u201d est un témoignage beaucoup plus valable de l\u2019intelligence d'Henry Saxe, dommage.En passant, demandez, la prochaine fois, à Gilles Gheer-brant qu\u2019il mette en marche sa petite statuette de Niki de Saint-Phalle sur une base tournante électrique de Tinguely, une grosse bonne femme bariolée, sorte de Blimp féministe qui, placée contre la vitre, semble évoluer voluptueusement au-dessus du complexe Desjardins: beaucoup plus amusant que le Dinner Party.SERGE BÉRARD NANCY SPERO Galerie France Morin, Montréal 22 mai \u2014 19 juin 1982 C\u2019est par le biais d\u2019un accrochage réparti chronologiquement en deux volets qu\u2019on aura choisi d\u2019exposer, pour la première fois à Montréal, le travail de Nancy Spero.Dans un premier temps, et se développant sur la quasi-totalité des murs de la galerie, la présentation d\u2019une seule oeuvre, récente et \u201ctotale\": The First Language.Le second volet, du type \u201coeuvres choisies\u201d, regroupait quelques segments extraits de séries plus anciennes: les War Paintings (1966-1970) et Artaud Paintings (1969-1970).Soulignons d\u2019abord l\u2019idée plutôt heureuse d\u2019une présentation légèrement historique, appréciable en ce qu\u2019elle permet, en marge des allures trop polies de la formule rétrospective, la reconnaissance des éternels critères d\u2019unité et de rigueur (et pourquoi pas) - mais plus encore en ce qu\u2019elle souligne, quoiqu\u2019à rebours, un semblant d\u2019évolution, en fait un déplacement des choix, qui irait du spécifique au général, d\u2019un propos fortement émotif à l\u2019identification des véhicules sociaux, mythes ou archétypes, porteurs de cette même émotivité.En effet les séries Artaud Paintings et War Paintings, malgré l\u2019universalité des thèmes abordés ou leur inscription dans l\u2019actualité de l\u2019époque, participent avant tout de l\u2019aveu, et pour cette raison peut-être s\u2019avèrent \u201cautrement\u201d efficaces.Ainsi y devine-t-on, dans la retranscription manuelle de certaines phrases d\u2019Artaud, l'identification de Spero à l\u2019homme de théâtre, par ailleurs cité sous son jour le plus noir, le plus angoissé.Et il en va de même de cette sincérité presque naïve, que révèle l\u2019utilisation métaphorique de la sauterelle dans la représentation d\u2019hélicoptères de l\u2019armée américaine.Le caractère à la fois émotif et spécifique de ces deux séries doit être rapproché du renouvellement en profondeur que connaît alors le vocabulaire de l\u2019artiste; il y a passage de la peinture sur toile à l\u2019oeuvre sur papier (quoique toujours travaillée de peinture), d\u2019une pratique solidement campée par la tradition à une technique plus Nancy Spero, The First Language, 1981, 51 cm x 60 m (detail) Photo: Jonathan Wenk souple, à un travail que l\u2019artiste, dorénavant, posera directement sur le mur.Car il importe de noter, et corne étant liée à cette liberté nouvelle sur le plan technique, la recherche menée par Spero (en fait centrale à tout son oeuvre) d\u2019une possible équivalence entre déterminismes sociaux et réalités plastiques, ce dernier terme étant ici posé comme unique et entier, c\u2019est-à-dire porteur d'une force qui lui est propre et qu\u2019un choix limité de sujets, tels l'angoisse et la guerre, viendrait corroborer, voire amplifier.Au-delà d\u2019une symbolique des formes et des couleurs, et à l\u2019opposé du caractère univoque des habituels rapports de causalité (\u201con peint gris parce qu'il y a guerre\" ou, pire encore, \u201cil y a guerre puisqu\u2019on peint gris\u201d), il s\u2019agit ici d\u2019exacerber les données en cause (plastiques et sociales), de les grossir en les alimentant l\u2019une par l\u2019autre, de reconnaître en somme qu\u2019elles sont toutes deux, cruellement, exutoire et violence.L\u2019opposition forme/ contenu, par trop réductrice, se voit ici substituer un travail plus global, et comme tourné vers l\u2019intérieur, par lequel deux réalités distinctes \u2014 disons guerre ou angoisse d\u2019un côté, peinture de l'autre \u2014 concourent l\u2019une par l\u2019autre à l\u2019affirmation d'une même nature, unique dans ses fondements quoique divergente, plurielle quant aux lieux et formes de ses manifestations.Bien qu\u2019elles soient voisines dans la production de l\u2019artiste et également chargées sur le plan de l\u2019expression, les War Paintings et Artaud Paintings diffèrent grandement du point de vue de leurs caractéristiques formelles.Dans un cas comme dans l\u2019autre il s\u2019agit d\u2019oeuvres sur papier, posées directement au mur et dont la présentation, du fait de cette liberté, fera sens d\u2019elle-même.Mais alors que Spero, dans son association de l'hélicoptère à l\u2019image de la sauterelle, travaille cette image dans son rapport direct avec le support, les Artaud Paintings recourent en partie à la technique du collage, intéressante ici pour ce quelle connote de retenue, de distance critique.Les formes ouvertes et partiellement évidées des War Paintings, dont le caractère gestuel se trouve accentué par une libre application de la couleur sur le support, font place avec Artaud à l\u2019introduction d\u2019un \u201cniveau intermédiaire\u201d, celui du papier peint ou imprimé, découpé puis collé.Le geste pictural est ici retenu, contenu à l\u2019intérieur d\u2019une activité probablement ultérieure à son accomplissement, le découpage.Cette retenue, loin d'infirmer la sensation première d\u2019un travail puissamment émotif, tend plutôt à déplacer l\u2019émotion, à l\u2019écarter du champ de la représentation par l\u2019apparition du texte.Car ce qui reste d\u2019indiscipline, de violence par le geste, se verra en grande partie assimilé au domaine du langage, c\u2019est-à-dire limité aux inégalités d\u2019une retranscription manuelle de certaines phrases (choisies) d\u2019Artaud.En conséquence de quoi l\u2019imagerie exploitée se fera plus \u201chistorique\u201d, se chargera d\u2019archétypes que le collage, en ce qu\u2019il tient toujours un peu du prototype, viendra appuyer sur le plan formel.De ce point de vue The First Language, volet le plus actuel de cette présentation bipartite, serait une sorte d\u2019aboutissement, la conclusion d\u2019expériences antérieures.Précisons d\u2019abord qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une longue frise de papier fait main (190 pieds de long par 20 pouces de haut, le tout divisé en modules mis bout à bout et collés au mur) que des formes ou silhouettes humaines, colorées, imprimées ou collées, scandent plus ou moins régulièrement.En d\u2019autres lieux, lors de présentations antérieures, Spero aura choisi d\u2019exposer le tout en une seule bande horizontale; à Montréal l\u2019ensemble était réparti sur trois niveaux, (et voulu tel par l\u2019artiste), preuve supplémentaire de l\u2019importance accordée par Spero au potentiel signifiant de l\u2019accrochage lui-même.De fait, The First Language tire une bonne part de ses qualités expressives du contraste entre l\u2019ampleur de son étendue et l'apparente fragilité de son mode d\u2019exposition.Pour cette raison peut-être, et du fait de l\u2019absence d\u2019intervention manuelle directe sur le support, on serait tenté de croire en un nouveau déplacement de l\u2019émotivité, qui maintenant dépasserait l\u2019oeuvre, rejoindrait en quelque sorte le champ de sa mise en oeuvre.Les dimensions de l\u2019ensemble, sa dispersion sur plusieurs murs, la fabrica- tion artisanale du papier, le recours aux techniques de l\u2019impression, seraient ainsi les nouveaux pôles de cet investissement émotif, l\u2019équivalent du caractère gestuel des War Paintings .ce qui reviendrait à confondre dépense physique et investissement émotif, le travail fait sur l\u2019oeuvre et celui qu\u2019opère l'oeuvre, d\u2019elle-même.Car la force de The First Language réside plutôt en ce qu\u2019elle présente d\u2019archétypes \u2014 c\u2019est-à-dire que cette force repose là où le traitement de la forme, pour avoir perdu sa liberté initiale (les formes sont maintenant collées ou étampées) rejoint le caractère analytique de la \u201créalité\u201d représentée.The First Language, par l\u2019accumulation d\u2019archétypes, de formes densément codées, tient à la fois du filtre et du moule; il cerne ce qui, à notre insu, véhicule l\u2019émotion et en contrôle le débit comme la teneur.Non plus déplacée, cette dernière se voit maintenant \u201cramassée\" raprochée de l\u2019\u201chistoire\".PIERRE LANDRY FILMS EXPÉRIMENTAUX Véhicule Art, Montréal 14-15-16 mai Si le Festival international du nouveau cinéma et le Cinéma Parallèle nous permettent de découvrir à Montréal, un cinéma produit et distribué en marge du circuit commercial, de plus en plus musées et galeries s\u2019intéressent particulièrement, parmi ces films indépendants aux frontières imprécises et changeantes, à ceux dont les codes communs avec les arts plastiques s\u2019avèrent plus nombreux qu\u2019avec ceux du cinéma de fiction classique: un cinéma qualifié aujourd\u2019hui d\u2019expérimental.Chaque film expérimental constitue en quelque sorte une prise de position à propos de l\u2019objet d\u2019art cinématographique.Compte tenu de la diversité des techniques, de même que des conditions économiques et politiques, les nombreuses perspectives se recoupent toutefois en dimensions nettement repérables selon l\u2019utilisation faite du medium.À cet égard, le programme de Véhicule Art apparaît éloquent: les dix-huit films présentés illustrent les grandes tendances esthétiques de ce cinéma de recherche, de la fin des années soixante à aujourd\u2019hui.Se rattachant à la tendance \u201cstructurelle\u201d dont \u201cl\u2019insistance est mise sur la configuration\u201d1, développée à la fin des années soixante, particulièrement aux États-Unis mais aussi au Canada, au Japon et en Allemagne, notons d'abord le film Migration (1969, 11 min) du Canadien David Rimmer.Dans ce film, le vol d\u2019une mouette devient une véritable traversée de l\u2019espace-temps allant du microcosme au macrocosme, par des procédés de ralenti et d\u2019accéléré, d\u2019arrêt sur l\u2019image qui en vient même à se tordre et à brûler comme si elle était prise dans le projecteur, d\u2019alternance d'images positives et négatives, de refilmages et de reprise en boucle.The Dance (1970, 5 min) du même auteur, fait avec la pellicule présentant un couple qui valse, et structurée en forme de boucle, illustre ensuite la volonté d\u2019opter encore davantage pour l\u2019image fixe et le tirage optique, afin de permettre aux images de révéler tout leur pouvoir hypnagogique, les laissant accaparer peu à peu notre champ perceptif et emplir totalement notre conscience.De nombreux autres films, bien que se greffant aussi à la tendance \u201cstructurelle\u201d, ne présentent pas les caractéristiques majeures des oeuvres de la fin des années soixante.The Performance (1973, 12 min) de la Québécoise Lois Siegel, repose essentiellement sur une organisation de \u201cperformances filmées\u201d, et présentées en alternance, organisées autour d\u2019un leitmotiv: