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Titre :
Le violon
Hebdomadaire, Le Violon est un journal humoristique illustré qui fait flèche de tout bois à partir des actualités, des travers des personnages publics et des indiscrétions du carnet social.
Éditeur :
  • Montréal: :[s.n.],1886-1888
Contenu spécifique :
samedi 18 décembre 1886
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
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Références

Le violon, 1886-12-18, Collections de BAnQ.

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[" REDACTION 4S PLACE JACQUES- CARTIER MONTREAL ABONNEMENT UN AN - - $0.50 ANNONCES MESURE AGATE - re \u2018ncertion - - 10 conte Aus 1 ee 8° < LONGS TERMES CONGITIONS 3°ECIALES LE NUMERO strictement d'avance uN CEN TIN JOURNAL QUI FAIT DANSER VOL.I MONTRÉAL, SAMEDI, 18 DÉCEMBRE 1886 No 13 Guide du Duelliste Indélicat Suite.VII DES TÉMOINS Quoique vous soyez le seul intéressé dans l'affaire, vos témoins: ne sont pas gens à négliger.Il n\u2019est pas absolument nécessaire d'aller les chercher sous les ponts, mal il serait malhabile d'aller les choisir dans la fine fleur de la noblesse.L\u2019aristocratie à encore certains côtés arriérés, vos théories sur le duel, \u2014théories toutes de progrès, \u2014ne seraient peut-être pas les siennes, il pourrait y avoir froissement, ce serait ficheux.Le meilleur pour un duelliste de profession c\u2019est d\u2019avoir une douzaine de témoins sur la planche, des amis dévoués, habiles à saisir ses idées.Je.n\u2019insiste pas, vous avez compris, Dans le cas\u2014a éviter\u2014ou vous eraindriez le jeu de votre adversaire, ne prenez jamais d\u2019amis pour témoins.Des amis admirent les passes kabiles, ils peuvent au besoin vous.vous aider si vous voulez, mais dans une circonstance semblable, il est préférable de choisir deux créanciers.Venez demain, leur dites-vous, et vous serez fixés sur mon compte.Si je suis tué vous pourrez passer par profes et pertes, si le contraire arrive, je dois toucher quelque argent la semaine prochaine et.ROIS Verrons.Pour que les créanciers ne préviennent pas la police, on les emmêne sans leur dire où à l\u2019avance.Ces gens ridicules et pervers s\u2019imaginant être payés tôt ou tard tremblent pour votre existence.Une fois sur le terrain, s'ils s'aperçoivent qu\u2019un mauvais coup vousest destiné, vous les verrez se jeter au-devant, et empocher l'entaille pour conserver leur débiteur intact.Si on en tue seulement un, l'honneur est satisfait et vous vous tirez de là très convenablement ; s\u2019il n\u2019y a que blessure, il de est goût de s'en contenter.Il va de soi que n\u2019ayant pas d\u2019argent pour payer vos dettes, ce sont les créanciers qui doivent payer le déjeuner.VIII DES ARMES Avant de se mesurer avec quelqu'un, la simple prudence exige que vous prenicz quelques renseignements sur son compte, sur ses habitudes, son adresse, sa force, etc.Comme il est bien entendu que vous êtes l\u2019insulté, vous avez naturellement le choix des armes.En conséquence, si votreennemi passe pour fort à l'épée, vous choisissez le pistolet, et s'il est adroit au pistolet, vous vous hâtez de choisir l'épée.Dans les cas douteux, certaines remarques doivent vous guider.Vous ferez les vôtres, je n'en doute pas, quant à moi, voici les miennes : Si votre adversaire a mal aux yeux (ma/ shronique ou accidentel).Si votre adversaire est myope (/2meux).Si votre adversaire est frileux (cas d'hiver).Si votre adversaire est poltron (fremblera Jerme).F.X, LEMJEUX, Communes, Ottawa, Ont DANS LA LAITERIE PROVINCIALE Taillon écrémant le lait de Montcalm pendant que le chat des Rouges boit celui de Montréal Est.Ross.\u2014 Bravo, Taillon, tu as bien fait.J'avais rudement besoin de cette crûôme ; sans elle je n'aurais pu commencer mon beurre, Si votre adversaire a des enfants qu\u2019il aime (sera troublé).Si votre adversaire a des engelures, Si votre adversaire est manchot des deux bras (sera obligé de tirer avec ses pieds).Seulement s'il est aveugle, ce serait peut- être abuser que de lui proposer un duel pareil.Je vous dirais bien aussi : s\u2019il est trés gros, parce que vous aurez plus de place pour taper dedans, mais taper dedans n\u2019est pas absolument le principal ; ce qu\u2019il faut surtout c\u2019est qu\u2019il ne vous touche pas.Si le monsieur en question est gros\u2014ici nous le préférons parce qu\u2019il est naturellement lourd et d'un déplacement plusdifficile, Si ce même monsieur a mal aux reins (sera gêné forcément).Si ce même monsieur est petit (ze pourra guère se défendre, n'aura pour lui que la riposte).Si ce même monsieur a cu heureusement le bras cassé.Si ce même monsieur est fort en colère (s'embrochera tout seul.) Si ce même monsieur a dansé tout la nuit (sera éreinté d'avance).Je laisse aux gens sensés le soin de combler les lacunes.Ces petits spéciments suffisent j'en ai la certitude.IX DE LA TENUE Pour se batttre, il n\u2019y a pas de costume bien spécial, on est en noir généralement, voilà tout.On se bat très bien avec des costumes de fantaisie, c\u2019est vrai, mais enfin c'est sérieux, et on aurait tort d'arriver sur le terrain déguisé en polichinclie jour se battre à l'épée, D'ailleurs les témoins de l'a#tre ne l'accepteraient pas, vous pouvez en être sûr.Mettez-vous donc en noir, croyez-moi, Seulement distingnons : am Pour le pistolet, il faut laisser le moins de prise possible à votre adversaire.Déguisez-vous en manche à balai, autant que vous le pourrez faire.Pantalon collant,\u2014se cirer les jambes au beson, comme les acteurs de province\u2014 pas de chemise, pas de gilet,\u2014ni en flanclle ni en drap,\u2014redingote collante.Un faux-col et des manchettes pour simuler le linge, et c'est tout.Avoir soin de retirer sa décoration, mais dans le seul cas où on en aurait.Si on n\u2019en a pas.on peut la laisser.Bien s\u2019effacer, se faire une tête grosse comme une pièce de cinq francs, enfin de n\u2019offrir à l'œil de son adversaire que l\u2019aspect gras d\u2019une lame de couteau.