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Titre :
La Tribune
La Tribune continue le combat politique que son propriétaire-rédacteur, Laurent-Olivier David, avait mené dans L'Opinion publique et dans Le Bien public.
Éditeur :
  • Montréal,1880-1884
Contenu spécifique :
samedi 4 juin 1881
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
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Références

La Tribune, 1881-06-04, Collections de BAnQ.

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[" VOL.1.\u2014No 83.MONTREAL, SAMEDI 4 JUIN 1881.\u2014 HEBDOMADAIRE.\u2014 i L.O.DAVID : REDACTEUR-PROPRIETAIRE.BUREAUX : 25 Rue Ste-Thérèse.W.F.DANIEL : ADMINISTRATEUR \u2014\u2014 ADMINISTRATION.LA TRIBUNE JOURNAL HEBDOMADAIRE arait tous les samedis.Les abonne- Bmients datent du ler et du 15 de chaque mois.ABONNEMENT.; U All.c0c0000 0 MANix mois.Le numéro £ Cents.PAYABLE D'AVANCE.W.F.DANIEL, LA TRIBUNE MonTn£aL, 4 Juin 1881, $1.00 $0.50 au cocsécessonuees recess renee \u2014 _\u2014 Les patriotes de 1837-38 (Suite) Nous avions des malades parmi nous auxquels nous prodiguions tous A les soins en notre pouvoir et, tous, nous étions fort inquiets, dans l'ap- 45 préhension où nous étions de ve pou- AM voir longtemps résister à nos souffrances et i nos privations de \u2018toutes sortes : nous nous consolions par la pensée de Dieu, prenant do nouvelles forces dans la prière, seul adoucissement à nos maux, Le 15 octobre on nous fit faire grand ménage et nettoyer notre logement, qui fut budigeonné à la chaux, Opération qui fut renouvelée, deux 8 fois chuque semaine, pendant le reste de la traversée ; car les dangers deo maludio nugmentaient à mesura que nous cutrions daus des climats plus chauds.La calomnie de Black ct la razzia «qui en fut la conséquence avaient encore ajouté une nouvelle misère à toutes les autres, S'il est quelqu'un de mes lectours qui ait jumais subi le supplice d\u2019uno barbe faite avec un bien mauvais razoir, il pourra se faire ung idéo de la torturo que, deux fois lu somaine, nous avions à enduror, Aux jours de barbe, on nous menait sur l'entrepont où, chacun à son tour uous nous rasions aves d'affroux ra- Zoirs à demi rouillés, sorvant à un grand nombre ct aussi mal entretenus que possible, Ceci 8e pratiqua tout le temps du | passage, à dator du jour où l\u2019on avait enlevé de nos valises les quelques bons razoirs qui nous appartenaient, Les razoirs destinés à tout lo monde étaient confiés aux soins de notre perséouteur Black ot, à la fin de la traversée, il n'y avait presque plus moyen d'endurer les douleurs de l\u2019o- | Pération dont il s'agit, toujours faite À l\u2019eau froide et sans miroir, souvent au roulis imprimé au navire par une | mor houleuse et tourmentée.J \u2018étais, ÿ cependant un de ceux qui souffirirent le moins de ce chef, à cause de ma jeune barbo, alors peu apparente et facile À tondre ; muis certains de mes compagnons ne rovenaicat jamais de l'opération en question, autrement que la figure en sang ct les yeux noyés de larmes, À mesure que nous approchions des tropiques ln chaleur devenait étouffante, dans nos étroits logements sans air.Pendaut un mois la zone torride nous brûla de ses feux, Qu'on se figure cent quarante quatre personnes cntassées dans le fond de cale d'un navire, duns un espace rétréci entre deux pouts éloignés l'un do l'autre par un espace de quatre pieds et quelques pouces seulement, abandonnés à une obscurité continuelle et ne recevant d'air que par deux écoutilles munies de manches de toile comme ventilateurs, soumis à un régime alimentaire détestable de tout point, n'ayaut qu'uoe pinte d\u2019eau par jour pour étancher une soif insatiable, livrés À des myriades d'insectes nuisibles autant que dégoûtants et tout cela sous le soleil des tropiques ct sur le chemiu de l'exil au milieu des forçats ! Nous avions de notre côté uno dizaine de malades, auxquels on n\u2019accordait aucun adoucissement ct sur le sort desquels nous entretenions de grandes craiutes- Nous les soignions de notre micux ; mais ces soins n'étaient que de l'affection ; car nous n'avions aucun moyen matériel do les soulager.Du côté des prisonnicra du Ilaut Cnnada, il y avait encore plus de malades ; avant d'atteindre les tropiques mêmo, le 22 octobre, l\u2019un d'eux, le nommé Priset, succomba à ses souffrances et fut enseveli dans les flots, Ces prisonniers, que nous appellons du Haut-Cauada, étaient presque tous des Américains ; à peine y avait il parmi cux uno dizaine d'habitants du Haut-Canada.Ces hommes, qu\u2019on distinguait en 1837 et 1838 par le nomde sympatiseurs, me parurent, autant que j'ai pu les connaître par les relations quenous câmes surtout avec ceux qui faisaient partie de notre division des gens fort respectables.L'état d'émaciation et de dénuement do ces pauvres malheureux était extrôme ; malgré nos misére nouss reconnaissions qu\u2019ils étaient encore plus malheu reux que nous: puis, nous trouvions dans notre foi des ressources et des consolations qui manquaient À la plupart d'ontre cux, Il y avait parmi nous, je parle des cent quarante quatre, des hommes plus faibles quo los