Le violon, 16 octobre 1886, samedi 16 octobre 1886
[" ca a.» ADMINISTRATION REDACTION 45 PLAGE JACQUES- CARTIER MONTREAL ABONNEMENT UN AN - - $0.50 Strictement d'avance ANNONCES MESURE AAT Lire insertion - - 10 cents Autre 4 0.5 « A LONUS TELMES CONDITIONS SPECIALES \u201c LE NUMERO UN CENTIN TF.S.LEMIEUX, Comrfunes, Ottawa, Ont, JOURNAL QUI FAIT DANSER VOL.I MONTRÉAL, SAMEDI, 16 OCTOBRE 18s6 No 1 PLUS DE FEMMES A BARBE Il est doux, sans doute, de lutiner une blonde aux joues blanches et rosées, aussi fines que le satin ; plus doux encore de mugueter auprès d'une brune aux 1¢- vres à peine estompées de poils follets et charmants, aussi légers que le duvet d\u2019une pêche ou d'un abricot.Mais que penser des femmes à barbe que la nature, malévole ou distraite, a dotées ironiquement d'une paire de moustaches ; il n'y a qu'à plaindre ces infortu- nees qui ressemblent toutes au voltigeur de ma cuisinière.N'essayez pas de les consoler ; il n\u2019y a qu'à leur offrir un pot de pommade hongroise ou un étui de rasoirs anglais.El bien ! rassurez-vous, femmes moustachues ! un brave homme de savant américain a trouvé un moyen infaillible de vous débarrasser à, tout jamais de l\u2019horrible végétation masculine qui souillait vos joues sympathiques.Il ne s'agit pas ici de ces poudres épilatoires, vaines et démo dées, dont la spécialité, comme on sait, est de faire repousser le poil abominé comme du chiendent.Cette irrésistible épileuse, c\u2019est l'électricité.Au dernier meeting de l\u2019association dermatologique de Chicago, le docteur Fox a décrit le système électrique grâce auquel il barbifie le visage embroussaillé de ses clientes, remises en possession de cet épiderme velouté qui rend si appétissant le brugnon des vignes.Il n'est pas de joue barbue, de lèvre poilue, de menton velu qui résiste au procédé, pourtant bien simple, du docteur Fox : une aiguille courbée en iridium est introduite dans le bulbe du poil maudit et l\u2019on fait passer un courant électrique.En un clin d'wil, le poil est foudroyé, écar- bouillé, et tombe pour ne plus se relever.Seulement, il faut une opération spéciale pour chaque poil et, quand la barbe est bien fournie, ces exercices épilatoires peuvent durer quinze ou dix-huit mois.Ne vous récriez pas ; c\u2019est si peu, deux ans, lorsqu'il s'agit de passer d'une barbe de dragon à la peau satinée qui appelle les baisers, Un jour, le docteur américain reçoit la visite d\u2019une jeune fille à la taille fine et souple, aux mains charmantes, à la voix archangélique : une voilette épaisse cache un visage sans doute ravissant, Mais, lorsque la visiteuse a relevé sa voilette, le digne savant fait un bond et ne peut maîtriser un cri d'étonnement.Ce n\u2019est pas une femme qu\u2019il a devant lui, c'est un sapeur.Que dis-je ?C'est un herbage, une prairie, une jungle.Dans ce visage.horriblement barbu, on ne distingue qu\u2019un front virginal, d'une pureté évangélique, deux yeux troublants et doux, un nez grec, unc bouche d'enfant\u2026 Sa lèvre supérieure se hérisse d'une moustache énorme dont un bout se relève à la Henri III, tandis que l\u2019autre se recourbe à la tartare.Sur les joues, un fouillis inextricable, un abominable mêli-mêlo de piquants hirsutes et noirâtres.Le long du menton, une cascatelle touffue de poils onduleux et luisants.Au-dessous des oreilles, divinement ourlées, de petits favoris du plus comique effet.bay: \u2018 Q LE \u201cBU =~ NATiona, JA NE er Ty © am SHER, AR TF Me TE Zl À LE 14 OCTOBRE.LAURIER\u2014La tempête est arrivée, gare les récifs ! MerciEr.\u2014Je vais jeter l'ancre de salut.St la corde casse, nous sommes flambés.La corde casse.\u2014Tableau.Le savant docteur restait ébahi.\u2014Je suis Edith B\u2026, dit la jeune miss de sa douce voix, et j'aime mon cousin Arthur, que j'ai résolu d\u2019épouser.Mais Arthur vient de me dire : \u201c J'ai pour vous, ma chère Edith, une sincère affection ; je rends justice à votre rare intelligence, à votre esprit, et à votre bonté ; mais, excusez ma franchise, je ne puis vous épouser ; ces monus- taches, ces favoris, cette barbichette.\u2026 oh ! non, jamais ; c\u2019est impossible.Vous me faites l'effet d'un frère.\u201d Et mon impitoyable cousin s'est enfui en éclatant de rire ! Docteur, ce n\u2019est pas mon visage, c\u2019est ma destinée, c\u2019est mon bonheur que je suis venue vous confier.| Débarrassez-moi de cette barbe exécrée et, alors, Arthur m'aimera peut-être.\u2014Mais c'est là un travail d\u2019Hercule, ma pauvre enfant, que je n'accomplirai jamais ! \u2014Si vous repoussez ma prière, je me fais sauter la cervelle ; mais je dois vous prévenir que je commencerai par vous tuer.Le docteur s'incline avec dignité et se met à inventorier la barbe de la jeune Edith.Il compte huit mille sept cent soixante- deux poils et huit mille sept cent soixante- deux fois il répète la même opération de l'aiguille électrisée.Ce traitement épilatoire dura trois ans et et vingt-cinq jours.Le docteur ne perdit pas un seul instant patience, mais il faillit perdre la vue, Quand à miss Edith, elle ne poussa même pas un soupir durant ce long supplice, en vertu de ce principe qu\u2019il faut souffrir pour être belle.Et merveilleusement belle est aujourd\u2019hui Edith! Après trente-sept mois d\u2019exfoliation héroïque, sa peau a pris la blancheur veloutée d\u2019une pomme du Canada.C'est à peine si, bon an, mal an, il faut lui foudroyer une douzaine de poils fullets qui n\u2019ont pu renoncer tout à fait au pays natal.Trouvant l'opération un peu longue, le volage Arthur a épousé une jeune Péruvienne, Mais Edith.que l'épaisseur d'un poil ne sépare plus de son cher cousin, a juré de le faire divorcer.Le président de l'association dermatolo- gique confirme les observations de son savant collègue et pratique, lui-même, avec un étonnant succès, l\u2019épnlation par l'électricité.Plus de femmes à barbe ! Plus de ces infortunés à qui on est tenté de dire : \u2018\u201c Pardon, madame ; est-ce vous où monsieur votre mari à qui j'ai l'honneur de parler 2.