l\u2019image surexposée d\u2019un homme vêtu de blanc qui applaudit, rit, etc.Lois Siegel cherche ici à intégrer à l\u2019oeuvre cinématographique la problématique du spectateur, question fondamentale de la postmodernité.Les films de l\u2019Américain Robert Rayher, qui travailla aussi au Canada, se rattachent à cet esprit de recherche en dehors des sentiers battus: Still 36 Life no 1 Cherries (1978, 7 min) utilise la caméra statique, mais l'effet de répétition exacte et consécutive du plan de mains qui procèdent à l\u2019énucléation d\u2019une cerise à l\u2019aide d\u2019un couteau provient ici d\u2019une étonnante performance et non d\u2019une reprise en boucle d\u2019un même plan.Ses films ultérieurs, Eclipse (2 min), Eureka (5 min) et Yelling Fire (5 min) s'attachent à explorer davantage la lumière, la couleur (emploi de filtres) comme agents transformateurs du réel environnant perçu selon la perspective monoculaire que restitue l\u2019objectif de la caméra.Presents (1981, 91 min) de Michael Snow demeure toutefois le film qui illustre le mieux les mécanismes de la représentation et l\u2019impression de réalité au cinéma, par une déconstruction systématique de l\u2019organisation traditionnelle des divers éléments de narrativité: le son, le décor et les mouvements de caméra deviennent les nouveaux embrayeurs de la fiction alors que les plans tirés de la vie réelle apparaissent fantomatiques, artificiels.Michael Snow démontre ainsi que l\u2019illusion esthétique parfaite de la réalité au cinéma, apparaît inséparable d\u2019une série de manipulations indispensables.Il se pose le problème du réel au cinéma, de sa restitution par la pellicule impressionnée.Bien que le film \u201cstructurel\u201d fut fécond par l\u2019effet d\u2019éclatement du medium qu\u2019il provoqua, la tendance au surréalisme (contre laquelle le film \u201cstructurel\u201d a réagi historiquement) demeure encore aujourd\u2019hui une voie importante du film expérimental.Les films présentés se rattachant à cette dimension dont l\u2019histoire remonte à l\u2019avant-garde européenne à la fin du muet, sont Anamnesis (1969, 18 min) et Audition (1973, 40 min) du Hollandais Frans Zwartjes, de même que Eraserhead (1978,85 min) de l\u2019Américain David Lynch.Les films de Zwartjes suivent la trame analogique et fluide du fantasme.Les couches les plus enfouies de notre inconscient se réveillent à la vue de ces personnages outrageusement maquillés, de sexe incertain, qui se prélassent dans un monde de fixations servant à créer un véritable cérémonial érotique: matières culinaires (Anamnesis), fétichisme (Audition).Tout ce rituel se voit magistralement traduit au niveau cinématographique par l\u2019importance accordée à la caméra agissante, voire agressive, et un montage bref.Audition à cet égard, est construit comme une véritable partition musicale.Quant à David Lynch, il a radicalement renouvellé par son film le genre surréaliste.Le prétexte narratif est fort mince et les références psychanalytiques abondent (perte et conquête de son identité, fantasmes sexuels, désir de meurtre), de même que les allusions symboliques correspondantes (ouvertures béantes: fenêtres, portes, ascenseurs, etc.).C\u2019est toutefois le travail cinématographique qui importe dans Eraserhead: l\u2019emploi du noir et blanc, la technique de l\u2019animation, l\u2019éclairage contrasté hautement expressionniste, le grain de la pellicule, les surimpressions, et surtout le traitement particulier de la bande sonore qui laisse entendre des sons industriels amplifiés, des craquements de vieilles portes, les cris insupportables d\u2019un bébé, etc.L\u2019inquiétude dégagée par le traitement du film devient traumatisante à la limite.La veine surréaliste, avec Eraserhead, montre qu\u2019elle n\u2019est pas encore épuisée.La Mort de Maria Malibran (1972, 104 min) de Werner Schroeter, était le seul film au programme correspondant à l\u2019esthétique baroque, mais ce film fait toutefois figure de prototype, tant pas sa thématique fondamentale de la mort, du temps et du mouvement, que par les jouets de l\u2019illusion correspondants.2 Cette dimension du cinéma expérimental fut souvent occultée, les oeuvres qui s\u2019y rattachent se soumettant mal à l\u2019analyse réductrice.Il suffit pour s\u2019en rendre compte, de penser à certains films de Kenneth Anger, ou encore à l\u2019étonnant Salome ( 1972, 80 min) de Carmelo Bene, présenté pour la première fois à Montréal au 10e Festival international du nouveau cinéma et que la critique a passé sous silence.Le baroque au cinéma, c\u2019est bien sûr la surcharge stylistique, l\u2019inflation généralisée de la forme, le paraître devenant la thématique fondamentale de l\u2019oeuvre dans toute la fatalité \u201cdécadente\u201d qui s\u2019y rattache, la vie et la beauté apparaissant comme des mirages vite estompés.Ces variations sur la mort de Maria Malibran au rythme des pasos dobles, airs d\u2019opéra, rocks ou bel canto, ce sont surtout celles des séquences dont le rythme ralenti donne l\u2019illusion d\u2019une répétition à l\u2019infini; celles des personnages désincarnés au visage \u201cmasqué\u201d de fard, au sexe imprécis, dont l\u2019outrance du jeu et le hiératisme des attitudes atteignent un degré d\u2019inflation exceptionnel; celles des continuelles disjonctions entre les voix désynchronisées et le moment réel vécu.L\u2019image, dans La Mort de Maria Malibran, n\u2019a pas à signifier, elle prend son autonomie dans toute sa force poétique.Le cinéma expérimental possède aussi sa tradition documentaire.Peter Kubelka, père du film \u201cstructurel\u201d, n\u2019a-t-il pas réalisé Unsere Afrikareise (1961-66, 13 min), et le film qui remporta le grand prix du meilleur film documentaire au Festival de Venise en 1964 n\u2019est-il pas The Brig (68 min), mise en scène du Living Theatre qu\u2019ont filmée les frères Mekas?Évidemment, dans ces documentaires dits expérimentaux, l\u2019écart avec la tradition spectaculaire du genre s\u2019impose.This is Only a Test de la Canadienne Erosetta Stone (1980,10 min) et Winifred Wagner de Hans-Jürgen Syberberg (1975,105 min) apparaissent comme les deux oeuvres au programme de Véhicule Art correspondant à cette tendance.This Is Only a Test, qui rend compte d\u2019un essai nucléaire dans une région glacière, met en question la fragile démarcation entre essai et réalité, paix et guerre, fiction et réalité au cinéma.Winifred Wagner apparaît d\u2019abord comme le film le plus simple et le plus élémentaire qui se puisse imaginer.Winifred Wagner étant filmée en plan fixe dans un lieu clos, sa maison de Bayreuth, et il semble de prime abord que le réalisateur se soit contenté de récolter un témoignage important sur les coulisses du IIIe Reich.Mais la question du \u201cpoint de vue\u201d prend progressivement une importance qui parvient à rendre inopérants les rapports fiction/documentaire: un choix esthétique important de Syberberg (les inserts en forme de questions, d\u2019interventions, de référence) et les propos de Winifred Wagner qui abondent en contradictions nous instruisent sur la volonté farouche du personnage filmé d\u2019adoucir l\u2019Histoire, alors que pour le réalisateur ce sont les mythes historiques et culturels qui ont préparé et engendré le nazisme qui importent.Au-delà de la tradition purement documentaire, le film s'intégre au propre univers de Syberberg.Pour illustrer le New Wave newyorkais, les films Subway Riders d\u2019Amos Poe (1980, 101 min), Underground U.S.A.d\u2019Eric Mitchell (1980, 8 min) et Permanent Vacation de Jim Jarmusch (1980, 80 min) furent présentés.Le mouvement underground américain du début des années 60, en portant l\u2019accent sur le contenu à des fins de révolte, a assoupli les règles formelles du langage filmique.La tendance \u201cPunk\u201d, qui se rattache par sa thématique marginale à l\u2019underground, réintroduit toutefois sur le plan formel une narrativité fort décousue, mais qui reste très conventionnelle.Ces films indépendants supportent mal le qualificatif d\u2019expérimentaux.Ils se situent à l\u2019extrême limite.La réapparition de tels films en 1980, leur filiation avec l\u2019underground américain (il est révélateur qu\u2019Andy Warhol ait récemment qualifié Amos Poe de meilleur réalisateur de la ville de New York) déterminent un choix esthétique répondant à un fait de civilisation qui reste à étudier.L\u2019initiative de Véhicule Art de nous présenter un nombre important de films expérimentaux est louable.Nous avons tenté d\u2019en faire une lecture en les regroupant selon certains paramètres.Si toutes les dimensions du cinéma expérimental n\u2019étaient pas présentées \u2014 entre autres, l\u2019animation abstraite \u2014 le programme demeure impressionnant.Un seul fait reste à déplorer: les nombreuses erreurs dans l\u2019identification des oeuvres inscrites au feuillet annonçant l\u2019événement.2 MICHEL LAROUCHE NOTES 1.\tSitney P.A., \u201cLe film structurel\u201d, Cinéma: théorie, lectures.Textes réunis et présentés par Dominique Noguez.2e éd.Paris, Klicksieck, 1978, p.338.2.\tVoir à ce sujet l'ouvrage méconnu de Pierre Pitiot, Cinéma de mort.Esquisse d'un baroque cinématographique.Fribourg, éd.du Signe, 1972, 93p.3.\tPour ne relever que les plus importantes, notons: Eronica Stone pour Erosetta Stone, The Performer pour The Performance, Presence de Michael Snow pour Presents de Michael Snow, Sudway Riders au lieu de Subway Riders, le film La Mort de Maria Malibran dure 104 min et non 75 min.LE FESTIVAL DES FILMS DU MONDE/ THE WORLD FILM FESTIVAL Montréal, août 1982 Au centre d\u2019une polémique et d\u2019une contestation (notamment de la part des distributeurs locaux indépendants), comme cela est maintenant devenu une tradition, le 6e Festival des Films du Monde a finalement pu avoir lieu grâce à une subvention accordée in extremis par le Gouvernement du Québec.Malgré la défection de quelques gros canons annoncés à grand renfort de publicité (Parsifal de Syberberg, Maman a cent ans et Doux moments du passé de Carlos Saura, Fitzcarraldo de Werner Herzog, L\u2019ombre de la terre de Taieb Louhichi, Doux aveux de Fernand Dansereau, Nica-raragua Sandiniste de L.Benvenuto, etc.) et malgré le boycott des distributeurs locaux indépendants ayant entraîné le retrait de plusieurs oeuvres, environ 120 films de long métrage y furent néanmoins présentés, du 19 au 29 août, répartis dans diverses sections: Compétition officielle (19), Hors concours (19), Cinéma espagnol d\u2019aujourd\u2019hui (10), Cinémas de l\u2019Amérique latine (6), Cinéma d\u2019aujourd\u2019hui et de demain: production canadienne et québécoise (10), production étrangère (22), Hommages divers (17), ainsi qu\u2019une \u201csélection\u201d de films offerts dans la cadre du Marché (19).Comme à chaque année, la Compétition officielle y fut d\u2019une rare médiocrité.Venant après Berlin et Cannes (deux manifestations compétitives) et tout juste avant Venise, ce Festival n\u2019est aucunement en mesure d\u2019attirer à Montréal les cinéastes de valeur pour participer à cette section compétitive, laquelle