autres, cotre autres un vieillard de plus de soixante ans affecté de la poitrine ; dire co que ces gons ct surtout ce vieillard ont cu à souffrir serait une tâche impossible Oent fois nous crâmes le pauvre vieillard sur le point de rendre son âme À son oréateur- Quelle perspective pour des catholiques que colle do mourir ainsi sans lo socours d'un prétre ! \u201c\u2014maisle Dicu de toute bonté, entend nos sdupirs, nous disions nous, il est témoin de nos désirs ct il acceptera notre sacrifies en nous donnant les grâces de suppléer à l'absence de .son ministre, si nous avons à périr duns ce vaisseau, \u201d Parmi nos malades je ferai mention spécialo de mon ami, M.le notaire Iypolite Lauctôt, établi aujourd'hui à Laprairie, à cause de l'étroite amitié qui nous à toujours liés pendant notre exil et qui ne s\u2019est jæmais démentie depuis.M.Lunctôt faisait partie, comme je l\u2019ai dit plus haut, de la même division que moi et j'ai pu être témoin de ses souffrances pendant tout le passage ; elles l'urent extrêmes.Que de fois je l'ai cru sur le point d\u2019y succomber, nlors que jo m'efforgais, avee mes autres compagnons, de lui prodiguer les soins du cœur, à défaut de tousles autres pour lesquels les moycus nous manquaient, Les promenades quo vous fiisions sur lo pont (je parlc'de ceux qui pouvaient s\u2019y rendre n\u2019étaien tguère un soulagement sous l'ardeur des feux tropicaux ; tout nécessaires qu'elles fussent à notre santé, elles ne semblaient servir, tout simplement, qu'à nous faire remarquer l'air impregné do fièvre qui régnait dans notre logement.Il se trouve de bons cœurs partout ; nous co roncontrânmies au scin de l'équipage du Buffalo ! Deux soldats, touchés de tant de misères, eurent l'humanité d'apporter à des mu- ladesun peu d'eau dans laquello ils uvaicnt mélé leur ration de rhum ; surpris une fois sur le fait, ils furent foucttés tous lcs deux.Cette rigueur n'empêcha cependant pas un pauvre matelot d'apporter, lui aussi, aux rares occasions qu\u2019il le pouvait faire, un pou d'eau À ceux qui souffraient le plus dela soif; munis ilso servait d\u2019une botte pour cet office de sublime charité.Tel était le besoin de boire qui nous tourmentait que co vase repoussant n\u2019empéchait pas de trouver cette eau délicicuse.Ces trois hommes n\u20196taient pus les sculs de l'équipage qui cussent pour nous dela compassions : il leur fallaiten effet, avoir des complices de charité ; car autrement ils n'auraient pu accomplir une seule fois leurs bons sorvices.Souvent nous recevions des marques de sympathie des gens de la frégate ; mais la direotion ct le gouveruement du bord étaient d'une cruauté qu\u2019il eut été difficile de surpusser, Malgré la rigueur des autorités, nous pâmes encore do tomps à autre nous procurer un pou d'eau, fournie, non par humanité cette fois, mais par esprit de lucre, Moyennant le don do quelques cffets pris de notre petite garde- robe, quelques matelots parvenaient À nous apporter de l'eau, recucillic dans les chaloupes sur lo pont, pen.dans los orages.IX UNE RELACHE.Après deux mois do navigation, nous fimes relâche au Port de Rio- Janciro, au Brésil.Cette relâcho était néceasitée par le besoin do so procurer des vivres ob de l\u2019eau, dont l'approvisionnement n\u2019était pas suffisant pour nous menor an bout de votre voyage, ni méme aux ports ordinaires de relfiche, A cause de Ja direction suivie et du peu do rapidité de notre marche, Ce fut le 30 novembre que nous cotrimesdans la belle rade de 1tio- Janciro, Nous jouimes, pendunt les quelque jours de notre séjour dans Ce port, do lu vue du magnifique puy- sage qui s\u2019y déroule, Daus uos promenades (je n\u2019ai pas d'autre mot) sur le pont, nous contemplions les caux paisibles de la vaste baie, entourée de plateaux délicieux couronnés de hautes et pittoresques montagnes, Nous suivions des regards les élégantes embarcations de toute sortes qui sillonnaient ces eaux, ct nous nous prenions à envier le sort des esclaves noirs qui manœuvraient ces légers esquifs, Ces scènes délicieuses nous rappe- lnient les houreux bords du Saint- Laurent, et nous faisaient rêver des êtres chéris que nous avions quittés, peut-être, hélas ! pour ne plus les revoir, du moins dans ce monde.Notre reliche au port de Rio- Janciro fut de cinq jours, qui nous furent d\u2019un immense service ; car, peadant ce temps, on nous donna un pen plus de liberté, dont nous profitâmes pour pratiquer quelques opérations de propreté ; puis le calme de la Baie faisait uno trève devenue nécessaire, surtout pour nos pauvres malades, aux agitations et incommodités du mouvement de la mer.Mais ce qui nous reconforta surtout fut qu'on nous achetn, avec lo peu d'argent qu'on nous avait confisqué, des fruits ct d\u2019autres rafraîchissemonts qui curent, sur nos estomus délabrés, l\u2019effot d'un baume adoucissant sur une blessure.Il était temps ; car je crois sincèrement que, sans cette relâche, plusieurs de nos compaguons, des deux côtés du pavire, seraient morts de misère ot d\u2019exténuation.Il y avait dans le port de Rio- Janiro des naviros de ln marine royale d'Angleterre ; plusieurs officiers de ces