La Tribune, 11 juin 1881, samedi 11 juin 1881
[" A pe 2 te rt 4% VOL.I.\u2014No 34.MONTREAL, SAMEDI 11 JUIN 1881.LE No 2 CanTs JOURNAL HEBDOMADAIRE.\u2014 L.O.DAVID : RÉDACTEUR-PROPRIÉTAIRE.BUREAUX : 25 Rue Ste-Thérèse.W.FF.DANIEL : ADMINISTRATEUR ADMINISTRATION.LA TRIBUNE JOURNAL HEBDOMADAIRE l\u2019aralt tous les samedis, Los abonnements datent du ter et du 15 do chaque mois.ABONNEMENT.$1.00 $0.50 Un an.SIX Mois.Lo numéro 2 Cents.PAYABLE D'AKANCE.W.F.DANIEL, ADMINISTRATEUR roncresesues » LA TRIBUNE MosTréaL, 11 Juin 1881.Les patriotes de 1837-38 (Suite) X A TRAVERS LES DEUX GRANDS OCEANS.Nous remimes à la voile le 5 décembre, ct avec le voyage recommencèrent nos souffrances.Cependant, le vent était favorable, ct ce n'est pas sans certaine jouissance que notts sentions notre navire fendre les ondes ; car, bien que le sort qui nous attendait sur la terre d'exil fit un sort épouvantable, néanmoins, notro grande préoccupation du moment était de pouvoir quitter cet affreux navire, dans les flancs duquel toutes les tor- turcs nous étaient infligées, Si, d'un côté, notre sort était un peu adouci par l'addition d\u2019une ro- quille de limonade par jourà une provision un peu augmeutée d'eau, ot par la diminution de la chaleur, d'un autre côté, la vermine, se mul- tipliart daus nos hardes et daus nos lits, nous faisait ondurcr des maux iudescriptibles, Avce cela des symptômes de scorbut so montraïent chez quelques-uns d'entre nous, c\u2019est même co qui avait engagé les autorités du bord à ajouter un peu de limonade A notre régime.Le vent nous étant toujours favorable, le 28 décombro nous avions traversé l'océan ct nous nous trouvions A la hauteur du cap de Bonne Espérance.Doux joursaprès, nous avions franchi les dangers de ces côtes bordées d'écucils ct si souvent tourmentées par les tempêtes, ct nousétions passés de l'Océan Atlantique duus 1'0- céan Pacifique.L'année 1840 arriva.Qu'il fut tristo le jour de l'an des exilés à bord du navire Le Buffalo! Quels soupirs nous cuvoyâmes vers .ln patrie en Co jour que nous savions si gai dans notre cher Canada ! Les souvenirs de l'enfance, les affections de la famille, tout cc qui traverse ln mémoire ct le cœur de l\u2019homumo se disputaient, avec la tristesse, lu pas- session de nos Étres.T\u2026 Je renonce à décrire ce qui so passait cn moi; car j'entasserais des mots ct des phrases que je ne réussirais pas À rendre ma pensée.Ces choses 50 sentent, mnis ne se décrivent pas: du moins je mo sens impuissant à remplir une pareille tâche.Les traitements que nous cndu- rions étaient toujours les mêmes ; il semblait que le jeune officier dont j'ai déjà parlé voyait augmenter sn rage coutre nous à mesure qu\u2019il voyait approchor le moment où nous allions être soustraits à ses persécutions.À toutes les insultes qu\u2019il nous avait prodiguées jusque là, il ajouta l'épi- thôto de stupid usses (stupides bidets) qu\u2019il adressait souvent à tous ceux d\u2019entre nous qui ne pouvaiont comprendre ou parler l'anglais, tandis que lui-même no savait pas un mot de français, la langue européenne par excellence, la langue des cours et des salons, des sciences ct de la diplomatio.XI SYDNEY ET MONSEIONEUR L'EVEQUE DE SYDNEY Le 19 février, vers les trois heures de l'après-midi, nous laissimes le port d'Hobarttown, poussés pur un vent favorable, cinglant À toutes voiles vers lo licu de notre exil.Le 24 nous étions à In hauteur du port Juckson, sur lequel est bâtie la ville de Sydney dans la rivière Paramata.Nous étions dans notre fond de cale lorsque les ancres furent mises à Peau.Le bruit des chaînes et les piétinement* de l'équipage sur le haut pont vous réjouirent le cœur c\u2019était l'annonce dune délivrance prochaine, Ce n\u2019était pourtaut pas le bonheur que nous nous atendions à trouver sur cette terre que nous allions toucher ; maisc'étaitla fin, du moins, de misères telles que je ne crois pas qu\u2019il soit possible à l'homme de survivre à de plus grandes, Nous avions enduré pondant plus de cinq mois tout ce que le cœur, l\u2019esprit ct le corps humain peuvent endurer à la fois de souffrancès prolongées.Nous étions donc devant la ville de Sydney, capitale dela Nouvello Galle du Sud, où devait se consumer, confondus au milieu des grands cri- mincls du Royaumo-Uni, une portion notablo de notre existence terrestre, À pcino une heure s'était écoulée, depuis notre arrivée, que le digne évêque de Sydney, Monscigueur Polding, accompagné d\u2019un missionnaire, lo Père Brady, arrivait au milieu de nous, Le charitable prélat nous dit que, bien qu'incapable de nous distinguer les uns des autres, il nous connaissnit tous; que mous étions ses onfants arrachés A I'Eglise du Canada, mais confiés désormais aux soins do l'Eglise de la Nouvelle-Gallo du Sud.Les evêques du Canada avaientécritet In charité nous avait procédés dans ces régions lointaines de notre dur exil.Monscigneur Polding ct son compagnon, lo Pre Brady, qui parlait lo français avec la plus grande fu- cilité, demeurdrent avoc nous environ une heure ot demie, pendant laquelle ils nous prodiguèrent toutes les cou- solations que peuvent sufrgérer les cffusions de la charité ct du zèle sacerdotaux.Monseigneur nous annonça qu'il viendrait, le lendemain, avee des prêtres, recevoir nos confessions, puis avant de partir, il, nous fit uno prière ct nous donua sa bénédiction, Je n'ai pas besoin d'essayer à exprimer le soulagement que nous causa cette mainte visite, puisque ces lignes sont surtout destinées à être lues par mes compatriotes, des Canadicns, cofants do l'Eglise, héritiers de la piété de gloricux anedtres.Le lendemain, *Monscigneur Polding revint, on effet, avec deux mis- siounaires.Sa Grandeur nous annonça qu'elle avait obtenu des autorités la permission de venir célébrer la messe dans notre affrcux logement, ct quo, conséquemment, en donnerait la sainte communion À ceux qui se trouveraient en état de la recevoir.Nous nous con- fossûmes tous, nous préparant de no- tro micux à recevoir notre Sauveur le jour suivant.Il y avait, comme je l'ai dit plus haut, À une extrémité de notre étroite prison, un espace, correspondant à uno écoutille, dans lequel la