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Titre :
Le violon
Hebdomadaire, Le Violon est un journal humoristique illustré qui fait flèche de tout bois à partir des actualités, des travers des personnages publics et des indiscrétions du carnet social.
Éditeur :
  • Montréal: :[s.n.],1886-1888
Contenu spécifique :
samedi 15 octobre 1887
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
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Références

Le violon, 1887-10-15, Collections de BAnQ.

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[" ADMINISTRATION REDACTION æ5 PLACE JAGQUES-GARTIER MONTREAL ABONNEMENT UN AN - - $1.00 STRICTEMENT D'AVANCE VOL.II JOURNAL QUI FAIT DANSER MONTRÉAL, SAMEDI, 15 OCTOBRE 1887 F.X.LEMIEUX, Comnumes, Ottawa, Ont, * AD APNSTRONG JPY _ LES COCHONS DANS LE SALON JANNONCES MESURE AGATE 1èro INSERTION, ;10 Cents Autre \u201c 16 Conts A LONGS TERMES CONDITIONS SPECIALES LE NUMERO DEUX CENTINS No 4 V =o J) JU 4 MERCIER\u2014Shehyn, regarde ce qui arrive.Ils sont fatigués d'attendre pour la drague de New-York.Ils ont faim et ils cherchent .quelque chose à manger dans le salon.LE VIOLON D'où vient que le mot vio/on désigne à la fois un instrument de musique et la prison des ivrognes et autres délinquants des deux sexes ramassés sur le trottoir ?L\u2019Infermédiaire des chercheurs et des curieux nous donne à ce sujet toute une série d\u2019explications.D'abord, celle de Vaugelas reprise par Littré : Du mot, latin cefpus, signifiant entrave, on a fait cep, qui désigne un instrument avec lequel on serrait les pieds des malfaiteurs dont on s'était emparé, et qui se dit plus tard de la prison même où on les renfermait.: Mais, sans doute à cause de sa ressemblance avec le gsaltérion, instrument de musique très commun à cette époque, lequel avait la forme d\u2019un trapéze, le cep fut appelé de méme et aussi 1a prison.Et quand le psaltérion fut supplanté par le violon, au lieu de dire : mettre quelqu\u2019un au psaltérion, on dit : mettre au violon.Mais l'intermédiaire a d'autres étymologies.Celle de l\u2019auteur des Galeries du Palaës de Justice est curieuse.D\u2019après lui, l\u2019expression remonte au règne de Louis XI : Un bailli du Palais de Justice, nommé Agnan Viole, voulant mettre un terme au tapage et aux risxes qui se renouvelaient dans la Salle des Pas-Perdus, avait transformé en lieu de détention une salle basse de la Conciergerie, dans laquelle il faisait confiner durant quelques heures, à titre de correction, la gent turbulente.De viole à violon il n\u2019y a pas loin, d\u2019autant plus que les deux instruments sont de la même famille.Qui sait si tout cela n\u2019a pas commencé par ce jeu de mots: \u201c\u2018 Tel tapageur a été enfermé dans la\u2019 salle basse de Viole.\u201d Ils vont faire quelque malheur.Pour corser l'explication,\"M.Amédée de Bast ajoute : Le bon bailli avait voulu qu\u2019un violon restât constamment suspendu aux murailles de la prison, pour que les captifs de quelques heures pussent se divertir honnêtement ; car, selon le sage Viole, les gens qui dansent et font de la musique ne pensent pas à mal faire.Encore faut-il tomber sur un violoniste.Mais l'objection est prévue, le cas s'est rencontré : Lully, simple marmiton, fut enfermé dans la prison de Viole et y joua du violon que le bon bailli y avait fait placer deux siècles auparavant.Voilà qui semble décisif.Malheureusement, d\u2019après un des correspondants de l'Zntermédiaire, M.E.de Neyremaud, de graves documents renversent cette légende.Dès le