navires vinrent nous voir: l'un deux, apparemment d\u2019un grade supérieur, domanda, ca notre présence, à l'officior du bord qui l'accompagnait si nous étions soumis au régime uli mentaire des forçats (convicts), on lui répondit : \u2014 Oui.Faisuit-il cetto question pour trouver à redire au cas où nous n'aurions pas été soumis à cc régime ?La faisai-t il pour indiquer qu'on ne devait pas nous traiter com- mo des criminels ?Je n\u2019co sais rien.CHARLES AMBAU M.Trudel en 1870 et M.Trudel en 1881.Mutantur tempora et mutamur in tllis, M.lo sénateur Trudel plaidant on 1870 dans ln famouso affaire Guibord, disait : \u201c Il no faut pas oublier que Je tri- \u201c bunal est obligé de protéger tous \u201cles droits et qu'au dessus de cer- \u201c tains droits civils, il y a des droits \u201c beaucoup plus importants et beau- \u201c coup supéricurs.\u201cIl faut qu'il examine si en vou- \u201clant conserver ce droit il ne porte \u2018 pus atteinte à un autre droit plus \u201c prégicux .\u2018 \u201c Les droits inférieurs doivent \u201c céder encas de conflit aux droits * d'un ordre supéricur.\u201cJe me suis efforeé d'exposer ce \u201c que je oroyais être la doctrine ca- \u201c tholique sur In question du l'indé- « pendauce de l'Eglise du contrôle * civil, sur la supériorité de son pou- \u201cvoir et sur le droit qu'elle a de \u201c fixer elle-même lu limite de sa ju- \u201c risdiction.\u2026.\u2026.\u201c Dans le cas do conflit entre I'nu- \u201c torité ecclésiastique et l'autorité \u201c civile, c'est à l'Egliso à fixer clle- \u201c mémo la limite de leur jurisdiction \u201c respective.M, Trudel pour appuyer su thèse ct prouver que ceux qui soutenaient Je contraire étaieut dans le chemin do l\u2019erreur et de la pordition, citait les propositions suivantes condamnées par le syllabus : XXème.\u201c La puissance cuclésias- \u201c tique ne doit pus exercer son auto- \u201c rité saus ln permission ct l'assenti- + ment du gouvernement civil, XLII.* Eu cas d'opposition entre \u2018\u2018 les deux puissances, c\u2019est le droit \u2018* civil qui l\u2019emporte.\u201d LIV.\u201c Non-seulement les rois ct \u201c les princes sont exempts de la ju- * rigdiction de l'Eglise, mais ils sont \u201c\u20ac même supérieurs à l'Eglise quand \u201c il s'agit de trancher les questions \u201c de jurisdiction,\u201d Est-ce que M.Trudel en cherchant aujourd'hui à détruire une institution établie par Rome et protégée par presque tous les évêques, ne travaille pas à soumettre lo droit supériour au droit inférieur ?Est-ce qu'en faisant tous ses efforts pour faire repoussor un bill demandé par tous les évêques moins un ct désiré par Rome, cn démontrant aux députés ct au gouvernement qu'ils peuvent ct doivent même différer d'opinion aveu l'autorité religieuso, il ne viole pas le vingtième article du syllabus qui condamno ceux qui prétendent quo In puissance ceclésinsti- que ne peub pas exercer son autorité sans la permission ot l'assentiment du gouvernement civil ?Est-ce que M.le sénatour Trudel ot ses amis en soulevant lo conflit entre l'Eglise et l'Etat ct cn démontrant au gouvernamont que la loi lui donne lo droit de trancher ce conflit, no viole pas l\u2019article du syllabus qui condamne ceux qui soutiennent que les rois et les princes sont supérieurs à l'Eglise quand il s'agit de trancher les questions do jurisdiction ?Enfin, est-co que M.Trudel ne se Mot pas en ce moment en Contradiction avec tous les principes qu'il a prôchés avec tant de forco dans l\u2019af- faire Guibord pour établir qu'on ne \u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 \u2014 LA TRIBUNE peut être catholique et s'adresser aux tribunaux pour ln défense d'un droit civil dans une matière où l'ordinaire a reclamé jurisdiction et rendu sa décision.Sans doute il y a des di-tinctions à faire ?Mais est-ce à ceux qui ont le plus crié qu'il fallait se soumettre aveuglément à jouer sur les mots et à reprendre sous une forme mitigée les thèses tant de fois réprouvées des avocats de Guibord ?Combien de fois M.Trudel et ses umisont dit: on ne distingue pns, om no discute pas, quand on est bon catholique, on 86 soumet.Tout cela est done changé ?LES PROFESSIONS LIBE- RALES.Les ferblantiers, les ébénistes, les agriculteurs, les casseurs de pierre continuent À envoyer leurs enfants uns nos grrrands colléges, Pas un marmot n\u2019échappe à cette cruelle conscription qui fait des milliers de victimes.Une famille qui ne compterait pus dans son sein un ou deux hommes de profession serait réduite au désespoir.Ces garçons joufflus dont les bras robustes tireraient des richesses du sol et ne demandent qu'à manier la charrue,la hache où le marteau, on les cntasse dans les grands colléges ct là on les bourre tellement de gree et de latin qu'ils en sortent étiolés, ahuris, insoucieux de leur propre langue qu'ils ne savent ni parlor ni écrire, et bons tout au plus à luiredes notaires ignorants,des avocats Suns causes où des médecins homii- cides, Si encore on leur fnigait comprendre, dans ces grrrands colléges, que les professions libérales sont encombrées, que les membres de ces professions cn sont réduits, dans