distance d'un pont à l\u2019autre pouvait permettre à plusieurs personnes de se tenir debout ; ce fut là que nous dressämes de notre mioux l'autel pour lo saint Sacrifice.Le 27 février 1840, dans le port do la capitale de la Nouvelle Galle du Sud, uv évêque de l'Eglise de Jésus- Christ célébrait, assisté de ses missionnaires, la sainto messe, au fond do cale d\u2019un nuvire-prison, et cinquante-huit exilés politiques canadiens entendaient cette messo, dite à leur intention, et y rocovaieut la sainte Eucharistic.Monscigaeur Polding nous dit qu\u2019il no croyait pas devoir nous cacher que le bruit courait qu'on allait nous mener à quelques cents milles de Sydney, dans une petite île nommée Norfolk, baptisée dans la colonie du nom \u2018« d'Enfer sur terre (Hell on earth).La perspective était coffectivement torriblo : cet cndroit était alors le lieu où l'on cuvoyait les forçats les plus dépravés ct les plus incorrigibles : tous les jours il s\u2019y commottait des crimes atroces, ct les traitements auxquols ces malheureux étaient soumis étaient à l'unisson du caractère etdes mœurs des habitants de cotto affreuse localité.Il paraît que de philantropiques individualités, liées avec lo gouverne- mont canadien d'alors, avaicot fait do nous une peinture aussi chargée que hideuse : cela, joint À l\u2019oifct produit par les articles mensongers ot sanguinaires do cortains journaux anglais de Montréal transmis À la Nouvelle Galle du Sud, faisait qu\u2019ou s'imagina avoir affairo, on nos per- sonncs, (à des bandits prôts à tout entreprendro ctà exécuter les plus grauds attentats sans frémir.Les dignes prêtres qui accompa- guaieut Monseigneur Polding rivalisèrent do zèle avec leur digne évê- (ue pour uous préparer À accepter, en vue do Dicu, le sort qui nous attendait, quel qu'il fit, Le généreux Prélat dit avec nous une courto prière, nous renouvela sa bénédiction épiscopalo et nous laissa cn nous disant qu'il allait, do ce pas, se rendro auprès du gouverneur, afin de solliciter pour nous la faveur d'être débarqués dla Nouvelle-Galle du Sud, Le moment du départ de ces dignes ministres de la religion nous parut une véritable séparation ; mais déjà faits À la misère ct au malheur et fortifiés par le Pain de vie, nous nous préparimes pour le pire, À peu près certains que nous allions être envoyés à Norfolk.Nous étions résignés à toul.XIL INSPECTION ET DEBARQUEMENT Le neuvième jour après notre arrivée duns In rade de Syduey,le 5 mars, ou nous donna avis que nous allions être passés en revue par dos agents du gouvernement.Cette inspection commença vers les trois heures de l'après-midi : ou nous fit monter surle gaillard d'avant par sections de douzo,\"pour comparaître*du- vaut trois employés de l'administration pénale, On nous demanda no- trenom, notre âge, le licu de notre naissance, notro religion, notre état, notre degré d'éducation, on s'informa de plus;de chacun s\u2019il était marié, 8'il avait des enfants, s'il parlait Pungis, ete, ete.A la suite de cette cérémonie, on nous fit redescendre dans notre fond de cnle, sans adresser à queun de nous un mot de plus que les simples et froides questions écrites sur les papiers admiuistratifs : ce qui au reste, est moins surprenant, quand ou songo que nous avions affaire à des fonctionnaires chargés de faire sans cesse la même besogne, et pour qui nous n\u2019étions que des forgats, dont la culpabilité était augmentée de tout lo grossissement qu'y apportaient les préjugés les plus aveugles et les plus enracinés do racc et de secte, Le lendemain, vers dix heures du matin, doux autros cmployés de l'administration pénale vinrent nous faire subir uno secondo inspection, On prit, cette fois, notre signalement, détaillant chaque particularité de notre personne ; jusque là que des messieurs nous ouvrirent ln bouche pour nous examiner les dents, mettant dans co procédé à peu près les mômes cérémonies et lu même gentillesss qu'un maquignon met à constater l'âge d'un choval qu'il vout acheter.À la suite de cette seconde ot très- agrénblo Inspection, on nous reconduisit encoro daus notre taudis, où nous nous crousûmes le cerveau pour deviner ce qu'on entondait faire de nous, à la suite de tous ces procédés et de cu séjour prolongé dans notre prison flottante.Tout cela nous confirmait dans l\u2019idée que nous allions être envoyés à l'Ænfer, dont nous avait parlé Monseigneur de Sydney.Ce prolongement de séjour à bord de la frégrato était pour nous un grand déeappointoment cn même temps qu'une torture morale, régultant de l'incertitude sur lo licu de notre destination.Aux souffrances physiques que nous continuions À ondurer s'a- Jjoutaient les poursuites d'une espèce de moustique propre à ces climats, Ces hôtes désagréables s'étaient introduits dans nos logomeuts et cn pou de jours nous étions couverts de petites tumeurs brunes, causées par leurs piqûres.Eofin, le 11 mars, après quatorze jours d'attente dans le port, on\u2019vint nous annoncer que nous allions des- condrod terre, ot qu'un bateau était accosté au navire pour nous emmener.Nos préparatifs n'étaient pas longs à faire; cu peu d'instants tout fut prêt et.nous sortimes enfin des entrailles de Pimpitoyable Bugle | Notre destination était un établis- semeut pénal situé à huit milles seulement do Sydney.Les longs délais qui nous avaient retenus si longtempsd bord du navire étaicot dus dla répugoance que les autorités avaient à nous admettre dans lu colonic : pour triompher de ces répugnances, ct nous épargner le triste sort d'un exil à l'île Norfolk, il n'avait fallu rien moins que les démarches pressantes ct incessantes de l\u2019excellent évéquode Sydney.Toutes ces démarches seraient même demeurées inutiles, malgré un cetrificat de bonne conduite donné pur lo capitaine du Buffalo, si Monscigneur Polding ne se fût presque porté caution de putre conduite future : c'était une respon- subilité extrômement dimeile à pren- dro pour l'excellence évêque, qui nous connaissait que par les lettres bicnveil- luntes écrites en notre faveur pur lo pré« lat cauadicn mais sa charité triompha de ses inquiétudes, ot il nous sauva de l\u2019horrible sort qui nous attendait.Le lieu de notre destination était un endroit nommé Long-Bottom, sur In rivière Puramata.Aussitôt cm- barqués avec nos valises sur le bateau qui devait nous conduiro, on déploys les voiles ct nous nous mîmesä re- montor la rivière, tout réjouis de voir de près des mnisons, des arbres ot des champs.Il était environ deux heures de l'après-midi quand nous toucht- mes le quai de Long-Bottom.Do suite, on nous conduisit, sous escorto de soldats, a un millo environ du bord deln rividre: nos offets, chargéa sur des charrettes traînées par des bœufs, nous accompagnaicot dans le trajet.Nous étions si faibles, si exténués ot si perclus de nos jambos, que cette petite marche d'un mille, faite au potit pas, nous fatigua au point de nous donner à tous des doulonrs dans los membres, lesquelles persistdrent, pendant quelques jours, pour plusieurs d'untro nous.