ne recueille de ce fait que des miettes, sinon des déchets, au milieu desquels s\u2019égarent parfois quelques films \u201csympathiques\u201d.Les sections consacrées à un cinéma national (en l\u2019occurrence le cinéma espagnol, cette année) et aux Cinémas de l\u2019Amérique latine y furent tout aussi déliquescentes.Comme par le passé, ce sont les sections Hors concours et Cinéma d\u2019aujourd\u2019hui et de demain qui ont réservé les meilleures surprises.D\u2019ailleurs, la plupart des films qui y figuraient venaient tout juste d\u2019être présentés à Cannes.Comme on peut le constater, une telle avalanche n\u2019est pas sans faire problème au plan de la qualité des oeuvres.Le meilleur et le pire s\u2019y côtoient, sans distinction.De fait, seulement le tiers des films projetés dans le cadre des cinq premières sections (les seules ici prises en considération) offrait un certain intérêt et les oeuvres majeures, accomplies, maîtrisées de part en part, se comptaient sur les doigts de la main.Voyons quelques-uns de ces films, toutes sections confondues.Bonne occasion de revoir Passion de Jean-Luc Godard, et de l\u2019aimer davantage que lors d\u2019un premier visionne-ment à Cannes.Sous ses dehors déconcertants, brouillons en apparence, l\u2019oeuvre est rigoureuse, maîtrisée presque de part en part.Pour simplifier et aller à l\u2019essentiel, ce film c\u2019est en quelque sorte la \u201cNuit américaine\u201d de Godard, à sa façon plus personnelle mais tout aussi mythique que celle de Truffaut en définitive.Manifeste en faveur de la liberté créatrice du cinéaste, en faveur de son droit à la recherche et au tâtonnement (que les agents économiques, politiques et autres lui dénient), Passion plaide pour l\u2019abolition de la traditionnelle \u201chistoire\u201d au cinéma, avec un début et une fin (souvent prévisible), voire de la narration pure et simple, pour que soit levée l\u2019obligation de fournir un scénario préétabli, et en bref, pour que l\u2019artiste soit totalement libéré des contraintes et des pressions du pouvoir économique (par producteurs et distributeurs interposés), etc.Pour ce faire, Godard a recours à une approche aléatoire, mais pourtant non exempte elle-même de contradictions.Ainsi, dans son désir d\u2019échapper à la servitude de cette traditionnelle \u201chistoire\u201d, il ne raconte rien de moins, en définitive, à travers une approche certes non linéaire, éclatée, que l\u2019histoire du tournage d\u2019un film pour la télévision, d\u2019un 37 Jean-Luc Godard, Passion |pB|l -F a ^ ¦ 1-ïàüSlpB \\ &3 3S .xrtWXW&Ü mmss-Æn 2 « « feUMfc tournage en panne et qui piétine à cause de l\u2019obsession maniaque de son réalisateur à vouloir capter la lumière juste (notamment pour la reconstitution de divers tableaux).Au cinéma, plus qu\u2019ailleurs peut-être, tout est avant tout affaire de lumière, d\u2019éclairage, et il n\u2019est que juste d\u2019insister sur cette dimension et sur les problèmes que rencontre tout cinéaste désireux d\u2019en jouer librement (les limitations économiques permettant rarement une expérimentation poussée à ce niveau).Ici, les références à certains tableaux de Rembrandt, Goya, Delacroix, etc., visent à illustrer cette problématique à travers l\u2019oeuvre qui est en train d\u2019être produite pour la télévision.Ce faisant, Godard en profite donc pour régler ses comptes avec les producteurs qui ne comprendraient rien au travail du cinéaste, et plus spécifiquement se trouve ici visé le mode de production hollywoodien qui s\u2019est répandu comme le choléra à travers la planète, rendant à la rigueur presque plus supportable.le travail en usine! Ce message généreux, qui n\u2019est pas exempt d\u2019une certaine naïveté, on le perçoit aisément à travers la forme éclatée voulue par Godard et à travers certains de ses tics (brouillage du son, etc.).Cependant, il faut le dire, cette approche n\u2019est plus très neuve et elle n\u2019effarouche plus personne.À tel point que le propos finit même ici par y sembler ténu, entretenant un certain piétinement par défaut d\u2019approfondir l\u2019objet de la recherche du cinéaste.Aussi, certaines contradictions ressortent avec évidence: recours à l\u2019anecdote, au vedettariat (Michel Piccoli, Isabelle Hup-pert, etc.) et à l\u2019argent (Godard disposait d\u2019un budget confortable pour réaliser ce film).Néanmoins, Passion n\u2019est pas à rejeter du revers de la main, loin de là.Malgré une certaine complaisance et un certain simplisme dans la description des \u201caffres\u201d de la création et malgré un certain piétinement vers la fin, l\u2019oeuvre est plastiquement concertée et son architecture rigoureuse.Tout au contraire, La nuit de San Lorenzo des frères Taviani nous raconte précisément une \u201chistoire\u201d, à travers la narration actualisée que fait une jeune mère à son enfant.Et cette narration se déroule sur un mode musical, apparenté à une berceuse, fondant harmonieusement les souvenirs personnels (de la mère alors petite fille) à la mémoire collective.À la veille de la Libération, dans la nuit du 10 août 1944, en Toscane, un groupe de villageois décident de désobéir aux autorités fascistes et de quitter le village pour aller rejoindre des groupes de résistants: voilà pour l\u2019anecdote.Pourtant basé sur la narration, s\u2019inscrivant même dans la tradition romanesque jusque dans ses procédés techniques (balayage transversal de l\u2019écran pour passer d\u2019une scène à une autre, etc.), le film fonctionne à merveille, sans pour autant verser dans la facilité ni l\u2019abrutissement propres à trop de productions hollywoodiennes.Voilà qui fait problème.! D\u2019une richesse et d\u2019une maîtrise incomparables, Les années de plomb (ou Les soeurs allemandes) de Marga-rethe von Trotta a reçu l\u2019accueil formidable qu\u2019il mérite.Quel film! - qu\u2019on ne se lasse pas de revoir - pourtant fondé lui aussi sur la \u201cnarration\u201d, sur le récit, avec quelques-uns de ses procédés habituels (flashback, etc.).À travers le destin de deux soeurs, l\u2019une terroriste, l\u2019autre activiste, issues d\u2019une famille allemande typique (le père est prédicateur - luthérien?), tout en posant des questions fondamentales, le film permet de mieux comprendre la mentalité allemande et l\u2019Allemagne d\u2019aujourd\u2019hui: le sentiment de culpabilité d\u2019une certaine génération, celle qui la première a pu apprendre la vérité sur l\u2019holocauste et l\u2019histoire du pays, la soif d\u2019apprendre des autres générations, plus jeunes, coupées de leurs racines (c\u2019est ainsi qu\u2019il faut interpréter le \u201cRaconte-moi tout\u201d final de l\u2019enfant brûlé, le fils de la terroriste assassinée en prison), \u201cle confort et l\u2019indifférence\u201d du miracle économique pour le plus grand nombre et la mesure d\u2019un système répressif impitoyable.D\u2019une façon moins frontale que L\u2019honneur perdu de Katherina Blum, un film qui à sa manière, de par sa seule existence, contribue à percer le mur du silence et à contrer l\u2019action de la presse à tendance fasciste, omniprésente en Allemagne.Un film documenté et maîtrisé de part en part, qui rend futile une bonne partie du cinéma qui se \u201cfabrique\u201d aujourd\u2019hui.Un autre regard de Karoly Makk (Hongrie) repose entièrement, lui aussi, sur l\u2019art du récit, manipulé ici avec finesse.Et pourtant, quel film, quel envoûtement! Décidément.À travers une approche stylistique plutôt conventionnelle, ce film, d\u2019ailleurs tiré d\u2019un roman écrit par une femme, propose une approche audacieuse et non dogmatique de la réalité, où la vie privée se révèle politique, rejoint le politique.Ici, l\u2019amour de deux femmes journalistes, Linda et Eva, revu rétroactivement.Nous sommes en 1958, deux ans après l\u2019espoir fou et l\u2019insurrection de Budapest sévèrement réprimée par Moscou.Mais si le contexte politique est précis, le film astucieusement n\u2019en propose pas moins une lecture tout à fait actuelle de ce juste portrait de femmes.Eva (émouvante et fascinante Jadwiga Jankowska-Cieslak) payera de sa vie son intégrité dans la recherche de la vérité, au plan politique et personnel, et qui fait doublement scandale en haut lieu.Les déclarations de K.Makk indiquent assez bien la portée astucieuse et audacieuse de son oeuvre: \u201cOn peut évaluer l\u2019étendue de la liberté à la tolérance que la mentalité publique manifeste à l\u2019égard de la vie privée de chacun\u201d.La métaphore est on ne peut plus claire.Prix de la Caméra MUSIQUE AU FÉMININ (2e partie) LA VOIX AU FÉMININ De Maria Malibran à Maria Callas, de Ma Rainey à Betty Carter, de Cathy Berberian à Joan La Barbara (Irène Aebi, Christine Jeffrey, Jay Clayton, etc.), nous avons déjà publié certaines informations à ce sujet dans les numéros précédents que je ne voudrais pas répéter ici.Dans le domaine de l\u2019opéra seulement, les femmes qui se sont illustrées en tant que compositeurs (Ethel smith, Thea Musgrave.) et surtout interprètes/cantatrices/divas sont si nombreuses qu\u2019il n\u2019est pas possible d\u2019en dresser une liste adéquate à l\u2019intérieur de cette courte chronique.Dans ce domaine particulier de l\u2019art vocal, plusieurs interprètes d\u2019ici ont contribué à l\u2019échelle internationale dont bien sûr, en premier lieu Emma Albani, mais aussi Eva Gauthier, Béatrice Lapalme, Pauline Donalda, Pierrette Alarie, Maureen Forrester, Lois Marshall, Colette Boky, Nicole Lorange, Teresa Stratas, Jennie Tourel, et plusieurs autres.QUELQUES ENREGISTREMENTS Maureen Forrester Deux albums sont parus récemment chez RCA illustrant deux facettes différentes et complémentaires de son art: le chant classique et la mélodie populaire, Schumann et Gershwin.Lois Marshall/Celebrity Recital, RCI-427 Dans cet album édité par Radio-Canada International, la soprano Lois Marshall chante des oeuvres de Bach, Schubert, Fauré, Purcell et Strauss.Ce disque est disponible comme tous ceux publiés par le Service des transcriptions musicales de Radio-Canada à la boutique située au rez-de-chaussée dans l\u2019édifice principal rue Dorchester sinon par la poste à l\u2019adresse suivante: Radio-Canada International, case postale 6000, Montréal H3C 3A8.Pauline Vaillancourt, RCI-417 Accompagnée par son frère Jean-Eudes au piano, Pauline Vaillancourt interprète ici des oeuvres de Tchaikovsky, Mussorgsky, R.Strauss et Villa-Lobos.Cette soprano originaire du Québec fait également partie de Gropus 7 (RCI-493), un groupe expérimental, de même que de la formation Trio 3 comprenant Michael Laucke à la guitare et Sayyd Abdul Al-Khabyyr aux flûtes (RCI-497).Colette Boky, (RCI-463) Colette Boky, soprano, chante ici le répertoire français (Fauré/Debussy) accompagnée de Janine Lachance au piano.Anna Chornodolska, (RCI-483) Accompagnée de John York au piano et de James Campbell à la clarinette, Anna Chornodolska, soprano, se fait entendre ici dans un récital d\u2019oeuvres de Schubert, Jacques Hétu et Louis Spohr.Teresa Stratas Cf: Alban BergILulu, Deutsche Grammophon 2711024 (coffret de 4 disques) Originaire de Toronto, la