Parachute, 1 octobre 2003, Octobre - Décembre
[" art coNtemporaiN_coNiemporary art corps automates_automata PER P5T BNQ 77176600013812 IIP KM is ill wl\u2019slf Si! MM M ¦i i * WiVW * U m feÉ \u2018tow corps auiomates_automai:a z PARACHUTE 6 CORPS AUTOMATES_AUTOMATA by_par Jim DrobNiCK 32 DES CORPS, DES ÂMES, DES PIEDS.Les auiomaies de Marie Leqros BODIES, SOULS AND FEET: Marie Lesros\u2019 Auiomaia par_by VaNessa Morisseï 48 PANTOMIME par_by Léa Gauthier 60 VANESSA BEECROFT.À la recherche du corps perdu ou De la mécaNique des corps VANESSA BEECROFT: In Search of Lost Bodies, or, on the MechaNics of Bodies par_by Thérèse Si-Gelais 10 DÉSARTICULER L\u2019AUTOMATE?DISARTICULATED AUTOMATA?par_by ÉveNce Verdier Couverture_Cover: Vanessa Beecroft, vb 50, Sao Paulo, Brazil, 2002; photo (Pete Drinkell) reproduite avec l\u2019aimable permission de_Courtesy Deitch Projects, New York. io9 THE MACHINE SPEAKS THE WORLD\u2019S THOUGHTS LA MACHINE DIT LES PENSEES DU MONDE by par Marsoi BoumaN MAX DEAN: ENactiNe [Artificial Life MAX DEAN.La mise eN scèNe de la vie [arilificelle by_par GilliaN Yaies Aikins Echoes aNd Shifts 81 FROM THE CYBORG TO POSTHUMAN SPACE: On ihe Toial Eclipse of aN Idea by David Tomas 126 UNMANNED by JordaN CraNdall NATALIE JEREMI JENKO\u2019S CLONES AND ROBOTS: RepentioN/DiffereNce aNd Other Subversive RepreseNiaiiONal Strategies LES CLONES ET LES ROBOTS DE NATALIE JEREMI JENKO.La répétitiON/différeNce ei autres strategies subversives de représeNtatioN by_par EmesiiNe DaubNer 134 LIVRES ET REVUES_BOOKS AND MAGAZINES par_by Michael Davidee, HaNNah Hissins, Julie LavieNe, Todd Meyers, ANdré-Louis Paré 138 SON.SOUND by JeNNifer Fisher 6.corps automates\tautomata Donner une forme artificielle au corps humain est un objectif qui remonte à l\u2019Antiquité, même s\u2019il a fallu attendre les xvne et xviii6 siècles avant que le terme d\u2019automate n\u2019en vienne à décrire ces inventions ingénieuses.Dans l\u2019Europe du Siècle des lumières, les célèbres mécanismes simulant les activités humaines et animales - le joueur d\u2019échecs de Wolfgang von Kempelen, Le Canard qui mangeait et déféquait de Jacques de Vaucanson - ont soulevé des questions troublantes sur la définition de l\u2019humanité, de même que sur les frontières qui séparent l\u2019être humain de la matière inanimée.En dépit de leur prodigieuse facticité, ces mécanismes portaient la promesse de maîtriser la nature et de triompher de la mortalité du corps, tout en générant d\u2019anxieuses sensations d\u2019étrangeté.Depuis l\u2019avènement des nouvelles technologies au cours des dernières décennies, la portée des automates s\u2019est élargie bien au delà du domaine des merveilles mécaniques et des jouets philosophiques.Comme le suggère la nomenclature actuelle des cyborgs, androïdes, robots, clones et ainsi de suite, l\u2019héritage des automates se multiplie dans des champs aussi variés que la génétique, l\u2019intelligence artificielle, la télématique et la science-fiction, pour n\u2019en nommer que quelques-uns.Ces formes améliorées d\u2019automates ne sont plus que spéculatives et théoriques; elles sont de plus en plus imbriquées dans toutes les facettes du quotidien et font des incursions spectaculaires au cinéma, en littérature et dans la culture visuelle.La citation de Donna Haraway en exergue donne une idée du trouble affectif qu\u2019entraîne l\u2019hybridation des machines et des humains: alors que les machines acquièrent des attributs et des capacités qui étaient autrefois l\u2019apanage des humains, ceux-ci semblent vidés de leur privilège et de leur unicité.La fascination des entités posthumaines crée également des perturbations; bien que celles-ci soient une manifestation du triomphe de la technologie, offrant même une sorte de rédemption, elles dramatisent également les limites de l\u2019humanité, rendant la chair imparfaite et