À Continuer. LA TRIBUNE \u2014 Un mal sans remôde Si nos échovins n'ont pas assez do courago pour soumettre la prostitution, dans Montréal, À certaines lois, pour empêcher qu'on soit constamment chez soi, dans les places publiques, au théatre, partout, à côté de femmes de mauvaise vie, pour préservor nos enfants de leur contact dangeroux, il faudra bien que les ci- toycns preunent les moycus de sc faire respecter, On sait ce qui se passe : ces femmes, quo rico ne gêne, qu'on trouve partout, au seuil de nos portes, à côté de nos églises ou de nos écoles, prennent plaisir à attirer chez elles des enfants et à les perdre.On raconte à ce sujet des choses horribles, Muis il paraît que pour ne pas avoir l'air de reconnaitre la prostitution, il faut la laisser exercer ses ravages ! On s0 contente de faire une des- cento de temps à autre dans certaines maisons, de condamner à l\u2019amonde colles qui les habitent, et on croit que ln société cst sauvée | On oublie que plus ces femmes sont exposées à être molestées, plus elles cherchent à faire rapidement de l'argent, et plus lour contact est funeste.On semble oublier que ln sagesse consiste à diminuer lo mal qu'on ne peut détruire.Æst-on capable de détruire la prostitution ?\u2014 Non.Alors, trouvons moyen d\u2019enrestreiu- dro les ravages.La pudeur de nos femmes et l'innocence de nos enfants, la santé de plusieurs générations ne méritent-elles pas notre uttention ?Faut-il sacrifier tout cela à un faux principe de morale dont l'application est si funeste à ln société ?Nous avous trop do ces prinoipes là ct pas assez de sens commun et pratique.Un jour, lo mal sera si grand qu'il n\u2019y aura qu\u2019une voix pour domander 10 remède ; mais que de seundales ct sang empoisonné en attendant ! Nous avous été heureux de voir que lo Courrier de Montréal recon- nuissait la nécessité de faire de la société Saint-Jenn-Buaptiste une association utile ct pratique.Nos idées sur co sujot ont aussi été accucillies avec faveur par les membres de ln seotion Notre-Dame, ct M, le Président de la section a promis do les mettre dovant lo bureau de dircetion général de In société, Un correspondant d'un journal anglais faisait l'éloge, il y à quelques jours, do l\u2019Albani.Il disait qu'il venait de l'entendre à Londres et qu'elle était daus toute la force et la spleu- deur do son talent ; qu'elle chantait même avec plus de perfection que Ja Patti.Elle a pris de l'ombon point ct Inisse faciloment devinir son origine canndicnne-françgaise ; c'est, dit le correspondant, un typo ccmplot des femmes de son pays.Son retour sur ln scène, après qu'ollo est dovenuo mèro, a étô salué avec enthousiasme par la population de Londres.Sn Voix n\u2019a rion perdu do sx fraîcheur, ot elle semble plus notrice cncoro qu'auparavant, semble jouer avec plus de feu, avee oc brio qui fait surtout lo succès de la Patti.Ajoutons, À la gloire do l'Albani ct à ln nôtre, que 55 conduite n toujours été bonne ct que, jusqu\u2019à présent, aucun de ces scandales, si communs dans la vie des prandes artistes, n\u2019a terni sa réputation.Do sorto quo,sous tous les rapports, ello fait houncur au nom canadien.La Minerve ayaut annoncé que Mgr Lafléche était l'auteur do l'étude publié dans]le Journal des Trois Rivieres sur lu question de lunivorsité, un correspondant écrit dans le Journal de Québer co qui suit, Evidemment lu Minerve a été mal in- forméo ; car on lit dans le décret de la S.C.de la Propagande, dd ler février : «Les évéques auront Jo droit defuire leurs observations et de proposer les changements ct les améliorations qu'ils jugeront opportuns.SANS JAMAIS CEPENDANT RECOURIR AU MOYEN DE LA PRESSE.laquelle d'ordinaire.sert plus à aigrir les esprits ct les questions qu'à remédier au mal, ct aboutit à causer préjudice à l'honneur de l'université, et souvent même à l'honneur de la cause catholique.Ainsi, Mgr Laflèche n'a pu écrire l'article en question qui a paru sur Te Journal des Trois Riviere du 27 cou rant ; car cole faisant, Sa Grandeur aurait désobéi au Saint-Siège, ce qui ne peut être, dl.S, Nous pouvons affirmer sans crainte que si Mgr Lafièche n'a pas écrit l'article en question il l'a approuvé.Comme nous sommes de ceux qui disaicnt qu'on nedevait pas redouter les opinions politiques de M.M.Jannet et de Foucault.nous devons maintenant admettre que les craintes des libéraux étaient bien fondées au moins quant à M.de Foucault.Ce qu\u2019il vient d'écrire au sujet de la situation religiouso ct politique de notre pays montre autant d'ignorance que d'indélicatesse, Ceux qui lui out fuit lu langue lui ont rendu un fort mauvais service.Ayaut affaire à un jeune homme chez qui le zèle l'emporte sur l'expérience, ils lui ont fait croire tout ce qu\u2019ils ont voulu ct ilu cu la maladresse de l'écrire, Espérons (u\u2019unc autre fois son papa le gardera chez lui ou te laissera à l'école, Emile de Girardin, lo grand journaliste parisien, et Littré, le grand philosophe libre-pensour, n'ont pas voulu mourir sans aller à confessc.Les gens qu'ils ont endoctrinés ont bien raison de leur demander : \u2014 Mais quest-ce que vous nous avez done chanté pendant trente, quarante, cin- quanto ans meme ?