soprano Teresa Stratas connaît aujourd\u2019hui une renommée mondiale entre autre pour ses interprétations magistrales du répertoire allemand (Berg et Kurt Weill, par exemple).Nicole Lorange Cf: Ernest Chausson/Le Roi Arthus, MRF-179-S (coffret de 4 disques, Paris, 1981) Une grande voix d\u2019ici dans une oeuvre méconnue du répertoire français.Jennie Tourel/A tribute, Odyssey Y2-32880 La mezzo soprano Jennie Tourel est née à Montréal le 26 juin 1910 de parents russes.Elle a surtout fait carrière à l\u2019étranger, créant, entre autres, le rôle de Baba le turque dans l\u2019opéra The Rake\u2019s Progress\u201d de Stravinsky en 1951.Des enregistrements existent également de Pauline Donalda, Emma Albani, Pierrette Alarie, Huguette Tourangeau, etc.AUTOUR DE LA VOIX De plus en plus d\u2019ouvrages paraissent aujourd\u2019hui concernant l\u2019art vocal au féminin.L\u2019autobiographie de Régine Crespin parue aux Éditions Fayard en 1982 sous le titre de La vie et l'amour d\u2019une femme en constitue l\u2019exemple le plus récent.Cependant, qu\u2019il s'agisse d\u2019une autobiographie ou d\u2019une biographie publiée après coup, le nombre de cantatrices représentées et documentées par l\u2019écrit est considérable.Voici quelques titres célèbres: Emma Albani/Memo/res, éditions du Jour, Montréal, 1972, 206 p.traduction et annotations de Gilles Potvin, de même qu\u2019une chronologie, discographie et bibliographie (d\u2019après l\u2019édition originale publiée à Londres en 1911 sous le titre de Forty Years of Song).Emma Calvé/Sous tous les ciels j'ai chanté, (Paris, 1940) Geraldine Farrar/Sucô Sweet Compulsion (1938) Nellie Melba//We/oc//es and Memories (1925, d'autres écrits sont également parus à son sujet).Maria Malibran/La Diva Romantique, de Carmen de Re-paraz, Librairie Académique, 1976 (la plus récente biographie en liste de la Malibran).Marjorie Lawrence/Interrupted Melody, (une autobiographie parue en 1949).Maria Jeritza/Sunlight and Song, (une autobiographie parue en 1924).Jenny Lind, une vingtaine de livres seraient parus racontant la carrière de cette soprano suédoise (1820-1887).Mary Garden/Story, (l'autobiographie de celle qui créa le rôle de Mélisande à la scène, parue en 1951).Et ainsi de suite; on ne peut mentionner ici tous les ouvrages publiés sur (ou par, à l\u2019occasion) de grandes cantatrices de réputation internationale dont Marian Anderson, Kirsten Flagstad, Alma Gluck, Adelina Patti, Germaine Lubin, Giuditta Pasta, Pauline Donalda, Henriette Sontag, Luisa Tetrazzini, Pauline Viardot-Garcia, Frieda Hempel, Louise Homer, Luli Lehman, Lotte Lehman, Frances Aida, Emma Eames, Frida Lieder, Minnie Hauk, Clara-Louise Kellogg, Blanche Marchesi, Wilhelmine Schrôder-Devrient, Béatrice Lapalme et une foule d'autres.Pour l\u2019histoire récente, Maria Callas reste sans doute la diva la plus discutée, la plus controversée.Quelques livres sont parus à son sujet dont tout récemment: Stassinopoulos, A., Maria Callas, Ed.A.Fayard, Paris, 1981.Sa vie apparaît dans cet ouvrage comme un véritable scénario d\u2019opéra, une tragédie où se mêle la réalité et la fiction, la vie quotidienne et le théâtre, bref un opéra dans l\u2019opéra, le personnage de Maria Callas constituant un autre grand rôle de plus ajouté à son répertoire.Bye Bye Butterfly (cf: Pauline Oliveros/1750 Arch records) (Les personnages féminins à l\u2019opéra.) Qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019Euridice, d'Ariane, de Cendrillon, d\u2019I-solde, de Tosca, de Turandot, de Médée, de Salomé ou d\u2019Elektra, il y aurait toute une analyse à entreprendre des nombreux personnages féminins à l\u2019opéra.Catherine Clément dans son livre l\u2019Opéra ou la défaite des femmes, paru aux éditions Bernard Grasset en 1979, amorce cette enquête.Dans cette perspective, voici quelques oeuvres du répertoire lyrique qui présentent un intérêt particulier.Erwartung, d\u2019Arnold Schoenberg.Il est paru tout résemment un enregistrement étonnant de ce petit opéra de chambre en un acte pour un personnage féminin exclusivement avec Anja Silja dans le rôle principal (London LDR-71015).La voix humaine de Francis Poulenc.Tragédie lyrique en un acte sur un texte de Jean Cocteau pour une voix de soprano avec accompagnement d\u2019orchestre.L\u2019oeuvre fut créée à Paris par Denise Duval en 1959 et interprétée récemment à la télévision par Colette Boky.Suor Angelica, de G.Puccini.Un opéra en un acte pour voix de femmes seulement, créé en 1918.Plusieurs enregistrements subsistent au Catalogue.Die Frauen de Mauricio Kagel Die Frauen (1962-64) est en quelque sorte le pendant féminin de Sur Scène (oeuvre écrite pour six hommes); Die Frauen a été composée pour deux chanteuses, deux actrices, une danseuse, choeur de femmes et ensemble instrumental (les instrumentistes devant toutes être des femmes); l\u2019oeuvre pose d\u2019une certaine manière le problème de la condition de la femme sur la scène, se réfère à L'arsenal historique de l\u2019opéra\u201d, à l\u2019atmosphère des \u201csoirées de Lieder\u201d, au Joli Mois de mai de Schumann, à la partie d\u2019Eisa de Lohengrin.Les techniques de collage laissent pressentir Variaktionen; l\u2019écriture scénique très précise est proche de celle de Pas de cinq; dans Die Frauen, Kagel exploite le phénomène peu usité du trompe-l\u2019oreille: à certains moments de l\u2019oeuvre, une actrice articule, mais c\u2019est une chanteuse que l\u2019on entend.Jean Yves Bosseur, Musique en jeu, no 7, éditions du Seuil, mai 1972, p.96.Sarka de Zdenek Fibich (1850-1900) Cet opéra tchèque de conception wagnérienne constituerait une sorte de manifeste pour l\u2019égalité des droits de la femme.Un enregistrement est paru récemment: Supra-phon SQ 14162781/3 QG (trois disques).MASCULIN/FÉMININ Il existe toute une tradition du travesti à l\u2019opéra.Des oeuvres de Mozart, Richard Strauss, Johann Strauss, Vivaldi et plusieurs autres y ont recours.Le théâtre lyrique où l\u2019érotisme occupe une large place entretient souvent l\u2019ambiguité des genres et des sexes par le truchement du CA LL A AT LA SCALA Hf'tt PkK4'ï oiunj fspJ it'JlS MEDEA LA VESTALE ] PU R ITAM LA SON NAM BU LA 52 déguisement autant visuel que vocal.Si la voix de castrat ou de haute-contre est à la limite du masculin pour les hommes, sa contrepartie toute aussi fascinante réside dans la voix de contralto pour les femmes, i.e.un seuil à partir duquel transparaît, suivant les transgressions dans un sens ou dans l\u2019autre, cette ambiguité qui contribue pour beaucoup à la fascination, voire à l\u2019envoûtement qu'exerce l\u2019opéra sur ses auditeurs.Le pseudonyme pourrait également être considéré comme un travesti.Ainsi, par exemple, Augusta Holmès (1847-1903) signa à l\u2019occasion certaines de ses oeuvres du nom d\u2019Herman Zenta, sans doute pour des raisons d\u2019ordre pratique, le nom d\u2019un homme à son époque lui conférant une plus grande crédibilité et lui assurant qu\u2019un minimum d\u2019attention serait porté à son oeuvre.Aujourd'hui, le travesti occupe une place importante dans la musique rock, laquelle peut constituer, à l\u2019occasion, suivant les mises en scène, un prolongement de l'opéra, du théâtre lyrique.Juditha Triumphans Cet oratorio de Vivaldi fut transposé pour la scène à Bordeaux en mai 1979 dans une présentation l\u2019apparentant à un opéra.L'oeuvre fut composée à l\u2019origine, en 1716, pour les demoiselles de la Pieta.On sait que Vivaldi enseignait la musique depuis 1703 dans un orphelinat pour jeunes filles à Venise et que cette éducation musicale était très approfondie.Un orchestre féminin accompagnait donc des solistes féminines dans la présentation de diverses oeuvres à caractère religieux comme par exemple cette Judith (une contralto) décapitant Holo-pherne (une mezzo-soprano) de son épée après l'avoir endormi.Lors de la création de \u201cJuditha Triumphans\u201d, les cins solistes vocaux furent, naturellement, choisis parmi les pensionnaires de la Pietà.Le public d\u2019alors avait l\u2019habitude d'entendre chanter des rôles masculins par des femmes.Par conséquent, un Holopherne, un Ozias et un Vagaus féminins ne pouvaient le surprendre.Lorsqu\u2019il révisa sa partition \u2014 probablement pour une reprise \u2014 Vivaldi récrivit complètement, pour une certaine \u201cSig.ra Barbara\u201d, deux airs de Vagaus.Il mentionna également l\u2019insertion de nouvelles arias pour Vagaus et Ozias mais la musique en a été perdue.Notes de pochette, coffret Philips, Juditha Triumphans, no 6747173 (trois disques) Le personnage de Judith (tout comme ceux de Dalila, Salomé.Turandot, Carmen et quelques autres) constitue en soi une incarnation de l\u2019ambiguité sous-jacente à plusieurs opéras puisqu\u2019il représente à la fois l\u2019amour et la mort conjugués dans une seule et même personne, la victoire et la défaite du même coup.Cette ambiguité s'accentue par ailleurs pour Judith, Dalila et Carmen du fait que ces rôles doivent être chantés par des voix de mezzo-soprano ou de contralto, i.e.des voix graves au seuil parfois de leur ambivalence.The mezzo-soprano or contralto, is usually the neglected female voice by most composers, and is generally relegated to mother parts or those of a witch.In a very limited number of parts is the contralto given the chance to win the hero (normally a tenor) and even when she succeeds as in Samson et Dalila or Carmen she only plots for and brings about the tenor\u2019s destruction.In the eyes of some, this may be to her credit, but she is still not given much of a chance to prove her womanly birthright.Many parts assigned her are those of a boy or young man, again getting further away from womanhood.The term \u201cmezzo\" itself is derogatory in that it means \u201chalf\" when translated literally, and the classic case of an irate father who ordered his daughter to cease further vocal study and return home when he found out that she, who had gone to Italy as a soprano, was now a mezzo-soprano (or in his estimation a half a soprano), is well known.The vocal range of the mezzo or contralto is from D below the staff, to high C above.This almost three-octave range is seldom employed \u2014 a good mezzo in opera usually sing the low G of Ulrica and the high B flat of Amneris and is content with that.But chances of stardom are limited and most mezzos wish longingly to be whole sopranos.Edward J.