À l'épée c'est le contraire : Vous voilà nu ?Bien ! Prenez-moi un bon gros gilet de flanelle bien épaisse, garni de boutons larges à droite et à gauche.\u2014La pointe peut en rencontrer un, et vous éviter une blessure.Ce gilet, large, bien étoffé, un gilet d\u2019éléphant quoi.Lä-dessus une chemise large bouffante, énorme, et que ces deux premiers vêtements vous rendent trois fois plus gros que vous n'êtes réellement.Un bon caleçon de laine, large aussi, un pantalon demi-collant, qui avec le caleçon formera tampon.Soyez bien aisé à la hauteur des cuisses, afin de ne pas être gêné pour vous fendre ; serre à la ceinture afin d\u2019être fortement soutenu, S'il a plu la veille, le terrain sera glissant, attention ! que votre chaussure vous soit solidement retenue à la cheville.Certaines personnes choississent des chaussures fines ; c\u2019est peut être un tort.Sur le pré, on n\u2019est pas comme sur le tremplin de la salle; un caillou, un rien, peut vous froisser la plante du pied, vous l\u2019endolorir et paralyser une partie de vos moyens d'élasticité, de marche et d\u2019appel.Je préfère la chaussure mi-forte, garnie de quelques pointes carrées.Le clou à tête ronde glisse trop facilement.Vêtu de la sorte, vous comprenez qu\u2019une pointe peut facilement s'égarer dans votre amas d'étoffes, Vous n'avez alors même pas besoin de parer: au contraine, fen- dez-vous tout d'une pièce, l'arme de votre adversaire se trouve engagée à fond dans la flanclle, et vous, vous n'avez plus qu\u2019à choisir la place où vous désirez le toucher.Voici pour les notions préliminaires, passons maintenant aux bottes infaillibles.d continuer.- 0 +\u2014 La consigne, Le capitaine Pekesec charge un de ses caporaux d'apprendre à lire aux illettrés de sa compagnie.\u2014Mais, mon capitaine, répond le caporal.la compagnie n\u2019a pas un seul illettré\u2026 \u2014Eh bien, formez-en ! SOHMER Adoptés aux conservatoires de New - York- Boston, Philadelphie, New York College of Mu, sic, Fifth Avenue Theatre, Couvent de Villa Maria, Montréal, Couvent du Sacré Cœur à Mahatanville, Couvent de Villa de Sales, Long Island, et dans toutes les principales Institutions d'Amérique.Le Couvent de Maria qui a 8 pianos Sohmer depuis plus de six anstdit quo ces planos sont parfaits sous tous les rapports et ne peuvent pas être surpassés.\u2014 SEULS AGENTS \u2014 LAVIGNE et LAJOIE 1607, RUE NOTRE-DAME, Montréal, LE VIOLON > LE VIOLON Paraît tous les samedis.L'abonnement est de 50 cents par année, invariablement payable d'avance.Nous le vendons aux agents huit cents In douzaine.HiToutes communications doivent être adressées comme suit : LE VIOLON, 45, Place Jacques-Cartier, MONTRÉAL.+ H, Berrienot, RÉDACTEUR, MONTRÉAI.18 DÉCEMBRE 1886 I = x au ~ SAR {8 iA S gro a, Lr ar dq DE UNE SEANCE DE MAGNETISME Le professeur Reynolds a été la coqueluche de Montréal pendant la dernière quinzaine.Il a émerveillé le public par le succès épatant qu'il a obtenu par l\u2019hypnotisme ou le magnétisme animal.Les journaux ont tous publié des compte- rendus de ses expériences où ils parlaient en termes excessivement élogieux des efforts de volition qu'il exerç uit sur ses sujets.Mais la presse a omis le rapport de la séance la plus intéressante qui ait été donnée en cette ville par le célébre magnétiseur.Disons que cette séance était strictement privée, que le seul reporter admis était celui du Vi0LON.La représentation avait été organisée par notre collaborateur ladébauche pour s\u2019amuser pendant une couple d'heures avec les grands politiciens du jour.Etaient présents MM.Ross, Taillon, Mercier, Beaugrand, David, Duhamel et une dizaine d'autres notabilités.Le professeur Reynolds après avoir fait monter ces messieurs sur la scène de la salle Nordheimer, les invita a s'asseoir sur des chaises rangées en hémicycle.La première personne qui se laissa tomber dans le sommeil magnétique fut l\u2019honorable M.Mercier.Le professeur lui ordonna de se lever de son siège et s'approcher de la rampe.Lorsque le chef de l'opposition fut rendu l'endroit désigné, le professeur lui fit quelques passes rapides sur les tempes et le front.\u2014Fermez les yeux, dit Reynolds.Les paupiètes du sujet se baissèrent.\u2014Maintenant, ouvrez-les.Ah ! cela vous est impossible.llssayez à présent.Bon! vos yeux sont ouverts.Vous êtes aujour- d'hui le premier ministre de la province de Québec.M.Mercier se gourma, se passa les pouces dans les échancrures de son gilet ct se mit à arpenter la scène s+ovc0 soss0e Mlarchant à pas comptés Comme un recteur suivi des quatre facultés.a \u2014Maintenant, dit le professeur, vous êtes dans le Palais de Justice.Agissez.M, Mercier prit un air revêche et par \u201cses gestes il simula l'action d\u2019une personne balayant un appartement avec une infinité -de précautions \u2014 A présent vous êtes rendu à Québec dans la salle des séances de l'Assemblée Législative.