\" FULBERT-DUMONTEIL.M.Du Cocodès au Crémé, Les métamorphoses du fat en France : Le Courrier de Vaugelas, publie à ce sujet une amusante étude.Il prend le fat à sa forme d'il y a une vingtaine d'années.LE COCODES apparut sur J'asphalte parisien vers 1863.Il portait un faux-col droit trés haut, englobant parfois le menton.II semblait être né avec un cærrean dans l'œil.LE PETIT CREVÉ date de 1869.Son nom, qui semblerait si bien provenir de l\u2019état d'épuisement où l'ont mis les excès, paraît cependant venir de la mode de la chemise à petits\u2019crevés que portait habituellement un élégant de cette époque.portait la raie an anilieu et deux petites coques phaquées au cosmétique sur le front.LE GOMMEUX.On prétend que c\u2019est l'ancien petit crevé, qui obséda tellement ses amis du récit de ses campagnes que ceux-ci le comparèrent à la gomme qui colle et dont on ne peut se dépétrer.C'est à ce sentiment des désagréments de la gomme et de tout ce qui est gluant qu'on doit une variété de l'espèce des gommeux appelée : LE rOISSEUX, Il a vécu ce que vivent les roses.Duis, comme, en souvenir de Ia guerre il avait conservé la capote militaire, qui sur son dos civil paraissait un vêtement d'hôpital lui donnant l\u2019air infirme et maladif.il devint : LE GATEUX, ct son manteau, qui descendait jusqu'à la cheville, fut appelé gâfeuse.le pantalon s\u2019élargissait par le bas et tombait de telle sorte sur la chaussure qu\u2019il donnait au pied toute la grâce du pied de l'éléphant.Cet animal avait par sa coiffure une supériorité incontestable sur le £äteux, dont les chapeaux minuscules atleignaient le comble du ridicule sur un corps grossi démesurément par les vêtements.Tout à coup la chrysalide sort de son Cocon gâteux, et apparaît : LE HOULINÉ, emprisonné dans des vêtements trop étroits, trop courts ct atteignant les dernières limites du collant.Vrai boudin ambulant, menaçant sans cesse de faire craquer son enveloppe.Une variété de boudin, peut-être de seconde qualité, reçoit un nom particulier : LE PETIT GRAS, auquel succéda le VIERION, qui s\u2019eflaça à son tour devant : LE GRELOTTEUX.Cet être grelottait sous là bise, grâce aux vêtements étriqués du boudiné.Vient ensuite le PscHUTvEUX, puis le FAUCHEUX, qualificatif qui ne manque pas d\u2019expression pour dépeindie la démarche du flâneur, enflant le dos, arrondissant le bras et Maniant sa canne sans jamais lui faire toucher terre, de telle sorte qu\u2019il a l\u2019air de faucher le boulevard ; on a vu encore le BÉCARRE, puis l'EMBAUMÉ.Sila crémation vient à la mode, nous verrons surgir le CREME, lit ce ne sera pas fini.Puisque le ridicule ne le tue pas et qu'il en vit, le fat, comme le phénix, renaîtra de ses cendres et sous d'autres noms vivra jusqu\u2019à la \u2018fin des siècles.: mm \u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 \u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 \"rm Nous avons fait une précieuse découverte en parcourant une relation de voyage d'un célèbre professeur berlinois, Ce n\u2019est qu\u2019un mot, un seul mot.x Mais quel mot ! Le voici : Tottentottenpotentatentantentittenatientat, Ce qui veut dire : \u201cCrime commis sur la parente d'un prince hottentot.\u201d wa Zolomir raconte ses prouesses en Algérie.\u2014Té, mon bon, une fois z'ai coucé dans une caverne de lions.\u2014Avec des lions! \u2014Non, bagasse, \u2018ze les avais çassés ; ils m'auraient donné des puces ! LE VIOLON Parait tous les samedis.S L'abonnement cest de 50 cents par année, inva- riabloment payable d'avance, Nous le vendons aux agonts huit cents In douzaine.Toutes communications doivent être adressées comme suit : LE VIOLON, 43, Place Tneques-Cartier, MONTRÉAL.MONTREAL, 16 OCTOBRE 1886 LES VASES D'ELECTION Entendu dans une famille du faubourg Québec.\u2014Poupa, dit un gamin de treize à quatorze ans, dis-moi «onc ce que c\u2019est qu'un vase d'élection.On parle de gu dans une prière qu'on dit au collège.\u2014Mon fils,un vase d'élection,c'est dit au figuré.Cela veut Tire an homme rempli de bons moyens pour remporter uue élection.Parmi les bleus les vases d'élection sont Messicurs St.Louis Michel Laurent, Poupart, Péchevin Dubue, ie Docteur Mount, le gros Benne Globensky, J.lL.Archam bault, Jos.Vincent.\u2014Poupa, les Rouges ont-ils des vases d\u2019élection ?\u2014Certainement,mon fils,ils ont Messieurs Phaneuf, Cletus Robillard, Joson Perrault, I\"échevin Beausoleil, l'échevin Dufresne, le petit Lemieux de la Patrie, Gosse Lambert et une foule d\u2019autres.\u2014Poupa, M.Lareau, l'avocat, M.Lafortune, M.Duhamel, c\u2019est-y aussi des vases d'élections.\".\u2014Non, en élections ce sont des vases de nuit.\u2014Pourquoi sont-ils des vases de nuit ?\u2014Parce que ça nuit à une élection.\u2014Poupa, dis done, est ce qu'on peut emplir un vase d'élection ?\u2014Mais oui, ça peut s\u2019emplir des fvis comme n'importe quel autre vase avec de la bière, du champagne, du whiskey,lorsqu\u2019une élection a été gagnée, \u2014C'est-y gros un vase d'élection.\u2014Un vase d'élection, mon fils, c'est bien plus gros qu\u2019un verre ordinaire.C'est comme un verre À soda ou un schooner.On ne regarde pas à la dépense avant la votation.Vuse d'élection a aussi une autre signification, c'est ce qu'on ramasse sur la rue pour jeter à la face de ses adversaires lorsqu'on fait des discours sur les hustings.Je t'ai expliqué la chose, maintenant fiche moi la paix.\u2014Attends un pen, poupa.Je voudrais savoir si ça se fêle des vases d'élections, \u2014Comme de raison, ça se fêle lorsque ça reçoit des chocs.\u2014Y en a-t-il qui vont se choquer bientôt?\u2014Bcaucoup, mon fils.Les vases bleus se feleront à Québec, à \u2018Trois-Rivières et dans cinq ou six autres places.Les vases rouges se feront casser aussi dans plusieurs endroits.Tu verras qu'il y aura unc grande surprise jeudi soir.Maintenant, ne me parle plus de ça et marche te coucher.A la chasse ! \u2014Moi, mon fusil est de premier choix.I sort de chez Lefaucheux.\u2014Le mien est bien meilleur encore: i sort de chez le vrai Cheux! LE VIOLON TELEGRAMMES PRIVES \u2014 Québec, 6 Oct.1886.A H.Mercier, Montréal.Me vient bonne idée.Si vous pas trop crier, plus parler de corde, moi retarder élections hiver prochain.