douzième siècle, il existait en Alsace, sous le nom de violon, un supplice infligé à ceux qui se rendaient coupables de tapage nocturne, d\u2019injure verbale, de libertinage et de paillardise.Il consistait en\u2019 une sorte\u2019de carcan qui par un bout prenait son homme à la gorge, et par l\u2019autre lui maintenait le bras dans la position d\u2019un artiste qui joue du violon.Le patient restait dans cette attitude durant une heure, deux heures, trois heures et plus,; selon la gravité de l\u2019infraction, pes Ordinairement, l\u2019exécution avait lieu sur la place publique.D'autres fois le condamné subissait la peine dans un local spécialement affecté à ce genre de supplice et auquel on avait fini par donner le nom de vio-.on., Ce supplice, dont on abusait, fut supprimé en 1678 par le.conseil souverain d\u2019Alsace, mais le nom serait resté\u2019et- autait* fit le tour de France.Co LE VIOLON Paraît tous les samedis.L'abonnement cst de $1.00 par année, invariablement payable d'avance.Nous le vendons sux agents scize cents la douzaine.Toutes communications doivent être adressées comme suit : LE VIOLON, 45, Place Jacques-Cartier, MONTRÉAL \u2019 H.BERTHELOT, REDACTEUR.MONTREAL, 15 OCTOBRE 1887 LE CLUB DES MENTEURS (Première séance) Il vient de s'organiser dans la ville de Montréal une association composée des menteurs les plus renommés parmi les journalistes, les politiciens et les amis du sport.Le but de cette société est de protéger ses membres de la manière la plus effective contre les sceptiques et les incrédules.La première séance a eu lieu hier soir dans une des vastes salles attenant aux bureaux de l'Ætendard, artistiquement décorée pour la circonstance.Au fond de l'appartement on lisait en lettres dorées.Omnis Homo Mendax.Mentes, mentez, #1 en restera toujours quelque chose.Environ trois cents personnes assistaient à l\u2019assemblée.M.le sénateur Trudel fut appelé à occuper le fauteuil, et M.L.P.Pelletier de Québec agit comme secrétaire.Le président en expliquant le but de l\u2019association cita les paroles suivantes de Proudhon : \u2018\u2018 Plus l\u2019homme se sait sujet à se tromper, plus il est enclin à mentir à telle enseigne, qu\u2019il n\u2019y a pas de plus grands mystificateurs que les gens qui savent le mieux comment l'homme se trompe.Au lieu de tendre la main à leur frère, ils l\u2019enfoncent : Omnis homo mendax.\u201d Il dit que le mensonge a un attrait tellement séduisant que tout était menteur, comme l'a dit le roi prophète dans un de ses psaumes.En effet on remarque que la pente vers ce maudit fruit défendu, est si glissante, qu\u2019il est peu de personnes qui refusent de se prêter aux élans de l'invention, et qui puissent s'empêcher d'ajouter quelques broderies aux faits les plus précis.(dpp/audissements).Il fit ensuite observer qu\u2019il avait les titres les plus incontestables à la présidence de cet£e importante organisation.Le journal qu'il avait fondé était reconnu dans la province de Québec comme celui qui avait formulé le plus de mensonges dans son programme.Ilavait capté la confiance des castors par des blagues et c\u2019était le mensonge seul qui était le nerf de son existence.(4p plaudissements prolongés).Le président termina son discours en disant qu\u2019il n\u2019était jamais allé aux Folies Bergères, et en parlant de la franc maçonnerie et du différend qu'il avait eu avec son conseil d\u2019administration relativement aux jobs et aux annonces\u2018 du gouvernement Mercier.Ce fut un \u2018feu roulant de mensonges.qui chauffa à blanc.l'enthousiasme de l'auditoire.