§'il faut finir par 13, vos enscignements ct vos actes n\u2019étaient donc que mensonge ct erreur ?Le fait est qu'un homme ne devait enscigner que ce qu'il no dera pas obli gé de désavouor à sa mort.Un homme qui parle ou écrit ne devrait exprimer d\u2019autres opinions que celle qu'il pourrait avoucr sur son lit do mort.L'argent et ses abus.Un jeune ouvrier, M.Ernest Cyr, fils ct nssocié d'un des meilleurs on.vriers-entreprneurs do Montrénl,nous communiquo sur co sujet un excellent travail que nous regrottons de ne pouvoir publier en cntier.Nous avons lu avec plaisir cotte étudo qui fait voir le progrès que l'instruction fait parmi la classe ouvrière.M.Cyr n'a pas faic de cours d'études classiques, il a simplement reçu uno instruction commerciale dont il a su profiter.Développant uno thèse que nous avous nous-méme souvent traitde, M, Cyr commenco par établir que la richesse est un élémont de progrès ot do bonheur, que l'acquisition de ln fortuue demnudo un travail de corps ct d'esprit, un déploiement de force morale ou corporelle aussi utile & la société qu'à l'individu, pendant quo la puuvreté est unc source de faiblesse, d'ignorance, do dangers ct de tentations funests À l'esprit ct nu cœur.Mais laissons parler M.Cyr : \u201c Puisque l\u2019argont ct si nécessaire, tout homme doit chercher à cn acquérir.Or, c'est par économie qu'il atteindra ce but.\u201cIl n'y a pas un homme, pourvu qu'il soit cn santé, qui ne puisse devenir indépendant cn économisaut soigneusement ses revenus et cn se privant de tous les objets de luxe qui sont inutiles.L'homme pour devenir indépendant doit être industricux et prudent, et c'est surtout cette dernière qualité qui est la plus difficile à pratiquer.Vauvennargues a dit: les fruits mûrs mais laborieux do la prudence sont toujours tardifs.Sur cent personnes, il y cn a à peu près dix qui épargnent sur leur salairo.La classe ouvritre cst celle qui dépense le plus mal à propos ; au lieu d'umasser pour les jours de chômage et de maladie, l'ouvrier dépense son salaire au jour le jour, ct c\u2019est ainsi qu'à la première crise financière, lorsque les manufactures et les travaux sout arrêtés, il est obligé de mendier son pain.Des hommes qui vivent ainsi de la main à la bouche, n'ayant jamais un jour d'épargne en avant, ne sout guère mieux que des esclaves; car ils ne sont pas leur maître ; ils out l'alternative de la servitudo ou de la famine, ils ne peuvent commander bien longtemps ni choisir comment ct où ils vivront, Il est difficile pour celui qui a vu de près les misères des pauvres, de se rendre compte de cotte imprévoyance de conduite ; mais sans aucun doute, la cause première est que ces hommes dédaignent les petites épargncs.Demandez à colui qui dépense au fur ct à mesure pourquoi il n'épargnc pas uno petite [raction do son salaire, et il vous répoudra ceci : \u2014Que peut produire l'épargne de quelques sous par jour ?Il faudrait pouvoir épargner trois À quatre dollars par semaine, pour que cn valût la peinc.Il semble ignorer les résultats auxquels on peut arriver par la pratique des petites économies, il semble ou- blior que les sous économisés peuvent former dos fortunes, comme les gouttes d\u2019eau réunies forment les océans, Quel est le travailleur qui ne peut économiser cinquante dollars par année ?dans dix ans,cetto somme lui donnera, avcc l'intérêt composé, un montant de $650,00; dans vingt ans, #1,860 ; dans trento ans, 83,950, ct en quarante ans, la jolie somme de 87,700.Vous vous faites ninsi une bonne provision pour la vicillesse cn ayant économisé un peu moins de quatorze centins par jour.Comme ces quatorze contins nous sont imper- coptibles, lorsqu'ils nous glissent des mains pour satisfaire quelques folles habitudes ! Nous n'avons pas même ln pensée du montant considérable «qu'ils rapportornicnt, s'ile étaient épargnés, Il y a quelques années, parmi les capitalistes d\u2019une do nos grandes villes, était un constructeur qui valait pro- babloment plusicurs cent mille dollars, et qui copondant avait commencé sa carrière comme journalier à un dollar par jour, Sur co petit salaire il parvint à économiser cinquante centins par jour, ct au bout de l'année il avait on banque près de $180.00 ; do cc moment sa fortune fut faite; comme uv chasseur sur la piste du gibier, il était sur la routo de la fortune, ct certain tôt ou tard do gagner la partie.Ceux qui détestent ct trouvent les petites épar- goes comme indigoes de leurs soins oublient qu'elles ont pour effet de préparer à l\u2019habitude de l'économie, Il est vrai que l'épargne de quelques centins est par elle-même bicn peu de chose ; mais, si l'habitude de l'économie devient fixe, alors les pensées sc porteront à l'idée d'aceu- muler, et le succès sera certain.Je erois qu\u2019il n'y a pas dans la vie de l'homme uno révolution aussi impor- tanto dans ses conséquences que colle qui a lieu au moment où il fait ses premières épargnes.Commolcs minutes font les heures, les sous font les dollars.Le commencement d\u2019un dépôt dans une banque peut être regardé comme la criso d'une destinée morale; car de cc moment l'homme cesse d'être esclavo et devient libre ct indépendant; car il peut sc fier sur secs moycns pour subsister.Quels que soient vos moyens, proportionnez vos besoins, afin sue vos revenus ne soient pas excédés.Tout homme qui gagne dix dollars par semaine peut vivre tout aussi bien avec neuf ; ct remarquons ici la diffé- renco entre la pauvreté et l\u2019indigon- ec.La pauvreté est relative ct par conséquent elle n\u2019est pas ignoble ; mais l'indigence est une dégradation réelle.Tout humme qui dépense plus que ses revenus est indigent.Je puis si mal administrer mon argent qu'avec un revenu de 2,000 dollars par annéo je puis acquérir tous les maux de la pauvreté,et je puis si bicn l'ad- ministror qu'avec 1,000 dollars par an, j'acquerrai le bonheur de la fortune.Une des raisons pour lesquelles cortaines gons refusent de pratiquer l'é- conomic, c'est qu'ils prétendent qu'elle est associée à la mesquinerie et qu'elle est dégradante pour un homme d'esprit ct de sentiments élevés, Il n\u2019y a pas de doute que l\u2019épargne peut être portée à un trop haut degré : il y a des âmes viles, éprises du gain comme les belles âmes le sont de la gloire ou de la vertu; capables