\u2019 Signe, Moutréal, 6 Oct.1886.J.J.Ross.A J.J.Ross, Quebec.Pas d'affaires.I danse pour bon.| Faites venir violon.Signé.(Québec, 13 Oct.1886.litre pret a commencer Envoyez foit élections.Moi vous faire danser.H.MERCIER.A M.Mtk:sFr, Si pas aimer danser, encore temps, suis pas mal à maiu, consens encore à arrêter musique.Moi m'en sacrer pas mal.Suis certain vous danser mauvaise jigue.Regardez Bexuhien, lui «léjà malade.Signe, J.J.Ross.Montréal, 13 Oct.1886.A I] Ross, Moi aussi autant haquette danser immé diatement, Faut toujours finir par là, Moi être tout prêt pour bal.Arrangé corde comme faut pour fire danser vous dessus.Trop tard pour arrèter danse, Fait déjà trop préparatifs.Engagé Gosse Lambert.Signé, H.MERCIER.Québec, 13 Oct: 1886.À H.MERCIER, Puisque voulez ça commencera.gagë Jos.Vincentmencée, Moi en- Arrivez, musique com- Signée, J- J.Rossbe -\u2014\u2014\u2014\u2014 Association Canadienne pour l\u2019avancement de l\u2019ignorance.Reprise des Séances.Les membres actifs de l'Association Canadienne pour l\u2019Avancement de l'Ignorance, qui ne s'étaient pas réunis depuis l\u2019automne de 1882, out été convoqués hier en assemblée \u2018extraordinaire par ordre de leur vénérable président, M.le sénateur Trudel.Les membres les plus éminents de la confrérie étaient présents.Lorsque le président prit le fauteuil il fut salué par un cyclone d'applaudissements.Le calme étant rétabli le vénérable prit la parole en ces termes : Messieurs, Si je vous ai convoqués aujourd'hui en assemblée extraordinaire, ce n\u2019était pas sans des motifs de la plus haute importance.Avant d'entrer dans mon explication du but de cette séance, vous me permettrez de vous offrir mes remerciments les plus sincères pour le courage, l'énergie et l\u2019activité que vous avez déployés au service de la sainte cause «(que nous soutenons depuis bientôt quatre années.Il est inutile pour moi de vous rappeler en quelles circonstances nous avons lancé notre organe à Montréal, et les luttes héroïques dans lesquelles nous sommes engagés depuis sa fondation.1\u2019 Etendard, comme vous le savez, a eu lesennemis les plus terribles à combattre,un épiscopat livré à toutes les erreurs du libéralisme catholique, la franc-maçonnerie qui s\u2019était glissée jusque dans les chaires de l\u2019université Laval, la politique infime des Mousscan, des Chapleau et des Sénécal.Aujourd'hui vous êtes réunis dans cette salle pour délibérer sur les moyens à adopter pour écarter un nouveau danger qui nous menace, nous et l'ZÆfendard.Ce danger est le même qui menace la France.M.Drumont a découvert la France Juive.Moi, je vous découvre le Canada Juif.Le Juif s\u2019est glissé partout.Il s'est glissé dans les cercles ouvriers où il souffle les idées socialistes les plus subversives.Il trône dans les burcaux de rédaction de la Presse etsous le pseudonyme de Jean Gagne Petit ; il pousse les Chevaliers du Travail à la rébellion contre les Castors, Il ne faut pas se laisser endormir dans une fausse sécurité.C'est une nouvelle erreur que nous avons à combattre et nous devons faire flèche de tout bois afin de la détruire.Maintenant je serais heureux d'entendre les opinions des membres de l'Association sur la nouvelle question.M.Jourdain,\u2014 Messieurs.Il est inutile, | je crois, pour chacun de nous d'émettre une : opinion sur celle de notre vénérable Prési-' dent.Je crois être l'interprète de la majorité de cette assemblée en disant qu\u2019il est de notre devoir sur cette question d'opiner du bonnet.Nizodème.\u2014M.le président me pardonnera si jinterromps M.Jourdain.J'avoue que je ne comprends pas toute la portée de la inesure rigoureuse que l'on prétend adopter contre les fils d'Israël, M.le président aura-t t-il la bonté de me dire s'il entend expulser tous les Juifs du Canada, où s'il se bornera à les faire doy- cotter.Le Président\u2014En réponse à M.Nicodême,je lui dirai que notre Association doit sévir avec la plus grande rigueur contre tous ceux qui appartiennent à la race du peuple déïcide.La peine que je prononcerai contre cette race sera leur expulsion du pays, suivie par la confiscation de leurs propriétés mobilières et immobilières.\u2019 Jourdaïn.\u2014Je suis d'avis que la sentence prononcée par notre vénérable président contre les Juifs devrait être mitigée un tan- tinct, en épargnant les propriétaires de paion-shops.Ça sera une calamité publique si les Castors, pendant les longues années de dèche qu'ils auront à passer dans la province de Québec, ne peuvent point avoir la consolation d'aller mettre au clou quelques- unes de leurs nippes.Le Zrésétent\u2014Les monts-de-piété cesse- rout d\u2019être des iustitutions laïques.Ils seront exploités par les communautés rebi- gieuses.Les membres se déclarent satisfaits des explications données par le Président et une résolution basée sur les opinions qu\u2019il a émises est acloptée à l\u2019unanimité par l'assemblée.Le président reprend la parole et dit : La dAfiterve ct d\u2019autres journaux m'ont pris à partie à cause cle notre attitude vis-à- vis les autorités épiscopales sur la question de \"Université Laval, Mes principes sur Victoria et Laval sont restés les mêmes.Les cours de l\u2019ancienne école de médecine ont été repris ct seront continués en dépit de tout ce que l\u2019on dira contre nous.Et nunc ct semper.Maintenant parlons du St-Père.On nous menace d'une excommunication de Rome, Le Sacré Collège y rélléchira deux fois avant de nous attaquer de la sorte.Si nous donnons dans la province de Québec le signal de la rébellion, Rome s\u2019en repentira très certainement.Jai rencontré dernièrement notre ami Tardivel.