à ; L'honorable M.Mercier fut admis mem- \u2018bre dela société après avoir déposé sur la table'du secrétaire plusieurs documents imprimés se rapportant à son affaire de $5,000 et'à l\u2019emprunt de $3,500,000.LE VIOLON Il s\u2019éleva ensuite une discussion assez vive entre les membres de la société au sujet de I'admission de quelques-uns des témoins à l'enquête municipale.La majorité des discytants prétendit que que ces messieurs dans l'enquête des Boodlers n'avaient pas dit de mensonges.Ils se seraient bornés à faire des réticences et à se taire sur les questions les plus chatouilleuses.Le président, voyant qu\u2019il était impossible de les faire admettre comme des menteurs qualifiés, trouva un moyen terme.Il consentit à les accepter comme approba- nistes dans les rangs de l'association.M.H.Beaugrand fut accepté comme membre actif parcequ\u2019il avait été prouvé qu'il avait déclaré à plusieurs reprises qu\u2019il ne serait plus candidat à la mairie et qu\u2019il payait des salaires raisonnables aux rédacteurs de ses journaux.M.Charles Thibault soumit à l'assemblée plusieurs certificats prouvant qu'il avait dit en public qu\u2019il avait des pieds mignons et qu'il n\u2019était pas castor.Le Docteur Mathieu proposa que tous les dentistes et arracheurs de dents licenciés de la province de Québec devaient être ex officio membres du Club des Menteurs parce que tous les joursilsdisaient à leurs clients qu'ils enlevaient les dents sans douleur.Cette proposition a été adoptée à l\u2019unanimité des voix.M.Goyette,de Hull,fut ensuite enrégistré comme membre de la société pour avoir dit que lorsqu'il avait fait partie de I\u2019expédition du Nil il n'avait jamais vu de crocodiles.L'assemblée vota des remerciments à M, L.P.Pelletier, de Québec pour avoir nié dans la presse qu\u2019il fût l\u2019auteur de !a brochure massacrant M.Mercier pour les $5,000.MM.Bellerose et Tardivel au cours d\u2019une longue allocution dirent que la vérité était au fond du .puits du premier et qu\u2019elle y resterait éternellement.MM.O.Champagne, Dubuc, Bonneville, Normandeau, Bayard, Jos.Riendeau, Charles Meunier, A.Morency, conducteur du C.P.R,, tous des chasseurs et pêcheurs émérites furent nommés membres honoraires de la société pour les récits qu\u2019ils faisaient de leurs expéditions.L'assemblée fut ensuite ajournée.pt Dans l\u2019humide empire Ma commére la carpe et ses compagnes la morue, l'alose, la truite, la barbue, la bar.botte, la sardine et l\u2019anguille, flanochaient dimanche dernier dans les eaux cristallines du Saint-Laurent, en compagnie de leurs amis le maquereau, le hareng, le doré, l\u2019achigan, le maskinongé, le barre, le saumon, l\u2019éperlan, l\u2019esturgeon, le crapais, et plusieurs autres représentants du même fretin.La morue, après être montée un instant à la surface des flots pour humer un approvisionnement d'air, s'\u2019adressa à un maquereau à la redingote argentée : La morue \u2014As-tu entendu nouvelle ?Le maguereau.\u2014C'est toujours la même, je suppose, encore une \u2018goëlette américaine de saisie pour avoir fait la guerre dans les provinces d\u2019en bas ?La morve\u2014Non, mon cher, c\u2019est une nouvelle qui va te causer tant de plaisir que tu gricheras des écailles.Approche-toi de moi d\u2019une couple de coups de nageoires et je vais te dire ça aux ouies.Bon.Maintenant écoute.Une petite truite vient de m'apprendre que le gouvernement d'Ottawa a défendu la pêche à la ligne et à la seine le dimanche.De six heures du soir le samedi, jusqu'au lundi matin à la même heure, personne n'aura le droit de nous prendre à l'hameçon ou autrement.Le maguereau.