les grands centres, à faire les uns pour les autres des rifles, des souscrip- Lions, des quêtes ; que les bureaux publics regorgent de notaires et d'avocats, à tel point qu'on y voit dix ou quinze de ces malhoureux s'escrimer à faire le travail qu'un d'eux ferait mieux tout seul ; que d'autres avocats vivent de politique, se créent des rovonus avec nos die- sensions ct pêchent dans les caux \u2018ju\u2019eux-mêmes ont troublées ! Si on leur faisait apprécier les bionfuits, les grandeurs de l'agrieul- ture ! On s'en garde bien, ct tel qui, après un cours classique, vivrait sur ses terres dans I'nisance, honoré, recherché pour toutes les charges oivi- ques ou politiques, rougit comme une jeune fille en passant près de In herse ou de la charrue de son père.Allez-y done gaîment, ferblantiors, ébénistes, agriculteurs et cusscurs de pierre ! Continuez à encombrer nos grands colléges de vos enfants, Bicntôt il n\u2019y aura plus dans la province de Québec que des avocats, des notaires ot des médecins.Notre agriculture snus doute on souffrira ; nos arts ot nos métiers resteront dans l'enfance ; nos granges tomberont par terre ; nos champs redoviendront en friche ; nos ouvriers apprendront justo assez leurs métiers pour dovenir les valets ot les esclaves des nationalités étrangères.Mais, d'un autre côté, nous serons un peuple versé dans les langues grecque et latino, instruit des hauts faits de l'histoire ancienne, fort en guoule, habile à se diviser, à se mordre, à se déchiror dans les journaux, sur les hustings, à la tribune ! Cola vaut bien la poine que vous cuvoyiez vos enfants dans les grands colléges, ô ferblantiers, ébénistes, agriculteurs et casseurs de pierro ! Pourtant, si je savais pouvoir être entendu, comme je crierais fort ces vers de Virgile : O fortunatos nimivm sua si bona nbrint Agricolus.Si vous ne les comprencz pas, 6 chers ferblantiers, ébénistes, agrieul- teurs et casseurs de pierre, demandez- on l\u2019explication à messieurs vos fils qui sont des hourmes de professions, Ils ont juste assez appris de latin pour vous les traduire en mauvais français.JEAN-BAPTISTE DU SABLÉ.Le Cunadien qui était si féroce quand un libéral osait insinuer qu\u2019il était permis de différer d'opinion uvec son évêque sur une question politique, est bien doux aujourd'hui pour ceux qui sont en ce moment en guerre ouverte contre l'autorité ve- clésiastique.Il est vrai que cette fois les coupables sont ses dieux.\u2014\u2014\u2014 Lo Journal des Trois-Rivières ne se rappelle plus évidemment que pendant vingt ans il a condamné au feu éternel tous ceux qui se permettaient do croire et de dire qu\u2019on nc pouvait être catholique et forcer son évêque ou son curé à se soumettre à l\u2019autorité civile.C'est vraiment amusant de l'entendre prêcher aujourd'hui avant tout le respect de la loi et de la suprématie royale.C'est incroyable.L'acte le plus évident de désobéissance à l'autorité religieuse, aux décisions et aux désirs de Rome même, dont le pays nit été témoin, est commis précisément pur les évêques, par los prêtres et les journaux qui ont dopuis quinze ans le plus réprimé tout sentiment d'indépendance dans des matières ou l'Eglise comme le bon sens et l'intérêt de l'Etat veulent que les hommes soient libres, Nous arrêtons, car nous avons toutes les peine du monde à nous empéchor de dire tout ce que nous pensons, tout ce qui se dit en ce moment.Les gens qui ne croient pas, qui font dc la politique comme de la religion par intérêt, ricut ou restent froids, mais les gens de bonne foi, ceux qui voudraient leur religion ct leur nationalité grandes ct respectées, ceux-là n\u2019ont-ils pas raison de déplorer ce qui se passe en ce moment ?On fait des assembléce, on adopte des résolutions et on signe des requé- tes contro un bill demandé par l'évêque de Montréal ot l'épiscopat pres- quo tout entier! On dirait que les autorités religicuses de Rome ct du Canada menacent l'avenir du pays ! Et on a vu dernièrement,à l'une de ces assemblées, M.Desjardins, député d'Hochelaga, l\u2019ex-rédacteur ct propriétaire du Nouveau Monde qui nous a reproché tant do fois comme un crime d'avoir dit que Mgr Bourget ct quelques membres du clorgé avaient tort de nous combattre avec tant d'acharnement, dans un temps où on n'avait rien à reprocher aux libéraux au point de vue catholique.Se rappelle-t-on toutes les injures qu'on nous n adressées parce que nous avions eu le courage do critiquer la lettre pastorale de Mgr Bourget engageant le peuplo À no pas voter dans les éloctions locnles pour les amis des députés ct des ministros qui daus ln Chambre fédérale n'avaient pas été assez forts pour faire accorder l\u2019amnistie complète à Riel et Lépine ?