[| m'a prié de vous informer qu'il passera à Montréal dans quelques jours afin de demander à tous les bons catholiques de notre école d\u2019apposer leurs signatures à une nouvelle requête au St.Siège, lui demandant de reconsidérer la nomination du cardina] à Québec.Nous avons toujours le droit de pétition ct nous nous en servirons jusqu'à ce que nos droits soient reconnus dans la Ville Eternelle.Le président reprend ron siége au milicu des applaudissements frénétiques de l\u2019assemblée.Sur motion de M.Jourdain secondé par M.Nicodème, il a été résolu qu'une délégation des membres de l'association canadienne pour l'avancement de l'ignorance sc rendrait auprès des directeurs du Grand Tronc et du Pacifique afin de leur demander de changer les noms de plusieurs stations et de les baptiser de noms religieux.Il serait opportun de changer le nom de Somerset en Saint Morrissette, Stanfold en Sainte Folle, Sand Point en Sainte Pointe, Central Fall en Sainte 'Truelle Folle, South Brandon Ranch en Saint Branle dans le Manche.Le président en déclarant la clôture de l'assemblée dit qu\u2019à la prochaine séance il proposera une séric de résolutions au sujet de la loi des asiles et qu\u2019il lirait un mémoire très intéressant sur l\u2019asile St.Jean de Dieu \u2018dix-huit mois.; puissance possible d\u2019un pareil instrument en à la Longue-Pointe.Le grand télescope califormien.L'observatoire de Lick, sur le mont Ha ntilton, en Californie, fait présentenrent construire un télescope qui, s'il est jamais\u201d achevé, avec son réfracteur de trente six pouces, sera le plus puissant du globe.Les constructeurs promettent de le livrer dans On se fera une idée de la considérant qu\u2019il rapprochera la lune de la terre, pour les observateurs du mont Hamilton, à peu près à la distance qui sépare New- York de Philadelphie.Si Von ajoute que * l'atmosphère de cet observatoire est la plus pure et !a plus tranquille du monde, on a iuconicstablement le droit d'espérer qu'un certain nombre de faits nouveaux viendront bientôt s'adjoindre à ceux que la science astronomique possède déjà, et que les mondes les plus voisins de nous, Mars par exemple, nous céderont quelques-uns de leurs secrets.Le Chambers\u2019 Journal rappelle à ce propos que lu géographie de cette planete esl déjà beaucoup mieux connue qu'on ne l'imagine vulgairement.longtemps avant Herschell, les astronomes avaient signale à chaque pôle de Mars une tache blanche qui augmente et décroit à intervalles réguliers, L'illustre observateur anglais suggéra ie premier cette hypothèse qu\u2019il pouvait y avoir là deux mers glaciales analogues à nus océaus arctique et antarctique.Si l\u2019hypu- thèse était fondée, la décroissance de la banquise devait correspondre à l\u2019été martial, et son augmentation à l\u2019hiver.L'observation démontra que tel était précisément le cas.Cette découverte fut le point de départ de recherches nouvelles, d'où résulta une connaissance relativement complète de la répartition des continents et des mers à la surface de Mars.Sur la terre, les continents occupent seulement un tiers de la périphérie, et la mer les deux autres tiers.Sur Mis, l\u2019étendue des continents et celle des mers se balancent à peu près également ; de plus, les océans n'y forment pas conwe chez nous de vastes nappes sans solution de continuité, mais, au contraire, des canaux et des \u2018 manches\u201d qui séparent des Îles plus ou moins étendues.Un point est hors de doute, c\u2019est que Mars possède une atmosphère.Les saisons de cette planète présentent la plus grande analogie avec les nôtres.Ses nuits sont très sombres ; Mars possède bien deux lunes, au lieu d\u2019une que nous avons, mais ces lunes sont si petites que leur pouvoir éclairant doit âtre presque nul ; le diamètre de la plus grande est seulement de 96 kilomètres ct celui de la plus petite de 64.L'analogie générale de Mars avec la Terre n'en est pas moins des plus frappantes.Il cst impossible de voir une raison plus plausible pour que la vie ne se soit pas manitestée sur cette plandte sous des formes au moins analogues à celle qu\u2019elle revêt sur la nôtre.Il est infiniment probable qu'elle y est plux ancienne, et il y a toutes raisons de penser qu\u2019elle y est déjà arrivée à un degré de civilisation plus avancé, C'est donc avec Mars qu'il faudra tenter d'établir les communications, le jour où la puissance des télescopes terrestres les permettra.On sait qu\u2019un astronome prétend que nos voisins ont déjà ouvert le feu et qu'on observe sur leur planète des points lumineux gouvernés de façon à donner à penser que ce pourraient bien être des signaux à notre adresse.Mais, en admettant la réalité de ces signaux, nous n\u2019en avons pas encore la clef.Il faudra aviser à la trouver, ou i découvrir un langage si clair qu'il soit intelligible pour tout être doué de raison.Un savant russe a déjà proposé à cet effet de tracer sur les plaines de la Sibérie la figure de la 47e proposition d\u2019Euclide, 7a/go le pout aux ânes ou carré de lhypothénuse.Malheureusement, on ne voit guére come ment les habitants de Mars, ayant aperçu ce signal, pourraient nous informer que chez eux aussi il fait partie du programme des études.La Bibliothèque à Cing ents voit chaque jour son succès s'affermir.D'où lui vient cette faveur particulière du public ?I! suffit de parcourir au hasard un des numéros heb- domaclaires de cette intéressante publication et l\u2019on se rendra immédiatement compte du choix éclairé, de l'attention scrupuleuse qui président à sa composition.Les sujets les plus variés dans le Roman, la Littérature, l\u2019Histoire, les Voyages, les Scènes du Désert ou de la Vie Indienne, y sont tour À tour développés avec l'attrait puissant des poignantes émotions que font naître les grands spectacles de la nature, et l'analyse des sentiments les plus tendres et les plus délicats du cœur humain.À ces divers titres, La Bibliothèque à Cfng Cents a sa place marquée d'avance à tous les foyers, où elle fera les délices du yieillard aussi bien que celles de la jeune lle. HTT SF A BI Th ee a te Ras alta Te + mr es 227 se oT J es SN Ca fre à SE = COUPS D'ARCIFET Le policeman \u2014Avancez, maintenant, et vite.Le vovou.\u2014 Vite, «ites vous ?Le polrceman.\u2014Oui, vite, si vous ne vous dépêchez pas, je vais vous conduire à la station.; Le vovou\u20145i je vous appelais un os.< Jualer\" et + i je disais que vous êtes le des- honneur de I police, qu'est-ce qu mani verait ?; Le poltceman.\u2014 Vous aurez $10 ou Un mois.Le voyou.\u2014Si je ne vous le disais pas, et si je me contentais de le penser ?Le policeman.