-Smith, notes de pochette pour une anthologie de contraltos parue jadis sur TAP.Bien que la voix stratosphérique (à la Mado Robin ou Erna Sack) soit plus spectaculaire, plus surprenante peut-être, la voix de contralto reste malgré tout l\u2019une des plus fascinantes, des plus belles, des plus prenantes et des plus étranges qui soient, et ce parce que la plus ambiguë de toutes, la plus évocatrice du double dissimulé en chacun de soi, bref, une voix à la limite.Clara Butt, Karin Branzell, Huguette Tourangeau, Ernestine Schu-mann-Heink, Anna Malenfant, Shirley Verrett, Marian Anderson et plusieurs autres appartiennent à cette catégorie d\u2019élite.H£STO*îCAt HANDEL SAINT-SAËNS VERDI BEETHOVEN GOUNOD GORING -THOMAS SULLIVAN DONIZETTI Recorded 1917 -192Ï DE L\u2019ANDROGYNIE EN MUSIQUE Jean-Jacques Nattiez prononçait il y a quelque temps déjà une conférence des plus intéressantes sur le thème de Wagner-androgyne à l\u2019Université de Montréal et devrait éventuellement publier un livre sur le sujet.Le compositeur russe Alexandre Scriabine s\u2019intéressa lui aussi de très près à cette question de l\u2019androgynie au début du vingtième siècle.Plus près de nous, le cinéaste Hans-Jürgen Syberberg dans sa récente version cinématographique du Parsifal de Wagner confie le rôle titre à la fois à un adolescent et à une jeune fille.Bref, l\u2019androgynie dans la musique de la fin du dix-neuvième et du début du vingtième siècle semble occuper une place importante, entre autre au théâtre lyrique, et cet aspect sera sans doute beaucoup plus discuté dans l'avenir.JAZZ AU FÉMININ MUSIQUE VOCALE Des spirituals, gospels et blues au scat et autres vocalises post bop, de Mahalia Jackson à Bessie Smith, de Billie Holiday à Jeanne Lee, la contribution des femmes au plan vocal à l\u2019histoire du jazz est immense.En 1920, Mamie Ômith fut la première chanteuse afro-américaine à enregistrer un blues authentique: Crazy blues.Il ne s\u2019en vendit pas moins de trois millions de copies! Le succès phénoménal obtenu par cette femme profita par la suite à plusieurs artistes.Unquestionably, it paved the way for recordings by even more artistically successful singers like Bessie smith and Ma Rainey.But it also established the regular recording of negro music of all kinds by negro musicians.Therefore, because of Mamie Smith\u2019s Crazy Blues, King Oliver's Creole Jazz band got recorded, as did \"country\" blues singer Blind Lemon Jefferson a few years later.Martin Williams, Jazz masters of New Orleans, Da Capo, 1979, p.205 De la ballade sentimentale au scat et au cri plus viscéral, le jazz vocal est un univers des plus complexes et des plus diversifiés.Plusieurs noms importants seraient à mentionner ici dont (pour n\u2019en nommer que quelques-uns): Billie Holiday en premier lieu, mais aussi Dinah Washington, Bessie Smith, Sarah Vaughan, Ethel Waters, Bea Benjamin, Dee Dee Bridgewater, Ella Fitzgerald, Sheila Jordan, Lorez Alexandria, Etta Jones, Morgana King, Monica Zet-terlund, Karin Krog, Alice Babs, Lynn Anderson, Pug Horton, Anita O\u2019Day, Juanita Hall, Alberta Hunter, Victoria Spivey, Irene Krai, Teddi King, Carmen McRae, Helen Merrill, Betty Roche, Annie Ross, Nina Simone, Lee Wiley, Maxine Sullivan, Mildred Bailey, Helen Humes, Ernestine Anderson, Ivie Anderson, Irène Aebi, Betty Carter, Blossom Dearie, Jackie Cain, June Christy, Chris Connor, Ida Cox, Kay Davis, Adelaide Hall, Karen Young, Stella Levitt, Yolande Bavan, Mimi Perrin, Jeanne Lee, Norma Winstone, Abbey Lincoln, Judy Niemack, Carrie Smith, Shirley Horn, Tania Maria, Amina Claudine Myers, etc.Toutes ces chanteuses et une foule d\u2019autres non citées ont enregistré des disques.Voici quelques titres d\u2019un intérêt particulier: When women sang the blues, Blues Classics (no 26).Ida Cox/Wild women don\u2019t have the blues, Rosetta RR-1304.Get album exceptionnel fait partie de la série Women\u2019s Heritage sur étiquette Rosetta qui comprend également les titres suivants: Mean mothers (independent women\u2019s blues Vol.1, RR-1300); Women\u2019s railroad blues, RR-1301 ; Red White and blues, RR-1302 (women sing of America); Piano singer\u2019s blues, RR-1303 (women accompany themselves); Rosetta Records: 115 West 16th Street, New York, N.Y.10011.WIEDcWOTklEhi Don\u2019t Have the Blues cl%A COX FOREMOTHERS Vofurm ! : -là Ivie Anderson/Duke Ellington presents Ivie Anderson, Columbia CG-32064 Une chanteuse à la voix envoûtante accompagnée par Duke Ellington et son orchestre dans des enregistrements réalisés entre 1932 et 1940.Sa version de Stormy weather, très émouvante, est devenue célèbre à juste titre.On peut la voir également dans le film des Marx Brothers A day at the races tourné en 1937.Décédée en 1949 à l\u2019âge de 45 ans seulement, elle n\u2019a que très peu enregistré en dehors de ces sessions avec Duke Ellington.53 Annette Hanshaw/The personnality girl, Sunbeam P-511 Incluant 16 pièces enregistrées entre 1932 et 1934 en compagnie de Joe Venuti, Eddie Lang, Jimmy Dorsey, etc.Une chanteuse oubliée des années 20 et 30.Abbey Lincoln/Straight Ahead, Jazz Man 5043 La réédition attendue depuis très longtemps de son album Candid enregistré en compagnie d\u2019Eric Dolply et de Booker Little.Shirley Horn/A lazy afternoon, Steeplechase ses 1111 Le retour au disque après une éclipse de quelques années d\u2019une chanteuse et pianiste de grand talent.Elle est accompagnée dans cet album enregistré le 9 juillet 1978 de Buster Williams (b) et de Billy Hart (DR).Mimi Perrin, cf.Les Double-Six, Musica-Open OP-15 Il s'agit d\u2019une réédition de quelques enregistrements de ce merveilleux groupe vocal dont Mimi Perrin fut la tête dirigeante.Karen Young, Radio Canada International RCI-528 Un très beau disque enregistré en février 1981 à Vancouver incluant entre autres des versions magnifiques de Parker\u2019s Mood (de Charlie Parker) et de Stolen Moments (d\u2019Oliver Nelson).Originaire de Montréal, Karen Young a également enregistré avec le groupe \u201cThe Bug Alley Band\u201d dans un répertoire allant du swing au be bop et dans un style les apparentant à Lambert, Hendricks et Ross par exemple (RCI-473).Ce premier album solo réalisé avec le soutien d\u2019un petit orchestre comprend neuf pièces.Les arrangements sont signés Fred Stride.Il est disponible de Radio Canada International, P.O.Box 6000, Montréal H3C 3A8.Irène Aebi Irène Aebi tient un peu dans la musique de Steve Lacy aujourd'hui la même place qu\u2019occupait Lotte Lenya pour Kurt Weill autrefois (un compositeur dont Lacy pourrait fort bien avoir pris la relève à notre époque, sa musique s\u2019appuyant de plus en plus fréquemment sur des textes de qualité signés Brion Gysin, Paul Eluard, Guillaume Apollinaire, Georges Braque, etc.).Irène Aebi est devenue, avec le temps, l\u2019interprète idéale de ce répertoire, la voix complémentaire: l\u2019autre soprano.Cf: Steve Lacy/the Owl, Saravah SHL-1088 \u2014 Steve Lacy/7/ps, Hat hut IR-20.Plusieurs chanteuses de jazz effectuent aujourd\u2019hui un retour au disque et à la scène dont Sheila Jordan (disques Steeplechase, ECM), June Christy (Discovery), Chris Connor (Progressive), Anita Ellis (Orion), Anita O'Day (Emily), Morgana King (Muse), Abbey Lincoln (Inner City) et Rose Murphy (Black and Blue).Par ailleurs, d\u2019autres ne refont surface que par le biais de rééditions occasionnelles comme Bey Kelly ou Teri Thornton par exemple (disques Riverside) sans réapparaître pour autant dans l\u2019actualité ou à la scène.POP/PUNK/ROCK/FOLK/NEW WAVE Un livre récent: Sirens of song d'Aida Pavletich, (the popular female vocalist in America), Da Capo Paperback, 1980, 281 p.Un panorama de Bessie à Patti Smith via Joni Mitchell, Dolly Parton, Janis Joplin, Ann Peebles, Judy Garland, Aretha Franklin, Roberta Flack, Grace Slick, Linda Ronstadt, Joan Baez et plusieurs autres.La contribution des femmes aux diverses catégories de la musique dite populaire en tant que chanteuse en premier lieu mais aussi, de plus en plus, en tant que compositeur et instrumentiste est si considérable qu\u2019on ne peut songer à l\u2019esquisser ici de manière adéquate ou satisfaisante.Une foule de noms seraient à citer: Diane Dufresne, Brigitte Fontaine, Anna Prucnal, Nico, Annette Peacock, Ginette Bellavance, Colette Magny, Juliette Greco, Pauline Julien, Edith Butler, Nina Hagen, etc.Nina Hagen, une cantatrice new wave: Nina Hagen/A/un sex monk rock, Columbia FC-38008.Lors de son récent passage à Montréal, Nina Hagen ouvrit son spectacle avec une interprétation peu conventionnelle, ça va de soi, d\u2019un air tiré de l\u2019opéra Carmen de Georges Bizet: la célèbre Habanera au 1 er acte/\u201cL'amour est un oiseau rebelle\u201d.Qu\u2019on soit sensible ou non à son message, que le titre de ses compositions traduit fort bien (UFO, Cosma Shiva, Dr Art, Future is now, Dread Love, Taitschitarot, Antiworld), il faut souligner l\u2019excellent travail qu\u2019elle effectue sur la voix, jouant de tous ses registres à la fois superposés en une trame complexe, de la raucité au cri perçant, du murmure suggestif au rire sarcastique, à la raillerie cinglante, l\u2019ego se prolongeant ou s'amplifiant parfois par le biais de l\u2019écho propulseur.Cette voix qui provoque et fascine du même coup nous rappelle, dans un tout autre ordre d'idée, une certaine Marlene Dietrich, la diva obsédante d\u2019une époque antérieure, révolue.FEMMES COMPOSITEURS Plusieurs mélodies parmi les plus célèbres dans l'histoire de la musique populaire américaine ont été composées par des femmes.Voici quelques exemples: Willow weep for me, (Ann Ronell); I\u2019ll never smile again, (Ruth Low); Some other spring, (Irène Wilson); Ghost of yesterday, (Irène Wilson); Fine and dandy, (Kay Swift); Can\u2019t we be friends, (Kay Swift); I\u2019m in the mood for love, (Dorothy Fields pour les paroles) ; My silent love, (Dana Suesse); I understand, (Mabel Wayne); I know that you know, (Anne Caldwell pour les paroles); etc.L\u2019ALLEMAGNE AU FÉMININ On semble manifester un regain d'intérêt ces derniers temps pour les musiques de Kurt Weill, Hanns Eisler et Paul Dessau, sur des textes, à l\u2019occasion, de Bertold Brecht.Parmi les grandes interprètes de ce répertoire (que Pauline Julien a également enregistré), il faut mentionner: * Lotte Lenya/The Lotte Lenya album, Columbia MG-30087 Teresa Stratas/The Unknown Kurt Weill, Nonesuch D-79019 Incluant 14 mélodies de Kurt Weill sur des textes en français, en anglais ou en allemand, de provenances diverses.La pochette fort belle comprend les textes des chansons, des notes complémentaires, quelques photos et diverses illustrations.Richard Woitach au piano accompagne Teresa Stratas.Une réussite exceptionnelle.Robyn Archer/Sings Brecht, Angel S-37909 Accompagné par The London Sinfonietta sous la direction de Dominic Muldowney, Robyn Archer chante ici 17 textes de Bertold Brecht sur des musiques de Kurt Weill, Hanns Eisler et Paul Dessau.La traduction pour la plupart des textes est de John Willett.Gisela May/Brecht Lieder, Wergo 60041 (sur des musiques d'Eisler et Dessau).MUSIQUE INSTRUMENTALE Dans l\u2019histoire du jazz, les femmes sont connues avant tout comme chanteuses ou pianistes.En réalité, leur apport est beaucoup plus considérable qu\u2019il n\u2019y paraît au premier abord.C\u2019est ainsi qu\u2019en étudiant chaque catégorie instrumentale séparément, on obtient les résultats suivants: Batterie/Percussion En Afrique, le tambour a presque toujours été l\u2019apanage des hommes, en solo ou en groupe (comme chez ces extraordinaires tambourinaires du Rwanda par exemple), et cette tradition s\u2019est en quelque sorte perpétuée dans la musique afro-américaine jusqu\u2019à tout récemment.Elaine Leighton, Rose Gottesmann, Dottie Dodgion, Bridget O\u2019Flynn, Pauline Braddy, Dody Jeshke, Paula Hampton et Sue Evans comptent parmi celles qui jouèrent (et continuent de jouer pour certaines) de la batterie et des percussions avec une expertise indéniable.Contrebasse Parmi les femmes-contrebassistes les plus connues, il faut mentionner June Rotenberg, Bonnie Wetzel, Lynn Milano, CeciliaZirl, BeaTaylor, Edna Smith, Vivian Garry, Lucille Dixon, Carline Ray et Carole Kaye.Guitare Mary Osborne, Marian Gange, Memphis Minnie, Monette Sudler, Emily Remler et Carline Ray jouent toutes de cet instrument.Mary Osborne, une disciple de Charlie Christian à l\u2019origine représente en quelque sorte la tradition alors que Monette Sudler ou Emily Remler appartiennent à la nouvelle génération.Un album remarquable de Mary Osborne vient tout juste de paraître réunissant deux formations différentes et des enregistrements datant de 1959 ou d\u2019autres plus récents: Now and then, Stash ST-215.