\u2014Est-ce possible ?Jamais je ne le croirai.Tu me stupéfies, ma chère.\u2018La moëlle me fige dans les arêtes, mon fiel se contracte à tel point que\u2018je me sens caler.La morue.\u2014Je t'assure que c\u2019est le cas.Lis les journaux.C'est écrit en toutes lettres.Il n'y a plus à en douter.la dernière Le maguereau\u2014 La queue m'en frétille de plaisir.Va-t-on s'en\u2019 donner le dimanche.Nous aurons des pique-niques le dimanche parmi les algues et les nénuphars.La carpe.\u2014(Qui s'est approché et qui a écouté la fin de la conversation).Moi, je ne crois pas ça, l'idée de nous protéger le dimanche.Dame, je ne vois pas l'utilité de ce nouveau réglement, puisque ce ne sont pas les pêcheurs du dimanche qui nous font du mal, ce sont ceux de la semaine qui nous attrapent pour nous vendre au marché.Le maquereau (à la morue).\u2014Ne raisonne pas avec elle.Il n'y a pas un poisson ignorant comme la carpe.La carpe \u2014Merci du compliment.Je fais un saut et je vous \u2018lâche.La morue.\u2014Maskinongé, mon ami, tuas l\u2019air bien triste aujourd'hui, malgré la bonne nouvelle que je t'apporte.Tu as l'air jongleur.Serais-tu malade, par hasard ?Le maskinongé\u2014Tl y a deux Canadiens sur le lac Saint-Pierre qui tirent des plans pour m'empoigner.Un nommé Caron m'a pêché l'automne dernier et il m'a remis dans l\u2019eau, Ilse vante partout de pouvoir me reprendre.Les gens disent que s'il manque son coup, ce qui n\u2019est guère probable, c\u2019est un nommé Legris qui me pincera.Quant à moi, s\u2019il faut absolument que je sois pris, je morderai plutôt à l\u2019amorce de Caron qu\u2019à celle de l\u2019autre.Le maguereau.\u2014Chasse donc ces noires idées.Les deux pêcheurs dont tu nous parles ne te chercheront que dans une couple de mois.Amuse-toi avec nous en attendant.Le maskinongé\u2014Ce que je déteste chez les hommes, c'est leur manie de toujours mentir lorsqu'il s\u2019agit de moi.Si un pêcheur attrape un de mes parents, vite, il se dépêche d'annoncer ça dans les gazettes de Montréal.C'est surtout sur ma pesanteur qu\u2019ils font des colles à tout casser.Si le sénateur \u2018Thibaudeau, l'échevin Beausoleil ou n'importe quel autre sport prend un maskinongé de 12 livres, ho ! un article dans le Star ou la Patrie.M.Dubuc, le chapelier, a fait modeler en cire une immense tête de poisson qu'il a cloué au-dessus de la porte de son bureau et il dit à tout le monde qu\u2019il a pris un maskinongé de 40 livres.Je suis content de voir que M.Foster, le ministre des Pêcheries empêchera ces messieurs d'aller a la-péche le dimanche.Ça les empêchera de conter autant de blaguessur mon compte.La morue.\u2014]Je suis satisfaite d\u2019avoir une journée de repos pendant la semaine.On pourra rigoler à l'aise le dimanche.Le hareng \u2014Eh bien! n\u2019en parlons plus.C'est le bon plaisir du ministre Foster.La morue \u2014Oui, faut s'iaire.~ La valeur des prix qui seront tirés le Mercredi, 19 Octobre 1887 \u2014 SERA DE \u2014 $60,000.00 COUT DU BILLET Première Série Deuxième Série s&-Demandez le catalogue des prix-@a 81.00 25 ets Le Secrétaire, S.E.LEFEBVRE, RUE SAINT-JAGQUES, MONTREA did AR SNR RL PAN IN A (9, Réparation de Fourrures Donnez vos commandes immédiatement chez C.ROBERT & CIE, afin que vous ne soyez pas obligé d'attendre lorsque le froid sern arrivé.La maison C.ROBERT & CIE, fait une spécialité de Ia réparation dc la teinture et du nettoyage dus fourrures de toutes espèces.Les prix de C.ROBERT & CIE sont modérés et l'ouvrage est toujours sûr de donner satisfaction.Soyez prudents en donnant vos com- mändes au plus tot.