\u2014 Je ne vous ferais pas en- vover en prison pour ça.Le ayou \u2014Daws ce cas, supposez seulement que je le pense.x * ¥ Un avocat de Montréal regarde par-dessus l'épaule de sa fille, qui écrit une lettre a une de ses amies.\u2014 Comment { Délima, est-ce possible à ton Âge, douze ans, lu ne sais pas épeler ton nom de famille ! Délima.\u2014Eh bien, ca ne fait pas de difference.la manière dont j'épelle mon nom de famille.Dans une couple d'années je vais chauger de nom.wa Le mari\u2014Vu connais la jolie madame D.; La femme.\u2014 Pour \"amour du bon Dieu, mon ami, ne me parle pas de cette jolie madame D.Je ne puis aller nulle part sans qu\u2019on me fasse son éloge.Ces éloges me cornent aux oreilles et me rendent malade.foe mari\u2014]\"¢lais seulement pour te dire qu'il circulait d'étranges rumeurs à son ujet.; La femme.\u2014Des rumeurs, oh ! mon chéri, (U Vis me conter ça, comme un bon petit coer, \u201cx Donnons crédit à M J.Le A.pour un bon calembourg.I! rencontre le coroner sur la rue Notre-Dame.\u2014C'est étonnant, dit-il, un homme qui a tant de miorgue et qui pourtant est si modeste.PL La scène se passe à la porte du bureau d'un médecin de la rue Notre-Dame.Le Patient \u2014A quelle heure puis-je être sûr de voir le docteur tout seul chez lui ?La Serrante \u2014Vous ferez bien de venir À ses heures de consultations, entre deux et quatre heures.Il est toujours seul en ce temps-là.+ Un candidat en tournée électorale entre dans la maison d'un voteur du village de Ste.Cunégonde.Après avoir donné un gros bec au bébé de la maison : \u2014Quel charmant enfant ! c\u2019est un véritable petit ange, Il ressemble à son père et äsamère.Vraiment, c\u2019est tout votre portrait.Il a les beaux yeux de sa mère et les cheveux de son père.Le père qui est chauve comme un genoux ute son chapeau et dit: c\u2019est vrai, il doit avoir mes cheveux car je ne les ai plus.Tete du candidat, * * ¥* À la Cour du Recorder : Un constable est dans la boîte aux témoins.\u2014Vous dites, constable, que vous avez vu l'assaut commis sur le plaignant.\u2014Oui, je l'ai vu.\u2014A quelle distance étiez-vous: du'prisonnier et du plaignant ?: .\u2014Lorsque le premier coup a été j'étais à cinq verges de l'endroit.\u2014Et lorsque le second coup a été donné ?\u2014Alors, j'étais à cinq cents verges.frappé, Wa - .Retewfate rr \u2014 [Perens] TE .pis 14 \u20ac Dans le comté de Jacques Cartier, Adéodas Prévost craint le chien de son adversaire.Ce chien est à aboyer.(A.Boyer pour les lecteurs de la Patric.= * % Quoique le Piolon porte la date de samedi le 16 octobre, il est comme d'habitude mis sous presse le mercredi, et lancé dans la circulation le jeudi, ÂAvee cette explication, nos lecteurs comprendront pourquoi les caricatures ct les articles de ce numéro ne touchent pas au résultat des élections provinciales.Prenez un peu de patience, les candidats qui ont dansé ne perdent rien pour attendre.« EARNS Un commis de nouveautés est à l\u2019article de la mort, Une bonne Sœur de la Providence lui prodigue les dernières consolations de l'Eglise à ce moment suprème.Lorsque lu religieuse a fini de parler, le moribond tourne vers sa consolatrice ses yeux hâves ct vitreux en disant : \u2014Avec ça, madame.vous faut-il encore autre chose aujourd'hui ?C'était le dernier cri du cœur.Fx M.Lussier au cours d'un speech qu'il a donné dans le comté de Verchères a lancé la perle suivante : L'union, messieurs, l'union c'est l'amour de la religion et de la patrie, deux vertus théologales surnaturelles.Voilà ce que c\u2019est que l'union ! Pends-toi, Galipeau ! Voili un homme qui va te damer le pion.Les Remèdes à la Mode.Quel est donc le médecin qui disait à un de ses clients : \u201c\u201c Mâtez-vous de prendre ce médicament pendant qu\u2019il guérit.\u201d Il y a des modes, en effet, pour les re- médes comme pour la toilette.Le Cosmos fait à ce sujet les réflexions suivantes : Rien de plus curieux que les changements qui, chaque vingt ans, surviennent dans la pratique de l\u2019art de guérir.La saignée, qui guérissait tout le monde, au point qu'un médecin qui se serait refusé à la pratiquer à tout propos aurait passé presque pour un assassin, était tombée il y a quelques années en complète désuétude.Nous avons connu des médecins très instruits qui, dans toute leur vie d'étudiants, l'avaient à peine vu pratiquer une ou deux fois.Il suffit de se reporter aux archives de l\u2019Assistance publique, ou de relire certains mémoires d'apothicaires du siècle dernier, pour être absolument frappé des changements survenus dans les prescriptions des princes de l'art.Savez-vous combien Bouvard, médecin de Louis XIII, fit prendre de clystères à son royal client?216 en un an ! Il faut dire que dans cette année le futur monarque absorba 15 médecines et fut saigné 47 fois.Rappelons encore la fameuse plaidoirie de l\u2019avocat Grosley en faveur d'Etiennette Boyau contre le chanoine Bourgeois, réclamant de ce .clernier le payement de 2,910 lavements à lui administrés dans l\u2019espace de deux ans ! td WTOBRE Les oiseaux rouges ne croyaient pus qu'il y aurait un gros froid avant le mois de décembre, Les malheureux à moitié gelés se chautlent le mieux qu'ils peuvent, VARIETES.Un affreux scélérat est condanmé à mort pour avoir assassiné une clemi-douzaine d'individus.De Mazas, il écrit à un de ses cousins.Celui ci s'empresse de ne pas lui répondre, l= condunné, avec une profonde amer- tue : \u2014L'ingrat ! Voilà bien les parents ! Après cela, sacrifiez-vous donc pour proeu- rer un peu de notoriété aux personnes de votre famille ! x Aristide Launois, en ouvrant le restaurant Interucéanique ménage des surprises à ceux qui viendront le visiter, Il tient à son début de se créer une clientèle en offrant au publie, des vins et liqueurs d'une importation spéciale.Le service du restaurant sera irre- prochable sous tous les rapports.Repas à la carte ou à table d'hôte, Prix des plus modérés.N'oubliez pas que l'Interocéanique est au No.100 de la rue St-Laurent.x Un farceur entre chez un innocent papetier et interpelle la dame de comptoir : \u2014 Madame, du papier blanc, s\u2019il vous plait, du papier d\u2019écolier, grand format ?