\u201cAujourd'hui qu'on à lu preuve du patriotisme ct de l'énergie déployés par les chefs libéraux dans cetto affaire, on comprend plus que jamais combien il était injuste de faire passer pour de mauvais catholiques des hommes qui s'étaient donné tant de peine pour régler cetto question.Si encore le salut de l'Eglise cût dépendu de l'amnistie ! Eh bien! nous le demandons, qu'aurnient done dit ct fait à notre place ceux qui aujourd\u2019hui traitent avec tant de mépris les autorités religieuses de Romo ct du pays dans une matière où elles ont certaines ment plus droit qu\u2019en politique à l'obéixsance des catholiques.Les Chartistes.Tcl est le nom que méritent de portor coux qui après avoir tant préché l'obéissance à l'autorité ro- ligiouso, ot la supériorité do l\u2019Eglise sur l'Etat, n'ont plus qu\u2019un Diou : ln loi ! la charto! Vive In charte! C'est le nouveau syllabus auquel il faut croire cn dépit de Rome et du Ciel.Les décrets de Rome, les opinions du Cardinal Simconi, les requêtes des évêques, tout cela n'est rien maintenant ! La loi, la charte avant tout ! Vive la charte ! Il est curieux de voir que les grands et petits adversaires de l'Université Laval sont précisément les mêmes qui ont causé tant de peine À Mgr.Conroy, ont contesté son impartialité et ont essayé de le flétrir parce que ce digne roprésentant de Rome, ce grand évêque, trouvait qu\u2019il y avait place dans l'Eglise pour tous les hommes de bonne volonté.Il était suspect comme l'Université Laval, comme le cardinal Simconi, comme l'archévêque de Québec.N'a-ton -pas poussé la malice jusqu'à insinuer dans les journaux et à crier dans les rues qu> Mer Taschereau avait acheté l'appui du gouvernement Chapleau pour l\u2019Université en renonçant à la loi de l\u2019influence indue ?Ne dit-on pas clairement que c\u2019est par l'intrigue, la frande et même plus que cela\u2014qu\u2019on a obtenu à Rome ce qu'on voulait ?Quand les libéraux les plus avancés, mêmo coux (que nous condamnons, ont-ils poussé aussi loin le mépris de l'autorité ct l'esprit de révolte ?Et on se fiche parce que nous avons dit que nous étions à ln veille d'avoir un anti-pape ! Lu Finmina est une des meilleures pièces jouées par la] troupe française.La Closerie des genets demande trop de bens acteurs ; les Chevaliers du Pince Nez, comédie trop légère, assez amusante ; Nog {ntimes, charmante pièce, pleine d'esprit ; Le Leçon de Grammaire, très amusante à cause de la manière dont elle n été jouée parFleury et Vadant.Madame Clarance est une grande actrice ctnous no comprenons pas qu'elle soit comme échouée ici.Molina est suporbe dans cortains rôles, pres- qu'aussi fort que Mdme Clarance.Fleury dont nous n'avons pas encore parlé est un acteur comique des plus distingués.Madame de Lestrac réussit très bien dans les rôles qui ne domandent pas une grande vigueur.Vadant est toujours Vadant, c'est un véritable artiste.Excellente troupe, comme nous l'avons dit, minis qui doit se hâter \u2014 \u2014 de partir, si elle re veut pas perdre d'argent.On dit que M Claude travaille à l\u2019organisation d'une troupe qui passerait six mois au Canada.C\u2019est trop long.Il ne tiendra pas deux mois, à moins que d'avance il assure toutes ses dépenses au moyen d'une sous- eription.Les ennemis de l'université Laval font autant d'efforts pour démontrer qu'ils ne Sont pas en révolte coutro l'autorité ecclésiastique, que les libéraux cn fesaient pour prouver que les bulles des papes cb les mandements des évêques contre le libéralisme catholique ne s'appliquaient pas à ceux qui voulaient simplement avoir la liberté de\u2019penser qu\u2019on peut faire son salut sans «roire À l\u2019infillibité de M.Chapleau ou au désintéressement do M.Pâquet.La peine du talion ! Deux ouvriers discutaient sur la question de l'université Laval\u2014 Quelle est donc Ja différence entre l'affaire Quibord et l\u2019affaire de l\u2019université Laval, demanda l'un d'eux.\u2014Eh bien, je n'en sais rien ; duns les deux cas ou dit : la loi avant les évêques, \u2014J'y pevse reprend l'autre; si dans l'affaire Guibord l'autorité civile n'avait pas le droit de décider si l\u2019é- véque avait tort ou raison, comment ceux «ui ont soutenu cela peuvent- ils aujourd'hui tant crier qu'ils ont droit autant que les évêques de décider si le papea voulu dire ceci ou cela, \u2014La seule différence que je vois, moi, c'est que dans un cas c'était M.Doutre qui disait celu et dans l\u2019autre c'est M Trudel.Deux des signataires des requêtes présentés contre, l'université Laval conversaient ensemble, \u2014Dis-donc, Baptisc, demande l'un, as-tu signé contre cette affaire sale de Québec qu'ils veulent établir ici ?\u2014Oui, j'ai signé, seulement je sais pas pourquoi ils font tant de train pour cette chatte de l'université.NOUVELLES DIVERSES.Le massacre des Donnellys.