\u2019 C.ROBERT & CIE., Coin des rues St-Laurent et Vitré, J.N.LAMARCHE RELIEUR No.17, RUE SAINTE - THERESE Entre les rues St- Vincent et St-Gabriel MONTREAL, \u2014 Reliure commerciale et de 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héroïque dans un milieu modeste, ses joies, ses douleurs, ses rêves, ses espérances, hâtons- nous d'arriver aux grandes pages de son histoire et au singulier événement qui devait donner l'essor à cette.incomparable destinée.C'était un soir, chez l'armurier Costecalde.Tartarin de Tarascon était en train de démontrer à quelques amateurs le maniement du fusil à aiguille, alors dans toute sa nouveauté.Soudain la porte s'ouvre, et un chasseur de casquettes se précipite effaré dans la boutique, en criant: \u201c Un lion !.un lion !.\u201d Stupeur générale, effroi, tumulte, bousculade.Tartarin croise la baïonnette, Costecalde court fermer la porte.On entoure le chasseur, on l\u2019interroge, on le presse, et voici ce qu\u2019on apprend : la ménagerie Mitaine, revenant de la foire de Beaucaire, avait consenti à faire une halte de quelques jours à Tarascon et venait de s\u2019installer sur la place du château avec un tas de boas, de phoques, de crocodiles et un magnifique lion de l'Atlas.Un lion de l'Atlas à Tarascon ! Jamais, de mémoire d\u2019homme, pareille chose ne s'était vue.Aussi nos braves chasseurs de casquettes se regardaient fièrement ! quel rayonnement sur leurs mâles visages, et, dans tous les coins de la boutique Costecalde, quelles bonnes poignées de mains silencieusement échangées ! L\u2019émotion était si grande, si imprévue, que personne ne trouvait un mot à dire.Pas même Tartarin.Pâle et frémissant, le fusil à aiguille encore entre les mains, il songeait debout devant le comptoir.Un lion de l'Atlas, là, tout près, à deux pas ! Un lion ! c\u2019est- à-dire la bête héroïque et féroce par excellence, le roi des fanves, le gibier de ses rêves, quelque chose comme le premier sujet de cette troupe idéale qui lui jouait de si beaux drames dans son imagination.Un lion, mille dieux!.Et de l\u2019Atlas encore ! ! ! C'était plus que le grand Tartarin n\u2019en pouvait supporter.Tout-à-coup un paquet de sang lui monta au visage.Ses yeux flambèrent.D'un geste convulsit il jeta le fusil à aiguille sur son épanle, et, se tournant vers le brave commandant Bravida, ancien capitaine d'habillement, il lui dit d\u2019une voix de tonnerre : \u201c Allons voir ça, commandant.\u201d \u2014* Hé! bé.hé.! bé.Et mon fusil !.mon fusil à aiguille que vous emportez!.\u201d hasarda timidement le prudent Costecalde ; mais Tartarin avait tourné la rue, et derrière lui tous les chasseurs de casquettes emboitant fièrement le pas.Quand ils arrivèrent à la ménagerie, il y avait déjà trop de monde.Tarascon, race héroïque, mais trop \u2018longtemps privée de spectacles à sensation, s'était rué sur la baraque Mitaine et l'avait prise d'assaut.Aussi la grosse madame Mitaine était bien contente.En costume kabyle, les Das nus jusqu'au coude, des bracelets de fer aux chevilles, une cravache dans une main, dans l\u2019autre an pou- let-vivant, quoique.plumé, l'illuetre dame faisait les honneurs de Ja baraque aux Tarasconnais, et comme elle avait doubles muscles, elle aussi, son succès étuit presque aussi grand que celui de ses pensionnaires.L'entrée de Tartarin, ie fusil sur l\u2019épaule, jeta un