\u2014Combien, monsieur ?\u2014 Deux doigts et demi, madame.\u2014Vous dites ?\u2014TJe dis : derx doigts et demi, \u2014J'entends bien, mais je ne comprends pas.\u2014C'est pourtant bien simple, chère madame\u201d: deux doigts et demi, c'es une demi main ! =F Unc réflexion de Guibollard : \u2014Le chameau est un animal qui a la bosse de la sobriété.=\" Notre violonneux en chef est aujourd'hui le sujet de bien des cancans.\u2018Tous ses amis lui demandent où il a acheté le suit élégant qu'il porte les jours de beau temps.Pour faire cesser l'incertitude qui règne dans les esprits à ce sujet il déclare qu\u2019il a fait confectionner son habillement chez E.LEM1EUX, No.3 RUE Sr, LAURENT, C'est là où l\u2019on peut s'habiller à 50 pour 100 meilleur marché qu'ailleurs.Coupe élégante garantie.No.2,\u20144-ins.«Fx Au café, deux joueurs de dominos échangent des confidences de ménage.\u2014Ah ! mon cher, quel enfer que ma vie, avec le caractère inégal de ma femme ! \u2014Tiens ! la mienne l\u2019a tout à fait égal, au contraire.\u2014Je vous en félicite sincèrement.:\u2014Pas de quoi | Elle a le caractère toujours égal, c'est vrai, mais en mauvais.+* * * Fragment de conversation : \u2014Jamais tranquille, I'Espagne! Toujours quelque chose qui se détraque.Hier, c'était des secousses de tremblement de terre à Malaga et à Anquetera ; aujourd\u2019hui c\u2019est une explosion à Barcelone.\u2014Pour moi, c'est un pays destiné pro- chaînement à sauter! depuis longtemps c\u2019est prévu.\u2014Ah bah ! parce que ?.\u2026 -\u2014\u2014Parce que la chose est inévitable avec un roi mineur L'Imprimerie Générale Exécute avec diligence toutes espèces de GOMMANDES TYPOGRAPHIQUES IMPRESSIONS DE LUXE, IMPRESSIONS DE CHEMINS DE FER, IMPRESSIONS DE COMMERCE, L'Emprimerie Générale Err RN ast D'EXÉCUTER LES COMMANDES LES PLUS CONSIDERAGLIS SDS LE BRE Dong, CLUS PRIN TRESS MODERES.Chi ARLES DELLA, Gitany, Noi PLACE Tae ES CARTIER, Noob Les ordre peuvent cire denoses at bureau de LA MINE sv, No 15, Pace Jacques- Cartier, eù au burean de LA Press, No 10, rue SNocre-Dauie.cn lacs de A {lotel-de Ville, C.ROBERT & CIE an commencement de Patomne rappellent au publie qu'ils nettoient, Teïgnent et réparent toutes esprees de FOURRURES Pour tn prix inoderé \u20ac, Robert & Cie con- Vertiront votre vieux bonnet de fourrure en un neuf et Mai donneront le chie du jour.Venez voir leurs importations d'autoniie au cuin des Rues St-Laurent et Vitré.Montréal LE AN > PLAT.lONSIE, Le plat que nous aimons, cest les pieds de cochon, Apprèles avec soins et dy bons cornichons, On be prend chez Cizou, le cuisinier de France, Qui sait de l'estorane, préparer la jouissance, P.CHZOL, 72 rue SC Laurent, MAISON MILITALRE 443 RUE CRAIG, Pres du Drill Shed \u2014\u2014(0}p-\u2014 Cet hotel ouvert récemment par Joseph Lépine se recommande au publie par l'ex- cellenee de ses VINS, LIQUEURS ct CIGARES.Lépine achète toutes ses boissons de La célèbres maison Mathieu ét Freres, par conséquent il est inutile de dire que leur qualité est garantie.JOS.LEPINE, I'ropriétaire No.2,-h 1.0.HOTEL RIENDEAU 64, RUE ST-GABRIEL M.Riendenu proilte des premiers numéros du \u201c Violon \u201d pour informer le public of les gourmets en général, que son hôtel vient de subir des améliorations importantes et que le département du restaurant a maintenant un comptoir où seront tenues des huitres en cenilles les plus fraiches.Unie visite est sollicitée, JOS, RIENDEAU, Propriétaire.Horst, BRUNSWICK SOREL Ce maguiflque établissement est inuintenant ouvert au public, après avoir été compléte- ment restauré, M.Aimé Béliveau qui est très avantageusement connu du public voyageur, commune l'incion propriétaire du l'Hôtel du Canada à Montréal, y à installé un service de première classe.La buvette est maintenant approvisionnd des wicilieurs Vins, Liqueurs ct Cignres, RIENDEAU & BELIVEAU, | Propriétairos, Jos, Riendon de I'Hotel do Montréal, Aimé Méliveau ci-devant do l'Hôtel du Ca LE VIOLON FEUILLETON DU \u2018 VIOLON.\" FLEURS DE CYCLAMENS Connaissez-vous Talloires 2.Si votre bon génie vous a conduit à Annecy et si vous avez fit le tour du lac, vous aurez certainement remarqué l\u2019heureux coin vert et silencieux où ce village sommeille au pied des montagnes.Le roc de Chère, qui dresse jusqu'au milieu du lac son promontoire brisé et crevassé, enferme dans une encoignure et protège du vent du nord les cing ou six villas, les trente maisons et l\u2019ancienne abbaye transiormée en hôtel qui composent tout Talloires.Le village s'éparpille parmi des vignobles en pente et à l\u2019abri des noyers.Derrière, s'élève une première croupe de montagne couverte de hôtres et de chènes ; puis, au-dessus d\u2019un replat où ondulent des champs de seigle et d'avoine, les pâturages et les forêts de sapins tapissent de leur verdure sombre ou claire les arêtes escarpées, au sommet desquelles le Lanfont et la Tournette découpent sur le ciel leurs dents et leurs pitons dorés de soleil.À bas, le lac étend son eau bleue et lisse où fuient quelques barques à voiles triangulaires.Dans ce miroir d'azur les peupliers des berges, les pentes ardues et les cimes crénelées de la rive opposée se reflètent doucement.La lumière, tamisée par de beaux nuages, colore magistralement le cirque de montagnes qui enserre le Bout du lac.Le vert foncé, le bleu sombre, le violet intense, le gris argenté s\u2019y fondent par d\u2019insensibles transitions avec le bleu turquoise de l\u2019eau et le vert phosphorescent des vignes.Sur ce paysage à la lois grandiose et intime plane une paix profonde, interrompue seulement par de claires sonneries de cloches villa- gevises, des gazouillements d\u2019oiseaux et le passage d'un char lentement traîné par des bœufs.