d'une seule volupté qui est celle d'acquérir ou de ne point perdre; curieuses ot avides de centins ; uniquement occupées de leurs débiteurs; toujours inquiètes sur le rabais ou sur le décri de l'argent ; onfoncées et comme abi- mées dans les contrats, les titres et les parchemins.De telles gens no sont ni parents, ni amis, ni citoyens, ni chrétiens, ni peut-être des hommes : ils ont de l'argent.Un cortain sci.gneur se promenant à cheval dans son pare qui était immensément grand, perdit un des boutons de son habit ; rien de plus preesé, il descond de 5a monture et cherche le fameux bouton sur un espace de trois milles.De telles économies n\u2019entrent pas dans mes idécs.L'économie cst une chose toute différente de cotte avarice sordide; sidifférente, en vérité, qu\u2019il n\u2019y a que l\u2019homme économe qui puisse so permettre des libéralités, ct vivre avec aisc ct grandour d'âmo ! Nou-sou!ement l\u2019indépendance individuollo, mais aussi celle des nations dépend de la pratique do cette vertu, Quel est lo secret de la grandeur de Ja France et de 1'Angleterre?N'est-ce pas leur économie pratique ?N'est-il pas évident qu'avec le tomps la richesse publique peut émaner seulement de la prospérité privée ?Sûrement le systômo qui cst considéré grand pour un Etat, ne pout être trop mesquin pour une seule personne, Lin vérité est qu'il n\u2019y a pas do fortune qui puisse justifier lu profusion ot les folles déponscs, soit pour unc nation ou pour un particulicr, Dieu lui-même v\u2019a pas voulu être extravagant; car co manifestant ses pouvoirs à la multitude, il leur doune la leçon indispensablo de l'économie, La multiplication des pains et des poissons finit avec cut ordre : Amas+\u2026z les restes de la table afin que rico ne soit perdu.Les feuilles d'automne servent à engraisser ln moisson d'une autre aunéo.Le corps des soldats tombés sur le champ do bataille engraisse le sol pour les semences futures, Lia nature ne connait pas de pertes ; cllo utilise les plus petits atoms; alors pourquoi l'homme trouverait-il dégradant d'économiser pour lus Lesoins ct les nécessités futures ?D'un autre côté,tout homme qui veut faire son chemin, dans le monde devrait, autant que possible, éviter les dettes, Dis le commencement de sa car rière, it doit décider de vivre rigou- reusemient ave scs revenus, tout petits qu'ils soient.La ruine de beaucoup de gens dut: du jour où ils ont commencé à emprunter do l\u2019argent, 11 est aisé d'éviter ln première obligation, mais celle- là en attire d'autres, ct la victime devient de plus en plus embarrassé: ; alors arrivent les prétoxtes, les excuses, les mensonges, jusqu\u2019à ce que toute lu vie devienne un expédient, ot le débiteur, désespérant de sortir de ces cmbarras,se résoudra délibérément au vol indirect, au mensonge, ct peut- être le pauvre malheureux ira-t-il cacher su honte sur quelque coin inhabité du globe.Jeune homme qui comuc moi commencez votre carrière, faites une résolution de tenir vos affaires en ordre,et surtout de connai- tre l'état exact de vos finances; que tous vos actes soient honorahles,et sou- mettez-vous aux privations plutôt que do vous plonger dans Jes dettes.L'homme qui n\u2019a pas de dettes est toujours maître de ses actions ; il est aussi libre quo l'alouctto au bord du ruisseau.Jeune homme, si tu cs trop pauvre pour boirc du vin, sers toi de cette grande et admirable nature que Dieu t'a donnée ; agenouille- toi au bord du ruisscau et bois l'eau fraîcho et pure qui descend de la montagne ; si tes habits et tes souliers sont porcés, consolo-toi, les apôtres du Christ allaient prêcher l\u2019Evangile pieds nus; si ton logis ne to plait pas pour l'élégance et le confort, songe qu'un cœur franc, loyal et honnêto trouve aussi bien le bonheur sous le toit de chaume que dans les palais dorés.Pauvres et riches, nul n'est vertucux ni heureus si ln fortuno ne l'a mis à sa place.Il est assez curieux de voir Mer de Birtha dater de l\u2019évêché de Montréal les jolies lettres qu'il écrit contre l'université Laval ct ceux qui la défendent.Evidemment Mgr Fabre n\u2019est pas l\u2019évêque de Montréal.Les jolies letttres do Mgr de Ditha nous ont rappelé son beau sermon sur lo Sucré-Cœur à Stent, pendant les élections de 187 rs tr rem On a trouvé le mot de Tavalisme pour désigner l'orreur dus partisans do l'université Laval.Ainsi les mombres de ln Sucré Congrégation de la Propagande, le cardinal Simconi, l\u2019archovêque de Québec, presque tous les évêques du pays ct tous les prêtres éminents de l'université sont des lavalistes, c'est- à-dire des hommes suspects comme es libéraux mais pour des raisous 1 DE \u2019 i 4 RX ii } mr différentes.Lo crime des libéraux est de trop se soumettre à Ja loi ct ce, lui des lavalistes de trop obéir au Suint-Siège.Mon Dieu ! que faut-il done faire pour se suuver dans notre pays ?CEERI TRAN Notice necrologique.M, l'abbé Chandonuet est mort subitement samedi dernier, le 1 courant, frappé d'une apoplexic foudroyante.M.Chandonnet était à ln fois lo fondateur, l'éditeur et le rédacteur de La Revue de Montréal, TI venait de corriger quelques épreuves pour laprochaine livraison de cette revue lorsque la mort 'a surpris, Qui n'u pas admiré les talents hors ligne de M.Chandounct,son style pur, limpide, toujours égal ct suivi, &x dialectique acérée, son immeuso érudition ?Ce Canadien de génic est né à St.Pierre-les-Becquets, Remarqué durant son cours à Laval, il fut envoyé au collége de la Propagande à Rome, où il compléta ses études théologiques avcc un suc- eès éclatant.Revenu au Canada, il occupa une chaire à Laval, puis il enscigna à Montréal à l'Ecole Normale Jacques- Cartier et fonda définitivement La Revue de Montréal.Placés dans leur véritable sphère, Jes talents du défunt auraicot répandu beaucoup plus d'éclat ct exercé une influence plus utile et pour lui ct pour les autres.Espérons que le repos qu'il cherchait et qu'il n'avait pu trouver, il le possède muiotenant.ll n\u2019était âgé que de 48 ans, JAEN-BAPTISTE DU SABLE.Ou est fucéticux A la Minerve ! Ou lit dans la Minerve, du G juin, ce qui uit : Un vrai comble.Le comble de la conversion.Littré, le fameux Littré, qui est à l'article de In mort, n reçu lrier les secours et, les sacrements de l\u2019Egtise, II a éprouvé le besoin de reconnaître, nu dernier moment, une autre généalogie que celle du singe, NOUVELLES DIVERSES.