froid.se promenaient bien tranquillement devant les cages, sans armes, sans danger, eurent un mouvement de terreur assez naturel en voyant leur grand Tartarin entrer dans la baraque avec son formidable engin de guerre.Il y avait donc quelque chose à craindre, puisque lui, ce héros.En un clin d\u2019œil, tout le devant des cages se trouva dégarni.Les enfants criaient de peur, les dames regardaient la porte.Le pharmacien Bézuquet s\u2019esquiva, en disant qu'il allait chercher son fusil.Peu à peu cependant, l'attitude de Tartarin rassura les courages.Calme, la tête haute, l\u2019intrépide Tarasconnais fit lentement le tour de la baraque, passasans s'arrêter devant la baignoire du phoque, regarda d\u2019un œil dédaigneux la longue caisse pleine de son où le boa digérait son poulet cru, et vint enfin se planter devant la cage du lion.Terrible et solennelle entrevue ! le lion de Tarascon et le lion de l\u2019Atlas en face l'un de l'autre.D'un côté, Tartarin, debout, le jarret tendu, les deux bras appuyés sur son rifle ; de l\u2019autre, le lion, un lion gigantesque, vautré dans la paille, l\u2019œil clignotant, l'air abruti, avec son énorme muffle à perruque jaune posé sur les pattes de devant.Tous deux calmes et se regardant.Chose singulière ! soit que le fusil à aiguille lui eût donné de l'humeur, soit qu'il eût flairé un ennemi de sa race, le lion, qui jusque-là avait régar- dé les Tarasconnais d'un air de souverain mépris en leur bâillant au nez à tous, le lion eut tout-à-coup un mouvement de colère.D'abord il renifla, gronda sourdement, écarta ses griffes, étira ses pattes ; puis il se leva, dressa la tête, secoua sa criniére, ouvrit une gueule immense et poussa vers Tartarin un formidable rugissement.Un cri de terreur lui répondit.Tarascôn, affolé, se précipita vers les portes.Tous, femmes, enfants, portefaix, chasseurs de casquettes, le brave commandant Bravida lui-méme.Seul, Tartarin de Tarascon ne bougea pas.I] était 13, ferme et résolu devant la cage, des éclairs dans les yeux et cette terrible moue que toute la ville connaissait.Au bout d\u2019un moment, quand les chasseurs de casquettes, un peu rassurés par son attitude et la solidité des barreaux, se rapprochèrent de leur chef, ils entendirent qu\u2019il murmurait, en regardant le lion : \u201c Ca, oni, c'est une chasse.\u201d Ce jour-la, Tartarin de Tarascon n'en dit pas davantage.IX Singuliers effets du mirage.Ce jour-la, Tartarin de Tarascon n\u2019en dit pas davantage ; mais le malheureux en avait déja trop dit.Le lendemain, il n'était bruit dans la ville que du prochain départ de Tartarin pour l'Algérie et la chasse aux lions.Vous êtes tous témoins, chers lecteurs, que le brave homme n\u2019avait pas soufflé mot de cela; mais vous savez, le mirage.Bref, tout Tarascon ne parlait que de ce départ.Sur le cours, au cercle, chez Costecalde, les gens s\u2019abordaient d\u2019un air effaré : \u2018Et autrement, vous savez la nouvelle, au moins ?Et autrement, quoi donc?.le départ de Tartarin, au moins ?\u2018 Oar à Tarascon toutes les phrases commencent par ef autrement, qu'on prononce auiremain, et finissent par au moins, qu\u2019on prononce au mouais.Or, ce jour-là, plus que tous les autres, Tous ces braves Tarasconnais, qui.les au mouain et les autremain sonnaient a faire trembler les vitres.L'homme le plus surpris de la ville, en apprenant qu'il allait partir pour l'Afrique, ce fut Tartarin.Mais voyez ce que c'est que la vanité! Au lieu de répondre simplement qu'il ne partait pas du tout, qu\u2019il n'avait jamais eu l'intention de partir, le pauvre Tartarin\u2014la première fois qu\u2019on lui parla de ce voyage\u2014fit d'un petit air évasif: \u201c Hé !.hé |.peut-être.je ne dis pas.