° M.le Ministre gesticula avec véhémence et finit par imiter l\u2019action d\u2019un individu qui tirerait continuellement sur une longue corde.Le professeur demanda ensuite à son sujet de lui chanter une chanson.Cra Reema ia MAS M.Mercier s'exécuta de Lonne grâce, et chanta : CHANSON.Air : Alouette.O ma rosse ! Ma rosse féroce O ma rosse ! Ah ! je t'arracherai, Moi qui ne suis pas si bête, Je t'arracherai la tête O la tête ! O la tête ! Refrain.O ma rosse ! Ma rosse féroce ! O ma rosse ! Je tarracherai.Moi qui me fiche des bleus Je t'arracherai la queuc.O la queue ! O la tête ! O ma rosse ! Ma Tosse féroce O ma rosse ! Ah ! je t\u2019arracherai Et quelques jours après Noël Je t'arracherai le poil, O le poil ! O la queue ! O la tête ! O mia rosse ! Ma rosse féroce ! O ma rosse ! Ah ! je l\u2019arracherai ! Et dans quelques jours, j'espère, Je t'arracherai les fers, O les fers ! O le poil ! O la queue ! O la 1ête ! O ma rosse ! Etc., etc, Et pendant que tu chancèles Je t'arracherai la selle, O la selle ! O les fers ! \u2019 O le poil ! O la queue ! O la tête ! O ma rosse ! Etc., etc.Puisqu\u2019on me sait intrépide Je t\u2019arracherai la bride, O la bride ! O la selle ! O les fers ! O le poil ! O la queue ! O la tête ! O ma rosse ! Etc, etc.Avant que tu sois dehors Je t'arracherai le mors, O le mors ! O la bride ! O la selle ! O les fers ! O le poil ! O la queue ! O la tête ! O ma rosse ! Etc, etc.Enfin pour le dernier coup Je t'arracherai le licou, O le licou ! O le mors ! O la bride ! O la selle ! O les fers ! O le poil ! O la queue ! O la tête ! O ma rosse ! Etc., etc.Le professeur Reynolds, voyant que M.Mercier était fatigué du sommeil magnétique, lui fit quelques passes et le rendit à la vie réelle, Le sujet suivant fut M.Bergeron.Celui-ci ne tarda pas à tomber dans la somnolence magnétique sous les effluves émanées par les regards du professeur.Il alla se planter sur le devant de la scène.M.Reynolds dit qu\u2019il ne connaissait pas le député de Beauharnois, car il le voyait pour la première fois.Il avait seulement rencontré son nom dans les journaux comme celui d\u2019un des chefs du parti national.Comme M.Bergeron était d'un tempérament qui se prêtait peu aux exercices hypnotiques, il n'allait lui faire qu'une sugges- tion.Il commande alors à son ent cuter son mouvement de prédilection.Immédiatement, le jeune député se dévêtit de son capot et le revira à l'envers avec une prestesse qui souleva les applaudissements de l\u2019assemblée.Reynolds trouva ce tour suffisant.Il réveilla son sujet qui semblait sortir d\u2019un long cauchemar.L'hon.M.Ross fut ensuite soumis aux passes du professeur.Il ne résista que quelques secondes à l'influence magnétique.Le professeur lui dit que son siège le brûlait.M.Ross, au lien de lâcher sa chaise comme les autres sujets auxquels la même suggestion avait été intimée, s'y cramponna avec les deux mains et refusa de bouger.Le professeur lui ordonna dix fois de se lever et dix fois ses doigts s\u2019incrustèrent dans le bois de sa chaise.Reynolds avoua que sa science était impuissante contre l'obstination de M.Ross qui, évidemment, était un mauvais sujet pour le magnétisme.Il réveilla le récalcitrant et passa à la dernière expérience qui devait être la pièce de résistance de la soirée.M.Beaugrand et son ami le G.V.Trudel avaient été engagés pour remplir cette partie du programme.Lorsque tous deux furent hypnotisés à point ils reçurent l\u2019ordre du professeur de se tenir au milieu du proscenium.Placés en face de l\u2019auditoire les deux personnages commencèrent à déclamer les passages les plus touchants de la tragédiu de Damon ct Pythias.Les doux épanchements et les tendres étreintes de l'amitié offraient aux spectateurs un tableau des plus gracieux.Dans la scène suivante le rédacteur de I' Etendard enseignait le petit catéchisme et faisait réciter ses patenôtres au Maire de Montréal.M.Beaugrand paraissait être un élève très docile sous la férule du Grand Vicaire.Dans la pantomime qui suivit il y eut un tableau qui fit figer le sang dans les artères de tous les spectateurs.Rien de plus émouvant et de plus horrible n'avait été présenté au public dans un théâtre.Le rédacteur de La Patrie était censé initier son confrère aux mystères de la franc- maçonnerie.Le Grand Vicaire enlevait ses vêtements cet restait dans la simple tenue du candidat qui va voir la lumière pour la première fois.Rien ne manquait à la scène pour la rendre aussi impressionnable que possible.On vit le rédacteur de /\" Zgendard montant sur le bouc et se promenant dans l'appartement.Plus tard il approchait ses lévres d'une coupe remplie de sang, finalement il recevait dans le bas du dos l'empreinte d'un fer rouge, stigmate qu\u2019il devait garder à jamais comme preuve de son ad- Mission dans une loge.Le cri de douleur que poussa le saint écrivain en sentant gré siller ses chairs, donna la chair de poule à toute l'assistance.C\u2019en était trop pour les spectateurs qui demandérent au professeur Reynolds de tirer un voile sur le tableau scandaleux.: Lorsque les deux sujets reprirent leurs sens, ils geignaient ct haletaient de fatigue, poussant des soupirs à rendre jaloux une baleine en train de prendre un bain de mer.Vers minuit la séance était terminée et le professeur Reynolds remerciait les personnages qui s'étaient prêtés de si bonne grâce à ses expériences.LE CARNAVAL Tout indique que nous allons avoir le plus beau carnaval qui se soit jamais vu, Aussi chacun se prépare, ct surtout nos hôtels de renom, tel que celui de M.Théotime Lancl6t, coin des rues Ste-Catherine et Sanguinet, qui à fait de grandes réparations à son établissement, et c\u2019est là que vous trouverez les liqueurs les plus pures de Montréal, Vins des crus en renom, Cigares des meilleures marques.Cabinets particuliers.Huitres en écailles reçues par express tous les jours.Soupe aux huitres et le fameux cigare \u201c Théo'\u2019à 5 cts.Allez goûter les Tom and Jerry.Salle éclairée à la lumière électrique à la disposition des clients.Un jeune étudiant est en pourparlers avec lagérante d'un hôtel meublé, pour la location d\u2019une chambre située dans les mansardes : \u2014La porte ne ferme pas très bien et la fenêtre laisse passer le vent.Je crois, madame, qu'il doit faire très froid là-dedans, \u2014Cette chambre, froid ?allons donc ! I y a des punaises pendant tout l\u2019hiver ! * #* * Savez-vous combien on compte, en France, de bureaux de tabac ?La statistique va vous dire ça, au plus juste, en amie.Quarante-mille ! Pas un de plus, pas un de moins.Et comme cela prouve bien qu'en France, malgré la grande diminution constatée, l'herbe à Nicot est encore prisée, même par ceux qui la fument ! x PENDANT LES AVENTS Une excellente suggestion à faire aux ménagères catholiques,c\u2019est de donner leurs commandes à Meunier et Robert, coin de la Côte St Lambert et de la rue Craig.Meunier et Robert reçoivent tous les jours par express, les poissons frais de la mer.Ils en ont de toutes espèces.Poissons fumés, salés, homards, éperlans, etc.Prix très-mo- dérés.Commandes expécliées à domicile.