\u2014 Cette sanglante tragédie a recommencé à exciter l'opinion publique depuis les révélations faites par John Fehcely.Ce Fehcely ayant cu une dispute avec Carroll, celui qu\u2019on regardait comme principal coupable, n fait, avant de partir pour les Etats-Unis, les révélations suivantes.TI faisait partie de la bande.Ils étaient une quarantaine.Leur plan était de se rendre pendant la nuit chez le père Duonnolly, de le faire sortir avec son fils Tom ct de les torturer assez pour leur faire avouer les crimes dont ils les disaient coupables.Ils n'avaient pas précisément l'intention do les tuer, cependant cola dovait dépendre des circonstances.Ils se rendirent donc, un soir, à ln maison du père Donnelly.Carroll, qui est huissier, frappa à la portoet demanda au nom de Sa Majesté qu\u2019on le laissit entrer.On}ouvrit la porte ct Carroll, suivi de plusieurs de ses compagnons, entra.Ils pénétrèrent dans la cuisino où dormait Tom Donnelly et lui mirent les mcnottes.Ils se rendirent alors dans la chambre du pêre qui ne toulut pas ge laisser lier los mains, D so rappelle qu\u2019un petit garçon du nom d'O Connor édit cous é, co soir-là avec le père Donnelly.Plusieurs des assassins accoururont au secours de Oarroll ct on se jeta sur le vieux qui se défendit avec acharne- meut ; mais plusieurs coups de bâton lui brisèrent In tête et il tomba pour ne plus se lever, Lu vieille femme qui avait voulu prendre sa défense ct se battit avec le plus grand courage, ne tarda pas à subir lé mêmesort.Pendant ce temps-là Tom fuisait des efforts inouis, pour dégager ses mains des menottes qui les attachnient ; grâce à en force, il ¥ réussit ct se jeta comme un tigre sur les assassins de son père et de sa mère, mais voyant qu'il ne pouvnit lutter seul contre tant de monde, il s'élanca hors do la maison, et il reçut en cc moment un coup du bâton qui l\u2019abattit.T1 se releva, les yeux et le visage pleins de sang et se mit à défendre sn vie nvec la rage du désespoir.Mais il tombu encore une fois, 00 le traina dans In maison et comme il essayait do parler et de se relever, Carroll cria à l\u2019un des assassins : \u201c* frappe à la tête avec la pelle,\u201d et le vicillard à qui il s'adresfait enfonga la pelle duns In cervelle du défunt qui expira immédiatement.Restait Bridget, la servante de la maison.qui s'était enfuie dans le haut de lu maison ct faisait entendre des cris effrayants.Quelques-uns des ussas- sins montèrent dans la chambre où elle était ct la tuèrent malgré ses cris de détresse.Ils mirent alors le feu i la maison et partirent, ne se doutunt pus qu'ils avaient lnissé vivant duns la maison un témoin, le Jeune O'Connor qui s'enfuit aussitôt qu'ils furent sortis et racontu plus tard ce qu'il avait vu.Les jurés ne voulurent pas condamner les accusés sur le témoignage d'un enfant.Fohcely dit que l\u2019enfant ne s'est trompé que sur un point, lorsqu'il a prétendu que le nommé Purtell était parmi les assassins et que même c\u2019était lui qui avait donné le dernier coup à \u2018Lom Donnelly.Après avoir mis le feu à ln maison, les assassins voulant achever leur wvre de mort, se rendirent chez William Donnelly à quelques arpents plus loin.En arrivant selon le programme tracé, ils crièrent : \u2018 au feu\u201d et se préparèrent À tirer sur le premier qui se présenterait.Ils croyaient que co serait William qui ouvrirait Ja porte, mais ce fut John qui tomba frappé d\u2019une balle en pleine poitrine.Croyaut que William était mort, ils s'en allèrent.Ils avaient eu d\u2019abord l'intention de tuer un nommé Keefe, un ami de William, mais Fehecly prétend qu'il lesen empécha, Fehcely n été l'une des premières victimes de ses révélations; il a été arrêté dans le Michigan et son procès ainsi que de la plupart de ceux qui faisaient partie de la terrible bande, aura bientôt lieu.Voilà encore une preuve do plus que le meurtre ne peul rester inpuni.\u2014On sait que c'est le général Benedek qui commandait les Autrichiens à Sadowa et que jusqu\u2019à sa mort il a porté la responsabilité de cetto défaite écrasante.Le bruit court maintenant que le vioux général fut sacrifié dans cette affaire et qu\u2019on lui donna le commandement de l'armée parce qu\u2019on savait qu\u2019elle n\u2019était pas en état de lutter contre les Prussiene.L'empereur avait voulu éviter aux archidues la responsabilité des événe- ments qu'il prévoyait ou redoutait.On prétend même que l\u2019archiduc Albert avait obtenu de Benedek Ju promesse qu\u2019il no dirait jamais rien.On saurait mnintenant pourquoi lo commandement de l'armée autrichienne ne fut pas donné suivant la coutume à un archidue, Le vieux général garda lo scoret jusqu'à su mort ct consentit même à vivre dans lu disgrâce par respect pour sa parole ct la famille impériale.~\u2014 Les trois empereurs d'Allemagne, de Russio et d\u2019Autriche doivent se rencontrer, dans le cours do l'été, dans une des villes d'eaux de l'Autriche ur s'entendre, dit-on, sur les meil- curs moyene de combattre lo nihilisme et le socialisme.On se demande si une nouvelle Sainte Alliance ne sortira pns de cetto entrevue, La France a besoin de se bicn tenir.\u2014Le prince Oscar de Suède, le fiancé de la princesse Victoria d'Angloterre, a un revenu de 324,000 comme prince ct de 200,000 comme \u2014 \u2014\u2014\u2014 ace = LA TRIBUNE.héritier de sa grand\u2019mére Jozépline fille du célèbre prinre Euxène de Beauharnois.Le prince Oscar étant fils du général Bernadotte est allié du côté maternel et du côté paternel à la famille Napoléonienne \u2014Un bateau chargé de 600 personnes à sombré près de London, le jour de In fête de ln Reine.Près de 250 personnes sc sont noyéos.C'était un voyago de plaisir : le bateau était trop chargé, il n écrasé on s'est dis- Joqué en plein milieu du fleuve.