\u2014MsTOIRE DE TROIS CHER CHEURS DE 'TREsons, MONTREAL En 1846, résidant alors à Montréal, on nous raconta, à propos de chercheurs d'argent, une scène bien amusante, qui eut l\u2018eu durant l'automne de 1843 près du fameux château- Mactavish, à moitié construit, et situé au pied de la Montagne, cn ar rière de la ville de Montréal.Nous dirons d'abord quelques mots sur ce vieux château, qui n\u2019à jumais été achevé et qui a fourni tant de sujets à In légende, La superstition n toujours fuit croire chez le vulgaire que le château- Mactavish était, hanté par des esprits, des fantômes ct des rovenants de l\u2019autre monde; qu'aucun être humain n'avait pu y demeurer à cause du tintamare, des bruits de chaînes ct des lamentations qu'on y entendait chaque nuit, dela cave au grenier.Contes d'enfants que tout cola.II peut 80 faire qu'on ait vu parfois des umières ctentendu du bruit et des lamentations partir de l'intérieur de ce château inhabité, mais on peut être certain que cono fut là quo le fait de quelques désœuvrés suns gito qui trouvaient bon d'aller faire la noce dans un lieu où ils ne craignaient nullement d'être inquiétés par des citoyens paisibles, c château, qu\u2019on à démoli en 1861 , à laissé encore, cu disparaissant, un nouveau et triste souvenir.Un Canadicn du nom de Georges Chartrand l'un des maçons occupés à on démolir les murailles, fut écrasé par uu-pan qui s'écroula tout à coup sur lui.Jet infortuné mourut pou d'heures après avoir été retiré sous les ruines, Quelques commères ne manquèrent \u2014 LA TRIBUNE, point d'attribuer cc fatal accident aux esprits et fantômes, inécontents de ce qu\u2019on leur enlévait ainsi leur ancienne demeure ?.Trois individus, qui résiduaient au faubourg StAntoine prétendaient donc qu\u2019il se trouvait un trésor caché tout près de ce château ; mais que pour s\u2019en saisir, disaient-ils, il leur wan- quait les; moyens propres À conjurer les esprits qui le gardaient.Ils s'adressèreut un jour à la personne qui nous raconta cette ance- dote, en 1846, croyant qu'elle possédait le Petie-Albert, pour lui demander si cllo ne pourrait pas leur donner unc conjuration, ou formule de prière indispeusable, pour s'emparer de ce trésor, Curicuse de savoir, dit-elle, ce qu\u2019ils voulaient cn fairo, je leur répondis affirmativement ; mais je leur dis que, pour réciter avec effet la conjuration que j'allais leur donner, il leur faudrait jeûner toute une journée, ct faire en outre, à l'endroit où se trouvait le trésor, le sacrifice de deux chats noirs, en se servant d'un couteau dont la Inme fût encoro vierge (I).Inutile do dire qu'ils s\u2019y co- gagerent tous, De suite je traçai sur une feuille de papier une foule de mots qui ne pouvaient être compris dans aucune langue ; et cn leur donnant ce papier précieux, je leur fis promettre solennellement d'en garder «\u20ac secret pour eux seuls.Quelques jours plus tard, c'était un vendredi soir, voici ce qui se passait au pied de ln montagne de Montréal A quelques pas du chiteuu, Mactavish Trois hommes, blottis dans une petite cavité, se préparaient à faire le sacrifice de deux matons voirs.qu\u2019ils maîtrisaient difficilement.L\u2019un des trois aiguisait À cet offet un long couteau encore tout neuf.À ce moment, minuit sonna aux ea- drans do l'église auglicane ct les douze coups argontins furent apportés jusqu'à eux une brise d'automne assez foric et continue pour faire mugir sourdement les grands arbres de la montagne en agitant les branches et les feuilles, déjà jaunies, avec un bruit semblable à la pluie qui tombe durant un fort orage.Le St Laurent mélait aussi, à ce concert nocturne de In nature, sa voix si puis- sunte qui roule ses eaux avec tant de forceet tant de rapidité vers la D\u2019ointe Saint-Charles, en grondant et co sc torturant sur un lit do milliers de cailloux.Alors le sacrificateur immols l\u2019un des chats, et, à l'instant, la victime couvrit tous les alentours de ses sinistres mianlements.Alors son camarade, com, renant de suite lo sort qui l'attendait, se met aussitôt à jouer des dents ct des griffes, si bien qu'il faut lâcher prise à l\u2019homme qui le retenait captif, ct disparaît dans la montague.(1) Dans Lout sa£rificz où l\u2019on répand le sang, il faut que Je couteau, ou autres instruments, dont on sa sert à cet effet soit neuf, Les livres de conjuri- dictions l'exigent tous Quelle absurdité | \u2014Voilà une affaire manque, dit l\u2019uu d\u2019eux, ct je crains fort maintenant que ce chat donne I'éveil A tous les esprits du voisinage.En cffet, 4 poiue avait-il prononcé ccs mots que de grandes flammes, surgissant tout d-coup de la montagne s'approchèreut dans leur direction, accompagnées d'un bruit épouvantable de chaînes et de chaudières ; ct, en moins de dix minutes, tous haletants, les cheveux hérissés, plus morts que vifs de fraycur nos trois chercheur o trésors se trouvaiont dans le fou- bourg Saint-Antoine ayant parcouru uno distance à faire frémir le meilleur coursier du monde, Ces pauvres diables se comptèrent encore heureux do s'être retirés de 1\\ en y laissant, deux, lours couvrechefs, ct l'autre, la queue de son habit, restée en trophée sur un piquet de clôture ! Voici maintenant l'explication de tout le mystère.La personne, de qui nos trois individus avaient obtenu une conjuration, Ayant appris d'eux In nuit, l\u2019houro et lo lieu où ils devaient 50 rendre à ln Montagne, à la recherche du prétendu trésor, communiqua aussitôt cette farce à plu- curs do ses amis, ct il s'ongngdrent, au nombre de huit, d'aller ce soir-là À quelque distance do l'endroit où de- vaicut se rendre nos chercheurs, tous munis de torches enflammables, d'un paquet do chaînes et d\u2019une chaudière, afin de Jeur joucr un bon tour.On suit quel fut le résultat.Voilà À quoise réduisent, généralement, toutes ces visions infernales, esprits, fantômes ou revenants, qu'on prétend voir, et qu'on dit garder les trésors cachés.: Un Américain après avoir tué sa femme et sa fille, tira sur sa belle- mére et crut bien l'avoir tude, Ayant été arrêté, il subit son procès, ct sa belle-mère vint reudre témoignage contre lui.Le juge lui ayant demandé, avant de prononcer la sentence, s'il avait quelque chose A dire, il dit : Votre honneur, c'est ma belle-mère surtout quo je voulnis tuer; je ne puis mo pardonner d'avuir été si maladroit je mérite de mourir.