* * + Les domestiques.Le jeune vicomte Agénor vient de prendre femme.Trois semaines après son mariage, il rentre chez lui, où l'attend Jean, son vieux valet de chambre.Dès le lendemain, une altercation s'étant élevée entre sa femme et le domestique, Agénor s'interpose.Et Jean, en s\u2019éloignant : \u2014Ah! pourquoi monsieur a-t-il épousé madame ?Monsieur vivait si tranquillement avec moi ! a Les plus ingénieux des directeurs de théâtres parisiens qui ont fait placarder dans leurs théâtres des avis en cas d'incendie n'auraient jamais trouvé le suivant.Il émane d'un impresario de Chicago.Celui-ci recommande, ** en cas d'incendie, de ne pas oublier de prendre les dames par le bras et non par les cheveux Les cheveux appartiennent au théâtre et sont couverts par l'assurance.\u201d De telle sorte que, si la vie de ces dames tient à un cheveu, elles sont sûres de mourir.tx Scène d\u2019élection : \u2014Bonjour, père Gremeau ; j'espère que vous allez me donner votre voix.\u2014 Mais, monsieur, je l\u2019ai déjà promise à votre concurrent.\u2014Qu\u2019à cela ne tienne.En matière électorale, promettre et tenir sont deux.\u2014Oh ! alors, je vous la promets bien volontiers.+ LA JOIE AU FOYER Les dames qui désirent faire une surprise agréable à leurs maris doivent se rappeler qu\u2019un des cadeaux les plus acceptables, est une jolie pipe en écume de mer ou un joli pot à tabac artistique.Nathan vient de recevoir de France et d'Allemagne, les dernières nouveautés en fait d'articles de fumeurs.Il a déjà lancé plusieurs défis à la concurrence qui s'avoue vaincue.Les prix de Nathan sont toujours ceux du gros.Les magasins populaires de Nathan sont aux Nos 71 rue St Laurent, et 1916 rue Notre- Dame.* x Nous avons publié, il y a quelque temps, un extrait d\u2019une fantaisie sur l\u2019origine des lettres de l'alphabet, trouvées dans une petite feuille aussi gaie qu\u2019auvergnate.Nous en donnons aujourd'hui la suite.Le P était connu des Evangélistes.Ils ont dit: \u201cQui se sert des P périra par les P.\u201d\u201d Le Q naquit chez un monnayeur antique.Le changeur aujourd\u2019hui, Des Q d\u2019or orne sa boutique.Sur l'E nos illustres savants Etaient d'accord, on peut le croire, Car c'est Jean de Meung, dit l'Histoire, Qui dut inventer l'R au Mans, Homère, pour mieux suivre son chien, le premier se servit de l\u2019S.La Chine importe le T.L'U à beaucoup de pères, Puisque l\u2019on déclare pères d'U Tous les objets que l\u2019on égare.Un cuisinier ancien, pour se faire une tourte, prit de la pâte et en fit le V, Enfin l\u2019our appliquer tous ses remèdes Un docteur de la Faculté, Par tant de travaux éreinté, Un beau jour inventa les Z, Ce n'est pas séricux, trés sérieux ! Mais les choses sérieuses sont si rarement gaies ! LE VIOLON COUPS D'ARCHET + La reine Victoria a aujourd\u2019hui trente petits-enfants vivants et le dernier courrier européen n\u2019est pas encore arrivé.w Chez un marchand de fruits de la rue St- Laurent : \u2014Monsieur, je puis vous assurer que ces homards sont frais.Ils viennent d'arriver de Portland.\u2014Sapristi, ils sont venus à pied, alors ! + * * M.Berthelot, qui vient d'être nommé ministre de l'instruction publique à Paris dans le nouveau cabinet Goblet n\u2019est pas M H, Berthelot du VioLoN, les sérieuses oceu- pations de ce dernier à Montréal, ne lui permettent pas d'accepter cette position en Francea Mile X.Comment faites-vous, madame, pour n'avoir à vos soirées que des jeunes gens parfaitement rangés.Madame Z.Voyez-vous, ma chére, lorsqu'ils viennent chez moi.Je les fais jouer au whist et au piquet, où des jeux auxquels on ne donne les cartes qu'une ou deux à la fois.S'ils donnent les cartes cinq à la fois et s'arrêtent ensuite, ce sont des joueurs de \u201c bluff\u201d et je ne les reçois plus.»¥ Une vieille femme qui a des idées un peu vagues sur le courant électrique, s'approche d'un individu armé de crampons aux talons et aux mollets qu'il enfonçait dans un poteau de télégraphe sur la rue Craig.\u2014Ecoutez donc, m'sieu, êtes-vous pour grimper ?\u2014Oui.\u2014Eh bien, s'il y a en haut une dépêche de mon fils qui est à Fall River, vous serez assez bon pour me la descendre.Nous attendons de ses nouvelles d'heure en heure.+ ++ Un gros ministre anglais à la figure bour- soufflée, entre chez un barbier de la partie- Ouest pour se faire raser.Le Larbier avait des habitudes d'intempérance et brossait son chien plus souvent qu\u2019il ne le fallait pour la prospérité de son établissement.En rasant le ministre, sa main tremblait comme une feuille.It finit par faire une eutaille dans la joue de son client et le sang coula jusque sur son menton.Le ministre se tourna vers le coiffeur et lui dit : .\u2014Voyez-vous, l'homas, c\u2019est l'effet de la boisson.\u2014Oui, répondit Thomas, la boisson a pour effet de rendre la peau excessivement tendre.+ * % On nous informe que Son Honneur le maire Beaugrand et son copain le sénateur Trudel partiront tous deux pour les Etats- Unis avant le jour de l\u2019an et ne revienclront à Montréal que le 4 et 5 janvier.M, Beaugrand a entrepris ce voyage afin de se dispenser d'aller souhaiter \u2018\u201cl\u2019api- nouillère \u201d au grand Vicaire.Ce dernier agissant d'aprés les avis de son agent Frontenac (vw/go Chs, \u2018l'hibault), ira faire sa récolte annuelle de carottes dans les jardins de son clergé dans les états cle la Nouvelle Angleterre.M.