\u2014C'est là qu\u2019il faut venir savourer la joie des amours heureuses, et c'est la encore qu\u2019il faut se réfugier si l\u2019on a une grande douleur à endormir.Les odeurs de menthe et d'herbe fauchée qu'\u2019apporte le vent de la montagne vous enveloppent d'une tendre caresse, en même temps qu\u2019elles apaisent la tristesse des souvenirs amers et qu\u2019elles cicatrisent comme un baume les blessures morales.dia L'autre jour, j'ai rencontré sur le chemin de la Tournette trois touristes qui en descendaient, 'alpenstock en main, le sac au dos et le chapeau fleuri d'un bouquet de cyclamens.Ils étaient lestes, fringants et jeunes, le plus âgé ayant vingt-cinq ans à peine.Je les ai regardés passer d'un œil attendri et, au spactacle de leur jeunesse allègre, tous les souvenirs de la vingtième année me sont remontés au cerveau.Je me suis revu descendant gaiement le même chemin, avec des fleurs au chapeau, en compagnie de deux joyeux camarades, ct, de même que les cimes des montagnes se rellétant dans le lac, le souvenir du temps jadis s'est étendu devant mes yeux, comme un mirage, avec ses formes précises, ses couleurs, ses parlums et ses enthousiasmes d'autrefois.*¥ x C'était un soir d'il y a vingt-cinq ans, dans ce même village où nous devions passer la nuit après une course de sommets.À peine nous étions-nous engagés dans la magnifique avenue de marronniers qui précède l\u2019Abbaye, que nous vimes se lever d'un banc et marcher lentement devant nous, sous la verdure, une belle jeune fille, dans toute la splendeur et la gloire de ses dix-huit ans.Blanche, admirablement faite, elle avait d\u2019épais cheveux blonds qui tombaient librement en boucles sur ses épaules de déesse.Sa jupe clairo à longs plis, balayant l'herbe de sa traîne, dessinait à souhait ln souplesse de la taille et la rondeur des hanches.Sa démarche était superbe, et quand, au murmure de nos voix admiratives, elle se retourna, nous vimes un fin profil de patricienne aux lèvres rouges et dédaigneuses, au nez légèrement retroussé, aux yeux purs et fiers.Nous avions pris feu tous trois en même temps et, oublieux des fatigues de la journée, nous la suivions à distance, le long d\u2019un sentier qui serpentait entre les vignes.A un certain carrefour, elle poussa une porte voilée de chèvrefeuilles et disparut.De retour à l'Abbaye et la tête encore pleine de notre merveilleuse rencontre, nous questionnâmes lus gens de l'hôtel \u2014La jeune lille s'appelait la princesse V\u2026 Elle était russe et habitait avec sa famille une des villas situées an hord du lac.\u2014Russe, princesse et jolie, il y avait de quoi faire flamber notre imagination et, pendant tout le diner, nous ne parlâmes que de sa beauté.Pourtant, au dessert, la fatigue et le vin de Talloires aidant, mes deux compagnons s\u2019ê- taient sentis peu à peu alourdis, leur verve avait tari et ils montèrent se coucher.Quant à moi, je n'avais nulle envie de dormir et je sortis dans l'espoir de revoir encore l\u2019aristocratique et blanche apparition de l'après-midi.La soirée était exquise.Du côté d\u2019Aunecy le soleil venait de disparaître dans une gloire de nuées purpurines.Derrière les escarpements de la Tournette, la pleine lune se levait et effleurait les sombres pentes veloutées de la montagne d'un premier rayon qui trouait comme une flèche les brumes des ravins.De tous côtés, dans la campagne assoupie, montaient des cris de grillons, mélés aux notes claires des rainettes.A mes pieds, l'eau du lac encore glacée de lilas foncé clapotait mollement.Je suivais la marge d'un petit pré dont l\u2019eau rongeait les bords, et, tout en cheminant les yeux en lair, je révais d\u2019une nouvelle rencontre possible avec la jeune Russe ; j'inventais de romanesques incidents qui nous mettraient en communication ; jenga- geais une conversation imaginaire où Je disais des choses très spirituelles et très éloquentes.\u2018l'andis que je bâtissais mes châteaux en Espagne, j'entendis sous la ramure d\u2019un saule le bruit métallique d'une chaîne de ba- tean qu'on secoue, et tout à coup, à cinq pas, je vis s\u2019agiter une forme blanche.C'était la princesse.#¥ 5 Elle essayait de dénouer la chaine qui amarrait le bateau à un pieu solidement enfoncé dans la berge ; mais elle n\u2019y pouvait parvenir.Ses petits doigts se meurtrissaient en vain contre les chaînons rouillés qui formaient le nœud.Elle frappait du pied le sol du talus avec impatience, l\u2019irritation allumait ses prunelles, et ses lèvres d'enfant, plissées et boudeuses, laissaient passer des exclamations dépitées.\u2014Dieu, que c'est agaçant ! s'écria- t-elle.\u2014Permettez! dis-je en m'avançant brusquement.\u2014 Bt, m\u2019agenouillant, je dénouai l'amarre, non sans m'être notablement endommagé les ongles.Elle avait déjà sauté dans le bateau et m\u2019examinait de la tête aux pieds.Je venais de passer huit jours dans la montagne, marchant par tous les temps, couchant sur le foin des chalets, et ma toilette était fort négligee ; barbe trop longue et mal peignée, feutre recroquevillé, vêtements fripés, guétres terreuses.Elle me prit évidemment pour le batelier.\u2014Merci, murmura-t-elle d\u2019un ton bref; maintenant, conduisez-moi jusqu'à Duingt, voulez-vous ?\u2014Avec le plus grand plaisir, répon- dice, le cœur tout battant d'aise.Je m'\u2019élançai à mon tour et d\u2019un coup d'aviron-poussant le bateau loin du bord, je me mis à ramer, tandis qu\u2019en face de moi elle ménœuvrait le gouvernail.La lune qui montait me montrait maintenant plus distinctement sa jolie figure, à la fois espiègle et hautaine, qu\u2019encadraient les cheveux blonds aunelés et où luisaient deux yeux noirs, encore assombris par l'ombre portée des longs cils.À son corsage de soie écrue un gros bouquet de cyclamens épanouis envoyait jusque vers moi sa pénétrante odeur analogue a celle du muguet.\u2014Je voulais faire cette promenade depuis longtemps, crut-elle devoir me dire en manière d'explication, mais ma tante a horreur de l\u2019eau et miss Gray est une poule mouillée; je me suis donc décidée à sortir seule, et sans cette misérable chaîne, je serais déjà loin.Elle parlait le français très purement, avec un léger accent exotique, qui donnait à ses paroles une saveur plus piquante.Tout entier à mon admiration, je ne songeais pas à lui répondre et ju me contentais de ramer vigoureusement, du sorte que nous atteignimes assez vite le milieu du lac.