\u2014Nous engageons nos lecteurs de la campagne à penser, quand il viennent à Montréal, à penser à la grande pharmacie de M.M.Laviolette & Nelson.\u2014t Voir l'annonce, \u2014La librairie Pagette Bourgcault est lu.librairie populaire par excellence Ou ne peut acheter nuelle part A aussi bon marché, ln papeterie ct les livrer dont on fait usage dans les écoles ou les familles, UNE COSIDERATION.\u2014 Lorsque la maison Dupuis frère s\u2019ouvrit sur la ruc Ste.Catherine Quartier Est de la ville, presque personne, dans le commerce de marchandises sèches du moins, ne faisait d'annonces, Voyant cette maison prospérer avec un systé- me d'annonces sages et véridiques, toutes les autres l'imitérent bientôt, ct aujourd'hui presque tous les marchands annoncent assez largement, Rion de plus facile à faire, La question est de savoir si tous sont en état do répondre aux énoncés de leurs annnonces, Dans tous les ens on lerait bien de se méfier des hibleurs, \u2019 Quant à nous, nous ne craignons pas d'inviter les Dames à venir voir ucs étoffes à robes nouvelles, nos suies noires, nos demi-parapluies, (en-tout- cas) ct nos paru:ols doublés et garnis en dentelle, Le tout, nous ne craiguons pas non plus de Paffirmer, a 25 par cent de moins qu\u2019ailleurs, Nous venons de recevoir par le steamer lo Parisien plusieurs caisses d'autres marchandises Européennes, DUPUIS FRERES, 605 ruc Ste.Catherine coin do la rue Amherst, Montréal, Lo semeur broveté de Mann qu\u2019on attache à des râleaux traloés par dos chevaux sème toutes sortes de grains et ensemence parfaitement Dlen de six à huit âcres de terre dans une lLeuro, if peut être attaché à toutes sortes de ra- taux mais surtout au ratoau Cossitt.Garanti parfait, sème Je la çraine de lin comme tout ly resto avec la plus grande uniformité depuis cing livres par dere 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Tuvolontairement je murmurai : «Séraphine ! n et jo vidai mon verre d'un seul trait.Mes yeux sc tourné- rent vers clic ; je m'aperçus qu\u2019elle replagait au même moment sa coupe vido à côté d'elle; ves regards ren\u201d contrèrent les miens, et une voix diabolique mie murmura à Poreillo * \u2014Malheureux ! elle t'aime pourtant.» Un des convives sc leva, ct porta, selon l'usage du Nord, la sauté do la maîtresse de lu maison, Les verres furent choqués avec des acclamations de joie, Le ravissoment et le désespoir brisaiont mon cœur, Le vin cnfla- mait mes gens ; tout vacillait autour de moi ; il mo somblait quo jo devais me précipiter devant elle, et exhaler ma vie à ses pieds.« Qu'avez-vous done, mon cher ami?» mo dit un de mes voisins, Cetto question me rappela à moi ; mais Séraphine avait disparu, Je voulais m\u2019éloigner.Adéhïde était là, qui me retint et me dit jo no sais quoi.Jo ne comprennis aucune parole : elle me prit par les deux mains, et me glissa en riant quelques mots à l'oreille, Je restai stupéfuit, immobile ct silencieux.Je ne sais comment il se fit que je reçus machinalement des muins d\u2019Adélaïde un verre de liqueur, que je me précipitai hors de la salle, ct que je courus dans la forêt.La neige tombait à gros flocons ; l'orage mugissait centre les sapins ; j'errais comme un inscnsé en poussant des cris sauvages, Qui sait combien de temps aurait duré mon extravagance, si je n'avais cotendu prononcer à haute voix mon nom, L'orage nvait cessé ; In lune brillait entre les nuages ; j'eutendis les chiens aboyer ; Je vis un homme qui s'avançait vers moi: C'était le vieux chassour.« Ah! monsieur Théodore, me ditil, pourquoi vous Êtes-vous uinsi égaré dans lu neige ?M.le Justicier vous attend avec impatience ?Jo suivis lo vieux domestique, ct trouvai mon oncle qui travaillait dung la salle d'audience, « Tuas bien fait, me ditil, de prendre un pou l'air pour te rafrai- chir.Une autre fois, ne bois pas taut ; & ton fige, cela ne vaut rien.» Je m'assis, sans répondre un mot, à sa tablo de travail.« Mais dis-moi, cher neveu, co quo le baron voulait do toi.n Jo lui racontai tout mon entrotion, ot jo torminniont ajoutant que je no voulais pas me charger de la tâche qu'il m'avait imposée.« Sois tranquillo, me répondit-il, nous partons demain de bonno heure,» Nous partimes on vffet, et jo no rovis plus Saraphine.» CHAPITRE XIII À peine étions-nous arrivés dans la demeure de mon oncle, qu'il se plaiguit plus vivement que jamais des souffrances do cc voyage.Son silence pénible, interrompu par des accès violents de mauvaise humeur, m\u2019annongs lo retour de ses attaques do goutte.Un jour, je fus appelé cn touto hâto auprès do lui.Je le trouvai frappé d'un coup de sang, étendu, immobile sur son lit, ct tenant unc lettre ontro sos mains formées par la convulsion.Je reconnus l'écriture do l'inspecteur du domaine do Mor.; mais, dans ma profonde dauleur, je n'osais lui enlever cette lettre.Il me semblait qu\u2019il allait bientôt mourir Cepondant, avant l\u2019arrivée du méde- ein, les pulsations des artères reprirent leur cours.La nature énergique du vieillard résista à cetto attaque mortelle ; le même jour, le médecin le déclarn hors de danger.L'hiver était, cette année-là, \u2018très-rude; il il fut suivi d\u2019un printemps froid ct insalubre ; ct la goutte, asgravée par l'influence du climat, retiot longtemps mon oncle sur son lit.11 résolut alors de sortir des affaires ; il abandonna ses fonctions, et je perdis ainsi tout espoir de retourner jamais au chiiteau de Her.Mon oncle ne voulait 8tre soigné que par moi ; c'était moi seul qui pouvais le soulager ct l'égayer.Lors que sa gaieté reparaissait dans ses moments de calme, il reprenait ses habitudes de plaisanteries, racontait des histoires de chasseurs, et je m'attendais à chaque instant à l'entendre rappeler mes hauts faits et ma lutte avec le loup; mais jamais il ne fit mention de notre séjour à Her.et un sentiment de réserve facile à con- cévoir m'empéchait d\u2019éveiller son attention sur ce sujet.Mes sollicitudes pénibles, les soins que je donnais à mon oncle, avaient éloigué de moi l\u2019image de Séraphine, Lorsqu'il sc trouva micux portant, je me remis à songer plus vivement à l'appartement de la baronne, à cette soirée qui m'apparaissait comme une étoile brillante et incflaçable.Un incident imprévu vint tout à coup donner une nouvelle impülsion aux souvenirs et au sentiment d'effroi que j'avais rapportés de la demeure du baron.Un soir, en ouvrant le portefeuille dont je m'tais servi au châ- tenu de Hor.