\u2018Trudel appelle ça \u2018ses étrennes,\u201d Bon voyage, compères.* Grand émoi la semaine dernière parmi les employés du greffe à Montréal.M.Lozois aurait pendu un rat dans le bureau des protonotaires et aurait fait observer à un de ses amis que c'était l\u2019exécution de Riel.M.Migneron avocat a stigmatisé cette farce comme sacrilège clans une longe correspondance publié par la Presse.Répouse par M.Lozois.Réplique par M.Migneron.Toute cette belle littérature a été gaspillée pour un rat mort trouvé dans le palais de justice, Qui se serait attendu à voir Riel dans cette affaire ?il fs 6 3, I hi =) NS f Te y À > | Ni [avoue | = utlu HA \u2018 | pt (| | a | | i 3 A NN | nu _ PESÉE POUR ASPIRANTS MINISTRES L'autre jour, la police arrêtait un individu à la figure sinistre, pour ivrognerie et tapage.Lorsqu'on le fouilla au poste central, on trouva dans ses poches, une paire de jointures d'acier (steel knuckles) pesant sept on huit onces.\u2014À quoi cela vous sert-il ?lui demanda le sergent.\u2014Pour frapper à ma porte et réveiller ma femme.lorsque j'arrive tard pendant la nuit.\u2014Çu remplace la cloche, je suppose ?\u2014Vous y êtes, monsieur, mais c'est dix fois plus commode, Vous ne pouvez pas frapper votre femme avec une cloche lorsqu\u2019elle vient ouvrir en vous engueulant.Avec ça, vous êtes correct.Jesnis vn pauvre homme et je suis obligé de faire de l\u2019éco- nomic.x\" Un de nos amis qui a passé une semaine dans le comté de Montcalm pendant la dernière élection nous informe que des cataractes de gin ct de whisky ont inondé ce district pour le plus grand bien du candidat libéral.\u2014C'\u2019est ça, disait un pochard, monsieur Ecrement agit en monsieur.Qu'il continue de faire Loire les gens comme ça pendant les trois jours qui précèderont la votation.et je vous assure, que lorsque le poll s\u2019ouvrira dans ce village il n\u2019y aura pas un homme assez sobre pour pouvoir aller voter contre lui.Le scrutin a donné raison a ce buvenr philosophe.M.Ecrement a remporté une veste qui le tiendra chaucdement cet hiver.wa Le jeûne de Merlatti et Succi à Paris, n'a rien qui nous étonne si nous le comparons à celui de M.Mercier et de ses amis.Ces messieurs ont jeuné aujourd'hui soixante quatre jours depuis le 14 octobre dernier et ils ne s'en portent pas plus mal pour cela.Ils savent qu\u2019ils ont encore une couple de mois à passer avant de s'asseoir au banquet du pouvoir.Il est indubitable que nous constaterons bientôt chez eux une déperdition du forces.Il se produira assurément dans leur estomac des lésions qui seront de nature à leur faire user cle beaucoup de prudence dans la déglutition des premiers plats, car quatre moisde jeûne causeront une lassitude des fibres musculaires, ct des tiraillements du diaphragme, sans compter que le suc gastrique sera devenu à peu près nul.Il y aura à redouter chez les libéraux une révolution des plus dangereuses des organes digestifs.Le VIOLON recommande au licutenant- gouverneur de préparer le premier menu de ses nouveaux ministres avec une frugalité cp rapport avec la faiblesse de leur estomac.Une indigestion dans ce cas serait fatale.x Nos remerciments a la maison Mongenais, Boivin & Cie pour le cadeau d'un superbe violon en cristal contenant une fine liqueur de France, un échantillon des dernières im- porlations cde cette maison.C\u2019est là où tous les épiciers devraient s'approvisionner de liqueurs françaises pour les fêtes du jour de Jan.Pu ENTREZ EN DANSE Le vrai Brazeau donne un dernier coup d'archet pour faire danser un rigodon à tous O rat pro nobis ! les amaleurs de tabac.Ecoutez sa musique.A QUÉBEC LADÉBAUCHE.\u2014Mon cher Mercier, tu ne boulet que tu as dans 1a poc pèses pas encore be pouls francais, Le gros he ne fera pas lever la balance, Pipes G.O.à bout d'ambre, No.1, valeur « SOcts réduites à 3octs.Assortiment varié, Pipes d'écume de $2 en montant, Pots à , tabac artistiques, macèles nouveaux de soc.à $t,50.Grandes palettes de tabac T & B, l18e, Navy MeDonald.No 1, grande palette, \u2018réduit à scts, Navy McDonald No 1, 4cts.Solace Victoria, 4ets.Bon tabac canadien, ; marque impériale, 4cts, grandes plug valant | 20cts réduites à iets.Old Judge, zocts, i Vanity Tair, zocts.Old Gold, trets.Tous les autres tabacs sur le marché sont vendus rau prix du gros des manufacturiers, chez le : vrai Brazeau, 47 rue St Laurent-\u2014 VARIETES Note d\u2019album : Rien de tel que les idées noires pour vous faire passer des nnits blanches, xx A la campagne.\u2014 Est-ce que l'air est sain dans ce village ?\u2014Oh ! monsieur, excellent ! On y devient centenaire en peu de temps.x NOUVELLE PLACE DINTERET Lorsque vous recevrez des étrangers chez vous,et que vous voudrezleur donner une idée du progrès de Montréal et des nouvelles pla- cus d'intérêt, n'oubliez pas de les conduire au ToNNEau RoucE, No.88 rue St Laurent.C'est le magasin de vins le plus attrayant de la ville.Jamais on n'a vu auparavant à Montréal une armée de tonneaux aussi imposante.Leurs flancs sont remplis des vins les plus généreux.Le nouvel établissement est sous la direction de MM.Jos.Gauthier & Ciein Il y a dix-huit mois, une vache avait été amputée à Norton Malton, en Angleterre, d'une jambe de derrière, qu'on avait réussi à remplacer par une jambe de bois.Aujourd'hui ou aunonce que ladite vache vient d'avoir un veau.C'est.paraît-il, un fait, dont l\u2019histoire de la zoologie n'offre pas «le précédent.xŸa Champoireau est la galanterie même.Dernièrement, il était allé, avec sa noble épouse, passer quelques jours dans une villa solitaire, au milieu des bois de Garches.Une nuit, comme il entendait du bruit à la porte d'entrée du jardin, il réveilla Mme Champoireau : \u2014Je crois, ma chère, lui «it il, qu\u2019il y a des rocleurs en bas.\u2014Tu crois ?