\u201d La seconde fois, un peu plus familiarisé avec cette idée, répondit : \u201c C\u2019est probable.\u201d La troisième fois : C\u2019est certain ! \u201d Enfin, le soir, au cercle et chez les Costecalde, entraîné par le punch aux œufs, les bravos, les lumières : grisé par le succès que l\u2019annonce de son départ avait eu dans la ville, le malheureux déclara formellement qu\u2019il était las de chasser la casquette et qu\u2019il allait, avant peu, se mettre à la poursuite des grands lions de l'Atlas.Un hourra formidable accueillit cette déclaration.Là-dessus, nouveau punch aux œufs, poignées de mains, accolades, et sérénade aux flambeaux jusqu'à minuit devant la petite maison du boabab.C\u2019est Tartarin-Sancho qui n\u2019était pas content ! Cette idée de voyage en Afrique et de chasse au lion lui donnait le frisson par avance ; et, en rentrant au logis, pendant que la sérénade d'honneur sonnait sous leurs fenêtres, il fit à Tartarin-Quichotte une scène effroyable, l'appelant toqué, visionnaire, imprudent, triple fou, lui détaillant par le menu toutes les catastrophes qui l\u2019attendaient dans cette expédition, naufrages, rhumatismes, fièvres chaudes, dysenteries, peste noire, éléphantiasis, et le reste.En vain Tartarin-Quichotte jurait- il de ne pas faire d'imprudences, qu'il se couvrirait bien, qu'il emporterait tout ce qu\u2019il faudrait, Tartarin-Sancho ne voulait rien entendre.Le pauvre homme se voyait déjà déchiqueté par les lions, englouti dans les sables du désert comme feu Cambyse, et l'autre Tartarin ne parvint à l\u2019apaiser un peu qu\u2019en lui expliquant que ce n\u2019était pas pour tout de suite, que rien ne pressait et qu\u2019en fin de compte ils n\u2019étaient pas encore partis.Il est bien clair, en effet, que l\u2019on ne s'embarque pas pour une expédition semblable sans prendre quelques précautions.Il faut savoir où l\u2019on va, que diable ! et ne pas partir comme un oiseau.Avant toutes choses, le Tarasconnais voulut lire les récits des grands touristes africains, les relations de Mongo-Park, de Caillé, du docteur Livingstone, d\u2019'Henri Duveyrier.La, il vit que ces intrépides voyageurs, avant de chansser leurs sandales pour les excursions lointaines, s\u2019étalent préparés de longue main à supporter la faim, la soif, les marches forcées, les privations de toutes sortes.Tartarin voulut faire comme eux; et, à partir de ce jour-là, ne se nourrit plus que d'eau bouillie\u2014Ce qu'on appelle eau bouillie, à Tarascon, c\u2019est quelques tranches de pain noyées dans l\u2019eau chaude, avec une gousse d'ail, un peu de thym, un brin de laurier.\u2014 Le régime était sévère, et vous pensez si le pauvre Sancho fit la grimace.À l'entraînement par l\u2019eau bouillie Tartarin de Tarascon joignit d'autres sages pratiques.Ainsi, pour prendre I'habitude des longues marches, il s'astreignit à faire chaque matin son tour de ville sept ou huit fois de suite, tantôt au pas accéléré, tantôt au pas gymnastique, les coudes au corps et deux petits cailloux blancs dans la bouche, selon la mode antique.Puis, pour se faire aux fraîcheurs nocturnes, aux brouillards, à la rosée, il descendait tous les soirs dans son jardin et restait là jusqu\u2019à des dix et onze heures, seul avec son fusil, à l\u2019affût derrière le boabab.Enfin, tant que la ménagerie.Mitaine resta à Tarascon, les chasseurs de casquettes attardés.chez Coste- mr calde purent voir dans l'ombre, en passant sur la place du château, un homme mystérieux se promenani de long en large derrière la baraque.