obsolète, comme Orlan et Stelarc l\u2019ont notamment proclamé.Replicating a human body in artificial form has been a goal since antiquity, although it was not until the seventeenth and eighteenth centuries that the term automaton came into prominence to describe these ingenious inventions.In Enlightenment Europe, the famous mechanisms simulating human and animal activities - Wolfgang von Kempelen\u2019s chess player, Jacques de Vaucanson\u2019s eating and defecating duck - raised perplexing questions about the definition of humanity as well as the boundaries between living beings and inanimate matter.Despite being marvels of deception, these devices incarnated the promise of mastering nature and overcoming the body's mortality, yet also generated anxious sensations of the uncanny.Since the advent of new technologies in the last several decades, the scope of automata have expanded far beyond the realm of mechanical wonders and philosophical toys.As the current nomenclature of cyborgs, androids, robots, clones and so on suggests, the legacy of automata is multiplying in such diverse domains as genetic engineering, artificial intelligence, telematics and science fiction, to name only a few.Not just speculative and theoretical, these enhanced forms of automata are increasingly being integrated into all facets of everyday life and appear spectacularly in film, literature and visual culture.Donna Haraway\u2019s quote above gives a sense of the affective predicament caused by the hybridization of machines and humans - as machines gain attributes and capabilities once thought to pertain specifically to humans, humans seem to be depleted of their privilege and specialness.The fascination with posthuman entities also engenders disturbance; that is, as much as they manifest a triumph of technology, even offering a kind of redemption, they also dramatize the limitations of humanity by rendering flesh imperfect and obsolete, as Orlan and Stelarc have notably proclaimed. PARACHUTE 112 .7 Nos machiNes sont: siNisiremeNi vivaNies, ex nous sommes series à faire peur.Our machiNes are disiurbiNely lively, aNd we ourselves friehreNiNsly iNert.- DoNNa Haraway1 Les articles dans cette livraison présentent une dialectique semblable entre éloge des possibilités et appel à la prudence.En art contemporain, l'automate existe comme sujet à imaginer et à critiquer; il est un objet de représentation, porteur de répercussions éthiques, sociales et politiques.Par ailleurs, les artistes qui sont ingénieurs ou qui travaillent en leur collaboration, comme Max Dean et Natalie Jeremijenko, considèrent l\u2019automate comme un champ d\u2019entreprise technologique qui doit être réinventé de l\u2019intérieur.Si l\u2019automate et ses semblables sont typiquement vantés et spectacularisés dans les domaines de la science et du divertissement, les œuvres d\u2019art qui réagissent aux technologies basées sur la biologie et l\u2019information, ou qui les incorporent, ont tendance à interroger ces notions et à en soulever la problématique.Évence Verdier retrace l\u2019histoire des corps mécaniques depuis Descartes et examine les œuvres d\u2019artistes contemporains qui, paradoxalement, mettent de l\u2019avant le potentiel libérateur de l\u2019automate d\u2019une part et ses aberrations monstrueuses de l\u2019autre.Les articles de Vanessa Morriset et de Léa Gauthier prennent pour point de départ l\u2019anonymat de l\u2019automate et voient dans ce vide identitaire une stratégie permettant aux artistes de défaire, d\u2019expérimenter et de corrompre les rôles imposés par la société.Pour Thérèse St-Gelais, si les femmes et les soldats dépersonnalisés et réifiés de Vanessa Beecroft manifestent le lien entre pouvoir et uniformité, ils présentent également la mise en scène d\u2019un possible processus de création identitaire.Gillian Yates Atkins s\u2019arrête au malaise