\u2014Enfin vous êtes venu à propos, continua-t-elle, mais vous n'avez pas perdu votre temps et il est juste que je vous paye de votre peine.Tout en causant, elle avait tiré de sa poche un mignon porte-monnaie dont je voyais reluire le chiffre d'argent, et elle allait y puiser, quand je l\u2019arrétai du geste : : \u2014Merci, mademoiselle, je ne suis pas le batelier et je me trouve suifi- samment payé par le plaisir de vous accompagner dans cette promenade nocturne.Elle releva vivement la téte, son front pur se plissa, et elle me toisa d'un air effarouché et irrité.\u2014Qui êtes-vous donc alors ?de- manda-t-elle avec hauteur.\u2014Je suis un simple touriste, fort heureux de m'être trouvé là par hasard pour vous rendre service.Elle se rasséréna un peu et se décida à sourire.\u2014Ah!.reprit-elle, en ce cas, je vous dois des excuses pour mon indiscrétion .J'ai commis une étourderie que mon institutrice miss Gray qualifierait certainement d\u2019éEmproper.Si vous le voulez bien, nous retourne- nons à Talloires.F4 Elle imprima au gouvernail nn mouvement qui fit virer le bateau et je me remis à ramer, mais cette fois avec plus de lenteur \u2014La lune, qui montait toujours, jetait un long rayon sur toute la largeur du lac; les montagnes voilées d\u2019une vapeur d\u2019argent avaient un aspect féerique, et au loin, du côté de Doussard, un feu de pâtre allumé sur une crète nous envoyait sa rouge lueur.\u2014Avez-vous été au Mont-Blanc ?me demanda la jeune princesse, qui, rassurée sans doute sur ma manière d'être, jugea à propos de se montrer aimable et de rompre le silence.\u2014J\u2019en arrive.J'ai regagné le lac d'Annecy par le col des Aravis, Thônes ct Tournette.\u2014Connaissiez-vous déjà notre lac 2.N'est-ce pas qu'il est adorable ?\u2014Oui, surtout en ce moment.\u2014 Il est beau à toute heure ! répli- qua-t-elle avec impétuosité ; il a des limpidités et des transparences bleues qui invitent à s\u2019y plonger.Oh! l\u2019eau.J'aime l\u2019eau! s'écria-t-elle en enfonçant avec délices l'un de ses bras dans le sillage argenté du bateau.\u2014Vous êtes peut-être une ondine ?repartis-je en la regardant avec émerveillement.\u2014Je voudrais en étre une!.On dit qu\u2019il y en a ici, car vous savez que vous êtes sur un lac à légendes ?, \u2014Vraiment ?\u2014Oui, les gens du pays prétendent qu'à cette même place où nous sommes, un village entier a été englouti sous l'eau, parce que les habitants avait refusé de donner l\u2019hospitalité à une vieille mendiante qui était fée.Pendant les nuits de pleine lune, les coqs du village submergé chantent au fond du lac et les cloches tintent comme pour la messe.Tenez, écoutez !.N\u2019entendez - vous pas comme un lointain carillonde cloches?Elle s'était penchée sur le bord du bateau et prétait l'oreille, tout en riant et en faisant ruisseler entre ses doigts des gouttelettes qui seintillaient au clair de lune.\u2014Entendez-vous ?répéta-t-ellu.Je m'étais rapproché, nos doux têtus su touchaient presque et j'écoutais docilement.D'ailleurs, pour rester là, j'aurais cru et avoué tout ce qu'elle aurait voulu, et de fait, il me semblait que j'entendais une vague et délicieuse musique.Peut-être étaient-co tout bonnement les battements de mon cœur, car j'étais violemment ému auprès de cette jolie princesse à ln taille souple, aux blonds cheveux et aux yeux ensorcelants.ln outre l'odeur grisante de cyclamens me montait au cerveau, \u2014Chut ! poursuivit-elle avec un air mystérieux, en mettant son doiet mouillé sur ses lèvres, voici la fée du lac qui nous appelle.Dans le silence de la nuit, on entendait au loin les sons d'un cor ef, par un singulier eflet d\u2019acoustique, Cetie lointnine fanfare semblait monter du fond de l'eau.\u2014 Eh bien ! non, reprit-elle en éclatant de rire à la vue de ma ligure ébaubie, de mes yeux écarquillés et de mes lèvres entr\u2019ouvertes, je crois décidément que ce n\u2019est qu\u2019un vulgaire cor de chasse ! \u2014C'est vous, m'exclamai-je avec une amoureuse exaltation, c\u2019est vous qui êtes la fée et qui prêtez an lac tous vos enchantements !.De nouveau elle éclata de rire et.comme je m'éfais remis à ramer, nous abordämes bientôt près d\u2019une vigne en pente.Par delà les pampres frissonnants, Une élégante villa découpait au clur de tune, sur la verdure, ses toits de tuile avec deux pavillons en retour, unis par une loggie à l'itu- llenne où grimpaient des chèvrefeuilles Tout à coup une forme noire se penchant à la balustrade de la loggia interpella la jeune fille : \u2014 Nâdia, Nâdia ! .Voulez-vous bien rentrer !.\u2026 Vous allez attraper un rhume.\u2014C'est ma tante.murmura Nädis, je ne sais si j'actraperai un rhume, mais pour sûr j'attraperai une semonce\u2026 Merci, monsieur, et bonsoir.Chargez-vous d\u2019amarrer le bateau.Puisque vous n'êtes pas le batelier, je ne puis vous payer le passage et pourtant je voudrais bien acquitter ma dette.Bille parut méditer un moment, puis brusquement elle détacha de son corsage le bouquet de cyclamens et me le lançant : \u2014Adieu ! gardez ces fleurs en souvenir de la fée du lac !\u2026.Elle gravit la berge et disparut bientôt sous les platanes de la villa.Le lendemain matin, mes compagnons et moi nous repartions par le bateau d'Annecy et je n'ai plus revu la jolie princesse.#*x Et me revoici, après vingt-cinq ans, au bord de ce lac enchanté.La villa dresse toujours dans les vignes ses pavillons aux toits de tuile rouge et sa loggia couleur vert d\u2019eau.Les cyclamens ouvrent toujours à la marge des bois de sapins leurs fleurs roses embaumées.De jeunes touristes, vaillants et allègres, descendent encore, la chanson aux lèvrès, les pentes ra vinées de la Tournette\u2026 Je suis retourné en bateau sur le lac, à l'endroit où a été submergé le village légendaire.Mais j'ai eu beau prêter l'oreille, je n\u2019ai plus entendu tinter les cloches ni vibrer la voix de la fée.Je n\u2019ai oui sonner que ma cinquantaine, tandis que les notes mélnnco- liques des rainettes semblaient mener le deuil de ma jeunesse envolée et de mes compagnons de voyage disparus.mp.par 'Imprimerio Générale, 45, Placo F.-Cartior, Cus BELLEAU, gérant, "]
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