Également disponible: Emily Remler/F/refly, Concord Jazz 162 et Monette Sudler/Time for a change, Inner City 2062.Trompette Plusieurs femmes jouent de cet instrument bien qu'on en parle peu: Ernestine Davis, Shirley Clay, Barbara Donald, Valaida Snow, Jean Starr, Leora Meoux Henderson, Dotty Jones, Billie Rogers, Norma Carson, et Edna Williams.Deux parutions récentes sont à signaler: Valaida Snow/Queen of the trumpet, Rosetta 1305 Barbara Donald/Olympia Live, Cadence CJR-1011 54 i'^i / -N# ^ :¦ MBk.L\\v! ' yTY \u2022Itlli '¦Çfheiï THE LONDON SINFONIOTA i.by DOMINIC MUIJDOWUNEY Condun Harpe Parmi les harpistes les plus connues, il faut mentionner Dorothy Ashby, Alice Coltrane, Betty Glamann, Janet Putnam, Adèle Girard, Corky Hale et Anne Le Baron.Dorothy Ashby représente le be bop romantique, Alice Coltrane, le free jazz méditatif et Anne Le Baron, le post free plus expérimental.Dorothy Ashby/Plays for beautiful people, (Prestige 7639) constitue un bel exemple d'une utilisation possible de la harpe dans un contexte improvisé.Vibraphone Deux noms viennent spontanément à l\u2019esprit soit, Marjorie Hyams et Terry Pollard, laquelle joue également fort bien du piano.Un album sous son nom est paru il y a plusieurs années sur étiquette Bethlehem, malheureusement non réédité.Elle a aussi enregistré avec Terry Gibbs et Yusef Lateef.Flûte Bobbi Humphrey, Adèle Sebastian, Kathryn Moses, Nomi Rosen, Fran Canisius et Zuzaan Fasteau jouent de cet instrument.On peut entendre la canadienne Kathy Moses dans un album (de Ted Moses) publié par Radio Canada International: Sidereal Time, RCI-400, sinon dans un album tout récent paru sous son nom: Music in my heart sur étiquette P.M.Trombone Melba Liston est sans aucun doute la plus connue de toutes les trombonistes de jazz.Elle travaille également comme compositeur à l\u2019occasion et surtout comme arrangeur.Marie Lucas et Janice Robinson jouent elles aussi de cet instrument.Saxophone Qu\u2019il s\u2019agisse du soprano, de l\u2019alto, du ténor ou du baryton, de plus en plus de femmes jouent d\u2019un ou de plusieurs saxophones régulièrement.Parmi les mieux connues, il faut mentionner, pour la tradition, Viola Burnside, L\u2019Ana Hyams Webster et Vi Redd et pour notre époque, Jane Fair, Jane Ira Bloom, Mary Maria, Kathy Stobart, Barbara Thompson, Marie-Claude de Chevigny et Kathryn Moses.Jane Fair joue à merveille du saxophone soprano.Bien que née à Guelph en Ontario, elle vécut quand même plusieurs années à Montréal et réside aujourd\u2019hui à Toronto où elle dirige à l\u2019occasion une formation féminine.Elle n\u2019a enregistrée qu\u2019un seul album sous son nom pour Radio Canada International incluant, entre autres, une version magistrale de \u201cRuby my dear\u201d de Thelonious Monk (cf.Jane Fair Jazz Quintet, RCI-441 ).Quant à Jane Ira Bloom, elle a fait paraître deux disques sous son nom tout récemment, soit: We are, Outline OTL-137, en duo avec le contrebassiste Kent McLagan.Second wind, Outline OTL-138 L\u2019album comprend six compositions dont cinq sont signées Jane Ira Bloom: E.J.(rappelant John Coltrane), Ten years after the rainbow (une jolie ballade incluant une citation du thème bien connu: \u201cOver the rainbow\u201d), Shan Dara (de coloration orientale), Jackson Pollock (un bel hommage au peintre de l\u2019improvisation avec un thème-canevas et une gestuelle sonore appropriée) et enfin Hannifin de facture plus classique ou folklorique.La sixième composition, Mrs.S du contrebassiste Kent McLagan s\u2019apparente beaucoup à Omette Coleman et nous rappelle qu\u2019une toile d\u2019un certain Jackson Pollock, \u201cWhite Light\u201d, servit à illustrer la pochette de l\u2019album Free Jazz de ce même Omette Coleman paru en 1960 (cf.Atlantic 1364).L\u2019instrumentation varie de pièce en pièce.Le batteur Frank Bennett ne joue que sur la face 1.Le contrebassiste Kent McLagan joue partout cependant, de même que Jane Ira Bloom au saxophone alto (sur deux pièces seulement) et au soprano (pour le reste).Larry Karush au piano et David Friedman au vibraphone viennent compléter les diverses formations.Tous ces musiciens improvisent avec beaucoup d\u2019à propos, de retenue, d\u2019intelligence, et une imagination soutenue.Quant à Jane Ira Bloom, elle ne cache pas ses influences (Coltrane, Lacy, Miles Davis, Sheila Jordan, Abbey Lincoln.) mais elle les assume et les transcende déjà avec une conviction et une originalité indéniable, un flair, un goût et une qualité d\u2019émotion qui ne se dément pas.En bref, un très beau disque, fortement recommandé.(Cf: Outline Records, 200 West 70th Street, #16M, New York, N.Y.10023) P.S.Jane Ira Bloom a également enregistré avec Jay Clayton (Anima I-J35) et David Friedman (Enja 3089).m \\ i iv TOMMY Fl A fi* GA N p*m» ÙAHHY joe a charu pzmip.* tommy pcmm a sreve i Asm* ¦ JANE IRA BLOOM/SECOND WIND ¦ M # Basson Lindsay Cooper joue du basson mais aussi du hautbois de la flûte et du saxophone soprano.Elle a fait partie en 1977 du \u201cFeminist improvising group\u201d avec entre autres Irène Schweizer et Maggie Niçois.Elle a enregistré avec Henry Cow et sous son nom: Henry Cow/Wesîern Culture, Interzone 1001; Lindsay Cooper/Fîags, Arc records #1 (Londres 1979-80).Violon/Violoncelle C\u2019est surtout avec la nouvelle musique d\u2019improvisation que des solistes importantes font leur apparition sur cet instrument: Irène Aebi, Candace Natvig, Polly Bradfield et La Donna Smith.Quant au violoncelle, il y a bien Kathy Norris qui en jouait dans un album de Bob Pozar autrefois (Good Golly Miss Nancy/Savoy) et il y en a sûrement d\u2019autres qui ont pris la relève aujourd\u2019hui.Orgue Shirley Scott représente la tradition par rapport à cet instrument.Elle a enregistrée plusieurs albums sous son nom pour Prestige.Amina Claudine Myers quant à elle incarne une certaine avant-garde et enregistre pour Léo Records.Elle est également reconnue comme pianiste.(Cf: A.C.Myers/Trio, Leo LR-103).55 AMINA CLAUDINE MYERS Piano Dans l\u2019histoire du jazz, la majorité des femmes jouent de cet instrument.Parmi les plus connues, il faut mentionner: Lil Hardin-Armstrong, Jutta Hipp, Toshiko Akiyoshi, Amina C.Myers, Jessica Williams, Marian McPartland, Shirley Horn, Barbara Carroll, Mary Lou Williams, Liz Gorrill, Connie Crothers, Joanne Brackeen, Patti Bown, Carla Bley, Bertha Hope, Terry Pollard, Alice Coltrane, Lovie Austin, Jewell Paige, Dardanelle, Una Mae Carlisle, Beryl Booker, Arizona Drane, Lorraine Geller, Cleo Brown, Joyce Collins, Pat Moran, Patrice Rushen, Irène Schweizer, Marilyn Crispell, Virg Dzurenko, Dorothy Do-negan, Adelaide Robbins, Norma Teagarden, Hazel Scott, Nellie Lutcher, Vera Guilaroff, Hadda Brooks et Vickie Zimmer.Parmi les nombreux enregistrements disponibles, certains sont à signaler: Mary Lou Williams//Wy mama pinned a rose on me, Pablo 2310819 \u2014\tD'Andy Kirk à Thelonious Monk et Cecil Taylor via une conversion tardive au catholicisme en 1957 et diverses activités religieuses et charitables, le cheminement de cette femme remarquable, pianiste, compositeur et arrangeur de premier plan est étonnant en tout point, autant par ses contradictions que par ses réalisations multiples.Lorraine Geller \u2014\tOmette Coleman dédia une de ses compositions à cette excellente pianiste be bop morte prématurément à l\u2019âge de 30 ans seulement.(Cf: Lorraine, dans l\u2019album Tomorrow is the guesf/on/Contemporary).Elle faisait partie du quartette de son mari le saxophoniste Herb Geller au moment de sa mort.Elle n\u2019a enregistré qu\u2019un seul album sous son nom, en trio à Los Angeles en 1956 pour Dot en compagnie de Leroy Vinnegar (b) et Bruzz Freeman ou Lawrence Marable (DR).Connie Crothers/Perception, Inner City 2022 \u2014\tLennie Tristano, dont Connie Crothers fut la disciple, souhaitait et encourageait la participation des femmes en tant que musiciennes à part entière intégrées au milieu du jazz.Liz Gorrill, Virg Dzurenko, Lyn Anderson et plusieurs autres étudièrent l\u2019improvisation avec lui.Beryl Booker \u2014\tOriginaire de Philadelphie, cette pianiste autodidacte est décédée tout récemment.Dans les années 50, elle accompagna Dinah Washington ou Billie Holiday et dirigea son propre trio féminin avec lequel elle enregistra.Par la suite, elle sombra dans un oubli injustifié.Ses derniers enregistrements furent réalisés en solo peu de temps avant sa mort et seront bientôt disponibles sur étiquette Uptown (une petite companie spécialisée en jazz et sise à Montréal).Quant à Beryl Booker, c\u2019était une pianiste sensible, au swing incisif dans la lignée d\u2019Erroll Garner.Volutn»' I at the hickory ^ouso LIL II \\ltl)l\\ ARMSTRONG \\M> III I! OHCIII.nTH \\ » RSYLRSIM-.Marylin Crispell, Cadence jazz records CJR-1015 \u2014 Une jeune pianiste dans la lignée de Cecil Taylor (tout comme Irène Schweizer en Europe par exemple).GROUPES FÉMININS Plusieurs groupes semblables ont existé autrefois pour des raisons entre autres commerciales (l\u2019inusité étant rentable) et certains ont enregistré: Ina Rae Hutton and Her Melodears, the International Sweethearts of Rhythm, the Dixie Sweethearts, etc.CHEFS D\u2019ORCHESTRE FÉMININS Blanche Calloway, Ella Fitzgerald, Anna Mae Winburns et plusieurs autres dirigèrent leur propre orchestre autrefois, tout comme Toshiko Akiyoshi aujourd\u2019hui par exemple.Le premier festival de jazz au féminin eut lieu à Kansas City en mars 1978, soulignant de manière toute particulière l\u2019apport des femmes à cette histoire.L\u2019évolution du jazz dans ses diverses phases peut être tracée par le biais d\u2019une rétrospective du piano au féminin.Ainsi par exemple, la mystérieuse Arizona Drane pourrait représenter l\u2019origine avec son style inspiré des gospels et du blues (bien que ses enregistrements aient été réalisés entre 1926 et 1928 à Chicago, cf: LP-Herwin #210).La Nouvelle-Orléans, où plusieurs pianistes s\u2019imposèrent petit à petit pour la première fois au sein d\u2019un orchestre de jazz, pourrait être représentée à son tour par Sweet Emma Barrett, Jeannette Kimball, Billie Pierce, Camilla Todd, Edna Mitchell, Willa Bart, Dolly Adams ou Sadie Goodson, Chicago par Lovie Austin ou Lil Hardin, Kansas City par Mary Lou Williams ou Julia Lee, le jazz symphonique par les soeurs Labèque (jouant Gershwin), le swing de transition par Beryl Booker, le be bop plus tardif par Toshiko Akiyoshi ou Jutta Hipp, le post bop par Pat Moran ou Marian McPartland, le cool par les disciples de Tristano, le third stream par Carla Bley, le free jazz par Alice Coltrane ou Irène Schweizer, le post-free par Joanne Brackeen ou Amina C.Myers et enfin, Ie jazz de fusion par Patrice Rushen ou Jessica Williams, bref une histoire très sommaire du jazz esquissée par le biais d\u2019un seul instrument, le piano, tel que joué par des femmes du début du siècle à aujourd\u2019hui.