psychologique créé par les installations robotiques et basées sur l\u2019animation de Max Dean pour refléter la complexité du comportement interpersonnel et l\u2019angoisse humaine, trop humaine, qui lui est associée.Dans son analyse de l\u2019usage de robots logiciels fait par Mark Hansen et Ben Rubin pour s\u2019infiltrer dans les chat rooms sur Internet, Margot Bouman aborde la menace et les limites de la surveillance dans son rôle de soutien au totalitarisme.Selon Ernestine Daubner, les clones d\u2019arbres The articles in this issue pose a similar dialectic between heralding possibilities and voicing caution.In contemporary art, the automaton exists as a subject to be imagined and critiqued; it is an object of representation that bears ethical, social and political repercussions.Alternatively, artists who are, or who collaborate with, engineers, such as Max Dean and Natalie Jeremijenko, view the automaton as a field of technological endeavour to be reconceived from within.If the automaton and its kin are typically eulogized and spec-tacularized in the scientific and entertainment domains, artworks that respond to, or incorporate, bio- and information-based technologies tend to interrogate and problematize such notions.Évence Verdier surveys the history of mechanical bodies since Descartes and examines contemporary artists\u2019 works that paradoxically foreground the liberatory potential of automata on the one hand, and their monstrous aberrations on the other.The articles by Vanessa Morriset and Léa Gauthier begin with the presumption of the automaton\u2019s anonymity, and see in that blankness of identity a strategy for artists to dislocate, experiment with and subvert societal roles.For Thérèse St-Gelais, Vanessa Beecroft\u2019s depersonalized, objectified women and soldiers manifest the link between power and uniformity, yet also present a staging of a possible process of creating identity.Gillian Yates Atkins considers the psychological discomfort created by Max Dean\u2019s robotic and animation-based installations to reflect the complexity - and all-too human anxiety - of interpersonal behaviour.Margot Bouman\u2019s discussion of Mark Hansen and Ben Rubin\u2019s use of software robots to infiltrate World Wide Web chat rooms addresses the menace and limitations of surveillance to support totalitarianism.The tree clones and robotic dogs of Natalie Jeremijenko, for Ernestine Daubner, pose the means by which readymade information systems can be deconstructed and audiences catalyzed to create their own knowledge.Artist Jordan 8.PARACHUTE 112 et les chiens robotiques de Natalie Jeremijenko formulent les moyens par lesquels les systèmes d\u2019information readymade peuvent être déconstruits, et les publics catalysés pour créer leur propre savoir.Dans la section «Échos et mouvances», Jordan Crandall analyse la deuxième guerre du Golfe et deux de ses développements notables: les reporters intégrés et les drones prédateurs.La conjonction de la télévision, des manœuvres militaires et de la technologie de visionnement automatisée crée une confusion de points de vue pour le public, confusion dans laquelle la caméra, l\u2019arme et la cible convergent en une seule image au moment de l\u2019oblitération.Finalement, David Tomas donne un contexte historique au phénomène du posthumain en tant que genre dans le monde de l\u2019art, dans la pratique de l\u2019avant-garde contemporaine et de celle du début du xxe siècle.Il avance qu'au delà d\u2019une considération du cyborg en tant que trope de représentation, les artistes auraient avantage à retourner à ses origines, soit l\u2019exploration spatiale, et à sa quête de transformation physique et biologique.