\u2014L'un de ceux qui ont pris part uu meurtre des Donnelly à Biddulph a fuit des aveux qui ont amené l\u2019arrestation de plusieurs des assassins, Il a dit qu'il ne pouvait plus garder le secret, L'un des témoius en faveur de Carroll aurait été le principal coupable ; c\u2019est lui qui surait tué Tom Dounelly qui était chez son père.\u2014Nous avons beaucoup de plaisir à recommander la glacière brevetée de M.Buril.M.Baril est un de ces ouvriers canadiens qui savent tout faire, inventent même sans avoir cu In chance de développer leurs talents par l'étude.Sà glncière brevetée a pour but d'empécher les viandes de suer et de les tenir dans un air cons- taminent sec et froid.les centaines de personnes qui en fout usage eu recononissent l'excellence ct en font les plus grandes éloges.Les hommes les plus compétonts ont témoigné en sa faveur dans des causes où les tribunaux ont sanctionné les droits de M.Baril et condamné ceux qui s'étaieut rendus coupables de contre-façon.Nous invitons donc les conmunau- tés et les personnes qui ont besoin de conserver les vinndes de s'adresser à M.Baril.\u2014Manifestations extraordinaires à St.Hubert.Lu paroisse de St-Hubert située à trois lieues de Montréal, est très excitée en cc moment.On se rend en foule à In maison d\u2019un nommé Perrault pour voir ce qui s\u2019y passe, Perreault est nbsent,il travaille sur le chemin de fer du Pacifique il n\u2019y a duns su maison que sa femme ct so fille âgée de treizo ans, Or, depuis quelque temps, ka maison parait en sorcelée ; tout y est mis sans dessus dessous ençuo clin-d\u2019ail, en les hardes sont déchirés, les meubles jetés tout à coup violemment d'un endroit dans l'autre, des portes et des fenêtres bien fermées sont ouvertes ct cola »e fait dans des apparteiments on il wy a personne, Ce n'est pas tout, la jeune fille, l'un de ces jours derniers, a eu une crise terrible d'épilepsic, deux hommes ne pouvnient la tenir et copendant ce temps là une épingle \u2018qui attachait la robe de sn mère fut jetée sur le plancher ainsi qu\u2019une paire de gants qui était sur une com- wmode.Elle passa la main à travers une grando vitre qu\u2019elle mit on morceaux et cependant elle ne se fit aucun mal.On l\u2019entendait dire en balbutiant qu\u2019elle voyait quelque chose de noir at d'effrayunt.La crise dura une heure, Le curé de la paroisse, le rev.M Ilurteuu, ayant été prié d'aller visiter cette pauvre famills, s'y rondit.Voulant savoir à quoi s'eu\u2019 tenir, il fit sortir tout le monde de la maison, mit toutes choses en ordre et sortit lui-même, Quand il reutra, il trouva tout boulovorsé ; il ne pout s'empêcher de dire que ces faits n'étaient pas naturels et méritaient d'être étudiés.Les gens de l'endroit attribuent tout cela À un sort qui aurailété jeté sur la maison et ]a jeune fille pur une vieil le mendiante qui aurait voulu 86 von- ger de la famille Perreault et qui au rait dit devant plusiours personnss : stant que Perrault n\u2019aura pas payé les 84 qu\u2019il doit à mon mari, il aura du trouble.» Les théologiens ct les médécins dis cutent Ia causes do ces phénomdnes et les attribuant, les uns au démon les autres À des enuses naturelles, mais difficilesà comprendre.On sait que des phénomènes semblables se sont déjà produits en différents endroits cutr'autres d Rigaud, il y a une ving.tuine d'années, à St Martinet ailleurs Dans un cas, les médocins ont préton- du que des faits semblables étaient dûs à une fille hystérique.Comme eaucouup d'autres cas ne peuvent s'expliquer de cette manière et que I'hystéric uy était pour rien.il fant chercher d'autres causes.On sait que de savants auteers n'expliquent ces faits étranges en certains cas que par l\u2019intervention des mauvais esprits, I yena qui soutiennent que les mauvais esprits peuvent se mettre au sei vice d'une méchante personne et ils s'expliquent les sorts de cette manière, \u2014Le jeune Disraeli, \u2014 les témoi- guages contemporais sont unanimes à cet égard\u2014 était singulièrement beau.TI avait de longues boucles d'un noir d'ébéne, res yeux pétillnient d'intelligence et do vivacité ; son nez était régulier et son teint d'une pi- cur ultra-romantique.Malheureusement, i ee qu'il paraît, M.Disracli était conteint de sn benuté aussi bien que de ses autres dons naturels, La tradition veut qu\u2019il ait dépassé en dandystie même les rois de ln mode de cotte époque des petits-maîtres, Nous entendons parler d'habits de velours et d'une coupe étrange, de ba gues ébloui-sautes, et de chaînes qui n\u2019on finissaient pas, de cannes à glands de goie et autres extravagances du même genre.« C'était, écrit un de ses critiques les plus mordants, un élégant au suprême degré, ll y a trente aus, ln futuité poussée à l'extrême, était à lu mode, mais il surpassait tous ses ri- Vaux en « attiffements » personnels, Aujourd'hui encore, des dumes respectables du grand monde citent souvent les grâces, les atours particuliers, et tout l'extérieur du jeune Disracli à l'époque où il fit ses débuts dans le grand mondeo : les boucles de ses cheveux noirs ct soycux, ses yeux brillants,son air effémivé et sa voix grasseyante ,son habit do velours noir, doublé de satin blanc, ses gants de peau de chevreau, une longue frange do soie rctombant sur ses poignets, sa canue d'ivoire dont la pomme, incrustée d'or, était rchaussée de soie noire en forme de gland, » «Disracli, écrit N.