(Il n\u2019a pas été fait mention ici cependant des femmes compositeurs et interprètes de ragtime.À ce sujet, on peut consulter l\u2019article de Carolyn Anderson Lindemann \u2014 \u201cMeet the women composers of rags\u201d \u2014 publié dans le No 10 de la revue Heresies, p.50-51.) En terminant, il faudrait également mentionner cet album de Mary Lou Williams paru chez Folkways et dans lequel elle cherche à réaliser par elle-même, en un seul disque, un bilan rétrospectif du jazz, des origines au modernisme (cf: Mary Lou Williams/History of jazz, piano solo et narration, Folkways 2860).FEMMES COMPOSITEURS La plupart des instrumentistes précédemment citées ont composé des pièces plus ou moins élaborées selon le cas, en plus de jouer le répertoire habituel des standards ou certaines compositions des autres.À ces noms il faudrait en ajouter plusieurs autres comme Florence Handy par exemple (femme de l\u2019arrangeur George Handy et signataire de quatre compositions parues dans un album de Zoot Sims, enregistré pour Riverside/Zoof/, RLP-12-228), T.Taylor (femme du pianiste Billy Taylor et signataire des douze compositions enregistrées par ce dernier en trio pour Riverside en mars 1960 dans l\u2019album ayant pour titre Warming Up, RLP-339), et ainsi de suite.QUELQUES ENREGISTREMENTS COMPLÉMENTAIRES Women in Jazz, Vol.1 (All Women Groups) Stash 111 ; Vol.2 (Pianists) Stash 112; Vol.3 (Swing to Modern) Stash 113.Jazz women, a feminist retrospective, Stash ST-109 Anthologie de deux disques incluant une courte brochure de vingt-quatre pages signée Frank Driggs.Now\u2019s the time, Halcyon HAL-115 \u2014 Cet album nous permet d\u2019entendre un quintette féminin comprenant Marian McPartland (p), Vi Redd (as), Mary Osborne (g), Lynn Milano (h) et Dottie Dodgion (dr).L\u2019album renferme 8 standards et fut enregistré en direct à Rochester N.Y.le 30 juin 1977.Quant à Marian McPartland, l\u2019instigatrice de ce projet, ses derniers enregistrements dénotent une maturité nouvelle dans son jeu, une assurance et une invention remarquable.(Cf: Marian McPartland/From this moment on, Concord Jazz \u2014 CJ-86) Women in jazz, Storyville (supprimé) Cats vs Chicks, MGM (supprimé) Feminine touch, Decca (supprimé) Ann Charters/Essay in Ragtime, Folkways 3563 ICONOGRAPHIE Les pochettes de disques sexistes abondent dans l\u2019histoire de la musique autant classique que jazz ou populaire et toute une étude serait à entreprendre à ce sujet.CINÉMA: Bix Beiderbecke vu par une femme.La cinéaste canadienne Brigitte Berman a réalisé un film intéressant autour de la vie de Bix Beiderbecke, d\u2019une durée de 116 minutes, intitulé Bix tout simplement (parution 1982).56 D'autres informations concernant les femmes et le jazz au cinéma se trouvent dans l\u2019ouvrage de référence de David Meeker: Jazz in the movies, 1917-1977, Arlington House, New Rochelle, N.Y.1977.(Cf: Shirley Clarke, Billie Holiday, Anita O\u2019Day, Bessie Smith, etc.) \u201cNEW MUSIC\u201d AU FÉMININ In C de Terry Riley fut la première oeuvre d'une certaine musique nouvelle américaine à être commercialement distribuée sur disque au début des années 60 par Columbia.Cet enregistrement fit découvrir la musique dite \u2018répétitive\" à toute une génération de nouveaux auditeurs et traça la voix pour une acceptation et reconnaissance ultérieure des travaux de Philip Glass ou Steve Reich par exemple.Or, dans ce premier enregistrement 6'In C, une femme jouait un rôle fondamental.Il s\u2019agit de Margaret Hassell qui donne son pouls à la musique, puisqu\u2019elle marque durant toute la pièce la pulsation de base autour de laquelle s'organise toute la musique.Not included in the score is a piano part called the pulse, which consists entirely of even octave eighth notes to be drummed steadily on the top two C's of the keyboard throughout the duration of a performance.Each member of the ensemble plays the fifty-three figures of the score in sync with the pulse and moves consecutively from figure 1 to figure 53.David Behrman, notes de pochette.Par ailleurs, il est intéressant également de noter que Jon Hassell, David Rosenboom et Stuart Dempster, tous très actifs aujourd\u2019hui, faisaient partie eux aussi des musiciens qui réalisèrent cet enregistrement historique.Dans le même ordre d'idées, il ne faudrait pas oublier de mentionner les participations de Marian Zazeela à la musique de La Monte Young, ou de Barbara Benary, Joan La Barbara et Jay Clayton aux ensembles de Philip Glass et Steve Reich respectivement.Ceci dit, les femmes en tant que compositeurs et interprètes de leur propre musique (expérimentale, électro-acoustique, composée/improvisée, etc.) sont de plus en plus nombreuses partout à travers le monde.QUELQUES ENREGISTREMENTS Pauline Oliveros/Trio for Flute, Piano and Page Turner, Advance Fgr 9s.Beth Anderson// can\u2019t stand it, Beth Anderson records No 45 (sound texts).Nanette NatalIMy song of something, Benyo 3333; accompagnée par Kuni Mikami (p), Bob O\u2019Connell (b) et Pat Wehl (dr).Peggi Sampson/Tde contemporary viola da gamba, Music Gallery Editions, MGE-7.Jackie ApplelThe mexican tapes, One Ten, OT-003; incluant la bande sonore de son film sur l\u2019assassinat de Trotsky.Laurie Anderson/O Superman, OT-005.Polly Bradfield/So/o violin improvisations, Parachute 008.Laurie Spiegel/Tde expanding universe, Philo 9003; incluant \u201cPatchwork, Old Wave, Pentachrome et The expanding universe\u201d.La Donna Smith/Direct waves, Trans Museq 5; La Donna Smith joue du violon, de l\u2019alto et utilise également sa voix en interaction avec Davey Williams à la guitare, mandoline et banjo dans ce disque.Anne Le Baron (Cf: Trans Museq/Jewels, Trans Museq-3); Anne Le Baron joue de la harpe ici en compagnie de Davey Williams et La Donna Smith.Katrina Krimsky, Transonic 3008; incluant \u201cRainbow in curved air\u201d de Terry Riley, joué en solo au piano.Joan La Barbara/Tape songs, Wizard 196.Irene Schweizer/W/'/de Senoritas, FMP-0330.Piano solo, enregistré en direct au \u201cTotal music meeting\u201d de Berlin en 1976.Irène Schweizer joue ce que l\u2019on pourrait appeler de la nouvelle musique d\u2019improvisation européenne.Cependant, tout comme Carla Bley, Irène Aebi, Lindsay Cooper, Candace Natvig, Polly Bradfield et plusieurs autres, on ne peut la confiner, la reléguer à une seule catégorie, soit le jazz par exemple ou la musique improvisée.Son activité déborde forcément cette classification qui ne doit donc être interprétée qu\u2019au sens le plus large, le plus ouvert du terme et sans restriction aucune, à priori.Carla Bley/Social Studies, ECM-11.Tamia/Senza Tempo, T Records (38 rue Chariot, 75003, Paris).Annea Lockwood/T/ger balm, Opus One-70.\u2014 Anna Lockwood a également enregistré, il y a quelques années maintenant, un album de musique pour verre: Glass world of A.Lockwood, Tangent Tgs 104./ have treated each sound as if it were a piece of music in itself.For me, every s'ound has its own minute form \u2014 is composed of small flashing rhythms, shifting tones, has momentum, comes, vanishes, lives out its own structure, and since we are used to hearing sounds together, either juxtaposed or compared, one sound alone seems simple \u2014 but so are the round scruffed stones lying about everywhere, until you crack one apart and all its intricate beauty takes you by surprise.A.Lockwood, notes de pochette Gayle Young/According, WRCI-1265.\u2014 L\u2019album comprend trois pièces composées spécialement pour faire partie intégrante de trois environnements visuels de Reinhard Reitzenstein: \u201cAccording to the moon\u201d, \u201cIn motion\u201d et \u201cTheorein\u201d.La première pièce utilise deux voix solos et fait référence aux diverses phases de la lune.\u201cIn motion\u201d est interprétée en solo par Gayle Young jouant du columbine, un instrument de sa propre fabrication.Dans \u201cTheorein\u201d, Reinhard Reitzenstein, voix, se joint à elle.Une brochure comprenant des notes détaillées sur chaque installation, de même que plusieurs photos, est incluse dans la pochette de cet album remarquable en tout point: Composition/exécution/production.Nicols/Tippetts, FMP-SAJ-38.\u2014 Un tout nouveau disque d\u2019improvisations vocales avec accompagnement de percussions, enregistré à Londres en 1979.Gertrude Stein, cf: Petr Kotik/Many many women, Labor records LAB-6-10 (coffret de 5 disques).\u2014\tLe S.E.M.ensemble est sous la direction de Petr Kotik.Le texte est de Gertrude Stein, (disponible de Labor Records, P.O.Box 1262, Peter Stuyvesant Station, New York, N.Y.10009).New Music by women for electronic and recorded media, 1750 Arch records S-1765 \u2014\tincluant des oeuvres de Johanna M.Beyer, Annea Lockwood, Pauline Oliveros, Laurie Speigel, Megan Roberts, Ruth Anderson et Laurie Anderson.Meredith Monk/Dolmen Music, ECM 1197.À tous ces noms, il faudrait en ajouter une foule d\u2019autres dont ceux de Maryanne Amacher, Eliane Radigue, Connie Beckley, Christina Kubish, Jill Kroesen, Mimi Johnson, Alison Knowles, Jana Haimsohn, Julia Heyward, Marcelle Deschênes, Yoko Ono, Tui St-George Tucker, Annick Nozati, Joëlle Léandre, Diamanda Galas, Norma Winstone, Christine Jeffrey, etc.ADDENDA La toute dernière parution dans le cadre de l\u2019anthologie de la musique canadienne éditée par Radio Canada International est consacrée à une femme compositeur originaire de Vancouver: Jean Coulthard.Le coffret de six disques qui la concerne renferme vingt oeuvres différentes, du solo au grand orchestre, composées entre 1942 et 1972, et retrace donc sur une période de trente ans, dans l\u2019ordre chronologique, les diverses étapes de son évolution.Sir Ernest MacMillan, John Ogdon, Maureen Forrester, John Newmark, Bruno Laplante et plusieurs autres participent à ces enregistrements.Les oeuvres interprétées sont les suivantes: \u201cBallade\u201d A winter's tale (1942), Convoy (1942), Four études for piano (1945), Music on a quiet song (1946), Sonata for cello and piano (1947), Sonata for piano (1947), Quebec May (1948), Variations on BACH (1951), Spring Rhapsody (1958), String quartet no 2: \u201cThrenody\u201d (1953, rev.1969), Three love songs (1948), Lean out of the window golden hair (1947), More lovely grows the earth (1957), Concerto for piano and orchestra (1967), two night song (1960), Two duets (1934, 1960), Octet: Twelve essays on a can-tabile theme (1972), et enfin Sketches from the western woods (1971).Une brochure contenant des notes biographiques, de même que des renseignements concis sur chacune des pièces et quelques illustrations appropriées, est incluse dans le coffret.Née à Vancouver en 1908, Jean Coulthard commença très jeune à composer.Elle étudia par la suite avec Ralph Vaughan Williams, Bernard Wagenaar et Arthur Benjamin.Elle enseigna dès 1947 la composition à l\u2019Université de la Colombie Britannique et ce, jusqu\u2019à sa retraite en 1973.Bien qu\u2019intéressée par l\u2019oeuvre de Schoenberg, au même titre que Bartok ou Copland, sa musique n\u2019est pas sérielle mais s\u2019appuie sur la tonalité avant tout, réévaluant la tradition suivant ses préoccupations, ses affinités propres.Dans la même série, il faut signaler la parution prochaine de plusieurs autres coffrets consacrés à des femmes compositeurs d\u2019ici: Micheline Coulombe-Saint-Marcoux, Norma Bee-croft, Barbara Pentland, Violet Archer et Sophie-Carmen Eckhardt-Gramatté.Enfin plusieurs albums simples publiés par Radio Canada International sont également dévolus à des musiciennes d\u2019ici, compositrices ou interprètes: Anne Eggleston, quartet for piano and strings, RCI-472; Marie-Elizabeth Morgen, pianiste, RCI-366; Christina Petrowska, pianiste, RCI-396; Julie Holtzman, pianiste, RCI-397; Suzanne Schulman, flûtiste, RCI-421; Chantal Juillet, violoniste, RCI-439; Dorothy Morton-Esther Master, pianistes duettistes RCI-442; Lynne Gangbar, guitariste, RCI-466; Angela Hewitt, pianiste, RCI-496: (Ces albums sont disponibles à l\u2019adresse suivante: R.C.I., C.P.6000, Montréal, H3C 3A8.) 