\u2026, je trouvai dans une feuille de papier uno boucle de che- voux noirs liés avec un ruban blanc : c'étaient des cheveux de Séraphine, En examivaut de plus près ce ruban, J'y vis une goutte de sang : c'étuit peut-être Adélaïde qui, la veille de notre séparation, dans le moment de mon égarement, m'avait lnissé co souvenir.Mais pourquoi cctte goutte de sang qui était pour moi comme un affreux présage ?C'était ce même ruban qui flottait sur mon épaule ln première fois que j'entrai dans la chambre de Séraphine.Les orages du printomps uvaieut enfin cessé, l'été rayonnait, les ardeurs du mois de juillet succédaient À un froid insupportable; mon oncle repronait ses forces à vue d'œil, ct s'en alls, comme de coutume, s'établir dans une maison qu\u2019il possédait à la porte de la ville.Par \u2018une belle ct paisible soirée, nous étions assis ensemble sous un bosquet de jasmin ; mon oncle était d'une gnieté extraordinaire, sans sarcasmes, et disposé à une sorte d'attendrissement.« Neveu, me dit-il, j'éprouve au- jourd'hui un bicn-être singulier que je n\u2019ai pas connu depuis longtemps ; une espèce do chalour électrique me péuètre.Je pense que c'est le présage d'une mort prochaine.» Jo m'efforgai de lo détourner de ces sombres pensées.« C\u2019est bion, mo dit-il, je n'ai pas longtemps à rester ici-bas, et je veux m'acquitter d\u2019uno dette contractée onvers toi.Penses-ta encore à notre séjour à Her.?» Cotte question traversa mon esprit comuo un éclair.Avant que je lui cusso répondu, il continua.« Le cicl a voulu quo tu te trouvasses, d'une bizarre façon ot malgré toi, nssocié aux plus profonds scorets de cette demoure ; maintonant il est tomps que tu saches tout, Jo t'ai souvent parlé do différentes choses dont tu n'avais que le pressentiment, ct que tu ne pouvuis comprendre.La nature a, dit-on, tracé dans le cours des saisons l\u2019image symbolique de la vie humaine ; mais jo diffère en cela de l'opinion générale.Les nuages du printemps tombont, les brumes de l'été sc dissipent, ct c\u2019est la pure lumière de l'automne qui nous montre les paysages lointains au moment ou ils vont être envoloppés dans les ténèbres de l'hiver, Je pense que c\u2019est à ln clarté de l\u2019âge qu\u2019on distingue le micux l'action d'une puissance impéoétrable.On jetto alors un regard vers la terre promise, où lo voyage commence avec la mort.Je distingue À présent la sombre destinée de cette maison, à laquelle j'ai été enchaîné par des liens plus forts que ceux de la parenté.Tout se montro clairement à mon esprit mais ce que je vois, je ne puis le reproduire dans mes paroles, ct nulle langue humaine ne pourrait le dire, Ecoute donc, mon fils, tout ce qu'il m\u2019est possible de raconter, et garde dans ton {ime ln persuasion que les évéae- monts auxquels tu as été mélé pea- vaient te perdre.Enfin, c'est passé.» Le récit que mon oncle me fit s'imprima tellement dans ma mémoi- que je puis le répéter mot pour mot.Dans ce récit, il parlait de lui à la troisième personne.CHAPITRE XIV, \u2018 Dans unc orageuse nuit d'autom- no de l'année 1760, un fracas subit réveilla tous les habitants de Her; on cût dit que le château s'écroulait en entier sur ses fondements.En uno minute tout le monde fut sur pied ; on alluma des flambeaux ; le concierge, pâle, épouvanté, accourut avec ses clefs, ct chacun fut bien surpris lorsqu'en traversant les corridors, les salles, les appartements, on n\u2019aperçut aucune trace de désordre.Un sombre pressentiment s\u2019empara du vicil intendant.Il monta daus la salle des chevaliers, près de laquelle était le câbinet où le baron Rodrigue avait coutume do se reposer lorsqu\u2019il cotropre- nait ses observations astronomiques ; on arrivait par cc cabinet à la tour qui servait d'observatoire.Au moment où Dauicl (c'était le nom de l'intcn- dant) ouvrait la porte, l'orage lança contre lui des décombres, des pierres détachées de la muraille.Il laissa tomber avec cffroi son flambeau, quo le vent veunit d\u2019éteindre, et s'écrin : \u201c Dicu du ciel! le baron cst mort d'une mort misérable.\u201d * Au même instant, des cris do douleur se firont entendre duns la chambre à coucher du baron.Daniel trouva les autres sorviteurs réunis autour du cadavre de leur maître, Il était assis dans son magnifique fau- touil, vêtu avec plus d'élégance quo jamais, le visage calme ct séricux, comme s\u2019il s'était mis là pour se reposer de son travail; mais son repos, c'était la mort.Lorquo lo jour revint, on s'aperçut que lo dôme de la tour s'était écroulé.Los lourdes piorres de taille qui on formaicut la voûto avaiont brisé le plafond et le plancher de l'observatoire; démoli le bal- cou, pénétré dans unc voûte inféricu- re, ct cotraîné une partic des murs extéricurs ot du corridor.On nc pouvait faire un pas hors do la salle san courir risque de faire une chute de quatre-vingt piods de haut.\u201cLe vieux baron avait prévu l'heure de sa mort, cb on avait instruit ses cufants.* Le lendemain, Wolfgang, son fils aîné, héritior du majorat, arriva au château, A Continuer PRSCRIPTION DU DR.NLSON Infaillible dans le traitement des BRONCHITES, RIIUMES, ASTHME, ENROUEMENT, ETC.Prix : 25 cts, Je bouteille.En vente chez LAvioLeTTE kT NELSON, 29, Rue Notre-Dame, et dnns toutes les Pharmacies, Payotte @ Jourgeautt LIBRAIRES 250,-RUE ST.PAUL,-250 NOUVKAUI OUVRAGES CLASSIQUES PAR E.ROBERT, Clerc de St.Viateur.Approuvés par le Conseil de I 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