\u2018 O'était Tartarin de Tarascon, qui s'habituait à entendre sans frémir les rugissements du lion dans-la nuit sombre.x Avant le départ.Pendant que Tartarin s\u2019entraînait ainsi par toute sorte de moyens héroj- ques, tout Tarascon avait les yeux sur lui; on ne s\u2019occupait plus d'autre chose.La chasse à la casquette ne battait plus que d\u2019une aile, les romances chômaient.Dans la pharmacie Bézuquet le piano languissait sous une housse verte, et les mouches cantharides séchaient dessus, le ventre en l\u2019air\u2026 L'expédition de Tartarin avait arrêté tout.Il fallait voir le succès du Tarasconnais.dans les salons.On se l'arrachait, on se le disputait, on se l'empruntait, on se le volait.Il n\u2019y avait pas de plus grand honneur pour les dames que d'aller à la ménarerie Mitaine au bras de Tartarin, et de se faire expliquer devant la cage du lion comment on s\u2019y prenait pour chasser ces grandes bêtes, où il fallait viser, à combien de pas, si les accidents étaient nombreux, etc, etc.T'artarin donnait toutes les explications qu\u2019on voulait.Il avait lu Jules Gérard et connaissait la chasse au lion sur le bout du doigt, comme s'il l\u2019avait faite.Aussi parlait-il de ces choses avec une grande éloquence.Mais où il était le plus beau, c'était le soir à diner chez le président Ladevèze ou le brave commandant Bravida, ancien capitaine d'habillement, quand on apportait le café et que, toutes les chaises se.rapprochant, on le faisait parler de ses chasses futures.Alors, le coude sur la nappe, le nez dans son moka, le héros racontait d'ane voix émue tous les dangers qui I'attendaient la-bas, Il disait les longs affûâts sans lune, les marais pestilentiels, les rivières empoisonnées par la feuille du laurier-rose, les neiges, les soleils ardents, les scorpions, les pluies de sauterelles; il disait aussi les mœurs des grands lions de l'Atlas, leur façon de combattre, leur vigueur phénoménale et leur férocité.Puis s\u2019exaltant à son propre récit, il se levait de table, bondissait au milieu de la salle à manger, imitant le cri du lion, le bruit d\u2019une carabine, pan ! pan ! le sifflement d\u2019une balle explosible, pfit ! pfit! gesticulait, rugissait, renversait les chaises.Autour de la table, tout le monde était pâle.Les hommes se regardaient en hochant la tête, les dames fermaient les yeux avec de petits cris d\u2019effroi, les vieillards brandissaient leurs longues cannes belliqueusement, et, dans la chambre à côté, les petits garçonnets qu\u2019on couche de bonne heure, éveillés en sursaut par les rugissements et les coups de feu, avaient grand'peur et demandaient de la lumière.En attendant Tartarin ne partait pas.(A continuer .) Le baron de Rapineau, souffrant d'une maladie de cœur, se décide à faire venir un médecin.\u2014Docteur, lui dit-il après auscultation préalable, combien me prendrez -vous ?\u2014Pas un centime, \u2014Je vous remercie.mais c\u2019est trop de désintéressement.je ne sais si je dois.\u2014Ne vous inquiétez pas, vos héritiers me paieront.: wt En:police ;correctionnelle: .Le président.~~Ainsi, \u2018Vous: reconnaissez avoir levé la main sur le plaignant, tandis que votre camarade brandissait une carafe glacée sur sa tête.\u2026 Mais qui de vous a été frappé ?Le prévenu.\u2014La:carafe, monsieur le président: © "]
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