\u2014Va «donc voir ce que c'est\u2026 s\u2019il y a du danger, tu m'appelleras ! ++ + *# LE RESTAURANT DUPERROUZEL Le nom de madame Duperrouzel est synonyme de bonne cuisine.Madame Duperrouzel s\u2019est immortalisée dans la mémoire des gourmets.Faut voir la métamorphose qu'elle a fait subir à son nouveau restaurant, Nos 23 et 27 Côte St Lambert.La place est pourrie de chic, nous ne vous disons que ça.Rien de plus coquet que ses salons particuliers.Repas à la carte.Diners de 20cts en montant.Madame Duperrouzel tiendra son Jardin des Lilas, à Maisonneuve, ouvert pendant toute la saison d'hiver.* * Leçon de chant : \u2014 Ce sol doit être émis d\u2019un ton tragique, avec des larmes dans la voix.\u2014C'est donc un sol\u2026 pleureur ! * * % Enfants terribles, Deux petites filles dialoguent.\u2014J'ai entendu dire hier à maman qu'elle perdait sès cheveux.\u2014Maman aussi a perdu les siens l'autre jour.Mais c'était dans une voiture, et le cocher les Ini à rapportés, whe Autour de ka table de jeu, dans un tripot.Un gros monsieur, à la face rubiconde, interpelle an garçon.\u2014Quelle heure est-il ?- -Minuit et quart.\u2014Ah!.sacrebleu !\u2026.ma fennme qui m'attend pour déjeuner !.\u2026.+ * + SOUVENIRS DE FAMILLE Les fêtes approchent, w'attendez pas que la foule encombre les ateliers photographiques Hâtez vous d'aller poser avec votre famille chez M.Larin qui opère d\u2019après les procédés les plus nouveaux.Pose instantanée.Portraits d'enfants pris en un quart {le seconde.Prix des plus moglérés, jugez- en, Portraits cabinet (retouchés) S1.50 la douzaine, Carte de visite 75 cts la douzrine.M.Alfred Bayard, artiste peintre bien connu vat attaché à l'établissement.Portraits à l'huile, au crayon, au pastel, portraits pho tographiés retouchés à l'encre de Chine, et à des prix variés.Ateliers, No.18 rue St Laurentoa On causa entre gens d'esprit, \u2014Enfin, diunande quelqu'un, qu'est-ce «que c'est que l\u2019iunour platonique ?\u2014Oh! mon Dieu, répond une dame, c'est tue sauce qui n'a jamais pu remplacer le prusson.5 £ x Un mot d'enfant : Is donc, ptite mère, queandl est-ce que l\u2019on meurt?\u2014Cest quant le bon Diet noms appelle à lui \u2014lEh bien ! s'il m'appelle, comme je veux rester avec toi, petite mère, je ferai semblint de ne pas entendre ! Pa Le baron Crapinard, dont l'économie est bien connue, ne confie à personne le soin d'approvisionner sa table de fromage.Il entre chez son marchand habituel, \u2014Un demi-kilogramme de gruyère, com- mancle-t-il, et vous savez, Mon garçon, sans trous.La dernière fois que vous m'avez servi, il y avait au moins une «emi-livre de trous.\u201c+ Taupin est invité a diner, On dépose un canard sur la table.\u2014 Mais ce canard n\u2019est pas cuit ! s'écrie Taupin.\u2014Allons ! remportez à la cuisine, fait la maîtresse de la maison.On rapporte le canard cuit.\u2014Servez-vous, monsieur Taupin, dit aimablement l\u2019amphitryon.\u2014Moi ?je ne mange jumais de canard définitivement ax La Bibliothèque à Cing Cents voit chaque jour son succès s'ailermir.D'où lui vient cette faveur particulière du public ?Il suffit de parcourir au hasard] un des numéros hebdomadaires de cette intéressante publication et l'on se rendra immédiatement compte du choix éclairé, de l'attention scrupuleuse qui président a sa composition.Les sujets les plus variés dans le Roman, la Littérature, l'Histoire, les Voyages, les Scènes du Désert ou de la Vie Indienne, y sont tour à tour cléveloppés avec l'attrait puissant des poignantes émotions que font naître les grands spectacles de la nature, et l'analyse des sentiments les plus tendres et les plus délicats du cœur humain.A ces divers titres, La Bibliothèque à Cing Cents a sa place marquée d'avance a tous les foyers, où elle fera les délices du vicillard aussi bien que celles de la jeune fille.wa On «st très économe dans la famille Champoireau.Le plus jeune des enfants porte un pantalon dont le bas s\u2019est outrageusement élimé.Comme il le montrait au père, en le priant d'en acheter un autre : \u2014 Mais, mon cher enfant, fit Champoireau, il me semble que le haut de ce pantalon est encore bon.\u2014C'est vrai, père.\u2014Eh bien! pour que la partie usée se voic moins, tu n'as qu'à enfiler ta culotte par le bas | .; .Cet excellent Champoireau devait avoir entendu parler de \u201c la lessive du Gascon.\u201d -_\u2014_\u2014_\u2014_\u2014_\u2014_\u2014_\u2014 _ _\u2014mA_\u2014#_mR_m\u2014_\u2014-\u2014\"\u2014\u2014_L_\u2014_\u2014\u201d_\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 FEUILLETON DU \u201cVIOLON.\u201d LA NIECE DU CAPITAINE (Suite) XXXI Le percepteur reprit, sans tenir compte de la protestation du capitaine: \u201cTu vas dire à ta nièce ce qui se passe, et tu vas la charger de tirer l'affaire au clair.C\u2019est une fille prudente et avisée, et je suis sûr que si quelqu'un peut te tirer de là, c'est el!e, On voit qu'elle a déjà su se faire aimer de la bonne femme; si tu avais des yeux pour voir et des oreilles pour entendre, tu aurais remarqué qu\u2019elle à gagné le cœur de tous les Rémy, et qu'ils sont aussi fiers d'elle que si elle avait apporté un million de dot à Joseph ; tu aurais vu que le vieux Rémy-Franchard, l\u2019oracle de la tribu, est resté au bal jusqu\u2019à onze heures passées, malgré ses quatre-vingt- quatre ans; tu l'aurais entendu dire à qui vonlait l'entendre que jamais de sa vie ni de ses jours il n\u2019avait Tien vu d'aussi joli, d'aussi mignon et d\u2019aussi aimable.\u2014Il à dit cela!\u201d s\u2019écria le pauvre capitaine avec un visage rayonnant de joie.En entendant célébrer le triomphe de sa bien-aimée, il avait oublié tous ses chagrins, toutes ses angoisses, il avait oublié l'avenir qui l\u2019attendait et l\u2019exilanquel il avait songé tout-à-coup, en pleine campagne, comme un fils de famille qui pense à s'engager pour sortir honorablement d'une situation désespérée : \u201cIl a dit cela?