À ce moment précis de l\u2019histoire, il est sans doute impossible de nier que la «machine est en nous2», comme le soutient Haraway, mais il existe toujours le besoin de faire un retour sur soi et de porter un regard critique sur ce qu\u2019il en est de la condition du cyborg et sur les rôles divers, proliférants, de l'automate dans l\u2019art et la culture.JIM DROBNICK Traduit de l\u2019anglais par Colette Tougas NOTES 1.\tDonna Haraway, «A Manifesto for Cyborgs: Science, Technology and Socialist-Feminism in the Late Twentieth Century», Simians, Cyborgs and Women, Londres, Routledge, 1991, p.152.[Notre traduction.] 2.\tIbid., p.180.Crandall, writing in the Echoes and Shifts section, analyzes Gulf War II and two of its conspicuous developments: embedded reporters and predator drones.The conflation of television, military manoeuvres and automated visioning technology creates a confusion of viewpoints for the audience, one in which camera, weapon and target converge in an image at the moment of obliteration.Finally, David Tomas historicizes the phenomenon of the posthuman as a genre in the artworld, both in contemporary and early twentieth-century vanguard practice.He proposes that beyond considering the cyborg as a representational trope, artists can usefully return to its origins - in the context of space travel - and the search for physical and biological transformation.At this point in time, it may be impossible to deny that the \u201cmachine is in us,\u201d2 as Haraway asserts, but there is still a need for self-reflection and critical inquiry into the nature of the cyborg condition and the diverse, proliferating roles of the automaton in art and culture.JIM DROBNICK 1.\tDonna Haraway, \"A Manifesto for Cyborgs: Science, Technology and Socialist-Feminism in the Late Twentieth Century,\" in Simians, Cyborgs and Women (London: Routledge, 1991), 152.2.\tIbid., 180.I'M : ¦ * ~;#4 .wmm km» svanr1 ¦¦¦¦ i sr&r-r K iill »MÉ stair* P** aw#* ¦my .«Mm Mill M j.ïwwff*': ssattà» SSffic WR1 I is?;.S-e* taw^r** «LMBIK tf.u-w.** *« mmm\twmmm\tPUSH \ti ¦¦ ' H\t \t\t \t\t1 \u2019 it#\t» -, \u2022 1 r-\u2014\t mu IS\t» u«*C \t! \tffilWfi \t .PARACHUTE M2 io Désarticuler l\u2019automate?Évence Verdier De Descartes à Vaucanson, l\u2019homme artificiel hante les esprits.Il s\u2019agit de s\u2019opposer à la physique animiste et «naïve», de faire du monde un pur mécanisme et de réclamer la liberté qui s\u2019obtient en maîtrisant la nature.La science physique, la médecine, la technique doivent permettre de «rendre les hommes comme maîtres et possesseurs de la nature» (maîtres de leurs seuls jugements), d\u2019améliorer leur qualité de vie, mais surtout de conserver leur santé1.Par son corps, l\u2019humain est comparable au mécanisme d\u2019une horloge; tous les processus biologiques s\u2019expliquent comme les phénomènes physiques par «la figure et le mouvement».Le corps des machines vivantes ne fonctionne pas autrement, sinon de manière plus complexe et avec des ressorts plus petits et plus subtils que les « divers automates ou machines mouvantes2».Le corps n\u2019a pas besoin de l\u2019âme pour fonctionner et survivre.Descartes disait: DISARTICULATED AUTOMATA?From Descartes to Vaucanson, thinkers have been obsessed with artificial beings as a way to both resist an animistic and \u201cnaive\u201d physics and transform the world into pure machinery - to reclaim the freedom that derives from mastering nature.The physical sciences, medicine and technology should allow us \u201cto enjoy.the fruits of the earth\u201d (to become masters of our very judgments) and to improve our quality of life, but above all to preserve our health.1 The human body is comparable to the mechanism of a clock: all biological processes can be explained as physical phenomena by means of \u201cfigure and movement.\u201d The bodies of living machines function no differently than \u201cdifferent automata or moving Man Ct, ¦ CORRECTEUR DE realwe VL.lif Ù.c'AHE MoTSttS P**»*1 f «.u iA>AL
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