-P, Winis dans sa description d'une soirée chez lu comtesso de Blessington, était arrivé avant moi et était assis duns l\u2019embrasure do ln fenêtre qui donnait sur Hyde Park, et les fleurs d'or de son gilet couvert de riches broderies, réflé- taient les derniers rayons du soleil couchant.Des escarpins cu cuir breveté, une canne blanche, à cordon et gland de soie noire, ct une profusion de chaînes entourant son couct pendant de ses poches, en fuisaient, mème dansle jour incertain du crépuscule, un objet qui devait appeler forcément l'attention.Disracli avait une des figures les plus remarquables quej'aie jamais vues, Sa pileur est livide et, sans l'évergie de ses gestes et la forco de ces poumons, on aurait dit qu'il était poitrinaire.Sou wil est noir comme l\u2019erèbe ct a l'expression la plus moqueuse, la plus malicieuse qu\u2019on puisse s\u2019imaginer.Sa bouche est animée d\u2019uncespèce de nervosité tourmentéo et impatiente ct lorsqu'il vient de lancer, ainsi que celu lui arrive constamment, une expression particulièrement lrappante, elle prend un pli de déduin triomphant, qui serait digne de Méphistophélés.Ses cheveux sont aussi extraordiuaires que son choix on fait de gilets.Une masse lourde et épaisse de cheveux bouclés noirs comme jais, tombe le long de sa jouc gauche presque jusque sur sa cravate sans col, tundis que, sur la tempe droite ilssont séparés ct relevés avec la tendre sollicitude que pourrait y mettre une jeunc fille et reluisent d'un éclat huileux : «Grâce À ton huile incomparable, Macassar! » \u2014Une jolie définition du veuvage : Le veuvage à son mérito quand il commence, ses dégoûts quand il continue, et n'a tous ses charmes que quand il finit.\u2014La princesse Stéphanie de Bolpique qui vient d'épouser le prince mpérial d'Autriche a fondu subite- menten larmes au moment de prononcer le «Oui» redoutable, Elle pleurait sanglotait tant qu'elle com- muoiqua, son émotion à toutes les personnes présentes.Le prince Impérial tint bon et réussit à la calmer.La princesse Stéphanie sera, dit-on, l\u2019une des plus belles femmes de l'Europe, Inutile de dire que son émotion pondant son maringe est considérée comme d\u2019un mauvais auguro par les gens superatitieux, \u2014Les 86 représentations données par le grand tragédien italien Salvini ont rapporté 166,000, faisant une moyenne d'environ $1400.On voit que Sulvini a été mieux apprécié aux Etats-Unis qu'au Canada.Sarah Bernhardt a encore eu plus de suc- ced, La moyenne des reecttes des représentations qu\u2019elle n données en Amérique n été de 23,500, Un Américain s'est suicidé der- niérement parce qu'il eroyait que sa femme Paimait moins que sa fille ; une jeune fille de Californie cu a fait autant parceque son père avait épousé une femme plus jeune qu\u2019elle même ; Un maçon purce qu\u2019il trouva qu'une waison qu'il venait de construire n'était pas à plomb, un négre parce qu'il ne se trouvait pas assez dévot ; un cultivateur du Maine s'est pendu parce que son cheval refusait de marcher et une jeune femme mariée depuis trois jours fut si peinée d'entendre sou mari jurer contre elle qu'elle s\u2019est empoisonneé, UNE COSIDERATION.\u2014 Lorsque lu maison Dupuis frère s\u2019ouvrit sur la rue Ste, Catherine Quartier Ist de lu ville, presque personne, dans le commerce de marchaudises sèches du moins, ne faisait d'annonces, Voyant cette maison prospérer avec un systû- me d'annonces sages ét véridiques, touted les autres l'imitèrent bientôt, et aujourd'hui presque tous les mar- Chands annoncent assez largement, Rien de plus facile À faire, La question est de savoir si tous sont en état de répondre aux énoucés de leurs annnonces, Dans tous les cas on ferait de se méfier des häbleurs.Quant à nous, nous ne craïgnons pas d'inviter les Dames à venir voir uos étoffes à robes nouvelles, nos soies noires, nos demi-parapluies, (cn-tout- cas) ct nos parozols doublés et garnis on dentelle.Le tout, nous ne craîsnons pas non plus de l'afrmer, à 25 par cent de moins qu\u2019ailleurs, Nous venons de recevoir par le steamer le /*risien plusieurs caisses d'autres marchandises Européennes.DUPUIS FRERFS, 605 rue Ste.Catherine coin de la rue Amherst, Montréal, bien Le semeur breveté de Mann qu'on attache à des rûleaux trainés par «des chevaux sème toutes sortes de grains et ensemence parfaitement bien de six à huit âcres de Lerre dans une heure.H peut être attaché à toules sortes de ra- teaux muis surtout a rateuu Cossitl, Garanti parlait, tèmu le lu graine de lin comme tout lu resto avec la plus grande uniformité depuis cinq livres par âcre et plus.Prix seulement $25\u2014 Semeur et rüteau réunis 5ôÙ \u2014 l\u2018aites demander des circulaires et fuiles un eseui sur Votre terre, 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prises aspirbes fortement à cinq minutes d'intervalle, ol ensuite une prise toutes lea heures jusqu\u2019à guérison.Prix : 25 cts, la bolle, DÉMÉNAGEMENT.Le soussigné à transporté son magasin de [
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