\u201d reprit-il sur le ton de l'interrogation : non pas qu'il eiit le moindre doute sur la véracité de son ami, mais parce que ses paroles étaient pour sa propre âme endolorie une musique délicieuse et qu'il voulait se les entendre répéter.XXXI1 Le.percepteur entra si bien dans ses sentiments, qu'il reprit son récit avec complaisance et ne voulut pas lui faire tort d\u2019un seul détail ; mais le résultat trompa complètement son attente.\u2018Tu vois bien, lui dit chaleurense- ment le capitaine, qu\u2019il m'est impossible de la mettre dans le secret.Plus elle a de chances d'être heureuse, pauvre mignonne, moins je veux l\u2019exposer à gâter son bonheur; car elle le gâterait ; oui, pour moi, elle le gâterait, je la connais.\u2014 Vieux vaniteux ! vieil égoïste ! vieil oison bridé ! s\u2019écria le percepteur dans un accès d'indignation comique.Il croit que sa nièce l'aime assez pour risquer le bonheur de toute sa vie, il en est sûr, il s\u2019en vante, et il parle de s\u2019en aller à trois mille lieues, et il s'imagine qu'il la consolera de son départ en lui contant des histoires de l\u2019autre monde ! \u2014 Mais, mon bon ami.dit doucement le capitaine.\u2014 Tais-toi tête de chou-fleur!.cria impérieusement \u201c mon bon ami\u201d; quand on est incapable de se conduire soi-même, on écoute au moins les conseils des personnes sensées ; on ne met pas la charrue avant les bœufs, et l'on ne commence pas par s\u2019en aller au bout du monde avant de savoir sil y a moyen de rester au logis.Qu'est-ce que tu fais ici, à me regarder avec des yeux de basilic ?Comment tu n\u2019es pas encore parti pour la Californie ?C\u2019est loin, tu sais la Californie, et tu n'as pas de temps à perdre si tu veux y arriver à temps pour faire fortune.\u2014 Ecoute-moi seulement, balbutia le capitaine en s'épongeant le front avec son foulard à carreaux.\u2014 Je n'ai rien a entendre de toi, répliqua lé percepteur ; bon voyage : Et il ajouta, en lui montrant la porte: Voilà le chemin de.la Californie ?Eh bien ! Qu'est-ce que tu attends ?LE VIOLON \u2014 J'attends que tu m'écoutes.\u201d Le percepteur fit deux pas vers lui, les bras croisés sur la poitrine, et le regarda dans le blanc des yeux.\u201cSi tu étais à mu place, demanda le capitaine, ferais-tu ce que tu me conseilles de faire ?\u2014 Ce serait déja fait! répondit séchement le percepteur, qui avait toutes les peines du monde a ne pas lui rire au nez.\u2014 C'est bien, dit le capitaine avec résignation, je le ferai.\u2014 Quand ?\u2014 Au premier jour.\u2014 Comment misérable, au premier jour! Ces choses-là n\u2019attendent pas.Ce sera tout de suite en sortant d'ici.Eh bien! ou vas-tu maintenant ?\u2014 Je vais faire ce que tu m\u2019as dit.\u2014 Très bien ; mais je ne serais pas fâché, avant de te lâcher la bride, de savoir comment tu ty prendras.Voyons, je suis ta nièce, qu\u2019est-ce que tu as à me dire, mon bon petit oncle ?Le capitaine resta bouche béante, et après avoir regardé d\u2019un air effaré, d\u2019abord son ami, puis le thermomètre, puis la pendule, puis le baromètre, puis le plafond, en quête de quelque idée lumineuse, il reporta les yeux sur Foucault, d'un air si suppliant, que Foucault le fit asseoir et lui donna une consultation en règle.XXXIII Quand le capitaine rentra chez lui, par les chemins détournés pour repasser sa théorie encore une fois, dans le silence du cabinet, avant d\u2019aller frapper le grand coup, ii apergut à travers les barreaux de la porte, |' Jeanne et son mari qui se promenaient dans le jardin, en attendant son retour.Il eramena le jeune ménage dans la salle basse, pour y causer plus à l'aise, comme il le leur dit d'un air un peu embarrassé.Jeanne devina tout de suite que son oncle avait à lui révéler un secret, et pria Joseph de prendre le sécateur, là, sur la cheminée, et d\u2019aller cueillir un beau bouquet de roses pour la tante Rémy- Franchard.\u201cMa mignonne, dit le capitaine sans aucun préambule, le fait est que je vois faire un petit voyage.Ne me regarde pas avec des yeux si étonnés ; l\u2019idée n\u2019est pas de moi, elle est de Foucault ; tu sais bien, Foucault qui a toujours de si bonnes 1dées ! Nous avons parlé ensemble de notre ancien camarade Frochot, tu sais bien le capitaine Frochot ?Au fait je crois que tu ne l'as jamais vu.Où en étais-je de mon histoire 2\u201d reprit-il en essayant de sourire.Maisil fit une grimace si lamentable que sa nièce, sérieusement inquiète, lui dit en lui prenant la main : \u201cMon oncle, vous avez quelque chose que vous me cachez, quelque chose qui vous tourmente.Pour l'amour de Dieu, dites-le-moi en deux mots, avant que Joseph ne rentre ! \u2014 Le fait est, dit le capitaine en se levant pour regarder par la fenêtre, le fait est que Joseph a l'air de revenir par ici.Eh bien ma mignonne, Foucault m'avait bien dit de ne pas commencer par te parler du voyage ; c'est par la que je devais finir, mais j'ai un peu embrouillé ma théorie.Voici donc en deux mots ce que j'ai à te dire.En ce moment Joseph fit son entrée dans la salle, tenant à la main un énorme bouquet ; il n'avait pas ména- a8 les roses du capitaine.Jeanne toute troublée fit un effort énergique pour ne rien laisser paraître de son trouble.Elle tendit la main, prit le bouquet, et se pencha dessus comme pour en respirer le parfum.Quand elle releva la tête, elle avait le sourire sur les lèvres.\u201c Magnifique ! dit-elle ; mais il serait encore plus beau si tu avais songé à former le cœur du bouquet avec des roses pompon ; tu en trouveras dans mon petit jardin ; choisis-les avec soin et ménage les branches où il y a des boutons.\u201d \u2018 XXXIV Joseph reprit son bouquet d\u2019une main, son sécateur de l'autre, et repartit en courant sans faire la moindre observation.