57 McGILL UNIVERSITY RECORDS (555 ouest, rue Sherbrooke, Montréal H3A 1E3) On peut obtenir sur cette étiquette des enregistrements de la flûtiste Jeanne Baxtresser (jouant Schubert et Franck, #77005), de la violiste Mary Cyr (jouant J.S.Bach, #78007) ainsi que de la pianiste Pierrette Lepage (jouant avec Bruce Mather la musique de piano pour quart de ton d\u2019Ivan Wyschnegradsky, #77002).MELBOURNE Antonin Kubaiek/Piano music by women, SMLP-4031 \u2014 incluant des oeuvres de Violet Archer, Ann Southam, Barbara Pentland, Rhene Jaque et Jean Coulthard.Ann Southam/Violet Archer, Electronic Music, SMLP-4024.Barbara Pentland/Interplay, SMLP-4034.(Disponibles à l\u2019adresse suivante: Waterloo Music Co.Ltd., 3 Regina St.North, Waterloo, Ontario, N2J 4A5.) D\u2019autres enregistrements de musique au féminin et de provenances diverses sont également parus ces derniers mois dont, pour n\u2019en citer que quelques-uns, des oeuvres ou des interprétations de: Vally Weigl (Orion), Lucie Vel-lère-Sarah Aderholt-Ruth Schonthal (Leonarda), Vera Beths (Bvhaast), Bonita Boyd (Stolat), Elizabeth Macon-chy (Lyrita), Madeleine Dring (Cambria), Hildegard of Bingen (Hyperion), Vivian Fine (CRI), etc.RAYMOND GERVAIS .'tri ™ ?: /¦ 7 * \u2019 *fj /V £.La Tempête (Chère Petite Soeur), 1972 PARACHUTE le Musée d\u2019art contemporain de Montréal et le Festival International du Nouveau Cinéma présentent les films de MARCEL BROODTHAERS dans le cadre du lie Festival International du Nouveau Cinéma Montréal \u2014 29 octobre \u2014 7 novembre 1982 Renseignements: (514) 843-4725 ANDREW DUTKEW Y CH CASCADE SERES Sir George Williams Art Galleries, Concordia University, Montréal, September 15 - October 2, 1982 58 Betty Goodwin Oeuvres sur papier, 1963-1982.Exposition en deux parties à la Galerie France Morin, 25 septembre -16 octobre 1982 et 25 mai - 18 juin 1983.OKanada, Akademie der Künste, Berlin, 5 décembre 1982 - 30 janvier 1983.Musée des Beaux-Arts de Montréal, été 1983.Saison 1982-1983: Betty Goodwin, Oeuvres sur papier 1963-1982.Exposition en deux parties.Peinture récente.Joseph Kosuth.Photograph by artists/Photographies par des artistes.Installation de Filippo de Sambuy.Hans Haacke, nouvelle oeuvre.Installation de John Massey.Exposition de gravures italiennes, Kounellis, Paladino, etc.Landon Mackenzie, tableaux récents.42 ouest, avenue des Pins, Montréal, Canada H2W 1R1\t(514) 845-4549, du mer- credi au samedi de 12h à 18h et sur rendez-vous.galerie France Morin PHOTOGRAPHIES de YAJIMA/GALERIE IAN CARR-HARRIS SYLVAIN P.COUSINEAU GREG CURNOE CHARLES GAGNON GEOFFREY JAMES GEORGE LEGRADY GUIDO MOLINARI LEOPOLD PLOTEK LOUISE ROBERT MICHAEL SCHREIER DAVE TOMAS SERGE TOUSIGNANT IRENE WHITTOME 307 STE CATHERINE O.MONTREAL (514) 842 2676 Claire Beaugrand-Champagne, Marc Cramer, Judith Crawley, Pierre Gaudard, Normand Rajotte Joyce Rapoport et Guy Turcot du 6 au 26 octobre 1982 Galerie ^-Alliance, galerie sans but lucratif commanditée par Alliance mutuelle-vie 680, rue Sherbrooke ouest\t284-3768 Cette exposition est organisée en collaboration avec CENTRAIDE ^coNTmon®- BEPE\t5 décembre 1902 ^NHOOVEB-P\tte,982 -bæctn jo*gbBÜ,\u2014MP»® kAVjS\\Q0^-SO '\t-oclob-e^02 Ou ^ au 0 Gouve-n ejS^SSf^f\" NEW CATALOGUES FROM A SPACE LANGUAGE AND REPRESENTATION WORKS BY BRIAN BOIGON, ANDY PATTON, KIM TOMCZAK, JOHN SCOTT, JUDITH DOYLE AND MISSING ASSOCIATES, WITH AN INTRODUCTION AND TEXTS ON THE ARTISTS BY PHILIP MONK.32 pages.Paper.$6.50 INTRODUCTORY OFFER: APARTMENT NUMBER ILLUSTRATED CATALOGUE OF INSTALLA- BOTH CATAI OOt JF5\tI\tTION SERIES IN A GRIMY TORONTO HIGH- ALUUU\tj\trise ApARTMENI W0R((S BY DAN/EL FOR $9.95 AVAILABLE FROM A SPACE 299 QUEEN STREET WEST SUITE 507 BUREN, COLIN LOCHHEAD, TOBY MACLENNAN, DAVID MACWILLIAM, LAWRENCE WEINER, AND TED WEIR.ESSAY BY PEGGY GALE.INTERVIEW WITH LAWRENCE WEINER.48 pages.Paper.$7.50 TORONTO M5V1Z9 (416) 595-0790 YARLOW/SALZMAN GALLERY at our new location CAROL WAINIO\tSeptember (AMELIE HASSAN\tOctober ROBERT BURGIN\tNovember ROBERT KUSHNER\tDecember YARLOW/SALSMAN 185 Richmond St.West, Toronto (416) 598-4644 NORA BLANCK VIRGINIA FIFIELD STEPHEN HORNE JANET JONES LEE PAQUETTE TERRY PFLIGER JUDITH SCHWARZ RENÉE VAN HALM NICHOLAS WADE IRENE XANTH0S I0l BURNSIDE DRIVE, TORONTO, CANADA (416) 531 -7601 Sandra Meigs September 11 - October 9 Noel Harding October 16 - November 13 Liz Magor November 20 - December 18 Gallery Hours: Saturday 11 am-5 pm.By appointment: 531-7601 The Ydessa Gal lery 334 Queen Street West Toronto ÜRMRMME TEXT(E)S & DOCUMENTS sous la direction de Ch^fel Pontbriand \u201cPerformance et multidisciplinarité: Postmodernisme\u201d un livre réunissant les actes du colloque et une documentation sur les performances et les installations complémentaires, organisés par la revue PARACHUTE 236 pages, 100 illus., 21,5 x 25,5 cm, 20 $/Canada-25 $/E.-U 30 $/Europe.TEXTES: Barber, Buchloch, Celant, Charles, Cornell, Crimp, de Duve Durand, Finter, Gale, Howell, Lyotard, Monk, Owens, Payant, Pelzer, Pontbriand, Roque, Scarpetta, Stoianova.ARTISTES: Asher, Buren, Dean, Graham, Anderson, Brisley, Campbell, Chaimowicz, Chitty, Foreman, Haimsohn, La Barbara, Sherman, Rainer, Wilson.Éditions Parachute, 4060 Saint-Laurent, bureau 501, Montréal H2W 1Y9 BUREAU D\u2019INTERVENTIONS URBAINES ET PROJETS SPÉCIAUX Monty Cantsin Marie Chouinard Claude-Paul Gauthier Bernar Hébert Claude Lamarche Pierre-A.Larocque Louise Mercille Michel Ouellette 05 CO CVI J\"- CO CO CO 05 05 CVJ *3- ^3- incoco CENTRE FOR THE ARTS SIMON FRASER UNIVERSITY \t9\t #\t#\t0 #\tn\t¦ yaffft Programs in CONTEMPORARY MUSIC, DANCE, FILM, THEATRE, VISUAL ART and FINE & PERFORMING ARTS (interdisciplinary studies).For admission to the Fall Semester 1982, contact: Student Services Centre for the Arts Simon Fraser University Burnaby, B.C.V5A 1S6 (604) 291 -3363 The Banff Centre School of Fine Arts JAMES BAY PROJECT: A RIVER DROWNED BY WATER Rainer Wittenborn Claus Biegert September 24 to October 17, 1982 TONY HEPBURN JUN KANEKO FAYE MUNROE October 19 to November 7, 1982 DANIEL BUREN DANIEL GRAFFIN November 12 to December 5, 1982 l VISUAL ARTS STUDIOS EXHIBITION December 9 to January 7, 1983 WALTER PHILLIPS GALLERY Presentations and production of contemporary art The Banff Centre School of Fine Arts P.O.Box 1020, Banff, Alberta, Canada TOL OCO (403) 762-6281 DIFFUSION/PARACHUTE ALLEMAGNE WALKER KONIG, Breite Str.93, D-5000 Cologne 1 ANGLETERRE NIGEL GREENWOOD BOOKS LTD., 41 Sloane Gardens, London SW1 INSTITUTE OF CONTEMPORARY ARTS, 12 Carlton House Terrace, London SW1 IAN SHIPLEY (BOOKS) LTD., 34 Floral Street, Covent Garden, London WC2E 9DJ BELGIQUE COPYRIGHT, Gewad 23, 8900 Gent EXPRESSION, 50, rue St-Gilles, B-4000 Liège GALERIE VEGA, Manette Repriels, 5, rue de Strivay, 4051 Plaineveau (Liège) I.C.C., Meir 50, 2000 Antwerpen LIBRAIRIE POST-SCRIPTUM, 37, rue des Eperonniers, 1000 Bruxelles ÉTATS-UNIS ALBRIGHT-KNOX ART GALLERY, 1285 Elmwood Ave, Buffalo, NY 14222 ART INSTITUTE OF CHICAGO, MUSEUM STORE, Michigan Ave at Adam\u2019s St., Chicago, III.60603 ART RESEARCH CENTER, 922 E.48th Street, Kansas City, MO 64110 ARTWORKS, 66 Windward Ave, Venice, CA 90291 BOOKS & CO., 939 Madison Ave., New York 10021 CODY\u2019S BOOKS, 2454 Telegraph Ave, Berkeley, CA 94704 GEORGE SAND BOOKS, 9011 Melrose Avenue, Los Angeles, CA 90069 HALLWALLS, 30 Essex Street, Buffalo, NY 14213 JAAP RIETMAN, INC., 167 Spring Street, New York 10012 MUSEUM OF CONTEMPORARY ART, MUSEUM STORE, 237 East Ontario St., Chicago, III.60611 NEW MORNING, 169 Spring Street, New York 10012 RIZZOLI, 712-5th Ave, New York 10019 RIZZOLI INTERNATIONAL BOOKSTORE, Water Tower Place, Chicago, III.60611 ROCK-IT CARDS, 704 W.26th St., Minneapolis, MN 55408 SAINT MARK'S BOOKSHOP, 13 St.Mark\u2019s Place, New York 10003 SOHOZAT, INC., 307 West Broadway, New York 10013 THIRD FLOOR BOOKSHOP, 70-12th Street, San Francisco, CA 94103 VISUAL STUDIES WORKSHOP, 31 Prince Street, Rochester, NY 14607 WASHINGTON PROJECT FOR THE ARTS, 1227 G Street, N.W., Washington, DC 20005 WOODLAND PATTERN, Box 92081, Milwaukee, WISC 53202 FRANCE ALINEA Librairie, 24, rue Félex Pyat, 83000 Toulon ASSOCIATION GALERIE ARLOGOS, 1, rue Santeuil, 44000 Nantes JEAN FOURNIER, 44, rue Quincampoix, 75004 Paris GALERIE YVON LAMBERT, 5, rue Grenier-Saint-Lazare, 75003 Paris ICARE, Librairie et Galerie, 31, rue des Vosges, 67000 Strasbourg LA HUNE, 170, boul.Saint-Germain, 75006 Paris LA MACHINE À LIRE, 13, rue de la Devise, 33000 Bordeaux LIBRAIRIE ARTCURIAL, 9, ave Matignon, 75008 Paris LIBRAIRIE FLAMMARION, Centre Beaubourg (Georges Pompidou), 75004 Paris LIBRAIRIE LES DIÉES ET LES ARTS, Place Brant, 67000 Strasbourg L'OLLAVE-Galerie/Librairie/Édition, 58, rue Tramassac, 69005 Vieux-Lyon OMBRE BLANCHE, 48, rue Gambetta, 31000 Toulouse HOLLANDE ARTLINE GALLERY, Toussaintkde 67/68, Den Haag ATHENEUM BOEKHANDEL, Spui 14-16, Amsterdam DE APPEL, Brouwersgracht 196, Amsterdam ROBERT PREMSELA BOEKHANDEL, Van Baerlestratt 78, Amsterdam ITALIE CENTRO DI, Piazza de Mozzi 1, 50125 Firenze CENTRO INTERNAZIONALE BRERA, via Formentini 10, 20121 Milano UGO FERRANTI, via Tor Millina 26, 00186 Roma OOLP \u2014 Libreria internazionale, Via Princepe SCHEMA, via Vigna Nuova 17, 50123 Firenze STUDIO G7, via Val d\u2019Aposa 7C, 40123 Bologna ZONA, via S.Nicolo 119r, 50125 Firenze PORTUGAL LIVRARIA BERTRAND, Apartado 37, Amadora SUISSE ECART, 16, rue d\u2019Italie, c.p.253, CH-1211 Genève 1 GALERIE RB, 18, rue de Lausanne, 1700 Fribourg KRAUTHAMMER BUCHHANDLUNG, Predigerplatz 26, Postfach, 8025 Zürich STAMPA, Spalenberg 2, CH 4051 Basel Amedeo, 29 jai23Torino "]
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