\u201c Bien fleuries ! pas de boutons! lui cria Jeanne en se penchant sur l'appui de la fenêtre ; après quoi elle se tourna vers son oncle, les lèvres serrées et les sourcils légèrement froncés.\u2014J'admire ton sang-froid, dit le capitaine.\u2014Vous l'admirerez une autre fois, mon bon oncle ; parlez vite et soyez clair.\u2014T'a belle-mère me déteste, dit le capitaine en prenant son courage à deux mains.\u2014Vous en êtes sûr ?\u2014Si sûr que je ne mettrai jamais les pieds chez elle, malgré tout mon désir de te voir, et malgré le chagrin que j'aurai à regarder ta maison de * |loin, comme un pauvre honteux qui craint les mauvaises paroles et les affronts.\u2014 Qu'est-ce qu\u2019il y a eu entre vous ?dit Jeanne, dont les narines frémissaient et dont le visages'était couvert d'une vive rougeur.\u2014Il n'y à rien eu entre nous, répondit le capitaine : elle m\u2019en veut de je ne sais quoi.Ce je ne sais quoi, je voudrais le connaître, pour faire ma paix avec elle.Si quelqu\u2019un peut lui arracher son secret, c'est toi ; si quel- qu\u2019un peut préparer les voies à une réconciliation, c\u2019est toi, C\u2019est l'avis de Foucault, et Foucault a vu le monde.Donc, eur le conseil de Foucault, je remets mon sort entre tes mains ; et afin que les commères ne se mêlent pas de nos affaires pour les gâter davantage, afin que les curieux ne se disent pas : Tiens, pourquoi donc le capitaine ne met-il plus les pieds chez madame Rémy-Brabançon ?je fais un petit voyage de quinze jours ou trois semaines, pour te laisser le champ libre.Foucault m'emmène chez son gendre, en Sologne, beau pays, la Sologne, un peu plat ; mais je ne déteste pas les pays plats.Foucault m\u2019a promis de me faire tirer des canards sauvages.Mais tu ne me réponds rien ! \u201d Jeanne, pâle et les yeux baissés, regardait machinalement son anneau de mariage.Elle essayait en vain de voir clair dans la confusion et le troubleoù l'avait jetée la révélation de son oncle.L'indignation et la pitié faisaient trembler ses lèvres.Elle voulait espérer que son oncle s'était trompé ; mais elle n'avait pas le temps de l\u2019interroger ; elle admit donc pour vrai un fait que le percepteur, homme clairvoyant et réfléchi, avait admis lui-même.Aussi elle accepta sans discussion la mission de confiance dont le percepteur l'avait trouvée digne.Quand elle eut pris son parti, les couleurs revinrent à ses joues, elle releva la tête, regarda bravement son oncle et lui dit: \u201c J'accepte.\u201d XXXV Le bon Joseph reparut, son bouquet à la main ; elle lui dit avec un calme parfait : \u201c Notre oncle va faire un petit voyage pour se distraire; M.Foucault nous l\u2019enlève pour une quinzaine et l\u2019'emmène chez son gendre.\u2014En Sologne, dit le capitaine.Ah ! la Sologne ! \u2014Vilain pays, \u201d dit Joseph on se» couant la tête.Et comme le capitaine le regardait d'un air étonné, il reprit : \u201c Si vous voyiez les bestiaux qui viennent de ce pays-là, vous n\u2019auriez pas besoin de faire le voyage pour savoir que c'est un vilain pays: des étangs, des marécages, des tourbières ; des tourbières, des marécages et des étangs ; plus d\u2019eau que de terre, et quelle cau! plus de joncs que d\u2019herbages, et les fièvres toute l\u2019année.En tirant sur la Brenne, le pays est si mauvais que lesgens n\u2019arrivent jamais à la cinquantaine.À votre place, mon oncle, moi, je n\u2019irais pas ! BN \u2014Vous ne m\u2019aviez pas dit cela! murmura Jeanne en regardant son oncle avec de yeux remplis d\u2019anxiété, \u2014Joseph exagère, répondit le capitaine avec une rare eftronterie ; les propriétés du gendre de Foucault sont tout à l'opposé de la Brenne.Jamais Foucault n'aurait laissé partir sa fille pour ce pays-là.s'il avait étéréellement malsain.\u2014Dans tous les cas, reprit Jeanne, vous serez'bien prudènt * \u2014Je sgfai trop prudent.\u2014 Vous re sortirez pas le soir ?\u2014I n\u2019y à pas de danger quon m'y prenne.\u2014Vous mettrez des bas de laine ?(à continuer.) J.N.LAMARCHE RELIEUR No.17, RUE SAINTE - THERESE Entre les rues St-Vincent et St-Gabriel MONTREAL, Reliure commerciale et de goût exécuté avec soin et promptitude, et à prix trés modérés.AY PIED Ne ES pre ANT, FA Ah LES PIEDS DANS LE PLAT.POESIE.Le plat que nous aimons, c\u2019est les pieds de cochon, Apprôtés avec solus et de bons cornichons.On le prend chez CrzoL, le cuisinier de France, Qui sait de l'estomac, préparer la jouissance.P.CIZOL, 72 rue St.Laurent.ATTENTION AU FROID FOURRURES A BON MARCHE Les lecteurs du VIOLON sont invités à venir examiner les dernières importations de fourrures de C.ROBERT & CIE, Ces fourrures sont marquées à des prix si bas qu\u2019elles ne resteront as longtemps sur les rayons.upots en Mouton de l'erse de 8100 en montant.Capots en Astrakan.Capots en chien de Russie noir.Manteaux en Astrakan ct en Bocuro.Gants Napa Buck.Casques ct garnitures en fourrure à des prix qui défient la concurrence, chez C.ROBERT & CIE CIN DES RUES ST.LAURENT ET VITRE, AUX PATINEURS GRANDE OUVERTURE DU PALAIS DE LA PUISSANGE 957\u2014RUE STE-CATHERINE\u2014957 (Entre les rues St-Dominique et St-Constant.SAMEDI, LE 4 COURANT Musique par les Membres de la Musique de la Cit.ADMISSION, 10 CTS.L\u2019Imprimerie Générale Exécute avec diligence toutes espèces de COMMANDES TYPOGRAPHIQUES IMPRESSIONS DE LUXE, IMPRESSIONS DE CHEMINS DE FER, IMPRESSIONS DE COMMERCE Erc., Erc,, Erc.L'Imprimerie Générale EST EN MESURE D'EXECUTER LES COMMANDES LES PLUS CONSIDERABLES SOUS LE PLUS BREF DELAI.PRIX TRÈS MODÉRÉS.CHARLES BELLEAU, GERANT No 45, PLACE JACQUES-CARTIER.N.B.\u2014Lcs ordres peuvent être déposés su bureau de LA MINERVE, No 45, Place Jacques: Cartier, ou au bureau de LA Presse, No 1510 ruc Notre-Dame, en face de \u2019Hotel-de-Ville.Imp.par 'Imprimoric Générale, 45 Plnco Jacq.-Cartls OnARLEKS BELLEAU, gérant."]
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